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Février 2018


Destinations

Mariés ou soudés ? ukraine

Couverture Iegor et Mary Pysarenko habitent avec Melman, leur chat, à Kiev, en Ukraine. Ils se sont rencontrés la veille du jour de l'An par le biais d'un média social. « L'hiver est le meilleur moment de l'année pour commencer à sortir ensemble, dit Mary. Si vous plaisez à quelqu'un malgré votre chandail bizarre, votre veste peu flatteuse, votre drôle de chapeau, et votre nez tout rouge, c'est qu'il vous aime vraiment ! » Lorsque Mary et Iegor se sont rencontrés, Mary ne connaissait rien des adventistes. Iegor, lui, allait à l'église depuis l'enfance. Quelques mois plus tard, Mary a été baptisée. « Dieu m'a donné de nombreux amis et le meilleur mari du monde ! » dit-elle. Iegor est cinéaste/éditeur de vidéo, et Mary, secrétaire juridique. Photo de couverture : Andriy Drozda

Sous les projecteurs 10 À chérir et à protéger La Parole 20 Ce que nous croyons 26 La Bible répond Mon Église 16 Perspective mondiale 24 Rétrospective Une foi vivante 18 Foi en action 22 Esprit de prophétie 27 Santé et bien-être 28 « Je vais vous raconter… » 30 Foi en herbe – le coin des enfants 2

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n jour de janvier il y a 36 ans, après une merveilleuse lune de miel, ma femme et moi étions en train de reprendre nos activités régulières. À l'arrière de la chapelle du séminaire, un ami m'a offert ses félicitations : « Salut Bill ! J'ai entendu dire que tu te maries ! » Aussitôt, mes joues ont rougi de la fierté d'un nouveau marié. « En réalité, c'est déjà fait ! Nous nous sommes mariés le 13 décembre. » Le temps d'une longue pause, il a scruté mon visage. Puis il a prononcé doucement des mots qui, depuis, ne m'ont jamais quitté : « Non, Bill. La cérémonie de mariage a eu lieu le 13 décembre. Mais ça va vous prendre plusieurs années pour être vraiment mariés. » De toutes les paroles que la famille et les gens bien intentionnés nous ont dites au cours des premiers jours extraordinaires de notre mariage, celles de Rick ont été les plus durables. Ses 10 années d'expérience conjugale lui avaient appris que le processus du mariage est plus long que le temps d'une cérémonie ou de la déclaration officielle du pasteur. La soudure de notre vie conjugale allait se produire un peu comme toute autre opération de soudure : pour qu'elle tienne, il faut de la chaleur et de la friction. Chez l'un comme l'autre, il fallait que quelque chose fonde, et que quelque chose cède pour que nous puissions bâtir l'union permanente que les Écritures conçoivent et que Dieu bénit de façon sublime. Au cours de ces 36 dernières années, j'ai partagé les paroles remplies de sagesse de mon ami avec des dizaines d'autres couples dont j'ai célébré le mariage. Alors que je les répétais dans mes sermons de mariage, j'ai remarqué les sourires approbateurs des couples mariés – et même les sourires de reconnaissance des couples qui suivaient des cours de préparation au mariage. Dans notre vie, nous arrivons finalement à comprendre que rien d'aussi essentiel à l'expérience humaine qu'une union pieuse et permanente ne peut s'accomplir par une simple déclaration ou par un formulaire signé avec un magistrat. Il nous faut du temps – des années, en fait – pour apprendre comment être le conjoint dont l'autre a besoin, pour apprendre l'amour désintéressé de Jésus. Celui qui a béni un mariage à Cana bénit tous les autres mariages chrétiens avec la promesse qu'il peut être notre paix, notre réconciliation, et notre joie. Tandis que vous lisez cette édition de la toute nouvelle refonte de Adventist World, invitez le Seigneur qui a institué le mariage à vous révéler sa volonté et sa joie.


Infos

La détérioration structurale de l'École adventiste Graceland, en Inde, a sérieusement ébranlé le fonctionnement de cet établissement scolaire. Par conséquent, Maranatha International a construit 12 nouvelles salles de classe. Photo : Maranatha Volunteers International

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En bref

Pourcentage des étudiants provenant de foyers adventistes sur les 500 étudiants inscrits à l'École adventiste San Yu de Singapour. Lors de la célébration de ses 110 ans d'éducation adventiste, l'unique école adventiste à Singapour a dévoilé d'importantes mises à jour de ses installations, dont un agrandissement, un ascenseur, et sur la façade du bâtiment, le verset biblique suivant en lettres de grande taille : « Ta Parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. » 4

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Le Département de la santé de l'Université de Loma Linda a célébré le 50e anniversaire de son programme de greffe d'organes. Un déjeuner anniversaire a souligné ce prodige des innovateurs médicaux et des chirurgiens compétents, ainsi que la générosité des donneurs et des familles donatrices. Au 30 octobre 2017, l'Institut de transplantation comptait 2 962 greffes de rein, 808 greffes de cœur, 661 greffes de foie, et 227 greffes de pancréas.

Deux films adventistes reçoivent des prix

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Deux productions cinématographiques de l'Église adventiste en Amérique du Sud ont reçu des prix lors du Festival international du cinéma chrétien (FICC). Le film O Resgate: Salvação ao Extremo (Sauvetage : en marge du salut) a remporté le prix dans la catégorie du meilleur moyen métrage, et a reçu le trophée du meilleur film évangélique. Escolhas (Choix), un second film, a raflé le prix du meilleur film de fiction.

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Loma Linda célèbre les 50 ans de son programme de greffe d'organes

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—George Jackson, doyen du programme en biologie prémed à l'Université du Moyen-Orient (MEU), au Liban. Les étudiants de MEU se sont joints aux 47 859 autres marathoniens à Beyrouth, tandis que d'autres membres adventistes encourageaient les coureurs et leur donnaient à boire.

Nombre de membres adventistes par 10 000 de population en 2015

Dans le monde entier

« En voyant des maronites, des catholiques, des sunnis, des hindous, des athées, des chiites et des adventistes courir ensemble, on constate qu'il existe encore des gens qui croient que la paix est possible. »

5.84

2 000 Nombre approximatif des participants à une campagne d'évangélisation qui s'est tenue récemment près de Lahore, au Pakistan. Lors de cette campagne, 156 personnes ont été baptisées. Elles poursuivront leur croissance spirituelle dans des groupes de soutien organisés par le Séminaire et l'Institut d'enseignement supérieur du Pakistan.


En bref

« J'espère qu'elles seront toujours dépourvues de stores et de rideaux ! Les passants pourront ainsi voir une communauté d'adorateurs. » – David Neal, de la Division transeuropéenne, dans un commentaire au sujet des fenêtres (lesquelles vont du plancher au plafond !) d'une nouvelle église albanienne située en face d'une rue commerciale, dans la capitale. Originalement établie il y a 25 ans après la chute du communisme, cette congrégation a pour la première fois son propre bâtiment.

« En ce qui me concerne, enseigner dans une école adventiste n'est pas un emploi – c'est un ministère. » – Commentaire d'un professeur adventiste à Hong Kong, lequel participait à une table ronde lors d'un rassemblement de plus de 120 professeurs des cinq écoles adventistes de la Fédération de Hong Kong-Macao.

Des adventistes rwandais reçoivent des félicitations Au Rwanda, des membres de l'Église adventiste ont reçu les félicitations d'un dignitaire du gouvernement pour l'impact de leur service à la communauté, service qu'ils offrent le dernier dimanche de chaque mois. « En consacrant ce temps précieux au travail communautaire, vous ajoutez un autre pilier aux piliers déjà existants qui construisent notre pays. Je vous remercie pour ce service », a dit Cyriaque Harelimana, ministre d'État responsable du développement socioéconomique.

Un studio de télévision scandinave prend de l'expansion LifeStyleTV, une chaîne de télévision adventiste affiliée privée en Suède, a amorcé en novembre dernier le développement d'un nouveau studio de télévision. Les nouvelles installations permettront au personnel de la production de créer une programmation adventiste plus variée. « Quelle joie de voir LifeStyleTV grandir et de collaborer avec vous dans la mission ! » a dit Tor Tjeransen, directeur des communications de l'Union des fédérations norvégiennes, lors de la cérémonie.

« C'est la première fois de toute ma vie qu'il m'a serré dans ses bras. » – Samuel Saw, président de la Division Asie-Pacifique Sud, au sujet du moment où son père, émergeant des eaux du baptême, l'a serré dans ses bras. Samuel a baptisé son père âgé de 76 ans après de nombreuses années d'éloignement. Photo : Courtoisie de la famille Saw et de Mission adventiste AdventistWorld.org Février 2018

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Actualités

Aux Fidji, tous les médecins auront accès au programme de santé adventiste

Cette démarche fait partie d'un plan pour lutter contre le problème des maladies non transmissibles

Tracey Bridcutt, Adventist Record

L'Association médicale des Fidji (AMF) va rendre le Programme complet d'amélioration de la santé (CHIP) accessible à tous les médecins aux Fidji. CHIP est un programme d'enrichissement du mode de vie conçu pour réduire les facteurs de risque de maladie grâce à l'adoption de meilleures habitudes en matière de santé et de modifications appropriées au mode de vie. Cette résolution a été prise lors du Congrès annuel de l'AMF, lequel s'est focalisé en 2017 sur les mesures des organisations non gouvernementales pour lutter contre le problème des maladies non transmissibles (MNT), dont le diabète et les maladies cardiovasculaires – des maladies en hausse aux Fidji. Alipate Vakamocea, secrétaire de l'AMF et directeur du Ministère de la santé de la Mission des Fidji de l'Église adventiste, a présenté le pro-

gramme CHIP. « J'ai dit aux participants que depuis le dernier congrès, quatre médecins fidjiens sont décédés de MNT. Ils étaient tous assez jeunes – entre la fin de la vingtaine et le début de la quarantaine », a-t-il souligné. « Cette nouvelle a eu un effet choc sur l'auditoire. J'ai ensuite parlé de CHIP et de ses avantages – ce qui a suscité un grand intérêt. » Une éminente pathologiste aux Fidji a donné son témoignage sur la façon dont CHIP a changé sa vie. D'autres médecins internationaux ayant assisté au congrès ont donné leur soutien à CHIP, disant qu'il s'agit d'une excellente initiative. Alipate Vakamocea : « Étant donné que le congrès avait pour thème les MNT, le déjeuner était végétarien, ce qui a étonné bon nombre des médecins, parce qu'ils aiment leur viande. « Du coup, nous avons fait passer

Alipate Vakamocea, directeur du Ministère de la santé de la Mission des Fidji

Photo : Adventist Record 6

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le message qu'il est temps pour nous, médecins, de prendre soin de notre santé et de mettre en pratique ce que nous prêchons. » Lors du congrès, les participants ont accepté cinq résolutions avant d'en ajouter une sixième : que l'AMF mette CHIP à la disposition de tous les médecins aux Fidji. UN POTENTIEL POUR LA MISSION

Selon Alipate Vakamocea, il s'agit là d'un développement stimulant, d'un témoignage de la puissance de CHIP pour changer des vies. La Mission des Fidji considère aussi d'autres initiatives de santé, dont l'ouverture d'un centre de wellness comprenant un café, une boutique d'aliments naturels, une librairie, et des bureaux de médecins. « Nous avons reçu des fonds de l'Offrande du treizième sabbat pour un centre de wellness, a dit Alipate Vakamocea. Nous aimerions l'établir à Suva [capitale des Fidji], parce que cela remplirait de nombreux aspects de la mission adventiste, y compris le ministère global de la santé et la mission envers les villes. » Ces activités liées à la santé reflètent la vision de l'Union des missions transpacifique (TPUM), telle qu'exprimée par Maveni Kaufononga, son président, lors des réunions de fin d'année de 2017 de la Division Pacifique Sud. Selon lui, la santé est une focalisation majeure du territoire. Maveni Kaufononga : « Presque tout ce que nous faisons dans la TPUM implique la santé. Actuellement, au sein de la Division Asie-Pacifique Sud, les Fidji sont sans doute la nation en plus mauvaise santé, mais d'ici 2030, elle sera la nation la plus en santé.


Actualités

Des bénévoles roumains complètent une mission humanitaire en Irak

L'équipe d'ADRA offre de l'aide médicale et psychologique

ADRA Roumanie et le Service des nouvelles de la Division intereuropéenne

À Erbil, en Irak, des bénévoles d'ADRA Roumanie ont offert de l'aide médicale et psychologique aux réfugiés.

