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09/2021 Découvrir Dieu à l’aide d’un stéthoscope Page 10 Le Juif blessé Page 20 Célébrer le rétablissement Page 28

Trouver Dieu dans de nombreux lieux


Là où nous prions BILL KNOTT

10 Découvrir Dieu à l’aide d’un stéthoscope Thorsen Haugen

14 Découvrir Dieu dans les arts Giselle Sarli Hasel

16 Science et foi vont de pair Adam Clayton Powell IV

13 Place aux jeunes Le crescendo de la paix Beersheba Jacob 18 Perspective mondiale Des défis pour notre identité et notre mission Mark Finley 20 Méditation Le Juif blessé Paul Dybdahl 22 Foi en action Partager l’Évangile au Groenland Sven Hagen Jensen 24 À la découverte de l’Esprit de prophétie James White : un homme de prière et d’action Gerson Rodrigues

26 La Bible répond Justifiés et rendus parfaits 27 Santé & bien-être La vitamine B12 28 « Je vais vous raconter… » Célébrer le rétablissement 30 Foi en herbe – Le coin des enfants Des choix, tu en auras ! Couverture (de gauche à droite) : Design Pics/ Getty Images ; gorodenkoff / iStock / Getty Images Plus / Getty Images ; Georgiy Datsenko / iStock / Getty Images Plus / Getty Images

« Pour ceux qui prient, chaque lieu peut être une église. » Les galeries d’art ne sont pas souvent des lieux de dévotion, ou du moins, des lieux où l’on prie publiquement. Les peintures soigneusement sélectionnées sont généralement des rappels du drame intense de la vie humaine, avec ses rires, ses tragédies, et ses douleurs. Nous admirons le génie de l’artiste, la maîtrise de l’ombre et de la lumière, l’audace d’une palette de couleurs, la représentation intime d’un visage humain. L’art que nous, êtres humains, créons est un signe que nous avons existé, que nos vies, nos actes et nos rivalités ont tous compté dans la poussière du temps. Même l’art religieux le plus sublime célèbre souvent notre réponse humaine à Dieu. Mais un jour est venu où ma visite dans une galerie m’a amené à la prière. Une exposition à Washington D.C. présentait l’œuvre de Thomas Cole, un peintre américain du 19e siècle. Des annonces ont paru dans les médias locaux et nationaux, faisant allusion à ce que les critiques ont appelé la « transcendance » – soit un aperçu de ce qui ne commence pas avec l’humanité et ne se termine pas par des résumés des réalisations humaines. Pour une fois, les promesses des médias n’ont pas déçu. Outre l’impressionnant héritage de Cole centré sur la région géographique que je considère comme mon « chez moi », je me suis retrouvé intrigué par un artiste qui a saisi ce qui a échappé à des centaines d’autres individus bourrés de talents : « Toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe. L’herbe sèche, et la fleur tombe » (1 P 1.24). Dans les vastes paysages des montagnes de Catskill et de Berkshire, dans le nord-est des États-Unis, peints par Thomas Cole, j’ai souvent eu du mal à trouver des figures humaines. Dans certaines peintures, un seul et minuscule être humain apparaît, éclipsé par l’imposante réalité d’un monde qu’il n’avait pas créé et qu’il ne pouvait pas contrôler. Dans une autre, seuls des outils humains – le chevalet et les pinceaux de l’artiste – apparaissent, comme s’il devait battre en retraite devant des forces infiniment plus grandes que lui. L’histoire de la vie humaine, telle qu’imaginée par Cole, se voit sur la toile de l’œuvre vaste et sublime de Dieu. Il n’y a pas lieu de se vanter des batailles gagnées, du pouvoir politique exercé, ni même de la piété humaine. « Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créées : Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui ? » (Ps 8.3,4) * Et alors, j’ai prié – debout, et sans lever les mains – mais avec ce langage silencieux dans lequel nous parlons le plus honnêtement à Dieu. J’ai prié pour connaître ma vraie taille – un grain de poussière animé dans des galaxies innombrables gouvernées par le Dieu qui m’aime encore et toujours. Nous trouvons Dieu là où nous le cherchons, et pas seulement là où nous l’attendons. Les croyants ne limitent pas leur adoration ou leur prière au temps passé seul avec Dieu le matin ou au culte public dans une église. Dieu nous rencontre dans le quotidien de l’éducation des enfants, de la construction des maisons, de l’utilisation des médias, des relations avec les amis. Nous prions pour une plus grande attention, en harmonie avec l’Esprit, afin d’entendre « ce que l’Esprit dit aux églises » (Ap 3.22). Nous prions pour que nos sens émoussés soient éveillés au Dieu qui est constamment à notre recherche. * Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.

Nous croyons en la puissance de la prière ! À Adventist World, nous nous réunissons tous les mercredis matin pour le culte hebdomadaire, au cours duquel nous prions pour les requêtes de prière qui nous ont été envoyées. Faites-nous parvenir les vôtres à prayer@adventistworld.org, et priez pour nous tandis qu’ensemble , nous travaillons à l’avancement du royaume de Dieu. 2

Septembre 2021 AdventistWorld.org


Sur le vif

Après une année de confinement et de restrictions continues, de nombreuses écoles adventistes dans le monde se sont réjouies de planifier des cérémonies de remise de diplômes au printemps 2021. On aperçoit ici la cérémonie de remise des diplômes à l’Université adventiste de Zaoksky, à Zaoksky, en Russie, laquelle s’est tenue les 18 et 19 juin 2021. Photo : Université adventiste de Zaoksky

AdventistWorld.org Septembre 2021

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En bref

Le nombre de pasteurs parmi les 549 baptisés après que 36 équipes de La voix des jeunes (VOY) aient terminé leurs efforts dans la Mission de Northern Luzon. Les jeunes ont partagé la bonne nouvelle de toutes les façons possibles. Ils ont coordonné des campagnes d’évangélisation tout en suivant les protocoles sanitaires établis par le gouvernement local. Ils ont dirigé en petites équipes des réunions d’évangélisation en présentiel, et effectué des visites de maison en maison. Les équipes de VOY ont aussi utilisé des émissions de radio et des études bibliques en ligne.

« Comme nous savions que les églises étaient fermées pendant la pandémie, nous avons décidé de créer une chaîne YouTube. Nous avons téléchargé toutes les vidéos sur la chaîne pour que les enfants du monde entier puissent les voir. Depuis, chaque semaine, nous produisons des leçons de l’École du sabbat pour la classe Jardin d’enfants. » — Selwida, mère de trois enfants, et habitant à Penang, en Malaisie. Elle explique comment son mari et elle en sont venus à créer leur chaîne YouTube. Au départ, c’était un passe-temps, mais finalement, c’est devenu un ministère ! La production en ligne de cette famille s’appelle Double Blessing Home Ministry.

Découvrir Dieu dans sa création Dans le cadre du sondage de 2012-2013 auprès des membres de l’Église mondiale, on a demandé à des membres d’église du monde entier s’ils étaient spirituellement touchés par la beauté de la création de Dieu. Voici la réponse de 24 828 participants. 75 pour cent ont répondu 5 | Souvent 17 pour cent ont répondu 4 6 pour cent ont répondu 3 1 pour cent ont répondu 2 1 pour cent ont répondu 1 | Jamais Source : ASTR Research and Evaluation Team, n=24,828

Pour accéder au sondage mondial complet effectué auprès des membres de l’Église, utilisez le code QR. 4

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1,090 Le nombre de têtes de laitue que l’équipe Enactus de l’Université La Sierra a récoltées lors de sa première récolte, puis distribuées aux membres du campus et de la communauté. Au cours de l’année scolaire 2019-2020, l’équipe étudiante Enactus de l’université a commencé à plancher sur son projet Freight2Table. Ce projet consiste à faire pousser des variétés de laitue et de légumes-feuilles verts, des fines herbes, des fleurs, et des racinages à l’intérieur d’un conteneur d’expédition de 12 mètres repensé et conçu avec une technologie hydroponique.

« En Syrie, les habitants ont de gros problèmes d’approvisionnement en électricité. L’utilisation de cellules solaires est donc une solution bien pensée, garantissant ainsi que la purification de l’eau ne s’arrêtera pas subitement. » — Insa Deimann, coordinatrice des projets humanitaires d’ADRA Danemark en Syrie, à propos d’un projet de purification de l’eau. ADRA Danemark est chargée de mettre en place un système original qui purifie l’eau sans utiliser de produits chimiques, et avec l’aide de panneaux solaires. Ce système fournira de l’eau potable aux réfugiés de retour et aux personnes déplacées à l’intérieur du pays.


En bref

« C’est là un moment extrêmement important pour la Division sud-américaine (SAD), car nous traitons du leadership au sein de l’église locale. Les anciens de l’église tiennent un rôle pastoral alors qu’ils exercent une fonction pertinente et active dans le ministère pour aider l’église à grandir en travaillant de concert avec le pasteur local. » — Bruno Raso, vice-président de la SAD, en réponse au vote d’approbation d’un document officiel qui inclut la possibilité pour les femmes de servir en tant qu’anciens d’église sur le territoire de cette division, laquelle se compose de huit pays.

Session spéciale de la Conférence générale de 2022 Avis est donné par la présente qu’une session spéciale de la Conférence générale des adventistes du septième jour se tiendra le 18 janvier 2022, au siège de l’Église adventiste du septième jour, domicilié au 12501 Old Columbia Pike, à Silver Spring, au Maryland (États-Unis). La réunion débutera à 8 h 00 (heure normale de l’Est) le 18 janvier 2022, dans l’unique but d’amender la Constitution de la Conférence générale des adventistes du septième jour pour permettre une participation virtuelle aux futures sessions de la Conférence générale. Tous les délégués dûment accrédités sont instamment priés d’être présents à la date et à l’heure désignées. Ted N. C. Wilson, Président de la Conférence générale Erton C. Köhler, Secrétaire de la Conférence générale

Plus de 600 000 L’effectif de la Division Pacifique Sud (SPD). La croissance de l’effectif est due en grande partie à un bond significatif de l’effectif de l’Union des missions de la Papouasie-NouvelleGuinée. Selon le rapport statistique de la SPD présenté au comité exécutif de la Division en juillet 2021, l’effectif en 2020 était de 609 868, par rapport à 567 139 en 2019. Le taux de croissance de l’Église était de 7,85 pour cent, soit le plus élevé de ces 10 dernières années. Photo : Adventist Record AdventistWorld.org Septembre 2021

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Actualités

Des jardins potagers nourrissent 2 000 familles à Madagascar

Pendant la pandémie, l’initiative d’ADRA comble les pertes de revenu

Rachel Cabose, pour ADRA Madagascar

À Madagascar, l’Agence de développement et de secours adventiste (ADRA) a montré aux habitants comment cultiver des jardins potagers, élever de la volaille, et faire de l’artisanat pour combler les pertes de revenu pendant la pandémie de COVID-19. ADRA a aidé 2 000 familles à Antananarivo, capitale de Madagascar, et dans ses environs, lesquelles avaient subi une forte baisse de revenu en raison de la crise sanitaire de COVID-19 et des mesures de confinement. Dans ce pays où trois personnes sur quatre survivent avec moins de 2 dollars US par jour, près de deux tiers des ménages ont signalé une baisse de leurs revenus depuis le début de la pandémie. Luis Acevedo, directeur national d’ADRA Madagascar : « À cause de la pandémie de COVID-19, de nombreux ménages ont perdu leurs moyens de subsistance. Ils n’arrivent plus à satisfaire entièrement leurs besoins alimentaires et nutritionnels. Au cours d’une rapide évaluation des besoins menée par ADRA en mai dernier, nous avons constaté que pour faire face à leur perte de revenus, le gens vulnérables y vont d’une stratégie très simple : ils mangent moins.

