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• Interview : Didier Super • Série : les jeunes se bougent pour l’écologie !

• Portfolio : Une école pour les enfants touaregs

Derniers préparatifs avant l’Afghanistan. Notre journaliste a accompagné les soldats de la 27ème BCA quelques jours avant le départ. !


Mon expérience interviewienne! Par Alice Beauquesne, rédactrice en chef de la rubrique « Culture Est Société ».

«LINTERVIEW.fr, c'est avant tout une rencontre. Une rencontre avec l'actualité. Une rencontre avec des personnalités. Une rencontre avec des gens qui font l'actualité ». On vous l'a assez répété, n'est-ce pas?

Editorial

Des mots qui peuvent sembler exprimer un simple concept, rien de concret, une idée rabâchée. Faux. En tant qu'étudiante de base, j'ai vu naître le projet. Et moi qui, avant, n'avais jamais approché de plus près des artistes, des politiciens, des grands personnages qu'en regardant des photos dans des quotidiens et écoutant en boucle des CDs, ne pensant même pas un jour pouvoir discuter avec eux, LINTERVIEW.fr m'a permis d'aller bien plus loin : de les rencontrer. Ca ressemble à une pub, à de la pseudo propagande bateau, mais c'est vrai. J'ai rencontré Didier Super il y a quelques jours. Cette vieille branche à l'humour puéril qui me fait sourire depuis plusieurs années a répondu à mes questions spontanément. C'est ça le journalisme. Moi, intéressée par tout, je me suis jointe à ce projet qui porte aujourd'hui ses fruits. Je rencontre. Du chanteur déjanté, à l'actrice porno, de l'artiste du métro aux hommes qui revendiquent le port de la jupe. Je suis même entrée à l'Elysée, lors du sommet de l'Union pour la méditerranée. Des personnalités, ou pas. C'est un travail humain. «La rencontre »; c'est vrai, ce n'est pas du marketing bidon. Vous retrouverez à la une de ce numéro quatre un reportage sur les soldats de la 27ème BCA qui partent en Afghanistan dans 3 jours. Notre reportage photo vous emmènera au Mali, dans une école en construction. Didier Super vous dira tout ce qu’il a envie de dire; et c’est tout. Enfin, nous vous emmènerons dans le métro pour vous prouver qu’il n’y a pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour réaliser un bon reportage !

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Sommaire La Une Derniers préparatifs avant l’Afghanistan !

Reportage 24h sous terre…! Portfolio Une école pour les enfants touaregs !

Série Les jeunes se bougent pour l’écologie ! p12 !

Interview – Culture Est Société Didier Super 8 !

Etats généraux de la presse jeune Dis leur ! ! Lancez-vous ! Etudiant, j’ai créé ma boite ! Etudiant du monde Bérénice Mathioudakis p37 Journal LINTERVIEW.fr / 32 rue de Montholon 75009 Paris / redaction@linterview.fr / 06-65-35-56-99 Fondateur, directeur de la rédaction : Louis Villers / Directeur de publication : Jean Massiet / Rédacteur en chef : Alexandre Marchand. Rédactrice en chef de « Culture Est Société » Alice Beauquesne Journalistes : Nadège Abadie (Photographies)/Nicolas Combalbert/William Buzzy/Baptiste Gapenne/Alan Kaval/Timour Adgioury/Vanessa Ferrere/Margaux Bergey/Maria Martin Guitierez/Raphael Miossec/Photo de Une : Caporal Chef D. Lucas Association LINTERVIEW.fr : Siège social : 32 rue de Montholon, 75009 Paris. Président : Louis Villers / Vice Président : Jean Massiet / Responsable financier : Alexandre Chavotier


Derniers préparatifs

avant l’Afghanistan Textes et photos : Louis Villers

« Bon, il est où le plus jeune? J’ai des questions à lui poser ». Sourire en coin, les soldats de la quatrième compagnie se tournent vers un chasseur de première classe en retrait. Lui aussi se met à sourire. Il a 23 ans, s’avance vers moi, la tête haute pour répondre à mes questions. Dans quatre jours, il quittera la France pour rejoindre la base française de Kapisa. Avec lui, 405 soldats de la 27ème BCA basés à Annecy sont prêts à s’envoler. Quelques minutes plus tard, nous allons charger les sacs.


« Cette mission est ma première opération extérieure »! LINTERVIEW.fr : Pouvez-vous vous présenter ? Première Classe : Je suis le première classe A. [ndlr: nous ne sommes pas autorisés à communiquer les noms des soldats qui partent], je suis dans l’armée depuis maintenant un an. Je viens de la compagnie Glière et suis maintenant rattaché à la 4ème compagnie pour pouvoir partir en Afghanistan. LITW : Quand avez-vous décidé de vous lancer dans l’armée de terre ? P. C. : C’est à l’âge de l’adolescence que j’ai décidé de m’y lancer. Ensuite, vers 22 ans, je me suis dirigé vers l’armée de terre car elle me correspondait plus. Maintenant je m’y sens très bien et je suis prêt à faire une longue carrière. LITW : Vous partez en Afghanistan dans quelques jours, y êtes-vous déjà allé ? P. C. : Non LITW : Etes-vous déjà allé à l’étranger avec l’armée ? P. C. : Cette mission est ma première opération extérieure. LITW : Pendant combien de temps partez vous ? P. C. : 6 mois. LITW : Comment avez-vous été préparé ? P. C. : On a eu 6 mois d’entraînement,

on est parti 3 semaines à Caylus et 15 jours à Briançon récemment pour un « entraînement terrain » final. Maintenant on s’entraîne sur la base de Annecy. LITW : Vous êtes volontaire, mais avezvous eu le choix de partir en Afghanistan ? P. C. : Au départ, l’armée ne m’avait pas ordonné de partir en Afghanistan car j’avais juste un an de service. C’est moi qui ai fait la demande car j’en avais vraiment envie. C’est un honneur pour moi de partir servir mon pays. LITW : Comment gère-t-on l’absence avec sa famille, ses amis ? P. C. : Je commence à sentir qu’elle sera dure. Ceci dit, nous sommes préparés, nous y allons pour vivre d’autres aventures, dont cette absence. Sinon, nous avons Internet, donc beaucoup de dialogue se fera via MSN. Nous avons aussi le téléphone pour appeler les familles. LITW : Quel sera votre quotidien en Afghanistan ? P. C. : Je ne peux pas vous le dire maintenant, mais j’en ai une vague idée tout de même. Après, en tant que première classe je ne peux pas tellement communiquer dessus. Il faut voir cela avec la hiérarchie. Je pense que les journées seront fortes


émotionnellement. Il y aura une bonne camaraderie, il y aura de la joie. Ca se passera comme ca se passera. On verra bien… LITW : Avez-vous peur ? Notamment après les récentes embuscades? P. C. : Un petit peu. De l’appréhension oui. Mais bon, c’est notre métier. LITW : Comment est organisée la vie d’un soldat en France ? P. C. : C’est un métier de passion, nous faisons rarement la même chose. On commence souvent par un footing le matin. On a ensuite des cours d’information sur les différentes armées. L’après-midi, nous nous entraînons au combat, au tir, au secourisme. LITW : Quelle regard portez-vous sur d’autres jeunes de 23 ans ? P. C. : Je pense franchement qu’il faille remettre en place le service militaire. Cela ferait du bien à beaucoup de personnes. LITW : A quelques jours du départ, on relativise les petits problèmes étudiants ? P. C. : C’est sûr que quand je vois les problèmes que certains étudiants considèrent comme insurmontable, je rigole…

