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AUTOM N E

© photo Sylvain Epiney d’Ayer

NUMERO 12 | OCTOBRE’13 | TRIMESTRIEL

08 LA BERGÈRE des Etoiles

16 1971

St-Luc-Dakar-St-Luc

40 CHASSEUR DE SON

transmetteur de tradition


SOMMAIRE 3 L’Invité

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8 12 15 16 20 22

Une loterie pour une église La bergère des étoiles Nos artistes, ceux qui transmettent l’émotion: Florentin La fibre optique 1971, St-Luc-Dakar-St-Luc Trois générations de femmes de guides Quelques infos

23 Anniv’info 28 30

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34 36 38 40 44 45 46

JMJ Rio 2013 Année scolaire 2013-2014 Soussillon la belle MCA déjà 10 ans Chasseur de son, transmetteur de tradition Immersion dans la musique Ski-Team Anniviers HC Anniviers

Recette de vie La forêt de l’aventure

CONCOURS PHOTO MYSTÈRE à la découverte de VOTRE Vallée Hôtel Weisshorn L’hôtel Weisshorn fut construit par les frères Mosoni en 1882, puis rebâti en 1891 suite à un incendie, sur un magnifique promontoire. «Le choix du site fut influencé par Pierre Pont, propriétaire du Bella-Tola à St-Luc, afin d’éviter la concurrence».

www.4saisonsanniviers.ch

Quel est le nom du lieu-dit: A. Zours Derri B. Têlaz-Fayaz ou Tête Fayaz C. Motta Blantse D. Tsijière de la Vatse Gagnez un bon de Fr. 50.- à la Cave d’Anniviers à Niouc. Le/la gagnant/e sera tiré/e au sort et son nom publié dans l’édition de janvier du journal « Les 4 Saisons d’Anniviers ». Envoyez votre réponse par e-mail à l’adresse 4-saisons@bluewin.ch ou votre carte postale avec la mention « Concoursphoto d’octobre » à l’adresse: Imprimerie d’Anniviers sàrl, 4 Saisons d’Anniviers, CP 102, 3961 Vissoie. Délai de réponse: 12 décembre 2013

© Nicole Salamin

Les gagnantes de l’édition n° 11 sont Oceane et Flavie Savioz à Mayoux. La réponse était: C

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L’ INVITÉ François Genoud Flash de chasse

Un après-midi de mi-septembre à Moiry, j’arrive à la cabane de chasse, certains compagnons sont déjà là. Je dépose des provisions et des habits pour vivre en autarcie durant deux semaines. «Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte les escaliers». Ici, c’est pareil, personne n’a encore rien raté ni subi aucune amende, les «bredouilles» de l’an dernier ont été oubliées et les lamentables ratés sont devenus de fabuleuses histoires de chasse. Il fait froid mais beau, le bonheur quoi ! Après le repérage du soir, Rémy et Do arrivent avec le foie gras et le surmaturé, l’immuable repas de Pascal peut commencer, sans Pierre ce soir puisqu’il chassera aux Couronnes de Bréona et puis… au lit, dormira qui pourra ! Le lendemain matin, il neige à l’horizontal à cause du vent. Ce ne sont pas des flocons mais des billes de glace qui s’écrasent sur le visage, sur le verre des jumelles, sur celui de la lunette du fusil. L’aube pointe, des formes se précisent, des promontoires, en arrière-plan des arêtes, Monta Blantza, et puis… pchiiii… pchiiii…, le chuintement des chamois en alerte. Normal, pour atteindre La Madeleine au lever du jour, Armand doit croiser notre itinéraire avant nous et parfois déranger des chamois qu’il ne peut pas voir dans la nuit. Pascal lève les jumelles, je lève les épaules, ils nous ont déjà vus, la bataille est perdue. Je ne sors même pas les mains des poches, gelées dans les gants. Nous sommes ridicules, deux bipèdes ramollis par des siècles de «civilisation» face aux moyens de défense d’une faune sauvage intègre et contre les éléments

naturels et ça, juste pour pérenniser un geste multimillénaire ; même avec un fusil, quelle arrogance ! Pourtant, il faut continuer, c’est l’ouverture, le moment où se concrétise la moitié des chances des douze jours de la chasse haute, beau temps ou pas. Un peu plus loin, on se sépare, Pascal direction l’arête, moi le creux des «Ziettes», là où, juste après le virage, la harde chassée des sommets enneigés par la faim est peut-être descendue, brouter, ah oui ! La harde… mais aussi le tir. Alors, l’agréable chatouillement pectoral ressenti avec bonheur depuis bien avant la chasse, devient bouillonnement, devient intestinal. « Ah ! Va ch… ! Non, surtout pas ! Il est question d’un coup de feu au cœur du chamois et non pas d’un coup de froid au cul du chasseur», devient tremblement… Ah ça ! C’est magnifique pour assurer un tir parfait ! Quelle dérision ! Comment est-ce possible après 37 permis de ne pas arriver à se maîtriser ? D’avoir envie de fuir ? De vouloir n’être pas là ? Tout le reste, oui ! Mais pas ces instants, l’an prochain je ne chasserai plus ! Il fait plus clair, la neige ne tombe plus. J’atteins le virage, j’avance plaqué contre le talus amont. S’ils sont là et s’ils me voient avant, c’est terminé ! Je progresse centimètre après centimètre et…, une puis deux silhouettes. La harde est bien là, à bonne distance de tir et à bon vent. A plat ventre dans la neige, je rampe jusqu’au bord du chemin, pose le sac sous ma poitrine, les jumelles sous le menton, le fusil contre la joue. Les élucubrations sont terminées : nettoyer les jumelles. Nom de dieu ! Buée ! Et puis pourquoi ce cœur bat-il comme un marteaupiqueur alors que je n’ai même pas encore décidé de tirer ? Sur les jumelles, la buée s’en va. Dans la pente des chèvres, des cabris, des jeunes et pas un bouc, rare dans une harde. Les circonstances ne sont pas réunies, je ne tirerai pas. Répit. Attention ! Un peu à l’écart, en bas à droite, un bouc il me semble ! Cornes recourbées, c’est bel et bien un bouc ou alors je les lui

coupe ! Ah mais non ! Car ce ne serait plus un bouc ! Ramener le fusil sur le sac, approcher doucement l’œil, la croix de la lunette, l’épaule du chamois, l’index sur la gâchette, désassurer, bloquer la respiration, le cœur s’arrête de battre, appuyer, le bruit, l’écho, il tombe, il ne bouge plus, et puis, le silence immense. A-t-il senti quelque chose ? Je ne le crois pas, il est mort dans son élément naturel et non pas dans un abattoir industriel, sans stress et non pas débarqué d’un véhicule et préalablement étourdi. Un peu de sang sur la neige. Et oui ! La viande ça saigne, sauf dans les barquettes Coop ou Migros ! J’ai mal à la poitrine car elle n’est pas assez grande pour contenir cette sensation de plénitude qui m’envahit. C’est le moment d’allumer une boston (cigarette) sauf que, entre les lèvres qui la font trembler et les doigts sur le briquet qui n’arrivent pas à se stabiliser, c’est impossible ! Je crois que j’ai le bonheur tumultueux. Se relever, ne rien oublier, marcher vers le chamois, lentement en savourant les instants, en se remémorant l’avant, le pendant et le maintenant, pour ne rien oublier, pour les revivre, parce que sinon ce serait trop court. Il est là, dans la neige, noble seigneur des montagnes, il n’aura pas à mourir étouffé par une avalanche, ni de vieillesse, à petit feu, parfois même entamé vivant par le renard dans une épaisseur de neige l’empêchant de fuir. Si, si, la mort naturelle comme d’ailleurs toute la vie de la faune ne ressemble pas à ce que notre civilisation apprend à ses enfants à travers les films de Walt Disney. Prenez le dictionnaire et cherchez «anthropomorphisme». Mettre le bracelet, l’inscrire sur le carnet, le vider, le recoudre et, le plus pénible, le rapatrier. Mes petits-enfants mangeront du chamois de grand-papa le soir de Noël, accompagné de l’histoire de sa mort car en même temps qu’ils ont appris à parler, ils ont su dire au lieu de «méchant chasseur», «grand-papa, ‹

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d’accord, mais attention ! Pas les mamans avec les petits !» Et puis une boston, bon dieu ! Et comme d’habitude, l’année prochaine je serai incapable de renoncer à ça. Je ne suis rien dans l’infini mais en ce moment, j’ai l’impression d’en faire partie : merci la chasse. Et maintenant il me reste douze jours pour arpenter la montagne par beau ou mauvais temps, à écouter le soir à la cabane les histoires de mes compagnons et après la mienne d’aujourd’hui, celles des deux chamois que j’ai encore le droit de tirer, mais attention ! Seulement une chèvre qui n’a pas de cabri: rare et difficile à repérer dans une harde et seulement un sujet de l’an dernier, femelle ou mâle mais re-attention ! Un mâle dont les cornes ne dépassent pas 16 cm ou le poids de 17 kg, ce qui me laissera le temps de passer des jours en observation et me donnera de bonnes raisons de n’avoir, cas échéant, tiré qu’un chamois. Il me reste à vous dire que, accessoirement, lors des somptueuses siestes après pic-nic, derrière les postes à marmottes, les bras de Morphée sont d’une douceur incomparable, à tel point que les marmottes ne sont même plus importantes, elles dorment l’hiver et le chasseur dort l’automne, donc longue vie aux marmottes ! Mais on m’a demandé d’écrire un article et non pas un livre.

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Alors, je ne dirai pas ici le sentiment profond d’aller à l’essentiel ne serait-ce que deux semaines par année, de mettre bas les masques et de n’être plus que soi-même, de pouvoir se libérer de l’emprise de la société. Je ne raconterai pas l’ouverture que vit chacun des preneurs de permis parmi la centaine de sociétaires de la Diana d’Anniviers et qui, pour une part d’entre eux, se passe à attendre le cerf en forêt, ni sur les moments de la chasse au chevreuil dans les splendeurs de l’automne. Je n’ai pas le temps de vous dire combien l’examen pour l’obtention du permis de chasse n’est pas une sinécure, ni combien la quête du gibier peut être longue et incertaine. Mais j’aimerais dire que la genèse de la chasse doit certainement être recherchée dans le rapport à l’Antiquité et que son moteur est l’émotion. Cependant, l’émotion doit impérativement être maîtrisée durant les rares instants du lâcher du coup de feu mais pendant ce moment-là seulement car, sans émotion, il vaut mieux ne pas ou ne plus chasser. J’aimerais dire encore ce que Patrick Epiney, notre président de la Diana a dit mieux que je ne saurais l’écrire, lors de l’inauguration de l’espace faune à Chandolin et que je cite avec son autorisation : «Il est utile de rappeler ici que les cerfs, les bouquetins et autres chamois ont été introduits en Valais par nos frères nemrods au

début du siècle passé. Cette exposition est ainsi pour nous l’occasion de rappeler que nous sommes en grande partie, les artisans de la faune de nos montagnes mais aussi ses protecteurs : - Par une chasse très sélective, garante d’une pyramide des âges en conformité avec les besoins de l’espèce et de la capacité d’accueil de son milieu, chasse bien plus sélective, limitée et efficace que celle du loup ou du lynx dont l’appétit se limite naturellement aux proies faciles dont en font partie, chers amis, les nouveaux-nés et les animaux de rente, fragilisant de plus en plus une agriculture de montagne en perte de vitesse, - par le renoncement pur et simple à la chasse d’espèces dont la régulation n’est pas ou plus nécessaire - par l’utilisation d’armes sophistiquées assurant une mort instantanée, à une période donnée, pour un individu sélectionné, dans le but de préserver le bien-être du reste du troupeau, - par la surveillance de l’état sanitaire des animaux tout au long de l’année, - par des travaux d’entretien de clairières ou de surfaces de gagnage, - et enfin par la création de biotopes propices au développement d’espèces localement menacées de disparition. François Genoud


UNE LOTERIE

pour une église

Le 5 décembre 1915, les habitants et les personnes originaires du village d’Ayer déclarent se constituer en association dont le but est la construction d’une église et l’érection d’un rectorat. Cinquante-deux signatures, certifiées authentiques, furent apposées sur le document notarié par des habitants bien déterminés à se séparer de la paroisse de Vissoie. Déjà en 1804, le village de St-Luc, et en 1884 celui de Chandolin, avaient entamé les mêmes démarches qui avaient abouti à la création de leur propre paroisse.

Se constituer en paroisse indépendante ne s’est pas déroulé sans problème, car cette démarche fut fortement critiquée par un grand nombre de paroissiens de Vissoie qui reprochèrent aux gens d’Ayer d’avoir mal choisi le moment pour se lancer dans cette aventure indépendantiste. En effet, en 1914, la guerre mondiale avait éclaté. Alors que les soldats de notre pays gardaient les frontières, les Suisses souffraient d’une grande disette et d’un extrême renchérissement des vivres. On reprochait notamment aux habitants d’Ayer en ce temps de cherté et de manque de maind’œuvre, comme l’écrira l’abbé Erasme Zufferey, de «construire non seulement le strict nécessaire, mais le surabondant, voire l’inutile, sinon le nuisible». L’abbé Erasme Zufferey ne s’arrête pas en si bon chemin dans la critique sur la construction de cette église et l’érection d’un rectorat, car il ajoutera dans son livre «Le passé du Val d’Anniviers. L’époque contemporaine. 1796-1925» que : «Les habitants d’Ayer, poussés par quelques cerveaux mégalomanes, bouchons de cruches plus ou moins sonores élevées sur le chandelier, s’aidant de la vanité et de l’esprit de clocher, voulurent se constituer en paroisse. Quand la passion s’en mêle, on trouve assez d’argent. En peu de temps, on souscrivit 22’000 Frs, dont

les intérêts devaient suffire, semblait-il, au traitement d’un recteur. C’était beaucoup pour une population de 300 âmes. Et cependant, ce n’était que le commencement des dépenses». La commune d’Ayer confiera à l’architecte De Kaldermatten de Sion le soin d’établir les plans pour la construction de cette nouvelle église. En plus, l’administration du village d’Ayer devra fournir à l’entrepreneur à pied d’œuvre les matériaux suivants: La pierre, le sable et le gravier; les bois de charpente équarris et les planches délignées. Les transports de Sierre au chantier, de tous les matériaux nécessaires à la construction y compris l’outillage de l’entreprise seront également à la charge de la commune. La pierre brute pour la pierre de taille sera fournie par le village, ainsi que le transport de la pierre travaillée, de la carrière au chantier. La couverture sera faite en tavillons de mélèze provenant des forêts du village, mais la main d’œuvre sera à la charge de l’entrepreneur et exécutée par un spécialiste auquel il pourra être demandé des références. C’est au printemps 1916 que Mgr l’évêque Jules-Maurice Abbet (1845-1919) en tournée de confirmation, bénit la première pierre de la future église d’Ayer. ‹

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TÉL. 027 475 26 22 / BOUCHVALLEE@BLUEWIN.CH


Eglise d’Ayer

La construction, malgré toutes ces turbulences qui n’avaient pas entaché le moral des habitants d’Ayer, débuta ! Les habitants du village firent tout le travail de leur compétence, ordinairement le dimanche, selon la coutume assez répandue à l’époque. On engagea également un entrepreneur qui, ayant soumissionné trop bas, fit faillite. Côté financier, la situation était loin d’être évidente. Le président de la commune, Joachim Peter, ardent défenseur du projet, versa 10’000 Frs, comme beaucoup d’autres d’ailleurs qui versèrent des sommes moindres pour réaliser le vœu de voir une Maison de Dieu s’élever au milieu du village. Malgré tout ce dévouement, un passif d’environ 100’000 Frs resta à découvert. Une dette beaucoup trop lourde pour un petit village, et dès lors, il fallut trouver une solution pour régler ce problème important. On se rendit à l’évidence, il fallait quêter autre part que dans le Val d’Anniviers. C’est alors qu’on eut l’idée de s’adresser à une banque de Genève qui organisait des ventes de billets de loterie en faveur des églises nécessiteuses. Monsieur Jean Genoud, Président du Comité de l’Eglise, envoya une lettre à Mgr l’évêque de Sion pour que celui-ci approuve le projet et qu’il le soumette à l���Etat du Valais afin d’obtenir une autorisation au sujet d’une loterie en faveur de l’église d’Ayer. L’Etat demanda ensuite à Mgr l’évêque Jules-Maurice Abbet son avis au sujet de cette idée d’organiser une loterie. Ce dernier n’y voyait pas d’inconvénient, mais si cependant le Conseil d’Etat trouvait un autre moyen pour délivrer la commune

d’Ayer de sa dette sans avoir recours à une loterie, il en serait très heureux. L’Etat du Valais donna finalement son accord. Dans cette démarche, le village d’Ayer s’associa à la paroisse de Sierre, qui venait de construire des tribunes dans son église, et qui avait également un grand besoin d’argent.

le soir pour Sion, mais la fête n’était pas terminée. Le lendemain, jour de la Ste-Anne, fête patronale du village, la population, qui avait gardé le cuisinier de la veille, prit le dîner en commun à la salle bourgeoisiale. On recommencera à porter des toasts comme les aiment les Anniviards et le vin d’honneur coulera ce jour-là en abondance.

