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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DES OPÉRATEURS AFRICAINS D’ASSAINISSEMENT D AAS SS S SAAINIS S SS SEM S EME MENT PAR PAAR DES P DE ES S PARTENARIATS PAAR RTTEN R ENAARIAT A TS SD D’APPRENTISSAGE AAPPRENTISSA APP IS SS SAAGE S SAG AG PAR P PAAAR R PAIRS PAAIR P RS S (RASOP-AFRICA) ((R RASO R AAS SO S OP-AFR O P-AF PAFFRIC RIIICA) R CA)

EVALUATION DE LA SITUATION INITIALE - SYNTHESE BAMAKO – KAMPALA – LUSAKA - YAMOUSSOKRO – YAOUNDÉ Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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AVRIL 2017


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

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Synthèse des Rapports d’évaluation initiale


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

SOMMAIRE

3 4 4 4 5

SOMMAIRE

Liste des tableaux Liste des figures Liste des annexes Liste des abréviations I. INTRODUCTION

I.1. I.1.1. I.1.2 I.2. I.2.1. I.2.2.

: Rappel du contexte et des objectifs du projet RASOP : Contexte : But et objectifs : Objectifs de l’évaluation initiale : Objectif général : Objectifs spécifiques

7 8 8 10 11 11 11

II. APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE

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III. BRÈVE PRÉSENTATION DES VILLES CIBLES DU PROJET RASOP

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IV. SYNTHESE DES DIFFERENTS DIAGNOSTICS

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IV.1. : Synthèse du diagnostic de l’assainissement sur le plan technique IV.2. : Synthèse des aspects institutionnels et règlementaires IV.2.1. : Synthèse de l’organisation institutionnelle IV.2.2.: Synthèse des aspects réglementaires

20 26 26 27

V. SYNTHESE DES ASPECTS FINANCIERS

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VI. ANALYSE FFOM DE LA DELIVRANCE DES SERVICES D’ASSAINISSEMENT AUTONOME

31

CONCLUSION

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RECOMMANDATIONS

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DOCUMENTS CONSULTES

40 Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 Tableau 2 Tableau 3 Tableau 4 Tableau 5 Tableau 6 Tableau 7 Tableau 8

: Synthèse de quelques aspects sur la démographie des villes du RASOP : Climatologie, relief et hydrologie des villes du Rasop : Taux de couverture en assainissement liquide dans les villes cibles du RASOP : Production spécifique des excreta et boues de vidange collectées : Dispositifs de stockage des excreta au niveau des ménages : Parcs, capacités des camions et origine des boues collectées : Taxe (redevance) de dépotage des BV dans les différentes villes : FFOM de la délivrance des services d’assainissement autonome de la ville de Bamako Tableau 9 : FFOM de la délivrance des services d’assainissement autonome de la ville de Kampala Tableau 10 : FFOM de la délivrance des services d’assainissement autonome de la ville Lusaka Tableau 11 : FFOM de la délivrance des services d’assainissement autonome de la ville Yamoussoukro Tableau 12 : FFOM de la délivrance des services d’assainissement autonome de la ville Yaoundé

17 18 20 21 22 23 25 34 35 35 36 37

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Image du « Gulper » A Figure 2 : Site de dépotage sauvage à Bamako Figure 3 : Site de dépotage sauvage à Nomayos (Yaoundé)

23 24 24

LISTE DES ANNEXES

Annexe 1. : Planning des activités du projet RASOP Annexe 2. : Pays impliqués dans les activités du projet RASOP

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Liste des abréviations AA ANGESEM BAD DNACPN DRACPN DSUVA FBMG FFOM GBV KCCA LT LWSC NWSC OMS ONAD ONG PAP RASOP-Africa STBV UNICEF

: : : : : : : : : : : : : : : : : :

Assainissement Autonome Agence de Gestion des Stations d’Epuration du Mali Banque Africaine de Développement Direction Nationale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances Direction Régionale de l’Assainissement du Contrôle des Pollutions et des Nuisances Direction des Services Urbains de Voirie et d’Assainissement Fondation Bill et Melinda Gates Forces, faiblesses, opportunités et menaces Gestion des Boues de Vidange Kampala Capital City Authority Latrines traditionnelles Lusaka Water Sewerage Company (Société Nationale d’Eau et d’Assainissement) National Water and Sewerage Corporation (Société Nationale d’Eau et d’Assainissement) Organisation Mondiale de la Santé Office National de l’Assainissement et du Drainage Organisation non gouvernementale Plan d’amélioration des Performances (PIP en anglais) Renforcement des capacités des opérateurs africains d’assainissement par des : Partenariats d’apprentissage entre paire : Station de Traitement de Boues de Vidange : Fonds des Nations Unies pour l’Enfance

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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Synthèse des Rapports d’évaluation initiale Outils de vidange manuelle


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I.

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INTRODUCTION

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I. I.1. RAPPEL DU CONTEXTE ET DES OBJECTIFS DU PROJET RASOP I.1.1. Contexte Dans les pays en développement en général et en Afrique en particulier, l’accès à un assainissement adéquat demeure encore un luxe pour une large frange de la population. Ainsi, 2,4 milliards de personnes à travers le monde, dont 700 millions en Afrique subsaharienne, ne disposent pas d’ouvrages d’assainissement amélioré.

sont pris en charge par des entreprises privées (généralement informelles). Ces opérateurs de vidange chargés de la collecte et du transport des boues vers les lieux de décharge (déposantes ou espaces ouverts), jouent un rôle central et indispensable dans le dispositif d’assainissement individuel.

Ces chiffres ne cessent d’augmenter en rapport avec la croissance démographique. Au cours des 15 dernières années, la population urbaine en Afrique sub-saharienne a pratiquement doublé. Dans la même période, les interventions visant à améliorer l’assainissement dans cette partie de l’Afrique n’ont touché que moins de 20% de la population (UNICEF/OMS, 2015). Il résulte de cette situation des milliers de morts, parmi lesquels beaucoup d’enfants. Il est estimé à environ 2’200 le nombre d’enfants qui meurent quotidiennement à cause des maladies diarrhéiques liées à un assainissement inadéquat et à une hygiène déficiente (CDC, 2016). Le coût annuel de cette situation est estimé à $ 5.5 milliards US$ pour 18 pays africains (WSP, World Bank, 2012). Lorsqu’en Afrique sub-saharienne la population a accès à un assainissement adéquat, il s’agit dans la grande majorité d’un assainissement autonome (84% de la population).

Les nouveaux objectifs de développement durable (ODD), adoptés en septembre 2015 par les 195 états membres de l’ONU, a consacré l’ODD 6 à l’accès à l’eau potable et l’assainissement. Il s’agit «d’ici à 2030 (…) d’investir dans des infrastructures adéquates, de fournir des installations d’assainissement et de promouvoir l’hygiène à tous les niveaux». Pour cet objectif, la Cible 6.2 relative à l’assainissement et l’hygiène est claire et va au-delà des problèmes d’accès à des infrastructures améliorées. En effet, cette cible prévoit d’ici 2030 de «permettre un accès à un assainissement et à une hygiène convenables et équitables pour tous et mettre un terme à la défécation en plein air, en prêtant une attention particulière aux besoins des femmes, des filles et des personnes vulnérables».

Cela aboutit à une production importante de boues fécales (ou boues de vidange) dont la gestion est généralement le parent pauvre dans les politiques étatiques relatives à l’assainissement. Dans la quasi-totalité des pays africains subsahariens, la collecte et le transport des boues de vidange

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Dans cette perspective, plusieurs pays africains avec l’appui des bailleurs de fonds (FBMG, FAE, USAID, etc.) ont tenté d’inverser la tendance en mettant en place, avec plus ou moins de succès, divers modèles de développement de l’assainissement autonome, qui concerne plus de 90% de la population africaine. Tel est le cas entre autres du Sénégal (ONAS), de l’Afrique du Sud (eThekwini) et de la Côte d’Ivoire (ONAD).


