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Une communion fraternelle chaleureuse

L’auditeur silencieux

Chantez un cantique nouveau

Mai 2019


De croissance et de gloire BILL KNOTT

D

28 « Je vais vous raconter… »

ans une vie passée à écouter des sermons prêchés du haut des chaires adventistes et à prêcher moi-même du haut de ces chaires, il y a un sermon que je n’ai pas encore entendu prêcher, même pas par moi. Il s’agit de la parabole de Jésus que certains appellent La semence qui pousse toute seule (Mc 4.26-30). Ce pourrait être un accident de timing et une occasion ratée… Mais quelles sont donc les véritables raisons pour lesquelles les adventistes minimisent de façon routinière cette parabole ? Aucun de nous ne dirait jamais qu’elle n’est pas importante ; c’est simplement qu’elle ne s’intègre pas aussi bien dans notre cadre que, disons, Le fils prodigue, La brebis perdue, ou Le blé et l’ivraie. Peut-être que notre inattention (certains diraient « notre inconfort ») face à cette parabole de Jésus réside dans le fait que celui-ci souligne quelques limites surprenantes du rôle de ses disciples dans la croissance du royaume. Nous sommes habitués aux histoires et aux sermons qui martèlent notre responsabilité. Pendant 160 ans, les verbes de ce mouvement du temps de la fin – allez, discipulez, baptisez, enseignez – nous ont propulsés vers une croissance mondiale remarquable. Or, chacun de ces verbes – un mandat donné par Jésus lui-même – est bon et juste. Mais de crainte que nous ne nous attribuions un crédit injustifié pour le royaume duquel il est le Souverain et le véritable Constructeur, Jésus a raconté cette parabole soulignant l’attente, l’étonnement, l’observation pour voir ce que Dieu fera lorsque nous aurons accompli fidèlement notre part – la plus petite. Nous pouvons jeter la semence sur le sol, mais nous ne pouvons pas la faire germer. Nous pouvons cultiver le sol et donner au jeune plant l’eau dont il a besoin, mais nous ne pouvons le faire croître, le faire mûrir, et le faire produire alors que nous nous tenons là, anxieux de « rallonger tant soit peu » la durée de notre vie (Lc 12.25). Il y a au cœur du royaume croissant de Dieu un mystère centré sur l’œuvre invisible du Saint-Esprit dans des millions de cœurs et d’esprits. Nous sommes donc, comme le dit cette expression inspirée d’Ellen White, les « collaborateurs de Dieu » – semant fidèlement comme il l’a ordonné, et reconnaissant tout aussi fidèlement que c’est l’œuvre gracieuse de Dieu qui apporte conviction, conversion, transformation, et maturation. Lorsque la grâce fait jaillir en nous un amour pour les âmes perdues, nous jetons la semence – et prions. Et lorsque le miracle d’une vie nouvelle en Christ jaillit en cette personne pour qui nous avons prié, nous rendons gloire à Jésus pour son acte de grâce continu – envers elle et envers nous. Avec Paul, nous inclinons la tête et murmurons : « À moi, qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ » (Ep 3.8). Alors que vous entendez de nouveau l’appel persistant à vous joindre à Jésus dans sa mission en faveur des âmes perdues, priez Dieu de vous donner un cœur rendu joyeux par la grâce – la grâce reçue et la grâce donnée.

30 Foi en herbe – le coin des enfants

* Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.

É TAT S - U N I S

Couverture Casey Goldring (à gauche) et Anna Ford viennent juste de terminer la récolte de bettes à carde et de laitues à la ferme Thatcher de l’Université adventiste Southern, au Tennessee, aux États-Unis. Casey est étudiante de troisième année en éducation primaire à Southern, et Anna a obtenu son diplôme en soins infirmiers de la même université. L’université participe à la section locale de l’agriculture communautaire durable. Photo : Seth Shaffer

Sous les projecteurs 10 Une communion fraternelle chaleureuse La Parole 20 Ce que nous croyons 26 La Bible répond Mon Église 16 Opinion 17 Place aux jeunes 18 Perspective mondiale 22 À la découverte de l’Esprit de prophétie Foi vivante 24 Foi en action 27 Santé & bien-être

Nous croyons en la puissance de la prière ! À Adventist World, nous nous réunissons tous les mercredis matin pour le culte hebdomadaire, au cours duquel nous prions pour les requêtes de prière qui nous ont été envoyées. Faites-nous parvenir les vôtres à prayer@adventistworld.org, et priez pour nous tandis qu’ensemble, nous travaillons à l’avancement du royaume de Dieu. 2

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Sur le vif

Des étudiants du programme d’année clinique en sciences de laboratoire médical (MLS) à l’Université Andrews, aux États-Unis, étudient des spécimens dans un laboratoire. La partie de l’année clinique du programme MLS a reçu récemment 10 ans d’accréditation continue de la part de l’Agence d’accréditation nationale pour les sciences de laboratoire médical – le nombre maximal d’années pouvant être attribuées. Photo : Darren Heslop, Service des nouvelles de l’Université Andrews

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En bref

Augmentation ou diminution nette des chrétiens dans le monde entier Source : Centre de recherche Pew

Europe

– Richard Hart, président de l’Université de Loma Linda et membre du conseil d’administration de l’Association adventiste de la politique en matière de santé (AHPA). AHPA est une affiliation de cinq systèmes de soins de santé adventistes, incluant l’Université de Loma Linda, laquelle a ouvert un nouveau bureau à Washington D.C. À ce bureau, Carlyle Walton, président de l’AHPA, dirige les efforts de l’association pour promouvoir les priorités cruciales en matière de politiques et de plaidoyer qui assurent aux hôpitaux membres la prestation de soins de santé de haute qualité et leur accessibilité.

0,4

-5,6 Millions

Moyen-Orient – Afrique du Nord

Amérique du Nord

Asie-Pacifique

Amérique latine

Afrique au sud du Sahara

0,9 Millions

5,8 Millions

17,7 Millions

32,6 Millions

64,5 Millions 4

« Nous établissons des objectifs clairs pour contribuer au modelage de l’ordre du jour fédéral. »

Le pourcentage de la population protestante de la Pologne. Les 5 796 adventistes du pays sont inclus dans ce pourcentage. Bien qu’ils soient un aussi petit groupe dans un pays de 38,5 millions d’habitants, les adventistes sont reconnus pour leur impact positif sur la société. Dernièrement, les dirigeants adventistes ont fait partie des invités d’Andrzej Duda, président de la Pologne, au palais présidentiel. Au cours de cette rencontre, les représentants adventistes ont offert au président et à sa femme un exemplaire du livre JésusChrist, d’Ellen G. White.

« Ça a été le jour le plus difficile de mon ministère. Je n’arrivais même pas à penser à ce que nous devions faire ensuite. » – Hyosu Jung, président du bureau régional du champ ouest de l’Asie de l’Église adventiste en Turquie. Hyosu Jung a fait ce commentaire en référence à une situation où l’église adventiste Taksim, à Istanbul, en Turquie, a été vendue dans le cadre d’une situation échappant au contrôle adventiste. Le tout a commencé il y a plusieurs décennies lorsqu’un ouvrier de l’Œuvre venant de l’étranger a enregistré la propriété à son nom, l’Église n’étant pas légalement reconnue en Turquie à cette époque. Ce dirigeant s’est éteint avant de pouvoir transférer le titre à son successeur. Sa famille a récemment vendu la propriété, laquelle avait fonctionné en tant qu’église adventiste depuis 1927. En 2018, le Bureau des affaires juridique de la Conférence générale est finalement arrivé à une entente en vue du transfert de la propriété à l’Église adventiste.

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En bref

5 630 Photo : Division eurasienne

La distance en kilomètres entre Moscou et le nouveau Centre de santé et de mieux-être ouvert à Ulan-Ude, une ville sibérienne, en République de Bouriatie, en Russie, le 3 février 2019. Le centre a été nommé en bouriate (la langue locale) « Shene Ehin », ce qui signifie « Nouveau commencement ». Les services incluent un massage thérapeutique pour adultes et enfants, des exercices de mise en forme, et du counseling sur la famille et le mode de vie sain. Ce centre a aussi ouvert une boutique d’aliments naturels dans ses locaux. Les organisateurs prévoient tenir des ateliers hebdomadaires sur la santé et les aliments sains.

« La communication de l’Église n’est pas une fin en soi. Nous sommes ici pour servir, pour soutenir par notre voix l’évangélisation et les initiatives missionnaires de l’Église. » – Williams Costa Jr., directeur du Département des communications de l’Église mondiale, dans un entretien avec Adventist World lors du Congrès du Réseau Internet adventiste mondial (GAiN) qui s’est tenu en Jordanie. Pendant les trois dernières années, GAiN – le Congrès mondial de la communication et de la technologie de l’Église adventiste – a été en partenariat avec différents départements et entités à caractère missionnaire. Les congrès ont servi à faciliter la discussion sur la façon dont la technologie et la communication peuvent mieux soutenir la mission.

« Notre conversation était amicale et instructive. Elle a reconnu notre héritage partagé ainsi que plusieurs différences théologiques claires entre nos deux confessions. » – Nikolaus Satelmajer, organisateur d’un dialogue récent entre l’Église adventiste et le Mouvement de réforme adventiste du septième jour. Un petit groupe de dirigeants et de théologiens des deux communautés de foi – lesquelles partagent un héritage similaire de même que de nombreuses croyances clés – se sont rencontrés le 5 et le 6 décembre 2018, au siège de l’Église adventiste mondiale. Selon les participants, cette rencontre avait pour simple objectif d’établir une relation cordiale et de favoriser une meilleure compréhension des croyances, de la mission, et de l’identité des deux confessions.

Photo : Département des Affaires publiques et de la liberté religieuse de la Conférence générale AdventistWorld.org Mai 2019 AW05-19FRE

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Actualités

ADRA lance la campagne « L’école pour chaque enfant, partout »

L’agence veut recueillir 1 million de signatures pour sensibiliser la population à l’éducation mondiale

L’Agence de développement et de secours adventiste et Adventist World

L’Agence de développement et de secours adventiste (ADRA) a annoncé une nouvelle campagne mondiale de sensibilisation intitulée « L’école pour chaque enfant, partout ». Cette campagne se veut un appel urgent aux dirigeants du monde pour que tous les enfants, peu importe la race, l’âge, la nationalité, le sexe, la religion, ou l’origine, aient droit à l’éducation, et pour que le fait d’envoyer chaque enfant à l’école soit une reconnaissance de sa valeur et de son potentiel. Cette annonce a été faite aux réunions conjointes d’ADRA et du Réseau Internet adventiste mondial (GAiN) à Sweimeh, en Jordanie, le 25 février 2019. La campagne vise à recueillir 1 million de signatures d’ici 2020 grâce à la mobilisation des citoyens en collaboration avec l’Église adventiste. Cette pétition demande aux dirigeants mondiaux de prendre des mesures qui permettront à tous les enfants de recevoir une éducation, et ainsi, de vivre à l’abri de l’exploitation et des chaînes de la pauvreté transmise d’une génération à l’autre. Déjà, 131 bureaux d’ADRA dans le monde se sont engagés à soutenir cette campagne mondiale. Jonathan Duffy, président d’ADRA : « Chaque enfant est un enfant de Dieu – précieux, unique, et rempli d’un potentiel incroyable. Cependant, la pauvreté, le mariage à un jeune âge, l’inégalité, le handicap, et de

nombreux autres facteurs empêchent un grand nombre d’enfants d’aller à l’école, ce qui est inacceptable. C’est la raison pour laquelle nous demandons, à l’échelle mondiale, des investissements plus importants dans l’éducation et un accès accru à une éducation de qualité pour tous les enfants. Il est temps de mettre l’éducation en priorité pour que chaque enfant puisse réaliser le potentiel qu’il a reçu de Dieu. » DES STATISTIQUES INQUIÉTANTES

Une étude de l’UNESCO effectuée en 2018 a révélé qu’il y a peu d’amélioration dans la réduction du nombre d’enfants, d’ados, et de jeunes ne fréquentant pas l’école depuis 2012. Cette étude rapporte que depuis 2016, plus de 263 millions d’enfants dans le monde ne vont toujours pas à l’école. On parle de près d’un cinquième de la population mondiale de ce groupe d’âge. De plus, les niveaux de pauvreté élevés seraient liés aux taux de non scolarisation. D’autres statistiques sont également inquiétantes : l’étude a rapporté, en effet, que dans le monde en développement, 90 pour cent des enfants handicapés ne vont pas à l’école, et que les enfants réfugiés sont cinq fois plus susceptibles que les enfants non réfugiés de ne pas fréquenter l’école. On estime également que 25 millions d’enfants d’âge primaire ne sont jamais allés à l’école, et n’y iront probablement jamais si la tendance

Jonathan Duffy, président de l’Agence de développement et de secours adventiste (ADRA), présente la campagne « L’école pour chaque enfant, partout » lors des réunions conjointes d’ADRA et du Réseau Internet adventiste mondial (GAiN) à Sweimeh, en Jordanie, le 25 février 2019.

actuelle se maintient. Des experts en la matière croient qu’un enfant qui ne va pas à l’école est plus vulnérable à la traite des personnes, au recrutement par les milices, et à un taux accru de mariage précoce, de grossesse chez les adolescentes, et de travail des enfants. « En l’absence d’éducation, le désavantage subsiste, et les enfants se retrouvent pris au piège de la pauvreté transmise d’une génération à l’autre », ont-ils souligné. L’IMPORTANCE DE LA CAMPAGNE

La campagne « L’école pour chaque enfant, partout » repose sur la longue tradition de l’Église adventiste de répondre aux besoins de tous les êtres humains, c’est-à-dire de militer en faveur des droits de la personne, du bien-être des enfants, et de la protection et de l’intégrité des familles, a dit Jonathan Duffy. C’est un appel à tous les supporters à se lever avec ce mouvement dirigé par les adventistes, et à mettre en pratique ces principes que nous tenons pour vrais. » Au fil des ans, ADRA s’est faite championne des questions de la justice sociale. À cet égard, elle travaille avec des communautés interreligieuses pour défendre le soutien aux réfugiés, aux migrants, et aux personnes déplacées lors de la Journée mondiale des réfugiés et du Sabbat mondial des réfugiés ; elle fournit de l’assistance aux familles vulnérables par le biais de secours d’urgence ; et elle donne un accès accru aux enfants affectés par le déplacement. ADRA a aussi fait pression pour mettre un terme à la violence envers les femmes et les filles en soutenant la campagne End It Now menée par le Ministère des femmes de la Conférence générale des adventistes du septième jour.