La Banque de Commerce et de Valeurs à Lots S.A. de Genève établira un plan de tirage de la loterie des églises d’Ayer et de Sierre de la manière suivante:

En 1925, de nouvelles difficultés attendaient les habitants d’Ayer au sujet de la dette de construction de la nouvelle église. La banque de Genève ne pouvait plus écouler les billets de son énorme loterie. Elle se vit impuissante à honorer ses engagements et, en 1927, la banque sauta et cessa toutes ses activités. Mais heureusement, elle avait versé auparavant plusieurs milliers de francs à la paroisse de Sierre et 65’000.- Frs à la paroisse d’Ayer, allégeant considérablement le fardeau de la dette de nos braves paysans. Ne pouvant se payer un prêtre à plein temps, il fut convenu de seconder celui de Vissoie, ainsi le coût du rectorat diminua sensiblement.

Ayer, 500’000.- Frs dont 175’000.- Frs de lots Sierre, 300’000.- Frs dont 105’000.- Frs de lots. Trois séries de tirage seront organisées et, lors du premier tirage, seront extraits et payables de suite les lots de 2.- Frs jusqu’à 5’000.- Frs afin de rendre la loterie aussi attrayante que possible. Il restait encore une dernière formalité à résoudre pour le Comité des Eglises d’Ayer et de Sierre qui avait toute son importance. Vu le petit champ d’activité offert en Valais à une loterie et le peu de richesse de ses habitants, ils devaient s’adresser aux Conseils d’Etats des cantons catholiques suisses afin d’obtenir l’autorisation de vendre les billets. Par cette loterie, l’établissement financier s’engagea à fournir les capitaux requis et commença par verser des acomptes. On pensait avoir trouvé la bonne solution, mais malheureusement cette manne n’allait pas durer. Le dimanche 25 juillet 1920, veille de la Ste-Anne, eut lieu l’inauguration de la nouvelle église. Mgr Victor Bieler (1881-1952) procéda au baptême de cinq splendides cloches payées par de généreux donateurs locaux, dont la plus grande avait été offerte par Joachim Peter et sa femme Catherine Vissen. La fanfare de Vissoie anima la fête qui fut grandiose. De nombreux membres du clergé et les hautes autorités de la vallée furent conviés à la cérémonie qui dura toute l’après-midi. On eut d’autant plus d’appétit pour le repas de première classe qui attendait les convives. Après les discours, chants et morceaux, l’évêque repartit

L’Eglise d’Ayer se sépara complètement de Vissoie pour constituer une paroisse indépendante avec Zinal par décret épiscopal le 1er novembre 1930. Malgré toutes les difficultés qui ont suivi la naissance de cette nouvelle église, aujourd’hui, elle continue d’accueillir ses paroissiens, certes moins nombreux qu’à l’époque de son inauguration, mais en gardant la même foi qui avait motivé leurs ancêtres à installer une Maison du Seigneur au milieu du village d’Ayer. Jean-Louis Claude

Sources : Archives de la paroisse de Vissoie Le Passé du Val d’Anniviers. L’époque contemporaine 1798-1925. Erasme ZUFFEREY.

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LA BERGÈRE des Etoiles

Ceci est l’histoire d’une jolie dame qui vit à Pralong au fond du Val d’Anniviers. Lorsque la neige recouvre la vallée, Edith travaille pour les Remontées Mécaniques sur les sommets de Zinal et durant la verte saison, la voilà qui se métamorphose en bergère sur l’Alpage de La Lé. Depuis longtemps le destin d’Edith sillonne le firmament et tout là-haut elle vit sa vie sous un ciel parsemé d’étoiles…

vers la vallée où s’écoule la Navisence et ses pâturages s’étirent près du Pigne de La Lé (3396 m). Terre des Alpes accrochée au ciel et juchée sur le Glacier de Zinal, ce petit paradis titille le Weisshorn (4505 m), le Besso (3667 m) et l’Obergabelhorn (4065 m). Depuis 1284, cette région appartenait en partie à la population d’Anniviers et est devenue possession entièrement anniviarde en 1559. L’intelligence et le courage de nos ancêtres leur ont permis de surmonter tous les obstacles de la montagne pour façonner cette zone de haute altitude en de belles prairies. Depuis des temps très reculés, les gens de la vallée ont coutume de mener leurs troupeaux au-dessus des forêts afin d’assurer leur bien-être et leur survie. Les

Alpage de la Lé

hauts pâturages procurent la nourriture d’été aux bêtes qui produisent nos aliments, lait, beurre, fromages, viande séchée, lard et jambon. Les ovins quant à eux fournissent deux produits exceptionnels : la laine, la fibre animale la plus utilisée après tonte à la cisaille et, du cuir tout doux, nommé basane. L’Alpage de La Lé est l’un des huit alpages avec ceux de Sorebois, Barneusa, Singlinaz, Lirec, Cottier, Arpitettaz et

Au cœur de l’été Dès que la neige s’en va vers mi-juin et que les crêtes vertigineuses de la vallée se colorent de vert tendre, les gens de Zinal peuvent observer de drôles de convois qui traversent leur village. Camionnettes et camions bourrés de moutons en provenance de villages de la Vallée de Viège dans le Haut-Valais, arrivent pour confier à notre bergère des brebis de races Nez Noirs et Blancs des Alpes. Au fond des Plats de La Lé, Edith est là, heureuse d’accueillir ses protégés de l’été. Les troupeaux restent sagement groupés par propriétaires et ne se mélangent pas. Après les salutations avec les propriétaires, Edith vérifie les listes d’animaux et l’état sanitaire des bêtes afin de connaître leur nombre et afin d’éviter toute contamination entre elles. L’agitation des moutons se perçoit, la terre en vibre sous nos pieds, ils sont si heureux qu’ils trépignent d’impatience et se bousculent en bêlant pour sortir des véhicules. Le mouton est un animal trop mignon, sensible et familier, il a bonne mémoire car on remarque qu’il se réjouit d’être arrivé sur les cimes majestueuses de notre vallée. Une fois hors des véhicules, les bêtes se massent tranquillement par troupeaux, identifiables

Edith et un Nez Noir

Entre ciel et terre Qui n’a pas une fois dans sa vie lu Le Génie des Alpages ? Cette bande dessinée de F’murr esquisse la folie qui règne parmi la faune, la végétation et les montagnes d’un alpage et symbolise sûrement l’ivresse des hauteurs qui guette tout un chacun lors d’une balade sur l’Alpage de La Lé. Au cœur d’un décor alpestre grandiose, les pentes escarpées de l’alpage tombent à pic

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Tracuit qui auréolent le Vallon de Zinal. Sa terre est fertile et bien arrosée, le bétail y vit heureux à l’air pur, libre d’aller et de venir à sa guise pour savourer la fraîcheur des prairies parfumées aux fleurs des Alpes et s’abreuver aux nombreuses sources qui s’écoulent à travers ce coin de terre.


tous grâce à leurs marques bien spécifiques. Toutes les brebis ont un pelage court, tout doux et bien propre, la prochaine tonte aura lieu après la désalpe. Chaque cheptel est sous contrôle et dirigé par sa ménère, la brebis-meneuse. Cette dernière nous tient tous à l’œil et se positionne entre les brebis et les humains pour former une séparation et protéger son troupeau. On la reconnaît car une clochette sangle son cou. Cette hiérarchie entre brebis plus âgées se règle lors d’un combat de circonstance qui glorifie la meneuse, un peu comme le font nos Reines, les vaches. Le reste du bétail demeure impartial et l’on remarque au sein des troupeaux une structure sociale bien organisée. Il est touchant de voir combien ces bêtes sont maternelles, se respectent les unes les autres et ne vivent que grâce aux unes et aux autres. Après les retrouvailles, les éleveurs guident eux-mêmes leurs bêtes à l’alpage pour les laisser sous la responsabilité d’Edith jusqu’à l’automne. Après une jolie grimpette et une fois arrivés à la Cabane d’Edith, les troupeaux se répartissent sur tous les versants de la montagne puis, les propriétaires repartent chez eux.

la nature. Son métier est de surveiller les troupeaux, de compléter leur nourriture et d’avertir les éleveurs en cas de pépins ou de maladies. Sa cabane douillette est nichée à l’abri des regards, en face de la Couronne Impériale des Alpes et surplombe les

Arrivée des Nez Noirs

abîmes. La vue y est redoutable. Edith est responsable de 400 brebis qui broutent l’alpage loué au Consortage de La Lé. Au fil des années, une relation de confiance s’est créée entre les propriétaires des troupeaux et Edith, malgré la méfiance ressentie par les éleveurs au début de cette collaboration avec, une bergère. Deux fois par semaine, Edith parcourt tout l’alpage pour aller à la rencontre des Nez Noirs qui pâturent en altitude, tout au sommet des prairies sans jamais descendre. Elle leur distribue pain sec, mélange de céréales et étale du sel sur Mais, revenons à nos moutons… les rochers. Durant ses balades, des Blancs Edith est bergère depuis 1998, elle est des Alpes la suivent et mendient du sel puis passionnée par les moutons et la vie dans s’abreuvent insatiables dans les petits tor-

rents de l’alpage. Edith n’assiste que rarement à des naissances car l’agnelage a généralement lieu au printemps ou en automne chez les propriétaires. Les agneaux alpent dès l’âge de 3 mois. Les troupeaux sont tous indépendants, pâturent et dorment chacun dans leurs coins bien distincts, à la belle étoile tout l’été. Histoire de moutons Les moutons sont de petits mammifères ruminants ongulés qui marchent avec deux doigts. Ils fournissent une grande variété de produits de qualité indispensables à la vie et leur manière de brouter est appréciée car elle transforme les prairies en véritables gazons anglais à l’inverse des chèvres qui débroussaillent de façon plus chaotique et qui sont moins faciles à gouverner. Les moutons sont curieux mais réservés, même s’ils se laissent câliner. L’histoire de l’agriculture révèle que ces ani-

Meneuse Nez Noir

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maux ont profondément marqué le mode de vie de l’humanité et les moutons sont souvent associés aux clichés bucoliques et pastoraux. Leur tranquillité légendaire a produit de nombreux mythes comme celui de La Toison d’Or. Dans les religions abrahamiques, les ovins sont utilisés comme animaux de sacrifice, notamment chez les Musulmans lors de la fête de l’Aïd el-Kebir. Les moutons sont bien plus intelligents que ne l’insinue La légende des moutons de Panurge de François Rabelais (XVIe siècle) ou autres dictons qui abondent sur ces jolies créatures. Outre son comportement grégaire, des études prouvent que cet animal a des capacités cognitives surprenantes, qu’il serait plus lent dans ses réactions, mais tout aussi intelligent que certains singes. Edith a remarqué que les ménères la reconnaissent lors des retrouvailles chaque été. Entre dames on se comprend, vive la complicité et l’amitié ! On dit que le mouton descend d’un croisement de mouflons sauvages originaires du Moyen-Orient et qu’il est l’un des premiers animaux a avoir été domestiqué. Elevés dans le monde entier pour le rôle important qu’ils jouent dans la vie de nombreux peuples, spécialement au Royaume-Uni, en Australie, en Patagonie et en NouvelleZélande, c’est dans ce dernier pays que les ovins seraient sept fois plus nombreux que les humains. Dans certaines autres régions du monde, les moutons vivent en surnombre. D’après une statistique du Service de l’Agriculture du Canton du Valais datant de 2010, «le Valais est le premier canton ovin suisse avec presque 15 % du cheptel constitué d’env. 50’000 têtes. Les Nez Noirs représentent env. 17 % et les Blancs des Alpes env. 50 % du cheptel total». Deux races valaisannes, deux tempéraments Les Nez Noirs Race valaisanne typique déjà connue au 15ème siècle, ce sont de grands moutons de montagne très résistants, indépendants,

fiers et fidèles à leur territoire. Leur tête est courte, ils sont craquants car ils ont de jolies mèches ondulées qui recouvrent leur corps entier et cachent leurs yeux. Leur toison est blanche et soyeuse partout à l’exception des pieds, des oreilles et du museau qui sont de couleur noire. On les confond parfois avec des boucs car ils sont parés de cornes annelées en spirale. Sur l’alpage, il n’y a aucun bélier pour éviter le mélange des races. Les Nez Noirs restent perchés au sommet des pâturages pour s’alimenter dans les coins familiers qu’ils retrouvent année après année et ils se couchent vers dix-huit heures. Pour se reposer, ils restent collés les uns aux autres à l’abri des parois rocheuses et, fait particulier, les Nez Noirs se relèvent chaque nuit faire un petit casse-croûte avant de se recoucher toujours au même endroit. Le matin, leur réveil sonne vers sept heures et au cours de la journée, les brebis font une sieste à l’ombre.

Blancs des Alpes

tendrement les uns contre les autres. Eux, ne se relèvent jamais la nuit pour manger.

C’est vrai que de nos jours la vie d’alpage est bien plus agréable que celle que vivaient nos ancêtres qui ne possédaient aucune des commodités offertes par la vie moderne, mais tout de même, veiller sur les bestiaux est une vie bien particulière. Il faut une certaine force physique et psychologique pour vivre seule en altitude et être responsable d’un si grand nombre d’animaux. Métier captivant, Edith l’apprécie car elle peut y assouvir son amour Les Blancs des Alpes des bêtes et de la nature tout en préservant une Cette race résistante descend de plusieurs harmonie dans son foyer, les siens viennent réespèces de moutons blancs d’origine alpine. gulièrement passer du bon temps là-haut avec Les bêtes sont de grande taille avec une elle et ses brebis. ossature adaptée et des brebis prolifiques texte & images © Dominique Epiney Regolatti et très maternelles. Elles produisent de la viande et du lait de haute qualité. Leur Sources tête a une longueur moyenne et est recou- •Léon Monnier. Les hauts pâturages de verte de laine avec un museau large et des l’été. L’Alpage de La Lée sur Zinal. Les oreilles qui tirent à l’horizontale. Elles Editions Monographic SA, Sierre, 1982. sont dépourvues de cornes. Leur toison est •Maxime Lambert. Le mouton aussi intelblanche, parfois brune ou tachetée et leur ligent que certains singes. Etude publiée physique est plus quelconque que celui des dans la Revue britannique : Public Library Nez Noirs. Par rapport à ces derniers, cette of Science One, le 27 février 2011. race se déplace facilement et son territoire •Sylviane Neuenschwander-Gindrat. Film est situé à plus basse altitude. Les Blancs über Schneeweisse & Schwarznasen. © des Alpes sont très gourmands et malins car Ghornuti Productions. Switzerland 2006. tous les matins vers six heures, ils sont là, •Helmut Kuhnemann. Les Moutons. Les tous tassés devant la cabane d’Edith à épier Editions Eugen Ulmer, Stuttgart, 2000. son réveil pour réclamer des gâteries en •Canton du Valais. Service de l’Agriculbêlant à tue-tête avant de s’éloigner sur les ture. Etat de Santé de l’Agriculture valaipentes de l’alpage pour brouter, s’abreuver sanne. Rapport statistique 2010. https:// et faire la sieste à l’ombre. Ils se couchent www.vs.ch/NavigData/DS_68/M29707/ vers dix-neuf heures et dorment tous blottis fr/Rapport_statistique_SCA_2010(1).pdf

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NOS ARTISTES

Ceux qui transmettent l’émotion Florentin Que peins-tu, quels sont tes sujets de prédilection ? Les montagnes évidemment, des paysages de montagne et des personnes en pleine action dans la montagne, mais ça c’est difficile. Les montagnes ce n’est pas trop compliqué, mais dessiner quelqu’un qui marche et qui sue un tout petit peu pour avancer en altitude, ce n’est pas vraiment facile.

