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06/2021 L’art de rebondir Page 10 Grandir ensemble – en toutes circonstances Page 16 Solitaire ou seul ? Page 24

Rebondir


10 L’art de rebondir

12 Résilience, ou endurance ?

Ty Gibson

Paul Anderson

14 S’épanouir dans l’adversité

16

Annie Schulz Begle

Différents auteurs

Grandir ensemble – en toutes circonstances

Couverture : Ellen Qin

18 Perspective mondiale Avancer vers le but Ted. N. C. Wilson 20 Place aux jeunes Embrasser le changement avec courage Lynette Allcock 21 Foi en action Des pionniers de l’Évangile Gary Krause 22 À la découverte de l’Esprit de prophétie Vivre sans intercesseur Ángel Manuel Rodríguez 24 Méditation Solitaire ou seul ? Shaina Strimbu

26 La Bible répond Garder la foi de Jésus 27 Santé & bien-être Protocoles de sécurité de la COVID-19 28 « Je vais vous raconter… » Des scalaires précieuses 30 Foi en herbe – Le coin des enfants Le sabbat, un serpent, et quelques loups – 2e partie

Le prochain numéro de Adventist World sera une édition combinée juillet-août, et devrait vous parvenir vers la mi-juillet.

S’épanouir dans la grâce BILL KNOTT

Bien avant d’apprendre à lire, j’ai entendu à l’École du sabbat que le ciel était un lieu avec des arbres. C’était suffisant pour moi. J’ai décidé d’y aller. Pour moi, les arbres étaient, de tout ce qui pousse, les choses les plus bienveillantes. Ils n’étaient pas fragiles comme les fleurs, ou changeants comme des frères. Je pouvais compter sur un arbre pour avoir de l’ombre verte et fraîche lors d’après-midis aux chaleurs étouffantes, pour m’abriter lorsqu’une averse détrempait le terrain de jeu, pour partager des moments de silence lorsque j’avais besoin d’être seul. Et puis il y avait ces escalades sauvages et joyeuses tout en haut – là où les branches soutenaient à peine ma carrure trapue et auxquelles je m’accrochais lorsque les vents soufflaient très fort. Je me suis promené parmi les érables géants plantés dans les allées de la Nouvelle-Angleterre par des fermiers disparus depuis déjà deux siècles. Ils s’imaginaient le jour – des décennies plus tard – où leurs petits-enfants et les petits-enfants de ceux-ci seraient ravis par la sève montante du printemps, par la grande tente verte de l’été, par les rouges et oranges brillants de l’automne. Ils ont investi dans un avenir qu’ils ne verraient jamais, et pourtant, ils en ont retiré une grande satisfaction. Et en grandissant dans le Seigneur, j’en suis venu à comprendre la juste comparaison du psalmiste entre le peuple de Dieu et les arbres qui donnent la vie : « Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point » (Ps 1.3)1. J’ai connu de telles âmes riches, bien arrosées – des hommes et des femmes qui ont affronté l’adversité et la souffrance comme de vieux gommiers résistent au feu : « La souche de ce peuple donnera une sainte descendance. » (Es 6.13, S21) En s’abreuvant quotidiennement à l’Esprit, ils ont trouvé de nouvelles sources de renouvellement – du courage face à un cancer ; de la confiance quand leur entourage était en détresse ; de la bonté alors que la foule saisissait des gourdins. En un mot, ils étaient résilients – des êtres humains apprenant à vivre les qualités de la vie du royaume alors qu’ils grandissent ici-bas. Leur calme et leur bienveillance m’ont rappelé que les témoins les plus efficaces de la vie ressuscitée ne se précipitent pas toujours dans un empressement zélé. Parfois, ils grandissent et abritent simplement, créant des sanctuaires pour ceux qui ont besoin de la paix qui surpasse toute intelligence (Ph 4.7) : « Plantés dans la maison de l’Éternel, « ils prospèrent dans les parvis de notre Dieu ; « ils portent encore des fruits dans la vieillesse, « ils sont pleins de sève et verdoyants » (Ps 92.14,15). En ces temps troublés – alors que notre monde est toujours aux prises avec un fléau mortel qui semble s’éterniser – nous nous tournons vers des âmes fortes et bien arrosées pour nous guider. Leur foi, leur productivité, leur enracinement dans les Écritures sont simplement les qualités de ceux qui, un jour, camperont sous l’arbre de vie (Ap 22.2). Alors, pourquoi ne pas décider aujourd’hui même de vivre par la grâce, avec résilience, jusqu’au jour où nous vivrons sous cet arbre de guérison d’où coule l’eau du trône ? « C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. » (Ap 14.12) 1

Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.

Nous croyons en la puissance de la prière ! À Adventist World, nous nous réunissons tous les mercredis matin pour le culte hebdomadaire, au cours duquel nous prions pour les requêtes de prière qui nous ont été envoyées. Faites-nous parvenir les vôtres à prayer@adventistworld.org, et priez pour nous tandis qu’ensemble, nous travaillons à l’avancement du royaume de Dieu.

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Juin 2021 AdventistWorld.org


Sur le vif

Le 18 avril 2021, des bénévoles adventistes ont servi des repas chauds dans le cadre du programme d’alimentation dirigé par l’Église adventiste, dans la Mission de Saint-Vincentet-les-Grenadines, dans le vieux Montrose, à Kingstown. Après l’éruption du volcan La Soufrière, l’Église a préparé, par l’intermédiaire d’ADRA et de ses bénévoles, 1 200 repas par jour pendant des semaines, lesquels ont été ensuite distribués aux personnes hébergées dans des dizaines de refuges de la ville. Photo : Peter Kerr, Service des nouvelles de la Division interaméricaine

AdventistWorld.org Juin 2021

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En bref

« Au fur et à mesure de leur distribution, puissent [ces Bibles] être une merveilleuse lumière pour que de nombreuses personnes découvrent Jésus-Christ en tant que Sauveur personnel, et se préparent à son imminent et glorieux retour. » — David Weigley, président de l’Union des fédérations de Columbia (CUC), lors d’une cérémonie de dédicace. Des pasteurs et des coordinateurs hispaniques se sont réunis au siège de la CUC à Columbia, au Maryland (États-Unis), pour collecter puis distribuer plus de 13 600 Bibles et 100 000 exemplaires du livre d’Ellen G. White, Vers Jésus, en anglais et en espagnol.

110 ans La première église adventiste des Philippines s’est récemment souvenue des conseils de Dieu à l’occasion de son 110e anniversaire. Sous le thème « Célébrer la providence divine », les membres et les dirigeants de l’église adventiste de Santa Ana ont commémoré les humbles débuts de cette église, et la façon dont le Seigneur les a conduits dans cette génération.

Faire face au stress Dans le cadre du sondage 2017-2018 auprès des membres de l’Église mondiale, on a demandé à des membres du monde entier si l’observation du sabbat leur permet de mieux faire face au stress de la semaine. Voici la réponse de 58 169 membres. Source : Équipe de recherche et d’évaluation ASTR, en collaboration avec l’équipe de recherche de l’Université Andrews, n = 58,169

2 % Pas du tout d’accord 2 % Pas d’accord 8 % Je ne suis pas sûr 35 % D’accord

Lien vers le code QR : https://bit.ly/3dUusc0

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MON

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53 % Tout à fait d’accord

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« Ils se considèrent comme des missionnaires auprès de leurs concitoyens et de leur communauté. J’estime que c’est là le fondement de leur résilience. » — Lisa Roberts, auteur principal, professeur, et directrice de recherche de la faculté de soins infirmiers de l’Université de Loma Linda, à propos d’une étude publiée dans le Journal of Christian Nursing. Une équipe de professeurs et un étudiant en doctorat de la faculté des soins infirmiers de l’Université de Loma Linda ont découvert comment les infirmières en Haïti parviennent à maintenir leur résilience et à faire preuve d’un dévouement exemplaire envers les patients dans des conditions de travail difficiles.

49 058 Le nombre de nouveaux membres qui se sont joints à l’Église adventiste en 2020 dans la Division Pacifique Sud (SPD). Cette division a connu une augmentation significative des baptêmes l’année dernière – même pendant la pandémie de COVID-19. En 2019, le nombre total de nouveaux membres enregistrés de la SPD était de 34 857. « Le Saint-Esprit agit de nombreuses et différentes manières ; nous n’avons qu’à nous joindre à lui. Avec le thème “J’irai”, notre peuple s’engage à aller ! Ne laissons pas la COVID-19 nous arrêter ! » a lancé Maveni Kaufononga, président de l’Union des missions transpacifique, laquelle a connu une croissance significative en 2020.


En bref

« L’éducation adventiste est l’effort d’évangélisation le plus long et le plus conséquent au sein de l’Église adventiste. Cela signifie un total de 9 489 sites d’évangélisation, avec 111 360 évangélistes, et 2 044 709 participants. » — John Wesley Taylor V, directeur adjoint du Département de l’éducation de l’Église adventiste, lors de la réunion du comité exécutif de la Conférence générale qui s’est tenue le 14 avril dernier. Sa présentation, intitulée « Joining and Remaining : A Look at the Data on the Role of Adventist Education », a passé en revue plusieurs études qui éclairent différents aspects de l’éducation en tant qu’entreprise rédemptrice.

« Le pays tout entier a été recouvert de poussière, de cendres, et de décombres. Personne n’a échappé à l’assaut du volcan. […] Nous ne savons pas ce qui va en sortir, mais détachez vos yeux de l’environnement dans lequel vous vous trouvez maintenant, et voyez que Dieu est au-dessus de tout, car il contrôle toutes choses – même les éléments. » – Dermoth Baptiste, président de la Mission de Saint-Vincent-et-lesGrenadines (domiciliée à Kingstown), en réponse à l’éruption volcanique. Plus de 20 000 personnes ont dû quitter leurs maisons. Neuf églises adventistes et une école secondaire adventiste servent actuellement de refuges.

Plus de 20 Plus de 20 maîtres-guides des églises adventistes dans l’est du Salvador ont participé à la lutte contre les feux de forêt qui, en mars 2021, se sont propagés dans la région montagneuse d’Arambala, dans le nord de l’État de Morazán, au Salvador. Des centaines d’hectares de forêt ont été détruits. Le groupe a fait le voyage pour transporter de l’eau pour les pompiers, la police nationale, les agents de protection civile, et d’autres bénévoles qui s’efforçaient de freiner l’avance des feux. (->) Photo : Union du Salvador AdventistWorld.org Juin 2021

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Actualités

Les dirigeants de l’Église votent de convoquer une session extraordinaire d’un jour de la Conférence générale fixée pour janvier 2022

Les délégués discuteront d’un amendement constitutionnel permettant la participation en virtuel

Adventist World et Adventist News Network

Le mardi 13 avril 2021, les membres du comité exécutif de la Conférence générale (GC EXCOM) de l’Église adventiste ont voté en faveur de la tenue d’une session extraordinaire de la Conférence générale (GC) le 18 janvier 2022. Ce vote a eu lieu lors de l’ouverture de la réunion administrative du printemps 2021 –l’une des deux réunions administratives de la plus haute instance de la confession entre les sessions mondiales. Cette année, en raison de la pandémie de COVID-19, on a dû tenir cette réunion en virtuel. La session extraordinaire d’un jour de la GC portant sur un seul point à l’ordre du jour se tiendra au siège de l’Église mondiale à Silver Spring, au Maryland (États-Unis). Elle a été convoquée dans le seul but d’amender la constitution de la GC afin de permettre aux délégués de participer à l’avenir par voie numérique à une session de la GC en cas de circonstances imprévues et inévitables. Avant le vote, Hensley Moorooven, sous-secrétaire de l’Église adventiste, a détaillé certains des facteurs dont on a tenu compte pour présenter cette proposition aux membres du comité exécutif de la GC. Il a rappelé aux membres du comité que selon la

constitution de l’Église, les sessions de la GC et tous les votes doivent avoir lieu en personne et sur place. De plus, selon la section 1 de l’article V de la constitution, le report d’une session de la GC ne doit pas « dépasser de deux ans » une date régulièrement prévue. Hensley Moorooven a ensuite expliqué que les amendements aux statuts et règlements de la constitution de la GC ne peuvent être apportés que par les délégués lors d’une session régulière ou extraordinaire de la GC. Hensley Moorooven : « Nous avons visé la transparence à chaque étape du processus. La proposition que nous présentons aujourd’hui est la solution la plus plausible. » Cette solution permettrait aux délégués de participer à la prochaine session de la GC même s’ils ne peuvent pas se rendre physiquement à St. Louis en raison de la pandémie. Bien que prévoyant une session de la GC en présentiel du 6 au 11 juin 2022 à St. Louis, au Missouri (ÉtatsUnis), les administrateurs du comité exécutif ont jugé prudent de plancher sur une solution de rechange. En fonction des circonstances, le comité exécutif de la GC devra encore décider, en temps voulu, si la session de la GC se tiendra en virtuel, en présentiel, ou de manière hybride.

Photo : Conférence générale des adventistes du septième jour 6

Juin 2021 AdventistWorld.org

Se fondant sur l’autorité que lui confère l’article V de la constitution de réduire le nombre total de délégués à une session de la GC pour des raisons de « crise majeure au sein de l’Église ou sur la scène internationale », le comité exécutif de la GC a également voté de réduire le nombre total de délégués à la session extraordinaire de la GC de janvier prochain à 400 personnes pour cette réunion spécifique. La motion inclut la demande suivante : que les divisions qui ne peuvent envoyer leur quota de délégués en raison de restrictions de voyage ou pour d’autres raisons soient autorisées à réaffecter leur quota inutilisé à la GC. Le comité administratif de la GC désignerait ensuite à ces postes des personnes travaillant actuellement au siège de la GC, principalement des divisions qui ont partagé leur quota. Le dernier élément de la motion votée demandait aux comités exécutifs des 13 divisions et des 137 des unions de l’Église mondiale de discuter puis de voter sur la proposition d’amendement constitutionnel, et de faire un rapport au secrétariat de la GC d’ici le 31 août 2021. Après discussion, les trois motions ont été adoptées à une écrasante majorité. La première motion, soit d’approuver la proposition de session extraordinaire de la GC, a été approuvée par 169 voix contre 3. La deuxième motion, soit de convoquer une session extraordinaire de la Conférence générale le 18 janvier 2022, a été approuvée par 168 voix contre 3. La dernière motion, soit de réduire à 400 le nombre total de délégués à la session extraordinaire de la GC qui se tiendra le 18 janvier 2022, a été approuvée par 170 voix contre 1.