Photo : Agence de développement et de secours adventiste 6

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Actualités

Cour suprême de la Corée : une victoire juridique historique pour un étudiant adventiste

Ce jugement longtemps attendu entérine un droit juridique à un accommodement pour le samedi (sabbat)

Bettina Krause, Service des nouvelles des Affaires publiques et de la liberté religieuse

L’éprouvante bataille juridique de Jan Ji Man – une épreuve qui a duré près de deux ans – s’est enfin terminée le mois dernier lorsque la Cour suprême a confirmé le droit de cet étudiant adventiste en médecine, en Corée du Sud, de passer les examens universitaires en dehors des heures du samedi (sabbat). Les adventistes en Corée célèbrent ce jugement historique rendu le 31 janvier 2019, lequel, espèrent-ils, signalera une ère nouvelle de protection juridique pour les observateurs du sabbat ainsi que d’autres gens de foi. « Sur le plan historique, il s’agit d’un verdict important pour les adventistes coréens. Ce verdict constitue désormais un précédent judiciaire que l’on pourra utiliser en cas de poursuites futures portant sur l’observation du sabbat », a dit Sun Hwan Kim, directeur des Affaires publiques et de la liberté religieuse (PARL) de l’Église adventiste de la Division Asie-Pacifique Nord. « Ce jugement miraculeux, a-t-il ajouté, ne se serait pas produit si le frère Han, un jeune et fidèle adventiste, n’était pas demeuré ferme dans sa foi. » Les adventistes en Corée étaient en butte depuis longtemps à des difficultés liées à l’observation du sabbat. En effet, les examens d’accréditation professionnelle étaient souvent prévus le samedi. Au fil des années, de nombreux membres d’église ont dû sacrifier un avancement scolaire ou professionnel pour rester fidèles à leurs convictions. Bien que la constitution coréenne interdise la discrimination fondée sur la religion, les tribunaux n’avaient pas, jusqu’à maintenant, étendu cette protection à la question de l’observation du sabbat.

Le bâtiment de la Cour suprême en Corée du Sud, site d’un jugement historique rendu le 31 janvier 2019. Ce jugement assure une protection juridique pour les observateurs du sabbat et d’autres gens de foi.

Photo : Wikipedia Commons

UNE BATAILLE POUR LA PROTECTION JURIDIQUE

La bataille juridique d’Han Ji Man a commencé alors qu’il était dans sa première année d’études en médecine. Ayant constaté que plusieurs examens importants étaient prévus les samedis, il a discuté de ce problème avec ses profs et les administrateurs de l’université, puis a fait appel à la Commission nationale des droits de la personne de la Corée. Voyant que ses démarches n’arrivaient pas à résoudre le problème, il a engagé une action en justice contre la faculté de médecine. Après avoir perdu sa cause au tribunal de première instance, Han Ji Man a fait appel à la Cour supérieure de la Corée et a gagné. La faculté de médecine en a appelé de cette décision à la Cour suprême, le plus haut tribunal du pays. La Cour suprême a appuyé la décision de la Cour supérieure, donnant ainsi la victoire à Han Ji Man, et garantissant une protection juridique mieux étayée pour la liberté religieuse. Sun Hwan Kim : « Cette victoire n’est pas le fruit du hasard. » Il a

souligné en particulier les prières incessantes des membres d’église de la Corée – et celles des membres d’église du monde entier – qui ont soutenu Han Ji Man tout au long de sa bataille juridique. Il a aussi mentionné l’œuvre diligente de Shin Myung Cheol, l’avocat de Han Ji Man, l’organisation de levées de fonds, le soutien du Département de PARL de l’Union coréenne, et celui de la Société de la liberté religieuse et de l’égalité des chances – un groupe composé principalement de médecins adventistes. Grâce à ce jugement, les adventistes en Corée espèrent que l’accommodation du sabbat deviendra enfin moins difficile pour les membres d’église de nombreux secteurs de la société coréenne. Mais selon Sun Hwan Kim, l’exemple puissant de fidélité envers Dieu qu’a donné cet étudiant en face de l’adversité est tout aussi important. « Je prie pour que dans leur parcours de foi, d’autres jeunes adventistes imitent l’acte de foi courageux de frère Han », a-t-il conclu. AdventistWorld.org Mai 2019

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Coup d’œil sur… la Division nord-américaine (NAD)

1 257 913 Effectif de la NAD au 31 décembre 2018

1968 L’année où l’Église adventiste a commencé des excavations archéologiques en Jordanie – un projet qu’on a bientôt intitulé le « Projet des plaines de Madaba ». L’objectif initial était de découvrir des preuves de l’existence d’Hesbon – une ancienne ville liée à l’Exode biblique. Récemment, les archéologues fondateurs et leurs collègues, étudiants, bénévoles de l’équipe des fouilles, et supporters ont célébré le cinquantenaire de leur œuvre lors du 10e Week-end annuel de la découverte archéologique de l’Université La Sierra. (^-)

« Plus de 150 ans après le lancement du Ministère adventiste des soins de santé, nous sommes fiers de poursuivre à ce titre cet héritage pour apporter la guérison, exprimer l’amour, et donner espoir à ceux que nous rencontrons dans notre mission sacrée, laquelle consiste à prodiguer des soins globaux centrés sur Christ. » – Gary Thurber, président de l’Union des fédérations mid-américaines et président du conseil d’AdventHealth, anciennement connu sous le nom d’Advent Health System. Le changement officiel de nom est entré en vigueur le 1er janvier 2019, unissant près de 50 hôpitaux, plus de 1 200 sites de soins de santé, et 39 marques sous une même marque et un même logo.

Six cents Le nombre de familles qui ont reçu de l’assistance à l’aéroport international d’Orlando de Community United Outreach – une coopérative adventiste domiciliée à Orlando, en Floride. Le groupe a sponsorisé une distribution de nourriture gratuite le 31 janvier aux employés de l’aéroport affectés par la plus longue fermeture gouvernementale aux États-Unis, laquelle a duré 35 jours. La NAD a fait un reportage sur plusieurs individus et groupes adventistes d’un bout à l’autre du pays qui sont venus aider avec des moyens concrets ceux qui ont été privés de salaire pendant la fermeture.

« Notre tâche consiste à rendre l’amour de Dieu tangible pour ceux qui nous entourent, en dépit des inconvénients et des difficultés qui, ce faisant, surgissent. Nous sommes tous les ministres de Dieu, ses serviteurs. » – Dan Jackson, président de la Division nord-américaine, s’adressant aux participants du Congrès de la santé 2019 de la Division nord-américaine, lequel s’est tenu à Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Plus de 150 participants se sont réunis pour discuter de différents sujets sur la santé. On a insisté sur la guérison auprès de ceux qui prodiguent des services de santé en tant que professionnels – que ce soient des professionnels de la santé, des pasteurs, ou des administrateurs – afin de répondre efficacement aux besoins d’autrui.

Photo : Jason Watkins 8

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Point de vue

Chantal J. Klingbeil, directrice adjointe du Ellen G. White Estate

Photo : Sidney Pearce

Bonne fête des Mères ! Vraiment ? Ce mois-ci, les habitants de maints endroits du globe se souviennent des mères et leur rendent hommage. Naturellement, certains en font une affaire de gros sous : alors que les médias rappellent aux différents publics d’exprimer leur appréciation aux mères, différentes entreprises se font concurrence pour hausser leurs ventes. Le jour de la fête des Mères, les églises (y compris les églises adventistes), les politiciens, et les dirigeants louent les mères. Mais la fête des Mères peut être aussi un moment pénible. Je pense aux femmes qui, ayant toujours voulu être mères, n’ont cependant pu satisfaire cette aspiration profonde. Pour d’autres, cette fête est le rappel douloureux et indésiré d’un enfant mort-né ou d’une adoption. Alors que les médias sont saturés d’images de mères heureuses recevant des fleurs et des cadeaux de la part de leurs enfants reconnaissants, de nombreuses mères se demandent où elles ont bien pu se tromper, et pourquoi leurs enfants ne leur expriment jamais leur amour et leur reconnaissance. De nombreux pères qui triment dur se demandent pourquoi on en fait tant à la

fête des Mères, alors que bien souvent, la société en général n’accorde pas autant d’attention à la fête des Pères. Peu importe qui nous sommes, que nous soyons parents ou pas, la fête des Mères touche des cordes sensibles, ramenant chacun de nous à son propre commencement, à ses propres questions relatives au fait d’être aimé et accepté. Cependant, l’amour est encodé dans nos gènes. Notre origine en est une d’amour. Pour certains d’entre nous, nos parents s’aimaient avant notre naissance. Il se peut que d’autres n’aient été ni planifiés, ni même désirés par leurs mères. Mais malgré la façon dont chacune de nos histoires individuelles a commencé, quelqu’un nous a portés pendant neuf mois. Pour ces neuf mois, alors que les codes génétiques étaient lus et les cellules divisées, nous avons été « tissés » en réponse au plan de Dieu. Celui-ci, source de la vie et de l’amour (1 Jn 4.8), a créé individuellement quelqu’un de plus à aimer (Es 44.2). Et la meilleure partie de tout ça, c’est que nous n’avions rien à voir là-dedans. Nous n’avons rien demandé. Nous n’avons pas travaillé pour obtenir le don de la vie. Nous n’avons qu’écouté son rythme avec le battement de cœur de notre mère, puis nous nous sommes simplement ouverts à la vie avec notre première respiration profonde. Quelque part, d’une façon ou d’une

autre, chacun de nous a vu l’amour modelé dans ce don de la vie. En dépit des obstacles contre nous, nous sommes nés ! Nous sommes tous aussi uniques que nos empreintes digitales. Et nous sommes conçus pour vivre une relation spéciale avec le Dieu qui connaît même le nombre des cheveux de notre tête (Mt 10.30). Certaines d’entre nous décident de répéter l’expérience et participent à l’histoire d’amour de Dieu tandis qu’elles portent une nouvelle vie en elles. En tant que mères, nous partageons dans ce nouveau projet d’amour de Dieu notre corps, notre sang, nos hormones, notre nourriture, et même l’air que nous respirons. Nous comprenons que dans ce monde déchu, l’amour s’exprime non seulement par des fleurs, des cartes porteuses de doux messages, de magnifiques cadeaux, mais aussi dans les douleurs de l’enfantement, les nuits blanches, les nez qui coulent, les larmes, et les couches sales. Que nous soyons mères ou simplement leurs enfants adultes, la fête des Mères devrait être un grand rappel au fait que nous sommes aimés ! « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l’oublierait, moi je ne t’oublierai point. » (Es 49.15) AdventistWorld.org Mai 2019

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Sous les projecteurs

Une communion fraternelle chaleureuse « Je vous ai appelés amis », a dit Jésus à ses disciples (Jn 15.15). Quel magnifique compliment ! Et l’on peut dire la même chose de nous lorsque nous nous joignons au corps du Christ, l’Église. Nous ne sommes désormais plus serviteurs ; nous sommes amis. Le ministère de Jésus reflétait ce que signifie être amis de Jésus. Le Seigneur a dit à Zachée : « Il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison » (Lc 19.5). Il a dit à la femme au puits de Jacob : « Donne-moi à boire » (Jn 4.7), et au brigand sur la croix : « Tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23.43). Maintenant que nous sommes amis de Jésus, nous avons la responsabilité d’inviter les autres à se joindre à cette communion fraternelle. Les amis prennent soin les uns des autres ; ils veillent les uns sur les autres ; ils s’attendent au mieux de la part des autres. Aucune autre institution humaine n’égale la compagnie que l’on trouve dans l’Église. Tandis que nous vivons pour Christ, notre amitié avec lui se reflètera dans notre amitié mutuelle. Dans cette section, nous nous souvenons qu’un grand privilège s’accompagne d’une grande responsabilité. – La rédaction

Les retraités migrateurs En quête de chaleur quand vient l’hiver A. ALLAN MARTIN

J

’ai grandi principalement en Floride – l’État du soleil, comme on l’appelle – aux États-Unis. Enfant, j’étais toujours étonné de voir, au plus fort de l’hiver, des visiteurs en short et en tongs alors que nous, les habitants de l’endroit, nous nous emmitouflions dans nos vêtements chauds. Certains profitaient même de la plage ou de la piscine… en janvier ! Dehors, il faisait 10°C. Brrrrr ! Ces gens venaient souvent du nord des États-Unis, où le froid mordait ; nombre d’entre eux se rendaient dans le sud pour échapper aux températures glaciales et aux conditions atmosphériques extrêmes. Chez nous, on les surnommait « les retraités migrateurs » parce qu’ils « émigrent » vers des endroits chauds et ensoleillés. Quitter le froid, aller là où il fait chaud… un choix intelligent, retraités migrateurs ! Un choix intelligent. COMBIEN FAIT-IL DANS VOTRE ÉGLISE ?

