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N° 21 52 - 29 nove m b re 20 12 - 5 €

La nouvelle techno de SAP permet d’accéder plus vite aux données clients

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Microsoft intègre enfin les réseaux sociaux dans son portail Sharepoint

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PAtroNS, MANAGErS, DSI, ENtrEPrENEUrS, CoNSULtANtS, CHErCHEUrS, PoLItIQUES…

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DOSSIER PALMARÈS 2013 LES

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QUI FONT AVANCER LE NUMÉRIQUE EN FRANCE Grand absent du rapport Gallois, le numérique figure pourtant parmi les leviers de croissance les plus pertinents pour notre pays, nos administrations, nos services publics et nos entreprises. Il représente plus d’un million d’emplois en France et un chiffre d’affaires compris entre 5,2 et 8 % du PIB, selon que l’on tienne compte ou pas de tous les domaines de l’économie « infiltrés » par les services du digital. Facteurs d’innovation, d’augmentation de la productivité et de création de ri-

chesse, le numérique peut aussi aider à rationaliser et réduire les coûts. Au sein de cette filière, des hommes et des femmes font bouger les lignes. Chercheurs, grands capitaines d’industrie, blogueurs frénétiques, entrepreneurs ont tous en commun la passion des nouvelles technologies. Le numérique est encore un continent vierge. Voici notre tour d’horizon des 100 personnalités qui vont poursuivre leur chemin et continuer à nous ouvrir de nouvelles perspectives et de nouveaux espaces. I

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DOSSIER COORDONNÉ PAR DIDIER GÉNEAU, ANICET MBIDA ET FRÉDÉRIC SIMOTTEL, AVEC PAULINE RIGLET ET CHRISTINE PERISSINI

ENTREPRENEURS PAGE 42

DIRIGEANTS PAGE 47

DSI ET PATRONS DE L’INNOVATION PAGE 50

INSTITUTIONNELS ET POLITIQUES PAGE 52

CONSULTANTS PAGE 56

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CHERCHEURS PAGE 54

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DOSSIER Les du numérique en France

Entrepreneurs Dans une économie du numérique dont les lignes de front ne sont jamais fixées, ces francs-tireurs permettront peut-être à la France de donner naissance aux futurs champions internationaux de la technologie et d’internet.

BENJAMIN BOCCAS

Sandrine Murcia, Silicon Sentier

Elle a eu l’audace de quitter Google pour lancer ses propres projets. Pétillante et dynamique, Sandrine Murcia est aujourd’hui PDG de Spring Lab, une agence de conseil en stratégie digitale et accompagnement de projets numériques. Elle est aussi, depuis 2010, la présidente de Silicon Sentier, le premier réseau d’entreprises innovantes de la Région Ile-de-France. Silicon Sentier est un vrai succès, puisque l’association est à l’initiative de plusieurs projets phare comme La Cantine, premier lieu consacré aux acteurs du numérique et proposant un espace de travail collaboratif en réseau. Diplômée de l’Insa Lyon, d’HEC Paris et titulaire d’un MBA de la Kellogg School of Management (Etats-Unis), Sandrine Murcia a fait ses premières

armes en 1999 chez MSN France. Elle est alors responsable marketing grand public pendant trois ans puis décide de faire un break, qui s’avère être décisif pour sa carrière : elle se rend à Chicago, où elle rencontre les dirigeants de Google. De retour en France, Sandrine intègre Google France et devient directrice marketing pendant six ans. Alexandre Zapolsky, Linagora

Le concept de SSLL (société de services en logiciels libres), c’est lui ! Ce diplômé de l’Institut national des télécommunications est le PDG de Linagora, une société considérée comme l’un des leaders du marché de l’édition de logiciels open source. Linagora a été six années de suite lauréate du Technology Fast 50 de Deloitte, un palmarès recensant et valorisant les entreprises technologiques en forte croissance. Président de la Fnill

(Fédération nationale de l’industrie du logiciel libre), ce passionné de rugby est aussi le fondateur de l’Open Source Software Industry Forum, et se revendique à l’origine de la professionnalisation du marché des logiciels libres. Bertrand Diard, Talend

Il est l’enthousiaste cofondateur et PDG de Talend, devenu incontournable sur le marché de l’intégration. Membre du consortium OW2, il a su être référencé par les grands noms de l’open source comme Jaspersoft. Il est aussi, depuis 2009, membre du conseil d’adminis tration de Bonitasoft, l’une des entreprises leader sur le marché du BPM (gestion des processus métiers). Bruno Uzzan, Total Immersion

En créant Total Immersion en 1999 avec son ami Valentin Lefevre, Bruno Uzzan, le prince de la réalité augmentée

Gilles Babinet, Captain Dash

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L’archétype du multientrepreneur Après avoir fondé sa première société, Escalade Industrie, à 22 ans, il lance Absolut Design, qui réalise le tramway de Bordeaux ; Musiwave, spécialisée dans le téléchargement des musiques ; Eyeka, plate-forme de vidéos d’auteurs ; et enfin Mxp4, pionnière dans le domaine du jeu musical social. Alors qu’il était président du CNNum (Conseil national du numérique) sous le quinquennat Sarkozy, il n’hésitait pas à exprimer ses doutes face à certaines décisions de l’ancien gouvernement. Aujourd’hui, Fleur Pellerin, la ministre chargée de l’Economie numérique, l’a nommé représentant français de Digital Champion, un programme de Bruxelles destiné à orienter les politiques numériques de la Commission européenne. Il reste fidèle à lui-même : indépendant et critique.

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Loic Lemeur, LeWeb

Le serial créateur de start up Six entreprises en quinze ans ! C’est le score de ce diplômé d’HEC Paris, réputé pour son franc-parler et son influence dans le monde numérique. Soutien affiché de Nicolas Sarkozy en 2007, il était, jusqu’en septembre dernier, le PDG de Seesmic, un éditeur d’outils pour réseaux sociaux revendu à l’Américain Hootsuite. Loic Lemeur s’attache désormais à organiser la célèbre conférence LeWeb, qui attire chaque année les plus prestigieux intervenants. Pour la première fois, cet été, il a lancé une version londonienne de son événement, ouverte par Chad Hurley, le fondateur de Youtube et Kevin Systrom, créateur d’Instagram.

Cet informaticien reste l’inénarrable fondateur d’un des premiers sites de rencontre sur internet, le fameux Meetic, en 2002. Il avait préalablement fait ses classes en créant, en 1985, sa première entreprise de services sur le Minitel. Très vite, il prend le virage du web en lançant iFrance, l’un des premiers sites communautaires français à succès. En 2011, il cède à l’Américain Match.com 70 % de ses parts de Meetic. Une rentrée d’argent qui lui permet de se lancer dans de nouveaux projets. D’abord l’installation d’un fonds d’investissement personnel, Jaina Capital, avec lequel il finance Sensee, une boutique d’optique en ligne à prix cassés. Enfin, il lance avec Jacques-Antoine Granjon (Vente-privée. com) et Xavier Niel (Free), la première

Octave Klaba, OVH

Ce Franco-Polonais de 35 ans est à l’origine de l’une des plus belles réussites nordistes dans les nouvelles technologies. Créée en 1999, son entreprise, OVH, cultive son image d’hébergeur alternatif (datacenters écolos, hébergement de Wikileaks…). Il installe ses quatre principaux centres à Roubaix, travaille en famille et bâtit son succès auprès des TPE-PME, des médias et des plates-formes de jeu. La formule est un succès, puisque la société à capital 100 % familial, stocke les données d’un site web français sur quatre, ce qui en fait la championne de la spécialité en France. Après l’Europe, OVH vise désormais l’Afrique, en partant à la conquête de l’Amérique en s’installant au Canada.

Bruno Bonnell, Robopolis

La robotique est devenue sa nouvelle obsession. L’ancien patron d’Infogrames (jeux), d’Infonie (accès internet) et d’Atari (consoles de jeux) s’est totalement investi depuis 2007 dans Robopolis, une entreprise distributrice de robots personnels. Selon lui, ce marché naissant va être multiplié par 30 au cours des dix prochaines années. Actuellement président de Syrobo, le syndicat français de la robotique, il défend l’idée que la France a une carte majeure à jouer sur ce créneau. Jean-Baptitste Rudelle, Criteo

Henri Crohas, Archos

Non, ce n’est pas Apple qui a inventé le baladeur multimédia. Mais le Français Henri Crohas, fondateur d’Archos en 1988. Un an avant l’iPod d’Apple, cet ingénieur des Arts et Métiers proposait un lecteur MP3 à disque dur, le tout premier en la matière. A ses débuts, la société a du mal à s’implanter, mais Henri Crohas ne se

Ce Français est le créateur de la société phare de l’e-commerce… américain ! Diplômé de Supelec et de l’Imperial College de Londres, Jean-Baptitste Rudelle lance, en 2006, un moteur prédictif en temps réel, capable de prévoir les comportements des consommateurs. Criteo était né. Une réussite, puisque la société compte aujourd’hui près de 400 collaborateurs dans le monde. Avant Criteo, l’homme avait I déjà connu plusieurs succès dans les

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Marc Simoncini, Jaina Capital

décourage pas et cherche toujours l’innovation qui fera la différence. Il sera ainsi le pionnier des baladeurs enregistreurs, puis des tablettes. Le secret de sa réussite ? Garder un coup d’avance sur ses illustres concurrents.

