Diffusion ACTES SUD
Mai Juin 2026
Bandes dessinées

TOUS LES VISUELS PRESENTÉS DANS CE DOCUMENT SONT PROVISOIRES & PEUVENT NE
PAS REFLÉTER LA FINALITÉ DES PROJETS ÉDITORIAUX
Les visuels qui n’apparaissent pas sont toujours en cours de développement
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TOUS LES VISUELS PRESENTÉS DANS CE DOCUMENT SONT PROVISOIRES & PEUVENT NE
PAS REFLÉTER LA FINALITÉ DES PROJETS ÉDITORIAUX
Les visuels qui n’apparaissent pas sont toujours en cours de développement

Couverture provisoire
Couverture couleur / intérieur couleur
96 pages
215 x 290 mm
22 euros TTC
ISBN : 978-2-38669-149-2
À quoi pense-t-on lorsqu’on se représente les territoires en déclin ?
Certainement pas aux régions du sud de la France, souvent perçues comme riches et dynamiques. C’est pourtant vers l’Occitanie que Frédéric Debomy tourne ses regards, en choisissant de se rendre dans des petits villages du Gard et des Hautes-Pyrénées, partagés entre déclin et gentrification.
Il y rencontre des chercheurs, géographes et urbanistes, des entrepreneurs, des artistes, des agriculteurs et des élus, qui tous tentent de faire bouger les choses. Les approches sont diverses : certains prennent le parti de l’attractivité en montant des compagnies de cirque, des usines collaboratives et des tierslieux, favorisant l’entraide et attirant une foule de néo-ruraux. D’autres adoptent une démarche plus modeste et jouent la carte de la préservation, des forêts, des sols, ainsi que des mécanismes démocratiques.
Rocc Alter raconte ces territoires abandonnés, ignorés ou laissés exsangues par le capitalisme, et leurs habitants qui s’essayent à d’autres manières de faire communauté, par l’art, le travail et la concertation collective. Et si aucun n’a la méthode parfaite, les humains qui émaillent le récit choisissent tous l’alternative, car il y a urgence à recréer du lien civique.
L’AUTEUR
Frédéric Debomy est né le 11 juillet 1975 dans les Hauts-de-Seine. Scénariste de bande dessinée, il a publié divers ouvrages dont récemment La Force de l’ordre (avec Didier Fassin et Jake Raynal, coédition Seuil-Delcourt, 2020), Indignezvous ! et À l’arrêt (avec Sandra Ndiaye, et Benjamin Adès, Delcourt, 2023). Rocc
Alter est sa sixième bande dessinée chez Cambourakis après notamment Birmanie, fragment d’une réalité (2016) et Full Stop, le génocide des Tutsi du Rwanda (2019).
Habite à Sauve.
L’ILLUSTRATEUR
Benoît Guillaume est né en 1976. Après un passage en école de graphisme à Quimper, Paris et New York, il travaille comme graphiste en agence avant de s’installer comme dessinateur indépendant. Son travail se partage entre les films d’animation, la bande dessinée, les croquis, les reportages et les illustrations de presse.
Habite à Marseille.

• Récit documentaire, Rocc Alter se saisit d’enjeux contemporains majeurs, en lien avec la décroissance et la façon de faire société. La BD sortira dans un contexte post élection municipale.
• Frédéric Debomy est très identifié en tant que scénariste (vidéo et bande dessinée) et pour son œuvre engagée. Benoit Guillaume est connu pour son travail de terrain et fait partie des artistes sélectionnés dans le programme Illustrer le Grand Paris.
• Un zoom sur des territoires français rarement mis en lumière, alliant avec brio l’enquête journalistique, l’apport de la recherche en géographie et en urbanisme, ainsi que l’engagement politique.


En général, quand on parle d'endroits en déclin, on ne pense pas à des territoires ruraux ni au sud de la France. On pense plutôt au nord et à l'est.
Sur l'Occitanie, je n'ai pas lu grand-chose.
Dans les années 90, on a été plus de neuf cents. Quand c'était la sortie de l'usine, on déferlait dans les rues. On les remplissait toutes, SE SOUVIENT UN OUVRIER.*
Ça semble incroyable aujourd'hui.
EN 2006, LA DÉLOCALISATION VERS LA TUNISIE DES USINES DE SAINTHIPPOLYTE-DU-FORT ET ALÈS EST ANNONCÉE AINSI QUE TROIS CENT QUARANTE LICENCIEMENTS SECS. LES OUVRIERS SE RÉVOLTENT.
Bon, mais c'est un projet de recherche. En quoi je peux y contribuer ?
En faisant une B.D. Tu es un scénariste proche des sciences sociales.
ON NE SAIT MEME SOUVENT PRESQUE RIEN DE L'ENDROIT OU L'ON VIT. IL A FALLU QUE JE LISE LA REVUE XXI POUR DÉCOUVRIR QUE LE VILLAGE DE SAINT-HIPPOLYTE-DU-FORT, À QUELQUES KILOMÈTRES DE CHEZ MOI, AVAIT ÉTÉ LA PREMIÈRE USINE DE FRANCE À FABRIQUER DES CHAUSSURES DE SÉCURITÉ.
Ça peut m'intéresser. L'Occitanie j'y vis aussi mais de là
à dire que je connais... c'est vaste.

