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La Sentinelle Juillet - Août 2018 - n° 04

Avant-Propos Périodique bimestriel de la Centrale Générale du Personnel Militaire. Éditeur responsable : Yves Huwart - Bureau de dépôt : Alost X - P109013

NON à la réforme des pensions ! le syndicat militaire


Avant-propos

NON à la réforme des pensions ! AVANT-PROPOS PAR YVES HUWART | SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

En octobre 2016, le gouvernement annonçait une réforme des pensions supprimant le régime de retraite spécifique des militaires. La Défense et le moral des militaires ont alors subi un impact inédit. Le 15 novembre 2016, plus d’un tiers des militaires marquaient leur mécontentement lors d’une manifestation extraordinaire. La quantité de manifestants présents par rapport au nombre de militaires disponibles ce jour-là a battu tous les records. Les militaires sont tenus de servir notre société, ses citoyens et nos intérêts en toutes circonstances, si nécessaire au péril de leur vie. Cette responsabilité exige des compétences morales et physiques qui – qu’on le veuille ou non – diminuent avec l’âge. Au-delà de soixante ans, elles ne sont plus du tout compatibles avec un engagement opérationnel. Toute personne normalement constituée penserait que le gouvernement a tenu compte de cette spécificité militaire. Par exemple par le biais de limites d’âge raisonnables qui permettraient à nos soldats d’exécuter leurs missions de façon optimale. Hélas, ce n’est pas le cas ! Nous avons négocié pendant de longs mois avec les autorités politiques. Nous avons fait preuve de beaucoup de bonne volonté. Nous avons consen-

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ti à des concessions et prouvé une réelle volonté de trouver un compromis. Mais en fin de compte, le gouvernement n’était pas prêt à proposer un plan de réforme des pensions acceptable et cohérent. Cohérent pour la Défense en tant qu’organisation et acceptable par le personnel, qu’il s’agisse des jeunes et moins jeunes militaires déjà en service ou des futures recrues qui rejoindront nos rangs. À nouveau, ce n’est pas le cas ! Le gouvernement a toujours prétendu que « personne ne perdra de pension » et que « celui qui travaille plus longtemps recevra plus de pension ». Encore une fois : ce n’est pas le cas ! En réalité les jeunes militaires devront travailler bien plus longtemps – dans certains cas jusqu’à 7 ans de plus – pour

gagner la même pension que maintenant. Même s’ils travaillaient jusqu’à soixante ans (donc quatre ans de plus que maintenant), ils recevraient toujours un montant inférieur aux pensions actuelles. Si le mensonge était un crime, certains ministres auraient leur place en prison. Cette réforme des pensions n’est rien d’autre qu’une économie pure et dure. Rien que pour les pensions des fonctionnaires (dont les militaires font partie), le gouvernement compte épargner 165 millions d’euros par an. Pour cette raison, le syndicat militaire ACMP-CGPM ne pouvait pas marquer son accord sur l’avant-projet de la loi relative à la reconnaissance de la pénibilité de certaines fonctions pour les conditions d’accès à la pension anticipée et pour le calcul du montant de la pension. 


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Foto: Orban Daniel

Juillet - Août 2018 - n° 04

Colophon

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Avant-Propos NON à la réforme des pensions !

La Sentinelle est le bimestriel de la Centrale Générale du Personnel Militaire. La Sentinelle est envoyée à tous les membres.

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Avant-projet de loi - Nouveau régime de retraite

Toutes les données sont traitées dans le respect de la Loi sur la vie privée (Loi du 8/12/1992). Éditeur responsable : Yves Huwart Coordination : Concetto Bandinelli et Laurent Schmitz Informations générales – CGPM : Romboutsstraat 1 – Bus 021 1932 Zaventem srt@acmp-cgpm.be www.acmp-cgpm.be Tél. : 02 245 72 14 Fax : 02 245 73 01

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Le Programme général de l'ACMP-CGPM révisé !

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Gratuité d’obtention de médailles Médaille commémorative

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Pensions – Paiement unique

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HCC Bien-être du 14 juin 2018

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L’ACMP-CGPM est avec les vétérans

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BE32 2100 6234 6602 BIC : GEBABEBB

Soldats du futur

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Photo couverture : Orban Daniel

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Statut

Avant-projet de loi Nouveau régime de retraite Nous avons tenté de transposer en « termes clairs » les textes du gouvernement parce qu’ils sont très complexes et très techniques. Cette version « compréhensible », vous la trouverez ci-dessous, avec successivement : une synthèse de l’actuel avantprojet de loi, un certain nombre de dispositions générales concernant cet avantprojet et enfin une explication du nouveau régime de pension. Mais d’abord ceci. Après que les négociations formelles ont été clôturées et que les différents syndicats représentatifs ont fait connaître leur point de vue respectif, vous vous posez peut-être la question suivante : Et, maintenant, qu’adviendra-t-il ? Au moment de la publication de cet article, la balle est à nouveau dans le camp du gouvernement. Les quatre syndicats représentatifs ont donné leur avis. Le syndicat militaire ACMP-CGPM n’était pas d’accord ! Il revient maintenant au gouvernement de remettre à nouveau cet ouvrage sur le métier et, si nécessaire, de nous surprendre avec une autre solution. En outre, il reste à voir si un consensus sera encore trouvé au sein du gouvernement pour régler ce dossier. Entre-temps, la situation reste incertaine et rien ne change pour le moment. Synthèse - Les mesures transitoires veillent à ce qu'une grande majorité de militaires, proches de leur mise à la retraite et actuellement âgés de 50 ans ou plus, peuvent être préservés d’une augmentation de l’âge de départ à la retraite grâce au régime dit des carrières longues. En outre, il n’y aura pas non plus d’impact sur le calcul du montant de leur pension. - Une partie importante des militaires qui se trouvent à plus de 6 ans de l’âge actuel de leur retraite (= 56 ans), qui sont âgés aujourd’hui de 42 ans ou plus et qui sont entrés en service en qualité de militaire avant

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leur 21ième anniversaire, ne connaîtront également, grâce au régime des carrières longues, qu’une augmentation limitée de leur âge de mise à la retraite. Bien que ce groupe connaîtra une augmentation limitée de l’âge de la mise à la retraite de 2 ans, cela sera aussi sans impact négatif sur le montant de leur pension. - Tous les militaires âgés aujourd’hui de moins de 42 ans seront confrontés à une augmentation de leur âge de mise à la retraite de 2 années au moins par rapport à l’âge actuel prévu de mise à la retraite. Dans de nombreux cas, cette augmentation peut atteindre 4 ans de sorte que l’âge de la mise à la retraite possible sera au plus tôt de 60 ans. Cette augmentation contraste avec ce qui prévaut pour les autres citoyens Belges/de Belgique qui verront leur âge légal de mise à la retraite (n’) augmenter (que) de 2 ans. - Les militaires qui ont moins de 35 ans et qui n’ont débuté leur carrière active qu’à l'âge de 22 ans, risquent également de percevoir une pension moins élevée en dépit du fait qu’ils devront travailler pendant au moins 4 ans de plus. L’exemple ci-après est illustratif : Un militaire né en 1990 et entré en service en 2010 à l’âge de 20 ans, à la condition que la fonction soit reconnue comme pénible, pourra partir à la retraite à l’âge de 60 ans minimum, mais NE pourra PAS, dans le cadre du calcul de la pension, atteindre le pourcentage maximum (= 75 %) du traitement de référence, mais seulement quelque 71,78%. Cette personne 


À terme, si cette réforme des pensions aboutit, la règle sera que le militaire pourra prendre sa retraite au plus tôt à 60 ans et devra travailler en moyenne jusqu’à 62 ans ou plus pour obtenir une pension complète. Photo: C. Bandinelli

devra donc continuer à travailler pendant près d’une année supplémentaire afin d’obtenir finalement, via l’octroi d’un bonus de pénibilité, une pension complète. - Un militaire qui est encore plus jeune lors de l’entrée en vigueur de cette réforme de la mise à la retraite et qui est également entré en service à l’âge de 20 ans ou plus tard, devra même encore rester en service un an (jusqu’à 62 ans) ou plus (de 63 à 67 ans en fonction du moment du début de la carrière) afin d’obtenir une pension complète. - Des mesures transitoires sont également prévues pour le groupe cible spécifique du personnel aérien navigant de la Défense. Mais, à terme, les pilotes devront aussi rester au travail jusqu’à 60 ans et plus. C’est de la folie pure d’un point de vue opérationnel. Tout cela constitue un grave démantèlement du système de retraite des militaires. Ce qui se résume à constater que l’armée doit fournir plus de deux fois l’effort – et parfois même plus que le quadruple effort – que celui qui prévaut pour les autres citoyens de notre pays. Une fois que le système de mise à la retraite sera en régime et une fois que les effets de toutes les mesures transitoires envisagées se seront estompés, la règle sera que le militaire pourra prendre sa retraite au plus tôt à 60 ans et devra travailler en moyenne jusqu’à 62 ans ou plus pour obtenir une pension complète.

