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Agriculture du Maghreb N째 62 - Octobre 2012






Agriculture du Maghreb N째 62 - Octobre 2012


EDITIONS AGRICOLES Sarl de presse Au capital de 100 000,00 dhs R.C.: 127029 I.F.: 01006251 Patente N° : 35870166 Autorisation : SP04 Groupe DERHEM - PUECH 22 bis, rue des Asphodèles Résidence Zakia - Beauséjour Hay Hassani - 20200 Casablanca Tél. : 212 (0) 522 23 62 12 212 (0) 522 23 82 33 Fax : 212 (0) 522 25 20 94 agriculturemaghreb@gmail.com www.agriculturedumaghreb.com

Directeur de publication Gérard COUVREUR

Rédacteur en Chef Ingénieur Agronome Abdelhakim MOJTAHID

Journalistes Ingénieurs Agronomes Abdelmoumen Guennouni Soumia EL MAHDAOUI Hind ELOUAFI

Ont participé à ce numéro : SRAÏRI Mohamed Taher Nadif Abdelmajid Belhassan Driss, FAYSSE Nicolas

Facturation - Abonnements Khadija EL ADLI

Conception Graphique Yassine NASSIF

Imprimerie PIPO

Régie publictaire France Idyl SAS. 1154 Chemin du Barret 13839 ChâteauRenard Tél. 04 90 24 20 00 Contact : Mme. Brigitte SENECHAL bsenechal@idyl.fr

Edito

Edito

Sortons les petits producteurs de l’isolement !

C

hacun sait que la croissance agricole et le soutien aux petits agriculteurs est le moyen le plus efficace de faire reculer la pauvreté en même temps que de développer la sécurité alimentaire. Mais à cet effet, le défi est double pour ces producteurs. Il s’agit d’une part d’améliorer leur productivité et d’autre part, qu’ils puissent récupérer le résultat économique de leur travail. Le premier point passe par l’application de bonnes méthodes agronomiques (souvent manque d’informations), puis l’utilisation de semences productives (souvent manque de moyens), mais surtout, la mise à disposition de financement pour permettre une capacité normale de fonctionnement. Nombre de ces petits producteurs n’ont pas accès à ces financements. Conséquence, utilisation insuffisante d’engrais avec impact sur les résultats : nous en utilisons moins d’un million de tonnes, alors qu’il en faudrait deux millions et demi. Dernier point et non des moindres, avec encore un accès bloqué, celui qui doit permettre à ces petits producteurs d’écouler leur production dans des conditions économiques satisfaisantes, ce qui bien entendu,

n’est souvent pas le cas. Enfin, reste à considérer cette part d’agriculture contractuelle fondée sur le système d’agrégation, et qui doit là aussi permettre une satisfaction économique équitable de la production. Le bon fonctionnement de cette relation est crucial pour le développement de l’agroindustrie marocaine. Alors problèmes insurmontables ou fonctionnement à reconsidérer ! car la pratique du mode coopératif – on n’a pas encore inventé un meilleur système pour la production agricole – est parfaitement efficace y compris au Maroc, comme le montre le succès de la Copag. Reste à mettre en place les contrôles nécessaires qui redonneront confiance aux opérateurs pour revenir vers le mode coopératif. C’est la clé absolue pour sortir les petits producteurs de l’isolement.

Gérard Couvreur

Directeur de publication

Tous droits de reproduction autorisés avec mention impérative et complète du journal. Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012




Sommaire Sommaire

Nos annonceurs

Actalités

AFEPASA 90 AGRIMATCO 75 AGRIMATCO 109 AGRITECNO FERTILIZANTES 105 Agro Challenge 91 ATLANTICA AGRICOLA 93 BADRA 52 BASF Maroc 35 BASF Maroc 77 BASF Schweiz 7 BAYER CS 2 BEILLARD 14 CARMO 15 CLAUSE 47 CMCP 23 CMGP 120 CNH 83 CNH 101 COGEPRA 102 CONHEXA 29 Crédit Agricole Maroc 5 ESSIEUX BOURGOGNE 88 EUROGAN 112 EXAFAN 113 Filaha Alger Salon 95 FRUIT LOGISTICA Salon 21 GAUTIER Semences 53 Grupo Chamartin 17 HERCULANO 85 IRRISYS 11 LAFOND Pépinière 14 MAMDA 9 MASSO 92 NETPAK 43 NOVAKOR 28 NUNHEMS 49 OTECH 38, 87 RODA Maroc 67 SCPC SAPEL 19 SIBERLINE 25 SIFEL Agadir Salon 33 SILOS CORDOBA 107 SIPCAM 31 SIPCAM 79 SMURFIT 26 STAR EXPORT Pép. 89 STOKVIS 99 SYMAGA 86 SYNGENTA 18 SYNGENTA 51 SYNGENTA 81 TECNIDEX 69-71 TECNIDEX 72-73 TESSENDERLO 50 TIMAC 119 VALAGRO 13 VALMONT Irrig. 103 YARA 27

Melon export Déroulement de campagne 2011/12

SALON

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AGRI-EXPO MAROC 2012 Filière phœnicicole Des acquis à consolider Les Riads du Tafilalet Objectif : produire à l’excellence Bayoud et Charançon Rouge Les ennemis les plus dangereux du palmier dattier Agrumes Maladies de post récolte - Stratégie de lutte Tomate Champignons pathogènes des parties aériennes Un biocontrôle terre à terre Dossier Algérie Cette agriculture qui nourrit les algériens Gestion de la matière Organique: Clé d’une Agriculture Productive, Saine et Durable Production céréalière Le travail du sol et ses outils Les engrais et leurs utilisations en céréaliculture Désherbage de la betterave à sucre Pour de meilleurs rendement et qualité

57 60 62 66 74 78 82 94 98 104 108 110

Canne à sucre Quelles perspectives pour le système de la quarantaine de au Maroc ? Dawajine 2012 L’aviculture en progression Les enjeux de qualité du lait cru au Maroc réalités et perspectives

Petites annonces 

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Actu Actu Recherche

Des robots, des caméras et l’agriculture durable

On se croirait dans un film d’anticipation. Imaginez une sorte de grand bâtiment, renfermant notamment des serres modulables et des chambres climatisées en confinement à l’intérieur desquelles les parties aériennes et racinaires de milliers de plantes, dont certaines convoyées depuis les lieux de culture par des robots, sont filmées par des caméras dans différentes longueurs d’ondes ! Bienvenu à l’intérieur de la Plateforme de Phénotypage Haut Débit (PPHD) de Dijon. Unique en son genre, celle-ci permettra aux chercheurs de disposer d’un équipement «high-tech» pour produire, dans des conditions parfaitement contrôlées, et caractériser, à l’aide de moyens nondestructifs, du matériel végétal. Le développement d’une agriculture dite «durable», autrement dit qui respecte davantage l’environnement, exige un renouvellement des systèmes de cultures basé sur l’exploitation accrue de la variabilité génétique



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des plantes et celle des interactions entre organismes. «Il est donc nécessaire de caractériser les phénotypes de plantes cultivées, de focaliser sur les interactions plantes - microorganismes telluriques pathogènes/mutualistes et l’effet de l’environnement abiotique», explique Christophe Salon, Directeur de recherche à l’INRA et Directeur scientifique de la PPHD. Or cela implique de pouvoir réaliser l’exploration systématique intra ou inter spécifique de la diversité

génétique naturelle ou induite des plantes et de leur adaptation à des conditions environnementales fluctuantes, contraintes, voire stressantes. D’où la nécessité de disposer de plateformes phénotypiques en conditions contrôlées associant un haut débit et une mesure précise et continue de l’environnement des plantes et de leur phénotype.

Les plantes sous l’œil des caméras La PPHD est dotée d’un certain nombre de dispositifs innovants parmi lesquels deux systèmes de phénotypage, basés sur l’analyse d’images dans différentes longueurs d’ondes, qui représentent des outils phares. Ils permettent en effet de caractériser différentes unités biologiques à l’aide de moyens non-destructifs automatisés. «Ce phénotypage pourra être mené soit sur un très grand nombre de plantes sur lesquelles nous effectuerons un nombre limité de mesures, soit sur un nombre réduit de plantes, caractérisées plus fréquemment au quotidien», résume Christophe Salon. Ainsi le premier système de phénotypage, adapté aux unités de petite taille que sont les graines en boîte de pétri, les plantules ou encore les colonies de microorganismes, est équipé d’une caméra mobile capable de balayer la zone de mesure. Destiné davantage aux grosses unités telles les plantes en pots et les rhizotrons, le second de ces systèmes de phénotypage est doté de caméras fixes devant lesquelles les plantes seront amenées depuis les zones de cultures via des convoyeurs. Les caméras fonctionnent évidemment dans le visible, mais aussi le proche infrarouge, certaines d’entre elles utilisant même la fluorescence, ce qui permet de suivre le niveau, la fréquence ou le site d’expression in situ d’un gène d’intérêt. Autre dispositif particulièrement original, les fameux rhizotrons. Constitué de deux lames de verres entre lesquelles sont placés la terre et le système

racinaire de la plante cultivée, ce type de dispositif permet en particulier de visualiser l’interaction entre la plante et les microorganismes telluriques, résultant par exemple dans la formation de nodosités chez les légumineuses. «Ce travail est d’autant plus important que le système racinaire, auquel les chercheurs s’intéressent pourtant depuis longtemps, a été délaissé de part sa difficulté d’accès», rappelle Christophe Salon. Plus d’un millier de rhizotrons vont être ainsi progressivement mis en place au sein de la PPHD qui, dans quelques mois, pourra alors se targuer d’être la seule au monde à disposer d’un système d’une telle ampleur.

Innovation Des rhizotrons particulièrement innovants permettront de cultiver des plantes en conditions stériles, ce qui est une première. Il sera ainsi possible de sélectionner un type de plante et un microbe ou une collection de microorganismes et les combiner dans ce type de rhizotron pour observer comment ils se comportent. Autant d’innovations qui permettront, à terme, de déboucher sur la création et la sélection de nouvelles variétés de plantes. A l’aide d’une telle plateforme, les chercheurs vont pouvoir en effet combiner plus rapidement les vitesses de phénotypage et de génotypage et progresser plus vite dans la compréhension du génome des plantes. «Notre objectif est de trouver les génotypes qui correspondent le mieux à nos besoins et sont les plus aptes à s’adapter aux conditions environnementales dans lesquelles nous souhaitons les développer», indique Christophe Salon qui ne cache pas que les industriels qui pratiquent la sélection variétale, en particulier les semenciers, sont très intéressés par les travaux qui seront développés au sein de cette plateforme.


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Actu Actu Environnement

Journée internationale de la biodiversité Lac Ksar Jdid : un site d’intérêt écologique non encore valorisé HROU ABOUCHRIF, Président APBOSEM hrou.abouchrif@gmail.com

Peu connu, même par la population d’Errachidia, le lac Ksar Jdid est situé près du village du même nom, relevant de la commune d’El Kheng, province d’Errachidia. Il s’étend sur une superficie d’environ 60 hectares, avec une profondeur au milieu du lac pouvant dépasser les 4 mètres pendant les bonnes années. En fait, le volume d’eau est tributaire de la hauteur des pluies enregistrée dans la région, mais aussi du taux de remplissage du barrage Hassan Eddakhil, situé à environ 2 kilomètres, à vol d’oiseau, au nord de cette étendue d’eau. Ce lac, que l’on pourrait qualifier d’artificiel, a vu le jour au moment de la construction du Barrage Hassan Eddakhil inauguré en 1971. Le lieu avait fait l’objet de creusement, de défonçage et de transport de terres nécessaires pour combler et surélever la digue du barrage Hassan Eddakhil. Il constitue actuellement un vaste réservoir d’une diversité biologique que l’on commence à peine à inventorier. Cependant, cet écosystème renfermant une biocénose riche et diversifiée, fait malheureusement l’objet de plusieurs agressions de la part des populations non conscientes de l’importance de la préservation de la biodiversité. En effet, on assiste actuellement à

Tadorne Casarca



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une très forte pression sur ce lac de la part des braconniers qui lancent

Foulque macroule quotidiennement leurs cannes à la recherche du « Black bass », magnifique poisson de sport qui séduit des dizaines de pêcheurs d’Errachidia, sans aucun respect de sa période de reproduction. Les oiseaux aquatiques sont aussi chassés par des gamins et

dérangés par des véhicules qui ne cessent de passer près de leurs habitats. La flore, très riche en espèces spécifiques à cette région oasienne et dominée par une phragmitaie assez dense, a subi à cause Black bass des fumeurs des incendies, à encore identifiées. En hiver, plusieurs reprises. quatre couples de grand A l’occasion de la Journée cormoran (Phalacrocorax internationale de la carbo) ont été observés sur biodiversité (créée en 2000 ce site. par les Nations unies et fixée au 22 mai), l’Association de préservation de la Le site accueille une biodiversité et de protection panoplie d’oiseaux des oiseaux du Sud-Est du autochtones et migrateurs. Maroc (APBOSEM) lance une Il se prête bien à une campagne de sensibilisation valorisation écotouristique, sur l’importance de la ce qui favoriserait la

Heron cendre fei préservation des ressources naturelles et du respect de l’équilibre écologique des écosystèmes dans les régions oasiennes. Une sortie effectuée sur les lieux le 20 mai 2012, par des membres de l’APBOSEM, amateurs d’ornithologie, a permis l’observation de plusieurs espèces d’oiseaux : une dizaine de foulques macroules (Fulica atra), quatre couples de tadorne casarca (Tadorna ferruginea), deux couple du héron cendré (Ardea cinerea) et plusieurs autres espèces non

protection de la biodiversité et notamment les espèces locales d’oiseaux. La mise en œuvre des aménagements de ce site nécessitera la contribution du Haut Commissariat aux Eauxet-forêts et à la lutte contre la désertification, les associations locales, la Commune rurale d’El Kheng, les habitants du village Ksar Jdid, des organismes de protection des oiseaux et les différents acteurs œuvrant dans la lutte contre la dégradation de la biodiversité.


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Actu Actu Environnement

L’agriculture urbaine

produit-elle des légumes de bonne qualité ?

Des chercheurs de l’Université technique (TU) de Berlin ont récemment mesuré des taux de concentration élevés de métaux lourds dans certains légumes produits au cœur de la capitale. L’agriculture urbaine, en plein essor dans plusieurs grandes villes à travers le monde, présente de nombreux avantages pour les citadins, mais la qualité alimentaire des produits pourrait ne pas être aussi avantageuse pour la santé. Une étude réalisée par l’Institut d’écologie de la TU Berlin vient d’être publiée dans la revue scientifique «Environmental Pollution», et montre que les fruits et légumes cultivés au centre ville peuvent être considérablement enrichis en polluants, tout particulièrement ceux produits dans les zones où le trafic routier est élevé. Ina Säumel, responsable de l’étude, explique que les résultats ont été

étonnamment clairs. «Les légumes issus des jardins urbains peuvent être, en comparaison avec des productions standard des supermarchés, pollués par de multiples métaux lourds. Certains ont même dépassé les limites fixées par l’Union européenne pour l’alimentation». D’après les analyses scientifiques les taux de concentration varient considérablement pour une même espèce. De fait il est très difficile, voire

En Europe, Les oiseaux des champs disparaissent

Les populations d’oiseaux des champs les plus caractéristiques d’Europe, comme l’alouette des champs, disparaissent à grande vitesse. Depuis 1980, quelque 300 millions d’oiseaux des champs ont disparu du Vieux continent, selon une récente étude du Birdlife International et de l’European Bird Census Council. Parmi les 37 espèces reprises par le Farmland Bird Index, 22 ont fortement régressé et seules six sont en progrès. De manière globale, le nombre d’oiseaux des champs a plongé de 52%

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depuis 1980, soit la perte de

impossible, d’identifier quelles seraient les espèces sensibles aux polluants et quelles seraient les plus résistantes. Selon les chercheurs de la TU, le plus important semble être le lieu de culture, là où les végétaux auront été mis en terre. Les résultats pour la ville de Berlin montrent que les échantillons qui présentent un taux de polluants moins élevé correspondent à des plantations localisées dans

quelque 300 millions oiseaux en trente ans. La cause de cette hécatombe: la forte régression de la faune dans les campagnes européenne en raison de l’intensification de l’agriculture. Beaucoup d’oiseaux ne trouvent dès lors plus de nourriture en

des zones urbaines où se trouvent certains obstacles limitant la contamination par les métaux lourds, tels que des bâtiments, la présence d’une végétation dense, des plantations régulières d’arbres le long des allées ou une quantité non négligeable de jardins privés.

Source : www.bulletinselectroniques.com/

suffisance ou d’endroits pour nidifier, et disparaissent. «Le parlement européen et les Etats membres négocient actuellement une réforme de la politique agricole commune. Ils ont la clé en main pour arrêter ce déclin. Si nous n’agissons pas maintenant, il sera trop tard pour beaucoup d’espèces», soutient Annelore Nys, experte agricole auprès de l’association flamande Natuurpunt. Source Belga


Hausse des températures

Baisse du PIB en méditerranée Les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient sont particulièrement exposés et leurs économies pourraient être affaiblies par le changement climatique, selon un rapport publié par le Forum Euro-méditerranéen des Instituts des Sciences Économiques (FEMISE), financé par l’UE. « Les économies des pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient seront touchées par les effets du changement climattique. Nos premières estimations indiquent qu’une hausse de 1°C des températures provvoque une baisse du PIB par habitant de l’ordre de 8% en moyenne, avec une fourchette variant de -17% pour l’Égypte à 0% pour la Turquie, la Tunisie et certains pays du Mashhrek. « Cette baisse pourrrait même atteindre 14% si aucune mesure de lutte et d’adaptation face au changement climatique n’est adoptée», indique le FEMISE qui vient de publier un rapport sur les coûts économiques du changement climatique dans les pays du MoyenOrient et d’Afrique du Nord. La diminution des ressources en eau, la dégradation des sols et la hausse de quelques centimètres du niveau de la mer constituent des conséq-

quences directes de la hausse des températurres. « En zone urbaine, la hausse des températures de 1 à 3°C pourrait exposser entre 6 et 25 millions de personnes aux inondattions côtières », prédisent Nicolas Péridy de l’Univversité de Toulon-Var et Ahmed Ghoneim de l’Université du Caire. Les écosystèmes devvraient également subir des modifications. « De tels impacts sont susceptibbles d’affecter les activités économiques, avec des effets importants sur l’agriculture et le tourisme, suite à la baisse significattive des rendements agriccoles et à la hausse de la salinisation des terres due à l’érosion et à la pollution des sols par le sel », ajoute le rapport. L’étude menée conjointtement sur les rives nord et sud de la Méditerrannée prédit une hausse de 2°C dans les 15 à 20 prochaines années et enttre 4 et 6,5°C à la fin du 21ème siècle. Les pays du Maghreb et du MoyenOrient seront également frappés par une forte

baisse, estimée à 20%, des précipitations. Le défficit hydrique risque de toucher 80 à 100 millions de personnes dans les années à venir. Une situattion jugée « inquiétante » car les populations du Maghreb et du MoyenOrient disposent actuelllement des plus faibles ressources en eau. Certains pays ont déjà pris la mesure de ces changements et dévelloppent des programmes d’action avec le soutien de la Commission europpéenne et de la Banque Mondiale. « En termes de gestion de l’eau, un grand nombre de mesures d’adaptation peuvent être mises en œuvre à partir d’un usage rationnel basé sur de nouveaux systèmes de prix et le recyclage. Enfin, des mesures liées à de nouvelles sources d’approvisionnement, comme la désalinisation doivent être considérées», préconisent les auteurs de l’étude Femise. Ces actions, jugées insufffisantes, nécessitent une mise en œuvre à grande échelle. Les pays doivent impulser des changgements structurels et coorddonner leur pollitique environnemmentale.

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Actu Actu Produit

Améliorer la consommation des fruits

Même si les fruits ont des qualités nutritionnelles reconnues, leur consommation en France et dans beaucoup de pays européens se situe encore en deçà des préconisations des programmes de santé nationaux. Ce constat a amené les chercheurs et les professionnels à accorder davantage d’attention aux déterminants de la consommation. L’originalité des recherches actuellement est de se pencher, non seulement sur les systèmes de production (sélection de variétés adaptées, production intégrée), mais aussi sur l’aval de la filière : transformation et consommation des fruits. Selon les résultats d’une récente étude, les odeurs, utilisées comme amorces olfactives, influent sur les comportements alimentaires. Les travaux se sont intéressés à la composante non consciente de la mémoire mise en jeu lors de nos choix alimentaires, à savoir la mémoire implicite. Ainsi, une odeur de melon diffusée à « notre insu » inciterait à choisir plutôt des salades légères que des charcuteries. La poire quant à elle orienterait vers des choix de desserts légers. L’odeur de fraise, au contraire, associée à l’idée de gâteaux ou bonbons, aiguillerait vers des produits plutôt sucrés ou à haute densité énergétique… En utilisant des tests indirects issus de la psychologie cognitive, les chercheurs ont recueilli les intentions de choix suscités par l’exposition à des odeurs de fruits. Lors d’un test d’évocation implicite réalisé avec une soixantaine de participants, les résultats indiquent que pour l’odeur de fraise, 61 % des évocations se rapportaient à l’envie de manger un produit sucré. A contrario, la perception de l’odeur de

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poire amorçait des intentions alimentaires plus « saines ». Les résultats de l’étude montrent également que ce sont les odeurs et les mots qui favorisent le plus l’envie de consommer des produits sucrés comparativement aux images. « Nos travaux montreraient que des modes de communication plus implicites, comme l’utilisation des stimuli olfactifs, pourraient influencer les comportements alimentaires. Les investigations doivent se poursuivre et de nouvelles études vont être réalisées en situation réelle de consommation » explique un chercheur.

La carte santé des fruits Les fruits ont un effet bénéfique reconnu sur la santé. Mais, comme souvent en nutrition, les preuves sont difficiles à obtenir tant le sujet est complexe. De nouvelles approches d’étude du génome et du métabolisme sans a priori contribuent à mieux connaître les nombreux composés bioactifs des fruits. Il est maintenant admis qu’une consommation élevée de fruits (souvent associés aux légumes) exerce une action préventive contre certaines maladies chroniques : maladies cardiovasculaires, cancers de l’estomac, du poumon, de la vessie... Cette hypothèse est étayée par de nombreuses études épidémiologiques réalisées depuis les années 1980 dans divers pays. Ces études consistent à établir des corrélations entre la santé des volontaires et leur régime

alimentaire, ou encore à comparer le régime alimentaire de personnes saines et de personnes malades. Cependant, corrélation n’est pas preuve. L’effet des fruits est-il dû aux nombreux microconstituants qu’ils contiennent ? Au fait qu’ils remplacent dans la ration des lipides dont l’excès est un facteur de risque pour les pathologies en question ? Ou encore au fait que les gros consommateurs de fruits sont souvent sportifs ou peu enclins au tabagisme et à l’alcool ?... Probablement, à toutes ces raisons... Mais pour le démontrer, il faudrait pouvoir comparer rigoureusement l’évolution de la santé d’un grand nombre de sujets témoins et de sujets supplémentés en fruits ou en composants de fruits. Pour l’instant, aucune étude d’intervention de ce type ne s’est avérée suffisamment concluante. Mais, la recherche continue à accumuler des données en combinant un faisceau d’approches : études in vivo sur l’animal et l’homme, et in vitro sur des modèles cellulaires. Polyphénol pas égal à antioxydant Un aliment d’origine végétale contient toujours plus de 200 micro-constituants. La recherche avance pas à pas en se focalisant successivement sur diverses catégories de molécules. L’effet bénéfique des vitamines (C, A), des minéraux (potassium, magnésium) et des fibres, est maintenant relativement bien établi. Plus tardivement, les chercheurs se sont intéressés aux polyphénols,

dont plus de 500 molécules ont été déjà identifiées dans nos aliments. Pour le public, polyphénols = antioxydants. Mais ce n’est plus tout à fait l’avis des chercheurs et ce « dogme » initial est actuellement remis en cause. « On a un peu trop vite assimilé le rôle des polyphénols à celui d’antioxydant protecteur contre les attaques radicalaires qui altèrent les molécules vitales de la cellule (lipides, protéines et ADN). Mais c’est peu probable pour plusieurs raisons : d’abord, leur concentration dans le sang est si faible qu’ils ne jouent sans doute pas un rôle direct de piégeage des radicaux libres. Ensuite, ils sont activement métabolisés au niveau intestinal et hépatique si bien que les formes circulantes n’ont parfois même plus de potentiel chimique antioxydant ! » Ces considérations n’excluent évidemment pas que ces composants puissent avoir des effets physiologiques. Une équipe de chercheurs a d’ailleurs démontré que l’hespéridine, le polyphénol majoritaire de l’orange, est fortement impliqué dans les effets bénéfiques du jus d’orange sur la protection cardio-vasculaire, que l’on observe sur des volontaires après consommation régulière de jus d’orange. Invitro, les chercheurs ont observé que ce polyphénol inhibe l’adhésion des cellules blanches (monocytes) sur les cellules de la paroi des vaisseaux, phénomène responsable de la formation de la plaque athéromateuse dont l’évolution à terme obstrue les vaisseaux. Source : INRA France


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Actu Actu Produit

ABRICOTS

Menaces sur la production

Un loupé pour le plan Maroc vert M. Hassan Debbagh, Président de la FICOPAM (Fédération des industries de la conserve des produits agricoles et de la mer) rappelle que ‘‘l’abricot a été repéré comme une des filières prioritaires pour le plan Maroc Vert, mais visiblement son tour n’est pas encore arrivé ! Bien avant le PMV, le plan Emergence en 2009 avait érigé le secteur agroalimentaire en priorité. Aucune mesure n’a été mise en place et on assiste depuis cinq ans, à une baisse continue des volumes exportés au niveau de tous les produits à base d’abricot. Ainsi, depuis 5 ans, les baisses à l’export de la conserve de ce fruit sont énormes. D’après les statistiques de l’Etablissement Autonome de Contrôle et de Coordination des Exportations (EACCE) arrêtées à fin 2011, les exportations de l’abricot en boite connaissent un recul de 37% en 6 ans, avec 3.080 tonnes de boites exportées contre 4.869 tonnes en 2006. La pulpe d’abricot en boite connaît elle aussi une chute de 25% soit 6.153 tonnes en 2011 contre plus de 8.000

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tonnes en 2006. Pourtant, l’abricot est l’un des fruits qui se prêtent le mieux au processus de valorisation. Les fruits de bons calibre et texture sont transformés en oreillons au sirop et au naturel. Ceux de petit calibre vont à la fabriccation des pulpes. Alors que les fruits abîmés servent à la fabrication des confitures et autres marmelades. Même les noyaux peuvent être valorisés par l’industrie des cosmétiques. Rappelons que l’industrie de transformation s’accapare une grande partie de la production industrielle

en conserve, destinée à l’export, essentiellement vers la France, d’autant plus que le faible pouvoir d’achat pousse les Marocains à consommer un produit non transformé. Du reste, les industriels sont assujettis à une TVA pour le même prodduit qui, lorsqu’il est vendu en vrac, est exonéré. Aujourd’hui, c’est du coté des industriels de la transformation que la situation est au plus mal. « Il y a quelques années, les problèmes de l’abricot étaient plus liés à l’approvisionnement et

aujourd’hui le vrai défi se situe au niveau de la production agricole et ses coûts ! » indique M. Hassan Debbagh. Même si le surgelé s’en sort plutôt bien (près de 4.800 t exportées), cette exception n’a pu malheureusement influer sur le volume global des exportations de l’abricot qui a chuté de 22% passant de 18.533 tonnes en 2006 à 14.378 tonnes réalisées en 2011. «Et ce n’est pas fini, prédit M. Debbagh, les prix des matières premières ne permettent pas des niveaux de compétitivité pour aller sur d’autres pays et d’autres


continents». En réalité, les industriels nationaux n’arrivent pas à faire face à la montée en puissance de la Chine et dans une moindre mesure la Grèce. Au mieux, l’industrie marocaine de transformation de ce fruit à caractère hautement périssable, transforme 20.000 tonnes par an. Et c’est exclusivement

la variété Canino qui fait l’objet du traitement industriel car, c’est la seule que les industriels arrivent à écouler à l’export. Une variété, assez acide qui ne permet pas en revanche à l’industrie de transformation de se tourner vers le séchage et qui aurait pu offrir une valorisation beaucoup plus importante.

Des efforts de diversification du profil variétal sont toujours au stade de la recherche. «L’idéal est d’arriver à produire trois variétés: précoce, semi précoce et tardive. Cela permettrait d’étaler la production sur deux mois et donc offrir aux industriels une plus grande disponibilité de la matière première», souligne

Mohamed Kharrazi, chef du service des filières de la production végétale à la direction régionale de l’agriculture Marrakech Tensift Al Haouz. A signaler que, sur une production nationale pouvant atteindre 120 000 t/an, le Haouz assure 60% avec une superficie de 6.000 ha et un rendement moyen de 12t/ha, alors que le PMV prévoit une moyenne de 20t/ha pour 2020. Aujourd’hui, confie M. Hassan Debbagh, les conserveurs redoutent aussi un déficit en maind’œuvre saisonnière, de plus en plus difficile à trouver, sans parler des besoins pour la cueillette. A titre d’exemple, une industrie agroalimentaire de taille moyenne multiplie par 4 le nombre de ses ouvriers durant la saison. Synthèse d’articles de L’économiste

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Actu Actu Produit

Potato Europe 2012

Le salon de plein champ des professionnels de la pomme de terre  a accueilli plus de 10 000 visiteurs en septembre dernier à Villers-Saint-Christophe dans l’Aisne (France). Le bilan de PotatoEurope 2012 dépasse les objectifs que les organisateurs, ARVALLIS – Institut du Végétal- et ses partenaires s’étaient fixés. « La filière pomme de

sont venus échanger sur le salon.

terre a montré sa modernité et son savoir-faire ainsi que l’attrait de ses productions auprès des professionnels et d’un public international toujjours plus nombreux » commmentent les organisateurs.  La grande attraction créée par 14 chantiers d’arrachage, 5 chantiers de réception et 5 chaînes de tri optique des tubercules est parmi les raisons de ce succès. Les 250 exposants présents (25% de plus qu’en 2008) ont acccueilli leurs clients, faisant de PotatoEurope un important rendez-vous d’affaire. Près de 40% des visiteurs, en provennance pour une grande part du Bénélux, d’Allemagne et du Royaume Uni, mais aussi de plus de 50 pays différents répartis sur les 5 continents,

a récompensé les innovvations de la filière dans deux catégories chères aux producteurs de pommes de terre et tournées vers l’avenir: Les techniques de production durables (TPD) et les nouvelles technologies de l’information (NTI). A notter que la filière pomme de terre française a confirmé sa vitalité, la pertinence de sa recherche et la qualité de sa production.

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Vitalité de la filière française Le concours de l’innovation

Un Pass pour les plants certifiés Lors de PotatoEurope 2012, le GNIS (Groupement Nationnal Interprofessionnel des semences) a présenté le loggo Plant certifié « Passeport pour une Agriculture Sûre et Saine »,  1ère étape de la

communication PASS.  Ce logo pourra désormais être utilisé sur les documents de publication de l’ensembble des acteurs de la filière (obtenteurs, producteurs de

France, Grande Bretagne, Pays –Bas) à partir de 23 millions de tonnes, soit 14,5 % de moins que l’année dernnière. Cette baisse s’explique par des surfaces en recul de

plants, collecteurs, coopérattives, etc.). « La création de ce logo est l’expression même de la volonté des professionnels de préserver la compétitivité de la filière française et europpéenne de pomme de terre. Car l’excellence de cette filière repose sur des valeurs commmunes garanties par la certificcation : qualité sanitaire, séccurité alimentaire, respect des attentes du consommateur, traçabilité de bout en bout », précise le Gnis.

5,8% et un rendement/ha en baisse de 9,2%. PotatoEurope 2013 se déroullera du 11 au 12 septembre 2013 à Emmeloord au PaysBas.

Production en baisse Le NEPEG (groupe des prodducteurs de pommes de terres du Nord-ouest europpéen/North-western EuroppeanPotatogrowers) estime la production totale des pays NEPG (Allemagne, Belgique,

Plus d’informations sur : www.potatoeurope.com.


Centre pivot

Amélioration de la productivité Dans beaucoup de domaines l’introduction du pivot a apporté des changements profonds aux systèmes de culture et de prodduction existants. Ainsi, le système de monoculture d’orge ou de blé des zones arides et semi-arides a cédé sa place aux cultures irriguées avec un progrès spectaculaire sur la productivité. De même, il a été possible d’introduire des cultures dérobées d’été comme le maïs ensilage en plus de l’élevage intensif. Le pivot est l’un des systèmes d’irrigation modernes utilisés en agriculture pour mieux valoriser les ressources en eau, particulièrement dans les régions arides de grande culture. L’effet améliorant de l’irrigation par le pivot sur la productivité est incontestable aussi bien dans l’absolu que par rapport à l’irrigation gravitaire. Cet effet est fonction de nombreux facteurs dont l’étage climatique, le type de sol et la conduite technique. Mais d’une manière générale,

la productivité sous pivot reste meilleure et comparable à celle d’une bonne aspersion mobile. Ce sont les caractéristiques du terrain (forme géométrique, superficie, pente, obstacles,…) qui déterminent le nombre, le type et la taille des pivots à installer. Pour que le projet puisse présenter un intérêt, il doit permettre d’irriguer un maximum de surface et ne laisser que peu de «chutes» de terrain sans irrigation ou pouvant être complétées avec les autres systèmes.

Pour un projet d’envergure, il faut une maîtrise parfaite de la technologie des pivots par le personnel amené à s’occuper de l’entretien par la suite. Le montage est justement l’occasion pour la formation de ce personnel, d’autant plus que pour les premiers pivots, l’opération est réalisée avec l’assistance du fabricant. Le pilotage de l’irrigation par le pivot peut être réalisé dans la pratique en utilisant divers moyens simples, comme la technique des micros lysimètres, le bac type classe A, les tensiomètres ou le calcul d’ETP. Mais d’une manière générale, dans beaucoup d’exploitations agricoles, c’est surtout le pilotage à vue autour des valeurs de restitution de référence, fonction de

l’époque de l’année, de l’étage climatique, de l’exigence et du stade de la culture, qui est le plus souvent pratiqué. Comme pour les autres systèmes (aspersion, gaine, goutte à goutte), la qualité de l’irrigation d’un pivot dépend entre autres, de la qualité de l’étude hydraulique et du plan de busage proposé par le fournisseur. Que l’étude des pivots soit réalisée par le fournisseur lui-même (projet clé en main), ou par l’utilisateur, il faut des données fiables sur les caractéristiques du terrain (plat, pente), la structure de l’appareil (longueur, distance entre cannes) et les données hydrauliques (débit, pression) pour optimiser le plan de busage.

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Actu Actu Produit

Fruitylife, Sécurité et

qualité des fruits et légumes Fruits et légumes frais sont des aliments quotidiens sur les tables européennes. Mais que savons-nous vraiment sur leur sécurité et les processus qui garantissent leur provenance ? Pour répondre à ces questions et promouvoir une alimentation saine et équilibrée, l’Italie, la France et l’Allemagne lancent le projet Fruitylife : tous les jours, à vos côtés, coordonné par Alimos – Alimente la santé - et cofinancé par l’Union Européenne et le gouvernement Italien. Les premières initiatives consistent en une campagne d’information et de promotion directe chez le détaillant, au supermarché et sur les points de restauration commerciale, où seront aménagés des espaces ad hoc dans lez zones fruits et

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légumes, avec affichage et distribution de dépliants. Ces derniers contiennent également un gadget utile et sympathique, le calendrier des fruits et légumes, pour aider les consommateurs à se rappeler le caractère saisonnier de nombreux

produits offerts par la nature et profiter au maximum de leur saveur. Pour souligner l’importance des fruits et légumes frais dans l’alimentation, en termes de bien-être, il a été aussi réalisé une campagne publicitaire amusante, qui voit les fruits et légumes devenir des objets d’usage quotidien. De la jeune femme qui utilise un haricot vert comme crayon de maquillage au melon qui devient combiné téléphonique, de la carotte qui devient stylo à la jeune fille qui écoute de la musique en utilisant deux pêches comme casque. Le

pay off “tous les jours, à vos côtés” souligne le message transmis par les images, celui des fruits et légumes amis fidèles (à vos côtés), en suggérant en même temps une consommation quotidienne. Ces initiatives sont complétées à la fin de l’été par une campagne de communication sur le web: le site internet www. fruitylife.eu donnera toutes les informations et nouvelles sur la filière européenne des fruits et légumes, sur la traçabilité des produits et la sécurité alimentaire, ainsi que des recettes pour goûter au mieux certains produits,


proposés toujours dans une optique saisonnière. Le dialogue avec les consommateurs de fruits et légumes sera en outre entamé par l’intermédiaire de certains des réseaux sociaux les plus courants, en partant de Facebook, Twitter et Youtube « Fruitylife est une initiative que nous considérons comme fondamentale pour la promotion des fruits et légumes européens et l’éducation alimentaire des consommateurs et des responsables des achats », a commenté Massimo Brusaporci, Directeur d’Alimos. En matière de sécurité alimentaire, l’Union Européenne vante une législation extrêmement scrupuleuse et respectueuse de la santé de l’homme. C’est la raison pour laquelle les fruits et légumes produits dans les pays de la communauté présentent des niveaux de salubrité exceptionnels. « Cet atout doit être communiqué pour faire apprécier notre production

de fruits et légumes, dans des pays traditionnellement importateurs comme l’Allemagne mais aussi dans les pays fortement producteurs comme l’Italie et la France ». « Les temps modernes, a conclu Brusaporci, ont en effet augmenté la distance qui sépare agriculture et consommation, en effaçant peu à peu la connaissance des caractéristiques de ces aliments, de leur culture et des systèmes de contrôle. Avec le projet Fruitylife nous voulons divulguer le concept que les fruits et légumes européens sont sains, fiables et contrôlés et garantissent tous les jours une vaste gamme de produits de saison, à l’enseigne de la santé, de la sécurité et du goût». Les associés Alimos impliqqués dans le projet figurent parmi les principales réalittés productrices italiennes, à l’avant-garde des systèmmes de qualité et de certtification : Alegra, Apofruit Italia, Conor, Naturitalia et Orogel Fresco. Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Actu Actu Produit

ce secteur reste entravé par :

Foire Régionale des produits de terroirs

Casablanca, du 28 Novembre au 02 Décembre2012 Notre secteur agricole est caractérisé actuellement par une nouvelle dynamique initiée par la nouvelle stratégie de développement agricole baptisée Plan Maroc Vert (PMV) qui s’articule autour de deux piliers, en l’occurrence : Le pilier I : axé sur le développement d’une agriculture à haute valeur ajoutée et adaptée aux règles du marché. Le pilier Il : consacré au développement de l’agriculture solidaire, dominant principalement les zones de montagnes, les oasis et les zones semi arides, et dont l’objectif majeur serait la lutte contre la pauvreté à travers l’amélioration du revenu des petits agriculteurs. L’objectif est de développer une agriculture plurielle, ouverte sur les marchés internes et externes, territorialement diversifiée et durable, et de rompre avec l’image simplifiée d’une agriculture duale opposant un secteur performant à

un secteur traditionnel marginalisé. Le développement des produits de terroir est considéré parmi les objectifs privilégiés du PMV, et constitue une alternative très prometteuse pour le développement local. L’expérience internationale a montré que certaines zones longtemps considérées comme difficiles et à handicaps permanents, ont su trouver de nouveaux positionnements, notamment grace à des stratégies de terroir qui ont permis la création de richesses. L’importance accordée par le PMV au développement des produits de terroir au Maroc émane, d’une part, des potentialités réelles

que recèle notre pays en matière d’écosystèmes propices, de biodiversité variée et du savoir faire dans ce domaine et, d’autre part, de la demande en consommation sans cesse croissante de ces produits. C’est dans ce cadre, que le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime a mis en place un cadre juridique et législatif à travers la loi 25-06 relative aux Signes Distinctifs d’Origine et de Qualité(SDOQ), pour assurer la préservation et la protection de ces produits tant au niveau national qu’international. Par ailleurs, et face à des perspectives prometteuses,

Mohammed EL HADDI, Directeur régional d’agriculture du grand Casablanca

- La faiblesse de la valeur ajoutée dégagée par ces cultures et leur capacité productive; - L’opacité des circuits de commercialisation qui comportent une multitude d’intermédiaires; - un marché local peu développé ; -Une organisation professionnelle nécessitant un appui tant sur le plan juridique, technique, administratif que financier. C’est dans cette perspective, que la Direction Régionale d’Agriculture de Casablanca organisera la Foire Régionale des Produits de Terroirs du 28 novembre au 02 décembre 2012 à la chaine Carrefour (METRO Sidi Maarouf ), sous le thème «La Capitale Economique au Service des Produits de Terroirs». Près de 25 Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) représentant les différentes régions du Royaume, participeront à cet événement, leur permettant une meilleure pénétration du marché. Cette manifestation socio- économique s’inscrit dans le cadre des actions transverses accompagnant le Plan Maroc Vert (PMV) , notamment la mise en œuvre de la convention avec les grandes surfaces dont l’objectif principal est la promotion des produits de terroir.