Ecole européenne des métiers de l’internet (Eemi) qui a ouvert ses portes en septembre 2011.

JEAN-JACQUES RAYNAL

français, se lance dans une véritable succes story. Sa marotte ? Mélanger en temps réel images 3D et vidéos. Cet expert-comptable de formation conduit ainsi sa PME à devenir un acteur de renommée mondiale, tout en conservant son indépendance. Parmi ses clients, citons EADS, CBS, Walt Disney ou encore BMW. La vision du jeune entrepreneur, dont les bureaux sont installés à Los Angeles, a fait connaître la réalité augmentée au grand public.

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Entrepreneurs (suite) Pierre Kosciusko-Morizet, Priceminister

Un succès du web français passé sous pavillon japonais A 36 ans, il est toujours le PDG de Priceminister, dont il est le créateur. En 1998, il lance sa première entreprise, alors qu’il est encore à HEC, puis, deux ans plus tard, Priceminister.com, racheté en 2010 par le Japonais Rakuten pour 200 M€. Les journalistes le surnomment le « PKM de Noël », tant il parle parfaitement de la revente des cadeaux au lendemain des fêtes. Le frère de l’ex-ministre de l’Ecologie de Nicolas Sarkozy est aussi le cofondateur de Isai, fonds d’investissement des entrepreneurs d’internet, et président de l’Association des services internet communautaires (Asic).

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télécoms. En 1995, il a créé une société spécialisée dans le call-back, avant de lancer Kiwee-K-mobile en 2000, pionnier français du téléchargement de logos et de sonneries.

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Pierre Chappaz, Ebuzzing

Après une carrière de marketing dans le secteur des technologies (Cité des sciences, Futuroscope, Toshiba, Computer Associates, IBM), Pierre Chappaz fonde Kelkoo en 1999, qui devient vite le premier comparateur de prix en Europe. Fort de son succès, il revend le site à Yahoo et devient conseiller pour Index Ventures. En 2005, le virus de l’entrepreneuriat le reprend et il lance Wikio, un portail d’informations centré sur les blogs et les réseaux sociaux. En 2009, il fusionne Wikio et Ebuzzing pour donner naissance au leader européen de la publicité vidéo. Depuis son exil suisse, l’ancien de la Banque mondiale commente les turpitudes françaises sur ses deux blogs : Kelblog.com et libertarien.overblog.com. Denis Champenois, Innovacom

Il a initié et dirigé six fonds durant sa carrière. Des fonds qui ont contribué au succès de nombreuses entreprises françaises du logiciel comme Business

Objects ou Coheris, de l’internet tel Kelkoo, et des télécommunications comme Netcentrex ou Streamezzo. PDG depuis vingt ans de la société de capital-risque Innovacom, il a fini, avec les autres dirigeants, par la racheter cette année à son propriétaire historique, France Télécom.

Didier Tranchier, Télécom Ecole de management

Docteur en informatique et titulaire d’un MBA, Didier Tranchier a occupé pendant plus de dix ans des fonctions de direction chez France Telecom, Beijaflore et Avaya. Après avoir lancé sa propre start up, Easyglider, il a fondé

Henri Verdier, Cap Digital

La volonté d’entreprendre et de convaincre Ce normalien est un grand entrepreneur français. Il est depuis 2006 le président de Cap Digital, le pôle de compétitivité des contenus et services numérique en Ile-de-France. En 2009,il rejoint l’Institut Télécom comme directeur de la prospective, en charge de la création du think tank intitulé Futur numérique. Membre des comités de prospective de l’Arcep (le régulateur des télécoms) et de la Cnil (Commission nationale informatique et libertés), il a cofondé MFG-Labs, une société d’analyse de données, de stratégie digitale et de développement web. En 2012, il écrit avec Nicolas Colin l’ouvrage décapant L’Age de la multitude : eEntreprendre et gouverner après la révolution numérique. Ce livre est né d’un étonnement : pourquoi, vingt-cinq ans après le début de la révolution numérique, est-il encore si difficile aux Etats et aux grandes entreprises de s’adapter à cette nouvelle donne ?

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Denis Payre, Kiala

Un visionnaire coté au Nasdaq

Adelit en 2002, afin d’accélérer la création de valeur par l’innovation dans le secteur des télécoms, de l’informatique et d’internet. Ancien président du Club des entrepreneurs français des télécoms et fondateur d’IT Angels, il intervient actuellement comme coach auprès de nombreuses start up. Il est également membre du comité d’investissement de Scientipôle Initiative.

Bruno Vanryb, Avanquest Software

Olivier Sichel, LeGuide.com

Le président du collège éditeurs de Syntec numérique fait partie de la race des entrepreneurs hyperactifs. En 1997, il cofonde l’association Croissance Plus, qu’il continue de soutenir, dans le but d’assurer la notoriété de jeunes entreprises. Membre du conseil d’Euronext Paris, il a aussi fait partie, dès 2011, du Conseil national du numérique, jusqu’à la démission collective de ses membres en juillet dernier. Celui qui prône la démocratisation des logiciels tient, par ailleurs, un blog intitulé Le Journal d’un entrepreneur.

Cet entrepreneur de 45 ans, diplômé de l’Essec et de l’Ena – dont il est sorti inspecteur des finances – s’est distingué comme l’un des leaders du commerce électronique en France. Venu de France Telecom, il a été, en 2000, PDG d’Alapage.com, la start up de commerce électronique de Wanadoo, puis PDG du fournisseur d’accès internet. Entre 2006 et 2012, il occupe successivement des fonctions de partenaire, puis de partenaire associé au sein de la société de capital-risque Sofinnova Partners et investira dans plusieurs sociétés comme OpenERP, Solutions30, Taptu et Twenga. Il a aussi été administrateur de Streamezzo (vendu à Amdocs), Sprice (vendu à TravelPort) et BlueKiwi (vendu à Atos). Depuis juillet 2012, il est PDG du site de shopping LeGuide.com.

Olivier Mével, Readiymate

A 45 ans, cet inventeur de robots, qui a conservé une âme d’enfant, est aussi un entrepreneur. Après avoir cofondé, en 1995, l’agence Web Babel, qui disparaîtra lors de l’explosion de la bulle internet. Huit ans plus tard, il retente une nouvelle aventure, Violet, avec d’autres associés. Cette société, spécialisée dans la robotique ludique sera successivement rachetée par Mindscape, puis Aldebaran Robotics. L’invention qui la rendu célèbre ? Le lapin communicant Nabaztag, présenté en 2008. En 2009, il fonde avec Marc Chareyron la société readiymate, qui produit des petits robots en papier à monter soi-même avant de les connecter à la Toile.

Miguel Valdes Faura, Bonitasoft

D’origine espagnole, l’actuel directeur de Bonitasoft, âgé de 33 ans, édite des outils de gestion de processus métier(BPM.) Il a choisi la France, et plus précisément Grenoble, pour y cofondé (avec deux associés) Bonitasoft en 2009. Son credo ? Démocratiser le BPM en offrant une solution rapide et simple à mettre en œuvre pour un coût de déploiement minime. Sa société, partenaire de Talend et de Bull, est aussi membre actif du consortium OW2. I

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Deux moments forts ont marqué la vie professionnelle de cet entrepreneur venu d’Oracle. Après une formation à l’Essec, il cofonde Business Objects en 1990, dont il dirige les opérations, éditeur de logiciels décisionnels, qui sera la première société française à entrer au Nasdaq. Dix ans plus tard, en créant Kiala avec Marc Fourrier, il ajoute au commerce électronique une palette de services logistiques qui faisaient alors défaut. Bien qu’il ait cédé Kiala à son concurrent américain UPS en février dernier, Denis Payre est resté le président de la société.

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Entrepreneurs (suite) Jean-Paul Smets, Nexedi

Un promoteur du logiciel à la française Normalien et issu du Corps des Mines, Jean-Paul Smets reste un fervent militant du logiciel libre. Il est aussi à l’origine d’ERP5, le premier progiciel de gestion de la relation client open source. ERP5 est aujourd’hui enseigné dans de nombreuses universités, dont Paris-Dauphine. Il est également utilisé au sein de multinationales telles qu’EADS et Abertis. Ce brillant ingénieur a récemment annoncé SlapOS, une nouvelle façon de mettre en œuvre et de gérer le cloud computing… évidemment à base de logiciel libre.