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Au Sénégal, par exemple, avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates, divers outils, à travers une approche scientifique, ont été mis en œuvre pour une meilleure organisation institutionnelle et législative du secteur des boues de vidange, une mobilisation et une plus grande implication du secteur privé, l’utilisation des TIC pour un meilleur service de vidange et la construction une mobilisation et une plus grande implication du secteur privé, l’utilisation des TIC pour un meilleur service de vidange et la construction d’infrastructures de collecte, de transport, de traitement et de réutilisation des boues. Pour un partage réussi des expériences africaines dans le domaine de l’assainissement autonome, l’Association Africaine de l’Eau (AAE) a entrepris d’appliquer au sous-secteur des boues de vidange, les principes du WOP qu’elle a mis en œuvre dans le secteur de l’eau potable sur la période 2009-2014. Ainsi, un partenariat par pair (2016-2018) dénommé «Sanitation Operators Partnership (SOP)», dédié spécifiquement au secteur de l’assainissement en général et à la gestion des boues de vidange en particulier est mis en œuvre, à travers le projet RASOPAfrica intitulé «Renforcement des capacités des opérateurs africains d’assainissement par des Partenariats d’apprentissage entre paire. A travers ce projet financé par la Fondation Bill et Melinda Gates, l’AAE cherche à favoriser la mise en place de stratégies de gestion des boues de vidange et l’identification de projets d’assainissement autonome dans cinq villes africaines que sont

Bamako (Mali), Yamoussoukro (Côte d’Ivoire), Yaoundé (Cameroun), Kampala (Ouganda) et Lusaka (Zambie). La démarche du projet RASOP-Africa s’appuie sur une approche globale de la chaine d’assainissement des eaux usées et excreta : la collecte des eaux usées et excrétas à l’interface utilisateur, le transport de ces déchets vers les dispositifs de prétraitement, la collecte des boues de vidange, leur transport et traitement dans des sites appropriés avant une éventuelle valorisation des sous-produits de traitement. Ce projet piloté par l’AAE, s’appuie sur deux opérateurs d’assainissement ayant une expérience reconnue dans le secteur en Afrique. Ces deux opérateurs, considérés comme des mentors, doivent accompagner cinq autres villes dans la mise en place d’un système amélioré de délivrance des services d’assainissement autonome. Il s’agit de : • l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), qui doit accompagner trois villes francophones d’Afrique : Bamako (Mali), Yaoundé (Cameroun) et Yamoussoukro (Côte d’Ivoire); • eThekweni Metropolitan Municipality de Durban (Afrique du Sud) qui doit accompagner deux opérateurs d’eau et d’assainissement de deux villes de l’Afrique Australe : Lusaka Water Sewerage Corporation (LWSC) en Zambie et Kampala Capital City Authority (KCCA) à Kampala (Ouganda).

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La municipalité métropolitaine d’eThekwini est l’une des huit municipalités métropolitaines d’Afrique du Sud, créée en 2000, incluant la ville de Durban et les villes environnantes. Formé à partir de 7 anciennes municipalités indépendantes et de terres tribales, eThekwini est l’un des 11 districts de la province du KwaZulu-Natal. Au cours des 14 dernières années, 1,3 million de personnes supplémentaires dans la ville de Durban élargie ont été raccordées à l’eau courante et 700 000 ont bénéficié d’un accès à des toilettes. L’accès à un service d’approvisionnement en eau et d’assainissement de base est fourni gratuitement aux familles les plus pauvres, tandis que le service et la consommation d’eau de niveau supérieur sont facturés au plein tarif. Le service d’approvisionnement en eau et d’assainissement d’eThekwini est à l´avant garde en matière d’exploration de solutions techniques et sociales. Cela en fait l’un des services publics de distribution d’eau et d’assainissement les plus progressistes au monde. L’ONAS a été créé en 1996 suite à la réforme du secteur de l’Hydraulique et de l’Assainissement initiée par le Gouvernement du Sénégal. Cette entité qui est un établissement public à caractère industriel et commercial est chargé du développement et de l’exploitation des infrastructures et équipements du secteur de l’assainissement collectif et autonome des eaux usées et excréta et du drainage des eaux pluviales, en zones urbaines. Avec l’appui de plusieurs bailleurs de fonds dont la Banque Mondiale et la Fondation Bill et Melinda Gates, ONAS a, depuis 2005, mis en place d’une part, un vaste programme de développement de l’assainissement autonome ayant abouti à l’équipement de plus de 65’000 ménages de Dakar en systèmes d’assainissement individuels et à la construction de plusieurs stations de traitement des boues de vidange et d’autre part, un programme de structuration du marché de l’assainissement conçu dorénavant comme une chaine de valeur où le secteur privé côtoie le secteur public pour une amélioration des conditions d’assainissement des populations démunies.

I.1.2 But et objectifs Le but de ce projet est de contribuer à l’amélioration de la couverture et de la qualité du service en assainissement autonome et en gestion des boues de vidange pour au moins un million de personnes en Afrique. Les objectifs spécifiques du projet RASOP-Africa sont : • adapter et diffuser des directives techniques pour promouvoir l’assainissement autonome et la gestion des boues de vidange,

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• renforcer les capacités des opérateurs d’assainissement dans 5 pays africains par le biais des SOP, • aider les opérateurs à élaborer des plans stratégiques d’assainissement et un cadre réglementaire adapté, • améliorer la gouvernance et la responsabilité de l’équipe de gestion du programme AfWA.


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I.2. OBJECTIFS DE L’ÉVALUATION INITIALE I.2.1. Objectif général L’objectif est de faire un état des lieux de la gestion des boues de vidange dans chacune des villes-cibles pour une meilleure appréciation de

la qualité des services fournis aussi bien par les opérateurs publics que privés.

I.2.2. Objectifs spécifiques Les objectifs spécifiques ont été les suivants : • • •

faire un diagnostic technique faire un diagnostic institutionnel, faire un diagnostic de la situation juridique,

• Identifier l’ensemble des acteurs et évaluer leurs forces et faiblesses, • Identifier et évaluer les installations et/ou sites de dépotage des boues de vidange.

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II. APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE

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II.

APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE La mise en œuvre du RASOP en Afrique a ciblé, dans cette phase, cinq villes que sont Bamako (Mali), Yamoussoukro (Côte d’Ivoire), Yaoundé (Cameroun), Kampala (Ouganda) et Lusaka (Zambie). Pour l’ensemble des villes étudiées, la méthodologie utilisée, pour l’évaluation initiale, s’est appuyée sur les trois piliers suivants :

c) la visite de sites de dépotage de boues de vidange.

©susanA Secretariat

a) la tenue de focus groups avec les vidangeurs mécaniques, les vidangeurs manuels et les propriétaires d’entreprise/camion(s) de vidange ;

b) la réalisation d’entretiens avec l’entité institutionnelle en charge de la gestion des boues de vidange, le responsable «assainissement» de la municipalité, l’agent en charge des points de dépotage, les propriétaires d’entreprise/camion(s) de vidange, les ONG actives dans le soussecteur des boues de vidange, les institutions financières, potentiels partenaires du soussecteur ;

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III. BRÈVE PRÉSENTATION DES VILLES CIBLES DU PROJET RASOP

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BRÈVE PRÉSENTATION DES VILLES CIBLES DU PROJET RASOP

III.

Il existe un certain contraste entre les villes choisies, tant du point de vue de la démographie, de la taille, que du climat. Sur le plan culturel, trois des villes bénéficiaires du RASOP sont francophones (Bamako, Yamoussoukro et Yaoundé) tandis que Lusaka et Kampala sont de culture anglophone ; les styles de gouvernance hérités de la colonisation sont par conséquents différents (direct et indirect rules). Bamako Bamako, est la capitale et la plus grande ville du Mali. Située sur les rives du fleuve Niger, la ville de Bamako est construite dans une cuvette entourée de collines. Elle s’étend d’Ouest en Est sur 22 km et du Nord au Sud sur 12 km, pour une superficie de 267 km². Bamako occupe la frange la plus méridionale du Sahel africain correspondant à la zone soudanienne. Elle bénéficie de ce fait d’un climat tropical assez humide avec un total des précipitations annuelles de 878 mm mais avec une saison sèche et une saison des pluies bien marquées. Le mois le plus sec ne reçoit en effet pas la moindre goutte de pluie (précipitations égales à 0 mm en décembre) tandis que le mois le plus pluvieux est bien arrosé (précipitations égales à 234 mm en août). La ville compte 2 009 109 habitants en 2009. Son rythme de croissance urbaine est actuellement le plus élevé d’Afrique (soit un taux annuel d’accroissement moyen de 4,8 %).