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Actu Actu Salon

FRUIT LOGISTICA 2013 Le Pérou, pays à l’honneur

Le Pérou est le pays partenaire du salon FRUIT LOGISTICA 2013, qui aura lieu du 6 au 8 février 2013 à Berlin. «Pour le Pérou, FRUIT LOGISTICA est ce qu’il y a de mieux pour augmenter ses exportations de produits frais car c’est ici que le secteur mondial des fruits et légumes se rencontre», a déclaré Dr Christian Göke, directeur de la société Messe Berlin GmbH organisatrice du salon. Selon les données de PromPerú, la commission de promotion de l’exportation et du tourisme du Pérou, ce pays sud-américain a exporté l’année dernière 842 millions de tonnes de fruits et légumes frais pour une valeur s’élevant à 1,1 milliard de dollars. Les principaux produits exportés ont été le raisin (299 millions de dollars), les asperges (289 millions de dollars), les avocats (164 millions de dollars), les mangues (117 millions de dollars), les bananes (69 millions de dollars) et les agrumes (66 millions de dollars). Outre les Etats-Unis (36%) et

les Pays-Bas (24%), la GrandeBretagne, l’Espagne et HongKong font partie des principaux partenaires commerciaux du Pérou. Le classement suivant montre

l’importance croissante du Pérou en tant que fournisseur international de fruits et légumes frais: Le Pérou est le plus grand exportateur d’asperges du monde, il occupe la deuxième place dans l’exportation des avocats et la troisième place pour les bananes bio. Le Pérou présente également un potentiel de vente croissant pour les grenades, les myrtilles, les figues et les chérimoles. La première participation collective officielle du Pérou à la FRUIT LOGISTICA date de 2003. Depuis, le pays n’a cessé d’agrandir aussi bien

sa surface d’exposition que le nombre d’exposants. L’objectif de participation du Pérou à la FRUIT LOGISTICA est de conquérir de nouveaux marchés en Asie et en Europe de l’Est, de faire avancer et d’augmenter la commercialisation des avocats et des agrumes en Europe et aux Etats-Unis et de s’établir durablement dans les marchés avec lesquels il a signé un accord commercial.

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Actu Actu Produit

Agrumes

Communiqué de presse Baisse dans la production agrumicole au titre de la campagne 2011-2012 Le recul dans la production mondiale des agrumm mes annonce des augmentations de prix avantagm geuses pour les exportations marocaines La production prévisionnelle des agrumes au titre de la campagne agrumicole 20122013 s’élève à près de 1,5 Million de tonnes sur une superficie productive de près de 88 Mille Ha soit un rendement moyen de près de 17 T/Ha. Cette production est en baisse de 24,6% par

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rapport à la production de la campagne précédente. Par espèce d’agrumes, la production prévisionnelle des petits fruits est estimée à près de 675 Mille tonnes, soit une diminution de 24%. La production des oranges est estimée à 763 Mille tonnes, soit une baisse de

27%. La production des autres variétés d’agrumes (citrons, pamplemousses, pomélo...) a en revanche enregistré une hausse de près de 38%.

Les raisons du recul

Ce recul de production est imputé à un ensemble de facteurs liés aux conditions climatiques ayant caractérisé la campagne achevée. Il s’agit principalement des faibles précipitations (241 mm) qui ont enregistré une baisse de 36% par rapport à la normale (375 mm), des basses températures durant le mois de février ayant causé une floraison amplifiée et précoce suivi de hausses de températures durant le mois de mai et juillet et des vagues de chergui

qui ont coïncidé avec la période de chute physiologique des agrumes. Ces conditions ont affecté négativement la production dans certaines régions agrumicoles principalement Souss Massa Draa, Gharb, Tadla et Marrakech. En revanche, dans la région de Moulouya, les conditions climatiques ont été normales pour les plantations d’agrumes.

Une baisse généralisée

Le recul dans la production des agrumes n’est pas propre au Maroc, elle est généralisée au niveau de tout le bassin méditerranéen et touche les principaux pays producteurs. Dans cette région, les premières prévisions montrent un recul de l’offre à l’export se situant entre 15 et 20 %. Cette situation devrait se traduire par des prix soutenus à l’export qui maintiendront leurs niveaux de la campagne 2011/12 avec tendance à la hausse dès le mois de décembre. Sur le marché national, les prix resteront fermes voire en augmentation par rapport à 2011-2012.


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Actu Actu Recherche

Manger et s’éclairer

INRA France Au domaine de La Valette à Montpellier, une installation expérimentale associe des panneaux photovoltaïques placés en hauteur et une production agricole réalisée au sol. Les chercheurs ont pu mesurer et modéliser l’intérêt cumulé de la production d’énergie et d’aliments sur une même surface. L’essai est concluant et un dispositif « pilote » de plus grande ampleur verra le jour prochainement. On sait que la photosynthèse des plantes a un faible rendement de conversion de l’énergie solaire (3 %), très inférieur à celui de panneaux photovoltaïques (15 %). Par contre, l’une produit l’aliment, essentiel à la vie, pendant que l’autre fournit de l’électricité. Les systèmes agrivoltaïques, imaginés par les chercheurs de l’unité mixte de recherche SYSTEM* en collaboration avec la société Sun’R, associent ces deux convertisseurs d’énergie solaire, l’un biologique et l’autre physique, sur une même surface. Ce nouveau concept permet de préserver l’usage des terres agricoles pour l’alimentation, tout en répondant aux besoins croissants de production d’énergie.

Le sol gagne en productivité L’expérimentation consiste à évaluer les

rendements de cultures sous des panneaux photovoltaïques, et à les comparer à ceux de cultures témoins sans cet ombrage particulier. L’installation a pour objet de comprendre si les deux productions peuvent être associées. Une centrale photovoltaïque de 8 500 m² a été construite en

panneaux solaires ont été expérimentées : celle d’une centrale classique et une demi-densité de panneaux laissant passer plus de lumière vers les cultures. Pour compléter l’approche, des modèles numériques ont testé d’autres variantes. « Les premiers résultats sont

le modèle numérique. De nouvelles possibilités doivent être explorées, notamment avec des panneaux photovoltaiques mobiles pour éclairer les plantes à certains stades physiologiques sensibles de leur développement. Les dispositifs agrivoltaiques ont été imaginés à partir de l’expérience du laboratoire sur les systèmes agroforestiers, qui combinent arbres et cultures sur les mêmes parcelles. L’association permet de mieux valoriser

pergola sur le campus d’Agropolis à Montpellier. Deux densité de

très prometteurs, indique Christian Dupraz, de l’UMR SYSTEM. Ils font apparaitre un gain de productivité totale du sol compris entre 35 et 75% selon la densité de l’ombrage induit par les panneaux. Ce qui signifie qu’une exploitation agrivoltaique de 100ha fournirait autant d’aliments et d’électricité qu’une exploitation de 135 à 175ha sur laquelle les deux productions existeraient séparément ». Un pilote de 2ha va être mis en place en 2013 pour mieux asseoir les hypothèses incluses dans

les ressources du milieu (lumière, eau, nutriments), et de profiter de certaines interactions positives entre composantes. Dans les deux cas, les cultures, partiellement ombragées, pourraient aussi avoir une meilleure efficience d’utilisation de l’eau, ce qui est partiellement recherché lorsque la ressource est limitée.

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* Unité mixte de recherche SYSTEM « Fonctionnement et conduite des systèmes de culture tropicaux et méditerranéens » CiradInra-SUPAGRO (France).


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Actu Actu Produit

Tomate

Des flux Sud-Nord

Derrière la Chine, l’Europe est le principal marché de la tomate fraîche. Production, exportation, importation alimmentent un flux d’échanges de trois millions de tonnes, la moitié des échanges mondiaux, et représentent d’importtants enjeux agronomiques économiques et sociaux. L’Union européenne (à 27 pays) produit en moyenne près de 16 millions de t de tomates à destination de la vente en frais et de la transformation. « En déduisant la part consacrée à ce dernier débouché, on peut estimer à sept millions de tonnnes la production européenne de tomates pour le marché du frais », mentionne Christian Hutin, Ctifl. L’Espagne (deux millions de t), l’Italie (1,1M/t), les Pays-Bas (0.7M/t) réalisent environ 50 % des volumes en Europe. Touttefois, si ces trois pays restent leaders, ils voient évoluer leurs poids respectifs sur ces dix dernières années. L’Espagne qui garde sa première place, passe de 2,5 millions de tonnes en 2001 à deux millions en 2010. Les Pays-Bas progressent de 500 000 t à 700 000 t. Mais la suprémmatie européenne de ces pays s’inverse lorsqu’il s’agit de leurs exportations. En effet, depuis 2008 les Pays-Bas sont devenus les premiers exportateurs europpéens de tomate au détriment de l’Espagne. L’Italie perd aussi des volumes de production en

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passant de 1,4 million de tonnes à un million entre 2001 et 2010. En France, la production de tomate destinée au marché de frais est estimée à 530 000 tonnes après avoir atteint plus de 600 000 tonnes en 2006. Des chiffres qui positionnent la France comme un des princcipaux pays producteurs, au même niveau que la Pologne qui développe régulièrement sa production sous serre. Mais ceux-ci sont revus à la baisse par les professionnels de la tomate. Source : Réussir Fruits & Légumes

La tomate : comment l’aimez-vous ? Deux résultats de recherche récemment publiés synthétisent les travaux de chercheurs d’Avignon (centre Inra Paca) sur la tomate, premier fruit produit dans le monde et deuxième légume (après la

pomme de terre). Une équipe a coordonné une étude comparative sur les préférences des consommateurs européens. Elle montre que d’un pays à l’autre, leurs préférences se rejoignent. Le goût, la texture et l’apparence sont les critères déterminants qui fédèrent les choix des consommateurs repartis selon quatre catégories : les gourmets, les traditionnalistes, les classiques et les indifférents. La seconde équipe a comparé l’évolution de trois familles de micronutriments – caroténoïdes, polyphénols et vitamine C - au cours de la transformation de variétés de tomate rouge et jaune. À la

cuisson, la tomate rouge résiste mieux, sur le plan nutritionnel, que son homologue jaune : les teneurs en caroténoïdes restent inchangées alors qu’elles accusent une perte importante chez la tomate jaune. Les consommateurs européens se rejoignent quant à leurs préférences en matière de tomate. C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs de trois pays de l’Union Européenne dont ceux de l’Inra. Loin d’être anecdotique, cette donnée aidera les sélectionneurs à proposer des produits répondant mieux aux attentes des consommateurs.


Melon

Le réservoir génétique est plein Les melons sauvages originaires d’Afrique de l’Est, d’Inde ou d’Extrême-Orient ont peu de points communs avec ceux produits et consommés en Europe ou dans le monde. Mais ils représentent aux yeux de Michel Pitrat, Melon très parfumé, mais sans gout

chercheur en génétique et amélioration des plantes à l’Inra d’Avignon (84), un formidable réservoir de gènes. De là viennent la Melon kirkagac (Turquie)

résistance à la fusariose (var. makuva) et celle aux pucerons (var.chinensis). « A moyen terme, il est envisageable de disposer de résistance au mildiou à partir de géniteurs originaires de l’Inde. On compte une quinzaine

d’années pour introduire un gène dans des variétés commerciales. Et les travaux de recherches ont commencé depuis dix ans », mentionne avec espoir le chercheur. Il en est de même pour la résistance au virus du concombre (CMV), celui de la pastèque (WMV) et la mosaïque jaune de la courgette (ZYMV). En revanche, celles à la cladosporiose ou aux nématodes ne sont envisageables qu’à plus longue échéance car l’évaluation des ressources génétiques est seulement en cours. Mais d’autres voies d’amélioration sont envisageables. « Une nouvelle variété est un point de confluence entre les proposition de sélectionneurs, les besoins de producteurs et l’attente des consommateurs », explique le spécialiste. Dans le cas du melon, la diversité est telle qu’il est imaginable d’avoir des melons qui se pèlent comme une banane, avoir des melons fluo ou apyrènes (sans pépins), mais aussi disposant d’un système racinaire plus puissant... Melon serpent avec un gout de...concombre

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Actu Actu Produit

Espagne, Un nouveau plastique

France, Le génome du

Un nouveau plastique biodégradable, d’origine végétale a été testé par des scientifiques de l’ADESVA (Centro Tecnológico de la Agroindustria Onubense) dans la région de Huelva. Ce projet a été mené à bien en collaboration avec le ministère espagnol de l’Innovation, des sociétés privées européennes et des centres de recherche comme l’Université de Lisbonne et d’Aarhus au Danemark. Ce nouveau plastique biodégradable pourrait être utilisé dans les plantations de fraises d’ici deux ans.

Des chercheurs français du Cirad et du CEAGenoscope viennent d’achever le séquençage de l’espèce Musa acuminata, qui entre dans la composition de toutes les variétés comestibles (bananes desserts ou à cuire). Le séquençage permet d’accéder à l’ensemble des 36 000 gênes et à leur position le long de ses 11 chromosomes. Le travail

d’origine végétale et biodégradable

Il permettra de limiter l’impact environnemental du plastique, sachant que l’activité agricole dans la province de Huelva génère 21.000 tonnes de matières plastiques qui doivent être éliminées. Source : ideal es, radio lepe com

Projet: alternative à la tomate

La société RUVENTA conduit un projet pour développer les blueberries comme  alternative à la tomate dans la région de Murcia. Plus rentables et plus compétitives, ces cultures apporteraient une nette valeur ajoutée aux producteurs, par rapport aux cultures ‘’en déclin’’ comme la tomate. Source : Gruventa

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bananier séquencé

aura duré plus de dix ans, souligne le Cirad qui avait déjà coordonné en 2010 le séquençage du génome du cacaoyer, fruit des efforts communs d’un consortium international. Une avancée qui va faciliter l’identification des gènes responsables de la résistance aux maladies, qualité des fruits... Pour les chercheurs, ces connaissances vont apporter une «aide essentielle pour l’amélioration des variétés» alors que «le bananier est soumis à des menaces parasitaires constantes et qui est capitale pour la sécurité alimentaire et économique de plus de 400 millions de personnes des pays du Sud». Soulignons cependant que si la création de variétés plus résistantes est une nécessité, elle est compliquée par la très faible fertilité des bananiers. Source : cirad, afp


Actu Actu Logistique

Nouvelle ligne maritime Maroc - Europe – Russie

A partir de novembre, le transporteur maritime CMA CGM lancera un nouveau service destiné aux exportateurs marrocains d’agrumes et de primeurs. Ce nouveau service viendra en complément d’une reconfiguration de l’Agaddir Express et du renforcement du service entre Agadir et Port-Vendres. En effet, à compter de novvembre, en accompagnemment de la campagne d’expportation de 2012/13, une nouvelle solution logistique «sur mesure» sera disponible pour les exportateurs maroccains : DUNKRUSS Express. Mis en service par la CMA/ CGM, ce service permettra d’acheminer les produits frais depuis Agadir vers Dunkkerque en 4 jours, puis vers St Petersbourg  (T/S via Dunkkerque) en 10 jours et demi. « Ces départs hebdomadair-

res, ainsi que les prestations personnalisées de livraisson domicile et logistique door/door, permettront aux clients européens de récepttionner leurs marchandises rapidement et aux jours de la semaine les plus adéquats pour les ventes », déclare le groupe dans un communiqqué. A noter que le Transit Time de 10 jours ½ permettra au Groupe d’accompagner les primeuristes marocains dans le développement de leurs

exportations sur ce marché en nette croissance, surttout avec la forte tendance de conteneurisation qui s>opère dans le secteur des primeurs depuis les 4 dernièrres années

Détails : Jour de départ : - Casablanca : Dimanche 18.00 PM

- Agadir : Mercredi 2.00 PM Jour d’arrivée : - Dunkerque : Dimancche   6.00 PM - Anvers : Lundi 16.00 PM - St Petersbourg :  Samedi 20.00 PM  (semaine N+1)  Gage de garantie et de sécurrité pour le transbordement : le dimanche pour départ le lundi vers la Russie.

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Actu Actu Produit

Mexique et Etats-Unis La guerre de la tomate

Imbroglio commercial sur fond de campagne électorale américaine. Après 16 ans de libre-échange, les Etats-Unis vont interdire les importations mexicaines de tomates. Les producteurs de Floride avaient demandé la suspension de ces importations pour cause de dumping commercial, considérant que les tomates mexicaines étaient vendues à des prix inférieurs aux coûts de production américains. Le département du

Espagne

Sévères dommages pour l’agriculture Les régions espagnoles d’Andalucia et de Murcia ont subi des pluies torrentielles

Etats Unis

Une citrouille géante de 911 kilos ! Dans la ville de Topsfield, Etat du Massachusetts, le concours de citrouille géante est considéré comme le Super Bowl du potiron. Le «New England Giant Pumpkin Weigh-Off» a

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Commerce a donné raison

qui ont gravement endommagé le secteur agricole. Il est encore trop tôt pour dresser un bilan exact des dommages, mais des milliers d’hectares d’agrumes et de cultures légumières ont été entièrement détruits. Dans

couronné Ron Wallace, qui a présenté une citrouille de 2009 livres, soit 911,26 kg. Ron Wallace a reçu un chèque de 5 500 $ pour la 1ère place et un autre de 10 000 $ pour être le 1er à dépasser la barre des 2000 livres. Rappelons que le poids de 1000 livres (453,6 kg) avait été atteint en 2000. Ce nouveau record de plus de

à ce point de vue et le gouvernement américain va étudier la situation et lancer des consultations. La décision finale devrait intervenir dans un délai maximal de 270 jours. Rappelons au passage que la Floride, 2e Etat producteur de tomates aux ÉtatsUnis, est une région cruciale pour remporter l’élection présidentielle du 6 novembre.    Source : La presse ca

la région de Lorca (Murcia) 20.000 hectares de terres irriguées ont été submergées par la boue et les récoltes sont perdues.

Source : lne es, la razon

2000 livres était considéré comme impossible à franchir. Certains pensaient que la structure de la citrouille ne pouvait pas supporter ce poids, d’autres qu’il était impossible de développer cette masse dans une saison de croissance, à partir d’une seule graine minuscule.   Source : the providence journal, boston globe 

Tous les pays Croissance continue pour les fruits tropicaux

Depuis une dizaine d’années, la croissance continue de la demande a stimulé la production. La FAO prévoit une production mondiale de fruits tropicaux de 82,1 millions de tonnes en 2014. Selon le rapport de la FAO, la production de mangues atteindrait 28,8 millions de tonnes. L’Inde sera toujours le plus gros producteur mondial avec 40% de la production totale, soit près de 11,6 millions de tonnes. La production d’ananas atteindra 18,7 millions de tonnes, et l’AsiePacifique devrait garder la part la plus importante de la production mondiale (46%) devant l’Amérique latine (29%) et l’Afrique (16%). La production de papayes atteindra 13 millions de tonnes, répartie entre la région Amérique latine-Caraïbes (30%), l’Asie-Pacifique (20%) et l’Afrique (15%).   Source : FAO


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Actu Produit Coup d’envoi de la campagne agricole 2012/2013 Fidèle à sa volonté d’accompagnement de l’agricculture nationale et de son développement, le groupe OCP a lancé le 4 octobre à Boufekrane, la première étape de la caravane céréale 2012 qui en comportera 12 dans toutes les zones céréallières du Maroc. Cette caravane sera ponctuée d’une grande interactivité entre les agriculteurs invités, les experts agronomes mobilisés pour l’évènement et la participation des distributeurs partenaires dans chacune des 12 étapes, dont la société Timac Agro Maroc pour cette première étape à Boufekrane. Cette opération s’adresse surtout aux petits agriculteurs, afin de les aider à mieux comprendre la typologie de leurs sols ainsi que les meilleurs moyens pour améliorer le rendement de leurs cultures . Cette nouvelle campagne qui table sur la culture de 5,4 millions

d’hectares de céréales et de légumineuses sera marquée notamment par la poursuite du programme d’économie d’eau et d’amélioration du système d’assurance agricole. Cette caravane s’inscrit parfaitement dans le cadre

Entretien avec Tariq Lazrak PDG de Timac Agro Maroc « Le problème de la consommation d’engrais au Maroc, provient de deux facteurs limitants. Tout d’abord, il faut préciser que cette consommation est d’environ 950.000 t (moitié engrais phosphaté, moitié azoté), alors que les besoins actuels selon les cultures se situent autour de 2,5 millions de tonnes. Une consommation prévue d’ailleurs par le Plan Maroc Vert et qui n’a 32

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pas évolué depuis, pour des raisons essentielles de financement de la petite agriculture. Le second facteur limitant concerne les petits agriculteurs qui produisent souvent sans savoir combien ils vont vendre. Si la campagne est mauvaise, ils perdent de l’argent, si elle est bonne, le gros de la marge va chez les courtiers.

du Plan Maroc Vert et repose sur une volonté de proximité avec les agriculteurs, afin d’évoquer leurs besoins et leur proposer les produits et services les mieux adaptés à leurs sols. Il s’agit bien de valoriser les nouvelles formules d’engrais et leur adaptabilité à la production locale. La nouvelle campagne agricole, a précisé par ailleurs monsieur Aziz Akhannouch Ministre de l’agriculture, commence dans le cadre de nombreuse transformation positives. Le Ministère de

l’agriculture, en collaboration avec l’ensemble des acteurs concernés, a œuvré pour la mobilisation de tous les moyens nécessaires afin de réussir cette campagne. Parmi ces moyens figurent la mise à disposition des agriculteurs de 1,5 millions de tonnes de semences et d’un million de tonnes d’engrais. A noter que l’OCP veillera à travers l’opération « SAMAD » à approvisionner en engrais les régions montagneuses et reculées. L’agriculture est aujourd’hui l’avenir de la méditerranée a précisé Aziz Akhannouch, et doit rester une des priorités stratégique du Maroc.

Tous les efforts doivent porter sur l’organisation des coopératives avec un vrai contrôle de fonctionnement

pour stabiliser la confiance des producteurs. C’est la pierre philosophale de notre développement agricole ». Au centre Tariq Lazrak en entretien avec des producteurs


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Actu Actu Entreprise

Nouvel Insecticide granulé

FMC / BASF

contre les insectes du sol de la betterave sucrière A l’occasion du lancement de son nouvel insecticide sur betterave à sucre « Brigada Géo » (0,4% Bifenthrine), BASF Maroc, en collaboration avec FMC, a organisé deux journnées les 2 et 4 octobre 2012, respectivement dans les réggions de Tadla et du Gharb, afin de présenter ce nouveau produit aux professionnels du secteur sucrier marocain et plus particulièrement aux producteurs de la betterave à sucre.

De gauche à droite : M. Faress - ORMVAT, Mme Bouc - SUTA, M. Chetouani - BASF Maroc, le Dr EZZAHIRI - IAV Hassan II

Cet évènement a réuni près de 240 personnes lors des deux journées d’information. Etaient présents : les représentants des producteurs de betterave sucrière dans les deux régions, les responsables agronomiques de la SUTA et de la SUNABEL, les ingénieurs et techniciens de l’ORMVAT et ORMVAG, ainsi que des jeunes promoteurs dans le domaine de la distribution des intrants agricoles. Les invités ont pu assister à diverses présentations, portant d’une part sur les maladies et ravageurs qui

BADRA, Journée sur la

A gauche M. Chaouki Talhaoui (BADRA), à droite M. Frank Luque (Novafrut)

protection anti-grêle

En arboriculture, une chute de grêle peut réduire à néant les efforts de toute une année de travail et condamner la production entière. Elle peut même constituer un danger pour l’arbre lui-même et l’avennir du verger, avec toutes les conséquences économmiques et sociales qui en découlent. Consciente du fait qu’il n’y a pas de meilleure protection contre

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ce phénomène naturel que les filets anti-grêle, la société BADRA a mis en place un partenariat avec la société Novafrut, leadder dans l’ingénierie et l’installation des structures anti-grêle. Grâce à ce partenariat, la société BADRA permmet actuellement aux arboriculteurs d’accéd-

menacent la betterave à sucre, présentés par Dr Brahim Ezzahiri (Professeur à l’IAV Hassan II), et d’autre part sur la solution apportée par BrigadaGeo qui permet de lutter contre les insectes du sol qui affectent directement le peuplement de cette culture, facteur clé dans l’amélioration de la production. En effet, grâce à sa composition à base de Bifenthrine, BrigadaGeo agit par contact et par ingestion tout en assurant une efficacité meilleure que celle des autres produits disponibles actuellement sur le marché.

der à une technologie de pointe à même d’assurer une protecttion efficace et éviter ainsi les mauvaises expériences avec les installateurs amateurs. BADRA a choisi comme agent local une jeune entreprise familiale, le Comptoir agricole industriel EL-ABDY à ZAIDA, réputée pour son sérieux et son dynamisme, pour être son interfface avec les agriculteurs de la région.

Dans le but de mettre les agricculteurs au courant des dernièrres nouveautés dans le domaine de la lutte anti-grêle, les trois sociétés susmentionnées ont organisé le 11 juillet 2012 à ZAIDA (MIDELT), une journée d’information sous le thème « Conception et Réalisation de Structures Paragrêles au Marroc », animée conjointent par M. Frank Luque (Novafrut) et M. Chaouki Talhaoui (BADRA).


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Actu Actu Entreprise

Valmont Irrigation

Une technologique très rentable Valmont Irrigation était représentée au SIAM 2012 à Meknès, avec pour objectif la mise en avant de l’irrigation par pivot, dont les principaux atouts sont l’optimisation de la gestion de l’eau, et de l’énergie et une meilleure utilisation de la main d’œuvre. L’irrigation par pivot automatisée est particulièrement préconisée pour la culture du maïs, de la luzerne, de la betterave, des céréales ou encore de la canne à sucre. Ce mode d’irrigation demande un coût

d’investissement réduit pour une durée d’utilisation de 20 à 30 ans. La présence de Valmont au Maroc date des années 80. Le spécialiste de l’irrigation commercialise son matériel sous la marque Valley® et propose une technologie très rentable auxv exploitations ayant des parcelles de 12ha et plus. Valley® fait des recommandations selon parcelle, type de sol, cultures à irriguer, disponibilité en eau et énergie, choix du degré d’automatisation, mode d’application. Ils forment aussi à l’utilisation et l’entretien des machines.… L’irrigation par pivot exige très peu de main d’œuvre puisque qu’il n’y a pas d’opérations de pose et de dépose de matériels au début et à la fin de chaque cycle de culture. L’efficience de l’irrigation par pivot bien dimensionné

CALIMAROC

Voyage d’étude en France

est d’environ 95 %. «Ce qui explique, indique François Levesque, Directeur Général Europe et Afrique de l’ouest, que l’irrigation par pivot soit aujourd’hui privilégiée dans des pays tels que le Brésil, la Russie ou l’Afrique du Sud. D’autres pays, comme l’Espagne ou le Portugal ont mis en place des mesures pour la gestion raisonnée de l’eau et obligent les agriculteurs à utiliser l’irrigation par aspersion au travers d’un système de subvention adéquate; l’économie en eau est de l’ordre de 50 % par rapport à l’irrigation gravitaire. Avec un coût d’investissement minimal et une durée de vie du matériel de 20 à 30 ans, l’irrigation par cette technique pivot permet aux agriculteurs marocains de produire plus tout en économisant et préservant les ressources naturelles du pays : eau, sols, énergie. De plus l’automatisation permet d’optimiser la gestion de l’outil. Une traçabilité est assurée pour toutes les opérations réalisées, indiquant les volumes d’eau et de fertilisants utilisés sur chaque parcelle. Outre l’intérêt environnemental, l’irrigation automatisée par pivot est une

l’occasion pour visiter les hauts lieux de la Bretagne, notamment le Mont Saint Michel et la vieille ville de Saint Malo. Ils ont ensuite

M. François Levesque

aide précieuse au respect des cahiers des charges précis, à la préparation des sols, à la bonne germination des semis ou encore, par exemple, à la facilité de l’arrachage de la pomme de terre qui permettra sa bonne conservation postérieure. Aujourd’hui, toutes les agricultures compétitives et durables font appel au mode d’irrigation par pivot ». Socopim assure sur le territoire national la distribution des matériels Valley® et se charge du conseil et des études de projets, de l’installation du matériel, de la fourniture des pièces de rechange et de la maintenance. Le réseau de succursales et d’agences de la Socopim, présent sur tout le pays, offre la qualité d’un service de proximité aux agriculteurs marocains. www.valleyirrigation.com www.groupe-premium.com

terminé leur séjour en beauté par une visite guidée et commentée des grands monuments de Paris.

En partenariat avec les laboratoires GOËMAR, la société CALIMAROC a organisé un voyage d’étude au profit de son équipe commerciale dans la région de la Bretagne en France. Ce voyage, qui s’est déroulé du 24 au 29 septembbre, était une occasion pour les deux partenaires d’échangger leurs expériences professionnelles. Au programme, des visites de l’usine GOËMAR à Saint Malo, de la station expérimentale à Angers, du laboratoire de recherche à Roscoff et du site de collecte de l’algue « Ascophyllum Nodosum » à l’île Césan. Plusieurs meetings ont également été programmés particulièrement avec le 36

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CATE (Comité Administratif et Technique et Expérimental de la région de Bretagne), en présence des responsables de la station de recherche pilote de Végénov et certains producteurs utilisateurs des produits GOËMAR. Pour joindre l’utile à l’agréable, l’équipe CALIMAROC a profité de

Equipe des technico-commerciaux de CaliMaroc sur l’ile Césan en Bretagne (site de collecte de l’algue Ascophyllum Nodosum). De droite à gauche Messieurs: MOUZIMI (région d’El Jadida), IGROUANE (région du Haouz), HAKIM (Région Meknès Sais), Jean Claude (Récolteur d’algues), ESSAOUDI (Directeur technique et Marketing), ZBAIR (région de Souss), AMAZZAL (région de l’Oriental).


Interview de monsieur Brahim El Anbi  Responsable commercial et développement Valagro au Maroc Agriculture du Maghreb : vous avez intégré Valagro début 2012, parlez-nous de cette nouvelle aventure

Brahim El Anbi : je dirai que c’est un défi professionnel extrêmement intéressant. Il faut savoir que Valagro est parmi les leaders mondiaux dans le domaine de la nutrition spécifique des plantes. Avec un savoir-faire de plus de 30 ans, et des efforts considérables en recherche et développement, Valagro est une entreprise qui crée de l’amélioration et de l’innovation pour l’agriculture durable

AdM : qu’entendezvous par nutrition spécifique ? B.E.A : Valagro est producteur de spécificités. L’important pour le producteur est de disposer d’un produit « caractérisé » c’est-à-dire que lorsque le problème est identifié, il faut lui appliquer le seul produit qui convient. Pas de produit magique, rien que le produit qui convient, d’origine naturelle et vraiment efficace. En fertilisation c’est essentiel.

AdM : vous avez parlé d’efforts considérables en recherche et développement B.E.A : tout ce que vise la recherche chez Valagro

c’est d’apporter la preuve de l’efficacité de ses produits, d’où le Geapower  qui résume toute l’action et l’éthique de Valagro. Le Geapower  est une nouvelle façon de penser basée sur la science, l’éthique et la durabilité : la maîtrise du produit et de la matière première.

AdM : comment parvient-on à cette maîtrise ? B.E.A : cette maîtrise repose sur 4 piliers : 1 - tout d’abord, sur la connaissance et l’accès aux meilleures matières premières, dont Valagro sécurise l’approvisionnement (rachat d’Algea, vecteur majeur de production d’ascophyllum Nadosum), 2- ensuite, avec des méthodes d’extraction avancées, pour préserver les composants actifs biologiques de ces matières

premières (de l’extraction cryogène à l’extraction enzymatique), 3- il a été également nécessaire de mettre en place des stratégies d’étude capables de déterminer, en très peu de temps et sans erreur, la caractérisation chimique, physique et biologique exacte des composants extraits, en évaluant avec autant de précision leurs effets sur la physiologie des plantes. Dans ce domaine, Valagro a pris de l’avance avec son approche génomique dont les résultats sont publiés 4- enfin le savoirfaire nécessaire pour rendre tout le processus efficace et l’orienter vers la création de solutions spécifiques et innovantes. Pas seulement de simples fertilisants, mais aussi des biostimulants, à savoir des produits à même d’agir naturellement sur des fonctions spécifiques de la plante, en la rendant plus forte, plus saine, plus productive. Il s’agit en fait de faire le pont entre le laboratoire et les champs. Un savoirfaire où la science se met au service de la nature. J’ajouterai que I’important n’est pas ce qu’est le produit mais ce qu’il fait.

AdM : quelle est votre priorité aujourd’hui sur la marché marocain ? B.E.A : La dernière spécialité issue de la technologie Geapower s’appelle Kendal

Nem et s’attaque à la problématique des nématodes. Ce produit de nouvelle génération, lancé au Maroc presqu’en même temps qu’en France et en Espagne, révolutionne le mode de penser en passant de la notion de nématicide à la notion de némastatique. C’est la nutrition au service de la santé des plantes ! Le GEA099 agit grâce à la combinaison spéciale de matrices d’origine végétale, qui opèrent par le biais de trois différentes phases complémentaires : Step 1 : Crée une barrière Le complexe de substances actives de Kendal Nem déclenche des conditions défavorables pour les nématodes à proximité des racines en ralentissant leur mouvement et leur remontée vers l’appareil radical de la plante. Step 2 : Renforce les racines. Kendal Nem augmente les résistances physiques des plantes en réduisant la pénétration des nématodes et en épaississant les parois des racines. L’appareil radical présente ainsi une forte réduction dans la formation des galles. Step 3 : Augmente le métabolisme. Kendal Nem garantit une activation rapide des processus métaboliques en stimulant la formation de nouvelles racines en remplacement de celles abîmées par les attaques des nématodes. De cette manière, il y a un véritable renouvellement de l’appareil radical de la plante.

www.valagro.com Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Actu Entreprise

Installation de Bell Hassan,

SILOS CÓRDOBA

Des installations sur mesure L’activité de la société Silos Córdoba comprend l’étude, la conception, le design, la fabrication, le montage et la mise en marche des installations agro-industrielles, ainsi que la fabrication de silos métalliques. Pour comprendre l’évoluttion des activités de cette entreprise espagnole présente au Maroc depuis 1997, nous avons posé trois questions à M. Aresh Amir, le Directeur commercial de Silos Córdoba. Pouvez-vous nous parler des réalisations de Silos Córdoba au Maroc ? Au Maroc, Silos Córdoba a réalisé des installations dans plusieurs régions agricoles, notamment Casablanca et Fès-

Meknès. A titre d’exemple, je peux citer: - l’installation Zoubida conçue pour le stockage du maïs avec une capacité de 20 000 tonnes. Elle est composée de 4 silos du modèle 22.92/12. Silos Córdoba

Installation d’Agroeks en Slovaquie. Ce sont les silos les plus grands construits par Silos Córdoba. Avec un diamètre de 41,25 m, ce sont les plus grands silos jamais construits en Europe.

SAOAS-SAKATA

Journée tomate à Feddalat Fidèles à leur politique de proximité, le groupe SAOAS/ALFACHIMIE et son partenaire le semenccier SAKATA Seeds ont organisé le 18 septembre dernier une journée de démonstration sur la tommate dans la région de Mohammedia/FEDDALAT. La journée qui a connu la présence d’une centaine d’agriculteurs des régions de Mohammedia et de

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Skhirat, avait pour objectif de présenter la variété de tomate SHEILA F1 de SAKATA, développée

a également développé la macchinerie de ce site. - l’installation Bel Hassan destinnée au stockage de semences de soja et de tournesol pour l’extraction d’huile. Le stockkage est réalisé dans 3 silos du modèle 22.92/12, ayant une capacité de 17 000 tonnes. Certaines de nos installations, comme celles de Taza et des envvirons de Casablanca, sont plus petites mais remarquables. Quels sont les différents modèlles et les capacités disponibles ? Silos Córdoba dispose d’un large choix de diamètres et de Installation de Zoubida

spécialement pour le marché du frais. Très adaptée à la production de plein champ, cette variété de tomate indéterminée présente de nombreux avantages. Les visites des parcelles ont d’ailleurs permis aux professionnels présents de constater les avantages de Sheila en conditions réelles de culture par rapport à des variétés témoins références sur le marché, à savoir : - précocité et bonne

capacités pour le stockkage du grain en fonction des besoins de chaque client. Les diamètres variant de 4,58 m à 41,25 m permettent de stocker jusqu’à 27 000 tonnes par silo, pour le modèle le plus volumineux. A noter que les silos les plus fréquents au Maroc ont une capacité de stockage à partir de 1000 tonnes et un diamètre entre 9,17 m et 22,92 m. Quant à notre clientèle au Maroc, elle est composée principalement de meuneries et d’agriculteurs relevant générallement au secteur privé. Quels sont, globalement, les besoins des clients marocains ? Force est de constater que le Maroc est en train d’améliorer son infrastructure de stockage. Par ailleurs, l’augmentation de la population oblige le pays à importer toujours plus de cérréales, ce qui impose de stocker davantage et dans les meilleurres conditions. Il existe d’ailleurs, dans ce sens, des similitudes entre les pays du Maghreb, grands consommateurs de blé, de maïs, etc.

productivité - plante moyennement vigoureuse - entre nœuds courts - fruits de forme ronde/ plate très demandée par le marché local, - couleur rouge très attractive, - calibre 170 à 200gr qui se maintient même en fin de cycle - Très bonne fermeté et conservation.


OTECH,

Des solutions adaptées à vos besoins A l’instar de nombreux pays, la technique de l’irrigation par pivots est en pleine expansion au Maroc (Berrechid, Médiouna, Ouled Aabbbou, El Brouj, Béni Méllal, Oujda, Meknès, Fès, Guelmim, Sidi Slimane…). En effet, Beaucoup d’agriculteurs ont compris l’intérêt de la technnique, d’autant plus qu’OTECH est en mesure de proposer des solutions adaptées à chaque besoin, tenant compte des coûts énergétiques, du besoin en eau et de la main d’œuvre. Les pivots et rampes sont ainsi adaptés à des expploitations de 3 à 150 ha, avec une gamme de cultures aussi vaste que les grandes cultures (céréales, luzerne, maïs), les cultures légumièrres (pomme de terre, carotte), la betterave à sucre, etc. « En optant pour le bon pivot et le bon busage, les producteurs peuvent atteindre une uniformité d’irrigation de 90 à 95%, avec une demande en eau pratiquement équivalente à celle de l’irrigattion localisée, sans demander plus de pression et d’énergie que le goutte à goutte » explique Mr Mustapha El Omari, Gérant Société ZIZAGGRI, représentant OTECH au Maroc. En effet, le développement de nouveaux asperseurs basse pression a permis de réduire considérrablement les pressions nécessaires à l’entrée des pivots (2,5 bars) et par la même occasion permettre son installation même sur de petites superficies. Par ailleurs, et pour faire face aux contraintes économiques et environnementales, OTECH a développé des systèmes d’irrigation à proppulsion hydraulique qui présentent l’avantage d’exploiter l’eau destinée à l’irrigation afin de fournir l’énergie nécessaire au déplacement du pivot (pas besoin d’alimentation électrique).

