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En Papouasie, un missionnaire adventiste est assassiné

Le don de prophétie : un don de Dieu permanent

Raconte-moi l’échec

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Un don pour toute ma vie

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panama

Couverture Louis Miguel a 18 ans et habite à Panama City, au Panama. Il a fréquenté l’église adventiste de San Miguelito depuis l’enfance. Louis aime louer Dieu en jouant de ses instruments, et espère devenir violoniste professionnel. Il aime aussi partager son talent de photographe. « Certains écrivent leur vie sur du papier. Moi, j’écris la mienne dans les photos. »

Nous croyons en la puissance de la prière ! À Adventist World, nous nous réunissons tous les mercredis matins pour le culte hebdomadaire, au cours duquel nous prions pour les requêtes de prière qui nous ont été envoyées. Faites-nous parvenir les vôtres à prayer@adventistworld.org, et priez pour nous tandis qu’ensemble, nous travaillons à l’avancement du royaume de Dieu.

Sous les projecteurs 12 Qui était Ellen White ? La Parole 10 Ce que nous croyons 26 La Bible répond Mon Église 18 Perspective mondiale 23 Place aux jeunes 24 Au premier plan Foi vivante 20 Foi en action 27 Santé et bien-être 28 « Je vais vous raconter… » 30 Foi en herbe – le coin des enfants 2

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arfois, les images et les sons de notre expérience des dons de Dieu s’associent à nos souvenirs et façonnent tous les jours à venir. Nous nous souvenons, par exemple, du goût d’un aliment réservé aux jours de fêtes, des chants qui nous insufflent du courage alors que nous proclamons la résurrection, de l’étreinte d’un ami qui nous a enseigné la grâce de Jésus par l’exemple. Pour moi, le don de l’Esprit de prophétie que Dieu a accordé à ce mouvement que j’aime s’associera toujours aux heures matinales et au bruit des eaux tumultueuses. Voyez-vous, à l’âge de 15 ans, j’ai senti mon cœur « brûler au-dedans » de moi par l’Esprit. Chaque matin, tandis que je me rendais à l’école, je m’arrêtais un moment à une petite chute non loin de notre maison. Là, je lisais les Écritures et Vers Jésus, d’Ellen White. Je laissais alors le bruit des eaux bouillonnantes bloquer le tumulte de ma vie d’ado. Et j’ai découvert, comme l’a dit un jour un homme sage, « que la voix qui me parlait dans l’Esprit de prophétie était la même que celle dans les Écritures ». Cette voix douce, invitante, m’a enseigné à donner ma vie à Jésus et à m’en remettre entièrement à lui pour mon salut. Là, en cette période printanière, j’ai mémorisé ces mots à côté du ruisseau, lesquels m’ont bien servi pendant plus de 45 ans : « Consacrez-vous à Dieu dès le matin ; que ce soit là votre premier soin. Votre prière doit être : “Prends-moi, ô Dieu, comme ta propriété exclusive. Je dépose tous mes plans à tes pieds. Emploie-moi aujourd’hui à ton service. Demeure en moi, et que tout ce que je ferai soit fait en toi*.” » Alors que je croissais en foi et en compréhension, j’en suis venu à comprendre que la même voix qui m’invitait pouvait aussi me conseiller – et qu’il y avait beaucoup de choses que je devais apprendre en tant que disciple de Jésus. J’en suis venu à apprécier non seulement les descriptions d’Ellen White des « vertus incomparables de Jésus », mais aussi son témoignage clair et direct de l’importance de permettre à l’Évangile de s’enfoncer profondément dans mon cœur et dans mon mode de vie. À la lecture de ces mots qui remuaient ma conscience ou m’appelaient au devoir, j’ai incliné la tête, et j’ai remercié Jésus de ne pas avoir laissé son peuple du temps de la fin – ou moi – sans un témoignage de sa puissance transformatrice. Plus tard, j’ai observé avec joie d’autres croyants faire ce même cheminement, et découvrir pour eux-mêmes la valeur de ce don. Tandis que vous parcourez les pages de cette édition spéciale de Adventist World sur l’Esprit de prophétie, inclinez la tête – à côté de la chute, ou à votre bureau – et remerciez le Seigneur avec moi pour ce don permanent. * Ellen G. White, Vers Jésus, p. 108.


Sur le vif

À l’échelle mondiale, plus de la moitié des 65 millions de réfugiés sont des enfants. Au Bangladesh, il n’est pas rare de voir un jeune enfant ou des bandes de jeunes enfants errer tout seuls dans les vastes camps de réfugiés. ADRA y sert des milliers de réfugiés en butte à une situation critique. Découvrez comment ADRA souligne le Sabbat mondial des réfugiés, ainsi que la façon dont vous pouvez vous impliquer en consultant le site ADRA.org/ refugees. Photo : Arjay Arellano, ADRA International

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En bref

« L’éducation adventiste a joué un rôle important pour moi. Elle m’a procuré un apprentissage global qui m’a aidé à équilibrer différents aspects de ma vie. » Jerald Pelayo, un étudiant adventiste en médecine qui s’est mérité la meilleure note à l’examen pour l’obtention du permis d’exercer la médecine aux Philippines, selon la Commission professionnelle de régulation. Jerald est le quatrième étudiant adventiste en médecine à se classer bon premier à l’examen national ces 12 dernières années. Il a également raflé la première place à l’examen national en soins infirmiers en 2011.

2 ans, 1 mois, 6 jours La somme de temps qu’il a fallu à William Ackland, de l’Australie, pour paraphraser la Bible tout entière. William Ackland a commencé ce projet à l’âge de 74 ans, inspiré par un article de la revue Adventist World présentant un fermier en culture biologique, en Corée, qui a copié la Bible six fois à la main. Cette paraphrase, que William a intitulée The Gift (Le don), contient près de 1 million de mots.

« Par la grâce de Dieu, j’ai servi l’Église [au sein de la Division interaméricaine] pendant de nombreuses années. J’ai décidé de prendre ma retraite le 1er août. » Israel Leito, président de la Division interaméricaine (IAD) depuis 1993, annonçant sa retraite lors de la réunion du comité exécutif de 2018. Au cours de ses nombreux mandats, la division est passée de 1,2 million de membres à 3,7 millions, et le nombre d’unions, de 11 à 24. Les membres exécutifs de l’IAD ont élu Elie Henry, ancien secrétaire exécutif de l’IAD, en tant que nouveau président de la division, ainsi que Leonard Johnson, ancien secrétaire adjoint de l’association pastorale, en tant que secrétaire exécutif.

« Au bout du compte, tout dépend de l’éthique personnelle du journaliste. Et l’on ne peut rien y changer. » Alice Lichtenstein, professeur de science et de politique nutritionnelles, et scientifique principal à l’Université de Tufts, au Massachusetts (États-Unis), dans un commentaire sur des reportages sur la santé souvent trompeurs. Prenant la parole lors du Septième Congrès international sur l’alimentation végétarienne, lequel s’est tenu à Loma Linda, en Californie, Alice Lichtenstein a encouragé les participants à lire les articles touchant la santé de façon critique et prudente.

Un ingénieur originaire d’Espagne découvre Dieu et se fait baptiser en Corée Après avoir découvert Dieu et l’Église adventiste, un Espagnol travaillant en tant qu’ingénieur de gestion dans le cadre de l’organisation des Jeux olympiques a été baptisé en Corée, un jour avant la fin des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, en février 2018. Alejandro Hernández, 41 ans, de Madrid, en Espagne, attribue une promenade dans la nature et un problème dentaire au nombre des événements providentiels qui l’ont amené à faire la connaissance des adventistes en Corée, ce qui a conduit à son baptême. Photo : Division Asie-Pacifique Nord 4

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En bref

40%

Que s’est-il passé à leur départ ?

35%

Dans une étude récente (2013) menée par le Centre pour un ministère créatif, on a demandé à d’anciens membres adventistes et à des membres inactifs d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’Europe, et d’Amérique du Nord de dire comment leur église a réagi à leur décision de la quitter. (Certains des participants au sondage ont indiqué de nombreux moyens de contact.) [Source : Bureau des archives,

30%

25%

20%

des statistiques, et de la recherche] 15%

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5%

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« La grâce que vous avez reçue doit s’étendre aux autres. Moins de pierres, et davantage de grâce ! » Bassey Udoh, président de l’Union des fédérations de l’est du Nigeria (ENUC), s’adressant à plus de 15 000 adventistes réunis pour le lancement officiel de « Pentecôte 2018 » – une initiative d’évangélisation qui s’est tenue en janvier 2018. En vue de cette campagne d’évangélisation globale, ENUC a publié un livre de formation en évangélisation intitulé Mission possible.

40% Personne ne m’a contacté. 19% Un membre d’église m’a rendu visite. 17% Un ancien de l’église locale m’a rendu visite. 15% Un membre de l’église locale m’a contacté par téléphone. 15% Le pasteur a pris contact avec moi. 10% Un adventiste, parent avec moi, m’a contacté. 5% Autre moyen de contact.

« Cette tragédie a secoué notre Église ici. Notre pays tout entier est traumatisé par ce massacre. » Kern Tobias, président de l’Église adventiste dans l’Union caribéenne, dans un commentaire sur les meurtres récents de membres adventistes à la Trinité. Les enquêteurs ont dit que ces meurtres se sont produits à La Brea, une ville dans la partie sud-ouest du pays. Les victimes sont Michael Scott, 69 ans, professeur au secondaire à la retraite et ancien d’église ; Abigail Chapman, 42 ans, professeur d’espagnol à l’Académie adventiste Southern, et Olivia Chapman, sa fille, 15 ans ; Michaela Mason, 14 ans – une camarade de classe d’Olivia. AdventistWorld.org Juin 2018

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Actualités

L’Église adventiste aide des croyants victimes d’intolérance religieuse

Ces nouveaux croyants ont été expulsés de leurs collectivités, et leurs maisons ont été détruites

Libna Stevens, Service des nouvelles de la Division interaméricaine

En raison de leur foi, quatre familles de San Miguel Chiptip, dans l’État du Chiapas, au Mexique, ont été chassées de chez elles. L’Église adventiste de cette région vient donc en aide à ces victimes d’intolérance religieuse. Agustin Alvarez, un membre baptisé, et trois autres hommes ont été expulsés de leur collectivité le 15 mars 2018, après avoir assisté à une campagne d’évangélisation dans une autre collectivité. Selon Ignacio Navarro, président de l’Église adventiste dans l’État du Chiapas, leur femme et leurs enfants ont été forcés, eux, de rester à Chiptip. Ignacio Navarro : « Certains individus se sont mis en colère parce que ces familles ont découvert les vérités bibliques. Après neuf jours de démarches auprès des gens de la collectivité, ces hommes ont été réunis aux leurs. Actuellement, ils sont hébergés ailleurs, chez des membres de la famille. » « Nous avons contacté des dirigeants municipaux et des dignitaires

du gouvernement pour leur demander de faire respecter les lois sur la liberté religieuse, a ajouté Ignacio Navarro. Ces familles, dont les maisons ont été détruites, n’ont plus rien. » Ce n’est pas la première fois qu’Agustin Alvarez et sa famille ont été forcés de quitter Chiptip. Il y a quatre ans, après s’être joints à l’Église adventiste, les Alvarez ont été ostracisés au point de devoir s’établir dans une collectivité voisine. Malgré cette épreuve, ils ont continué de partager l’Évangile. « La fédération et l’union locales font le nécessaire pour aider ces familles à rebâtir leur vie, a dit Ignacio Navarro. Nous ne savons pas encore si leurs maisons seront reconstruites, ou si elles devront s’établir ailleurs. Entre-temps, les dirigeants de l’Église veillent à les nourrir physiquement et spirituellement. Ted N. C. Wilson, président de l’Église adventiste mondiale, qui se trouvait récemment dans l’État du Chiapas pour relancer l’initiative « Une année en mis-

Photo : Miriam Clemente, Union mexicaine du Chiapas 6

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sion » dirigée par les jeunes, a encouragé ces familles persécutées en raison de leur foi. Ted Wilson : « Vous êtes de véritables géants pour Jésus parce que vous avez accepté toute la vérité, et parce que vous êtes disposés à mourir pour elle. Mon cœur se réjouit de vous voir, de constater combien vous êtes fidèles à la Parole de Dieu. » Ted Wilson a dit que depuis qu’il a appris la nouvelle par Israel Leito, président de la Division interaméricaine, l’Église mondiale (domiciliée à Silver Spring, au Maryland, aux ÉtatsUnis) ne cesse de prier pour eux. Le 24 mars dernier, ces familles ont été amenées au Centre des congrès Polyforum, à Tuxtla Gutiérrez, dans le cadre d’une célébration soulignant l’impact des jeunes à l’échelle de l’État. Plus de 4 000 dirigeants et jeunes adventistes les ont accueillies et ont salué leur fidélité. « Nous voulons que ces croyants sachent que l’Église mondiale – cette grande famille de plus de 20 millions de croyants – les accueille et les soutient », a dit Ignacio Navarro. Au cours de la cérémonie, ces adventistes fidèles ont reçu des Bibles et des cadeaux. Pendant le programme, toute l’assemblée a prié pour eux. L’Église adventiste mondiale et la Division interaméricaine ont déjà débloqué des fonds pour qu’ils puissent reconstruire leur vie, a expliqué Israel Leito. Grâce au témoignage de ces familles, trois autres familles de Chiptip ont décidé de les soutenir et veulent en découvrir davantage sur leurs croyances, a dit Ignacio Navarro. L’Église continuera à suivre de près ces familles victimes d’intolérance religieuse, et à trouver des solutions pour faire respecter la liberté religieuse dans la région, ont assuré les dirigeants.


