Adventist World French - December 2021

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12/2021 Les conspirations et la Conspiration Page 10 Triompher de la tragédie Page 20 Les prières de Noël du major Page 28

À la recherche de l’équilibre


10 Les conspirations et la Conspiration David Asscherick

14 On peut discuter ? Carlos Fayard

16 Stop aux guerres alimentaires ! Fred Hardinge Couverture : Bilanol / iStock / Getty Images Plus / Getty Images

18 Perspective mondiale Jésus et la doctrine Clinton Wahlen 20 Foi en action Triompher de la tragédie Khanyi Blayi 22 Ce que nous croyons Le Fils de la lumière et de l’amour Constance E. Clark Gane 24 À la découverte de l’Esprit de prophétie Découvrir le centre des Écritures Richard Davidson 27 Place aux jeunes Conspiration ! Conspiration ! Frederick Kimani 26 La Bible répond Dieu fait homme : le mystère des mystères 28 « Je vais vous raconter… » Les prières de Noël du major 30 Foi en herbe – Le coin des enfants Un journal rien qu’à toi Correction : Dans la rubrique « Sur le vif » du numéro d’octobre de Adventist World, le nom de Yemi Osinbajo, vice-président du Nigeria, a été mal orthographié. Veuillez nous en excuser.

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La plante nuptiale de Noël BILL KNOTT

Il y a 40 ans, par un après-midi de décembre enneigé, une mariée a donné quelques coups de ciseaux dans le bouquet de roses rouges qu’elle s’apprêtait à tenir quelques minutes plus tard, en descendant l’allée. Pourquoi ? Parce que plusieurs « bébés araignées », comme elle les appelait, pendaient étrangement du bouquet – vous savez, ces excroissances d’une plante appelée chlorophytum comosum que le fleuriste avait ajoutée à son bouquet. Elle les a donc coupées et jetées. La suite ? Une mariée heureuse, une cérémonie impeccable. Ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’une demoiselle d’honneur a été témoin de cet élagage privé. Celle-ci s’est alors empressée de récupérer les « bébés araignées » dans la poubelle. Elle a ramené ces boutures chez elle, leur a fait faire des racines, et les a empotées. Lors de notre premier anniversaire de mariage, elle a offert à Debby et à moi une « plante araignée » en pleine santé – une partie vivante du bouquet de mariée de Debby ! Au début, c’était une nouveauté et une histoire amusante à raconter aux amis et à la famille. Mais bientôt, garder cette plante en vie a pris un caractère d’urgence, car qui laisserait le symbole vivant de son mariage se faner et Photo : Adalto de Paula mourir ? Par conséquent, nous l’avons arrosée, rempotée, protégée des animaux domestiques qui voulaient la mâchouiller – et nous l’avons emportée avec nous à chaque déménagement, la plaçant parfois au-dessus des bagages alors que nous parcourions des milliers de kilomètres vers de nouveaux lieux de ministère. Huit gros déménagements plus tard, « la plante du mariage » a survécu à deux chats, deux chiens, deux fils bougillons qui l’ont renversée plusieurs fois, et à plusieurs années où les rayons du soleil ne pénétraient plus autant dans nos maisons orientées vers le nord. Qu’est-ce qu’il a fallu l’entretenir – souvent – pour qu’elle reste en bonne santé ! Les plantes en pot ont des racines qui s’enchevêtrent si elles ne sont pas rempotées environ tous les ans. Il faut les arroser régulièrement, et même leur donner des vitamines pour plantes afin que la verdure reste verte et que la plante produise – hé oui – des « bébés araignées ». Comme la plante du mariage, la famille a également produit : nos deux fils sont mariés et vivent près de chez nous. Nous avons un petit-fils que nous aimons beaucoup, et un autre est en route. Au fil des ans, de nombreux amis et collègues ont emportés des boutures de notre plante, si bien qu’il est impossible de dire jusqu’où le bouquet de Debby a pu aller ! Quarante ans plus tard, nous observons avec Photo : William Fagal gratitude ce que Dieu a fait grandir – dans la plante nuptiale, certes, mais surtout dans le mariage et la famille. Celui qui a entendu nos vœux a pris soin du mariage qu’il a ordonné : il y a semé la joie, l’a fait grandir, l’a sanctifié. « Seigneur ! tu as été pour nous un refuge, de génération en génération. » (Ps 90.1) Aujourd’hui, cette plante nuptiale s’épanouit dans l’abondante lumière du sud, juste à l’extérieur de mon bureau de rédaction, où chaque jour elle me rappelle la puissance de l’amour et de la pérennité sacrée.


Sur le vif

Lors des réunions du Concile annuel de 2021 de l’Église adventiste, lesquelles se sont déroulées du 7 au 13 octobre, la technologie a joué un rôle essentiel. On aperçoit ici un technicien aux commandes de la table de mixage pour soutenir la participation des membres en temps réel. Photo : Brent Hardinge / Adventist Media Exchange (CC BY 4.0)

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En bref

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Le nombre de boîtes collectées pour les Afghans déplacés qui arrivent aux États-Unis. En août, un appel a été lancé au groupe Voluntary Organizations Active in Disaster, dans l’État du Wisconsin. Alice Garrett, directrice des Services adventistes à la communauté du Wisconsin, a demandé aux églises de collecter des articles de première nécessité tels que des sous-vêtements, des chaussettes, et d’autres vêtements neufs. En un mois, plus de 3 300 articles ont été collectés. Des bénévoles ont contribué au tri, à l’étiquetage, et à l’emballage de tous les articles.

« C’est particulièrement difficile pour les [étudiants] internationaux. Ils n’ont pas été chez eux depuis 18 mois ! Notre plus jeune pensionnaire vient juste d’avoir 14 ans, et n’a pas vu ses parents depuis l’âge de 12 ans. C’est vraiment éprouvant. » — Brooke Davidson, bénévole du Longburn Adventist College House (LAC), à propos des confinements en Nouvelle-Zélande et de leur impact sur les étudiants. LAC est situé à Longburn, en Nouvelle-Zélande, et a été fortement touché par le confinement de la COVID-19 au pays. Le personnel de LAC a sacrifié une grande partie de ses vacances de Noël pour s’occuper des besoins physiques et émotionnels de 25 étudiants internationaux qui ne pouvaient pas rentrer chez eux. 4

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Trouver l’équilibre Lors du sondage de 2017-2018 effectué auprès des membres de l’Église mondiale, les chercheurs ont posé la question suivante : Dans le cadre de la croissance spirituelle, le message adventiste de la santé met-il l’accent sur la santé physique, la santé mentale, le bien-être émotionnel, le soutien social, et les relations ?

1% Pas du tout d’accord

1% Pas d’accord

6 % Je ne suis pas sûr

33 % D’accord

59% Tout à fait d’accord

Source: ASTR Research and Evaluation Team, n=56,715

Vous souhaitez lire le rapport complet ? Il n’y a qu’à utiliser le code QR, ou à visiter le site suivant : https://bit.ly/3v3IqPR.

60% 55% 50% 45% 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5%

« Nous sommes ici en tant qu’Église pour compléter le travail du gouvernement sur des questions telles que la toxicomanie, les défis sanitaires tels que le VIH et le SIDA, [et] la morale familiale, pour n’en citer que quelques-unes, alors que nous luttons tous pour un changement de comportement dans nos communautés. » — Moses Munyunda, président de la Fédération du nord de la Namibie (NNC), dans le cadre de son projet « Go 1 000 ». En octobre, NNC s’est associé à La radio adventiste mondiale et a distribué 2 000 gadgets électroniques appelés « Godpods » aux Rukwangali, deuxième plus grand groupe de population de la Namibie. Ces appareils contiennent une Bible audio dans la langue locale et en anglais, des leçons bibliques et de la musique de La voix de la prophétie dans les langues locales, et un récepteur radio FM.

40 Le nombre d’années pendant lesquelles l’Institut d’enseignement supérieur Union à Lincoln, dans le Nebraska, a dirigé le Projet Impact. Chaque année, cet établissement donne une journée de congé aux étudiants pour la consacrer à des projets de service dans la communauté voisine de Lincoln. Cette expérience permet aux étudiants de développer des relations avec la communauté. Au cours des quatre dernières décennies, le programme a inclus des organismes locaux à but non lucratif – au nombre de 40 – qui servent Lincoln toute l’année.


En bref

« Mes chers frères et sœurs, en ces derniers jours, engageons-nous envers Jésus et la proclamation du message des trois anges, par la puissance du Saint-Esprit, alors que nous approchons de l’imminence du conflit et du retour prochain de Jésus. » — Ted N.C. Wilson, président de la Conférence générale, lors de sa prédication le sabbat matin du Concile annuel de 2021. Cette année, certains membres ont participé au concile en présentiel, et d’autres, en virtuel.

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Vingt-six personnes ont été baptisées après la première campagne d’évangélisation qui s’est tenue sur l’île d’Araki, au Vanuatu, du 15 au 28 août dernier. Cette campagne est une initiative du ministère Enra Basket, lequel a été lancé en 2019 par Franklyn William et sa femme, Rose, membres de l’église d’Espiritu Santo. Ce ministère a pour mission de subvenir aux besoins physiques et spirituels des membres d’église et des habitants de la communauté.

« Qu’une place publique de la deuxième plus grande ville de Pologne ait été baptisée du nom de Michael Belina Czechowski, un adventiste, c’est un miracle ! » — Marek Rakowski, secrétaire exécutif de l’Église adventiste en Pologne, à propos de la place publique qui a été baptisée du nom du premier missionnaire adventiste en Europe dans le cadre des célébrations du 100e anniversaire de l’Église adventiste dans la ville. Czechowski, lequel est né près de Cracovie en 1818, est devenu adventiste après avoir immigré aux États-Unis. En 1864, il est retourné en Europe de sa propre initiative, devenant ainsi le premier missionnaire adventiste non officiel sur le continent. Photo : Grzegorz Sroga AdventistWorld.org Décembre 2021

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Actualités

Le secrétaire donne un aperçu des défis et des bénédictions

« Dieu a béni nos efforts », a dit Erton Köhler

Marcos Paseggi, Adventist World

Dans son rapport donné le 10 octobre lors du Concile annuel de 2021 de l’Église adventiste, Erton Köhler, secrétaire de la Conférence générale (GC), a dit qu’il désirait partager « la vision de l’Église – une vision plus grande encore que la pandémie de COVID-19 ». Il a reconnu qu’au cours des 18 derniers mois, l’Église a souffert, certes, mais qu’elle « s’est réinventée ». « En tant qu’Église, nous apprenons à faire face à cette réalité en recherchant les meilleures occasions de servir, d’exercer un ministère, et de remplir la mission dans ce contexte-là », a-t-il ajouté. L’ÉVANGÉLISATION REPENSÉE

La pandémie a également affecté la façon dont les adventistes font de l’évangélisation, a expliqué Erton Köhler, ainsi que la façon dont ils s’occupent des membres d’église et des gens dans le besoin. En même temps, elle a entraîné une grande résilience et a aidé les adventistes à changer leurs façons de faire. Erton Köhler : « Nous nous sommes adaptés, mais le plus important, c’est que nous avons continué à servir nos semblables. Et Dieu a béni tous nos efforts ! » Malgré les confinements importants et les restrictions omniprésentes, en 2020, l’Église adventiste a établi 1 736 nouvelles églises et baptisé 781 389 personnes, a-t-il rapporté. SOINS DE SANTÉ ET COMMUNICATIONS

le rôle vital des hôpitaux adventistes qui, en de nombreux lieux, ont été en première ligne dans la lutte contre la pandémie. Il a aussi évoqué l’Agence de développement et de secours adventiste (ADRA) – la branche humanitaire de l’Église. En 2020, ADRA a augmenté les fonds investis, ainsi que le nombre de projets et de gens touchés au positif. La pandémie a également marqué une augmentation impressionnante de la portée des communications, principalement par le biais des médias officiels en ligne. L’Église adventiste a aussi lancé diverses initiatives régionales pour soutenir la santé mentale des membres d’église et des habitants des communautés, a-t-il ajouté. PUBLICATIONS ET ÉDUCATION

Erton Köhler a indiqué que le Département des publications s’est rapidement adapté à la nouvelle réalité pour remplir sa mission. On a constaté le développement rapide de plateformes numériques dans diverses régions du monde afin d’augmenter les offres d’imprimés adventistes. En de nombreux endroits, le système d’éducation adventiste a été durement affecté par la pandémie. « La nécessité de s’adapter était énorme ! a expliqué Erton Köhler. Les écoles de tous les niveaux ont dû passer aux classes virtuelles presque du jour au lendemain. » AU PALIER DE L’ÉGLISE LOCALE

C’est toutefois au palier des églises locales que les défis les plus impor-

Le secrétaire de la GC a souligné

Erton Köhler, secrétaire de la Conférence générale, a présenté son rapport lors des réunions du Concile annuel de 2021. Photo : Brent Hardinge / Adventist Media Exchange (CC BY 4.0) 6

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tants ont été relevés. « Dès le début de la pandémie, le service de culte a été le premier et le principal problème. Heureusement, nos membres se sont immédiatement tournés vers la technologie », a dit Erton Köhler. Dans de nombreuses régions du monde, les gens se sont rapidement lassés des services en ligne et ont trouvé de nouvelles façons de se réunir. Après seulement quelques semaines, certaines églises ont introduit le concept d’églises « ciné-parc », en organisant des services dans les stationnements des églises, ce qui a permis aux membres de se conformer aux protocoles de distanciation sociale depuis leurs voitures. Les églises adventistes locales se sont aussi mobilisées pour soutenir les membres et les habitants de la communauté qui ont perdu leur emploi. Les pasteurs des églises locales ont fait, eux aussi, un excellent travail, a rapporté Erton Köhler. Ils ont fait preuve de « courage et d’audace » face à cette crise inattendue. Malgré tous ces changements et le rôle croissant des médias sociaux dans la vie des églises locales, Erton Köhler a souligné que les communications face à face sont importantes et ne doivent pas être remplacées. « La technologie est venue dans la vie de l’Église pour rester, pas pour la remplacer », a-t-il déclaré. Il y a un autre mot qu’il nous faut garder en tête de notre ordre du jour, a-t-il spécifié : l’engagement. « Nous devons trouver des moyens de rassembler les membres, et de leur faire comprendre qu’ils sont le principal atout de l’église. Jésus est venu pour les gens, pour les guider, et pour mourir pour eux. Et un jour, il reviendra pour les emmener au ciel. »


Actualités

La situation financière de l’Église s’améliore

« Pour ça, on ne peut que rendre gloire à Dieu », dit le trésorier

Marcos Paseggi, Adventist World

Paul Douglas, trésorier de l’Église adventiste, a dit aux membres du comité exécutif de la Conférence générale (GCEXCOM) qu’il était heureux d’annoncer que l’état des finances de l’Église à la fin du mois d’août de cette année est beaucoup plus solide qu’il y a un an. « Plusieurs domaines de notre état financier montrent des tendances positives d’une année à l’autre, a dit Paul Douglas, et pour ça, on ne peut que rendre gloire à Dieu. » Le rapport du nouveau trésorier – son premier depuis son élection à ce poste en avril 2021 – a été donné le 11 octobre, soit la deuxième journée de séances de travail du Concile annuel de l’Église.

glas : « De nombreux trésoriers de nos divisions mondiales font état d’une augmentation des dîmes et des offrandes d’une année à l’autre. » Ces augmentations sont positives non seulement pour 2020 – une année très inhabituelle – mais aussi pour 2019, a-t-il ajouté.

