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Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

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Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017


EDITIONS AGRICOLES Sarl de presse Au capital de 100 000,00 dhs R.C.: 127029 I.F.: 01006251 Patente N° : 35870166 Autorisation : GROUPE HASSAN DERHEM 22 bis, rue des Asphodèles Résidence Zakia - Quartier Burger 20380 Casablanca Tél. : 212 (0) 522 23 62 12 212 (0) 522 23 82 33 agriculturemaghreb@gmail.com www.agriculturedumaghreb.com

Directeur de publication Abdelhakim MOJTAHID

Rédacteur en Chef Ingénieur Agronome Abdelhakim MOJTAHID

Journalistes Ingénieurs Agronomes Abdelmoumen Guennouni Hind ELOUAFI

Ont participé à ce numéro : Prof. M’hamed Hmimina Dr. AbbèsTanji Yassine Jamali Mme Oumkaltoum Krimi Bencheqroun

Facturation - Abonnements Khadija EL ADLI

Directeur Artistique Yassine NASSIF

Imprimerie PIPO

Tous droits de reproduction autorisés avec mention impérative et complète du journal.

Edito

Mondialisation et rôle de l’Etat

P

armi les secteurs agricoles qui font l’actualité au cours de ces derniers mois, ceux des agrumes et des petits fruits rouges. Ces deux filières, parmi d’autres, ont en commun les efforts fournis par les producteurs et autres intervenants et leurs organisations professionnelles aussi bien dans le domaine de la production, conditionnement, etc. que celui de la promotion et marketing. Après la participation des associations aux salons internationaux, Fruit Logistica de Berlin (voir p 20) étant le dernier en date, elles ont engagé des activités dignes d’être saluées : les agrumes par la tenue, pour la première fois, de journées nationales de réflexion sur l’avenir de la filière (en apportant non seulement des doléances, mais aussi des recommandations -voir p 6). Quand aux petits fruits rouges, c’est par l’organisation d’un salon dédié à ce secteur hautement dynamique de l’agriculture marocaine d’exportation (voir p 26). Autre point commun, celui des producteurs. En effet, dans les deux cas ils font face à toutes sortes d’aléas et difficultés, font preuve de courage dans leurs activités et leurs investissements, malgré les nombreuses contraintes et la faible visibilité qui leur est offerte en termes de commercialisation et d’avenir (du moins pour les agrumes). Les producteurs ont donné à leurs filières respectives, l’importance qui est la leur aujourd’hui grâce à des efforts continus et de longue date, dans les domaines techniques, du respect de leurs engagements (contrats programmes), de la recherche de l’innovation, du respect des normes sévères qui leur sont imposées (certifications multiples), des droits sociaux des ouvriers, etc. Mais les professionnels de ces filières, comme tous les acteurs des autres secteurs de l’agriculture marocaine, ont encore besoin de l’Etat pour leur encadrement, leur orientation, l’appui à leurs actions par le financement, les aides, les subventions, une vision nationale de l’agriculture en

tant que garant de la sécurité alimentaire et d’apporteur de devises, de fournisseur d’emplois aux habitants ruraux qui en ont grandement besoin, etc. Cependant, dans le cadre d’une mondialisation sauvage, où la loi du plus fort prédomine, on ne peut pas demander à nos agriculteurs de rivaliser avec des concurrents bénéficiant de toutes sortes d’aides et soutiens et de la protection d’Etats qui usent de tous les moyens pour défendre leurs intérêts et pour l’établissement d’accords commerciaux qui leur sont toujours favorables. Nos autorités de tutelle se doivent donc d’être sur la brèche et non seulement d’encourager les extensions de superficies et de production sans voir plus loin les débouchés à même d’en absorber les produits et sans envisager leur impact national et international. La crise qu’ont connue les petits agrumes cette année en est témoin. Il est malheureux d’assister à la destruction de produits qui ont demandé tant d’efforts à tous et qui ont mobilisé des ressources que notre pays ne peut se permettre de gaspiller. Dans la situation actuelle de notre agriculture, une transition s’impose avant que les acteurs des différentes filières puissent voler de leurs propres ailes. Des solutions purement nationales, existent et il suffit d’avoir le courage de les appliquer.

Abdelmoumen Guennouni

Journaliste

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Sommaire 20

FRUIT LOGISTICA 2017

- Les meilleures affaires à l’édition anniversaire - Participation marocaine

DOSSIER Petits fruits rouges 26

L’un des secteurs les plus dynamiques de l’agriculture marocaine - Le secteur de la fraise - La framboise et la myrtille 40

Fertilisation de la pomme de terre

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La tavelure du pommier Les bons réflexes 52

Maïs

lutte contre les adventices 64

La main d’œuvre agricole :

récriminations patronales et ouvrières 68

Désherbage tardif des céréales : pas de traitement chimique au stade épiaison

46

Tuta absoluta Une journée de sensibilisation à Agadir 52

Raisin de table Les principales maladies cryptogamiques 56

Pulvérisateurs Bien réglés, ils pulvérisent mieux

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Dégrasation des sols en régions arides Des idées pour y faire face 72

L’olivier pour l’atténuation des effets des changements climatiques 74

Petites Annonces

Nos annonceurs AGQ 41 AGRIMATCO AGRIMATCO AGRIMATCO AGRIPHARMA AMPP ARYSTA BASF BASF BASF

27 32 47 35 19 49 29 53 63

4

BAYER BODOR CMGP EKLAND Elephant Vert Elephant Vert EURODIRP FELEM FERTIMED IRRISYS

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59 39 76 30 37 45 44 55 43 13

LALLEMAND MAGRISER MAMDA MEDFEL NETPAK NOVAKOR Phytoloukos SAOAS SIFEL Salon TECNIDEX

31 5 2 15 35 36 38 51 61 7

TIMAC Agro

75

YARA

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Cahier ARABE CMGP MAMDA SALON SERDI


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Actu Journées Agrumes Actu Filière

de l’ASPAM

1re édition pleinement réussie La filière agrumicole vit actuellement, et depuis quelques années déjà, une crise qui menace son avenir aussi bien à l’export que sur le marché local. Les agrumiculteurs subissent de plein fouet la conjonction de plusieurs facteurs qui font de cette activité agricole l’une des plus risquées quand à sa rentabilité et à la visibilité que les professionnels attendent pour aller de l’avant. C’est dans ce cadre que l’ASPAM, association des producteurs d’agrumes du Maroc, a pris l’initiative d’organiser à Agadir les 24 et 25 février derniers, des journées regroupant des représentants de toutes les composantes de la filière et de toutes les sections des régions de production dans le pays. Des agriculteurs, des conditionneurs, des fournisseurs d’emballages, etc. se sont réunis dans le but d’étudier la situation actuelle de la filière

et de réfléchir aux moyens à même de solutionner les problèmes auxquels ils font face. Les objectifs spécifiques fixés à ces journées visent à dresser un état des lieux du secteur de la production des agrumes au Maroc et à élaborer un plan quinquennal de mise à niveau et de développement du secteur. Des études présentées à cette occasion, montrent les réalisations effectuées dans le cadre du contrat programme

2008-18, premier contrat programme signé dans le cadre du PMV avec la profession et ce 9 ans après sa signature et à la veille de sa dernière année. Lors de la séance inaugurale et après les discours de bienvenue, M Abdellah Jrid, Président de l’Aspam, a mis en exergue le producteur comme base de toute l’activité agrumicole. Il a souligné les sacrifices que celui-ci ne cesse de concéder et sa position de principale victime de la situation qui dure

depuis 5 années sinon plus. M Jrid a signalé aussi que le système d’assurances mis en place pour l’agriculture n’a pas marché dans le secteur des agrumes, vu qu’il ne couvre pas les risques majeurs de cette activité essentielle pour notre pays. M Jrid s’est aussi arrêté aux contraintes structurelles, climatiques et de gestion, ainsi qu’à la nécessité de trouver les solutions permettant de remettre le secteur sur les rails et de redonner confiance et espoir au producteur d’agrumes au Maroc.

Déroulement des travaux

Quatre ateliers ont été organisés lors de la première journée. La profession entendait, à travers leurs travaux, ‘‘sortir avec des recommandations claires et un plan d’action portant sur la mise à niveau du secteur de la production des agrumes en relation avec les autres maillons, notamment le conditionnement, la commercialisation et la transformation’’ indique le programme des journées. Ces atelier ont regroupé des participants des différents secteurs d’activité de la filière qui ont pu discuter largement des contraintes entravant la filière et sont sortis avec des recommandations de mesures pour dépasser cette crise. Les recommandations des quatre ateliers ont été rédigées par des commissions 6

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M. Abdellah JRID, Président de l’ASPAM

choisies parmi les participants, et présentées lors de la séance de cloture qui a eu lieu en fin de deuxième journée. Ci après, l’intégralité des recommandations telles que présentées aux participants :

Commission 1 :

Production d’agrumes et production de plants (Pépinières)

1. Contrôle des parcs à bois des pépinières : • Implication des services du ministère de l’agriculture dans le choix des variétés et portegreffes en s’assurant de leur adaptation à la région concernée • Enrichissement du profil variétal avec des variétés à haute valeur ajoutée  : mettre en place les mécanismes requis à cet effet • Renforcement des mesures de contrôle des pépinières, notamment l’authenticité et l’état sanitaire des parcs à bois certifiés • Etablissement d’une collection nationale de référence pour les agrumes • Instaurer les essais DHS pour l’enregistrement et la protection des nouvelles obtentions variétales (nationales et étrangères) 2. Production : • Harmonisation de la production par région (recommander les variétés et les combinaisons adaptées par région) • Rééquilibrage variétal o Clémentines super précoces o Les petits fruits tardifs o Les oranges  o Les oranges pigmentées (Washington sanguine, Sanguinelli, Torocco et Moro) 8

3. Subventions • La commission suggère de maintenir les subventions comme elle sont et les assigner ainsi : o 4.000 dh/ha aux PF conventionnels o 8.000 dh/ha aux PF superprécoces et tardifs o 11.000 dh aux oranges • Privilégier le renouvellement des vieux vergers 4. Encadrement  : mettre le point sur les actions pouvant aider à l’amélioration des rendements de la qualité et du taux export • Encadrement ONCA  : Redéfinir les objectifs de l’ONCA et le doter des compétences adaptées à même de relever les défis de l’encadrement du secteur des agrumes • Conseil agricole  : Promouvoir l’intervention des conseillers agricoles et améliorer les moyens de motivation qui leur sont assignés • Généraliser la cueillette sélective et fixer le tarif du conditionnement sur le TV • Contrôle de la qualité, des prix des intrants et de la qualification des distributeurs et opérateurs du secteur • Demander plus de vigilance aux services officiels pour un contrôle renforcé de l’ensemble des intrants concernant le secteur agricole • La profession demande la suppression des taxes appliquées aux intrants agricoles 6. Cératite Le projet TIS installé au Souss travaille pour l’ensemble du secteur des agrumes au Maroc. Il faut lui apporter plus de soutien pour sa mise en place. Assouplir la procédure d’octroi des subventions pour tous les produits homologués pour la

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lutte contre la cératite 7. Fiabilité des estimations de récolte Pour les estimations de la production, demander à la direction des statistiques et de stratégie plus de coordination avec la profession (timing 1er estimation en juillet et mise à jour en septembre)

Commission 2 : Conditionnement, emballage et transformation

La réflexion des participants s’est articulée autour des axes suivants : 1. La valorisation de la production d’agrumes 2. L’amélioration du net producteur 3. La modernisation de l’outil de conditionnement 4. L’optimisation des investissements 5. La capitalisation des ressources humaines 6. Encouragement de la recherche et développement Après débat la commission a proposé les recommandations suivantes : • La prestation de conditionnement sera calculée sur la base du ‘tout venant’. Le détail de coût de la prestation et les mesures d’accompagnement seront élaborés au niveau de l’ASCAM • Mobilisation de l’aide de l’état à travers une subvention pour : o La création de nouvelles unités de conditionnement et de transformation des agrumes o La mise à niveau des stations de conditionnement et transformations existantes

(Réaménagement des aires de la station, renouvellement des infrastructures de conditionnement et de conservation) o Le montant de ladite subvention est au minimum de 30% sans plafonnement • Mobilisation de l’aide de l’état à travers une subvention pour : o Certification des stations o Mise en place des systèmes d’information et de traçabilité o Encadrement des producteurs affiliés (certifications et traçabilité, mise en place des protocoles ONSSA pour la Russie et les USA) o Le montant de ladite subvention est de 100% • Encourager la valorisation des produits de la 2ème catégorie destinés au marché Afrique par les mesures suivantes o Instauration d’une subvention au niveau emballage o Encourager la logistique par voie maritime pour éviter les difficultés du transport par la voir terrestre • Mise en place de formations professionnelles dédiées au métier de conditionnement et d’emballage pour pallier les problèmes liés au manque de qualification • Réalisation d’étude intégrale au niveau national et international sur la consommation de jus d’agrumes et dérivés pour la promotion de ce secteur (RD, production et commercialisation) • Mise à niveau de la logistique et infrastructures aux différents ports d’exportation pour améliorer le flux (quai de débarquement, entrepôts frigorifiques et pré cooling, démarches administratives et système de contrôle)


• Installation d’un système de mutualisation d’utilisation des chambres froides en vue de réduire le coût d’investissement au niveau de froid • Prévoir une subvention spéciale pour la construction au niveau des ports, des entrepôts frigorifiques. Cette subvention concerne aussi les réaménagements des chambres froides classiques déjà existantes au niveau des ports, en unités de pré-réflrigération • Prévoir le maintien, tout au long de l’année, des allocations familiales de la CNSS et la couverture AMO pour la main d’œuvre saisonnière • Pour assurer la compétitivité du produit marocain au niveau des pays de destination, une étude est recommandée pour établir la cascade des coûts de revient par rubrique au niveau de toute la chaine de conditionnement : depuis la récolte jusqu’au port • Vu la rareté des produits homologués sur agrumes au Maroc, en post récolte, revoir la procédure d’homologation de l’ONSSA

Commission 3 : Commercialisation à l’export

Diagnostic de la situation des exportations • Chaine de valeur et logistique : Manque de compétitivité coût du Maroc perçu par les opérateurs • Rendement à l’hectare trop faible comparativement à celui des concurrents • Déficit de compétitivité par rapport à la Turquie et l’Egypte (eau, énergie, subventions) et déficit structurel par rapport à l’Espagne sur les marchés

européens, dû à la situation géographique et aux problématiques logistiques • Situation des marchés d’exportation du Maroc : • Changements structurels sur le marché russe, lié à : • l’augmentation de la part de la grande distribution avec une tendance vers les ventes directes • Effet de la régulation des prix mise en place sur la capacité de chaque exportateur à répondre individuellement aux grandes quantités demandées par la grande distribution • Prédisposition croissante des acheteurs à changer de fournisseur pour une petite différence de prix (exemple donné en Russie) • Absence ou quasi absence des marchés européens (notamment la France, l’Allemagne et la Pologne) • Difficulté d’accès aux marchés d’Afrique de l’ouest, pourtant prometteurs, du fait des barrières douanières trop élevées • Subventions et soutiens publics : Demander un arsenal de subventions pour contribuer à résorber le déficit de compétitivité du Maroc. Parmi d’autres possibilités évoquées : o Des subventions à l’export (à la tonne exportée) o Des subventions sur le fret maritime o Des subventions pour la mise en place de plateformes d’importation dans les nouveaux marchés prioritaires • En contrepartie de ces subventions proposer la possibilité de réduire les subventions à la plantation notamment des petits fruits actuellement dominants • Sensibiliser la sphère pu-

blique à la difficulté d’accès aux marchés d’Afrique de l’ouest fortement liée aux barrières douanières trop élevées (exemple du Sénégal)

Commission 4 : Commercialisation marché local

1. Agrégation et intégration des petits producteurs dans des coopératives pour mieux intégrer leur production 2. Incitation à la contractualisation entre coopératives et grossistes 3. Fixation d’un prix minimum sur le marché local au niveau des stations de conditionnement et vergers 4. Mettre en place un règlement intérieur à court terme des marchés de gros. Exemple la définition des intervenants dans les marchés et les horaires des transactions 5. Accélérer la mise en place du plan directeur de restructuration des marchés de gros en impliquant l’interprofession « Maroc Citrus » 6. Mettre en place un système d’information performant sur les marchés de gros permettant d’avoir des informations sur les prix et les quantités commercialisées par produit en temps réel 7. Définir la marge commerciale maximale au niveau des marchés de gros et des détaillants pour régler les prix de vente pour les producteurs et les consommateurs finaux 8. Donner la possibilité aux producteurs organisés dans des stations de conditionnement agréées par l’ONSSA de commercialiser directement sur des points de vente sans passer par les marchés de gros

9. Valorisation des agrumes par le conditionnement en ayant des prix adéquats des emballages 10. Organiser des campagnes de publicité et de marketing pour stimuler la consommation et changer l’image actuelle de qualité des produits chez le consommateur marocain 11. Encourager le développement des unités de transformation pour mieux valoriser le produit 12. Intégrer les associations professionnelles relatives aux maillons de la chaine non présentes à Maroc Citrus tels que les grossistes et la logistique 13. Faire une étude sur les circuits de la commercialisation et de la distribution des agrumes au niveau national pour déterminer les caractéristiques de chaque circuit 14. Lancer une étude sur la répartition de la marge commerciale le long de la filière agrumicole Ces recommandations, présentées lors de la séance de clôture par les représentants des 4 commissions, seront transmises au conseil d’administration de l’ASPAM qui se chargera de les transmettre aux autorités de tutelle et d’en suivre l’application. Les participants à ces journées ont exprimé leur satisfaction des débats et des idées et recommandations auxquels ils ont abouti de même que leurs espérances que leurs doléances trouveront des oreilles attentives en vue de solutions durables aux problématiques que vit la filière.

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Actu Actu Association

L’APNM tient son Assemblée générale ordinaire

C’est dans le Centre Régional de la Recherche Agronomique de Kénitra que l’Association des Producteurs de Nadorcott au Maroc (APNM) a choisi de tenir son Assemblée Générale Ordinaire, le 16 février 2017. L’APNM dont la principale mission est de préserver et promouvoir la variété du mandarinier Nadorcott, est composée de l’ensemble des producteurs de Nadorcott au Maroc qui détiennent une licence de production. L’INRA se devait d’accueillir cette réunion, étant donné que c’est dans l’une de ses stations et précisément celle d’Afourer qu’a été décelée la mandarine Nadorcott par le chercheur Nadori El Bachir. C’est la collaboration entre l’INRA et la Direction des Domaines Agricoles qui a permis de mettre au point cette variété tardive de mandarinier qui marquera l’histoire contemporaine de l’agrumiculture méditerranéenne. Les participants à cette AG, ont eu connaissance des activités de l’association durant la précédente campagne, parmi lesquelles on peut citer : - la forte croissance des exportations due à la grande évolution des superficies dédiées à Nadorcott, - la mise au point du label qualité ‘‘Morocco Nadorcott Seedless’’ et nomination d’une commission pour élaborer le cahier des charges du label,  qui a été déposé comme marque - organisation de journées L’assemblée Générale, qui a connu la participation massive des producteurs nationaux de Nadorcott, avait pour ordre du jour : - La présentation des rapports d’activités et financier de l’association - Le renouvellement des membres du Conseil d’Administration au nombre de 14 L’occasion également de faire un bilan des réalisations lors de

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techniques au profit des producteurs à travers les régions de production - organisation et supervision de l’installation du système de traçabilité Gesvatec dans les stations - participation à différents salons internationaux avec pour objectifs d’accroitre la notoriété du nouveau label et de développer les ventes de la Nadorcott marocaine - lancement d’études de Benchmark et sur la notoriété de la Nadorcott marocaine dans différents pays.

la précédente campagne et annoncer les mesures envisagées pour l’avenir.

Situation de la variété en 2016

La mandarine Nadorcott est produite dans 7 grandes régions du Royaume dans des vergers 100% isolés afin d’éviter la pollinisation avec d’autres variétés. Cet isolement empêche la pollinisation entre les arbres de Nadorcott et ceux des autres

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variétés d’agrumes et garantit l’auto-stérilité du mandarinier Nadorcott et donc l’absence de pépins dans les fruits. La surface qui lui est dédiée a connu une grande évolution puisque le nombre d’arbres plantés est passé de 299.862 avant 2002 à près de 5 508 685 pieds actuellement, soit l’équivalent de 6  635 ha. La répartition régionale des plantations est comme suit  : Chichaoua 36%, Marrakech 19%, Souss 18%, Gharb 15%, Safi 6%, Béni Mellal 4% et Kelaa 2%. Cette production concerne 166 producteurs détenant 223 licences, qui mettent tous les moyens en œuvre pour garantir un Label qualité répondant à un cahier des charges et garantissant l’origine de la production et le caractère sans pépin. Les unités de production sont certifiées selon les référentiels en vigueur reconnus à l’international dont la certification « Global GAP » et la majorité d’entre elles sont en cours de certification « Nature Choice ». La production s’étale de janvier à fin avril, ce qui permet une commercialisation de mi-jan-

vier à mi-mai et donc une disponibilité tardive sur les étals qui la différencie des autres variétés de mandarine, satisfaisant à la fois les consommateurs et les distributeurs. Quant aux exportations, elles sont passées de 14.000 tonnes en 2007, à 105.890 en 2016 et avec des prévisions de 110.964 en 2017. En effet, naturellement sans pépins et dotée d’une peau permettant un épluchage facile, la mandarine Nadorcott est plébiscitée par les consommateurs du monde entier. 27 stations sont agréées et équipées du système de traçabilité Gesvatec : 14 dans le Souss, 6 à Marrakech, 3 à Casablanca, 2 à Béni-Mellal et 2 au Gharb. En 2015-16 le nombre de producteurs pour l’export était de 77. Il est prévu qu’il passe à 88 en 2017.

Réalisations de l’association en 2016 Travaux de la commission technique

Le Conseil d’Administration via sa commission technique a mis au point le label qualité « Morocco Nadorcott Seedless » qui garantit des fruits savoureux et naturellement sans pépins. Il a également nommé une commission composée de producteurs, commerciaux et conditionneurs pour élaborer le cahier des charges du label « Morocco Nadorcott Seedless » qui a été validé.


L’APNM a également pour mission de fédérer les producteurs par le partage des pratiques culturales et du savoir­ -faire techniques dans un objectif d’amélioration continue de la production quantitative mais surtout qualitative de la Nadorcott et de la qualité intrinsèque du fruit. En 2016, quatre journées techniques ont été organisées, notamment à Marrakech et Agadir, dans l’objectif d’améliorer la qualité et la productivité de la Nadorcott du Maroc. Différentes thématiques ont été abordées : cueillette, fertigation, maladies de post-récolte, ravageurs et maladies, certifications de qualité

Contrôle des exportations

L’APNM a organisé et supervisé l’installation du système de traçabilité Gesvatec dans 3 nouvelles stations d’agrumes. Ce système fournit une garantie supplémentaire de l’origine et l’authenticité du fruit pour les exportations. L’agrément pour le conditionnement de la Nadorcott a été accordé moyennant la signature d’une convention (production sous licence uniquement, respect du label, etc.). Cette convention a été généralisée à toutes les

stations agréées. A nouveau cette année, l’APNM a sollicité la précieuse collaboration de l’EACCE pour le contrôle de l’authenticité et des exportations de Nadorcott. Et comme à leur habitude, les responsables de l’Etablissement n’ont pas tardé à répondre favorablement aux doléances de l’Association.

Travaux de la commission Marketing

Fière des qualités exceptionnelles de ce fruit unique cultivé au cœur de son terroir d’origine, l’APNM a lancé en janvier 2016 le label Morocco Nadorcott Seedless®. Ce label a été officiellement déposé en tant que marque au Maroc alors que le dépôt en Union Européenne, en Russie, aux USA et au Canada est en cours. Un plan de communication de grande envergure a été lancé pour imposer ce label comme synonyme d’exigence, de qualité et de confiance. Ce plan est basé sur plusieurs actions, notamment la création de nombreux supports de communication en plusieurs langues : leaflet de présentation du label, film d’animation, dossier de presse, Brand Book, site web dédié au label… De même, l’association a multiplié les actions

Stand très animé de l’APNM au salon Fruit Logistica

de communication en ciblant les supports spécialisés : - Insertions d’annonces et d’articles dans la presse professionnelle - Insertions de bannières dans les portails spécialisés - Diffusion de Newsletter auprès des donneurs d’ordre internationaux… En 2016, l’APNM a également pris part à des salons clés comme Fruit Logistica Berlin et World Food Moscow. Ces participations avaient pour objectifs  d’accroitre la notoriété du nouveau label « Morocco Nadorcott Seedless  » et de développer les ventes de la Nadorcott marocaine. Par ailleurs, et pour améliorer sa connaissance des différents marchés et ajuster les stratégies de développement, l’association a lancé de nombreuses études, dont ont peut citer : - une étude de Benchmark sur la Nadorcott en Grande Bretagne dont l’objectif est de construire une base de données qui permet d’identifier la supériorité des caractéristiques de la Nadorcott marocaine par rapport aux autres variétés concurrentes sur le marché anglais. Les résultats de l’étude ont révélé que la Nadorcott du Maroc est bien placée par rapport aux autres variétés testées - une étude de notoriété de la Nadorcott du Maroc adressée aux grossistes, aux centrales d’achat des grandes chaînes de distribution et aux plateformes

de distribution en Angleterre, Canada, Russie, France et Hollande. Un voyage au Pérou et Chili a également été organisé fin juillet 2016 au profit d’un groupe de professionnels marocains pour leur permettre de mieux connaître l’expérience latino-américaine en matière de production, de conditionnement et de commercialisation de la Nadorcott. Lors de ce voyage, les producteurs ont pu visiter 7 vergers d’agrumes, 3 stations de conditionnement et 1 pépinière. L’occasion de tirer des enseignements constructifs pour la Nadorcott marocaine et lier des contacts avec les homologues du continent sud-américain.