Actualités

Élection d’un nouveau secrétaire et d’un nouveau trésorier de l’Église adventiste

Erton Köhler et Paul H. Douglas remplaceront G.T. Ng et Juan Prestol-Puesán, respectivement

Marcos Paseggi, Adventist World

Erton Köhler (à gauche) a été élu nouveau secrétaire de la Conférence générale. Paul H. Douglas, lui, a été élu trésorier (Chef – Pôle finances). Il entrera en fonction le 1er août prochain. Photos : Tor Tjeransen et Ansel Oliver / Adventist Media Exchange (CC BY 4.0)

Le 14 avril 2021, les membres du comité exécutif de la Conférence générale (GC EXCOM) ont élu Erton Köhler, président de la Division sud-américaine, en tant que nouveau secrétaire de la Conférence générale de l’Église adventiste. Ils ont également élu Paul H. Douglas, directeur du Service de vérification de la Conférence générale (GCAS) depuis 2007, au poste de trésorier élu (Chef – Pôle finances) de l’Église adventiste. NOUVEAU SECRÉTAIRE

« Je suis touché et honoré de votre confiance », a déclaré Erton Köhler aux centaines de dirigeants de l’Église qui, cette année, se sont réunis par Zoom. « Je prie Dieu de m’accorder les compétences dont j’ai besoin. » Erton Köhler, originaire du sud du Brésil, a été président de la Division sud-américaine depuis 2007. Il jouit d’une grande expérience dans des postes de leadership de l’Église, notamment en tant que secrétaire, et en tant que directeur de la jeunesse. Adriene Marques, sa femme, est infirmière, et le couple a deux enfants. Ted N. C. Wilson, président de l’Église adventiste, a souligné certaines des qualités de dirigeant d’Erton Köhler. « C’est un homme très professionnel, très focalisé sur la mission, et un administrateur fort compétent, a-t-il dit aux membres du comité exécutif de la GC. Il sait comment aborder les choses d’une manière très articulée et systématique. »

Erton Köhler a été élu en tant que nouveau secrétaire à raison de 197 voix contre 16. Son poste prend effet immédiatement. À l’annonce du résultat du vote, il s’est empressé de remercier G. T. Ng, son prédécesseur (lequel a annoncé sa retraite), et a promis de faire de son mieux pour tirer des leçons du « grand et superbe travail » de Ng. Il s’est engagé à être disponible et à servir avec un cœur « complètement focalisé » sur la mission de l’Église. « Je serai ouvert pour [écouter] et pour apprendre. Mon travail consiste à construire des ponts, pas des murs », a-t-il souligné. NOUVEAU TRÉSORIER

Sur la recommandation du comité de nomination, les membres du comité exécutif de la GC ont élu Paul H. Douglas à titre de trésorier. « Aujourd’hui, je suis honoré, et plus encore, rempli d’humilité devant la décision de cette instance et la direction du Seigneur », a déclaré Paul H. Douglas aux centaines de membres du comité exécutif de la GC du monde entier. « Je ne suis pas digne de ce poste, mais je suis disposé à m’en acquitter », a-t-il souligné quelques minutes après que les dirigeants aient communiqué les résultats du vote (204 contre 10, soit 95,3 pour cent en faveur de la motion). Originaire de la Jamaïque, Paul H. Douglas a occupé diverses fonctions au sein du GCAS depuis 1986. En 2020, il a élaboré un plan de résilience à

l’intention des dirigeants de l’Église et de leurs comités directeurs. Cette initiative vise à aider les dirigeants à être prêts « à soutenir la mission en temps de crise et à fournir une prompte réponse aux réalités qui émergent rapidement ». Avant le vote du comité exécutif de la GC, Ted N. C. Wilson, président de l’Église adventiste, a dit : « Paul H. Douglas s’est distingué à bien des égards, notamment [par son] éthique chrétienne de très haut niveau. Il s’efforce toujours de donner le meilleur de lui-même. » Ted Wilson s’est dit heureux de soumettre la nomination de Paul Douglas au vote du comité exécutif de la GC. « Il sait comment fonctionne la trésorerie et est doté d’une intelligence très vive. Il est très focalisé sur la mission », a-t-il poursuivi. Par ailleurs, il a fait remarquer qu’en 2018 et 2019, Paul Douglas a contribué à l’établissement d’une église et a dirigé des campagnes d’évangélisation. « C’est un humble serviteur de Dieu ; il apporte avec lui une perspective internationale », a-t-il ajouté. Paul Douglas a exprimé, lui aussi, un mot de remerciement envers son prédécesseur, Juan Prestol-Puesán, lequel restera en poste jusqu’à la fin de juillet. Paul H. Douglas : « Je souhaite poursuivre son héritage d’intendance au sein de notre Église. Et à notre famille mondiale, je dis : travaillons ensemble pour que Jésus puisse revenir. » AdventistWorld.org Juin 2021

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Actualités

Les dirigeants de l’Église élisent le président de la Division sud-américaine

Stanley Arco remplacera Erton Köhler

Marcos Paseggi, Adventist World

Le 22 avril 2021, le comité exécutif de la Conférence générale de l’Église adventiste a élu Stanley Arco en tant que nouveau président de la Division sud-américaine (SAD). Photo : Gustavo Leighton, Service des nouvelles de la Division sud-américaine

Le 22 avril 2021, Stanley Arco, un dirigeant d’expérience œuvrant dans les régions hispanophones et lusophones de la Division sud-américaine (SAD) de l’Église adventiste, a été élu en tant que nouveau président de cette division composée de huit pays, et dont l’effectif s’élève à 2,5 millions de membres. C’est au cours d’une session spéciale qui s’est tenue en virtuel que le comité exécutif de la Conférence générale (GC EXCOM) a voté d’accepter la recommandation du comité exécutif de la SAD (SAD EXCOM) d’élire Stanley Arco pour ce poste de direction. Stanley Arco remplacera Erton Köhler, lequel a été récemment élu secrétaire de l’Église adventiste après 14 ans en tant que président de la SAD, laquelle comprend l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, l’Équateur, le Paraguay, le Pérou, et l’Uruguay. Après la recommandation du comité exécutif de la SAD le 16 avril, Erton Köhler a commenté la décision d’envoyer le nom de Stanley Arco 8

Juin 2021 AdventistWorld.org

pour un vote de confirmation. Erton Köhler, à Adventist Review : « Le pasteur Stanley Arco est un dirigeant expérimenté et équilibré, doté d’une vision large de l’Église [adventiste] en Amérique du Sud. C’est un homme de prière, solidement ancré dans la Bible, et bien enraciné dans les conseils de l’Esprit de prophétie », a-t-il remarqué, faisant référence aux écrits d’Ellen G. White, cofondatrice de l’Église adventiste. « Nous avons là un dirigeant ouvert au dialogue, respectueux, et conciliant qui se focalise tout particulièrement sur la mission. » Au cours de la session du 16 avril, les membres du comité exécutif de la SAD ont aussi remercié Erton Köhler pour ses années au service de l’Église adventiste dans la région. Lors de ce moment fort émouvant pour lui, il a souligné qu’il était confiant dans l’avenir et dans le leadership de Stanley Arco dans la région. « La vision [de Stanley Arco] est celle d’une Église saine qui croît non seulement en quantité, mais aussi en qualité, a déclaré Erton Köhler. Je crois que la Division sud-américaine sera entre de bonnes mains. » « Cette mission est une joie, un privilège et une énorme responsabilité », a dit Stanley Arco aux membres du comité exécutif de la SAD après qu’ils aient recommandé son nom pour ce haut poste de direction. « Je demande les prières de chaque membre, de chaque personne qui souhaite que Jésus revienne bientôt », a-t-il ajouté. Originaire du sud du Brésil, Stanley possède une grande expérience en tant que dirigeant de l’Église à travers l’Amérique du Sud. En plus d’être pasteur d’églises au Brésil, il a été di-

recteur de la jeunesse dans plusieurs régions de l’Église pendant 17 ans. Stanley Arco a également travaillé en tant que secrétaire de fédération et en tant qu’assistant du président de la SAD. En 2011, il a été élu président de l’Union des missions de la Bolivie, et en 2015, il est devenu président de l’Union des missions du Chili. En août 2020, il a été élu vice-président de la SAD. Stanley Arco est marié à Regiane dos Reis Arco. Le couple a trois filles. Avant le vote, Ted N. C. Wilson, président de l’Église adventiste, a rappelé aux membres que selon les politiques de travail, le nouveau président deviendra aussi vice-président de l’Église mondiale. « Quel que soit le poste de leadership dans lequel se trouve un individu, il doit toujours demander à Dieu de faire toujours partie de cette grande mission qu’est la prédication de l’Évangile », a déclaré Ted Wilson. Au cours de la session du 22 avril où Stanley Arco a été élu, plusieurs membres du comité exécutif de la GC se sont exprimés en faveur de la motion. « Je pense que le pasteur Arco est un excellent candidat pour ce poste, a déclaré Gerson Santos, secrétaire adjoint de la Conférence générale. J’apprécie vraiment que son nom [ait été] recommandé. » Elbert Kuhn, un autre secrétaire adjoint de la Conférence générale, a appuyé la motion. « C’est un plaisir pour moi de soutenir le nom du pasteur Stanley », a-t-il dit. Je le connais depuis de nombreuses années. C’est un homme qui s’appuie sur la Bible et s’oriente vers la mission. Louons le Seigneur pour cette recommandation ! »


Coup d’œil sur… la Division Asie-Pacifique Nord (NSD)

287,255 Effectif de la Division Asie-Pacifique Nord (NSD) au 31 décembre 2020

9 missionnaires Le Département du Ministère sur les campus publics de la NSD a organisé une formation intensive pour son troisième groupe de missionnaires. Cette session de formation s’est tenue au Centre de formation au leadership de la NSD, situé sur l’île de Jeju, et par Zoom. Elle s’est déroulée avec des missionnaires d’autres projets missionnaires, en service en Corée et à Taïwan. Bien que chaque groupe se concentre sur des domaines différents, la perspective globale est la même : prêcher l’amour de Dieu.

«Lorsque je suis arrivée en Corée, je ne savais pas comment Dieu dirigerait ma vie dans ce pays. Je n’arrivais pas à imaginer ce que Dieu me réservait pour l’avenir. Quand je reviendrai dans mon pays, je veux simplement annoncer l’Évangile aux personnes de mon entourage. Je projette aussi d’être missionnaire et de faire du bénévolat. » -Inoue Ami, une étudiante japonaise dans un programme d’échange à l’Université Sahmyook, en Corée, pendant la célébration de son baptême.

Pour des nouvelles plus spécifiques de la NSD, consultez le site Web suivant : http://www.nsdadventist. org/news/news_1.html

« Soyons de bon courage, car nous avons les promesses [de la Bible et de l’Esprit de prophétie]. Dieu contrôle toutes choses. La pandémie de COVID-19 est appel au réveil pour que chacun d’entre nous soit prêt pour la seconde venue de Jésus-Christ. » – Si Young Kim, président de la Division Asie-Pacifique Nord, lors d’un message vidéo aux dirigeants et aux membres des églises de la région en 2020, au plus fort des restrictions de la pandémie de COVID-19.

Sept

Deux pasteurs de la Mongolie et quatre pasteurs de Taïwan ont été récemment consacrés au ministère de l’Évangile. En outre, un pasteur coréen servant en tant que missionnaire en Mongolie a été, lui aussi, consacré, à la demande de l’Union des fédérations de la Corée. Chaque service de consécration ne comptait que quelques personnes seulement. La plupart des gens y ont participé en virtuel. Les services ont montré les pasteurs, leurs familles et leurs électeurs pleins de joie et de gratitude pour la bénédiction du Seigneur. (^-)

Photo : Fédération adventiste de Taïwan AdventistWorld.org Juin 2021

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Sous les projecteurs Feature

L’art

de rebondir Trois stratégies bibliques pour cultiver la résilience

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Juin 2021 AdventistWorld.org

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es balles rebondissent. C’est ce qui les rend si amusantes, n’est-ce pas ? Mais ce plaisir est enraciné dans la science. Une balle est conçue pour absorber l’énergie à l’impact, énergie qu’elle transfère ensuite dans la direction opposée. Au contact du sol, elle « se déforme temporairement et rebondit. L’air contenu dans la balle agit comme un ressort : il se comprime et se détend à nouveau1. » On appelle ce phénomène résilience – un terme que l’on peut définir ainsi : « Capacité d’un corps déformé à retrouver sa taille et sa forme après une déformation causée principalement par une contrainte de compression. » Mais il n’y a pas que les balles qui rebondissent à l’impact. Les êtres humains aussi rebondissent – du moins, ils le devraient, car s’ils ne cultivent pas la capacité de rebondir après l’impact des expériences négatives, ils casseront. Qui que vous soyez et où que vous viviez, une chose est sûre : en ce moment même, vous venez juste de vivre une expérience difficile, vous êtes au beau milieu d’une expérience difficile, ou vous êtes sur le point de vivre une autre expérience difficile. La vie peut être difficile. Jésus l’a dit clairement : « Vous aurez des afflictions dans le monde » (Jn 16.33, OST). Pas « Vous aurez peut-être des afflictions », mais plutôt « Vous aurez des afflictions ». Pierre renchérit : « Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. » (1 P 4.12) Ainsi, c’est inévitable ! Nous serons confrontés à des troubles, des épreuves, des perplexités, et des problèmes. La question n’est jamais « Ma vie sera-t-elle marquée par les difficultés ? », mais plutôt « Comment puis-je être résilient au point de rebondir sur des difficultés qui se mettront inévitablement en travers de mon chemin ? » Nous devons entretenir la capacité d’absorber l’énergie des coups de la vie et de rebondir sans être écrasé. D’accord, mais comment ?