Ils sont nombreux dans notre Vallée, ceux qui laissent une place dans leur vie à la créativité, l’originalité, que ce soit la peinture, l’écriture, la sculpture ou autre. Pourquoi peins-tu ? Pour faire du visible. Quand on peint, on observe avec les yeux et on interprète si cela nous plaît ou pas. Les mots, on peut aussi les lire et les interpréter, mais comme je ne vois pas très bien, je ne lis pas. Comme je suis assez manuel, peindre est une chose qui me permet de créer. Si on peint, on met un tout petit peu de soi-même dans cette activité, c’est une interprétation personnelle de ce qui est. Pour moi c’est une petite manière de m’exprimer. Les gens vont voir ma peinture et l’interpréter, par rapport à eux, il vont aimer ou pas. Je peux voir si ça parle à la personne qui est en train de regarder mon tableau. Dans les yeux cela se voit si elle apprécie ou pas, pas besoin d’être devin pour voir. Les yeux sont un assez bon indicateur. Et si quelqu’un apprécie ma peinture je suis content, et pour l’instant jamais personne n’a pas aimé. Si moi j’aime et que l’autre aime, c’est valorisant pour moi, cela augmente mon contentement.

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fois moins. Mais c’est mieux que d’être là à se tourner les pouces. Et puis si je crée, les autres peuvent voir. Qu’as-tu envie de transmettre aux personnes qui vont voir ta peinture ? La beauté, ce que moi je trouve beau, et ce que j’apprécie. Je ne veux pas qu’on m’admire, mais je veux montrer la nature qui m’entoure. Parfois, les gens vivent sans prendre conscience de la nature et sans l’apprécier, il faut de la patience pour cela. Te faut-il de la patience pour peindre aussi ? Oui, parfois ce que je fais ne me plaît pas, je dois recommencer et pour moi la patience, c’est difficile.

Y a-t-il des couleurs que tu préfères ? Lorsque tu peins, restes-tu fidèle au modèle que tu as devant toi, ou te permets-tu une part de fantaisie ? Quelle sorte de peinture utilises-tu, quelle Je copie, mais je change mes copies, j’ai ma technique ? manière d’interpréter ce que je vois. Mais Une fois, j’ai utilisé l’huile, mais c’est trop je suis quand-même un copieur. compliqué. Maintenant, je fais de l’aquarelle. C’est de la peinture avec de l’eau qui Pendant que tu peins comment passe le sèche et comme cela on peut remplir une temps ? page, mais il faut y consacrer beaucoup de Quand je peins, le temps n’existe pas, il n’y temps. Pendant longtemps je suis allé tous a pas de secondes, le temps n’a pas d’imporles lundis dans un atelier dans l’ancienne tance. Parfois c’est pénible, il faut attendre gare de Charrat. Je pouvais peindre et je que cela sèche et ça je n’aime pas, c’est pour n’avais pas besoin de ranger mais lorsque cela que j’ai abandonné la peinture à l’huile. je peins chez moi, c’est problématique de J’ai aussi peint à l’acrylique. savoir où déposer les affaires et comment ranger, donc peindre à Charrat c’était plus Te souviens-tu de ton premier tableau? simple. Comme géologue, je dessinais déjà des esquisses de paysages. Est-ce qu’on te donnait des cours, des conseils ? Lorsque tu étais enfant aimais-tu peindre ? Pas des cours, mais des conseils, oui. Le On faisait des dessins avec des crayons de responsable, Michel Stucky a fait les couleur, j’aimais dessiner. Beaux-Arts et peut savoir quelle peinture Moi j’aime employer mon corps, déjà est la plus adéquate et me dire combien de comme guide j’employais mon corps et temps elle va mettre pour sécher. J’essayais grâce à la peinture j’utilise aussi mon corps, de prendre un peu de ce qu’il me donnait. je bouge le bras, la main. Des fois, le résultat était «chouette», des


Envisages–tu un jour de faire une exposition ? Non, je donne tout. As-tu un tableau préféré ? Oui, je l’ai donné à papa, il y a la terre, la mer. Le contact de la terre avec la mer. Tiens, pour une fois il n’y avait pas de montagnes. Quels sont tes rêves en matière de peinture ? J’aimerais peindre à l’extérieur. Partir en voyage, au Népal, au Ladakh et peindre à l’extérieur. Voyager et offrir ce que je fais aux gens qui m’hébergent par exemple. C’est plus un don que de l’argent, c’est un cadeau plus personnalisé et qui reste. Un souvenir de moi que je laisserais chez eux. Christine Torche

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LA FIBRE OPTIQUE

à l’assaut du Val d’Anniviers

Depuis l’automne 2012, Niouc est le premier village de la vallée disposant de l’offre fibre optique. Les prochains villages fibrés seront Vissoie, Cuimey, La Combaz puis Grimentz en 2014. D’ici 2017, l’ensemble des villages de la vallée devraient être raccordés à la fibre optique.

ment horizontal). Ensuite, la fibre est amenée à l’intérieur des habitations jusque dans les salons (déploiement vertical). Ainsi, chaque client est relié au central par une fibre qui lui est propre et qui lui assure une bande passante largement suffisante pour ses besoins actuels et futurs.

Un travail colossal, une fibre propre à chaque foyer Village après village, la fibre est tout d’abord tirée depuis un point central jusqu’au pied de chaque bâtiment (déploie-

Le projet de déployer de la fibre optique jusque dans chaque foyer est colossal et prend plus de temps que prévu initialement. Si nos propres équipes sont actives à Grimentz, nous avons fait appel aux services de l’entreprise Duvoisin-Groux S.A. pour accélérer le déploiement horizontal dans les villages de Vissoie, Cuimey et La Pour ceux qui devront patienter jusqu’en Combaz. 2017 et au vu de la demande de bande passante toujours plus haute, Sierre-Energie Une fois l’ensemble du réseau couvert, investit cette année 800’000 francs dans le Sierre-Energie aura investi plus de 60 mil- téléréseau des régions touristiques. Cet inlions de francs sur l’entier du réseau pour vestissement massif permettra d’assurer de doter notre région d’un réseau de fibres plus hauts débits internet lors de périodes optiques ultra performant jusqu’au salon de fortes affluences. (FTTH). Pour rappel, la télévision numérique de Tout va plus vite avec la fibre ! base avec 120 chaînes dont 20 en HD est La fibre permet un débit d’information net- déjà disponible sur votre téléréseau. tement supérieur à celui du téléréseau ou à celui du réseau téléphonique traditionnel. Le consommateur peut ainsi accéder à des Retrouvez plus d’informations sur vitesses internet garanties et ultra-rapides. www.netplus-sierre.ch ou contactezAvec la fibre, vous n’êtes plus dépendant nous au 027 451 19 19.

d’une éventuelle surcharge du réseau et pouvez utiliser les services télévision, internet et téléphonie en même temps, sans perte de qualité ou rapidité (www.netplusfibre.ch). Améliorations sur le téléréseau en attendant la fibre La philosophie de Sierre-Energie se différencie des autres grands groupes. En effet, la solidarité entre les régions prime et il n’existe pas de clients de 2ème classe. C’est ainsi que tous les clients pourront à terme disposer de la fibre optique.

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1971,

St-Luc - Dakar - St-Luc Ils étaient quatre barbus, un fou d’Anglais du nom de Chris et trois fous d’Anniviards appelés Antoine, Gégé et Gaëtan.

A droite Antoine à sa gauche Gaëtan

La saison d’hiver terminée, un peu de pécule mis de côté, ils se sont dits «et si on partait faire un tour cet été ? on trouve un véhicule et on va voir Pierrot, le copain de Dédé (Antille) au Sénégal…» et voilà, c’était parti. 1971, le mardi 25 mai, l’équipe de choc s’affaire autour d’un bus VW, à l’arrière duquel trône un vieux matelas, élément qui aura une importance capitale pour toute la durée du voyage. Les voilà installés dans leur maison improvisée, prêts à partir, sans tambour ni trompette. Première escale: Sierre pour des vaccins, l’achat d’une caméra et d’un fromage pour Pierrot, mais qui n’arrivera jamais à bon port. Deuxième arrêt: Sion pour les passeports, le livret Eti et les assurances du véhicule. Troisième stop: Lausanne pour passer l’ultime nuit suisse chez Jacquy (Zufferey). La matinée suivante est occupée aux formalités de visas pour le Sénégal et corvées piqûres, encore. Enfin, Genève, la frontière et l’impression de vraiment débuter le voyage. Ils subissent une fouille en règle par la police française,

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normal ils sont barbus et chevelus, c’est toujours d’actualité... Ils entrent dans Paris par la Porte d’Orléans et ils visiteront tous les grands classiques. Sur l’Arc de Triomphe, ils seront «époustouflés par le manège de véhicules de toutes sortes qui, paraît-il, ont tous un but». Leur hôtel reste le bus VW, en plein cœur de Paris. Ils passeront ensuite par Amiens et par la Bretagne, à PerrosGuirec où habitent des copines qui ont fait la saison à St-Luc. Là-bas, ils découvrent la vie particulière d’un port de pêcheurs; ils longent la côte occidentale française, La Rochelle, Bordeaux, puis Toulouse, la Principauté d’Andorre où ils ont «la chance de trouver une source qui leur permet de faire un brin de toilette». Et voici l’Espagne, Tarragone, Benidorm où le «contraste entre les bleds pauvres traversés et cette ville touristique opulente» les frappe beaucoup. La côte espagnole défile rapidement, le territoire anglais de Gibraltar, Algésiras. Ce pays leur laissera une impression mitigée, richesse insolente sur la côte, rude pauvreté à l’intérieur. Enfin, 10 jours après avoir quitté St-Luc, visas pour le Maroc en poche, les voilà traversant le Détroit de Gibraltar et abordant l’Afrique à Ceuta. Ils poursuivent vers Tanger, Casablanca à la recherche d’une compagnie de bateaux susceptible de les transporter vers le Sénégal. En chemin, ils assistent au vol d’un carton d’oranges par un indigène, sur un camion en marche, avec souplesse et habileté, sans perdre un seul fruit ! Ils sont ébahis par tant d’audace et d’adresse ! La tournée des souks de Marrakech précède la dégustation d’un couscous avant de poursuivre vers Agadir, Ouarzazate et le col de Tichka situé à 2260 m. Là, une assemblée de crapauds donne un concert assourdissant qui péjore leur nuit. Au cours du voyage, ils se répartiront les corvées régulières: Gégé le mécano fait le service du bus et les autres font le ménage

dans leur «maison»; à cette occasion, ils tombent un jour sur le fameux fromage destiné à Pierrot, entièrement fondu: la surprise n’est pas des plus agréables…. Aucune solution d’embarquement pour le Sénégal n’étant trouvée, ils rebroussent chemin et prennent un bateau pour Las Palmas aux îles Canaries. Se trouver bloqués sur ces terres, très belles pour les vacances, ne leur convient pas vraiment. Pour passer le temps, ils assistent à une corrida, sans grand enthousiasme, malgré les exhibitions d’El Cordobès en personne. Ils se dirigent ensuite vers Santa Cruz de Ténérife où ils font la connaissance d’Américains venus se faire oublier là pour ne pas accomplir leur service militaire au Vietnam : rencontre avec le monde hippie et la drogue, ils observent le milieu «peace and love». En manque de sport, ils entreprennent l’ascension du volcan Teyde qui culmine à 3700m ; la récompense là-haut est la vue sur un paysage époustouflant. Seule la forte odeur de soufre gâche un peu ce moment de grâce. Enfin, après plus d’un mois de voyage, le grand jour de l’embarquement pour l’Afrique noire arrive; le bus est empoigné par les griffes d’une grue et posé dans le ventre le l’international paquebot nommé «l’Ancerville». Nos quatre vagabonds, comme ils se nomment, guidés par un cerbère, trouvent leur gîte au fin fond des cales, en 3ème classe, rejoignant le monde des marginaux. Il faut s’y faire, mais le choc est rude. La vaisselle est en fer, le vin rouge infect. Les échanges avec les autres passagers, initialement distants et méfiants s’assouplissent peu à peu. Un petit bar assez convenable est à disposition et les réconcilie avec le genre humain, un tournedisque met un peu d’ambiance, de vieux films passent sur un vague écran le soir. A l’arrivée à Dakar, les quatre ont l’occasion d’admirer le luxe des classes supérieures avant de débarquer. Sous prétexte qu’ils n’ont pas de billet


retour, on leur multiplie les difficultés administratives, mettant leurs nerfs à rude épreuve. Le bus doit rester au port… Ils s’en vont à la découverte de Dakar, à pied, sous une chaleur étouffante et humide, assistent au défilé du Président Senghor avec sa suite, en superbes voitures noires ; le peuple l’acclame. Ils discutent avec les indigènes, trouvent la ville trop «européenne» à leur goût. Les nuits se passent dans le bus, toujours au port. Le premier en-cas se prend sur la Place de l’Indépendance, tomates et boîte de thon, agrémentées d’appétissants fruits disposés dans un joli panier acheté à une marchande ambulante… mais le panier est à double-fond… la quantité de fruits se réduit. Pierrot, l’ami de Dédé, avec ses cinq enfants et sa petite sœur Bijou réserve un accueil très chaleureux à nos aventuriers. Ils peuvent enfin récupérer leur bus et rejoindre Ziguinchor où Pierrot travaille à la tour de contrôle. Le voyage reprend à travers le Sénégal, les huttes s’espacent à mesure que s’éloigne Dakar et ses bidonvilles. Des indigènes s’activent dans les plantations de cacahuètes. Le Père Thalmann les reçoit comme des princes, à N’Deffane. La forte impression de baigner dans un autre monde s’incruste en eux, quel bonheur ! La route est en terre maintenant, il faut charger le bus sur un bac à plusieurs reprises. Quelquefois, le bruit de fond des tam-tam chante à leurs oreilles. Ils apprécient un thé vert de Chine, très fort, dégustent une sauce à base d’arachides, des mangues tellement juteuses, admirent des lézards bizarres, un petit singe, mangent avec les mains et dansent, mêlés aux indigènes. Lorsque tout-à-coup, il pleut à verse, ils n’ont jamais vu pleuvoir avec tant de force. Les enfants courent dans la rue, heureux de prendre une douche, vite imités par nos compères qui trouvent l’idée géniale. Et la pluie cesse, aussi brusquement qu’elle est

St-Luc - Dakar - St-Luc, périple de 22’000 km du 25 mai au 29 août 1971

arrivée.

rangeront leurs rêves : souris, lézards et rats.