TENDANCES POSITIVES

UN BUDGET CONSERVATEUR

Au nombre des signes positifs, le rapport mentionne une augmentation de 26 pour cent de l’encaisse et des investissements (à 53 millions de dollars US), et une diminution de 31 pour cent et de 66 pour cent des comptes et des effets à recevoir, respectivement. Par ailleurs, Paul Douglas a souligné que les dîmes sont en hausse de 5,2 pour cent par rapport au mois d’août de l’année dernière (soit 7,4 pour cent de plus que les sommes prévues au budget). Les offrandes, elles, sont en hausse de 14,2 pour cent, a-t-il ajouté (soit 30,4 pour cent de plus que les sommes prévues au budget). Les dépenses de soutien (indispensables au bon fonctionnement du siège de la GC et aux activités de service envers le champ mondial) sont inférieures de 8,4 pour cent en date d’août 2021 par rapport à ce qu’elles étaient il y a un an (soit 16,9 pour cent de moins que les sommes prévues au budget). Selon Paul Douglas, ces tendances positives vont se poursuivre. Paul Dou-

Selon Paul Douglas, trésorier de la Conférence générale, l’état des finances de l’Église à la fin d’août 2021 était plus solide que celui de l’année précédente. Photo : Brent Hardinge / Adventist Media Exchange (CC BY 4.0)

Ray Wahlen, sous-trésorier, a ensuite discuté du budget pour 2022, lequel, selon Paul Douglas, adopte une approche conservatrice tout en restant focalisé sur la mission de l’Église. Dans son discours d’ouverture, Ray Wahlen a déclaré qu’il croit que Dieu a amené la Conférence générale « à une position à laquelle on n’osait même pas rêver à la même époque l’année dernière ». C’est quelque chose, a-t-il reconnu, qui a allégé le tableau pour le budget de 2022, bien que certains défis demeurent. Selon Ray Wahlen, l’un des éléments qui aura le plus d’impact sur le budget de 2022 est que le pourcentage des fonds que la Conférence générale reçoit de la Division nord-américaine devrait passer de 49 à 46 pour cent (soit l’équivalent de 13,5 millions de dollars), en raison principalement des réductions prévues du pourcentage de la dîme. Le budget de fonctionnement du bureau, c’est-à-dire l’argent que le

siège de l’Église mondiale dépense pour financer les programmes et les activités sur place et dans le monde, a été plafonné à 45,6 millions de dollars, ce qui, selon les règlements, représente 2 pour cent de la dîme mondiale brute des deux années précédentes. Ce budget, en tant que pourcentage, est resté constant, a indiqué M. Wahlen. Enfin, il a expliqué que le résultat de la répartition des revenus et des dépenses est une perte prévue de 16,4 millions de dollars, ce qui résulte d’un plan délibéré visant à absorber – à partir des réserves (ou des actifs nets) de la GC – une partie importante de l’impact négatif de la récente perturbation financière. Elle représente toutefois une amélioration de 5,3 millions de dollars par rapport à 2021. LA MISSION, UNE PRIORITÉ

Dans la dernière partie de sa présentation, Paul Douglas a rappelé aux dirigeants adventistes et aux membres de l’Église qu’au cœur de l’incertitude et de la tourmente, la mission reste la même. « Tous les dirigeants et membres de l’Église doivent continuer à soutenir fidèlement la mission de Dieu avec leurs moyens, a-t-il souligné. « Lorsque nous ferons de notre mission notre priorité n° 1, [Dieu enverra] des gages de bénédiction pour encourager nos efforts. »

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Actualités

La technologie : un acteur clé du Concile annuel

La plupart des délégués ont suivi les débats et voté sur ZOOM

Marcos Paseggi, Adventist World

Du 7 au 13 octobre 2021, environ 340 membres du Comité exécutif de la Conférence générale (GCEXCOM) se sont réunis à l’occasion d’une semaine de présentations pour discuter et pour voter les rapports et initiatives de l’Église mondiale et de ses départements. Ces réunions, connues sous le nom de Concile annuel de l’Église adventiste, ont été différentes cette année en raison des restrictions de voyage liées à la pandémie, et d’autres défis logistiques.

aux dirigeants après les procédures publiques. « Cela n’a été possible que grâce à [leur] solide soutien. » Un affichage synchrone à travers plus d’une douzaine de fuseaux horaires et en cinq langues a exigé des conversations techniques importantes et des essais avec divers acteurs, ont indiqué les dirigeants. Hensley Mooroven, sous-secrétaire de la GC : « Lorsque nous avons contacté ZOOM, ils nous ont dit que c’était la première fois qu’ils tentaient

Robert Baker, contrôleur principal de ZOOM, surveille les connexions pendant l’une des sessions du Concile annuel de 2021. Photo : Brent Hardinge / Adventist Media Exchange (CC BY 4.0)

Les sessions se sont déroulées dans un format hybride, avec seulement quelques membres du GCEXCOM en présentiel au siège de l’Église adventiste à Silver Spring, au Maryland (États-Unis). La plupart des membres ont assisté, discuté et voté sur différents points via ZOOM. Les dirigeants de l’Église ont déclaré que le format hybride – une première pour la Conférence générale (GC) – a créé des défis logistiques importants et a nécessité un travail d’équipe technique soigneusement planifié. « Notre équipe technique a fait un travail formidable », a déclaré Ted N. C. Wilson, président de la GC, 8

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quelque chose comme ça », a expliqué Hensley Mooroven aux membres du GCEXCOM. Les dirigeants ont dit qu’ils étaient heureux d’annoncer que tout s’est déroulé à merveille. Les réunions se tiennent en anglais. Depuis des années, elles sont toutefois traduites en espagnol, en français, en portugais et en russe, afin d’aider les membres du comité qui ne parlent pas anglais à comprendre et à participer. Des interprètes simultanés – deux par langue – ont travaillé dans huit cabines d’interprétation différentes, a indiqué Roger Esteves, lequel a contribué à la coordination du service. Dans le hall du bâtiment de la GC, à

l’extérieur de l’auditorium principal, Millie Castillo a coordonné cinq salles ou stations ZOOM virtuelles – une pour chaque langue. « Ces stations facilitent les choses et aident membres et invités spéciaux à accéder aux débats dans la langue de leur choix », a-t-elle spécifié. Lorsque les membres et les invités se connectent, a-t-elle indiqué, ils peuvent choisir l’une des salles ZOOM. Selon elle, la salle ZOOM anglaise compte 172 membres, lesquels ne sont pas sur place et suivent les débats en ligne dans cette langue. Millie Castillo : « La salle espagnole compte 30 membres ; la salle française, 25 ; la salle portugaise, 15 ; et la salle russe, 12. » Elle a expliqué que lorsque les membres lèvent la main pour faire des commentaires, ils sont ajoutés à une file d’attente sur un écran à la disposition du président d’une session particulière. Dès que le président a accusé réception du membre, celui-ci peut commencer à parler tandis que les autres membres, eux, sont mis en sourdine. Toutes les autres personnes, que ce soit au siège de la GC ou dans le monde entier, peuvent entendre le membre parler en anglais ou dans l’une des quatre autres langues. Enfin, Millie Castillo a expliqué comment le président et les autres membres savent qui parle. « Lorsque nous plaçons le nom du membre dans la file d’attente, il agit comme un badge, a-t-elle expliqué. Ainsi, dès qu’il prend la parole, son nom et la région ou l’entité qu’il représente apparaissent à l’écran. » Selon les dirigeants, ce format hybride pourrait servir de modèle pour d’autres réunions de l’Église à l’avenir. « À l’heure actuelle, il est clair que ça marche ! Nous en remercions Dieu et notre équipe d’assistance technique », a-t-elle conclu.


Coup d’œil sur… l’Union des missions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENAUM)

5 455 Effectif de l’Union des missions du MoyenOrient et de l’Afrique du Nord (MENAUM) au 30 juin 2021

« Ici, dans la fenêtre 10/40, nous pouvons voir personnellement et de manière spectaculaire comment Dieu utilise la plus petite des offrandes pour changer la vie de ceux qui le cherchent. Chaque jour, nous prions Dieu de donner des visions et des rêves aux habitants de ce territoire, des rêves qui les amèneront à demander à un adventiste de leur parler de Jésus et de son retour imminent. Nos prières sont exaucées ! Ce sont les histoires de vies transformées qui montrent à quel point nos offrandes comptent encore. » — Rick McEdward, président de l’Union des missions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, dans un article pour Mission adventiste. Dans cet article, Rick partage son parcours dans le ministère et explique comment Mission adventiste vient en aide au champ missionnaire.

« Quel grand effort de la part d’ADRA pour soutenir le secteur libanais de la santé et notamment nos deux hôpitaux ! Ceux-ci ont souffert plus que beaucoup d’autres et luttent toujours à la suite de l’explosion du 4 août 2020. Les conséquences de cette catastrophe avec les complications économiques et financières difficiles que nous subissons représentent une menace sérieuse […]. Nous utiliserons les articles qu’ADRA nous a donnés pour soutenir notre communauté et la population qui vient se faire soigner dans notre centre médical […]. Nous apprécions grandement la contribution d’ADRA. » — Dimitri Haddad, directeur administratif du Centre hospitalier universitaire de l’hôpital Saint George, à propos des fournitures médicales expédiées par l’Agence de développement et de secours adventiste (ADRA), lesquelles ont une valeur de plus de 1 million de dollars.

« Nous voulions rappeler au gouvernement irakien et aux habitants de l’Irak que le christianisme est la plus ancienne religion d’Irak en présentant la beauté des anciens bâtiments d’église par le biais de timbres. Dans ce pays, le christianisme coexiste avec d’autres religions. Ce n’est pas une religion étrangère. » — Garabet Manskan Armenak, ancien directeur général du Bureau chrétien au sein du Divan (Concile) des dotations chrétiennes, yézidis et mandéennes sabéennes à Bagdad, en Irak. Il est à l’origine du projet des timbres spéciaux. L’église adventiste de Bagdad est l’une des huit églises de cette collection de timbres, car elle est au nombre des plus belles églises de la ville. (^-)

Photo : Sara Calado AdventistWorld.org Décembre 2021

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Sous les projecteurs

Les conspirations et la Conspiration Comment devons-nous réagir par rapport à ça ?