Photo : Ellen Qin


Le témoignage le moins puissant de l’Évangile, c’est un beau parleur sur une estrade. C’est facile de jouer un rôle. Voici trois stratégies bibliques pour cultiver la résilience dans un monde où l’on se heurte souvent aux difficultés. 1. CENTREZ VOTRE DÉPENDANCE EN CHRIST

Vous avez sans doute remarqué que le christianisme est devenu le domaine des célébrités religieuses. Mais quand on cultive une dépendance envers des stars religieuses – des pasteurs « rock star » de méga-églises ou des évangélistes charismatiques, on risque d’être dévasté si ces stars tombent. On peut même se détourner de Jésus parce qu’on est déçu de quelqu’un qui prétendait parler en son nom – un pasteur ou un ancien, un père ou une mère, un ami en qui on a mis un niveau élevé de confiance. Le scandale récent concernant Ravi Zacharias nous offre une étude de cas sur la folie de mettre sa confiance dans un être humain, aussi vertueux, talentueux, intelligent ou charismatique soit-il. Le témoignage le moins puissant de l’Évangile, c’est un beau parleur sur une estrade. C’est facile de jouer un rôle. Tout individu jouissant d’un bon contact entre le cerveau et la bouche peut faire ça, quel que soit son mobile. En revanche, le témoignage le plus puissant de l’Évangile, c’est une famille et une église locale aimantes, transparentes, responsables, chez lesquelles se discerne un processus rédempteur constant de vérité et de grâce. Si le principal témoin de l’Évangile est une communauté aimante de personnes qui disent la vérité et répandent la grâce, la foi du croyant ne sera pas ébranlée à la nouvelle que l’homme au micro est, en réalité, un prédateur ou un escroc, puisque de toute façon, ce croyant n’a jamais eu pour point de mire la personne sur l’estrade. Le disciple du Seigneur est appelé à cultiver l’habitude de fixer « les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » (He 12.2). Si nous fixons les yeux sur Jésus, nous nous retrouverons à rebondir avec résilience face à la déception que nous éprouvons lorsque quelqu’un que nous admirons nous fait faux bond. Cela nous amène à la deuxième stratégie pour cultiver la résilience. 2. RESTER EN COMMUNAUTÉ

De nos jours, notre monde est conçu pour diviser les gens tout en créant une illusion de connexion. L’erreur de langage la plus colossale de notre époque est sans doute le mot « amis » pour décrire ceux qui nous suivent sur les médias sociaux. En tant que disciples de Jésus, nous sommes appelés à vivre notre vie dans une véritable « communion » les uns avec les autres afin de transmettre notre connaissance de Jésus et la « joie » que nous procure la « communion » avec lui (1 Jn 1.1-4). Aussi tentant que cela puisse être de rester chez soi, de regarder des sermons en ligne et d’appeler ça « notre église »,

il est vital pour notre santé spirituelle d’être un membre actif d’une église locale. Les gens ont besoin des gens. Lorsque les problèmes de la vie nous assaillent, nos chances de rebondir avec résilience seront considérablement accrues si nous sommes entourés de personnes qui nous aiment. 3. VIVRE POUR DONNER

Le meilleur remède pour rebondir après une difficulté, quelle qu’elle soit, c’est de canaliser l’énergie négative de notre douleur dans la poursuite positive du service envers autrui. Lorsqu’une tragédie survient, on peut prendre l’une des deux directions suivantes : intérieure ou extérieure. Il faut bien que l’énergie générée par tout événement négatif aille quelque part ! Si je canalise mon énergie vers moi-même en ruminant mes problèmes et mes douleurs jusqu’à l’obsession, ceux-ci auront tendance à s’amplifier et à occuper de plus en plus d’espace émotionnel en moi. Mais si je canalise mon énergie dans le service envers les autres, j’aurai tendance à perdre de vue mes problèmes au profit de la joie, laquelle est toujours le sous-produit du don. « Donnez, a recommandé Jésus, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde ; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis2. » (Lc 6.38) En tant que disciples de Jésus, nous sommes appelés à porter le fruit de la « maîtrise de soi » (Ga 5.23, S21 ; 2 P 1.6, S21), à cultiver l’habitude de nous dire non à nous-mêmes. Mais la maîtrise de soi n’est pas une discipline négative ! C’est, en fait, une discipline positive, car le fait de me dire non à moi-même me permet de dire oui aux besoins des autres. La vieille recommandation financière de John Wesley est toujours aussi brillante : « Gagnez tout ce que vous pouvez, épargnez tout ce que vous pouvez, donnez tout ce que vous pouvez. » Le chrétien est, par définition, un canal de bienveillance pour le monde. La culture de la maîtrise de soi est le précurseur de la bienveillance. Nous disons non à nos désirs indulgents, afin de pouvoir dire oui aux besoins légitimes des autres. Les donateurs sont résilients parce que leur attention est tournée vers l’extérieur plutôt que vers l’intérieur. Ils rebondissent sur les revers de la vie en aidant les autres à surmonter les leurs. Les balles rebondissent… Et vous ? Sabine De Brabandere, « Energetic 2-Ball Bounces », Scientific American, 13 avril 2017, en ligne sur le site https://www.scientificamerican.com/article/energetic-2-ball-bounces/. 2 Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. 1

Ty Gibson est le directeur/orateur de Light Bearers. Lui et sa famille habitent à Chattanooga, au Tennessee (États-Unis).

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I Sous les projecteurs

Résilience, ou endurance ?

l y a quelques années, ma femme et moi avons eu le privilège de visiter les forêts de séquoias dans le nord de la Californie. Ces arbres massifs nous ont littéralement émerveillés ! Ils ont traversé des siècles ponctués par la météo, le climat, et les circonstances écologiques. Les feux de forêt, les sécheresses et les pestes n’ont pas entravé leur croissance. Ces arbres ont non seulement fait face aux temps dont ils ont été témoins, mais ont aussi prospéré et se sont développés. Ces deux dernières années ont été un laboratoire de l’alchimie de la résilience humaine. La violence, l’agitation sociale, les bouleversements politiques et les changements culturels engendrés par la pandémie ont fait des ravages dans le monde entier. Chaque nation, tribu, langue et peuple a été touché par le fléau de la COVID-19 et la quarantaine qui s’est ensuivie. La couverture médiatique en direct révèle, par contre, l’ampleur de la faillite morale de certains citoyens et dirigeants, lesquels n’ont fait qu’afficher leur mépris envers le courage des premiers intervenants, ainsi qu’envers certaines personnes animées par leur conscience. Nous y avons fait face, nous avons survécu, et dans de nombreux cas, nous avons prospéré. LA RÉSILIENCE, C’EST PLUS QUE SURVIVRE

Notre façon de réagir à la contrainte en tant qu’individus, communautés et cultures donne un aperçu de la différence entre la simple endurance et la résilience. L’endurance seule est insuffisante, parce que le fait de simplement endurer peut conduire à se creuser une tranchée sans espoir ou issue. Endurer peut n’être qu’une façon instinctive de concéder qu’on a encaissé un coup, que ce soit au niveau moral, émotionnel ou physique. Le refoulement est souvent le premier remède pour atténuer la douleur. Endurer, c’est donc assumer des réactions qui ne guérissent que rarement les blessures ou les circonstances qui nous mutilent. Le stress est omniprésent. Le bon stress améliore notre expérience vécue. La détresse, quant à elle, nous met au défi ou est provoquée par les événements et circonstances auxquels nous sommes confrontés. Nos espoirs, nos rêves, nos aspirations et nos capacités ne changent pas. Ils peuvent être frustrés, différés, mais leur existence persiste. Un ballon de basket dégonflé reste un ballon de basket, même s’il ne rebondit plus. Une horloge arrêtée est tout de même exacte deux fois par jour ! La résilience, par contre, est issue d’une décision, et soutenue avec force d’âme. C’est la poursuite d’une vision, et comme Phénix, la construction

Photo : Stephen Leonardi


d’une réalité nouvelle sur les cendres de nos expériences. C’est trouver un moyen de réparer le ballon de basket dégonflé pour pouvoir dribbler et jouer de nouveau. « La résilience, c’est la qualité psychologique qui permet à certaines personnes d’être assommées par les adversités de la vie et d’en revenir au moins aussi fortes qu’avant1. » Si la résilience inclut l’endurance, en revanche, celle-ci n’est qu’un des ingrédients. La résilience, c’est plus que survivre. C’est l’art de rebondir. La plupart des gens naissent avec la capacité innée de tomber, d’échouer, de se ressaisir et de maîtriser de nouvelles compétences. C’est comme ça que nous apprenons à marcher, à parler, à jouer, à chanter, et à fréquenter des gens. Aller de l’avant est le résultat final d’une personnalité résiliente. UNE ÉTUDE DE CAS BIBLIQUE

Le personnage biblique de David est un bon exemple d’un individu ayant appris la résilience. Une évaluation réfléchie du roi David montre qu’il a connu la marginalisation, qu’il était charismatique et pouvait être manipulateur, qu’il n’avait pas peur du risque, que la violence lui était familière, et qu’il avait développé une libido rapace. Cependant, il a conservé un sens aigu de la justice et de la droiture. David grandit dans un foyer où il était le plus jeune et le moindre de sa fratrie. Relégué à la sale besogne de berger, il passa beaucoup de temps dans l’isolement. Au fil de son histoire, la vie ajouta à son isolement l’aventure, l’adversité, le risque, le danger. Les moutons dont il s’occupait et qu’il gardait étant la cible des prédateurs, il avait sans doute été formé pour les surveiller et les protéger. Quelque chose en lui, le courage, le poussait à affronter et à vaincre les menaces. Bien que David fût le plus jeune et le moindre de sa fratrie, il était stable et doué d’optimisme. Après avoir vaincu Goliath, il retourna à maintes reprises sur le champ de bataille.

La première étape dans la construction d’un caractère résilient, c’est une image de soi saine, assaisonnée de foi, de spiritualité, et d’optimisme. Cela se développe par une immersion précoce dans le creuset de la formation d’une identité sûre. L’échec, l’adversité et le stress incessant peuvent ébranler le sentiment d’identité d’une personne. Au cœur du régime de soins personnels est une acceptation du sabbat et des principes du sanctuaire. Le sabbat est l’élixir divin pour la restauration de l’image de Dieu. Dieu nous rappelle chaque semaine que tout ce qui est nécessaire à la survie de l’humanité a été prévu avant même que nous ayons été créés. Le sanctuaire rappelle le désir et l’intention de Dieu d’habiter non seulement parmi nous, mais aussi en nous. David a incarné l’exhortation prophétique suivante : « Nous n’avons rien à craindre de l’avenir, si ce n’est d’oublier la façon dont le Seigneur nous a conduits, et ses enseignements du passé2. » L’assurance avec laquelle David défia Goliath était le fruit de sa croissance post-traumatique. Dans le récit, il vanta la présence de Dieu et la foi en la délivrance divine plus que ses propres prouesses. L’histoire ne nous parle pas des émotions de David après la fin des célébrations de la victoire. Dans son ouvrage phare intitulé On Killing, Dave Grossman nous dit que chez le soldat, le contrecoup du système parasympathique se produit dès que le danger et l’excitation sont passés, et qu’il prend la forme d’une lassitude et d’une somnolence incroyables3. Le repos est un ingrédient essentiel de la résilience. C’est dans le repos, la réflexion, le rêve, et la narration répétée de l’histoire de la crise que l’homéostasie et l’équilibre sont atteints. Les techniques d’apaisement telles que la musique, la méditation, l’exercice physique, la lecture aident le cerveau à s’adapter aux facteurs de stress. Dans le langage psychologique, on appelle cela la neuroplasticité, que l’on définit

Le sanctuaire rappelle le désir et l’intention de Dieu d’habiter non seulement parmi nous, mais aussi en nous. ainsi : « Capacité du cerveau à se développer, à s’adapter, et à changer en réponse aux expériences vécues4. » Dans les tranchées, les subterfuges et les sabotages de la guerre, David fit preuve d’un cran extraordinaire. Ses psaumes et ses chants témoignent de sa fatigue, de sa faillibilité, et de sa foi. Alors que nous continuons à vivre – nous qui croyons en un Dieu aimant et habitons dans des sociétés souillées par le péché – nous ferions bien d’apprendre, d’employer et d’enseigner aux autres la science de la résilience. L’optimisme, ça s’apprend ! Apprenons-le donc, et associons-le à la passion et à la persévérance tandis que nous nous préparons pour l’avenir et la crise finale. La préparation de nos caractères à refléter Christ est d’une valeur de loin plus grande que le matériel que nous pouvons stocker en vue du temps de trouble. Dans la quête de résilience, le thème clé n’est pas la perfection ou la bravade. C’est plutôt l’intention de connaître des échecs et de rebondir, en mieux. https://www.psychologytoday.com/us/basics/resilience, 13 mars 2021. 2 Ellen G. White, Événements des derniers jours, p. 59. 3 Dave Grossman, On Killing: The Psychological Cost of Learning to Kill in War and Society, Boston, Little, Brown and Company, 2009, p. 94. 4 J. Suttie, « Building Resilience », Greater Good, 16 avril 2013, greatergood.berkeley.edu/article/item/building_resilience.  1

Paul Anderson, titulaire d’une maîtrise en pastorale, est directeur du Ministère de l’aumônerie adventiste pour la Division nord-américaine.

