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Creativity has its place Fall/Winter 2017 Issue 15 / La créativité a sa place Automne/Hiver 2017 Numéro 15

The Connector Eventbase’s Home Base / The Joy of GSOFT / Wellness Gets Better Bienvenue chez Eventbase / Le bonheur selon GSOFT / Le bien-être va mieux


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Contents

The Starting Block . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

Block de départ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

Contributors . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

Nos collaborateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

BrainStation’s campus coordinator, Fegan DeCordova, oversees workshops for creative entrepreneurs . . . . . 11

THE MOMENT

Hilary Bonebakker, a partner at The Knot Group, has a penchant for the arts—and supporting her friends . . . . . . . . . . . 15

Fegan DeCordova, coordinatrice de Brainstation, supervise des ateliers pour entrepreneurs créatifs . . . . . . . . . . . 11

LE MOMENT

Le bureau d’Hilary Bonebakker partenaire chez The Knot Group traduit son penchant pour l’art et l’amitié . . . . . . 15

MY SPACE

MON ESPACE

British Columbia artist Carey Newman travelled Canada to collect pieces—and stories—from the residential-school era . . . . 16

LE CRÉATEUR Carey Newman a parcouru le Canada à la recherche d’objets appartenant aux victimes des pensionnats . . . . . . . . . . . 16

THE CREATOR

ARTIST’S BLOCK

Dean Baldwin packs a punch . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

At Eventbase’s Vancouver headquarters, staff can feel at home while dreaming up event apps for clients . . . . . . . . . . 20

THE INTERIOR

One of Canada’s happiest companies lives in Montreal’s Pointe-Sainte-Charles neighbourhood: Meet GSOFT . . 26

ART EN BLOCK

Le plein d’énergie de Dean Baldwin . . . . . . . . . . . . . 19

Bienvenue à Eventbase, une entreprise où on se sent comme chez soi en imaginant des applis évènementielles . . . . . . 20

L’INTÉRIEUR

La plus heureuse des entreprises canadiennes, GSOFT, vit à Pointe-Saint-Charles à Montréal . . . . . . . . . . . . . . 26

THE BUSINESS

L’ENTREPRISE

Beanfield Metroconnect goes below Toronto’s streets to transform the city’s telecommunications landscape . . . . 30

LE CHANTIER Beanfield Metroconnect agit en souterrain pour transformer le paysage des télécommunications torontois . . . . . . 30

WORK-IN-PROGRESS

Striving for wellness in the workplace—three industry experts and business professionals weigh in . . . . . . . . . 38

THE CONVERSATION

MADE Waterloo’s Abe Erb brewery saves some of its beer to make soap . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

Six weeks of photography in Montreal; wellness goals; and what to do around King and Spadina . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45

NOTEBOOK

NOW & THEN RETHINK

Breithaupt Block: a story told in six buildings . . . . . . . . 48

Adopt more gadgets to be less distracted . . . . . . . . . . . . . . 49

FILL IN THE BLANK

Simone Massoni’s neighbourhood cat . . . . . . . . . 50

ON THE COVER / EN PAGE COUVERTURE PHOTO: DEREK SHAPTON

Le bien-être au bureau côté employeurs et employés : trois experts discutent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

LA CONVERSATION

Des savons à la bière signés Abe Erb, des brasseurs de Waterloo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

FABRIQUÉ

Momenta, la photo à l’honneur à Montréal; objectif bien-être; de bonnes adresses torontoises entre King et Spadina . . . 45

NOTEBOOK

D’HIER À AUJOURD’HUI REPENSÉ

Le Breithaupt Block à Kitchener . . . . . . . . . . . 48

La technologie au secours de la distractomanie . . . . . . . . 49

VEUILLEZ COMBLER L’ESPACE

Le chat du quartier de Simone Massoni . 50


The Starting Block Good design is thoughtful, functional and often invisible.

PHOTO BY / PHOTO PAR LISA KANNAKKO

/ Une bonne conception est réfléchie, fonctionnelle et souvent invisible.

Jared Spool, perhaps the world’s most esteemed user-interface expert, once said: “Good design, when it’s done well, becomes invisible. It’s only when it’s done poorly that we notice it.” Spool’s point: If an object functions well, we focus on the task at hand and not the design as such. In this issue, we celebrate diverse forms of invisible design. Beanfield Metroconnect spent three years linking three Allied Properties REIT buildings in Toronto with fibre optic wires (page 30). The infrastructure runs underneath the streets of downtown Toronto. Beanfield’s work will be seen by almost no one, and yet this connection is the lifeblood of the tech giants operating in Toronto. As part of its certification program, the International WELL Building Institute encourages employers to optimize such elements as indoor air quality. As pointed out in our round-table discussion about policies and building practices that promote wellness in the workplace (page 38), such unseen aspects of design can have the power to double our cognitive abilities. In the whimsical workspace of Vancouver’s Eventbase (page 20), form seems to take centre stage. But underlying that beauty is a thoughtful strategy to make employees feel comfortable and productive. Eventbase’s ethos is entirely familiar to Allied: Design, fundamentally, should serve people. But with Allied’s buildings, the design is inconspicuous. The oversized windows, open spaces and natural materials that characterize Allied’s spaces whisper rather than shout. They are details that make work more pleasant and facilitate creativity and collaboration—even if they are, sometimes, invisible.

Jared Spool, l’expert en interface utilisateur sans doute le plus apprécié au monde, a dit : « La conception, quand elle est bien faite, devient invisible. Si on la remarque, c’est que c’est mal fait. » En d’autres termes, un objet qui fonctionne bien nous permet de nous concentrer uniquement sur la tâche à accomplir. Dans ce numéro, nous mettons à l’honneur différentes formes de conceptions invisibles. Beanfield Metroconnect (p. 30) a passé trois ans à tirer des câbles de fibre optique entre trois immeubles torontois appartenant à Allied Properties REIT. Personne ne verra cette infrastructure souterraine pourtant essentielle à la bonne continuation des activités de télécommunications. Dans le cadre de son programme d’accréditation d’immeubles, l’International WELL Building Institute encourage les employeurs à optimiser la qualité de l’air intérieur. Comme mentionné par l’un de nos experts dans La conversation (p. 38) consacrée au bien-être au bureau, cet aspect de l’aménagement, indécelable à l’œil, aurait le pouvoir de doubler nos capacités cognitives. Chez Eventbase à Vancouver (p. 20), l’agencement des bureaux occupe, lui, le devant de la scène : une conception savamment réfléchie pour augmenter le confort et la productivité des employés. La philosophie d’Eventbase n’est pas étrangère à Allied : l’aménagement doit être au service des gens. Mais dans les immeubles d’Allied, il passe inaperçu. Les grandes fenêtres, les aires ouvertes et les matériaux naturels rendent le travail plus agréable, facilitent la créativité et la collaboration tout en restant discrets.

BLOCK / 7


Contributors EDITOR-IN-CHIEF / RÉDACTEUR EN CHEF

Benjamin Leszcz

CREATIVE DIRECTORS / DIRECTRICES ARTISTIQUES

Whitney Geller, Yasemin Emory

EDITOR / RÉDACTEUR

Micah Toub

ASSISTANT EDITORS / RÉDACTRICES ADJOINTE

Hannah Siklos, Lydia Pawlowsky 02 01

PHOTO & ILLUSTRATION EDITOR / ICONOGRAPHE

Catherine Dean

ASSISTANT DESIGNER / ADJOINTE À LA DIRECTION ARTISTIQUE

Rachelle Lajoie

TRANSLATOR / TRADUCTRICE

Catherine Connes

COPY EDITORS - PROOFREADERS / RÉVISEURES - CORRECTRICES

04

Suzanne Aubin, Jane Fielding, Lesley Fraser

03 ALLIED PROPERTIES REIT

Alexandra Caufin is a writer and photographer specializing in documentary, travel and urban storytelling. For The Moment (page 11), she attended a digital UX workshop at Toronto’s BrainStation campus. / Rédactrice et photographe, Alexandra Caufin

1.

se spécialise dans les documentaires de voyage et les récits urbains. Pour Le moment (p. 11), elle s’est rendue sur le campus ultrabranché de Brainstation.

134 Peter Street, Suite 1700 Toronto, Ontario M5V 2H2 Canada (416) 977-9002 INFO@ALLIEDREIT.COM ALLIEDREIT.COM

WHITMAN EMORSON

Simone Massoni, an illustrator based in Florence, Italy, has contributed to The New Yorker, Vogue and GQ. He illustrated this issue’s Fill in the Blank (page 50). / L’illustrateur Simone

213 Sterling Road, Studio 200B Toronto, Ontario M6R 2B2 Canada (416) 855-0550

Massoni collabore avec The New Yorker, Vogue et GQ depuis Florence, en Italie. On retrouve son coup de crayon dans Veuillez combler l’espace (p. 50).

INQUIRY@WHITMANEMORSON.COM WHITMANEMORSON.COM

2.

Vanessa Heins, a Toronto-based photographer, captured Beanfield Metroconnect’s dynamic duo for Work-in-Progress (page 30), this issue’s cover story. / Vanessa Heins, photographe établie à Toronto,

3.

signe le portrait du PDG de Beanfield Metroconnect, Dan Armstrong, pour Le chantier (p. 30), notre article en couverture.

Navneet Alang is a technology and culture journalist in Toronto. He contributed both Work-in-Progress (page 30) and Rethink (page 49). / Journaliste torontois spécialisé en culture et en nouvelles

4.

technologies, Navneet Alang signe deux articles dans ce numéro : Le chantier (p. 30) et Repensé (p. 49).

Block is published twice a year. / Block est publié deux fois par an.


Occupant Engagement Program Buildings that exemplify environmental stewardship and support occupant health and wellbeing aren’t achieved through lone efforts. Allied’s Occupant Engagement Program works to engage and collaborate with tenants on strategies that:

Recycle Better “Is this recyclable?” is the biggest waste mystery. Allied’s Waste Campaign is made up of tools to help increase awareness of what’s recyclable and demystify the confusion surrounding recycling.