« Échapper au froid ». Ces mots me font penser à la vie actuelle dans l’Église, et au fait que nos communautés de foi ont, parfois, le nez carrément engourdi. Récemment, j’ai affiché un commentaire sur un réseau social qui a suscité une réaction en ligne considérable : Personne n’a jamais dit : « Ce que j’aime le plus de cette église, c’est sa froideur extrême et son air de supériorité. » Des jeunes et des gens de tout âge quittent ces églises relation-


nellement froides. C’est là un fait bien documenté dans la recherche1. Pour des êtres humains au sang chaud, il semble tout à fait logique de penser : « Je n’aime pas le froid ; je veux aller là où il fait chaud. » Se pourrait-il qu’un changement de température au niveau de l’ambiance soit une clé non seulement pour garder les jeunes, mais aussi pour les attirer dans la vie de l’église locale ? Dans le livre Growing Young, les auteurs Kara Powell, Brad Griffin, et Jake Mulder ont fait une recherche auprès de plus de 250 congrégations attirant des jeunes dans leurs églises. Après s’être entretenus avec 1 300 jeunes (de 15 à 29 ans) qui fréquentaient l’église, ces auteurs ont découvert ce que les prochaines générations désirent : de l’authenticité et du relationnel2. Bref, de la chaleur. Les auteurs de Growing Young ont analysé les termes que les jeunes adultes utilisaient pour décrire les églises ou les communautés de foi qu’ils avaient choisies, et ont remarqué à maintes reprises les mots suivants : chaleureuse, accueillante, ouverte, authentique, hospitalière, bienveillante – d’où leur appellation de cette découverte : « le rassemblement chaleureux ». Roger Dudley, mon ami et mentor, l’exprime à merveille : « J’en ai tiré la conclusion suivante : parmi les nombreux facteurs de rétention, l’ambiance dans la congrégation est sans doute le plus important de tous. Les jeunes, lorsqu’ils pensent aux adventistes, ne pensent pas à la confession dans son ensemble. Pour eux, l’adventisme est cette congrégation. Si cette congrégation est un endroit chaleureux et ouvert, alors l’adventisme est sûrement une bonne chose. Mais si cette congrégation est un endroit où pendent des glaçons, ils s’interrogent : “C’est quoi le problème avec les adventistes ?” Si les adultes ont aussi cette réaction, en revanche, les jeunes l’ont tout particulièrement3. »

DES RAISONS D’APPARTENIR

Ce que Roger Dudley dit me semble vrai. Quand je repense aux raisons pour lesquelles je suis resté amoureux de l’Église adventiste, il est rare que je pointe spontanément une croyance, une doctrine, un règlement, une pratique culturelle, un bâtiment, un lieu, ou une région. Qu’est-ce qui m’a donc fait adhérer à la foi ? Presque toujours un précieux souvenir d’une personne incarnant le « rassemblement chaleureux » – quelqu’un qui était Jésus pour moi. De mon adolescence jusqu’à mon entrée dans le monde adulte, je peux désigner des gens qui m’ont fait sentir qu’ils croyaient en moi, des gens qui s’intéressaient à moi, des gens qui étaient très certainement… chaleureux. Je peux nommer de merveilleux et chaleureux disciples du Christ grâce auxquels il m’était difficile d’imaginer être ailleurs qu’à l’église adventiste. En tant qu’adulte, et ayant vécu parfois là où les hivers peuvent être rigoureux, je me suis vraiment identifié aux retraités migrateurs qui sont attirés par des endroits où le soleil brille, où le climat est chaud. Comme les jeunes, j’ai aussi tendance à émigrer vers des espaces spirituels où les gens sont gentils, où la température des relations est attrayante. Puissent nos églises être remplies de relations chaleureuses, accueillantes, et authentiques ! La prochaine fois que des « retraités migrateurs » voltigeront vers votre communauté de foi, quelle température aurez-vous à leur offrir ? Ma prière, c’est qu’ils trouvent en vous une personne accueillante, ouverte, authentique, hospitalière, et bienveillante. Bref, soyez chaleureux ! Un rapport d’Alex Bryant sur le site de eHuddle 2019, www. facebook.com/ NADAdventist/videos/562687697544563/. 2 growingyoungadventists.wordpress.com/2018/02/06/warmisthe-new-cool/. 3 www.ministrymagazine.org/archive/2009/01/embracing-those-who-reject-religion. 1

A. Allan Martin, titulaire d’un doctorat, est pasteur enseignant pour l’Église jeune génération, le ministère envers les jeunes adultes de l’église adventiste d’Arlington, au Texas, aux États-Unis (ygchurch.com).

Opération réchauffement Voici quelques suggestions pour entretenir une communauté de foi chaleureuse dans votre église locale.

Ceux que vous ne connaissez pas Présentez-vous à un nouveau que vous ne connaissez pas. Il est important d’avoir une approche intentionnelle pour éviter de vous planter – par exemple, évitez de dire « Salut, tu es nouveau ici » alors qu’il se pourrait bien que cette personne vienne à l’église depuis déjà quelque temps ! Dites plutôt quelque chose comme « Salut ! C’est la première fois que je te vois. Je m’appelle __________. » Cette approche vous permettra de faire connaissance avec de nouvelles personnes à l’église, au travail, ou à l’école.

Autour d’un bon repas C’est une coutume d’inviter des visiteurs à déjeuner après les services du sabbat. Mais avec le temps, cette pratique s’est quelque peu estompée. Pourtant, les repas sont une façon vraiment formidable de connaître les gens, et pour les jeunes, la nourriture est toujours quelque chose d’attirant ! Vous verrez qu’il vaut la peine de vous faire régulièrement de nouveaux amis autour d’un bon repas.

Servir côte à côte Le service à la communauté, les causes humanitaires et la justice sociale procurent à toutes les générations des occasions de travailler ensemble pour aider ceux qui sont dans le besoin. De telles occasions servent aussi à forger des amitiés et à rencontrer des gens avec qui vous ne pourriez entrer en relation autrement. Cherchez à servir régulièrement et à construire des relations avec ceux qui vous entourent. Pour d’autres idées relatives à l’entretien de relations chaleureuses, consultez le site GrowingYoungAdventists.com.

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Planter, cultiver, conserver L’art raffiné d’engager et d’encourager les membres, anciens et nouveaux MARCOS TORRES

L

’église adventiste locale a un magnifique message et une mission impérative focalisée sur la vérité biblique et l’évangélisation. Les églises actives dirigent des programmes pour entrer en contact avec leurs communautés locales et tiennent tous les ans des campagnes d’évangélisation conçues pour encourager la prise de décision. Des rapports sont envoyés à la fédération locale. Des sourires et des célébrations s’ensuivent. Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Dans certaines parties du monde, « une personne sur trois [quitte] l’Église après avoir été baptisée, en moins de trois ans. Le ratio précis

[est de] 43 personnes perdues pour presque 100 nouveaux convertis »*. Réfléchissons-y : près de la moitié de ceux qui se joignent à l’Église adventiste la quittent au cours des trois premières années ! La question évidente pour suivre une statistique aussi préoccupante est la suivante : Que pouvons-nous faire pour renverser cette tendance ? La prière est la clé, car sans elle, tous nos efforts sont voués à l’échec. Mais que pouvons-nous combiner à nos efforts de prière, que pouvons-nous faire sur le plan pratique pour ralentir la vague ? Voici cinq étapes toutes simples pour nous aider à retenir les nouveaux membres. SOYEZ PROACTIFS, ET NON RÉACTIFS

Tout porte à croire que l’on ne peut renverser l’exode de membres tandis qu’il se produit. C’est presque trop tard ! Par contre, on peut apprendre à s’adapter pour que cela ne se reproduise pas. Discutez avec les membres de votre équipe de leadership, et établissez les grandes lignes d’une méthode simple et durable pour augmenter la rétention des membres. En général, ce processus gravite autour de trois pratiques faciles : 1) établir des relations avec les nouveaux membres – au

Appelés à être disciples De partisans à disciples : un processus

Photo : courtoisie de l’auteur

moins trois amis proches de l’église pour chaque nouveau membre ; 2) passer à une « nouvelle étape » pour les membres récemment baptisés – la plupart des églises les baptisent puis les oublient alors qu’il faut les former davantage, poursuivre l’étude de la Bible avec eux, et les discipuler ; 3) donner un soin pastoral constant. Cette pratique n’implique pas que le pasteur. Chaque ancien devrait être chargé de s’occuper d’un certain nombre de membres (cependant, assurez-vous d’établir des frontières appropriées pour les membres vulnérables ou célibataires). ÉCOUTER POUR COMPRENDRE

L’étape précédente est nécessaire pour prévenir un retour sur ses engagements, car une fois que cette balle roule, il est presque impossible de la stopper. Par contre, nous pouvons contribuer à freiner cette dynamique. Ne faites rien sans prier. Après avoir prié, rencontrez ceux qui semblent faire marche arrière et bornez-vous à les écouter. Ne leur faites pas de sermon. Ne les réprimandez pas. Ne leur donnez pas une étude biblique sur l’importance d’aller à l’église. Et de grâce, ne les approchez pas avec « des menaces sur la vie spirituelle » (du genre « Nous vivons à la fin des temps », « Tu n’y arriveras pas si

Tara VinCross est pasteur en chef de l’église adventiste d’Azure Hills, dans le sud de la Californie, aux ÉtatsUnis. Elle est titulaire d’un doctorat en pastorale de l’Université Andrews en spiritualité et en discipulat bibliques. « J’aime encourager les gens à vivre leur appel et à utiliser leurs dons pour les amener vers la vie plus abondante dont Jésus a parlé », dit-elle. Lors d’une récente entrevue, Tara nous a parlé de la façon de guider les membres – jeunes et vieux – dans le sentier du discipulat. – La rédaction


que vous l’aimez et que vous vous intéressez à elle. CHANGER L’ENVIRONNEMENT

tu… », ou « Tu vas être perdu si tu… ». Écoutez simplement. C’est tout. Et si vous devez parler, contentez-vous de clarifier un sujet qui les préoccupe, de répondre à leurs questions, et de les encourager. Résistez à l’envie de « les remettre à leur place ». RÉPONDRE AUX BESOINS

Les gens abandonnent l’Église pour toutes sortes de raisons. La plupart du temps, c’est lors d’une crise de la vie, d’une situation ou d’un problème qui les embarrasse ou les accable. Parfois, ils abandonnent parce qu’un membre d’église les a blessés, ou parce qu’ils ne sentent pas connectés. Et parfois, oui, ils commencent à douter des doctrines de l’Église. Quoi qu’il en soit, ne défendez pas l’Église ou ses enseignements. Cherchez plutôt à servir. Traitez-les comme vous le feriez pour une personne blessée en cherchant à soigner leurs plaies et à les entretenir pour qu’ils se rétablissent. MAINTENIR UNE RELATION

Vous pouvez penser : Tout ça semble tellement passif ! N’y a-t-il rien d’un peu plus dynamique que nous puissions faire

pour qu’ils s’en sortent ? Après tout, c’est la vie éternelle qui est en jeu, n’est-ce pas ? Réponse : ça dépend. Vous ne pouvez défaire des années de mauvaise pratique spirituelle en secouant subitement les gens. Mais si votre église a échoué dans sa mission d’entretenir, de renforcer, et de discipuler les croyants, qu’est-ce qui vous donne le droit de prendre le mord aux dents lorsqu’ils se retirent ? Où était toute cette énergie lorsqu’ils étaient parmi vous, ignorés et non remarqués alors qu’ils luttaient dans leur vie spirituelle ? Ceci dit, il existe de rares cas où vous devriez être un peu plus ferme. Si la personne est un ami proche, quelqu’un pour qui vous vous êtes investi, alors vous avez davantage d’influence. Des paroles fermes enrobées d’amour vont beaucoup plus loin lorsqu’elles sont dites dans un contexte de relation aimante. C’est pourquoi la prière, l’écoute, et le service sont aussi importants. Si tous vos efforts échouent, il ne reste qu’une chose à faire : maintenir votre relation avec cette personne. Assurez-vous qu’elle sache, même si elle ne revient jamais à l’Église,

Quels principes sont essentiels au processus de discipulat ? Il y en a trois : savoir, être, et faire – soit connaître Dieu davantage, puis vivre vraiment notre foi, et enfin atteindre notre objectif. Comme personne ne réagit ou ne répond de la même manière, je consacre une section entière à la prière, à la lecture méditative des Écritures, et aux différentes façons d’entrer en relation avec Dieu selon les différents styles d’apprentissage.