Ressources humaines

Pour mener a bien ses différentes missions, l’association a recruté un cadre permanent et envisage le recrutement d’un ingénieure agronome maîtrisant parfaitement l’anglais pour s’occuper des aspects techniques et procéder à une étude de benchmark international sur les systèmes de production, conditionnement et commercialisation mis en place dans différents pays exportateurs d’agrumes et de Nadorcott.

Newsletter trimestrielle

L’APNM a diffusé en Novembre 2016 sa première Newsletter trimestrielle. Cette dernière permet d’informer les membres de l’APNM des différentes activités entreprises par leur Association. Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

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Actu Actu Région

La région de l’Oriental Mieux valoriser le potentiel agricole

Que ce soit en grandes culture (céréales) ou en arboriculture (olivier, amandier), l’agriculture dans la région de l’oriental est en bonne voie grâce aux bonnes conditions climatiques de cette année, aux efforts de reconversion et à la plantation de superficies importantes de vergers.

Filière céréalière :

la campagne agricole 2016-17 s’annonce satisfaisante En général, les dernières précipitations et les chutes de neige au niveau des hauts plateaux placent sous de bonnes perspectives la campagne agricole 2016-17 au niveau de l’Oriental. En effet, le cumul pluviométrique moyen à fin janvier 2017 est de 155 mm contre un cumul de 92,2 mm enregistré au cours de la campagne agricole précédente à la même date, soit un surplus de plus de 68%. Les précipitations enregistrées durant les mois de décembre et janvier 2017 ont un impact positif sur le rythme d’avancement des activités agricoles. Ces dernières se sont intensifiées pour remédier au retard accusé en début de campagne surtout en zones pluviales. Ainsi, pour les céréales d’automne, le programme d’emblavement arrêté en début de la campagne agricole 2016-17 était de 320.000 ha. Actuellement, la superficie totale emblavée est de 416.614 soit un dépassement de 30% par rapport

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au programme et de 47% par rapport à la campagne 2015-16. Pour la multiplication des semences céréalières, le programme arrêté en début de la campagne a été totalement réalisé avec 2.713 ha, soit un dépassement de 35,7% par rapport au programme, dont 1.269 ha de blé tendre, 417 ha de blé dur et 1.027 ha d’orge. Concernant la commercialisation des facteurs de production au niveau des 30 points de vente dans la région de l’Oriental, la commercialisation des semences certifiées à fin janvier 2017 a enregistré une quantité record et a dépassé les 92.000 Qx contre 46.000 Qx vendus la campagne agricole 2015-16, soit un dépassement de 50 % ce qui montre le recours massif des agriculteurs à l’utilisation des semences certifiées. Pour la betterave sucrière, le programme arrêté au début de la campagne était de 2.500 ha suite au déficit hydrique enregistré au niveau du complexe hydroagricole de la Moulouya. Après les précipitations de décembre, ce programme a été revu à la hausse pour atteindre

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5.000 ha. Actuellement la superficie totale semée est de 5.007 ha, soit 100% du programme nouvellement arrêté au titre de la campagne agricole 2016-17. Globalement, l’état végétatif des cultures est qualifié de satisfaisant et la situation des céréales devrait évoluer favorablement compte tenu des précipitations enregistrées et des travaux d’entretien apportés par les agriculteurs.

La filière oléicole en pleine croissance

L’oléiculture dans la région de l’Oriental connait actuellement une grande expansion avec un accroissement important en termes de superficie qui est passé de 83 000 ha en 2008 à 115.000 ha actuellement, soit une augmentation de 39% répartie sur les provinces de Oujda-Angad, Berkane, Nador, Taourirt, Driouch, Jerada, Guercif et Figuig. Cette progression est fortement soutenue et stimulée par la mise en œuvre du Plan Agricole Régional qui a fait bénéficier l’agriculture solidaire d’une

attention particulière afin de lutter concrètement contre la pauvreté rurale en augmentant le revenu des agriculteurs dans les zones défavorisées. Dans le cadre de la mise en œuvre de ces projets agricoles solidaires, un programme de reconversion en arboriculture fruitière a été lancé afin de mieux valoriser le potentiel agricole des terres. En effet, cette stratégie s’est fixé pour objectif d’atteindre 153 000 ha de superficie plantée en olivier d’ici 2020. Durant la période 2010-16, 60 projets Pilier II sont lancés en mobilisant un budget global de 1,3 Md DH dont 23 projets oléicoles avec un investissement de 542 MDH pour 16.770 bénéficiaires. A fin 2016, la superficie plantée en olivier est de 24 994 ha, soit 74% du programme des plantations arboricoles. En termes de production, la filière oléicole a connu une nette croissance particulière en passant de 70.000 T en 2008 à 142.244 T lors de la campagne 2015-16, soit une progression de plus de 100%. Autour de 90% de la production est destiné à la trituration et à la conserve. L’objec-


tif est d’atteindre une production de 237 000 T d’ici 2020. Pour assurer une valorisation adéquate de la production oléicole, la Direction Régionale de l’Agriculture de l’Oriental mène des actions soutenues pour l’appui aux organisations professionnelles agricoles concrétisant ainsi la vision du Ministère de l’Agriculture pour le développement des produits de terroir, mais aussi pour accompagner la demande croissante en matière d’huile d’olive de bonne qualité. Cette importance particulière se traduit par la mise en place d’une unité de trituration des olives d’une capacité de 60 T/J au profit du GIE Ahlaf Taourirt et d’une deuxième unité d’une capacité de 60 T/J en cours d’installation au niveau de la province de Nador. Le Plan Agricole Régional prévoit la construction de 9 unités de trituration et l’équipement de 10 unités d’ici 2020. Cette importance se traduit également par l’appui à la commercialisation à travers l’amélioration du packaging, l’hygiène et la qualité de l’huile d’olive par la distribution de fournitures d’emballage à savoir les bouteilles d’huile d’olive. Il est important de noter que la région compte actuellement 374 unités de trituration dont 49 modernes et 30 conserveries d’olives. En 2017, la Direction Régionale de l’Agriculture de l’Oriental, prévoit la mobilisation d’un budget de 31,2 Mdh pour la plantation de 2.100 ha en olivier par la mise en œuvre de 11 projets dans les provinces de Berkane, Jerada, Driouch, Nador et la Préfecture d’Oujda Angad.

Amandier

Projet de développement de la filière sur 6.000 ha et création d’une unité de valorisation des amandes Le PAR a accordé une grande importance pour le développement des arbres fruitiers dans la région de l’Oriental, spécialement l’amandier, puisque le DRA a lancé 17 projet Pilier II entre 2010 et 2016 concernant le développement de la filière amandier à travers les provinces de la région, ce qui a contribué

à l’augmentation sensible de la superficie plantée en amandiers qui a dépassé 24.700 ha au cours de la campagne 201516 soit une augmentation de 56% par rapport à 2008. Le projet de développement de l’amandier dans l’Oriental sur une superficie de 7.000 ha est le résultat d’une collaboration entre les royaumes de Belgique et du Maroc et est classé parmi les projets structurants qui ont contribué au développement des vergers d’amandier dans le gobernorat d’Oujda Angad et les provinces de Berkane, de Jerada et de Taourirt. L’investissement global de ce projet a atteint 177,75 Mdh et concerne la plantation de 6.000 ha d’amandiers et la création de 3 unités pour la valorisation des amandes. De même qu’il comprend l’encadrement et le suivi en faveur des producteurs bénéficiaires. Ce projet ambitionne d’améliorer la production et le niveau de vie et de revenus des habitants. Ainsi, il est prévu que le revenu passerait de 1.760 à 12.500 dh/ha. Une fois terminées les opérations de plantation d’amandiers prévues dans le cadre de ce projet, ce dernier est entré dans son ultime phase relative à la valorisation puisque la DPA a procédé au lancement le 20 février dernier, de la construction de la première unité de valorisation des amandes dans la province de Berkane. L’investissement atteint une valeur de 1.559 Mdh sur une superficie estimée à 552 m2 et d’une capacité de transformation d’environ 10 t/jour. Environ 854 producteurs, regroupés en GIE, bénéficieront de ce projet dont la fin des travaux est prévue pou fin 2017. La DPA, vu les résultats positifs qui ont caractérisé ce projet et plus particulièrement le taux élevé de réussite dans la plantation des amandiers ayant dépassé 90%, et l’engouement qu’a connu ce type de plantation auprès de la population local, a programmé d’autres projets visant à élargir la superficie réservée à l’amandier dans la province de Berkane. Le lancement a été donné pour des travaux d’équipement de 3 forages réalisés dans le cadre du pilier II pour le développement de l’amandier sur une superficie de 600 ha. Un budget estimé à 13,98 Mdh a été alloué à ce projet, incluant la plantation de 600 ha, le creusement de 3 forages, l’aménagement de 10 km de chemins agricoles, l’augmentation de la productivité de 1,5 t/ha et l’amélioration du revenu des agriculteurs. Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

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Actu Actu

Fruits rouges

L’AMCEF tient ses assemblées générales ordinaire et extraordinaire Conformément à son statut, La dynamique Association Marocaine des Conditionneurs Exportateurs de la Fraise (AMCEF) a tenu le 15 février 2017 son Assemblée Générale Ordinaire et Extraordinaire à la Chambre de l’Agriculture de la région Tanger-Tétouan-Al Houceima à Larache selon l’ordre du jour ci-après :

1°/ Assemblée Générale Ordinaire - Bilan moral des exercices 2014/15 et 2015/16 - Bilan financier - Divers - Approbation de la proposition du bureau de l’AMCEF à la création d’une Fédération Interprofessionnelle Marocaine des Fruits Rouges (FIMFR).

2°/ Assemblée Générale Extraordinaire - Statuer sur la modification du statut de l’AMCEF en remplaçant de le nom de l’Association Marocaine des Conditionneurs Exportateurs de la Fraise (AMCEF) par l’Association Marocaine des Conditionneurs Exportateurs des Fruits Rouges (AMCEFR). Le quorum étant atteint par la présence de 15 adhérents sur les 20 constituant les membres actifs de l’as-

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sociation, l’assemblée a été ouverte par le Président de l’AMCEF, M. Mohamed ALAMOURI qui a été suivie par la lecture des rapports moral et financier au titre des deux dernières campagnes d’exportation 2014-15 et 201516. Au cours de cette assemblée et conformément à l’ordre du jour qui portait aussi sur la proposition de la création de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine des Fruits Rouges (FIMFR), les membres de l’association ont approuvé à l’unanimité la proposition en question. L’Assemblée a approuvé également le remplacement du nom de l’Association Marocaine des Conditionneurs Exportateurs de la Fraise (AMCEF) par l’Association Marocaine des Conditionneurs Exportateurs des Fruits Rouges (AMCEFR). Ainsi, depuis sa création, l’association multiplie les actions pour atteindre ses ob-

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jectifs. L’assemblée Générale de l’AMCEF a salué la réalisation des objectifs pour lesquels l’association a été créée en 2011 à savoir : - La représentation des producteurs et des agroindustriels auprès des autorités compétentes pour le développement et la protection des intérêts de la filière. - Le développement de l’image de marque de la filière, tant au niveau national qu’international. - La contribution à la mise à niveau des entreprises agricoles en vue d’assurer leur compétition à l’échelle internationale. - La diffusion des informations sur le marché et la promotion des marchés clients en vue d’assurer le label qualité du produit Maroc. - L’amélioration des niveaux techniques et organisationnels des entreprises agricoles en vue d’assurer leur conformité vis-à-vis des standards de qualité les plus

élevés. - Participer à la formation des agriculteurs et des agroindustriels afin d’assurer la mise à niveau de leur entreprise. L’association assure également l’encadrement de la logistique et des exportations avec les responsables du port de Tanger Med et les administrations concernées. Elle suit de près les relations de concertation avec les organismes professionnels et les opérateurs des supermarchés Anglais sur le respect des normes sociales et des bonnes pratiques agricoles des Exploitations Agricoles. Par ailleurs, l’AMCEF a été présente dans tous les événements nationaux et internationaux en relation avec la filière des petits fruits rouges (salons, congrès…).


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Actu Actu Entreprise

SCPC SAPEL Journée d’information à Ouled Teima Le 14 février dernier fut l’occasion pour L’ASPAM (L’association des producteurs d’agrumes du Maroc), SCPC SAPEL et l’un des principaux partenaires de cette dernière YARA d’inviter 140 producteurs à participer à une journée d’information à Ouled Teima sur l’utilisation du nitrate de calcium YaraLiva CALCINIT

sur agrumes. Les principaux groupes exportateurs de la région étaient présents. En effet, durant plusieurs campagnes agricoles des essais pertinents ont été menés par YARA dans la region de Taroudant afin de prouver le rôle et l’efficacité de YaraLiva CALCINIT dans la limitation du phénomène de chute des fruits. Différentes

ELEPHANT VERT Élargit sa gamme de produit et renforce sa présence sur le terrain Eléphant Vert renforce continuellement sa présence à travers le pays et consolide ses relations avec les agriculteurs des différentes régions en leur fournissant les solutions et l’accompagnement adéquats. Le mercredi 22 février a marqué le lancement du nouveau

produit TOPCURE, la seule alternative aux traitements fongiques chimiques récurrents. Une journée de lancement a été organisée à Moulay Bouselham sur la culture des fruits rouges notamment la fraise, culture cible pour la commercialisation du produit en plus

MAF RODA AGROBOTIC Calibreuse pour myrtille BERRYWAY MAF RODA AGROBOTIC, entreprise leader dans les équipements post-récolte pour les fruits et légumes, présente au Maroc depuis plus de 30 ans à travers son partenariat avec la société Roda Maroc, vient de présenter la calibreuse BERRYWAY. 16

Cette nouvelle calibreuse permet de sélectionner les myrtilles suivant leur taille, couleur et qualité externe/ interne, tout en assurant un traitement optimum du fruit tout au long du procès et à une vitesse de 2500 bicônes par minute.

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applications de YaraLiva Calcinit ont en effet permis une importante augmentation de rendement par rapport aux parcelles témoin. YaraLiva CALCINIT reste aujourd’hui le nitrate de calcium le plus ven-

du dans le monde.

de la vigne et de la tomate. Plus de 50 agriculteurs spécialistes de la production de la fraise et autres fruits rouges, ont répondu présents. Toujours dans une optique de proximité, la première réunion annuelle des distributeurs d’ÉLÉPHANT VERT Maroc s›est tenue à Meknès le 23 février dernier. Au programme, une série de présentations pour mettre en avant les gammes de produits de l’entreprise,

ses ambitions et ses objectifs commerciaux. A l’issue de la réunion, les distributeurs ont eu l’opportunité de visiter l’unité de production. Visite qui leur a permis de percevoir l’expertise et la qualité du processus de fabrication. A noter que pour assurer la présence de ses produits partout au Maroc, Eléphant Vert a opté pour une politique de déploiement massif pour couvrir tout le territoire national.

Sa large expérience dans le domaine de la post-récolte et sa constante évolution technique permettent à Maf Roda Agrobotic de proposer à ses clients des solutions globales,

clé en main, pour tout projet de traitement, sélection, conditionnement et palétisation de fruits et légumes, ainsi qu’un service après vente de proximité.

Pour plus d’informations, contacter Jamal Biki Technico Commercial SCPC SAPEL au 0661114923


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Actu Actu Entreprise

Mr Benmouama Marouane, Directeur Général de Netafim Morocco.

S’installe au Maroc « Netafim ouvre sa filiale au Maroc et est heureuse d’accueillir Mr Benmouama Marouane en tant que Directeur Général de Netafim Morocco. Soucieuse de renforcer son service avec ses clients et partenaires, Netafim Mo-

rocco renforce son équipe technique et commerciale au Maroc avec Mr Yassine Laaribya qui se joint à Mr Philippe Meray. «L’ouverture de la nouvelle filiale s’inscrit dans le cadre de la croissance du marché et notre volonté d’amélio-

Florida Fortuna

continue d’exceller au Maroc Cette année les températures ont été déterminantes pour la saison des fraises au Maroc. Elles ont joué un rôle crucial pour la détermination du volume, de la qualité et des prix. La saison a commencé tôt, les premières livraisons, réalisées début Novembre, annonçaient une campagne intéressante, en raison de la bonne qualité et des prix élevés. Contrairement à la saison précédente qui a connu un hiver particulièrement doux, entraînant la concurrence avec d’autres pays producteurs comme l’Espagne; ce qui a impacté très fortement sur les exportations vers l’Union européenne. Florida Fortuna connait un grand succès au Maroc – un succès qui est dû essentiellement à la précocité et la capacité à produire à un rythme stable et consistant avec une haute qualité tout au long de la saison. Sa part de marché augmente d’année en année 18

en dépit de la baisse globale de la production de fraises en faveur d’autres fruits tels que les framboises et les myrtilles. En raison du grand succès de Florida Fortuna ces dernières années, le programme de sélection de l’Université de

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rer la qualité de notre service et de notre assistance à nos clients et partenaires au Maroc» déclare Mr Shavit Dahan, Directeur régional pour l’Afrique du Nord et de

Floride reste dans une position forte et continue à utiliser les technologies les plus avancées en recherche et développement pour une sélection rapide de nouveaux cultivars qui expriment un grand potentiel vis-à-vis de la saveur, la qualité des fruits et la résistance aux maladies sans compromettre le rendement élevé. EMCO CAL continue à essayer et évaluer de nouvelles sélec-

l’Ouest. Netafim est le leader mondial des systèmes d’irrigation au goutte à goutte intelligent et des solutions de micro-irrigation. Netafim aide le monde à grandir plus et mieux avec moins. Cela signifie réaliser des récoltes de qualité et obtenir de meilleurs rendements, en limitant l’utilisation des ressources naturelles du monde : l’eau, la terre et l’énergie »

tions avancées pour trouver des variétés innovantes qui répondent aux besoins des producteurs et consommateurs à travers le monde. La société s’est engagée à établir des synergies entre les producteurs de fraises, les négociants de fruits et les programmes de sélection de plantes, tout en identifiant de nouveaux créneaux de marché pour son portefeuille de variétés.


boom international Le salon Macfrut continue à se développer. La 34ème édition du Salon International des fruits et légumes, qui se tiendra à Rimini du 10 au 12 mai prochains, sera plus grande, plus innovante et surtout plus internationale. Au delà de toutes les nouveautés qui ont été révélées lors des derniers mois, les chiffres confirment la tendance qui a commencé il y 3 ans et qui est encore en train de se développer : l’internationalisation du salon. En effet, 3 mois avant le début du salon, les exposants étrangers sont 30% de plus par rapport à la dernière édition, avec pas moins de 40 pays représentés. Le nombre des exposants venant des quatre coins du monde s’accroit, grâce à la participation de nouvelles origines émergentes sur la scène internationale et avec une présence remarquée du continent africain. On peut citer entre autres : Angola, Ethiopie, Uganda, Guatemala, Nicaragua, Costa Rica et Uruguay ; ainsi que des délégations venant du Mozambique, Zimbabwe, Zambie, Afrique du Sud, Sénégal, Ghana et d’autres. « Lors de la précédente édition du Salon, pour répondre à l’appel de Kofi Annan, nous avions lancé le message selon lequel, le secteur des fruits et légumes est la locomotive pour la croissance et le développement des États d’Afrique, explique Renzo Piraccini,

Président de Macfrut. Ce message avait été lancé en présence de 18 représentants, entre ambassadeurs et bureaux commerciaux de l’Afrique sub-saharienne. Cet appel n’a visiblement pas sombré dans l’oubli, comme le prouve la considérable présence des Pays africains et leur intérêt pour les relations commerciales avec l’Europe » L’emblème c’est le Sudan, qui en 2015 n’était qu’un visiteur, en 2016 était présent avec un stand de producteur et lors de l’édition 2017 participera avec 2 grands espaces d’exposition, l’un dédié aux producteurs/exportateurs et l’autre spécifique aux importateurs, avec plus de 30 entreprises. « Le Soudan importe des quantités considérables de fruits

et légumes venant d’Italie, pas directement, mais à travers les Émirats ou l’Egypte – continue Piraccini – Maintenant les opérateurs de ce pays désirent être présents à Rimini pour établir des relations commerciales directes avec les exportateurs italiens. Le Soudan s’intéresse également au salon pour chercher des acheteurs pour ses propres productions ; mais surtout pour acquérir technologies et savoir-faire. » Une autre nouveauté de la manifestation sera l’Angola, avec un grand stand qui accueillera plus de 30 entreprises, ayant pour but de développer des contacts commerciaux, mais surtout d’améliorer leur secteur national des fruits et légumes. Beaucoup de nouveautés du coté

des visiteurs également: pour la première fois il y aura des délégations d’opérateurs du secteur venant du Kazakhstan, Ouzbékistan et Kirghizistan. La présence des Pays de l’Europe du Nord n’est pas moins importante. Les visiteurs intéressés notamment par les produits bio, jouissant cette année d’une attention toute particulière, ne pourront pas manquer les conférences et les réunions qui leur seront dédiées, ainsi que le lancement de nouveaux produits « Macfrut Bio » Pour plus d’infos: www.macfrut.com

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SALON

FRUIT LOGISTICA 2017

Les meilleures affaires à l’édition anniversaire Du 8 au 10 février 2017, plus de 75 000 visiteurs professionnels en provenance de plus de 130 pays ont participé à la réunion mondiale du secteur des fruits et légumes, unique en son genre. Cependant, ‘‘l’ambiance positive que l’on a nettement ressentie dans les halls pendant les trois jours du salon est encore plus importante que l’augmentation réjouissante du nombre de visiteurs’’ a déclaré Dr Christian Göke, PDG de la société Messe Berlin qui organise le salon.

L

e salon, leader mondial du commerce des fruits et légumes, a fêté cette année son 25ème anniversaire. Fondé en 1993 à la suite d’une suggestion du secteur,

il s’est développé d’une manière impressionnante. Il est ainsi passé d’une centaine d’exposants lors de la première édition, à plus de 20

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3.100 en 2017, en provenance de 84 pays et qui ont pu présenter non seulement l’éventail complet des divers produits et services de la filière fruits et légumes, mais aussi de nombreuses innovations qui marquent une véritable révolution et qui rendent l’offre encore plus variée pour les consommateurs. Pour ces exposants, au cours des trois jours que dure le salon, de

multiples jalons sont posés pour le succès de leurs exercice annuel. Attirer l’attention à l’échelle mondiale était ainsi tout aussi important qu’initier et passer des contrats. 87% des exposants ont déclaré avoir eu cette année une bonne impression générale du déroulement du salon, 43% ont signé des contrats pendant le salon et 86 % estiment que les retombées


commerciales seront bonnes. Par ailleurs, les principaux objectifs visés par les exposants étaient de fidéliser les clients habituels, de présenter leur entreprise et de séduire de nouveaux clients. Mission accomplie à en juger par les commentaires des exposants. « Véritable vitrine pour nos produits, Fruit Logistica nous offre la possibilité de rencontrer pendant trois jours nos clients en provenance du monde entier et de faire des planifications pour toute l’année. Cela nous évite de faire de longs voyages et nous fait donc économiser du temps et de l’argent » explique un exposant. «  Pour nous, cela vaut la peine de participer chaque année à FRUIT LOGISTICA. Nous ne pouvons rencontrer nulle part ailleurs autant de clients. Le salon nous aide à nous rendre visibles sur nos marchés  », a expliqué un autre. « Nos exposants sont très enthousiasmés. Ils rencontrent ici leurs clients en provenance du monde entier, ils intensifient également les contacts avec le marché asiatique, c’est pour cette raison que nous participerons également à l’ASIA FRUIT

LOGISTICA », renchérit un autre. «  Pour nos exportateurs, FRUIT LOGISTICA est une bonne occasion de se montrer mais aussi de sonder les besoins spécifiques et les nouvelles exigences des clients  », explique le responsable du pavillon turc. Par ailleurs, nombre d’opérateurs mettent à profit leur participation pour organiser des manifestations destinées à présenter leurs gammes, leurs nouvelles stratégies marketing et promouvoir leurs nouveaux slogans. Quant aux visiteurs professionnels, ils ont été caractérisés par leur internationalité et leur fort pouvoir décisionnel au sein de leurs entreprises. Le taux des visiteurs en provenance de l’étranger s’est élevé cette année, à 82 %. Les producteurs de fruits et de légumes, les représentants de l’import-export et du commerce de gros et de détail ont été les plus importants groupes de visiteurs. Leurs centres d’intérêt étaient avant tout portés sur les fruits et les légumes frais, les emballages, les machines de conditionnement, la conservation,

la logistique... « En parcourant les nombreux halls de Fruit Logistica, les nouveautés qui rempliront demain les linéaires se révèlent. Nous sommes ici pour essayer de cerner les tendances actuelles de comportement du consommateur afin d’adapter les stratégies du commerce », explique un acheteur. Les visiteurs ont été unanimes à juger les résultats commerciaux de leur visite à la manifestation positifs. 80 % d’entre eux ont pu nouer de nouveaux contacts et 39 % ont signé des contrats pendant le salon. Plus des trois quarts des visiteurs professionnels pensent que les contacts établis pendant la manifestation donneront lieu à la conclusion de transactions commerciales après le salon.