Optimize human health and wellbeing Minimize environmental footprint Support sustainable operations, behaviours and practices Our approach to engagement is rooted in an advisory council of tenants that meets regularly. This group works to plan, shape, and inform the tools and resources that support defined objectives and are rolled out through Occupant Engagement Program Campaigns.

Conserve Energy Technology is essential in day-to-day business operations. While technology increases productivity, it also increases energy use, costs, and emissions. Allied’s Energy Campaign is made up of tools to help understand and reduce energy use within the workplace.

Allied tenants have access to many tools that support organizational environmental and health & wellness goals: Toolkits ■ Posters ■ Engagement Activities ■ Tenant Events ■ Webinars

OOPS!

Last night during our waste audit we noticed you put...

YOU HAVE THE POWER

SHUT DOWN

MONITORS AT THE END OF THE WORK HOUR

PLASTIC in the wrong bin

PAPER in the wrong bin

GLASS/ALUMINUM in the wrong bin

Put plastic in the RECYCLING BIN

Put paper in the RECYCLING BIN

Put glass/aluminum in the RECYCLING BIN

Small Acts that make a Big Impact REDUCE. REUSE. RECYCLE.

Keep this recycling guide for quick reference:

Recycling Plastics 1-7 Plastic Bottles Plastic Takeout Containers Yogurt Cups Disposable Cutlery All Paper Magazines & Newspapers Paper Takeout Containers Cardboard Milk Cartons Tetra Paks® Glass Bottles & Jars Pop Cans Dry Paper Towels

Small Acts that make a Big Impact SAVE ENERGY

Garbage Plastics Bags Styrofoam Coffee Cups Plastic Straws Ziploc® Bags Saran™ Wrap Food Wrappers Chip Bags Kleenex® & Napkins Aluminum Foil Pens & Office Instruments Single-use Coffee Items Coffee Pods Wet Paper Towels

Small Acts that make a Big Impact REDUCE. REUSE. RECYCLE.

For access to the Campaign tools or to get invoived with Allied’s Occupant Engagement Program contact sustainablewellbeing@alliedreit.com


Sun. 16 July 9:07 A.M.

The Moment / Le moment

ON THIS SUNDAY, most patrons at Quantum Coffee are fuelling up for a day of shopping—but not everyone. It’s also the first stop for Fegan DeCordova, campus coordinator at BrainStation, a Canadian education start-up with four locations worldwide. As 10 a.m. approaches, she heads to the fourth floor, where 12 budding entrepreneurs are gathering for a fullday digital UX workshop. DeCordova will be on deck throughout the day to observe, take notes—and give pep talks as needed. / EN CE DIMANCHE MATIN estival

chez Quantum Coffee, nombreux sont les clients qui font le plein de caféine en vue de leur magasinage. Ce n’est pas le cas de Fegan DeCordova : la coordinatrice du campus de Brainstation, une jeune entreprise canadienne offrant des formations aux métiers du numérique, peaufine sa liste de recommandations pour des cours à venir. Un peu avant 10 h, elle monte au quatrième étage pour assister à un atelier d’une journée sur l’expérience utilisateur, organisé pour 12 créatifs et entrepreneurs en herbe. Elle observera, prendra des notes et encouragera les participants au besoin, son rôle étant de faire le lien entre les étudiants, les enseignants et l’équipe maison en charge du contenu. BLOCK / 11


The Moment / Le moment

DeCordova with workshop instructor Stefan Twerdochlib, senior product designer at Loblaws Digital. / Fegan DeCordova avec le formateur de l’atelier Stefan Twerdochlib, concepteur de produits chez Loblaw Digital.

With four floors of labs, lounges, computer stations and a sprawling co-working space, BrainStation has had grand ambitions since moving into Allied Properties REIT’s 460 King Street West building two years ago, offering projectbased courses in data analytics, web design, digital marketing and more. “The absence of a textbook allows us to be always adapting,” says DeCordova, adding that the content team updates BrainStation’s courses monthly or sometimes even weekly. Once the workshop is running smoothly, DeCordova takes her exit and spends the rest of her day mulling over student responses to distill and take back to the product team. “The best feedback is when people say they were so inspired by the class they took that they want to learn even more,” she says. “For us, that’s a huge success.” / Les ateliers ne représentent qu’un des volets de l’activité de Brainstation. Depuis qu’elle s’est installée, voilà deux ans, au 460, rue King Ouest, un immeuble torontois appartenant à Allied Properties REIT, l’entreprise n’a cessé de se développer et d’occuper les étages avec des salles de cours, des laboratoires, des salons et un immense espace destiné au cotravail. Elle compte aujourd’hui trois autres centres comme celui-ci dans le monde. Que les cours portent sur l’analyse de données, la conception Web ou le marketing numérique, ils sont actualisés tous les mois, voire même une fois par semaine. « L’absence de manuels nous permet de nous adapter en permanence », explique Fegan DeCordova. Si l’atelier se déroule bien, elle s’éclipsera pour continuer à décortiquer les retours des étudiants, qu’elle condensera et transmettra à l’équipe produit. « Quand quelqu’un me dit que le cours l’a motivé à en savoir plus, je suis ravie. Ça veut dire qu’on a réussi notre mission », conclut-elle.

Go to www.brainstation.io to learn more about the campus. / Pour plus d’information, rendez-vous à www.brainstation.io BY / PAR ALEXANDRA CAUFIN PHOTOS / PHOTOS REGINA GARCIA 12


At Hudson, we build technology...

but we mean business.

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My Space / Mon espace 01/ Ace Hill hat / Une casquette Ace Hill

BY / PAR LYDIA PAWLOWSKY PHOTO / PHOTO IAN PATTERSON

“Blake Anderson, one of the founders of Ace Hill, is one of my best friends from Queen’s—he actually brewed the beer for my wedding!” / « J’ai rencontré Blake Anderson, qui a cofondé Ace Hill, à l’université. Il est devenu mon meilleur ami et c’est lui qui a brassé la bière pour mon mariage! »

02/ Guggenheim International Gala wall print / Une affiche du gala international du Guggenheim “This print is the invitation from one of the galas that I worked on. It showcases some of my favourite artists, like Jorge Pardo and Angela Bulloch.” / « C’est l’épreuve de contrôle de l’invitation du gala 2008, pour lequel j’ai travaillé. On y voit deux de mes artistes préférés : Jorge Pardo et Angela Bulloch. »

HILARY BONEBAKKER is one of the two female partners—

along with Tatiana Read—who make up The Knot Group, a Toronto-based PR and events company boasting clients across Canada and the United States. She started her career with an internship at the Guggenheim NYC, and many of her current clients are from the arts and culture industry, including Arts Brookfield, Canadian Art and the Canadian Opera Company. / EN DUO AVEC TATIANA READ, Hilary

Bonebakker fait tourner rondement The Knot Group, une agence de communication évènementielle torontoise, à la clientèle canadienne et américaine. Ayant débuté sa carrière par un stage au musée Guggenheim de New York, son carnet d’adresses compte de grands noms du milieu culturel, dont Arts Brookfield, la fondation Canadian Art et la Canadian Opera Company.

03/ Family photos / Des photos de famille “I love surrounding myself with happy moments. Here is my husband, daughter Charlotte and me on a Bali beach, where we spent two incredible months.” / « J’aime m’entourer de moments heureux. Voici mon mari, ma fille Charlotte et moi sur la plage de Bali, où nous avons passé deux mois incroyables. »

04/ The Pieces play mat / Un tapis de jeu The Pieces “Our friends Kate Gertner and Sarah Deitcher came up with the idea for a play mat that is not only beautiful but functional; it allows Charlotte to hang out by my desk while I work.” / « Nos amies Kate Gertner et Sarah Deitcher imaginent des tapis de jeu aussi beaux que pratiques. Charlotte s’amuse dessus pendant que je travaille. »

05/ Event kit / Une boîte à outils “This tool kit comes with me onsite at events and has everything an event planner could possibly need: double-sided tape, phone chargers, folding easels and lots more.”
 / « Elle contient tout ce qu’une organisatrice d’évènements a besoin : adhésif double-face, chargeurs de téléphone cellulaire chevalets pliants, etc. Elle me suit partout. »

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The Creator / Le créateur

TRUTH BE TOLD With his Witness Blanket, West Coast artist Carey Newman takes part in the painful, but hopeful, process of reconciliation. / Carey Newman, artiste de la côte Ouest, prend part au processus de réconciliation avec une œuvre intitulée Witness Blanket. INTERVIEW BY / ENTREVUE PAR KEVIN CHONG PHOTOS / PHOTOS ANDREW QUERNER

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The Creator / Le créateur

This detail from Witness Blanket (bottom left) is just a small portion of the 40-foot installation. / Ci-contre : un détail de Witness Blanket, une installation de 12 mètres au total.

I’M A FIFTH-GENERATION CARVER of Kwagiulth, Salish and European

ancestry. I grew up watching my father in his workshop. The first thing I ever made was a wooden car from a leftover piece of his creations. Later, I was inspired by Haida artist Bill Reid to work in different disciplines. Witness Blanket, which I created in answer to a call from the Truth and Reconciliation Commission, is made from over 887 objects contributed primarily by residential-school survivors. My team and I spent a year travelling across Canada to gather the objects for the work. As we went along, I set a process in place for transforming pieces that were especially traumatizing so that people who have been abused might see the love and care used to preserve the item but also to transform it. That way, the piece holds their truth without solely being an ugly reminder of their experience. Indigenous artists have a rich history of working within their traditional forms to make political statements. And although Witness Blanket falls outside my traditional practice, it’s the result of traditional methodology and thought processes. For instance, in our culture, we have a notion that all objects have a spirit of their own; in collecting items from residential schools and putting them together, I hope to let them carry the true stories of our history to the present and future. Witness Blanket is in year four of its seven-year tour, and I’ve been so heartened by the reception. In creating this work, we took on the responsibility of sharing other people’s stories and objects. By offering people a chance to participate in whatever way they needed, I feel like we have done this in a good way.