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DAV I D A S S C H E R I C K

l n’y a pas si longtemps, « la théorie du complot » était une expression que l’on n’entendait que sporadiquement, voire pas du tout. Aujourd’hui, il semble que presque tout le monde – depuis les présentateurs de bulletins télévisés jusqu’à notre voisin – parle de théories du complot de toutes sortes et de tous genres. Mais la militarisation de l’expression – l’accusation selon laquelle « ils » (qui qu’ils soient) défendent ou avancent une « théorie du complot » – a de quoi inquiéter davantage. Je crois que ces tendances à l’intégration et à la militarisation des théories de la conspiration devraient préoccuper les adventistes. Il y a 20 ans, j’ai prêché un sermon intitulé Jésus et les théories du complot. C’est que j’avais reçu d’un saint bien intentionné un DVD de plus (c’était avant YouTube) exposant une sombre conspiration quelconque. Alors, en tant que prédicateur, j’ai fait ce que je pouvais : j’ai écrit un sermon à ce sujet. Même en tant que nouveau chrétien, je sentais qu’une foi biblique solide était incompatible avec les diverses théories du complot en vogue au début des années 2000. Heureusement, le sermon a toujours été bien reçu, et il semblait que les esprits plus sages et plus calmes aient eu tendance à prévaloir. Mais avec le

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rythme effréné de la modernité, le début des années 2000 semble être bien loin. Depuis lors, les théories du complot se sont transformées et multipliées. LES THÉORIES DU COMPLOT – D’HIER À AUJOURD’HUI

Aujourd’hui, il y a des théories du complot à « droite » et à « gauche », et partout ailleurs aussi ! Vous voulez écarter rapidement quelqu’un, le discréditer même ? C’est simple : traitez-le de conspirationniste, et le tour est joué. Il n’y a pas si longtemps, les principales théories du complot en circulation étaient du genre « Qui a tué John F. Kennedy ? », « Le 11


septembre était-il une opération de l’intérieur ? », ou « La NASA a-t-elle truqué l’alunissage ? ». Ces jours-là semblent presque banals par rapport aux normes actuelles ! En 2021, il y a, semble-t-il, une théorie du complot pour toute situation politique, sociale, médicale, et financière. Les conspirations abondent sur tout – depuis la COVID-19 et les vaccins jusqu’aux milliardaires comme Bill Gates et Jeff Bezos, en passant par les alliances géopolitiques, la terre plate, les élections présidentielles américaines, la météo contrôlée par le gouvernement, QAnon, les « chemtrails » des avions, les ovnis, etc. Internet a créé le climat idéal pour la prolifération des théories du complot en reliant les idées marginales aux individus, et les individus aux idées marginales – ce qui a donné naissance au phénomène connu sous le nom de « trutherism ». Le « trutherism », c’est l’idée que certaines vérités sont cachées au public par une grande théorie du complot bien orchestrée. Il est inquiétant de constater que cette théorie est similaire au gnosticisme du premier siècle, lequel menaçait considérablement l’Église primitive. Dans les deux cas, les initiés savent ce qui se passe réellement, alors que les foules ignorantes ne le savent pas. Ce désir d’être « au courant » (une expression appartenant au dictionnaire gnostique) a un attrait indéniable, et pour certains, absolument irrésistible. En général, les mainstreamers rejettent les truthers, et les truthers rejettent les mainstreamers. Mais chose étrange, ces catégories peuvent facilement s’estomper et se déplacer en fonction du sujet ou de la situation. Comme il existe un grand nombre de théories du complot, presque tout le monde peut trouver une ou plusieurs théories qui lui plaît. La polarisation et la partisanerie prévalent. Le tribalisme idéologique et religieux devient la règle plutôt que l’exception.

JÉSUS ET LES CONSPIRATIONS

Alors, en tant que chrétiens, comment devons-nous réagir par rapport à tout ça ? La réponse à cette question cruciale et d’actualité se trouve dans notre contemplation de Jésus. Lors de son séjour ici-bas, Jésus a été, lui aussi, entouré de conspirations. Pas seulement de théories de conspiration, mais de véritables conspirations. Je peux en citer au moins quatre. 1. Les pharisiens, les scribes et les sadducéens conspiraient ensemble pour tuer Jésus. Les pharisiens – des traditionalistes religieux – étaient les ennemis idéologiques des sadducéens – les modernistes – lesquels composaient la classe dirigeante, sacerdotale, positionnée et privilégiée comme telle par Rome. Mais leur haine mutuelle de l’étrange Jésus les a amenés à comploter et à planifier de concert sa mort (Jn 11.45-57 ; Mt 12.14 ; 26.3-5 ; 27.1,2). 2. Désirant la mort de Jésus, Hérode et les hérodiens ont conspiré avec les pharisiens pour le tuer. Comme les sadducéens, les hérodiens étaient des alliés improbables des pharisiens. Ce parti politique juif était favorable au règne du roi Hérode Antipas, le souverain qui avait fait décapiter Jean-Baptiste (Mt 14.1-12). Les Évangiles mentionnent les hérodiens trois fois (Mt 22.16 ; Mc 3.6 ; 12.13), et chaque fois, ils sont décrits comme conspirant pour piéger et coincer Jésus. « Les pharisiens sortirent, et aussitôt ils se consultèrent avec les hérodiens sur les moyens de le faire périr. » (Mc 3.6) 3. Judas Iscariot a conspiré pour livrer Jésus. Il n’y avait pas que des forces extérieures hostiles complotant contre Jésus : l’un de ses propres disciples conspirait aussi pour le livrer à ses ennemis (voir Lc 22.4-6). La traduction de Luc 22.3 par J. B. Philips est particulièrement effrayante : « Alors, un plan diabolique vint à l’esprit de Judas Iscariot, l’un des douze. » Nous y voilà : « un

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plan diabolique », c’est-à-dire, une conspiration. Ainsi, l’un des disciples mêmes de Jésus conspirait contre lui, et ça, Jésus le savait. 4. Là, dans les coulisses, Satan conspirait contre la bonté et le gouvernement de Dieu. La conspiration derrière toutes les autres conspirations était plus qu’humaine, plus que naturelle. Lucifer – l’un des anges de haut rang de Dieu – avait fait défection et s’était rebellé contre la bonté et le gouvernement de Dieu. Cette rébellion est indiquée dans de nombreux passages bibliques (Gn 3 ; Es 14.12-17 ; Ez 28.12-19 ; Jb 1,2 ; Mt 4.1-11 ; Lc 10.18 ; Jn 12.31,32 ; Ap 12). Elle constitue la toile de fond du motif de la grande controverse, de la Genèse à l’Apocalypse. La rébellion de Lucifer constitue la principale conspiration que Jésus est venu combattre, et finalement, vaincre. Je crois que cette conspiration satanique contre la bonté et le gouvernement de Dieu est la Conspiration avec un « C » majuscule. Toutes les autres conspirations – qu’elles soient réelles ou simplement alléguées ou imaginaires – sont des conspirations avec un « c » minuscule. LA RÉACTION DE JÉSUS

Jésus était parfaitement conscient que des forces infâmes étaient à l’œuvre pour contrecarrer ses efforts dans l’accomplissement du plan rédempteur de Dieu. Comment a-t-il réagi à ces cruelles conspirations ? Nous en trouvons un excellent exemple dans Luc 13. Ne l’oubliez pas : ma thèse, c’est que nous devrions suivre l’exemple de Jésus dans notre rapport avec les conspirations diaboliques et manipulatrices, qu’elles soient réelles ou présumées. Ce chapitre s’ouvre sur un ton inquiétant : « En ce même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. » (v. 1) Ce sombre passage AdventistWorld.org Décembre 2021

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semble suggérer que Ponce Pilate, l’infâme gouverneur romain qui n’était pas ami des Juifs, avait fait tuer des pèlerins juifs alors qu’ils étaient en train d’offrir leurs sacrifices dans le temple. Apparemment, leur propre sang s’est mêlé à celui de leurs sacrifices au sanctuaire. Pour tout Juif, cette scène atroce aurait été totalement décourageante et répugnante ! Le fait que Jésus y fasse référence semble indiquer qu’il s’agissait d’un événement récent, peut-être même d’un « scoop ». Le message est clair : il pouvait être dangereux d’être un juif dévot dans un monde romain. Après l’introduction sinistre de Luc, un peu plus loin dans le chapitre, on arrive au verset 31 : « Ce même jour, quelques pharisiens vinrent lui dire : Va-t’en, pars d’ici, car Hérode veut te tuer. » Bien que Juif, Hérode exerçait le pouvoir de Rome en tant que souverain vassal de la Galilée et des régions environnantes. Comme le cruel Pilate au début du chapitre, Hérode, un être sans scrupules, était sans doute prêt à éliminer des ennemis politiques, des Juifs trop dévots ou des messies futurs. Rappelons que le père du roi, Hérode le Grand, avait déjà ordonné la mise à mort de tous les mâles juifs âgés de deux ans et moins à Bethléhem et dans les environs (Mt 2.16-18). Il est clair qu’Hérode et ses partisans étaient une force avec laquelle il fallait compter. La réponse de Jésus à l’avertissement des pharisiens a été parfaite, remarquablement courageuse, et profondément révélatrice. « Il leur répondit : Allez, et dites à ce renard : Voici, je chasse les démons et je fais des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour j’aurai fini. » (v. 32) Ainsi, Jésus a rejeté catégoriquement la menace à peine voilée d’une violence conspiratrice de la part d’un gouvernement impitoyable et corrompu, ce qui est extrêmement instructif pour nous aujourd’hui. Voici ce qu’il a dit en substance : « Et alors ? Moi, j’ai du travail à faire. » La réponse de Jésus se poursuit au verset 33 : « Mais il faut que je marche aujourd’hui, demain, et le jour suivant ». 12

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Examinons de plus près ces paroles de Jésus. Chaque phrase, bien que brève, en révèle beaucoup sur la manière dont Jésus se comportait devant les menaces des conspirateurs. « Allez, et dites à ce renard ». Ici, Jésus révèle qu’il est au courant des menaces et des intentions rapportées de Hérode. S’il comprend parfaitement la situation, en revanche, il n’en est guère absorbé. Il s’agit là d’une distinction importante. En utilisant cette image de renard, Jésus montre qu’il sait que Hérode est réputé pour son intelligence et sa cruauté, mais qu’il reste néanmoins impassible, comme le révèlent les autres phrases clés. « J’aurai fini ». Jésus marche au son d’un tambour différent. L’identité et la mission de Jésus transcendent la conspiration d’Hérode, tout comme le soleil s’élève de façon incompréhensible au-dessus des nuages. Jésus est en mission, et il n’y a rien qu’Hérode puisse faire pour l’arrêter. « Mais ». Une expression similaire serait « Eh bien, néanmoins » ou « Quoi qu’il en soit ». Ici, le rejet ciblé de Jésus est pleinement affiché. Cette impassibilité n’aurait pas échappé aux messagers pharisiens, à ses propres disciples ou à la foule toujours plus nombreuse, lesquels s’attendaient sans doute à ce que Jésus batte en retraite par crainte du « renard ». « Il faut que je marche ». Jésus joue aux échecs alors que ses ennemis déclarés jouent… aux dames ! Il se situe à un autre niveau. Son identité et sa mission transcendent totalement les conspirations apparemment urgentes et dangereuses qui gravitent autour de lui. Mais revenons à notre question précédente : Alors, en tant que chrétiens, comment devons-nous réagir par rapport à tout ça ? La réponse courte, et la réponse la meilleure, est la suivante : faire comme Jésus a fait. Jésus comprenait la différence entre les conspirations et la Conspiration. Il a gardé la vue d’ensemble. Était-il conscient des conspirations qui l’entouraient ? Bien sûr que oui ! Mais a-t-il été consumé par elles ? Non, tout le contraire. Comme nous l’avons

noté, il a essentiellement dédaigné leur importance relative par rapport à sa mission et à son identité, lesquelles étaient infiniment plus importantes. Les paroles de Jésus lors d’une autre conversation avec les pharisiens offrent davantage de précisions : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez ce que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le Père m’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » (Jn 8.28,29) Jésus avait une mission bien précise. Cherchant toujours à « plaire » à son Père, il a vécu une vie d’adoration et de loyauté ininterrompue. Il est notre exemple infaillible. QU’EN EST-IL DE NOUS ?

Certaines des conspirations d’aujourd’hui sont-elles réelles ? Sans aucun doute. D’autres, fantaisistes, spéculatives, et ultimement, fausses ? Sans aucun doute. Aucune de ces réponses ne devrait surprendre le chrétien instruit de la Bible. Le monde est déchu. La corruption, la cupidité et l’injustice sont la règle, pas l’exception. C’est ce que Paul a rappelé au jeune Timothée : « Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes. » (2 Tm 3.13) Nous vivons à une époque qui n’est pas sans rappeler la majeure partie de l’histoire, où le pouvoir – militaire, financier, social, institutionnel – est consolidé entre les mains de quelques-uns. Dans ces conditions, il faut s’attendre à des conspirations et à des injustices. Ne soyons pas surpris de ce que des individus non convertis et sans scrupules aient soif de pouvoir et de contrôle. Ils utiliseront tous les moyens disponibles – illégaux, contraires à l’éthique, ou autres – pour accroître leur pouvoir et leur contrôle. C’est là le monde dans lequel nous vivons. Mais c’est aussi le monde que Jésus est venu éclairer et sauver.


Le mal est réel, mais la justice, la grâce et la miséricorde le sont aussi. Jésus a établi un royaume sur terre – un royaume construit sur le fondement inébranlable de la bonté et du gouvernement de Dieu. Nous sommes appelés à être des citoyens terrestres de ce royaume céleste, à être dans le monde mais pas du monde (Jn 17.11, 14-16). Nous sommes appelés à résister à l’attrait des conspirations au « c » minuscule, en constante évolution et souvent incessantes, et à nous souvenir, à l’instar de Jésus luimême, de calibrer notre identité et notre mission en fonction de la Conspiration au « C » majuscule. Lucifer a lancé une conspiration cruelle dans les parvis célestes mêmes, cherchant à dénigrer le caractère plein d’amour et juste de Dieu et de son gouvernement. Mais Dieu « a conspiré » pour gagner la guerre par l’amour.

Jésus comprenait la différence entre les conspirations et la Conspiration. Il a gardé la vue d’ensemble.