Bernard Liautaud, Talend

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BENOIT SCHAEFFER

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Ingénieur de l’Ecole centrale de Paris, Bernard Liautaud poursuit son cursus en Amérique par un Master of Science, Engineering Management à l’université Stanford (Californie). Il devient ensuite attaché scientifique adjoint à la Mission scientifique, puis représentant de l’Anvar à l’ambassade de France à Washington entre 1985 et 1986. De retour en France, il devient responsable de l’activité marketing d’Oracle, avant de fonder Business Objects avec Denis Payre, en 1990. L’éditeur sera la première société européenne cotée au Nasdaq. En 2001, Bernard Liautaud figure parmi les dix premiers chefs d’entreprise du classement CEO List du magazine Chief Executive. Début 2009, il intègre tranquillement le conseil d’administration de Talend, éditeur open source d’intégration de données.

France, aux Etats-Unis et en Chine, et dont il est le PDG. Cette entreprise a mis sur le marché Nao, un robot destiné aux applications de recherche dans les écoles et universités. D’autres projets de robots sont en cours pour des applications médicales d’assistance aux personnes ou d’intervention industrielle en milieu hostile.

automatique des contenus du web, dont il demeure le directeur associé. Entre 2006 et 2007, il s’est vu confier la présidence de l’Apil (Association professionnelle des industriels de la langue), un secteur qu’il maîtrise depuis des années et qui recèle, selon lui, un important potentiel d’innovation. Thomas Serval, Radioline

Rachel Delacour, Bime (We are Cloud)

Elle a mis les outils décisionnels à l’heure du cloud. A Montpellier, Rachel Delacour fonde Wearecloud.com en 2009, avec Nicolas Raspal. La start up édite Bime Analytics, une application décisionnelle destinée aux entreprises, disponible en mode locatif hébergé (Saas) ou sous forme de licence boîte traditionnelle. Diplômée de l’école de management Euromed de Marseille et de l’université Concordia de Montréal, elle a auparavant occupé des postes à responsabilité dans le contrôle de gestion chez Bata, Carrefour et FM Logistics Russie.

Bruno Maisonnier, Aldebaran Robotics

Alain Garnier, Jamespot

Après avoir occupé plusieurs postes de direction dans le secteur bancaire (Crédit agricole, Lukas Bank, etc.), ce X/Sup’Telecom passionné de robotique et d’intelligence artificielle est devenu inventeur de robots humanoïdes pour une utilisation professionnelle. En juillet 2005, il a fondé Aldebaran Robotics, une société aujourd’hui implantée en

L’actuel PDG du spécialiste des réseaux d’entreprise est un entrepreneur dans l’âme. Il a successivement fondé Arisem en 1996, un éditeur de logiciels spécialisés dans le traitement de l’information sémantique (racheté huit ans plus tard par le groupe Thales), et Evalimage, un service d’étude de notoriété et de perception de marque, basé sur l’analyse

Il représente l’archétype de l’entrepreneur agitateur du secteur numérique. A sa sortie de l’Ecole normale supérieure, ce statisticien économiste devient enseignant-chercheur sur l’économie de l’internet. A 25 ans il se lance dans l’entrepreneuriat. En moins de quinze ans, il aura fondé ou cofondé trois start up dont l’actuelle Radioline, qui propose des outils d’écoute de radio sur internet, mais aussi Baracoda, devenu le leader mondial de la traçabilité Bluetooth (revendu au groupe Ingenico). Thomas Serval a su évoluer à des postes élevés chez de grands acteurs. Il a ainsi occupé la fonction de directeur exécutif des nouveaux produits et solutions chez Google, s’occupant de Youtube, Doubleclick ou d’AdExchange. Il a été également membre du comité exécutif de Microsoft France, en charge de l’innovation et des plates-formes. Enfin, Thomas Serval est vice-président du comité Richelieu, l’association des PME de hautes technologies.

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Les du numérique en France DOSSIER

Dirigeants Ils sont aux commandes des entreprises les plus prestigieuses ou les plus prometteuses du numérique français. Une filière qui représente des dizaines de milliers d’emplois et un savoir-faire indispensable.

C’est probablement la self-made woman la plus engagée du numérique français ! Elue femme entrepreneur de l’année 2012, elle a été récompensée pour sa réussite à la tête de Lefevbre Software, l’éditeur de logiciels de gestion dont elle a repris les rênes en 2007. Elle redresse l’entreprise, faisant passer son chiffre d’affaires de 16 M€ à son arrivée, à 42,2 M€ l’année dernière. Longtemps seule femme parmi les administrateurs de Syntec numérique, Vivianne Chaine-Ribeiro défend la mixité dans les entreprises. Active dans de nombreuses associations professionnelles (Women Equity for Growth ou encore Women in Leadership), elle est aussi présidente de la commission Femmes du numerique.com.

l’authentification des passeports ou les réseaux de téléphonie mobile. Opposant à l’Hadopi, ce centralien rêve d’une organisation mondiale de la santé de l’internet, qui protégerait la planète des virus électroniques. Philippe Vanier, Bull

C’est à ce PDG de la société Bull que revient la tâche de sauver le dernier constructeur français. Sa priorité pour 2013 ? Assurer la transition des entreprises vers le fameux nuage informatique. Après les services, l’informatique à la française passera donc par le cloud computing. Diplômé de l’ESPCI ParisTech, Philippe Vanier a travaillé chez Michelin puis chez Saft, la filiale d’Alcatel spécialisée dans le stockage d’énergie. Il a été promu chevalier de la Légion d’honneur en juillet 2011 par Nicolas Sarkozy. Eric Boustouller, Microsoft

Olivier Piou, Gemalto

Ce bâtisseur infatigable, pourtant méconnu, occupe un poste clé à la tête de Gemalto, spécialiste dans la sécurité numérique. Ses 22 usines, dont 3 en France, fabriquent quelques centaines de millions de cartes à puce. Gemalto protège aussi les transactions bancaires,

Après sept ans passés à la direction de Microsoft France, Eric Boustouller a été promu directeur de la zone Europe de l’Ouest. Cet expert en marketing des nouvelles technologies est aussi un lobbyiste émérite qui défend régulièrement l’impact positif du numérique dans l’économie. Il se définit comme un

« technoptimiste » depuis la publication de son livre L’Atout numérique (pour en finir avec une mélancolie française). Diplômé de l’Institut d’études politiques, il est à l’origine de la signature du partenariat inédit avec la Bibliothèque nationale de France en 2010. Depuis 2011, Eric Boustouller est aussi le Président de la chambre de commerce américaine en France. Christian Nibourel, Accenture

Ouverture d’esprit, curiosité et passion sont les maîtres mots du président d’Accenture France Benelux (depuis 2007) Diplômé de l’Insa et de l’EM Lyon, Christian Nibourel a consacré l’essentiel de sa carrière chez Accenture au secteur des services financiers et a mené des projets de transformation et d’industrialisation de grandes banques et de sociétés d’assurance française et européenne. Il est à l’origine du Collectif, un groupement de grands patrons français, avec lesquels il mène des travaux sur l’empreinte sociale. Pour lui, la performance d’une entreprise dépend de l’équilibre entre ses empreintes économique, sociale et environnementale.

Bernard Charlès, Dassault Systèmes

MARYSE GROS

La réussite d’une politique d’innovation Le plus beau succès mondial du logiciel français est à mettre au crédit de son DG. Arrivé en 1983, Bernard Charlès a mis en place l’activité R&D, puis a pris les rênes de l’entreprise en 1995. Il aura permis à l’éditeur d’évoluer en renforçant le positionnement de son outil Catia. Discret au niveau médiatique, Bernard Charlès est très actif dans les coulisses du secteur IT.

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S. JAYET

Viviane Chaine Ribeiro, Lefevbre Software

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Dirigeants (suite) Patrick Starck, Cloudwatt Stéphane Richard, Orange

L’ancien dirigeant des sociétés HP, Compaq et CA Technologies, est désormais le président de Cloudwatt, coentreprise créée par Orange et Thales. Son objectif ? Devenir le champion européen du cloud. Comme son concurrent Numergy, il aura la lourde tâche de créer un cloud souverain et de démontrer que la France a aussi son mot à dire sur ces technologies. Mais cet ancien de Supelec compte bien préparer le terrain.

Le représentant de l’excellence française Le PDG de France Télécom Orange aura marqué l’année 2011 en signant un accord d’itinérance avec Free Mobile. Il veut refaire de l’innovation une arme de croissance chez Orange. Appelé en 2010 après une vague de suicides, il présente son plan Conquêtes 2015 avec, pour ambition, le passage de 200 à 300 millions de clients et rendre à la marque de l’opérateur historique sa modernité.