En quoi consiste un tel processus ? Il a le format d’un cours tout en étant très interactif. Nous formons un groupe fermé limité sur une période de temps établie. Le premier cours que j’ai donné était d’une durée de 12 semaines. Il a débuté et s’est terminé par une retraite

Quand une plante n’arrive pas à croître dans un environnement particulier, ne la réintroduisez pas dans le même environnement. Changez plutôt d’environnement – température, ensoleillement, air, eau, etc. Assurez-vous que l’environnement soit propice à sa croissance. Malheureusement, bien des églises perdent des membres, puis en introduisent de nouveau dans l’environnement même qui a causé la perte des précédents. Si nous sommes sérieux au sujet de la rétention des nouveaux membres, alors nous devons remplacer l’environnement actuel par un environnement plus sain, dont le climat est plus propice à la croissance, ce qui discipulera les nouveaux convertis dans leur marche avec Dieu et avec les autres. *Adrian Zahid, « Beyond the One Project: The War Over the Local Church », thecompassmagazine.com/blog/beyond-the-one-projectthewar-over-the-local-church-5a.

Marcos Torres est pasteur des églises de Victoria Park et de Joondalup dans l’ouest de l’Australie. Pour davantage d’idées dans la mission et le leadership de l’Église, suivez son podcast sur le site www. TheChurchStoryProject.com.

d’un jour (de 9 heures à 17 heures). [Les participants] se sont engagés à être présents à ce jour de retraite au début et à la fin du cours, ainsi qu’à 12 soirées à raison d’une par semaine. Nous avons intitulé ce cours « Groupe de discipulat ». Le mot « discipulat » ne colle pas pour tout le monde. Personnellement, je l’aime bien ! Je l’utilise à chaque cours.

Comment réagissent la plupart des nouveaux membres d’église à ce processus ? Les participants – chaque groupe comporte de 12 à 16 personnes – se rapprochent les uns des autres et développent des relations solides. Quand il est possible de former des sous-groupes de quatre, ils ont l’impression de se retrouver un peu comme en famille. Par ailleurs, chaque participant choisit un compagnon spirituel – une autre personne à qui il AdventistWorld.org Mai 2019

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que Jésus aime. Voici quelques idées pour une vie efficace en tant que disciples de Jésus-Christ. Une vie de piété. Essayez de passer une heure avec Jésus chaque jour : une demi-heure le matin, cinq minutes par-ci par-là, et le reste avant d’aller au lit. Lisez ou écoutez la Bible, l’Esprit de prophétie, et la leçon de l’École du sabbat. Écrivez vos pensées. Écrivez aussi vos requêtes de prière et leur exaucement. Trouvez un partenaire de prière, un partenaire responsable, ou joignez-vous à un petit groupe.

Rosie Fraser

Quel est votre but ? Se joindre à l’Église n’est que le commencement JEFFREY O. BROWN

Appelés à être disciples suite

U

n homme poursuit ses parents pour lui avoir donné la vie sans son consentement1. » Ce gros titre a capté mon intention. Pourquoi m’avez-vous mis au monde, a-t-il effectivement dit à ses parents, alors que la vie n’a aucun but ? Et vous ? Quel est votre but ? Une naissance sans qu’il y ait un couple est tragique. Il en va de même de la nouvelle naissance sans discipulat. Le discipulat, c’est simplement le processus qui consiste à aimer ceux

parle et avec laquelle il prie tout au long du cours. Cette relation implique aussi une responsabilité mutuelle.

Les nouveaux membres semblent-ils intéressés à participer à ce cours ? L’offrez-vous aussi aux membres de plus longue date ? Mon cours a toujours été ouvert aux deux groupes ! J’ai découvert, en effet, que certains membres d’église fidèles n’ont pourtant jamais connu l’amour du Père. Ce cours est donc une bénédiction pour les deux groupes. Il peut recevoir des membres de longue date qui ont besoin de croître et le désirent, ainsi que des membres plus nouveaux.

Quelle forme le discipulat prend-il maintenant 14

Mai 2019 AdventistWorld.org

Mise en œuvre d’une idée. Joignez-vous à un ministère déjà existant ou lancez-en un. La Mission Métro à Sandton (à Johannesburg), en Afrique du Sud, se passionne pour le discipulat de sept jours, et pas seulement le septième jour ! Leurs groupes de vie incluent : FunDaMental (hommes), Clarity (étude biblique), The Movement (jeunes), Empower Her (femmes), The Squad (foot), la prière des femmes d’affaires professionnelles (réunion des femmes pour la prière du midi), BeLifeSum (santé), et Worth Fighting For (vie familiale). Ces groupes de vie fournissent un lieu authentique permettant aux membres d’établir des relations avec des personnes qui ne fréquentent pas l’église. Médias sociaux. Rachel Aitken, fondatrice de Digital Discipleship en

que vous êtes pasteur en chef d’une église institutionnelle de 2 300 membres ? L’École du sabbat est [l’une] de nos meilleures avenues pour le discipulat. Les gens font partie de l’École du sabbat. Nous devons considérer le contexte et dire : « O. K., l’École du sabbat est la meilleure façon pour les participants de former des petits groupes et d’établir une relation. Là, ils sont formés et discipulés ; là, ils sont connus et connaissent les autres. Comment pouvonsnous faire preuve d’une plus grande intentionnalité dans cet espace-temps [pour le discipulat] ? »

Que conseillez-vous à ceux qui veulent passer à l’étape suivante du discipulat ?


Australie, m’a dit : « Servez-vous de l’espace numérique pour répondre aux besoins des gens de votre collectivité. Encouragez vos membres d’église à lancer des conversations sur leurs comptes des médias sociaux. […] Soutenez les gens par les médias sociaux, dans les forums, ou sur le site Web de votre église. Pensez à une section sur l’éducation des enfants, la santé, ou la prière. Tenez une étude biblique ou une réunion de prière en ligne. Donnez un cours de cuisine en diffusion continue en direct. Cherchez toujours à répondre aux besoins de vos semblables, quels qu’ils soient. »

ne connaît pas. Faites donc un effort intentionnel. Tenez un programme du genre Bienvenue à la famille impliquant toute l’église, y compris les nouveaux membres. Instruisez-vous ensemble sur la santé, la spiritualité, la famille, la dynamique de l’église, et l’amélioration des relations2.

Évangélisation dans la collectivité. Un sabbat sur deux, notre église tient un service abrégé. Ensuite, nos membres sortent dans la collectivité. Musiciens, chanteurs et autres bénévoles vont à une résidence pour personnes âgées. Les équipes de visite rendent visite aux malades et aux personnes confinées chez elles. D’autres membres servent dans des refuges interreligieux. Nous contribuons à la revitalisation du voisinage et au soutien individualisé pour faire passer des familles de la pauvreté à l’autosuffisance économique. Nous sommes là pour servir, et non pour être servis.

Construction du patrimoine. Prenez quelqu’un avec vous – pourquoi pas un jeune ! – et donnez-lui l’occasion d’être embrasé par le discipulat. À l’Université d’Arusha, en Tanzanie, on a demandé à un étudiant de première année en théologie d’être mon traducteur. Victor s’est bien acquitté de sa mission. J’ai compris que ceci était davantage qu’une mission de service – c’était une fenêtre ouverte pour le mentorat. Plus tard, Victor m’a écrit : « Sachez qu’il y a en Tanzanie un jeune qui suit vos traces. » De qui êtes-vous le mentor ?

Intégration. Quand on se fait baptiser, non seulement on se joint à Christ, mais on se joint aussi à sa famille. Il n’est pas toujours facile de se rapprocher des gens que l’on

Participation à un projet. Participez à un projet missionnaire, local ou outre-mer. Au cours de mes études supérieures, j’ai personnellement passé une année au Ghana, en Afrique de l’Ouest, à titre d’étudiant missionnaire. Il n’y a rien pour battre ça !

Dépôts quotidiens. Priez pour ceux que vous voulez atteindre, et pour recevoir des occasions d’accomplir chaque jour des actes de bonté. Dépôts pour Jésus : un membre, un témoignage quotidien a plus de 400 façons pratiques

Aux dirigeants : Tout ce que l’on juge plus important éclipse le reste. Il est donc essentiel de consacrer délibérément du temps au discipulat. Dans chaque secteur de notre ministère, la question suivante s’impose : « Comment développons-nous les disciples ? » Nous avons été créés pour grandir dans le contexte d’une relation. Ainsi, que vous étudiiez l’épître aux Romains ou l’Évangile de Jean, ou un autre livre, réunissez-vous pour en lire un chapitre par semaine et pour prier. Lorsque nous consacrons une période de temps pour grandir avec d’autres croyants, pour entretenir ces relations, les résultats ne se font pas attendre ! J’ai vu personnellement la transformation qui s’ensuit.

de faire des dépôts de témoignage, y compris par le biais des médias sociaux pour les jeunes3. George Webber déclare : « Notre travail consiste à trouver ceux qui ont été oubliés et à faire ce que nous pouvons en signe d’amour et d’espoir […]. [Nos actes] ne servent pas à faire de nouveaux membres ou à convertir. Nous imitons simplement notre Seigneur […] en offrant notre amour sans condition4. » Un jour, un petit garçon pleurait parce qu’il avait perdu la note que sa mère lui avait donnée pour son professeur, expliquant pourquoi il n’avait pas de certificat de naissance. Le petit s’est écrié : « J’ai perdu l’excuse de ma naissance ! » Si nous vivons la vraie vie de disciple, nous découvrirons notre but. Connaissez-vous le vôtre ? www.wivb.com/news/man-sues-parents-for-giving-birth-to-himwithout-his-consent1/1766482167. 2 www.adventsource.org/store/adult-ministries/family-ministries/ welcome-to-the-family-38153. 3 Ashton O’Neil, Deposits for Jesus: Every Member, Everyday Witnessing, Union des fédérations des Antilles, Port-d’Espagne, Trinité-et-Tobago, 2018. 4 George W. Webber, Today’s Church: A Community of Exiles and Pilgrims, Nashville, Abingdon, 1979, p. 96. 1

Jeffrey O. Brown est secrétaire adjoint de l’Association pastorale de la Conférence générale, et rédacteur adjoint de la revue Ministry. Il sert aussi en tant que pasteur pour le discipulat à l’église adventiste Emmanuel-Brinklow, à Ashton, au Maryland (États-Unis).

Un jour, un participant du premier groupe est venu me voir alors que nous nous apprêtions à lire les Écritures. Il m’a dit : « Les autres participants peuvent le faire, mais pas moi. Je sais que ça marche pour d’autres, mais moi, je n’y arrive pas ! Je n’entends pas la voix de Dieu. » Je lui ai alors répondu qu’en fait, nous n’avons qu’à venir à Dieu tels que nous sommes. Son amour et son acceptation nous amènent à faire l’expérience de l’Esprit, si bien que nous croissons et sommes transformés par sa puissance. Au terme de notre conversation, j’ai prié avec lui, et il s’est engagé de nouveau envers les Écritures et envers Dieu. Dieu aspire à nous rencontrer ! C’est ce que je veux que les gens sachent. AdventistWorld.org Mai 2019

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Opinion

Des trésors cachés

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ans un monde où nombre d’entre nous ne cultivent plus le sol, se pourrait-il que nous rations des leçons que Dieu ne peut nous enseigner que lorsque nos mains sont pleines de terre ? Autrefois, la plupart des gens étaient fermiers. Mais aujourd’hui, une telle expérience n’est plus qu’un souvenir lointain. C’est là le résultat du progrès ! Mais la vie en a-t-elle été vraiment améliorée ? Lorsque j’ai commencé à faire un potager, la Bible est devenue plus concrète pour moi. Tant de paraboles et de leçons de Jésus ont pour toile de fond des auditeurs jouissant d’une solide connaissance en agriculture ! Ne pensons-nous pas vainement que nous pouvons comprendre ce que Jésus dit sans avoir une connaissance de base des symboles qu’il utilise ? C’est, en tout cas, l’expérience que j’ai faite. En voici un exemple. Je supposais que le développement du caractère doit se produire rapidement. Pourquoi y a-t-il si peu de gens croissant 16

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au même rythme que le mien ? Eh bien, une fois qu’on commence à faire pousser des végétaux de différentes variétés, on constate rapidement que la plante A peut croître beaucoup plus rapidement que la plante B, et qu’on ne peut rien faire pour accélérer la croissance de cette dernière. Salomon le sage a écrit : « Même un roi est tributaire de la campagne. » (Ec 5.8, NBS)1. Oui, même un roi bénéficie du fruit de la terre. Ésaïe résume l’expérience de l’apprentissage pour ceux qui mettent leurs mains dans la terre : « Son Dieu lui a enseigné la marche à suivre, il lui a donné ses instructions. » (Es 28.26) Pourquoi les Écritures sont-elles truffées d’autant de leçons enseignées à partir de l’acte simple qui consiste à semer une graine pour ensuite en observer la croissance ? Se pourrait-il que Dieu veuille nous enseigner des leçons spirituelles que seul le Livre de la nature peut nous apprendre ? Ellen White souligne ceci dans son excellent livre Éducation : « Le maître doit attirer l’attention sur ce que la Bible dit de l’agriculture : selon le plan de Dieu, l’homme devait cultiver la

terre ; le premier homme, chef de la création, avait reçu un jardin dont s’occuper ; et beaucoup de grands hommes, de ceux qui sont l’honneur de la terre, ont été des cultivateurs. Que le maître montre les avantages d’une telle vie2. » Aussi à contre-courant que cela puisse paraître, il y a encore des raisons valables de trouver un moyen de faire pousser quelque chose. Même s’il ne s’agit pas d’une ferme ou d’un jardin, nous pouvons nous procurer un pot, le remplir de terre, y semer des graines, les arroser, et observer un miracle se produire sous nos yeux. Je crois, d’après mon expérience personnelle de la culture d’une variété de produits, qu’il y a d’innombrables leçons à tirer du simple fait de cultiver des plantes. Le sol recèle encore des trésors pour ceux qui creusent ! Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. 2 Ellen G. White, Éducation, p. 248. 1

Jared Thurmon est directeur de marketing et d’innovation de Adventist World. Il habite avec sa famille – et de nombreux alpagas ! – près d’Atlanta, en Géorgie, aux États-Unis.

