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EDITIONS AGRICOLES Sarl de presse Au capital de 100 000,00 dhs R.C.: 127029 I.F.: 01006251 Patente N° : 35870166 Autorisation : GROUPE HASSAN DERHEM 22 bis, rue des Asphodèles Résidence Zakia - Quartier Burger 20380 Casablanca Tél. : 212 (0) 522 23 62 12 212 (0) 522 23 82 33 agriculturemaghreb@gmail.com www.agriculturedumaghreb.com

Directeur de publication Abdelhakim MOJTAHID

Rédacteur en Chef Ingénieur Agronome Abdelhakim MOJTAHID

Journalistes Ingénieurs Agronomes Abdelmoumen Guennouni Hind ELOUAFI

Ont participé à ce numéro : Dr. Abbès Tanji Dr Fagouri Said ABDELKADER RBAIBI

Facturation - Abonnements Khadija EL ADLI

Directeur Artistique Yassine NASSIF

Imprimerie PIPO

Tous droits de reproduction autorisés avec mention impérative et complète du journal.

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Edito Cop 22, Marrakech - Octobre 2016 ‘‘Ensemble nous avons le pouvoir d’agir’’ Pour une agriculture durable, adaptée aux changements climatiques, respectueuse de l’environnement et assurant la sécurité alimentaire nationale

L

a campagne agricole 2016-17 qui vient de démarrer, est celle de la 22ème édition de la COP (Conférence des Parties à la Convention sur les Changements Climatiques) abritée par le Maroc, sous l’égide des Nations Unies. C’est un honneur et une grande responsabilité pour le Maroc qui se doit de donner l’exemple (et il a souvent été cité en exemple) aux autres pays dans les domaines de la gouvernance énergétique et des énergies renouvelables (solaire, éolienne, …), par sa contribution ambitieuse à la limitation du seuil du réchauffement planétaire, contre les GES, gaz à effet de serre –même s’il en est un faible émetteur- (véhicules électriques, zéro plastique, …). Sans oublier de nombreuses initiatives privées prises par des entreprises, associations ou particuliers et dont certaines ont obtenu des distinctions notoires. De son côté l’agriculture a sa part de responsabilité dans cette lutte contre le dérèglement climatique. Des mesures ont été prises dans ce sens par les autorités marocaines de d’autres sont à venir. A titre d’exemple ont peut citer le traitement des eaux usées, l’entretien des barrages, l’irrigation économe en eau, … Cependant, ce qui reste à accomplir n’est pas négligeable. A commencer, entre autres, par la gestion rationnelle des ressources, l’orientation de notre agriculture vers des cultures plus adaptées

à notre climat actuel et à venir, un élevage avec des races adéquates, une recherche sur le long terme, la prospection de solutions innovantes, la formation des agriculteurs et leur encadrement, … Ceci nécessite la mobilisation de tous les intervenants et à leur tête les autorités gouvernementales en charge de ce secteur. Le secteur privé et associatif aussi a son rôle à jouer, mais il serait inapproprié de lui faire porter la lourde charge de la gestion de l’ensemble des filières alors que tant d’autres autorités publiques ont eu des difficultés à faire face aux nombreux défis que cette tache suppose, malgré leurs moyens et les compétences dont elles disposent. Comme conclut la fable, pour éviter un bilan désastreux : ‘‘Chacun son métier et les vaches seront bien gardées’’.

Abdelmoumen Guennouni Journaliste - Ingénieur Agronome

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Sommaire

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6 Actualités

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lève le voile sur ses nouvelles innovations

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Tomate

Principales maladies fongiques

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Print4pack

Conférence internationale sur l’emballage à Palerme

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SECHOIR SOLAIRE

Un outil efficient pour petits agriculteurs

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Récolte des agrumes

Les précautions à prendre

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Conditionnement des agrumes

Les étapes, de l’amont à l’aval

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Maladies de post récolte

Stratégie de lutte

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Eléments agro-économiques pour

Réussir la culture du blé tendre en Bour

44 61 79 13 37

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Canne à sucre

Améliorer le désherbage dans le respect de l’environnement

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Betterave à sucre

Conseils pour un bon désherbage

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La Chèvre Hassania

Une Race des Parcours désertiques à sauvegarder -

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Tomates primeur

Fleuron de la production et des exportations marocaines

Cahier ARABE

CMGP BEJO MAMDA NUNHEMS RIJK ZWAAN VILMORIN

BASF

PETITES ANNONCES

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Actu

Actu Environnement

Réchauffement climatique Sérieux impacts sur l’agriculture marocaine Abdelmoumen Guennouni

Le Maroc a enregistré, au cours de la campagne 2015-16, des conditions climatiques très particulières marquées par une faible pluviométrie, des sécheresses récurrentes et des vagues de chaleur à répétition qui ont fortement affecté les productions agricoles et l’élevage nationaux ainsi que l’agro industrie. La conjonction de ces aléas climatiques constitue un nouveau coup dur pour les agriculteurs marocains. Les spécialistes expliquent cette situation par le réchauffement climatique global que connaît la planète et auquel le Maroc ne saurait échapper. Outre les céréales, dont on connait les résultats catastrophiques et l’élevage qui a souffert du manque de parcours et des spéculations sur les aliments de bétail, les autres filières aussi ont souffert de ce réchauffement climatique. Ainsi, parmi les facteurs qui ont touché l’agriculture marocaine les deux principaux sont la faible pluviométrie et les vagues de chaleur qui se sont succédé ces derniers mois, qui font de cette campagne la plus chaude jamais enregistrée.

Météo : un climat en

constante perturbation

(Climate Expert) Au Maroc, les impacts négatifs des aléas climatiques sont déjà perceptibles et vont probablement réduire la productivité des principales cultures et augmenter leurs besoins en eau,

diminuant ainsi directement l’utilisation efficace de l’eau pour l’irrigation. On note une diminution de 15 à 20% pour toutes les cultures dans des régions ayant connu des niveaux élevés de réchauffement. Les effets du climat et de ses aléas ont eu une grande part de responsabilité dans les crises qu’a connues l’agriculture au Maroc ce dernier siècle. ► Des températures en hausse: Depuis les années 60, les températures moyennes annuelles ont augmenté de 1,0°C à 3° dans l›ensemble du Maroc et les projections montrent une tendance à la hausse des températures moyennes annuelles de 0,5 à 1,5°C aux horizons 2020 à 2080. ► Des précipitations en baisse et plus irrégulières : Les précipitations ont subi une baisse qui varie entre 3 et 30% avec une baisse moyenne de 26% dans la région Nord-Ouest du pays. On observe aussi un régime des précipitations qui change avec des pluies fortes plus fréquentes

et plus concentrées notamment entre les mois d’octobre et novembre. Les projections prévoient une tendance à la baisse des cumuls annuels des précipitations entre 10 et 20% pour atteindre 30% sur les provinces sahariennes à l’horizon 2100. ► Des vagues de chaleur plus intenses :  Celles-ci deviennent plus fréquentes et plus longues, avec des températures pouvant atteindre jusqu›à 47- 48°C durant certaines années.  La projection médiane des changements de la durée des vagues de chaleur est de plus 26 jours d’ici 2100, avec des projections variant de 8 à 66 jours. ► Des Extrêmes Climatiques plus fréquents : Les sécheresses sont plus fréquentes et plus longues. Entre 1940 et 1979 il y a eu 5 sécheresses en 40 ans alors qu’entre 1980 et 2002, on en compte 10. On s’attend à une prolongation des sècheresses de plus de 5 jours d’ici 2100. Il en est de même pour les inondations. Dans la région du Souss

Massa par exemple, on note une forte augmentation du nombre d’inondations : entre 1982 et 2007, il y a eu 4 inondations en 25 ans alors qu’entre 2008 et 2015, on en compte 7. ►Elévation du niveau de la mer : Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) prévoit une augmentation de 18 à 59 cm du  niveau de la mer d’ici la fin du 21ème siècle. Les surfaces de plage se réduisent, et la fréquence annuelle des catastrophes naturelles sur la mer augmente  et les houles deviennent plus dangereuses. ► Une raréfaction des ressources en eau  : Il est prouvé que les ressources en eau, notamment des bassins, subissent des baisses significatives, avec une situation de pénurie d’eau attendue entre 2020 et 2050. Au cours de la campagne 201516 la conjonction des aléas climatiques qu’a connus notre pays ont en des impacts sérieux sur les différentes filières, dont certains se répercuteront sur la campagne en cours. Quelques cultures retenues ci-après donnent des exemples des éventuels effets auxquels il faut s’attendre. Ainsi, l’oléiculture a été affectée par ces phénomènes météorologiques auxquels s’ajoute celui de l’alternance, ce qui aura forcément comme résultat une baisse de la production nationale. On voit déjà que la charge des arbres en olives est faible à travers différentes régions et l’oléogenèse ne permettra pas l’obtention des quantités d’huile auxquelles les marocains sont habitués. De même, pour les agrumes les

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hausses de température ont coïncidé avec périodes de floraison et de formation des fruits, avec blocage de la croissance, ce qui ne manquera pas d’affecter la qualité et le calibre des fruits. Une étude faite par Agrotech sur l’impact des vagues de chaleur sur les rendements des agrumes dans le Souss Massa Draa montre que les rendements d’agrumes ont baissé de près de 40% suite à la vague de chaleur de 2012-2013.  Les rosacées fruitières aussi ont eu leur lot de perturbations. En effet, les pommiers, poiriers, pêcher, nectarinier, … sont cultivés en altitude en raison de leurs besoins élevés en froid hivernal cumulé (pommier : 800 à 1.600 heures par saison à moins de 7°C, poirier 1.200-1500 H, abricotier, prunier : 700 à1.100 H) pour accomplir normalement leur cycle de production. Elles ont subi cette année ce réchauffement et n’ont pas atteint le cumul minimal de froid, ce qui a causé une forte baisse de rendement, aussi bien en termes de quantité que de qualité. A l’exemple du pommier qui a été impacté par le faible nombre de jours de froid pendant la période de repos végétatif annuel. ‘‘De grands exploitants agricoles et des responsables au sein de fédérations professionnelles s’en inquiètent. Le problème est causé par une baisse du temps de repos végétatif, indispensable pour que les arbres fruitiers puissent donner une bonne récolte aussi bien qualitativement que quantitativement’’ (Média 24). Certes, des variétés de pommier moins exigeantes en froid, sont cultivées au Maroc, en plaines ou plateaux, et ce depuis longtemps (Anna, Dorset, …) mais elles sont loin d’égaler les autres variétés de plus haute altitude (Golden Delicious, Starking Delicious, Royal Gala, Red Chief, …). En effet, elles sont caractérisées par une production groupée et plus précoce, et sur le plan qualité elles sont moins appréciées. Par ailleurs ces variétés n’ont aucune aptitude à la conservation en chambre froide pour un écoulement assuré et étalé. Ainsi, selon la FEDAM (Fédération de développement de l’arboriculture au Maroc), un programme de recherche appliquée pour la reconversion variétale est en cours de finalisation en collaboration avec le ministère de l’agriculture. Autre culture, le palmier dattier qui, à l’instar de toutes les cultures pratiquées dans les zones oasiennes, subit aussi les aléas climatiques caractérisant ces régions plus que d’autres, aléas dus au réchauffement climatique en cours depuis des années (des scénarios pessimistes prévoient l’accentuation des phénomènes climatiques). En effet, les précipitations de plus en plus faibles et les températures de plus en plus élevée causent des perturbations dans le cycle du palmier dattier. Ainsi, «pour certaines variétés de Boufeggouss dans la région de Zagora, l’on a constaté des régimes plus longs que la normale, où il y a eu réussite partielle et parfois échec total de fécondation après la pollinisation», observe Ahmed Besbes, conseiller mobile du projet de développement des filières Safran et du palmier dattier dans la région du Souss Massa Drâa. Dans l’oasis de Tafilalet, plusieurs observations ont relevé que le cycle gestatif du palmier dattier a avancé de 40 jours de sa période normale (L’économiste) Ces changements de plus en plus accentués, auront forcément un impact négatif sur le palmier dattier (et les autres cultures des régions oasiennes) et affecteront par conséquent la production et les revenus limités des agriculteurs … Au vu de ces évolutions et des projections assez pessimistes des climatologues, il est absolument nécessaire de procéder à une réévaluation des choix agricoles retenus au Maroc et d’adapter notre agriculture à cette situation désormais établie et indiscutable. Il est donc urgent d’orienter notre recherche vers des cultures, des variétés et des techniques adaptées à ce nouveau climat, actuel et à venir, d’opter pour les cultures moins exigeantes en eau, de recourir au savoir faire traditionnel des agriculteurs qui ont pu, à travers les générations, trouver des solutions locales de gestion des ressources, ... Il est aussi nécessaire de s’inspirer de toutes les expériences ayant donné de bons résultats dans d’autres régions afin de parvenir à une agriculture durable, résiliente et adaptée à nos ressources, ressources dont il faut obligatoirement ériger la protection et la gestion rationnelle, en priorité absolue. Agriculture du Maghreb N° 98 - Sept/Octobre 2016

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Actu Actu Produit

Secteur des fruits rouges L’un des plus dynamiques de l’agriculture marocaine

La filière des petits fruits rouges qui englobe trois cultures principales, à savoir le fraisier, le framboisier et le myrtillier, constitue un domaine d’excellence des périmètres du Gharb et du Loukkos qui détiennent environ 90% de la production nationale. Le développement de cette filière est du aux avantages comparatifs dont jouit la région et notamment : la proximité de l’Europe, les conditions pédoclimatiques favorables, la main d’œuvre qualifiée, la maitrise des techniques de production, de conditionnement, de conservation, de transformation et la délocalisation de la production de certaines entreprises européennes vers le Maroc, ainsi que les incitations accordées par l’Etat à l’investissement. Pour rappel, le développement de cette filière a démarré depuis les années 50 avec l’introduction du fraisier et son extension importante vers la fin des années 80 au niveau des zones du Gharb et du Loukkos. A partir des années 2000 et en réponse à la demande mondiale en croissance constante, on note une véritable tendance vers la diversification de l’offre nationale en petits fruits rouges, notamment suite à l’introduction du myrtillier et du framboisier. Aujourd’hui, sur le plan socio-économique, la filière des fruits rouges génère un chiffre d’affaire de plus de 1,5 MMDH et plus de 4.5 millions de journées de travail au niveau de toute la chaine de valeur, contribuant ainsi à la création d’emploi en milieu rural. Elle induit également le développement d’activités para-agricoles dont les retombées économiques sont notables sur la région.

Secteur de la fraise

Au Maroc, la culture de la fraise s’est considérablement développée depuis le début des années 90. Les superficies cultivées ainsi que la production ont ainsi connu une évolution importante passant de 750 ha avec 31.000 T récoltées en 1995 à 3.500 ha en moyenne ces dernières années avec une production de 140.000 T et concerne près de 600 exploitations agricoles. Les deux tiers de cette production sont exportés, 20% en frais de novembre à mars et 45% en surgelé d’avril à juillet. Les 35% restants sont écoulés sur le marché local. Sur le plan technique, la culture du fraisier a connu un développement remarquable pendant les 20 dernières années au Maroc. D’une culture de plein champ, elle est passée à une culture sous tunnels nantais, puis sous tunnels multi-chapelle (pour les grands producteurs) avec des améliorations au niveau de tout l’itinéraire technique de la plantation à la récolte en passant par la fertilisation, l’irrigation et lutte intégrée. Les systèmes de cultures appliqués à la fraise sont passés 8

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ainsi d’un modèle extensif peu productif à un modèle intensif très productif, à en juger par les rendements moyens à l’hectare qui sont passés en l’espace de 20 ans de 17 à 45 tonnes par hectare. Soulignons également le dynamisme particulier des producteurs de la région en matière de certification et de mise à niveau dans le domaine de la traçabilité. En effet, la quasi-totalité des exportations des fruits rouges marocains est certifiée Eurepgap et la majorité des stations de conditionnement et des unités de surgélation est certifiée HACCP. Ces structures répondent aux normes techniques des marchés les plus exigeants comme les marchés européens ou américains. A noter que l’attractivité pour cette filière a généré l’installation d’entreprises européennes qui a notamment fortement contribué à son développement et à l’adoption des techniques les plus avancées. D’ailleurs, ce secteur pilote assure même le transfert des technologies vers d’autres cultures, notamment l’irrigation goutte à goutte qui est actuellement largement adoptée par les producteurs de cultures maraichères, pastèque, tomate industrielle, melon… Par ailleurs, la fraise a été un véritable vecteur de promotion du travail des femmes. Très rares au début, elles représentent actuellement 100% de la main d’œuvre employée dans la récolte et dans les stations (chômage pratiquement éliminé dans la zone). Cette filière est caractérisée par une dualité du tissu productif en rassemblant de grandes exploitations fortement intégrées et des exploitations de taille réduite appartenant généralement à des petits producteurs marocains englobant 470 fraiseraies de moins de 5 ha et produisant pour le marché local ou ayant établi des relations de partenariat avec les opérateurs étrangers pour assurer l’écoulement de leur production sur le marché extérieur. Ces exploitations nécessitent un encadrement technique intense, notamment en ce qui concerne leur organisation en coopératives de production et de commercialisation et l’adoption des innovations techniques appropriées pour les mettre au diapason des exigences des opérateurs exportateurs de la filière des fruits rouges. Sur le plan de la commercialisation, trois grands circuits caractérisent le secteur de la fraise : un circuit spécifique à la fraise fraîche destinée à l’exportation, un second relatif à la fraise fraîche destinée au marché local et un troisième spécifique à la fraise surgelée. Le marché local est approvisionné par

des intermédiaires qui s’approvisionnent directement chez les agriculteurs ou parfois des usines de conditionnement. Cependant et malgré le dynamisme que connait cette filière et son essor remarquable, le secteur subit l’effet pervers d’un certain nombre de contraintes majeures dont notamment la dominance des petites exploitations de moins de 5 ha non organisées, l’érosion de la rentabilité de la culture du fraisier entrainant la réduction de la superficie des fraiseraies, une offre foncière contraignante pour promouvoir l’investissement (terres collectives, domaine forestier…), en plus de problèmes liés au profil variétal.

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Actu Actu SALON

Interpoma 2016: L’Europe se tourne vers de nouveaux marchés

Au niveau de l’UE, l’année 2016 verra reculer la production de pommes d’environ 3 % par rapport à 2015. Parmi les principaux facteurs qui ont généré une telle situation, il y a précisément les températures rigides enregistrées à la fin de l’hiver (gelées hivernales) dans plusieurs régions d’Europe centrale, dont la Slovénie, l’Autriche, la Croatie et la Hongrie. Dans les 21 premiers pays européens producteurs de pommes (y compris la Grande-Bretagne), on prévoit pour 2016 une production de 12,005 millions de tonnes, contre 12,325 millions de tonnes l’année précédente.

C

es chiffres ont été fournis le 4 août dernier à Hambourg à l’occasion

de l’édition 2016 de Prognosfruit, la rencontre itinérante annuelle organisée par WAPA, « World Apple and Pear Association  ». Il en résulte

fondamentalement

une tenue du secteur, qui se

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traduira par une production normale en Europe à la veille d’Interpoma, la seule rencontre au monde exclusivement consacrée au secteur de la pomme, qui se tiendra du 24 au 26 novembre 2016 à la Foire de Bolzano (Italie). Pour ce qui est des principaux pays producteurs, en France, la production de

pommes de l’année 2016 devrait tourner autour de 1,564 millions de tonnes, soit un recul de 7 % par rapport à l’année passée. Une production proche de la moyenne des trois dernières années. Les prévisions 2016 de la Pologne montrent une tendance à la hausse d’environ + 4%, en passant de 3,979

à 4,150 millions de tonnes, tandis que l’Italie reste stable par rapport à 2015, avec encore 2,282 millions de tonnes environ prévues. La production augmente même en Allemagne qui, à la veille de la campagne 2016, prévoit une hausse de +8 %, avec 1,052 millions de tonnes contre les 973  mille

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Actu Actu SALON

tonnes de l’année passée. L’Espagne montre elle aussi une forte reprise, avec +6 % par rapport à l’année passée. Elle devrait donc passer de 482 mille tonnes en 2015 à 509 mille tonnes. Par contre, la situation est très critique dans plusieurs pays d’Europe centrale, justement à cause des gelées qui ont sévi l’hiver dernier. On a en effet assisté à une chute à deux chiffres de la production dans divers pays, tels que l’Autriche (-88  %), la Slovénie (-83  %), la Croatie (-65  %), la Slovaquie (-58 %) et la République tchèque (-28 %). Un net recul également au Portugal avec -20 %, tandis que la production en Grande Bretagne est au même niveau que l’année passée, voire légèrement supérieure (+3 %). Les professionnels qui se rencontreront à Interpoma 2016 examineront ensemble comment réagir, dans les années de la production normale (2015 et 2016 semblent être très semblables de ce point de vue) sans stocks excessifs à éliminer, dans les situations problématiques comme la poursuite de l’embargo russe, qui a pratiquement coupé tous les liens commerciaux avec l’Europe occidentale, et les dynamiques qui traversent plusieurs marchés traditionnels, où les nouvelles générations ont fortement réduit leur consommation de pommes. «  Les demandes des consommateurs n’ont pas vraiment changées aujourd’hui, mais c’est plutôt leur âge qui a changé  », explique Kurt Werth, organisateur de la 12

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conférence « La pomme dans le monde  », qui se tiendra dans le cadre d’Interpoma 2016. « Par exemple, en Allemagne, marché traditionnel de nombreux producteurs de pommes - poursuit Werth - l’ancienne génération n’a pas remplacé complètement la nouvelle, dans le sens que les jeunes consomment moins de pommes. Nous avons donc dû rechercher de nouveaux marchés, comme l’Afrique du Nord et d’autres encore ». Et puis les problèmes de concurrence entre l’est et l’ouest augmentent. Remarque aussi Werth  : «  Même si l’exportation de pommes vers la Russie avait une importance relative pour l’Europe occidentale, la poursuite de l’embargo pousse de plus en plus la Pologne vers l’ouest.  J’ai récemment fait un voyage de trois semaines en Russie, où j’ai visité plusieurs villes, et je n’ai trouvé que des pommes de Nouvelle-Zélande dans les supermarchés ». Werth a également souligné

un autre aspect : la nécessité d’une plus grande efficacité dans le travail pour surmonter les défis actuels et futurs. «  Les prévisions de cette année étant très similaires à la situation de 2015, tout se jouera sur la qualité et l’efficacité des opérateurs ». Les sélections variétales méritent elles aussi une profonde réflexion. Au sein de l’UE, les données de Prognosfruit enregistrent une régression des Golden Delicious (qui restent encore de loin les plus cultivées) avec une baisse de – 7  % (soit 2,364 millions de tonnes), suivies des Gala (1,329 millions de tonnes en déclin de – 4 %). En troisième position, les Idared (1,064 millions de tonnes prévues en 2016), dont la production est elle aussi estimée en recul de – 6 %. Et Werth commente à ce sujet : « Si l’on en croit les prévisions, la production de cette année devrait être dans la normalité  ». Mais attention  : désormais, ne parler que de

quantité, sans introduire la notion de qualité peut induire en erreur. Les variétés club, en quantités contrôlées, comme la Pink Lady, la Kanzi et la Jazz, ont déjà des prix trois fois plus élevés que les anciennes variétés comme la Golden et autres. Le prix de la principale variété produite en Pologne, à savoir l’Idared, est cinq fois plus bas que celui des variétés club citées. Il est donc évident que parler uniquement de quantités est très réducteur et peut induire en erreur si l’on ne tient pas compte d’autres facteurs importants ». Interpoma 2016 offre donc aux professionnels du secteur de la pomme une occasion unique pour discuter de nouveaux marchés, d’innovations technologiques, d’efficacité logistique et de nouvelles variétés, dans un secteur où la compétitivité entre les pays producteurs augmente d’année en année. Pour tout renseignement : www.interpoma.it

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Actu Actu Produit

Arboriculture A quoi ressemble le verger de demain ?