Des avantages indéniables

- Qualité du matériel Otech : structure renforccée et investissement amortissable sur une pérriode de 15 ans et pouvant aller jusqu’à 20-25 ans grâce à un revêtement interne supplémenttaire des tubes (en option) - Le pivot présente l’avantage de fonctionner à basse pression contrairement à l’aspersion.

- Bonne répartition de la pluviométrie : jusqu’à 95% d’homogénéité de distribution de l’eau d’irrigation avec les nouvelles buses - Télégestion à distance des pivots par liaison GSM, ordinateur et téléphone - Technologie de pointe au niveau des armoirres de commande avec possibilité de contrôle à distance depuis un GSM ou un PC connectés à internet (sens de rotation, pluviométrie, arrrêt-marche…), systèmes d’alerte par SMS en cas de panne… - Pas de problèmes de colmatages ou autres, vu le diamètre des buses (pas besoin de filtration) - Irrigation dans des sols difficiles, notamment les sols sablonneux - Fonctionnement homogène quel que soit le profil du terrain grâce aux régulateurs de presssion. - Les buses étant placées juste au dessus de la culture, il n’y a pas de problème en cas de vents. - Vidange automatique à la fin de l’irrigation contrairement à d’autres systèmes disponibles sur le marché - Diminution de la main d’œuvre requise et de la consommation en eau et en énergie. - Coût de maintenance très faible. - Système automatique - Offre de machines spécifiques permettant une flexibilité maximale : porte à faux escamottable, travée repliable - Possibilité d’amélioration du système et de rajouter des composantes (canon additionnel, …) - Option de fertilisation, il suffit d’installer un doseur. - Le nouveau régime des subventions inclut désormais les pivots et rampes frontales : 50% de la facture, plafonnée à 8.000 dh/ha. Dans un souci de proximité et de réactivité, la société OTECH est bien implantée au Maroc grâce à la compétence de son distributeur, et le service après vente, la disponibilité des pièces, ainsi que la technicité des équipes d’installattion et de maintenance sont garantis. Pour la conduite, un tableau est fourni au prod-

ducteur afin de lui permettre de piloter l’irrigation en fonction de la culture et de la saison, chaque vitesse d’avancement corrrespondant à une pluviométrie donnée (de 4 à 100 mm en fonction des cultures). Enfin, OTECH participe régulièrement aux salons professionnels comme le SIAM de Meknès depuis plusieurs années et à la premmière édition du salon de l’eau de Béni Melllal, l’année dernière.

Témoignage M. Ahmed Jawad, agriculteur de la région d’Ouled Ziane Pleinement satisfait de son installation, M. Ahmed Jawad estime le pivot indispensabble dans des régions comme la Chaouia aussi bien pour une irrigation d’appoint que pour une irrigation ‘‘de bout en bout’’ de la culture. Son installation consiste en un pivot circulaire de 200 m, conçu spécialemment pour ses besoins personnels (superfficies moyennes, parcelles dispersées), pouvvant arroser une superficie de 36 à 48 ha et déplaçable entre champs (travée rétractabble). La satisfaction de M. Jawad est due aux avantages que ce système lui apporte : - Pas d’entretien, sauf la maintenance normmale du groupe électrogène fournissant l’électricité nécessaire - Le pivot est vidangé automatiquement en fin de course, ce qui s’avère important surttout en cas d’eau saumâtre - Système télécommandé et grâce aux automatismes (arrêt en cas de pannes ou d’obstacles, …) ne nécessite pas de main d’œuvre (juste un ouvrier pour le suivi) - Utilisé sur plusieurs cultures : céréales, maïs, fèverole, pois chiche - L’équipe Otech est toujours disponible Il est vrai que l’investissement de départ est lourd (2 forages et un bassin d’accummulation en plus du pivot), mais les frais sont rapidement compensés surtout en cas d’année difficile comme 2011-12, estime M. Jawad. Ainsi, le rendement obtenu cette année pour le blé tendre a dépassé une moyenne de 70 qx/ha alors que les meilleurres exploitations non arrosées du voisinage ont atteint 40-45 qx, soit 65 à 70% de rendemment en plus. www.pivot-irrigation.com

Publi-reportage

La gamme OTECH est l’une des plus complètes au niveau mondial. Présente sur le marché depuis plus de 30 ans, la société produit chaque année plus de 2000 travées et 700 pivots et rampes qu’elle commercialise dans plus de 25 pays dont le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.

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Actu Actu Entreprise

TECNIDEX MAR FRUIT

Journées techniques post-récolte au Maroc

A l’aube de la nouvelle campagne de récolte des agrumes, la société TECNIDEX MAR FRUIT a organisé deux journées techniques à Agadir et Berkane. Les procédés, les nouvelles technologies, produits et services pour la post-récolte des agrumes étaient à l’ordre du jour. TECNIDEX MAR FRUIT a également détaillé ses nouvelles stratégies ainsi que ses nouveaux produits homologués au Maroc, ce qui lui permet de proposer le catalogue le plus complet pour les traitements postrécolte des agrumes. La première journée s’est déroullée le 18 septembre dernier au Complexe Horticole d’Agadir IAV Hassan-II, avec la présence de M. Wail HOUDALI, Country Manager de TECNIDEX MAR FRUIT. Plus de 40 personnes représentant les stations fruitières du sud du Marroc ont assisté à cet événement qui a duré quatre heures, notammment la Cooperative M’Brouka, la Station Kabbage Souss, la Station Soussia, COPAG, Limounasouss,

Priagrus, la Cooperative Zaouia, etc. Cette journée a commencé avec un discours du Directeur du Complexe Horticole d’Agadir IAV Hassan II, Monsieur Farid LEKJAA. Ensuite, la journée technique de Berkane a eu lieu le 21 septembre à la Fondation des Œuvres Socialles de l’ORMVAM (Office Régional de Mise en Valeur Agricole de la Moulouya à Berkane). Trente perssonnes faisant partie de 12 stattions fruitières, majoritairement

Journée technique de Berkane

du Groupe Kantari y ont participé. Cette journée a été présentée par le Directeur Commercial du Groupe Kantari: M. Mohamed Remdani. La diversité des exposés a permis de faire le tour des techniques modernes de conditionnement, d’informer les professionnels sur la bonne maîtrise des traittements chimiques au cours du conditionnement, des techniques modernes de déverdissage et de conservation des agrumes, tout en minimisant les pertes dues aux pratiques au sein de la station. Les intervenants ont également abordé les moyens d’obtenir une efficience élevée des traitements chimiques sans risque de dépassement des LMR, et sans remettre en question la sécurité alimentaire des consommmateurs, grâce à l’utilisation de produits sûrs et de qualité.

Cette journée était donc l’occassion de faire connaître davanttage le groupe TECNIDEX aux professionnels marocains et de leur présenter le catalogue de l’entreprise qui compte pas moins de 15 produits spécifiques pour le traitement post-récolte des agrummes (Textar, Teycer…). L’occasion également de leur montrer la gamme des équipements technnologiques CONTROL.TEC utilisés dans les stations ainsi que la ligne de service VÍA VERDE, assurant un service adapté à chaque station et chaque région. A la fin de ces deux journées, les participants ont pu échanger leurs opinions et renforcer leurs relations commerciales autour d’un repas convivial offert par la société TECNIDEX MAR FRUIT.

Journée technique d’Agadir. De gauche à droite Messieurs: Waïl Houdali, Country Manager TECNIDEX MAR FRUIT, Farid Lekjaa, Directeur du Complexe Horticole d’Agadir et Cheikh Boubekri, Responsable Technique TECNIDEX MAR FRUIT

Nunhems

Journées consacrées au melon charentais Au-delà d’une rencontre technique, les 2 journées organisées par Nunhemsà Agadir et Marrakech, étaient une occasion pour réunir les producteurs de melon charentais de chaque région pour un vrai partage d’information, d’expérience, mais aussi des soucis qui les préoccupent. L’occasion aussi pour le semencier de remercier les producteurs pour leur fidélité, puisque la variété Magenta détient à elle seule 80% des superficies consacrées au charentais vert, et confirmer son engagement de les accompagner tout au long de la saison de production, à

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commencer par la préparation du lancement de la nouvelle campagne. Partage d’expériences Une trentaine de producteurs, pépiniéristes et acheteurs de melon, ont pris part à ce débat qui a abordé les principaux défis de la filière, à savoir

techniques et commerciaux. Sur le plan technique, M. Abderrahim Chajia, responsable melon Nunhems, a fait le tour des principales techniques de conduite du melon charentais, mais aussi des principaux problèmes rencontrés lors de cette campagne. « Ce n’est certainement pas la technicité qui manque aujourd’hui aux producteurs de melon charentais, explique-t-il. Ils ont à leur actif des années d’expérience, mais aussi de moments difficiles, comme c’étais le cas cette campagne. D’où l’intérêt de telles journées pour un partage d’expériences et d’astuces techniques utilisées par les uns et les autres pour garantir une bonne production et réduire les

effets des aléas climatiques». En effet, des températures basses enregistrées en début de campagne, suivies d’une vague de chaleur au moment des récoltes, ont entrainé des pertes quantitatives, mais aussi qualitatives dans les différentes régions de production. Ces facteurs, combinés à une conjoncture économique difficile sur les marchés européens et des conditions météorologiques n’encourageant pas la consommation, ont conduit à des pertes financières considérables chez les producteurs. Cette campagne difficile aura certainement des répercussions sur la prochaine, puisque


Groupe SAOAS-ALPHACHIMIE Lancement de BioAct WG Souche 251

Le groupe SAOAS-Alphachimie a organisé le 26 juillet à l’hôtel Royal Atlas à Agadir une journée de lancement de son nouveau bio-nématicide : BioAct WG souche 251. Doté d’une action sur tous les stades de développement des nématodes, BioAct WG a été présenté par le Groupe comme étant l’alternative idéale pour le contrôle des nématodes à galles des cultures. Les nématodes constituent un sérieux problème pour les producteurs de tomate dans le Souss, surtout avec les restrictions d’usage des produits phytosanitaires et l’interdiction de nombreuses spécialités à effet négatif sur les composantes de l’environnement. Il y a donc un besoin urgent de nouvelles alternatives durables et accessibles. La journée, initiée par M. Ali El Ouafi, le directeur adjoint du

beaucoup de producteurs songent déjà à réduire les surfaces de production, ou à les convertir en d’autres cultures. « Les professionnels s’attendent

Groupe SAOAS-ALPHACHIMIE, a connu la participation d’une centaine de professionnels, princcipalement des cadres, agricultteurs, techniciens et gérants des grandes unités de production. La session des interventions a été ouverte par M. Celestino Gil Lozano, Chef Produit de la société SIPCAM IBERIA, par une présentation de la situation des nématicides en Europe et au Maroc. Ensuite, M. Matthias von Erffa, Directeur Marketing de la société Prophyta, a présenté

à une baisse estimée à 15-20% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Seuls les producteurs qui maitrisent bien les canaux de commercialisation

le processus de production de BioAct, son mode d’action, son programme d’application ainsi que les résultats des essais insttallés dans différents pays. M. El Alaoui M. Amin, responsable Développement du groupe SAOAS-ALPHACHIMIE a, quant à lui, présenté les résultats des essais menés au Maroc, notamment dans la région du Souss.

De nombreux avantages BioAct est une formulation de

persisteront », affirme Abderrahim Chajia. Pour sa part, M. Claude Guerin responsable filière chez Nunhems et spécialiste des circuits de commercialisation du melon, a félicité les agriculteurs pour la qualité de leur production qui a mené à une dominance des melons de l’origine Maroc sur les étals européens, malgré les conditions peu favorables de cette année. Le Maroc offre en effet aux consommateurs européens une production précoce dès le mois de février avec une qualité reconnue, et même récompensée par de nombreux trophées surtout les melons produits

granulés dispersible dans l’eau, servant à tuer les nématodes parasites des plantes. Utilisant les spores du champignon naturel Paecilomyces lilacinus souche 251, ses avantages sont multiples : - Il n’a aucun effet négatif sur les micro-organismes bénéfiques du sol, - il est facile à manipuler et à appliquer, - il parasite tous les stades de développement des nématodes à galles des cultures et c’est le seul nématicide ayant une action contre les œufs, - il assure une efficacité similaire à celle des nématicides chimiques confirmée par des essais reconnus « GEP ». Avec cette nouvelle introducttion, le groupe SAOAS-Alphacchimie confirme encore une fois sa position et affirme sa particippation dans le développement durable de l’agricculture. Il apporte une multitude de services et de soluttions dans le but de satisfaire le prodducteur et l’aider à mieux protéger ses cultures en utilisant des techniques efficaces et sans dangers pour l’envvironnement.

à Dakhla. Cette évolution permet à la filière marocaine de gagner plus de parts de marché. Cependant, insiste M. Guerin, le principal facteur qui régule la consommation reste le climat « Le meilleur vendeur de melon est le beau temps ». Il a par la suite fait une analyse de l’évolution du marché du melon à l’export et expliqué les différentes tendances de consommation. A noter que pour assurer un accompagnement efficace des producteurs, Nunhems dispose d’un département filière, spécialisé dans les études de marchés, et qui suit de près l’évolution des principaux marchés et des principaux concurrents du Maroc.

Journée de Marrakech Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Actu Actu Entreprise

BAYER CropScience Lancement de Luna Sensation

C’est dans la capitale du Souss, également capitale de la tomate marocaine par excellence, que Bayer CropScience a choisi de lancer sa nouvelle solution contre le botrytis et l’oïdium sur tomate : Luna Sensation, le 11 octobre dernnier. Devant une salle archicomble, et face à un public partticulièrement bien averti, composé de professionnels de la tomate de la région d’Agadir, Bayer CropScience a prépparé un programme particulièrement riche et diversifié. Luna Sensation est un nouvel anti-botrytis de Bayer CropScience composé de deux matières actives : le Fluopyram, nouvelle molécule appartenant à la nouvelle famille chimique des Pyridilethylamide (250 g/l) et le Trifloxystrobine de la famille des Strobilurines (250 g/l). Son mode d’action à la fois systémique et translaminaire lui confère une protection de tous les organes de la plante contre le botrytis et l’oïdium (en plus d’autres maladies) avec une longue persistance d’action. « Bien que découverte il y a une dizaine d’années, la nouvelle

tester tous les scénarios d’infection possibles, les essais ont été conduits à la fois sous serre et en plein champ, en cycle précoce et tardif, en préventif et en curatif, à la fois sur des variétés sensibles et d’autres tolérantes, et dans des conditions très favorables au développement de la maladie. Ces essais ont mis en comparaison l’efficacité de Luna Sensation et d’autres références considérées parmi les meilleures sur le marché des anti-botrytis. « Les résultats obtenus dans l’ensemble des essais confirment que Luna Sensation offre une A gauche, Dr. Serrhini en compagnie de l’équipe Bayer CropScience

excellente protection contre le botrytis de la tomate avec, en plus, un très bon effet postrécolte », a expliqué Mlle Souad Zerradi, directrice technique de Bayer CropScience. Luna Sensation offre une flexibilité d’usage tout au long du cycle de la tomate. Cependant, il est recommandé d’intervenir de manière préventive qui permet d’atteindre une efficacité supérieure à 90%. Cet évènement était un succès de par la participation d’environ 150 professionnels ainsi que l’intervention de spécialistes nationaux et internationaux. Ainsi, Dr Najib Serrhini, spécialiste des maladies foliaires est intervenu pour présenter aux participants les différentes stratégies de lutte contre le botrytis et son impact sur la production de certaines cultures, notamment la tomate sur laquelle ce champignon provoque en moyenne des pertes estimées à 10% de la production. Bayer CropScience a également fait appel à M. Dominque Steiger, Chef de Produit Monde à Bayer CropScience, qui a présenté en compagnie de M. Talal Cheikh, Crop Manager,

molécule vient de sortir après avoir subi des années d’essai R&D à travers le monde pour en maitriser l’usage et en tirer le meilleur», explique M. Talal Cheikh, Crop Manager, Bayer CropScience. Pour un développement optimal, Bayer CropScience a conduit de nombreux essais internationaux, mais aussi locaux dans les deux principales régions de production de tomate au Maroc à savoir Agadir et Oualidia. Afin de

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Bayer CropScience, les différents avantages qu’offre Luna sensation à savoir une excellente efficacité sur tous les organes de la plante (feuilles, tiges et fruits), une persistance d’action, mais aussi un effet post-récolte prolongé offrant ainsi un produit qui répond aux attentes de l’ensemble des acteurs de la chaine alimentaire. Des avantages offrant une réelle valeur ajoutée aux producteurs au niveau de la qualité du fruit récolté, ainsi qu’un gain économique allant jusqu’à 20% pour les productions protégées par Luna Sensation en comparaison avec les produits de référence. A cela s’ajoute un excellent profil foodchain avec des LMR établis en Europe et dans le monde. Enfin, Luna sensation, qui offre un bon profil IPM (préservation des auxiliaires, bourdons et abeilles) et un DAR de 3 jours seulement, peut être utilisé dans un programme de lutte intégrée, de préférence en alternance avec d’autres spécialités et avec un maximum de 2 applications par saison.

Avantages de Luna Sensation Caractéristiques

Bénéfices

Nouvelle famille chimique

Alternative pour une gestion préventive de la résistance

Efficacité confirmée

Excellent contrôle du Botrytis (et de l’Oïdium) à tous les stades et protection des différents organes de la plante (feuilles, tiges et fruits) è Tranquillité pour l’agriculteur et récolte de qualité

Excellent effet post récolte

Meilleure qualité des fruits en conservation et stockage et moins de déchets

Bon profil IPM

Flexibilité d’usage tout au long du cycle de la tomate en lutte intégrée et en présence des bourdons

Profil Food Chain favorable

LMR internationale établie, recommandé sur les listes positives

DAR de 3 jours

Flexibilité de production et de récolte


HERCULANO

au salon BatatisMosta 2012 Les 15, 16 et 17 mai 2012 se tenait le 4ème Salon internattional de la pomme de terre «BatatisMosta 2012 » à Mosttaganem (Algérie). Organisé sur un site de plus de 8 hectares et avec plus de 110 exposants représentant l’ensemble de la filière pomme de terre, le salon a réuni les producteurs, les multiplicateurs, les conditionneurs, les agro-fournisseurs, les constructeurs de machines agricoles, les fournisseurs de services, les acheteurs et les transformateurs… La région de Mostaganem se situe au milieu du bassin producteur de plus de 80% de la production nationale de pommes de terre de consommation avec Ain-Defla, Chlef, Mascara, Mostaganem et Maghnia. 90% des importations de semences de pomme de

terre transitent par le port de Mostaganem. HERCULANO était présent avec son importateur exclusif, AXIUM S.P.A. Les remorques et épandeurs de fumier HERCULANO était présentés sur le stand d’AXIUM S.P.A. « La présence d’AXIUM et de tous ses partenaires, y compris HERCULANO vise essentiellement à apporter une solution de qualité aux agriculteurs, nous a confié Filipe Neto, pour Herculano. Le choix de Batatis s’impose dès lors que cette manifestation se déroule dans la plus grande région productrice de pommes de terre en Algérie.Nous ne pouvons pas être absents lors de tels rendez-vous. D’autant que nous

avons la capacité, avec Axium, de répondre efficacement à de nombreuses préoccupations des agriculteurs : de la fourniture de la semence, jusqu’à la vente du produit agricole en passant par la fourniture de matériel. C’està-dire que l’agriculteur vient au devant d’AXIUM chaque fois qu’il doit s’approvisionner en semences et obtenir des conseils sur les différentes qualités, chaque fois qu’il doit se procurer les produits phytosanitaires (herbicides, fongicides, et autres), acquérir le matériel d’accompagnement approprié, consulter les ingénieurs d’AXIUM qui apportent gratuitement suivi et conseils depuis le semis jusqu’à la récolte, et enfin vendre la production à AXIUM. Dans ce contexte, Herculano apporte des matériels

en phase avec les attentes des agriculteurs. Par ailleurs, avec cinq agents distributeurs dans les trois principales régions d’Algérie (Est, Centre et Ouest), AXIUM assure efficacement le service après-vente et la maintenance du matériel grâce à un magasin central pour les pièces de rechange et à un personnel qualifié. Le suivi de culture est assuré par les ingénieurs agronomes qui se déplacent sur les sites. Une flotte de 10 véhicules utilitaires assure aux techniciens d’AXIUM mobilité et réactivité ». Satisfaits de leur prestation à BatatisMosta, les deux partenaires, Herculano et Axium, ont projeté de se retrouver à Sétif pour participer à CEREALEXPO’2012, salon international des grandes cultures, du 3 au 5 octobre.

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Actu Actu Entreprise

Stokvis

De guache à droite : M. Vito Gervasi, responsable commercial Nord Afrique du goupe Same Deutz-Fahr Monsieur Said Hafid, Directeur Commercial du pôle agricole de la société STOKVIS.

Démonstration de nouveaux modèles Same Deutz-Fahr

La société Stokvis, distributeur des marques de tracteurs Same et Deutz Fahr, a organisé en ce début de campagne, une semaine de démonstration de la nouvelle gamme des deux marques, en présence de très nombreux agriculteurs. Suivant la nouvelle réglementation concernant les émissions de gaz et le passage à la motorisation Euro2 suivant les nouvelles normes, le groupe Same et Deutz-Fahr avec leur distributeur au Maroc, ont anticipé dès 2011 la mise en disponibilité pour les agriculteurs marocains d’une nouvelle génération de tracteurs, selon les

conditions exigées par les autorités marocaines. Monsieur said Hafid, Directeur Commercial du pôle agricole de la société STOKVIS, précise que la nouvelle gamme présentée lors du dernier salon de Meknès est maintenant prête pour la commercialisation et tient à la disposition des agriculteurs, des modèles qui

Intervention de M. Vito Gervasi : responsable commm mercial Nord Afrique du goupe Same Deutz-Fahr Avec un réseau de distribution de 14 filiales et plus de 140 importateurs et une producttion global en 2011 d’environ 30.000 tracteurs, le groupe Same Deutz-Fahr est le quattrième constructeur européen de tracteur agricole. Le groupe qui collabore avec le Maroc depuis 1994 offre des tracteurs de 35 à 280 cv, ainsi

que des moissonneuses battteuses haut de gamme.  J’ajouterai que le Maroc est un marché important pour notre groupe, aussi pour des raisons de proximité géograpphique que pour son importtance, puisque le Maroc est notre deuxième marché en Afrique. Enfin perspectives très posittives durant cette tournée, puisque la pluie était aussi au rendez-vous, augurant d’une belle campagne 2012-2013. 

Autour d’un Agrolux 80, de nombreux producteurs très interessés par les essais

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répondent à leurs exigences dans des gammes de prix très accessibles. Cette semaine de présentation a été organisée dans les principales régions agricoles du Maroc, en présence des représentant Same et Deutz-Fahr commercial, technique et marketing- et une grande participation des agriculteurs. Ces journées

ont aussi permis de faire des démonstrations en vraie grandeur, dans différentes qualités de sol selon les régions, afin d’apprécier les performances des matériels. Des journées efficaces, qui ont permis à la société Stokvis de montrer sa capacité à répondre à toutes les exigences des agriculteurs.

Deutz Agrolux Same Tiger 80 Adapté à toute catégorie de sol, Deutz Agrolux Motorisation Euro 2 - serie 1000 2 versions 2 et 4 roues motrices Refroidissement à eau Frein à disque sur les 4 roues Angle de braquages 55° Toit de protection et masse Same Tiger 80 avant et arrière en serie Ouverture facile du capot pour entretien Un producteur aux commandes d’un Tiger 80.4


DUNFRESH

Nouvelle ligne Agadir Dunkerque : 4 jours La nouvelle ligne Maritime mise en service par la CMA/ CGM à partir de novembre 2012 permettra d’acheminer les exportations depuis Agadir vers Dunkerque avec un transit time de 4 jours.  Une connexion sera assurée par feeder CMA/CGM  de Dunkerque à Saint Petersburg. A Dunkerque, chez DUNFRESH, la plus importante plateforme logistique portuaire du site, mais aussi la plus proche du terminal à conteneurs, Luc Van Holzaet se réjouit de ce gain de temps. « La réduction du temps de transport va nous permettre de mieux travailler les primeurs d’origine Maroc. Avec un chargement à Agadir le mercredi et un déchargement à Dunkerque le lundi, la nouvelle ligne s’avère parfaitement adaptée au transport des fruits et légumes vers le

nord de la France, la Région Parisienne, le Royaume Uni et le nord de l’Europe. Avec Dunfresh nous proposons dès l’arrivée à Dunkerque un service global : livraison de containers, transbordement en camion frigo et livraison ou dépotage et mise en stock sous température dirigée, préparation de commande et expédition en groupage. DUNFRESH propose également un service complet incluant dédouanement et transport en camion complet. « La force de DUNFRESH, c’est sa situation sur le port, à 300

EUROGAN S.L.

Equipements pour l’aviculture Cette société espagnole située à Zaragoza, Espagne, est spécialisée dans la fabrication de matériels et équipements pour l’industrie avicole ainsi que de solutions clés en main. Elle possède sa propre technologie et des équipes spécialisées dans le montage et la mise en place de projets d’élevage. EUROGAN propose entre autres des accessoires de ferme (mangeoires, trémies, abreuvoirs, distributeurs de médicaments, équipement

électronique d’ouverture/ fermeture des fenêtres, etc.),

m du terminal.  La gestion du déchargement vers notre plateforme est optimisée. Nos propres équipes prennent en charge la totalité des opérations de manutention et,  avec une moyenne de 350 000 T de fruits travaillés par an – bananes, fruits à pépin et raisin d’Amérique du Sud, fruits exotiques, agrumes…. – notre personnel est expérimenté. De plus, le port de Dunkerque, de par sa taille humaine, permet une grande flexibilité ; nous nous adaptons facilement aux demandes spécifiques de nos clients. Notre entrepôt multi-température qui couvre près de 30 000 m2 est équipé d’un système de gestion automatique en temps réel. Notre organisation est à même de gérer la solution logistique la mieux adaptée

à chaque produit frais.» Rappelons que DUNFRESH est l’une des filiales du Groupe CONHEXA dirigé par Luc Van Holzaet, groupe historiquement basé dans la région Dunkerquoise et spécialisé dans l’entreposage de produits alimentaires frais et surgelés, le reconditionnement, le transport et le transit. Il n’en reste pas moins que la diminution du temps de transport par bateau entre Agadir et Dunkerque est une avancée significative pour la production marocaine. Le transport maritime est plus respectueux de l’environnement et représente une solution logistique concurrentielle par rapport à la route.  

du matériel de manutention (groupes électrogènes, balances de pesage, transpalettes peseurs, etc.) ainsi que son système de contrôle à distance des exploitations avicoles « CONAN ».

Cette entreprise présente dans de nombreux pays du monde recherche des distributeurs dans les pays du Maghreb. Pour tout renseignement : www.euroganpoultry.com

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Melon

Melon export

Déroulement de campagne 2011/12 Hind El Ouafi

Destiné à 100% au marché européen, le melon charentais a occupé en 2011- 2012 (récoltes de printemps) une superficie de près de 2300 hectares principalement dans les régions de Marrakech, Agadir, Dakhla et Kenitra. La zone de Dakhla a permis ces dernières années à l’origine Maroc de gagner en précocité pour être présente sur les étals européens dés le mois de février.

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6 182 tonnes ont été expportées en 2012 à partir des quatre régions de productions habituelles qui enregistrent toute une stabilité relative des surfacces avec une migration des surfacces de Marrakech vers Agadir, pour gagner en précocité. Cette campaggne, la répartition des surfaces a été comme suit: - Marrakech : 1400 Ha dont 200 Ha sous abri serres à plat et le reste sous chenilles. 46

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- Agadir : 460 Ha dont 300 sous abri serres en palissé. - Dakhla : 250 Ha sous abri serres en palissé, - Kenitra (Gharb) : 190 Ha de plantattions sous chenilles et bâches P17.

A la merci des aléas climatiques

Les aléas climatiques exceptionnnels de cette année ont bousculé le calendrier habituel de production. « La campagne 2011-2012 restera

dans les annales des producteurs comme celle des extrêmes avec des températures froides pendant tout l’hiver, des gelées en février-mars et de la canicule en mai, qui ont eu pour conséquences un retard de prodduction, des difficultés de gestion et une qualité moyenne des fruits», explique M. Abderrahim CHAJIA de Nunhems. A noter que le retard de production a concerné toutes les zones de cultures. Ainsi, la région de Dakhla a produit de fin février à mi Mars essentiellement des pet-


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Melon

A cause du froid, les plantations précoces sous serre ont mis 100 jours pour entrer en production tandis que les plantations semi précoces et tardives plein champ, ont nécessité 105 à 115 jours

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tits calibres, tandis que le pic de production des charentais verts sous chenilles dans les zones de Marrakech et de Kenitra a connu un grand retard avec des récoltes centrées sur le mois de mai et un débordement sur le mois de juin. Le gel du mois de février a pénalisé la production, notamment sur la zone de Marrakech, avec des perttes allant de 25 à 30% sur les prodductions de début de saison, et a également impacté le calibre des melons (moyens à petits). Des rettards de 20 à 25 jours ont ainsi été enregistrés dans la région. Certainnes parcelles n’ont même pas été récoltées tellement elles sont enttrées tardivement en production. « A Agadir, explique M. Housni de Casem, il a fait froid pendant les mois de janvier et février avec pas moins de 45 jours où la température minimale était inférieure à 7°C. Ceci a évidemment affecté la pollinisattion de la première vague de fruits avec pour conséquence une entrée en production tardive (10 à 15 jours). Certains producteurs ont volontairemment retardé leurs plantations d’envviron 10 jours par rapport à l’an dernnier afin d’éviter de se retrouver avec des petits fruits en début de récolte. A Dakhla les premières plantations ont commencé très tôt à partir du 15 novembre, tandis que les dernières ont commencé début février avec un

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retard de 10 jours par rapport à 2011».

Qualité et prix « A cause du froid, les plantations précoces sous serre ont mis 100 jours pour entrer en production tandis que les plantations semi précoces et tarddives plein champ, ont nécessité 105 à 115 jours. Les premières récoltes ont commencé à partir du 25 février (10 jours de retard) avec des fruits de calibre moyen, et des prix de vente de 3,50 euros/kg en février-mars et 1,8 euros entre le mois de mars et le 15 avril. Par la suite, il y a eu un effonddrement des prix qui ont chuté à 0,60,8 euro/kg ». « Cette année la prodduction marocaine a été plus tardive par rapport au calendrier normal de récolte, mais l’origine Maroc reste toujours plus précoce que l’Italie et l’Espagne », explique M. Chajia. Commercialement, sur le marché européen, la campagne melon était plutôt bonne au début jusqqu’au 15 avril 2012. Les prix étaient très intéressants, notamment pour les melons de Dakhla et des quanttités limitées issues des production sous serre de Marrakech. Mais à partir du 15 avril les prix se sont effondrés. Les prix catastrophiques enregistrés à Agadir ont même poussé beaucoup de producteurs

à abandonner leurs cultures alors que d’autres ont préféré vendre leur récolte sur pied afin de bénéfficier d’un prix normal. De l’avis des professionnels, la chute des prix est due essentiellement au climat pluvvieux et froid qui a sévi en France (n’encourageant pas la consommattion du melon) en plus de l’abonddance et la concentration des vollumes en provenance du Marroc et de l’Espagne entre le 15 avril et le 15 mai. « Les mauvais prix du marché ont eu des conséquences néfastes sur l’export. Les condittions d’exportation deviennent plus difficilles et les acheteurs plus exigeants sur la qualité et la forme du fruit (Brix de 14°-15° contre 10°-11° quand les prix sont bons). Certtaines variétés de melon ont même été refusées à l’export à cause de leur forme allongée ». « Cette année, il y a eu des expéditions de fruits n’ayant pas atteint le bon degré de maturrité, du fait que certains producteurs ne maîtrisent pas bien les signes de maturité. A mon avis, ce problème a également eu une influence négattive sur nos exportations», explique M. Benachir d’Agrimatco.

Conseils des professionnels Dans la région d’Agadir, les proffessionnels conseillent d’éviter les plantations trop précoces (mi-déccembre) qui entrainent dans un sol froid des problèmes sur les premmiers fruits, notamment à cause des champignons qui s’installent en période de floraison et qui provvoquent la pourriture pistillaire. Le froid entraine également des probblèmes de vitrescence des fruits. « Les plantations trop précoces enttrainent également la formation de fruits de petits calibres. D’après mon expérience personnelle, dans la région d’Agadir, les plantations doivent commencer à partir du 25 décembre. Il est vrai que les productteurs de melon sont constamment à la recherche de plus de précocité,


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Melon Profil variétal

Les mauvais prix du marché ont eu des conséquences néfastes sur l’export. Les conditions d’exportation deviennent plus difficiles et les acheteurs plus exigeants sur la qualité et la forme du fruit. mais ils peuvent parfois perdre en tonnage et en qualité » explique M. Housni. « La conduite du melon nécessite de la part des melonniers plus de réactivvité par rapport aux autres cultures car la précocité et le rendement sont fortement tributaires de la réussite de la première vague de floraison, insiste M. Chajia. Cette année, on a constaté lors des périodes de bassses températures que les techniques

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d’aération et la qualité du plastique thermique de couverture ont eu un effet très significatif sur la réussite des cultures. Par ailleurs, en période de fortes chaleurs (avril et mai), coïnccidant généralement avec la période des cueillettes, la plante se fatigue facilement. Et si l’on ne maîtrise pas les irrigations par des apports fracttionnées la nuit ou tôt le matin, on peut perdre la récolte et la plante rappidement ».

La production de melon destiné à l’exportation est composée de : - charentais vert, essentiellement vers le marché français. Les variéttés dominantes cette année sont : Magenta, Sultan, Eureka, Bosito et Mermoz. Ce segment reste dominé par la variété Magenta, connue par sa grande flexibilité pour la culture en palissé sous abri serre, à plat sous chenilles et en plein champs et ce de Dakhla jusqu’à Kenitra en passant par Agadir et Marrakech. - charentais jaune : Gandalf et Chubbaka sont les variétés préférées de par leur tenue supérieure après réccolte, tout en conservant la saveur du charentais traditionnel. Les marchés nord-européens et les pays de l’Est sont également des cibles potentielles pour le melon marocain. Le marché anglais reste plus attractif de par son besoin en différents types de melon (galia, charentais, jaune canari…) que le marché traditionnel français, ess-


sentiellement demandeur en charrentais (80% de la production marrocaine de charentais). Sous l’impulsion d’opérateurs multtiproduits ou d’acteurs locaux qui souhaitent développer de nouvveaux débouchés, la production de melon s’intéresse également à d’autres marchés comme le marcché espagnol, où le type Piel de Sapo est très demandé. Cependdant, cette année, le Piel de sapo a été produit sur 50 ha seulement dans la région d’Agadir, soit une réduction de 50% par rapport à la campagne précédente principallement à cause des mauvais prix. Le froid du mois de février a causé un retard de la production, mais la plupart des producteurs ont pu le surmonter grâce à un bon niveau de technicité. Commercialement, les prix ont atteint leur pic fin avril début mai (1,4 euros), avant de commencer à chuter (0,7 euro) à partir de la fin de la deuxième semaine de production (10 mai), à cause de l’abondance de la prod-

duction espagnole (Alméria). A noter que le type Piel de sapo est dominé à 80% par la variété Linor de Fito Semillas.

Répondre aux différentes attentes Pour le marché marocain, les semmenciers axent leurs recherches sur des variétés plus précoces, ayant un rendement élevé et des

fruits de calibre uniforme et de meilleure qualité gustative. En plus de ces avantages, les prodducteurs attendent des variétés dotées de résistantes multiples aux maladies, faciles à récolter et qui assurent une bonne quallité avec un brix de plus de 12°. Quant aux consommateurs, ils exigent des fruits attrayants, savvoureux, sucrés et qui se conservvent bien.

Cette année, on a constaté lors des périodes de basses températures que les techniques d’aération et la qualité du plastique thermique de couverture ont eu un effet très significatif sur la réussite des cultures. Sur la photo un type de couverture plastique utilisé en Espagne.

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Melon Entretien avec Yves Audorin Directeur de Soldive Maroc « Je dirais d’entrée que nous avons vécu cette année, et en fonction de différents facteurs,la plus mauvaise campagne depuis très longtemps. Les conditions de culture très difficiles (froid en janvier, gel en février…) ont entrainé un retard dans le démarrage des cultures et notamment une mauvaise fécondation, pas d’accroche et un cycle très court. Résultat, des fruits fragilisés, avec de gros soucis de conservation. Et pour compléter notre bonheur, nous arrivions avec un très mauvais temps en France et bien sûr, peu de consommation. Je peux même affirmer que nous avons détruit beaucoup de marchandises. D’ailleurs, la situation a été si mauvaise que certains opérateurs arrêtent carrément la production au Maroc. Heureusement que

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le groupe Soldive opère sur des zones de production diversifiée (Guadeloupe, Sénégal, Maroc, Espagne, France) ce qui nous a permis d’amortir le choc. Je pense qu’il y a eu également des problèmes dans la région d’Agadir avec des retards de production et surtout, comme pour nous, un très mauvais marché. Enfin,j’ajouterai que la conjoncture économique difficile en Europe ne facilite pas non plus les choses. Est-ce que les consommateurs ont encore les moyens de mettre entre 3,50 et 4 € dans 1 kg de melon ? Il nous reste à espérer pour la prochaine campagne, un climat plus favorable en production, puis en zone de consommation à des fins d’un bon climat économique ».

Rencontre européenne des producteurs de Melon à Macfrut AREFLH, l’Association des Régions Européennes Fruitières, Légumièrres et Horticoles, à laquelle adhèrrent 26 Régions d’Italie, France, Espagne, Portugal, Grèce et Belggique, a constitué le « Groupe de travail Melon » qui s’est réuni à Cesena le 27 septembre dans le cadre du salon des Fruits et Légummes Macfrut, en Italie Objectif : l’échange d’informattions sur la campagne de prodduction, la commercialisation et la consommation, pour cette prodduction qui est concentrée en Esppagne, Italie, France et Grèce mais aussi dans autres pays du bassin de la Méditerranée, en particulier au Maroc. Cette campagne 2012 a


été très contrastée : bonne en Esppagne après 3 années désastreusses, difficile en Italie et catastropphique en France pendant la 2ème partie de la saison. La consommation de melon est particulièrement dépendante de la météo, mais un constat génnéral s’impose : la distribution positionne ce fruit comme un produit standard et les effforts de qualité ne sont pas valorisés. Les délégués se sont ainsi penchés sur les voies suscceptibles de mieux valorriser cette pro duc tion auprès des c o n s o m m a tteurs et des distributteurs et de mieux prévenir les crisses de marché : • Par une organisation professsionnelle et interprofessionnelle plus forte : L’interprofession  française de

1ère mise en marché dans le cadre d’Interfel (interprofession nationnale française) permet de rendre obligatoires certaines règles de qualité et de participation financcière. C’est un exemple à suivre, m a i s il ne règle pas non plus tous les probblèmes. • Par la mise en œuvre d’un proggramme européen de prommotion qui mette en avant la qualité des différents mellons : Piel de Sapo pour l’Espagne, Cantaloup pour la France et Brodé américain pour l’Italie, tant pour le marché intérrieur de chaque pays que pour l’exportation. Cette perspective sera étudiée par chaque délégat-

tion d’ici à la prochaine réunion qui aura lieu dans la carde du MEDFEL à Perpignan (du 22 au 24 avril 2013). Les délégations présentes ont également décidé de poursuivre les échanges sur les problèmes phytosanitaires, les usages minneurs et non pourvus, ainsi que sur les potentiels de production et les perspectives de récolte.