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Kampala Kampala est la capitale politique de l’Ouganda. Cette ville est située quasiment au centre du territoire ougandais, non loin du lac Victoria. La ville couvre une superficie estimée à 195 km2 pour une population estimée en 2014 à 1 507 080 habitants, soit environ 5 % de la population ougandaise. Son taux d’accroissement annuel moyen est de 3,9 % et la densité des habitants par km2 est estimée à 7928. Ses coordonnées géographiques sont de 0°19’ 00’’ latitude Nord, et 32°35’ 00’’ de longitude Est. Le climat dominant de Kampala est connu pour être de type tropical. La température moyenne annuelle est de 21.3 °C de température et les précipitations annuelles moyennes sont de 1293 mm. Lusaka Lusaka est la capitale et la plus grande ville de Zambie. Elle est située à 1 269 mètres d’altitude et a pour coordonnées géographiques 15° 24’ 17’’ de latitude Sud et 28° 17’ 6’’ de longitude Est. Lusaka jouit d’un climat tropical. La saison sèche s’étale d’avril à octobre, tandis que la saison des pluies, assez marquée, se déroule de novembre à mars. De plus, la ville étant située sur un plateau à quelque 1 300 mètres d’altitude, l’écart de température entre le jour et la nuit peut parfois y être important. La ville s’étend sur 360 km² et compte 2,3 millions habitants. La densité est estimée à environ 100 habitants/km2. Elle est située au sud du plateau central du pays, à une altitude de 1300 mètres, au croisement des quatre axes routiers principaux de Zambie allant vers le nord, le sud, l’est et l’ouest.


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Yaoundé

Yamoussoukro

Yaoundé est la capitale politique du Cameroun. La ville de Yaoundé est située au sud de la Région du Centre et est éloignée de 250 km à l’Est des côtes de la baie de Biafra. Elle est située à 750 mètres d’altitude, et a pour coordonnées géographiques latitude: 3° 52’ 12 Nord longitude: 11° 31’ 12 Est. La précipitation moyenne annuelle quant à elle est de 1564 mm. Le climat de Yaoundé est un climat équatorial de type guinéen à quatre saisons bien marquées : Deux saisons de pluie (mi-août à mi-novembre et mi-mars à mi-juin) et deux saisons sèches (mi-novembre à mi-mars et mi-juin à mi-août). La ville s’étend sur 304 km² dont une superficie urbanisée de 183 km². Elle est peuplée de 2,8 millions d’habitants en 2015, soit une densité moyenne de 5691 habitants/km².

Yamoussoukro, est la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire depuis 1983. Elle est située à 240 kilomètres au Nord d’Abidjan, la capitale économique du pays et ancienne capitale politique. La population y est estimée en 2014 à 362 000 habitants et la ville couvre 3500 km2 pour une densité de 103 hab./km2. Le d’accroissement annuel est estimé à 2,6%/an. Yamoussoukro est soumis à un climat équatorial comportant quatre saisons dont deux saisons sèches (mi-novembre à mi-mars et mi-juillet à miseptembre) et deux saisons de pluies (mi-mars à mi-juillet et mi-septembre à mi-octobre). Les moyennes des quantités de pluie varient de 900 à 1 100 mm par an avec une répartition spatiale très variable dans l’année et d’une année à l’autre. Les coordonnées géographiques de Yamoussoukro, sont de 6°49’13’’ Latitude Nord et 5°16’36’’ Longitude Ouest. L’altitude par rapport au niveau de la mer est de 214 m.

Tableau 1 : Synthèse de quelques aspects sur la démographie des villes du RASOP VILLES

SUPERFICIE (KM2)

DONNÉES SUR LA POPULATION

Bamako

267

- - -

Taux d’accroissement annuel = 4,8 % 4 397 194 (2017) Densité = 6775 habitants /km2

Yaoundé

304

- - - -

Taux d’accroissement annuel = 5,7 % 2 765 568 habitants (2015) 5 600 303 habitants (2035) Densité = 5691 habitants /km2

Yamoussoukro

3500

- - - -

Taux d’accroissement annuel= 2,6% 300 000 habitants 852 788 habitants (2050) Densité = 85,7 habitants /km2

Lusaka

360

- - - -

Taux d’accroissement annuel= 5% 2,3 millions (2010) 5 millions (2035) Densité = 100 habitants /km2

Kampala

178

- - -

Taux d’accroissement annuel= 3,9% 1 507 080 habitants (2014) Densité = 7928 habitants/km2

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Des villes ne présentant pas forcément le même faciès climatique ou ayant des reliefs différents … Les précipitations sont comprises entre 800 mm/ an (Bamako) et 1600 mm/an (Yaoundé). Le relief est fait soit de plaines, plateaux et de nombreuses collines. Toutes ces villes sont charriées par

des cours d’eau et rend par conséquent, la problématique de gestion des boues de vidange beaucoup plus sensible du fait de la pollution éventuelle de ces plans d’eau.

Tableau 2 : Synthèse du climat, relief et hydrologie des villes du Rasop VILLES

CLIMAT - -

Climat de type soudanien avec un glissement marqué sur le type soudano-sahélien 800-900 mm/an

- - -

Climat équatorial humide 16-31°C (23,5° C en moyenne) 1600 mm/an

- - -

Climat équatorial 25,8 °C en moyenne 1145,6 mm/an

- - -

Climat subtropical humide 882 mm/an 27,5-13,7 °C (19.9°C en moyenne

-

Tropical avec 2 saisons sèches entre décembre et mars et entre juin et juillet 1293 mm/an

Bamako

Yaoundé

Yamoussoukro

Lusaka

Kampala -

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RELIEF -

Montagneux

-

Accidenté, nombreuses collines 700 à 800 m d’altitude

-

HYDROGRAPHIE -

Ville située de part et d’autre du fleuve Niger

- -

Très dense Principal cours d’eau Mfoundi (45 km2)

Plaines et plateaux

Deux affluents (Marahoué et Nzi) du Bandama drainent la ville

Existence de nombreuses collines -1200 à 1300 m d’altitude

La ville est drainée par les rivières Ngwerere, Chalimbana, Chunga et Chilongolo.

- -

Présence de nombreuses collines 1300-1350 m d’altitude

La ville est drainée principalement par le cours d’eau Nakivubo et quelques cours d’eau subsidiaires qui drainent les effluents vers le lac Victoria


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IV. SYNTHESE DES DIFFERENTS DIAGNOSTICS

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SYNTHESE DES DIFFERENTS DIAGNOSTICS

IV.

IV.1. Synthèse du diagnostic de l’assainissement sur le plan technique Une prédominance de l’assainissement autonome dont une bonne frange est non conforme à la qualité minimum définie par le programme commun (JMP) OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement … Ce programme commun définit la proportion de la population ayant accès à un système d’assainissement amélioré (zones urbaines et rurales) comme le pourcentage de la population ayant accès aux installations qui dans des conditions hygiéniques empêchent l’homme, l’animal ou l’insecte d’entrer en contact avec des excreta humains. En effet, une bonne partie des

populations dans ces villes évacue leurs excreta dans des dispositifs traditionnels dont une bonne frange est non conforme à la qualité minimum définie par ce programme. L’assainissement collectif demeure encore sous représenté (< 2% de la population), exception faite de Lusaka où ce système concernerait 10 à 20 % de la population.