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Sous les projecteurs

S’épanouir dans l’adversité Aider les enfants à devenir résilients

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vez-vous remarqué à quel point certaines personnes ayant subi un traumatisme important ou de grandes difficultés arrivent à se relever, alors que d’autres restent vaincues et brisées après des expériences semblables ? Une chose différencie ces personnes : la résilience. Au nombre des meilleurs exemples bibliques de personnes résilientes, il y a Joseph, Job, Ruth, et Paul. La résilience, c’est la capacité de plier plutôt que de casser sous la pression. Ce concept – à l’origine de l’étude de l’ingénierie – peut être défini pour les êtres humains comme suit : « Capacité à faire face aux adversités inévitables de la vie, à les surmonter, à en tirer des leçons, à être transformé par elles, voire à s’épanouir1. » Ces difficultés n’ont pas besoin d’être des circonstances aux proportions catastrophiques, telles qu’une pandémie mondiale. Pour les enfants, l’adversité peut ressembler au fait de n’avoir personne avec qui jouer pendant la récréation, ou à la perte d’un animal de compagnie, etc. Ce qui est vécu comme une difficulté pour l’un peut ne pas être un défi pour l’autre. APPRENDRE À PLIER

La résilience n’est pas un trait statique que l’on possède à la naissance. Bien que la personnalité et le tempérament jouent un rôle dans le processus menant à la résilience, la résilience est un processus dynamique. Mais on peut l’apprendre, l’améliorer, voire la développer. Prenons, par exemple, Moïse et Jacob. Dans leur jeunesse, ni l’un ni l’autre ne s’est montré très doué pour faire face aux problèmes. Mais à travers leurs expériences de vie, Dieu leur a appris à surmonter une grande adversité. La résilience n’est pas un attribut unique, mais plutôt une constellation de ressources et de forces personnelles qui favorisent notre bien-être, nous protègent dans des situations défavorables ou risquées, et nous aident à développer un style de gestion des problèmes équilibré. Ce concept est issu de la branche de la psychologie positive qui se focalise sur le renforcement des ressources et des processus positifs pour entrer dans un cycle vertueux de développement équilibré. Ainsi, la résilience peut être développée en renforçant ces ressources personnelles sous-jacentes et en les utilisant à bon escient. 14

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En tant que parents, enseignants, ou modèles dans nos églises et nos communautés, nous pouvons faire des tas de choses pour améliorer la capacité de nos enfants à plier et à rebondir. La plupart des experts dans ce domaine indiquent que l’influence d’adultes importants (à l’intérieur ou à l’extérieur de la famille) est le facteur le plus important pour déterminer le degré de résilience d’un enfant. Elle est étroitement liée à l’expérience du respect et des bonnes relations au sein de la famille ou avec d’autres adultes significatifs. Que ce soit sciemment ou par inadvertance, les adultes donnent l’exemple de la résilience aux enfants – soit par l’enseignement ou par l’exemple. Pour être résilient, nul besoin de posséder un kit de forces complet ; par contre, il existe des moyens de grandir dans plusieurs domaines. Efforcez-vous de renforcer ou de développer certains des facteurs de chacun des points suivants. 1. COMMENCEZ PAR VOUS-MÊME

En cas de manque d’oxygène lors d’un vol, les adultes ont pour consigne de mettre d’abord leur propre masque Photo : Yaroslav Shuraev


à oxygène, et ensuite de mettre le masque à leurs enfants. Il en va de même pour la résilience. Il importe de travailler d’abord sur vos capacités à aider votre enfant. Quelles caractéristiques de la résilience possédez-vous ? Sur lesquelles devez-vous travailler ? Mieux encore : essayez d’identifier celles que vous pouvez apprendre en même temps que votre enfant. Cet exercice servira sans doute à renforcer votre relation avec lui. Au nombre des caractéristiques des mentors résilients idéaux, mentionnons la flexibilité, la capacité à faire face aux problèmes et à les résoudre, de bonnes aptitudes de communication, un bon réseau de soutien et, bien entendu, une relation saine et étroite avec l’enfant. 2. RELATIONS ET LIENS SOCIAUX 2

Passez du temps de qualité avec votre enfant en vous branchant sur lui, en lui montrant de l’affection, en lui parlant, en lui faisant découvrir les émotions, et en faisant des activités qui facilitent son développement. Aidez votre enfant à établir des relations avec d’autres adultes importants. Aidez votre enfant à développer son intelligence sociale et à se lier d’amitié avec ses pairs en encourageant la socialisation et le jeu (même s’il est virtuel), en lui apprenant à soutenir les autres et à pardonner. Vous pouvez aider votre enfant à développer son empathie en donnant l’exemple de relations positives, en parlant des sentiments d’autrui, en validant et en ressentant les émotions de l’enfant, et en le laissant assumer les tâches des autres. 3. AUTONOMIE ET INDÉPENDANCE

Il est important de ne pas protéger nos enfants des défis de la vie. Au contraire, apprenez à votre enfant à résoudre les problèmes, à renforcer son indépendance, à être un modèle en matière de responsabilité. Donnez-lui des occasions de jouer librement (cela lui permet de

faire des erreurs dans un environnement sûr tout en développant ses compétences en matière de résolution de problèmes). Encouragez-le à prendre ses propres décisions. Apprenez-lui à prendre lui-même soin de lui, et laissez-le trouver de nouvelles idées alors que vous l’encouragez à être créatif.

Les caractéristiques de résilience peuvent être organisées de nombreuses façons. L’enfant a...

4. GESTION DES ÉMOTIONS

Être résilient consiste à gérer ses émotions de manière saine et positive. Vous pouvez promouvoir ce comportement en y allant de questions ouvertes, en encourageant l’enfant à parler de ses sentiments, en favorisant l’expérience d’émotions positives (voir Pr 17.22), en reconnaissant et en validant ses sentiments de détresse, en lui apprenant à contrôler ses émotions, en l’aidant à accepter que les difficultés font bel et bien partie de la vie.

(Soutiens externes) ■

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une ou plusieurs personnes dans la famille dignes de confiance et qui l’aiment inconditionnellement une ou plusieurs personnes en dehors de la famille à qui il peut faire confiance sans réserve des limites à son comportement des personnes qui encouragent son indépendance des personnes qui sont pour lui de bons modèles accès aux services de base (santé, éducation, social, sécurité) une famille et une communauté stables

5. POSSIBILITÉS DE DÉFI PERSONNEL

N’ayez pas peur de laisser les enfants faire l’expérience de l’échec, car ils doivent apprendre à accepter les changements et les défis alors qu’ils font l’expérience de petites doses d’« adversité quotidienne ». Apprenez à votre enfant à planifier et à se préparer pour tous les événements (en particulier pour ceux qui provoquent de l’anxiété) ; laissez-le faire face aux situations difficiles en le guidant si nécessaire. E. H. Grotberg, Resilience for Today: Gaining Strength From Adversity, Greenwood, S.C., Praeger Publishers, 2003. 2 Pour des exemples spécifiques sur chacun de ces conseils à chaque étape de l’âge, consultez les liens suivants pour chaque domaine de résilience et groupe d’âge :  https://healthyfamilies.beyondblue.org.au/healthy-homes/ building-resilience. Pour des ressources et des informations supplémentaires, voir https://www.apa.org/topics/resilience/ guide-parents-teachers. Version espagnole : https://www.apa. org/centrodeapoyo/guia.

L’enfant est... (Atouts internes) ■ ■ ■ ■ ■ ■

L’enfant peut...

(Compétences interpersonnelles/ de résolution de problèmes)

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Annie Schulz Begle, titulaire d’un doctorat en psychologie, effectue des recherches sur le développement social et émotionnel des enfants. Elle habite avec sa famille à Hagerstown, au Maryland (États-Unis).

une personne que la plupart des gens apprécient généralement calme et de bonne nature respectueux de lui-même et des autres responsable de son propre comportement et capable d’en accepter les conséquences confiant, optimiste, et plein d’espoir fidèle et a une relation spirituelle avec Dieu

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générer de nouvelles idées et façons de faire les choses finir ce qu’il commence faire preuve d’humour dans la vie communiquer ses pensées et ses sentiments résoudre des problèmes dans différents contextes gérer son comportement et ses émotions demander de l’aide en cas de besoin

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Sous les projecteurs

Grandir ensemble – en toutes circonstances 47 ans – un témoignage en soi Que Dieu est bon !

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a femme et moi sommes mariés depuis 47 ans. Pour moi, le simple fait de dire ça, c’est un témoignage en soi ! Un témoignage de la bonté et de la grâce de Dieu. Un témoignage de notre volonté de nous soumettre non seulement à Dieu, mais aussi, en second lieu, l’un à l’autre. L’un des principaux concepts qui nous a permis de rester ensemble est que pour nous, l’échec n’a jamais été une option. Le divorce non plus. Dans cet esprit, chaque fois que nous avons rencontré un obstacle, chaque fois que nous nous sommes heurtés à un mur, nous avons mis toute notre énergie à trouver le moyen de surmonter ce défi. Si nos 47 années de mariage n’ont pas toujours été une route toute droite, bien nivelée, sans obstacles, en revanche, elles ont été enrichissantes et porteuses de croissance. Ce parcours a fait de moi une personne meilleure. Je crois sincèrement que Dieu a utilisé notre mariage pour nous aider à nous débarrasser de l’égoïsme – ce fléau de l’humanité. Maintenant que je peux regarder en arrière, je ris des pensées enfantines et souvent égoïstes qui menaçaient de faire échouer notre relation. En voici un exemple. À maintes reprises, ma femme m’a exclu de notre chambre à coucher parce que j’avais regardé une émission de télévision intéressante jusque tard dans la soirée. J’aurais pu prendre la position de

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l’homme de la maison et insister pour qu’elle ouvre la porte, ou même la défoncer… Mais cela n’aurait qu’aggravé la situation et rendu la réconciliation plus difficile. Chaque fois, j’ai décidé d’aller tranquillement dormir dans une autre pièce. Plus tard dans la nuit, j’ai tenté de nouveau ma chance, et à mon soulagement, la porte était déverrouillée ! Le lendemain matin, alors que nous en discutions, j’ai dit à ma femme en souriant comment j’avais été « mis à la porte ». Avec le temps, nous avons tous deux trouvé un compromis. Pour ma femme, il était inconcevable que des gens mariés n’aillent pas au lit en même temps chaque soir, sauf lorsqu’il était impossible de faire autrement. De son côté, elle a commencé à comprendre que le fait que je ne vienne pas au lit quand elle était prête à dormir n’était pas une indication d’un manque d’amour de ma part. Grâce à ce compromis, cette question a cessé d’être une source de désaccord. Comme le dit Amos : l’accord est la base de la marche commune (Am 3.3).

Hamilton Williams et Julie, sa femme, habitent à Phoenix, en Arizona. Hamilton est pasteur de l’église adventiste Beacon Light dans cette même ville.

Notre décennie de confiance Dieu nous aide à nous aider mutuellement

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l y a 13 ans, nous avons traversé tous deux de grandes difficultés. Le destin – ou la foi – a voulu que nos chemins se croisent et que nous développions une amitié qui s’est transformée en une incroyable histoire d’amour. Nous avons appris par la suite que nous priions tous les deux sincèrement Dieu de nous aider à surmonter nos difficultés. À partir de ce moment-là, il nous a aidés à nous entraider lors des nombreuses difficultés rencontrées en cours de route. Au cours de notre vie de couple, nous avons constaté la fidélité de Dieu de diverses manières. Il y a eu une période où nous avons eu deux opérations chirurgicales en un an. L’impact psychologique et financier de ces deux chirurgies n’était pas du tout évident à vivre. C’est alors que nous avons pris la décision d’honorer Dieu et de mettre sa Parole à l’épreuve en retournant fidèlement notre dîme et nos offrandes. À la fin d’un mois spécifique, alors que l’argent nous manquait pour régler nos factures d’ici la prochaine paye, nous avons prié et nous nous sommes encouragés l’un l’autre. Mais étant parents d’un nouveau-né, nous demeurions tout de même très inquiets. Avec le peu d’argent qui nous restait, nous avons acheté les articles essentiels pour le bébé, et avons continué à prier Dieu de subvenir à nos besoins. En principe, notre seule source de revenu était le jour de la paye. Nous avons tout remis entre les mains de Dieu. Quelques jours plus tard, nous avons décidé de

Photo : Jaddy Liu Nk


La résilience dans le mariage

faire le ménage pendant le week-end. En fouillant dans l’un des compartiments supérieurs de notre commode, nous avons découvert une enveloppe. Nous avons été bouleversés d’y trouver une somme d’argent soigneusement rangée. Nous nous sommes immédiatement tournés vers Dieu pour le remercier, car il s’agissait bien d’un miracle ! Grâce à cette somme, nous avons tenu jusqu’au mois suivant sans avoir à demander de l’aide à qui que ce soit. Notre Dieu a pourvu à nos besoins de la manière la plus étonnante qui soit ! Plus tard, nous avons découvert qu’il s’agissait, en fait, d’une partie de nos épargnes que nous avions, je ne sais trop comment, perdues de vue. Dieu s’en est servi juste au bon moment pour nous rappeler d’être toujours fidèles. Cette expérience nous a appris à faire confiance à Dieu même quand on n’a rien et qu’on ne voit pas la lumière au bout du tunnel. Au cours de nos années de mariage, nous avons été confrontés à de nombreuses situations difficiles. Mais nous avons constaté à maintes reprises qu’une fois qu’on reste fidèle à Dieu, tout le reste se met à la bonne place.

Marvin Samaroo est un ancien de l’église adventiste Family Fest Fellowship, à East Coast Demerara, au Guyana, où Catherine, sa femme, et lui sont membres.