Paul Hermelin, Capgemini

Il dirige depuis dix ans la société de service en informatique crée par Serge Kamps. Très impliqué dans le changement de traitement de l’offshore il y a sept ans, ce polytechnicien et diplômé de l’ENA a eu une incidence décisive sur les SSII françaises et le taux de pénétration des SSII indiennes sur le marché français. La forte croissance de Capgemini en 2011 lui a valu le titre de numéro un sur le Vieux Continent. Avant de pousser la porte de Capgemini en 1993, Paul Hermelin a été notamment directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn.

chez Sema Group en 1984 au poste de directeur de développement, puis de directeur général France. Dix ans plus tard, il est recruté par CSC en tant que PDG de la division France. A retenir aussi son rôle déterminant dans la conception de la méthode de rationalisation des choix informatiques Racines. Delphine Ernotte-Cunci, Orange France

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Le président pour l’Europe Sud et Ouest de CSC (Computer Sciences Corporation), un des leaders mondiaux en solution d’intégration et en externalisation, considère que le principal défi pour les DSI est de concilier coûts et innovation. Spécialisé dans le conseil informatique, l’homme affiche une carrière d’expert. Diplômé de l’Ensi, docteur en sciences des organisations, il débute en 1975 chez Sema Group, puis rejoint Sorgem en 1977 avant de revenir

O. EZRATTY

Claude Czechowski, CSC

Elle est devenue en 2011 directrice générale d’Orange France lorsque Stéphane Richard a été nommé PDG. Avec Christine Albanel, elle est l’une des deux femmes qui siègent au Comité exécutif du groupe France Télécom. Cette ingénieur diplômée de Centrale a débuté sa carrière chez France-Telecom Orange comme analyste financier puis comme économiste au sein de la R&D. Elle a ensuite travaillé dans la distribution puis

a occupé différentes fonctions de direction en communication commerciale et du sponsoring. Très (trop ?) connectée à son mobile d’après ses collaborateurs, Delphine Ernotte-Cunci a jugé les annonces concurrentielles de Free « agressives » mais a constaté leur effet de cohésion au sein du groupe. Christophe Fabre, Axway

Ce patron méconnu a transformé un modeste éditeur d’outils d’infrastructure informatiques en une des plus belles success story française. Nommé directeur général d’Axway en 2005, Christophe Fabre a triplé le chiffre d’affaires de l’entreprise, ancienne filiale de Sopra Group, et en a fait le quatrième éditeur français. Ce diplômé de l’Institut d’informatique et mathématiques appliquées de Grenoble a accéléré l’internationalisation d’Axway en déplaçant une partie de l’entreprise à Phoenix (Arizona) et a été se frotter aux réalités du marché américain.

Alain Bénichou, IBM France

Le président du plus grand fournisseur informatique du monde Le président d’IBM France depuis janvier 2010 est à la tête de 11 000 salariés et d’un écosystème de soustraitants et de partenaires de près de 40 000 personnes. Parmi les derniers chantiers prioritaires de ce polyglotte de 53 ans, citons le développement d’une offre de villes intelligentes, ou la constitution d’une offre de cloud hexagonale avec un centre dédié à Montpellier.

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Thierry Breton, Atos

Eradiquer les mails internes qui engorgent les boîtes… Les remplacer par des outils collaboratifs adaptés (messagerie instantanée, réseaux sociaux d’entreprise)… Tel est le projet Zero-Email lancé par Thierry Breton chez Atos, la société de service qu’il dirige. S’il réussit, ses méthodes serviront de référence. S’il échoue, le doute sera jeté sur l’efficacité des outils collaboratifs. L’enjeu n’est pas mince pour cet iconoclaste, qui oscille entre secteurs public et privé. Ancien PDG de Thomson puis de France Télécom, il a aussi été ministre de l’Economie et des Finances de 2005 à 2007.

Xavier Niel, Iliad-Free

L’homme qui a tout changé Il a bouleversé les règles et retourné les marchés de l’internet fixe et de la téléphonie mobile. Avec sa Free Box, d’abord, proposée à 30 €. Avec ses forfaits mobiles, ensuite, en illimité voix/internet/SMS à moins de 20 €. Sa fortune, la 12e de France selon Challenges, lui a permis de créer Kima Ventures, un fonds d’investissements pour start up, avec Jérémie Berrebi. Xavier Niel est actionnaire du Monde et du site d’information en ligne Mediapart.

François Enaud, Steria

Stéphane Negre, Intel

Le patron de la filiale française d’Intel depuis 2008 a toujours affiché sa volonté de faire rayonner l’influence de la France dans le monde. Pour y parvenir, il a récemment inauguré à Toulouse un centre de R&D qui sera le laboratoire de recherche sur les smartphones. Après avoir dominé le marché des puces sur ordinateur, le leader des semiconducteurs a en effet décidé de se concentrer ce nouveau secteur et de faire de l’Hexagone une figure de proue. Dans le groupe Intel depuis 1990, il a notamment occupé le poste de directeur des solutions logicielles. Une mission qui lui conférait la responsabilité des partenariats avec les principaux intégrateurs de systèmes et les SSII européennes.

JEAN-LUC MEGE

Patrick Bertrand, Cegid

Il n’est pas seulement le directeur général du premier éditeur français de gestion depuis dix ans, mais aussi un incessant promoteur du numérique français. En 2005, il a cofondé l’Afdel (Association française des éditeurs de

logiciels), organisme de lobbying pour promouvoir et défendre le talent français en matière de logiciels. En mai dernier, il a démissionné de la présidence de l’Afdel pour prendre celle du CNNum (Conseil national du numérique), organe consultatif crée par Nicolas Sarkozy dont la mission était d’éclairer les pouvoirs publics sur les enjeux de l’économie numérique. Un poste qu’il a dû finalement quitté au bout de quelques semaines suite à la décision du nouveau gouvernement Ayrault de revoir la gouvernance et la composition de cette entité. Il y a fort à parier que Patrick Bertrand se trouvera très vite d’autres combats d’évangélisation à mener.

Vivek Badrinath, Orange Business Services

Philippe Tavernier, Numergy

Jacques-Antoine Granjon, Vente-privée.com

C’est à lui que revient la mission hautement stratégique de créer un cloud souverain français. L’ex-président exécutif de Sogeti France (filiale du groupe Capgemini) qui a pris la présidence de la nouvelle structure Numergy il y a quelques semaines, ne part pourtant pas les mains nues. Cette entreprise, présentée comme un « producteur d’énergie numérique au service des entreprises et des institutions », dispose en effet d’un capital de départ de 225 M€ que lui ont apporté ses actionnaires de référence, la Caisse des Dépôts et des consignations (CDC), SFR et Bull. Même si la mise de départ semble modeste comparée aux investissements cloud engagés par des géants comme IBM, Numergy compte bien profiter en France d’une préférence nationale en matière de numérique.

A 42 ans, le président d’Orange Business Services est un homme pressé. Nommé à la tête des services professionnels de l’opérateur depuis deux ans, ce diplômé de Polytechnique, de l’ENST (Ecole nationale supérieure des télécommunications et de l’université d’Orsay (DEA de statistiques), veut ancrer Orange parmi plus grands fournisseurs technologiques mondiaux. Il y a quelques jours, il a dû être satisfait : Orange a décroché aux World Communication Awards de Londres le Prix du meilleur opérateur mondial, celui du meilleur service cloud et enfin, celui du choix des utilisateurs.

Facile à reconnaître avec ses cheveux longs, ses bagues extravagantes et son blouson en cuir noir, il n’a pas le look d’un PDG classique. Il est pourtant à la tête de Vente-privée.com, le leader mondial de la vente événementielle sur internet, un concept qu’il a lui-même créé et exporté aux EtatsUnis. Aujourd’hui personnage incontesté du numérique et de l’internet, cet amateur d’art contemporain a participé à l’ouverture de l’Ecole européenne des métiers de l’internet avec ses amis Xavier Niel (Free) et Marc Simoncini (Meetic). Celui qui a eu son bac en deux ans et qui ne s’étend pas sur ses études supérieures a même fait son entrée au conseil d’administration du groupe Danone en février dernier.

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PDG de Steria depuis cinq ans, ce polytechnicien a patiemment transformé Steria de belle endormie en une société conquérante de taille mondiale suite aux rachats d’Integris (Bull) et de Xansa. La troisième SSII française et sixième européenne compte aujourd’hui 20 000 collaborateurs répartis dans 16 pays. Son chiffre d’affaires a été de 1,75 Md€ en 2011.