Actualités

En Papouasie, en Indonésie, un missionnaire adventiste est assassiné

La vie de ce missionnaire médical incite des jeunes à servir

Teresa Costello, Service des nouvelles de la Division Asie-Pacifique Sud

Le 29 mars 2018, Berni Fallery Kunu – un missionnaire médical âgé de 24 ans servant dans une région reculée de la régence Star Mountain, en Papouasie, en Indonésie – a été tué. Ce missionnaire médical servait au sein d’Aviation adventiste Indonésie (AAI) – un service de la Division Asie-Pacifique Sud (SSD). Diplômé en soins infirmiers de l’Université Mount Klabat, près de Manado, en Indonésie, il avait l’intention de consacrer sa vie au service des habitants non atteints des régions reculées, lesquels n’ont aucun accès à des soins de santé. Berni Fallery Kunu a été tué, croiton, par une bande d’individus d’une région située à trois jours de marche. Il semble qu’il y ait eu erreur sur la personne. Son corps a été découvert le jour suivant dans une tombe peu profonde, près de la rivière où il aurait été en train de se baigner au moment de l’attaque. Son collègue s’en est tiré indemne. Il a accompagné le corps de Berni au siège d’AAI, à une journée de distance. D’autres missionnaires médicaux et professeurs adventistes ont été évacués de cette région, ce qui a interrompu le travail missionnaire. D’après ceux qui le connaissaient, Berni Fallery Kunu désirait passionnément servir Dieu dans les régions les plus reculées et les plus difficiles. Il devait se marier en 2019. Berni et sa fiancée, une infirmière servant en tant que professeur dans une autre région, prévoyaient travailler en tant qu’équipe missionnaire médicale après leur mariage. Berni était conscient des dangers entourant le travail missionnaire dans les régions reculées. Malgré tout, il remettait sa vie entre les mains de Dieu et avait l’intention de consacrer toute son existence à un

Photo : famille Kunu

tel service. Connu pour sa gaieté et sa bonne humeur, « il aimait son travail [et était] rempli d’amour pour son Seigneur », a dit sa famille. La police a immédiatement ouvert une enquête. Cette tragédie a retenu l’attention générale, jusqu’aux plus hauts paliers du gouvernement national. « Nous sommes profondément attristés de la mort de Berni Fallery Kunu, notre enfant », a dit Nila Moeloek, ministre indonésienne de la Santé, dans un communiqué rédigé depuis Jakarta. Samuel Saw, président de la SSD, dans un message écrit adressé à la famille : « Je sais que le Seigneur récompensera Berni à son retour. Merci […] d’avoir élevé ce fils précieux, jeune mais mûr spirituellement, qui a répondu à l’amour de Dieu dans sa vie tout entière. »

Alors que cette tragédie pourrait, semble-t-il, décourager des croyants de servir à l’instar de Berni, de nombreux jeunes et d’autres encore ont déclaré, après sa mort, qu’ils veulent servir Dieu comme il l’a fait. « Cette mort est un fardeau très lourd pour nous, ses parents, a dit le père de Berni. Mais nous savons que notre fils est mort en martyr pour la gloire de Dieu. Tout comme Berni, j’aimerais, moi aussi, suivre Dieu [de tout mon cœur]. » En raison de l’agitation dans cette région, on ne sait pas encore quand des ouvriers adventistes y retourneront. Mais lorsque le temps viendra, il se pourrait bien que parmi eux, certains aient été inspirés par Berni Fallery Kunu. Informations supplémentaires : Darron Boyd et Wesley Szamko AdventistWorld.org Juin 2018

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Coup d’œil sur… la Division transeuropéenne (TED)

« Au plus fort de la paralysie, j’ai poussé un long cri. Mes jambes ne bougeaient pas. Seule l’une de mes mains pouvait remuer un peu. » – Mika Forsman, un pasteur finlandais sauvé de la mort par hypothermie grâce à son chien et à un couple à proximité. Il est tombé et s’est fracturé la hanche juste à l’extérieur de son cottage isolé, près d’un lac à Nummela, en Finlande, alors que la température était sous zéro. Incapable de bouger, il est resté étendu sur le sol gelé pendant approximativement 40 minutes. Alors qu’il était près de s’évanouir, Senni, sa chienne, a repéré un couple qui marchait non loin de là, et a aboyé jusqu’à ce qu’elle attire leur attention.

4 500 Le nombre total d’individus, y compris les non membres, qui ont assisté à une pièce présentée dans huit villes lettonnes sur la vie du personnage biblique Daniel. La pièce a été produite par la Fédération lettonne. Vingtquatre jeunes acteurs amateurs se sont joints à plus de 35 musiciens, techniciens, couturiers, cinéastes, photographes, et à de nombreux assistants pour donner vie à cette histoire intitulée The Secrets of Daniel (Les secrets de Daniel).

120

Le nombre de participants au Congrès européen du réseau adventiste mondial Internet (GAiN) de mars 2018 à Valence, en Espagne. Cet événement, sponsorisé par la TED et la Division intereuropéenne, a offert une formation, un dialogue, et une collaboration centrés sur des projets impliquant les médias et la communication. (^-)

87 725 Effectif de la TED au 31 décembre 2017

« [C’est une occasion] de faire connaître Dieu à une époque où les gens prennent des décisions importantes touchant à leur vie et à leur situation financière. » – Wojciech Orzechowski, homme d’affaires polonais, et Marek Micyk, directeur de la jeunesse de l’Union polonaise, dans un commentaire sur le succès des séminaires de Wojciech Orzechowski sur l’investissement immobilier, lesquels comportent une dimension spirituelle. Lors de cet événement, les participants reçoivent l’offre d’un séminaire en ligne axé sur la spiritualité, et Marek Micyk, lui, occupe la scène pendant 20 minutes pour les édifier par son témoignage « Des gangs à Dieu ». Une formation récente a réuni 1 000 participants.

« Embrasser la liberté religieuse, c’est se faire le champion de la dignité des êtres humains et l’intégrer dans nos lois, notre culture, et notre mode de vie. C’est adopter personnellement une attitude empreinte de tolérance dans laquelle cette dernière constitue une expression de solidarité envers chaque membre de la famille humaine. » – Rafaat Kamal, président de la Division transeuropéenne, lors d’une célébration au Parlement européen qui s’est tenue à Bruxelles, en Belgique, sur le sujet des leçons tirées de la Réforme.

Photo : Tor Tjeransen 8

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Point de vue

Marcos Paseggi, Adventist World

Photo : Denys Nevozhai

Qui vivra, et qui mourra ? Ce que les voitures autonomes m’ont appris sur Jésus

C’est toujours un cauchemar. On se fragilise, on vieillit, on tombe malade. On perd son autonomie. D’autres commencent à prendre des décisions à notre place. On devient ce que les autres nous dictent d’être. On se sent moins qu’humain, et on n’y peut absolument rien. Qui ne redoute pas le jour où il cessera de mener la barque ? La perte de contrôle est source d’une vive inquiétude. C’est la raison pour laquelle les gens se sentent plus nerveux lorsqu’ils sont en avion que lorsqu’ils sont derrière le volant de leur propre voiture. En effet, nous estimons – peu importe les statistiques – que dans une voiture, nous pouvons parer à toutes les éventualités. Mais dans un avion… C’est l’impuissance totale. UN BOUTON ÉTHIQUE ?

Comme les voitures autonomes sont devenues une possibilité plausible, les experts discutent des questions éthiques qu’elles poseraient, surtout après que des sources médiatiques aient révélé que les voitures autonomes pourraient nous laisser choisir qui survivra lors d’un

accident éventuel. Actuellement, lorsqu’ils sont en danger, les conducteurs réagissent instinctivement. Dans les voitures autonomes, par contre, ce contrôle serait transféré à un ordinateur aux réglages prédéterminés. Un « bouton éthique » pourrait nous aider à « régler la voiture de sorte qu’elle nous sacrifie pour sauver les autres, ou même… qu’elle sacrifie les autres pour nous sauver », a écrit Abigail Beall dans New Scientist*. On pourrait idéalement faire passer le réglage d’une voiture d’« altruisme total » (la vie des autres en premier) à « égoïsme total » (notre vie d’abord !). Et au milieu, il y aurait l’option du réglage « impartial ». Cependant, comme Abigail Beall et d’autres l’ont expliqué, il ne s’agit pas d’un plan infaillible ! Que se passerait-il, par exemple, si tous passaient en mode autoprotection maximale ? Ou, selon Abigail Beall, « si tous choisissaient l’option “impartial”, le bouton éthique ne serait d’aucun secours ». Qui, au final, porterait la responsabilité de la vie ou de la mort d’une autre personne ? EN QUÊTE D’AUTONOMIE

Dans un sens plus tragique, la Bible révèle que l’autonomie humaine est chose perdue depuis fort longtemps. L’histoire humaine après Éden raconte ce qui s’est produit lorsque des agents moraux libres renoncèrent à leur droit du libre arbitre et se livrèrent eux-mêmes à un ennemi réglé pour les détruire. Ils perdirent

leur autonomie ! Quelqu’un d’autre commença à mener la barque. Et les chances de survie étaient nulles. Mais alors, « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, et la lumière a resplendi sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort » (Es 9.1, OST). Parce que « lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, […] afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption » (Ga 4.4,5). Pour nous sauver de nos réglages d’« égoïsme total » voués à la destruction, Dieu envoya son Fils dans le mode « altruisme total ». Ses réglages ne sont jamais impartiaux, parce qu’il a nos intérêts les meilleurs à cœur – même au prix de sa vie. Selon une prière juive, « au [Nouvel an] est inscrit et au [jour des expiations] est scellé […] qui vivra et qui mourra ». Le point de vue biblique, lui, est fondamentalement différent. Il nous dit que Jésus, revêtant notre humanité, est descendu vers nous et a mené une vie parfaite. Qu’il est mort et ressuscité. Qu’il intercède pour nous et revient bientôt. Jésus nous a rendus libres ! Libres de choisir. Libres d’être vraiment autonomes. Cependant, Jésus lui-même ne peut choisir pour nous. Par conséquent, la vie et la mort sont maintenant entre nos mains. « [Choisissons donc] la vie » (Dt 30.19) ! *Abigail Beall, « Driverless Cars Could Let You Choose Who Survives in a Crash », New Scientist, 13 octobre 2017.