Photo : ADRA Roumanie, Service des nouvelles de la Division transeuropéenne

En novembre 2017, la neuvième intervention humanitaire de la Solidarité internationale pour les réfugiés a eu lieu à Erbil, en Irak. Cet événement a été organisé en coordination avec le projet « Espoir pour les immigrants » de l'Agence de développement et de secours adventiste (ADRA). Ce projet, soutenu par 10 bénévoles d'ADRA Roumanie, a offert de l'aide médicale et psychologique. Au début d'août 2017, une situation dans le nord de l'Irak a obligé les bénévoles à retourner au camp de réfugiés Hassan Sham U2 pour soutenir ceux qui y sont abrités à cause de la guerre. L'aide médicale et psychologique a été prodiguée à l'Hôpital adventiste de secours d'ADRA, situé dans une région comptant plus de 100 000 réfugiés. Des bénévoles d'ADRA Roumanie représentant diverses professions, dont des professionnels de la santé, ont décidé d'utiliser leurs talents, leurs ressources, et leur temps pour collecter les fonds et le matériel nécessaires,

puis de retourner au camp en Irak. Bien qu'une partie du matériel ait été bloquée un certain temps à la frontière irako-turque, les bénévoles ont quand même pu fournir des soins médicaux et dentaires à de nombreux réfugiés. Lors du premier voyage humanitaire d'ADRA Roumanie plus tôt en 2017, les bénévoles ont constaté que les réfugiés désiraient poursuivre leur éducation, mais en étaient empêchés par manque de livres. Entre les deux voyages humanitaires, les bénévoles ont collecté près de 300 livres. À leur retour au camp, ils ont établi une bibliothèque pour les réfugiés. Mihai Brasov, directeur adjoint bénévole et coordonnateur du projet « Espoir pour les immigrants » d'ADRA : « Nous sommes heureux d'avoir pu être utiles à l'hôpital à un moment clé. En raison des tensions armées dans la région suite à un référendum sur l'indépendance kurde, l'hôpital a été fermé, et les bénévoles ont été forcés de quitter le pays. Notre arrivée a donné de l'espoir aux bénévoles. »

« ADRA Roumanie s'est arrangée pour apporter un peu d'espoir aux réfugiés et aux bénévoles travaillant à l'hôpital, a-t-il poursuivi. Ils ont encore besoin d'aide ! Si vous êtes médecin, infirmier ou infirmière, vous avez là une occasion en or de faire du bénévolat. Votre participation fera la différence entre la vie et la mort pour ces gens troublés. » Par le biais d'« Espoir pour les immigrants », ADRA International et ADRA Roumanie reconnaissent le coût humain de cette crise des réfugiés, de même que la valeur de chaque personne impliquée. En faisant des droits humains une valeur fondamentale et en agissant avec compassion, on contribue à transmettre un clair message de détermination pendant cette situation fragile et complexe, ont dit les dirigeants de l'agence. « Par ses activités spécifiques, ADRA désire minimiser l'impact de cette situation accablante et insupportable pour d'innombrables hommes, femmes, et enfants », ont-ils conclu. AdventistWorld.org Février 2018

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Coup d'œil sur… la Division interaméricaine (IAD)

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Porto Rico se remet peu à peu Porto Rico continue à se remettre des suites dévastatrices de l'ouragan Maria, laquelle a laissé l'île sans électricité dans une zone complètement démolie. « Cet ouragan nous frappe durement », a dit Luis Rivera, trésorier de l'Église adventiste à Porto Rico. Au moins 16 églises adventistes locales, de même que cinq des 20 écoles adventistes ont subi d'importants dommages.

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Vélos neufs donnés en novembre dernier à des enfants de la communauté ethnique Wayuu, dans le nord de la Colombie. Ces dons ont été faits dans le cadre de l'initiative intitulée « Wheels to Educate ». Depuis, les enfants se rendent beaucoup plus rapidement à l'école. Auparavant, certains d'entre eux devaient marcher de trois à quatre heures pour y aller. (^-)

Effectif de l'IAD au 30 juin 2017 L'Université de l'IAD reçoit un prix

– « Cette scène où tout n'est que destruction, arbres renversés, animaux gisant au bord de la route, files interminables pour s'approvisionner, brise tout simplement le cœur. » – Israel Leito, président de l'IAD, suite à l'ouragan Maria

L'Université adventiste de Montemorelos, dirigée par l'IAD, a reçu de l'Académie nationale de médecine (France) une médaille d'argent spéciale. André Parodi, président d'honneur de l'Académie nationale de médecine : « La médaille d'argent constitue une reconnaissance spéciale envers l'institution pour sa contribution à l'avancement de la médecine, et marque une nouvelle étape dans la relation que nous partageons. »

« Ce n'est pas que je sois plus brillant que les autres, mais simplement qu'en raison de ma cécité, ma concentration s'est beaucoup développée. » – Floyd Morris, sénateur adventiste aveugle de la Jamaïque, et récipiendaire depuis peu d'un doctorat de l'Université des Antilles, à Kingston, en Jamaïque.

11 sur 24 Unions de l'IAD affectées par des catastrophes naturelles récentes

Photo : Services des nouvelles de l'Union du nord de la Colombie, Division interaméricaine 8

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Point de vue

Costin Jordache, rédacteur aux informations, Adventist World

Photo : Nina Strehl

Les adventistes et la justice sociale En 2007, après une décennie de discussions portant sur le développement social dans le monde, les Nations Unies (ONU) ont proclamé le 20 février « Journée mondiale de la justice sociale ». Depuis, cette journée annuelle d'observation braque l’attention au niveau mondial sur une idée qui a suscité d'importantes conversations chez bien des individus, organisations, et gouvernements. Selon l'ONU, la justice sociale est un ensemble de principes et de buts impliquant l'éradication de l'oppression sociale et de la pauvreté, des pratiques de travail équitables, et l'accès équitable aux soins médicaux et à l'éducation, entre autres. En même temps, l'histoire montre qu'au fil des années, ce terme a été de plus en plus recouvert de nombreuses couches d'idéologie politique. La question est alors la suivante : quelle perception les adventistes ont-ils de la justice sociale ? Forte de ses racines judéo-chrétiennes, la communauté de foi adventiste n'est généralement pas étrangère aux concepts purs et simples qui sous-tendent la justice sociale, lesquels sont aussi vieux que la Torah. En termes simples, la justice sociale vise d'abord et avant tout à assurer que les sociétés soient justes. Une lecture superficielle du Pentateuque suffit à conclure cela dès le départ et

montre que Dieu s'est toujours soucié de la nature équitable des lois de la société. La « loi de Moïse », par exemple, tentait d'enseigner des principes et de créer des systèmes pour que personne ne soit opprimé (Ex 22.21). Les tribunaux, eux, ne devaient pas rendre de jugements injustes (Lv 19.15). La pensée néotestamentaire continue d'aborder ce concept, notamment dans le contexte de la parabole du Christ consignée dans Matthieu 25. Alors qu'il décrit la séparation des « brebis d'avec les boucs » par rapport à notre implication envers ces « plus petits » et aux soins que nous leur prodiguons, Jésus ne mâche pas ses mots. Dans son épître, Jacques se réfère de façon semblable à la « religion pure » en déclarant qu'il est de notre devoir de nous assurer que les orphelins et les veuves ne soient pas oubliés (voir Jc 1.27). Avec ce qui précède à l'esprit, il existe des moyens évidents par lesquels les adventistes peuvent soutenir les causes de la justice sociale et participer au discours de la justice sociale sans souscrire à des couches d'idéologie qui peuvent ne pas s'entendre avec la vision du monde personnelle d'un individu. IDENTIFIER LE BESOIN

Commencez par identifier ceux qui, dans votre entourage, sont dans le besoin – ceux qui ont faim, qui ont soif, qui sont seuls. Recherchez ceux dont personne ne semble se préoccuper.

PRENEZ LA DÉCISION D'AGIR : COMMENCEZ MODESTEMENT

Ne visez pas le monde entier, ni même une ville. Commencez par une personne ou une famille que vous pouvez adopter. Avant d'assumer que vous êtes en mesure de les aider, posez-leur des questions. La dignité est un désir profond chez tout être humain. DÉFENDEZ LA JUSTICE

Ce type d'implication va au-delà de la contribution à satisfaire les besoins quotidiens. Guidés par les Écritures pour servir ceux qui luttent en marge de la société, nous gardons l'œil ouvert sur l'injustice et ses victimes. Il y a toujours quelqu'un qui essaie d'exploiter ses semblables, car cette tendance est inhérente à la nature humaine. Nombre de défavorisés deviennent de parfaites victimes. Si vous voyez quelque chose, dites quelque chose ; et si c'est en votre pouvoir, faites quelque chose. Tout est une simple question d'engagement. Ce sujet comporte, certes, de nombreuses nuances. D'une perspective adventiste, il semble clair que Dieu est juste, et que son cœur se brise pour les oubliés, les opprimés, les marginalisés. La Journée mondiale de la justice sociale nous rappelle simplement que nous avons le privilège d'améliorer leur vie en ce monde, tandis que nous annonçons et attendons celui qui doit venir. AdventistWorld.org Février 2018

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Au premier plan

À chérir et à protéger

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omantique, Dieu ? Eh bien, oui. Deux grandes institutions nous venant du jardin d'Éden sont conçues pour nous garder tout près de notre créateur, et tout près les uns des autres : le sabbat et le mariage. D'une semaine à l'autre, le sabbat nous rappelle que Dieu satisfait nos besoins matériels, physiques, émotionnels, et spirituels. Le mariage les satisfait, lui aussi. En effet, nos premiers parents ne furent véritablement complets que lorsque Dieu célébra ce premier mariage en Éden. Dès lors, chaque fois qu'un homme et qu'une femme promettent devant le pasteur ou le magistrat de s'aimer, de s'honorer, et de se chérir, ils s'engagent à se protéger l'un l'autre et à faire ressortir ce qu'il y a de meilleur en chacun d'eux. Lorsque ces vœux sont respectés, les partenaires du mariage – plus que quiconque – satisfont les besoins matériels, physiques, émotionnels, et spirituels de l'autre. Malheureusement, nous vivons dans un monde imparfait. Mille et une distractions nous empêchent d'être des partenaires conjugaux idéaux. Cependant, la Parole de Dieu demeure tout aussi valable aujourd'hui que lorsque prononcée en Éden : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Gn 2.18). – La rédaction

Photo : Pablo Heimplatz


Le mariage en Inde

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n Inde, les différences entre les célébrations de mariages hindous, musulmans, et chrétiens, de même que les différences entre les régions du pays, expliquent que l'on ne peut en donner une description unique. Cette description se base sur certaines pratiques à partir d'un contexte chrétien du sud de l'Inde. Les activités du mariage commencent plusieurs jours avant la cérémonie principale. La mariée et le marié passent séparément par toute une gamme de « bains » lors desquels des femmes âgées leur appliquent des parfums spéciaux, ainsi que de la poudre de safran et de curcuma. Ces produits sont censés embellir la mariée et le marié, en préparation pour le grand jour. La cérémonie elle-même est habituellement une affaire grandiose, avec tous les membres de la famille étendue des deux familles. Les femmes portent leurs plus beaux saris, et les hommes, leurs plus belles chemises et leurs plus beaux pantalons. Certains optent pour des vêtements plus traditionnels. La mariée se revêt d'un sari acheté spécialement pour l'événement.

L'un des moments les plus importants de la cérémonie, c'est lorsque le marié met autour du cou de la mariée un collier – le thâli – en symbole d'amour et de promesse. Il y a aussi un échange de guirlandes de fleurs. La mariée et le marié se les mettent mutuellement autour du cou en signe d'union complète. Le repas suivant la cérémonie de mariage est aussi une affaire grandiose. La nourriture, typiquement servie sur des feuilles de bananier, se compose d'une grande variété de riz et de curry, et de friandises spéciales. On s'attend à ce que tous ceux qui assistent au mariage participent aussi à la réception et au repas. Les mariages indiens sont typiquement hauts en couleur et pleins de joie. L'événement du mariage est considéré par beaucoup comme étant l'un des moments les plus importants dans la vie des deux familles impliquées.

Andrew Tompkins, doctorant, travaille pour le Bureau des missions mondiales. Il a rencontré Anu, sa compagne de vie, alors qu'il habitait et travaillait en Inde.