Tout vivre ensemble 20 ans de joie et de douleur

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epuis plus de 20 ans, mon mari et moi mettons en pratique une écoute active. Nous nous chamaillons, nous rions ensemble et marchons côte à côte. Motivés par le désir de passer le reste de nos jours ensemble et de poursuivre nos rêves, nous nous sommes mariés très jeunes et avons quitté notre pays d’origine. Au cours de notre voyage dans différents pays, notre foi, notre amour et notre fidélité ont été testés jusqu’à leurs limites. Tout ce que nous avons fait – agriculture, nettoyage des cimetières et des maisons, licenciement par un kibboutz (nous habitions en Israël à ce moment-là) parce que nous avions refusé de travailler avec le tabac et l’alcool – nous a préparés à ce qui nous attendait. Et puis, je suis tombée enceinte ! Le temps était venu de passer à autre chose et de partir d’Israël. C’est avec enthousiasme que nous sommes partis pour l’Angleterre pour que mon mari y poursuive ses études supérieures en théologie. Malgré nos difficultés financières, tout semblait aller comme sur des roulettes. Soudain, notre vie a basculé. Là, dans nos bras, reposait notre petite fille mort-née. La douleur était insupportable. Dans mon désir de prouver que je vivais correctement mon deuil, j’ai nié mes émotions et me suis reproché mon manque de foi. Cette expérience fort

perturbante a entraîné de l’amnésie, et plus tard, une grave dépression et des tentatives de suicide. À travers tout ça, mon mari essayait de jongler entre le travail, les études et le souci de ma sécurité. Un jour, un ami lui a donné un conseil apparemment raisonnable : « Pourquoi n’envoies-tu pas Dane chez ses parents ? » Quelle solution tentante ! Au milieu de notre tristesse et de notre confusion, mon mari a décidé d’être fidèle à son engagement et s’est occupé de moi, alors que j’étais incapable de prendre mes responsabilités d’épouse. Grâce à la patience, à l’amour, aux soins professionnels et à l’intervention divine, nous avons surmonté cette épreuve et vu un avenir radieux s’ouvrir devant nous. Dieu nous a bénis de trois magnifiques garçons en pleine santé. J’étais une mère active, en pleine forme, faisant l’école à la maison. Une autre épreuve nous a alors frappés : j’ai contracté la maladie de Lyme et me suis retrouvée dans une chaise roulante. Mon mari a dû jouer le rôle d’aidant et de défenseur. Ensemble, nous n’avons cessé de nous remémorer les étapes importantes de notre vie, confiants que le Seigneur agirait de nouveau en notre faveur. En attendant le jour où Dieu créera « un nouveau ciel et une nouvelle terre » (Ap 21.1), où de telles expériences douloureuses ne seront plus, nous menons notre combat quotidien avec amour, foi, et confiance.

Theo et Danielle Rios habitent et étudient actuellement à l’Institut international adventiste pour les études avancées (AIIAS) aux Philippines, et sont les fiers parents de trois garçons : William, Raphael, et Benjamin. AdventistWorld.org Juin 2021

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Perspective mondiale

Avancer vers le but Ne baissez surtout pas les bras !

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ous sommes en 1523. La Réforme protestante est bien lancée. Conscient qu’il est important que les gens puissent lire les Écritures dans leur langue maternelle, Martin Luther a déjà publié une traduction allemande du Nouveau Testament en 1522, et publiera la Bible dans son intégralité en 1534. William Tyndale, un érudit anglais polyglotte, souhaite faire de même pour les anglophones1. En 1382, soit plus d’un siècle auparavant, John Wycliffe a traduit la Bible en moyen anglais à partir de la Vulgate latine. Cette traduction a eu un tel impact qu’en 1408, une loi exigeant la permission des autorités ecclésiastiques pour traduire, ou même lire la Bible en anglais, a été adoptée. Mais au début du 16e siècle, le moyen anglais est difficile à comprendre pour le commun des mortels. De plus, Tyndale souhaite traduire directement des textes originaux en grec et en hébreu. Cependant, en vertu de la loi de 1408, il doit d’abord recevoir l’autorisation d’une autorité ecclésiastique. Tyndale s’adresse alors à Cuthbert Tunstall, l’évêque de Londres, pour obtenir son soutien. C’est en juillet 1523 qu’il arrive au palais de l’évêque. À sa grande déception, la permission demandée lui est refusée.

« POUR VOTRE ÉDIFICATION SPIRITUELLE »

Poussé par le désir de fournir aux anglophones une Bible en anglais courant, Tyndale poursuit ses efforts. Se rendant en Allemagne au printemps 1524, il rencontre William Roye, un jeune diplômé de l’université de Wittenberg. Ce linguiste compétent soutient la vision de Tyndale. Faisant du Nouveau Testament grec2 nouvellement disponible leur source principale, les deux hommes travaillent sans relâche. Ils produisent ainsi la première traduction du Nouveau Testament en anglais courant. Ils se rendent à Cologne et présentent le manuscrit à Peter Quentel, un imprimeur allemand renommé, en vue de sa publication. Dans le prologue du premier Nouveau Testament anglais imprimé, William Tyndale explique (en utilisant l’orthographe de l’époque) : « J’ai traduit ici (mes frères et sœurs les plus chers et les plus tendrement aimés en Christ) le Nouveau Testament pour votre éducation spirituelle, votre consolation, et vos solas3. » Le bruit de cette nouvelle traduction se répand comme une traînée de poudre. Bientôt, les autorités arrêtent Peter Quentel. Par miracle, Tyndale et Roye sauvent leur manuscrit du Nouveau Testament et s’enfuient à Worms, une ville favorable à la Réforme. Là, de nombreux exemplaires du Nouveau Testament de Tyndale sont publiés. Cette édition étant beaucoup plus petite que celle produite à Cologne, les marchands peuvent en dissimuler plus facilement des exemplaires dans les marchandises qu’ils expédient en Angleterre. BRÛLÉS SUR LA PLACE PUBLIQUE

Les gens du peuple sont enchantés, mais les dirigeants de

Photo : Patrick Hendry


l’Église, eux, sont furieux ! Le cardinal Wolsey, le puissant prélat de l’Église catholique en Angleterre, réunit tous les évêques et déclare que les « traductions mensongères » doivent être brûlées, et les traducteurs, châtiés. Des tas d’exemplaires du Nouveau Testament de Tyndale sont confisqués. Tunstall les fait brûler près de la cathédrale Saint-Paul. Mais cela n’arrête ni Tyndale, ni la propagation de la Parole de Dieu, laquelle est financée par ceux-là mêmes qui ont tenté de l’arrêter ! Bien déterminé à effacer toute trace de ce « livre gênant », Tunstall se rend dans la ville d’Anvers, où la Bible de Tyndale est facilement disponible. Après avoir payé une forte somme d’argent pour obtenir tous les exemplaires connus, Tunstall retourne à Londres et les brûle. Mais à son insu, la somme qu’il a versée permet de payer les dettes de Tyndale et de financer la révision du Nouveau Testament de 1526 ! Lorsque les traductions révisées de 1534 commencent à se répandre dans toute l’Angleterre, Tunstall est sous le choc. Il est loin de se douter que c’est lui qui a financé le projet ! TRAHI PAR UN « AMI »

Même s’il sait que cela peut lui coûter la vie, Tyndale persévère, non seulement en fournissant une traduction anglaise lisible du Nouveau Testament, mais aussi en traduisant une grande partie de l’Ancien Testament. Pendant son séjour à Anvers, il se lie d’amitié avec Henry Phillips, un Anglais engagé pour le trahir. Le fidèle traducteur de la Bible est jeté dans une prison humide et sombre, où il souffre pendant un an et 135 jours4. En août 1536, il est reconnu coupable d’hérésie et condamné à mort. Le 6 octobre 1536, Tyndale est attaché au bûcher. Après l’avoir étranglé, on brûle son corps. Ses derniers mots sont : « Seigneur, daigne ouvrir les yeux du roi d’Angleterre ! » À peine quatre ans plus tard, sa prière est exaucée. En effet, à la

demande du roi, quatre traductions de la Bible anglaise sont mises à la disposition du peuple, toutes basées sur l’œuvre de Tyndale. Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à persévérer avec une telle détermination ? À aller de l’avant malgré les obstacles, les menaces, la trahison, et même la mort ? PERSÉVÉRANCE

On peut voir ce type de persévérance dans la vie des fidèles serviteurs de Dieu, consignée dans les Écritures mêmes que Tyndale, Luther et d’autres étaient si déterminés à mettre entre les mains du peuple. Prenons, par exemple, la vie de Paul – ce persécuteur devenu promoteur de l’Évangile. L’apôtre était déterminé à ne « savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Co 2.2). La persévérance de Paul à suivre la mission que Dieu lui avait confiée est décrite de manière vivante dans 2 Corinthiens 11.24-28 : « [C]inq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme. Fréquemment en voyage, j’ai été en péril sur les fleuves, en péril de la part des brigands, en péril de la part de ceux de ma nation, en péril de la part des païens, en péril dans les villes, en péril dans les déserts, en péril sur la mer, en péril parmi les faux frères. J’ai été dans le travail et dans la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la nudité. Et, sans parler d’autres choses, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les églises5. » Quelle était la motivation de Paul pour « remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ » (Ph 3.14) ? Voici ce qu’il a écrit vers la fin de sa vie : « [C]ar je sais en qui

j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là. » (2 Tm 1.12) Paul était sûr de son appel, de son but, de son Sauveur. C’est grâce à cette assurance qu’il a persévéré jusqu’au bout. Nous voyons, au fil des siècles, le peuple de Dieu persévérer. Hébreux 11 énumère un grand nombre de ces témoins fidèles, et le chapitre 12 nous encourage à reprendre le flambeau. « Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. » (He 12.1,2) Luther, Tyndale et bien d’autres encore se sont sacrifiés pour que des millions de personnes puissent lire la Parole de Dieu dans leur propre langue et soient encouragées à persévérer jusqu’à la fin. Prenons donc le temps de lire et de chérir ces précieuses Écritures ! Gardons les yeux fixés sur Jésus et persévérons jusqu’à la fin ! Une bonne partie de l’information historique dans cet article vient de Ray L. Huntington et W. Jeffrey Marsh, « Revisiting William Tyndale, Father of the English Bible », Religious Educator 12, n° 2, 2011, p. 13-33, https://rsc.byu.edu/vol-12-no-2-2011/revisiting-william-tyndale-father-english-bible#_edn23. 2 « The Textus Receptus » (1516), un Nouveau Testament grec basé sur les manuscrits originaux, compilé par Desiderius Erasmus, philosophe néerlandais et érudit chrétien. 3 William Tyndale, prologue du Nouveau Testament de Cologne de 1525, dans The First Printed English New Testament, éd. Edward Arber, Londres, Bloomsbury, 1871, p. 1, cité dans Huntington et Marsh. 4 Robert Demaus, William Tindale: A Biography; Being a Contribution to the Early History of the English Bible, édition populaire, rév. de Richard Lovett, Londres, Religious Tract Society, 1904, p. 483, cité dans Huntington et Marsh. 5 Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. 1

Ted N. C. Wilson est le président de l’Église adventiste du septième jour. Des articles et des commentaires supplémentaires sont disponibles depuis le bureau du président sur Twitter : @pastortedwilson, et sur Facebook : @PastorTedWilson.

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Place aux jeunes

Embrasser le changement avec courage

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lors que je descends de l’avion, je sens comme un mur de chaleur me frapper. Les panneaux de l’aéroport, rédigés dans une écriture étrange, indiquent le chemin à suivre pour passer les contrôles. Les gens autour de moi discutent dans une langue que je ne comprends pas. Dans le hall de l’aéroport, un groupe de personnes souriantes me saluent avec enthousiasme pour me souhaiter la bienvenue. Quelques minutes plus tard, je me retrouve pour la première fois sur le siège arrière d’une moto. Tandis que mon chauffeur se faufile dans le trafic vers ma nouvelle demeure, j’écarquille les yeux à la vue des scènes nouvelles qui défilent devant moi. C’est le début de mon expérience d’étudiante missionnaire ! Je sais que c’est là que Dieu veut que je sois. Et ça me remplit d’enthousiasme ! Par contre, j’avoue que j’ai peur aussi, sachant qu’il y a beaucoup d’autres « premières » et d’autres changements à l’horizon. Les 18 mois qui suivent me mettent, en effet, à rude épreuve alors que je m’adapte à une nouvelle vie. Mais ce processus m’apporte finalement de la joie et me permet de faire de nouvelles expériences avec Dieu. Dire oui à Dieu nécessite souvent un certain type de changement. Il peut s’agir d’un changement aussi radical qu’un déménagement à l’étranger, ou d’un changement beaucoup plus proche de chez soi. Mais quel que soit son potentiel positif, le changement reste un défi. Voici comment je m’y prends pour naviguer avec courage dans le changement. Tout d’abord, je me remémore mes expériences précédentes, comme le temps passé en tant qu’étudiante missionnaire. Ellen White écrit : « Lorsque je constate tout ce que le Seigneur a accompli, je suis remplie

Quel terrain inconnu avezvous déjà affronté ? Quelles histoires vous rappellent les conseils et la fidélité de Dieu ?

