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Le don de l’influence adventiste

Quoi qu’il en coûte

La prière en espagnol

Avril 2019


Entrer dans l’histoire BILL KNOTT

C AUSTRALIE

Couverture Kelvin Coleman, de Kuranda – une ville située près de Cairns, dans le Queensland, en Australie – a participé au récent camp national du Ministère des indigènes des îles du détroit de Torres (ATSIM). ATSIM célèbre 40 années de ministère envers les peuples indigènes de l’Australie, lesquels ont le taux d’adhésion à l’Église adventiste le plus élevé par rapport à tout autre groupe de gens en Australie. Kevin appartient à la tribu Olkola, située sur la péninsule du cap York. Il est un adventiste de deuxième génération, et un ancien de l’église adventiste de Kuranda. Photo : Murray Hunter

Sous les projecteurs 10 Le don de l’influence adventiste La Parole 20 Méditation 26 La Bible répond Mon Église 16 Perspective mondiale 18 Esprit de prophétie 19 Place aux jeunes 22 Rétrospective Foi vivante 24 Foi en action 27 Santé & bien-être 28 « Je vais vous raconter… » 30 Foi en herbe – le coin des enfants

e que nous avons appris dans le cours d’histoire a façonné – plus que nous ne l’avons jamais compris – la vision que nous avons de notre vie. Telle qu’enseignée couramment dans la plupart des cultures du monde, « l’histoire » est un récit de choses admirables (ou affreuses) dites ou faites par des gens privilégiés à des moments cruciaux dans l’histoire d’une tribu, d’un peuple, d’une nation. Le scénario, tel que nous l’avons appris, relie les points entre de grands héros militaires, de puissants monarques, et d’éloquents politiciens sur plus de quatre millénaires. De la Mésopotamie au reportage analysant le discours mémorable d’un législateur, « entrer dans l’histoire » est un acte que nous attendons d’autres personnes – de celles dont la vie est, pour une raison ou pour une autre, différente de la nôtre en raison de la richesse, de la lignée, ou de l’accès à l’éducation. Par contre, cette théorie du « grand homme » de l’histoire réduit inévitablement nos attentes envers nous-mêmes. Si l’histoire enregistrable est faite par d’autres qui disent ou font des choses importantes sur des scènes sur lesquelles nous ne monterons jamais, notre responsabilité de changer le monde qui nous entoure est, d’une manière ou d’une autre, amoindrie. C’est aux politiciens, présumons-nous, de résoudre le problème de la faim. La tâche de la pacification revient aux diplomates chevronnés, lesquels font la navette entre les capitales. Et le traitement équitable des êtres humains ne se produira, croyonsnous, que lorsque les législateurs, siégeant dans quelque chambre lambrissée, approuveront de justesse le projet de réforme. Mais il y a un autre scénario – un scénario enseigné et vécu par Jésus – qui place chaque croyant, humble et obscur en apparence, au point critique de l’histoire. À côté du récit des philosophes, des rois et des politiciens, il y a la réalité évangélique du changement et de l’impact produit par ceux dont les noms ne feront jamais la une des journaux. Si celui qui juge toutes choses remarque et met en valeur chaque verre d’eau froide et chaque miche de pain, alors les actes de bienveillance accomplis au nom du seul Roi qui compte vraiment surpassent toutes les victoires remportées, tous les discours jamais prononcés. L’histoire, du point de vue céleste, ne s’écrit pas que sur les champs de bataille et dans les chambres législatives. La puissance d’un acte de bonté désintéressé – s’occuper des pauvres, prêcher l’Évangile à ceux qui éprouvent de la honte, consoler les cœurs brisés – pour changer une autre vie humaine est là ce que le ciel considère comme un moment décisif dans l’histoire du monde. Dans ce numéro de Adventist World, vous découvrirez de courtes histoires d’adventistes qui font bouger les choses pour le royaume tandis qu’ils « vivent ici-bas ». Personne n’est né pour le pouvoir ou l’influence, mais chacun a déjà exercé une influence puissante sur son coin du monde. Si nous racontons leurs histoires, c’est pour vous rappeler que vous influencez, vous aussi, le monde en vue du royaume de Jésus à venir. Jésus donne à la fois de l’influence et des occasions à ceux dont nous avons l’assurance qu’ils les utiliseront pour bénir, soutenir, et élever leurs semblables.

Nous croyons en la puissance de la prière ! À Adventist World, nous nous réunissons tous les mercredis matin pour le culte hebdomadaire, au cours duquel nous prions pour les requêtes de prière qui nous ont été envoyées. Faites-nous parvenir les vôtres à prayer@adventistworld.org, et priez pour nous tandis qu’ensemble, nous travaillons à l’avancement du royaume de Dieu. 2

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Sur le vif

Des participants à un congrès de la jeunesse adventiste aux Philippines jouent au kick volleyball, ou « sepak takraw » – un sport originaire de l’Asie du sud-est. Ce congrès a attiré plus de 16 000 jeunes. Le thème a insisté sur l’importance de se déconnecter de la technologie et a encouragé une focalisation renouvelée sur l’importance de se faire de nouveaux amis et d’acquérir de nouvelles compétences. Photo : Division Asie-Pacifique Sud

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En bref

« On observe actuellement une tendance vers une vision hautement sécularisée des droits de l’homme, ainsi qu’une habitude de considérer les religions davantage comme un problème, alors qu’en réalité, elles ont un rôle important à jouer dans la solution. » – Gabriel Monet, professeur de théologie pratique au Campus adventiste du Salève, en Haute-Savoie, en France (connu aussi sous le nom d’Université adventiste de France). L’université a tenu une réunion à l’initiative du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) pour travailler à la sensibilisation aux droits de l’homme et à des ressources de formation pour les agents de la foi.

1990 L’année où a été créé le premier centre de protonthérapie en milieu hospitalier à la faculté de médecine de l’Université de Loma Linda. James M. Slater, médecin, pionnier, et adepte de la protonthérapie dans le traitement du cancer, a supervisé le développement du centre de protonthérapie à Loma Linda. Il s’est éteint en décembre 2018, à l’âge de 89 ans. Selon l’Association nationale pour la protonthérapie, environ 25 centres de protonthérapie sont en activité aujourd’hui, tandis que 11 autres sont en construction ou en développement.

105 201 dollars US La somme d’argent versée par des donateurs de Maranatha Volunteers International lors de la Journée mondiale de la générosité (#GivingTuesday) pour creuser des puits d’eau au Kenya. La levée de fonds s’est effectuée entièrement en ligne par les médias sociaux, les courriels, et le site Web de Maranatha. Les fonds permettront le forage de nombreux puits dans les zones rurales du Kenya privées d’eau. Les villageois, habituellement des femmes et des enfants, marchent souvent des kilomètres chaque jour pour puiser de l’eau dans des ruisseaux pollués, ou pour creuser dans des lits de rivière asséchés et recueillir l’eau qui y suinte. Ces sources, qui peuvent être contaminées, sont malheureusement les seules options disponibles.

Un groupe de femmes kényanes, et les contenants qu’elles utilisent pour transporter de l’eau, souvent sur de longues distances. Photo : Service des nouvelles de Maranatha Volunteers International

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En bref

« Les familles affectées se trouvent dans une situation très difficile en ce moment. Elles ont besoin de beaucoup d’aide physique et morale pour vaincre cette crise. » – Kyriakos Ersantukides Erlan, gérant de projet de la résilience communautaire par le biais d’ADRA et d’un partenariat avec l’Église, après qu’un tsunami destructeur ait frappé les villes côtières non loin du détroit de la Sonde, en Indonésie, en décembre

Assiduité au culte et à l’École du sabbat à l’échelle mondiale Source : Sondage auprès de membres de l’Église adventiste mondiale, 2017 Culte

29 %

École du sabbat

Plus d’une fois par semaine

12 %

dernier. L’Agence de développement et de secours adventiste (ADRA) en Indonésie a déployé immédiatement des équipes d’intervention d’urgence, et de concert avec des entités gouvernementales, elle a pris les dispositions nécessaires pour procéder à de rapides estimations.

800

42 %

Chaque semaine

56 %

d’administrateurs qui ont récemment passé neuf jours à l’Académie adventiste Gahogo à Muhanga, au Rwanda, pour discuter de la création lors du Congrès foi et science. Ce congrès a été organisé par la Division Afrique centre-est (ECD) et des partenaires internationaux. Plus de 60 présentations ont couvert que la création tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau

18%

Presque chaque semaine

Testament. Au nombre des sujets, mentionnons l’herméneutique et la compréhension d’une vision biblique du monde à l’égard des

Mensuellement

questions de théologie, du registre

Trimestriellement

fossile, de la biologie moléculaire, du dessein intelligent, de la datation au carbone 14, et plus encore.

Le nombre de portes auxquelles ont frappé les 1 664 participants au Congrès de la génération de jeunes pour Christ (GYC) de 2018, lesquels se sont portés volontaires pour cette journée d’évangélisation annuelle. Parmi ces portes à Houston, au Texas, aux États-Unis, les participants ont atteint 3 276 maisons abritant des réfugiés. Houston accueille des réfugiés, de sorte que dans cette ville, environ 145 langues différentes sont parlées. En tout, 622 personnes ont manifesté un intérêt pour l’étude de la Bible. Le thème de GYC de 2018, « Jusqu’à la fin », comprenait des dizaines d’allocutions d’ouverture et de séminaires sur des sujets spirituels.

« Nous lui avons acheté une tronçonneuse qu’il a utilisée pour couper des cocotiers. »

Le nombre de professeurs et

tout un éventail de sujets, tels

11 044

Une ou deux fois Jamais

19%

– Luther Tanaveki, président de la Mission de Kiribati, en parlant de Tekarimwi Bitaa, un pasteur bénévole qui a été envoyé à Nikunau – l’un des 16 atolls et îles coraliennes formant le groupe des îles Gilbert, à Kiribati, dans le Pacifique Sud. En raison de contraintes financières, aucun pasteur ou laïc n’a été envoyé aux îles pendant des années. L’église a été désertée et des membres sont partis. Tekarimwi Bitaa a été envoyé pour revitaliser l’église. Avec le bois des cocotiers, il a construit une petite église pour sa congrégation. Il construira aussi une petite maison pour un laïc afin qu’il s’occupe de l’église et de ses membres. AdventistWorld.org Avril 2019

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Actualités

Environ 100 000 Explorateurs se réunissent en Amérique du Sud

Le camporee fracasse un record d’assistance et motive les ados

Mateus Teixeira et Adventist World

Près de 100 000 Explorateurs de la Division sud-américaine (SAD) se sont récemment entassés dans l’aréna Parque do Peão, à Barretos (SP), à 420 kilomètres au nord-ouest de São Paulo, au Brésil. Les Explorateurs venant de huit pays sud-américains se sont réunis pour le camporee des Explorateurs de la division. Lors de la soirée d’ouverture, revêtus de l’uniforme de parade, ils ont récité les idéaux des Explos et chanté un chant ayant pour thème l’espérance. En raison du nombre historique de participants, le camporee s’est déroulé en deux sessions séparées, l’une appelée Alpha (8-13 janvier), et l’autre, Omega (15-20 janvier). Ce camporee a accueilli environ 65 000 personnes de plus que le camporee précédent, lequel s’est tenu en 2014. Le nombre d’Explos en Amérique du Sud a doublé au cours des cinq dernières années. Le 8 janvier, la cérémonie d’ouverture de la session Alpha a accueilli des Explorateurs ainsi que des représentants du gouvernement, dont João Doria Jr., gouverneur de São Paulo, lequel a salué la foule et salué l’initiative. João Doria : « Notre continent se renforce par la foi, la foi qui nous anime, et la foi que nous consacrons à Dieu. » Jair Bolsonario, président nouvellement élu du Brésil, a aussi envoyé des paroles de bienvenue dans

Près de 100 000 jeunes de la Division sud-américaine ont participé au camporee des Explorateurs de 2019.