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DSI et patrons de l’innovation Ils sont les pilotes de l’innovation au sein de leur entreprise. Qu’ils en soient à l’origine ou qu’ils la managent, ils aident leur organisation à croître sur son marché et à se transformer pour affronter les défis futurs. Jérôme Filippini, État

A 43 ans, le tout nouveau directeur général de la modernisation de l’Etat aura du pain sur la planche ! Ce diplômé de Sciences-Po, normalien et énarque, a mené toute sa carrière dans le secteur public. Conseiller à la Cour des comptes et directeur adjoint au secrétaire général du gouvernement jusqu’en 2012, Jérôme Filippini officiait parallèlement à la nouvelle direction interministérielle des systèmes d’information et de communication de l’Etat, ce qui lui a valu le titre de DSI de l’Etat. Il a pris à bras-le-corps cette fonction, réussissant à insuffler un véritable élan à l’informatique de l’Etat. Hichem Jaballah, Crédit agricole technologies

Il dirige tout simplement un projet colossal, souvent désigné comme le plus grand budget informatique européen de la décennie (500 M€). Hichem Jaballah est en effet la

véritable cheville ouvrière du projet Nice (Nouvelle informatique convergente évolutive) au Crédit agricole technologies, dont il est le directeur général. Nice étant un système d’information commun à l’ensemble des caisses régionales de la banque verte. Ce polytechnicien, diplômé de l’Ecole nationale supérieure des télécommunications, travaille au Crédit agricole depuis la fin des années 90, après avoir été directeur des activités banques et finance chez IBM Global Service. Yves Caseau, Bouygues Telecom

Star de l’urbanisation des systèmes d’information (SI) et pionnier des services web, ce normalien est le directeur-général adjoint de Bouygues Telecom, en charge des technologies, des services et de l’innovation. Son cerveau est en perpétuelle ébullition au service de l’opérateur qui l’emploie, mais aussi pour toute la profession. Ses ré-

flexions, et les éclairages qu’il apporte sur l’évolution des systèmes d’information, font de lui l’un des grands experts actuels du secteur. Conférencier reconnu, il a rédigé de nombreux ouvrages sur les SI et l’entreprise 2.0. Spécialiste de la gestion des processus, il tient un blog intitulé Architecture organisationnelle. Michel Foulon, La Poste Courrier

Quand il est arrivé dans le groupe La Poste, en 2010, il a complètement rénové la vieille dame poussiéreuse qu’était l’activité historique de la Poste. Formé aux finances et à la fiscalité de la Sorbonne, il s’est attelé à la réorganisation de la DSI par métiers. Parmi ses réalisations, on retiendra le programme Facteo : d’ici à 2015, tous les facteurs se verront équiper d’un smartphone qui facilitera les opérations courantes. Michel Foulon a fait ses armes au sein d’Axys Consultants, PricewaterhouseCoopers Consulting et Sodexo. Georges Epinette, Groupement des Mousquetaires

Pascal Buffard, Axa Groupe Solutions, Cigref

Ce visionnaire parle de « gouvernance de l’inattendu » et « d’humanisme numérique ». Pascal Buffard, directeur général d’Axa Group Solutions est aussi, depuis 2011, le président du Cigref, un réseau de grandes entreprises. En insufflant un nouvel élan à cette association vieille de quarante ans, Pascal Buffard souhaite promouvoir la culture numérique dans la société et auprès des dirigeants. Issu du secteur bancaire, il a notamment conduit avec succès la fusion Axa-UAP en France à la fin des années 90. DR

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Un ardent promoteur de la culture numérique

Fier directeur de l’organisation et des systèmes d’information du groupement des Mousquetaires, et directeur général de la Stime, SSII interne, Georges Epinette réfléchit sans cesse aux évolutions du métier de DSI, et écrivant des ouvrages sur des thèmes novateurs. Ses travaux, auxquels il fait contribuer des universitaires, bousculent souvent les idées reçues. En mars 2011, il a été élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur. Frédéric Charles, Lyonnaise des eaux, Suez environnement

C’est par son blog GreenSI.fr, sur lequel il aborde la mutation numérique des entreprises et des collectivités locales, que Frédéric Charles s’est fait connaître. Depuis, ce responsable

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Bernard Duverneuil, Essilor

Un DSI déjà bien ancré dans le futur

DR

La mutation du groupe Essilor vers une personnalisation des verres s’est traduite pour son DSI, Bernard Duverneuil, par un premier défi : la mise en œuvre et l’exploitation de la chaîne de prescription numérique à l’échelle mondiale, avec un système d’information agile et une collaboration étroite entre la DSI et les métiers. Autre challenge de taille pour ce créateur d’une start up internet au début des années 2000, le développement d’une véritable culture numérique unissant les 17 000 salariés de l’entreprise. Avant de prendre les rênes de la direction des systèmes d’information du leader mondial de l’optique ophtalmique, il y a quatre ans, ce polytechnicien diplômé de Suptélécom a fait ses armes en tant que patron informatique du groupe Lagardère.

Bouygues Telecom et occupe plusieurs fonctions allant de la production à l’exploitation. Il prend les rênes de la DSI en 2007. Membre du comité de direction de Bouygues Telecom et du comité stratégique du groupe Bouygues, Alain Moustard est très actif au sein du Cigref, le réseau des grandes entreprises.

Rani Assaf, Iliad

Il est chez Free et il a tout compris ! Et Free aussi a tout compris, dont la réussite repose sur les paris technologiques que Rani Assaf a relevés : mise en place des infrastructures du réseau IP, déploiement DSL, interconnexion avec l’opérateur historique… Directeur technique et responsable du réseau de Free, dont Iliad est la maison mère, il est, avec Sébastien Boutruche, l’un des inventeurs de la Freebox, et également le deuxième actionnaire individuel de l’opérateur. Alain Moustard, Bouygues Telecom

Véritable technophile, il accorde beaucoup d’importance au développement durable en entreprise et pousse les DSI à réfléchir à la façon d’installer leur informatique dans les bâtiments. DSI lui-même, Alain Moustard imagine ce métier avec audace et beaucoup d’organisation, ce qui lui a valu le Grand Prix DSI 2009 décerné par 01. Agé de 47 ans, ce diplômé de l’Eisti débute sa carrière chez IBM en 1989. En 2001, il rejoint

Morald Chibout, Autolib

L’homme qui roule… est l’auteur du succès d’Autolib. Morald Chibout est aujourd’hui à la direction générale commerciale, marketing et communication d’Autolib, du groupe Bolloré. Représentant un investissement de 1,5 Md€ pour un coût de fonctionnement annuel de 80 M€, Autolib se veut un laboratoire et une vitrine technologique pour Bolloré, qui travaille depuis quinze ans sur la batterie LMP. Auteur à succès, en 2007, du Marketing expliqué à ma mère, ce fils d’ouvrier algérien obtient un doctorat en sciences économiques à la Sorbonne, avant d’entamer une carrière fulgurante. D’abord directeur marketing chez France Télécom puis chez Wanadoo, il occupe ensuite cette fonction pour le grand public chez EDF en 2004. Un passage remarquable et remarqué, puisqu’il y décroche le titre de L’Homme marketing 2008 pour la marque Bleu ciel d’EDF.

Jean-François Caenen, Capgemini

Ses sujets de prédilection ? Le knowledge management, les méthodes agiles, l’expérience utilisateur et l’adoption, par les entreprises, des architectures d’internet… Autant de thèmes qui le rendent influent, tant chez Capgemini, où il officie comme DSI depuis 2006, qu’auprès des clients de la SSII. Diplômé de l’Ecole polytechnique et de Suptélécom Paris, Jean-François Caenen a passé douze années chez Atos Origin. Pionnier de l’intégration applicative, des portails, du BPM et des architectures orientées services, il est passionné par l’articulation entre les enjeux métier et l’utilisation des technologies. Guus Dekkers, Airbus

Pour accompagner son groupe confronté à une forte compétitivité sur le plan international, il mise sur une gestion très dynamique de l’informatique : contrats de courte durée avec les fournisseurs, réversibilité en cas d’infogérance, datacenters en containers pour accroître la puissance de calcul sans exploser les coûts… DSI d’Airbus, fleuron de l’aéronautique française, et de sa maison mère EADS depuis 2008, ce Hollandais de 47 ans possède une solide expérience de top manager dans l’industrie. Il connaît très bien le secteur automobile allemand, notamment de Volkswagen, où il a commencé sa carrière.

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de la stratégie et de la gouvernance du système d’information de Suez environnement est devenu un commentateur avisé des tendances numériques des entreprises. Il anticipe les ruptures afin de conduire leur système d’information jusqu’en 2020, et dans les meilleures conditions.

