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Revue internationale des adventistes du septième jour

Ao û t 2 01 2

J’ai vu

dans la

toundra

Dieu s’occupe-t-il vraiment de nous ? 8

La liberté

de conscience

24

Michael B.

Czechowski :

Héros ou rebelle ?

26

Le mariage au ciel


Ao û t 2 01 2

E N

C O U V E R T U R E

16

conflits et vous : gardez 14 Les la tête froide ! V I E

J’ai vu Dieu dans la toundra

Karen Birkett Green

Carolyn Stuyvesant

Elle a suivi Dieu dans une mission qu’elle n’a pas choisie.

A D V E N T I S T E

Réfléchissez d’abord, et parlez ensuite.

22 L’économat : un privilège C R O YA N C E S F O N D A M E N T A L E S

A. Rahel Schafer Nous sommes les partenaires de Dieu.

8 La liberté de conscience P E R S P E C T I V E

M O N D I A L E

Belina Czechowski 24 Michael (1 partie) P A T R I M O I N E

Ted N. C. Wilson

Elle est tellement importante que Jésus est mort pour la préserver.

ère

Nathan Gordon Thomas

12 La ceinture de la vérité

Rebelle entêté ou héros polonais adventiste du 7e jour ?

M É D I T A T I O N

Dick Stenbakken

Notre armure ne peut être complète sans elle.

D É PA RT E M E N T S 3

11

R A P P O R T

M O N D I A L

3 Nouvelles en bref 6 Reportage 10 Une église en un jour S A N T É

La vitamine B12

21

E S P R I T D E P R O P H É T I E

S’appuyer sur le Seigneur 26

L A

B I B L E

R É P O N D

Le mariage au ciel

www.adventistworld.org Disponible en ligne en 13 langues Mensuel publié par la Conférence générale des adventistes du septième jour et imprimé par Review and Herald, à Hagerstown, au Maryland, à l’usage de l’Église adventiste du septième jour.

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Adventist World | Août 2012

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28

É T U D E

B I B L I Q U E

Comprendre la volonté de Dieu D E S I D É E S À P A R T A G E R


Rien ne peut les arrêter

D

ans le monde du culte et de l’éducation adventistes, les rappels aux croyants de leur obligation de partager la bonne nouvelle du salut et l’ultime rédemption en Jésus-Christ sont monnaie courante. Le jour de notre baptême, juste au moment d’entrer dans l’eau, on a bien pris soin de nous dire que désormais, nous étions les témoins de la puissance et de l’amour de Dieu. Et à peine sortis de la rivière ou du baptistère, on nous a encouragés à partager l’Évangile. Depuis lors, nous avons entendu l’impératif biblique « Allez, faites de toutes les nations des disciples » (Mt 28.19) dans une bonne centaine de sermons. Malheureusement, nous structurons le partage de la bonne nouvelle comme s’il n’était qu’une réponse obéissante à un ordre. Nous investissons dans des séminaires de formation, des exercices encadrés et des sessions de pratique pour rendre plus tolérable une tâche qui semble, bien souvent, malvenue. Mais le christianisme biblique n’a que faire de ce sentiment de lourde obligation à cause duquel, comme le petit écolier de Shakespeare, nous traînons « en allant à l’école ». Une joie irrépressible court dans les pages du Nouveau Testament : nous sentons que ce qui était difficile pour ces croyants, c’était de garder le silence, et non de répandre partout le nom qui est au-dessus de tout nom ! Comment expliquer une telle différence ? Ces chrétiens racontaient leur rencontre personnelle avec Jésus. Des paroles d’admiration, de louange et de témoignage sortaient de leur bouche comme une « source d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4.14, JER), exactement comme le Maître l’avait promis. Ils se délectaient dans une amitié avec celui qui avait soudain rendu toutes choses possibles, y compris le témoignage. Ce mois-ci, tandis que vous lisez les articles saisissants sur le témoignage, priez pour une rencontre personnelle avec le Sauveur, pour une rencontre qui renouvellera l’histoire que vous avez le privilège de raconter. Pas une technique de séminaire, pas une approche mémorisée n’arrivera à la cheville du témoignage fascinant qui commence ainsi : « Ah, laissez-moi vous raconter ce que Jésus a fait pour moi ! »

RAPPORT MONDIAL

De

jeunes musiciens adventistes

perdent la vie lors d’une

collision en Moldavie

■ Trois adventistes de la Moldavie, de même qu’un autre jeune musicien, sont au nombre des victimes d’un accident de la route qui s’est produit le 1er juin dernier. Un minibus à bord duquel ils voyageaient est entré en collision avec un camion-citerne sur une route de campagne. Le conducteur du camion a également perdu la vie. Les victimes sont : Tatiana Catana et Viorica Ciobanu, deux jeunes musiciennes ; Olga Jentimir, l’épouse de l’un des musiciens et mère d’un autre musicien. Andrei Jentimir, son fils, également à bord du minibus, a subi, entre autres blessures, une fracture à une jambe et à un bras. La tragédie a aussi coûté la vie à Artur Barba, un non-adventiste âgé de 12 ans qui jouait dans l’orchestre. Les victimes étaient membres de l’église adventiste d’Ivanovca Noua, en Moldavie, et rentraient d’un service funèbre qui s’était tenu dans la ville de Ialoveni. Lundi le 4 juin, 1 500 personnes se sont rassemblées à la chapelle adventiste d’Ivanovca Noua pour rendre un dernier hommage aux victimes. Les musiciens de Singereii Noi, un village adjacent, ont aussi salué les victimes. Une équipe de sauvetage et huit ambulances se sont dépêchées sur les lieux de l’accident et ont transporté 11 musiciens blessés à l’hôpital. Plusieurs jours après l’accident, quatre d’entre eux reposaient toujours dans un état critique. La Moldavie a été bouleversée devant la gravité de la collision, et les médias ont commenté l’accident pendant plusieurs jours. La Moldavie, ou officiellement la République de Moldavie, est un État enclavé de l’Europe de l’Est situé entre la Roumanie à l’ouest et l’Ukraine au nord, à l’est, et au sud. Le pays compte 4,1 millions d’habitants. Selon les statistiques de l’Église mondiale, on y compte 10 748 adventistes répartis en plus de 150 congrégations. – Brent Burdick, Division euro-asiatique, et l’équipe rédactionnelle de Adventist World

En Israël, des érudits adventistes se rencontrent dans le cadre du projet du nouveau commentaire de la Bible ■ Plus de 60 érudits bibliques adventistes se sont réunis dans les pays de la Bible pour développer une réflexion et une stratégie dans le cadre de la rédaction d’un nouveau commentaire biblique qui s’intitulera Seventh-day Adventist International Bible Commentary (SDAIBC) (Commentaire biblique international de l’Église adventiste du septième jour). Jacques Doukhan, rédacteur en chef du projet et professeur d’hébreu et d’exégèse de l’Ancien Testament au Séminaire de théologie adventiste à Berrien Springs, au Michigan (États-Unis), a cité trois objectifs de la Suite e n p age 4

Août 2012 | Adventist World

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: P H O T O C A E S A R / A W O .

PANEL DES ÉRUDITS : Les membres du panel, lors du premier jour de la conférence de planification du nouveau Seventh-day Adventist International Bible Commentary (SDAIBC). Cette rencontre a eu lieu en Galilée, en Israël. À partir de la gauche : Ranko Stefanovic, Gerald Klingbeil, Roy Gane, Jacques Doukhan.

Mwai Kibaki, président du Kenya, prend la parole lors du lancement de la bibliothèque Judith Thomas de l’Université adventiste du Kenya. Assis à droite, on aperçoit Ted N. C. Wilson, président de la Conférence générale.

la revue Adventist Review ; et Scott Cady, du comité de liaison de Pacific Press, les éditeurs du nouveau commentaire. En appuyant sa méditation sur Ecclésiaste 7.8, Jacques Doukhan a dit que malgré l’importance incontestable de la linguistique et de l’exégèse, ou de la prière et du Saint-Esprit, aucun étudiant ne devrait négliger l’importance du temps accordé à la Parole de Dieu pour une interprétation appropriée du texte. Richard Davidson, professeur d’interprétation de l’Ancien Testament au séminaire J. N. Andrews, a exhorté les érudits à respecter leurs propres limites ainsi que l’autorité irréfutable des Écritures, et à garder à l’esprit les paroles d’Ésaïe tandis qu’ils élaborent leurs commentaires : « Voici sur qui je porterai mes regards : sur le malheureux qui a l’esprit abattu, qui tremble à ma parole. » (Es 66.2) – Lael O. Caesar, rédacteur en chef adjoint de Adventist World, dans un reportage depuis Israël, avec l’équipe rédactionnelle de AW

L A E L

conférence. L’événement s’est tenu à Kibboutz Maagan, sur la rive sud de la mer de Galilée, du 6 au 11 juin dernier. Jacques Doukhan : « Nous sommes ici, où Jésus a marché, pour nous imprégner de la terre promise. Nous sommes également ici pour réfléchir, et pour clarifier nos réactions face aux problèmes herméneutiques et méthodologiques liés à notre projet. Mais par-dessus tout, nous sommes ici pour nous rebrancher sur le Seigneur, qui est et sera l’accomplissement de nos rêves les meilleurs. » Jacques Doukhan a aussi présenté les membres du comité exécutif qui a planifié et administrera ce projet : Fernando Canale, Richard Davidson, Jiri Moskala, Teresa Reeve, et Tom Shepherd, tous du Séminaire adventiste de théologie ; Paul Petersen, de l’Institut d’enseignement supérieur d’art et de sciences de l’Université Andrews ; Kwabena Donkor et Ekkehardt Mueller, directeurs adjoints de l’Institut de recherche biblique de la Conférence générale ; Ed Zinke, ancien directeur adjoint du BRI et conseiller principal de

E C D

RAPPORT MONDIAL

Le président du Kenya inaugure la nouvelle bibliothèque de l’Université adventiste Le 28 mai dernier, Mwai Kibaki, président du Kenya, a fait l’éloge de l’Église adventiste pour son rôle de premier plan dans la promotion de la qualité de l’éducation pour les Kényans et le

continent africain, lors de l’inauguration de la bibliothèque Judith Thomas de l’Université adventiste de l’Afrique (AUA), sur le campus de l’établissement à Ongata Rongai, une banlieue de Nairobi. Mwai Kibaki : « Je félicite l’Université adventiste de l’Afrique de ce qu’elle promeut, facilite et encourage l’éducation, ce pilier de la société. » Ted N. C. Wilson, président de la Conférence générale, a accueilli le chef d’État sur le site Advent Hill où sont domiciliées l’AUA et la Division du centre-est de l’Afrique. Il a souligné l’engagement de l’Église adventiste à équiper l’université pour qu’elle puisse fournir une éducation de haute qualité telle que préconisée par l’Église. Ted Wilson : « L’Église adventiste croit à une éducation enrichissante socialement, moralement et spirituellement, et s’engage à l’offrir. L’ouverture de cette magnifique bibliothèque constitue un témoignage de cette conviction. » Étaient aussi présents à cet événement haut en couleur des administrateurs locaux, des politiciens, et des ministres du cabinet incluant Sam Ongeri, ministre des Affaires étrangères et ancien de l’Église adventiste ; Margaret Kamar, ministre de l’Éducation supérieure ; George Saitoti, membre du Parlement et ministre de la Sécurité intérieure. (Quelques jours après l’événement, M. Saitoti a succombé à de graves blessures dans un terrible accident d’hélicoptère.) La pierre angulaire de la bibliothèque


Judith Thomas, un bâtiment de trois étages, a été posée en 2005 par Moody Awori, alors vice-président du Kenya, grâce au don initial d’un million de dollars de la part de Thomas, un philanthrope américain. Un autre million de dollars a été mobilisé par le biais d’un projet spécial initié par feu James Cress, alors secrétaire de l’Association pastorale de l’Église. La Conférence générale a fourni le reste du financement pour compléter les installations au coût de six millions de dollars. La bibliothèque comportera un Centre de recherche Ellen G. White où l’on trouvera une collection spéciale de livres se rapportant au patrimoine de l’Église adventiste. On y trouvera aussi un Centre du patrimoine africain doté d’artéfacts littéraires, artistiques et culturels, et d’autres items semblables qui contribueront à la recherche sur l’Afrique. Brempong Owusu-Antwi, vice-chancelier : « La [bibliothèque] est abonnée à un grand nombre de bases de données en ligne. On aura ainsi accès à des textes complets de milliers de journaux et de livres, ce qui améliorera les travaux de recherche des étudiants. » La connexion Internet par fibre optique de la bibliothèque permettra aux utilisateurs d’accéder à toutes les informations et ressources, où qu’ils soient sur le campus. – Milton Nyakundi, Centre des médias adventistes, dans un reportage depuis Ongata Rongi, à Nairobi, au Kenya

de l’Ordre royal norvégien du Mérite, l’un des honneurs royaux les plus prestigieux accordés à des civils. C’est Knut Vollebæk qui lui a remis l’insigne au nom du roi Harald V de Norvège. L’Ordre royal norvégien du Mérite a été établi en 1985 par le roi Olav V, père d’Harald. Il est accordé aux ressortissants étrangers et norvégiens pour leur service exceptionnel envers la Norvège ou pour le bien de l’humanité. Jan Paulsen a dit à l’assistance réunie le sabbat soir, au cours du camp-meeting de la Fédération de l’est de la Norvège qui s’est tenu à l’Institut d’enseignement supérieur junior de la Norvège, que la brève raison – « service pour le bien de l’humanité » – donnée par le palais royal pour le faire Commandeur de l’Ordre

royal norvégien du Mérite signifiait beaucoup pour lui. « Ce qui compte, c’est ce que nous avons fait pour nos semblables », a-t-il dit dans son allocution. Il a paraphrasé les paroles de Jésus dans Matthieu 25 : « J’étais en prison, mais vous ne m’avez pas visité. Je souffrais du VIH/SIDA. Pourquoi m’avez-vous fui ? » Jan Paulsen a ensuite déclaré ce qu’on peut fort bien appeler la philosophie de son ministère : « Servir notre Seigneur ne relève pas de ce que l’on dit, mais de notre façon de traiter les autres. » Mark Finley, ancien vice-président de l’Église mondiale, a représenté la Conférence générale lors de la cérémonie. Il a lu une lettre de Ted N. C. Wilson, l’actuel Suite e n p age 6

Le 2 juin dernier, Jan Paulsen, un pasteur adventiste de la Norvège, a eu le plaisir de rencontrer deux amis de longue date : l’ambassadeur Knut Vollebæk, et Ole Christian Kvarme, évêque d’Oslo de l’Église luthérienne de la Norvège. En ce jour, Jan Paulsen, ancien président de la Conférence générale maintenant à la retraite, a reçu l’insigne

A D A M S / T O R TJ E R A N S E N

L’ancien président de la GC honoré par la Norvège

JAN PAULSEN HONORÉ : On aperçoit ici Jan Paulsen, Ole Chr. M. Kvarme (à gauche), évêque de l’Église de la Norvège, et Knut Vollebæk, Haut commissaire aux minorités ethniques de l’OSCE. Le pasteur Paulsen a reçu l’insigne de l’Ordre royal norvégien du Mérite lors du programme du sabbat soir qui s’est déroulé pendant le camp-meeting de la Fédération de l’est de la Norvège, le 2 juin 2012, à l’Institut d’enseignement supérieur norvégien Junior (Tyrifjord Videregående Skole).