ADRA intervient donc pour aider ces gens à cultiver des aliments nutritifs pour nourrir leurs familles. » Au cours de l’année à venir, ADRA aidera 1 900 ménages à faire des jardins familiaux climato-intelligents, ce qu’il leur permettra de cultiver des patates douces, des légumineuses et des légumes en vue de la consommation ou de la vente. On distribuera à ces familles des semences et des outils agricoles essentiels. On leur enseignera des méthodes de culture efficaces, ainsi que des moyens de commercialiser leurs produits et de les transformer en produits de plus grande valeur. En outre, 100 ménages monoparentaux apprendront à compléter leurs revenus en élevant des poulets ou en fabriquant des objets artisanaux destinés à la vente. Chaque famille qui élève de la volaille recevra un coq et quatre poules pour commencer, tandis que les autres familles recevront les matières premières et les outils nécessaires à la fabrication d’objets artisanaux. Tous les participants recevront une formation sur la façon de rendre ces activités économiquement viables. Eliane Rasoarimanana est l’une des participantes les plus actives du projet. Âgée de 47 ans, elle habite à Ampasika, un village situé à envi-

ADRA a créé un manuel de nutrition pour apprendre aux femmes de Madagascar à cuisiner des plats savoureux et nutritifs avec les produits de leur jardin. Photo : Livatina Ranarison 6

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ron 19 kilomètres d’Antananarivo, capitale du pays. Bien qu’étant agricultrice depuis des années, elle n’a toujours obtenu qu’une faible récolte de ses cultures. Lorsqu’ADRA a mis en œuvre le projet de sécurité alimentaire COVID-19 dans sa région, sa situation a changé. Eliane Rasoarimanana : « J’ai acquis des tas de nouvelles compétences et expériences grâce aux formations d’ADRA. Tout d’abord, nous avons reçu une formation en agriculture. J’ai appris de nombreuses techniques nouvelles – comment, entre autres choses, faire du compostage, utiliser le lombricompost, préparer le sol. « Nous avons également reçu une formation en art culinaire. Nous avons appris qu’après une bonne récolte, il est important de savoir comment cuire les aliments et les conserver. Aujourd’hui, nous pouvons préparer des plats sains et savoureux, même avec des recettes très simples. » Eliane est reconnaissante pour les changements que le projet a apportés à sa famille, en particulier pour le succès de son jardin. « Avant, quand je plantais du manioc, je ne récoltais que quelques petites racines. Aujourd’hui, grâce aux bonnes techniques de jardinage, une seule racine suffit à nourrir ma famille. Avec une racine, j’arrive à cuisiner trois repas, et je peux même en donner à ma mère ! » dit-elle. Sa réussite a aussi des répercussions sur ses voisins. Comme les autres participantes – appelées formatrices de formatrices – Eliane a dû former 10 autres femmes. « Dès qu’elles ont vu ma récolte, elles ont tout de suite décidé d’apprendre, elles aussi, a-telle déclaré. Je remercie ADRA pour ces précieuses formations. »


Actualités

Au Brésil, une école pour YouTubeurs forme les ados pour la mission

On leur enseigne des techniques d’enregistrement audio et vidéo, ainsi que des trucs pour la création de contenu

Anne Seixas, Division sud-américaine, et Adventist World

Une nouvelle école sponsorisée par les adventistes au Brésil se propose de former une nouvelle génération de jeunes adventistes pour faire d’eux des évangélistes sur YouTube, ont déclaré les dirigeants de la Division sud-américaine (SAD). Ainsi, le projet intitulé Feliz7Class est né d’un partenariat entre l’Église adventiste et l’Université adventiste du Brésil (UNASP). Cette initiative vise à enseigner des techniques d’enregistrement audio et vidéo, ainsi que des trucs pour la création de contenu à des ados talentueux qui souhaitent utiliser leurs compétences pour partager l’Évangile avec de nouveaux publics. Selon les dirigeants de l’Église, ce projet arrive à point nommé. « Ouvrez YouTube maintenant, et vous tomberez facilement sur un contenu couvrant toute une gamme de sujets, y compris des sujets chrétiens », ont-ils commenté. Selon une étude publiée par Cisco en 2019, YouTube est désormais la deuxième plateforme la plus recherchée sur Internet. De plus, selon la même source, 80 pour cent du contenu trouvé sur le Web est en format vidéo. Le contenu vise surtout un jeune auditoire. Carlos Magalhães, directeur de la stratégie numérique de la SAD : « De nombreux ados et jeunes qui visitent Feliz7Play [le site vidéo en continu de la SAD] envoient des messages exprimant leur désir de participer aux séries, aux films, et au mandat évangélique par le biais de contenus vidéo. 7Class est là pour répondre à ces demandes. » Rafael Rossi, ancien directeur des communications de la SAD : « Dieu utilise les outils les plus variés pour prêcher l’Évangile. » Rafael Rossi a contribué au développement de 7Class.

Feliz7Class cherche à former des jeunes gens talentueux qui aspirent à utiliser leurs compétences pour partager l’Évangile avec de nouveaux publics.

Photo : Service des nouvelles de la Division sud-américaine

L’objectif est « de former et de préparer une génération – laquelle en sait déjà beaucoup sur la technologie et les réseaux sociaux – à servir en tant que missionnaires et influenceurs positifs dans le monde numérique », a dit Carlos Magalhães. Pour Rafael Rossi, la pandémie a accéléré le processus de migration. « Avec la pandémie, nous devons nous réinventer et migrer vers le numérique. Or, ce sont les jeunes qui sont les plus aptes à utiliser la technologie pour l’Évangile. Ce sont eux qui s’adaptent facilement à toutes les transitions et à une utilisation stratégique de la communication », a-t-il expliqué. Les cours seront proposés périodiquement, ont indiqué les dirigeants. Les étudiants apprendront à planifier le contenu d’une chaîne YouTube, recevront des instructions techniques sur l’audio et la vidéo, et apprendront à distribuer et à partager le contenu de leur chaîne. On vise à offrir 166 leçons vidéos entre le portugais et l’espagnol, plus 13 cours supplémentaires. La première leçon sera disponible gratuitement sur la chaîne YouTube Feliz7Play afin que chacun puisse se familiariser avec une partie du contenu. Ceux qui s’inscriront auront accès

aux cours via Next, la plateforme d’enseignement à distance de l’UNASP. Geyvison Ludugério, coordinateur de l’enseignement à distance de l’UNASP : « Grâce à Internet, l’information est devenue plus accessible. Cependant, il existe toujours un fossé dans l’accès aux connaissances. L’UNASP comprend que l’expérience de l’école ajoutée aux développements de l’information et aux principes chrétiens est ce qui constitue la vraie connaissance. » Il y a aussi des pasteurs et des responsables d’église locaux qui apprendront et amélioreront leurs dons pour la prédication grâce à Internet. Le Ministère du numérique lancera une autre initiative au cours des prochains mois. Avec un contenu spécialement axé sur le leadership, on propose aux dirigeants de l’Église d’apprendre à mieux communiquer par le biais des nouvelles technologies, à occuper des espaces sur les réseaux sociaux, et à créer du contenu pour YouTube et d’autres plateformes. Pour Rafael Rossi, cette étape est indispensable. « Il est essentiel que les dirigeants soient prêts et s’impliquent dans cette nouvelle façon – en pleine expansion – de parler de Jésus », a-t-il conclu.

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Coup d’œil sur… la Division intereuropéenne (EUD)

178,181 Effectif de la Division intereuropéenne (EUD) au 31 décembre 2020

« Comment allons-nous vivre… le reste de notre vie ? En étant tenaillés constamment par la peur ? En étant anxieux ou déprimés ? Les défis et les problèmes seront toujours là. Ce qui fait une nette différence, en bien ou en mal, c’est notre façon de les affronter. » — Mario Brito, président de la Division intereuropéenne, dans un message vidéo évoquant certains des défis de la pandémie de COVID-19, et encourageant les membres des églises de sa région à continuer à faire confiance à Dieu.

« Qu’il s’agisse de la chaleur intense qui provoque des incendies, des pluies torrentielles en plein été, ou du virus qui secoue le monde entier, nous ne pouvons oublier l’exploitation massive des ressources naturelles. Ce qui se produit ces jours-ci est un appel vibrant à la solidarité immédiate, mais aussi à un engagement à long terme en faveur d’une éthique écologique différente, dans le respect de la création. » — Ruben De Abreu, président de l’Union des fédérations franco-belges, en réaction aux inondations catastrophiques qui ravagent plusieurs pays de l’Europe de l’Ouest. Au moins 164 personnes sont mortes en Allemagne en raison des inondations qui ont frappé les États de l’ouest du pays. En Belgique, 31 décès ont été confirmés.

80 000 Le nombre d’exemplaires d’un ensemble de livres comprenant la « Bible de Constantinople » et le livre missionnaire intitulé Comment la Bible est apparue que les adventistes en Bulgarie ont partagé avec les habitants de ce pays. Selon certains experts, cette Bible est à la base de la conscience de soi et de l’identité culturelles des Bulgares. « C’est ce livre qui a ouvert les horizons spirituels du peuple bulgare », a récemment écrit le poète Ivan Vazov.

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La vitesse estimée en kilomètres/heure (135 mph) des tornades qui ont frappé plusieurs villages de la République tchèque. Ces tornades ont renversé des voitures et des bus, déraciné des arbres, et produit des grêlons de la taille d’une balle de tennis. ADRA a installé un centre dans l’église adventiste de Břeclav, située près de Moravská Nová Ves – l’un des villages touchés par les tornades, pour organiser l’aide d’urgence. ADRA a rencontré les habitants de Moravská Nová Ves afin d’évaluer les dégâts et les besoins. Elle a ensuite aidé à servir des centaines de survivants ayant besoin d’une aide immédiate. (^-)

Photo : ADRA République tchèque 8

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Point de vue

Marcos Paseggi, Adventist World

Photo : Matt Palmer

La création gémit Ce que les croyants peuvent faire lorsqu’ils voient la nature se défaire Au cours des dernières années, ceux d’entre nous qui travaillent dans le cycle quotidien de l’information en sont venus à une constatation poignante. Une quantité incroyable d’informations semble être constituée de nouvelles liées à des catastrophes naturelles, souvent d’origine météorologique. Depuis les inondations soudaines jusqu’aux tremblements de terre inattendus, en passant par les incendies quasiment impossibles à maîtriser et les ouragans déchaînés, la fréquence et l’intensité des phénomènes laissent perplexes même les experts. Les catastrophes causant des ravages, des destructions et des décès touchent également les croyants adventistes, y compris leurs maisons, leurs églises, leurs écoles, et leurs hôpitaux. De même, les phénomènes naturels ont un impact sur les voisins et les quartiers des membres d’église, poussant une série incessante de besoins à des niveaux inconnus auparavant. QUI FAUT-IL BLÂMER ?

Il y a 20 siècles, l’apôtre Paul a écrit une déclaration aussi actuelle que notre dernier fil d’actualité : « Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. » (Rm 8.22) Au moyen d’une analogie simple mais puissante, Paul place les gémissements de la création dans le continuum du plan du salut. La création,

« soumise à la vanité, — non de son gré » (v. 20), gémit actuellement, attendant d’être « affranchie de la servitude de la corruption » (v. 21). Selon la Bible, tout a commencé par un choix conscient de désobéir aux règles de Dieu pour cette planète façonnée de main de maître. Des conséquences fâcheuses ont rapidement suivi. « Le sol sera maudit à cause de toi », a dit Dieu. Il « te produira des épines et des ronces » (Gn 3.17,18). Et le prophète Ésaïe ajoute : « Le pays était profané par ses habitants ; car ils transgressaient les lois, […] ils rompaient l’alliance éternelle. C’est pourquoi la malédiction dévore le pays » (Es 24.5,6). La malédiction originelle sur la nature est souvent exacerbée par l’intendance irresponsable de l’humanité. L’exploitation forestière sans discernement, l’élevage intensif d’animaux, et la pollution industrielle non réglementée ne sont que quelquesunes des nombreuses formes qu’adopte une approche imprudente de la gestion de la création de Dieu. QUE DOIVENT FAIRE LES CROYANTS ?

La Bible, cependant, va de façon proactive au-delà d’un simple diagnostic. Dans l’attente du renversement définitif de la malédiction, les croyants sont appelés à prêcher par la parole et par l’exemple. Ce faisant, ils proclament leur confiance dans le plan plein d’espoir de Dieu pour la planète. Certains des commandements de Dieu aux intendants terrestres de sa création semblent étonnamment simples. En voici un exemple : « Si tu

rencontres dans ton chemin un nid d’oiseau, […] et la mère couchée sur les petits ou sur les œufs, tu ne prendras pas la mère et les petits, tu laisseras aller la mère et tu ne prendras que les petits, afin que tu sois heureux et que tu prolonges tes jours. » (Dt 22.6,7) Voilà un enseignement profondément significatif car, comme le pensent certains érudits juifs, causer une douleur inutile aux créatures de Dieu est une forme de hillul hashem – de profanation du nom de Dieu1. De même, Ellen White nous rappelle que les animaux paient un lourd tribut imputable au péché de l’humanité, y compris la mort. « Il est donc raisonnable que l’homme s’efforce d’atténuer plutôt que d’aggraver les douleurs qu’il a attirées sur les créatures de Dieu2. »  Qu’il s’agisse de s’abstenir de viande, de promouvoir le recyclage, d’éviter les dépenses inutiles ou de faire preuve de retenue dans l’utilisation des ressources naturelles, le comportement quotidien des croyants peut proclamer silencieusement leur foi et leur confiance en le Dieu de la création. Sachant que le Seigneur de tous reviendra pour « détruire ceux qui détruisent la terre » (Ap 11.18), les croyants ont le privilège et le devoir sacré de faire partie non pas du problème, mais de son ultime solution. Cité dans Jonathan Safran Foer, Eating Animals, New York, Little, Brown and Company, 2009, p. 69. 2 Ellen G. White, Patriarches et prophètes, p. 424. 1

Marcos Paseggi est correspondant en chef des nouvelles de Adventist World.