Exploitation de production de melon charentais plein champs dans la région de Murcia (Espagne)

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SALON

Pari gagné pour

AGRI-EXPO MAROC 2012 Comme un heureux présage, le soleil était au rendez-vous pour cette 1ère édition d’AgriExpo Maroc, qui s’est tenue du 25 au 27 septembre à Berkane. Organisé par la société CECPEW, sous l’égide du ministère de l’Agriculture et en partenariat avec l’Agence de l’Oriental et l’ORMVAM, cet évènement représente une belle opportunité de mettre en exergue les potentialités agricoles de la région de l’Oriental. Ce soutien officiel monttre d’ailleurs l’intérêt que représente une telle manifestation pour le développement agricole dans une région qui en a bien besoin, même si elle s’impose déjà comme un leader de la production et de l’exportation d’agrumes au Maroc.

A

gri-Expo est né d’une idée originale d’organniser un salon itinérant à travers plusieurs réggions du pays et qui couvrira dans un premier temps trois régions : Berkane, Larache et El Jadida. D’après M. Samir Tazi, directeur du salon, l’objectif est

d’une part, d’apporter produits et technologies nouvelles aux professsionnels qui n’avaient pas tous eu l’occasion d’aller les découvrir dans d’autres manifestations agricoles, mais surtout de dresser une large plate-forme de communication afin de permettre à tous, productteurs, ingénieurs et techniciens, de

De gauche à droite : Mr Mohamed MEHDIA, Wali de la région de l’Oriental, Mr Abdelhak EL HAOUDI, Gouverneur de Berkane, Mr Abderrahmane NAÏLI, Directeur de la DRA, Mr Samir TAZI, Directeur du salon avec un Exposant

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partager leur savoir-faire. Le salon a été inauguré par M. le Wali de la région de l’Oriental, M. le Gouverneur de la Province de Berkane ainsi que d’autres personnnalités représentant les autorités locales et du monde agricole de cette région. Les chiffres illustrent d’ailleurs la

Grand succès des stands exposant des AgroEquipements


réussite de cette première édition d’Agri-Expo puisque ce sont près de 3952 visiteurs qui ont arpentés les allées du salon, soit pratiquement 25% de plus que les prévisions des organisateurs. Parmi ces visiteurs, dont la majorité étaient des petits et moyens producteurs, des prodducteurs-exportateurs, ingénieurs et techniciens agronomes, agents techniques, ouvriers agricoles, insttitutionnels, commerciaux et caddres dirigeants. Les commentaires des organisateurs n’en sont pas moins significatifs : « nous avons même noté la présence d’acheteurs de fruits et légumes venus d’Espaggne (19), de France (12), des Pays-Bas (08), d’Allemagne (05), de Russie (02), de Danemark (01) en plus bien sur des acheteurs marocains (62) ».

nels, l’assurance, les associations professionnelles… Satisfaction afffichée par de nombreux exposants, presque surpris du professionnallisme du salon : « c’est un salon très professionnel, les producteurs que nous avons rencontrés viennent ici avec de vrais besoins » commentait un chef d’entreprise. « Le développpement de l’agriculture dans la réggion de Berkane reste tributaire de la maîtrise des moyens techniques

salon est en elle-même louable. En effet, elle permet aux agriculteurs de la région une prise de consciencce progressive, au fil des éditions, de l’évolution des techniques de production. « Grâce à ce salon, nous avons pu voir pour la première fois dans notre région tout ce qui touche à l’agricultture (produits, matériel, …) concernnant toutes les cultures que nous pratiquons ici (agrumes, pomme

Un salon très professionnel Pour cette première édition, une superficie d’exposition de 2800 m², en plein cœur de Berkane, a accueilli une soixantaine d’expossants, représentant des domaines d’activité aussi vastes que : les labboratoires d’analyses, les cabinets d’audit et certification, les semencces, les pépinières, les fertilisants, l’irrigation, l’emballage, les produits phytopharmaceutiques, le matériel agricole, le matériel de conditionn-

et du renouvellement des vergers », rajoute un autre. D’après une enqquête réalisée par l’organisation, bon nombre d’exposants ont esttimé avoir réalisé leurs objectifs, alors que d’autres auraient souhhaité avoir plus de visiteurs, malgré que les objectifs aient été dépasssés. A noter la forte attractivité du matériel agricole exposé qui attiré l’attention des visiteurs plus que les autres stands.

Des visiteurs de toutes les régions

nement, le froid, la logistique, les produits du terroir, les institutionn-

La plupart des visiteurs locaux ont insisté sur l’importance de ce salon pour la région. Ils espèrent qu’il va contribuer à désenclaver une zone longtemps oubliée dont les agriculteurs devaient parcourir de longues distances pour visiter des salons éloignés à la recherche de nouveautés dans leur domaine d’activité. L’initiative d’organiser ce

de terre, vigne, olivier …), explique M. Darghal Mohamed, un jeune agriculteur de la région d’Oujda. Cependant, il manquait à ce salon une partie consacrée à l’élevage qui aurait pu intéresser les visiteurs, sachant que la plupart des agricultteurs de la région sont également des éleveurs ». Mais globalement, les visiteurs ont été très satisfaits de la présence de toute la chaîne de production et du post-récolte. En majorité, ils ont tout un chaccun découvert une ou plusieurs nouveautés qui pourraient faciliter leurs productions ou améliorer leur productivité. D’autres ont été très satisfaits de pouvoir rencontrer des hauts responsables des entreprises avec lesquelles ils travaillent.

C’est un salon de taille modérrée mais reggroupant tous les secteurs de l’agriculture, de la semence jusqu’à la logistique tout en passant par le machinisme, les produits fertilisants, mattériel de condittionnement, les emballages entre autres.

« Les agriculteurs d’aujourd’hui bénnéficient d’avancées considérables qui ont réduit grandement la pénibillité du travail et augmenté d’autant les rendements des productions, affirme un vieux producteur de la région qui se réjouit de l’organisat-

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SALON pecter le salon : « En tant que pépinniériste proposant des plants greffés de pastèque, nous n’avons pas particcipé à ce salon car il n’a pas coïncidé avec notre période de production et nous n’avions malheureusement pas de plants disponibles à exposer », expplique M. Kaabouchi, responsable production de la pépinière maraîcchère Ecovert. A signaler aussi la présence masssive d’étudiants d’enseignements spécialisés (masters) et d’écoles ou établissements techniques de la région.

Plateau d’animations

Programme de conférences A porter au crédit des organisatteurs, l’existence d’évènements périphériques, qui ont permis de donner à cette manifestation une véritable dimension proffessionnelle. Ce n’était donc pas uniquement un espace d’expossition, mais également un esppace d’échanges, de rencontres et d’information, grâce à la mise

tion du salon. Cependant, j’estime qu’il ne faut pas oublier les fondammentaux de la culture paysanne qui ont permis de faire vivre les maroccains depuis tant d’années ». Beaucoup de professionnels n’ont

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en place d’un plateau d’animattions au milieu du salon, avec des tables rondes animées par des experts, principalement en arabe dialectal afin que les messsages soient compris de tous. Au programme, des thématiques qui concernent l’ensemble de la filière et qui traitent des sujets variés en relation avec la prodduction de manière générale, le post-récolte, l’agrégation et le marché local.

pas hésité à faire le déplacement depuis d’autres régions éloiggnées (Souss-Massa Drâa, Haouz, Doukkalla-Abda, Loukkos, Saiss, …). A l’image de ce pépiniériste basé à Kénitra qui est venu prosp-

« J’estime que les objectifs ont été atteints dès la première édition, et me réjouis d’une dynamique qui va sans doute servir la profession et la région. Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à la réussite de la première étape de ce salon et vous donne rendez vous à la seconde étape à Larache », conclut Samir Tazi qui a confirmé que bon nombre d’exposants ont déjà fait part de leur intenttion de participer à la prochaine édition d’Agri-Expo Maroc. Rapppelons que Agri-Expo Maroc se tiendra une fois par an, à chaque fois dans une région différente du pays, avec une périodicité biennale, voire triennale.

Plus d’informations sur le site :

www.agri-expo.net


Palmier dattier

Filière phœnicicole Des acquis à consolider Abdelmoumen Guennouni La réussite du salon international des dattes d’Arfoud, aujourd’hui à sa 3ème édition, n’est plus à démontrer. Ainsi, à l’instar des versions précédentes, il vient couronner des efforts entrepris depuis des années sur plusieurs axes : extension des superficies, amélioration variétale, restauration des oasis, amélioration de la production, conservation, transformation et commercialisation, …. De même, l’organisation professionnelle connaît une évolution exemplaire. Ces efforts louables, reconnus par tous, permettront d’aller de l’avant mais d’autres sérieux sont encore nécessaires pour, comme on dit en termes de rugby, transformer l’essai.

D

epuis la précédente édition du Sidattes, la filière n’a pas arrêté sa progression. Ainsi, - les superficies, dans la zone, ont augmenté de 1.500-2.000 ha pour atteindre en tout 18.000 ha environ, soit autour de 41 % des supperficies totales du pays. Les variétés les plus plantées sont le Mejhoul et le Boufeggous, variétés les plus apprécciées par les consommateurs. - fonctionnement du laboratoire pour la production de souches et distributtion gratuite dans le cadre du MCA de 7.000 vitro-plants aux coopératives et associations remplissant les condittions (goutte à goutte, …) - Poursuite de l’organisation professsionnelle par la création d’un 5ème GIE à Erfoud en plus des 4 existantes (Boudnib, Aoufous, Rissani, Goulmimma), l’association régionale des datttes, etc.

hammed Benabdallah indique que, dans le cadre de ses activités, cette fédération a organisé plusieurs réunnions avec les producteurs et a signé un accord avec la formation professsionnelle pour assurer la formation des enfants de producteurs et les encourager à rester dans le domaine (empêcher la fuite vers les villes). Cettte formation débute cette année. M. Belhassan rappelle que le salon de

datte d’Erfoud est très ancien et existtait, en tant que foire nationale des dattes d’Erfoud, instituée par dahir en 1940, et qui a bénéficié en 1957 de la visite du roi Mohamed V. Depuis 2010, elle a été transformée en salon international. ‘‘Les agriculteurs de ces régions n’étaient pas conscients de l’importance du palmmier dattier jusqu’à ce que les autorités de tutelle donnent un intérêt particulier

Saisir les opportunités : Après la mise en place de l’Andzoa en 2009, deux fédérations dattières ont été créées avec pour objectif d’aider les producteurs de dattes dans les domaines de la production, commerccialisation, formation, etc. L’une de ces fédérations est la FNPD (fédération nationale de producteurs de dattes) dont le président M. Belhassan Moh-

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Palmier dattier La production de vitro plants de palmier dattier est devenue incontournable pour les pays de cette région du monde en raison du Bayoud.

à cette filière et au développement de ces régions. Aujourd’hui, l’agriculteur qui ne profiterait pas des conditions actuelles aura tout raté. Les aides acccordées aux producteurs de dattes sont exceptionnelles (80% pour le goutte à goutte, creusement de puits, plants certtifiés, …). De même, pour le renouvellemment des oasis, les agriculteurs ayant moins de 5 ha bénéficient d’aides de 100%’’ poursuit M. Belhassan. Ces aides ont attiré de nombreux invvestisseurs qui ont implanté de granddes exploitations, encouragés par les aides octroyées, ce qui a contribbué à l’extension des superficies et aujourd’hui on assiste à un dépassemment des prévisions pour 2013.

Laboratoire Palmagro Maroc

M. Belhassan rappelle qu’au summum de sa production le Maroc disposait d’une palmeraie de 1 M palmiers datttiers productifs, mais de nombreux problèmes ont tiré ces superficies vers le bas et aujourd’hui nous sommmes à 4,5 M de palmiers : le bayoud, la désertification, les constructions … sont causes de cette chute. Par ailleurs, et de l’avis général, deppuis quelques années on assiste à un décalage entre la période de producttion et le ramadan, principale période de consommation, d’où la nécessité de développer les unités de stockage (froid). Ainsi, en plus des petits frigos lancés dans le cadre de l’INDH, le ministère et l’ANDZOA dans sa zone d’action (entre Figuig et Tata) ont prévu le lancement d’une vingtaine d’unités de stockage et de conditionnnement de capacité dépassant 400 t, dont 7 sont en cours, 2 dans le cercle d’Erfoud, en cours de construction et 5 dans le cercle de Goulmima, dont le marché va être lancé à l’occasion de l’éditions 2012 du SIDATTES. Ellles seront ainsi opérationnelles pour accueillir la récolte de la campagne 2013-14.

Le foncier, frein aux extensions :

Unité frigorifique privée de stockage des dattes emballées

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Cependant, un grand problème (fonccier et administratif ), est soulevé par les agriculteurs, dont M. Ben Ahmadi Lahbib (vice président et ancien préssident de la fédération Sebbah pour l’eau, la sauvegarde et le développemment de l’oasis du Tafilalet) et confirmmé par M. Belhassan, celui des terres communales. Les agriculteurs qui les exploitent ne peuvent participer aux efforts de développement du palmmier pour des raisons administratives liées aux difficultés à obtenir les doccuments et autorisations nécessaires de la part des autorités chargée de la gestion de ces terres (ministère de l’intérieur). Par ailleurs, l’autorisation de pompage est accordée individduellement au demandeur, selon la superficie qu’il exploite et ne prend pas en considération l’ensemble des

Attention aux fraudeurs : Certains opérateurs procèdent au conditionnement de dattes importées et de moindre qualité, sous l’appellation de variétés marrocaine produite dans nos régions phœnicicoles. Ainsi, par exempple, des dattes égyptiennes sont conditionnées comme Feggous produit à Erfoud, alors qu’elles n’ont pas les caractéristiques de cette variété très appréciée par les consommateurs. Si un contrôle sévère n’est pas instauré pour mettre fin à cette pratique dangerreuse, ceci conduira à la longue à une dépréciation de l’image de la datte marocaine.

parcelles de la coopérative dont il est membre. Dans le même ordre d’idées, M. Ben Ahmadi signale qu’entre 1.500 et 2.000 ha ont été ‘grignotés’ par la croissance urbaine dans l’oasis de Taffilalet irriguée par le Barrage Hassan Dakhil, d’où une économie d’eau que les agriculteurs voudraient bien réccupérer. Le moyen : revoir l’ancienne carte d’irrigation établie par l’agence du bassin hydraulique et permettre l’extension des superficies bénéficciant de l’irrigation (ouverture de prisses d’irrigation). De même, on assiste à un blocage de projets par le refus de certaines commmunes (Soulalia) de louer les terres aux producteurs malgré l’interventtion de l’Andzoa entre autres. Pour cela, les agriculteurs lancent un appel aux autorités de tutelle qui devraient intervenir pour trouver des solutions à même de faciliter les démarches et permettre aux agriculteurs de bénéfficier des aides prévues dans le cadre du PMV. Ainsi, il serait judicieux que les responsables créent des zones phœnicicoles (sur des terres à potenttiel dattier, ex Soulalia) en préparant des lots prêts, à louer aux agriculteurs désirant investir dans la production de dattes. Ceci permettrait, à l’instar du plan Azur pour le tourisme, de les encourager et faciliter les démarches longues et compliquées qui font fuir


les investisseurs. Par ailleurs, les agriculteurs signalent que l’augmentation importante du prix de location : avant 2006 le monttant était de 150 dh/ha/an, puis a augmenté progressivement pour attteindre aujourd’hui 800-1200 dh

Campagne peu satisfaisante D’après l’ensemble des professionnnels, la récolte de cette année sera de bonne qualité, mais inférieure à celle de l’année dernière, qui était elle-même inférieure à la précédente. La baisse estimée par certains prodducteurs pourrait atteindre 40-45%. La principale cause est une vague de froid qui a sévi entre décembre et févvrier derniers et qui a atteint -5 à 6-°C. Ces basses températures ont affecté la floraison et causé un retard importtant. D’autres producteurs pointent du doigt le manque de précipitations et la faiblesse des eaux de crues, le phénomène d’alternance ainsi que le manque de soin apportés par les petits producteurs à leurs palmiers. Le manque de main d’œuvre, de plus en plus sensible, n’est pas étranger à cette négligence

Commercialisation : Pour leurs ventes en gros, les coopérattives et groupements de producteurs sont obligés de se déplacer vers les grands centres (Fès, Marrakech, Cassablanca, …) avec toutes les charges et manipulations supplémentaires que cela implique. Afin de mieux valloriser la production phœnicicole, M. Ben Ahmadi affirme qu’il serait plus adéquat de lancer des marchés orgganisés dans les lieux de production où les acheteurs pourraient se rendre pour leurs approvisionnements. Ces marchés seraient adaptés à la datte, équipés en frigos, … et où se feraient des ventes en gros (criée).

Un avenir prometteur : M. Belhassan, à l’instar de nombreux professionnels, estime que la filière est promise à un bel avenir et qu’on

est en droit d’espérer améliorer la production (aujourd’hui 2,5-3 kg/ tête selon les années) pour atteindre l’autosuffisance et éventuellement envisager l’export. Cependant, les agriculteurs et leurs groupements ont besoin de plus d’aides pour l’amélioration de l’industrie de transfformation et de conditionnement. En même temps, et afin de développper la technicité des producteurs de dattes l’encadrement par les agents du ministère de l’agriculture s’avère insuffisant. Les agents sont dépassés et ne peuvent toucher l’ensemble des producteurs, malgré toute leur bonne volonté et en travaillant en plus de leur horaire normal (sans inddemnités). Par ailleurs, ajoute M. Ben Ahmadi, certaines unités frigo fonctionnelles depuis 2-3 ans, mises en place dans le cadre de l’INDH et ayant une capacité

Ramadan et importations : On a pris l’habitude depuis quelqques années de justifier l’impportance des importations par le décalage entre la période de production et la survenue du mois sacré, au cours duquel la consommation est maximale. Il est vrai que l’Aïd El Fitr des années 2009 et 2010 a été fêté avant le début des récoltes. Au cours de ces années, les importtations ont battu tous les records avec plus de 50.000 t pour 64,678 M$. Cependant, à y voir de plus près et en comparant les deux périoddes (production-ramadan) on constate que la corrélation n’est pas si évidente. Ainsi, le ramadan de l’année 2006 s’est situé en pleine période de récoltes càd entre fin septembre et fin octobbre, pourtant le Maroc a importé plus de 33.000 t pour 27,5 M$. Même chose pour les années enttre 2005 et 2000 le ramadan ne s’est pas éloigné de plus de deux mois de la fin des récoltes. Malggré cela les importations étaient à un niveau élevé, entre 5.500 et

réelle de 42 tonnes au lieu des 100 annoncées, devraient être agrandies

Marché d’Erfoud

et être équipées en matériel de traittement des dattes, caisserie, clarks, … en plus, et afin de faire face aux bessoins en eau des études ont prévu le transfert du surplus d’eau des oueds Guir et Ghriss. Sur ce dernier, les travvaux ont commencé, mais à une caddence insuffisante alors que pour le premier rien n’a encore été fait.

37.500 tonnes (5ème dans le classsement des plus élevées) pour une valeur de 6,1 à 23,5 millions de dollars US. Au contraire, sur la courbe des importations, plus on s’éloigne des récoltes (années 1990) les achats à l’étranger vont en diminuant. Au cours de cette décennie les importations se sont situées entre 186 et 2.100 t, pour une valeur entre 480.000 $ et 2,5 M$. Cette remarque est d’une importtance capitale pour raisonner la commercialisation et la valorisattion de la production nationale de dattes. NB : Il est à remarquer que l’annnée 2010 a enregistré les records absolus sur 50 ans par rapport à tous les critères : - superficies parmi les plus élevvées avec près de 44.000 ha - rendement record (avec 1990) : autour de 120.000 t - record des importations : 51.500 t (43% de la production) pour une valeur de 77.900 $ US. Chiffres FAOSTAT Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Palmier dattier

Les Riads du Tafilalet Objectif : produire à l’excellence A quelques kilomètres à l’Est de Boudnib, et plus précisément dans la région de ‘‘Oued Nâam’’, une magnifique oasis jaillit au cœur du désert, Les Riads du Tafilalet. Nichée dans un décor étonnant, entre montagnes, sable ocre et un ciel d’un bleu éblouissant, cette exploitation agricole est considérée comme la plus moderne de la région du Tafilalet.

C

’est en 2002 que Messsieurs Hassan Derham et Pierrick Puech sont tombbés sous le charme de la région et décidé d’y invvestir, motivés par la volonté de jouer le rôle de locomotive de l’agriculture régionale et de partager leur savoir faire avec les populations locales. A la base, le site a été choisi pour plussieurs raisons : - abondance et bonne qualité des ressources hydriques. La région de

Boudnib dispose en effet d’une napppe aquifère importante. - conditions climatiques favorables. Même les vents moyennement forts qui traversent la région ne gênent en aucun cas les cultures, surtout avec l’installation de brise-vents de Cassuarina. - sol moyennement lourd, non sabbleux se prêtant parfaitement à la culture d’une multitude d’espèces. Aujourd’hui, sur ce site, se dressent fièrement des milliers de palmiers

dattiers sur une centaine d’ha et es oliviers conduits en super intensif sur près de 100 ha, tous les deux destinnés à une production haut de gammme. Une extension de palmier dattier est prévue avec un doublement de la surface.

Une production bien maitrisée L’intégration et la maitrise de touttes les étapes, de la production à la commercialisation, permettent aux Riads Du Tafilalet d’offrir le meilleur au consommateur. Sur le plan technnique, pour une mise en valeur agriccole durable, les pratiques culturales sont respectueuses de l’équilibre environnemental et les soins apporttés aux arbres sont optimaux. Pour l’accomplissement de ces différentes opérations, notamment les stades clés (taille, pollinisation, maturattion…), l’exploitation fait appel à un personnel expérimenté.

Choix variétal Les gérants ont opté pour des varriétés issues du terroir et reconnues pour leurs qualités gustatives inconttestables : Mejhoul (80%), Bouzekri (2%) et Nejda (18%). Des vitro-plants sains issus de laboratoires spécialisés ont été plantés selon une densité de 160 pieds/ha, jugée optimale pour l’épanouissement de chaque palmier et l’obtention de dattes de gros calibbre, d’autant plus qu’aucune culture intermédiaire n’a été mise en place. 60

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Irrigation et fertilisation Même s’il s’épanouit dans un climat chaud et sec, le palmier dattier demmande néanmoins beaucoup d’eau, surtout la variété Mejhoul. Par souci d’économie de l’eau, toute l’exploittation a été équipée en irrigation ‘’goutte à goutte’’. L’alimentation se fait à partir de 11 forages d’une proffondeur de pompage de 200 m. L’eau est accumulée dans deux bassins de 50.000 m3 de capacité chacun. Cette année, les responsables technniques du Riad ont procédé à une amélioration de l’installation goutte à goutte dans le but de gagner sur la durée des arrosages. « L’ancien systtème basé sur 9 goutteurs de 3l/h a été remplacé par un nouveau avec 4 goutteurs de 25l/h. Ce changement a permis de réduire la durée d’arrossage de moitié en passant de 16 h à 8 h pour satisfaire les besoins des palmiers. Ces besoins sont estimés à 500-600 l/jour/palmier au cours des mois les plus chauds (juillet-aout) pour des plants en production » explique M. Ali Boudrar, gérant des Riads. Avec la croissance des palmiers, les besoins en nutrition adaptée augmmentent. La production n’utilise que de la matière organique et des acides aminés apportés par le systtème goutte à goutte (fertigation). L’exploitation est d’ailleurs en cours de certification AB (Agriculture Biollogique).

la récolte, encore limmitée, n’a pas dépassé 20 tonnes sur toute l’exploitattion. Les variétés tardivves telles le Mejhoul ne commencent à mûrir que v vers la fin du mois de septembre. D’après M. Ali Boudrar, l’année en cours a connu des conditions relativvement favorables avec un manque, en septembre-octobre, de chaleur qui active habituellement la maturrité des dattes, d’où un léger retard de la production. La récolte a débuté vers la fin du mois de septembre et devrait s’étaler jusqu’à fin octobre. Cette année, même si ce n’est pas enccore la vitesse de croisière, la producttion devrait atteindre 60 à 80 tonnes environ et concerne essentiellement la variété Mejhoul. Ainsi, avec les annnées, les quantités récoltées augmenttent progressivement et permettent d’entamer la commercialisation. Dans l’exploitation, la récolte se fait manuellement par grappillage, avec un travail rationnel qui se fait à l’aide des matériels adaptés. Le but étant d’amener les fruits au sol, sans heurts, de façon à ne pas les abîmer. Quand elle arrive à maturité, la datte fraîche est fragile et délicate à transporter, d’où l’importance du séchage bien maitrisé (de 70 % d’eau pour la datte

fraîche elle passe à 20 %). Pour le moment, compte tenu des quantités encore limitées, le condittionnement est réalisé manuellemment dans une station à Agadir. Mais l’entreprise compte se doter d’une station sophistiquée avec callibrage électronique, multiplicité des conditionnements, conservation pillotée, … pour répondre aux cahiers des charges des clients les plus exiggeants.

Les dattes Filali sont destinées au marché maroccain, puisqu’elles s’adressent à des consommateurs avertis. Elles sont également commercialisées en Europe, où elles sont plus particulièrement consommées pendant la pérriode des fêtes de fin d’année.

Pollinisation Un pied mâle peut fertiliser jusqu’à 50 palmiers femelles, d’où la présencce majoritaire de femelles dans les palmeraies. La pollinisation consiste à prendre du pollen chez le mâle et le mettre dans les spathes femelles afin d’accomplir la fécondation. Il s’agit d’une opération délicate, assurée par des spécialistes pour respecter le moment et la dose de pollen. Effecttuée au printemps, elle varie selon la précocité des variétés et du climat.

Séchage des dattes

Récolte et conditionnement Les palmiers dattiers ne produisent qu’au bout de 10 à 12 ans et demanddent beaucoup de soins. La plantattion étant échelonnée (les premiers palmiers ont été plantés en 2005), la véritable entrée en production a commencé l’année dernière (2011) et Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Palmier dattier

Bayoud et Charançon Rouge Les ennemis les plus dangereux du palmier dattier

Dr. SEDRA My Hassan Chef du Centre Régionnal de la Recherche Agronomique de Marrakech - INRA Maroc

Si le Bayoud, maladie vasculaire du palmier causée par un champiggnon tellurique, a sévit au Maroc depuis plus d’un siècle et occasionnné des dégâts considérables, les recherches entreprises ont permis de sélectionner des variétés performantes et résistantes à cette malladie dont certaines sont déjà en diffusion pour combattre ce fléau. Le charançon rouge Rhynchophorus ferrugineus (Olivier) a été déclaré en 2008 au Maroc à Tanger et constitue une menace sérieuse pour les palmiers dattiers et d’ornement. Le Maroc aurait-il les moyens efficacces pour éradiquer ce ravageur? Quelle stratégie de lutte efficiente et rapide lui permettra d’atteindre cet objectif ? Sachant que les réggions nord et sud-atlasiques sont bien reliées avec une distribution spatiale importante d’espèces hôtes du charançon. Fig.1

nuelle de 100 000 tonnes en moyenne, le palmier dattier (Phoenix dactylifera L.) est l’élément essentiel de l’agro-système saharrien dans les régions sud-atlasiques (figure 9). En plus de ce rôle socio-économique, le palmier dattier joue un rôle écologique important puisqu’il permet de créer d’une part un mésoclimat favorable au dévelloppement des cultures vivrières dans les oasis et d’autre part par des cordons verddoyants limitant l’avancée du désert. Le palmier des Canaries (Phoenix canarienssis L.), le palmier de Californie (Washingtonnia sp.) et les autres espèces de palmacées sont plantées pour embellir les villes et les jardins généralement situés dans les réggions nord-atlasiques (figure 9). Le Maroc doit protéger cet important patrimoine contre ses deux plus grands ennemis le Bayoud et le charançon rouge, de même que plusieurs autres ennemis nuisibles en quarantaine rapportés par Sedra (le Doubas, la cochenille verte, la maladie des feuilles cassantes, le déclin du palmier ‘Farraoun’, la maladie de ‘Al-Wijame’, le jaunissemment mortel du palmier ‘Lethal yellowing’).

Le Bayoud Fig.2 Figure 1 : Foyer de la maladie du Bayoud dans la vallée du Drâa (Maroc); dégâts importants sur la variété Jihel. Figure 2 : Cycle biologique de différents stades du charançon rouge Rhynchophorus ferrugineus (Olivier)

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u le climat diversifié au Maroc, certtaines espèces de palmacées sont adaptées à la production de dattes dans les oasis et l’embellissement des villles. En effet, avec un effectif de plus de 4,8 millions de palmiers et une production ann62

Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

La culture du Palmier dattier au Maroc a souffert et continue de souffrir depuis plus d’un siècle de la maladie du «Bayoud» qui constitue un fléau difficile à combattre (Figure 1). Cette fusariose vasculaire est causée par un champignon microscopiqque Fusarium oxysporum f. sp. albedinis habbitant du sol. En conditions favorables, les spores du champignon (Figure 1) germent et attaquent les racines et se développent dans les vaisseaux puis colonisent ceux du tronc pour infecter les palmes dans la partie apicale du palmier. Les palmes attteintes se dessèchent l’une après l’autre jusqu’à la mort de l’arbre qui a lieu entre 2 et 6 ans selon le niveau de réaction de la plante. Tous les organes du palmier peuv-

vent être atteints sauf les épillets et les dattes. Les moyens de dissémination sont nombreuses: rejets, terre, eau d’irrigation, outils du travail, etc. Le parasite peut attaqquer d’autres espèces de palmier comme le palmier des Canaries et d’autres espèces connues comme porteurs sains du parassite: le henné et la luzerne. Nos recherches récentes ont montré, en se basant sur le marquage moléculaire, une variabilité génétique dans la population du parasite. Sedra (2003a, 2006) a synthéttisé les travaux menés sur le Bayoud. Les principales stations du développement de la maladie peuvent se résumer comme suit : - 1887: Le Maroc a été contaminé par le Bayoud. - 1934: L’agent causal a été identifié (soit 47 ans plus tard). - 1954: Début des tentatives de lutte suite à l’ampleur des dégâts occasionnés (soit 67 ans plus tard). Les conséquences étaient lourdes sur le patrimoine. Ainsi, 10 millions de palmiers ont été anéantis (soit 2/3 de l’effectif ) et plusieurs variétés ont carrément disparu, notamment Berni et Idrar. Conséquence directe : le Maroc devient désormais impportateur de dattes (près de 40000 tonnes en 2011) car cette maladie est difficilement contrôlable après son extension. En 1967, des recherches ont été entamées et, vu la complexité du couple palmierBayoud, les méthodes de lutte se sont focallisées sur la lutte génétique par la sélection de variétés résistantes à la maladie. Depuis 1981, ces recherches ont été diversifiées. A partir de 1987, les premières variétés perfformantes comme Najda (INRA-3014) ont été sélectionnées, multipliées et diffusées auprès des agriculteurs pour reconstituer les palmeraies dévastées par le Bayoud. De nouvelles variétés performantes et réssistantes au Bayoud (Al-Amal (INRA-1443) et Bourihane (INRA-1414) et récemment Sedrat (INRA-1445) et Darâouia (INRA1447) ont été sélectionnées et certaines sont en cours de multiplication. Cependdant, des difficultés peuvent encore survennir, notamment l’apparition de nouvelles races du parasite qui pourraient surmonter les résistances variétales utilisées.

Le charançon rouge Ce bref rappel sur le Bayoud était nécesssaire pour éviter que l’histoire ne se répète avec le charançon rouge (Rhynchophorus ferrugineus, Olivier), si on ne réagit pas d’urgence par une stratégie adaptée et une mise en œuvre rapide et efficace. En


Fig.3 effet, vu son état actuel, la palmeraie marrocaine ne pourrait tolérer une nouvelle invasion par un autre ravageur destructeur comme le charançon rouge. La contaminnation récente des palmiers à Tanger par ce ravageur pourrait constituer, s’il n’est pas éradiqué, une menace sérieuse pour les palmiers d’ornement dans les régions nord-atlasiques et, bien sûr, à terme, pour les oasis sud-atlasiques. Une situation agggravée par le fait qu’il n’y a actuellement pas de variétés de palmier résistantes à ce ravageur, ni des techniques de lutte directes efficaces à 100%. Le Maroc alerté alors par ce second fléau, devra œuvrer de façon urgente et efficace en développant sa propre stratégie adaptée à la réalité du terrain et aussi profitant des expériences étrangères.

été découvert dans un hôtel près du port sur des palmiers des Canaries. Ensuite ce fléau a progressé pour attaquer plusieurs dizaines de palmiers des Canaries localisés dans les jardins et les villas. Des mesures d’urgence ont été prises par les services de Protection des Végétaux (ONSSA) et les autorités locales pour éradiquer le ravaggeur et éviter sa dissémination en dehors de la zone contaminée. Il s’agit de former et sensibiliser les agents d’intervention dans la protection et l’embellissement de la ville, d’effectuer des prospections et des examens visuels des arbres suspects marqués, de détruire les arbres totalement atteints après traitements chimiques et inccinération sur place et continuer l’inspecttion dans un rayon plus large autour du premier foyer.

Palmier dattier

Nécessité de combattre le ravageur dans ces sites

Palmier des Canaries

Base des palmes dans la partie apicale Surface du tronc Intérieur du tronc Air Base des rejets et de leurs palmes Surface et Sous sol

Fig.4

3. Données sur la biologie 1. Origine et extension du charançon dans le monde du ravageur Ce coléoptère de la famille des Curculioniddées est originaire du sud de l’Asie, où on l’a identifié vers la fin du 19e siècle. Il est appparu environ un siècle plus tard aux Emirats Arabes Unis en 1985. En l’espace de deux décennies environ, le ravageur a progressé dans tous les pays phœnicicoles d’extrême et du moyen Orient (Iran, Arabie Saoudite, Koweït, Qatar, etc.), d’Afrique (Egypte, Marroc, Tunisie et Libye) et d’Europe (Pays du Nord du bassin méditerranéen : Turquie, Grèce, Italie, France, Espagne, Portugal, etc.), Ile Canaries, Amérique, etc. Sedra a inventorié les principaux ennemis du palmier en Afrique du Nord et a attiré l’attention sur le danger potentiel que préssentent certains ravageurs de quarantaine pour la culture du palmier dans la région maghrébine, parmi lesquels le charançon rouge est le plus redoutable et le plus diffficile à maîtriser.

2. Le charançon au Maroc Le charançon rouge a été découvert au Maroc en décembre 2008 dans la ville de Tanger à l’extrémité nord du pays. Récemmment, il a été signalé à Ceuta. La question qui se pose est par quel moyen s’est-il introduit à Tanger? Caché dans des marcchandises, plants d’ornement, containers, bateaux, camions, bagages des voyageurs ou bien est-il capable traverser en vol les 10 à 13 Km du détroit de Gibraltar. Il est connu que l’insecte adulte peut voler jusqu’à 7 km surtout le jour et même à des températtures entre 25°C et 40°C. Mais si les tempérratures sont plus favorables, il peut parcourrir une plus longue distance, sachant qu’il a montré son adaptation écologique à des climats différents : froid d’Europe, chaleur des pays du golf et climat tempéré de son aire d’origine. Il est donc important de connaître le mode d’introduction au Maroc qui renseigne sur les possibilités de sa dissémination. Car, si son vecteur est mobile, il pourrait se retrouvver rapidement ailleurs. Le premier foyer a

Cet insecte peut attaquer 17 espèces de palmacées cultivées et ornementales, mais les espèces les plus attaquées dans les nouvelles régions envahies sont le palmier des Canaries et le palmier dattier. A noter que le cocotier (Cocos nucifera) est l’espèce la plus attaquée dans son aire d’origine. Le ravageur a un habitat diversifié en foncttion de ses stades de développement. Tous les stades de l’insecte (œuf, larve, nymphe et adulte) se développement à l’intérieur du stipe de l’arbre et la base des palmes (Figure 2). Seul l’adulte peut être occassionnellement à l’extérieur du stipe et le sous sol près de la base du stipe pour la reproduction, mais le cycle biologique ne peut pas être complété à l’extérieur. Après fécondation, les femelles sont attirées par des blessures du stipe ou base des palmes coupées fraîchement (à forte odeur de kérromones) et des endroits humides en été et doux en hiver, et déposent approximativvement 200 à 300 œufs dans des trous ou blessures séparés. La durée de développemment des différents stades est indiquée sur la figure 2. Le cycle biologique est étalé sur approximativement 4 mois. Le nombre de générations, souvent chevauchantes, varrie de 2 à 3 en fonction des conditions de l’environnement (climat, nourriture, comppétition, etc.). Afin d’envisager une métthode de lutte directe, il est nécessaire de combattre le ravageur dans ses différents habitats (figure 3).

4. Symptômes et dégâts Les premiers symptômes apparaissent bien après le développement de l’infestattion. L’examen visuel du palmier attaqué permet de déceler des signes d’attaque comme les trous sur le tronc, les encoches sur les palmes, présence de tissu mâché à l’extérieur, parfois des cocons ou adultes morts à la base du stipe du palmier. Mais ceci ne conduit pas facilement à confirmer l’absence de larves et d’adultes à l’intérieur du tronc. Les symptômes dus à l’attaque

Fig.5 Figure 3 : Habitats du charançon rouge sur le palmier dattier et le palmier des Canaries et nécessité de la lutte dans ces habitats Figure 4 : Symptômes de l’attaque du charançon rouge sur le palmier des Canaries A : premiers indices de l’attaque sur le feuillage et déformation des folioles, B: perforation de la base des palmers pour coloniser les tissus et accéder au tronc, C: aspect général des symptômes sur l’arbre; rétrécissement des feuilles de couronne apicale et desséchement des palmes l’une après l’autre; D: état final de l’attaque; dessèchement totale des palmes qui prennent l’allure d’un parasol. Figure 5. Symptômes de l’attaque du charançon rouge sur le palmier dattier A : premiers indices de l’attaque sur le tronc (sécrétion d’un liquide visqueux de couleur marron crème), B: Après décortication de la partie superficielle, notons la présence des perforattions et galeries dues à la colonisation des tissus par les larves, C: L’attaque est généralement localisée prés de la base du tronc. D: Galerie profonde dans le tronc conduisant à la chute du palmier (photos prises dans un pays infesté par le ravageur). Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Palmier dattier Fig.6 stade, les arbres perdent la totalité de leurs palmes, parfois ils s’inclinent et la partie apicale du trou pourrit et aboutit à la mort de l’arbre. La dissection de la partie apicale attaquée montre la présence de larves à différents stades, de nymphes dans les cocons et d’adultes. Il faut faire attention au diagnostic, car les palmiers présentant des symptômes de flétrissement puis la destruction de la partie apicale peuvent être sujets à d’autres maladies comme : - le dépérissement des palmiers des Canarries dues au Fusarium oxysporum f. sp. cannariensis et/ou Gliogladium vermoeseni, - le Bayoud sur le palmier dattier dû au Fusarrium oxysporum f. sp. albedinis, - la pourriture sèche du cœur du palmier dattier due au Thielaviopsis paradoxa. - le dépérissement du bouquet foliaire et du stipe du palmier dattier dû au Botryodipplodia theobromae. Ou aussi à l’attaque d’autres insectes forreurs de la base des palmes et du tronc affaibli.

