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Les chrétiens devraient-ils quitter Facebook ?

Ces dons qui ne font pas de bruit

La prière d’une petite fille

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Édifier pour unir Bill Knott

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NAMIBIE

Couverture Mduduzi Tshambo, un Zimbabwéen de la tribu Ndebélé/Zoulou, fréquente l’église adventiste Windhoek Central, où il joue un rôle actif dans l’Organisation des hommes adventistes (un ministère de son église). Mduduzi Tshambo est marié et père de deux enfants. Architecte, il travaille pour une firme à Windhoek, capitale de la Namibie. Photo : Calvin Runji

Dans l’article de la rubrique « Point de vue » du numéro de juillet 2018, Adventist World a identifié Christian Kaysers en tant que Norvégien. Il est, en fait, Franco-Allemand. Nos excuses pour cette erreur.

Sous les projecteurs 10 Ces dons qui ne font pas de bruit La Parole 16 Méditation 26 La Bible répond Mon Église 14 Perspective mondiale 19 Place aux jeunes 20 Au premier plan 24 Esprit de prophétie Foi vivante 18 Foi en action 23 Foi & science 27 Santé & bien-être 30 Foi en herbe – le coin des enfants

e sabbat matin, regardez bien ceux avec qui vous adorez Dieu. Qui, parmi eux, maintient votre communauté unie ? Entre l’École du sabbat et le début du service de culte, un homme traverse l’allée. Mon regard tombe sur un couple – des gens âgés qui s’asseyent régulièrement trois rangées devant moi. À l’approche de cet homme, leur regard s’illumine. Il se penche pour les saluer, leur serre la main, et leur souhaite chaleureusement la bienvenue. Traversant l’allée, il fait le bonheur total d’une enfant de 4 ans alors qu’il remarque son joli ruban vert dans ses cheveux – et lui dit qu’il s’assortit merveilleusement à sa robe. Ses parents rayonnent d’une fierté toute légitime ! Puis, il se tourne vers moi et me tend la main. Pendant les 30 secondes de notre échange, il ne me quitte pas des yeux – pas de coups d’œil obliques, pas d’interception de quiconque pouvant être considéré comme plus important que moi… Je suis précieux ; je suis apprécié ; j’ai une appartenance. Son ministère me persuade que cette église peut être mon chez moi – que pour cette congrégation, je serai davantage que la dîme déposée sur le plateau d’offrandes, ou qu’un numéro lors du compte du sabbat matin. Si je ne suis pas là sabbat prochain, il le remarquera – et se demandera si je suis en voyage, ou malade, ou en besoin particulier de la grâce d’en haut. Et bien après que le sermon du sabbat se soit volatilisé, et que l’hymne de la chorale – aussi beau soit-il – soit tombé dans l’oubli, sa présence m’habite encore, encore parce qu’il m’a donné un contexte dans lequel j’entends vraiLes dons de ment la Parole – puisse-t-elle Dieu ne sont prendre racine ! – et suis toupas tous des ché, élevé par la musique. Les sonneries de dons de Dieu ne sont pas tous trompette. des sonneries de trompette. Parfois, ce dont Parfois, ce dont nous avons nous avons besoin, c’est de douces mélobesoin, c’est de dies jouées en sourdine. douces méloCet édificateur de ma dies jouées en congrégation n’est, fort sourdine. heureusement, pas le seul. Tandis que nous braquons les feux sur ceux qui prêchent, ou enseignent, ou nous émeuvent par leur chant, les héros méconnus de cent mille congrégations adventistes sont des hommes et des femmes ayant reçu le don d’apprendre notre nom, de nous impliquer, d’offrir de prier avec nous, et de nous inciter à faire de cet endroit notre « chez nous ». Donnez-leur ce qui leur revient – la récompense de l’ouvrier. Les dons de l’Esprit qu’ils exercent tissent les liens qui permettent aux membres de ce mouvement de cheminer ensemble. Si vous êtes l’un d’eux, eh bien, que Dieu vous bénisse ! Et si vous êtes au nombre de ceux que leur ministère encourage, dites-leur avec reconnaissance ce que leur bonté signifie pour vous.

Nous croyons en la puissance de la prière ! À Adventist World, nous nous réunissons tous les mercredis matins pour le culte hebdomadaire, au cours duquel nous prions pour les requêtes de prière qui nous ont été envoyées. Faites-nous parvenir les vôtres à prayer@adventistworld.org, et priez pour nous tandis qu’ensemble, nous travaillons à l’avancement du royaume de Dieu.

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Sur le vif

Abid Q. Raja (à gauche), député au Parlement norvégien, et Dwayne Leslie, directeur des Affaires législatives de l’Église adventiste et agent de liaison auprès du Congrès des ÉtatsUnis, profitent d’un moment de détente lors du Dîner de la liberté religieuse – un événement annuel sponsorisé par l’Église adventiste à Washington D.C. Abid Q. Raja a reçu un prix international pour son œuvre en faveur de la tolérance religieuse. Photo : Mylon Medley, Service des nouvelles de la Division nord-américaine

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En bref

« Ils sont dispersés. Nous voulons les rassembler pour qu’on puisse leur rendre des comptes et leur fournir un ministère. » – Gordon Williams, premier ancien à l’église de Philadelphie, à Saint Thomas, dans les îles Vierges américaines, lesquelles ont été frappées par Irma – un ouragan de catégorie 5 qui a dévasté l’église. À la suite de la tempête, les 1 400 membres de cette église ont commencé à aller aux églises qui n’ont pas été aussi endommagées, dont l’église adventiste Shiloh. Récemment, grâce aux réparations effectuées à ce jour, ils ont pu retourner dans leur église pour participer aux services se tenant dans la salle communautaire de l’église.

Le chercheur de Valuegenesis s’éteint à l’âge de 75 ans V. Bailey Gillespie, bien connu pour son travail en tant que chercheur en chef de Valuegenesis, s’est éteint le 7 mai 2018, après une bataille contre le cancer du foie. Il a servi en tant que pasteur et professeur de religion au niveau du lycée avant de se joindre à la faculté de l’Université de Loma Linda, et plus tard à l’Université La Sierra, où il a servi en tant que vice-doyen de l’École pastorale H. M. S. Richards. Valuegenesis est une étude phare des étudiants de la 6e à la 12e année inscrits dans des écoles adventistes. Elle avait pour but de découvrir ce qui fait que les jeunes adventistes acceptent ou rejettent la foi de leurs parents et ce que l’Église peut faire à cet égard.

« Ceci a fourni au public une occasion unique de se familiariser avec d’autres sections du site Web de l’Église adventiste, lequel explique les croyances, la mission, et les activités communautaires de l’Église au RoyaumeUni et dans le monde entier. » – Les dirigeants de l’Union des fédérations britanniques, en référence à la participation de Mark De Lisser et de Paul Lee, tous deux adventistes, au mariage royal du prince Harry et de Meghan Markle. Mark De Lisser a arrangé la version de la chanson « Stand by me » pour le Kingdom Choir, dans lequel Paul Lee a exécuté le solo.

350 000 L’entière population de l’Islande que les membres adventistes visent à atteindre dans un avenir prochain grâce à Hope Channel Islande. En préparation pour la production d’une programmation locale, 15 bénévoles ont participé récemment à une formation interactive en production de télévision, ce qui incluait un atelier « dans la rue » au centre-ville de Reykjavik, où ils ont procédé à des entrevues dans la rue. Photo : Division transeuropéenne 4

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En bref

Le travail commence pour reconstruire les salles de classe à l’Université adventiste aux Tonga Trois mois après le passage du cyclone Gita, les travaux de reconstruction des salles de classe ont commencé à l’Institut d’enseignement supérieur Beulah, une école adventiste sur l’île. Une équipe de neuf bénévoles des ÉtatsUnis coordonne le travail de construction. Les anciens de Beulah habitant actuellement aux États-Unis ont sponsorisé l’équipe, tandis qu’anciens, parents, membres d’église, professeurs et étudiants aux Tonga fournissent à tour de rôle des repas aux bénévoles pendant leur visite de trois semaines.

Le nombre de personnes dans le monde entier sans affiliation religieuse Amérique du Nord 65 000 000

Europe 144 330 000

Moyen-Orient–Afrique du Nord 2 300 000

Asie-Pacifique 875 720 000

Amérique latine-Antilles 48 990 000

« Nous n’épargnerons aucun effort pour soutenir l’Église, parce que ce faisant, nous soutiendrons notre collectivité dans son ensemble. » – L’Honorable Mwigulu Nchemba, ministre des Affaires intérieures de la Tanzanie, lors du lancement d’une campagne d’évangélisation par satellite de trois semaines. Dans ses remarques, Mwigulu Nchemba a dit qu’il était plus que désireux de venir et de lancer cette campagne d’évangélisation adventiste parce qu’il respecte hautement les adventistes pour leur contribution au développement du pays.

Afrique au sud du Sahara 28 690 000 Source : Pew Research Center

« Nous nous sommes rencontrés avec un but en tête : nous unir pour atteindre le monde pour le retour de Jésus. » – Ramon Canals, directeur des Ministères personnels et de l’École du sabbat pour l’Église mondiale, dans un commentaire sur la réunion récente des principales écoles de Bible par correspondance de l’Église. Réunis à Jérusalem, les représentants ont discuté pour savoir si les écoles par correspondance incluront, dans l’avenir, les médias sociaux, les sites Web version cellulaires, des cours de Bible imprimés, des applis, ou un amalgame de tout ça.

1,8 million $US La somme payée pour un nouveau bâtiment de sept étages sur un terrain principal à Hanoï, capitale du Vietnam. Le prix remarquablement bas est difficile à expliquer, disent les dirigeants de l’Église dans la région. Ce bâtiment servira de centre de service à la communauté. On y trouvera aussi une librairie, une boutique d’alimentation naturelle, une école de langues étrangères, une école de musique, un centre de santé, ADRA Vietnam, et deux salles de réunion.

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Actualités

Inclusion et égalité peuvent étouffer la liberté de religion

Un pasteur australien fait une déclaration préliminaire devant une commission parlementaire

Tracey Bridcutt, Adventist Record

Dans un effort pour promouvoir l’inclusion et l’égalité, on remarque une tendance à la répression de la liberté de religion ou de croyance, a dit Michael Worker lors d’une audience publique. Représentant l’Église adventiste en Australie, Michael Worker a été invité à présenter une déclaration préliminaire et à faire partie d’un débat d’experts à l’audience, lequel fait partie d’une enquête en cours du gouvernement australien sur le statut du droit humain à la liberté de religion ou de croyance. L’enquête, annoncée en décembre 2016, a été menée par le sous-comité des Droits de la personne de la Commission permanente mixte des Affaires étrangères, de la Défense et du Commerce. Ce sous-comité examine les efforts de l’Australie pour promouvoir et protéger la liberté de religion ou de croyance à l’échelle mondiale, y compris sur son propre territoire. L’année dernière, l’Église adventiste a présenté un mémoire à l’enquête, à la suite de quoi Michael Worker a été invité à prendre la parole lors de l’audience publique qui s’est tenue pendant deux jours à Sydney et à Melbourne. Michael Worker figurait parmi de nombreux représentants issus de groupes religieux, d’organi-

sations de défense pour les droits de la personne, et de groupes ethniques invités, eux aussi, à y assister. Michael Worker, dans sa déclaration d’ouverture : « L’Église adventiste du septième jour reconnaît que les chrétiens sont le groupe le plus persécuté dans le monde. À cet égard, elle possède une longue et fière histoire quant à la promotion des droits de la liberté religieuse pour tous les gens de foi pacifiques, et même pour ceux qu’aucune foi n’anime. « En plus de défendre la liberté de religion ou de croyance, nous croyons que la liberté de pensée ou de conscience – bien que souvent négligée – est également importante, voire fondamentale. Ces libertés sont essentielles pour une société tolérante qui a un respect mutuel pour les points de vue divergents. » Par ailleurs, Michael Worker a souligné que les démocraties libérales sont traditionnellement connues pour être des espaces où la diversité d’opinion peut exister dans l’harmonie, mais que « cette tolérance est en train d’être érodée ». « Voilà qui est ironique quand on considère tout le bien qui se fait par le biais des organisations caritatives religieuses », a-t-il ajouté. Or, a repris Michael Worker, pour que les droits à la liberté religieuse

Michael Worker

Photo : Adventist Record 6

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prospèrent, il faut une plus grande liberté de pensée et de conscience. « On ne peut limiter la liberté d’expression parce que certains sont offensés. En effet, tout discours au contenu solide est virtuellement susceptible d’offenser les sensibilités subjectives de certains auditeurs », a-t-il expliqué. Alors qu’il existe une certaine protection de la liberté de religion et de croyance au niveau fédéral, « maints obstacles à cette liberté proviennent des États, des territoires, et des régions », a-t-il ajouté. « Nous croyons que le gouvernement doit intensifier ses efforts pour obtenir de plus grandes libertés et protections à l’échelle internationale. Mais pour ce faire, il doit s’assurer d’une pratique nationale uniforme. » « Il est impératif que des protections positives pour la liberté de religion ou de croyance soient prévues par la loi fédérale – laquelle enchâsse ces libertés dans notre pays et s’assure que nous continuions à être une société à la fois tolérante et libre », a-t-il conclu. Dans un communiqué de presse, Kevin Andrews, président du sous-comité et membre de la circonscription de Menzies, a dit que la plupart des propositions faites à l’enquête ont, à date, exprimé massivement le souci que la liberté de religion ou la liberté de croyance sont remises en question par l’accent mis sur d’autres droits humains. Kevin Andrews : « Le sous-comité vérifie si les droits humains à la religion ou à la croyance ont besoin de protections supplémentaires, ainsi que la forme qu’elles peuvent prendre », a-t-il conclu.