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Feature

Ce que nous croyons

Le don de prophétie

Le don de prophétie : un don de Dieu permanent

A

près la chute d’Adam et d’Ève dans le jardin d’Éden, le don de prophétie devint un moyen de communication important entre Dieu et l’humanité. L’Ancien Testament présente une longue ligne de messagers fidèles du Seigneur qui guidèrent, conseillèrent, et réprimandèrent fréquemment les Israélites et leurs rois (1 S 13.13,14 ; 1 R 18.21 ; Jr 7). Le don de prophétie ne cessa pas avec Malachie – le dernier prophète de l’Ancien Testament. Bien qu’une longue période d’environ 400 ans s’écoulât entre Malachie et la naissance de Jésus, le don de prophétie se manifesta encore à l’ère du Nouveau Testament. Les auteurs du Nouveau Testament, de même que plusieurs autres individus qui y sont également mentionnés, possédaient ce don (Lc 1.67 ; Mt 11.13,14 ; Ac 13.1 ; 15.32 ; 21.8-10). Paul écrivit aux Éphésiens que le don de prophétie demeurerait dans l’Église « jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu » (Ep 4.13). Par conséquent, le livre de l’Apocalypse révèle que l’Église du reste du temps de la fin a « le témoignage de Jésus » (12.17), ou, explique Jean, « l’esprit de la prophétie » (Ap 19.10), ou le don prophétique (Ap 22.9). Par conséquent, nous ne devrions pas être surpris de découvrir que Dieu, dans les temps modernes, a appelé – et peut encore appeler – des individus à


être ses prophètes. Les adventistes croient que Dieu a accordé l’authentique don de prophétie à Ellen G. White. INSPIRATION

« Toute Écriture est inspirée de Dieu », nous dit Paul dans 2 Timothée 3.16. Les écrivains bibliques déclarèrent souvent qu’ils consignaient les paroles mêmes de Dieu, comme le montre leurs déclarations telles que « Dieu parla encore à Moïse, et lui dit […] » (Ex 6.2) ; « L’esprit de l’Éternel parle par moi, et sa parole est sur ma langue » (2 S 23.2) ; « La parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots » (Jr 2.1), etc. Le mot « inspiration » décrit principalement la façon ou la méthode par laquelle Dieu communiquait sa vérité aux prophètes. Parfois, il utilisait des visions et des songes (Nb 12.6) ; d’autres fois, il leur parlait face à face (v. 7,8). Il lui arrivait aussi de simplement guider les écrivains par le Saint-Esprit, de sorte que ce qu’ils écrivaient était en harmonie avec sa volonté. Ainsi, l’apôtre Pierre déclara : « Car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 P 1.21). Le mot « poussés » (grec : phero) est utilisé dans Actes 2.2 pour le « vent impétueux [phero] » qui descendit sur les croyants à la Pentecôte. Actes 27.15 se réfère à un bateau entraîné (phero) par le vent, rendant les marins incapables de le diriger ou de le contrôler. Dans 2 P 1.21, l’utilisation du mot phero implique donc que les écrivains bibliques étaient entraînés par l’Esprit comme un bateau l’est par le vent. Ils étaient sous son contrôle. ÉPROUVER LES PROPHÈTES

Sachant que de nombreux faux prophètes surgiraient tout au long de l’histoire, Dieu fournit des critères par lesquels on pourrait reconnaître les vrais prophètes. Voici les plus importants. 1. En accord avec la Bible. Ce qu’un prophète dit doit être en harmonie avec les révélations précédentes de la volonté de Dieu (Es 8.20). Ceci est certainement vrai d’Ellen White : tous ses messages sont conformes aux Écritures. Elle les citait constamment, se référait à elles, et les recommandait aux autres. 2. Prophéties accomplies. Ce que les prophètes prédisent doit se réaliser (Dt 18.21,22). Seules les prophéties conditionnelles font exception à ce critère (Jr 18.7-10), telles que celles que l’on trouve dans Deutéronome 28.1,15, ainsi que dans l’histoire de Jonas. Bien que l’œuvre d’Ellen White ne consiste pas principalement en la prédiction de l’avenir, elle fit de nombreuses prédictions qui s’accomplirent de façons remarquables. Par exemple, le 24 mars 1849, elle écrivit au sujet des bruits mystérieux qui commencèrent en 1848 dans la maison des sœurs Fox à Hydesville, dans l’État de New York : « J’ai vu Photo : Tachina

que les mystérieux frappements de New York et d’ailleurs étaient dus à la puissance de Satan, et qu’ils deviendraient de plus en plus communs. Ils revêtiraient le manteau de la religion pour tranquilliser tous ceux qui se laisseraient séduire par leurs manifestations »1. Un an plus tard, elle écrivit : « Il me fut montré que par les frappements et le “mesmérisme”, ces magiciens modernes expliqueraient tous les miracles opérés par notre Seigneur Jésus-Christ »2. Cent ans plus tard, soit en 1948, le Centennial Book of Modern Spiritualism in America déclarait : « Le spiritisme, avec ses signes, ses prodiges, ses visions, et ses dons de guérison était la religion des apôtres, des pères postapostoliques, et des premiers chrétiens. » En outre, il ajoutait qu’« un médium avait prédit la naissance de Jésus, dont la brève vie terrestre se caractérisa par l’accomplissement de nombreux miracles présumés qui, en réalité, résultaient d’un phénomène spirituel »3. 3. Le test du verger. La vie des vrais prophètes doit témoigner de leur appel. Dans Matthieu 7.16, Jésus dit : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. » Ce test prend du temps. Ellen White vécut et travailla pendant 70 ans sous l’œil scrutateur de millions d’individus, largement sceptiques, méfiants, suspicieux, et dans certains cas, ouvertement hostiles. Elle voyagea énormément et séjourna plusieurs années en Europe et en Australie. Mais le fruit de sa vie et de son œuvre atteste sa sincérité, son zèle, et sa piété. Elle contribua à l’établissement d’hôpitaux et d’écoles adventistes, ainsi qu’à l’œuvre des publications. F. M. Wilcox, éditeur de la Review and Herald et associé d’Ellen White, écrivit en 1933 : « Sa vie et son expérience chrétiennes se conformaient aux principes purs, simples, dignes et honorables de l’Évangile du Christ. À l’instar de tout prophète authentique, elle mettait en pratique les principes de la vérité qu’elle enseignait aux autres4. » Dieu a guidé l’Église adventiste par le don de prophétie – une merveilleuse bénédiction pour de nombreux individus, de même que pour l’Église et ses institutions. Ellen G. White, Premiers écrits, p. 43. Ibid., p. 59. Centennial Book of Modern Spiritualism in America, Chicago, The National Spiritualist Association of United States of America, 1948, p. 115, 68. 4 F. M. Wilcox, The Testimony of Jesus, Washington, D.C., Review and Herald Publ. Assoc., 1944, p. 35. 1 2 3

Gerhard Pfandl, originaire d’Autriche, a servi en tant que pasteur, professeur de Bible, secrétaire itinérant, et directeur adjoint de l’Institut de recherche biblique. Il profite à fond d’une retraite active à Burtonsville, au Maryland (États-Unis), où il est activement engagé dans sa congrégation locale.

Découvrez-en davantage sur Ce que nous croyons sur le site www.adventist.org/en/beliefs/.

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Le 12 avril 1901, Ellen G. White a pris la parole dans le Tabernacle Battle Creek, lors de la session de la Conférence générale qui s’est tenue à Battle Creek, au Michigan (États-Unis).

LE SAVIEZ-VOUS ? Le sujet dont Ellen G. White préférait parler, c’était la tempérance.

LE SAVIEZ-VOUS ? Son cantique préféré était « Jesus, Lover of My Soul ».

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Sous les projecteurs

Le don de la confiance

Qui était Ellen White ? Se lier d’amitié avec une prophétesse

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llen White – une femme dotée de dons spirituels remarquables – vécut la plus grande partie de sa vie au 19e siècle (1827-1915). Cependant, ses écrits ont encore un impact révolutionnaire sur des millions de personnes dans le monde entier. Pendant sa vie, elle a écrit plus de 5 000 articles périodiques et 40 livres. Aujourd’hui, plus de 100 titres, y compris des compilations tirées de ses 50 000 pages manuscrites, sont disponibles en anglais. Ellen White est l’une des femmes écrivains les plus traduites dans l’histoire de la littérature non-fiction, et compte parmi les auteurs américains les plus traduits des deux genres. Son chef-d’œuvre intitulé Vers Jésus – un petit livre transformateur ayant pour thème la vie chrétienne fructueuse – a été publié en plus de 165 langues. Ses écrits couvrent un vaste éventail de sujets, dont la religion, l’éducation, les relations sociales, l’évangélisation, la prophétie, la publication, la santé, et la nutrition. Pour les adventistes, Ellen White était plus qu’un écrivain doué ; ils croient, en effet, que Dieu l’a choisie en tant que messagère spéciale pour attirer l’attention du monde sur la Bible, et pour contribuer à la préparation d’un peuple pour le retour du Christ. Dieu lui donna des centaines de visions et de songes prophétiques à partir de l’âge de 17 ans, et ce, jusqu’à sa mort 70 ans plus tard. Ces visions variaient en longueur – de moins d’une minute à près de quatre heures. Après chaque vision, Ellen rédigeait les conseils et l’information qu’elle avait reçus pour les transmettre aux autres. Par conséquent, les adventistes considèrent ses écrits comme étant inspirés. Même les lecteurs occasionnels reconnaissent leur qualité exceptionnelle. Les adventistes ne croient pas, toutefois, que ses écrits soient un substitut de la Bible. La Bible est le critère suprême par lequel toute chose est jugée, et le Saint-Esprit est donné pour en illuminer les enseignements. Tandis que vous lisez attentivement les pages suivantes, vous en découvrirez davantage sur la vie et l’œuvre de cette femme remarquable qui, ayant passé tous les tests bibliques d’un vrai prophète, a contribué à l’établissement de l’Église adventiste.

Photos : courtoisie du Ellen G. White Estate

Arthur L. White (1907-1991), un petit-fils d’Ellen White, a servi en tant que directeur du Ellen G. White Estate pendant plus de 40 ans.

LE SAVIEZVOUS ? Ellen G. White avait une sœur jumelle.


Sous les projecteurs

Ellen White pour toutes les générations

Une vision du monde chrétienne et globale

L

e don prophétique d’Ellen White a été pour moi une bénédiction grâce à ses révélations des plus incroyables. Les écrits inspirés de la messagère du Seigneur ont jeté une lumière éclatante sur mon sentier dès un très jeune âge, ce qui m’a permis de prendre de bonnes et judicieuses décisions. Ils ont modelé ma vision du monde, et m’ont appris qu’un service désintéressé est la clé du vrai bonheur. Il est devenu clair pour moi que Satan est bien réel et puissant, mais que je peux le vaincre chaque jour par Christ ; que Dieu a de grandes attentes pour moi ; et que la formation du caractère constitue la priorité n° 1. Comme j’ai adopté le code vestimentaire qu’Ellen White propose, mes vêtements sont simples et de bonne qualité. Alors que j’avais 16 ans, j’ai décidé de changer mes habitudes alimentaires grâce à ses conseils encourageants. Ce changement d’habitudes m’a délivré d’intenses maux de tête. Il est stupéfiant de constater à quel point la recherche actuelle confirme ce qu’Ellen White a déclaré il y a plus d’un siècle ! Un jour, j’ai lu dans ses écrits qu’au jour du jugement, Dieu me demandera : « Où sont les enfants que je t’ai donnés pour que tu les formes à mon

service ? » Cette révélation m’a tellement impressionnée que j’ai choisi une carrière qui me permettrait de rester à la maison pour élever mes enfants. Aujourd’hui, je profite à fond de ce merveilleux privilège. Les écrits d’Ellen White m’ont poussée à prier pour obtenir un conjoint animé d’un « désir ardent de plaire à Dieu et de l’honorer ». J’ai demandé au Seigneur un homme pur, à l’esprit missionnaire, un homme qui aime son créateur et que je pourrais admirer. J’ai fait de Christ mon conseiller, et il m’a exaucé parce qu’il est le Créateur du mariage – un lien sacré qui a un impact sur la vie ici-bas et sur celle du monde à venir.

Claudia Blath est traductrice professionnelle. Claudia, Marcos, son mari, Gabriel et Julieta, leurs deux enfants, habitent à Buenos Aires, en Argentine.

Construire sur un fondement solide

J

’ai grandi dans une région reculée du sud du Mexique. Une petite église rurale, où moins de 50 croyants se réunissaient, constituait notre unique fenêtre sur le monde. Lorsqu’un pasteur adventiste nous rendait visite et prêchait (ce qui était rare), sa présence nous remplissait de joie ! C’est en l’une de ces occasions que j’ai tout d’abord entendu un sermon sur Ellen White, et que j’ai obtenu un exemplaire de son livre Vers Jésus. Alors que j’étudiais attentivement ce LE SAVIEZlivre, j’ai désiré en savoir davantage sur cette femme. Plus tard, j’ai lu plusieurs autres de ses ouvrages. En complétant mon VOUS ? étude de la Bible avec ces livres, je me suis préparé à ce qui Ellen G. White aboutirait à près de 40 ans de service pour l’Église. a eu quatre En tant que secrétaire d’union de fédérations, l’une de mes garçons dont responsabilités consistait à promouvoir les écrits d’Ellen deux sont White parmi nos croyants. J’ai présenté des séminaires et morts jeunes. répondu aux questions de nos membres sur sa vie et son œuvre. Ceci a été une source de grande satisfaction et de croissance personnelle. Finalement, en tant que directeur du Centre de recherche Ellen G. White de la Division interaméricaine, j’ai eu de plus grandes responsabilités, mais n’en ai aimé mon rôle que plus encore. 14

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En tant qu’octogénaire, j’ai eu l’occasion d’observer de quelle façon les adventistes qui lisent leur Bible et croient au ministère d’Ellen White mettent les principes bibliques en pratique et partagent leur foi ainsi que leur espérance en le retour de Jésus. Fidèles économes de leur corps, de leurs talents, de leur temps, et de leurs ressources, ils sont de bons voisins et une bénédiction pour tous ceux qui les entourent.