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RAPPORT MONDIAL président de la GC, dans laquelle celui-ci remercie son prédécesseur pour son leadership exceptionnel. « Votre engagement a inspiré l’Église dans sa mission, laquelle consiste à révéler le caractère rempli d’amour du Christ à l’humanité tout entière », a écrit le pasteur Wilson. L’évêque Kvarme, qui compte au nombre de ceux qui ont proposé la nomination de Jan Paulsen pour cet honneur, a fait la connaissance de celui-ci lors du dialogue bilatéral entre la Fondation mondiale luthérienne et l’Église adventiste, de 1994 à 1998. L’évêque Kvarme et Jan Paulsen faisaient alors partie de leurs délégations respectives. « Ces consultations nous ont réunis et ont tissé notre amitié », a dit l’évêque, qui a fait remarquer que Jan Paulsen a joué un rôle de catalyseur dans le développement des institutions scolaires en Afrique de l’Ouest. La contribution du pasteur Paulsen dans le développement de l’Université Babcock au Nigeria, une institution de l’Église adventiste fort respectée non seulement au Nigeria mais aussi dans toute la région, est bien connue, a-t-il ajouté. L’évêque a aussi mentionné le lancement du Ministère international adventiste du SIDA en réponse à l’épidémie de VIH/SIDA, une initiative de Jan Paulsen. Ce ministère dispose d’un bureau en Afrique du Sud. Jan Paulsen a également coopéré avec l’Organisation mondiale de la santé dans un effort pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement, une initiative des Nations Unies. « Vous avez exercé un leadership digne de votre qualité d’adventiste consacré, de chrétien évangélique engagé, et de citoyen international distingué de la Norvège », a ajouté l’évêque Kvarme. – Tor Tjeransen, Union des fédérations de la Norvège

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Ansel Oliver, Adventist News Network, dans un reportage depuis le grand Kuala Lumpur, en Malaisie

Pleins feux sur un ministère médical mobile en milieu urbain Des adventistes apportent « Espoir mobile » aux marchés locaux

I

l est 7 heures. À un marché, une infirmière et deux ouvriers de l’église sortent d’une camionnette et installent des tables, des tabourets en plastique, et deux auvents rouges. Ces trois personnes portent des polos blancs garnis de rouge. Ils montent leur stand non pour vendre des produits, de la viande, ou des babioles comme les vendeurs à proximité, mais pour tenir une clinique de dépistage sponsorisée par l’Église adventiste. Ce ministère à plein temps, appelé Espoir mobile, offre cinq jours par semaine des contrôles médicaux de base et de l’encouragement à ceux qui sont aux prises avec de graves problèmes de santé. L’obésité étant en hausse, on découvre de plus en plus de cas de diabète – ce qui surprend certains visiteurs. Même si l’équipe ne vend rien, elle ne chôme pas. Au cours des trois prochaines heures, des douzaines de gens visitent le stand tandis que les trois membres de l’équipe effectuent des tests de dépistage de l’hypertension, du diabète, et vérifient l’indice de masse corporelle. En après-midi, ils vont rendre visite aux visiteurs réguliers, pour voir si ceux-ci ont contacté leur médecin à cause d’un problème de santé ou s’ils ont ajusté leur régime tel que suggéré.

Ce ministère, lancé en février dernier, constitue un effort ultra-local, effort rendu possible par un don extraordinaire. Une dîme de plusieurs millions de dollars versée à l’Église adventiste en 2007, qu’on appelle « dîme extraordinaire », a permis de lancer des projets à l’échelle mondiale, spécialement dans la fenêtre 10/40, une région située entre le 10ème degré de latitude Sud et le 40ème degré de latitude Nord. On estime que plus de 60 % de la population mondiale habite dans cette région, et que moins de 2 % est chrétienne. Dans la péninsule malaise, laquelle se trouve dans la fenêtre 10/40, les dirigeants de l’Église ont avancé l’année dernière l’idée d’un ministère médical mobile après avoir entendu parler d’initiatives semblables à New York et à Sydney. Certains ministères utilisent un autobus spécialement aménagé pour accueillir les visiteurs. Espoir mobile, lui, utilise une camionnette, ce qui lui permet de s’installer dans les marchés plus petits, les centres commerciaux, et les écoles. « Nous essayons de faire connaître l’Église adventiste », a dit Leong Fai, président de la Mission péninsulaire malaise de l’Église adventiste, dont l’effectif se chiffre à quelque 5 200 adventistes. L’Église adventiste est peu connue ici, même parmi ceux qui sont familiers


P H O T O S

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A N S E L

O L I V E R / A N N

TEST DE DÉPISTAGE (en haut, à gauche) : Dnas le grand Kuala Lumpur, en Malaisie, Christina Joseph, une infirmière, offre de vérifier la pression artérielle à une cliente d’un marché du matin. Christina fait partie d’Espoir mobile, un ministère médical mobile qui sert les marchés au nom de l’Église adventiste. ESPOIR MOBILE (en bas, à gauche) : Sunny Tan sort de l’équipement de la camionnette d’Espoir mobile. Ce ministère s’effectue dans les marchés locaux du grand Kuala Lumpur, en Malaisie. ENCORE UN TEST (à droite) : À un marché du grand Kuala Lumpur, Ronald Longgou (à droite) aide une visiteuse à passer un test d’indice de masse corporelle. Cet ancien ouvrier biblique est l’un des trois membres de l’équipe d’Espoir mobile, un ministère qui offre à la collectivité des tests de dépistage et des visites de suivi cinq jours par semaine.

avec d’autres confessions protestantes. La mission a son siège à Kuala Lumpur, capitale fédérale. Il s’agit de la ville la plus populeuse du pays, le grand Kuala Lumpur comptant plus de 7,2 millions d’habitants. La Malaisie est un pays économiquement fort du sud-est de l’Asie, et un exportateur majeur d’énergie, d’huile de palme, de pièces d’ordinateur. Sa religion officielle, c’est l’islam, auquel adhère environ 60 % de la population. Environ 20 % est bouddhiste, et moins de 10 %, chrétienne. « Avant Espoir mobile, de nombreuses personnes ne connaissaient pas l’Église adventiste, contrairement aux habitants de l’État de Penang », a dit Leong Fai. Il se réfère à l’île située à plus de 300 kilomètres au nord, où se trouve l’Hôpital adventiste de Penang, lequel possède une boulangerie. Le pain « adventiste » se trouve dans les magasins du grand Kuala Lumpur.

Sunny Tan, un pasteur âgé de 30 ans qui œuvre au sein de l’équipe d’Espoir mobile : « C’est en général grâce à ce pain que les gens découvrent l’Église adventiste. Nous essayons d’atteindre la population de toutes les manières possible. » L’équipe d’Espoir mobile donne un cours de cuisine une fois par mois, souvent en collaboration avec l’une des églises adventistes à proximité. Sur les sites des marchés, les membres de l’équipe et les bénévoles suggèrent aux gens d’assister à l’un des cours de cuisine pour apprendre à faire des repas sains et savoureux. Sunny dit que l’équipe travaille dans le district de Puchong depuis deux mois. Chaque jour de la semaine, cinq jours sur sept, ils s’installent dans un marché différent pour une période de trois à six mois. Il ajoute que les membres de gangs qui soutirent de l’argent aux marchands laissent

son équipe tranquille dès qu’ils apprennent qu’il s’agit d’une institution caritative. Quand vient le temps de s’installer dans un nouveau secteur, les membres de l’équipe reconnaissent qu’ils ont recours à une certaine stratégie. Sunny Tan raconte qu’une fois, ils ont demandé à un pasteur local de se joindre à eux en vêtements ordinaires. Les clients du marché se méfiaient de cette équipe en uniforme, se demandant ce qu’ils pouvaient bien vendre. « Ils ne vendent rien, a dit le pasteur pour apaiser leur scepticisme. « Entrez, et on vous offrira un test de dépistage gratuit. » « Ma femme était là aussi. Elle tenait notre bébé dans les bras, et faisait la même chose que moi », a-t-il expliqué. L’équipe a commencé sa planification en septembre dernier. Elle a créé un logo et embauché un designer pour personnaliser la camionnette. Elle a trouvé son nom en s’inspirant du slogan des cuisines mobiles de Pizza Hut. Christina Joseph, 24 ans, infirmière de l’équipe : « Ici, Pizza Hut a un slogan populaire : “Pizza mobile”. Alors nous avons choisi “Espoir mobile”, car c’est l’espoir que nous offrons. » Peu avant 8 heures, la température atteint déjà près de 29°C. Ronald Longgou, troisième membre de l’équipe, se sert de son écritoire à pince comme éventail. Cette chaleur est typique du climat équatorial de type humide. À ce moment précis, Sharon Pfeiffer, une Malaise âgée de 54 ans, se présente pour la seconde fois de la semaine. Il n’est pas rare que les gens visitent le stand jusqu’à six semaines d’affilée. « J’ai vu le stand la semaine dernière, et il m’a plu, dit Sharon Pfeiffer. J’ai été tellement impressionnée que j’ai téléphoné à mon amie », a-t-elle dit en pointant une dame chinoise plus âgée juste à côté. Sharon Pfeiffer a dit que sa famille a des antécédents d’attaque cérébrale, et qu’elle veut apprendre comment diminuer le risque d’avoir une attaque à son tour. ■

Août 2012 | Adventist World

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P E R S P E C T I V E

M O N D I A L E

L

e sabbat 28 avril 2012, lors du troisième Festival annuel de la liberté religieuse à Saint-Domingue, en République dominicaine, des milliers d’adventistes et d’invités ont reçu une bénédiction particulière pendant le culte. En effet, les jeunes et les jeunes adultes de l’Union dominicaine ont présenté des scènes bibliques qu’ils ont préparées pendant toute une année. Ces scènes, tirées depuis la Genèse jusqu’à l’Église du Nouveau Testament, mettaient l’emphase sur la liberté religieuse. La liberté religieuse et la liberté de conscience sont des dons de Dieu – des dons centrés sur le libre arbitre. Ces dons sont extrêmement importants pour tous les humains du monde entier. Ils font partie intégrante de la propagation de la bonne nouvelle du don de Jésus pour l’humanité. La liberté religieuse dans une société sécularisée Quelques jours avant le début du festival à Saint-Domingue, je me suis joint aux près de 800 délégués et invités lors du 7e Congrès mondial de l’Association internationale de la liberté religieuse (IRLA), lequel s’est tenu à Punta Cana. Là, des dignitaires du gouvernement, des dirigeants religieux et des invités du monde entier se sont réunis pour discuter, et pour promouvoir une meilleure compréhension de la liberté religieuse et de la liberté de conscience dans le contexte d’une société sécularisée. Dans un monde où certaines régions se sécularisent de plus en plus, on assiste à une multiplication des défis envers la liberté religieuse. Les adventistes ont toujours intégré la liberté religieuse dans leurs croyances, leur histoire, et leur mission. La liberté religieuse se trouve dans l’ADN même de notre Église. Parce qu’on retrouve dans la Bible l’impératif de la liberté religieuse et de la liberté de conscience, nous nous sentons très proches des croyants qui se sont faits les champions de la liberté religieuse au cours de siècles de restrictions et de persécutions religieuses.

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Adventist World | Août 2012

Ted N. C. Wilson

La

liberté de

conscıence Vivre notre foi dans un contexte La liberté religieuse est une liberté fondamentale – un droit fondamental de la personne1. Elle garantit une focalisation appropriée sur les possibilités personnelles et individuelles tout en assurant le bien-être des sociétés et des pays. Partout où on l’honore et la protège, la justice, la paix et le progrès culturel sont inévitablement en hausse. Mais il y a plus : la liberté religieuse et la liberté de conscience reposent sur des fondements bibliques. La liberté de conscience est un don de Dieu, notre Créateur et Sauveur. Il nous a créés avec le libre arbitre (voir Gn 2.16,17). C’est là une partie importante de notre dignité humaine. C’est aussi une expression du grand amour de Dieu. Or, il n’y a pas de véritable amour sans liberté d’aimer. La signature de Dieu La liberté religieuse porte la signature d’un Dieu d’amour et joue un rôle de premier plan dans le grand conflit entre Dieu et Satan, entre le bien et le mal. Au cœur du livre de l’Apocalypse – Apocalypse 13 et 14 – les puissances du mal sont décrites comme opprimant, persécutant et tuant ceux qui refusent de les adorer (Ap 13.14-17). En revanche, le peuple de Dieu proclame sa foi en Jésus –

mais ne force personne à adorer le Fils de Dieu. Les chrétiens ont toujours proclamé que Jésus est la vérité. Mais personne ne devrait être forcé d’accepter ce témoignage. Jésus n’a jamais imposé ses enseignements en utilisant sa puissance. Même ses disciples les plus intimes étaient libres de s’en aller (Jn 6.67). Le Sauveur prépara ses disciples à faire face à la persécution, mais jamais il ne leur permit de persécuter les autres ou de se venger. Il leur recommanda plutôt ceci : « Si l’on vous persécute dans une ville, fuyez dans une autre » (Mt 10.23, SEM). Jésus demanda à ses disciples d’aimer leurs ennemis au lieu d’user de violence. Cette recommandation fut de nouveau proclamée dans 1 Corinthiens 4.12, 13 : « Insultés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons ; calomniés, nous consolons. » Une approche de la sécularisation Le mouvement mondial vers la sécularisation est un processus en évolution. Une sécularisation aujourd’hui neutre, pragmatique et modérée pourrait se transformer demain en une idéologie agressive et un pouvoir coercitif. Ceci, bien entendu, ne veut pas dire que toutes


sécularisé les sécularisations modérées aujourd’hui deviendront extrémistes demain, mais nous rappelle simplement que l’histoire illustre amplement cette tendance. Il est utile de se souvenir que dans de nombreux pays occidentaux, la sécularisation a vu le jour en réaction à la domination religieuse qui a prévalu pendant des siècles. Ceci a été le cas, à différents degrés, en Europe, en Australie, en Amérique du Nord et du Sud. Dans ces pays, la sécularisation est passée progressivement d’une position modérée à une forme plus radicale. Quand elle atteint le niveau gouvernemental et est investie de puissance politique, on assiste souvent, petit à petit, à l’exclusion de la religion des affaires publiques. Ce processus, toutefois, n’est pas universel. Dans certaines parties du monde, des efforts pour imposer un modèle de société et de gouvernement sécularisé ont échoué de façon spectaculaire. Cet échec est aussi une réaction – non contre la religion, mais contre le processus de la sécularisation. Une sécularisation extrême n’est pas irréversible. Quand elle se sert de la puissance de l’État pour accomplir son programme antireligieux, elle entraîne des réactions chez les croyants. Au P H O T O

:

PA U L

L O W R Y

nombre des exemples de sécularisation agressive, il y a le retrait forcé des symboles religieux historiques sur les places publiques ; l’imposition aux institutions religieuses de la pratique de l’avortement, même quand une telle pratique s’oppose à la conscience des médecins ; et la révocation des agences d’adoption chrétiennes si elles n’acceptent pas sur leurs listes de parents possibles des couples de même sexe. La sécularisation ne cible pas seulement le christianisme, mais encore d’autres confessions. Une loi largement médiatisée en France impose aux étudiantes musulmanes soit de renoncer au port du voile islamique à l’école, soit d’aller à une école privée. Dans ces exemples et d’autres encore, l’État séculier n’est plus neutre sur le plan religieux. Il agit en faveur d’une sécularisation idéologique extrême qui ne respecte pas la liberté religieuse. Un État religieux ou un État agressivement sécularisé ? Certains croyants qui se sentent menacés par la sécularisation sont tentés d’établir un État religieux, ou du moins, un État qui soit plus favorable à leur religion. L’histoire nous a montré qu’habituellement, le premier pas vers cet objectif implique un parti politicoreligieux qui s’efforce d’obtenir l’appui des citoyens pour l’établissement d’un gouvernement religieux. De nouveau, nous pouvons tirer de grandes leçons du passé. Au fil des siècles, la religion a été au cœur des sociétés humaines. Elle était le point de référence de tout – science, art, philosophie, politique, économie. Mais comme nous le savons, la société qu’elle a inspirée n’était pas un modèle de liberté religieuse. Si l’État donne à une religion un statut légal privilégié, aucune égalité civile authentique n’est possible. La vie se transforme en cauchemar pour ceux qui croient ou pratiquent différemment. Par exemple, quel type de société condamnerait un citoyen à mort parce qu’il a changé de religion – une société

sécularisée ou une société religieuse ? Hélas, de telles violations directes des droits de l’homme sont parfaitement légales dans certains pays, voire enchâssées dans leurs constitutions ou leurs codes pénaux. En tant que membres d’une minorité religieuse, les adventistes devraient être avertis lorsque les mouvements religieux de leurs sociétés adoptent des méthodes politiques. L’histoire témoigne des impacts désastreux de l’union de l’Église et de l’État sur la liberté religieuse. Jésus a dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde » (Mt 18.36). Par conséquent, aucun pays sur terre ne peut prétendre être le « royaume de Dieu ». Au mieux, tout gouvernement humain sera une tentative imparfaite d’établir la paix en protégeant la liberté et les droits de tous. En revanche, les racines de la persécution sont plantées dès que l’État devient sacré. En devenant « divin », il trahit sa véritable mission. Une liberté fondamentale Si on me demandait de choisir entre un État religieux et un État extrêmement sécularisé, eh bien, je ne pourrais choisir ni l’un ni l’autre. Nous avons vu la liberté religieuse piétinée par les deux. Mon choix doit toujours aller vers un État où la liberté religieuse est décrite comme une liberté fondamentale et jouit du statut de droit de l’homme. Un État sécularisé peut être soutenu par les croyants tant et aussi longtemps qu’il ne s’oppose pas aux valeurs de leur foi. Les chrétiens sont appelés à obéir aux autorités et à respecter l’État. Mais quand il y a conflit entre la foi de Jésus et les revendications de l’État, notre mandat est clair : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » (Ac 5.29) La plupart des « sociétés sécularisées », comme nous les appelons, sont encore un espace ouvert où les gens peuvent exprimer leurs différentes opinions. Cet « espace ouvert » produit des tensions, et dans un tel contexte, ceux qui ne disent rien risquent de n’avoir rien à dire…

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Une

église en un jour

P E R S P E C T I V E M O N D I A L E

1 Voir la « Déclaration universelle des droits de l’homme », adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948. Même les organisations soi-disant sécularisées ont reconnu et sauvegardé ce droit.

Ted N. C. Wilson est le

président de la Conférence générale de l’Église adventiste du septième jour, à Silver Spring, au Maryland (États-Unis).

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R O B I N : P H O T O S

Qui dit tensions dit occasions Tandis que des tensions surgissent, il y aura des occasions de partager notre foi et nos valeurs. Si une sécularisation intolérante, idéologique attaque notre foi, nous devons défendre celle-ci avec conviction. Ne nous laissons pas intimider. Au lieu d’abandonner, faisons face à l’opposition avec les armes chrétiennes de l’espérance, de la patience, de la persévérance, de la bonté, et de l’amour. Engageons-nous pleinement par le précepte et l’exemple à promouvoir la liberté religieuse et la liberté de conscience. Parlons de nos positions et défendons-les avec amabilité, grâce, conviction et passion. Recherchons la sagesse divine dans l’accomplissement de la grande œuvre qui consiste à défendre la liberté religieuse, à nous assurer l’appui gouvernemental et municipal, de même que celui de la population. Encourageons spécialement nos jeunes et nos jeunes adultes à faire preuve de vigilance constante et d’une activité incessante à l’égard de la liberté religieuse et de la liberté de conscience pour tous. Nous avons le merveilleux privilège de recevoir et de partager ces dons de Dieu à notre endroit. ■

E A S T

Sizinda, Zimbabwe

Tandis que nous cherchons à savoir comment vivre dans un contexte sécularisé (avec toutes ses tensions) tout en restant fidèles à nos valeurs et à nos croyances chrétiennes, nous devons accepter cette tension entre la sécularisation et la religion comme faisant partie d’une société libre. Nous devons relever les défis et trouver les réponses appropriées à travers la direction divine.

Dans le cadre du projet « Une église en un jour », il faut trois jours aux bénévoles pour construire l’église à Sizinda, au Zimbabwe. Le premier jour, ils montent la charpente en acier, la vissent fermement, et entreprennent le toit. Le second jour, ils terminent les chevrons et vissent le toit en tôle. Mais comme ils ont laissé les pièces en acier pour le faîtage de la toiture au camp, trois hommes retournent le jour suivant pour terminer la construction. Chaque jour, des membres de l’église locale travaillent aux côtés des bénévoles. Un homme, vêtu d’une salopette orange vif, se tient au bord du terrain et observe inlassablement le chantier du matin au soir, tous les jours. Les bénévoles terminent enfin le faîtage. Deux d’entre eux rapportent COOPÉRER AVEC DIEU : les outils au camion tandis que BobLe bénévole Bobby by, le troisième bénévole, va saluer Williams (à droite) l’homme en salopette orange. Après une courte salutation aux côtés de l’homme et une poignée de main, l’homme qui a prié Dieu pour qu’il y ait un jour demande à Bobby : « Puis-je vous une église dans son village. UNE PRIÈRE raconter une histoire ? » EXAUCÉE : À Sizinda, au Zimbabwe, cette « Mais bien sûr ! » nouvelle église adventiste constitue un « En 1964, j’ai commencé à prier témoignage à la fidélité de ses membres. Dieu de nous aider à construire une église dans mon village. Pendant des années, j’ai prié tous les jours, sans succès. Nous continuions de nous réunir sous cet arbre. « Puis, en 1994, un ange m’est apparu dans un songe, et m’a dit qu’une église serait construite ici. J’ai donc prié plus souvent encore, et nous avons commencé à construire nous-mêmes une église en briques brutes. « Il y a trois ans, j’ai eu un nouveau songe. Plusieurs fois, en fait. Dans mon songe, un ange est venu ici et a construit cette église en acier pour nos membres. » Robin, l’un des autres bénévoles, se joint à Bobby et écoute l’homme poursuivre son histoire. « Monsieur, continue-t-il, je vous ai observé, vous et votre équipe tandis que vous construisiez cette église. Tout est exactement conforme au songe. » Il fait une courte pause, histoire de trouver les bons mots. « L’ange dans mon songe, c’est vous, Monsieur. Je vous remercie du fond du cœur pour ce don merveilleux. Puis-je vous serrer la main ? » Tandis que Bobby et Robin retournent au camion, Bobby essuie une larme et dit doucement : « Tu sais quoi, Robin ? On m’a donné toutes sortes de noms dans ma vie, mais c’est la première fois qu’on m’appelle un ange. »

Le programme « Une église en un jour » est le fruit d’une collaboration entre l’Église adventiste, l’Association des entrepreneurs adventistes (ASI), et Maranatha Volunteers International. Des histoires comme celle-ci vous parviennent grâce à Dick Duerksen, le « conteur d’histoires » de Maranatha.


La

B12

vitamine

S A N T É

En avez-vous suffisamment ?

Allan R. Handysides et Peter N. Landless

Je suis ovo-lacto-végétarien depuis de nombreuses années. Récemment, à la suite de tests sanguins, on a découvert que mon taux de vitamine B12 était très bas. Bien que je ne mange des œufs que très occasionnellement, j’ai quand même été surpris. Je pensais que les ovo-lacto-végétariens n’étaient pas censés faire de carence en cette vitamine.

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otre question est pertinente pour tous les végétariens, mais aussi pour les gens qui se croient protégés parce qu’ils consomment un peu de lait, ou même du poisson. Le Département du Ministère de la santé recommande un régime végétarien équilibré – pour ceux qui habitent dans une région du monde où fruits frais, céréales, noix et légumes abondent. La vitamine B12 ne se trouve pas dans un régime totalement végétal, sauf par une contamination bactérienne du sol ou par l’enrichissement du sol avec du fumier. Les adventistes se réfèrent souvent au régime édénique ; malheureusement, nous n’avons plus accès à un tel régime depuis la chute. Ce n’est qu’au ciel que nous dégusterons du fruit de l’arbre de vie. On recommande fortement – et ceci est largement pratiqué par ceux qui ont adopté un régime végétalien, ou « vegan » comme on entend parfois – de prendre des suppléments de vitamine B12. Seul le lait de soja enrichi de B12 équivaut au lait. P H O T O

:

D AV E

VA S A N T

Les laits de soja non enrichis ne comptent pas comme des équivalents laitiers. Chose intéressante, les participants de l’Étude adventiste sur la santé n° 2 (AHS2), une étude dirigée par l’Université de Loma Linda en Californie, aux États-Unis, consomment plus de vitamine B12 en tant qu’ovo-lacto-végétariens que même les non végétariens ; et les végétaliens consomment plus de B12 que les pesco-végétariens (ceux qui ne mangent pas de viande sauf du poisson). Étant donné les très petites différences (jusqu’ici) entre tous les types de végétariens, il n’est pas possible de déterminer clairement lequel est supérieur, bien que tous les végétariens devancent de façon significative les non végétariens dans presque toutes les catégories examinées jusqu’ici. Comme l’étude n’est pas encore terminée, il est impossible de répondre avec autorité à la question « Quel est le meilleur régime végétarien ? » à partir des résultats actuels de l’étude. Théoriquement, les adeptes du régime ovo-lacto-végétarien n’ont pas besoin de supplément, mais il est dangereux d’être « presque végétalien » sans prendre la précaution, à l’instar de la plupart des végétaliens modernes, de consommer des aliments enrichis de vitamine B12. L’anémie pernicieuse est une condition où l’absorption de vitamine B12 est déficiente. En vieillissant, notre capacité d’absorption diminue aussi. Ceci veut dire que même des suppléments de B12 peuvent ne pas s’absorber correctement. Il existe des formes de vitamines B12 qui peuvent être absorbées à travers la muqueuse de la bouche, de même que des formes injectables de B12. Si vous êtes une personne âgée, la simple hypothèse d’un régime déficient peut ne pas être tout à fait juste. L’anémie pernicieuse

devrait être considérée et vous devriez être traité en conséquence. Selon l’Étude adventiste sur la santé n° 2, la plupart des ovo-lacto-végétariens consomment environ deux équivalents de lait par jour, ce qui correspond à deux verres de 250 ml de lait ou à des quantités comparables de produits laitiers. Lorsque nous débattons de la supériorité d’un régime végétarien par rapport à un autre, nous entrons dans le territoire de l’opinion plutôt que des faits avérés. Ce débat cessera sans doute quand nous disposerons de données solides. Pour le moment, nous n’en sommes pas encore là. À une époque où l’épidémie d’obésité fait rage dans le monde entier, il nous arrive, en tant qu’adventistes, de nous focaliser davantage sur les différences des oligoéléments plutôt que d’arracher nos enfants du sofa, de les faire bouger, et de réduire leur consommation de calories à partir d’aliments souvent très raffinés. Les problèmes les plus urgents à l’échelle mondiale sont l’excès de calories, le manque d’exercice, l’excès de sel et de gras. Par conséquent, nous recommandons l’approche simple suivante : consommer une variété d’aliments entiers non transformés en quantité suffisante. ■

Le Dr Allan R. Handysides, gynécologue certifié, est directeur du Ministère de la santé de la Conférence générale. Le Dr Peter N. Landless, cardiologue en cardiologie nucléaire, est directeur adjoint du Ministère de la santé.

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M É D I T A T I O N

La

Dick Stenbakken

vérité

CEINTURE de la S

i on vous demandait de décrire un centurion ou un soldat romain, par où commenceriez-vous ? Vos yeux s’arrêteraient-ils sur sa cuirasse étincelante ? Peut-être commenceriez-vous votre description par le casque distinctif orné de bronze et pourvu d’une crête. Mais Paul, lui, commence sa description de l’armure romaine/chrétienne (Ep 6.10-18) avec la ceinture de la vérité. « Tenez donc ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture » (Ep 6.14). La ceinture romaine Pourquoi Paul commence-t-il avec un article aussi ordinaire qu’une ceinture ? La plupart d’entre nous avons toutes sortes de ceintures dans nos penderies. Nous les portons avec nos jeans, jupes, ou pantalons. À notre époque, la ceinture est un accessoire vestimentaire courant, ordinaire, banal. Mais quel rôle jouait-elle aux jours de Paul ? J’en étais là dans mes réflexions jusqu’à ce que ma recherche révèle que le cingulum ou cingulum militare, ou ceinture militaire romaine, était l’un des articles les plus importants de l’armure du soldat romain. Le cingulum faisait environ 6,2 centimètres de large. Il était souvent garni d’une boucle élaborée en bronze et d’un ardillon d’environ 4 centimètres passant à travers la boucle. La ceinture du légionnaire était habituellement assez neutre, sans ornement. Cependant, plus un légionnaire comptait d’ancienneté et de service, plus on ornait sa ceinture, et plus celle-ci se distinguait. La ceinture des centurions de haut rang était complètement couverte de plaques de bronze rivetées, à l’exception de l’ardillon. Les archéologues ont excavé des plaques de ceinture de différents motifs et ornements. On décorait celles des centurions de très haut rang par la technique du niellage. Il s’agit d’un processus par lequel on remplit le métal gravé avec du sulfure de plomb et de cuivre pour l’obtention d’un motif contrastant. Ensuite, la surface niellée est polie pour éliminer tout surplus de métal. Souvent, le bronze était plaqué d’argent, ce qui donnait un motif cloisonné d’une remarquable beauté. La ceinture d’un militaire romain était si distinctive qu’un soldat romain pouvait trahir son identité uniquement en

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A N T O N

K U C H E I M E I S T E R


ceindre nos

reins de la vérité

portant sa tunique et sa ceinture. Pour punir un soldat, on lui imposait un travail supplémentaire (cette forme de discipline est dotée d’une longue histoire), lequel consistait souvent à monter la garde en tunique (elle a l’apparence d’un t-shirt extra long à la hauteur des genoux), mais sans ceinture. Or, sans cette ceinture distinctive, la tunique ressemblait à un vêtement de femme… Quelle humiliation, quel embarras pour le soldat châtié ! Si un légionnaire mettait vraiment les pieds dans le plat, son commandant lui retirait sa ceinture, ce qui voulait dire que le soldat indigne de ce nom n’appartenait désormais plus à la légion. Ainsi, le cingulum était une pièce très importante de l’armure romaine. Plus qu’un accessoire de mode Le cingulum était beaucoup plus qu’un simple accessoire de mode. Il était doté de multiples fonctions aussi vitales que pratiques. Il assurait le bas de la cuirasse, la gardait en place, et garantissait une meilleure protection. Il aidait à prévenir le frottement qui se produisait quand l’armure était trop lâche. On pouvait ajuster les sangles de la ceinture pour une meilleure efficacité. Avez-vous remarqué que Paul dit de ceindre la ceinture ? En plus d’ajuster l’armure au corps, la ceinture tenait aussi la bandoulière en cuir sur laquelle le gladius, ou courte épée romaine, et son fourreau étaient suspendus. Cette bandoulière était solidement fixée sous la ceinture et gardait l’épée à portée de main. Le soldat romain portait aussi, accroché au cingulum, un pugio, ou poignard. Il utilisait ce poignard pour les combats corps à corps. Aucun soldat ne serait paré au combat sans cette arme suspendue à sa ceinture. De la ceinture des légionnaires pendait un tablier, ou sporran, composé de cinq à huit lanières en cuir ornées de pièces métalliques. Ce sporran descendait à la hauteur des genoux, vis-à-vis l’aine. Ses lanières faisaient de 2,5 à 4 centimètres de largeur chacune. Quand l’armure romaine passa de la cotte de maille (laquelle descendait environ aux genoux) à la cuirasse articulée (qui ne se rendait, elle, qu’à la taille), les soldats ajoutèrent le sporran pour empêcher la tunique d’être soulevée par le vent et pour protéger le

P H O T O

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D I C K

S T E N B A K K E N

bas-ventre. La valeur protectrice du sporran lors de la bataille était minimale. Par contre, celui-ci avait un impact psychologique car le cliquetis métallique qu’il provoquait au cours des marches était un moyen d’intimider l’ennemi. Leçons à retenir Contrairement à nos ceintures modernes, il est clair que la ceinture romaine avait de nombreux objectifs vitaux. Rien d’étonnant à ce que Paul commence sa description de l’armure spirituelle par la ceinture de la vérité. Jésus a dit : « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jn 14.6) Imaginez un peu : Jésus veut nous entourer comme une ceinture solide et nous garder près de lui dans les batailles de la vie. Il veut s’associer intimement à nous. Lorsque nous lui permettons d’être notre vérité essentielle, nos semblables peuvent clairement reconnaître en nous ses disciples, tout comme on reconnaissait le soldat romain à son cingulum. La vérité divine n’est pas un simple accessoire. Jésus, vérité vivante, apporte un aspect pratique réel, terre-à-terre, fonctionnel à notre existence, à tout ce que nous faisons et sommes. Il nous fournit l’équipement nécessaire pour faire face à notre ennemi spirituel. Encore une chose importante à retenir : la ceinture de la vérité n’est pas une arme. Elle ne doit pas être utilisée pour blesser ou détruire. Elle doit plutôt faire partie de l’armure qui procure force, zèle, beauté et stabilité à notre vie. Décidément, Paul fit preuve d’une grande clairvoyance lorsqu’il commença par la ceinture de la vérité. Nous serions avisés de la porter chaque jour. La ceinture de la vérité… L’avez-vous portée aujourd’hui ? ■

Dick Stenbakken, maintenant à la retraite,

a été directeur du Ministère de l’aumônerie adventiste. Il écrit de Loveland, au Colorado.