LITW : Avez-vous un message à faire passer à la jeunesse ? P. C. : Arrêtez de vous prendre la tête sérieux ! C’est tout. LITW : Pensez-vous que le débat sur cette guerre a été trop politique ? P. C. : Ce sont des choses qui ne me concernent pas, qui ne sont pas à mon niveau. Je n’ai pas à les commenter. LITW : Le fait de partir ne vous pousse-t-il pas à considérer ces querelles politiques comme futiles ? P. C. : Je ne sais pas. Pour ma part, j’exécute les ordres. On me demande de partir en Afghanistan, je pars en Afghanistan. C’est tout. Propos recueillis par Louis Villers

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« J’ai un peu peur. Oui. Mais c’est mon métier »!


« Dans la 27ème BCA, nous sommes tous frères »! 405 soldats du 27ème bataillon des chasseurs alpins quitteront la France le 19 novembre prochain au soir. Pendant 6 mois, la vie des soldats restés en France sera rythmée par les nouvelles venues de la vallée de Kapisa. Les chasseurs alpins se considèrent tous comme des frères, bien plus que dans les autres corps de l’armée. Les conditions d’entraînement sont tellement difficiles, les conditions météorologiques tellement rudes qu’ils sont en permanence obligés de se serrer les coudes, de partager leurs souffrances. « Forcément, cela rapproche, crée des liens très forts » explique de Caporal chef D. Lucas avant de continuer :

« nous avons tous dans la tête le souvenir des dix soldats tués cet été, s’il devait arriver le même drame à notre bataillon, ce serait très dur ». Les soldats, eux, relativisent : « tu sais, il y a plus de soldats morts en entraînement qu’en combat ! ». A croire que partir en Afghanistan est moins dangereux, du moins, pour les soldats français… La base militaire est composée de 4 compagnies de combat, 2 de logistique, et 1 de réserve, chacune d’entre elle est composée de 150 hommes (ou femmes). Chaque compagnie possède son propre bâtiment. Tous les jours, les soldats se retrouvent au Mess, une cantine qui


ressemble fort au CROUS (à noter que même les cuisiniers sont militaires) avant de se retrouver au foyer. Baby-foot, bar, télé, café, tout y est réuni pour créer une ambiance chaleureuse. C’est aussi le coin de rencontre des hommes et des très rares femmes. Comme dans tous milieux, des histoires naissent, et les mariages ne sont pas rares, même si le lieutenant Ibouchoukene reconnaît que la part des homosexuels est supérieure dans les bases militaires qu’à la moyenne nationale. Les salles de sport ou encore le cinéma sont d’autres endroits privilégiés d’échanges. Dans quatre jours, seuls MSN, Skype, ou le blog du bataillon pourront faire le lien entre les soldats en mission extérieure et ceux restés en France.

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« Les soldats, eux, relativisent : « tu sais, il y a plus de soldats morts en entraînement qu’en combat ! »!


6 mois intenses de préparation! Même si tous les soldats n’ont pas 23 ans et n’en sont pas à leur première opération extérieure, à l’image du première classe interviewé au début de l’article, la préparation d’une telle mission est longue. Depuis 6 mois, les soldats enchaînent les entraînements intensifs. Deux entraînements spéciaux ont été effectués à l’extérieur de la base. Le premier, d’une durée de trois semaines, à Caylus. Dans cette imprimerie désaffectée, c’est une véritable ville qui a été reconstituée

pour permettre aux soldats d’effectuer des simulations de combats urbains. Le bataillon de la 27ème BCA pourra même, dans cette ville fantôme plus réelle que jamais, surprendre des figurants déguisés en Afghans déambuler entre la mairie et l’usine ! Le deuxième entraînement extérieur a duré 15 jours à Briançon, en plein été dans des montagnes semblables à celles de l’Afghanistan. Le temps restant est dépensé sur la base militaire d’Annecy. Les soldats y effectuent


des entraînements sportifs intensifs (salle de sport et piste d’athlétisme, footing le matin en chantant), cours théoriques et entraînement de tir. Mercredi dernier, lors du colisage (dépôt des sacs et du matériel dans les conteneurs), des dizaines cartons ont été rajoutés en dernière minute. Quelques grandes surfaces de la région ont offert du matériel scolaire, des jouets, des ballons de foot. Etre préparé à viser, à tirer, à courir ou à se défendre ne suffit pas en Afghanistan. Il faut aussi se préparer à devenir un soldat occupant, un potentiel « envahisseur », à accepter le dur regard que ces enfants afghans portent sur vous. Gérer ces relations, comprendre la culture afghane, tenter de nouer des liens sont des aspects que la préparation ne doit pas négliger.

« Dans cette ville de combat reconstituée, les soldats peuvent même croiser des figurants déguisés en Afghans ! » !


La logistique, facteur essentiel de réussite!

La capitaine B, dirige la compagnie de logistique.

« Arrivés à Kaboul, chaque soldat français passera 3 jours dans un camp américain pour une mise en ambiance »! Les 4x4 déchargent les uns après les autres les énormes sacs et caisses. Armes, uniformes, skis, matériel de réparation s’entassent sur la place d’arme. Les cinq conteneurs attendent patiemment d’être remplis. Accroupis sur une caisse, un soldat annonce les numéros de caisses qui doivent être chargées. Il a visiblement du mal à comprendre cette liste. « Putain, c’est celle-là ou l’autre qui va dans ce conteneur? » Un vrai cassetête… Ce casse-tête est géré par la compagnie de logistique. A sa tête, le capitaine B., responsable de toute la l’organisation, avant le départ et sur place, tente de relativiser la tâche : « Les trois-quarts du matériel est déjà en Afghanistan depuis l’été dernier. Seuls quelques nouveaux véhicules blindés seront envoyés début décembre ». Le reste du fret concerne donc chaque soldat: ses armes, son uniformes, son matériel divers ainsi que du matériel d’entretien. Chaque soldat emporte deux gros sacs (40 kilos) et un petit sac de 5 kg maximum qu’ils peuvent emmener dans l’avion (civil). En tenue de combat, l’ensemble des équipements pèse 35


kg – rien que le nouveau gilet pareballes pèse 10 kilos !- sans compter l’arme. Aucune tenue de civil n’est emmenée car pendant 6 mois (minimum du temps passé sur place), les temps libres seront nombreux, mais les sorties quasiment inexistantes, hormis quelques-unes chez les américains. « Arrivés à Kaboul, chaque soldat français passera 3 jours dans un camp américain pour une remise à niveau, une « mise en ambiance » précise le « Chef du Bureau de Maintenance et Logistique ». La compagnie de logistique accompagnera les soldats dans la vallée de Kapisa, même si, une fois sur

place, ils auront exactement le même rôle que les soldats. « Là-bas, aux yeux des talibans, nous sommes tous soldats ».