Photo : Service des nouvelles de la Division sud-américaine 6

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une lettre qui a été lue aux campeurs. CÉLÉBRATION DE LA CRÉATION

Parmi les expériences faites au camporee de la SAD, la Place de la création a permis aux Explos de découvrir la création à l’aide de 26 représentations de dinosaures, et de 42 fossiles complets et fragmentés parmi des répliques et des pièces authentiques. Les excavations de fossiles dans le sable et un parcours à travers les jours de la création ont aussi été inclus. Dans le cadre de l’emphase sur la création, les participants ont profité d’une exposition ayant pour thème « Un camporee durable ». Grâce à cette exposition, les Explos en ont appris davantage sur l’énergie propre. Pendant l’exposition, ils ont rechargé leur cellulaire en les branchant sur des panneaux photovoltaïques, généré de l’énergie par induction magnétique en pédalant sur des vélos, et découvert que la force gravitationnelle peut allumer des ampoules. Ils ont aussi été invités à échanger des articles recyclables contre des « camporitos » – la monnaie d’échange utilisée lors de l’événement. DES TIMBRES INSPIRÉS DE L’ADVENTISME

Le camporee des Explorateurs de 2019 de la SAD a aussi dévoilé deux séries de timbres brésiliens créées en partenariat avec les bureaux de poste du pays. Ces deux séries comportaient huit timbres commémoratifs – l’une en référence au cinquième camporee de la Division sud-américaine, et l’autre, au 60 e anniversaire de la fondation du premier club des Explorateurs au Brésil. L’initiative a été dirigée par Samuel de Paul et Priscila Silvana

de Paula, tous deux frère et sœur, et dirigeants d’une entreprise au Brésil. En préparation à l’événement, 18 000 timbres avaient déjà été imprimés. DES OCCASIONS DE DÉCISION

Finalement, l’événement tout entier a été principalement conçu pour les ados et en vue d’importantes décisions spirituelles, ont dit les organisateurs. Les dirigeants du Ministère de la jeunesse et des Explorateurs de plusieurs unions de fédérations brésiliennes, ainsi que les pasteurs Gary Blanchard, directeur du Ministère de la jeunesse de l’Église mondiale, et Andrés Peralta, directeur adjoint du même ministère, ont présenté des messages bibliques. Éliton Júnior : « Jusqu’ici, je ne lisais pas la Bible. Mais au camporee, j’ai été motivé à le faire. Je l’ai lue le soir, quand mes amis dormaient. Et j’ai pris la décision de devenir pasteur. » D’autres ont décidé de se faire baptiser. « J’ai fait partie du club pendant cinq ans. Ça m’a beaucoup aidée », a expliqué Isidora Uvalentina, venue du Chili, et bien déterminée à se faire baptiser. « Enfant, je n’allais pas régulièrement à l’église parce que je m’y ennuyais facilement. Si je ne m’étais pas jointe au club, je ne serais peut-être jamais revenue à l’église. » En tout, 819 Explos ont été baptisés pendant le camporee. « Le Club des Explorateurs est l’un des outils les plus efficaces que nous ayons pour amener les enfants à aimer Dieu, l’Église, et les dirigeants », a conclu Erton Köhler, président de l’Église adventiste en Amérique du Sud. « Les Explos peuvent contribuer à la préservation de notre Église, à la garder en vie et bien focalisée. »


Actualités

La Division Afrique centre-est passe la barre des 4 millions de membres

Près de 1 million de membres ont été baptisés au cours des trois dernières années

Prince Bahati, Division Afrique centre-est, et Adventist World

Les membres du comité exécutif de la Division Afrique centre-est ont reçu un rapport d’Alain Coralie, secrétaire de la division. Selon ce rapport, le nombre de membres baptisés à travers la division s’élève maintenant à plus de 4 millions.

Photo : Service des nouvelles de la Division Afrique centre-est

Pour la première fois de son histoire, la Division Afrique centre-est (ECD) de l’Église adventiste a passé la barre des 4 millions de membres baptisés, a dit Alain Coralie, secrétaire de la division, dans son rapport récent aux membres du comité exécutif de la division. Selon ce rapport, au début du troisième trimestre de 2015, le nombre de membres baptisés était de 3 116 320 ; aujourd’hui, l’effectif s’élève à 4 097 347. Les chiffres donnés par Alain Coralie montrent que la division, composée de 10 pays africains et domiciliée à Nairobi, au Kenya, a augmenté son effectif de près de 1 million (981 027) de membres au cours des trois dernières années. Il s’agit d’un taux de croissance de 31,5 pour cent – soit une augmentation moyenne de plus de 10 pour cent par année, a-t-il expliqué. Les dirigeants de l’Église régionale ont expliqué que les membres et les dirigeants d’un bout à l’autre de la division ont pleinement adopté le thème « Priorité : mission ». « Cet

engagement a abouti au grand succès de nos initiatives liées à l’“Implication totale des membres” (ITM) », ont-ils dit. L’Implication totale des membres est une initiative de l’Église mondiale visant à amener chaque membre à s’impliquer dans le mandat évangélique en présentant Jésus à leurs amis et à leurs voisins. « Nous sommes ravis de cette étape marquante pour la Division Afrique centre-est, ainsi que du progrès de ses membres et de ses dirigeants grâce à leur insistance sur l’Implication totale des membres », a dit Ted N. C. Wilson, président de l’Église adventiste. Ce nombre de membres baptisés constitue un accomplissement sans précédent dans l’Église adventiste. Cependant, Alain Coralie a contrebalancé cette bonne nouvelle en ajoutant que pendant cette même période de trois ans, la division Afrique centre-est a aussi perdu près de 150 000 membres. En termes simples, pour chaque 100 membres qui se sont joints à l’Église, environ 15 ont décidé de la quitter. Blasious

Ruguri, président de l’ECD, ne prend pas cette situation à la légère. Blasious Ruguri : « Cette croissance de l’effectif nous réjouit, mais les pertes, elles, nous font réfléchir. » Alain Coralie a exhorté les dirigeants et les membres à se laisser presser par l’amour de Christ, de sorte qu’ils ne s’épargneront aucun effort pour reconquérir les anciens membres. Il a aussi encouragé les délégués à partager des stratégies pour discipuler et retenir les néophytes qui se joignent à l’Église. « L’éducation et le discipulat ne devraient pas être une réflexion après coup », a-t-il ajouté. Alain Coralie a conclu son rapport en présentant le Système de gestion de l’Église adventiste (ACMS). Selon lui, ce système de gestion de l’effectif est fort avantageux. Il permettra aux unions de fédérations de fournir un rapport de l’effectif plus précis, et donc, plus fiable. « Par la foi, nous irons de l’avant avec un engagement renouvelé envers notre vision », a-t-il conclu.

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Coup d’œil sur… la Division Asie du Sud (SUD)

1 603 952 Effectif de la SUD au 31 décembre 2017

« Aujourd’hui, les gens sont davantage sensibilisés à la santé qu’auparavant. Nous avons de nombreux problèmes de santé dans notre pays ; par conséquent, les gens seront davantage attirés par un centre de mieuxêtre de ce type. » – Ezras Lakra, président de la SUD, dans un commentaire sur un nouveau centre de mieux-être en Inde. La clinique médicale et de mieux-être Vie vibrante, laquelle a ouvert ses portes dans la ville indienne de Bangalore, offre des salles de consultation médicale, des installations consacrées à l’exercice physique, une salle pour les séminaires, une pharmacie, des aliments santé, et une librairie.

80

Le nombre de barrages qui se sont effondrés lors des pluies de mousson sans précédent, dans l’État de Kérala, en Inde. Selon les autorités, à un certain moment, 80 pour cent de l’État était sans électricité, ce qui a affecté gravement les membres de l’Église adventiste ainsi que les églises.

5 630 Le nombre d’adventistes qui habitent au Népal, un pays de 29 millions d’habitants, dont 80 pour cent sont hindous.

« Chaque jour, je rendais visite à ces familles et leur présentais l’amour du Christ par le chant et la lecture des leçons. » – Pradeep, un pasteur adventiste à Pune, en Inde, qui a contribué à la fondation du programme d’alphabétisation des enfants, lequel cible les enfants démunis et sans-abri. Ces enfants apprennent à lire par le chant et découvrent l’alphabet. Pradeep s’est senti poussé à faire quelque chose pour eux dans sa collectivité tandis qu’il découvrait le Christ et son sacrifice en faveur de la famille humaine. Pour voir l’entrevue avec lui, consultez le site 360.tv/i7062. (^-)

« C’est là le résultat de mon évangélisation par le volleyball. Ces hommes ont accepté Jésus et veulent aussi devenir des ouvriers bibliques. » – Man Bahadur Rai, du Népal, et nouveau croyant adventiste. Il a commencé un ministère de volleyball en installant un filet dans un champ inutilisé, situé entre cinq villages. Au Népal, le volleyball est populaire. Ceux qui ont demandé à se joindre aux équipes ont reçu des réponses telles que : « Bien sûr que vous pouvez jouer, mais pour participer à un match, vous devez mémoriser un verset biblique ou un chant. » Bientôt, de nombreux jeunes avaient mémorisé des chapitres entiers de la Bible et appris de nombreux chants chrétiens par cœur. Man Bahadur Rai est finalement devenu ouvrier biblique, et a inspiré d’autres joueurs de volleyball à faire un type d’évangélisation semblable.

Le pasteur Pradeep enseigne à lire à des enfants de Pune, en Inde.

Photo : Mission adventiste 8

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Point de vue

Richard de Lisser, ancien directeur de l’Économat de la Fédération du sud de l’Angleterre

Photo : Benjamin Voros

Les adventistes et l’écologie Une perspective adventiste tandis que dans le monde entier, on célèbre le Jour de la Terre Les adventistes des quatre coins du globe se soucient de l’environnement. Le changement climatique, le réchauffement de la planète, et les émissions de carbone constituent la manne quotidienne de nombreux rédacteurs à l’information tandis qu’ils préparent les journaux pour notre consommation journalière. Les gros titres attirent notre attention et arrêtent nos pensées et nos imaginations : aurons-nous une planète viable à léguer à nos enfants, et aux enfants de nos enfants ? On est en quête de nouvelles frontières – juste au cas où les prophètes de malheur, la mort, et la destruction auraient raison, et que la lune – et au-delà – devienne la prochaine étape pour l’humanité. De retour sur terre, les politiciens, les présidents, les pontifes, et les premiers ministres convoquent des conférences, publient des déclarations signées conjointement, et établissent des objectifs pour éviter des catastrophes dans le monde, nous demandant de penser à l’échelle mondiale mais d’agir à l’échelle locale. Quelle organisation est mieux placée que l’Église adventiste pour relever ce défi ? Enchâssée dans nos 28 croyances fondamentales, la doctrine de l’économat résume le point de vue écologique de l’Église, déclarant que « [nous] sommes les économes de Dieu, qui nous a confié du temps, des occasions, des aptitudes, des biens, les bénédic-

tions de la terre et de ses ressources. Nous sommes responsables par-devant lui d’en faire un usage adéquat. » EN TANT QU’ÉGLISE, PRENONS-NOUS CETTE RESPONSABILITÉ AU SÉRIEUX ?

Dieu nous a placés sur cette terre en tant que porteurs de son image, pour que nous nous occupions de son environnement et le gérions avec fidélité et amour. Les adventistes croient que la préservation et l’entretien de l’environnement sont en rapport étroit avec la façon dont nous servons Dieu. Dans une déclaration approuvée, votée, et publiée en 1996, le comité administratif de la Conférence générale a déclaré : « Malheureusement, hommes et femmes ont été de plus en plus impliqués dans une destruction irresponsable des ressources de la terre, ce qui a entraîné une souffrance considérable, une dégradation environnementale, et la menace du changement climatique. Tandis que les recherches scientifiques doivent se poursuivre, il est clair d’après l’accumulation de preuves que l’émission croissante des gaz destructeurs, la destruction massive des forêts tropicales de l’Amérique, et la disparition de la couche protectrice d’ozone (le soi-disant effet de serre) menacent tous l’écosystème de la terre. […] « Ces problèmes sont largement imputables à l’égoïsme et à la cupidité humaines, ce qui résulte en une production toujours croissante, en une consommation illimitée, et en l’épuisement des ressources non renouvelables. On discute, certes, de la solidarité avec les générations futures, mais la pression des intérêts immédiats reste, hélas, prioritaire. La crise écologique est enracinée dans la cupidité de l’humanité, ainsi que dans

son refus de faire le bien et d’exercer fidèlement l’économat. […] « L’adventisme préconise un mode de vie simple, sain, où les gens ne sautent pas sur le tapis roulant d’une surconsommation débridée, d’une accumulation de biens, et de la production d’ordures. Il en appelle à une réforme du mode de vie fondée sur le respect de la nature, à une retenue dans l’utilisation des ressources du monde, à une réévaluation de nos besoins, et à une réaffirmation de la dignité de la vie créée. » QUE PEUVENT FAIRE LES MEMBRES D’ÉGLISE ET LES ÉGLISES LOCALES POUR EXERCER DE PLUS EN PLUS L’ÉCONOMAT ENVIRONNEMENTAL ?

La gestion des normes, telle qu’ISO 14 000, permet aux organisations d’identifier et de modifier ou de contrôler la façon dont leur activité a un impact sur leur environnement. Les membres d’église et les églises peuvent également être encouragés à : • éduquer les générations futures à penser de façon environnementale ; • apprécier ce qu’ils ont maintenant et passer l’héritage de la terre ; • prendre des mesures pour travailler avec des agences qui protègent l’environnement ; • recycler, remodeler, réutiliser, récupérer, réparer, et exercer la modération ; • apprendre de la nature – le manuel de la vie ; • gérer les ressources de la terre avec fidélité et amour ; • améliorer l’efficacité et la productivité de l’énergie ; et • exercer la modération et l’équilibre dans tout ce qu’ils font.