ON EST SCULPTEURS dans la famille depuis cinq générations. Mes ancêtres sont kwagiulth, salish et européens. J’ai grandi en regardant mon père dans son atelier. Mon premier essai était une auto, que j’ai sculptée dans un morceau de bois qui traînait là. J’ai varié les disciplines plus tard, en m’inspirant de l’artiste haïda Bill Reid. J’ai créé Witness Blanket [ndlt : la couverture témoin] en réponse à l’appel lancé par la Commission de vérité et réconciliation. Elle est composée de 887 objets appartenant presque tous aux survivants des pensionnats. Mon équipe et moi avons sillonné le pays pendant un an pour les rassembler. Pendant cette collecte, j’avais imaginé une méthode afin de pouvoir transformer les plus traumatisants. Je voulais que les victimes puissent voir l’amour et le soin qu’on prenait tant à préserver qu’à modifier l’objet qu’elles nous confiaient. Il témoigne toujours de leur vérité, mais n’est plus qu’un sinistre souvenir. Les artistes autochtones ont pour habitude d’utiliser leur art traditionnel à des fins politiques. Bien que Witness Blanket s’éloigne de ma discipline de prédilection, le raisonnement et la méthodologie employés sont issus de nos traditions. Par exemple, dans notre culture, nous croyons que chaque objet a un esprit : en rassemblant ceux des pensionnats, j’espère pouvoir leur permettre de raconter leur histoire au monde présent et futur. Witness Blanket tourne de ville en ville depuis quatre ans et continuera, jusqu’en 2020. Elle a été très bien accueillie, c’est encourageant. On a pris la responsabilité d’exposer des objets et des histoires qui ne sont pas les nôtres. En offrant aux victimes un moyen de participer à leur façon, j’ai l’impression qu’on a fait ce qu’il fallait.

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ARTIST’S BLOCK DEAN BALDWIN

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The Interior / L’intérieur

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The Interior / L’intérieur

Home Work As Eventbase grows into a dominant player in the event-app market, the company’s casual, welcoming culture endures. / Alors qu’Eventbase s’impose petit à petit sur le marché des applications pour évènements, sa culture d’entreprise détendue demeure. BY / PAR ERIKA THORKELSON

AS YOU ENTER the headquarters of Eventbase, a Vancouver company

that creates mobile event apps, you’re likely to be greeted by the most loyal member of the team: co-founder Ben West’s dog, Monty. A Eurasier—the combination of a Chow Chow, Samoyed and Keeshond—Monty is handsome, friendly and well-mannered (unless you’re a close family member), making him a fitting mascot for the office’s blend of stylish and welcoming qualities. More to the point, he’s the perfect symbol for a workplace that epitomizes the trend of office spaces designed to feel like home. / À notre

arrivée au siège social d’Eventbase à Vancouver, on est accueilli par le membre le plus fidèle de l’équipe : Monty, le chien de Ben West, cofondateur de cette entreprise spécialisée dans les applications mobiles pour évènements. Issu d’un croisement entre chow-chow, keeshond et samoyède, Monty est un eurasier très sympathique et très bien élevé, la mascotte idéale de ce lieu de travail à l’ambiance distinguée et invitante à la fois. Encore mieux, Monty incarne à la perfection la nouvelle tendance de ces bureaux comme à la maison.

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The Interior / L’intérieur

Since it was founded eight years ago, Eventbase has created apps for three Olympic Games. / En huit ans, Eventbase a déjà créé des applications pour trois Jeux olympiques.

PHOTOS COURTESY OF / PHOTOS AVEC L’AIMABLE AUTHORISATION DE EVENTBASE

A combination of warm tones and vibrant colours creates a comfortable but energizing workspace. / Une ambiance à la fois invitante et stimulante grâce à la combinaison de tons chauds et de couleurs éclatantes.

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The Interior / L’intérieur

“We looked for places we could inject with whimsical or unusual things.” / « On a cherché à injecter un peu de fantaisie, d’insolite. »

Founded in 2009, Eventbase—whose clients include South by Southwest, IBM and Comic-Con—spent its early years in the iconic Arthur Erickson Waterfall Building, where designers would often move between different spaces for different tasks: open spaces for developing new ideas and bunker-like alcoves for sustained periods of coding. As the company went in search of new offices, West decided to make that flexibility part of Eventbase’s design philosophy. “As a growing technology company, we have a lot of different functions, and we wanted to make sure there would be no barriers to doing the work as efficiently as possible,” he says. The four-storey building at 1280 Homer Street, acquired by Allied Properties REIT in 2012, fit the bill perfectly. Built in 1910 to be a stand-alone biscuit factory, it is one of the oldest buildings in Yaletown, a former warehousing district that now hosts fashionable boutiques, high-end eateries and a number of tech start-ups. The building’s polished concrete floors and open plan attracted West and his team. “We could really build the space out so it could be more us,” he says. When Eventbase took over much of the first three floors in September 2016, the space was walled into rows of cramped offices. In close collaboration with West and his staff, interior designer Margot Keate West of Keate and Co Designers (she also happens to be Ben’s wife) sought to reveal the building’s original character while simultaneously aligning it with Eventbase’s culture. “We looked for places we could inject with whimsical or unusual eyecatching things, warm it up, make it friendlier,” she says.

Fondée en 2009, Eventbase, qui compte notamment pour clients South by Southwest, IBM et Comic-Con, a passé ses premières années dans le célèbre Waterfall Building, signé Arthur Erickson. Les concepteurs devaient alors souvent changer de pièces en fonction de leur tâche : une aire ouverte pour la recherche de nouvelles idées et des alcôves style bunker pour les longues périodes de codage. Quand est venu le moment de déménager, Ben West a décidé que la flexibilité ferait aussi partie du prochain aménagement intérieur : « Les nouvelles technologies regroupent de nombreux métiers, tous différents. On voulait éliminer les obstacles pour une efficacité optimale. » L’immeuble de quatre étages, situé au 1280, rue Homer et propriété d’Allied Properties REIT depuis 2012, était à la hauteur de ses attentes. Cette ancienne biscuiterie datant de 1910 est une des plus vielles bâtisses de Yaletown, un quartier industriel devenu chic : un petit paradis pour boutiques de mode, restaurants branchés et jeune entreprise technologique. Le grand plateau au sol de béton lissé a tout de suite plu à Ben West et à son équipe : « On pouvait l’agencer comme bon nous semblait, à notre image. » En septembre 2016, l’entreprise s’installe sur les trois premiers étages ou presque. Ben West fait alors appel à sa femme, Margot Keate West, et à son entreprise de décoration intérieure, Keate and Co Designers, pour redonner à l’immeuble son cachet original tout en le combinant à la culture d’Eventbase. « On a cherché à réchauffer l’atmosphère, à rendre l’endroit plus accueillant en y injectant un peu de fantaisie, d’insolite, de tape-à-l’œil », explique la designer.

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Eventbase’s office, filled with collaborative spaces, also contains many cozy nooks. / Eventbase propose des espaces de travail collaboratif et de nombreux coins douillets.

Exposing the original vaulted brick ceilings made room for features such as a timber pod that offers a semi-private meeting space without obstructing natural light. A broad staircase at the heart of the main floor acts as an amphitheatre for company-wide events as well as a popular spot for lounging and impromptu collaboration among the 100 or so employees. For private sales calls or deep dives into coding, there are tons of cozy nooks and crannies, including a hidden room decorated in homage to The Goonies—43-year-old West is a huge fan of ’80s movies—complete with a One-Eyed Willy statue and a chest full of treasure. When they grow peckish, staff can retire to the cafeteria and order a coffee via an app designed in-house. As mobile apps become integral to the way we navigate our lives, companies like Eventbase are growing. Now creating event apps for half of the top-20 tech companies in the world, Eventbase is in the process of taking over the rest of the third floor to make even more room for Monty and his fellow employees. The many disparate spaces are connected by fir wood accents, chosen for their warm tones and affordability. “We’ve managed to do a lot of really amazing things with design and budget balanced,” West says. “It’s easy to go overboard with office furnishings, but we’re a growing tech company, so we want to spend money on our team.” / Le plafond voûté en brique a été remis au jour pour sa beauté et pour un gain d’espace, permettant la création d’une cabine en bois, servant de lieu de réunion semi-privé, sans perte de lumière naturelle. La grande cage d’escalier centrale au rez-de-chaussée fait office, quant à elle, d’amphithéâtre pour les réceptions et de lieu de pause ou de discussion pour la centaine d’employés. De nombreux coins et recoins ont été confortablement aménagés pour les appels commerciaux et le codage, dont une pièce secrète décorée en l’honneur des Goonies, statue de Willy Le Borgne et coffre au trésor compris – Ben West, 43 ans, est fan absolu des films des années 1980. Et pour les petits creux, direction la cafétéria, où on peut commander un café par l’entremise d’une appli maison. Plus nos naviguons à l’aide d’applications mobiles, plus des sociétés telles qu’Eventbase grossissent. Concevant dorénavant des applis pour 10 des 20 plus grandes entreprises technologiques mondiales, Eventbase compte bien finir d’occuper le troisième étage : tout le monde a besoin de place, Monty aussi. C’est le bois de pin, choisi pour ses tons chauds et son petit prix, qui continuera à créer l’harmonie entre les espaces de travail disparates, souligne Ben West : « On a réussi à faire des choses formidables tout en respectant le budget qu’on s’était fixé. C’est facile de se laisser emporter, mais on est en plein essor. On veut donc investir dans notre équipe plutôt que dans le mobilier. »

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The Interior / L’intérieur

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The Business / L’entreprise

Happy Place Montreal software developer GSOFT aims to inject joy into your work—and theirs. / Les développeurs de GSOFT injectent une bonne dose de bonheur dans votre travail et le leur. BY / PAR ISA TOUSIGNANT PHOTOS / PHOTOS RICHMOND LAM

FROM THE SKATEBOARD HALF-PIPE to the espresso bar staffed by a full-time barista, it takes only a brief tour of GSOFT’s offices to see just how dedicated the Montreal-based software developer is to increasing workplace happiness. That’s the 11-year-old outfit’s raison d’être—its tag line is “innovative products for a better life at work”—and it’s clear that spirit is applied to more than just its products: software programs that help clients manage their content and their staff. “You hear a lot about the advantages of a digital workplace, but how does happiness fit into it?” says co-founder and product chief Sébastien Leduc in his sun-flooded office, explaining that technological tools should help workers be more productive but also enjoy their time at work. GSOFT’s original signature product, Sharegate—a tool that helps users of Microsoft Office 365 and the document-sharing platform SharePoint migrate content, organize it and keep it secure—covers the former. For the latter, GSOFT has created Officevibe, an employee feedback app that allows companies to take their teams’ pulse and adjust accordingly. GSOFT now services more than 10,000 customers in 100 countries—including multinationals like Disney, Apple and Budweiser—and the remarkable success of these two products has resulted in a 747-percent profit growth between 2011 and 2016.