Fig.7

Fig.8

4.2 : Sur le palmier dattier

Figure 6. Exemple de pièges émergés directement dans le sol (A) ou implantés dans un morceau de stipe du palmier (B). Pièges contenant l’eau et les morceaux de cannes (A) ou des dattes (B). Les phéromones sont suspendues sous le couvercle.

du ravageur sur les différentes espèces du palmier sont caractérisés :

4.1 - Sur le palmier des Canaries

Etant donné que le palmier des Canaries ne produit pas de rejets à la base du stipe, comme le palmier de Californie Washingttonia filifera et autres Washingtonia sp., l’infestation se déroule habituellement dans la couronne foliaire située à plusieurs mètres de haut (Figure 4). Les palmiers attFigure 7. Injection des taqués présentent peu de symptômes visibproduits pesticides ou bles à partir du sol sauf si les palmes sont biocides à travers des élaguées. L’insecte adulte-femelle est attiré tuyaux, soit par gravité par l’odeur diffusée par les bases de palmou par pression dans la zone contaminée et la mes coupées après l’opération de l’élagagzone environnante (A). ge et de nettoyage réalisés fréquemment Un cocon contenant pour donner un aspect esthétique de ces un adulte près à arbres ornementaux. Les charançons femquitter le cocon, mais melles préfèrent ces zones pour la ponte qui est mort grâce des œufs. au biocide (feutrage blanc: mycélium Après éclosion, les larves sont des stades du champignon destructeurs qui forent les tissus internes entomophage (Beauveria des bases des palmes et parfois ces symptbassiana) (B). tômes sont confondus avec ceux causés par d’autres ravageurs foreurs. L’invasion Figure 8. Palmiers peut progresser pour atteindre la partie infestés décapités, traités par pulvérisation apicale interne du stipe. Parmi les autres d’insecticide puis indices de l’attaque, la présence parfois couverts avec un film de cocons près du stipe du palmier. Les plastique pour éviter galeries issues de cette invasion dans cette la fuite des insectes qui échappent au traitement. zone dégagent souvent un liquide marron et une odeur désagréable due à une fermCes palmiers seront détruits par incinération mentation typique. En cas d’attaque plus dans les endroits prévus grave, l’insecte colonise même le stipe. à cet effet. Dans le cas où les arbres sont fortement attaqués, les palmes centrales se déformment et deviennent naines et inaperçues. Les autres palmes sont desséchées et l’alllure du bouquet de palmes mortes prend la forme de parasol (Figure 4). Après ce 64

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Les mêmes symptômes se produisent sur le palmier dattier mais l’insecte préfère souvent attaquer la base du stipe où pousssent les rejets (touffes de rejets) (Figure 5). Les premiers indices de l’attaque sur le tronc (stipe) correspondent à la présence de tissu mâché à l’extérieur des trous et d’un liquide visqueux secrété de couleur marron crème, sortant des trous. Après déccortication de la partie superficielle de la zone attaquée, on note la présence de perfforations et de galeries dues à la colonisattion des tissus par les larves. Le charançon s’attaque de préférence aux jeunes arbres de 3 à 7 ans. Il creuse des galeries qui sont souvent néfastes au palmier qui finit par chuter ? (Figure 5).

5. Conditions de développement de l’insecte Même si son développement est favorisé en printemps et en automne, le ravageur s’est bien adapté aux conditions du bassin méditerranéen, malgré les périodes froides en hiver. Les températures létales sont de 10 °C pour les œufs, 5 °C et 40 °C pour la larve, -2 °C pour la nymphe et entre 0 et 5 °C pour l’adulte. Mais ceci n’a pas empêcché l’insecte d’accroître sa population et ses dégâts en Europe. En été dans les pays chauds, l’insecte a un comportement bizzarre, celui d’un insecte volant ‘’paresseux’’ qui ne parcoure pas de longues distances durant son apparition partielle et a toujjours tendance à se cacher. Le ravageur attaque de préférence des zones humides du palmier où les tissus sont tendres. Les zones les plus ciblées se situent au ras du sol et là où les rejets se développent pour le palmier dattier et les zones proches de la partie apicale pour le palmier des Canaries. Le ravageur est attiré par l’odeur des zones de sevrage des rejets et d’élagage des palmmes et de toute blessure due à un facteur

externe physique et biologique (comme l’attaque du foreur du stipe). Le mauvais entretien des arbres joue énormément dans la prédisposition de leur attaque par l’insecte.

6. Difficultés de la lutte

Quand elles ne sont pas respectées ou bien appliquées de façon non rigoureuse, les mesures prophylactiques et phytossanitaires (quarantaine, sensibilisation) peuvent se montrer inefficaces. Ceci a d’ailleurs abouti à l’extension de l’insecte, en l’espace d’un quart de siècle seulement, à presque la totalité des pays producteurs de dattes (Asie-Afrique) et d’autres pays du bassin méditerranéen (Europe) et même les Etats Unis d’Amérique. L’emploi de certtains modèles classiques et améliorés de pièges à phéromones ou à kairomones ou mixtes ont permis de diminuer significattivement la population du ravageur, mais sans pour autant éviter les attaques. A notter que l’amendement de l’acétate d’éthylle au substrat a permis l’amélioration de la performance de la phéromone en augmmentant considérablement l’efficacité du piégeage. La figure 6 montre un exemple de pièges émergé directement dans le sol ou implanté dans un morceau de tronc ou encore suspendu à 1,6 m de hauteur au tronc pour le palmier des Canaries. Même si elles ont montré leur efficacité lors des essais, plusieurs tentatives de lutte directe chimique, microbiologique (injecttion et pulvérisation) disponibles (Figure 7), n’ont malheureusement pas donné des résultats convaincants en milieu réel (du moins pour le palmier dattier). Les microorgganismes entomophages les plus connus sont les champignons Beauveria tassiana et Metarhizium anisopliae et certaines esppèces de nématodes du Heterorhabditis sp. La technique de lutte directe physique par enlèvement de la partie atteinte de l’arbre en début d’attaque a donné de bons résulttats en Europe surtout en Espagne. Cependdant, elle nécessite la disponibilité d’un moyen efficace, pratique et moins coûteux pour effectuer à coût sûr un dépistage préccoce de l’attaque.

7. Situation au Maroc et stratégie de lutte Selon les rapports de l’ONSSA, les dégâts sont estimés à plusieurs centaines de palmmiers détruits, majoritairement le palmier des Canaries, dans la zone urbaine de Tangger dont le diamètre ne dépasse pas les 10 km. Le taux de d’attaque a été estimé à 3,5% jusqu’à 2010. Les palmiers infestés sont détruits et durant la période 20092010, le taux de destruction a été diminué de 40% et le taux de piégeage des insectes a été réduit de 85%. Ceci constitue un inddice fort quant à la possibilité de l’éradicattion du ravageur. La stratégie adoptée consiste à décapiter les palmiers infestés, les traiter par pulvérissation d’insecticide puis les couvrir avec un film plastique pour éviter la fuite des insect-


tes qui tentent d’échapper au traitement et enfin les détruire par incinération dans les endroits prévus (Figure 8). Les nombres d’insectes adultes capturés dans les pièges installés dans la zone infestée montrent que le pic des captures se situe en septtembre. Ce résultat semble comparable à celui obtenu dans d’autres pays arabes du Moyen-Orient et du golf malgré la diffférence de climat. Mais dans ces pays, il y a généralement un autre pic au printemps (fin mars). L’installation des pièges dans certaines oasis à tire de surveillance n’a pas révélé la présence du ravageur, mais pour une efficacité sûre, il est conseillé d’assurer le bon fonctionnement de ces pièges car certains pièges visités sont en mauvais état. Rappelons qu’au Maroc les palmiers des Canaries et de Californie sont dominants dans la partie nord atlasique (Figure 9) et ceci permet d’assurer un relais avec la parttie sud atlasique où se situent les oasis du palmier dattier. Devant cette situation, plussieurs questions peuvent être posées : - Quelle stratégie de lutte efficace, pratique et peu coûteuse doit-on adopter immédiattement, à court, moyen et long terme ? - Comment renforcer les mesures phytosannitaires et la surveillance pour éviter l’exppansion du ravageur ? - Faut-il réaliser une éradication par desttruction totale des arbres et/ou enlèvemment des parties contaminées de l’arbre ? - Appuyer l’éradication avec les traitemments chimiques localisés ou généralisés des arbres ? - Renforcer la technique de piégeage de masse pour diminuer les populations de l’insecte ? - Développer des méthodes de lutte intéggrée adaptées aux conditions du Maroc à court et moyen terme ? - Les méthodes qui se sont avérées efficacces sur le palmier des Canaries le sont-elles également sur le palmier dattier ? - Contribuer à la maîtrise de l’invasion du ravageur dans un contexte régional et intternational ?

Lutte intégrée

A notre avis, la lutte contre le charançon rouge du palmier nécessite la mise en placce d’une stratégie de lutte intégrée adapttée au Maroc : - La destruction totale de grands palmiers d’embellissements doit être justifiée technniquement. Cette stratégie conduit à la réduction des plants hôtes, mais elle peut inciter le ravageur à chercher la nourriture ailleurs, en dehors de la ville de Tanger. Les palmiers des Canaries les plus proches sont à quelques dizaines de kilomètres vers la ville d’Asilah sans oublier la présencce de pépinières de plantes d’ornement y compris les palmacées dans la zone limittrophe. - Le piégeage de masse devra tenir comptte des résultats de recherche fiables et adaptés dans une zone polluante comme

Fig.9

dans les grandes agglomérations, sachant que les résultats acquis dans ce sens ont été plutôt obtenus dans des vergers et des fermes agricoles. Par ailleurs, les pièges ne doivent être placés dans des zones limitropphe des zones encore indemnes. - La méthode d’assainissement partiel de la partie contaminée du stipe devra être améliorée moyennant des techniques simples et moins coûteuses. Cette stratéggie permettra de sauvegarder les hauts des palmiers ayant une valeur esthétique considérable. Ceci nécessite de disposer d’un moyen simple de dépistage précoce de l’attaque et d’assurer une surveillance régulière et efficace. - La lutte chimique préventive ou curative devra être réalisée de façon adéquate après avoir démontré son efficacité dans le cadre d’essais. Plusieurs insecticides ont montré leur efficacité au Maroc et dans d’autres pays infestés, notamment le malathion, l’Imidaclopride et le Chlorpyriphos. Cependdant, l’utilisation des pesticides dans les zones habitées devra prendre en compte cette situation. Les traitements chimiques préventifs doivent être appliqués juste après l’opération d’élagage des palmes qui dégage les kairomones susceptibles d’attirrer les insectes femelles pour la ponte. - la création d’un système de contrôle des pépinières produisant et multipliant les palmiers (Figure 9) de même que la circullation des palmiers entre les zones Nord et Sud du Maroc afin d’éviter l’extension du charançon vers le Sud et le Bayoud vers le Nord, sachant que le Fusarium, agent du Bayoud peut attaquer le palmier des Cannaries. Pratiquement, ce système prévoit l’interdiction de mouvements de palmiers adultes ou jeunes (produits en pépinières) et de substrats fermentés à base de dattes et de cannes à sucres à partir de la zone infestée. - le renforcement du réseau de pièges au niveau des jardins et des pépinières dans les villes du nord-atlasique et dans les oassis. L’entretien et le contrôle régulier des pièges sont vivement conseillés.

- la création d’un système de contrôle dans les nombreuses pépinières de palmacées (Figure 9)

Recommandations Pour aboutir à des résultats efficaces d’éraddication du ravageur et arrêter son extenssion, il est nécessaire de : - constituer un comité national représenttant tous les établissements impliqués et ayant des expériences en matière de protection phytosanitaire des palmiers et élaborer un plan d’action à court, moyen et long termes. - renforcer les capacités des services de recherche et de protection végétale en matière de ressources humaines et de moyens financiers. - impliquer davantage les autorités locales et les communes dans les opérations d’éraddication et de lutte contre le charançon. - établir un suivi de l’extension et diffuser les informations au niveau des services agricoles locaux. - assurer de façon régulière et généraliser la sensibilisation des producteurs de palmmiers d’ornement et des phœniciculteurs. - exploiter et valoriser les expériences étrangères dans la lutte contre ce ravaggeur.

Figure 9. Répartittion globale des espèces du palmier au Maroc et celle schématique des pépinières de production des plants de palmier au Nord de l’Atlas. Les photos monttrent des exemples de pépinières sous abri ou en plein champ. Ceci constitue un relais important entre le Nord de l’Atlas et le Sud où il y a des oasis du palmier dattier

Selon l’ONSSA, l’infestation est encore limitée à la ville de Tanger, ce qui reflète les efforts déployés dans le contrôle du ravageur. Mais il ne faut pas oublier que cet insecte s’est facilement et rapiddement adapté à différents climats, en tenant compte de l’insuffisance de l’exppérience européenne dans le contrôle de ce ravageur sur les palmiers des Cannaries. Sans octroi de gros moyens hummains et financiers, et si l’on n’adopte pas rapidement une stratégie concertée et coordonnée, le Maroc pourrait bien subir lui aussi le sort des autres pays dévvastés par le charançon rouge. Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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AGRUMICULTURE

Agrumes

Maladies de post récolte Stratégie de lutte Chacun sait que les agrumes continuent leur maturation et leur évolution après récolte. Une at­tention toute particulière est ainsi impérative pour maintenir leur qualité au cours du stockage et de la commercialisation. La destination lointaine de nos ex­portations : Europe, Amérique du nord, Russie, et le nombre limité des matières actives autorisées imposent des mesures appro­priées de protection. Les consé­quences d’un mauvais contrôle des pourritures post récolte se traduisent par des avaries coû­teuses et une dépréciation de l’image du « label Maroc ».

Prévenir les maladies de post-récolte Au niveau des stations de condi­ tionnement, les risques d’attaque sont permanents en raison de 66

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l’importance des volumes à traiter quotidiennement. En effet, la stattion constitue un milieu favorable pour la multiplication, la dissémina­ tion et la contamination lors des

opérations de déverdissage, de conservation et de conditionne­ ment. Dans les stations, ce sont surtout les attaques de Pénicillium qui sont à


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AGRUMICULTURE l’origine des pourritures des fruits. Il en existe 2 espèces : P. digitatum à moisissure verte et P. italicum à moisissure bleue. La pourriture verte est la plus redoutable particu­ lièrement les en années pluvieusses. Toutefois, ces champignons, dits passifs, ne se dé­veloppent pas sur les des fruits sains mais sur des fruits blessés. Ce qui nécessite une grande attention, lors de la cueillettte, du trans­port ou du conditionnemment afin d’éviter au maximum la contamination des fruits. Les premiers symptômes se mani­ festent par une tache foncée et le fruit perd de sa consistance. Un traitement à base d’Imazalil ou de Thiabendazole offre la meilleure protection contre le développemment de ce champignon. Or, l’appparition de souches résistantes au thiabendazole, au cours de traitemment post-récolte, poussent les conditionneurs à se baser de plus en plus sur l’Imazalil dans les posttes de traitements à savoir le drenccher et le poste de cirage.

Récolte : une opération clé Tous les efforts entrepris au cours d’une année dans la conduite du vergger peuvent être réduits à néant au moment de la récolte. La cueillette est une opération déterminante pour la qualité des fruits en post-récolte. Une mauvaise cueillette peut être à l’origine de nombreux dégâts physsiologiques et pathologiques, comme le brunissement ou le noircissemment de certaines parties de l’écorce, de l’oléocellose, la perte de calice et les pourritures à Pénicillium s sp et à Geotrichum candidum. L La cueillette des fruits doit se faire c o n v e n a b l e ment pour éviter l les blessures, au niveau desquellles peuvent se développer les maladies de post récolte. En effet, à ce moment là il y a des s spores partout qui n’attendent que l’occasion et les conditions de tem­pérature et d’humidité pour se dé­velopper. Ainsi, que ce soit au niveau du verger ou de la station de condi­tionnement, les équipes doivent rester attentives et rigoureuses. De ce fait, une attention particculière doit donc être accordée à la formation, aux démonstrations et à l’encadrement des cueilleurs sur les bonnes pratiques. Il faut aussi s’assurer de la disponibilité d’une main d’œuvre qualifiée suffisante selon la production pendante estimée, la cadence et les quanttités à cueillir par jour, la disponibilité et l’état du matériel de cueillette (cueille-fruits, seaux, caisses, échelles, etc.). Le verger doit être facilement accessible aux ouvriers pour l’exécution de la cueillette. De ce fait, Il est important d’éviter les périodes chaudes (chergui ou milieu de journée), pluie, brouillard, rosée importante sur les arbres. Les alentours des arbres doivent être bien nettoyés et débarrassés des mauvaises herbes afin de faciliter l’emplacement des échelles et des caisses de ramassage et aussi pour faciliter l’accès aux fruits à l’intérieur des arbres.

Le Geotrichum citri-auranti (précéddemment nommé Geotrichum canddidium) est également à redouter quand les condi­tions de son dévelloppement sont réunies (humidité élevée ou pluie avec une tempérrature supérieure à 15°C) et que les fruits sont blessés à causes des manipulations ou par des attaques de la mouche méditerranéenne des fruits (Cératite, Ceratitis capittata Wied.). Le Géotrichum est respponsable de la pourriture amère. Les fruits pourris dégagent une odeur caractéristique de levure. Cette maladie peut être la cause de lourdes pertes, en particulier dans les chambres de déverdissage, où les conditions d’humidité et de tem­pérature sont très favorables. Dans ce sens, la Guazatine, utilisée à 1000 ou à 1500 ppm, permet de prévenir et de contenir la maladie. Une nouvelle formulation à base 68

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d’essence d’orange, récemment homologuée, et nouvellement inttroduite sur le marché marocain asssure une protection efficace contre les deux pathogènes à la fois : Geottrichum citri-auranti et Penicillium digitatum. L’efficacité du contrôle des mala­dies de post récolte dépend essentiel­ lement des mesures prophylacti­ ques adoptées au niveau du vergger, de la station de conditionnemment et de la protection des fruits par un prétraitement ainsi que le traitement des chaînes.

Protection et conservation des fruits Globalement, les fruits récoltés né­ cessitent un pré traitement dans un délai n’excédant pas (idéalemment) les 24 heures. Un délai qui correspond au temps d’infection


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AGRUMICULTURE

des fruits blessés. La nature des produits préventifs varie en foncttion des fruits et de leur destinattion, des conditions cli­matiques et surtout de la nature des pathogènnes à craindre. Généralement, le prétraitement, fait par drencher ou par bassin d’immmersion, repose sur l’utilisation de la Guazatine pour lutter contre la pourriture amère, l’Imazalil ou le Thiabendazole pour constituer la première barrière contre le Peniccillium sp. L’ajout d’ions phosphites à 100% de concentration ou à 50% est conseillé, en cas de récolte sous des conditions humides, pour arrêtter le développement des spores de Phytophtora sp. sur la surface du fuit au niveau de la station. Le poste de cirage constitue le dernnier poste de traitement au niveau de la station de conditionnement d’agrumes. L’utilisation de la cire mélangée avec l’Imazalil est un traitement de référence qui constittue la dernière barrière contre les attaques de Penicillium sp. La partticularité anti-sporulation de cette matière active donne une protecttion maximale au fruit traité emppêchant les spores existantes de se développer en mycélium. Cependant, la nature chimique de la cire, son pH élevé et sa densité agissent négativement sur les proppriétés de l’Imazalil pré-mélangé. De ce fait, il est vivement conseillé de préparer les mélanges (cire plus Imazalil) juste avant de lustrer les 70

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fruits, et s’assurer de l’utilisation de la bonne concentration d’Imazalil dans la cire. La conservation des agrumes est devenue une technique obligattoire pour gérer la production et la com­mercialisation et surtout réduire les pertes post récolte. La réussite de cette opération reppose sur le res­pect d’un certain nombre de pré­cautions durant la récolte et la ma­nipulation des fruits. Au cours du stockage, les principaux paramè­tres à contrôller sont la température, l’humiddité relative, la circula­tion et le renouvellement de l’air.

Conseils pour une bonne conservation • S’assurer de la qualité des fruits à la récolte • Noter l’origine de la production, la période et les conditions de réccolte • Contrôler rigoureusement les conditions de transport et de récep­ tion • Procéder à un échantillonnage pour juger la qualité des fruits et par conséquent suivre l’évolution de la maturité ou de la sénescence du fruit • Procéder aux prétraitements (trai­tements préventifs) dans les 24 heures suivant la récolte • Surveiller la qualité de l’eau du Drencher

• Prendre la température du cœur des fruits avant et durant le stoc­ kage • S’assurer de la désinfection des locaux et du matériel de stockage • contrôler et vérifier les paramè­ tres de conservation (température, HR, vitesse de l’air….) • Choisir une bonne disposition et un gerbage adéquat des caisses dans la chambre • Remplir la chambre dans un temps court (pas plus de 5 jours) • Eviter de mélanger les fruits de différentes variétés et si possible d’exploitations différentes • Contrôler quotidiennement la température et l’humidité de la chambre (utilisation des lecteurs de température et d’humidité) • Vérifier la distribution de l’air, de la température, de l’humidité dans différentes parties de la chambre (utili­sation des anémomètres) • Faire attention à l’odeur dans la chambre (ex : éthanol signe de la fermentation) • Suivi de la qualité des fruits à temps intervalle régulier (1 fois par semaine ou tous les 10 jours) • Adopter la procédure FIFO si le temps entre les premières entrées et les dernières est long (plus d’une semaine) • Procéder à un bon ressuyage des fruits à la sortie de la chambre


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TECNIDEX MAR FRUIT

présente son catalogue très complet pour le traitement post-récolte au Maroc Casablanca, le 1er octobre 2012. TECNIDEX MAR FRUIT, entreprise spécialisée en produits, services et technollogies pour la santé post-récolte des fruits et légumes, dispose déjà d’un catalogue très complet pour aider les producteurs et les expéditeurs d’agrumes à commercialiser des fruits sains et de qualité sur les marchés. Ce catalogue de produits, technologies et services a été présenté lors des récentes journées techniques organissées par l’entreprise en septembre dernier à Agadir et Berkane. Il propose une solution à tous les besoins des prodducteurs et expéditeurs d’agrumes marocains, en prévenant toutes les maladies causées par les champignons en post-récolte, ainsi que l’apparition de symptômes de déshydratation et de vieillissement se produisant souvent en chambre froide et en transport frigorifique, aidant ainsi à maintenir l’apparence et la résistance du fruit. TECNIDEX MAR FRUIT apporte de nouvelles solutions en hygiène, désinfection, enrobages, traitements et technollogies pour le secteur des fruits et légumes, en optimisant les processus qui garantissent la qualité et la sécurité alimentaire et qui, associés aux produits déjà commercialisés forment le catalogue le plus complet pour la santé post-récolte au Maroc.

Dans la gamme de produits Textar®, faisant partie des TRAITEMENTS, trois nouveaux produits ont été homologm gués comme traitements fongiques à large spectre. Ils ont été conçus afin de prévenir les maladies en post-récolte des agrumes qui causent la pourriture pendant le stockage, le transport et la conservation : Textar® I : fongicide systémique à base d’Imazalil hautement efficace. Il contrôle un grand nombre de maladies de post-récolte, principalement celles occasionnées par Penicillium spp., Diplodia sp et Phomopsis sp. Textar® 10 OP : fongicide à base d’orthophénylphénnol. Sa formulation offre une solution plus sûre et effficace pour la santé des agrumes. Homologué pour la prévention des attaques de Geotrichum candiddum, Penicillium sp., Diplodia sp., Phomopsis sp., et d’autres pathogènes de conservation. Textar® 60-T : fongicide systémique et de contact à base de Thiabendazole. Homologué pour prévenir les pourrritures causées par les attaques de Penicillium sp., Diplodia sp. et Phomopsis sp. C’est le seul fongicide qui protège la peau des fruits, en diminuant les symptômes de déshydratation et de vieillissement se produisant lors du stockage en chambre froide et en transport frigorifique, aidant ainsi à maintenir l’apparence et la résistance du fruit. A ces trois nouveaux produits pour lesquels TECNIDEX MAR

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FRUIT a récemment reçu l’homologation de la part de l’ONSSA, nous pouvons ajouter le produit Tecto® 500 dont la filiale marocaine détient la distribution exclusive au Maroc, depuis sa créattion et qui appartient à la multinationale chimiqque SYNGENTA. Il s’agit d’un fongicide à base de Thiabendazole, il présente les avantages propres à cette matière active. Dans la même gamme Textar®, en DÉSINFECTION Textar® BIOC X (BIOCIDES) est conçu pour la déssinfection des emballages, de l’atmospphère, des surfaces, des équipements et des ustensiles en stations fruitières et légumières. TECNIDEX a développé deux nouvelles formulations l’année dernière : Textar® BIOC X 7,5 et Textar® BIOC X 25-5, qui intègrent un noyau Ox et dont les mécanismes d’action sont dus à ses effets oxydants. Parmi la ligne Teycer®, les nouveaux produits sont : Teycer C 2I : composé d’un mélange de cire en émulsion d’eau, spécifiquement pour le lustrage des agrumes avec de l’imazalil. Nous recommandons son utilisation pour une meilleure conservation des fruits après récolte (stockage, transport et commercialisation) pour réduire les pertes de poids occasionnées au cours de cette période, ainsi que pour améliorer l’asppect des fruits grâce à l’augmentation de sa brillance et également prévenir et contrôler les maladies post-récolte


Teycer® C MAXIMUM : cire compposée d’additifs alimentaires formmulés, spécifique pour le lustrage des agrumes pendant la phase finale de la confection. Il s’utilise pour obtenir une brillance et une protection optimale sur la face suppérieure des fruits. Il s’applique une fois les caisses confectionnnées pour protéger les fruits des possibles déshydratations. Teycer® Gustec SAG QUALITY FRUIT : recouvrement protecteur composé de sucroesters d’acide gras, spécifiquemment conçus pour le traitement de la surface des fruits en post-récolte. En séchant, le produit forme une pellicule qui réduit le processus respiratoire de transpiration et de sénescence. Ceci augmente la durée de vie du fruit récoltté en diminuant les pertes de poids de 1% pour 20 jours de conservation; dans le cas d’une conservvation plus naturelle, il respecte les normes en matière de séccurité alimentaire. Teycer DB SIN : nouvelle formmulation biodégradable de détergents anioniques et non ioniques (sans amines), plus respectueuse de l’environnemment que les autres détergents et spécialement conçue pour la propreté des fruits dans les procédés post-récolte. Avec Teyccer® DB SIN, le processus d’hygiène des fruits est basique pour éliminer les restes de débris organiques et non organiques provenant aussi bien du champ que de la station elle-même. ®

A ces nouveaux produits, nous devons ajouter les gammes déjà existantes de cirres Teycer® C et Teyccer® C (D-C), spéciallement formulées pour le déverdissage et la conservation des agrumes. TECNIDEX MAR FRUIT pourra très prochainement commercm cialiser trois nouveaux produits (en phase finale d’homologm gation) : Textar® Extra : fongicide à base des deux matières actives les plus reconnues du monde pour le contrôle des champignons en post-récolte : thiabendazole et imazalil.

Teycer® DB OP : produit phytossanitaire pour le traitement fonggique des agrumes par rideau de mousse. Il est également conçu pour le nettoyage des fruits provvenant de la récolte. Il prévient et contrôle les maladies post-récolte les plus importantes, principalemment causées par Penicillium spp., Geotrichum candidum, Phommopsis citri et Diplodia natalensis et il élimine en même temps les résidus gras, la poussière et autres résidus de la surface du fruit. Teycer C 2I+5T : produit composé d’un mélange de cires en émulssion d’eau, spécifique pour le ciragge des agrumes avec de l’imazalil et du thiabendazole, fongicide à large spectre hautement efficace pour le contrôle des principales maladies post-récolte des agrumes. Quant aux technologies électromécaniques, pour la réutilisattion et l’épuration des eaux résiduelles phytosanitaires, TECNNIDEX MAR FRUIT a présenté les nouveautés de sa gamme CONTROL-TEC® ECO : CONTROL-TEC® ECO R : système de réutilisation des eaux de drencher et bassins en utilisant les dernières technologies de filtration et microfiltration, en permettant de séparer et d’élimminer les solides et la matière organique pour éviter son enffouissement, en récupérant une grande partie des produits phytosanitaires utilisés. CONTROL-TEC® ECO D : système pour l’épuration des eaux résiduelles provenant des traitements phytosanitaires réalisés dans les stations fruitières et légumières, dont la capacité de travail permet d’épurer les volumes élevés des eaux résiduellles provenant de traitements en réception et expédition. A ces nouvelles technologies, nous pouvons ajouter celles déjà commercialisées depuis leur création, groupées dans les lignes CONTROL-TEC® CAM (technologies pour les chambbres de déverdissage, de maturation, de désastringence et de conservation) et CONTROL-TEC® DOS (technologies pour le dosage et l’application de cires et de traitements). TECNIDEX MAR FRUIT présente également des services de consulting regroupés dans sa ligne VÍA-VERDE®, pour conseiller ses clients, en leur offrant une large gamme de solutions biologiques, chimiques, législatives, électromécaniqques, de sécurité alimentaire et environnementale, tout cela afin d’apporter une efficacité maximale à ses produits, technnologies et services. « TECNIDEX MAR FRUIT prend soin des fruits et légumes de ses clients, comme le médecin prend soin de son patient »

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Publi-reportage

les plus importantes en agrumes. Il s’utilise également pour retarder le vieillissement (par réduction de transpiration et respiration).


PHYTOSANITAIRE

Tomate

Champignons pathogènes des parties aériennes Au Maroc, l’apparition de nouveaux insectes ravageurs ou vecteurs de virus a nécesssité l’adoption à grande échelle du filet insect-proof à faibles mailles pour augmentter l’étanchéité des abris serres. Ceci a rendu très difficile la lutte contre les maladies aériennes notamment celles causées par des champignons comme Phytophthora infestans (mildiou), Botrytis cinerea (pourriture grise) et Fulvia fulva (cladosporiose) ou des bactéries comme Pseudomonas corrigata (moelle noire) dont la lutte dépend, entre autre, d’un bon contrôle du climat des serres. Lorsque les conditions sont favorables à la prolifération d’un champignon et que les pratiques culturales ne parviennent pas à stopper les dégâts, il est indispensable de faire appel aux méthodes de lutte chimique.

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L

es serres canariennes qui constituent la majeure partie des abris au Maroc, ont montré leur inadéquation en termes de gestion du climat. L’adopttion dans le futur proche d’autres types de serres à climat relativement plus contrôlable, n’est plus un choix, mais une obligation si l’on souhaite pérennisser la production des cultures protégées au Maroc.

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Développer de nouvelles solutions La prise de conscience, à travers le monde et en particulier en Europe, des dangers liés à l’usage non raisonné des pesticides sur la santé et l’environnemment, a permis la mise en place de disppositions relatives à la réglementation (interdiction de molécules reconnues très dangereuses, réduction des limites maximales des résidus dans les produits agricoles) et à l’utilisation surveillée des produits phytopharmaceutiques (Globbal GAP, Bonnes Pratiques Agricoles, utillisation durable des pesticides, analyses multiples de résidus). Ceci s’est traduit au niveau des unités de production agricole par une réduction drastique de la liste de pesticides autorisés dans le contrôle des ennemis des cultures. Dans les conditions d’un développement épidémique de maladies comme c’était le cas il y a 2-3 ans pour le mildiou, il devvient très difficile de les contrôler en se basant sur la faible gamme de pesticides autorisés. Il s’ensuit un développement de résistances des agents pathogènes à ces quelques produits disponibles, ce qui risque de rendre ces maladies ingérrables à terme. En guise de solution, il y a lieu de penser à des serres à climat contrôlable qui permettent de modifier l’environnement à leur intérieur et, de ce fait, d’éviter les conditions de dévelloppement de ces maladies. De plus, ces serres seraient également étanches aux insectes ravageurs ou vecteurs de virus. De même, dans ce type de serres, on pourrait mener une lutte biologique efficace sans subir les risques du changgement brusque du climat ambiant.

Rappel des principales maladies Les principales maladies affectant la culture de la tomate sous serre sont :

Mildiou L’agent causal de la maladie du mildiou est le champignon Phytophthora infesttans. Quand les conditions de tempérrature et d’humidité sont favorables, il cause des pertes considérables aussi bien sur le feuillage et la tige que sur les fruits (pourriture en pré et en postrécolte). Le Mildiou de la tomate peut être considéré comme un exemple tout à fait typique d’une maladie à caractère épidémique. A partir des premiers pieds infectés, la maladie s’étend rapidement aux pieds voisins. La lutte doit en premier lieu se baser sur les méthodes culturales et prophylacttiques : utilisation de semences saines, évacuation des restes du précédant cultural, adopter des rotations culturalles avec des plantes non hôtes et l’aérattion adéquate des serres. Ensuite vient l’intervention chimique qui doit être préventive, raisonnée et judicieuse. Au Maroc, plus d’une quinzaine de matières actives ont été homologuées contre le mildiou et agissent par contact ou par systémie, avec un délai avant récolte (DAR) généralement compris entre 3 et 15 jours.

Oïdium Cette maladie cryptogamique extrêmemment polyphage, dont l’agent causal pénnètre par les stomates, se caractérise par des taches jaunes sur la face supérieure des feuilles et un duvet blanc (mycelium) à la face inférieure. Les feuilles basales sont les premières attaquées. Les condittions optimales de développement de cette maladie sont une humidité relattive de 50 à 70 % et une température de 20 à 25°C. Ses symptômes peuvent être confondus avec ceux causés par la claddosporiose. Etant donné la transmissibilité de la maladie entre de nombreuses plantes hôtes, il est recommandé de ne pas planter de jeunes cultures sensibles à proximité des vieilles cultures infectées. Il est conseillé aussi de procéder à un nettoyage du champ (élimination des restes de culture, des mauvaises herbes) en fin de culture. La lutte chimique doit


CLIP Fongicide contre le mildiou

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Pour une stratégie de lutte contre l’apparition d’éventuelles résistances du Mildiou

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14 JOUR S

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Mildiou de la tomate

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Mildiou de la pomme de terre

Mildiou de la vigne

Les bonnes raisons de choisir CLIP : Associe 2 matières actives (Famoxadone et Mancozèbe)

Remarquable efficacité contre les mildious Résistant au lessivage Respect de l’environnement Applicable à petites doses à l’hectare CLIP : Garnulé dispersible dans l’eau, contient 62,5g/kg de Famoxadone et 62,5g/kg de Mancozèbe Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Tomate, champignons pathogènes des parties aériennes

Destruction d’une culture de tomate par le mildiou

commencer le plus tôt possible, avant l’apparition des premières taches d’oïddium. Le parasite étant endophyte, il est conseillé d’utiliser des produits anti-oïddium systémiques ou pénétrants

dispensables. Dans les abris serres, l’hummidité de l’air doit être réduite par une aération appropriée. La lutte chimique contre le Botrytis ralentit le développpement de la maladie, mais ne permet pas d’éliminer complètement le champpignon. Les fongicides utilisés sont soit des produits de contact, soit des prodduits systémiques. A noter que l’apparrition de souches résistantes à certains produits, rend les traitements complètemment inefficaces.

Alternariose 

Développement sévère de la cladosporiose

Le parasite sporulant à la face dorsale des feuilles, il y a intérêt à ce que les traitements soient exécutés avec un pulvérisateur suffisamment puissant pour que la bouillie atteigne bien la face inférieure des feuilles.

Pourriture grise  Causée par Botrytis cinerea, cette malladie attaque tous les organes de la plante et occasionne d’énormes dégâts sur plusieurs cultures autres que la tommate. Les symptômes débutent souvvent à partir des blessures causées lors des opérations culturales (effeuillage et ébourgeonnage). La maladie se caractérrise par des tâches brunâtres accompaggnées d’un duvet grisâtre sur tige, par des nécroses sur feuilles et par la pourrriture molle grise sur fruit. Le développpement de la maladie est favorisé par une humidité relative supérieure à 90 %, des températures comprises entre 17 et 23°C et une mauvaise aération des serrres. Ce champignon peut coloniser n’impporte quel tissu végétal mort et vivre en saprophyte. L’effeuillage et l’ébourgeonnage adéqquats, l’élimination des débris végétaux et la protection des blessures sont ind76

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Causée par Alternaria solani, cette maladdie apparaît surtout en climat chaud et sec, mais elle est très accentuée en culturre irriguée. Ce champignon est polyphagge et se développe sur de nombreuses solanacées cultivées ou spontanées. La maladie atteint toutes les parties de la plante et peut se manifester à différents stades de développement de la culture (plantule et plante adulte). L’alternarriose est favorisée par la sénescence des plants et des températures variant entre 20 et 25°C. La rosée nocturne conditionnne l’infection et l’alternance des périoddes humides et ensoleillées favorisent la formation des conidies et la sporulattion. Les symptômes sur feuilles se mannifestent par des taches nécrotiques et concentriques, de taille variable, situées plutôt sur les feuilles basales. L’attaque du feuillage se propage de bas en haut. La lutte contre A. solani consiste à utilliser des variétés tolérantes, à adopter des rotations culturales avec des planttes non hôtes, à utiliser des semences saines, à éliminer les restes de cultures et à pulvériser régulièrement les plantes avec des produits fongicides adaptés. Cependant, la résistance de A. solani à certaines molécules a été déjà acquise.

Cladosporiose  Cette maladie dont l’agent causal est le champignon Fulvia fulva se manifeste à la base des plants sur la face supérieure des feuilles par des taches jaunâtres et diffuses qui se développent en nécrose. Elle forme un feutrage qui est d’abord blanc puis devient brun olivâtre. Ce qui permet de la différencier de l’oïdium, dont le feutrage reste toujours blanc. Cependant, une mauvaise aération est un facteur conditionnant le développemment de ce champignon. On lutte contre la cladosporiose par des pulvérisations de fongicides et en diminuant l’humidité de l’atmosphère des serres par une bonne aération. Les restes de culture doivent être éliminnés en fin de saison. Le traitement des

serres avec du formaldéhyde permet d’éliminer également les spores qui adhhèrent aux armatures et aux parois. La densité de plantation ne doit pas être très importante. Bien que la résistance génétique à cette maladie soit connue depuis plusieurs années, la vigilance est toujours indispensable pour éviter tous dégâts inattendus. En effet, l’apparition des premières variétés de tomate résisttantes à la Cladosporiose a été suivie rapidement de celle de nouvelles races virulentes du parasite.

Protection intégrée Quelques recommandations pour une production et une protection intégrée de la culture de tomate : - Appliquer des traitements de fin de cycle avant arrachage - Désinfection des structures de la serre avant plantation - Désinfection du sol - Appliquer un vide sanitaire avec monnitoring - Désherbage des allées au niveau de l’exploitation - Utiliser des plants certifiés - Contrôler les plants à la réception et avant transplantation - Installer des systèmes fiables de contrôle et de suivi des conditions climmatiques à temps réel - Il est préférable d’avoir une sonde d’humectation foliaire pour évaluer le risque des maladies. - Maximiser l’aération et la ventilation des serres

Investir dans la formation Les producteurs qui investissent dans la formation de leur personnel technique en matière de gestion des problèmes phytosanitaires, arrivent à réduire l’amppleur des dégâts des maladies fongiqques, notamment pendant les années humides. Il y a lieu de signaler que l’absence tottale de tout système de vulgarisation en lien avec des structures de recherche susceptibles de générer des solutions adéquates aux problèmes spécifiques aux conditions marocaines, explique le désarroi dans lequel se trouve le producteur maraîcher national qui n’a comme sources d’information que les technico-commerciaux des sociétés para-agricoles. Cette situation est aussi le résultat du niveau d’organisation de la profession qui gagnerait à être mieux structurée.


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Recherche

Un biocontrôle Terre à terre Extrait de la revue Réussir Fruits et Légumes

Les maladies et ravageurs du sol, ou « bioagresseurs telluriques », sont en recrudescence depuis de nombreuses années mais leur gestion fait appel à de nouvelles approches où moyens conventionnels et alternatifs de lutte font apparaître une notion de biocontrôle.

