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n째1 - Avril 2011 http://visle-en-terrasse.blogspot.com

Vis[LE]

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Vis[LE] - Papotage en terrasse pour regarder ce qui se passe en face

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avant-propos Vis[LE] = Ville = Vis le = Ressens l’espace et pratiques le ! Ce blog est une plate-forme d’échange et de débat, permettant également d’exprimer nos coups de gueule sur la relation entre «Bâti et Homme». Des sujets d’actualités seront présentés, mais aussi nos découvertes et nos réflexions. Le principe est simple : un site, des articles, des personnes venant de tout horizon, des sujets cosmopolites et internationaux… s’exprimant sur notre espace de vie : tout cela avec la rigueur scientifique, un approche pédagogique et une ambiance humoristique. Notre but est de démocratiser l’espace bâti et de sensibiliser la population sur son quotidien : apprendre à voir l’espace urbain. Pour cela, les thèmes abordés doivent avoir les champs les plus larges possibles : urbanisme, sociologie, architecture, économie, tourisme, théories et doctrines, législation, patrimoine bâti, savoir faire, histoire, arts des rues… Bonne marche en ville ! L’équipe de Vis[le]

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sommaire occupation spontanée

FLASH MOB : FLASH HUMAIN ET RéAPPROPRIATION

SPONTANéE DE L’ESPACE -------------------------p.4 BALADE URBAINE : SUR LES TRACES DE LA MéMOIRE BERLINOISE -------p.6 LE PAVILLON DE L’ARSENAL ----------------------p.10 i NTE R M è D E # 1

DE BONNE éNERGIE © ----------------------------p.12 LE MAUSOLéE MOHAMMED V ET LA TOUR HASSAN ------p.13 LES «WATERFRONT» DE BRATISLAVA ----------------p.14 AYA SOFIA (Sainte Sophie) ---------------------p.15 histoire et théorie

RéHABILITATION D’USINES :

USINES = PATRIMOINE ? -------------------------p.16

LA FLEXIBILITé DE L’ARCHITECTURE SELON

REM KOOLHAAS ----------------------------------p.19

CONSTRUIRE EN DéCHET --------------------------p.24 LA CITé INTERNATIONALE DE LYON : Regard Critique -------------------------------p.26

LA VILLENEUVE DE GRENOBLE (38)-----------------p.28 i NTE R M è D E # 2

IMPOSSIBLE DE SE PERDRE AU QUARTIER DES MUSéES p.31 LA BIOSPHèRE DE MONTRéAL ----------------------p.32 LA NOUVELLE FIERA DI MILANO -------------------p.33 COURS CADET : UN JARDIN NOMADE ----------------p.34 politique et réglementation

SCHéMA DE COHéRENCE TERRITORIALE : SCOT -------p.35 UNE VILLE ACCESSIBLE : UNE VILLE DISPONIBLE ---p.37 VERS UNE DéMARCHE DE CITOYENNETé ET DE DéVELOPPEMENT DURABLE PAR LA SENSIBILISATION --p.40

i NTE R M è D E # 3

PORT VELL : RECONVERSION DU PORT DE BARCELONE -p.43 CAFé SUR LYON ---------------------------------p.44 LA MéDIATHèQUE DE KOUROU ----------------------p.45 LES BORIES DORDOGNAISES -----------------------p.46 p A R TEN A R I A T

ASSOCIATION CUTCH -----------------------------p.47 Vis[LE] - Papotage en terrasse pour regarder ce qui se passe en face

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FLASH MOB : FLASH HUMAIN ET RéAPPROPRIATION SPONTANéE DE L’ESPACE

Vous en avez sous doute peut-être déjà entendu parler : le «Flash Mob», la naissance de rassemblements humains de nouveau genre ! Flash Mob - Le concept Le «Flash Mob» (Foule éclaire ou mobilisation éclaire en français) est le rassemblement d’un groupe de personnes à un moment donné dans un espace public. Les personnes réalisent ensemble une action convenue en avance. Ces évènements s’organisent très souvent via internet à travers les différents réseaux sociaux que nous connaissons bien du type Facebook, Twitter, ou simplement par des chaînes de mails.

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Ils peuvent être de toutes sortes. Vous avez : - La chorégraphie = le classique où tout le monde se retrouve pour danser sur une musique, avec une chorégraphie préalablement préparée en amont et postée sur le net. - Le Freeze = le groupe se fige quelques secondes et minutes - Le Pillow Flat = un des plus connus, la bataille de polochon en pleine rue - L’expérience MP 3 = rassemblement pour écouter un son MP3 chargé sur le net à un endroit et moment précis ! - Le No Pan Day = dans le métro, se faire passer pour des usagers normaux... le truc en plus : tout le monde se retrouve sans pantalon - La Zombie Walk = tous vêtus en zombie, se déplaçant ensemble. Flash Mob - De nouveaux liens sociaux Des inconnus qui se retrouvent de façon spontanée dans un lieu précis : vivre ensemble un évènement de la vie à court terme. Le concept est intéressant : il peut permettre de nouveaux liens, de nouvelles rencontres et produit une nouvelle façon de se rassembler ! C’est aussi un bon moment pour s’amuser quelques instants. Mais finalement, le flash Mob reste quand même quelque chose d’ «atypique».

Qu’est-ce qui entraîne les personnes à vouloir le faire ? A se retrouver sans se connaître ? Flash Mob - Invasion de l’espace Public Comme il a été dit précédemment, c’est l’occupation sur un temps court de l’espace public, de l’espace partagé par tous. Le groupe s’adapte au terrain, l’occupe, et le vit en communauté. En général, il se déroule sur des espaces où il y a un flux de populations importantes : place, rue, grandes surfaces... Le plus important, c’est de se retrouver dans un espace qui permet d’être un maximum visible afin de coursercuiter les usages, les déplacements quotidiens et routiniers. L’espace est ainsi perçu différemment, comme une sorte de scène de danse ou de plateau théâtral à la portée de tous!