Un seul mot d’ordre : innovation

En dehors des stands de fruits et légumes, les fournisseurs d’intrants agricoles (semences, emballages, machines de conditionnement…) étaient présents en force pour présenter leurs nouveautés et en Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

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SALON

même temps avoir une idée des besoins de leurs clients, producteurs de fruits et légumes. Ainsi, les sociétés de semences présentes ont profité de cette vitrine pour promouvoir leurs sélections. En effet, il est incontestable que la création variétale est au centre de l’innovation produit dans la filière ‘‘Légumes’’. La plupart des maisons grainières présentes ont misé sur des produits à haute valeur ajoutée, générateurs de bénéfices à l’ensemble des maillons de la filière. Par ailleurs, compte tenu de l’engouement des consommateurs européens pour les produits coupés, les variétés de légumes doivent se prêter à la transformation et présenter une meilleure aptitude au transport, packaging et stockage. Egalement parmi les stars du salon, l’emballage qui a dépassé sa fonction primaire de simple protection, en passant à l’originalité, la praticité, la rentabilité et la préservation de la qualité. Ainsi, grâce à l’intégration de concepts originaux et de nouvelles technologies, les fabricants ont permis à l’emballage de prendre une nouvelle dimension et accompagner les tendances de consommation et de distribution des fruits et légumes. Des sociétés leader de la protection des cultures étaient également présentes aux cotés des différents acteurs de la chaîne de production. Elles ont pratiquement toutes 22

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axé leur participation autour de l’accompagnement des opérateurs pour un meilleur rendement et une meilleure qualité générale et sanitaire des fruits et légumes.

Programme des conférences : Être bien préparé à l’avenir Dans un monde de plus en plus complexe, les connaissances et le savoir-faire sont les meilleures bases pour une planification commerciale efficace et des décisions judicieuses. Le vaste programme parallèle de la FRUIT LOGISTICA, est un soutien précieux pour y arriver. Parmi les grandes nouveautés de cette édition, le nouvel évènement multimédia, FRUITNET WORLD OF FRESH IDEAS, qui a permis aux participants de faire un voyage plein d’inspirations le long de la chaîne de distribution mondiale. FRUITNET WORLD OF FRESH IDEAS montre les plus importantes tendances dans le commerce mondial des fruits et légumes frais, des toutes dernières tendances dans le commerce de détail des denrées alimentaires jusqu’aux nouveaux développements dans la production, l’emballage, le transport et la logistique. Il donne ainsi des impulsions créatives pour prendre chaque jour de meilleures décisions commerciales. Le symposium FRUTIC internatio-

nal a également eu lieu à la veille du salon. Avec plus d’une cinquantaine de conférences scientifiques, il était une plate-forme idéale pour les échanges entre les experts scientifiques et le secteur des fruits et légumes frais. Cette réunion internationale des experts a été consacrée aux innovations et aux nouvelles technologies pour la qualité et la sécurité des fruits et légumes. Pendant le salon, quatre séries de manifestations ont été consacrées aux défis actuels et futurs de la filière. Les producteurs, les exportateurs et les distributeurs obtiennent dans le Logistics-Hub des informations qui doivent les aider à prendre la bonne décision logistique pour le transport de leurs marchandises. Le Future-Lab est ‘‘l’atelier de l’avenir’’ du salon FRUIT LOGISTICA dans lequel ont été présentés des concepts qui peuvent enrichir en peu d’années le secteur des fruits et légumes par des innovations ou contribuer d’une manière décisive à l’optimalisation le long de la chaîne de valeur. Quant au Fresh Produce Forum, il est consacré aux problèmes actuels de la filière auxquels des experts ont donné des réponses compétentes. Et en fin, la manifestation Tech Stage a permis de mettre en évidence la grande importance que revêtent les solutions techniques pour la filière. En effet, sans la technique, rien ne va plus dans le com-


merce des fruits et légumes ! Avec l’automation croissante, la technologie s’est rapidement développée au cours des dernières années. Rendez-vous à la prochaine édition de la FRUIT LOGISTICA, qui aura lieu du 7 au 9 février 2018.

Les innovations de l’année

Les acteurs présents à Fruit Logisitica ont des idées à revendre. Souvent, des produits associés permettent de consommer les fruits et légumes plus facilement. La tendance va même plus loin avec des kits tout en un, pour réaliser, par exemple, des boissons ou des sauces typiques mexicaines. De façon globale, l’idée est de faciliter la préparation de ces produits bruts. Les QR codes et autres leaflets abondent en rayons. Une idée logique quand on sait que le manque de savoir-faire culinaire est l’un des freins principaux à l’achat des fruits et légumes.

Lors de chaque édition, le FRUIT LOGISTICA Innovation Award rend hommage aux nouveaux produits et services exceptionnels dans le secteur des fruits et légumes et récompense les innovations qui marquent une véritable révolution pour la filière des fruits et légumes. Cette année, les visiteurs professionnels du salon ont voté pour la Knox – Delayed Pinking in Fresh Cut Lettuce de l’entreprise néerlandaise Rijk Zwaan. Knox retarde la coloration – dénommée ″pinking″ – qui apparaît là où une salade a

été coupée. Non seulement cela permet de prolonger d’un à deux jours la durée de conservation des salades, mais cela évite également le gaspillage des denrées alimentaires. En effet, cette coloration pas très attrayante pour le consommateur entrainait jusqu’à présent un refus d’achat non négligeable d’un produit dont la qualité n’était pas influencée. La deuxième place a été remportée par The Cracking Monkey Pili Nuts de l’entreprise allemande Die Frischebox. Les noix du Pili dont la teneur en vitamine E est nettement plus élevée que celle des autres noix, proviennent des Phi-

lippines et sont ouvertes à l’aide d’un casse-noisette livré avec les noix. Les noix sont livrées dans des sacs en coton biologique, l’encre utilisée est à base de soja. Natupol Excel – Bumble Bee Vision de Koppert Biological Systems (Pays-Bas), a occupe la 3e place. Le produit est un outil de navigation destiné aux bourdons. Il les aide à retrouver leur ruche pendant les mois de l’année où l’éclairage artificiel est défavorable dans les serres. Cela leur permet de ne pas perdre inutilement de l’énergie et d’utiliser leurs forces à la pollinisation des cultures maraîchères et fruitières

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SALON Participation marocaine

Comme chaque année, le salon a été couvert par des centaines de journalistes du monde entier. A son habitude, la revue Agriculture du Maghreb était présente sur un stand au sein du pavillon Maroc, et décrit à ses lecteurs l’ambiance de l’édition 2017. Le Maroc, à son habitude, se devait d’être présent à cette incontournable manifestation pour poursuivre son action continue de promotion de ses exportations et de communication sur son potentiel productif, ainsi que la diversité et la qualité de ses produits phares en matière de fruits et légumes. Avec la participation d’une quarantaine de professionnels marocains du secteur des fruits et légumes, le Maroc a exhibé, pour la 16ème fois consécutive, la richesse de l’offre exportable marocaine de fruits et légumes à travers l’exposition d’une palette de différents produits agricoles et mis à l’honneur le savoir faire bien connu des agriculteurs marocains. Parmi les objectifs visés le renforcement des relations professionnelles existantes avec les importateurs du monde entier et la conquête de nouveaux clients pour diversifier ses débouchés. Pour la réalisation de ces objectifs, le royaume a mobilisé un grand nombre de producteurs, exportateurs, associations et fédérations professionnelles, qui ont ainsi pu présenter sur une surface de 1.030 m², une palette diversifiée de fruits et légumes produits à travers le royaume (agrumes, tomate sous toutes ses formes, légumes divers, fruits rouges, melon, raisins, avocats, mangues, ...). Pour les visiteurs, comme pour les expo-

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sants, ce salon représente une occasion majeure pour s’informer, pour peu qu’on ait eu le temps de faire le tour du salon, sur les évolutions des tendances de la consommation sur le marché international et bien sur pour observer ce qui se passe chez la concurrence. En plus du pavillon national, certains exportateurs marocains ont préféré, pour différentes raisons, installer leur stand dans d’autres parties du salon en exposant par exemple, parmi les fournisseurs de produits identiques aux leurs. D’autres exportateurs ont opté pour une autre solution : participer au salon sans tenir de stand au nom de leur entreprise. Ils ont ainsi, organisé leurs contacts chacun de son côté avec leurs clients et mené leurs activités en dehors du pavillon marocain pour consolider les relations avec les clients traditionnels, communiquer sur leurs nouveautés mais également créer de nouveaux partenariats. Ainsi, malgré un nombre important de participants cette année, on peut encore regretter l’absence de plusieurs entreprises. En effet, les exportateurs marocains pourraient être beaucoup plus nombreux à exposer. Il s’agit en fait d’une curieuse contradiction entre la conviction générale de l’intérêt que représente ce salon pour l’ensemble des opérateurs en fruits et lé-

gumes, et le fait de ne pas y être présent ! Pourtant, Fruit Logistica est l’endroit idéal pour établir et bâtir des relations personnelles de confiance, indispensables dans le domaine du commerce des fruits et légumes frais.

Une bonne gestion pour une participation efficace

Sans avoir la prétention d’apprendre leur métier aux exportateurs, il nous parait utile de rappeler quelques idées et remarques qui nous paraissent assez pertinentes. Ainsi, pour les professionnels de la communication et des expositions, la présence au salon n’est pas suffisante en soi. En effet la participation à un salon professionnel doit être préparée soigneusement et son déroulement obéir à de strictes considérations d’efficacité et d’adaptation aux donneurs d’ordre dont les exigences sont très précises et le temps bien compté. Plusieurs étapes conditionnent la réussite d’une participation et concernent l’avant, pendant et après le salon. A commencer par faire venir les clients ou éventuels partenaires, par des contacts, rendez vous individuels d’entreprise motivants pris bien à l’avance (e-mails, téléphone, visites en cours d’année, …). Il faut aussi procéder à une recherche poussée sur les particularités et les exigences du marché auquel on s’adresse. En outre, il serait primordial d’établir un diagnostic export préalable ainsi que d’adopter la meilleure façon de se comporter vis-à-vis des acheteurs de ces pays, sachant qu’ils ont des mentalités et des comportements différents les uns des autres. C’est le cas de certains exportateurs seulement, dont les salles de réunion ne désemplissaient pas pendant les trois jours du salon. En effet, les acheteurs ne viennent


Show culinaire assuré par chef Moha

pas à Fruit Logistica pour se promener et leurs rencontres sont déjà organisées avec des prises de rendez-vous, ou par des décisions de visites prévues bien avant le début du salon. Ensuite, une fois au salon il ne faut pas compter uniquement sur les visiteurs de passage, qu’il ne faut pas négliger non plus, mais accueillir les clients convenablement en faisant appel aux traducteurs et à l’équipe mise en place par les organisateurs du pavillon Maroc. Ces rencontres doivent être tenues conformément à un calendrier précis et une ponctualité parfaite (bien appréciés par les partenaires sérieux). Ultérieurement, une fois que le salon a fermé ses portes, le travail n’est pas terminé. Il faut alors capitaliser les résultats des étapes précédentes et les contacts établis lors du salon. La démarche basique consiste à reprendre tous les contacts, envoyer des mails de remerciement et reprendre ce qui a été dit lors de la rencontre. Si une demande d’offre a été formulée, il faut répondre rapidement après le salon. Par la suite, il faut régulièrement relancer les contacts, les informer des nouveautés ou des calendriers de production, qui peuvent changer d’une année à l’autre (précocité par rapport à d’autres origines, …). Il serait aussi judicieux de revoir régulièrement les contacts et si possible, leur rendre visite chez eux, en dehors des salons, car les déplacements sont appréciés et sont un gage de sérieux et de fiabilité. La proximité crée un climat de confiance et les importateurs, essentiellement les allemands, doivent voir plusieurs fois le partenaire avant

de signer tout engagement. Ensuite, il est primordial de respecter ses engagements (livraison, logistique, qualité, planning, …), maintenir la relation avec les contacts et fixer un RV pour le salon suivant.

Mieux s’organiser en espérant plus de succès

Cependant, beaucoup d’opérateurs marocains ont des difficultés à élargir leurs contacts dans certains pays à fort potentiel pouvant constituer de nouveaux débouchés pour nos produits. Il faut signaler à ce propos que la levée du monopole et la libéralisation des exportations a entraîné une focalisation des exportateurs sur les marchés traditionnels, négligeant l’aspect prospection. Il est vrai que cette dernière est coûteuse, déborde souvent les impératifs des opérateurs et devrait être entreprise par une structure plus globale. D’ailleurs, à propos de la participation marocaine, malgré son importance, elle n’échappe pas aux remarques de certains professionnels de la filière quand aux possibilités d’améliorer cette participation. Dans ce sens, il est une question qui revient chaque année parmi les exposants qui est la faiblesse de fréquentation du pavillon Maroc, par rapport aux autres halls du salon. Beaucoup mettent en cause l’emplacement du pavillon marocain qui est pourtant situé juste à l’entrée sud du grand centre d’expositions Messe Berlin, franchie par des milliers de visiteurs chaque jour. Des exposants suggèrent de déplacer le pavil-

lon dans l’un de ces halls plus visités (à l’étage supérieur). Cependant, dans ces halls très prisés, toute la difficulté est de trouver 1.000 m2 d’un seul tenant pour déplacer l’espace Maroc dans son intégralité. Alors puisqu’il semble que l’on soit condamné à rester dans le Hall 1, il faudrait probablement miser davantage sur une communication plus agressive avant et pendant le salon et qui pourrait attirer davantage de visiteurs et d’éventuels partenaires. Sur le plan organisationnel, les démarches doivent être entreprises assez tôt pour permettre une bonne visibilité aux uns et aux autres. De même, les délais et les engagements doivent

être respectés aussi bien par les organisateurs que par les exposants afin d’éviter toute accumulation de retards et incertitudes. Par ailleurs, l’EACCE, en charge du rayon Maroc au salon, a pris la bonne habitude de recueillir, via un questionnaire en fin du salon, les impressions et l’évaluation des exposants de leur participation, leur degré de satisfaction et éventuellement leurs propositions pour l’amélioration ultérieure. Il serait intéressant d’avoir une idée des résultats de cette consultation et si ces résultats sont pris en compte lors des manifestations suivantes.

Agriculture du Maghreb

Support médiatique aux exportateurs

Fidèle à son habitude, la revue Agriculture du Maghreb était présente encore une fois sur un stand, pour soutenir les exportations marocaines et l’agriculture en général. Pour l’occasion, un numéro spécial a été édité en anglais pour être a la portée de tous les visiteurs et a été distribué gratuitement aux professionnels qui ont fréquenté le pavillon marocain. Ce numéro avait pour objectif de mettre à la disposition des professionnels, a travers les articles adéquats, une vision synthétisée de toute la diversité et la qualité de l’offre destinée à l’export. Il présentait aussi les visuels des exportateurs destinés à mettre en avant leurs atouts et leurs marques, et permettait aux professionnels du commerce international d’avoir une idée sur les opportunités que leur offre notre pays. Les nombreux visiteurs qui ont défilé dans le stand de ‘’Agriculture du Maghreb’’ au long de ces trois jours ont ainsi trouvé les informations qu’ils cherchaient et les réponses aux questions qu’ils voulaient poser. En effet, les questions portaient essentiellement sur les produits que le Maroc pouvait exporter, les calendriers, les sociétés exportatrices à même d’assurer la livraison de ces produits, etc. Pour répondre à une demande récurrente des visiteurs du stand, dans ce numéro figuraient les listes des exportateurs de fruits rouges ainsi que les principaux groupes d’exportation de fruits et légume et leurs associations. Agriculture du Maghreb espère ainsi avoir rempli son rôle de soutien et porte parole inconditionnel et objectif de l’agriculture marocaine.

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DOSSIER

L’un des secteurs les plus dynamiques de l’agriculture marocaine La filière des petits fruits rouges qui englobe trois cultures principales, à savoir le fraisier, le framboisier et le myrtillier, constitue un domaine d’excellence des périmètres du Gharb et du Loukkos qui détiennent environ 90% de la production nationale. Le développement de cette filière est du aux avantages comparatifs dont jouit la région et notamment : la proximité de l’Europe, les conditions pédoclimatiques favorables, la disponibilité des terres et des ressources hydriques, la main d’œuvre qualifiée, la maitrise des techniques de production, de conditionnement, de conservation, de transformation et la délocalisation de la production de certaines entreprises européennes vers le Maroc, ainsi que les incitations accordées par l’Etat à l’investissement.

L

a superficie totale consacrée aux fruits rouges dans la région du nord atteint actuellement 5.361 ha répartis entre la fraise (3.050ha), la framboise (1.100ha), la myrtille (1.200ha) et la mure (11ha). La production de ces différentes spéculations lors de la campagne 2015-16 a atteint 162.710 tonnes. Pour rappel, le développement de cette filière a démarré depuis les années 50 avec l’introduction du fraisier et son extension importante vers la fin des années 80 au niveau des zones du Gharb et du 26

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Loukkos. Ce secteur a été initié par la délocalisation d’entreprises européennes qui se sont installées dans la région et ont entrainé dans leur sillage la création d’entreprises agricoles ayant le même niveau de technique de production et ayant adopté les techniques les plus innovantes en matière d’irrigation, de fertigation et de lutte intégrée pour la protection des cultures. A partir des années 2000 et en réponse à la demande mondiale en croissance constante, on note une véritable tendance vers la diversification de l’offre nationale en petits

fruits rouges, notamment suite à l’introduction du myrtillier et du framboisier. Aujourd’hui, sur le plan socio-économique, la filière des fruits rouges génère un chiffre d’affaires de plus de 2,34 MMDH et plus de 4,5 millions de journées de travail durant 9 mois dans les exploitations agricoles et les unités de conditionnement, contribuant ainsi à la création d’emploi en milieu rural. Elle induit également le développement d’activités para-agricoles dont les retombées économiques sont notables sur la région.


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Petits fruits rouges

Le secteur de la Fraise a démarré après l’équipement et la mise en eau des secteurs irrigués Drader Rive Droite en 1978 et R’mel en 1980. Au début des années 90 et grâce aux bons résultats de la production et à l’intérêt croissant des marchés européens pour la fraise du Maroc, les superficies cultivées ainsi que la production ont connu une évolution importante passant de 750 ha avec 31.000 T récoltées en 1995 à 3.500 ha en moyenne ces dernières ann é e s

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avec une production de 140.000 T, avant de descendre à 3.050 ha (dont 50 en bio) cette année au profit des autres fruits rouges. Cette superficie est répartie entre le périmètre du Loukkos (79 %) et celui du Gharb (21 %) et concerne 593 exploitations agricoles de 0,2 à 70 ha. Sur le plan technique, la culture du fraisier a connu un développement remarquable pendant les 20 dernières années au Maroc. D’une culture de plein champ, elle est passée à une culture sous tunnels nantais, puis sous tunnels multi-chapelle (pour les grands producteurs) avec des améliorations au niveau de tout l’itinéraire technique de la plantation à la récolte en passant par la fertilisation, l’irrigation et la lutte intégrée. Les systèmes de cultures appliqués à la fraise sont passés ainsi d’un

modèle extensif peu productif à un modèle intensif très productif. Pour preuve, les rendements moyens à l’hectare qui sont passés en l’espace de 20 ans, de 17 à 45 tonnes par hectare. Les producteurs ont développé un énorme savoir-faire, et optent désormais pour de nouvelles techniques de production basées sur la rationalisation des facteurs de production et le respect des bonnes pratiques agricoles. D’ailleurs, ce secteur pilote assure même le transfert des technologies vers d’autres cultures, notamment l’irrigation goutte à goutte qui est actuellement largement adoptée par les producteurs de cultures maraichères, pastèque, tomate industrielle, melon… Par ailleurs, la fraise a été un véritable vecteur de promotion du travail des femmes. Très rares au début, elles représentent actuellement 100% de la main d’œuvre employée dans la récolte et dans les


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Petits fruits rouges stations (chômage pratiquement éliminé dans la zone). Cette filière est caractérisée par une dualité du tissu productif en rassemblant de grandes exploitations fortement intégrées et des exploitations de taille réduite appartenant généralement à des petits producteurs marocains (moins de 5 ha) et produisant pour le marché local ou ayant établi des relations de partenariat avec les opérateurs structurés pour assurer l’écoulement de leur production sur le marché extérieur. Ces exploitations nécessitent un encadrement technique intense, notamment en ce qui concerne leur organisation en coopératives de production et de commercialisation et l’adoption des innovations techniques appropriées pour les mettre au diapason des exigences des opérateurs exportateurs de la filière des fruits rouges. Sur le plan de la commercialisation, trois grands circuits caractérisent le secteur de la fraise :

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- un circuit spécifique à la fraise fraîche destinée à l’exportation, - un second relatif à la fraise fraîche destinée au marché local - un troisième spécifique à la fraise surgelée. Les deux tiers de cette production sont exportés, 20% en frais de novembre à mars et 45% en surgelé d’avril à juillet. Les 35% restants sont écoulés sur le marché local. Ainsi, au cours de la campagne agricole 201516, les exportations marocaines de fraise à l’état frais ont atteint 18.000 T (dont 1,68 T Bio) et 54.185 T (dont 1.205 T Bio) à l’état surgelé. Le marché local est approvisionné par des intermédiaires qui s’approvisionnent directement chez les agriculteurs ou parfois auprès des unités de conditionnement. Soulignons également le dynamisme particulier des producteurs de la région en matière de certification et de mise à niveau dans le domaine de la traçabilité. La quasi-to-


talité des exportations agricoles sont certifiées EUREPGAP et la majorité des stations de conditionnement et unités de surgélation sont certifiées HACCP pour répondre aux exigences des clients et aux normes techniques des marchés européens et américains notamment en matière de contrôle des résidus des produits phytosanitaires, de protection de l’environnement et de traçabilité pour chaque lot exporté. Cependant, et malgré le dynamisme que connait cette filière et son essor remarquable, le secteur subit l’effet pervers d’un certain nombre de contraintes majeures dont notamment : - la prédominance des petites exploitations de moins de 5 ha non organisées, - l’érosion de la rentabilité de la culture du fraisier entrainant la réduction de la superficie des fraiseraies, - une offre foncière trop contraignante pour promouvoir l’investissement (terres collectives, domaine forestier… voir chapitre problèmes du foncier), - en plus de problèmes liés aux profile variétal (voir chapitre suivant). 

Diversification variétale

Au Maroc, la culture est annuelle et le matériel végétal est renouvelé chaque année. Ceci permet aux producteurs de produire un fruit de haute qualité et d’assurer un bon contrôle phytosanitaire de la culture. L’approvisionnement en plants de Fraisier en motte et en racines nues est assuré exclusivement par l’importation. Le nombre des plants importés par année est d’environ 190 000 000 plants. Ces plants sont cultivés avec une densité de plantation de 60 000 plants /ha. Sur le plan variétal, après la TIOGA, la CHANDLER et l’OSO GRANDE, les producteurs marocains ont adopté la CAMAROSA qui s’est progressivement imposée et notamment pour la surgélation, grâce à sa forme régulière, son gros calibre, sa couleur rouge vif et sa fermeté qui permet de la découper en cubes ou en tranches. Cette variété a donc doAgriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

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Petits fruits rouges

miné le paysage pendant plusieurs années. Or, sur le plan commercial, la mise sur le marché d’un seul produit avec des caractéristiques données n’est pas la meilleure stratégie sur le long terme vu l’évolution des goûts et des habitudes alimentaires du consommateur européen. Les professionnels ont donc senti la nécessité de diversifier la gamme variétale destinée à l’export. Ils ont ainsi opté pour de nouvelles variétés dotées de performances supérieures, notamment

Organisation

Sur le plan organisationnel, la filière des fruits rouges est encadrée par deux associations : l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges (AMPFR) et l’Association marocaine des conditionneurs et exportateurs de la fraise (AMCEF). Elles ont entre autres objectifs la contribution à la mise à niveau 32

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en termes de précocité, de qualités organoleptiques et de conservation. En général, les producteurs avertis optent pour une combinaison de plusieurs variétés pour couvrir l’ensemble du cycle et mieux répondre aux impératifs des débouchés (précocité, frais, surgelé). Les producteurs s’ouvrent notamment à des variétés plus gustatives pour répondre à une exigence croissante des marchés. Globalement les variétés utilisées sont sensiblement les mêmes que dans la zone de Huelva (Espagne), mais avec des proportions différentes  : Festival, Splendes entreprises agricoles, la diffusion des informations sur le marché, l’amélioration du niveau technique et organisationnel des entreprises agricoles, la participation à la formation des agriculteurs et des agro-industriels... Toutes les deux sont membres de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine de production et d’exportation de Fruits Et Légumes (FIFEL).

dor, Fortuna, San andreas, Sabrina, Ventana, Sabrossa, Lusa, Benicia et d’autres variétés. Cependant, beaucoup de fraisiculteurs déplorent un choix variétal limité, l’absence de référentiel local sur le comportement des variétés et leur potentiel de production, la forte dépendance des producteurs des pépiniéristes étrangers quant à l’approvisionnement en plants et l’accès aux variétés performantes. Pour la profession, une variété de fraise idéale pour le Maroc devrait être dotée des caractéristiques suivantes : - Précocité : entrée en production la première semaine de décembre - Productivité: élevée (plus de 900 g/ plant) - Forme des fruits: conique - Couleur : Rouge aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur - Goût et brix (taux minimum de 8) - Fruit ferme qui permet un long shelf-life et la coupe pour le surgelé - Tolérance aux maladies et ravageurs Il est à signaler qu’au cours des AGO de l’AMPFR et l’AMCEFR tenues le 15 février 2017 et conformément à l’ordre du jour qui portait aussi sur la proposition de la création de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine des Fruits Rouges (FIMFR), les membres des deux associations ont approuvé à l’unanimité la proposition (Voir page 14).


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La framboise et la myrtille cet égard aux fluctuations de la demande sur le marché européen.

