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Un parcours teinté de joie

Éprouvés par le feu

Sans-abri pour Christ

Juin 2019


Le ministère de l’attente BILL KNOTT

D JORDANIE

Couverture Kameel Sami Hadad, 17 ans, est membre de l’église adventiste à Amman, en Jordanie. Il traduit souvent le sermon en arabe alors que le pasteur Paulo Rabello prêche en anglais. Kameel est le petit-fils du pasteur Kameel Hadad, lequel a contribué à l’établissement de l’église adventiste à Amman. N’habitant qu’à quelques kilomètres du Jourdain, Kameel a visité le site où Jésus a été baptisé. Kameel prévoit étudier en analyse des données après son secondaire. Photo : Tor Tjeransen

Sous les projecteurs 10 Un parcours teinté de joie La Parole 18 La joie de l’Éternel sera votre force 26 La Bible répond Mon Église 15 Place aux jeunes 16 Faire confiance à Dieu au cœur des défis 24 Sans-abri pour Christ Foi vivante 20 Éprouvés par le feu 22 Notre quête de contentement 27 Santé & bien-être 28 « Je vais vous raconter… » 30 Foi en herbe – le coin des enfants

eux heures du matin. À l’unité des soins intensifs de l’hôpital, la salle d’attente est toujours silencieuse à cette heure de la nuit. Il n’y a plus rien à dire. Tous les passages bibliques rassurants ont été lus. Tous les enfants et petits-enfants ont été informés. Tous les indicateurs porteurs d’espoir transmis par le personnel médical ont été examinés à fond – deux, trois, ou quatre fois. Les lumières fluorescentes vacillent occasionnellement, tout comme les espoirs de ceux qui sont assis et attendent. De l’autre côté des portes de métal poli, un être précieux, un être vital pour eux, est traité. Chaque fois qu’un bruit de pas dans le couloir se fait entendre ou qu’une civière passe, ils retiennent leur souffle, car la peur donne aux sons par ailleurs normaux quelque chose qui ne présage rien de bon. En tant que jeune pasteur, j’avais l’habitude de penser que mon rôle consistait à prononcer des paroles de sagesse, à m’exprimer sincèrement et lentement ; à parler de la foi tant et aussi longtemps qu’il y avait de l’espoir. Mais un jour, j’ai compris la pauvreté des mots lorsque les cœurs se contorsionnent de douleur ; lorsque les larmes n’apportent aucun soulagement, lorsque l’inquiétude persiste. Et lorsque les mots ont suivi leur cours et fait de leur mieux, il y a, enfin, le fait d’attendre, tout simplement, avec ceux qui s’inquiètent, qui souffrent, qui ont de la peine. Et voilà que spontanément, une main en saisit une autre, un bras se glisse autour des épaules, un toucher chaleureux s’effectue, disant silencieusement : « Je reste ici avec toi… » Ce sont-là les dons que nous nous offrons mutuellement lorsque les mots ne suffisent plus. Quand nous souffrons physiquement, quand notre cœur a besoin d’une guérison, nous découvrons ce que signifie faire partie du corps du Christ. La simple présence d’un autre croyant qui partage notre souffrance ou tient notre main devient la présence du Seigneur luimême. C’est exactement comme il l’a promis : « [L]à où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Mt 18.20) Le disciple de Jésus qui attend avec nous aux petites heures du matin nous rappelle – nous ramène à l’esprit – celui qui promet de ne jamais nous quitter, de ne jamais nous abandonner, même jusqu’à la fin du monde. Le Seigneur qui a cherché le réconfort de ses amis lors de sa propre attente pétrie d’angoisse a bâti son Église d’après un plan selon lequel nous porterions les fardeaux les uns des autres, et ainsi, accomplirions sa loi d’amour (Ga 6.2). Autour de vous – jour après jour, semaine après semaine – il y a ceux qui ont reçu de Dieu le don de vous encourager et de vous soutenir, parfois même avec des mots. De même, il vous a donné à eux – pour attendre avec eux et partager le temps, pour le représenter à l’heure où la présence est plus puissante que n’importe quel mot prononcé. Tandis que vous découvrez les histoires remarquables de cette édition de Adventist World, notez simplement à quelle fréquence la joie jaillit en présence de quelque homme pieux ou femme pieuse qui exerce le don de la présence, ce don de Christ, au moment où l’autre en a besoin.

Nous croyons en la puissance de la prière ! À Adventist World, nous nous réunissons tous les mercredis matin pour le culte hebdomadaire, au cours duquel nous prions pour les requêtes de prière qui nous ont été envoyées. Faites-nous parvenir les vôtres à prayer@adventistworld.org, et priez pour nous tandis qu’ensemble, nous travaillons à l’avancement du royaume de Dieu. 2

Juin 2019 AdventistWorld.org


Sur le vif

Une étudiante de l’Institut d’enseignement supérieur Union, au Nebraska (États-Unis), s’adresse à un groupe d’enfants déplacés à cause du cyclone Idai, lequel s’est produit dans le sud du Malawi. L’Institut d’enseignement supérieur Union dirige un programme international de sauvetage et de secours (IRR), lequel a soutenu récemment les efforts gouvernementaux pour fournir des services à ceux qui ont été affectés par ce cyclone. Photo : Institut d’enseignement supérieur Union

AdventistWorld.org Juin 2019

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En bref

« Ce dont il s’agit ici, c’est de sauver des vies et de soutenir une vie abondante ; c’est de créer des conditions qui soutiendront une existence digne ; et c’est de favoriser des partenariats à travers de nombreux secteurs de la société pour que tous prospèrent. » – Ganoune Diop, directeur du Département des Affaires publiques et de la liberté religieuse, dans une définition du concept de « l’économie de la vie ». Ce commentaire a été fait lors du Cinquième Symposium annuel sur le rôle des organisations confessionnelles dans les affaires internationales. Ce symposium s’est tenu le 29 janvier 2019 au secrétariat des Nations Unies (ONU) à New York, dans l’État de New York, aux États-Unis. Cet événement annuel, co-organisé par l’Église adventiste, s’est focalisé cette année sur les questions pratiques et éthiques entourant le financement du développement. Plus de 300 personnes y ont assisté, représentant et la communauté de l’ONU, et un large éventail d’organisations confessionnelles.

Baisse du taux mondial de pauvreté extrême

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Source : Groupe de recherche du développement de la Banque mondiale 4

Juin 2019 AdventistWorld.org

11.2

9.9

2013

2015

12.8 2012

13.7 2011

15.7 2010

18.2

20

2008

2005

2002

1999

1996

1993

1990

1987

1984

1981

20.7

25.5

28.6

30 29.4

35.3

35.9

40 39.2

42.1

Pourcentage de la population

600

Le nombre de transplantations hépatiques effectuées à l’Hôpital adventiste Sylvestre (HAS) – un établissement adventiste de soins de santé à Rio de Janeiro, au Brésil. L’hôpital a pris huit ans à franchir cette étape. Le programme de transplantation de HAS est dirigé par une équipe de 20 professionnels, dont des chirurgiens, des hépatologues, et des anesthésistes. En février 2019, HAS a célébré l’ouverture d’un bloc opératoire complètement repensé.

« Nous avons trop de silos au sein des différents départements de l’Église ; nous devons trouver une voix, nous devons trouver une action. » – Jonathan Duffy, président de l’Agence internationale de développement et de secours adventiste (ADRA), s’adressant aux participants de GAiN, le sommet mondial de l’Église adventiste sur la communication et la technologie. GAiN a établi un partenariat avec ADRA pour être l’hôte de son rassemblement annuel en collaboration avec le Concile annuel d’ADRA, lequel s’est tenu cette année près d’Amman, en Jordanie. Les deux organisations cherchaient des moyens de créer une plus grande synergie entre ADRA et différentes unités administratives et institutions dans le monde entier.


En bref

« Cet événement peut être Numéro 1 mieux décrit en tant que café d’idées. En constatant que les idées sont essayées, cela m’inspire de nouvelles idées et aide mon équipe à réfléchir sur nos efforts d’évangélisation. »

Le classement sur le site Web Tripadvisor pour le restaurant adventiste Manna Haven Café, à Byron Bay, sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie. Byron Bay est une destination-vacances populaire réputée pour son arrière-pays et ses plages magnifiques, pour le surf et les sites de plongée sous-marine, et pour ses festivals d’art et de musique. Le restaurant végétalien a été lancé par des membres de l’église adventiste de Byron Bay, sur la propriété de l’église. L’église a été bénie avec plus de 10 clients du café visitant l’église locale lors de ses services de culte.

– David Dennis, président de la Fédération du sud de la Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis. David a assisté au Congrès de l’évangélisation eHuddle de la Division nord-américaine. Plus de 200 participants, depuis des pasteurs jusqu’à des administrateurs de fédérations et des coordinateurs de l’évangélisation, ont dialogué sur la façon dont la division peut atteindre plus efficacement les gens dans une culture de plus en plus sécularisée. Les présentateurs ont parlé des moyens qu’ils ont testés et essayés – auxquels on se réfère souvent en tant que méthodes traditionnelles de témoignage – pour atteindre leurs collectivités, tandis que d’autres ont partagé des approches novatrices, créatives et nouvelles pour engager leur collectivité et leurs églises locales.

Australie

10 000 Le nombre de livres intitulés The Power of Hope distribués par des représentants de l’Église adventiste aux Philippines à des hommes et à des femmes portant l’uniforme des Forces armées des Philippines (AFP). Cette distribution a été coordonnée par le Bagong Usbong na Lingkod Bayan (BULB) – une organisation d’adventistes dans le service du gouvernement, suite à une cérémonie militaire de lever du drapeau à laquelle participent régulièrement des dignitaires du gouvernement. Les officiers militaires ont exprimé leur appréciation au nom des milliers d’employés qui ont reçu un exemplaire de ce livre.

Photo : courtoisie de Rudolfo Bautista Jr. AdventistWorld.org Juin 2019

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Actualités

Un professeur de l’Université de Loma Linda nommé au comité Joan Sabaté est au nombre des 20 scientifiques assignés consultatif sur les recommandations alimentaires de 2020 par le Département de l’Agriculture des États-Unis

James Ponder, Service des nouvelles de l’Université de Loma Linda

Un professeur de l’Université de Loma Linda (LLU) a été nommé au comité consultatif sur les recommandations alimentaires de 2020 du gouvernement des États-Unis. En février 2019, Joan Sabaté, professeur de la faculté de santé publique et de médecine de LLU à Loma Linda, en Californie, aux États-Unis, a été annoncé en tant que membre de ce comité. Cette annonce a été faite tandis que Sonny Perdue, secrétaire de l’Agriculture, et Alex Azar, secrétaire de la Santé et des Services sociaux, ont révélé les noms de 20 scientifiques reconnus au niveau national qui constituent le comité. La révision du comité contribuera à développer les recommandations alimentaires de 2020-2025 pour les Américains. En annonçant le comité, Sonny Perdue et Alex Azar ont dit que les recommandations, lesquelles sont mises à jour tous les cinq ans, servent de pierre angulaire aux programmes de nutrition et aux règlements fédéraux, fournissant des recommandations basées sur l’alimentation pour aider à prévenir les maladies chroniques liées au régime alimentaire, et

pour promouvoir la santé en général. Le secrétaire Perdue a dit que le comité a pour tâche de s’assurer que les recommandations sont établies à partir des données et fondées sur des faits scientifiques. Sonny Perdue : « Dans un esprit ouvert, le comité évaluera les recherches existantes et développera un rapport de façon objective. » Le secrétaire Azar a dit que le comité « dirigera un examen rigoureux des preuves scientifiques sur plusieurs résultats de santé liés au régime alimentaire, y compris la prévention du cancer, le diabète de type 2, et les maladies cardiovasculaires. » Au nombre des trois seuls scientifiques de la Californie nommés au comité de 2020, Joan Sabaté voit une importante signification pour les découvertes du comité. Joan Sabaté : « Nous avons l’occasion de réaliser des améliorations dans le régime alimentaire et la santé des Américains. Puisque de nombreux autres pays observent ce que fait l’Amérique pour se diriger, nous avons aussi l’occasion d’influencer les modèles d’alimentation des gens dans le monde entier. »

Joan Sabaté, professeur de la faculté de santé publique et de médecine de l’Université de Loma Linda, récemment nommé au comité consultatif sur les recommandations alimentaires de 2020 du gouvernement des États-Unis.