Persistance de la défécation à l’air libre… La défécation à l’air libre continue dans ces villes, même si c’est dans des proportions moindres (0,4 à 1 %). Tableau 3 : Taux de couverture en assainissement liquide dans les villes cibles du RASOP TAUX DE COUVERTURE EN ASSAINISSEMENT LIQUIDE Villes

AUTONOME

Bamako

-

98 % de dispositifs dont 33 % non amélioré

Yaoundé

- - -

99 % dont : 75 % individuel amélioré 24 % LT non améliorée

Yamoussoukro

-

90 % (244 000 hbts)

Lusaka

- -

90% de LT non améliorées en zone périurbaine 10% de fosses septiques & réseaux dégouts

Kampala

- - -

68 % de dispositifs communautaires 20 % dispositifs individuels 11 % toilettes publiques

/ : Données non disponibles

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COLLECTIF -

1,5 % - 0,7 %

-

10 %

DÉFÉCATION À L’AIR LIBRE / 0,4 % /

10-20%

1%

/

1%


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Une faible quantité de boues collectée par rapport à la production spécifique … La production spécifique, qui est en rapport avec la population, montre un gisement très important, qui va aller grandissant avec l’accroissement démographique. La plus forte production (3218 m3/j soit environ 1,2 millions de m3/an) est enregistrée dans la ville de Bamako dont la

population est supérieure à 4,3 millions tandis que la plus faible est enregistrée dans la ville de Yamoussoukro (233 m3/j). Toutefois, la constance qui se dégage, c’est la faible fraction collectée qui va de 54 % dans la vile de Kampala à moins de 10 % à Yaoundé.

Tableau 4 : Production spécifique des excreta et boues de vidange collectées VILLES

PRODUCTION SPÉCIFIQUE DES BOUES DE VIDANGE

QUANTITÉS DE BOUES COLLECTÉES

POURCENTAGE DE BOUES COLLECTÉES

Bamako

3218 m3/j (2017)

1644 m3/j

51 %

Yaoundé

2220 ± 2130 m3/j (2014)

129 -186 m3/j

6-8%

Yamoussoukro

- - -

72 m3/j

31% (2017)

233 m3/j (2017) 450 m3/j (2030) 768 m3/j (2050)

Lusaka

2,670

Kampala

1300 m /j

/ 3

700 m /j

/ 54%

3

/ : Quantité non connues car il n’y a pas de système formel de collecte des boues

Une prédominance des latrines traditionnelles au niveau des ménages … La plupart des dispositifs de stockage des excreta dans les villes cibles du RASOP sont des latrines traditionnelles. Celles-ci sont côtoyées

par les latrines améliorées (VIP), des latrines à chasse manuelle et des fosses septiques, en des proportions variables.

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale ©alaric-togo.com

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Tableau 5 : Dispositifs de stockage des excreta au niveau des ménages VILLES

DISPOSITIFS DE STOCKAGE DES EXCRETA

Bamako

- - -

Latrine améliorées: 58% Latrine non améliorées: 32,5% Fosses septiques: 8%

Yaoundé

- - - - -

Latrines traditionnelles (21,8%) Latrines VIP (11,2%) Toilettes avec Fosse septique (34%) Cabine avec dalle bétonnée (31,8%) Autres (0,5%)

Yamoussoukro

- - -

WC à Chasse: 25% Latrines à chasse manuelle et VIP: 20% Nature et latrines traditionnelles: 55%

Lusaka

- - - - - -

Latrines traditionnelles (61,3%) VIP (2.1%) Latrines à chasse manuelle (1,5%) Latrines à chasse manuelle reliée à une fosse septique (11,5 %) Toilettes à chasse d’eau reliée à réseau d’égout (22,3%) Toilettes à chasse d’eau déversant dans la nature (1,3%)

Kampala

- - -

Latrine traditionnelles à fosses sèches Latrines VIP à fosse étanche ou non Fosse septique

Une forte implication des opérateurs privés dans la collecte et le transport des boues de vidange … La collecte et le traitement des boues de vidange sont l’apanage principal des opérateurs privés, qui, à l’exception de Lusaka, opèrent principalement dans l’informel. La collecte se fait à l’aide de camions de seconde main, qui dans la plupart des cas sont vétustes et donc de durabilité courte. Malheureusement, ces opérateurs doivent aussi faire face à la rareté des pièces de rechange des camions et des pompes.

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Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

A Lusaka, les opérateurs de vidange sont également impliqués dans d’autres activités, notamment la livraison de l’eau dans les chantiers du BTP. Les boues proviennent principalement des ménages, mais aussi des établissements commerciaux (hôtels, restaurants) ou publics. Les fosses septiques sont plus sujettes à la vidange mécanique.


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

Tableau 6 : Parcs, capacités des camions et origine des boues collectées VILLES

PARCS ET CAPACITÉS DES CAMIONS

ORIGINE DES BOUES COLLECTÉES

Bamako

- -

80 camions (6-14 m3) 10 m3 (34%) et 8 m3 (22%)

-

Ménages

-

18 camions (6-12 m3)

- - -

Ménages (56%) Restaurants ou hôtels (17%) Mairies (2%)

-

Autres (25%)

Yaoundé

- -

6 camions (5-10 m3) (opérateurs privés)

-

Ménages

Lusaka

- -

18 compagnies 21 camions (6-18 m3)

- - -

Commercial (70%) Ménages (18 %) Ets publics (10%)

Kampala

- -

66 Camions (1,8-13 m3) Faible implication de l’opérateur public (KCCA) qui dispose de 6 camions

- -

Ménages Commerces

Yamoussoukro

L’omniprésence de la vidange manuelle … Bien que cette pratique ne présente qu’un flot d’inconvénients sur le plan sanitaire, elle existe quelle que soit la ville concernée, notamment pour desservir les plus démunis, pour desservir les zones difficiles d’accès par les camions de vidange ou pour accompagner la vidange mécanique des fosses insuffisamment vidangées Figure 1 :

a

du fait du fort taux d’épaississement de la boue. A Kampala, 15 entrepreneurs privés utilisent un système semi-mécanisé consistant en l’utilisation des petits engins motorisés («Gulper») (figure 1) d’une contenance d’environ 200 L pour la collecte et le transport des boues jusqu’au camion de vidange. b

Image du « Gulper » a) En opération ; b) Transvasement des boues pour des conteneurs de plus grande capacités en vue du transport par des tricycles vers une station de traitement des boues)

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

23


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Une quasi-absence des stations de traitement des boues de vidange collectées … Certaines villes à l’instar de Bamako ne possèdent pas de site formel de dépotage des boues, ce qui entraine un rejet anarchique de celles-ci dans les champs ou dans la forêt classée de Tienfale. A Yaoundé, le site de dépotage demeure la propriété d’une famille. Seuls Yamoussoukro, Lusaka et Kampala possède un site formel de dépotage des boues. En dehors de Kampala qui possède une station de traitement des boues d’une capacité raisonnable (400 m3/j) à Lubigui, et dans une moindre mesure Lusaka qui dispose d’un biodigesteur de faible capacité (50 m3), toutes les boues collectées dans les autres villes sont rejetées sans un

traitement préalable. Cette pratique constitue une activité à risque qui menace la santé des populations et l’équilibre du milieu récepteur. Ces conséquences désastreuses sur le plan sanitaire et environnemental sont à l’origine, dans certains cas, de conflits sociaux entre les riverains des sites de dépotage et les entreprises de vidange. A Kampala, le dispositif de traitement des boues comprend un bassin de sédimentation/ épaississement, un lit de séchage couvert et un co-traitement du lixiviat par lagunage. Mais, aucune information n’est disponible concernant la qualité du traitement de ces boues.

2 Figure 2 :

Site de dépotage sauvage à Nomayos (Yaoundé) Figure 3 :

Site de dépotage sauvage à Bamako

Le dépotage se fait généralement moyennant le paiement d’une taxe … Exception faite de Yamoussoukro où le dépotage est gratuit, dans les autres villes, ce dépotage des boues dans la déposante se fait contre prélèvement d’une taxe. Si à Bamako, la taxe est reversée à l’association des vidangeurs, à Kampala et Lusaka, celle-ci est reversée à la

24

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

Société Nationale d’Eau et d’Assainissement (NWSC et LWSC), le cas de Yaoundé est assez emblématique car la commune et la famille propriétaire du terrain se partagent la redevance de dépotage qui peut avoisiner 36 000 USD par an.