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UNE DEMI-LUNE pour planches à roulettes d’un côté, un bar à espresso tenu par un barista de l’autre, une traversée des bureaux de GSOFT suffit pour constater à quel point ce développeur de logiciels montréalais a le bonheur de ses employés à cœur. Depuis 11 ans, sa raison d’être s’affiche dans son slogan : « Des produits innovants pour une meilleure vie au travail » ou, autrement dit, des logiciels de gestion de contenu et de personnel qui ont un impact positif sur tous les travailleurs, ceux de GSOFT compris. « On entend beaucoup parler des avantages offerts par un milieu de travail numérique, mais qu’en est-il du bonheur? », lance Sébastien Leduc, cofondateur et chef de produit. Et d’expliquer que les outils technologiques ont deux missions : améliorer la productivité et rendre le temps passé au travail agréable. Sharegate, le produit signature de GSOFT – un logiciel permettant aux utilisateurs d’Office 365 et de la plateforme de partage de documents SharePoint de Microsoft de migrer leur contenu, de l’organiser et de le sécuriser – remplit la première. Pour la seconde, l’entreprise a conçu OfficeVibe, une application qui analyse l’avis des employés de façon à augmenter leur engagement. Aujourd’hui, plus de 10 000 clients du monde entier, dont des multinationales comme Disney, Apple et Budweiser, utilisent ces deux produits. Un succès qui se traduit en chiffres : une hausse des bénéfices de 747 % de 2011 à 2016.


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The Business / L’entreprise

“WHEN WE INVESTED IN PEOPLE, THE COMPANY BOOMED.” / « L’ENTREPRISE A PRIS SON ESSOR LE JOUR OÙ ON A DÉCIDÉ D’INVESTIR DANS L’HUMAIN »

Before Sharegate took off six years ago, GSOFT—the name pays homage to hip-hop group G-Unit—was a consultation-focused firm with a small staff, most of whom were based offsite, in client offices across Montreal. But in 2012, Leduc and co-founders Simon De Baene, Guillaume Roy and Maxime Boissonneault concluded there was a dissonance between the culture GSOFT encouraged through its products and its own culture; its employees were, after all, mainly experiencing the environments of their clients. The management team decided to call them all back and service the world instead from an 18,000-square-foot space on the fifth floor of Nordelec, a telecom factory turned tech hub in Montreal’s Pointe-Saint-Charles neighbourhood, which Allied Properties REIT acquired in 2016. “The moment we decided to invest in our people is when the company really boomed,” says Leduc. That included spending $1.2

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million to design a space where employee comfort is a priority, he says, pointing to details like a Ping-Pong table, a yoga room and three market-style kitchens loaded with fresh fruit—one for each of the three floors in Nordelec that GSOFT now occupies. The company has also instituted unlimited vacation days, subsidized ride-shares and pays for gym memberships and annual winter holidays for the entire staff. Last year, all 205 employees went on an all-expenses-paid Bahamian cruise. GSOFT’s staff have responded positively to the attention paid to them, but for at least one employee, it’s all part of the bigger package. “If you took the perks away tomorrow, I don’t think anyone would leave,” says senior product designer Louis-Xavier Lavallée. “The big return on investment of things like that annual trip is that they help us build links internally, understand each other better and interact more efficiently.”


The Business / L’entreprise

From an in-house half-pipe to a Caribbean cruise, GSOFT’s perks also drive ROI. / De la demi-lune intérieure à la croisière dans les Caraïbes, les avantages de GSOFT ont également un impact sur le rendement du capital investi.

Avant l’envol de Sharegate il y a six ans, GSOFT, qui doit son nom au groupe de hip-hop G-Unit, était une petite agence de conseil, ses quelques employés travaillant depuis les bureaux de leurs clients à Montréal. En 2012, Sébastien Leduc et les trois autres cofondateurs, Simon De Baene, Guillaume Roy et Maxime Boissonneault, en sont venus à la conclusion que la culture d’entreprise mise de l’avant dans leurs produits ne correspondait pas à celle de leur propre entreprise : leurs salariés évoluaient dans des milieux de travail très différents. Ils ont donc décidé de mettre leur vision au service de la planète et de regrouper tout le monde sous un même toit, celui du Nordelec, une ancienne manufacture du quartier Pointe-Saint-Charles devenue carrefour technologique, et propriété d’Allied Properties REIT depuis 2016. « L’entreprise a vraiment pris son essor le jour où on a décidé d’investir dans l’humain », constate Sébastien Leduc. Le bien-être de

nos employés est notre priorité », ajoute-t-il, expliquant qu’ils ont dépensé 1,2 million dans l’aménagement des bureaux et soulignant des détails comme la table de ping-pong, la salle de yoga et les trois cuisines style marché fermier, une par étage occupé. Sans compter que chez GSOFT les vacances sont illimitées, le covoiturage, subventionné, l’abonnement au gym, offert, et que chaque hiver, les 205 salariés partent en voyage tous frais payés. Dernière destination en date? Une croisière aux Bahamas. Ces attentions en série ont un impact positif sur les employés. Pour le concepteur de produits Louis-Xavier Lavallée, cela va même plus loin : « Si ces avantages disparaissaient du jour au lendemain, je ne crois pas que les gens partiraient. C’est le retour sur investissement : toutes ces choses, dont le voyage annuel, nous permettent de tisser des liens à l’interne, de mieux nous comprendre et d’être plus efficaces dans nos interactions. »

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Work-in-Progress / Le chantier

Connected City BY / PAR NAVNEET ALANG

A behind-the-scenes look at the bold and ambitious plan to transform two Toronto buildings into a cutting-edge high-tech hub. / Zoom sur un projet aussi ambitieux que branchÊ : la transformation de deux bâtiments torontois en centres technologiques de pointe.

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Work-in-Progress / Le chantier

B AT H URS . T ST

905 KING STREET WEST

Beanfield-Allied fibre within Beanfield-Allied structure

Beanfield-Allied fibre within Toronto Hydro structure

Fibre optique Beanfield-Allied dans l’infrastructure de Beanfield-Allied

Fibre optique Beanfield-Allied dans l’infrastructure de Toronto Hydro

IT IS STRANGE TO THINK, scrolling through Facebook at a Toronto office,

that so much of the internet—that sprawling, ethereal, seemingly limitless network of information—relies on glass fibres that are each barely as thick as a human hair. And more surprising still is that until as recently as last year, most of the city’s telecommunications providers relied on a single fibre-connected hub: the “carrier hotel” at 151 Front Street West. Built in 1954 to house telegraph equipment—and once used by Canadian National/Canadian Pacific to facilitate Telex transmissions—151 Front is today the connection point for Bell, Rogers, Telus and more than a hundred other telecommunications providers. Three years ago, as the number of tech and media companies requiring faster connections reached a critical mass, Allied Properties REIT—which acquired the building in 2009— turned to Beanfield Metroconnect to expand the network to two other locations and, in the process, make Toronto a more compelling place to do business. In an abstract sense, the project was straightforward. “We literally had to dig a trench in the road from one building to the other,” says Beanfield CEO Dan Armstrong, “and then, pull cable through the conduit.” In the details, however, the project to connect 151 Front

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to 250 Front and 905 King Street West was enormously complex. Already filled with a mass of cabling and infrastructure, the ground Beanfield had to access was almost impossible to work with. “A very big stretch along Front Street had to essentially be hand dug to ensure nothing was damaged,” says Chris Amendola, the company’s president. Then there was the problem of the cables themselves; even though the 864 fibre optic strands measure only a couple of inches in diameter when they are bundled together, as they’re routed into the buildings, each and every one of those strands has to be sent its own way. “Our poor guys had to sit in their splice truck for about three weeks, and it became their second home,” says Armstrong of the fibre splicers. “Another guy would go to a hotel to get some sleep while one guy was in a truck, and then they’d swap.” Meanwhile, at 250 Front and 905 King, Allied established “Meet Me” rooms where all the fibre cables terminated. Inside these rooms—essentially office space for giant computers—each tenant has its own panel connecting them not only to high-speed internet but also to the other tenants in the building. This means that a media start-up in one office can easily and affordably get access to the cloud services of another tenant. >> (Continued on p. 36)


Work-in-Progress / Le chantier

S PA D

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250 FRONT STREET WEST 151 FRONT STREET WEST

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Beanfield-Allied fibre within internal building conduit