« Là-bas, aux yeux des talibans, nous sommes tous soldats ».! !


24h sous terre « Ça peut vous arriver à 5h30 »: Le premier métro. Le lieu de rencontre de couche-tard et lève-tôt. Nous étions les lève-tôt. L’adolescent affalé sur son strapontin en face de nous, dans un demi coma, la tête contre la vitre, était le couche-tard. « Je rentrais de la fête de la musique. J'étais avec des amis qui, après deux changements, sont tous descendus. Je me suis donc retrouvé tout seul dans la rame, dans un état... second. J'ai jeté un oeil par la fenêtre: "Pasteur". Encore quatre stations jusqu'à "Porte de Versailles". J'ai donc fermé les yeux, histoire de récupérer un peu. Quand je les ai rouverts, j'ai vu la station "Convention" défiler. C'était la prochaine. Le métro ralentit, je m'apprête à descendre mais je vois "Vaugirard". Sans réfléchir, je me suis donc rassit. Et j'ai surveillé les stations suivantes: Volontaires, Pasteur, Montparnasse. C'est là que j'ai commencé à me dire qu'il y avait un problème. Notre-Dame-des-Champs. J'ai émis l'hypothèse que je repartais dans le mauvais sens. Quand j'ai vu "Rennes", j'ai vérifié sur le plan… et j'en ai eu la confirmation. Je m'étais endormi à l'aller, j'étais arrivé au terminus, puis repartit dans l'autre sens. Je suis donc descendu à la station suivante pour le reprendre dans la bonne direction, en me promettant d'être vigilant... »

Comment faire du journalisme quand on n’a pas d’argent ? La réponse est simple : on peut très bien faire du grand reportage en bas de chez soi ! Nous avons donc voulu vous faire découvrir ce curieux lieu où les gens se réunissent tous les jours sans pour autant sembler se voir, encore moins se parler. Le Parisien de base parcours tous les jours une portion de ces 214 kilomètres de lignes, il y passe l’équivalent de 5 jours et demi par an et pourtant il y est un parfait étranger. Pendant toute une journée, nous avons séjourné dans le métro. Du premier au dernier. Nous avons fait d’étranges rencontres, recueilli des témoignages, parlé avec des gens. Sous nos yeux, le métro a pris vie. Ces gens, ces anecdotes, ces expériences, nous ont donné à voir un visage du métro parisien bien différent de celui auquel nous étions habitués.

Par Baptiste Gapenne et William Buzy.


« Ça peut vous arriver à 8h »: C'est l'horaire critique. Le rush. Le métro est plein. Plein à craquer. Dans le genre sociable, il n’y a pas mieux: 64% des usagés ont des écouteurs, 33% lisent, les 3% restant ont le regard fixe et vide. « Le métro à l'heure de pointe? Je le prends tous les jours, je le connais par coeur. Quand vous aurez laissé passer trois trains et que vous parviendrez enfin à vous agglutiner dans le quatrième, vous avez 90% de chances de finir coincé entre Arnaud (20 ans, qui écoute un hard rock surpuissant dans son Ipod à un volume qui en fait profiter toute personne bloquée dans un rayon de 5 mètres), Jacques (40 ans, qui vous offre son cocktail d'odeur café/clope/après rasage/déo Axe Voodoo/gel Vivelle Dop), et Estelle (50 ans, tailleur bleu, maquillage bien prononcé, tellement absorbé par la lecture de Direct matin qu'elle en a "oublié" de se lever de son strapontin quand la 437ème personne est entrée dans la rame). Un voyage plaisant donc... Mais le moment de la descente arrive... Difficile à dire qui sont les pires: ceux qui poussent pour monter alors que personne n’est encore descendu ou ceux qui bouchent la sortie et qui ne réagissent pas aux « pardon » parce qu’ils ont leurs écouteurs ? Y’a pas longtemps, j’arrive à mon arrêt, fallait bien que je descende. J'y vais à coups de "pardon, pardon, pardon". Pas de réaction. Je hausse le ton "PARDON PARDON". Personne ne bouge. Finalement je sors les épaules, je fonce dans le tas et j'arrive à sortir. Et un mec (que j'avais osé bousculé parce que cet abruti était bien sûr en plein milieu) enlève ses écouteurs et me dit: " Non mais vous pourriez dire pardon!" Et votre journée ne fait que commencer...»

« Ça peut vous arriver à 12h »: Le calme est revenu. Les travailleurs et les étudiants ont déserté les trains. « Un jour, sur la ligne 6, j’allais chez une amie qui devait me remonter le moral parce que j’étais un peu déprimée. Puis, un mec s'installe à côté de moi et commence à me parler: Thierry, 34 ans, 8 ans de drogues dures. Il m'a parlé de son rêve d'être employé au péage de l'autoroute pour ne plus se droguer (moi aussi j’ai longtemps cherché le rapport...), m'a demandé s'il avait bien gratté toute la croûte sur son oreille et enfin m'a expliqué qu'il avait été champion de pétanque avant que les petits vieux ne le virent du club. Et bien figurez vous qu'à l'arrivée, je me suis sentie mieux...J'avais relativisé mes petits problèmes. Encore aujourd’hui, quand j’ai un coup de blues, je repense à "Thierry, 34 ans, 8 ans de drogues dures" »


« Ça peut vous arriver à 16h »: Le métro commence à se remplir. Les jeunes sortent des cours, les moins jeunes reviennent du boulot. La rame de métro est un champ de bataille, une véritable guerre : on se pousse, on se tasse et surtout pas de pitié. Le mot d’ordre est simple: ne pas sourire et tenter de conserver la meilleure place possible. « C’était il y a à peine deux jours. J’entrais dans le métro, en revenant des cours. Un homme se met à parler très fort. Encore un SDF… « Quelqu’un veut-il aller au paradis ?, Je suis sûr que 90% des personnes ici veulent y aller, alors il faut faire comme moi, acceptez Jésus Christ dans son cœur ! Acceptez le saint Esprit ! Pardonnez vos pêchers. Vous avez été mauvais, Jésus le sait, mais il peut tout vous pardonner ! ». Pendant plus de dix stations, cette homme a tenté de nous convertir. Un vrai orateur ! Le tout sans nous demander quoi que se soit en retour ! »

« Elle a senti qu'on lui mettait la main aux fesses, elle a attrapé la main, l'a levé bien haut en disant très fort "C’EST A QUI ?" » « Ça peut vous arriver à 18h »: Nouveau rush. Nous sommes collés, serrés, agglutinés, compressés, comprimés, emprisonnés, étouffés, oppressés, entrelacés

« Évidemment, comme beaucoup de filles, j'ai souvent eu droit aux lourds de la drague. La plus drôle : un mec que je croise dans un couloir de métro et qui me sort "Je te sexerai bien..." J'en rigole encore. Mais même s’ils sont parfois lourds, ils ne sont pas méchants. Le pire ce sont les pervers qui profitent de la foule. Maintenant j'ai la solution, j'écarte poliment mais fermement les premiers, pour les pervers je n'hésite pas à m'en moquer, en ameutant toute la rame. Une de mes amies a fait un truc génial: elle a senti qu'on lui mettait la main aux fesses, elle a attrapé la main, l'a levé bien haut en disant très fort "C’EST A QUI ?". Je ne vous raconte pas la tête du gars, il ne savait plus ou se mettre... Bon évidemment il faut être rapide! Mais ça vaut le coup! »


« Ça peut vous arriver à 22h »: L'air libre retrouve un peu de place dans le métro. Et il apporte avec lui un peu de gaieté. Toutes les personnes qui montent sont regroupées en petits groupes. Des discussions animent désormais la rame de métro. Le rire s'emplit, les jeunes commencent leur soirée, les plus âgés rentrent. Personne ne monte au même endroit mais tout le monde descend dans les quartiers festifs. Ce métro sent la fête, c'est quand même plus agréable.