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V I E

A D V E N T I S T E

L

es relations familiales – particulièrement celles entre les conjoints et leurs enfants – constituent les liens les plus étroits, les plus intimes que nous puissions connaître. Au sein de la structure familiale, il est donc tout naturel que des conflits surgissent. Ils peuvent éclater à partir de choses aussi banales qu’une serviette laissée sur le plancher, ou aussi complexes que les finances. Le désaccord, quelle qu’en soit l’origine, peut atteindre des niveaux explosifs. Bien que les conflits soient parfois le signe avant-coureur d’une dysfonction familiale, d’une séparation, voire d’un divorce, ils constituent cependant une partie inévitable de l’existence humaine. Par conséquent, comment peut-on croire ceux qui disent : « Nous ne nous disputons jamais – nous sommes d’accord en toutes choses » ? Une telle déclaration a de quoi inquiéter car l’un des deux conjoints pourrait étouffer ses vrais sentiments pour « acheter la paix ». Des émotions continuellement refoulées entraînent un résultat de loin plus grave que si l’on avait traité les problèmes de façon appropriée au moment où ils se sont produits. Les conflits étant souvent considérés comme une chose négative, nous cherchons à les éviter à tout prix. Cependant, ils comportent certains aspects positifs ! Abordés de la bonne façon, ces « aléas de la route » peuvent, en fait, fortifier les relations. Les aspects positifs des conflits 1. Les conflits présentent différents aspects d’une situation. Ils peuvent donc conduire à de meilleures solutions. 2. Ils peuvent nous révéler les sentiments du conjoint et des autres membres de la famille. Ainsi, la compréhension mutuelle s’en trouve accrue. 3. Ils favorisent la confiance en soi et la connaissance de soi pour autant que l’on soit capable de formuler et d’exprimer librement son point de vue.

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Les

Karen Birkett Green

et vous : conflits gardez la

tête froıde ! Résoudre les conflits familiaux à la manière du Christ

4. Les conflits, si abordés convenablement, peuvent susciter des façons appropriées de résoudre des problèmes et montrer qu’il est normal de ne pas toujours être d’accord. 5. Une fois les conflits abordés et résolus, on obtient un sentiment de satisfaction, de compréhension mutuelle, et de paix. On peut enfin passer à autre chose puisque les problèmes ont été résolus. Des approches de résolution malsaines Dans nos tentatives pour résoudre les désaccords, rien n’est plus facile que de nous y prendre de façon malsaine. D’entrée de jeu, nous essayons de prouver que notre point de vue est la seule solution possible. Cependant, une telle attitude

nous fait tomber facilement dans le piège des approches de résolution malsaines. En voici quelques-unes. 1. Insultes La discussion prend la saveur d’une attaque personnelle plutôt qu’une tentative mûre d’aborder le problème et de le résoudre. 2. Hystérie Au lieu de discuter calmement du problème, l’individu en proie à l’hystérie s’engage dans un comportement destructeur. Constamment sur la défensive, il menace, blâme, crie, harcèle. 3. Rappel du passé Ramener sur le tapis les griefs passés ne sert qu’à élever la tension. On risque de sortir du sujet, ce qui n’aide certainement pas à résoudre le problème actuel.


4. Surgénéralisation Des phrases telles que « tu es toujours en retard » ou « tu ne téléphones jamais » constituent-elles la réalité ? Ne surgénéralise-t-on pas ? C’est à vérifier ! Des déclarations aussi péremptoires ne servent qu’à donner à la situation des proportions exagérées. 5. Le silence/l’ignorance Refuser de parler – on ne dit plus un mot sur le conflit, ni sur quoi que ce soit – constitue l’une des pires erreurs à faire. Une telle approche ne fait que rendre l’autre personne furieuse. En outre, elle entraîne le refoulement de pensées et de sentiments qui finiront, tôt ou tard, par « exploser ». 6. Maltraitance physique La maltraitance physique est un comportement grave et inacceptable. Elle introduit une dynamique dangereuse et violente : l’un se transforme en agresseur, l’autre, en victime. Le conflit devient alors beaucoup plus difficile à résoudre. L’avenir tout entier de la relation est menacé. Garder la tête froide Une résolution appropriée des conflits honore Dieu et respecte les droits, opinions et sentiments de l’autre. Que faire donc pour résoudre les conflits de façon appropriée ? Voici quelques idées. 1. Définissez le problème. Un problème clairement défini permet de bien encadrer la discussion et favorise une conversation fructueuse. 2. Écoutez attentivement, soyez ouvert d’esprit. Dans une situation conflictuelle, nous ne pensons généralement qu’à une chose : prouver notre point de vue. Une telle disposition nous empêche d’écouter avec attention et ouverture d’esprit ce que l’autre dit. Une perspective différente et une autre solution au problème risquent alors de nous échapper. 3. Posez des questions claires. Une écoute attentive encourage les questions. Or, poser des questions per-

met de clarifier les choses et de faire sentir à l’autre que vous l’écoutez vraiment, que ses idées sont importantes pour vous. 4. Reformulez ce que l’autre a dit. Une fois que vous avez clarifié le problème et que vous comprenez bien le point de vue de l’autre, reformulez-le dans vos propres mots. Ceci non seulement vous assure que vous comprenez vraiment son point de vue, mais lui montre que vous respectez ses opinions. 5. Ne coupez pas la parole. Lorsque l’autre parle, veillez à ne pas lui couper la parole. Si vous craignez d’oublier ce que vous voulez dire, prenez note de vos idées et partagez-les quand c’est votre tour de parler. Après avoir reformulé le point de vue de l’autre, partagez le vôtre. Bien entendu, l’autre doit suivre les mêmes étapes pour comprendre votre façon de voir les choses. 6. Traitez l’autre avec respect. Écoutez et présentez votre point de vue dans le respect des sentiments et des opinions de l’autre. Interrompre, ignorer, crier et rabaisser ne fait qu’envenimer la situation. Honorer Dieu En tant que chrétiens, nous cherchons à honorer Dieu dans toutes nos interactions. Malheureusement, il nous arrive de ne pas appliquer ce principe dans nos rapports familiaux parfois complexes. Cependant, la famille est l’un des plus grands dons que Dieu nous a accordés. Si nous traitons les nôtres avec amour et respect, nous honorerons le Seigneur. Une évaluation personnelle consciencieuse nous permettra de mieux aborder le conflit et ainsi, de rendre gloire à notre Créateur. « Une réponse douce calme la fureur, mais une parole blessante excite la colère. » (Proverbes 15.1) Voilà qui est sage ! Le ton avec lequel nous parlons et les mots que nous utilisons ont un grand impact sur la résolution de conflit. Un ton plein de douceur et des paroles

attentionnées calment et apaisent les situations tendues. Tandis que nous luttons pour mieux aborder la résolution de conflits, la Parole de Dieu nous pousse à nous abandonner à Dieu et provoque une prise de conscience. Nous devons nous écrier avec le psalmiste : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes préoccupations ! » (Ps 139.23). Les paroles que nous prononçons ne sont, à vrai dire, que l’écho de notre cœur (Mt 12.34). Tandis que nous permettons à Dieu de sonder nos cœurs, celui-ci nous indiquera ce qui nous blesse et nous fait exploser de colère. Certains jours, les conflits peuvent vous sembler insurmontables. Vos tentatives les plus honnêtes pour les résoudre n’ont-elles pas échoué ? Si tel est le cas, n’ayez pas honte de chercher conseil auprès d’un pasteur fiable ou d’un conseiller chrétien qui peut vous fournir une perspective impartiale. La Bible déclare : « Quand les directives font défaut, le peuple tombe ; et le salut est dans le grand nombre des conseillers. » (Pr 11.14) En tant qu’adultes, nous donnons le ton à la santé relationnelle de notre famille. Notre façon de réagir à un conflit sert de témoignage non seulement à nos enfants, mais aussi aux autres. Efforçonsnous donc de résoudre les conflits à la manière divine, afin de donner à Dieu honneur et gloire en toutes choses. ■

Karen Birkett Green,

titulaire d’une maîtrise en service social, est conseillère et écrivain pigiste. Elle habite à Charlotte, en Caroline du Nord, aux États-Unis. Elle et Xavier, son mari, sont les fondateurs de Zavkay Family Services, une organisation destinée à fortifier les familles et les églises par la présentation de séminaires.

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E N C O U V E RT U R E

Carolyn Stuyvesant

J’ai vu

P

endant près de trois ans, presque chaque jour, je fais monter cette prière : « Ô Dieu, je t’en prie, ne m’envoie pas dans le champ missionnaire. Ne m’envoie pas en Afrique, ou en Inde, ou en Nouvelle-Guinée ou n’importe où ailleurs – enfin, tant et aussi longtemps que je serai célibataire. D’accord, j’irai si c’est vraiment ce que tu veux, mais franchement, j’espère que ce n’est pas ta volonté. Y aller une fois mariée ? Oui ! Mille fois oui ! Mais célibataire ? Je me sentirais tellement seule ! Et puis, qui s’occuperait de moi ? (Cet épisode se passe avant le mouvement de libération de la femme – quand les femmes désiraient que leurs maris les aiment, les chérissent et prennent soin d’elles.) Que ferais-je toute seule, soir après soir, à la lueur d’une lampe au kérosène ? Qui serait avec moi au moment du danger ? Oui, je sais que Dieu prend soin de son peuple. Il le console, le protège, et l’aide – enfin, selon mes observations, parfois oui… mais parfois non. Si quelqu’un me demandais si je crois qu’il s’occupe vraiment de moi, je répondrais sûrement : « Je sais qu’il le fait. » Mais quelque part, au fond de mon cœur, j’ai quand même peur de ce qui pourrait arriver. Alaska, me voici ! Un jour, je reçois une lettre de l’Alaska. C’est ma sœur Elizabeth qui m’écrit. Dans cette lettre, mon beau-frère, le Dr Harvey Heidinger, a jugé pertinent d’ajouter son grain de sel : « Si tu es assez brave et assez riche [je ne suis ni l’un ni l’autre],

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tou

dans la

nous pouvons nous arranger pour que tu puisses visiter quelques villages à l’intérieur des terres. » Le vrai message de cette lettre, c’est qu’en fait, à la mi-juillet environ, Elizabeth et Harvey vont déménager d’Anchorage et partir peu après pour l’Orient, où ils serviront en tant que missionnaires quatre ou cinq ans. Si donc je veux leur rendre visite, mieux vaut venir bientôt. Immédiatement, je décide de travailler pendant mes congés et de faire des heures supplémentaires pour avoir un peu d’argent de poche et prendre de petites vacances. Cette idée « plutôt brave » me convient. Où vais-je habiter si je vais faire un tour dans les villages alaskiens ? Je ne suis pas riche. Comment, sans argent, ajouter cet extra à mon voyage ? Soudain, une idée me traverse l’esprit. Voilà l’occasion rêvée de mettre Dieu à l’épreuve ! Soir après soir, au moment de me mettre au lit, je décide d’être suffisamment courageuse pour me rendre dans l’intérieur des terres. J’irai aussi loin que possible, de façon aussi indépendante que possible, et une fois sur place, je verrai bien ce que Dieu va faire. Va-t-il vraiment prendre soin de moi ? J’écris à Elizabeth et à Harvey. « D’accord, je viens. Je ne suis pas riche, et peut-être pas brave, mais j’aimerais tout de même entreprendre un périple dans l’intérieur des terres. Organisez les choses comme bon vous semble. » Je sais que ce voyage se fera dans un petit avion. Or, il se trouve que je P H O T O

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J E R E M Y

S A U S K O J U S


ndra

Dieu s’occupe-t-il vraiment de nous ? n’aime pas les petits avions. Je décide de rédiger un testament provisoire, juste au cas où je ne reviendrais pas. Je nettoie mon appartement à fond, et enfin, je m’envole de Los Angeles à Anchorage – un vol de six heures. À mon arrivée, Harvey me dit : « Nous t’avons organisé un merveilleux périple qui te conduiras à un village. L’hôpital autochtone gouvernemental te demande d’escorter un bébé jusque chez lui. Le pilote part demain après-midi (vendredi). Tu peux débarquer à Nondalton ou à Newhalen. Ensuite, tu peux visiter quelques autres villages et revenir mardi. C’est gratuit puisque tu escortes un patient. » Où vais-je habiter pendant ces quatre ou cinq jours ? Personne ne semble vraiment le savoir. Après quelques heures de sommeil, nous nous levons en ce vendredi matin nuageux. J’emballe mes affaires : des vêtements de rechange, un sac de couchage, de la nourriture – c’est tout ce que je prends. L’aventure commence À environ trois heures de l’après-midi, tout se met en branle. Quelqu’un me tend un petit bébé autochtone âgé de 10 mois et un sac en papier rempli de couches et de bouteilles. Sur une étiquette sur le dos du bébé, on lit un nom : Esther1. Il est aussi écrit « pneumonie », « 10 mois » et « Nondaltonienne ». Mais je n’ai pas qu’un enfant. En fait, on me confie trois autres autochtones – Mary, John, 10 ans, et Alice, 9 ans.