Photo : Université de Loma Linda 6

Juin 2019 AdventistWorld.org

UNE AUTORITÉ DE LONGUE DATE EN SANTÉ PUBLIQUE

Né à Barcelone, en Espagne, Joan Sabaté s’est établi aux États-Unis au début des années 1980 pour étudier la diététique et la santé publique. Il est actuellement directeur du Centre pour la nutrition, le mode de vie, et la prévention des maladies à la faculté de santé publique de l’Université de Loma Linda. Auteur de plus de 150 articles de recherche dans des journaux scientifiques, il est largement reconnu comme une autorité en matière de régime méditerranéen, durable, et à base de végétaux. Joan Sabaté : « Je suis très heureux d’avoir été appelé à cette tâche, mais ce sera aussi une leçon d’humilité, car il y aura des milliers de pages à lire, de nombreux voyages à Washington D.C. à faire, et de nombreuses discussions avec mes pairs. » Helen Hopp Marshak, doyenne de la faculté de santé publique, a dit que Joan Sabaté est le premier membre de la faculté de l’Université de Loma Linda à être nommé au comité. Helen Hopp Marshak : « Nous sommes enchantés de voir Joan Sabaté reconnu pour son expertise dans le domaine de la nutrition. La sélection à ce comité représente le point culminant de décennies d’étude de la part de Joan et de son équipe. Sa recherche en nutrition végétarienne et à base de végétaux au fil des années l’a classé comme l’un des meilleurs experts en épidémiologie nutritionnelle. Nous considérons également ceci comme une reconnaissance de l’excellence pendant plus de 50 ans de recherche en prévention à la faculté de santé publique. »


Actualités

Une école adventiste recueille des fonds pour les victimes de Christchurch, en Nouvelle-Zélande

La Journée de « la puissance des fleurs » tente d’apporter lumière et couleur au cœur des ténèbres

Paul Mitchell et l’équipe de Adventist Record

Des étudiantes de l’Institut adventiste d’enseignement supérieur Longburn, à Palmerston nord, en Nouvelle-Zélande, ont porté des fleurs et recueilli des fonds pour en faire don aux familles des victimes qui ont péri lors des fusillades récentes dans deux mosquées. À partir de la gauche : Eden Duker, 11 ans ; Josephine Ma’u, 17 ans ; Sophie Pigott, 17 ans ; Amelia Tyrrell, 17 ans ; Eva Zhou, 11 ans ; et Harmony Ngarepa, 11 ans, ont formé une rangée haute en couleur. Photo : Warwick Smith

Des étudiants de niveau secondaire de la Nouvelle-Zélande recueillent des fonds pour les victimes des fusillades de la mosquée de Christchurch avec la « puissance des fleurs » et un message d’humanité partagée. Amelia Tyrrell, 17 ans, et ses collègues étudiants dirigeants de l’Institut adventiste d’enseignement supérieur Longburn, ont recueilli des dons de leurs camarades de classe et les ont envoyés aux victimes des attaques terroristes du 15 mars 2019 ainsi qu’à leurs familles. « Les fusillades dans les deux mosquées ont eu lieu un vendredi après-midi ; ceci veut dire que le sabbat a été l’occasion d’une réflexion profonde, a dit Brendan van Oostveen, directeur de l’école. L’incrédulité et le choc ont cédé le pas au deuil et à la colère, alors que nous naviguions en territoire inconnu. Lundi, nous nous sommes rencontrés à une école, comme nous le faisons toujours au début de la semaine. Que doit-on enseigner en réponse à un tel acte de haine ? Après le culte, nos étudiants dirigeants se sont rencontrés, et tous se sont entendus pour dire que l’amour est toujours la réponse. »

Inspirés par les couronnes de fleurs que les gens ont déposées aux mosquées de la Nouvelle-Zélande, les étudiants dirigeants de l’école ont décidé d’organiser une levée de fonds : la Journée de « la puissance des fleurs ». Amelia Tyrrell : « Toutes ces différentes couleurs qui se détachent les unes des autres offrent une image tellement positive ! Mais elles restent tout de même des fleurs et sont plus belles encore ensemble – à l’instar des êtres humains. » Le mercredi 20 mars, tous les étudiants et tous les employés de l’Institut adventiste d’enseignement supérieur Longburn ont porté des fleurs dans leurs cheveux, autour de leur cou, ou imprimées sur des blouses aux couleurs vives, et ont fait un don. Face au jour le plus sombre de la Nouvelle-Zélande, la Journée de la puissance des fleurs a été délibérément lumineuse et porteuse d’espérance. Cette journée visait à amener les gens à voir à quel point les êtres humains se ressemblent, a expliqué Amelia. Pour Amelia, il y a un point commun : nombre des victimes sont des réfugiés et des immigrants venus ici pour se sentir en sécurité. Sa famille

a émigré, elle aussi. Il y a eu deux attaques terroristes non loin de son ancienne demeure au Royaume-Uni. La présence policière accrue, la peur, et l’incertitude quant à la prochaine attaque dominaient, a-t-elle raconté. « Ma famille est venue ici il y a 18 mois pour se débarrasser de ce sentiment, mais voilà qu’aujourd’hui, ça se retrouve ici », a-t-elle continué. Sophie Pigott, une autre étudiante âgée de 17 ans, a dit que chacun se sentait en colère et désespéré. « Nous avons donc décidé de leur remonter le moral en leur montrant qu’il existe une façon encourageante d’aller ensemble de l’avant », a-t-elle expliqué. « La paix, l’amour, et le respect sont les valeurs que partagent les musulmans, les chrétiens, et tous les Néo-Zélandais. Mieux vaut construire sur nos similarités que de nous focaliser sur nos différences – pas seulement immédiatement après une tragédie, mais chaque jour. » Brendan van Oostveen : « Je suis vraiment fier de ce que notre équipe d’étudiants dirigeants, notre école, et notre pays ne veulent que “montrer l’amour”. Après tout, Dieu est amour. »  AdventistWorld.org Juin 2019

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Coup d’œil sur… la Division interaméricaine (IAD)

3 737 554 Effectif de l’IAD au 31 décembre 2018

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L’âge auquel Carlos Ortiz García, un habitant de Porto Rico, a été baptisé au sein de l’Église adventiste. Carlos Ortiz García, lequel est en bonne santé et marche à l’aide d’une cane, a dit que pendant plusieurs années, il a accompagné sa femme à l’église chaque sabbat pour lui faire plaisir. Après la mort de celle-ci, il a cessé d’aller à l’église. Plus tard, Dulce Martínez et Victor Arriaga, deux membres d’église, ont commencé à lui rendre visite, ce qui a finalement abouti à son baptême. (^-)

« Nous voulons que notre famille ecclésiastique garde sa confiance en Dieu en ce temps d’appréhension et d’incertitude. » – Jorge Atalido, président de l’Union des fédérations adventistes de l’est du Venezuela. Zoraida Rodríguez, une membre active de son église locale à Kumarakapay, au Venezuela, a été tuée lors d’une confrontation entre l’armée et les membres des collectivités frontalières non loin de là. Son mari, deux autres membres d’église, et 13 autres civils ont été blessés. Les dirigeants de l’IAD rapportent que tandis que la liberté religieuse pour l’Église adventiste est intacte, de nombreux bancs ont été laissés vides en raison de l’émigration de membres d’église. Les dirigeants ont souligné que les membres restants se sont efforcés de travailler plus fort pour la mission de l’Église.

« Nous ne pouvons avoir une Église solide si nous ne nous assurons pas qu’il y ait une éducation, formelle et non formelle, pour nos jeunes et pour tous les membres d’église. » – Elie Henry, président de la Division interaméricaine (IAD), s’adressant aux administrateurs de l’IAD lors d’une récente réunion administrative à Port-au-Prince, en Haïti. Au cours des deux prochaines années, l’IAD se focalisera sur des efforts d’évangélisation accrus, sur une évangélisation communautaire intense, et sur une formation en éducation accrue à travers le territoire. Les membres du comité exécutif de la division ont voté d’aligner leurs efforts sur ces trois questions stratégiques principales dans leurs régions respectives.

5 700 Le nombre de personnes ayant reçu des services de santé gratuitement à partir de cliniques mobiles dans 65 collectivités à travers 10 paroisses en Jamaïque. Les cliniques mobiles ont été lancées en 2017 par Rohan McNellie, le propriétaire adventiste de Three Angels Pharmacy, à Mandeville, en Jamaïque. Ces cliniques sont dirigées par le personnel de la pharmacie, des bénévoles, ainsi que des infirmières et des médecins bénévoles.

Photo : Fédération des églises adventistes de l’est de Porto Rico, Service des nouvelles de la Division interaméricaine 8

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Point de vue

Ashley Stanton, ADRA Australie, et Adventist Record

Photo : Ben White

Une heure dans leurs souliers Où tirer la ligne de démarcation entre l’auto-préservation et le service envers autrui ? Il y a quelques années, j’ai assisté à un événement d’un week-end se tenant à Canberra, et intitulé Voix pour la justice. Son objectif : inspirer, former, et équiper les chrétiens pour qu’ils soient en mesure de s’adresser à des politiciens fédéraux au sujet de la pauvreté mondiale. Au fil des années, les détails exacts de ce week-end se sont évanouis. Par contre, quelque chose est resté gravé dans ma mémoire : une activité de simulation. Les participants (environ une centaine) se sont scindés en petits groupes – « en famille » comme on nous appelait. Les organisateurs nous ont ensuite expliqué notre mission : nous devions gagner notre vie en attrapant du poisson (des images laminées) et en le vendant au « marché » local (les organisateurs nous paieraient avec des jetons). Comme nous n’avions pas d’épargnes, nous devions nous assurer de gagner suffisamment d’argent chaque jour pour nourrir notre famille et, si possible, pour avoir accès à un logement et envoyer nos enfants à l’école. Le seul problème, c’était que chaque « famille » avait reçu exactement les mêmes informations. Le chaos s’est ensuivi. Et mon esprit de compétition s’est réveillé. Cette activité s’est transformée en une course contre les autres participants pour accumuler

chaque jour le plus de poissons possibles pour m’assurer que ma famille était nourrie et éduquée. Tandis que les organisateurs retiraient de plus en plus de poissons de la rivière, nous avons décidé de retirer nos enfants de l’école pour qu’eux aussi aillent pêcher. Au fil de l’activité, nous ne faisions que vivoter, avec tout juste assez d’argent pour nourrir notre famille. Finis les projets d’éducation et de logement plus permanent. Nous ne nous concentrions que sur une chose : gagner assez d’argent pour nous nourrir. Alors que les organisateurs annonçaient la fin de l’activité, j’étais devenue impitoyable dans mes efforts de pêche ; j’avais perdu un enfant dans un cyclone en raison de la fragilité de notre abri. Évidemment, ce n’était qu’une simulation, laquelle n’a duré que moins d’une heure. Et pourtant, en ce court laps de temps, je suis devenue obsédée, centrée sur moi-même, ne me souciant que bien peu des autres. En réalité, j’ai fait une toute petite expérience de la réalité quotidienne de milliers de familles dans le monde. Un exercice d’une heure pour moi constitue la réalité de leur vie quotidienne : ils tentent de joindre les deux bouts dans des circonstances moins que favorables. Cette nuit-là, je suis allée dormir l’estomac plein, dans un lit confortable, avec un toit au-dessus de ma tête. Je n’avais pas à me demander avec inquiétude d’où me viendrait mon prochain repas, ou si j’aurais les moyens d’investir temps et revenu pour obtenir une formation. Je suis allée au lit entièrement consciente des bénédictions dont je suis l’objet. Et avec cela est

venue l’accablante prise de conscience qu’il est de mon devoir en tant que chrétienne de militer pour les autres, afin qu’ils puissent jouir des mêmes droits fondamentaux que les miens. Il est naturel de vouloir prendre soin de nous-mêmes. L’auto-préservation est essentielle pour survivre dans un monde corrompu par le péché. Mais si, comme moi, vous avez le luxe de savoir d’où vous viendra votre prochain repas, alors Dieu nous a donné le devoir d’aider quelqu’un qui ne le sait pas – qu’il s’agisse de votre voisin de quartier ou de votre prochain habitant à l’autre bout du monde. Dans ce monde brisé, la pauvreté et l’injustice se retrouvent partout. Mais que cela ne nous décourage pas ! Soyons plutôt les mains et les pieds de Jésus et travaillons sans relâche pour rechercher la justice et défendre les droits des moins bien nantis. Sur le plan individuel, cette tâche peut nous sembler écrasante ; mais si nous travaillons de concert en tant qu’Église, nos efforts individuels s’accumuleront rapidement. Ajoutez donc votre voix pour un changement positif ! Consacrez du temps au bénévolat dans votre collectivité. Donnez aux organismes humanitaires qui œuvrent en des endroits hors de votre portée. Et, à la racine de tout ceci, traitez les autres comme vous voudriez qu’ils vous traitent. En ce monde obscur, puisse l’Église adventiste briller comme une lumière, de sorte que lorsque les gens nous regarderont, ils verront le monde harmonieux, aimant et juste que Dieu a prévu au commencement ! AdventistWorld.org Juin 2019

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Sous les projecteurs

Un parcours teinté de joie

Peut-on trouver la joie en toute circonstance ?