L

e sol met des centaines de milliers d’années à se former, sert d’habitat à un quart des espèces décrites sur terre, supporte les végétaux et les nourrit. Sa diversité (2000 espèces de micro organismes par gramme de sol, 500 espèces d’acariens, 90 espèces de nématodes et une dizaine d’espèces de ver de terre par m2) et sa complexité (décomposition, séquestration, symbbiose, mycorhyzes…) sont autant d’intterrogations et de sujets d’études. Mais nos connaissances sur son fonctionnemment ne semblent guère aller plus loin que le bout de nos chaussures.

Des techniques complémentaires

Pourtant, en consacrant une journée nationale aux  « bioagresseurs telluriqques » (maladies et ravageurs liés au sol, du latin tellus, « la terre », « le sol »),

Dégats des Nématodes à galles sur tomate. 78

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le Ctif a démonté qu’il avait bien les pieds sur terre. A l’image des ravageurs (vers blancs, taupins, tipules, mouches, limaces, mulots…) ce sont tous des problèmes telluriques, maladies et némmatodes, qui sont globalement en reccrudescence. Selon François Villeneuve, Ctifl, « il existe plusieurs origines qui se conjuguent dans cette tendance amorccée depuis de nombreuses années ». Le spécialiste mentionne la réduction des moyens de protection dûe au rettrait de nombreuses substances et rellève, pour exemple, le passage de 13 à 4 substances nématicides disponibles en 2000 et 2012. Il note aussi que les nouvelles substances présentent souvvent des spectres et modes d’action différents comme les néoniconoïdes qui n’ont qu’une action d’intoxication des larves sans forcément provoquer leur mort. Les modifications des modes d’apport (traitement localisé ou pellicculage des semences), des pratiques culturales ou des techniques complémmentaires «à efficacité partielle », mais aussi l’évolution de la biologie des parrasites comme dans le cas des taupins, sont également concernés dans cette

Fusariose vasculaire sur tomate

aggravation. Face à ce constat, les partticipants de la table ronde sur l’avenir de la désinfection des sols ont dans un premier temps présenté le devenir des solutions actuelles, notamment les fumigants qui assurent 70 % des surffaces désinfectées en Europe dont 1/3 avec l’association 1.3 dichloropropène + chloropricrine. Cette dernière étant autorisée dans les pays du Sud de l’Eurrope mais interdite en France. « En revvanche, le 1.3 dichloropropène est sous dérogation d’usage en France jusqu’à mi-aout 2012 dans l’attente du dépôt d’un nouveau dossier dans le courant de l’année » commente Jérôme Fritsch, DGAL-SRQPV.

Film barrière et solarisation

Les cas du métham sodium, surtout utillisé sur les cultures de mâche, carotte et pépinière de fraisiers et du dasomet préfigurent l’évolution des usages des produits de désinfection. «Le maintien de ces substances passe par la réducttion de leur dose et de la fréquence d’application, en général une tous les trois ans, mais aussi de l’utilisation de films plastiques barrières » précise le spécialiste. L’amélioration des pratiqques (usage de coutre, système de micro-aspersion…), l’association avec la solarisation et la combinaison de molécules (mélanges extemporanés comme métham sodium+DMDS) sont également de nouvelles pistes d’utillisation des fumigants. Certaines sont déjà en expérimentation et donnent des « résultats économiquement accceptables » juge l’intervenant en menttionnant l’efficacité agronomique du dazomet sur le big vein de la salade à dose réduite associé à l’usage de film barrière et la solarisation dans le cadre d’un essai réalisé par Invenio-SRAL (47). Parmi les perspectives, « le diméthyl dis-


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Un biocontrôle Terre à terre

Meloidogyne incognita

Nématode en train de se nourrir sur une racine

sulfure ou DMDS est la seule nouvelle molécule classée comme fumigant. Elle devrait faire l’object d’un dépôt de dossier européen pour 2012. Etuddiée depuis douze ans, cette molécule, dont les composés soufrés ont surtout une action nématicide, est autorisée aux Etats-Unis, au Maroc, en Turquie. Une protection significative contre les nématodes a également été observvée avec le fosthiazate (Némathorin). La révision du catalogue des usages cultures légumières et son « toilettagge » a également simplifié l’usage des moyens de lutte contre les bio agressseurs telluriques et élargit la couvertture de certaines cultures orphelines.

La feuille de route du biocontrôle

Ainsi, Gérard Roche responsable de Légumes de France souhaite avoir une vision optimiste. « L’enjeu pour les prodducteur est de protéger correctement les cultures avec des solutions économiquemment viables dans l’esprit d’Ecophyto en réduisant de 50 % les produits phytosannitaire, si possible » souligne-t-il. Considdérant que les produits phytosanitair80

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res restent indispensables, « l’évolution passe aussi par l’élaboration d’itinéraires culturaux alternatif et l’usage de prodduits de bio contrôle qui doivent être considérés comme une solution sérieusse » précise le responsable. « Fondé sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradiccation, le biocontrôle veut contribuer à la protection des plantes en privilégiant l’utilisation de mécanismes et d’interacttions naturels avec des macro et micro organismes, des substances naturelles et des médiateurs chimiques, tels que les phéromones » explique Louis Damoisseau, représentant de IBMA, l’Associattion internationale des producteurs de produits de biocontrôle qui comptent 200 membres dans le monde. En avril 2011, un rapport remis au ministre de l’agriculture a souligné l’importance de la promotion de ces méthodes dans la stratégie d’une agriculture durable. « Même si elle a pris du retard la feuille de route du biocontrôle compte douze actions à mettre en œuvre au cours des deux prochaines années. Par exemple nous souhaitons que les produits de biocontrôle soient pris en compte de mannière différentiée dans le calcul de l’IFT, indice de fréquence des traitements » précise le responsable qui mentionne surtout le « réservoir de solutions à dévvelopper ». De nombreuses autres intterventions sont venues enrichir cette journée d’information suivie par plus de 150 participants avec notamment des sujets sur l’approche de systèmes et la co-conception, les plantes résisttantes pour la gestion durable des némmatodes à galle, le greffage des culturres légumières, la solarisation ; la rotattion et les plantes-hôtes, les engrais verts et la bio désinfection.

Un réservoir de solution à développer

« Le réservoir des produit de bioconttrôle est important et propose des solutions à développer pour de futtures homologation en France et en Europe» témoigne Louis Damoiseau, représentant de IBMA, l’Association internationale des producteurs de prodduits de biocontrôle. Pour l’heure on dénombre 21 micro-organismes (hors Bacillius thurigiensis) inscrit au niveau européen dont 13 utilisables contre les maladies et dont le tiers est disponnible en France. Mais la liste pourrait être beaucoup plus longue puisque 64 micro-organismes de biocontrôle sont disponibles aux Etats-Unis. Selon le spécialiste la différence s’explique par une plus grande implication de la

Verticilium dahliae sur tomate

recherche public-privée outre-Atlanttique. Mais les intérêts et limites resttent les mêmes. Ces produits montrent leurs avantages avec des délais avant récolte souvent très courts, pas de réssidus (et donc pas de LMR), un faible risque (notamment pour l’applicateur). En revanche, ils sont nouveaux et donc il faut apprendre à les utiliser (positionnnement, efficacité, compatibilité avec d’autres spécialités). Ils sont vivants avec des conditions d’emploi parfois plus spécifiques et nécessitent aussi d’être homologués.

Notion de résistance et de résilience

La diversité des organismes du sol permmet, grâce à une certaine redondance fonctionnelle d’améliorer sa résistance, qui est la capacité à faire face à une perturbation mais aussi sa résilience qui se traduit par la facilité du retour vers un fonctionnement normal de l’écosystème.

Propreté ou santé du sol ?

La gestion des nématodes phytoparasittes peut s’envisager par une approche conservatoire de leur diversité. C’est ce qu’a démontré avec divers exemples, Thierry Mateille, de l’Institut de rechercche pour le développement. Selon le spécialiste, en agriculture conventionnnelle comme en agriculture biologiqque, la gestion « thérapeutique » qui consiste à briser la relation entre la plante et une espèce de nématodes en usant d’outils comme les pesticides, techniques culturales, thérapie physsique….est une approche réductionnniste. Des travaux menés sur la canne à sucre en Afrique du sud montrent qu’en augmentant la diversité des némmatodes, même pathogènes, il est posssible d’avoir une production végétale intéressante. Selon le chercheur, « le nettoyage du sol perturbe la biodiverssité et augmente l’activité pathogène. Il est nécessaire de trouver des soluttions pour aller vers une résilience. ». Dans ses propos, le concept de « santé des sols » et plus important que celui de « propreté ».


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Agriculture algérienne Agriculture algérienne

Cette agriculture qui nourrit les algériens Dossier préparé par Abdelmoumen Guennouni

- Arboriculture : 6,39% - Cultures maraîchères et industrielles : 3,24% - Prairies naturelles : 0,31% Le secteur de l’agriculture emploie près de 23 % de la population active de l’Alggérie et contribue à hauteur de 10 % au PIB du pays, estimé par la banque mondiale à 159.426 millions de dollars US en 2010. Le chiffre d’affaires réalisé par l’industrie agroalimentaire représsente 40 % du total du chiffre d’affaires des industries algériennes après celle de l’énergie.

Il serait prétentieux de vouloir aborder l’agriculture algérienne en quelques pages d’un magazine. En effet, l’évolution historique, le contexte international, la complexité et la diversité territoriales, l’évollution démographique, les changements et le réchauffement climatiqques, les problèmes de l’eau,… sont autant de facteurs qui rendent Politiques agricoles : la tâche d’autant plus difficile. Cependant, ceci n’empêche pas de se Depuis 2000, le secteur a initié un Plan pencher sur les principales caractéristiques d’une agriculture qui a National de Développement Agricole qui a permis d’amorcer une période de eu pour objectif depuis un demi-siècle, d’assurer l’autosuffisance alim- croissance marquée par une stabilité mentaire des algériens. relative malgré les conditions climatiq-

Supermarché à Alger

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L

’Algérie, le plus grand pays d’Afrique (après la partition du Soudan), a une importtante source de richesse en ressources végétales et phyttogénétiques et cela grâce à sa situattion géographique et à sa diversité pédoclimatique (les zones côtières, les zones de plaines, les zones de montaggne, les zones steppiques, les zones Sahariennes). Ainsi, le secteur de l’agricculture est en plein développement et le pays dispose d’énormes potentiels, en termes de parcelles. Ces ressources naturelles sont importantes pour l’éconnomie algérienne et pour le maintien de l’équilibre écologique de la région.

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Territoire et population : D’après les estimations pour 2009 de FAOSTAT, sur un territoire de 238 Mha (2 381 741 km2), la surface agricole tottale (SAT) algérienne constitue environ 17%, soit plus de 41 Mha dont la surfacce agricole utile (SAU), atteint environ 20,5 % avec 8,5 Mha, et ne dépasse pas 3,5% de la surface totale du pays (STP) dominée essentiellement par un climat aride, défavorable pour l’agriculture. La population approche de 36,5 M d’habittants (FAOSTAT 2012). Le recensement de 2008 indique que la SAU est réparttie en : - Grandes cultures : 50,45% - Jachère : 39%

ques difficiles. Ensuite, la nouvelle pollitique du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, basée sur le renouveau de l’économie agricole et le renouveau rural, se fixe comme objecttifs, l’augmentation de la production des produits de large consommation, l’accroissement des rendements, la dimminution de la dépendance extérieure, le rapprochement des principaux actteurs du développement de l’économmie agricole, la diversification des éconnomies en milieu rural, Par ailleurs, l’Algérie a fourni des effforts considérables pour rationaliser l’utilisation de ses ressources hydriqques à des fins d’irrigation, et ce dès l’an 2000. Les surfaces irriguées ont en effet connu une très forte progression passant de 350 000 ha en 2000 à 835 197 ha en 2006 et à 1Mha en 2010. A siggnaler aussi que de nombreux projets de lutte contre la désertification et de développement du pastoralisme ont été engagés. Principales cultures : La culture des céréales est fort anccienne en Algérie et couvre autour du tiers des superficies ; le blé et l’orge tiennent une place de premier ordre parmi les plantes cultivées. Pour les légumineuses alimentaires les cultures traditionnelles importantes sont les pois chiches, les lentilles, les fèves. L’arbboriculture fruitière, très diversifiée, est constituée essentiellement, de l’olivier, du figuier, de la vigne, et des agrumes, qui sont les espèces les plus importanttes sur le plan économique et social. Les cultures maraîchères pour leur part sont très diversifiées. On trouve la car-


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Agriculture algérienne Agriculture algérienne rotte, le piment fort, la fève l’artichaut, le melon, etc. Les principales cultures industrielles sont représentées par les plantes sacccharifères, le henné, le tabac, les planttes oléagineuses, les plantes oléo prottéagineuses et les espèces destinées à la conserverie. Les principales denrées produites par l’agriculture algérienne (FAOSTAT 2010), en termes de tonnages sont en premier lieu la pomme de terre (3,3Mt) suivie par le blé (3,1 Mt) puis le lait de vache (1,8 Mt), l’orge (1,5 Mt), les oignons secs, pastèques, oranges, … En termes de valeur, le lait de vache arrive en tête avec 565 M$, suivi par la pomme de terre (532 M$), puis par les viandes d’ovins indigènes (491 M$), les olives (444 M$), le blé (433 M$), les dattes (363 M$), viandes de poulets et bovins, raisins, etc. (voir tableau) Sources : FAO, CIHEAM, divers

Position 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

Produit Pommes de terre Blé Lait de vache entier frais Orge Oignons secs Pastèques Oranges Dattes Tomates Olives Raisins Légumes Frais, nda Piments forts, piment doux frais Pommes Lait de brebis entier frais Carottes et navets Viande de poulet indigène Lait de chèvre entier frais Abricots Citrouilles, courges et potirons

Géographie et climat : Deux chaînes montagneuses impportantes, l’Atlas Tellien au Nord et l’Atlas Saharien au Sud, séparent le pays en trois types de milieux (le Système Tellien, les Hautes Plaines steppiques et le Sahara) qui se disttinguent par leur relief et leur morpphologie, donnant lieu à une importtante diversité biologique. Le climat est caractérisé par une longgue période de sécheresse estivale variant de 3 à 4 mois sur le littoral, de 5 à 6 mois au niveau des Hautes Plaines et supérieure à 6 mois au nivveau de l’Atlas Saharien. Les pluies sont généralement insufffisantes, irrégulières et inégalement réparties à la fois dans le temps et dans l’espace. Les températures, présentent une moyenne des minimmales du mois le plus froid “m” compprise entre 0 et 9°C dans les régions littorales et entre – 2 et + 4° C dans les régions semi-arides et arides. Une moyenne des températures maximales du mois le plus chaud “M” varie avec la continentalité, de 28°C à 31°C sur le littoral, de 33°C à 38°C dans les Hautes Plaines steppiqques et supérieure à 40°C dans les régions sahariennes.

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Production (1000$ Int) 531 812 433 380 565 267 53 494 233 389 107 790 143 011 362 600 213 867 444 550 268 660 70 892

Production (Tonnes) 3 290 000 3 100 000 1 811 400 1 500 000 1 111 200 9 46 200 740 000 710 000 578 700 555 200 470 000 376 200

149 466

317 500

133 683 103 195 65 568 358 438 83 358 132340

316 100 265 000 262 800 25 1640 248 400 239700

34226

195200

Les terres agricoles et à vocation agricole : Elles sont classées en : - terres agricoles à potentialité élevvée : constituées de sols profonds à bonne texture irrigués ou irrigabbles.  - terres agricoles à bonne potenttialité : constituées de sols de proffondeur moyenne et irrigués ou irrigables ou de sols de bonne proffondeur non irrigués, situés dans des zones subhumides ou humides et ne présentant aucune contrainte de topographie. - terres agricoles à moyenne potenttialité : constituées soit de sols irriggués de profondeur moyenne, de pluviométrie variable, présentant ou pas des contraintes moyennes de topographie et de profondeur, soit de sols non irrigués présentant des contraintes moyennes de topoggraphie et de profondeur d’enracinnement importante ou moyenne et de pluviométrie moyenne ou élevée;  - terres agricoles à faible potentiallité, constituées de sols présentant de fortes contraintes topographiqques, des contraintes de pluviométtrie, de profondeur, de salinité, de texture et d’érosion. 


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Agriculture algérienne Agriculture algérienne Grandes cultures Production céréalière :

Depuis l’indépendance, le total des superficies emblavées en céréales a représenté annuellement autour de 2,5 Mha et a varié, selon les années, dans une fourchette allant de 1,11 et 3,66 millions d’hectares. En termes de répartition des superficcies céréalières, le blé dur se taille la part du lion avec plus de 43,5%, suivi par l’orge commune avec plus de 30,4%, le blé tendre 23,2% et l’avoine 2,8% (2006). La production, fortement dépenddante des conditions climatiques, a connu une variation inter-annuelle

plus marquée, enregistrant 776.000 t comme niveau le plus faible (4 qx/ ha en 1966) et 5,25 Mt (16,5 qx/ha en 2009) comme niveau record le plus élevé. A signaler que les rendements par hectare, tout en connaissant de granddes variations inter-annuelles, n’ont cessé d’enregistrer une amélioration progressive et au cours de la décennnie 2001-10 se sont maintenus au dessus de 10,34 qx/ha.

Utilisation des intrants : La production céréalière nécessite annuellement un disponible de semmences atteignant en moyenne 250.000 tonnes pouvant varier selon les années entre 205.000 et 327.000 tonnes. L’utilisation des engrais (même s’ils sont produits en Algérie, ) reste inférrieure aux normes d’intensification des cultures et d’amélioration de la productivité et varie selon les réggions, la pluviométrie, la taille des expploitations, le soutien aux prix … Une fertilisation adaptée et équilibrée permettrait une meilleure résistance à la sécheresse, des rendements plus élevés et par conséquent, une réducttion des importations.

Importations : A l’instar des autres pays du Maghreb, la production céréalière algérienne se révèle insuffisant pour assurer tous les besoins du pays, d’où le recours à l’importation. En effet les approvissionnements céréaliers provenant de l’étranger ont suivi la courbe d’évollution de la population (croissance démographique) et ont fortement augmenté au cours des années. Ainsi, au cours des années d’après l’indép-

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pendance ils atteignaient entre 400 et 800.000 t et sont passés au cours de la dernière décennie, à 8-9 Mt. Parallèlement, les besoins totaux en céréales (production + import) sont passés de 3 Mt environ (1962 à 1974) à 10-13 Mt au cours de la dernière décennie. Les importations sont constituées (moyenne 2001-2004) à 71,2% de blés, 22,8% de maïs, 4,5% d’orge et 1,6% de riz et autres céréales, pour une valeur dépassant 1 milliard de dollars (FAO). NB : données FAOSTAT et calculs

Pomme de terre Entre 1961 et 1973 la culture de la pomme de terre en Algérie couvrait une superficie entre 23 et 50.000 ha et assurait une prodduction de 170 à 300.000 tonnes dont 18 à 68.000 t étaient exporttées, soit entre 11 et 22%. Depuis, la pomme de terre est devenue une des principales cultures desttinées à la consommation domesttique et dans une deuxième pérriode (1974-1994) la production a fortement augmenté et atteint le double ou triple de ce qu’elle était avant (soit de 400.000 t à 1,1 Mt), avec des exportations sporradiques, souvent nulles. Ensuite, au cours des 16 dernières années, l’augmentation de la production s’est poursuivie avec une cadence soutenue dans une fourchette ent-


tre 1 et 2,6 Mt (2009). Les superficcies pour leur part ont connu des variations interannuelles moins marquées et se sont situées entre près de 60.000 ha (1974) et près de 120.000 ha (1991). En 2010 la production a atteint le chiffre reccord de 3,3 millions de tonnes sur 130.000 ha avec un rendement de 25,3 t/ha. Le rendement hectare a fortement évolué au cours de ces 50 années, puisqu’au cours des années 1960 il fluctuait entre 5 et 10 tonnes alors qu’au cours de la dernière décennie il se situait entre 15 et 25 tonnes, soit une multiplication par un coefficient de 2,5 à 3. En plus de sa production nationalle, l’Algérie importe annuellement entre 50 et 350.000 t (127.500 en moyenne) représentant l’équivallent de 15% environ de la moyennne des productions. Par ailleurs, avec une densité moyenne de plantation entre 0,8 et 1,3 tonnes/ha la production alg-

gérienne nécessite entre 24.000 (1962) et 139.000 t de semences (2009 et 2010). En Algérie, la pomme de terre peut être plantée et récoltée dans n’importe quelle région, à pratiquement n’importe quel mois de l’année. Initialement cultivée surtout sur la côte méditterranéenne, qui jouit d’un climat tempéré propice à sa culture tout au long de l’année, aujourd’hui on en trouve aussi sur les montaggnes et les vallées entre la côte et les monts Atlas ainsi que sur les hauts plateaux et même en plein Sahara (Ouled Souf ) où on assure autour de 35% de la production nationale ( TV algérienne). A signaler que la consommation annuelle, qui était d’une vingtainne de kgs par habitant au début l’indépendance et de 35 kg en 1990, est passée à autour de 90 kgs en 2010.

démonstration d’une récolteuse de pomme de terre

Source : FAOSTAT et calculs

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Agriculture algérienne Agriculture algérienne Une oléiculture dynamique Les superficies consacrées à l’oléicultture, représentant environ le tiers de l’arboriculture algérienne ont connu une croissance relativement lente enttre 1969 (97.260 ha) et 2001 (177.220 ha), soit un accroissement de 20% en 33 ans, puis une augmentation plus rapide depuis. En effet, au cours de la dernière décennie la croissance a attteint 78,5% pour culminer à 316.300 en 2010 dont plus de 60% en prodduction. Cette tendance est due à la relance du Plan National de Dévelloppement Agricole en 2000 et au financement du secteur par le Fonds National de Régularisation et Dévelloppement Agricole (FNRDA). L’objjectif visé était le développement de l’oléiculture et la réduction des impportations d’huiles végétales.

Huile d’olive Kabyle

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Caractéristiques de l’oliveraie : La surface oléicole est concentrée dans trois régions : le Centre, avec 54,3 % de la superficie totale ; l’Est, avec 28,3 % ; et l’Ouest, avec 17 %. La plupart des oliveraies (80 %) sont sittuées dans des zones de montagne, sur des terrains accidentés et marginnaux, peu fertiles et caractérisés par une pluviométrie moyenne comprise entre 400 et 900 mm/an, peu à non mécanisables. Le reste des oliveraies (20 %) sont situées dans les plaines occidentales du pays (Masera-SigRelizane), où la pluviométrie moyennne annuelle est de 300-400 mm. Sept pour cent des oliviers sont âgés de moins de 5 ans, 11 % ont entre 5 et 15 ans et 39 % sont âgés de 16 à 50 ans et se trouvent en pleine producttion. Enfin, 43 % ont plus de 50 ans. La densité moyenne de plantation varie entre 100 arbres/ha pour les cultures en régime pluvial (oliviers à huile, soit 79% de l’oliveraie) et 156 arbbres/ha pour les cultures en régime irrigué (oliviers de table, 21%). Quant à la distribution entre les oliveraies cultivées en régime pluvial et irrigué, 88 % de la surface correspondait aux premières et 12 % aux secondes (COI 2006). L’oléiculture algérienne est caractérrisée par une large gamme de variéttés. Dans le centre et dans l’est préddominent les variétés ‘Hamma’ (pour la confiserie), ‘Chemlal’, ‘Azeradj’, ‘Boucchouk’, ‘Rougette’, ‘Blanquette’ et ‘Limmli’ (pour l’extraction d’huile). Dans la région occidentale, les variétés les

plus diffusées sont ‘Sigoise’, ‘Verdial’, ‘Cornicabra’ et ‘Gordal’.

Production d’olives : La production d’olives entre 1961 et 1995 a évolué normalement, avec des hauts et des bas, dans une fourchette de moins de 100.000 à 200.000 t annnuellement. Depuis 1996 elle a suivi une importante tendance à la haussse avec des cycles successifs variant entre 160.000 et plus de 360.000 t par an. L’année 2010 a battu tous les records avec une production de 555.200 tonne d’olives, suite à l’enttrée en production des nouvelles plantations. Le rendement par hectare a relattivement bien évolué et suivi une tendance haussière avec des alternnances entre années à faible rendemment (0,6 t/ha) et de bonnes années dépassant 2t/ha.


Huile d’olive : La production d’huile d’olive enregistre des fluctuations importantes liées à la sécherresse, aux variétés cultivées et au phénomène connu de l’alternance de l’olivier. Entre 1990/91 et 2011/12, la producttion moyenne annuelle d’huile d’olive a atteint 34.200 t, avec un minimum de 6.000 t en 1990/91 et un record de 69.500 t en 2003/04. A noter que plus de 40% de la production sont constitués d’huile lampante. Au cours des dernières années, le rendement moyen (en litre d’huile/100 kg d’olives) a été de 17 %. La variété, mais aussi les conditions climatiques (la pluviométrie en particulier), influence fortement le renddement des diverses régions oléicoles, qui varie entre 17 % et 24 %.

Olives de table : La production d’olives de table connaît une tendance haussièrre et a oscillé entre 8 000 t en 1994/95 et 133.000 t au cours de la campagne 2011/12, avec une moyenne de 54.400 t au cours de la période 1990/91 – 2011/12.

Consommation : Actuellement, l’huile d’olive est consommée pratiquement dans sa totalité dans les zones de production. La consommmation suit une tendance à la hausse avec une moyenne (1990/91 – 2011/12) de 34.300 t, soit le même niveau que la production, les importations étant négligeables.

De même pour la consommmation d’olives de table. La moyenne au cours de cette même période est de 54.300 t, niveau égalant la production. Pour le COI, la consommation d’huile d’olive pourrait facilemment doubler si les mesures suivantes étaient mises en œuvre : - Une politique active de prommotion des huiles d’olive. - Une meilleure organisation du secteur, en unissant la transformation et la commerccialisation à la production. - Une politique adéquate de formation et de transfert de technologies. - Un renforcement du soutien au secteur.

Industrie oléicole : À la fin des années 2000, l’inddustrie oléicole algérienne était composée majoritairemment d’huileries traditionnellles Ainsi, sur un total de 1.650 huileries : - huileries traditionnelles : 1 400 (85%) - huileries avec presses ou supper-presses : 85 (5%) - huileries modernes : 165 (10%) Dans ce contexte, en vue de moderniser le secteur de l’exttraction de l’huile d’olive pour améliorer la qualité du produit, les autorités algériennes ont adopté un programme de moddernisation de l’industrie de l’huile d’olive et de l’huile de grignons d’olive) et de traitemment des sous -produits, dans l’objectif d’augmenter le nombbre d’unités modernes d ’ e x t r a c ttion d’huile d’olive équipées d’un systèmme continnu.

NB : Données FAOSTAT, COI et calculs Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Agriculture algérienne Agriculture algérienne

Viticulture

continué leur baisse progressive et à la fin des années 1960 elles étaient de près de

La viticulture en Algérie remonte à l’Antiquité et particulièrement à la colonisation romaine, mais son développement a commencé avec l’époque de la colonisation française.

300.000 ha, et de 100.000 ha environ à la fin des années 1980. Depuis 1990 elles ont continué leur tendance baissière et fluctué entre 50 et 87.000 ha. Au cours des 5 dernièrres années elles se sont stabilisées autour

Superficies :

couragement par les autorités coloniales

Ainsi, en 1830 les superficies plantées en rais-

qui avaient besoin des vins algériens pour

sins étaient seulement de 2.000 ha, devenus

compenser la chute de la production dans

6.500 en 1861. Plus tard, suite à des plantat-

la métropole en raison de l’infestation mass-

tions massives elles ont atteint 150.000 ha

sive par le phylloxera, qui a détruit une grand-

et 171.000 ha respectivement avant et après la 1re guerre mondiale mais le sommum a été atteint en 1936 avec près de 400.000 ha. Ce développement soutenu était du à l’enc-

de 70.000 ha.

de partie du vignoble français. Par ailleurs la qualité des vins algériens, identique à celle des meilleures productions de l’hexagone, était recherchée par les professionnels de la filière. Cependant, face aux importants volumes arrivés en France, les autorités décidèrent de diminnuer la superficie du vignoble algérien, en interdisant les nouvvelles plantation, ou en réduissant les superficies par viticultteur(1931), puis en recourant à des arrachages (volontaires ou non) entre 1935 et 1959. En conséquence, à la fin des années 1950, le vignoble algérien était descendu à 380.000 ha. Par la suite les superficies ont

Production : La production algérienne de raisins a connu une période de 14 ans (1961-74) avec une production élevée comprise entre 1,9 MT (1964) et 761.000 t (1972) tout en enregisttrant une baisse progressive ayant dépassé la moitié de la production en début de pérriode. Sur 3 décennies la tendance baissière s’est poursuivit en dents de scie, mais plus marquée, allant de 587.000 t en 1975 jusqqu’au niveau le plus bas de 141.300 t atteint en 1994. Dernièrement, entre 2005 et 2010 la courbe de production s’est redressé légèrrement avec des tonnages allant de 334.000 en 2005 jusqu’à 492.000 en 2009. Parallèlement la production vinicole a connu une évolution plus ou moins identique à la production de raisins puisqu’elle est passée de 1,5 Mt en 1962 à 47.500 en 2010, avec des 90

Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012


chutes à 36.000 t en 1997 et 98. Cette chute de la production vinicole a été du essentiellement aux changements progresssifs des politiques française puis européenne vis-à-vis de l’importation de vins d’Algérie. A l’instar des autres pays maghrébins collonisés (Maroc et Tunisie) en Algérie, la vitticulture s’est développée en fonction des

Conversion-Reconstitution :

et l’introduction de cultures à haute valeur

Ainsi, en 1962, l’Algérie se retrouvait donc

ajoutée dont le pays avait plus besoin pour

avec une superficie plantée en vignes à

son autosuffisance. A titre d’exemple, les

vin voisine de 350.000 ha, dont le potenttiel de production pouvait atteindre 14 Mhl de vin. Au contraire, les vignes à raisin de table étaient peu développées : 4 ou 5 000 ha avec une production approximative de 20.000 t de raisin. Devant les difficultés

débouchés extérieurs et non des besoins de consommation locale.

superficies en vignoble de cuve entre 1968 (305.000 ha) et 1973 (255.000 ha) ont baissé de près de 50.000 ha, suite à l’arrachage de près de 76.300 ha et à la replantation de près de 27.000 ha en vignes à vin (vieillissemment du vignoble), à raisin de table et raisin secs. De même un programme abordant les

d’écoulement de sa production vinicole

problèmes aussi bien techniques, qu’économ-

(en plus des stocks cumulés sur plusieurs

miques ou commerciaux de la production

années), les responsables algériens se sont

a été mis en place pour l’amélioration de la

trouvés face à la nécessité de reconversion

qualité, et la diversification des débouchés

et de reconstitution du vignoble algérien

pour l’extérieur.

Agro-challenge Etude des sols, assisatance technique et formation en fertilisation et gestion de la fertilité des sols

Formation sur application de la méthode pilazo au Melon, Pomme de terre, Fraisier et Tomate sous abri.   Vente de matériel de pilotage de l’azote Agro-challenge : lot 518, 1er étage N°4, quartier industriel sidi ghanem - Marrakech TEL : 0524335380 GSM / 0661235350 - FAX : 0524335470

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Agriculture algérienne Agriculture algérienne

Sous-utilisation des engrais

en Algérie étaient subventionnés et appliqués à prix réduits sur des terrres appartenant à l’État. - Une période (1988 à 2002) de «resttructuration du secteur agricole et de libéralisation du marché», ainsi que la restitution des terres nationnalisées, pendant laquelle on assista presque à l’abandon des engrais.

L’Algérie dispose de ressources naturelles en quantités importantes permettant de fabriquer assez d’engrais, essentiellement azotés et phosphatés, pour couvrir les besoins de son agriculture, et un surplus appréciable va même vers l’exportattion. La gamme des produits fabriqués inclue le nitrate d’ammonium, l’urée, les superphosphates et les engrais composés binaires et ternaires. Le secteur est donc attractif et avec l’ouverture économique et la libéralisation, des sociétés privées ont aussi investi ce marché (importation et reformulation d’engrais en fonction de la demande).

L

’évolution de la consommmation d’engrais (N, P, K) n’est pas régulière et reste en deçà des normes d’inttensification des cultures et d’amélioration de la productivité. En plus des facteurs climatiques, elle a été modifiée suite aux différentes politiques agricoles et aux différenttes phases et étapes ayant marqué la restructuration du secteur agricole

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Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

et a connu plusieurs périodes : - Une période «post indépendance» où les engrais étaient méconnus et très peu utilisés (1961-1970). - Une période «d’utilisation très marqquée» (1971-1986), période de dévelloppement de l’industrie chimique et de développement des hydrocarbbures, coïncidant avec l’application de la réforme agraire et la nationalissation des terres. Les engrais produits

Cette période a été marquée par une redistribution et un démembremment des terres, période qui a vu une augmentation des prix des engrais coïncidant avec une dévaluation du Dinar. L’utilisation des engrais a très


fortement chuté entre 1987 et 1997 à cause de la disparition des subventions et donc de la hausse des charges supporttées par les exploitations. Il est possible que la chute bruttale entre 1995 et 1998 soit due en outre, probablement, à l’absence d’ammonitrate sur le marché (pour des raisons de sécurité). Une reprise de l’utillisation d’engrais s’amorce en 1999, grâce au soutien apporté à la fertilisation des céréales, et se confirme en 2000 malgré la sécheresse qui a marqué l’annnée. - Entre 2002 et 2010, la consommation a connu des hauts (pic de près de 190.000

t en 2004) et des bas (56.000 t en 2005). A titre d’exemple, pour l’année 2010 la consommmation totale en engrais a atteint 95.196 t d’éléments fertilisants (azote, phosphate, potasse). La production nationnale n’a pas dépassé 33,6% (31.950 t) alors que l’import, représentant 71% (67.526 t), a été tiré vers le haut en raison de l’importation des engrais potassiques non fabriqués loccalement. La différence avec la consommation totale est due à une exportation équivalente à 4.280 t (- 4,5 %). Concernant les différentes cultures, dans le domaine céréalier, les quantités d’enggrais apportées sont variables aussi bien dans le temps que dans l’espace et, alors que les engrais NPK, PK et DAP sont d’usage aléatoire, les engrais les plus utilisés sont l’ammonnitrate (33,5 pour cent) puis le TSP qui ont permis une améllioration de la productivité. Pour les autres cultures, une utilisation intensive des enggrais (NPK 15-15-15) est prattiquée sur pomme de terre et cultures maraichères pour lesqquelles les doses conseillées sont largement respectées par les agriculteurs. Ainsi, les cultures sous serre sont relattivement bien conduites au niveau de l’ensemble du terrritoire, compte tenu des investtissements engagés. La fertilissation est généralement bien menée et les rendements sont assez intéressants. Par ailleurs, l’introduction de l’irrigation au goutte à goutte, grâce aux appuis financiers fournis par les pouvoirs publics (PNDA), a permis non seulement l’utilissation plus rationnelle des enggrais, mais aussi de meilleurs rendements. Parmi les cultures industrielles (tomate et tabac), la tomate industrielle a pris un essor très important particulièrement à l’est du pays (Annaba) et a attteint des rendements importtants. Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Valorisation

Gestion de la matière Organique: Clé d’une Agriculture Productive, Saine et Durable Pr. Brahim Soudi, IAV Hassan II

Au Maroc, les teneurs en matière organique des sols sont naturellement faibles à moyennes. En effet, dans la majorité de nos sols, on enregistre moins de 2% de matière organique. On peut ainsi estimer un gisement humique total de l’ordre de 400 Millions de tonnes. Cette dotation est soumise à un processus continu de déperdition suite à une conjugaison de facteurs dont les plus importants sont : - La minéralisation rapide attribuée aux conditions thermiques favorables et la pratique de l’irrigation qui maintient le sol à une humidité voisine de la capacité au champ, favorisant ainsi la biodégraddation de la matière organique fraîche. Rappelons que les facteurs abiotiques clés conditionnant la dynamique de la matière organique sont la température et l’humidité. - L’accroissement de la vitesse de minnéralisation par certaines techniques culturales, telles que l’irrigation, la ferttilisation et le travail répété du sol qui tend à détruire les agrégats et augmentter en conséquence l’accès des microorganismes à la matière organique. Le travail profond dilue aussi la matière organique dans le profil du sol. - La très faible restitution des résidus de récolte ; - La faible adoption des pratiques d’amendement organique ; - La non intégration des filières agricolles et d’élevages ; - La mise en culture des terrains de pâtturage qui perturbe le bilan de l’humus, quantité et la qualité des résidus végéttaux restitués au sol. Ci-après le schéma universel général d’évolution de la matière organique (schéma simplifié par Brahim Soudi, IAV Hassan II) avec une superposition en

couleur rouge des tendances constattées dans les agro-systèmes marocains. Ces tendances sont déterminées par les facteurs décrits plus haut. Ce schéma montre deux voies importtantes caractérisant la dynamique de la matière organique : - la minéralisation : la matière première de ce processus réside dans la matière organique fraîche - l’humification : la matière première de l’humification est constituée de prod-

duits de minéralisation de la matière organique fraîche. L’établissement d’un bilan de matière organique se traduit par deux équattions : Humification Humus produit (Hp) = Coefficient d’humification (kh) x quantité de matière organique fraîche ou MOF (résidus, autres matières incorporées au sol) [Le coefficient d’humification dépend de la nature de la matière organique fraîcche et augmente avec l’augmentation du rapport C/N de la matière organique fraîche] Minéralisation Humus minéralisé (Hm) = Humus du sol x Coefficient de minéralisation (Km) [La valeur du coefficient de minéralisattion augmente avec la teneur en eau (jusqqu’à l’humidité à la capacité au champ) et particulièrement avec la température (de 5°C à 35°C)] La situation souhaitée réside dans l’équillibre : Hp x MOF = Km x H. Comme nous allons le constater plus loin à travers le diagnostic des agro-systèmes dominnants, cet équilibre est rompu de manièrre plus ou moins accentuée dans le sens

Figure 1 de déperdition de matière organique.

Impacts et conséquences :

une dilapidation des rôles nobles de la matière organique Les impacts et les conséquences de cette situation sont très significatifs et constituent une menace pour les sols étant donné que la plupart des proppriétés des sols sont conditionnées par

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Gestion de la matière Organique tration des substances humiques. - Amélioration des paramètres de croisssance et de développement des planttes cultivées: Racines, tiges, biomasse des fruits, etc. la matière organique et particulièremment sa fraction humique (substances humiques). On rappelle dans ce qui suit les principaux rôles de la matière organique et des substances humiques (illustrations du cours et conférences assurés par Brahim Soudi) : Amélioration de l’activité biologique du sol : la matière organique constitue une source d’énergie et d’éléments nutritifs pour les micro-organismes du sol. En outre, à travers l’amélioration de l’activité biologique, la matière organique a un effet biofumigant contre plusieurs agents pathogènes y compris certains nématodes. Ce phénomène est attribué à la production d’antibiotiques par les micro-organismes bénéfiques et par le développement des saprophytes qui inhibent par compétition les agents pathogènes. Amélioration de la capacité de rétention de l’eau par le sol : cette propriété est à valoriser dans les sols dominés par une texture sableuse. La matière organique est aussi un réservoir d’éléments nutritifs : sa minéralisation progressive fournit des éléments nutritifs aux plantes cultivées. Ainsi, il convient, dans le cadre d’une pratique de fertilisation rationnelle, de tenir compte de la fourniture de ces éléments nutritifs par le pool organique. D’autres rôles nobles, sont également assurés par la fraction la plus bénéfique de la matière organique qui est représsentée par les substances humiques : - Amélioration de la capacité de rétenttion et d’échange des cations - Amélioration de la structure du sol et de la stabilité des agrégats - Amélioration de la vitesse de germinattion avec l’augmentation de la concent-

Etudes de cas : A titre d’études de cas, on peut citer les résultats de deux études menées dans deux écosystèmes contrastés : le réggime de la matière organique en zones irriguées et les pertes en matières orgganiques suite à la mise en culture des parcours dans la région du Moyen atllas. Le diagnostic de la matière organique des sols dans le périmètre irrigué des Doukkalas, a permis de faire ressortir la tendance de déperdition de la matière organique illustrée par la figure 1. La perte moyenne décadaire à travers les quatre principaux types de sols varie de 18 à 33%. Les pertes se sont avérées plus élevées dans les sols sableux et dans les sols peu évolués. Ceci peut être expliqué par la faible fraction d’argile. En effet, celle-ci permet une protection relative de la matière organique à travers une association organo-minérale. Ces pertes correspondent en fait à des taux de minnéralisation annuelle qui varient de 1.9 à 3.3%. Ces deux valeurs peuvent être assimilées à des taux de destruction de l’humus ou aux coefficients de minérallisation annuelle. Ils permettent d’estimmer, sur la base des équations de bilan de l’humus, les quantités annuelles en matière organique fraîche qui auraient été apportées ou restituées au sol pour éviter les déperditions observées. Pour le cas des terrains de parcours, la mise en culture a causé une perte en carbone organique dépassant en moyenne 42% sur une période allant de 30 à 50 ans.