Image : Markus Spiske


Place aux jeunes

L’auditeur silencieux

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Dans les périodes de silence, Dieu me murmure que je dois apprendre à être fidèle même quand je ne vois pas de résultats immédiats.

s-tu déjà pensé à changer de carrière ? » La question me surprend, précisément parce que j’ai justement pensé à un changement de carrière. C’est comme ça que j’ai commencé mon parcours par lequel je suis finalement devenue productrice et présentatrice à la Radio adventiste de Londres – un projet d’évangélisation cherchant à atteindre la population cosmopolite de cette capitale. J’aime la formation que je reçois sur le fonctionnement de la station de radio. Mais l’une des parties les plus exigeantes de la transition, c’est de tenir une conversation dans un studio vide ! Étant professeur, je suis habituée d’avoir un auditoire physique qui répond immédiatement, et dont le langage corporel me pousse à m’adapter, à me surpasser pour devenir plus efficace. Mais maintenant, il m’est impossible de voir mes auditeurs. Le temps passe. Il arrive que des gens répondent à mes questions et à mes invitations à des requêtes de prière sur les ondes. J’aime interagir avec eux. Mais à d’autres moments, mon auditoire reste silencieux. Je me demande souvent si quelqu’un écoute ! Mon émission atteint-elle ou aide-t-elle quelqu’un ? Dans les périodes de silence, Dieu me murmure que je dois apprendre à être fidèle même quand je ne vois pas de résultats immédiats. Si une seule personne écoute et entend la voix de Dieu à travers mon émission, ça suffira. Cependant – et heureusement ! – il y a des moments d’encouragement. Nous entendons parler d’auditeurs non adventistes qui ont décou-

vert la station de radio par hasard. Certains ont demandé à suivre un cours de Bible que j’ai annoncé. D’autres ont demandé les livres offerts lors d’une émission. Au cours de l’été, mon petit ami et moi visitons des amis dans le nord de l’Angleterre. Tandis que nous déambulons dans les rues d’une ville inconnue, nous remarquons soudain quelqu’un de l’autre côté de la rue qui nous regarde intensément. « Qu’est-ce qu’il regarde ? Y a-t-il quelque chose qui cloche ? » murmurons-nous. Furtivement, mon petit ami jette un coup d’œil au-dessus de son épaule, mais il n’y a personne derrière nous. Aux feux, nous traversons la rue. C’est alors que l’étranger s’approche de nous. « Êtes-vous de la Radio adventiste de Londres ? demandet-il. J’écoute votre émission ! » Nous rions et bavardons avec lui, étonnés de ce que quelqu’un habitant à des kilomètres de Londres nous ait reconnus. Les gens écoutent. Les gens observent. C’est vrai non seulement pour moi dans mon rôle évangélique reconnu à la radio, mais aussi pour vous, tant dans votre cercle professionnel que personnel. Vous êtes doté d’une voix et d’une influence puissantes ! Comme le dit Williams J. Toms, « Faites attention à votre façon de vivre, car votre vie pourrait bien être la seule Bible que des gens liront. » Une question, alors, s’impose : est-ce que je représente Dieu correctement ? Suis-je le type de personne dont la vie encourage quelqu’un à ouvrir la Bible et à étudier le christianisme ou l’adventisme d’un cœur ouvert ? Paul a écrit : « Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous » (2 Co 5.20). J’estime cette responsabilité aussi sérieuse que réconfortante. Parfois, nous nous demandons si nos efforts donnent des résultats. Mais nous pouvons savoir qu’un véritable ambassadeur de Jésus dégage une puissance. Quelqu’un regarde. Quelqu’un écoute.

Lynette Allcock, diplômée de l’Université adventiste Southern, habite à Watford, au Royaume-Uni, où elle produit et anime des émissions pour la Radio adventiste de Londres. AdventistWorld.org Mai 2019

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Perspective mondiale

L’identité, l’ITM, et la méthode du Christ Faire grandir l’Église

I

l y a quelques années, les adventistes ont été sous les feux de la rampe dans un article du célèbre quotidien USA Today intitulé « Adventists’ Back-to-Basics Faith Is Fastest Growing U.S. Church »1. Dans cet article, l’auteur affirme que l’adventisme est « la confession chrétienne à la croissance la plus rapide en Amérique du Nord ». Dans une comparaison du taux de croissance de l’Église adventiste avec celui d’autres confessions aux ÉtatsUnis, l’auteur suggère que notre taux de croissance est imputable, en partie du moins, à nos croyances distinctives. « Avec ses services de culte le samedi et son mode de vie végétarien, explique-t-il, l’adventisme possède une niche distincte en dehors du courant chrétien dominant. Mais cette différence devient plus un avantage qu’une responsabilité2. » Au moment de la publication de cet article (2011), l’Église adventiste comptait 17 millions de membres. Aujourd’hui, nous louons Dieu pour nos plus de 21 millions de frères et sœurs à l’échelle mondiale. Ces chiffres ne sont pas qu’une statistique : ils représentent des âmes précieuses qui ont donné leur cœur à Christ. Mais alors que nous nous réjouissons de ces nombreuses 18

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âmes qui se joignent à l’Église, nous reconnaissons aussi que d’autres, hélas, la quittent. Qu’est-ce qui contribue à la croissance de l’Église ? Que faire pour favoriser la rétention des membres ? Voici trois facteurs à considérer. 1. L’identité. La quête d’identité est chose bien réelle. Des millions de personnes paient, en effet, pour découvrir leurs origines et quels indices l’histoire de leurs ancêtres recèle – d’où l’essor impressionnant d’une entreprise en ligne de plusieurs milliards de dollars. Et même dans les cultures moins impliquées dans la recherche en ligne, l’arbre généalogique joue un rôle important dans cette quête d’identité. Pour les adventistes, l’identité compte. Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Pourquoi existons-nous ? Ces questions sont des facteurs incontournables pour déterminer notre mission. Markus Kutzschbach, directeur exécutif du Ministère du patrimoine adventiste, a écrit : « Une compréhension de notre passé – ou de celui de nos ancêtres – engendre un sentiment d’identité. La compréhension de notre passé nous aide à savoir qui nous sommes. Si nous ne savons pas d’où nous venons, alors comment

saurons-nous où nous allons ? Pour connaître notre destinée, il est donc crucial de comprendre notre identité. Un sens de notre identité nous donne un sens de notre avenir3. » L’Église adventiste est née d’une conviction profonde que la Bible est la Parole de Dieu et qu’elle est digne de confiance. Ceux qui croyaient que la prophétie pointait vers le retour imminent de Christ préféraient être ridiculisés par la société et être radiés de leurs Églises plutôt que de faire fi de la Bible. Mais le 22 octobre 1844, Christ ne revint pas. Ces fidèles étudiants de la Bible retournèrent avec foi et prière à la Parole de Dieu. Ils comprirent bientôt que « la purification du sanctuaire » dans Daniel 8.14 décrivait une nouvelle étape du ministère de Christ dans le sanctuaire céleste, dont le sanctuaire terrestre était un type. Animés d’un nouveau courage, les adventistes continuèrent à étudier la Bible avec diligence et prièrent ardemment Dieu de leur révéler sa vérité. Leurs prières furent exaucées, et en 1850, les croyances fondamentales (ou piliers) de ce que deviendrait l’Église adventiste furent établies. Ellen White décrit ces piliers comme suit : 1) le ministère de Christ dans le sanctuaire céleste ; 2) le message des trois anges d’Apocalypse Image : Remi Walle


14 (incluant le don de l’Esprit de prophétie et le retour de Jésus) ; 3) le sabbat du septième jour ; 4) la non-immortalité de l’âme4. Ces piliers doctrinaux établis dès le début de ce mouvement n’ont rien perdu de leur véracité aujourd’hui. Fondée uniquement sur la Bible, l’Église adventiste continue d’élever la Bible en tant que Parole de Dieu, laquelle est toujours actuelle et soutient une approche herméneutique historiciste5. Ainsi, notre mouvement croit en la Bible, s’appuie sur la Bible, et se conforme à la Bible ! C’est cette identité qui façonne notre mission plus que toute autre chose ; et c’est ce qui pousse des millions de gens à faire partie de notre famille ecclésiastique. 2. L’implication totale des membres (ITM). L’Église, c’est plus qu’une organisation composée d’églises, d’institutions, de pasteurs, de professeurs, et d’autres ouvriers. L’Église, c’est nous tous, c’est nos 21 millions de membres ! Dieu nous a appelés à lui gagner des âmes. Voilà ce qu’est l’implication totale des membres – chacun fait quelque chose pour Jésus6 ! Ellen White observe : « L’œuvre de Dieu sur cette terre ne sera pas achevée à moins que les hommes et les femmes qui composent nos églises ne se mettent au travail

et unissent leurs efforts à ceux des prédicateurs et des membres officiants de l’Église7. » Ainsi, nous avons le privilège de travailler là où nous sommes pour amener d’autres âmes à Christ. Récemment, j’ai reçu de la part d’une jeune femme une requête de prière : « Pourriez-vous prier pour mon amie – une jeune adulte et professionnelle ? Elle est venue à mon église en tant que bénévole pour notre clinique de santé gratuite, et dès lors, nous avons étudié la Bible ensemble. […] De l’Amérique dans la prophétie à la marque de la bête, de la chute de Lucifer au millenium et au message du sanctuaire, nous avons tout étudié ! Ma plus grande bénédiction a été de diriger ces études bibliques chaque semaine. Celui qui donne une étude biblique est, à coup sûr, celui qui grandit le plus ! » Lorsque nous comprenons notre héritage et notre identité, lorsque nous nous impliquons pour amener d’autres personnes à Jésus et à ses précieuses vérités telles que révélées dans sa Parole, notre âme est ravivée et se rapproche de Dieu. Nous aspirons à faire partie de son mouvement du reste jusqu’à la toute fin, et à amener, par la puissance du Saint-Esprit, autant d’âmes que possible au salut. 3. La méthode du Christ : la seule qui réussisse. Même si nous avons une compréhension claire de notre identité, même si chaque membre s’implique dans l’évangélisation, nous ne connaîtrons le vrai succès qu’en utilisant la méthode du Christ, telle que décrite par Ellen White : « La méthode du Christ pour sauver les âmes est la seule qui réussisse. Il se mêlait aux hommes pour leur faire du bien, leur témoignant sa sympathie, les soulageant et gagnant leur confiance. Puis il leur disait : “Suivez-moi8.” » Bien que chaque besoin soit important, gardons toujours à l’esprit

les besoins spirituels plus profonds de nos semblables. Les lignes suivantes précèdent la précieuse citation ci-dessus : « L’Évangile est trop souvent présenté d’une manière qui influence fort peu la conscience ou la vie des hommes [et des femmes]. Cependant, il y a partout des cœurs épris d’idéal qui soupirent après la délivrance du péché et du mal sous toutes ses formes, après la vie réelle et la paix. Un grand nombre de ceux qui, autrefois, avaient connu la puissance de la Parole de Dieu et s’en sont écartés au contact des incroyants éprouvent aujourd’hui le besoin de la présence divine.  « Il y a dix-neuf siècles, le monde désirait ardemment la révélation du Christ. Il en est encore ainsi aujourd’hui. Il nous faut une réforme totale. Seule la grâce du Sauveur peut accomplir cette œuvre de restauration qui s’impose au triple point de vue physique, mental et spirituel9. » Chaque étape de la méthode du Christ est importante, y compris l’étape finale. Bien que nous puissions contribuer à satisfaire les besoins terrestres de nos semblables, la seule solution vraiment satisfaisante et éternelle consiste à les amener à Jésus-Christ et à les inviter à le suivre. USAToday30.usatoday.com/news/religion/2011-03-18-Adventists_17 _ST_N.htm. 2 Ibid. 3 Markus Kutzschbach, « The Past: A Foundation for the Future », General Conference Executive Committee Newsletter, octobre 2018, executivecommittee.adventist.org/wp-content/uploads/2018/10/ ECN-October-2018.pdf. 4 Ellen G. White, Counsels to Writers and Editors, Nashville, Southern Pub. Assn., 1946, p. 30. 5 Le document intitulé « Methods of Bible Study » voté par l’Église adventiste explique plus en profondeur notre approche des Écritures. Voir www.adventist.org/en/information/official-statements/documents/article/go/-/methods-of-bible-study/. 6 Pour en découvrir davantage, consultez le site tmi.adventist.org/about. 7 Ellen G. White, Instructions pour un service chrétien effectif, p. 86. 8 Idem., Le ministère de la guérison, p. 118. 9 Ibid. 1

Ted N. C. Wilson est le président de l’Église adventiste du septième jour. Des articles et des commentaires supplémentaires sont disponibles depuis le bureau du président sur Twitter : @pastortedwilson, et sur Facebook : @PastorTedWilson.

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J

ésus est-il de connivence avec le diable ? Celui qui, suite à son baptême, a résisté au tentateur dans le désert et l’a repoussé par un décisif « Retire-toi, Satan ! » (Mt 4.10)1, celui qui est venu « détruire les œuvres du diable » (1 Jn 3.8) collabore, insinue-t-on, avec le « prince des démons ». Celui qui a commandé sévèrement à un esprit impur en disant « Tais-toi et sors » (Mc 1.25) est accusé par la foule d’avoir « un démon » (voir Jn 7.20 ; 10.20).