D

ans le cantique « Quel repos céleste », cantique que beaucoup chérissent, on trouve ce précieux verset : « [Quel repos céleste], dans les jours mauvais, de chanter avec foi : “Tout est bien, ma paix est infinie”. » Dans les bons et les mauvais moments, les sentiments qui jaillissent quand on peut chanter ces mots, à l’instar des saisons, changent. Si notre marche avec Christ est censée garantir que nous pouvons trouver sa paix et jouir de sa présence dans n’importe quelle situation, à quoi ressemble-t-elle réellement ? Nous avons demandé à quelques lecteurs de par le monde de nous écrire ce que trouver la joie, peu importe le parcours, signifie pour eux – ce que signifie être vraiment capable de chanter sincèrement les paroles de ce cantique. Notre prière, c’est que leur témoignage vous permette de découvrir de nouvelles perspectives et de nouvelles raisons de raffermir votre espérance. – La rédaction

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Juin 2019 AdventistWorld.org

L’épreuve du feu

L

e jeudi 8 novembre 2018, notre vie a changé de façon spectaculaire. Tôt le matin, nous avons remarqué la couleur bizarre du soleil. Nous sommes sortis dehors pour voir ce qui se passait. Des nuages de fumée noire s’élevaient en volutes ! C’était la première indication que les flammes de Camp Fire consumeraient bientôt notre maison, nos biens, ainsi que la majeure partie de Paradise, notre ville, en Californie. Alors que nous conduisions à travers les flammes et quittions la ville dans laquelle nous avons habité pendant 14 ans, une crainte bien réelle nous a saisis. Cependant, dès que les paroles « Si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t’embrasera pas » (Es 43.2) sont devenues réalité pour nous, un puissant sentiment de paix nous a envahis. À l’instar de nombreux autres, nous avons subi les symptômes du stress posttraumatique. Cette perte et ce changement forcé ont déclenché en nous les étapes du deuil. Cependant, nous avons vu la main de Dieu et ses abondantes bénédictions. Le passage biblique que Dieu a rappelé à Mary trois jours après le feu – « Je les conduirai par des sentiers qu’ils ignorent » (Es 42.16) nous a donné l’assurance qu’il nous fortifierait et nous guiderait. Dieu nous a trouvé une nouvelle maison près de notre fils et de sa famille. Nous nous sommes faits de nouveaux amis, et avons commencé une vie nouvelle, différente. Les paroles de Paul « J’ai appris à être content de l’état où je me trouve » (Ph 4.11) ont revêtu une toute nouvelle signification pour nous. Nous avons choisi de croire que Dieu est toujours là, tout près de nous. Nous avons découvert que le contentement est un choix – nous choisissons d’avoir l’assurance que Dieu marche avec nous, prend soin de nous, et nous procure tout ce dont nous avons besoin. Sa présence surpasse de loin n’importe quel incendie !

Ben et Mary Maxson étaient pasteurs de l’église adventiste de Paradise avant de prendre leur retraite en 2017.

Photo : Jordan Whitt


La joie qui vient d’en haut

J

oie » est un bien petit mot ! Néanmoins, il englobe un riche trésor d’expériences. La joie active notre être tout entier. Nous commençons à luire de l’intérieur, à voir nos affaires quotidiennes et futures sous un jour nouveau et débordant d’espérance. La joie intérieure minimise les sombres nuages et se focalise plutôt sur les bénédictions de la pluie. À la fin d’une journée de travail, on estime la fatigue comme une récompense de l’effort diligent alors qu’on attend le repos qui nous revigorera. À mon travail, la joie consiste à écouter mes jeunes patients tandis qu’ils marmonnent leurs premiers mots avec peine. Dans ma vie de famille, elle m’aide à me focaliser non sur le départ de mon fils pour l’institut d’enseignement supérieur, mais plutôt sur la perspective de nos prochaines retrouvailles. Le don de la joie n’émane que du Dieu de l’espérance par la puissance du Saint-Esprit (Rm 15.13). Après ma prière personnelle, je suis remplie de joie lorsque j’ai la certitude que Dieu m’a écoutée. Cette certitude vient de la prise de conscience que malgré notre monde perturbé, toutes choses se conforment au plan divin. Par-dessus tout, j’éprouve de la joie lorsque je me souviens de cette promesse : « Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. » (He 10.37) Pour moi, la joie, c’est la certitude que très bientôt, je me retrouverai dans l’étreinte éternelle de Dieu.

Ana Zemleduch est orthophoniste et mère de deux fils ados. Ils habitent dans le département d’Oberá de la province de Misiones, en Argentine.

Photo : Janaya Dasiuk

La mélodie fondamentale de la joie

I

l n’y a aucune joie dans la douleur. Aucune joie dans la souffrance. Aucune joie dans l’épreuve. Dans sa lettre aux Philippiens, Paul a beaucoup à dire sur la joie. Ses propos atteignent leur point culminant dans cet appel : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. » (Ph 4.4) Toujours… C’est ce mot qui est difficile. Car comment peut-on se réjouir quand tout s’effondre autour de soi ? Comment peut-on se réjouir quand le corps ou l’âme se désintègre ? C’est sans doute la raison pour laquelle certains estiment que la joie est fragile et fugace, temporaire et éphémère. Lorsque la douleur ou la souffrance frappe la joie de plein fouet, cette dernière est souvent anéantie. Cependant, voici ce qui, à mon avis, se produit réellement : la souffrance massacre tous nos remplacements subtils de la joie. Il nous faut un niveau de joie plus profond – un niveau de joie qui survit à toutes les attaques des circonstances atroces de la vie. À la fin de son psaume, le prophète Habakuk exprime le mystère de la joie de façon superbe. Bien que les circonstances de la vie soient extrêmement lugubres et sombres, il s’écrie : « Toutefois, je veux me réjouir en l’Éternel, je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut. » (Ha 3.18) J’ai l’impression que Paul a lu ce prophète dans son culte person-

nel quotidien pendant ses derniers jours de détention, juste avant d’écrire aux croyants de Philippes. Dieu est entré dans ma vie. Et depuis, mon cœur bat au rythme d’une mélodie très fondamentale de la joie. Même lorsque je souffre, je trouve de la joie en Dieu et de la joie en raison de tous les dons précieux qu’il m’accorde. Dans mon expérience, la joie et les actions de grâces sont des vertus jumelles. Je peux chercher trois raisons pour lesquelles je puis être reconnaissant aujourd’hui. Avec une perspective aussi sensible de la joie, je détecte soudain les choses, les situations, et les gens qui me font éprouver de la reconnaissance – et je me réjouis ! La joie, c’est une attitude envers Dieu et envers la vie, ce qui rend les épreuves bien plus supportables. Jean-Sébastien Bach et Johann Franck avaient raison ! Le fameux motet Jesus, meine Freude traite bon nombre des tensions de l’existence chrétienne. Dans la strophe finale, il souligne qu’ici et maintenant, en dépit de toute souffrance, il y a de la joie lorsque Jésus, le « Maître de la joie », entre dans le cœur et en bannit toutes « les tristes pensées », lesquelles n’ont tout simplement plus de puissance sur nous. Oui, il y a de la joie lorsque nous passons par la souffrance – car Dieu est là, à nos côtés.

Martin Proebstle est le doyen du Département de théologie au Séminaire Schloss Bogenhofen, à Sankt Peter am Hart, en Autriche.

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Dieu est ma force

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lors que nous avions presque 19 ans de mariage, mon mari s’est éteint le 23 novembre 2014, un dimanche. Ce jour restera à toujours gravé dans mon esprit. Après la perte de ma mère alors que je n’avais que 16 ans, ça a été la pire nouvelle que j’aie jamais reçue. Mon mari est mort des suites d’une courte maladie (une semaine). Nous pensions qu’il souffrait de la grippe, mais lorsqu’il a commencé à avoir des convulsions, j’ai su que le pronostic ne serait pas bon. Aux urgences, les médecins l’ont gardé sous sédatif alors qu’ils lui faisaient passer différents tests. On ne m’a pas permis d’être avec lui. Ça a été vraiment pénible. Finalement, le médecin m’a dit : « Votre mari souffre d’une encéphalite [une inflammation virale du cerveau] que l’on appelle

Le porte-voix de Dieu

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i vous cherchez une histoire de miracles, celle que je vais vous raconter n’en est pas une. Si vous cherchez une résolution rapide des problèmes, vous ne la trouverez pas dans cette histoire. Si vous en avez marre de chercher, si vous aimeriez, en fait, trouver ce qui entraîne un changement, eh bien, vous avez considéré les choses sous le mauvais angle ! En ce qui me concerne, je pensais que ma relation avec Dieu était satisfaisante. Nous bavardions de temps à autre et j’allais régulièrement à l’église. Aux yeux de tous, je menais une vie parfaite ! Mais moi, je savais bien qu’il me manquait quelque chose. J’étais, hélas, trop absorbée par une vie mondaine, quelque peu ennuyeuse, pour m’en occuper. Et soudain, mon mariage s’est effondré. J’ai été forcée de me frayer tant bien que mal un chemin pour donner un sens à ma vie. Dans le processus, j’ai

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couramment méningite. » Comme ses reins et d’autres organes vitaux avaient déjà commencé à lâcher, le médecin a ajouté que moi et mes enfants (des triplets alors âgés de 16 ans) devions nous préparer au pire. Le lendemain, à mon arrivée à l’hôpital, on m’a informé que malheureusement, mon mari était décédé. Mille et une pensées se sont alors bousculées dans mon esprit. Survivrons-nous à cette terrible épreuve ? Qu’allons-nous faire pour joindre les deux bouts ? Serai-je capable de payer toutes les factures ? De payer les frais de scolarité de mes enfants avec un seul salaire ? Mais mon Dieu est un Dieu tellement étonnant ! Je me suis cramponnée à ses nombreuses promesses. Et la seule chose que je lui ai demandée, il me l’a accordée volontiers : la paix – la paix qui surpasse toute intelligence. Mon mari aimait Dieu et lui faisait confiance. Il est mort en Christ, et

cette pensée m’a beaucoup consolée. Nous nous étions promis mutuellement que nous aimerions toujours Dieu de tout notre cœur, et cette pensée m’a permis de continuer. Le Dieu des cieux est la source de ma force ! J’ai placé mon entière confiance en mon créateur tout-puissant qui m’a donné la vie, et il nous a aidés à surmonter cette épreuve. Mon fils et mes filles ont maintenant 21 ans. Nous n’avons jamais cessé de faire confiance à Dieu et de croire qu’il est la source de notre force.

lu la citation suivante de C. S. Lewis : « Dans les plaisirs, Dieu chuchote. Dans les profondeurs de notre conscience, il parle. Dans la souffrance, il crie. C’est là son porte-voix pour réveiller un monde atteint de surdité. » Dieu avait maintenant toute mon attention. J’ai quitté le Sri Lanka et suis retournée chez moi, en Inde. Alors que j’entrais dans le processus d’ouvrir mon cœur à Dieu, j’ai découvert que je l’ouvrais aussi à tout ce qui m’entourait. J’ai décidé de mettre les médias sociaux de côté pendant un certain temps, afin de passer mon temps libre à grimper aux manguiers avec ma mère, à faire des promenades tôt le matin avec mon père, à cueillir des fruits avec mes cousins, à lire en plein air avec mon chien fidèle à mes pieds. Et lentement, très lentement, j’ai compris que je ne faisais pas la bonne prière. Je demandais égoïstement à Dieu de me donner un moyen facile de m’en sortir, de faire un miracle pour réparer ce qui était brisé. Et il aurait pu le faire ! Mais je n’aurais rien appris. Dieu m’a plutôt demandé

de dépendre de lui à chaque instant. En l’espace de neuf mois, un ami proche est mort d’une tumeur au cerveau ; mon grand-père bien-aimé s’est également éteint ; ma meilleure amie a coupé les ponts avec moi à cause d’un malentendu ; et mon mariage qui avait duré 12 ans s’est brisé. J’ai emballé ma vie dans deux valises et un piano, j’ai quitté la compagnie à laquelle j’avais contribué à l’établissement 10 ans plus tôt ; j’ai fait de déchirants au revoir à ma famille ecclésiastique, à mes amis, et au Sri Lanka – un magnifique pays. J’ai tout perdu, certes, mais j’ai découvert Dieu comme jamais auparavant – c’est formidable, et bien réel ! Dieu s’est tellement rapproché de moi que mes circonstances externes n’importent plus. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais Dieu, lui, le sait, et cela suffit. Ses magnifiques miséricordes se renouvellent chaque matin.

Karlyn Fisher a passé 13 ans en tant qu’analyste financière dans le domaine bancaire. Elle est gestionnaire des opérations à une station de radio communautaire chrétienne non confessionnelle à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Cheryl Howson, designer d’intérieur, écrit de Hosur, en Inde. Quand elle en a l’occasion, elle gravit des montagnes et prend des photos.


Enraciné dans la foi

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uand j’entends l’expression « enraciné dans la foi », je pense à Mike. Mike – l’étudiant le plus athlétique et le plus engagé de l’équipe d’athlétisme de l’université – est toujours prêt pour le cours, aide toujours ses pairs, et fait du bénévolat. Après le 9 septembre 2011, il s’enrôle dans l’armée en tant que médecin. Le dernier jour du semestre, il s’arrête à mon bureau. « Je sais que Dieu veillera sur moi. Mais est-ce que je peux faire cette promesse à tout le monde ? Je vais bientôt voir la mort de près. Comment puis-je dire aux gens : “Dieu ne vous laissera pas tomber” ? Je pense qu’il faut juste que je reste enraciné dans la foi. Que je me rappelle que Dieu est avec moi. » En me rendant compte à quel point l’appel de Mike est lourd, j’essaie de ne pas pleurer. Enraciné dans la foi… J’aime ça. Il sort de mon bureau. Et je n’entends plus parler de lui. Sept années passent. Alors que je suis sur appel à un hôpital pédiatrique, je rends visite à une famille dont l’enfant est sur le point de subir une amputation de la jambe. Le médecin arrive, explique la procédure, puis s’assied à côté du jeune garçon : « Je vais faire l’impossible pour toi. T’inquiète pas, fiston, Dieu ne t’abandonnera pas lorsque nous entrerons dans la salle d’opération. Il y entrera avec nous. » Le docteur est là, debout. Il me sourit, et dit : « Aumônier, une petite prière avant que nous y allions ? » Enraciné dans la foi. Quelques heures plus tard, Mike, le chirurgien orthopédique en pédiatrie, nous retrouve dans la salle d’attente. Nous apprenons qu’il a perdu les deux jambes dans une explosion à l’étranger. Il connaît par expérience toute la thérapie dont le garçon aura besoin, et ceci accentue davantage sa bonté. « Ça a été une période difficile, mais Dieu ne m’a jamais laissé tomber. Jamais je ne le quitterai. Je me sens enraciné, planté de nouveau, je sens que de nouvelles racines s’enfoncent plus profondément ainsi qu’un désir de servir. J’ai appris à marcher de nouveau. » Sur le chemin du retour, je remercie Dieu de me rappeler que d’être enraciné dans la foi est le seul moyen de marcher dans la foi.