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Institutionnels et politiques Leur rôle est crucial : c’est à eux qu’incombe la lourde tâche d’installer un environnement juridique, économique, politique et sociétal pour aider à la mise en place d’une filière numérique française durable. Anne Bouverot, GSMA

Elle représente 86 % des utilisateurs de téléphonie mobile de la planète, soit 3,3 milliards de clients ! Difficile, dès lors, de rester insensible aux réflexions et à l’influence de cette Française qui dirige l’association GSMA regroupant près de 900 opérateurs de téléphonie mobile à travers 218 pays. Diplômée de SupTélécom et titulaire d’un master en sciences et d’un doctorat en mathématiques et informatique de Normale Sup, Anne Bouverot a auparavant dirigé les services mobiles chez Orange et occupé le poste de directrice chez Endered, l’un des spécialistes mondiaux des services prépayés destinés aux entreprises. Bernard Benhamou, Proxima Lab

Depuis 2007, il est de tous les bons coups dans les plans numériques français. Infatigable promoteur et fin expert de l’économie numérique

au sein, notamment, des ministères, il occupe le rôle de délégué aux usages d’internet auprès du ministère chargé de l’Economie numérique et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Après s’être distingué en 2009 avec le lancement de Proxima Mobile, premier portail européen de services mobiles pour le citoyen, Bernard Benhamou coordonne aujourd’hui Proxima Lab, laboratoire national sur les usages des télévisions connectées. Laure de La Raudière, Députée

Une des rares parlementaires à maîtriser le numérique. Députée UMP de la 3e circonscription d’Eure-et-Loir, cette ingénieure télécoms a toutes les compétences pour prendre un jour des responsabilités nationales dans le numérique. Devenue secrétaire nationale de l’UMP en charge des médias et du numérique, elle a signé en 2009 un rapport parlementaire sur la lutte contre la fracture numérique.

Jean-Yves Robin, Asip Santé

C’est le monsieur e-santé français. Médecin de formation, c’est à lui qu’a été confiée en 2008 la délicate mission de mener à bien le déploiement du dossier médical personnel (DMP). Aujourd’hui, il est à la tête de l’Asip santé, l’agence d’Etat chargée de favoriser le développement des systèmes d’information partagés dans le domaine de la santé. Le travail de Jean-Yves Robin consiste à faire le lien entre les intérêts divergents des hébergeurs de données de santé, des professions médicales, des associations de patients, et des assureurs. Vaste programme ! Egalement entrepreneur, Jean-Yves Robin a fondé, en 1998, Uni-médecine, une plate-forme sécurisée de DMP. En 2007, sa société est rachetée par Atos Worldline, filiale d’Atos Origin.

Fleur Pellerin, gouvernement

NICOLAS REITZAUM

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Elle doit encore muscler son jeu numérique Critiquée à ses débuts, Fleur Pellerin se glisse peu à peu dans le costume de patronne du numérique gouvernemental français. Elle connaît parfaitement ses dossiers, commence à maîtriser les subtilités du secteur et ose s’exprimer auprès d’une population qui ne lui pardonnera rien. Il faudra attendre février pour connaître la teneur réelle de son projet, mais une chose est sûre, elle fera bouger les lignes. Aujourd’hui ministre déléguée en charge des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique, cette superdiplômée apprend vite. Avec une conception du numérique claire et transparente, Fleur Pellerin s’oppose à l’idée de « systèmes de filtrage et de surveillance généralisés » et s’est fixé comme priorité le déploiement du très haut débit. Notre conseil : fusionner dans ses projets deux pans de son ministère, les PME et le numérique.

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Isabelle Falque-Pierrotin, Cnil

Elle défend le numérique sous l’angle de la sécurité Elle fait trembler le géant Google ! La nouvelle présidente de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) s’intéresse de très près aux nouvelles règles de confidentialité du géant américain depuis sa nomination en septembre 2011. Diplômée d’HEC, de l’Ena et de l’Institut Multimédias, Isabelle Falque-Pierrotin a considérablement redynamisé et modernisé la Cnil. Avoir déjà travaillé en entreprise lui donne l’atout de mieux appréhender leur fonctionnement. De comprendre, par exemple, pourquoi la sensibilisation des entreprises, de leurs dirigeants et de leurs collaborateurs à la sécurité est si difficile, alors que les technologies et leurs usages se simplifient.

Jamal Labed, Afdel

Autre acteur du lobbying français des industriels du numérique, Jamal Labed défend plus particulièrement les éditeurs et les start up du logiciel en France. Il succède à Patrick Bertrand à la présidence de l’Afdel, l’Association française des éditeurs de logiciels, qui compte aujourd’hui plus de 300 membres en France. Il est en outre cofondateur avec Sylvain Gauthier du groupe Easyvista, dont il coordonne les activités business et marketing.

Auparavant, Jamal Labed avait fondé plusieurs start up dans le domaine des technologies. Marie Ekeland, France Digitale

La nouvelle présidente de France Digitale, association qui réunit plus de 100 professionnels du numérique, s’est fixé une priorité : la mise en place d’une réforme fiscale afin de veiller à ce que la nouvelle législation entourant l’entrepreneuriat, les jeunes entreprises numériques et le financement de l’innovation ne soit pas un frein à leur développement. Active depuis 1997 dans les technologies de l’innovation et de la finance, Marie Ekeland a une solide expérience dans la banque chez JP Morgan, et dans l’investissement dans l’innovation au travers des fonctions qu’elle a occupées chez CPR Private Equity, au Crédit agricole Private Equity puis chez Elaia Partners en 2005. Joël Courtois, Epita

Passionné par la pédagogie et le high-tech, Joël Courtois aime rappeler que son école « ne forme pas des machines à apprendre et à répéter, mais des jeunes ingénieurs créatifs et innovants ». Chaque année, le programme de l’école se renouvelle d’ailleurs pour s’adapter aux attentes des entreprises. En tant que président de l’Epita, une école qui forme donc

des ingénieurs en informatique, Joël Courtois essaie de démontrer chaque jour à quel point notre système d’éducation primaire, secondaire, voire même universitaire, de classes préparatoires et de grandes écoles manque de vision numérique. Nicolas Sadirac, Epitech

Très attaché à l’enseignement, il dit aujourd’hui « former les jeunes au numérique pour en faire les entrepreneurs de demain ». Sous sa direction, l’Epitech, l’Ecole pour l’informatique et les nouvelles technologies, a pris une note internationale très importante. Tous les élèves partent au moins un an étudier à l’étranger car, selon lui, il n’y a plus de notion de territorialité, « il faut absolument s’adapter à notre planète ultraconnectée ». François Momboisse, Fevad

Cet ancien membre du Conseil national du numérique est le lobbyiste de référence dans le commerce électronique. C’est donc tout naturellement qu’il a été réélu en juillet 2012 président de la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance). Polytechnicien et diplômé de l’Insead, il débute son parcours chez Procter & Gamble, de 1981 à 1992. Au cours de sa carrière, il a été directeur général France de Benckiser et responsable du développement et des nouvelles technologies de Fnac.com.

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Guy Mamou-Mani, Syntec numérique

C’est l’agitateur en chef de l’industrie numérique française. Depuis son élection à la tête de Syntec numérique, il défend avec ferveur, enthousiasme et parfois rage les intérêts des acteurs français du numérique, des éditeurs de logiciels et des sociétés de services et de conseil. Il s’est, par exemple, impliqué dans le Collectif du numérique, qui a organisé le débat sur la place du numérique dans la campagne pendant le second tour de la présidentielle de 2012. Mais pour cet avocat des acteurs du numérique en France, il aurait plutôt fallu « avoir à côté de chaque ministre un regard numérique, plutôt que de créer un ministère de l’économie numérique ». Depuis 2008, il est également coprésident et directeur général de la société de services Group Open.

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Chercheurs Ils sont les têtes d’affiche d’une recherche hexagonale reconnue dans le monde entier dans le domaine du numérique. Leur défi ? Que leurs travaux irriguent enfin le tissu économique français et trouvent des applications dans le réel. Catherine Rivière, Genci

Maintenir la France parmi les dix puissances mondiales des supercalculateurs, et promouvoir l’usage de ces mêmes superordinateurs auprès des entreprises et des PME : tels sont les deux principaux objectifs de la présidente du Grand équipement national de calcul intensif (Genci), l’organisme chargé de développer les supercalculateurs français. Genci a également pour mission de financer et de coordonner le développement de trois centres de calcul intensif pour la recherche civile. Cette société est détenue à 49 % par l’Etat, le CEA, le CNRS, les universités et l’Inria.