Beanfield-Allied fibre within Bell Canada structure

Fibre optique Beanfield-Allied dans le conduit interne de l’immeuble

Fibre optique Beanfield-Allied dans l’infrastructure de Bell Canada

C’EST ÉTRANGE, QUAND ON Y PENSE , de savoir qu’Internet – ce réseau d’informations en tout genre, tentaculaire, immatériel et apparemment illimité – ne tient qu’à un fil : la fibre optique, un brin de verre aussi fin qu’un cheveu. Encore plus étonnant d’apprendre qu’à Toronto, jusqu’à l’an dernier, la majorité des fournisseurs de télécommunications ne comptaient que sur une seule adresse pour faire transiter toutes leurs données : le 151, rue Front Ouest, plaque tournante de la fibre optique. L’immeuble a été construit en 1954 pour y abriter du matériel télégraphique et a été utilisé un temps par le Canadien National et le Canadien Pacifique pour faciliter leurs transmissions par Télex. Propriété d’Allied Properties REIT depuis 2009, il est aujourd’hui un point de branchement pour Bell, Rogers, Telus et plus d’une centaine d’autres fournisseurs. Il y a trois ans, alors que le nombre d’entreprises du secteur des TIC aux exigences de connexion rapide atteignait son seuil critique, Allied s’est tourné vers Beanfield Metroconnect pour élargir le réseau à deux autres sites et, par la même occasion, ne pas freiner Toronto dans son développement économique. Relier entre eux le 151 et le 250, rue Front Ouest et le 905, rue King Ouest est un projet qui paraît simple : « Il suffit de creuser une tranchée d’un immeuble à l’autre, d’y poser une gaine et de tirer un

câble », résume Dan Amstrong, PDG de Beanfield. Pourtant, dans les faits, celui-ci s’est avéré bien plus complexe. Premier défi : le sous-sol de la rue Front, déjà envahi de câbles et autres conduits. Deuxième défi : la saison estivale et ses festivals, véritable casse-tête pour l’obtention des permis et le calendrier des travaux. Troisième défi : le câble lui-même; les 864 fibres optiques (de la taille d’un cheveu, rappelez-vous) qui le composent devant être acheminées séparément. « Nos gars, les pauvres, n’ont pas quitté leur camion de raccordement pendant trois semaines : c’est devenu leur seconde maison, explique-t-il, en parlant de son équipe d’épisseurs. L’un allait dormir à l’hôtel pendant que l’autre travaillait, et ainsi de suite. » Entretemps, au 250, rue Front et au 905, rue King, Allied aménageait des « Meet Me rooms » ou salles de rencontre virtuelle. Dans ces pièces, lieu d’arrivée des fibres optiques dans des ordinateurs géants, chaque locataire a son propre panneau, lui permettant de se connecter à Internet haut débit et à d’autres locataires de l’immeuble. Autrement dit, une jeune entreprise louant un bureau sur place peut avoir accès, facilement et à moindre coût, aux services nuagiques d’une autre. » (suite p. 36)

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Work-in-Progress / Le chantier

Chris Amendola (seated on the left) and Dan Armstrong have worked together for over 25 years. Armstrong founded Beanfield in 1988 while still in high school. Also shown is the main power room at 151 Front (far right) and cooling equipment that sits atop the building (below), which is complemented by circulation pumps and pipes (p. 36, left). / Ci-contre : Chris Amendola (à gauche) et Dan Armstrong travaillent ensemble depuis plus de 25 ans. Ce dernier a fondé Beanfield en 1988, alors qu’il était encore étudiant. Page de droite : la principale salle d’alimentation électrique, située au 151, rue Front Ouest. Ci-dessous : le dispositif de refroidissement sur le toit de l’immeuble, complété par un système de circulation d’eau (photo p. 36).

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Work-in-Progress / Le chantier

151 Front’s uninterruptible power system (next page, right) uses batteries, in case of an outage, to make sure that Canada’s critical infrastructure—including everything from TV stations to military communications—stays active. / Le système d’alimentation électrique sans coupure du 151, rue Front Ouest est doté de batteries de secours (photo p. 37), qui assurent en tout temps le bon fonctionnement de cette infrastructure critique des télécommunications canadiennes, télévisuelles ou militaires.

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The project, which was completed last August, has a number of knock-on effects. For one, it mitigates the inherent risk of having Toronto’s main connection to high-bandwidth internet in just one building. Perhaps more importantly, the tripling of these “carrier hotels” makes Toronto globally competitive for hightech businesses and has already led to Amazon and Microsoft expanding into them. “By connecting to 151 Front, which is the kingpin of connectivity in Canada, it now positions Allied’s other properties with unique, private, secure and economical access to all of the providers in 151 Front,” says Amendola. “That includes hundreds of voice, data, video and cloud providers.” Indeed, the synergy created between the three is sure to spark a transformation for the city—one carried through the very thinnest fibres of glass.

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Ce triple raccordement d’immeubles, achevé en août dernier, a deux avantages majeurs. D’une part, la diminution des risques, l’accès principal de la région torontoise Internet haute vitesse n’étant plus localisé dans un seul bâtiment. D’autre part, un essor à venir pour Toronto dans le secteur des hautes technologies : Amazon et Microsoft se sont d’ailleurs récemment installées dans les immeubles d’Allied. « Le 151, rue Front étant le pivot de la connectivité au Canada, les propriétés d’Allied qui y sont dorénavant raccordées bénéficient d’un accès unique, privé, sécurisé et commercial à tous les fournisseurs du 151, rue Front, soit des centaines de services : données, voix, vidéo et infonuage », explique Chris Amendola, président de Beanfield. De fait, cette synergie entre trois immeubles conduit la ville à un changement d’optique économique, soutenu par le plus fin des fils de verre.

PHOTO ON P. 34, TOP LEFT BY / CRÉDIT PHOTO P. 34, HAUT PAR DEREK SHAPTON

Work-in-Progress / Le chantier


Work-in-Progress / Le chantier

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Working Toward Wellness Creating healthy workplaces has become a top concern for employers. Can sit-stand desks, fresh air and large windows really improve our productivity? / Côté employeurs, la tendance est au bien-être au bureau. Comment cela se manifeste-t-il ? Les employés ont-ils un rôle à jouer ?

KAMYAR VAGHAR IS PRESIDENT OF THE

STACY IRVINE IS A CO-FOUNDER OF TOTUM LIFE

LOREN BERGMANN IS MANAGING DIRECTOR

INTERNATIONAL WELL BUILDING INSTITUTE,

SCIENCE, A BOUTIQUE FITNESS AND WELLNESS

OF WORKPLACE STRATEGY AT CBRE, A

A CERTIFICATION PROGRAM FOCUSED ON

COMPANY. / STACY IRVINE, COFONDATRICE DE

COMMERCIAL REAL ESTATE SERVICES FIRM.

WELLNESS. / KAMYAR VAGHAR EST PRÉSIDENT

TOTUM LIFE SCIENCE, UN CENTRE DE REMISE EN

/ LOREN BERGMANN, DIRECTEUR DE LA

DE L’INTERNATIONAL WELL BUILDING

FORME MULTIDISCIPLINAIRE.

STRATÉGIE EN MILIEU DE TRAVAIL CHEZ CBRE,

INSTITUTE, UN PROGRAMME DE CERTIFICATION AXÉ SUR LE BIEN-ÊTRE.

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UNE FIRME IMMOBILIÈRE CORPORATIVE.


LB Leading companies across all sectors are looking for powerful tools to attract and retain the best talent—at one time, this was mostly only a concern of tech-focused companies. Since we’ve been going through the WELL certification process, we’ve seen our turnover rate fall by almost a third. And, during the same period, we’ve almost doubled our hiring rate of new talent. I think more and more top companies are doing this because it’s just downright good for business.

/ Aujourd’hui, la plupart des grandes entreprises cherchent un moyen efficace d’attirer et de retenir les meilleurs talents. Ce n’est plus réservé qu’à l’économie numérique, tous les secteurs s’y mettent. Les salariés, qui passent de plus en plus de temps enfermés dans un bureau, veulent un mode de vie plus sain. Je peux vous dire que, depuis qu’on a suivi le programme d’accréditation WELL, notre taux de roulement a diminué d’un tiers ou presque. Et notre taux d’embauche a pratiquement doublé pendant

cette même période. C’est bon pour les affaires, et je pense que c’est ce qui intéresse de plus en plus d’entreprises. SI What we’re seeing in our business are the negative effects on people who have to sit all day. There are very few jobs now that involve manual labour; instead, more people are commuting to work, and when they sit down in front of their computer, sometimes hours go by before they get up and move. We treat so many conditions related to the negative health

effects of this type of work, so it’s very exciting to see progressive companies starting to think about this. We have tons of research that proves that a healthy employee is a more productive employee, is a happier employee and is an employee that is going to stay with their company for much longer. On top of that, we know that things like exercise and movement during the day enhance your brain chemistry and your performance. / Moi qui suis à l’autre bout de la chaîne,

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The Conversation / La conversation

je constate tous les jours les effets négatifs du travail en position assise. Les métiers manuels se font rares. Les gens se rendent à leur bureau, s’assoient devant leur ordinateur et peuvent y rester des heures sans bouger, sans se lever de leur chaise. On soigne tellement de pathologies liées à ce phénomène que je suis ravie de voir les entreprises s’en préoccuper enfin. On a des tonnes d’études qui prouvent qu’un employé en santé est plus productif, plus heureux et reste plus longtemps au service de son employeur. De plus, on sait que la mobilité et l’exercice physique au cours de la journée ont un effet bénéfique sur le cerveau, et donc sur les résultats. KV Both Loren and Stacy hit the nail on the head. What we’re really getting at with WELL is moving toward society looking at health in a different way. I can quote Barack Obama—although I wish I’d come up with this on my own: “We’re not in a healthcare mindset; we’re in a disease-care mindset.” I think we’re starting to have the conversation about not waiting until we’re sick to deal with issues but, instead, optimizing health throughout our daily

IN OUR OFFICE, NO ONE IS MORE THAN 25 FEET AWAY FROM DAYLIGHT. / TOUS NOS EMPLOYÉS SONT À MOINS DE 8 MÈTRES D’UNE FENÊTRE. 40

lives. / Loren et Stacy ont bien cerné le problème. Nous avons créé WELL dans le but de changer les mentalités. Comme l’a si bien dit Barack Obama – j’aurais d’ailleurs aimé trouver cette formule moi-même –, dans notre société, on ne pense pas soins de santé mais soins de maladie. Je crois qu’on commence tous à se rendre compte qu’il ne fut pas attendre d’être malade pour agir, qu’il faut optimiser notre santé au quotidien. LB What a great quote that is. You’ll find a lot of companies that say “Oh, well we have gym memberships for our staff.” But, really, when you look at the stats, gym memberships typically only touch about 15 percent of staff. The greatest thing about a wellness strategy that focuses on the way you work is that you’re impacting 100 percent of the people. It’s not just touching the already fitnessmotivated; it’s impacting every single person in the office. / Quelle formulation géniale!