Nous nous envolons au-dessus des eaux ridées du golfe de Cook. Au loin, des montagnes se dressent dans différents tons de bleu. Des nuages blancs, gris et bleuâtres se poussent à qui mieux mieux dans le lointain du ciel bleu. La neige s’accroche aux pics qui effleurent les nuages. Filtrant à travers ceux-ci, le soleil jette des ombres bleutées et argentées sur pics et baies. Nous arrivons enfin à la péninsule de Kenai. Ici, les épinettes battues par les éléments peuplent les marécages, lesquels s’étendent sur des kilomètres et des kilomètres. Les orignaux pataugent dans la boue et sillonnent la toundra. Les enfants sont silencieux. Ils ne font que nous répondre au-dessus du vrombissement du moteur. Je me mets à penser à Dieu, au Dieu qui a créé l’eau, les épinettes, et le ciel. Le monde semble tellement ordonné ici ! Je me sens un peu coupable de mettre Dieu à l’épreuve. Mais c’est plus fort que moi. Je veux savoir. Me connaît-il personnellement ? Bientôt, Arnold, notre pilote, nous emmène de nouveau au dessus de l’eau. Ah, si vous pouviez goûter à l’ambiance de ce jour-là ! Dans cette région isolée, tout est calme, silence, et quiétude. Au bout d’un moment, nous mettons de nouveau le cap sur les montagnes et apercevons la rivière Newhalen que nous suivons pendant des kilomètres entre des pics enneigés. Pas une maison, pas une route, pas une voiture en vue. Enfin, nous amerrissons à Nondalton après avoir effectué quelques cercles au-dessus de l’eau. Deux douzaines

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Découvertes Peu après le petit déjeuner, les trois enfants entrent à la maison en courant. « Nous avons trouvé un nid d’oiseau, crient-ils tout excités. « Vite, venez voir ! Il est dans l’eau, au milieu des joncs. » Je me tourne vers Kathy, 11 ans : « Comment fait-on pour s’y rendre ? » « On prend le radeau en caoutchouc, expliquet-elle. C’est pas loin ». Kathy, son amie Jeannine et moi nous glissons silencieusement dans le radeau et pagayons quelques mètres jusqu’à un nid en boue tout rond qui s’élève de quelques centimètres au-dessus de l’eau. Joe, 6 ans, et Dick, 9 ans sont déjà là. Ils sont venus en radeau, eux aussi. Ils font le moins de bruit possible. Nous nous approchons suffisamment

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L’A R C T I Q U E D E F A U N E L A D E N AT I O N A L R E F U G E

d’autochtones s’en viennent en courant. Je rends le bébé amérindien et la petite Alice à leurs parents. Nous sommes à près de 400 kilomètres d’un train ou d’une route nationale. Dieu est sûrement ici. Mais quand je serai plus loin, que va-t-il faire de moi ? Nous décollons de nouveau. Une fois de plus, nous survolons la rivière Newhalen, ainsi que la toundra et ses épinettes jusqu’au lac Iliamna, lequel fait plus de 160 kilomètres de long. Au bout d’un moment, Arnold, qui transporte le courrier aussi bien que les enfants, me dit : « Où prévoyez-vous rester ce soir ? » Je lui réponds de façon décontractée. « Oh, dans une école, je pense, ou dans la toundra ». Nous nous posons à la surface de l’eau près de la maison du pilote, à environ 11 kilomètres de Newhalen, un village. Naomi, la femme d’Arnold, vient à notre rencontre à bord d’un minibus. Autour, on aperçoit quelques petits sentiers carrossables. Arnold décolle de nouveau pour aller livrer le courrier. Naomi m’emmène chez eux. Elle m’explique que l’école est fermée et me déconseille de dormir dans la toundra. Ce ne serait pas prudent. « Que diriez-vous de notre cabine d’invités ? » Bien que le soleil ne soit pas encore couché, il se fait tard. J’accepte cette offre avec joie. À table, nous dégustons de la nourriture végétarienne en boîte que j’ai apportée. Qu’il leur est agréable de manger autre chose que de la viande séchée d’orignal ! Toute la famille se régale. Pour dessert, il y a de la tarte au citron. C’est étrange, ils sont tout heureux de la nourriture que j’ai apportée. Dieu savait-il qu’ils en ont assez de la viande d’orignal ? On dirait bien que oui ! Et la tarte au citron ? Il sait bien que c’est mon dessert favori. Et dire qu’à mon arrivée, tout était prêt et réfrigéré ! Et comme si ce n’était pas assez, des fuchsias en pots – l’une de mes fleurs préférées – égayent le salon. Les enfants chantent quelques mesures du chant « Il tient le monde entier dans ses mains ». Dieu doit vraiment me dire quelque chose. Cette idée ne me quitte pas d’une semelle. Ce soir-là, au moment de me mettre au lit, toutes sortes de pensées me trottent dans la tête. C’est vraiment trop facile. Comment mettre Dieu à l’épreuve quand je n’arrive même pas à me retrouver seule ? Que faire pour m’éloigner des gens ? Je sombre dans un sommeil troublé, et à mon réveil, ce trouble ne m’a pas quittée.

Voilà l’occasion rêvée de mettre Dieu à l’épreuve ! Soir après soir, au moment de me mettre au lit, je décide d’être suffisamment COURAGEUSE pour me rendre dans l’intérieur des terres.


J’ai vu pour voir dans le nid tapissé d’herbe deux œufs de la taille de ceux d’une poule. Au loin, un huard du Pacifique nous observe. Il est si gracieux qu’il semble irréel. De retour à la rive, nous apercevons trois sternes arctiques en train de plonger pour attraper du poisson. La queue fourchue de ces oiseaux d’un blanc pur semble balafrer le ciel bleu. De grands chevaliers s’envolent en criant lorsque je les effraie involontairement. Les paroles de Jésus me viennent alors à l’esprit : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » (Mt 6.26) Huards, sternes, grands chevaliers… Le Père céleste prend soin d’eux. « Il tient le monde entier dans ses mains », continuent de chanter les enfants. De retour à « la maison », Naomi nous suggère d’aller rendre visite à une autochtone qui a un bébé âgé de cinq jours. Évidemment, il faut y aller en avion. L’avion, c’est tout ce dont on dispose pour voyager dans cette région. À l’idée de faire un tour quelque part, les enfants battent des mains. Après avoir survolé de petites îles, nous amerrissons finalement à côté d’un petit village. Ma sœur m’a envoyé une boîte de vêtements de bébé à distribuer. C’est donc avec un plaisir considérable que je les offre à cette maman et à sa magnifique petite fille. Ô Dieu, dans cette petite île isolée, tu as accompagné cette Inuit dont le mari est parti pêcher la plupart du temps. Tu as été là pour le nouveau-né et les autres enfants. Tu as même envoyé des vêtements pour bébé ! Bien que la pluie menace, nous décollons, puis atterrissons sur une plage de galets. Nous marchons sur les fougères et la mousse spongieuse. Si les choses imposantes vous émerveillent, alors admirez les montagnes recouvertes de glace qui se dressent devant vous ; si les petites choses vous subjuguent, alors examinez le cœur des fleurs de canneberges roses à vos pieds. Si le calme vous enchante, le silence vous servira à souhait ; si le bruit vous fait exulter, les grands chevaliers que vous dérangez vous feront plaisir en criant 108 fois par minute, et sur le lac Iliamna, le vent va hurler, les vagues vont se briser, la pluie va chanter. Et si vous avez envie de musique, l’écho des paroles merveilleuses de ce chant se répercutera sur les rives : « Il tient le monde entier dans ses mains »… Mes mains. Elles sont si petites. Serait-ce pour ça que je ne peux comprendre combien celles de mon Père sont grandes ? Les fleurs de la toundra sont superbes. On y voit, entre autres, des fleurs blanches, toutes petites, en forme d’étoile, qui poussent dans l’herbe. Les fleurs de canneberges ? Il y en a à profusion. Le cornouiller nain d’une hauteur de près de 8 centimètres fleurit parmi le lichen des rennes. « Observez comment croissent les lis des champs », dit Jésus il y a longtemps à une foule de gens qui se demandaient ce que Dieu ferait pour eux (Mt 6.28). Est-ce que Dieu s’occupe vraiment de ces choseslà ? se demandaient-ils. Sait-il vraiment que nous avons besoin de vêtements ? Retenant leur souffle, ils attendirent. Pourquoi Jésus leur parlait-il des lis des champs – de ces lis que personne

dans la

toundra

n’avait plantés et qu’on remarquait à peine ? D’une voix magnifique, mélodieuse, Jésus poursuivit : « Ils ne travaillent, ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs qui existe aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? […] Ne vous inquiétez donc pas du lendemain. » (v. 28-34) Aujourd’hui, près de 2 000 ans plus tard, j’entends sa douce voix murmurer : « Carolyn, observe comment croissent les fleurs. Ne t’inquiète pas. » Nous nous envolons, trop tôt il me semble, et rentrons à la maison. Tandis que nous survolons l’eau miroitante, la culpabilité m’envahit de nouveau. Pourquoi est-ce que je veux mettre Dieu à l’épreuve pour voir s’il me connaît vraiment ? Les oiseaux, les fleurs, même les agates des plages des îles parlent de celui qui sait tout, qui prend soin de tout et de tous. N’a-t-il pas inspiré David à écrire il y a longtemps ces merveilleuses paroles : « Où irais-je loin de ton Esprit et où fuirais-je loin de ta face ? […] Si je prends les ailes de l’aurore, et que j’aille demeurer au-delà de la mer, là aussi ta main me conduira, et ta droite me saisira. » (Ps 139.7-10) ? Je ne veux pas être de ceux qui doutent. Non. Je ne veux que faire l’expérience personnelle de la tendre sollicitude de Dieu envers moi. Mais ici, là où les montagnes se chevauchent à la lisière de la toundra, là où presque personne n’habite, je passe le moment le plus délicieux qui soit. J’ai essayé de me perdre, mais en vain. J’ai essayé de passer un mauvais quart d’heure, mais sans succès. Quel Dieu doux et compatissant ! Ce soir, je fais une longue promenade entre deux averses. Le ciel, de bleu qu’il était, est gris maintenant. Une brise fraîche chatouille le lac. Le brouillard cache les montagnes couvertes de glace. Un silence humide s’installe – un silence qui nous enveloppe et renforce le sentiment d’être au bout du monde. Il teinte les maisons de gris, brouille les joncs abritant le nid du huard, étouffe le cri strident du goéland. Est-ce là le glorieux lac Iliamna d’il y a seulement quelques heures ? Oui, c’est le même lac. Les mêmes oiseaux, le même lichen des rennes, les mêmes montagnes. Ce monde tout gris, il le tient aussi dans ses grandes et tendres mains. Je vais au lit tôt cette nuit-là, et me réveille le lendemain matin dans un monde plus gris encore. Le jour avance. Il me tarde de faire cette expérience où Dieu prendra réellement soin de moi – de moi, seule, dans les lieux les plus reculés. Cependant, je n’ose lui demander davantage, car il me semble que ce ne serait pas juste de ma part. En soirée, Naomi m’emmène visiter Trish, un professeur qui habite à plus de 5 kilomètres de chez elle. Je découvre une femme pleine de vivacité dont le mari est parti pêcher sur la côte avec tous les hommes et la plupart des femmes. Ses petites filles, Martha et Shirley, sont tout aussi vives qu’elle. « Venez, et restez avec moi, me dit Trish. Comme mon mari est parti, je dors au rez-de-chaussée, vous pouvez donc dormir à l’étage. C’est si agréable d’avoir quelqu’un ici ! Je suis heureuse que vous soyez venue. »

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J’ai vu

dans la

toundra

L’appel Quelle jeune mère enthousiaste ! Je suis sûre qu’elle est une véritable encyclopédie quant aux problèmes, aux épreuves, aux possessions, aux joies et aux chagrins qui sont le lot d’un professeur dans un village inuit. Nous bavardons jusqu’à minuit. L’une de ses petites filles porte les cicatrices de blessures infligées par un de leurs huskies. Soudain, Trish se lève. « Dans une minute, il sera minuit, dit-elle. Allons voir le temps qu’il fait. » Le brouillard s’est dissipé. Au nord-est, on distingue des pans de bleu. Des nuages cramoisis nous rappellent que le soleil s’est couché peu avant et se lèvera dans deux heures et demie.

Jésus est là. Je suis là. Nous sommes ensemble – rien que nous DEUX .

Un silence profond, spacieux, règne en maître ; au loin, sur un ciel magnifique se découpent des montagnes majestueuses. Soudain, des oiseaux se mettent à pépier non loin d’ici. Dans ce vibrant crépuscule de minuit, le sommeil me fuit. Pourquoi dois-je aller dormir ? Il le faut pourtant. Le temps de monter l’escalier et de me mettre au lit, les moineaux commencent à chanter leur chant matinal. Imaginez, des moineaux qui chantent dans la toundra à 1 heure ! Impossible de dormir. Je reste allongée, parfaitement éveillée, et j’écoute un moineau solitaire qui, à son tour, brise le silence – il est là, dans la grande épinette juste à côté de la fenêtre de ma chambre. Je réfléchis à la façon dont Dieu tient dans ses mains une telle beauté depuis des siècles. Non, Dieu ne se fatigue pas. Et je veux, une fois de plus, savoir ce qu’il en est de Dieu et moi. Pourrait-il – va-t-il – m’en révéler un peu plus ? Alors, je fais ce que n’avais pas l’intention de faire. Je m’endors. Dans mon sommeil, il me semble traverser à pied l’immense toundra plate. Toute seule. Équipée d’un sac à dos, je marche longtemps, très longtemps. Au loin, des montagnes se profilent sur le ciel aux couleurs flamboyantes de rouge, d’orange, et de magenta. Je marche sans arrêt. Pas une maison. Pas une voiture. Cette marche se poursuit sur des centaines de kilomètres, sans que j’en ressente la moindre fatigue. Loin, toujours plus loin ! Je m’étonne du mystère, de la splendeur, du silence qui prévalent à ce moment-là. Soudain, j’entends une voix derrière moi. Une voix

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merveilleuse et douce qui me dit : « Carolyn ! » Je m’arrête tout de suite, et me tournant à gauche, j’aperçois, à quelques mètres de la piste, une croix qui fait peut-être 3 mètres de hauteur, et sur elle, la sombre silhouette d’un homme. Comme c’est étrange ! Comment se fait-il que je n’ai pas vu cet homme en passant ? me dis-je en m’approchant un peu. La lueur orange du ciel illumine la campagne. Je m’arrête. Je suis seule. Avec lui. Avec Jésus. J’attends, émerveillée. Il m’a appelée. Il m’a appelée par mon nom. Et je suis étonnée. Suis-je vraiment seule avec lui ? Je regarde dans toutes les directions. Personne. Seulement Jésus. Il est là. Je suis là. Nous sommes ensemble – rien que nous deux. Et il me dit doucement, ô combien tendrement : « Carolyn, je suis mort pour toi. Je serai avec toi jusqu’au bout du monde. » Je me réveille. Il est 2 heures. À travers la porte à double vitrage, j’assiste au spectacle extraordinaire d’un magnifique lever de soleil. Je reste couchée jusqu’à 7 heures. De douces pensées, des pensées impressionnantes s’imposent à moi : Jésus est mort pour moi – et il sera avec moi jusqu’au bout du monde. Il est mort pour moi ! Pour moi ! Il sera avec moi jusqu’au bout du monde – en Afrique, en Asie, en Nouvelle-Guinée, n’importe où, partout ! Il y a 2 000 ans, Jésus dit à son peuple : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28.20) Ceci a été écrit pour vous et pour moi. Pourquoi ne l’ai-je pas cru ? Lundi. Nous retournons à Anchorage. Certaines personnes rentrent de vacances avec des poupées inuits et de l’ivoire. En ce qui me concerne, je rapporte de ce périple deux phrases qui resteront gravées dans mon cœur à tout jamais. « Carolyn, je suis mort pour toi. Je serai avec toi jusqu’au bout du monde. » Trésors précieux, ô combien précieux, du cœur de Dieu au mien. Cette expérience s’est produite en août 1963, alors que j’avais 33 ans. Quarante-neuf ans plus tard, je m’émerveille en pensant combien mon Sauveur a accompagné la célibataire que j’étais et a pris soin d’elle pendant son séjour de 10 ans en Afrique, et pendant ses trois voyages autour du monde. Si vous êtes une jeune célibataire qui se demande quelle est sa place dans les rêves de Dieu, mettez votre confiance en Jésus. Il ne vous abandonnera jamais. Il ne m’a jamais abandonnée. ■ 1 Dans cet article, il s’agit de noms fictifs pour la plupart des personnes mentionnées, par respect pour leur vie privée.