Francisco Flores, retraité, habite à Montemorelos, dans l’État de Nuevo Leon, au Mexique.


Un conseil transformateur

T Une perception plus claire de Jésus

À

mon baptême, j’ai reçu deux choses : une Bible, ainsi qu’un exemplaire du livre La tragédie des siècles. Je me suis dit qu’il devait s’agir d’un livre important puisque mon pasteur me l’avait offert. C’est le tout premier livre d’Ellen White que j’ai reçu. Et j’ai commencé à le lire tous les soirs. En y découvrant la foi des grands réformateurs, je n’ai pu m’empêcher de pleurer. J’ai alors prié Dieu de faire de moi un chrétien animé d’au moins la moitié de la foi de ces croyants. Ensuite, je me suis lancé dans la lecture des autres livres de la série La grande controverse. Ces écrits ont fortifié ma marche avec Christ, me rendant la Bible vivante de façons que je ne peux expliquer. Patriarches et prophètes m’a permis de constater que les histoires de l’Ancien Testament sont pertinentes non seulement pour cette époque, mais aussi pour aujourd’hui. Grâce aux écrits d’Ellen White, j’ai une perception plus claire de Jésus et mon amour pour les Écritures ne cesse de s’intensifier. Comme je n’étais encore qu’un nourrisson spirituel, je n’étais guère habitué à une vie de méditation. Par conséquent, l’Esprit de prophétie m’a, pour ainsi dire, tenu la main et m’a appris de quelle façon comprendre la Bible. Décidément, sur le plan spirituel, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui sans les précieux écrits des prophètes de Dieu, dont ceux d’Ellen White !

out au long de ma vie, les écrits d’Ellen White ont considérablement enrichi mon parcours spirituel. Ils ont aussi consolidé ma foi alors que j’étudiais la Bible et voyais comment la petite lumière – les messages de Dieu confiés à sa servante – illumine les Écritures. Lorsque j’étais encore néophyte, j’ai lu le livre Conseils sur la nutrition et les aliments, d’Ellen White, entre autres livres, en tant que condition préalable pour suivre le cours de Maître guide1. Ce livre m’a amenée à effectuer de nombreux changements dans mon mode de vie. Avant longtemps, j’ai remarqué une nette amélioration de ma santé. Le livre Éducation a changé ma conception de l’éducation des enfants. En tant que mère à la maison, j’ai eu le bonheur d’être avec mes filles à plein temps lorsqu’elles étaient jeunes. Ce livre m’a LE SAVIEZmontré l’importance de former nos enfants « selon la VOUS ? voie qu’ils doivent suivre »2. Je leur ai fait découvrir Ellen G. White Jésus, et elles ont appris à l’aimer à partir d’un très confectionnait bas âge. J’ai aussi découvert l’importance de l’éducation des chapeaux adventiste. Mes filles ont fréquenté des écoles advenpour tistes de la maternelle à l’université. Elles ont même l’entreprise de fait du travail missionnaire dans un autre pays. son père. Plus tard, après avoir lu Évangélisation et Colporteur Ministry, j’ai décidé de m’impliquer dans ce ministère. Les représentants évangéliques peuvent souvent atteindre des gens en des endroits où même les pasteurs ne le peuvent. J’ai été impressionnée par l’épisode où Ellen White a rapporté les instructions de Dieu à James, son mari : « Tu dois commencer à imprimer un petit journal », et le Seigneur se chargera des moyens3. Quelle foi extraordinaire ! Le fait de découvrir que le Seigneur pourvoira toujours a été une grande leçon pour moi. Il a vraiment béni notre famille ! En tant qu’adventiste, je dois ma croissance spirituelle en partie aux écrits d’Ellen White. Son obéissance à l’appel divin m’a aussi encouragée à marcher sur les pas de Jésus. 1 2 3

Marco Topete est coordinateur adjoint pour le Ministère des publications à la Fédération du sud de la Californie. Lisa, sa femme, et Marco habitent à Tujunga, en Californie, aux États-Unis.

youth.adventist.org/Resources/Leadership-Training/Master-Guide. Voir Pr 22.6. Ellen G. White, Colporteur Ministry, p. 1.

Jamiela Oliphant travaille pour la branche locale « Meals on Wheels » de sa fédération, en Afrique du Sud. Reuben, son mari, est pasteur. Le couple a deux filles adultes, un gendre, et un petit-enfant. AdventistWorld.org Juin 2018

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Sous les projecteurs

Une plus petite lumière conduisant vers la plus grande lumière Ellen White et la Bible

LE SAVIEZVOUS ? Ellen G. White appréciait les promenades en calèche, en plein soleil.

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U

ne jeune femme de petite taille, âgée de 17 ans, à la santé fragile, saisit une lourde Bible familiale, la surélève au-dessus de sa tête, et commence à en citer des passages alors qu’elle est en vision. Cette expérience vise, entre autres, à diriger l’attention des gens sur la valeur et l’importance des Écritures. Cet épisode se déroula au tout début du ministère d’Ellen White, lequel dura 70 ans, et au cours duquel elle exalta la Bible à maintes reprises et la recommanda en tant que Parole de Dieu. RÉVÉLATION ET INSPIRATION

Cette Parole est appelée sainte parce que le Saint-Esprit en a illuminé et inspiré les auteurs humains alors qu’ils la rédigeaient. Il leur a révélé la vérité éternelle divine – un message divin qu’ils devaient ensuite transmettre au peuple dans leurs propres mots. C’est là ce que Pierre déclare en toute clarté : « C’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » (2 P 1.21) Certains écrivains bibliques ont procédé à une recherche minutieuse avant de tenter de communiquer le message de Dieu. C’est le cas de Luc, médecin et auteur du troisième Évangile (Lc 1.1-3). L’Esprit qui a inspiré les auteurs bibliques a aussi illuminé et inspiré Ellen White en lui révélant ses messages au moyen de nombreux songes et visions prophétiques. En ligne avec les exemples bibliques, Ellen utilisa ses propres mots, et parfois, se livra à une recherche consciencieuse pour présenter fidèlement les messages divins – tout d’abord oralement, puis en les mettant par écrit pour sa génération et les générations futures. Ainsi, le même Agent divin était à l’œuvre dans les deux cas, poursuivant un seul et même objectif : ramener les êtres humains à Dieu et à ses actes salvateurs. Il est important de noter que les écrits d’Ellen White n’ajoutent absolument rien aux 66 livres des Écritures – ou canon biblique. Ce canon est complet. De nombreux prophètes de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament ont contribué à la rédaction de la Bible – Ésaïe, Daniel, Amos, Jean, entre autres. Il s’agit des prophètes canoniques. Par contre, les paroles prophétiques d’autres prophètes tels que Nathan, Élie, Anne, et de nombreux autres encore, n’ont pas été incluses dans le canon en tant que livres séparés : il s’agit des prophètes non canoniques. Cependant, tous ces prophètes ont été utilisés par Dieu dans un but particulier, à un moment et en un lieu particuliers. Dieu a appelé Ellen White à préparer le peuple du temps de la fin en vue des derniers et imminents événements de l’histoire, et pour les utiliser pour l’avancement de son royaume. CONDUIRE VERS LA PLUS GRANDE LUMIÈRE

Au cours de sa vie, Ellen White a écrit plus de 5 000 articles périodiques et environ 40 livres. Cependant, elle considérait son œuvre comme étant « une plus petite lumière pour conduire hommes et femmes vers la plus grande lumière »1, à savoir la Bible. Ainsi, ses écrits qui, dans toute leur richesse, abordent différentes questions sur la spiritualité et le mode de vie, n’avaient pas pour but de se substituer à la Bible ou de l’amoindrir, « mais de l’exalter, d’attirer sur elle l’attention »2. Dans nombre de ses écrits, elle utilisait invariablement la même expression, c’est-à-dire, que « la Bible, et la Bible seule » devrait être notre règle de foi, notre conseillère, notre credo, notre trait d’union, etc. À partir de la Bible, Ellen acquit elle-même une meilleure connaissance du Créateur et Dieu omnipotent

Photo : Ben White

Dieu a appelé Ellen White à préparer le peuple du temps de la fin en vue des derniers et imminents événements de l’histoire. qui, dans son amour, se donna lui-même pour le genre humain, et qui reviendra pour compléter le plan du salut. Par ses œuvres écrites, ses sermons, ses présentations, et sa vie en général, Ellen White partagea généreusement avec ses LE SAVIEZsemblables cette bonne nouvelle centrée sur le Christ. VOUS ? Ses écrits, lesquels exaltent le Ses dernières Christ, doivent être consiparoles ont dérés à travers le prisme de été : « Je sais l’amour éternel de Dieu et le en qui j’ai thème de la grande controcru. » verse entre Christ et Satan, d’où Christ sort vainqueur. Bien que ces contributions inestimables pour l’Église ne remplacent pas la Bible et ne doivent pas être appliquées en tant que règle de foi du croyant, elles ne doivent pas non plus être mises de côté comme si elles n’étaient pas essentielles à la croissance et au développement spirituels des chrétiens. À travers sa vie et son inlassable ministère, Ellen White a non seulement exalté la Bible, mais aussi exhorté les autres à faire de même. En plus de ses abondantes publications, elle a élevé le Christ dans tous ses sermons et présentations devant des auditoires en Amérique du Nord, en Europe, et en Australie, qu’ils aient été vastes ou modestes. Lors de sa dernière présentation aux délégués de la Conférence générale en 1909, elle prit la Bible, la souleva, et fit un puissant appel : « Frères et sœurs, je vous recommande ce livre3. » Comment répondons-nous à cet appel dans notre vie quotidienne ? Ellen G. White, Évangéliser, p. 234. Idem., Témoignages pour l’Église, vol. 2, p. 330. Rapporté par W. A. Spicer, alors secrétaire de la Conférence générale, dans The Spirit of Prophecy in the Advent Movement, Washington, D.C., Review and Herald Pub. Assn., 1937, p. 30. 1 2 3

Anna Galeniece, titulaire d’un doctorat en pastorale, est professeur adjoint en théologie appliquée, et directrice de la succursale du Ellen G. White à l’Université adventiste de l’Afrique, à Nairobi, au Kenya.

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Perspective mondiale

Un don essentiel Plus nécessaire maintenant que jamais

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illiam était ingénieur, fermier, et homme d’affaires. Né en Irlande, il immigra aux États-Unis vers 1870. Avec Isabella, sa femme, il s’installa à Philadelphie, où il travailla en tant qu’ingénieur en construction de locomotives. Quelques années plus tard, William et Isabella se dirigèrent vers l’ouest, et s’établirent dans une région du nord de la Californie peuplée de séquoias, afin d’y faire l’exploitation du bois. Finalement, ils s’établirent près de Healdsburg, où William devint producteur de fruits, éleveur de bovins, et propriétaire d’un magasin général. Le couple eut quatre fils : William Jr, Ray, Nathaniel, et Walter. Un jour, Isabella embrassa la foi adventiste. Mais son mari – un homme intègre et bon – ne s’intéressait pas à la religion. En 1905, des tentes furent plantées près de Healdsburg à l’occasion d’un camp-meeting adventiste. Isabella et les garçons y participèrent. Elle invita son mari à se joindre à eux pour le service du sabbat. Et à son grand bonheur, il accepta. Tandis que William était là, sous la tente, l’oratrice présenta Jésus à ses auditeurs. Elle leur expliqua combien les pécheurs ont besoin d’un sauveur à qui ils permettent de transformer leur vie. Elle leur adressa ensuite un vibrant appel et, à la surprise et à la joie d’Isabella, William se leva, se rendit en avant, et donna son cœur au Seigneur ! William étudia le précieux message adventiste pendant un an. Il ferma son magasin le sabbat et remit son avenir entre les mains de Dieu. Enfin, il s’engagea par le baptême, et plus tard, devint le premier ancien de l’église adventiste de Healdsburg. Christ changea complètement sa vie ! William et Isabella Wilson étaient mes arrière-grandsparents, et Ellen G. White, l’oratrice qui avait présenté Jésus avec une telle ferveur. Après la mort de James White, Ellen s’établit à Healdsburg et habita près de l’Institut d’enseignement supérieur de Healdsburg – aujourd’hui l’Institut d’enseignement supérieur Pacific Union College. Nathaniel, mon grand-père, se souvenait des visites d’Ellen White chez ses parents. Ses frères et lui s’asseyaient à ses pieds, et avec tendresse, elle leur racontait des histoires. La famille Wilson doit beaucoup de sa connaissance du précieux message adventiste à l’activité directe, pratique, et évangélique d’Ellen White. Les écrits de l’Esprit de prophétie revêtent donc pour nous, en tant que famille, une valeur plus personnelle encore. Aujourd’hui, je crois de tout mon cœur au ministère prophétique d’Ellen White pour de nombreuses raisons, mais surtout parce qu’il exalte Jésus. « C’est en contemplant Jésus, le centre de tout ce qui est attrayant et plein de charme, que notre foi augmente, écrit-elle. Plus nous contemplerons les choses célestes, plus les choses terrestres perdront de leur Image : Ryoji Iwata


attrait. Plus nous fixerons continuellement les yeux de la foi sur Christ en qui se concentre notre espérance de la vie éternelle, plus notre foi grandira1. » L’ESPRIT DE PROPHÉTIE

