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Š Mina et Alain - 2012.


Ô Fiddulé, un ti scurda Voici pour toi, Elena, ma petite fille chérie, l'histoire de Notre Dame du Très Saint Rosaire, vénérée depuis des siècles à Fozzano. Suivons Mme Cornillac-Rocca et le dévoué Père F.Fidelis, (curé de Fozzano 1952-1969), auteurs de ce document. Merci à eux pour ce travail de mémoire sur la foi de nos anciens.


Préface Les mots deviennent fades, usés, étrangement plats, quand on frôle le mystère. Pourtant, peut-on rétorquer la statue de Notre Dame du Saint Rosaire, vénérée à Fozzano, est sculptée à même un tronc de figuier par un artiste inconnu de l’école italienne ; elle est la depuis des siècles, et ses mains tendues sont palpables ; son voile, jadis doré à l’or fin, ombrage ses cheveux bruns ; sa robe rouge et son manteau sombre ; orné de fleurs, retombent sur son corps gracile en plis harmonieux, et ses mystérieuses prunelles de verre, ou les cierges allument des lueurs de vie semblent scruter les âmes avec une infinie douceur. Ce qu’il est impossible de décrire, c’est le charme qui émane d’elle, comme une buée humide et translucide, et la rend à la fois très proche et très lointaine. Toutes les prières entendues, toutes les supplications murmurées avec des larmes dans la voix, ont tissé depuis des siècles une trame qui oblige les plus incroyants à poser le genou sur la marche usée de sa chapelle. Bien des misères lui ont été contées, bien des souffrances elle a dû contempler, et le reflet de toutes ces larmes, gravé dans ses yeux aux aspects changeants, lui donne parfois une apparence douloureusement humaine. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Le Révérend Père Fidèle, Franciscain, vous le dira dans l’étude qu’il lui consacre si après. Suzanne CORNILLAC-ROCCA

(Grand-Mère de notre maire actuel : Mireille ISTRIA)


Chapitre I

ORIGINES DE NOTRE DAME DE FOZZANO (1)

Ce qui arriva, sur les eaux de la mer, dans le golfe de Valinco, une belle statue de la Vierge avec son Divin Enfant. Beaucoup de gens descendirent dans l’eau pour retirer la dite statue, mais, à la stupéfaction générale, ils ne purent la soulever. C’est alors qu’arrivèrent deux vieillards de Fozzano, qui la soulevèrent sans difficulté aucune et l’emportèrent dans leur église. La statue devint bientôt miraculeuse. En temps d’épidémie, de sécheresse, les habitants de Fozzano et des environs réunis dans un même élan de foi confiante, faisaient une procession avec la Madone vénérée et étaient délivrés de leurs maux. On raconte que la peste sévissant à Saint- André de Tallano, la statue fut portée sur la colline de Ziravo, face au village éprouvé, et l’épidémie cessa immédiatement :on vit alors un petit nuage s’élever au –dessus de Tallano et se dissiper dans les nues. Voici maintenant quelques faits constatés « de visu », par des personnes encore vivantes. Selon le désir de Monseigneur l’Evêque, les hommes désignés pour porter la statue miraculeuse en procession, devaient s’y préparer par une bonne confession et recevoir la Sainte Communion. Une certaine année, cette sainte prescription n’ayant pas été observée, il fut impossible de faire passer la statue par le grand portail de l’église : « Elle s’accrochait, disent les anciens, toujours quelque part ». Une autre fois, en l’an 1887, du temps du curé Ettori, ni le Vicaire, ni plusieurs jeunes gens après lui, ne purent descendre la statue de sa niche. Ce fait leur parut inexplicable, d’autant plus qu’à leur suite la Supérieure du Couvent de Fozzano, Mère Brigitte, monta à son tour, et, malgré ses faibles forces, prit la statue entre ses bras et la posa sur le brancard pour la procession. En un autre

temps, où la région était désolée par une sécheresse extrême, la population supplia avec une