Dixil Rodríguez est aumônier à l’hôpital et professeur universitaire dans l’État du Texas, aux États-Unis.

Photo : Jeremy Bishop

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Contentement

La joie en face d’une perte

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Isabella MacPherson étudie en sciences biomédicales à l’Université d’Auckland, en Nouvelle-Zélande.

Jolay Paul Umuremye est le président du champ du centre du Rwanda. Sa femme et lui ont été bénis de cinq magnifiques enfants.

écemment, j’ai assisté à un concert de Teeks (un chanteur autochtone d’Auckland) à la mairie d’Auckland. La chanson qui m’a touché le plus s’intitulait « Whakaaria Mai » (Dieu tout-puissant, chanté en maori et en anglais) en duo avec Hollie Smith, dans une interprétation d’une incroyable sensibilité ! La chanson était dédiée à ceux qui étaient affectés par les tragédies récentes à Christchurch. Teeks a aussi vendu ses enregistrements lors du concert. Tous les profits ont été versés aux communautés musulmanes de Christchurch. La Nouvelle-Zélande a fait preuve d’un soutien varié aux familles des victimes. On trouve en ligne des sites pour faire des dons, des événements pour des levées de fonds, et des occasions de rendre hommage aux victimes lors de rassemblements organisés à travers la Nouvelle-Zélande. Beaucoup oublient de mettre sur leurs cartes ce petit pays isolé dans son petit coin du monde. Mais rien ne peut nous exempter de la haine du diable dans sa forme la plus hideuse. En de tels moments, on voit clairement à quel point notre monde a perdu les pédales – nous sommes tous un petit peu perdus dans la carte de navigation de la vie. Alors, comment peut-on rester solidement ancré en ces temps d’incertitude ? Comment un pays se rétablit-il d’une aussi grande perte ? Simplement par un esprit d’unité. Nous trouvons du contentement non en nous-mêmes et dans nos propres fonctionnements internes, mais dans le sens de la communauté, de la famille, et par-dessus tout, en Dieu. David a demandé : « Car qui est Dieu, si ce n’est l’Éternel ? Et qui est un rocher, si ce n’est notre Dieu ? » (2 S 22.32) Lorsque le monde perd les pédales, nous pouvons trouver sécurité et paix en regardant à Dieu.

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ci-bas, la joie semble bien difficile à trouver. En face de la souffrance, d’une perte, ou même d’un génocide, où pouvons-nous trouver la joie ? Israël fit l’expérience de la joie lorsque Dieu le délivra de l’esclavage en le faisant sortir de l’Égypte. Exode 18.911 décrit la joie animant le cœur de Jéthro (beau-père de Moïse) lorsqu’il vit les Israélites sauvés de la main des Égyptiens. Dans un moment d’extrême souffrance, alors qu’il venait juste d’être témoin de la chute de Jérusalem aux mains des Babyloniens, le prophète Jérémie parla d’un temps particulier pour les Israélites : « Ils viennent en pleurant, et je les conduis au milieu de leurs supplications […]. Car je suis un père pour Israël, et Éphraïm est mon premier-né. » (Jr 31.9) On dirait que quelque chose de semblable m’est arrivé il y a 25 ans. J’ai vécu en exil pendant près de 35 ans. Au cours de ces années, j’ai subi la torture. Une fois, je me suis retrouvé devant un peloton d’exécution, mais les tireurs ont raté leur cible. Ça fait maintenant 25 ans que j’habite dans mon pays d’origine, et mon cœur en est rempli de joie. Avant que les colons européens ne viennent au Rwanda, la joie de mon pays venait de ce qu’on appelait « le peuple du roi ». Aujourd’hui, les Rwandais font l’expérience de la joie parce qu’ils ont déterminé qu’ils sont un. Ndi Umunyarwanda signifie « Je suis un Rwandais ». Cette devise reflète notre effort pour construire une nouvelle identité nationale basée sur la confiance et la dignité. Nous, chrétiens, avons même une meilleure raison de faire l’expérience de la joie, car Dieu prend soin de nous, quelle que soit l’expérience que nous vivions. « Voici ce que je veux repasser en mon cœur, ce qui me donnera de l’espérance » (Lam 3.21) constitue la meilleure preuve de cela.

Photo : Richard Jaimes


Place aux jeunes

Lettre à la génération du millénaire

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oyeux anniversaire ! Aujourd’hui, vous avez 25 ans ! Allons droit au but : maintenant que vous faites officiellement partie de la génération du millénaire, je vous dis qu’il y a quelque chose dont vous devez absolument vous souvenir : les quatre C de la vie (même si vous pensez sans doute l’avoir déjà entendu de la bouche de vos anciens « démodés » essayant de vous donner un conseil). Avec chaque challenge vient un choix, ce qui mène à une conséquence, ce qui détermine, à la longue, notre caractère. Je suis un avocat chevronné âgé de 50 ans, au sommet de ma carrière. En rétrospective, je dois dire que toute ma réussite est attribuable à la faveur et à la bénédiction de Dieu par rapport aux choix que j’ai faits alors que j’étais dans la vingtaine. Ma mère m’a toujours dit que celui qui ne défend rien chute pour n’importe quelle raison. En ce qui me concerne, la décision la plus déterminante que j’ai prise, c’est d’obéir à Dieu, surtout quand les enjeux étaient élevés. Remontons à l’un de ces moments décisifs de ma carrière qui s’est produit il y a des décennies. Je m’en souviens comme si c’était hier ! Il s’agit des examens de fin d’année à la faculté de droit. En entendant mon chargé de cours annoncer à ma classe que le tout dernier examen se déroulerait pendant les heures du sabbat, mon estomac se noue. « Il n’y aura pas d’exceptions – pas même pour les adventistes dans cette classe », vocifère-t-il. Aïe ! Ne pas me présenter à cet examen revient à renoncer à mon diplôme en droit. Au cours des cinq dernières années, j’ai passé des tas de nuits blanches, je me suis bourré le crâne de livres volumineux. Aurais-je fait ces efforts et vécu toutes ces inquiétudes pour rien ? Seigneur, tu comprendras certainement si je me présente à ce dernier examen, n’est-ce pas ? La pensée est vraiment trop tentante. À ce moment-là – et il en est toujours ainsi alors que je suis dans la cinquantaine – ma plus grande crainte, c’est l’échec.

Avec chaque challenge vient un choix. Le jour fatidique, de nombreux camarades de classe, adventistes comme moi, se présentent dans la salle d’examen, alors que moi, je me rends à l’église pour ouvrir le sabbat. Je comprends que mon avenir académique est incertain. Ma chance d’obtenir mon diplôme est mince. Bravo, cinq ans d’études en droit à la poubelle ! Mais au cœur de mes inquiétudes, la paix de Dieu m’envahit. Chaque choix entraîne une conséquence. La semaine suivante, je porte mon cas en appel devant le doyen. Il me réfère au chargé de cours, lequel est livide de colère parce qu’il considère mon absence à cet examen donné le sabbat comme un acte de rébellion. Cependant, par une étrange tournure des événements, il m’offre de me présenter à un examen supplémentaire spécial le mois suivant. Je suis abasourdi ! Le même Dieu qui a délivré les trois Hébreux (Dn 3) intervient juste pour moi ! Il a orchestré les événements de sorte que je disposerai d’un mois supplémentaire pour me préparer à cet important examen final ! Mon nom se retrouve finalement sur la liste des diplômés en droit avec distinction. Le choix détermine notre caractère. Alors que nous approchons de la fin, l’adoration sera l’enjeu déterminant. « Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue » (Ap 14.7) est l’appel retentissant des derniers jours de la terre. J’ai découvert que les bons choix que j’ai faits dans ma jeunesse m’aident à faire de bons choix maintenant et me préparent à faire de même dans l’avenir. La simple décision de ne pas céder à la pression de me présenter à un examen le sabbat m’a préparé à des décisions encore plus difficiles. Avec chaque challenge vient un choix, ce qui mène à une conséquence, ce qui détermine, à la longue, notre caractère. * Tous mes remerciements à mon ami avocat qui m’a permis de raconter cette histoire vraie comme si j’étais lui.

Frederick Kimani est médecin consultant à Nairobi, au Kenya. Avec passion, il s’efforce de jeter des ponts entre Dieu et les jeunes par le biais de la musique.

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Perspective mondiale

Faire confiance à Dieu au cœur des défis Notre raison de chanter des chants joyeux

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u’est-ce qui vous rend heureux ? Qu’est-ce qui vous remplit de joie ? Si ces sentiments de bonheur peuvent être passagers, en revanche, la joie – la vraie joie – est profonde et durable. Au lieu de varier selon les circonstances présentes, elle regarde l’ensemble du tableau et mène à une satisfaction stable et durable. Avec ses près de 200 versets répartis d’un bout à l’autre de l’Ancien et du Nouveau Testament, la Bible déborde de joie ! Parmi les nombreux thèmes bibliques, les Écritures soulignent que cette joie résulte souvent de la confiance en Dieu et de la conformité à sa volonté, même lorsque les circonstances semblent redoutables. L’histoire de la joie consignée dans 2 Chroniques 20 révèle la puissance de Dieu, lequel combat pour ses enfants lorsqu’ils n se réunissent « pour implorer l’aide du Seigneur » (v. 4) n prient avec ferveur – Dans la magnifique prière consignée dans les versets 6 à 12, Josaphat reconnaît la grandeur et la puissance de Dieu, raconte les miséricordes passées de Dieu envers son peuple, et se réclame des promesses divines de les délivrer de leurs ennemis. Il reconnaît leur propre impuissance et, tandis qu’il termine sa prière, laisse à Dieu le soin de juger : « Ô notre Dieu, n’exerceras-tu pas tes jugements sur eux ? Car nous sommes sans force devant cette multitude nombreuse qui s’avance contre nous, et nous ne savons que faire, mais nos yeux sont sur toi. » (v. 12) n écoutent les prophètes de Dieu et suivent leurs instructions – Dans cette histoire, Dieu suscita le prophète Jachaziel pour parler à son peuple. « Ainsi vous parle l’Éternel : Ne craignez point et ne vous effrayez point devant cette multitude nombreuse, car ce ne sera pas vous qui combattrez, ce sera Dieu. » (v. 15) Jachaziel donna alors des


instructions spécifiques au sujet de la façon dont Juda devait affronter ses ennemis, et les rassura de nouveau : « Ne craignez point et ne vous effrayez point, demain, sortez à leur rencontre, et l’Éternel sera avec vous ! » (v. 17) Déterminé à croire le message que Dieu avait donné à Jachaziel et à agir en conséquence, Josaphat déclara : « Confiez-vous en l’Éternel, votre Dieu, et vous serez affermis ; confiez-vous en ses prophètes, et vous réussirez. » (v. 20) Ensuite, après s’être concerté avec le peuple, « il nomma des chantres qui, revêtus d’ornements sacrés, et marchant devant l’armée, célébraient l’Éternel » (v. 21). Tandis que les enfants de Dieu avançaient par la foi, Dieu accomplit ses promesses envers eux de façon extraordinaire et leur donna la victoire ! « Tous les hommes de Juda et de Jérusalem, ayant à leur tête Josaphat, partirent joyeux pour retourner à Jérusalem, car l’Éternel les avait remplis de joie en les délivrant de leurs ennemis. » (v. 27) LA JOIE DU SEIGNEUR