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Sous les projecteurs

Découvrir Dieu à l’aide d’un stéthoscope

Relier les points entre la vie, la foi, la paix, et le sens

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e suis un chirurgien adventiste, spécialiste de la tête et du cou. Notre Église accorde, à juste titre, une grande importance à l’œuvre missionnaire médicale. Jésus lui-même était le grand Médecin, et son ministère de guérison faisait partie intégrante de sa conquête des âmes. Les ministères médicaux combinés à la vérité de l’Évangile conduisent, indubitablement, beaucoup d’âmes au salut. J’ai découvert, cependant, que la médecine peut aussi consolider la foi d’une personne déjà croyante. À l’instar d’une église, les couloirs d’un hôpital sont souvent sanctifiés par la présence de Dieu ; et même lorsqu’il est brisé, le corps humain – comme « les cieux » – continue de raconter la gloire de Dieu. Lors de ma formation médicale, j’ai vécu deux expériences qui m’ont fait prendre conscience de la présence de Dieu. Il ne s’agit pas de miracles, non, mais simplement d’événements qui ont fait forte impression sur moi. Chaque fois que je réfléchis à ces événements et à d’autres semblables, ma foi s’en trouve renforcée. UN MOMENT FORT

La première expérience s’est produite vers la fin de mon internat. Alors que je faisais partie d’une équipe de chirurgiens, j’ai participé à une intervention chirurgicale rare sur un homme de 40 ans atteint d’un cancer agressif qui, ayant d’abord pris racine dans sa gorge, s’insinuait maintenant dans son œsophage. Comme les traitements de chimiothérapie n’avaient pu en venir à bout, cette opération était donc son dernier espoir de s’en sortir. Lors des précédentes visites de ce patient à la clinique, nous avions discuté, et malgré son pronostic, nous avions même ri ensemble. Il affrontait sa condition avec courage. En bref, l’intervention consistait à retirer son larynx, son pharynx et son œsophage. Il fallait ensuite remonter son estomac à travers sa poitrine et le suturer à ce qui restait de sa gorge pour qu’il puisse encore avaler. Nous avons eu beaucoup de mal à faire passer son estomac derrière les poumons et le cœur jusqu’à son cou. Nous essayions à tour de rôle de le faire remonter. Lorsque la pression de nos bras sur son cœur et ses poumons faisait chuter son pouls et son taux d’oxygène, il nous fallait tout arrêter pour donner à ses organes vitaux le temps de récupérer. À la fin d’une de mes tentatives, après avoir laissé l’estomac glisser à nouveau dans sa cavité abdominale, je me souviens parfaitement d’avoir laissé ma main dans sa poitrine et d’avoir saisi doucement son cœur. Il se contractait avec une force surprenante ! Dans un moment transcendant, c’était comme si un portail s’ouvrait devant moi. Un sentiment indescriptible de crainte révérencielle mêlée à une étrange intimité m’a soudain envahi – un sentiment dont je me souviens vivement encore aujourd’hui. En tant que chirurgien spécialiste de la tête et du cou, je ne touche au cœur que très rarement. Mais aussi puissant symbole de la vie que soit le cœur, ce n’est pas ça qui m’a plongé dans cette étrange rêverie. C’est le simple fait que cette magnifique machine vivante, sur laquelle nous opérions grossièrement, abritait en elle l’âme d’un homme. UN VISAGE GRAVÉ DE CHAGRIN

Malheureusement, non seulement l’émerveillement peut couper le souffle, mais aussi, d’une manière très différente, la tragédie. Image : Anna Shvets

Ma deuxième expérience remonte à plus loin encore, soit à ma troisième année d’étude en médecine. Elle s’est déroulée tard dans la nuit, cette fois sous les lumières fluorescentes de la salle de traumatologie d’un hôpital du comté de Los Angeles. À ce stade de ma carrière, la nouveauté de me tenir constamment dans l’ombre de la vie et de la mort était encore écrasante. Ceci a eu pour effet de graver les impressions encore plus profondément dans mon esprit. Le département de traumatologie nous a annoncé qu’un grave accident venait de se produire. Un véhicule ayant à bord une mère et ses cinq enfants avait fait un tonneau. Il y a eu plusieurs morts. Nous avons noté avec soin les détails et attendu l’arrivée des victimes par les portes vitrées des urgences, prêts pour le chaos accompagnant ce type d’accident. Dès leur arrivée, nous nous sommes rapidement divisés en équipes pour effectuer l’ABCDE des traumatismes sur chacune des victimes (A : Airway – ouverture des voies respiratoires ; B : Breathing – respiration ; C : Circulation – pouls ; D : Disability – état neurologique - niveau de conscience ; E : Exposure – exposition, visualisation). C’est là un moyen pratique de se rappeler ce qui est important quand il s’agit de sauver une vie. Mais rien de tout ça n’a finalement compté pour l’enfant dont je m’occupais. Cette petite de 9 ans seulement, encore potelée, au visage de chérubin, avait subi un traumatisme crânien. Il n’y avait pas de sang sur elle, pas même une goutte. Je m’attendais à ce qu’elle s’assoie et sourit, mais le seul mouvement de son petit corps était le violent soulèvement et l’abaissement de sa poitrine pendant que nous comptions les compressions à tour de rôle. Nous avons pratiqué la réanimation cardio-pulmonaire, nous lui avons posé des électrodes, administré des chocs, et l’avons gavée de médicaments… hélas, en vain. La mort a finalement eu raison d’elle. AdventistWorld.org Septembre 2021

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Nous avons appris que la mère était monoparentale. Elle revenait avec ses enfants d’une réunion de prière en milieu de semaine. Alors que ses enfants dormaient, l’accident s’est produit. Trois d’entre eux sont morts. Des deux autres, l’un a été gravement blessé, et l’autre s’en est tiré avec quelques fractures. La mère, elle, n’a rien eu – du moins rien qui puisse être détecté par un examen médical. C’est son cœur de mère qui a été gravement blessé. Le lendemain matin, pendant ma tournée, je me suis arrêté devant sa porte. Elle ne m’a ni vu, ni entendu. La lumière du jour éclairait chaque trait de son visage ravagé par le chagrin. Elle regardait par la fenêtre – d’un regard vide, sans larmes – un monde qui ne serait plus jamais le même pour elle. On aurait dit que sa douleur était un océan sans rivage dans lequel le monde entier pouvait se noyer. Ce visage, je m’en souviens encore, et chaque fois que je m’y arrête, je verse des larmes. En tant que médecin, j’ai recueilli au fil des ans de nombreux autres moments semblables. La crainte, la douleur, et une foule d’autres émotions colorent chacun d’entre eux. Pour un athée, les événements de ce genre ne sont rien de plus que les sous-produits des lois indifférentes de la nature. Mais pour un croyant, ils sont la preuve de la présence de Dieu, de ses pas qui résonnent dans les chambres de nos âmes. LE MYSTÈRE DE LA VIE

Permettez-moi de vous expliquer ma pensée, et ce faisant, d’approfondir les histoires que je viens de vous raconter. Tous les êtres humains, quelles que soient leurs croyances, vivent par la foi. Chacun d’entre nous tire des conclusions sur l’origine et la signification de la vie en se basant sur les informations dont il dispose. L’exercice de la médecine nous rappelle constamment à quel point cette information est limitée. Malgré tout ce que nous avons découvert, le corps humain demeure un profond mystère. Et au-delà des mystères de la physiologie, de la biochimie et d’autres disciplines semblables, il y a 12

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le mystère de la vie même. Mais d’où jaillit donc cette première étincelle ? Une grande partie du monde scientifique moderne a décidé que l’évolution est la grande donneuse de vie, la force motrice de tous les êtres vivants. On dit que nos corps, ainsi que les cœurs et les âmes qu’ils abritent, sont le fruit du hasard. Dans un univers hostile, bourré de radiations, de poisons, de brasiers ardents et d’un froid inimaginable, une soupe de produits chimiques s’est animée d’elle-même, puis, au fil de milliards d’années, est devenue incroyablement et invraisemblablement complexe. C’est du moins ce que l’on prétend. Je ne suis pas un théologien dans sa tour d’ivoire, ni un scientifique dans un laboratoire. Je ne peux pas critiquer ou défendre des arguments que d’autres plus grands que moi ont avancés. Je ne peux parler que de mon expérience. En tant que chirurgien, je connais la vie. J’ai senti son extrême fragilité, j’ai été impressionné par sa complexité, et j’ai pleuré sa disparition. Les progrès scientifiques ont été considérables, certes, mais lorsqu’il s’agit de la question de la vie, personne n’a de réponses. Les êtres humains n’ont jamais créé la vie et ne la créeront jamais. Dieu est la seule source de la vie. TROUVER LE SENS

Même dans le laboratoire le plus contrôlé, avec tous les éléments constitutifs de la vie à notre disposition, nous ne pouvons animer le plus simple des organismes. Pour nous, le gouffre entre la vie et la mort est infranchissable. Cette nuit-là, au service des urgences, nous n’avons eu aucun moyen de ramener cette petite fille à la vie – même s’il n’y avait pas une goutte de sang sur elle. Sa vie est retournée d’où elle était venue – à Dieu. Et ce cœur que j’ai pris dans ma main ? J’en ai apprécié les battements, chacun d’eux n’étant rien de moins qu’un acte de Dieu. La vie me donne la foi. Et ma foi, à son tour, est une grande source de paix – de paix parce que Dieu a donné la vie, et parce que ce fait apporte un sens à notre existence.

On pose souvent la question suivante : Comment un Dieu bon peut-il permettre la douleur ? La médecine m’a appris que nous posons la mauvaise question. Voici celle qu’il faut poser : Avec toute la douleur dans le monde, comment ne pourrait-il pas y avoir un Dieu bon ? Dans un univers sans Dieu, aucune accusation ne peut être portée. Personne ne peut protester lorsque le cœur d’une mère est brisé. Dans un tel univers, sa douleur serait insignifiante, rien de plus qu’une froide réalité de l’existence. Et cependant, quiconque a entrevu comme moi le visage de cette mère ne peut s’empêcher de crier que la douleur, c’est mal. Ce n’est que si Dieu existe que les maux de ce monde posent un problème. Ce n’est qu’avec Dieu qu’ils prennent de l’importance. Et si l’on fait un pas de plus, seule la croix apporte une réponse suffisamment grande pour nous satisfaire. Nos chagrins, nos joies, notre amour – ces choses qui font que nous sommes humains – peuvent effectivement servir un but et être expliqués à la fois biologiquement et psychologiquement, mais en même temps, ils crient aussi tout leur sens. Nous sommes importants ! Ce que nous faisons, ce que nous ressentons, ce que nous pensons, tout ça est important. Par surcroît, chacun de nous, au fond de lui-même, reconnaît qu’il est responsable de la vie qu’il mène. Une loi morale est, sans l’ombre d’un doute, inscrite dans nos cœurs. L’exercice de la médecine constitue un rappel fréquent de ces réalités. La médecine est, en effet, une place où le message de l’Évangile et la réalité de l’existence de Dieu peuvent être clairement vus et compris. Et comme je l’ai découvert au fil des ans, si nous ne sommes que des grains de poussière dans un univers infini, en revanche, nos vies et nos expériences témoignent d’un Dieu tout-puissant qui supervise tout. Dieu, j’en suis certain, nous tient dans ses mains.

Thorsen Haugen est chirurgien en chef et spécialiste de la tête et du cou. Il habite avec sa famille en Pennsylvanie, aux États-Unis.


Place aux jeunes

Le crescendo de la paix

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n 2020, la pandémie de COVID-19 nous a imposé une nouvelle normalité. La distanciation sociale, la suspension de nombreuses activités normales, le confinement, et l’ajout de masques à notre garde-robe sont devenus notre nouvelle réalité. Toutes ces contraintes résultant de la pandémie ont, inévitablement, fait grimper les niveaux de stress et d’anxiété. En communiquant avec des amis du monde entier, je me suis rendu compte que cette pandémie nous a tous affectés de Pendant deux différentes manières. Certains ont perdu un être cher, d’autres ont contracté le virus ; semaines, Andrew certains sont au chômage, d’autres sont et moi avons reçu surchargés de travail, et la plupart de nos rêves sont restés en suspens. presque tous les Les restrictions de voyage imposées matins la nouvelle pour limiter la propagation du virus ont été décourageantes pour les voyageurs du décès d’un enthousiastes tels que mon mari, Andrew, proche ou d’un et moi. C’est que nous aimons beaucoup explorer le monde ! Comme notre histoire membre d’église. d’amour s’est épanouie au cours de nombreux voyages, camps et aventures, nous avons pensé qu’il serait approprié de célébrer notre deuxième anniversaire de mariage en faisant un voyage. Nous étions impatients d’explorer l’État indien du Karnataka et avons fait nos plans en conséquence. Mais comme cet État a ensuite imposé des restrictions de voyage, il nous a fallu nous résigner à célébrer notre anniversaire de mariage à l’intérieur des limites de notre ville. Nous avons tout de même essayé de le rendre mémorable en faisant quelque chose d’amusant. Ce confinement prolongé a chambardé la vie de tout le monde. Les plans ruinés et les rêves non réalisés sont devenus la nouvelle normalité. Le campus universitaire où je travaille, lequel bourdonne toujours de gens et d’activités, est devenu subitement silencieux. Il peut être difficile de faire face à de tels

changements. J’ai essayé de garder le moral, de rester active chez moi, de rendre la vie intéressante en préparant de nouveaux plats et en apprenant à peindre. Mais cette année, la pandémie m’a touchée de près. En avril et mai derniers, au plus fort de la deuxième vague de COVID-19 en Inde, notre pays a été confronté à une grave pénurie d’oxygène médical et de lits d’hôpitaux. L’augmentation exponentielle des infections a submergé le système de soins de santé. Des patients sont morts dans les ambulances et dans des stationnements à l’extérieur des hôpitaux. Les crématoriums ont été débordés. Pendant deux semaines, Andrew et moi avons reçu presque tous les matins la nouvelle du décès d’un proche ou d’un membre d’église. Nous avons assisté à de nombreuses funérailles, en ligne et en personne. La mort, la perte et la douleur n’ont jamais été aussi réelles. Tout ce à quoi j’essayais de me raccrocher semblait s’estomper ! Et j’ai senti que j’avais besoin de mon Dieu plus que jamais auparavant. Dans ma lutte pour trouver la paix au milieu de ce chaos, je suis tombée sur ce beau verset : « À celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu’il se confie en toi. » (Es 26.3) Satan est à l’affût pour nous priver de la paix et de la joie. Mais en Christ, il nous est promis « la paix, la paix » – une double shalom. Une paix complète, constante, durable. Si nous fixons notre esprit sur Jésus, si nous lui faisons entièrement confiance, nous ferons l’expérience de cette paix promise. Si nous choisissons de voir, d’entendre et de vivre les choses avec les yeux de la foi, alors cette paix qui surpasse toute intelligence sera nôtre. Notre monde connaît une nouvelle réalité aux nombreux bouleversements. Nous avons tous besoin de Jésus – et ce, plus que jamais auparavant. Le moment est venu de parler de lui à nos semblables, car son amour nous pousse à partager sa paix.

Beersheba Jacob est coordinatrice des ressources humaines et assistante auprès du vice-président de l’Institut d’enseignement supérieur Lowry Memorial, à Bangalore, en Inde. Elle est l’épouse d’Andrew.

