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Agriculture du Maghreb N° 112 - Mai / juin 2018

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Agriculture du Maghreb N° 112 - Mai / Juin 2018

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EDITIONS AGRICOLES

Sarl de presse Au capital de 100 000,00 dhs R.C.: 127029 I.F.: 01006251 Patente N° : 35870166 Autorisation : GROUPE HASSAN DERHEM 22 bis, rue des Asphodèles Résidence Zakia - Quartier Burger 20380 Casablanca Tél. : 212 (0) 522 23 62 12 212 (0) 522 23 82 33 agriculturemaghreb@gmail.com

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Directeur de publication Abdelhakim MOJTAHID

Rédacteur en Chef Ingénieur Agronome Abdelhakim MOJTAHID

Journalistes Ingénieurs Agronomes Abdelmoumen Guennouni Hind ELOUAFI

Ont participé à ce numéro : Pr. Bouzrari Dr. MOKRNI Fouad Salma EL Iraqui Mohamed Serrar Azeddine EL BRAHLI

Attachée de Direction Khadija EL ADLI

Directeur Artistique NASSIF Yassine

Imprimerie PIPO

Tous droits de reproduction autorisés avec mention impérative et complète du journal.

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Edito Production céréalière

Un meilleur stockage pour une commercialisation plus juste

D

’après la récente annonce du gouvernement, la production céréalière au titre de la campagne agricole 2017/18 devrait atteindre 98,2 millions de quintaux, soit une hausse de 3% par rapport à la campagne précédente. Et comme chaque campagne à la veille des moissons, une ambiance d’expectative et d’inquiétude prédomine parmi les céréaliculteurs dans l’attente de savoir quelle tendance prendra le prix du blé tendre. En effet, malgré la fixation par les autorités d’un prix de référence pour la livraison aux minoteries (280 dh/ql), le tarif appliqué par les intermédiaires reste largement en deçà. Chaque année et tout au long de la campagne, les agriculteurs n’arrêtent pas de scruter le ciel, travailler le sol, semer, apporter des engrais, traiter contre toutes sortes d’ennemis tout en s’endettant pour cela. Les années maigres quand elles surviennent, amènent leur lot de souffrances et de soucis financiers pour survivre d’abord et pour affronter la campagne suivante ensuite. Mais même quand survient une bonne campagne, le système de commercialisation, les intermédiaires et autres difficultés sont là pour rappeler à l’agriculteur la triste réalité : les bonnes campagnes sont aussi difficiles que les mauvaises. Le producteur est ainsi exposé au défi du stockage avec les frais supplémentaires et les dégâts qui en découlent, des spéculations et malversation effectuées par certains intermédiaires en vue de réaliser des profits conséquents aux dépens de

l’agriculteur qui a bataillé toute l’année. En attendant des mesures concrètes pour l’organisation des opérations de collecte et de commercialisation de manière à préserver les intérêts des producteurs, beaucoup d’observateurs sont convaincus que la solution la plus appropriée réside dans le soutien au système privé de stockage de façon à permettre à l’agriculteur de conserver son produit pour une durée plus longue. Ceci permettrait d’étaler la période de commercialisation et d’éviter de le vendre à bas prix au cours des mois où l’offre est concentrée. Or, actuellement, les aides publiques ne sont accordées qu’à quelques stockeurs agréés alors que pour les agriculteurs, les moyens de stockage ne bénéficient d’aucune aide. Les moyens (traditionnels ou modernes) de stockage à la ferme existent et sont peu couteux. Il serait avantageux pour les agriculteurs et pour l’agriculture nationale d’y avoir recours pour l’intérêt de tous.

Abdelhakim MOJTAHID Directeur de publication

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Sommaire

pplément

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Actualités

30 Les Pays-Bas, une brillante participation au SIAM 2018 34 Tomates , une histoire passionnante 40 Biopesticide PMV®-01

Votre meilleure assurance anti-pépino depuis 2015 42 La culture des agrumes dans le Tadla

Augmentation des superficies et diversification variétale 48 Fraisier, quel choix variétal en attendant

le centre technique des fruits rouges 52 Frais, La recherche variétale

54 Irrigation localisée, Fabrication locale vs importation 56 Maintenance du tracteur agricole 60 Carpocapse des pommes et des poires

(Cydia pomonella L.) au Maroc: Faudrait-il tirer la sonnette d’alarme sur la résistance pour certains insecticides en usage ? 64 La tavelure des pommes, les bons réflexes 68 Raisonnement de la gestion des nématodes du genre

Meloidogyne en culture maraichère dans le Souss/Massa 72 Bien réussir son chantier d’ensilage

pour une bonne conservation en silo

74 Colza et Tournesol, Des cultures qui reviennent en force 78 Petites annonces

Nos annonceurs AGRIMATCO 61 AGRIMATCO 71 AGRIPHARMA 69 AMPP 17 APEFEL 47 ARD 73 ARYSTA 65 ATLANTICA AGRICOLA 39 BASF 67 BIOBEST 40 4

BODOR 36 CAM 21 CASE IH 57 CMGP 80 EMCO CAL 49 Elephant vert 11 Elephant vert 37 Elephant vert 63 FUTURECO 37 HIBAGRICOLE 19 HORTEC 23

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IRRISYS 13 KEKKILA 51 LALLEMAND 45 MAMDA 5 SEMINIS 2 SEMINIS 35 SIMA SIPSA salon 25 SUTERRA 15 TECNIDEX 43 TIMAC AGRO 79

Viveros California 53 YARA 38

Cahier arabe CMGP CROPLIFE MAMDA

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Actu Actu Région

AJIDA / ROSAFLOR

IMPORTANTE DISTINCTION POUR LES JEUNES ET PROFESSIONNELS MARAICHERS DE DAKHLA Un an à peine après sa création, AJIDA, Groupement de jeunes promoteurs originaires de Dakhla, a été primé à l’occasion du SIAM comme meilleure unité deproduction de la région. Ce GIE est né de l’union de 15 jeunes producteurs de la région disposant chacun d’une parcelle de 5ha et qui ont décidé d’unir leurs forces pour constituer une grande exploitation moderne de 75ha spécialisée dans la production de cultures à haute valeur ajoutée : tomates cerise, tomate cocktail et de melon charentais vert. Pour y parvenir ils ont du s’adosser à un grand producteur de la région qui est la société ROSAFLOR, filiale du Groupe Hassan Derhem, lui-même originaire de la région. En fonction de la convention de partenariat entre les deux parties, ROSAFLOR assure l’encadrement technique des jeunes producteurs et s’occupe du conditionnement de leurs productions dans ses unités d’Agadir et de leur commercialisation grâce à sa grande connaissance des marchés de l’exportation et ses accords de longue date avec les chaines de distribution internationales. Pour rappel, ces jeunes porteurs de projets ont été sélectionnés parmi d’autres pour la mise en valeur d’une partie des 5.000 hectares ciblés par le plan de développement régional de Dakhla (maraichage et élevage). Les exploitations agricoles sont mises en valeur par deux types d’opérateurs. Les premiers sont les grands promoteurs agricoles producteurs de primeurs sous serre, tournés vers l’export. Les seconds sont les petits et moyens porteurs de projets locaux, dans le cadre d’un programme «Jeunes promoteurs» dont les projets peuvent être diversifiés. En janvier 2017, les membres du GIE présidé par M. Mohamed Salem Mayaraa, ont contacté la

société Rosaflor, persuadés de trouver naturellement auprès de cette société, elle-même d’origine sahraouie, un soutien et une aide à même de créer des synergies et des complémentarités profitables à leur activité. Fondamentalement convaincus de l’importance du projet pour ces jeunes, pour la région et pour sa population, les dirigeants de Rosaflor ont spontanément lancé les travaux de préparation du terrain et de l’installation des serres un mois plus tard. Ainsi, en juin 2017, dans la ferme d’AJIDA située dans la localité de Glib Jedyan à 70km de Dakhla, une trentaine d’hectares étaient déjà prêts à accueillir les plants de tomate et de melon. Le fort

Quelques membres d’Ajida et de Rosaflor en compagnie du Ministre de l’Agriculture lors d’une visite du site de productio Ajida

engagement de Rosaflor et la rapidité d’exécution de cette première tranche du projet a permis aux jeunes producteurs de cueillir leurs premiers fruits dès le mois d’octobre suivantet de les exporter vers différents marchés. Une extension de 20 hectares est prévue lors de la prochaine campagne et une deuxième l’année suivante. L’objectif étant d’atteindre les 75 ha prévus par le projet à l’horizon 2019. La grande réussite du partenariat entre Rosaflor et AJIDA va certainement servir de modèle pour les partenariats Privé-Jeunes promoteurs dans notre pays. Mais cette réussite aura surtout permis d’évincer la thèse de l’Union Européenne selon laquelle le Maroc exploite les provinces sahariennes aux dépens des citoyens originaires de ces régions qui n’en tirent aucun profit. Le partenariat Ajida/Rosaflor a prouvé au contraire, que ces propos n’avaient aucun fondement, l’ensemble de la chaine étant assuré par des professionnels originaires de la région.

Soutien infaillible des autorités régionales

Il est important de mentionner que ce projet n’aurait pas vu le jour sans la grande implication 6

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des autorités régionales, notamment la Chambre d’Agriculture de la région de Dakhla Oued Eddahab qui a mis en contact AJIDA et Rosaflor, et assuré le suivi nécessaire à la réussite du partenariat. De même, la Direction Régionale d’Agriculture a fait le suivi des dossiers administratifs ainsi que l’accompagnement pendant les différentes phases de concrétisation du projet, sans oublier l’ADA régionale qui a assuré une partie du financement nécessaire à la réalisation du projet.

Dakhla, un terroir d’exception

Les périmètres irrigués de Oued-eddahab, destinés essentiellement à la production de primeurs sous serres, constituent un exemple concret de la réussite des efforts de mise en valeur agricole des terres sahariennes. La région de Dakhla abrite une agriculture à haute valeur ajoutée produisant des primeurs de grande qualité, très prisés sur les marchés internationaux. La zone bénéficie, en effet, d’importants atouts agricoles, notamment son climat modéré. La forte luminosité et les températures favorables toute l’année, avec de faibles amplitudes thermiques, se traduisent par des avantages www.agri-mag.com


Site de production AJIDA

Au centre M. Mohamed Salem Mayara, Président du GIE AJIDA, reçoit le prix Nouveau Leader du Ftutur au sommet Crans Montana à Dakhla. de productivité et de précocité. Ses produits peuvent ainsi être sur le marché 2 à 3 semaines avant celles cultivées dans la région du Souss-Massa, elle-même plus précoce que les autres. De même, la salinité de l’eau d’irrigation, perçue au départ comme un inconvénient, s’est avérée un véritable atout, car se traduisant par une qualité gustative bien supérieure des fruits. Par ailleurs, la région de Dakhla bénéficie d’un environnement phytosanitaire sain qui lui permet de satisfaire aux exigences qualitatives et sanitaires des marchés les plus difficiles. Et en fin, cette activité agricole est devenue fortement pourvoyeuse d’emplois pour les jeunes de la région qui peuvent ainsi faire la preuve de leur savoir faire dans ce domaine.

ROSAFLOR, un producteur d’exception

Ayant perçu depuis longtemps le potentiel que recèle la région de Dakhla, le Groupe Hassan Derhem a été l’un des premiers à y investir il y a une quinzaine d’années à travers sa filiale Rosaflor. Il y a développé progressivement une activité de production sous serre qui atteint actuellement 300 ha répartis entre trois unités de production centrées sur la production de tomate cocktail, tomate cerise, tomate cerise allongée et melon charentais vert. Ces produits sont commercialisés sur de nombreux marchés européens, y compris les plus exigeants. Leur qualité gustative et sanitaire exceptionnelle leur a d’ailleurs valu de nombreux prix, notamment en France, et leur confère une place de choix dans les rayons. Pour parvenir à ce niveau qualitatif, le groupe a mis en œuvre tous www.agri-mag.com

les moyens nécessaires pour assurer une parfaite maitrise de la production et surmonter les multiples difficultés liées aux sites de production (éloignement, vents violents toute l’année, salinité de l’eau et sa richesse en soufre, …). Ainsi, compte tenu des spécificités de la région, il a fallu adapter les modèles de serres déjà éprouvés à Agadir, de même que les techniques de conduite en fonction des contraintes locales. En outre, compte tenu de l’éloignement, produire à Dakhla nécessite une organisation logistique sans faille (prévisions de récolte, stock de caisses, commande et livraison d’intrants). Le groupe a également choisi dès le départ, un modèle de production durable préservant les ressources naturelles de la région. Ainsi, tous les sites de production sont équipés en systèmes d’irrigation goutte-à-goutte avec des apports d’eau adaptés aux besoins des cultures. Egalement, la protection de l’environnement impose de limiter et rationaliser l’utilisation des engrais et des produits de traitement au niveau des exploitations (lutte intégrée, bon choix des pesticides, application adéquate, respect des DAR… en fonction des cahiers des charges), et de s’assurer du respect par les transporteurs routiers de l’ensemble des réglementations en vigueur (empreinte carbone). C’est ainsi que tous les sites de production sont certifiés Global Gap et Audit social GRASP et les stations sont certifiées Global Gap, BRC.

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L’Espagne sort le grand jeu au SIAM

La participation de l’Espagne au SIAM cette année a été la plus importante depuis qu’elle a commencé à prendre part à cette manifestation internationale il y a 9 ans. Cette forte présence souligne une fois de plus la détermination des opérateurs espagnols à intégrer le marché marocain. Le SIAM est en effet une excellente opportunité pour les entreprises espagnoles de contribuer grâce à leurs solutions au développement remarquable que connait actuellement l’agriculture dans notre pays. L’occasion également de présenter leurs dernières innovations en matière de fertilisation, irrigation, protection de cultures, stockage, emballage, ainsi que d’autres solutions destinées à améliorer les rendements et la qualité des productions agricoles. Organisé conjointement par le Bureau Économique et Commercial de l’Ambassade d’Espagne à Casablanca et ICEX Espagne, le Pavillon ibérique s’est étendu sur une superficie de 500 m2. Et pour la deuxième année consécutive, en plus de la position privilégiée au sein du pavillon international, une extension a été mise en place dans le pôle Agrofournitures. Les deux espaces ont accueilli 31 entreprises espagnoles (contre 27 en 2017), soit + 15% représentant des secteurs très variés. Le SIAM constitue en effet un rendez-vous annuel à ne pas rater pour les entreprises espagnoles pour présenter leurs gammes de produits, établir des contacts directs avec leurs clients et s’informer sur leurs attentes afin de mieux adapter les produits aux besoins et améliorer le service. A noter que la proximité géographique des deux pays, l’adéquation de l’équipement espagnol au climat, aux sols et cultures pratiquées au Maroc, de même que sa capacité à offrir des solutions de qualité à des prix attractifs, font des équipements espagnols un choix logique pour les producteurs marocains. A noter que sur les 31 sociétés exposantes, certaines participent pour la première fois afin de se faire connaître et s’introduire dans le marché marocain, alors que les autres sont des habituées du salon. Certaines sont même déjà implantées au Maroc avec des filiales ou des distributeurs agréés. Les exposants interrogés lors du salon sont tous confiants quant aux opportunités que peut leur offrir le marché marocain compte tenu du développement important qu’il connaît actuellement, notamment sous l’impulsion du Plan Maroc Vert. Parmi les secteurs représentés par les sociétés exposantes on peut citer : 8

- Irrigation : Aspersion, micro aspersion, nébulisation, goutte à goutte ; - Fertilisation : engrais solides, liquides, foliaires, bio stimulants … -  Machines agricoles : pulvérisateurs, cueilleuses, moissonneuses, nettoyeuses ; - Technologies de Post-récolte : conditionnement, emballage, étiquetage ; - Serres: Films anti-verglas, plastique et verres, désinfection et doubles toits, fils en plastic et fils galvanisés - Semence, plantes, et autres produits pour pépinières ; -  Laboratoire de contrôle et d’analyse spécialisé en chimie agricole ; - Solutions technologiques dans le domaine agricole et agro-industriel. La société NAZARÍES IT  par exemple est spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication, solutions e-commerce, Web et Applications mobiles. Elle propose des solutions technologiques dans le domaine de la surveillance et de la détection, et l’architecture des systèmes de données à volume élevé. Parmi ses produits phares ERPAGRO, solution leader pour les entreprises du secteur agroalimentaire, de la ferme jusqu’au consommateur final. Elle a des références dans plusieurs pays dont la Suisse, la Belgique et le Maroc. Electronobo est un autre exemple de l’excellence espagnole dans le secteur des solutions High Tech. Il s’agit d’une compagnie leader en technologie électrotechnique et d’automatisation qui collabore avec des clients industriels et avec des compagnies de service publique pour améliorer leur rendement tout en réduisant leur impact environnemental. La société est spécialisée dans le développe-

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ment de systèmes de contrôle qui soient capable de connecter et communiquer des différents éléments afin d’avoir tous les procès sous contrôle. ELECTRONOBO développe également des softwares informatiques, spécialement pour la gestion et planification des travaux d’une entreprise quelconque. Il est clair que les professionnels marocains (producteurs et entreprises) ont beaucoup à gagner de leur rapprochement de leurs homologues espagnols dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Ils peuvent, en effet, bénéficier du savoir-faire et du leadership mondial de l’Espagne dans des filières comme l’horticulture, l’agrumiculture et l’oléiculture, et leurs homologues espagnols, des opportunités d’investissements offertes par le Plan Maroc Vert et le développement considérable que connaissent les filières agricoles au Maroc. Pour le Maroc comme pour l’Espagne, l’agriculture représente un enjeu important. Les deux pays partagent une grande similitude des conditions climatiques, édaphiques, cultures pratiquées et surtout la nécessité d’une bonne gestion des ressources hydriques limitées. Ces contraintes ont depuis longtemps obligé les entreprises espagnoles à parier sur l’innovation afin de transformer les conditions difficiles en opportunités dans l’agriculture, particulièrement dans le sud du pays. Les régions du Sud (Andalousie) et du Sud-Est de l’Espagne (Murcia, Valencia) en sont un bon exemple. Ces deux régions étaient d’ailleurs représentées en force sur le pavillon espagnol cette année encore. En effet, il s’agit de références mondiales dans le domaine agricole avec une grande partie des cultures cultivées sous

serres et des centaines de sociétés d’agrofourniture couvrant les différents besoins. Pour rappel, l’agriculture intensive dans ces régions a été rendue possible par le développement des industries de fabrication de serres, de produits phytosanitaires et d’engrais. De même, et du fait de la rareté des ressources en eau, l’industrie de fabrication de matériel d’irrigation est à la pointe technologiquement et elle assure une utilisation durable et rationnelle de l’eau d’irrigation. A noter que l’Espagne a été historiquement le premier fournisseur d’équipement pour l’irrigation et la gestion de l’eau au Maroc. A présent, ce rôle se consolide en soutenant les projets nationaux appuyés par le Plan Maroc Vert. A souligner également que les exportations d’équipements, de technologies et d’intrants de production vers le Maroc n’ont cessé d’évoluer ces dernières années. Le marché marocain est très familiarisé avec le produit espagnol, raison pour laquelle, celui-ci est bien accepté. Le Maroc est d’ailleurs le principal client de l’Espagne en Afrique. Les deux pays sont liés par d’importants accords de coopération bilatéraux qui traduisent une vraie volonté d’aller de l’avant. Les professionnels qui s’intéressent aux solutions que l’équipement espagnol peut leur offrir, peuvent contacter le Bureau Économique et Commercial de l’Ambassade d’Espagne à Casablanca : Mail : casablanca@comercio. mineco.es Téléphone : 0 522 313 118 www.agri-mag.com


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Actu Sécheresse Actu Produit

Quelles réactions de la vigne au déficit hydrique ? Pousse ralentie, feuillage jauni, flétri, voire échaudage... Les effets du manque d’eau dans les sols viticoles commencent à se faire sentir dans les vignobles d’un grand nombre de régions. Mais quelles sont plus précisément les conséquences du déficit hydrique sur la plante ? Quels sont les niveaux de tolérance des différents cépages à la sécheresse ? Eléments de réponse. Les projections climatiques les plus récentes font état « d’une augmentation de la fréquence des épisodes de sécheresse, de fortes températures et d’un accroissement de leur intensité », rapporte un chercheur à l’Inra Montpellier. La vigne, plus que les autres cultures, présente aussi le risque d’être plus fortement impactée par ce genre d’évènements climatiques. Il s’agit en effet d’une culture généralement non irriguée, implantée sur des sols peu fertiles à faible réserve hydrique et dont le type de production, très spécialisé, associé à un nombre réduit de variétés adaptées, est « étroitement lié aux caractéristiques climatiques du lieu de production », poursuit le chercheur.

Effet sur la croissance et le fonctionnement foliaire

Un déficit hydrique pour la

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vigne correspond à une période où la demande climatique journalière, appelée « évapotranspiration potentielle », devient supérieure à la quantité d’eau pouvant être extraite du sol par les racines. Dans ces conditions, la croissance végétative et le fonctionnement foliaire sont les premières fonctions à être affectées. La vigne répond par une diminution de la vitesse de croissance des rameaux et une limitation de sa transpiration en fermant ses stomates. Ces réactions ont pour conséquence une diminution de la photosynthèse de la plante avec au bout du compte, dans les cas les plus sévères, des pertes de rendements et de qualité nette du produit pour le vigneron. Ces problèmes d’ordre physiologique peuvent par exemple se mesurer par une vitesse d’apparition des feuilles primaires et au niveau des entrecoeurs ralentie, la surface des limbes, mais aussi par le fonc-

tionnement des stomates et de la photosynthèse de la plante, essentiels au bon développement de la plante. Les travaux de recherche d’écophysiologie réalisés au cours des 20 dernières années, notamment par l’Inra, ont permis d’identifier une diversité de réponses du matériel végétal (porte-greffe et greffon) dans le fonctionnement hydrique de la vigne, avec, donc, différents degrés de tolérance à la sécheresse. Certains cépages ont ainsi la capacité de « maintenir leur état hydrique » grâce à une sensibilité stomatique élevée. Une sensibilité stomatique très élevée à l’état hydrique du sol, qui conduit au maintien de l’état hydrique du feuillage en situation de déficit hydrique sévère. D’autres, au contraire, ont tendance à maintenir les échanges gazeux (transpiration et photosynthèse) « au prix d’un certain degré de déshydratation du feuillage. Mais le compor-

tement du pre- m i e r groupe de cépages n’implique pas forcément leur capacité à assurer un rendement et une maturité complète en situation de contrainte hydrique, qui peuvent donc s’avérer problématiques. La fermeture des stomates et la sénescence précoce des feuilles qui contribuent à limiter les pertes en eau impliquent une réduction drastique de la photosynthèse durant la période estivale, voire au-delà, avec des blocages de maturation et des problèmes d’aoûtement ou de fertilité sur certains cépages. A l’opposé, les recherches effectuées ont montré que les cépages qui ont tendance à maintenir les échanges gazeux en situation de déficit hydrique important préservent une activité photosynthétique forte favorisée par la transpiration, avec le maintien d’une surface foliaire efficace et une sénescence fo-

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Vers une meilleure connaissance de la vigne ?

liaire réduite. Ces derniers ont donc généralement la capacité d’assurer une maturation complète en situation de stress hydrique. Mais dans des situations d e déficits hydriques extrêmes, on a aussi pour ces cépages un risque de mortalité accru, peut-être lié à un dysfonctionnement hydraulique du xylème.