Développement des cultures Partout dans le monde, les espèces comme la framboise et la myrtille sont cultivées dans les mêmes régions que le fraisier et ce, pour les raisons suivantes : - elles ont pratiquement les mêmes exigences climatiques et édaphiques; - elles ont aussi des exigences nutritionnelles similaires et peuvent être produites sous les mêmes types de serres; - elles peuvent être produites pour une double fin : frais et surgelé; - leur transformation exige les mêmes équipements et logistique

E

n plus de la diversification des variétés de fraise qui a permis de rallonger la période d’exportation et d’accéder à des segments de marché supplémentaires, certains producteurs ont exploré d’autres voies de diversification en introduisant de nouvelles espèces fruitières de très haute valeur ajoutée et très demandées sur les marchés européens : les petits fruits rouges, surtout la framboise et la myrtille. Sur le plan économique, l’introduction de ces nouvelles espèces dans les régions productrices de fraises a permis de donner une bouffée d’oxygène à ce secteur dans la mesure où elle a permis aux producteurs de diversifier leurs offres sur le marché européen. En effet, l’Europe ne peut pas satisfaire ses besoins en petits fruits pendant la période hivernale et une partie de la période printanière. Et bien que plusieurs pays européens soient producteurs de petits fruits, leurs productions n’ar-

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rivent sur le marché qu’à partir de Juin-Juillet. Pendant le reste de l’année, l’approvisionnement se fait à partir du Chili, du Mexique et plus récemment de l’Espagne. Le Maroc peut facilement se faire une place sur le marché européen même en présence de ces pays car sa proximité de l’Europe lui confère un avantage considérable par rapport aux pays de l’Amérique latine qui se trouvent défavorisés par les coûts exorbitants du transport aérien. Il est aussi compétitif par rapport à l’Espagne. D’ailleurs les sociétés espagnoles se sont elles même implantée au Maroc pour ces mêmes raisons. Par ailleurs, le Maroc est déjà l’un des principaux fournisseurs de marché de l’UE en fraises fraîches. Les mêmes importateurs et agents de commercialisation des fraises au sein de l’UE s’occupent également des framboises, des mûres et des myrtilles. L’Union européenne reste donc la première destination des fruits rouges marocains soit 95% du volume exporté. L’Espagne arrive en tête des débouchés, suivie de la France et du Royaume-Uni. Toutefois, le Maroc œuvre à la diversification des marchés et des offres afin d’améliorer ses exportations et remédier à

Dans le Loukkos-Gharb, à partir de 2004, certains horticulteurs installés dans le périmètre du Loukkos ont introduit les premières variétés de framboise à faible besoin en froid et qui offrent plus de chance d’adaptation aux conditions climatiques de la région. Cette tentative a été couronnée de succès puisque la surface est passée de 30ha en 2005 à une superficie de 1.100 ha actuellement pour une production de 10.430 T en 2016. La quantité exportée durant la campagne 2015-16 était de 9.354T dont 8.561 à l’état frais et 793 T à l’état surgelé. La myrtille n’a démarré qu’en 2008 avec 150 ha et s’étend actuellement sur 1.200 ha pour une production de 12.280 T en 2016 (rendement moyen 10t/ha). Les exportations durant la campagne 2015-16 ont été de 11.664 T dont 11.382 T en frais et 198 T en surgelé. La myrtille a une durée de vie plus longue par rapport aux autres baies comme la fraise


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La framboise et la myrtille

ou la framboise et s’adapte très bien à différents types de sol et de conditions climatiques. C’est la raison pour laquelle les professionnels s’attendent à une grande expansion de sa culture au cours des prochaines années. Mais ils redoutent déjà une rapide saturation sur ce créneau car ils estiment que certains opérateurs plantent de manière agressive et n’utilisent pas les bonnes variétés. De ce fait, les fruits qui en résultent ne font pas de différence sur le marché. Il est donc impératif de trouver un équilibre entre la production de myrtilles et la consommation. A noter qu’en termes d’activité économique, 1.000 ha de myrtille c’est l’équivalent de 4.000 ha de fraise soit un autre secteur dynamique dans la région. Les techniques d’irrigation et de fertigation sont identiques à celles de la fraise et les serres utilisées sont de type multi chapelle ou Delta 9 qui permettent une certaine protection contre le gel, améliorent les condi-

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tions de température et de lumière en créant ainsi un microclimat favorable. Elles permettent aussi d’assurer une grande protection contre le vent, la pluie, les insectes, les maladies, et les prédateurs, tels les rongeurs et les oiseaux. Depuis 2008, le myrtillier et le framboisier ont enregistré une forte expansion dans les deux régions. Cette activité est réalisée essentiellement par les grandes exploitations et des investisseurs étrangers dotés des moyens logistiques nécessaires pour la production, la valorisation et l’exportation de la production en adoptant les techniques les plus innovantes. « Pour ces espèces nous sommes pratiquement au même niveau que les espagnols. Pour cela nous avons beaucoup travaillé avec les obtenteurs originaux des variétés cultivées, sans passer par des intermédiaires espagnols comme c’est le cas pour la fraise. Par ailleurs, en impliquant les fournisseurs en tant que partenaires, nous sommes certains de pouvoir bénéficier de chaque nouvelle innovation variétale immédiatement et surtout de pouvoir maitriser les différents aspects relatifs à la conduite et la commercialisation  », explique un grand producteur de la région. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces cultures ne sont pas concurrentes de la fraise, mais plutôt complémentaires. Au niveau d’une exploitation, ces différentes activités

permettent de mieux optimiser le temps de travail. De plus, il s’agit pratiquement des mêmes moyens et process que pour la fraise (même type de serres tunnels, station de conditionnement, frigos… qui sont mieux valorisés). Cependant, les investissements sont tellement importants qu’on ne peut pas se permettre la moindre erreur : - Dans le cas de la myrtille le coût d’installation de la culture est estimé à environ 800.000 Dh/ha, et les charges annuelles moyennes s’élèvent à 200.000 Dh/ha. - Pour la framboise, le coût d’installation est estimé à 714.000 Dh/ha, et les charges annuelles moyennes s’élèvent à 350.000 Dh/ha. Rappelons qu’à partir de 2014, la filière s’est dotée d’un contrat programme ambitieux pour la zone Loukkos-Gharb, couvrant la période 20142020. Cependant, pour la framboise et la myrtille les objectifs fixés au départ (1.000ha chacune) ont été atteints avant terme et même dépassés que ce soit en surface ou en production.

Stockage et transport L’infrastructure de réfrigération après récolte, qui est adéquate au Maroc pour l’industrie d’exportation des fraises, peut également être utilisée pour le créneau des framboises et


des myrtilles. Les soins post récolte, y compris la réfrigération et le contrôle de la température et de l’humidité, sont les mêmes pour tous les types de baies qui peuvent donc être stockées et transportées ensemble en charge mixte. La progression des exportations marocaines le long de ces dernières années, surtout en fraises surgelées, est dûe essentiellement a l’implantation au Maroc de grandes firmes européennes qui ont réalisé d’importants investissements dans les 23 unités industrielles de conditionnement et surgélation et en installant des structures d’encadrement en faveur des groupes de producteurs. Ces unités industrielles sont homologuées par les deux établissements publics compétents à savoir l’ONSSA et l’EACCE. Sur le plan du contrôle des normes techniques de qualité des petits fruits rouges, l’EACCE assure, au niveau des unités de conditionnement, le contrôle de leur conformité aux exigences techniques, réglementaires en

conformité avec les normes des marchés d’exportation. Par ailleurs, et s’agissant des normes sociales, le secteur a franchi d’importantes étapes. Il est à préciser que l’ensemble des employés des unités industrielles sont régis par les dispositions de notre code de travail à savoir : ils sont majeurs, touchent leur salaire réglementaire, bénéficient de la couverture sociale, et travaillent dans des bonnes conditions du transport, d’hygiène et de sécurité. Concernant la logistique, les exportateurs marocains de baies bénéficient d’un avantage en termes de coûts de fret vers les marchés de l’UE comparativement à leurs concurrents en Israël,

en Égypte, et dans d’autres pays plus éloignés, qui sont tous obligés de recourir au fret aérien, ce qui est plus coûteux.

Le marché local Des quantités limitées de framboises et de mûres sont écoulées sur le marché marocain de vente au détail. Bien qu’il s’agisse d’un petit débouché, comparé à celui de l’UE, il doit néanmoins être développé. Mêmes les petites opportunités de marché devraient être prises en considération, car toutes ont leur importance dans la perspective de la future croissance du secteur marocain des baies et de sa viabilité.

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Barquette en plastique : Emballage préféré pour les petits fruits

Actuellement, le conditionnement des fruits rouges se fait principalement dans les exploitations par les ouvrières qui cueillent et disposent les produits directement dans les barquettes. Le but étant de limiter les manipulations compte tenu de la fragilité des fruits. Les stations ne servent que comme structures de précooling et de conservation, et éventuellement pour effectuer quelques vérifications en relation avec le poids et la qualité. A noter que certaines stations expédient des barquettes avec couvercles et d’autres non. Ce n’est qu’une

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fois arrivées à destination qu’il y aura un operculage final avec la marque, le prix… dans des stations de finalisation. Aujourd’hui, le conditionnement des fruits rouges se fait spécifiquement dans des barquettes qui permettent à la fois la mise en valeur et la protection des fraises, framboises et myrtilles. Esthétiques et protectrices, les barquettes sont pour le consommateur synonyme de fraîcheur, garantissent la traçabilité, et facilitent l’identification et la manipulation. Elles doivent cependant répondre aux exigences des principaux marchés receveurs qui sont les marchés européens et anglais. Ces marchés exigent un type de conditionnement par cahier de charge (matériaux, référence de la barquette et du

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matelas, poids, forme…) que nos exportateurs doivent respecter à la lettre. Pour cela, ces derniers s’adressent à des sociétés spécialisées pour leur fournir ces types d’emballage. A noter qu’il existe des barquettes spécifiques à chaque type de produit. Il en existe différentes formes, mais elles sont généralement rectangulaires afin d’optimiser l’espace occupé pour le transport, facteur déterminant compte tenu de l’éloignement des destinations. Les fabricants proposent également pour le conditionnement de ces fruits fragiles, un matelas bulleux installé au fond de la barquette. Ce matelas a pour rôle de protéger les fruits de la couche inférieure, des chocs qu’ils pourraient subir lors de la manipulation, du transport ou tout simple-

ment de la pression des couches supérieures. La framboise par exemple est un produit fragile qui coûte cher. Les fabricants ont dû adapter les emballages. On trouve ainsi des barquettes plates à petit volume (125g-150g), avec une faible hauteur et tapissées d’un matelas à bulles. Parmi les sociétés leader de la place, la société Netpak qui fait partie du groupe Roda Maroc. « Adossée à des firmes internationales et nationales spécialisées dans la fabrication de packaging, Netpak est aujourd’hui à même de proposer à ses clients une offre complète englobant palettes, cartons ondulés, plateaux, barquettes plastiques ou cartonnées, film et machines flowpack, accessoires, sacs de surgélation…», explique


M. Jean Michel Raynaud, directeur du Groupe Roda-Netpak. « Seul fournisseur à disposer d’une agence à Moulay Bousselham, en plein cœur de la plus grande région de production des fruits rouges au Maroc, Netpak est dotée de ressources humaines et logistiques lui permettant de réaliser des niveaux élevés de prestations au profit de ses clients. En effet, nous disposons de stocks importants dans les différentes gammes de barquettes et assurons un service livraison 24h/24 (Chauffeurs logés sur place)», explique Monsieur Agour, Directeur commercial de l’entreprise. A noter que des structures équivalentes ont été mises en place à Agadir, ainsi qu’à Marrakech et Berkane pour pouvoir garantir aux clients des prestations de haut niveau et être en phase avec l’essor que connaissent les exportations marocaines de fruits et légumes dans le cadre du plan Maroc Vert.

Importance des serres

L’utilisation de structures de protection pour la production de framboises et de myrtilles a permis d’améliorer aussi bien le rendement que la qualité du produit. Ce procédé cultural réduit de manière significative les risques de maladie, en particulier le Botrytis (pourriture grise), qui se répand pendant les périodes prolongées de pluie et de forte humidité. Le pourrissement causé par le Botrytis est l’un des principaux problèmes qui peuvent empêcher une production de baies de haute qualité. Sans structures de protection, la cueillette ne serait pas possible par temps de pluie. Les baies seront par conséquent trop mûres, et la proportion de fruits de qualité destinés à l’exportation sera sensiblement réduite. La production de baies dans des structures protégées réduit de manière significative le taux d’humidité indésirable du sol engendré par les fortes précipitations, et permet de diminuer les risques de maladies du sol, comme la pourriture phytophthoréenne des racines. Il ne serait pas possible d’obtenir un rendement régulier de baies de qualité destinées à l’exportation dans des cultures à ciel ouvert. Par conséquent, l’utilisation de structures protégées est indispensable pour le succès de la culture de baies au Maroc.

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Les petits fruits rouges marocains sont exportés au niveau de 41 pays dans les 5 continents mais la destination principale reste l’Union Européenne.


Technique

Fertilisation de la pomme de terre En culture de pomme de terre, les pratiques de fertilisation influent grandement sur le rendement et la qualité de la récolte. Le raisonnement des apports doit intégrer des contraintes multiples telles que les besoins de la culture, le passé de la parcelle, les conditions pédo-climatiques, ...

L

a pomme de terre crée son système racinaire et sa surface foliaire en deux mois. L’exploration par les racines se limite aux 60 premiers centimètres de profondeur du sol, pourtant la plante mobilise des quantités importantes d’eau et d’éléments nutritifs. Dans sa période de croissance végétative, la pomme de terre mobilise des quantités importantes d’azote (N) et de potassium (K2O) par jour. Elle a besoin également de phosphore, de soufre, de magnésium, de calcium et d’oligo-éléments qui interviennent sur la tubérisation, la pro-

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ductivité et la qualité de la récolte.

Azote

La dose apportée conditionne la qualité des tubercules La fertilisation azotée constitue un enjeu majeur de la conduite de la pomme de terre. Ses effets sont multiples sur le rendement, la qualité des tubercules ainsi que sur le plan environnemental au travers de la quantité d’azote minéral restant dans le sol à la récolte. La fertilisation azotée a de nombreux objectifs : ►  Assurer un rendement satisfai-

sant, en couvrant les besoins de la culture ► Obtenir des tubercules dont la qualité de présentation, la qualité culinaire et la qualité sanitaire satisfont aux exigences de l’aval : - Adapter la dose d’azote apportée au débouché envisagé (la proportion de gros calibres augmente avec la dose d’apport jusqu’à la dose optimale qui maximise aussi le rendement total, alors que la teneur en matière sèche diminue), - Eviter les excès d’azote qui favorisent les accidents physiologiques (cœur creux, repousse), qui entraînent la production de


AGQ Labs Experts en Suivi Nutritionnel de Cultures AGQ Labs est un centre technologique international avec plus de 23 ans d’expérience en contrôle nutritionnel de cultures. Actuellement, il suit directement plus de 500 000 hectares dans plus de 20 pays. Travailler dans des conditions pédoclimatiques diverses et pour une multitude de cultures nous a permis d’obtenir une vision globale du système sol-eau-plante, ainsi que l’information et l’expérience afin d’offrir des solutions à nos producteurs. Il joue le rôle de Centre technologique et laboratoire agroalimentaire de référence dans tous les pays où il se trouve, et aussi celui de principal prestataire de services de conseil et de consulting en nutrition végétale pour un grand nombre de producteurs et d’entreprises agricoles. Présent au Maroc depuis 2005, AGQ Labs Maroc a contribué activement au développement de l’agronomie du pays en collaborant avec les principaux producteurs des agrumes, horticoles, arbres fruitiers à noyaux, olivier et fruits rouges, avec des résultats probants. Et ce grâce au service exclusif de suivi nutritionnel de cultures.

Nutrition végétale et suivi nutritionnel La croissance des exigences du marché et des consommateurs, ainsi que la forte concurrence et l’augmentation de la superficie productive, ont obligé les producteurs à se différencier en obtenant un produit de qualité, qui respecte les exigences d’apparence et de saveur, et qui résiste aux longs voyages. Il s’agit d’un défi pour lequel l’irrigation et la nutrition jouent un rôle clé. Il est donc Illustration 1 : fondamental d’effectuer un diagnostic nutritionnel adéquat, qui permet de réaliser des maniements Diagramme analytique du service de suivi nutritionnel. optimaux lors des moments critiques de la culture. Le service de suivi nutritionnel intègre le monitorage durant la saison du système Eau-Sol-Plante dans plusieurs états de phénologie de la culture. Le service se base sur le monitorage de l’eau d’irrigation, la solution fertilisante, la solution du sol, les dynamiques foliaires et fruitières, ainsi que sur l’assistance technique d’agronomes spécialisés en nutrition végétale. De cette manière, le producteur dispose d’une information fiable et simple, avec des diagnostics clairs et précis, ainsi que des recommandations pratiques et ajustées à la réalité de chaque producteur.

Réussites du système Notre méthode a été couronnée de succès sur plusieurs points pour toutes les espèces travaillées : · L’augmentation de la productivité · Les améliorations essentielles de la qualité des fruits d’exportation. · Le sauvetage d’exploitations affectées par des problèmes de pH et de sels. · Le sauvetage d’exploitations affectées par des déséquilibres nutritionnels. · Connaissance exacte du besoin en fertilisation pour le maximum de productivité

Graphique 1 :

K (%) Juillet, Août, Septembre, Octobre, Novembre, Décembre, Janvier, Février, Mars, Avril, Mai, Juin

· L’économie des coûts des engrais. · Minimisation de l’impact environnementale Afin de compléter le service de suivi nutritionnel, AGQ Labs dispose d’une gamme de services et d’analyses avancés, dont la détermination de paramètres comme le silicium et le calcium liés aux fruits, les phosphites et les réserves en racines à l’aide d’outils GIS (Geographic information system) et NDVI (Normalized difference vegetation index). Ces derniers nous permettent de diagnostiquer et proposer les meilleures solutions à nos clients.

Graphique 2 : N (%) Juillet, Août, Septembre, Octobre, Novembre, Décembre, Janvier, Février, Mars, Avril, Mai, Juin

Exemple de dynamique foliaire pour le Nitrogène (à gauche) et le Potassium (à droite) pour le Raisin de Table.

Plateforme online et application mobile

Tous nos clients disposent d’un accès exclusif de manière gratuite à notre plateforme online et à notre application BeSafer :

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Fertilisation de la pomme de terre jectifs de production quantitative et qualitative retenus par l’agriculteur. A noter que l’adjonction de certains additifs aux engrais azotés traditionnels pourrait permettre de limiter les pertes lors de l’épandage, un vrai plus environnemental comme économique.

Engrais PK :

le positionnement avant tout

tubercules immatures (peau peu résistante, faible teneur en matière sèche et taux de sucres solubles élevé) et des teneurs élevées en nitrate. L’excès en azote peut également retarder la tubérisation au profit de la croissance foliaire, en plus de diminuer la qualité des tubercules et de rendre le défanage plus difficile. ► Limiter les risques de fuite du nitrate vers les eaux superficielles et profondes, en adaptant la dose de fertilisant azoté aux besoins de la culture et aux fournitures du sol. De la nutrition azotée dépend en partie la durée du cycle végétatif, et donc la maturité de la culture de la pomme de terre. La croissance des parties aériennes est en bonne partie dépendante de l’azote disponible dans le sol ainsi que de l’apport d’engrais azoté. Néanmoins, si cette croissance est trop importante, elle se fait au détriment de l’allocation des assimilats vers les tubercules. Par ailleurs, un feuillage trop développé peut favoriser le développement de maladies. A contrario, un stress azoté peut provoquer une diminution importante de la croissance des parties aériennes, compromettant pour la suite les possibilités de transfert en quantité suffisante vers les tubercules. Il y a donc un optimum autour duquel il 42

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est souhaitable de se situer tout au long du cycle de la culture : la quantité d’azote minéral nécessaire et suffisante à la croissance optimale du couvert peut être estimée par la méthode du bilan.

Bien choisir la forme à apporter

Le choix de l’engrais est important pour optimiser l’itinéraire technique. La pomme de terre a le plus souvent besoin d’apports d’engrais en complément des fournitures du sol pour satisfaire ses besoins nutritionnels. Au-delà de la quantité, le choix de la forme d’engrais revêt une importance particulière pour optimiser la conduite selon les ob-

La pomme de terre est une des cultures les plus exigeantes en potassium et en phosphore, à la fois pour assurer son rendement et pour accéder à certains critères qualité (pour le potassium surtout). Une bonne alimentation en potassium améliore la résistance aux endommagements, diminue la sensibilité au brunissement enzymatique et au noircissement après cuisson, et réduit la teneur en sucres réducteurs dans les tubercules. Sur l’ensemble du cycle, c’est le sol qui fournira la majorité des éléments à la culture. Cependant, l’apport d’engrais peut être nécessaire en tout début de cycle afin de palier la faiblesse précoce du système racinaire : il ne peut en effet pas puiser tout de suite dans les stocks d’éléments du sol. Comme les éléments PK sont de surcroit très peu mobiles dans le sol, leur localisation à la plantation présente probablement un intérêt, bien que les références expérimentales ne soient pas nombreuses en la matière. Les différents engrais phosphatés


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Fertilisation de la pomme de terre

présentent des différences d’efficacité en fonction de leur degré de solubilité. Les formes les plus solubles sont à privilégier pour un effet rapide sur la culture. La forme de l’en-

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grais peut jouer un rôle également. La fertilisation de la pomme de terre peut-être mise en place avec des apports de K2O sous diverses formes (engrais simples chlorure,

sulfate, engrais composés ou autres composts). Concernant le choix de la forme d’engrais potassique, le chlorure et le sulfate de potassium ont présenté la même efficacité sur le rendement dans les expérimentations. Cependant, le chlorure de potassium tend à accroître la teneur en eau et à réduire la teneur en matière sèche et en fécule comparé au sulfate de potassium. Cet effet s’explique par des différences d’absorption du chlorure par rapport au sulfate qui modifient la rétention d’eau. Le fractionnement du potassium est possible en profitant de la dernière opération de buttage pour enfouir le deuxième apport. Dans ce cas on privilégie la forme sulfate pour éviter l’effet du chlorure. L’irrigation goutte à goutte dans la butte présente l’avantage de pouvoir fractionner les apports jusqu’à un stade plus tardif de la culture.


Analyser le sol

pour ajuster au mieux les apports.

Objectifs : ►  Assurer une alimentation non limitante de la culture, qui a des exigences élevées en phosphore et en potassium, pour : - ne pas pénaliser le rendement, - produire des tubercules de qualité ►  Limiter les risques d’eutrophisation des eaux superficielles environnantes, en évitant les surfertilisations phosphatées ►  Maintenir une biodisponibilité satisfaisante à long terme du phosphore et du potassium dans le sol

Et les autres éléments ?

Les apports de magnésium se raisonnent selon les mêmes principes que les apports PK. Les formes nitrates et sulfate sont les plus efficaces, grâce à leur plus grande solubilité. L’apport de magnésium peut être réalisé sur une tête de rotation. Dans ce cas il est bon d’effectuer cette fertilisation sur la

pomme de terre en cas d’apport massif de potassium, en raison de l’antagonisme potassium - magnésium. Les besoins de la pomme de terre en soufre sont faibles et la phase de croissance correspond aussi à la phase majoritaire de minéralisation du soufre organique, ce qui permet au sol d’assurer la fourniture nécessaire. De plus, du soufre est souvent apporté via d’autres engrais (sulfate de potassium par exemple). Les carences sont peu fréquentes en pomme de terre car c’est une culture réservée aux parcelles de bonne fertilité. Cependant son cycle court et son faible réseau racinaire la rend sensible à des ruptures nutritionnelles engendrées par des stress comme une période de sécheresse ou un coup de

chaleur. La nutrition foliaire peut pallier ces ruptures en apportant les éléments sous une forme assimilable par la feuille en petite quantité. Les apports de magnésium, manganèse, zinc ou bore sont à déterminer selon les situations.

LE CALCIUM

La pomme de terre est une plante exigeante en calcium. A cause de la fertilisation potassique et le type de sols cultivé accroissent le problème. La déficience en calcium se traduit par des symptômes de carences dans zones de croissance. Les jeunes feuilles de dessèchent et s’enroulent. Des chloroses et des mouchettes brunes sur les pétioles.

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ALERTE

Tuta absoluta

Journée de sensibilisation à Agadir Tuta absoluta, ravageur de la tomate bien connu des agriculteurs de la région Souss-Massa, est de retour. Une journée de sensibilisation sur cet insecte a été organisée par l’APEFEL, la FIFEL et l’EACCE, au Complexe Horticole (CHA) d’Agadir le mercredi 15 février 2017. En effet, au delà des contraintes qui ont marqué cette campagne d’exportation, la mineuse de la tomate constitue, cette année, un réel souci pour les producteurs. Contrairement aux années précédentes où la pression de ce ravageur avait été limitée grâce aux différentes techniques utilisées (lutte intégrée), durant cette campagne les agriculteurs ont relâché leur vigilance. Les producteurs sont actuellement en quête de solutions efficaces pour lutter contre ce fléau qui risque d’affecter davantage la production avec la hausse des températures durant les mois à venir. La première question que se posent les professionnels est : pourquoi cette recrudescence désastreuse de Tuta absoluta ? L’organisation de cette journée avait justement pour but, tout d’abord, de sensibiliser l’ensemble des acteurs du secteur des fruits et légumes, puis d’apporter des éléments de réponses à l’ensemble des questionnements posés au sujet de cette redoutables mineuse des tomates. L’occasion également

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d’échanger les expériences et de sortir avec des recommandations pratiques opérationnelles pour combattre ce fléau. L’intervention de l’EACCE a mis l’accent sur les actions qu’il a effectuées avec l’apparition du problème à savoir : la sensibilisation de ses agents au moment des exportations afin d’être plus vigilants au moment des contrôles au niveau des stations de conditionnement en augmentant les vérifications au niveau des réceptions et agir au niveau des fermes pour mettre fin à ce problème. C’est ainsi que 128 tonnes ont été refoulées jusqu’à présent à cause de ce ravageur qui présente aujourd’hui des risques pour le nouveau marché russe. Il s’agit d’un marché jeune qu’il faut préserver et éviter tout problème qui pourrait affecter les exportations. Dans son exposé, Rachid ELAINI,  IPM Department Manager chez Omnium Agricole du Souss, a présenté les différents aspects pratiques de la lutte contre Tuta absoluta dans la région du Souss.