RÉSUMÉ

En résumé, voici quelques conseils simples pour vous aider à comprendre les théories du complot que vous rencontrez. 1. En tant que chrétien, rappelez-vous qui vous êtes et pourquoi vous êtes ici. Ne perdez pas de vue une seconde l’identité et la mission que Dieu vous a données. Jésus savait qui il était et pourquoi il était ici (Lc 19.10 ; Mt 20.28). Il devrait en être tout autant pour nous ! Souvenez-vous que Jésus était si focalisé sur sa mission, et si engagé dans l’œuvre de sa vie qu’il a pu dire dans sa jeune trentaine : « Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. » (Jn 17.4) 2. Gardez la vue d’ensemble. Oui, certaines conspirations sont plus que de simples théories. Mais en tant que croyants de la Bible, nous devons d’abord nous focaliser sur la grande Conspiration entre le bien et le mal. C’est la seule conspiration qui devrait nous absorber. 3. L’obsession d’allégations non prouvées et d’une spéculation sans fin peut nous entraîner sur Image : Chris Henry

un terrain dont on n’échappe pas facilement. Rappelez-vous l’appel et le message prophétiques de l’Église. En tant qu’étudiants de Daniel et de l’Apocalypse, nous avons le privilège de savoir quelles sont les vraies questions et, par extension, celles qui n’en sont pas. Restez rivé au message des trois anges d’Apocalypse 14. 4. Pensez de façon évangélique, et non combative. Nous ne sommes pas appelés à gagner des arguments, mais à gagner des cœurs et des âmes à la merveille, à la beauté et à la justice de Dieu telles que révélées dans son Fils, notre sauveur Jésus-Christ. Dans la déclaration suivante, je crois qu’Ellen White a résumé l’ensemble de ces quatre points. Méditons-la, mémorisons-la, et partageons-la : « En un sens tout particulier, les adventistes ont été suscités pour être des sentinelles et des porte-lumière. Le dernier avertissement pour un monde qui périt leur a été confié. La Parole de Dieu projette sur eux une lumière éclatante. Leur tâche est d’une importance capitale :

la proclamation du message des trois anges. Aucune œuvre ne peut lui être comparée. Rien ne doit en détourner notre attention*. » * Ellen G. White, Évangéliser, p. 115.

David Asscherick est l’orateur de Light Bearers et un cofondateur de ARISE, un ministère de formation et de discipulat. David et Violeta, sa femme, et leurs deux fils aiment les randonnées, l’escalade, la pêche à la mouche, l’observation des oiseaux, et la photographie. Ils habitent dans l’État du Colorado, aux États-Unis.

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Sous les projecteurs

On peut discuter ? C A R L O S FAYA R D

À bas les débats, vive l’équilibre !

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ous êtes-vous déjà senti frustré en lisant quelque chose, en entendant quelque chose, ou en discutant de quelque chose qui vous irrite ? Si c’est le cas, sachez que vous n’êtes pas seul. On a l’impression qu’il n’y a plus de dialogue, ou du moins, que les conversations sur un ton civilisé se font rares. Je ne parle pas ici de conversations sur la météo ou sur votre plat préféré. Ce sont plutôt les discussions sur la politique, la religion, et actuellement la pandémie qui engendrent des échanges enflammés. Il n’y a qu’à ajouter au sujet en question l’utilisation des médias sociaux, et c’est bientôt le feu aux poudres. Les extraits sonores, l’anonymat, et la surabondance déroutante d’informations provenant de différentes sources, tout ça provoque de fortes proclamations de conviction, même lorsque ce qui est proposé n’est, en réalité, qu’une simple opinion… L’Église et ses membres ne font pas exception. Arrivons-nous à discuter lorsque les positions nous semblent extrêmes ? Lorsque ce que nous entendons nous semble être une théorie du complot ? Pouvons-nous éviter les débats inutiles ? Trouver un équilibre entre une conviction honnête et la gentillesse ? Bien sûr que oui ! DISCUTER… EN S’IGNORANT

À vrai dire, nous pouvons adopter un ton civilisé tout en nous ignorant les uns les autres. À un moment donné, j’ai regardé en ligne une session administrative d’une église au cours de laquelle un vote devait avoir lieu sur un sujet qui divisait l’église depuis des années. Les délégués présentaient leurs arguments sans reconnaître la valeur ou la perspective de « l’autre camp ». Ces gens ont davantage besoin d’un 14

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thérapeute familial que d’un président de séance, ai-je pensé. Le vote a eu lieu, et un camp a récolté plus de voix que l’autre. Après ce vote, est-ce que nous avons eu le sentiment de faire toujours partie de la même famille ? Je ne pense pas. Pour mettre en évidence certaines des dynamiques que vous pourriez vouloir prendre en considération avant d’avoir une conversation, il serait peut-être utile de considérer un exemple de cas extrême : les théories du complot. Selon la psychologue Karen Douglas, les croyances en matière de conspiration sont « des tentatives d’expliquer la cause ultime d’un événement […] comme un complot secret d’une alliance secrète d’individus ou d’organisations puissants, au lieu d’une activité manifeste ou d’un événement naturel ». Elle ajoute : « Il peut être difficile de présenter de façon convaincante des preuves pour réfuter ce type d’idées, surtout parce que les experts sont souvent considérés comme faisant partie de la conspiration, et que de nouveaux éléments de preuves contraires peuvent être rationalisés dans un récit existant1. » Une étude d’imagerie cérébrale a montré que les régions cérébrales Image : LinkedIn Sales Solutions


responsables de la représentation de différentes perspectives ont tendance à se fermer lorsque les croyances sont fortement ancrées2. Karen Douglas a identifié les facteurs des théories du complot : épistémiques (ce que le récit explique), existentiels (leur importance pour les valeurs fondamentales, voire la survie) et sociaux (le sentiment d’appartenance qu’ils procurent à l’individu). Si l’on souhaite entamer une conversation honnête et respectueuse, en particulier avec une personne que l’on aime, il peut être utile de garder ces facteurs à l’esprit. DISCUTER LES UNS AVEC LES AUTRES

Ellen G. White a écrit : « La méthode du Christ pour sauver les âmes est la seule qui réussisse. Il se mêlait aux hommes pour leur faire du bien, leur témoignant sa sympathie, les soulageant et gagnant leur confiance. Puis il leur disait : “Suivez-moi3.” »  Si toutes les conversations ne sont pas destinées à persuader les autres, en revanche, elles devraient idéalement comporter les éléments mentionnés dans

cette belle citation. Lorsqu’on se mêle aux autres de façon respectueuse, on s’adresse implicitement au facteur social du système de croyances d’une personne. Lorsqu’on désire leur bien, on se connecte à l’élément existentiel. Si la conversation difficile a lieu avec une personne dont vous êtes proche et que vous souhaitez préserver la relation, vous pouvez mettre en pratique les recommandations du psychiatre David Burns – « les cinq secrets d’une communication efficace », comme il les appelle4 : 1) écouter attentivement avant de donner votre avis, et vous efforcer de trouver honnêtement un terrain d’entente aussi large que possible ; 2) essayer de voir le point de vue de l’autre personne alors que vous cherchez à comprendre les expériences qui ont façonné sa vie ; 3) poser aimablement des questions qui peuvent aider à comprendre sa façon de penser ; 4) vous approprier votre expérience – c’est-à-dire employer « je » au lieu de « tu » pour exprimer ce que vous ressentez ; et 5) agrémenter la conversation de commentaires vraiment positifs sur le point de vue de l’autre alors que vous exprimez le vôtre. QU’EST-CE QUI IMPORTE LE PLUS ?

Ceci dit, quels que soient vos efforts pour discuter et pour convaincre quelqu’un qui a des opinions que vous percevez comme étant extrêmes ou complotistes, vous risquez de ne pas y parvenir. Ce n’est pas par manque d’efforts ou de compassion que Jésus lui-même n’a pas pu avoir de conversations productives avec des personnes qui avaient des opinions extrêmes, comme les pharisiens (voir, par exemple, Mt 3.7 ; 19.3 ; 23.15,23,25). Les Proverbes contiennent des conseils clairs sur la somme de temps qu’on doit consacrer à ceux dont l’esprit est fermé (voir, par exemple, Pr 14.3-13). Et l’Ecclésiaste nous rappelle qu’il « y a un temps pour tout » (Ec 3.1). Voici donc quelques suggestions.

Avant de vous engager dans une conversation, il peut être utile de connaître ce qui vous fait réagir négativement. Il y a peut-être des sujets qui, s’ils vous sont chers, ne méritent cependant pas de fortes réactions. Évaluez aussi quelle ampleur les sujets de désaccord ont dans vos valeurs et votre foi. Un autre bon conseil est de laisser votre amourpropre à la porte. Parfois, l’escalade d’une dispute procède davantage des sentiments que du fait d’avoir raison. Par ailleurs, il est utile d’observer ce qui importe le plus pour vous : rester dans la grâce et être cohérent avec le cœur de votre foi chrétienne, ou avoir « le dernier mot ». Enfin, gardez à l’esprit que « [m]ieux vaut un homme patient qu’un guerrier ; mieux vaut celui qui se domine que celui qui prend une ville » (Pr 16.32, NBS). Pour discuter entre nous, il ne suffit pas de connaître et de comprendre la psychologie des théories du complot, ni même la « bonne » technique pour communiquer efficacement. Nous avons besoin de l’esprit « qui était aussi en JésusChrist » (Ph 2.5). Par sa grâce, nous pouvons être unis à Christ, avoir le même amour, être unis en esprit et avoir une seule pensée, ne rien faire par ambition égoïste ou par vanité, mais avec « humilité […] regarder les autres comme étant au-dessus de [nous-mêmes] », ne pas chercher seulement nos « propres intérêts, [mais considérer aussi ceux des autres] » (Voir Ph 2.1-11). « Speaking of Psychology: Why People Believe in Conspiracy Theories », disponible sur le site suivant : https://www.apa.org/ research/action/speaking-of-psychology/conspiracy-theories. 2 M. Schurz et al., « Common Brain Areas Engaged in False Belief Reasoning and Visual Perspective Taking: A Meta-analysis of Functional Brain Imaging Studies », Frontiers in Human Neuroscience, 2013, https://doi.org/10.3389/fnhum.2013.00712. 3 Ellen G. White, Le ministère de la guérison, p. 118. 4 D. Burns, Feeling Good Together: The Secret to Making Troubled Relationships Work, New York, Broadway Books, 2008, p. 95-175. 1

Carlos Fayard, titulaire d’un doctorat, est professeur adjoint de psychiatrie et directeur du centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé pour la formation et la santé mentale communautaire à l’Université de Loma Linda, en Californie, aux États-Unis.

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Sous les projecteurs

Stop aux guerres alimentaires ! Laissons la bonté prévaloir

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FRED HARDINGE

ans une église de campagne en Amérique du Nord, on m’a convié en tant que prédicateur invité à déjeuner avec les membres lors du repas en commun. Après le culte, je suis descendu dans la salle communautaire. La dame en charge du repas m’a demandé de me mettre en tête de file et de faire le bénédicité. Aussitôt la prière terminée, elle m’a tendu une assiette, me montrant clairement par là qu’elle voulait que je sois le premier à me servir. Mais ça m’a mis mal à l’aise, car plusieurs enfants bien plus affamés que moi faisaient la queue. À contrecœur, j’ai pris l’assiette et me suis avancé vers la table. Au même moment, la dame m’a montré du doigt le premier plat et, dans un chuchotement théâtral dégoulinant de critiques que tout le monde pouvait entendre, elle m’a dit : « Pasteur, ce plat a du v-r-a-i-f-r-o-m-a-g-e dedans. » Si rien n’avait été dit, j’aurais probablement passé outre ce plat, car ce n’était pas l’un de mes mets préférés. Mais maintenant, les yeux de tous étaient tournés vers moi pour voir ce que j’allais faire. Alors que j’étais tenté de ne pas m’en servir, je me suis senti poussé à en prendre une petite cuillérée. Scandalisée, la femme qui m’avait prévenu s’est exclamée bruyamment : « Oh non ! » UN PETIT GESTE, UNE GRANDE DIFFÉRENCE

Après avoir rempli mon assiette des nombreux plats sains et savoureux, j’ai passé un excellent moment avec mes voisins de table. Alors que je quittais la salle, la plupart des membres du groupe étaient déjà partis. Mais en pénétrant dans le hall d’entrée, j’ai remarqué une femme qui pleurait tout doucement. Comme aucun pasteur ou ancien n’était présent, je lui ai demandé si elle avait besoin d’aide. Le cœur gros, elle m’a répondu : « Je vous attendais, Dr Hardinge ! C’est moi qui ai préparé ce plat avec du vrai fromage. Je viens d’être baptisée il y a quelques semaines à peine, et vous savez quoi ? C’est 16

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la troisième fois qu’on passe une remarque négative sur la nourriture que j’apporte ! Je n’ai pourtant pas mis le jambon que la recette demandait. Alors, pourquoi ces critiques ? » Nous sommes montés ensemble dans le hall et avons poursuivi notre conversation. Ce qui s’était passé était inexcusable ! Mais au moins, ça m’a donné l’occasion de partager avec cette chère sœur le but, la beauté et l’équilibre que l’on trouve dans le message adventiste de la santé. Nous avons prié ensemble, puis elle m’a remercié d’avoir pris le temps de lui parler. Les yeux embués, elle a ajouté : « J’ai dit à mon mari ce matin que si ça se reproduisait, je ne reviendrais plus jamais dans cette église. Mais comme vous avez honoré mon plat et m’avez parlé, je reviendrai ! » SE LIER D’AMITIÉ

Environ 18 mois plus tard, j’ai parlé de cet incident avec le pasteur de cette église. J’ai appris que sa femme s’était faite un point d’honneur de se lier d’amitié avec cette sœur, et lui avait donné quelques ateliers de cuisine chez elle. Aujourd’hui, notre amie est un membre solide et fidèle de l’église. Et tenezvous bien : c’est elle qui est en charge des repas en commun ! Mais il y a plus : son mari, depuis, a été baptisé. Ainsi, la petite portion que je me suis servi a fait toute la différence. Dieu soit loué ! Comme quoi nous devons toujours nous demander : « Aimons-nous les gens davantage que les principes de la santé ? » UN PRÉCIEUX MESSAGE SUR LA SANTÉ