La sécheresse et les maladies du bois

Un stress hydrique sévère implique également des carences en éléments minéraux, potasse et magnésie. En période de sécheresse, dans les vignes où

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l’enracinement est plutôt superficiel, l’assimilation racinaire de la potasse est bloquée. Or, selon l’Association technique viticole du Maine-et-Loire (Atv 49), « Le potassium permet la circulation des sucres dans la plante. Lorsque la vigne est en manque, les sucres sont bloqués dans les limbes et ne migrent pas dans les baies. Les limbes des jeunes feuilles du haut deviennent épaisses, luisante et révolutés et prennent une coloration jaune puis rouge sur les bords puis les symptômes descendent sur les feuilles du dessous ». Enfin, une période de sécheresse peut aussi avoir pour conséquence d’accroître l’apparition des symptômes liés aux maladies du bois, esca/bda. « C’est donc le moment de faire un premier tour pour marquer toutes les souches où sont apparus ces symptômes », préconise l’Atv 49. Source : Terre-net Média

Qu’attendre de la génomique ? Ce terme reste pour beaucoup abstrait et demeure loin des préoccupations quotidiennes des producteurs. Pourtant, derrière la génomique se trouvent des solutions aux impasses techniques liées à la réduction de l’usage des pesticides ou au réchauffement climatique. Le séquençage du génome de la vigne en 2007 accélère considérablement le travail de sélection variétale par la mise au point de techniques de sélection assistée par marqueurs génétiques. Les premières applications devraient voir le jour très prochainement. La vigne constitue une espèce majeure pour l’agriculture. Afin d’accroître sa compétitivité économique et d’adapter sa culture aux nouveaux objectifs de production, qui résultent du changement climatique, de l’émergence de nouvelles maladies, des impératifs de protection de l’environnement et des comportements des consommateurs, il est nécessaire d’approfondir les connaissances sur sa physiologie et sa pathologie, et de développer des outils et ressources génétiques à partir desquels il sera possible de l’améliorer.

Les mécanismes liés aux excès de salinité décodés

La salinité provoque de graves dommages à l’agriculture et à la productivité des plantes. Des concentrations élevées de sodium réduisent l’absorption de l’eau par les racines et endommagent les cellules, en menaçant sérieusement la survie de la plante. Une réaction naturelle de la plante au stress salin est de type morphologique : la plante s’adapte en réduisant son développement. Si dans ce cas, la plante réussit à survivre, sa productivité en termes de récolte souffre cependant d’une réduction drastique. Il est donc facile de comprendre que l’implication de la recherche scientifique est primordiale pour mieux comprendre les mécanismes physiologiques et moléculaires à l’origine de l’adaptation au stress salin.

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Actu Pépinières Escande : Actu Entreprise

choix des meilleures variétés pour les projets de verger

La famille ESCANDE s’est forgée un nom dans le monde de la création variétale par la création de variétés de prunes d’Ente célèbres et largement plébiscitées, puis par la mise en culture de ses vergers de Théza, reconnus pour la qualité de leurs productions de fruits à noyaux d’excellence. Benoît Escande poursuit et développe le travail commencé par son grand-père puis son père, et propose maintenant une vision européenne de l’entreprise ESCANDE. Alliant hybridation, programme de recherches, édition variétale et production variétale (pépinière), le groupe ESCANDE se positionne désormais comme un acteur majeur. L’anticipation des grandes tendances, la connaissance de l’attente des marchés, l’expertise variétale, et une réelle passion pour entreprendre, font du Groupe ESCANDE le partenaire privilégié des producteurs. Frédéric Garcia, responsable commercial des Pépinières Escande a bien voulu répondre à nos questions. Quels sont les fruits sur lesquels portent en priorité vos recherches ? Aujourd’hui, notre stratégie d’innovation et développement est basée sur plusieurs espèces, la pomme, la poire, la prune américano-japonaise et récemment la pêche et nectarine ronde et plate. Nous développons toutes ces espèces de front pour proposer régulièrement à la profession des variétés qui s’installeront comme des références demain. Pouvez-vous citer quelques-uns de vos principaux objectifs de la création variétale ? Les critères de productivité, calibre sont bien évidemment un prérequis, mais il est primordial pour nous de

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remettre le goût au centre quelle que soit l’espèce. La bonne tenue sur l’arbre et la conservation après récolte sont des critères essentiels dans notre sélection. De même, les caractéristiques de résistance ou de tolérance aux bio-agresseurs sont également très importantes pour nous. Nous proposons, et ce depuis bien longtemps, des pommes résistantes à la tavelure, notre poire Elliot tolérante au feu bactérien et de très bonne qualité gustative et de conservation ou nos variétés d’abricot résistant à la Sharka.

Comment opérez-vous pour obtenir la variété qui présentera les meilleures caractéristiques ?

Après une première sélection dans notre verger expérimental en France, nous implantons les variétés sélectionnées dans les vergers expérimentaux de nos partenaires dans de nombreuses régions et notamment au Maroc, pour nous assurer de la bonne adaptation et ainsi montrer aux producteurs tout le potentiel de nos variétés dans leurs propres conditions. Nous réalisons régulièrement des visites sur invitation. Quels sont les caractéristiques variétales qui pourraient être développées pour aider les producteurs à réduire leurs coûts de production et à mieux répondre aux contraintes de la commercialisation ? Nous avons un système totalement intégré où nous faisons les 5 métiers de la filière : obtenteur, éditeur, pépiniériste, producteur et metteur en marché. La qualité reste au centre de nos préoccupations. Etant également producteurs, pour nous la réduction des coûts est essentielle, mais nous pensons que cette maîtrise des dépenses doit être raisonnée par des interventions mécaniques réfléchies et réalisées par le producteur

en fonction des conditions climatiques de l’année et à l’historique de la parcelle ou de la variété. La variété est là pour simplement accompagner cette réflexion au niveau de la production ou de la commercialisation.

Les producteurs constatent un phénomène de perturbation de la floraison à cause des changements climatiques. Pensez-vous qu’on puisse dans l’avenir développer des variétés moins sujettes à ces variations ? Notre sélection variétale prend en compte ce critère. Nos variétés sont toutes testées dans nos vergers expé-

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rimentaux sur différentes régions. De ce fait nous adaptons nos préconisations en fonction des résultats observés in situ.

Est-il possible de contrôler le nombre de fruits par inflorescence (éviter l’éclaircissage chimique et manuel). Aujourd’hui, nos recherches ne vont pas dans cette direction. Avec tous ces changements climatiques, avoir juste le nombre de fleurs pour assurer la récolte sans avoir à réaliser d’éclaircissage est un très grand risque pour le producteur. Aujourd’hui, des réflexions et des travaux sont menés pour diminuer ces coûts importants d’éclaircissage mécaniquement, cette voie semble prometteuse et beaucoup moins aléatoire. Quels sont les avantages que peut présenter l’adaptation de l’architecture des arbres à la conduite selon le type de vergers (normal, intensif). L’architecture de l’arbre est un critère supplémentaire dans la réflexion

globale de l’itinéraire de production. C’est l’architecture qui doit s’adapter aux producteurs et non pas l’inverse. Les deux systèmes de conduite ont des www.agri-mag.com

avantages et des inconvénients, c’est pour cela que nous sommes présents dès le début du projet pour accompagner le producteur et ainsi éviter les erreurs. Les vergers dit normaux, c’est-à-dire de forme piétonne nécessitent moins d’investissements, mais entreront moins vite en production, à l’inverse des formes palissées. Des espèces comme la pomme, la poire et la prune seront principalement conduite sur palissage pour une meilleure rentabilité et conduite.

Comment sont conseillées les combinaisons portegreffe/variété en fonction des conditions de chaque région et exploitation ? Nous sommes présents dès les premières phases du projet. Nous accompagnons le producteur dans sa réflexion et nous analysons avec lui la faisabilité de la plantation pour une réussite complète de son projet. Le choix du portegreffe et de la fertilisation sera réfléchi en fonction d’une analyse du sol et du sous-sol. Nous conseillons le producteur lors de l’implantation de son verger, pour la taille de formation, la première taille de production et pour la formation de ses équipes de taille. Quelles sont vos innovations récentes ? Nous mettons l’accent cette année sur deux pommiers résistants à la tavelure : un jaune de type Golden, de maturité début Août, ANISE® et un rouge lavé, 80 à 100 % de coloration, de maturité fin Août, PIXIE®. Ils sont

également peu attractifs aux bio-agresseurs. Leurs qualités gustatives sont remarquables notamment pour PIXIE®. Nous proposons également aux producteurs marocains une gamme complète de pêches et nectarines, blanches et jaunes, rondes et plates, de très belle présentation et de très bonne qualité gustative. Sans oublier notre gamme d’abricots, avec des variétés des plus précoces aux plus tardives. Dans notre gamme pomme, nous avons la Gala Schnicored (cov Shniga®) qui est la référence aujourd’hui en Europe, la Golden Parsi (cov Da Rosa®) ou la rouge américaine Red Delicious Roat (cov en cours). Toutes ces variétés, parmi tant d’autres, sont à découvrir dans nos catalogues fruits à pépins et fruits à noyaux disponibles sur simple demande.

Quel accompagnement proposez-vous aux producteurs pour les aider à tirer le meilleur de leurs vergers? Nous apportons aux producteurs un véritable accompagnement technique sur nos variétés. Nous élaborons dans nos propres vergers expérimentaux de véritables itinéraires techniques sur chacune de nos variétés. Nous pouvons ainsi conseiller et minimiser les erreurs de productions chez les producteurs et atteindre très rapidement le potentiel agronomique optimum de la variété. Agriculture du Maghreb N° 112 - Mai / juin 2018

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Actu Actu Innovation

Magnet™ MED de Suterra Adieu Cératite !

Magnet™ MED de Suterra est en passe de devenir le moyen préféré des agriculteurs pour lutter contre la mouche méditerranéenne des fruits. Ignacio de Alfonso – Suterra Europe Biocontrol, S.L. La mouche méditerranéenne des fruits ou Cératite [Ceratitis capitata (Wiedemann)] reste l’un des insectes ravageurs qui suscitent le plus d’inquiétude dans le secteur des fruits. Cette espèce extrêmement prolifique et polyphage représente une nuisance pour une immense variété de cultures. Dans le monde, l’estimation des pertes économiques directes attribuables à cet insecte avoisine les milliards de dirhams chaque année. Le Maroc totalise environ 130 000 hectares de vergers d’agrumes et son industrie agrumicole, clairement orientée vers l’exportation, compte parmi ses principaux clients l’Union européenne, la Russie et les États-Unis.

L’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA) déploie actuellement un programme de gestion de la Cératite pour mettre en œuvre et respecter de manière rigoureuse les mesures de contrôle exigeantes requises pour l’exportation à destination de ces marchés. L’emploi de systèmes de piégeage-demasse ou de station d’appâtage-et-de-mort de ces ravageurs joue un rôle prépondérant dans ce programme. À cet égard, l’utilisation de systèmes à appâts alimentaires (permettant d’attirer ces mouches qui meurent ensuite à l’intérieur du piège) se généralise progressivement. Ces dispositifs vont des modèles simples fai-

Magnet™ MED est une solution beaucoup plus facile à manipuler et rapide à poser que n’importe quel autre produit de piégeage-de-masse commercialisé sur le marché. Agriculture du Maghreb 14 N° 112 - Mai / Juin 2018

Le principe de fonctionnement de Magnet™ MED est extrêmement simple : les Cératites sont attirées par l’appât et viennent se poser sur le plaque pour mourir intoxiquées quelques instants après.

sant appel à des bouteilles jusqu’aux inventions beaucoup plus sophistiquées. Relativement efficace, l’emploi de ces pièges reste toutefois coûteux et leur manipulation demeure complexe et lente. Le système d’appâtage-et-de-mort Magnet™ MED mis au point par Suterra s’affirme peu à peu comme la solution privilégiée par une grande partie du secteur, ce piège étant perçu comme le produit de meilleure qualité dans sa catégorie. La société Suterra est parvenue à se démarquer des produits de piégeage-de-masse en développant Magnet™ MED. Sa conception brevetée consiste en une plaque qui renferme un attractif hautement efficace et dont l’extérieur est imprégné de deltaméthrine. Son principe de fonctionnement est très simple, puisque les Cératites, attirées par l’appât, viennent se poser sur le piège et meurent intoxiquées quelques instants plus tard. Produit beaucoup plus facile à manipuler et rapide à installer que n’importe quel autre système de piégeagede-masse disponible sur le marché, Magnet™ MED présente par ailleurs un grand avantage en termes d’efficacité, de transport et de logistique. En outre, le fait de ne pas avoir à manipuler d’éléments pendant la pose des pièges réduit le risque d’exposition de l’opérateur à l’insecticide. Magnet™ MED apporte également des atouts supplémentaires par rapport aux autres systèmes, dont celui de ne recourir qu’à une

seule application par campagne agricole, le fait de ne pas avoir à entretenir le dispositif ou l’avantage de bénéficier d’un produit qui reste attractif pendant au moins 6 mois. Cette durée protège la culture bien au-delà de la période sensible de la récolte, ce qui contribue à une diminution des populations de ravageurs dans la zone. L’efficacité de Magnet™ MED de Suterra est éprouvée par l’enregistrement du produit dans 10  pays du monde (Maroc, Espagne, Portugal, France, Italie, Grèce, Tunisie, Israël, Afrique du Sud et Australie), mais aussi et tout particulièrement par la croissance continue de son usage commercial de la part des professionnels de la culture des fruits et des agrumes. Le produit Magnet™ MED est actuellement utilisé chaque année sur plus de 20 000 hectares, ces surfaces étant principalement destinées à la culture des agrumes, de raisin de table, des fruits à noyau et des fruits à pépins. L’Espagne est à l’heure actuelle le plus grand consommateur de Magnet™ MED. L’expansion de ce produit continue d’y être particulièrement significative et son adoption par le marché ne cesse d’y enregistrer une croissance soutenue. Pour l’entreprise Suterra, ce phénomène reste la meilleure preuve de la valeur du produit pour le secteur.

Koppert est le distributeur de Magnet™ MED au Maroc. www.agri-mag.com


Utilsable sur: agrumes, raisin de table, fruits à pépins et à noyaux, fruits subtropicaux et tropicaux.

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Redonnez vie à vos sols Depuis sa création en 1986, la société Agripharma, qui est l’un des acteurs majeurs dans le secteur de la désinfection des sols au Maroc, s’est adossée à l’un des plus grands fabricants en Espagne, la

société AQL, pour offrir aux producteurs des solutions adaptées. Les agriculteurs font face à la problématique des champignons de sol et des nématodes qui attaquent les plantes

AFRISENS

Partenaire idéal pour vos besoins en chaîne du froid La société AFRISENS (Africa Sensors) est le leader national dans la traçabilité de la chaîne du froid à l’export des produits agro-alimentaires. Elle distribue exclusivement les produits et solutions de SENSITECH pour le Maroc. La participation d’AFRISENS au salon SIAM cette année a été l’occasion de présenter quelques unes des principales solutions de SENSITECH qu’elle distribue  sur le marché, dont peut citer :

TempTale Direct :

Spécialement conçu pour l’industrie agro-alimentaire, ce moniteur est doté d’un design élégant qui facilite le téléchargement et le reporting des données à la fin du transport, quelle que soit la technologie disponible sur le lieu de réception. Il suffit de brancher le port USB intégré dans n’importe quel port USB standard et de télécharger instantanément un fichier de données crypté et un rapport PDF inaltérable.

et impactent négativement les rendements. Avec l’arrêt définitif de l’utilisation du bromure de méthyle, il fallait proposer au marché de nouvelles solutions de lutte. Le produits FLASH-SOL FE de la société Agripharma est une formulation adaptée aux cultures particulièrement sensibles aux champignons de sol, et dans un degré moindre aux nématodes telles que les fruits rouges, le

vous permet d’anticiper, et de prendre des décisions au moment opportun.

Ryan Ethylene filter: (filtre absorbeur d’éthylène)

Il permet de limiter le niveau d’éthylène dans l’atmosphère autour de la marchandise et d’empêcher la détérioration des produits. Il s’agit d’un moyen économique de réduire l’impact de l’éthylène sur les produits horticoles frais pendant le transport et

haricots verts, etc. Composé de 39,5% de Dichloropropène et de 59,5% de Chloropicrine, ce produit offre de nombreux avantages, notamment : · Facilité d’utilisation · Excellent contrôle des maladies causées par les champignons et les nématodes. · Redonne une nouvelle vie au sol · Amélioration substantielle des rendements

le stockage. Il ne nécessite pas de contact direct avec les produits, ce qui minimise les résidus et convient à l’agriculture biologique selon la réglementation sur les produits organiques (National Organic Program, NOP).. Pour plus d’informations, vous pouvez contacter : Youssef AKOUJAN +212 660 90 00 90 afrisens@gmail.com www.sensitech.com

TempTale Geo et TempTale Geo Eagle : (Temps réel)

Deux moniteurs qui permettent de connaître en temps réel, la localisation et les conditions de conservation (température) de votre marchandise. Ce qui

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M. Youssef AKOUJAN , Directeur de la société AFRISENS

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Actu Actu Entreprise

Adeauplast

Fiabilité, qualité et durabilité Pour Adeauplast le SIAM est un rendez-vous incontournable. Sa participation régulière depuis 2010 est l’occasion de présenter sa gamme de produits destinés aux secteurs de l’irrigation, l’adduction d’eau potable, les forages et l’assainissement, mais aussi de rencontrer en un seul lieu ses différents partenaires (revendeurs, installateurs, agriculteurs) et connaitre leurs attentes. L’occasion également cette année d’annoncer le renforcement du réseau de distribution et du service de proximité grâce à la création d’une nouvelle agence dans la zone industrielle Sidi Ghanem à Marrakech.

Association Marocaine de Protection des Plantes

Symposium International Protection Intégrée Biocontrôle en Cultures Horticoles et Arboricoles HOTEL PALAIS DES ROSES

Agadir 19 – 21 Juin 2018

Seconde circulaire

Fondée en 1990, Adeauplast est spécialisée dans l’extrusion de canalisations en plastique. Adeauplast propose 3 principales gammes de produits : Conduites en PVC, Polyéthylène Basse Densité (PEBD) et Polyéthylène Haute Densité (PEHD) pour l’irrigation, l’adduction d’eau potable, les forages et l’assainissement.

Planning du Programme

Au fil des années Adeauplast est devenue une référence nationale dans le secteur, en focalisant essentiellement ses efforts sur la fiabilité, la qualité, la durabilité et la standardisation des produits de sa gamme. En plus de la qualité du produit, une excellente qualité de service est assurée grâce à un service commercial à 100% à l’écoute des clients et partenaires. Pour faire face à la demande, Adeauplast s’est dotée d’un équipement de production conséquent (12 lignes d’extrusion et 3 unités de mélange) ainsi qu’une immense aire de stockage afin d’assurer une disponibilité permanente de produits pour ses clients. La maitrise de la qualité est primordiale chez l’enseigne, d’où la présence d’un laboratoire de qualité interne qui réalise toute une batterie de tests normés sur des échantillons de tubes et de tuyaux prélevés au cours de la production. De cette manière l’entreprise garantit la fiabilité et augmente la durée de vie de ses produits et de ce fait veille à la satisfaction du client. En plus de la ville de Skhirat où se situent le siège et l’usine, Adeauplast compte une agence à Marrakech, Agadir et possède un large réseau de revendeurs à travers tout le pays. www.agri-mag.com

Frais de participation: -Etudiant* : 300,00 Dh (sur présentation de la carte d’étudiant) -Chercheur/enseignant/autres: 600,00 Dh -Frais de la visite par bus: 100,00 Dh N.B. Ces frais couvrent les déjeuners, les pauses café et le proceeding des Pour votre logement à l’hôtel Palais des Roses : prière de réserver votre chamb différentes conférences et communications. Pour votre hébergement à l’Hôtel Palais des Roses: prière de réserver votre chambre au préalable au tarif préférentiel accordé aux participants.

Pour plus de détails : www.amppmaroc.org Agriculture du Maghreb N° 112 - Mai / juin 2018

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Les Huiles ‘’Domaine IZNASSA’’ De nouveau primées au SIAM 2018

Chaque année, le Ministère de l’Agriculture organise en marge du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), un concours national pour la sélection de la meilleure qualité d’huile d’olive vierge extra. La 10e édition du concours au titre de la campagne agricole 2017-2018 a donné son verdict, en marge de la 13e édition du SIAM. Cette année encore, les Huiles ‘’Domaine IZNASSA’’ produites par Les Huiles d’Olives de la Méditerranée, filiale du Groupe HOLMARCOM, ont été primées dans la catégorie « fruité vert intense ». A noter que l’entreprise n’en est pas à sa première distinction. Lors de précédentes éditions du concours, elle a déjà remporté le 1er prix ‘’fruité vert léger’’ et le 1er prix ‘’fruité vert moyen’’. Elle continue ainsi à remporter la reconnaissance des opérateurs de la filière oléicole. La société Les Huiles d’Olives de la Méditerranée est implantée au cœur des plaines de l’Oriental marocain. Ses domaines, bordés par les Monts des Beni Znassen, s’étendent au milieu de plaines fertiles et généreuses irriguées par le fleuve Moulouya, tirant leurs atouts de la proximité avec la Méditerranée. La société a investi dans la création d’un domaine oléicole et d’une unité de trituration de

dernière génération pour produire une gamme d’huile d’olive Premium, Extra Vierge, sous la marque «Domaine IZNASSA». Ses huiles sont obtenues par une extraction unique à froid en utilisant exclusivement des moyens mécaniques, avec un taux d’acidité ne dépassant pas 0,3%, des indices très faibles et des taux élevés de Polyphénols. L’entreprise propose une gamme de 3 assemblages bien adaptée aux attentes des amateurs de pur jus d’olives en bouteilles en verre fumé de 50 cl : - Saveur DOUCE : Délicate, longue en bouche, peu amère et peu piquante, avec une richesse aromatique subtile et raffinée. - Saveur INTENSE: Équilibrée en bouche entre amertume et ardence, elle est plus prononcée

en goût, plus piquante, avec un délicieux mélange d’arômes puissants. - Saveur TRADITION: Issue de la variété locale « Picholine Marocaine», c’est une huile typée avec un bon goût d’olive mure,

un piquant et une amertume modérés. Mais la société Les Huiles d’Olives de la Méditerranée peut également s’adapter à des besoins et attentes spécifiques: huiles filtrées ou non filtrées, assemblage personnalisé ... L’entreprise est ouverte à toute proposition de partenariat commercial sur l’Europe, le Moyen Orient, la Chine, les USA, le Canada et recherche des distributeurs, grossistes, détaillants « épicerie fine».

A droite M. Hicham BENGAICH reçoit le prix des mains du Ministre de l’agriculture

Communiqué

BCI FARM au SIAM 2018 L’équipe de BCI FARM a eu le plaisir et le privilège de recevoir sur son stand au SIAM 2018, un grand nombre de visiteurs : fournisseurs, prestataires et clients. Ceux-ci ont exprimé leur attachement et considération à BCI FARM, qui les en remercie.  Toute L’équipe de BCI FARM a saisi l’occasion pour renouveler son engagement auprès de ses partenaires, pour un accompagnement de qualité, basé sur une relation gagnant-gagnant.

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EMCO CAL

Elargit son porte feuilles de variétés Ekland Marketing Company de Californie, Inc. (EMCO CAL) continue d’essayer et d’évaluer de nouveaux cultivars de fraises de l’Université de Floride (UF) et d’autres programmes de développement variétal de fraises. L’année dernière, EMCO CAL a présenté deux nouvelles sélections de l’UF, la Florida Beauty et la Florida Brilliance. La variété Florida beauty de l’UF pourrait être d’un intérêt particulier pour les producteurs au Maroc. Elle fleurit 45 jours après la transplantation et rentre en production début décembre. EMCO CAL évalue un portefeuille de nouveaux cultivars qui complètent la Florida Fortuna sur les marchés méditerranéens. Au cours de la saison 2017 - 18, EMCO CAL a évalué les dernières sélections avancées du programme de l’UF à Larache, Moulay Bousselham au Maroc et Huelva en Espagne pour déterminer leur adaptation au marché. Ces essais ont donné des résultats prometteurs et seront suivis de près. « Nous évaluons et sélectionnons des variétés qui seront précieuses pour les producteurs et les acheteurs de fruits. Les principales caractéristiques des variétés de fraises de l’UF ont toujours été les rendements élevés, la précocité et la bonne qualité de fruits. C’est la raison pour laquelle Florida Fortuna continue d’avoir une forte présence. Les sélections récentes se focalisent encore plus sur la saveur, la précocité et la résistance aux maladies », explique Mamen Sánchez d›Ekland Marketing de Californie. Depuis 2012, EMCO CAL a mené des essais et a évalué de nouvelles variétés de mûres et de sé-

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lections avancées développées par le programme de développement variétal de l’Université de l’Arkansas (UA). Récemment, la société a conclu un accord avec l’Oregon State University (OSU) pour représenter le programme de développement variétal de mûres du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA). Cet accord élargit considérablement le portefeuille de variétés de mûres, framboises et autres petits fruits qu’EMCO CAL gère dans le monde entier. Le programme variétal de mûres de l’UA a mis sur le marché des cultivars de primocane et de floricane. Quant au programme OSU, il propose des cultivars de mûres floricanes et des variétés de framboises primocanes. Les producteurs connaissent bien les variétés de framboises primocanes. Les mûres primocanes se comportent de la même manière. Les nouvelles tiges qui émergent au prin-

temps portent des fleurs et des fruits dans la même saison après une période de croissance végétative. Les variétés Primocane ont le potentiel d’étendre la production et la commercialisation de fruits de qualité bien au-delà de la fenêtre estivale traditionnelle. Les producteurs ont utilisé les variétés traditionnelles de mûriers de type floricane pendant de nombreuses années. Dans l’hémisphère nord, les cultivars de floricane fleurissent en juin et produisent de grandes quantités de fruits entre début et mi-juillet. Les nouveaux cultivars floricanes de l’UA et l’OSU produisent de grandes quantités de baies de qualité avec des caractéristiques organoleptiques (= arômes et saveurs) exceptionnelles. Le portefeuille de variétés de mûres de EMCO CAL offre une opportunité au producteur de produire des mûres de qualité pour une longue période de temps. Si elles sont utilisées sous serre ou sous abri, les producteurs peuvent avoir des fruits sur le marché pendant 90 à 120 jours ou plus selon le type de couverture et le niveau d’apport énergétique.