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En ce monde dans lequel nous habitons, l’influence est une devise clé. Que ce soit sur les médias sociaux, dans les sports, la politique, ou la religion, les gens sont inspirés par d’autres gens. Tout autour du globe, des adventistes influencent leurs collectivités. Les pages suivantes vous en présentent quelques-uns. – La rédaction

Sous les projecteurs

Le don de l’influence adventiste

Par la foi, et non par la vue Floyd Emerson Morris, premier aveugle président du Sénat jamaïcain

F

loyd Emerson Morris – né le 23 juillet 1969 à Bailey’s Vale, en Jamaïque – a perdu la vue alors qu’il était un jeune homme, suite à un glaucome. Par conséquent, il ne s’attendait que fort peu à réussir sur les plans universitaire et politique. Il a quitté l’école secondaire pour devenir aviculteur. Plus tard, cependant, en dépit de sa déficience visuelle et des nombreux défis impliqués, il s’est inscrit à l’institut d’enseignement supérieur et a obtenu un baccalauréat ès arts en communication de masse, ainsi qu’une maîtrise en philosophie gouvernementale. En 2017, il a obtenu un doctorat en philosophie de l’Université des Antilles. Sa réussite la plus remarquable, toutefois, est son élection à la présidence du Sénat jamaïcain en mai 2013 – devenant ainsi le premier aveugle à occuper ce poste. Il a servi en tant que président du Sénat jusqu’en février 2016. Dans la région, Floyd Morris est connu en tant que fervent défenseur de ceux qui souffrent de handicaps. Il promeut activement l’adoption de projets de loi et de programmes en faveur de cette communauté. Il a aussi écrit une autobiographie intitulée By Faith, Not by Sight (Par la foi, et non par la vue). Bien que loué par un grand nombre – y compris par les dirigeants de l’Église adventiste mondiale à la session de la Conférence générale de 2015 à San Antonio, au Texas – en raison de ses nombreux accomplissements, c’est à Dieu et aux siens qu’il attribue tout le crédit de son succès. « Je crois que Dieu a un plan particulier pour ma vie, a-t-il dit à Adventist World. Je lui ai permis de me conduire, de me diriger – et je vois les bénéfices de ma foi en lui. Dieu, ainsi que le soutien de ma famille et de mes amis, ont joué un rôle indélébile dans les succès que j’ai eus au fil des années en tant qu’aveugle. » Floyd a épousé Shelly-Ann Gayle en 2011. Le couple est membre de l’église adventiste Andrews Memorial, à Kingston, en Jamaïque. – Sandra Blackmer Photo : courtoise de Floyd E. Morris


Ryan Williams et le Projet en faveur des orphelins du Botswana Enseigner, nourrir, et vêtir les enfants vulnérables

J

’ai grandi au Botswana plutôt ignorant de ses défis », dit Ryan Williams, 37 ans, et force motrice du Projet en faveur des orphelins du Bostwana (BOP). « Ce n’est que lorsque j’ai déménagé en Australie pour étudier l’ingénierie que j’ai vu le contraste saisissant entre les deux mondes et que j’ai pris conscience des besoins du Botswana. » Lors de l’un de ses congés universitaires en 2004, on a demandé à Ryan Williams de prendre des photos et des séquences vidéo d’un événement en faveur des orphelins parrainé par l’Église dans le nord du Botswana. C’est là qu’il s’est senti accablé par la multitude d’orphelins, dont beaucoup avaient perdu leurs deux parents en raison du VIH/SIDA. « Je me suis alors pris à rêver de prendre soin des orphelins et des enfants vulnérables en répondant à leurs besoins en matière d’éducation, de nutrition, et de respect de soi, se souvient Ryan. Ce rêve m’a inspiré à un point tel que je me suis senti poussé à faire tout ce que je pouvais pour leur venir en aide. »

Photo : Projet orphelins du Botswana

La résolution de Ryan a été renforcée par de sombres statistiques : le Botswana est l’un des pays les plus affectés par le VIH/SIDA. (Un rapport de 2003 des Nations Unies a révélé que dans ce pays, près d’une personne sur cinq âgées de 15 à 49 ans était atteinte du VIH.) De retour en Australie, Ryan a rallié les membres de son église ainsi que des camarades de classe pour lancer BOP, « un mouvement composé de gens – comme il le définit – qui se focalisent sur la transmission d’un message d’espérance aux innocentes victimes que sont les enfants vulnérables. » BOP a une approche à deux volets, explique-t-il. « Premièrement, nous y allons de la prévention – nous éduquons les enfants vulnérables en leur présentant un changement de comportement pour éviter d’autres dommages, dit-il. En même temps, nous mettons tout en œuvre pour les soulager – nous leur fournissons un environnement sécuritaire où ils peuvent recevoir de l’amour, des soins, et une nutrition

équilibrée en vue de leur croissance. » Quinze ans plus tard, BOP travaille en collaboration avec l’Union des missions du Botswana. En outre, il a développé des partenariats locaux permettant de construire et de diriger six centres pour orphelins dans le pays. Les centres ont été principalement construits et financés par des bénévoles que Ryan Williams a recrutés d’aussi loin que l’Australie et le Canada. Certains d’entre eux étaient des jeunes de l’église (un groupe musical chrétien a été le premier outil dont Ryan s’est servi pour sensibiliser les gens et faire des levées de fonds) ; d’autres, des camarades de classe de son école publique en Australie, et plus tard, des collègues de travail. « Un grand nombre de bénévoles qui s’inscrivent ne sont même pas chrétiens », dit Ryan, lequel travaille aujourd’hui comme ingénieur électricien. « Mais tous disent que leur participation à ce projet a été pour eux une expérience transformatrice. » Ryan parle de son ancien patron, un agnostique, au sein d’une grande compagnie d’ingénierie en Australie comptant 5 000 employés. Cet homme et sa famille ont décidé d’être bénévoles et de se rendre au Botswana pour participer à la construction de l’un des centres. De retour au pays, sa femme a approché Ryan. « Ce voyage a sauvé notre mariage », lui a-t-elle dit. En 2013, Ian Khama, alors président du Botswana, a remis à Ryan Williams la médaille de l’Ordre présidentiel du service méritoire pour son œuvre humanitaire. Aujourd’hui, depuis Portland, en Oregon, aux États-Unis, Ryan continue de promouvoir la mission de BOP. « C’est un travail difficile dans lequel nous avons eu notre lot de défis, dit-il. Mais nous sommes engagés dans ce rêve – enseigner, nourrir, et vêtir les enfants vulnérables. » Le prochain voyage bénévole du Projet orphelins du Botswana est prévu pour juillet 2019. – Marcos Paseggi AdventistWorld.org Avril 2019

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Le don de l’influence adventiste

Marine américaine/Johnny Bivera

L’amiral Vern Clark, chef des opérations navales, félicite le contre-amiral Barry C. Black (au centre), alors que celui-ci reçoit la Médaille de distinction du service de la Marine.

La puissance de l’influence L’aumônier du Sénat des États-Unis est un adventiste

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arry C. Black fait rarement la une des journaux. Par contre, il côtoie quotidiennement ceux qui la font ! Il est, en effet, l’aumônier du Sénat des États-Unis – un poste qu’il occupe depuis le 7 juillet 2003. À ce titre, il prononce chaque jour l’invocation avant que ne commencent les délibérations du Sénat. Il est le premier Afro-Américain et le premier adventiste à occuper ce poste. En plus de son premier rôle consistant à prier avant les délibérations du Sénat, il veille à la spiritualité des sénateurs, de leurs familles, et de leur personnel, pour un total d’environ 6 000 personnes. Il coordonne aussi les groupes d’étude biblique dans le Sénat et préside au petit-déjeuner de prière hebdomadaire du Sénat. En 2017, il a été l’orateur invité du Petit-déjeuner de prière national. Avant sa nomination au poste d’aumônier du Sénat des ÉtatsUnis, Barry Black a servi en tant qu’aumônier de la Marine des États-Unis, s’élevant ainsi au grade de contre-amiral. Au moment de sa retraite, il était chef des aumôniers de la Marine américaine.

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Barry Black est né à Baltimore, au Maryland (États-Unis), dans une famille de huit enfants. Sa mère, dit-il, est l’une des principales influences dans sa vie. Elle s’est assurée que chacun de ses huit enfants reçoive une éducation chrétienne de la première année à l’école supérieure. Dans un commentaire sur cette expérience, Barry a dit : « Pour y arriver, elle a, à maintes reprises, été incapable de payer le loyer. Et quand on ne peut payer le loyer, on est expulsé. Par conséquent, trois fois dans ma vie, alors que je rentrais chez moi de ma belle école chrétienne, j’ai vu nos meubles dans la rue. » Barry Black est connu pour son engagement à mémoriser de grandes portions des Écritures – une habitude qu’il a développée pendant l’enfance. Pour l’y encourager, sa mère lui donnait cinq cents à chaque verset biblique mémorisé. En tant qu’aumônier du Sénat, Barry Black a participé à des inaugurations présidentielles et à de nombreux événements d’État. En ce 21e siècle, il est souvent témoin des débats historiques des États-Unis. Pendant la fermeture des services de l’État

fédéral en 2013, ses invocations ont attiré l’attention nationale, comme par exemple, cette prière : « Rends-nous plus forts, remplace le cynisme par la foi, et la lâcheté, par le courage. » Lors de ces trois semaines de fermeture du gouvernement, lesquelles ont eu des répercussions nationales, Barry a prononcé dans sa prière des paroles qui reconnaissaient les questions importantes en jeu, et a exhorté les membres du Sénat à faire leur devoir : « Ô Dieu, notre chemin, notre vérité, et notre vie, nous t’adorons. Aiguise notre conscience par ta sainteté, pour que nous découvrions la nourriture dans ta vérité. Tandis que cette paralysie partielle du gouvernement s’éternise, aide nos législateurs à ouvrir leur cœur à ton amour et à soumettre leurs désirs à tes desseins. Dans ce monde embrouillé, nous sommes conscients de nos malheureuses incapacités à occuper les sièges du jugement, à équilibrer les balances de la justice, et à répondre avec équité aux innombrables cris des besoins humains. Éternel Dieu, puissent nos délibérations être couronnées de ta sagesse et d’une pensée élargie pour que nous puissions faire face à ces jours difficiles. Nous prions en ton nom puissant, amen. » Barry Black est l’auteur de quatre livres, dont son autobiographie intitulée From the Hood to the Hill. – Stephen Chavez


Courtoisie de Joy-Marie Butler

Hope Channel Kenya

Une voix pour les femmes Dans un trop grand nombre de cultures, les femmes sont encore des citoyennes de second ordre

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oy-Marie Butler se décrit ainsi : « Je suis une femme de foi et d’excellence qui se soucie des femmes qui souffrent. La justice, l’équité, [et] la compassion sont des mots clé qui décrivent ma philosophie. Je parle, j’écris, et je prie au sujet de ces questions en toute occasion. Je crois à l’aide [pour] délivrer les femmes des ravages des poisons DAT : drogues, alcool, et tabac. » Joy-Marie est présidente de l’Union chrétienne des femmes pour la tempérance de l’Australie (WCTU), et deuxième vice-présidente du la WCTU mondiale. Tout au long de son parcours, elle a servi la Division Pacifique Sud en tant que coordinatrice de l’École de santé, et a été responsable de la certification de la santé et de la salubrité des écoles adventistes en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG). Elle a été aussi directrice du Ministère des femmes pour la Division Pacifique Sud, et aumônière à l’Hôpital adventiste de Sydney. Joy-Marie se passionne pour la santé et les questions de sécurité pour les femmes et les filles. En Thaïlande, elle a travaillé avec ADRA Thaïlande pour développer l’initiative Keep Girls Safe (Protéger les filles), dont la mission consiste à freiner le trafic humain dans ce pays. Joy-Marie Butler habite en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Dans ce pays, elle a initié une levée de fonds qu’elle appelle TTT (robinets, toilettes, transformation) pour la PNG. Elle explique : « Dans de nombreuses écoles en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les salles de bains et les toilettes des filles sont atroces ou inexistantes. » Son post sur Facebook y va de cette approche : « Il est absolument essentiel de disposer d’installations décentes pour les jeunes femmes. Ceci les aidera à se respecter davantage, et les encouragera à être dignes, à s’affirmer, et à jouir d’un sentiment de valeur. » Quant à sa relation avec la WCTU, elle dit : « Les femmes de la WCTU ont fait campagne pour les droits des mères et des enfants dans une période de détresse profonde pour ces défavorisés qui souffrent. Cette préoccupation demeure. Si je suis en ce monde aujourd’hui, c’est pour faire changer les choses et pour améliorer la vie de quelques-uns de ceux que je rencontre. » – Stephen Chavez

David Maraga, président de la Cour suprême du Kenya Défendre ses convictions

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avid Maraga, juge en chef adventiste, est devenu président de la Cour suprême du Kenya en octobre 2016. Mais avant même d’être élu à ce poste, les projecteurs étaient déjà braqués sur lui. Pendant ses audiences de confirmation cette année-là, David Maraga a dit à la Commission de la magistrature que s’il était élu, il ne tiendrait pas d’audiences les samedis, le sabbat du septième jour. « Il me serait très difficile de siéger le samedi pour entendre une cause », a dit David à la commission responsable de nommer des candidats à la présidence de la Cour suprême. « Je préfère parler à mes collègues de la Cour pour en arriver à un accommodement qui m’exemptera de siéger si l’audience devait se prolonger le samedi. » David Maraga a eu l’occasion de mettre ses convictions en pratique après la contestation des élections nationales le 8 août 2017. La première audience du cas avait été prévue pendant les heures du samedi 26 août. À la requête du juge en chef, l’audience a été reportée jusqu’à 19 heures pour accommoder ses croyances. Depuis lors, les analystes politiques kényans ont mis en valeur sa réputation d’homme intègre – une qualité qu’ils attribuent au fait qu’il soit un adventiste fervent. « La grandeur d’une nation repose sur sa fidélité à la constitution et à sa conformité au principe de la primauté du droit », dit David Maraga. – Marcos Paseggi

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Eric Rajah

Courtoisie de A Better World Canada

Le don de l’influence adventiste

FARMSTEW Facebook

Un monde meilleur Joy Kauffman et FARM STEW Former des formateurs en nutrition à travers l’Afrique de l’Est

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oy Kauffman a lancé FARM STEW en 2015, après avoir été témoin des besoins nutritionnels de nombreux individus en Afrique. « J’ai découvert que les fermiers en Ouganda cultivaient du soja, mais qu’ils ne le donnaient pas à leurs enfants, et que ceux-ci mouraient par manque de protéines », dit Joy, expliquant la raison de son ministère. « À vrai dire, ils ne savaient pas comment le transformer. » Après avoir lancé FARM STEW – un acronyme anglais pour agriculture, attitude, repos, repas, hygiène, tempérance, entreprise, et eau – Joy Kauffman et ses assistants ougandais leur ont vite enseigné comment incorporer les fèves de soja dans leur régime de façons savoureuses et équilibrées, tout en leur donnant des occasions de lancer de petites entreprises. « Nous leur avons enseigné à faire tremper les fèves de soja, à en faire du lait et du tofu, et à ajouter la pulpe du lait de soja [japonais : okara] directement au gruau du petit-déjeuner, dit-elle. Nous leur avons aussi expliqué que cela améliorerait leur santé. » Malgré son succès initial, Joy s’est bientôt rendu compte que pour apporter un vrai changement, elle devait aller plus loin. « J’ai donc formé des gens, puis je les ai engagés pour qu’ils forment leurs semblables », explique-t-elle. Selon le dernier compte, ils ont donné une formation en vie abondante à plus de 49 000 personnes. Joy Kauffman et son équipe ont aussi développé des outils de formation, et finalement, se sont étendus au Zimbabwe, et récemment, au Soudan du Sud. Ils ont œuvré dans des villages ruraux, des centres urbains, des écoles, et des prisons. Et ils ont même lancé un restaurant végétalien ! « Il y a tant de choses que nous pouvons faire si nous nous en donnons la peine. Nous sommes ouverts à ce que Dieu a encore en réserve pour nous », conclut-elle. – Marcos Paseggi