Dans une première partie, il a décrit l’insecte, sa taxonomie, son origine, ses plantes hôtes ainsi que ses dégâts. Il s’agit d’un ravageur extrêmement dangereux pour les Solanacées en général et la tomate en particulier. Il peut s’attaquer à tous les organes de la plante de la tomate, à l’exception des racines. La plante peut être attaquée à différents stades, depuis le jeune plant en pépinière jusqu’à la fin du cycle. Les dégâts peuvent atteindre 100% de la production et on peut assister à la destruction totale des feuilles et la perforation de l’ensemble des fruits si aucune mesure de lutte n’est prise. Dans la deuxième partie de son exposé, il a présenté les méthodes de lutte, qui font la différence entre les producteurs. La lutte est rendue plus complexe par la capacité de l’espèce à développer une résistance contre les produits de traitement. Le recours à la lutte intégrée par la combinaison des différents moyens de lutte disponibles est la seule alternative possible actuellement permettant de maintenir ces dégâts à


La récolte idéale commence par le soin idéal Insecticides à large spectre d’action

Mineuse

Thrips

Mouche blanche

Pucerons

Maximiser les revenues

Tuta absoluta

Programme de traitement de la tomate

Programme de traitement des Cucurbitacées

Du début jusqu’à la fin


Pr. Ahmed Mazih

un niveau acceptable. La stratégie de lutte contre Tuta absoluta doit donc être basée sur un programme de lutte combinant les différents moyens de contrôle disponibles à savoir : la lutte biologique, la lutte chimique, les barrières physiques, l’étanchéité des serres, le piégeage, l’utilisation de plants indemnes …. M. Rachid El AINI a aussi présenté une courbe très explicite sur le relâchement des producteurs contre ce ravageur ces dernières années pensant qu’il avait été éradiqué. Certains producteurs ont détecté le problème bien avant, surtout ceux qui produisent la tomate d’été et on su réagir à la fin de la campagne précédente. M. Nourredine HATIM, Chef de Service de la protection des végétaux à la Direction Régionale de l’Agriculture du Souss-Massa, a rappelé l’historique de Tuta absoluta depuis 9 ans qui a fait des ravages dans la région du Souss en 2008 et l’expérience du Maroc qui est devenu formateur de plusieurs pays arabe comme la Tunisie, le Liban, le Yémen, la Syrie, la Palestine et l’exemple pour les pays européens en matière de stratégie de lutte conte Tuta absoluta. La deuxième partie de son exposé a traité l’aspect réglementaire essentiellement les exigences phytosanitaires des marchés extérieurs comme le Canada, la Russie, les Etats Unis et l’Afrique (le Sénégal comme exemple). Professeur Ahmed Mazih du complexe horticole d’Agadir a présenté

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M. Rachid El AINI

quelques pistes de recherche menées au niveau de l’Institut Agronomique pour réagir le plus vite possible à cette épidémie. Il s’agit d’un nouveau projet en cours, intitulé STomp élaboré à la fin de la conférence internationale sur Tuta absoluta en 2011 à Agadir. STomp : c’est un projet multidisciplinaire, basé sur une approche globale pour une culture durable de tomate qui vise le renforcement de la défense de la plante, le développement de nouveaux biopesticides et l’optimisation des apports environnementaux hydriques et chimiques. L’objectif général du projet  c’est d’élaborer et mettre en œuvre des méthodes respectueuses de l’environnement pour la gestion des ravageurs de la tomate : 1- caractériser la résistance aux insecticides des deux espèces envahissantes  : Tuta absoluta et la mouche blanche (Bemisia tabaci) dans les différents pays méditerranéens, 2- inclure les insecticides à base d’extraits de plantes largement répandus dans ce bassin 3- utilisation des champignons et des bactéries bénéfiques pour renforcer les barrières de défense de la plante aux agents biotiques, ravageurs et pathogènes et aussi abiotique comme le stress hydrique, 4- l’optimisation de l’irrigation et de la fertilisation en termes de facteurs nutritifs et de défenses chimiques et leurs conséquences sur les ennemis naturels,

M. Nourredine HATIM

5- validation d’un nouveau type de serre ventilée avec insect-proof. Les données scientifiques attendues de ce projet innovant seront présentées lors d’un grand séminaire prévu vers le mois d’avril pour exposer les premiers résultats qui seront traduits en de nouvelles stratégies durables de production de la tomate. Ensuite la parole a été donnée à M. Khalid Saidi de l’APEFEL qui a insisté sur l’intervention des instances étatiques pour mettre en place une stratégie commune nationale de lutte contre Tuta absoluta car c’est un fléau qui menace l’origine Maroc, ainsi que de multiplier les journées d’échange et de sensibilisation. A noter qu’un comité de suivi de Tuta absoluta a été désigné lors de cette journée, dont une première réunion s’est tenue dans le but de dégager les grandes lignes d’une stratégie à même d’éradiquer ce fléau. Elle est basée sur deux axes :

Premier axe

Il consiste à mettre en place et dans l’immédiat un ensemble de mesures et moyens pour sauver la campagne actuelle et sauvegarder le label Maroc. Il est urgent de mener une campagne de sensibilisation sur le danger qui menace l’origine Maroc. Faire adhérer toutes les entités à ce projet est indispensable pour sa réussite. Des actions urgentes doivent être menées : revisiter le premier manuel élaboré lors de la première apparition de ce ravageur. Il est toujours d’actualité, toutefois il est à étoffer par les nouvelles données et revoir le listing des produits de traitement homologués. Cet outil et manuel de travail est donc à reprendre car il a tendance à être oublié. Des mesures prophylactiques simples et efficaces sont à prendre


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Tuta absoluta rigoureusement telles que (détails basiques) : - Barrières physiques (filet, sas, …) - Captures massives de mâles par les pièges à phéromones - Monitoring, le niveau d’attaque doit être suivi - Destruction des organes infestés - Sortir les déchets par les trous aménagés et dans des sacs fermés et les détruire si possible par compostage (environnement) ou par le feu

- Traitements raisonnés Il s’avère utile de fixer un seuil de tolérance ou de gravité à respecter. Des mesures de répression doivent être mises en place à tous les niveaux : exploitations, stations et marchés. Les stations de conditionnement qui réceptionnent les produits de récolte peuvent signaler les dérapages « échappés » aux exploitations en matière d’attaques (piqûres). - Proposer une durée moyenne de traitement (15 jours par exemple : estimation selon la température…) - Aller même jusqu’à pénaliser sévèrement les contrevenants - Le transport des plants et des produits de cueillette doit être couvert par un filet étanche - Il a été mentionné également que les filets de bordure (structure) doivent être traités en même temps que la culture. La liste n’est point exhaustive mais permet déjà d’avoir une base de conseils à suivre et qui sera étoffée au fur et à mesure. Une liste de produits phytosanitaires par mode d’action et famille est en cours de préparation (dans le but d’éviter les résistances ou accoutumance).

Deuxième axe

Il a pour objectif de se préparer pour la campagne à venir afin de pouvoir endiguer ce parasite très mobile qui est plus acclimaté et plus résistant aux matières actives déjà existantes. D’où la nécessité de : - dresser un calendrier de produits à alterner selon leur mode d’action (tous ceux qui existent actuellement agissent sur le système nerveux de l’insecte). Tenir compte de l’aspect résiduel est également de mise. - mieux étudier Tuta absoluta pour comprendre si son retour en force est dû à une négligence des méthodes de lutte, ou bien s’il s’agit d’une nouvelle souche de Tuta. 50

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- Ne pas omettre la lutte biologique car la lutte chimique n’est pas suffisante. - Bien préparer le vide sanitaire - Le traitement du sol s’impose également car les chrysalides s’y cachent - Utiliser les stations d’essais existantes (tout le réseau) pour les piégeages afin de suivre le degré d’infestation par zone, cela permettra d’avoir un état des lieux et d’agir en conséquence. Deux commissions ont été créées dans ce but : 1- Mme Naïma Ibissou (Insectarium Adardour) et M. Rachid Elaïni (SAOAS) se chargeront d’établir un planning de traitement par lâchers de parasitoïdes et orientation dans ce sens. Etudier également la possibilité de lâchers à grandes échelles dans la région. Réfléchir aussi à comment gérer les déchets de culture. 2- Pr. Ahmed Mazih, Pr. Abderrahim Hormatallah (CHA) et Samir Belghol (APEFEL) se pencheront sur la lutte chimique en complétant tout d’abord les données existantes et s’appuyer sur la liste de l’IRAC (détenue par Pr. Mazih).

Les mesures préventives au niveau des stations de conditionnement

En complément aux efforts déployés au niveau des exploitations et fermes de production de tomate, dont l’objectif principal est de mettre en place des actions immédiates contre Tuta absoluta, le Comité de Coordination de Primeurs a décidé de tenir une réunion le 03 mars 2017 entre l’EACCE, l’ONSSA, la FIFEL, l’APEFEL, l’AMCOM et les directeurs des stations de conditionnement pour réfléchir dans le même sens, sur les mesures et dispositions à appliquer parallèlement au niveau de ce maillon. Certainement, la synergie entre la production et le conditionnement s’avère indispensable afin de pré-


venir les infestations de ce ravageur et sauver notre campagne d’exportation. L’ensemble des participants se sont mis d’accord sur la nécessité absolue d’adopter un plan d’action d’urgence au niveau des stations de conditionnement. En effet, les recommandations consensuelles suivantes sont à mettre en œuvre immédiatement : • Exiger un triage préliminaire au niveau des fermes. • Mettre en place un agréage systématique à la réception et une attention particulière doit être accordée aux attaques de Tuta absoluta. • Renforcer le personnel d’agréage à la réception en y affectant un nombre suffisant d’agréeurs. • Dispenser une formation pratique au profit des agréeurs  pour l’identification et la détection des infestations des tomates. • Lors de l’agréage à la réception, le prélèvement doit être effectué de manière aléatoire, représentative et réparti sur l’ensemble des parties du lot (un arrivage de tout

venant = un lot). • La taille du prélèvement doit être de 3 à 5 caisses. • Les seuils limites d’acceptation de la tomate à la réception sont les suivants : - 1% de fruits infestés pour la tomate ronde et allongée sans pédoncule, - 0,5% de fruits infestés pour la tomate cerise et olivette sans pédoncule, - 0% de fruits infestés pour toutes les tomates avec pédoncules (grappe, cocktail…). • Consolider les bonnes pratiques de conditionnement, notamment : - Renforcer les équipes de triage, les sensibiliser et les former sur l’identification pertinente des signes d’infestation des fruits par Tuta absoluta, - Réduire et adapter la cadence et rythme de versement afin de mieux maîtriser le triage des fruits infestés, - Assurer un éclairage suffisant de façon à couvrir l’ensemble des

postes d’agréage et de triage. • Effectuer les expéditions des tomates à des températures appropriées. • Les écarts de triage infestés doivent être éliminés et détruits par une méthode efficace au niveau de la station de conditionnement : Les brûler immédiatement ou les mettre dans des sacs plastiques fermés hermétiquement pendant au moins 2 semaine. II en est de même pour les autres déchets visiblement contaminés ou non (folioles, pédoncules…). • Pour le produit fini destiné à l’exportation, aucun fruit infesté n’est accepté (0%).

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PhytoProtection

Raisin de table

Les principales maladies cryptogamiques Les maladies de la vigne sont si nombreuses qu’il est essentiel de les identifier avec exactitude afin de prévenir le plus rapidement possible les infestations graves et les pertes de rendement ou de qualité. Cependant, la présence d’un agent pathogène ou d’une maladie ne signifie pas automatiquement qu’un traitement est nécessaire. La sévérité des maladies varie d’une année à l’autre. En conséquence, certaines maladies peuvent être dévastatrice une année et avoir peu d’importance une autre année. Les mesures à prendre pour éviter les pertes peuvent donc varier d’une saison à l’autre.

L

es maladies cryptogamiques sont due à des champignons qui attaquent, selon les espèces, soit les organes verts de la vigne (feuilles, rameaux, grappes) soit le tronc (Esca, Eutypiose…). Dans cet article, nous nous intéresserons uniquement aux maladies des organes verts, sachant que le mildiou, l’oïdium et la pourriture grise sont les principales maladies qui touchent nos vignobles, entraînant des pertes de rendement et de qualité. Selon les années, les attaques peuvent être plus ou moins en fonctions de différents re 82. Feutrage blanchâtre du mildiou sur jeunes baies de raisin importantes (E). facteurs tels que les conditions climatiques, l’inoculum présent (historique) Feutrage blanchâtre du mildiou sur jeunes baies de raisin (E). et la sensibilité des différentes variétés cultivées. Afin d’éviter les infestations graves, le viticulteur doit identifier rapidement et correctement les maladies. Il est ainsi recommandé de dépister entièrement au moins une fois par semaine le vignoble, ‫ﺍا‬ du débourrement à la récolte, en portant une attention particulière aux cépages sensibles où l’on observe généralement les premiers symptômes. Les viticulteurs sont également appelés à suivre régulièrement les données météorologiques et de s’informer auprès des experts au niveau des organismes de recherche, de développement et d’enseignement. Une ‫ ﻑف‬  Dégâts du mildiou sur le raisin : intervention bien ciblée en début d’in  festation permet d’obtenir un meilleur dessèchement des baies et une partie de la grappe. ure 83. Dégâts du mildiou sur le raisin (F). a : dessèchement des contrôle des maladies. es et une partie de la grappe. A noter que la réussite de la lutte phytosanitaire repose sur un programme adapté aux différentes contraintes susceptibles de compromettre le développement des pieds de la vigne (biotiques et abiotiques). Cette approche doit concilier à la fois les objectifs en termes de qualité et de productivité, et ceux relatifs au res‫ﺏب‬ pect de l’environnement et de la santé du consommateur, afin de conduire la lutte ‫ ﺏب‬un minimum d’intervenchimique avec Mildiou sur une jeune feuille de Mildiou sur une feuille de la vigne (C). a : tions. la vigne (B). a : face inférieure. b : stade primaire d’attaque du mildiou sur face inférieure de la feuille de la vigne.

face inférieure. b: symptôme du mildiou « poussière blanchâtre »

Le Mildiou de la vigne

Le Mildiou de la vigne est une maladie qui se développe sur tous les organes verts : rameaux, feuilles, grappes et vrilles. Le champignon responsable Plasmopara viticola se développe sur les feuilles provoquant l’apparition de ce qu’on appelle la tache d’huile (tâches circulaires d’apparence huileuse). Les tissus touchés se dessèchent, tandis que sur la face inférieure de la feuille, au niveau de la tâche, apparaît une poussière blanchâtre dans laquelle sont produites des spores asexuées qui, dispersées par le vent transmettent l’infection. L’humidité permet le développement de la maladie. La présence d’eau libre constitue le principal facteur de développement de la maladie. Lors des fortes pluies, les éclaboussures de terre et d’eau transportent les spores sur les feuilles. Tôt en saison, il faut surveiller l’apparition des tâches d’huile sur le dessus des feuilles et de duvets blanchâtres sous les feuilles (sporulation), en priorité dans les parties humides du vignoble (sol lourd, cuvettes, mauvais drainage, feuillage abondant…) et dans les zones ombragées. La maladie entraîne la chute des feuilles et par conséquent un retard de la maturité des grappes de raisin, des baies moins riches en sucres et en acides, une plus grande sensibilité au gel, un mauvais aoûtement des bois, un retard au débourrement et une incidence défavorable sur la production. Lutte contre le mildiou Le programme de traitement démarre dès l’apparition des premiers symptômes (premières tâches) et se poursuit durant tout le cycle, avec un arrêt de la lutte chimique durant la floraison de la vigne. La fréquence et le moment d’intervention dépendent : - des conditions climatiques du moment, - des stades phénologiques


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Raisin de table Oïdium sur une jeune feuille de la vigne (A). a : symptôme de l’oïdium sur la face supérieure.

Oïdium sur un sarment de la vigne (B). b : taches brunes de l’oïdium.

- de la situation pédoclimatiques de la parcelle à traiter. Avant la déclaration de la maladie, les spécialités à base de cuivre et de mancozèbe peuvent être utilisées en traitement préventif. Mais une fois le champignon détecté dans le vignoble, le viticulteur a le choix entre une large gamme de matières actives et de familles chimiques, offrant une bonne efficacité curative.

L’Oïdium de la vigne :

Il est provoqué par un champignon, Uncinula necator, qui s’attaque à tous les organes verts de la vigne et en particulier aux jeunes baies en croissance. Les parties atteintes (feuilles, jeunes sarments, jeunes grappes à la floraison et à la véraison) se recouvrent d’un voile farineux de couleur blanche très marquée sur les feuilles et jeunes sarments. Mais vers la fin de la maladie les mêmes feuilles se déforment et montrent sur la face inférieure, des tâches diffuses de poussières grisâtres à noirâtres. En effet, la partie attaquée du limbe croît plus lentement provoquant la déformation de la feuille qui se crispe. Sur les sarments, le même revêtement poussiéreux grisâtre se développe. A la floraison, les attaques de l’oïdium provoquent le dessèchement des petits grains de raisin qui finissent par se détacher de la rafle. Toute une récolte peut ainsi être facilement compromise. Les grappes et les grains contaminés se recouvrent d’une fine poussière grisâtre qui provoque des nécroses noires. La croissance des parties atteintes est arrêtée, alors que la partie du grain sain continue de croître. Par conséquent les baies éclatent et laissent apparaître les pépins. Ces lésions sont très favorables à la pénétration de la pourriture grise et compromettent la récolte. Lutte contre l’oïdium Toutes les tentatives de recours à des pratiques culturales ont été vouées à l’échec. De ce fait, la lutte contre l’oïdium se fait principalement par l’utilisation de grands 54

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Oïdium sur des jeunes baies de raisin au stade début grossissement (D). Oïdium sur les jeunes baies de raisin

groupes de fongicides à savoir : Les produits de contact Les traitements préventifs à base de souffre mouillable ou de soufre par poudrage à des stades bien précis donnent d’excellents résultats. Cet apport de souffre doit se faire après le débourrement, à la floraison (utiliser uniquement le soufre par poudrage), au stade des grappes bien développées et au stade de la fermeture des grappes. A noter que l’utilisation du soufre agit également sur l’excoriose, le black-rot, l’acariose et l’érinose. Cependant, lorsque la maladie est déclarée, le souffre ne donne pas de résultats, et seul les fongicides organiques sont efficaces. Les fongicides organiques Une fois que le champignon est présent sur les organes de la vigne, le producteur dispose d’une panoplie de matières actives et de familles chimiques dont l’application offre une bonne efficacité vis-à-vis de ce pathogène.

La Pourriture grise :

Favorisée par l’humidité, la pourriture grise est une maladie due au champignon Botrytis cinerea qui se manifeste sur les organes herbacés et sur les grappes : - la pourriture pédonculaire : qui se manifeste sur le pédoncule et la rafle de la grappe en entraînant un flétrissement et souvent leur chute avant la récolte. - la pourriture noble : qui se manifeste en période de sur-maturation sous certaines conditions climatiques. - la pourriture grise : qui est la forme la plus grave et qui affecte les grains de raisins par temps humide entre la nouaison et la maturité. Le champignon peut entraîner le dessèchement de boutons floraux avant la floraison et la chute précoce d’une partie ou de la totalité de l’inflorescence. L’attaque des grains à partir de la nouaison peut être due à la présence de débris de floraison. Les grains prennent une coloration

grisâtre, ils brunissent et pourrissent en se couvrant d’un duvet gris. L’infection progresse à partir d’un grain malade vers les grains voisins par contact ou blessure. En effet, les baies attaquées se vident de leur jus qui se répand sur les baies voisines ce qui favorise une progression de la maladie de baie en baie pour atteindre toute la grappe. Lutte contre la pourriture grise Si aucune mesure préventive n’est prise, toute la récolte peut être compromise. La combinaison de mesures prophylactiques et chimiques est nécessaire pour combattre Botrytis cinerea dans les grappes de raisins : Lutte prophylactique Parmi les moyens capables de défavoriser ou d’éviter les attaques de ce champignon sur les grappes de raisin, on peut citer : - la diminution de la vigueur par des apports corrects de la fumure azotée, - la surveillance des pratiques et des ennemis pouvant entraîner des lésions sur les baies, - un bon niveau d’aération des grappes et de la végétation, - une taille et un palissage adéquats. De même, le viticulteur est appelé à programmer des interventions à base de cuivre pour freiner le développement du Botrytis. Lutte chimique Les traitements devront être envisagés à priori lors des stades phénologiques suivants  : fin floraison-début nouaison, fermeture des grappes, début véraison et un mois avant la récolte. L’application des fongicides ne peut être efficace que si les zones concernées, c’est-à-dire les grappes, sont bien visées.

Conseils pour réussir les traitements

Pour réussir les applications phytosanitaires de la vigne, les viticulteurs sont appelés à mettre en place des mesures


Botrytis cinerea sur les feuilles et les baies (A, B). a : pourriture grise sur les feuilles. b : pourriture grise sur les baies de raisin.

prophylactiques ou agronomiques permettant d’une part, de limiter le développement des différents parasites et, d’autre part, de favoriser de meilleures interventions phytosanitaires ainsi qu’une bonne pénétration des produits chimiques. Les principales mesures sont : • Eliminer tous les gourmands et les pousses à la base des pieds de la vigne qui constituent un lieu propice pour l’installation des foyers primaires • Entretenir la végétation sur le pied de la vigne et tout au long des rangs pour faciliter le ciblage de la pulvérisation • Adapter la fertilisation à une vigueur équilibrée • Eviter le développement des mauvaises herbes entre les pieds de la vigne • Développer le drainage dans les vignobles des zones à sous sol non drainant. • Eviter les blessures sur les baies de raisin • Cibler les organes de la vigne à traiter • Utiliser un matériel de traitement adapté et bien réglé • Veiller à une pulvérisation de qualité.

Prévention Pour réduire la pression des maladies, plusieurs moyens de prévention peuvent être adoptés : - choix de cépages moins sensibles aux maladies - orientation nord-sud des rangs - profiter de la pente naturelle du terrain pour éviter la stagnation de l’eau - une bonne taille facilite la circulation de l’air, ce qui favorise le séchage rapide du feuillage et une meilleure pénétration des fongicides dans le couvert végétal. - élimination des résidus de la taille et le travail du sol au printemps - destruction et enfouissement des débris abritant les champignons pathogènes pour réduire leur population. - programme raisonné des fongicides - désherbage efficace

La lutte chimique Il est primordial de prendre en considération les indications sur les étiquettes des fongicides, tout en ajustant la fréquence des interventions par rapport aux : - stades de développement de la vigne, - suivis et observations effectuées sur le vignoble, - types de matériels de pulvérisations, - prévisions météorologiques, - types de fongicides à utiliser, - risques de développement des phénomènes de résistance - risques d’apparition ou de développement du champignon visé. Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

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Technique

Pulvérisateurs

Bien réglés, ils pulvérisent mieux Réduire les intrants est un objectif majeur pour la profession viticole, tant pour des raisons économiques qu’environnementales. Optimiser la qualité de la pulvérisation est dans cette optique incontournable. Le contrôle des pulvérisateurs est un pas dans cette quête du « traiter mieux » mais elle n’est pas suffisante en soi. Elle garantit le bon état de fonctionnement de l’appareil. Reste à bien l’utiliser. Choix de l’appareil de traitement, choix des buses, réglages, emploi éventuel d’un adjuvant… autant de pistes de travail qui permettent d’espérer des améliorations en termes de limitation de la dérive, ou de réduction des doses par exemple.

L

’objectif recherché lorsque l’on pulvérise est d’apporter une dose régulière et juste de produit de traitement sur sa parcelle. Ce postulat dépend pour partie du bon réglage de son pulvérisateur, en particulier des buses ou pastilles et du manomètre. La qualité de la pulvérisation dépend, pour partie, du bon réglage de son pulvérisateur. Deux éléments doivent faire l’objet d’une attention particulière : les buses ou pastilles et le manomètre. Le viticulteur a tout intérêt à vérifier régulièrement l’état de son matériel, en s’attachant à quelques points clés. Toutes les opérations de contrôle se font avec un pulvérisateur propre rempli d’eau. Bien entendu, c’est ensuite l’usage que l’on fait de son matériel qui détermine la qualité finale de l’application. Il ne faut pas non plus négliger l’impact économique d’un pulvérisateur mal réglé ou mal employé.

1-Vérification des débits

Un arboriculteur peut assez facilement vérifier les débits de son matériel de pulvérisation en mesurant la quantité d’eau sortant d’une buse ou d’une pastille en un laps de temps défini, à la pression choisie, à l’aide d’une éprouvette et d’un chronomètre.

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On applique ensuite la formule : Débit (l/mn) = (volume mesuré (l) x 60)/ temps défini (mn). Ce contrôle s’applique à toutes les buses ou pastilles. La seconde solution, plus fiable, est de faire appel à un prestataire de service, équipé d’un banc de répartition, qui teste les buses ou pastilles une par une, après les avoir démontées. Dans tous les cas de figure, on met en évidence un dysfonctionnement du débit au niveau du point de sortie, sans en connaître l’origine puisque celui-ci peut provenir d’un problème en amont, par exemple un défaut de tuyauterie.