A noter que EMCO CAL a commercialisé 260 millions de plantes des variétés UF au cours de cette dernière saison. Avec un bureau à Huelva et du personnel à travers le monde, EMCO CAL propose des variétés de fruits rouges nouvelles et améliorées avec l’objectif de satisfaire les besoins du producteur, du distributeur et du consommateur. La production de fruits rouges subit des changements significatifs face aux contraintes de la main d’œuvre, du changement climatique et la hausse des coûts dans les principales régions productrices du monde. Conscient des défis auxquels est confronté le producteur, EMCO CAL a considérablement élargi son programme d’essai et d’évaluation. L’entreprise évalue de nouveaux cultivars en plein champ, sous tunnels et serre ainsi que dans les sols et les substrats. EMCO CAL poursuit sa tradition de collaboration étroite avec les producteurs. La société s’est engagée à apporter la nouvelle génétique et les dernières innovations dans les technologies de production à la communauté mondiale des producteurs de fruits rouges.

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a exposé son offre de tracteurs et de presses à balles carrées au SIAM 2018 Case IH et son distributeur marocain Hydrau Mac ont présenté la vaste offre de tracteurs et de presses de la marque au SIAM 2018 qui s’est déroulé à Meknès du 24 au 29 avril. La scène centrale du stand était occupée par le Puma 180 qui étrennait une livrée spécialement conçue pour commémorer les 175 ans de la fondation de Case IH et les 10 ans de production de la gamme Puma. M. Hassib Thabet, Directeur d’affaires de Case IH, a commenté l’évènement en ces termes : « Le Maroc est un marché très important pour Case IH. Le Gouvernement investit dans le secteur agricole, qui est un élément clé de sa stratégie pour le développement économique et social du pays. Le plan de développement national Maroc Vert lancé en 2008 pour soutenir la modernisation de l›agriculture s’est donné pour objectif d’augmenter la production agricole du pays de 6200 à 9600 millions d’euros par an sur la période 2008-2018. Le SIAM est la plateforme idéale afin de montrer comment Case IH peut contribuer aux efforts du pays pour lutter contre la pauvreté rurale et assurer la sécurité alimentaire, avec des solutions en mesure d’améliorer les revenus des agriculteurs par le biais d’une mécanisation efficace. » Une intervention complétée par celle de Mme Hanane Frikh, Responsable commerciale d’Hydrau Mac, qui a ajouté : « Le SIAM at-

tire un très vaste public, ce qui en fait l’occasion idéale pour maintenir le contact avec nos fidèles clients et rencontrer de nombreux exploitants pour parler de leurs besoins et de comment Case IH peut les aider avec nos équipements, offres spéciales et packs conçus pour leurs entreprises. C’est la deuxième année consécutive que le groupe Hydrau Mac y participe avec Case IH, dont nous sommes devenus le distributeur en 2016. Si lors de l’édition de l’an dernier, nous avions déjà suscité beaucoup d’intérêt, cette année la participation de Case IH au salon a été encore plus réussie. »

Une vaste offre de tracteurs

La vedette du stand de Case IH a été le Puma 180. Ce tracteur polyvalent et efficace, offre la juste dose de puissance requise aussi bien pour les cultures en rang que pour l´élevage, et il est également adapté pour les activités de transport et idéal pour l’acheminement dans l’in-

dustrie sucrière. Fiable, durable et économe en carburant, il a été conçu pour être facile à entretenir. Il est disponible avec, au choix, une transmission Full Powershift ou une transmission à variation continue. Lorsque l’opérateur a besoin de davantage de puissance, la Gestion de puissance permet de disposer de 37 chevaux supplémentaires. Pour économiser du carburant durant les opérations de transport, les deux variantes de transmission peuvent fonctionner avec un régime moteur réduit à 40 km/h. Le Puma Full Powershift est livré avec un 19ème rapport Économique (régime moteur 1650 tr/min) tandis que le système APM du Puma CVT abaisse le régime moteur jusqu’à 1450 tr/min. Dans la cabine, les utilisateurs apprécieront l’accoudoir Multicontroller, une fonction ergonomique qui permet une utilisation efficace et précise du tracteur. En plus du Puma, le public a également pu admirer les Maxxum 140 et 125, des tracteurs polyvalents, puissants et durs à la besogne. Hautement productive et sobre côté consommation, la Série Maxxum offre une grande souplesse au niveau de l’équipement, qui peut être personnalisé en fonction des besoins spécifiques de chaque client avec des technologies de pointe. Un choix de systèmes

de pompes hydrauliques assure une productivité maximale pour manœuvrer les outils attelés au relevage 3 points ou en alimenter d’autres via les distributeurs auxiliaires. Dans la gamme de moins de 100 CH, Case IH présentait le Farmall JXM, un tracteur utilitaire parfait pour tous les types d’exploitations agricoles. Résistant, confortable et facile à utiliser, il est disponible en deux modèles de 80 et 90 CH, en versions à 2 ou 4 roues motrices et avec une vaste gamme de transmissions. Concernant les modèles d’entrée de gamme, Case IH a présenté le JXT75 et le JXT45, des tracteurs utilitaires qui offrent une puissance, une vitesse, une capacité de levage et une force de traction exceptionnelle, doublées d’une très faible consommation de carburant. Ces engins sont parfaits pour les petits exploitants ou comme tracteurs d’appoint sur les grandes exploitations.

Autres modèles présentés: la presse à balles carrées de Case IH

Le stand accueillait également une presse à balles carrées SB531 Case IH, réputée pour sa capacité à multiplier les chantiers de pressage intensif, saison après saison, en confectionnant des balles immanquablement solides, empilables et parfaitement liées.  L’assistance clients de Case IH au Maroc est assurée en partenariat avec son distributeur Hydrau Mac. Ce dernier assiste les agriculteurs sur tout le territoire, grâce à un réseau de dix concessionnaires, qui sera renforcé par cinq concessionnaires supplémentaires en 2018.

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HORTEC

30 ANS D’INNOVATION

AU SERVICE DE L’AGRICULTURE Toujours présente aux grandes manifestations agricoles, la société HORTEC confirme son engagement en tant que partenaire fiable et apporteur de solutions pour l’agriculture marocaine. C’est ainsi que l’entreprise a participé cette année encore au SIAM à Meknès, véritable plateforme de rencontre et d’échange entre les différents acteurs du secteur agricole. Sur l’élégant stand d’HORTEC dans le pavillon Agro-fourniture, les équipes techniques et commerciales étaient présentes en force pour réserver le meilleur accueil aux agriculteurs et aux partenaires (fournisseurs, distributeurs...). L’occasion pour HORTEC de présenter une large palette de solutions innovantes en parfaite adéquation avec les besoins des terroirs et pratiques de production. HORTEC, distributeur et importateur de produits agricoles depuis 30 ans, couvre la majeure partie du territoire marocain via ses 5 agences régionales à Casablanca,

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Agadir, Meknès, Larache et Had Soualem. Grâce à cette présence sur tout le royaume, l’entreprise met sur le marché des produits leader reconnus pour leur qualité, destinés aux agriculteurs, aux distributeurs ainsi qu’à l’ensemble des partenaires de la chaîne agroalimentaire. Toujours à l’affut des nouveautés et en réponse aux nouvelles tendances de la production agricole au niveau national et international, HORTEC a étoffé son offre au fil des années. Sa gamme comprend actuellement : - Semences de pomme de terre (variétés rouges, variétés blanches/jaunes)

- Tourbes et Substrats pour les pépinières maraichères, fruitières et ornementales - Engrais et fertilisants : solides, liquides, microgranules, bio-activateurs, correcteurs de carences… - Filets et Tissés Agricoles pour différents usages (couverture de sol, thermique, ombrage, protection, brisevent, anti-grêle, anti-thrips, anti-moineaux…) - Matériel d’Irrigation (gaines, goutteurs DRIPLINE, goutteurs autorégulants…) - Fils & Cable d’acier galvanisé - Pulvérisateurs Herbicides - Accessoires  : Instruments pour contrôle qualité des fruits, Instruments météoro-

logiques pour serre, Instruments pour contrôle de l’acidité, … « Nous nous efforçons de proposer des solutions personnalisées et adaptées aux besoins de nos clients avec un encadrement technique de haut niveau grâce à la combinaison du savoir faire et de l’expérience du terrain. L’objectif étant de bâtir une relation dans la durée», explique Monsieur Mohamed Tazi, directeur général d’HORTEC. A noter que dès sa création, l’entreprise a choisi de s’allier à des partenaires internationaux de renom dans les différents secteurs, afin de fournir aux agriculteurs marocains des produits de qualité. C’est également, par la qualité de son service et la forte présence de ses équipes sur le terrain, un vrai partenaire des producteurs dans les régions agricoles du royaume. HORTEC compte en effet une importante équipe d’ingénieurs agronomes et des techniciens basés dans ses 5 agences régionales. Un réseau de représentants agréés vient compléter son circuit de distribution, lui permettant de couvrir la majeure partie du territoire marocain et d’être aussi proche que possible de ses clients. www.agri-mag.com


30 ANS D’INNOVATION AU SERVICE DE L’AGRICULTURE Des produits adaptés à nos terroirs et à nos pratiques

HORTEC, distributeur et importateur de produits agricoles, couvre la majeure partie du territoire marocain via ses 5 agences régionales. Grâce à cette présence sur tout le royaume, nous proposons des solutions personnalisées et adaptées aux besoins de nos clients ainsi qu’un encadrement technique de haut niveau.

Casablanca (Siège social)

Agadir/Marrakech : Tél : 05 28 24 11 54 / Fax : 05 28 24 42 16

Imm Communal Hay Hassani, Bloc B,

Laouamra : Tél : 06 61 63 43 39

Angle Sidi Abderahmane et Bd Abdelhadi Boutaleb (Ex Route d’Azemmour), 3ème Etage - Casablanca

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Tél : 05 22 89 23 64 - E-mail : contact@hortec-id.com

Meknès/Oriental : Tél : 05 35 53 82 67 / Fax : 05 35 53 82 66 Had Soualem : Tél : 06 62 70 64 06

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Actu Actu Entreprise

Eléphant Vert NOFLY®:

BIOINSECTICIDE POUR LE CÔNTROLE DES THRIPS ET AUTRES INSECTES RAVAGEURS

NOFLY® est un insecticide biologique à base des spores du champignon entomopathogène Paecilomyces fumosoroseus souche FE9901, qui a une action bio-insecticide sur toutes les étapes du cycle de vie des différentes espèces d’aleurodes, spécialement sur les stades immatures (œufs et larves). NOFLY® est un insecticide biologique à base des spores du champignon entomopathogène Paecilomyces fumosoroseus souche FE9901, qui a une action bio-insecticide sur toutes les étapes du cycle de vie des différentes espèces d’aleurodes, spécialement sur les stades immatures (œufs et larves).

MODE D’ACTION ET BÉNÉFICES

NOFLY® contient des spores du champignon entomopathogène Paecilomyces fumosoroseus souche FE9901, microorganisme naturel présent dans tous les sols. Il a une action bioinsecticide sur toutes les étapes du cycle de vie des différentes espèces d’aleurodes, spécialement sur les stades immatures (œufs et larves). De même, il contrôle les pucerons, les thrips et quelques chenilles et vers des céréales. Le cycle d’infection de Paecilomyces fumosoroseus sur les insectes susceptibles est particulièrement rapide. Les premiers symptômes apparaissent lors des 24 ou 48 heures qui suivent le contact. Les spores de P. fumosoroseus traversent les matrices protéiques et chitineuses de la cuticule des insectes ciblés, développent des hyphes qui pénètrent jusqu’à l’hémocèle et prolifèrent à l’intérieur formant des masses de mycélium. Ce processus dure entre 48 et 72 heures, atteignant une sporulation maximale lors des 5 ou 7 jours. Paecilomyces fumosoroseus n’est pas phytopathogènique, à une faible action 24

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antagoniste face aux insectes auxiliaires, abeilles et bourdons inclus. Les seuls résidus dérivés de l’application de NOFLY® sont des spores de faible persistance. Pour ces raisons, il s’agit d’un produit idéal pour être utilisé en programmes de Lutte Intégrée.

SPECTRE D’ACTION

Homologué au Maroc sur le thrips, NOFLY agit aussi sur les mouches blanches (Bemisia, Trialeurodes, Lecanoideus, Aleuroidicus), pucerons, chenille, vers du maïs, charançon de la patate.

que la décoloration locale. Ensuite, l’insecte arrête de s’alimenter et de se reproduire, - Sporulation : Le mycélium est présent dans le ventre de l’insecte en 48 heures et la sporulation a lieu après 72h. En condition d’humidité relative supérieure à 50% HR, le champignon peut croître à l’intérieur de l’insecte et produire des spores infectieuses. - Attachement : au contact, les spores identifient la cuticule d’insecte et s’attachent NOFLY® est un insecticide biologique à base des spores du champignon entomopathogène Paecilomyces fumosoroseus souche FE9901, qui a une action bio-insecticide sur toutes les étapes du cycle de vie des différentes espèces d’aleurodes, spécialement sur les stades immatures (œufs et larves). à elle à travers une interaction hydrophobique entre la paroi des spores et la couche lipidique de l’épicuticule. - Croissance : une fois que P. fumosoroseus pénètre la cuticule de l’hôte, la multiplication des

champignons prendra place à travers la formation des hyphes ou blastospores dans l’hémocèle de l’hôte en 48 h.

AVANTAGES DE NOFLY®:

- Est compatible avec les autres insecticides et fongicides - Peut-être utilisé en rotation avec d’autres insecticides - Est un produit sans résidus à 0 jour de DAR. - A une formulation simple et stable qui facilite son application sur le terrain, et un mode d’action complexe évitant le développement de la résistance. - Couvre un large spectre d’action (Œuf, nymphe, larve et adulte) et ne présente aucun danger pour les auxiliaires.

NOFLY®, UN MODE D’ACTION UNIQUE

Paecilomyces fumosoroseus est un champignon entomopathogène dont les spores tuent les insectes nuisibles en 4 étapes : - Germination : les spores germent sur l’insecte après l’application. Les hyphes pénètrent la cire, la chitine et la matrice des protéines de la cuticule sans effet néfaste évident sur l’insecte autre

UN MODE D’ACTION UNIQUE

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Actu Rijk Zwaan Actu Entreprise

Journées melon et pastèque à Marrakech Après l’Espagne en 2017, c’était au tour du Maroc et précisément la région de Marrakech d’accueillir les journées portes-ouvertes melon et pastèque du semencier Rijk Zwaan et ce les 08 et 09 mai derniers. La participation de 200 producteurs, distributeurs et spécialistes représentant les principaux marchés mondiaux du melon et de la pastèque a donné à cet évènement une dimension internationale (Maroc, Algérie, Sénégal, Egypte, Pays-Bas, France, Espagne, Ukraine, Russie…). Le programme riche en visites a été l’occasion pour les invités de découvrir les grands axes de développement menés autour de ces deux espèces phares de la marque Rijk Zwaan et les solutions variétales apportées par les sélectionneurs pour répondre aux attentes de l’ensemble de la filière.

C

es journées qui se sont déroulées dans une excellente ambiance professionnelle ont été l’occasion de montrer aux visiteurs internationaux le savoir faire et l’expertise marocaine en matière de production qu’elle soit destinée à l’export ou au marché local. Les essais de démonstration ont été installés en plein champ dans une parcelle appartenant à un grand producteur de melon de la région de Marrakech. 26

Agriculture du Maghreb N° 112 - Mai / Juin 2018

Les visites guidées par les experts ‘’Produits’’ marocains et internationaux de Rijk Zwaan, ont permis aux invités de constater de visu les caractéristiques et avantages expliqués dans les brochures fournies avant la visite : couleur et aspect, taux de sucre, durée du cycle, résistances aux maladies, conservation, aptitude au transport... Des variétés phares ont ainsi été présentées dans les principaux segments de melon cultivés au Maroc, à savoir :

- Type Galia : Montseny F1, Jucar F1, Gueliz F1 - Type Jaune canari : Kechal F1, Azilal F1 - Type Charentais : Signol F1, Galliano F1, Casasol, Belharra F1 - Type Ananas, - Type Piel del SapoDe même, pour la pastèque des solutions variétales ont été présentées dans les différentes typologies : -Type Crimson : Morgan F1 -Mini-pastèque :Tigrinho F1 Parmi les axes de recherche en cours, la recherche de

plus de résistances, notamment à différentes races de fusarium. Concernant les types galia et jaune canari, Rijk Zwaan offre des variétés pour le créneau précoce (sous chenille et sous serre) et tardif en plein champ. D’ailleurs, le semencier est leader à Marrakech sur le segment du galia précoce avec sa variété Montseny. L’organisation des visites en petits groupes a facilité les échanges et permis aux équipes Rijk Zwaan de répondre aux interrogations des professionnels. De même, la dégustation organisée sur place a permis aux invités de se faire une opinion personnelle sur les qualités gustatives des variétés cultivées. A noter que partout, les producteurs de melon cherchent des solutions pour améliorer leurs performances, réduire les coûts de production mais aussi satisfaire et fidéliser une clientèle exigeante. Devant la grande diversité qui s’offre au producteur, le choix de la variété à cultiver doit se décider en fonction du marché de destination et de certains paramètres variétaux. Dans ce sens, Rijk Zwaan met tout en œuvre pour développer des variétés qui offrent un plus pour le www.agri-mag.com


producteur. Les échanges qui se font avec les professionnels lors de journées portes-ouvertes comme celles-ci sont très utiles pour comprendre les attentes des uns et des autres et adapter l’offre commerciale à la demande des marchés. A noter qu’en fonction de l’évolution des marchés et de la consommation, une société semencière comme

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Rijk Zwaan se doit, non seulement de comprendre ces marchés, mais aussi de les prévoir afin de disposer au moment opportun de variétés performantes capables de donner entière satisfaction, depuis la production jusqu’à la consommation, sachant que la mise au point d’une nouvelle variété nécessite une dizaine d’années.

Séminaire

En complément des visites sur le terrain, un séminaire a été programmé en soirée de la première journée, avec au menu : - une présentation générale du secteur du melon au Maroc et l’importance des différentes typologies

- une présentation des activités de recherche et développement en charentais au sein de Rijk Zwaan - les flux de production globaux en melon et pastèque, les tendances du marché mondial et les opportunités offertes aux pays exportateurs.

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Actu Actu Entreprise Communiqué de presse

L’entreprise marocaine, International Nursery, leader des plants greffés change de nom et devient

- L’innovation au cœur de la vision - Nouvelle identité visuelle en phase avec la vision - Nouveau site de production ultra moderne à Agadir 20 ans après son lancement dans la commercialisation des plants greffés, International Nursery s’est imposé comme le leader sur ce marché, avec plus d’un milliard de plants écoulés depuis sa création aux niveaux national et international. Pour célébrer ses vingt années, l’opérateur s’est doté d’une nouvelle identité, en phase avec ses nouvelles orientations stratégiques. International Nursery devient ainsi INplants, un nom qui capitalise sur l’acronyme de l’ancien, tout en spécifiant davantage son métier ainsi que son offre de valeur à travers la signature “Innovant par Nature”. Avec 5 sites de production, 28 hectares de pépinières, 30 millions de plants greffés et 50 Millions de plants francs produits par an, INplants a toujours mis l’innovation au coeur de sa démarche. En effet, INplants a été la première pépinière au Maroc et troisième au Monde à être certifiée GSPP (Good Seed and Plant Practices) et ISO 9001. Associé à cette norme ISO 9001, le GSPP se trouve renforcé par un management continu de la qualité à tous les niveaux de la chaîne de 28

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décision. Suite à l’inauguration en mai de son nouveau site ultramoderne, à la pointe de la technologie, INplants lancera en juillet de cette année un projet R&D inédit au Maroc visant la standardisation de la qualité des plants par l’utilisation de lumière à spectre contrôlé en vertical farming. Ce projet sera réalisé en partenariat avec l’Institut français de recherche en horticulture et semences (IHRS). “La vision de la société est d’être leader d’innovation sur le marché, de proposer de nouvelles techniques à l’ensemble des producteurs de façon à toujours améliorer la qualité de travail de toute la filière maraîchage” déclare Hubert Gadret, Directeur Général de INplants.

À propos de INplants

Pionnier dans le secteur de la production de plants maraîchers depuis 20 ans, INplants est leader dans la commercialisation des plants greffés au Maroc. Doté d’une expertise alliant innovation technologique et proximité avec les producteurs, INplants répond à un besoin spécifique de plants techniquement supérieurs. Filiale du Groupe Azura, INplants innove depuis 1998 dans le secteur de la production de plants greffés. La société a implémenté une politique d’amélioration continue de ses produits, via une approche R&D ambitieuse ainsi que par sa proximité unique avec les agriculteurs.

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MedFEL 2018 : 250 exposants de la France entière Organisé par la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée et l’agence régionale de développement économique AD’OCC, MedFEL qui s’est tenu du 24 au 26 avril 2018 à Perpignan a rassemblé 250 exposants de la France entière. « Le nombre d’exposants est sensiblement le même que lors de la précédente édition, explique Chantal Passat, responsable de la filière agroalimentaire à AD’OCC et présidente du MedFEL, mais cette année, beaucoup de grandes marques de la filière fruits et légumes françaises étaient présentes et en provenance de l’ensemble des régions françaises. L’ancrage de l’évènement sur l’ensemble du territoire national se confirme ». Côté visiteurs, cette édition enregistre une baisse de 5 % de fréquentation (6 037 visiteurs), largement imputable aux grèves d’Air France et de

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la SNCF « mais tout le milieu professionnel de la filière fruits et légumes était là », confirme Chantal Passat qui se réjouit d’avoir pu faire venir les 110 acheteurs internationaux VIP recrutés par AD’OCC et en provenance du monde entier. L’événement a généré 3 534 rendez-vous BtoB renforçant l’image d’un MedFEL à la fois plus grande manifestation française fruits et légumes et place forte du business international. Evénement à taille humaine, qualité du visitorat, rendez-vous BtoB, riche programme de conférences,

place grandissante accordée à l’innovation et la filière bio autant d’indicateurs positifs d’un bilan qui doit permettre de s’interroger sereinement sur l’évolution à donner au MedFEL. Pour Chantal Passat : « Il faut en effet tout mettre en œuvre pour que l’événement soit le grand rendez-vous aval de la filière fruits et légumes bio. Il y a déjà eu beaucoup de choses de faites en 2018, mais il faut accentuer ce positionnement avec une offre bio et en signes officiels de qualité et d’origine plus importante encore afin de valoriser au mieux notre agriculture régionale ».