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Imaginer un monde où personne ne manque de quoi que ce soit

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orsque des membres de l’église adventiste College Heights à Lacombe, en Alberta, se sont mis à chercher des occasions d’évangélisation, ils se sont dit : Comment pouvons-nous changer les choses non seulement dans notre collectivité, mais aussi dans le monde entier ? C’est à ce moment-là qu’Eric Rajah et Brian Leavitt ont commencé à examiner quelques projets humanitaires internationaux que l’église pourrait initier et soutenir. C’était en 1990. Presque 30 ans plus tard, A Better World Canada (abwcanada. ca) est impliqué dans des projets humanitaires dans 14 pays. A Better World (Un monde meilleur) est un champion du développement durable, ce qui veut dire qu’il cherche des partenaires avec lesquels il peut développer des projets qui durent de cinq à 10 ans. Il a pour modèle l’investissement plutôt que l’aide. C’est là une grande différence. Certaines agences humanitaires arrivent dans une collectivité et y laissent suffisamment de ressources pour creuser un puits ou construire un bâtiment. Mais lorsque ces ressources ne sont plus là, le soutien de l’agence disparaît aussi. A Better World commence par demander aux membres de la collectivité quels sont leurs besoins immédiats. Ensuite, il s’attend à ce


Courtoisie de Marianne Thieme

qu’ils contribuent à un pourcentage du travail et s’approprient du projet en s’en s’occupant et en le maintenant. A Better world partage des objectifs humanitaires tels que formulés par les Nations Unies : 1) mettre un terme à la pauvreté, 2) s’assurer que la collectivité ait suffisamment à manger, 3) assurer des soins de santé adéquats, 4) veiller à ce que chaque enfant ait accès à l’éducation primaire, 5) veiller à un accès à de l’eau potable, 6) sortir du cycle de la pauvreté. Chaque objectif reconnaît que la dignité humaine fait partie de notre création à l’image de Dieu, et que restaurer ces caractéristiques, c’est restaurer l’image de Dieu dans l’humanité déchue. Chaque année, A Better World coordonne des voyages pour les bénévoles au Kenya, au Rwanda, en Tanzanie, ou en Bolivie. Certains voyages sont conçus pour initier de nouveaux projets, d’autres pour évaluer le progrès de projets déjà en place, et d’autres encore pour procurer des services spécialisés aux collectivités, tels que des services médicaux, dentaires, ou de réhabilitation/physiothérapie. Reconnaissant que les jeunes et les jeunes adultes d’aujourd’hui ont souvent à cœur la justice internationale et l’action mondiale, A Better World comprend une division jeunesse appelée Tomorrow’s Edge (Au seuil de demain). Cette division s’efforce de fournir des occasions de voyage aux jeunes pour qu’ils puissent faire l’expérience de première main des besoins de la collectivité, et leur enseigne des compétences utiles dans le cadre des levées de fonds et du développement de projets internationaux. Dans un discours aux diplômés de l’Université Burman en avril 2017, Eric Rajah a donné à ces derniers « trois mots qui peuvent transformer [leur] monde ». Dans un monde où les besoins de l’humanité sont aussi grands, ces trois mots sont étonnamment simples, et pourtant, directs : « Réfléchissez. Croyez. Agissez. » Mis ensemble, ils constituent une formule utile dans chaque collectivité.

Marianne Thieme et le Parti pour les animaux Résister à la vague

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arianne Thieme, cheffe du Parti pour les animaux au Parlement néerlandais1, aux Pays-Bas, et membre de la Chambre des représentants néerlandaise, a résisté à une vague de ridicule lorsqu’elle et d’autres défenseurs des animaux ont formé en 2002 leur parti politique, lequel se focalise sur les intérêts des animaux, la nature, et l’environnement. À l’élection de 2006, cependant, le parti en plein essor a reçu 179 988 votes (1,8 pour cent), ce qui lui a valu deux sièges au Parlement néerlandais. Ceci a fait de lui le premier parti au monde à obtenir des sièges parlementaires avec un ordre du jour qui se focalise principalement sur les questions animales. Lors de l’élection de 2017, ayant raflé 335 214 votes (3,2 pour cent), le Parti pour les animaux a obtenu cinq sièges. Depuis 2002, 18 partis semblables ont été établis dans le monde entier. Aujourd’hui, les opposants ne rient plus. ATTIRÉE PAR LA COMPASSION

Championne depuis toujours des animaux, Marianne Thieme est devenue végétarienne à l’âge de 23 ans après avoir regardé un documentaire sur les méthodes que les fermiers utilisent pour augmenter la production de lait de vache et de viande bovine. En même temps, elle étudiait le droit à l’Université Erasmus, à Rotterdam. Suite à l’obtention de son diplôme, Marianne a d’abord travaillé pour une compagnie de remise en état des sols et de gestion des ordures, et plus tard, en tant qu’agente politique pour une fondation néerlandaise anti-fourrure pour le bien-être des animaux, et pour une fondation pour le bien-être des animaux qui s’opposait à l’agriculture industrielle. Depuis, Marianne a aussi produit deux films documentaires ayant pour thème l’impact de la consommation de viande sur l’environnement. Marianne a été élevée dans la foi catholique romaine. Elle a découvert les adventistes alors qu’elle étudiait le végétarisme et lisait des livres d’Ellen White. Dans une interview avec Adventist Review en 2014, elle a dit qu’elle a été « frappée du message de compassion d’Ellen White envers les animaux et de sa plaidoirie passionnée en faveur du végétarisme »2. « De concert avec mes croyances et ma défense des animaux, je me suis intéressée à l’Église adventiste, et suis devenue adventiste en 2006 », a-t-elle raconté3. Selon Marianne, les adventistes devraient être proactifs en matière d’environnement et de bien-être animal, et devraient « expliquer à leurs semblables ce que l’économat signifie vraiment ». – Sandra Blackmer 1 2 3

www.partyfortheanimals.nl. Voir, par exemple, Ellen G. White, Le ministère de la guérison, p. 265. www.adventistreview.org/church-news/pioneering-dutch-politician-finds-success-in-practicing-what-she-preaches.

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Perspective mondiale

Pouvoir royal, humilité, prière Le pasteur Ted Wilson invite occasionnellement d’autres auteurs à présenter des articles pertinents. L’article qui suit est une adaptation d’un sermon que le pasteur Ron Kelly a donné en décembre 2018 à l’Église adventiste Village Church, à Berrien Springs, au Michigan (États-Unis). Pour accéder au sermon intégral, visitez le site www.villagesda.org/events/kingly-power-sermon-series.

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dwin Friedman, rabbin juif et thérapeute familial, écrit dans son livre intitulé A Failure of Nerve : « L’esprit qui ne s’est pas plié pour développer un caractère raisonnable et honnête se chargera, au fur et à mesure qu’il chassera ses démons internes, de les remplacer avec des substituts1. » De quelle façon cherchez-vous la vérité dans votre vie ? Avez-vous discipliné votre esprit en vue d’un caractère raisonnable et de l’honnêteté ? Dans la négative, vous pourrez faire dire à n’importe quoi ce que vous voulez – surtout à la Bible. Nous suivons un sentier où Dieu cherche à nous guider dans toute la vérité, car il sait que la vérité nous affranchira. Mais certains n’ont pas entrepris une telle discipline de l’esprit. SE DÉMARQUER CLAIREMENT

Qu’est-ce qu’un « dirigeant qui se démarque » ? Selon le livre d’Edwin Friedman, c’est un individu capable de séparer son être émotionnel de celui de ceux qu’il dirige, tout en restant lié à eux. Une vision, dit-il, est un phénomène émotionnel plutôt que cérébral, un phénomène dépendant davantage de la capacité d’un dirigeant de gérer son anxiété que de sa formation professionnelle ou de son diplôme. Prenez courage ! Nous avons ici un consultant en leadership et un psychologue qui nous rappelle que la personne la plus ferrée pour diriger est celle qui peut résister à la contrainte émotionnelle provoquée par des gens occasionnellement désagréables. Notre histoire en tant qu’Église confirme cela. Un jour, Uriah Smith a dit de James White : « Certains ont pensé qu’il était déficient en matière de qualités sociales, qu’il se montrait parfois rigide, dur et 16

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injuste – même envers ses meilleurs amis. Mais ces sentiments […] résultent d’un échec à comprendre l’un des traits les plus forts de son caractère – son amour prééminent pour la cause dans laquelle il était engagé2. » James White était un dirigeant qui se démarquait clairement, un dirigeant préparé à établir ce mouvement prophétique sur une base solide. James et Ellen White ont fait d’incroyables sacrifices sur le plan relationnel et émotionnel pour établir et protéger l’Église. L’appel d’Edwin Friedman, « De parents à présidents », est qu’un individu – homme ou femme – qui ne se démarque pas, qui ne sait pas qui il est et quel est son devoir, sera un dirigeant lamentable. Les dirigeants font ce qui est bien parce que c’est bien. Pour eux, la mission consiste à aller de l’avant, à comprendre et à satisfaire les besoins de ceux qu’ils servent. UN POUVOIR ROYAL

Ellen White a utilisé l’expression « pouvoir royal » à maintes reprises et Photo : Pro Church Media


dans différents contextes. De temps à autre, elle faisait référence aux attentes des Juifs à l’égard du Messie, au pouvoir auquel Jésus renonça lorsqu’il vint dans notre monde, ou à la soif de contrôle du docteur J. H. Kellogg’s. Dans la plupart des cas, cependant, elle a utilisé cette expression pour se référer au « pouvoir contrôlant d’un homme ou d’un petit groupe de gens sur l’administration de l’Église. Il lui est arrivé de se référer au président de la Conférence générale, mais le plus souvent, au trésorier ou aux dirigeants de l’œuvre médicale ou des publications3. » On utilise aussi l’expression « pouvoir royal » pour se référer à l’humanité non sanctifiée et à l’aspiration humaine à être aux commandes. Parfois, cette expression se réfère à la capacité humaine de choisir. Nous nous retrouvons donc avec de nombreuses références au pouvoir royal à l’égard de l’organisation de l’Église. D’un petit commencement à une expansion rapide, l’Église devait grandir à travers des défis organisationnels. Le pouvoir de gestion se centrait sur deux ou trois personnes à Battle Creek. Mais lors de la session de la Conférence générale de 1901, ce problème fut abordé lorsque la structure de l’Église fut réorganisée en unions – une structure que nous avons encore aujourd’hui. En 1903, Ellen White a écrit : « La division de la Conférence générale en unions de fédérations de district a été orchestrée par Dieu. Dans l’œuvre du Seigneur en ces derniers jours, il ne devrait y avoir […] aucun pouvoir royal4. » Et dans cette même année, elle a écrit : « Tous les serviteurs de Dieu ont une œuvre à faire dans sa vigne. […] Parlez avec beaucoup de courtoisie, et agissez avec amabilité5. » Veillons donc à ne jamais lancer d’expressions péjoratives. Si quelqu’un devait vous dire, en tant que gestionnaire, ou parent, « Tu as soif de pouvoir ! », vous serait-il possible de réfuter une telle accusation ? Cette expression péjorative entraîne avec soi une émotion négative

puissante. Par conséquent, il ne faut pas l’utiliser à la légère ou avec ignorance, surtout en ce qui concerne nos dirigeants de l’Église. LE POUVOIR DE LA PRIÈRE