En tant qu’adventistes, nous avons été bénis par un message sur la santé très précieux. Il nous a été donné non seulement pour notre santé et notre bien-être personnels, mais aussi pour partager les principes d’une vie saine avec nos semblables, de manière à les attirer à Jésus-Christ et à les amener à se préparer pour son prochain retour. Les activités du ministère de la santé sont d’abord destinées à conduire Images : onairjiw / Andrey Elkin / bluebeat76 / iStock / Getty Images Plus / Getty Images


les gens à Jésus en tant qu’agent de transformation dans leur vie. Il faut leur enseigner que c’est la puissance de Dieu qui apporte un changement miraculeux dans la vie. Les fervents réformateurs de la santé peuvent apprendre beaucoup de Joseph Bates, l’un de nos premiers pionniers. Avant même la déception de 1844, ce vieux capitaine de navire avait renoncé à l’alcool, au tabac, aux aliments riches et à la graisse, et était devenu végétarien. D. E. Robinson, dans son livre The Story of Our Health Message, dit ceci de Bates : « Parfois, ses amis lui demandaient pourquoi il ne mangeait pas de viande, de graisse ou d’aliments très épicés, ce à quoi il répondait tranquillement : “J’en ai mangé largement ma part”. Il ne donnait son point de vue sur le régime alimentaire approprié ni en public, ni en privé – à moins qu’on ne lui en fasse la demande. Et lorsque, plus tard, plusieurs de ses compagnons de travail adoptèrent les principes de la réforme sanitaire et commencèrent à les enseigner, il en fut, bien entendu, très heureux. Il se joignit alors de tout cœur à eux pour parler librement de ce sujet1. » En matière de réforme sanitaire, les opinions et pratiques extrêmes ont été un fléau pour notre Église depuis son établissement. C’est ce qui a suscité ce commentaire d’Ellen White : « Ces extrémistes font plus de tort en quelques mois qu’ils ne pourront en réparer le reste de leur vie. Ils se sont engagés dans une œuvre que Satan aime à les voir accomplir2. » Il semble qu’il y ait toujours des gens qui poussent à l’extrême de bons et excellents principes.

voulons, c’est une petite dose de bon sens. Ne soyez pas extrémistes ! Si vous vous trompez, mieux vaut vous tromper du côté de la foule que du côté qui vous empêche de l’atteindre3. » Paul a aussi plaidé pour la même chose ! « Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle. Pour un aliment, ne détruis pas l’œuvre de Dieu4. » (Rm 14.19,20) « En enseignant la réforme sanitaire, comme dans tout autre travail évangélique, il faut prendre les gens où ils sont. Jusqu’à ce que nous puissions leur apprendre à préparer des aliments sains, qui soient appétissants, et en même temps peu coûteux, nous ne sommes pas libres de leur présenter les idées les plus avancées concernant la réforme sanitaire5. » Oh, si tous pouvaient faire preuve d’un tel équilibre, d’une telle compréhension ! Pour des informations précieuses et équilibrées sur la nutrition – et même sur les repas en commun ! – ne manquez pas de visiter le site du Concile sur la nutrition de la Conférence générale6,7. Enfin, puissent les réformateurs sanitaires garder toujours à l’esprit les paroles suivantes de Paul : « Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun. » (Col 4.6) Dores E. Robinson, The Story of Our Health Message, Nashville, Southern Pub. Assn., 1943, 1955, p. 59. Ellen G. White, Conseils sur la nutrition et les aliments, p. 229. Idem., Sermons and Talks, Silver Spring, Md.: Ellen G. White Estate, 1990, vol. 1, p. 12. 4 Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. 5 Ellen G. White, Témoignages pour l’Église, vol. 3, p. 159. 6 https://www.healthministries.com/gcnc/ 7 https://www.healthministries.com/planning-fellowship-meals/ 1 2 3

MAINTENIR L’ÉQUILIBRE

Ellen White avait une perspective très équilibrée de la réforme alimentaire – une perspective qu’elle partageait avec amour. Dans un sermon prêché le 16 mai 1884, elle a dit : « Ne faisons pas de la réforme sanitaire une structure rigide où il faut couper ou étirer les gens pour les y faire cadrer. Une personne ne peut être la norme de quiconque. Ce que nous

Fred Hardinge, DrPH, RD, est le consultant en santé et en nutrition pour le Ministère de la santé de la Conférence générale des adventistes du septième jour.

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Perspective mondiale

Jésus et la doctrine : indissociablement liés

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a doctrine… Ce terme, il faut bien l’admettre, n’est pas très populaire aujourd’hui. Il existe des mouvements qui veulent minimiser la doctrine et mettre l’accent uniquement sur Jésus. Pour certains, la doctrine évoque l’idée de credo religieux froids, de traditions ressassées, de discours ennuyeux, et de « relecture ». Alors que certains prétendent que Jésus et la doctrine ne doivent pas, ne peuvent pas être évoqués d’un même souffle, les Écritures, elles, indiquent clairement que Jésus et la doctrine – c’est-à-dire Jésus et ses enseignements – sont inséparables. Enlever l’un, c’est enlever les deux1. Presque tout ce que nous savons sur Jésus provient de la Bible, en particulier des Évangiles et du reste du Nouveau Testament. Et une grande partie de ce contenu consiste en ses enseignements. Le lecteur attentif des Évangiles reconnaît qu’ils sont saturés des enseignements de Jésus, et qu’il est impossible de séparer ce que Jésus a fait de ce qu’il a enseigné, car sa vie entière est un cahier de leçons. Si nous ne connaissons pas et n’acceptons pas les enseignements de Jésus, comment pouvons-nous vraiment prétendre le connaître ? L’Église primitive accordait une place importante à la doctrine – ce qui peut en surprendre certains. Les milliers de baptisés le jour de la Pentecôte « persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle […] » (Ac 2.42). C’est de Jésus lui-même qu’ils ont appris cette emphase sur la doctrine (voir Lc 24.27,44). CHAQUE DOCTRINE EST CENTRÉE SUR LE CHRIST

Il nous est dit : « Toute vraie doctrine fait du Christ son centre, tout précepte tire sa force de ses paroles2. » Certains pourraient se demander si l’on peut vraiment dire ça de chacune des doctrines des adventistes. Examinons-en trois à titre d’exemple, pour montrer comment Jésus est au cœur de chacune d’elles3. Le reste. Jésus est-il vraiment au centre de notre doctrine du reste ? Absolument ! Gardons à l’esprit que le livre entier de l’Apocalypse a été révélé à Jean par Jésus (Ap 1.1). Par conséquent, Jésus nous enseigne quelles sont les deux caractéristiques distinctives du reste – ils « gardent les commandements de Dieu et […] ont le témoignage de Jésus » (Ap 12.17). Plusieurs autres passages décrivent en termes symboliques les événements qui ont conduit à la naissance du reste (Ap 10.1-11.1), et le message que le reste proclame (Ap 14.6-12 ; 18.14). En substance, ce message, lequel comprend « l’Évangile éternel », applique le mandat évangéImage : fauk74 / iStock / Getty Images Plus / Getty Images


lique confié aux premiers chrétiens (Mt 28.18-20) à un contexte de fin des temps. Il précise également que « la foi de Jésus » est le seul moyen pour eux de garder les commandements de Dieu (Ap 14.12). Dans ce verset, Jésus répond à une question qu’il avait posée à l’époque sans toutefois y répondre : « Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18.8) Il y aura donc un peuple de foi sur la terre – un reste qui vit pour assister au retour de Jésus (voir Ap 14.14-16), comme il a été révélé à Jean, soit ceux « qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus » (Ap 14.12). Le sabbat. Le sabbat est un élément crucial de ce message final, car il nous est commandé d’adorer « celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d’eaux » (Ap 14.7). Cette citation reprend presque mot pour mot le commandement du sabbat (voir Ex 20.11). Qui a créé toutes choses ? Selon le Nouveau Testament, c’est Jésus (Jn 1.3). « Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. » (Col 1.16) C’est Jésus qui a achevé l’œuvre de la création en six jours et qui s’est reposé le septième jour (voir Gn 2.1-3). Selon l’Évangile de Jean, alors que Jésus a achevé son œuvre salvatrice sur la croix ce vendredi après-midi, il s’est écrié : « Tout est accompli » et s’est reposé dans le tombeau pendant le sabbat (Jn 19.30,31), ressuscitant des morts « le premier jour de la semaine » (Jn 20.1). Ainsi, le sabbat a été doublement béni par Jésus – d’abord à la création, puis à la croix. Loin d’être légaliste, l’observation du sabbat est la chose la plus centrée sur Christ et sur l’Évangile qui soit ! Cette observation symbolise le fait que, tout comme nous ne nous sommes pas créés nous-mêmes (Ps 100.3), nous ne pouvons pas non plus nous sauver nous-mêmes : « Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. Car celui qui entre dans le repos de Dieu

se repose de ses œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes4. » (He 4.9,10) Le sanctuaire. Ainsi, l’observation du sabbat est une partie importante de l’Évangile éternel. Mais quel est son lien avec le ministère du Christ dans le sanctuaire céleste ? Pourquoi est-elle mise en évidence en tant que message de la fin des temps devant être proclamé juste avant le retour de Jésus ? Premièrement, ce message aboutit à un groupe qui « garde les commandements de Dieu et la foi de Jésus ». Deuxièmement, il dirige notre attention vers l’œuvre de jugement de Jésus (Ap 14.7 ; voir Jn 5.22) dans le lieu très saint du sanctuaire céleste où les commandements de Dieu sont conservés (Ap 11.19). Troisièmement, tous seront jugés par cette loi (Jc 2.12 ; Ec 12.13,14). Lorsque la question de la vraie adoration par rapport à la fausse adoration sera clairement mise en évidence, les sauvés à la fin des temps seront ceux qui adoreront Dieu « en esprit et en vérité » (Jn 4.24), ce qui sera démontré par leur observation du vrai sabbat, le sceau de Dieu (Ap 7.2-4 ; 14.1), tandis que les perdus, eux, adoreront la bête et recevront sa marque (Ap 14.9-11). Quatrièmement, l’œuvre de Jésus dans le sanctuaire céleste correspond à l’œuvre effectuée par le souverain sacrificateur le jour des expiations. Ce jour était le seul jour de l’année, autre que le sabbat hebdomadaire, où les Israélites devaient se reposer complètement de tout ouvrage (Lv 23.26-32). Tout comme le sabbat nous renvoie à l’œuvre de Jésus, chaque phase du ministère dans le sanctuaire terrestre renvoie à Jésus (voir 1 Co 5.7 ; 1 Jn 1.9 ; 2.1) ; chaque phase est l’œuvre de Christ et sa justice, et non la nôtre. LA VÉRITÉ TELLE QU’ELLE EST EN JÉSUS

Certains pourraient étiqueter de « relecture » cette présentation de textes bibliques appuyant chaque doctrine. Mais il ne s’agit en réalité que de ce dont « [nous avons] été instruits en lui, conformément

à la vérité qui est en Jésus » (Ep 4.21, SER). Sans une compréhension claire de cette « vérité telle qu’elle est en Jésus », nous n’avons qu’un christianisme superficiel et fort peu d’engagement authentique. C’est pourquoi, sur la route d’Emmaüs, au lieu de se contenter de dire aux disciples qui il était, Jésus s’est révélé à eux par le biais des Écritures (Lc 24.27). Il a cité des textes de l’Ancien Testament pour prouver ses dires, comme l’ont fait tous les auteurs du Nouveau Testament. Jésus et les apôtres étaient-ils en train de faire de la relecture ? Bien sûr que non, parce qu’ils citaient toujours les Écritures en harmonie avec son intention originale. En décrivant ces doctrines centrées sur Christ, nous avons simplement suivi la méthode d’interprétation des Écritures de Jésus pour montrer comment chacune d’elles gravite autour de lui. La Bible entière est un témoignage de la personne de Jésus. Jésus est la Parole vivante de laquelle témoigne sa Parole écrite. Le seul moyen de distinguer le vrai Jésus d’un faux Jésus est « la parole de la vérité » (Ps 119.43 ; 2 Co 6.7 ; Ep 1.13 ; 2 Tm 2.15 ; Jc 1.18) inspirée par le Dieu de vérité, « chez lequel il n’y a ni changement ni ombre de variation » (Jc 1.17). C’est pourquoi Dieu nous exhorte à être fidèles à la Parole : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité. » (2 Tm 2.15) Cet article est une adaptation du chapitre de Clinton Wahlen dans le livre devant bientôt paraître, intitulé Prophetic Call to Faithfulness, © 2022, Review and Herald Publishing Association and Hart Research Center. Avec permission. 2 Ellen G. White, Testimonies for the Church, Mountain View, Calif., Pacific Press Pub. Assn., 1948, vol. 6, p. 54. 3 Une description des 28 doctrines bibliques soutenues par les adventistes du septième jour est disponible sur le site www.adventist.org. 4 Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. 1

Clinton Wahlen est directeur adjoint de l’Institut de recherche biblique de la Conférence générale.

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Foi en action

Triompher de la tragédie Dieu fait toute la différence « Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t’avais consacré » (Jr 1.5).