Le mariage en Afrique du Sud

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n Afrique du Sud, la préparation au mariage est une partie intrinsèque de la célébration du mariage – qu'il soit célébré de façon traditionnelle, à l'église, ou par l'officier de l'état civil. Chacun y joue un rôle vital, surtout les anciens respectés dans la société. Au Malawi, il faut remettre en personne un avis à l'officier de l'état civil et à l'église un mois avant le mariage. Notre mariage en juin 2016 impliquait les deux entités, et a été précédé d'un cours de préparation au mariage. La famille, les amis, et la plupart des invités achètent ou empruntent des vêtements de circonstance, selon la couleur choisie pour le grand jour. Après s'être réunis pour planifier chaque détail de la journée, les coordonnateurs du mariage demandent à la mariée et au marié leurs derniers commentaires. Les familles se sont déjà rencontrées au moment des fiançailles, et il y a une fête semblable à un « shower de la mariée », sauf que cette fête comporte aussi des conseils pour une vie conjugale réussie et pour éviter les difficultés du mariage. La répétition de la cérémonie de mariage proprement dite implique la famille et les amis de la mariée, dont les parents, le pasteur, et ceux qui vont allumer les bougies à l'église. À l'église, la marche nuptiale est traditionnelle.

Au Malawi, le mariage dure du matin jusqu'au soir. La mariée et le marié se préparent et s'habillent dans la maison de leurs hôtes. Nos préparatifs commencent dès 4 heures. À 9 heures, la mariée se fait coiffer. Il y a ensuite un petit déjeuner fort coûteux, digne d'un roi et d'une reine. Le sceau gouvernemental sur le certificat de mariage confère au mariage une validité mondiale. Le déjeuner est servi dans différents endroits : chez les parents de la mariée et du marié, et chez d'autres amis. Enfin, la réception s'étend à tous les habitants de la collectivité – amis, invités, simples curieux. Lors du perikyani (on jette de l'argent) et d'autres festivités, personne n'est exclu. Ce jour rempli de joie est suivi d'une longue lune de miel. Les familles s'unissent beaucoup plus que dans un sens formel ; la mère du marié est maintenant la mère de la mariée, et vice-versa. Il en est de même avec les frères, les sœurs, et la famille étendue. Tous conservent un souvenir merveilleux, impérissable de ce grand jour.

Faith et Joseph Ngondo se sont mariés en 2016 au Malawi, un pays de l'Afrique du Sud.

AdventistWorld.org Février 2018

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Photo : Henry Stober

Le mariage traditionnel en Afrique de l'Ouest

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ans les tribus animistes du nord du Bénin, en Afrique de l'Ouest, plusieurs types de mariages existent, dont le mariage arrangé. Les parents choisissent une fille pour leur fils, souvent à un très jeune âge. Les deux enfants grandissent en sachant qu'ils ont été choisis l'un pour l'autre. Dès que le garçon atteint l'adolescence, il commence à travailler dans les champs de son beau-père pour payer la dot de sa promise. Vers l'âge de 18 à 20 ans, les deux jeunes participent aux cérémonies d'initiation, après quoi, ils sont prêts à se marier. Jusqu'au jour du mariage, la jeune femme et le jeune homme n'ont aucune relation intime. Une nuit après les cérémonies d'initiation, le jeune

Le mariage en Amérique latine

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es Latino-Américains (hispaniques) viennent de différents contextes sociaux, économiques, et géographiques, ce qui les différencie selon leur héritage familial, leur origine nationale, et l'endroit où ils habitent. Au chapitre du mariage, on retrouve, cependant, certaines similarités. Orientation vers la famille. Les hispaniques sont historiquement orientés vers la famille. Les besoins familiaux passent avant les besoins individuels. Chaque membre de la famille est désireux de se sacrifier pour le mieux être des autres membres. Bien que le changement des rôles masculin et féminin ait affecté les Latinos, on met encore l'accent sur les valeurs traditionnelles. Le « machisme » – ou célébration du « mâle » – est bien vivant. Dans notre culture, les hommes devraient être forts, braves, honorables ; ils devraient protéger leur famille et pourvoir à ses besoins – ce qui est tout à fait positif. Mais le machisme cause des problèmes car il place l'homme au-dessus de la femme, ce qui lui confère des droits et des privilèges refusés à celle-ci – indépendance, autorité, droit d'exprimer ses opinions et de prendre des décisions importantes, par exemple. Cependant, beaucoup de Latinos – surtout ceux qui sont plus éduqués – ne 12

Février 2018 AdventistWorld.org

homme se rend au domicile de ses beaux-parents pour kidnapper sa future femme. Les parents dorment (ou, du moins, font semblant de dormir !). Cependant, la jeune femme n'entre pas dans la hutte du jeune homme ; elle dort plutôt avec la mère de celui-ci jusqu'au jour du mariage. Quelques jours plus tard, le jeune homme retourne au domicile de ses beaux-parents pour leur dire officiellement que la personne manquante est chez lui. C'est alors que les préparatifs du mariage commencent. Au fil des années, les parties impliquées ont toutes le droit de se retirer de l'arrangement. Même après que le garçon ait enlevé la fille de chez elle, celle-ci ou ses parents peuvent encore s'opposer à l'union jusqu'au jour du mariage, lequel n'est, en fait, qu'une grande fête où la nourriture, la musique et la danse abondent. Chose intéressante, le mariage ne comporte aucun aspect spirituel. Le jeune homme et la jeune femme ont été consacrés au fétiche – ou « l'esprit de l'ancêtre » qu'ils croient régner dans la vie de leur clan – pendant les cérémonies d'initiation. Ni Dieu ni les « esprits des ancêtres » ne sont impliqués dans le mariage. Souvent, les cérémonies de mariage des couples adventistes ou d'autres confessions chrétiennes reflètent davantage les traditions de style occidental.

Ulrike Kouato-Baur a vécu au Bénin, en Afrique de l'Ouest, pendant 20 ans, servant le Seigneur au sein d'Adventist Frontier Missions avec Toussaint, son mari.

tiennent plus aux visions traditionnelles du machisme et tendent à partager le pouvoir de façon plus égale. Description des rôles. Dans les familles latinos traditionnelles, le mari est incontestablement le chef de la famille, le responsable de son bien-être financier et physique. Sa femme est responsable de l'éducation des enfants et de l'entretien de la maison. Même si la plupart des épouses travaillent, on les considère comme étant les principales personnes devant s'occuper non seulement de leur mari et de leurs enfants, mais aussi de leurs parents et d'autres membres de la parenté. L'amour. La plupart des couples se marient par amour. Cependant, lorsque les enfants viennent, les parents tendent à donner la priorité de leur amour à leurs enfants. L'amour est hautement estimé, mais souvent considéré comme inatteignable et tragique, semblable aux thèmes des telenovelas (romans-feuilletons hispaniques). Les mariages adventistes latino-américains s'efforcent de suivre les idéaux divins pour le mariage et de cultiver un amour désintéressé qui transforme les foyers adventistes en « un coin du ciel sur la terre ».

Ada Gonzalez est thérapeute conjugale originaire de Cuba. Elle a habité en Espagne, au Costa Rica, et au Mexique. Ada et Roger Swain, son mari, habitent actuellement aux États-Unis.


À quel âge se marient-ils ? L'âge auquel on se marie dans les 20 pays les plus populeux* 1. Allemagne (33,1) 2. Brésil (30,8)

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3. Japon (30,5)

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4. États-Unis (27,9) 5. Royaume-Uni (27,9)

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6. Thaïlande (26,7) 7. Turquie (26,2)

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8. Russie (25,7)

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9. Philippines (25,6)

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10. Chine (25,3) 11. Iran (25,2)

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12. Nigeria (24,9) 13. Égypte (24,8) 14. Vietnam (24,6) 15. Mexique (24,3) 16. Éthiopie (23,5) 17. République démocratique du Congo (23,4) 18. Inde (22,8) 19. Bangladesh (22,2) 20. Indonésie (21,9)

Le mariage en Chine

A

u fil des 40 dernières années, la Chine a connu une économie en plein essor et une hausse importante du matérialisme. Cette réalité entraîne des changements radicaux dans tous les aspects de la vie des gens, y compris le mariage. La définition traditionnelle d'un mariage chinois idéal, c'est « un homme intelligent épouse une jolie femme » (lang cai nu mao). Mais dans la Chine actuelle, la description du mari idéal se résume à trois qualités : il doit être grand (gao), riche (fu), et beau (shuai). Celle de l'épouse idéale aussi : elle doit avoir la peau claire (bai), être riche (fu), et belle (mei). La quête d'un partenaire de mariage a, bien évidemment, subi des changements importants. Grâce à une société relativement libérale et ouverte, à l'utilisation répandue des médias sociaux, et à l'inspiration de l'économie de marché, un marché colossal est maintenant ouvert à tous ceux qui cherchent la perle rare en Chine. Mais une tradition de mariage demeure forte : l'influence des parents. Le mariage est encore l'union de deux familles plutôt que de deux individus. Le mariage arrangé par les parents, appelé « xiangqin » est une pratique encore courante. Les parents peuvent aussi avoir un droit de veto dans la sélection de leur futur beau-fils ou future belle-fille.

*Ces statistiques proviennent des données des Nations Unies de 2015 sur le mariage dans le monde. Note : Il s'agit ici de la moyenne de l'âge auquel les hommes et les femmes se marient. Cependant, les hommes se marient plus tard que les femmes. Dans ces données, les hommes, pour chaque pays, se marient 3,7 ans plus tard que les femmes.

Les festivités du mariage varient selon le contexte culturel et la capacité financière des familles. Elles commencent typiquement avec le marié qui rend visite aux parents de la mariée et à d'autres parents âgés pour leur présenter ses hommages et leur exprimer sa reconnaissance. La mariée fait de même pour la famille du marié. Une pratique courante consiste à prendre le thé et à remettre aux futurs époux des enveloppes rouges contenant de l'argent. La célébration se termine toujours par un banquet de noces réunissant de quelques dizaines à des milliers de convives. La Chine est encore un pays officiellement athée. Et cependant, les mariages à l'église sont plutôt à la mode aujourd'hui. Voilà qui est étonnant ! Même si le couple et ses familles n'ont aucune origine chrétienne, ils choisissent de se marier à l'église parce qu'ils désirent que la cérémonie de mariage soit imprégnée d'une atmosphère solennelle, qu'on y entende de la magnifique musique, et que les lieux soient bien décorés. Pour de nombreuses Églises, la célébration du mariage est devenue un ministère important et lucratif.

Eugene Hsu, originaire de la Chine, est maintenant à la retraite. Il a servi en tant que vice-président de la Conférence générale.

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Nous comprenons que le but d'une idylle n'est pas simplement d'être déclarés « mari et femme ».

En amour avec l'amour

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n Amérique du Nord, nous craquons pour l'amour. Nos chansons et nos vidéoclips sont saturés de ce thème. Dans les bibliothèques et les librairies, les étagèrent ploient sous le poids d'innombrables romans d'amour et de livres traitant de la façon de jouir d'une relation romantique au maximum. Certaines émissions de télévision diffusées en direct et à différentes heures du jour chantent les louanges et dénigrent le concept de la fidélité dans le mariage. Grâce aux tabloïds et aux émissions télévisées, nous fixons les yeux sur les mariages extravagants de chanteurs et d'artistes. Des revues et des livres se consacrent entièrement à la façon d'organiser « le grand jour » parfait : lieu parfait, nourriture parfaite, vêtements et accessoires parfaits. Notre concentration sur la cérémonie de mariage parfaite n'empêche cependant pas les États-Unis, par exemple, de se retrouver au nombre des cinq pays du monde comptant le taux de divorce le plus élevé (les quatre autres étant la Biélorussie, l'île d'Aruba, la Russie, et les Maldives)1. On entend couramment parler de couples qui divorcent avant même d'avoir terminé de payer les frais exorbitants du « grand jour » ! Ceci dit, le Canada et les États-Unis sont au nombre des cinq pays dans le monde où les gens restent mariés le plus longtemps (les trois autres étant l'Italie, la France, et l'Australie)2. En fait, il n'est pas inhabituel d'entendre parler de couples atteignant 60, 70, 80 ans de mariage. Dans ma propre famille, sur les 13 couples d'oncles et de tantes, un seul a divorcé. Les autres sont restés mariés jusqu'à la mort du conjoint, souvent après 50, 60, ou 70 ans de mariage. Au cœur de leur cœur, les Américains comprennent que des mariages forts et durables contribuent à une société forte et morale. Nous comprenons que le but d'une idylle n'est pas simplement d'être déclarés « mari et femme ». L'amour véritable dans sa forme la plus pure nous procure « un petit coin du ciel menant au ciel »3. 2 3

Telegraph.co.uk/travel/maps-and-graphics/mapped-countries-with-highest-divorce-rate/. Careeraddict.com/top-10-countries-where-marriages-last-the-longest. Ellen G. White, In Heavenly Places, Washington, D.C., Review and Herald Pub. Assn., 1967, p. 30.