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d’étonnement et de confiance dans le Christ, notre chef. Nous n’avons rien à craindre de l’avenir, si ce n’est d’oublier la façon dont le Seigneur nous a conduits, et ses enseignements du passé1. » Bien qu’elle écrivît spécifiquement au sujet du mouvement adventiste, je crois que ce principe peut également s’appliquer à nos vies personnelles. Quel terrain inconnu avez-vous déjà affronté ? Quelles histoires vous rappellent les conseils et la fidélité de Dieu ? En me rappelant ma propre histoire, j’ai constaté que le fait d’embrasser de nouvelles expériences avec Dieu m’a fait vivre une belle croissance et a suscité des occasions en or, tout en me rendant plus résiliente. Par conséquent, ma confiance pour l’étape suivante en est accrue. Outre cette rétrospective, je trouve aussi de la force en me focalisant sur ce qui ne change pas. Par exemple, j’ai parsemé mes journaux de prières de certains versets bibliques, et j’en ai aussi collés aux murs : « Moi, j’ai confiance en ta bonté » (Ps 13.6)2. « Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie » (Ps 23.6). « Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante. » (Es 41.10) L’amour et l’aide indéfectibles de Dieu sont une base solide sur laquelle je peux m’appuyer, peu importe ce qui se passe dans mon monde. En me rappelant activement ses promesses, j’éprouve davantage de paix dans les périodes de transition. Dieu vous invite-t-il à vivre quelque chose de nouveau ? Si oui, n’ayez pas peur ! Rappelez-vous simplement votre histoire avec lui. Souvenez-vous de ses promesses, et ensuite, embrassez le changement ! Ellen G. White, Événements des derniers jours, p. 59. Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. 1 2

Lynette Allcock, diplômée de l’Université adventiste Southern, habite à Watford, au Royaume-Uni.


Earley Simon

Matthieu Koulété est actuellement secrétaire de la Mission du Bénin, à Cotonou, au Bénin. Chaque sabbat, Valérie marchait six heures en tout pour aller à l’église et en revenir. Elle a conduit beaucoup d’âmes à Jésus.

Foi en action

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n 1971, lorsque le missionnaire français Henri Kempf s’est rendu en Haute-Volta, il n’y avait pas un seul adventiste dans tout le pays – ce qui n’était pas nouveau pour lui. Quelques années plus tôt, Henri et sa famille avaient commencé à travailler avec les adventistes au Togo, le pays voisin. « Établir une nouvelle mission est une expérience vraiment passionnante, dit le pasteur Kempf, mais une tâche ardue*. » L’évangélisation de la Haute-Volta, aujourd’hui le Burkina Faso, n’a guère été facile. Vingt-quatre ans plus tard, lors de l’établissement de Mission globale, on ne comptait que 28 membres d’église et deux groupes. Aujourd’hui, on parle de 2 358 membres répartis en 12 églises et 65 groupes, avec cinq pasteurs consacrés. L’Église compte aussi 10 écoles adventistes et une clinique dentaire. Si l’Église au Burkina Faso n’est pas riche, en revanche, elle est vivante et en pleine croissance. Comment cela s’est-il produit ? La réponse est simple : le Saint-Esprit a utilisé des croyants qui ont dit de tout leur cœur : « J’IRAI ! » DES CŒURS BIEN DISPOSÉS

L’une d’entre eux est Matthieu Koulété, un jeune adventiste du Togo que j’ai rencontré il y a 25 ans. Bien qu’issu d’une famille animiste dont le père pratiquait le vaudou, Matthieu a donné totalement sa vie à Jésus. Rien ne pouvait cacher sa joie lorsqu’il m’a présenté quelques-uns des nouveaux groupes de croyants qu’il a lancés. Matthieu Koulété et sa famille ont servi au Burkina Faso pendant 10 ans. Ils ont établi 12 nouveaux groupes adventistes, dont plusieurs sont devenus de grandes églises. Partout où il allait, Matthieu étudiait la culture des gens, essayant de forger des liens avec eux, ce qui lui permettrait de leur présenter la Bible. Dans l’un de ces nouveaux groupes, un petit garçon a décidé de se donner à Jésus. Au fil des années, ce garçon a amené les membres de sa famille à

Gary Krause

Des pionniers de l’Évangile devenir adventistes. Ayant ensuite décidé de devenir pasteur, il est allé à l’Université adventiste Cosendai, au Cameroun, pour y suivre une formation pastorale. Aujourd’hui, il est pasteur au Burkina Faso, travaillant à partir du fondement posé par les pasteurs Kempf et Koulété. Matthieu Koulété a établi une église à Koudougou. Valérie faisait partie des nouveaux croyants. Bien que ne pouvant se déplacer qu’avec des béquilles, chaque sabbat, elle marchait trois heures pour se rendre à l’église et trois heures pour en revenir, sous le soleil brûlant d’Afrique. Valérie a conduit beaucoup de personnes à Jésus. Quant à Matthieu Koulété – lequel a été un pionnier de l’Évangile au Burkina Faso – eh bien, il est actuellement secrétaire de la Mission du Bénin, à Cotonou, au Bénin. * Henri Kempf, « In the Homeland of the Voodoo Cult », Missions Quarterly 56, n° 2, 1967, p. 4, 8.

Gary Krause est directeur du Siège de Mission adventiste, à la Conférence générale des adventistes du septième jour. Pour regarder une entrevue avec Matthieu Koulété, consultez le site https://m360.tv/i23041.

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À la découverte de l’Esprit de prophétie

Vivre sans intercesseur

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llen G. White fait un certain nombre de déclarations théologiques importantes concernant la cessation de la médiation de Christ en faveur des pécheurs dans le sanctuaire céleste, peu avant son retour en gloire1. Pour certains, ces déclarations signifient que les croyants vivront pendant le temps de détresse sans avoir accès à la grâce suffisante de Christ. Une telle interprétation suscite la peur, l’anxiété même, car elle détruit la certitude du salut. L’Évangile du salut par la foi en Jésus est en quelque sorte mis de côté, et l’accent, lui, mis sur les réalisations humaines. Une étude détaillée des déclarations d’Ellen White2 indique que pendant le temps de détresse, le peuple de Dieu s’appuiera entièrement sur la puissance expiatoire de la croix de Jésus. CE QU’ELLEN WHITE N’A PAS DIT

Nous devrions peut-être commencer par énoncer ce qu’Ellen G. White ne dit pas sur ce qui se passera après que Christ aura terminé sa médiation dans le ciel. Premièrement, on ne trouve nulle part dans ses écrits une affirmation selon laquelle le peuple de Dieu ne luttera plus contre sa nature pécheresse. Elle dit, au contraire : « Nous ne pourrons dire : “Je suis sans péché” que lorsque ce corps vil sera changé et rendu semblable à son corps glorieux3. » Deuxièmement, elle ne dit pas qu’au terme de son œuvre de médiation au ciel, Christ retirera du croyant le manteau qu’est sa justice imputée. Troisièmement, elle ne dit pas qu’à ce moment-là, Christ et le Saint-Esprit nous abandonneront ou que nous devrons survivre par nous-mêmes. Elle écrit plutôt : « J’ai vu que Dieu avait jeté un manteau sur son peuple, afin de le protéger pendant le temps de trouble ; et que toute âme qui a accepté la Photo : Il Vano


vérité et dont le cœur est pur sera couverte par le manteau du Tout-Puissant4. » Lorsque Christ achèvera son œuvre de médiation dans son sanctuaire céleste, il accordera « un acquittement total » à ses fidèles disciples5. Pendant le temps de détresse, le peuple de Dieu dépendra toujours de l’œuvre expiatoire du Christ. L’EXPÉRIENCE DU PEUPLE DE DIEU

La fin du rôle d’intercession du Christ dans le sanctuaire céleste signifie que l’Esprit sera retiré des méchants, qu’ils seront abandonnés entre les mains de Satan, que les sept derniers fléaux tomberont, et que Satan tentera d’exterminer le peuple de Dieu6. À ce moment-là, le reste du peuple de Dieu traversera une période d’angoisse, craignant d’être exterminé, ayant le sentiment que Dieu l’a abandonné, et s’inquiétant de son indignité spirituelle7. Dieu se servira de leur expérience pour les épurer : « [I]l faut qu’ils passent au creuset, que leur mondanité se consume, et qu’ils réfléchissent parfaitement l’image du Sauveur8. » Les enfants de Dieu prieront jour et nuit pour être délivrés. Satan leur insinuera alors que leur cas est désespéré à cause de leurs nombreux péchés. Ils se regarderont, et « en récapitulant leur passé, seront conscients de leur faiblesse et de leur indignité, […] ne verront que peu de bonnes choses dans tout le cours de leur vie, [si bien que] leur foi sera ébranlée »9. Ils choisiront cependant de s’en remettre à l’œuvre expiatoire du Christ en leur faveur. À l’instar de Jacob aux prises avec l’ange, nous « ne pourrons rien faire de nous-mêmes. Dans notre indignité et notre impuissance, nous ne trouverons de secours que dans les mérites d’un Sauveur crucifié et ressuscité. Aucun de ceux qui agiront ainsi ne périra10. » Remarquez-le bien : tandis que « ceux [… qui] préfèrent mourir plutôt que de consentir à une action mauvaise » « seront trouvés fidèles »11, ce n’est pas leur perfection de caractère qui leur donnera l’assurance du salut et les rendra victorieux. Ceci n’est accompli que par la mort sacrificielle du Christ pour eux – l’Évangile éternel. Ils trouveront refuge dans l’Agneau qui a été immolé pour eux (voir Ap 14.1). Le sentiment d’indignité les accompagnera jusqu’au retour de Jésus. En voyant leur Seigneur arriver, ils s’exclameront : « Qui pourra subsister ? » Mais Jésus répondra : « Ma grâce vous suffit »12. Pendant le temps de détresse, le peuple de Dieu aura encore accès à la grâce divine – ce qui veut dire que l’œuvre expiatoire du Christ en sa faveur sera encore efficace.

« Notre salut n’est pas notre œuvre, mais le résultat du sacrifice du Christ. »

chrétienne en tant qu’œuvre qui consiste à renoncer « définitivement au péché »13. Elle ajoute que ce « fait est plus clairement présenté par les messages du quatorzième chapitre de l’Apocalypse »14. Afin d’atteindre cet objectif, les messages doivent être acceptés, mis en pratique et partagés avec d’autres. Ces messages sont conçus par Dieu pour nous préparer, nous et le monde, à la seconde venue du Christ15. Plus précisément, elle déclare que nous nous débarrassons du péché en étant justifiés par la foi en Christ et par l’obéissance aux commandements de Dieu (Ap 14.12)16. La perfection chrétienne consiste à soumettre quotidiennement notre volonté à celle de Dieu tout en nous appuyant constamment sur la grâce du Christ par laquelle nous obtenons le pardon (1 Jn 2.1,2). Le but de la perfection chrétienne n’est pas de nous permettre d’être victorieux en l’absence de la médiation du Christ, mais plutôt de nous permettre d’être plus efficaces dans notre service envers nos semblables. La perfection chrétienne, par la puissance de l’Esprit, sert à nous transformer à la ressemblance de Jésus, et ainsi, nous permet d’être des serviteurs efficaces de Dieu en faveur des autres. Notre salut n’est pas notre œuvre, mais le résultat du sacrifice du Christ. Voir d’Ellen G. White, « Dear Brethren and Sisters », Present Truth, septembre 1849, par. 7 ; Premiers écrits, p. 280 ; La tragédie des siècles, p. 461 ; Patriarches et Prophètes, p. 177. 2 Voir Angel Manuel Rodríguez, Living Without an Intercessor in the Writings of Ellen G. White, Biblical Research Institute Releases 17, Silver Spring, Md., Institut de recherche biblique, 2020. 3 Ellen G. White, dans Signs of the Times, 23 mars 1888 ; voir aussi Ellen G. White, Selected Messages, Washington, D.C., Review and Herald Pub. Assn., 1958, 1980, vol. 3, p. 355. 4 Idem., Premiers écrits, p. 43. 5 Idem., La tragédie des siècles, p. 526. 6 Idem., Premiers écrits, p. 279, 280. 7 Idem., La tragédie des siècles, p. 668-672. 8 Idem., La tragédie des siècles, p. 673. 9 Ibid., p. 671. 10 Idem., Patriarches et prophètes, p. 178. 11 Idem., Messages à la jeunesse, p. 72. 12 Voir La tragédie des siècles, p. 696. 13 Ibid., p. 461. 14 Ibid. 15 Ibid., p. 472. 16 Ellen G. White, Manuscript Releases, Silver Spring, Md., Ellen G. White Estate, 1981-1993, vol. 12, p. 193. 1

PRÉPARATION POUR LE TEMPS DE DÉTRESSE

Ellen G. White nous encourage à apprendre à vivre maintenant de la manière dont nous devrons vivre pendant le temps de détresse. À cet égard, elle parle de la perfection

Ángel Manuel Rodríguez est un théologien adventiste. Avant sa retraite, il a été directeur de l’Institut de recherche biblique.