Carolyn Stuyvesant a passé de nombreuses

années comme missionnaire outre-mer. Actuellement, elle profite d’une retraite fort active à Loma Linda, en Californie, aux États-Unis.


E S P R I T

D E

P R O P H É T I E

Ellen G. White

S A N T S T U Y V E

S’appuyer sur le

N C A R O LY

Tout le monde peut servir Dieu

P H O T O

:

I S I E C O U R T O

D E

N

L’auteur de l’article de la rubrique « En couverture » de ce mois-ci a servi Dieu en tant que célibataire sur plusieurs continents du monde.

Les abondantes bénédictions du ciel sont prêtes à se répandre sur nous.

ous devons atteindre un niveau plus élevé. Nous ne faisons pas tous les progrès qu’il est de notre devoir ou de notre privilège de faire. Comment se fait-il que nous nous servions des talents que Dieu nous a donnés dans les affaires séculières et non à son service ? Ne devrions-nous pas avoir un intérêt plus grand pour les choses éternelles que pour celles qui concernent nos besoins temporels ? Nous avons entendu exprimer le désir que les maris et les familles entrent dans la vérité. C’est bien ; ce devrait être un souhait éminent. Mais faisons-nous tout notre devoir ? Faisons-nous tous les progrès que nous devrions faire ? Ne sommes-nous pas loin d’accomplir notre devoir dans notre marche en avant ? N’agissez pas en naines spirituelles. Nous aimons voir les nouveau-nés et observer leurs mines de bébés, mais les mêmes réactions nous répugneraient chez un enfant de deux ans. De même, la femme chrétienne doit croître. Soyez conformes au Christ, et non déformées. Sentez-vous ancrées en Christ. Qu’il y ait de la solidité parmi les sœurs qui sont seules. Évitez la frivolité et veillez constamment. Les abondantes bénédictions du ciel sont prêtes à se répandre sur nous. Ne soyez pas égoïstes. Pour beaucoup trop, la religion ne consiste qu’en ceci : moi et ma famille. Elles ne feront aucun effort pour en aider d’autres et leur faire du bien. En ce cas, Dieu ne peut les bénir. C’est lorsque nous sommes arrachés à notre moi que Dieu nous bénit. Il désire que nous nous séparions de nous-mêmes. Ce que nous semons, nous le récolterons. Si vous semez l’égoïsme, vous récolterez l’égoïsme, c’est-à-dire que cet égoïsme sera attaché à vous. Sortons de nous-mêmes et parlons de la miséricorde et des bénédictions de Dieu. Que toutes les sœurs sentent que si elles n’ont pas de mari sur lequel s’appuyer, elles pourront s’appuyer plus fermement sur Dieu. Chacune de nos sœurs peut être une missionnaire vivante, et illuminer chaque réunion. Agissons-nous comme si nous avions été appelées des ténèbres à une merveilleuse lumière ? ou comme si nous traînions un boulet derrière nous ? Nous devons parler lumière et prier lumière, et la lumière pénétrera. Si seulement les femmes de l’Église voulaient montrer que Dieu peut travailler par elles ! C’est Marie qui la première prêcha Jésus ressuscité. […] De plus riches bénédictions attendent celles qui affrontent les conflits les plus angoissants, car le Christ est un secours qui ne manque jamais dans la détresse. Mais nous devons nous débarrasser de notre égoïsme ; connaissons l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, et ainsi nous deviendrons de plus en plus semblables à Jésus, jusqu’à ce que la couronne d’immortalité soit placée sur notre front. ■ Cet extrait a paru dans le livre Levez vos yeux en haut, p. 139. Les adventistes du 7e jour croient qu’Ellen G. White (1827-1915) a exercé le don de prophétie biblique pendant plus de 70 ans de ministère public.

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NUMÉRO 21

C R O Y A N C E S F O N D A M E N T A L E S

L’ÉCONOM À

« À l’Éternel la terre et

l’ouïe du mot « économat », beaucoup de chrétiens pensent immédiatement à la dîme prescrite par Dieu, soit 10 % du revenu. Il va sans dire que Dieu s’attend à une utilisation responsable de l’argent qu’il nous a donné ; toutefois, l’image biblique de l’économat est de loin plus large et beaucoup plus positive. Dans Lévitique 25, il est question de l’année sabbatique. Celle-ci touche aux ressources environnementales, à l’argent et aux possessions, au temps et aux possibilités, et présente les principes de l’économat qui devraient pénétrer dans notre vie et notre cœur. Voici plusieurs facettes importantes de l’économat biblique. 1. Le soin de la terre constitue notre responsabilité primaire. « La terre se reposera, ce sera un sabbat en l’honneur de l’Éternel. […] Pendant six années tu ensemenceras ton champ […] Mais la septième année il y aura un sabbat, un repos total pour la terre […] Tu ne moissonneras pas ce qui proviendra des grains tombés de ta moisson » (Lv 25.2-5). L’ordonnance à l’égard de l’année sabbatique commence avec un rappel : les humains sont les gardiens de la terre. Dieu nous a créés à son image. On peut même aller jusqu’à dire que nous sommes le couronnement de la création. Cependant, nous n’avons pas pour mission de nous exalter et/ou d’exploiter les ressources environnementales sur lesquelles nous dominons. En fait, les humains doivent agir en tant que représentants de Dieu sur la terre, et gérer la planète exactement comme lui s’il était à leur place. Les verbes hébreux que l’on trouve dans Genèse 1.26-28 n’autorisent pas la maltraitance, mais exigent plutôt une gestion avertie de la création. Genèse 2.15 réitère ce principe de l’économat de l’environnement en utilisant les verbes hébreux normalement associés à la gérance sacerdotale du temple pour indiquer le soin que les humains devaient apporter au jardin. Jésus nous recommanda de prendre soin des animaux en détresse, même si en faisait ainsi il nous faut faire le sabbat ce que l’on considère habituellement comme du travail (Mt 12.11 ; Lc 13.15 ; 14.5). Dieu tient les humains responsables de l’état de la terre et de toutes les créatures qu’elle renferme (Rm 8.19-22 ; Ap 11.18). 2. Les gens (et les animaux) sont plus importants que le profit. « Grâce au repos de la terre vous aurez de la nourriture,

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toi, ton serviteur, ta servante, le salarié et le résident temporaire qui séjournent avec toi, ton bétail et les animaux qui sont dans ton pays ; tout son produit servira de nourriture. » (Lv 25.6,7) L’année sabbatique ne comportait pas seulement le repos de la terre. Durant cette période, la production du sol devait revenir aux nécessiteux, aux opprimés, et aux animaux. Pour Dieu, l’assistance au pauvre était de loin plus importante que l’accumulation d’argent ou de biens matériels. Dans Deutéronome 26.2-14, les Israélites devaient donner même la dîme aux pauvres et aux affamés. Dans Matthieu 23.23, Jésus réitéra l’intention transformatrice de la loi en déclarant que la justice et la miséricorde sont inséparables d’une dîme acceptable. De son côté, Paul dit que s’il ne fallait pas nous dépouiller pour venir en aide aux indigents, nous devions, en revanche, donner autant que possible, et non strictement ce qui est requis (2 Co 8.12-14). 3. Les avantages de ce monde ne sont que temporaires. « Si vous dites : Que mangerons-nous la septième année, puisque nous ne sèmerons pas et ne recueillerons pas nos récoltes ? Je vous accorderai ma bénédiction la sixième année, qui donnera une récolte pour trois ans. » (Lv 25.20,21) L’année du jubilé était une année sabbatique spéciale : on affranchissait les esclaves et la terre retournait à son propriétaire d’origine. Cependant, plus encore que pendant l’année sabbatique typique, quiconque vivait de la terre pouvait se demander comment il survivrait à cette longue période sans cultiver le sol. Dieu rappela aux Israélites sa promesse de bénir et de soutenir ceux qui seraient fidèles à sa loi et laisseraient la terre en repos. On trouve ici un langage semblable à celui de Malachie 3.8-12, où Dieu promet de déverser ses bénédictions sur tous ceux qui lui retournent fidèlement leurs dîmes. La confiance en Dieu implique de renoncer non seulement à nos possessions et à notre argent, mais encore à notre temps et aux possibilités d’avancement (trois années de jachère, affranchissement des esclaves, restitution de toute terre achetée, interdiction de charger de l’intérêt ou de recevoir des pots-de-vin). Dans le Nouveau Testament, les croyants comprirent la valeur de ces principes du jubilé, et tentèrent de les appliquer en tout temps tandis qu’ils mettaient tout en commun, secouraient


. un privilège . AT A. Rahel Schafer

ce qu’elle renferme »

les nécessiteux, et soutenaient l’affranchissement de l’esclavage (Ac 2.42-46 ; 4.34,35 ; 5.14-16 ; Ga 3.28 ; Col 3.11 ; Ph 15-17). 4. Tout ce que nous possédons appartient à Dieu. « La terre ne se vendra pas à titre définitif ; car le pays est à moi » (Lv 25.23). Il importe de détailler les exigences de l’économat au sujet de l’environnement, de l’argent, des possessions, du temps et des possibilités. Toutefois, le principe le plus crucial, c’est que le monde et tout ce qu’il contient appartient à Dieu. Nous pensons habituellement que seule la dîme doit aller à Dieu (Lv 27.30), mais en réalité, tout ce que nous avons appartient au Créateur (Ps 24.1 ; 1 Ch 29.14). Notre corps même ne nous appartient pas, car nous avons été unis au Christ et avons été rachetés par son sang (1 Co 6.15-20). 5. L’économat est un appel ultime à se réjouir dans la rédemption. « Tu craindras ton Dieu ; car je suis l’Éternel, votre Dieu […] qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte, pour vous donner le pays de Canaan, afin que je sois votre Dieu. » (Lv 25.17,38) L’exercice de l’économat est un réel privilège. Deutéronome 14.22-29 nous appelle à nous réjouir en apportant au Seigneur nos dîmes et nos offrandes. Retourner la dîme, c’est rendre à Dieu ce qu’il nous a confié. Ce geste nous rend reconnaissants envers celui qui nous a rachetés de la destruction et nous a donnés tant de bonnes choses.

En outre, Dieu nous demande d’utiliser ces dons pour propager l’Évangile et pour aider ceux qui sont dans le besoin. D’un cœur reconnaissant, nous amenons d’autres personnes à cette même rédemption, répandons la bonne nouvelle et hâtons le retour de Jésus. Tout comme les dîmes soutenaient les prêtres dans l’Ancien Testament (Nb 18.26 ; 2 Ch 31.4-6), notre soutien à l’égard des ministres de l’Évangile équivaut à soutenir Dieu lui-même (2 Co 8 ; 1 Co 9.8-14). Nous devrions nous réjouir d’un tel privilège (Rm 15.26). Récemment, je me suis rendu au centre-ville de Chicago. Les nombreux sans-abri et démunis m’ont rappelé à quel point je suis béni et riche. Cependant, même si nous devions perdre nos maisons et tous nos biens matériels, souvenons-nous que nos vraies richesses sont, en réalité, les choses spirituelles. Nous demeurons les économes de Dieu, économes de notre temps, de nos possibilités, et donnons chaque instant de notre vie à notre Sauveur qui a tout donné pour nous. ■

A. Rahel Schafer est professeur adjoint du Département de religion de l’Université Andrews, à Berrien Springs, au Michigan (États-Unis). Elle et Kirk, son mari, aiment faire des randonnées, de l’escalade, et diriger des groupes de jeunes de l’Église.

La gestion

C H R É T I E N N E de la V I E

Nous sommes les économes de Dieu, qui nous a confié du temps, des opportunités, des aptitudes, des possessions, les bénédictions de la terre et de ses ressources. Nous sommes responsables par-devant lui d’en faire un usage adéquat. Nous reconnaissons ses droits de propriété sur toute chose en le servant fidèlement, lui ainsi que nos semblables, en lui rendant la dîme et en lui faisant des offrandes pour la proclamation de l’Évangile, le soutien et le développement de son Église. Cette gestion est un privilège que Dieu nous accorde afin de nous faire croître dans l’amour et de nous aider à vaincre l’égoïsme et l’avarice. L’économe fidèle dont la gestion résulte en bénédictions pour ses semblables s’en réjouit. (Gn 1.26-28 ; 2.15 ; 1 Ch 29.14 ; Ag 1.3-11 ; Ml 3.8-12 ; 1 Co 9.9-14 ; Mt 23.23 ; 2 Co 8.1-15 ; Rm 15.26,27)

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P A T R I M O I N E

1ère partie

E

n 1856, James White tint des réunions évangéliques sous la tente à Perry’s Mills, dans l’État de New York. Ces réunions attirèrent l’attention de Michael Czechowski. Baptisé l’année suivante à Findlay, en Ohio, cet ancien prêtre et révolutionnaire commença une longue carrière de prédicateur que son Église fut parfois réticente à soutenir. Plus tard, il se servit du soutien financier des adventistes du 1er jour pour répandre la foi adventiste du 7e jour… Les historiens ne s’entendent pas sur son histoire. Michael Czechowski était-il un rebelle entêté ou un héros polonais adventiste du 7e jour ?

Un prêtre indocile Né en Pologne en septembre 1818, Michael Czechowski étudia jusqu’en 1835 à Cracovie, une importante ville du sud du pays. Un jour, touché par un sermon éloquent d’un prêtre franciscain, il décida de servir l’Église. Il entra au monastère franciscain à Stopnica, le premier de plusieurs autres où il poursuivra ses études. Un certain temps après son ordination à Varsovie, la capitale, il se rendit compte que ce qu’il prenait pour une réelle dévotion cléricale n’était que pure hypocrisie. Michael Czechowski s’impliqua alors dans des mouvements de réforme nationale. Il réussit de peu à échapper aux autorités russes qui occupaient alors cette partie de son pays natal. En octobre 1843, il décida de visiter Rome pour se plaindre de la corruption sacerdotale. Il foula le sol italien en octobre 1844, et eut un entretien avec le pape Grégoire XVI. Cette rencontre ne servit pas à grand-chose. Il se rendit ensuite à Paris, pour y découvrir que le clergé français ne différait pas du clergé polonais. Désillusionné, il s’attacha davantage à la Parole de Dieu. Il œuvra avec zèle pour l’intégrité sociale, mit sur pied des cours d’études bibliques, prêcha la tempérance, et établit des groupes pour l’amélioration sociale. Un tel zèle ne plaisait pas vraiment à ceux dont il bousculait les pratiques égoïstes. Après environ une année d’une telle réforme, on l’emprisonna pour activités politiques. Une fois relâché, Michael Czechowski se rendit à Londres pour y retrouver des amis. Mais à peine quelques mois plus tard, il revint à Paris pour œuvrer en faveur des immigrés polonais. Il s’impliqua de nouveau dans des activités politiques, tandis que ses compatriotes en Pologne souffraient sous la férule russe, prussienne, et autrichienne. Le fougueux vicaire organisa même une armée de « libération » pour libérer la Pologne, mais comme la plupart des efforts nationaux polonais de cette époque, cette insurrection se solda par un lamentable échec. Michael Czechowski retourna à Paris et y travailla jusqu’en juillet 1849. Certaines autorités religieuses, estimant qu’il était un fauteur de troubles, l’exclurent de leurs assemblées.