Le programme bien-être de plusieurs entreprises se résume à offrir un abonnement au gym du coin à leurs salariés. Mais quand on regarde les statistiques, on s’aperçoit que seuls 15 % d’entre eux en profitent et donc en bénéficient réellement. Alors qu’une stratégie à même le mode de travail touchera 100 % des gens. Pas seulement ceux qui sont déjà motivés pour faire de l’exercice, mais bien chaque employé du bureau.

In our workplace, health and fitness and wellness are built right into our model. That being said, we do still pay a lot of attention to it because of the nature of our business. We emphasize things like

SI

not sitting for longer than 20 minutes, requesting options to sit and stand during the day and getting up and taking lots of breaks. It is really important for companies to realize that it’s not too expensive and it’s not too complicated to implement these strategies for themselves. / Santé, remise en forme et bien-être sont présents sur notre lieu de travail puisque c’est la raison d’être de notre centre. Cela dit, on reste très attentif au sujet, car on offre un service de conseil. On indique à notre clientèle qu’il n’est pas bon pour la santé de rester assis plus de 20 minutes d’affilée, qu’il existe des solutions à proposer à leur employeur pour prendre des pauses, travailler assis et debout. On se rend sur place pour une séance d’information, pendant la pause dîner, ou pour une évaluation ergonomique de leur poste de travail : des conseils faciles à mettre en pratique. On s’adresse aussi aux dirigeants, les invitant par exemple à installer des douches pour que les employés puissent venir à vélo ou à pied. On a constaté de vrais changements chez ceux qui ont intégré ces stratégies à leur quotidien. Il est important que les entreprises se rendent compte que ce n’est ni cher ni compliqué.

throughout the day gets your circadian rhythm on track and really helps when you need to go to sleep, because your body is attuned to the rhythm of the sun. We also worked very hard on improving our indoor air quality, making sure that we’re getting enough fresh air throughout the day, and built a really enticing central café that encourages people to get away from their desks, take a break and have a nice lunch. For our clients and for ourselves, we wanted to make sure that people prefer to work in the office. You have to give them great tools and greater ergonomics to do that. / En

Coming at this more from a design background, what I love about the WELL program is that it’s really steeped in bringing natural daylight and views to people. That’s something that you have to get right in those early planning stages of your project. In our office, no one is more than 25 feet away from unbelievable views and daylight, and most people are within the 12-foot range. Having access to natural light changing

parlant d’agencement des locaux, ce que j’ai aimé dans le programme WELL, c’est la priorité mise sur la lumière du jour et la vue depuis les fenêtres. C’est un point à considérer au tout début du projet d’aménagement. Dans notre entreprise, tout le monde est à moins de 8 mètres d’une fenêtre, avec une vue incroyable, et la majorité se trouve dans un périmètre de 4 mètres. La lumière naturelle, et ses variations au cours de la

LB


The Conversation / La conversation

journée, sont nécessaires au bon fonctionnement de notre rythme circadien. Le soir, on s’endort plus facilement aussi, le corps étant calé sur le rythme du soleil. Nous avons également travaillé fort à l’amélioration de la qualité de l’air dans nos bureaux. On a fait en sorte de respirer de l’air frais en quantité suffisante et de contrôler ce niveau d’air frais dans chaque pièce, pour que chacun en bénéficie. Une autre mesure-clé a été la construction d’un café à l’ambiance chaleureuse. Situé au cœur de l’entreprise, il incite les employés à s’éloigner de leur poste de travail pour prendre une pause ou pour dîner. Pour nous et pour nos clients, on a fait en sorte que les gens se sentent bien et aiment venir au bureau. Un lieu de travail sain, ergonomique et invitant aide beaucoup. KV Loren basically hit most of it right on the head in terms of activity and what an office’s design can do to promote it. People often discuss incorporating physical activity and nutrition into the workplace, but some items that are discussed less often are acoustics or sit-stand desks and ergonomics. Studies are now even suggesting that offices that are ventilated properly can double cognitive ability. / Loren fait pratiquement un

sans-faute sur le rôle que joue l’aménagement intérieur dans la promotion de l’activité physique. Dans les entreprises, on entend souvent parler de remise en forme et de nutrition, mais bien moins d’acoustique, d’ergonomie ou de bureau ajustable permettant de travailler assis et debout. La qualité de l’air intérieur a, elle aussi, un fort impact sur la santé. Des études récentes montrent qu’un individu se trouvant

dans une pièce correctement ventilée verrait ses capacités cognitives doubler. LB In our head office in downtown Toronto, it was somewhat of a challenge for us to achieve optimal indoor air quality. The buildings just didn’t have enough fresh air to put into the system to meet the requirements. Working closely with the landlord, we put in exterior louvres to bring in more fresh air. It’s incredible how much of a noticeable difference this made. / Réussir à avoir une

qualité de l’air optimale dans notre siège social à Toronto, en plein centre-ville, a été un vrai défi pour nous. La quantité d’air frais présente dans l’immeuble ne satisfaisait pas aux critères : il n’y en avait tout simplement pas assez. En sensibilisant le propriétaire à notre cause, on a pu installer des persiennes de ventilation à l’extérieur, qui font entrer plus d’air. Ça a fait toute la différence. Ceux qui nous rendent visite à l’étage n’en reviennent toujours pas, le propriétaire compris. SI [In terms of employee responsibility], our workplace was designed in the proper manner from the get-go, so the only things that I need employees to communicate with me are stress levels, holidays and if they’re not getting enough sleep at night because other things are going on. If you’re not coming to the job with your best health, you’re not able to do the best job. / Notre lieu de

travail ayant été correctement aménagé dès le départ, je peux me concentrer sur autre chose : le stress, les vacances et le sommeil de mes employés, selon ce qui se passe dans leur vie. J’organise de nombreuses discussions de groupe avec

mon équipe et quasiment tous les sujets abordés finissent par converger vers la santé et le bien-être. Un travailleur en mauvaise santé ne peut pas donner le meilleur de lui-même. LB HR policies are certainly key to creating a healthy environment—people are working through their lunch hours at their desks or are not taking mental-health days when they need to have that break. Allow people to work at home one day a week, so they can manage their lives a little bit better and have better work-life balance. / Il est certain que les

ressources humaines ont leur rôle à jouer. Il n’y a rien de pire qu’un gestionnaire qui interdit les pauses. Certains employés dînent à leur poste tout en travaillant ou ne prennent pas de congés quand ils en ont besoin, un repos pourtant nécessaire à leur santé mentale. Permettre aux gens de travailler de la maison un jour par semaine est, par exemple, un bon moyen de les aider à mieux gérer leur vie, à trouver cet équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Je crois que la prochaine étape sera de coupler le programme d’aménagement WELL à une politique de gestion des ressources humaines pour tous, axée sur la santé mentale. L’un ne va pas sans l’autre.

COME TO WORK WITH YOUR BEST HEALTH TO DO YOUR BEST JOB. / UN TRAVAILLEUR EN SANTÉ DONNE LE MEILLEUR DE LUI-MÊME. employé change du simple fait de savoir que son lieu de travail tient compte de sa santé et de son bien-être. Cela le pousse à y réfléchir davantage. Quelques mois après l’aménagement des bureaux de CBRE à Los Angeles, j’ai dîné avec le directeur général. Les deux plus grands impacts à ses yeux étaient l’interaction des salariés : il y avait plus de camaraderie; ils ont envie de pratiquer des activités physiques pendant l’heure du lunch, ou d’organiser des concours de smoothies encore d’assister ensemble au cours de yoga l’après-midi. INTERVIEW BY / PAR LYDIA PAWLOWSKY ILLUSTRATIONS / ILLUSTRATIONS COURTNEY WOTHERSPOON

We’ve gotten a lot of feedback from employers that it totally changes the mindset of their employees to know they’re in a space that respects their health and well-being and facilitates office camaraderie through things like smoothie competitions at lunch or going to yoga together in the afternoon. / On a des retours

KV

de la part des employeurs, nous disant que l’état d’esprit d’un

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PHOTO BY / PHOTO PAR NATASHA V.


Made / Fabriqué

Suds from Suds At Waterloo’s Abe Erb brewery, you can wash off traces of last night’s beer with beer. / À la brasserie Abe Erb de Waterloo, on élimine les excès de bière de la veille par la bière. BY / PAR ANNA-KAISA WALKER

A TRUE BEER LOVER never lets a drop go to waste. And if you’re brewing

suds, why not make soap? At Abe Erb, a Waterloo, Ont. craft brewery and pub named for the city’s Mennonite founding father, bars of artisanal beer soap are sold alongside the brand’s signature brews. Even if 19th-century Mennonites themselves weren’t exactly bon vivants, their spirit of DIY and entrepreneurship lives on. Helen Theodosiou, Abe Erb’s resident soap maker (and sister of co-founders Tony and Rob Theodosiou), is a big believer in the skinsoftening benefits of beer. “It’s full of B vitamins, which are very moistening,” she says. “The amino acids in the hops are soothing, and the yeast component slows down the growth of acne bacteria.” A registered herbalist, acupuncturist and massage therapist, Theodosiou draws from her arsenal of herbs and essential oils to create each bar of soap around a different concept—Abe’s Bar, for example, has a fir scent and a black edge made of activated charcoal to commemorate the 2013 fire that destroyed most of the farmers’ market in nearby St. Jacobs. Using jugs filled with beer from the brewery’s draft tower, she crafts the soap in small batches at her home lab, boiling down the brew to eliminate the carbonation and alcohol (and dispelling most of the beer smell, so you won’t stink like a frat house). After cooling the concentrate, she adds lye, which dramatically heats up the mixture, and combines it with melted coconut or avocado oil, adding essential oils for fragrance and pouring the soap into moulds to harden. Theodosiou then delivers the soap to both Abe Erb brew pubs, one of which is in The Tannery, a brick-and-beam former warehouse acquired by Allied Properties REIT in 2012. Built in 1894, it originally belonged to the Lang Tanning Co., once the British Empire’s largest supplier of shoe leather. History and heritage are integral to Abe Erb, which not only makes craft beer but also raises its own chickens. Spent grain from the brewing process is used as livestock feed by a local Mennonite farmer, who, in turn, supplies the pubs with handcrafted sausages. As for the soap, it’s a labour of love, says Theodosiou. Each batch makes only 24 bars, which sell for $9 to $12 apiece. Despite the premium price, they fly off the shelves, especially around the holidays. “I like that they’re not only a gift idea but a conversation piece,” says Theodosiou. “They get people talking about what we do here.”