Grands axes de la recherche

Comme toutes les productions fruitières, celle des fruits à pépins est confrontée à la nécessité de réduire ses coûts de production et de mieux répondre aux contraintes de la commercialisation. L’adaptation des arbres à la conduite en vergers intensifs et celle des fruits à la demande des consommateurs figurent donc parmi les principaux objectifs de la création variétale. La spécificité des programmes d’amélioration génétique concernant les fruits à pépins réside surtout dans l’importance accordée à la résistance aux maladies et aux ravageurs. Cette préoccupation tient à la gravité de certains problèmes : le feu bactérien constitue ainsi un véritable obstacle à la culture du poirier. Plus largement, cette recherche de résistances génétiques répond à deux objectifs : la réduction des dépenses phytosanitaires et le respect des réglementations concernant les résidus de traitements dans les fruits. Mais en plus des résistances,

les programmes de création variétale prennent également en compte les objectifs de qualité gustative et d’adaptation de l’architecture de l’arbre au verger moderne. Ainsi, en France, des études spécifiques sont conduites pour obtenir des variétés nécessitant peu de taille et contrôlant naturellement leur mise à fruits. Ces travaux concernent le port de l’arbre, la ramification, le type de fructification et le nombre de fruits par inflorescence. Ce dernier caractère pourrait conduire à sélectionner des variétés ne retenant qu’un fruit par inflorescence, l’éclaircissage chimique et manuel pourrait ainsi être évité. Le programme d’amélioration en cours concerne également l’architecture de l’arbre. L’étude analytique du port de l’arbre (croissance et ramification, types de fructification, positionnement des fruits), doit permettre de sélectionner des types morphologiques permettant de réduire les opérations de taille (et donc les coûts de production) et de favoriser l’éclairement (et l’alimentation) donc la qualité des fruits.

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Selon les professionnels, à ce rythme, au terme d’une dizaine d’années, la création variétale devrait pouvoir associer faible sensibilité au feu bactérien, au psylle et à la tavelure, architecture facilitant la conduite de l’arbre et qualité organoleptique des fruits.

Réduire la dépendance aux pesticides

Pour réduire la dépendance aux pesticides des productions fruitières, l’Inra de Gotheron (France) expérimente depuis plusieurs années des techniques alternatives aux traitements chimiques dans des vergers de pommes, poires et pêches. Dans son verger, une pomme produite en arboriculture conventionnelle reçoit en moyenne 35 traitements. Cette dépendance aux pesticides est liée à la pérennité des arbres fruitiers - il s’agit d’une production qui s’étale sur plusieurs années - qui favorise le maintien des ravageurs et des maladies dans le verger d’une année sur l’autre. C’est aussi la nécessité de répondre aux demandes de la filière commerciale et des consommateurs qui veulent un fruit esthétique pour la consommation en frais. Les chercheurs de l’Inra comparent depuis 1994 des vergers menés en arboriculture conventionnelle et biologique pour réduire au mieux les traitements sans menacer la production de fruits.« Nous étudions les pistes pour concevoir le verger de demain : qu’il soit bio ou non, le verger devra être plus résistant, moins sensible aux maladies et aux ravageurs  », explique un chercheur. Moins traiter, cela passe, selon les résultats des expérimentations, par un choix de variétés plus rustiques, - qui résistent bien aux maladies et qui sont peu exigeantes en matière d’alimentation -, et l’utilisation d’un ensemble de méthodes pour limiter les traitements chimiques. Planter des pommiers peu sensibles ou résistants aux maladies, plutôt que des variétés qui sont sensibles, est un des leviers importants pour réduire les traitements. La forme des arbres serait aussi un facteur de résistance aux attaques des ravageurs. Les chercheurs expérimentent des stratégies de protection alternatives à la protection chimique en privilégiant les produits de traitement d’origine naturelle à base de virus, parasites ou bactéries

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qui détruisent les insectes nuisibles des arbres fruitiers. Pour favoriser les insectes utiles pour le verger (c’est-à-dire les auxiliaires), ils étudient également l’implantation d’une biodiversité utile pour l’agriculture. Un dosage délicat, explique le chercheur : « installer des habitats pour les insectes et les oi-

seaux, comme des haies ou des bandes fleuries, favorise le développement de cette faune bénéfique. Mais nous devons choisir les bonnes essences pour ne pas encourager les ravageurs ! Car les mécanismes en jeu lorsqu’on modifie l’environnement végétal des cultures sont loin d’être tous connus ».

La fin des pénétromètres ?

Des travaux de l’Ecole supérieure d’agriculture d’Angers (France) montent que la spectrométrie laser peut remplacer les outils mécaniques utilisés jusqu’à maintenant. Pour mesurer la fermeté d’une pomme, le pénétromètre reste l’outil le plus souvent utilisé. Il est fastidieux à mettre en place et il oblige à détruire les fruits étudiés. Mais la donne peut changer. En collaboration avec l’Ensam (Ecole nationale supérieure des arts et métiers), des enseignants chercheurs de l’Ecole supérieure d’agriculture d’Angers testent depuis plusieurs années la spectroscopie laser pour prédire la fermeté de la pomme sans détruire le fruit. Le 30 mai dernier, une thèse a été soutenue inhérente à ces travaux effectués dans le cadre du projet AI-Fruits. Elle a montré que la peau de la pomme est influencée par la lumière émise par le spectromètre. En se basant sur trois variétés (Granny Smith, Royal Gala, et Golden Delicious) étudiées entières, coupées, pelées ou non pelées, un modèle numérique a été constitué grâce à une pomme simulée comme une sphère renfermant la chair et entourée d’une couche mince figurant la peau. Avec ce modèle, toutes les variétés pourront être testées. Par ailleurs, des corrélations ont été faites entre les paramètres optiques étudiés et l’élasticité et la viscosité des purées de pommes. Les prochains travaux consistent à adapter le matériel pour que les tests soient réalisés même par le consommateur. Rendez-vous donc dans moins de cinq ans...

Le pénétromètre est fastidieux à mettre en place et oblige à détruire les fruits étudiés.

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Actu Actu Salon

FRUIT LOGISTICA 2017

Nouveau: le symposium FRUTIC La rencontre scientifique internationale enrichira le secteur des fruits et légumes par des innovations La corrélation de la science et de l’économie est et reste un important moteur pour les innovations. Ceci est valable pour toutes les branches et notamment pour le secteur des fruits et légumes. Avec le symposium FRUTIC qui se tiendra le 7 février 2017, la veille de l’ouverture du salon, une rencontre scientifique internationale sera pour la première fois associée à FRUIT LOGISTICA, le salon leader du commerce international des fruits et légumes frais. Le symposium FRUTIC contribuera à enrichir le secteur des fruits et légumes frais d’innovations et de nouvelles technologies dans

l’ensemble de la chaîne de valeur. Le 10ème symposium international FRUTIC, consacré au thème ‘Qualité et sécurité des produits horticoles frais’, est une plate-forme favorisant et intensifiant les échanges professionnels entre les sciences agricoles et horticoles, les représentants des organismes consultatifs, les ingénieurs de la logistique et de la technologie de l’information, les constructeurs de machines et d’installations ainsi que les experts actifs dans le secteur des fruits et légumes frais. Ils échangeront des informations et des expériences et développeront des stratégies dans le CityCube

Grand succès de Macfrut 2016

Prochain rendez-vous en mai 2017 Avec plus de 38.000 visiteurs (9% en plus par rapport à 2015) et une hausse de 30% des participants venant de l’étranger, l’édition 2016 de Macfrut s’est conclue avec des chiffres qui réalisent un véritable record. Cesena Fiera, organisateur du Salon international des fruits et légumes, qui a eu lieu du 14 au 16 septembre à Rimini, prépare déjà l’édition 2017, prévue pour le printemps prochain, du 10 au 12 mai.

“L’amélioration de la qualité de la manifestation a été appréciée de tous – affirme Renzo Piraccini, Président de Macfrut – le changement de rythme par rapport à la dernière édition a été très bien accueilli. La présence de visiteurs étrangers experts du secteur, venant de l’Europe de l’Est, de l’Amérique du Centre et du Sud, et d’Afrique a été très significative”. Lors des conférences techniques organisées en marge de Macfrut 2016, de nouvelles techniques notamment pour réduire l’incidence sur l’environnement ont été proposées. Entre autres, une technique permettant de recy16

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cler la solution nutritive drainée, dans le domaine des cultures hors-sol, tout en adaptant la quantité d’eau et des éléments nutritionnels absorbés par les plants. Pendant la conférence internationale sur le « Rôle de la filière des fruits et légumes dans le développement économique de l’Afrique Sub-saharienne  », a été constaté que le secteur des fruits et légumes peut être le pivot pour le développement du Continent Noir  : ce qui pourrait aider, entre autres, à contrôler les flux migratoires.

Berlin pour atteindre leur objectif commun : fournir la meilleure qualité possible dans l’ensemble de la chaîne de valeur de la filière fruits et légumes frais. Le symposium FRUTIC donne la possibilité aux scientifiques d’échanger avec des collègues et d’obtenir des informations sur les tendances actuelles et sur le besoin en recherche du secteur des fruits et légumes frais. Les thèmes englobent les développements technologiques, effectués non seulement dans la production, dans la récolte et dans la post-récolte mais aussi dans la distribution, ainsi que le contrôle de la qualité des fruits, des légumes et des noix. Les contributions spécialisées peuvent être déposées jusqu’au 30 juillet 2016. Le symposium FRUTIC est or-

ganisé en commun par le Leibniz-Institut für Agrartechnik Potsdam-Bornim e.V. (Allemagne) et par l’Université de Foggia (Italie), la FRUIT LOGISTICA étant le partenaire de coopération. FRUTIC est une série de rencontres scientifiques internationales. FRUTIC est devenue une importante plate-forme, consacrée au développement et à l’application des technologies dans la production des fruits, des légumes et des noix, qui réunit des scientifiques leaders en provenance du monde entier et qui s’adresse également, grâce au nouveau lieu où elle se déroule, aux représentants de la branche. Vous trouverez de plus amples informations sur le site Web www.frutic.atbpotsdam.de

Plusieurs nouveautés sont prévues pour la prochaine édition du Salon. L’édition 2017 prévoit une nouveauté importante, le “Strawberry Days”, qui sera organisé en partenariat avec les principaux producteurs italiens de fraises. Macfrut 2017 ouvrira également ses portes pour la première fois au secteur Bio. Cette initiative a pour but de poser l’accent sur un segment à fort potentiel de croissance, dont l’Italie est un Pays leader; qui mise sur ce secteur pour relancer ses exportations dans les marchés de l’Europe du Nord. Une autre nouveauté est “Macfrut Gourmet” c’est un espace dédié entièrement aux entreprises artisanales, s’occupant de la transformation de fruits et lé-

gumes de la plus haute qualité, et qui s’adressent à la distribution moderne et aux détaillants spécialisés. L’initiative “Macfrut in campo” se tiendra, par contre, un jour avant le début du Salon (9 mai) et prévoit la présentation – dans des champs dûment préparés – de technologies de pointe, surtout dans le domaine des fruits et légumes. Macfrut 2016 vient de se conclure, mais l’attention est déjà portée sur la prochaine édition, qui – dans moins de 8 mois – ouvrira ses portes à Rimini Fiera, du 10 au 12 mai 2017. www.macfrut.com

L’édition 2017, dans 8 mois !

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La récolte idéale commence par le soin idéal Maximiser les revenues

Mineuse

Verimark®

Thrips

Verimark®

Mouche blanche

Benevia®

Du début jusqu’à la fin

Benevia®

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Actu Actu

Assemblée Générale Ordinaire pour l’exercice 2015/2016 Les membres de l’association CropLife Maroc ont tenu leur Assemblée Générale Ordinaire pour l’exercice 2015/2016, le mardi 20 septembre 2016 à l’Amphitrite Palace Beach Hôtel de Skhirate et ont procédé à l’élection d’un nouveau bureau. Le président en exercice M. Karim Ben Brahim, après avoir constaté que le quorum était atteint déclara l’assemblée régulièrement constituée en vue de délibérer et statuer sur toutes les questions portées à l’ordre du jour. Il annonça officiellement l’ouverture de l’Assemblée Générale Ordinaire et souhaita la bienvenue à l’ensemble des membres présents. Il rappela ensuite à l’assistance l’ordre du jour, sur lequel l’assemblée générale ordinaire était appelée à délibérer : - Présentation du rapport moral de l’exercice 2015/16 - Présentation du rapport de gestion de l’exercice 2015/16 - Présentation du rapport financier de l’exercice 2015/16 - Débat - Quitus au Bureau - Élection des nouveaux membres de Bureau - Orientations pour le plan d’actions 2015/2016 Le Président donna lecture du rapport moral concernant l’exercice 2015/2016 et commença par remercier tous les membres du bureau pour leur support ainsi que les membres de la commission technique pour les efforts qu’ils ont déployés tout au long de l’exercice en question. Il rappela, ensuite, les principales actions qui ont été réalisées et celles qui sont toujours en instances. A ce titre, il rappela que dans l’ensemble les résultats escomptés de par les contacts et la collaboration engagés 18

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avec l’administration de tutelle, plus particulièrement l’ONSSA, n’ont pas été à la hauteur des attentes. Il a fait remarquer que si d’un coté, il y a eu des avancées très significatives et positives dans la réalisation d’un certain nombre de projets, tel le projet GEF pour l’élimination des stocks obsolètes, qui malheureusement est à l’arrêt actuellement après la démission du coordonateur national, ou le projet de jumelage avec l’UE dont les premiers textes législatifs seront proposés pour discussion très prochainement, de l’autre coté malheureusement, les remarques et les doléances des membres relatives à certains aspects concernant les retards dans le traitement des dossiers d’homologations ainsi que la nature et les retards des contrôles des intrants chimiques à l’importation sont restées vaines et sans réponses. Il a en conséquence proposé de chercher d’autres solutions et d’autres alternatives afin de faire passer les messages et les propositions de l’association. Avant de finir la

lecture de son rapport moral, Monsieur le président n’a pas manqué d’informer l’assistance du départ à la retraite de M. Bentayebi Mazaz Directeur Général d’Agrimatco et trésorier général de l’association CropLife Maroc. Il l’a remercié, au nom de tous les membres, pour tous les efforts qu’il a déployés en tant que trésorier général et pour tous les services qu’il a rendus à l’association. Il souhaita, ensuite, la bienvenue à son remplaçant M. Mohamed Miloudi en tant que nouveau directeur général d’Agrimatco qui représentera désormais cette dernière au sein de l’association. Ensuite, c’était au tour de M. Boubker El Ouilani, Directeur exécutif de l’association, de passer en revue les actions réalisées dans le cadre de sa fonction. Enfin M. Bentaybi Mazaz, prenant la parole en tant que trésorier général, donna lecture du rapport financier détaillé sur les comptes de l’association durant l’exercice 2015/2016. Après discussion et échange de points de vue,

A droite M. Karim Ben Brahim et à gauche M. Bentaybi Mazaz

l’assemblée approuva sans réserve le rapport moral du président et le rapport de gestion du directeur exécutif pour l’exercice 2015/2016, ainsi que les comptes de l’exercice pour la période du 10/09/2015 au 15/09/2016 et donna quitus entier, définitif et sans réserve, au Bureau pour l’ensemble de l’exercice 2015/2016 relatif à la période du 10/09/2015 au 15/09/2016. Ensuite, les membres présents procédèrent à l’élection des nouveaux membres de bureau qui se sont mis d’accord sur la répartition des fonctions, comme suit :

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Actu

Témoignage CLIENT (Décembre 2015) C’est dans le Nord des Alpes et plus précisément à Sisteron, qu’a été inaugurée en septembre 2015, la nouvelle station de précalibrage et de conditionnement de pommes, SuperAlpes. Pour ce projet ambitieux de plus de 6M€, la partie de gestion informatique a été confiée à la société Informia. Editeur de logiciels métiers depuis plus de 10 ans, Informia a équipé la station avec son logiciel de traçabilité et logistique, TraceFlow® et les bureaux avec son logiciel de gestion commerciale, EuroFlow®.

Un challenge important pour un projet ambitieux

Pour Informia, le cahier des charges était simple : proposer une solution qui permette à la station d’automatiser les process au maximum grâce à des solutions simples et intuitives. Pour Servane JACQUET, responsable commerciale, lorsque GP05 a contacté Informia, les besoins étaient clairs : « Nous, ce que l’on cherchait pour la station c’était la gestion fine des lots et de la traçabilité, d’avoir une télévente liée à la production et au niveau commercial, le but était d’avoir un outil le plus souple possible, proche de la réalité avec une bonne lisibilité des coûts ». Et d’ajouter, « ce qui nous a fait pencher c’est premièrement l’expérience d’Informia au niveau du secteur PommePoire avec une connaissance des réalités du métier. Ensuite, l’écoute était un point essentiel que nous n’avions pas avec ceux avec qui nous travaillions avant. Autre point important: nous avons maintenant une

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interaction réelle entre la station et le commerce. » L’idée finale pour SuperAlpes étant de « permettre de gagner en qualité et en homogénéité sur les produits » souligne Laurent GABET, président de GP05.

Pourquoi changer d’equipements informatiques?

Selon Servane Jacquet, les choses se sont passées naturellement: « Au niveau de la station, on a choisi Aweta qui nous a précisé collaborer avec Informia. Effectivement, on s’est posé la question du logiciel station et quand on a rencontré les équipes d’Informia, il nous a proposé un logiciel commercial attenant et ça nous a fait tilt.

Avant, nous étions enfermés dans un carcan, dans un système qui manquait beaucoup d’ouverture. Nous avons pris contact avec nos confrères qui sont déjà chez Informia pour avoir leur sentiment général. En plus, le courant est bien passé avec l’équipe. Du coup, nous avons spontanément avancé avec Informia. » « CE QUI NOUS A FAIT PENCHER POUR INFORMIA, C’EST PREMIÈREMENT L’EXPÉRIENCE! »

Une souplesse de logiciel pour des resultats immediats

Ce travail qui a été réalisé en partenariat avec Aweta a été un vrai challenge pour l’équipe d’Informia qui a dû élaborer

une solution de qualité dans des délais très courts avec un projet sur plan. La mise en place des solutions Informia date maintenant de plus d’un an et un premier bilan peut être fait. « Sur la mise en place du logiciel, il faut être dès le début vigilant sur les choix d’organisation, de logistique que l’on fait et qui nous sont propres, mais c’est un outil d’une très grande précision » souligne Servane. Selon l’équipe de GP05, « l’outil est tellement souple et a tellement de possibilités qu’il faut un temps de prise en main. L’avantage c’est que lorsque l’on cherche des choses précises c’est facile mais aujourd’hui au bout d’un an, on ne le maitrise pas encore complètement. Mais au niveau de la station et de la télévente, on a acquis une grande souplesse, … on est très proche de la réalité. » Globalement, les solutions Informia ont apporté au niveau informatique des avancées «sans commune mesure».

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Actu Actu Entreprise Modules Janny MT : Solution anti perte, anti gaspillage

Janny MT est une entreprise qui révolutionne le stockage et la conservation en atmosphère contrôlée. En effet, grâce aux installations Atmosphère Contrôlée flexible de Janny MT, le producteur peut transformer ses pertes en bénéfices de plusieurs façons: • Lorsque la production est forte et la demande faible, le producteur peut attendre pour vendre à meilleur prix en stockant sa production et la ressortir plus tard tout en gardant une qualité cueillette. • Pour les légumes, lors des pics de production, le producteur peut ramasser sa salade, la stocker et la vendre ensuite, plutôt que de la laisser monter en graines. • Si une période de gel arrive, le producteur peut anticiper la récolte et continuer à vendre même si les sols sont gelés. Exemple du poireau. • Grace à l’efficacité des modules et à l’optimisation du stockage de leur production, les pertes sont inférieures à un stockage en chambre froide classique. Les modules AC se réutilisent chaque année sans consommables.

La récolte idéale commence par le soin idéal

Maximiser les revenues

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Ce procédé révolutionnaire pour la conservation repose sur : Puceron

- le froid qui réduit l’intensité respiratoire des produits, - l’hygrométrie (100% HR) qui permet de maintenir la fraîcheur, le poids, la couleur des produits, - les teneurs en O2 et CO2 entre 1 et 5 %, qui permet le ralentissement du métabolisme, allonge la durée de conservation des produits tout en maintenant leur goût et les teneurs acidité/sucre. - Allonger la période de commercialisation, - Permettre une souplesse de vente et augmenter la valorisation des produits, Grâce à cette entreprise innovante, les producteurs de ces pays peuvent dorénavant avoir accès à une atmosphère contrôlée flexible en chambre froide classique. Présent au Portugal, en Espagne, en France, en Italie et maintenant au Maghreb, les résultats des premières utilisations au Maroc sont excellents. Convaincus par ces résultats, plusieurs groupes marocains se sont lancés dans des conservations de cerises, myrtilles, prunes et raisin de table avec des installations performantes, tout en envisageant des investissements futurs sur des nouveaux modules.

Sécuriser dès le début

Flowering/First Pickings

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Actu Actu Entreprise

FitoMaat®,

l’osmorégulateur naturel le plus performant Formulé avec 80% de Glycine Betaine et 10% de Proline, il assure une résistance exceptionnelle aux stress La croissance et le développement des plantes peuvent être ralentis lorsque la plante subit un stress abiotique, en réponse à des facteurs climatiques défavorables. L’un des stress qui freinent le plus la croissance des plantes est le stress hydrique, c’est à dire le manque ou l’excès d’eau. Dans la plupart des cas ce stress va de pair avec un déficit d’eau - ou sécheresse - qui fait que l’équilibre hydrique de l’organisme affecte sa physiologie (croissance, reproduction, floraison, transformation ...) et le rendement des cultures. Le manque d’eau diminue le potentiel hydrique et la turgescence cellulaire, et augmente la production d’espèces réactives à l’oxygène (ROS de l’anglais Reactive Oxygen Species), forçant la plante à produire des composés neutralisants pour éviter le stress oxydatif. Avec cette défense, la plante consacre ses ressources à survivre, mais non à produire, ce qui réduit le rendement des cultures. FitoMaat®, un biostimulant conçu, produit et formulé par Futureco Bioscience et distribué au Maroc par Éléphant Vert, s’utilise dans des situations de stress hydrique, thermique

FitoMaat® a une efficacité prouvée par expérimentation: résultat notable sur tomate sous serre en conditions de stress salin Pour les tests, on a utilisé des plants de tomate Marmande qui ont été semés et ont poussé dans des conditions optimales. À 3-4 semaines des semis, le stress hydrique a été provoqué en réduisant la quantité d’eau d’irrigation de 50%, sauf pour les plants témoins, qui ont continué de recevoir de l’eau normalement durant toute la durée du test. Deux traitements, avec des doses différentes de FitoMaat®, ont été appliqués ; le premier 15 jours après la provocation du stress (A) et le second 15 jours après le premier (15DDA, tableau 1). Une fois le deuxième traitement réalisé, le modèle d’arrosage a été modifié pour favoriser la récupération du stress et détermi-

Traitement

Application A (15D stress)

Application B (15DDA)

Contrôle absolu

Eau courante (30 ml)

Eau courante (30 ml)

Contrôle du stress

Eau courante (10 ml)

Eau courante (10 ml)

Stress + FM 1%

FitoMaat 1% (10 ml)

FitoMaat 1% (10 ml)

Stress + FM 2%

FitoMaat 2% (10 ml)

FitoMaat 2% (10 ml)

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Après 45 jours de stress, les plants ont démontré une réduction notable de croissance. L’évaluation de la croissance en hauteur du bourgeon et de la longueur du système radiculaire a révélé des différences entre les traitements de sécheresse. Hauteur du bourgeon (en cm) Graphique 1. Hauteur du bourgeon des plants de tomate conduits sous des conditions optimales d’irrigation (Ctrl) ou sous stress hydrique (SH) et traitées avec FitoMaat® (FM) à différentes doses. Voir les données de la médiane ± SE den= 5 plants. (ANOVA, P<0,05; LSD, P<0,05)

et salin. Les essais d’efficacité réalisés avec FitoMaat® sur des plants de tomates soumis à un stress hydrique démontrent que le produit est hautement efficace car il permet d’augmenter le rendement des cultures même dans les situations de fort stress hydrique.