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Michael Belina

Czechowski Héros ou rebelle ? Nathan Gordon Thomas

Du célibat au mariage Au cours des 15 mois suivants, Michael Czechowski troqua les vœux de célibat contre les vœux de mariage. En septembre 1850, il sortit de la prêtrise, et en octobre, il épousa Marie Virginia Delavouet. Pour échapper à la persécution, il déménagea à Londres. En 1851, les Czechowski s’établirent dans l’État de New York, aux États-Unis. Dans ce pays libre et heureux, Michael fut débarrassé de ses anciens persécuteurs. Il demeura et travailla en Amérique du Nord au cours des 13 années suivantes. Au début, avec quatre dollars en poche, il se mit en quête d’un travail. Trois jours plus tard, il décrocha un emploi dans la fabrication de briques, au New Jersey. Du matin au soir, il peinait sans relâche. Mais ce travail était trop dur pour lui. Des amis lui avancèrent l’argent nécessaire pour qu’il se rende à Montréal, au Canada. Relieur de formation, il trouva un emploi dans la reliure – un travail beaucoup moins épuisant. En trois mois, il put s’acheter son propre atelier. En 1852, un incendie rasa la partie de la ville où il s’était établi. C’est alors que la Société missionnaire baptiste l’invita à travailler chez les Canadiens français du comté de Clinton, dans le nord de l’État de New York. Les baptistes étaient fiers de compter dans leurs rangs cet homme instruit qu’ils considéraient comme d’ascendance noble. Michael Czechowski parlait sept langues et prêchait l’Évangile avec un zèle infatigable. Son œuvre était, somme toute, excellente. Il gagna de nombreuses âmes provenant du catholicisme, son ancienne religion, et de façon générale, exerça une influence bénéfique sur le comté de Clinton. P H O T O

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C O U R T O I S I E

D U

E L L E N

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W H I T E

E S TAT E


Un adventiste de valeur Un jour, James White vint à Perry’s Mills, dans l’État de New York, la ville où Michael Czechowski habitait. Il y tint une campagne d’évangélisation sous la tente. Cette campagne attira l’attention de Michael Czechowski. Celui-ci comprit alors qu’il ne pouvait se contenter d’aider les baptistes dans le comté de Clinton. Il se réjouit de découvrir le retour imminent de Jésus. Sa soif constante de vérité l’incita à accepter le message évangélique pour son temps. L’année suivante, il se convertit à la foi adventiste du septième jour et se joignit à l’Église du reste par baptême. Il décida ensuite de s’établir à Battle Creek, au Michigan, où se trouvait alors le siège de l’Église adventiste. Il y travailla de nouveau comme relieur. Il rencontra James et Ellen White, lesquels l’accueillirent chaleureusement. Sa personnalité et sa spiritualité les impressionnaient. Ils n’avaient jamais vu un néophyte tel que lui. Ils acceptèrent de lui financer un voyage missionnaire dans le nord de l’État de New York pour prêcher la vérité présente à ses anciens amis. De retour dans le comté de Clinton, Michael Czechowski dut régler une foule de choses. Il devait encore de l’argent à ses anciens supporters baptistes. En fait, il lui restait une hypothèque de 50 $ et diverses autres dettes contractées tandis qu’il y habitait. James et Ellen lui donnèrent chacun cinq dollars et d’autres membres d’église l’aidèrent à liquider ses dettes. Dans le nord de l’État de New York, Michael Czechowski travailla avec succès auprès des francophones. James White rendit témoignage de sa valeur. « C’est la providence qui l’a mis sur notre chemin », écrivit-il*. Avec un autre pasteur francophone, Michael Czechowski mit sur pied une conférence pour les français. Mais presque soudainement, semble-t-il, il décida de se rendre à la ville de New York pour y travailler auprès des différents groupes ethniques. Il expliqua qu’il n’était pas fermier, qu’il avait accompli sa mission dans le nord de New York, et ne pouvait soutenir sa famille financièrement là où il se trouvait. Un avertissement rejeté James White sembla comprendre. Ellen et lui continuèrent d’aider les Czechowski financièrement. Cependant, le 3 août 1861, Ellen reçut une vision où Dieu lui révéla que Michael Czechowski faisait fausse route. Elle le désapprouva, lui disant qu’au lieu de chercher conseil avant de bouger, il n’avait fait que suivre son propre jugement. Mais Michael Czechowski ne tint pas compte de cet avertissement inspiré. Il organisa des petits groupes de Polonais, de Français, d’Allemands, de Suédois et d’Anglais en des congrégations qu’il appela églises. James lui conseilla de retourner travailler dans le Vermont et dans le nord de l’État de New York jusqu’à ce que l’Église ait établi un système plus organisé dans la ville de New York.

Malheureusement, il devint évident que Michael Czechowski, malgré ses qualités, était loin d’être malléable. Il déménagea néanmoins au Vermont, là où le frère D. T. Bourdeau lui avait trouvé une maison. Tout en évangélisant ce secteur, il entreprit la rédaction de son autobiographie en espérant qu’elle lui rapporterait de l’argent. Mais son livre ne lui rapporta rien. Bientôt, devant ses piètres compétences de gestionnaire et son incapacité de prendre des conseils de quiconque, l’Église lui retira son soutien financier. Michael Czechowski décida de retourner en Europe le 14 mai 1864 pour y réaliser son grand désir, à savoir répandre sa nouvelle foi parmi ses compatriotes européens. Il y travailla pendant les 12 années suivantes. Au début, les adventistes du 1er jour le soutinrent financièrement. Ils étaient loin de se douter qu’il se servait de leurs fonds pour proclamer la doctrine adventiste du 7e jour. Michael Czechowski commença en Italie, puis déménagea en Suisse où, le 7 février 1866, il baptisa les deux premiers européens adventistes du 7e jour dans les eaux glacées du lac de Neuchâtel. En juin, sept évangélistes soutenaient sa mission en Europe. Mais son plus grand succès, qui causa plus tard sa chute, fut Tramelan, site de la première église adventiste organisée en Europe. Albert Vuilleumier, lequel avait animé certaines des premières conférences de Michael Czechowski, remarqua un jour un exemplaire de la Review and Herald dans les affaires de Michael Czechowski. Il prit note de l’adresse et communiqua avec Uriah Smith, l’éditeur. Les dirigeants de l’Église en Amérique furent stupéfaits de découvrir qu’il y avait des adventistes du 7e jour en Europe, tandis qu’Albert Vuilleumier et son église francophone furent stupéfaits d’apprendre qu’il existait d’autres adventistes quelque part ! Bien que Michael Czechowski leur eût apporté la vérité, ils n’arrivèrent plus à faire confiance à cet homme qui avait gardé secrète l’existence de sa confession. Peu après, les adventistes du 1er jour apprirent que Michael Czechowski prêchait le sabbat du 7e jour et lui coupèrent les vivres. Pour ces raisons, ou peut-être pour quelque autre motivation dont nous ne pouvons être sûrs, cet homme spécial choisit de poursuivre son parcours énigmatique en partant pour la Hongrie en 1869. [Suite en octobre] ■ * James White, Review and Herald, 30 décembre 1858.

Nathan Gordon Thomas, titulaire d’un

doctorat, est professeur émérite d’histoire à l’Institut d’enseignement supérieur Pacific Union à Angwin, en Californie, aux États-Unis. Son courriel : gordonna54@yahoo.com.

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L A

B I B L E

R É P O N D

Le Les gens se marieront-ils au ciel ?

mariage

Voilà une question qui m’est souvent posée par des célibataires ! De temps en temps, des gens mariés me la posent aussi. Les célibataires veulent en avoir le cœur net parce que s’il n’y a pas de mariage au ciel, alors mieux vaut, à leur avis, se marier et avoir des enfants maintenant. Et les gens mariés ? Pourquoi posent-ils cette question ? Rien n’est sûr, mais dans la plupart des cas, il semble qu’ils voudraient poursuivre leur vie conjugale au ciel (quoique dans certains cas, certains souhaitent peut-être s’en libérer pour de bon !). La Bible donne une réponse qui, bien que claire, semble soulever un problème théologique. 1. La réponse de Jésus. Ce sont les sadducéens qui abordèrent le sujet avec Jésus. Ils espéraient, en effet, réfuter la doctrine de la résurrection. Ils présentèrent donc un cas hypothétique fondé sur la loi biblique du lévirat, laquelle stipulait que le frère d’un homme décédé sans avoir laissé d’enfants devait épouser la veuve du défunt pour assurer la postérité de celui-ci. (voir Dt 25.5,6). Sept frères, dirent-ils, durent tour à tour épouser la même femme parce qu’aucun d’entre eux, de son vivant, n’avait eu d’enfants avec elle. Puis ils soumirent à Jésus cette question : « À la résurrection, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme, car les sept l’ont eue pour femme ? » (Mc 12.23) C’était, bien entendu, une tentative pour discréditer l’idée de la résurrection. Jésus releva leur ignorance : ils ne savaient pas ce que les Écritures enseignaient sur la résurrection, et connaissaient encore moins la puissance d’un Dieu capable de ramener les morts à la vie. Il présenta ensuite le principe implicite de la question. Les sadducéens assumaient que la vie après la résurrection serait une continuité de la vie telle que nous la connaissons actuellement. Jésus les surprit en leur indiquant un élément de discontinuité significatif : « En effet, quand ils ressusciteront d’entre les morts, les hommes ne prendront pas de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges dans les cieux. » (v. 25) Selon Luc, il clarifia sa pensée comme suit : « Mais ceux qui seront trouvés dignes d’avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris. Car ils ne pourront plus mourir, parce qu’ils seront semblables aux anges, et qu’ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection. » (Lc 20.35,36, LSG) À la résurrection,

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au

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les rachetés ne se marieront pas parce qu’en l’absence de la mort, il n’est plus nécessaire de perpétuer la race humaine par le biais de la reproduction. Dans ce sens, les humains seront comme les anges, lesquels n’ont pas besoin de se marier parce qu’ils ne meurent tout simplement pas. 2. Implications théologiques. La réponse de Jésus suscite chez certains un dilemme théologique : si le mariage, à l’instar du sabbat, a été institué avant l’entrée du péché dans le monde, pourquoi serait-il incompatible avec la vie au ciel ? Ceci ne suggérerait-il pas que le péché a endommagé éternellement une institution divine, et que le mal, d’une manière ou d’une autre, a contrecarré l’intention divine à l’égard de l’humanité ? Ces importantes questions méritent d’être commentées, même si nous n’arrivons pas à trouver de réponses définitives. Pour traiter cette question théologique soulevée ici, il faut assumer qu’à l’origine, Dieu n’a pas destiné le mariage à être une institution sociale permanente ou éternelle. C’est dans la Genèse que se trouve, semble-t-il, une allusion à cette idée. Le mariage avait deux fonctions claires et intimement liées : la procréation et le besoin d’être avec quelqu’un. La procréation avait un but très spécifique – « soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre » (Gn 1.28) – ce qui implique qu’en l’absence de la mort, la procréation cesserait une fois ce but atteint. Jésus confirma ce point dans sa réponse aux sadducéens. Le mariage, en tant que réponse au besoin d’être avec quelqu’un était, en l’absence du péché, transcendé par une communion et une union plus profondes avec Dieu. Le Créateur n’avait sans doute pas l’intention de limiter le cercle du mariage à l’union conjugale, mais plutôt de l’élargir pour englober la famille cosmique de Dieu. C’est à cette expérience plus profonde – et actuellement mystérieuse – que Jésus se référait quand il dit que les ressuscités « seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection » (Lc 20.36). Ceci se réfère à une expérience de vie familiale qui va infiniment plus loin que le mariage, et qui nous enrichit de façons inimaginables. Notre cercle d’êtres chers atteindra des dimensions cosmiques dans la pureté d’un amour désintéressé. Sentez-vous libre de ne pas être d’accord avec moi ! ■

Après plusieurs années de service à titre de directeur de l’Institut de recherche biblique, Angel Manuel Rodríguez a pris sa retraite. Il habite au Texas.


É T U D E

B I B L I Q U E

Comprendre

la

volonté de Mark A. Finley

A

Dieu

vez-vous déjà fait face à une décision importante ? Vous êtes-vous demandé comment discerner la volonté de Dieu ? Quelle différence y a-t-il entre une impulsion humaine et une conviction toute divine ? Est-il possible de faire la différence entre notre propre volonté et celle de Dieu dans une situation donnée ? Notre étude biblique d’aujourd’hui va dévoiler les principes bibliques qui répondent à ces questions. Nous apprendrons comment discerner la voix de Dieu et comprendre son plan pour notre vie.

1 Lisez l’expérience de Jésus à Gethsémané dans Matthieu 26.36-42, puis comparez-la à Jean 8.29. Quelle attitude le préparant à comprendre la volonté du Père Jésus manifesta-t-il ? Jésus désirait faire la volonté de son Père, même si elle différait de la sienne. Le Sauveur s’était engagé à plaire à Dieu dans toutes les circonstances de sa vie. Si nous voulons n’en faire qu’à notre tête, Dieu ne nous en empêchera pas. Cependant, nous n’aurons pas la joie de connaître sa volonté. Pour comprendre la volonté de Dieu, nous devons renoncer à nos propres opinions et à ce que nous désirons pour aller partout où le Seigneur nous conduit et pour faire tout ce qu’il demande.

2

Lisez Jean 14.26 ; 16.13 ; et 2 Timothée 3.16. Quels deux guides divins nous aident à prendre des décisions ? Dieu ne nous a pas laissés seuls dans le processus de prise de décision. Il nous a donné le témoignage de son Saint-Esprit et celui de sa Parole. Tandis qu’animés du désir de plaire à Dieu nous recherchons à faire sa volonté, le Saint-Esprit nous guidera. Le Saint-Esprit nous guide souvent par la Parole de Dieu – la Bible ; en fait, l’Esprit ne nous amène jamais à faire quoi que ce soit qui soit contraire à la Parole de Dieu. Bien que la Bible ne parle pas directement de notre situation spécifique, elle nous fournit cependant les principes essentiels qui nous aident à prendre la bonne décision. Lorsque nous faisons face à une décision, le Saint-Esprit, en réponse à nos prières, nous aide à discerner les principes bibliques qui auront un impact sur notre décision.

3 Quelles promesses rassurantes et porteuses d’espérance Dieu nous donne-t-il dans Jacques 1.5 et 1 Jean 5.14, 15 à l’égard du processus de prise de décision ?

Tandis qu’en priant nous cherchons à comprendre la volonté de Dieu, notre Père promet de nous accorder la sagesse. En priant, nous reconnaissons notre dépendance totale de lui.

4 Lorsque nous sommes incertains de la direction divine, comment Dieu nous guide-t-il souvent ? Lisez Proverbes 15.22 et 23.12. Souvent, Dieu nous pousse vers des amis chrétiens pieux qui nous donnent de sages conseils. Parfois, il nous faut une perspective plus vaste, une vision plus large, ce qu’un ami proche, un pasteur, un professeur ou un confident peut fournir.

5 Pour prendre de sages décisions, nous devrions observer la façon dont Dieu nous guide et être à l’affût des portes providentielles qui s’ouvrent. Lisez Proverbes 23.26 et comparez le principe qu’on y trouve à l’expérience de l’apôtre Paul dans la prédication de l’Évangile dans 2 Corinthiens 2.12-14. Comment Paul sut-il ce que Dieu voulait qu’il fasse ? Tandis que nous observons attentivement la direction divine, nous verrons nous aussi Dieu nous ouvrir et nous fermer des portes. Ceci nous aidera à discerner sa volonté.