Stephen Chavez et Linda, sa femme, écrivent leur roman d'amour depuis 46 ans maintenant. Ils habitent à Silver Spring, au Maryland (États-Unis).

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Photo : Gus Moretta

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Place aux jeunes

Les sans-abri sont des personnes, eux aussi

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uah ! As-tu vu l’ampleur de la foule ? » Tandis que nous garons notre camionnette, mon cœur se serre. Avec appréhension, je jette un coup d’œil sur les plateaux de provisions à nos pieds. Je me tourne vers mon ami assis à côté de moi. « Avonsnous suffisamment de sandwichs pour tous ces gens ? » Quelque chose, toutefois, me tourmente davantage. Pourquoi est-ce que je n’ai aucune envie d’aider les gens ce soir ? J’ai eu une semaine tellement chargée que ce n’est pas sans lutte que j’ai décidé de participer à notre sortie d’église pour les sans-abri de Londres. Je suis fatiguée et d’humeur maussade. Dans une telle condition, que pourrais-je donc leur apporter ? Ce ministère particulier envers les sans-abri est le fruit de l’une des passions de mon église : faire découvrir le Christ à notre collectivité par le biais d’un service pratique et compatissant. Ceux qui en font partie organisent chaque mois un voyage à Londres dirigé par de jeunes adultes. Ils distribuent des aliments, des vêtements, et d’autres articles aux défavorisés. Bien que j’essaie d’y aller aussi souvent que possible, il y a un bon moment que je n’ai pas accompagné l’équipe. Maintenant, je dois me secouer. Je sors péniblement de la camionnette et vais à la rencontre des sans-abri. Je repère immédiatement une ancienne amie. Son visage sillonné de rides s’illumine dès qu’elle me voit. « Ça fait longtemps ! s’exclame-t-elle. Je pensais que tu avais déménagé ! » En réponse à son étreinte, mon sourire commandé retrouve sa sincérité. Je demande des nouvelles de sa fille hospitalisée, et nous continuons à bavarder tandis que je prépare des boissons chaudes et distribue la nourriture avec mes coéquipiers. Une autre connaissance s’approche et me présente ses amis. Le cœur joyeux, ils m’annoncent qu’ils se sont joints à la chorale communautaire. Qu’est-ce qu’ils sont excités ! Soudain, tandis que je tends des bols de soupe et que j’écoute les histoires de ces gens qui vivent dans la rue, je sens ma mauvaise humeur s’estomper. La plupart d’entre eux ont simplement besoin de parler à quelqu’un.

Tout en les écoutant, le sentiment qui m’habitait lorsque je me suis jointe à ce ministère me revient à l’esprit. J’avais peur. Comment devais-je m’y prendre pour établir une relation avec les sans-abri ? Jusque-là, j’avais l’habitude de passer outre leurs lits en carton et leurs sébiles, presque comme s’ils n’étaient pas là – comme s’ils n’étaient personne. Ce ministère m’a rappelé que les sans-abri sont, eux aussi, des personnes. Nous voici sur le chemin du retour. Je sais, je sens que ma participation – que le simple geste d’offrir un bol de soupe et de converser – a fait une différence dans ma collectivité. L’amour que j’ai manifesté à ces sans-abri et celui qu’ils m’ont donné en retour sont venus à bout de ma mauvaise humeur. Et alors, une merveilleuse vérité me revient à l’esprit : « Celui qui arrose sera lui-même arrosé*. » (Pr 11.25) Les marginalisés de la société, ceux qu’on oublie facilement, sont les précieux enfants de Dieu. Jésus dit : « Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. » (Mt 25.40) Désormais, je veux voir dans chaque être humain un frère, une sœur de Jésus, et par des actes d’amour pratiques de ma part et de celle de mon église, leur montrer à quoi ressemble Jésus, leur frère aîné.

Lynette Allcock, diplômée de l’Université adventiste Southern, habite à Watford, au Royaume-Uni, où elle écrit et enseigne l’anglais comme langue seconde à des étudiants internationaux. AdventistWorld.org Février 2018

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Perspective mondiale

Un moment décisif Vivre dans les temps prophétiques

L

'automne dernier, un service spécial s'est tenu à Londres lors des commémorations du 500e anniversaire de la Réforme protestante. Ce service indique de façon saisissante les temps prophétiques dans lesquels nous vivons. Le 31 octobre 2017, les dirigeants du clergé de différentes confessions se sont rassemblés à l'église de l'abbaye de Westminster, en Angleterre, pour adopter une entente entre l'Église luthérienne et l'Église catholique qui tentait de régler une dispute au cœur de la Réforme protestante : la justification par la foi. Lors de ce service spécial, Justin Welby, archevêque de Canterbury, a déclaré : « Lorsque la Fédération luthérienne mondiale et l'Église catholique ont signé la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification en 1999, on a résolu la question théologique sous-jacente de 1517, dans un moment décisif pour toutes les Églises en quête d'unité et de réconciliation1. » Depuis sa signature, la déclaration conjointe a été adoptée par d'autres confessions protestantes, dont le Conseil méthodiste mondial, en 2006 ; le Conseil anglican consultatif, en 2016 ; et la Communion mondiale des Églises réformées. L'Église adventiste n'a pas participé à cette initiative, et n'y participera pas.

DÉVELOPPEMENTS PROPHÉTIQUES

L'Église adventiste promeut et encourage la liberté religieuse et la liberté de conscience pour tous. Ceci nous permet de prendre des décisions bibliques et doctrinales sans compromis, nous basant uniquement sur notre méthode historico-biblique (ou historico-grammaticale) usuelle de l'étude et de l'interprétation de la Bible, et sur notre approche historique de la prophétie biblique. Sous la direction du Saint-Esprit, ces approches nous informent des développements qui prendront place juste avant le retour du Christ, tel que révélé dans les prophéties de Daniel et de l'Apocalypse, particulièrement Apocalypse 13. Au cours du service qui s'est tenu à l'abbaye de Westminster, l'archevêque Welby a présenté le texte de la résolution du Conseil anglican de 2016 à Martin Junge, secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale, ainsi qu'à Brian Farrell, secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité chrétienne. Étaient aussi présents à ce service des dirigeants du Conseil méthodiste mondial et de la Communion mondiale des Églises réformées. La présentation publique de la résolution anglicane en cet anniversaire de la Réforme a constitué une étape majeure vers l'unité de l'Église, a dit Martin Junge. « Nous sommes reconnaissants envers Dieu de ce qu'ensemble, avec les sœurs et les frères catholiques, méthodistes, et Réformés, nous soyons témoins aujourd'hui de la confirmation de la substance de la Déclaration conjointe de la doctrine de la justification par la foi par la Communion anglicane. Puisse ce moment servir de témoin important sur le chemin de l'unité croissante parmi nos Églises2. » UN SIGNE ÉVIDENT

Nous, adventistes du septième jour, reconnaissons que cette décision est un signe évident de la fin des Photo : Brett Meliti


temps que nous avons étudié dans les Écritures, que nous avons lu dans La tragédie des siècles, et dont nous avons parlé pendant des années. Nous devons être conscients des événements qui se produisent actuellement et nous rendre compte que nous vivons au bout même des orteils de la statue de Daniel 2. Le prochain événement d'envergure est le retour du Christ ! Tandis que nous approchons de cet événement décisif, nous verrons davantage de signes bibliques et prophétiques se produire. Alors que ces événements se déroulent sous nos yeux, ils nous rappellent les passages suivants tirés de La tragédie des siècles : « Depuis plus d’un demi-siècle, ceux qui, aux États-Unis, s’adonnent à l’étude de la prophétie, présentent au monde ce témoignage. Les événements qui se déroulent sous nos yeux accomplissent rapidement cette prophétie. Dans les pays protestants, les conducteurs religieux affirment la divine origine du dimanche sans plus de preuves que les chefs de la hiérarchie romaine quand ils imaginaient de prétendus miracles pour remplacer le commandement de Dieu. On entendra répéter – on commence déjà à le faire – que les jugements de Dieu frappent les hommes qui violent le dimanche. Le mouvement qui vise à imposer l’observation du dimanche par la loi s’étend rapidement3. » La référence spécifique suivante est également pertinente : « Deux grandes erreurs : l’immortalité de l’âme et la sainteté du dimanche vont être les moyens par lesquels Satan fera tomber le monde dans ses pièges. Tandis que la première jette les bases du spiritisme, la seconde établit un lien de sympathie avec Rome. Les protestants des ÉtatsUnis seront les premiers à tendre, par-dessus le précipice, la main au spiritisme, puis à la puissance romaine. Sous l’influence de cette triple union, les États-Unis, marchant sur les pas de Rome, fouleront aux

pieds les droits de la conscience4. » Dans un article récent, Stanley Hauerwas, un éminent théologien protestant américain, a observé que « les gouffres entre les confessions semblent de plus en plus se combler. Ainsi en est-il du gouffre séparant le catholicisme du protestantisme5. » Soulignant davantage ce point, Mike Pence, vice-président des États-Unis, a rencontré le 13 novembre 2017 le cardinal Pietro Parolin, diplomate en chef du Vatican, à Washington D.C. Ensuite, il a fait la déclaration suivante sur Twitter : « Je suis honoré d'accueillir le cardinal à la Maison blanche, en vue d'une conversation productive au sujet de la façon dont nous pouvons travailler ensemble pour promouvoir les droits de l'homme, pour combattre la souffrance humaine, et pour protéger la liberté religieuse »6. Grâce à la prophétie biblique, nous comprenons qu'une telle tendance aux événements œcuméniques et aux associations du gouvernement avec le Vatican impliquera non seulement les États-Unis, mais aussi de nombreux autres endroits dans le monde. LA RÉFORME N'EST PAS ENCORE TERMINÉE

En référence à la Réforme protestante, Ellen White a écrit : « La Réforme n’a pas pris fin avec Luther, comme beaucoup le supposent. Elle doit se poursuivre jusqu’à la fin de l’histoire de l’humanité7. » Quel privilège de participer aujourd'hui à la Réforme protestante et à son héritage ! Dieu a utilisé Martin Luther et de nombreux autres pour jeter les fondements d'un retour à la sainte Parole de Dieu. Demandons au Saint-Esprit de nous aider à ne jamais nous écarter d'une compréhension claire et d'une acceptation textuelle de la Bible, reconnaissant les temps prophétiques dans lesquels nous vivons. Comme l'a dit Jésus : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. » (Mt 11.15 ; voir aussi Ap 2.17)

Nous ne voulons pas être perçus comme des alarmistes ; toutefois, il est évident que nous vivons dans les derniers jours de l'histoire de la terre. Nous ne voulons pas être perçus comme des alarmistes ; toutefois, il est évident que nous vivons dans les derniers jours de l'histoire de la terre. Puisse Dieu nous guider, nous, son mouvement adventiste, tandis que nous proclamons le message des trois anges (Ap 14), dont le fondement même est Christ et sa justice, et que nous proclamons le message du quatrième ange (Ap 18), appelant le peuple à sortir de Babylone et à revenir à la véritable adoration. Mes amis, nous vivons à la fin des temps ! Gardons notre focalisation sur notre mission, laquelle consiste à proclamer le retour imminent de Jésus. Par le biais de l'« Implication totale des membres », nous avons l'occasion de témoigner personnellement – et en tant qu'Église adventiste mondiale – pour le Seigneur ! Prions pour un réveil et une réforme dans notre propre vie, et pour que la pluie de l'arrière-saison se déverse sur l'Église mondiale, tandis que nous proclamons le dernier message d'avertissement à ce monde agonisant, juste avant le retour de Jésus. Dans « Lutherans, Catholics, Methodists, Reformed and Anglicans ‘drawn into deeper communion’ », www.anglicannews.org/ news/2017/10/lutherans,-catholics-methodists-reformed-and-anglicans-drawn-into-deeper-communion.aspx. 2 Ibid. 3 Ellen G. White, La tragédie des siècles, p. 628. 4 Ibid., p. 637. 5 « The Reformation Is Over. Protestants Won. So Why Are We Still Here? », www.washingtonpost.com/outlook/the-reformation-is-overprotestants-won-so-why-are-we-still-here/2017/10/26/71a2ad02b831-11e7-be94-fabb0f1e9ffb_story.html?utm_term=.c6962dc71df6. 6 twitter.com/VP/status/930142141745156096. 7 Ellen G. White, La tragédie des siècles, p. 158. 1

Ted N. C. Wilson est le président de l’Église adventiste du septième jour à Silver Spring, au Maryland (États-Unis). Vous pouvez le suivre sur Twitter : @pastortedwilson, et sur Facebook : @PastorTedWilson.