QUAND ON A DE LA MOUSSE sous le coude et qu’on a horreur d’en

perdre une goutte, pourquoi ne pas en faire du savon? C’est le cas d’Abe Erb, une brasserie artisanale qui a vu le jour à Waterloo, ville fondée par le mennonite Abraham Erb dont elle tire le nom. Même si les mennonites du 19e siècle n’étaient pas à franchement parler des bons vivants, ils étaient connus pour leur sens des affaires. C’est Helen Theodosiou, sœur de Tony et de Rob, les cofondateurs de la brasserie, qui fabrique les savons artisanaux à la bière. Cette dernière fait des merveilles pour la peau, explique-t-elle : « Elle est riche en vitamine B, très hydratante. Le houblon, lui, contient des acides aminés aux propriétés apaisantes et la levure freine l’apparition de l’acné. » À la fois acupunctrice, massothérapeute et herboriste, Helen mélange plantes et huiles essentielles pour créer des barres de savon aux concepts originaux. Abe’s Bar, par exemple, combine sapin et charbon activé en mémoire de l’incendie du marché fermier de la ville voisine de St. Jacobs en 2013. Dans son laboratoire, elle commence par faire bouillir la bière brassée maison pour en éliminer le gaz carbonique et l’alcool, ainsi que l’odeur. Une fois refroidie, elle y ajoute de la soude, ce qui fait remonter la température du mélange, puis de la noix de coco fondue ou de l’huile d’avocat et des huiles essentielles pour parfumer le tout. Elle verse ensuite sa préparation dans des moules et attend qu’elle se solidifie. Ses savons sont vendus dans les deux pubs d’Abe Erb, dont celui situé à Kitchener dans The Tannery, un entrepôt de briques construit en 1894 pour The Lang Tanning Company, le plus gros fournisseur de cuir pour chaussures de l’Empire britannique à l’époque, et propriété d’Allied Properties REIT depuis 2012. L’histoire locale et les méthodes artisanales comptent beaucoup pour ces brasseurs, qui élèvent aussi leurs propres poules. La drêche de la brasserie sert également à nourrir le bétail d’un fermier voisin mennonite, dont on retrouve les saucisses au menu des pubs. Quant aux savons, fabriqués par brassée de 24 seulement, ils y sont vendus de 9 $ à 12 $ pièce. Malgré leur prix, ils partent comme des petits pains chauds, notamment pour les fêtes de fin d’année. « Un savon à la bière est une idée de cadeau très sympa et qui délie les langues, conclut Helen. Les gens nous posent des questions et parlent ensuite de nous. »

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TITLE TYPOGRAPHY BY / TYPOGRAPHIE DU TITRE PAR COURTNEY WOTHERSPOON; PHOTO COURTESY OF / AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE DAVID HARTT, HEALTH CARE OVERFLOW AT THE MACKINAC CENTER FOR PUBLIC POLICY, MIDLAND, MICHIGAN, 2014

PHOTOGRAPHY HAS ITS MOMENTA BY / PAR COURTNEY SHEA

WHEN IS a boring office cubicle more than just a boring office cubicle? When it’s featured in the work of David Hartt, an award-winning Canadian photographer whose images of workplaces look, at first glance, like stills from The Office. On closer inspection, though, finer details—books on the shelves or miniature American flags peeking out from the furniture—tell stories about the people who occupy these spaces. Hartt is one of 38 artists who took part in this year’s Momenta Biennale (formerly Le Mois de la Photo), which ran until October 15 in Montreal. This year’s theme, What Does the Image Stand For?, encouraged observers to take a critical stance. “For so long, there

QUAND UN cubicule insipide cesse-t-il de l’être? Quand il est recadré par l’œil de David Hartt, photographe canadien souvent récompensé. À première vue, ses photos de bureau semblent tout droit tirées de la série The Office. Sauf qu’en entrant dans les détails, comme ces livres posés sur une étagère ou ce drapeau américain miniature fiché dans une cloison, il nous raconte une histoire, celle des occupants des lieux. David Hartt fait partie des 38 artistes locaux et internationaux qui participent à Momenta, biennale de l’image, l’ancien Mois de la photo de Montréal. Jusqu’au 15 octobre, l’édition 2017, intitulée De quoi l’image est-elle le nom, faisait appel à notre regard critique. « On a longtemps supposé que ce qu’on voyait sur une photo était la vérité, BLOCK / 45


Notebook / Notebook

has been this assumption that the images we see in photographs are the truth,” says Audrey Genois, Momenta’s executive director. “We want people to question that. Even with photography, you are looking at someone’s point of view.” When Genois took over Momenta last fall, her own point of view was that the old name—Le Mois de la Photo—didn’t convey what the festival has become since launching back in 1989. The new name frames photography as a series of moments: the moment an image is captured and the moment a new person experiences or discusses it after that. The event also featured guest lecturers, workshops and programming for young people at venues all over the city. Occurrence Gallery, located within Allied Properties REIT’s building at 5455 De Gaspé, hosted Hartt’s images as well as work from another Canadian artist, Anne-Marie Proulx. The Momenta head office is located within the Pied Carré artists’ collective’s space next door, which Allied is proud to support with an affordable 30-year lease. “It is so inspiring to work in an environment with so many other creative people,” says Genois. And she confirms it—there’s not one boring office cubicle in sight.

précise Audrey Genois, nouvelle directrice générale de Momenta. Pourtant, même une photographie représente le point de vue de quelqu’un. L’exposition incite le visiteur à y réfléchir. » C’est le nom de l’exposition, datant de 1989, qui a fait l’objet de la réflexion d’Audrey Gennois dès son arrivée en poste à l’automne dernier. Le Mois de la photo ne lui paraissait plus correspondre à la réalité. Momenta permet d’introduire la notion de moments, de temporalité : de la prise de vue à la perception de l’image par celui qui la regarde. Le partage des points de vue étant une de ses priorités, Momenta s’accompagne de conférences, d’ateliers et d’une programmation pour le jeune public, organisés dans différents lieux en ville. Les photos de David Hartt et d’Anne-Marie Proulx, Canadienne elle aussi, sont exposées à la galerie d’art Occurence, située au 5455, rue de Gaspé. Cet immeuble appartenant à Allied Properties REIT se trouve à deux pas des bureaux de Momenta et de Pied Carré, un regroupement d’artistes qu’Allied est fier de soutenir grâce à un bail de 30 ans. « C’est très inspirant de travailler dans une ambiance aussi créative », confie Audrey Genois, qui confirme, amusée, qu’il n’y a là aucun cubicule insipide en vue.

MY BLOCK / AUPRÈS DE MON BLOCK Sonya Meloff, co-founder of Sales Talent Agency, on her favourite spots close to work. / Les bonnes adresses proches du boulot de Sonya Meloff, cofondatrice de Sales Talent Agency. LE GOURMAND This is the area’s best café. Their Nutella hot chocolate is my go-to treat. / C’est le meilleur café du coin. Leur chocolat chaud au Nutella est un régal en hiver. LEE Susur Lee’s signature 19-ingredient coleslaw never fails. It looks as good as it tastes. / Impossible de se tromper avec la salade de chou de Susur Lee : 19 ingrédients et aussi belle que bonne.

SPIRIT HOUSE TORONTO A classic old-school cocktail bar—with three different types of Old Fashioneds. / Un bar à cocktails, comme dans le bon vieux temps. Ils ont trois grands classiques, dont un à l’ananas grillé. THE BALLROOM BOWL This is a really fun place for work events. You can bowl, have some drinks and dance. / Un endroit génial pour les 5 à 7 professionnels. On peut y jouer aux quilles, prendre un verre et danser. 46

ILLUSTRATION BY / ILLUSTRATION PAR NIK NEVES

EKO They make unique jewellery that will last forever. My favourite piece is a cuff by Alexis Bittar. / Ils fabriquent des bijoux uniques, qui durent toute une vie. Un de mes préférés est un gros bracelet, signé Alexis Bittar.


Notebook / Notebook

WELLNESS HACKS /  OBJECTIF BIEN-ÊTRE

THE LESSON / UNE BONNE LEÇON

MATTHEW SLUTSKY, PRESIDENT, BUZZBUZZHOME / PRÉSIDENT DE BUZZBUZZHOME

WHEN I WANT TO EAT HEALTHY…

…I reach for my GimMe Organic Seaweed Snacks. They’re small— about four inches by four inches. They satisfy the salt-tooth craving, but they’re not chips. / Pour manger santé… je compte sur les croustilles d’algues bio de GimMe. Ni grosses ni grasses, elles sont parfaites pour les dents salées comme moi. WHEN I’M READY TO SWEAT…

…I head to Rocket Cycle on St. Clair West for the 6 a.m. class. They play great music—hip hop, classic throwbacks—and you start your day full of energy. / Pour être en forme… je file dès

6 h chez Rocket Cycle, rue St. Clair à Toronto. Ils jouent de la super musique : hip-hop, vieux succès. Idéal pour faire le plein d’énergie dès le début de la journée. WHEN I NEED A ZEN MOMENT…

…I take my dog Schnitzel Frederick Slutsky—chief executive Woofster of BuzzBuzzHome—for a walk. I throw on my headphones and completely zone out. / Pour me ressourcer… je promène mon chien, Schnitzel Frederick Slutsky, toutou en chef de BuzzBuzzHome. Je mets mes écouteurs et je décompresse.