Dans la Bible, Néhémie 8.10 constitue l’une des déclarations de joie les plus connues : « Ne vous affligez pas, car la joie de l’Éternel sera votre force ». Les circonstances entourant cette déclaration n’ont pourtant rien de bien joyeux en apparence. Un grand nombre des captifs israélites à Babylone étaient retournés à Jérusalem pour y découvrir, hélas, une ville ruinée, un temple endommagé, et une muraille renversée. Ils restaurèrent le temple. Par contre, ce ne fut que lorsque Esdras et Néhémie entrèrent en scène des décennies plus tard que la muraille fut reconstruite. Une bonne partie de la ville était toujours en ruine. Après la reconstruction de la muraille et l’installation de ses portes, « tout le peuple s’assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des eaux. Ils dirent à Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la loi de Moïse, prescrite par

l’Éternel à Israël. » (v. 1) Se tenant sur une haute estrade en bois, Esdras commença à lire les Écritures lentement et distinctement. En outre, les Lévites se dispersèrent parmi le peuple pour l’aider à comprendre ce qu’on lui lisait. Tandis que les Israélites commençaient à saisir la signification de la loi de Dieu, ils se mirent à pleurer. Ils comprirent la gravité de leurs transgressions. Convaincus de péché, ils versèrent des larmes de repentance, se prosternèrent, et adorèrent Dieu. « Ce récit devrait servir de leçon à tous ceux qui sont convaincus de leurs péchés, et comme écrasés par le poids de leur indignité, écrit Ellen White. Tous les repentirs sincères procurent au croyant une joie durable. Lorsqu’un pécheur cède à l’influence de l’Esprit, il voit sa culpabilité et sa souillure jurer avec la sainteté du grand médecin des âmes. Il se voit condamné par ses transgressions ; mais qu’il ne se laisse pas aller au désespoir, car le pardon lui a déjà été accordé. Il doit se réjouir lorsqu’il a le sentiment de la rémission de son péché, grâce à l’amour d’un Père céleste qui pardonne abondamment. C’est la gloire de Dieu d’entourer de sa tendre sollicitude tous les pécheurs qui se repentent, de bander leurs blessures, de laver leurs péchés et de les revêtir de la robe du salut1. »  Quelle bonne raison de se réjouir ! La joie du Seigneur est vraiment notre force ! Et quelle est cette joie ? La promesse de pardon, de purification, et de restauration ! C’est ainsi qu’il nous ramène à nous conformer à la volonté de Dieu pour notre vie. Nous pouvons recevoir cette joie du Seigneur – l’espérance de l’éternité avec lui – dès maintenant. TRANSFORMÉS PAR LA CONTEMPLATION

Ellen White a écrit : « Par JésusChrist, les fils d’Adam deviennent “fils de Dieu”. […] “Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi.” (1 Jn 5.4) […]

« Tels sont les fruits de la conversion et de la sanctification prescrites par la Bible. On les voit si rarement parce que, dans le monde chrétien, les grands principes de justice de la loi de Dieu ne sont pas appréciés. […] « La contemplation du Sauveur nous transforme à son image. Mais si les préceptes par lesquels Dieu nous a révélé sa sainteté et la perfection de son caractère sont méconnus et sont remplacés par les enseignements et les théories des hommes, comment s’étonner qu’il s’ensuive un déclin de la piété vivante dans l’Église? […] « “Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, […] mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point : tout ce qu’il fait lui réussit.” (Ps 1.1-3)  « Ce n’est que lorsque le décalogue aura retrouvé la place qui lui appartient que l’on assistera, au sein du peuple de Dieu, au réveil de la foi et de la piété primitives. “Ainsi parle l’Éternel : Placez-vous sur les chemins, regardez, et demandez quels sont les anciens sentiers, quelle est la bonne voie ; marchez-y, et vous trouverez le repos de vos âmes2.” (Jr 6.16) » Tout ce que Dieu mettra dans notre âme tandis que nous nous branchons quotidiennement sur lui produira notre plus grande joie éternellement – et tout ça, grâce à lui ! 1 2

Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 506, 507. Idem., La tragédie des siècles, p. 519.

Ted N. C. Wilson est le président de l’Église adventiste du septième jour. Des articles et des commentaires supplémentaires sont disponibles depuis le bureau du président sur Twitter : @pastortedwilson, et sur Facebook : @PastorTedWilson.

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Méditation

La joie de l’Éternel sera votre force D

écembre 2001 a marqué une période difficile pour les habitants de l’Argentine. Le 1er décembre, le ministre des Finances du pays a annoncé un gel de tous les comptes bancaires. Personne ne pouvait retirer de l’argent de son compte ; les cartes de crédit et de débit ne fonctionnaient pas. L’argent liquide était roi – et si quelqu’un n’avait pas de liquidité chez lui, les choses devenaient bientôt très complexes. Ce gel ne devait durer que quelques jours. La dévaluation du peso argentin signifiait initialement la perte d’environ la moitié de son pouvoir d’achat. En conséquence, l’agitation sociale a rapidement augmenté. Les gens qui ne pouvaient acheter de la nourriture avaient quand même besoin de manger. Dans de nombreuses parties du pays, les épiceries ont été pillées. En décembre 2001, ma famille et moi habitions en Argentine. Le guichet automatique de notre petite université ne fournissait aucun argent non plus. Nous avions un peu d’argent chez nous – et personne ne savait quand les banques ouvriraient de nouveau. Le pessimisme s’est installé dans le pays pendant la période de l’année où l’on chante traditionnellement « Sainte nuit » et où l’on

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s’offre mutuellement des présents. Nos deux filles (4 et 2 ans), elles, n’étaient pas vraiment conscientes de cette crise. La température estivale était agréable ; il n’y avait pas de cours à l’école (ou à l’université), et Noël approchait à grands pas. Ma femme et moi n’avions pas l’esprit tranquille. Heureusement, l’université nous a offert de nous faire crédit pour nos petites emplettes locales, de sorte que nous ne manquions pas de nourriture. Avec le peu d’argent liquide qu’il nous restait, nous avons décidé d’aller à la grande ville la plus près, de faire nos courses à notre supermarché, et d’acheter quelques petits cadeaux à nos filles. Les stocks étaient très bas. Même si l’on a de la liquidité, à quoi sert-elle quand la plupart des étagères sont vides ? Finalement, nous avons acheté deux tasses, deux assiettes et deux bols de céréales en plastique aux couleurs coordonnées. Ce n’était pas le cadeau du siècle, mais bon ! Noël est venu rapidement. En plus de la vaisselle en plastique jaune et verte que nous venions d’acheter, Chantal, ma femme, a confectionné un joli tablier pour chaque fille. Je n’oublierai jamais la joie toute pure éclairant le visage de nos filles alors qu’elles déballaient leurs cadeaux et apercevaient leur vaisselle en plastique ! Elles la tenaient et la contemplaient, l’air rayonnant. Nos petites ont bien veillé à ce que nous nous en servions au repas suivant. Dix-huit


ans plus tard, nous avons toujours dans notre placard cette vaisselle, légèrement abîmée et bien utilisée. Nous n’osons pas nous en débarrasser, car elle raconte une histoire de reconnaissance et de joie. POURQUOI N’ÉPROUVONSNOUS PAS DE JOIE ?

Pour Esdras et Néhémie, lesquels vivaient dans la Jérusalem postexilique, les temps étaient également difficiles. Des décennies plus tôt, Dieu avait ramené son peuple de la captivité babylonienne – du moins ceux qui l’avaient bien voulu (Es 1,2). Le spectacle auquel ils eurent droit à leur arrivée était décourageant. La ville et son temple étaient en ruines. Il n’y avait ni muraille, ni protection. Bon nombre des peuples environnants observaient les exilés de retour dans leur pays avec suspicion ou hostilité. Maintenant, 80 ans après que le premier groupe fût retourné et eût rebâti le temple, les choses ne semblaient pas s’être améliorées. Comment peut-on faire confiance à Dieu en face de défis insurmontables ? Comment peut-on se réjouir lorsqu’on lutte pour survivre et que Dieu semble absent ? Comment peut-on aller de l’avant quand il semble se taire ? Les problèmes des Israélites n’étaient, hélas, pas que matériels. Ils avaient besoin d’une nouvelle muraille pour protéger Jérusalem – et Dieu répondit à ce besoin. Mais au-delà de la muraille brisée, ils avaient également besoin que Dieu répare leurs vies brisées. Nous sommes brisés lorsque nous ignorons (activement ou passivement) la volonté de Dieu pour notre vie. Nous sommes brisés lorsque nous perdons de vue nos semblables qui ont besoin de sa grâce, et que nous nous focalisons uniquement sur nos propres besoins. Israël avait ignoré la volonté de Dieu pour sa vie. Israël avait foulé aux pieds les droits des faibles et des désespérés. L’égoïsme et la cupidité ont le don de tuer la joie et l’espérance.

LE REMÈDE

C’est alors qu’Esdras et Néhémie conçurent un plan. Esdras, scribe et prêtre, et Néhémie, gouverneur nommé par la cour, convoquèrent une réunion (voir Ne 8). Ils construisirent une estrade en bois en plein air, sur la place devant la porte des eaux. Tous avaient été invités à écouter la seule chose qui nous aide à nous refocaliser et à nous ranimer – la Parole de Dieu. Ce n’était pas un service de culte ordinaire à 11 heures. Depuis le matin jusqu’à midi, les dirigeants lurent dans la Torah, la loi de Dieu. Et puisque beaucoup d’entre eux avaient perdu la capacité de comprendre l’hébreu, ils eurent le bonheur d’avoir une traduction simultanée où on leur fit comprendre la loi de Dieu (Ne 8.7,8). Comment réagissons-nous lorsque nous sommes confrontés à la puissance de la Parole de Dieu tout en étant coincés dans nos réalités égoïstes ? La plupart d’entre nous pleurent. Nous comprenons qui nous sommes réellement lorsque nous nous regardons dans le miroir de la Parole de Dieu. Les auditeurs d’Esdras et de Néhémie pleurèrent, eux aussi, tandis qu’ils écoutaient attentivement (v. 9). C’est alors qu’Esdras fit une déclaration étonnante : « Allez, mangez des viandes grasses et buvez des liqueurs douces, et envoyez des portions à ceux qui n’ont rien de préparé, car ce jour est consacré à notre Seigneur ; ne vous affligez pas, car la joie de l’Éternel sera votre force. » (v. 10) Il ne s’agit pas ici d’un texte traitant de la réforme sanitaire ou du mode de vie sain. Dans un monde d’aliments non raffinés et souvent très limité en produits alimentaires, manger des viandes grasses et boire des liqueurs douces était une façon de dire : « Célébrons les abondantes provisions et bénédictions de Dieu – et ensuite, partageons ces bénédictions avec ceux qui nous entourent. » C’est la dernière section du verset qui retient notre attention. Faites toutes ces choses, dit Esdras, « car la joie de

l’Éternel sera votre force ». Les érudits de l’Ancien Testament se sont interrogés sur cette phrase. La joie de l’Éternel se réfère-t-elle à la joie d’Israël en leur Dieu, ou pointet-elle vers quelque chose d’encore plus palpitant et enthousiasmant ? Se pourrait-il que le texte biblique pointe vers la joie que le Seigneur éprouve lorsqu’il voit son peuple uni dans l’adoration et qui, enfin, voit l’ensemble du tableau ? Sur le plan linguistique, les deux options constituent des interprétations valables*. Sur le plan théologique, je me sens davantage interpelé par la seconde option. Notre force n’est pas une joie que nous produisons nous-mêmes – même si cela signifie comprendre une théologie complexe. Notre force est ancrée dans la grâce de Dieu et dans sa joie relative à notre salut et à notre engagement. C’est à cela que Jésus fait allusion lorsqu’il dit qu’il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent (Lc 15.7). Nous pouvons voir dans la parabole du fils prodigue cette joie du père qui court au-devant de son fils perdu, l’embrasse, et proclame la célébration d’une fête (v. 20-24). Nos deux filles ne se souviennent pas vraiment du crash du peso argentin de 2001. Par contre, elles se souviennent de leur vaisselle en plastique. Leur joie a rendu notre journée inoubliable. De même, notre force est ancrée dans la joie de Dieu à notre sujet. Qu’il est merveilleux ce Dieu qui se plaît à donner sa grâce aux ingrats et aux indociles ! * G. C. I. Wong, « Notes on ‘Joy’ in Nehemiah viii 10 », Vetus Testamentum 45.3, 1995, p. 383-386.

Gerald A. Klingbeil est rédacteur adjoint de Adventist World. Il aspire à creuser profondément dans la joie de Dieu et à la partager avec ses semblables.