Les dates de la prochaine édition du MedFEL ne sont pas encore fixées de manière définitive à ce jour. L’événement devrait avoir lieu en avril. « Nous nous interrogeons encore quant à la durée de l’événement, avoue Chantal Passat qui verrait bien MedFEL passait de trois à deux jours pour s’ajuster au mieux sur la durée de présence d’un visiteur. A noter que cette année encore, 2 300kg de fruits et légumes ont été récupérés après l’événement par l’association A.N.D.E.S. qui les a distribués auprès des épiceries solidaires, les restos du coeur, etc.

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Les Pays-Bas, une brillante participation au SIAM 2018 En tant que pays à l’honneur, les Pays-Bas ont participé en force cette année avec une trentaine d’exposants sur un pavillon de 400 m2 au sein du pôle international. Le SIAM est en effet une excellente opportunité pour les entreprises néerlandaises désireuses de partager leur expertise reconnue dans les secteurs agricole et agroalimentaire, renforcer les relations de partenariat existantes avec le Maroc et contribuer grâce aux solutions qu’elles proposent au développement remarquable que connait actuellement l’agriculture dans notre pays. Les Pays-Bas disposent aussi d’un réseau agro-logistique très sophistiqué. C’est là une autre raison qui explique le choix des organisateurs du salon pour ce pays en tant qu’invité d’honneur. L’édition 2018 du SIAM était justement axée sur la « logistique et les marchés agricoles », une thématique qui s’impose aujourd’hui avec force aux professionnels face à des marchés de plus en plus exigeants. Par ailleurs, le salon était l’occasion pour le Maroc et les Pays-Bas de renforcer encore plus leur coopération par la signature de plusieurs conventions de partenariat, touchant différents secteurs. Les Pays-Bas peuvent contribuer considérablement au développement des secteurs de l’agriculture et de l’élevage au Maroc, et le SIAM constitue une bonne opportunité pour le montrer. Le pavillon hollandais a rassemblé une trentaine d’entreprises pionnières représentant des domaines d’activité aussi varié que l’horticulture, l’élevage laitier, l’agroalimentaire, l’agro-logistique, … qui ont toutes témoigné leur volonté de partager leur expertise re-

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connue dans ces domaines. En effet, la capacité d’offrir des solutions de haute qualité adaptées aux besoins et soucis actuels, fait des produits hollandais un choix judicieux pour les professionnels marocains. L’innovation et la recherche occupent une place centrale dans l’agriculture et l’horticulture néerlandaises. Le Pavillon hollandais a connu une grande affluence des visiteurs professionnels, témoignant du grand intérêt suscité par les entreprises et les produits exposés. En effet, sur cet espace convivial, toutes les mesures ont été prises par les organisateurs du pavillon pour faciliter le contact entre les visiteurs et les sociétés exposantes. Ces dernières, aussi bien les habituées du salon que celles qui y participent pour la première fois, ont été unanimes à souligner une appréciation positive sur leur participation à l’édition 2018. Elles sont confiantes sur les opportunités futures qui s’offrent à leurs produits au Maroc, en fonction du développement du potentiel agricole du pays sous l’impulsion du Plan Maroc Vert. Mais la participation des Pays-Bas en tant que pays à l’honneur de cette édition ne s’est pas limitée à l’espace d’exposition attractif. Les services de l’ambassade ont concocté un programme riche en évènements : - la signature d’importantes conventions de coopération Maroc-Pays-Bas, - des conférences animées par des experts hollandais sur des sujets d’actualité comme l’agro-logistique, l’amélio30

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ration de la conservation des denrées fraiches (fruits et légumes, lait, viande) et la réduction des pertes aux différents maillons de la chaine (récolte-stockage), etc. - faciliter le contact entre les opérateurs hollandais et leurs homologues marocains à la recherche d’opportunités de collaboration grâce à l’organisation de rencontres BtoB, - dans le même esprit, deux réceptions ont été organisées dans l’enceinte du salon pour faciliter les contacts et stimuler les échanges dans un cadre convivial et décontracté.

Renforcement de la coopération

Eu égard à l’importance du secteur agricole pour le Maroc et les Pays-Bas, la coopération ne cesse de se renforcer entre les deux pays. Ainsi, l’inauguration officielle du salon a été suivie par une cérémonie de signature d’une série de conventions entre les deux royaumes, présidée par M. Aziz Akhannouch le ministre de l’Agriculture, Mme Marjolijn Sonnema, la vice-ministre néerlandaise de l’Agriculture de la Nature et de la Qualité des Aliments et Mme Désirée Bonis, Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Maroc. Ces conventions concernent de nombreux secteurs, notamment : le stockage des produits agricoles, le conseil agricole, la sécurité sanitaire des aliments et l’accompagnement de certaines filières. www.agri-mag.com


Un centre d’excellence horticole à Agadir

Le premier accord a concerné la convention spécifique d’opérationnalisation du Centre d’Excellence maroco-néerlandais en horticulture à Agadir, afin de renforcer les recherches pratiques, en réponse aux besoins du secteur horticole et pour contribuer au développement de l’enseignement et de la formation académique et professionnelle. Son objectif est de mettre en place un nouveau modèle de production, promouvoir le développement durable et renforcer la compétitivité de l’horticulture dans la région du Souss-Massa. Une partie de l’enveloppe budgétaire allouée à ce projet sera consacrée aux infrastructures notamment les serres pilotes, et le reste au programme de recherche. Les spécifications techniques ont déjà été élaborées et un accord avec le Ministère de l’Agriculture devra permettre d’amorcer la construction proprement prochainement. Grace à ce centre, les entreprises hollandaises disposeront d’une plate-forme pour présenter leurs technologies et innovations horticoles. Il bénéficiera également aux projets de recherche appliquée menés dans le cadre de la collaboration entre l’université de Wageningen et l’IAV Hassan II.

Cérémonie de signature de conventions de coopération

Améliorer le stockage de l’oignon

Une deuxième convention a été signée, en coopération avec le Groupe Crédit Agricole du Maroc (GCAM), et la Coopérative Agricole de Meknès (CAM), en vue de construire une unité industrielle pédagogique de stockage moderne des oignons dans la région d’El Hajeb, l’une des plus importantes dans la production d’oignons au Maroc. Cependant, cette culture y présente un taux très élevé de pertes en post-récolte, estimées à 30-40%. Le projet a donc pour objectif de remédier à ce problème, de contribuer à la sécurité alimentaire et d’accroître le revenu des agriculteurs. L’unité pédagogique, conçue autour des techniques de stockage modernes des oignons, a vocation à être une unité de démonstration et permettra d’assurer un produit de qualité, appuyé par un système de calibrage et de traçabilité. A noter que les Pays-Bas se positionnent comme leader de production et d’exportation d’oignon de qualité à l’échelle internationale et à ce titre, sont très bien placés pour partager avec le Maroc leur expertise dans ce domaine et contribuer à l’amélioration de la productivité et de la durabilité de cette filière. Dans le cadre de cette convention, les Pays-Bas s’engagent à conduire une étude économique préliminaire du projet. Ensuite, des entreprises néerlandaises spécialisées seront mobilisées pour mettre à la disposition des agriculteurs marocains des solutions adaptées et efficientes de stockage et de conditionnement de l’oignon devant contribuer à l’atteinte des objectifs du projet. L’Ambassade des Pays-Bas apportera également un soutien financier à hauteur de 10% des coûts de construction de l’unité.

Stand Rijk Zwaan

Stand koppert

L’Agro-Logistique

La logistique est au cœur de la performance agricole et représente un enjeu majeur pour la pérennisation de l’agriculture marocaine et le développement de ses débouchés. Le Maroc, conscient de ce défi, multiplie ces dernières années les initiatives pour renforcer un réseau logistique agricole orienté vers l’exportation. Et dans ce domaine, le Maroc a beaucoup à apprendre des Pays-Bas, deuxième exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires derrière les Etats-Unis et fournissant 25% des légumes exportés par l’UE. La participation de deux experts néerlandais dans les domaines de l’agro logistique (Peter) et dans la gestion des chaines de valeur agricoles (Nina Valdhauer) au programme scientifique du SIAM s’inscrit dans ce cadre. Leurs interventions étaient notamment axées sur le partage de l’expérience néerlandaise et l’identification de pistes de collaboration avec les opérateurs marocains dans ces secteurs. Bénéficiant de leur position géographique comme porte d’entrée commerciale de l’Europe, les Pays-Bas ont développé un réseau de transport et logistique de premier plan. Le port de Rotterdam est la première place portuaire multimodale européenne avec 416 millions de tonnes de marchandises transbordées en 2017 et l’une des plus innovantes au monde, notamment en ce qui concerne ses techniques de conservation et de réfrigération en plus de l’automatisation des terminaux de fret. Le pays est le prestataire de fret maritime et aérien le plus important d’Europe, tout en disposant d’un dense maillage ferroviaire et routier moderne et développé. Il a aussi su tirer avantage des rivières et des canaux pour en faire des voies navigables. L’ensemble de ses infrastructures lui permet d’importer, de transformer, et de réexporter en un temps-record, et en créant une forte valeur ajoutée agricole. www.agri-mag.com

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Stand Metagrhyd Stand Heemskerk

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Réunions BtoB

Les services de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas au Maroc avec le Groupe Crédit Agricole du Maroc ont initié en partenariat avec ING bank, principal partenaire du GCAM aux Pays-Bas, des rencontres d’affaires axées autour de l’agriculture, l’élevage et l’agro-industrie. Les rencontres ont vu la participation de près de 80 entreprises dont 32 néerlandaises. Au début de l’évènement, les différents intervenants ont mis l’accent sur les opportunités qui existent entre les deux pays pour renforcer les partenariats économiques et développer les échanges commerciaux. Les présentations qui ont suivi ont permis aux participants de prendre connaissance de toutes les spécificités de l’offre CAM ainsi que de la banque INGBANK à même de faciliter la concrétisation des projets de coopération. Chaque entreprise a ensuite bénéficié d’un programme personnalisé de rendez-vous. Au total, cette mission a connu l’organisation d’une centaine de rendez-vous qui ont permis d’identifier de nouvelles opportunités d’affaires basés sur les complémentarités entre les entreprises marocaines et leurs homologues hollandaises.

Rencontres BtoB

Assistance au profit de la filière laitière

Après la réussite du premier partenariat entre l’Ambassade des Pays-Bas et le GCAM dans l’accompagnement de l’élevage bovin laitier marocain à travers le projet pilote de renforcement des capacités techniques de coopératives laitières dans la région de Doukkala, les deux partenaires ont signé une nouvelle convention qui promeut la conduite durable des élevages et la réduction de leur empreinte environnementale à l’image de ce qui se pratique déjà depuis longtemps en Hollande. Concrètement, il s’agira d’accompagner des exploitations laitières de la province de Tadla Azilal, clientes du Groupe Crédit Agricole du Maroc (GCAM), dans la conduite durable de leur activité d’élevage. Les deux partenaires s’engagent à mobiliser les meilleurs experts néerlandais et marocains spécialisés pour l’identification des besoins en assistance technique des exploitations pilotes et les adapter au contexte des éleveurs marocains. L’objectif étant de démontrer qu’il est possible de réduire l’empreinte environnementale de l’élevage laitier tout en améliorant la productivité, la rentabilité des exploitations et le confort des animaux.

Sécurité sanitaire

Un mémorandum d’entente a été signé entre l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et l’Autorité nationale pour la sécurité sanitaire des aliments et des produits de grande consommation (NVWA) du royaume des Pays-Bas. Ce mémorandum a pour objectif de promouvoir la coopération dans le domaine de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires pour assurer une protection efficace de la santé des consommateurs, et pour bénéficier de l’expertise néerlandaise en matière de contrôle des denrées alimentaires à l’import et à l’export, la certification électronique, la santé animale et la santé végétale. D’autres conventions ont également été signées lors de cette réunion, entre le Programme néerlandais de coopération pour la gestion des PME dans les pays en développement et des fédérations professionnelles marocaines, pour l’assistance technique, le conseil, le soutien aux agriculteurs et le renforcement des capacités des fédérations concernées. Nul doute que l’expérience néerlandaise indéniable dans tous ces domaines (agriculture, élevage, logistique, recherche et innovations, …) sera hautement profitable à toutes les filières professionnelles marocaines liées à l’agriculture et l’agroalimentaire. En adaptant le savoir-faire et les technologies des PaysBas aux conditions marocaines et grâce au conseil agricole et à l’accompagnement apporté aux diverse filières, les agriculteurs et autres professionnels bénéficieront de nettes améliorations de leurs activités. Ainsi, l’amélioration de la qualité et de la compétitivité, l’expertise dans le domaine de la protection des consommateurs, la conduite durable et respectueuse de l’environnement, l’amélioration des revenus des agriculteurs, etc. la collaboration entre les deux royaumes fera de la coopération maroco-néerlandaise un exemple de relations gagnant-gagnant au profit des deux pays. L’exemple des projets réussis déjà réalisés au Maroc est la meilleure preuve de l’avenir prometteur de telles relations. 32

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LES PAYS-BAS A L’HONNEUR AU SIAM 2018

www.verbeek.nu

www. agri-precision.cz

www. saltfarmtexel.com

www. bosmanvanzaal.com

www. royalbrinkman.com

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www. heemskerk.nl

www. iperen.com

www. hoogendoorn.nl

Herbalan

ATLAS PEONIES

Logistique

www. rijkzwaam.com

www. E.S.F. BAMBOO

www. petersoncontrolunion.com

ATLAS PEONIES SARL

www. daf.nl

Alimentaire

Produits Laitiers

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www. agriprom.nl

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www. nutrilab.nl

www. frieslandcampina.com

DUTCHY STROOPWAFELS

www. metagrhyd.com

www. oymfields.com

www. westburgbv.nl

KAAS MOULOUYA

Gouvernement

Horticulture

Entreprises qui ont exposés sur le Pavilllon Hollandais

www. agrico.nl

www. pikalabikes.com

www. geerlofs.com

www. stegermanvee.nl

www. vaex.nl

Ambassade Pays-Bas au Maroc www.paysbasetvous.nl

www.pum.nl Agriculture du Maghreb N° 112 - Mai / juin 2018

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Les tomates

Une histoire passionnante

Bien qu’utilisée depuis près de 2 siècles seulement, la tomate est aujourd’hui le légume le plus consommé au monde. Domestiquée en Amérique du Nord (Mexique, Texas), elle est maintenant cultivée dans tous les pays, sous toutes les latitudes, et sa production mondiale dépasse 100 millions de tonnes. Les fruits sont destinés à la consommation en frais ou à la transformation.

Méthodes de l’amélioration variétale La tomate cultivée est issue de

l’espèce sauvage Lycopersicon aesculentum variété cerasiforme. Les cultivars exploités en Europe provenaient d’introductions répétées

à partir du Nouveau Monde, et aussi probablement de sélections à partir de mutants ou d’hybrides naturels. Une véritable sélection, avec hybridations contrôlées et choix des plantes les plus performantes dans la descendance n’a réellement débuté que dans les années 1920. Depuis cette époque, de nombreux organismes, publics et privés, se sont intéressés à la tomate, et les techniques de création variétale ont évolué.

Ressources génétiques Malgré une assez grande diversité apparente des plantes et des fruits, la tomate cultivée présente en fait une variabilité génétique réduite. Pour augmenter cette variabilité, les sélectionneurs ont donc recours aux 8 espèces sauvages appartenant au genre Lycopersicon. Originaires de l’ouest de l’Amérique du Sud (entre le Pacifique et la Cordillère des Andes), mais occupant des milieux très différents (allant du niveau de la mer à plus de 3 000 m d’altitude), ces espèces ont déjà fourni des gènes de résistance aux maladies, des caractères d’adaptation aux stress climatiques et d’amélioration de la qualité des fruits. La tomate est ainsi la culture chez laquelle les espèces sauvages ont été les plus utilisées dans les programmes de sélection, et cette 34

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Tomate tendance devrait encore s’accroître dans l’avenir. Ces croisements sont facilités par le fait que toutes les espèces ont le même nombre de chromosomes. Les modes de fécondation sont en revanche divers (autofécondation, pollinisation par des insectes...). Certaines hybridations entre espèces cultivées et sauvages s’obtiennent sans difficultés, alors que d’autres nécessitent l’utilisation des techniques de culture in vitro pour sauver les embryons hybrides incapables de se développer dans la graine.

Variétés hybrides Depuis plusieurs décennies, les programmes de sélection se sont orientés vers la production de cultivars hybrides F1 (première génération issue du croisement entre deux lignées pures différentes), qui ont aujourd’hui pratiquement

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complètement remplacé les variétés fixées. Initialement mis au point pour les cultures sous abri, les hybrides se sont ensuite imposés au champ, pour la culture tuteurée puis non tuteurée. Ils gagnent maintenant les tomates destinées à la transformation, culture peu rémunératrice pour laquelle le prix élevé des semences hybrides constitue pourtant un frein. Les hybrides F1 présentent des rendements meilleurs et plus réguliers (grâce notamment à un pourcentage accru de fleurs donnant des fruits et à des fruits mieux fécondés), ils permettent de plus de cumuler plusieurs gènes de résistance à des maladies. Dans la plupart des pays, la sortie des premiers hybrides cultivés à grande échelle a coïncidé avec le développement des serres, où ils ont été utilisés avant d’être également exploités en plein champ. Par

la suite, les travaux de sélection ont progressé améliorant les hybrides, en particulier en introduisant des résistances aux maladies dans les lignées parentales et en améliorant leur adaptation à la serre.

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Objectifs de l’amélioration variétale Si les programmes de sélection ont certains objectifs en com-

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mun, comme l’accroissement des rendements ou l’introduction de résistances aux maladies et aux ravageurs, la tendance majeure de la création variétale est la mise au point de cultivars spécialisés, c’està-dire adaptés à des conditions de culture et à des utilisations particulières des fruits. De nouvelles variétés sont ainsi créées pour répondre à l’évolution des techniques culturales (modes de cultures plus intensifs, développement des serres...), à la diversification de la destination des fruits ou à l’extension des cultures dans de nouvelles zones géographiques (conditions pédoclimatiques particulières, jours courts et peu lumineux de l’hiver en Europe du Nord...). Cette spécialisation des variétés s’est notamment traduite par la séparation entre les cultivars destinés à la production de fruits

consommés en frais et ceux destinés à la transformation industrielle, qui se distinguent tant au niveau des techniques culturales que de la définition de la qualité des fruits.

Résistances aux ravageurs et aux stress

Les cultivars anciens étant pratiquement tous sensibles aux maladies et parasites susceptibles d’attaquer la tomate, la plupart des programmes de sélection intègrent la recherche de résistances aux ravageurs, et tous les cultivars modernes possèdent un ou plusieurs gènes de résistance ou de tolérance. Ces gènes proviennent d’espèces sauvages : Lycopersicon pimpinellifolium (tomate groseille) a fourni la résistance à la verticilliose et la fusariose vasculaire (maladies dues à des champignons parasites), L. peruvianum a apporté les résis-

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Tomate

tances au virus de la mosaïque du tabac et aux nématodes Meloidogyne responsables des galles des racines. Les espèces sauvages sont également utilisées pour introduire des résistances aux stress climatiques : L. hirsutum, espèce que l’on peut trouver en haute altitude, est à la base des programmes de sélection pour la résistance au froid et L. Cheesmanii de ceux visant la résistance à la salinité.

Variétés pour l’industrie

Alors que les mêmes variétés étaient autrefois cultivées pour le marché du frais et pour l’industrie, les cultivars actuels pour l’industrie sont très spécialisés. Ils sont notamment adaptés à des modes de culture et de récolte (unique) entièrement mécanisés. Les rendements ont été nettement améliorés et la production de tomates pour la conserve en plein champ peut atteindre 100 tonnes par hectare (alors que les rendements moyens mondiaux sont estimés à 26 t/ha). L’industrie de la conserve a beaucoup diversifié ses productions au cours de ces dernières années ; les critères de qualité concernent la teneur en matière sèche (pour la fabrication de concentré), mais aussi le pH, la viscosité, la couleur ou la facilité de pelage. A noter que la sélection de cultivars pour l’industrie a d’abord été réalisée en Californie. Par la suite plusieurs cultivars, variétés et hybrides F1 ont été créés pour répondre à la demande des producteurs et des transformateurs (adaptation aux conditions climatologiques, teneur élevée en matière sèche, résistance au Pseudomonas tomato ou à la pourriture des fruits ...).

Variétés pour la consommation en frais

Pour ce type de production, les modes de culture sont extrêmement variés : production en plein champ, avec ou sans tuteurs, cultures tuteurées sous abri (chauffé ou non, en sol ou hors sol)... Là encore, les rendements ont énormément progressé : ils peuvent atteindre, en culture hors sol sous serre, 500 t/ha sur 11 mois (soit une centaine de récoltes). Concernant la qualité des fruits, le producteur recherche d’abord l’absence de défauts (fruits déformés, éclatés ou mal 38

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colorés, non commercialisables), et des produits répondant aux conditions actuelles de transport et de commercialisation. Les qualités de présentation et de conservation des fruits ont été améliorées : la forme et le calibre sont plus homogènes, la couleur est plus attractive, le collet vert persistant à la maturité a été supprimé, la fermeté et la durée de conservation sont meilleures. Sur ces deux derniers points, des progrès très importants ont été réalisés ces dernières années. Il existe actuellement une certaine diversification concernant la forme des fruits (ronds ou longs), le calibre (grande, cerise, cocktail, la présentation (en grappes par exemple), la couleur (rouge, jaune, orange) et le goût. Cependant, les progrès génétiques qui ont abouti à la création de variétés présentant une productivité, puis des qualités de présentation et de conservation des fruits améliorées ont parfois été obtenues au détriment des qualités gustatives. L’amélioration du goût constitue maintenant un objectif important pour les sélectionneurs qui, après avoir tenté de sélectionner ce caractère de manière plus ou moins empirique, sont à la recherche de tests objectifs, simples, rapides et fiables d’appréciation du goût. Concernant la qualité des fruits, la recherche porte actuellement sur les bases génétiques des composantes de la qualité organoleptique et nutritionnelle. L’utilisation des marqueurs moléculaires devrait permettre d’accélérer le progrès génétique. Concernant les résistances aux maladies, les outils de marquage moléculaire sont utilisés pour l’étude des résistances aux potyvirus (PVY, TEV, PVMV) issue de l’espèce L. hirsutum. Les programmes de recherche sur la transformation de la tomate sont orientés vers l’augmentation de la variabilité génétique en introduisant de nouveaux caractères de résistance par transgénèse (CMV, Potyvirus, parasites telluriques, insectes) et la mise au point d’un système efficace de transformation de la tomate qui puisse s’affranchir du gène de résistance aux antibiotiques. www.agri-mag.com

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Phytoprotection

Exemples de mutant de jaunissement sur feuilles et sur fruits

BELLAKHADIM Chaouki Ing. Développement Biobetter Maroc : « La qualité et la pureté du produit sont la clé de la réussite de la vaccination avec le PMV®-01  »

Biopesticide PMV®-01 Votre meilleure assurance anti-pépino depuis 2015

Le Maroc peut être fier d’avoir été un des premiers pays à l’échelle mondiale à avoir autorisé la mise sur le marché d’un biopesticide capable d’apporter une solution unique et permanente contre le PepMV en culture de tomates.

S

ur le plan économique, le virus provoque des pertes sèches en tonnages de production. Ces pertes se manifestent notamment en hiver, une période cruciale pour le producteur marocain qui bénéficie alors des prix de la tomate les plus élevés. Depuis maintenant trois campagnes successives, le producteur Marocain peut se protéger de manière efficace contre ce fléau. Pour ceux qui ont fait le choix judicieux de souscrire à l’assurance « anti-marbrure » en traitant leurs cultures avec le produit PMV®-01 depuis son homologation (F08-4-001), on peut dire que les symptômes appartiennent maintenant au domaine de l’oubli ! L’entreprise Biobetter Maroc, distributeur exclusif du PMV®-01 au Maroc, a estimé opportun de partager les « coulisses » de ce produit. En partenariat avec la société DCM (De Ceuster), producteur de PMV®01 avec une démarche qualité intégrale et moyennant le modèle de conseil technique intensif qui démarque l’approche du Groupe Biobest, plusieurs centaines d’hectares ont pu être  protégées en 2017 !