Nous sommes bientôt au bout de notre journée sous terre, notre rame ouvre ses portes sur la station Pyramide. Le métro est immobilisé depuis maintenant 1 minute, lorsqu'une voix s'élève « Ah! Et pour quelle raison le métro est-il encore stoppé? Des colis piégés, des coupures de courant, des personnes qui se suicident, on passe notre temps arrêtés sur cette ligne! » Comme par magie la réponse est directement donnée par la douce voix du conducteur: « Nous sommes désolé de cette interruption momentanée qui est causée par la présence d'un chien sur la voix ». Forcément dans un métro de bonne humeur, l'annonce fait son effet. Du fou rire au simple sourire dû à une l’image provoquée par cette annonce, personne n'est resté insensible. Au bout de cinq minutes, le métro redémarre et l'ambiance est encore plus détendue. Quoi de plus normal ? La soirée peut commencer.

Jacques, 40 ans, vous offre son cocktail d'odeur café/clope/après rasage/déo Axe Voodoo/gel Vivelle Dop

« Ça peut vous arriver à 2h »: Le fameux dernier métro. Celui qu’il ne faut pas rater. On est souvent en bonne compagnie. Un poivrot qui parle très fort en se promenant dans la rame et qui finit par vomir juste à côté de vous. Ou un duo de gais lurons dans un état d’ébriété avancé qui entretiennent leur ivresse avec une bouteille de rouge. Au premier virage ou coup de frein un peu rude, elle terminera sa course... sur votre pantalon blanc.

« Il devait être 1h30. J’étais tout seul dans la rame. Je m’étais assis aux quatre places avec les pieds sur le siège de devant. Le métro s’arrête à une station. Deux policiers me voient, entrent et me demandent de descendre. Contrôle d’identité. Ils ont tout contrôlé. Même la validité de mon pass Navigo, en appelant soit disant la RATP. Quand ils ont eu fini, ils m‘ont gardé sur le quai, jusqu‘à ce que le tout dernier métro soit passé. Puis ils m’ont laissé partir en me disant que tout était en ordre... Sauf que j‘ai dû rentrer à pied...»


Une école pour les enfants touaregs LINTERVIEW.fr : Pouvez-vous nous faire une rapide présentation de vous et de votre association. ? Sébastien David : Je m'appelle Sébastien David, je suis un enseignant spécialisé à l’école St Michel de Bordeaux. Pour valider mon diplôme, j'ai décidé d'effectuer un stage « en milieu extraordinaire » dans le désert. Je suis parti pour trois semaines à Taboye au Mali, j'y ai rencontré Ibrahim AG Assarid qui dirige actuellement une école pour enfants nomades. Nous avons créé un lien d'amitié et l'association « L'école des sables » est née. À mon retour en France, j'ai monté le projet en sensibilisant mon entourage sur le problème de la scolarisation des enfants touaregs. LITW : Y-a-t-il un objectif à atteindre pour l'association? S. D. : Scolariser des enfants nomades implique de les regrouper dans un même lieu pour suivre des enseignements. En effet, les campements étant souvent très éloignés les uns des autres et les moyens de transport se limitant à la marche et aux dromadaires, les regroupements paraissent difficiles à mettre en œuvre. Alors l'objectif pour l'association est d'aider Ibrahim AG Assarid, en lui donnant plus de moyens mais aussi de l'expérience. L'objectif ultime est que les enfants touaregs, par leur scolarisation puissent à la fin de leur parcourt scolaire avoir le choix entre la vie touareg et une vie plus sédentaire. Nous sommes là pour accompagner cette fraction touareg vers un changement de mode de vie que le contexte économique et climatique leur impose. LITW : Justement sur ce principe, quel a été l'accueil des touaregs pour cette initiative? S. D. : Malheureusement, les Touaregs voient leur territoire de pâture se réduire avec l’avancée du désert. Et ce peuple se voit dans la double obligation de chercher comment survivre dans un environnement de plus en plus hostile tout en préservant sa culture si riche et en gardant son identité. L’instruction des enfants est une des solutions : ces derniers pourraient ainsi avoir le

choix de poursuivre l’activité de leurs parents ou de se sédentariser avec un niveau de connaissance leur permettant de travailler en ville. Pour autant, l’instruction de ce peuple se heurte à de nombreux problèmes liés à leurs particularités. LITW : En fonction des périodes de l'année, rencontrez vous plus ou moins de difficultés? S. D. : Oui, par exemple, Ibrahim nous avait sollicité pour signaler un état de crise qui touchait directement, nos élèves et la totalité du peuple Touareg. La période sèche est chaque année une période délicate pour la vie des élèves de « L’école des sables » qui, avec leur famille, doivent préserver leur cheptel dans des conditions climatiques exceptionnelles. Cette année, leur principale ressource alimentaire, le riz, a vu son prix être multiplié par 4. Cet état de fait a rendu le troc du riz contre les têtes de bétail quasiment irréalisable et a obligé les familles à réduire les rations quotidiennes sur les campements. C'est avec ce problème, qu'il a fallut continuer de mettre en place nos structures. LITW : Une fois le partenariat lié entre vous, avezvous chercher à mettre en place des échanges avec une école française? S. D. : Grâce aux différents dons, nous avons pu faire venir en France deux élèves de « L'école des sables » durant un mois à Bordeaux en septembre. Ainsi, ils ont pu découvrir la vie française et partager leur vie africaine avec les élèves français. Beaucoup d’entre eux rêvent de venir en France comme Mossa et Rhissa pour voir « Comment c’est en vrai! ». Rhissa nous a confié que le meilleur dans son voyage a été son retour : retrouver ses amis, sa famille… et raconter, partager ce qu’il venait de vivre loin des siens et tout près des choses qu’il n’avait auparavant vu que dans les livres. C’est comme cela, au gré des récits de voyage de Mossa et Rhissa, que le tram de Bordeaux trouve sa place au coin du feu de Taboye. Propos recueillis par Baptiste Gapenne


Collés au mur pour récupérer la chaleur que celui-ci dégage, les jeunes élèves ont droit à leur bouillie tous les matins.

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A droite : Classe des plus grands : l'équivalent du CE2-CM1.