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Sous les projecteurs

Découvrir Dieu dans les arts La beauté touche les cœurs que les mots ne peuvent atteindre

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n soir, alors que j’étudie au Brésil, je tombe malade. Je reste au dortoir au lieu d’assister aux vêpres du vendredi soir. Ce soir-là, seule, je marche tranquillement dans le couloir, descends l’escalier, et regarde par une immense baie vitrée. Là, dans un décor éblouissant, un magnifique coucher de soleil s’offre à mes yeux. Mon établissement scolaire étant situé dans une ferme, je peux admirer les grands nuages ondulants depuis l’étage supérieur, que les rayons dorés du soleil caressent et pénètrent, ainsi que les collines en contrebas. Cette image reste à toujours gravée dans ma mémoire, en partie parce que je sens qu’à travers la beauté de son coucher de soleil – la beauté esthétique de sa création artistique – Dieu m’appelle. Plus tard au cours de l’année scolaire, ma prof est frustrée de me voir faire de l’art au lieu de « prêter attention » à ses cours, alors qu’en fait, c’est justement ma façon de m’y intéresser. Elle me dit en termes très clairs, devant mes camarades de classe, que je ne suis qu’une rêveuse et que je n’arriverai à rien dans la vie, si ce n’est à faire de l’art – ce qui n’a aucune valeur. Dévastée par ses propos, je me précipite, sitôt le cours terminé, vers cette même fenêtre. J’y sens la présence de Dieu – celui-ci me parle de nouveau par le biais de la nature. Mais cette expérience me donne un sentiment d’insécurité écrasant quant à mon avenir. Au fil des années, Dieu me démontre fidèlement l’importance de l’art pour lui. Je finis par obtenir des diplômes supérieurs en théologie et en art, tandis que Dieu réaffirme constamment le rôle qu’il veut que je joue en partageant son amour de l’art avec les autres. Aujourd’hui, j’enseigne l’art et l’histoire de l’art dans la plus grande faculté d’art visuel du système éducatif adventiste. Je parle à de nombreux étudiants qui se sentent également incompris par leurs parents et même par l’Église alors qu’ils suivent leur vocation artistique. 14

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DIEU AIME LA BEAUTÉ

L’amour de Dieu pour l’art est l’un de ses plus grands attributs, comme en témoignent sa création et la vocation de Christ en tant que tektōn, ou « artisan », alors qu’il habitait icibas parmi nous. Ellen White a écrit : « C’est le Christ qui conçut le plan du premier tabernacle terrestre et donna des instructions précises en rapport avec la construction du temple de Salomon. Celui qui exerça ici-bas la profession de charpentier dans le village de Nazareth est le divin architecte qui établit le plan du sanctuaire où son nom devait être honoré1. » La Bible consacre près de 50 chapitres à des descriptions extravagantes de l’art et de l’architecture du sanctuaire. Betsaleel et Oholiab ont été les premiers artisans mis à part par Dieu, lequel les a remplis « de l’Esprit de Dieu, de sagesse, d’intelligence, et de savoir pour toutes sortes d’ouvrages. Il [les a rendus capables] de faire des


Sun Breaking Through Clouds Above the Roman Campagna, Johann Jakob Frey, 1844 ou après National Gallery of Art, Joseph F. McCrindle Collection

inventions, de travailler l’or, l’argent et l’airain, de graver les pierres à enchâsser, de travailler le bois, et d’exécuter toutes sortes d’ouvrages d’art. » (Ex 35.31-33) Ensemble, ils se sont engagés dans la construction du sanctuaire avec Christ, l’Artiste original, et ont été fidèles à son appel. N’est-il donc pas étrange que l’esthétique soit si souvent mal comprise au sein de l’Église ? Un jour, Vincent van Gogh se sentit appelé par Dieu mais fut largement rejeté par sa communauté chrétienne. Dans une lettre adressée à sa mère et à son frère Théo, Van Gogh écrit que Dieu l’avait envoyé prêcher l’Évangile aux pauvres, mais qu’il devait « d’abord l’avoir dans son propre cœur »2. Van Gogh découvrit que c’est à travers l’art que Dieu exprime le mieux son amour. Il croyait que la beauté de Dieu, vue à travers la nature, est ce qui nous amène à une expérience sublime de la vie. Le mot grec aisthetikos implique que nous pouvons apprendre à

connaître par la perception et par nos sens. La véritable esthétique peut être une force génératrice de vie que Dieu nous donne. Cette connaissance, bien qu’incomplète, sert de première attraction qui nous pousse à désirer Dieu (Rm 1.20). Quand Van Gogh se rendit compte que l’Église réformée néerlandaise officielle comprenait mal son ministère pastoral, il fit de l’art un moyen d’exprimer ses convictions religieuses les plus profondes. « Notre but, dit-il, c’est de nous réformer nous-mêmes au moyen d’un artisanat et d’un rapport avec la nature – notre but, c’est de marcher avec Dieu3. » Doutant beaucoup de son appel artistique, il vivait dans l’obscurité et ne vendait pratiquement aucun tableau. La profonde dépression de Van Gogh pourrait finalement l’avoir conduit à la mort. Du point de vue d’un « Évangile de prospérité » superficiel, Van Gogh n’a pas eu de succès, et de son vivant, de nombreux contemporains auraient pu douter de la bénédiction de Dieu à son endroit. Pourtant, Van Gogh a été fidèle à l’appel de Dieu au plus profond de son âme. Aujourd’hui, des millions de personnes, laïques ou religieuses, se pressent dans les musées du monde entier pour découvrir l’amour de Dieu qu’il a si désespérément essayé de peindre sur sa toile. Un jour, il connaîtra peut-être l’impact de l’œuvre de sa vie.

L’esthétique peut être le langage le plus puissant que Dieu utilise pour appeler les gens à entrer en relation avec lui.

Dieu utilise pour appeler les gens à entrer en relation avec lui. Répondre à l’appel de Dieu de faire de l’art constitue la plus forme de culte la plus élevée. Cette forme de culte est plus attrayante pour les postmodernes car ils ont soif de voir la vérité appliquée de manière inattendue et sincère. Grâce aux médias modernes, notre approche cultuelle de l’art peut atteindre les gens d’une manière sans précédent. Pour que l’art ait du pouvoir, il doit être authentique et, à l’instar de l’expérience de Van Gogh, doit pénétrer « la surface des choses et les dépeindre telles qu’elles sont réellement »4. Ellen G. White, Les paraboles de Jésus, p. 302. Johanna van Gogh-Bonger et Vincent Willem van Gogh, éds., The Complete Letters of Vincent van Gogh, 3 vols., Greenwich, Conn., New York Graphic Society, 1959, lettre 94. 3 Ibid., lettre 377. 4 Philip Graham Ryken, Art for God’s Sake: A Call to Recover the Arts, Phillipsburgh, N.J., P & R Publishing, 2006, p. 39. 1

DIEU NOUS APPELLE PAR LA BEAUTÉ

Quand je repense au magnifique coucher de soleil que j’ai vu depuis la baie vitrée au Brésil, et à ce moment où j’ai ressenti l’appel de Dieu pour ma vie, je pense aujourd’hui aux centaines d’étudiants à qui j’ai enseigné et qui ressentent également l’appel à devenir des artistes. J’en suis venue à comprendre et à apprécier l’art de manière beaucoup plus approfondie, et j’en ai conclu que l’esthétique peut être le langage le plus puissant que

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Giselle Sarli Hasel est professeur d’art visuel et de design, ainsi que directrice de la John C. Williams Gallery of Art à la faculté d’art visuel et de design de l’Université adventiste Southern, à Collegedale, au Tennessee (États-Unis).

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Sous les projecteurs

Science et foi vont de pair Ce que Dieu nous enseigne à travers la science et l’ingénierie

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a science et la foi sont allées de pair pendant des siècles. De nombreux pionniers des mathématiques et de la science étaient, en effet, de fervents chrétiens. Je pense, entre autres, à Kepler, Pascal, Mendel, Kelvin et Carver. Comme l’a écrit David : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains. » (Ps 19.2) Ces scientifiques considéraient l’étude des lois de la nature comme une expression de leur foi, comme un acte d’adoration. Aujourd’hui, les discussions sur Dieu et la science sont obscurcies par l’évolution ou la cosmologie, bien que je les considère dans la catégorie des modèles empiriques du passé, plutôt que dans la méthode scientifique des expériences répétables. TÉMOIGNAGE PERSONNEL

Le lien entre la foi et la science m’a apporté dans ma propre vie un sens et une orientation, un développement personnel, une éthique, et l’humilité. En tant que professeur d’ingénierie, j’utilise des expériences ciblées pour résoudre un problème. Mes propres travaux, à l’intersection du génie des matériaux, de la mécanique et de la chimie, portent sur la production de métaux, et sur la génération, la conversion et le stockage d’énergie en vue de réduire, d’éliminer ou de limiter les émissions de gaz à effet de serre. En fait, ma focalisation sur ce sujet se fonde en grande partie sur ma foi en tant que moyen d’utiliser mes dons pour résoudre un problème urgent. L’intersection la plus directe entre ma foi et mon travail se produit lorsque je prie pour avoir des idées. Cela est d’autant plus évident lorsque mes propres efforts échouent : la prière m’éclaircit l’esprit, me focalise, et me rend humble. Une fois, après la présentation d’une conférence dans laquelle je n’avais obtenu des résultats que par la grâce de Dieu, un membre de l’auditoire s’est approché de moi et m’a demandé si j’étais chrétien – il a dit qu’il discernait de l’humilité dans mon attitude, l’humilité de celui qui a vu la puissance de Dieu s’accomplir dans sa faiblesse (voir 2 Co 12.9). La foi m’a également conduit à donner la priorité aux gens et à leur développement. Pour l’avancement de leur carrière, j’encourage souvent les étudiants à changer d’institution ou de groupe de recherche après avoir obtenu un diplôme ou franchi une étape importante – même s’il serait plus avantageux pour mes recherches qu’ils continuent à travailler avec moi. Encore une fois, cela n’est pas réservé à la science ; nous pouvons et devons Image : Frank Cone (à gauche) et Pixabay (à droite)


tous promouvoir les intérêts de ceux qui nous entourent. Dans le domaine des sciences, le fait d’être à l’avant-garde d’une discipline, aussi petite soit-elle, nous aide à voir tout ce que nous ne savons pas et ne saurons probablement jamais. Le blason original de Harvard avait l’un de ses trois livres tourné vers le bas pour représenter « les limites de la raison et le besoin de la révélation de Dieu ». Deux cents ans après sa conception, Harvard a tourné le troisième livre vers l’avant, alors qu’en 1843, ses régents, constatant les progrès rapides de la science, croyaient que toutes les connaissances avaient été révélées ou le seraient bientôt. Parce que la quasi-totalité de l’enseignement scientifique obligatoire et la couverture médiatique de la technologie se concentrent sur les faits établis et les réalisations, il est difficile pour beaucoup de comprendre les limites et l’incertitude. METTRE LA THÉORIE EN PRATIQUE

Mais la leçon d’humilité est plus grande encore quand on constate que les gens n’agissent pas sur la base de connaissances bien établies, comme les talents enfouis dont Jésus parle (Mt 25.14-30) ou le psaume 127. Par exemple, lors de la pandémie de COVID19, les scientifiques américains ont rapidement appris à connaître le virus et ont développé les premiers vaccins les plus efficaces. Mais les messages politiques ont entravé les efforts de prévention, et nos taux d’infection et de surmortalité ont éclipsé non seulement ceux de la Nouvelle-Zélande et de la Corée du Sud – deux pays qui ont utilisé efficacement l’expertise médicale – mais aussi ceux de la plupart des pays à faible revenu, depuis l’Érythrée jusqu’à Haïti*. Il en va de même avec mon domaine de l’atténuation du changement climatique, où les États-Unis sont humiliés devant le passage de la Norvège aux véhicules électriques – dont beaucoup sont fabriqués aux États-Unis – et encore plus par le Bhoutan et le Costa Rica, lesquels sont déjà ou seront bientôt carboneutres. Lorsque j’étais aux études secondaires, j’ai verbalisé comme suit cette dichotomie entre la technologie

et son déploiement utile. En tant qu’ingénieur, je voulais contribuer à résoudre les « petits problèmes » du monde, que j’ai listés comme suit : „ l’agriculture, pour nourrir une planète en pleine croissance ; „ la recherche médicale, pour permettre aux gens de vivre plus longtemps et en meilleure santé ; „ le transport et les communications, pour établir des relations transfrontalières et réduire les causes de conflits ; „ les interactions humaines avec l’environnement, pour un développement durable ; „ l’accès à l’information, car le plus grand ennemi d’un dictateur, c’est la vérité. „ Tous ces éléments sont importants. Mais si les scientifiques et les ingénieurs font bien leur travail, nous aiderons les artistes, les économistes, les travailleurs sociaux, les dirigeants religieux et les politiciens à s’attaquer aux « gros problèmes » que j’ai listés comme suit : „ la paix entre les nations, et la sécurité dans nos quartiers ; „ la prévention et l’atténuation des famines ; „ l’éducation pour développer l’autonomie et la confiance, en particulier pour les marginalisés ; „ les soins de santé pour ceux qui en ont le plus besoin ; „ la justice, y compris une distribution économique juste ; „ la vérité dans le journalisme et l’histoire ; „ un but et un sens à nos vies, et l’expression artistique de ce but et de ce sens. LA TOLÉRANCE DES DIFFÉRENCES

Une conséquence importante de cette compréhension des « petits problèmes » et des « gros problèmes », c’est qu’être un scientifique ou un ingénieur exige de croire que notre travail sera utilisé pour le bien et non pour le mal. Même si nous ne travaillons pas sur la science ou l’armement nucléaires, les événements du 11 septembre 2001 ont montré que, même si l’on se focalise sur des technologies non militaires, un avion de ligne civil – construit pour rassembler les gens – peut être utilisé de façon abu-

sive comme une arme de destruction massive par des individus suffisamment remplis de haine. En tant qu’ingénieur, ça m’a fait peur. Je crois que ça nous oblige à avoir davantage confiance dans les personnes, les institutions et les systèmes qui entourent la technologie. Je préférerais vivre dans un monde dans lequel nous résolvons les gros problèmes mais pas les petits – un problème de démocratie, mais aussi des défis avec l’énergie ou la nutrition, plutôt que l’inverse, comme dans le fascisme ou une dystopie à la Mad Max avec sa perfection technologique. Ça ne veut pas dire que le travail dans les STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) n’a pas d’importance. Il s’agit plutôt d’un catalyseur : les nouvelles technologies peuvent réduire considérablement l’impact d’une pandémie et le coût de la réduction des émissions climatiques. Grâce aux incitations économiques et au financement de la recherche et du développement, les prix de l’énergie éolienne et solaire ont chuté respectivement de 75 pour cent et de 90 pour cent entre 2007 et 2019. Ainsi, nous continuons à explorer la création de Dieu, plus vaste que ce que nous ne pouvons même imaginer. Et nous travaillons dur pour utiliser les dons matériels et les connaissances que Dieu a donnés afin de créer des outils permettant d’améliorer la vie les uns des autres. Mais nos limites nous donnent une leçon d’humilité : nous restons ouverts à l’idée que ce que nous pensons savoir pourrait s’avérer faux. Cette ouverture d’esprit est l’essence même de la recherche scientifique, de la conception technique, et de la marche chrétienne, alors que toutes trois avancent main dans la main. * Voir sur le site suivant : https://www.brookings.edu/blog/future-development/2021/05/27/covid-19-is-a-developing-country-pandemic/.