Ce que nous croyons

L’unité dans le corps du Christ

Un royaume divisé… Le miracle de l’unité

QU’EST-CE QU’IL NE NOUS DIT PAS ?

Après que Jésus ait guéri « un démoniaque aveugle et muet », la foule témoin de ce miracle en arrive à différentes conclusions (voir Mt 12.22-30). Une partie dit qu’il est le Messie promis ; l’autre, un spiritualiste : « Les pharisiens, ayant entendu cela, dirent : Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons. » (v. 24) Cette tentative de discréditer Jésus est une attaque frontale à son intégrité : Es-tu vraiment celui que tu prétends être ? N’as-tu pas un ordre du jour caché, ou pire encore, un terrible secret ? N’agis-tu pas secrètement au nom de Satan ? Associer Jésus à Béelzébul est une insulte multiple : Béelzébul (de l’hébreu Ba’al Zebûb) peut être traduit par « Le Seigneur des mouches » ou « Le Seigneur du fumier », c’est-à-dire celui qui rassemble ses disciples comme des mouches2. Jésus voit là une occasion de partager une importante vérité spirituelle sur le royaume de Dieu : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister. Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même ; comment donc son royaume subsistera-t-il ? Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils, par qui les chassent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous. » (Mt 12.25-28) Il fait ensuite une déclaration surprenante : bien que diamétralement opposés


l’un à l’autre, l’Esprit de Dieu et Satan (et ses suppôts) sont cohérents dans leurs missions. Satan cherche à diviser et à conquérir – Dieu cherche à libérer et à unir. Et les êtres humains ? Ils n’ont qu’à choisir à quel camp se joindre. UNE FAUSSE MENTALITÉ

La Bible décrit une mentalité qui cherche à classer les gens – ils sont bons ou mauvais, ils ont raison ou tort – où l’on se retrouve, par défaut, du « bon » côté. C’est un jeu cher à la nature humaine, et nous y excellons tous ! Bien que les questions sur lesquelles il faut avoir raison puissent varier au fil du temps, l’esprit reste le même. En allemand, on appelle Rechthaber une personne ayant cette attitude – c’est-à-dire quelqu’un qui pense et déclare avoir toujours raison. Les pharisiens ajoutaient une dimension spirituelle à cela : nous sommes bons, vous êtes mauvais ; nous avons Dieu de notre côté, par conséquent, vous devez être contre Dieu, être du diable, ou être vous-même un démon. Jésus en a averti ses disciples : « Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens » (Mc 8.15). Cet « agent levant » idéologique toxique mène finalement à l’hypocrisie. Pourquoi ? Simplement parce que c’est une mentalité qui pratique ce qu’elle condamne, tout en prétendant ne pas faire ainsi. Le mot pharisien, perushim en hébreu, vient de poresh, ce qui signifie « se séparer de ». Le pharisien est, en essence, quelqu’un qui se distance et se détache des autres au nom de la religion. Mais quelque vraie que puisse être toute analyse de la mentalité pharisaïque, le plus important à emporter spirituellement est ceci : Nous avons tous un pharisien intérieur qui vaque à ses affaires, si nous le lui permettons. UN ROYAUME RASSEMBLÉ

La mentalité perushim exclut – Jésus inclut. La mentalité perushim sépare au nom de la religion – Jésus rassemble au nom de Dieu : « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. » (Jn 10.16) Le bon berger rassemble ses brebis de partout avec un seul but à l’esprit : ramener ensemble ce qui, au départ, était ensemble : « [Je] prie […] afin que tous [les croyants] soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi […] – moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un […]. Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi » (Jn 17.20-24). L’opposé est également vrai : quiconque ne rassemble pas avec Jésus disperse (Mt 12.30).

par aucun « raccourci » humain. Ce miracle résulte d’un processus relationnel plus long que la Bible décrit comme le chemin de l’amour, lequel est « le lien de la perfection » (Col 3.14). L’unité est à la fois un état d’esprit, et le résultat d’un processus transformateur. C’est une attitude qui cherche connexion et compréhension. L’Esprit d’unité inclut les éléments suivants : – nous-mêmes (guérison intérieure et restauration du corps, de l’esprit, et de l’âme) – notre prochain (guérison des relations) – notre ennemi (triompher finalement de tout déclencheur qui met la véritable unité en péril) Tout ceci est fondé sur le miracle du pardon dirigé par l’Esprit. Paul rappelle aux chrétiens : « Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » (Col 3.13) Le pardon est un miracle aussi grand que la création du monde, que la transformation d’une personne, ou que la résurrection des morts. Le prophète Ézékiel reçut la vision d’une vallée remplie d’ossements. Lorsque Dieu lui demanda : « Fils de l’homme, ces os pourront-ils revivre ? », il répondit que Dieu seul le savait, et il n’osa pas croire que ceci pourrait se produire (Ez 37.3). Et nous, l’aurions-nous cru ? Sans doute pas. Les « os secs » de la doctrine et des règlements de l’Église peuvent-ils revivre ? Les règlements et les enseignements de l’Église ont leur place appropriée ; cependant, ils ne peuvent que couvrir les os avec « des nerfs », de « la chair » et même de « la peau » ; ils ne peuvent insuffler le souffle de vie dans les corps (voir v. 8). « Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel, à ces os : Voici, je vais faire entrer en vous un esprit, et vous vivrez » (v. 5). Croyons-nous toujours que l’unité peut être restaurée ? Nous avons un choix : nous pouvons être des artisans de paix pour le Prince de la paix, ou nous pouvons laisser notre « pharisien intérieur » déchirer ce monde. « Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus ! […] Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu’ils revivent ! » (Ez 37.11,9) Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. Selon certains, cela signifie probablement « Baal le prince ». Ba’al Zebûb est mentionné dans l’Ancien Testament en tant que dieu philistin d’Ekron. Voir Manfred Lurker, The Routledge Dictionary of Gods and Goddesses, Devils and Demons, Londres, Routledge, 1987, p. 31. 1 2

Daniel Wildemann est l’éditeur de la maison d’édition adventiste en Allemagne (Advent-Verlag Lüneburg). Paola Orsucci, sa femme, Giulia, sa fille, et lui habitent dans la ville pittoresque de Lunebourg, dans le nord de l’Allemagne.

LE MIRACLE DE L’UNITÉ

Pour être clair, cette « unité parfaite » pour laquelle Jésus priait est un miracle spirituel qui ne peut être atteint

Découvrez-en davantage sur Ce que nous croyons sur le site www.adventist.org/en/beliefs/. AdventistWorld.org Mai 2019

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À la découverte de l’Esprit de prophétie

Un don inestimable

L

e livre de l’Apocalypse prédit que l’Église du reste du temps de la fin aura le don de prophétie. Ses membres sont « ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus » (Ap 12.17). Quel est « le témoignage de Jésus » ? L’ange a expliqué à Jean que « le témoignage de Jésus est l’Esprit de la prophétie » (Ap 19.10), lequel se manifeste par les prophètes (Ap 22.6,9). UN DON AUTHENTIQUE

Le peuple de Dieu des derniers jours ne sera pas laissé dans les ténèbres

Satan essaie constamment de contrefaire ce que le Seigneur fait. L’ennemi, qui connaît l’importance de l’Esprit de prophétie, a suscité des faux prophètes pour semer la confusion et entraver l’œuvre de Dieu. L’un des signes du temps de la fin, c’est la présence de « plusieurs faux prophètes » (Mt 24.11), lesquels « feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus » (v. 24). Il est donc de la plus haute importance de savoir comment évaluer ceux qui prétendent être prophètes pour découvrir s’ils ont vraiment été envoyés par Dieu.

Image : Dino Reichmuth


Heureusement, la Bible nous donne quatre critères nous permettant de distinguer clairement les vrais prophètes des faux : 1) les enseignements des prophètes authentiques se conforment à la loi de Dieu et au témoignage des prophètes antérieurs (Es 8.20) ; 2) les prophètes authentiques exaltent constamment le Fils de Dieu, lequel s’est fait chair et a donné sa vie pour nous (1 Jn 4.1-3) ; 3) les prédictions des vrais prophètes s’accomplissent – gardons toutefois à l’esprit le principe du caractère conditionnel de certaines prophéties (Jr 28.9) ; et 4) la vie et l’œuvre des prophètes authentiques portent du fruit pour la vie éternelle (Mt 7.15,16). Nous, adventistes du septième jour, nous croyons, selon l’enseignement biblique sur les dons spirituels, que Dieu a appelé Ellen G. White à être sa messagère. Sa vie et ses écrits satisfont entièrement aux critères bibliques des vrais prophètes. UN DON PRATIQUE

Tout comme les capitaines de bateau ont besoin de cartes plus détaillées lorsque leurs navires approchent du port, ainsi l’Église a besoin d’une direction spéciale du Seigneur alors que le point culminant de l’histoire approche. Nous trouvons une telle direction dans les écrits d’Ellen White, écrits inspirés par Dieu pour diriger l’Église du reste au temps de la fin. Les livres d’Ellen White ne remplacent pas la Bible. Mais comme une loupe, ils amplifient les messages des Saintes Écritures de sorte que nous pouvons mieux les comprendre et appliquer leurs enseignements à notre époque actuelle complexe. Ses écrits racontent l’histoire de l’univers, depuis l’origine du mal jusqu’à la restauration finale de toutes choses et à l’éradication ultime du péché. En outre, ils couvrent les aspects essentiels de la vie chrétienne, tels que le plan du salut en

Jésus-Christ ; la meilleure façon de prendre soin de notre santé ; le développement de familles heureuses ; l’éducation de nos enfants et de nos jeunes ; un service chrétien empreint d’amour envers nos semblables ; les méthodes pour présenter l’Évangile à notre prochain ; et notre préparation pour les événements de la fin et le retour de Christ. La lecture des écrits d’Ellen White renforce notre vie spirituelle. Ces écrits nous amènent à approfondir notre relation avec Jésus et augmentent notre confiance en la Parole de Dieu. Plus nous lisons et appliquons leurs principes, plus nous devenons semblables à Jésus et imitons sa vie et son caractère. UN DON ACTUEL

C’est un fait largement reconnu dans l’Église adventiste et en dehors aussi que les écrits d’Ellen White ont été et continuent d’être les facteurs clés du développement de l’unité doctrinale, administrative, et missionnaire de l’Église. Les écrits d’Ellen White contribuent à notre identité en tant que membres de l’Église du reste. En outre, certains ont observé que la participation des membres d’église dans la vie spirituelle et missionnaire de la congrégation est directement liée à la lecture régulière des livres d’Ellen White. Difficile d’imaginer quelle direction l’Église adventiste aurait prise dans les domaines tels que l’éducation, la santé, et les publications sans les conseils du Seigneur transmis à point nommé par sa messagère ! Sans le ministère d’Ellen White, nous ne serions certainement pas ce que nous sommes aujourd’hui en tant que mouvement.

du campus pour en faire la lecture, pour partager nos pensées, et pour prier ensemble. Cette expérience spirituelle a été inoubliable ! Bien que 40 ans se soient écoulées depuis, j’ai toujours ce petit livre usé, truffé de phrases soulignées et de notes dans ses marges. Je l’ai lu et relu, toujours avec le même résultat : un renouveau spirituel. Lorsque je lis les écrits d’Ellen White, je sens que Dieu me parle directement. Parfois, lors de mon culte personnel, je perçois clairement dans ces écrits la douce et tendre réprimande de Dieu. Je sens qu’il sait tout sur moi, qu’il connaît mes craintes et mes lacunes. Je me réjouis souvent alors que j’obtiens un aperçu toujours plus profond de l’amour insurpassable de Dieu, alors qu’il m’assure de son pardon complet, de son acceptation inconditionnelle, et de sa puissance pour transformer ma vie à son image. Dans les écrits de la messagère du Seigneur, j’ai aussi découvert de nombreuses promesses divines qui m’encouragent alors que je fais face aux défis quotidiens. La promesse de Dieu est tout aussi valable que par le passé : si nous croyons en lui, nous serons affermis ; si nous croyons en ses prophètes, nous réussirons (2 Ch 20.20). Apprécions, lisons, appliquons et partageons donc le merveilleux trésor que nous avons reçu par le biais des écrits d’Ellen White, l’Esprit de prophétie !

Carlos A. Steger a été pasteur, professeur, éditeur, et administrateur. Maintenant à la retraite, il habite avec Ethel, sa femme, à Libertador San Martín, en Argentine.