Bibi, l'emblème de l'association. Scolarisé très tôt à 4ans et demi, il est le seul enfant aux yeux clairs.


Pour le repas du midi, les Êlèves se retrouvent toujours par quatre et mangent du riz.


Séance de numération.

L' internat des garçons, de 2003 à 2006.


Les devoirs‌


Au campement des parents d'élèves, à partir de 17h le groupe se retrouve autour du feu.

En haut à gauche : Stimata, élève doyenne chez les filles, qui sont très souvent victimes d'un mariage précoce. Arrivée à l'âge 6 ans, elle en a aujourd’hui 13.

En bas à gauche : Mossa, lors de son passage à l'école de Bordeaux.


Ce journal vous intĂŠresse ?


Culture Est Société

Dis-moi, Didier Super…


Didier Super : « on s’en fout » Lui et son grand sourire, son air béat, sa voix d’imbécile heureux, son humour débile, sa spontanéité, ses regards fixés sur la caméra. « On s’en fout! ». Il fait le faux con et assume totalement ses faits et gestes.

alice

BONJOUR DIDIER SUPER , TOUT D’ABORD, EST-CE QUE TU PEUX TE PRÉSENTER ? BAH… J’M’APPELLE DIDIER, J’CHUIS CHANTEUR EUH… ET J’AI ÉNORMÉMENT DE TALENT … Question qu’on doit te poser souvent: Didier, tu te fous de la gueule des gens, m ais est-ce qu’on se fout de ta gueule? J’pense que si mon histoire, elle marche un p’tit peu, c’est parce qu’il y a plein de gens qui me croient plus cons qu’eux, du coup, ça les rassure.

Tu dis toi-même que « faire des études, ça sert à savoir exactement ce qu’on ne veut pas faire comme métier » . Parles nous de tes études. Hé, ça vous regarde pas !

La politique, t’en penses quoi? Ba j’en pense que depuis… depuis quand, mercredi dernier? Bah c’est un peu moins la honte d’être noir! Après, est-ce que ça va changer la face du monde, un politicien quelconque, noir ou pas? Ca m’étonnerait.

A propos, tu es raciste ? J’crois que si j’étais raciste, j’aurais pas une clientèle de gauche d’enculés !

didier


Question un peu personnelle aussi. Tu dis que « les églises, c’est pour les gens qui ont des choses à se faire pardonner, c’est donc normal que les pratiquants soient plus imparfaits que nous ». Quel est ton rapport avec la religion catholique? Quand j’parles du catholicisme, effectivement, je sais de quoi je parles. J’étais à l’école des curés, et j’ai quatre professeurs en tôle. Et puis… voilà… tu veux qu’on approfondisse ou ça va comme ça?

Ca ira, mais si tu as envie d’approfondir, tu peux le faire. Oh, moi j’ai pas envie. Moi j’ai faim.

Comment as-tu décidé de te mettre à chanter? J’t’ai dis j’ai faim, mais j’t’ai pas dis de quoi … (sourire). Qu’est-ce que tu disais?

Et tu avais quel âge? Pas loin de ton âge !

Est-ce que tu as déjà eu un caniche? Pourquoi?


là, c’est didier qui regarde alice.

là, c’est alice qui rigole à une blague de didier

là, c’est didier qui traite louis de fumier


Est-ce que tu penses un jour devenir pauvre à ton tour ? En temps qu’intermittent du spectacle, c’est-à-dire professionnel du spectacle non rentable, opposé à Johnny, par exemple, effectivement, au même titre que tous les gens qui font un travail pas rentable, comme vos professeurs, on s’attend effectivement tous à devenir pauvres!

Tu as aussi affirmé t’en foutre royalement que les gens téléchargent tes chansons. Pourquoi?! Parce que les gens téléchargent plus qu’ils n’achètent de disques. Et si j’ai du monde dans mes concerts, c’est bien grâce au téléchargement, plus qu’aux quelques tarés qui sont allés s’acheter mon disque avec les sous de leur maman. Et en plus, faut quand même savoir que tous les artistes qui ont un disque signé en maison de disque, il rapportent des sous à la maison de disque, mais pas à eux. Eux on leur donne les miettes proportionnelles au gros gâteau que se mange la maison de disque. C’est proportionnel mais ça reste vraiment ridicule. Ca veut dire que les 40 centimes d’Euros que je me fais par disque, tout le monde peut se les garder et télécharger gratuitement, je vous les offre. Q u’est-ce que tu penses du jo urnalism e en général, des jo urnalistes et q u’est-ce que ça po urrait t’apporter?

Surtout les p’tits journaux à la con comme le vôtre, j’me dis que ça vous dépanne, que ça met un p’tit intérêt !

Merci Didier, est-ce que tu as quelque chose à rajouter? Pourquoi, on a fini? J’ai faim

C!est tout? Ba ouais.

Merci beaucoup Didier Super. J’t’en prie! Bah voilà c’est fait!


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Série

Spécial écologie Ils sont jeunes. Ils se bougent pour l’écologie. Ils méritent que l’on parle d’eux. Jusqu’à Noël, dans chaque numéro, LINTERVIEW.fr vous présente une initiative écologique entreprise par des jeunes. Cette semaine : Voyage, écologie, aventure humaine; nous pouvons lier les trois. Marc et Neal ont participé à l’émission Report’terre sur France 5. Ils sont partis en train, leur sac sur le dos, dans toute l’Europe, à la recherche des initiatives écologiques les plus intéressantes. Ils ont rencontré des gens qui se « bougent » pour leur planète. Les émissions des Report’Terre passent actuellement sur France 5 tous les samedis à 16h55.


LINTERVIEW.fr : Marc et Neal, pouvez-vous nous présenter votre projet ? Neal : Report’Terre est un magazine télévisé proposé par France 5 et produit par Martin’s production. Ceux-ci ont proposé un casting ouvert à toute la France. Ils ont choisi six garçons et quatre filles. Marc : Les gens de l’équipe sont tous plus ou moins sensibilisés et intéressés par l’écologie. Le but est de partir dans toute l’Europe observer les différentes mises en œuvre de l’écologie dans les pays. Nous montrons un aspect positif de l’écologie. Neal : Ce qui est important, c’est de voir comment faire et où! Il y a des choses qui se font partout, qu’est-ce qui est faisable ici ? Essayons de faire un énorme « brainstorming » écologique, européen, pour voir comment évoluer et aller dans le bon sens. Nous étions dix, donc cinq équipes de deux, qui sont parties dans sept pays, dont la France, pour faire dix reportages sur des initiatives écologiques. Il y avait à chaque fois un duplex avec Paris pour essayer de voir si nos initiatives étaient intéressantes, innovantes ou réalisables ailleurs. Deux des cinq initiatives étaient retenues à chaque fois par les experts pour ensuite faire la dernière émission qui aura lieu aux environs du 20 décembre. Elle exposera un panorama des vingt initiatives européennes écologiques les plus intéressantes.

LITW : Pourquoi avez-vous participé à cette émission ? Marc : Cela présentait un grand intérêt pour nous, en plus de vivre l’écologie au quotidien, c’était une véritable tribune!

