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DIX COMMANDEMENTS POUR LES ARBRES RESPECT.

Les arbres sont des êtres vivants, aussi vivants que vous ou moi. Mieux : ils sont nos protecteurs. Accordez-leur le respect auquel ils ont droit en tant qu’êtres vivants et ne les traitez jamais par le mépris, comme s’ils n’étaient que du mobilier urbain.

FRANCIS HALLÉ

DU BON USAGE DES ARBRES

ANTICIPATION.

Avant de planifier un édifice ou un quartier neuf, faites appel à un urbaniste qui saura placer d’abord les espaces verts et les lignes d’arbres : le bâti viendra seulement par la suite. COMPÉTENCE.

Sachez vous entourer des meilleures compétences pour le choix des essences, la plantation, les tailles de formation, l’élagage du bois mort et les diagnostics de sécurité. Prévoyez, pour chaque arbre planté, un volume suffisant pour sa couronne et ses racines lorsqu’il sera devenu adulte : cela rend les tailles inutiles. N’oubliez jamais qu’un arbre non taillé n’est pas dangereux. MODESTIE.

Ne plantez jamais de “gros sujets” destinés à faire impression : c’est à la fois une perte de temps et un gaspillage financier. La “frime” et les arbres ne vont pas ensemble. HONNÊTETÉ.

Ne croyez pas – et ne tentez pas de faire croire – que dix jeunes arbres vont remplacer un grand et vieil arbre abattu : c’est une contrevérité sociale, écologique et financière. NON-VIOLENCE.

Ne taillez ni les branches ni les racines d’un arbre, sauf obligation absolue. Ce n’est pas esthétique et cela rend l’arbre dangereux. CIVISME.

Soyez intraitables avec les comportements laxistes et inciviques vis-à-vis des arbres en ville : chocs, mutilations, etc. Ils supportent très mal toute forme d’agression.

DU BON USAGE DES ARBRES

PRÉVOYANCE.

FRANCIS HALLÉ

DU BON USAGE DES ARBRES UN PLAIDOYER À L’ATTENTION DES ÉLUS ET DES ÉNARQUES

PROTECTION.

N’oubliez jamais qu’abattre les arbres le long des axes routiers n’est en aucun cas une réponse adaptée aux problèmes de la sécurité routière. Aimer les arbres, c’est une autre façon d’aimer l’homme. Aimez vos arbres et vous aurez la satisfaction de constater que vos concitoyens vous en témoigneront de la gratitude. Dessin de couverture : © David Dellas, 2011

ACTES SUD DÉP. LÉG. : OCT. 2011 14 e TTC France www.actes-sud.fr

bon usage des arbres.indd 1

ISBN 978-2-330-00005-9

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ACTES SUD

GRATITUDE.

DOMAINE DU POSSIBLE ACTES SUD

02/09/11 15:27


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AVANT-PROPOS

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1 – PORTONS SUR L’ARBRE UN NOUVEAU REGARD

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2 – LES ARBRES DES VILLES ET DES CAMPAGNES SONT SOUS VOTRE RESPONSABILITÉ

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3 – QUE FAUT-IL PENSER DES LIGNES D’ARBRES LE LONG DES ROUTES ?

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4 – POURQUOI LES ARBRES NOUS FONT-ILS TANT DE BIEN ?

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5 – UN AJOUT AUX DROITS DE L’HOMME

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BIBLIOGRAPHIE

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LIVRES DU MÊME AUTEUR

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REMERCIEMENTS

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AVANT-PROPOS


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E

crit sous la pression des circonstances, à la demande d’amis qui ne supportent plus de voir maltraiter ou détruire, sans raison valable, les arbres qui agrémentaient leur cadre de vie, ce manifeste vous est destiné, vous, les élus ayant la charge de ces arbres. Je suis naïf : j’espère que vous le lirez. Plus naïf encore : j’espère que vous en tirerez parti. Pourquoi s’adresser aux élus ? Parce que nous, les citoyens, constatons chez la plupart d’entre eux un déficit monstrueux en matière de compréhension des arbres. Cela n’a rien à voir avec les sensibilités politiques et ceux auxquels je m’adresse sont aussi bien à gauche qu’à droite, aux extrêmes qu’au centre. Mais vous, les élus, n’êtes pas les seuls concernés : si les architectes, urbanistes, promoteurs et entrepreneurs de travaux publics prenaient connaissance de ces quelques idées élémentaires sur les arbres, et notamment les arbres en ville, nous aurions tous à y gagner ; ces corps de métiers, souvent amenés à travailler au contact des arbres, ont parfois à leur égard une regrettable incompréhension, voire un véritable mépris. – 11 –