3


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

Tableau 7 : Taxe (redevance) de dépotage des BV dans les différentes villes VILLES

TAXE (REDEVANCE) DE DÉPOTAGE

Bamako

-

1,7-5 USD /jour

Yaoundé

-

8,33 USD/tour (36 000 USD/an)

Yamoussoukro

-

Non

Lusaka

-

3,79/ m3

Kampala

-

3 USD (1,8 m3) à 12 USD (11-13 m3)

Une faible valorisation des biosolides et des autres produits dérivés … La valorisation des biosolides et autres produits dérivés des BV demeure faible, voire inexistante. Seuls sont reportés des cas de valorisation des boues séchées en saison sèche à Bamako et

la production des briquettes pour la cuisson à Kampala de même que l’exploitation des biosolides en agriculture.

Une quasi absence de formalisation de l’activité de la vidange mécanique, mais des initiatives d’organisation des vidangeurs en association… Exception faite de Lusaka où une licence de vidangeur est délivrée à toute personne ou entreprise souhaitant exercer l’activité, aucune autre ville ne reconnait formellement cette activité au point de lui en délivrer une licence. Cependant, un regroupement des vidangeurs en

’Station de Recherche eThekwini – Université KwaZulu Natal – Durban, Afrique du Sud

association existe à Yaoundé (ROCOBY), Bamako (SYNACOR, section Spiros) et Kampala (PEA & KPEA). Malheureusement, il existe encore des vidangeurs qui ne font pas encore partie de ces associations (cas de Yaoundé et de Bamako).

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

IV.2. Synthèse des aspects institutionnels et règlementaires IV.2.1. Synthèse de l’organisation institutionnelle Une pluralité d’acteurs dans la gestion du secteur de l’assainissement, avec une place centrale pour les opérateurs privés … Exception faite de Lusaka et Kampala où l’on note la présence des entreprises de vidange appartenant à la Commune, une kyrielle d’acteurs interviennent dans l’assainissement liquide dans les différentes villes dont notamment : • l’Etat central à travers ses différents ministères (Environnement, Eau, Urbanisme et habitat, Administration territoriale, Santé,… • les collectivités territoriales décentralisées (commune, mairies,..) • les vidangeurs mécaniques et manuels • les associations de vidangeurs, notamment à Kampala, Bamako et Yaoundé

• les ménages,… Il est à noter la présence d’entités publiques chargées spécifiquement de la gestion du service de l’eau et de l’assainissement dans quelques villes, notamment à Kampala avec la NWSC (National Water and Sewerage Corporation), à Lusaka avec la LWSC (Lusaka Water and Sewerage Company) et à Yamoussokro avec l’ONAD (Office National de l’Assainissement et du Drainage). Cette pluralité d’acteurs, notamment institutionnels est à l’origine dans certains cas, d’un conflit de compétences. Les chevauchements apparaissant à la lecture des organigrammes des ministères impliqués dans la filière.

• les partenaires au développement (Coopération internationale) Les capacités de réponse des acteurs institutionnels sont parfois inadaptées pour le service … Les capacités dont disposent les acteurs du secteur dans les services centraux et déconcentrés et collectivités territoriales décentralisés sont en général inadaptées à leur mandat en termes de nombre de personnel et de compétences. En effet, dans la plupart des cas, il y a carence de personnels en nombre et en qualification

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Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

pour exercer les tâches liées à l’assainissement des eaux usées et à sa promotion aussi bien au niveau des organes déconcentrés de l’État que des communes. Il en résulte que les capacités de maîtrise d’ouvrage au niveau des communes en particulier restent faibles.


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

IV.2.2. Synthèse des aspects réglementaires Une kyrielle de textes, mais pas de textes spécifiques à la gestion de l’assainissement autonome … Il n’existe pas dans la plupart des cas des textes législatifs prévoyant la gestion de l’assainissement autonome, malgré le fait que c’est le système d’assainissement liquide qui prévaut dans la plupart des capitales. En outre, les rares textes qui existent ne sont pas appliqués.

Aucun texte, ni loi n’encadre l’activité de la vidange manuelle. Cette activité se pratique la plupart du temps sans aucune forme de protection individuelle arborée par les éboueurs (pelle, pioche sont leurs outils de travail utilisés pour le curage des latrines et des fosses septiques).

La définition des responsabilités reste imparfaite … Les fonctions et les tâches précises attachées à ces fonctions sont très peu définies (en particulier la fonction de maîtrise d’ouvrage ou d’exploitation) et sont sources de nombreuses confusions et de difficultés d’application. Tel est le cas notamment au Cameroun où les textes enregistrent plusieurs chevauchements entre les ministères en ce qui concerne les différentes fonctions comme

par exemple les chevauchements concernant l’élaboration des normes et l’exercice des contrôles qui sont multiples ; il en est de même pour la gestion de la taxe d’assainissement. Des chevauchements apparaissent à la lecture des organigrammes des ministères impliqués dans la filière.

Une décentralisation des compétences aux Communes pas toujours effective … Dans le cadre de la décentralisation, le transfert des compétences aux Communes n’est pas toujours accompagné par celui des ressources humaines et financières. Les fonctions concernant l’assainissement se retrouvent dispersées au sein de plusieurs services. Les actions en matière d’assainissement conduites par les communes sur

le terrain concernent le plus souvent le drainage des eaux pluviales. L’implication des municipalités de Kampala et de Lusaka semble plus forte dans la gestion des boues de vidange que celles des villes francophones.

Une communication et un marketing encore insuffisants … Les actions de communication d’envergure sur l’assainissement des eaux usées sont le plus souvent limitées aux actions d’urgence. La promotion de l’hygiène et la stimulation de la

demande en matière d’assainissement restent marginales. Les plans de formation dans le domaine n’existent pas et les formations restent ponctuelles.

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

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Synthèse des Rapports d’évaluation initiale


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

V. SYNTHESE DES ASPECTS FINANCIERS

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

V.

SYNTHESE DES ASPECTS FINANCIERS Le financement de la gestion des boues de vidange demeure le parent pauvre de l’assainissement liquide … S’il est vrai que les investisseurs publics et privés et préfèrent investir dans le secteur de l’eau potable perçu comme prioritaire et plus rentable,

les investissements en matière d’assainissement liquide se focalisent le plus souvent sur le drainage des eaux pluviales.

L’apport des partenaires au développement apparaît comme une goutte d’eau dans l’océan … Les partenaires au développement (bailleurs de fonds, agences de coopération bilatérale et multilatérale, organisations non gouvernementales internationales…) sont fortement sollicités par l’Etat

et les ONG nationales pour la mise en œuvre des actions en matière d’assainissement liquide. Mais leur intervention reste marginale au regard des nombreux défis à relever dans le secteur.

L’essentiel du flux d’investissement en matière d’assainissement est assuré par les ménages … Les micro-finances et les banques commerciales sont peu intéressées à intervenir dans le secteur de l’assainissement, malgré les bénéfices économiques qui sont nombreux (amélioration du confort, baisse des maladies hydriques, réduction des nuisances). Dans toutes les villes cibles, le financement des ouvrages d’assainissement

autonome est pris en charge directement par les ménages. Les vidangeurs peinent à trouver des financements pour le renouvellement effectif de leurs camions comme cela a pu être fait à Dakar dans le cadre du Programme de Restructuration du Marché des Boues de Vidange.

Les coûts de vidange pratiqués pour la vidange demeurent élevés C’est notamment le cas à Yaoundé où les taux les plus élevés sont enregistrés (19,2 USD/m3). Ces coûts élevés trouvent partiellement leur justification dans les longues distances que doivent parcourir les camions jusqu’au site de dépotage, de même que la location de ce site par les opérateurs privés. A Kampala, où un

site officiel existe, seulement 4 USD/m3 sont déboursés en moyenne par le ménage. Ces coûts sont entièrement supportés par les ménages. Les faibles fréquences de vidange (les ménages ne vidangent que lorsqu’ils ont la certitude que les fosses sont pleines) pourraient être aussi liées à ces coûts de vidange onéreux.

Les banques commerciales rechignent à financer les entreprises de vidange ... Le caractère informel des entreprises limite leur accès au crédit. C’est aussi cette absence de

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Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

financement qui limite le développement des entreprises de vidange.