Tableau 1 : Traitements réalisés sur les tomates Marmande Cuarenteno irriguées suivant un modèle optimal d’irrigation (contrôle absolu) ou de stress hydrique (contrôle du stress et traitements avec FitoMaat®).

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ner ainsi les effets de FitoMaat® sur la culture. Les plants témoins ont été irrigués avec 80 ml d’eau par semaine. Pour les plants en situation de stress, le volume d’eau a été réduit à 30 ml par semaine. Quinze jours plus tard (15DDB), la hauteur et la longueur des pousses et des racines ont été évaluées.

Longeur de la racine ( en cm) Graphique 2. Longueur de la racine (en cm) des plants de tomate conduits sous conditions optimales d’irrigation (Ctrl) ou sous stress hydrique (EH) et traitées avec FitoMaat® (FM) à différentes doses. (ANOVA, P<0,05; LSD, P<0,05)

D’après ces tests, on peut conclure que l’application de FitoMaat® à 1 ou 2% améliore l’état de la tomate soumise à un stress hydrique sévère. Pour cette raison, il est conclu que FitoMaat® est une bonne solution pour prévenir et traiter le stress hydrique sur les plants de tomates.

FitoMaat® est une formulation équilibrée de diverses substances capables de contrer les effets néfastes du stress abiotique sur la croissance et le développement des plantes. Il contient des concentrations élevées de Glycine -bétaïne et Proline, qui agissent en tant q u ’o s m o - r é g u lateurs dans des situations de stress hydrique (sécheresse, salinité, gel), mais aussi de puissants

antioxydants tels que l’acide ascorbique et les flavonoïdes, qui empêchent le dommage oxydatif cellulaire causé par le stress environnemental. L’application de FitoMaat® se traduit par une amélioration générale de la physiologie de la plante, augmentant sa tolérance au stress ambiant, permettant d’obtenir une plus grande croissance, un développement et/ou rendement des cultures plus élevé.

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Actu Actu Entreprise

TECNIDEX présente ses nouveautés au Macfrut et au Fruit Attraction

TECNIDEX FRUIT PROTECTION participe aux principaux salons internationaux et nationaux du secteur fruits et légumes. Du 14 au 16 septembre, la société a exposé au salon Macfrut (Rimini – Italie) et exposera au Fruit Attraction (Madrid – Espagne) du 5 au 7 octobre 2016. De plus, fidèle à son engagement pour l’environnement, TECNIDEX parraine le Salon de l’Environnement, les 28 et 29 septembre à la Feria Valencia (Espagne) où sont regroupés les salons ECOFIRA (Salon International des Solutions pour l’Environnement), EFIAQUA (Salon International pour la Gestion Efficace de l’Eau) et EGÉTICA (Salon des Énergies). Un lieu de rencontre pour les entreprises et les organismes publics qui présentent leurs dernières avancées en matière de gestion environnementale et leurs solutions pour le développement durable. Pendant le Macfrut, TECNIDEX a présenté ses nouveautés en termes de produits, de technologies et de services en post-récolte. L’entreprise renforce ainsi sa présence et son engagement auprès de l’Italie, marché clé du développement de l’entreprise.

Toutes ces innovations seront également présentées au Fruit Attraction et particulièrement Scholar®, déjà homologué pour les agrumes, les fruits à pépins et désormais pour les fruits à noyau. En plus de son action fongique et de

son large spectre de contrôle des maladies sur un large panel de fruits, il empêche le développement de résistances croisées et possède un profil de toxicité très bas. TECNIDEX a développé un nouveau produit de la gamme Textar® : Textar® COAD 23P 5A  , ce biocide présente un large spectre d’action face aux micro-organismes (bactéries, virus et champignons). Il est autorisé pour le nettoyage et la désinfection de certains fruits et légumes à leur arrivée dans les stations de conditionnement, ainsi que pour les eaux de lavage.

La gamme de cires et déTeycer® s’est tergents également agrandie, avec le nouveau Teycer® LEAF : une formulation cireuse spécialement étudiée pour le traitement en postrécolte des agrumes avec feuilles. Il permet d’améliorer l’aspect des fruits, maintient la fraîcheur des feuilles, augmente la brillance, évite les pertes de poids et retarde le vieillissement. Côté technologie, la ligne CONTROL TEC® a été complétée par un nouvel équipement  : CONTROL TEC® DOS SOFT CPL  . C’est un système d’application de produits phytosanitaires qui visualise, enregistre et gère tous les processus d’application depuis n’importe quel terminal, ce qui permet

un contrôle total de tous les processus d’application sur les lignes de traitements. Il est conçu pour garantir la traçabilité et la sécurité alimentaire, enregistrant en temps réel les traitements durant tout le processus. Pour cette 8ème édition du Fruit Attraction, salon auquel TECNIDEX participe depuis sa création, l’entreprise exposera dans l’espace « 5 al día » pour la 4ème année consécutive, dans le pavillon 5 – stand 5E 05A. TECNIDEX est spécialiste des produits, technologies et services pour garantir la santé et la qualité des fruits et légumes après leur récolte. La société, dont le siège social se situe en Espagne, est largement implantée à l’échelle internationale et possède une filiale au Maroc, en Turquie, en Afrique du Sud, en Italie, en Grèce et exporte dans plus de 25 pays.

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Actu Actu Entreprise

MycoUp® Attack

La solution pour assurer les rendements avec une protection contre les attaques des nématodes. MycoUp® Attack est un stimulateur de défenses naturelles à base de la mycorhize : Glomus iranicum var tenuihypharum (mycorhize signifie littéralement champignon des racines), actuellement commercialisé au Maroc par le GROUPE ÉLÉPHANT VERT. MycoUp® Attack améliore considérablement l’absorption des éléments nutritifs par les plantes, notamment le phosphore, stimule la croissance et préserve une humidité importante en particulier dans les sols défavorables. Glomus iranicum var tenuihypharum une endomycorhise, caractérisée par une production abondante de mycélium, vit dans les tissus corticaux de la racine des plantes. Les deux partenaires tirent profit de l’association. Le champignon mycorhizien reçoit de la plante des substrats éner-

gétiques et des substances de croissance. À son tour le champignon apporte les nutriments et l’eau à la plante. Il s’agit d’une véritable symbiose. Le complexe Attack est un complexe organominéral de fer et de chitine qui permet la production de chitinase ayant un effet répulsif vis-àvis des nématodes.

de la plante. Des essais ont démontré qu’il peut être un précurseur de la synthèse de plusieurs phythormones (Auxine, Gibbérelline, acide abscissique …) qui permettent une bonne évolution des stades végétatifs des plantes.

Essai d’efficacité de MycoUp® Attack sur le contrôle des nématodes du sol à Chtoukka Ait Baha

Glomus iranicum var tenuihypharum augmente significativement l’absorption des nutriments, ce champignon assure aussi une forte activité photosynthétique et une utilisation efficiente d’eau ce qui engendre plus de réserves dans la plante grâce à l’augmentation de l’activité physiologique. Glomus iranicum var tenuihypharum a une action positive sur l’équilibre hormonal

Figure 1 : essai sur tomate démontrant que le nombre des larves au stade mobile sur la parcelle témoin est supérieur par rapport à celui de la parcelle traitée par MycoUp® Attack

Intérêt agricole de MycoUp® Attack L’action de MycoUp® Attack permet de maximiser le potentiel de croissance via la grande activité photosynthétique et la grande absorption des nutriments et de l’eau, une bien meilleure structure du sol en augmentant la biomasse ce qui engendre plus de production en fruits. Le deuxième grand intérêt de MycoUp® Attack c’est l’obtention de l’équilibre biologique du sol, avec une forte augmentation de la population microbienne au niveau de la rhizosphère, ce qui produit un équilibre biologique convenable par la stimulation de la microflore et des systèmes enzymatiques sélectifs contre les pathogènes, spécialement les nématodes.

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Figure 2 : Calibre de fruit stable par rapport au témoin même en période de froid

Synthèse des essais :

L’utilisation du mycorhize GIVT peut désormais être envisagée pour accroitre les rendements de nombreuses espèces cultivées tout en diminuant les apports des produits chimiques très nocifs à la vie biologique du sol.

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Actu Actu

Roda Maroc

Journée d’information sur le conditionnement des agrumes Spécialisée dans le matériel de conditionnement d’agrumes et de primeurs et dans les cires et fongicides utilisés en post-récolte, la société Roda Maroc a organisé le 29 septembre à Agadir, en collaboration avec son partenaire Decco  International, une journée d’information sur les problématiques des agrumes en post-récolte. Preuve de l’intérêt de la thématique et de la confiance témoignée pour Roda, la quasi-totalité des stations de conditionnement d’agrumes au Maroc ont dépêché leurs représentants, venus de Béni Mellal, Berkane, le Centre et Marrakech.

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ette journée animée par M. Boubkeur Abejja, du Groupe Roda Maroc (Roda, Netpak et Agripharma) a été inaugurée par le mot du Président de l’association des conditionneurs d’agrumes ASCAM, M. Khalid Bounejmaa qui a considéré la journée comme étant une passerelle de communication qui va permettre l’amélioration et la réussite des opérations de conditionnement afin de renforcer l’image du « Label Maroc » sur les marchés internationaux. Il a également tenu

à saluer le choix pertinent de la date de cette journée qui coïncide avec la période de préparation des professionnels du conditionnement pour la nouvelle campagne de récolte des agrumes. Ensuite, M. Michel Raynaud, Directeur Général du Groupe Roda, a donné un aperçu de l’historique de la société qui fête cette année ses 45 ans d’existence. Il a également rappelé sa mission qui consiste à aider les producteurs à obtenir la meilleure qualité des fruits et légumes

à travers sa large gamme de produits de post-récolte qui inclut des cires d’enrobage pour différentes applications et destinations, des fongicides et des désinfectants. Lors de cette journée, d’éminents chercheurs espagnols se sont relayés pour aborder des thématiques en relation avec le conditionnement des agrumes. Un rappel a ainsi été fait de tous les facteurs qui affectent les agrumes marocains lors  de leur exportation, comme les maladies cryptogamiques et physio-

logiques. Ont également été abordés les processus fondamentaux de post-récolte qui permettent d’acheminer les fruits à leur destination finale sous la meilleure qualité possible, notamment les bonnes pratiques de récolte, le déverdissage et la conservation en chambre froide, avec une description minutieuse de la chaine de conditionnement. Les intervenants ont aus26

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si présenté les nouvelles stratégies de contrôle et de lutte contre les maladies de post-récolte des fruits d’agrumes en mettant l’accent sur la désinfection, le contrôle des résistances, les méthodes d’application, les nouvelles techniques alternatives et complémentaires de contrôle des maladies (lutte biologique…) ainsi que quelques innovations DECCO, notamment le SRC : système de recyclage des eaux de traitement. Les techniciens et ingénieurs invités ont ainsi pu se rendre compte de l’étendue et la fiabilité des solutions offertes par Decco, à même de les aider dans leurs tâches quotidiennes au sein des stations de conditionnement. Dans son intervention, M. Pierre Escodo, Editeur d’EUROFRESH, a présenté les tendances actuelles des marchés des agrumes dans le monde et les opportunités que le Maroc pourrait saisir pour développer ses exportations. Il a parlé du marché européen, de la situation du marché russe, de la position de l’Hémisphère sud, de l’importance des citrons qui ont dépassé les petits fruits ainsi que des opportunités offertes par les continents américain et asiatique. Des débats constructifs et enrichissants ont clôturé cette mémorable journée.

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EIMA: un salon plus

que jamais international

Le Salon International du Machinisme et du Matériel Agricole aura lieu du 9 au 13 Novembre 2016 à Bologne et confirme son envergure internationale. Plus de 1 900 exposants provenant de 40 pays participeront à cet événement et des visiteurs originaires de plus de 140 pays ainsi que plus de 80 délégations étrangères sont attendues. Des services spécifiques seront mis en place pour les professionnels ainsi qu’un planning de réunions, de congrès et de conférences sur les politiques internationales de mécanisation agricole dans la nouvelle géographie des marchés. Le Bureau International de Fe-

derUnacoma – Association Italienne des Fabricants de Machines Agricoles – organise le salon en collaboration avec l’agence ICE – Agence Italienne de Commerce Extérieur – et propose des programmes pour les délégations étrangères en provenance des 5 continents. L’emploi du temps des délégations étrangères sera chargé ; des rendez-vous seront organisés en fonctions de l’intérêt des professionnels. Lors de l’édition 2014 de l’EIMA, plus de 3 000 rendez-vous ont été proposés aux délégations étrangères. Cette année, ceux-ci se dérouleront dans un espace dédié, intégrant un service d’in-

terprètes et de consultants commerciaux. L’EIMA 2016 accueillera 90 délégations, soit 30 de plus qu’en 2014. D’autres groupes de professionnels indépendants sont attendus, avec bien sûr leur propre agenda de rendez-vous sur les stands, dans les différents secteurs spécialisés au sein desquels plus de 50 000 modèles seront exposés. En 2014, plus de 39  000 professionnels et plus de 236  000 visiteurs sont venus visiter le salon. De nombreuses conférences organisées pour le salon auront une orientation internationale, notamment l’assemblée internationale sur la question de la Mécanisation Agricole  : Le Nouveau Programme Européen, qui est organisée par FederUnacoma et CEMA – représentant les intérêts des Fabricants

Agricoles Européens - et l’association mondiale Agrievolution. Cette conférence se tiendra le matin du 9 novembre en présence de personnalités politiques et de représentants d’institutions de l’Union Européenne. Une autre conférence est programmée le même jour dans l’après-midi sur l’analyse de la situation économique mondiale et la nouvelle géographie des marchés mondiaux pour les délégations étrangères. Une assemblée sur la coopération Italo-Africaine en mécanisation agricole est également prévue le matin du 11 novembre et sera suivie d’un « focus  » sur le Africa Hand Project au Mozambique. De plus, un grand nombre de conférences sera proposé sur le thème des marchés étrangers et du développement des relations commerciales internationales entre les pays.

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Actu Actu Entreprise

ALFACHIMIE

PALADIN® EC, Une protection du début jusqu’à la fin

La société Alfachimie a organisé, en collaboration avec la société ARKEMA, le 25 et 26 Mai 2016 au siège de la société ALMASSIRAGRI à Sidi Bibi, des journées techniques sur son Fumigant du sol : PALADIN® EC. Reconnu pour ses effets sur de nombreux pathogènes du sol dont principalement les nématodes, PALADIN® EC s’avère l’alternatif sûr et durable du 1,3-Dichloropropène pour la désinfection du sol.

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es journées, initiées par le mot d’accueil de M. Ali El OUAFI, directeur général adjoint de la société ALFACHIMIE, ont connu la participation d’une centaine de professionnels, principalement des cadres, agriculteurs, techniciens et gérants des grandes unités maraichères. La session des interventions a été ouverte par la présentation de M. Nicolas LE ROCH, Directeur commercial à AR-

KEMA-France sur la situation mondiale des fumigants du sol ainsi que les nouvelles restrictions imposées par le marché de la désinfection. La parole a par la suite été cédée à M. Gael DU FERTAY, consultant international, pour dévoiler les pays au niveau desquels PALADIN® EC est enregistré à long terme en l’occurrence en Europe (Italie, Espagne), en Turquie, en Egypte et au Maroc sous le numéro E11-6-020. M.

Agrivivos

Nouvelle variété de melon jaune : Douâa Le Samedi 9 Juillet 2016, la société Agrivivos a ouvert ses portes à ses clients dans la région du Gharb, afin qu’ils puissent découvrir de prêt le nouvel arrivé dans sa gamme de semences, le melon jaune

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‘Douâa’. Une soixantaine d’agriculteurs ont été invités pour tester les qualités organoleptiques du melon Douâa et découvrir les témoignages de partenaires qui ont essayé

EL ALAOUI Med Amin, responsable commercial et développement au groupe SAOAS a par la suite présenté quelques aspects techniques sur PALADIN® EC ainsi que les résultats des différents essais menés au Maroc durant la campagne 2015. Enfin, M. Ahmed HDIDI, responsable technique au sein du même groupe complète l’enchainement en mettant

l’accent sur les machines et outils utilisés pour l’application dudit produit. Impressionnés par la qualité des explications et recommandations fournies, les invités n’ont pas manqué de féliciter la société pour sa contribution dans l’accompagnement et le développement durable de l’agriculture marocaine.

Douâa dans leurs champs. A noter que cette nouvelle variété de melon jaune offre de nombreux avantages, notamment :

Les producteurs invités ont apprécié cette nouvelle variété et espèrent pouvoir l’introduire dans leur calendrier agricole à partir de l’année prochaine.

- Un brix élevé - Une forme ovale - Un poids de 3-6 kg - Bien équilibrée et à très bonne nouaison - Production très élevée - Résistances intermédiaires : FO-1-2, PM1, PM2 - Récolte semi-groupée

La société Agrivivos tient à remercie toutes les personnes qui ont pu participer à cet événement et à celles qui ont permis de l’organiser. La porte reste grande ouverte pour tous !

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La marche de la paix et de la santé M. Hassan Bouguiri directeur de la société Agrivivos distribue des semences aux agriculteurs de la région de Tamri

La 4 édition de cette marche, qui a relié, sur environ 200 Km, la plage d’Essaouira et celle d’Agadir, a eu lieu du 20 au 30 Août sous le thème « Marchons pour l’environnement ». Organisée par l’Association «Initiatives sans frontières» en partenariat avec l’ « Association Essaouira-Mogador», ème

l’« Association des Infirmiers d’Essaouira», «Peace Corps Morocco» et la société Agrivivos ainsi que plusieurs acteurs associatifs avec la participation des conseils communaux d’Essaouira et d’Agadir, cette Marche s’est assigné comme objectif principal de promouvoir auprès des populations cibles les

bons comportements et pratiques liés à la santé, à la paix et à l’environnement. Les marcheurs ont sillonné plages, montagnes, forêts et pistes dans le but d’enseigner les comportements et modes de vie sains à la communauté vulnérable et isolée des régions traversées, d’organiser des séances de

sensibilisation de santé et de l’environnement. M. Hassan Bouguiri directeur de la société Agrivivos distribue des semences aux agriculteurs de la région de Tamri Un atelier sur les bonnes pratiques de l’agriculture biologique animé par M. Hassan Bouguiri

Un atelier sur les bonnes pratiques de l’agriculture biologique animé par M. Hassan Bouguiri

La récolte idéale commence par le soin idéal

Mouche blanche

Thrips

Puceron

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Actu Actu Entreprise

Bayer CropScience Nouveau Nématicide révolutionnaire

VELUM PRIME

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’est à Agadir que Bayer CropScience a choisi de faire le lancement de son nouveau nématicide VELUM PRIME fin juillet dernier. Ce nouveau produit est à base de fluopyram, une matière active de la famille chimique pyridinyl-éthyl-benzamide.  Son nouveau mode d’action offre une véritable innovation sur le marché des nématicides grâce à ses multiples avantages confirmés par de nombreux essais au Maroc et ailleurs. La soirée a été inaugurée par M. Karim Azima, Directeur Marketing de Bayer Maroc, qui a présenté le programme de la journée. Par la suite M. Laurent Perrier, Directeur Général de Bayer, a expliqué que l’objectif de la journée est de donner plus d’informations sur le VELUM PRIME qui va apporter de vraies solutions aux problèmes de nématodes chez les producteurs. Il a ensuite présenté la stratégie globale adoptée par le groupe Bayer au niveau mondial et au Maroc basée entre autres sur l’innovation et le renforcement de la relation avec les clients. Par la suite, la parole a été donnée à M. Josep Izquierdo, Directeur Technique Insecticides à Bayer Espagne, pour exposer la biologie des nématodes et les méthodes de lutte, en particulier les meloidogynes qui sont les plus nuisibles pour les cultures maraichères. L’expert a mis l’accent sur leur dispersion dans le sol qui est principalement conditionnée par la température, l’humidité et la texture du sol. Dans son intervention, et après avoir rappelé l’importance de la problématique des némato30

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des principalement en culture de tomate, M. Talal Cheikh, Responsable de la filière des fruits et légumes à Bayer CropSicence, a présenté le nouveau produit  VELUM PRIME comme étant la réelle solution contre les nématodes. Il a ainsi présenté sa matière active, son mode d’action, sa mobilité au niveau de la racine, son spectre d’action, son effet anti-fongique, son homologation dans le monde ainsi que les raisons de l’adopter qui sont: - un contrôle rapide, effectif et de longue durée des nématodes - un niveau d’efficacité supérieur aux autres références sur le marché - Une alternative innovante avec un profil sécurisé pour les applicateurs et l’environnement - une grande flexibilité d’emploi permettant une utilisation tout au long du cycle - une bonne efficacité à des doses d’application inédites - un effet direct sur le rendement et la qualité des fruits - une gestion profitable et durable des plantations. M. Talal Cheikh a terminé son intervention par la présenta-

M. Laurent Perrier, Directeur Général de Bayer

tion d’un extrait en vidéo des témoignages de grands producteurs de la région du Souss Massa sur l’effet de l’utilisation du Velum sur leurs cultures. Ensuite, Mme Souad Zerradi, Directrice Technique à Bayer CropScience et M. Josep Izquierdo ont enchainé respectivement sur la présentation des résultats des essais conduits avec le VELUM PRIME au Maroc et en Espagne

pour pouvoir évaluer le produit dans différentes conditions de production et à différents niveaux d’infestation afin de ressortir la dose optimale qui représente le meilleur compromis entre efficacité et persistance d’action. Le nouveau nématicide offre une protection de haut niveau avec un effet clair sur la santé des racines, se démarquant ainsi des autres références nématicides disponibles actuellement sur le marché. A noter que le fractionnement de l’apport de VELUM PRIME (trois applications de 0,65 L/ha, 0,3 L/ha et 0,3  L/ha espacée de 14 jours d’intervalle)  permet un meilleur contrôle des nématodes et procure une meilleure disponibilité dans le sol et une meilleure persistance d’action. Après une session débats riche en discussions, un diner animé a été offert aux invités à la fin de la soirée.

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BASF lève le voile

sur ses nouvelles innovations Consciente du rôle clé de la presse agricole spécialisée dans la diffusion d’informations vers les professionnels concernés, le Groupe BASF a convié du 5 au 7 septembre 97 journalistes appartenant à 27 pays à une conférence de presse à son siège à Ludwigshafen (Allemagne). L’occasion pour la multinationale de confirmer son statut de leader mondial de la chimie, de présenter ses dernières innovations, mais surtout de confirmer son engagement pour une agriculture durable conciliant rentabilité et responsabilité.

Harald Schwager, membre du Directoire de BASF.