Après une semaine de cette admirable hospitalité offerte par Pierrot, ils décident de poursuivre leur périple, Kédougou, la Gambie. Le bus vient à bout de toute situation, des bacs plus ou moins stables aux dangereux essaims de guêpes en furie. L’île de Gorée, le parc national du NiokoloKoba, ce dernier traversé malgré sa fermeture due à la saison des pluies, Kédougou où l’avion-courrier n’atterrit que deux fois par semaine. D’ailleurs, les nouvelles données aux familles anniviardes ont été très rares, on leur a sonné les cloches au retour… Un indigène leur a servi de guide pour rendre visite à une tribu encore préservée, celle des Bassaris, qui tuent un poulet en leur honneur ; si dur, le poulet qu’il en est immangeable. Les morceaux seront dissimulés au fond de leurs poches et distribués ensuite au chien attiré par l’odeur et soucieux de nourrir sa portée. Pendant la nuit, d’autres visiteurs indésirables et curieux dé-

A ce moment, nos équipiers décident d’entamer le chemin du retour. Souvent, ils sont agréablement surpris par la robustesse de leur bus-amphibie. Ils font la tournée des ambassades pour obtenir les autorisations pour rentrer par le désert et doivent encore se faire piquer contre la fièvre jaune. Ils quittent Dakar pour la « grande inconnue », marquent d’un coup de rouge le 100’000ème Km du bus. A Nouakchott, capitale de la Mauritanie, un vent violent leur tient lieu de berceuse. Tôle ondulée et bancs de sable de la piste les accueillent jusqu’à Atar, le ciel est serein, l’air sec, le paysage d’une extrême platitude. Premiers égarements et premiers ensablements, chaleur intense, impossibilité de toucher la carrosserie sans se brûler les doigts, dessèchement rapide des gosiers les placent en face de la réalité : ils sont bien dans le désert du Sahara. Lorsque le sable se fait plus épais, la proximité d’une voie de chemin de fer surélevée leur four- ‹

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Gégé

nira une solution idéale: la rampe d’accès trouvée, après quelques prises d’élan et en poussant, le bus se hisse sur les voies, deux roues entre les rails, les deux autres à l’extérieur. Nos passagers se font joliment secouer les tripes par les traverses mais avancent bien et vingt minutes plus tard, une nouvelle rampe leur permet de quitter ces rails. Depuis là, le sable est moins épais sur la piste; ouf, le train se pointait à l’horizon, comme indiqué par l’indigène qui leur sert d’accompagnant. Ce train, le plus long du monde paraît-il, amenait le minerai depuis Fort-Gouraud jusqu’au port sur l’Atlantique. L’équipée continue par Bir-Moghrein. En route, ils ont droit à la coutume de la cérémonie du thé auprès d’une famille nomade propriétaire de dromadaires. A un point d’eau, ce sont ces bêtes qui tirent le précieux liquide hors du puits grâce à une corde. A Bir-Moghrein, ils ont l’énorme surprise de trouver Marcel Mounir de Miège qui officie en tant qu’administrateur du « Safaricircus », composé de 3 camions et 2 jeeps et dont les membres donnent des spectacles dans le désert ! Discussions intenses de part et d’autre, échanges d’impressions, partages de trucs d’aventuriers, la nuit passe vite. Après les au-revoir à Marcel, nos lascars suivent la direction de Tindouf en passant par Ain-benTilli, en compagnie de 2 Parisiens et leur 2CV ; enlisements sans gravité, énormes trous font partie du quotidien. Chaque étape permet de faire le plein d’essence et d’eau. Pour tout être

vivant, ils n’aperçoivent que quelques dromadaires broutant de rares touffes d’herbe sèche, des lézards encore, un renard. La plaine s’étend partout, monde étrange ! Les suspensions du bus souffrent, celles de la 2CV se brisent, forçant Gégé et les deux Français à effectuer une réparation de fortune, les autres officiant comme crics… «L’arrivée à Tindouf se fait sur du goudron, non, du velours». Lors de la prochaine étape, la grosse casse mécanique se produit: le joint de culasse du bus est hors service. Toute la nuit et la journée du lendemain, Gégé s’attelle à la réparation, l’opération est délicate, les autres l’assistent à tour de rôle. Couché sur le dos, sous le bus durant tout ce temps, soudain Gégé est pris de déshydratation, comme étouffé; grâce au thé avalé ensuite et à sa forte constitution, il parvient à prendre le dessus. Une tragédie vient d’être évitée… A Béchar, notre équipe se sépare des Parisiens qui repartent vers le Maroc, eux qui croyaient, avant de rencontrer nos Anniviards, que «tous les Suisses sont riches» ! Nouveau ravitaillement à Aïn-Sefra et voilà Mascara avec ses grands parchets de vignes qui donnent l’eau, non pardon, le vin à la bouche ! Enfin Alger, qui leur paraît belle, arrêt forcé pour une vraie réparation du bus et poursuite vers la Tunisie par une route montagneuse bordée de champs de céréales, ça fait du bien au mental. Admiration de Constantine, constatation qu’en Algérie, toutes les femmes sont voilées, que les hommes passent beaucoup de temps aux terrasses des cafés, apparemment sans trop s’en faire. Le souci majeur du moment est de rajouter régulièrement de l’huile dans le moteur. Voilà Tunis, ultime étape africaine ; tant d’ânes et de mulets ont été croisés ou dépassés. Et c’est la file de véhicules prêts à embarquer pour l’Europe qui les attend, une

Antoine et un petit Sénégalais

traversée reposante les emmène en Sicile. L’Italie sera très rapidement remontée, vu le piteux état des finances… les estomacs aussi se tiennent le plus souvent au fond de leurs talons… c’est normal, dans la botte. L’équipe aura accompli un périple d’environ 22’000 Km, le col du Simplon sera franchi presque inconsciemment, tellement il leur a paru court. L’arrivée à la gare de Sierre à 4 h du matin les trouve frustrés: pas un café, pas un croissant à se mettre sous la dent, tout est fermé. Par bonheur, des proches de Gaëtan se laissent réveiller aux aurores et leur offrent un petit déjeuner d’enfer ! Voilà, c’est le retour à St-Luc, à la Pension Favre puis au Prilet où se retrouvent nos quatre barbus, fatigués, dépaysés, déconnectés, avec tant de souvenirs inoubliables à raconter.

«Qu’elle était belle l’insouciance de leurs 20 ans !» Simone Salamin, d’après le carnet de route tenu par Antoine, qui nous a malheureusement quitté trop tôt.

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TROIS GÉNÉRATIONS de femmes de guides

Marie-Noëlle, Mireille et Stéphanie partagent une destinée commune, celle d’avoir épousé un guide. Leur choix s’est porté sur l’homme et ce métier a joué le rôle d’invité plus ou moins attendu, plus ou moins désiré. Marie-Noëlle et Joseph sont nés à Vissoie, se sont mariés en 1955 et Joseph a suivi le cours de guide en 1958, encouragé à l’époque par Rémy Theytaz. Plus jeune, Joseph avait travaillé à l’hôtel Durand à Zinal en été et au Royal à Montana en hiver. Il avait également fonctionné comme peintre en bâtiment et aide-cantonnier sur les routes d’Anniviers. Il espérait trouver une sécurité financière en «faisant le guide» et a passé, en plus, son brevet de professeur de ski. Marie-Noëlle était d’accord, sans pouvoir supposer alors quelle masse de travail elle devrait assumer seule. Les cinq enfants arrivés, la vie de famille s’est déroulée en partie sans le père. MarieNoëlle assurait les rôles de père et de mère, parfois aussi pour son époux dont l’horloge biologique, au retour des courses, se trouvait en décalage avec le quotidien dit ordinaire. Plus tard, le couple a décidé de reprendre la gérance de la Cabane du Grand Mountet pour assurer un revenu au cas où le métier de guide deviendrait trop difficile à assumer; cette aventure de 19 ans peut se

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résumer ainsi: vie sociale aux oubliettes, intensité de la saison d’été, foule à cadrer par beau temps, solitude à supporter par météo capricieuse, sensation d’être ancré au milieu des «4000» et en marge de la société… Ouf, un téléphone fixe allégeait un peu l’organisation, par essence imprévisible, de ce gîte là-haut, si haut. Cela se passait bien avant l’ère des natels bien sûr. Quand un client téléphonait pour réserver une course, Marie-Noëlle gérait l’agenda de l’absent avec une réponse telle que, par exemple «Joseph est à Mountet, si vous le croisez, il a une barbe, c’est lui, vous pouvez lui demander». Si le guide partait en course pour 5 jours, eh bien ! Marie-Noëlle savait qu’elle n’aurait aucune nouvelle pendant ce laps de temps. Elle ne se faisait pas de souci quand il était en montagne, mais s’inquiétait de la fatigue qui ne manquerait pas de se manifester pendant le voyage de retour, en voiture. Une fois, Joseph a été emporté par une avalanche en compagnie d’un client, heureusement, sans blessure importante au bout du

compte. Il savait refuser des courses quand les conditions étaient mauvaises. «A l’époque, on nous appelait «les saintes» nous, les femmes de guides» raconte MarieNoëlle en riant, « car nous lavions slips et chaussettes seules, le dimanche… Nos maris, eux, bénéficiaient de l’expression de « maîtres-nageurs des neiges»…. La majorité des clients disposaient d’un niveau financier largement supérieur à celui du guide, cela aboutissait parfois à une vue biaisée de la réalité ; les rapports avec eux, les vrais riches d’un autre milieu, étaient donc à la fois particuliers et cordiaux.


Marie-Noëlle pense n’avoir jamais autant menti qu’à des papas de guides en souci pour leurs fils en course, comme Maurice Vianin ou Vitalèt…il fallait bien les rassurer, non ? Le regard de Marie-Noëlle sur son parcours de femme de guide est plutôt «normal»; elle croisait ses congénères une fois l’an, lors du souper des guides. Joseph n’est plus là, Marie-Noëlle poursuit sa route, elle s’évade par la lecture; son esprit est vif, elle en a des anecdotes à raconter, un vrai bonheur !

C’est l’amour de la montagne qui a entraîné Mireille de Baulmes, au pied du Jura vaudois vers le Val d’Anniviers dès 1967. Elle a travaillé à la Cabane du Grand Mountet, elle aussi, du temps où Oscar Vianin régnait en maître sur ce lieu. Cela lui donnait l’occasion d’effectuer des courses. En 1969, elle a rencontré Gaby, ils se sont mariés la même année puis, après un an et demi passé à Yverdon, ils sont venus habiter Ayer. Mireille a enseigné le ski, Gaby a passé son brevet de guide en 1972: à la remise du diplôme, Michel Darbellay, à la fin du discours d’usage, a rajouté «on devrait aussi donner la médaille aux femmes des guides…» Puis, la vie de menuisier indépendant et de guide pendant 3 mois à plein temps leur a permis de vivre ici , avec leurs deux enfants. Mireille tenait le rôle de «tour de contrôle»: gérer les enfants, les clients, les bons repas lors des brefs passages du guide entre deux courses, les lessives-express…Quelques contacts radios étaient possibles entre eux. Dès que les enfants ont eu six ans, Mireille les emmenait à la rencontre du guide-papa,

par exemple à la Cabane de Randa. Ainsi, la famille se mettait à la disposition du guide. Dès 1981, la «tour de contrôle» s’est déplacée au Petit Mountet, cabane qu’ils ont gérée pendant 10 ans. Le point central de la famille se résume en un mot : MONTAGNE. Les deux fils ont passé leur brevet de guide dès que possible et ils pratiquent cette activité chaque été, pendant leurs vacances. Mireille a pu accompagner parfois des cordées emmenées par Gaby. Chaque automne, une sortie familiale, en montagne, s’est inscrite comme incontournable dans leur agenda. Cette précieuse habitude perdure encore aujourd’hui, avec la famille agrandie de belles-filles et de petits-enfants. Une fois, au début de l’activité de guide de son mari, Mireille a été balayée par une toute grosse frayeur, lorsque le curé a frappé à sa porte…l’espace de quelques secondes, elle a envisagé le pire…heureusement, le messager n’était pas de mauvais augure ce jour-là. «Jeune, on peut dire qu’une certaine inconscience m’a animée» précise Mireille, «mais, dès le premier accouchement, j’ai perdu mon côté téméraire». Pour tromper la peur lorsque Gaby était en course, une seule méthode, s’occuper l’esprit au maximum, par de multiples activités, surtout par temps d’orage ou pour les courses très longues. «Je ne me suis pas sentie différente des autres femmes» assure-t-elle. Mireille dit que tant pour la montagne que pour l’agriculture qui les occupe en plein depuis 1987, le combat est identique : il n’y a pas d’autre choix que de s’adapter demijour par demi-jour, en continu. Ainsi se poursuit la grande course de leur vie. Pour Stéphanie, c’est l’amour tout court qui l’a retenue en Anniviers. Venue de Bienne à Zinal comme monitrice de ski, après avoir travaillé dans un atelier de couture au Pérou pendant 6 mois, elle a rencontré Pascal, Pasco pour les intimes… Ils ont approché la montagne ensemble, commencé la grimpe, pratiqué l’alpinisme. Puis Stéphanie a bien accueilli la décision de son compagnon d’être guide à plein temps pendant 5 ans, elle l’a encouragé, confiante et insouciante.

Mais avoir une famille change tout, modifie les priorités. L’arrivée de la petite Emma a permis aux moments vécus en famille de gagner en intensité. Aujourd’hui, quand Pasco est en course, Stéphanie ressent plus de crainte, elle essaie de se convaincre que «pas de nouvelles, bonnes nouvelles», que par mauvaise météo ou conditions d’enneigement difficiles, le Bishorn ou la route de la vallée présentent le même danger… Même avec le natel, elle sait que le réseau ne couvre pas chaque recoin de montagne et n’exige donc rien. Cependant, il est vrai que le natel provoque malgré tout plus d’attente, donc plus de stress. Il faut se réjouir des bonnes nouvelles au retour. D’ailleurs, beaucoup d’activités de guide ne présentent pas de difficultés particulières dans la vie quotidienne. Partir en couple en montagne, depuis que l’enfant est là, ne se vit plus avec la même insouciance, les réflexions s’approfondissent, les points de vue s’enrichissent. Apprendre à relativiser, voilà une des pistes à suivre propose Stéphanie, peut-être comme dans sa profession d’enseignante spécialisée. MERCI à Marie-Noëlle la presque octogénaire, à Mireille la sexagénaire et à Stéphanie qui aborde la quarantaine, merci pour votre confiance, pour les instants émouvants et profonds que j’ai eu le privilège de partager avec vous et merci à eux, vos hommes. Simone Salamin

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NOTRE HISTOIRE.CH GALERIE CHOLAÏC FÉÉRIES DE NOËL par Michel Savioz de Vissoie

Mission

14 et 15 décembre 2013

Alice Berclaz, fille de Fang - Anniviers, dans les années 1930.

Exposition Maja Bosshard Découpages - Scherenschnitte 28.09.13 au 31.01.14, ouverture du mercredi au dimanche selon les heures du café

Les Féeries de Noël de Grimentz fêteront leur 10ème anniversaire. Stands dans la rue du Vieux Village, animations, concerts, caricatures, spectacles pour les enfants, feu d’artifice et présence exceptionnelle du Père Noël durant tout le weekend. Samedi soir, soirée festive et bal du 10ème anniversaire à la Scierie

ILS SONT 15,

indigènes et sauvages Le couper de ruban avec MM. Simon Epiney, Walty Zuber, Patrick Epiney et Marc Genoud

La Diana d’Anniviers vient d’inaugurer son Espace Faune, à Chandolin. L’espace est aménagé dans l’ancien local du feu du vieux village et c’est la Commune qui a financé son coût. Vous y verrez des animaux habitant le Val d’Anniviers. Chaque animal a son bouton qui déclenche le commentaire. Le local est automatisé, la porte s’ouvre dès que l’on se met devant. L’espace est ouvert de 8 à 20h. en été et de 8 à 18h. en hiver, et c’est gratuit !