Actualités

Les réunions de la Commission de supervision de l’unité se poursuivent

Le processus de conformité commence

Commission de supervision de l’unité

Après plusieurs mois de dialogue et de collecte de données, la Commission de supervision de l’unité de l’Église adventiste a commencé à exposer les grandes lignes d’un processus de conformité que les dirigeants de l’Église mondiale examineront plus tard cette année. Les membres de la Commission, lesquels se sont réunis le 14 mai 2018 au siège de l’Église à Silver Spring, au Maryland (ÉtatsUnis), ont eu une rencontre positive et productive. La Commission s’oriente vers un consensus sur les éléments fondamentaux du document qui sera présenté lors du Concile annuel en octobre prochain, a dit Mike Ryan, président de la Commission. La Commission fait partie du processus intitulé « Unité dans la mission : procédures pour la réconciliation au sein de l’Église » voté par le comité exécutif de la Conférence générale (GC) lors de son Concile annuel de 2016. Lors de sa réunion du 14 mai, la Commission a discuté des premières étapes de la rédaction de l’ébauche d’un document qu’elle soumettra au Concile annuel de 2018, lequel se tiendra en octobre, selon Mike Ryan. Mike Ryan : « Bien que l’ébauche soit encore en développement, un consensus se forme autour de quelques

points devant y être inclus. » Il a aussi souligné que « les dialogues avec les divisions mondiales et les différentes unions ont été fort utiles et ont guidé le comité de rédaction dans son ébauche ». Selon Hensley Moorooven, secrétaire de la Commission de supervision de l’unité, à la fin de mai, les membres de la Commission se sont réunis avec les dirigeants de 12 des 14 entités de l’Église mondiale (13 divisions et une union attachée). Hensley Moorooven : « Ces dialogues se sont déroulés dans un climat de cordialité et de sincérité. » Les réunions avec les deux entités restantes auront lieu dans quelques semaines. D’après Hensley Moorooven, le travail de la Commission sera éclairé par les contributions reçues – ce qui indique qu’elles seront prises en compte avant la finalisation du document. Voici une partie des éléments qui, selon Mike Ryan, seront inclus dans le document : • La reconnaissance que l’Église fonctionne sur le principe de la confiance, et que le niveau administratif le plus proche de la question de la non-conformité sera celui chargé d’assurer la conformité au règlement. • Le niveau administratif supérieur suivant est responsable de la su-

pervision. On s’attend à ce que ses administrateurs créent une atmosphère favorable à la réalisation de la conformité et de l’unité. • Dans le traitement de la non-conformité, on demande aux administrateurs de faire preuve de jugement, de maturité, et de discrétion. • Les politiques et les règlements existants de la Conférence générale sont disponibles à titre d’outils pour les administrateurs dans le traitement des questions de la non-conformité. • Une liste de conséquences en cas de non-conformité. • Un processus de recours. Mike Ryan a souligné que le document est encore au stade de l’ébauche. « Nous serons dans le processus de développement jusqu’au mois d’août. » Le document paraîtra dans son intégralité après avoir été examiné et voté par le comité d’administration (ADCOM) de la GC. Ensuite, il sera envoyé au comité des officiers de la Conférence générale et des divisions (GCDO), pour enfin se rendre au comité exécutif de la GC lors de son Concile annuel qui se tiendra en octobre 2018.

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Coup d’œil sur la Division Afrique centre-ouest (WAD)

« Les membres devraient apprendre comment plaider avec Dieu pour qu’il les utilise puissamment dans l’achèvement de l’œuvre, afin que nous puissions aller au ciel et être avec le Seigneur. » – Elie Weick-Dido, président de la Division Afrique centre-ouest (WAD), s’adressant à plus de 15 000 adventistes réunis pour le lancement officiel de l’initiative d’évangélisation « Pentecôte 2018 » dans l’est du Nigeria, plus tôt cette année.

1 500 Le nombre de femmes de 10 régions différentes du Cameroun qui se sont réunies récemment à Ngaoundéré, la ville la plus importante de la région de l’Adamaoua, pour le second Congrès adventiste national du Ministère des femmes. Les participantes sont sorties du centre des congrès en plusieurs occasions pour tendre des brochures aux passants, et pour participer à des activités humanitaires en aidant des groupes de gens spécifiques dans le besoin, dont les personnes âgées.

Des pasteurs en République centrafricaine centrale reçoivent des motos pour la mission Préoccupé par les défis auxquels les pasteurs font face dans l’accomplissement de leurs devoirs en République centrafricaine centrale (RCA), Elie Boromia, président de la Mission de la RCA, a décidé de fournir des motos à trois de ses pasteurs : Emercy Abib Ndombeth, Hervé Wirawile, et Jonathan Mobia. Ces motos les aideront à couvrir les longues distances séparant les groupes et les églises de leurs districts respectifs. (^-)

« Les Écritures disent qu’en toutes choses – bonnes ou mauvaises, douces ou amères, positives ou négatives – nous devons rendre grâce au Seigneur. » – Tiré d’une déclaration publiée par la Fédération mi-centrale du Ghana, exprimant ses sympathies et son encouragement aux victimes d’un vol à main armée à l’église adventiste Adoato-Adumanu, à Kumasi, au Ghana. Les malfaiteurs ont pris la clé des champs avec de l’argent, des cellulaires, des tablettes, et des portables. Heureusement, personne n’a été blessé.

« La voix de l’espérance doit atteindre les endroits où je ne peux mettre les pieds, aussi loin que les quatre coins du monde. » – Fabíola Ferreira Schliech, une bénévole brésilienne qui dirige la station de radio Novo Tempo Bissau en République de Guinée-Bissau – un petit pays côtier en Afrique de l’Ouest qui inclut une série d’îles. Le portugais étant la langue officielle de ce pays, la station peut, outre sa programmation originale, utiliser la programmation créée par Novo Tempo au Brésil.

797 952 Effectif de la WAD au 31 mars 2018

Photo : Division Afrique centre-ouest 8

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Point de vue

Jamie Schneider Domm, stratège du numérique, Division nord-américaine

Photo : Sticker Mule

Les chrétiens devraient-ils quitter Facebook ? De nombreux utilisateurs de Facebook se demandent comment réagir à la révélation que le géant des médias sociaux non seulement a mal géré l’accès aux données de l’utilisateur, mais aussi qu’il supprime activement l’expression des valeurs chrétiennes et conservatrices, jouant les « favoris » politiques partout dans le monde. Il est facile de comprendre pourquoi les gens en sont contrariés ! Facebook dominant une part impressionnante du marché numérique, une mauvaise utilisation des données et/ou une puissance exercée par le biais de ses plateformes constituent une menace de taille pour une société libre. Cependant, cette portée est justement la raison pour laquelle les chrétiens qui prennent leur rôle au sérieux dans l’accomplissement du mandat évangélique devraient rester. Les médias sociaux sont devenus une partie du tissu même de notre société. En un clin d’œil, nous nous connectons avec les autres dans le monde entier, partageons des idées, et embrassons notre qualité d’être humain. La technologie a été souvent propulsée par le besoin de mieux communiquer et d’établir une relation. Or, chacun des progrès en ce domaine favorise indubita-

blement l’avancement de l’Évangile. Je crois que le prochain grand réveil sera numérique. Si nous nous unissons dans la mission, nous pourrons proclamer le message des trois anges d’une voix forte partout dans le monde. L’Évangile apostolique a été répandu par des enseignants et des évangélistes consacrés souvent confrontés à la persécution, parfois même à la mort. Ils ont apporté l’Évangile là où les gens étaient, peu importe ce qu’il leur en coûtait personnellement. Dans le monde occidental, nous ne sommes pas en butte à la persécution de la même manière que d’autres chrétiens ailleurs dans le monde. Pour le moment, Dieu ne nous le demande pas. Cependant, il veut que nous utilisions ce qui est dans nos mains (Ex 4.2) pour atteindre ses enfants et leur transmettre l’Évangile. Les médias sociaux sont la version moderne de l’école de Tyrannus – un lieu où les Éphésiens, aux jours de l’Église primitive, se réunissaient pour s’engager avec de nouvelles idées, passer le temps, partager des réflexions, et participer à des discussions. Aujourd’hui, les jeunes passent jusqu’à neuf heures par jour sur les médias sociaux pour les mêmes raisons. Paul prit la parole dans l’école de Tyrannus, en Grèce, pendant deux ans (Ac 19.8-10), essentiellement pour rendre l’Évangile viral. Comme Paul, apportons l’Évangile là où les gens sont et impliquons-les dans la discussion. Utilisons cette technologie avant qu’il ne soit trop tard ! Nous ne savons pas avec certi-

tude ce que « le temps de détresse » nous réserve, mais je suis sûre que la censure sera un facteur dominant. J’ai traité à maintes reprises de questions de censure. Ce qui me frustre, c’est les défis arbitraires que je dois relever pour assurer le succès des campagnes d’évangélisation de l’Église. Ceci ne m’a que poussée davantage à utiliser ces technologies pour accomplir notre mission. Après tout, si nous faisons l’œuvre du Seigneur, le Saint-Esprit nous accordera sa faveur lorsque les algorithmes nous feront faux bond. Les organisations religieuses bénéficieraient d’éliminer les préjugés qui limitent l’atteinte et l’accès à nos idées et à nos ressources. Nous devons tenir ces compagnies responsables, autrement elles maintiendront le monopole ainsi que le pouvoir de décider qui a une voix, qui a nos données, et ce qu’ils font avec cette information. Puissent les adventistes se faire les champions de la libre expression ! Notre capacité de répandre l’Évangile sur la place publique repose, en effet, sur elle. Allons de l’avant et annonçons les vérités bibliques dans notre sphère d’influence numérique. Restons sur Facebook, mais restons avec un but ! Partageons notre foi en ligne. Nous ne pouvons attendre plus longtemps. C’est là le mandat évangélique de notre génération (Mt 28.16-20). On peut accéder à la version intégrale de ce commentaire sur le site suivant : https://goo.gl/rJ9ifj.

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Sous les projecteurs

Ces dons qui ne font pas de bruit

L’évangélisation ne peut être, et ne doit pas être, que publique DAV I D T R I M

« Qu’ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie la paix ! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie le salut ! De celui qui dit à Sion : ton Dieu règne ! » (Es 52.7)

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ls habitent dans une petite maison, une très petite maison au toit en tôle ondulée – plutôt mal construite – bref, dans une maison australienne standard du milieu du 20 e siècle. Cette maison se trouve au bout de la route menant à la gare, juste après les énormes tas de charbon qui alimentent les trains. La route semble se terminer à la gare ; mais en réalité, un sentier poussiéreux se prolonge au-delà de la gare. On peut facilement le rater. Et où mène-t-il ? À la petite maison plutôt mal construite. Agnes, Ted, son mari, et les plus jeunes de leurs huit enfants vivent dans cette maison1. Ted est un employé du chemin de fer. Il est absent la plupart du temps. Son 10

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travail consiste à alimenter la chaudière avec du charbon. C’est pour ça que cette famille vit là, juste après les tas de charbon, au bout de la route menant à la gare. Pam, l’une des filles d’Agnes, habite dans un autre secteur de la petite ville de Muswellbrook. Elle est mariée et mère d’un petit garçon. Malgré tout, dans la maison après la gare, au bout de la route, Agnes souffre de solitude. Pam est à peu près la seule personne qui lui rend visite. Personne ne vient chez nous, se dit Agnes, même pas les voyageurs de commerce… Voilà qui est inhabituel dans l’Australie du début des années 1950, époque où de nombreux vendeurs vont de maison en maison pour vendre leur marchandise ! Agnes fait partie de l’Église presbytérienne. Les femmes de son église locale ont formé un groupe et se réunissent régulièrement. Un dimanche, elles sont tout en émoi : deux groupes de soi-disant chrétiens radicaux, hérétiques, sont arrivés à Muswellbrook ! Il y a les témoins de Jéhovah – et pire encore, les adventistes du septième jour ! Les femmes


John Trim, père de l’auteur

Courtoisie de l’auteur

UNE ÉVANGÉLISATION DISTINCTEMENT ADVENTISTE

imaginent toutes sortes de scénarios quant à la façon dont ces gens pourraient frapper chez elles. Agnes, elle, se dit : Au fond, c’est peut-être une bénédiction de vivre après la gare, au bout de la route ! LES ADVENTISTES SONT EN VILLE !