ferveur unanime Sa Madone et on fit une procession pour obtenir la pluie : à peine fût-on rentré à l’église qu’une pluie abondante commença à tomber sur les terres altérées. Plusieurs malades, à la dernière extrémité, (particulièrement les femmes en difficultés de couches), furent guéris par l’application du Chapelet Miraculeux. Voilà la tradition, que les octogénaires de Fozzano et d’ailleurs, tiennent de leurs pères et de leurs grand-père. Traditions ou légendes, si vous voulez ! Mais n’oublions pas que les légendes qui se sont créées autour d’une statue, d’un personnage, cachent souvent un fond de vérité. Rien d’impossible, d’ailleurs, que la statue ait été trouvée à la mer. On sait que la plupart des bateaux italiens qui voguaient en Méditerranée, portaient en proue une statue de saint. La Vierge de Fozzano a toutes les apparences d’une de ces statues : creuse à l’intérieur, elle est munie d’une planche qui aurait servi à l’attacher à l’avant du bateaux. Voila que survient un naufrage, une bataille avec les Turcs, la statue est tombée à l’eau : portée par les flots elle arrive dans le golfe de Valinco et est recueillie par les gens de Fozzano. Ceux-ci étaient dans leur territoire. Au 16eme siècle, le Port d’Elice, ou Campo-Moro, Belvédère, Propriano et toute la côte le long du golfe, était le territoire de Vigiano, dont, d’après Monseigneur Augustin Justiniani, dans sa description de la Corse, Fozzano était la principale commune.


En 1492, Orsone de Fozzano, établi par Rinuccio de la Rocca comme un des protecteurs du couvent des Frères Mineurs de Tallano, y est nommé « Chef du Vigiano »(1) Les Fozzanais recueillent donc la statue naufragée et la placent dans leur église qui, en ce moment, était l’église de Sainte 1670-Marie di Vigiani, appelée actuellement « de Figaniella ». En effet, la même tradition veut que le tabernacle de cette église aurait été trouvé à la même occasion. Il est possible que les Fozzanais se sont empressés de construire une chapelle dans leur commune et d’y transporter la statue. Dans ce cas, l’Eglise de Fozzano, bâtie en 1624, ne serait qu’une extension de la Chapelle du Très Saint Rosaire. En effet, dans le « Vieux Livre des Compes », la chapelle précède l’église. Le conseil paroissial est appelé la « Massaria del santissimo rosario et della chiesa », les Capitaines Charles et Antoine Pietro sont les Intendants de la Chapelle du Très Saint Rosaire et les Curés Marc

Aurèle jusqu’en 1670, et

César Losinchi jusqu’en 1720, et son successeur, Ignace Fozzano, reçoivent leur salaire annuel de cinquante livres (somme qui leur est due de la Chapelle du T.S. Rosaire). Des mains des Intendants de cette chapelle. D’après les experts, la statue est une œuvre d’art datant du 17eme siècle. C’est une sculpture italienne,(d’après d’autres, ce serait de l’art Corse), en bois de figuier, d’environ un mètre soixante de hauteur, avec Son Enfant Jésus. La Vierge porte dans sa main tendue, un grain de Rosaire. Au-dessus figurent des séries d’Anges, tandis que sur l’arcade sont représentés les quinze Mystères du Rosaire. La Chapelle elle-même ne ressemble pas aux autres chapelles latérales ; elle est plus riche et plus spacieuse, elle ne suit pas la ligne de l’église, mais ressort du côté de l’Ouest. (1) Ce titre est justifié par la tradition. En 1770, on écrivait : « Le présent registre a été signé et paraphé par nous, Juge Royal, doit servir à Maître Jean-Antoine Tusoli, Curé de Notre-Dame de Fozzano, pour enregistrer tous les baptêmes, mariages et sépultures de sa paroisse, suivant l’Ordonnance. Fait et donné à Sartène par nous susdit Juge Royal de la Province de Sartène et de Bonifacio, le 30 May 1770 – Salineri ». (1) Jusqu’au 19eme siècle, les habitants de Campo-Moro sont baptisés, se marient et sont ensevelis à Fozzano.

La chapelle de Notre Dame du Rosaire après restauration 2000-2001.