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Qualité optimale depuis la conception jusqu’à la vaccination

PMV®-01 est un biopesticide issu de nombreuses années de savoir-faire par la société DCM, autant dans le développement des méthodes de production que dans les processus de contrôle de qualité. Ces derniers sont effectués de manière extrêmement rigoureuse et systématique afin de garantir un produit de qualité constante et irréprochable. Voici en bref, une explication des différentes étapes clés du contrôle qualité entrepris à DCM :

Etape 1: l’isolat doux du virus est analysé en laboratoire pour vérifier l’absence d’éventuels accidents de parcours dans la réplication du code génétique du virus. En effet, au cours de cette réplication, des changements peuvent survenir dans certaines parties du génome. Ces types d’altérations génomiques, appelées plus communément “mutations”, peuvent entraîner des modifications dans le comportement du virus, notamment en termes de virulence et d’ex-

pression de ses symptômes sur la plante. Parfois même, ces erreurs dans la réplication restent silencieuses (aucun symptôme), alors que dans d’autres cas elles peuvent entraîner l’apparition d’un mutant jaune ou nécrotique (voir les images ci-dessus). Ces éléments démontrent donc qu’un processus de détection des mutations est indispensable dans la chaîne de contrôle de qualité de chaque bouteille. En analysant par séquençage la chaîne du virus en laboratoire et en sachant où certaines mutations peuvent se produire dans le code génétique, l’équipe de contrôle qualité DCM garantit donc que chaque bouteille de PMV®-01 contient une substance active unique et constante et donc certifie l’absence de mutations. Il est important à noter que les quelques mutations observées en serre après vaccination sont bien des mutations qui interviennent accidentellement lors de la réplication du vaccin dans la plante. La majorité de ces mutations s’estompent après un certain temps.

Etape 2: Elle consiste à contrôler la concentration en particules virales “douces” dans le produit. La concentration en particules virales est l’un des facteurs importants qui déterminera le temps néceswww.agri-mag.com


saire au vaccin pour protéger efficacement votre culture. Avec PMV®-01, il faut compter 4 à 6 semaines pour protéger votre culture des attaques agressives de PepMV. Une concentration en particules virales trop faible, conduirait à une installation lente du vaccin ce qui impliquerait des risques importants pour la culture. Une installation lente augmente les risques qu’un isolat agressif puisse pénétrer dans la plante avant que celle-ci ne soit entièrement protégée par le vaccin (période de 4 à 6 semaines après vaccination). L’équipe de contrôle de la qualité du PMV®-01 garantit une concentration optimale en particules virales dans chaque bouteille et assure que chaque plante recevra la concentration nécessaire.

Etape 3: Vérification de l’absence

d’autres pathogènes indésirables. Pour garantir la pureté du produit, celui-ci est analysé afin de confirmer l’absence de maladies communes de la tomate telles que le Clavibacter, Phytophtora, Botrytis, Viroïdes etc. Cette étape est fondamentale pour le producteur qui désire vacciner de manière sereine. Voilà trois étapes ou trois bonnes raisons de considérer PMV®-01 comme un produit de qualité de référence et de confiance. Mais un contrôle qualité efficace ne va pas sans une stratégie d’application fiable… c’est à la société Biobetter Maroc de jouer pour la quatrième et dernière étape !

Etape 4 :

Une vaccination suivie

et contrôlée est une vaccination réussie ! Biobetter vous assure une vaccination fiable et sûre en vous accompagnant depuis la livraison, jusqu’à l’application et la vérification de son installation dans votre culture. Un suivi strict de la procédure de vaccination est effectivement indispensable et consiste à s’assurer dans un premier temps de l’absence de PepMV dans la plante par une analyse pré-vaccination, puis d’une application faite dans des conditions optimales chez le producteur (respect de la température de bouillie, du dosage du produit et de la technique d’application). Enfin, la stratégie de vaccination se termine par un deuxième échantillonnage « post-vaccination» prélevé après 6 semaines de l’application afin de confirmer la bonne installation du PMV®-01. La société Biobetter Maroc, spécialiste des solutions biologiques et de la pollinisation des cultures, produit et commercialise depuis de nombreuses années des produits exigeants en

termes de suivi. Elle peut donc assurer « haut la main » celui du PMV®-01. Car les conséquences d’une application d’un vaccin fabriqué, transporté, stocké et/ou appliqué dans des conditions peu rigoureuses peuvent se révéler désastreuses… Abdellatif Cheggour, Directeur Commercial de Biobetter Maroc conclut : « En travaillant de manière rigoureuse, responsable et transparente avec l’ONSSA et avec nos partenaires DCM et Biobest, nous avons pu apporter une solution naturelle et durable à un problème très important pour la production de la tomate au Maroc. Bien évidemment, il reste d’autres défis à relever dans l’horticulture marocaine. Nous sommes confiants que l’approche suivie pour le PMV®-01 nous permettra de faire en sorte que le producteur marocain ait un accès rapide aux meilleures technologies. En ce moment, nous avons des efforts en cours entre autres contre Tuta absoluta et contre les nématodes ».

Biopesticide PMV®-01

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Agrumes

La culture des agrumes dans le Tadla Mohamed Serrar

Augmentation des superficies et diversification variétale

Le Tadla est une plaine intérieure et continentale du Maroc limitée au Nord par le plateau central et le plateau des phosphates et dominé au Sud par les sommets du Moyen Atlas occidental. Elle consiste en une vaste dépression traversée par l’Oum Er Rbia. Les agrumes y occupent une place de premier choix. Il s’agit d’un secteur stratégique avec un rôle socioéconomique très important.

L

a superficie plantée en agrumes au Tadla dépasse actuellement 17.000 ha soit 14% de la superficie nationale et fournit une production annuelle de 400.000 tonnes environ par an ce qui représente, d’après Maroc citrus, prés de 17% de la production nationale. Pour le développement de l’agrumiculture, le Tadla possède plusieurs atouts tels que la disponibilité d’eau souterraine et de surface, la qualité des sols, le climat, la proximité des centres de livraison des intrants, la présence d’organismes d’encadrement des agriculteurs et la disponibilité de main d’œuvre. Ainsi la filière agrumes au Tadla est parmi les filières les plus importantes de l’économie régionale. Ce secteur est une source de devises puisqu’il participe à hauteur de 12% des exportations nationales d’agrumes. Il assure des emplois équivalant annuellement à deux millions de journées de travail sur toute la chaine. La culture des agrumes constitue également une

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source importante de recettes pour les agriculteurs de la région et contribue par 25% à la valeur ajoutée régionale et vient en deuxième lieu après les céréales.

Extensions des plantations d’agrumes

Le Tadla compte parmi les plus anciens périmètres irrigués du Maroc. Ce périmètre crée au temps du protectorat, est divisé en deux tranches séparées par l’oued Oum Er Rbia : - La rive droite appelée Bni Amir est irriguée à partir d’un barrage de dérivation de Kasba Zidania sur Oum Er Rbia dont l’eau régularisée à partir du barrage Ahmed El Hansali est considérée trop salée, c’est pourquoi les plantations d’agrumes ne se sont pas développées dans cette zone. - La rive gauche appelée Bni moussa irriguée par le barrage Bin el ouidane construit sur Oued el Abid dont l’eau ne présente pas de problème de salinité. De ce fait, l’extension des planta-

tions d’agrumes s’est poursuivie dans les Bni Moussa et la partie non irriguée du Tadla à savoir la zone Est de Beni Mellal vers Kasba Tadla, irriguée soit par les sources du piémont soit par le pompage de l’eau souterraine. Cette extension a connu une évolution importante depuis le démarrage du Plan Maroc Vert grâce aux encouragements accordés par l’état pour la création des vergers agrumicoles et surtout par l’augmentation de la subvention de 7.800,00 DHS à 12.000,00 DHS/Ha. La superficie plantée en agrumes a augmenté de 27% entre 2008 et 2015.

Les variétés cultivées et les porte-greffes adoptés

Avec 24 cultivars, la gamme des variétés cultivées au Tadla est très large. En matière de superficie, trois variétés demeurent les plus dominantes il s’agit de la Navel, Maroc late et Clémentine. Ces trois variétés représentent 65% environ des superficies. En plus, ces dernières années on remarque l’émergence de nouvelles variétés telles que Sidi Aissa qui occupe plus de 11% des superficies agrumicoles. Cette clémentine est originaire du Tadla, précisément du village Sidi Aissa à 28 km de Béni Mellal. Elle est productive avec une bonne qualité organoleptique. Elle arrive à maturité début octobre et s’étale sur trois mois environ. Les meilleures Navels sont produites dans le Tadla c’est pourquoi on assiste à l’introduction de nouvelles variétés de Navel comme Navel Late et Navel Lane Late qui sont similaires à Wachington Navel mais leur maturité est décalée de quatre à six semaines. Elle est atteinte à partir de mi mars mais

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La culture des agrumes dans le Tadla dont la production s’étale de janvier à fin avril. Il s’agit d’une mandarine très appréciée par le consommateur car elle est juteuse facile à éplucher et sans pépins. Les producteurs de cette variété disposant de licences sont groupés en association (APNM) pour garantir un label qualité « Morocco Nadorcott Seedless » répondant à un cahier de charge très strict. Elle doit être cultivée en isolement pour assurer le caractère sans pépins. Les autres variétés cultivées au Tadla concernent les cultivars : Nules, Nour, Nova, Ortanique et Orogrande pour les petits fruits. Salustiana, Washington Navel, Washington Sanguine et Sanguinelli pour les oranges. D’après les statistiques de Maroc Citrus l’évolution en matière de superficies a concerné surtout les variétés : Clémentine fine, Navel Lane Late, Nadocott et Nules (voir tableau ci-joint). Certaines variétés d’oranges ont subi une réduction de superficies telles que Salustiana et Navellina.

elle peut s’étendre jusqu’à mai, ce qui favorise l’extension des exportations des Navels. Une nouvelle orange, la variété Midknight cultivée en Afrique du Sud a intégré récemment le Tadla. Il s’agit de l’une des meilleures variétés à jus caractérisée par sa couleur orange foncé et pouvant alimenter le marché en période creuse entre Salustiana et Maroc Late. La variété Afourer ou Nadorcott est cultivée au Tadla sur 4% de sa superficie à l’échelle nationale. Cette variété de mandarine a été créée dans le Tadla et précisément dans la Station d’Afourer de l’INRA. C’est une variété tardive

Quant aux porte-greffes, la quasi-totalité des anciennes plantations sont greffées sur bigaradier sensible au Tristeza. C’est pourquoi les agrumiculteurs ont opté depuis plusieurs années pour d’autres porte-greffes du genre Citrage et Poncirus. Dernièrement on assiste à l’introduction de nouveaux porte-greffes tels que Citrus Volkameriane et Citrus Macrophylla. Cependant les premières observations ont montré une bonne adaptation du Citrus Macropylla à la région et une mauvaise affinité entre le Citrange Troyer et les petits fruits.

La conduite des vergers d’agrumes

Les plantations anciennes d’agrumes dans le Tadla sont plantées sur des terrains plats bien nivelés. Cependant

plusieurs vergers récents sont plantés sur bute. Cette pratique se fait de façon à améliorer l’écoulement des eaux de surface et à limiter les risques d’accumulation de l’eau au pied de l’arbre. Les radicelles sont très sensibles à l’asphyxie qui peut résulter d’un engorgement du terrain par l’eau ou du tassement des particules du sol. L’installation des brise-vents revêt une grande importance vu le rôle joué par ces barrières pour atténuer l’effet des vents violents. Généralement ces brise-vents sont des plantations en ligne de Casuarina cunninghamiana ou de Cyprès sempervirens. Au Tadla les densités de plantation d’agrumes ont été inferieures ou égales à 300 pied/ha. Ces densités ont tendance à augmenter dans les vergers modernes afin de rentabiliser rapidement les investissements engagés. Selon le type de sol, le port de l’arbre et la vigueur de la variété et du porte greffe, les agrumiculteurs ont pu adopter des densités élevées variant entre 500 et 666 arbres/ha (4x5m et 3x5m) notamment avec le système d’irrigation localisée. Certaines exploitations ont adopté des densités plus élevées pour les petits fruits comme 800, 955 ou 1000 arbres/Ha en supposant la suppression d’un arbre sur deux au bout d’un certain temps si des problèmes de conduite surviennent. Pour les jeunes vergers le travail du sol est effectué mécaniquement avec l’utilisation des cultures intercalaires au cours des premières années, tandis que pour les vergers adultes le désherbage des allées s’effectue soit manuellement soit par la pulvérisation manuelle d’herbicides tels que la simazine, le glyphosate ou le paraquat. L’enherbement permanent n’est pas de règle notamment avec l’adoption de la micro irrigation. Les agrumes n’apprécient pas la concurrence des adven-

Evolution des superficies (ha) des petits fruits entre 2008 et 2015 Camp/variétés

Clémentine

Nadocott

Nour

Nova

Nules

Autres petits fruits

2007/2008

2.500

1

476

101

459

124

2014/2015

5.249

138

556

115

726

677

Evolution des superficies (ha) des oranges entre 2008 et 2015 Camp/variétés

Maroc Navel Late

Navel Navel L a n e Navelina Late Late

Salustia- Wa s h i n g t o n A u t r e s na sanguine oranges

2007/2008

3.782

3.411

186

102

51

179

425

215

2014/2015

3.607

3.680

266

515

0

110

487

316

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tices, particulièrement la morelle jaune qui est un fléau au Tadla. A noter également que les adventices hébergent les stades hivernants de certains ravageurs des agrumes tel que la mineuse. Avec les subventions du Plan Maroc Vert (80 à 100% du montant investi), les agrumes figurent à la tête des cultures équipées en goutte à goutte. Actuellement plus de 80% des superficies bénéficiant de l’irrigation localisée sont occupées par les agrumes, ce qui permet une vraie économie de l’eau. Il est à noter que pour chaque kg d’orange récolté dans le Tadla la consommation d’eau est de 600l/an en irrigation gravitaire alors qu’elle n’est que de 275 l en goutte à goutte. La reconversion du système d’irrigation gravitaire en irrigation localisée a permis la pratique de la fertigation des agrumes au Tadla. Cette opération a induit une économie d’eau et d’engrais, l’amélioration du calibre des fruits, la correction des carences même au cours du cycle et par conséquent une augmentation des rendements.

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Pour les agrumes la taille est une opération indispensable car elle conditionne la régularité de la production et assure un renouvellement de la charpente. La taille d’entretien et de fructification pratiquée au niveau de cette région consiste en un éclaircissement de l’arbre et au dégagement de son intérieur. Généralement le bois de taille est évacué par la population riveraine et utilisée pour les besoins domestiques.

Les dégâts de froid et de chaleur

Le climat de la plaine du Tadla est de type méditerranéen aride à semi aride avec un caractère continental. Les températures connaissent des variations saisonnières très importantes avec un maximum en aout de 40°C et un minimum à janvier de 3°C. Les agrumes sont originaires du SudEst asiatique, au climat subtropical chaud et humide, c’est pourquoi ils

craignent les gelées printanières et l e s gelées tardives d’hiver qui coïncident avec les stades critiques (floraison et maturité notamment de certaines variétés des petits fruits). Généralement à des températures de -1 et -2°C les dégâts se manifestent sur les fruits. A des températures de -3 et -4 la partie aérienne est affectée. Le froid peut provoquer également le rallongement de la phase du repos végétatif et un retard de 3 à 4 semaines pour la sortie des boutons floraux. La plaine du Tadla est sujette à des vagues de froid. Elle a connu des gelées notamment en 1975, 1981 et 1986. Mais les gelées ayant sévi au cours des

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campagnes 2004/2005 et 2011/2012 ont été catastrophiques puisqu’elles avaient causé le desséchement du fruit qui a perdu toute son eau quoiqu’il apparaisse intact à vue d’œil. En 2004/2005 le mercure est descendu jusqu’à -8°C et -9°C ainsi les dégâts ont été estimés à 140 millions de DHS. Les fruits desséchés sont restés sur l’arbre retardant la croissance de la fleur du futur fruit. La gestion des déchets et leur enfouissement a été estimé à 8,5 millions de DHS. De ce fait dans une vaste région globalement gélive comme le Tadla, il faudrait être conscient et éviter la culture d’agrumes dans les cuvettes, les bas fonds ou les trous à gelées qui présentent le plus grand risque de gel. Comme pour le froid si des vents secs avec des hautes températures soufflent en pleine floraison ou nouaison des agrumes, cela peut induire un déséquilibre alimentaire de l’arbre.

Les problèmes phytosanitaires

Au niveau de la plaine du Tadla, cinq ravageurs principaux et redoutables sont inféodés aux agrumes : · Les cochenilles et notamment le pou de Californie dont les dégâts s e

manifestent sur toute la partie aérienne (feuilles, fruits et rameaux). · L’acarien rouge des agrumes pique le végétal et se nourrit à partir des fruits, des feuilles et des rameaux non aoutés. Les organes attaqués jaunissent ou blanchissent, les feuilles sont déformées, s’enroulent et peuvent chuter dés le début de l’été en cas de forte attaque. · La mouche méditerranéenne ou cératite pique les fruits et forme une petite tache entourant le point de piqure qui s’agrandit par la suite. Une dépression se creuse en dessous du fait de la pourriture des tissus du fruit qui tombe. · La mineuse des pousses des agrumes, ce petit lépidoptère qui sévit désormais chaque année du printemps à l’automne en plusieurs générations. Après éclosion les larves s’enfoncent dans l’épiderme de la feuille et creusent des galeries. Ainsi la photosynthèse est compromise. La menace de ce ravageur pèse surtout sur les jeunes plantations. · Les pucerons qui sont les vecteurs des virus, piquent les feuilles et les rameaux tendres, prélèvent la sève et provoquent leur enroulement. En matière de lutte étant donné que l’augmentation de la fréquence des traitements pesticides pose des problèmes de pollution de l’environnement, de résidus sur les cultures et de destruction de la faune auxiliaire, l’adoption d’une lutte raisonnée basée sur l’application des techniques d’avertissement agricole s’impose.

L’emballage et le conditionnement des fruits

L’emballage et le conditionnement d’un produit joue un grand rôle pour attirer les clients et notamment à 46

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l’exportation. Le Tadla est considéré parmi les grandes régions agrumicoles du Maroc qui fourni 17% de la production nationale environ. Cependant le secteur de l’emballage et du conditionnement de la chaine agrumicole de cette région laisse à désirer. A l’état actuel seulement trois stations d’emballage sont opérationnelles. Elles traitent presque un quart de la production du Tadla. Le reste du produit est envoyé soit aux stations d’emballage de Casablanca soit au marché intérieur. D’après les professionnels (qui militent pour que l’aide de l’état à ce maillon soit à l’image de l’aide octroyée aux autres maillons de la chaine de production), il y’a un besoin de création de dix nouvelles stations dans le Tadla pour la valorisation de la production. Ceci met en relief les grandes pertes en valeur ajoutée et de création d’emploi dans la région. Par ailleurs le Tadla ne dispose pas d’unités de transformation d’agrumes. L’infrastructure de conservation aussi n’est pas suffisante. Ainsi des projets de ce genre méritent d’être activés.

Contraintes et pistes d’amélioration

Plusieurs remarques s’imposent dans ce sens, parmi lesquelles on peut citer : · Malgré les efforts déployés dans ce secteur, les rendements enregistrés (23T/Ha) sont toujours faibles par rapport aux potentialités de la région. L’amélioration des techniques de production s’avère nécessaire pour apporter une hausse des rendements. · Avec une prédominance de la vente sur pied, le circuit de commercialisation n’est pas bien organisé ce qui affecte le revenu de l’agrumiculteur. Il est donc indispensable de bien organiser le circuit de commercialisation et de bien impliquer l’organisation professionnelle. · Les unités d’emballage et de conditionnement des fruits existantes ne sont pas suffisantes à la production régionale, ainsi il est primordial de créer d’autres unités et installer des usines de transformation. · Les meilleures navels sont produites dans le Tadla, il y’a donc un besoin d’instaurer une indication géographique protégée pour mettre en valeur les qualités de ce produit. www.agri-mag.com


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Filière

Fraisier

Quel choix variétal en attendant le centre technique des fruits rouges Propos recueillis par Abdelmoumen Guennouni Pour assurer une bonne production en quantités et qualité exportables, les producteurs de fruits rouges et spécialement la fraise, sont amenés à faire des choix et à prendre des décisions souvent lourdes de conséquences. Parmi ces décisions le choix variétal : comment choisir la (ou les) variétés répondant à un nombre très élevé de critères. Entre le rendement, les résistances, les exigences techniques, la qualité, les certifications, traçabilité et exigences des clients en constante évolution, etc. les fraisiculteurs ont du pain sur la planche. Haj Abdellatif Bennani, président de l’Association Marocaine des Producteurs de Fruits Rouges (AMPFR) a bien voulu donner quelques éclaircissements sur ce sujet.

Agriculture du Maghreb : Les variétés de fraisier cultivées au Maroc sontelles les mêmes qu’en Espagne ?

Haj Abdellatif Bennani : Les variétés utilisées au Maroc sont aussi commercialisées et cultivées en Espagne. En plus des variétés importées, les espagnols ont de nombreuses variétés qu’ils ont créées eux-mêmes, car ils ont constitué un organisme de recherche il y a une dizaine d’années regroupant les agriculteurs, l’université, les exportateurs, les pépiniéristes, ... Parmi ces variétés certaines ne sont pas commercialisées chez nous.

AdM : Comment ces variétés s’adaptentelles aux conditions marocaines ?

HAB : Ces variétés s’adaptent aux conditions marocaines grâce aux efforts des producteurs marocains. Certains ont des relations avec des sociétés espagnoles qui testent chez elles les variétés importées des Etats Unis ou

celles développées dans le royaume ibérique. Ainsi quand une variété donne de bons résultats en Espagne elle est testée au Maroc un ou deux ans plus tard. Généralement ce sont les producteurs leaders marocains de fraises, qui ont de bonnes relations avec les pépiniéristes fournissant les plants au Maroc, ou avec les producteurs espagnols, qui testent ces variétés dans leurs exploitations. Après un an ou deux, si elles donnent de bons résultats chez les gros producteurs, les petits vont aussi les adopter [d’où un retard de plusieurs années sur la concurrence]. Ce qu’on remarque actuellement, c’est que les nouvelles variétés n’ont pas une longue durée de vie. Ainsi, si on retrace l’historique de ces dix dernières années, on constate qu’après son apparition, une variété est à la mode 2 à 5 ans après quoi elle est détrônée par une autre qui prend sa place. Ce n’est plus comme avant quand une variété comme la Camarosa pouvait durer une vingtaine d’années. En fait, aujourd’hui avec l’entrée en jeu de la grande distribution, les GMS éliminent certaines

variétés et en retiennent d’autres et les producteurs sont obligés de cultiver les variétés agréées par les supermarchés car ce sont eux les clients. Au Maroc, le problème pour ceux qui exportent en Espagne, c’est que les variétés cultivées doivent être valables aussi bien pour le frais que pour le surgelé (double fin). Les variétés destinées au surgelé doivent avoir en plus, des caractéristiques adaptées avec une texture très forte. Pour le frais, les variétés utilisées doivent être précoces pour bénéficier de prix élevés. Ainsi, il est difficile de concilier toutes les exigences puisque par exemple, on peut trouver une variété bonne pour le frais mais qui est molle, donc non adaptée au surgelé. Il est rare de trouver des variétés qui répondent à tous les critères.

AdM : Est-ce la raison pour laquelle les producteurs recourent à des combinaisons variétales dans leur programme de culture ? HAB : Effectivement. Chaque année le producteur choisit deux ou trois variétés en fonction des relations de partenariat qu’il a avec les pépiniéristes, avec les grands agriculteurs, avec ses amis en Espagne, etc. De même, chaque année c’est une variété qui est adoptée mais l’année suivante elle peut donner ou pas des résultats satisfaisants et il est rare de trouver une variété qui va donner les meilleurs résultats sur 6-7 ans.