DISPOSITIONS GÉNÉRALES concernant l’avantprojet de loi de la réforme du régime de retraite 1. La réforme du régime de retraite des militaires entrerait en vigueur, en principe, le 1er janvier 2020. À partir de cette date, la mise à la retraite trimestrielle serait remplacée par un régime mensuel, à savoir une mise à la retraite le 1er jour calendrier du mois suivant la date d’anniversaire. 2. La période transitoire de la réforme du régime de retraite s’échelonnerait de 2020 à 2039 inclus. C’est dans cette période que se produira l’évolution progressive du système actuel vers le nouveau. Au cours de cette période, les conditions de retraite seront « plus souples » que celles qui seront applicables par après et ce, parce qu’elles tiendront compte de la carrière déjà effectuée et du régime de retraite actuellement existant. À partir de 2040, le « système en régime » entrerait en vigueur. 3. Une mise à la retraite d’office (par le fait d’atteindre une limite d’âge) reste maintenue jusqu’en 2032 y compris. Par après, le militaire pourra obtenir, à la demande, une mise à la retraite anticipée. Lors d’une mise à la retraite d’office, la durée de la carrière ne joue aucun rôle ; en effet, dès que le militaire aura atteint la limite d’âge fixée, il devra partir à la retraite. 4. Lors d’une mise à la retraite anticipée (à la demande), le militaire peut jouir d’une pension (un montant) de retraite « complète » pour autant que la durée de sa 

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Statut

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carrière ait atteint en même temps un nombre minimum exigé d’années. 5. L’autre différence entre une mise à la retraite d’office (par limite d’âge) et une mise à la retraite anticipée (à la demande) porte sur des règles de « cumul » plus sévères applicables à cette dernière. Il s’agit à cet égard de la combinaison (le fait de cumuler) d’une pension avec des revenus provenant d’une autre profession. Lors de ce type de mise à la retraite, les limites de ce qui peut être gagné sont nettement inférieures à celles prévues lors d’une mise à la retraite d’office. 6. Durant la période de transition, les militaires pourront bénéficier d’une bonification de carrière. Cette dernière est prise en considération comme du service effectif. Elle sera donc, dans certains cas, « comptabilisée » dans le calcul de la condition de carrière. La durée de la carrière est donc composée du nombre d’années de service prestées effectivement et du nombre d’années de cette bonification de carrière. À titre d’illustration, lorsque la durée de carrière nécessaire doit être de 40 ans, ce chiffre pourrait donc être atteint après 39 ans de service effectivement presté et une bonification de carrière d’1 an. La bonification de carrière suivante est d’application : 2 ans pour les militaires qui sont nés jusqu'en 1970 (inclus) ; 1 an pour ceux qui sont nés entre 1971 et 1982 (inclus) et ensuite elle disparaît. 7. En plus de la bonification de carrière, pour la détermination de la durée de la carrière, il sera également tenu compte d’un facteur de pénibilité qui est attribué suite à la reconnaissance de la profession militaire comme une « fonction pénible ». Avant l'entrée en vigueur de la réforme (= 01/01/2020), les services prestés en tant que militaire du cadre actif peuvent être multipliés par le facteur de pénibilité de 1,1. Les services encore prestés APRÈS le 01/01/2020 peuvent être multipliés par un facteur de 1,15. En d’autres mots, afin de déterminer votre durée de carrière, il faut faire la somme des services effectivement prestés après leur avoir appliqué le facteur de pénibilité respectif et la valeur de la bonification de carrière selon le scénario précité. 8. Il va de soi que, lors de la détermination de la durée totale de la carrière, peuvent aussi être prises en compte les périodes prestées, le cas échéant, en dehors de la Défense (dans le secteur public et/ou privé). S’il s’agit d’un secteur dont la fonction n’est pas reconnue comme pénible, alors ces périodes ne comptent que pour leur durée effective.

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LE NOUVEAU (AVANT-PROJET)

RÉGIME

DE

RETRAITE

Dans le nouveau régime de retraite, il y a principalement deux facteurs pertinents pour la détermination du moment où vous pouvez quitter (au plus tôt) le service actif : a. Votre année de naissance (voire votre mois de naissance) b. La durée de votre carrière Prenez maintenant le tableau récapitulatif (voir en page 9) qui se trouve à la fin de ce document. Utilisez-le avec le texte repris ci-après. Les cas suivants peuvent se présenter : - Vous êtes né avant 1974 : Cas I (point 1.a.) - Vous êtes né avant 1974 et vous avez, en plus, accompli une carrière d’une durée minimale de 40 ans : Cas II (point 1.b.) - Vous êtes né après le 01 Jan 1974 et avant Jul 1977 et vous N’avez PAS accompli une longue carrière : Cas III (point 2.b.) - Vous êtes né après le 01 Jan 1974 et avant Jul 1977 et vous avez accompli une longue carrière de 42 ou 43 ans : Cas IV (point 2.c.) - Vous êtes né après Jun 1977 et vous N’avez PAS accompli une carrière longue d’une durée minimale de 43 ans : allez au Cas V (point 3.) - Vous êtes né après le 01 Jul 1977 et vous avez accompli une longue carrière de 43 ou 44 ans : allez au Cas VI (point 4.) 1. Vous êtes né avant 1974 (période transitoire) a. Cas I : Si vous êtes né avant 1974, vous pouvez, en tous les cas, bénéficier d’une pension d’office (par limite d’âge) qui continue d’exister jusqu’en 2032 y compris). Vous vous situez dans la partie gauche du tableau récapitulatif (jusqu’en 2032 y compris). − Si votre année de naissance se situe entre 1964 et 1967 y compris, votre âge de la retraite sera augmenté d’1 an maximum (57 ans à la place de 56 ans). − Si votre année de naissance se situe entre 1968 et 1970 y compris, votre âge de la retraite sera augmenté de 2 ans maximum (58 ans à la place de 56 ans). − Si votre année de naissance se situe entre 


1971 et 1973 y compris, votre âge de la retraite sera augmenté de 3 ans maximum (59 ans à la place de 56 ans).

67 ans, votre pension de retraite sera toujours une pension à la demande et il y a encore et toujours une condition de durée de carrière à remplir.

b. Cas II : Si vous êtes né avant 1974 et que vous avez, en plus, accompli une carrière longue (voyez la partie droite du tableau récapitulatif), la limite d’âge mentionnée ci-dessus peut encore être diminuée d’1 an ou de 2 ans et ce, si vous satisfaisez à la condition de carrière* mentionnée de 40, 41 ou 42 ans : − Si votre année de naissance se situe entre 1964 et 1969 y compris, votre âge de retraite reste au plus tôt fixé à 56 ans ; − Si votre année de naissance se situe entre 1970 et 1973 y compris, votre âge de retraite reste au plus tôt fixé à 57 ans. Votre mise à la retraite sera, dans ce cas, toutefois une mise à la retraite anticipée, une pension à la demande.

b. Cas III : Vous êtes né après le 01 Jan 74 et avant le 01 Jul 1977 et vous N’avez PAS accompli une longue carrière (vous vous situez dans la partie gauche du tableau récapitulatif, à partir de l’année calendrier 2033). Votre âge de la retraite possible au plus tôt évolue de 59,5 ans à 63 ans. Tous les 6 mois, la condition d’âge sera graduellement augmentée d’une demi-année. Ainsi, par exemple, l’âge de la retraite future de ceux qui sont nés en 1975 entre Jul et Dec, sera alors de 61 ans. La condition de durée de carrière* exigée est alors de 41 ans (= la colonne (4) du tableau récapitulatif). Cette augmentation graduelle continue à s’opérer jusqu’à l’année de naissance 1977(Jul – Dec), 1977 étant l’année à partir de laquelle l’âge de la retraite sera « fixé » à 63 ans (c’est-àdire la « situation en régime »).