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Foi en action

Éprouvés par le feu

Survivre – et diriger – au cœur d’une perte inimaginable

D

an et Linda Martella habitent à Paradise, en Californie, aux contreforts de la Sierra Nevada – un endroit sujet aux feux de forêt. Dans ce contexte, ils ont déjà participé à des exercices d’évacuation. « Il y a quelques années, on a évacué les maisons dans un rayon d’environ deux kilomètres, raconte Dan. Nous avons chargé les voitures [pour nous préparer] à partir. Bref, nous nous exercions au cas où un incendie majeur se produirait. » Dan est pasteur administratif de l’église adventiste de Paradise. Linda travaillait à Adventist Health Feather River – le plus grand employeur au sein de cette agglomération de près de 30 000 habitants. Dans la matinée du 8 novembre 2018, les Martella et tous ceux qui se trouvaient à Paradise ont dû fuir le « Camp Fire » comme on l’appelle – un feu désormais considéré comme le feu de forêt le plus meurtrier et le plus destructeur de l’histoire de la Californie. Steve Hamilton est pasteur en chef de l’église adventiste de Paradise. Auparavant, il était directeur de la jeunesse de la Fédération Rocky Mountain, au Colorado. Steve, Delinda, sa femme, et leurs trois enfants – Katie, Ashley, et Andrew – se sont établis à Paradise cinq jours seulement avant que le feu ne détruise près de 19 000 bâtiments (14 000 maisons) et ne déplace des dizaines de milliers de personnes. Que se passe-t-il lorsque la catastrophe frappe de façon soudaine, sans avertissement, si bien qu’il ne nous reste pour tous biens que ce que nous avons pu transférer dans la voiture ? ORGANISER UN RÉTABLISSEMENT

Steve Hamilton se souvient : « C’était difficile de garder la trace de nos gens et d’imaginer où ils pouvaient demeurer. » Les membres d’église qui possèdent une maison dans certaines des collectivités environnantes ont accueilli sur leur propriété des propriétaires de roulottes et de maisons motorisées. Des adventistes des agglomérations environnantes, particulièrement de Chico, ont ouvert leurs maisons et offert leurs chambres d’invités à d’autres victimes du feu de forêt. « Ma famille et moi avons demeuré dans un petit studio pendant quatre mois, a expliqué Steve. C’est à Chico et à Paradise que la catastrophe s’est réellement produite, a-t-il dit. Chico, heureusement, n’a pas brûlé ; par contre, le 20

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déplacement de tous les résidents de Paradise et des régions environnantes a eu un lourd impact sur Chico. » Le sabbat suivant le feu de jeudi, les membres des églises adventistes de Paradise et de Chico se sont réunis pour offrir soutien et secours. Les églises adventistes tout le long de la côte ouest des États-Unis ont fourni des approvisionnements de secours : nourriture, eau potable, articles de toilette, literie. Steve poursuit : « Les membres d’une église adventiste ont apporté de la nourriture pour 700 personnes et nourri les gens après le service de culte. » Ed Fargusson, assistant du président de la Fédération du nord de la Californie, n’oubliera pas de sitôt ce premier sabbat : « Des centaines de personnes étaient là, dont beaucoup que je connaissais. Je suis simplement passé d’une table à l’autre, écoutant leurs histoires. C’est alors qu’une dure vérité m’a frappé : ces gens venaient juste de tout perdre ! Et ils n’avaient pas encore une idée de l’ampleur de la catastrophe. » En voici le triste bilan : les flammes ont dévoré les maisons de 385 familles adventistes. Quelques maisons à Paradise (environ 10 pour cent) ont tenu le coup. La reconstruction sera un processus lent et frustrant. En janvier, a rapporté Steve


Photo du U. S. Air National Guard par Crystal Housman, soldate senior

NASA

Hamilton, on a demandé au comté des permis pour commencer à enlever les débris de l’église et de l’école adventistes de Paradise – enlever les débris, c’est tout. En mars, ces permis n’étaient toujours pas accordés. Quelques familles adventistes ayant tout perdu ont déménagé dans d’autres parties de l’État, ou même dans d’autres États. Celles qui ont choisi de rester prévoient qu’il faudra des mois, voire des années avant de reprendre une vie normale. DIEU EST TOUJOURS AU CONTRÔLE

Comment peut-on discerner la logique d’une catastrophe de cette ampleur ? Comment commencer à rassembler les morceaux ? Pour Steve Hamilton, l’heure n’est pas à douter de la direction divine. « Nous avons l’assurance que c’est ici que Dieu nous a conduits. Nous ne croyons pas que son appel dans notre vie change parce que les choses se corsent ou sont différentes de nos plans. » Il faut donc aller de l’avant ! La Fédération du nord de la Californie a réuni les églises de Chico et de Paradise en un district de deux églises, et nommé Steve en tant que pasteur en chef de ce district. L’Académie adven-

tiste de Paradise s’est relocalisée dans l’église adventiste de Chico pour permettre aux étudiants de compléter leur année scolaire, tandis que l’école adventiste de Chico Oaks, elle, tient ses cours quelques mètres plus loin. Un comité a été mis sur pied pour étudier comment on pourra rebâtir une présence adventiste à Paradise : une présence qui, avant le feu, consistait en une église de 1 300 membres, une école primaire et une école secondaire adventistes, et un établissement de soins de santé – l’un des plus grands établissements adventistes dans le nord de la Californie. « L’église [bâtiment] était assurée, explique Steve. On en construira une nouvelle à Paradise. Ce à quoi elle ressemblera […] et ce à quoi ressemblera la collectivité qu’elle est appelée à servir fait partie du processus qui s’effectuera au cours des prochaines années. » Ce processus implique non seulement de rebâtir l’église, mais aussi de rebâtir la collectivité. Outre les foyers et les bâtiments détruits, une bonne partie de l’infrastructure a été également détruite –entreprises, écoles, églises, établissements. Dan Martella, lui, préfère le mot « parcours » à « processus ». « Nous sommes loin de la fin de ce parcours. Nous ne nous sommes jamais retrouvés dans une situation aussi difficile auparavant. Pas évident de savoir quand tout sera résolu. » Dan a mentionné certains des éléments essentiels qui ont aidé sa femme et lui à survivre. Il a dit combien sa famille les a soutenus tandis qu’ils recommençaient à zéro. « Nous sommes en vie. Nous avons

nos photos de famille. Et nous nous avons l’un l’autre. » Il a aussi mentionné l’importance de sa famille ecclésiastique, comment elle a survécu (un adventiste est au nombre des 85 personnes qui ont péri), et comment cette terrible expérience l’a affectée. « Il est possible que la moitié de notre congrégation déménage à l’extérieur de la région. » S’il existe un côté positif à cet événement catastrophique, Ed Fargusson le voit dans la façon dont la communauté adventiste dans cette partie de l’État s’est réunie pour aider les gens à repartir à zéro. Quelques heures après le passage du feu, l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence (FEMA) a approché la Fédération du nord de la Californie pour lui demander si elle pourrait trouver un refuge pour ses propres membres, afin de décharger l’ensemble du système. « J’ai appris que des bénévoles se sont pointés et ont offert gratuitement leurs services que certains disaient ne pouvoir se payer, dit Ed. C’est là la beauté de l’Église. Lorsqu’on se retrouve en situation de besoin comme celle-ci, on peut faire appel aux membres, et la première chose que l’on sait, c’est que l’on se retrouve rapidement avec toute une armée derrière soi. »

Stephen Chavez est rédacteur adjoint de Adventist World.

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Esprit de prophétie

Notre quête de contentement Dans ce numéro, nous désirons souligner, par les citations inspirées suivantes, le thème de la joie. Puissent-elles être pour vous une source intarissable d’encouragement ! – La rédaction

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La joie est insaisissable – à moins de savoir dans quelle direction regarder


Il n’y a aucune joie véritable sur le sentier défendu par celui qui fait tout en vue de notre bien1. La plus grande joie de [Christ], c’est d’avoir avec lui son Église, afin qu’elle participe à sa gloire. Christ réclame le privilège d’avoir son Église avec lui2. L’absence de joie n’est pas une preuve qu’une personne est ou n’est pas sanctifiée3.   Notre Père céleste ne prive de la joie aucune de ses créatures4.  Partout où [Jésus] allait, il apportait avec lui le calme, la paix, l’enjouement et la joie5.  La joie du Christ, au milieu de ses humiliations et de ses souffrances, était à la pensée que ses disciples seraient glorifiés avec lui6. Le salut de [l’humanité] faisait toute sa joie7. La lumière est source d’allégresse et de joie, et cette joie s’exprime dans la vie et le caractère8.

Nos efforts pour sauver les âmes devraient être toute notre joie9.

Quand le Christ remplit une âme, il est une source de joie18.

Il y a du contentement et même de la joie à fouler le sentier de l’obéissance10.

Ils possèdent une paix et une joie indescriptibles ceux qui prennent Dieu au mot19.

Dès maintenant, nous pouvons entrevoir quelques rayons de sa présence et jouir d’un avant-goût des joies célestes. Mais la plénitude de cette allégresse et de cette félicité ne sera connue que dans l’au-delà11. L’Éternel veut […] remplir la terre de joie et de paix12. Dieu est la source de la vie, comme il est la lumière et la joie de l’univers13.  En vue de […] conserver [la santé] intacte, nos cœurs doivent être remplis de l’amour, de l’espérance et de la joie dans le Seigneur14.

Ellen G. White, Vers Jésus, p. 70. Idem., Testimonies to Ministers and Gospel Workers, p. 21. Idem., Conseils à l’Église, p. 42. 4 Idem., Vers Jésus, p. 71. 5 Ibid., p. 183. 6 Idem., Jésus-Christ, p. 623. 7 Idem., Testimonies for the Church, Mountain View, Calif., Pacific Press Pub. Assn., 1948, vol. 2, p. 686. 8 Idem., Seventh-day Adventist Bible Commentary, Washington, D.C., Review and Herald Pub. Assn., 1956, vol. 5, p. 1 144. 9 Idem., Testimonies for the Church, vol. 5, p. 481. 10 Idem., Conseils aux éducateurs, aux parents et aux étudiants, p. 81. 11 Idem., Patriarches et prophètes, p. 589. 12 Idem., Les paraboles de Jésus, p. 251. 13 Idem., Vers Jésus, p. 117. 14 Idem., Conseils à l’économe, p. 121. 15 Idem., Le foyer chrétien, p. 416. 16 Idem., Testimonies to Ministers and Gospel Workers, p. 390. 17 Idem., Conquérants pacifiques, p. 283. 18 Idem., Les paraboles de Jésus, p. 135. 19 Idem., Messages à la jeunesse, p. 96. 1 2 3

Les adventistes du septième jour croient qu’Ellen G. White (1827-1915) a exercé le don de prophétie biblique pendant plus de 70 ans de ministère public. Les citations qui précèdent sont tirées de plusieurs de ses livres.

Le ciel est rempli d’allégresse15. En Christ se trouve la plénitude d’une joie éternelle16. La joie la plus parfaite a son origine dans l’humilité la plus profonde17. 

Photo : Kalen Emsley

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Rétrospective

Sans-abri pour Christ La mission d’un homme pour changer les choses

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on mari et moi avons assisté au Concile annuel de Battle Creek, au Michigan (États-Unis) en octobre 2018. Tandis que nous entrions dans la salle à manger, nous nous sommes joints à Jeff Jordan et à Melissa, sa femme. Ce repas a été intéressant et animé – intéressant en raison de la conversation, et animé parce que Melissa servait d’interprète à Jeff, lequel est sourd (par conséquent, elle n’a pas eu le temps de manger beaucoup !). Jeff est pasteur de Southern Deaf Fellowship, près de Collegedale, au Tennessee. Ses mains sont constamment en mouvement parce qu’il parle la langue des signes américaine. Melissa interprète. En 2016, il a été nommé coordinateur adjoint (honorifique) du ministère envers les sourds au bureau du Ministère des besoins spéciaux de la Conférence générale. Ce jour-là, tandis que nous nous entretenions avec eux, Jeff et Melissa nous ont parlé avec enthousiasme d’une découverte au cimetière Battle Creek’s Oak Hill. Y est inhumé Eliphalet M. Kimball, que l’on croit être le premier « missionnaire » adventiste pour les sourds. Intriguée, j’ai fait quelques recherches au cours desquelles j’ai découvert l’histoire fascinante d’un homme peu connu dans l’adventisme. 24

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Eliphalet Morrell Kimball naquit le 15 mars 1816 à Lyme, au New Hampshire. Il était l’un des 12 enfants d’Eliphalet et de Betsey Kimball. À l’âge de 4 ans, il contracta la fièvre boutonneuse, dont les complications entraînèrent la perte de l’ouïe des deux oreilles. À l’époque de la naissance d’Eliphalet, plusieurs hommes dans la partie nord-est des États-Unis étaient parents d’enfants sourds et cherchaient un moyen de les éduquer. En 1817, ils établirent l’Asile du Connecticut pour l’éducation et l’instruction des sourdsmuets1. Cet établissement fut providentiel pour Eliphalet et eut un impact formidable sur le cours de sa vie. C’est à l’âge de 15 ans que ses parents l’envoyèrent à cette école, où non seulement on insistait fortement sur la lecture, l’écriture et les maths, mais aussi sur la formation religieuse. Les étudiants apprenaient à communiquer par la langue des signes (ou parler avec les mains). Là, il rencontra sa future femme, Mary Webster, elle aussi sourde-muette2. Ils se marièrent en 1839 et s’établirent au New Hampshire. Le couple eut deux enfants à l’ouïe parfaite. Photos : Merle Poirier


On aperçoit ici Jeff Jordan (à gauche) et Melissa, sa femme, à la pierre tombale d’Eliphalet Kimball, au cimetière Battle Creek’s Oak Hill, à Battle Creek, au Michigan.