VIVIAN FARRIS

VP People, Benevity / VP, gestion du capital humain de Benevity

CREATIVE FIX / COMBINE CRÉATIVE

ALLIED NEWS / LES ACTUS D’ALLIED

The problem: Chris Graham, principal at TellPeople, wasn’t finding himself as productive as he wanted to be, renting space in an artists’ co-op. / Le problème : Chris Graham, fondateur de TellPeople, ne se trouvait pas assez productif dans l’espace de travail qu’il partageait avec des artistes.

This August, Allied Properties REIT acquired a 50-percent stake in Westbank’s proposed development at 400 West Georgia Street in Vancouver. “Allied and Westbank work well together,” says Michael Emory, Allied’s CEO and president. “We see the world in a similar way and bring complementary expertise to our work.” Once completed, the 24-storey steel, glass and concrete building designed by Merrick Architecture will represent a 60-percent increase in Allied’s office holdings in Vancouver. / En août dernier, Allied

THE CREATIVE FIX: “I relocated to an office on King West, which I share

with five other small-business owners. I love artists, but entrepreneurs were more aligned with my purpose, which has done wonders for my motivation. The rent is more expensive, but it’s worth it.” / LA SOLUTION :

« J’ai loué un bureau partagé par cinq entrepreneurs, rue King West. J’aime beaucoup les artistes mais cette nouvelle ambiance correspond mieux à mes objectifs. J’ai retrouvé ma motivation. Le loyer est plus cher, mais ça vaut la peine. »

Properties REIT a participé à hauteur de 50 % au développement immobilier du 400, rue Georgia Ouest à Vancouver, projet proposé par Westbank. Cette tour de verre, d’acier et de béton de 24 étages, conçue par Merrick Architecture, rappelle une lampe d’Isamu Noguchi. « Allied et Westbank travaillent bien ensemble, explique Michael Emory, PDG d’Allied. On a la même vision du monde et des compétences complémentaires. » La tour achevée, représentera une augmentation de 60 % de la surface de bureaux détenue par Allied à Vancouver.

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Now & Then / D’hier à aujourd’hui

Where Rubber Hit the Road Breithaupt Block’s six buildings tell the story of Kitchener’s transformation from manufacturing hub to tech centre. / Les six bâtiments du Breithaupt Block racontent l’histoire de Kitchener, passée de ville industrielle à centre techno.

1903

2017

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THESE DAYS, Kitchener is our country’s foremost tech hub, but for most of the 20th century, the city was known as the “rubber capital of Canada.” Indeed, the old Dominion Rubber Company manufacturing plant, comprising six separate buildings, has dominated the downtown cityscape for 100 years. The original building, on the southwest corner of King and Breithaupt streets, was built for Jacob Kaufman’s Merchants Rubber Company. After a series of mergers and acquisitions, the Dominion Rubber Company was formed in 1910. When production ceased in 2008, Toronto-based Perimeter Development Corp. took over the site and hired Robertson Simmons (now known as MartinSimmons) Architects to oversee the $35-million redevelopment. The result is the epitome of industrial chic: high ceilings, timber trusses, hardwood floors. Attractive new tenants followed, such as smartphone-centric ad firm Juice Mobile. In 2010, Allied Properties REIT acquired a 50-percent share of the Breithaupt Block, as it is now known, and in 2014 announced that Google Canada would move in. To accommodate the company’s fast-growing research-and-development department, a threestorey sculpted blue-glass box was added to a two-storey 1950s-era brick building. A glass skybridge connects the two, an eye-catching link to the site’s past and its future. / KITCHENER EST AUJOURD’HUI le

carrefour technologique du pays. Une métamorphose pour cette ville, surnommée tout au long du 20e siècle, « capitale du caoutchouc du Canada ». En effet, la Dominion Rubber Company, célèbre manufacture de caoutchouc, et ses six imposants bâtiments ont dominé l’économie locale pendant 100 ans. Elle voit le jour en 1910, après une série de fusions et d’acquisitions et la construction d’un premier bâtiment, au coin sud-ouest des rues King et Breithaupt, pour Jacob Kaufman et sa Merchants Rubber Company. Quand la production cesse en 2008, les promoteurs immobiliers torontois Perimeter Development Corp. s’emparent alors du site et engagent le cabinet d’architectes Robertson Simmons (aujourd’hui Martin Simmons) pour superviser les travaux estimés à 35 millions de dollars. Le résultat représente le summum du chic industriel : hauts plafonds, poutres de charpente apparentes et planchers de bois franc. De quoi attirer de nouveaux locataires, comme Juice Mobile, l’agence de pub « cellcentrique ». En 2010, Allied Properties REIT achète 50 % du Breithaupt Block, le nouveau nom du site, et annonce en 2014 l’arrivée de Google Canada. Pour accueillir son département de recherche et développement en plein essor, une véritable sculpture en verre bleu de trois étages est ajoutée à un bâtiment de brique de 1950. Une passerelle aérienne, en verre elle aussi, relie le passé à l’avenir.

PHOTOS, TOP COURTESY OF / AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE WHS COLLECTION / BOTTOM BY / BAS PAR HARRY CHOI

BY / PAR HOWARD AKLER


Rethink / Repensé

One Device at a Time BY / PAR NAVNEET ALANG ILLUSTRATION / ILLUSTRATION JASON LOGAN

FOR FAR TOO LONG, I’ve suffered from bouts of feverish distraction at the hands of my phone. Every year, its functionality increased, and while I always picked it up to accomplish one specific task, I’d end up drowning in a neverending stream of information and connection. I’m hardly alone. It’s so common a complaint that we have invented vacations from technology, like Camp Reset—a three-day “digital detox” retreat that promises relief from an ever-buzzing phone. But a holiday from your pocket computer is a temporary solution at best. Tech is now an integral part of life and work, so you must learn to live with it. And if you want to fix your distraction problem and regain your focus, you don’t need to get rid of your tech. You need more of it.

DISTRACTION IS THE URGE WE FEEL TO MOVE ON TO THE NEXT THING. For years, I used my phone for everything—not just communication and social media but also the news, reading saved articles, music, YouTube, finances and a hundred other things. I received constant notifications, but even in their absence, I couldn’t stop looking at the thing.

cure: not cutting out tech but using more of it so that, surprisingly, I’m distracted less. / J’AI SOUFFERT, pendant

We tend to think about distraction as an intrusion, like a thief that steals our focus. But, in truth, distraction is more about the urge we feel to move on to the next thing. We develop a psychological relationship to objects, and when you use a smartphone or laptop for everything in your life—work, fun, socializing and more—is it any wonder that one device becomes addictive? What changed things for me was adding more gadgets: not just a tablet but also an e-reader and even a desktop computer. Now I use each device for certain things, and my focus has markedly improved. I use my phone for social media, messaging and news on the go, while my tablet is for videos and quick reading and my e-reader for longer articles or books. Meanwhile, my desktop is for fun (Netflix or games), and my laptop is only for work. Now that I’m no longer conditioned to find everything in one place, that nervous tic to check a screen every five seconds has eased. Indeed, my feverish distraction had a surprising

trop longtemps à mon goût, de distractomanie. Dès que je m’approchais de mon téléphone, toujours plus perfectionné, avec une tâche précise en tête, je finissais noyé dans un flux interminable d’informations en tout genre. J’étais loin d’être le seul. Le phénomène est devenu si courant qu’on a inventé les congés déconnectés : un genre de camp de réinitialisation, trois jours de détox numérique avec la promesse d’un mieuxêtre. Couper le fil de ce bourdonnement incessant n’est pourtant qu’une solution temporaire. Cette technologie fait partie intégrante de notre vie, professionnelle et personnelle, il faut donc apprendre à vivre avec. Paradoxalement, ce n’est pas moins mais plus de technologie qui nous permettra de retrouver notre capacité de concentration.

LA DISTRACTION EST UNE ENVIE IMPÉRIEUSE DE PASSER AU SUJET SUIVANT. Pendant des années, mon téléphone me servait à tout : à communiquer, à me tenir informé, à écouter de la musique,

à gérer mes finances, alouette. J’étais constamment en alerte : même quand il n’y en avait pas, d’alertes, je ne pouvais m’empêcher d’y jeter un œil. On a tendance à considérer la distraction comme une intrusion, une cambrioleuse qui s’en prendrait à notre concentration. En réalité, la distraction est une envie impérieuse de passer au sujet suivant. Sans compter la relation de dépendance qu’on développe avec les objets, surtout si on se sert de celui-ci pour travailler, papoter, se divertir… bref, vivre. C’est en ajoutant des appareils que j’ai pu modifier mon comportement : une tablette, une liseuse et un ordinateur de bureau, chacun ayant une fonction précise. Mon téléphone me sert pour les textos, les réseaux sociaux et l’actualité; ma tablette pour les vidéos et les lectures courtes; ma liseuse pour les articles plus longs et les livres. Mon ordinateur n’est destiné qu’aux films aux jeux vidéos et mon portable, qu’au boulot. Depuis, ma concentration s’est améliorée. N’étant plus conditionné à tout trouver au même endroit, ce tic nerveux qui consistait à vérifier mon écran de poche toutes les cinq secondes s’est apaisé. Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’ai réussi à guérir ma distractomanie non pas en réduisant la technologie mais en la multipliant. BLOCK / 49


Fill in the Blank / Veuillez combler l’espace

THE CHALLENGE Every issue we ask a different artist: What would you do with your very own urban infill? / LE DÉFI Dans chaque numéro, nous demandons à un artiste ce qu’il ferait de sa propre dent creuse. ILLUSTRATION / ILLUSTRATION SIMONE MASSONI

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at totum, fitness isn’t just about your time spent in the gym, it’s about the rest of your life. King West’s premiere health and fitness centre since 2002 sports medicine - personal training - group fitness classes to book an appoinment call 416.979.2449 | www.totum.ca


Chris Amendola, by Derek Shapton. September 5, Toronto. / Chris Amendola, par Derek Shapton. Le 5 septembre Ă Toronto.

BLOCK - Fall/ Winter 2017