2. Vous êtes né en 1974 ou plus tard (période transitoire) a. Sauf si vous choisissez volontairement de continuer à prester jusqu’à l’âge maximum autorisé de

 c. Cas IV : Vous êtes né après le 01 Jan 1974 et avant le 01 Jul 1977 et vous avez accompli une longue carrière (vous vous situez dans la partie

Foto: Orban Daniel * Lisez aussi le point 7 à ce sujet au sein duquel est expliqué comment la somme de la durée de carrière est obtenue

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Statut

Foto: Orban Daniel

droite du tableau récapitulatif, à partir de l’année calendrier 2032). Votre âge de la retraite possible au plus tôt est de 58 ans, pour autant que votre durée de carrière soit d’au moins 42 ou 43 ans. Si votre condition de carrière n’est pas remplie, votre âge de la retraite va augmenter, par année manquante au niveau de la condition de durée de carrière, chaque fois d’une année. Par exemple, votre année de naissance est 1975. En 2033, vous avez accompli une carrière d’une durée totale de 41 ans, ce qui représente 1 an de moins que les 42 ans requis. Vous pouvez alors partir à la retraite au plus tôt en 2034. 3. Cas V : Vous êtes né après le 01 Jul 1977 et vous N’avez PAS accompli une longue carrière d’une durée minimale de 43 ans (situation en régime). a. Vous vous situez dans une situation de régime de l’avant-projet – voir la partie gauche du tableau récapitulatif à partir de l’année calendrier 2040. b. Votre âge de la retraite possible (à la demande) au plus tôt est de 63 ans, pour autant que vous ayez accompli une carrière est de 42 ans au moins.

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c. Si votre condition de carrière n’est pas remplie, votre âge de la retraite va augmenter, par année manquante au niveau de la condition de carrière, chaque fois d’une année. Par exemple, votre année de naissance est 1977. En 2040, vous avez accompli une carrière d’une durée totale de 41 ans, ce qui représente 1 an de moins que les 42 ans requis. Vous pouvez alors partir à la retraite au plus tôt en 2041. 4. Cas VI : Vous êtes né après le 01 Jan 1977 et vous avez accompli une longue carrière de 43 ou 44 ans au moins. a. Vous vous situez dans le cas de figure de « la carrière longue » – voir la partie droite du tableau récapitulatif. b. Votre âge de la retraite possible (à la demande) au plus tôt est de 59 ou 60 ans, pour autant que vous ayez accompli une carrière de 43 ou 44 ans au moins. c. Pour les militaires nés en 1977 (et seulement pour eux), une disposition particulière est d’application : leur âge de la retraite possible (à la demande) au plus tôt est de 59 ans et ce, pour autant qu’ils aient accompli une carrière de 43 ans au moins. 


d. Si votre condition de carrière n’est pas remplie, votre âge de la retraite va augmenter, par année manquante au niveau de la condition de carrière, chaque fois d’une année. Par exemple, votre année de naissance est 1980. En 2040, vous avez accompli une carrière d’une durée totale de 43 ans, ce qui représente 1 an de moins que les 44 ans requis. Vous pouvez alors partir à la retraite au plus tôt en 2041.

e. Tout comme lors du « régime ordinaire », à partir de l’année calendrier 2040, la situation en régime est d’application sur le principe des « carrières longues ». Dans la pratique, cela concerne les militaires nés à partir de 1980. La condition de carrière est alors de 44 ans au moins.

Tableau récapitulatif Régime ORDINAIRE

Régime de la CARRIÈRE LONGUE

Condition d’âge

Année de naissance

Condition de carrière

Années supplémentaires

(1)

(2)

(3)

(4)

(5)

(6)

(7)

2018

56

1962

-

-

-

-

2019

56

1963

-

-

-

-

2020

57

(3)

-

+1

56

1964/40

2021

57

1964

-

+1

56

1965/40

2022

57

1965

-

+1

56

1966/40

2023

57

1966

-

+1

56

1967/40

2024

57

1967

-

+1

56

1968/40

2025

58

(3)

-

+2

56

1969/41

2026

58

1968

-

+2

57

1969/41

2027

58

1969

-

+2

57

1970/41

2028

58

1970

-

+2

57

1971/41

2029

59

(3)

-

+3

57

1972/41

2030

59

1971

-

+3

57

1973/42

2031

59

1972

-

+3

58

1973/42

2032

59

1973

-

+3

58

1974/42

2033

59.5

1974 (Jan-Jun)

40

+3,5

58

1975/42

2034

60

1974 (Jul-Dec)

40

+4

58

1976/43

2035

60,5

1975 (Jan-Jun)

40

+4,5

59

1976/43

2036

61

1975 (Jul-Dec)

41

+5

59

1977/43

2037

61,5

1976 (Jan-Jun)

41

+5,5

60

1977/43

2038

62

1976 (Jul-Dec)

42

+6

60

1978/43

2039

62,5

1977 (Jan-Jun)

42

+6,5

60

1979/44

2040

63

1977 (Jul-Dec)

42

+7

61 - 60

1979/43 – 1980/44 (8)

Légende : voir en page 10.

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Statut

Légende  (1) Année dans laquelle (au plus tôt) vous pouvez partir à la retraite. (2) Cette colonne reprend, pour la période allant de 2018 à 2032 inclus, le nouvel âge pour une mise à la retraite d’office. Une mise à la retraite d’office débute au moment où la limite d’âge prévue est atteinte et ce, sans que la durée de la carrière y joue le moindre rôle. Pour la période dès 2033, cette colonne reprend la nouvelle limite d’âge pour autant que la durée de la carrière soit au moins de 40, 41 ou 42 ans (voir colonne (4)). Lisez aussi les points 6 et 7 à ce sujet et repris dans les dispositions générales. (3) Les militaires qui sont nés en 1963, ont déjà atteint leur limite d’âge en 2019 et ils sont donc en principe déjà à la retraite en 2020. C’est pourquoi ce champ est vide. Le même raisonnement vaut pour les années 2025 et 2029. (4) L’instauration d’une condition de carrière afin de pouvoir partir à la retraite est, au regard de la réglementation actuelle relative à la mise à la retraite des militaires, une nouvelle donnée. Lisez aussi les points 6 et 7 à ce sujet et repris dans les dispositions générales. (5) Cette colonne donne les années supplémentaires qui viennent augmenter la limite d’âge actuelle de 56 ans. (6+7) Là où les colonnes (1) à (4) reprennent les conditions ordinaires pour le futur âge de la retraite, les colonnes (6) et (7) font état des conditions dans le cas d’une carrière longue. Elles déterminent la nouvelle limite d’âge à laquelle il peut être question d’une mise à la retraite à la propre demande de l’intéressé. La colonne (6) contient donc l’âge de la retraite possible au plus tôt si l’intéressé a accompli une carrière suffisamment longue. Nous utilisons un exemple relatif à la colonne (7) pour illustrer ceci : un militaire né en 1964 pourrait encore être mis à la retraite à 56 ans (au lieu de 57 ans) s’il peut justifier

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une carrière de 40 ans. Un militaire né en 1970 pourrait être mis à la retraite en 2027 à 57 ans (au lieu de 58 ans) si sa carrière compte 41 ans. Et ainsi de suite. Pour la durée de la carrière, il est tenu en compte d’une bonification de carrière de 2 ans (pour les militaires nés avant 1971) et 1 an pour les militaires nés entre 1971 et 1983. Lisez aussi les points 6 et 7 à ce sujet et repris dans les dispositions générales.