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our BASF, cultiver l’innovation c’est pouvoir allier compétitivité et environnement, affirmer la nécessité d’une protection phytosanitaire raisonnée, améliorer la qualité des récoltes et la sécurité alimentaire des denrées, apporter des outils d’aide à la décision, aller plus loin dans les méthodes de biocontrôle, avoir l’audace de développer des solutions innovantes, aider les agriculteurs à accomplir leur métier avec fierté, assurer un avenir durable à l’agriculture. En effet, seuls le progrès et l’innovation permettront à l’agriculture de relever le défi alimentaire, économique et environnemental du XXIème siècle. A l’occasion de la conférence, la Division Protection des Cultures de BASF a présenté ses dernières innovations pour les agriculteurs et sa stratégie de croissance future, tout en débattant de l’évolution et des défis actuels de l’agriculture. « Nous sommes en position de force pour offrir à nos clients des solutions au plus près de leurs besoins », a expliqué Markus Heldt, Président monde de la Division Protection des Cultures de BASF, à l’ouverture de la conférence de presse. « Notre portefeuille produits actuel, notre pipeline d’innovations issues de la recherche, ainsi que notre capacité à s’adapter

Markus Heldt, Président monde de la Division Protection des Cultures de BASF

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rapidement et à comprendre les besoins des agriculteurs, nous confèrent un solide atout compétitif. Le marché agrochimique évolue et nous sommes attentifs aux opportunités nées des fusions en cours pour renforcer notre activité mondiale et valoriser notre offre », a-t-il rajouté. Avec un chiffre d’affaires de plus de 5,8 milliards d’euros en 2015, la division Protection des Cultures de BASF fournit des solutions innovantes en matière de protection des cultures, d’horticulture, d’espaces verts et de lutte antiparasite pour la santé publique. Son portefeuille comprend une large gamme de fongicides, insecticides, herbicides et traitements de semences, mais également des technologies biologiques de protection des plantes (biocontrôle), ainsi que des services et des solutions pour la gestion de l’eau, des nutriments et du stress des plantes. Ces solutions ont pour objectifs d’optimiser les rendements agricoles et la qualité des denrées alimentaires. « Forte du grand succès rencontré au cours des dernières années, notre Division Protection des Cultures contribue largement aux bénéfices du groupe BASF, a expliqué Harald Schwager, membre du Directoire de BASF. Au cours des 10 dernières années, le chiffre d’affaires de la Division a bondi de 3,3 à

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5,8 milliards d’euros, soit une hausse de 75 %. Ces performances remarquables montrent que nous tenons nos promesses ». Et d’ajouter « Les changements nous donnent de nouvelles opportunités de croissance économique et de différenciation. Nous pouvons être fiers de l’héritage de BASF, qui apporte des solutions de pointe pour les agriculteurs depuis 100 ans. Mais il est plus important encore d’aller de l’avant et de faire partie d’une équipe leader qui contribue à construire l’avenir de l’agriculture moderne», a conclu Harald Schwager. A noter que l’un des points forts de BASF est de convertir rapidement les acquis de la recherche en succès commerciaux.

Des solutions innovantes En fournissant de nouveaux savoir-faire et de nouvelles technologies, la division Protection des Cultures de BASF soutient les agriculteurs et les acteurs de la protection des cultures afin de contribuer à la qualité de vie des professionnels agricoles et de la population mondiale croissante. Ainsi, pour mieux répondre aux besoins des agriculteurs et poursuivre son développement, BASF continuera à investir massivement dans la R&D, à renforcer son pipeline de produits innovants et à engager des partenariats pour accélérer la mise au point de nouvelles technologies. Le pipeline d’innovations issues de la recherche de la division comprend de nouvelles solutions en phase de

Visite du nouveau centre de recherche dédié au biocontrôle.

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développement avancé pour tous les segments (fongicides, insecticides, herbicides…). BASF estime que les ventes des produits de protection des cultures lancés entre 2015 et 2025 atteindront 3 milliards d’euros.

Revysol

Une solution très attendue BASF vient de déposer le dossier d’approbation d’une nouvelle substance active, dénommée Revysol, auprès de l’Union européenne (UE). Cette molécule fongicide exclusive de la famille des triazoles (IBS) s’annonce comme étant le nouveau fer de lance BASF. Des recherches approfondies ont montré ses exceptionnelles performances agronomiques dans la lutte contre de nombreuses maladies difficiles à maîtriser. Le dépôt du dossier d’approbation de Revysol pour les marchés de l’UE est une étape clé vers son homologation mondiale pour les grandes cultures et les cultures spéciales.

« Revysol sera incontestablement une nouvelle substance active majeure qui apportera de nombreux bénéfices aux agriculteurs du monde entier », explique Markus Heldt, Président monde de la division Protection des Cultures de BASF. Revysol est amené à jouer un rôle essentiel dans la construction des futurs programmes fongicides, les agriculteurs ayant toujours besoin de produits différents pour associer ou alterner les modes d’action. « Notre capacité à développer une telle molécule assoit clairement notre leadership dans le domaine des fongicides », conclut Markus Heldt. Les fongicides de la famille chimique des triazoles ont déjà démontré leur grand intérêt contre des maladies qui peuvent nuire gravement à la qualité et la quantité des récoltes, comme c’est le cas de la septoriose et de la rouille en céréaliculture. Néanmoins, aucune nouvelle molécule avec ce mode d’action clé n’a été mise sur le marché depuis plus de dix ans, ce qui

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Site de basf Agro à Limburgerhof

Traitement des semences combinant les produits chimiques et biologiques.

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Serres expérimentales Atelier de présentation de la solution numérique Maglis.

limite le nombre d’alternatives dans la lutte contre les maladies. « Nous avons fait appel à notre expertise approfondie des fongicides et avons investi dans la recherche de pointe pour créer Revysol », confie Harald Rang, Vice-président Recherche et Développement de la division Protection des Cultures de BASF. Dès la phase de découverte, le nouveau fongicide a été conçu pour répondre à la fois aux critères d’homologation les plus exigeants et pour apporter un niveau de performance exceptionnel. « Les agriculteurs disposeront d’un nouvel outil pour lutter contre les maladies et conserver des cultures saines plus longtemps, tout en optimisant le rendement et la qualité des récoltes», conclue Harald Rang. La substance active Revysol sera disponible au travers d’une gamme de produits formulés pour apporter aux agriculteurs du monde entier des solutions fongicides de très haute performance. En fonction de la validation réglementaire par les autorités, les premières mises sur le marché de ces produits sont attendues pour 2019.

MAGLIS Précieux soutien aux agriculteurs BASF a lancé début 2016 une nouvelle plateforme en ligne, Maglis, pour accompagner les agriculteurs dans la gestion de leurs cultures. Développée en partenariat avec des agriculteurs et des experts à travers le monde, cette plateforme est destinée 34

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à aider les exploitants dans la gestion de leurs cultures. En effet, elle permet aux agriculteurs de rassembler, interpréter et surveiller une multitude de données liées à leurs cultures, qui les aideront à prendre les meilleures décisions sur la manière de produire et de commercialiser leurs productions. Maglis est une boîte à outils qui se base sur les données propres à chaque parcelle et à chaque exploitation agricole. La plateforme comporte pour le moment trois modules : - Maglis Customer Navigator  : fournit, à partir des informations de chaque parcelle, des plannings d’intervention sur mesure de protection des cultures. - Maglis Crop Plan  : relie la date de semis des cultures à la météo locale, l’état du sol, les adventices, les pressions des maladies et ravageurs pour chaque exploitation afin d’optimiser la planification des tâches. - Maglis Sustainability Assessment : permet de visualiser l’impact des différentes pratiques agricoles sur les principaux facteurs de durabilité, tels que la rentabilité de l’exploitation, la santé des sols ou la biodiversité. Ces deux derniers modules sont en phase pilote au Canada. D’autres outils sont en cours de développement. BASF est confiante dans le caractère pratique, concret et facile d’utilisation de Maglis.

Un centre de recherche dédié au biocontrôle Le groupe Basf va très loin dans le dé-

veloppement durable, et table sur le marché croissant du biocontrôle, les alternatives bio aux produits phytosanitaires, pour son développement futur. Pour cela, BASF vient de se doter d’un centre de R&D entièrement dédié au biocontrôle et aux traitements de semences au siège social de sa division Protection des Cultures à Limburgerhof. Ce nouveau centre, équipé d’installations de screening et de tests d’application de produits, et disposant d’une collection de souches de micro-organismes, permettra au groupe d’étendre son potentiel d’innovation au-delà de la protection chimique conventionnelle des cultures. BASF y mène actuellement des recherches sur de nouveaux insecticides et fongicides biologiques pour des applications foliaires et des traitements de semences afin de compléter sa gamme de produits. L’investissement dans des solutions de biocontrôle, à base d’organismes vivants et d’extraits naturels de plantes, présente de nombreux avantages pour les agriculteurs qui peuvent notamment disposer d’autres modes d’actions pour améliorer la gestion des résistances. Les recherches portent aussi sur de nouvelles matières actives chimiques pour la protection des semences et l’amélioration des enrobages (fluidité, poussières, semis de précision, …). A noter que BASF fait partie des rares entreprises capables de proposer des traitements de semences associant à

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Les nouvelles technologies «Plant Milking® (traduction traite des plantes-voir photo) et Target Binding® développées par PAT vont permettre la découverte accélérée de nouvelles biomolécules

la fois des composants biologiques et chimiques. Un autre exemple est l’accord de recherche établi entre BASF et PAT, une jeune entreprise leader mondial dans l’identification et la production de biomolécules, pour la découverte et le développement de nouveaux biopesticides. Les nouvelles technologies «Plant Milking® (traduction traite des plantes-voir photo) et Target Binding® développées par PAT vont permettre la découverte accélérée de nouvelles biomolécules pour l’agriculture. Sur la base de cette technologie, le potentiel naturel des plantes est stimulé pour produire des biomolécules jusqu’à présent considérées comme inaccessibles. Les tests réalisés en 2015 ont révélé toutes les promesses attendues par BASF et PAT tant au niveau de la méthodologie que des premières biomolécules identifiées. BASF utilisera sa plateforme ultramoderne de screening de Limburgerhof pour identifier les molécules les plus efficaces contre les champignons, insectes parasites ou mauvaises herbes. Les meilleures molécules candidates seront ensuite développées, homologuées et commercialisées par la division Agro de BASF. BASF est très optimiste pour l’avenir de cette collaboration et notamment dans la recherche de solutions pour gérer la résistance qui est un problème urgent pour de nombreux agriculteurs à travers le monde.

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’agriculture est une priorité pour le groupe BASF qui continue d’investir fortement dans ce domaine. Un tiers de ses dépenses de R&D est consacré aux «solutions pour l’agriculture» et la recherche fondamentale en agriculture, quand cette activité représente moins de 10% des ventes du groupe. L’agriculture est devenue une question géopolitique à l’échelle de la planète, avec le passage d’une population de 7 à 9 milliards d’individus à l’horizon 2050. Il faut désormais produire plus, tout en agissant de manière durable. Seules l’innovation et les nouvelles technologies le permettront. L’engagement de BASF pour une agriculture durable est plus que jamais au cœur de sa stratégie.

Cette visite s’est clôturée par une conférence de presse spéciale Afrique et Moyen Orient, à laquelle ont été conviés les journalistes du Maroc, de l’Afrique du Sud et de l’Egypte. Durant cette conférence, Dirk Hartmann, Directeur de la Division protection des cultures pour la région Afrique & Moyen Orient, a souligné le potentiel que représente la région ainsi que l’importance qu’elle revêt pour BASF, puis il a présenté la stratégie de croissance future pour l’Afrique et le Moyen Orient. Cette stratégie implique une adaptation des solutions BASF aux besoins locaux des agriculteurs, une proposition de solutions innovantes qui vont au-delà des solutions établies de protection des cultures, ainsi qu’un développement de partenariats durables avec les différents acteurs du secteur agricole. Dans ce sens, BASF prévoit d’introduire pour 2017 au Maroc, une nouvelle solution pour les fongicides céréales, à savoir Ceriax® : associant Xemium®, la SDHI nouvelle génération de BASF, époxiconazole, une triazole haut de gamme, et F500®, la strobilurine de référence sur blé et orge. Cériax® apporte une efficacité inégalée dans la lutte contre les septorioses et les rouilles, ce qui lui confère une grande longueur d’avance par rapport aux meilleures références du marché.

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De droite à gauche : Dora Herbent, Communication Manager, Afrique & Moyen Orient Dirk Hartmann, Directeur de la Division protection des cultures, région Afrique & Moyen Orient Andre Pretorius : Responsable Communication, Afrique du Sud Sarah Khamlichi : Responsable Communication, Maghreb Ahmed Abou Zahra : Marketing Manager, Egypte & Moyen Orient

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Tomates primeur

Fleuron de la production et des exportations marocaines L’histoire de la tomate au Maroc et de sa longue évolution a constamment été étroitement liée aux exportations de ce légume fruit, produit phare des primeurs marocains. Actuellement, la production de tomates primeur d’exportation semble à peu près stabilisée autour de 6.000 ha de serres (6.260 ha pour 2015-16), principalement dans le Souss (95%) la plus grande zone de production maraîchère au Maroc, mais aussi à proximité de Dakhla. Cette dernière région où la production est effectivement possible toute l’année, privilégie la culture de la tomate cerise et cocktail, à plus forte valeur ajoutée.

Un peu d’histoire

Au milieu des années 1980 la tomate sous abris représentait 28% de la tomate primeur produite au Maroc avec 1.320 ha sur un total de 4.720 (198687). En 15 ans, elle a été multipliée par près de 3 et représentait autour de 65% des 5.910 ha en 2000-01. En même temps, elle a commencé progressivement sa migration du Nord (Casablanca-El Jadida) vers le Sud et avant même les années 2000 la production sous 36

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abris était pratiquement concentrée en totalité dans la zone sud du pays. Cette migration et les succès enregistrés dans la culture et l’exportation de la tomate dans la région d’Agadir, sont dus à la conjonction de nombreux facteurs aussi bien externes que liés aux efforts fournis par les producteurs et exportateurs. La zone sud du Maroc bénéficie de conditions très favorables, lui permettant d’assurer une production de pri-

meurs dans de meilleures conditions que la zone Nord. Ainsi : - les conditions pédoclimatiques sont très favorables  : températures plus régulières, durée plus élevée d’ensoleillement, … - disponibilité de terrains - grande expérience des producteurs et de la main d’œuvre, - traditions de regroupement (coopératives, stations de conditionnement), - opérateurs réceptifs et ouverts aux

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Tomate

nouveautés, - infrastructures de conditionnement, de stockage et d’export, - présence importante d’ingénieurs et de techniciens aussi bien dans les structures de production que chez les fournisseurs d’intrants, de matériel, etc. contribuant fortement à l’encouragement des avancées technologiques - meilleures capacités d’investissement et de financement des exploitations

Evolution des techniques de production

Au cours des 35 dernières années, le Maroc a connu une évolution considérable au niveau des techniques de production maraichère et principalement des cultures sous serres, dont la tomate en premier lieu. Ainsi, l’itinéraire technique a considérablement évolué, et ce sur tous les aspects du processus de production : choix variétal, choix des installations et équipements, conduite des irrigations, fertilisation et protection phytosanitaire, sans oublier la gestion des ressources humaines, etc. Ci-après quelques exemples sur les évolutions qu’ont connues certaines pratiques : Choix variétal Pendant longtemps les maraichers ont recouru aux variétés fixées comme la Marmande VR (demi côtelée), éclaireur (lisse) en Zone Nord et Clause 27 (côtelée) et money maker (lisse) dans le Souss-Massa. Les semences étaient soit prélevées par les producteurs sur leur propre production soit achetées chez les maisons grainières qui les importaient. Avec l’introduction des cultures sous abris serres, des variétés hybrides de plus en plus performantes ont été introduites chez les agriculteurs. Plus vigoureuses et dont la liste des résistances n’a cessé de s’allonger (verticillium, fusarium, nématodes, cladosporiose, etc.), elles permettent des rendements plus élevés d’autant que le cycle de production et d’exportation ne cessait de s’allonger. En outre et afin de faire face aux exigences des circuits de commercialisation et des marchés éloignés, les variétés ‘‘Long Shelf Life’’, sont devenues inévitables. L’objectif pour ces variétés est de résister le plus longtemps possible entre la récolte et le consommateur (fermeté et tenue des tomates, maturité prolongée, etc.) afin d’arriver sur les étalages dans le meilleur état de qualité pour satisfaire les circuits de distribution et le consommateur. Cependant, très souvent, les maisons grainières proposent aux producteurs des variétés développées pour d’autres pays, vu que la recherche variétale au Maroc est quasi inexistante (sauf quelques tentatives limitées). En effet, les obtenteurs estiment que le marché marocain est trop étroit et que les semences commercialisées en Espagne marchent très bien au Maroc (conditions climatiques proches). 38

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Côté producteur, la demande s’oriente vers des variétés plus performantes (rendement, qualité, résistance aux maladies et aux stress, …). Dans ce sens, les attentes des producteurs sont différentes selon les marchés auxquels ils destinent leur production. A noter que les conditions climatiques ou commerciales d’une campagne influencent le choix de certains producteurs pour la campagne suivante. Ainsi, en cas de basses températures ayant causé des problèmes de qualité (nouaison, fruits creux, taux d’écarts, …) le choix s’oriente l’année suivante vers de nouvelles variétés ou d’anciennes variétés qui ont résisté au froid. De même, en cas de problèmes commerciaux sur l’un des segments, suite à de plus grandes superficies lors d’une campagne, les producteurs s’orientent l’année suivante vers d’autres segments qu’ils estiment présentant moins de risques ou de meilleures opportunités. En outre, les maisons grainières opérant au Maroc annoncent régulièrement que des variétés prometteuses sont en train de se frayer un chemin sur le marché marocain, avec des caractéristiques répondant mieux aux désidératas des producteurs et aux exigences des clients. A noter qu’en réponse aux demandes des distributeurs certains groupes exportateurs bien organisés exigent désormais des semenciers des variétés de tomate en exclusivité (pour un certain nombre d’années), notamment pour les tomates cerise et olivette. Le nombre de semences écoulées par le semencier sur le marché sera certes moins important, mais le prix de vente est bien supérieur à celui d’une graine normale (12 dh au lieu de 1,50 dh). Irrigation et fertilisation Au début, l’irrigation était conduite de façon traditionnelle en gravitaire aussi bien en plein champ que sous abris serre, ce qui entrainait un certain nombre de contraintes (pertes d’eau, transport des germes de maladies, difficulté de réaliser les travaux d’entretien et les récoltes après les arrosages, main d’œuvre, carburant, etc.). Par la suite, et pour économiser l’eau et l’énergie, on a vu apparaître l’utilisation de plus en plus fréquente de gaines plastiques simples en remplacement des rigoles en terre. Aujourd’hui, on assiste à la généralisation du goutte à goutte et de la fertigation (combinaison de l’eau d’irrigation et de la solution mère d’éléments minéraux) et certains producteurs commencent même à installer des circuits fermés avec récupération des excédents et leur réutilisation. Pour sa part, la fertilisation minérale  était généralisée avant même le début des cultures sous abris, avec utilisation des forAgriculture du Maghreb N° 98 - Sept/Octobre 2016

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Tomate ter considérablement le rendement des cultures, améliorer la qualité des productions et réduire les besoins en engrais chimiques et en eau. Aujourd’hui, la gestion de la nutrition se fait au jour le jour et ne repose plus sur des programmes de pilotage préétablis, en se basant sur les mesures des paramètres climatiques fournis par les stations météo, tensiomètres, sondes, ... En effet, le producteur apporte des ajustements en fonction des observations quotidiennes des conditions et du développement des feuilles, fleurs, nouaison, grossissement des fruits… Les modes d’apport ont également évolué en passant de l’épandage manuel aux apports racinaires par le système d’irrigation (fertigation), complétés par les engrais foliaires ….. Cette maîtrise de la nutrition hydro-minérale en fonction des stades de développement permet désormais aux producteurs d’atteindre des rendements importants de l’ordre de 300350 tonnes/ha et une grande qualité du fruit. mules NPK disponibles sur le marché (5-8-8 et autres) et des engrais simples (supertriple, ammonitrate, nitrate de potasse). Au début les apports étaient effectués empiriquement sur la base de données théoriques et de l’expérience sur le terrain. Ultérieurement, les analyses du sol ont concerné progressivement toutes les régions primeuristes. Ceci a permis d’arriver progressivement vers des conseils personnalisés à chaque producteur. On voit aussi d’autres perfectionnements liés à une meilleure connaissance des besoins des cultures et des particularités des différentes variétés et situations de production. Ainsi, et en plus de la fertilisation minérale de plus en plus maitrisée, d’autres produits, inconnus il y a quelques années, se sont fait leur place dans l’arsenal auquel ont recours les producteurs tels que les biostimulants, enracineurs, ions phosphites, engrais foliaires, mycorhize, etc. A noter que dernièrement, des nouveaux produits à base de silicium ont fait leur apparition sur le marché. Selon les sociétés qui les commercialisent, cet élément permet d’augmen40

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Traitements phytosanitaires En plein champs aussi bien que sous abris serres, les traitements préventifs et curatifs étaient généralisés depuis toujours, utilisant les produits autorisés alors, avec une palette plus large qu’actuellement. En traitement du sol, le recours au bromure de méthyle était fréquent (appliqué par des entreprises spécialisées), les autres produits nématicides moins efficaces et moins coûteux étaient d’usage plus répandu. Les traitements fongicides étaient les plus courants en raison de l’humidité plus élevée sous abris alors que les insecticides étaient moins utilisés sous abris car on trouvait peu d’insectes au cours de la partie hivernale du cycle.

Sous la pression constante des normes de sécurité adoptées par les pays importateurs, de grand progrès ont été enregistrés en matière de protection phytosanitaire. Cependant, pour lutter contre la fatigue du sol les producteurs manquent de produits efficaces et la gestion des autres maladies est rendue plus délicate avec la limitation drastique des LMR et les certifications exigées par les différents marchés. Dans ce contexte, la recherche d’alternatives au bromure de méthyle n’a pas arrêté et les producteurs ne cessent d’innover  : greffage, solarisation, compostage, hors sol, développement rapide de la lutte intégré (IPM). Elle connaît actuellement un certain essoufflement avec seulement 40% des superficies de tomate sous abris après avoir atteint un pic de 70%, il y a peu de temps. Hors sol L’un des problèmes majeurs auxquels fait face la culture de la tomate sous abris serres est celui des ravageurs et maladies du sol. La solution radicale adoptée précédemment et qui consistait en un traitement du sol au bromure du méthyle, n’est plus possible depuis l’interdiction de son utilisation. La recherche des alternatives au bromure de méthyle a fait ressortir de nombreuses solutions comme la solarisation, la biofumigation et l’utilisation d’autres produits nématicides. Ces derniers s’étant avérés peu efficaces pour assurer une protection de la tomate. Aujourd’hui, les maraîchers s’orientent de plus en plus vers les cultures en hors sol, en pleine expansion, afin de faire face aux problèmes telluriques et améliorer davantage la qualité de la production. Au début, cette technique était handicapée par son coût et par la

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Tomate Techniciens et ingénieurs

difficulté de choisir entre les nombreux substrats (laine de roche, fibre de coco, sable, …) avec leurs avantages et inconvénients respectifs. Actuellement, le hors sol devient de plus en plus intéressant techniquement (meilleure connaissance des substrats, …) et économiquement (rapide retour sur investissement), mais souffre encore du manque de maitrise de la conduite de la tomate sous cette technique nouvelle pour un grand

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nombre de producteurs. Aujourd’hui cette technique concerne surtout les variétés de tomate à forte valeur ajoutée (tomate cerise, cocktail et plum). A signaler que le hors sol, bien maitrisé, apporte de nombreux avantages sur le plan de la production comme l’homogénéité des fruits, leur qualité, économie d’eau et d’engrais, moins d’écarts, rallongement de la période de production, …

Le secteur primeuriste est celui, de l’agriculture marocaine, disposant de plus de techniciens et d’ingénieurs qui ont contribué de façon considérable, et continuent de le faire, au développement et à l’amélioration des techniques de production de la tomate primeur. Ces équipes techniques sont aussi bien employées par des producteurs et unités de production que par les sociétés qui fournissent le secteur en moyens de production et qui s’occupent en même temps d’encadrer leurs clients dans leur propre domaine de compétence (IPM, fertilisation, …). Plusieurs de ces techniciens et ingénieurs se sont lancés eux-mêmes dans la production et l’exportation.