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Législature 2013 – 2016 | Octobre 2013 | Numéro 14

Un fond d’équipement pour relancer le tourisme La perspective de mettre en place une taxe incitative sur les résidences secondaires suscite, comme attendu, quelques remous. Personne ne souhaite, en effet, s’acquitter d’impôts ou de taxes supplémentaires. On le constate par exemple avec les taxes de séjour, dont l’augmentation ascende à 225 % en un an et fait apparaître la perte subie à ce jour. Cette hausse subite est liée aux avantages que procure le laisser-passer Anniviers Liberté à ceux qui déclarent les taxes de séjour. Ce laisser-passer est, par ailleurs, financé en partie par la fiscalité des domiciliés. Mais cette réaction, nous la comprenons d’autant plus lorsqu’elle émane d’Anniviards de l’extérieur, de propriétaires de résidences secondaires hors station ou de propriétaires qui occupent régulièrement leur logement. La Commune est en effet consciente que les propriétaires - qui sont assidus à notre vallée, participent à la vie locale, effectuent sur place une partie de leurs emplettes, sont actionnaires des Remontées mécaniques, utilisent régulièrement les prestations offertes ou font marcher les établissements publics - sont nos meilleurs ambassadeurs. Le système proposé permet toutefois de répondre partiellement aux attentes des propriétaires dans la mesure où ils pourront déduire toutes les taxes de séjour et, cas échéant, de promotion touristique et qu’ils bénéficieront, à hauteur de 10 %

de la taxe, de bons de transport sur les Remontées mécaniques. C’est ici le lieu de rappeler que la nouvelle Commune a sensiblement augmenté son budget pour le tourisme, qu’elle couvre le manco du laisser-passer Anniviers Liberté, qu’elle investit dès cette année plus de Fr. 800’000.- par an en faveur de la gratuité des cars postaux en hiver, que les partenaires touristiques versent une taxe de promotion de quelque Fr. 600’000.- par an, que la collectivité entretient quelque 300 kilomètres de routes de montagne, qu’elle dépense quelque Fr. 500’000.- pour la réhabilitation des bisses et des sentiers pédestres, qu’elle investit Fr. 400’000.dans le patrimoine, la culture et les sports, qu’elle est l’actionnaire la plus importante des sociétés des Remontées mécaniques pour lesquelles elle a emprunté en sus à son nom plus de 20 millions de francs, qu’Anniviers est la 4ème Commune de Suisse en superficie et doit donc entretenir un territoire vaste et escarpé avec des infrastructures parfois à double, entre les 4 stations et la quinzaine de villages. Les 2’700 domiciliés ne sont plus en mesure de moderniser et renouveler seuls des équipements publics et touristiques, datant souvent d’une trentaine d’années et conçus pour une pointe touristique jusqu’à 30’000 habitants et ce d’autant plus que le Canton et la Confédération se désengagent et n’apportent qu’un soutien timoré au tourisme. Il résulte de toutes les statistiques que seul 1/3 des résidences secondaires est mis en

location, que ces logements sont en majorité vieillissants et ne correspondent plus au goût du jour, alors que le locataire veut trouver en vacances un confort comparable à celui qu’il a dans sa résidence principale. Le marché de la location pâtit, dès lors, fortement de la qualité des logements, ce qui accentue l’effet de saisonnalité. Il en découle naturellement une érosion du nombre de nuitées avec pour effet une diminution généralisée des bénéfices et des chiffres d’affaires dans les commerces et les Remontées mécaniques. La collectivité se doit de casser cette spirale négative que les décisions du souverain vont encore aggraver. Par ailleurs, elle constate que la majorité de la clientèle appelle de ses vœux, une offre complémentaire et diversifiée dans des centres de bienêtre, dans l’hôtellerie, dans les Remontées mécaniques, dans la culture et la sauvegarde du patrimoine, dans les services publics, dans la sécurité, dans le divertissement pour les jeunes, etc… Le moment est dès lors venu de solliciter un effort de tout un chacun pour relancer le tourisme et créer un fonds d’équipement qui rendra nos stations et nos villages plus attrayants, plus animés et nos logements rénovés plus attractifs. La donne a par ailleurs changé à l’insu de l’Arc alpin. Le Conseil Fédéral, le Parlement Fédéral et le Tribunal Fédéral ont enjoint les Cantons et les Communes de ne plus construire de résidences secondaires traditionnelles, de lutter contre

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la prolifération des volets clos, de promouvoir l’hôtellerie, de valoriser le bâti existant, d’utiliser parcimonieusement le sol, de densifier davantage et de trouver d’autres sources de financement que la construction. Le choix de recourir à une taxe sur les résidences secondaires s’est dès lors imposé pour les raisons suivantes et non par esprit de revanche comme le pensent certains propriétaires. Cet outil est prôné tant par le Parlement Fédéral que par le Sommet du Tourisme. Il est pratiqué aussi bien à l’étranger que dans d’autres cantons alpins. Pour la grande majorité de propriétaires qui ne louent pas et n’occupent leur résidence que deux à quatre semaines par an, ce sera un instrument incitatif pour mettre en location ces lits froids. D’autre part, il résulte d’une étude diligentée dans les Grisons que les résidences secondaires ne couvrent pas les frais qu’elles génèrent au niveau notamment, de la mobilité, de l’administration, des loisirs, de l’environnement et de la fiscalité. Ces conclusions s’appliquent d’autant plus à notre Commune confrontée à un territoire escarpé avec des stations et des villages dispersés. Enfin, nous observons que la fiscalité qui touche les résidences secondaires est particulièrement basse sur notre Commune. Les valeurs locatives et les valeurs fiscales sont en dessous des normes et inférieures aux autres stations sur le plan international et intercantonal. Il est ainsi plus que légitime d’en tenir compte en recourant à cette taxe, dont le produit revient à la seule économie touristique et non pas au ménage courant de la Commune.

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Les résidents à l’année s’acquittent, par ailleurs, d’impôts plus élevés qu’en plaine et financent l’essentiel des infrastructures et des équipements publics et touristiques, à l’exception des taxes environnementales et supportent la totalité des charges d’exploitation et d’entretien (Fr. 200’000.00 à Fr. 400’000.00 par an). Même grevées d’une telle taxe, les résidences secondaires restent imposées raisonnablement. De plus, le produit de cette taxe sera affecté en particulier à la modernisation des infrastructures et des équipements touristiques, parfois en mauvais état (ex. tennis), au renouvellement des Remontées mécaniques - colonne vertébrale du tourisme – à l’aménagement de centres de bien être, de loisirs et de sport – au développement des sentiers pédestres et des bisses et finalement à l’amélioration du cadre de vie et à la dynamisation des stations et des villages (ex. : garderie) ou à la rénovation et au renouvellement du parc hôtelier, comme des résidences secondaires. A la fin, non seulement celui qui met en location son bien, le rénove et profite des prestations offertes par le laisser-passer « Anniviers Liberté », mais encore tout propriétaire ne pourra que se réjouir de disposer d’un logement dans une vallée devenue plus attractive pour tous, grâce à la modernisation, au renouvellement des infrastructures touristiques, à l’extension de l’offre et à la diversification (ex. : parc animalier, jardin des plantes), ainsi qu’à un niveau de service plus élevé lié à un meilleur équipement. Une fois le règlement homologué par le Conseil d’Etat (fin 2013 ?), il reste à trouver dans le règlement d’application et dans le respect du principe d’égalité de traitement, d’autres mesures susceptibles de ré-

compenser nos hôtes fidèles, car nous voulons plus que jamais travailler avec eux et non pas contre eux, pour un avenir serein du Val d’Anniviers. C’est dans cet esprit que nous sollicitons votre compréhension pour mettre en place un fonds d’équipement public et touristique qui pourra répondre aux besoins et aux attentes d’une clientèle dont nous apprécions à sa juste valeur sa fidélité et sa contribution au bien-être général.

Le Conseil municipal


Une fois le règlement homologué par le Conseil d’Etat (fin 2013 ?), il reste à trouver dans le règlement d’application et dans le respect du principe d’égalité de traitement, d’autres mesures susceptibles de récompenser nos hôtes fidèles, car nous voulons plus que jamais travailler avec eux et non pas contre eux, pour un avenir serein du Val d’Anniviers. C’est dans cet esprit que nous sollicitons votre compréhension pour mettre en place un fonds d’équipement public et touristique qui pourra répondre aux besoins et aux attentes d’une clientèle dont nous apprécions à sa juste valeur sa fidélité et sa contribution au bien-être général. Le Conseil municipal

LesLes informations indicatives,sous sousréserve réserve règlement d’application à définir. informations ci-dessous ci-dessous sont sont indicatives, du du règlement d’application à définir.

EXEMPLE N° 1

Appartement – moyenne

TR2 – Base / nombre de pièces

Pièces

2

Fr. 600.00

Déductions propriétaires Bons RM 10 % TS propriétaires (forfaits, nuitées, indigènes)

Fr. 60.00 Fr. 200.00

Déductions si location TPT logeur / nombre de pièces TS adultes location selon moyenne agence TS enfants location selon moyenne agence

Fr. 140.00 Fr. 361.00 Fr. 42.00

Totaux à facturer Sans location Si location

Fr. 340.00 Aucune charge

EXEMPLE N° 2 Chalets/appartements – moyenne TR2 – Base / nombre de pièces

Pièces

Déductions propriétaires Bons RM 10 % TS propriétaires (forfaits, nuitées, indigènes) Déductions si location TPT logeur / nombre de pièces TS adultes location selon moyenne agence TS enfants location selon moyenne agence Totaux à facturer Sans location Si location

EXEMPLE N° 3

Chalets/appartements – 7 personnes TR2 – Base / nombre de pièces

Pièces

Déductions si location TPT logeur / nombre de pièces TS adultes location selon moyenne agence TS enfants location selon moyenne selon agence Totaux à facturer Sans location Si location

Chalets 10 personnes

TR2 – Base / nombre de pièces Déductions propriétaires Bons RM 10 % TS propriétaires (forfaits, nuitées, indigènes) Déductions si location TPT logeur / nombre de pièces TS adultes location selon moyenne agence TS enfants location selon moyenne agence Totaux à facturer Sans location Si location

3

Fr. Fr.

170.00 350.00

Fr. Fr. Fr.

200.00 500.00 75.00

Fr. 1’180.00 Fr. 405.00

Déductions propriétaires Bons RM 10 % TS propriétaires (forfaits, nuitées, indigènes)

EXEMPLE N° 4

4

Fr. 1’700.00

5

Fr. 2’200.00 Fr. Fr.

220.00 550.00

Fr. Fr. Fr.

220.00 650.00 100.00

Fr. 1’430.00 Fr. 460.00

Pièces

6

Fr. 2’700.00 Fr. 270.00 Fr. 1’200.00 Fr. 250.00 Fr. 1’245.00 Fr. 174.00 Fr. 1’230.00 Aucune charge

La TS donne droit à la carte Anniviers Liberté financée en partie par la fiscalité des domiciliés. 4

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© Nicole Salamin

Remise des mérites et distinctions 2012

Le 29 août dernier a eu lieu la remise des -Ecole de hockey, cat. Bambinis, du HC distinctions et mérites sportifs et culturels Anniviers 2012, dont voici la liste des bénéficiaires : Prix culturel Distinctions sportives -Troupe théâtrale Les Compagnons de la -Etienne Eva , Championne de ski alpin, du Navizence. ski club Zinal et du Team Anniviers -Salamin Augustin et Jean-Baptiste, athlètes de course à pieds de montagne, du Club 13 Félicitations, encouragements et gratitude Etoiles de Sion ont été adressés tant aux jeunes qu’à leurs entraîneurs et parents ainsi qu’à la commisPrix à l’encouragement sion culturelle et sportive. -Salamin Tristan, Course Mountain Bike, du cyclophile de Grimentz -Dehoul Marc, Vélo de descente, Annibike -Equipe féminine de football, du FC Anniviers

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Une pensée s’est envolée vers David Salamin, emporté par sa passion, et qui faisait partie des premiers lauréats de ces distinctions sportives de l’année 2008. C’est dans une ambiance chaleureuse et conviviale que s’est terminée la soirée agrémentée par un apéritif offert par la Commune d’Anniviers à qui l’on dit MERCI !


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RECETTE DE VIE Depuis l’essor du tourisme, au fil du temps, un grand nombre de personnes en provenance de différents pays vivent au Val d’Anniviers. Zinal. Comment se réalise cette conjugaison d’ici et d’ailleurs ? Quels sont les ingrédients de la recette de chacun ?

Née en Allemagne du nord (Hanovre) en août 1950 sous le signe du Lion, de religion protestante luthérienne, Elisabeth participe activement au mouvement de 1968 en Allemagne. Elle séjourne pour la première fois en Suisse à l’âge de dix-sept ans comme fille au-pair à Auvernier (NE) pour apprendre le français. Quelques années après, elle choisit Fribourg pour poursuivre ses études à la faculté des lettres en histoire de l’art, sociologie et journalisme, puis elle effectue son travail de doctorat à Bâle sur le château de Vaduz (FL). Elle travaille plusieurs années pour le Fonds National Suisse de recherche (FNS), le Prince du Liechtenstein à Vaduz et à Vienne (Autriche), la protection des Monuments historiques à Zurich et la Maison rurale de Fribourg. En Suisse depuis 1973, mariée et divorcée deux fois, Elisabeth fait la connaissance de Bernard Crettaz à l’Université de Zurich où elle est chargée de cours d’histoire de l’art. Lorsque Bernard prend sa retraite du Musée d’ethnographie de la ville de Genève, ils décident de s’établir en Anniviers. Depuis 2002, Elisabeth vit à Zinal, d’où elle exerce sa profession d’historienne de l’art indépendante dans toute l’Europe. Pourquoi as-tu décidé de vivre à Zinal ? Même si j’ai vécu dans plusieurs villes suisses, comme Neuchâtel, Fribourg, Bâle et travaillé à Zurich, je suis une fille de la campagne. J’ai passé ma jeunesse au bord d’un lac, la Steinhuder Meer. Vivre à Zinal nous permet de profiter des propriétés de Bernard, d’un grand espace réservé uniquement à notre bibliothèque, mais aussi des champs pour nos animaux.

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Pouvoir posséder des chevaux à proximité de notre habitation est un avantage indéniable. Nous avons une étable à Mission pour l’hiver et une au Bouillet, près de Zinal, pour l’été. Nous passons au moins 2-3 heures par jour aux différents travaux d’entretien et soins requis par notre cheval Ginger et notre mulet Isidore. Isidore a été la vedette de l’émission de la télévision Suisse romande «Le mayen 1903», en 2003. A la fin du tournage, nous avons décidé avec la famille Cerf de le garder en Anniviers. Ginger et Isidore sont devenus inséparables. Le temps passé au travail dépasse largement celui des balades. Les parcours pour les balades à cheval sont assez limités dans la vallée, mais je travaille avec les deux, souvent à la main, dans un carré de dressage improvisé.

© ATC

Je vous invite à découvrir la recette d’Elisabeth Crettaz-Stürzel (ex Castellani-Zahir).