Adam Clayton Powell IV, professeur adjoint d’ingénierie mécanique à l’Institut polytechnique de Worcester, se focalise sur les nouvelles technologies zéro émission pour l’aviation, etc. Il est le trésorier de l’église Boston Temple Seventh-day Adventist Church, et habite dans le Massachusetts, aux États-Unis.

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Perspective mondiale

Des défis pour notre identité et notre mission Sauvegarder la vérité divine

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atigué, usé par les luttes, l’évangéliste est inquiet pour l’Église chrétienne naissante. Il sait qu’elle sera bientôt confrontée au ridicule, à la moquerie, à l’emprisonnement, et à la persécution. L’apôtre Paul réunit les anciens de l’église d’Éphèse à Milet et les avertit qu’il s’introduira « des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau » (Ac 20.29). Des temps difficiles se profilent à l’horizon. Des problèmes vont survenir. Les croyants vont bientôt être confrontés à une persécution féroce dans l’Empire romain. Néanmoins, il ne s’agit pas là de l’unique préoccupation de Paul. Sa préoccupation principale est sans doute le défi lancé par l’Église chrétienne elle-même. Il donne alors le conseil suivant à ses dirigeants : « […] il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années, je n’ai cessé nuit et jour d’exhorter avec larmes chacun de vous. Et maintenant je vous recommande à Dieu et à la parole

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de sa grâce, à celui qui peut édifier et donner l’héritage avec tous les sanctifiés. » (v. 30-32) Les préoccupations des dirigeants de l’Église du Nouveau Testament concernant l’introduction d’enseignements erronés dans cette Église sont tout à fait fondées. Paul met en garde le jeune Timothée contre Hyménée et Philète, lesquels déclarent que la résurrection a déjà eu lieu (2 Tm 2.17,18). Il écrit aux Galates sur la justification par la foi en Christ seul, à une époque où certains ramènent les croyants à la dépendance de la loi en tant que moyen de salut. L’apôtre Pierre avertit alors l’Église : « Il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses » (2 P 2.1). Dans Apocalypse 2, Jean met ses lecteurs en garde contre les Nicolaïtes, lesquels se sont débarrassés de la loi de Dieu et mènent une vie de complaisance effrénée (Ap 2.14,15). SAUVEGARDER LA VÉRITÉ DIVINE

Les dirigeants chrétiens doivent toujours se soucier de préserver l’intégrité des vérités bibliques de la révélation divine, lesquelles sont centrées sur Christ. Mon point de vue est simple : les dirigeants de l’Église à tous les paliers ont la responsabilité solennelle devant Dieu de nourrir les croyants en Christ, de sauvegarder et de proclamer la vérité biblique, et de donner la priorité à la mission. Qu’est-ce que cela signifie spécifiquement pour l’Église adventiste aujourd’hui ? Ne nous étonnons pas de ce que des enseignements erronés soient parfois enseignés dans nos classes de l’École du sabbat, depuis nos chaires, et dans nos salles de cours. La stratégie du diable consiste à éroder l’essence même de l’adventisme. Si l’Église adventiste n’est qu’une autre confession, quel message unique pouvons-nous offrir au monde ? Si l’Église adventiste n’est pas un mouvement divin suscité par

Image : Chris Ensminger


Dieu avec un message spécial pour le monde afin de préparer un peuple à la venue de Jésus, alors pourquoi envoie-t-on des missionnaires jusqu’au bout du monde ? Si, en tant qu’adventistes, nous perdons notre identité prophétique, notre message au monde perdra alors sa puissance. LA MARQUE DE LA BÊTE

Permettez-moi d’être plus précis. S’il n’y a pas de crise à venir concernant la loi de Dieu, si nous devons réviser notre message sur la marque de la bête, s’il n’y a pas de future loi nationale sur le dimanche, si la papauté, le protestantisme apostat et les États-Unis ne joueront pas un rôle significatif dans l’unification du monde lors de la crise finale, alors l’intégrité même du mouvement adventiste depuis ses débuts est remise en question. Nos pionniers adventistes se berçaient-ils d’illusions ? Ellen White s’est-elle trompée dans ses écrits sur la crise à venir relative à la loi de Dieu ? Certainement pas ! Mais plus grave encore : banaliser ou minimiser le scénario prophétique des événements du dernier jour remet en question les grandes vérités prophétiques de Daniel et de l’Apocalypse. Le prophète Daniel parle de la montée de Babylone, de la Perse, de la Grèce, de Rome, et de la puissance de la petite corne issue des dix divisions de la Rome païenne qui tenterait de changer « les temps et la loi » (Dn 7.25). Apocalypse 12 parle d’un reste du temps de la fin, c’est-à dire de « ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus » (Ap 12.17). Apocalypse 13 parle d’un temps où la loyauté envers Dieu signifiera faire face à un boycott économique et où personne ne pourra acheter ni vendre sans recevoir la marque de la bête. Finalement, un décret de mort sera appliqué aux croyants (Ap 13.15-17). Apocalypse 14 annonce le message des trois anges des derniers jours. Ce passage révèle que « l’Évangile éternel » sera proclamé par une Église remplie de l’Esprit « à toute nation, à toute tribu, à toute langue,

et à tout peuple » (Ap 14.6). À la lumière du jugement investigatif céleste au temps de la fin, lequel se déroule avant le retour de Jésus, le premier ange appelle les hommes et les femmes à adorer le Créateur (v. 7). À l’opposé de ceux qui adorent le Créateur, il y a ceux qui adorent la bête (v. 9). Cette crise finale de la grande controverse entre le bien et le mal développe un peuple de saints qui, par la puissance du Saint-Esprit, « gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus » (v. 12). LA DIFFÉRENCE AVEC LES BAPTISTES DU SEPTIÈME JOUR

Il y a plus de 100 ans, Ellen White écrivait au pasteur K qui, bien que croyant au sabbat, minimisait sa relation avec les événements des derniers jours et la crise à venir. Ses paroles sont extrêmement instructives pour l’Église aujourd’hui. Les sentiments du pasteur K sont encore exprimés par certains. Voici ce qu’Ellen White a écrit : « En ce qui concerne le sabbat, il a adopté la même position que les baptistes du septième jour. Séparez le sabbat du message des trois anges, et il perd sa puissance ; mais lorsqu’on le lie au message du troisième ange, il s’accompagne d’une puissance qui convainc les incrédules et les infidèles, et leur donne la force de se tenir debout, de vivre, de croître et de s’épanouir dans le Seigneur1. » Nous avons là une déclaration extrêmement importante ! Les adventistes du septième jour ont bien compris la relation entre le ministère du Christ à l’heure du jugement dans le sanctuaire céleste, la loi de Dieu, le sabbat, et les événements finaux de l’histoire de ce monde, tels que soulignés dans le livre de l’Apocalypse. Lorsque le sabbat est « séparé » du message du troisième ange – lequel nous avertit de ne pas recevoir la marque de la bête – et des événements finaux liés à ce message, le sabbat perd sa puissance. Bien que Dieu continue à révéler à son peuple de nouvelles compréhensions de la vérité et que de nouvelles vérités resplendissent dans sa Parole, la nouvelle vérité

n’obscurcit jamais les vérités découvertes précédemment. Puisque Dieu est l’Auteur de la vérité, les révélations futures n’annuleront jamais ce qu’il a précédemment révélé. Nous pouvons voir de nouveaux aspects de notre compréhension prophétique, mais nous ne pouvons jamais logiquement rejeter les révélations précédentes de la vérité que Dieu a donnée à son peuple. Nous ferions bien de réfléchir à la déclaration suivante : « Chaque vérité qu’il a donnée pour ces derniers jours doit être proclamée au monde. Chaque pilier qui a été dressé doit être affermi. Nous ne pouvons abandonner le fondement que Dieu a établi2. » Nous pouvons nous attendre à ce que les fondements mêmes de notre foi soient ébranlés mais, comme Jésus l’a déclaré, « sur cette pierre je bâtirai mon Église, et […] les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Mt 16.18). En Christ, son Église triomphera enfin. Le dernier livre de la Bible décrit un peuple racheté par la grâce de Christ, un peuple transformé par sa puissance et motivé par son amour. L’espoir de son retour imminent les incite à partager avec passion la bonne nouvelle de l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre. L’adventisme est, à son meilleur, un mouvement prophétique centré sur le Christ, croyant en la Bible et rempli de grâce, un mouvement qui s’occupe des autres avec compassion et qui transmet un message d’espoir urgent à un monde qui se meurt. Puissions-nous nous lever pour accomplir notre destinée et nous acquitter de la mission que Dieu nous a appelés à remplir ! Ellen G. White, Testimonies for the Church, Mountain View, Calif., Pacific Press Pub. Assn., 1948, vol. 1, p. 337. 2 Idem., Messages choisis, vol. 2, p. 449. 1

Mark Finley est un assistant spécial du président de l’Église adventiste mondiale, et un rédacteur spécial pour la revue Adventist World.

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Méditation

Le Juif blessé O Nous arrive-til, parfois, de ne pas même reconnaître un ami ?

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n ne se soucie guère de lui. Les érudits mêmes lui jettent à peine un regard. Lorsqu’on reconnaît sa présence dans la parabole, on le considère comme la victime, le problème à résoudre, un accessoire anonyme dont le but est de révéler le cœur d’autres personnages plus importants. Il n’est que le Juif blessé*. Si vous êtes chrétien, ne serait-ce que depuis quelques années, l’histoire vous est probablement familière. Cet homme – dont le nom n’est pas mentionné – est victime d’une bande de voleurs alors qu’il se rend de Jérusalem à Jéricho. Ces brutes le battent cruellement, le dépouillent de ses vêtements, et le laissent là, à demi mort. Deux chefs religieux respectés passant par là – un prêtre, et plus tard, un lévite – aperçoivent l’homme ensanglanté. Mais ni l’un ni l’autre ne s’arrête pour l’aider. Finalement, un Samaritain, passant lui aussi par là, aperçoit le mourant. Ému de compassion, il nettoie et bande ses plaies en y versant de l’huile et du vin, le place sur son propre âne, et paie à l’avance les soins qu’il recevra dans une auberge. Alors qu’il termine de raconter cette parabole, Jésus souligne l’amour du

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bon Samaritain pour son prochain et dit à son interlocuteur : « Va, et toi aussi, fais de même. » (Lc 10.37) UN SEGOND REGARD

En général, on ne prête que peu d’attention à l’homme blessé. On est plus enclin à explorer l’histoire de l’animosité profonde et parfois mortelle entre les Juifs et les Samaritains. On déplore le fait que les deux personnalités religieuses – le prêtre et le lévite – aient eu trop peur des voleurs ou aient été trop préoccupées de leur propre pureté rituelle pour s’arrêter et aider leur compatriote. On peut étudier les cartes et les images du paysage aride et réfléchir aux dangers de la route entre Jérusalem et Jéricho. Il se peut qu’on s’arrête avant tout sur le bon Samaritain en tant que centre incontesté de l’histoire. Étant un Samaritain, il aurait été considéré par les Juifs comme étant perpétuellement impur, car pour eux, il était inférieur à tout point de vue : religieux, moral, racial, et culturel. Pourtant, dans la parabole, Jésus le présente en tant que modèle de ce que signifie être le prochain d’autrui et comme quelqu’un que nous devons tous imiter. Ainsi, perdu dans la mêlée des détails historiques apparemment plus intéressants et d’un personnage plus noble, l’homme blessé reste sans visage, sans nom, et tombe dans l’oubli. On passe outre. Mais c’est là une erreur tragique, la même erreur que celle commise par le prêtre et le lévite. S’ils l’avaient connu – s’ils l’avaient vu comme un frère aîné, une sœur, un conjoint, un ami, ils auraient, bien évidemment, volé à secours ! Mais ils ne l’ont pas reconnu. Et nous non plus. LE JUIF BLESSÉ… QUI EST-IL DONC ?