Francis Jutand, Institut Mines-Télécom

Il joue un rôle essentiel dans la coordination des pôles de compétitivité français avec le monde enseignant. Depuis six ans, cet expert en télécoms occupe les fonctions de directeur scientifique de l’Institut MinesTélécom, qui fédère 13 écoles. Francis Jutand travaille en parallèle au développement de plusieurs pôles de compétitivité et est plus particulièrement à l’origine du pôle mondial Cap Digital Paris Région. Formé à l’Ecole normale supérieure de Cachan, il a occupé le poste de directeur scientifique de France

Télécom R&D. Il a surtout contribué à la création de réseaux de recherche sur les technologies clés (multimédia, technologies de l’intelligence et de la connaissance, réseaux, logiciels, sécurité, mobiles, terminaux, etc.). Il fait d’ailleurs partie des membres fondateurs du Réseau national de la recherche en télécommunications (RNRT). Pierre-Louis Lions, Normale Sup

Enfin un mathématicien qui a su sortir de son amphithéâtre et de son laboratoire de recherche pour fonder sa société ! Avec un ancien collègue de l’université Paris-Dauphine, il est à l’origine de la théorie des jeux à champ moyen et de la création de MFG Labs, une des rares start up françaises en mathématiques appliquées. Il a choisi la recherche en mathématiques appliquées et la résolution de problèmes scientifiques ayant une base mathématique, en milieu industriel.

Michel Cosnard, Inria

C. LEBEDINSKY

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Il a fait de l’Inria un centre incontournable Depuis la naissance de l’Inria, 120 start up ont été fondées. Michel Cosnard, le président de ce centre de recherche en informatique, n’est pas à l’origine de toutes ces pépites. Mais sous son impulsion, la réputation des chercheurs de l’Inria a dépassé nos frontières. Spécialiste mondialement reconnu de l’algorithmique parallèle et des grilles de calcul, ce brillant scientifique, est aussi expert en réseaux d’automates et de neurones. Auteur de publications dans les meilleures revues internationales du domaine, il est aussi lauréat de plusieurs prix scientifiques et a été distingué Chevalier de la Légion d’honneur en 2007.

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Christine Balagué, Institut Mines-Télécom

Une militante de l’internet citoyen

Bernard Stiegler, Institut de recherche et d’innovation

C’est notre philosophe de l’IT ! Il axe sa réflexion sur les enjeux des mutations actuelles portées par les nouvelles technologies du numérique. Depuis 2006, il dirige l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) au sein du centre Georges Pompidou, institut créé à son initiative. Ce grand penseur est aussi à l’origine du groupe de réflexion philosophique Ars Industrialis. Très active sur internet et à travers diverses publications, cette association propose de développer une réflexion critique sur les « technologies de l’esprit » et de s’interroger sur les impératifs économiques qui les sous-tendent. Franck Le Ouay, Criteo

Expert des algorithmes complexes, Franck Le Ouay est à l’origine de l’outil prédictif de Criteo, spécialiste du ciblage publicitaire sur internet, l’une des plus belles réussites

technologique et économique françaises. Il a cofondé la société en 2005 avec un autre ingénieur des Mines de Paris, également issu des laboratoires R&D de Microsoft, à Redmond, ainsi qu’avec un ingénieur Supelec. Une opération rentable, puisque notre confrère Challenges.fr les a classés, cette année, au 321e rang des plus grandes fortunes françaises. Franck Le Ouay a aussi conçu l’architecture graphique de divers jeux sur console et participé au lancement du laboratoire de recherche Microsoft en Allemagne. Simon Richir, Laval Virtual

Avec l’essor des images de synthèse et de la réalité augmentée (superposition d’images virtuelles aux images réelles), il se prend à rêver d’un petit Hollywood pour la Mayenne. En 1998, encouragé par François d’Aubert, à l’époque maire de Laval, cet ingénieur des Arts et Métiers parie sur cette ville pour y développer la réalité virtuelle. Il travaille alors à l’Istia-Innovation à Angers au sein

de l’équipe du professeur Taravel, l’un des concepteurs du Futuroscope de Poitiers. Tous deux proposent à l’agglomération d’y exporter le même modèle : un parc avec des animations grand public, des entreprises innovantes et un centre universitaire. Le premier salon Laval virtual est organisé la même année. Serge Abiteboul, Inria

Son credo actuel ? Dénoncer le manque de maturité dans l’exploitation des données à caractère personnel par les entreprises commerciales. Figurant parmi les meilleurs spécialistes mondiaux de la gestion de l’information, ce directeur de recherche à l’Inria, où il travaille depuis trente ans, est également membre de l’Académie des sciences et professeur au Collège de France. Serge Abiteboul est d’ailleurs l’un des rares experts en informatique à dispenser des cours dans cette vénérable institution, au sein de laquelle il a été admis l’année dernière.

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Pierre-Louis Lions a mis l’enseignement au centre de son métier de chercheur. Professeur de mathématiques appliquées à Polytechnique, Normale Sup, Pierre-Louis Lions est titulaire de la chaire Equations aux dérivées partielles et applications au sein du Collège de France.

NIELS STOLTENBORG

Auteure de nombreuses publications, Christine Balagué milite avec énergie pour réduire la fracture numérique en France. Elle s’engage aussi pour le développement d’un internet citoyen comme coprésidente du think tank Renaissance numérique, qui réunit des universitaires et les principaux dirigeants du web français. Titulaire de la chaire Réseaux sociaux à l’Institut MinesTélécom, docteur en sciences de gestion (HEC), diplômée de l’Essec et de l’Ensae, Christine Balagué analyse aujourd’hui le phénomène culturel que représentent les réseaux sociaux ou le passage du patient classique au e-patient.

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Consultants Dans l’ombre ou hypermédiatisés, évangélisateurs ou garde-fous, ils aiguillonnent le débat et contribuent à poser les repères d’une révolution numérique aux contours encore flous. C’est le fondateur du Business & Information Technology (BIT) Group, un cabinet indépendant d’analystes en intelligence économique, transformation d’entreprise et stratégies TIC. Bernard Dubs a vingt-cinq ans d’expérience dans des groupes internationaux en Europe et aux USA dont National Semiconductor USA, BASF Germany, Thales et Shell Europe. Disposant d’une double formation (Engineering et Finances), Bernard Dubs est diplômé (MS) et VIP de l’Université de Californie à Berkeley. Il est le monsieur sécurité informatique de la France. En tant que directeur depuis 2009 de l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), sa mission première avec son équipe de 160 experts de protéger les systèmes d’information et des infrastructures critiques de l’Etat français. « Payé pour être inquiet », ce polytechnicien qui baigne dans la sécurité informatique depuis dix-

Antonio Goncalves, Devoxx France

Ce grand spécialiste de Java est une star chez les développeurs. Il a écrit deux ouvrages sur le sujet et son blog Antoniogoncalves.org est devenu une référence. Régulièrement, on le croise au Paris JUG, le groupe d’utilisateurs de Java, dont il est le leader, ou sur le site web communautaire JBoss. Aujourd’hui le jeune homme de 40 ans est aussi à l’origine de Devoxx France, la conférence pour les développeurs passionnés qui a eu lieu pour la première fois à Paris en avril 2012.

Christian Poyau, Micropole

Il est un infatigable avocat des entreprises du numérique. Au-delà de ses fonctions de PDG du groupe Micropole, une société spécialisée dans les solutions d’informatique décisionnelle, de l’e-business, du CRM et de l’ERP qu’il a cofondée en 1987, il a rejoint en 1998 Croissance Plus, une association professionnelle qui soutient et promeut les jeunes entreprises. Il a assuré la présidence de l’association de 2001 à 2004, et en est toujours le président d’honneur et membre du comité fondateur. Sur les plateaux de télévision et dans de multiples conférences, il défend sans cesse la cause des entreprises innovantes et de croissance. En octobre 2012, il a cosigné avec l’ensemble des anciens présidents de Croissance Plus une lettre ouverte à François Hollande en réaction à l’annonce du projet de loi de finance

Dan Serfaty, Viadeo

Il est le symbole vivant qu’un entrepreneur français peut lutter à armes égales avec les géants américains du web. Viadeo, l’entreprise qu’il a fondée en 2004 avec Thierry Lunati dans le domaine du réseau social professionnel, affiche désormais 45 millions d’utilisateurs dans le monde. Malgré la concurrence effrénée du Californien Linkedin,

Daniel Kaplan, Fing

Ce militant du numérique a proposé des clés aux e-commerçants Pendant la dernière présidentielle, Daniel Kaplan a été l’un des principaux inspirateurs de l’ombre du programme numérique de François Hollande. Passionné de nouvelles technologies, il se veut un militant du numérique. En 2000, il a créé la Fing (Fondation pour l’internet nouvelle génération) avec le projet de réunir en réseau tout l’écosystème français du numérique. En 2012, il a coécrit La Confiance numérique, qui propose aux acteurs du e-commerce et des services en ligne d’autres clés afin d’inspirer confiance, exemples concrets à l’appui.