(8) Dès 2040, la règle « plus courte est la durée effective de carrière, plus élevé sera l’âge minimal de la retraite » sera d’application en régime. Un militaire né en 1979 qui peut justifier d’une durée de carrière de 44 ans, pourra, par exemple, être mis à la retraite à 60 ans. Son collègue qui a accompli une carrière de 43 ans, ne pourra être mis à la retraite qu’à l’âge de 61 ans. Dans ces deux exemples, la bonification de carrière d’1 an  est prise en compte.


Statut

Module de calcul sur notre site internet Vous trouvez cette explication trop compliquée ? Nous aussi ! C’est pourquoi nous avons encodé les plans du gouvernement dans un module de calcul informatique disponible sur notre site internet : www.acmp-cgpm.be Entendons-nous, ce module de calcul vous permet, pour l’instant, de déterminer le moment « au plus tôt » d’une mise à la retraite !  Mode d’emploi en « 1-2-3 » 1. cliquez sur « Calculateur d’âge de retraite » en haut de la page d’accueil 2. introduisez les données demandées puis cliquez sur « Estimer l’âge de la retraite » 3. activez le « Facteur de pénibilité » pour constater son impact sur la date de retraite Pour la période avant 2020, le coefficient de pénibilité devrait être fixé à 1,10. À partir de 2020, le chiffre mentionné et proposé par le gouvernement serait de 1,15 étant donné qu’à ce jour, la fonction militaire serait reconnue comme pénible et comporterait les 4 critères de pénibilité légaux envisagés. Ce programme en tient compte automatiquement, dès que le bouton « Facteur de pénibilité » est activé. Le module ajoute aussi la bonification de carrière, si vous y avez droit.

avec les syndicats représentatifs. La dernière date peut sembler avantageuse, mais attention : il s’agit dans la plupart des cas d’une date de retraite à la demande, avec un impact financier sur le montant de la pension ! Pour bien interpréter les dates affichées, consultez donc le détail qui s’affiche en bas de page (la partie reproduite sur notre « capture d’écran »). Le résultat vous est donné à titre indicatif sur base de ce qui

a été officialisé le 1er juin 2018 à l’issue de la négociation. Nous essaierons d’adapter le module en fonction de l’avancement du dossier. Par ailleurs, soulignons une fois encore que le module ne détermine que la date de mise à la retraite. Calculer le montant de la pension dépend de trop de facteurs individuels et les plans du gouvernement sont encore trop incertains pour être automatisés. 

Les trois lignes de résumé donnent en bleu la date de mise à la retraite actuelle, en rouge celle de la décision de principe du gouvernement annoncée en 2016 et en vert celle de l’avant-projet de loi négocié

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Info

Le Programme général de l'ACMP-CGPM révisé ! Le 19 juin dernier, plus de 100 délégués du syndicat militaire ACMP-CGPM se sont réunis à l’occasion d’un Comité national. Cette réunion était principalement axée sur l’élaboration d’un Programme général revu et corrigé que l’ACMP-CGPM désire soumettre au Congrès plus tard cette année. Congrès Les statuts de l’ACMP-CGPM prévoient, au moins une fois tous les cinq ans, l’organisation d’un Congrès auquel peuvent prendre part tous les membres de la CGPM. Cette année, nous arriverons donc à la fin de la période 2013-2018 et, par conséquent, un Congrès se tiendra à l’automne 2018.

Pour donner un contenu concret à un Programme général revu et corrigé pour la période 2019-2023, a été organisé le 19 juin dernier un Comité national auquel tous nos délégués ont été invités. Plus d’une centaine de délégués ont ainsi pu donner libre cours à leurs idées en préparation à notre programme syndical pour l’avenir. Un mélange d’idées

Ce Congrès quinquennal a, entre autres, pour mission d’apporter d’éventuelles modifications aux statuts de notre organisation, de nommer les membres d’un nouveau Comité Directeur et d’approuver le « Programme général » de votre syndicat militaire pour les cinq prochaines années. Ce Programme général – appelé aussi cahier de revendications – est considéré au sein de notre organisation comme un document d’orientation unique à l’intention de tous les délégués et représentants de l’ACMP-CGPM. Une référence qui doit leur permettre de défendre, dans leurs contacts avec l’autorité, les prises de position que nos membres ont approuvées.

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Nos délégués locaux sont d’habitude solidement ancrés dans leur environnement de travail personnel. Grâce au vaste réseau de délégués à tous les niveaux de l’organisation de l’organisation Défense, une bonne confrontation des points de vue s’est déroulée. Ceci a constitué le terreau idéal pour développer un large éventail d’idées novatrices au sein de divers groupes de travail. Si vous déviez, en tant que lecteur de notre revue d’information, avoir une excellente idée vers laquelle nous devrions tendre à l’avenir comme syndicat militaire, vous pouvez toujours nous la communiquer par un e-mail

adressé à notre Secrétariat permanent (srt@acmp-cgpm.be). Vous pouvez bien entendu discuter de votre idée avec l’un de nos délégués que vous trouverez facilement sur notre site web www.acmp-cgpm.be. Regrouper un mélange aussi large que possible d’idées doit finalement permettre à l’ACMP-CGPM d’établir un Programme général revu et corrigé dans lequel de concrètes « questions épineuses » de nature syndicale seront répertoriées. Ainsi, au cours de l’automne, nous espérons pouvoir soumettre, à l’occasion de notre Congrès, un programme général revu et corrigé qui repose sur des objectifs et exigences réalistes qui auront bénéficié, en outre, d’un large soutien de la communauté militaire.

Foto: C. Bandinelli


Statut

Gratuité d’obtention de médailles Médaille commémorative Dans notre Feuille d’Info du 23 janvier 2018, ainsi que dans l’édition de La Sentinelle de février 2018, nous vous avions fait état de la nouvelle médaille, la médaille commémorative pour les missions et opérations relatives à la défense opérationnelle du territoire (OVG). Entre-temps, en Haut Comité de Concertation, le règlement relatif aux décorations a été adapté afin de la reprendre parmi les autres médailles. Dans le même temps, la gratuité de certaines médailles a aussi été prévue. Adaptations au règlement relatif aux décorations DGHR-REG-DECOR-001 Deux nouveautés importantes à épingler à l’issue de la réunion du Haut Comité de Concertation – Règlement de ce 22 juin 2018. La première porte sur l’instauration réglementaire d’une distinction honorifique pour services, missions ou opérations intérieures, la médaille commémorative pour les missions ou opérations relatives à la défense opérationnelle du territoire. Elle rejoint celles qui existaient à ce jour pour ce qui avait été accompli à l’étranger. Les critères d’octroi ainsi que l’administration et la procédure y ont été détaillés. La seconde instaure la gratuité de certaines médailles. Gratuité des médailles 1er octobre 2018 Dès les octrois (à savoir la date reprise sur le brevet) qui interviennent à partir du 1er octobre 2018, la fourniture en 1ère dotation des bijoux des distinctions honorifiques dans les Ordres nationaux, ainsi que toutes les autres distinctions honorifiques décernées par l’intermédiaire de la Défense est prise en charge par le budget de la Défense.