Pas un témoin de Jéhovah ne se présente chez Agnes. Mais un jour, alors que Pam et son fils lui rendent visite, quelqu’un frappe à la porte. Quoi ? Personne n’a jamais frappé à la porte de cette maison – pas même le pasteur d’Agnes et de Pam ! Agnes se dit : Est-ce une erreur ? Mais ensuite, les deux femmes se disent : Si ce n’est pas une erreur, alors c’est une mauvaise nouvelle. Il est arrivé quelque chose à Ted, c’est certain ! Il n’y a que les employés de la gare qui viendraient chez nous. Eux seuls savent que nous sommes ici. Très inquiète, Agnes ouvre la porte. À sa grande surprise, elle aperçoit un jeune homme de petite taille, propre, et d’apparence soignée. Son complet bleu usagé ne lui va pas comme un gant ; cependant, il est bien repassé. Stupéfaite, Agnes lance tout de go : « Mais qui êtes-vous ? » « Je suis un pasteur adventiste, Madame. » Agnes a envie de répondre : « MonPhoto : Lightstock

sieur, je suis presbytérienne. Nous avons notre église en ville. Gardez donc vos étranges doctrines pour vous ! » Mais comment pourrait-elle repousser quelqu’un qui, enfin, est venu chez elle et a frappé à sa porte ? C’est tellement extraordinaire qu’elle répond plutôt : « Entrez. » Agnes offre à l’homme une tasse de thé – une coutume dans l’Australie d’alors. Il décline poliment et demande plutôt un verre d’eau. Puis, il entame avec Agnes et Pam une agréable conversation pour mieux les connaître. Il s’enquiert de leur famille, de leur mari, des autres enfants adultes d’Agnes, des espérances et des craintes des deux femmes. Puis, il leur parle d’une espérance qui va au-delà des choses de ce monde, d’une espérance qui pourrait les aider à surmonter leurs craintes. Alors qu’il s’apprête à prendre congé, Pam songe sérieusement à étudier la Bible avec lui – ce qu’elle fait au cours des prochains mois. Agnes, elle, hésite. Mais en découvrant ce que Pam a appris dans ces études bibliques, elle décide de se joindre à eux. Vous devinez sans doute la suite. Agnes, Ted, Pam ainsi que trois autres de ses frères et sœurs, et (finalement) les enfants de Pam se font tous baptiser au sein de l’Église adventiste.

Si je vous raconte cette histoire, c’est pour deux raisons. Premièrement, le pasteur en complet bleu, c’était John Trim – mon père. Deuxièmement, elle donne à réfléchir sur la façon dont les gens se joignent à l’Église adventiste. L’adventisme a ses célébrités : les évangélistes publics. Et ceci a été vrai dans la plus grande partie de notre histoire. De Merritt E. Cornell à Mark Finley, de H.M.S. Richards à C. D. Brooks, de John Loughborough à John Carter, les évangélistes sont des personnages presque légendaires – nos « stars rock », en quelque sorte. Grâce à leurs compétences remarquables, l’évangélisation publique a été une grande bénédiction pour le mouvement, et continue de l’être dans de nombreuses parties du monde. Cependant, il nous arrive de supposer que notre Église est venue à l’existence grâce aux campagnes d’évangélisation d’envergure. Mais à vrai dire, ce n’est pas comme ça que nos premiers pionniers en ont posé les fondements. Chose certaine, vers les années 1860, John Loughborough et Merritt Cornell plantaient de grandes tentes et y tenaient des campagnes d’évangélisation. Dès lors, la « grande tente » est devenue notre signature. Mais en examinant les débuts du mouvement adventiste jusqu’aux années 1850, nous découvrons que les fondements de ce mouvement ont été posés par des gens tels que Joseph Bates, James White, John Byington, et AdventistWorld.org Août 2018

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d’autres encore. Ces pionniers voyageaient par train, s’arrêtaient dans les petites villes, et étudiaient les Écritures avec des individus et des familles. En entrant dans une nouvelle ville, nos premiers « évangélistes » se demandaient : « Y a-t-il quelqu’un ici qui croit au retour de Jésus ? (le code pour “qui a été un millérite ?”) ». Ils se demandaient également : « Y a-t-il quelqu’un ici qui étudie les Écritures avec zèle ? » Si tel était le cas, ils frappaient à leur porte. Si on les accueillait, ils étudiaient la Bible avec leurs hôtes. Ainsi, à l’origine, notre mouvement ne reposait pas sur des campagnes d’évangélisation d’envergure ; les pionniers allaient plutôt chez les gens et leur donnaient des études bibliques. LES LIMITES DE L’ÉVANGÉLISATION PUBLIQUE

Il ne s’agit pas seulement d’un fait historique, mais aussi d’un point important pour l’Église aujourd’hui. Dans de grandes parties du monde, l’évangélisation publique est impossible en raison des lois restrictives. Au moins 2 milliards de personnes dans le monde n’auront jamais l’occasion d’assister à un séminaire sur la prophétie ou à une grande campagne d’évangélisation – à moins que leurs gouvernements changent miraculeusement leurs politiques ! En Europe, et de plus en plus en Amérique du Nord et dans certaines parties de l’Amérique latine, l’évangélisation publique n’est plus la méthode la plus efficace pour atteindre nos semblables. Il faut le reconnaître : on a beau en faire efficacement la promotion, profiter d’un soutien financier et logistique généreux, disposer d’excellents graphiques, avoir un orateur éloquent, être doté d’organisateurs remplis de l’Esprit qui, dans un esprit de prière, les organisent, et les entreprennent : la plupart des gens n’assistent plus aux réunions publiques, à moins d’avoir 12

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une connaissance préalable avec le groupe hôte. En Europe, il en est ainsi depuis de nombreuses années. Mais ce n’est pas tout : une recherche récente effectuée par des membres de la faculté de religion de l’Université adventiste Southern révèle que même aux États-Unis, l’évangélisation publique n’atteint aujourd’hui qu’une partie de la population – et cette partie rétrécit de plus en plus2. Cependant, en constatant que les efforts publics évoquent l’embarras ou l’indifférence, on court le danger de mettre l’évangélisation au rancart. Si l’évangélisation est seulement publique, alors, il n’est que trop facile de dire : « Bon, puisque l’évangélisation ne marche pas, nous allons simplement concentrer nos efforts sur l’intérieur. Que pouvons-nous faire d’autre ? » L’ÉVANGÉLISATION : BIEN PLUS QU’UNE INITIATIVE PUBLIQUE

Heureusement, il existe une autre forme d’évangélisation : rencontrer des gens – frapper à leur porte, devenir leurs amis, étudier la Bible avec eux, etc. C’est exactement ce que mon père a fait. Était-ce un homme parfait ? Absolument pas. Et cependant, je n’ai jamais rencontré d’homme plus chrétien que lui. Par contre, il n’avait pas le don de l’évangélisation publique – du moins par rapport à son époque et à son appel. Après avoir reçu son diplôme de formation pastorale de l’Institut d’enseignement supérieur d’Avondale, il a assisté George Burnside (un nom bien connu en Australie et en Nouvelle-Zélande, même aujourd’hui) dans une

campagne d’évangélisation d’envergure. Ça a été son premier emploi. Dans les années 1940 et 1950, l’extraordinaire puissance de la prédication de George Burnside a édifié l’Église de façon remarquable dans ces pays. À titre d’assistant de ce fameux évangéliste, mon père s’est vu confier la direction d’églises locales. Plus tard, il a tenu ses propres campagnes d’évangélisation, sans grand succès. Un jour, il m’a avoué que malgré ses efforts et sa bonne volonté, il n’arrivait toujours pas à apprécier ce type d’évangélisation. Mon père était de nature timide. L’évangélisation publique n’était pas son fort. Ce qu’il aimait le plus, c’était étudier la Bible avec les gens et enseigner à ses membres d’église à donner des études bibliques. Il a découvert des façons de renverser les barrières pour que les gens désirent étudier la Bible avec lui, et aient envie plus tard d’assister aux campagnes d’évangélisation. Il a aussi découvert que la radio et les journaux étaient d’excellents outils pour présenter l’adventisme tel qu’il est vraiment : amical et christocentrique, et qu’il n’est ni à craindre, ni à éviter. Mon père avait également une passion pour l’évangélisation par la santé et la tempérance. Il a compris qu’en enseignant aux gens comment remporter la victoire sur le tabac et l’alcool, il gagnerait leur confiance. Dans les années 1970, il a aussi compris qu’en montrant aux gens comment contrôler leur pression artérielle, gérer leurs stress, faire de l’exercice, et cuisiner des repas santé, il leur ouvrirait la porte de l’adventisme. L’enseignement Photo : courtoisie de l’auteur


John Trim (deuxième à partir de la gauche) a passé son ministère à soutenir les activités de service à la communauté, telles que cette présentation publique pour cesser de fumer.

d’un mode de vie sain ici et maintenant pourrait ouvrir la voie à l’enseignement de la vie éternelle ! LA MÉTHODE DU CHRIST

Mon père utilisait la méthode du Christ – une méthode qui tire son nom d’une observation profonde d’Ellen White : « La méthode du Christ pour sauver les âmes est la seule qui réussisse. Il se mêlait aux hommes pour leur faire du bien, leur témoignant sa sympathie, les soulageant et gagnant leur confiance. Puis il leur disait : “Suivez-moi3.” » Cette méthode, mon père en a fait l’expérience de manière frappante dans trois pays. En plus d’être un pionnier de l’évangélisation par la santé communautaire en Nouvelle-Zélande et en Inde, il a contribué à son développement en Australie. Il a également utilisé les médias de façons novatrices pour promouvoir l’Église en Australie et en Nouvelle-Zélande. Voilà ce que mon père a fait. C’est ce que Jésus ferait s’il était ici. C’est exactement ce qu’il a fait lors de son ministère terrestre. Et c’est ce qu’il voudrait que nous fassions aujourd’hui. Mais il ne suffit pas de bien communiquer, ou de rendre l’adventisme aussi amical que possible, ou d’aider les gens à faire des choix santé qui réduisent leur stress et préviennent leur admission dans nos merveilleux hôpitaux adventistes. Et ça, mon père l’a toujours su. Il faut aussi appliquer la dernière partie de la fameuse citation du Ministère de la guérison mentionnée plus haut : après que Jésus se soit mêlé aux hommes, leur ait témoigné sa sympathie, les ait soulagés et ait gagné

leur confiance, alors il leur disait « Suivez-moi ». Au moment approprié, nous devons nous aussi inviter nos semblables à suivre le Maître. Mon père était conscient de l’« œuvre » qui consiste à inviter. Il voulait améliorer la vie de ses semblables et ainsi, leur rendre l’Église adventiste attrayante. Mais il désirait aussi les aider à suivre Jésus ; par conséquent, chaque fois que c’était possible, il cherchait à étudier les Écritures avec eux. Dans un texte tout aussi familier pour les adventistes, Christ dit à Jean, et à nous : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3.20) Christ est à la porte et frappe ; nous, ses disciples, devons faire de même. L’IMPLICATION TOTALE DES MEMBRES

J’ai voulu vous raconter cette histoire pour une troisième et dernière raison. Beaucoup d’entre nous n’ont pas reçu le don spirituel des évangélistes. Il n’est pas donné à tous de prêcher à des milliers d’auditeurs à la fois ! En fait, ce don spirituel est rare. Si l’évangélisation n’est que publique, si elle n’est dirigée que par le clergé professionnel (souvent des évangélistes professionnels), jamais elle n’entraînera l’implication totale des membres. Si, par contre, nous avons d’autres dons spirituels, n’en concluons pas que nous n’avons pas de part active à jouer dans le grand second mouvement adventiste – que l’on ne veut pas de nous ou que l’on n’a pas besoin de nous dans la propagation de l’Évangile. Il y a trois ans, j’ai rendu visite à mon père dans une résidence pour personnes âgées. Il était atteint de la maladie de Parkinson, à un stade avancé. Ma mère m’a dit : « Il y a ici

une femme que ton père et moi avons connu au début de notre ministère. » Nous avons installé mon père dans une chaise roulante, puis nous nous sommes rendus à un autre étage. Là, ma mère a salué une dame âgée entourée de l’une de ses filles et de sa petite-fille. C’était Pam ! Et Pam m’a raconté l’histoire que vous avez lue au début de cet article. Ensuite, les larmes aux yeux, elle m’a cité ce texte : « Qu’ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles ». Et elle a ajouté : « David, nous louons Dieu chaque jour pour votre père, parce qu’il a dépassé la gare, les tas de charbon, et qu’il a frappé à notre porte. Notre famille tout entière sera sauvée à cause de cela ! » Dire que mon père avait été tenté de ne pas se rendre à la maison d’Agnes ! En cette fin d’après-midi d’un chaud été australien, il était bien fatigué. Mais il s’est ressaisi. « J’ai promis au Seigneur d’aller à chaque maison ». Il a tenu sa promesse. Il est allé frapper à la dernière maison au bout de la route. Nos dons spirituels ne signifient pas que nous nous retrouverons à frapper aux portes. Ce qu’il faut retenir, c’est que chaque disciple de Jésus a un rôle à jouer dans le partage de la bonne nouvelle de notre Seigneur et sauveur. Il n’en tient qu’à nous de découvrir le nôtre, tout comme John Trim, à Muswellbrook, il y a 65 ans. « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. » Noms fictifs. Alan Parker, « Does Evangelism Still Work? », Ministry, août 2017.  3 Ellen G. White, Le ministère de la guérison, p. 118. 1 2

David Trim est directeur du Bureau des Archives, des statistiques, et de la recherche de la Conférence générale.