« Le concept de l’émission n’est pas d’être moralisateur mais de montrer des initiatives positives. Les gens en ont marre qu’on les pointe du doigt et qu’on leur dise qu’ils sont mauvais, qu’on va tous mourir et que la planète va mal » !


La planète va mal, nous sommes tous d’accord là-dessus. Le point sur lequel les gens se frictionnent, c’est « comment agir », et nous avons proposé des trucs qui peuvent s’appliquer partout. J’ai en tête l’association « Roule ma frite » basée à Oléron, qui est chargée de récupérer les huiles de fritures des grands fast-foods, les filtre et les utilise comme huile de moteur moins polluante. Neal : Le concept de l’émission c’est de ne pas être moralisateur, de montrer des initiatives positives. Les gens en ont marre qu’on les pointe du doigt et qu’on leur dise qu’ils sont mauvais, qu’on va tous mourir et que la planète va mal. Nous n’avons pas été diabolisateurs du tout, nous avons montré qu’il y avait plein de choses intéressantes en Europe, que des gens extraordinaires se bougeaient, que tout cela n’est pas forcément compliqué. « Tous ensemble, on va y arriver car il y a de vraies solutions ».

Marc

LITW : Que pensez-vous avoir apporté à l’écologie en tant que jeunes ? Marc : En étant jeunes, on apporte un regard nouveau dans la télé. Autant de liberté et de mainmise sur la conception d’un reportage ce n’est pas souvent donné à des jeunes. Ceci change aussi l’archétype du vieil écologiste baba cool et anti-urbain. Nous vivons tous dans des villes, nous sommes tous en


Neal

plein cœur de l’action, des activités et des flux, comme celui de la mode ! On vit, et en même temps on est écologistes, ça veut dire que c’est possible. Neal : L’écologie peut s’inscrire dans un contexte géopolitique actuel, ce n’est plus du passéisme du tout mais du futurisme. Elle s’inscrit dans notre contexte politique, dans notre contexte économique, c’est quelque chose d’actuel et d’applicable partout, dans tous les domaines (logement, économie, transports, tourisme, …). Nous n’avions pas un œil naïf, mais presque ! Nous n’appréhendions pas l’écologie de manière rébarbative comme les scientifiques qui expliquent des dizaines de chiffres incompréhensibles, plus ou moins alarmants, mais tout à fait inintéressants car on ne peut pas s’identifier à ces chiffres. Nous essayons de rendre l’écologie abordable, réelle, et pas technique ! LITW : Le business écologique, c’est quoi, exactement ? Marc : Par exemple: je suis un citoyen lambda, je me rends compte que dans les fast-foods tels que Mac Do, les Quicks, on produit énormément de déchets, on fait de la nourriture qui n’est pas forcément très bonne, il y a une surproduction bovine alors qu’on a pas forcément besoin de manger autant de


viande, etc. Je décide donc de monter ma propre chaîne de fast-food écolo! Je prends l’exemple de Gorilla, à Berlin qui est complètement bio, avec des produits de saison pas importés de n’importe où. Il ne distribue pas de viande, car on n’est pas obligé de manger de la viande à tous les repas. Le concept de cette boîte : le gorille est l’animal le plus fort de la jungle, mais il est végétarien. Neal : A Stockholm, le président de la société Scandic Hotels nous a expliqué que dans son hôtel, tous les déchets sont ramassés, ce qui fait de la biomasse qui est revendue à la ville de Stockholm pour alimenter les bus de l’hôtel! C’est génial, ils se font de l’argent sur les déchets ! Marc : Le maire d’un village au Luxembourg ne voulait plus entendre parler du pétrole. Il disait: « on n’est pas sorti du pétrole parce qu’il n’y en aura plus comme on n’est pas sortis de l’âge de pierre parce qu’il n’y avait plus de pierres ». C’était parce qu’on voulait avancer, évoluer, changer nos modes de vie tout en gardant notre confort. Neal : L’écologie, dans 98% des cas, ce n’est pas chiant, et on n’a pas besoin de se restreindre. Tout se joue sur des petites choses faciles à faire. LITW: Qu’avez-vous découvert durant l’émission ? Neal : Nous avons vraiment découvert ce qu’est le travail de reporter: nous avons eu

« Le bio n’est pas un truc pour les bobos. Les Allemands en sont à 20 % d’agriculture biologique, alors que la France n’en est qu’à 2 %. » !


trois semaines de préparation, nous sommes partis trente-trois jours non-stop, ce qui fait environ trois jours par initiative. Tout était minuté, c’était un rythme de dingue ! Pour les initiatives, nous essayions de choisir des choses diverses, car l’écologie, c’est une multitude de choses. Une initiative m’a marquée. Un maire en Allemagne a fait voter la loi suivante: « pour toute nouvelle construction, toute rénovation, il y a une obligation d’installation de panneaux solaires ». C’est le futur ! Marc : Nous n’étions pas acteurs des initiatives, mais spectateurs : nous étions chargés de les mettre en lumière pour que le message passe. J’aimerais que l’émission permette aux gens de prendre des initiatives écologiques. Je pense à la théorie du petit colibri, qui est un peu devenue notre hymne. Un jour, il y a un feu dans une forêt, tous les animaux vont se cacher. Sauf le petit colibri qui vole vers la rivière, prend de l’eau dans son bec et la jette sur le feu. Il croise un phacochère qui lui dit que ça ne servira pas à éteindre le feu; le colibri lui répond qu’il fait de son maximum, qu’il fait sa part du travail à son échelle. Et tous les animaux de s’y mettre ! LITW : Quelles leçons tirez-vous de cette émission ? Marc : J’ai trouvé l’intérêt de communiquer sur l’écologie, je peux changer les choses aussi par moi-même. La cause mondiale qui peut rassembler tout le monde derrière le même drapeau peut être l’écologie. La situation n’est pas encore assez

dramatique pour que les gens se bougent vraiment. Ce n’est pas un truc d’altruistes, même en ne pensant qu’à ma gueule, je peux œuvrer pour l’écologie. Je n’aimerais pas porter de masques à gaz en sortant de chez moi dans trente ans! Il ne faut quand même pas tout dramatiser, si on s’y met tous, on y arrivera ! Neal : Cette expérience nous a tous marqués, que nous soyons fervents défenseurs de la Terre ou non. Il y a beaucoup de solutions, de gens qui se bougent. Nous n’allons pas tous mourir dans cent ans, les humains s’adaptent très bien, ce ne sont pas dix degrés de plus qui vont nous tuer ! Les hommes choisissent ensuite de combattre ou non les problèmes de la nature. Il faut être conscient du fait qu’on est responsables, et il faut assumer. On se prend une gifle, apprenons la leçon ! Je n’ai pas envie de dire à mes enfants que je pouvais skier et que la neige n’existe plus. J’ai envie de vivre dans un monde que j’aime!