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Méditation

Solitaire ou seul ? 23

longues journées. Je reste à la maison. Aucun signe de COVID-19, mais des signes de solitude, ça oui. C’est ce que beaucoup vivent pendant cette pandémie. Dans de telles circonstances, à quoi doit-on s’accrocher ? Et de quoi doit-on ne pas tenir compte ? AVRIL 2020

Plusieurs semaines se sont écoulées depuis que ma vie sociale a été chamboulée. Elles ont été marquées par le confinement, les restrictions, le télétravail, et l’isolement. Je ne sors qu’une fois par semaine pour faire les courses. Je les fais rapidement, sans vraiment rencontrer de gens. La plupart ne me regardent même pas ! Aussi utiles que soient les appels vidéo, ils ne pourront jamais remplacer le contact visuel ou la sen24

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sation du toucher physique. Alors, des questions plus profondes surgissent : Qui sont les personnes auxquelles je tiens le plus ? À quoi est-ce que je m’accroche dans la vie ? Pourquoi suis-je seule ? Qu’est-ce que demain me réserve ? Où vais-je trouver la force d’affronter le nouveau jour ? Et que vais-je faire de moi-même pendant tout ce temps ? J’ai couché ces lignes dans mon journal de prière. En tant que jeune adulte, je suis émotionnellement affectée par la COVID-19. Mais au lieu d’ignorer ces émotions, j’essaie de les analyser. Comment est-ce que ça se passe ? Honnêtement, pas très bien. Qu’est-ce que ça me manque de sortir avec mes amis et de parler avec mes collègues ! La Bible dit en fait qu’il n’est pas bon pour l’être humain d’être seul (Gn 2.18), et une fois qu’on est

Apprendre à s’accrocher au Dieu qui nous aime

seul, on comprend tout à coup à quel point c’est vrai. Nous avons été créés pour être en relation. Nous avons besoin les uns des autres. Et dans une telle crise, notre besoin fait surface. IL Y A FORT LONGTEMPS

Une vieille histoire biblique me revient à l’esprit. C’était un homme prospère et très influent. Il était riche, intègre, droit, et craignait Dieu. Un homme d’honneur, quoi ! Mais soudain, tout a basculé : son bétail a été volé ou détruit par des catastrophes naturelles, et tous ses enfants sont morts. En quelques jours à peine, il a perdu tout ce qu’il avait aimé. Et comme si ce n’était pas assez, il est tombé malade – terriblement malade. C’en était trop pour sa femme ! Dans sa détresse, elle s’est écriée : « Maudis Dieu, et meurs ! » Photo : Alex Green


donné la force d’endurer l’épreuve. Il s’attendait à ce que son histoire se termine bien, car il savait en qui il croyait. Il savait que Dieu est miséricordieux et compatissant. MON ŒIL T’A VU

Job ne prenait pas ses richesses pour acquises. Il les considérait comme une bénédiction venant d’en haut : « L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté » (Jb 1.21). Remercions-nous Dieu pour nos revenus, nos biens, nos amis, ou notre famille ? Certains ne s’adressent à Dieu que lorsque des problèmes surviennent. La foi de Job, elle, a commencé lorsque tout allait bien ; il était déjà proche de Dieu et menait une vie juste. Sa souffrance a renforcé sa relation avec Dieu, car à la fin, il a proclamé : « Mon oreille avait entendu parler de toi ; mais maintenant mon œil t’a vu. » (Jb 42.5) À travers cette expérience, Dieu s’est révélé de nouveau à Job. NON PAS DE L’INTÉRIEUR, MAIS DE DIEU

Comment Job a-t-il affronté de telles épreuves ? « Mais je sais que mon rédempteur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la terre. » (Jb 19.25) D’où lui venait donc cette confiance ? Qu’est-ce qui lui a donné la force de rester fidèle à Dieu et de vivre sa foi dans ces circonstances ? Job est un excellent modèle. Il savait comment faire face à la souffrance. « Vous avez entendu parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin que le Seigneur lui accorda, car le Seigneur est plein de miséricorde et de compassion. » (Jc 5.11) LA PATIENCE DE JOB

Quand il n’y a pas de solution facile, on a besoin de patience. Job a dû patienter pour connaître la fin de son histoire. Sa foi en Dieu lui a

Alors qu’il avait tout perdu, Job a fait l’expérience de la puissance de Dieu. Comme lui, puisque nous ne pouvons trouver de force en nous, nous pouvons faire l’expérience de la puissance surnaturelle de Dieu. Dans 2 Corinthiens 12.9, il nous est dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. » Nos souffrances et nos problèmes sont des occasions pour Dieu de nous remplir de sa grâce. Lorsque nous acceptons la puissance de Dieu et la réclamons, nos cœurs deviennent plus forts. Dieu ne peut pas tomber malade ou se lasser. Il est le même qu’à l’époque de Job. CONCLUSION

Cette pandémie a mis à mal de nombreuses relations, mais Job m’apprend que c’est aussi une excellente occasion d’approfondir ma relation avec Dieu, car j’ai besoin de lui. Dieu comprend le sentiment de solitude. « Pensée merveilleuse : Jésus connaît

toutes nos douleurs, toutes nos peines. Dans toutes nos détresses il est en détresse avec nous. […] Jésus est touché par nos infirmités*. » Le fait que Jésus ait passé du temps seul pour parler à son père céleste me réconforte. Jésus cherchait à être seul pour pouvoir faire face à sa propre souffrance. Ce temps de solitude l’a renforcé et lui a permis de servir les autres. La solitude est un état qui diffère du fait de se sentir seul. Quand on se sent seul, on se concentre sur ce qui manque, alors que la solitude, elle, sert de cadre pour faire les choses par soi-même. Selon mon expérience, le sentiment d’être seul s’estompe lorsqu’on accepte d’être seul. C’est une étape essentielle pour reprendre le contrôle de sa situation. J’ai appris – et j’apprends encore ! – que mes moments de solitude me révèlent plus profondément à quel point je suis dans le besoin. Cependant, Dieu pourvoira à tous mes besoins selon sa richesse, avec gloire (voir Ph 4.19). L’année 2020 m’a également appris qu’il est temps de se fixer des objectifs bénéfiques pour la communauté, comme par exemple, créer de nouveaux liens, choisir de « rester en contact » plutôt que de s’isoler, et renforcer ses relations. Demandons-nous : « Qui a besoin d’aide ? Qui a besoin d’attention ? » Il est plus viable de trouver un moyen de faire face à la COVID-19 que d’espérer la voir disparaître d’un coup de baguette magique. Le jour viendra où nous aurons une communion sans restriction les uns avec les autres. Je souhaite que ce soit très bientôt. « Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous ! » (Ap 22.20,21) * Ellen G. White, Messages choisis, vol. 2, p. 272.

Shaina Strimbu est directrice de la jeunesse de l’Union des fédérations autrichiennes. Elle habite à Vienne, en Autriche. AdventistWorld.org Juin 2021

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La Bible répond

Garder la foi de Jésus Q

Dans Apocalypse 14.12, que signifie l’expression « qui gardent […] la foi de Jésus » ?

R

Apocalypse 14.12,13 clôt le message des trois anges et oppose ceux qui se sont soumis au programme du dragon et de ses confédérés (v. 9,11) au peuple du reste de Dieu qui est fidèle à Christ. En ce qui concerne l’expression « la foi de Jésus », le texte grec original est ambigu et se prête à différentes traductions. 1. DIFFÉRENTES POSSIBILITÉS

On pourrait soutenir que dans l’expression en question, le nom « foi » se réfère aux enseignements de Jésus. Apocalypse 2.13 semble soutenir cette interprétation – l’église de Pergame « n’as pas renié ma foi [enseignement] ». Jean dirait alors que le peuple de Dieu se caractérise par le fait qu’il suit les enseignements de Jésus. En deuxième possibilité, on pourrait considérer que le mot « foi » signifie « fidélité », et ainsi, rendre l’expression par « la fidélité de Jésus » – ce qui pourrait signifier que la fidélité de Jésus envers Dieu inspire les croyants à l’être, eux aussi. En troisième possibilité, on pourrait comprendre « foi/fidélité » comme désignant la foi des croyants, et rendre ça par « demeurer/rester fidèle à Jésus » – ce qui pourrait signifier être fidèle à ses enseignements ou être aussi fidèle à Dieu que Jésus l’était. À vrai dire, cette suggestion ne diffère pas tellement des deux autres. En quatrième possibilité, on pourrait traduire l’expression par « gardent leur foi en Jésus ». Dans ce cas, la foi en Jésus désignerait leur foi en Jésus en tant que Sauveur. Cette hypothèse est étayée par le fait que dans l’Apocalypse, le peuple de Dieu a été purifié de ses péchés et racheté par le sang de Jésus (Ap 1.5 ; 5.9 ; 14.3,4). 2. L’INTENTION DE JEAN

Il est difficile de découvrir l’intention de Jean en raison de l’ambiguïté du texte grec. Dans des cas comme celui-ci, 26

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certains interprètes ont tendance à suggérer que Jean pouvait avoir à l’esprit les quatre significations possibles. Sans nécessairement m’opposer à ce point de vue, j’aimerais souligner ici ce qui, à mon avis, constitue le point essentiel de Jean – ce qu’il vise. Il semble que son intention principale soit de montrer que les enfants de Dieu ont placé leur foi en Jésus en tant que Sauveur, et que cet engagement de foi est inébranlable. Ils ont décidé de ne pas placer leur foi dans le prétendu pouvoir du dragon de préserver la vie humaine (voir Ap 13.15). Le fait de s’en remettre à Christ pour le salut est incontestablement au cœur même des enseignements de Jésus. Si nous nous interrogeons sur la signification de l’expression « la fidélité de Jésus », la réponse la plus évidente serait qu’elle se réfère à sa fidélité à la volonté salvatrice du Père – Jésus a été fidèle jusqu’à la croix pour nous sauver. Quelles que soient les différentes traductions de l’expression « la foi de Jésus » – toutes semblent avoir en commun l’idée de la mort du Christ en tant que source de la foi salvatrice. Permettez-moi d’ajouter une autre preuve contextuelle soutenant l’idée que Jean se réfère principalement à la foi salvatrice du croyant en Christ. Dans Apocalypse 14.13, il est question des morts « qui meurent dans le Seigneur ». Ce sont les croyants qui persévèrent et qui sont prêts à mourir pour le Seigneur. Remarquez qu’ils « meurent dans le Seigneur ». L’expression « dans le Seigneur » est riche sur le plan théologique. Être dans le Seigneur signifie que nous avons trouvé en lui notre sauveur, et que par la foi, nous avons été intégrés à son œuvre rédemptrice et à son peuple. Il semble que c’est à cet événement rédempteur que l’expression « la foi de Jésus » se réfère principalement. Si je ne me trompe pas, Apocalypse 14.12 décrit le peuple de Dieu comme étant ceux qui gardent ensemble, dans leur expérience personnelle, le salut par la foi en la mort du Christ et l’obéissance aux commandements de Dieu en tant que réponse à une telle manifestation de l’amour divin : l’Évangile et la loi.

Avant sa retraite, Ángel Manuel Rodríguez a été directeur de l’Institut de recherche biblique de la Conférence générale.


Santé & bien-être

Protocoles de sécurité de la COVID-19 Faut-il encore vivre de manière restrictive ? La pandémie a causé beaucoup de perturbations. Nous sommes de plus en plus las et impatients de retrouver une vie normale. Comment réintégrer le travail et l’école ? Et qu’en est-il des protocoles du culte en présentiel ? Avezvous des conseils ou des lignes directrices là-dessus ?

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ar la mort, la maladie et les difficultés économiques, la pandémie de COVID-19 a changé complètement nos vies et nos façons de pratiquer notre culte, de travailler, d’étudier, et de jouer. Nous sommes impatients de revenir aux réunions et aux célébrations en présentiel. Nous sommes pleinement entrés dans la deuxième année de cette pandémie, et les vaccins ont réduit le taux d’infection et la propagation. Cependant, alors que nous veillons à assurer la disponibilité des vaccins à la population mondiale, nous sommes confrontés aux difficultés des disparités et des inégalités, ainsi qu’aux défis du déroulement régional. Tandis que nous attendons ensemble le moment où nous pourrons rendre un culte à Dieu et jouir de la communion fraternelle en présentiel en toute sécurité, nous devons continuer à faire preuve d’une grande prudence pour la sécurité de nos congrégations et des communautés que nous avons le privilège de servir (nous sommes, en effet, les gardiens de nos frères et sœurs). Tous les projets, activités et initiatives de l’église doivent se faire dans le cadre de sécurité des directives et des réglementations locales, étatiques et nationales en vigueur, ainsi que des recommandations/restrictions de la santé publique dans les juridictions où les programmes sont promus et mis en œuvre. Des directives générales sont publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et les centres de contrôle des maladies propres à chaque pays. Comme les circonstances, à l’instar des directives, varient, l’Église adventiste n’a pas publié de directives mondiales. Nous sommes reconnaissants de ce que nos directeurs de la santé de division et d’union soient en étroite communication avec leurs territoires, et de ce qu’ils partagent des informations et des directives responsables, adaptées selon chaque région. Des directives telles que les suivantes aideront à orienter les protocoles de sécurité dans la tenue des réunions. ■ La distanciation physique (sociale) est toujours nécessaire. Lorsque c’est possible et que le temps le permet, les réunions en plein air peuvent être une option intéressante et plus sûre. ■ Le port du masque protège nos contacts, mais aussi nous-mêmes. Les Photo : Melissa Jeanty

pays qui ont le plus efficacement maintenu le nombre de cas à un niveau bas ont encouragé l’utilisation de masques. ■ Le chant doit être pratiqué avec prudence. Portez des masques et maintenez une distance de deux mètres/six pieds. ■ Le service du lavement des pieds doit, si possible, avoir lieu à la maison. À l’église, s’il est impossible de respecter la distance physique recommandée, reportez-le jusqu’à ce qu’il puisse se faire sans danger. ■ Échelonnez les baptêmes. Évitez les baptêmes de masse avec un grand nombre de participants. Utilisez des masques, faites un dépistage (prise de la température) et, si possible, demandez aux participants de passer un test de dépistage de la COVID-19 avant l’événement. Abstenez-vous des accolades et des embrassades. ■ Remplacez temporairement les repas en commun par des réunions virtuelles de groupes de soutien (appels téléphoniques, textos, Zoom ou autres méthodes virtuelles) pour maintenir le lien social et vérifier que chaque membre d’église se porte bien. ■ Le lavage et la désinfection des mains doivent être encouragés. Veillez à ce que des installations/équipements adéquats soient disponibles. ■ La propreté des bâtiments/toilettes doit être soigneusement maintenue. ■ Si vous êtes malade, restez chez vous. Vous ne vous sentez pas bien ? Vous avez de la fièvre ou de la toux ? Si tel est le cas, n’assistez à aucun rassemblement. Pour d’autres infos, conseils et liens utiles pour trouver des ressources supplémentaires fiables, consultez le site Web du Ministère de la santé : https:// www.healthministries.com/coronavirus/. Des informations sur la vaccination sont disponibles sur le site https://www. healthministries.com/covid-19-vaccinesaddressing-concerns-offering-counsel/. Dans toutes ces choses, nous prions pour que vous prospériez à tous égards et soyez en bonne santé, comme prospère l’état de votre âme (voir 3 Jn 1.2).