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Nécessité de la mise en place d’urgence du centre technique des fruits rouges

C’est pour toutes ces raisons que parmi nos doléances, nos demandons la mise en place d’un centre technique pour les fruits rouges qui devrait compiler les résultats, procéder à une classification de ces variétés dans nos conditions, élaborer une stratégie selon leurs prix de vente à l’exportation, et conseiller les agriculteurs sur les meilleures d’entre elles. En même temps ce centre devrait œuvrer à la mise en place de variétés adaptées au Maroc car les variétés qui marchent bien dans le sud de l’74 peuvent ne pas donner de bons résultats au Maroc et vice versa. Il faut rappeler que les espagnols ont commencé à mettre en place des équipes de chercheurs il y a une dizaine d’années et aujourd’hui ils arrivent à lancer des variétés locales. Ils disposent actuellement de 5-6 variétés dont ils ont décidé de fournir 3 aux marocains mais se sont réservé les 3 autres pour leur propre production. Par conséquent si nous commençons notre propre recherche en 2018, on pourrait d’ici 10-15 ans avoir des variétés marocaines. Ce centre technique des fruits rouges constituera le coordinateur des équipes de recherche qui peuvent se trouver à l’Inra, à l’enseignement agricole, ou à l’étranger et qui travailleraient sur des variétés qui vont être testées au Maroc et qui seront adaptées au climat marocain. Ce centre est techniquement prévu dans le cadre du contrat programme de 2008, alors que notre profession

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était rattachée à l’Apefel. Ce contrat programme prévoyait quatre centres technique à Agadir, El Jadida, un centre pour la pomme de terre et celui de Larache. Ce dernier n’a pas été lancé. Par conséquent et comme notre interprofession vient d’être créée, et dans le cadre du nouveau contrat programme que nous allons proposer, l’un des objectifs primordiaux sera la mise en place du centre technique des fruits rouges. Normalement, il constituera le carrefour où toutes les informations techniques devront être concentrées et jouera le rôle de diffusion auprès des agriculteurs, des informations à même de les aider dans leur choix des variétés à mettre sur le marché et leur éviter l’erreur d’opter pour des variétés à faibles rendements ou non demandées sur le marché. Il devrait également asseoir une politique pour la mise en place d’une structure permettant la recherche de variétés marocaines. En attendant, le conseil à l’agriculteur actuellement n’est pas assuré puisque l’ONCA est en train de créer ses directions et que les offices se sont dégagés de la vulgarisation auprès des agriculteurs. En plus, même si l’ONCA intervient, le conseil qui serait apporté par le centre technique et assuré par les professionnels pour les professionnels, est plus adapté et plus proche que celui assuré par un organisme étatique. Dans la pratique le centre serait un outil supplémentaire et ces structures ne peuvent être que complémentaires pour renforcer la vulgarisation agricole, surtout pour la petite exploitation. Il ne faut pas oublier que dans la filière fruits rouge la majorité des exploitations ont une superficie inférieure à 5 ha.

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Fraisier

AdM : Qu’est ce que ces nouvelles variétés apportent au producteur ? HAB : Le principal apport c’est

qu’elles sont demandées par les clients. Si nous avons recours à ces variétés c’est parce qu’elles figurent dans la liste établie par les différentes grandes surfaces. Il n’est pas question de produire des fraises qui ne seront pas acceptées commercialement. Ainsi dès qu’une nouvelle variété est dans la liste agréée par la grande distribution, automatiquement les producteurs vont la chercher et la mettre dans leur programme de culture. Que peut faire le producteur d’une variété refusée à partir du mois de janvier ? On suit le marché et la demande de la clientèle. Parfois ces variétés donnent de bons rendements sinon, dans le cas contraire, l’agriculteur subit les conséquences car même s’il a la bonne variété demandée et que le prix sur le marché soit intéressant, il n’a pas le rendement adéquat. En outre les grandes surfaces exigent que le producteur leur fournisse un éventail de variétés et ne sont pas intéressées par une seule ou par les petites quantités

AdM : Quel sont les problèmes spécifiques rencontrés par les producteurs en matière de choix variétal ? HAB : Chaque année apporte son 50

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lot de problèmes d’ordre variétal aux producteurs. Par exemple une année on a rencontré des problèmes de virus dans une variété, d’autres fois des variétés dont on ignorait la sensibilité au mildiou ont occasionné de grandes pertes… C’est une fois qu’on a compris ces aspects qu’on peut procéder aux traitements appropriés et les agriculteurs n’arrêtent pas d’apprendre. En plus des problèmes phytosanitaires on peut en avoir d’autres liées à la conduite des cultures. Par exemple la sensibilité de chacune des nouvelles

variétés à l’azote et à ses périodes d’apport n’est pas la même, etc. Chaque variété a son itinéraire technique propre et le rôle du pépiniériste est primordial dans ces cas. En vous livrant le plant, il vous informe afin de faire attention à différents facteurs à prendre en considération. Cependant parfois l’information passe parfois elle passe mal, ce qui fait que les bons professionnels avertis s’en sortent alors que d’autres qui font du panurgisme et se limitent à transposer ce qu’ils voient ailleurs ont des difficultés. D’où encore une fois le rôle du centre technique qui sera ouvert également aux grands et aux petits producteurs. Il ne faut pas oublier que dans le domaine des fruits rouges nous sommes confrontés à la concurrence internationale et qu’on est obligés d’être à jour dans le domaine des techniques de production (irrigation, conduite, fertilisation, traçabilité, lutte intégrée, auxiliaires, etc.). On est obligés d’être à la pointe pour entrer en concurrences avec les différents pays producteurs sur des marchés exigeants. En plus, les techniques évoluent rapidement d’où la nécessité d’un centre qui soit doté d’une grande réactivité afin d’enregistrer toutes les nouveautés et les diffuser rapidement. S’il faut attendre 4-5 ans pour adopter une nouvelle technologie on ne sera jamais à niveau.

Le secteur de la fraise Dans la région Loukos-Gharb, la superficie cultivée en fraises atteint 3.300 ha (dont 50 en bio) avec une production moyenne ces dernières années, d’environ 140.000 T. Cette superficie est répartie entre le périmètre du Loukkos (79 %) et celui du Gharb (21 %) et concerne 593 exploitations agricoles de 0,2 à 70 ha, avec des rendements moyens qui sont passés en l’espace de 20 ans, de 17 à 45 tonnes par hectare. Au cours de la campagne agricole 2016-17, les exportations marocaines de fraise à l’état frais ont atteint 20 234 T dont 15 T Bio et 52 473 T à l’état surgelé, dont 1.582 T Bio. Pour assurer cette production, le nombre des plants importés par année est d’environ 190 000 000 plants, cultivés avec une densité de plantation de 60 000 plants /ha. Historiquement, sur le plan variétal, après la Tioga, la Chandler et l’Oso Grande, les producteurs marocains ont adopté la Camarosa qui s’est progressivement imposée, notamment pour la surgélation, grâce à sa forme régulière, son gros calibre, sa couleur rouge vif et sa fermeté qui permet de la découper en cubes ou en tranches. Cette variété a donc dominé le paysage pendant plusieurs années. Depuis, les professionnels ont senti la nécessité de diversifier la gamme variétale destinée à l’export. Ils ont ainsi opté pour de nouvelles variétés dotées de performances supérieures, notamment en termes de précocité, de qualités organoleptiques et de conservation. On peut citer à titre d’exemple : Festival, Splendor, Fortuna, San andreas, Sabrina, Ventana, Sabrossa, Lusa, Benicia et d’autres variétés… www.agri-mag.com


AdM : Quelles sont les attentes de la profession des différentes variétés HAB : La principale attente de ces varié-

tés c’est la rentabilité de l’exploitation. Pour un producteur, au début de la campagne, il doit se renseigner sur les variétés acceptées par les clients. Par conséquent, il est nécessaire d’être fixé dans ses choix avant de commander les plants destinés à la production, choix conditionné par l’acceptabilité par la clientèle. On commence par établir l’acceptabilité par les consommateurs càd les grandes surfaces, ensuite on opte pour les variétés compte tenu de l’expérience personnelle, des techniques culturales, etc. qui pourront donner les meilleurs résultats. Et c’est là où vont jouer le professionnalisme, les contacts qu’on a avec les gens ayant une grande expérience, etc. Là aussi le centre technique a un grand rôle à jouer car même si une variété est agréée et qu’elle n’assure pas un bon rendement, l’agriculteur ne doit pas se lancer dans sa culture

AdM : Comment se sont comportées les différentes variétés face aux intempéries de cette année ? HAB : Les intempéries de cette année ont

eu une influence globale et les fruits rouges ont souffert avec la couverture plastique emportée ou des serres qui tombent. Subissant un vent de 90km/h avec du sable, la pluie, etc. n’importe quel végétal va souffrir. Les pertes étaient considérables d’autant plus que le beau temps n’est pas revenu de manière immédiate, puisqu’après les rafales de vents le temps s’est calmé une semaine puis de nouveau des vents violents et pluies ont suivi. Le temps ne s’est stabilisé quvers mi mai et le plant n’a pas eu de répit pour reprendre. D’ailleurs si on voit les quantités exportées par rapport au nombre de plants importés, on devrait se situer autour de 15.000 tonnes (au lieu de 20.000), chiffre qui n’a jamais été aussi bas. Il y a donc une chute de 25 à 30% des exportations. La cause est directement liée aux pertes dues aux conditions climatiques. Heureusement que les prix se sont maintenus à un bon niveau, même après début mars, et des exportations ont eu lieu exceptionnellement jusqu’en avril. Ainsi, par rapport à une année normale, les exportations se sont prolongées et les prix se sont maintenu ce qui a permis de compenser une partie des pertes vu que les quantités exportables étaient faibles. Au final on peut dire que par conséquent, ce n’est pas une bonne année pour ne pas dire mauvaise aussi bien pour la fraise que pour la framboise.

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Recherche

Fraise

La recherche variétale L’amélioration des plantes est une activité aussi ancienne que l’agriculture. Elle vise à sélectionner des variétés répondant aux critères demandés par les consommateurs et les agriculteurs : qualité du produit, performance des plantes, préservation de l’environnement… Adaptée aux marchés actuels, la création variétale de la fraise doit en anticiper les besoins. Le processus d’obtention est long et complexe. Il nécessite près de dix années entre la conception d’un projet par le croisement initial de deux lignées et la mise sur le marché de milliers de plants d’une variété commerciale. Ce facteur temps est difficilement compressible. Mais depuis la fin des années 1970, il existe de nouveaux outils en génétique, les biotechnologies, qui améliorent considérablement le processus de création variétale. Certaines de ces techniques génétiques ont pour principe d’observer et de localiser des régions d’ADN susceptible d’aider les chercheurs. Les biotechnologies utilisées en recherche en appui à la création variétale, permettent de mieux exploiter la diversité, de connaître le génome, de diminuer la durée de création, de certifier et de protéger les nouvelles variétés. Les biotechnologies, en tant qu’outils d’aide à la création variétale, font intervenir plusieurs disciplines spécialisées, mais complémentaires telles que : - l’expérimentation (essais en conditions naturelles et notations), - la culture in vitro (multiplication

des pathogènes responsables de maladies), - la pathologie (tests biologiques d’infection en conditions contrôlées), - la biochimie (dosages des métabolites), - la biologie moléculaire (génétique), - la bio-informatique (analyse des données). Il s’agit d’un travail de longue haleine car entre les premières spécifications et la mise en étal, il peut facilement s’écouler dix ans. Il faut d’abord écrire le cahier des charges avec les producteurs : le goût recherché, les maladies à combattre, la saisonnalité, le rendement cible, l’adaptation aux conditions climatiques... A l’aide de marqueurs moléculaires, les obtenteurs cherchent ensuite, dans leur « fraisothèque », les caractères génétiques correspondants. Puis ils croisent entre elles les espèces pré-

sentant des aptitudes complémentaires et trient dans la descendance les individus répondant au mieux aux objectifs qu›ils se sont fixés. Avant de les multiplier. Les plants obtenus subissent ensuite de nouveaux cycles de sélection pour vérifier leur stabilité et leur performance dans différents environnements de culture. ‘’Sélectionner, c’est éliminer jusqu’à obtenir le graal commercial recherché’’, explique un professionnel. Parmi les sujets de préoccupation du moment, la résistance à l’oïdium. Les centres de recherche dédient à ce champignon pathogène des programmes particuliers. Des variétés tolérantes ont été mises au point, cependant elles ne présentent pas les autres caractères d’intérêt réclamés par les professionnels. Les recherches continuent. Lorsqu’il s’agit de créer une variété de fraise, de nombreux critères demandés par les producteurs doivent être pris en compte, depuis la recherche jusqu’à son développement. Parmi ces demandes, il y a bien sûr le goût, l’aspect, et la conservation mais aussi des critères plus techniques directement liés à la culture de la fraise. Les producteurs sont par exemple en demande de variétés les plus résistantes aux maladies afin de diminuer les traitements, ou présentant des floraisons et un stolonnage important pour obtenir des périodes de production allongées et donc au total un rendement plus important. Carte génétique des fraisiers Pour répondre à toutes ces demandes, la première étape de la création d’une variété est donc d’abord de bien choisir les géniteurs en identifiant au mieux leurs « avantages et inconvénients» à la fois par

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une caractérisation des ressources génétiques des variétés et par l’établissement de la carte génétique des fraisiers. Une identification précise des caractéristiques des géniteurs est en effet importante puisque ce sont eux qui par croisement permettront la création de nouvelles variétés. Les croisements sont quant à eux réalisés par les équipes de sélection, véritable interface entre la recherche et les producteurs. Leur rôle : stocker des gênes et des variétés, faire les croisements, égrainer, semer, récolter, tracer et gérer les variétés, voir si les produits obtenus répondent aux résultats espérés, mais aussi déterminer les conditions optimales de culture… En fin de programme d’évaluation

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des produits obtenus, une vingtaine de variétés peuvent être sélectionnées mais seulement 5 d’entre elles passeront le cap du prédéveloppement. Seule une à trois variétés pourront ensuite passer à la phase de développement. A cette étape, on se rapproche déjà un peu plus de l’assiette des consommateurs. Le but ici est de trouver la conduite culturale optimale pour les variétés sélectionnées, en les confrontant sur le terrain aux enjeux technico-économiques des bassins de production. Les essais sont donc multi-sites, chez les producteurs et l’analyse des résultats donne lieu à des concertations entre techniciens, producteurs et experts des stations régionales d’expérimentation. Ainsi,

au final, sur une moyenne de trois variétés mises en phase de développement une seule sera lancée sur le marché, sauf si, bien sûr, aucune ne réussit à satisfaire aux exigences de cette dernière phase de sélection…

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Irrigation

Irrigation localisée

Fabrication locale vs importation Abdelmoumen Guennouni

Historiquement, l’irrigation localisée a fait son apparition au Maroc dans les vergers d’agrumes au cours des années 1970. Au début, les systèmes goutte à goutte étaient importés à 100%. Comment l’implantation de cette technologie a évolué depuis et quel taux la fabrication locale représente-t-elle dans une installation d’irrigation ?

D

ce qui est nécessaire. Cependant, dans la pratique et pour différentes raisons, si on considère le marché de l’irrigation goutte à goutte au Maroc, l’industrie locale couvre actuellement environ les deux tiers des fournitures utilisées. Aujourd’hui, l’industrie nationale de plastique est à même

de fabriquer presque toutes les composantes nécessaires pour l’équipement d’une exploitation en irrigation localisée : tous types de gaines, tuyaux, goutteurs, canalisations, … Les seules composantes de l’installation que l’industrie locale ne produits pas ce sont les systèmes de filtration et de commande et gestion de l’installa-

Photo CMGP

epuis le milieu des années 1990, des industriels marocains se sont lancés dans la fabrication de produits entrant dans la mise en place d’installations d’irrigation localisée. D’après eux, l’industrie marocaine est en mesure, grâce à son savoir faire industriel, de fabriquer 70 à 75% de

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Photo Adeauplast

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Photo Adeauplast

tion. Cependant, actuellement seule une dizaine de grandes entreprises interviennent dans le secteur. Concernant les capacités de production des unités installées dans notre pays, un industriel de la place indique que les capacités de production ne sont limitées que par le marché. En cas de nécessité on est capable de multiplier la production par deux ou par trois si le marché est demandeur. Quand aux utilisateurs ils se posent la question si la qualité des produits fabriqués localement est équivalente à ceux importés d’autres pays plus industrialisés. En réponse un professionnel du secteur explique que, de la même façon qu’il y plusieurs niveaux de qualité dans les produits importés, au niveau local aussi il existe plusieurs niveaux de qualité. La production locale, à l’image de l’international, a la capacité et sait produire tous les standards de qualité. Notre industrie dispose de toutes les certifications qui lui garantissent une qualité irréprochable. Cependant, il faut signaler que, si elle veut imposer sa crédibilité, la production locale doit faire de la ‘’surqualité’’, ce qui implique une augmentation des coûts de production. Pour cela, on a recours à de la matière première ‘’vierge’’ alors que la plus grande part de l’importation est fabriquée à partir de matière première recyclée qui permet la réduction des coûts. Malgré tout ça, à qualité égale, les prix de la production locale et de l’importation restent à des niveaux équivalents. Malheureusement, si l’installation de goutte à goutte dans les exploitations agricoles bénéficie de subventions pouvant atteindre 100% dans certains cas, il n’en est pas de même pour la partie industrie de fabrication. En effet, actuellement déplore la profession, l’Etat accorde indistinctement les subventions, les exonérations de taxes aussi bien aux produits importés qu’à ceux fabriqués localement, alors qu’il devrait cibler plus favorablement la production nationale. Les industriels fondent leurs espoirs sur le ‘‘Plan d’Accélération Industrielle’’ mis en place dernièrement (à travers l’écosystème plasticulture) puisque, à ce jour, l’industrie locale profite peu du développement de la filière de l’irrigation et une reconfiguration des subventions s’impose pour prendre en considération toutes ces données. Quand à l’avenir de la filière irrigation localisée vu par les professionnels, il parait florissant, compte tenu du développement continu de l’agriculture au Maroc et sachant que l’enjeu actuel et à venir est la raréfaction de l’eau. L’irrigation goutte à goutte, économe en eau, continue de se développer et de prendre de plus en plus d’importance dans le contexte actuel. En effet, l’avenir pour tout industriel, dépend essentiellement du marché auquel il peut constamment adapter sa production. Agriculture du Maghreb N° 112 - Mai / juin 2018

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Machinisme

Maintenance du tracteur agricole

Pr. Bouzrari B. - IAV Hassan II – Rabat.

L’une des priorités dans l’usage du tracteur agricole est sa maintenance quotidienne et périodique. Vu l’importance de cette tâche pour son bon fonctionnement, le présent article se fixe comme objectif de sensibiliser les utilisateurs sur les ennuis qui peuvent être causés si on néglige ce devoir. Il s’adresse aux utilisateurs, aux opérateurs, aux producteurs, aux techniciens et aux vulgarisateurs ayant pour tâche d’encadrer les agriculteurs.

L

e tracteur agricole participe à l’accomplissement de la plupart des travaux à façons comme moyen de traction et/ou d’animation par prise de force, arbre à cardans, poulie, courroie, moteur hydraulique, vérin, etc. Pour augmenter sa longévité, garantir sa rentabilité économique et assurer un maximum de sécurité lors de son utilisation, il faut observer tout au long de sa vie une règle fondamentale : une maintenance préventive effectuée quotidiennement et périodique-

ment, de façon correcte, à temps et sans délais pour une utilisation correcte (conduite, réglages, sécurité, …). Une maintenance sommaire ou mal faite augmente la fréquence des pannes et par suite le coût de réalisation des travaux (temps d’attente et de réparation longs, consommation élevée en pièces de rechange qui sont souvent chères et, parfois, non disponibles, dégradation ou parfois perte de production ou de qualité de travail). Au Maroc, selon nos propres es-

timations, les frais d’entretien et de réparation pour un tracteur à quatre roues motrices de puissance moyenne représentent environ 28% de l’ensemble des charges et presque 45% des charges variables. Comme pour tout autre matériel agricole, la maintenance comprend les vérifications : - journalières pour s’assurer des niveaux d’huile, d’eau, d’électrolyte, de carburant et de la capacité du tracteur à travailler sans problème - périodiques qui doivent être effectuées selon les échéances prescrites dans le livret d’entretien fourni avec le matériel. L’utilisateur doit prendre l’habitude de se conformer aux prescriptions du fabricant, de procéder chaque jour à l’entretien journalier et noter soigneusement les heures de marche. Il doit également déterminer les problèmes qui apparaissent lors de l’utilisation et les causes des diverses pannes. Les problèmes constatés doivent être résolus sans délais et les pannes réparées immédiatement pour éviter toutes complications futures. Il est fortement conseillé d’éviter le bricolage (attache avec fil de fer, boulons ou clous au lieu des goupilles, hardes et caoutchouc pour arrêter des fuites, …). Dans ce qui suit nous présenterons la conduite de la maintenance de la cellule motrice, mais en ne s’attelant qu’aux principaux points qui méritent d’être soulignés. L’utilisateur peut se reporter aux manuels techniques de maintenance et de réparation ou à d’autres sources d’information pour maintenir correctement son engin.

Conduite de la maintenance d’un tracteur agricole

La maintenance (entretien et réparations) d’un tracteur agricole doit être effectuée quotidiennement et périodiquement au bout de 500 heures environs, durée 56

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variable suivant les marques et les constructeurs.

1-Entretien journalier

Il est recommandé de faire quotidiennement une inspection générale du tracteur et vérifier à chaque fois que cela est nécessaire : - l’état et le niveau de pression des pneus  - le niveau de l’huile du moteur, de freinage et de transmission - la cuve du filtre à combustible. Purger si c’est nécessaire - le pre-filtre du filtre à air à bain d’huile : nettoyer et s’assurer du niveau d’huile et de son état - le filtre à air et dépoussiérer l’élément principal. Un filtre colmaté entraîne une surconsommation non négligeable de carburant. - le niveau du liquide de refroidissement et veillez sur la propreté du système (radiateur, durites, ventilateur, tension de courroie, etc.) - le niveau de l’électrolyte dans

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les éléments de la batterie : ajouter de l’eau distillée pour recouvrir les plaques si elles ne le sont pas. Ne jamais mettre d’eau naturelle ou d’eau minérale. - l’état des circuits hydrauliques apparents et ceux du freinage A la fin de chaque journée de travail, un tracteur doit être nettoyé, graissé et huilé à temps, dans les règles de l’art puis mis sous abri. Il est impératif de procéder à l’entretien cité ci-dessous : - Nettoyer les vitres et le tableau de bord de la cabine de pilotage. - Poser par terre le chargeur frontal ainsi que l’outil attelé si vous n’avez pas l’intension de dételer pour que les conduites hydrauliques ne soient pas sous pression. - Vérifier l’arbre à cardans et le limiteur de couple en cas de travail avec outil animé par prise de force. - Vérifier le circuit électrique (batterie, feux et lumières, klaxon, …)

- Faire le plein de carburant.

2-Entretien périodique Le moteur :

- Vidanger l’huile du moteur à chaud et laissez égoutter. Le tracteur doit être placé sur un sol horizontal - Remplacer le filtre à huile du moteur. Faire tourner le moteur pour s’assurer qu’il n’y ait pas de fuites. Arrêter le moteur et vérifier de nouveau le niveau d’huile, après quelques minutes, puis le compléter si c’est nécessaire. - Nettoyer le reniflard aussi souvent que les conditions de travail sont poussiéreuses. - Faire vérifier les culbuteurs, les injecteurs et la pompe par un spécialiste. N.B : Si le moteur doit rester à l’arrêt pendant une longue durée, il faut le protéger avec une huile spéciale dite de stockage.

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Maintenance du tracteur agricole il faut les nettoyer plusieurs fois dans la journée et les changer selon la cadence du travail et les recommandations du constructeur.

Le système de refroidissement:

- Utiliser une graisse spéciale pour la pompe à eau. - Nettoyer les ailettes du radiateur en y soufflant de l’air comprimé par l’arrière et vérifier fréquemment son niveau d’eau. Il convient d’employer une eau non calcaire à laquelle il faut ajouter un antigel, si le tracteur doit être utilisé en zones à climat froid.