LITW : Pouvez-vous me parler de cette fameuse boîte de nuit écologique? Neal : La boîte de nuit s’appelle le Watt. C’est un sustainable dance floor, basé à Rotterdam. C’est une première mondiale! Il s’agit d’une boîte de nuit durable: le sol crée de l’électricité, les capteurs transcrivent l’énergie mécanique en énergie électrique, qui alimente les lumières de la boîte de nuit Les toilettes fonctionnent avec de l’eau de pluie, le chauffage provient de la


chaleur des éclairages et de la sono, la peinture des murs est durable, la nourriture est bio, etc. La boîte de nuit est pourtant vraiment le symbole de l’énergie utilisée à outrance! Marc : C’est d’ailleurs ce concept écolo qui en a fait la boîte de nuit la plus branchée de Rotterdam ! LITW : Le bio, vous en pensez quoi ? Neal : Ce n’est pas un truc pour les bobos! Regardez nos voisins Allemands qui en sont à 20 % d’agriculture biologique sur leur agriculture totale, alors que la France n’en est qu’à 2 %. Marc : Des gens disent qu’on ne règlera pas le problème de la faim dans le monde avec du bio. J’ai envie de leur répondre que si ! Des études de l’Agence de l’Environnement et la Maîtrise de l’Energie prouvent le contraire : le bio, c’est moins d’empreintes écologiques. Neal: Je ne suis pas un terroriste du bio, je mange aussi parfois de la « junk food » [ndlr :la nourriture des fastfoods], je n’ai pas de drapeaux « 100 % BIO » partout. Si le bio est plus cher c’est parce qu’il n’est pas subventionné. Les agriculteurs sont subventionnés afin de surproduire et d’avoir des déchets. Le jour où cet argent sera mis chez les producteurs bios, il sera moins cher. Propos recueillis par Alice Beauquesne

« Il est même plus rentable de faire un business écolo que pas écolo ! » !


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Etats généraux de la presse jeune

A croire qu’avoir un membre du conseil d’administration de RSF comme marraine cela aide ! Dis Leur !, journal du lycée Blaise Pascal de Brie–Compte-Robert (Seine-et-Marne), est certainement ce qui se fait de plus libre dans la presse jeune en France. Méchant, impertinent et engagé, ce mensuel en marquera (choquera ? rien ne pourrait leur faire plus plaisir) plus d’un ! Marie, une ancienne directrice de publication, et Jéronime, l’actuelle rédactrice en chef, reviennent avec nous sur cette aventure. !


« La presse jeune est là pour que l'on puisse écrire ce que l'on veut, en étant responsable de ses écrits. »

LINTERVIEW.fr : Comment est né Dis Leur ! ? Marie : Dis Leur! est né il y a quelques années, en 2002 ou 2003, grâce aux encouragements, à la foi et au soutien non négligeables de Chris Trabys, notre chère documentaliste membre de RSF, relayée au rang de « maman dévouée » des rédacteurs « dis leuriens ». Le proviseur du lycée était quelqu'un de très ouvert et nous sommes l'un des seuls journaux lycéens en France à n'avoir jamais connu la censure, malgré les propos cyniques que nous avons pu tenir. LITW : Quelle est la ligne éditorial du journal ? Jéromine : On la qualifie de satirique, acide, critique. C'est un journal d'opinion et il est apprécié à Blaise parce que des lycéens peuvent s'exprimer librement. Avec toute la passion que l'on possède lorsqu'un sujet nous touche, notre but est de faire réagir les lecteurs qu'ils soient d'accord ou non avec l'article. Marie : Pour te dire le ton, un jour, on a eu Jack Lang, et on lui a demandé "Où va l'âme d'un cookie lorsqu'il meurt ?". Ce à quoi il a répondu, je ne voudrais pas te dire de bêtises je suis pas sûre, mais je

crois que c’était : "Au paradis des cookies...". A l'époque où je suis arrivée, il fallait le vouloir pour être intégré. Il fallait avoir le ton, l'humour, la pertinence, et c'est grâce à ça que j'ai tout appris. La rubrique "Bruits de Couloirs", qui est la plus appréciée, regroupe des paroles de profs un peu dépassés, des exclamations déplacées venant de membres importants du lycée (le proviseur en a pris pour son grade). C'est en partie elle qui fait la particularité du journal. LITW : Comment fait-on un Dis Leur ! ? Jéromine : Un Dis Leur ! se fait... lors du bouclage ! En réalité, les rédacteurs se retrouvent une fois par semaine pour faire le chemin de fer [ndlr : plan d’ensemble du journal] et un point sur les articles en cours. Mais c'est souvent le jour du bouclage que l'on a le plus de choses à gérer parce que beaucoup d'articles se finissent ce jour là. On en discute, on s'aide, on polémique et du coup la rédaction complète traîne ! Une fois que l'on a fini de boucler, direction la salle des profs, la bonne vieille photocopieuse et c'est parti pour 2h de photocopies lentes et chaotiques. Puis on retourne en salle de rédac' et là tous les


rédacteurs sont conviés pour plier puis vendre dans les couloirs du lycée. Marie : Les différentes équipes ont connu des désaccords, des réunions de rédaction où les markers volaient, mais ce qui a fait sa force c'est bien cette union, cette envie de défendre des idées, de les clamer sur les toits du lycée, de gueuler "Eh ! Petits lycéens, vous tenez entre vos mimines des papiers engagés, soyez-le aussi !"

- Dis Leur ! : « Où va un cookie lorsqu’il meurt ? » - Jack Lang : « Au paradis des cookies ! » LITW : Avez-vous déjà eu le sentiment de franchir la ligne rouge ? Jéromine : Pour nous, franchir la ligne rouge, c'est être dans le délit de presse. C'est notre seule ligne rouge. Et nous faisons tout pour ne pas la franchir. On est responsable de nos écrits, cela est bien clair pour tous les rédacteurs et de ce fait on sait jusqu'où on peut aller. Si il y a débordement de la part d'un rédacteur, comme on discute beaucoup entre nous, soit il s'en rend compte seul, soit on ne se gêne pas pour lui dire. Il existe une véritable franchise, nous nous parlons parfois très crûment mais c'est toujours bénéfique car nous savons pourquoi les choses sont dites. Ce qui nous permet de ne jamais sortir un journal en ayant l'impression d'avoir dépasser les limites. LITW : On reproche à Dis Leur ! de s’être un peu assagi ces derniers temps, est-ce vrai Jéromine ? Jéromine : Dis Leur ! s'est assagi ? Peutêtre. Je crois que les motivations changent. Dis Leur ! vieillit, et les équipes

se modifient. Les rédacteurs ne sont pas les mêmes, n'ont pas les mêmes objectifs. Il me semble que l'équipe actuelle est moins "rentre-dedans", un peu plus modérée. Mais je ne pense pas que Dis Leur ! ait perdu beaucoup de son impertinence. J'ai discuté avec un nouveau surveillant à la rentrée qui était enthousiaste par cette liberté d'expression que l'on a et ce ton si "marqué à gauche", comme il disait. Notre engagement et notre côté très acide plaît encore beaucoup et est toujours très présent. LITW : Le journalisme jeune qu’est-ce que ça doit être ? Jéromine : Pour moi c'est un engagement. J'y crois. La liberté de la presse jeune est, je pense, un sujet très important. Il est aberrant que l'on entende encore parler de journaux lycéens qui sont censurés. Encore pire : qu'un des responsables soit un adulte de l'établissement... La presse jeune est là pour que l'on puisse écrire ce que l'on veut, en étant responsable de ses écrits. Faire partie des journalistes jeunes forme un individu. J'en suis persuadée. Propos recueillis Marchand

par

Alexandre


Lancez-vous !