Emballage

Les exportateurs marocains de tomate utilisent les dernières avancées en matière de préservation de la qualité des fruits et légumes du moment de la récolte jusqu’à la commercialisation, afin de garantir l’arrivée des fruits aux mar-

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e chés d’exportation avec la meilleure qualité possible et dans le respect total de la législation en vigueur. En effet, de par sa vocation à l’export, la région du Souss n’a de choix que de répondre aux exigences des marchés de distribution en matière de conditionnement et de packaging, ce qui a eu pour résultat de tirer vers le haut l’offre d’origine Maroc. Autrefois utilisé juste pour le transport des fruits et légumes, l’emballage est aujourd’hui un véritable outil de communication. A la fois protecteur et vitrine du contenu, il doit s’adapter aux modes de consommation, et doit répondre à certains critères de praticité et de qualité au même titre que le fruit ou le légume lui même. D’où une constante évolution des matériaux utilisés, les formes et les dimensions, de même que les normes de fabrication. Bois, carton ou plastique, chaque type d’emballage a sa place et ses spécificités, au sein d’un marché d’exportation où les producteurs marocains confortent leur place, et à l’aube d’un marché local, où ils s’aventurent à tâtons.

Conditionnement

Les recherches variétales poussées et l’amélioration des techniques de cultures permettent certes d’uniformiser les productions, mais il est toujours nécessaire d’effectuer un gros travail de sélection et de triage en post-récolte pour répondre aux exigences de l’export. L’aspect visuel joue en effet un rôle important dans l’achat de fruits et légumes. C’est pourquoi les acheteurs exigent de plus en plus que les produits soient calibrés d’après leurs caractéristiques externes et même internes (degré Brix, fermeté, quantité de jus). Le conditionnement à l’export a largement évolué depuis les premières machines des années 80 suite aux exigences des exportateurs, eux-mêmes soumis à celles des marchés destinataires: contraintes de délais, de tris sophistiqués et de sécurité alimentaire. L’ère des petites stations de conditionnement mécanisées est révolue, place aux grandes stations, équipées de calibreuses électroniques les plus modernes. En une vingtaine d’années, les méthodes de conditionnement et de

triage des fruits et légumes ont largement évolué. Dans les stations de conditionnement, le tri manuel et visuel a peu à peu été remplacé par des outils mécaniques, puis électroniques. Depuis la fin des années 90, les équipements mécanisés ont été peu à peu remplacés par de nouvelles générations de machines électroniques plus performantes et assurant une meilleure rentabilité. Une transition nécessaire pour ré-

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pondre aux nouvelles contraintes qualitatives et satisfaire aux demandes des exportateurs pour offrir avec plus de précision et dans les meilleurs délais les produit demandés. Par ailleurs, la présence d’équipements modernes rassure le client sur le potentiel de réponse et d’adaptabilité des stations auxquelles il s’adresse.

Logistique

Le Maroc est le premier fournisseur du marché français de tomates de contre saison, ses exportations de tomates fraîches ont connu une forte dynamique de croissance ces dix dernières années. Cependant, la logistique représente un grand poste de dépenses pour les exportateurs marocains de fruits et légumes en raison des coûts

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qui peuvent représenter en moyenne 30% des coûts de revient des produits exportés, ce qui impacte leur compétitivité par rapport à leurs concurrents espagnols et turcs. Actuellement, deux modes de transport sont utilisés par les exportateurs marocains de tomates fraîches, le transport international routier (TIR) et le transport maritime par conteneur, avec une forte dominance de la voie terrestre durant ces dix dernières années. Cependant, on assiste récemment au recours de plus en plus fréquent à la voie maritime.

différentes opérations sur les intervenants (ouvriers, producteurs, consommateurs, environnement) doivent être adaptées à des exigences de plus en plus strictes sur le marché mondial. Pour attester du respect des normes établies dans ce domaine, la certification est devenue une démarche inévitable. Plusieurs certifications imposées par les importateurs aussi bien au niveau des serres que des stations de conditionnement, sont assurées par des organismes nationaux et internationaux.

Environnement et certifications

Des difficultés persistent

A noter par ailleurs la prise en considération de l’impact sur l’environnement à tous les échelons de la filière. En effet, dans nos marchés à l’export, l’environnement devient une préoccupation majeure (production, recyclage, empreinte et bilan carbone), que nos exportateurs ont eu à inclure dans leurs considérations. Ainsi, depuis les différentes phases de la production jusqu’à la commercialisation, l’impact des

La profession estime que le climat et la main d’œuvre sont actuellement les deux principales difficultés en matière de conduite de la culture de tomate. Concernant le problème du climat, les nouvelles structures de serres constituent la meilleure solution pour le contrôler afin d’obtenir une production régulière durant toute la campagne. Quant à la main d’œuvre, avec les certifications sociales, elle persiste comme

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un souci continuel pour les producteurs. En effet, malgré les négociations avec les syndicats, aucune entente n’a pu être trouvée. De même, la gestion des problèmes phytosanitaires de la culture reste un grand défi pour les producteurs (TYLCV, TOC, PEPINO, Cladosporiose, Bactériose, Acariose bronzée, Tuta absoluta…). L’une des entraves majeures que rencontre la culture est celle de sa rentabilité à laquelle il s’agit de trouver des solutions innovantes et urgentes. Pour certains producteurs, l’hors sol est une alternative très importante qui commence à gagner du terrain chez les grands producteurs de la région. Pour d’autres, c’est plutôt l’installation de nouvelles structures et l’orientation des serres, quand c’est possible, vers la mécanisation pour diminuer les charges liées à la main d’œuvre qui reste le plus grand poste de dépenses en production. « Pour l’installation des nouvelles structures, le producteur marocain est bloqué par le coût élevé. Ce coût peut être compensé par un bon tonnage mais reste toujours dépendant d’un marché qui n’est

pas toujours sûr. Aujourd’hui l’hors sol est rentable pour la tomate ronde mais commence à évoluer dans le mauvais sens pour les segmentations. Par rapport à la tomate ronde (480 à 500.000 dirhams de charges), le coût s’élève à 25% de plus pour la tomate cerise (650.000 dirhams) et à 35% de plus pour la tomate olivette (750.000 dirhams). Ce type de tomate (cerise et olivette) doit être travaillé avec prudence sous contrat ou avec des partenaires à cause de leurs coûts élevés, mais pas à l’aveuglette comme le font certains producteurs », explique un producteur. Le niveau technique de la production de tomate sous abris commence à atteindre sa vitesse de croisière et les possibilités d’améliorer la production en quantité et qualité commencent à manquer. Ceci pousse les agriculteurs à chercher des nouveautés pour améliorer encore plus un processus de production qui a déjà atteint un niveau de technicité très avancé. Cependant, et de l’avis général, la recherche et l’encadrement dans la filière sont largement insuffisants sinon inexistants. Pour pal-

lier cette faille, certains producteurs procèdent eux même à des essais sur leurs exploitations sur certains aspects de la conduite de la culture. Ils profitent donc de la bonne communication entre producteurs (de niveau technique élevé) et se transmettent entre eux les remarques et observations lors de rencontres régulières. Ainsi, les bons résultats obtenus chez eux se diffusent très rapidement.

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Principales maladies fongiques Pour les tomates sous abris, la généralisation du recours au filet insect-proof à faibles mailles pour augmenter l’étanchéité des abris serres suite à l’émergence dans le passé de nombreuses maladies et ravageurs, a sérieusement compliqué la lutte contre les maladies cryptogamiques aériennes, dont le contrôle dépend, entre autres, d’une aération adéquate à l’intérieur des serres. De ce fait, dans des conditions de forte humidité, les fortes proliférations de maladies comme la pourriture grise et le mildiou, deviennent très difficiles à contrôler avec une liste de plus en plus restreinte de produits autorisés.

L

es techniques culturales et les méthodes de lutte ont beaucoup évolué, mais de l’avis des professionnels, la gestion phytosanitaire des cultures est une tâche qui devient de plus en plus ardue et qui doit reposer sur la connaissance précise de chaque ennemi. Ci-après une brève description des principales maladies cryptogamiques aériennes rencontrées sur tomate cultivée sous abri.

Le mildiou Les attaques de mildiou sont très fréquentes sur un grand nombre de cultures légumières et peuvent, si la maladie n’est pas contrôlée, engendrer d’importantes pertes. Ces maladies particulièrement difficiles à maîtriser en raison du caractère explosif de l’épidémiologie nécessitent donc une protection suivie de la culture dès que les conditions climatiques leur sont favorables.

Le Mildiou de la tomate est dû à Phytophthora infestans qui se conserve dans le sol et se dissémine par le vent et la pluie. Son développement est fortement influencé par la température et l’humidité et la contamination a lieu en présence d’eau libre et de températures comprises entre 18 et 22 °C. L’apparition des sporangîophores exige 100% d’humidité relative pendant au moins 8 h. Les spores perdent rapidement leur viabilité lorsque l’HR est < à 80%. Elles germent uniquement en présence d’eau. Le Mildiou de la tomate peut être considéré comme un exemple tout à fait typique d’une maladie à caractère épidémique. A partir des premiers pieds malades, la maladie s’étend rapidement aux pieds voisins.

Symptômes

- Sur les feuilles : il forme de larges tâches, d’abord jaunâtres, puis brunes estompées. Le centre se dessèche rapidement, alors que, si les conditions sont favorables, le pourtour reste clair et huileux sur la face supérieure et couvert d’un duvet blanchâtre sur la face inférieure. Ce feutrage est constitué par les sporangiophores qui se développent au dessous du limbe et portent de nombreux sporanges. Le Mildiou débute souvent sur les feuilles basses en contact avec le sol, puis il s’étend rapidement à l’ensemble du feuillage. - Sur les tiges  : on observe, s’éten46

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dant de haut en bas, des taches mates, noires, accompagnées d’une nécrose tissulaire qui a pour conséquence l’étranglement du plant. - Sur baies : la contamination a lieu généralement lorsque les fruits sont encore verts tout en ayant acquis leur taille définitive. On remarque au niveau de l’insertion du pédoncule ou à un emplacement quelconque, une tache brunâtre marbrée, irrégulièrement bosselée en surface, à marque huileuse s’étendant rapidement. Sous cette tache, la chair du fruit n’atteint pas sa maturité. A l’épluchage, elle reste adhérente à la peau. La pourriture des tomates sous l’influence du Mildiou se complique par suite de l’intervention de divers champignons saprophytes et de bactéries. Elle est quelquefois à l’origine de pertes considérables.

Mesures prophylactiques

La stratégie de lutte doit reposer en premier, sur les méthodes culturales et prophylactiques : rotations culturales avec des plantes non hôtes, utilisation de semences saines, évacuation des restes du précédant cultural et l’aération adéquate des serres. • Matériel végétal : contrôler la qualité des plants avant plantation. • Choix de la parcelle : rotation recommandée, éviter les parcelles 48

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à proximité de plantations d’autres solanacées ou celles mal drainées ou trop pourvues en matière organique. • Conduite culturale : mettre en œuvre toutes les mesures permettant d’éviter l’excès d’humidité (aérer au maximum les abris). Raisonner la fertilisation (éviter les excès, privilégier la fumure organique). Favoriser une bonne aération de la végétation (densité de plantation réduite, bonne orientation des buttes). Le paillage contribuerait à réduire le risque mildiou. • Entretien de la culture : Eliminer les adventices sensibles à la maladie ainsi que le maximum de débris végétaux en fin de culture.

Lutte génétique

Plusieurs gènes de résistance ont été identifiés et utilisés pour sélectionner des variétés capables de contrôler P. infestans. Des variétés exprimant une résistance partielle au mildiou sont disponibles mais elles ne sont pas adaptées à l’itinéraire cultural de la tomate d’industrie. Afin d’assurer la durabilité de cette résistance, il est généralement conseillé de pratiquer une lutte chimique complémentaire pour pouvoir garder sur le long terme les avantages de cette lutte génétique.

Lutte chimique

L’intervention chimique doit être préventive, raisonnée et judicieuse. Il est recommandé de suivre l’évolution de la maladie et réaliser un suivi régulier des parcelles. L’objectif visé étant de protéger les plants le plus tôt possible afin d’empêcher le mildiou de s’installer. Des traitements préventifs sont indispensables en pépinière et en cours de culture durant les périodes à risque

et restent le moyen de lutte le plus efficace. Les programmes de traitements doivent être définis en fonction du contexte de l’exploitation afin d’adapter au mieux le positionnement des fongicides. Selon le ou les stades de développement du mildiou sur la parcelle, il conviendra de choisir le ou les fongicides présentant les modes d’action et modes de pénétration dans la plante adéquats (préventif et/ou anti-sporulant et/ou rétro activité, contact et/ou translaminaire, et/ou diffusant, systémique) en prenant en compte également leur polyvalence pour lutter contre d’autre maladies comme l’alternaria. En période à risque, le délai entre deux traitements ne devra pas dépasser les 7 à 12 jours selon produits utilisés. Il faut aussi veiller à alterner les modes d’action des fongicides pour prévenir les risques de résistances.

L’Oïdium Extrêmement polyphage, l’Oïdium de la tomate s’attaque à de nombreuses plantes appartenant à différentes familles. Il donne naissance à des taches jaunes sur la face supérieure des feuilles et un duvet blanc à la face inférieure. Il se caractérise par son symptôme typique qui ressemble à un saupoudrage de farine sur les organes atteints. Sous une bonne loupe, ce saupoudrage se révèle être un tissu dense composé de mycélium (filament du champignon). Pour se nourrir, il forme des organes de pénétration avec lesquels il entre dans les couches cellulaires de la feuille. Les feuilles basales sont les premières attaquées. Les conditions optimales de développement de cette maladie sont une humidité relative de 50 à 70 % et une température de 20 à 25°C. Ses symptômes peuvent être confondus avec ceux causés par la cladosporiose. Il semblerait aussi qu’en plus des conditions climatiques, cette maladie est liée à des conditions de stress hydrique des

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Tomate plantes.

Mesures préventives : - Réaliser un vide sanitaire et désinfecter les structures avant l’implantation d’une nouvelle culture. - Eliminer toutes les adventices susceptibles d’être des hôtes potentiels du champignon. Mesures prophylactiques : • Choix de la parcelle : la rotation

recommandée, il faut aussi éviter les parcelles à proximité de plantations d’autres solanacées ou celles mal drainées ou trop pourvues en matière organique. • Conduite culturale : mettre en œuvre toutes les mesures permettant d’éviter l’excès d’humidité (aérer au maximum les abris, privilégier le système d’arrosage au goutte à goutte, …). Raisonner la fertilisation (éviter les excès). Eliminer régulièrement les débris végé-

taux présent au sol. • Entretien de la culture : Eliminer les adventices sensibles à la maladie ainsi que le maximum de débris végétaux en fin de culture.

Lutte chimique :

L‘antimildiou qui répond aux attentes des producteurs / exportateurs

Milidiou de la vigne DAR 30 jours

Milidiou de la pomme de terre DAR 15 jours

Milidiou du concombre DAR 7 jours

Milidiou de la tomate DAR 3 jours

Milidiou du melon DAR 3 jours

Action par contact et pénétration. Effet préventif et curatif.

La pourriture grise

Souplesse et confort d’utilisation : - formulé en granulés dispersibles - pas d’odeur ni de poussière au moment de l’utilisation - faible dose d’utilisation (400g/ha) Bonne compatibilité avec les autres pesticides. Résistant à la pluie. Pas d’effet néfaste sur la faune utile. Faibles résidus.

Equation pro : Granulés dispersibles dans l’eau (WG) contenant 22,5 % de Famoxadone (groupe FRAC 11) + 30 % de Cymoxanil (groupe FRAC 27)

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Comme pour le mildiou, afin de protéger les plants le plus tôt possible il faut réaliser un suivi régulier des parcelles et suivre l’évolution de la maladie. Procéder à des traitements préventifs en pépinière et en cours de culture durant les périodes à risque, reste le moyen de lutte le plus efficace. La lutte chimique doit être lancée le plus tôt possible, avant l’apparition des premières taches caractéristiques moyennant des produits anti-oïdium systémiques ou pénétrants (le parasite étant endophyte). Il faut également veiller à alterner les modes d’action des fongicides pour prévenir les risques de résistances. Par ailleurs, du fait que ce champignon sporule à la face inférieure des feuilles, les traitements doivent être exécutés avec un pulvérisateur suffisamment puissant pour que les produits atteignent cet emplacement.

La pourriture grise est l’une des maladies les plus redoutables en culture de tomate sous serre. Le champignon est très polyphage, attaque de nombreuses plantes et se conserve sur les débris de végétaux infestés et dans le sol sous forme de mycélium. Les conidies sont disséminées par l’eau, le vent et les outils de taille… La pourriture grise est due à un

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Q champignon, Botrytis cinerea, qui peut attaquer toutes les parties de la plante (feuilles, tiges, racines et fruits). Il est responsable de pourritures et de taches fantômes sur fruits, de taches foliaires, de chancres sur tiges, de pourritures racinaires et de fontes de semis, ainsi que de pourriture lors du transport et de la conservation. L’attaque des fleurs, fruits, tiges commence généralement par les organes sénescents (pétales, sépales) et par les blessures causées lors de l’effeuillage, de l’ébourgeonnage. La maladie se caractérise par des tâches brunâtres accompagnées d’un duvet grisâtre sur tige, par des nécroses sur les feuilles et par la pourriture molle grise sur fruit. Le développement de la maladie est favorisé par une humidité relative supérieure à 90%, des températures comprises entre 17 et 23°C et une mauvaise aération des serres. Le champignon produit de nombreuses spores de couleur grise (d’où le nom de pourriture grise) qui assurent la propagation de la maladie. L’élimination des débris végétaux et la protection des blessures sont indispensables. Dans les abris serres, l’humidité de l’air doit être réduite par une aération adéquate. Mais la lutte contre la pourriture grise sur tomate est essentiellement chimique. Cette lutte ralentit le développement de la maladie, mais ne permet pas d’éliminer complètement le champignon. Il existe de nombreux produits systémiques ou de contact qui donnent de bons résultats. Cependant, l’apparition de souches résistantes à certaines molécules rend parfois les traitements complètement inefficaces.

ue ce soit sous serre ou en plein champ, la culture de la tomate peut être attaquée par de nombreux champignons à dissémination aérienne et/ou souterraine. Transportées, entre autres, par le vent, la pluie ou par contact, les spores des champignons se disséminent et se déposent sur les plants de tomate. Là, profitant de conditions favorables, elles germent et pénètrent les tissus, par voie naturelle ou en profitant des blessures causées, entre autres, par des parasites. Après une période d’incubation, les champignons se développent et les premiers symptômes apparaissent : feuilles nécrosées, rameaux tachés... La plante s’affaiblit, meurt parfois.

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Conférence

Conférence internationale sur l’emballage à Palerme L’ICE (Agence Italienne pour la Promotion du Commerce Extérieur), en collaboration avec le Ministère italien du Développement Economique et Assografici* en partenariat avec Acimga**, a organisé une mission d’affaires à l’occasion de la conférence Print4Pack sur l’innovation en matière d’emballage qui a eu lieu les 20 et 21 Septembre à Palerme (Sicile-Italie). Cette conférence internationale a connu un grand succès à en juger par la participation massive des professionnels Italiens et étrangers en provenance du Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Turquie, Jordanie, Iran, et opérant dans différents secteurs liés à l’emballage et métiers annexes.

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our la délégation de professionnels marocains qui a pris part à cet évènement, l’occasion était tout indiquée pour prendre conscience de l’évolution du secteur et découvrir les dernières innovations en la matière. L’Italie est en effet à l’avant-garde dans ce domaine ainsi que celui des technologies de l’impression, de l’emballage et du marketing. La conférence était l’occasion de souligner le rôle de l’innovation dans la dynamisation du secteur et d’explorer les nouvelles fonctions de l’emballage et les opportunités qu’il peut offrir, grâce à des technologies d’impression et de valorisation de plus en plus performantes. A noter que cet évènement fait partie du programme promotionnel ‘’Made BY Italy’’ conçu par l’association ACIMGA pour supporter l’industrie de l’impression. Le programme de la conférence est le résultat d’un effort conjoint des associations qui représentent la chaîne d’impression toute entière. Les deux jours ont donc été marqués par la haute qualité des inter-

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ventions avec l’organisation d’exposés, de tables rondes et la présence d’experts et de représentants de marques leader du marché qui ont expliqué leur vision. Parmi les thèmes abordés : - Emballage  : du simple conteneur au rôle social - Emballage  : de la conception à l’impression - L’innovation à travers les matériaux - Nouvelles tendances et technologies qui orientent le marché  - L’évolution des points de vente et leur impact sur le Packaging - Le cycle de vie de l’emballage imprimé Outre les conférences, une série de tables rondes a réuni imprimeurs, propriétaires de grandes marques de consommation (café, pâtes,…) et agences de communication sur les questions de connectivité et de personnalisation, la conception et la finition, la durabilité et la contrefaçon. La conférence a été complétée par la visite d’une usine dans la région de Marsala où les participants ont pu se rendre compte des technologies

et procédés d’impression sur plastique transparent utilisé pour fabriquer des sachets destinés à contenir des denrées alimentaires, principalement des pâtes. A noter que Print4Pack est la première des trois étapes de l’approche à Print4All, la nouvelle ‘’Super’’ foire internationale de l’industrie de l’impression organisée par ACIMGA et Argi et dont la première édition se tiendra à Milan du 29 mai au 1 Juin 2018, conjointement avec les salons Ipack-Ima, Plast, Meat Tech et Intralogistica Italia. Cette exposition est à même de permettre aux entreprises opérant dans le domaine de tirer parti de la diversité des exposants présents au salon et des dernières technologies en la matière, toute la chaîne de valeur y étant représentée.

L’emballage, ce grand séducteur

Longtemps considéré comme accessoire, l’emballage alimentaire tient une place importante dans la chaîne de fabrication qui relie le produit au consommateur. Bien plus qu’un simple

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contenant, l’emballage est une composante à part entière du produit, et doit répondre à certains critères de praticité et de qualité au même titre que le contenu lui-même. Outre son rôle de protection, de transport, de stockage et de conservation de l’aliment, il est devenu un support de séduction, d’information et de communication, aux fonctions économiques et sociales indéniables. Les professionnels (industriels, producteurs-exportateurs,…) ont vite compris qu’ils disposaient là d’un outil de différenciation clé pour vendre leurs produits. Au Maroc, l’amélioration considérable de l’image des emballages ces dernières années en apporte bien la preuve, et tend à confirmer l’importance du marketing de distribution. Bois, carton ou plastique, chaque type d’emballage a sa place au sein d’un marché, où la constante différentiation de la demande, impose aux fabricants d’emballage comme aux exportateurs, une continuelle adaptation pour emmener le produit dans les meilleures conditions possibles.

Tendances et innovations

Les entreprises n’innovent plus uniquement par le développement de nouveaux produits. Elles le font également en élaborant de nouvelles méthodes de gestion, de nouvelles approches de production, de nouveaux modèles de commercialisation et des façons originales d’aborder la création de valeur. Nous sommes passés d’une innovation largement tirée en avant par la technologie, à des modèles d’affaires sophistiqués tenant mieux compte des besoins et des attentes des consommateurs actuels et potentiels, ainsi que de leur versatilité. Aujourd’hui, plusieurs grandes tendances se dégagent en matière d’emballage. L’allègement, l’amélioration qualitative des matériaux et leurs substitutions ne cessent de progresser. La sécurité alimentaire est davantage prise en considération de même que la praticité. Par ailleurs, les emballages évoluent également en jouant sur la « séduction  » (toucher, vue, odorat...). Les grandes tendances techniques sont multiples  : cuisson dans l’embal-

lage, nouveaux conditionnements des produits 4e et 5e gamme, emballages flexibles, matériaux propres (diminution des additifs, encres végétales sans solvants), emballages intelligents (traçabilité, inviolabilité des produits...) avec puces RFID, sur-étiquettes à micro-organismes, traceurs électroniques de température, emballages actifs (action sur le produit avec production de froid ou de chaud pour améliorer sa conservation dont le sous vide, le surgelé, le congelé, l’atmosphère modifiée...), films alimentaires pour produits à forte teneur en matière grasse, emballages isothermes et réfrigérants en PU (polyuréthane), en résine aluminisée (enveloppe isolante gonflable avec éventuellement un diffuseur de froid, … Avec ces tendances et ces innovations, le secteur de l’emballage fait la démonstration de sa constante réactivité et de son implication dans l’amélioration des performances environnementales.