UN DON PERSONNEL

Alors que j’étudiais la théologie, un ami m’a suggéré de lire avec lui le livre Vers Jésus tous les matins. Nous nous rencontrions sous un arbre AdventistWorld.org Mai 2019

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Foi en action

Chantez un cantique nouveau

Partager la vérité par le chant de l’assemblée

S

i vous aviez été un chrétien à l’époque du Moyen Âge, on ne vous aurait pas permis de chanter des cantiques – à moins d’être un prêtre ou un membre professionnel masculin de la chorale. On vous aurait aussi interdit de jouer des instruments de musique. C’est ainsi que l’utilisation d’instruments de musique a été bannie lors des services de culte pendant des siècles. Pourquoi ces éléments étaient-ils prohibés dans le culte chrétien alors que la Parole de Dieu nous lance régulièrement cette invitation : « Poussez vers l’Éternel des cris de joie, vous tous, habitants de la terre ! Servez l’Éternel, avec joie, venez avec allégresse en sa présence ! » (Ps 100.1,2)1, et qu’elle nous exhorte à le louer avec la trompette, le luth, la harpe, le tambourin, la flûte, et les cymbales retentissantes (voir Ps 150) ? Lors du Concile de Laodicée (363-364 apr. J.-C.), les pères de l’Église interdirent à la congrégation de chanter. Ils prohibèrent l’utilisation d’instruments de musique et l’emprunt de mélodies issues du répertoire profane. Les 24

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pratiques de culte passèrent rapidement et dangereusement du modèle biblique à celui reposant sur la tradition et l’autorité de l’Église. LA MUSIQUE CHRÉTIENNE EXPRIME LA THÉOLOGIE CHRÉTIENNE

Quelle théologie se trouvait partiellement derrière l’interdiction de chanter imposée à la congrégation pendant le Moyen Âge ? Les dirigeants croyaient simplement que c’était leur rôle de lire et d’interpréter la Bible, et d’intercéder devant Dieu en faveur des fidèles. Ils devaient donc chanter pour leurs ouailles. En plus d’être privés de chanter, les fidèles n’avaient pas voix au chapitre en matière de prière publique, de lecture des Écritures, ou de prise de décision de l’Église. Au 16e siècle, Martin Luther lança une réforme théologique qui démocratisa la participation de la congrégation au chant et ramena soli Jesu et sola Scriptura au centre de la théologie et de la musique chrétiennes. Luther rendit à la congrégation le droit de chanter dans l’esprit du culte biblique, dans lequel nous sommes tous invités à chanter par l’esprit et l’intelligence (1 Co 14.15), à utiliser des instruments de musique en tant que partie du culte (Ps 149 ; Image : Thiago Barletta


150), et à intégrer dans le culte non seulement l’esprit et l’intelligence, mais aussi le corps (Ps 103, 104, 150). CHANTEZ UN CANTIQUE NOUVEAU !

Le chant interprété par une communauté chrétienne est une expression d’adoration, et comme tel, est consacré à Dieu. Tandis que nous adorons Dieu par nos chants, nous nous branchons aussi les uns sur les autres, édifiant ainsi le corps du Christ. La Bible nous invite régulièrement à chanter un cantique nouveau. À l’époque des pionniers adventistes, nombre des cantiques du recueil Seventh-day Adventist Hymnal étaient non seulement nouveaux, mais aussi révolutionnaires. Dans son livre intitulé Ellen White and Music, Paul Hamel écrit : « L’importance de la musique religieuse dans la vie des adventistes du 19e siècle est clairement indiquée par le fait qu’entre 1849 – année de publication du premier livre de cantiques adventiste – et 1900, où Christ in Song parut à son tour, ils publièrent 23 livres de cantiques2. » Il y a 150 ans, les pionniers adventistes avaient une vision novatrice de la musique religieuse et du culte. Ils se montraient proactifs en créant et en compilant de nouveaux cantiques. Ils publiaient un nouveau livre de cantiques presque tous les deux ans ! Au cours du 18e et du 19e siècle, la plupart de ces chorals luthériens – aussi appelés cantiques protestants – étaient des expressions vibrantes d’un réveil spirituel. Nombre de ces cantiques puissants sont intemporels et toujours pertinents dans notre propre génération. Certains autres, cependant, sont devenus obsolètes. Jamais dans les Écritures trouvons-nous une invitation à « continuer à chanter les vieux cantiques ». Bien au contraire : « Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! Chantez à l’Éternel, vous tous, habitants de la terre ! » écrit le psalmiste (Ps 96.1). Ceci dit, comment pouvons-nous intégrer des nouveaux cantiques dans notre répertoire afin de rendre notre service de culte plus pertinent pour la congrégation ? Voici quelques idées pouvant faciliter ce processus. Conjuguez l’ancien répertoire avec le nouveau. La formule de Paul dans Colossiens 3.16 est vraiment efficace : « Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres […] par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels » (voir aussi Ep 5.19). La diversité dans les styles musicaux est bénéfique. Chaque congrégation comporte différentes générations et différents contextes culturels ; par conséquent, la sélection des chants devrait tenir compte de cette réalité. Le maintien d’un répertoire varié incluant des cantiques puissants et des chants contemporains pertinents constitue, preuve à l’appui, la meilleure pratique. Enseignez un chant à la fois. Les congrégations peuvent souvent se plaindre de se sentir « perdues » lorsque l’équipe de culte chante continuellement des nouveaux chants que la plupart des fidèles ne connaissent même pas. N’introduisez donc qu’un ou deux nouveaux chants par mois. C’est ce qui fonctionne habituellement

dans la plupart des églises. Pour enseigner un nouveau chant de façon efficace, commencez d’abord par chanter uniquement la mélodie – oubliez l’harmonisation et même les instruments de musique. Cette méthode permettra à la congrégation de l’apprendre plus facilement. Écoutez. Les chants de la congrégation sont des expressions de l’adoration destinées à être chantées par toute la congrégation. Nous nous réunissons et chantons ensemble en réponse à l’invitation divine. Tandis que nous chantons notre amour pour Dieu de tout notre cœur et de tout notre être, nous sommes renouvelés individuellement, et les liens de la communauté sont cultivés. Il est important que la majorité de la congrégation participe au chant. Si certains ne chantent pas, il faut en découvrir la raison et trouver une solution. Ne craignez pas d’écouter les opinions des membres de votre congrégation. Il nous faut des conversations honnêtes pour que les membres éprouvent un véritable sentiment de soutien et de confiance. Faire un sondage au moins une fois par année est une bonne façon d’être attentif aux suggestions et commentaires de la congrégation. Gardez Jésus au centre du message. « [Le chant est] aussi l’un des moyens les plus efficaces pour graver dans le cœur les vérités spirituelles », écrit Ellen White3. Les chants chrétiens sont de puissants moyens de transmettre et d’enseigner la vérité. Enracinons le message de Dieu en Jésus. Jésus était et sera toujours le centre du culte chrétien. Tout en enseignant la doctrine par le chant, ne perdons pas de vue la centralité de Jésus. CONTINUEZ D’ÉVOLUER

Voici ce que Lilianne Doukhan nous rappelle : « Une nouvelle expérience religieuse ou une compréhension renouvelée des croyances religieuses entraîne généralement la création de nouvelles formes d’expression4. » La musique est un langage qui ne cesse d’évoluer. Adorer Dieu par la musique suppose un renouveau constant. Cela implique aussi une attitude créative, inquisitrice, et nous incite à être des agents responsables évoluant vers un changement positif. Nous attendons le jour où chaque tribu, langue, nation, et peuple chantera en une seule congrégation devant le trône de Dieu ! D’ici-là, puisse Dieu nous accorder sa sagesse tandis que nous continuons à chercher des moyens authentiques de lui rendre un culte ensemble. Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. Paul Hamel, Ellen White and Music, Hagerstown, Md., Review and Herald Pub. Assn., 1976, p. 26. Ellen G. White, Évangéliser, p. 446. 4 Lilianne Doukhan, In Tune With God, Hagerstown, Md., Review and Herald Pub. Assn., 2010, p. 150. 1 2 3

Adriana Perera est professeur de théorie musicale et de composition à l’Université Andrews, à Berrien Springs, au Michigan (États-Unis). Elle est également responsable du Département de musique.

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La Bible répond

Unique en tout et partout Q

Peut-on voir Dieu, ou est-il invisible par nature ?

R

Ma première réaction à cette question a été de l’ignorer, principalement parce qu’elle pourrait facilement aboutir à des spéculations qui n’enrichissent pas la vie spirituelle. Après réflexion, je me suis dit qu’aborder cette question pourrait sans doute rendre gloire à Dieu et à Christ. Voici donc quelques observations. 1. CRÉÉS À LA RESSEMBLANCE DE DIEU

Genèse 1.26 établit que Dieu a créé les êtres humains à son « image » et à sa « ressemblance » – deux noms utilisés de façon interchangeable dans d’autres endroits de l’Ancien Testament. La terminologie elle-même inclut cette idée d’une expression concrète. Tous les êtres humains, chacun en tant qu’unité indivisible, ont été créés à l’image ou en tant qu’image de Dieu. Par conséquent, l’image est ce qu’ils sont. Cette pensée audacieuse soulève dans l’esprit de certains la question de l’existence matérielle de Dieu. Si la Bible ne nie pas un tel état, en revanche, notre passage porte avant tout sur l’aspect unique des êtres humains, et non sur l’apparence extérieure de Dieu ! En d’autres termes, nous ne pouvons explorer l’existence matérielle humaine pour définir l’existence divine. Nous pouvons confirmer la présence divine sans pour autant approfondir le mystère de son impénétrabilité. On pourrait éventuellement dire que Dieu n’a pas de corps mais qu’il est un corps, sans pour autant spéculer sur la nature de son existence matérielle.

à Dieu comme étant le « Dieu invisible » [grec : aoratos] (Col 1.15), « immortel, invisible, seul Dieu » (1 Tm 1.17). Jean ajoute : « Personne n’a jamais vu Dieu » (Jn 1.18). Cependant, le terme grec aoratos décrit non ce qui par nature est dépourvu de visibilité, mais plutôt ce qui ne peut être vu sur-le-champ – c’est-à-dire que pour les Grecs, l’avenir ou la face de la lune était invisible pour une période de temps. Lorsque nous décrivons Dieu en tant qu’être invisible, nous parlons d’une chose beaucoup plus profonde, c’est-à-dire de sa divine transcendance, ou de la distance infinie entre le Créateur et la créature. La corporalité de la créature ne peut contenir la plénitude de Dieu tel qu’il est en lui-même. Ici, le rôle de Jésus en tant que Médiateur est indispensable, parce qu’il rend visible celui que nul ne peut voir (Jn 1.18 ; 14.8,9) mais désire voir (Mt 5.8). L’Ancien Testament et le Nouveau Testament (voir Ex 24.17 ; 1 Tm 6.16) attestent que Dieu habite une lumière impénétrable ; la lumière de sa gloire révèle et cache en même temps son moi visible, et rend ses créatures conscientes de sa présence. Peut-être l’exemple le plus audacieux de ce phénomène se trouve dans Ézékiel, lequel aperçoit sur le chariot-trône divin « une figure d’homme » environnée d’une lumière éclatante semblable à « de l’airain poli », ou « comme du feu » (Ez 1.26,27). Ézékiel a vu l’indescriptible lumière, la gloire même qui couvre la présence visible de Dieu ! Nul besoin de spéculer sur la nature de l’aspect corporel de Dieu, car il ne nous est pas donné de la comprendre. Le sujet traite de la nature unique du Créateur et de la promesse qu’un jour, se tenant devant la lumière impénétrable de sa gloire, éblouis par son éclat, nous l’adorerons. Tout est possible par Jésus, lequel nous a révélé l’amour de Dieu et glorifiera notre corps, en sorte que nous pourrons nous tenir devant Dieu et voir sa gloire.

2. VISIBLE-INVISIBLE

On attribue parfois l’invisibilité à Dieu, suggérant que celui-ci est dépourvu d’une forme visible. Paul se réfère 26

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Ángel Manuel Rodríguez, aujourd’hui à la retraite, a servi l’Église en tant que pasteur, professeur, et théologien.


Santé & bien-être

Problèmes de cœur Qu’est-ce qui cause de l’inflammation et un excès de liquide autour du cœur ? Et quel en est le traitement ?

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es magnifiques yeux bruns d’une patiente trahissent la crainte et l’interrogation. Sa respiration est rapide et superficielle ; son pouls, faible et rapide. Elle est malade depuis un certain temps et a besoin d’un traitement urgent. Le médecin insère une aiguille très pointue juste à gauche du sternum, en direction de l’épaule gauche. Le liquide commence immédiatement à s’écouler dans la seringue. Le médecin insère ensuite un cathéter en queue de cochon à travers l’aiguille – on l’appelle ainsi parce que la courbure forme un enroulement qui lui donne l’apparence d’une queue de cochon une fois le fil guide enlevé. Lentement, et de façon mesurée, le fluide remplissant le sac autour du cœur est aspiré. Comme le cœur se met à se remplir et à se vider plus pleinement, la pression artérielle de la malade s’améliore, la force de son pouls revient, et son regard se remplit d’espoir. Nous sommes de merveilleuses créatures ! Le cœur est un excellent exemple d’une conception et d’une fonction admirables. Cette « pompe musculaire » soutient la vie en pompant le sang riche en nutriments et en oxygène vers tous les tissus du corps. Le dioxyde de carbone ainsi recueilli est expiré par les poumons, et d’autres déchets sont éliminés par des organes tels que le foie et les reins. Quelques semaines après la conception, le cœur pompe le sang de façon rythmique dans tout le corps, et ce, jusqu’à la mort. Pour exercer cette fonction, il doit avoir la capacité de recevoir du sang et d’en être rempli. Image : Robina Weermeijer

Le péricarde est une membrane fibroséreuse enveloppant le cœur. Son rôle consiste principalement à protéger le cœur d’une distension excessive (de s’étirer trop lorsqu’il se remplit de sang), et à maintenir un fonctionnement efficace malgré les organes et les structures qui l’environnent. Si le cœur est normal, on peut vivre sans sac péricardique. C’est le cas en l’absence congénitale d’un sac péricardique, ou de l’enlèvement de ce sac par intervention chirurgicale. Maintes conditions inflammatoires des organes ou des tissus corporels portent le suffixe ite. La péricardite, c’est l’inflammation du sac péricardique ; l’appendicite, c’est l’inflammation de l’appendice. L’épanchement péricardique, c’est l’accumulation de liquide autour du cœur résultant d’une inflammation, d’une infection (virale ou bactérienne), d’un traumatisme (le sang forme une plaie perforante du cœur), d’une cicatrice du muscle cardiaque imputable à une crise cardiaque, ou même de parasites. Parfois, le terme myopéricardite est utilisé, indiquant l’implication du sac péricardique et du muscle cardiaque. Notre patiente du début souffrait d’un épanchement péricardique grave résultant d’une tuberculose active ; elle était aussi infectée au VIH. La péricardite constrictive est une autre forme de maladie péricardique pouvant succéder à une condition inflammatoire, à un trauma, ou à une radiation. La cicatrice autour du cœur entrave la fonction cardiaque. Le traitement consiste à enlever toute détresse aiguë en drainant le liquide du sac péricardique. Un diagnostic spécifique est alors posé, et la cause sous-jacente, traitée. Cette maladie illustre un principe spirituel : le cœur non rempli est incapable de donner et de soutenir. Puissent notre vie et notre cœur être remplis de l’Esprit de Dieu qui nous soutient jour après jour !