Tentative d’une typologie du statut de matière

organique dans les principaux agro-systèmes  Nous pouvons distinguer trois grands

Appréciation du régime de matière organique dans les agro-systèmes identifiés Taux d’humification des restes de cultures

Quantité de restes de cultures

Degré de déperdition de la matière organique du sol

1.5 à 2%

Moyen à élevé (25 à 40%)

Faible

Faible

1.2

2 à 3%

Moyen à élevé (30 – 50%)

Faible à moyenne

Très élevé

2

1.5 à 3%

Moyen 20 à 30%

Moyenne

Elevé

3.1

4 à 5%

Faible à moyen (10 à 30%)

Très élevée

Elevé

3.2

1.5 à 3%

Moyen à élevé (30 – 50%)

Faible à moyenne

Modéré

Agrosystème

Taux de minéralisation

1.1

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Niveau de restitution /valorisation des restes des cultures

F A I B L E

agro-systèmes et des sous – agro-systèmmes en relation avec la problématique de gestion de la matière organique du sol et des restes de cultures. Cette problématique est déclinée en trois nivveaux correspondants à trois situations d’équilibre ou déséquilibre des équattions de production de l’humus (humiffication) et de destruction de l’humus (minéralisation) illustrés par les cercles de couleurs jaune, orange et rouge correspondant un degré de névralgie croissant. Ces situations peuvent être caractérissées comme le montre le tableau.

Les restes et sous-produits des cultures :

Situations contrastées et gestion insuffisante Eu égard aux restes des cultures, deux situations contrastées peuvent être constatées : la situation des grandes cultures en zones irriguées (Agro-systèmme 1.2 incluant des cultures maraîchèrres conduites en plein champ (Agrosystème 3.2)) et la situation des cultures maraîchères ou horticoles sous serre (Agro - système 3.1). De la première situation à la seconde, on migre d’une logique « résidus de cultures » à une logique « déchets ». De faibles tonnagges à l’hectare à des tonnages élevées et encombrants. Les figures 2 et 3 illusttrent ce contraste. On passe de quelqques tonnes de résidus de cultures à des dizaines de tonnes de déchets. Dans les deux situations et dans d’autres, on assiste à une faible valorisation « mattière » ou énergétique de ces déchets. Cet aspect est considéré avec force par l’étude d’Evaluation Environnementale Stratégique du Plan Maroc Vert menée actuellement par le MAPM/ADA et qui affiche cet aspect parmi les priorités dans ses feuilles de route environnemmentales. En effet, ces tonnages sont candidats à une augmentation significcative avec le rythme de mise en œuvre des projets PMV et si on considère les prévisions 2020 en matière d’accroissemment des superficies des filières à fort potentiel de production des déchets (maraîchage et fruits : 40% ; Agrumes : 52% et Olivier : 76%).

Quelle destination des restes des cultures et quels impacts ? Pour le cas des grandes cultures en irriggué, on assiste à une insuffisante restittution des résidus de cultures aux sols. Souvent, on les exporte des parcelles pour l’alimentation du bétail et particculièrement en période de sécheresse sans pour autant équilibrer le flux de


matières avec des apports de fumier. Une faible intégration des activités agricoles et d’élevage est constatée. On peut même assister à un transfert de fertilité organique des sols des zones de grandes – cultures - élevage vers des zones maraîchères. Pour le cas des cultures horticoles, les déchets s’accumulent dans les entourrages immédiats des exploitations ou sont transportées plus ou moins loin dans des dépôts sauvages. Ils génèrent ainsi un certain nombre d’impacts et de nuisances : risque de pollution des eaux, dissémination des agents phyto - pathogènes et des graines de mauvaisses herbes, risques sanitaires pour lebbétail et particulièrement en périodes sèches (risques d’intoxication par les résidus de pesticides qui peuvent être transférés dans les produits laitiers  et d’intrusion d’autres objets indésirables (ficelles par exemple) dans les déchets verts ), la certification , etc.

Options de gestion de la matière organique des sols et des restes des cultures La solution évidente et relevant des bonnes pratiques agricoles, consiste pour le cas des grandes cultures à : - restituer les résidus de récolte et les incorporer dans la couche 0 – 20 cm du sol, - pratiquer des amendements organiqques sur la base de l’établissement du bilan de l’humus au niveau des exploittations agricoles, - privilégier la pratique de travail du sol minimal (labour minimum). Aussi, il est recommandé de procéder au comppostage et de valorisation du compost dans ces sols. Pour le cas des déchets horticoles et arboricoles, quantitativement importtants, les options les plus recommanddées sont : Le compostage ou co-compostage avec d’autres déchets d’élevage ou sous-produits agro-industriels Cette option permet à la fois de réduire presque de moitié le volume initial des déchets mis en compostage et de valloriser le compost en tant que produit d’amendement des sols. Le co-composttage des déchets organiques horticoles est initié dans quelques exploitations du Souss-Massa, mais le processus n’est pas souvent optimisé et les plateformes ne répondent pas toujours aux directives environnementales. Quelques autres expériences naissantes sont en cours au niveau du Souss Massa et Meknès. Ce secteur mérite toutefois d’être soumis à une normalisation et réglementation.

Etant considérés parmi les intrants agricoles, les mattières premières et la qualité du compost final devront être en conformité avec des normes à arrêter. Des renfforcements des capacités technniques des agricculteurs et des conseillers agriccoles s’avèrent aussi nécessaires pour promouvoir cette pratique très bénéfique. La production de biogaz Les déchets organiques caractérisés par un pouvoir méthanogène accepttable peuvent être valorisés pour la production de biogaz. Cette option ne peut toutefois être rentable que pour des grandes installations intégrant un système mixte agriculture – élevage. Approvisionnement des serres en CO2 En dehors de pratiques traditionnelles d’enrichissement de CO2 par épanddage de diverses matières organiques comme le fumier ou autres matières organiques, des résultats de recherche ont montré qu’on peut capter et valorisser le CO2 émis par le compostage lors de la phase de fermentation active. En effet, on estime une production de CO2 de 10 à 50 g/tonne de compost (Saxton 1978). Plusieurs travaux de recherche ont étayé cet aspect. L’adoption de cettte option requiert toutefois un disposittif de serres étanche avec une maîtrise de flux selon les stades phénologiques de la culture. Elle nécessite aussi l’installlation de bio-filtres (à base de sol et/ou de copeaux de bois) qui piègent un certain nombre de composés gazeux toxiques et/ou de mauvaises odeurs. Plusieurs dispositifs sont mis en place à travers le monde et la recherche d’opttimisation du système est en développpement. Compostage et chauffage des serres Le compostage est aussi producteur de chaleur (énergie thermique) à partir de la dégradation des liaisons carbonées. Cette chaleur peut être valorisée pour le chauffage des serres. Les bactéries thermophiles produisent environ 4.03 KWh/kg d’O2 utilisé (Fulford, 1986) La récupération de cette chaleur pourrrait donc, dans des situations particul-

lières, servir à chauffer les serres surtout en période froide de novembre à janvvier (entre 4h00 et 8h00 du matin dans la région du Souss Massa).

Conclusion et recommandations Deux constats majeurs peuvent être déduits des réflexions relatées par cette note : A. une insuffisance en matière de bonnnes pratiques de gestion de la matière organique du sol. Ceci se solde par une détérioration de la qualité physique, chimique et biologique des sols cultivvés. A côte des faibles teneurs en mattière organique des sols marocains, on assiste, contrairement aux pays sous climat tempéré, à une vitesse de minérralisation assez intense qui amplifie la déperdition. B. Une faible valorisation des gisements en déchets organiques agricoles et d’élevage et une faible gestion des réssidus des grandes cultures. Il est ainsi recommandé de : Produire des fiches techniques pertinnentes et ciblant les différentes filières à disséminer dans le cadre du Conseil Agricole aux conseillers et aux agricultteurs Mettre en place des essais de démonsttration sur les amendements organiqques dans les différents agro-systèmes Mettre en place des projets pilotes de compostage, de co-composatge et de valorisation du compost en vue de dévvelopper des référentiels techniques Mettre en place une réglementation sur les produits d’amendement organniques Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Céréales

Production céréalière Le travail du sol et ses outils Abdelmoumen Guennouni

Le travail du sol, une des composantes de tout système de production, englobe diverses interventions ayant pour objectif de préparer la culture suivante. Pour les céréales et selon le système adopté, ce travail nécessite de nombreux passsages d’outils (3 à 5) : labour profond, suivi de reprise, de préparation du lit de semences, etc. De nouvelles techniques culturales simplifiées tendent à réduire le nombre d’intervention jusqu’à passer au système zéro labour ou semis direct.

L

(jusqu’à 40 cm) est effectué au printtemps. En cas de précédents autres que la jachère (légumineuses, fourragges) qui libèrent le sol vers la fin du printemps, le sol est généralement travaillé avant son durcissement et dessèchement par des outils à disque (stubble plow) ou à dent (chisel), sur une profondeur moyenne. D’autres travaux superficiels sont réallisés en été pour briser les mottes, faire profiter le sol des chaleurs estivales et permettre la reconstitution de la miccroflore du sol. En effet la présence de mottes risque de gêner l’émergence des plantules, d’allonger la période d’émergence et d’engendrer une héttérogénéité dans la levée.

Travail sur sol léger

a préparation du sol a pour objectifs d’en améliorer la structure (suffisamment affinnée, mais sans excès), enfouir les résidus du précédent cultural (matière organique), les grainnes des adventices (réduire l’infestattion) et les engrais de fond, préparer un bon lit de semences (couche superfficielle du sol destinée à recevoir les graines). Un sol bien préparé permet le stockage de l’humidité (pluies préccoces), une germination homogène des semences et un bon démarrage de la culture.

tolérantes à l’état du lit de semencces (en cas de pluviométrie suffissante). Les travaux à réaliser sont fonction du type de sol, du précédent cultural, des opérations effectuées en été et au printemps précédent, du type de mattériel disponible (outils, force de tracttion), etc. Dans tous les cas le travail du sol doit être effectué le plus tôt posssible après la culture précédente pour éviter le durcissement et le dessèchemment du sol et l’utilisation de matériel de traction plus puissant.

Les exigences des céréales en mattière de préparation du sol sont impportantes même si elles sont assez

Dans ce cas, le précédent le plus fréqquemment observé est la jachère travvaillée. Dans ce cas le labour profond

Travail sur sol lourd

Ici les travaux sont en général plus rédduits. La plupart des agriculteurs ne les entament qu’en début de campagne, le plus souvent après les premières pluies d’automne. Il s’agit d’un travail superficiel effectué avec des outils à dents ou à disques. Même chose pour les opérations après cultures irriguées (travaux superficiels sans retournemment). Ces travaux effectués en début de campagne, consistent donc à apportter les engrais de fond et les incorporrer avec le dernier passage superficiel d’outils de reprise (cover crop, …). Des travaux qui permettront en même temps la préparation et l’affinement du lit de semences. A noter que les travaux effectués après les premières pluies, qui néccessitent moins de force de traction, permettent également l’élimination des mauvaises herbes précoces et les repousses de la culture précédente. Attention, les passages répétés provvoquent le dessèchement du sol, une levée hétérogène et les semis sont tarddifs. Il est recommandé d’utiliser pour ces travaux du matériel à dents qui travaille le sol sans le retourner.

Les Techniques Culturales Simplifiées (TCS) Partant de l’idée que les nombreuses opérations de travail du sol (retournemment, labour profond, …) contribuent à la destruction de la matière organiqque et favorisent le lessivage des sols, des chercheurs et agronomes préconnisent un changement de stratégie vers des techniques ‘‘sans labours’’ pour l’installation des cultures. Ils se basent en cela sur des constats économmiques et environnementaux, princippalement dans les pays à écosystème 98

Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012


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fragile comme les pays tropicaux. La principale recommandation est la dimminution du nombre de passage sur la parcelle ce qui entraîne également la réduction de la consommation de carburant, des effets de compactage des sols et des risques d’érosion. Ces techniques permettent aussi un gain de temps (le travail du sol étant le plus gros consommateur en temps et énergie), ainsi que la limitation des intrants. Objectif: améliorer la compéttitivité tout en conservant une agricultture durable à haut niveau de producttion. Par ailleurs, les TCS sont accompaggnées du maintien des résidus véggétaux (mulch) à la surface du sol et de rotations adéquates des cultures (abandon de la monoculture et de la jachère) et le labour est le plus souvvent remplacé par un travail superficciel du sol (5 à 10 cm). En n’utilisant que les outils existant dans l’exploitation (pas de nouveaux investissements), les TCS peuvent constituer une transition vers le semis direct, sans aucun travail préalable du sol, en attendant de s’équiper en semoirs spéciaux, malheureusement très coûteux.

Céréales

Le matériel de travail du sol A la base de toute culture, le labour précède toutes les autres opérations. Différents procédés peuvent être adoptés selon le type de sol, le précéddent cultural, le matériel disponible, la pluviométrie, l’objectif recherché, etc. En céréaliculture, le matériel utilisé en préparation du sol est peu diverssifié. On rencontre pratiquement les mêmes outils dans toutes les régions céréalières et toutes les exploitations. Pourtant, l’utilisation de matériel divversifié et l’adoption de techniques plus adaptées à nos conditions s’impposent, d’autant plus que les aides et subventions sont encourageantes.

Les charrues C’est l’outil irremplaçable dans les systèmes classiques de culture et le plus communément utilisé pour le labour profond dans les régions bour favorable du Maroc. Elle détermine la profondeur (15 à 30 cm) de la couche

du Maghreb 100 Agriculture N° 62 - Octobre 2012

cultivable et vise à préparer le sol pour la culture à venir. Elle ouvre des sillons, découpe et retourne des bandes succcessives de terre. En fonction du type et du nombre d’éléments travaillants (aratoires), les charrues sont classées, en charrues à socs (mono, bi, polysocs) et charrues à disques (mono, bi, polydisque). Elles peuvent être portées par l’interméddiaire de l’attelage à trois points du tracteur (jusqu’à 4 éléments), semi portées (plus de 4) ou tractées (plus de 7). Les plus fréquentes sont celles à trois éléments (trisocs ou tridisques). Les charrues à soc Elles sont plus adaptées aux sols lourds et profonds et sont utilisées pour un travail profond permettant l’ameublissement et l’aération du sol, l’augmentation de sa capacité de réttention, l’enfouissement des résidus, la destruction des adventices … À signaler que le retournement de la terre entraîne la couche superficielle en profondeur d’où la nécessité de laisser du temps (plusieurs mois) pour la reconstitution de la couche humiqque et de la restauration de la qualité biologique et structurelle du sol. La profondeur du labour est réglable et dépend de la taille des socs et de la force de traction (environs 20 cv par soc). A savoir que plus le labour est profond plus il est coûteux en énergie et en temps. Les charrues à disques Elles sont plus adaptées au travail à l’état sec de sols légers, peu profonds ou pierreux et la vitesse d’avancement est plus élevée. La profondeur de travvail est plus faible, le retournement incomplet, le sol est moins motteux, cependant elles ne forment pas la semelle de labour caractéristique des charrues à soc. En général elles exigent moins de force de traction que les charrues à socs et peuvent travailler dans des conditions où ces dernières ne peuvent pas être utilisées (sols colllants, …). Cependant leur prix est plus élevé et leur entretien un peu plus coûteux (usure des roulements, …). Les deux types de charrues retournnent la terre sur un côté des éléments aratoires, formant des ados et des ‘‘dér-

rayures’’ (rigoles) au niveau de renconttre des planches de labour. Pour éviter cet inconvénient, l’agriculteur doit effectuer un ’’travail à plat’’, réduire le compactage, gagner du temps, etc., notamment par le recours à des charrrues réversibles : - Les polysocs sont constituées par un nombre double d’éléments montés en deux corps disposés symétriquement et mis alternativement en service par rotation afin de rejeter les bandes de terre toujours du même côté lors de l’aller-retour. - Les polydisques sont montées sur un mécanisme permettant de faire pivvoter les disques alternativement du côté droit puis gauche.

Les matériels à disques Adapté pour le pseudo labour, il est constitué d’outils tractés, formés soit de deux rangées de disques disposés le plus souvent en V, ouvert sur le côté, soit de 4 trains des disques disposés en X. les premiers (cover crops) sont les plus utilisés

Le cover crop (pulvériseur) Il sert principalement à des opérattions superficielles (profondeur de 5 à 15 cm) de déchaumage, de reprise et d’ameublissement de la terre labourrée, d’enfouissement des engrais de fond et de préparation de la terre aux semis. Cependant, il faut noter qu’il n’est pas destiné au labour (de fond) contrairement à la pratique de nombbreux petits agriculteurs. Parmi les avantages qui l’ont fait adopter par tous les céréaliculteurs, on peut citer la facilité d’utilisation (presque pas de réglages), la rapidité du travail (largeur, vitesse), la faible puissance nécessaire à la traction (même les vieux tracteurs), le faible coût en carburant et en entretien, la polyvalence, son adaptation à toutes sortes de sol, …. Dans certains cas, vu la légèreté de cet outil, il s’avère néccessaire de le lester par des poids sur les trains de disques afin de mieux le stabiliser et d’améliorer la qualité du travail. Certains agriculteurs lui ratttachent des herses ou rouleau pour égaliser le sol.


Agriculture du Maghreb N째 62 - Octobre 2012

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Céréales Le stubble plow Identique au cover crop, il est cependdant plus lourd avec une première rangée de disques crénelés et nécesssite une force de traction plus élevée. Il doit être utilisé sur sol sec et sert aux travaux d’enfouissement des pailles ou résidus après moisson (déchaumagge) et de réduction des irrégularités provenant de la culture précédente. Par ailleurs, après céréales, fourrages ou légumineuses, il sert à préparer le sol pour une céréale d’automne. En effet, en cas de libération précoce, un terrain non travaillé risque de se comppacter Il est conseillé, en cas de déchaummage, d’apporter 6-7 unités d’azote par tonne de paille enfouie (broyée si possible). De même qu’il est souvent nécessaire d’effectuer un deuxième passage (croisé) afin de bien mélangger les résidus dans toute la couche travaillée. Dans les régions à élevage extensif les agriculteurs évitent le déchaumage pour permettre le pâturage par le béttail (principalement ovins), causant un tassement du sol et empêchant de le préparer à temps pour la culture suivvante. NB : Pour ces deux outils à disques, l’écartement des deux trains de disqques (avant et arrière) est fixé en foncttion du type et de l’état du sol et de la qualité du travail souhaité. La vitesse d’avancement doit être relativement élevée pour assurer un bon déchaummage, un bon émiettement et un bon brassage du sol.

Matériel à dents La tendance actuelle dans nos condittions de climat semi-aride, est le reccours au matériel à dents. Il est le plus souvent porté par l’attellage à 3 points du tracteur.

Le sous-soleur De moins en moins utilisé en céréalliculture, il sert à travailler les sols compacts en profondeur sans les rettourner, à briser la semelle de labour. Ses principaux effets sont l’ameublisssement, facilitant la circulation de l’air, de l’eau et des éléments fertilisants, la constitution de réserves d’eau pour les plantes et la pénétration de leurs racines. Il peut être utilisé tous les 3 à 4 ans mais nécessite une force de tracttion importante (de 80 à 100 cv par dent). En raison de ses inconvénients la tendance est à le remplacer par le chisel même si ce dernier atteint une du Maghreb 102 Agriculture N° 62 - Octobre 2012

profondeur plus faible.

Le chisel Il est constitué de grandes dents, en nombre impair, rigides ou flexibles montées sur un châssis métallique et disposées en alternance (quinconce) sur 2 rangées pour les plus fréquents. D’utilisation limitée même s’il présentte de nombreux avantages, le chisel, très efficace sur sols moyennement sec et friable et sur sols caillouteux, peut être utilisé à la place des charrues à disques et à socs dans de nombreux cas (céréale après céréale, …). Il est deux fois plus rapide que les charrues, mais n’effectue pas de retournement ni d’émiettement du sol et est peu effficace contre les mauvaises herbes et son action est limitée sur sol argileux et humide. Il est utilisé sur sols secs en été, permettant de profiter des premmières pluies et nécessite une force de traction de 10 à 15 cv par dent. La vitesse d’avancement doit être la plus élevée possible permise par la puisssance du tracteur pour bénéficier des avantages du chizel. Les cultivateurs légers Ce sont des outils à dents destinés aux reprises de labour (en complément à la charrue) et ameublissant le sol sur une profondeur de 5 à 15 cm. Ils sont très utiles sur terrains lourds, en cas de fortes pluies précoces, avant semis, pour briser les croûtes formées en surfface et pour les sols prédisposés à la prise en masse. Ils sont construits de la même façon que les chisels, mais en plus léger avec des dents flexibbles et plus rapprochées. Ils peuvent combiner une pulvérisation avec la préparation d’un lit de semences et un désherbage mécanique. Il existe plusieurs types de cultivateurs (selon


la forme des dents, leur flexibbilité, forme des socs, …) avec quelques différences dans leur utilisation.

Les rouleaux Il s’agit d’outils tractés utilisés soit avant le semis pour briser les mottes, niveler le sol et préparer le lit de semences, soit après semis pour assurer un meilleur contact sol-semmence. Ils nécessitent une faible force de traction et asssurent un travail rapide et à faible coût. Il existe plusieurs types de rouleaux (lisses, cultipackers, émietteurs,…), mais il est préférable d’utiliser le crosskill (formé de disques dentés) qui ne laisse pas une surface trop unie et brise bien les mottes. Cependant le roullage est à éviter sur sol lourd et humide car il forme une croûte qui empêche la levée des plantules.

En conclusion, le choix des travaux à effectuer et outils à utiliser sur une exploitattion doit être bien étudié et adapté à chaque cas (type de sol, superficies exploittées, technicité de l’utilisatteur, financement, etc.) en rappelant qu’il est possible de faire appel aux travaux à façon quand l’achat du mattériel ne se justifie pas. À signaler qu’il existe de nombreuses possibilités d’associations d’outils permmettant de réaliser plussieurs opérations en un seul passage. De même, pour faciliter la préparation du sol et permmettre la réduction du nombbre de passages, des techniqques dites simplifiées, dont le semis direct, sont précconisées et apportent des avantages indéniables.

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Céréales

Les engrais

et leurs utilisations en céréaliculture Afin d’assurer leur croissance, floraison et fructification, les céréales, comme tous les végétaux, ont besoin d’éléments nutritifs minéraux. Ces éléments sont disponibles dans les sols cultivés mais en quantités insuffisantes pour assurer une bonne producttion (rendement et qualité), d’où la nécessité d’apporter les compléments nécessairres sous forme d’engrais.

L

e terme fertilisation regroupe toutes les actions réalisées sur le sol (principalement l’apport d’engrais) en vue de l’amélioration de sa fertilité et donc de la productivité. Globalement, les plantes ont besoin pour leur dévelloppement d’une vingtaine d’éléments nutritifs et qui peuvent être classés en trois catégories : • Les éléments majeurs ou macroélémments : azote (N), phosphore (P), potasssium (K) dont les plantes ont besoin en quantités relativement importantes • Les éléments secondaires ou microééléments : calcium (Ca), soufre (S), maggnésium (Mg) • Les oligo-éléménts tels que le fer (Fe), le manganèse (Mn), le molybdène (Mo), le cuivre (Cu), le bore (B), le zinc

(Zn), etc. Les quantités nécessaires sont infimes, surtout pour les céréales, et l’excès peut quelquefois être toxique. Ces différents éléments se trouvent dans les engrais organiques ou minnéraux. Les premiers sont d’origine animale (fumier,…) ou végétale (comppost, résidus de cultures, engrais verts, …) et permettent un enrichissement à long terme du sol. Cependant, ils ne peuvent être utilisés par les plantes qu’après une transformation lente et progressive, en éléments minéraux, par l’activité biologique du sol. Les éléments secondaires et les oligoéléments sont généralement disponibbles dans le sol en quantités suffisanttes et ne doivent être apportés qu’en

cas de manque révélé par l’analyse du sol. Les engrais les plus utilisés en agriculture sont ceux à base de N-P-K fabriqués sous forme simple (ne contennant qu'un seul élément nutritif ), ou composée (pouvant en contenir deux ou trois).

1- Les engrais simples Ils sont classés, d’après les éléments ferttilisant qui les composent, en engrais azotés, phosphatés ou potassiques.

Les engrais azotés L’azote est le principal constituant des protéines composant la matière vivante. C’est un facteur essentiel de croissance des organes végétatifs et se trouve essentiellement dans les celllules jeunes. Son apport concerne les jeunes organes et la qualité du grain (teneur en protéines).

Différentes formes d’engrais azotés Dans le sol, l’azote organique (d’origgine animale ou végétale) est transformmé par les microorganismes en humus dont une petite partie (1 à 2 % par an) aboutit, après minéralisation, à de l’azotte ammoniacal. Ce dernier est le plus souvent un état transitoire qui abouttit, après nitrification rapide, à l’azote nitrique, directement assimilable par les plantes. Cependant, cette forme est très soluble dans l’eau et peut être faccilement lessivée loin du système racinnaire lors des périodes pluvieuses ou à cause d’un excès d’irrigation. La perte peut atteindre plusieurs kilos (ou dizzaines de kilos) d’azote par hectare et par an. Les engrais azotés produits par l’indust-

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Les engrais en céréaliculture

trie proviennent de l’azote atmosphérrique qui est fixé chimiquement pour former de l’ammoniac. Ce dernier est combiné avec d’autres produits pour aboutir à différents engrais azotés : - l’ammoniac avec l’acide nitrique donnne l’ammonitrate, - l’ammoniac avec l’acide sulfurique donne du sulfate d’ammoniac, - l’ammoniac avec le gaz carbonique engendre de l’urée, etc.

Engrais azotés simples commercialisés au Maroc • Le sulfate d’ammoniaque (21%) : apporte 21 unités d’azote ammoniacal (kgs par 100 kgs d’engrais) et nécessite du temps pour être transformé en nittrate, d’où son utilisation en fertilisattion de fond. Il acidifie le sol (adapté aux sols à pH basique, cas de la plupart des sols marocains) et est peu soluble dans l’eau et donc ne risque pas de pertes par lessivage. • L’ammonitrate (33,3%) : il est constittué pour moitié d’azote nitrique pour un effet ’’coup de fouet’’ et pour moittié d’azote ammoniacal pour un effet légèrement retardé et prolongé. C’est l’engrais de couverture par excellence. Il est le plus utilisé, en raison de sa soupplesse d’utilisation sur toutes les culturres dont les céréales en fin d’hiver, en début de printemps ou même plus tard. Les agriculteurs y ont recours pou se ‘‘rattraper’’ si la fertilisation de fond était faible. • L’urée (46%) : le plus concentré des engrais azotés, utilisable sur tous types de sol et à toutes les époques de l’annnée et ne risquant pas de pertes par lessivage car peu soluble dans l’eau. Cependant son effet est retardé par le fait que l’urée doit être hydrolysée dans le sol en azote ammoniacal, transfformé ensuite en azote nitrique par les microorganismes. Son usage est décconseillé sur sols acides et en période chaude sur sol sec.

Maîtriser l’apport azoté Sur céréales l’action de l’azote dépend de l’époque de son apport. Ainsi, un appport avant épiaison augmente la grossseur et la force boulangère du grain. En revanche un apport important et précoce peut exagérer le tallage et l’alllongement des tiges ce qui provoque la verse et favorise le développement des maladies cryptogamiques. En plus, les apports précoces en fond sont à éviter en raison des faibles besoins des céréales en début de culture. La fertilisation azotée est la plus difficille à maîtriser vu qu’elle dépend étroitdu Maghreb 106 Agriculture N° 62 - Octobre 2012

tement des conditions climatiques, du précédent cultural, de la restitution ou non des pailles, de la culture, des varriétés utilisées, du rendement espéré, … Il faut signaler qu’en cas de restituttion de résidus, une partie de l’azote apportée est utilisée pour la dégradattion de la cellulose des pailles. Cependdant, l’analyse du sol reste le meilleur moyen de déterminer avec précision les apports adaptés à chaque cas. À tittre indicatif, on peut estimer que le blé nécessite environ 2,5 à 3,5 kg d’azote par quintal de grain à produire. Par exemple, pour un champ de blé avec un rendement espéré de 40 quintaux par hectare, la quantité totale d’azote nécessaire est de 120 unités d’azote par hectare (3x40). Ces doses doivent être fractionnées en 2 à 3 apports (vu les risques de lessivage dus à la grande solubilité de l’azote dans l’eau) selon les stades de la culture et pourraient être majorées en cas de fortes précippitations.

Les engrais phosphatés Le phosphore intervient dans la pluppart des activités physiologiques des plantes (photosynthèse, dégradation des glucides, …) et favorise la croissancce, la floraison, la formation des fruits, la précocité et la maturation des grains. Peu mobile dans le sol, les risques de perte par lessivage sont très faibles, ce qui explique qu’il est toujours incorpporé au sol comme engrais de fond. Les céréales sont considérées parmi les plantes peu exigeantes en cet élémment et le stade le plus sensible est le tallage.

Différentes formes d’engrais phosphatés : Les phosphates naturels existent dans les sols (ou gisements) sous une forme non assimilable par les plantes. Ils doivvent être extrait et traités par des métthodes thermiques ou chimiques pour être utilisés comme engrais pouvant être utilisés directement par les culturres. Près de 80% du phosphore total présent dans le sol est lié à la matière organique et n’est rendu disponible qu’après minéralisation de cette dernnière. Ainsi une bonne nutrition phospphatée des plantes est favorisée par un bon approvisionnement du sol en matière organique. Les différents types d’engrais phosphattés sont plus ou moins solubles et leur solubilité est favorisée par l’acidité du sol (elle s’accroît si le pH est inférieur à 7 et diminue au delà de 7). A l’instar des engrais potassiques, ils sont presq-

que toujours utilisés en combinaison avec les deux autres macro éléments (engrais composés ou mélange à la ferme).

Engrais phosphatés simples commercialisés au Maroc : Deux formes simples sont disponibles au Maroc : - Superphosphate de chaux (18%) : conseillé sur sols basiques, non calcairres - Triple Super Phoshate (46%) TSP : conseillé pour sols calcaires, fréquents au Maroc. Les engrais phosphatés, peu mobiles, sont apportés en fond, lors de la prépparation du lit de semences, à la dose moyenne de 1,25 kg de phosphore par quintal de rendement espéré. Il faut signaler que les sols calcaires fixent une partie du phosphore apporté et que, par conséquent, il est nécessaire de compenser ces pertes par une augmmentation de la dose/ha. Cependant, l’analyse du sol est le seul outil permetttant de rationaliser ces apports en raisson de la complexité du phénomène de fixation.

Les engrais potassiques Le potassium est un élément de résisttance à la sécheresse, aux maladies, etc. Les blés et orges sont peu exigeants en potassium et dans la pratique céréalièrre, les apports potassiques sont quasimment toujours réalisés en combinaison avec l’un ou les deux autres éléments, en fertilisation de fond. La dose recommmandée varie selon le type de sol et le taux de potassium échangeable, entre 1,5-2 kg de potassium par quintal de récolte espérée, ceci pour un sol à faibble niveau de potassium échangeable. Les analyses de laboratoire montrent que les sols marocains sont générallement riches en potassium échanggeable, à l’exception des sols sableux côtiers.

2- Les engrais composés  binaires et ternaires Ils apportent deux ou trois éléments


fertilisants majeurs qui peuvent être soit combinés chimiquement soit simpplement mélangés. Ils sont plus faciles d’utilisation, mais leurs formulations ne répondent pas toujours aux exigences des agriculteurs avertis. Ils sont représsentés par une formule de 3 nombres correspondant dans l’ordre aux quanttités de N-P-K dans 100 kgs d’engrais. Ainsi un engrais composé ternaire de formule 14-28-14 contient 14 kgs (unittés) d’azote, 28 kgs d’acide phosphoriqque et 14 kgs de potasse. Quand l’un des chiffres est 0, ça signifie l’absence de l’élément correspondant. À signaler que d’autres éléments peuvent être ajoutés aux trois principaux, comme le calcium (CaO), le soufre (S), le magnéssium (MgO), etc.

Quelques engrais binaires commercialisés au Maroc pour céréales • 19-38-0 sulfo-phospate d’ammonnium (ASP) : engrais pour sols riches en potassium qui permet d'apporter le soufre, élément essentiel pour toute culture.

• 18-46-0 DAP (Di Ammonium Phospphate) et 11-55-0 MAP (Mono Ammmonium Phosphate), sans apport de potassium, partant du constat que la plupart des sols marocains sont suffissamment approvisionnés en cet élémment. • 13-0-44 Nitrate de potassium : peu utilisé sur céréales. Peut être apporté, si l’analyse du sol l’exige, sur sols pauvres en potassium avec un apport azoté sous forme de nitrate, d’assimilation rapide.

Quelques engrais ternaires commercialisés au Maroc pour céréales • 14-28-14 C : le plus utilisé pendant longtemps dans les différentes régions du pays, il est produit par tous les fabbricants marocains d’engrais. Son utilissation a baissé au cours des dernières années suite à l’apparition de nouvellles formulations plus équilibrées • 8-35-6 = 6SO3 : adapté aux sols calccaires Des formules d’engrais ont été spéccialement étudiées pour certaines réggions. Par exemple: • 10-20-7 C : pour blé irrigué au Tadla • 16-11,5-20 S : pour blé irrigué aux Doukkala • 20-10-10 C : pour blé en bour dans la Chaouia • 23-10-5 +2MgO+7,5 SO3 : formule développée par un fabricant étranger pour les céréales en zones méditerrannéennes semi arides

NB C : potassium sous forme de chlorure (KCl) S : potassium sous forme de sulfate (K2SO4) Il est important de signaler que l’OCP, en se basant sur la carte de fertilité des sols marrocains, a commmencé à fabriqquer des engrais ternaires adapttés à un apport de fond dans d i f f é re nte s régions cérréalière. Ils sont distribués par la Sonacos exclusivemment dans ces régions et à des prix encouraggeants. Cependant, leur fabrication est encore à ses débuts et ils peuvent manqquer en début de campagne.

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Phytosanitaire

Désherbage de la betterave à sucre Pour de meilleurs rendement et qualité Nadif Abdelamjid, ORMVAG/ADA Ksiri - Nadif22003@yahoo.fr La betterave à sucre est l’une des plantes les plus sensibles à la présence des mauvaises herbes. En effet, l’existence des adventices dans un champ est nuisible non seulement à cause de la concurrence vis-à-vis des éléments minéraux, l’eau, la lumière et l’espace, mais aussi par le fait qu’elles peuvent héberger des insectes nuisibles, des champignons et des virus qui peuvent entrainer de lourdes pertes. Les études menées dans les différrents périmètres irrigués du Maroc indiquent que les pertes peuvent dépasser les 85%. Si aucune mesure de lutte n’est prise, notamment lors des premiers stades de la betterrave à sucre qui sont généralement les plus sensibles, les pertes économique pourraient même aller jusqu’à 100%. Pour la betterave à sucre, tout peut se jouer pendant les premières semmaines après le semis. Cette période correspond à la levée de la majorité des adventices qui entrent rapidemment en concurrence avec la culture à un moment où sa croissance est très lente et la fermeture de ses liggnes trop tardive. Le développement des adventices doit être contrôlé au moins jusqqu’au stade 6 feuilles et avant que le feuillage de la betterave ne couvre les lignes. Si les mauvaises herbes arrivent à prendre le dessus sur la culture, le désherbage deviendra plus difficile et plus coûteux, impossant le recours à beaucoup de main d’œuvre. Les pertes seront importtantes non seulement au niveau du rendement mais aussi de la qualité (teneur en sucre).

Stratégie de lutte

Il est très important de mettre en place une stratégie de désherbage avant et après l’installation de la

culture. Il faut tout d’abord établir un inventaire de la flore adventice existtante qui servira à l’élaboration d’un programme de lutte approprié. Elle permettra ainsi de choisir les prodduits de traitement adaptés et de déterminer les espèces à combattre en priorité. En effet, selon leur naturre, les espèces adventices ne présenttent pas le même degré de danger pour la culture : - les vivaces sont plus compétitives que les annuelles - les dicotylédones sont plus compéttitives que les graminées - les espèces annuelles à port érigé sont plus compétitives que celles à port rampant - les espèces à port haut sont plus compétitives que celles à port bas.

Avant l’installation de la culture

La lutte contre les mauvaises herbbes peut commencer avant l’insttallation de la culture par 1 ou 2

Dès les premiers stades de la betterave, les mauvaises herbes (ici les repousses des céréales) peuvent se développer rapidement, étouffer la culture et nuire à sa croissance.

passages superficiels de herse à quelques jours d’intervalle. Cette opération a pour but de détruire les adventices en germination. En effet, dans le cas de rotations trop courtes, les espèces adventicces salissantes (produisant en fin de cycle une grande quantité de semences), laissent un important potentiel d’infestation dans le sol qui assure la colonisation rapide du champ dès les premières irrigattions des jeunes betteraves.

Types de désherbage Le désherbage manuel : Utilisant une main d’œuvre occassionnelle ou familiale, il présente plusieurs handicaps liés à son effficacité très limitée, le coût élevé et le manque de disponibilité des ouvriers, ses dégâts sur la culture (piétinement et non distinction entre adventices et plantules de la betterave), et ses interventions rellativement tardives.

La lutte chimique : Elle présente l’avantage de la rappidité de son exécution, de la préccocité des interventions et assure une meilleure préservation de la culture et sa croissance. C’est donc la méthode qui présente le plus d’intérêt pour l’agriculteur. Cependdant, il faut tout de même signaler ses effets sur l’environnement et sa possible phytotoxicité. En plus, elle doit le plus souvent être combinée à la lutte mécanique pour éliminer les espèces résistantes aux herbiccides. A noter que la lutte chimique se fait en pré-semis et post levée des mauvaises herbes et de la betterrave :

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En pré-semis : Elle a pour objectif de détruire les adventices déjà présentes sur la parcelle avant l’installation de la culture, par le travail du sol ou l’usage d’herbicides non sélectifs et non rémanents. Il est généralemment recommandé de : - procéder à une bonne préparattion du sol assurant l’absence de mottes - intervenir au plus tard dans les 48 heurs qui suivent le semis. - pour la pulvérisation, il faut utilisser entre 500 à 600 litres d’eau/ha, - intervenir tôt le matin ou en fin de journée et éviter de traiter lors de fortes chaleurs ou en cas de vents. - une irrigation s’impose après les traitements afin de maintenir l’hummidité du sol. En post levée : Le choix des herbicides appropriés nécessite une bonne connaissance de la flore adventice des parcelles à traiter. Pour une meilleure efficaccité, au moment de l’intervention, les mauvaises herbes ne doivent généralement pas dépasser les 4 feuilles vraies. A noter que les herbbicides sélectifs utilisés en post levée ont généralement un spectre d’action très réduit et ne permetttent pas d’éliminer toutes les espècces rencontrées d’autant plus que l’éventail d’espèces adventices à combattre est souvent très large. De ce fait, les programmes de déshherbage chimique des betteraves reposent de plus en plus sur l’assocciation de plusieurs matières activves, dont la complémentarité permmet d’élargir le spectre d’efficacité et de réduire la phytotoxicité. De même, et toujours dans un souci d’efficacité et de diminuttion du coût du désherbage, des techniques avec doses réduites de produits ont été développées. 2 à 3 applications donnent, en effet, une meilleure efficacité sur une durée prolongée et une meilleure maîttrise des mauvaises herbes dont la levée est échelonnée.