Respect de l’environnement

Par ailleurs, les consommateurs prennent conscience des problématiques environnementales. Ils sont sensibles  à l’impact environnemental des emballages et modifient leurs habitudes d’achat en conséquence. Plusieurs marques commencent donc à proposer des produits inspirés de la «green attitude», l’art de vivre écologique au quotidien. Caractéristiques: • des produits innovants fabriqués à partir de matériaux naturels • respectueux de l’environnement

• des emballages comestibles ou facilement biodégradables • objectif zéro CO2 La notion d’économie circulaire a également été discutée pendant la conférence. Ce concept s’inscrit dans le cadre du développement durable dont l’objectif est de produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l’eau et des sources d’énergie. Elle rompt avec le schéma traditionnel de production linéaire, qui va directement de l’utilisation d’un produit à sa destruction et où la gestion des déchets se réduit à une conséquence du modèle de production.

Packaging connecté

Les consommateurs veulent avoir confiance dans les produits qu’ils achètent. Ils apprécient aussi d’avoir une relation personnalisée avec les marques. Le packaging connecté se révèle aujourd’hui être le choix idéal pour développer cette confiance entre marque et consommateur. Une tendance fortement liée à l’essor d’internet et des nouvelles technologies. A titre d’exemple :

• des packagings intelligents (smart packaging) • qui peuvent être connectés aux objets • utilisation des technologies NFC, RFID, QR code • des interfaces spécifiques pour les smartphones

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La délégation marocaine qui a participé à la conférence PRINT4PACK. De gauche à droite : Mme Salwa Jafari, CGEM El Mehdi Herradi, PDG de la société Tecmom, Elhabib Doukkali SMFLASER, DG SMF Laser, Said El Khayati, Directeur d’usine GPC Agadir et Abdelhakim Mojtahid, Agriculture du Maghreb

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Innovation

SECHOIR SOLAIRE

Un outil efficient pour petits agriculteurs Auteur de l’innovation : ABDELKADER RBAIBI Ingénieur en chef génie rural AWARDS 2012 par Planet Finance à Paris au Louvre en énergies renouvelables Maison d’énergie agréée par le ministère des énergies et mines Membre de l’Association des Inventeurs de Casablanca Le ‘‘séchoir solaire biénergétique universel’’ est un séchoir destiné aux petits agriculteurs pour sécher leurs produits d’origine agricole (végétale ou animale) ou tout autre produit dont on veut diminuer la teneur en eau. Traditionnellement, les agriculteurs sèchent leurs produits agricoles sous le soleil en plein air (à l’exemple du séchage des piments -niora- dans la zone de l’ORMVA du TADLA) ce qui les expose aux risques : - d’altération de ces produits par les rayons ultra-violets. - de dépréciation de leur qualité par les poussières, les insectes, etc. Ainsi ce séchoir est créé pour résoudre cette problématique et faire garder aux produits agricoles leur couleur et leurs constituants en les séchant

à l’ombre sous une enceinte hermétique.

A qui s’adresse et pour quels usages

Les produits agricoles à sécher sont : les plantes médicinales et aromatiques, feuilles, fleurs, fruits, graines, racines, brindilles, couscous, viande en tranches et tous les produits similaires. Ce séchoir s’adresse aux personnes à faible revenu et qui ont des produits agricoles ou autres à sécher en vue d’une longue conservation. Au Maroc il peut intéresser toute la zone rurale (agriculteurs, coopératives, agro-industriels, etc.). A l’international tous les pays en développement seront intéressés. A signaler qu’ont peut utiliser une batterie de petits séchoirs pour couvrir une plus grande production.

Descriptif du séchoir biénergétique

Les composants du séchoir se présentent comme suit (voir photos): - un capteur en tôle galvanisée ou panneau sandwich, couvert à l’intérieur par un isolant thermique, d’une tôle noire sur cet isolant et d’une vitre transparente de 4 mm ou 6 mm au coté exposé au soleil. On fait varier son angle d’inclinaison suivant les saisons et les latitudes ceci étant facilité par la jonction souple entre le capteur et la chambre de séchage. - une chambre de séchage cubique en tôle galvanisée couverte à l’intérieur par un isolant thermique (laine de verre ou de roche) ou en panneau sandwich contenant 3 claies en toile alimentaire pour séchage et un portillon étanche et isolé thermiquement 54

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(voir photos). Le capteur et la chambre sont liés par un conduit isolé thermiquement pour mener l’air chauffé par le soleil à la chambre. Le soufflage se fait par le bas. Sur la face opposée au portillon est placé un extracteur pour la circulation de l’air chaud et qui fonctionne grâce à un panneau photovoltaïque (12/24 volts) pouvant varier de 45 à 200 watts.

Déploiement de l’innovation

Le projet, lancé en octobre 2014, vient d’une idée née quand j’ai achevé la réalisation d’un séchoir solaire de grande capacité pour le compte d’une coopérative en vue de sécher des plantes médicinales indemnes d’impuretés (poussière et autres). Cependant, vu le coût élevé de ce séchoir j’ai pensé à en réaliser un petit, à la taille des petits paysans pour sécher leurs produits en petites quantités. J’ai donc réalisé un prototype en tôle galvanisée à l’aide d’un chaudronnier. Ce prototype a donné de bons résultats en séchant romarin, menthe, etc. Mais le défaut de ce prototype était son poids et sa difficulté de déplacement ce qui m’a poussé à concevoir un séchoir de mêmes dimensions en aluminium isolé thermiquement de la même manière et démontable en vue d’un éventuel export.

Aspects énergétiques

Ce séchoir produit 10 kwh par jour en moyenne ce qui équivaut à 900 kg environ de bois par an épargnant pas mal d’arbres. Plus globalement, ce type d’invention, sans aucun effet négatif sur l’environnement, va avoir

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beaucoup d’effet positifs sur notre planète terre. En effet, l’innovation présentée ici fait sécher avec une énergie propre et durable qui exploite la partie thermique du soleil, ce qui impacte positivement l’environnement en évitant le recours aux énergies fossiles. En effet, pour produire 1 kwh, les centrales électriques fonctionnant au gaz, fuel ou

sainement les produits agricoles.

Aspects économiques

Son prix de lancement sera de 11 000,00 dh, ce qui fait qu’il sera amorti en moins de 2 ans et demi et vu sa durée de vie de10 ans et plus et les matériaux dont il est fait, le gain est conséquent. Il réduit ainsi la pauvreté par son prix abordable et son mode facile à manier donc acceptable et générateur de revenu.

Brevet, fabrication et commercialisation

charbon, dégagent 900g CO2. La production journalière du séchoir est de 10 kwh en économisant ainsi 9 kg CO2. Le prix national du kwh est de 1,3 dh ce qui équivaut à un gain de 13 dh par jour soit pour une année 4.680 dh. Ce produit contribue donc à diminuer l’effet de serre du fait qu’il peut être utilisé par tous les paysans de la planète en évitant l’usage du bois de la forêt tout en séchant

Actuellement, j’ai déposé un brevet d’invention à l’OMPIC pour sa protection au niveau national, et par la suite au niveau international. C’est un outil qui s’intègre facilement dans son environnement et qui est facile de réplication, de diffusion et de massification. Sa diffusion sera faite de plusieurs manières : soit par un partenariat avec des industriels en cas de forte demande, soit par une petite unité de fabrication pour son lancement. Pour développer et avancer mon innovation je m’adresserai aux coopératives des

produits de terroir, aux petits agriculteurs et aux agro-industriels. Je compte également participer aux foires et aux prix des innovations.

Principales contraintes Mes contraintes sont d’ordre financier et logistique: - mon premier prototype m’a couté argent et temps pour tester son efficacité. - après identification des améliorations à apporter, j’ai conçu un séchoir définitif avec augmentation de la superficie du capteur, adaptation du système à un kit démontable, efficient, facilement déplaçable et doté d’un bon design. Ce qui m’a couté argent et temps aussi. Pour lancer mon innovation je dois ou trouver un industriel pour la fabrication en série ou monter ma propre usine.

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Récolte des agrumes

Les précautions à prendre Les agrumes sont des fruits fragiles et l’on doit apporter le maximum de soins à leur cueillette. S’ils sont cueillis, manipulés, transportés sans précaution, une grande partie de la récolte sera refoulée à l’exportation et écoulée à bas prix sur le marché local. De plus, des blessures légères, invisibles au moment du conditionnement, causeront la pourriture de lots importants de fruits et déprécieront la renommée des agrumes sur les marchés étrangers.

Phase préparatoire

La récolte des agrumes est une opération qui se prépare bien avant le coup d’envoi de la campagne.

Ramassage des fruits

Dès que l’on entame la lutte contre la mouche des fruits, en septembre, les ouvriers chargés de l’entretien des gobe-mouches reçoivent la consigne de procéder au ramassage de tous les fruits tombés. Ceux-ci sont immédiatement détruits ou utilisés pour l’industrie. Abandonnés sur le sol, ils ne tarderaient pas, après avoir, le cas échéant, libéré les larves de mouche, à devenir le siège de moisissures dont les spores dispersées par le vent, constitueraient de multiples foyers d’infection que la plus petite blessure des fruits rendrait

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virulents.

Détermination de la maturité

La récolte a lieu quand les fruits ont atteint un développement suffisant et lorsque les poils charnus des quartiers sont suffisamment gorgés de jus. On teste la quantité de jus (en % du poids de l’échantillon) afin de décider de la récolte. Un test du sucre et de l’acidité permet de calculer un indice de maturité, (IM) qui confirme la qualité gustative de l’agrume. La cueillette a lieu lorsque les fruits sont parfaitement ressuyés de la rosée matinale pour éviter au maximum l’oleocellosis (accident physiologique). Les fruits à récolter doivent être conformes aux normes exigées, notamment :

- La couleur : joue un rôle important dans l’évaluation de la qualité. Il faut respecter le niveau de maturité et de coloration requise par l’espèce et la variété concernée. - La teneur en jus : augmente avec la maturité du fruit. Si elle est supérieure à 40 %, le fruit est alors conforme. - L’indice de maturité est un critère d’appréciation de la qualité organoleptique du fruit. La maturation est essentiellement marquée par l’accroissement de la teneur en sucre du jus (E) et la diminution de son acidité (A).

Moyens logistiques et humains

Le bon déroulement des récoltes est étroitement lié à la disponibilité d’une infrastructure logistique adéquate, en

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bon état de marche et adaptée aux conditions de l’exploitation. Le producteur doit procéder à un recensement de son outillage, de son matériel roulant, améliorer l’état des pistes de circulation et aménager des hangars pour un éventuel stockage. Les besoins en main d’œuvre doivent être évalués selon la taille de l’exploitation et son emplacement afin que les ouvriers puissent être recrutés et opérationnels à la veille du démarrage de la récolte.

La récolte proprement dite

La valeur de la récolte obtenue après tant d’efforts peut être gravement compromise par une opération de cueillette mal exécutée, d’où l’importance capitale à donner à l’encadrement technique de cette opération pour valoriser au mieux la production. La récolte se fait manuellement à l’aide de pinces ou sécateurs bien aiguisées pour permettre une coupe nette. En coupant le pédoncule à ras et en gardant le calice lié au fruit on vise à conserver sa valeur commerciale. Pour la préservation du calice, en vue d’évi-

ter leur pourriture, les fruits récoltés sont mis dans des seaux à moitié remplis d’eau qui sont ensuite vidés délicatement dans des caisses en plastique. Il faut respecter le niveau de maturité et de coloration requise par l’espèce et la variété concernée. La gestion des caisses est un point crucial pour éviter l’écrasement des fruits. La cueillette pourra être sélective pour répondre aux exigences de certains programmes en matière de calibre et de coloration, ou lorsque la parcelle présente des taux d’écarts élevés.

Organisation des chantiers

Le chantier de récolte doit être assisté par un chef de chantier dont le rôle est l’organisation, la vérification de la qualité de l’opération et la sanction au cas de défaillance. Le cueilleur doit être capable de suivre correctement les consignes de cueillette, à savoir : • la manipulation du fruit avec délicatesse ; • la coupe du pédoncule au ras du fruit ; • la préservation du calice ; • le ballottement par les genoux à éviter.

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Agrumes être en nombre suffisant, en bon état pour éviter de blesser les fruits et désinfectées régulièrement pour réduire les spores et moisissures. Elles ne doivent jamais être remplies à ras bord afin d’éviter l’écrasement des fruits lors de leur empilement.

Matériel de récolte

L’opération récolte nécessite un ensemble d’outils et d’accessoires : - Les pinces de cueillette doivent être bien aiguisées pour permettre une coupe nette, sans lacération du pédoncule. - L’usage des sacs présente l’inconvénient du ballottage des fruits par les genoux des cueilleurs. Les fruits fragiles destinés au déverdissage présentent alors des tâches d’oléicellose augmentant les taux d’écarts de triage. - Les seaux en plastique (propres et en bon état) constituent le meilleur moyen de cueillette. - Les échelles, qui sont indispensables pour la cueillette des parties hautes de l’arbre, doivent être légères, faciles à déplacer, munies d’un support et d’un crochet pour recevoir le seau - Les caisses de ramassage doivent

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Récolte par temps pluvieux

Les producteurs se risquent parfois à récolter sous la pluie. Dans ce cas, les fruits deviennent vite turgescents et le moindre choc endommage les cellules oléifères, entraînant l’apparition des tâches d’oléocellose. Il est donc recommandé de ne jamais récolter sous la pluie et d’observer un temps de ressuyage d’au moins 2 jours après l’arrêt des pluies ainsi que d’observer un autre temps de ressuyage à la station pour s’assurer de la salubrité des fruits.

Lieux de stockage

Des problèmes de dernière minute, comme des changements de programmation, des retards de transport ou des encombrements de station, obligent parfois le producteur à stocker les fruits récoltés. Il est recommandé de ne jamais stocker les fruits à l’air libre car l’exposition

soleil provoque leur ramollissement. Ces fruits doivent être mis à l’abri dans des hangars préalablement chaulés et préparés pour cette opération. Par contre, les fruits destinés au déverdissage, doivent être acheminés vers les chambres de déverdissage dans les plus brefs délais.

Estimation des rendements L’évaluation de la récolte sur pied demande une assez grosse expérience. Les débutants arriveront à une approximation acceptable en comptant les fruits d’un arbre moyennement chargé et en effectuant les multiplications nécessaires pour aboutir au tonnage par hectare. En savoir plus : AVFA. « les agrumes » brochure de vulgarisation Fourtassi.M, : «Récolte des agrumes pour déverdissage et conditionnement et importance des écarts de triage» document Rebour.H : «  Les agrumes » Ed J.B. Baillière et fils

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Agrumes

Conditionnement des agrumes

Les étapes, de l’amont à l’aval La récolte est la dernière étape dans le processus de production des fruits et en même temps la première dans la longue opération de leur conditionnement. Leur conditionnement pour sa part, est une activité indispensable avant toute commercialisation. Il comporte de nombreuses étapes plus ou moins complexes.

La réception

Le stockage des agrumes se fait dans des caisses en plastique perméables à l’eau pour les transporter (par camion ou par remorque) vers les stations de conditionnement en vue de leur emballage et exportation. Les caisses doivent être montées (mises en palettes) pour faciliter la manutention. Après le pesage, sur un pont bascule situé à l’entrée de la station, il est nécessaire d’étiqueter les palettes afin d’assurer l’identification des lots et la traçabilité du produit fini. L’étiquette doit comporter les informations suivantes : le nom et la référence du producteur, la date de réception des lots, la date de récolte, la parcelle de récolte, etc.

Le Drencher

Les fruits récoltés vont subir un prétraitement qui correspond à un traitement préventif par des fongicides afin de protéger les agrumes contre le développement des champignons surtout le Pénicillium spp, Phytophtora, Géotrichum et Alternaria. Le traitement s’effectue par une machine appelée DRENCHER, qui désigne un lavage, dont le but est de traiter les fruits en palettes, avec une solution à base de  fongicides lors de leur arrivée en station de conditionnement au niveau du tunnel de douchage. Les palettes passent sur une  chaîne  à rouleaux et subissent le traitement chimique. La solution fongicide est récupérée en vue de sa réutilisation qui se fait à l’aide d’une pompe électrique donnant une pression au jet d’eau.

Déverdissage

En fonction du contrôle de la qualité et de la coloration, les fruits vont subir un déverdissage. C’est une opération qui

s’effectue sur les fruits récoltés précocement (avant d’atteindre la coloration spécifique pour la commercialisation des agrumes et qui répondent aux normes de qualité : rapport E/A=8, brix de 10 et teneur en jus 40% pour être aptes à la consommation) afin de provoquer le changement de coloration de l’épiderme. Cette technique est le résultat de deux processus métaboliques initiés et contrôlés par des facteurs externes, en l’occurrence l’éthylène (un régulateur de croissance des plantes qui accélère le processus de coloration des fruits), et la température et l’humidité relative de l’air.  «Le déverdissage consiste à créer un microclimat dans une chambre chaude (20 à 22°C), avec une forte hygrométrie (90 à 96%), et une quantité variée d’éthylène afin d’accélérer la coloration des fruits», explique le responsable de la station de conditionnement. Le déverdissage présente de nombreux avantages : - Economiques  : la commercialisation en tout début de campagne afin de profiter des prix élevés. - Climatiques  : éviter les problèmes comme les pluies d’automne qui occasionnent des dégâts sur les agrumes en verger (gaufrage, boursouflement) - Occasionnels  : répartir le flux de la production sur le temps. Méthode de remplissage de la chambre de déverdissage La station suit 5 étapes pour le déverdissage des fruits : 1- Traitement des fruits par un fongicide avant l’entrée au déverdissage car les conditions de la chambre sont favorables et optimales pour le développement de pourritures 2- Désinfection de la chambre à l’aide d’un nettoyant pour éviter les attaques Agriculture du Maghreb N° 98 - Sept/Octobre 2016

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et vient’’. En plus des cires, d’autres fongicides sont utilisés. En plus des cires, des fongicides, dont le principal est à base de Thiabendazole, sont également appliqués sur les fruits. Le deuxième séchage  Les fruits passent par des tunnels de séchage, avec de l’air sec à 70 °C pour une meilleure adhésion de la cire.

des microorganismes. 3- Démarrage du système de chauffage et de l’humidification avant le remplissage pour assurer les bonnes conditions dans la chambre. 4- Remplissage de  la chambre  avec respect de  la distance entre les palettes. Par la suite la porte est fermée avec le démarrage du système  de renouvellement d’air et le système d’injection de l’éthylène pour permettre une bonne circulation de l’air. 5- Les palettes doivent passer une durée de 2 à 5 jours selon la coloration des fruits.

Chaine de conditionnement

Il s’agit d’un ensemble d’opérations de sélection, traitement, emballage et manutention, qui permettent de garantir aux fruits la fraicheur, la conservation et les  qualités gustatives  que recherche le consommateur. Parmi ces opérations on peut citer : Le pré-triage des agrumes  Après la sortie de la chambre du déverdissage, les palettes sont déposées pendant 48h pour le ressuyage des fruits et subissent un premier triage. Ainsi, les fruits passent sur une table à rouleaux où les trieuses éliminent les débris végétaux, les fruits pourris ou présentant des défauts très visibles, les fruits verts et les fruits gaufrés. L’élimination/Le calibrage  Cette étape nécessite l’utilisation d’un éliminateur (en forme de tamis circulaire) pour écarter les fruits de petits calibres qui ne seront pas exploitables, ainsi que les débris végétaux.

fruits. Ces derniers sont ensuite rincés avec de l’eau pulvérisée dans le but d’éliminer les résidus du détergent. L’essorage Les fruits lavés, et qui vont être traités aux fongicides durant la phase suivante, doivent d’abord être égouttés afin de réduire le risque que l’eau de lavage résiduelle dilue le fongicide en dessous de sa concentration efficace. Les agrumes sont essorés par l’utilisation de rouleaux en PVC revêtus d’éponges et en se servant de ventilateurs pour renforcer le travail de la machine. Le pré-séchage Cette opération consiste à sécher les fruits par un air chaud à une température de 45 à 50°C. Le séchage est nécessaire pour une meilleure application des produits lustrants. Application de la cire ou lustrage  Cette étape implique  l’utilisation de cires. On utilise des cires de qualité alimentaire et qui sont des additifs autorisés en tant qu’agents d’enrobage comme revêtement extérieur pour : Remplacer les cires natu- relles enlevées par le lavage - Réduire le dessèchement du fruit pendant la manutention et la commercialisation et donc limiter les déperditions d’eau par transpiration. - Améliorer l’aspect extérieur du fruit en lui conférant une meilleure brillance. L’enrobage des agrumes se fait par pulvérisation au moyen d’un système ‘‘va

Le deuxième triage Consiste à éliminer toutes sortes de fruits qui présentent des défauts de qualité: les maladies, défauts physiologiques, fruits verts, pourritures… et qui ont  échappé aux trieuses. Il complète de ce fait l’opération de prétraitement. Le travail est renforcé dans ce poste pour éviter le passage inaperçu de fruits non exportables. Les fruits éliminés sont alors destinés soit au marché local soit à l’extraction de jus. Le calibrage Cette opération consiste à répartir les fruits selon leur calibre. Elle est assurée par une machine dite calibreur centrale qui se compose d’un double rouleau pour assurer le transport des fruits, séparés entre eux par une distance bien déterminée qui  représente  le diamètre du fruit. Elle est assurée par une machine dite  calibreuse. Les calibreuses électroniques permettent la sélection automatique des calibres selon le diamètre et le poids et parfois même la couleur des fruits. L’emballage Après le calibrage, les fruits sont envoyés par le transporteur général à canaux (transporteur de distribution) vers les tables d’emballage par calibre séparé et mis manuellement en colis. Il s’agit d’un poste qui emploie un grand nombre d’ouvrières pour les calibres dominants. Il faut veiller à ce que les ongles des emballeuses soient coupés ou mieux porter des gants. Comme l’emballage est le dernier stade, les fruits non exportables doivent être éliminés.

Le Lavage des fruits Opération permettant l’élimination de tous les résidus des produits appliqués sur les fruits. Elle consiste à les laver avec un détergent et des brosses nettoyantes afin de faire disparaître les cochenilles, la poussière et tout ce qui peut influencer la présentation des

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Agrumes L’étiquetage Les fruits sont marqués par des logos convenables. Les fruits sont marqués par des logos dont le nombre dépend  des exigences  du  cahier des  charges. Les  étiquettes doivent avoir une bonne adhérence aux fruits et la nature de la colle doit respecter les normes sanitaires. L’installation des complexes  Après l’application des étiquettes, les emballeuses mettent les colis (sur les colis en bois seulement)  sur un tapis roulant qui les transporte vers les ouvriers qui agrafent les complexes à l’aide d’un pistolet. Cette opération vise l’amélioration de la présentation

du fruit et la tenue du produit. Le marquage Les ouvriers collent des étiquettes sur les emballages qui comportent de nombreux renseignements sur le produit : variété, catégorie, calibre/ nombre de fruits, référence du producteur, traitement, ... En outre, les étiquettes collées sur les palettes fournissent des informations du genre  : Groupe exportateur, Nom et référence de la station, nombres de colis par palette, référence de contrôle, jour de fabrication, N° de la palette, etc. La palettisation  Cette opération est nécessaire pour le classement des caisses selon leur type (PEG 310, PB 23, PCA 222…) et le

type de la palette (7 chevrons, 6 chevrons…), tout en respectant le cahier des charges. La palettisation permet de • Faciliter l’opération de manutention • Dénombrer facilement les colis • Protéger et assurer la stabilité des caisses Après palettisation, un élévateur reprendra les palettes terminées pour les mettre en frigo d’attente (pour garder la bonne qualité des fruits), ou pour les charger dans les véhicules de transport (conteneur ou camion) à destination des points de vente.