Le premier indice de l’identité du Juif blessé est la route que Jésus a choisie comme cadre de la parabole. Dans nos discussions habituelles sur cette histoire, nous avons tendance à souligner la stérilité du paysage et le danger que représentent les voleurs le long de la route. Mais il s’agissait d’une grande artère, d’une route bien fréquentée, bien construite. Aujourd’hui encore, on peut retracer le parcours et, par endroits, marcher sur les grandes dalles datant de l’époque de Jésus. Il y avait certainement d’autres routes plus désertes, plus dangereuses qui auraient pu servir de toile de fond pour cette histoire. Pourquoi Jésus a-t-il choisi celle-ci en particulier ? Il savait quelque chose. Il savait que sur le sentier menant à la croix, il ferait ce même trajet entre Jéricho et Jérusalem. Il raconta donc la parabole de telle sorte que l’homme blessé au bord de la route préfigure sa propre expérience. Dès qu’on découvre ce lien, on se demande comment on a bien pu le manquer… Les parallèles sont si nombreux, si puissants !

En général, on ne prête que peu d’attention à l’homme blessé. L’homme de la parabole a commencé son voyage à pied, mais l’a terminé sur le dos de l’âne du Samaritain. De même, Jésus s’est dirigé vers Jérusalem à pied et, lors de l’entrée triomphale, il a terminé, lui aussi, son voyage sur le dos d’un âne appartenant à quelqu’un d’autre. L’homme dans la parabole et Jésus sont les deux seuls individus des Évangiles à avoir été dépouillés de leurs vêtements. Tous deux ont été battus, abandonnés et laissés à demi morts. Jésus s’est aussi retrouvé au milieu de voleurs – l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. Les prêtres et autres chefs religieux qui auraient dû le défendre l’ont laissé souffrir et mourir. C’est alors que le secours est arrivé. Le corps meurtri et brisé a été enveloppé et oint par des mains inattendues. Dans la parabole, il s’agissait d’un Samaritain, mais pour Jésus, c’est un membre du sanhédrin et quelques femmes de la Galilée qui ont agi avec une compassion étonnante. Tant dans la parabole que dans l’expérience de Jésus lui-même, l’histoire tragique devient une histoire de restauration, de salut même. La mort a été trompée, et l’amour a triomphé. Oui, Jésus raconte la parabole de manière à ce que l’homme au bord de la route préfigure sa propre expérience. Le Juif blessé, c’est Jésus. C’est peut-être vrai, même aujourd’hui. Alors que nous cheminons dans la vie, travaillant pour assurer notre propre confort et occupés par notre propre ordre du jour religieux, Jésus gît là, au bord de la route. Il est souvent abandonné, oublié, à demi mort. L’homme meurtri et brisé – l’étranger qui nous fait pitié et duquel nous passons outre, c’est lui. Le « plus petit d’entre eux », c’est Jésus, toujours Jésus. Dès qu’on reconnaît ça, l’appel de Jésus, à la fin de la parabole – « Va, et toi aussi, fais de même » – prend soudain un sens supplémentaire, un sens différent. Au lieu d’être une simple consigne de bienveillance à l’égard des étrangers, il devient un appel personnel. « Je t’en prie, dit Jésus, aide-moi. » Pardonne-nous, Jésus, d’avoir passé outre, de t’avoir laissé au bord du chemin. Et ouvre nos yeux pour que nous puissions voir.

Paul Dybdahl est professeur de mission et de Nouveau Testament à l’Université de Walla Walla, à College Place, dans l’État de Washington, aux États-Unis.

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Tony et Elsebeth Butenko en visite à Nuuk.

On aperçoit ici, à Nuuk, la maison du pasteur, la clinique, et l’église.

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e 3 juillet 2021, il y a eu 300 ans que Hans Egede, un pasteur luthérien danois et norvégien, s’est rendu au Groenland pour apporter le christianisme dans cette région froide et étendue du Grand Nord. Puis, il y a 67 ans, soit en 1954, le pionnier adventiste Andreas Nielsen a posé à son tour le pied sur l’île. Cet autre pasteur courageux et zélé y a été envoyé par la Division Europe du Nord pour partager le message de l’Évangile avec la population. Andreas Nielsen a commencé son ministère en rendant d’abord visite à Amon Berthelsen à Sisimiut, à environ 320 kilomètres au nord de Nuuk. Initiés à l’adventisme grâce à des imprimés que des pêcheurs des îles Féroé avaient distribués, Amon et son fils ont commencé à observer le sabbat. Plus tard dans l’année, Amon a été baptisé. ATTEINDRE LES GENS

Foi en action

Partager l’Évangile au Groenland Une histoire d’engagement et d’abnégation La fille d’un pionnier missionnaire adventiste au Groenland suit les traces de son père dans un effort renouvelé pour apporter le message des trois anges à la plus grande île du monde 22

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Le pasteur Nielsen, sa femme Aase et leurs deux enfants, s’installent à Nuuk, capitale du Groenland. En plus de rendre visite aux habitants de Nuuk chez eux avec sa famille, le pasteur Nielsen se rend aussi en bateau dans différents lieux le long de la côte pour parler de Jésus à autant de gens possible. Peu après son arrivée au Groenland, le tract intitulé Look Up (Ardlorit en groenlandais) est traduit et distribué dans toute l’île. Par la suite, les livres Vers Jésus et La tragédie des siècles sont également traduits. Une fois parvenus dans de nombreux endroits reculés, ces livres et d’autres ouvrages adventistes contribuent à briser les préjugés à l’égard de l’Évangile. Et Andreas Nielsen devient connu dans de nombreuses régions du Groenland. PAS DE PLACE À L’AUBERGE

À leur arrivée au Groenland, les Nielsen se heurtent à une opposition féroce de la part de l’Église d’État, soit l’Église luthérienne. Un jour, lorsque le pasteur Nielsen et Ernst Hansen, un autre pasteur, arrivent à Ilulissat, dans l’ouest du Groenland, ils découvrent que le doyen rural de l’Église luthérienne d’État de Nuuk a fait parvenir une lettre de mise en garde aux habitants contre les « hérétiques ». Après avoir déchargé leurs

Photos : courtoisie d’Elsebeth Butenko


bagages du bateau, les deux pasteurs se mettent à chercher un logement. Mais personne ne veut les accueillir ! Les gens refusent même de les laisser passer la nuit dans leurs abris extérieurs. À la tombée de la nuit, il ne reste qu’une seule option : planter leur tente dans une zone foisonnant de centaines de chiens sauvages. Heureusement, un Groenlandais finit par avoir pitié d’eux et les invite à rentrer chez lui. « Il pourrait être fatal de rester là toute la nuit », les prévient-il. En voyageant à travers le Groenland, Andreas Nielsen forge des amitiés avec plusieurs personnes chez qui il peut séjourner lorsqu’il travaille dans leur région. En 1954, la Division Europe du Nord finance la construction d’une maison pour le pasteur et sa famille à Nuuk. Une clinique et une église, également financées par la division, sont ajoutées et inaugurées en 1959. Au cours de leur ministère d’une durée de 10 ans au Groenland, Andreas Nielsen et sa famille conduisent plusieurs personnes à accepter Jésus et à se joindre à l’Église adventiste. D’autres pasteurs et le personnel de la clinique poursuivent l’œuvre, contribuant ainsi à la croissance et à la préservation de l’Église. Leurs efforts engendrent un climat favorable au sein de la population. Malheureusement, après environ 40 ans de mission au Groenland, les difficultés économiques de l’union locale entraînent l’arrêt du travail pastoral rémunéré sur l’île. En 1998, la maison, la clinique et l’église appartenant à l’Église sont vendues. C’est ainsi que prend fin la présence officielle des adventistes au Groenland – mais pas l’esprit de la mission. Dans les années qui suivent, le contact avec l’Église du Danemark est maintenu par le biais de la Collecte annuelle, des visites, et des lettres. L’ŒUVRE SE POURSUIT

Elsebeth Butenko est la fille des pionniers Andreas et Aase Nielsen. Ayant vécu au Groenland dans son enfance, et plus tard, servi deux fois sur l’île en tant que physiothérapeute, elle aspire ardemment à poursuivre l’œuvre missionnaire que ses parents ont commencée. En été 2019, elle se rend, depuis le Danemark où elle demeure, au Groenland avec de nombreux exemplaires du livre Vers Jésus d’Ellen White imprimés en danois et en groenlandais.

Le Groenland – Kalaallit Nunaat en groenlandais – est un pays insulaire absolument magnifique avec ses montagnes enneigées, ses icebergs, et ses rideaux de lumières colorées qu’on aperçoit de temps à autre dans le ciel nocturne. En été, le pay-

À Nuuk, une femme tient un exemplaire groenlandais de La tragédie des siècles.

À Nuuk, elle va de maison en maison pour rendre visite aux résidents et distribuer ce précieux livre. En 2020, son mari Tony, pasteur au Danemark, la rejoint. Le couple ajoute à son arsenal La tragédie des siècles ainsi qu’une traduction groenlandaise du livre pour enfants intitulé Jesus : Bible Truth for Children, de Ruth Atwood. Lorsque Tony doit rentrer au Danemark pour s’occuper de ses églises, Elsebeth, elle, reste à Nuuk pour distribuer ces différents livres jusqu’à la fin décembre. Elle en fait ensuite imprimer des exemplaires supplémentaires. Au début de la nouvelle année, elle s’installe à Sisimiut, la ville même où son père a baptisé le premier converti adventiste. Elsebeth est encouragée d’apprendre que plusieurs familles se souviennent encore de son père. Elle rapporte de nombreuses histoires encourageantes sur la façon dont elle, son mari et leurs livres ont été bien accueillis par les Groenlandais. Des études bibliques ont été lancées, des amitiés, forgées. On prévoit créer un site Web pour faire avancer la mission sur l’île. Si le Groenland ne compte qu’une faible population, en revanche, de nombreuses âmes précieuses peuvent être gagnées pour le royaume grâce aux efforts de témoignage actifs soutenus par le Saint-Esprit. Pour en découvrir davantage sur l’histoire de l’œuvre missionnaire au Groenland, visitez le site https://encyclopedia. adventist.org/article?id=CCS5&highlight=david%7Cdown.

Sven Hagen Jensen est un pasteur adventiste servant au Danemark. Auparavant, il a été missionnaire au Nigeria et au Moyen-Orient.

sage s’égaye de plantes vertes et de petites fleurs. Le Groenland est situé entre les océans Arctique et Atlantique, à l’est de l’archipel Arctique canadien. Le Groenland est la plus grande île non continentale du monde. Seul un cinquième environ de son

territoire – une superficie équivalente à celle de la Norvège – n’a pas de glace ; le reste est recouvert d’une calotte glaciaire. Environ 56 000 personnes – des Inuits pour près de 90 pour cent – y habitent aujourd’hui, principalement sur la côte sud-ouest.

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e mouvement adventiste a vu le jour sous la direction divine, avec James White, ainsi qu’Ellen White et Joseph Bates en tant que cofondateurs. James a été le principal dirigeant et organisateur de l’Église naissante, tant au stade embryonnaire qu’à celui de son développement. Il a été, aux côtés de sa femme, un « guerrier fidèle » pendant 36 ans « dans le combat pour la vérité »1. Cette année marque le 200 e anniversaire de la naissance de James White, dont le souvenir mérite d’être gardé bien vivant. W. C. White a dit de son père qu’il « priait avec ferveur et crainte révérencieuse »2. Lillian Belden, la nièce de James, se souvient qu’il partait souvent seul et priait dans « des greniers ou des greniers à foin isolés » lorsque « le soleil baissait […,] joignant ses mains »3 et implorant Dieu jusqu’à ce qu’il reçoive une réponse. Même si la prière était pour James un devoir sacré, il croyait qu’elle « n’a jamais été conçue pour se substituer à la justice, à la bienveillance, au vrai repentir, et à la miséricorde »4. Pour lui, la prière et l’action allaient de pair.