LA CLÉ D’UN BON DESHERBAGE EN POST LEVÉE DE LA BETTERAVE A SUCRE

‫ﺍﳌﻔﺘﺎﺡ ﺍﳉﻴﺪ‬ ‫ﶈﺎﺭﺑﺔ ﺍﻷﻋﺸﺎﺏ ﺍﻟﻀﺎﺭﺓ‬ ‫ﰲ ﺯﺭﺍﻋﺔ ﺍﻟﺸﻤﻨﺪﺭ ﺍﻟﺴﻜﺮﻱ ﺑﻌﺪ ﺍﻻﻧﺒﺎﺕ‬

Dose d’utilisation sur betterave à sucre : Safari : 2 x 30 g espacés de 7 à 15 jours en post levée + 2 x 0,5 l/ha Seppic Venzar : 2 x 200 g/ha en post levée et 800 g/ha en pré-levée

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Canne à sucre

Quelles perspectives pour le système de la quarantaine de au Maroc ? Nadif Abdelmajid, Belhassan Driss, ORMVAG Nadif2@hotmail.com

La canne à sucre, introduite au Maroc depuis les années 70 pour renforcer la production de sucre, produit largement consommé par la population marocaine (plus de 32 kg/habitant et par an), reste parmi les cultures auxquelles les autorités marocaines compétentes ont imposé un système de contrôle d’une grande rigueur au niveau des frontières. En effet , la faccilité avec laquelle les échanges se font avec l’extérieur en matières d’importations de nouvelles variétés, la diversification des sources d’importation multipliant les sources de contamination et augmentant les risques d’introduction au Maroc de nouveaux ravageurs et maladies le plus souvent difficiles à éradiquer ainsi que la grande dépendance de notre pays vis-àvis de l’étranger en matière d’approvisionnement en génotypes performants, font du système de quarantaine instauré au Maroc l’un des modèles les plus vigilants au monde. Cette grande vigilance, bien qu’elle fût particulièrement efficace au niveau de la qualité du contrôle, a aussi été caracttérisée par une extrême rigidité dans les textes, rendant les mesures prises parmi les plus draconiennes au monde. En efffet, l’article 8 du texte régissant les moddalités d’importation et de contrôle des nouvelles variétés de canne à sucre, prévvoit la destruction de tout le lot importé si seulement un seul échantillon s’est avéré infecté. Dans les autres pays du monde, les destructions sont évitées par

l’instauration d’un système de culture in vitro, permettant la récupération des varriétés saines et l’assainissement de celles infectées. Soulignons qu’une variété est le fruit de recherches de plusieurs années (quinze en moyenne), demandant un effort et un financement considérables. Il est donc assez difficile d’accepter pour un pays, déjà en retard dans le progrès génnétique, cette facilité de destruction de matériels coûteux livré gracieusement. Résultat : le Maroc est le seul pays au

monde dont les plantations commercialles sont encore dominées à plus de 90% par des variétés sélectionnées en 1966 et 1970 !

Description du système Le système de la quarantaine de la cannne à sucre a été instauré afin de préservver cette culture contre toute introducttion de maladies et ravageurs majeurs à partir des pays fournisseurs, pouvant porter préjudice à sa production et sa pérennité. Ce système prévoit deux types de cycles pour les lots importés : - un cycle fermé dit ‘’quarantaine fermmée’’ où les variétés sont plantées sous serre - un cycle ouvert dit ‘’quarantaine ouvertte’’ où les variétés sont plantées en plein champs. Chaque cycle dure 18 mois et comporte une vierge et une repousse de 9 mois. Tout au long de ces cycles, les lots mis en quarantaine subissent toute une série d’inspections phytosanitaires et analyses sérologiques au laboratoire de l’ONSSA contre les ravageurs et les malladies cryptogamiques, bactériennes et virales. La zone de quarantaine est isolée et sufffisamment éloignée de toute autre zone de production de la canne à sucre. Le

Photo 1 : A partir de trois boutures et quelqques œilletons, une variété peut donner des meilleurs rendements après son passage dans les essais de performance et le système de multiplication du Maghreb 110 Agriculture N° 62 - Octobre 2012


but est de prévenir toute dissémination des agents pathogènes vers les zones de production. Jusqu’à présent, les importations se sont faites essentiellement à partir de la stattion américaine de Canal Point (CP) en Floride qui est le principal fournisseur du Maroc en variétés performantes et prodductives. Cette station a toujours livré à notre pays ses variétés à titre gracieux. Ces variétés dont le nom commence toujjours par CP constituent actuellement la quasi totalité de nos plantations. A noter que la commercialisation des boutures de nouvelles variétés au niveau international est un peu compliquée. Les pays fournisseurs peuvent soit imposer un prix exorbitant, soit demander un payement à la tonne de production, ou encore en plus du payement, imposer leur système de quarantaine et ses frais avant l’envoi de la marchandise. Ceci a pour conséquence une augmentation des coûts et du temps nécessaire au contrôle, d’autant plus que ce passage en quarantaine étrangère ne dispense pas les variétés de subir à nouveau la quarantaine marocaine. En effet, en 1999, des variétés provenant de Taïwan ont été détruites au niveau de la quaranttaine de Bouznika alors qu’elles venaient de passer avec succès la quarantaine de Montpellier.

Historique et perspectives La suspension des importations de 1999 à 2011 a mis le Maroc dans une situation d’isolement et de retard par rapport au progrès génétique. Les varriétés actuellement cultivées datent de 1966 et 1973. La variété la plus récente qui vient d’être lancée par le Centre Technique des Cultures Sucrières date de 1986. Les variétés détruites à l’époque provennaient de plusieurs origines. Des variéttés américaines (des CP de canal Point) de hautes performances industriellles, des variétés argentines Tucuman (des TUC) résistantes au gel (principal ennemi de la culture dans l’environnnement marocain) et des variétés de Taïwan très précoces (des F : Formose) avec un développement très rapide et une productivité élevée. Devant cette situation assez précaire, le bureau de phytiatrie des cultures sucrières, grâce à ses relations privilégiées avec les américains, a entrepris des démarches d’importation de nouvelles variétés auprès des chercheurs de la station de Canal Point en Floride. Un lot d’une trentaine de variétés américaines (3 à 4 boutures par variété, photos 1 et 2)

a été gracieusement livré pour enrichir le patrimoine national et renouveler la banque de gènes. Ces variétés, dont certaines ont été sélectionnées en 2006, ont été proposées sur la base de leur haute performance génétique et leur grande qualité industrielle. Ce lot qui a été réceptionné par une commission composée des agents de la SURAC, l’ONSSA et le Centre Technnique, a été planté dans la station de quarantaine de Bouznika conformémment à la loi régissant le système de quarantaine en vigueur. Depuis leur plantation, ces variétés ont fait l’objet de plusieurs visites et prospections par les cadres spécialistes. Elles sont très bien entretenues, leur vigueur et leur état de développement sont très satisffaisants (photos 3,4). L’importation de ce lot est une opporttunité pour les organismes et les parttenaires impliqués dans la production de canne à sucre pour préserver une culture dont les utilisations sont multtiples : - production de sucre (d’une extrême importance pour la population marrocaine et aliment de base du monde rural), - source potentielle d’énergie et de biocarburant. L’expérience du Brésil dans ce domaine devrait d’ailleurs nous servir d’exemple - source de fourrage puisque les feuilles sont utilisées comme aliment de bétail en cas de nécessité.

Propositions Plusieurs propositions peuvent être avancées : • La plus urgente peut être, est celle concernant la révision de l’article 8 du règlement de la législation phytosanittaire en vigueur dans le sens de ne déttruire que les variétés infestées au lieu du lot dans sa totalité. • Il faut donc se doter sans tarder, à l’instar des autres pays producteurs de sucre, d’une infrastructure spéciallisée (laboratoires de culture in vitro), afin d’éviter les destructions massives. Cette technique, comme déjà signalé, permettra par le biais d’un assainisssement in vitro de sauver les variétés contaminées • Si la station de Canal Point est pour le moment le plus grand fournisseur des variééts, elle présente néanmoins l’inconvénient d’être très contaminée par le virus du syndrome de la feuille jaune, avec tout ce que cela pourrait avoir comme impact sur les risques d’une destruction à la quarantaine. Il serait donc plus judicieux de chercher

Photo 2 : Les variétés sont toujours importées sous forme de trois à quatre tiges de trois œilletons Photo 3 : les variétés importées sont maintenues en quarantaine fermée sous l’autorité de l’ONSSA Photo 4 : Les mêmes variétés six mois après leur plantation

d’autres sources comme le Brésil, l’Ile Maurice et le CIRAD de Montpellier. Dans ce cas, il faut que les partenaires sucriers supportent le surcoût de cette importation. • En plus des performances agronomiqques et industrielles, l’importation de variétés résistantes au gel est devenue une nécessité, si l’on prend en considérration les accidents climatiques qui se sont produits au Maroc ces dernières années (Ex le gel), • L’importation à partir de certains pays tels que la France (CIRAD) entraîne un passage automatique des variééts importées en quarantaine de Montppellier. Afin d’économiser le temps et accélérer la libération de ces variééts en grande culture, il serait souhaitable d’examiner la possibilité de les dispensser de la quarantaine nationale. Agriculture du Maghreb N° 62 - Octobre 2012

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Elevage

Dawajine 2012

L’aviculture en progression Fidèle à son rendez-vous annuel, la Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole (FISA) organise la 15e édition du Salon Avicole de Casablanca Dawajine, du 27 au 29 novembre 2012.  Ce Salon qui expose les dernières technologies, les innovations et le savoir-faire, constitue aujourd’hui une occasion incontournable de rencontre et d’échanges entre professionnels et joue un rôle primmordial dans la modernisation des outils de production et la mise à nivveau de l’aviculture marocaine. Ainssi, plus de 356 exposants présentant les différentes spécialités en relattion avec l’aviculture: fournisseurs de souches, fabricants d’aliments composés, abattoirs avicoles, transfformation, laboratoires de produits pharmaceutiques, fournisseurs de matériel et biens d’équipements, d’emballages, entreprises spécialissées dans la construction de bâtimments d’élevage,…seront présents, dont 60% de sociétés étrangères. Cette manifestation devrait acccueillir plus de 15.000 visiteurs marrocains et étrangers.

Un secteur en progression

L’aviculture marocaine a connu au cours des trois dernières décennies

une bonne évolution, en réalisant une croissance moyenne de près de 8% en termes de production de viande de volaille et 6% en termes de production d’œufs de consommmation. En effet, la production aviccole a atteint  en 2011, près de 540 000 tonnes de viandes et 4,3 millliards d’œufs de consommation. Les infrastructures de production ont accompagné cette évolution, puisque la filière dispose actuellemment de 40 usines de fabrication d’aliments composés, 46 couvoirs de production de poussins de type chair, et 4 couvoirs de production de poussins de type «ponte». Ces unités se composent aussi de 6030 élevages autorisés de poulet de chair, 421 élevages de dinde, 233 élevages de poules pondeuses et 23 abattoirs industriels avicoles agréés, 5 centres de conditionnemment des œufs de consommation et 2 unités de transformation des œufs.

Commercialisation et contraintes

Malgré ce dévelloppement, la commercialisattion demeure le maillon faibble de la filière. Les circuits de c o m m e r c i a l i -s sation restent complexes, avec la présence de plusieurs intermmédiaires. Pour le poulet, le circcuit dominant est le marché du vif (gros détail et tueries). A l’invverse, l’essentiel de la dinde passse par les abatttoirs industriels. Les prix de vente oscillent selon l’offre et la demande et

du Maghreb 112 Agriculture N° 62 - Octobre 2012

reste tributaires des conditions climatiques. Il est à rappeler que suite à la hausse vertigineuse des cours des matières premières, nottamment le maïs et le soja sur les marchés internationaux depuis le mois de septembre 2010, les prix de revient des produits avicoles ont enregistré une augmentation importante passant de 11,5 à 13,5 dh pour le poulet de chair, de 13,5 à 15,5 dh/kg pour la dinde et de 0,65 à 0,75 dh /kg pour l’œuf de consommation.

Vagues de chaleur : pertes récurrentes

Chaque année, les températures élevées dans certaines régions du royaume occasionnent des pertes énormes dans le secteur avicole, très sensible aux fluctuations des températures. Cette année encore et rien qu’entre le 25 et le 28 juin, des températures qui ont oscillées entre 40 et 46 degrés, avec un pic de 48 degrés dans certaines régions à forte concentration d’élevages aviccoles, ont causé des pertes globales de 131 millions de dirhams dont 55 millions de dh liés aux mortalités des volailles et 76 millions de dh liés aux chutes des performances de production. Le stress thermique causé par les coups de chaleur, a des effets néfastes sur la croissance de la volaille et peut provoquer dans certains cas des mortalités allant jusqu’à 100% du lot, surtout en abssence d’appareils et de salles équippées de ventilateurs, très utiles pour ce type d’élevage.  Ces pertes se sont matérialisées par la mort de 12% du poulet de chair en fin de cycle d’élevage, de 5% de la dinde et de 2% de la poule pondeusse et des volailles de reproductions. En plus, des chutes de performances zootechniques de production ont été enregistrées à l’issue de cette vague. Il s’agit des pertes de poids de 25 % et de 10 % respectivement pour les poulets et dindes, de la chute de ponte de 10 %, de la baisse de 20 % du taux d’éclosion des œufs

à couver et de la perte de 10 % de ponte des œufs de consommation.

Comportement des volailles en période de coup de chaleur

- Elimination importante d’eau par évaporation (Déshydratation) - Ailes pendues - Arrêt de consommation d’aliment (croissance ralentie) - Excès de consommation d’eau (littière humide) - Prostration - Rythme respiratoire élevé (fatigue cardiaque)

Moyens de lutte

Moyens immédiats: - Réduire la densité (maximum de 18Kg/m2) - Bien aérer le matin avant le pic de chaleur - Augmenter le nombre de points d’abreuvement - Distribuer de l’eau fraîche à vollonté - Arrêter la distribution d’aliment pendant la période de chaleur et éclairer la nuit pour favoriser la consommation - Maintenir les litières sèches - Ajouter 1mg de vitamine C + 0.3 mg d’acide salicyclique (Aspirine) par litre d’eau - Laisser reposer les animaux : ne pas agiter, ne pas vacciner,... Moyens à long terme - Prévoir une ventilation (brassage d’air ou extraction en tunnel), et une brumisation - Orienter les bâtiments Est-Ouest pour réduire les rayonnements dirrects du soleil


Agriculture du Maghreb N째 62 - Octobre 2012

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Elevage

Les enjeux de qualité du lait cru au Maroc  réalités et perspectives SRAÏRI Mohamed Taher1 & FAYSSE Nicolas2 L’approvisionnement de la population en protéines animales constitue un défi majeur pour les autorités marocaines. Dès l’Indépendance, des politiques d’appui au développement de l’élevage ont été instaurées, malgré la rareté des ressources naturelles nécessaires (eau, surface agricole et parcours). Ces politiques visaient à répondre à une demande en augmentation rapide du fait de l’accroissement démoggraphique et des changements d’habitudes alimentaires, en grande partie induits par une urbanisation effrénée. Ainsi, en 1975, le Maroc a adopté une politique vissant l’encouragement de la production bovine, à travers le « Plan Laitier ». Département des Productions & Biottechnologies Animmales, Institut Agronnomique & Vétérinnaire Hassan II, Rabat, MAROC mt.srairi@iav.ac.ma 1

Unité Mixte de Rechercche G-Eau, Centre de coopération Internattionale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), Montpellier, FRANCE nicolas.faysse@cirad.fr 2

C

ette volonté continue depuis, puisque le « Plan Maroc Vert » prévoit une production annuelle de 5 millions de tonnes de lait bovin à l’horizon de 2020, soit plus du double de la situation actuelle. La concrétisation d’une telle augmentattion permettrait d’escompter une améllioration significative de la consommattion des produits lactés, même pour les personnes à faibles revenus, à travers une diminution des prix. Toutefois, ces ambitions passent presque sous silencce la question de la qualité du lait cru et son éventuelle amélioration. Il sembblerait que dans l’esprit de nombreux décideurs, l’action prioritaire sur la quantité ne peut qu’induire des effets positifs sur la qualité. Or, la réalité est autrement plus complexe. L’objet de cet écrit est justement de rappeler les différentes composantes de la qualité du lait cru et les outils utilisés pour les appréhender. Par ailleurs, il vise à préssenter un état des lieux de la qualité du lait au Maroc et des outils mis en

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place pour sa rémunération, ainsi que des enjeux futurs liés à ces questions pour l’ensemble des opérateurs de la chaîne.

La rémunération du lait à la qualité :

Critères d’évaluation et réalités de terrain A l’instar de nombreuses autres mattières premières alimentaires, la quallité du lait est un concept multiforme, très variable selon l’utilisateur. En effet, l’éleveur, la coopérative de collecte, l’industriel de la transformation ou le consommateur ont chacun leurs proppres normes d’évaluation, qui risquent de ne pas être les mêmes. En outre, la qualité du lait est diverse selon les critères considérés : chimiques, hyggiéniques, gustatifs, etc. Un ensemble d’analyses de laboratoire routinières a été mis au point selon des protocoles standardisés, en vue de renseigner de manière objective la qualité chimique et hygiénique du lait. Il s’agit principallement de la méthode de Gerber pour déterminer le taux butyreux (quantité

de matières grasses par kg de lait), de la méthode de Kjeldahl pour évaluer le taux protéique (teneur en azote d’un kg de lait), ainsi que des méthodes de référence de la Fédération Internationnale Laitière (FIL) pour les analyses miccrobiologiques du lait et qui permetttent de caractériser la flore mésophile aérobie totale (FMAT), la flore fécale ou certaines bactéries spécifiques (Stapphylocoques, Salmonelles, etc.). Outre ces méthodes, des protocoles ont aussi été plus récemment mis au point pour détecter la présence de résidus d’inhibbiteurs de la flore microbienne du lait (principalement les antibiotiques utillisés en médecine vétérinaire et aussi les désinfectants), eu égard à leur fréqquent usage, surtout en élevage bovin intensif. Or, pareilles substances entravvent les transformations basées sur des fermentations (yaourts et fromages) et qui représentent l’essentiel des plusvalues réalisées par l’industrie laitière. Les analyses standards servent aujourd’hui de référentiel pour une évaluation objective de la qualité du lait, lorsqu’elles proviennent de laborratoires fiables. Dans les pays développpés, la structuration de l’élevage bovin laitier en fermes spécialisées avec un effectif conséquent de vaches, permmet de récupérer dans ces structures, de manière routinière (souvent quotiddienne), un échantillon du lait livré et d’instaurer des systèmes de paiement qui intègrent les résultats des analyses de qualité. En cas de litige entre les élevveurs et les industriels, des laboratoires interprofessionnels utilisant ces mêmmes méthodes, sont sollicités et renddent des arbitrages que les opérateurs sont tenus de respecter. Dans des pays émergents comme le Maroc, à offre laitière atomisée (photos 1 et 2), l’installation d’un tel système de contrôle et de paiement à la qualité est encore confrontée à de nombreuses contraintes organisationnelles, qui se déclinent comme suit : 1. les livraisons quotidiennes provviennent de très nombreuses fermes de petite taille (en effet, plus de 80 % des élevages reposent sur moins de 5 ha et exploitent moins de 5 vaches) avec de faibles volumes, et par conséqquent la collecte du lait cru ne se fait que rarement au niveau des étables, mais elle implique des centres coopérratifs ou privés pour diminuer les frais logistiques ; 2. pareille organisation de la collecte du lait signifie la quasi impossibilité de procéder à des analyses individuelles


des lots livrés, car ces derniers sont rappidement agrégés dans des bacs réfriggérés, ce qui empêche de prélever des échantillons, à moins de ralentir signifficativement la routine du fonctionnemment de ces centres ; 3. le coût des analyses classiques (taux butyreux et protéique, FMAT et résidus d’inhibiteurs) correspondant aux lots livrés par chacun des éleveurs risque le plus souvent d’être supérieur à la valeur marchande desdites livraissons. Ces réalités ont constitué par le passé un véritable frein à l’instauration de systèmes de paiement individuel à la qualité du lait. Une autre donnée structturelle qui plombe davantage l’évalluation de la qualité est le caractère quotidien (voire plus, dans les bassins avec deux collectes quotidiennes, une de la traite du matin et l’autre de celle du soir…) des livraisons de lait, ce qui suggère d’avoir des contrôles très fréqquents. Or, la qualité du lait, aussi bien chimique qu’hygiénique, au sein d’un même élevage est très variable, car dépendante des pratiques d’élevage, notamment des rythmes de vêlage, des caractéristiques des rations alimmentaires des vaches et de l’hygiène générale à l’étable. Et ces pratiques se distinguent forcément par une intense diversité intra annuelle. Outre cette variabilité dans le temps de la qualité du lait, des différences prononcées se retrouvent aussi entre exploitations, mêmes voisines, car les pratiques peuvvent y être dissemblables, du fait de stratégies divergentes. L’absence de contrôles individuels routiniers dans les centres de collecte induit aussi chez certains éleveurs des velléités de comportements proches de la triche, comme l’écrémage (éliminnation de la couche de matières grasses surnageant sur le lait, après décantattion) ou le mouillage (addition d’eau). Cela équivaut au comportement de passager clandestin, renseigné par les sciences sociales dans des situations avec un enjeu collectif : des éleveurs considèrent qu’ils n’ont pas à fournir d’efforts et qu’ils peuvent même se permettre des comportements fraudulleux, du moment qu’ils bénéficieront de la même rémunération que ceux qui consentent des efforts, sans véritabble risque de pénalités. Par conséquent, sur le terrain, la gesttion quotidienne de la qualité du lait a-t-elle jusqu’ici surtout privilégié un

positionnement de facilité de la part de certains des acteurs impliqués. Cela revient à dire qu’à l’exception des fermes avec un effectif de vaches impportant, où le camion de l’usine peut prélever sur place un échantillon du lait livré quotidiennement pour des analyses ultérieures, c’est la qualité moyenne issue des mélanges de touttes les livraisons individuelles (lait de grand mélange) qui est réellement appréhendée au niveau des centres de collecte. Or, ces derniers représentent encore l’essentiel des volumes traités par la transformation industrielle du lait. Avec pareil système, les industriels de la transformation laitière ignorent carrément les éleveurs individuels et rétribuent, moyennant des primes ou des pénalités, uniquement les laits de grand mélange. Ainsi conçu, ce systtème de paiement permet d’évacuer la complexité de la variabilité de la qualité du lait entre éleveurs. Il montre cependant de nombreuses limites de transparence qui commencent à irriter les éleveurs, surtout avec le renchérisssement récent des prix des intrants : a. primo, les analyses de la qualité du lait étant effectuées uniquement par les industriels de la transformattion, ces derniers se retrouvent dans une position de juge et partie que leur contestent de plus en plus violemment les éleveurs ; b. secundo, les grilles de paiement du lait à la qualité n’étant pas toujjours rendues publiques et explicites pour les éleveurs et les membres des bureaux dirigeant les centres de colllecte, ces derniers en arrivent à douter des factures établies par les industriels de la transformation. Par conséquent de nombreuses questions émergent quant au mode d’intégration des variattions quotidiennes de la qualité du lait de grand mélange dans le paiement final des centres de collecte, généralemment bimensuel ; c. tertio, le système de paiement ne distinguant pas les livraisons individduelles de lait selon leur qualité effecttive, les éleveurs ont pris conscience de l’inutilité de consentir des efforts pour d’éventuelles améliorations pour lesquelles ils ne seraient de toutes les manières pas rémunérés. La situation est encore plus complexe pour les inhibiteurs de flore microbbienne du lait. En effet, pour les critèrres chimiques et hygiéniques, le lait de grand mélange est le reflet direct des livraisons, pondérées par les volumes

individuels, En revanche, pour les résiddus d’inhibiteurs de la flore du lait, un seul lot, même de faible volume, contennant ces substances (antibiotiques ou désinfectants) est susceptible d’altérer la qualité de tout le bac d’un centre de collecte. Par réaction à cette menace qui fait perdre aux industriels les impportantes plus-values issues de la fermmentation du lait, ceux-ci ont mis en place des mécanismes prohibitifs : ils refusent de rémunérer le lait de grand mélange contaminé, entraînant une perte nette (la production d’une journnée entière …) pour tous les éleveurs, y compris la majorité qui a livré un lait indemne. En parallèle, ils incitent les coopératives de collecte à mettre en place des mécanismes de contrôle en amont, où tout éleveur qui aurait traité ses vaches aux antibiotiques verrait sa production rémunérée normalement, mais en prenant soin d’éviter de la dévverser dans le bac collectif. En fin de compte, le système en vigueur au Maroc pour le paiement du lait cru à la qualité comporte encore de nombbreuses parts d’inconnues. L’éleveur et les coopératives de collecte ignorent souvent les critères qui sont considérrés par les industriels et ils connaissent encore moins les méthodes utilisées pour les analyser. Pire, l’éleveur individduel ne peut être informé des résultats qui le concernent directement puisque ses livraisons ne sont pas évaluées et il n’a vent des affaires liées à la qualité du lait, qu’en cas de pénalités collectives (dont il pourrait ne pas être responsabble …), lorsque la rémunération des volumes qu’il a livrés devient inférieure à ce qu’il escomptait. Tout ceci se passe sans que l’éleveur ni la coopérative de collecte ne puissent contester les résulttats des analyses de qualité, puisque seuls les industriels les réalisent. Quant aux éventuelles primes qui pourraient être consenties au lait de grand mélangge, l’éleveur individuel n’en a généralemment pas connaissance, car elles vont alimenter les comptes de la coopérattive de collecte, et il est fréquent qu’ellles ne soient pas redistribuées, servant à financer des actions collectives (soins médicaux au profit des adhérents, prise en charge des frais de pèlerinage, réhabbilitation d’une route rurale, etc.).

Photo 1 : Livraison individualisée du lait

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Elevage

Photo 2 : Livraison d’une étable avec une production relativement importante

Évaluation de la situation de la qualité du lait au Maroc Les travaux de recherche conduits sur la qualité du lait cru bovin au Maroc ne sont pas légion. Les premières études visant l’évaluation de la qualité hygiéniqque du lait ont été réalisées à la fin des années 1970 et au début des années 1980 à l’Institut  Agronomique & Vétérrinaire Hassan II. Puis, ce n’est qu’entre 2005 et 2010 que d’autres travaux ont été entrepris en y rajoutant les critères chimiques du lait et les relations de la qualité aux pratiques d’élevage. Plus récemment, d’autres recherches commmencent à être réalisées au niveau des Facultés des Sciences, notamment à Béni Mellal et Kénitra, au cœur de deux bassins d’approvisionnement importtants : le Tadla et le Gharb. L’écrasante majorité des travaux s’accorde sur une qualité hygiénique médiocre du lait cru bovin au sortir de la traite, tandis que la qualité chimique moyenne est générallement plus acceptable (Tableau 1). Ce constat découle de pratiques d’hyggiène le plus souvent inadaptées : de la saleté de l’environnement où évoluent les vaches et qui implique des souillurres fréquentes de leur mamelle, jusqu’à

Tableau 1. : Paramètres de qualité du lait dans le périmètre du Tadla (lot de 276 échantillons*) Variable Taux butyreux Taux protéique Log (FMAT)

Minimum

Moyenne

Maximum

27,9 25,2 4,0

37,9 ± 4,6 30,4 ± 2,5 5,9 ± 4,8

57,8 45,2 7,2

276 échantillons : 12 prélèvements (un par mois) dans 23 fermes suivies toute une année D’après Sraïri et al., 2009

du Maghreb 116 Agriculture N° 62 - Octobre 2012

une traite inappropriée caractérisée par l’absence de lavage ou un lavage incomplet des trayons, de la main du trayeur, de la vaisselle utilisée, etc. Ceci résulte en des dénombrements dépasssant souvent les 5 x 105 unités formant colonies (ufc) par millilitres de lait, alors que les normes internationales retiennnent une contamination inférieure à 5 x 104 ufc/ml comme limite d’acceptattion du lait cru de vache par l’industrie, sans pénalité. Cette situation initiale est aggravée par le non respect ultérieur de la chaîne du froid, qui ne peut qu’acccélérer la prolifération des microorgannismes dans le lait. Les recherches soullignent aussi une nette relation entre la charge microbienne du lait et les pratiqques de traite. En d’autres termes, à élevvages propres correspondent des laits crus avec moins de germes. A l’inverse, des pratiques sales génèrent un lait avec une forte charge microbienne. Toutefois, les critères hygiéniques, même les plus perfectibles, demeurent rarement évoqués par les opérateurs de la chaîne laitière, encore moins par les éleveurs. Tout simplement car le taux butyreux est le seul à être dûment renseigné dans les factures délivrées par les industriels de la transformation laitière lors de la rémunération des centres de collecte. Les études démonttrent aussi que la qualité chimique du lait est fortement dépendante des prattiques d’alimentation des vaches ainsi que de la composition génétique des troupeaux (part des vaches de race laittière spécialisée telle que la Holstein, et des animaux de type croisé ou des vacches de races locales) et du stade physsiologique moyen (au début du cycle de lactation ou proche du tarissement) des laitières. Pour simplifier, et à l’instar de ce que rapporte la bibliographie, le taux butyreux s’améliore lorsque le nivveau d’inclusion des aliments concenttrés dans la ration diminue et il se détérriore relativement pour des troupeaux avec des vaches en début de lactation et/ou de race exclusivement Holstein. Cela explique ainsi que le lait cru issu de zones avec une dominance de vacches de races locales et/ou de type croisé, ou encore le lait provenant de saisons avec une abondance de fourrrages, soient riches en matières grassses. Par conséquent, le lait des zones irriguées, avec des soles fourragères conséquentes, surtout au printemps après un hiver pluvieux, est aujourd’hui réputé chez tous les industriels pour sa richesse en beurre. De plus, ces réggions qui fournissent aujourd’hui près

de 60 % de la production nationale de lait cru sur moins de 15 % de la surface agricole utile, se caractérisent par un intense maillage de leur territoire par l’infrastructure de collecte. Cela permmet d’écourter les délais entre la traite et la réfrigération du lait, contribuant à ralentir le développement de la flore microbienne. Ce sont ce genre de livvraisons dans des bassins comme le Tadla, le Souss Massa ou les Doukkala qui contribuent majoritairement à la plus-value de l’industrie laitière, caracttérisées par une richesse en matières utiles et une moindre contamination en microorganismes, ce qui les destine à des transformations à haute valeur ajoutée : le lait de boisson de type UHT, ou des dérivés comme yaourts et frommages, si la matière première est déppourvue de résidus d’inhibiteurs de la flore microbienne. A l’inverse du taux butyreux, le taux protéique du lait diminue avec des rations alimentaires sans concentrés ou carencées en azote total. Mais la principale observation issue de ces recherches est l’importante variabilité intra annuelle et entre élevages de la qualité du lait, intimant de penser à des systèmes de suivi rapproché, si une rémunération individualisée est envissagée. Faute de quoi, il y a fort à parier que les éleveurs qui consentent des effforts avec davantage de dépenses, car la qualité a un coût de propreté et de conception de rations équilibrées, ne percevront pas les fruits de leur contribbution. Ceci ne peut que favoriser par la suite des pratiques comme l’écrémmage et le mouillage, voire les deux simultanément.

Évolutions récentes et questions de R&D futures Les évolutions récentes de l’élevage bovin laitier au Maroc convergent vers un début de territorialisation marquée de cette spéculation. C’est d’ailleurs un scénario similaire que privilégie le « Plan Maroc Vert », avec la volonté de faire des périmètres de grande hydraullique, où la ressource en eau est la plus disponible, les principaux bassins d’appprovisionnement du pays. Outre cette tendance, un autre bouleversement récent commence à se faire ressentir avec acuité et il est en relation avec le renchérissement prononcé des inttrants utilisés en élevage bovin, depuis le coût de production de la génisse pleine, jusqu’aux aliments concentrés et les fourrages. Ainsi, à moins d’une autonomie fourragère poussée, de


Photo 3 : Le « Lactoscan »

nombreuses exploitations laitières se plaignent aujourd’hui de la faiblesse de leurs marges, quand elles ne sont pas déficitaires. En parallèle, le prix du lait cru à la production n’a quasiment pas évolué depuis sa libéralisation en 1992. Pire, dans certains bassins laitiers caractérisés par une relative anarchie dans le tissu de collecte (exemple de la zone du Gharb), les éleveurs ne perçoivvent même pas les prix de base instittués par les industriels, du fait de la préssence de nombreux collecteurs privés, intermédiaires incontournables dans l’écoulement du produit. De fait, surttout en période de haute lactation (de la fin de l’hiver jusqu’à l’été), avec des excédents par rapport à la demande, le prix du lait peut ne pas dépasser 2,50 DH/litre. Aussi, dans pareil contexte, la qualité du lait s’érige-t-elle en véritabble bouée de sauvetage pour de nombbreux éleveurs, qui réclament d’être payés en conséquent pour améliorer les revenus issus de leur activité. Face à ces développements et grâce aux avancées récentes des moyens automatisés d’analyses du lait cru, l’irrruption de scanners portatifs à faibles coûts constitue une innovation majjeure dans la chaîne d’approvisionnemment. Ces scanners dénommés « Lacttoscan » (photo 3) se basent sur une simplification de la technologie de la spectrophotométrie dans le proche inffra rouge (SPIR) en vue de déterminer les principaux constituants chimiques du lait, sans passer par les analyses de référence. L’avantage principal de ce genre d’appareils est la rapidité des analyses de critères comme les taux butyreux et protéique et l’extrait sec total en un temps record ne dépasssant pas une minute par échantillon. Par comparaison, une analyse du taux butyreux selon la méthode de Gerber nécessite plus de 15 minutes, tandis que celle du taux protéique dépasse les 24 heures… Moyennant un calibrage léger et un entretien assez simple (lavages quotiddien et hebdomadaire), ces scanners constituent une réponse de choix à l’offre atomisée du lait. Pour un prix ne dépassant pas les 17 000 DH, leur acquisition dans des coopératives de collecte permet d’envisager un début de discrimination entre des livraisons de lait cru avec des taux butyreux faibbles et d’autres qui contiennent des niveaux de matières grasses acceptabbles. Lesdits scanners ne se caractérissent pas par une fiabilité absolue mais leur usage est avant tout destiné à proccéder à une différentiation rapide des

lots réceptionnés par un même centre de collecte. Cela permet d’instaurer au sein des ces structures un outil fiable et de lecture rapide, à chaque livraisson, des principaux critères chimiques du lait. L’irruption toute récente de ces scanners dans quelques bassins laitiers du Maroc, montre un début d’apprenttissage des acteurs à leur usage. Ainsi, dans certaines régions, les centres de collecte commencent à établir des différenciations des éleveurs selon la qualité du lait qu’ils livrent. Certaines coopératives utilisent pour ce faire des codes de couleur en rapport avec la qualité des livraisons (photo 4), dans les tableaux renseignant les volumes, afin de tenir compte de celle-ci lors du paiement final. Mais pour que l’apppropriation de cet outil soit complète et qu’il permette d’améliorer concrèttement la qualité du lait, une mise à niveau, concernant tous les opérateurs de la chaîne d’approvisionnement du lait doit être entreprise. En effet, ce genre d’innovation constittue une opportunité majeure dans la réflexion pour un système équitable et individualisé de rémunération du lait à la qualité, pour peu que les préccautions préalables à sa réussite soient adoptées. Tout d’abord, les évaluations issues du « Lactoscan » sur un nombbre important de lots de lait cru doivvent être confirmées par des analyses des mêmes lots selon les méthodes de référence, en vue de tester sur le long terme la fiabilité de cet outil. Par ailleurs, l’appropriation de l’outil par le personnel réceptionnant le lait dans les centres de collecte doit être validdée. Il s’agit, pour ce faire, de s’assurer

Photo 4. Tableau avec un code de couleur rensseignant la qualité des livraisons de lait

que ce personnel ainsi que les éleveurs auxquels ils s’adressent soient au fait des critères de qualité du lait renseiggnés par le « Lactoscan », ainsi que de leurs plages de variation et des factteurs qui les conditionnent. Par ailleurs, il est souhaitable que les éleveurs ainsi que les gestionnaires des centres de collecte aient érigé des règles claires de rémunération des livraisons individduelles, testées quotidiennement par le scanner, selon les résultats issus de ces analyses. Enfin, pour que tout le systtème fonctionne, il est impératif que la distinction précoce des lots livrés selon leur qualité ait une incidence directe sur le paiement consenti par les industtriels de la transformation aux coopérratives de collecte, et par ricochet aux éleveurs.

Vouloir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Proverbe français, 19ème siècle.

Conclusion

La filière laitière au Maroc est appelée à connaître des bouleversements importants au cours des prochaines années. La dynamique insufflée par le « Plan Maroc Vert » et la libéralisation de l’économie nationale inttiment des changements importants dans les anciennnes pratiques, avec à la clé une nécessaire mise à nivveau selon des standards internationaux. A cet égard, la question de la qualité du lait cru, longtemps mésesttimée par les impératifs d’augmentation des volumes, risque de s’imposer comme un des défis majeur à relevver. L’irruption en force dans le tissu industriel local de multinationales de la transformation laitière constitue déjà un élément décisif dans les changements à venir, ces dernières et leurs associés locaux ne pouvant pas tolérer indéfiniment de traiter une matière première de qualité douteuse. A cet égard, avec une offre laittière surtout dominée par des exploitations de taille réduite qui risque de perdurer, tant ces dernières sont intensément investies dans l’élevage bovin, un changgement dans les modes d’évaluation de la qualité de leurs livraisons doit être de mise. Pour ce faire, il importe tout d’abord de s’assurer que la totalité des opérateurs soit au fait des critères de la qualité du lait ainsi que des facteurs qui les détermminent. En deuxième lieu, l’adoption le long de toute la chaîne d’approvisionnement d’outils d’évaluation de la qualité du lait devrait s’imposer pour établir une véritable transparence pour tous les intéressés. Enfin, l’édition de grilles claires de rémunération de la quallité du lait doit être entreprise à l’échelle de chacun des grands bassins de production, pour que tous les opérateurs puissent s’y référer. Il est manifeste à cet égard que l’irruption récente des « Lactoscan » est une innovation majeure qui pourrait accompagner de manière rationnelle la mise à niveau souhaitée. Il ne reste plus qu’à s’assurer que l’ensemble des condittions indispensables à relever ce défi collectif soient réunies, depuis les moyens matériels nécessaires jusqqu’à l’obligatoire formation de tous les opérateurs (les éleveurs, les membres des coopératives et aussi les acteurs de la transformation industrielle). Il en va de la durabilité de la chaîne d’approvisionnement laittier au Maroc et de l’émergence de règles de gouvernnance claires qui garantissent les intérêts mutuels de tous ceux qui s’y activent.

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