J

’ai l’assurance que Dieu est mon créateur et qu’il m’a accompagnée tout au long de ma vie. Il m’a non seulement donné la puissance de surmonter les obstacles, mais aussi réconfortée et fortifiée pendant les périodes douloureuses de mon parcours. MON ENFANCE

Je vois le jour à Mdantsane, en Afrique du Sud. Je suis la plus jeune et la seule fille d’une fratrie de six. Mon père n’est pas comme les autres. Il est absent de chez nous pendant de longues périodes. Avec le temps, je me rends compte qu’en fait, son chez-lui n’est pas avec nous, mais ailleurs. Ma mère ne nous parle jamais de notre père ; elle se contente de s’occuper tranquillement de nous et de mettre de la nourriture sur la table. Au marché local, elle vend des crêpes et de la bière au gingembre. Tous les matins, nous l’aidons à apporter ses paniers bien remplis au marché avant de nous rendre à l’école. En classe, je suis une bonne élève. Bien que j’aille à l’église chaque semaine, je me mêle à des enfants qui n’ont pas un mode de vie chrétien et participe à leurs activités. Ma mère, cependant, fait de son mieux pour me tenir éloignée d’eux et de leurs mauvaises habitudes. UNE TERRIBLE AGRESSION

Alors que je suis une jeune lycéenne, je suis victime d’une agression. Je me souviens de ce début de soirée de mai 1996 comme si c’était hier. Dehors, il fait déjà sombre. Tandis que je rentre à pied du supermarché local, trois jeunes hommes 20

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Image : Ante Gudelj


me saisissent et me traînent derrière un buisson. L’un tient une arme à feu, l’autre, un couteau. Ils me violent l’un après l’autre, puis se disputent pour savoir s’ils vont me tuer. Celui qui n’a pas d’arme me dit de ficher le camp. En entrant, j’aperçois mon père. Je ne raconte ni à lui, ni à ma mère, l’agression dont je viens d’être victime. Sans tarder, je me mets au lit. Mais bientôt, des policiers frappent à notre porte. Apparemment, quelqu’un a vu ce qui s’est passé et l’a signalé à la police. Mais quand les policiers demandent si ces hommes m’ont fait quelque chose, je réponds « Non ». Et je ne mens pas ! Je ne me souviens absolument pas de cette expérience traumatisante, car je l’ai bloquée inconsciemment dans mon esprit. Après le départ des policiers, mes parents me battent – je ne sais trop pourquoi – et je finis par dormir dans la salle de bains. Le lendemain matin, la personne qui a signalé l’agression revient avec la police. On me pose la même question. Et de nouveau, je réponds par la négative. Maintenant que je suis moimême parent, je me rends compte que mes parents auraient dû m’emmener chez un psychologue pour découvrir ce qui s’est réellement passé. UN SOUVENIR QUI REFAIT SURFACE

Quatre ans plus tard, alors que je suis avec des amis, nous discutons de viol et d’autres sujets semblables. Je dis des choses comme « Personne n’est la cause de son viol ; aucune femme n’invite quelqu’un à la violer en fonction des vêtements qu’elle porte. » Et soudain, je m’évanouis. Mes amis me transportent dans un hôpital voisin, où l’on diagnostique un choc et un traumatisme. L’agression dont j’ai été victime en 1996 me revient en mémoire de façon aussi vive que si elle venait juste de se produire : aucun détail, même l’odeur de mes agresseurs, ne m’échappe. Je suis dans un état émotionnel lamentable… Je suis terrifiée ! Je raconte finalement à ma mère et à ma famille que j’ai été violée.

C’est à ce moment-là que commence mon parcours vers la guérison. Au début, je pense que ces hommes m’ont arraché quatre ans de ma vie ; mais ensuite, je me rends compte que Dieu m’a soutenue tout au long de ces années. Il m’a protégée du couteau et du fusil dont ces individus étaient armés et m’a donné la force de continuer en cachant la tragédie à mon esprit jusqu’à ce que je sois capable d’y faire face. Je commence à partager mon histoire avec d’autres personnes. Certaines réagissent avec une cruauté qui me transperce le cœur. D’autres, pleines de compassion, me réconfortent.

Je commence à partager mon histoire avec d’autres personnes. Certaines réagissent avec une cruauté qui me transperce le cœur. D’autres, pleines de compassion, me réconfortent.

ET LA VIE CONTINUE

Quand vient le temps d’aller à l’université, mon père promet de payer mes frais de scolarité. Mais ce ne sont que de belles paroles. Au lieu de me soutenir financièrement, il s’en prend physiquement à moi, au point où je crains pour ma vie. Faute de moyens, je laisse tomber mes études supérieures. Mais Dieu ne m’abandonne pas ! Jacques 1.12 m’encourage : « Heureux l’homme qui supporte patiemment la tentation ; car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment. » Le Seigneur ouvre alors le cœur d’un de mes cousins, lequel s’acquitte des frais de scolarité de mes études supérieures pendant trois ans. Grâce à lui, j’obtiens mon diplôme national. UN ARC-EN-CIEL LUMINEUX

Lors de la cérémonie de remise de diplômes, ma mère est submergée de joie ! Nous nous réjouissons de cette étape de ma vie que je viens de franchir. Au moment opportun, je reçois un appel me demandant de postuler pour un emploi dans la section financière du ministère de la Santé à Bisho, capitale de la province du Cap-Oriental, en Afrique du Sud. C’est alors que l’arcen-ciel apparaît dans ma vie : je suis maintenant en mesure de subvenir aux besoins financiers de ma mère. Et les bénédictions de Dieu ne

cessent d’affluer ! Je rencontre et épouse Sakhi, mon tendre et merveilleux mari. Nous sommes aujourd’hui les heureux parents de trois magnifiques garçons. Nous commençons à fréquenter l’église adventiste locale et sommes baptisés. Mon parcours de vie n’a pas été facile, certes, mais Dieu m’a donné la force et le courage de triompher des épreuves. Il m’a également aidée à pardonner. Je suis si reconnaissante pour la guérison et le pardon que Jésus m’offre ! Je comprends aujourd’hui que pardonner aux autres favorise aussi notre propre guérison. Dieu n’abandonne jamais, ne quitte jamais ses enfants. Il nous aime et fait ce qu’il y a de mieux pour nous. Je le loue chaque jour pour son amour, sa miséricorde, et son pardon. « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction ! » (2 Co 1.3,4)

Khanyi Blayi est l’épouse de Sakhi. Le couple a trois fils : Zingce, Ntsika, et Awande. La famille habite à East London, au Cap-Oriental, en Afrique du Sud.

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Ce que nous croyons

Le Fils

Le Fils de la lumière et de l’amour Sa lumière ne cesse de changer des vies

N

e crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. […] Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » (Lc 1.30,31,35) Que s’est-il donc passé dans le ciel le jour de cet entretien de Gabriel avec Marie ? Le membre majestueux, glorieux, et tout-puissant de la Trinité était sur le point de devenir le Fils pour nous et avec nous ! Celui qui resplendissait de la lumière éblouissante du ciel pouvait voir l’avenir sombre et humiliant qui l’attendait sur notre planète brisée. Qu’a-t-il dû ressentir en disant au revoir aux êtres parfaits et magnifiques du ciel qui l’adoraient et le vénéraient ? Qu’est-ce qui a traversé 22

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son esprit et son cœur alors que son Père bien-aimé et lui s’étreignaient avant qu’il disparaisse dans l’obscurité silencieuse du ventre de Marie pendant neuf mois ? LE MYSTÈRE DU DIEU-HOMME

Au moment de sa conception, Jésus a pris une forme nouvelle que seul Dieu pouvait voir. Le Fils de Dieu devenait le Fils de l’homme ! L’infini « JE SUIS », le Créateur, devenait un être humain, un bébé ! La Parole se faisait chair. La Lumière venait pour briller dans les ténèbres. Jésus venait vers les siens, mais le recevraient-ils ? Le recevrions-nous ? L’étonnant don de Dieu à notre monde de son bien-aimé Fils unique – afin que « quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3.16) – fait exploser les limites de ce que nous pouvons exprimer par le mot « amour ». Il s’agit d’une Image: Raphael Renter


sorte de désintéressement qui n’est pas naturel pour nous, qui nous paraît étrange et mystérieux, mais qui est irrésistiblement désirable comme quelque chose que la chute nous a ravi. Le fait que Jésus-Christ ait été prêt à renoncer à la gloire et à la sécurité du ciel – où il ne faisait qu’un avec le Dieu tout-puissant – pour revêtir notre humanité témoigne déjà d’une humilité insondable qui condamne notre égocentrisme. En choisissant de naître dans la pauvreté parce que fils de Marie et Joseph, de grandir dans un quartier pauvre de Nazareth, Christ a démontré son humilité. Mais son choix de manifester la pleine justice de Dieu tout en accordant sa pleine miséricorde par la mort la plus dégradante, la plus terrible qui soit, dépasse notre compréhension humaine de l’humilité et va au-delà de ce que les mots peuvent exprimer (Ph 2.5,8 ; Es 53.4,5). Par son sacrifice sur la croix, Jésus nous a montré en quoi consiste l’amour de Dieu, un amour qu’il nous exhorte à imiter : « Et ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. » (Mi 6.8) LA LUMIÈRE DU MONDE

Toutes choses ont été créées par Christ, la Parole vivante (Jn 1.1-5). La première chose créée sur cette terre par sa parole fut la lumière (Gn 1.3). La lumière est indispensable à l’existence de la vie humaine, animale et végétale. Mais il nous faut davantage que la lumière physique ! Il nous faut la lumière de l’amour de Dieu, l’essence même de son caractère (1 Jn 4.8,16), lumière qu’il nous montre à travers la vie de son Fils, « la lumière du monde » (Jn 9.5). « En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. » (Jn 1.4) C’est cette lumière – l’éclat glorieux de sa personne – que Dieu veut partager avec nous en nous ramenant à lui par son Fils. Comme l’a dit Ésaïe, « Maison de Jacob, venez, et marchons à la lumière de l’Éternel ! » (Es 2.5) Mais le partage de son caractère glorieux (Ex 34.6,7) est plus qu’une démonstration, c’est un devenir. En faisant l’expérience de l’amour – la source de la lumière – nous pouvons refléter la lumière qui nous habite. La lumière rayonnante du Fils est une force aveuglante qui brise notre cœur endurci et incrusté d’égoïsme. Alors qu’il respirait le meurtre, Saul de Tarse a été renversé par la lumière de Jésus-Christ (Ac 22.68). Dans ce moment aveuglant où il a rencontré celui qu’il considérait comme son ennemi, ce persécuteur des disciples de Jésus a rencontré son sauveur. Saul a reçu l’ordre de se lever, comme Ésaïe l’avait prophétisé pour le peuple de Dieu : « Lève-toi, sois [éclairé], car ta lumière arrive, et la gloire de l’Éternel se lève sur toi. » (Es 60.1) Dans chacune de nos rencontres avec Christ,

Mon cœur avait désespérément besoin de savoir que Dieu ne m’avait pas abandonnée. nous faisons l’expérience de la lumière de son amour. Cette lumière nous transforme, tout comme elle a transformé Saul et a fait de lui l’apôtre Paul. Si, à l’instar de Paul, nous choisissons de vivre dans la lumière de Jésus, nos échanges avec les autres seront aussi guidés par l’amour de Dieu, comme l’explique Jean : « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et aucune occasion de chute n’est en lui. » (1 Jn 2.10) SA LUMIÈRE BRILLE ENCORE AUJOURD’HUI

La lumière de Dieu continue de briller aujourd’hui. À un moment très difficile de la fin de mon adolescence, Dieu a ouvert les cieux pendant un bref instant et m’a parlé. J’étais dans un pousse-pousse à Pune, en Inde, en route pour la ville. Mon cœur avait désespérément besoin de savoir que Dieu ne m’avait pas abandonnée. Alors que je priais Dieu en fixant le ciel, soudain, j’ai été entourée et engloutie par la gloire flamboyante de la présence de Dieu dans une rencontre visible et bouleversante avec le Divin. J’ai entendu la voix de Dieu me parler – pas de manière audible, mais clairement dans mon cœur. J’ai immédiatement reconnu que ces rayons de lumière indescriptibles, irisés, de la couleur de l’arc-en-ciel, n’étaient autre que la glorieuse présence de Dieu. Cette rencontre – un puissant déversement de l’amour de Dieu – ne m’a jamais quittée depuis. Elle continue d’être une assurance que Dieu m’entend vraiment quand je crie à lui. Jésus nous invite à le rejoindre pour refléter sa lumière et son amour parfaits. Il dit : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5.14). En reflétant la lumière et l’amour du Fils, nous laisserons notre lumière briller de façon telle que les autres sauront que nous sommes avec Jésus. Ils verront notre façon de vivre et glorifieront notre Père céleste qui est dans les cieux (voir Mt 5.16).

Constance E. Clark Gane est une archéologue spécialiste de la Mésopotamie et professeur chercheur à l’Université Andrews. Elle est l’épouse de Roy Gane, la mère de Sarah, la belle-mère de Kevin, et la grandmère d’Adelia et de John.

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Q

uelle idée représente le « centre » théologique des Écritures ? Les érudits bibliques modernes y sont allés de nombreuses suggestions. Certains ont dit que c’est l’alliance ; d’autres, que c’est Dieu en tant que Seigneur. Certains affirment que c’est la foi, ou la justice, ou une combinaison en quatre parties (délivrance, communauté, connaissance de Dieu, et vie abondante), ou la mission de Dieu ; d’autres, qu’il n’existe aucun thème central. Avec autant d’idées qui circulent, comment décider laquelle, le cas échéant, est la bonne ? Dans un livre ordinaire d’où la fiction est absente, on découvre l’idée principale en lisant l’introduction et la conclusion. Alors, pourquoi pas avec la Bible ? Dieu a inspiré la Bible pour qu’elle soit écrite de manière à pouvoir être comprise. Pour clarifier l’idée principale des Écritures, n’aurait-il pas utilisé une méthode qui nous est familière dans notre lecture d’autres livres ? Au cours de mon étude biblique, j’ai constaté que l’idée maîtresse de la Bible apparaît dans ses chapitres d’ouverture et de clôture et qu’elle présente une focalisation à multiples facettes1. Les écrits d’Ellen White semblent être de cet avis. UNE FOCALISATION À MULTIPLES FACETTES ET COMPLÉMENTAIRE

Ellen White mentionne plusieurs thèmes en tant qu’éléments du centre des Écritures. Par exemple, le paragraphe suivant tiré du livre Éducation mentionne trois de ces idées sous la catégorie du « grand thème central » des Écritures : « La Bible est son propre interprète. Ce n’est qu’à l’Écriture que l’on peut comparer l’Écriture. Celui qui l’étudie doit apprendre à considérer la Parole de Dieu comme un tout, et à voir les relations qui existent entre ses différentes parties. Il doit apprendre à connaître le thème 24

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À la découverte de l’Esprit de prophétie

Découvrir le centre des Écritures dans les écrits d’Ellen G. White

central du saint Livre : le plan originel de Dieu pour le monde, la montée du grand conflit, l’œuvre de la rédemption. Il doit comprendre la nature des deux forces qui se combattent, apprendre à en relever l’empreinte dans les récits de l’histoire et de la prophétie, jusqu’à l’accomplissement de toutes choses. Il doit voir que cette lutte se poursuit à tous les instants de l’expérience humaine, que dans chacun de ses actes il agit lui-même selon l’une ou l’autre de ces forces antagonistes, et qu’à chaque instant il choisit son camp, qu’il le veuille ou non2. » Les adventistes ont suivi l’exemple d’Ellen White : ils ont résumé ce thème central comme étant « la grande controverse ». Des études récentes ont également commencé à reconnaître que cette « vision du monde de la guerre » est omniprésente, voire centrale, dans les Écritures3. L’ENJEU PRINCIPAL

Ellen White indique clairement que l’enjeu principal de la grande controverse, c’est le caractère de Dieu.