Le système d’alimentation en carburant

- Utiliser un carburant propre, stocké et décanté convenablement. - Remplacer l’élément du filtre à combustible, vérifier l’état des joints, nettoyer la cuve de décantation et purger le système. - Faire vérifier la pompe d’injection et les injecteurs. Le filtre à air et le pré-filtre - Nettoyer le filtre à cartouche et le changer selon les instructions du fabricant. - Nettoyer le filtre à bain d’huile et le remplir avec de l’huile de lubrification du moteur. NB : les filtres sont à entretenir périodiquement. En cas de travail en atmosphère poussiéreuse

- Vérifier la tension de la courroie du ventilateur. - Si le moteur a tendance à chauffer cela veut dire que le circuit de refroidissent est étranglé par la tarte. - Vidanger le circuit de refroidissement après la durée recommandée par le fabricant.

Circuit électrique

Les éléments classiques d’un circuit électrique qu’il faut contrôler sont : - La batterie : surveiller le niveau de l’électrolyte et y ajouter de l’eau distillée pour rétablir le niveau, la charge, l’état des causses et mettre de la vaseline chaque fois qu’il est nécessaire. Si la batterie doit rester une longue durée sans être utilisée, il faut la charger

Figure 1: Utilisation d’un écrou (à gauche) et d’une soupape (à droite) à la place de la goupille d’arrêt sur l’axe d’attelage.

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périodiquement. - La génératrice et le démarreur : si la génératrice charge mal, vérifier la tension de la courroie, les connections, l’état des balais,… - Les câbles, les connections, les fusibles, les feux, les lumières, etc. Remplacer les éléments usés. NB  : Avant d’effectuer toutes opérations de soudage sur un outil d’accompagnement attelé quand il n’est pas possible de le dételer -, débrancher le câblage de l’alternateur et tâcher de placer la masse le plus près possible de la zone de soudage pour que le courant ne traverse ni roulement ni jeu de fonctionnement de faible valeur. Le système hydraulique, la transmission de puissance, la direction, le système de propulsion : La réparation du circuit hydraulique, de la transmission mécanique de puissance et de leurs accessoires nécessite une main d’oeuvre et un outillage spécialisé. Néanmoins, certains travaux d’entretien peuvent être effectués à la ferme par le conducteur même : - Vérifier les niveaux d’huile et vidanger toujours à chaud aux intervalles recommandés par le fabricant sans oublier de changer les filtres et nettoyer la crépine d’aspiration de l’huile. - Contrôler l’étanchéité des vérins

Figure2 : Lèvre de jante de la roue avant d’un tracteur usée par corrosion (Risque de déchirure puis d’éclatement du pneu).

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apparents de relevage des bras, du chargeur frontal ou autre, des raccords, des distributeurs et de tous les organes accessoires (manomètres, filtres, clapets de sécurité, régulateurs de débit, etc.) - Vidanger les carters de transmission et remplacer par une huile spéciale de protection suivant les consignes du constructeur. - Changer les conduites usées ou endommagées. - Graisser abondamment et soigneusement à la fréquence indiquée par le constructeur et plus particulièrement en cas de travail prolongé dans des conditions sévères (boue, poussière, …). - Vérifier l’état et le graissage de la direction. - Vérifier le réglage des moyeux et graisser abondamment jusqu’à ce que la graisse sorte par les joints. - Faire vérifier le parallélisme du train avant. - Faire vérifier le jeu de l’embrayage de la prise de force et remplacer le disque s’il n’assure pas le débrayage complet de la prise de force. - Vérifier la garde de la pédale des freins et celle de l’embrayage. - Vérifier le serrage des écrous de fixation des roues.

3 L’hivernage

Si le tracteur doit rester une longue durée sans être utilisé, il convient d’y effectuer les princiwww.agri-mag.com

pales opérations suivantes avant la mise sur cales : - Remplacer toutes les pièces usées (roulements, chaînes, courroies, ampoules de feux d’éclairage ou de signalisation, fusibles). - Les courroies doivent être démontées et entreposées dans un endroit obscur. Celles qui sont usées doivent être achetées et stockées. - Les paliers doivent être contrôlés et tous les boulons d’assemblage resserrés. - Dresser les tôles déformées et refaire la peinture des parties dénudées. - Déposer la batterie et la charger périodiquement. - Protéger le moteur avec l’huile de stockage. A la fin du travail d’entretien, le tracteur doit être mis sur cales bien fermes de sorte que les roues dégonflées à moitié ne touche pas le sol. Il est plus convenable, pour de longues durées de repos, de dégonfler les roues et les déposer dans un lieu obscur. L’engin doit être entreposée dans un abri clos pour le protéger des intempéries

Synthèse Au Maroc, à l’exception de quelques rares unités de production agricole, il est vraiment rare de trouver des utilisateurs de tracteurs agricoles qui pratiquent convenablement la maintenance préventive. Rares sont les conducteurs qui tirent tous les matins la jauge du carter pour vérifier le niveau d’huile, soucieux d’adapter la pression des roues aux conditions d’utilisation, ayant l’habitude de contrôler régulièrement une batterie d’accumulateur ou de veiller à ce qu’il y ait une boite à outils à bord. La majorité des utilisateurs n’interviennent que lorsque une courroie est cassée, un roulement pulvérisé ou un éléments complètement hors usage. Rares sont les utilisateurs, qui mettent en consultation immédiate un tracteur dont la conduite, le bruit, l’effort de traction, la vitesse, … deviennent inhabituels. Le degré de technicité est en progression, certes, mais il laisse, encore, beaucoup à désirer. Un effort de formation, d’information et d’encadrement sont nécessaires et méritent d’être renforcés aussi bien par les organismes étatiques (services régionaux du ministère, télévisions et radios éducatives, …) que par les revendeurs de matériel agricole.

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Arboriculture

Carpocapse des pommes et des poires (Cydia pomonella L.) au Maroc Faudrait-il tirer la sonnette d’alarme sur la résistance pour certains insecticides en usage ? Salma EL Iraqui (INRA – CRRA Meknès) et M’Hammed Hmimina (IAV Hassan II)

Dans les vergers marocains de pommier, ceux tout au moins conformes aux normes, la lutte chimique demeure massivement utilisée. Nous disons conformes aux normes car selon notre vision deux types de verger coexistent. Le premier, industriel, est composé par de grandes exploitations rationnelles et productivistes. Le second, entretenu par des paysans, plus petit et directement lié à la volonté du propriétaire et à ses connaissances.

A

ce jour et à quelques exceptions près, la lutte, intégralement basée sur les insecticides chimiques, n’est certainement pas une stratégie durable. Sur pommier et poirier, contre tous les ravageurs confondus, nous sommes à quelques 25 interventions chimiques (insecticides+fongicides+acaricides), avec un grand risque de développement de résistance des ravageurs clés contre lesquels, dans leur empressement à les occire, nos agriculteurs « tirent dessus ». Autre coup dur pour les producteurs de pommier et poirier : les acariens, les pucerons, la tavelure, le feu bactérien qui a décimé des plantations entières, sans oublier la grêle et le gel rendant de plus en plus difficiles les conditions de production. En moyenne, 12 à 15 traitements sont réalisés au cours de la saison de production, exclusivement contre le carpocapse des pommes et des poires. Ce bras de fer se

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conclut souvent à l’avantage de l’insecte, puisqu’il y a de plus en plus de pertes à la récolte. Les captures des pièges sexuels ne manquent pas d’être au dessus du seuil d’intervention admis et alourdissent sans commune mesure les interventions insecticides les rendant de plus en plus routinières. Cette stratégie de lutte, où ce qui est mauvais pour le carpocapse est bon pour le producteur, montre des signes de faiblesse patents dans divers vergers. Les différents travaux menés sur le carpocapse à l’INRA concernant l’évolution et le cycle du ravageur ainsi que la démarche de lutte engagée par le producteur à son encontre, ont permis l’appréhension numérique des populations du carpocapse et ont permis surtout de noter une affluence massive du ravageur en dépit d’une lutte forcément intense. A l’évidence, quelque chose a radicalement changé ces dernières années dans la composition des populations brouillant ainsi le contrôle du ravageur. Pour

considérer de plus près ce dérèglement et tenter d’en comprendre les origines et les mécanismes, les petits pas qui nous paraissent essentiels aux grandes variations observées semblent être les traitements et leur efficacité, en quelque sorte la résistance de l’insecte. C’est une cause raisonnablement suspectée dès lors que se pose la question de l’importance des dégâts à la récolte et que le verger demeure, malgré les efforts fournis pour maintenir les dommages à un niveau acceptable, en état de siège. Rappelons que certains vergers reçoivent jusqu’à 15 traitements par campagne sans arriver à bout des populations. La sensibilité des insectes à différentes matières actives a été alors évaluée et les tests toxicologiques ont porté sur deux souches de carpocapse émanant de deux vergers de pommier différents, l’un à Azrou et l’autre à Meknès en prenant comme référence la souche sensible de l’INRA d’Avignon. Pour une meilleure fiabilité des résultats,

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‫مبيد حشري ورقي‬

Insecticide foliaire GROUPE

InSECTICIdE

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L’incontestable solution contre les larves de lépidoptères Sesamia nonagrioides

Pieris brassica

Empoasca vitis

CydiaPomella

Tuta absoluta

Cassida vittata

Phthorimea opercullela

Helicoverpa armigera

Spodoptera littoralis

Avaunt 150 EC : concentré émulsionnable contenant 150g/l d’Indoxacarbe

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Carpocapse

les biotests ont ciblé la larve néonate du carpocapse représentant le stade accessible aux traitements larvicides. Les résultats des tests toxicologiques ont été expliqués à la lumière des analyses enzymatiques.

Baisse de sensibilité à certaines matières actives

Pour la première fois, des tests toxicologiques conduits sur des souches locales révèlent des baisses de sensibilité hautement significatives. Sur les sept matières actives testées; cinq produits ont été inefficaces sur la souche d’Azrou et quatre produits l’ont été également sur la souche de Meknès. Certains sont peu ou pas utilisés dans les vergers concernés (cas de l’azinphos méthyl et du diflubenzuron) et d’autres nouvellement introduits dans la conduite phytosanitaire (méthoxyfenozide et thiaclopride). La baisse de sensibilité a touché également la deltaméthrine, en usage depuis longtemps. Seuls le spinosad et le chlorpyrifos éthyl procurent presque 100% de mortalité chez la souche d’Azrou. Amorçons la discussion par le diflubenzuron. Les biotests au 62

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moyen de cette matière active, jamais utilisée auparavant dans les sites de l’étude, se sont soldés par une résistance touchant plus de 90% des individus. Ce que nous notons pour ce produit s’apparente exactement à ce qui a été déjà observé aux USA où les populations du carpocapse ont été résistantes à cette matière active même si elle n’y a jamais été utilisée auparavant. Quant à l’azinphos méthyl, commercialisé sous une pluralité de formulations et socle remarquable de la lutte chimique des années 70 du siècle dernier, rares sont les occasions où il a été appliqué les dix dernières années dans les vergers en question. Pourtant, les résultats des tests toxicologiques incluant ce produit, procurent une survie de près de 75% pour les souches testées. A l’opposé de l’azinphos méthyl et du diflubenzuron, la deltaméthrine est assez souvent utilisée dans la stratégie de lutte menée contre le carpocapse des pommes et des poires. D’ailleurs, les tous premiers tests toxicologiques ont suspecté une résistance vis-à-vis de cette matière active. Les souches testées ont montré une sensibilité réduite touchant une fraction de 38 % de la population. La deltaméthrine a certes enregistré une perte d’efficacité nettement moindre que l’azinphos méthyl et le diflubenzuron, mais cette baisse est loin d’être anodine et a de vraies répercussions sur la lutte et sur l’étendue des dégâts d’autant plus qu’elle reste impliquée dans plusieurs cas de résistance croisée. L’innocuité relative du méthoxyfénozide et du thiaclopride, même si le taux de survie est plus bas par rapport aux autres matières actives, est un résultat surprenant car l’utilisation de ces produits, dans les sites où les larves sont prélevées, est récente et peu familière.

Prémices de résistance croisée

En se référant à la littérature et à l’expérience d’autres pays, ces résultats pressentent fortement la pré-

sence d’une ‘’résistance croisée’’, liée principalement à un mécanisme de détoxification (résistance non liée à la cible) ; entre les Organophophorés, les Benzoylurées, les Néonicotinoïdes, les Pyréthrinoïdes et les Diacilhydrazines. La résistance croisée est mise en jeu lorsqu’une résistance à un pesticide cause une résistance à un autre pesticide, même quand le ravageur n’a pas été exposé au second produit. Les analyses enzymatiques incriminent fortement l’implication des estérases dans les résistances susmentionnées. La situation telle qu’elle prévaut à Azrou ou dans d’autres régions, appelle des mesures urgentes sur un plan expérimental et fonctionnel pour une meilleure orientation de la lutte. En étant optimiste, il se peut que nous soyons toujours dans la marge du réversible, en dépit de la résistance croisée dont nous avons vu les prémices et qui rend les nouvelles matières actives complètement impuissantes. En effet, les baisses de sensibilité notées pour le thiaclopride, méthoxyfenozide et déltaméthrine montrent que ces résistances semblent en cours d’installation. Les analyses enzymatiques ont montré également l’impact d’une lutte intensive, qu’on croyait ponctuelle et limitée à certains vergers, sur la texture des populations de carpocapse à l’échelle de toute une région. En effet, deux vergers complètement éloignés dans la région d’Azrou ont montré le même taux d’estérases en dépit d’une intensité de lutte différente. Ce rapprochement nous pousse à envisager des mesures collectives pour sauver la pomiculture marocaine en adoptant des stratégies de lutte applicables à l’échelle de toute une région et non par tout un chacun. La première ordonnance serait l’adoption d’outils d’aide à la décision pour pouvoir contrôler raisonnablement les différentes générations du carpocapse et l’application d’une stratégie de gestion de la résistance, car cette dernière une fois établie, il devient difficile de restaurer la sensibilité des insectes. www.agri-mag.com


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Arboriculture

La tavelure des pommes Les bons réflexes

Provoquée par le champignon ascomycète Venturia inaequalis, la tavelure du pommier est présente dans toutes les régions du monde, là où cette espèce est cultivée. Mais sa présence est plus importante dans les régions à climat tempéré humide durant la période printanière. Ce redoutable champignon se manifeste par des lésions sur les feuilles et sur fruits altérant fortement à la fois le rendement et la qualité du produit à la récolte. Il présente de ce fait une sérieuse menace économique pour les arboriculteurs des pays où le marché de la pomme occupe une place importante.

C

onsidérée comme la principale maladie en vergers, la tavelure du pommier nécessite dans certains pays jusqu’à 30 traitements annuellement. Les épidémies de tavelure sont influencées par plusieurs facteurs, notamment les conditions climatiques au printemps, la sensibilité des variétés et l’état sanitaire du verger. Ce champignon peut provoquer une importante chute du rendement et rendre les fruits impropres à la consommation. Il infecte d’une manière générale les fruits, les feuilles et les rameaux ce qui perturbe le bon développement de l’arbre et peut ainsi affecter même la récolte de la campagne suivante.

Contamination

La période de contamination s’étend sur les 8 ou 10 semaines qui suivent le débourrement. Le risque est particulièrement élevé au moment de la chute des pétales. Leur insertion forme une porte d’entrée pour le champignon.

Facteurs favorables

- Conditions climatiques : la tavelure est favorisée par des conditions humides à partir du débourrement et des températures comprises entre 7 et 25°C. - Variétés : les pommiers présentent une sensibilité plus ou moins forte à la maladie selon les variétés. La plupart de celles qui sont cultivées aujourd’hui y sont sensibles.

Symptômes

La maladie entraîne l’apparition de lésions brunes ou noires très caractéristiques à la surface des bourgeons, des feuilles, des fruits et parfois des rameaux. En présence d’une forte attaque avant maturité, la pomme se déforme, des crevasses et des fissures apparaissent au niveau de la peau mais aussi de la chair. Lorsque les pédicelles sont à leurs tours infectées, la maladie entraine une chute prématurée des fruits. A noter que les infections ayant lieu avant la récolte peuvent passer sous silence au moment de la cueillette et provoquer l’apparition de symptômes en cours du stockage.

Moyens de lutte

La stratégie de lutte contre la tavelure doit d’abord être préventive. L’utilisation de variétés ayant une sensibilité réduite à la maladie est à privilégier.

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La tavelure des pommes jouer les contaminations secondaires.

Prévention :

La maladie entraîne l’apparition de lésions brunes ou noires très caractéristiques à la surface des bourgeons, des feuilles, des fruits et parfois des rameaux.

1- Mesures prophylactiques

Venturia inaequalis se conserve essentiellement sur les feuilles tombées au sol. De ce fait, toutes les méthodes prophylactiques permettant de détruire les feuilles au sol doivent être mises en œuvre afin de réduire la présence d’inoculum primaire dans le verger, de même que les techniques qui contribuent à créer des conditions défavorables aux attaques de ce champignon : · A la chute des feuilles, il est vivement conseillé de ramasser et de détruire les rameaux, les feuilles et les fruits malades tombés au sol ainsi que les fruits malades restés sur l’arbre afin de limiter les contaminations l’année suivante. · Travail du sol permettant l’enfouissement des feuilles non détruites ; · Espacement raisonnable et bien étudié entre les arbres et les rangs d’un verger au moment de la plantation ; · Opter pour une taille adéquate et régulière des arbres  qui laisse la végétation assez aérée · Assurer une fertilisation azotée raisonnée.

2- Lutte chimique

La lutte chimique raisonnée doit reposer sur le principe de prévenir toute infection primaire due à la projection d’ascospore afin de dé66

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Il est possible d’intervenir préventivement contre la tavelure, lorsqu’un passage pluvieux est annoncé et qu’il y a risque de contamination par les ascospores. Lorsque l’agriculteur se trouve face à des conditions climatiques favorables à l’apparition de la tavelure sur le pommier, il est conseillé de prospecter son verger et d’utiliser en alternance des familles chimiques préventives et de bonne rétention après chaque pluie.

Traitements fongicides

Les traitements sont appliqués en fonction des conditions climatiques et principalement par

rapport aux pluies contaminatrices qui sont nécessaires à la propagation de l’infection. Ainsi, différentes manières de conduire cette lutte chimique contre la tavelure du pommier peuvent être pratiquées : · Opter très tôt pour un traitement précoce avant même l’apparition des infections ; · Conduire une lutte chimique préventive avant ou juste aux stades : boutons roses, début floraison, nouaison, jeunes fruits et début grossissement du fruit ; · Reconduire la lutte contre la maladie immédiatement après de fortes rosées et ou des pluies ; · Opter pour l’alternance des produits fongicides ; · Respecter le mode d’emploi des fongicides, les volumes d’eau et les intervalles entre les applications, indiqués sur l’étiquette ; · S’assurer du réglage du pulvérisateur pour couvrir toute la frondaison.

Un agent biologique contre la tavelure du pommier

Afin de lutter contre cette maladie, des applications répétées de fongicides doivent être faites au printemps et en été. Au cours des deux dernières années H39, un antagoniste potentiel basé sur un type spécifique de champignon Cladosporium, a été testé dans plusieurs régions de l’Europe. H39 semblait être très efficace à réduire la tavelure sur les feuilles et les fruits. L’antagoniste était en mesure de produire les mêmes résultats que les pulvérisations de fongicides chimiques classiques. Actuellement, une société de pesticides biologiques étudie les possibilités commerciales d’applications de H39.    H39 L’antagoniste,  Cladosporium cladosporioides H39, semble réduire considérablement la propagation du champignon Venturia. Diverses institutions de recherche   ont testé les  capacités de cet isolat antagoniste pendant deux années dans les vergers avec différentes variétés de pommes en Hongrie, en Pologne, en Allemagne et aux Pays-Bas. Les traitements ont été effectués avec H39 comme pulvérisation selon un calendrier prédéfini ou dans les périodes de post-infection. Les essais aux Pays-Bas (Randwijk) se sont focalisés sur la façon dont le calendrier de l’application affecte l’état de l’arbre; les essais ont donc été effectués à la fois avant et après l’infection.  Les résultats des essais ont montré, pour la première fois, que l’utilisation de H39 peut réduire la tavelure du pommier sur les feuilles et les fruits d’une façon homogène. Ceci a été démontré à la fois sur des cultures biologiques ainsi que dans les vergers conventionnels en printemps et en été. Les mêmes résultats obtenus avec une conduite en lutte chimique conventionnelle peuvent également être obtenues en utilisant H39. Les croûtes formées par le champignon sur les feuilles ont été réduites de 42 à 98% et des celles sur les fruits ont été réduites de 41 à 94%.  L’étape suivante consiste à passer à la phase commerciale. Une entreprise a déjà commencé des recherches sur la possibilité de l’application commerciale du H39 antagoniste.  

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Raisonnement de la gestion des nématodes du genre Meloidogyne en culture maraichère dans le Souss/Massa Dr. MOKRNI Fouad : INRA-Agadir - fmokrini.inra@gmail.com

Les nématodes phytoparasites causent des dégâts économiquement importants sur diverses cultures dans plusieurs pays du monde. Dans les conditions marocaines, les nématodes du genre Meloidogyne sont parmi les principaux facteurs limitant les cultures maraichères dans la région de Souss-Massa. Ces nématodes sont cosmopolites et leur répartition géographique dépend de plusieurs facteurs écologiques à savoir la température, l’humidité et la texture du sol.

R

écemment, lors d’une étude détaillée sur la distribution des espèces de Meloidogyne dans la région du Souss-Massa, deux espèces de nématodes à galles ont été rencontrées M. javanica et M. incognita, avec une nette prédominance de la première. En effet, plusieurs cultures se sont révélées infestées par l’espèce M. javanica à savoir : tomate, aubergine, haricot vert et courgette. Le nombre des juvéniles (J2) de Meloidogyne le plus élevé a été enregistré dans la région de Biougra avec 421 J2 de Meloidogyne par 100 cc de sol. Jusqu’à présent, il y avait deux voies pour limiter la multiplication de ces nématodes : l’utilisation de produits systémiques (à large spectre d’action) tels que les organophosphorés et les carbamates ou bien la désinfection préventive des sols 2 à 4 semaines avant la plantation, les pulvérisations externes étant totalement inefficaces.

MOYENS DE LUTTE CONTRE LES NEMATODES À GALLES

La lutte contre les Meloidogyne peut s’effectuer en appliquant de bonnes stratégies phytosanitaires dans le cadre d’un programme de lutte intégrée. Un tel programme devrait comprendre une lutte préventive basée sur des mesures prophylactiques et une lutte curative basée sur l’application des nématicides non-fumigats ou bien fumigants.

Les mesures prophylactiques

L’adoption de mesures prophylactiques appropriées peut permettre de réduire sensiblement le développement des nématodes phytoparasites. Leur choix est à prévoir bien avant la mise en place de la culture afin d’éviter l’introduction d’inoculum (les masses d’œufs et/ou les juvéniles) de Meloidogyne dans les parcelles. Cette approche s’articule principalement autour de plusieurs points : La prophylaxie avant plantation Dans le cas où l’agriculteur est sûr de l’infestation de la parcelle à planter (données de l’année précédente) par les nématodes du genre Meloidogyne, il serait primordial qu’il prenne des précautions pour éviter la multiplication et prévenir l’apparition de ce redoutable pathogène, à travers l’application d’un certain nombre de mesures : • Une cartographie de l’infestation du genre Meloidogyne vers la fin de la campagne précédente s’impose, car elle va donner une idée très précise sur la distribution des foyers d’infestation et donc, sur le choix et l’efficacité des différentes mesures poursuivies pour réduire les taux d’infestation par les Meloidogynes ; • Une bonne gestion des rotations culturales peut modifier les équilibres au sein de la nématofaune tout en maintenant un niveau assez bas d’infestation du sol ; • Une jachère travaillée, prive les néma-

todes de toute nourriture et les expose aux rayons solaires ; • Une analyse du fumier d’élevage avant son utilisation au début de la compagne pour s’assurer de l’absence des nématodes phytoparasites ; • Une analyse nématologique de la qualité d’eau d’irrigation est aussi un volet à prendre en compte car l’eau utilisée dans l’irrigation est un moyen potentiel de contamination des parcelles par d’importantes masses d’œufs de Meloidogyne qu’elle peut véhiculer ; • Une bonne vérification au préalable de la bonne qualité sanitaire des plants issus de pépinières peut prévenir les dangers de ces nématodes ; • Une attention particulière à donner à la propreté des lieux d’entreposage des plants et des plaques alvéolées (bien nettoyer si possible avec de l’eau avant réutilisation) ; • Des analyses nématologiques des parcelles avant d’entamer l’opération de plantation ; La prophylaxie après plantation • S’assurer, durant tout le cycle des cultures, de la propreté des outils qui vont être en contact direct avec le sol ou bien avec le reste des résidus de végétaux et qui peuvent constituer une source camouflée de dissémination des nématodes; · Réaliser le désherbage et éliminer les hôtes sauvages ; · Etablir un calendrier des prélèvements nématologiques juste après la plantation pour éviter la pénétration des juvéniles à l’intérieur des racines, assurer l’identification et la quantification de l’espèce et/ou le genre de nématode responsable des dégâts occasionnés et enfin faire le bon choix des produits phytosanitaires, des doses et des outils de traitements.