À la découverte de l’Esprit de prophétie

James White Un homme de prière et d’action

1. LES PREMIERS JOURS

James voit le jour le 4 août 1821 à Palmyra, dans le Maine. Élevé par des parents chrétiens actifs et fervents, il apprend à être un homme de prière et d’action. À l’âge de 13 ans, il passe par une véritable conversion. « Accablé par le poids » de ses péchés, il demande à Jésus de lui pardonner et de l’accepter5, et se fait ensuite baptiser au sein de l’Église Christian Connexion. Pendant son enfance, James ne peut fréquenter l’école en raison de sa vision louche et d’un trouble digestif. À l’âge de 16 ans, ses déficiences physiques disparaissent. Il entame alors un court programme d’études. Malheureusement, il prend le temps qu’il consacre d’habitude à Dieu pour étudier, et petit à petit, perd le goût de l’étude de la Bible. Trois ans plus tard, il réalise son rêve de devenir professeur. Pendant ce temps, les arguments clairs et les exhortations puissantes de William Miller convainquent James de revenir à la Bible. Il remplace sa soif de prospérité terrestre par des convictions spirituelles, et commence à militer avec enthousiasme pour la cause millérite6. Ainsi, d’homme sécularisé qu’il était, James devient un leader spirituel. À l’automne 1842, il donne des prédications millérites en tant que pasteur de l’Église Christian Connexion. DÉBUT DE L’ADVENTISME SABBATIQUE

Après la grande déception de 1844, loin d’abandonner sa foi au retour imminent de Jésus, James étudie plus que jamais les Écritures. Avec d’autres adeptes fidèles de la Bible, il contribue à l’organisation de l’Église adventiste du septième jour en 1863. En tant qu’homme animé « d’un zèle ardent dans l’activité, en harmonie avec une foi Image : Ellen G. White Estate


dominante »7, il consacre sa vie à la prédication du message adventiste. Le 30 août 1846, James épouse Ellen Harmon. Le début de leur vie conjugale est caractérisé par de maigres moyens financiers et une santé fragile. Une fois, afin de gagner suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins de sa famille et assister à sa première conférence sur le sabbat à Rocky Hill, dans le Connecticut, James se rend dans la forêt pour couper du bois. Il se retrouve affligé de fortes douleurs et est incapable de dormir. Des prières s’élèvent nuit après nuit pour soulager la douleur de James et pour qu’il reprenne des forces8. Cet été-là, les White sont invités à assister à des réunions dans l’ouest de l’État de New York. James « faisait un gros travail de fauchage, et lorsqu’il se sentait défaillir sous le soleil de midi », il « se prosternait devant Dieu », « lui demandait de le fortifier », de le revigorer pour qu’il puisse continuer à faucher9. Au bout de cinq semaines, il avait gagné suffisamment d’argent pour assister à la conférence. Ainsi, dans l’action et la prière, James trouve force et soulagement. James et Ellen s’encouragent constamment l’un l’autre. Lorsque James, découragé, dit : « Femme, inutile d’essayer de lutter plus longtemps », Ellen est là pour l’encourager10. Et lorsqu’Ellen remet en question les voies de Dieu, James est là pour dire : « Chérie, le Seigneur ne nous a pas abandonnés. Il nous en donne suffisamment pour couvrir nos besoins immédiats. Ça s’est aussi passé comme ça pour Jésus11. » JAMES ET LA CAUSE

James est un homme enthousiaste et diligent, un homme qui n’abandonne pas facilement. Écrivain prolifique, il lance le premier périodique adventiste en 1849, et fonde les maisons d’édition Review and Herald et Pacific Press. Il considère le ministère de l’édition comme son « fardeau » et son « œuvre »12. Ses compétences

en matière de collecte de fonds et de gestion aident les institutions de l’Église confrontées à de graves problèmes financiers. Il a du flair pour dénicher des personnes talentueuses telles qu’Annie et Uriah Smith, John Andrews, John Loughboroug, entre autres, et pour les impliquer dans l’œuvre de l’Église. Toute son expérience et sa vie sont entrelacées avec la cause adventiste et ses progrès.

Cette année marque le 200e anniversaire de la naissance de James White.

ACCIDENTS VASCULAIRES CÉRÉBRAUX ET DERNIÈRES ANNÉES

miennes pour demander lumière et directions, sagesse pour établir des plans et les exécuter16 ! » « La meilleure façon pour moi et mes enfants d’honorer la mémoire de celui qui est tombé, c’est de reprendre l’œuvre là où il l’a laissée et, avec la force de Jésus, de la mener à son terme »17. Que Dieu nous aide à être, à l’instar de James, des hommes et des femmes de prière et d’action, des hommes et des femmes qui apportent le message de l’amour de Dieu à un monde qui a désespérément besoin de connaître notre sauveur Jésus-Christ !

« Pendant plus de 10 ans », James s’engage dans « un effort physique et mental ininterrompu », ce qui entraîne des conséquences tragiques13. Le 16 août 1865, il subit la première d’une série d’accidents vasculaires cérébraux. Les effets de ces AVC l’affligeront tout le reste de sa vie. Alors que les White habitent à Greenville, au Michigan, et que James peine à accomplir un travail mental ou physique, le couple s’unit plus ardemment dans la prière. « Mon mari et moi, écrit Ellen, nous rendions fréquemment dans le bosquet et implorions Dieu de nous donner la santé et la force de continuer à travailler pour sa cause »14. Le 6 août 1881, James s’éteint. Il a passé ses derniers jours dans la prière. « Environ deux semaines avant sa mort, écrit Ellen, mon mari m’a souvent demandé de l’accompagner dans le bosquet, près de notre maison, pour prier avec lui. Quels moments précieux ! » Ils se confessent l’un à l’autre et supplient Dieu de leur manifester « sa miséricorde et de leur accorder sa grâce et sa bénédiction »15. James se confesse également aux autres. Il demande pardon à ses frères, reconnaît sa faillibilité, ses limites, et sa fragilité. James et les moments de prière passés avec lui manquent profondément à Ellen. « Mais combien il me manque ! […] Combien je voudrais entendre ses prières se joindre aux

E. G. White, « Notes of Travel: The Cause in Vermont », Review and Herald, 20 novembre 1883. 2 William C. White, « Sketches and Memories of James and Ellen G. White: Early Memories of Our First Home », Review and Herald, 13 février 1936. 3 Mrs. H. J. Gilbert (Lillie Belden-Gilbert) à M. E. Olsen, 19 janvier 1913, Fichier des correspondances du White Estate, dans James R. Nix, « Our Praying Pioneers », Adventist World, édition NAD, octobre 2011. 4 James White, An Earnest Appeal, Battle Creek, Mich., 1874, p. 40. 5 Idem., « That Sweet Morning », Youth’s Instructor, février 1854. 6 Idem., Life Incidents, Battle Creek, Mich., Seventh-day Adventist Pub. Assn., 1868, p. 65-72. 7 William C. White, « Sketches and Memories of James and Ellen G. White: The Man Who Couldn’t Wait », Review and Herald, 28 février 1935. 8 Ellen G. White, Spiritual Gifts, Battle Creek, Mich., Seventh-day Adventist Pub. Assn., 1860), vol. 2, p. 88. 9 James White, Life Incidents, p. 274 ; E. G. White, Spiritual Gifts, vol. 2, p. 94. 10 Ellen G. White, Testimonies for the Church, Mountain View, Calif., Pacific Press Pub. Assn., 1948, vol. 1, p. 89. 11 Idem., manuscrit 19, 1885, dans Ellen G. White, Manuscript Releases, Silver Spring, Md., Ellen G. White Estate, 1990, vol. 6, p. 131, 132. 12 James White, « The Power of the Press », Review and Herald, 19 juillet 1881. 13 Idem., « The Future », Review and Herald, 10 janvier 1871. 14 Idem., manuscrit 6, 1868. 15 Idem., « A Sketch of Experience », In Memoriam: A Sketch of the Last Sickness and Death of Elder James White, Battle Creek, Mich., Review and Herald Press, 1881, p. 46, 47. 16 Idem., Messages choisis, vol. 2, p. 296. 17 Idem., « A Sketch of Experience », In Memoriam, p. 55 ; E. G. White, Testimonies, vol. 1, p. 111. 1

Gerson Rodrigues, candidat au doctorat à l’Université Andrews, est le directeur du Centre de recherche Ellen G. White de l’Institut adventiste d’enseignement supérieur du nord-est du Brésil.

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La Bible répond

Justifiés et rendus parfaits Q

Quelle relation y a-t-il entre la justification par la foi et la perfection chrétienne ?

R

La justification par la foi et la perfection chrétienne sont certainement liées ; par contre, elles ne sont pas identiques. Et j’ajouterais encore que la perfection chrétienne ne doit jamais être considérée comme préparant la voie à la justification par la foi. Votre question exige une définition des deux concepts et une compréhension claire de la façon dont nous sommes sauvés. Il nous faut examiner l’œuvre du Christ en dehors de nous et en nous. 1. L’ŒUVRE DU CHRIST EN DEHORS DE NOUS

Voici un concept sotériologique fondamental : Dieu a décidé de nous sauver sans nous demander notre avis. Bien avant de nous avoir créés, il a élaboré un plan pour rétablir notre communion avec lui (Rm 16.25,26 ; Ep 1.9,10). En notre absence, le Seigneur a pris des décisions à notre sujet : le Fils de Dieu a offert de revêtir la nature humaine (Jn 1.14,15). Il exercerait son ministère auprès de l’humanité souffrante pour révéler l’amour infini de Dieu (1 Jn 4.9) ; il prendrait notre place et mourrait en portant nos péchés en tant que substitut (Rm 5.8 ; 1 Jn 3.5 ; 4.10) ; après son ensevelissement et sa résurrection, il monterait au ciel pour être notre souverain sacrificateur (He 4.14,15). Son sacrifice éliminerait la barrière du péché qui nous sépare du Père, ce qui nous permettrait de revenir à lui (2 Co 5.19,21). Dieu a fait tout ça de manière unilatérale, sans nous consulter. Notre créateur a également décidé d’envoyer le Saint-Esprit pour nous inciter à accepter son œuvre de grâce salvatrice (Jn 16.13). Dans tout ça, notre obéissance ou notre désobéissance n’a joué aucun rôle (Rm 5.8 ; 1 P 3.18). Ça a été entièrement l’œuvre de Dieu ! Celui-ci a déterminé unilatéralement que son Fils reviendrait sur la terre pour emmener son peuple dans la maison de son Père (Jn 14.1-3). Il a aussi établi qu’au

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retour de Jésus, il nous transformerait (1 Co 15.51-54), puis nous retirerait d’un environnement caractérisé par le péché, la souffrance et la mort, et finalement, créerait un nouveau ciel et une nouvelle terre (Ap 21.1,4) – tout à fait gratuitement ! La seule chose qu’il nous demande, c’est d’accepter le don du salut par la foi en Christ – la justice de Christ qui nous est imputée/créditée. À ce moment-là, nous sommes libérés du pouvoir asservissant du péché (Ga 6.15 ; Col 1.13,14). 2. L’ŒUVRE DU CHRIST EN NOUS

Sur la base de ce que je viens de dire, je suggère que l’œuvre du Christ en nous n’est pas ce qui nous sauve, mais qu’elle est plutôt une manifestation de sa puissance qui permet, par l’Esprit, de restaurer l’image de Dieu en nous. C’est l’Esprit qui nous fait grandir à la ressemblance du Fils de Dieu alors que nous dépendons constamment de son œuvre expiatoire pour nous. La perfection chrétienne, c’est exactement ça : nous grandissons chaque jour dans la grâce afin de ressembler à Jésus (1 P 2.1-3,21 ; 1 Jn 2.6), tout en plaçant notre foi exclusivement dans la grâce expiatrice de Christ, par laquelle nous obtenons l’assurance de notre salut (1 Jn 2.1,2). Ces deux aspects de la vie chrétienne ne doivent pas être confondus l’un avec l’autre. De nombreuses raisons justifient notre besoin de développer un caractère semblable à celui du Christ ; l’une des plus importantes d’entre elles, c’est sans doute de rendre notre service envers nos semblables beaucoup plus efficace (1 Jn 4.11 ; 1 P 2.12). Les incroyants verront alors notre « bonne conduite en Christ » et éprouveront de la honte (1 P 3.16). Pierre ajoute : « [Q]ue chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu » (1 P 4.10). Telle est notre réponse reconnaissante, poussée par l’Esprit, à la grâce de Dieu qui nous accorde la vie éternelle par son Fils.

Ángel Manuel Rodríguez, maintenant à la retraite, a servi en tant que pasteur, professeur, et théologien.


Santé & bien-être

La vitamine B12 Pourquoi est-elle importante dans notre régime alimentaire ? Lors du récent camp-meeting virtuel mondial de la Conférence générale, il y a eu une discussion intéressante sur la vitamine B12. Quel est le rôle de cette vitamine ? Pourquoi est-elle si importante dans nos conversations sur un régime végétarien ?

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a vitamine B12 est un nutriment essentiel nécessaire à la production d’ADN dans le corps. Elle est aussi vitale pour la production des globules rouges et l’entretien du tissu des cellules nerveuses, notamment les gaines de myéline. La myéline assure la conduction normale des impulsions électriques le long des fibres nerveuses. La B12 abaisse également le taux d’homocystéine – un acide aminé qui peut être lié à la démence et aux maladies cardiaques. Une carence en B12 entraîne une diminution de la production de globules rouges (anémie), ainsi qu’une dégénérescence et un dysfonctionnement des tissus nerveux. Dans les cas graves, cela peut être fatal, d’où la description originale de cette affection, soit l’anémie pernicieuse (mortelle). La B₁₂, ou cobalamine, est une vitamine hydrosoluble dont la structure complexe est similaire à celle de la molécule d’hème de l’hémoglobine, laquelle transporte l’oxygène dans les globules rouges. L’apport quotidien recommandé pour les hommes et les femmes non enceintes est de 2,4 microgrammes (µg) par jour, et de 2,6 µg par jour pour les femmes enceintes. La cobalamine est produite par des micro-organismes (bactéries et autres organismes unicellulaires). Les êtres humains dépendent de l’alimentation pour la B₁₂. Son absorption est complexe ; elle commence dans la bouche puis est finalement absorbée dans l’iléon (extrémité de l’intestin grêle). Elle est ensuite stockée dans le foie (une quantité qui peut couvrir les besoins de cinq à sept ans). De minuscules quantités de B12 peuvent être produites par les bactéries de la bouche, mais ça ne suffit pas à couvrir les besoins quotidiens. La B12 est importante dans nos conversations sur un régime végétarien car cette vitamine ne se trouve pas en quantité suffisante dans les aliments végétaux. Image : Eugeniusz Dudzinski / iStock / Getty Images Plus / Getty Images

Voici les facteurs de risque d’une carence en B12 : ■ un apport insuffisant (végétariens totaux, c’est-à-dire, végétaliens) ■ les ovo-lacto-végétariens âgés ■ une chirurgie antérieure de l’estomac ou de l’intestin (gastrectomie ou résection iléale) ■ un processus auto-immun, par exemple l’anémie pernicieuse ■ la consommation d’alcool ■ la maladie de Crohn ■ certains médicaments – l’utilisation prolongée de metformine (diabète), d’inhibiteurs de la pompe à protons, et d’antagonistes des récepteurs de l’histamine 2 (pour réduire l’acidité de l’estomac) Dans certaines parties du monde, on trouve des aliments enrichis de vitamine B12, des équivalents de lait, et des suppléments de B12. (Il est important de lire les étiquettes des aliments que vous consommez pour vous assurer d’un apport adéquat en vitamine B12.) Si de tels aliments ne sont pas facilement disponibles, utilisez avec précaution les produits laitiers et les œufs, et/ou utilisez un supplément de 500 µg au moins quatre fois par semaine. Une analyse du taux de B12 dans le sang peut confirmer si votre apport en B12 est suffisant. Nous avons donné un très bref aperçu en réponse à vos questions ; veuillez consulter notre site web pour un examen complet et bien référencé de ce sujet très important (https://www.healthministries.com/vitamin-b12-for-the-vegetarian/). Des preuves scientifiques solides confirment les avantages du végétarisme. Notre pratique responsable d’un végétarisme sain et équilibré s’appuie sur des raisons fondées et nous permet de profiter pleinement de la vie ! « [Soyez] toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (1 P 3.15).