6 Dans Jean 12.35, 36, quel principe nous permet de connaître la volonté de Dieu ? À quel point est-il important d’obéir à la volonté de Dieu et de marcher dans la lumière qu’il nous donne afin de savoir où il nous conduira dans l’avenir ? La fidélité à « marcher dans la lumière » que Dieu nous donne aujourd’hui est l’une des meilleures façons de nous assurer que nous comprendrons sa volonté dans l’avenir. Si nous ne marchons pas dans la lumière qu’il nous donne aujourd’hui, il nous sera difficile de discerner clairement ses voies. Nous finirons par « marcher dans les ténèbres ». Tandis que nous nous engageons à faire tout ce que Dieu demande et que nous cherchons à lui plaire en toutes choses – en priant, en étudiant sa Parole, en recherchant de saints conseils, et en surveillant l’ouverture providentielle de portes – soyons assurés qu’il nous guidera. Il ne nous a pas laissés seuls dans le processus de prise de décision. Le Saint-Esprit nous convaincra, et nous saurons quel chemin emprunter. Il nous a promis de nous guider. Il n’y a qu’à le prendre au mot ! (Ps 32.8 ; Es 58.11) ■

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DES IDÉES À PARTAGER

Nous avons une théologie claire, consistante, et, plus important encore, biblique. – Kevin William Kossar Ponta Grossa, Paraña, Brésil

Suivre le sentier de la Parole L’article « Suivre le sentier de la Parole » de Ted N. C. Wilson (mars 2012) était fort à propos. Il souligne que nous ne devons pas utiliser les expédients du mouvement de l’Église émergeante pour garder nos jeunes dans la foi – pour

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Loué soit le Seigneur pour l’article « Suivre le sentier de la Parole ». C’est en effet une grande obligation de notre part. Cet article suscite mille pensées dans mon esprit, lesquelles sollicitent mes commentaires, mais je m’en abstiendrai. Une chose me tient à cœur, et je souhaite que frère Wilson puisse s’en charger : pourquoi ne pas convoquer en réunion tous les directeurs de jeunesse de nos fédérations ? Dans cette réunion qui se tiendrait une fois par année, notre président pourrait les encourager, leur donner une perspective globale, leur offrir du mentorat, répondre au pied levé à leurs questions, exposer la vision, etc. Son article est merveilleux, mais combien de personnes dynamiques et enthousiastes le liront ? Vince Onkoba Afrique

N A D L A D E L’ É D U C A T I O N D E

Lutte contre le tabac… Je vous écris concernant l’article intitulé « Lutte contre le tabac : l’heure est à l’action ! » des docteurs Allan R. Handysides et Peter N. Landless (mai 2012). Maintenant, je vous demande : à quelle réaction devrions-nous nous attendre si les adventistes s’en prenaient en masse à l’industrie du tabac, et tandis qu’on y est, à l’industrie des boissons alcoolisées, à celle de la pornographie, et peut-être, pour faire bonne mesure, aux politiciens et aux météorologues ? Ellen G. White nous invite à la prudence quant à nos déclarations publiques, de crainte qu’elles ne rebondissent et ne nous mordent… quand surgira une « réglementation » du culte dont nous serons la cible. Julie Thomsen États-Unis

B U R E A U

Courrier

les « exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3), comme dans le sondage mené en 2010 par le Bureau d’évaluation et d’assurance de la qualité de la Conférence générale. Nous avons une théologie claire, consistante, et, plus important encore, biblique. Si les jeunes l’incorporent aux méthodes du Christ, nous serons prêts pour la mission, le réveil et la réforme ! Kevin William Kossar Ponta Grossa, Paraña, Brésil

Un réseau de développement J’aime énormément Adventist World. Il m’arrive souvent de relire des numéros précédents. Je désire commenter la phrase suivante de l’article de Ted N. C. Wilson intitulé « Un réseau de développement » (décembre 2011) : « Occupez-vous des jeunes. Souriez-leur et appelez-les par leur nom. » Pas plus tard qu’hier, mon mari s’est souvenu d’une expérience qu’il a eue avec Neal Wilson lorsque celui-ci était président du champ égyptien et qu’il visitait l’Institut adventiste d’enseignement supérieur du Moyen-Orient (une université maintenant). Le matin, pendant le culte à l’église, mon mari a loué Dieu par un chant spécial. Peu après, il a rencontré Neal Wilson à la cafétéria, et ce dernier l’a salué en disant :


’où D vient cette

photo ?

La revue Adventist World arrive en retard dans certaines parties du monde. Elle est expédiée par voie maritime pour minimiser les frais d’expédition au maximum, afin que le plus de membres d’église possible puissent la recevoir tous les mois. Notre calendrier de production est conçu pour accommoder les longs délais d’expédition. Nous sommes heureux de ce que vous recevez et appréciez Adventist World, bien qu’elle vous parvienne un peu en retard. – Les éditeurs. Courrier – Faites-nous parvenir vos lettres à : letters@ adventistworld.org. Rédigez votre lettre clairement et tenez-vous en à l’essentiel, 100 mots maximum. N’oubliez pas d’indiquer le titre de l’article et la date de publication. Indiquez aussi votre nom, ainsi que la ville, la province, l’État, et le pays d’où vous nous écrivez. Au besoin, les lettres seront modifiées pour des raisons de clarté et de longueur. Veuillez noter que nous ne pouvons les publier toutes, faute d’espace.

J O R G E PA R S O U M I S E : P H O T O

Réponse : Sur cette photo, on aperçoit des membres d’église et une partie de l’équipement radiophonique de l’église adventiste de Bethléhem, à Buenos Aires, en Argentine. Chaque samedi soir, de 21 heures à 22 heures, ils diffusent l’émission Sharing Hope (Partager l’espérance). On peut l’écouter sur le site suivant : www.adventistaescobar. com.ar/CompEsp.htm. De gauche à droite : Gabriela, Jorge Fernando (propriétaire de la station de radio), Rosita, Marcelo et Adela.

L’une de mes revues préférées Adventist World est l’une de mes revues préférées. Notre église adventiste à Makadara en a distribué des exemplaires à des non-adventistes. Certains d’entre eux nous disent qu’ils en ont été merveilleusement bénis. Ce serait formidable de recevoir chaque numéro en son temps ! Que Dieu vous bénisse. Edwin Okiya Makadara, Kenya

F E R N A N D O

« Comment ça va Minas ? » Cette salutation personnalisée a eu un grand impact sur mon mari à l’époque, et aujourd’hui, cet impact se fait encore sentir (mon mari a 80 ans). Minas apprécie que frère Wilson lui ait manifesté un intérêt spécial en l’appelant par son nom. De nos jours, nos jeunes gens ont grand besoin d’une telle attention. Devant tous les attraits du monde, nous devons leur manifester un intérêt semblable et rendre nos églises plus attrayantes que ce que le monde a à offrir. Kamly M. Beyrouth, Liban

L’Église doit transformer la culture, et non être guidée par elle. – Pasteur Kris Oberg, au cours d’une présentation lors de la Session de la Conférence générale de 2010 à Atlanta, en Géorgie, aux États-Unis

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Les trois facteurs de risque causant vraisemblablement le cancer :

1. Inactivité 2. Obésité 3. Tabac Source : La Société américaine du cancer/Vibrant Life

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DES IDÉES À PARTAGER

Il y a

W H I T E

E S TAT E

ans

E L L E N

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James S. White, l’époux d’Ellen G. White, et l’un des cofondateurs de l’Église adventiste, est mort à Battle Creek, au Michigan, le 6 août 1881. De son vivant, il rapporta que son père descendait de ceux qui avaient navigué de l’Angleterre vers l’Amérique à bord du Mayflower, lequel jeta l’ancre en 1620. James était le cinquième d’une famille de neuf enfants. De santé fragile, il ne put aller à l’école qu’à l’âge de 19 ans. Il reçut en tout 29 semaines d’éducation formelle. Il publia la première édition de Present Truth (l’ancêtre des revues Adventist Review et Adventist World) en 1849, et fut le premier éditeur de la revue Signs of the Times (1874). Il fut également président de la Conférence générale pendant 10 ans.

De quoi réfléchir Quand j’étais pasteur dans le Dakota du Sud, aux États-Unis, j’ai fait une expérience intéressante. Un sabbat, après le culte à l’église, deux visiteuses ont demandé à me parler en privé. La première m’a dit que ce service était le plus significatif et le plus agréable (dans l’église la plus amicale) auquel elle ait assisté depuis fort longtemps. La deuxième a tenu un autre discours : c’était l’église la plus froide et la plus inamicale à laquelle elle était jamais allée, et que c’était le pire sabbat qu’elle avait vécu depuis des mois ! Assis dans mon bureau, je suis demeuré songeur pendant un moment. Eh bien, que penser de tout ça ? Puis, j’ai éclaté de rire. Nous créons, peut-être plus que nous ne le percevons, nos propres réalités. – Pasteur Greg Wellman, Colombie-Britannique, Canada

Faites le bien, sentez-vous bien !

En accomplissant cinq B. A. par semaine, vous pouvez accroître votre indice relatif de bonheur de 40 %. Et en plus, c’est gratuit ! ■ ■

Ramasser les déchets Être à l’écoute d’un ami ou d’un collègue

■ Céder le passage à une voiture en pleine heure de pointe

Prière 

Source : Université de la Californie, Riverside/Men’s Health

LOUANGE S’il vous plaît, priez pour mon mariage. Mon mari et moi luttons pour nous pardonner l’un l’autre, pour oublier les fautes passées et tourner la page. Anonyme, États-Unis

Je suis malade depuis quelque temps déjà. Les médecins ont fait leur part. Je voudrais que Jésus pose sa main sur moi. Il est le grand Médecin. Jonathan, Nigeria

Priez s’il vous plaît pour mes études. J’ai finalement réussi ! Priez aussi pour la situation financière de ma famille. Nirina, Madagascar S’il vous plaît, priez pour moi. Je voudrais trouver du travail pour assurer la stabilité financière de notre famille. Joan, Kenya

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D I T E S - L E EW NO R D S O O R L EMS OS T S . . .

Mon

personnage biblique... préféré

■ Osée

savait ce qui arriverait après avoir épousé Gomer. Cependant, il obéit à Dieu. Le cœur brisé, il comprit mieux ce que Dieu ressent face à la déloyauté humaine. Et parce qu’il aimait Gomer, il la ramena à la maison malgré son infidélité. L’histoire d’Osée m’illustre l’amour insondable de Dieu pour nous. – Dana, Southampton, Bermudes ■ J’aime

Joseph, le fils de Jacob. Bien que sa vie ait été ponctuée de hauts et de bas, il a toujours représenté Dieu honorablement. Finalement, il était clair que Dieu avait un plan pour lui dès le départ. Ceci m’encourage à conserver ma foi en Dieu en temps d’épreuve. – Mirlene Andre, Baltimore, Maryland, États-Unis ■ La

détermination et la foi d’Esther m’inspirent chaque jour. Esther est un exemple pour les femmes. Bien que belle de figure, elle est restée ferme dans ses principes. Disposée à défendre son peuple et à témoigner de son Dieu, elle a pris de sages décisions. – Lucila, Taquara, Brésil La prochaine fois, nous vous invitons à nous parler, en 50 mots ou moins, de votre cantique préféré. Envoyez-nous votre commentaire à letters@AdventistWorld.org. Inscrivez dans la ligne Objet : « Mon cantique préféré ». Assurez-vous d’inclure la ville et le pays d’où vous nous écrivez.

J’habite dans une région qui compte 14 districts politiques mais seulement deux branches de l’École du sabbat et trois églises organisées. J’aime beaucoup prêcher. Priez s’il vous plaît pour notre station de radio FM. Obuli, Ouganda

J’ai besoin d’aide pour enregistrer ma compagnie. Il me faut l’assistance de Dieu, car la corruption est endémique ici. Anonyme, Zambie

« Oui, je viens bientôt... »

Nous avons pour mission d’exalter Jésus-Christ et d’unir dans leurs croyances, leur mission, leur vie et leur espérance les adventistes du septième jour de toute la planète.

Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division Asie-Pacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif et rédacteur en chef Bill Knott Éditeur adjoint Claude Richli Directeur international de la publication Chun, Pyung Duk Comité de publication Ted N. C. Wilson, président ; Benjamin D. Schoun, vice-président ; Bill Knott, secrétaire ; Lisa Beardsley-Hardy ; Daniel R. Jackson ; Robert Lemon ; Geoffrey Mbwana ; G. T. Ng ; Daisy Orion ; Juan Prestol ; Michael Ryan ; Ella Simmons ; Mark Thomas ; Karnik Doukmetzian, conseiller juridique Comité de coordination de Adventist World Lee, Jairyong, président ; Akeri Suzuki ; Kenneth Osborn ; Guimo Sung ; Chun, Pyung Duk ; Han, Suk Hee Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Lael Caesar, Gerald A. Klingbeil (rédacteurs en chef adjoints), Sandra Blackmer, Stephen Chavez, Wilona Karimabadi, Mark A. Kellner, Kimberly Luste Maran Rédacteurs basés à Séoul, Corée Chun, Pyung Duk ; Chun, Jung Kwon ; Park, Jae Man Rédacteur en ligne Carlos Medley Coordinatrice technique et service au lectorat Merle Poirier Rédacteur extraordinaire Mark A. Finley Conseiller principal E. Edward Zinke Directrice des finances Rachel J. Child Adjointe à la rédaction Marvene Thorpe-Baptiste Assistante du rédacteur Gina Wahlen Conseil de gestion Jairyong Lee, president ; Bill Knott, secrétaire ; P. D. Chun, Karnik Doukmetzian, Suk Hee Han, Kenneth Osborn, Juan Prestol, Claude Richli, Akeri Suzuki, D’office : Robert Lemon, G. T. Ng, Ted N. C. Wilson Direction artistique et graphisme Jeff Dever, Brett Meliti Consultants Ted N. C. Wilson, Robert E. Lemon, G. T. Ng, Guillermo E. Biaggi, Lowell C. Cooper, Daniel R. Jackson, Geoffrey Mbwana, Armando Miranda, Pardon K. Mwansa, Michael L. Ryan, Blasious M. Ruguri, Benjamin D. Schoun, Ella S. Simmons, Alberto C. Gulfan Jr., Erton Köhler, Jairyong Lee, Israel Leito, John Rathinaraj, Paul S. Ratsara, Barry Oliver, Bruno Vertallier, Gilbert Wari, Bertil A. Wiklander Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 20904-6600, U.S.A. Fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf indication contraire, les textes bibliques sont tirés de la Bible Segond révisée 1978 (Colombe). Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche et États-Unis d’Amérique.

Vol. 8, nº 8

Août 2012 | Adventist World

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Herbert Blomstedt est un chef d’orchestre de renommée internationale. Il a été le chef d’orchestre de la Staatskapelle de Dresde (un orchestre fondé en 1548, et donc, l’un des plus anciens au monde), de l’orchestre symphonique de San Francisco, du NHK Symphony à Tokyo, et de nombreux autres orchestres de tout premier plan.

Chaque mois, la revue Adventist World tombe entre les mains de ce maestro. Herbert Blomstedt lit Adventist World pour rester en contact avec sa famille adventiste de par le monde. Vous aussi, restez en contact en demandant à votre département des communications d’en assurer une distribution régulière dans votre église.

Ma famille. Ma revue. Adventist World.


AW French 2012-1008