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Perspective mondiale

Sauver la vie plutôt que de la prendre La position de longue date de l’Église adventiste

L

a question du service militaire a surgi de bonne heure dans l’histoire de l’Église adventiste. Officiellement organisée en 1863 au plus fort de la guerre de Sécession aux États-Unis, la nouvelle confession a immédiatement dû lutter pour savoir comment ses membres répondraient à l’appel aux armes. Comme pour d’autres questions difficiles, nos pionniers dirigeants ont étudié les questions en faisant de la Bible leur guide, et ont conclu que la position la plus cohérente avec les principes bibliques était la non-combattance (l’objection de conscience au port d’armes). En 1864, la jeune Église avait fait appel avec succès au gouvernement fédéral des États-Unis pour une désignation officielle de non-combattance – une position que depuis, elle a constamment maintenue. DÉCLARATION DE NONCOMBATTANCE

Dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, l’Église adventiste a élaboré davantage sa position de non-combattance par une

déclaration intitulée : « La relation des adventistes avec les gouvernements civils et la guerre », lors de la session de la Conférence générale de 1954. Cette déclaration a été réaffirmée et peaufinée lors du Concile annuel du comité exécutif de la Conférence générale de 1954 et de 1972. En voici un extrait : « Le christianisme authentique se manifeste par un bon comportement de citoyen et la loyauté envers le gouvernement civil. L’éclatement de la guerre parmi les hommes n’altère d’aucune manière l’allégeance et la responsabilité suprêmes du chrétien envers Dieu, ni ne modifie son obligation de mettre en pratique ses croyances et de donner à Dieu la priorité. « Ce partenariat avec Dieu en JésusChrist qui est venu dans ce monde non pour détruire la vie des hommes mais pour la sauver pousse les chrétiens à défendre une position de non-combattance, à l’instar de leur divin maître, en ne prenant pas la vie humaine, mais en rendant plutôt tous les services possibles pour la sauver1. » Le « service du non-combattant » est défini en tant que « a) service dans n’importe quelle unité des forces armées qui n’exige en aucun temps le port d’armes ; b) service dans le département médical de n’importe quelle branche des forces armées […] ; ou c) toute autre mission de la fonction principale qui n’exige pas l’utilisation d’armes en situations de combat – à condition qu’une telle autre mission soit acceptable à l’individu concerné et n’exige pas qu’il porte les armes ou soit entraîné à l’usage des armes2. » CE N’EST PAS UN CRITÈRE D’ADHÉSION

En plus d’adopter une position de non-combattance, l’Église adventiste encourage ses membres à ne pas


entrer dans l’armée. Néanmoins, il ne s’agit pas ici d’un critère par rapport à l’adhésion à l’Église. Selon « Adventistes en uniforme » – le site Web du Ministère de l’aumônerie de l’Église adventiste – l’Église « ne cherche pas à se substituer à la conscience de quiconque de ses membres, ni à la commander. Elle cherche plutôt à informer la conscience et le comportement, pour que les décisions soient prises dans le maximum de compréhension et de réflexion3. » L’Église adventiste comprend que dans certains pays, les options de non-combattance ne sont pas disponibles, et que les adventistes sont tenus de servir dans l’armée de leur pays. Même alors, ces jeunes croyants sont invités à trouver des moyens d’être fidèles à Dieu tandis qu’ils servent leur pays. Lorsque des membres se retrouvent dans l’armée par choix personnel ou par conscription, l’Église, par le biais du Ministère de l’aumônerie adventiste et d’autres moyens, essaie de les entourer spirituellement. SAUVER LA VIE

Les adventistes ont maintenu leur témoignage historique en faveur de la paix et de la non-combattance tout au long des 155 ans d’existence de l’Église adventiste. Cette position n’a pas été cachée : de la manière la plus publique possible, les dirigeants de l’Église adventiste ont périodiquement demandé aux dirigeants du monde d’éviter les conflits et de chercher le Prince de la paix, qui est venu pour que nous puissions avoir la vie, et l’avoir en abondance (Jn 10.10). Le soldat non-combattant adventiste le plus connu est sans doute Desmond Doss – un brancardier militaire servant au sein de l’armée américaine lors de la Seconde Guerre mondiale. Le caporal Doss est bien connu pour avoir sauvé la vie de 75 de ses compagnons d’armes lors d’une bataille féroce sur l’île d’Okinawa.

Photo : Lightstock

Cet acte de courage lui a valu la Médaille d’honneur du Congrès. Il a été le premier, et l’un des trois seuls objecteurs de conscience, à recevoir un tel honneur. Le concept de sauver la vie plutôt que de l’enlever est puissamment illustré dans l’interaction de Jésus avec ses disciples dans Luc 9.52-56. Alors que Jésus entreprenait son dernier voyage à Jérusalem, il désira s’arrêter brièvement dans un village samaritain. Il envoya des messagers pour lui préparer un logement. Mais les Samaritains lui refusèrent l’hospitalité parce qu’ils avaient appris qu’il était en route vers Jérusalem. Une telle réaction nous donne une idée de l’animosité que Samaritains et Juifs entretenaient. Sachant que Jésus ne voulait que leur apporter une bénédiction, et furieux de le voir traité de façon aussi impolie, Jacques et Jean offrirent d’éliminer leurs ennemis perçus en commandant au feu de descendre du ciel et de les consumer (Lc 9.54). À leur surprise, cependant, Jésus réprimanda leur attitude militante. « Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés. Car le Fils de l’homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver. » (Lc 9.55,56) En une autre occasion, dans le jardin de Gethsémané, lorsqu’un disciple proche de Jésus décida que le temps était venu d’utiliser une arme, Jésus le réprouva par ces paroles : « Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. » (Mt 26.52) Ces versets frappent au cœur de la raison pour laquelle l’Église adventiste a toujours pris et continue de prendre une position de non-combattance à l’égard du service militaire. Selon l’exemple et l’enseignement de notre sauveur, nous sommes ici pour sauver la vie plutôt que de la prendre. UN PEUPLE DE PRIÈRE

Nous, adventistes, devons être un peuple de prière. Tandis que le monde

De la manière la plus publique possible, les dirigeants de l’Église adventiste ont périodiquement demandé aux dirigeants du monde d’éviter les conflits et de chercher le Prince de la paix. est engagé dans des batailles visibles, de nombreuses batailles invisibles mais bien réelles de la grande controverse se livrent chaque jour. Avec l’assistance de ses anges, Satan se bat contre chacun de nous, réclamant de toutes ses forces ce monde comme étant sien. Où que nous soyons dans le monde, prions pour nos pays et pour leurs dirigeants. Prions pour nos membres, pour notre Église mondiale, et pour les défis inhabituels liés au service militaire dans le monde entier. Et par-dessus tout, prions pour la paix – la paix que seul Jésus peut apporter aujourd’hui, et pour que son royaume, où il n’y aura plus jamais de guerre, vienne. « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. » (Ap 21.4) Prions Dieu de nous utiliser par le biais de l’« Implication totale des membres » pour atteindre nos semblables par la puissance salvatrice de l’Évangile en Jésus-Christ, le Prince de la paix et Roi qui vient. « What Does Non-Combatantcy Mean? », disponible sur le site Adventists in Uniform, http://adventistsinuniform.org/military-service/ non-combatancy/. 2 Ibid. 3 Ibid. 1

Ted N. C. Wilson est le président de l’Église adventiste du septième jour, à Silver Spring, au Maryland (États-Unis). Vous pouvez le suivre sur Twitter : @pastortedwilson, et sur Facebook : @PastorTedWilson. AdventistWorld.org Août 2018

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Méditation

Distinguer le vrai du faux Se concentrer sur ce qui compte vraiment

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onduire un véhicule en état d’ébriété est un délit grave parce que le conducteur est incapable de manœuvrer son véhicule de façon prudente. Par conséquent, il représente un danger pour lui-même et pour les autres conducteurs. Selon les statistiques, la conduite sous l’influence de l’alcool (CSIA) ou de drogues récréatives est une cause prédominante d’accidents de la circulation. Le niveau d’intoxication est typiquement déterminé par la mesure du taux d’alcoolémie dans le sang. Dès qu’ils soupçonnent quelqu’un, les policiers lui font systématiquement passer un test de détection d’alcool à l’aide d’un ivressomètre. L’histoire qui suit est intéressante ! Un policier surveille un bar pour attraper les clients qui sont ivres. Passé minuit, un homme complètement ivre sort du bar en titubant. Il se rend au parking, fouille dans ses poches pour trouver ses clés, essaie tant bien que mal de déverrouiller cinq ou six voitures, et repère enfin la sienne. Entre-temps, plusieurs clients sortent du bar et s’en vont. Une fois dans sa voiture, l’homme ivre actionne différentes commandes 16

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– freins, feux, essuie-glaces. Pendant ce manège, d’autres clients quittent le bar à leur tour. Finalement, il ne reste que la voiture de l’homme ivre au parking. Il la démarre et s’engage sur la route. L’instant d’après, l’agent de police le prend en chasse, le somme de se garer sur l’accotement, et lui tend l’ivressomètre. À sa grande surprise, le résultat du test est négatif ! Décontenancé, le policier murmure, comme pour lui-même : « Comment est-ce possible ? L’ivressomètre doit être endommagé ! » Le conducteur esquisse un large sourire. « Eh non, Monsieur l’Agent. L’ivressomètre fonctionne. Ce soir, le leurre désigné, c’est moi ! » Qu’est-ce qu’un leurre ? Le Merriam-Webster donne les deux définitions suivantes : « Quelqu’un ou quelque chose utilisé pour détourner l’attention d’un individu. » « Quelqu’un ou quelque chose utilisé pour tromper ou pour attirer un individu dans un piège »1. Un leurre a pour mission spécifique de distraire et de tromper. Quand on en vient aux leurres spirituels, ces deux caractéristiques sont fort évocatrices.