« Pourquoi appelle-t-on les écrits d’Ellen White “l’Esprit de prophétie” ? » peuvent se demander certains. Selon Apocalypse 19.10, « le témoignage de Jésus est l’esprit de la prophétie ». Les messages prophétiques du Seigneur pour son peuple, donnés par ses prophètes au fil du temps, constituent le « témoignage de Jésus ». Selon Éphésiens 4.11-13, le don de prophétie demeurera dans l’Église jusqu’à la fin des temps2. Le fait que le témoignage de Jésus – ou l’« Esprit de prophétie » – soit mentionné en relation avec l’Église du reste de Dieu du temps de la fin (voir Ap 12.17) indique que Jésus parlerait d’une façon spéciale à son peuple en ces derniers jours. C’est ce même Esprit qui inspira aux prophètes précédents les messages de Dieu pour son peuple. DES INSTRUCTIONS CÉLESTES

L’Église adventiste accepte Ellen G. White en tant que servante et prophète moderne du Seigneur. Sans les conseils inspirés de Dieu transmis par Ellen White, cette Église ne serait pas là où elle se trouve aujourd’hui. Cependant, nous ne présentons pas l’Esprit de prophétie comme s’il était une partie de la Bible ou comme s’il était égal à elle. Comme l’a indiqué Ellen White, l’Esprit de prophétie doit conduire vers la Bible. Par contre, puisqu’il est le témoignage de Jésus, l’Esprit de prophétie tire son inspiration de Dieu au même titre que la Bible. « Par son Saint-Esprit, Dieu nous a constamment avertis et enseignés pour affermir la foi des croyants en l’Esprit de prophétie. […] Les instructions données dans les premiers jours du message doivent être considérées tout aussi sûres à suivre en ces derniers jours3. » L’Esprit de prophétie a été donné pour encourager et assister le mouvement de Dieu des derniers jours par le biais des instructions célestes. Ces instructions ont contribué à l’établissement d’institutions dans les domaines de la publication, de la santé, de l’éducation, du travail humanitaire, et des médias. Elles guident l’œuvre pastorale, évangélique, missionnaire, et administrative de l’Église. L’Esprit de prophétie dispense ses instructions sur presque tous les aspects de la vie – théologie, mode de vie, santé personnelle, famille, foyer, jeunes, relations interpersonnelles, économat, et plus encore. Grâce aux directives de l’Esprit de prophétie, l’Église adventiste n’est pas simplement une confession parmi tant d’autres, mais plutôt un mouvement issu d’en haut et doté d’une destinée particulière – d’une mission et d’un message à proclamer, que l’on trouve dans Apocalypse 14.6-12. L’Esprit de prophétie est l’un des plus grands dons donnés à l’Église adventiste par Christ lui-même ! C’est précisément pour cette

raison que le diable est aussi résolu à détruire l’influence de la Bible et de l’Esprit de prophétie. « Une haine satanique s’allumera contre les témoignages. L’effort de Satan tendra à ébranler la confiance des églises en ces témoignages, et ceci pour la raison suivante : Satan n’a pas un chemin facile pour amener ses tromperies et envelopper les âmes dans ses séductions aussi longtemps que l’on prête attention aux avertissements, aux remontrances et aux conseils de l’Esprit de Dieu4. » L’UNE DES PLUS GRANDES MENACES

Ceci dit, l’une des plus grandes menaces envers l’Esprit de prophétie n’est pas forcément l’animosité, mais plutôt l’indifférence. De nombreux membres, en effet, n’en connaissent pas les écrits, ne les lisent pas, ou les ignorent, tout simplement. Le diable sait que s’il peut amener les enfants de Dieu à regarder à eux-mêmes et à leurs propres opinions au lieu de regarder à Christ, il réussira à semer parmi eux la dissension, la désunion, et la tension. C’est donc l’un de ses plus grands outils contre la mission de l’Église adventiste. Nous avons été appelés à répandre, sous la direction du Saint-Esprit, la Parole de Dieu dans toute sa puissance. Dans cet appel céleste, nous serons confrontés à des gens en désaccord avec notre message et notre mission. À cause de l’apathie de certains membres d’église, nous pourrons être tentés de nous décourager. Cependant, peu importe ce à quoi nous faisons face, ne travaillons pas de façon indépendante, à part de l’Église. Restons unis à notre église locale et à la famille mondiale de l’Église, peu importe ses imperfections. Ne quittons jamais des yeux le Seigneur et sa mission. Exaltons Christ et sa sainte Parole ! Croyons au don de l’Esprit de prophétie. C’est ainsi que nous ferons, sous la direction du Saint-Esprit, l’expérience d’un réveil et d’une réforme. Dieu accomplira son œuvre, laquelle consiste à préparer son peuple pour les événements incroyables qui pointent à l’horizon. L’Esprit de prophétie est aussi pertinent qu’il l’était lorsque ses messages furent rédigés. Il est juste, édifiant, instructif, et puissant tandis qu’il nous conduit vers Jésus et la Sainte Bible. L’Esprit de prophétie est, sans contredit, le témoignage de Jésus. Ellen G. White, In Heavenly Places, Washington, D.C., Review and Herald Pub. Assn., 1967, p. 127. Voir Gerhard Pfandl, « The Gift of Prophecy: Another Facet of God’s Care for His Church », http://bit.ly/ giftofprophecy. 3 Ellen G. White, Messages choisis, vol. 1, p. 46. 4 Ibid., p. 54. 1 2

Ted N. C. Wilson est le président de l’Église adventiste du septième jour à Silver Spring, au Maryland (États-Unis). Vous pouvez le suivre sur Twitter : @pastortedwilson, et sur Facebook : @PastorTedWilson.

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Foi en action

Raconte-moi l’échec Raconte-moi l’histoire de Jésus KELSEY BELCOURT

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K

elsey, pourrais-tu nous parler de ton expérience missionnaire ? » Ma gorge se serre. J’espère que mon visage ne s’empourpre pas au rythme de mes émotions. Des bébés morts… Des enfants abandonnés et mourant de faim… Le gouffre des besoins qu’il me semble ne jamais pouvoir combler… La dynamique missionnaire compliquée et pénible… Je songe à une patiente hospitalisée, atteinte depuis longtemps de la tuberculose. Cette femme, qui n’a aucune famille, est une source d’inspiration. Oui, je peux parler d’elle. « O. K. », dis-je. Je m’attelle à la tâche consistant à faire un montage PowerPoint chargé d’images. Mais le reste de ce PowerPoint… eh bien… Je refoule mes émotions. Le reste, je m’en occuperai plus tard. Je suis de retour dans mon pays d’origine pour quelques semaines seulement. Après, je dois retourner en Afrique. Je pourrais certainement sourire et raconter l’histoire inspirante à laquelle ma congrégation aspire. D’une voix hésitante, je présente donc mon PowerPoint, et l’assemblée me remercie chaleureusement. DES MOTS GRAVÉS DANS MON CŒUR

Des mois plus tard, je rentre chez moi pour de bon. Et là, je craque. Je refuse une demande de témoignage à l’École du sabbat. Vous raconter mon histoire ? Allons donc, je suis traumatisée ! Je ne pense pas que vous aimeriez vraiment l’entendre. Vous ne savez pas ce que vous demandez… Non, vous ne savez pas ! Des sages-femmes ont converti les boîtes en carton dans lesquelles on a expédié nos gants en cercueils pour des bébés qui n’ont même pas été pleurés. Un garçon de 12 ans atteint d’épilepsie à qui nous avons été forcés de donner son congé s’est Image : Yuvraj Singh

retrouvé à la rue parce que ses parents l’ont abandonné et qu’il n’existe aucun service social. Une mère célibataire n’a pu garder son bébé parce que son patron le lui interdisait. Il m’a fallu un an pour comprendre que cette femme si jeune, issue d’une zone rurale, était une prostituée… Ou peut-être voulez-vous que je vous raconte comment j’ai failli ne presque rien donner à notre femme de ménage qui me disait que ses neveux et nièces mouraient de faim, jusqu’à ce que notre directrice financière m’encourage à lui glisser furtivement du beurre d’arachide et du lait en poudre. Ou que je vous parle de tous les individus qui sont morts parce que nous ne disposions même pas des fournitures de base – sacs de sang, tubes, etc. Ou que je vous parle de l’épuisement auquel certains groupes missionnaires sont en butte lorsqu’ils s’attendent à ce que les missionnaires à long terme travaillent davantage quand ils arrivent avec leurs plans et leurs idées. Outre les besoins aussi vastes qu’insatiables – besoins des gens avec qui nous travaillons, de notre organisation pour recueillir des fonds, de nos propres ressources limitées – il y a aussi la dynamique interpersonnelle discordante, compliquée, et regrettable qui prévaut chez les missionnaires. Le champ missionnaire attire, en effet, des gens à la forte personnalité, aux opinions béton, et les regroupe dans un espace restreint. Vous voulez que je vous donne un rapport missionnaire reluisant tandis que vous êtes assis confortablement dans votre banc ? Tandis que mes amis en Afrique souffrent et meurent de faim ? Et alors que nous n’arrivons même pas à nous entendre suffisamment pour les aider ? Oubliez ça. Je ne peux pas. Cet échec qui m’envahit et m’oppresse lourdement contraste trop avec la perception hyperromantique que les membres d’église ont des missions. De toute ma vie, je ne me suis jamais sentie aussi impuissante en face du besoin. Comment pourrais-je alors vous raconter mon expérience ? Deux années de lutte intérieure s’ensuivent. Je m’efforce d’utiliser mes ressources de façon responsable, et occasionnellement, je m’inquiète de ce que je ressens le droit de m’impatienter lorsque la chasse d’eau d’une toilette occidentale ne s’actionne pas automatiquement. Mais je suis coincée : ma santé ne me permet pas de retourner en mission outre-mer. Mes parents divorcent, et de bons amis meurent. D’une façon ou d’une autre, cette impuissance que j’ai ressentie en Afrique est maintenant suscitée par mon propre malheur. Tandis que le monde qui m’entoure semble riche et égoïste en face de mon besoin, je sombre sous le poids du deuil, d’une mauvaise santé, de la souffrance, et de la frustration. UNE HISTOIRE D’UNE INFINIE VALEUR

Un sabbat, alors que je rentre chez moi après un sermon ayant pour thème l’amour de Dieu, je lève les yeux au ciel et m’écrie, en colère : « Mon Dieu, si tu te soucies vraiment de moi, tu m’enverras ce soir quelqu’un qui me serrera dans ses bras ! » Quoi ? Qu’est-ce que je suis en train de dire ? Mes propres paroles me coupent le souffle. Quelle audace de dire une chose pareille à Dieu, au Roi de l’univers ! Et combien ma formulation s’apparente à celle de Satan dans Matthieu 4 : « Si tu es le Fils de Dieu… » ! Mais Dieu honore ma prière. Ce sabbat après-midi-là, mon amie Shama arrive chez moi à l’improviste et me prend dans ses bras. Elle reste toute la semaine, me frotte le dos quand je suis triste, me donne un coup de main autour de la maison. Et elle écoute attentivement mon histoire. Pourquoi Dieu a-t-il répondu à ma prière exaspérée, formulée d’une aussi piètre façon ? Ne faisait-il qu’attendre que je lui dise ce que j’avais réellement sur le cœur ? Plus tard, Dieu m’envoie d’autres amis et mon apprentissage commence. C’est O. K. de se sentir triste à cause de la mort et de l’abandon. Une oreille attentive AdventistWorld.org Juin 2018

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est souvent tout aussi utile que l’aide matérielle que je croyais être toujours nécessaire. En raison de la déchéance de l’âme humaine, même notre désir sincère d’aider les autres peut créer une dynamique confuse et compliquée. Mais en dépit de nos discordes et de nos défauts, Dieu honore les désirs de notre cœur. Il m’ordonne d’apprendre de lui pour que je puisse me rétablir, m’épanouir, et pour que j’enseigne aux autres à faire de même. L’HISTOIRE LA PLUS DOUCE JAMAIS ENTENDUE