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Les citations qui suivent montrent que l’incompréhension vis-à-vis des arbres a de solides racines, comme la peur ou même la haine que parfois ils inspirent ; voilà un domaine où de beaux esprits ont témoigné de leur totale inculture. J’étais tout à l’heure au Jardin public. La racine du marronnier s’enfonçait dans la terre, juste au-dessous de mon banc (…). L’absurdité, ce n’était pas une idée dans ma tête, ni un souffle de voix, mais ce long serpent mort à mes pieds, ce serpent de bois. Serpent ou griffe ou racine ou serre de vautour, peu importe (…). Cette racine, il n’y avait rien par rapport à quoi elle ne fût absurde (…). De trop, le marronnier, là en face de moi un peu sur la gauche (…). “Mais pourquoi, pensais-je, pourquoi tant d’existences, puisqu’elles se ressemblent toutes ?” A quoi bon tant d’arbres tous pareils ? Tant d’existences manquées et obstinément recommencées et de nouveau manquées – comme les efforts maladroits d’un insecte tombé sur le dos ? JEAN-PAUL SARTRE, La Nausée, 1938.

Nous sommes fatigués de l’arbre. Nous ne devons plus croire aux arbres, aux racines ni aux radicelles, nous en avons trop souffert (…). L’arborescence est justement le pouvoir d’Etat (…) ; les écoles, les sectes, les chapelles, les églises, les avant-gardes et les arrière-gardes sont encore des arbres qui, dans leur élévation comme dans leur chute ridicules, écrasent tout ce qui passe d’important. GILLES DELEUZE, Rhizome, 1976. ESTRAGON. – Un arbre ça ne sert à rien, ça ne peut servir qu’à se pendre… (C’est l’avis d’Estragon, pas celui de Beckett, lequel adorait les arbres.)

SAMUEL BECKETT, En attendant Godot, 1953.

Les Redwoods ? Quand vous en avez vu un, vous les avez tous vus ! RONALD REAGAN, alors président des Etats-Unis, de retour de Californie où il avait découvert les Redwoods, nom local des Séquoias, les plus grands arbres du monde.

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Les plantes, cette formidable lignée régressive dont la signification dans l’Evolution paraît nulle ! ALBERT VANDEL, professeur à l’Université et membre de l’Académie des sciences, L’Homme et l’Evolution, 1949.

Pourquoi tant d’élus et d’énarques, parmi ceux qui nous gouvernent, détestent-ils les arbres ? C’est peut-être que ces derniers usurpent à leurs yeux une qualité qui devrait être réservée à l’être humain : ils sont vivants. Beaucoup de professionnels de la politique ne voient dans les arbres des villes que du mobilier urbain, comme un panneau publicitaire ou une borne antistationnement : toutefois ils grandissent avec le temps, et n’ont donc pas la docilité d’un réverbère ou d’un horodateur ! D’où la tentation, à laquelle succombent tant de responsables municipaux, de les remplacer par des jardinières à étages perchées sur des poteaux métalliques en guise de tronc. Cela coûte cher en arrosage, mais au moins cela ne grandit pas ! On perd de vue que les arbres sont des êtres vivants, et qu’ils ont besoin d’air, d’eau, de lumière, de vie sociale, d’espace et de temps – comme nous en avons besoin nous-mêmes. Parce qu’elles sont souterraines et difficiles à voir, on oublie souvent leurs racines, pourtant nombreuses, parfois plus longues que leurs branches, et dont le rôle est vital. Les arbres méritent mieux que la piètre estime dans laquelle nous les tenons, puisqu’ils sont vivants, beaux, utiles, discrets, robustes, silencieux, autonomes, rassurants, faciles à satisfaire et d’une complète non-violence. Je vous pose la question : parmi vous, les élus, qui peut en dire autant ? – 13 –