En 1852, les Kimball décidèrent de s’établir dans l’ouest, s’arrêtant en Indiana pour rendre visite à un sourd-muet. Pendant cette visite, Eliphalet reçut une brochure selon laquelle l’âme des êtres humains n’est pas immortelle. Baptiste depuis toujours et fervent étudiant de la Bible, Eliphalet se mit à étudier sa Bible à ce sujet, histoire de comparer ce qu’elle disait sur la mort avec la déclaration de cette brochure. Les Kimball s’établirent au Wisconsin. Ils habitèrent chez le frère d’Eliphalet et continuèrent à sonder les Écritures. Plus tard, alors que les Kimball habitaient à Anamosa, en Iowa, Merritt E. Cornell tint une campagne d’évangélisation en hiver 1860, au palais de justice. Elle suscita l’intérêt de la population et attira un auditoire enthousiaste. À cause de leur surdité, les Kimball n’avaient pas entendu parler de cette campagne. Mais leurs enfants, attirés par les foules, leur apprirent la nouvelle. Eliphalet demanda à Merritt Cornell des imprimés sur le sabbat, et de nouveau, sonda les Écritures pour lui-même. Convaincus de la vérité du sabbat, sa femme et lui commencèrent à observer fidèlement – bien que seuls à le faire – le septième jour. La fille des Kimball se maria et s’établit au Missouri, tandis que leur fils, lui, s’établit au Kansas. En 1867, les Kimball divisèrent leur temps entre leurs deux enfants – six mois avec leur fille, durant lesquels ils observaient le sabbat avec elle (son mari était incroyant), et six mois avec leur fils, chez qui ils gardaient seuls le sabbat. Deux ans plus tard, Mary, la femme d’Eliphalet, s’éteignit. On l’inhuma à Leavenworth, au Kansas. Six mois après le décès de Mary, le désir ardent d’Eliphalet d’étendre l’Évangile à ceux qui avaient le même handicap que le sien le poussa à devenir un « sans-abri » – à aller là où le Seigneur le conduirait pour enseigner et prêcher aux sourds-muets. Il se rendit

de lieu en lieu, prêchant et enseignant, vivant et travaillant avec quiconque l’accueillerait. Il vécut au Kansas, en Iowa, en Illinois, au Massachusetts, au New Hampshire, au Vermont, au Connecticut, et dans le Maine. Utilisant ses mains pour enseigner et pour offrir des brochures, Eliphalet laissa dans son sillon des convertis. « Un sourd-muet auquel il a rendu visite à St. Joseph a accepté le sabbat, ainsi que deux autres à qui il a enseigné la vérité dans le sud du Nebraska. Depuis, il a visité le New Hampshire, le Massachussetts, le Connecticut, le New Jersey, le Rhode Island, et les villes de New York et Brooklyn. Maintenant, il travaille dans l’État du Maine. Trois muets au Connecticut observent le sabbat : deux autres désirent l’observer. […] Trois au Massachussetts observent le sabbat, et d’autres [sont] intéressés à en découvrir davantage à ce sujet. Au New Hampshire, on compte maintenant cinq observateurs du sabbat3. » Eliphalet vécut chez le Dr Hill et sa femme pendant six mois pour enseigner à leur fille sourde-muette. Il lui présenta les vérités de la Bible. Ellen White, qui prêchait au camp-meeting, dans l’État de l’Indiana en août 1877, rencontra les Hill : « Une caractéristique fort intéressante de cette réunion fut le cas d’une fille de frère et sœur Hill, une sourde-muette âgée de 16 ans. Elle s’est unie aux intercesseurs, et a prié par signes ; ce fut une scène des plus solennelles et impressionnantes4. » Ellen White poursuivit en disant que les Hill et leur fille étaient baptisés. Dix jours plus tard, lors d’un camp-meeting se déroulant à Groveland, au Massachussetts, trois autres sourds-muets furent baptisés, dont Benjamin Brown et sa femme. Ces baptêmes furent tous le résultat des efforts d’évangélisation d’Eliphalet. Un an plus tard, Ellen White commenta par écrit ses rencontres avec lui : « Nous désirions vivement

rencontrer frère Kimbal[l], lequel est sourd-muet et a été missionnaire parmi les sourds-muets. Grâce à ses efforts persévérants, une petite armée a accepté la vérité ! Nous rencontrons ce frère fidèle et plusieurs de ses sourds-muets convertis lors de notre camp annuel. Une personne qui est intéressée, qui a des oreilles pour entendre, écrit une partie du sermon, s’asseye devant ses amis sourdsmuets, et le leur prêche à l’aide de ses mains. Frère Kimbal[l] utilise généreusement ses moyens financiers pour faire avancer l’œuvre missionnaire, honorant ainsi Dieu par ses biens. Bientôt, s’il demeure fidèle, il recevra une précieuse récompense5. » Eliphalet poursuivit ses efforts missionnaires. Des années plus tard, il séjourna au sanatorium de Battle Creek pour se remettre d’une longue maladie. Il s’éteignit à l’âge de 71 ans. Sa pierre tombale est un monument à sa mémoire tandis qu’il attend l’appel de celui qui donne la vie. En ce grand jour, il entendra, exprimera, et chantera la vérité qu’il a tant aimée ! L’œuvre qu’Eliphalet Kimball a commencée il y a si longtemps se poursuit. Tout comme il a amené des sourds à « entendre » le message par le biais des imprimés et de la langue des signes, il existe aujourd’hui un ministère adventiste établi pour les sourds dans 12 pays à l’échelle mondiale (www.adventistdeaf.org). Quel jour de célébration sonore ce sera lorsque Jésus reviendra et qu’alors « s’ouvriront les yeux des aveugles, s’ouvriront les oreilles des sourds [… et que] la langue du muet éclatera de joie » (Es 35.5,6) ! Il s’agit aujourd’hui de l’American School for the Deaf (L’École américaine pour les sourds). Ce fut la première école pour les sourds aux États-Unis. 2 Sourd et muet ou sourd-muet sont des termes utilisés au 19e siècle. On ne les utilise plus. Le terme approprié est « sourd ». 3 Dans Advent Review and Sabbath Herald, 28 janvier 1875. 4 Dans Advent Review and Sabbath Herald, 23 août 1877. 5 Dans Signs of the Times, 12 septembre 1878. 1

Merle Poirier est directrice des opérations de Adventist World.

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La Bible répond

Le dessein de Dieu Q

Pourquoi Dieu a-t-il choisi Israël plutôt qu’un autre peuple ?

R

La Bible fournit une importante information dans ce domaine de l’étude biblique. 1. L’ÉLECTION D’ABRAM

Pour obtenir une meilleure compréhension de l’appel d’Abram (Gn 12.1-3), il nous faut le placer dans le contexte des événements post-Déluge. Après le Déluge, le nouveau commencement de la race humaine fut bientôt endommagé lorsque, dans leur orgueil, les êtres humains cherchèrent à s’auto-préserver (Gn 11.4). C’est de cette corruption spirituelle que les nations de la terre tirèrent leur origine. Dans ce contexte, Dieu ne permit pas à la condition des nations de contrecarrer son plan ou de le rendre inefficace. S’il ne pouvait utiliser les nations de la terre pour accomplir son dessein universel, alors il créerait une nouvelle nation par laquelle son plan du salut serait accompli. Cette nouvelle création n’impliquait pas le rejet des autres nations ; au contraire, elle révélait l’intérêt profond de Dieu pour elles. L’élection d’Abram fut la première étape de Dieu dans la création d’un peuple par lequel il bénirait toutes les nations de la terre. La grâce était disponible pour les êtres humains, indépendamment de la nationalité ou de la race. Par conséquent, l’élection d’Israël visait l’inclusivité. C’est ce que l’on voit dans le choix de Dieu de l’Égypte comme endroit où les 12 tribus deviendraient un grand peuple. L’Égypte était le « sein » à l’intérieur duquel Israël augmenta en nombre et naquit, en fin de compte, par l’Exode. Au lieu de coopérer avec le Seigneur, l’Égypte s’opposa à lui de façon scandaleuse, avec les résultats catastrophiques que l’on connaît. C’est finalement au Sinaï que les 12 tribus devinrent le peuple de Dieu, et que Yahvé devint leur Dieu. 26

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2. TOUT PAR GRÂCE

Le peuple d’Israël ne pouvait se prétendre supérieur aux nations à cause de son élection, parce que l’élection était profondément ancrée dans une grâce divine qui faisait de lui le serviteur des nations (Ex 19.6). Dieu fut on ne peut plus clair : il avait choisi Israël non parce que ce peuple était une grande nation, mais parce qu’il était « le moindre de tous les peuples » (Dt 7.7). Israël fut choisi parce que Dieu accomplissait les promesses qu’il avait faites aux patriarches : « Et c’est à tes pères seulement que l’Éternel s’est attaché pour les aimer ; et, après eux, c’est leur postérité, c’est vous qu’il a choisis d’entre tous les peuples » (Dt 10.15). L’élection se produit dans le contexte de l’amour et de la grâce de Dieu, et non en raison des mérites du peuple. 3. LE DESSEIN DIVIN

Tirant ainsi son origine de l’amour et de la grâce de Dieu, le peuple d’Israël reçut de Dieu la mission d’accomplir le dessein divin dont il était maintenant l’agent : être en bénédiction à toutes les nations de la terre. Dieu confia à Israël ses bénédictions pour les nations, particulièrement à travers la promesse d’un Messie et de son avènement. Le peuple de Dieu garda vivante la promesse que Dieu avait donnée à Adam et à Ève concernant la venue du Fils messianique, jusqu’à l’arrivée de celui-ci en tant que Fils incarné annonçant le salut aux nations de la terre (Lc 2.30,31). Il confia aussi à Israël son plan divin, lequel consistait à établir un royaume qui ne périra jamais et à restaurer la paix et l’harmonie sur la terre. Paul résume cet objectif divin pour Israël en ces termes : « C’est à eux qu’appartiennent l’adoption, la gloire, les alliances, la loi, le culte, les promesses et les patriarches ; c’est d’eux que le Christ est issu dans son humanité, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. Amen ! » (Rm 9.4,5, S21) Tous ces dons ont été confiés aux Israélites mais sont conçus pour la race humaine. Nous participons donc à cette magnifique manifestation de grâce et d’amour.

Ángel Manuel Rodríguez a servi l’Église en tant que pasteur, professeur, et théologien.


Santé & bien-être

Le Congrès mondial de la santé et du mode de vie De quoi s’agit-il ? Tout d’abord, merci pour les articles sur la santé et l’information actualisée qui paraissent régulièrement ! Je vois que le Congrès mondial de la santé et du mode de vie se tiendra du 9 au 13 juillet 2019 à l’Université de Loma Linda, en Californie, aux États-Unis. Pourquoi à Loma Linda ? Ne s’est-il pas tenu à Genève la dernière fois ? Lors de ces congrès, nous bornons-nous à ne parler que de nous ? Travaillons-nous en collaboration avec d’autres organismes de santé importants ?

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l y a 12 ans, Margaret Chan, alors directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a encouragé l’Église adventiste à parler de la santé et du mode de vie au monde. Cette invitation a été dirigée vers le Département du Ministère de la santé de l’Église adventiste par le biais du Bureau des partenariats et de la réforme de l’ONU de Margaret Chan, suite à l’initiative de cette dernière de travailler en collaboration avec des organisations confessionnelles, y compris les Églises. C’est ainsi que le premier Congrès mondial de la santé et du mode de vie sponsorisé par les adventistes s’est tenu en 2009 ! Pourquoi un congrès mondial ? Parce que c’est là une merveilleuse occasion pour les experts de se réunir des quatre coins du globe pour se rencontrer, partager leurs idées, explorer ensemble les développements scientifiques, apprendre, débattre, discuter, former, réseauter. Un congrès mondial revigore, favorise l’augmentation de nos connaissances et l’accroissement de nos relations, et nous rappelle notre mission : partager la santé intégrale et servir nos semblables ! Pourquoi ce congrès se déroule-t-il cette fois-ci à l’Université de Loma Linda ? Le Ministère de la santé et l’Université de Loma Linda (LLU) sont depuis longtemps des partenaires dans l’œuvre et l’éducation en matière de santé. De nombreux et formidables changements se produisent sur le campus de LLU, dont l’érection d’un nouvel hôpital moderne et à la technologie de pointe (la législation étatique en Californie exige la construction d’édifices hospitaliers à l’épreuve des tremblements de terre ; le non-respect de cette norme entraînerait la fermeture de l’hôpital). LLU a été le centre de nombreuses recherches sur la santé, la guérison, le mode de vie, la nutrition, et l’éducation en matière de santé ;

elle poursuit ce rôle important, et se focalise aussi sur les efforts pour apporter santé et guérison par le biais de pratiques médicales et dentaires les meilleures qui soient, et des meilleurs soins infirmiers au monde. De toutes les universités aux États-Unis offrant les programmes de médecine, de soins infirmiers, et de sciences de la santé, LLU a le plus grand rayonnement au niveau mondial. Bien qu’elle ne soit pas l’université la plus grande, elle continue à jeter des ponts à travers le monde entier. Un facteur significatif dans cette histoire de réussite, c’est la relation solide dont LLU jouit avec l’Église adventiste mondiale. C’est là, en continu, un partenariat béni doté d’une synergie puissante. Le Ministère de la santé de l’Église adventiste collabore concrètement avec les organismes de santé internationaux. Avec LLU, nous nous efforçons d’améliorer la pratique des sages-femmes dans quatre centres au Botswana, au Cameroun, au Lesotho, et au Malawi. L’Église adventiste en Inter-Amérique travaille en étroite collaboration avec l’Organisation panaméricaine de la santé, particulièrement dans le domaine de la santé mentale. Lors de cette convocation internationale à venir, intitulée Troisième Congrès mondial de la santé et du mode de vie : votre cerveau, votre corps, nous nous pencherons sur certaines façons dont le mode de vie a un impact non seulement sur notre corps, mais aussi sur notre santé émotionnelle, mentale, spirituelle, et sur notre bien-être. Nous célébrerons aussi les partenariats du Ministère de la santé de l’Église adventiste avec l’Université de Loma Linda, la Commission internationale pour la prévention de l’alcoolisme et la dépendance aux drogues (ICPA), l’OMS, et enfin, avec chaque participant. Pour toute information supplémentaire sur le Congrès mondial de la santé et du mode de vie, il n’y a qu’à consulter le site suivant : conference.healthministries.com.

Peter N. Landless est cardiologue spécialisé en cardiologie nucléaire, et directeur du Ministère de la santé de la Conférence générale. Zeno L. Charles-Marcel, M.D., est directeur adjoint du Ministère de la santé de la Conférence générale.