Maladies de post récolte Stratégie de lutte Les agrumes continuent leur maturation et leur évolution après récolte. Une at­tention toute particulière est ainsi impérative pour maintenir leur qualité au cours du stockage et de la commercialisation. La destination lointaine de nos ex­portations : Europe, Amérique du nord, Russie, et le nombre limité des matières actives autorisées imposent des mesures appro­priées de protection. Les consé­quences d’un mauvais contrôle des pourritures post récolte se traduisent par des avaries coû­teuses et une dépréciation de l’image du « label Maroc ».

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Penicillium digitatum

lobalement, les fruits récoltés né­cessitent un pré traitement dans un délai n’excédant pas (idéalement) les 24 heures. Un délai qui correspond au temps d’infection des fruits blessés. La nature des produits préventifs varie en fonction des fruits et de leur destination, des conditions cli­matiques et surtout de la nature des pathogènes à craindre. Au niveau des stations de condi­ tionnement, les risques d’attaque sont permanents en raison de l’importance des volumes à traiter quotidiennement. En effet, la station constitue un milieu favorable pour la multiplication, la dissémina­tion et la contamination lors des opérations de déverdissage, de conservation et de conditionne­ ment. Dans les stations, ce sont surtout les attaques de Pénicillium qui sont à l’origine des pourritures des fruits. Il en

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existe 2 espèces : P. digitatum à moisissure verte et P. italicum à moisissure bleue. La pourriture verte est la plus redoutable particu­ lièrement les années pluvieuses. Toutefois, ces champignons, dits passifs, ne se dé­veloppent pas sur les fruits sains mais sur des fruits blessés. Ce qui nécessite une grande attention, lors de la cueillette, du trans­port ou du conditionnement afin d’éviter au maximum la contamination des fruits. Les premiers symptômes se mani­ festent par une tache foncée et le fruit perd de sa consistance. Un traitement moyennant des produits fongicides adaptés offre la meilleure protection contre le développement de ce champignon. Le Geotrichum citri-auranti (précédemment nommé Geotrichum candidium) est également à redouter quand les condi­ tions de son développement sont réunies (humidité élevée ou pluie

avec une température supérieure à 15°C) et que les fruits sont blessés à causes des manipulations ou par des attaques de la mouche méditerranéenne des fruits  (Cératite, Ceratitis capitata Wied.). Le Géotrichum est responsable de la pourriture amère. Les fruits pourris dégagent une odeur caractéristique de levure. Cette maladie peut être la cause de lourdes pertes, en particulier dans les chambres de déverdissage, où les conditions d’humidité et de température sont très favorables. Dans ce sens, l’utilisation de produits fongicides adaptés, permet de prévenir et de contenir la maladie. La surveillance sanitaire de la station, de l’apparition de souches résistantes à l’un des produits utili­sés et le contrôle de la conformité des taux de résidus de fongicides sur les produits traités, permettent de s’assurer de la bonne protection des fruits.

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Céréaliculture

Eléments agro-économiques pour Réussir la culture du blé tendre en Bour Extraits du : Bulletin de Transfert de Technologie en Agriculture, N° 202 – Avril 2016 Auteurs : Aït Houssa A.(1), Oubaki L.(1), Reda-Fathmi K.(1), Drissi S.(1), Lamghari M.(1), Benbella. M.(2), Chraibi H.(1) (1) Domaine Louata, Providence Verte (2) Ecole Nationale d’Agriculture de Meknès

Partant du constat de l’importance des céréales et particulièrement du blé dans l’agriculture marocaine et de la faiblesse des progrès réalisés depuis plus de 40 ans, qui restent en deçà des besoins du pays, le Bulletin de Transfert de technologie en Agriculture a édité un numéro dédié à la culture du blé tendre en bour. L’objectif est de contribuer à l’amélioration des techniques de production ainsi qu’aux questions managériales de rentabilité.

E

n raison de la disponibilité d’informations permettant d’enrichir le débat, le choix, en tant que modèle d’étude, a porté sur la ferme de Louata spécialisée de longue date dans la céréaliculture, en particulier le blé tendre. Situé dans la région de Sefrou, au nord-est du moyen Atlas, à 45 km de la ville de Fès, le domaine est caractérisé par une altitude très variable (400 à 772 m) et un climat de type semi-aride à subhumide avec une pluviométrie moyenne de 480 mm/an, caractérisée par une forte variabilité interannuelle (196 mm en 2004/05 et 734 en 2009/10) et entre mois (octobre à fin avril pluvieux et mai à septembre secs). A Louata, les principales contraintes édaphiques sont en partie liées à la forte pente et à faible capacité de rétention. Les contraintes climatiques à gérer sont le froid, l’intensité des pluies hivernales, mais aussi et surtout la sécheresse fréquente et les Chergui de fin de cycle (ainsi que les précipitations tardives) qui impactent parfois de façon grave la productivité et la qualité du grain des céréales

matériel à haut potentiel pour l’irrigué et les zones bien arrosées du nord du pays (Achtar, Tigre, Radia), du matériel à gros grain (Kanz, Bandera, Wafia), plus riche en protéines (Fadela, Mehdia, Marchouch), ou encore tolérant aux insectes dangereux tels que la mouche de Hesse (Saada, Arrehane) ou aux maladies comme la septoriose et les rouilles (Fadela, Samia). A Louata, les variétés de type cycle long et productives telles que Achtar, Tigre et Radia sont en général affectées à l’irrigué et aux meilleures parcelles Bour avec sols profonds. Elles sont également semées précocement afin d’échapper aux vents chauds de Chergui de fin de cycle. Tandis que des variétés plus précoces, comme Arrehane, sont affectées aux terrains moins profonds à capacité de rétention faible et peu tamponnés à l’égard du manque de pluie. Sur le plan économique et pour la semence en particulier, Louata, comme n’importe quel autre producteur, aimerait bien ne multiplier, s’il en a le choix, que les générations

les plus rémunératrices des bonnes variétés productives. Mais sa marge de manœuvre sur ce plan reste limitée. C’est l’organisme de collecte et de commercialisation (SONACOS pour l’essentiel) qui fixe l’assortiment variétal, introduit, retire ou réajuste les superficies en fonction de la politique générale de multiplication, de la demande du marché et du stock stratégique de report imposé par l’Etat.

Préparation du sol

La stratégie de préparation du sol, doit intégrer le double souci d’un semis dans les délais, afin de mieux profiter des pluies hivernales mais en même temps le souci d’une meilleure protection des sols contre les risques d’érosion. Cette stratégie est déclinée en système alliant la jachère travaillée précocement, le semis direct et le semis conventionnel. Ce dernier, qui ne représente plus que 51%, sur les 1.400-1.500 ha de céréales semés en moyenne chaque année, fait intervenir surtout des outils à dents de grande largeur tels que les chisels, les sca-

Choix variétal

Parmi le patrimoine variétal de céréales à paille, on trouve du matériel précoce et adapté à l’aridité (Arrehane, Resulton), du

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Céréalicultures semis (+ rouleau si terrain foisonné); Chisel après récolte + Cover Crop + vibroculteur + semis (+ rouleau si terrain foisonné). Derrière précédent blé en semis conventionnel 2 x chisel + Cover Crop + vibroculteur + semis (+ rouleau si terrain foisonné).

Semis

rificateurs et les vibroculteurs, qui offrent l’avantage à la fois d’un meilleur emmagasinage relatif d’eau de pluie dans le profil et d’une meilleure protection contre l’érosion. Selon les campagnes et selon que la pluie est précoce ou tardive, les principales séquences de préparation actuelles du sol sont les suivantes: Derrière Jachère pour les parcelles en semis direct Désherbage au glyphosate ou par un défanant + semis direct (si pluie précoce); Passage léger de Cover Crop + semis direct (si pluie tardive). Derrière Jachère conventionnelle Stubble plow (printemps) +chisel et/ou + Cover Crop + semis (+ rouleau si terrain foisonné); Chisel (printemps) + Cover Crop + vibroculteur + semis (+ rouleau si terrain foisonné). Derrière légumineuses en semis conventionnel Chisel après récolte + Cover Crop + 66

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Dans le site de Louata, gélif en hiver et sec en fin de printemps, il faut éviter de semer très précocement pour pouvoir échapper aux phénomènes de malformation d’épillets et de coulure dus au froid, mais semer suffisamment précocement pour qu’en même temps échapper aux grosses chaleurs et au Chergui. Ainsi, le mois de novembre (en particulier les deux premières décades) est théoriquement la période idéale pour réaliser le semis, et que les semis de fin décembre/début janvier sont à proscrire en Bour. En agronomie, ce sont les objectifs de rendement escompté, les conditions générales de préparation du sol, de semis et les caractéristiques propres de la variété (précocité, poids de 1000 grains, faculté germinative), qui permettent de déterminer la densité et la dose de semis. Au Maroc, le recours à l’azote comme moyen pour agir sur le tallage en cas de faible peuplement-pied est très limité en Bour, du fait du risque de l’inefficacité de cet engrais en cas de sécheresse au moment du tallage. L’action sur le tallage doit rester un palliatif pour l’irrigué et en cas de moins bonne réussite de la levée. A Louata, la densité de semis recherchée est en général de 450-500 grains/m2. Elle est obtenue au moyen de doses de semence variant entre 180 et 200 kg/ha, selon le poids de 1000 grains. La dose est également quelque peu ajustée selon la qualité de préparation du sol de la parcelle ou de la campagne, la date de semis, le type de semis, la faculté germinative, et dans une moindre mesure l’aptitude au tallage. Le grain de blé dispose de réserves en principe suffisantes pour assurer une levée normale s’il est semé à des profondeurs raisonnables autour de 4-5 cm, sur un lit de semence renfermant un minimum de terre fine afin d’assurer un bon contact terre/grains et une imbibition suffisante de la graine.

Fertilisation

Les sols de Louata ont été fortement fertilisés en phosphore et en potasse dans les années 90, sans avoir produit beaucoup, du fait de la longue période de sécheresse ayant sévi au Maroc à cette époque. La teneur actuelle du sol en ces deux éléments est globalement bien au-dessus des niveaux requis pour les céréales en Bour. En général, les doses de P et K conseillées en Bour sont soit l’impasse

totale, soit 20 U/ha pour P2O5 et 50 U/ha pour K2O, apportées en totalité au semis, contre respectivement 60 et 120 U/ha en irrigué. L’apport d’azote doit être échelonné et ajusté en fonction des conditions et selon l’état végétatif de chaque parcelle. D’une manière générale, à Louata, ce sont les années pluvieuses depuis le début jusqu’à la fin, comme 1991 et 1995 ou encore 2006 et 2012, qui valorisant mieux l’azote apporté, avec des doses pouvant aller de 120 à 160 U/ha (160-200 U/ha en irrigué). Par contre, en années de sécheresse sévère, comme 2015/2016, l’azote est inefficace. Excès d’eau et excès d’azote provoquent également de la verse produisant plus de paille que de grain, en particulier dans les bas-fonds des parcelles. A Louata, l’efficacité de l’engrais azoté (kg de grain produit/unité d’azote apportée), calculée de façon pratique sans trop tenir compte de la fourniture du sol, varie grosso modo de 17 kg/U à 37 kg/U, selon l’année climatique, la variété ou encore l’irrigation. De nombreux essais ont été menés durant les 20 dernières années sur les oligo-éléments, mais aucun effet remarquable sur le rendement n’a été constaté.

Entretien de la culture

A Louata, il faut contrôler non seulement la pression des mauvaises herbes spécifiques du milieu mais aussi celles introduites de l’extérieur par la semence et par les élevages ovins du voisinage qui pâturent sur les terrains à certaines époques de l’année (partie en jachère, chaumes après récolte), sans oublier le problème plus crucial des espèces résistantes aux phytohormones telles que le coquelicot et le brome (Bromus rigidus). Le choix du produit désherbant en fonction des espèces présentes, du matériel de grande largeur en bon état et bien étalonné, le respect des conditions météorologiques requises, du stade d’intervention, de la bouillie, …sont autant d’éléments à prendre en compte pour réussir l’opération. Comme exemple d’association de produits, il faut citer Lancelot + Pallas additionnés de 250 gr/hl de sulfate d’ammoniaque et 250 cc d’huile minérale de type Saf-T-side pour lutter à la fois contre les dicotylédones et les graminées résistantes, notamment le coquelicot et le brome. Pour les maladies cryptogamiques, l’oïdium, le piétin échaudage, la septoriose, voire parfois la fusariose, peuvent attaquer les blés dans la zone, mais d’une manière générale la maladie grave reste la rouille jaune (Puccinia Striiformi). Selon qu’on a affaire au bour ou à l’irrigué, à une année d’extrême sécheresse, à une année moyenne ou à une excellente année, la stratégie est soit une stratégie zéro traitement, à un seul traitement ou à deux traitements.

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Céréalicultures

Effets du semis direct

Là aussi, divers produits avec une seule matière active ou association de 2 matières actives sont utilisés (Opus, Opéra max, Impact RM,…).

Irrigation d’appoint

D’une manière générale à Louata, pour optimiser le système, il faut travailler à forte fréquence et faible dose (3-4 passages/semaine à dose < 15 mm) et mener une gestion avec comme objectif principal de consommer le moins d’eau possible, sans toutefois limiter le potentiel des variétés. Selon la pluviométrie de la campagne, on intervient surtout au démarrage en cas de pluie tardive au moment des semis et, pour l’appoint, le plus souvent en fin de campagne en cas d’année sèche. L’apport varie de 75 m3/ha à 1.650 m3 selon la pluviométrie de l’année. L’efficience de l’eau d’irrigation d’appoint est très fluctuante et semble curieusement sur le long terme, peu tributaire du déficit pluviométrique de la campagne. Elle varie de 2,10 kg de grain/m3 à 2,26 kg/m3, contre 0,53 et 1,03 kg/m3 pour l’efficience de l’eau de pluie en Bour.

Chantier des moissons

La moisson dans un grand domaine requiert des préparatifs de différents ordres, concernant la remise en état des machines, l’entretien des locaux, des aires de stockage, des aires de manutention et l’optimisation de l’affectation du personnel aux divers postes. L’autre préparatif, qui n’est pas des moindres, est l’implantation du maillage de pare-feu contre les risques d’incendie. Celui-ci débute par un labour des tournières dès la fin du printemps. Il est ensuite complété par la constitution de modules unitaires de 2530 ha chacun, séparés par des couloirs de protection de 8 à 12 m de large, réalisés la veille de la récolte par le passage de moissonneuse batteuse au milieu des parcelles, suivi d’un retournement des chaumes de ces 68

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Le semis direct a été introduit progressivement à Louata depuis 2007 pour atteindre aujourd’hui plus de 1.100 ha. Dans les limites des observations pratiques disponibles, voici le résumé des enseignements que partage l’ensemble du staff agronomique de la ferme à propos de cette technique: - Le semis direct a surtout l’avantage de réduire les opérations de préparation du sol; - Il permet un gain de temps, grâce au ressuyage rapide du sol, sur les opérations de semis, l’épandage des engrais azotés ou les traitements juste après pluie; - Analysée sur 5 ans, à partir de la base de données disponible, on ne remarque aucun accroissement significatif de productivité conséquent au semis direct (42,8 contre 43,3 qx/ha pour le semis conventionnel); - On observe un meilleur comportement vis-à-vis du ruissellement et de l’érosion du moins tant que l’intensité de la pluie n’est pas très forte; - En revanche, le gain sur les frais de préparation du sol est de 780 Dh/ ha, soit l’équivalent de 2,5 qx/ha; - En ce qui concerne l’évolution du profil cultural, pas d’effet spectaculaire ni sur l’humidité du sol en début ou en fin de culture, ni sur la répartition de la MO ou des minéraux tels que P ou K ; - Il existe une certaine divergence d’opinion en ce qui concerne l’impact du semis direct sur l’évolution des populations de mauvaises herbes résistantes. couloirs à la charrue ou à défaut, au stubble plow. En cas de vent poussant très fort, le feu peut parfois traverser ces couloirs et continuer ses ravages jusqu’au bout du champ. Un tracteur avec chisel, positionné en permanence sur un point stratégique, assure la surveillance et se tient constamment prêt pour intervenir en cas d’incendie. Divers critères sont pris en compte pour fixer l’ordre dans lequel on doit récolter les parcelles. Parmi ceux-ci, il y a la maturité de la variété, les conditions climatiques du moment, en fin de cycle, la sensibilité à l’égrenage, la productivité des variétés et les risques d’incendie. D’une manière générale, les parcelles emblavées en semence de rang G3 ou G4 et très productives sont prioritaires. Il en est de même de celles traversées par les routes et les pistes publiques ou proches des habitations, exposées aux risques d’incendie. A Louata, on dispose de moins de 50 jours (début juin-fin juillet) pour récolter les 1.400 à 1.500 ha de céréales cultivées chaque année. Configuration des parcelles, effet pente, pannes plus ou moins fréquentes, conditions climatiques de la semaine et de la journée,… sont autant de facteurs qui déterminent le rendement des machines. Les meilleurs rendements machine sont obtenus lorsque la récolte a lieu sur des parcelles

très grandes avec moins de temps morts dans les tournières (superficie > 100 ha), de faible pente et avec peu de ravinements (vitesse d’avancement plus rapide), par temps sec et pas très chaud (journée sans orages, température autour de 28-30°C toute la journée avec travail continu jusqu’au soir), et sans arrêt prolongé pour cause de pannes. D’une manière générale, le rendement journalier global moyen est de 30-45 ha/j, soit 1.300-1.600 qx/j (8-12 ha/j/machine et 350400 qx/machine).

Productivité et qualité

Comme pour le reste du pays, à Louata, la pluie est globalement la variable explicative première de la productivité des céréales. D’une manière générale, les rendements plafonds en Bour sont de l’ordre de 50-60 qx/ ha. Ils correspondent aux campagnes avec bon régime pluviométrique comme 2006 et 2012 (P> 550 mm avec bonne répartition), et les rendements planchers de moins de 20 qx/ha, aux campagnes très sèches comme 2004/2005 (P< 330mm avec mauvaise répartition). Entre les deux extrêmes, les autres variables additionnelles explicatives de la productivité sont, toutes choses égales, l’effet précédent cultural (le rendement est meilleur derrière jachère que derrière féverole ou derrière un autre blé, et le plus mauvais rendement est obtenu derrière pois chiche de printemps qui laisse un profil asséché). Et viennent ensuite l’effet variété (Radia est meilleure qu’Arrehane), l’effet type de sol (les terrains profonds et tamponnés vis-à-vis de l’arrêt des pluies tolèrent mieux la sécheresse et donnent un rendement meilleur que les sols superficiels s’épuisant vite), l’effet date de semis (en général les rendements des semis précoces de novembre sont meilleurs que ceux des semis tardifs de fin décembre). En ce qui concerne la paille, le rendement est également fonction de l’année, de la variété, des possibilités d’irrigation. Il varie de 120 bottes de 14 kg à 300 bottes/ha. Propreté de la récolte, poids spécifique du grain (secondairement sa couleur) sont les principaux critères de la qualité pour les blés destinés aux minoteries, auxquels il faut ajouter la pureté spécifique et variétale, la faculté germinative et la présence de mauvaises herbes dites coriaces dans les cahiers des charges, en cas de blé de semence. Ce sont surtout les conditions climatiques de l’année (mais parfois les erreurs agronomiques), qui sont responsables de la non qualité. Un blé dense échaudé par la sécheresse de fin de cycle ou par un épisode prolongé de Chergui, d’un poids spécifique très faible de 72-73 kg/hl (au lieu de 79-80 des cahiers des charges), sera refusé comme semence et sera même sous payé comme blé pour l’écrasement. Des orages tardifs de

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50-60 mm, intervenant la veille de la récolte, peuvent également altérer la qualité du blé, en provoquant entre autres la germination sur épi. Là aussi, le produit risque d’être refusé comme semence et sous payé à la vente comme blé commun. Les autres causes de la mauvaise qualité de la récolte (rares à Louata du fait du bon niveau technique de la ferme), sont la récolte souillée pour n’avoir pas été désherbée correctement, un grain en partie échaudé, par suite d’un phénomène grave de verse due à l’excès d’azote, ou pour n’avoir pas été traité contre les rouilles ou les septorioses.

Commercialisation

En dehors des problèmes courants des retards d’enlèvement, parfois aussi des retards de règlement, en particulier les années à forte production où les multiplicateurs se disputent le peu d’avances de trésorerie disponibles, la commercialisation de la semence au Maroc ne soulève aucun problème particulier. Il existe cependant des cas particuliers où la ferme a le choix entre la vente de la production comme semence ou comme blé commun. C’est le cas d’une variété conforme au cahier des charges à tout point de vue, sauf en ce qui concerne le poids spécifique (PSP de 76/77 par exemple). Dans ce cas, l’équation suivante permet de décider du choix à faire: %E x Pe + %S x Ps – Pc ≥ Pcm Où %E représente le pourcentage d’écart dans la station de conditionnement pour ramener le poids spécifique de 76 à 79, Pe le prix correspondant sur le marché, %S le pourcentage de semence et Ps le prix de la semence, Pc le prix du conditionnement

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et Pcm le prix du commun. Avec l’hypothèse d’une semence G4 de PSP = 76, payée à Ps = 400 Dh/ql, un prix du commun Pcm de 260, un prix des écarts Pe = 200 Dh/ql, un prix du conditionnement Pc de 13 Dh/ql, on démontre que même avec un taux d’écart (% E) de 50 %, la semence est encore plus rentable que le commun. Ce résultat montre aussi à quel point la multiplication de semence est plus rentable que la production de blé commun. C’est la commercialisation du blé commun qui pose souvent problème, faute de cadre professionnel pour faire face aux divers négociants organisés en lobby. Et la difficulté est à son maximum les années de pléthore, en particulier pendant les périodes où les frontières restent encore ouvertes à l’importation.

Rentabilité

A Louata, le prix de revient moyen du blé tendre commun dans le Bour la bonne année climatique comme 2012/2013, se situe autour de 7.285 Dh/ha (env. 700 US $), qui se répartissent entre la préparation du sol (157 Dh), le semis (970 Dh), les engrais (1.921 Dh), le désherbage (329 Dh), les fongicides (460 Dh), la récolte (433 Dh), le bottelage (380 Dh), le transport et le conditionnement (445 Dh), l’amortissement du matériel (52 Dh) les frais divers, y compris les frais généraux (2.135 Dh). Ces prix ne sont pas spécifiques à la ferme. Le prix de revient est plus faible en année sèche (- 35 %), où la stratégie du domaine est souvent de limiter la dépense en réduisant encore davantage la dose d’engrais et en supprimant l’anti-graminées et le fongicide. Il est plus élevé (+30 %) pour les parcelles produisant du blé de semence qui exige des opérations supplémentaires

comme l’épuration ou une stratégie de traitements à deux passages. Et le plus grand coût/ha est celui noté en irrigué les années sèches (15.500 Dh/ha) du fait des consommations plus élevées d’engrais, de désherbants, de fongicides et surtout du coût énergétique de l’irrigation. Au Maroc, la semence de blé tendre, et des céréales en général, est classée comme produit stratégique par l’Etat qui en garantit l’achat et le prix. Le quintal de blé tendre agréé comme semence est payé à 397 Dh (env. 40 $) pour la multiplication de la génération G4, 382 Dh pour la génération R1 et 367 Dh pour la R2, tandis que le blé commun destiné à l’écrasement est payé à des prix variant entre 230 et 260 Dh/ql, selon l’offre de l’année et la qualité du grain. Pour la paille, le prix de vente moyen est de 7-8 Dh/botte en année à offre pléthorique et 14-15 Dh/botte les années difficiles. Compte tenu des prix de revient ci-dessus, les résultats obtenus suggèrent donc que le seuil de rentabilité est d’environ 30 qx/ ha pour le blé commun, 25 qx/ha pour la semence en Bour, et 40 qx/ha pour la semence produite en irrigué. En Bour, rentabilité et productivité sont fortement corrélées. Analysée sur le long terme, la marge bénéficiaire du blé non irrigué est de 3.200 Dh/ha toutes campagnes confondues, elle est plus intéressante pour le blé de semence (4.100 Dh/ha) que pour le blé commun (1.950 Dh/ha). A Louata, ce n’est d’ailleurs que lorsqu’on est passé ces dernières années au système biennal alliant blé/Jachère et blé/légumineuses avec l’essentiel de la production comme multiplication de semence, que le blé a commencé à devenir un peu plus rentable (4.950 Dh/ha contre 2.300 Dh/ha avec un système triennal type blé/blé/ Jachère). Ces chiffres sur la marge n’incluent pas la valeur locative de la terre. Pour calculer la marge réelle, encore faut-il en déduire 1.000 à 1.500 Dh/ ha de loyer.