Chapitre II

LES « OFFERTA » - LES DONS Dès le dix-septième siècle une longue série de noms de donateurs couvre les pages du Livre des Comptes de la chapelle du T. S Rosaire. Beaucoup de familles ont assignés dans leurs oliveraies un ou plusieurs pieds d’oliviers dont l’huile servira à alimenter la lampe qui brûle perpétuellement devant la statue miraculeuse. Ces arbres sont signés de la Croix. Ainsi, Jean-Baptiste, de feu François de Vigianello, a assigné « Al Lume del Santissimo Rosario di Fozzano, dix « mezzini » d’olives, produit des oliviers qu’il possède dans son bien « La Contralta ». (1). Les héritiers de feu Bernardino, mort en 1662, fils du Capitaine Jean-Paul, payent chaque année « una pinta d’olio ». (2) Parfois l’huile est donnée pour le Saint Sacrement et en même temps pour la Madonna. D’autre fois, le curé a la liberté de la vendre, pourvu que le produit de la vente serve à « Gloria della Madona Santissima del Rosario ». De même, les propriétaires séparent dans leurs troupeaux une tête de bétail qu’ils marquent de leur sceau et parfois de la Croix. La vente de l’animal sera faite au profit de la Sainte Chapelle. En 1670, les Intendants de la Chapelle et de l’Eglise ont reçu pour la lumière « per il lume », quatre « mezzini » de blé et 2,3 mezzini d’orge ; le blé s’est vendu à 20 sous le bacino, ce qui fait 24 litres. (3). En outre, ils ont reçu d’autres sommes par suite d’un vœu au T. S. Rosaire. La formule « per voto all’ Santissimo » revient à toutes les pages : Ainsi, le Lieutenant Giordano paye pour son vœu 10 lires ; le prêtre Cesarino de feu François de Ficaniella, 4 litres 10 ; Pietro-Maria de feu Colombano de Ficanielli , 8 litres ; Prospero, petit-fils du Capitaine Tomaso, 4 litres ; Francesco Maria dalli Paldacci, 3 lires ; le Capitaine Charles, notaire, paye la somme de 40 lires ; Jean Côme de l’enseigne Vincent,40 lires ; Marc de feu Dominique d’Orolo, 12 lires. On verse, comme nous le verrons plus loin, la somme de 50 lires pour être enterré aux pieds de la Vierge. Ainsi, en 1650, Jérôme, de feu Antoine de Bartolo, est enseveli « nella Capella del Santissimo Rosario di Fozzani ».

(1) Le « Messino » valait 6 Bacini, soit environ 55 litres. (2) La « Pinta » De Sartène valait 4 litres 720. (3) On peut se faire une idée de la valeur de la lire, par ces quelques points de comparaison : En 1667, un taureau est vendu au profit de la chapelle au prix de 25 lires, un bœuf de 4 ans 36 lires, un cheval 30 lires ; on achète une paire de souliers pour un ouvrier de l’église pour la somme de 3 lires.


Chapitre III

LES DEBITEURS VOLONTAIRES DE LA VIERGE Vers 670, soit que l’on ait fait de nouvelles constructions, soit qu’on les aient seulement restaurées et embellies, la chapelle et l’Eglise subissent de profondes modifications. Les maçons ont travaillé, mais aussi le marbrier, le sculpteur, le peintre ont passé par là et les frais sont importants (1). En 1677 , le 6 février, pendant la solennité de la messe, le curé Lesinchi monte en chaire et fait un vibrant appel à ses paroissiens : « Que donc, dit-il, chacun de vous, inspiré par la grâce divine et par la dévotion que l’on professe avoir à l’égard de la Bienheureuse Vierge du Rosaire, vienne s’inscrire de plein gré, comme débiteur, promettant comme par instrument publique et sous n’importe quelle peine ecclésiastique, de payer les dites sommes promises au mois d’Août prochain ». A cet appel, s’avancent : les Capitaines Charles, fils de Jean-Paul, patriarche de la famille Fozzani, Polo, grand-père des Durazzo, Jean-François de Paoli Roch, Aurelio, de Bernardino, Louiso d’Orsoni, Jean-Jérôme de Bartolo, le Lieutenant Giordano de Susino, messire Prospero di Tomaso (plus tard les Carabelli), Franchi de Lévie . Le curé, César Losinchi, lui-même, qui cède la moitié de son salaire de la chapelle du Rosaire, ainsi que les deux Frères prêtres Antoine-César et Jules-César Ottaviani ; les riches et les pauvres : une soixantaine de chefs de familles s’inscrivent, qui 25 lires, qui 2lires ; en tout, la somme de 736 lires et 19 sous. Ce qui dénote une splendide union des esprits et une sainte émulation dans leur amour pour la Vierge du Rosaire. Le 10 Avril de la même année, les intendants – « Massari » - du Très Saint Rosaire, vendant un terrain situé à l’endroit dit « Souataggio », près de Barraci , au prix de 25 lires, au Noble Antoine Pietro, du Lieutenant Giordano Fozzano. L’office d’intendant, ou « Massaro », de la Chapelle du T.S. Rosaire, était en haute estime et toujours exercé par des nobles, descendants des anciens gentilshommes de la province della Rocca. Ils étaient désignés par l’Evêque ou, en son nom, par le curé ; en 1726, ils sont élus par le peuple.