DISTRAIRE

Le premier objectif d’un leurre consiste à distraire ou à détourner l’attention dans un but bien précis. Dans l’histoire, le « leurre désigné » est un individu parfaitement sobre qui fait semblant d’être ivre. Son travail consiste à détourner l’attention du policier pour que ses copains qui ont bu puissent partir sans se faire remarquer. Dans notre parcours spirituel, nous sommes susceptibles d’être distraits. Maintes choses bonnes mais accessoires nous préoccupent au détriment de l’essentiel. Un leurre a pour mission d’obscurcir l’essentiel par rapport à l’accessoire, l’éternel par rapport au temporel. Certains se laissent distraire par une consommation effrénée. Beaucoup se « laissent étouffer par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie » (Lc 8.14). Certains fixent les yeux sur des questions secondaires qu’ils considèrent plus importantes que la vie. D’autres s’attardent sur ce qui est accessoire jusqu’à ce qu’ils pataugent dans le bourbier de la confusion. D’autres encore s’enlisent dans leurs


Jésus lui-même nous a prévenus que de nombreux faux docteurs et faux christs surgiraient et égareraient un grand nombre d’âmes.

activités quotidiennes au point de négliger la prière, l’étude de la Bible, et la discipline spirituelle. L’apôtre Paul prévient les chrétiens de servir le Seigneur « sans distraction » (1 Co 7.35). Dans l’histoire de Marthe et Marie – deux sœurs – nous lisons que « Marthe était affairée aux nombreuses tâches du service. » (Lc 10.40, S21) Elle s’inquiétait et s’agitait « pour beaucoup de choses » (v. 41, S21). Assise aux pieds de Jésus, Marie, elle, n’avait d’oreilles que pour les paroles du Maître. Marthe s’était laissée distraire par des choses d’importance secondaire. « Elle avait besoin de se préoccuper moins des choses qui passent que de celles qui durent2. » À un niveau d’importance plus élevé, l’Église a reçu le mandat de gagner le monde à Christ (Mt 28.1620). Les premières choses doivent passer en premier ! Occupons-nous donc des affaires de notre Père et refusons de nous laisser distraire. TROMPER

Le second objectif d’un leurre consiste à tromper. Pour attirer les animaux dans leur champ de tir, les chasseurs utilisent généralement des leurres. Un chasseur de canard, par exemple, se procure un faux canard, le dépose sur l’eau, et imite son cri. Des canards qui volent non loin de là entendent cet appel familier… S’approchant du point d’eau, ils repèrent le « canard ». Dupés, ils croient voir Photo : Christian Kitazume

un vrai canard et entendre un vrai appel. Et peu après, ils se retrouvent dans l’assiette des chasseurs… Tout comme les chasseurs de canard, Satan et ses mauvais anges utilisent la supercherie pour nous tromper et nous prendre au piège. Dans leur imitation quasi parfaite, les leurres spirituels charment et hypnotisent leurs victimes. Ils sont extrêmement dangereux. L’apôtre Pierre nous donne le moyen de ne jamais être attirés et trompés par ces leurres spirituels. « Ce n’est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues, que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est comme ayant vu sa majesté de nos propres yeux. » (2 P 1.16) Dans le chapitre suivant, il démasque certains des leurres de Satan, et révèle les distractions dont l’ennemi se servira à la fin des temps (voir 2 P 2.1-3). Jésus lui-même nous a prévenus que de nombreux faux docteurs et faux christs surgiraient et égareraient un grand nombre d’âmes (Mt 24.1-4). Pierre, Paul, et Jean ont répété le même avertissement (2 P 2,3 ; 2 Co 11.13-15 ; 1 Jn 2.18-27 ; 4.1-6). Ces enseignements des plus attrayants ne sont que des leurres conçus pour tromper, confondre, et contredire les clairs commandements de Dieu (1 Tm 4.1-5 ; 2 Tm 4.3,4 ; Mc 7.5-13). L’ennemi et ses anges sont des leurres par excellence ! Ils distraient et

trompent – s’il est possible, « même les élus » (Mt.24.24). Nous devons donc connaître les ruses de l’ennemi, refuser d’être aveuglés, et tester les esprits. Le faux et le vrai sont presque impossibles à distinguer. Le leurre peut toujours ressembler à un canard et crier comme un canard… mais il n’est en aucun cas un canard ! « Seuls ceux qui se seront fortifiés par l’étude des Écritures pourront subsister au cours du dernier conflit », a écrit Ellen White3. « Seuls échapperont à la redoutable séduction qui subjuguera le monde ceux qui étudient diligemment les Écritures et qui ont l’amour de la vérité4. » Heureusement, il y a une bonne nouvelle ! Lorsque nous consacrons chaque jour du temps de qualité à l’étude de la Parole, l’Esprit de Dieu nous donne l’assurance que nous pouvons distinguer le vrai du faux, l’essentiel de l’accessoire, l’apathie de la mission. www.merriam-webster.com/dictionary/decoy. Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 520. Idem., La tragédie des siècles, p. 644. 4 Ibid., p. 678. 1 2 3

G. T. Ng, originaire de Singapour, est le secrétaire exécutif de la Conférence générale. Ivy, sa femme, et lui habitent à Silver Spring, au Maryland (États-Unis).

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Foi en action

La prière d’une petite fille Dieu touche les cœurs de nombreuses façons Health & Wellness

L

orsque nous nous sommes établis dans la ville où nous habitons maintenant, nous avons fait la connaissance du seul membre adventiste qui réside ici. Il s’agit d’une femme, mariée à un indigène musulman. Elle a essayé à maintes reprises de parler de Jésus et de la Bible à son mari, mais que de problèmes ses tentatives ont suscités ! Son mari ne veut rien entendre de sa foi. Finalement, nous rencontrons son mari et petit à petit, nous nous lions d’amitié avec lui. En une occasion spéciale, nous l’invitons à assister à un service de culte avec nous. Il accepte, mais il est clair que le message ne l’intéresse pas ! Nous continuons de prier pour lui et cultivons une belle amitié. Avec le temps, nous le sentons plus ouvert envers nous et notre communauté de foi. Un jour, sa petite fille fait une prière en sa présence, prière qu’elle termine en disant : « Au nom de Jésus, amen. » À l’ouïe de ces paroles, il se met en colère. « Je ne veux plus jamais t’entendre prier au nom de Jésus ! » Voilà qui est décourageant pour sa femme ! Avec foi, elle demande à Dieu de lui accorder sagesse et patience. Plus tard, elle demande à son mari de lire le Coran avec elle. Elle lui montre chaque passage où il est dit que Jésus est vivant, et qu’il est au ciel, à côté d’Allah. « Tu vois ? dit-elle. Il n’y a rien de mal à ce que notre fille prie au nom de Jésus ! » L’homme est surpris. Il n’a jamais lu ces passages auparavant. Après un court silence, il répond : « D’accord, elle peut prier au nom de Jésus – mais Jésus n’est pas Dieu ! » Dans sa joie, sa femme se dit en elle-même : Ça, c’est une toute autre conversation. Nous finirons bien par en parler. Plus tard, notre sœur adventiste et son mari se lient d’amitié avec un couple comme eux : la femme vient d’un contexte chrétien, et le mari est musulman. Ils les invitent à dîner. Pendant cette visite agréable, leurs nouveaux amis demandent : « Quelle est votre religion ? » Le mari répond : « Nous sommes adventistes du 7e jour ! » « Adventiste ? C’est quoi ça ? » « Eh bien, nous observons le sabbat. Nous nous réunissons donc chaque sabbat et prions ensemble. Et aussi, nous ne mangeons pas de porc. » La femme adventiste n’en croit pas ses oreilles. Son mari musulman s’est présenté comme s’il était un adventiste ! Il accepte de nouveau une invitation à un service de culte spécial, où les croyants témoignent des prières que Dieu a exaucées. Le mari mentionne 18

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les bénédictions dont il a été l’objet grâce aux prières de la congrégation adventiste. Ses parents, par exemple, se sont rétablis d’une maladie. À la fin du service, tous, y compris lui, prient ensemble et remercient Dieu pour ses nombreuses bénédictions. Quelques jours plus tard, le couple fait face à un grave problème financier. Et la femme s’étonne encore une fois de voir son mari se joindre à elle pour prier. Depuis, ils prient ensemble chaque jour, et leur fille termine chaque prière en disant « au nom de Jésus, amen ». Même si le mari a encore du mal à comprendre certaines choses, il développe une relation personnelle avec Dieu et témoigne de sa foi aux autres. Il est extraordinaire de voir à quel point le Saint-Esprit transforme son cœur !

ChanMin Chung est le coordinateur des communications pour l’Union du MoyenOrient et de l’Afrique du Nord (MENA). Cette histoire nous a été racontée par des ouvriers du territoire de MENA.


Place Millennial auxVoices jeunes

Voir Dieu à l’œuvre L

’été approche ! Dois-je faire une pause, ou me joindre à une campagne d’évangélisation ? Honnêtement, j’ai envie de rentrer chez moi, de revoir mes amis, et de retrouver les bons petits plats que j’aime ! Mais il me reste encore à faire de l’évangélisation sur le terrain pour satisfaire aux exigences de mon programme d’études. Tandis que j’étudiais à l’Université adventiste Spicer, en Inde, j’ai fait partie de Source vivante – un groupe doté d’un ministère et dirigé par des étudiants. Pourquoi ne pas participer à son voyage missionnaire d’été ? Pour financer cette mission, nous désherbons des jardins, contribuons à l’organisation d’événements tenus par l’Institut d’enseignement supérieur, et faisons toutes sortes de petits bouleaux. Et nous atteignons notre objectif ! Au cours des semaines suivantes, nous prions, répétons des chants, et répartissons les responsabilités entre les membres du groupe. Finalement, l’aventure commence ! Après un voyage de trois jours, nous atteignons notre destination. Pendant les 14 prochains jours, nous habitons à Laitryngew, une petite municipalité dans l’État du Meghalaya, dans nord-est de l’Inde. Comparé à l’imposante église catholique en bas de la rue, le bâtiment où les réunions doivent se tenir est petit et faiblement éclairé. Nous distribuons des brochures, organisons le matériel, installons l’estrade et le système de son. Nous voilà prêts à commencer ! Les premiers jours, quelques visiteurs assistent aux réunions. Malheureusement, la pluie se met de la partie. C’est encore plus difficile pour les gens de se déplacer. Au terme des deux semaines, trois personnes sont suffisamment intéressées pour étudier la Bible avec le pasteur de l’endroit. Mais l’École biblique de vacances (EBV), elle, remporte un succès phénoménal ! Nous commençons avec une poignée d’enfants. À la fin des

deux semaines, on en compte environ 95 ! Les enfants aiment chanter, colorier, jouer, et écouter les histoires bibliques. En ce qui me concerne, une chose a retenu particulièrement mon attention. Pas l’animation des réunions et de l’EBV, mais plutôt, le temps passé avec l’unique famille adventiste en ville. Le père a cinq enfants et travaille dans une mine de charbon. Comme sa femme est morte, nous passons la plupart de notre temps à les aider dans les tâches ménagères. Ils sont si heureux de voir de nouveaux visages et d’avoir deux bons repas par jour ! La fille aînée est enfin capable de se reposer un peu. Ces choses toutes simples que nous faisons pour cette famille remplissent notre cœur de joie. Nous sommes bénis alors que nous les servons et que nous fortifions mutuellement notre foi. Des désagréments, il y en a : il faut marcher longtemps pour aller chercher de l’eau ; la fumée de la cuisson sur feu à ciel ouvert cause de l’irritation ; la nuit, des rafales de vent rendent le sommeil presque impossible. Mais tout ça est sans importance quand je vois leurs visages souriants, leur joie de partager un bon repas, et la paix qu’engendre l’assurance que Dieu agit. Notre mission terminée, nous rentrons chez nous brûlés par le soleil, avec quelques kilos en moins… Qu’importe ! Cette expérience nous a énormément enrichis. Quand je vois des jeunes démarrer des initiatives comme celle à laquelle j’ai participé, je vois Dieu à l’œuvre ! Le temps et les efforts investis pour bénir nos semblables sont précieux à ses yeux. Dieu touche les vies – la nôtre et celle de ceux que nous sommes appelés à servir et à bénir. Il nous équipe et nous prépare à servir plus efficacement le monde qui nous entoure. Je me demande déjà quelle sera ma prochaine mission !

Beersheba Maywald, originaire du Tamil Nadu, en Inde, poursuit actuellement une maîtrise en religion, avec une concentration en Nouveau Testament, à l’Institut international adventiste d’études avancées, à Silang, dans la province de Cavite, aux Philippines.