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

La problématique de la taxe d’assainissement … A Bamako, il existe une taxe de dépotage payable par chaque vidangeur pour utiliser le site de dépotage (1,7-5 USD/j). A Kampala, cette taxe est comprise 3 à 12 USD. En revanche, à Yamoussoukro et Lusaka, aucune taxe de dépotage n’est pratiquée. A Yaoundé, la taxe de dépotage est estimée à environ 8,33 USD/ rotation. Cependant cette taxe est payée pour

partie à la famille propriétaire du site de dépotage et pour partie à la Commune de Mbankomo où se trouve ce site. Il existe en outre au Cameroun une taxe d’assainissement susceptible de financer les activités dans le domaine. Mais la faible application de celle-ci ne permet pas de lever des fonds pour le développement du secteur.

La diversification des activités de vidange peut permettre aux entreprises de tenir le coup financièrement… La collecte et le transport des boues de vidange peuvent paraitre financièrement peu rentables si les entreprises, à l’instar de ce qui se passe à

Lusaka, ne pratiquent pas d’autres activités (vente d’eau pour les chantiers de construction d’eau par exemple).

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale Toilettes publiques à Durban – Afrique du Sud

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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

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Synthèse des Rapports d’évaluation initiale


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VI. ANALYSE FFOM DE LA DELIVRANCE DES SERVICES D’ASSAINISSEMENT AUTONOME

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

VI.

ANALYSE FFOM DE LA DELIVRANCE DES SERVICES D’ASSAINISSEMENT AUTONOME Afin de définir la pertinence et la cohérence des actions futures à mener pour améliorer le service d’assainissement autonome, une analyse des forces, faiblesses, opportunités et menaces (FFOM) a été conduite dans chacune des villes

mentees et est présentée ci-dessous. Cette analyse FFOM est présentée de façon globale ou par catégories d’acteurs. De cette analyse découlera l’élaboration des plans d’amélioration des performances (PAP)

Tableau 8 : FFOM de la délivrance des services d’assainissement autonome de la ville de Bamako ACTEURS - Populations -

FORCES Généralement conscientes des risques sanitaires liés au manque d’hygiène et à un assainissement inadéquat. Ont la volonté de disposer d’OAI améliorés.

FAIBLESSES - - -

- Vidangeurs mécaniques

- Vidangeurs manuels

-

- Collectivités locales

-

- Sont bien organisés et sont animés d’une ferme volonté d’organiser leur travail et de défendre leurs intérêts.

Assurent la vidange complète la fosse. Coût de prestation compétitif par rapport aux Spiros Exercent la compétence de la gestion des boues de vidange. Bénéficient d’un contact direct avec les populations.

- - -

- - - - - - - -

DNACPN

-

Dispose de représentations aux niveaux régional et communale

- -

34

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

Ont un faible niveau de vie, avec une faible capacité de payer les services d’assainissement (OAI adéquats, vidange mécanique) Vivent dans des concessions parfois inaccessibles aux Spiros et/ou situées dans des zones à nappe haute. Ont un fonctionnement de type informel dans le cadre de leurs activités. Disposent de camions vétustes (plus de 15 ans d’âge) et parfois non adaptés. Ont une faible capacité financière pour payer des hydrocureurs neufs. Sont dans l’impossibilité d’accéder à un crédit bancaire. Sont fragiles face aux tracasseries policières, entre autres en raison de la vétusté de leurs camions et de l’absence de sites de dépotage aménagés. Exercent une activité tolérée, mais illégale et dangereuse. Ne sont pas organisés. Ont un faible statut social. Ont une faible capacité financière pour pouvoir investir dans un Spiros. Sont dans l’impossibilité d’accéder à un crédit bancaire. Ne disposent pas de ressources financières, techniques et humaines suffisantes. Ne disposent pas de ligne budgétaire dédiée à l’AA ou à la GBV. Ne dispose pas de ressources financières et humaines suffisantes. Rencontre des difficultés à sanctionner le dépotage sauvage, du fait de l’absence de STBV. Est à la fois juge et partie (porteur et évaluateur de l’impact environnemental des projets d’assainissement).


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

-

ANGESEM

Partenaires Techniques et Financiers

-

-

Dispose de 10 ans d’expériences dans la gestion de réseau d’égout et de STEP. Dans la nouvelle définition des rôles et responsabilités des acteurs de l’assainissement, elle assure la maîtrise d’ouvrage déléguée des ouvrages.

-

Ne dispose pas de ressources financières et humaines suffisantes. Rencontre des difficultés concernant certaines de ses attributions qu’il partage avec d’autres acteurs (DNACP, Collectivités territoriales).

-

Ont la volonté d’accompagner le - pays dans l’exécution de ses projets de développement

N’ont pas accordé, jusqu’à une période récente, l’attention qu’il faut à l’assainissement, y/c la gestion des boues de vidange.

Tableau 9 : FFOM de la délivrance des services d’assainissement autonome de la ville de Kampala FORCES

OPPORTUNITÉS

-

-

La loi de création du KCCA donne entre autres prorogatives celle d’améliorer l’assainissement dans la ville

Existence d’une loi sur le partenariat public privé, qui permet une meilleure implication du privé dans la gestion des déchets Possibilité d’obtenir des subventions et des prêts pour financer des projets d’assainissement

-

FAIBLESSES

MENACES

-

-

- -

Faible planification dans le passé, qui s’est soldé par l’absence d’espaces dédiés à l’assainissement au niveau des ménages, ou des stations de traitement des boues Ressources financières limitées Manques de moyens financiers

Trop de demandes avec peu de ressources allouées, peuvent changer les priorités Faible intéressement des décideurs politiques aux interventions sanitaires; Et pour mettre en l’exécution les lois

-

Tableau 10 : FFOM de la délivrance des services d’assainissement autonome de la ville Lusaka FORCES

FAIBLESSES

-

-

- - -

La volonté de la direction de soutenir le service d’AA et de GBV Disponibilité des fonds de démarrage pour les activités d’AA et de GBV Existence de stations de traitement des boues opérationnelles ou en cours d’implémentation Disponibilité d’un personnel dynamique et motivé pour diriger les activités liées à l’AA et la GBV

- - -

Manque de normes / lignes directrices pour plusieurs aspects l’AA et la GBV Capacité insuffisante de mise à l’échelle des installations Compétences limitées pour répondre aux changements technologiques prévus Insuffisance dans le Plan Directeur d’assainissement en matière de GBV

OPPORTUNITÉS

MENACES

-

-

- - -

volonté politique de faire avancer l’ordre du jour en matière d’assainissement autonome (AA) et de la gestion des boues de vidange (GBV) Disponibilité du marché pour les services d’assainissement autonome et la GBV Disponibilité de nombreuses options technologiques en matière d’AA et de GBV Prédisposition des autres parties prenantes pour s’associer à Lusaka Water Sewerage Company (LWSC) afin de gérer l’AA et la GBV

- - - -

Faiblesse du cadre juridique et institutionnel en matière d’AA et de GBV Influence limitée des normes d’installation d’assainissement autonome qui peuvent affecter la collecte des boues Echec du business model en raison de l’incapacité des clients à payer Capacité financière insuffisante du secteur privé à participer à la gestion des boues de vidange Imprévisibilité des marchés financiers / fluctuation du taux de change pouvant dissuader le privé à investir dans la GBV Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

Tableau 11 : FFOM de la délivrance des services d’assainissement autonome de la ville Yamoussoukro FORCES

FAIBLESSES

-

- -

- - - - - - -

Bonne collaboration/adhésion de l’ONAD, de la mairie et des opérateurs privés Disponibilité d’un plan directeur stratégie de gestion participative est développée Disponibilité de sites pour abriter des STBV Disponibilité d’une radio communale permettant de relayer des messages d’Education- Information – Communication (EIC) Excellant tracé de la ville avec bonne accessibilité Mise en place d’une licence Existence d’un manuel du vidangeur

- - - - - - -

36

Absence d’une unité de coordination Incompréhension entre les acteurs institutionnels Pouvoir de répression de la commune réduite Absence des institutions financières dans la chaine Absence de code et/ou norme de l’assainissement Faiblesse du taux d’accès à des toilettes améliorées Activité informelle s’érige en règle vétusté du parc et camions en nombre très réduit Absence d’une STBV