Un sabbat après-midi, lors d’un camp-meeting, une vieille branche semble vouloir me parler. Elle me rejoint dans le hall pour bavarder. Elle revient juste, dit-elle, du champ missionnaire. « Vraiment ? dis-je. Est-ce que les gens ici te demandent de raconter ton histoire ? Est-ce que ça te traumatise ? » « Euh… oui », répond-elle, très surprise. « Ben voilà ! C’est exactement ce qui m’est arrivé à mon retour d’Afrique. Les gens voulaient que je leur parle de mon séjour là-bas. Mais j’étais tellement traumatisée par mon expérience que je ne sentais pas vraiment qu’il y avait quelque chose à raconter. Quel impact avais-je là-bas, de toute façon ? Il y avait tellement de besoins devant lesquels j’étais absolument impuissante ! Et les mésententes parmi les missionnaires ne manquaient pas. » Mon amie sourit. Je lui offre une oreille attentive. « Alors, si tu en as envie, je serai heureuse de t’écouter. » Et au cours des heures suivantes, elle me raconte son histoire. Une histoire différente de la mienne. Mais les thèmes sont similaires : impuissance ; mal équipée pour aimer et servir ; pas d’histoire mirobolante à raconter ; difficulté à travailler avec les autres missionnaires ; sentiments d’échec. Soudain, quelque chose clique en moi. Raconte les années de labeur du Seigneur Raconte la souffrance qu’il a portée 22

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Méprisé et affligé, l’Homme de douleur A été pauvre, sans foyer, et rejeté*. Jésus a mené une vie d’amour et de service envers les autres. Il comprenait que le standard du ministère consistait à trouver joie et satisfaction dans cette vie d’amour et de service. Mais que penser lorsque la Perfection même semble échouer – bien que l’amour triomphe enfin ? Lorsque parfois, un succès évident dans le ministère aboutit – en apparence – à un échec ? J’imagine que Jésus ressentit une profonde douleur en songeant à la mort de son cousin en prison et à celle de son ami Lazare (Mt 14.10-13 ; Jn 11.34-36) ; qu’il se sentit triste et rejeté lorsque les autorités de la ville le supplièrent de quitter leur territoire alors qu’il désirait vivement y guérir ceux qui souffraient (Mc 5.17) ; qu’il fut déçu et frustré parce que ses mobiles étaient constamment mal interprétés (Lc 9.54-56 ; Jn 6.15) ; et qu’il fut blessé profondément par la trahison de ses amis les plus proches (Jn 18.17). Son histoire atteignit son point culminant lorsque ceux qu’il était venu sauver lui tournèrent le dos, et que le cœur brisé, il rendit l’âme dans la culpabilité et la honte (Ps 69.21,22). Pour tous les témoins de cette scène, Jésus échoua lamentablement. Mais alors que je compare mon histoire à celle de mon Seigneur, elle prend tout son sens. Je suis un être humain brisé passant par une quantité d’émotions négatives et d’échecs. Jésus est venu ici-bas pour être à mes côtés, pour faire mon expérience, pour être mon frère dans la souffrance de l’humanité. À travers son histoire, je peux saisir une foi et une espérance qui ne sont pas miennes, et comprendre que, même dans un échec apparent et une immense douleur, il existe un ensemble plus grand du tableau – un triomphe que Dieu a promis de m’accorder. La nature même de l’espérance implique que si je pouvais la voir, elle ne serait plus l’espérance (Rm 8.24). Une histoire est-elle moins significative lorsque, n’aboutissant pas à un succès évident,

elle est plutôt une histoire d’espérance dans le triomphe ultime de l’amour ? Il est important, il est essentiel d’aller dans les champs missionnaires outremer. Mais croyez-moi, cela n’a rien de prestigieux, ni de romantique. Je suis la même là-bas qu’ici, bien que vivre à l’extérieur de ma culture amplifie mes faiblesses de caractère et mes échecs. Et je me demande si certaines des fausses conceptions que l’Église véhicule au sujet des missions outre-mer ne seraient pas imputables aux histoires missionnaires époustouflantes que l’on raconte pour rassurer une Église satisfaite d’elle que l’Évangile va de l’avant. La réalité, elle, est toute autre : les missionnaires ne peuvent pas toujours voir les progrès de l’Évangile. Devant autant d’échecs apparents, ils ont souvent besoin d’encouragement. Bien que je ne puisse retourner dans la mission outre-mer actuellement, je tire encore beaucoup de leçons de mon séjour là-bas. Le champ missionnaire n’est pas un endroit où je vais, ni un projet que j’exécute. C’est un état d’être résultant d’un espace que Jésus fait dans mon cœur pour que son histoire puisse rayonner… L’histoire de la fraternité dans l’affliction et la souffrance… L’histoire de la honte… L’histoire de l’échec… Et finalement, par sa grâce, l’histoire de la guérison et du triomphe de l’amour qui se sacrifie. Racontez-moi l’histoire de Jésus ! Gravez-en chaque mot dans mon cœur ; Racontez-moi l’histoire d’une infinie valeur, L’histoire la plus douce jamais entendue. * Frances J. Crosby, « Tell Me the Story of Jesus », The Seventh-day Adventist Hymnal, Hagerstown, Md., Review and Herald Pub. Assn., 1985, n° 152.

Kelsey Belcourt, infirmière, a séjourné en Amérique du Sud et en Afrique. Elle est en voie d’obtenir sa maîtrise en sciences infirmières – infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne, de l’Université de la Californie, à Davis, aux États-Unis, en juin 2018.


Place aux jeunes

Laissez les petits enfants venir à moi !

D

es enfants se précipitent dans le couloir, bavardant avec enthousiasme tout en cherchant les petites salles où se dérouleront des activités de bricolage selon les groupes d’âge. Ils passent à côté de moi tandis que, transportant une boîte débordant de papier, de plumes, et de rubans, je file vers ma salle d’activités. Je suis aussi impatiente qu’eux de voir leur créativité s’épanouir ce mois-ci ! Nous avons prévu, en effet, de décorer des pots de fleurs et d’y planter des fleurs du printemps. Ensuite, nous allons créer des signets en point de croix. Mais je sais que les enfants arrivent toujours avec toutes sortes d’idées originales pour les bricolages que je leur ai préparés. Chaque mois, mon église organise un sabbat appelé « L’église en pagaille » (Messy Church). Ce concept, semblable à l’École biblique de vacances, ne dure qu’un après-midi. Cette année, nous avons pour thème « Les héros de la Bible ». Nous faisons découvrir aux enfants des personnages bibliques célèbres tels qu’Esther et Daniel. Des bénévoles leur racontent l’histoire de ces personnages de façon créative, chantent avec eux, et passent ensuite aux bricolages associés aux différentes histoires. À la fin de la journée, les familles et les bénévoles se réunissent pour savourer un repas sain et délicieux. Le voisinage de notre église compte non seulement le plus grand nombre de familles monoparentales du secteur, mais aussi les pires statistiques de la région en matière de santé. « L’église en pagaille » vise à atteindre ces familles, à les brancher sur les membres d’église, et enfin, sur Jésus. Je m’occupe des enfants âgés de 10 à 13 ans, lesquels proviennent de contextes culturels différents : il y a des Britanniques, des Brésiliens, et des Européens de l’Est, entre autres. Ils me parlent de leurs écoles, de leurs loisirs, et de leurs rêves. Parfois, ils me posent des questions sur les histoires de la Bible et sur Dieu. David, 13 ans, fait partie de mon groupe1. Issu d’un foyer monoparen-

tal, il souffre de problèmes de santé mentale et émotionnelle, dont le TDAH (Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité). Mais il est drôle et créatif ! Je me réjouis de ses progrès. Lorsque David a commencé à venir à « L’église en pagaille » il y a quelques années, il a eu beaucoup de difficulté à s’intégrer. Il refusait catégoriquement de se joindre à un groupe de bricolage, quel qu’il soit. Il errait plutôt dans les couloirs ou s’asseyait dans un coin et jouait à des jeux sur un iPad. Mais lentement, presque imperceptiblement, il a senti que les bénévoles s’intéressaient à lui et s’est mis à changer. Il a fait la connaissance des enfants qui viennent régulièrement. Et par-dessus tout, il a découvert Jésus ! Maintenant, il s’asseye joyeusement dans mon groupe de bricolage, apporte de nouvelles idées, telles que fabriquer de la glu avec de la colle, de la peinture et des paillettes, ou faire d’étranges animaux avec des cure-pipes et des pompons. Il est tellement inventif ! Il m’incite à chercher des activités qui vont susciter l’intérêt des garçons bourrés d’énergie, au lieu de ne m’arrêter qu’à ce qui intéresse les filles – une tâche plus facile pour moi ! « L’église en pagaille » est bruyante, interactive, et brouillonne ! Il y a des moments difficiles. Ça demande beaucoup d’énergie. Parfois, il n’est pas évident de sortir de notre zone de confort et d’atteindre intentionnellement les familles de la collectivité qui nous visitent. Nous avons plutôt envie de rester avec les gens que nous connaissons déjà. Cependant, en dépit des défis, « L’église en pagaille » me rappelle la joie que Jésus éprouve dans la simplicité et l’enthousiasme des enfants, et combien il désire qu’ils le connaissent. Jésus apprécie l’enfant en nous tous. Il dit : « Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. » (Mt 19.14) 1

Nom fictif.

Lynette Allcock, diplômée de l’Université adventiste Southern, habite à Watford, au Royaume-Uni, où elle produit et anime des émissions pour la Radio adventiste de Londres.

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Au premier plan

Une superforce Utilisez AW et AR – ensemble – pour consolider votre vie d’adventiste moderne WILONA KARIMABADI

T

ôt dans son ministère, et bien avant que le mouvement adventiste du septième jour soit officiellement établi, Ellen White reçut une vision selon laquelle James devait produire un petit journal qui contribuerait à unir le troupeau des jeunes adventistes. Dans cette vision, il lui fut montré que de cette publication, des flots de lumière inonderaient le monde. On peut certainement considérer Adventist World comme un accomplissement de cette prophétie, mais pas exactement de la façon directe que l’on peut imaginer. Voyez-vous, avant que Adventist World ne voie le jour, la revue Adventist Review était déjà là – et l’est encore aujourd’hui. Elle a d’abord été publiée sous le titre Present Truth (La vérité présente) – un petit journal dont les White payèrent l’impression de leurs propres poches et que, dans les premiers jours du mouvement adventiste, James distribua à pied aux croyants. Au fil des années, elle a changé de nom à quelques reprises – de Advent Review and Sabbath Herald à Review and Herald, et aujourd’hui, à Adventist Review – et a subi des transformations d’ordre esthétique. Hormis cette petite leçon d’histoire, pourquoi est-ce que nous vous disons tout ça ? Simplement parce que ces publications proposent un objectif et un ministère uniques pour cette Église, et qu’ensemble, elles peuvent être d’un grand service dans votre marche en tant que chrétien adventiste. Il se peut que vous ne soyez pas aussi familier avec Adventist Review 24

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qu’avec Adventist World. Si tel est le cas, permettez-moi de vous faire découvrir les différences entre ces deux revues – toutes les deux essentielles, toutes les deux spéciales. LES DIFFÉRENCES

La taille. La première chose que vous remarquerez, c’est la différence de taille entre les deux publications. Adventist World est, contrairement à Adventist Review, une revue de taille standard. Adventist Review est plus petite, plus solide – idéale pour le sac du portable ou le sac à main, et suffisamment résistante pour résister à ce type de transport. Ces caractéristiques en font aussi une revue idéale pour le partage. Adventist Review compte 72 pages – ce qui est parfait pour une lecture de détente le vendredi soir ou le sabbat après-midi. Adventist World, elle, compte 32 pages, lesquelles agrémentent aussi votre lecture du vendredi soir ou du sabbat après-midi, en plus de vous permettre de traverser la semaine et de la partager avec d’autres ! Profonde et de grande ampleur. Certains décrivent Adventist World et Adventist Review en ces termes : Adventist World est idéale pour aborder l’ensemble de l’adventisme grâce à sa portée géographique, ainsi qu’à sa couverture de sujets fondamentaux pertinents et d’un vaste intérêt pour les croyants à l’échelle mondiale. Adventist Review, elle, sonde plus profondément ces sujets, entre autres choses, ce qui amène ses lecteurs à s’arrêter, à réfléchir, et même à lutter avec des sujets cruciaux sur la façon dont nous, adventistes, vivons dans un monde trépidant et en changement constant. Elle accomplit tout ça alors qu’elle soutient


24.13 cm. (9.5 in.)