Les premiers mots de sa série en cinq volumes intitulée La grande controverse, sont « Dieu est amour », et les derniers, également « Dieu est amour »4. Entre les deux, elle explique en quoi cela est vrai. Cette insistance sur le caractère de Dieu est explicite dans le livre Patriarches et Prophètes : « [Dans les Écritures, le] voile qui sépare le monde visible du monde invisible […] est soulevé pour nous permettre de contempler les péripéties de la lutte millénaire qui se livre entre les deux forces opposées qui s’affronteront jusqu’au triomphe final de la justice et de la vérité. Or, tout ce vaste tableau [n’est] qu’une révélation du caractère de Dieu »5. Plusieurs déclarations réitèrent que Jésus est le centre des Écritures : « Jésus est le centre vivant de toutes choses » ; « Le Christ est le centre qui doit tout attirer à soi » ; « JésusChrist, le grand centre d’attraction »6. Plus précisément, Ellen White place l’œuvre d’expiation substitutive du Christ au Calvaire au cœur même des Écritures : « La croix du Calvaire est le grand centre »7 ; « Le sacrifice Photo : Timothy Eberly


Le thème central de la Bible, celui auquel se rattachent tous les autres, est le plan de la rédemption, la restauration en l’homme de l’image de Dieu.

expiatoire du Christ est le grand fait autour duquel gravitent tous les autres. Pour être comprise et appréciée, chaque vérité de la Parole de Dieu, de la Genèse à l’Apocalypse, doit être étudiée à la lumière qui rayonne du Calvaire »8 ; « L’étendard de la vérité doit être exalté, et l’expiation du Christ, présentée comme le grand thème central à considérer9. » La conclusion de La grande controverse, laquelle se produit lors du retour de Jésus et au-delà, est décrite par un synonyme du mot centre : « La doctrine du second avènement est la clé de voûte des Écritures10. » Enfin, en utilisant un autre synonyme, Ellen White souligne le rôle du sanctuaire dans le grand système de la vérité biblique : « La clef de l’énigme de 1844 se trouvait dans le sujet du sanctuaire. L’étude de ce sujet révéla tout un système harmonieux de vérités. On y vit la main de Dieu, lequel avait dirigé le grand mouvement adventiste, éclairant la position et la mission de son peuple, et lui signalant ses devoirs présents11. »

La messagère du Seigneur résume également le centre des Écritures en utilisant l’expression « le plan de la rédemption ». « Le thème central de la Bible, celui auquel se rattachent tous les autres, est le plan de la rédemption, la restauration en l’homme de l’image de Dieu. De la première lueur d’espoir donnée en Éden jusqu’aux promesses glorieuses de l’Apocalypse : “Ses serviteurs verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts” (Ap 22.4), la substance de chaque livre, de chaque passage de la Bible est la révélation de cette merveille : la rédemption de l’homme, et donc la puissance de Dieu “qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ !” (1 Co 15.57) « Celui qui s’empare de cette pensée voit s’ouvrir devant lui un champ d’étude infini. Il possède la clé qui lui ouvrira le trésor de la Parole de Dieu12. » Certains ont suggéré qu’Ellen White a exagéré le terme « centre » ou l’un de ses synonymes pour décrire certains thèmes des Écritures – simplement pour en souligner l’importance. D’après ce que j’ai vu dans l’introduc-

tion et la conclusion des Écritures, où ces thèmes émergent, je crois qu’Ellen White n’exagère pas cette idée. Au contraire, elle met le doigt sur les thèmes mêmes que les Écritures identifient comme constituant son centre théologique à multiples facettes. Je recommande à tous les érudits de la Bible, enseignants, pasteurs et laïcs ce grand thème central des Écritures en tant que clé qui ouvrira toute la maison du trésor de la Parole de Dieu ! Pour le soutien biblique de ce centre à multiples facettes des Écritures, voir Richard M. Davidson, « Back to the Beginning: Genesis 1–3 and the Theological Center of Scripture », dans Christ, Salvation, and the Eschaton, éd. Daniel Heinz, Jiří Moskala, et Peter M. van Bemmelen, Berrien Springs, MI, Département de l’Ancien Testament, Séminaire adventiste de théologie de l’Université Andrews, 2009, p. 5-29. Disponible pour téléchargement sur le site suivant : https:// andrews.academia.edu/RichardDavidson. 2 Ellen G. White, Éducation, p. 216. 3 Gregory A. Boyd, God at War: The Bible and Spiritual Conflict, Downers Grove, IL, InterVarsity, 1997. 4 Ellen G. White, Patriarches et prophètes, p. 9 ; La tragédie des siècles, p. 737. 5 Idem., Patriarches et prophètes, p. 585. 6 Idem., Messages choisis, vol. 1, p. 449. 7 Idem., Lettre 201, 1899 ; cité dans « Ellen G. White Comments— Daniel », SDABC, vol. 4, p. 1173. 8 Idem., Le ministère évangélique, p. 309. 9 Idem., Testimonies for the Church, vol. 8, Mountain View, CA, Pacific Press Pub. Assn., p. 77. 10 Idem., La tragédie des siècles, p. 323. 11 Idem., La tragédie des siècles, p. 459. 12 Idem., Éducation, p. 142. 1

Richard Davidson est professeur d’interprétation de l’Ancien Testament au Séminaire adventiste de théologie, à Berrien Springs, au Michigan (États-Unis). AdventistWorld.org Décembre 2021

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La Bible répond

Dieu fait homme : le mystère des mystères

Q

Que s’est-il passé pendant l’incarnation de Christ ?

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Je serais heureux de pouvoir répondre à votre question ! Bien que les théologiens se soient efforcés de comprendre le mystère de l’incarnation, celle-ci reste un mystère. Cependant, la Bible révèle certains aspects importants de ce mystère qui nous aident à mieux comprendre l’amour de Dieu. 1. L’incarnation : l’œuvre de Dieu. L’incarnation est l’œuvre de Dieu par le Saint-Esprit dans le sein de Marie (Lc 1.35). Une fois de plus, Dieu a manifesté sa puissance créatrice de façon unique et insondable. Il a uni les deux natures – l’humaine et la divine – en une seule personne au moment de la conception de Jésus et non à sa naissance. Il ne s’agit pas d’un acte du Père adoptant un être humain pour en faire son Fils. Le Fils de Dieu n’a pas non plus pris l’apparence extérieure d’un être humain sans devenir un être humain. Nous pourrions prudemment affirmer que les deux natures se sont mystérieusement mélangées dans la personne de Jésus-Christ. 2. Une personne – deux natures distinctes. L’union des deux natures en une seule personne n’a pas éliminé le caractère distinctif de chaque nature ; chacune d’elle est restée intacte. L’incarnation n’a pas été la divinisation de la nature humaine, ni la transmutation de la nature divine en nature humaine. La créature ne pouvait pas devenir divine, et la nature divine ne pouvait pas être rabaissée au niveau de la nature d’un être créé. 3. Une personne, deux volontés. Puisque les deux natures se sont mystérieusement mélangées dans Christ, nous pourrions suggérer que dans une seule personne il y avait deux volontés : l’humaine et la divine. Ceci confirme la réalité des tentations auxquelles Jésus a été confronté, et le besoin constant de la nature humaine d’être volontairement soumise à la

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nature divine. À Gethsémané, Jésus a exprimé le désir de la volonté humaine, mais il était prêt à se soumettre à la volonté du Père (Mt 26.42). Il aurait pu chuter, mais ce n’est pas arrivé. 4. Dieu incarné. Dans l’incarnation, le Fils de Dieu n’a perdu aucun de ses attributs divins. S’il en avait laissé certains, nous aurions eu alors une incarnation de Dieu partielle et non complète. Paul dit que Christ « s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur » (Ph 2.7). Par ce dépouillement, Christ est devenu un serviteur, plaçant ainsi la plénitude de sa divinité sous le Père afin qu’elle soit utilisée selon les instructions du Père. 5. La gloire dissimulée. Dans l’incarnation, la gloire du Fils de Dieu a été cachée dans l’homme. Celui qui était riche s’est fait pauvre pour nous (2 Co 8.9). On ne pouvait voir la gloire de son état préexistant qu’à travers le corps humain (Mt 17.2). Dieu s’est abaissé au niveau des créatures pécheresses, et il a mis de côté la magnificence de sa splendeur. 6. L’union permanente des deux natures. Ce qui s’est passé lors de l’incarnation – l’union des deux natures – n’était pas quelque chose pouvant être défait une fois son objectif atteint. Le Fils de Dieu est devenu membre de la famille humaine à tout jamais. Après que toutes choses auront été soumises à Christ, écrit Paul, « le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses » (1 Co 15.28). Le sacrifice de Jésus étant éternel, son efficacité sera également éternelle. 7. Un impact cosmique. Comme il est impossible de séparer l’incarnation de la croix, il s’agit par conséquent d’un événement sotériologique aux proportions cosmiques. Son but premier était de sauver de la présence et de l’influence du péché et du mal non seulement les êtres humains, mais aussi l’univers tout entier. Sa puissance salvatrice se trouve dans la révélation unique de la nature aimante et de la puissance de Dieu (Jn 1.14). C’est là la bonne nouvelle de l’Évangile chrétien.

Ángel Manuel Rodríguez, maintenant à la retraite, a servi en tant que pasteur, professeur, et théologien.


Place aux jeunes

Conspiration ! Conspiration !

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ésolé, Daktari1, mais pas de vaccin contre la COVID-19 pour moi ! » déclare le patient avec fermeté. En tant que médecin travaillant dans un hôpital au cœur de Nairobi, je me suis déjà habitué à une telle réaction. Ce patient, cependant, insiste davantage que la plupart des autres. « Daktari, jamais vous ne me convaincrez de me faire vacciner contre la COVID-19. Pourquoi ? Parce que j’ai entendu dire qu’une fois vacciné, mon corps explosera lorsque je m’approcherai d’une ampoule électrique ! » Je fige sur place. Dois-je rire, pleurer, ou rester impassible ? Je m’efforce de contenir les émotions contradictoires qui m’habitent. Comment se fait-il qu’une croyance infondée dans la conspiration des ampoules électriques empêche mon patient de bénéficier d’une intervention médicale qui pourrait potentiellement lui sauver la vie ? Ne comprend-il donc pas que la plupart des patients atteints de la COVID-19 dans les unités de soins intensifs de mon hôpital ne sont pas vaccinés ? Mon cœur se serre en me souvenant du nombre de patients emportés par la COVID-19 dans mon pays, lequel vient de subir la quatrième vague de la pandémie. Deux des membres de ma famille ont récemment succombé à cette maladie mortelle, et les blessures de ces souvenirs sont encore bien fraîches dans mon esprit. Je me souviens de certaines réponses que j’ai reçues après avoir donné une conférence sur la COVID-19 et les vaccins à ma congrégation locale : « Daktari, le vaccin contre la COVID-19 est lié à la marque de la bête de l’Apocalypse ! Comment peux-tu encourager les fidèles adventistes à recevoir ce vaccin ? » Les médias sociaux ont été inondés de nouvelles expliquant comment le vaccin peut soi-disant modifier l’ADN humain et disant qu’il contient des micropuces alignées sur le nouvel ordre mondial, tel que prédit par la prophétie. Toutes ces opinions sont-elles équilibrées ? Depuis l’entrée du péché dans le jardin d’Éden, nous avons tous souffert des résultats du déséquilibre parce que nous sommes des êtres humains imparfaits. Le serpent a défié le système de croyance d’Ève avec la première conspiration enregistrée dans les Écritures. « Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » (Gn 3.1) Les croyances d’Ève ont été déséquilibrées et, par conséquent, le péché est entré dans le monde. Le reste appartient à l’histoire.