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Foi en action

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utrefois, un homme riche construisait un château pour protéger ses biens et ses gens. Aujourd'hui, nous dressons de hautes barrières pour protéger nos choses précieuses des voleurs. Cependant, la plupart d'entre nous ne réfléchissent que fort peu au moyen de protéger la plus importante de nos relations. Le mariage coûte cher en termes de temps et d'argent. Et s'il échoue, la facture est encore plus salée ! Les souffrances qu'entraîne un mariage brisé ne se limitent pas au mari et à la femme : il y a encore leurs enfants, leurs familles, leurs amis, et même leur église. Le mariage a également des conséquences éternelles. Par conséquent, existe-t-il une structure biblique pour protéger nos mariages ? Dans la Bible, le mariage est utilisé comme métaphore de la relation entre l'humanité (ou l'Église) et Dieu. Jésus dit que le premier et le plus grand commandement est le suivant : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, […] de toute ta pensée, et de toute ta force. » (Mc 12.30) Ce commandement protège notre relation avec Dieu et constitue le modèle de l'amour désintéressé – lequel se traduit par l'honneur, le respect, et l'admiration mutuelle. Un tel amour protège les mariages et favorise leur croissance et leur prospérité. PROTÉGEZ VOTRE CŒUR

Le cœur est le siège des émotions (et non seulement une pompe à quatre compartiments faisant circuler le sang dans notre corps). Protéger notre cœur signifie donc façonner nos émotions. J'ai entendu beaucoup de gens dire qu'ils aiment leur conjoint, et pourtant, ils n'en sont plus amoureux. Ils permettent, en réalité, aux émotions et aux drogues d'obscurcir leur jugement. Les aventures ne commencent pas toujours par des relations sexuelles – mais souvent par un attachement émotionnel à quelqu'un d'autre que le conjoint.

Protégez votre mariage De bonnes relations ne sont pas le fruit du hasard


Cependant, il est possible de contrôler nos émotions ! Un signe de maturité et de croissance consiste à dresser des barrières autour de notre cœur. Il ne convient pas, en effet, de partager certaines pensées et certains sentiments intimes avec quelqu'un d'autre que notre conjoint légitime – surtout s'il l'on se retrouve seul avec lui. En revanche, ne manquons pas de partager nos émotions, nos réflexions et nos expériences avec notre conjoint. Prenons aujourd'hui l'engagement d'être complètement ouverts avec notre tendre moitié. PROTÉGEZ VOTRE ESPRIT

L'esprit est le siège de nos pensées. Les pensées et les intentions sont importantes. C'est ce que Jésus nous a montré en disant que la colère peut être meurtre, et la luxure, adultère. Le péché naît de nos pensées, et nos pensées naissent souvent de ce que nous voyons. Par conséquent, sur quoi nous focalisons-nous ? Selon une statistique récente, dès l'âge de 11 ans, 100 pour cent des garçons ont déjà été exposés à la pornographie. De nos jours, la porno est partout ; elle peut affecter gravement les relations. Les époux accros à la porno trouvent souvent leur conjoint ennuyeux et insatisfaisant. Ils nourrissent des fantasmes au lieu de jouir d'une véritable relation sexuelle. En ce qui me concerne, j'ai réussi à ne pas toucher à la pornographie en ligne. Par contre, mes yeux et mes pensées peuvent quand même me trahir. Je m'explique : parfois, le centre commercial ou la plage sont, en été, les endroits les plus difficiles à fréquenter. Par conséquent, je dois me discipliner à « détourner mon regard ». Mais en plus de tout simplement réprimer les mauvaises pensées, nous devons concentrer notre pensée sur notre conjoint. À quelle fréquence nous focalisons-nous sur de bons souvenirs ? Pensons-nous à toutes les bonnes choses que nous avons faites ensemble, ou à toutes les bénédictions que nous avons reçues ? Il est facile Photo : Pavel Badrtdinov

de tomber dans une pensée négative. Exerçons-nous à cultiver de l'admiration et de la tendresse pour notre tendre moitié. Pensons à elle de façon positive, et nos interactions deviendront plus positives. Entraînons notre esprit et nos yeux à se focaliser sur elle.

famille, et dans votre vie. Vous avez des décisions familiales importantes à prendre ? Consultez Dieu ; recherchez la sagesse dans sa Parole, par la prière, auprès de mentors, de pasteurs, et d'amis qui, eux aussi, cheminent avec lui. Vous pourrez ainsi déterminer ce qu'il y a de mieux pour votre mariage.

PROTÉGEZ VOTRE ÂME

L'âme est le siège de la vie spirituelle. C'est là que résident notre esprit et celui de Dieu. L'une des meilleures façons de protéger le mariage consiste à cultiver l'unité spirituelle, c'est-à-dire à avoir les mêmes croyances et pratiques que notre conjoint. Le sage dit : « Et si quelqu’un est plus fort qu’un seul, les deux peuvent lui résister ; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement. » (Ec 4.12) En d'autres termes, être en couple nous rend plus forts. Lorsque Dieu constitue le troisième fil dans notre relation, il s'investit à fond pour qu'elle réussisse. Lorsqu'il en est le fondement et la base, une telle relation lui rend gloire. Mais comment ? Les conjoints peuvent, après tout, avoir des différences d'opinions, de cultures, et d'origines. En fait, après avoir été mariés pendant un certain temps, ils peuvent découvrir qu'ils sont différents en toutes choses, ou presque ! Mais s'ils cherchent la face de Dieu, ils avanceront alors dans la même direction. Le mari et la femme qui s'attachent à Dieu s'attachent, à coup sûr, l'un à l'autre. En Christ, écrit Paul, « il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Ga 3.28). À moins de s'enraciner en Christ, notre identité, nos rêves, et nos objectifs seront en péril. En choisissant de les ensevelir en Christ et en laissant Dieu protéger notre mariage, nous protégerons notre âme. Maris et femmes, prenez le temps de prier ensemble, de lire la Parole ensemble. Ayez des conversations spirituelles pour comprendre ce que vous pensez et ressentez tous les deux quant à ce qui se passe actuellement dans le monde, dans votre

PROTÉGEZ VOTRE FORCE

La force s'exerce par nos mains et nos bras. La force d'un homme s'exprime souvent par ses actes. Nous parlons ici de proximité et d'attitude. Restez à une distance physique convenable du sexe opposé. Si possible, essayez de ne pas vous retrouver seul avec quelqu'un qui n'est pas votre conjoint. Attention aux gestes déplacés ! Une poignée de main, et même une étreinte, ne posent pas problème… tant qu'ils ne se prolongent pas trop. Veillez à ce que votre toucher n'ait pas l'allure d'un massage ou d'une caresse. En soumettant ainsi l'espace physique à des règles précises, vous protégerez votre mariage. Mettez plutôt votre force au service de votre conjoint ! Consacrez-lui du temps de qualité. Massez-le, faites des tâches ménagères et cuisinez pour lui. Offrez-lui des cadeaux de votre propre fabrication. En utilisant votre force pour servir votre conjoint, vous verrez votre amour grandir et s'approfondir. Bref, l'établissement de limites physiques autour de ce qui est acceptable et ne l'est pas est une excellente idée. Parlez-vous, découvrez ce qui rend votre conjoint mal à l'aise, et si nécessaire, cessez de le faire. Dieu nous donne des règles pour protéger notre relation avec lui. La relation conjugale reflète son image. Si nous établissons des limites autour de notre vie émotionnelle, mentale, spirituelle et physique, nous protégerons notre relation pour nous-mêmes, pour nos enfants, et pour tous ceux qui entrent en contact avec nous.

Jarrod Stackelroth est rédacteur en chef de Adventist Record du Pacifique Sud.

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Ce que nous croyons

Le mariage et la famille

L'idéal divin du mariage Écouter la voix explicite des Écritures

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ès leurs premières pages, les Écritures présentent l'idéal divin du mariage. Ce modèle édénique constitue le fondement du reste du traitement biblique de ce sujet. Voyons un peu les sept facettes principales de cette « pierre précieuse » biblique qu'est le mariage. 1. UNE FORME CONJUGALE HÉTÉROSEXUELLE ET MONOGAME

Selon le modèle que Dieu a établi avec le premier couple dans le jardin, et dans l'application explicite accompagnant les futurs mariages (Gn 2.18-24), la structure conjugale est une dualité hétérosexuelle, entre « un mari [hébreu : « homme »], et son épouse [hébreu : « femme »] » (v. 24). L'association des deux noms au singulier implique aussi de façon claire un mariage monogame, c'est-à-dire une relation exclusive entre les deux partenaires. 2. COMPLÉMENTARITÉ ET ÉGALITÉ DES PARTENAIRES CONJUGAUX

Après avoir formé l'homme (Gn 2.7), Dieu dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul » ; il lui faut une 'ezer kenegdo – une aide/bienfaitrice pareille à lui (voir v. 18). Dieu « construisit » (banah,en hébreu, un terme impliquant une forme esthétique » [v. 22]) donc une femme qui se tiendrait à ses côtés en tant que pareille opposée. Dès qu'Adam aperçut Ève, il s'exclama effectivement : « Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! » (v. 23) Genèse 2 représente aussi la femme comme étant l'apogée, l'achèvement de la création. Elle fut créée à partir d'une côte d'Adam pour montrer qu'elle devait se tenir à ses côtés en tant qu'égale. En tant qu''ezer kenegdo de l'homme, la femme n'est pas seulement un « équivalent complémentaire », mais une « partenaire égale ». 3. EXCLUSIVITÉ CONJUGALE

Après avoir décrit le premier mariage en Éden (Gn 2.22,23), Moïse résume plusieurs facettes du premier mariage qui s'avèrent fondamentales pour tous

Photo : Tyler Lastovich


les mariages futurs (v. 24). Premièrement, l'homme doit quitter (hébreu : 'azab). Le terme hébreu signifie « quitter, abandonner, délaisser », et ailleurs, décrit Israël qui abandonne Yahvé pour de faux dieux (voir Dt 28.20). Le « quittera » de Genèse 2.24 implique la nécessité d'un affranchissement des interférences extérieures qui pourraient empiéter sur l'exclusivité de la relation conjugale. À une époque où l'on s'attendait à ce que la femme quitte sa famille, Moïse lança une idée révolutionnaire pour sa culture : l'homme devait aussi partir ! Pour former une unité familiale distincte reconnue et respectée par les familles du couple, par la communauté de foi, et par la société dans son ensemble, les deux devaient quitter.

d'amour, de plaisir, de célébration, et d'attachement – une bénédiction dont on peut jouir sans crainte, inhibition, honte, ou embarras. 6. MARIAGE ET PROCRÉATION

La procréation n'est pas le but premier de l'expérience « une seule chair » dans Genèse 2. Ce n'est pas que nous niions l'importance de la procréation (importance soulignée dans la bénédiction divine « Soyez féconds, multipliez » [Gn 1.28]). Mais après le « point final » suivant le « une seule chair » dans Genèse 2.24, l'union sexuelle reçoit une signification et une valeur indépendantes. Elle ne doit pas être justifiée en tant que moyen de parvenir à une fin supérieure, c'est-à-dire, à la procréation.