Un petit bémol : la gratuité en 1ère dotation des médailles réglementaires porte uniquement sur la fourniture des bijoux « grands modèles » (appelées aussi « médailles d’ordonnance » ou « médailles pendantes »), ainsi que sur les barrettes d’uniforme (à glissière). L’acquisition éventuelle des diminutifs de médailles (ou petits modèles) demeure à charge des récipiendaires. Gratuité pour quelles médailles ? Il s’agit bien sûr de celles dans les Ordres nationaux, mais aussi de la décoration militaire pour services exceptionnels ou pour acte de courage ou de dévouement, de la Croix militaire, de la Décoration militaire pour ancienneté de service, de la Croix d’honneur pour service militaire à l’étranger, de la Médaille commémorative des opérations humanitaires armées, de la Médaille commémorative pour missions ou opérations à l’étranger, de la Médaille commémorative pour les missions ou opérations relatives à la défense opérationnelle du territoire et de la Médaille du mérite. Il est aussi question de la Médaille du Carnegie Hero Fund, de la Décoration civique pour acte de courage ou de dévouement ainsi que les Titres et insignes d’honneur du Travail. Ces dernières ne sont pas à charge de la Défense, mais elles sont cependant acquises à titre gratuit et à charge d’autres instances. 

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Info

Pensions – Paiement unique Au Comité militaire de négociation du 25 mai dernier, ont été discutées de nouvelles dispositions légales relatives au paiement des pensions, allocations et rentes du secteur public. On peut les qualifier d’adaptations « techniques » car elles visent surtout à simplifier la vie de nombreux pensionnés en instaurant le principe du paiement unique, à savoir que chaque pensionné reçoive à une même date l’ensemble des prestations qui lui sont dues par le Service Fédéral des Pensions. Le principe du paiement unique sera d’application pour les trois régimes de pensions existants en Belgique (salariés – indépendants – secteur public). Rappelons qu’en 2016, les deux organismes de pensions qu’étaient l’Office national des Pensions (ONP) et le Service des Pensions du Secteur public (SdPSP), avaient fusionné en une seule entité, le Service fédéral des Pensions (SFP).

Quelles prestations ? Il s’agit des pensions de fonctionnaires gérées par le SFP, les pensions de réparation, les rentes de guerre ainsi que les pensions et rentes accordées aux victimes civiles de la guerre et aux victimes d’actes de terrorisme. Il faut y ajouter, entre autres, le pécule de vacances et le pécule complémentaire au pécule de vacances accordés aux bénéfici-

aires d’une pension de retraite ou de survie. Il est aussi question des indemnités pour amputation, des indemnités spéciales pour l’aide d’une tierce personne et des indemnités accordées aux bénéficiaires du statut des grands mutilés et invalides et d’indemnités spécifiques selon la nature de l’infirmité. Paiement unique - Signification Le principe du paiement unique signifie, par titulaire, une seule date de paiement et un seul mode de paiement. Les pensions des travailleurs salariés et indépendants connaissent pour le moment trois dates de paiement mensuel et une date de paiement annuel, alors que les pensions de fonctionnaires connaissent également trois autres dates de paiement mensuel (à terme anticipatif, à terme échu ainsi qu’une date de paiement des arriérés), mais aussi des dates de paiement trimestriel 

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 (des pensions et rentes de guerre, de réparation, …) et annuel.

devrait être effective au 1er juillet 2018.

Les dates de paiements mensuels seront dès lors limitées à trois dates (le 7ième, le 15ième ou le 25ième jour calendrier du mois). Ainsi, dans peu de temps, toutes les pensions seront payées au plus tard le 25ième jour, sauf si le titulaire de la pension bénéficie déjà d’une autre pension payée à une date antérieure. Dans ce cas, toutes les pensions de ce titulaire sont payées à cette date antérieure, à savoir le 7ième ou le 15ième jour.

Dans une seconde phase, dès le 1er janvier 2019, seront visées tous les autres avantages payés par le SFP, en l’occurrence principalement les pensions de fonctionnaires.

Le paiement trimestriel sera abandonné. Quant au paiement annuel, il ne restera possible que pour les montants inférieurs actuellement à 39,07 €. Puisque le paiement interviendra désormais à une date fixe dans le mois, les paiements à terme échu ou anticipatif seront également abandonnés. Comme les mensualités seront payées au cours du mois auquel elles se rapportent, la pension du mois de décembre ne sera donc plus payée au mois de janvier. Le citoyen aura une meilleure compréhension et lisibilité de la date de paiement. Cela évitera par ailleurs la confusion possible entre les diverses dates de paiement et les avantages qu’elles concernent. Quant au SFP, cela facilitera la gestion du paiement des nombreuses prestations. Comme il n’y aura plus qu’un seul paiement par titulaire, un seul mode de paiement sera d’application. En l’espèce, le mode privilégié sera le virement sur un compte à vue personnel (exceptionnellement l’assignation

Neutralisation fiscale de la mensualité de décembre 2018 payée en janvier 2019

postale). Cette façon de procéder apportera de nombreux avantages (p.ex. celui d’éviter la perte ou le vol de l’assignation postale). Elle permettra en outre de réduire les risques d’erreurs. Dès l’instant où une pension, est payée sur un compte bancaire, l’ensemble des prestations auquel le titulaire peut et pourra prétendre, sera liquidé, mensuellement, par virement sur ce compte à vue personnel à une seule et même date, en l’occurrence la première date de mise en paiement des différents avantages. Mise en œuvre - Phases La mise en œuvre du paiement unique s’effectuera en deux phases. La première phase concernera les pensions de réparation, les pensions et rentes de guerre ainsi que les pensions et rentes octroyées aux victimes civiles de la guerre, aux victimes d’actes de terrorisme et à leurs ayants droit (également les indemnités éventuelles y afférentes). Elle

Étant donné que les pensions seront payées mensuellement au cours du mois auquel elles se rapportent, la pension de décembre ne sera plus payée en janvier comme c’est le cas actuellement, mais en décembre. Par conséquent la pension de décembre 2018 sera payée en décembre 2018. Ceci signifie que sur 2018, 13 mensualités de pension seront versées – à savoir les 12 mensualités de 2018 + la mensualité de décembre 2017 qui a été payée en janvier 2018. Pour éviter que la mensualité de décembre 2018 ne soit taxée comme toutes les autres mensualités, il sera appliqué sur la mensualité de décembre 2018 une taxation distincte correspondant au taux afférent à l’ensemble des autres revenus imposables de 2018 et ce, afin d’éviter l’augmentation du taux d’imposition. En concluant la négociation, l’ACMP-CGPM a, à cet égard, demandé très explicitement au SFP d’informer clairement et en toute transparence le retraité de ce qu’il en sera de l’impact fiscal de l’existence d’une 13ième mensualité en 2018. 

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Welzijn

HCC Bien-être du 14 juin 2018 Le deuxième Haut Comité de Concertation Bien-être de l’année 2018 a eu lieu le 14 juin. Nous avons été informés de l’intention d’améliorer la qualité des contrats de nettoyage. Hélas, nous avons aussi dû constater que, dans les enquêtes sur les accidents de travail menées par des « commissions d’enquêtes spéciales », il n’est toujours pas question de structure d’unité. Contrats de nettoyage Il y a quelques années, plusieurs contrats de nettoyage de bâtiments avaient été attribués à des entreprises, souvent nouvelles. Malheureusement, nous avons dû observer que la qualité du nettoyage dans nombre de casernes laissait à désirer et que cela donnait lieu à un nombre important de plaintes et d’insatisfactions.

En 2017, le Directeur général des Ressources matérielles (DGMR), le général Debaene, avait promis de changer son fusil d’épaule et de modifier l’évaluation des contractants éventuels lors du renouvellement des contrats. Au cours du Haut Comité de Concertation, nous avons eu une meilleure vue sur l’évolution du dossier. D’abord, les budgets alloués aux contrats de nettoyage ont augmenté de 30%. Ensuite, l’attention sur les nouveaux contrats s’est portée sur la qualité. Les nouvelles conventions prévoient, entre autres, les points suivants : - La fréquence des prestations pour le programme 1 (entre autres le nettoyage des vestiaires, des bureaux et salles de réunion) sera doublée. - Des contrôles de présence et de qualité auront lieu au moyen d’un outil de vérification électronique. - Lors de l’évaluation des candidats pour cette tâche d’autorité, l’accent sera mis sur la gestion de la qualité.