Elisabeth Crettaz-Stürzel

En Allemagne, j’ai un petit réseau d’amis fidèles que j’entretiens par tous les anciens moyens de communication (lettre, carte postale) et modernes (Internet). Je n’ai pas de site Internet ou Facebook. C’est un choix. Je n’ai plus beaucoup d’attaches familiales, mais une ou deux fois par an, je rends visite à ma sœur Brigitte, qui est pasteure-féministe, et à mes amis. Je vais aussi régulièrement en Finlande où vit Comment vis-tu la distance entre ton pays une partie de ma belle-famille. La Finlande d’origine et ton lieu de résidence ? est devenue mon deuxième pays de cœur Depuis l’âge de vingt-trois ans, je suis en après la Suisse. L’Allemagne reste liée à mes Suisse. C’est ici que ma vie d’adulte s’est dé- souvenirs d’enfance. veloppée au niveau professionnel, mais aussi en tant que femme indépendante, volontai- Qu’est-ce qui te manque le plus ? rement sans enfants. Ce qui me manque le plus est le « vent du Aujourd’hui, mes points de repère les plus nord », la pluie fine, le ciel gris, un paysage importants sont à Fribourg et Neuchâtel. plat sans montagnes avec un horizon bas à Je publie des livres sur l’histoire de l’art et perte de vue et de l’eau, le lac avec toutes ses l’architecture (voir encadré) en allemand activités de natation et de navigation. J’ai et français. Les mandats proviennent de fait beaucoup de voile et de voile-sur-glace Suisse allemande, Autriche, Liechtenstein, («DN») à un niveau sportif, mais j’ai arrêté Allemagne et France. lorsque j’ai quitté Neuchâtel pour Bâle. Zinal et le Val d’Anniviers sont très éloignés Ici, je vis en contact avec la nature et la dides villes suisses et européennes où je dois mension de la campagne avec nos animaux. me rendre fréquemment pour mes activités J’aime l’hiver et le froid, mais ne fais pas de professionnelles. Cette distance est un point ski. négatif, mais je me suis organisée. Je profite du réseau postal et ferroviaire ainsi que de Quels sont tes endroits préférés ? l’abonnement général. Coté nature, la Navisence. Coté culture, le


patrimoine religieux de la vallée me tient énormément à cœur. Dans ce contexte, je suis heureuse d’avoir initié et contribué au retour à Vissoie, début 2013, de l’autel baroque de Saint-Bernard-de Menthon, originaire de la Chapelle du château, qui avait été vendu dans les années 1950 à la paroisse d’Ausserberg en Haut-Valais. J’apprécie le patrimoine architectural anniviard qui se compose de constructions simples en madriers. J’aime montrer à mes hôtes le village de Vissoie avec sa variété de bâtiments du 16ème siècle, les maisons aux peintures murales, la chapelle, l’église paroissiale avec sa patronne d’origine turque (Sainte-Euphémie) et la tour de l’Evêque, un des rares témoignages du Moyen-Age dans la vallée. Comment est ta vie à Zinal et en Anniviers ? La formation « Parcours Arianna », qui a eu lieu de 2005 à 2007, m’a permis de rencontrer des femmes de milieux et âges différents, de me réaliser en Anniviers et d’être connue non seulement en tant que femme de Bernard Crettaz, mais en tant qu’Elisabeth. Ce réseau, qui existe encore à titre personnel, est important pour moi. J’ai toujours été une féministe active à Neuchâtel et à Bâle, convaincue de la nécessité de soutenir l’émancipation des femmes afin qu’elles puissent jouer un rôle social actif, égal à celui des hommes. Sur invitation de l’Unipop Anniviers, j’ai commencé à donner des cours d’histoire de l’art et de guider des visites de chapelles et d’églises en Anniviers. Quels sont tes rêves ? J’ai réalisé trois grands rêves d’enfance : être une femme heureuse sans enfants, avoir des chevaux et mener une vie professionnelle basée sur la transmission de la culture et de l’histoire européennes. L’exposition, «Sa Majesté en Suisse. Neuchâtel et les princes prussiens», consacrée à l’époque prussienne du canton de Neuchâtel de 1707 à 1857, qui a lieu en ce moment au Musée d’art et d’histoire, est le fruit de cinq ans de recherches, menées en Suisse, Allemagne et France. On pourrait se demander pourquoi une Allemande, vivant en Anniviers, a été mandatée en qualité de commissaire générale de cet événement. La

réponse est simple : c’est le résultat de tout mon parcours professionnel qui a débuté par un travail de licence sur l’architecture néoclassique de Neuchâtel. A l’époque, j’étais mariée avec l’architecte neuchâtelois Jean-Marc Castellani. Notre bureau se trouvait au Faubourg de l’Hôpital, au milieu de ces belles demeures patriciennes. Cette exposition représente sans doute l’aboutissement d’un grand projet professionnel, mais son importance n’est pas uniquement scientifique. En effet, sa thématique présente de nombreux éléments liés à mes racines et à mon identité familiale, entre la Suisse, l’Allemagne et l’ancienne Prusse aux temps des Lumières. Je peux ainsi dire que la boucle est bouclée. Où sont tes racines ? Mes racines familiales mythiques sont en Europe du nord et de l’est. Tout en ayant vécu plus d’années en Suisse qu’ailleurs, mon identité reste liée aux régions de la Baltique. Je suis une fille de la mer Baltique, issue d’une famille d’industriels appartenant à la bonne bourgeoisie hanovrienne, dont j’ai hérité la passion pour la voile et les chevaux. Ma mère était originaire de la Cachoubie (Pologne), près de Kaliningrad, anciennement Königsberg (jusqu’en 1945 «PrusseOrientale», aujourd’hui territoire russe) au bord de la mer Baltique. A cause du brassage des Guerres mondiales, ma mère a passé sa jeunesse dans une famille aisée à Hanovre. Königsberg est aussi la ville de Kant, mon philosophe préféré. J’aime son rationalisme et son éthique «du devoir prussien » (Pflichtgefühl), régie par le principe de l’«impératif catégorique». Selon Kant, l’acte moral obéit à un impératif au-delà de tout intérêt personnel. La recherche du bien de la collectivité est plus importante que celle du bien individuel. J’aime aussi Johann Sebastian Bach, sans doute pour les mêmes raisons, car sa musique classique est très structurée et logique. Est-ce que tu gardes un objet de ton pays d’origine chez toi ? Plusieurs objets dans notre appartement au Forum à Zinal appartenaient à ma famille. J’affectionne tout particulièrement

un tableau à l’huile représentant un lac (le Wannsee) avec des voiliers. C’est un prix de régate gagné par mon grand-père en 1908 à Berlin. Ces bateaux me rappellent ceux de ma famille que j’ai vus naviguer pendant toute mon enfance. Je conserve aussi un coffre de mariage du 17ème siècle, en bois de chêne sculpté. Il s’est transmis dans ma famille de mère en fille depuis des siècles. Quelle recette souhaites-tu partager ? Une recette de ma mère. Originaire de Kaliningrad (Königsberg), cette recette est connue par tous les pays de la Baltique. Recette de «Königsberger Klopse» (boulettes de Kaliningrad) pour 4 personnes Mélanger 500 gr de viande hachée de bœuf et de porc avec 1 œuf et une poignée de pain sec, préalablement mouillé dans de l’eau chaude. Ajouter 2 boîtes d’anchois (ou harengs salés) et 1 oignon coupé finement. Faire des boules de la taille du creux de la main, assez compactes. Préparer un litre de sauce béchamel très liquide et y ajouter 100 gr de câpres. Faire cuire les boulettes avec la sauce aux câpres dans une cocotte pendant environ 45 mn. Ajouter un peu de citron avant de servir les boulettes avec la sauce. Accompagner de riz ou de purée de pommes de terre. Guten Appetit ! Adriana Tenda Claude

Elisabeth Castellani Zahir, Die Wiederherstellung von Schloss Vaduz 19041914. Burgendenkmalpflege zwischen Historismus und Moderne, 2 Bände, Konrad Theiss Verlag, Vaduz/Stuttgart, 1993. Elisabeth Crettaz-Stürzel, Heimatstil. Reformarchitektur in der Schweiz 18961914, 2 Bände, Huber Verlag, Frauenfeld, 2005 (en allemand, français, italien). Elisabeth Crettaz-Stürzel, Chantal Lafontant Vallotton, Sa Majesté en Suisse : Neuchâtel et ses princes prussiens, Editions Alphil, Neuchâtel, 2013 (en français et allemand).

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LA FORÊT DE L’AVENTURE... une Aventure pour tous

Ouvert à mi-juillet seulement pour cause de construction, le parcours de Sigeroulaz rencontre un très grand succès. En 1 mois d’exploitation, plus de 2000 participants sont venus découvrir la Forêt de l’Aventure de Vercorin. Cette dernière sera exploitée jusqu’à mi-octobre. Mais, dès 2014, l’ouverture du parc se fera plus tôt afin de satisfaire les écoliers pour leurs fins de scolarité et la clientèle du mois de juin.

La société de la Télécabine de Vercorin est propriétaire d’un parc de loisirs de Sigeroulaz dont la construction initiale datait d’une quinzaine d’années. L’opportunité lui a été donnée de rénover ces attractions et la décision fut prise de refaire entièrement le parcours, sur le même site, avec plus de 45 nouveaux postes. Notre Forêt de l’Aventure est située sur les hauteurs de Sigeroulaz, à 1800 m d’altitude. On y accède par une nouvelle télécabine, la plus performante de Suisse avec ses cabines CWA de 10 places mise en service le 12 du 12, 2012 à 12h12.

Elles peuvent être exercées en famille, entre amis ou avec ses collègues de travail qui apprécient de se trouver dans un environnement alpestre, suspendus dans la forêt. Cette activité est accessible à toutes personnes capables de grimper une échelle à corde.

Dany Perruchoud

Les participants s’élancent sur le parcours en parfaite autonomie, grâce à une ligne de vie qui leur assure une complète et pleine sécurité. Compacte et de difficultés diverses, la Forêt de l’Aventure de Vercorin peut être faite en même temps par des personnes aux âges différents. Chacun choisit en quelque sorte sa voie, selon les difficultés qui lui semblent surmontables. Soumis à des règles très strictes, le parcours est surveillé par des personnes qualifiées qui en quelques minutes expliquent les règles essentielles de sécurité aux participants avant que ceux-ci s’élancent vers des sensations garanties.

Cette Forêt de l’Aventure a été construite par l’entreprise Altus, une entreprise française spécialisée dans la construction des parcours en hauteur sur des arbres. C’est un loisir 100% nature permettant aux petits et grands d’évoluer à plus de 10 mètres, de sapins en mélèzes pour passer d’une plate-forme à l’autre avant de glisser le long de tyroliennes qui, à Sigeroulaz, peuvent atteindre près de 200 m de lon- Le constructeur a une grande expérience en gueur. Des tyroliennes à vous couper le la matière. Il a construit plus de 120 parcs souffle. de ce type sur 3 continents. Les nouveaux produits sont testés sur leur site de producCes activités ludiques et familiales touchent tion en France avant d’être livrés et montés toutes les catégories de personnes, sans res- par une équipe de vrais professionnels. A triction d’âge et sans préparation physique Sigeroulaz, les installations proviennent particulière. des dernières innovations de l’entreprise.

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Pour la Télécabine, il s’agit d’un complément de son offre touristique. Parallèlement, les participants peuvent rejoindre Vercorin en trottinettes qui sont louées pour la circonstance. Suspendue entre ciel et terre, de câbles en câbles avec le téléphérique de Chalais, puis la télécabine et enfin à 15 mètres de hauteur pour la grande tyrolienne, la Forêt de l’Aventure est vraiment une Aventure pour tous, ludique et familiale.


JMJ RIO 2013 Du 23 au 28 juillet 2013 se sont déroulées les 28èmes Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro. 3,7 millions de catholiques étaient rassemblés au pied du Christ Rédempteur, parmi eux 80 Valaisans du groupe « Des jeunes qui prient », dont 8 Anniviards. Tout commença le mardi 16 juillet sur les rails. Après une année de préparation, le jour J était enfin arrivé. Impatients de découvrir le continent sud-américain, les Valaisans prirent le train en direction de Genève, puis le voyage se poursuivit par les airs pour rejoindre Rio et se termina par la route pour rejoindre Nova Friburgo et sa semaine pré-JMJ.

Les Anniviards: Camille Kaufmann, Anna, Jérémy, Sébastien et Nicolas Salamin, Yves et Jérôme Crettaz (manque Magdalena Buchs)

Journées en diocèse La semaine précédant les JMJ, chacun des 175 pays présents aux journées mondiales était accueilli par un diocèse brésilien. Ces journées en diocèse ont pour objectif de permettre aux jeunes de connaître davantage la culture brésilienne et son Eglise. Dix pays, dont la Suisse romande, étaient accueillis à Nova Friburgo, ville créée par des Fribourgeois en 1818.

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Les journées étaient rythmées par la catéchèse du matin, donnée soit par l’évêque des jeunes suisses romands, Mgr Theurillat, soit par les prêtres valaisans, Jean-François Luisier de Savièse et Jean-Marie Cettou de Venthône. Les après-midi étaient réservés à la découverte de la culture locale. Nous avons notamment pu visiter la «casa suiça» (le musée suisse du Brésil où l’on fabrique du fromage à raclette), les richesses de la ville, etc. La plus touchante de ces activités fut la visite d’un home pour personnes âgées. Rien à voir avec les homes que nous connaissons. Les pensionnaires se trouvaient parfois à 6 dans une même chambre et les infrastructures étaient bien loin d’être semblables à celles de chez nous.

La plage de Copacabana avec les 3.7 millions de pèlerins

Journées Mondiales de la Jeunesse Lors de la 2ème semaine de notre pèlerinage, comme les 3,7 millions d’autres jeunes, nous nous retrouvâmes à Rio. Passer d’une ville de 200’000 habitants à une métropole de 12 millions d’habitants, ce n’était pas anodin. Nous avons dû faire preuve de quelques valeurs supplémentaires, telles que la patience lors des longs temps d’attente, la vigilance et la prudence lors des bains de foule. Chaque matin dans un collège du quartier d’Ipanema, quelques pays francophones se retrouvaient pour la messe et la catéchèse donnée par des cardinaux ou évêques. L’après-midi était consacré au festival de la jeunesse avec au programme : concerts, visites, spectacles… libre à nous de faire nos choix. Par exemple, nous avons visité Ces journées en diocèse se terminèrent par la cathédrale, le Pain de Sucre, le Christ une grande messe d’envoi, présidée par Rédempteur... l’évêque local, avec la présence des 10 pays accueillis à Nova Friburgo. Lors des adieux, Tous les grands événements des JMJ avaient les Romands ainsi que leurs familles d’ac- lieu sur la fameuse plage de Copacabana : cueil partagèrent quelques larmes de joie la messe d’ouverture, l’accueil du Pape, le de s’être rencontrés et ainsi que quelques chemin de croix, la veillée et la messe finale larmes de tristesse de déjà devoir se quitter. avec 3.7 millions de personnes. Ce qui L’accueil sans limite des Brésiliens de Nova représente l’un des plus grands rassembleFriburgo restera gravé dans nos cœurs. ments planétaires. Les personnes âgées de ce home étaient laissées de côté par leur famille et ne recevaient que très peu de visites. Par notre présence, nous avons essayé de leur apporter un peu de joie, en chantant, en dansant et en jouant avec eux. Malgré la barrière de la langue, ces moments forts nous ont fait grandir. Leurs regards débordant de joie, leurs sourires et leurs gestes nous ont émus. Chaque soir, après la messe, les jeunes des différents pays se retrouvaient dans un parc de Nova Friburgo pour des concerts de groupes chrétiens, des spectacles, ou simplement pour un moment d’échange et de fête. Un soir, nous avons notamment pu assister à une partie de la représentation théâtrale de la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde de football de 2014.


Lors de ces moments forts, la joie d’être présents avec le Saint Père et la jeunesse catholique mondiale nous submergeait. Tous les chants, toutes les prières, tous les échanges entre pèlerins et surtout les messages de notre Pape François nous ont donné un nouvel élan dans notre foi. De plus être sur l’une des plages les plus connues du monde, à l’autre bout du monde et invités par notre Eglise est un sentiment incroyable. A notre retour, nous avons pu mesurer la chance d’avoir pu représenter à Rio notre petit pays et surtout notre petit Val d’Anniviers. L’ambiance à la fois pieuse et festive, le mélange de «fun et foi», nous ont redonné de nouvelles forces pour redynamiser nos églises européennes qui ont tendance à se vider (contrairement à celles d’Amérique). Le Pape nous disait: «Très chers jeunes, le Christ vous envoie, le Christ compte sur vous, l’Eglise compte sur vous, le pape compte sur vous». Notre Eglise est jeune et dynamique à l’instar de notre Pape François, qui reste malgré son âge, jeune de cœur. Être catho, ce n’est pas démodé, nous sommes semblables aux autres jeunes avec un petit quelque chose en plus : la foi. Semaine missionnaire en Argentine Pour 60 Valaisans, le pèlerinage s’est prolongé d’une semaine en Argentine. Après un transfert en avion, nous avons retrouvé à Santa Fe la pastorale pénitentiaire et de l’enfance du Père Gabriel Carron. Suite à son décès en 2010, Aline et Pablo Glassey Duarte sont les nouveaux responsables de la pastorale. Ils nous ont accueillis les bras ouverts avec un programme riche et varié. Le 1er jour, nous avons visité un quartier défavorisé. Les routes non-goudronnées, les chiens errants, les chevaux faisant office de véhicule, la saleté du quartier nous ont vite refroidis. Mais lorsque nous vîmes les enfants sortir de leur « maison » avec des sourires jusqu’aux oreilles, et nous sauter dans les bras, le décor choquant fut vite ou-

blié. Malgré la barrière de la langue, avec de simples gestes, par des jeux ou des dessins, la compréhension est devenue facile. Ces enfants, avec une joie débordante, nous ont beaucoup donné.

repeindre des bâtiments. Un groupe, accompagné de jeunes défavorisés, repeignait une façade d’une maison d’accueil. Tandis qu’un autre groupe repeignait une chapelle. Cette action nous a permis de partager un moment de complicité avec des enfants pauvres et de laisser une trace de notre passage en Argentine. Cette semaine missionnaire ainsi que les JMJ furent une expérience humaine inoubliable et ont permis de renforcer encore plus les liens entre les jeunes cathos valaisans. Pour les JMJ’istes anniviards, Jérôme Crettaz

P.S.: un tout grand MERCI aux paroissiens d’Anniviers qui nous ont soutenus par un don, lors des différentes messes que nous avons animées au printemps dernier !