La lutte chimique

Jusqu’à présent, il y avait deux voies pour limiter la multiplication des nématodes du genre Meloidogyne associés aux cultures maraichères dans la région de Souss-Massa. La désinfection préventive des sols, 2 à 4 semaines avant la plantation à l’aide des nématicides fumigants ou bien l’utilisation des nématicides non-fumigants en post plantation. 68

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produits à utiliser efficacement sur les cultures.

Solarisation Les nématicides fumigants Il est à souligner que la principale méthode de lutte contre les agents pathogènes repose sur l’utilisation des substances chimiques en particulier des produits de désinfection des sols pour les cultures les plus touchées et pouvant les supporter en termes de cout. En effet, plusieurs nématicides fumigants sont utilisés avant la plantation incluant le1,3 Dicholoropropene seul ou en mélange avec la Chloropicrine ainsi que le Métam-Sodium. Le choix de ces produits doit être basé sur la présence effective des agents pathogènes (Champignons, bactéries et nématodes). Cependant, l’utilisation non raisonnée de ces produits génère un certains nombre de conséquences : · Le non-respect des auxiliaires utiles au niveau des plantations ; · L’apparition des phénomènes de résistance au sein des populations de différents pathogènes ; · Le non-respect de l’environnement (pollutions des sols, des eaux…) ; · Des effets probables à long terme sur la santé des utilisateurs directs ; Enfin, pour éviter les contraintes évoquées ci-dessus, le recours à l’utilisation des nématicides fumigants n’est envisageable qu’en dernier ressort. En matière de nématologie, ce traitement n’est justifié que lorsque la densité détectée de nématodes phytoparasites (Exemple : Meloidogyne spp.) est égale ou supérieure au seuil de nuisibilité qui est de 1,5 Juvéniles de Meloidogyne par gramme de sol. Plusieurs produits nématicides fumigants existent sur le marché marocain et il suffit que les mesures citées ci-dessus soient respectées pour faire le bon choix du ou des

Les nématicides non-fumigants Egalement, plusieurs nématicides non-fumigants sont utilisés pour lutter contre les nématodes à galles associés aux cultures maraichères dans la région de Souss, dont certains groupes sont qualifiés de nématostatiques puisqu’ils ne tuent pas directement les nématodes mais affectent d’une manière indirecte leur mouvement et leur alimentation. Comme, il a été signalé auparavant, une meilleure protection contre ces ennemis est fortement liée à la réalisation des analyses nématologiques un à deux mois avant la plantation pour quantifier la densité des juvéniles (J2) de Meloidogyne spp. bien avant qu’ils ne pénètrent dans les racines et forment des galles. Par ailleurs, et comme les nématodes des lésions racinaires (Pratylenchus spp.) ont été repérés lors de nos prospections réalisées dans les principales zones productrices des cultures maraichères dans la région de Souss, il est demandé aux agriculteurs de ne pas négliger ce genre de parasites car les symptômes causés par ce genre de nématodes (lésions sur racines) sont, malheureusement, toujours invisibles puisqu’ils sont cachés dans la plupart des situations par les galles causées par les Meloidogyne. Les lésions et les nécroses infligées aux racines par ce genre de nématodes constituent des portes d’entrées pour de nombreux ennemis secondaires (champignons, bactéries,…) qui les colonisent et élargissent davantage ces lésions.

La lutte physique : Solarisation

La solarisation est un processus biophysique qui consiste à couvrir le sol par un film polyéthylène transparent (30-50 µm) pendant un mois et demi durant la période la plus chaude de l’année. Cette technique induit une élévation de la température pour atteindre des valeurs létales pour les agents pathogènes du sol et par la suite favorise la multiplication des microorganismes antagonistes qui peuvent s’attaquer aux nématodes phytoparasites. L’efficacité de cette technique est également très variable selon le type de sol, sa préparation et la quantité d’eau d’arrosage apportée. Il est conseillé dans plusieurs travaux de combiner la solarisation avec des doses réduites de nématicides fumigants pour minimiser la densité des nématodes phytoparasites au niveau du sol.

La résistance variétale

La création des variétés légumières résistantes aux espèces de Meloidogyne est la méthode de gestion la plus effi70

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cace et la plus écologique. Ce moyen de lutte a l›avantage d›être facile d›utilisation et d›avoir un faible coût, particulièrement pour les cultures à faible valeur ajoutée. Une plante résistante est caractérisée par sa capacité à bloquer la multiplication du nématode après la pénétration dans les racines, mais pour les nématodes du genre Meloidogyne, malheureusement les conditions du milieu, telles qu’une élévation de la température rendent cette résistance instable. Plusieurs gènes majeurs de résistance ont été mis en évidence, c’est le cas d’une espèce sauvage « solanum peruvianum» proche de la tomate avec le gène Mi-1. Ce gène a été introgressé dans toutes les variétés et les portegreffes de tomate et d’aubergine. Toutefois, l’identification de ces gènes de résistance n’est pas suffisante pour contrôler tous les dangers liés aux nématodes pour différentes raisons : a) L’instabilité de la température qui affecte le niveau de la résistance. Plusieurs études ont montré que les températures élevées (plus de 30 °C) inactivent le fonctionnement du gene Mi-1; b) Le mélange de plusieurs espèces et/ ou genres de nématodes dans la même parcelle. Par exemple, le gène Mi-1 permet de contrôler les trois espèces de Meloidogyne (M. javanica, M. incognita et M. arenaria). Par contre, ce gène est inefficace contre les autres espèces de Meloidogyne (Exemple : M. hapla); c) L’apparition de nouvelles races physiologiques agressives capables de briser la résistance ;

Conclusion Pour conclure, Il s’avère difficile d’éliminer, d’une parcelle avant et/ou après la plantation, les nématodes phytoparasites, notamment le genre Meloidogyne car ce genre de nématode possède une gamme d’hôtes très large, incluant, les cucurbitacées (melons, concombres, ...) et les solanacées (tomates, aubergines, poivrons. Pour combattre ce parasite, il est primordial de mettre en place un programme intégrant plusieurs mesures à différents niveaux de la culture et ceci depuis la plantation jusqu’à l’arrachage. Ainsi, l’application adéquate des mesures préventives précitées pourrait faciliter la gestion des contraintes liées à ce genre de nématode et donc réduire son impact négatif sur la production. www.agri-mag.com


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Maïs fourrage

Bien réussir son chantier d’ensilage pour une bonne conservation en silo Lorsque les conditions de cultures ont été «normales», le stade optimal de récolte correspond à 32 -33 % de matière sèche dans la plante entière. C’est un bon compromis entre rendement, conservation, valeur énergétique et ingestibilité du fourrage. Observer au champ le niveau de remplissage des grains est un bon moyen d’estimer la maturité de la plante. À la période optimale de récolte, les trois amidons – laiteux, pâteux et vitreux - sont répartis en trois tiers dans les grains de la couronne centrale des épis. À 35-36 % MS, l’amidon laiteux ne représente qu’une goutte à la base du grain. Pour plus d’informations, retrouvez le détail de la méthode d’observation visuelle pour déterminer le bon stade récolte du maïs fourrage.

Maîtriser la qualité du hachage

Le hachage a 2 objectifs apparemment contradictoires : - hacher fin pour faciliter le tassement du silo - laisser des brins assez longs pour la mastication des vaches. En pratique, il faut viser une finesse de hachage de l’ordre de 8 - 10 mm. Pour prendre en compte l’effet mécanique des outils de distribution (déssileuse, mélangeuse) on pourra ajouter entre 3 et 5 mm de longueur. Les gros morceaux (> 20 mm) sont indésirables car ils gênent le tassement du silo, et provoquent des refus à l’auge qui entraînent une baisse de consommation des vaches. La présence de plus de 1 % de gros morceaux traduit un défaut de réglage ou d’entretien de l’ensileuse. Il faut viser 10 % particules moyennes (de 10 à 20 mm), à l’auge. Moins il y a de particules moyennes, meilleur est le tassement, surtout si la teneur en MS du maïs dépasse 35 %. Le tamis secoueur est un outil efficace pour juger la finesse de hachage Dans les secteurs où le maïs ne se dessèche pas facilement (récolte en octobre, dans les

régions voisines de la Manche), il n’y a pas d’inconvénient pour la conservation à augmenter la longueur de coupe (15 à 20 % de particules moyennes). Cependant, on a mesuré dans les essais sur vaches laitières une baisse de l’ingestion (moins 0,5 kg de MS) pour un hachage trop grossier, ainsi qu’une baisse de l’efficacité de la ration quand le maïs contenait moins de 5 % de particules moyennes (moins 5 % d’UFL valorisées). La longueur des particules n’est pas le principal facteur de maîtrise de l’acidose. Il faut d’abord veiller à la composition des rations : pas plus de 28 % d’amidon dans la ration des vaches laitières en première moitié de lactation. L’attaque des grains est à adapter à la maturité du maïs. L’amidon vitreux des maïs à plus de 32 % MS a besoin d’être fractionné pour que sa digestion soit optimisée : c’est le rôle des éclateurs de grains disponibles sur la plupart des machines. Rappelons enfin que la coupe des particules doit être franche et nette, ce qui nécessite l’affûtage régulier des couteaux de l’ensileuse.

Prévoir un avancement rapide du front d’attaque du silo

Dans le silo de maïs fourrage, les pertes interviennent surtout au front d’attaque, pendant l’utilisation de l’ensilage. Une des conditions à respecter pour éviter les échauffements consiste à avancer le front du silo plus vite que la reprise des fermentations. On retient généralement les valeurs suivantes d’avancement du front d’attaque : 10 cm par jour en moyenne en hiver, 20 cm par jour en moyenne en été. La largeur et la hauteur des silos doivent donc être adaptées à cette vitesse de consommation.

Éviter la présence de terre dans le silo

La terre apportée par les roues des tracteurs et des remorques est une source de spores butyriques qui mettent en péril la bonne

conservation du silo. Pour éviter ce risque, préférer les silos en sol bétonné et les zones de circulation proches du silo en terrain stabilisé.

Tasser pour enfermer le moins d’air possible dans le silo

L’objectif après récolte est d’obtenir rapidement un milieu anaérobie, avec un pH inférieur à 4, pour favoriser les fermentations lactiques, tout en évitant les échauffements et les moisissures. Plus le maïs est récolté vert et humide, moins le silo tassé conserve de porosité. On estime qu’à 30 % MS, on enferme environ 1 litre d’air par kg de matière sèche. En quelques heures (3 à 4) il n’y a plus d’oxygène dans le silo et les bonnes fermentations se déroulent sans délai. Quand le maïs fourrage est plus sec (35 % MS), chaque mètre cube du silo est plus difficile à tasser. Le hachage fin est utile pour augmenter la densité de matière sèche. L’air enfermé dans le silo représente alors 3 à 5 litres par kg de matière sèche. Les cellules encore vivantes du maïs sont moins actives: il faut donc beaucoup plus de temps pour épuiser l’oxygène enfermé (3 à 5 jours). Pendant ce délai, les bonnes fermentations lactiques ne démarrent pas, mais les levures et moisissures se multiplient. Si le silo est bien hermétique, leur activité s’oriente vers une vie ralentie et cesse d’échauffer le silo…. Avec l’utilisation d’ensileuses à très grand débit et de remorque de gros tonnages, il devient difficile de réaliser un bon tassement. Le tracteur tasseur n’a plus le temps d’effectuer un travail correct, surtout en cas de taux de MS élevé. Dans ce cas, il peut être intéressant de prévoir la confection simultanée de 2 silos avec 2 tracteurs tasseurs.

Mettre le fourrage à l’abri de l’air du premier au dernier jour

L’absence d’oxygène est nécessaire pour que les fermentations se déroulent bien. Le renouvellement de l’oxygène relance les échauffements… Le jour de la récolte, la fermeture du silo doit donc être le plus hermétique possible, grâce à une bâche plastique de qualité, bien posée et bien protégée. En cours d’utilisation, on veillera également à vérifier la bonne étanchéité du silo et l’absence d’entrée d’air (trou dans la bâche, front d’attaque). En effet, en présence d’oxygène les fermentations reprennent et les moisissures apparaissent. C’est la principale cause de pertes de matière sèche lors de la conservation du maïs fourrage. www.arvalis-infos.fr

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Oléagineux

Colza et Tournesol

Des cultures qui reviennent en force Azeddine EL BRAHLI, Agronome, consultant SG de l’APCO- Association cultures oléagineuses Region Casblanca /Settat Les oléagineux, omis dans l’étude de Mackenzie et puis relégués au second ordre dans la stratégie du PMV, ont été relancés suite à l’achat des parts sociales de la société nationale d’investissement (SNI) par le groupe français Sofiprotéol qui est devenu ainsi propriétaire majoritaire de la société Lesieur Cristal. Des études approfondies menées par le ministère de l’agriculture et une autre par la FAO commanditée par la Banque européenne d’investissement et de reconstruction, ont conclu à l’opportunité de produire et manufacturer localement les graines de tournesol et colza.

E

n effet, durant les années 90 les superficies des oléagineuses ont atteint presque 200 mille hectares essentiellement le tournesol, ce qui montre son adaptation sans équivoque aux conditions agro écologiques marocaines. La production a été organisée autour de COMAPRA, une société nationale dissoute suite à la chute des prix, à la conjoncture économique difficile de l’époque et à l’arrêt du prix minimum garanti. L’état s’était désengagé du soutien de ces cultures en laissant les triturateurs se procurer la graine aux prix assez bas du marché international alors que d’autres industries se contentent du raffinage de l’huile brute ou juste de la mise en

Colza au stade remplissage des graines à Loghlimyine (Chaouia) 74

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bouteille des huiles importées en vrac. Il faut noter que ces cultures ont une grande importance dans la sécurité alimentaire de notre pays aussi bien en huile qu’en tourteaux. Un quintal de tournesol ou de colza écrasé donne environ 40 litres d’huile et 60 kg de tourteau ayant entre 34 et 40% de matière azotée digestible. Ces deux produits à eux seuls représentent 60% de la valeur des importations marocaines des produits agricoles.

Comment s’organise la filière aujourd’hui ?

Suite à l’introduction de la filière dans le PMV, L’ensemble

des acteurs s’organisent autour de la fédération interprofessionnelle des oléagineuses FOLEA. Les producteurs sont représentés par l’Association marocaine des producteurs des oléagineux AMAPROL et celle des industriels des oléagineux du Maroc ANIOM. Cette dernière est représentée par les deux principaux triturateurs Lesieur-cristal (2/3) et BLH (1/3) qui forment un groupement d’intérêt économique GIOM ou groupement des industriels des oléagineux marocains. Le rôle du GIOM est l’implémentation et la mise en œuvre du contrat programme ratifié avec le gouvernement en 2014 pour la relance des oléagineux.

Tournesol en semis direct à Merchouch date de semis 25 février 2018 www.agri-mag.com


Les principales clauses du contrat-programme

Le contrat-programme repose sur la réalisation d’un premier objectif de production sur une superficie d’environ 127.000 ha où le tournesol représentera 85.000 et le colza 42.000 ha. L’agrégation promue par le PMV étant le cadre institutionnel qui lie le ministère de l’agriculture, le GIOM en tant qu’agrégateurs et les agriculteurs en tant qu’agrégés. Ce processus garantit aux producteurs un débouché à leur production selon un prix préétabli comme il leur accorde plusieurs avantages d’encadrement, de support, l’accès aux équipements et aux nouvelles technologies. Il procure aussi à l’agrégateur des primes sur le volume collecté. On doit souligner au passage, que si l’agrégation a réussi dans certaines filières comme les plantes sucrières, les agrumes, le lait ou l’huile d’olive qui opèrent dans le secteur irrigué, dans les régions pluviales on ne trouve que très peu d’adoption de ce modèle innovant de contractualisation. L’engagement dans cette aventure du GIOM est une opportunité pour les producteurs des zones pluviales, souvent relégués en second plan en matière d’investissement qui s’explique par leur précarité face aux risques climatiques. Les comparaisons souvent avancées entre filières n’ont pas lieu d’être et l’implication dans ce milieu devrait être encouragée et soutenue afin d’œuvrer pour une agriculture durable.

Répartition de la superficie et de la production par région Régions agricoles

Sup (Ha)

Prod(T)

Rend. (Qx/ha)

Fès- Meknès

1 530

966

6,3

Tanger- Tétouan

1 087

946

8,7

Rabat-Salé-Kenitra

14 675

20 578

14,0

Casablanca- Settat

156

333

21,3 *

Total

17 448

22 822

13,1

*Tournesol irrigué en dérobé dans la région de Tnine lghrbia

Quels sont les premières sorties (output) du contrat programme

Les superficies emblavées en colza et tournesol sont encore loin des objectifs. La figure ci-contre montre l’évolution des superficies qui suit la pluviométrie de l’année. Ainsi après une évolution positive de 2012 à 2016 avec 57.000 ha on chute en 2017 à 17.500 ha.

Zone inondée du Gharb qui sera désitinée au tournesol comme culture de rattrapage de la saison

Quant au colza, une nouvelle culture dans le système de prowww.agri-mag.com

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Colza en floraison à Khenichet (Gharb)

duction, sa culture reste encore en phase d’introduction et les premiers résultats laissent prévaloir un potentiel d’adoption plus important à court et moyen terme.

Quelles perspectives pour la filière oléagineuse au Maroc

En raison des nombreux avantages agronomiques, économiques et sociaux de ces cultures qui pourraient assurer la sécurité alimentaire du pays aussi bien en huiles qu’en tourteaux, ces dernières sont indispensables aux filières viande et lait vu que nous sommes dépendants entièrement du marché Brésilien et Américain en tourteau de soja.

Potentiel de ces cultures dans les systèmes de culture

L’étude qui a été menée par la FAO citée ci-dessus, avait montré que les rotations qui faisaient entrer les oléagineux soit en rotation 76

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biennale ou triennale étaient plus rentables que celle de céréale sur céréale où on inclut une féverole. La rentabilité provient d’une part de ces cultures comparées à une légumineuse ou un deuxième blé qui souvent est l’objet de parasitisme et nécessite plus d’engrais et de pesticides. A signaler que les meilleures parcelles de blé au Maroc en cette campagne sont sur précédent colza.

Spécificité technique du colza

Le colza est une plante faisant partie des Brassicacées, une famille dont les espèces se retrouvent partout au Maroc. La recherche dans les pays avancés en a fait une nouvelle culture riche en huiles et protéines aussi riche sinon plis que le soja qui est conduit en culture de printemps ou d’été avec d’importants besoins en eau. Le colza est plutôt cultivé en hiver donc bénéficie de l’eau des pluies et l’utilise de manière plus efficiente rien que par le fait de pousser et se développer en période où l’évapotranspiration est faible. Cependant, cette

culture est d’une part méconnue par les agriculteurs et d’autre part plus délicate à conduire. En effet, le colza une petite graine semée à 3 kg /ha a besoin d’un lit de semence bien préparé avec de la terre fine, une condition difficile à réaliser car rares sont les agriculteurs qui disposent d’équipement adéquat et particulièrement lorsqu’on veut réaliser un semis précoce sur un sol sec. La deuxième contrainte est la disponibilité des semoirs qui peuvent semer 3 kg à une profondeur précise de moins de 3 cm. Il faut dire que les semoirs des céréales qui dominent dans le marché sont des bas de gamme (low cost) de la technologie dont la finalité est d’enfouir la semence sans une grande précision de profondeur, répartition voir de quantité. Avec de tels semoirs il y a lieu d’être vigilent et surtout précéder le semis par une herse et un rouleau pour niveler et affermir le lit de semences. La fertilisation, elle aussi devrait être non limitante autrement le colza sera chétif sans grand intérêt. Le parasitisme et les maladies sont maitrisables pour le moment. Le GIOM a fait de son mieux malgré la lenteur du processus d’homologation et d’inscription pour mettre à la disposition du marché les pesticides et semences appropriés. En fin, une opération aussi importante que les précédentes est celle de la moisson. Les réglages nécessaires ne sont souvent pas très appliqués par les prestataires disposant de machines anciennes de plus de 40 ans. L’effort consenti par la FOLEA surmonte peu à peu ces contraintes. Les agriculteurs qui l’ont essayée trouvent que c’et une culture intéressante qui leur assure directement un revenu substantiel avec des rendement qui ont attient 3.5t/ha et indirectement pour le rendement supérieur des blés qui suivent le colza .

Conduite du tournesol

Même si c’est une culture familière aux agriculteurs, la surface en tournesol comme sa conduite www.agri-mag.com


Tournesol non irrigué à Doukkala, Mai 2018

s’adaptent aux conditions climatiques de l’année. D’abord c’est une culture de printemps dont la germination et le développement ne supportent pas le gel mais tolèrent mieux que le maïs les températures diurnes basses entre 5-10°C. Elle est également pratiquée dans les sols profonds qui peuvent stocker l’eau d’hiver des fameuses « Liali ». Autrement, se contenter des pluies de printemps est une aventure trop risquée. Les périmètres qui concernent cette culture sont les zones inondées du Gharb et les plaines du Loukkos. Le tournesol est ainsi une culture difficile mais en quelque sorte prévisible si on arrive à admettre que sa réussite dépend des deux facteurs sol profond avec un stock d’eau empiriquement de 300 mm. Une étude qui établira un modèle de gestion de risque qui mettrait en relation le rendement avec cet aléa de disponibilité en eau, aiderait à la prise de décision sur la plantation de cette culture et sa gestion en matière de peuplement et de fertilisation. Un autre levier pour une meilleure efficience de l’utilisation de l’eau est le semis direct sous couvert végétal qui rentabiliserait et étendrait cette culture dans le Saïs, Nord ouest de la région de Fes-Meknès. Un potentiel réel non exploité est celui du semis précoce, mi-décembre, du tournesol dans les plaines côtières qui ne www.agri-mag.com

présentent pas de risque de gel et dont l’humidité relative est élevée. Une autre expérience de semis en dérobé après la culture de betterave ou du blé dans le périmètre de Doukkala entamé par FOLEA en été 2017 a été très appréciée par les agriculteurs et ce à plusieurs égards. D’abord des besoins en eau limités à deux irrigations une pour assurer la levée et l’autre au stade bouton floral. Puis c’est une culture très peu exigeante en fertilisants et produits phytosanitaires, et cerise sur le gâteau, un bon précédent pour la betterave culture principale de la région. Les 150 ha d’une cinquantaine d’agriculteurs avaient un rendement entre 20 et 32 qx/ha sur une période de 90 jours sans de gros investissement

Colza à Ain Taoujtate (Meknes)

que demanderait un maïs ou une tomate avec un marché très volatile. Une demande très forte exprimée durant cette campagne a buté sur les restrictions d’eau induites par les réserves insuffisantes au niveau barrage. En définitive, les pouvoirs publics ont une opportunité de développer la filière des oléagineuses par le soutien à la FOLEA qui opère dans les zones pluviales, où les agrégateurs de céréales ont fait des efforts encore timides (0.6% de la surface emblavée). La FOLEA a aujourd’hui pu convaincre les agriculteurs de se reconvertir à ces cultures sur une surface de plus de 20.000 ha un peu loin des objectifs mais avec tendance à la hausse. Ecole au champs ou FFS (farmer field school) sur le colza à Jorf lmelha Encadré par l e CCA-ONCA Had Kourt

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édition de Juillet/Aout 2018

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