2- La qualité de répartition de la pulvérisation

Pour mesurer la qualité de la répartition de la pulvérisation et la granulométrie des gouttes, on peut utiliser des bandes de papier hydrosensible placées dans la végétation en fonction du stade de développement de la culture et des zones à protéger lors du traitement. Cependant, il n’existe aucune recommandation de la part des firmes sur la granulométrie optimale de leur produit. La plupart des pulvérisateurs ayant recours a une assistance d’air, la qualité de répartition est également influencée par la soufflerie du ventilateur,

elle-même dépendante du régime de prise de force. Il existe des capteurs (tachymètres) permettant de contrôler le régime de rotation de la prise de force. Ces outils peuvent être vendus séparément ou être fournis en option à l’achat du tracteur. L’orientation des diffuseurs (en fonction de la végétation à traiter) reste primordiale pour assurer une bonne répartition du produit sur la cible. Les papiers hvdrosensibles peuvent aider à le vérifier mais cela reste à ce jour empirique.

3- Le manomètre

La vérification du manomètre du pulvérisateur est généralement effectuée par des professionnels sur un banc de contrôle après son démontage. La pression du manomètre est comparée à celle d’un manomètre étalon au moins à trois pressions différentes. Un écart est significatif au-delà de 10 %.

4- Etalonnage de la vitesse d’avancement

L’arboriculteur contrôle la vitesse d’avancement en mesurant une distance de 100 m et en chronométrant le temps mis pour effectuer cette distance à une vitesse fixe, avec une cuve à moitié pleine et en respectant le régime


moteur préconisé par le constructeur. La vitesse réelle est calculée par une simple règle de trois : Vitesse réelle = (distance x 3,6/temps mesuré). Elle doit correspondre à la vitesse affichée par le tracteur.

5- Le contrôle du volume/ha

Une fois tous les organes mécaniques en bon état de marche, reste à effectuer les bons réglages avant de partir traiter. On commence par calculer le débit nécessaire par diffuseur pour obtenir le volume/ha voulu, à une vitesse fixe : débit (l/min) = (Volume (l/h) x vitesse (Km/h) x largeur rampe)/ (600 x nombre de buses). Dans le cas des technologies utilisant des buses, on choisit le couple buse/pression pour délivrer le débit désiré. Pour le pneumatique, on joue sur le pastillage et la pression. Sur la parcelle, on peut vérifier si l’étalonnage réalisé précédemment est correct en comparant la surface traitée théoriquement, en fonction du dosage et de la capacité de sa cuve, à la surface réellement traitée.

6- Les vérifications visuelles

Contrôler son pulvérisateur passe aussi par une inspection visuelle régulière de l’état général de son appareil, en particulier les tuyauteries, les rampes, l’orientation des diffuseurs... Dans le cas de matériel distribuant les liquides sur un plan vertical, il faut s’assurer que les descentes soient parallèles à la végétation et bien centrées dans l’inter-rang, avec une bonne orientation des diffuseurs pour couvrir la zone à traiter.

7- Quelques conseils pour maintenir en bon état son matériel

- Nettoyer les filtres régulièrement (au minimum à la fin de chaque journée de traitement). - Rincer le pulvérisateur systématiquement à la fin de chaque traitement. - Hiverner le pulvérisateur propre avec un antigel adapté. - Graisser toutes les pièces mobiles qui le nécessitent et les cardans. - Vérifier le niveau d’huile dans la pompe et la changer régulièrement (suivre les préconisations des constructeurs).

Adjuvants

Une utilisation à raisonner Les adjuvants additionnés aux produits phytosanitaires présentent des avantages. Néanmoins, leur utilité et leur efficacité s’étudient au cas par cas et viennent en appui d’une optimisation spatiale, temporelle et technique de la pulvérisation. Les adjuvants sont des substances qui n’ont pas d’activité biologique propre. Ils permettent d’améliorer l’efficacité des produits phytopharmaceutiques et de limiter les déperditions de matières actives dans l’environnement. Afin d’optimiser chaque traitement, de nombreux paramètres sont à prendre en compte, tels que la qualité et la quantité d’eau, les conditions d’application ou encore la répartition de la matière active. Les adju-

- Changer les joints régulièrement. - Vérifier l’état des protections.

8- Les bonnes pratiques pour optimiser ses traitements. - Traiter à une hygrométrie optimale (entre 60 et 95 % d’humidité), à une température optimale, et avec un minimum de vent (maximum 19 km/h) : consulter la météo avant de traiter ou s’équiper d’une station météo. - Ne pas hésiter à demander des infos auprès de son fournisseur. - Travailler au régime moteur recommandé par le constructeur pour que la puissance de la soufflerie soit suffisante. En pulvérisation, l’offre des constructeurs est importante et cette étendue ne facilite pas le choix. Mais la palette de solutions permet à chacun de choisir le matériel représentant le meilleur compromis. Le pulvérisateur doit être adapté au verger ou à la vigne à traiter. Il n y a pas de réponse universelle dans le choix comme dans les réglages.

vants peuvent aider à la bonne efficacité de certaines interventions et les arguments en leur faveur sont nombreux. Les effets possibles dépendent de leurs caractéristiques. Lors de la pulvérisation, ils peuvent avoir un effet antidérive en alourdissant les gouttes. Il y a ainsi moins de perte de produit par des petites gouttes. Sur la plante elle-même, les mouillants adhésifs contribuent au maintien du produit sur la cible et diminuent les risques de lessivage. La fonction «humectant» de certains adjuvants maintient une bonne hygrométrie à la surface du végétal, les matières actives pénètrent mieux clans la plante. Les pénétrants agissent sur la cuticule de la feuille et favorisent la pénétration rapide du produit dans la plante. Souvent utilisé avec des herbicides ou des défoliants pour l’épamprage, il n’existe pas d’adjuvants qui cumulent l’en-

semble de ces propriétés. Résoudre le problème en amont l’adjuvant peut venir en complément Ces produits ne garantissent pas des réussites de pulvérisation en conditions limites : «ll faut résoudre le problème en amont et l’adjuvant peut venir en complément », souligne un professionnel des techniques d’application. «Pour limiter la dérive, des buses antidérive peuvent être envisagées. On mène des essais sur les réductions possibles des doses en étudiant les produits phytosanitaires seuls, nous nous intéressons ensuite aux effets combinés avec ces adjuvants. «Ces derniers n›améliorent pas le produit si celui-ci n’est pas efficace. « Il s›agit avant tout d›appliquer le bon produit, à la bonne dose et au bon moment pour maximiser l’efficacité de l’application, confirme un spécialiste, l’adjuvant peut être un atout lorsque par exemple, les conditions hygrométriques ne sont pas optimales. » Les impacts sur le plan environnemental et humain ne sont pas neutres. En effet, les ingrédients utilisés peuvent être toxiques pour l’applicateur si certaines précautions ne sont pas respectées. De plus, pour des problèmes de gestion du temps, ce dernier se tourne en priorité vers des solutions rapides et faciles d’emploi. Source : Revue VITI

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Arboriculture

La tavelure du pommier Les bons réflexes Provoquée par le champignon ascomycète Venturia inaequalis, la tavelure du pommier est présente dans toutes les régions du monde, là où cette espèce est cultivée. Mais sa présence est plus importante dans les régions à climat tempéré humide durant la période printanière. Ce redoutable champignon se manifeste par des lésions sur les feuilles et sur fruits altérant fortement à la fois le rendement et la qualité du produit à la récolte. Il présente de ce fait une sérieuse menace économique pour les arboriculteurs des pays où le marché de la pomme occupe une place importante.

Considérée comme la principale maladie en vergers, la tavelure du pommier nécessite dans certains pays jusqu’à 30 traitements annuellement. Les épidémies de tavelure sont influencées par plusieurs facteurs, notamment les conditions climatiques au printemps, la sensibilité des variétés et l’état sanitaire du verger. Ce champignon peut provoquer une importante chute du rendement et rendre les fruits impropres à la consommation. Il infecte d’une manière générale les fruits, les feuilles et les rameaux ce qui perturbe le bon développement de l’arbre et peut

ainsi affecter même la récolte de la campagne suivante.

Contamination

La période de contamination s’étend sur les 8 ou 10 semaines qui suivent le débourrement. Le risque est particulièrement élevé au moment de la chute des pétales. Leur insertion forme une porte d’entrée pour le champignon.

Facteurs favorables

- Conditions climatiques : la tavelure est favorisée par des conditions humides à partir du débourrement et des températures

comprises entre 7 et 25°C. - Variétés : les pommiers présentent une sensibilité plus ou moins forte à la maladie selon les variétés. La plupart de celles qui sont cultivées aujourd’hui y sont sensibles.

Symptômes

La maladie entraîne l’apparition de lésions brunes ou noires très caractéristiques à la surface des bourgeons, des feuilles, des fruits et parfois des rameaux. En présence d’une forte attaque avant maturité, la pomme se déforme, des crevasses et des fissures apparaissent au niveau de la peau mais aussi de la chair. Lorsque les pédicelles sont à leurs tours infectées, la maladie entraine une chute prématurée des fruits. A noter que les infections ayant lieu avant la récolte peuvent passer sous silence au moment de la cueillette et provoquer l’apparition de symptômes en cours du stockage.

Moyens de lutte

La stratégie de lutte contre la tavelure doit d’abord être préventive. L’utilisation de variétés ayant une sensibilité réduite à la maladie est à privilégier.

1- Mesures prophylactiques

Venturia inaequalis se conserve essentiellement sur les feuilles tombées au sol. De ce fait, toutes les méthodes prophylactiques permettant de détruire les feuilles au sol doivent être mises en œuvre afin de réduire la présence d’inoculum primaire dans le verger, de même que les techniques qui 58

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La tavelure du pommier intervalles entre les applications, indiqués sur l’étiquette ; • S’assurer du réglage du pulvérisateur pour couvrir toute la frondaison.

Importance des traitements d’hiver

contribuent à créer des conditions défavorables aux attaques de ce champignon : • A la chute des feuilles, il est vivement conseillé de ramasser et de détruire les rameaux, les feuilles et les fruits malades tombés au sol ainsi que les fruits malades restés sur l’arbre afin de limiter les contaminations l’année suivante. • Travail du sol permettant l’enfouissement des feuilles non détruites ; • Espacement raisonnable et bien étudié entre les arbres et les rangs d’un verger au moment de la plantation ; • Opter pour une taille adéquate et régulière des arbres  qui laisse la végétation assez aérée • Assurer une fertilisation azotée raisonnée.

2- Lutte chimique

La lutte chimique raisonnée doit reposer sur le principe de prévenir toute infection primaire due à la projection d’ascospore afin de déjouer les contaminations secondaires. Prévention : Il est possible d’intervenir préventivement contre la tavelure, lorsqu’un passage pluvieux est annoncé et qu’il y a risque de contamination par les ascospores. Lorsque l’agriculteur se trouve face à des conditions climatiques favorables 60

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à l’apparition de la tavelure sur le pommier, il est conseillé de prospecter son verger et d’utiliser en alternance des familles chimiques préventives et de bonne rétention après chaque pluie. Traitements fongicides Les traitements sont appliqués en fonction des conditions climatiques et principalement par rapport aux pluies contaminatrices qui sont nécessaires à la propagation de l’infection. Ainsi, différentes manières de conduire cette lutte chimique contre la tavelure du pommier peuvent être pratiquées : • Opter très tôt pour un traitement précoce avant même l’apparition des infections ; • Conduire une lutte chimique préventive avant ou juste aux stades : boutons roses, début floraison, nouaison, jeunes fruits et début grossissement du fruit ; • Reconduire la lutte contre la maladie immédiatement après de fortes rosées et ou des pluies ; • Opter pour l’alternance des produits fongicides ; • Respecter le mode d’emploi des fongicides, les volumes d’eau et les La maladie entraîne l’apparition de lésions brunes ou noires très caractéristiques à la surface des bourgeons, des feuilles, des fruits et parfois des rameaux.

Les traitements d’hiver visent à détruire plusieurs types de cibles notamment les formes de conservation des principales maladies cryptogamiques : tavelure, oïdium, chancre, moniliose. Pour les maladies cryptogamiques, les interventions sont à base de sels de cuivre ayant comme action de limiter les formes de conservation de la tavelure, monilioses, chancre, cloque. Il est recommandé d’intervenir après la taille pour obtenir une bonne efficacité et une économie des produits. La pulvérisation sera abondante, touchant toutes les parties de l’arbre En cours de végétation et notamment à la fin de la floraison et durant le stade « jeunes fruits », il convient de renouveler la protection si le temps demeure pluvieux, et ce particulièrement dans les vergers reconnus régulièrement attaqués par la tavelure. Le chois de produits doit porter de préférence sur les fongicides ayant une double action anti tavelure et anti-oïdium.


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Phytoprotection

Maïs lutte contre les adventices La culture du maïs est très sensible à la concurrence des mauvaises herbes. Dès le semis, l’agriculteur doit être très attentif pour mettre en œuvre un programme de désherbage afin d’obtenir une parcelle propre. En effet, mettre le maïs dans les meilleures conditions possibles lui permet d’exprimer le maximum de son potentiel de rendement. Par ailleurs, pour maximiser l’efficacité du désherbage, une stratégie doit être établie à la fois en prélevée et en post-levée. Elle prendra en considération plusieurs facteurs comme : - le stade de la plante - le stade de la flore adventice présente dans la parcelle, - les conditions climatiques - la qualité des pulvérisations.

En pré-levée

Les herbicides de pré-levée du maïs bloquent la levée des adventices graminées et dicotylédones annuels. Une application de pré-levée est plus efficace si le sol est humide au moment du traitement et en absence de mottes en surface. Si le sol est sec, il faut reporter l’intervention en post-levée précoce, sous réserve que le sol soit humide au moment du traitement. A noter qu’un bon désherbage de pré-levée contribue à améliorer l’efficacité des traitements post-levée.

En post-levée

Seule la lutte intégrée combinant les herbicides et les sarclages est capable de réduire les infestations et maximiser la productivité.

Sarclage

Après les traitements herbicides de pré-levée ou de post-levée, il faut surveiller les infestations. Des adventices non contrôlés ou partiellement contrôlés par les désherbants peuvent infester la culture. D’autres adventices peuvent germer et lever après les traitements. Mais, un ou deux sarclages (mécanique ou à traction animale ou manuel si la main d’œuvre est disponible) peuvent compléter les opérations de désherbage chimique. Un semis rectiligne avec un écartement constant est également indispensable au bon travail des bineuses. Le choix de la bineuse est conditionné par la texture des sols. Une stratégie de désherbage mécanique réussie implique d’intervenir au bon stade des adventices et de la culture, dans de bonnes conditions pédoclimatiques avec des outils adaptés. Si une de ces conditions n’est pas remplie le désherbage peut se révéler moins efficace.

La lutte chimique

Une gamme d’herbicides homologuée pour le désherbage en post-levée est à la disposition des

maïsiculteurs au Maroc. Plusieurs paramètres sont à prendre en compte pour réussir le désherbage: Pour maximiser l’efficacité du traitement, il faut intervenir sur une culture en bon état et sur des adventices aux stades les plus jeunes possibles pour les graminées ou dicotylédones annuelles. En effet, une fois passé le stade pointant (auquel il est déconseillé de traiter), la plupart des produits sont utilisables sans risque majeur pour des plantes qui s’étalent entre 2 et 6 feuilles. Au-delà de 6 feuilles, le maïs est plus sensible aux herbicides de la famille des auxiniques ou des sulfonylurées. De plus, à un stade développé, le feuillage du maïs agit comme un « écran » ce qui limite l’efficacité du désherbage, l’herbicide ne pouvant atteindre sa cible. Les conditions climatiques au moment du traitement sont à prendre en considération, surtout qu’au printemps les amplitudes thermiques peuvent être très élevées dans une même journée. Pour assurer une bonne pénétration des substances actives, le traitement doit impérativement s’effectuer alors que l’hygrométrie est élevée (65 % minimum).

Par temps sec, les applications doivent être réalisées tôt le matin avant 9-10h. Le soir, le retour à des niveaux d’hygrométrie satisfaisants ne se fait généralement pas avant 20 heures. De plus, les températures minimales doivent être supérieures à 10°C et des températures maximales inférieures à 25°C durant les journées encadrant l’application. Dans le cas contraire, une phytotoxicité sur le maïs est possible en particulier avec les auxiniques ou des sulfonylurées. L’attention doit être redoublée vis-à-vis des températures dans les sols noirs riches en matières organiques qui accentuent les écarts de températures. L’efficacité du traitement dépend également de la qualité de la pulvérisation. Or, tous les produits n’ont pas la même exigence. Une certaine souplesse existe pour les herbicides systémiques qui peuvent s’utiliser à volume réduit et/ou avec des gouttelettes de taille plus importante pour limiter la dérive. En revanche, les produits de contact requièrent une qualité de couverture de la cible plus importante avec des buses anti-dérive. A noter que l’ajout d’adjuvant n’a d’intérêt que pour les herbicides qui en ont absolument besoin. Limitez leur usage au cas particuliers recommandés par les fabricants. D’une manière générale, consultez toujours l’étiquette pour les conditions d’emploi spécifiques du produit et vérifiez les possibilités de mélange. Les adventices associés à la culture du maïs se répartissent en 3 groupes : Les graminées annuelles comme la sétaire et la digitaire. Les dicotylédones annuelles comme les amarantes, les chénopodes, le pourpier et la stramoine. Les vivaces comme les liserons, le chiendent et le souchet.

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Reflexion

La main d’œuvre agricole :

récriminations patronales et ouvrières Prof. Hmimina M. IAV Hassan II - Rabat

Depuis quelques années, les mêmes échos se répètent de tous côtés : l’agriculture souffre ; les prix, la sécheresse, les ravageurs et les accidents climatiques engendrent de grandes pertes. Quelques autres échos non moins sérieux ajoutent : la main d’œuvre aussi. En effet, le travailleur en général et rural en particulier est évidemment l’un des éléments prépondérants de la production. Les relations professionnelles sont parfois singulières, voire abracadabrantes. Elles sont entachées d’une certaine malignité et d’une incongruité quelque effort qu’on fasse pour cela. Ce n’est pas nouveau, le capital et le travail ont été de tous les temps deux ennemis en présence. C’est un fait que l’on peut déplorer, mais qu’il n’est plus temps de nier et dont il faut tenir compte. A ce titre, quand on est dans une exploitation, en l’absence d’événements d’une actualité primordiale, ce qui alimente surtout les conversations, c’est la question des travailleurs. Et que d’accusations souvent. Tout ce monde champêtre dont nous ne voyons que le masque, a son secret écho : des confessions intimes et silencieuses.

L

’antagonisme employeur-employé, toujours présent, est parfois difficile à gérer et à prévoir qu’aucune exploitation ou usine n’est vierge de ses méfaits. Parmi les ouvrages et les publications consacrés à cet aspect, il reste encore une modeste place pour le témoin banal. De mes fréquentations et en modeste observateur habitué des mœurs rurales, j’ai cru qu’il n’est pas sans intérêt d’en recueillir quelques impressions et d’en tirer certaines inductions bien persistantes qui valent d’être discutées. Le langage du peuple contient une partie des ses archives historiques et c’est toujours un tableau singulier que d’observer ingénument ce qui se passe dans une exploitation. Il y a quelque témérité à aborder ce dernier point de ma part à qui le problème n’apparait en somme qu’au second degré, tamisé, atténué ou aggravé par la vigilance des producteurs. J’ajoute en toute humilité que, dussé-je décevoir le lecteur, ma présomption ne va pas jusqu’à apporter une panacée efficace contre les incommodités avec lesquelles les producteurs se trouvent aux prises. Mon seul but est d’essayer d’en parler pour en rechercher les origines, d’en exposer l’importance et d’examiner d’une manière sommaire quels sont les espoirs que nous pouvons avoir de les atténuer ou d’y suppléer. Les questions qui me semblent condenser le problème de la main d’œuvre agricole sont : le personnel agricole a-t-il diminué  ? Le nombre d’ouvriers est-il en rapport avec les besoins

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des cultures, ou est-il devenu insuffisant ? Le manque de bras là où il se fait sentir provient-il uniquement de la diminution du nombre d’ouvriers agricoles  ? Ne résulte-t-il pas dans une certaine mesure du progrès de l’agriculture et notamment de l’extension de certaines productions dont les travaux sont plus accrus et exigeraient dès lors un personnel plus important et plus qualifié pour une même surface ?... Ce sont-là quelques difficiles énigmes à résoudre avec assurance sans étude sérieuse, mais comme il ne s’agit que de confessions nous nous limitons aux effets indéniablement apparents. Pour commencer, une remarque banale  : il en est des ouvriers et des domestiques comme des produits de terroir. Toutes les régions ne les fournissent pas également bons, consciencieux et honnêtes, et certaines régions sont tout à fait préférées sous ce rapport. Les employeurs sont capables d’établir une hiérarchie de leur main d’œuvre rien qu’en observant sa provenance. Je me garderai bien de suivre leur exemple, d’abord, parce que toute particularisation en la matière a le grand défaut de ne définir presque jamais rien, en second lieu, cela risque d’être vexant et en troisième lieu je serais embarrassé d’expliquer parfaitement pourquoi. Par une bizarrerie de la nature, on sait tous que telle région produit de délicieuses dattes et de non moins satisfaisants domestiques et ouvriers. Une centaine de kilomètres plus loin, le fruit local ne vaut rien et les ouvriers sont à mettre sur la ligne des fruits produits  ! Il n’est

aucun des producteurs, des maîtresses de maison, des entrepreneurs, etc., qui ne discerne la gravité de cette remarque, je dirai même qui ne la mesure quotidiennement. Rien que pour les domestiques, on voit des couples se mettre en route et se diriger vers telle ou telle contrée pour trouver ce qu’ils cherchent en précisant leurs conditions aux tenancières des bureaux de placement, qui elles aussi ont leurs exigences et qu’elles posent à brûle-pourpoint : cette soubrette aura-t-elle une télé ? Combien de sorties et de hammam par semaine  ? A quelle heure faudra-t-il qu’elle se lève le matin ? A quelle heure pourra-t-elle rentrer le soir dans sa chambre  ? Avez-vous une lessiveuse et un lave-vaisselle ? Combien avez-vous d’enfants ? Avec cette différence qu’au lieu d’être formulées sur le mode du renseignement, ces questions ont l’aspect péremptoire d’un ultimatum. Et si l’on devrait dresser une carte ouvrière du pays, certaines provinces seraient marquées avec des teintes les plus noires. Ces tristes situations, pour ne pas être générales, n’en sont pas moins fréquentes et bien connues. Dans l’ensemble, notre ouvrier d’antan, qu’on citait en exemple, à cause de son extrême sobriété et de son grand esprit de résignation et sa manière de combattre la peine par la patience, souffrait moins d’un état de choses, dont s’accommoderait mal celui de maintenant. Sous le coup de la nécessité notre ancien bon ouvrier est passé vite de l’apathie la plus absolue à l’enthousiasme le plus combatif. Ses réveils sont brusques et violents. Les exploi-


tations si calmes et si endormies des années d’avant 80 vivent maintenant sous la menace continuelle d’un branle-bas et de sérieuses agitations. Des changements considérables se sont produits. Toute trace de sujétion a absolument disparu, l’émancipation est complète et il n’est pas exagéré de dire que la situation est bien souvent retournée et que des deux, c’est assez fréquemment le patron qui est le plus dépendant. D’ailleurs, on entend couramment des échos acerbes des uns sur les autres avec des images et des lamentations bien cruelles à l’appui. Les colons disaient en parlant d’une terre stérile, qu’il fallait y semer des Marocains pour la rendre féconde ! Ce temps des bonnes fées est passé. Aujourd’hui, on mettrait ces Marocains, qu’on donnait en exemple, au paradis, ils s’y ennuieraient et demanderaient à aller faire un tour en enfer  ! Notre assurance d’autrefois est devenue de l’audace, notre fierté de la scélératesse. Dépouillé de tout sentiment humain, ne cherchant en toute chose que la jouissance, et ayant appris par une fâcheuse expérience que le moyen le plus sûr de tout avoir est de tout oser, on ne recule devant aucun de nos désirs, prêts à tout pour y satisfaire. Voyons comment. Les patrons, en proie à une indignation concentrée, disent qu’ils ont autant d’ennemis que d’ouvriers, qu’ils entretiennent dans leur sein un adversaire qui les hait et les jalouse, leur impose sa volonté, les arrête quand il faudrait avancer, entrave la fertilité de leur terre, s’oppose à la richesse et au bien être de tous ! Leurs outils sont volontairement endommagés et un tracteur qui a deux conducteurs a toujours des pièces en moins, que les ouvriers sont comme des meubles de hasard qui passent de main en main. La perfidie est leur conduite, le mensonge leur droit, leur désintéressement une preuve de liberté. Ils prennent des airs d’employés municipaux, une casquette à l’envers, un air désinvolte, prédisposés à foutimasser toute la journée. Ils ne savent pas combien c’est ruineux d’être propriétaire. Les droits tuent le droit, accentuent-ils. Il n’y a qu’à les voir arriver le matin, ils font du Maroc le premier pays du monde en pistes ; chaque ouvrier a son heure, son chemin, plutôt son suçoir vers la ferme avoisinante, et y marche mollement comme un paludéen ou tout comme si le travail l’épouvantait. On dirait qu’ils se révoltent contre le temps et toutes les innovations… Mais, au retour ils sont toujours prompts et en avance sur l’heure, traversent partout de sorte qu’il n’y ait pour eux aucune perte de temps. Ils se comportent comme des

évadés de prison. Si ce n’est pas de la fainéantise simulée, c’est de la triche abusive. Et sous quelque facette que nous les envisagions, il y a à redire. Avec les nouveaux usages, la jeunesse est bien le temps le plus stérile, le plus vainement facétieux. Chaque jour nos jeunes sont plus médiocres, des pâtes molles pour ne pas utiliser un qualificatif plus mordant. Mais-là comme partout, le vent du siècle a soufflé et les découvertes modernes ont rompu la barrière qui séparait le champ de la ville, le national de l’international. Les retentissements de ce qui se fait ailleurs arrivent au haut de la montagne et au fond de la vallée, et, la vie politique, subitement éveillée, court comme une étincelle de la ville à la ferme solitaire. Ils se ferment les oreilles par des écouteurs et chantonnent haut et besognent peu, aromatisant ainsi leur nonchalance de gaité. Les paysans d’autrefois sont en voie de disparition pour faire place à une population nouvelle dont on n’en fera jamais des cocardiers. A qui la faute ? A eux ? Non, la faute en est à leur mauvaise et incomplète éducation, car la morale s’apprend comme tout le reste, et on ne leur a rien appris de bon. Evidemment, avant de se réfugier en dernier recours dans le travail au champ, nos ouvriers avaient dû chercher leur direction dans d’autres voies et courir quelques aventures ailleurs. Faute de mieux, ils se retrouvent ouvriers agricoles déformés par la luxure et la paresse après avoir traversé une partie de leur vie en vagabonds. Ils choisissent leur travail moins par nécessité que par instinct. Ces fugues sèment dans leur âme la vanité et l’aigreur. Leur long repos parait avoir mêlé de l’eau à leur sang. Impropres à toute autre profession, ils se demandent toujours de quelle manière leurs employeurs ont fait fortune ? Et ils ont beau réfléchir sur cette question qui les taraude, ils finissent par deviner qu’une richesse ne se construit ni avec la pelle, ni avec le sécateur. Et, cédant à l’aiguillon de l’envie, ils cherchent l’échelle de fortune sans barreaux pour grimper vite. Et oubliant que c’est le travail et le bon Dieu qui font le partage, la maraude les pique sans cesse de la tête aux pieds. Aussi n’est-il guère d’ouvrier qui n’ait été une fois dans sa journée, tenté le diable et qui ne soit dit  : si je prenais cette fourche  ! Si je dérobais cette pioche  ! … Et comme Satan l’emporte généralement, ils sautent toujours le pas. Certains producteurs ont tellement peur de perdre leurs travailleurs qu’ils n’osent souffler mot, se laissant subir des choses pénibles et même parfois des plus insultantes. Des maîtres, ils deviennent des esclaves. D’autres se déclarent prêts à céder leur terre moyennant une redevance annuelle, juste pour conserver leurs droits. Nos ouvriers sont peu proactifs, et maintenant qu’ils sont libres arguent-ils, bien traités et qu’ils jouissent de tous leurs droits et d’un mieux-être relatif inestimable, la malveillance et l’envie occupent leur cœur et les rendent insociables  ! Avec eux, il faut que le cœur s’élargisse sans cesse pour supporter leurs défauts et y compatir. Nous en avons jusqu’à la gorge ! Tous les plaisirs s’émoussent. C’est une trouvaille qu’un bon ouvrier consciencieux. Il faut le chercher entre mille. Depuis que l’ac-

cueil aux commissariats et à la gendarmerie n’est plus ce qu’il était, rien ne va. L’exemple et l’habitude peuvent nous apprendre le métier, mais il n’y a que le goût de l’œuvre et l’honnêteté qui façonnent un ouvrier. Un bon ouvrier est devenu une espèce de merle blanc impossible à trouver. Les ouvriers ne tiennent compte que du soi-disant mal qu’on leur fait et tout le bien qu’on leur fait est perçu comme un paiement en retard. Pour eux un patron est un cœur où les sentiments entrent aussi difficilement qu’une épine dans la pierre…. Il me semble inutile de multiplier ces témoignages patronaux. Le torchon brûle dans les champs comme dans les ménages et c’est presque partout un même concert de récriminations tant bien contre la gent ancillaire que les travailleurs au champ. Partout où se profilent des productions, les mêmes scènes se reproduisent invariablement. Mais pendant que tout est appréhension et peine chez le propriétaire, voyons ce qui se passe chez les travailleurs.