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Au premier plan

Un bestseller instantané P De par le monde, des millions l’étudient PENNY BRINK

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eu de publications au sein de l’Église adventiste ont eu un aussi grand impact que le Questionnaire adulte de l’École du sabbat (QAEDS), connu généralement sous le nom de « guide » dans certaines parties du monde, et de « manuel » dans d’autres. Avec plus de 15 millions d’exemplaires produits annuellement, il est, à coup sûr, beaucoup plus utilisé aujourd’hui que le pionnier adventiste James White n’aurait jamais pu l’imaginer tandis qu’il en rédigeait les premières études – sa « boîte à lunch » lui servant de table – il y a plus d’un siècle et demi1. Ces leçons originales furent créées pour aider les adventistes à progresser dans leur compréhension des prophéties bibliques, lesquelles donnèrent au mouvement adventiste son élan au milieu du 19e siècle. Cette emphase n’a jamais été perdue. Même aujourd’hui, des millions de croyants de partout et de tous les groupes d’âge étudient chaque semaine un sujet particulier

de la Bible, puis se rencontrent dans leurs classes de l’École du sabbat pour partager et apprendre. PREMIERS BALBUTIEMENTS

En août 1852, les premières leçons furent imprimées dans le « Youth’s Instructor »2 après que le bureau de la Review and Herald eût acheté sa première presse. Peu après, James White fit une tournée des fédérations situées sur la côte est des États-Unis, voyageant dans un chariot couvert avec Ellen, sa femme, et Edson, leur fils âgé de 3 ans. À midi, alors qu’on nourrissait les chevaux, il continuait à rédiger les leçons pour quelque 2 000 croyants adventistes3. Aujourd’hui, la production des questionnaires a atteint un volume tel qu’on les imprime en 93 langues ! On les distribue ensuite aux millions de membres répartis dans les 13 divisions administratives de l’Église. PRÉPARER UN PEUPLE

Les premiers sujets des leçons se focalisaient sur les prophéties du livre de Daniel, sur la doctrine du sanctuaire, et sur le message des trois anges – ce qui encourageait les membres à se préparer au retour de Jésus et à le hâter. Plus récemment, les membres de l’École du sabbat ont étudié systématiquement les 66 livres de

Photo : Kristina Penny


N/A Pas du tout

4%

Dans une étude effectuée en 2013 par le Bureau des archives, des statistiques, et de la recherche (BASR), on a demandé aux membres d’église lequel des éléments suivant les a aidés à développer leur vie religieuse : l’École du sabbat, le Questionnaire adulte de l’École du sabbat, le service de culte à l’église, la prière et l’étude de la Bible personnelles, ou le culte familial ? BASR rapporte que dans sept des neuf divisions sondées, plus de 50 pour cent ont donné le plus haut classement à l’École du sabbat.

Pour accéder au reportage intégral, consultez le site https://bit.ly/2LzzdHc.

la Bible, les croyances fondamentales adventistes, le Saint-Esprit, l’économat, et les principes d’une vie saine. « En ce qui concerne le contenu du questionnaire, nous ne pouvons cibler un seul besoin ou une seule préférence de style parmi l’incroyable diversité au sein de l’Église adventiste mondiale », dit Clifford Goldstein, rédacteur en chef du Questionnaire adulte de l’École du sabbat depuis 19 ans. « C’est un domaine tout simplement trop vaste. Nous devons nous focaliser sur la Bible et sur ses principes universels. » L’objectif de Clifford Goldstein reste toujours le même : publier « la vérité présente » aux membres d’église aujourd’hui. « Il faut que le questionnaire soit suffisamment intéressant pour ceux qui sont adventistes depuis toujours, ajoute-t-il, mais aussi suffisamment de base pour ceux qui viennent juste de commencer leur parcours spirituel. » « Est-ce que tout le monde l’étudie ? poursuit-il. Je ne peux le garantir ! Mais je sais une chose : des millions dans le monde le font. Et ça, c’est un tour de force en soi, parce que certains le trouvent sans aucun doute trop conservateur, d’autres, trop libéral ; d’autres encore, estiment qu’on devrait le présenter différemment. Malgré tout, il demeure un grand rassembleur. Partout

6% Parfois

15% À quel point le Questionnaire adulte de l’École du sabbat vous a-t-il aidé à développer votre vie religieuse ?

53% Beaucoup

où l’on va dans le monde, on trouvera un groupe avec qui étudier la Bible sur le même sujet étudié pendant la semaine ! Ainsi, le questionnaire nous garde enracinés et nous rassemble. » Clifford Goldstein ajoute que les moniteurs de l’École du sabbat locaux jouent un rôle important dans le succès du questionnaire. « Le questionnaire n’est que ça – un questionnaire. Mais le moniteur, lui, c’est la clé ! Il peut contextualiser les sujets étudiés, les apporter au niveau des participants, les appliquer à des questions locales pertinentes, et les rendre aussi engageants et intéressants qu’il le désire. » Les membres de l’École du sabbat doivent aussi s’engager à étudier les leçons et à participer aux groupes d’étude, continue Clifford. Selon lui, la mission du questionnaire ne s’accomplit dans les classes de l’École du sabbat que lorsque les membres s’engagent à fond dans leur étude et mettent les principes qu’ils ont appris en pratique dans leur communauté de foi. UN OUTIL DE PARTAGE

De nombreux membres apprécient tellement le questionnaire qu’ils « n’ont pas le cœur » de le jeter. Ils trouvent donc des façons de le partager avec les autres. Soraya Homayouni, rédactrice adjointe des questionnaires, l’a elle-même constaté

22% Souvent

alors qu’elle suivait un cours en écriture créative dans le cadre de sa maîtrise. Elle explique : « Une camarade de classe qui n’était pas membre de notre Église a dit qu’elle était certaine d’avoir vu, quelque part, mon nom. Elle m’a demandé : “Est-ce que tu révises le Questionnaire adulte de l’École du sabbat ?” “Oui, mais comment le sais-tu ?” « “Quelqu’un m’a donné en cadeau de mariage un questionnaire ayant pour sujet les couples dans la Bible”, m’a-t-elle expliqué. Puis elle a souri et m’a dit : “De tous les cadeaux de mariage que j’ai reçus, c’est celui que j’ai préféré !”  « Quelle joie pour moi de constater que mon travail de rédactrice adjointe du QAEDS atteignait des individus là où il le fallait ! » LA PRODUCTION DU QUESTIONNAIRE : TOUR D’HORIZON

La production du QAEDS est, à vrai dire, bien plus multiplex que la plupart ne le pensent. Elle commence peu après chaque session de la Conférence générale. Les dirigeants du Département de l’École du sabbat et des ministères personnels des divisions de l’Église se réunissent à titre consultatif et choisissent les sujets du questionnaire pour le prochain terme de cinq ans. Ces sujets sont ensuite approuvés par le comité d’administration de la

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NOMBRE D’EXEMPLAIRES LANGUE PAR ANNÉE

Questionnaire imprimé/Abonnements 25 000 000

Effectif de l’Église en 2017 :

20 008 779

Espagnol 5 873 740 Anglais 3 033 554 Portugais 2 071 348 Français 599 336 Twi 416,000 Kiswahili 393,562 Nombre total de Indonesian 334,200 langues : 93 Lao 800 Kiribati 600 Farsi 560 Grec 520 Oriya 400 Hébreu 300 Tigrinia 200

Produit chaque année par les divisions :

20 000 000

15 271 621 15 000 000

10 000 000

Assistance au culte le 7e sabbat :

7 699 275

Assistance à l’École du sabbat le 7e sabbat :

7 128 757

Abonnements annuels :

5 000 000

3 817 905

0 Information fournie par le personnel du Questionnaire adulte de l’École du sabbat. Pour des listes complètes, consultez le site AdventistWorld.org/ABSG.

Conférence générale. Le rédacteur en chef choisit des auteurs pour chacun des sujets, lesquels ont deux ans pour rédiger les leçons. Les manuscrits complétés entrent alors dans deux cycles de lecture, de rétroaction, et d’édition par des comités choisis par le conseil d’administration, l’Institut de recherche biblique de la Conférence générale, et les rédacteurs du département du QAEDS. Après quoi, on procède au formatage final et à la révision. Enfin, on envoie le manuscrit terminé aux divisions de l’Église mondiale en vue de la traduction, de l’impression, et de la distribution dans les champs locaux. Clifford Goldstein : « Pour compléter le cycle de production de chaque leçon, et pour que le questionnaire trimestriel se retrouve dans les mains de chaque membre d’église, on parle d’un processus d’environ cinq ans. » L’ACCESSIBILITÉ – UN TRAVAIL EN COURS !

Est-ce que tous les membres d’église ont facilement accès au questionnaire ? Non. Dans certaines parties du monde, un membre peut se rendre à l’église un sabbat matin et demander autant de questionnaires qu’il y a de membres chez lui, et ce, sans aucuns frais. Bien entendu, les membres participent généralement aux dépenses liées à la production du questionnaire par leurs

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offrandes. Dans certaines régions, les membres doivent commander et payer leur questionnaire deux trimestres à l’avance, sinon, ils auront beaucoup de mal à s’en procurer un plus tard. Dans d’autres régions, les membres reçoivent leur questionnaire de façon miraculeuse, semble-t-il, vu les difficultés liées au transport depuis les maisons d’édition jusqu’aux territoires reculés, comme, par exemple, les villages sur des îles montagneuses. Les dirigeants de l’Église continuent de chercher des moyens de résoudre ces problèmes d’accessibilité. Par exemple, grâce à la technologie, ils fournissent des plateformes en ligne à ceux qui ont la possibilité d’y accéder. Clifford Goldstein : « Quand je voyage, j’apporte toujours un exemplaire du questionnaire dans mon sac, juste au cas où je n’aurais pas accès au WiFi là où je vais. Mais en règle générale, j’étudie ma leçon en ligne ou sur une appli. Il y a tant d’applis différentes et tant de sites en ligne où l’on trouve aisément le questionnaire ! À mon avis, c’est là une bonne tendance. » UNE MISSION CONSTANTE

S’il pouvait changer quoi que ce soit dans le développement des questionnaires, Clifford dit qu’il accélérerait « le processus de production ». Certains peuvent comparer ce

sentiment à l’objectif des leçons passées, soit « d’accélérer » le retour de Jésus. La mission, semble-t-il, est toujours la même. Aujourd’hui, le Questionnaire adulte de l’École du sabbat – quelle que soit son importance pour les membres d’église – demeure l’un des grands piliers de l’Église adventiste. Une Église informée est une Église prête à partager la vérité biblique. Si les membres utilisent cette précieuse ressource « au maximum », nous savons – preuves à l’appui – qu’elle nous gardera enracinés, nous rassemblera, et nous aidera vraiment à « accélérer les choses » tandis que nous attendons avec impatience ce glorieux retour ! L’information historique dans cet article est tirée de « Sabbath School Publications », The Seventh-day Adventist Encyclopedia, « Sabbath School Publications », Hagerstown, Md.: Review and Herald Pub. Assn, 1996, vol. 11, p. 513-517. 2 https://www.adventistarchives.org/youths-instructor-editors. 3 James White, dans Advent Review and Sabbath Herald, 6 mai 1852. 1

Penny Brink est écrivain, éditrice, et coordinatrice sous contrat pour les éditions contextualisées du Questionnaire adulte de l’École du sabbat.


faire « infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons » (Ep 3.20). LE DIEU DE L’INTENTIONNALITÉ

Foi & science

Les roches peuvent-elles nous enseigner quelque chose sur Dieu ?

J

e suis géologue. À ce titre, je crois que notre planète et les êtres vivants qu’elle soutient ont été formés par la volonté de Dieu. Comme d’autres aspects de la création, la terre et ses roches « ne sont pas des paroles, on n’entend pas leur voix. Leurs mesures apparaissent sur toute la terre, leurs accents vont aux extrémités du monde » (Ps 19.4,5, NBS). Quel message ces paroles silencieuses transmettent-elles ? L’étude de la géologie nous permetelle d’en apprendre davantage sur les qualités du Créateur ? LE DIEU DU CŒUR, DE L’ÂME, ET DE L’ESPRIT

Notre esprit peut organiser les observations géologiques d’une façon logique, et appliquer cette connaissance pour la prévision et la gestion. Comment se fait-il que notre cerveau peut comprendre l’environnement qui nous entoure ? Pour moi, cette magnifique résonnance entre l’esprit humain et le monde qu’il cherche à comprendre parle d’un Concepteur qui a créé l’un et l’autre. Nous pouvons non seulement comprendre le monde de façon intelligible, mais aussi y répondre de manière émotionnelle. Les vagues qui se brisent et meurent sur la plage peuvent être décrites mathématiquement, mais peuvent aussi nous surprendre, nous faire réfléchir, nous enthousiasmer, ou nous détendre. Le Créateur a fait notre monde pour que nous en jouissions d’une manière variée magnifiquement intégrée.

L’étude des planètes à l’extérieur de notre système solaire a conduit à une meilleure appréciation de la combinaison remarquable des conditions planétaires qui nous permettent de vivre sur la surface de la terre. À l’intérieur d’un immense univers, les êtres humains se trouvent là même où leur existence est possible. Cet équilibre nécessaire pour la vie que certains attribuent au hasard est un don qui nous aide à reconnaître le plan intentionnel de Dieu pour nous. LE DIEU DE LA RÉSILIENCE

En dépit de la beauté et du design de la terre, la nature a un côté sombre pour lequel des réponses ne sont pas toujours évidentes. Cependant, on observe une résilience frappante lorsque des processus géologiques dangereux affectent les systèmes de notre monde. Nos mécanismes tampons absorbent un stress environnemental significatif, et les conditions normales sont souvent restaurées après les catastrophes. Dieu a doté la terre et ses habitants de mécanismes de défense pour résister et rebondir. Il nous donne également l’assurance qu’il ne nous a pas abandonnés. LE DIEU DE L’HISTOIRE

LA PUISSANCE PRODIGIEUSE DE DIEU

Les roches de la terre peuvent être arrangées par ordre de succession – ce qui montre que notre planète a eu un commencement et une histoire. Chaque couche en constitue un rappel tangible. La révélation que Dieu fait de soi-même dans la Bible fait remonter cette histoire depuis la création jusqu’au Déluge, et à la précieuse terre promise d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre (2 P 3.5-13). À l’instar de la séquence de métaux dans l’image de Daniel 2, les roches attestent la direction de l’histoire et pointent vers Dieu qui accomplit son plan dans les temps qu’il a prédéterminés.