4. PERMANENCE CONJUGALE

L'homme et la femme doivent aussi s'attacher (hébreu : dabaq) l'un à l'autre (Gn 2.24). Ce terme hébreu signifie « se cramponner, adhérer, demeurer proche physiquement, comme la peau l'est à la chair et la chair l'est aux os ». Dans l'Ancien Testament, il est souvent utilisé pour décrire la permanence du lien de l'alliance entre Israël et le Seigneur (voir Dt 10.20 ; 11.22). Dans Genèse 2.24, il indique clairement un contexte d'alliance, c'est-à-dire un engagement mutuel du couple exprimé dans une alliance de mariage officiel, faisant écho au « serment de solidarité » exprimé par Adam à Ève (v. 23) – l'équivalent de nos vœux de mariage. Dabaq souligne aussi les dimensions comportementales profondes de la relation d'alliance, un dévouement et une foi inébranlables entre les partenaires du mariage, un amour mutuel constant, de la bonne volonté, la fidélité, et un engagement à ce qu'il dure en permanence. 5. INTIMITÉ CONJUGALE

Après « l'attachement » dans une alliance conjugale, l'homme et la femme devaient devenir « une seule chair » (Gn 2.24). Ici, nous parlons essentiellement de l'union sexuelle entre un homme et une femme (voir 1 Co 6.16). Remarquez que cette union en « une seule chair » succède à « l'attachement » et ainsi, se produit dans le contexte de l'alliance conjugale. Par conséquent, l'union sexuelle doit s'exprimer uniquement à l'intérieur de la relation conjugale. Dans l'Ancien Testament, le terme basar, « chair », ne se réfère pas seulement au corps physique, mais aussi à l'existence tout entière d'une personne. Par « une seule chair » est ainsi connotée une dépendance mutuelle et une réciprocité dans tous les secteurs de la vie, une unité qui embrasse la vie de deux personnes dans leur entièreté. Genèse 2.25 conclut l'intimité conjugale en ces termes : « L’homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient point honte. » Selon le dessein divin, la relation intime entre le mari et la femme est donc une expérience

7. BEAUTÉS ET JOIES PARFAITES DU MARIAGE

Lorsque « Dieu vit tout ce qu’il avait fait » – y compris l'institution du mariage – « voici, cela était très bon » (Gn 1.31). L'expression hébraïque tov me'od (« très bon ») connote la quintessence de la bonté, de la plénitude, de la pertinence, et de la beauté. Après la formation de la femme, « l'Éternel Dieu […] l’amena vers l’homme » (Gn 2.22). Le Créateur lui-même officia et célébra le premier mariage. Selon le dessein divin, la relation conjugale entre le mari et la femme est intimement liée à la relation spirituelle des deux partenaires avec leur créateur. RETOUR À L'ÉDEN

Dans le Nouveau Testament, Jésus consacra le mariage en accomplissant son premier miracle lors d'un festin de noces (Jn 2.1-11). Jésus et Paul proclament l'un et l'autre l'idéal édénique pour le mariage en citant Genèse 2.24 (Mt 19.5 ; Ep 5.31). Jean utilise la métaphore du mariage pour décrire la relation entre Dieu et son peuple dans le règlement de la grande controverse et dans la description de la nouvelle création (Ap 19.7 ; 21.2,9 ; 22.17). Dans le Cantique des cantiques – un livre entier de la Bible illustrant un retour au modèle édénique – l'amour entre le mari et la femme n'est rien de moins qu'« une flamme de l’Éternel » (Ct 8.6). Dieu est la source ultime d'un amour saint. Tandis que nous nous réclamons de sa promesse, il fera brûler sa flamme d'un éclat plus vif encore dans notre mariage !

Richard M. Davidson, titulaire d'un doctorat, est professeur de l'interprétation de l'Ancien Testament de J. N. Andrews, au Séminaire adventiste de théologie à l'Université Andrews, à Berrien Springs, au Michigan (États-Unis).

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Esprit de prophétie

Accolés ou ass Entrevue avec Ellen G. White*

Hommes DIEU A-T-IL VRAIMENT SON MOT À DIRE QUANT À LA FEMME DE MON CHOIX ?

« Je vous écris aujourd’hui […] comme si j’écrivais à mon propre fils. […] Décidez de parvenir à la stature d’homme fait en JésusChrist. Faites-en la règle de votre cœur. Avec Christ, vous pouvez faire des exploits ; sans lui, vous ne pouvez rien faire. […] Christ vous a racheté à un prix infini. Vous êtes sa propriété ! Il vous faut en tenir compte dans tous vos plans. En songeant à vous marier, veillez particulièrement à choisir une femme qui se tiendra coude à coude avec vous en matière de croissance spirituelle. » COMMENT M’ASSURER QUE C’EST LA FEMME DE MA VIE ?

« Que ceux qui envisagent le mariage pèsent chaque sentiment et surveillent chaque manifestation du caractère de celui ou de celle à qui ils pensent unir leur destinée. Que chaque pas vers cette union soit caractérisé par la modestie, la simplicité, la sincérité et le désir ardent de plaire à Dieu et de l’honorer. Le mariage influe sur la vie présente et sur la vie future. Un chrétien sincère ne formera pas de projets que Dieu ne puisse approuver. « Si vous avez le bonheur de posséder des parents pieux, sollicitez leurs conseils. Exposez-leur vos intentions et profitez de leur expérience ; vous éviterez ainsi bien des chagrins. Par-dessus tout, faites du Christ votre conseiller, et étudiez sa Parole avec prière. […]

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« Le jeune homme choisira pour épouse une personne qui sache porter sa part des fardeaux de la vie, dont l’influence l’ennoblisse et l’élève, et qui le rende heureux par son amour. »  MAIS ÇA RISQUE DE PRENDRE UNE ÉTERNITÉ !

« Peu de gens ont une juste notion du mariage. Beaucoup s’imaginent qu’il représente un état de béatitude parfaite. S’ils connaissaient le quart des chagrins qui affligent des hommes et des femmes engagés par les vœux du mariage dans des chaînes qu’ils ne peuvent et n’osent briser, ils ne seraient pas étonnés par ce que j’écris ici. […] Des milliers de couples mal assortis doivent vivre côte à côte. […] C’est la raison pour laquelle je conseille aux jeunes en âge de se marier de ne pas faire preuve de précipitation dans le choix d’un conjoint. » VOILÀ QUI EST INQUIÉTANT… COMMENT DOIS-JE DONC ME PRÉPARER ?

« Avant d’assumer les responsabilités du mariage, jeunes gens et jeunes filles devraient connaître suffisamment les devoirs pratiques de la vie pour arriver à y faire face. » « Qu’on ne forme pas des relations aussi importantes et ayant des répercussions aussi étendues que celles du mariage sans préparation suffisante, et avant que les forces physiques et mentales soient bien développées. « Les anges observent cette lutte. C’est à vous de considérer cette question et de décider pour vous-même. »


sortis ? Femmes DIEU A-T-IL VRAIMENT SON MOT À DIRE QUANT À L’HOMME DE MON CHOIX ?

« Si l’on avait l’habitude de prier deux fois par jour avant de songer au mariage, on devrait prier quatre fois par jour quand on se met à y penser. Le mariage exerce une influence non seulement sur la vie terrestre, mais aussi sur la vie future. […] Nous ne devons pas chercher notre propre satisfaction, pas plus que le Christ n’a cherché la sienne. Je ne veux pas dire qu’il faille épouser quelqu’un qu’on n’aime pas. Ce serait un péché. Mais il ne faut pas se laisser entraîner à la ruine par le caprice et par les émotions. »  COMMENT M’ASSURER QUE C’EST L’HOMME DE MA VIE ?

« Avant de se marier, toute jeune fille devrait être sûre que celui à qui elle va unir sa destinée en est digne. Quel est le passé du partenaire choisi ? Sa vie est-elle pure ? L’amour qu’il exprime est-il d’un caractère élevé et noble ou n’est-il qu’un sentiment superficiel ? Ce jeune homme possède-t-il les traits de caractère qui rendront son épouse heureuse ? Peut-elle trouver la paix et la joie véritables dans son affection ? Lui sera-t-il permis de conserver son individualité, ou bien son jugement et sa conscience devront-ils être soumis au contrôle de son mari ? En tant que disciple du Christ, elle ne s’appartient pas, elle a été rachetée à un grand prix. » « Une jeune fille ne doit accepter pour époux qu’un jeune homme au caractère pur et viril, diligent, entreprenant et honnête, aimant et craignant Dieu. »

MAIS ÇA RISQUE DE PRENDRE UNE ÉTERNITÉ !

« L’amour est une plante d’origine céleste. Il n’est pas quelque chose de déraisonnable et d’aveugle. Il est pur et saint. Il n’a rien à faire avec la passion du cœur naturel. Tandis qu’un amour pur soumet tous ses plans à Dieu et recherche une parfaite harmonie avec l’Esprit de Dieu, la passion se montre entêtée, irréfléchie, déraisonnable, ne souffrant aucune contrainte, idolâtrant l’objet de son choix. » « Les mariages inspirés par des impulsions et des pensées égoïstes ne connaissent généralement pas la réussite, mais aboutissent souvent à des échecs lamentables. » VOILÀ QUI EST INQUIÉTANT… COMMENT DOIS-JE DONC ME PRÉPARER ?

« Le cœur aspire à un amour humain, mais cet amour n’est ni assez fort, ni assez pur, ni assez précieux pour suppléer à l’amour de Jésus. C’est seulement en son sauveur que la femme trouvera la sagesse, la force et la grâce pour affronter les soucis, les responsabilités et les douleurs de la vie. Elle devrait faire de lui sa force et son guide. Que la femme se donne au Christ avant de se donner à un être terrestre et qu’elle ne contracte aucun engagement qui puisse l’en empêcher. Ceux qui désirent le vrai bonheur doivent s’assurer la bénédiction du ciel sur tout ce qu’ils possèdent et sur tout ce qu’ils font. » « Jeunes amis, prenez conseil de Dieu et de vos parents qui craignent Dieu. Faites-en un sujet de prières. Examinez avec soin tous les sentiments et tous les traits de caractère de celui à qui vous voulez unir votre destinée. Vous êtes sur le point de faire le pas le plus important de votre vie : ne vous pressez pas. Aimez, mais n’aimez pas aveuglément.  « Réfléchissez sérieusement pour savoir si votre vie conjugale sera heureuse ou malheureuse faute d’entente. Posez-vous la question : Cette union m’aidera-t-elle à marcher vers le ciel ? Augmentera-t-elle mon amour pour Dieu ? Agrandira-t-elle la sphère dans laquelle je puis me rendre utile en cette vie ? Si vous n’apercevez aucun inconvénient, marchez de l’avant dans la crainte de Dieu. » * Ces extraits sont tirés des ouvrages suivants : Messages à la jeunesse, p. 433-456 ; Le foyer chrétien, p. 44 ; et Letters to Young Lovers (Nampa, Idaho, Pacific Press Pub. Assn., 1983), p. 19-22. Certains paragraphes sont disposés de façon à donner un ton conversationnel. Aucun mot n’a été ajouté au texte original.

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Rétrospective

Trois hommes, deux mariages, une mission Répondre à l'appel de Dieu en dépit des circonstances

À

l'âge de 64 ans, Ellen White devint missionnaire malgré elle. En effet, la Conférence générale lui avait demandé d'aller en Australie pour y lancer l'œuvre. Mais elle estimait que ses jours de voyage étaient révolus. Elle écrivait à ce moment-là un livre sur la vie du Christ et ne voyait réellement pas la pertinence d'une telle mission. Malgré ses prières ferventes, Dieu ne lui donna aucune réponse directe sur ce qu'elle devait faire. Le 12 novembre 1891, Ellen et William (Willie) C. White, son fils, montèrent à bord d'un navire et entreprirent leur long voyage à destination de l'Australie. L'année précédente, Willie avait perdu Mary, sa femme. Il s'était retrouvé veuf avec deux petites filles : Mabel et Ella, âgées de 5 et 9 ans, respectivement. Sachant que la mission de sa mère en Australie ne durerait guère plus de deux ans et qu'il voyagerait beaucoup pendant cette période, il décida de laisser ses filles aux ÉtatsUnis, sous la garde de Mary Mortensen – une jeune femme responsable et affectueuse au début de la trentaine. *** George Byron Tripp (appelé Byron) vit le jour à New York. Alors qu'il était un jeune homme, sa famille s'établit au Minnesota. C'est là qu'il rencontra et 24

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épousa Amanda McDonald en 1883. En 1886, ils étaient déjà parents de trois enfants : de jumeaux qui moururent peu après leur naissance, et d'un fils, George. Amanda s'éteignit, hélas, en 1891. Désormais seul pour élever son fils, Byron entra dans le ministère et travailla au Minnesota. Finalement, il accepta un appel à devenir président de la Fédération de la Virginie. *** Pour Ellen et Willie White, les deux années prévues se prolongèrent de presque deux années supplémentaires. Impliquée à fond dans l'œuvre en Australie, Ellen avait engagé May Lacey comme assistante. Bientôt, il devint évident que Willie, alors âgé de 40 ans, était amoureux de cette jeune femme qui, elle, n'en avait que 21. Après de brèves fréquentations, passées pour la plupart du temps séparément, Willie demanda à May de l'épouser. Ils se marièrent le 9 mai 1895. Pendant ces quatre années en Australie, Willie fut un père fidèle, écrivant à ses filles ainsi qu'à Mary Mortenson. Une lettre d'O. A. Olsen, président de la Conférence générale, révèle que Mary et les filles se méprenaient grandement sur le contenu de ces lettres. Mary croyait, en effet, que Willie y exprimait son intérêt pour elle – un intérêt qui aboutirait au mariage. Elle partagea sa

conviction avec Mabel et Ella. Les deux filles s'en réjouirent à fond car elles s'étaient fortement attachées à Mary. Mais quelque part en février 1895, elles reçurent une lettre de Willie dans laquelle il annonçait ses fiançailles avec May… Cette nouvelle les bouleversa tellement qu'Ella, alors âgée de 13 ans, prit rendez-vous avec le président de la GC pour lui exprimer son chagrin. Olsen rapporte qu'elle était « dans tous ses états » à l'idée de perdre Mary*. La lettre d'O. A. Olsen adressée à Willie entraîna un changement de plans immédiat. Mary, qui devait accompagner les filles en Australie et travailler pour Ellen White, ne viendrait pas. Les filles partiraient au début d'avril 1895 et voyageraient avec d'autres compagnons. *** En 1894, l'Église adventiste établit une nouvelle station missionnaire en Afrique. Lors de la session de la Conférence générale qui se tint en février 1895, on demanda à Byron Tripp d'être le surintendant de la mission Matabele nouvellement établie. Mais en Afrique, il lui faudrait quelqu'un pour prendre soin de George, son fils. Lors d'une


(De gauche à droite) : Mabel White, May White, Ella White, W. C. White tenant les jumeaux Henry et Herbert (1896).