« Si, lors des réunions, nous priions davantage pour ceux qui portent de lourdes responsabilités, si nous humiliions davantage notre cœur devant Dieu, nous verrions d’abondantes preuves du leadership divin et un plus grand avancement dans notre œuvre6. » Siégez-vous à un comité ? Êtesvous un dirigeant ? La prière n’est-elle qu’une de ces formalités dont vous vous acquittez à la hâte pour pouvoir enfin vous mettre au travail ? « Le Seigneur, le Dieu des cieux, est notre dirigeant. Il est un chef que l’on peut suivre avec confiance, car il ne fait jamais d’erreur7. » C’est pourquoi la prière compte. « Ceux qui marchent jour après jour dans la crainte de Dieu et méditent sur son caractère ressembleront de plus en plus à Christ. Mais ceux qui s’abstiennent de connaître Dieu deviendront prétentieux et vantards8. » Tandis que nous approchons de la fin, c’est le caractère qui révélera ceux qui sont remplis de l’Esprit et ceux qui ne le sont pas. Bien que Dieu puisse faire le travail sans nous, il nous donne un rôle pour nous transformer et pour développer notre foi. Si nous tentons de l’accomplir par nous-mêmes, nous serons ruinés dans le processus. « Une œuvre considérable doit être accomplie », a écrit Ellen White en 1904 aux dirigeants de l’Église. « Je souffre en pensant aux nombreuses âmes qui ne sont pas prêtes à rencontrer leur Seigneur, et au temps gaspillé, perdu pour l’éternité. Oh Dieu, aie pitié de ton peuple ! […] Hommes, femmes, et dirigeants agissent comme des petits enfants. Il n’y a pas la moindre excuse pour les dissensions et l’aliénation qui existent parmi nous9. » À un autre moment, elle a écrit : « Je sais combien l’ennemi [Satan]

est ravi lorsqu’il peut garder le cœur des serviteurs du Seigneur rempli de méfiance et de suspicion10. » Si donc vous éprouvez de la méfiance et de la suspicion envers un dirigeant – qu’il s’agisse d’un pasteur, ou d’un président de fédération, d’union, ou de division – ou envers le président de la Conférence générale, la première chose à faire, c’est de vous mettre à genoux et de prier ! N’importe quel groupe peut devenir fracturé, scindé, divisé, mais lorsque « l’union existe parmi les disciples du Christ, on a la preuve que le Père a envoyé son Fils pour sauver les pécheurs. […] [Seule] cette puissance miraculeuse peut apporter l’harmonie dans les actes des êtres humains. […] Recherchez l’unité avec ardeur. Priez pour la recevoir, efforcez-vous de l’obtenir. Elle vous apportera de l’aide spirituelle, l’élévation de la pensée, la noblesse du caractère, des dispositions célestes ; elle vous permettra de triompher de l’égoïsme »11, a recommandé la messagère du Seigneur avec insistance. Dieu nous appelle à être des dirigeants qui se démarquent clairement. Apprenez à vous connaître vous-mêmes en Christ et à connaître les autres de manière semblable. Remplissez le rôle qu’il vous a donné et faites de votre mieux. Dieu sera glorifié par votre exemple. « Devant l’univers céleste, l’Église et le monde, vous donnerez la preuve indubitable que vous êtes fils et filles de Dieu12. » Edwin Friedmann, A Failure of Nerve: Leadership in the Age of the Quick Fix, New York, Church Publishing, Inc., édition 2007, citant Gilbert Murray dans Five Stages of Greek Religion [1925], sur le site www.sacredtexts.com/cla/fsgr/fsgr08.htm, p. 130. 2 Arthur White, Ellen G. White: The lonely years, volume 3, 1876-1891, Hagerstown, MD, Review & Herald Pub. Assn., 1984, p. 164, citant Uriah Smith. 3 A. Leroy Moore, « Kingly Power » dans The Ellen G. White Encyclopedia, éd. Denis Fortin et Jerry Moon, Hagerstown, MD, Review and Herald Pub. Assn., 2013, p. 920. 4 Ellen G. White, Testimonies for the Church, Mountain View, Calif., Pacific Press Pub. Assn., 1948, vol. 8, p. 232. 5 Ellen G. White, Bible Training School, 1er mai 1903. 6 Ellen G. White, Manuscrit 144, 1903, par. 14. 7 Ibid. 8 Ellen G. White, This Day With God, Washington, D.C., Review and Herald Pub. Assn., 1979, p. 40. 9 Ellen G. White, Lettre 61, 1904. 10 Ellen G. White, Lettre 170, 1902. 11 Ibid. 12 Idem., Conseils à l’Église, p. 233. 1

Ron Kelly est pasteur en chef de l’église adventiste Village, à Berrien Springs, au Michigan (États-Unis).

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Place aux jeunes

Du miel et des sandales

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out au long de la journée, le temps extrêmement chaud est l’un des principaux sujets de conversation. Que ce soit en portugais ou en sept accents espagnols différents, nous nous plaignons tous de la chaleur étouffante. Tandis que nous nous croisons dans les petites rues, entre les tentes, et surtout dans les douches, nous nous plaignons mutuellement, souvent sans mot dire. C’est là que je rencontre cinq jeunes filles pleines d’entrain et que je trouve soudain une histoire à raconter. « Combien d’heures as-tu voyagé ? » me demandent-elles en portugais, présumant que je comprends leur langue. « Trente-six ! dis-je avec un brin de fierté dans un portugais médiocre. Et vous ? » « Plus de 80 heures ! Pendant trois jours, nous avons voyagé à bord d’un bateau, puis dans deux avions, et enfin de nombreuses heures dans un bus », me répondent-elles avec enthousiasme. Mon étonnement les encourage à m’en raconter davantage. « Nous avons travaillé très dur pendant deux ans pour économiser la somme d’argent nécessaire pour notre voyage. Nous avons vendu des boîtes de miel, des sandales, et bien d’autres choses. Quand l’une d’entre nous a atteint la somme nécessaire, nous nous sommes aidées mutuellement pour gagner ce qui manquait. » L’effort extraordinaire de ces filles de sixième année qui, enchantées, savourent le fruit de leur travail acharné, m’étonne. Nous causons encore un peu. Ce qui a commencé en conversation ordinaire se termine en un large cercle de jeunes venant de la Colombie, du Paraguay, de l’Uruguay, du Brésil, et de l’Argentine. Nous faisons partie des 50 000 Explorateurs qui se rencontrent à Barretos, à São Paulo, au Brésil, pour le camporee des Explorateurs de la Division sud-américaine qui se tient en janvier. Peu importe d’où nous venons, il nous faut de l’eau sur-le-champ. Vers la fin de la journée, nous éprouvons tous les mêmes besoins humains. Après une longue journée d’activités, nous nous préparons pour le culte du soir et voulons être propres. Impossible de franchir les barrières qui parfois nous séparent sans reconnaître nos besoins communs. Nous devons communiquer les uns avec les 18

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autres, écouter les histoires des autres, et nous considérer les uns les autres comme des âmes que Jésus est venu sauver. Il n’est nullement question de couleur, de race, ou de langue. Peu importe la distance de notre voyage, il est crucial de nous y embarquer. Il y a toujours des difficultés et des obstacles. D’autres personnes peuvent sembler atteindre leurs objectifs plus rapidement, ou ont besoin de faire moins d’efforts pour obtenir les mêmes résultats. Et c’est très bien comme ça. Notre Dieu est un sauveur personnel. La comparaison ne définit pas ses relations. Il est plus que capable de pourvoir aux besoins de chacun selon sa volonté et en réponse à notre foi (Ph 4.19). Peu importe nos moyens de transport et nos lieux d’origine, c’est en fixant les yeux sur Jésus que nous pourrons marcher dans la même direction. Nous nous focalisons sur Jésus lorsque nous prions, étudions sa Parole, contemplons son œuvre dans la nature, ou sommes engagés à atteindre nos semblables pour lui. Peu importe la somme de nos accomplissements dans notre vie spirituelle, si nous voulons porter du fruit, nous devons demeurer en Jésus et partager ce qu’il a fait pour nous avec les autres (Jn 15). Le salut est une affaire de foi, mais nous devons nous souvenir que nos actes et notre témoignage peuvent être une bénédiction puissante pour les autres – même si cela signifie de vendre du miel et des sandales. « N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération. Car vous avez besoin de persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. […] Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme. » (He 10.35-39).

Carolina Ramos étudie la traduction, l’anglais, et l’éducation musicale à l’Université adventiste de la Plata, en Argentine. Elle se passionne pour la mission et aime travailler avec les enfants et les ados.


Esprit de prophétie

Le Seigneur est ressuscité

démons prennent la fuite, et le ciel paraît s’abaisser tandis que l’ange roule la pierre, comme un simple caillou, et qu’ils l’entendent crier : « Fils de Dieu, sors ; ton Père t’appelle. » Ils voient Jésus se dresser hors du sépulcre ouvert, et proclamer : « Je suis la résurrection et la vie. » Tandis qu’il s’avance revêtu de majesté et de gloire, l’armée angélique s’incline profondément pour adorer le Rédempteur, et l’accueille par ses chants de louanges. VICTOIRE SUR LE SÉPULCRE

La résurrection de Christ : un aperçu de son retour ELLEN G. WHITE

L

a nuit du premier jour de la semaine s’était écoulée lentement. On était à l’heure la plus sombre, celle qui précède l’aube. Le Christ restait prisonnier dans sa tombe étroite ; le sceau romain était intact sur la grande pierre ; les sentinelles romaines veillaient. Il y avait là des spectateurs invisibles. Des armées de mauvais anges entouraient ce lieu. Si la chose eût été possible, le prince des ténèbres, aidé de sa troupe d’apostats, aurait retenu pour toujours le Fils de Dieu dans sa tombe scellée. Mais une phalange d’anges forts et vaillants entouraient le sépulcre et se préparaient à souhaiter la bienvenue au Prince de la vie.  LA PUISSANCE MAJESTUEUSE DE DIEU

« Et voici qu’il se fit un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel. » Cet ange avait quitté les parvis célestes revêtu de la panoplie de Dieu. Les rayons resplendissants de la gloire divine le précédaient, éclairant son chemin. « Son aspect était comme l’éclair et son vêtement blanc comme la neige. La crainte bouleversa les gardes qui devinrent comme morts. »  Où est maintenant la puissance de votre garde, prêtres et chefs ? – Ces soldats courageux qui n’ont jamais reculé devant un pouvoir humain, sont maintenant comme des captifs, pris sans épées et sans lances. Ils regardent un visage qui n’est pas celui d’un guerrier mortel, mais celui de l’être le plus puissant que renferme l’armée du Seigneur. Ce messager occupe la position que Satan a perdue par sa chute. C’est lui qui a annoncé la naissance du Christ sur les collines de Bethléhem. La terre frémit à son approche, les

Un tremblement de terre avait marqué le moment où le Christ avait abandonné sa vie ; un autre tremblement de terre signala son triomphe. Celui qui avait vaincu la mort et le sépulcre sortit du tombeau avec l’allure d’un conquérant, au milieu des convulsions du globe, du jaillissement des éclairs et du grondement du tonnerre. Quand il reviendra sur la terre, il ébranlera « non seulement la terre, mais aussi le ciel. » « La terre chancelle comme un homme ivre ; elle vacille comme une cabane. » « Les cieux seront roulés comme un livre. » « Les éléments embrasés se dissoudront, et la terre, avec les œuvres qu’elle renferme, sera consumée. » « Mais l’Éternel est un refuge pour son peuple, une forteresse pour les enfants d’Israël » (He 12.26 ; Es 24.20 ; 34.4 ; 2 P 3.10 ; Jl 3.16).

Ce qui précède est tiré du livre JésusChrist, p. 783-784. Les adventistes du septième jour croient qu’Ellen G. White (1827-1915) a exercé le don de prophétie biblique pendant plus de 70 ans de ministère public.

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UNE DETTE FARAMINEUSE

Méditation

Une dette faramineuse et une compassion bouleversante

L

’histoire du serviteur impitoyable (Mt 18.21-35) – l’une des paraboles de Jésus les plus fascinantes – contient d’intéressants rebondissements. Nous y découvrons un serviteur malhonnête et un maître généreux qui, après lui avoir fait grâce, lui retire ensuite son pardon. Quelle était donc l’ampleur de la somme due ? En y regardant de plus près, nous restons bouche bée, car elle dépasse de loin ce que l’on pourrait imaginer. De plus, le maître ne révoquait pas son pardon ; en réalité, il faisait autre chose. UNE DRÔLE DE QUESTION

« Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère lorsqu’il péchera contre moi ? » demanda un jour Pierre à Jésus. Jésus leva les yeux vers son disciple. « Sept fois ? » lança vite Pierre, impressionné par sa propre pensée généreuse. « Non, bien plus que ça. Soixante-dix fois sept fois », répondit Jésus. Quel choc ! Les pharisiens pinailleurs avaient fixé le chiffre à trois1. Pierre, lui, y alla du chiffre symbolisant la perfection. Mais il était loin de s’attendre au chiffre avancé par Jésus ! Et s’il avait dit 100 fois ? Le Seigneur aurait sans doute renchéri avec 100 millions de fois parce qu’à en juger par l’histoire qu’il a racontée, le ciel est infiniment disposé à pardonner.