OPPORTUNITÉS

MENACES

- - - -

- - - - -

Effectivité d’une certification des opérateurs Création d’une association des vidangeurs Exécution du projet RASOP Engagement des banques et institutions de microfinance à s’intéresser à la filière de GBV

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

Bon déroulement du processus non garanti Création d’entreprises spontanées Pollution des lacs de la commune Prolifération de maladies hydriques Généralisation de la connexion aux caniveaux


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

Tableau 12 : FFOM de la délivrance des services d’assainissement autonome de la ville Yaoundé ETAPES DE LA FILIÈRE

FORCES

FAIBLESSES

OPPORTUNITÉS

MENACES

Accès à l’assainissement

- Taux d’accès à l’assainissement élevé dans les ménages (93,2%), dont 76% d’ouvrages améliorés (34,6% de fosse septique) ; - faible taux de défécation à l’air libre (0,6%) ; - forte investissement des ménages pour la construction des ouvrages (20000 FCFA pour les latrines sommaires à plus de 1 million de FCFA pour les toilettes à fosses septiques ;

- Peu de connaissance des acteurs de la construction sur les différents types de latrines améliorés à proposer aux ménages ; - absence de suivi des municipalités dans la mise en œuvre des ouvrages d’assainissement ; - manque d’information des ménages sur le service de la vidange ; - 17% des ménages dans les quartiers à habitat spontanés utilisent les latr ines à canon dont les boues sont directement déversées dans les cours d’eau. - 47% des établissements scolaires ne sont pas équipés de latrines améliorés. - Insuffisance des toilettes publiques dans les marchés.

- la stratégie nationale d’assainissement liquide qui prévoit les possibilités pour le pouvoir public d’apporter les subventions aux ménages pour améliorer leur ouvrage d’assainissement - projet RASOP Africa qui appuiera la CUY à l’organisation du service d’assainissement ; - la stratégie de l’assainissement de la ville de Yaoundé.

- pauvreté des ménages qui défèquent à l’air libre qui n’auront pas les moyens de financer leur ouvrage d’assainissement même si c’est à faible coût ; - menace d’expulsion des ménages qui utilisent les latrines à canon, les rendant hostile à améliorer leur latrine.

Collecte, transport et traitement des boues de vidange

- un marché de collecte de boue de vidange existant, avec un grand potentiel de développement ; - Existence du réseau des opérateurs de la vidange (ROCOBY) ; - Présence d’un dépotoir officiel reconnu et utilisé par tous les vidangeurs ;

- faible implication des municipalités dans la gestion des BV ; - laxisme des pouvoirs publics (MINSANTE) dans l’octroi des agréments - coût de service de vidange élevé (82000 FCFA en moyenne), - vétusté des camions et problème d’approvisionnement en pièce de rechange pour les vidangeurs ; - tracasseries diverses qui coûtent jusqu’à 15% des coûts de la vidange ; - accès difficile au site de dépotage de Nomayos qui n’est pas aménagé ; - frais de dépotage élevé au site de Nomayos (5000 FCFA/ tour) et 75000 FCFA/camion/ mois.

- projet RASOP Africa qui appuiera la CUY à l’organisation du service d’assainissement ; - la stratégie de l’assainissement de la ville de Yaoundé ; -

- non-paiement des frais de service par le client : en effet, plusieurs problèmes surgissent avec les clients; - menace régulière de fermeture d’accès au site de dépotage aux vidangeurs par le propriétaire du site.

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

Transversales : organisation, régulation et renforcement des capacités

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- il existe un arrêté du MINSANTE (N°0003/A/ MSP/SESP/DPS) qui précise les conditions d’exercice de métier de vidange mécanique au Cameroun ; - la Communauté Urbaine de Yaoundé vient de signer une autorisation pour les vidangeurs de circuler librement dans la ville dans le cadre d’exercice de leur activité, ce qui réduira les tracasseries ; -

- il n’existe pas de corpus législatif et réglementaire propre au domaine de l’assainissement; - les chevauchements apparaissant clairement à la lecture des organigrammes des ministères impliqués dans la filière; - les plans de formation dans le domaine n’existent pas et les formations restent ponctuelles ; - une carence de personnels en nombre et en qualification pour exercer les tâches liées à l’assainissement des eaux usées et à sa promotion aussi bien au niveau de la CUY que des CAY; - la CUY n’a pas de service responsable de la gestion de la filière assainissement sur son territoire; - l’assainissement des eaux usées n’apparaît pas comme une priorité pour les organisations institutionnelles qui n’engagent que des actions d’urgence dans ce domaine.

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

- -stratégie nationale d’assainissement liquide (Août 2011) - la loi de 1990 sur la liberté d’association - projet RASOP - stratégie d’assainissement de Yaoundé

- Absence de mécanisme durable de financement de l’assainissement au niveau national et de la ville ; - Absence d’un organisme unique de gestion de la filière assainissement au niveau national et de la ville.


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

CONCLUSION Une certaine constance se dégage des études conduites :

a)- Sur le plan technique • l’assainissement individuel prédomine sur les systèmes collectifs ou semi-collectifs ; • une pluralité de dispositifs se retrouve au niveau des ménages dont notamment les latrines traditionnelles, les latrines VIP et les fosses septiques ; • la vidange manuelle est une réalité dans toutes les villes ; • le service de collecte et de transport mécanisé des boues est surtout assuré par des opérateurs privés informels. Ce service n’est pas suffisamment efficace car, les engins utilisés sont trop vétustes et sujets

non seulement à des problèmes de pièces de rechange mais aussi, à une main d’œuvre locale non qualifiée pour la réparation des pompes hydrocureurs ; • les couts de la vidange sont prohibitifs dans certaines villes (cas de Yaoundé où la vidange coûte 19 USD/m3 en moyenne) ; • le traitement et la valorisation des boues constituent les maillons les plus faibles de la filière car les boues sont dans la plupart des cas rejetées sans traitement préalable faute de station de traitement ou de dimensionnement adéquat.

b)- Sur le plan institutionnel et réglementaire Les principales contraintes de ce secteur sont : • le manque de coordination institutionnel du secteur;

cadre

• Absence d’un programme de promotion d’hygiène et d’éducation à la santé ;

• Une kyrielle de textes, mais pas de textes spécifiques à la gestion de l’assainissement autonome ;

• Absence d’une réglementation des options technologiques pour l’assainissement et faibles capacités techniques des acteurs.

• la définition imparfaite ;

Par ailleurs, des initiatives d’organisation des opérateurs privés existent dans quelques villes

des

du

responsabilités

reste

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

c)- Sur le plan financier Il existe un réel défi du financement de la filière. En effet, on note :

40

• absence de ressources spécifiques pour réaliser les investissements et entretenir le système d’assainissement ;

• l’insuffisance des moyens financiers de l’État au regard des objectifs à atteindre ;

• les micro-finances et les banques commerciales sont très peu intéressées par le financement de la construction des ouvrages au niveau des ménages ou même des opérateurs privés ;

• l’apport des partenaires au développement, bien que non négligeable, apparaît comme une goutte d’eau dans l’océan au regard des défis immenses du secteur.

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

RECOMMANDATIONS Cette évaluation initiale a cependant identifié plusieurs aspects qui pourraient être améliorés afin de rendre le système de gestion des boues

fécales plus efficace et mieux contrôlé. Ainsi, il serait judicieux,

Au plan technique de : • établir des normes de construction de toilettes qui puissent faciliter leur vidange ;

• explorer d’autres pistes de valorisation des sous-produits de la vidange ;

• intensifier la communication et le marketing afin de stimuler la demande en latrines améliorées et vidangeables auprès des ménages ;

• renforcer les capacités des acteurs de chaque maillon de la chaîne des boues de vidange ;

• accompagner les entreprises de vidange à mieux se structurer ;

• établir une collaboration entre les universités, l’industrie et les autorités en charge de l’assainissement afin de poursuivre la recherche et de développer des approches novatrices pour améliorer l’assainissement.