(1) Notons en passant que la Chapelle de Saint- Joseph était achevée en 1669 ; elle s’appelle la chapelle du Seigneur Capitaine Paul Fozzani, qui implore le patronage de Saint Joseph pour lui et sa postérité, comme l’indique la plaque apposée qui porte les armoiries de l’ancienne famille Fozzani.


Chapitre IV

LES SEPULTURES DANS LA CHAPELLE DU T.S.ROSAIRE

Ce qui fait ressortir davantage l’importance du culte de la Vierge du Rosaire, ce sont les sépultures dans « l’Arca », de cette chapelle. On aimait, après sa mort, reposer aux pieds de la Vierge, mais c’était une faveur achetée au prix d’une forte somme. L’année 1677, le 14 du mois de Mars, à Fozzano, jour de Dimanche, à l’issue de la messe, sur la place de l’église, a lieu une réunion composée de la majeure partie du peuple de Fozzano, en nombre requis. On décide ce qui suit : Vu que selon l’ancienne coutume, on payait la somme de cinquante lires pour obtenir la sépulture dans la Chapelle du Très Saint Rosaire et qu’actuellement la somme s’est réduite à dix lires, pour toute personne qui voudra y être enterrée, tant homme que femme, tant petit que grand ; sur cette somme, cinq lires iront au trésor de la chapelle et cinq lires au curé. De même, le curé n’y pourra ensevelir aucune personne, si d’abord on n’a versé la somme requise ou donné un gage équivalent. Quant aux personnes qui n’appartiennent pas à la piève (canton du Vigiano), ils continueront à payer cinquante lires.


Ce contrat est accepté par le curé et rédigé par le notaire Antoine Pietro Fozzano. En date du 14 Avril suivant,

figure déjà sur le livre des compte de la chapelle, une longue liste de

personnes qui ont versé la dite somme. Notons seulement : Les Capitaines Jean-Jacques et Charles, fils de Jean-Paul, le Capitaine Franchi de Lévie, le curé Losinchi, le prêtre Giuseppe Ottaviani, curé de Sainte–Marie ; messire Simon Giovanni Tomasi, ancêtre de Colomba de Fozzano. Le prêtre Agnole Francesco pour son frère. Le notaire Antoine Pietro et toute sa famille, et un grand nombre de pieuses femmes. Cette liste s’échelonne le long du 18eme siècle. Entre autres : en 1715, Tomaso Coiala di Arbillara ; en 1723, Don Gavini fils de Camillo Arbillara ; prêtre, il deviendra curé d’Arbellara et meurt à l’âge de 85 ans, et on l’enterre dans la chapelle du Rosaire à Fozzano en 1780.