Mary Mortensen Tripp Armitage

G. B. Tripp Photo : Ellen G. White Estate

visite à O. A. Olsen, président de la GC, Byron n'y alla pas par quatre chemins. Il lui demanda : « Connaissez-vous une femme qui accepterait de m'épouser ? » Se souvenant de ses échanges récents avec Mary et les enfants de Willie White, O. A. Olsen lui suggéra immédiatement Mary Mortensen. Cette suggestion lui paraissant convenable, Byron demanda Mary en mariage. Mary accepta sans hésiter. Ils se marièrent en avril 1895 – quelques jours à peine après le départ de Mabel et d'Ella White pour l'Australie, où elles rencontreraient leur nouvelle belle-mère. Quelques jours après le mariage, Byron, Mary et George firent voile vers l'Afrique avec W. H. Anderson et sa femme. Ils arrivèrent à la station missionnaire à la fin juillet et se mirent sans tarder au travail. Le Dr A. S. Carmichael les y rejoignit bientôt. En septembre 1897, Frank B. Armitage, Anna, sa femme, et Violet, leur fille âgée de 9 ans, arrivèrent à leur tour, complétant ainsi la petite équipe missionnaire. En décembre, soit trois mois plus tard, la malaria frappa le petit groupe. Le Dr Carmichael mourut en février

1898. Byron Tripp rendit l'âme une semaine plus tard. Anna Armitage et George, fils de Byron, les suivirent peu après dans la tombe. Pour poursuivre l'œuvre missionnaire, il ne restait plus que les Anderson, Mary Tripp, et Frank Armitage. Mary et Frank désiraient continuer leur service en Afrique. Ils se marièrent en février 1899. Ils poursuivirent l'œuvre sur ce continent pendant 26 ans, travaillant à Bulawayo, à Somabula, dans la province du Cap, et en Afrique du Sud. Ils donnèrent à Violet deux demi-sœurs. En 1925, ils revinrent aux États-Unis en raison de la santé fragile de Mary. Ils passèrent huit années à servir activement dans le nord et le centre de la Californie. Mary s'éteignit en avril 1950, après avoir consacré la plus grande partie de sa vie au service missionnaire. Outre les deux filles de Willie White, celui-ci et May White eurent trois enfants pendant leur séjour en Australie. Finalement, Ellen White, Willie, May, et leurs enfants séjournèrent en Australie pendant neuf ans. Mary et Byron Tripp se marièrent alors qu'ils se connaissaient à peine,

et contribuèrent à l'établissement de l'Église en Afrique. Mary et Frank Armitage se marièrent à cause de leur amour pour l'œuvre en Afrique. Tout au long de leur partenariat, leur amour et leur respect mutuels leur permirent de servir le Seigneur de nombreuses années encore. Aujourd'hui, nos priorités sont plutôt différentes ! Nous cherchons d'abord l'amour, et la mission peut venir plus tard. Des histoires comme celle de Mary – une histoire qui semble refléter une consécration inhabituelle à l'appel du Seigneur – peuvent être assez rares. On y découvre des gens qui mettent leurs sentiments de côté, s'engagent dans l'œuvre du Seigneur, se marient à cause de la mission, mais se retrouvent avec une relation d'amour significative, en partie parce qu'ils sont bénis par un double engagement – un engagement l'un envers l'autre, et un engagement envers Dieu, son œuvre, et son retour imminent. * O. A. Olsen à W. C. White, le 26 février 1895.

Merle Poirier est gestionnaire des opérations de Adventist World.

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La Bible répond

Puissance de la loi, puissance de la grâce

Q

Dans Romains 6.14,15*, que signifie l’expression « sous la loi » ?

En fait, la loi, mal employée par le péché à cause de la condition coupable de l’humanité, les incite à pécher (Rm 7.8,9) – même si elle est bonne en elle-même (v. 12). Ce dont les êtres humains ont besoin, c’est de la grâce divine par la foi en Christ. Être sous la loi – c’est-à-dire chercher à être accepté de Dieu par l’observation de la loi – c’est être sous sa condamnation, et par conséquent, sous la puissance du péché (Rm 3.21,28).

R

Dans les deux versets que vous mentionnez, Paul utilise cette expression pour établir un lien entre une compréhension particulière de la loi par rapport au péché et à la grâce, et pour qualifier la signification négative de l’expression « non sous la loi ». Gardons à l’esprit que cette discussion sur la loi se produit dans le contexte de la controverse de l’apôtre avec de faux docteurs, lesquels promouvaient l’observation de la loi en vue de leur propre dessein spécifique.

2. NON SOUS LA LOI

1. LE PÉCHÉ, LA LOI, ET LA GRÂCE

Dans Romains, Paul est clair : tous les êtres humains sont sous la loi du péché. C’est uniquement par la foi en Christ que l’on peut faire l’expérience de la liberté (Rm 3.19-24). En raison de cette condition d’esclavage au péché, la loi joue un rôle négatif (Rm 7.7-12). Mais pour ceux qui mettent leur foi en Christ, le péché ne règne plus sur eux parce qu’ils sont « non sous la loi, mais sous la grâce » (Rm 6.14). Selon le contexte, être « sous la loi », c’est être sous la domination du péché et non sous la domination de la grâce. La grâce et la loi s’opposent de façon négative. Si être sous la grâce signifie être sous la puissance rédemptrice de Dieu par la mort de son Fils, alors être sous la loi, c’est chercher à être accepté de Dieu par la soumission à la loi. En soi, ceci signifie que l’individu est sous la puissance du péché et non de la grâce parce que, explique Paul, tout être humain a transgressé la loi de Dieu et par conséquent, est sous sa malédiction ou condamnation (Ga 3.10). L’observation de la loi ne possède aucune puissance expiatoire ; elle ne peut délivrer les pécheurs de la puissance du péché parce qu’elle est incapable de leur redonner la vie (v. 21).

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Paul soulève une question et y répond : « Quoi donc ! Pécherions-nous, parce que nous sommes, non sous la loi, mais sous la grâce ? Loin de là ! » (Rm 6.15) Il établit maintenant des limites aux implications possibles de l’expression « nous sommes […] non sous la loi ». Ceci ne veut pas dire que la vie chrétienne est caractérisée par l’anarchie ! Les croyants ne sont certes pas sous l’obligation d’obéir pour être justifiés, mais ils obéissent volontiers « de cœur [du plus profond de leur être et sincèrement] à la règle de doctrine [l’enseignement qui modèle la vie chrétienne], dans laquelle [ils ont] été instruits » (v. 17). La vie chrétienne n’exclut pas l’obéissance à la volonté de Dieu ; elle la place plutôt dans sa propre perspective quant à la grâce. La foi en Christ n’anéantit pas la loi, mais la confirme (Rm 3.31) parce que maintenant, par la puissance de la grâce, « la justice prescrite par la loi » peut être « accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit » (Rm 8.3,4, SER). La loi n’est plus un moyen d’acceptation devant Dieu, mais un guide sanctifiant vers la vie chrétienne. * Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.

Angel Manuel Rodríguez habite au Texas. Il a servi l’Église en tant que pasteur, professeur, et théologien.


Santé & bien-être

Les maladies du cœur Les jeunes doivent-ils s’en inquiéter ? J’ai entendu dire que les maladies du cœur sont le tueur numéro un à l’échelle mondiale. Je suis un homme âgé de 25 ans, et j’habite dans un pays en voie de développement. Suis-je à risque ?

L

es maladies cardiovasculaires (MCV), les maladies du cœur, sont, en fait, la principale cause de décès dans le monde aujourd’hui. En 2015, presque 18 millions de personnes sont décédées d’une MCV. La plupart de ces décès se sont produits dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Approximativement 7,4 millions de décès étaient imputables à une maladie coronarienne, et 6,7 millions à un AVC*. Ces statistiques reflètent le fait que la maladie athérosclérotique des artères affecte le système vasculaire tout entier – le cœur et le cerveau étant les organes les plus vulnérables. Le muscle cardiaque et le cerveau dépendent particulièrement d’un excellent apport en oxygène, et sont considérablement affectés par la maladie des vaisseaux qui transportent le sang et l’oxygène à ces tissus. Quel est votre risque ? Il est difficile d’évaluer de façon précise le risque sans avoir accès à votre biométrie médicale complète et à vos antécédents familiaux médicaux. Vous avez l’avantage d’être jeune ! Traditionnellement, on considère que l’âge est un facteur de risque à partir de 45 ans pour les hommes, et de 55 ans pour les femmes. Les femmes profitent de la protection hormonale jusqu’à la ménopause ; c’est la raison pour laquelle leur risque de maladie cardiovasculaire se produit plus tard. Les antécédents familiaux d’AVC et de crises cardiaques, surtout à un plus jeune âge, sont importants et signalent un risque accru. Le tabagisme est un puissant facteur de risque et joue un rôle dans toutes les sociétés, mais surtout dans les pays en voie de développement. Il en est ainsi pour deux raisons. Premièrement, ayant été l’objet de poursuites, les compagnies de tabac des pays développés exportent leur poison aux marchés les plus vulnérables, lesquels ne leur posent pas encore problème sur le plan juridique. Deuxièmement, les économies émergentes ont développé des infrastructures sanitaires où le dépistage et les diagnostics précoces des

maladies liées au tabagisme sont moins accessibles. L’hypertension artérielle (ou haute pression non contrôlée) est un autre facteur de risque important. Des facteurs supplémentaires qui alimentent les feux de la pandémie de MCV incluent un régime alimentaire malsain, l’obésité, le diabète (de type 1 et de type 2), et l’inactivité physique. Ces derniers facteurs sont aussi d’importants coupables dans le problème des maladies non transmissibles (MNT), tout comme l’est la consommation d’alcool. D’autres marqueurs de risque accru incluent les lipides du sang anormaux, dont un taux de cholestérol et de triglycérides élevé. Il y a un débat continu à l’égard de l’importance des gras. Il y a aussi des preuves convaincantes du rôle adverse du cholestérol dans l’athérosclérose (la maladie dégénérative des artères responsable des AVC et des crises cardiaques), tel qu’on peut le voir dans la condition appelée hypercholestérolémie familiale – une maladie génétique qui produit des taux de cholestérol excessivement élevés. Dans les formes graves de cette condition, on a diagnostiqué une maladie coronarienne grave chez de très jeunes enfants, et on a été obligé de faire à des ados un pontage aortocoronarien. Prenez donc garde aux gras saturés et à la malbouffe riche en calories. Ce résumé des facteurs de risque pour les maladies coronariennes vous aidera à évaluer votre risque. La prévention est plus efficace lorsque commencée en bas âge. Mangez sainement, faites de l’exercice, reposez-vous, soyez optimiste, modéré, et faites confiance à Dieu. Enfin, profitez de la vie au maximum ! * Aide-mémoire de l’OMS sur les MCV : http://www.who.int/mediacentre/ factsheets/fs317/en/.

Peter N. Landless est cardiologue spécialisé en cardiologie nucléaire, et directeur du Ministère de la santé de la Conférence générale. Zeno L. Charles-Marcel, M.D., est directeur adjoint du Ministère de la santé de la Conférence générale.