Un maître, nous dit cette parabole, procéda un jour à la vérification des comptes. Au cours de cette vérification, le compte de l’un de ses serviteurs attira particulièrement son attention. Cet homme lui devait une somme d’argent faramineuse ! Désirant une explication, il le convoqua sur-le-champ. Dans une autre parabole (Mt 25.14-28), Jésus nous donne un contexte plus large. Les maîtres choisissaient des serviteurs et leur confiaient des talents d’or selon leurs capacités. Selon certaines sources, chaque talent pesait typiquement environ 34 kilos et valait 1,37 million de dollars US en valeur courante. Les serviteurs devaient investir judicieusement la richesse de leur maître et la lui rendre avec un intérêt. Ceux qui n’arrivaient pas à gérer sagement l’argent du maître ou refusaient de le faire étaient congédiés. Dans notre première histoire, le serviteur devait à son maître la somme de 10 000 talents, ou 340 000 kilos d’or – on parle aujourd’hui d’environ 13,7 milliards de dollars US ! Décidément, le maître avait vraiment confiance en lui pour lui avoir confié une telle somme… Mais ce qui est encore plus époustouflant, c’est le fait que le serviteur ait osé la dilapider ! Comment peut-on gaspiller une aussi grosse somme d’argent ? Après avoir examiné la situation, le maître constata que son serviteur avait dépensé tout cet argent pour lui-même. Comment lui faire rem-


bourser ce qu’il lui devait ? Il décida que l’option la plus viable consistait à vendre cet escroc, sa femme, ses enfants, et tous leurs biens. J’imagine que le serviteur devait avoir beaucoup d’enfants et de biens pour que son maître en arrive à une telle décision. À l’ouïe de ce verdict, le serviteur demanda au maître de le gracier. C’était sa seule chance de s’en sortir. Et il poussa l’audace jusqu’à l’absurde : « Je te rembourserai tout ! » Si c’était la « bonne » chose à dire, un simple calcul montre, cependant, que même s’il travaillait comme journalier tous les jours, il lui faudrait environ 200 000 années – soit plus de 3 000 vies – pour rembourser sa dette ! UNE COMPASSION BOULEVERSANTE

Le maître fit alors quelque chose de bouleversant. Il était clair que son serviteur ne pourrait jamais le rembourser. Il éprouva une telle pitié pour ce malheureux qu’il lui remit la totalité de sa dette. Renonçant à retrouver ses 10 000 talents, il mit le solde du compte de son serviteur à 0. Rien n’indique que le serviteur perdit son emploi. Il continua, semble-t-il, à faire partie des gens de la maison du maître. Pourtant, des employés avaient été congédiés pour de bien moins graves erreurs de gestion. Et cependant, le maître, au lieu de vendre ses biens, le déclara libre et lui conserva sa famille !

de l’argent – 100 deniers, soit l’équivalant du salaire de 100 jours de travail… une bagatelle en comparaison de sa propre dette ! Malgré tout, il saisit son débiteur et le somma, en l’étranglant, de rembourser immédiatement ce qu’il lui devait. Le pauvre homme le supplia de lui faire grâce et promit de tout rembourser. Mais l’autre fit la sourde oreille. Il le fit jeter en prison et l’y laissa pourrir jusqu’au remboursement complet de sa dette. Quel châtiment impitoyable ! Selon des commentateurs, un tel châtiment ne permettait pratiquement pas au débiteur de gagner l’argent nécessaire pour rembourser sa dette. La sévérité de cette punition suggère que le serviteur gracié était parfaitement conscient de ce que sa propre punition, quelques heures plus tôt, aurait dû être. Horrifiés et ébranlés par cette cruauté dont ils venaient d’être témoins, les autres serviteurs se rendirent directement chez le maître et lui rapportèrent ce qui venait de se passer dans les moindres détails. Offensé et outragé, le maître se rendit à l’évidence : son serviteur venait de montrer clairement ce qu’il pensait de sa générosité. Par ailleurs, en dénonçant le comportement du serviteur, les autres serviteurs montraient qu’ils connaissaient bien le caractère de leur maître. Ils savaient qu’il avait à cœur le bien-être de ses sujets. UNE GÉNÉREUSE CONCESSION

UNE PROMPTE CONTRADICTION

Le serviteur sortit pour célébrer la bonté du maître. Chemin faisant, il tomba sur un collègue qui lui devait

D’autres serviteurs auraient été mis en pièces, sans autre avertissement, pour un tel comportement (voir Lc 12.46). Au lieu de cela, le maître fit appeler son serviteur ingrat. « Tu m’as supplié de te pardonner, s’écria le maître, et je l’ai fait. Ne pouvais-tu pas pardonner toi aussi à ton serviteur ? » Cette question ouvrait le dialogue. Le serviteur avait l’occasion de

s’expliquer. Mais celui-ci resta muet. Y a-t-il une bonne excuse pour demander un grain de sel alors qu’on a reçu l’univers ? Le serviteur ne demanda même pas à être pardonné. Ce dialogue était donc parfaitement inutile. « Très bien, concéda le maître. Jetez-le en prison, et qu’il soit livré aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il me doit. » Si le serviteur désirait être en prison toute sa vie, eh bien soit. Mais remarquez que lui seul fut jeté en prison. Pas sa femme. Pas ses enfants. Ses biens ne furent pas vendus. Le maître n’appliqua même pas le châtiment dans la pleine mesure de la loi. En rejetant le pardon du maître, le serviteur demanda et prononça sa propre sentence. Peut-être ne comprenait-il même pas l’importance de sa dette… « La base de tout pardon, écrit Ellen White, se trouve dans l’amour immérité de Dieu ; mais par notre attitude envers les autres, nous montrons si nous nous sommes appropriés cet amour. Aussi le Christ dit-il : “On vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez2.” » (Mt 7.2)  Dieu a écrit notre sentence. L’accepterons-nous, ou écrirons-nous notre propre sentence ?

Joneen Wilson écrit de la Californie, aux États-Unis, où elle travaille en tant qu’infirmière. Lorsqu’elle n’administre pas des médicaments ou ne travaille pas dans le département audiovisuel de son église, elle s’implique en tant que représentante évangélique en divers lieux. 1 2

Ellen G. White, Les paraboles de Jésus, p. 205. Ibid., p. 212.

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Rétrospective

Quoi qu’il en coûte Le service missionnaire, ou quitter tout ce qui est familier

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lorence Oster embrassa du regard son nouvel environnement avec incrédulité. Selon les normes de Maragha, en Perse (l’Iran des jours modernes), leur hutte de terre à deux étages était belle. Sa petite cuisine était dotée de fenêtres laissant entrer une brise légère. Le rezde-chaussée était parfait pour tenir des réunions. À l’étage, il y avait deux pièces supplémentaires, un salon, et une chambre à coucher. Mais elle se demanda comment elle arriverait à entretenir les planchers et les murs en terre séchée. Elle se mit à penser à son foyer, à sa famille, et ses yeux s’embuèrent. Ici, elle se sentait seule, tellement seule !

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Frank, son mari depuis peu, était accoutumé, lui, à la vie missionnaire. Il avait déjà à son actif quatre ans de service missionnaire. Florence se souvenait très bien de leur première rencontre. Ils étaient assis côte à côte lors d’une réunion du groupe des missions étrangères organisée par le professeur Harry Washburn à l’Institut d’enseignement supérieur Walla Walla, aux États-Unis. Et ils s’étaient engagés, chacun pour soi, à devenir missionnaires à l’étranger, si telle était la volonté de Dieu. Une amitié platonique commença entre eux – jusqu’à ce que Frank parte en tant que missionnaire, en 1909. Suite à la nouvelle vision pour les missions étrangères qui émergea après la session de la Conférence générale de 1901, de nombreux jeunes avaient été choisis pour servir


outre-mer, dont Frank Oster. Frank et Henry Dirksen, son ami, furent les premiers résidents missionnaires adventistes à mettre les pieds en Perse. À l’instar de la plupart des missionnaires des États-Unis, ils étaient parfaitement conscients qu’il s’agissait d’un engagement à long terme. Ils prévoyaient donc être dans le champ toute leur vie. LA VIE EN TANT QUE FAMILLE MISSIONNAIRE

La relation entre Frank et Florence commença véritablement après le départ de Frank, sous forme d’échange de lettres. Une abondante correspondance leur révéla qu’ils étaient faits l’un pour l’autre et feraient d’excellents partenaires dans le service missionnaire. Ils se marièrent en 1913 à Londres, où habitaient les parents de Florence. Ils passèrent leur lune de miel à bord d’un navire à destination de la Perse. Voici ce qu’on lit dans l’introduction du livre To Persia, With Love – une esquisse biographique de l’œuvre des Oster en Iran : « Depuis ses débuts, l’islam […] suscite un niveau de ferveur et de loyauté chez ses adeptes que l’on ne voit qu’occasionnellement dans d’autres religions. Ici, la tâche missionnaire s’est avérée sans doute la plus difficile au monde. Au cours des 50 premières années de l’œuvre adventiste en Perse (commencée en 1911), on a compté un total de 29 missionnaires. Frank et Florence Oster ont travaillé seuls dans ce pays pendant 11 ans (1914-1925)1. » Finalement, Frank travailla pendant 35 ans au MoyenOrient, dont 27 en Perse. Dans ce pays, les Oster créèrent une niche pour euxmêmes. Frank tint des réunions et donna des études bibliques chez lui, utilisant le matériel de l’École du sabbat2. Florence s’efforça d’apprendre le turc, la langue courante de la région, et utilisa la Bible en tant que manuel. Elle rassembla bientôt un groupe de filles du voisinage et leur enseigna l’anglais. Pendant les leçons, elle exerçait le turc en leur expliquant les versets bibliques qu’elle avait lus. Grâce à ses compétences en langues et à son désir de créer un lien avec ses voisins, quelques-unes de ses élèves commencèrent à observer le sabbat. Les Oster n’eurent pas la vie facile. Ils durent lutter contre de graves maladies et fuir les raids kurdes pendant la Première Guerre mondiale. La maladie faucha la vie de deux de leurs enfants. Ils survécurent avec des moyens limités et affrontèrent la solitude pratiquement tous les jours. Mais ils restèrent fidèles à leur devoir. Lorsqu’ils reçurent des lettres contenant des offres de rentrer de la Conférence générale, ils décidèrent de rester dans le champ. Il leur semblait, en effet, qu’après toutes ces années de labeur, l’Église était juste sur le point de s’épanouir3. Florence dit : « Non, Frank. L’œuvre de Dieu souffrira si nous partons. Impossible de nous en aller maintenant4. » Les Oster établirent des écoles, nourrirent et vêtirent des orphelins, servirent des réfugiés, et petit à petit, firent grandir

l’Église au Moyen-Orient – une personne à la fois. Lorsqu’ils furent transférés à Istanbul, en Turquie, « l’œuvre missionnaire était passée des conditions pionnières “zéro” à une mission stable, consolidée, dotée d’un personnel compétent composé de gens de la place Frank Oster et d’ouvriers européens5. » Lors de la Seconde Guerre Archives de la GC mondiale, ils furent évacués par injonction mandataire. « Ils avaient donné 35 années de leur vie au travail de pionnier dans l’un des pays les plus anciens au monde. Ils avaient connu des hauts, et bien souvent, des bas. Et en rétrospective, si l’on ne doit considérer que les chiffres, il semble que tout ce temps et cette énergie aient été sacrifiés pour de biens maigres résultats6. » UN HÉRITAGE DURABLE

Les Oster pourraient avoir été tentés de penser qu’ils s’étaient sacrifiés en vain, mais dans les dernières pages de l’histoire de leur vie, on découvre qu’ils n’y auraient absolument rien changé. On demanda une fois à Florence : « “Le fardeau n’a-t-il pas été trop lourd ? Le prix, trop élevé ? Auriez-vous pu consacrer votre vie et vos talents à une meilleure cause ?” “Non, mille fois non !” » répondit-elle. « Vivant en conformité avec la volonté de Dieu pendant toutes ces années, [ils virent] sa main les guider d’innombrables fois et […] sentirent trop souvent la douceur du réconfort de l’Esprit pour désirer que les choses eussent été autrement7. » La lueur de la flamme spirituelle que les Oster ont allumé fut pour ainsi dire balayée par la révolution iranienne dans les années 1970. L’« œuvre dans ce pays ancien demeure inachevée, et le défi est encore plus grand qu’auparavant. La façon dont l’œuvre de Dieu se terminera […] demeure entre les mains des nouveaux pionniers qui travaillent avec la bénédiction de la Providence divine8. » Qui reprendra le flambeau et marchera sur leurs pas en faisant des choses difficiles pour Dieu ? Kenneth Oster et Dorothy Minchin-Comm, To Persia, With Love, Mountain View, Calif., Pacific Press Pub. Assn., 1980, p. 9, 10. 2 Advent Review and Sabbath Herald, 7 août 1952, documents.adventistarchives.org/Periodicals/ARAI/ ARAI19520807-V129-32.pdf. 3 Kenneth Oster et Dorothy Minchin-Comm, To Persia, With Love, p. 69. 4 Ibid. 5 Ibid, p. 160. 6 Ibid., p. 188. 7 Ibid., p. 190. 8 Ibid., p. 4. 1

Beth Thomas est écrivain pigiste et rédactrice. Elle habite à l’étranger avec sa famille.

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Foi en action

« Défendre les faibles et les orphelins » Les agences adventistes font leur part

A

lors qu’elles marchent sur la rive de l’océan Indien en Afrique de l’Est, des équipes de sauvetage remarquent au loin quelque chose sur la plage. Est-ce une bûche ? Un petit animal ? Elles se rapprochent et découvrent un bambin – une petite fille âgée d’environ 18 mois, légèrement vêtue, grelottant, et très effrayée, assise à côté d’un sac en plastique. Dans ce sac, il y a des vêtements et un morceau de papier avec son nom écrit dessus : Grace1. Ou sa mère veut s’en débarrasser, ou elle est incapable d’en prendre soin. Elle l’a donc abandonnée là, sur la plage. Peut-être que cette mère a prié, le cœur battant, dans l’espoir que quelqu’un trouverait Grace et pourvoirait à ses besoins. S’il en est ainsi, sa prière a été exaucée ! Le drame, c’est que d’innombrables autres enfants n’ont pas une telle chance. EN QUELQUES CHIFFRES

Les statistiques indiquent qu’à l’échelle mondiale, environ 153 millions d’enfants sont orphelins, et 263 millions d’enfants et de jeunes ne vont pas à l’école. Quelque 69 millions d’enfants souffrent de malnutrition – cause de la moitié de tous les décès de 24

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ceux âgés de moins de 5 ans. Dans le monde en développement, près de 70 millions d’enfants d’âge primaire vont à l’école le ventre vide. On parle de 23 millions en Afrique seulement2. De tels chiffres sont effarants, surtout à la lumière du mandat que Dieu nous a confié, à savoir « visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions » (Jc 1.27) et être le « père des orphelins » (Ps 68.6)3. De nombreuses familles ont accueilli des orphelins chez elles et les ont aimés et éduqués jusqu’à l’âge adulte. Comme cette générosité ne peut évidemment palier aux besoins des millions d’enfants orphelins à l’échelle mondiale, plusieurs organisations adventistes à but non lucratif – conjointement avec des agences non adventistes – ont été développées par des membres laïques pour secourir les enfants qui souffrent et en prendre soin. Restore a Child est l’une d’entre elles. RESTORE A CHILD

En 1998, Norma Nashed a visité la Jordanie, son pays d’origine. Pendant son séjour, elle a remarqué les nombreux besoins des enfants orphelins et négligés dans la collectivité. C’est