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Le livre de Savka

L « Je vais vous raconter… » DICK DUERKSEN

’Éternel est mon berger. » Savka Vaselenko lit attentivement ces mots. Il les prononce à mi-voix – dans sa langue aux consonnes dures et aux douces voyelles – et son murmure flotte dans l’air frais de leur chambre. « J’ai tout ce qu’il me faut », conclut le fermier. Il se tourne vers sa femme à ses côtés. « Mama, Dieu est notre berger. » Mama sourit. C’est son rôle de surveiller les voisins, la police, le prêtre, ou quiconque pourrait s’approcher furtivement de leur ferme dans l’espoir de les surprendre en train de lire la Bible. Tout le monde sait qu’ils en ont une. Tout le monde a entendu Savka parler de la joie qu’il a trouvée en touchant les mots imprimés en gros caractères, et, comme il le dit, en entendant « le Créateur parler dans ma propre chambre à coucher ». Les policiers ont fouillé la chambre, la cui-

sine, la grange, la remise, bref, partout où ils croyaient qu’elle pourrait se trouver. Ils ont cherché individuellement et en équipe, mais en vain. Ils n’ont trouvé que des manteaux, des pommes de terre, des matelas remplis de paille, des piles de couvertures, quelques vieux livres scolaires, un poêle à bois. La Bible ? Introuvable ! C’est une grosse Bible, remplie des paroles de Dieu écrites en un ukrainien clair – la langue aux consonnes dures et aux douces voyelles, telle que parlée par les fermiers et les bergers de l’Ukraine, comme ceux qui habitent dans leur village. *** Savka n’a dit à personne – pas même à Fadora, sa femme – où il s’est procuré la Bible. Il ne fait que la tenir près de lui et esquisse le sourire de contentement de celui qui a découvert les sons d’amour de Dieu. Un après-midi, leur premier enfant vient au monde. Savka est dans les champs, travaillant les mottes de terre, trop loin pour entendre les cris du nouveau-né. Fadora a supplié les femmes qui l’ont aidée à accoucher d’apporter le bébé à l’église pour que le prêtre (un homme de loin plus puissant que le maire) lui donne « le nom que Dieu veut qu’il ait, avant que son père ne rentre à la maison ». Elles obéissent. À l’église, une poignée de femmes se joignent à elle. Le prêtre donne au bébé le nom d’Ulas – ce qui signifie « fils de l’hérétique ». Ulas !!! Le son même de ce nom met Fadora en colère. Pourquoi Dieu voudrait-il que son fils s’appelle comme ça ? Avec un tel nom, il ne pourra jamais aller à l’école, entrer dans l’église, ou se trouver un bon travail ! Son fils – le fils de Savka l’hérétique, lequel croit que Dieu parle directement à quiconque lit sa Parole – a été maudit ! Comment pourrait-ce être la volonté de Dieu ? Un jour, le prêtre décide de rassembler une bande d’hommes en colère et de donner une bonne leçon à Savka l’hérétique. Alors qu’ils s’approchent de la ferme, Fadora se cache avec Ulas dans la chambre à coucher. En trouvant Savka dans l’enclos, ils poussent des cris frénétiques. Fadora les entend, puis entend le claquement des fouets, les coups de bâtons, le fracas des outils de la ferme dont ils se servent pour rosser son mari. Indignée, elle sort de la maison et crie après ces bourreaux. Surpris de voir cette femme en colère, ils sont encore plus surpris de l’entendre leur ordonner de Photos : Dick Duerksen


laisser son mari tranquille. Elle se tient là, tel un engin à vapeur quittant la gare, jusqu’à ce que ces hommes – semblables à une bande de loups venus pour tuer mais contraints de partir avant de s’être rassasiés – fichent le camp. « Comment Dieu peut-il ordonner au prêtre de rassembler des hommes méchants pour battre et presque tuer mon mari ? Jamais mon Savka ne se joindrait à cette racaille ! C’est l’homme le plus doux, le plus gentil, et le plus généreux de tout le village ! » Ce jour-là, Fadora décide de passer dans le camp de Savka, le camp des hérétiques. Pendant des jours, elle soigne son mari avec tendresse pour qu’il retrouve ses forces. Eau chaude, eau fraîche, soupe chaude, doux chant. Quels bons médicaments ! *** Maintenant, Fadora a pour mission de cacher la Bible. Savka et elle considèrent le tas de fumier de vache, mais décident qu’un tel endroit ne convient pas à la Parole de Dieu. Finalement, ils choisissent trois endroits sûrs. Tout d’abord, le sac de farine en toile près du poêle. Puis, le lourd manteau de Savka appelé cashuk – celui qu’il porte quand il travaille dehors. Ce manteau suspendu près de la porte est suffisamment grand pour glisser la Bible dans sa manche gauche. Enfin, la cachette préférée de Fadora : un petit sac en toile de la couleur du pain, et qui loge le Livre à la perfection. Quelqu’un approche ? Elle n’a qu’à glisser la Bible dans le sac et à l’ajouter à sa pâte à pain. Ensuite, tout en pétrissant la pâte et les Écritures, elle chante ses chansons de boulangère. Savka et Fadora ne lisent la Bible que le jour, car c’est seulement comme ça qu’ils voient si quelqu’un s’approche de leur propriété. Ils la lisent quotidiennement, ligne par ligne, page par page, soulignant en rouge les mots qui les ont touchés. Un jour, un voisin rend visite à Savka. Il lui demande pourquoi le Livre est aussi important, et s’il peut, lui aussi, en entendre les mots. D’autres viennent à leur tour, jusqu’à ce que finalement, un petit troupeau d’hérétiques se rencontrent régulièrement dans la cuisine, chacun aspirant à connaître la bonté, la douceur, et l’espérance que Savka et Fadora ont découvert dans le Livre.

Savka et Fadora enseignent au jeune Ulas – le fils d’un hérétique, le fils de Dieu – à la lire avec eux. Quand Ulas atteint l’âge de 8 ans, la famille quitte l’Ukraine pour s’établir dans le Dakota du Nord, aux États-Unis. Cet endroit gris et peu peuplé ressemble à ce qu’ils ont connu. Ils y construisent une simple maison en terre et en pierre et la remplissent d’amour. Au printemps, ils plantent du blé dans un champ, font du foin dans un autre, et cultivent un potager rempli de pommes de terre, de betteraves, de carottes, et d’oignons. En ville, au magasin général, Savka parle de sa précieuse Bible et décrit certaines des découvertes qu’il a faites pendant sa lecture. « Saviez-vous que le samedi est le sabbat ? Que lorsque les gens meurent et sont enterrés, ils se reposent dans la tombe jusqu’au grand jour de la résurrection ? Que le baptême doit être fait par immersion et non par aspersion sur la tête ? Et par-dessus tout, que Jésus revient pour prendre ses enfants avec lui ? » Savka s’exprime avec puissance et passion, comme toujours. Interpelé, le commerçant lui pose des questions, et plusieurs autres hommes dans le magasin posent les leurs. Tandis que Savka charge ses paquets sur son chariot, un jeune homme s’approche et lui demande où il a découvert que le sabbat est le samedi. « Eh bien, c’est écrit là, dans la Parole de Dieu ! répond-il. Dans le livre de l’Exode, là où Moïse écrit la loi de Dieu au sommet de la montagne. » « D’autres gens dans la région croient la même chose que vous. Le saviezvous ? » demande le jeune homme. « Non ! répond Savka. Qui sont-ils ? Où puis-je les trouver ? » « Rien de plus facile, reprend le jeune homme. Ils sont membres de l’Église adventiste du septième jour, et plusieurs d’entre eux habitent à quelques kilomètres seulement d’ici. Aimeriezvous les rencontrer ? »

Dick Duerksen, pasteur et conteur, habite à Portland, en Oregon, aux ÉtatsUnis. Il est connu dans le monde entier en tant que « pollinisateur itinérant de la grâce ».

Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division Asie-Pacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif/Directeur de Adventist Review Ministries Bill Knott Directeur international de la publication Chun, Pyung Duk Comité de coordination de Adventist World Si Young Kim, président ; Yukata Inada ; German Lust ; Chun, Pyung Duk ; Han, Suk Hee ; Lyu, Dong Jin Rédacteurs en chef adjoints/Directeurs, Adventist Review Ministries Lael Caesar, Gerald Klingbeil, Greg Scott Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Sandra Blackmer, Stephen Chavez, Costin Jordache, Wilona Karimabadi Rédacteurs basés à Séoul, en Corée Chun, Pyung Duk ; Park, Jae Man ; Kim, Hyo-Jun Gestionnaire de la plateforme numérique Gabriel Begle Gestionnaire des opérations Merle Poirier Coordinatrice de l’évaluation éditoriale Marvene Thorpe-Baptiste Rédacteurs extraordinaires/Conseillers Mark A. Finley, John M. Fowler, E. Edward Zinke Directrice financière Kimberly Brown Conseil d’administration Si Young Kim, président ; Bill Knott, secrétaire ; Chun, Pyung Duk ; Karnik Doukmetzian ; Han, Suk Hee ; Yutaka Inada ; Gerald A. Klingbeil ; Joel Tompkins ; Ray Wahlen ; membres d’office : Juan PrestolPuesán ; G. T. Ng ; Ted N. C. Wilson Direction artistique et design Types & Symbols Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 20904-6600, U.S.A. Numéro de fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910 (LSG). Avec Num. Strongs pour Grec et Hébreu. Texte libre de droits sauf pour les Strong. © Timnathserah Inc., - Canada Sauf mention contraire, toutes les photos importantes portent le © Getty Images 2018. Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, États-Unis d’Amérique Vol. 15, n° 6

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Foi en herbe

le coin des enfants

Sauvée !

L

orsque notre yorkshire-terrier âgé de 15 ans est mort dernièrement, je me suis sentie bien seule. Pourquoi ne pas acheter un autre chien ? J’ai dit à mon mari : « Je vais simplement faire des recherches, et nous verrons bien. » Je me suis branchée sur le site Web petfinder.com. Et je suis tombée sur la fiche de Sparky. Quel beau chien ! Au premier coup d’œil, ça a été le coup de foudre ! Sur sa fiche, ses « parents adoptifs » expliquent qu’il a été maltraité. Quand ils l’ont trouvé, ses poils étaient longs, sales, emmêlés. Ils l’ont

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nettoyé, puis ont noué un joli foulard autour de son cou. Quel magnifique petit chien, en apparence du moins ! Cependant, nous n’avions aucune idée de l’ampleur de sa blessure intérieure. La première fois que nous l’avons amené dehors, ça a été la panique. Quand il avait peur – ce qui était fréquent ! – il courait se réfugier sous un lit. Il faisait ça tellement souvent que finalement, nous avons décidé de le garder en laisse 24/7 pour pouvoir le faire sortir de ses cachettes. Sparky s’est attaché à mon mari. Mais il avait peur de moi. Chaque

fois que je m’approchais de lui, il se recroquevillait sur les genoux de mon mari ou allait se cacher sous un lit. J’essayais alors de le raisonner. « Allons Sparky, tu peux me faire confiance. Je t’aime, tu sais ! » Peine perdue. Mais alors que j’étais sur le point d’abandonner, je me suis retrouvée seule à la maison avec Sparky. Mon mari, en effet, a dû s’absenter pendant quelques jours. Il ne restait pour seuls genoux à Sparky que les miens. La première fois qu’il a grimpé dessus, je suis presque tombée de ma chaise ! Il a Illustration : Xuan Le


CHARLOTTE ERICKSON

Perle biblique : « Mais toi, Seigneur, tu es un Dieu de tendresse et de pitié, patient, plein d’amour et de fidélité. » (Psaumes 86.15, PDV)

accepté que je le caresse, sauf que son corps tout raide prouvait qu’il n’avait pas encore très confiance… Mais au moins, il me tolérait ! Sparky n’avait aucune idée du comportement d’un chien. Nous essayions de jouer avec lui, de lui lancer une balle, de tirer une chaussette, mais il ne réagissait pas. C’est seulement huit mois après son arrivée chez nous qu’il m’a fait suffisamment confiance pour accepter une gourmandise de ma main. Petit à petit, il a commencé à se détendre, à apprécier l’extérieur et les promenades. Quand le sol est couvert

de neige, il s’y roule comme s’il faisait un ange sur la neige ! Il est mignon, amusant, et réservé. À son premier anniversaire avec nous, je peux dire que nous étions amis – pas les meilleurs amis, mais amis tout de même. Manifestement, il a décidé qu’après tout, je ne suis pas si mauvaise que ça. J’ai beaucoup appris de Sparky. J’ai appris que les cicatrices intérieures sont comme les cicatrices extérieures ; elles ne disparaissent jamais. J’ai appris que nous ne pouvons forcer personne – pas même un chien – à nous faire confiance. Il faut du temps,

de la patience, et beaucoup d’amour. Et puis, j’ai appris que Sparky me ressemble beaucoup, car même si Dieu m’a dit à maintes reprises qu’il est digne de confiance, j’ai encore du mal à lui faire entièrement confiance. Tout comme nous avons sauvé Sparky, Dieu m’a sauvée. Quand je m’enfuis, il part à ma recherche et me ramène à lui. « Allons, plaide-t-il, tu peux me faire confiance. Je t’aime, tu sais ! »

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Let those who have ears, listen!

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