BERNARD LACHAUD

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B. SCHAEFFER / FEDEPHOTO

Patrick Pailloux, ANSSI

2013. Christian Poyau est par ailleurs membre du conseil d’orientation d’Oséo.

sept ans, considère que son action est bien plus large : Il ne cesse d’alerter entreprises et grand public des divers risques du numérique et d’appeler à une vigilance accrue.

CHRISTOPHE LEBEDINSKY

Bernard Dubs, BIT

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Julien Codorniou, Facebook

Ce jeune expert surveille les jeunes pousses du web A 33 ans, il est devenu un observateur clé de la nouvelle économie de l’immatériel. Chez Facebook, il surveille l’écosystème européen des start up du web, détectant d’éventuels partenaires pour son employeur. Il avait plus ou moins la même fonction chez Microsoft France, en charge du programme Bizpark de soutien aux jeunes pousses. Une expertise de la création d’entreprise qui lui a ouvert la porte du conseil d’administration du Monde et d’Avanquest Software, entre autres.

Bertrand Duperrin, Next Modernity

C’est un éclaireur inlassable de l’univers en croissance des nouvelles technologies. Il s’était fait connaître en créant Francenet, l’un des tout premiers fournisseurs d’accès à internet français. L’homme d’affaires visionnaire a ensuite exploré le champ des réseaux sans fil avec Ozone ou Violet. Désormais, son nouveau dada, ce sont les objets connectés à internet. Il est aujourd’hui aux commandes de Sen.se, une plate-forme dont l’objectif est de connecter les objets et les données

Avant de rejoindre l’équipe de Google France au lobbying en mai 2012, ce spécialiste de la propriété intellectuelle sur internet était secrétaire général du Conseil national du numérique. Souvent qualifié de déjanté par ses anciens collègues, l’ancien directeur des affaires publiques de Priceminister aura fort à faire chez Google. Il y sera critiqué, notamment par les politiques, pour ses pratiques en matière de confidentialité, de fiscalité et de concurrence. Ça tombe bien, il s’y connaît. Serge Soudoplatoff, serial entrepreneur

Un véritable touche-à-tout d’internet ! Son premier titre de noblesse : être le premier abonné Wanadoo en 1996. Grand entrepreneur et professeur à l’ESCP Europe et à l’Hetic, une école qui forme aux métiers d’internet, il a cofondé quatre start up, Higdeal en 1999 (rachetée par SAP), Commonbox

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B. BOCCAS/COURTESY SEN.SE

Rafi Haladjian, Sen.se

YANN GAUTHIER

Fabrice Epelboin, consultant

Ce spécialiste du web social est un ardent militant des libertés numériques. A côté de ses activités de consultant en nouvelles technologies, il est l’un des mentors du camping, l’incubateur de start up de la région

Benoit Tabaka, Google

PHILIPPE CABARET

Ce bloggeur compte dans le paysage français de l’IT. En plus de son métier de consultant au sein de la société de conseil Next Modernity, Bernard Duperrin tient un bloc-notes sur le web, sur lequel il défriche les dernières tendances IT et décrypte les changements organisationnels des entreprises. Ce diplômé de l’ESC Bordeaux en management des systèmes d’information aime plus que tout comprendre et anticiper les nouveaux usages du numérique.

Frédéric Couchet, April

Il est le plus indomptable des rebelles du monde français de l’IT. Informaticien de formation, il a fondé en 1996 April, une association de promotion et de défense du logiciel libre dont il est aujourd’hui le délégué général. Il a également été président de la FSF France, dont le rôle est aussi d’encourager l’utilisation du logiciel libre. Après avoir été membre du parti politique des verts de 2004 à 2007, responsable du groupe de travail Cultures numériques, il donne aujourd’hui de nombreuses conférences sur diverses thématiques du logiciel libre auprès des étudiants, des administrations et des entreprises.

internet. Avec un avis tranché à peu près sur tout, il estime que les termes internet des objets, cloud, mobilité et big data signifient finalement tous la même chose. Avec sa dernière entreprise Sen.se, il mise sur l’open source matériel, mariage des fab labs et du logiciel libre, où l’utilisateur se réapproprie la création, la conception, le design et la fabrication de ses objets, connectés bien sûr.

Ile-de-France. Mais il est surtout connu pour ses prises de positions engagées dans la lutte contre la loi Hadopi ou la mise en place du filtrage d’internet instauré par la loi Loppsi. Parmi ses autres engagements, on retiendra son appartenance au collectif Telecomix, qui participe à de nombreuses opérations de lutte contre la censure et la surveillance d’internet.

Viadeo se paye le luxe d’être aujourd’hui leader sur ce segment de marché en Chine et en Afrique de l’Ouest. En début d’année, Viadeo a encore levé 24 M€ et a transféré une partie de ses équipes aux Etats-Unis pour être en contact direct avec ses concurrents. Quand il est de passage à Paris, ce diplôme d’HEC promeut avec conviction la prise de risque, et la nécessité pour toutes les entreprises françaises du numérique de penser immédiatement international.

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DOSSIER Les du numérique en France

Consultants (suite) Bernard Ourghanlian, Microsoft

Il entend sécuriser les entreprises aussi bien que les particuliers Il est l’un des grands experts français de la sécurité. Bernard Oughalian exerce ses talents chez Microsoft France dont il est le directeur technique et sécurité depuis 2006, avec un focus sur la gestion des risques sur les grands projets. Son cri d’alarme ? Les entreprises sont désormais moins bien protégées sur un plan informatique que les particuliers. Ce docteur en informatique est l’auteur d’ouvrages sur des sujets allant des statistiques aux microprocesseurs.

en 2007, Sooyoos en 2008 et Familia Games en 2011, autour des jeux sociaux avec une composante éducative. Parallèlement à son implication dans les deux associations qu’il a fondées (Club Galilée et Almatropie), ce polytechnicien a publié en 2012 un ouvrage très pédagogique sur les ruptures engendrées par internet : Le monde avec internet : apprendre, travailler, partager, créer à l’ère du numérique. Malgré ses activités très sérieuses de sélectionneur de start up dans le fonds d’investissement Finarea de consultant, et de professeur à HEC et à Centrale Paris, Olivier Ezratty est surtout connu pour son blog décapant, Opinions Libres, où il commente depuis six ans avec une grande liberté de ton le monde de l’innovation. L’ancien directeur marketing de Microsoft est un passionné de nouvelles technologies et des médias numériques. Et il sait transmettre avec talent ses enthousiasmes et ses déceptions.

Guillaume Plouin, Octo Technology

Louis Montagne, Bearstech

Il est incollable sur toutes les technologies informatiques, qu’il s’agisse de cloud, de langages de programmation ou d’infrastructure. Sur son blog Perpective IT, Guillaume Plouin s’interdit de commenter une actualité sur laquelle il n’aurait pas d’analyse originale. Ce qui est rare. Aujourd’hui en charge de la prospective dans la SSI Octo Technology, il était précédemment directeur de l’innovation chez SQLI. Conférencier régulier, il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages sur de multiples sujets comme le SOA,

Il est à la fois un militant et est un stakhanoviste de l’entrepreneuriat. Fondateur de Bearstech, société coopérative d’ingénieurs, directeur général d’AF83 spécialisé dans la création d’applications, il est aussi le viceprésident de l’Open World Forum, le plus grand rendez-vous européen dédié à l’open source. Bearstech, la société de cet ingénieur de formation, hacker et fier de l’être, compte aujourd’hui une vingtaine de salariés. La plupart pratiquent le télétravail, un concept cher au jeune ingénieur.

Un responsable IT doublé d’un grand pédagogue

Michel Grosbost, Crip

En tant que président du comité d’orientation et de développement du Crip, il est l’animateur d’une communauté qui fédère les principaux responsables d’infrastructure et de production informatique. Une organisation dont la mission est de favoriser le transfert de bonnes pratiques à l’ensemble des entreprises françaises. Au cours de sa carrière,

le cloud, la sécurité, les postes de travail web ou les géants américains du web.

Antoine Gourevitch, BCG

PAOLO VERZONE/ AGENCE VU

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Olivier Ezratty, Finarea

Michel Grosbost a dirigé les entreprises Gigatape et Gigatrend.

Doté d’un sens rare de la pédagogie, il a des sujets d’études parfois ardus. Le vice-président de Boston Consulting Group, responsable depuis 2006 de l’activité IT, coordonne les travaux de recherche sur le futur des organisations informatiques. Il a œuvré en Europe sur des sujets comme la performance et la stratégie de sourcing dans les secteurs de l’industrie et de la finance. En parallèle, il enseigne à Centrale Paris les sujets qui le passionnent comme la créativité, la gestion du changement et la conduite de grands projets.

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01 : les 100 people de la IT