Visite des quartiers défavorisés

Pour plus de photos, témoignages… rendez-vous sur : www.jmj.ch

Les deux jours suivants, nous avons visité deux grandes prisons. Stressés et anxieux de ce que nous réservaient ces visites, il a fallu essayer de se décontracter, mais pas si facile avec les nombreux sas et grilles que nous avons dû emprunter. Les premiers contacts avec les prisonniers ne furent pas faciles, mais une fois la glace brisée, nous avons vécu de beaux échanges. La pastorale cherche à rappeler la dignité aux prisonniers et à nourrir leur espérance. C’est ainsi que toutes questions liées à leur peine étaient évitées. Nous avons pu partager un petit repas avec les détenus, jouer, chanter et danser. Notre présence les a touchés, à tel point que certains détenus nous offrirent de petits présents et d’autres témoignaient de notre venue par des paroles touchantes. L’un d’entre eux nous a dit : «C’est le plus beau jour de ma vie, je n’en reviens pas que des Suisses, après avoir été voir le Pape, viennent à notre rencontre». Le dernier jour, fatigués d’avoir fêté le 1er août en Argentine, nous partîmes pour

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ANNÉE SCOLAIRE 2013-2014

Le 19 août 2013, la rentrée scolaire s’est déroulée dans la sérénité et la continuité d’un été radieux. 53 élèves enfantines, 140 élèves primaires et 77 élèves du cycle d’orientation ont repris le chemin de l’école, soit 8 de moins que l’an dernier. La baisse d’effectifs annoncée à l’école primaire depuis fort longtemps (- 17 élèves) a pour conséquence de porter le nombre de classes primaires de huit à sept. En cadeau d’anniversaire pour ses 40 ans d’existence, le bâtiment a terminé sa cure de rajeunissement avec la rénovation des blocs sanitaires de l’école primaire et le remplacement des luminaires des classes. Fini donc le cliquetis incessant des vieux néons d’époque et les interruptions momentanées de l’éclairage, tout est désormais fait pour une concentration maximale ! Les enseignants ont eux effectué leur rentrée officielle le vendredi 16 août et ont bénéficié d’une formation aux gestes de premiers secours et aux techniques de réanimation sous la conduite experte de deux médecins, Franziska Andenmatten Zufferey et Jessica Métrailler. Les voici donc armés pour répondre à des situations que chacun espère les plus rares possible. Quoi d’neuf pour les élèves ? En 2013-2014, tous les degrés de la scolarité obligatoire appliqueront le nouveau Plan d’Etudes Romand. Les élèves des classes enfantines et primaires bénéficieront désormais tous du programme «Senso 5» d’approche sensorielle de l’alimentation tandis que les élèves de 5ème année primaire s’initieront à l’anglais pour la première fois. Apprendre l’anglais en 5ème primaire ? Si les adultes applaudissent, qu’en pensent les premiers concernés ? Petite visite en 5P où Léonie nous présente la collection d’ouvrages d’anglais, MORE ! La première heure de cours se déroule dans la bonne humeur: Hello ! I’m Max and you?

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en mesure de présenter à leurs parents et amis en fin d’année scolaire, à l’occasion d’une toute nouvelle cérémonie officielle de remise des diplômes du cycle d’orientation. Ces innovations valorisent considérablement la dernière année de scolarité obligatoire.

Hello ! I’m Solène! Le plaisir d’essayer cette nouvelle langue l’emporte rapidement sur la timidité. Après avoir échangé des salutations « in English, please », les élèves se regroupent et inscrivent sur une grande page blanche les termes qu’ils connaissent déjà dans la langue de Shakespeare.

La rentrée des tout-petits Le sac d’école tout neuf peut enfin servir pour de vrai et c’est dans la joie et la bonne humeur que les 20 élèves de première enfantine ont suivi leur enseignante MarieLaurence Savioz. Pour Malik, Elsa, Laura, Leila, Yannick, Esteban, Denis, Tom, Axel, Eulalie, Yuna, Noa, Cyril, Eva Filipe, Gwenaëlle, Ana Filipa, Axel, Joël, Charlène et Thomas, c’est enfin le grand jour ! Pas de larmes ce jour-là, l’entrée à l’école est une fête. Et pourtant, il y avait à coup sûr de l’émotion dans les cœurs des parents et grands-parents venus nombreux assister à ce premier jour de classe.

Bien des mots sont déjà présents dans la vie quotidienne des élèves de l’école primaire. Restent à effectuer quelques «petits réglages» orthographiques. La nouvelle loi sur le cycle d’orientation déploiera ses derniers effets en troisième année. Les élèves de ce degré bénéficieront d’une heure hebdomadaire de français ou de mathématiques, disciplines accentuées enseignées à titre de renforcement ou de développement selon les besoins spécifiques des jeunes. Ils découvriront aussi le nouveau contenu du cours «Projets Personnels». Durant trois périodes hebdomadaires, les élèves s’initieront à la pédagogie de projet, élaboreront des projets collectifs puis individuels qu’ils seront

Les autorités scolaires souhaitent aux jeunes et à leurs parents, une excellente année scolaire. Geneviève Constantin-Zufferey, directrice


SOUSSILLON la belle

Soussillon Anniviers 1961(archive privée)

Petit historique Aux temps du remuage, jusqu’aux environs de 1958 – 59, les habitants de Chandolin et un très petit nombre de gens de Chippis disposaient de mayens à Soussillon. Particulièrement bien situé, à mi-chemin entre les Pontis et Chandolin, ce lieu bénéficiait de prés et champs en terrasses très ensoleillées dont les archives cantonales font état dès l’an 1240. Ces mayens-là étaient occupés surtout en été et les Chandolinards profitaient de ce raccourci qui diminuait leur trajet vers la plaine d’une bonne heure et quart. Du haut des falaises qui dominent l’actuel tunnel des Pontis s’étalaient les terrasses de Soussillon jusque sous la clairière de Pramin ; des vestiges de murettes se laissent encore deviner entre les hautes herbes. D’ailleurs, les plans cadastraux recensaient plus de 500 petites parcelles et de nombreuses bornes en granit, témoins de cette époque, ont pu être dégagées ces dernières années par M. Olivier Barde, aujourd’hui décédé (17.02.2013). Les cultures de pommes de terres, céréales, safran même y côtoyaient les poiriers, pommiers, cerisiers et pruniers. Les récoltes étaient belles quand la météo ne jouait pas de trop vilains tours… Comme partout en Anniviers, les habitants coordonnaient les travaux de la campagne

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avec l’avancée des saisons : planter et pâtu- capte l’eau sous l’Illhorn ; les désagréments rer au printemps, arroser, faire les foins et d’une alimentation incertaine ont ainsi été refoins en été, cueillir et pâturer une der- résolus. nière fois en automne. L’incendie L’eau Dans la nuit du 12 au 13 juillet 1898, un En hiver, la source, le bisse et les puits gros incendie s’est déclaré vers minuit et a pouvaient geler. Le tracé du bisse existait détruit 35 granges garnies de foin et gredepuis fort longtemps ; il prenait sa source niers emplis de grains et quelques habiau pied de l’Illhorn et alimentait Pramarin, tations. Seuls un homme, une femme et Pramin et Soussillon. Les journées de ma- un enfant séjournaient au hameau à ce nœuvres exécutées par les propriétaires de moment-là. Les causes de ce désastre sont terrain étaient d’une importance capitale méconnues et celui-ci aurait peut-être pour l’entretien du bisse; travail sans cesse été occasionné par des braconniers (voir recommencé, infini mais pourtant indis- Gazette 44.1858.75 p.2) pensable à la vie paysanne d’alors. Une source d’eau potable existait proche La route du couloir des Pontis, dans lequel un tor- Pour faciliter le transport des denrées avec rent se formait à la fonte des neiges pour se mulets et chars, une route a été construite dessécher au début de l’été. en 1922 – 24 pour atteindre le centre de Dès 1960, l’ancienne commune de Soussillon après 8 virages en épingles à cheChandolin a construit un réservoir qui veux. De là, un chemin piéton conduit vers


Soussillon Anniviers 1960 (archive privée)

Chandolin et un autre vers Ponchèt. De nos jours encore, les deux itinéraires restent spectaculaires et permettent très souvent d’observer des chamois. La station Les années 1958 – 59 marquent la fin de l’époque des mayens, Soussillon change de visage. Une société anonyme de Plainpalais/GE achète tous les mayens en vue de transformer ce lieu magnifique en station de vacances ! Le projet est un peu fou : construction d’une trentaine de chalets, d’un restaurant, d’une épicerie, d’une piscine, d’un camping et même d’un téléski. Mais les promoteurs ont vu trop grand : pris à la gorge financièrement, ils ont abandonné les lieux. Les chalets déjà construits ont été majoritairement rachetés par des Genevois et des Vaudois, le restaurant est resté ouvert chaque été jusqu’en 2002, année du décès Archive Gazette du Valais

de Mme Thérèse sa tenancière. Piscine et épicerie ont été délaissées dans les années 1980. On peut voir encore actuellement les vestiges du téléski… Havre de paix Aujourd’hui, Soussillon représente un lieu de vacances calme et serein. C’est un îlot de paix, loin des bruits troublants de ce monde, la vue porte loin, le soleil y est omniprésent. Cet endroit est merveilleux pour se ressourcer, créer : un vrai rêve pour les artistes ! Sur une idée de Mme Claude, une fête patronale a même été instaurée en août 2007

en l’honneur de St. Laurent. La Chorale de Chandolin, les vacanciers et des Anniviards ont partagé un moment de convivialité après la messe de la première fête patronale de Soussillon ! Il va sans dire que l’agape fut bien arrosée…Depuis, chaque année, le premier vendredi d’août on fête la St. Laurent à Soussillon, même sans chapelle ! Les habitants remercient l’abbé Luc de ne pas oublier leur petit hameau, ils lui en sont très reconnaissants. Propos récoltés par Yvonne Jollien auprès de résidents de Soussillon.

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CHASSEUR DE SON,

transmetteur de tradition Converser avec Paul-André Né à Vissoie, en 1936, Paul-André Florey Dieu, le battage du blé au fléau, le travail Florey est un véritable plaiest le quatrième enfant d’Edouard Florey à la faux, les vaches. Son enregistrement et de Martine Perruchoud, de Chalais. d’une partie de cartes à Grimentz a connu sir. L’homme, passionné, est Plusieurs de ses centres d’intérêt sont inti- un vif succès: les joueurs n’y parlent qu’en passionnant. Encore plus, si mement liés à son enfance, à son environ- patois. on partage certaines de ses nement, et surtout à son papa, de qui il inclinations. Comme c’est mon tient, sans doute, sa capacité à se passionner. La langue d’antan Dès son plus jeune âge, il a été fasciné par Car une autre passion de Paul-André, c’est cas, j’ai passé deux heures, la radio. De cet attrait sont issus son métier bien le patois. particulièrement agréables, en de radioélectronicien et sa vocation à enre- Lui-même ne le parle pas, et il en conçoit sa compagnie, par une belle fin gistrer sur bande magnétique des témoi- un grand regret. Mais il le comprend, ayant gnages de toute sorte. écouté, longuement et assidûment, son d’après-midi estivale. père qui se servait de cette langue dans Notre rencontre avait pour Travail ses affaires et son travail. Ce dernier fut Après son apprentissage, Paul-André a d’ailleurs le premier président de la société but de dresser, au travers de cherché une place de travail en Suisse des Patoisants du Val d’Anniviers qui fut ses nombreuses activités, un allemande, car, dans la famille, il était constituée, en 1962, à son instigation. Pour portrait de cet homme qui vit évident qu’un séjour là-bas s’imposait. Le elle, Edouard Florey a écrit une vingtaine depuis longtemps outre-Sarine papa, Edouard Florey, qui y avait passé un de pièces de théâtre en patois. Il s’était pris long temps de service militaire, parmi les au jeu et éprouvait du plaisir à mettre en et qui, pourtant, continue à télégraphistes, avait été impressionné par la valeur cette langue chère à son cœur. Pauldonner un temps et une énergie façon d’être des habitants. Il tenait donc à André les a toutes enregistrées. Il a enregisconsidérables pour sa région ce que chacun de ses enfants en fasse l’expé- tré aussi des heures et des heures de converrience. C’est pourquoi, à l’exemple de ses sation avec son père et d’autres personnes d’origine. aînés, Paul-André partit pour la Suisse allemande, plus précisément, pour Dübendorf d’où il ne revint jamais vraiment, puisqu’il y vit aujourd’hui encore, entouré de sa femme, de ses filles et de leurs familles. A la fin des années 50, il avait trouvé, dans cette ville, une place d’électronicien à l’aérodrome militaire pour le radar. Sousofficier supérieur, il devint rapidement instructeur dans les écoles de recrues et de cadres des troupes de radar et de transmission d’aviation. C’est là qu’on lui a donné le surnom de PAF, acronyme sympathique et facile à retenir !

En pleine interview (album personnel)

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A la chasse aux sons Dès qu’il a pu disposer du matériel nécessaire, Paul-André est devenu un chasseur de sons. Cela remonte à l’année 1956. Enthousiasmé, il a participé à des concours internationaux et régionaux où il a remporté différents prix. Il enregistrait des morceaux de vie en Anniviers, par ex. la Fête-

âgées d’Anniviers, aussi bien en français qu’en patois. Le désir de garder trace du passé et de le transmettre était profondément enraciné en lui et il est encore bien vivace aujourd’hui. En 1996, Jean-Luc Ballestraz cherchait quelqu’un qui soit capable de lui donner un coup de main pour assurer les émissions du patois, sur Radio Rhône. Ayant l’expérience de quelques émissions faites dans l’urgence pour la RSR, Paul-André s’est spontanément mis à sa disposition. Il a fini par réaliser, seul et bénévolement, ces émissions jusqu’en 2001, année où elles ont été sorties du programme de Rhône FM. Au début il allait à la rencontre de patoisants d’Anniviers, puis, peu à peu, il s’est «éloigné» de sa vallée, interviewant des gens du Val d’Hérens, de Savièse, de Nendaz, poussant même jusqu’à Salvan et au Val d’Illiez. Au fil des années, PAF a constitué un fonds impressionnant d’enregistrements qu’il a classés, archivés, pour qu’ils soient aisé-


ment accessibles à qui voudrait les consulter. Ce trésor sonore est maintenant déposé à la Médiathèque du Valais, à Martigny. Il est même en bonne partie accessible par internet. Aujourd’hui Paul-André a pratiquement arrêté les enregistrements, car l’aspect administratif est trop lourd à gérer. Il s’est attelé à la traduction en français des enregistrements en patois. Fidèle soutien du patois, il est à l’origine du comité valaisan qui a repris, en 2006, la rédaction de l’Ami du Patois. Cette revue, œuvre du Fribourgeois Jean Brodard, a été éditée par celui-ci de 1973 à 2005. Au moment de la fête interrégionale des patois de 2005, à Martigny, la question de la survie de ce lien entre patoisants de Suisse romande s’est posée avec acuité. Paul-André s’est mis aussitôt à la recherche de membres pour constituer, autour de lui, un comité de rédaction en Valais. L’entreprise fut rapidement menée à bien. Par la suite, des statuts ont défini la nouvelle organisation de l’Ami du Patois, le plaçant sous le patronage des Fédérations cantonales des patois de Fribourg, Jura, Vaud et Valais. En 2013 la revue fête son 40ème anniversaire.