Ce vieil homme, très respecté, est devenu un mythe», ÉCRIT XXI. «Celui du patron qui meurt pour s'opposer à la fermeture de l'usine qu'il a créée. Qui se tue pour ses ouvriers. Que les actionnaires ont tué.
* Sylvie Caster, «Les orphelins de Saint-Hippolyte - Enquête sur les traces d'une délocalisation», XXI numéro 2, printemps 2008.
UN AN PLUS TARD, LE FONDATEUR DE L'USINE, PIERRE JALLATTE, QUI AVAIT VENDU TOUTES SES PARTS DE LA SOCIÉTÉ, SE SUICIDE PAR ARME À FEU À 89 ANS. À L'ENTRÉE DU VILLAGE, UN PANNEAU A LONGTEMPS RAPPELÉ LE PASSÉ. ON Y LISAIT « SAINT-HIPPOLYTE-DUFORT, CAPITALE MONDIALE DE LA CHAUSSURE DE SÉCURITÉ. » MAIS TOUT S'EFFACE.

SAUVE EST UN BON EXEMPLE DE TERRITOIRE INVESTI ET REDYNAMISÉ PAR DES GENS DE L'EXTÉRIEUR. FRANK FAIT ICI FIGURE DE VÉTÉRAN.
J'ai découvert Sauve en 1979.
À l'époque je travaillais comme électricien pour le CNRS et puis j'ai découvert les chantiers de jeunes bénévoles. J'ai quitté la région parisienne pour venir faire un stage ici.
C'était un stage sur l'hôtel de la monnaie, animé par un architecte des Bâtiments de France.
On était quatre à être arrivé en même temps. On a vite formé deux couples. On se gelait les cacahuètes dans la même maison et l'été on recevait des gens de toutes nationalités qui venaient participer au chantier.
Du coup je suis passé d'une situation de fonctionnaire qui gagnait bien sa vie à un projet de volontariat de deux ans où j'étais simplement nourri et logé.
Mes collègues du CNRS m'ont dit : «Mais qu'est-ce que tu fais ?»
Et je suis tombé amoureux du village.

Il y avait des bénévoles suédoises, chiliennes... Ca, ça ne laissait pas indifférents les vieux du village : «OH, ELLES SONT BIEN BELLES CETTE ANNÉE !»
On avait les cheveux longs mais le maire, qui n'était pas exactement un gauchiste, avait compris l'intérêt des chantiers: c'étaient des travaux qui ne coûtaient rien à la commune. Ou pas grand-chose.
Mais on était quand même les «ESTRANGERS», les «PICHES». «PICHE», il n'y a pas vraiment de définition mais c'est très méprisant. Le reste de la population du village, c'était très clivé : en bas les protestants, en haut les catholiques.

Dans notre rapport à la forêt on essaie de ne pas tout penser comme une ressource, comme un capital.
On veut commencer par en prendre soin, au vu de tous les services qu'elle nous rend.
ET, VÉRITABLEMENT, NOS VOIX SONT ÉCOUTÉES, AU MEME TITRE QUE CELLES DES HABITANTS DU VILLAGE.
AU FESTIVAL SONT VENUS DES ÉLUS, DONT UNE SÉNATRICE. C'EST ENCOURAGEANT : LA PHILOSOPHIE DE CHRISSENDETS PEUT ESSAIMER.
MEME SI L'ON SE DOUTE (DU MOINS, C'EST MON OPINION) QUE SI ELLE ESSAIMAIT, LA RÉACTION DES POUVOIRS PUBLICS SE MONTRERAIT BRUTALE.
JE LE DISAIS, LORSQUE S'ESQUISSE LA POSSIBILITÉ D'UN MONDE MOINS INFÉODÉ À LA LOGIQUE DU CAPITAL QUE NE L'EST LE NOTRE, LA RÉPUBLIQUE MONTRE FACILEMENT SES LIMITES DÉMOCRATIQUES.*
LA COMMUNE EST PROPRIÉTAIRE D'UNE PARCELLE DE FORET ET SE DEMANDE QUOI EN FAIRE... ET SI MEME IL FAUT EN FAIRE QUELQUE CHOSE. VENUS AU FESTIVAL, NOUS SOMMES TOUS INVITÉS À PARTICIPER À CETTE RÉFLEXION.

LE MONDE SE DIVISE-T-IL POUR AUTANT ENTRE GENTILS ALTERNATIFS ET MÉCHANTS CAPITALISTES ?
* La République est selon le dictionnaire Larousse une «forme d'organisation politique dans laquelle les détenteurs du pouvoir l'exercent en vertu d'un mandat conféré par le corps social.» Elle «ne se confond pas» avec la démocratie.»