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Montpellier, où j’habite, donne depuis quarante ans le même spectacle attristant de municipalités qui traitent les arbres par le mépris ; on supprime de magnifiques Platanes pour des raisons techniques supposées trop complexes pour être comprises par le public, on implante à grands frais de vénérables Palmiers importés du Maghreb et voués à une mort certaine, on tente de nous faire prendre des vessies pour des lanternes en faisant usage de misérables “arbres en pots” et on abat les Micocouliers en pleine nuit dans l’espoir d’échapper à la vindicte populaire. Mais si vous, les élus municipaux montpelliérains, ne vous souciez guère des arbres, vous vous intéressez à vos électeurs et, pour cette raison, n’hésitez pas à faire de la publicité mensongère : “Montpellier, la ville où l’on plante des arbres.” D’accord, la couleuvre de Montpellier est la plus grande, mais ce n’est pas une raison pour nous la faire avaler. Mes concitoyens, qui ont bonne mémoire, se souviennent de projets absurdes qui ont été abandonnés lorsque les habitants se sont organisés pour manifester leur mécontentement : beaucoup de superbes frondaisons ont pu ainsi être sauvées. Moralité : si les arbres votaient, vous, les élus, les traiteriez avec plus de respect ! Je suis véhément envers les élus de Montpellier parce que c’est là que je vis mais, bien entendu, à de rares exceptions près, il en va de même partout en France. A qui le “prix Citron” ? Aux arbres artificiels, mi-pins, michênes, de la gare Saint-Charles à Marseille ? Peut-être à la municipalité de Nîmes, lauréate en 2010 du prix national de l’Arbre décerné par le ministre de l’Ecologie, mais que cela n’empêche pas d’abattre les Micocouliers et les Platanes dont – 14 –


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la beauté participe à la réputation de la cité ; le bruit court, en ville, que le but de l’opération est de remplacer les arbres par des caméras de surveillance. A moins que ce ne soit aux faux arbres, de métal et plastique, qui parsèment notre territoire national et ne sont en réalité que des relais de téléphonie mobile déguisés ; faux arbres mais véritables impostures : comment les décideurs ne s’aperçoivent-ils pas que cela les dessert dans l’opinion publique ? Je vous prie, mesdames et messieurs les élus, de ne pas prendre vos électeurs pour des idiots ou des ignares : individuellement, ils savent souvent très bien comment il faut gérer leur environnement quotidien et, collectivement, ils sont très au fait des questions d’écologie, même les plus pointues. Ils sont massivement en faveur des arbres – surtout de grands et beaux arbres, ni taillés ni dangereux – pour de nombreuses raisons liées à l’exercice de leurs droits d’êtres humains, droit à la diversité naturelle, à l’altérité, à l’esthétique, à la réflexion spirituelle, philosophique, poétique, et peut-être aussi, tout simplement, droit au bruit du vent dans les branches, droit au chant des colombes de l’aube, à l’ombre de midi et au rossignol du soir. Ceux qui planifient les “villes nouvelles” ou les “nouveaux quartiers” seraient bien inspirés d’installer d’abord les espaces verts et les lignes d’arbres : la construction des chaussées et des immeubles ne viendrait qu’ensuite, s’adaptant aux plantations préexistantes. Si l’on commence par les bâtiments, il ne reste plus de place pour les arbres. Caroline Mollie le rappelle : c’est – 15 –


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en pleine campagne que les Champs-Elysées ont été tracés et plantés d’arbres par Le Nôtre, d’où l’exceptionnelle beauté de la célèbre avenue. S’il s’avère que la durée d’un mandat électoral est trop brève pour permettre aux élus de s’occuper des arbres avec la patience soigneuse qui s’impose, peut-être faudra-t-il en venir à créer une structure compétente et stable, consacrée aux arbres en ville ? Après tout, l’entretien d’une chapelle romane n’est pas du ressort des élus, et ce sont des spécialistes qui en ont la charge. Bien entendu, certains d’entre vous sont compétents en matière d’écologie et j’en connais même qui sont de grands spécialistes de l’arbre ; ceux-là savent bien que ce plaidoyer n’a pas été écrit à leur intention, mais peut-être seront-ils satisfaits de constater qu’il existe et qu’ils ont la possibilité de le faire lire à leurs collègues moins avertis, afin qu’ils acquièrent une meilleure opinion de ce qu’est un arbre. Certaines villes disposent de personnel compétent et dévoué, et traitent admirablement bien leurs arbres : Lyon, Nantes, Genève, Berlin ou Washington en sont des exemples. Cela prouve bien que je ne suis pas en train de demander la lune et que le conflit entre l’arbre et la ville n’a rien d’inéluctable. Face aux difficultés écologiques que l’humanité affronte en ce début de millénaire, nous n’avons plus le droit d’ignorer ces êtres vivants silencieux qui sont nos meilleurs alliés et se battent à nos côtés. Comme un arbre comporte des racines, un tronc et des branches, ce plaidoyer compte trois temps. – 16 –