Des enfants sponsorisés par International Children’s Care (ICC) fréquentent une école adventiste ICC au Guatemala. Courtoisie d’ICC

alors qu’elle s’est sentie appelée à leur venir en aide. Après être rentrée chez elle aux États-Unis, elle a quitté son emploi à plein temps et a lancé un ministère à but non lucratif appelé Reaching Kids International. Sollicitant des dons et du soutien des membres de sa famille, de ses amis, des membres d’église, et plus tard d’organisations telles que la World Bank and Help International (Banque mondiale et Aide internationale)4, Reaching Kids International – un ministère de soutien de l’Église adventiste renommé Restore a Child en 2011 – a fourni à environ 17 000 enfants de 20 pays différents de la nourriture, un logis, et/ou une éducation adventiste, et a effectué le sauvetage de victimes de la traite humaine. Sont inclus dans ces 20 pays la Jordanie, l’Indonésie, le Kenya, l’Éthiopie, le Congo, la Tanzanie, le Tchad, la Zambie, le Zimbabwe, la Bolivie, l’Ukraine, le Soudan du Sud, et Haïti. Le ministère Restore a Child a financé ou aidé à financer la construction et le fonctionnement de huit orphelinats et de 12 écoles adventistes, ainsi que le forage de six puits pour procurer de l’eau potable à la collectivité. Il a payé les frais de scolarité de 2 000 étudiants, fourni des soins médicaux à des milliers d’enfants en Afrique, et nourri environ 3 000 enfants chaque jour. Quelque


50 bénévoles dans le monde entier donnent de leur temps et de leurs talents pour aider Restore a Child et les enfants dont ce ministère s’occupe. « Ce que mon cœur désire, c’est non seulement prendre soin des orphelins, mais aussi leur faire découvrir Jésus et les valeurs du caractère chrétien, dit Norma Nashed. L’éducation, c’est la clé ! Elle donne aux enfants une espérance et un avenir. » CHILDIMPACT INTERNATIONAL

ChildImpact International est un ministère de soutien à but non lucratif de l’Église adventiste qui aide tant les enfants que les adultes victimes de la pauvreté. Fondé en 1966 sous le nom d’AsianAID et renommé ChildImpact en 2017, ce ministère finance quatre orphelinats, une école pour les aveugles à Bobbili, en Inde, ainsi qu’une école pour les malentendants et ceux qui souffrent d’un trouble de la parole, à Kollegal, en Inde. ChildImpact a pour mission principale le parrainage des enfants. Il procure aux enfants nécessiteux une éducation dans les écoles missionnaires adventistes en Inde, au Bangladesh, au Myanmar, au Népal, au Sri Lanka, et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Son programme « Operation Child Rescue » (Opération sauvetage des enfants) sauve des filles du trafic humain, des enfants habitants dans des bidonvilles, et des bébés abandonnés en Inde. ChildImpact est domicilié au Tennessee, aux États-Unis5. « Notre mission clé consiste à donner aux enfants nécessiteux une éducation, à leur faire découvrir Jésus, et à procurer un financement direct aux écoles missionnaires adventistes, dit Jim Rennie, directeur général de l’organisation. INTERNATIONAL CHILDREN’S CARE

Lorsqu’un séisme détruisit la ville de Guatemala en 1976, de nombreux enfants se sont retrouvés orphelins. Ken et Alcyon Fleck, ainsi qu’un groupe de laïcs de la région nord-ouest des États-Unis, ont fondé International Children’s Care (ICC) en

réponse à cette tragédie. Aujourd’hui, cette organisation vient en aide aux enfants orphelins, abandonnés, ou maltraités sur six continents. Grâce à des sponsors et à d’autres supporters, ICC construit et entretient ce qu’on a appelé « les villages des enfants ». Chaque village comprend des résidences familiales, des installations éducatives, des ateliers de production, et une chapelle. Dans ces villages, les enfants grandissent dans une atmosphère d’amour et de sécurité, et ont l’occasion de s’instruire et de travailler. Dans ses 40 années d’expérience, ICC – domiciliée à Vancouver, dans l’État de Washington, aux États-Unis – est venue en aide à des milliers d’enfants dans le monde entier6. « Les enfants doivent savoir que dans le monde aujourd’hui, ils peuvent recevoir de l’amour et l’espoir d’un avenir meilleur, dit Rick Fleck, président d’ICC. International Children’s Care existe pour procurer cela aux enfants les plus souffrants et qui ont soif d’amour – parce que chaque enfant a besoin d’une famille. » MINISTÈRE POUR LES BESOINS PARTICULIERS

En 2015, la Conférence générale (GC) des adventistes du septième jour, domiciliée à Silver Spring, au Maryland (États-Unis), a établi l’initiative « Ministère pour les besoins particuliers », dirigée par Larry R. Evans. Engagé à « coordonner et [à] promouvoir l’acceptation, l’inclusion, et le soutien envers les gens qui présentent des besoins particuliers, et à soutenir les intervenants7 », Larry supervise ce ministère en faveur des aveugles, des sourds, des orphelins et autres enfants vulnérables, de ceux qui éprouvent des problèmes de santé mentale ou physique, et en faveur de ceux qui les aident. « Ce ministère offre des moyens de manifester de la compassion et un profond respect à tout le monde, dit Larry. Nous sommes tous des fils et des filles adoptés de Dieu [voir Ep 1.5]. Dieu nous appelle donc à atteindre ceux qui sont sans père ni mère. Ellen White nous rappelle que le « salut des sans-logis est l’affaire de chacun »8, et

Norma Nashed, fondatrice et directrice générale de Restore a Child, tient dans ses bras la petite Grace – une enfant abandonnée par sa mère sur une plage.

Courtoisie de Restore a Child

que la façon dont nous prenons soin de ceux qui ont besoin de notre amour et de notre sympathie constitue « un test de notre caractère »9. « Quand nous venons en aide à nos semblables, dit Larry, nous découvrons souvent que nous en sommes nous-mêmes transformés. » ET QU’EN EST-IL DE GRACE ?

Après avoir trouvé Grace sur cette plage en 2017, les responsables l’ont amenée à un orphelinat Restore a Child. Là, des bénévoles de l’organisation prennent soin d’elle et veillent à son éducation. Si l’histoire d’innombrables enfants ne se termine malheureusement pas sur une note aussi positive, en revanche, les organisations adventistes et d’autres encore s’engagent à secourir autant d’enfants que possible. Elles « [défendent] le faible, l’orphelin ; [et sont] justes à l’égard du pauvre et du malheureux » (Ps 82.3). « C’est là notre mandat, dit Norma Nashed. Et ce qui nous pousse à l’accomplir, c’est l’amour. » Noms fictifs. www.sos-usa.org/our-impact/focus-areas/advocacy-movement-building/children-s-statistics. 3 Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. 4 N’existe plus suite à la retraite du fondateur. 5 Pour en découvrir davantage, consulter le site childimpact.org. 6 Pour en découvrir davantage, consulter le site forhiskids.org. 7 specialneeds.adventist.org. 8 Ellen G. White, Le foyer chrétien, p. 160. 9 Idem., Instructions pour un service chrétien effectif, p. 234. 1 2

Sandra Blackmer est rédactrice adjointe de Adventist World.

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La Bible répond

Périr par le feu ? Q

La Bible dit que dans certains cas majeurs, l’individu devait être exécuté par le feu. N’estce pas cruel ?

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Selon le système juridique israélite, certains crimes étaient passibles de la peine capitale par le feu. La « fille d’un sacrificateur [qui] se déshonore en se prostituant » devait être brûlée au feu (Lv 21.9*) parce que sa conduite profanait la sainteté de son père. Si un homme épousait la fille et sa mère, les trois devaient être brûlés au feu pour enlever l’immoralité parmi le peuple (Lv 20.14). Lorsque Juda apprit que Tamar, sa belle-fille, s’était prostituée, il ordonna qu’elle soit brûlée (Gn 38.24). Permettez-moi de partager avec vous certaines informations pouvant être utiles dans la compréhension de cette loi. 1. ACAN, FEU, PIERRES

Le récit d’Acan – ce dernier avait transgressé la loi de « l’extermination » (hébreu : kherem) – est particulièrement instructif. Après l’humiliante défaite des Israélites aux mains des habitants de la ville d’Aï, Josué pria le Seigneur et le supplia de le guider (Jos 7.7-9). Le Seigneur l’informa que quelqu’un avait détourné ce qui appartenait exclusivement à Dieu, transgressant ainsi l’alliance (v. 11). Selon l’instruction divine, une fois que le coupable était identifié, « lui et tout ce qui lui [appartenait] » devaient être brûlés au feu (v. 15). Acan fut démasqué. Étonnamment, nous découvrons quelque chose de légèrement différent au moment de l’exécution : « Alors tous les Israélites le tuèrent à coups de pierres (v. 25, SEM). Ils lapidèrent aussi tous les siens et brûlèrent [« brûler entièrement »] (voir Lv 4.12 ; 6.23) les cadavres. » En d’autres termes, on brûlait les condamnés après les avoir fait mourir.

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2. FEU ET PROSTITUTION

Voici un autre exemple : le châtiment réservé à ceux qui se livraient à la prostitution. Jérusalem – l’épouse du Seigneur – s’était prostituée par l’idolâtrie et les alliances politiques avec d’autres nations (Ez 16 et 23). En conséquence, elle serait lapidée à mort et percée par ses amants qui la brûleraient ensuite (Ez 16.40,41 ; voir aussi Ez 23.47). Bien qu’il ne soit pas spécifiquement dit que la femme infidèle était brûlée, la séquence de lapidation est suivie de la destruction de la ville – symbolisée par une femme – par le feu. 3. FEU ET BABYLONE

Le verdict divin contre la ville apocalyptique de Babylone, laquelle est caractérisée par l’immoralité et les alliances avec les rois de la terre (Ap 18.3), est clairement formulé : « À cause de cela, en un même jour, ses fléaux arriveront, la mort [grec : thanatos, « mort »], le deuil et la famine, et elle sera consumée par le feu. » (v. 8) Les plaies la tueront (Ap 6.8) tel que le suggère l’utilisation du nom « mort ». Ensuite, il faudra la brûler. Dans Apocalypse 17, Babylone est représentée par une femme, une prostituée ; les nations « la dépouilleront et la mettront à nu, mangeront ses chairs, et la consumeront par le feu » (17.16). « Manger sa chair » signale sa mort (voir 2 R 9.36,37) ; ses restes seront consumés par le feu. Dans Daniel, la puissance apocalyptique anti-Dieu sera tuée puis détruite par le feu (Dn 7.11). Le système juridique qui réclame la mort par le feu pour certains crimes est utilisé pour illustrer l’ultime défaite juridique des puissances du mal. Par conséquent, je vous suggère de considérer la possibilité que dans le système juridique israélite, on exécutait d’abord le criminel, puis on le brûlait par le feu. * Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.

Ángel Manuel Rodríguez a servi l’Église en tant que pasteur, professeur, et théologien.


Santé & bien-être

Vie saine : l’influence des adventistes Avons-nous fait bouger les choses ? En tant qu’étudiant universitaire adventiste, je constate un intérêt croissant pour le végétarisme et la santé chez des pairs sécularisés. L’Église adventiste a-t-elle influencé le domaine de la santé dans le monde ?

N

ous le croyons ! Dès 1863, Ellen White a donné à la jeune Église adventiste des conseils en matière de vie saine. Le Dr John Harvey Kellogg, un pionnier adventiste, et William, son frère, ont développé ensemble le beurre d’arachide (dans les années 1890) et les flocons de maïs. Bien avant que des preuves médicales n’émergent, Ellen White a parlé des effets nuisibles du tabac et de l’alcool. Elle a aussi fait la promotion d’un régime végétarien équilibré. Vers la fin des années 1950 et au début des années 1960, l’Église adventiste a ouvert la voie aux initiatives pour cesser de fumer en développant son fameux « Plan de cinq jours pour cesser de fumer »1. Elle a ensuite mis sur pied les programmes Breathe-Free et Breathe-Free 2.02. La revue Time (28 octobre 1966) a publié les résultats positifs de la première Étude sur la santé des adventistes. Elle a qualifié d’« avantage adventiste » les résultats de cette étude (réduction significative de la plupart des cancers, de la cirrhose du foie, longévité accrue – sept à neuf ans)3. Suite à ces résultats convaincants, l’Institut national de la santé a alloué 19 millions de dollars pour financer l’Étude sur la santé des adventistes-2 (95 000 participants à travers les États-Unis et le Canada, avec une focalisation spécifique sur la diversité ainsi qu’une étude connexe sur la spiritualité et la santé). En novembre 2005, National Geographic a souligné les « secrets d’une vie plus longue »4 en mettant à l’honneur les adventistes. Dan Buettner, journaliste, a ensuite écrit le livre The Blue Zones (Les zones bleues). Une zone bleue, c’est une région du monde où les individus restent en santé, bien portants et actifs à 80, 90, et même 100 ans ! Dans son livre, il mentionne les adventistes.

Photo : Ashwini Chaudhary

En février 2009, le U.S. News and World Report a publié 10 habitudes permettant de vivre jusqu’à 100 ans. Voici l’habitude n° 8 : « Vivez comme un adventiste du septième jour. Les Américains qui se définissent en tant qu’adventistes ont une espérance de vie de 89 ans en moyenne, soit environ une décennie de plus que l’Américain moyen. L’un des principes fondamentaux de la religion, c’est qu’il est important de prendre soin du corps que Dieu nous prête, ce qui veut dire qu’il faut renoncer au tabac, à l’alcool, et consommer les sucreries avec modération. Les adventistes tiennent typiquement à un régime végétarien à base de fruits, de légumes, de légumineuses, de noix, et font beaucoup d’exercice. En outre, ils se focalisent beaucoup sur la famille et la collectivité5. » Vivre quelques années de plus, c’est formidable ! Mais il est plus important encore d’imiter Jésus et de faire « les œuvres de celui qui [l’a] envoyé » (Jn 9.4). Les adventistes croient que Dieu a donné des directives précises sur la façon dont nous pouvons être en santé, heureux, et saints. Qu’il est encourageant de vivre à une époque où la science confirme les instructions données il y a plus de 100 ans, lesquelles influencent encore positivement et largement le comportement en matière de santé ! Mettons-les en pratique, partageons-les, et soyons la différence pour tous !