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Case IH

élargit sa série de tracteurs JXT en la dotant de nouveaux modèles compacts Case IH lance trois nouveaux modèles de tracteurs JXT de moins de 50 ch, qui viennent enrichir cette ligne de tracteurs faciles à utiliser, fiables et économiques, qui fournissent aux exploitants des solutions compactes.

L

a gamme Case IH JXT offre des tracteurs utilitaires hautes performances 100 % fiables qui sont de vrais alliés extrêmement polyvalents. Fidèles à la tradition Case IH, ce sont des tracteurs sur lesquels les agriculteurs peuvent compter en termes d’efficacité, de productivité et de retours sur investissements. Avec les trois nouveaux venus, la série JXT compte désormais cinq modèles de 35 à 75  ch. De gabarit compact, les nouveaux JX35T, JX40T et JX45T, disponibles en deux ou quatre roues motrices, concilient puissance et économies.

Puissance et rendement énergétique Les nouveaux modèles JXT sont dotés de moteurs 3 cylindres atmosphériques solides et fiables, qui offrent des performances puissantes assorties à des coûts d’exploitation appréciablement bas. Les moteurs des deux plus petits modèles délivrent respectivement 35 et 42 ch à 2000 tr/min. Le modèle le plus puissant, le JX45T, génère 47  ch à 2300 tr/min, ce qui en fait un vrai poids lourd dans le segment des 45 ch. Il associe à bas régime des performances considérables à des économies de carburant appréciables.

Conçus pour conjuguer puissance élevée et économies La gamme JXT Compact est disponible avec un choix de transmissions mécaniques 8x2 ou 8x8 conçues pour délivrer une puissance optimale, et bénéficie d’une chaîne cinématique revisitée avec levier latéral et train épicycloïdal intérieur. Le carter de la transmission comporte un réservoir commun pour l’huile de transmission et celle du circuit hydraulique. Les tracteurs JXT sont dotés d’un embrayage de prise de force indépendant qui s’enclenche et se désenclenche avec un levier, ce qui résulte en une plus longue durée de vie du système. La prise de force, proportionnelle à la vitesse d’avancement du tracteur,

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Cultures sucrières

Canne à sucre

Améliorer le désherbage dans le respect de l’environnement Le désherbage est un élément clé de la conduite de la culture de canne à sucre, une culture très sensible à la concurrence des mauvaises herbes. L’enherbement consomme une part importante des fertilisants et de l’eau au détriment de la culture. Dans de nombreuses situations, de bonnes pratiques limitant le développement des mauvaises herbes procurent des augmentations de production de l’ordre de 10 à 25 %. Les populations d’adventices sont très diversifiées même au sein d’une zone de culture réduite. La maîtrise de ces enherbements exige l’élaboration de programmes d’interventions adaptés à chacun des problèmes à résoudre.

Améliorer les itinéraires techniques de désherbage

L’amélioration des pratiques de désherbage procure plusieurs avantages : • Des gains économiques, par l’augmentation de la production et la réduction des coûts. • Une réduction de la pénibilité du travail, par la réduction du recours à la main-d’œuvre pour le sarclage manuel. • Une meilleure maîtrise des risques environnementaux, par un emploi adapté des herbicides. • Une meilleure efficience de l’irrigation et de la fertilisation.

Identifier les mauvaises herbes présentes

La caractérisation de l’état d’enherbement des parcelles est une phase préliminaire indispensable à toute proposition de méthode de lutte contre les mauvaises herbes dominantes. Le développement des espèces potentiellement envahissantes est à

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surveiller afin de juguler les infestations avant qu’elles ne prennent trop d’ampleur. Au fil des successions culturales, des mauvaises herbes tendent à s’imposer. C’est le cas notamment de certaines espèces sur lesquelles les herbicides employés en culture de canne à sucre montrent une faible efficacité, ou d’espèces à organes de réserves (tubercules, rhizomes ou racines) ou encore de certaines espèces parasites.

Adapter les pratiques de désherbage mécanique

L’enherbement est facilement maîtrisé par des sarclages manuels, tant que la maind’œuvre est disponible. En cas de recours aux sarclages mécaniques, il est nécessaire de préciser les périodes d’interventions les plus favorables en fonction des conditions culturales; les travaux motorisés sont limités aux premiers stades de la culture, afin de ne pas endommager la plante

cultivée, mais des goulots d’étranglement apparaissent souvent dans l’organisation des chantiers de sarclages, si la pression de l’enherbement est trop forte.

Raisonner le désherbage chimique

Il est parfois nécessaire d’améliorer les conditions d’utilisation des herbicides afin d’optimiser leur efficacité, tout en réduisant les risques pour l’environnement et les utilisateurs. Il est souhaitable d’élargir la gamme des produits herbicides utilisables pour l’entretien des parcelles pour : • Disposer de plusieurs types de matières actives pour assurer une rotation des herbicides appliqués afin d’éviter l’apparition de flores résistantes. • Adapter le choix des matières actives à la flore dominante de la parcelle. Les conditions agronomiques et économiques, dont dépend la rentabilité d’une application d’herbicide, évoluent

extrêmement rapidement. Il faut donc, par une expérimentation régulière, constituer un référentiel technique fiable sur le désherbage chimique, dans lequel on puisse trouver des solutions adaptées aux évolutions des contraintes. Il s’agit de préciser l’activité des nouvelles familles d’herbicides sur les mauvaises herbes et la sensibilité de la culture, puis d’apprécier l’intérêt d’un traitement herbicide dans les conditions pratiques d’utilisation, en mettant l’accent sur l’aspect économique.

Intégrer l’ensemble des pratiques culturales

Quelles que soient les méthodes de désherbage préconisées, elles devront trouver leur place au sein des autres pratiques culturales, qui viseront elles aussi à participer à une lutte intégrée contre l’enherbement : préparation des parcelles, choix variétal, écartement des rangs, gestion des résidus de récolte, etc.

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Cultures sucrières

Betterave à sucre : Conseils pour un bon désherbage Dr. Abbès Tanji, Spécialiste du désherbage La gestion des adventices associés à la betterave à sucre repose essentiellement sur la combinaison du faux semis, du binage et de l’emploi raisonné des herbicides. Elle est indispensable pour réduire le stock des semences d’adventices, limiter leur concurrence vis-à-vis de la culture et surtout éviter le développement de la résistance des adventices aux herbicides.

J

uste après la levée de la betterave, les densités des adventices dépassent la plupart du temps 100 plantes/m². Ces adventices se répartissent en quatre groupes: • les graminées annuelles comme les repousses de blé ou de maïs, le ray grass, l’avoine, les alpistes, le pâturin, le polypogon, etc. • les dicotylédones annuelles comme l’aneth, la bette, les chénopodes, la chicorée, le coquelicot, l’émex, les mauves, la moutarde, le torilis, etc. • les vivaces comme le chiendent, le souchet, le sorgho, la morelle, les liserons, etc… • les parasites comme la cuscute.

Méthodes de lutte contre les adventices Faux semis

Le faux-semis consiste à stimuler la levée des adventices (après une irrigation ou une pluie consistante) puis de les détruire avant le semis de la betterave ou autre culture. Sa réussite repose sur le choix des outils de labours et sur les conditions climatiques avant et après les labours. Le faux semis est devenu nécessaire dans le cas du ray grass résistant aux herbicides.

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Sur les parcelles les plus infestées par le ray grass résistant aux herbicides ou autres adventices difficiles, deux ou plusieurs faux-semis peuvent être réalisés. A noter que le ray grass est capable de germer à partir de début septembre. Un faux-semis réalisé en conditions de sol humides peut stimuler la germination et permettre ainsi la levée de dormance. Pour plus d’efficacité, cette technique peut être couplée avec le recul de la date de semis.

adventices détermine donc le choix des herbicides de post-levée. Souvent deux ou trois herbicides peuvent être combinés pour élargir le spectre et obtenir un contrôle adéquat des plantules d’adventices. D’où la nécessité d’identifier correctement les adventices avant d’acheter les herbicides ou de procéder aux traitements. A rappeler que les traitements de post-levée peuvent débuter dès le stade 2 à 4 feuilles de la betterave.

voriser la reprise des adventices. L’efficacité du binage mécanique sur les adventices est variable selon le type de sol, l’humidité du sol, les espèces et le stade des adventices et la qualité de l’outil. L’efficacité du binage à traction animale dépend surtout de la vigueur de l’animal, de la rigueur de l’opérateur et de la qualité de l’outil. L’efficacité du binage manuel avec la sape dépend surtout de la rigueur et du professionnalisme des ouvriers.

Herbicides de pré-levée

Binage

Adventices vivaces

Les herbicides de pré-levée comme s-métolachlore (DUAL GOLD 1,5 L/ha) et propyzamide (KERB 2 L/ha) peuvent être utilisés après le semis mais avant la levée de la betterave et des adventices. L’efficacité sur les graminées et les dicotylédones est meilleure sur un sol bien travaillé, suffisamment humide, sans mottes et sans résidus de cultures précédentes. Ces deux herbicides sont recommandés essentiellement en cas de présence du ray grass résistant aux herbicides.

Herbicides de post-levée

Deux groupes d’herbicides sont homologués pour le désherbage de la betterave : un groupe pour le contrôle des Graminées et un autre groupe d’anti-dicotylédones. La nature des espèces

Trois types de binage sont envisageables : le binage mécanique avec la bineuse à tracteur, le binage à traction animale et le binage manuel avec la sape. Les binages mécanique et à traction animale détruisent les plantules d’adventices qui se trouvent entre les rangs de la betterave alors que le binage avec la sape détruit les adventices qui se trouvent tout près des plantes de la betterave ainsi que les adventices qui se trouvent entre les lignes ou qui échappent au binage entre les lignes. Le binage peut être effectué une ou plusieurs fois jusqu’à ce que le couvert végétal ferme l’espace entre les lignes. Il est généralement utilisé après les traitements herbicides. L’irrigation ou la pluie trop tôt après le binage peut fa-

La lutte contre les adventices vivaces (chiendent, souchet, sorgho, morelle, liserons, etc.) dans la betterave est difficile, voire impossible. Il vaut donc mieux les éliminer avant le semis de la betterave ou dans les autres cultures de la rotation. Le 2,4-D est efficace sur les liserons dans les cultures du blé et du maïs. Bentazone est efficace sur le souchet (Cyperus rotundus) dans le maïs et le petit pois. Glyphosate reste efficace sur toutes les vivaces, soit en traitement généralisé mais en absence de cultures, soit en traitement localisé sans traiter les cultures.

Prévention

Concernant la gestion des adventices de la betterave, il faut faire attention aux points suivants : • La betterave est très sensible

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Herbicides homologués pour le désherbage de la betterave à sucre. Nom commercial (dose)

aux résidus d’herbicides employés dans le désherbage du blé comme iodosulfuron, mésosulfuron, sulfosulfuron, triasulfuron et aminopyralide. Les résidus d’herbicides sélectifs utilisés dans une culture précédente peuvent rester dans le sol plusieurs mois et affectent la betterave à sucre plantée la saison suivante. Il faut soit éviter de planter la betterave dans les champs où ces herbicides ont été utilisés l’année précédente, soit faire un labour profond avant le semis de la betterave. • Il est prudent de choisir les

champs connus pour être exempts d’adventices annuelles comme la bette à gros fruits (Beta macrocarpa) qui est très proche de la betterave à sucre (Beta vulgaris), ou d’adventices résistantes aux herbicides comme le ray grass (Lolium rigidum) ou d’adventices vivaces comme le chiendent, le souchet, le sorgho d’Alep, la morelle, les liserons, etc. Car ce sont des adventices difficiles ou impossibles à contrôler dans la culture de la betterave sucrière. • Parfois, il est important de noter les adventices qui ont échappé au contrôle dans la culture précédente et qui étaient en mesure de produire des semences. Car, les semences peuvent rester viables dans le sol pendant plusieurs mois ou même plusieurs années. Ces semences viables sont donc capables de germer et d’infester

Anti-graminées et anti-dico de pré-levée KERB 400 SC (2 L/ha) DUAL GOLD 960 EC (1,5 L/ha) Anti-graminées de post-levée AGIL (0,5 L/ha) AKODIM (1 L/ha) SELECT SUPER (1 L/ha) ARAMO 50 EC (1 L/ha) DUAL GOLD (1.5 L/ha) FOCUS ULTRA (1,5 L/ha) STRATOS ULTRA (1,5 L/ha) FUSILADE FORTE (0,750 L/ha) GALLANT SUPER (0,5 L/ha) KARTOUCHE 60 WG (3,5 kg/ha) KERB (2 L/ha) PANTERA 40 EC (0,8 L/ha) SECTOR (0,4 L/ha) Anti-dicotylédones de post-levée BETANAL EXPERT 274 EC (2 + 2 L) BETASANA TRIO (2,5 + 2,5 L/ha) BISON 400 SE (1,25 + 1,25 L/ha) CROSS 41 WG (2 + 2 kg/ha) CELMITRON 70 WDG (2 + 2 kg/ha) GOLTIX 70 WG (1.6 + 1.6 kg/ha) GOLTIX 90 WG (1.6 + 1.6 kg/ha) GOLZIT ULTRA (2,5 + 2,5 kg/ha) KEMETA 70 WG (2 + 2 kg/ha) METASOP (2 + 2 kg/ha) METAX 70 WG (2 + 2 kg/ha) MITO 70 WG (2 + 2 kg/ha) LONTREL 100 SL (2 L/ha) SAFARI (30 + 30 g/ha) TRAMAT COMBI SC (3 L/ha) TWISTER (3 + 3L/ha) VENZAR (200 + 200 g/ha) Adjuvants TRANSIT (0,5 L/ha) SEPPIC 11 E (0,5 L/ha) GOLDEN MIROWET (0,5 L/ha)

Matière active (concentration) Propyzamide (400 g/l) s-métolachlore (960 g/l) Propaquizafop (100 g/l) Cléthodime (120 g/l) Tepraloxydime (50 g/l) s-métolachlore (960 g/l) Cycloxydime (100 g/l) Fluazifop (150 g/l) Haloxyfop (104 g/l) Carbétamide (60%) Propyzamide (400 g/l) Quizalofop (40 g/l) Quizalofop (120 g/l) Phenmédiphame (91 g/l) + Desmédiphame (71 g/l) + Ethofumésate (112 g/l) Phenmédiphame (76.5 g/l) + Desmédiphame (15.5 g/l) + Ethofumésate (115 g/l) Phenmédiphame (150 g/l) + Desmédiphame (50 g/l) + Ethofumésate (200 g/l) Métamitrone (28%) + Ethofumesate (6,5%) + (Phenmédiphame (6,5%)

Métamitron (70% ou 90%)

Clopyralide (100 g/l) Triflusulfuron (50%) Ethofumésate (300 g/l) + Lenacile (120 g/l) Ethofumésate (150 g/l) + Métamitron (350 g/l) Lenacile (80%) Lécithine de soja (355 g/l) Huile blanche (849 g/l) Nonyl phénol polyglycol éther (525 g/l)

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Cultures sucrières la betterave et les cultures suivantes. • Certaines adventices, repousses de cultures ou restes des cultures de la saison précédente peuvent héberger des agents pathogènes et des ravageurs, et agissent donc comme sources d’infestation pour la betterave à sucre. Pour réduire le risque d’infestation, il faut penser à nettoyer les champs et les bords des parcelles de toutes ces plantes nuisibles et restes des cultures. • Ne pas oublier de nettoyer les machines et outils agricoles avant d’entrer dans un champ, essentiellement si le dernier champ travaillé était infesté avec des plantes nuisibles ou envahissantes comme le chiendent, le souchet, le sorgho, la morelle, les liserons, etc… • Il est déconseillé de planter la betterave en monoculture. Celleci aggrave les problèmes d’adventices qui sont plus gênantes après une culture dans laquelle les adventices sont laissées mûrir et produire des semences. La rotation et le faux semis permettent

généralement de réduire les populations d’adventices qui sont difficiles à contrôler dans la betterave à sucre, telles que la bette, le ray grass résistant aux herbicides et certaines vivaces. • Les herbicides de la betterave à sucre ne sont pas toujours sélectifs et peuvent, sous certaines conditions, provoquer le retard de croissance, la déformation des feuilles, la mort des tissus foliaires (nécrose) ou même le dessèchement des plantes de betterave. Un retard de croissance ou une déformation des feuilles peuvent être tolérés, alors que la mortalité des plants de betterave nécessite le repiquage.Pour éviter la toxicité des herbicides sur la betterave, il est préférable de réaliser les traitements le matin avant 10 h et l’après-midi après 15 h. Le fractionnement des traitements avec un intervalle d’une semaine entre deux interventions augmente généralement le contrôle des adventices et réduit la toxicité sur la betterave. Evitez d’effectuer les traitements quand il fait chaud (25 à 30 C).

L

a flore adventice associée à la betterave à sucre est très diversifiée. Seule la lutte intégrée combinant le faux semis, les traitements raisonnés avec les herbicides et les binages pourrait réduire les infestations par les adventices

et protéger l’environnement. L’encadrement des agriculteurs dans les domaines du réglage des pulvérisateurs, du choix des herbicides et de la protection des applicateurs de pesticides est hautement recommandé.

Conseils en 3 étapes pour réussir le désherbage de la betterave à sucre selon la nature des adventices. Ray grass et autres graminées annuelles sensibles aux herbicides

Ray grass résistant aux herbicides

Etape1 : Faire le faux semis

Dicotylédones annuelles avec prédominance des Malvacées et des Ombellifères

Faire un ou plusieurs faux semis avec possibilité de retarder le semis : pré-irrigation ou pluie pour provoquer la germination des semences d’adventices suivies d’un labour pour détruire les plantules d’adventices avant de faire le semis de la betterave Traiter une ou deux fois espacés d’une semaine, après la levée de la betterave et des adventices dicotylédones avec un mélange de deux herbicides comme suit : SAFARI (30 g/ha) Traiter après la levée de la betterave et du ray grass sensible avec l’un des herbicides suivants :

Etape 2 : Traiter avec les herbicides suivants

Dicotylédones annuelles avec absence des Malvacées et des Ombellifères

Traiter avant la levée de la betterave et du ray grass résistant avec l’un des herbicides suivants :

Traiter après la levée de la betterave et du ray grass résistant avec l’un des herbicides suivants :

DUAL GOLD (1,5 L/ha) ou KERB (2 L/ha)

AKODIM (1 L/ha) ou SELECT(1 L/ha) ou KARTOUCHE(3,5 kg/ha)

AGIL (0,5 L/ha) ou AKODIM (1 L/ha) ou ARAMO 50 EC (1 L/ha) ou FOCUS ULTRA (1,5 L/ha) ou FUSILADE FORTE (1 L/ha) ou GALLANT SUPER (0,5 L/ha) ou PANTERA 40 EC (1 L/ha) ou SECTOR (0,4 L/ha) ou SELECT SUPER (1 L/ha) ou STRATOS ULTRA (1,5 L/ha)

+

BETANAL (1 L) ou BETASANA (1 L) ou BISON (1 L/ha) ou CROSS 41 WG (1 kg/ha) ou CELMITRON (1 kg/ha) ou GOLTIX 70 WG (1 kg/ha) ou GOLTIX 90 WG (1 kg/ha) ou GOLZIT ULTRA (1 kg/ha) ou KEMETA 70 WG (1 kg/ha) ou LONTREL (2 L/ha) ou METASOP (1 kg/ha) ou METAX 70 WG (1 kg/ha) ou MITO 70 WG (1 kg/ha) ou TRAMAT COMBI (1 L/ha) ou TWISTER (1 L/ha) ou VENZAR (200 g/ha)

Traiter, une ou deux fois espacés d’une semaine, après la levée de la betterave et des adventices dicotylédones avec un mélange de deux herbicides comme suit : BETANAL (1 L/ha) ou BETASANA (1 L/ha) ou BISON (1 L/ha) ou CROSS 41 WG (1 kg/ha)

+

CELMITRON (1 kg/ha) ou GOLTIX 70 WG (1 kg/ha) ou GOLTIX 90 WG (1 kg/ha) ou GOLZIT ULTRA (1 kg/ha) ou KEMETA 70 WG (1 kg/ha) ou LONTREL (2 L/ha) ou METASOP (1 kg/ha) ou METAX 70 WG (1 kg/ha) ou MITO 70 WG (1 kg/ha) ou TRAMAT COMBI (1 L/ha) ou TWISTER (1 L/ha) ou VENZAR (200 g/ha)

Etape 3 : Faire un ou plusieurs binages mécaniques ou binages à traction animale ou binages manuels à la sape.

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Elevage

La Chèvre Hassania,

Une Race des Parcours désertiques à sauvegarder Dr Fagouri Said 1 - fagouris@gmail.com

L

a chèvre Hassania est une chèvre des régions désertiques du Sud du Maroc. Cette race caprine transfrontalière, appelée race Guéra au Nord de la Mauritanie, est très appréciée par les éleveurs, et sa sauvegarde est une nécessité urgente car elle risque de disparaitre à cause de divers croisements volontaires et involontaires par l’introduction de chèvre laitière, comme l’alpine et Draa, par des projets d’élevage et la chèvre de type Atlas, Dahra et Barcha à l’occasion de la transhumance. La Chèvre Hassania a plusieurs raisons qui militent en faveur de sa sauvegarde : elle est élevée par les nomades pour le lait principalement, c’est la seule source de lait pour plus de 90 % des éleveurs. A signaler que les caprins sont présents chez tous les éleveurs de ces régions avec une moyenne des effectifs de 40 à 50 chèvres par élevage. La production laitière est assez importante, puisqu’elle satisfait le che-

vreau et permet de laisser au propriétaire 0,5 à 1 litre de lait par jours pendant 5 mois dans les conditions naturelles sans aucune supplémentassion. La chèvre Hassania a aussi d’autres qualités importantes : elle est rustique et résiste aux maladies. Les troupeaux ne reçoivent carrément pas de traitements, et bénéficient rarement de la vaccination contre les entérotoxémies et d’un déparasitage. La chèvre Hassania est très bien adaptée au pastoralisme. C’est un animal marcheur, et les animaux cueillent quelques feuilles par buisson ce qui permet aux plantes de se régénérer en participant à la fixation du Carbonne.

Elevage basé sur des animaux en libre pâturage Une étude de la caractérisation primaire par l’examen du profil morphologique a été réalisée à l’œil nu par un profilage phénotypique

et un profilage biométrique suite à une mensuration des différents organes. Ainsi, le mâle étant plus grand et plus robuste que la femelle, la taille des chèvres et des boucs en général est assez grande. La hauteur au garrot est en moyenne de 72 cm chez la chèvre 80 cm chez le bouc, le corps long, les épaules saillantes chez la femelle et assez larges chez le mâle. Les reins sont assez larges et le bassin est incliné. La queue est relativement courte et enroulée. Le poids vif adulte est assez important, il varie de 34 à 40 kg chez la femelle et de 50 à 60 kg chez le mâle. La Chèvre Hassania mérite d’être sauvegardée et dé-

veloppée par les autorités marocaines en charge de la gestion des ressources génétiques en partenariat avec les communautés pastorales ce qui leur permettra de continuer à élever cette race bien adaptée à ces régions désertiques et de bien gérer leurs ressources fourragères de manière durable en pratiquant le pastoralisme qui est leur moyen de subsistance.

Coordinateur de la Région WAMIP Nord Africaine Coordinateur du Réseau Arabe des Communautés Pastorales Membre du Comité de Pilotage du Point Focal Régional des Ressources Génétiques pour l’Afrique du Nord 1

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