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Policy Handbook Défense, p. 60

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- Instauration des Service Level Agreements (SLA : conventions, objectifs). Ceux-ci seront mesurés pendant toute la durée du contrat et peuvent donner lieu à des amendes. Un premier nouveau contrat avait déjà été attribué avant 2018 pour le plateau de Berlaar (Berlaar, Grobbendonk, Tielen, Brasschaat, etc.). En 2019, les plateaux de Bruges, Bourg-Léopold et de Marche-enFamenne suivront. Commissions d’enquêtes spéciales Des commissions militaires et techniques spécifiques peuvent être désignées pour enquêter sur les accidents et incidents les plus graves. S'il s'agit d'un accident du travail, un conseiller en prévention participera toujours à l'enquête et les syndicats représentatifs seront impliqués dans cette enquête. Jusqu’ici, en théorie. Dans la pratique, il semble que seul le service d’enquête de la Composante Terre (LAIS) décrive clairement et applique la procédure mentionnée 


À la Défense, l'inspection alimentaire est une compétence dévolue au service vétérinaire, compétent pour contrôler l'application de la législation et des directives en matière de sécurité alimentaire.

 ci-dessus. Ce qui n’est pas le cas de la directive pour le service d’enquête de la Marine (SEAN) et auprès de la Composante Air qui, même si elle a été approuvée par le CHOD, reste déjà lettre morte. L’ACMP-CGPM avait donc aussi mis ce sujet à l’agenda du HCC, en demandant d’adapter les directives et de les appliquer. Lors de la séance, il est apparu clairement que la Marine le fera, mais que le service concerné auprès de la Composante Air (ASD) n’ira pas si loin, arguant qu’un « assistant en prévention » au sein de la structure est suffisant et en soutenant que les règles internationales ne permettent pas toujours l’implication d’autres acteurs. Si la commission d’enquête spéciale de la Composante Air se retrouve impliquée dans un incident aérien et qu’il s’agit également d’un accident du travail, l’ACMP-CGPM continuera à insister pour que les règles relatives aux enquêtes sur les accidents du travail soient respectées. En conséquence, au moins un conseiller en prévention de niveau 1 doit participer à l’enquête et les organisations

syndicales représentatives doivent être impliquées. En tant qu’organisation syndicale, nous sommes par-dessus tout convaincus que tous ces différents services d’enquête doivent être regroupés dans un même service et repris sous le département d’état-major Bien-être. Une centralisation de ces commissions devrait permettre un travail plus efficient. Aujourd’hui, l’ASD ne compte pas moins de 25 personnes, alors qu’il n’y en a qu’une seule au LAIS. Lors de quelques discussions informelles, il est vite apparu qu’il existe beaucoup de résistance contre une « structure d’unité ».

Dans le cadre de l’externalisation des activités Horeca de la Défense, l’ACMP-CGPM voulait connaître le rôle de ce service. Au cours du HCC Bien-être, il a été précisé que les firmes civiles qui distribuent les repas dans les quartiers doivent obtenir l’autorisation et la reconnaissance nécessaires de la part de l’AFSCA. En conséquence, l’AFSCA est compétente pour l’inspections de ces installations.

Sécurité alimentaire

Malgré ce pouvoir de l’AFSCA, le service vétérinaire de la Défense continuera à inspecter les installations Horeca de la Défense. En d’autres termes, les firmes civiles peuvent également s’attendre à recevoir une inspection de ce service une fois par an.

Nous connaissons tous l’autorité fédérale en matière de sécurité alimentaire (AFSCA). Cette structure s’occupe, entre autres, des inspections alimentaires dans les installations Horeca en Belgique. À la Défense, ce rôle est assuré par le service vétérinaire qui est compétent pour contrôler l’application de la législation et des directives en matière de sécurité alimentaire.

L’ACMP-CGPM a aussi demandé que le service vétérinaire puisse effectuer plus d’inspections pendant les périodes de camp et d’exercices, sur le terrain et plus particulièrement lors de la distribution sur le terrain. Régulièrement, des plaintes nous parviennent à ce sujet. Elles peuvent être corrigées par des mesures simples. 

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Info

L’ACMP-CGPM est avec les vétérans Stress quotidien, menaces, violence soudaine et inhabituelle, terrorisme, combats et rythme de travail soutenu : les forces de sécurité sont mises à rude épreuve, qu’elles soient militaires ou policières. L’ACMP-CGPM et le syndicat de police SNPS ont organisé un colloque sur le poids émotionnel de l’engagement opérationnel des professionnels de la violence. Honneur aux dames, entamons par Christine Cuvelier, commissaire en chef à la Police fédérale. Cette sociologue a d’abord été inspecteur de police, membre des équipes spéciales d’intervention, de formation et de stress pendant 20 ans, avant d’œuvrer une autre décennie au Comité P, la fameuse « Police des Polices ». Au cours de ces 10 ans, elle a mené des recherches sur la violence, les incidents de tirs et le phénomène du suicide. Son intervention du 8 mai dernier devant quelque 200 délégués syndicaux militaires et policiers a principalement porté sur ce phénomène bien connu de tous : le burn-out. Problèmes tabous à la Police « Beaucoup de suicides et de dépressions font suite à l’angoisse », commente Christine Cuvelier. « Le burn-out naît des différents rôles tenus par une seule personne : à la maison, au travail, les activités du soir, etc. À la Police, il y a une sorte d’accumulation de

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traumatismes tabous pour lesquels il n’y a pas de solution toute faite. » Mme Cuvelier souhaite savoir comment les policiers passent d’un incident à l’autre. « Avant, le policier pouvait toujours raconter à un collègue au bout du couloir ce qu’il avait vécu la veille ou quelques heures avant. Maintenant, la charge et le rythme de travail ont fait disparaître cette possibilité qu’avait le policier d’extérioriser ce qu’il avait vécu. » Ce rythme oblige d’une certaine manière le personnel policier à rentrer chez lui dès que possible. À son domicile, il ne dit rien, ne raconte rien et garde tout. Et la famille dans tout ça ? « Le policier veut contrôler les relations de sa famille, de sa femme et ses enfants, les endroits qu’ils fréquentent, les gens qu’ils rencontrent. Souvent, les relations se limitent au milieu professionnel. S’il tombe malade, les relations professionnelles et le peu de relations sociales s’arrêtent. Il devient un cas qui s’isole. Lorsqu’il revient à son service, il est plus

fermé et devient évasif, sans donner plus d’explications sur ce qu’il vit. » Et l’engrenage des conséquences traumatiques malheureuses de se mettre en marche pour mener à la dépression, au burn-out et, dans des cas plus graves, au suicide. Avec le contexte terroriste qui s’est ajouté ces dernières années, il est certain que les équipes de psychologues de la Police fédéral auront du pain sur le képi pour encore quelques années. « Baïonnette au canon ! » Cette introspection dans la vie des policiers n’est pas sans rappeler celle des militaires, à la différence que ces derniers n’ont pas souvent l’occasion de rejoindre leur domicile lorsqu’ils sont en opération. Pire même, car en opération, les militaires baignent littéralement dans la menace permanente d’un tir, d’une explosion due à un IED ou autre. Cette situation, Mark Sandman l’a vécue au Vietnam, à la fin des 


 années 60. Ce vétéran âgé aujourd’hui de 70 ans est « issu d’une famille de guerriers. Mon grandpère, originaire de la Forêt noire en Allemagne, a acquis la citoyenneté américaine après s’être battu pendant la Première Guerre mondiale. Mon père était un survivant de l’attaque japonaise à Pearl Harbour. Il m’a appris à me défendre. Lorsque j’ai rejoint l’armée américaine, mon instruction m’a mené à la 101e Airborne. Une semaine après mon mariage, j’étais déployé au Vietnam et, lorsque nous étions dans la Vallée de Shau, notre chef de peloton nous a crié « Baïonnette au canon ! ». Cela m’a marqué, je me suis cru au Moyen-Âge ! Et nous sommes montés à l’assaut d’une colline, en partant du bas, sous le tir des artilleries américaine et nord-vietnamienne et sous la menace de nos chefs. » Très à l’aise dans son rôle du jour devant l’assistance, Mark Sandman a expliqué la situation des combats lors de son déploiement. « Au nord, nous ne faisions pas de quartier. Mais je ne me suis jamais posé de question, à ce moment-là. Heureusement je n’ai pas été confronté à la nécessité de tuer des enfants. » Mais les shellshocks sont arrivés après… Retour à la normale ? Mark Sandman n’oubliera rien de son expérience au combat. « J’ai vu des gens bien mourir à côté de moi. Comment expliquer cela à la maison ? Le retour à la vie civile fut très difficile », ajoute Mark. « On n’arrive pas à exprimer ce qu’on a en nous. Chez les vétérans, le niveau d’angoisse augmente. Lorsque nous entendons du bruit, nous réagissons. En entrant dans un lieu fermé, nous repérons les issues de secours et nous nous