Peter N. Landless est cardiologue spécialisé en cardiologie nucléaire, et directeur du Ministère de la santé de la Conférence générale. Zeno L. Charles-Marcel, M.D., est directeur adjoint du Ministère de la santé de la Conférence générale Developpé par Dr. J. Wayne McFarland et Elman J. Folkenberg. www.breathefree2.com/welcome. Gary E. Fraser, Diet, Life Expectancy, and Chronic Disease: Studies of Seventh-day Adventists and Other Vegetarians, Oxford University Press, 2003. 4 Dan Buettner, « The Secrets of Long Life », National Geographic, novembre 2005. 5 U.S. News & World Report, 20 février 2009. 1 2 3

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La prière en espagnol D « Je vais vous raconter… » DICK DUERKSEN

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ick, ça te dirait d’être un étudiant missionnaire ? » Cette voix, c’est celle de mon pasteur de campus, au campus La Sierra de l’Université de Loma Linda. Mais sa suggestion me semble complètement folle. Je ne veux pas être un étudiant missionnaire ; je veux rester en Californie et y terminer ma formation. Pourquoi quitter mes amis et m’en aller dans un endroit étrange ? « L’Hôpital Bella Vista a besoin d’un aumônier pour un an, continue le pasteur Dave. Ça serait chouette de rentrer chez toi, non ? » S’il me dit ça, c’est parce que mon père était l’administrateur de l’Hôpital Bella Vista tandis que je fréquentais l’école primaire. Je m’y étais fait de nombreux amis, j’étais tombé amoureux de Porto Rico, et j’avais passé des centaines d’heures à chasser les papillons dans la jungle épaisse de bambous. « Rentrer chez moi ? » C’est, au fond, une idée géniale… pour toutes les mauvaises raisons. *** Et je commence à rêver ! Je donne un coup de fil à mes parents et remplis ensuite le formulaire d’inscription. Trois mois plus tard, je m’envole depuis San Diego, en Californie, jusqu’à Miami, en Floride, puis jusqu’à San Juan et Mayagüez, à Porto Rico. J’ai alors 21 ans, et suis aussi enthousiaste qu’écervelé. Lors de ma première journée en tant qu’aumônier, Fred Hernández m’accueille chaleureusement à l’hôpital et me conduit à l’étage de la maternité. « C’est l’endroit parfait pour commencer ton rôle d’aumônier », me dit l’aumônier

Fred tandis que nous grimpons l’escalier. Dans la première chambre, nous rencontrons une maman et un papa au comble du bonheur, ainsi que leurs trois enfants. Nous admirons avec eux le nouveau bébé, prononçons une courte prière, serrons les mains, et partons. Soudain, Fred jette un coup d’œil sur sa montre, pâlit, et dit : « Dick, j’ai complètement oublié que je dois être à la station de télévision au centre-ville de Mayagüez dans 20 minutes ! Je dois te quitter immédiatement. Tu as été super dans la première chambre. Je suis vraiment heureux que tu sois ici ! » Et me voilà tout seul – moi, un étudiant missionnaire aumônier en train d’étudier pour être pasteur mais ne connaissant absolument rien du rôle d’aumônier. Dans la chambre suivante, je rencontre une mère célibataire âgée de 15 ans. Ses yeux trahissent une profonde tristesse. Elle doit mettre son bébé en adoption. Je prie en anglais et me sauve de la chambre. Je dévale l’escalier, puis me glisse dans le département médical, en quête d’un patient « facile ». La femme que je choisis me lance un regard pénétrant et me demande : « Jeune homme, pouvez-vous prier en espagnol ? » « Non », lui dis-je, terrifié d’être pris en train de faire semblant d’être ce que je ne suis pas. « Siéntate ! » dit-elle. Je m’asseye, écoute, et apprends comment prononcer de simples prières en espagnol. *** Au cours des semaines suivantes, je visite de nombreux patients avec l’au-


mônier Hernández, et commence à me sentir à l’aise alors que j’écoute les patients dans leurs chambres. Lentement – très lentement – je commence à me mettre dans la peau d’un aumônier. Un après-midi, on m’appelle à rencontrer la famille Rodríguez dans le pavillon des cancéreux. Grand-mère Rodríguez est hospitalisée depuis un certain temps. Et il se pourrait bien qu’elle rende l’âme aujourd’hui. Je resserre le nœud de ma mince cravate noire, enfile ma veste bleue d’aumônier, saisis l’épaisse Bible espagnole, et grimpe l’escalier menant au premier étage. Bah, ce n’est qu’une patiente de plus à visiter avant le dîner. Qu’est-ce que je suis pressé de terminer la journée ! Mme Rodríguez se trouve dans une chambre à quatre lits. Elle occupe celui du côté d’une grande fenêtre qui donne sur un jardin de l’hôpital. Je tire le rideau autour de son lit. L’instant d’après, huit paires d’yeux pleins d’espoir me dévisagent. Subitement, mon monde s’arrête. Ces gens scrutent mon âme, en quête d’espoir, d’encouragement, d’une force spirituelle qui leur permettra de laisser partir Grand-mère plus facilement. Et soudain, leurs espoirs révèlent le vide de mon âme. Je suis un étudiant missionnaire aumônier. Je suis en formation pour devenir pasteur. Je sais suffisamment l’espagnol pour paraître sage. J’en sais assez sur Dieu pour me débrouiller. Mais ces gens-là veulent plus que des mots. Ils veulent sentir l’étreinte divine à travers moi. Et je n’ai rien à donner ! Je veux prendre mes jambes à mon cou, échapper aux regards perçants et à l’odeur de la mort, m’éloigner de cette chambre où ma foi impuissante est aussi soudainement mise à nue. Désespéré, je tombe à genoux, saisis les mains de Grand-mère, et prie. « Mon Dieu, pardonne-moi. Je n’ai rien à donner. Viens à mon secours ! » Je me retire ensuite de la chambre, me précipite vers la porte avant de l’hôpital, passe devant le manguier géant, traverse la buanderie, et me retrouve loin derrière une plantation de bananes. Là, sur l’herbe douce et humide, je pleure un bon coup. J’ai tout détruit. J’ai laissé Dieu

tomber ! J’ai montré à tout le monde que mon christianisme n’est qu’une façade. Pire encore : j’ai laissé tomber la famille Rodríguez à l’heure où elle avait le plus besoin de moi. Ces gens vont se plaindre au Dr Angell, c’est certain ! Il doit déjà avoir fait mes bagages et acheté mon billet de retour. J’étais gonflé d’orgueil ; maintenant, je suis humilié. Brisé. Plus tard, après m’être abondamment confessé à Dieu et avoir plaidé avec lui, je retourne à l’hôpital à reculons. Je me souviens des moindres détails de cette marche – les fruits qui pourrissent sous les arbres, les poinsettias rouge et vert vif ; l’escalier en ciment taché de boue que des milliers de familles, en quête d’espoir, ont gravi pour entrer dans l’hôpital. La tête basse, j’essaie de passer inaperçu. Au même moment, le Dr Angell me rencontre à la porte avant, me saisit par les épaules, et me demande ce qui s’est passé dans cette chambre. « Qu’as-tu dit à ces gens ? » Et je craque ! Après lui avoir raconté exactement ce qui s’est passé, je le supplie de me pardonner. Avant même qu’il puisse répondre, nous sommes interrompus par les membres de la famille Rodríguez tandis qu’ils sortent de l’hôpital. Ils me serrent tous dans leurs bras et disent 1 000 choses que je ne comprends pas. Quand ils se retirent enfin, il ne reste plus que le Dr Angell et moi. « Dick, as-tu prié en anglais ou en espagnol ? » me demande-t-il gentiment. « En anglais », dis-je en murmurant. « Eh bien, ce n’est pas ce qu’ils ont dit. Ils ont loué Dieu pour la merveilleuse prière pleine de compassion que tu as prononcée. Elle était tellement parfaite qu’ils ont pu laisser Grand-mère partir. Ils ont remercié Dieu pour la prière que tu as faite dans un espagnol impeccable. » Le Dr Angell retourne à l’intérieur de l’hôpital. Je m’asseye seul sur les marches poussiéreuses. Seigneur, merci de m’avoir envoyé comme étudiant missionnaire !

Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division Asie-Pacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif/Directeur de Adventist Review Ministries Bill Knott Directeur international de la publication Chun, Pyung Duk Comité de coordination de Adventist World Si Young Kim, président ; Yukata Inada ; German Lust ; Chun, Pyung Duk ; Han, Suk Hee ; Lyu, Dong Jin Rédacteurs en chef adjoints/Directeurs, Adventist Review Ministries Lael Caesar, Gerald Klingbeil, Greg Scott Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Sandra Blackmer, Stephen Chavez, Costin Jordache, Wilona Karimabadi Rédacteurs basés à Séoul, en Corée Chun, Pyung Duk ; Park, Jae Man ; Kim, Hyo-Jun Gestionnaire de la plateforme numérique Gabriel Begle Gestionnaire des opérations Merle Poirier Coordinatrice de l’évaluation éditoriale Marvene Thorpe-Baptiste Rédacteurs extraordinaires/Conseillers Mark A. Finley, John M. Fowler, E. Edward Zinke Directrice financière Kimberly Brown Conseil d’administration Si Young Kim, président ; Bill Knott, secrétaire ; Chun, Pyung Duk ; Karnik Doukmetzian ; Han, Suk Hee ; Yutaka Inada ; Gerald A. Klingbeil ; Joel Tompkins ; Ray Wahlen ; membres d’office : Juan PrestolPuesán ; G. T. Ng ; Ted N. C. Wilson Direction artistique et design Types & Symbols Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 20904-6600, U.S.A. Numéro de fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910 (LSG). Avec Num. Strongs pour Grec et Hébreu. Texte libre de droits sauf pour les Strong. © Timnathserah Inc., - Canada Sauf mention contraire, toutes les photos importantes portent le © Getty Images 2018. Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, États-Unis d’Amérique Vol. 15, n° 4

Dick Duerksen, pasteur et conteur, habite à Portland, en Oregon, aux ÉtatsUnis. Il est connu dans le monde entier en tant que « pollinisateur itinérant de la grâce ». AdventistWorld.org Avril 2019

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Foi en herbe

Pages amusantes pour les plus jeunes

Un amour plus profond S

avais-tu que beaucoup de gens se sentent seuls ? Même s’ils se trouvent en plein milieu d’une foule ou avec des tas d’amis, ils se sentent quand même seuls. Personne, en effet, ne prend le temps de s’asseoir, de les écouter, ou de passer du temps avec eux. Jésus nous dit que nous devons nous intéresser aux autres. Et c’est ce que nous faisons ! Nous leur donnons de la nourriture. Nous partageons les vêtements qui ne nous vont

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plus. Mais peut-être que Jésus désire que nous fassions plus que ça ! Peut-être veut-il que non seulement nous aidions les autres, mais aussi que nous leur montrions que nous nous intéressons à eux en faisant quelque chose de plus. Douglas Maurer, 15 ans, vient de recevoir un diagnostic de leucémie – une sorte de cancer. Après lui avoir expliqué cette maladie, ses médecins lui disent qu’il devra suivre des traitements de chimiothérapie

pendant trois ans. Pendant ce traitement, il perdra ses cheveux et son corps enflera. Cependant, ils croient qu’ils viendront à bout de son cancer. Douglas, lui, sait ce qu’ils ne disent pas : il peut aussi mourir. Et son cœur se remplit de tristesse. Dès lors, personne, semble-t-il, n’arrive à lui remonter le moral. Sa tante, qui a entendu parler de sa tristesse, décide de lui envoyer un bouquet de fleurs. Elle téléphone à un fleuriste. « Faites-moi un bouquet joyeux, Illustration : Xuan Le


MERLE POIRIER

un bouquet éclatant ! » dit-elle à la vendeuse. Et le fleuriste livre le bouquet. Comme les fleurs sont belles ! Douglas prend le bouquet et lit la carte de sa tante. Mais aucun sourire n’éclaire son visage. L’instant d’après, il remarque une deuxième carte. Et voici ce qu’il y lit : « Douglas, je travaille à Brix Florist. C’est moi qui ai pris la commande de ta tante. Je veux juste te dire que j’ai eu la leucémie, moi aussi, à l’âge de 7 ans. Aujourd’hui, j’ai 22 ans. Je te

souhaite tout de bon ! Je suis de tout cœur avec toi. Sincèrement, Laura Bradly. » Le visage de Douglas s’illumine pour la première fois depuis que le médecin a posé le diagnostic. Et pour la première fois depuis son hospitalisation, Douglas est heureux ! Beaucoup de médecins et d’infirmières lui ont parlé, mais c’est le petit mot de cette vendeuse chez le fleuriste qui lui a remonté le moral. Nous pouvons changer les choses, nous aussi. Avec qui

sommes-nous assis ? À qui pouvons-nous parler ? De qui pourrions-nous écouter les histoires ? D’un ami ? D’un grand-parent ? D’un voisin ? Trouve aujourd’hui quelqu’un et change, toi aussi, les choses !

Ce qui précède a d’abord paru dans KidsView, janvier 2019.

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Short. Shareable. Unexpected. On Demand.

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