Peter N. Landless est cardiologue spécialisé en cardiologie nucléaire, et directeur du Ministère de la santé de la Conférence générale. Zeno L. Charles-Marcel, M.D., est directeur adjoint du Ministère de la santé de la Conférence générale.

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Le rêve de Joel El Shaday, Chili

U « Je vais vous raconter… » DICK DUERKSEN

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ne nuit, Joel Vasquez fait un rêve. Il n’est pourtant pas du genre à rêver, mais cette nuit-là… Il se réveille en sursautant si fort qu’il secoue Trinidad pour la sortir de son profond sommeil. « Trinidad ! » « Qu’est-ce qu’il y a ? » demande-t-elle après avoir trouvé l’interrupteur. « J’ai fait un rêve, répond Joel. Un rêve pas ordinaire. Une voix m’a crié quelque chose. » Trinidad ne souhaite qu’une chose : se rendormir. Mais ce rêve étrange pique soudain sa curiosité. « Elle t’a crié quoi ? » « Dans mon rêve, un homme m’a dit qu’il va construire une église sur le terrain vacant en face de chez nous, et que ce sera la vraie église de Dieu ! » « Ça va pas, non ? dit Trinidad. Rendors-toi ! » *** Et Joel se rendort. Avec le temps, il oublie presque son rêve… enfin, jusqu’à un soir – six mois plus tard – où il assiste à un séminaire dans une autre ville. Un homme venant de l’Argentine se lève et demande s’il y a quelqu’un dans l’auditoire qui s’appelle Joel Vasquez. Avec hésitation, Joel se lève et dit : « Ben, c’est moi. » « J’ai un message pour vous, dit l’homme. Dieu m’a dit de vous dire qu’il va construire une église sur le terrain vacant en face de votre maison. Et ce sera la vraie

église de Dieu. » Joel est tellement surpris qu’il peut à peine attendre de raconter ça à Trinidad ! Mais lorsqu’il lui dit que l’homme lui a répété la même chose que dans son rêve six mois plus tôt, elle se met en colère et le traite de « loco » (fou). Un an s’écoule. De nouveau, Joel oublie presque son rêve. Une nuit, il fait le même rêve, mais cette fois, avec une variante. « Joel, dit la voix, réserve-moi le terrain vacant. J’en ai besoin pour construire ma vraie église. » Cette fois, Joel se garde bien de réveiller Trinidad pour lui raconter son rêve. Le matin venu, il demande aux voisins à qui appartient ce fameux terrain vacant. Ayant obtenu cette information, il va voir le propriétaire, lui raconte ses deux rêves, et sa rencontre avec l’homme de l’Argentine. Amusé, le propriétaire éclate de rire. Finalement, il permet à Joel de louer le terrain et de l’entourer d’une barrière pour « réserver le lot vacant pour la vraie église de Dieu ». Joel installe une barrière autour du lot et attend de voir ce que Dieu va faire. Près d’une année s’écoule, mais personne ne lui parle du terrain vacant ou de l’église. Puis, un soir, un étranger frappe à sa porte. « Bonjour ! Je m’appelle Nelson, dit le visiteur. Je suis le dirigeant d’un petit groupe d’adventistes dans la collectivité. L’endroit où nous nous réunissons est maintenant trop petit. Pouvons-nous vous


acheter le lot vacant de l’autre côté de la rue pour pouvoir y construire une église ? Ce sera la vraie église de Dieu ! » Joel est tellement électrisé qu’il passe à deux doigts de s’évanouir. Il pose deux questions à Nelson : « Croyez-vous en Jésus-Christ en tant que Sauveur personnel et Créateur ? » « Absolument ! » répond Nelson. « Accepteriez-vous d’étudier la Bible avec les membres de ma famille pour que nous puissions connaître votre Église ? » « Avec plaisir ! Quand pouvons-nous commencer ? Ce soir ? » demande Nelson. Joel appelle Trinidad et lui présente Nelson. Après avoir écouté les deux hommes, elle éclate de rire et dit qu’ils ont complètement perdu la tête. Le lendemain, Joel accompagne Nelson pour l’achat du lot vacant. Puis il se joint aux membres d’église pour nettoyer le terrain. Lorsque Nelson commence les études bibliques chez Joel, Trinidad refuse d’y participer. Mais elle se cache dans la cuisine et écoute à travers la porte. Parfois, il lui arrive même de suivre dans sa propre Bible ! *** Ni Joel ni Nelson ne disposent de suffisamment d’argent pour construire une église sur le terrain. Mais ils continuent de se préparer, de s’organiser, et de prier Dieu de faire de l’église de leur rêve une réalité. Ils entendent ensuite la plus belle nouvelle qui soit. Maranatha Volunteers International a accepté de construire la nouvelle église ! Mais avant que les bénévoles puissent commencer le travail, il faut que l’on décharge 14 chargements de bonne terre sur le terrain. Maintenant, les prières ont une date butoir, ainsi qu’un nouveau défi ! « Seigneur, nous n’avons pas de camion, pas de terre, et pas d’argent », disent-ils en prière. « Ô Dieu, il nous faut 14 chargements de bonne terre. C’est pour l’église d’El Shaday. Tu es tout-puissant, tu peux tout faire – même nous fournir 14 chargements de terre. Seigneur, souviens-toi de nous ! » Un mercredi soir, deux semaines seulement avant l’arrivée des bénévoles,

Nelson se rend en voiture à la réunion de prière. Chemin faisant, Dieu lui dit de prendre une route qu’il n’a jamais empruntée. « Seigneur, si je fais ça, je vais être en retard ! » s’écrie-t-il. Dieu insiste. « Prends cette route tout de suite ! » Nelson s’exécute. Pendant cette manœuvre, il passe à un cheveu d’emboutir un camion à benne. Les deux conducteurs s’arrêtent. Nelson sort de sa voiture pour s’excuser. « Mille excuses, dit-il au conducteur. En passant, Maranatha va construire notre église ! Mais nous avons besoin de 14 chargements de la meilleure terre de Chillán. Seriez-vous disposé à apporter autant de terre au terrain vacant où l’équipe de Maranatha va travailler ? » Le conducteur réfléchit un moment, puis dit : « Ça tombe bien ! J’ai justement de la terre en trop, et ça me ferait plaisir de faire ça pour vous. Si je commence demain, ça ira ? » Demandez de la terre, et elle vous sera donnée. Deux semaines plus tard, des bénévoles de Maranatha arrivent à El Shaday. Ils commencent la construction de l’église sur la terre précieuse du terrain vacant. Nelson aide les bénévoles. Joel aussi. Et les enfants et petits-enfants de Joel aussi ! Trinidad se joint à eux. Elle est là tous les jours, fredonnant des cantiques tandis qu’elle nettoie les briques, fait cuire des légumineuses, prépare de savoureux repas, et encourage tout le monde. Avant même que le toit ne soit posé sur la nouvelle église, Trinidad se dirige vers le baptistère sur l’estrade. Se tenant fièrement à côté, elle s’écrie : « J’ai décidé que ce baptistère est comme la porte avant du ciel. Je veux y être baptisée avec mon mari et les 22 membres de notre famille ! » Dans sa joie, Trinidad ne peut retenir des larmes de bonheur.

Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division Asie-Pacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif/Directeur de Adventist Review Ministries Bill Knott Directeur international de la publication Chun, Pyung Duk Comité de coordination de Adventist World Si Young Kim, président ; Yukata Inada ; German Lust ; Chun, Pyung Duk ; Han, Suk Hee ; Lyu, Dong Jin Rédacteurs en chef adjoints/Directeurs, Adventist Review Ministries Lael Caesar, Gerald Klingbeil, Greg Scott Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Sandra Blackmer, Stephen Chavez, Costin Jordache, Wilona Karimabadi Rédacteurs basés à Séoul, en Corée Chun, Pyung Duk ; Park, Jae Man ; Kim, Hyo-Jun Gestionnaire de la plateforme numérique Gabriel Begle Gestionnaire des opérations Merle Poirier Coordinatrice de l’évaluation éditoriale Marvene Thorpe-Baptiste Rédacteurs extraordinaires/Conseillers Mark A. Finley, John M. Fowler, E. Edward Zinke Directrice financière Kimberly Brown Conseil d’administration Si Young Kim, président ; Bill Knott, secrétaire ; Chun, Pyung Duk ; Karnik Doukmetzian ; Han, Suk Hee ; Yutaka Inada ; Gerald A. Klingbeil ; Joel Tompkins ; Ray Wahlen ; membres d’office : Juan Prestol-Puesán ; G. T. Ng ; Ted N. C. Wilson Direction artistique et design Types & Symbols Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 209046600, U.S.A. Numéro de fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910 (LSG). Avec Num. Strongs pour Grec et Hébreu. Texte libre de droits sauf pour les Strong. © Timnathserah Inc., - Canada Sauf mention contraire, toutes les photos importantes portent le © Getty Images 2018. Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, États-Unis d’Amérique Vol. 15, n° 5

Dick Duerksen, pasteur et conteur, habite à Portland, en Oregon, aux États-Unis. Il est connu dans le monde entier en tant que « pollinisateur itinérant de la grâce ». AdventistWorld.org Mai 2019

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Foi en herbe

Pages amusantes pour les plus jeunes

Un temps avec Dieu chaque jour L’étude de la Bible : une merveilleuse habitude à prendre

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had Fell est devenu célèbre en faisant la plus grosse bulle de l’histoire avec son bubble-gum. En 2004, il a réussi à faire une bulle de 45 cm de diamètre sans l’aide de ses mains… Ouah ! Ce record est entré dans le Livre des records Guinness et depuis, il n’a jamais été battu. Comment Chad a-t-il réussi ce tour de force ? Eh bien, il s’est exercé très souvent à faire des bulles. Imagine le nombre de fois où il s’est retrouvé avec du bubble-gum sur son visage et ses cheveux !

C’EST EN FORGEANT QU’ON DEVIENT FORGERON

Pense à quelque chose qui t’a pris beaucoup de temps à apprendre, comme par exemple nouer les lacets de tes souliers ou shooter un ballon de foot. Au début, tu trouvais difficile de nouer les lacets car tu ne savais pas trop comment t’y prendre. Mais à force de t’exercer, tu as fait ces fameuses boucles de plus en plus facilement. Maintenant, tu arrives à attacher tes souliers sans même regarder, sans même te concentrer ! Pourquoi est-ce devenu aussi Illustration : Xuan Le


S H AW N A C A M P B E L L

Perle biblique : « Ainsi, la foi vient de ce qu’on écoute la nouvelle proclamée et cette nouvelle est l’annonce de la parole du Christ. » (Romains 10.17, BFC)

facile ? Simplement parce que tu as répété le même geste très souvent, ce qui a formé un modèle dans ton cerveau. C’est ce qu’on appelle une habitude. Les habitudes se forment par la répétition d’un geste, d’une activité. DE NOUVELLES HABITUDES

C’est toujours le bon moment d’acquérir une bonne habitude ! Pense à faire quelque chose qui fera de toi une meilleure personne pour tes amis, tes frères et sœurs, et le reste de ta famille. Dieu veut que nous prenions

l’habitude de passer du temps avec lui. La meilleure façon de prendre cette habitude, c’est de mettre à part un moment spécial avec lui chaque jour. Pour rendre ton culte personnel intéressant, pense à faire quelque chose de créatif pour mieux connaître Jésus. Que dirais-tu de fabriquer une roue de prière pour les malades ou les sans-abri, pour tes amis, tes professeurs, ta famille, et les pasteurs de l’église ? Ou encore, de dessiner une partie d’une histoire de la Bible qui signifie

quelque chose de spécial pour toi ? Tu pourrais aussi tenir un journal dans lequel tu écris des portions de la Bible qui t’édifient, ou écouter les paroles d’un chant chrétien que tu aimes. En prenant l’habitude de passer chaque jour du temps avec Jésus, tu es sûr d’aller dans la bonne direction. Et en plus, c’est beaucoup moins malpropre que d’avoir du bubble-gum sur le nez tous les jours ! – Cet article a d’abord paru dans KidsView, janvier 2016. AdventistWorld.org Mai 2019

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Short. Shareable. Unexpected. On Demand.

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