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Mon ami À Michael

« Je vais vous raconter… » DICK DUERKSEN

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l'appel du pasteur Tana, personne ne bouge. Dans cette congrégation réunie dans une école à classe unique, on pourrait entendre voler une mouche ! Aucun de ceux pour lesquels les fidèles ont prié ne s'avance pour donner sa vie à Jésus. Le pasteur Tana décide d'attendre, donnant ainsi au Saint-Esprit le temps de toucher les cœurs. Tout à coup, un bruit à l'arrière attire l'attention de la congrégation. Un homme se lève. Un homme petit. Fort. Ses muscles saillissent sous son T-shirt de travail. Arnold est un chauffeur de bulldozer de l'autre côté de l'île. La couleur très foncée de son visage est imputable à un travail constant sous le soleil brûlant des îles Salomon. Ses yeux, accoutumés au strabisme, sont maintenant grand ouverts et brillent. Arnold avance à grandes enjambées vers le prédicateur, comme s'il était investi d'une mission urgente. « Vous me connaissez », lance-t-il. Il s'arrête un instant. De l'assemblée s'élèvent des murmures accompagnés de signes de tête approbateurs. « J'habite ici depuis longtemps. Je travaille dur dans les forêts depuis bien des années. J'ai toujours bien fait mon travail et je me conduis en honnête homme. » Ses auditeurs font oui de la tête. « Aujourd'hui, il faut que je vous raconte une histoire, poursuit Arnold. Mardi, il y a six semaines, tandis que je revenais de la colline pour apporter des rondins sur la plage, un homme au bord de la forêt m'a salué. Cet étranger des îles Salomon était très grand, et sa peau aussi noire que la mienne. « Alors que je ralentissais, il a traversé le flanc de colline déboisé et s'est dirigé vers moi. Arrivé près de mon bulldozer, il a grimpé sur les chenilles et s'est présenté. Michael – c'est son nom – m'a ensuite demandé s'il pouvait m'accompagner. « “Non. C'est très dangereux. La compagnie exige que tout le monde sur le chantier porte un casque protecteur, comme celui-ci.” « Et j'ai levé mon casque jaune, taché, et cabossé. « “Tu peux m'accompagner sur une courte distance, mais seulement si tu portes un casque comme le mien. Je suis désolé, mais je n'en ai pas d'autre.” » « Il m'a souri et m'a demandé de l'attendre un instant. À ma surprise, il est retourné vers la forêt et en est ressorti quelques secondes plus tard avec un casque protecteur jaune identique au mien ! « Et je me suis dit : Comment se fait-il qu'il ait oublié son casque ? « Michael a grimpé de nouveau sur les chenilles, puis m'a demandé où il devait s'asseoir. Je lui ai montré une place, là, juste à côté de moi, et il s’est assis. Ensemble, nous avons gravi la colline et j'ai repris mon travail. » Dans les minutes suivantes, Arnold nous parle de ce fameux Michael qui, tous les matins, le retrouvait au même endroit, s'asseyait à côté de lui, et l'accompagnait toute la journée. Il nous parle de la bienveillance et des paroles édifiantes de son nouvel ami, de son habileté à manœuvrer le treuil. Arnold ajoute que « l'étranger » semblait mieux connaître le bulldozer que lui !


Chacune de ses paroles était parfaitement claire. « Malgré le bruit du bulldozer, j'entendais tout ce que Michael me disait – même s'il parlait d'une voix très douce, poursuit Arnold. C'était comme si nous étions tous les deux assis le soir sous un palmier, près d'un lagon. Chacune de ses paroles était parfaitement claire. » « Et de quoi parliez-vous toute la journée ? » demande l'un des insulaires assis sur un banc près d'une fenêtre. « De la Parole de Dieu ! répond Arnold. Michael avait une Bible avec lui. Nous l'étudiions ensemble tous les jours pendant que je travaillais. C'était merveilleux ! Il m'a appris que dans son amour pour nous, Dieu a créé le monde. Ensuite, il m'a fait découvrir Moïse, les dix commandements, Abraham, Joseph, David, et bien d'autres grands hommes et grandes femmes des Écritures. » « Est-ce qu'il t'a parlé de Jésus de la même manière que le pasteur Tana ? » « Oh oui ! Il y a juste 14 jours, nous avons parlé pendant toute une semaine de sa naissance, de son ministère, de ses histoires, de ses miracles, et de sa mort. Et alors qu'il passait son dernier jour avec moi, il m'a parlé de la résurrection du Seigneur, et m'a montré que Jésus revient très bientôt, sans l'ombre d'un doute. » « Mais où est ce Michael, maintenant ? » demande le pasteur Tana. « Ça, pasteur, c'est la partie la plus intéressante, répond Arnold. Il y a deux vendredis, à la fin de ma journée de travail et de notre étude, Michael m'a informé qu'il ne pourrait plus m'accompagner. « “Arnold, m'a-t-il dit, demain, c'est samedi – le sabbat de Dieu.

« “J'ai beaucoup apprécié le temps que nous avons passé ensemble. J'aimerais pouvoir rester, mais d'autres obligations m'attendent. Cependant, tu ne seras pas seul ! Dieu enverra quelqu'un d'autre à ton île. Dès demain matin, le pasteur Lawrence Tanabose des îles Salomon va venir parler de Jésus et de la Bible à la grande école sur la colline. Il faut que tu y ailles. Le pasteur Tana connaît bien ces histoires. Tu peux donc te fier à tout ce qu'il dit. C'est un très bon ami de Dieu.” » Arnold prend une pause. Dans la classe, tous se mettent à parler très fort. « Et qu'est-ce que Michael t'a dit encore ? » lui demandent plusieurs d'entre eux. « Il a ajouté : “Va aux réunions du pasteur Tana. Écoute ce qu'il enseigne, et ensuite, dis à tous ceux que tu rencontreras que ce pasteur enseigne la vérité. Tandis qu'il répand la vérité, tu dois apprendre à témoigner pour que les habitants de ton île acceptent Jésus, eux aussi.” » Dans l'école, c'est de nouveau le silence. Un silence profond où tous réfléchissent et prennent des décisions. Arnold ouvre de nouveau la bouche. « Pour terminer, je veux vous dire qu'avant que Michael ne descende de mon bulldozer – avec son casque protecteur céleste maintenant tout sale et cabossé – il m'a demandé d'accepter Jésus en tant que Sauveur. Et je lui ai dit « OUI ! » Puis il m'a demandé d'informer le pasteur Tana de ma décision. » Sur ces paroles, Arnold se tourne vers le pasteur de passage. « Pasteur Tana, je m'adresse à vous aujourd'hui parce que votre enseignement et celui de Michael sont une même et unique vérité. J'ai accepté, de tout mon cœur, Jésus comme mon sauveur personnel. »

Dick Duerksen, pasteur et conteur, habite à Portland, en Oregon, aux États-Unis. Il est connu dans le monde entier en tant que « pollinisateur itinérant de la grâce ».

Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division AsiePacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif/Directeur de Adventist Review Ministries Bill Knott Directeur international de la publication Chun, Pyung Duk Comité de coordination de Adventist World Si Young Kim, président ; Yukata Inada ; German Lust ; Chun, Pyung Duk ; Han, Suk Hee ; Lyu, Dong Jin Rédacteurs en chef adjoints/ Directeurs, Adventist Review Ministries Lael Caesar, Gerald Klingbeil, Greg Scott Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Sandra Blackmer, Stephen Chavez, Costin Jordache, Wilona Karimabadi Rédacteurs basés à Séoul, en Corée Chun, Pyung Duk ; Park, Jae Man ; Kim, Hyo-Jun Gestionnaire des opérations Merle Poirier Rédacteurs extraordinaires/ Conseillers Mark A. Finley, John M. Fowler, E. Edward Zinke Directrice financière Kimberly Brown Conseil d’administration Si Young Kim, président ; Bill Knott, secrétaire ; Chun, Pyung Duk ; Karnik Doukmetzian ; Han, Suk Hee ; Yutaka Inada ; German Lust ; Ray Wahlen ; membres d’office : Juan PrestolPuesán ; G. T. Ng ; Ted N. C. Wilson Direction artistique et design Types & Symbols Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 20904-6600, U.S.A. Numéro de fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910 (LSG). Avec Num. Strongs pour Grec et Hébreu. Texte libre de droits sauf pour les Strong. © Timnathserah Inc., - Canada Sauf mention contraire, toutes les photos importantes portent le © Thinkstock 2017. Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, États-Unis d’Amérique Vol. 14, n° 2

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Foi en herbe

Nos mains sont des dons de Dieu ! Nous pouvons les utiliser pour le louer et le servir. Amuse-toi bien tandis que tu en découvres davantage sur les mains !

Pages amusantes pour les plus jeunes

Les mains de qui ?

« Erin, on va montrer à nos mères qu'on peut escalader cette falaise ! » dit Lacey à son amie. La façade de la falaise – très à pic, et dont la base est parsemée de rochers déchiquetés – fait environ 13 mètres de hauteur. Erin relève le défi. L'instant d'après, les deux filles entreprennent l'escalade de la falaise. Par deux fois, un bout de rocher se brise dans leurs mains. Mais elles atteignent tout de même le sommet facilement. « On pourrait maintenant trouver une façon plus excitante de descendre », suggère Lacey après une courte pause. Et elle montre du doigt une partie plus difficile de la falaise. « Pourquoi pas là ? » « D'accord, mais seulement si tu y vas la première ! » réplique Erin en souriant. Lacey se dirige vers le côté de la falaise et commence à descendre. Pour que ce soit plus facile, elle choisit des prises pour les pieds et les mains. Soudain, alors qu'elle est encore en hauteur, le rocher sous sa main se détache. Elle se sent tomber ! Et alors, une pensée terrible lui traverse l'esprit : Est-ce que je vais être paralysée, ou même, tuée ? À cet instant précis, elle sent une grande main la retenir et la pousser contre la falaise ! Elle saisit rapidement les rochers et regarde autour d'elle pour voir qui est venu à sa rescousse. Ce ne peut être Erin, car elle n'a pas bougé de là. Et il n'y a aucun autre grimpeur en vue… Quelle main a-t-elle donc sentie ? Encore sous le choc, elle descend la falaise par un endroit plus sûr. Quelque temps après cette aventure, Lacey lit un livre intitulé It Must Have Been an Angel *. Au cours de sa lecture, l'incident terrifiant à la falaise lui revient soudain à l'esprit. Elle a nettement senti une main – et cinq doigts distincts – la pousser contre la falaise. C'était sûrement la main d'un ange ! Plus tard, elle dit : « Je suis impatiente de remercier personnellement mon ange gardien et de lui serrer la main† ! »

De quoi réfléchir Te souviens-tu d'un moment où tu es à peu près sûr que Dieu t'a sauvé d'une situation dangereuse – même si tu n'as pas senti une main réelle ? En ce moment même, y a-t-il une situation dans laquelle tu voudrais qu'il intervienne et te secoure ? Parles-en à un ami ou à un adulte digne de confiance. Et plus important encore, parles-en à Dieu par la prière. * Marjorie Lewis Lloyd, It Must Have Been an Angel, Mountain View, Calif., Pacific Press Pub. Assn., 1980. † Basée sur l'histoire intitulée « That Hand », de Muriel Parfitt Polk. Tirée du livre Guide’s Greatest Miracle Stories.

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Illustration : Xuan Le


WILONA KARIMABADI

Les mains : quelques infos

Perle biblique « N’aie pas peur, car je suis avec toi ; ne jette pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; je te rends fort, je viens à ton secours, je te soutiens de ma main droite victorieuse. » (Es 41.10, NBS)

On compte environ

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os dans chaque main de la plupart des êtres humains. La plus longue chaîne de poignée de main, impliquant

3 434

participants, a été accomplie par la Fédération sportive des aveugles de Hong Kong, à Hong Kong, le 2 novembre 2013. Source : http://www.guinnessworldrecords.com/world-records/longest-handshake-chain.

À ton tour ! Essaie de faire les actions suivantes en ne te servant d'abord que d'une seule main, et ensuite, d'aucune main. Prendre ton petit déjeuner

Peigner ou brosser tes cheveux

Lire un livre

Utiliser un appareil numérique

Cacheter une enveloppe

Boire un verre d'eau

La Bible raconte qu'alors que Pierre allait se noyer, Jésus lui a tendu la main et l'a sauvé. Tu peux lire cette histoire dans Matthieu 14.22-32.

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