• renouveler et accroitre le parc de stations de traitement des boues de vidange ;

Aux plans institutionnel et réglementaire • d’intégrer la gestion des boues de vidange dans le corpus législatif ; • de bien clarifier le rôle de chaque acteur de la chaine des boues de vidange afin d’éviter des chevauchements ;

• au besoin, d’accompagner le transfert des compétences aux communes par la mise à disposition des ressources humaines, matérielles et financières ;

Sur le plan financier • de développer d’autres mécanismes de financement innovants tels que la mise sur pied ou l’application effective de la taxe d’assainissement;

• de développer des produits bancaires innovants dans le secteur de l’assainissement.

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

DOCUMENTS CONSULTES 1- Rapports des Consultants soumis à AFWA • Barbara Mwila Kazimbaya-Senkwe, 2016. Initial evaluation of the performance of operators and small service providers of Lusaka, 25 p. + PPT • Charles B. Niwagaba, 2016. Assessment of the initial situation of onsite sanitation and faecal sludge management in Kampala, 31 p. • Emmanuel Ngnikam, 2016. Diagnostic du secteur de l’assainissement dans la ville de Yaoundé. 86 p + annexes 2- Documents de présentation Power Point (PPT) de l’atelier de l’évaluation de l’an 1 du projet. Yaoundé, 13 au 15 mars 2017

3- Webographie -

42

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamako https://fr.wikipedia.org/wiki/Yaounde https://fr.wikipedia.org/wiki/Yamoussoukro https://en.wikipedia.org/wiki/kampala https://en.wikipedia.org/wiki/Lusaka

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

• Bécaye Sidy DIOP, 2016. Rapport d’évaluation initiale de la Mise en œuvre du RASOP-Africa dans la ville de Bamako (Mali). 28 p +annexes • Jean Birane GNING, 2016. Mise en oeuvre du RASOP-Africa dans la ville de Yamoussoukro en République de Côte d’Ivoire. Rapport d’évaluation initiale des performances. 39 p + annexes.


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

ANNEXES Annexe 1. Planning des activités du projet RASOP COMPOSANTES

PRINCIPALES ÉTAPES

Composante 1: - adapter et diffuser des directives techniques pour promouvoir l’assainissement autonome et la gestion des boues de vidange dans les municipalités

Adaptation sur la gestion des boues de vidange au contexte des pays d’Afrique Subsahariennes

ACTIVITÉS

INDICATEURS CLÉS

Adapter les informations des documents de base sur les services en assainissement (vidange des latrines, traitement des boues de vidange, gestion des toilettes publiques)

Les informations sur la gestion des boues de vidange ont été adaptées et utilisées pour le contexte des pays d’Afrique subsaharienne.

Développer deux questionnaires d’évaluation des performances utilitaires/gestionnaires de municipalités et pour les petites entreprises privées d’assainissement

Deux modèles de questionnaires sont produits et validés

Organiser un workshop de validation pour les informations adaptées par la facilité africaine de l’eau.

Une liste des participants et un rapport de workshop est disponible

évaluation des Performances

Conduire les évaluations de base

Un rapport d’évaluation de base est produit

Conduire les évaluations finales

Un rapport d’évaluation final est produit

Publication des résultats dans les sites cibles

Production des publications (production des dépliants relatifs au projet, ...) et probablement les papiers de conférences

Les liens de publications sont disponibles et aussi cinq dépliants de projet

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

43


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

Composante 2: renforcer les capacités des opérateurs d’assainissement dans 5 pays africains par le biais des SOP

Partenariat contractuel entre la FAE, les mentors et les mentorés

Identifier les points focaux et communiquer les informations requises

Les Emails envoyés sont énumérés catégorisés

Develop MoUs

Cinq MoUs sont signés entre les mentors et les mentees

Préparer des calendriers de visites de référence et d’audits (5 jours et 5 participants par pays) et la vérification est de 2 mentors et un consultant

Le calendrier des visites est préparé et communiqué aux parties prenantes

Élaborer une liste de points à prendre en considération lors de l’évaluation comparative et des visites d’audit

La liste des points à discuter au cours des visites est élaborée et communiquée aux parties prenantes.

Effectuer une vérification approfondie des mentorés par des mentors

02 rapports d’audit sont produits et disponibles pour chacune des 5 villes.

Élaborer les plans quinquennaux d’amélioration de la performance

5 plans quinquennaux pour les services publics et / ou les municipalités sont élaborés et disponibles.

Identifier les projets pour les villes basés sur les plans quinquennaux

05 projets sont identifiés dans les cinq villes pour la collecte de fonds.

Financement

Organiser une table ronde de donateurs dans chaque pays et suivre le processus de financement

05 rapports sur la table ronde des bailleurs de fonds sont disponibles.

Formation et assistance aux bénéficiaires du projet

Recruter les consultants

05 contrats de consultants sont signés et 05 commandes de service de démarrage établies.

Élaborer des documents de formation

Les matériels du cours sont préparés et soumis à la AAE

Obtenir l’approbation du matériel de formation par les donateurs

Le courriel de validation des documents du cours par la Fondation est soumis la AAE.

Former au niveau local les cadres des services d’assainissement / municipalité et des petits opérateurs privés

02 rapports de formation et 02 listes de participants sont disponibles.

Produire le matériel de diffusion

01 film sur le projet, 01 film sur le partenariat des opérateurs de l’assainissement et 01 prospect sur le projet sont développés et disponibles.

Diffuser les bonnes leçons apprises

Les outils utilisés pour la diffusion de ces matériaux sont décrits.

Adapter les documents de formation

Le matériel du cours est finalisé et soumis à la AAE

Benchmarking et visites d’audit

Diffusion des bonnes pratiques

44

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

Compos ante 3: aider les opérateurs à élaborer des plans stratégiques d’assainissement et un cadre réglementaire adapté;

Composante 4: améliorer la gouvernance et la responsabilité de l’équipe de gestion du programme de L’AAE

Plan stratégique d’assainissement urbain

Organiser un atelier participatif de planification stratégique

Cinq plans stratégiques d’assainissement et cinq listes de participants par villes sont disponibles.

Suivi de la mise en œuvre du plan stratégique d’assainissement

Définir les principaux critères d’octroi de licences

Un rapport de certification est disponible

Délivrer des licences aux petits opérateurs privés

10 licences délivrées aux petits opérateurs privés sont effectives et la liste des bénéficiaires est établie.

Mettre en place une petite association d’opérateurs privés

Trois associations de petits opérateurs privés sont en place et le procès-verbal de l’Assemblée générale constituante est disponible.

Affiliation des associations de petits opérateurs privés à AAE

les opérateurs du AAE sont établis et disponibles. Des reçus de paiement sont disponibles.

Lancement du programme

Organiser des ateliers de lancement au niveau des pays

05 rapports d’ateliers de lancement sont disponibles.

Mise en œuvre de l’équipe de projet

Embauche de l’équipe de projet

Le contrat du coordonnateur du projet est signé et l’équipe est en place au siège de l’AAE.

Former l’équipe de projet

Le rapport de formation de l’équipe de projet est disponible.

Examiner et valider le plan de suivi du projet

Élaborer des indicateurs de suivi et un plan de diffusion des bonnes pratiques

01 liste d’indicateurs de suivi est validée par la Fondation

Planification, suivi et évaluation du projet

Organiser des ateliers de suivi et d’évaluation

06 rapports d’évaluation et atelier d’évaluation (02/an) sont disponibles

Supervision des activités au niveau des pays

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

45


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

Annexe 2. Pays impliqués dans les activités du projet RASOP

Pays des Mentees -

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Cameroun (Yaoundé) Côte d’Ivoire (Yamoussokro) Mali (Bamako) Ouganda (Kampala) Zambie (Lusaka)

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

Pays des Mentors - l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) - eThekweni Metropolitan Municipality de Durban (Afrique du Sud)


Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

Synthèse des Rapports d’évaluation initiale

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Mise en œuvre du RASOP-AFRICA

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Synthèse des

Document réalisé par l’Association Africaine de l’Eau avec l’appui financier de la Fondation Bill et Melinda Gates Rapports d’évaluation initiale

AVRIL 2017

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