Peter N. Landless est cardiologue spécialisé en cardiologie nucléaire, et directeur du Ministère de la santé de la Conférence générale. Zeno L. Charles-Marcel, M.D., est directeur adjoint du Ministère de la santé de la Conférence générale. AdventistWorld.org Juin 2021

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Des scalaires précieuses

A « Je vais vous raconter… » DICK DUERKSEN

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ujourd’hui, sur l’île caribéenne de Porto Rico, il fait chaud en ce jour de sabbat. Ce matin, nous sommes allés à l’église et avons mangé les sandwichs au beurre d’arachides et à la gelée que Maman a préparés pour le voyage. Oh, ce n’est pas un long voyage, non ; ça prend un peu plus d’une heure au nord de chez nous à l’Hôpital Bella Vista, sur la colline surplombant la ville de Mayaguez. Maintenant, nous vivons le rêve préféré de Maman pour un sabbat après-midi. Nous sommes à la recherche de précieuses scalaires dans les flaques de marée, près d’Isabela, un village de pêcheurs. Maman aime beaucoup cet endroit. Tout y est spécial pour elle : les longues rangées de cocotiers qui bordent la plage ; les criques sablonneuses cachées où le sable est souvent recouvert de coquillages rejetés par la tempête ; les hautes falaises noires qui se dressent majestueusement contre l’océan. C’est un endroit magique ! Ce qu’elle préfère surtout, ce sont ces lits de roches volcaniques effilées qui font saillie dans le ressac. C’est là qu’on peut trouver de précieuses scalaires. Elle les appelle Epitonium scalare, en référence à leur nom latin. « Les scalaires – de la taille d’une grosse cacahuète – sont rares, délicates, exquises, d’un blanc cristal, et valent cher. » Maman est une collectionneuse professionnelle de coquillages. Elle aime les coquillages comme un professeur aime les livres. Elle ne garde que les plus beaux spécimens. Chacun de ses trésors est catalogué – elle tape son nom latin en caractères gras,

et son nom commun en lettres minuscules. Ses Epitonium scalare sont conservées dans une boîte en plastique spéciale, à côté de sa machine à coudre. Ce sont ses coquillages préférés. *** Comme Papa a des responsabilités dont il doit s’acquitter le sabbat après-midi, Maman nous emmène, mon frère Jack, l’infirmière Jeannie, et moi. Nous conduisons notre vieux break sur la route asphaltée jusqu’à Isabela, puis sur le sentier poussiéreux qui traverse la plantation de cocotiers jusqu’au sentier de la plage. « Soyez prudents, nous prévient-elle. La marée est basse, et les roches volcaniques sont plus tranchantes que des couteaux. Gardez vos baskets et surveillez bien les vagues ! » Maman nous met toujours en garde contre quelque chose, mais on sait que lorsqu’il s’agit des roches et des vagues, elle a raison. Les précieuses scalaires se trouvent dans les étagères rocheuses qui s’avancent dans l’eau à la base des falaises. De loin, les flaques de marée ressemblent à des miroirs plats et calmes situés juste au-dessus de l’océan. Mais quand on y arrive, on a l’impression de marcher sur la surface de la lune ! Des siècles de vagues océaniques ont usé la roche plus tendre, laissant un million de poches d’eau entourées de « couteaux » volcaniques. Les scalaires vivent dans les poches des roches volcaniques. On les voit en général dans les profondeurs de l’eau, attaquant tantôt des anémones de mer, tantôt des petits coquillages, bref, tout ce qui peut être Photo : Steve Jurvetson


comestible pour un mollusque rare, délicat et exquis. Nous sommes déjà venus ici auparavant et n’en sommes revenus qu’avec des pieds éraflés et quelques noix de coco. Aujourd’hui, nous espérons faire mieux. C’est la première fois que l’infirmière Jeannie vient à Isabela. Enthousiaste, elle reste près de Maman, regarde les vagues, scrute chaque flaque de marée remplie d’eau, impatiente de trouver une scalaire pour sa collection. De temps en temps, Maman lève les yeux et nous avertit, Jack et moi, puis elle se penche pour scruter une autre flaque argentée. « Attention aux vagues, les gars ! » « Faites attention de ne pas trébucher sur les roches. Vous pourriez vous couper ! » « La marée va monter. Attention aux vagues ! » Mais nous on rigole et on l’ignore, bien décidés à trouver une scalaire avant elle. *** Les vagues sont hautes, du moins certaines d’entre d’elles. Elles s’élèvent des profondeurs de la mer pour déferler sur les roches volcaniques, rafraîchissant les milliers de petites flaques de marée. Jack trouve le premier coquillage – une petite scalaire coincée entre une étoile de mer et une anémone. Puis, c’est au tour de Maman d’en trouver une – plus grosse, parfaite, et d’un blanc éclatant. Elle s’extasie et tombe presque en brandissant bien haut son trésor et en nous criant victoire. Nous sommes maintenant éparpillés à travers les flaques de marée, têtes baissées, oubliant les vagues tellement nous nous concentrons sur les scalaires. C’est à ce moment-là que la grosse vague frappe. Une « vague dormante » comme certains les appellent. Des monstres élastiques qui naissent au fond des fosses de l’Atlantique, qui enflent sans se briser jusqu’à ce qu’ils vous surplombent. Ces vagues dormantes sont, on dirait, presque vivantes. Sur le point de vous arracher à la chasse aux scalaires. La grosse vague attrape l’infirmière Jeannie. Ça se passe là, sous nos yeux. C’est que Jeannie s’est éloignée de Maman vers le bord des flaques de marée, oubliant complètement de surveiller les vagues. Elle a levé les yeux

juste à temps pour voir venir la grosse vague. Elle crie, lance son panier de coquillages en l’air, puis disparaît dans la vague, emportée par la mer. Jeannie tente de nager, mais la vague s’en moque bien. Horrifiée, Maman hurle : « Les gars, venez ! Priez ! Dépêchez-vous ! » Jack et moi accourons le plus vite possible. On sprinte vers Maman et on remonte la colline jusqu’à la voiture. On regarde en arrière vers l’océan, on surveille l’infirmière Jeannie qui s’efforce de nager. « Vite ! dit Maman. Montez dans la voiture. On s’en va à Isabela. Priez pour qu’on trouve un pêcheur qui puisse aller chercher Jeannie immédiatement. S’il te plaît, Seigneur, garde Jeannie, protège-la, je t’en prie, je t’en prie ! » Je n’ai encore jamais vu Maman conduire aussi vite. Malheureusement, il n’y a pas de pêcheurs au quai de pêche d’Isabela. Mais au cri de Maman, plusieurs hommes accourent d’un bar de la plage, se précipitent vers leurs bateaux et organisent une flottille de sauvetage. L’un des pêcheurs nous fait signe de monter dans son bateau, et nous lui demandons d’aller à la recherche de Jeannie, où qu’elle soit. Lorsque notre bateau entre en pleine mer, nous rencontrons un autre bateau. En nous voyant, le pilote fait retentir sa corne de brume et nous fait signe de la main. Là, assise sur un banc à côté du pêcheur, se trouve Jeannie ! Elle est enveloppée de plusieurs couvertures et agite frénétiquement les mains. Jeannie est en vie ! Saine et sauve ! « Dieu a répondu à nos prières ! » crie Jeannie au-dessus du bruit de corne de brume, lequel devient rapidement un cri de victoire. Jeannie a tellement froid que ses dents claquent pendant tout le voyage de retour. Jack et moi l’écoutons encore et encore raconter son histoire. « J’ai prié, qu’est-ce que j’ai prié ! s’écrie-t-elle. Alors que j’étais en train de couler, de me noyer, j’ai prié comme jamais je n’avais prié auparavant ! Là, au milieu des vagues, Dieu m’a entendue et m’a ramenée à la maison ! »

Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division Asie-Pacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif/Directeur de Adventist Review Ministries Bill Knott Directeur international de la publication Hong, Myung Kwan Comité de coordination de Adventist World Si Young Kim, président ; Joel Tompkins ; Hong, Myung Kwan ; Han, Suk Hee ; Lyu, Dong Jin Rédacteurs en chef adjoints/Directeurs, Adventist Review Ministries Lael Caesar, Gerald Klingbeil, Greg Scott Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Sandra Blackmer, Wilona Karimabadi, Enno Müller, Dixil Rodríguez Rédacteurs basés à Séoul, en Corée Hong, Myung Kwan ; Park, Jae Man ; Kim, Hyo-Jun Gestionnaire de la plateformes numérique Gabriel Begle Gestionnaire des opérations Merle Poirier Coordinatrice de l’évaluation éditoriale Marvene Thorpe-Baptiste Rédacteurs extraordinaires/Conseillers Mark A. Finley, John M. Fowler, E. Edward Zinke Directrice financière Kimberly Brown Coordinatrice de la distribution Sharon Tennyson Conseil d’administration Si Young Kim, président ; Bill Knott, secrétaire ; Hong, Myung Kwan; Karnik Doukmetzian ; Han, Suk Hee ; Gerald A. Klingbeil ; Joel Tompkins ; Ray Wahlen ; membres d’office : Juan PrestolPuesán ; Erton Köhler ; Ted N. C. Wilson Direction artistique et design Types & Symbols Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 20904-6600, U.S.A. Numéro de fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910 (LSG). Avec Num. Strongs pour Grec et Hébreu. Texte libre de droits sauf pour les Strong. © Timnathserah Inc., - Canada Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, États-Unis d’Amérique Vol. 17, n° 6

Dick Duerksen, pasteur et conteur, habite à Portland, en Oregon, aux États-Unis.

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Foi en herbe

Pages amusantes pour les plus jeunes

Le sabbat, un serpent, et quelques loups – 2e partie L’histoire suivante a été publiée dans KidsView, en été 2011. En voici la deuxième et dernière partie. Assure-toi d’avoir lu la première partie (publiée le mois dernier) avant de lire la suite ! – La rédaction

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nviron deux heures avant le coucher du soleil, Merritt se met à marcher dans la direction que le convoi de chariots a empruntée. Soudain, il aperçoit un loup de loin. Il sait très bien que si le loup continue son chemin en sa direction, il va bientôt sentir son odeur. Merritt décide de se cacher dans les buissons en espérant que le loup change de direction. Le loup renifle l’air, puis la terre. Il se rapproche de

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plus en plus de Merritt. Même si ce dernier est très bien caché, le loup, lui, semble savoir où il est. Il se rapproche, renifle, et se rapproche encore. Bientôt, il se trouve presque en face de la cachette de Merritt. Vite comme l’éclair, Merritt saute des buissons et fait feu sur le loup. Surprise, la bête déguerpit, s’arrête, puis regarde en arrière. Merritt est si nerveux qu’il tire une nouvelle fois en l’air avec son arme.

Cette fois, le loup s’enfuit pour de bon. Le cœur battant la chamade, Merritt s’effondre sur le sol, soulagé. D’abord un serpent, puis un loup ! Il décide de rester caché jusqu’à la fin du sabbat, ce qui, espère-t-il, le gardera en sécurité. Une heure plus tard, deux autres loups qui ont suivi sa trace se dirigent à leur tour vers la cachette de Merritt. Cette fois, il ne les laisse pas s’approcher. Il tire en l’air et les deux loups s’enfuient dans les bois. Merritt fait de même, mais dans la direction opposée. Atteignant la route juste au moment où le soleil se couche, il se met à courir et ne

llustration : Xuan Le


MERLE POIRIER

Perle biblique « L’ange du Seigneur monte la garde autour des fidèles et les met hors de danger. Éprouvez et constatez combien le Seigneur est bon. Heureux l’homme qui a recours à lui ! Vous qui appartenez au Seigneur, reconnaissez son autorité ; rien ne manque à ceux qui lui sont soumis. » (Ps 34.8-10, BFC)

s’arrête pas avant d’avoir rattrapé son convoi de chariots cette même nuit, vers 22 h 30. Le capitaine Parks ne demande plus jamais à Merritt de voyager le jour du sabbat, et tous les membres du convoi campent pendant les heures du sabbat. Merritt est heureux d’avoir pu partager l’importance du sabbat avec ses compagnons de voyage. Finalement, il atteint la Californie et devient le premier adventiste à y vivre. Des années plus tard, Merritt retourne dans l’Est pour devenir médecin. Pendant son séjour, il demande à l’Église d’envoyer des

missionnaires en Californie. Les dirigeants acceptent, et Merritt les rejoint rapidement. Ensemble, ils organisent de nombreuses réunions sous la tente et Merritt présente aussi à ses auditeurs le mode de vie sain. De nombreuses personnes sont baptisées et une nouvelle église adventiste voit le jour ! Merritt Kellogg est l’un des premiers pionniers de l’Église adventiste. Il faisait partie d’une famille de 16 enfants, dont deux de ses frères sont sans doute plus connus : John Harvey et Will Keith. John était médecin. Il a construit un très grand hôpital dans le Michigan

au début des années 1900. De nombreuses personnes célèbres sont venues à cet hôpital pour améliorer leur santé. John et Will Keith ont découvert les flocons de maïs. Will a créé la compagnie de céréales Kellogg, laquelle fabrique aujourd’hui toutes sortes de céréales, dont les flocons de maïs. Si tu as manqué la première partie de cette histoire, scanne le code suivant avec ton smartphone pour visiter le site www.adventistworld.org/ sabbathsnake-wolves. AdventistWorld.org Juin 2021

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3 juillet 2021 2 octobre 2021 1er janvier 2022 2 avril 2022

JOURS DE PRIÈRE ET DE JEÛNE DE L’ÉGLISE MONDIALE

Réveil revivalandreformation.org/prayerdays & RÉFORME Procurez-vous le matériel du programme sur le site

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