Les formations rocheuses conservent les preuves de processus massifs, tels que le mouvement et la collision des continents qui impliquent des sommes phénoménales d’énergie. Mais le Créateur du monde est plus grand que tout ce qui se voit dans sa création. Ainsi, les roches plissées, soulevées, et transformées nous rappellent la puissance prodigieuse du Créateur, lequel peut

Ronny Nalin, titulaire d’un doctorat, originaire de l’Italie, est un chercheur scientifique à l’Institut de recherche Geoscience à l’Université de Loma Linda.

LA SAGESSE INFINIMENT VASTE DE DIEU

Les processus de la terre peuvent être organisés selon des modèles cohérents. Cependant, la réalité excède nos modèles ; elle transcende notre imagination à chaque échelle observable. Nous habitons dans un univers richement texturé où les occasions de faire des découvertes foisonnent. Ces vastes possibilités d’explorer sont un humble mais joyeux rappel de la grandeur de notre Dieu créateur.

Photo : Pedro Lastra

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Esprit de prophétie

Les aliments : notre carburant Les machines bien réglées ont besoin d’un entretien personnalisé

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otre corps est constitué d’éléments renfermés dans la nourriture que nous absorbons. Nos tissus sont soumis à une usure constante ; le moindre fonctionnement d’un organe produit une détérioration, et la réparation s’en effectue grâce à l’alimentation. UN CHOIX ÉCLAIRÉ

Chaque organe requiert donc sa part de nutrition ; le cerveau, les os, les muscles, les nerfs exigent chacun la leur. N’est-il pas merveilleux, ce procédé par lequel nos aliments sont transformés en sang, et ce sang employé à restaurer les tissus usés par le travail ? Jour et nuit, inlassablement, il apporte la vie et la force à chaque nerf, à chaque muscle, à chaque tissu. Les meilleurs aliments sont ceux qui fournissent les éléments nécessaires au corps. L’appétit ne saurait à lui seul guider ce choix, car il peut être perverti par de mauvaises habitudes. Il lui arrive souvent de réclamer des aliments

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qui nuisent à la santé et affaiblissent l’organisme au lieu de le fortifier. On ne peut davantage se fier aux coutumes de la société, car la maladie et la souffrance qui prévalent partout sont dues en grande partie aux erreurs populaires sur la manière de se nourrir. Mais tous les aliments sains ne sont pas également bons dans n’importe quelle circonstance. Il faut les choisir, les adapter aux saisons, au climat dans lequel nous vivons et à nos occupations. Des aliments excellents à certaines saisons, ou sous certains climats, peuvent ne plus convenir dans d’autres conditions. De même, tel aliment qui sera pris profitablement par ceux qui se livrent à un travail physique pénible ne convient pas aux personnes dont les occupations sont sédentaires ou intellectuelles. Dieu nous a donné une ample variété d’aliments sains, et chacun, guidé par l’expérience et le bon sens, doit choisir ceux qui s’adaptent le mieux à ses besoins. LE RÉGIME ORIGINAL DE L’HUMANITÉ

Pour savoir quels sont les meilleurs aliments, il faut étudier le régime donné au départ par Dieu à l’humanité. Celui qui a créé l’homme et connaît ses besoins avait indiqué à Adam comment il devait se nourrir. « Voici, avait-il dit, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture. » (Gn 1.29) Chassé du jardin d’Éden pour gagner son pain en cultivant un sol maudit, l’homme reçut alors la permission de manger également « l’herbe des champs » (Gn 3.18). Les céréales, les fruits, les oléagineux et les légumes sont donc les aliments choisis pour nous par notre créateur. À l’état naturel ou apprêtés d’une manière très simple, ils constituent le régime le plus sain et le plus nourrissant. Ils donnent une force, une endurance et une vigueur physiques et intellectuelles qu’une nourriture plus compliquée et plus stimulante ne saurait jamais fournir. Les besoins du corps exigent une quantité suffisante

Photo : Lukas Blazek

Le blé, le riz, le maïs et l’avoine, ainsi que les haricots, les pois et les lentilles s’expédient partout. d’aliments sains et nourrissants. Il est possible, avec un peu de prévoyance et de méthode, de se procurer en tous pays ce qui est le plus favorable à la santé. Le blé, le riz, le maïs et l’avoine, ainsi que les haricots, les pois et les lentilles s’expédient partout. En y ajoutant les fruits du pays ou de l’étranger, et les légumes qui croissent localement, on a tout ce qu’il faut pour se passer de viande. Partout où l’on peut se procurer à des prix modérés des fruits secs, tels que raisins, pruneaux, pommes, poires, pêches et abricots, on trouvera avantageux de les utiliser en abondance dans l’alimentation quotidienne, et, pour assurer la santé et la vigueur, ils conviendront parfaitement aux gens actifs.

Ce qui précède est tiré du livre Le ministère de la guérison, p. 250-253. Les adventistes du septième jour croient qu’Ellen G. White (1827-1915) a exercé le don de prophétie biblique pendant plus de 70 ans de ministère public.

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La Bible répond

Le Fils et l’Esprit Q

Quel était le niveau d’intimité de la relation du Saint-Esprit avec Jésus lors du ministère terrestre de ce dernier ?

Jésus. Lors de son onction en tant que Messie du Seigneur, le Père proclama : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis toute mon affection. » (Lc 3.22) « Et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. » (v. 22) Dans sa forme humaine, le Serviteur de Dieu fut rempli de la puissance de l’Esprit pour accomplir sa mission salvatrice. Sa vie était maintenant aux bons soins de l’Esprit. Et immédiatement après le baptême, l’Esprit conduisit Jésus dans le désert pour confronter l’ennemi (Lc 4.1). Satan n’avait aucun contrôle sur la vie de Jésus, dont l’inséparable compagnon était l’Esprit.

R

La relation entre le Saint-Esprit et Jésus était la plus intime qui se puisse exister. Chaque membre de la divinité a été impliqué dans la rédemption de l’humanité. Je discuterai ici des moments clés où le Saint-Esprit a été particulièrement proche de Jésus.

3. MORT ET RÉSURRECTION

1. L’INCARNATION

Dans l’histoire cosmique, l’incarnation du Fils de Dieu fut un événement exceptionnel. Un tel événement dut être précédé d’une vaste activité au sein de la divinité au ciel. Une fois que Dieu eût choisi et préparé le bon instrument pour cet événement – Marie – le Fils de Dieu devint un être humain dans le sein de la jeune femme. Un ange descendit à Nazareth pour l’informer de ce qui était sur le point de se produire : « Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. » (Lc 1.35) Dans la conception virginale du Fils de Dieu, l’Esprit était présent, manifestant sa puissance dans une activité créative sans précédent. On ne nous donne aucun détail spécifique au sujet de son œuvre dans l’incarnation du Fils de Dieu, sans doute parce que ce qui s’est produit était au-delà de la compréhension humaine. 2. BAPTÊME ET MINISTÈRE

Jean-Baptiste prépara la voie au lancement du ministère de Jésus. Avant sa naissance, un ange dit à son père que Jean serait « rempli de l’Esprit-Saint dès le sein de sa mère » (Lc 1.15) et qu’au moment de sa naissance, Zacharie, son père, serait « rempli du Saint-Esprit » et prophétiserait (v. 67). L’Esprit était, en vérité, actif dans les événements qui menèrent au lancement du ministère de 26

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Le Nouveau Testament ne dit pas grand-chose du rôle de l’Esprit pendant la crucifixion. Seul Hébreux 9.14 semble associer l’Esprit avec le sacrifice de Jésus lorsqu’il déclare que « par un esprit éternel, [Jésus] s’est offert lui-même sans tache à Dieu ». La pensée n’est pas développée, ce qui nous laisse sans réponse sur sa signification. Le passage semble assigner à l’Esprit la fonction sacerdotale qui consiste à présenter à Dieu la victime sacrificielle sans défaut. La relation entre l’Esprit et la résurrection du Christ est indirecte. Lorsque Paul parle du rôle de l’Esprit dans notre résurrection, il dit : « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Rm 8.11) L’Esprit en nous est l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus ; par conséquent, Dieu nous donnera aussi la vie (nous ressuscitera) par l’Esprit. Cette allusion à la présence et à l’action de l’Esprit dans la résurrection de Jésus contribue à nous assurer notre résurrection. L’Esprit était constamment avec Christ pendant les moments de joie, de tentations, et lors de sa mort et de sa résurrection. Il est aussi à nos côtés ; il nous guide, nous remplit de joie et de force tandis que nous faisons face à des défis. Faisons-lui confiance, et permettons-lui d’être notre inséparable compagnon dans notre pèlerinage chrétien.

Ángel Manuel Rodríguez habite au Texas. Il a servi l’Église en tant que pasteur, professeur, et théologien.


Santé & bien-être

Le tremblement essentiel Est-il un indicateur habituel de la maladie de Parkinson ? Ma mère a 60 ans et jouit d’une bonne santé. Cependant, ses mains tremblent depuis un certain temps, et ce tremblement s’aggrave lors de situations stressantes. Sa voix a également changé, si bien qu’il lui est difficile de chanter. On lui a dit qu’elle souffre du « tremblement essentiel ». Est-ce la même chose que la maladie de Parkinson ? Pourquoi qualifie-t-on ce tremblement d’« essentiel » ?

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ous sommes des créatures merveilleuses ! Et une partie de cet aspect merveilleux, c’est la coordination des mouvements. On peut tenir ceci pour acquis – enfin, jusqu’à ce que quelque chose tourne mal. Chaque mouvement et chaque action sont coordonnés par les systèmes nerveux et musculaires du corps. Des mécanismes complexes sont en place pour assurer que chaque action planifiée, et chaque réflexe même, soient bien exécutés ou accomplis. Des changements dans les fonctions normales de notre mouvement, y compris le tremblement ou tremblement essentiel, sont généralement qualifiés de troubles du mouvement. Lorsque appliqué au « tremblement familial essentiel », le mot « essentiel » indique, dans le langage médical, que la cause exacte du problème est inconnue. Cette terminologie est aussi utilisée pour décrire plus de 90 pour cent des cas de haute pression sanguine, ou hypertension artérielle, qu’on appelle « hypertension essentielle » quand on ne trouve aucune cause spécifique. Le mot « familial » indique une composante génétique, souvent un antécédent familial de la condition. Le tremblement essentiel n’affecte pas la longévité (l’espérance de vie) et n’a rien à voir avec la maladie de Parkinson. Le tremblement essentiel est l’un des troubles du mouvement les plus communs. Approximativement 1 pour cent de la population mondiale (une personne sur 100) en est affectée. Il touche tant les hommes que les femmes et devient plus fréquent avec le vieillissement. Bien que pouvant apparaître dès l’enfance, il se manifeste en général dans la seconde décennie de vie et après l’âge de 60 ans. Typiquement, le tremblement essentiel augmente petit à petit avec le temps, au fur et à mesure que les individus vieillissent. Photo : Sabine van Erp

Certains ne tremblent que des mains/des bras ; d’autres peuvent trembler de la tête. D’autres encore peuvent avoir un tremblement de la voix ou un changement dans l’élocution – ce qui entraîne une difficulté à chanter. Dans le tremblement essentiel, il semble que le problème majeur réside dans le cervelet – cette partie du cerveau qui joue un rôle clé dans le contrôle de la souplesse et de la précision du mouvement, de la posture, et de l’équilibre. Ceci se fait grâce à la coordination et à la régulation de l’activité musculaire. Il existe une boucle anatomique et chimique complexe qui régule le mouvement. On croit que des changements pathologiques dans une ou des parties de ce mécanisme sont responsables du tremblement essentiel. Le diagnostic se fait sur la base des antécédents médicaux détaillés et d’un examen clinique. Les antécédents familiaux peuvent être utiles. Il est important de se renseigner s’il y a prise de médicaments spécifiques pouvant causer ou aggraver un tremblement (quelques agents antiépileptiques, certains antidépresseurs, et le lithium). L’exposition aux toxines telles que le plomb, le mercure, ou le manganèse peut aussi causer le tremblement essentiel. Une analyse minutieuse des antécédents familiaux et un examen clinique permettent facilement de distinguer le tremblement essentiel de la maladie de Parkinson. Le traitement est principalement médicamenteux. Toutefois, une chirurgie et une technique appelée « stimulation cérébrale profonde » peuvent s’avérer nécessaires dans les cas où le tremblement essentiel devient invalidant.