Chapitre V

LE CULTE du 18e SIECLE

Le culte ne ralentit pas. Notons, vers 1700, Jacques, de feu Valère, a désigné « All Santissimo Rosario, un manso di pelo bruo », marqué de son sceau sans la croix. Jean-Félix, de Mathieu d’Arbellara, a assigné à la Chapelle du Très Saint Rosaire, un bœuf de quatre ans, qui est vendu au prix de 46 livres. Parfois, on prononce des sentences de condamnation « a Favore del Santissimo Rosario » (en faveur du Très Saint Rosaire). Ainsi, le Capitaine Marc-Aurèle paye « per penitenza », au Saint Rosaire, la somme de 40 lires. Avec cette somme, on achète six chandeliers en cuivre. On lègue, des sommes par testament : en 1723, Antoine-Jérôme, par testament dressé par le notaire Dominique Carlotti, laisse au T. S. Rosaire la somme de 25 lires et autant à l’Eglise. En 1720, Ignace Fozzano, fils du Seigneur Jules, est nommé par Mgr Augustin Spinola, curé de Fozzano. Dans une séance solennelle, on lui transmet le livre de la « Massaria » et son nommés « Massari », ou intendants de la Chapelle, les nobles Jean-Bernard Paoli et Paul d’Ange-Toussaint, « come tutti gli honori ed oner ». Vers 1750, le Révérend Paul Pianelli, successeur de Ignace Fozzano, dans ses notes sur les biens et coutumes de l’église de Fozzano, note l’obligation pour ceux qui veulent être ensevelis dans la chapelle du T. S. Rosaire, de verser d’abord la somme de 10 lires, ainsi que le devoir de payer au curé, pour son salaire, au T. S. Rosaire, la somme de cinquante lires, d’après la coutume qu’il qualifie de très ancienne « uso antichuyssimo » et il renvoie au livre de cette « Massaria » du temps du curé Losinchi (1670). De temps immémoriaux, existe la confrérie du Très Saint Rosaire. Ambroggio Ferrari, délégué de Mgr J.-B. Spinola, visiteur apostolique de la Corse, la mentionne en 1686, lors de son passage à Fozzano. Le dernier Vicaire de Fozzano, vers 1900, actuellement le Chanoine de Rocca Serra d’Ajaccio, nous autorise à confirmer de son témoignage, le culte extraordinaire dont jouissait de son temps la Madone du Rosaire, ainsi que l’existence de l’ancienne tradition et des faits merveilleux. « C’était, dit-il la Statue « on n’y touche pas ! ». Un homme, voulait réparer le pied de la Vierge, tâcha d’y enfoncer un clou ; mais quel ne fut pas son effroi de voir le clou s’enfoncer dans sa propre main ! » Une mère de famille lui disait : Quand un de mes enfants est malade, je vais supplier la Vierge, et Elle le guérit ». En 1824, la statue, souffrant de vétusté, est restaurée par un peintre romain (1) : les trons sont bouchés, l’Enfant Jésus est doré et on lui restitue les parties manquantes ; le manteau est rendu plus foncé ; les quinze mystères de l’Arcade sont peints à nouveau << di nova >> ; le devant de l’autel et les côtés sont peints à l’huile ; les deux anges qui se trouvent au sommet de l’autel et les quatre anges sont coloriés au naturel. Les corniches, les deux piliers ou colonnes, tout est rafraîchi, mais tout cela donc existait et nous sommes sûrs d’avoir, de nos jours, la statue et la chapelle telles qu’elles existaient il y a trois siècles.

(1) :Le contrat avec le peintre était de 250 frs, et il signe : Giuseppe-Marie Wive.


CONCLUSION

Pendant trois siècles, les générations se sont agenouillées devant cette image vénérable, lui confiant leurs espoirs et leurs craintes, demandant ses faveurs. Obéissant à la voix de Pie X II qui nous incite à restaurer les anciens pèlerinages, continuons l a tradition, la « Madona Santissima » montrera encore son amour maternel, comme le chante si bien un ancien poète Fozzanais, lui, qui après son vœu à la Vierge, avait été délivré d’un esclavage de neuf ans, en Barbarie.

Se Madre ell’ e d’un Dio pél peccatore E’ del Ciel la Régina ; al Divino Foro Pé Figli avvochéra ‘l materno amore (1) Le pèlerinage de Notre-Dame de Fozzano a lieu le premier Dimanche d’Octobre. Solennité de la fête du T. S. Rosaire, avec messe solennelle suivie de la procession avec la Statue Miraculeuse.

F. FIDELIS,

O. F. M.

Curé de Fozzano

Père F.FIDELIS

Suzanne CORNILLAC-ROCCA

1887-1969

1904-1989

(1) Charles di Paoli, Chanoine d’Ajaccio, dans son recueil de poésies, sonnets dédiés au pape Clément XII (1732- 1741).


PROCESSION


O Dieu, dont le fils unique Nous a ménagé le bienfait du salut éternel, Par sa vie, sa mort et sa résurrection, Faites, nous vous en prions, qu’honorant ces mystères, Au moyen du Très Saint Rosaire de la bienheureuse Vierge Marie, Nous imitions ce qu’ils contiennent et obtenions ce qu’ils promettent. O Très Sainte Vierge Marie, Médiatrice des hommes, Auprès de votre divin fils notre Sauveur, Qui avez daigné venir à nous sur les flots de la mer Pour prodiguer à vos enfants votre tendresse maternelle. Bénissez tous ceux qui viendront vous louer, Et implorer votre secours devant cette image vénérée, Délivrez –les, des maux du corps et surtout de l’âme, Obtenez-leur une parfaite contrition de leurs péchés, Une augmentation de Foi, d’Espérance et de Charité, Et conduisez-les tous enfin au port du salut éternel, Où dans la gloire du ciel avec Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Vous êtes heureuse à jamais. AMEN (Mgr LLOSA Evêque d’Ajaccio)


NDR