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1. Il vous invite à porter un nouveau regard sur l’arbre. Je voudrais d’abord vous montrer ce qui fait la valeur des arbres et pourquoi les êtres humains seraient bien inspirés de leur manifester davantage de respect. La recherche scientifique progresse ; depuis un demi-siècle, de nouveaux concepts s’accumulent, venant parfois de régions fort éloignées de l’Europe, et notre vision collective de l’arbre s’en trouve profondément améliorée. Il y a beaucoup à attendre de ce nouveau regard qu’il convient de porter sur l’arbre : pendant longtemps il n’a été qu’un ennemi de l’agriculteur et une simple source de bois, il est devenu un partenaire et un ami. 2. Il reformule votre responsabilité d’élus. J’exposerai la question de l’“arbre en ville”, puisque c’est le principal domaine où nous attendons de vous que vous fassiez preuve de connaissances et de sagesse : une attente, hélas, trop souvent déçue. Une problématique particulière sera discutée dans un troisième chapitre, celle des alignements d’arbres le long des routes et des difficultés qu’ils créent, à la circulation automobile comme à votre responsabilité d’élus. 3. Il tente de vous montrer pourquoi les arbres nous font à tous tant de bien. Dans une perspective plus philosophique, j’essaierai de montrer que les arbres sont nos meilleurs alliés dans la lutte contre la dégradation de notre cadre de vie. Existe-t-il de meilleurs modèles de développement durable que les arbres ? Un panier d’abricots dorés à qui me présente cet oiseau rare. N’ayons pas – 17 –


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peur de nos étranges et sympathiques voisins, admirons-les, profitons de leur présence, inspirons-nous de leurs qualités et n’hésitons pas à les prendre pour modèles lorsque les circonstances l’exigent. “Soyez des arbres !” nous conseille le philosophe Michel Serres [1].


DIX COMMANDEMENTS POUR LES ARBRES RESPECT.

Les arbres sont des êtres vivants, aussi vivants que vous ou moi. Mieux : ils sont nos protecteurs. Accordez-leur le respect auquel ils ont droit en tant qu’êtres vivants et ne les traitez jamais par le mépris, comme s’ils n’étaient que du mobilier urbain.

FRANCIS HALLÉ

DU BON USAGE DES ARBRES

ANTICIPATION.

Avant de planifier un édifice ou un quartier neuf, faites appel à un urbaniste qui saura placer d’abord les espaces verts et les lignes d’arbres : le bâti viendra seulement par la suite. COMPÉTENCE.

Sachez vous entourer des meilleures compétences pour le choix des essences, la plantation, les tailles de formation, l’élagage du bois mort et les diagnostics de sécurité. Prévoyez, pour chaque arbre planté, un volume suffisant pour sa couronne et ses racines lorsqu’il sera devenu adulte : cela rend les tailles inutiles. N’oubliez jamais qu’un arbre non taillé n’est pas dangereux. MODESTIE.

Ne plantez jamais de “gros sujets” destinés à faire impression : c’est à la fois une perte de temps et un gaspillage financier. La “frime” et les arbres ne vont pas ensemble. HONNÊTETÉ.

Ne croyez pas – et ne tentez pas de faire croire – que dix jeunes arbres vont remplacer un grand et vieil arbre abattu : c’est une contrevérité sociale, écologique et financière. NON-VIOLENCE.

Ne taillez ni les branches ni les racines d’un arbre, sauf obligation absolue. Ce n’est pas esthétique et cela rend l’arbre dangereux. CIVISME.

Soyez intraitables avec les comportements laxistes et inciviques vis-à-vis des arbres en ville : chocs, mutilations, etc. Ils supportent très mal toute forme d’agression.

DU BON USAGE DES ARBRES

PRÉVOYANCE.

FRANCIS HALLÉ

DU BON USAGE DES ARBRES UN PLAIDOYER À L’ATTENTION DES ÉLUS ET DES ÉNARQUES

PROTECTION.

N’oubliez jamais qu’abattre les arbres le long des axes routiers n’est en aucun cas une réponse adaptée aux problèmes de la sécurité routière. Aimer les arbres, c’est une autre façon d’aimer l’homme. Aimez vos arbres et vous aurez la satisfaction de constater que vos concitoyens vous en témoigneront de la gratitude. Dessin de couverture : © David Dellas, 2011

ACTES SUD DÉP. LÉG. : OCT. 2011 14 e TTC France www.actes-sud.fr

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Extrait de "Du bon usage des arbres"