16.51 cm. (6.5 in.)

26.67 cm. (10.5 in.)

20.32 cm. (8 in.)

notre foi en Jésus-Christ et le message de ce mouvement. Gratuite. Vous recevez Adventist World gratuitement en tant que membre baptisé de l’Église adventiste. En fait, votre nom sur le registre de votre église locale est ce qui nous permet de vous l’expédier tous les mois. Adventist Review fonctionne par abonnement, au prix de 19.95 dollars US par année aux États-Unis, et de 32.95 dollars US ailleurs dans le monde. Vous pouvez la commander en ligne sur le site www.adventistbookcenter.com. Une fois sur le site, cliquez sur Magazines, puis sur News. Vous serez ravi de découvrir des options tant internationales que nationales, de même qu’une offre spéciale d’essai pour vous « lancer ». Les deux revues ont chacune un important site Web (www.adventistreview.org et www.adventistworld.org). Mais soyons réalistes : même en cette ère du numérique, beaucoup apprécient encore l’expérience particulière qui consiste à lire une revue fraîchement sortie de l’imprimerie, qu’ils ont le plaisir de toucher et de feuilleter. LES SIMILITUDES

Destinées à TOUS les membres de cette Église. Les deux revues s’engagent à procurer une nourriture spirituelle à tous leurs lecteurs – même aux enfants ! Adventist World a récemment inclus un contenu pour les enfants dans une section de deux pages intitulée Foi en herbe. Adventist Review, toutefois, a été la revue mère d’une revue intitulée KidsView pendant près de 17 ans. KidsView contient huit pages d’histoires, de méditations, de bricolages, d’activités, de recettes, et un calendrier interactif unique en son genre. Fournie avec

Adventist Review chaque mois, Kidsview est formidable parce que les jeunes lecteurs n’ont pas à attendre que les adultes aient fini de lire Adventist Review pour y jeter un coup d’œil. Cette revue individuelle, conçue spécialement pour les enfants et idéale à partager, dispose d’un site Web vraiment cool ! Ce qui nous motive. Adventist Review et Adventist World s’enracinent profondément en Jésus-Christ et dans le message adventiste distinct pour ces derniers jours. Elles informent, édifient, et encouragent les lecteurs dans leur parcours de foi et leurs objectifs personnels en tant qu’adventistes. Mais elles abordent ces choses de différentes manières. QUI A BESOIN DES DEUX ?

Disons, en toute honnêteté, qu’il n’y a pas deux lecteurs identiques, et que les deux revues n’exercent pas un même attrait. Cependant, nous aimerions que vous les considériez comme un paquet global conçu pour vous soutenir en tant que chrétien adventiste, tandis que vous naviguez dans cette période distincte de l’histoire de la terre. Alors que nous nous rapprochons du retour de Jésus-Christ depuis longtemps attendu, nous devons fortifier notre esprit et notre cœur avec la vérité. Nous devons remettre nos idées en question pour nous préparer aux épreuves devant nous ; et nous devons être fermement enracinés dans le message de l’Évangile. Nous croyons qu’ensemble, Adventist World et Adventist Review constituent une « superforce » pour nous aider à faire exactement cela.

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La Bible répond

Une alliance d’amour et de loyauté Q

Quelle est la signification de l’offrande végétale (Lv 2, NBS) ?

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Comparée aux offrandes sacrificielles mentionnées dans Lévitique, l’offrande végétale est unique en ce qu’elle est sans effusion de sang. Une étude des instructions lévitiques sur la façon de l’offrir nous aidera à en comprendre la signification et les implications théologiques. 1. Nature de l’offrande. Le terme hébreu minkhah signifie « don, tribut » offert à un supérieur en un acte d’hommage ou de reconnaissance (voir Gn 32.14,19 ; 1 S 26.19). Il désigne aussi une offrande végétale (grains) ou animale (Jg 6.18,19 ; 1 S 2.15-17). Dans Lévitique, il s’agit d’un terme technique pour une « offrande végétale » volontaire, apportée crue (Lv 2.1-3) ou cuite (v. 4-10,14,15) en hommage au Seigneur de l’alliance. Si elle était crue, elle était faite de fleur de farine de blé accompagnée d’huile d’olive et d’encens, symboles de bénédictions, de joie, et de consécration à Dieu (Dt 11.14 ; Es 61.3 ; Ps 141.2). Le prêtre brûlait sur l’autel une poignée de farine mélangée avec de l’huile d’olive et de l’encens en tant que souvenir. La farine pouvait être cuite en gâteaux épais ou en galettes (Lv 2.4). On pouvait aussi la faire cuire à la poêle, comme une sorte de crêpe (v. 5 ; voir Lv 1.6), ou sur le gril (v. 7). Ce dernier type d’offrande végétale cuite se composait des prémices de la moisson d’orge (v. 14 ; voir Ex 9.31). La tête verte du grain était rôtie et arrosée d’huile. On ajoutait de l’encens dessus. 2. Signification. Voici quelques réflexions sur cette offrande. Premièrement, l’offrande constituait un acte de reconnaissance joyeuse, d’hommage, et d’adoration envers le Seigneur de l’alliance. Elle reconnaissait que Dieu était le Seigneur de son peuple, et qu’il pourvoyait abondamment à ses besoins. La portion brûlée sur l’autel,

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appelée « souvenir » (Lv 2.2), n’était pas seulement un gage représentant l’offrande entière, mais aussi un acte commémoratif, signifiant que son peuple n’avait pas oublié la bonté du Seigneur. Deuxièmement, elle était considérée comme « une offrande d’une agréable odeur à l’Éternel » (v. 2), c’est-àdire que lorsque Dieu sentait l’offrande, non seulement il l’acceptait, mais il acceptait aussi l’adorateur en tant que partenaire de l’alliance et ne le considérait pas comme un ennemi. L’utilisation de sel réaffirmait l’idée de la permanence et de l’importance de préserver la relation d’alliance (v. 13). Troisièmement, la farine crue, offerte telle quelle par les êtres humains, exprimait la bonté de Dieu. La farine cuite montrait la volonté des adorateurs de consacrer leur travail et leur service à Dieu. Quatrièmement, l’exclusion du levain et du miel, symboles de mort et de péché (voir 1 Co 5.6-8 ; Mt 16.6,11), suggère que Dieu ne voulait aucun agent de fermentation pour altérer la relation spirituelle de ses disciples avec lui. Cinquièmement, puisqu’il s’agissait d’une offrande végétale, on a suggéré qu’une telle offrande se référait peut-être au régime végétalien original de l’humanité (Gn 1.29,30). Si tel est le cas, elle rappellerait le régime des êtres humains en Éden et pointerait vers la coexistence paisible des êtres humains et des animaux dans l’avenir (voir Es 11.6-9 ; 65.25). Finalement, puisqu’il s’agit du grain dont le pain est fait, elle nous rappelle que Jésus est le pain de vie qui nourrit notre vie spirituelle et préserve notre existence physique (Jn 6.35). Nous devrions l’honorer en tant que Seigneur de notre vie.

Ángel Manuel Rodríguez a servi l’Église en tant que pasteur, professeur, et théologien. Il habite au Texas, aux États-Unis.


Santé & bien-être

Une vie de tempérance Une position historique Comment l’Église adventiste a-t-elle répondu à la pandémie mondiale du tabagisme ?

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es fondateurs de l’Église adventiste ont insisté de façon pratique sur l’abstinence de substances entraînant une dépendance – l’alcool, le tabac, la caféine, et les drogues, entre autres. Dans les années 1820, Joseph Bates, cofondateur de l’Église adventiste, abandonna l’usage du tabac, de l’alcool, du thé, du café, ainsi que des aliments carnés. Suite à une vision reçue en 1848, Ellen White dénonça énergiquement les dangers liés au tabagisme et à la consommation d’alcool, de thé, de café. Son message de prévention était cohérent et faisait appel à une meilleure qualité de vie sur tous les plans. Ainsi, Joseph Bates, Ellen et James White se firent les champions de l’abstinence et du bien-être global avant même que l’Église n’adopte son nom officiel en 1863. La jeune Église adventiste multiplia ses efforts en faveur de la tempérance, encourageant ses membres et la société en général à soutenir les législateurs et les représentants qui promouvaient la tempérance. Ellen White soutenait la cause de la tempérance, y compris la prohibition, à un point tel qu’elle encouragea fortement les croyants à exercer leur influence : « Devrions-nous voter en faveur de la prohibition ? demanda-t-elle. Oui, répondit-elle, partout. Et, au risque d’en choquer quelques-uns d’entre vous, je dis que si vous ne pouvez le faire à aucun autre moment, allez voter le jour du sabbat en faveur de la prohibition1. » Ellen White souligna à maintes reprises l’importance de l’implication par l’effort personnel et la participation aux votations. En 1881, elle déclara de nouveau : « Il [l’alcool] est cause de la paralysie morale de la société. Nos lois protègent ce mal qui cependant sape leurs fondements. Bien des gens déplorent cet état de choses, mais se considèrent comme dégagés de toute responsabilité en la matière. Ils ont tort. Chaque individu exerce son influence sur la société2. » Elle encouragea le changement par la plume, la voix, et le vote. Image : Brittany Perry

Depuis son établissement officiel, l’Église adventiste a servi activement les collectivités par des interventions pour cesser de fumer. La première institution de santé adventiste – l’Institut de réforme sanitaire de l’Ouest (Western Health Reform Institut), fondé en 1866 – prohibait le tabac. L’Université de Loma Linda fut la première faculté de médecine libre de tabac (1905). Des professionnels de la santé adventistes ont développé des programmes d’intervention pour aider les gens à cesser de fumer. Ainsi, en 1958, ils ont lancé le « Plan de 5 jours pour cesser de fumer ». En 1984, ce plan a été entièrement révisé et rebaptisé « Breathe Free ». Le programme australien « Quit now » (1995) incluait la thérapie de remplacement de la nicotine. En 2014, le programme mis à jour « Breathe Free 2 » a été lancé. Largement diffusé sur le Web, Breathe-Free 2 inclut des entrevues motivationnelles et incorpore des interventions pharmaceutiques, selon le besoin3. FAITS

Le tabac tue jusqu’à la moitié de ses utilisateurs. À l’échelle mondiale, le tabac fauche plus de 7 millions d’individus chaque année. Plus de 6 millions de ces décès résultent directement du tabagisme ; environ 890 000 résultent de l’exposition à la fumée secondaire. Environ 80 pour cent des 1,1 milliard de fumeurs du monde entier habitent dans des pays à revenu faible et intermédiaire4. Ces faits effrayants montrent que notre travail est loin d’être terminé. Nous avons les outils – alors, au travail ! Arthur L. White, Ellen G. White: The Lonely Years, 1876-1891, vol. 3, Hagerstown, Md., Review and Herald Publishing Association, 1984, p. 160. 2 Ellen G. White, Le ministère évangélique, p. 378. 3 https://www.breathefree2.com. 4 http://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/tobacco. 1

Peter N. Landless est cardiologue spécialisé en cardiologie nucléaire, et directeur du Ministère de la santé de la Conférence générale. Zeno L. Charles-Marcel, M.D., est directeur adjoint du Ministère de la santé de la Conférence générale.