Peter N. Landless est cardiologue spécialisé en cardiologie nucléaire, et directeur du Ministère de la santé de la Conférence générale. Zeno L. Charles-Marcel, M.D., est directeur adjoint du Ministère de la santé de la Conférence générale. AdventistWorld.org Septembre 2021

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Célébrer le rétablissement Tant qu’on s’abandonne, Dieu fait le gros du travail

S « Je vais vous raconter… » DICK DUERKSEN

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alut, Jonathan. Tu m’connais pas – mais mon nom, c’est Mark. Je t’appelle parce que mon cousin est dans ton groupe Celebrate Recovery. Y m’a dit que vous aidiez les gens désespérés. Ben justement, y se trouve que j’suis désespéré. J’ai vraiment besoin d’aide. J’arrive pas à arrêter d’boire ! À cause de ça, j’suis sur le point de perdre ma femme et mes enfants. » À en juger par le ton de sa voix, Mark a le cœur brisé – un ton que Jonathan entend trop souvent, alors qu’il dirige le ministère Celebrate Recovery de son église et qu’il soutient une centaine de personnes chaque semaine. Jonathan écoute, pose plusieurs questions, puis dit à Mark qu’avant d’en reparler avec lui, il veut réfléchir à sa demande et prier là-dessus pendant quelques jours. « Mais d’abord, dit Jonathan, tu dois t’engager à ne pas boire. Rentre chez toi, discute de tout ça avec Carol [sa femme],

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et débarrasse-toi de toutes les boissons alcoolisées que tu as chez toi. » *** Lorsque les deux hommes se parlent quelques jours plus tard, Mark est encore très émotif et bien déterminé à changer sa vie. Carol et lui se mettent d’accord : l’alcool, c’est fini ! Ils vident alors tout ce qui leur reste d’alcool chez eux. Sachant qu’il s’agit d’une étape cruciale, laquelle exige un engagement important en termes de temps et d’énergie, Jonathan et Mark s’entendent pour un essai de 30 jours. « Je l’ai encouragé en lui disant que c’était quelque chose que nous allions faire ensemble, se souvient Jonathan. Je lui ai aussi dit que chaque matin nous ferions une étude biblique ensemble, que chaque soir il me téléphonerait pour me parler de sa journée. Et j’ai ajouté : Il faut que tu t’investisses à fond, que tu partages les bons et les mauvais côtés de ta relation à mesure que nous apprenons à nous connaître. Tant que tu t’abandonnes, Dieu fera le gros du travail. Et, chaque fois que tu as envie de boire, tu dois m’appeler tout de suite. » L’essai de 30 jours comprend trois autres conditions. Premièrement, Mark doit se joindre au groupe Celebrate Recovery que Jonathan dirige à l’église. Deuxièmement, il doit s’engager dans une église. Troisièmement, il doit participer chaque semaine à une petite étude biblique. « Je l’ai amené à comprendre que s’il vouImage : Tim Marshall


lait que sa vie change, il lui fallait prendre des décisions importantes par rapport à sa relation avec Dieu et choisir d’adopter de nouveaux comportements. » Encore une chose très importante : Jonathan dit à Mark que désormais, il doit se mettre à parler à sa femme avec douceur et gentillesse. *** Mark est d’accord. Il se joint tout de suite au groupe de Jonathan le lundi soir et s’efforce de parler aimablement à sa femme et à ses enfants. À la fin de la période d’essai de 30 jours, Mark obtient sa première victoire : il a été entièrement sobre et a fait tout ce que Jonathan lui a prescrit. Il n’est plus le même homme ! Il pense et se comporte autrement, et voit les autres autrement. La façon dont Dieu le transforme l’éblouit et l’enthousiasme ! « Je ne suis plus le même, dit Mark à son groupe d’étude biblique. Je suis différent, et j’aime vraiment ce nouveau moi ! » Pendant longtemps, Mark a consommé de l’alcool et cherché tous les prétextes pour éviter sa famille. Maintenant, le Saint-Esprit agit puissamment dans son cœur. Il l’incite à partager ses nouvelles découvertes avec tout le monde, en particulier avec Carol. Il faut un certain temps pour la convaincre. Maintenant, tous deux se lèvent tôt, avant les enfants, pour prier ensemble et pour lire un livre de méditation sur le mariage. *** Environ 10 jours après avoir commencé les méditations matinales avec Carol, Mark téléphone à Jonathan : « Penses-tu que je devrais prier avec Carol avant de commencer notre moment de méditation chaque matin ? » « Oui ! Merci, Jésus », répond Jonathan. Sur le plan conjugal, Mark et Carol sont sur le chemin de la guérison. Au fur et à mesure que l’amour du couple s’épanouit, Mark se demande s’il ne devrait pas commencer une méditation quotidienne avec ses enfants et prier avec eux. Quel que soit le défi que le Saint-Esprit lui lance, Mark en parle à Jonathan et à Carol, puis il se lance. Mark achète un livre de méditation pour enfants et commence à le lire à table avec son fils (16 ans), leur fille adoptive (6 ans), leur fils (4 ans) et leur fille (2 ans). Les

enfants s’intéressent à ce qu’il lit et posent beaucoup de questions. Ces conversations transforment littéralement la famille ! « Ça se passe très bien, dit Mark à Jonathan un matin, pendant leur moment de méditation. Est-ce que je devrais aussi commencer à prier avec mes enfants le soir, au dîner ? » « C’était incroyable de voir comment Mark répondait à Dieu, raconte Jonathan. À mesure qu’il consacrait du temps à la Parole de Dieu, il devenait de plus en plus heureux. Alors qu’il rencontrait le groupe de Celebrate Recovery et étudiait chaque jour avec Carol et moi, le Saint-Esprit a continué à toucher son cœur, et à l’encourager à faire d’autres changements positifs dans tous les aspects de sa vie. » Ça fait maintenant six mois que Mark ne boit plus. Il s’est fait baptiser, et Carol aussi ! Sa famille et lui suivent des études bibliques en petits groupes, et participent activement dans leur église. Mark donne maintenant à Carol deux soirs de « congé » par semaine pour qu’elle puisse se ressourcer et se renouveler avec d’autres femmes de l’église. Le choix d’une relation personnelle avec Jésus et la croissance grâce à l’étude de la Parole de Dieu et la prière transforment leur vie ! « Nous formons les croyants pour qu’ils deviennent des faiseurs de disciples, explique Jonathan. Nous formons tout le temps des dirigeants. Lorsque des gens tels que Mark appellent à l’aide, nous visons à les élever pour en faire des dirigeants – des croyants capables de guider les autres vers une vie nouvelle en Jésus. La clé pour y arriver est simple : ils doivent se concentrer sur le service envers leurs semblables – la famille d’abord, puis la communauté. Lorsque nous ne sommes plus centrés sur nous-mêmes, et que nous nous mettons énergiquement au service des autres, le Saint-Esprit nous fait croître davantage, plus loin et plus vite que nous n’aurions pu l’imaginer. » Pour en découvrir davantage sur le ministère Celebrate Recovery, visitez le site https://www.celebraterecovery.com.

Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division Asie-Pacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif/Directeur de Adventist Review Ministries Bill Knott Directeur international de la publication Hong, Myung Kwan Comité de coordination de Adventist World Si Young Kim, président ; Joel Tompkins ; Hong, Myung Kwan ; Han, Suk Hee ; Lyu, Dong Jin Rédacteurs en chef adjoints/Directeurs, Adventist Review Ministries Lael Caesar, Gerald Klingbeil, Greg Scott Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Sandra Blackmer, Wilona Karimabadi, Enno Müller Rédacteurs basés à Séoul, en Corée Hong, Myung Kwan ; Park, Jae Man ; Kim, Hyo-Jun Gestionnaire de la plateformes numérique Gabriel Begle Gestionnaire des opérations Merle Poirier Coordinatrice de l’évaluation éditoriale Marvene Thorpe-Baptiste Rédacteurs extraordinaires/Conseillers Mark A. Finley, John M. Fowler, E. Edward Zinke Directrice financière Kimberly Brown Coordinatrice de la distribution Sharon Tennyson Conseil d’administration Si Young Kim, président ; Bill Knott, secrétaire ; Hong, Myung Kwan; Karnik Doukmetzian ; Han, Suk Hee ; Gerald A. Klingbeil ; Joel Tompkins ; Ray Wahlen ; membres d’office : Paul Douglas ; Erton Köhler ; Ted N. C. Wilson Direction artistique et design Types & Symbols Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 20904-6600, U.S.A. Numéro de fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910 (LSG). Avec Num. Strongs pour Grec et Hébreu. Texte libre de droits sauf pour les Strong. © Timnathserah Inc., - Canada Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, États-Unis d’Amérique Vol. 17, n° 9

Dick Duerksen, pasteur et conteur, habite à Portland, en Oregon, aux États-Unis. AdventistWorld.org Septembre 2021

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Foi en herbe

Pages amusantes pour les plus jeunes

Des choix, tu en auras ! Tes décisions fixeront toujours tes destinations

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a vie, c’est l’aboutissement de tous tes choix. » Voilà ce que ma mère m’a dit un jour alors que nous parlions au téléphone. Elle a continué de parler pendant quelques instants encore, puis s’est arrêtée. « C’est un bon conseil, non ? » J’étais d’accord, évidemment ! Oui, c’était un bon conseil. En ce moment, je dois faire beaucoup de choix. Il me reste une année d’université. Le fait de savoir qu’il ne me reste que 365 jours pour décider où je veux vivre et travailler me donne l’impression que ce laps de temps est beaucoup plus court 30

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qu’il ne l’est en réalité. Le commentaire de ma mère me trotte dans la tête, car c’est maintenant que je vais faire certains des choix les plus importants de ma vie. De nombreux personnages de la Bible ont été confrontés à de grandes décisions. L’étude de ces personnages nous aide à mieux nous connaître. L’une de mes histoires préférées dans la Bible se déroule en quatre versets seulement. Jésus est là, suspendu à la croix, entouré de soldats et d’autres spectateurs qui ne veulent surtout pas rater le spectacle, même si Jésus est

crucifié entre deux criminels, crucifiés eux aussi. L’un d’eux se moque de lui parce qu’il ne s’est pas sauvé lui-même et qu’il n’a pas sauvé les autres. Mais l’autre dit : « Pour toi et moi, la punition est juste. Oui, nous l’avons bien méritée, mais lui, il n’a rien fait de mal ! » (Luc 23.41, Parole de vie) Puis il se tourne vers Jésus pour lui parler et dit : « Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras comme roi. » (v. 42, Parole de vie) Dans cette histoire, les deux voleurs ont beaucoup en commun. Ils ont fait des choix suffisamment mauvais pour finir Illustration : Xuan Le


JULIET BROMME

Perle biblique « Je te le dis […] : tu seras avec moi dans le paradis. » (Luc 23.43, Parole de vie)

leurs jours sur une croix. Alors qu’ils vont bientôt mourir, ils sont encore confrontés à un choix… L’un d’eux choisit de se moquer, et l’autre, d’implorer miséricorde. Quand on est confronté à des décisions, on peut toujours réagir de différentes manières. Il est parfois plus facile de suivre tout ce que le monde fait, même si ce n’est pas bien. Par contre, faire le bon choix peut entraîner des résultats positifs. Nos choix nous mènent toujours quelque part. Je me demande ce que le voleur savait sur Jésus avant de lui consacrer sa vie… Est-ce qu’il a entendu parler de lui

par d’autres personnes ? Peut-être qu’il l’a vu dans les rues, ou qu’il a assisté à un événement où Jésus a parlé ou prêché. En tout cas, il est bien possible qu’il ne sache pas grand-chose de lui. Quoi qu’il en soit, il se rend compte que là où Jésus est, il veut y être aussi. Et soudain, il fait son choix. Le meilleur choix à faire. Jésus. L’histoire se termine par la réponse de Jésus : « Je te le dis, c’est la vérité […] tu seras avec moi dans le paradis » (v. 43, Parole de vie). Je suis sûre que lorsque Jésus l’a regardé dans les yeux et lui a promis une place au paradis,

le voleur a su qu’il venait de faire le bon choix. Toi et moi sommes confrontés tous les jours à des choix. Un grand nombre d’entre eux aura un impact sur le reste de notre vie. Mais quand je pense aux décisions que je dois prendre, je me rends compte que, tant que je serai sûre de ma destination finale, toutes les autres choses auxquelles je suis confrontée seront petites en comparaison !

Juliet Bromme est étudiante de dernière année en communication, à l’Institut d’enseignement supérieur Union, et stagiaire d’été à Adventist World. AdventistWorld.org Septembre 2021

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e ld y ie le ér in at k F M ar M

JOURS DE PRIÈRE

LES TROIS ANGES NOUS EXHORTENT À PRIER Du 5 au 15 janvier 2022

« Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. » APOCALYPSE 14.6

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