Dieu a cherché à rétablir l’équilibre dans notre système de croyances. Il a envoyé son Fils, Jésus, afin que « quiconque croit en lui ne périsse point » (Jn 3.16). Non seulement Jésus est le chemin, la vérité, et la vie (Jn 14.6), mais il est aussi notre chemin vers la vérité dans nos vies. Lorsque nous nous focalisons sur lui, nous trouvons l’équilibre, et les doutes nourris par les complots sont bannis de nos cœurs. Lorsque nous quittons Jésus des yeux, nous nous laissons flotter et emporter à tout vent de doctrine (Ep 4.14) – qu’il s’agisse de conspirations, de nouvelles, de craintes, ou de modes. Et ça n’a rien de nouveau ! Le ministère terrestre de Jésus a été obscurci, lui aussi, par de fausses conspirations, par des idées erronées et des opinions déséquilibrées. Son identité a été mise en doute (voir Mt 16.14). Certains chefs juifs martelaient obstinément qu’il faisait ses miracles par la puissance du diable (Mt 12.24). Naviguer sur le bon chemin entre la vérité et l’erreur, la raison et l’émotion, la tradition et l’innovation, exige une remise à zéro mentale et spirituelle qui doit être alimentée par le Saint-Esprit. Prévoyant notre tendance à avoir de de fausses croyances, Jésus nous a dit qu’il nous enverrait le Saint-Esprit pour façonner notre système de croyances – l’Esprit de vérité, lequel nous « conduira dans toute la vérité » (Jn 16.13)2. Sur quoi nous focalisons-nous aujourd’hui ? Permettons-nous au Saint-Esprit de façonner nos convictions ? Jésus constitue-t-il le vrai nord de notre boussole mentale ? Ou est-ce que la société, les nouvelles, les médias sociaux, la science, la politique et d’autres influences du monde façonnent nos croyances ? Mon patient m’a rappelé ma croyance la plus importante : à la fin des temps, ma destinée éternelle ne peut être assurée que si je tiens compte de l’appel à entrer dans la merveilleuse lumière de Dieu (1 P 2.9). Je peux faire ça sans crainte, ni tremblement, car il n’y a pas d’ampoules électriques qui explosent dans le royaume de Dieu. Médecin, en swahili. Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. 1 2

Frederick Kimani est médecin consultant à Nairobi, au Kenya.

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Les prières de Noël du major

C « Je vais vous raconter… » DICK DUERKSEN

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e train est aussi froid que le Mont Everest ! pense le major Victor. Plus froid, peut-être. Seigneur, s’il te plaît, garde-moi bien au chaud. Nous sommes en hiver, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le train de transport de troupes emportant le major Victor fonce vers le nord, à travers le désert du Sinaï. Le temps est humide et glacial. Les fenêtres des wagons étant dépourvues de vitres, les sièges sont recouverts d’une glace de plus en plus épaisse. Les hommes se sont installés dans les porte-bagages, où il fait un peu plus chaud. Même là, blottis les uns contre les autres, ils gèlent. Le major Victor de l’armée américaine et ses deux compagnons, les sergents Eaton et Brennon, se rendent à Jérusalem, puis traversent le désert jusqu’en Irak. Victor,

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officier et médecin adventiste, prie pour que Dieu leur fournisse suffisamment de chaleur pour les garder en vie jusqu’à leur arrivée à Jérusalem. *** Lorsque le train s’arrête pour de l’eau et du charbon à une voie de garage, le sergent Eaton dit : « Prenez vos affaires et venez avec moi. » Les deux soldats suivent Eaton le long des voies vers la locomotive. Eaton s’arrête, sort sa tasse de cantine, passe la main derrière l’une des énormes roues, ouvre un robinet, et remplit sa tasse d’eau chaude. Après avoir aussi rempli les tasses de ses compagnons, il grimpe l’échelle jusqu’à la cabine. Occupés à vérifier l’eau et le charbon, l’ingénieur de locomotive et le pompier ont laissé leurs sièges vides dans la locomotive toute chaude. Le sergent Eaton sourit, fait signe aux autres de le rejoindre, et s’assit dans le fauteuil de l’ingénieur. Lorsqu’ils atteignent l’échelon supérieur et pénètrent à l’intérieur, l’air froid a cédé sa place à l’air chaud. « Prière exaucée, souffle le major Victor. Du moins jusqu’à ce que l’ingénieur nous expulse de son siège ! » Alors qu’il attend que le signal de la voie change, Eaton joue avec les commandes, vérifie les jauges, tâte les leviers de frein, et teste l’accélérateur, le visage illuminé d’un sourire. Mais avant même que ces hommes aient le temps de se détendre, le « vrai » ingénieur apparaît au dernier échelon de l’échelle et se met à vociférer. Eaton lui fait signe de venir s’asseoir à sa place. Ce dernier obtempère, mais toujours en criant et en faisant de grands signes. Victor, lui, est en train de prier, comme il en a l’habitude quand les choses dérapent. Sachant que Dieu va devoir accomplir un miracle pour qu’ils s’en sortent, il fait monter une prière brève et simple. Au secours ! est tout ce qu’il arrive à dire. Eaton, du haut de ses près de 1,83 mètres, se tient à côté du siège en acier et désigne le nom cousu sur son uniforme, puis le mur d’acier derrière le siège. « Eaton », dit-il en pointant de nouveau son nom, puis le mur. Le « vrai » ingénieur regarde l’uniforme d’Eaton, puis le mur où un nom est gravé dans l’acier. « Eaton », est-il écrit. Le même Image : mycola / iStock / Getty Images Plus / Getty Images


nom que celui de cet homme qui s’est assis sur sa chaise ! « Comment est-ce possible ? » demande-t-il dans un langage des signes que les deux hommes comprennent. « Le gouvernement américain a expédié ici plusieurs de ces locomotives pour aider à transporter les troupes jusqu’aux champs de bataille, explique Eaton. Les locomotives viennent des montagnes où elles tiraient auparavant de longs trains de billots jusqu’aux ports. L’une d’elle était la mienne, et en tant qu’ingénieur, j’ai gravé mon nom sur le mur dernière cette chaise. C’est ma locomotive ! » *** Le « vrai » ingénieur s’incline, actionne le sifflet, et regarde le sergent Eaton conduire le train de troupes en direction de Jérusalem. Deux « vrais » ingénieurs se partagent maintenant les tâches dans la locomotive, où tout le monde est bien au chaud. Merci mon Dieu, murmure le major Victor. Au petit matin du 24 décembre, le train entre dans Jérusalem. Le major Victor remercie tout le monde pour le trajet au chaud, puis fait signe aux sergents de le suivre dans la vieille ville. « Ça serait spécial de passer Noël à Jérusalem, dit-il à ses amis, mais depuis des années, je rêve de me trouver, la veille de Noël, à Bethléhem – la ville où Jésus est né. Pensez-vous que c’est possible ? » Les sergents savent ce qu’il faut faire pour transformer des rêves en réalité. Brennon s’assure que leur équipement est en ordre, tandis qu’Eaton, lui, s’occupe du transport. Et Victor prie. Ce n’est peut-être pas un besoin urgent dans le ciel, chuchote-t-il, mais ce serait vraiment bien si nous pouvions être à l’église de la Nativité quand les étoiles apparaîtront ce soir ! Puis, il énumère toutes les raisons pour lesquelles il espère que Dieu répondra à sa prière. Eaton revient avec un taxi, et Brennon met leurs affaires dans le coffre. En cette veille de Noël, la circulation routière est terrible ! Eaton aurait préféré rester dans le train, mais juste avant le coucher du soleil, les voilà roulant à travers la foule à l’entrée de Bethléhem. « Bethléhem… la veille de Noël », se souvient le major Victor. Je savais que la date

était sans doute fausse, et que la crèche n’était qu’une piètre imitation de celle dont Marie s’était servie pour y coucher Jésus. Mais c’était quand même Bethléhem ! Une ville grouillante de visiteurs, remplie de musique et d’attentes. Une ville impatiente d’accueillir le Messie. » « Nous avons laissé la voiture près de la porte, raconte le major, et nous nous sommes déplacés lentement à travers la foule composée de gens et de moutons. Trois soldats américains, marchant d’un pas léger comme sur une terre sainte, écoutaient les chœurs d’enfants proclamant la naissance du Fils de Dieu, chantant des chants qui nous ont donné le mal du pays – et du paradis. » Pour entrer dans l’église de la Nativité, il faut franchir une porte basse en se penchant. La seule lumière provient des bougies vacillantes. Les prières chuchotées et les doux chants de Noël sont les seuls sons qu’on y entend. Victor traverse le sanctuaire jusqu’à la petite salle en arrière où se dresse la crèche. Bien-aimé Jésus, prie-t-il alors que des larmes d’action de grâces salent ses paroles, me voici ici – près de l’endroit même où tu es né dans ce monde. Je suis venu t’adorer, mais je n’ai aucun présent à t’offrir, si ce n’est moi-même. Puisque je suis déjà ta propriété, je te demande simplement de me remplir de ta présence et de ta puissance. Donne-moi la force de te représenter, et le cœur d’aimer pour toi. Le silence s’installe doucement dans la salle, légèrement remplacé par les voix des enfants qui chantent des chants angéliques. « Cette nuit-là, Dieu a répondu à ma prière, conclut le major Victor. Je me suis agenouillé dans l’atmosphère élevée et sainte de la présence de Dieu, et ma vie a été changée à tout jamais. Le riche courant de son amour a traversé mon âme. Je suis à lui. Je lui appartiens. »

Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division Asie-Pacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif/Directeur de Adventist Review Ministries Bill Knott Directeur international de la publication Hong, Myung Kwan Comité de coordination de Adventist World Si Young Kim, président ; Joel Tompkins ; Hong, Myung Kwan ; Han, Suk Hee ; Lyu, Dong Jin Rédacteurs en chef adjoints/Directeurs, Adventist Review Ministries Lael Caesar, Gerald Klingbeil, Greg Scott Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Sandra Blackmer, Wilona Karimabadi, Enno Müller Rédacteurs basés à Séoul, en Corée Hong, Myung Kwan ; Park, Jae Man ; Kim, Hyo-Jun Gestionnaire de la plateformes numérique Gabriel Begle Gestionnaire des opérations Merle Poirier Coordinatrice de l’évaluation éditoriale Marvene Thorpe-Baptiste Rédacteurs extraordinaires/Conseillers Mark A. Finley, John M. Fowler, E. Edward Zinke Directrice financière Kimberly Brown Coordinatrice de la distribution Sharon Tennyson Conseil d’administration Si Young Kim, président ; Bill Knott, secrétaire ; Hong, Myung Kwan; Karnik Doukmetzian ; Han, Suk Hee ; Gerald A. Klingbeil ; Joel Tompkins ; Ray Wahlen ; membres d’office : Paul Douglas ; Erton Köhler ; Ted N. C. Wilson Direction artistique et design Types & Symbols Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 20904-6600, U.S.A. Numéro de fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910 (LSG). Avec Num. Strongs pour Grec et Hébreu. Texte libre de droits sauf pour les Strong. © Timnathserah Inc., - Canada Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, États-Unis d’Amérique Vol. 17, n° 12

Dick Duerksen, pasteur et conteur, habite à Portland, en Oregon, aux ÉtatsUnis.

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Foi en herbe

Pages amusantes pour les plus jeunes

Un journal rien qu’à toi

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iens-tu un journal personnel ? Peut-être que tu n’as jamais entendu parler de ça ! Si c’est le cas, je t’explique : un journal personnel, c’est un carnet ou un petit livre que tu personnalises et dans lequel tu écris des pensées, des idées, et même des prières. Certains écrivent dans leur journal leurs activités quotidiennes ; ils y notent aussi les événements qui se sont produits et ce qu’ils en ont ressenti. D’autres y écrivent leurs prières et leurs requêtes de prière. Quant à toi, tu peux même utiliser ton journal comme un album d’art, et y mettre des photos, des dessins, des griffonnages. Tu peux

Illustration : Xuan Le


WILONA KARIMABADI

Perle biblique « Je suis la vigne, vous êtes les branches. Si quelqu’un reste attaché à moi comme je suis attaché à lui, il donne beaucoup de fruit. En effet, sans moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jean 15.5, PDV)

faire de ton journal une combinaison de toutes ces choses, et plus encore. Pour cette activité, il te faut :  un cahier ou un carnet spécial  un stylo ou un crayon  des crayons de couleur, des autocollants (optionnel)  une Bible CE QU’IL FAUT FAIRE : Ce serait vraiment une bonne idée de tenir un journal en 2022 ! Tu peux commencer le tien à partir du 1er janvier, ou dès que tu le souhaites. L’objectif, c’est d’y écrire quelque chose tous les jours. Si tu sautes un jour ou deux, ce n’est pas grave ; essaie simplement de prendre

l’habitude d’écrire régulièrement dans ton journal. Tu peux commencer par une prière, et choisir ensuite un verset biblique pour cette journée. Tes parents peuvent t’en proposer un. Ou bien tu peux en choisir un au hasard, ou en prendre un parmi les versets de ta leçon de l’École du sabbat ou d’un livre de méditation. Écris la date du jour en haut de la première page, et ensuite ton verset biblique. Après avoir lu celui-ci, réfléchis-y, puis écris les pensées qui te viennent à l’esprit. As-tu aimé ce verset ? Le connaissais-tu déjà ? À ton avis, qu’est-ce qu’il signifie ? Est-ce qu’il t’a appris quelque chose de nouveau ? Qu’est-ce que tu as

ressenti en le lisant ? Par-dessus tout, est-ce qu’il t’a aidé à mieux connaître Jésus ? N’hésite pas à dessiner tes pensées, tes idées, et si tu le souhaites, à ajouter un ou deux autocollants. Essaie de prendre l’habitude d’explorer la Bible de cette façon et de la faire tienne. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de le faire ! À la fin de l’année, relis ce que tu as écrit et fais de la dernière chose que tu as écrite un souvenir de l’année précédente et de ce que tu as appris. Tu verras alors à quel point ta foi a grandi, et qu’un journal personnel peut t’encourager pendant longtemps. Profites-en bien !

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e ld y ie le ér in at k F M ar M

JOURS DE PRIÈRE

LES TROIS ANGES NOUS EXHORTENT À PRIER Du 5 au 15 janvier 2022

« Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. » APOCALYPSE 14.6

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