Peter N. Landless est cardiologue spécialisé en cardiologie nucléaire, et directeur du Ministère de la santé de la Conférence générale. Zeno L. Charles-Marcel, M.D., est directeur adjoint du Ministère de la santé de la Conférence générale.

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L’Église qui chante J « Je vais vous raconter… » DICK DUERKSEN

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e ne me souviens pas du nom du village – bien que je conserve de ce dernier un souvenir très clair. C’est un lieu de poussière grise, de guenilles, d’anacardiers effilés, et de buissons épineux qu’entourent ça et là des touffes d’herbe. Deux jeunes garçons essaient de me vendre une voiture de course qu’ils ont fabriquée avec du fil de fer, des élastiques rouges, et des cannettes de Coke jetées. Je n’ai pas de place pour l’apporter chez moi, mais je marchande tout de même. Ils ont désespérément besoin de l’argent – peu importe la somme – que je pourrais leur donner. Nous nous entendons sur un prix, et après avoir emprunté de la monnaie locale à Garry, je leur donne le double – l’équivalent de 12 dollars US. Quand je montre la voiture à Garry, il éclate de rire et me demande comment je vais faire pour la rapporter chez moi. « Hum, je sais pas trop. » « Pas de problème, me répond-il. Je vais la fourrer dans l’un de mes sacs et la rapporter à mon retour. » Ça, c’est exactement le style de Garry. Il n’est pas obligé de le faire, mais il m’offre ses services de « déménageur » parce qu’il veut me sortir d’une situation délicate. *** La journée commence par quatre heures de cahotement poussiéreux et de transpiration à travers la brousse du Mozambique. Garry veut que nous soyons là quand il forera le puits. « C’est l’un des endroits les plus pauvres que j’aie jamais visités, dit-il. Sur le sentier, il y a un puits à environ deux kilomètres d’ici. Mais le propriétaire charge un prix si élevé pour l’eau que la plupart des villageois vont au lit assoiffés chaque soir. J’ai trouvé un endroit près de l’église où il devrait y avoir de l’eau, peut-être même à

moins de 30 mètres de profondeur. Je suis impatient d’y mettre la foreuse ! » La foreuse est déjà là. Garry et les ouvriers d’Adra l’ont installée hier soir. Quand je dis « la foreuse », vous pouvez penser à quelque chose de simple qui pend à l’arrière d’un pickup. Mais pas la foreuse de Garry ! Il s’agit d’une plateforme qu’il a conçue après plusieurs semaines de cahotement le long des sentiers de l’arrière-pays du Mozambique. La foreuse est, en réalité, trois véhicules : une plateforme de forage intégrée dans un « monster truck », un réservoir d’eau et une génératrice transportés dans un camion semblable, et un pickup 4 par 4 d’accompagnement. Pour creuser un puits, on a besoin des trois, ainsi que de quatre hommes. « Je pense que chaque fois qu’il y a une nouvelle église ici dans la brousse, nous devrions construire aussi un puits, me dit Garry. L’eau de la vie et l’Eau de la vie, les deux venant ensemble dans le village – tu piges ? Nous pourrions peut-être même placer le puits juste à côté de l’église. Imagine un peu : les villageois viennent puiser gratuitement de l’eau et écoutent les membres d’église qui chantent et qui parlent de Jésus, la véritable Eau de la vie ! Ça, c’est ce que j’appelle l’évangélisation à son meilleur ! » Garry a repéré le seul endroit possible pour forer le puits. La nouvelle source d’eau doit être à environ 20 pas de l’église construite par les membres avec de la paille et des branches de palmier. *** Une foule, composée principalement de femmes et d’enfants, attend. Les hommes, en effet, travaillent dans les champs, ou au loin dans les mines de l’Afrique du Sud. Ils nous accueillent par un chant. Disons plutôt que « leur accueil est de nombreux chants, chantés d’une voix forte qui s’élève,


Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division Asie-Pacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif/Directeur de Adventist Review Ministries Bill Knott Directeur international de la publication Chun, Pyung Duk

nivelle, s’élève encore plus haut, pour finalement plonger profondément comme des martins-pêcheurs au loin, sur la rive ». Garry rit de son rire toujours prêt, et fait signe à tout le monde de s’asseoir sur les bancs de l’église. Les bancs, soit dit en passant, sont de longues branches installées en forme de lance-pierre et à demi enfouies dans le sol. « Les bancs les plus inconfortables sur lesquels je me sois jamais assis », dit Garry dans un sourire. Garry explique à tous comment le puits sera foré. Pourquoi nous le faisons. À quelle profondeur. À quoi la pompe ressemblera et la façon de la réparer avec une simple rondelle en caoutchouc tirée d’un vieux pneu. Pourquoi l’eau qui en sortira devra toujours être donnée gratuitement aux villageois. Ensuite, Garry nous conduit tous vers les camions. De nombreux membres prient pour le puits. Leurs prières sont longues et ferventes. Le forage dure presque toute la journée. Beaucoup plus longtemps que Garry ne l’a prévu. À 15 mètres, c’est encore du sable. Ensuite, un peu de roche, puis encore du sable. « Il devrait y avoir de l’eau bientôt », dit un Garry toujours souriant. La plupart des femmes retournent à leur hutte. Les enfants entrent et sortent de la hutte, ne revenant que lorsque l’équipe de forage ajoute un long tuyau, ou que la foreuse pétarade. À 37 mètres, le puits est toujours sec. Même chose à 55 mètres. La foreuse ne peut aller plus loin. Et Garry se met à pleurer. *** Il pleure là, juste à côté de la platePhoto : Dick Duerksen

forme monstre qu’il a personnellement conçue et construite. De cette même plateforme avec laquelle il a déjà foré avec succès plus de 800 puits dans la poussière du Mozambique. Garry pleure ! De grosses larmes inondent son visage, et se mêlent à l’épaisse sueur qui tache sa chemise. Quand le moteur de la plateforme s’éteint, les femmes posent leurs contenants en plastique sur la tête et s’en retournent – on dirait des M&M géants rouges, jaunes, et bleus dansant dans la chaleur africaine. Garry explique ce qui s’est passé : le sable, les 55 mètres, le « maximum » atteint, et leur dit qu’il est vraiment, vraiment, vraiment désolé. Tout le monde pleure. Puis, le premier ancien nous fait signe de nous joindre aux membres dans l’église. Nous nous y rendons ensemble, et nous asseyons sur les bancs incroyablement inconfortables, écoutant tandis que Garry explique de nouveau ce qui s’est passé. Il ne reste plus qu’un silence ponctué de tristesse. Alors, une vieille femme se met à chanter. Les autres se joignent à elle, et bientôt, le chant de la congrégation en sueur chasse la tristesse poussiéreuse. « Jésus, après tout, est toujours Roi et Sauveur, proclame l’ancien. Il nous fournira de l’eau pour nos contenants d’une autre manière. »

Comité de coordination de Adventist World Si Young Kim, président ; Yukata Inada ; German Lust ; Chun, Pyung Duk ; Han, Suk Hee ; Lyu, Dong Jin Rédacteurs en chef adjoints/Directeurs, Adventist Review Ministries Lael Caesar, Gerald Klingbeil, Greg Scott Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Sandra Blackmer, Stephen Chavez, Costin Jordache, Wilona Karimabadi Rédacteurs basés à Séoul, en Corée Chun, Pyung Duk ; Park, Jae Man ; Kim, Hyo-Jun Gestionnaire des opérations Merle Poirier Rédacteurs extraordinaires/Conseillers Mark A. Finley, John M. Fowler, E. Edward Zinke Directrice financière Kimberly Brown Conseil d’administration Si Young Kim, président ; Bill Knott, secrétaire ; Chun, Pyung Duk ; Karnik Doukmetzian ; Han, Suk Hee ; Yutaka Inada ; German Lust ; Ray Wahlen ; membres d’office : Juan Prestol-Puesán ; G. T. Ng ; Ted N. C. Wilson Direction artistique et design Types & Symbols Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 209046600, U.S.A. Numéro de fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910 (LSG). Avec Num. Strongs pour Grec et Hébreu. Texte libre de droits sauf pour les Strong. © Timnathserah Inc., - Canada Sauf mention contraire, toutes les photos importantes portent le © Thinkstock 2017. Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, États-Unis d’Amérique Vol. 14, n° 8

Dick Duerksen, pasteur et conteur, habite à Portland, en Oregon, aux États-Unis. Il est connu dans le monde entier en tant que « pollinisateur itinérant de la grâce ».

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Foi en herbe

Pages amusantes pour les plus jeunes

La valeur des petites choses Les grandes choses ont de petits commencements

Tu fais bouger les choses !

C

e n’est pas facile d’être l’enfant le plus petit de sa classe. C’est le cas de Jordy. Il est toujours le dernier à être choisi pour le basketball. Et parfois, la pilule est dure à avaler. Mais un jour, Jordy en a assez. Il décide de tout faire pour devenir plus grand, plus fort, et plus rapide. À la maison, il commence à faire de la « musculation ». Il soulève des poids – enfin, des sacs à dos remplis de tous les livres qu’il peut y entasser. Chaque jour après l’école ainsi que le dimanche, Jordy se rend au terrain de basket du voisinage – beau temps, mauvais temps. Il passe des heures à dribbler et à lancer 30

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le ballon. Au début, il n’est pas très bon. Mais avec le temps, il a plus de facilité à contrôler le ballon et à le lancer directement dans le panier. Mais selon lui, il ne fait pas le moindre progrès. Jordy décide aussi de manger comme un athlète. Il engloutit tout ce que sa mère ou son père a cuisiné pour le dîner, s’arrêtant à peine pour respirer. Et il calcule toujours le nombre de secondes ! Chaque semaine, il se pèse et se mesure, espérant contre toute espérance qu’il a miraculeusement grandi à la vitesse de l’éclair. Évidemment, il est déçu, parce que les résultats de ses efforts ne sont pas encore visibles.

Un jour, la mère de Jordy ne se sent pas bien. Elle a de la difficulté à sortir de table pour se préparer pour son rendez-vous chez le médecin. Jordy se précipite et essaie de l’aider à se lever. Comme c’est difficile ! « Je suis inutile, Maman ! dit-il en soufflant. Je suis un très mauvais joueur de basket, et en plus, je ne peux même pas aider ma mère à se lever. Et tout ça à cause de ma petite taille ! » Sa mère le regarde avec tendresse. « Tu n’es pas aussi inutile que tu le crois, Jordy ! Te rends-tu compte que lorsque tu manges tout ton dîner et en reprends un peu, tu nourris ton corps et le rends plus fort ? Ne Illustration : Xuan Le


WILONA KARIMABADI

Perle biblique « Le roi leur répondra : “Je vous le déclare, c’est la vérité : toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” » (Matthieu 25.40, BFC)

Que peux-tu faire ? vois-tu pas que chaque fois que tu vas au terrain de basket et que tu t’exerces, tu t’améliores graduellement ? Sais-tu que même si c’est difficile pour toi de m’aider à sortir de cette chaise, le fait que tu mettes tes bras autour de moi me donne de la force ? » Finalement, Jordy comprend. Les petites choses qu’il fait jour après jour l’aident à changer les choses dans sa vie et dans celle de sa mère. Jésus nous rappelle que tout ce que nous faisons pour aider les autres, c’est comme si nous le faisions pour lui. Il le remarque, et les autres le remarquent – même lorsque nous pensons le contraire.

La prochaine fois que tu verras une grande flaque d’eau ou que tu iras à un étang ou à un lac, ramasse un caillou lisse et rond et jette-le dans l’eau. Que se passe-t-il ? Tu remarqueras que ton petit caillou crée des ondulations sur la surface de l’eau. Ces ondulations deviennent de plus en plus grandes, bien plus grandes que ton caillou. De même, tu peux créer un « effet d’entraînement » dans ta vie. Efforce-toi d’être gentil, serviable, et attentionné envers les autres. Dis des paroles encourageantes, aide quelqu’un à soulever un sac lourd, partage une douceur avec un ami. Au début, il peut te sembler que rien ne se produit, mais crois-moi, c’est tout le contraire !

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Voici le « journal historique de la foi adventiste » en version moderne !

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