Foto: C. Bandinelli

asseyons avec le mur dans le dos. Pour nous, la survie dépend de la rapidité de se coucher au sol, par exemple si on entend une bombe exploser. Entre 14 et 17% de vétérans développent un syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Ceci signifie qu’environ 80% vivent normalement. Mais pour les autres, comment traverser tout cela ? En faisant preuve de leadership, de loyauté, de coopération et d’esprit de groupe. Les dysfonctionnements que nous vivons sont une autre espèce de combat. Nous n’avons pas besoin de gens qui nous disent qu’on ne va pas bien, mais juste de personnes qui nous comprennent. » Des vétérans pour les vétérans « J’ai eu cinq enfants. Je croyais en la discipline et j’administrais des châtiments corporels à mes enfants. Ma femme était inquiète. L’appui social était inexistant », se remémore Mark Sandman. Ce dernier a créé des équipes de vétérans qui se mettent à l’écoute d’autres vétérans plus gravement touchés. Ces hommes et femmes, anciens militaires aujourd’hui devenus comptables, chauffeurs routiers ou pilotes d’avions, ont un passé militaire traumatisant, à des degrés variables. Ils connaissent la manière et les mots pour aider les vétérans victimes du SSPT. « Il faut sortir les vétérans des hôpitaux ou des prisons pour les confronter à

d’autres personnes qui ont vécu les mêmes traumatismes. J’ai une équipe de crise entraînée par moi et qui intervient en cas de suicide, en préventif », explique Mark, enthousiaste et très persuasif. « Je ne fais pas de dossier, nous nous racontons nos expériences. Si les vétérans tombent dans les mains de la Justice, ils sont foutus. À New York, un tribunal spécial nous envoie les vétérans pour les gérer et les réinsérer. Des policiers nous appellent, en évitant ainsi d’envoyer les vétérans derrière les barreaux. » En ce 8 mai, soit 73 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette conférence voulait souligner l’importance de la vie après les expériences de « personnes normales qui ont agi normalement à des événements anormaux » (dixit Mark Sandman), et du soutien nécessaire de toute une société, de l’État surtout, vis-à-vis de ces policiers et militaires. Il ne s’agirait pas seulement de fournir de l’équipement au personnel. Ces « Gardiens », comme les appelait déjà le philosophe grec Socrate, ont droit à des conditions de travail et à des structures dignes pour être protégés et garantir l’efficacité de leur engagement. C’est ce qu’on appelle le devoir de diligence que tout État se doit d’observer pour le bien-être psychosocial de ses hommes et femmes en uniforme. 

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Info

Soldats du futur Qu’est-ce qui importe pour les jeunes hommes et femmes que nous voulons incorporer aujourd’hui et demain à la Défense ? Et qu’est-ce qui compte pour eux pour qu’ils restent suffisamment longtemps ? Comment l’armée doit-elle répondre à leurs attentes ? Et dans quel contexte la Défense devra-t-elle prendre ces mesures ? Le nouveau contexte Les jeunes hommes et femmes qui ont récemment rejoint l’armée ou qui y entrent aujourd’hui partagent tous deux caractéristiques communes : (1) ils savent qu’ils seront quasi tous envoyés vers un conflit étranger et (2) ils font partie de la génération des millenials, les garçons et les filles nés entre 1980 et 2000. On les appelle aussi « la génération Y ». À la différence de leurs prédécesseurs de la « génération X », ceux nés après 1960, les millenials n’ont pas été confrontés à la Guerre froide : une période de menace latente, certes, mais avec une situation sécuritaire relativement stable et prévisible. Depuis, incertitude et volatilité sont devenues les mots-clés sur le plan sécuritaire. D’où la quasi-certitude que presque tous les militaires de la plus jeune génération participeront à des missions à l’étranger. Ces dernières années, la sécurité s’est « diluée » : la distinction entre la sécurité intérieure et celle des frontières de l’Europe tend à s’estomper, comme le montrent les attentats perpétrés dans notre

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pays. Il n’y a plus de division stricte entre la guerre et la paix ; il y a bien longtemps que les pays ne se déclarent plus officiellement la guerre. Les adversaires essayent de nouvelles formes de pression qui diffèrent d’une guerre traditionnelle avec des forces armées régulières : des « combattants de l’ombre » entrent en scène, des pays utilisent des groupes de rebelles « amis » et des « combattants de la liberté » pour sauvegarder leurs intérêts, des incidents cybernétiques surviennent littéralement tous les deux ou trois jours, les flux migratoires sont « orientés » et les boycotts économiques imposés, etc. Avec son PC, un adolescent peut créer des soucis à des entreprises depuis sa chambre et perturber le vivre ensemble par le piratage des services publics. Les lanceurs d’alerte peuvent mettre en danger les services de renseignement. Un mouvement terroriste peut entraîner un pays dans une guerre sans fin. Et une entreprise de technologie peut déterminer ce que les gens voient à la télévision. L’incertitude et l’instabilité sont donc des atouts pour certains. C’est dans ce contexte que la Défense devra également agir dans le futur.

Générations Y et Z : d’autres attentes et plaintes D’ici à 10 ans, quelque 75% du personnel militaire d’active de l’Armée belge sera composé de millenials. Le quart restant sera formé de la fin de la « génération X » - il s’agit ici alors principalement des officiers et sous-officiers les plus âgés – et de la tête de la génération suivante, la « génération (Gen) Z ». En d’autres termes, ceux nés après l’an 2000. Ils sont parmi les 


 premiers de cette nouvelle génération à travailler actuellement à la Défense. Des études académiques montrent que ces deux groupes, les millenials et la Gen Z, partagent un certain nombre de caractéristiques. Les militaires ne peuvent être comparés à des civils de la même catégorie d’âge ; ils sont toujours sélectionnés automatiquement dans moins d’1% de la population. Cependant, ils partagent indéniablement de nombreuses caractéristiques avec leurs homologues civils. Les millenials semblent accorder plus d’importance à leur vie privée et leur famille qu’à leur fiche de paie. Ils aiment changer de fonction, sans nécessairement devoir travailler dans une autre entreprise ou organisation. Ils souhaitent plus participer au développement de leur carrière et à leur futur professionnel, et ils attachent plus d’importance aux études supérieures et aux formations complémentaires. Ils croient en la mobilité ascendante fondée sur le mérite et sur l’ancienneté. Ils pensent qu’ils devraient être admissibles à tous les emplois pour lesquels ils ont les compétences. Les millenials détestent la hiérarchie, la bureaucratie ainsi que les structures et

systèmes rigides. Ils sont plus enclins à rendre service à la société, dans toutes ses formes, que les générations précédentes. La génération Z, les soldats de demain, diffère apparemment des millenials, sur certains points. Ils sont moins centrés : la Gen Z vit dans un monde qui est en mise à jour constante et elle assimile l’information plus rapidement que les générations plus anciennes. D’un autre côté, son champ de vision est plus réduit. Les « Z » sont de meilleurs dans le multi-tasking : à l’école, ils rédigent un document sur leur ordinateur pendant qu’ils effectuent des recherches sur leur smartphone, prennent des notes sur une tablette, pour éventuellement regarder un programme TV plus tard chez eux et communiquer en Facetime avec un ami. Leurs exemples ne sont pas les figures médiatiques traditionnelles, mais plutôt des « influenceurs » : des personnes populaires sur les réseaux sociaux qui gagnent beaucoup d’argent et ont de l’influence. Pour cette raison, l’image est importante pour la Gen Z et la pression y est très élevée. Les « Z » aiment l’indépendance, veulent être leur propre patron et s’en sortir seuls le plus vite pos-