Le bourg de Vissoie (photo Philippe Martin)

Cette passion, venue aussi de son père, l’a conduit à la rédaction d’un livre sur Vissoie et son histoire. Au fil du temps, PAF avait amassé un tel matériel que, tout naturellement, il l’a mis en forme dans une compilation intitulée « Vissoie, village médiéval du val d’Anniviers » qui a été publiée en 2003. Dans le même esprit, il a conçu une visite du village qu’il propose au public plusieurs fois durant l’été. C’est avec bonheur qu’il a L’histoire locale donné accès à toute sa documentation, aux En parallèle, Paul-André s’adonne à une personnes qui assument elles aussi le rôle autre de ses passions, l’histoire locale. de guides du village.

Motivé par le plaisir et la passion, PaulAndré fait preuve d’une curiosité et d’une vivacité d’esprit impressionnantes. Il continue à explorer les divers domaines chers à son cœur et partage ses découvertes avec tous ceux qui s’y intéressent. Il s’est constitué un réseau dont il fait profiter les chercheurs et autres mordus qui s’adressent à lui. Le désir de transmettre est indéniablement au centre de sa vie. Janine Barmaz


Vissoie - 027 475 18 77

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Boisval SA - Mayoux tél 027 475 12 37 - fax 027 475 12 81

Melly Sarl - Ayer tél 027 475 17 38

Construction SA - Vissoie tél 027 475 11 33 - fax 027 475 20 72

Monnet SA - Mayoux tél 027 475 18 33 - fax 027 475 44 57

Crettaz Etienne - Vissoie tél 027 475 14 33

Salamin François - St-Luc tél 027 475 23 39 - fax 027 475 30 55

Créabois Martial Solioz - Grimentz tél. 027 475 21 54 - fax 027 475 61 54

Theytaz Jean-Noël - Grimentz tél 027 475 20 70 - fax 027 475 29 70

Massy SA - Grimentz tél 027 475 15 78 - fax 027 475 25 94

Viaccoz SA - Ayer/Zinal tél 027 475 17 78 - fax 027 475 37 78

Pittet Charles - Chandolin tél 078 601 23 18

Multibois-Anniviers Sàrl - Mission tél 079 277 07 68 - fax 027 475 49 54

Salamin Claude-Albert - St-Luc/Niouc tél 027 455 53 86 - tél 079 417 63 86

Patrice Michlig - St-Luc/Niouc tél & fax 027 455 99 00 - 079 393 37 12

Revey Jacky Sàrl - Mayoux tél 027 475 23 74 - fax 027 565 53 43

Le BOIS met de la chaleur dans votre foyer

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IMMERSION DANS LA MUSIQUE

une semaine pour progresser, sans bouder son plaisir A la fin des années 70, Aimé Bonvin de Flanthey était responsable de la formation des jeunes musiciens de la fanfare de Vissoie. Il eut alors l’excellente idée de faire en sorte que ceux-ci puissent participer au camp de musique que l’Edelweiss de Lens organisait, chaque été, pour ses membres. Ce fut le début d’une chouette aventure qui se poursuit aujourd’hui encore. C’est la deuxième semaine d’août que les jeunes musiciens des deux fanfares se retrouvent à la colonie «la Forêt», au-dessus de Suen. Depuis 5 ans, le responsable du camp est Laurent Rey, responsable de la formation à Lens. A la cuisine, 4 jeunes Lensardes passent leurs journées à concocter des plats aussi délicieux que copieux pour nourrir la troupe affamée. Dévouées, elles assument un rôle essentiel au bon fonctionnement du camp. La musique n’est pas tout ! En avant, la musique ! Sous la direction musicale de Frédéric Bonvin, les participants vont travailler d’arrache-pied, afin de pouvoir proposer en fin de semaine un magnifique concert. Frédéric a pris le poste en 2003, succédant à Aimé, son frère. Tromboniste professionnel, au Musikkollegium de Winterthour, il choisit les morceaux, achète les partitions et les adapte, si nécessaire, aux différents niveaux des musiciens. Ceux qu’il appelle les «Superparts» sont les débutants, ils ont un ou deux ans de musique derrière eux ; il faut qu’ils puissent jouer aussi et s’intégrer dans le groupe. Frédéric leur offre cette possibilité, en écrivant pour eux une voix spéciale.

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En concert (photo Joëlle Crettaz)

Du labeur et du plaisir Le lundi, pour que les musiciens se fassent une idée des morceaux, a lieu une répétition générale où les morceaux sont joués une première fois, sans travailler les détails, juste en les traversant. Puis, pour les apprendre, les musiciens s’exercent, d’abord par petits groupes, selon les registres, puis tous ensemble durant de longues et intenses répétitions générales. L’une des particularités de ce camp de musique, c’est que les gens sont, pour la plupart, des fidèles qui reviennent d’année en année, car, outre l’ambiance fantastique, chacun trouve de quoi progresser, quel que soit son niveau. Très motivés, les plus âgés prennent congé pour y participer. Ils donnent des coups de main en étant moniteurs pour les plus jeunes. Tout le monde vient pour travailler, recherchant le même but, celui de progresser encore et encore. L’engagement de chacun est impressionnant. 6 heures de musique par jour, ça n’est pas rien, c’est exigeant. Mais le résultat est au bout de l’effort. Et le vendredi soir, le concert est joué pour la première fois, devant un public, dans le village de Suen. Le lendemain matin, les jeunes se déplacent à Vissoie, tandis que des mamans d’Anniviers poutsent la colonie. Le premier concert du jour a lieu sur la place de la Tour à 11h. Il est suivi d’un apéritif, puis d’une grillade qui rassemble

les musiciens et leurs proches, à la place de fête. Dans l’après-midi tout le monde se rend à Flanthey pour la messe de 17h qui est animée par les plus experts des cuivres. À la sortie de la messe, le concert est joué une dernière fois. Et le camp se termine officiellement par une raclette en plein air. Au programme 2013, des musiques de film qui témoignent des goûts éclectiques du programmateur. En une trentaine de minutes, la fanfare des jeunes évoque aussi bien l’Espagne, dans un flamenco enflammé, que le suspense angoissant des Dents de la mer, l’aventurier Indiana Jones dans son Temple Maudit que les paysages envoûtants de Out of Africa, un «tea for two» entraînant que la nonchalance du «Saint» et tant d’autres choses encore. Quel beau voyage, elle offre à son public ! La motivation apportée par cette semaine d’immersion musicale soutient les jeunes musiciens dans le travail à accomplir durant tout le reste de l’année. Des liens d’amitié se tissent au fil des ans renforçant l’attrait du camp. Qu’il est dur de prendre congé après une semaine de vie en commun. On soupire déjà en pensant aux nombreuses semaines qui séparent du prochain camp. Bravo à toute l’équipe qui organise et assure le bon fonctionnement de cette semaine de rêve ! Janine Barmaz


LE RENDEZ-VOUS INCONTOURNABLE DE L’HIVER, les championnats Valaisans OJ se déroulent chez nous

Comme chaque sport qui a son histoire et ses traditions, le ski a ses spécificités. Au niveau local, les seuls titres cantonaux octroyés sont ceux de champions valaisans OJ. Ainsi, sachant qu’il n’y a pas de championnats parmi les catégories adultes, lesquels cherchent tous à être impliqués en Coupe du Monde, les jeunes savent que le jour le plus important reste celui de leur championnat à eux, celui des championnats valaisans des épreuves techniques. Pour ce prochain hiver, ceux-ci auront lieu à Zinal et Grimentz pour une compétition conjointe qui va alterner la discipline du géant sur les Hauts de la Vallée alors que le spécial aura lieu sur la rive gauche de la Navizence. Douze titres seront ainsi décernés dans le Val d’Anniviers, à savoir dans les catégories de moins de douze, moins de quatorze et moins de seize ans, et ce tant pour les filles que pour les garçons, soit en spécial et en géant.

Epiney, et ce en compagnie des entraîneurs exhaustive Camille Vionnet, Maël Bürgi, Valentin Crettaz et Claude-Alain Art. Raphaël Coppey, Antoine Wicki parmi les plus grands, Eva Etienne et Luka Wanner Ainsi, deux cent cinquante compétiteurs dans la catégorie intermédiaire alors que les viendront en Anniviers les 15 et 16 mars chances des plus jeunes seront portées par pour des joutes qui s’annoncent passion- Nathan Wanner. nantes. Alors qu’on attend fébrilement l’arrivée du meilleur skieur Anniviard actuel En conclusion, avec un tournus qui s’effecen Coupe du Monde, Amaury Genoud, où tue entre le Haut, le Bas et le Valais Central, il est attendu pour les épreuves de vitesse, ce sera cette année au tour des Anniviards que le dernier Anniviard à être devenu de se montrer suffisamment inventifs pour champion valaisan est Guillaume Revey, réaliser de magnifiques championnats canactuellement au NLZ, on espère que les tonaux, lesquels représentent une fête pour nôtres sauront profiter de l’avantage du le ski valaisan ! terrain pour y réaliser des prouesses. Parmi Maurice Fellay ces derniers, on peut citer de façon non

Pour ce faire, avec l’assentiment des deux présidents des ski-clubs concernés, Mmes Pascale Theytaz et Tania Epiney, un comité ad hoc s’est formé auprès du président du Ski Team Anniviers, Jérôme Bonvin, et du chef des remontées mécaniques de Grimentz et Zinal, Pascal Bourquin, avec Pepi Römer, Gaëtan Bonnard et Aurélien

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HOCKEY-CLUB ANNIVIERS saison 2013-2014

L’été, pour un hockeyeur, c’est la saison du contraste... D’abord il se plaît à panser... ses plaies... Ensuite il se demande pourquoi il doit faire du football pour jouer au hockey, et enfin il lui revient l’odeur du vestiaire avec l’arrivée discrète de l’automne. Comme à l’accoutumée, les entraînements ont repris début juillet, alternant la course, le football et le streethockey. Depuis septembre, nous avons retrouvé la glace de Leukerbad pour une séance hebdomadaire. La préparation laissera place au championnat (enfin) dès le 11 octobre à Monthey. Le titre de champion n’a jamais eu autant de prétendants depuis de nombreuses années. Alors que Nendaz et Sion alignaient chacun une équipe en 3ème ligue, la fusion HC Nendaz-HC Sion les oblige aujourd’hui à viser la promotion pour l’une d’entre elles, le règlement n’autorisant pas 2 équipes d’un même club à évoluer dans la même ligue. Jusque là, rien de nouveau, puisque Sion a gagné le titre en 2013 (et a refusé sa promotion...?)... Mais c’était sans compter sur le «petit nouveau» âgé de 80 ans... Le HC Sierre.

voilà les cartes redistribuées! Logique favori de notre groupe, le HC Sierre sera à la fois l’attraction et le challenge de ses opposants. Bienvenu à lui et nous lui souhaitons d’atteindre son objectif. Pour le HC Anniviers, c’est le statu quo dans le contingent, hormis le départ d’Emmanuel Tacchini (HC Sion - entraîneur Junior A) et les retours de Thomas Melly et de Loïc Viret. Derrière le banc, après une saison involontairement seul à la barre, Jérôme Savioz sera accompagné de Marc Gosselin, ancien joueur de notre club. Si la volonté et la cohésion de la saison passée sont au rendez-vous, nous pourrons viser une place dans les 4 premiers. Mais rien n’est acquis. Pour les playoffs, nous connaissons la chanson : à l’Anniviard, nul n’est tenu (surtout en prolongation).

La grande réjouissance est la croissance de notre mouvement junior, nos bambinis de l’an passé passent en catégorie piccolo et notre école de hockey nous permet d’inscrire une nouvelle équipe en bambini. Merci au staff, sous la houlette de Baptiste Solioz, aux enfants et aux parents pour la L’ancien fleuron du hockey valaisan re- saison à venir! Venez nombreux soutenir prend ses gammes dans notre groupe et nos Anniviards !

Calendrier HC 3ème ligue – Groupe 12 31.10.13 HC Anniviers 13.11.13 HC Anniviers 22.11.13 HC Anniviers 07.12.13 HC Anniviers 13.12.13 HC Anniviers 10.01.14 HC Anniviers 17.01.14 HC Anniviers 31.01.14 HC Anniviers

20:30 HC Nendaz 20:30 HC Sierre 20:30 HC RED ICE/Mart.-V. 20:30 HC Monthey-Chablais 20:30 EHC Raron 20:30 HC Sion 20:30 HC Lens 20:30 EHC Visp Lions

Sean Simpson en Anniviers ! À l’occasion du PostFinance Trophy (tournoi écolier avec le Centre Scolaire d’Anniviers), nous aurons le plaisir et l’honneur d’accueillir l’entraîneur de l’équipe nationale. Le tournoi se déroulera le vendredi 22 novembre à Vissoie, dès 9.00. Le programme complet fera l’objet d’un tous-ménages. Benoît Epiney

de g. à droite assis : Jérémie Vouardoux, Baptiste Solioz (C), Marc Gosselin, Benoît Epiney, Jérôme Savioz, Steve Antille, Julien Salamin de g. à droite debout : Guillaume Massy, Bastien Solioz, Kensley Eno, Jérémie Melly, David Viret, Nicolas Droux, Stéphane Salamin, Thomas Melly, Jonathan Viaccoz, Kevin Epiney, Mathieu Salamin Manque : Yves-Laurent Epiney, Yannick Ganioz, Alain Massy, Mathias Melly, Thomas Salamin, Pierre Viaccoz, Loïc Viret, Sébastien Zufferey

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Tournoi Piccolo (dimanche) 15.12.13 10:00 HC Anniviers Patinoire de Vissoie 26.01.14 10:00 HC Anniviers Patinoire de Vissoie

Tournoi Bambini (dimanche) 01.12.13 10:00 HC Anniviers Patinoire de Vissoie 19.01.14 10:00 HC Anniviers Patinoire de Vissoie

IMPRESSUM

« Les 4 Saisons d’Anniviers » Comité de rédaction : Christiane Favre (Conseillère communale) Jérôme Bonvin (Président Ski-Team Anniviers) Christian Caloz (Président FC Anniviers) Benoît Epiney (Président HC Anniviers) Pascal Zufferey (Montagne-Club Anniviers) Paolo Marandola (Imprimerie d’Anniviers sàrl) Rédactrices : Janine Barmaz, Simone Salamin, Adriana Tenda Claude Correctrice : Ursula Surber Impression : Imprimerie d’Anniviers sàrl, Vissoie Remerciements : Commune d’Anniviers et tous les annonceurs Mode de parution : trimestrielle Tirage : 2’100 exemplaires

Notre nouveau site internet est en ligne: www.hcanniviers.ch

BIENVENUE AUX NON-RÉSIDENTS Abonnez-vous !

Tarif : 50.-/an (4 éditions) en Suisse et 100.-/an à l’étranger. Adressez votre demande par e-mail à 4-saisons@bluewin.ch ou par courrier à Imprimerie d’Anniviers sàrl 4 Saisons d’Anniviers, 3961 Vissoie.

Des journaux sont à disposition dans les différents offices du tourisme d’Anniviers et de Vercorin, dans les bureaux communaux d’Anniviers ainsi que dans la caissette située sur le bâtiment de la poste à Vissoie, à côté de l’entrée d’Anniviers Tourisme.

3961 St-Luc Tél. 027 475 13 48

sport4000@netplus.ch www.sport4000.ch

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S R U E N E R P E R T N E LES S R E I V I N N D’A

Š design Lucien Marandola


N 12 octobre 2013