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La quincaillerie de Dieu L « Je vais vous raconter… » DICK DUERKSEN

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es fondations sont enfin posées. Les bénévoles, eux, arriveront sous peu. À Mkhosana, à Victoria Falls, au Zimbabwe, plus de 1 000 enfants auront bientôt une école toute neuve ! L’acier prédécoupé pour les bâtiments scolaires a été expédié du Minnesota. Des conteneurs, bourrés d’acier de 27 tailles différentes, d’écrous, de boulons, et de vis de fixation, sont transportés par voie terrestre à Baltimore, au Maryland, puis par voie maritime jusqu’à Durban, en Afrique du Sud. À Victoria Falls, on manque d’écoles pour les enfants. Ils peuvent étudier jusqu’en troisième année ; mais après, ce serait pure folie que d’espérer poursuivre leurs études. Enfin, jusqu’à maintenant ! Douze camions déchargent 12 conteneurs à Mkhosana. Les ouvriers commencent immédiatement à empiler le matériel sous les manguiers. Les pièces en métal, les boulons, les écrous, et les outils nécessaires doivent être là où les bénévoles pourront y avoir accès rapidement. Tout est là ! Tout ? Non. Où sont donc les 1 000 écrous en acier ? Selon les plans de l’architecte, les fenêtres des bâtiments à construire ont des cadres en acier. Il faudra boulonner chacune d’elles à l’aide de quatre boulons et de deux écrous par boulon. C’est un concept si simple que même des ouvriers sans expérience peuvent en faire l’assemblage. Les matériaux pour les fenêtres et les 500 boulons sont bel et

bien là. Mais pas les écrous. Victoria Falls possède une très petite quincaillerie où l’on peut trouver un marteau ou deux… mais certainement pas 1 000 écrous ! Le chef de chantier vérifie alors auprès des villes voisines. Aucune d’elle n’a reçu d’écrous par erreur. Bob, l’un des superviseurs bénévoles, se tourne alors vers Moïse – un Zimbabwéen de grande taille engagé pour travailler avec l’équipe, et lui demande de l’aide. « Moïse, puisque tu parles le ndebele, pourrais-tu m’aider à résoudre le problème des fenêtres ? Va s’il te plaît à la quincaillerie de Victoria Falls et achète 1 000 écrous assortis à ce type de boulon. » Conscients de l’ampleur du problème, les deux hommes prient avec ferveur. Puis, Moïse entreprend cette mission impossible. Alors qu’il entre dans la petite quincaillerie, le boulon dans sa poche lui paraît bien lourd. « Bonjour ! Pourrais-je parler s’il vous plaît à l’homme le plus âgé ici ? » Un vieil Africain arrive derrière le comptoir poussiéreux en traînant les pieds. « Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? » « Je travaille pour les bénévoles qui construisent la nouvelle école à Mkhosana, en direction de l’aéroport – vous savez, la grande école adventiste où nous avons dû chasser les éléphants. » « Oui, je connais l’endroit, répond l’homme. Je ne crois pas qu’ils vont réussir à la bâtir en deux semaines comme ils le prétendent. » « Ça va être un défi, mais je pense qu’ils vont y arriver, reprend Moïse. Toutefois, nous avons un problème. » Moïse plonge la main dans sa poche et en retire le boulon en métal brillant. « Pour fixer les fenêtres aux murs de l’école, il nous faut 1 000 écrous assortis à ce type de boulon. En avez-vous en stock ? » Moïse tend le boulon au vieil homme qui l’examine, puis le tend à l’un de ses jeunes employés. « Ils sont fous, ces Américains ! s’exclame l’homme. Les Britanniques utilisent le système métrique, et les Américains, eux, ont leur propre système de boulons de taille standard. C’est un boulon standard, ça. Et moi, ça fait des années que je ne tiens rien Photo : Dick Duerksen


de standard ici ! Je n’ai pas un seul écrou pour votre boulon. Je n’ai même pas de boulons ou d’écrous métriques qui feraient l’affaire. Je suis désolé. » Ces propos déclenchent une conversation animée. Tous les gens dans la quincaillerie se mettent à parler d’écrous, de boulons, de taille standard versus métrique, des Américains et des Britanniques – et se demandent si les adventistes vont terminer l’école en deux semaines. « Monsieur, interrompt Moïse, pourriez-vous s’il vous plaît me faire une grande faveur ? Allez dans votre arrière-boutique, et vérifiez s’il ne s’y trouverait pas 1 000 écrous standards assortis à ce boulon. Je vous en prie ! » Tout le monde éclate de rire alors que le propriétaire, d’un air condescendant, accepte. « Très bien », dit-il. Et, ne pouvant s’empêcher de rire, il se dirige vers l’arrière du magasin. Après un bon moment, l’homme revient derrière le comptoir, regarde Moïse droit dans les yeux, et lui dit : « J’ai une petite nouvelle pour vous ! » « Il y a 60 ans, un fermier de la Rhodésie est venu ici et m’a demandé de commander 1 000 boulons #12, de taille standard. Exactement comme le boulon que vous m’avez donné. J’ai donc envoyé une lettre à un fournisseur américain. Le fournisseur a accepté de nous les expédier à condition que nous achetions non seulement les boulons, mais aussi les écrous. Le fermier a donné son accord, et j’ai placé la commande. » « Quand la boîte est finalement arrivée, j’ai contacté le fermier. Deux semaines plus tard, il s’est présenté à la quincaillerie. “Ce sont les boulons qui m’intéressent. Gardez les écrous”, m’a-t-il dit. » Tous les gens dans la quincaillerie se rassemblent devant le comptoir alors que l’homme y dépose plusieurs petites boîtes en carton blanc, prend deux écrous, et les visse sur le boulon que Moïse a apporté. « Ça doit faire plus de 60 ans que ces écrous se trouvent sur une étagère dans l’arrière-boutique. Y a de la poussière, c’est tout. Je n’y pensais même plus –

enfin, jusqu’à aujourd’hui ! » Dans la quincaillerie, alors que Moïse paie, on pourrait entendre une mouche voler. À son retour à Mkhosana, Moïse se présente devant Bob, le superviseur, encore en train de prier. « Mille écrous, Monsieur ! » dit Moïse en souriant tandis qu’il tend les écrous à Bob. « Imaginez tout le travail que les anges du Fournisseur céleste ont dû faire pour s’assurer qu’aujourd’hui, nous ayons 1 000 écrous standards à Mkhosana ! » Tout le monde se met à parler en même temps. « C’est incroyable ! lance un bénévole. Les anges savaient d’avance qu’il nous manquerait les écrous. Alors, il y a 60 ans, ils ont poussé un fermier à commander 1 000 boulons #12 standards. Et que des boulons. Pas d’écrous. » « Et ce qui compliquait encore plus les choses, ajoute un autre, ils ont dû dénicher un fournisseur américain qui ne vendait que des boulons avec des écrous ! » « Et un fermier qui accepterait de payer les deux ! » « Et qui laisserait les écrous pour l’école des enfants ! » « Je me demande bien comment les anges ont réussi à faire en sorte que les employés ne voient pas les boîtes sur cette étagère. » « Et moi, je me demande combien d’anges les regardaient aujourd’hui enlever les toiles d’araignées et pointer une lampe de poche sur ces boîtes… » Soudain, tous se taisent en pensant à cette histoire d’écrous, de boulons, et d’anges. « Si les anges ont veillé sur ces écrous pendant 60 ans, conclut Moïse, je pense que je peux remettre à Dieu mes problèmes – même ceux dont je ne sais encore rien – en toute confiance ! »

Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division Asie-Pacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif/Directeur de Adventist Review Ministries Bill Knott Directeur international de la publication Chun, Pyung Duk Comité de coordination de Adventist World Si Young Kim, président ; Yukata Inada ; German Lust ; Chun, Pyung Duk ; Han, Suk Hee ; Lyu, Dong Jin Rédacteurs en chef adjoints/Directeurs, Adventist Review Ministries Lael Caesar, Gerald Klingbeil, Greg Scott Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Sandra Blackmer, Stephen Chavez, Costin Jordache, Wilona Karimabadi Rédacteurs basés à Séoul, en Corée Chun, Pyung Duk ; Park, Jae Man ; Kim, Hyo-Jun Gestionnaire des opérations Merle Poirier Rédacteurs extraordinaires/Conseillers Mark A. Finley, John M. Fowler, E. Edward Zinke Directrice financière Kimberly Brown Conseil d’administration Si Young Kim, président ; Bill Knott, secrétaire ; Chun, Pyung Duk ; Karnik Doukmetzian ; Han, Suk Hee ; Yutaka Inada ; German Lust ; Ray Wahlen ; membres d’office : Juan Prestol-Puesán ; G. T. Ng ; Ted N. C. Wilson Direction artistique et design Types & Symbols Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 209046600, U.S.A. Numéro de fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910 (LSG). Avec Num. Strongs pour Grec et Hébreu. Texte libre de droits sauf pour les Strong. © Timnathserah Inc., - Canada Sauf mention contraire, toutes les photos importantes portent le © Thinkstock 2017. Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, États-Unis d’Amérique Vol. 14, n° 6

Dick Duerksen, pasteur et conteur, habite à Portland, en Oregon, aux États-Unis. Il est connu dans le monde entier en tant que « pollinisateur itinérant de la grâce ». AdventistWorld.org Juin 2018

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Foi en herbe

Pages amusantes pour les plus jeunes

Messagers pour Dieu Jésus a demandé à ses disciples de parler de lui à leurs semblables, afin de préparer le monde pour son retour. C’est encore notre travail aujourd’hui – et ce travail, nous pouvons tous le faire à notre manière !

Clifford parle de Jésus

C

lifford est tout excité ! « Maman, Maman, je veux parler de Jésus à nos voisins ! » s’exclame-t-il énergiquement. « Bonne idée, Clifford ! Mais comment vas-tu t’y prendre ? » lui demande sa mère. « Notre aumônier à l’école a dit que nous pouvons démarrer un petit groupe dans notre maison. Il n’y a qu’à inviter nos amis et nos voisins à y participer. Est-ce que je peux lancer mon petit groupe, Maman ? » supplie Clifford. Maman et Clifford s’asseyent pour réfléchir à ce qu’ils peuvent faire. « Commençons par servir de la nourriture », propose Clifford. 30

Juin 2018 AdventistWorld.org

Maman est d’accord. Ensuite, Clifford racontera des histoires de la Bible aux participants et leur apprendra des chansons de l’École du sabbat. Ils décident de fixer la première réunion vendredi soir. « Prions à ce sujet et demandons à Jésus de nous donner des idées géniales pour toucher nos amis et nos voisins ! » dit Maman en souriant. Ils fabriquent des invitations sympas et vont de porte à porte dans leur quartier pour inviter les enfants au petit groupe de Clifford. Vendredi soir arrive enfin ! La sonnette de la porte retentit. Clifford accourt et ouvre la porte. Trois filles sont là, tout sourire.

La sonnette continue de retentir pendant un moment. « Ouah, je suis tellement content ! Vous êtes 15 à vous joindre à mon petit groupe du vendredi soir. Bienvenue ! Nous allons découvrir ensemble Jésus, mon meilleur ami. Il vous aime tous beaucoup », dit joyeusement Clifford. Deux semaines passent. De plus en plus d’enfants se joignent au petit groupe de Clifford. Après quelques mois seulement, 28 enfants en tout y participent fidèlement. « J’aime vraiment les histoires de Jésus. Merci, Clifford, de me les raconter ! dit Franco, un nouvel Illustration : Illustration: Xuan Xuan Le Le


WILONA KARIMABADI

Perle biblique « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 5.16*)

Une messagère puissante pour Dieu

E

llen White était la messagère spéciale de Dieu. Elle a écrit environ 50 000 pages en livres et articles, et des milliers de lettres. Tous ces écrits contiennent des messages particuliers du Seigneur pour son peuple†. Ellen aimait beaucoup Jésus. Ça te dit d’en découvrir davantage sur la messagère du Seigneur ? Alors, poursuis ta lecture ! Ellen White naquit le 26 novembre 1827. Savais-tu qu’elle avait une sœur jumelle ? Cette sœur s’appelait Elizabeth. Ellen entendit d’abord parler du retour imminent de Jésus par un homme du nom de William Miller alors qu’elle n’était encore qu’une ado. À l’âge de 17 ans seulement, elle reçut une vision de Dieu – sa première – sur le retour imminent de Jésus. Quelques mois avant son 20e anniversaire, elle épousa James White. Tous les deux croyaient que Jésus reviendrait bientôt, et ensemble, ils découvrirent l’observation du sabbat du septième jour. Ellen n’avait pas fréquenté l’école supérieure ou l’université. En fait, elle dut cesser d’aller à l’école assez jeune en raison d’une mauvaise santé. Cependant, lorsque Dieu lui donna des messages spéciaux, elle dut les écrire pour ensuite les transmettre aux autres. Au début, ce fut difficile ; mais grâce à l’intervention divine, cette jeune femme fort peu instruite devint un grand écrivain. Elle eut quatre garçons : Henry, James Edson, Willie, et John. Malheureusement, John mourut alors qu’il n’était qu’un bébé. C’est Willie qui travailla le plus avec Ellen dans son ministère. * Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. † Cette histoire est tirée de Who Was Ellen White?, de Jerry D. Thomas, Nampa, Idaho, Pacific Press Pub. Assn., 2017.

ami de Clifford. Je sens que Jésus essaie de me transformer. » « C’est super ça, Franco ! répond Clifford avec assurance. Je vais prier pour toi. Si tu acceptes Jésus pour ton ami spécial, il t’aidera à te conduire toujours mieux à l’école et tes parents seront fiers de toi. » Clifford continue d’être un rayon de soleil dans son quartier ! Il fait luire sa lumière en parlant de Jésus à ses voisins.

Linda Mei Lin Koh est directrice du Département du Ministère des enfants, à la Conférence générale.

Image : courtoisie du Ellen G. White Estate

James Ellen

Willie

Edson


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AW French - June 2018  

Adventist World, June 2018 French Edition

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