Etudiant, j’ai créé mon entreprise LINTERVIEW.fr : Pourrais-tu te présenter Jérémie Tcherkoff : Ancien étudiant de Paris 6, j'ai commencé par un DEUG Maths Info (MIAS) puis une licence d'informatique. Pendant le DEUG j'ai rejoint une association de paris VI, et c'est avec 2 camarades que nous avons décidé, en licence, de monter une boîte. Le cumul des 2 activités : étudiant et créateur d'entreprise ne fut pas chose aisée et après 1 an, je me suis entièrement consacré à l'entreprise en quittant mon statut d'étudiant. Siham Lachgar: Ancienne étudiante de Paris 3, Sorbonne Nouvelle. J'ai un double cursus, après une maîtrise LEA, spécialité affaires et commerce internationale et suite à quelques stages, j'ai décidé de me réorienter en communication. J'ai obtenu une maîtrise en Information et Communication ainsi qu’un DEA. Avant de décider de m'associer pour créer notre boite, j'ai travaillé pendant 3 ans au sein d'une agence de communication en tant que chef de projet et responsable communication. Julien Dreano : Etudiant de paris VI il y a encore peu, j'y ai passé un DEUG MIAS, suivi

d'une licence informatique et un Master 1 en informatique SAR (Services & Applications Répartis). J'ai toujours travaillé en même temps que mes études, des emplois à mi-temps dans les services informatiques de plusieurs boites, jusqu'à créer ma propre entreprise avec 2 camarades en licence. J'ai cumulé le statut d'étudiant/entrepreneur pendant 2 ans avant de me consacrer entièrement à ma première boite et lancer la société Agorabox. LITW : Quel est votre projet ? J. T. : Le but est de faciliter la mobilité des étudiants en leur proposant un bureau numérique de travail utilisable de n'importe où. En effet nous essayons à notre manière et avec nos moyens d'apporter des solutions à cette « fracture numérique ». LITW : Comment est né Agorabox ? J. T. : C'est évidemment le cumul de plusieurs circonstances qui donne naissance à un projet tel que celui là. Dans notre cas, la circonstance originelle est simple : travailler à l'université, dans une boite, chez


soi, sur des ordinateurs différents, des environnements numériques différents, cela n'est pas pratique et fait perdre énormément de temps et pas mal de données...

LITW : Comment travaillez-vous ? J. T. : Nous mettons à profit les compétences et connaissances de chacun d'entre nous. Nous avons aussi notre propre rôle au sein de la société. En effet, Julien Dreano, président d'AGORABOX, s'occupe de la coordination générale, il est l'interlocuteur principal avec les ministères et les universités... Siham Lachgar est responsable communication et gère les partenaires. Sylvain Baubeau, chef de projet, est responsable du pôle de développement Quant à moi je m'occupe essentiellement des aspects financiers et stratégie du projet.

LITW : Rencontrez-vous des difficultés dans vos démarches ? J. T. : Nous rencontrons des difficultés comme tout entrepreneur. Mais nous ne baissons pas les bras, bien au contraire! Il est vrai que ce n'est pas facile tous les jours, car nous devons faire face à certaines difficultés, mais c'est la démarche de tout entrepreneur : surmonter les obstacles! Nous mettons à profit notre "association" afin de trouver des solutions et continuer à avancer. Quand tu dois défendre ton projet, ton

entreprise, la motivation est énorme! Nos avons des avantages à être de jeunes entrepreneurs et d'anciens étudiants, notamment universitaires. En effet, tout au long de nos études, nous avons appris à être autonomes et à devoir gérer seuls certains problèmes. LITW : Quels conseils donnerais-tu à des jeunes entrepreneurs ? J. T. : Il faut croire en soi et en ses compétences. Il ne faut pas oublier qu'être étudiant permet à la personne d'évoluer et d'acquérir certaines compétences. On oublie souvent de parler de cela, car il est vrai que nous pensons souvent aux connaissances apprises ou à apprendre lors des études. Mais il ne faut pas oublier que tout au long des études à la fac nous développons des compétences nécessaires dans le milieu professionnel. J'ajouterais également comme conseil, d'être curieux! Demander comment ça marche, se renseigner auprès de personnes plus expérimentées pour glaner de précieuses informations! LITW : Et pour la suite ? J. T. : Nous continuons à croire en notre projet et à convaincre de nombreux interlocuteurs de rejoindre à notre belle aventure! Du moment que la motivation est là, nous sommes "inarretables"! Propos recueillis par Alexandre Marchand


BERENICE MATHIOUDAKIS E t u d i a n t e

LINTERVIEW.fr : présenter ?

Est-ce

que

tu

peux

C a n a d i e n n e

te

Je suis Bérénice Mathioudakis, je vais avoir 19 ans. L'année dernière j'étais en prépa hypokhâgne à Paris, cette année, je suis partie pour Montréal.. LITW : Quel cursus suis-tu ? Je suis dans ce qu'on appelle un baccalauréat de psychologie et sociologie, à l'Université de Montréal (UDEM); , pour un cursus de trois ans. Je souhaite postuler par la suite pour un doctorat de psychologie. Mais nous sommes trop nombreux et les places sont chères... LITW : Pourquoi es-tu partie à l'étranger ? J'ai choisi de faire mes études ici parce que la psychologie est beaucoup plus développée en Amérique du Nord qu'en Europe. Ici je n'ai ni la barrière de la langue ni les coûts exorbitants des Etats-Unis grâce au partenariat entre la France et le Québec. LITW : Quel regard portes-tu sur le système éducatif de Montréal ? Et en comparaison avec la France ? J'aime le fait que l'enseignement soit moderne (nous possédons tous une adresse

sur le site de l'université, sur laquelle nous pouvons avoir accès aux cours en ligne et grâce à laquelle nous pouvons entrer en contact avec les professeurs, envoyer nos travaux, etc...) et dynamique. Les professeurs ont tous des laboratoires de recherche dans lesquels ils font travailler quelques étudiants (privilégiés) dès la première année. Il s'agit donc, selon moi, d'un enseignement plus ouvert sur le monde. LITW : Y trouves-tu des points négatifs ? Oui, si j'avais une critique à lui faire, ce serait le fait que l'on peut réussir ici dans un domaine sans avoir la moindre connaissance dans des domaines adjacents. Des "bases" plus générales ne semblent pas aussi indispensables ici qu'en France, ce que je trouve dommage notamment le peu de culture générale. Les études sont très vite orientées vers une fin tandis que chez nous, ce qui importe en premier lieu, c'est d'apprendre, devenir un individu ayant un regard riche et complexe sur le monde grâce à ses connaissances. Propos recueillis par Alice Beauquesne


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