sible. Sur le plan professionnel aussi. Mais l’indépendance est également centrale dans le domaine de l’acquisition des connaissances ; au lieu de suivre le chemin traditionnel pour obtenir un diplôme, il n’est pas rare de les voir terminer l’école « en ligne ». L’esprit d’entreprise est, pour ainsi dire, inné chez eux. Ils veulent dépendre le moins possible d’un marché du travail capricieux. La Gen Z prend également moins de risques que ses prédécesseurs millenials. En outre, les « Z » ont des attentes plus élevées par rapport à la génération X : ils s’attendent à ce que les entreprises, les organisations et les marques leur soient fidèles. Et pas le contraire. Le sentiment d’insécurité et d’incertitude parmi eux est également plus grand qu’auprès de générations précédentes. Bien qu'il s'agisse de généralisations de deux générations entières et qu'il y a évidemment des écarts individuels importants, ces descriptions indiquent clairement que l’organisation du personnel existant actuellement à la Défense risque justement de dissuader le segment de population dans lequel nous devons massivement recruter. Laissez cette observation percoler pendant quelques secondes. Et puis, pensez aux conséquences possibles. Comment s’accorder à ce nouveau contexte et à d’autres générations ? Si la sécurité est devenue plus « fluide », la réponse des pays occidentaux, y compris notre pays, devrait également être plus « fluide ». L’engagement militaire doit être (encore) plus flexible et plus diversifié, en ce sens que les capacités militaires traditionnelles doivent être complétées par d'autres moyens et de nouvelles approches. 

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Info

 L'utilisation classique d'une force armée devrait être complétée par une compréhension approfondie du contexte national du travail policier, des efforts anti-corruption, de la cybersécurité, de la protection des infrastructures critiques, des opérations de barrière aux frontières extérieures européennes et du fonctionnement des sanctions. Cet engagement classique doit prendre garde aux nouveaux dangers de l'interconnectivité et des nouvelles technologies. Et il doit comprendre le modèle économique des acteurs privés contrôlant les connexions des marchés globaux. En outre, il est important de connaître les caractéristiques typiques, tant des millenials que de la génération Z, mais aussi de comprendre leurs différences. Pour pouvoir répondre à ces attentes, à ces besoins et à la structure des valeurs des plus jeunes générations, la Défense doit aussi se transformer. Entre autres choses, l'approche du recrutement, les opportunités de carrière et la gestion doivent être ajustées. Voici une dizaine de suggestions : (1) modifier le système existant d’accompagnement de carrière individuel pour en faire un programme de type LinkedIn afin d'obtenir une meilleure adéquation

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entre le membre du personnel et ses prochaines affectations, (2) établir des « entrées et des sorties » sur le parcours de carrière pour améliorer les flux de talents dans les deux sens, entre le secteur technologique et la Défense, (3) l’ajustement de l’approche communicationnelle aux possibilités offertes par la technologie et les moyens utilisés par les millenials et la Gen Z, (4) un système de gestion des talents plus axé sur la demande plutôt qu’une gestion du personnel axée sur l'offre ; ceci exige plus de souplesse et un suivi permanent des besoins éventuels, (5) accorder une plus grande stabilité géographique en contrepartie d’engagements pour des périodes supplémentaires, (6) l’octroi d’un crédit d’études pour permettre la formation continuée autonome, (7) la mise en place de programmes de formation en ligne certifiés en accord avec les institutions académiques, (8) l’ajustement rapide et continu des programmes de l’ERM, de l’ERSO et des formations professionnelles aux nouvelles compétences requises par l’environnement sécuritaire, (9) le renforcement de l’esprit de corps et de la culture de l’organisation, (10) le renforcement de la résilience physique et mentale et l’élargissement des possibilités dans la prise d’initiatives.

Personne ne souhaite ou désire que l’armée se réforme elle-même et s’accorde complètement aux attentes des soldats du futur. La Défense ne doit pas nécessairement devenir une version camouflée de Google ou de Facebook. Et notre culture ne doit pas non plus ressembler à celle d’une start-up de la Silicon Valley, où les officiers d’état-major en short et espadrilles fonceraient d’un bureau à un autre au guidon de leur scooter électrique. L’armée était et reste un instrument de prévention des conflits en temps de paix et d’emploi contrôlé de la violence en temps de guerre. Son fonctionnement et sa culture doivent rester le reflet des obligations uniques qui s’imposent à son personnel. Il existe très peu d’entreprises qui exigent que leurs employés mettent éventuellement leur vie en jeu pour accomplir leur boulot. Mais nous devons être certains que ceux qui peuvent répondre à cette demande soient les « bonnes » personnes, y compris dans le futur. Nous devons donc fournir tous les efforts possibles pour attirer ces « bons » candidats, les garder et leur fournir le niveau de bien-être adéquat. Et nous devons nous assurer que nous pouvons en recruter suffisamment. 


NAISSANCES

MARIAGES

LIAM – 02/03/2018 né dans la famille de Kevin JANKOWSKI (Liège)

30/09/2017 Vladimir GELDOF et Oksana MEEUWISSEN (Herenthout)

LEONIE – 05/03/2018 née dans la famille de Didier GRATIA (Arlon)

12/05/2018 Alain MULKAY et Danielle REINQUET (Ath)

JULIETTE – 03/04/2018 née dans la famille de Dwayne DREESEN (Overpelt)

27/03/2018 David VAN VLEMMEREN et Mariane VANHERWEGEN (Par cohabitation légale) (Dinant)

LUCIEN – 21/04/2018 né dans la famille de Raphaël BEHETS-WYDEMANS (Namur) BRAYDEN – 23/04/2018 né dans la famille de Glenn DU JARDIN (Zottegem) AMELIE – 19/04/2018 née dans la famille de LEMMENS (Genk) ADELE – 17/05/2018 née dans la famille de Frédéric BLONDEEL (Ixelles)

17/05/2018 Nathan MELOTTE et Amandine HELMAN (Par cohabitation légale) (Malmedy) 24/05/2018 Dominique MARIEN et Nicole DUBOIS (Andenne)

NECROLOGIE

ELLIS (MAN) – 20/05/2018 né dans la famille de Dries BOULPAEP RIVALDO – 29/05/2018 adoption dans la famille de Emmanuel MAHAUX SAFIYAH – 31/05/2018 née dans la famille de Barry CHANTRAINE (Liège) HANNA – 18/06/2018 née dans la famille de Dirk JACQUEMIN

DIMITRI TRAIANIS (Le Roeulx) 1991 - … 28/02/2018 JOZEF VAN OERS (echtgenoot van Vera GEERTS) (Brasschaat) 1954 - … 22/04/2018 EUGÈNE SMOLDERS (Tessenderlo) 1937 - … 03/06/2018

Indice des prix à la consommation du mois de juin 2018 L’indice des prix à la consommation du mois de juin 2018 s’élève à 107,02 points. L'indice accuse une augmentation de 0,09 point par rapport à mai 2018. L'indice santé, tel que prévu dans l'arrêté royal du 24 décembre 1993, s'élève pour le mois de juin 2018, à 107,01 points. L’indice santé lissé, soit la moyenne arithmétique des indices santé des quatre derniers mois (mars, avril, mai et juin 2018) s’établit à 104,76 points. L’indice-pivot pour la fonction publique et les allocations sociales, fixé à 105,10 points n’est pas dépassé. Le dernier dépassement de l'indice-pivot remonte au mois de mai 2017. Source : Statbel

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La Sentinelle Juillet-Août 2018  
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