Les ouvriers dénoncent

Les ouvriers dénoncent la tyrannie vécue au quotidien et avouent qu’ils sont plumés par leurs insatiables patrons aux procédés peu délicats et qu’ils ne sont que des instruments dont ils jouent si bien. Les fermiers sont des hommes d’argent égoïstes et durs dont le sort des autres n’entre jamais dans leurs calculs. Ils ne se font aucun scrupule pour nous donner des rivaux. Supérieurs à nous par leur richesse, ils en conservent toute la barbarie dans leurs actions et poussent la cruauté jusqu’à payer des casseurs pour nous mater, nous déjà asservis par le temps et qui ne connaissons pas d’autre régimes que celui du pain, des sardines en boite et des insultes. Que leur importe de briser des existences si le gain est au bout ? Ils plongeraient leurs mains dans nos cœurs pour en retirer l’argent. Tout se passe comme si notre misère les amusait. Ils nous traitent de misérables, mais qui est responsable de notre misère ? Comment ont-ils bâti leur richesse qu’on épuiserait l’arithmétique sans pouvoir compter ce qu’ils ont ? À la manière dont ils nous traitent on voit bien qu’ils sont ingrats et égoïstes. Nous aussi nous sommes des enfants de neuf mois. Nous avons un cœur qui aime, des familles à nourrir, une tête qui pense et tout le monde a un corps et des sens qui souffrent ou jouissent à égal importance. Nous ne sommes pas des annexes de leur terre, une monnaie vivante. Quant on veut discuter avec eux, ils répondent que l’année est mal choisie. Et l’année sera toujours mal choisie. Lorsque par hasard on discute, la conversation est une parodie, celle d’un fermier avec sa basse-cour, entouré de poules, de dindons, de lapins, leur tenant ce langage : - Le fermier : mes bons amis, je vous ai rassemblé pour savoir à quelle sauce vous voulez que je vous mange ; Pour témoigner son irritation, un coq représentant le poulailler redresse fièrement sa crête : - Mais nous ne voulons pas être mangés ; - Le fermier : tu détournes la question !

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Reflexion A leur manière nos patrons changent tout d’un coup la face des choses et la marche des événements. Ils veulent toujours tout garder pour eux tout en maintenant les recettes. Ils râlent tout le temps. Toujours montés sur ressorts ; jamais contents et oublient que là où ils gagnent des millions, nous, nous avons grande peine à obtenir une paire de chaussures. Ils nous trompent toujours par leurs arguments où l’agriculture n’est qu’un placement à fonds perdus. C’est peut-être vrai, mais un bien que chacun grossit de ses efforts, de ses fatigues, de son sang, et dont les plus heureux touchent seuls le revenu. On les laisse râler. Il faut être solide dans sa tête pour endiguer leurs rudes assauts et gagner sa bouchée. C’est un fait incontestable que lorsqu’un ouvrier tombe subitement malade dans la ferme en même temps qu’un de ses bœufs, le vétérinaire est appelé avant le médecin. C’est que l’ouvrier coûte et que le bœuf rapporte. Et puis un ouvrier on en a d’autres autant qu’on en veut, tandis qu’un bœuf ne se remplace qu’au souk et à prix élevé… Nous travaillons rudement et nous sommes les plus mal nourris. Nous besognons en plein air et nous sommes les plus mal vêtus. Nos chemins sont des cloaques, et nous sommes les plus mal chaussés. Nous menons une existence où les jours ne se distinguent les uns des autres que par la diversité des tracas de la survie. Nos employeurs se plaignent de nous, nous nous lamentons d’eux. Nos orgueils s’affrontent à l’aide de formules toutes faites. De part et d’autre, on ne croit à rien mais on espère tout, un temps meilleur surtout quand aux promesses elles seront toujours mal tenues. Et il serait bien osé de prétendre qu’il ne soit pas ainsi partout. Nos patrons sont des admirateurs d’un passé qui ne peut plus revenir. Avec eux, il faut sans cesse défendre ses droits et choisir forcément entre le rôle d’esclave ou celui de dur. Ce sont des boursicoteurs : filous est plus juste. Ils ont une manière de soutenir leurs opinions qu’on ne voit que chez eux. On sent dans leurs paroles une autorité railleuse, assurée qui ébranle notre propre confiance et nous ôte le courage de leur répondre. De qui pouvons-nous recevoir des encouragements et des exemples ; à qui pouvons-nous nous dévouer ? Nos têtes leur paraissent courbées mais nos cœurs en révolte. Avec l’employeur, la discussion se transforme toujours en une sorte d’instruction, où il prend le rôle de maître et donne, malgré nous, celui d’écolier. Ils prétendent au monopole de la logique, et la logique à leurs

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yeux, est ce qu’ils veulent nous imposer. Il ne leur suffit pas qu’on donne notre sang goutte à goutte pour leur procurer de l’aisance. Ils sont toujours grognons et c’est parce qu’ils sont satisfaits d’eux qu’ils sont si mécontents de tous les autres. Ils nous assassinent, mais au diable la misère, vivons jusqu’à la mort quitte même à manger notre pain nu à la fumée de leur rôti ou assaisonné de leurs promesses ! Tels sont nos patrons. Quant à nous autres pauvres, nous ressemblons aux oiseaux ; on nous fournit un nid pour venir au monde, et nos plumes à peine poussées, il faut travailler. Heureusement que nous serons tous jugés un jour. D’un côté comme de l’autre, on ne se lasse pas d’entendre des récits peu rassurants. On prend un malin plaisir à insister sur les détails les plus quelconques. Mais à voir les choses sans parti pris, la méditation sur les obligations et les droits des uns et des autres nous laisse penser que nos travailleurs ont quelque mérite à se plier aux exigences de leurs patrons, qui sont parfois excessives. En effet, certains leur réclament les services les plus divers que seule la boutade historique du Figaro de Beaumarchais récapitule astucieusement  : aux vertus qu’on exige de nos domestiques, connaissez-vous beaucoup de maîtres qui seraient dignes d’être valets ? Devant un tel rapport, plutôt cet abime d’iniquité, on est amené à dire que l’employeur et son employé demeurent des personnages obstinément opposés. Le premier, supposé toujours riche et davantage attiré par l’argent, n’en tirerait que des avantages de son employé. En revanche, celui-ci, souvent jeune et fringuant mais pauvre, doit lutter hardiment pour survivre. Tout tend à jeter le trouble dans ce couple vertueux ! En quel coin du corps adverse doiton lire la vérité sachant qu’ils estiment entrer tous les deux dans la catégorie du commun des martyrs et chez qui la reconnaissance est bien rare ? En tout état de cause, d’un côté comme de l’autre, les sentiments d’estime font défaut. Et on gagnerait beaucoup à vivre dans une atmosphère de saine relation, sans quoi comment peut-on obtenir de bons résultats dans de tels malaises et comment les machines et les outils resteraient-ils entiers et fonctionnels ? La crise ouvrière ainsi qu’on l’appelle aujourd’hui, n’est pas à proprement parler une crise, mais une évolution avec des vestiges, qui d’un côté sont des défauts de la servitude passée, et, de l’autre, ceux qui accompagnent l’exercice d’un despotisme toujours actif. Ce n’est la faute ni à l’un, ni à l’autre, mais d’un

état de relations qui, pour être irréprochable, supposerait chez l’un et l’autre des aptitudes prodigieuses. Or force est de constater qu’il en est loin d’être ainsi et que dans la pratique, on croit tout régler avec des grèves d’intimidation d’un côté et des menaces de licenciements de l’autre. En effet, dans les grandes exploitations où le patron est presqu’un mythe, où on ne le voit pas, le terrain est plus favorable, et dans quelques unes, heureusement en très petit nombre, il se produit des troubles aux moments cruciaux de la production. Et lorsque les ouvriers ne vivent pas en contact avec leur patron, ne peuvent pas lui parler, et n’ont affaire qu’à un représentant ou à un gérant peut-être dénué de sens social, il arrive quelques fois que des situations lamentables existent et restent inconnues du patron qui, d’ailleurs, a tort de ne pas s’en préoccuper. De part et d’autre, les effets délétères tant qualitatifs que quantitatifs de ce comportement se mesurent par le nombre de jours perdus, d’ouvriers cassés, d’atteinte psychique, de producteurs aux abois… La réussite ou l’éclat d’une grève se mesure au temps irrémédiablement perdu et au nombre d’ouvriers mis dehors. Ils semblent se disputer à qui serait le plus dur. En fin de compte, les deux adversaires ne raisonnent plus, ils calculent leurs préjudices mutuels et le différend qui les oppose s’éteint généralement peu à peu dans la fatigue. Dans l’âme de chaque ouvrier, une grève n’a ni bornes ni limites, chacun prend fait et cause pour l’une des parties hostiles ; le secret de la querelle git mystérieusement caché au fond des conseils de quelques chefs supposés syndiqués, et comme nul à la base ne pourrait dire au juste pourquoi elle a commencé, il n’y a plus aucune raison qu’elle se termine rapidement. Les travailleurs demeurent persuadés ou se font persuader que c’est la seule manière de s’attribuer ce qu’ils convoitent, de se rendre justice. Quant aux tireurs de ficelle, ces acteurs cachés, ou plutôt oubliés, ce deus ex machina des situations tendues, de promesses impossibles et des dénouements imprévus, ils se comportent en soldat mercenaire, en condottiere. Leur mobile principal est le profit personnel et la vanité. Faire la guerre aux riches maalem est presque un jeu qui se termine toujours un peu vite à leur avantage. Par un calcul adroit mais coupable, ils laissent leurs affiliés dans l’ignorance en se vantant d’être les plus initiés dignement aux secrets intimes du syndicalisme et de la manière dont il faut humilier et ruiner l’adversaire. Ce-


lui-ci ne tarde pas de réagir à sa manière, et ce n’est pas avec douceur qu’il procède. C’est ainsi et il faut reconnaitre que cette tactique leur réussit assez bien ; tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Depuis quelques années la raréfaction des ouvriers agricoles amène des surenchères. A certaines périodes les travailleurs rompent leurs engagements d’une manière arbitraire pour aller faire autre chose à une rétribution momentanément plus élevée chez d’autres producteurs voisins. Il en résulte que les fermiers qui ont gardé chez eux, pendant les périodes creuses, époque où leur travail est forcément limité, des employés sur lesquels ils comptaient les voyaient partir à ce moment même. En effet, certains travaux sont de courte durée pour pouvoir être exécutés par la main d’œuvre habituelle de l’exploitation, on a recours alors aux journaliers, qui beaucoup d’entre eux ne travaillent pas à la journée mais à la tâche et deviennent ainsi de véritables petits entrepreneurs. Et lorsqu’on leur reproche leur infidélité à l’égard de leur employeur habituel, ils répondent : lui (l’employeur habituel) ne vend-il pas sa récolte au plus offrant ? Nous comptons comme nos employeurs, et celui qui ne compte pas marche au hasard. Avant il ne sait pas s’il prend le meilleur chemin, après, il ignore s’il l’a pris. Alors tout le monde calcule avant qu’il ne soit trop tard. Nos patrons n’aiment pas ça. Bien entendu, à leurs yeux le bon ouvrier est celui qui ne sait ni lire ni écrire, qui accepte un travail dur et un salaire léger. Ils abusent d’une autorité qu’ils n’ont jamais appris à exercer. Ils veulent nous conduire comme on fait de son mulet, par la bride et le licol. Quant à nous, que Dieu nous punisse si nous ne faisons pas notre travail jusqu’au bout ! La communauté ouvrière n’est heureusement pas toute ainsi. Quelques uns sont de bonne apparence et leur visage annonce cette santé robuste qui est le salaire d’une bonne conscience. Les plus pugnaces sont ceux qui ne possèdent de terre que ce qu’en peuvent contenir les jattes de pieds de basilic ou de menthe placés devant leur logis. Ils vivent à l’état de prisonniers dans des ergastules infiniment plus pitoyables que le labeur lui-même. Les ouvriers qui possèdent une maison et quelques ares de terre sont dans une condition relative bien avantageuse. Beaucoup, outre leur salaire, cultivent leurs terres et élèvent deux ou trois vaches, quelques moutons, quelques pou-

lets pour tirer quelque profit et causant ainsi quelques fois certains dommages aux récoltes de la ferme de l’employeur. Leurs femmes aussi n’ont ni relâche ni trêve. Elles se lèvent tôt, se couchent tard, travaillent dehors, préparent et servent les repas et trouvent encore le moyen d’accoucher une fois par an, à leurs moments perdus ! Leur double rôle de salarié et de cultivateur-éleveur diminue pour eux les peines des crises de leurs camarades et leur permet de franchir ce fossé difficile qui sépare la pauvreté de l’aisance. Ils doivent encore à cette position particulière d’autres avantages qui ne sont pas moins précieux  : ils vivent dans leurs familles, scolarisent leurs enfants, investissent et contribuent à répandre peut-être une certaine aisance dans leur village. Je dis peut-être, par doute, pour ne pas dire certainement. Puisque nous en sommes aux débats d’idées, je voudrais proposer deux termes pour fixer les deux misères possibles : misère naturelle et misère acquise. Il faut révéler le fait, que de nos jours, à mesure que la misère naturelle, misère de bonne foi, semble s’éloigner de plus en plus de la classe ouvrière, dont les droits se sont améliorés, c’est dans ses rangs que la misère acquise fait le plus de dégâts en se substituant souvent exactement à l’ancienne forme, c’està-dire cette indigence digne et respectable, où les difficultés grandissent les moindres joies, et où tout est richesse dans leur indigence. Il y a long à dire sur les causes de cet épiphénomène. Depuis plus de vingt ans, les désirs chez toute la population, principalement la classe ouvrière, ont grandi beaucoup plus rapidement que les possibilités matérielles ne peuvent y donner satisfaction. J’entends par ces moyens : salaire, diminution du temps de travail, crédit, démocratisation des objets de consommation et biens d’équipement… Tout cela a peu à peu modifié singulièrement l’ancienne situation, et pourtant le mal subsiste. Pourquoi  ? Parce qu’on tient, avant tout, à s’accorder un certain superflu. Dans ces conditions, les ressources manquent souvent pour le nécessaire. Sinon, d’où vient l’argent pour les cigarettes, les téléphones portables, l’alcool, la drogue  ? Je soutiens donc, que de nos jours, en envisageant le mal dans sa globalité, on le voit tenir beaucoup plus à des causes psychologiques qu’à toute autre chose. Et à mesure que la misère naturelle semble s’éloigner de nous, la misère acquise, la misère tantalienne, celle qui provient des désirs inassouvis, la misère de mauvaise foi,

tend à prendre exactement sa place, de sorte que, moins malheureux matériellement, on le devient davantage par mécontentement et déception. C’est pour le moins, plus haïssable encore car tout ce qui est riche, célèbre, puissant, leur devient ennemi. En somme, il semble résulter de ce qui est dit, que, bien qu’on cherche à nous persuader du contraire, la difficulté de vivre n’est, ni une chose absolument nouvelle, ni l’apanage exclusif d’une classe. Tout ce qui peut être dit au sujet des gens supposés aisés, c’est qu’ils possèdent une éducation, rare dans la classe ouvrière, qui leur donne une maitrise pour mieux résister aux tentations. Le mal est moins grand qu’on ne le juge d’habitude dans la population moyenne un peu moins esclave de ses appétits et sachant mettre ses besoins à l’échelle de ses moyens, alors que l’aigreur s’est accrue dans la conscience des autres, de plus en plus nombreux à ne plus baisser les yeux et à relever la tête ; une rancœur hostile s’y est lentement alors développée. Dans cette situation «l’honnête nécessiteux» retourne à ses besognes avec l’espoir de revenir occasionnellement à la charge. Le moins honnête va tout de même de l’avant en espérant que le plus grand nombre, à défaut de tous, n’y verra que du feu quant aux faiblesses rédhibitoires de sa démarche. Après ce coup d’œil romancé et rapidement jeté sur les conditions de travail dans l’exploitation, il est optimiste de conclure que l’immense évolution qui s’accomplit dans les profondeurs de nos campagnes est remarquable. On peut souligner avec juste raison la révolution que l’électricité seule a opérée dans les plus petites communes par ses innombrables applications. Mais tout cela peut n’être qu’un fragile fil prêt à se rompre et on a tout à craindre d’une lutte dans laquelle l’armement se trouve d’un seul côté. A notre époque où tant d’études et d’enquêtes sont ordonnées, les conditions de travail et de vie des ouvriers apparait comme essentiellement utiles, car il y a là, pour notre pays une des causes principales du gaspillage effréné de ce capital humain dont nous sommes à la fois si pauvres et si prodigues. Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

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Céréaliculture

Désherbage tardif des céréales : Dr. AbbèsTanji, Spécialiste du désherbage

pas de traitement chimique au stade épiaison

Aucun herbicide n’est homologué au Maroc pour le désherbage du blé et de l’orge quelques semaines ou quelques jours avant la récolte.Il faut éviter de procéder au désherbage chimique du stade épiaison à la maturité des céréales. Car, les herbicides peuvent endommager les cultures et laisser des résidus dans les grains, la paille et le sol, ce qui constitue un risque pour l’environnement et la santé du consommateur. Certaines espèces adventices présentes dans les champs de céréales vers la fin du cycle peuvent être à l’origine de problèmes de récolte ou de stockage, altérer la qualité et réduire la faculté germinative. C’est le cas des espèces dépassant la taille des céréales comme l’avoine stérile, les chrysanthèmes, les centaurées, les chardons, les mauves, la chicorée, le coquelicot, etc. La concurrence de ces adventices depuis leur germination jusqu’à la fin du cycle pourrait causer des pertes de rendement dépassant parfois 70%.

Pourquoi certains champs sont infestés en fin de cycle ?

La présence des adventices en fin de cycle des céréales serait due : - à l’inefficacité ou la faible efficacité des herbicides sur certaines adventices suite à un sous dosage ou une mauvaise application des produits, - à la ré-infestation des champs après les traitements herbicides aux stades appropriés du désherbage, - au mauvais recouvrement des planches au champ ou au bouchage de certaines buses lors des passages des pulvérisateurs, - à la sous-estimation ou la négligence des infestations par les adventices aux stades convenables du désherbage, - à la difficulté d’identifier les adventices (surtout les graminées) à un stade précoce pour pouvoir désherber à temps, et - au manque de ressources financières pour acheterles herbicides au moment opportun.

Risque de phytotoxicité aux cultures traitées

Au stade épiaison des céréales, certains herbicides risquent de provoquer la stérilité des fleurs de plantes cultivées, ce qui a des effets dépressifs possibles sur le rendement. 68

Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

D’ailleurs, le passage avec des pulvérisateurs tractés ou à dos pourrait écraser les céréales et donc irréversiblement endommager les cultures.

Risque d’avoir des résidus d’herbicides dans les grains et la paille

Tout traitement herbicide de fin de cycle des céréales constituerait un risque d’accumulation de résidus dans les grains et la paille. Car, la durée entre le stade épiaison et la récolte serait en général inférieur au DAR (délai avant récolte) sachant bien que les herbicides du blé et de l’orge présentent en général des DAR de 2 à 3 mois. Pour rappel, le délai avant récolte est la durée minimale qui doit séparer la date du traitement de la date de récolte. Ce critère fait partie intégrante du choix d’un produit présentant le moins de risque et le minimum d’effets secondaires sur la santé humaine et l’environnement. Le respect du DAR fait partie des obligations liées à l’usage des produits phytosanitaires. Ce délai est défini lors de l’évaluation des résidus dans les végétaux et contribue à garantir l’innocuité du produit pour le consommateur.

Risque de persistance des herbicides dans le sol

L’utilisation des herbicides entre stade épiaison et maturité des céréales présente un risque de contamination des sols et de présence de résidus d’herbicides. Les cultures sensibles aux résidus d’herbicides sont la betterave à sucre, les légumes, les légumineuses, les oléagineuses, etc. Car, les herbicides appliqués en fin de cycle n’ont pas suffisamment de temps pour une dégradation totale ou maximale avant le semis des cultures suivantes, sensibles aux résidus d’herbicides. Si les conditions pédoclimatiques ne sont pas favorables à la dégradation microbienne des herbicides,

certaines molécules comme aminopyralide, iodosulfuron, mésosulfuron, sulfosulfuron et triasulfuron risquent de persister plusieurs mois après les traitements et endommager certaines cultures semées après la récolte des céréales traitées.

Que faire en cas d’infestation de fin de cycle

En cas de présence d’adventices en fin de cycle des céréales, il faut envisager l’une des 3 solutions suivantes : - ne pas désherber et procéder à la récolte des céréales telles quelles sachant bien que les semences de céréales seront contaminées par les semences d’adventices et que la paille sera mélangée avecles plantes adventices, - faucher les cultures infestées par les adventices au stade pâteux et les transformer en ensilage ou en foin, ou - procéder à l’épuration ou l’arrachage manuel des adventices en cas de disponibilité de la main d’œuvre.

Conclusion

Il est déconseillé d’effectuer les traitements herbicides du stade épiaison à la maturité des céréales. En fin de cycle, les herbicides peuvent endommager les cultures ou laisser des résidus dans les grains, la paille et le sol. Délai avant récolte (DAR) et persistance dans le sol des herbicides anti-graminées homologués pour le désherbage du blé etde l’orge. Délai avant récolte (DAR) et persistance dans le sol des herbicides anti-dicotylédones homologués pour le désherbage du blé et de l’orge.


Herbicides Matière active (concentration)

Nom commercial (dose)

DAR en jours

Persistance dans les sols en mois

90

1

Herbicide anti-graminées de pré-levée Prosulfocarbe (800 g/L)

BOXER (5 L/ha)

Herbicidesanti-graminées et anti-dicotylédonesde post-levée précoce Clodinafop (30 g/l) + Pinoxaden (30 g/l) + Florasulame (7.5 g/l)

SWIPE (1 L/ha) TRAXOS ONE (1 L/ha)

Iodosulfuron (8 g/l) + Fénoxaprop-p-éthyle (64 g/l) HUSSAR EVOLUTION (1 L/ha)

Champ infesté avec le ray grass

75

1

90

6-12

Iodosulfuron (6 g/kg) + Mésosulfuron (30 g/kg)

ATLANTIS (500 g/ha)

90

6-12

Iodosulfuron (2 g/l) + Mésosulfuron (10 g/l)

ATLANTIS OD (1,5 L/ha)

90

6-12

90

6-12

Iodosulfuron (7,5 g/l) + Mésosulfuron (7,5 g/l) COSSACK (1 L/ha) Iodosulfuron (7,5 g/l) + Mésosulfuron (9 g/l) + Diflufénican (120 g/l)

BISCOTO (800 ml/ha) KALENKOA (800 ml/ha)

90

6-12

Iodosulfuron (2,5 g/l) + Mésosulfuron (7.5 g/l) + Diflufénican (50 g/l)

OTHELLO (1 L/ha)

90

6-12

Pinoxaden (45 g/l) + Florasulame (5 g/l)

AXIAL ONE (1 L/ha) NAVIGATOR (1 L/ha)

90

1

Pyroxsulame (45 g/l) + Florasulame (5 g/l)

FLORAMIX (320 g/ha)

90

3

75

1

75

1

Herbicides anti-graminées de post-levée précoce

Champ infesté avec le liseron

ALEXANDER (750 ml/ha), AVOINE (750 ml/ha), BRUMBY (750 ml/ha), CLODVAL (750 ml/ha), Clodinafop (80 g/l) KARTER (750 ml/ha), MILVIN (750 ml/ha), PIKTO (750 ml/ha), RUBAH (750 ml/ha), TOPIK (750 ml/ha) Clodinafop (100 g/l)

BUGUIS (600 ml/ha) TALLIS (250 ml/ha), TIPTOP (250 ml/ha), Clodinafop (240 g/l) TOPAXOS (250 ml/ha)

75

1

Clodinafop (22,5 g/l) + Pinoxaden (22,5 g/l)

TRAXOS (1 L/ha)

60

1

Fénoxaprop-p-éthyle (69 g/l)

CORDON (1 L/ha), HERBIFORT (1 L/ha), PUMA (1 L/ha)

75

1

Flucarbazone (70%)

EVEREST (43 g/ha) + adjuvant (0.2%)

60

1

Pinoxaden (45 g/L)

AXIAL (1 L/ha)

60

1

Pyroxsulame (45 g/l) PALLAS (500 ml/ha) Sulfosulfuron (75%) APYROS (26,6 g/ha) + GOLDEN MIROWET (0,2%) Tralkoxydime (250 g/l) MAJOR (1 L/ha) + adjuvant (0.2%)

Champ infesté avec le coquelicot Champ infesté avec le bunion

Herbicides Matière active (concentration)

Nom commercial (dose)

90

3

70

6-12

30

1

DAR en jours

Persistance dans les sols en mois

Herbicide anti-dicotylédones de post-levée précoce (stade début à fin tallage)

Champ infesté avec le brome

Amidosulfuron (100 g/l) + iodosulfuron (25 g/l)

SEKATOR (150 ml/ha)

90

2

Aminopyralid (300 g/kg) + florasulame (150 g/kg)

LANCELOT (33 g/ha)

90

6-12

Dicamba (120 g/l) + 2,4-D (344 g/l)

DIALEN SUPER (1 L/ha)

75

1

Florasulame (75 g/l)+ Flumetsulame (100 g/l)

DERBY (50 ml/ha)

30

1

Florasulame (6,25 g/l) + 2,4-D (300 g/l)

MUSTANG (600 ml/ha), TORNADO (600 ml/ha)

75

1

Metsulfuron (20%)

DEFT (30 g/ha), ISOMEXX (30 g/ha), METRO (30 g/ha), METSY (30 g/ha), MEZZO (30 g/ha)

90

1

Metsulfuron (60%)

STARKEM (10 g/ha)

90

1

Metsulfuron (19 g/l) + Thifensulfuron (190 g/l)

TIVMETIX (200 ml/ha)

90

1

Metsulfuron (6,8 g/l) + Thifensulfuron (68,2 g/l)

CONNEX (50 g/ha)

90

1

Triasulfuron (4,1%) +Dicamba (65,9%)

LINTUR (150 g/ha) , ZOOM (150 g/ha)

60

6-12

Triasulfuron (25%) +Dicamba (50%)

ARRAT (200 g/ha)

60

6-12

Tribénuronméthyle (75%)

DICOSTAR (12,5 g/ha), GRANSTAR(12,5 g/ ha), NUANCE(12,5 g/ha), PRIMMA STAR (12,5 g/ ha), SKYLLA(12,5 g/ha)

60

1

Tribénuronméthyle (25%) + Thifensulfuron (50%)

HARMONY EXTRA (20 g/ha)

60

1

Tribénuronméthyle (15%) + Thifensulfuron (40%)

NAUTILUS (60 g/ha)

60

1

2,4-D ester butylglycol

ELAFRIT 200 (2 L/ha) EL CAOUI EXTRA (750 ml/ha) MATON (600 ml/ha) MENJEL (2 L/ha) NETAGRONE (2 L/ha) YDESTER 225 (2 L/ha)

75

1

2,4-D ethyl hexyl ester

BATON (750 ml/ha) CHEVAL ET LION (2 L/ha) EL CAOUI (600 ml/ha) EL CAOUI 480 (750 ml/ha) EL CAOUI 240 (1,5 L/ha)

75

1

2,4-D esterisoctylique

EL GHOUL (1 L/ha)

75

1

2,4-D seld’amine

AMINOPIELIK (1,25 L/ha) AURA (500 ml/ha) CALIDICOTE (600 ml/ha) DAM (1 L/ha) DAMEN (500 ml/ha) DRASS (500 ml/ha) IMBRATOR (600 ml/ha) MEGA (500 ml/ha) SELECTONE (1 L/ha)

75

1

2,4-D sel de diméthylamine

CEREPRANE (500 ml/ha) CHARDOL (1 L/ha) DESORMONE (1 L/ha) DICOPUR (1 L/ha) EL CAOUI (600 ml/ha) TORO (600 ml/ha)

75

1

2,4-D + MCPA

AGROXONE F (1,25 L/ha) AL FAHD MIX (1,25 L/ha) HERBOXONE COMBI (1 L/ha) PRINTAZOL 75 (1 L/ha) U 46 COMBI FLUID 6 (800 ml/ha)

75

1

Herbicide anti-dicotylédones de post-levée tardive (stade tallage à montaison)

Champ infesté avec l’avoine stérile

Champ infesté avec l’alpiste


Céréaliculture

Dégradation des sols en régions arides

Des idées pour y faire face Yassine Jamali, Docteur vétérinaire et agriculteur

Les rendements céréaliers dans notre pays sont corrélés à la pluviométrie, qui est considérée généralement comme LE facteur limitant de la production. Pourtant, un phénomène moins spectaculaire se développe de manière insidieuse et aggrave les conséquences de la sécheresse qui le masque. Il s’agit de la dégradation des sols à laquelle contribuent plusieurs facteurs, liés à l’évolution des pratiques agricoles. Premièrement, l’extension des emblavures, nécessaire du fait de la croissance démographique, et permise par la mécanisation du labour et de la moisson, a presque supprimé la pratique de la jachère. Or la jachère permet un repos du sol, une reconstitution du stock d’humus, et un maintien de la diversité microbienne du sol. En fin elle interrompt nombre de cycles de pathogènes, en particulier les maladies cryptogamiques des céréales. Deuxièmement la mécanisation de la récolte de céréales n’a pas eu d’équivalent pour la récolte des légumineuses. De ce fait, alors que la moisson mécanisée des céréales en bour coûte 200 à 300 dh par hectare, il faut compter 1.500 à 2.500 dh pour récolter manuellement un hectare de lentilles, pois fourrager, petit pois, ou fenugrec. Aussi la culture de légumineuses perd de sa compétitivité face aux céréales et les surfaces diminuent, surtout dans les zones les plus arides. Le rôle des légumineuses dans l’assolement est bien connu : fixation d’azote via des microorganismes symbiotiques, et là encore, rupture du cycle des pathogènes et maintien de la diversité microbienne du sol.

Troisièmement, l’extension des céréales s’étant faite au détriment des pâturages collectifs, la question de l’alimentation des troupeaux ovins et caprins s’est posée, d’autant plus que les effectifs de petits ruminants ont augmenté parallèlement à la croissance démographique. La paille est devenue une denrée stratégique pour l’élevage au point qu’après la moisson et le bottelage, les chaumes sont loués pour une pâture à outrance. A l’automne les champs sont complètement dénudés de toute matière organique. Le fumier des moutons qui pâturent les chaumes est stérilisé par des mois de canicule et il est loin de compenser la paille consommée, tant du point de vue des éléments NPK que du point de vue de la reconstitution de l’humus.

D’un assolement triennal à la monoculture et au surpâturage

En résumé, sur les cinq ou six décennies écoulées, nous sommes passés d’un assolement céréales-légumineuses-ja-

Association amandiers céréales, région d’Azilal, Moyen Atlas.

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Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

chère à une quasi monoculture céréalière épuisante caractérisée par une non-restitution de matières organiques au sol. Tout le monde connaît les travaux de Lydia et Claude Bourguignon qui ont mis en évidence en France la disparition progressive de la flore microbienne du sol à cause d’un travail du sol excessif et de l’usage des engrais chimiques et des pesticides. Qu’en est-il de nos sols, après des décennies de monoculture céréalière et de surpâturage, sans aucun apport de matière organique ? Le résultat serait probablement le même: une microflore tellurique réduite, appauvrie, déséquilibrée. Ceci est sans doute corrélé à l’évolution de la végétation adventice : la moutarde est devenue dominante, ce qui a peut-être une relation avec la réduction des microorganismes du sol. En effet la moutarde comme toutes les brassicacées, n’entretient aucune symbiose mycorhizienne et résiste mieux que les autres plantes à la disparition des mycorhizes. De plus, la moutarde est un concurrent pour le reste des plantes sauvages par allélopathie. Le travail du sol et la monoculture ne

Association oliviers et céréales, région d’Azilal, Moyen Atlas


sont pas seuls en cause : il suffit d’observer les pâturages collectifs, complètement surexploités, qui se sont transformés en boucliers calcaires compactés où rien ne pousse. Le responsable est le surpâturage qui a prélevé toute la biomasse tout en apportant trop peu de fumier pour reconstituer les réserves de matières organiques. Les seules surfaces épargnées sont les jujubiers rescapés et leur périphérie.

Face à ces contraintes quelles pistes, quelles solutions proposer ?

- La jachère n’est plus une option, en raison de la pression foncière et économique qui pèse sur les exploitations du bour. - La réhabilitation des légumineuses passe par une mécanisation de la récolte. Adaptation des moissonneuses-batteuses, ou utilisation de râteaux andaineurs tractés (en jouant sur la maturité pour éviter les éclatements de gousses et les pertes à la récolte) ou autre, c’est une question qui relève du machinisme agricole. - La restitution de paille au sol ne peut se faire qu’en réduisant sa consommation par les troupeaux de petits ruminants. La seule alternative actuelle est le recours aux cultures fourragères irriguées. Or elles sont déjà insuffisantes pour faire face aux besoins du cheptel laitier, équin et de l’embouche ovine, et posent un autre problème, celui de l’épuisement des nappes. Pour réduire la consommation de chaumes il faudrait donc réduire le cheptel ovin et caprin. Solution sans doute impraticable vu son coût sociopolitique, elle n’est mentionnée ici que pour mémoire. - Le semis direct réduit l’agression subie par la microflore du sol lors des opérations de labour plus ou moins profond. Il réduit aussi la minéralisation des matières organiques. C’est un élément es-

sentiel du package de bonnes pratiques visant à préserver et améliorer nos sols.

L’association arboriculturecéréales, avantages indéniables

Une autre façon de diversifier cette monoculture est d’associer des arbres ou des arbustes aux céréales et aux légumineuses cultivées, qui deviennent une culture intercalaire. Le système racinaire de ces arbres abrite des mycorhizes et autres microorganismes. Par l’effet ombrage et brise-vent ils réduisent l’évaporation et optimisent l’utilisation de l’eau de pluie. La chute de feuilles, permanente ou saisonnière, apporte de la matière organique qui nourrit ces microorganismes et enrichit le sol comme l’ont démontré plusieurs études sur les acacias au Sahel. Ces arbres et arbustes doivent être résistants, voire ultra résistants à la sécheresse pour survivre et éventuellement produire, de manière marginale. Les écartements doivent être adaptés aux conditions du semi aride (qui se rapproche de plus en plus de l’aride) et à une exploitation hyper extensive. Ils doivent permettre les opérations de semis et moisson mécanisés. Parmi les arbres fruitiers résistants on peut citer l’olivier et l’amandier à une densité inférieure ou égale à 100 arbres/ha. Le caroubier également, avec une densité autour de 50 arbres/ha. Les arbustes ultra résistants sont les Lycium, qui sont fruitiers et mellifères, les cactus, fruitiers, mellifères et à l’occasion fourragers, les Atriplex, exclusivement fourragers et qui n’ont pas de mycorhizes. Le faux poivrier, Schinus molle est très résistant à la sécheresse, sa floraison dure longtemps et est très appréciée des abeilles. Ses fruits sont commercialisés sous le nom de «baies roses».

Le JUJUBIER

Les différents acacias, (dont Acacia seyal et Acacia senegal utilisés pour la production de gomme) l’arganier, voire le Balanites aegyptiaca peuvent correspondre à certaines conditions pédo-climatiques. Bien entendu, il s’agit dans tous les cas ci-dessus de conditions limites, caractéristiques du bour défavorable, on ne peut raisonnablement espérer plus qu’une amélioration limitée de la production céréalière (2 à 5 quintaux de plus à l’hectare ?) et une contribution marginale de l’arboriculture au revenu ou à l’auto consommation de la famille exploitante. Mais à ce niveau de dépendance, de vulnérabilité, quelques litres d’huile d’olive, quelques dizaines de kg de fruits, quelques kg de miel représentent un apport non négligeable pour des dizaines de milliers de familles et renforcent leur autonomie alimentaire. La mise en place d’un système d’agroforesterie demande du temps, de la conviction et de la continuité dans l’effort car il faut pratiquer des irrigations d’appoints durant les deux ou trois premiers étés après la plantation. Une citerne tractée peut être utilisée, en combinaison avec des bidons percés qui étalent la dose d’arrosage et améliorent la pénétration de l’eau en simulant un goutte à goutte rudimentaire. Des travaux du sol basiques forment des impluviums où l’eau de pluie s’accumule si le relief le permet. Enfin il faut protéger les jeunes plants du pâturage ... Tout ceci exige du travail et un minimum d’investissement. Des expériences grandeur nature, en exploitation, devraient être menées pour préciser le coût de l’installation d’un système agro forestier en dirhams et en journées de travail afin de prévoir des subventions.

Le jujubier, plante mal-aimée des agronomes, n’est envisagé que sous l’angle de sa nuisance. Il n’est mentionné dans les brochures de vulgarisation agricole que pour détailler les moyens de l’éradiquer, par l’arrachage ou les herbicides systémiques. Il lui est reproché de gêner le passage des outils et engins agricoles, de diminuer la qualité de la paille, d’empêcher le pâturage des chaumes, il n’aurait que des inconvénients ! Et pourtant .... Dans un champ de céréales, les plus beaux épis sont ceux qui poussent à l’emplacement d’une touffe de jujubiers, ce qui est logique : des mycorhizes sont associées aux racines du jujubier, et la chute de feuilles automnales enrichit le

sol. Cet intérêt agronomique indéniable s’accompagne d’un intérêt économique : le jujube, récolté à la fin de l’été représente un revenu. Le miel de jujubier est un produit renommé. En fin, le jujubier est fauché et ses branches épineuses vendues pour en faire des clôtures. Ce dernier usage est celui qui permet de gérer le jujubier de manière optimale. Fauché entre octobre et novembre, il ne gêne en rien le labour et le semis. Il reste en dormance et redémarre en mars-avril. Au moment de la moisson, vers le mois de mai, les rejets de jujubier sont trop courts pour être coupés par la moissonneuse-batteuse et bottelées avec la paille. Sa nuisance est donc réduite à rien. Par contre la floraison et la repousse estivale nourriront abeilles et chèvres.

Association Atriplex et céréales, région de Settat Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

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Oléiculture

L’olivier pour

l’atténuation des effets des changements climatiques

Mme Oumkaltoum Krimi Bencheqroun, Chercheur Olivier - INRA Meknès

L’Agriculture est au cœur des secteurs concernés par les changements climatiques qui se manifestent par une nette augmentation de la température de la terre, la sécheresse, les inondations, la déforestation et l’érosion. Le secteur agricole est non seulement capable de contribuer efficacement à l’atténuation des effets des dérèglements climatiques sur la terre mais il est aussi responsable de 14% des émissions des gaz à effets de serre. Il subit certainement les effets négatifs de ces changements puisqu’il représente le premier consommateur d’eau et qu’il comporte par la suite 70% de la solution à ce problème au niveau des pays en voie de développement dont le Maroc.

S

elon les données de la F.A.O de 2012, l’Agriculture utilise plus de 85% de la réserve générale en eau douce dans la région de l’Afrique du Nord et du Proche Orient (MENA) et il faut signaler que, dans cette zone géographique, le niveau des ressources renouvelables en eau intérieure par habitant et par an est parmi les plus faibles dans le monde. En effet, il est de l’ordre de 609 m3/habitant/an contre une valeur moyenne mondiale de 6080 m3/habitant/an sans oublier que cet indicateur tend vers une baisse de 50% à l’horizon 2050 dans cette région MENA connue par l’aridité et la rudesse de son climat. Cette situation hydrique critique a poussé les décideurs de manière urgente vers la réflexion à des solutions efficaces et pertinentes pour minimiser les

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Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

effets des changements climatiques sur la productivité agricole et ceci à travers la réglementation et la rationalisation de l’utilisation de l’eau dans ce secteur. D’autant plus que les dernières années ont été marquées par une baisse remarquable du nombre de jours pluvieux par campagne agricole, une réduction significative des précipitations et une mauvaise répartition de ces dernières au cours de l’année. D’où l’importance de la question de l’eau et de son impact sur l’agriculture et par la suite de la stratégie d’adaptation de l’agriculture aux nouvelles données climatiques. La situation précitée explique l’intérêt remarquable et croissant accordé, pendant ces dernières années, aux espèces végétales rustiques qui se distinguent par leur tolérance à la sécheresse, leurs besoins

réduits en eau et par leur grand pouvoir d’adaptation aux différents types de sol, même les plus pauvres, et aux reliefs accidentés. Aussi, la montée anormale de la température de la terre qui cause la sécheresse, a mis en exergue l’intérêt des espèces végétales caractérisées par une bonne efficience d’utilisation de l’eau telles que l’Olivier. En fait, ce dernier a longuement été victime de sa rusticité puisqu’il n’a été considéré comme un arbre fruitier à part entière que très récemment. L’entrée de l’Espagne dans l’Union Européenne (U.E) en 1986 a exigé la modernisation de l’oléiculture, depuis trente ans, dans ce pays qui était dans l’engagement d’adapter le volume de sa production à la nouvelle demande en matière d’olives de table et d’huile d’olive. D’un autre côté, les nombreuses vertus de l’huile d’olive et ses multiples bienfaits sur la santé humaine ne cessent d’être confirmées par des résultats de recherches assez pointues dans le domaine médical. En effet, durant les deux dernières décennies, les qualités diététiques, médicinales, nutritives et organoleptiques de l’huile d’olive , dont la qualité répond à la rigueur et aux exigences des normes internationales, ont été bien démontrées et expliquent l’accroissement de la demande pour ce produit noble et surtout de la part des pays non producteurs puisqu’il s’agit d’un arbre méditerranéen par excellence. De point de vue écologique, la rusticité de l’olivier justifie son expansion, à grande échelle, au niveau du bassin méditerranéen et montre que cet arbre a su, à travers les siècles, s’adapter aux fluctuations du climat méditerranéen connu par son automne froid et pluvieux en général et son été chaud et sec. De même, la ré-


partition géographique de cette espèce arboricole n’est pas limitée par la nature du sol. Ceci fait de lui ‘LE VEGETAL RICHE DES SOLS PAUVRES’ et le classe ainsi parmi les grands protecteurs de l’environnement. Son pouvoir d’adaptation aux zones montagneuses dont le relief est accidenté constitue un moyen efficace pour fixer le sol et pour lutter contre les facteurs de l’érosion. Quelques secrets de l’ARBRE BENI : De nombreux résultats de recherches réalisées à l’échelle internationale ont mis en évidence certaines spécificités de l’olivier qui sont derrière sa capacité d’adaptation aux changements des conditions environnementales. A travers ce papier, je vais essayer de passer en revue quelques unes des caractéristiques de cet arbre étant donné leur relation avec l’atténuation des effets des dérèglements climatiques sur la terre. Ainsi, ces spécificités sont les suivantes : 1- La photo annexe de l’olivier âgé de plus de 5000 ans renseigne sur sa capacité à défier la sévérité et les fluctuations des conditions externes et explique sa grande longévité. 2- L’olivier est l’une des espèces arboricoles caractérisées par ses feuilles persistantes. A l’encontre de la plupart des espèces arboricoles, ce dernier ne perd pas complètement ses feuilles pendant l’automne puisqu’elles sont renouvelées, en moyenne, pendant une période de 3 ans. Par conséquent, c’est l’un des arbres capables d’entretenir sa verdure et sa beauté naturelle malgré la succession des quatre saisons de l’année. De même, il faut noter que les feuilles de l’olivier se caractérisent par la présence de poils tecteurs sur leur face inférieure. Ceci leur permet de conserver l’humidité de façon continue dans le temps. Cette spécificité serait probablement liée à l’explication de la beauté pérenne de cet arbre comme on peut le voir sur la photo de l’olivier âgé de plus de 5000 ans. De plus, son feuillage dense et persistant lui procure une grande capacité d’absorption du Carbonne(CO2). Sans oublier que sa frondaison, largement déployée, est en mesure de réduire l’intensité des pluies torrentielles et de lutter contre l’érosion puisqu’elle facilite le ruissellement et l’infiltration de l’eau dans le sol. 3- Le système racinaire de l’olivier est robuste et se caractérise par un développement important qui parvient à fixer le sol, à lutter contre l’érosion et à puiser l’eau en profondeur. De même, ce système

racinaire est doté d’un grand pouvoir d’adaptation aux différents types de sol puisque son développement est fortement influencé par les caractéristiques physico chimiques de ce dernier et par sa structure et sa texture. Dans certains pays du bassin méditerranéen, quelques spécialistes en la matière ont mentionné la présence d’oliviers comportant des racines allant jusqu’à 6m de profondeur. 4- L’olivier est l’une des espèces végétales les moins exigeantes en eau. En effet, environ 80% de l’oliveraie mondiale est conduite en sec (bour) pour la subsistance et pour la production. Grâce à sa tolérance à la sécheresse et à sa souplesse d’adaptation aux fluctuations des conditions climatiques, la culture de l’olivier est praticable sous un régime hydrique oscillant entre 100 et 800 mm/an. En situation de stress hydrique, l’olivier réagit par une nette réduction des échanges avec l’extérieur. Il procède, en effet, à la fermeture des stomates dans l’objectif de préserver l’eau dans l’arbre, d’éviter son desséchement et d’assurer en fin sa survie. 5- L’olivier se spécifie par une bonne efficience d’utilisation de l’eau. Ce critère est d’une importance majeure par rapport à l’atténuation des effets des changements climatiques et à la lutte contre la sécheresse qui en résulte. En effet, il faut rappeler que, dans les situations extrêmes, l’olivier préfère plutôt la rareté de l’eau à son abondance puisque la grande disponibilité en eau et sa stagnation pourraient causer l’asphyxie de l’arbre alors qu’en situation de grand stress hydrique, cet arbre déploie toutes ses capacités naturelles dans l’objectif de sa survie sans oublier que la force de son système racinaire et son grand développement lui facilitent l’accès à l’eau à des niveaux élevés de profondeur. De même, dans toutes les situations hydriques, l’olivier montre une grande capacité d’adaptation de l’intensité de floraison et de fructification. Ceci explique partiellement la faible productivité de l’oléiculture pendant les campagnes agricoles où sévit la sécheresse du mo-

ment que les rendements olive sont étroitement liés à ces deux étapes de production à savoir la floraison et la fructification. 6- En comparaison avec la majorité des arbres fruitiers, l’olivier a des besoins en eau modestes et pour qu’il puisse atteindre son potentiel réel de production, les apports en eau à cet arbre se limitent à une simple correction du déficit hydrique causé par la sécheresse. 7- A la fin, l’olivier cultivé, Olea-europea.L, est l’une des espèces végétales qui renferment une grande richesse et une diversité génétique très importante. A présent, plus de 2000 variétés ont été identifiées et cultivées dans le monde. De plus, la tolérance à la sécheresse, comme la résistance aux maladies et aux ravageurs, sont parmi les caractères fortement influencés par le facteur variété. D’où l’intérêt des essais comparatifs des variétés d’olivier à la recherche des plus performantes et des mieux adaptées à la sécheresse. Ces dernières offrent la possibilité d’optimiser l’efficience d’utilisation de l’eau en oléiculture. De plus, les outils d’amélioration génétique des plantes sont en mesure d’accroitre la résistance à la sécheresse chez l’espèce cultivée de l’olivier moyennant des croisements entre des variétés sélectionnées pour l’intérêt de leurs caractères et des sous espèces telles que l’olivier de Laperine (la personne qui l’a prospecté), répandue dans des zones au climat saharien dont la sévérité dépasse celle du climat méditerranéen. En conclusion, toutes les caractéristiques et les spécificités mentionnées antérieurement rappellent que l’olivier est bon pour la santé et pour l’environnement et informent sur la part de sa contribution à l’atténuation des effets négatifs des changements climatiques sur la terre. Agriculture du Maghreb N° 102 - Mars 2017

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