écrit par : Charline S.

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BALADE URBAINE : SUR LES TRACES DE LA MéMOIRE BERLINOISE

Vis[LE] est l’occasion pour moi de vous faire partager l’une de mes réflexions récurrentes : celle du travail sur la mémoire. Pourquoi devons-nous le faire ? Comment le faire ? La mémoire est un sujet vaste. Pour ma part, lorsque je vais vous parler de mémoire, c’est celle qui recoupe les grands événements historiques du XXème siècle qui ont marqué nos familles (parents, grands-parents...). Cette mémoire est principalement orientée sur la seconde guerre mondiale et la guerre froide. Je suis intriguée par la question depuis longtemps, mais je pense que c’est au lycée que j’ai pu commencer à répondre à certaines de mes interrogations. L’une de mes enseignantes

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nous a sensibilisé à travers un lourd travail de deux ans, aboutissant à une voyage à Auschwitz-Birkenau en Pologne. (Site classé à l’UNESCO) Aujourd’hui, dans ma démarche d’architecte-urbaniste (enfin… dans 6 mois si tout va bien je le serai !), je me pose très souvent la question du souvenir dans la démarche du projet et la manière dont le souvenir est retranscrit dans l’architecture, la ville… Lorsque je visite une ville, j’ai toujours cette tendance à aller voir tous les monuments relatant cette histoire. Pour cette seconde balade urbaine, après un premier article sur le tourisme « statuaire » de Bratislava, j’ai décidé de vous « parler » aujourd’hui, de l’exemple de Berlin qui est pour moi incontournable en la matière. Dans le cadre d’un projet entre 2006 et 2009, j’ai pu visiter cette sublime ville, riche en architecture. Il faut faire gaffe à là où l’on met nos pieds car ce n’est pas le moment de se tuer : pour moi c’est la technique du touriste « tête en l’air », gobant les mouches ne voyant malheureusement pas les poteaux se trouvant sur le trottoir… A la fois, nous trouvons une architecture datant de plusieurs siècles, des quartiers construits à l’image du Reich, des maisons de grands architectes des courants modernes (comme le «Bauhaus» et Mies

Van Der Rohe), comme des quartiers à la pointe du « sustainable development ». Pour vous montrer ce travail sur la mémoire à Berlin, je vous ai fait une sélection de monuments, édifices, et installations qui ont pu marqué notre traversée. Étape 1 : Le mémorial aux juifs assassinés d’Europe par Peter Eisenman (Denkmal für die ermordeten Juden Europas) Ce mémorial est imposant par sa taille. Mais il est intéressant de voir comment il est réapproprié par la population : il en devient un terrain de jeu pour les enfants comme des espaces de pauses avec ces stèles (plus de 2000 sur le site) se transformant en mobilier urbain. Étape 2 : Le musée Juif par Daniel Libeskind Un musée époustouflant dans sa forme et sa scénographie, sans oublier son contenu. On revit des centaines d’années sur l’histoire du judaïsme. Nous avons été vraiment fascinés par ce musée car par moment nous nous sommes même demandé si le musée n’avait pas été fait autour des objets et vitrines exposés et vice-versa. Étape 3 : Des morceaux du mur d’arrière plan conservés A certains endroits, vous pouvez retrouver des morceaux de mur, dans des quartiers

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résidentiels. Sur celui là (malheureusement je ne me souviens plus du nom...), nous avons été plus surpris par la qualité de sa mise en valeur, à la différence du mur restant le long de la Spree, qui parait beaucoup plus laissé à l’abandon. Là nous avons pu voir un élément retravaillé avec l’intégration de matériaux et nouveaux murs, produisant un cadre de vue particulier dans un quartier résidentiel. Étape 4 : Statue communiste encore existante Une véritable surprise lorsque l’on se promène près de la tour de télévision (Fernsehturm). Étape 5 : Molecule Man Après une balade sur les bords de la Spree, nous tombons sur cette statue représentant trois anciens arrondissements de Kreuzberg, Treptow et Friedrichshain, qui ont été dissociés par le mur. Étape 6 : Les vestiges du mur de Berlin, le long de la spree, l’East Side Gallery Il reste plus d’1 km de vestiges, peint par des artistes. A faire à pied, pour admirer chacune des peintures et nous rendre compte que certaines nous sont déjà familières, découvertes dans nos livres d’histoire. Étape 7 : L’église du souvenir (KaiserWilhelm-Gedächtniskirche) Cette église a été endommagée pendant la

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second guerre mondiale. Les restes ont été conservés et protégés et s’est juxtaposé la nouvelle église, dans un tout autre style. Etape 8 : Check point Charlie Entre vestiges et musée, nous nous retrouvons sur un des hauts lieux de passage entre l’EST et l’OUEST. Nous retrouvons des expositions en plein air sur la vie quotidienne autour du check point à l’époque de la guerre froide. Etape 9 : Des panneaux et des stèles souvenirs Près de la porte de Brandebourg, il y a tout un ensemble d’installations rappelant ce passé. Étape 10 : La porte de Brandebourg Je finis cette balade urbaine par l’un des hauts lieux de la réunification des deux Allemagne en 1989. Toute sa symbolique, son architecture unique la rend aujourd’hui comme l’un des éléments phares de Berlin. J’espère que cette balade vous aura plus et vous aura donnée un bref aperçu de ce que pouvait être Berlin à travers la mémoire ! Ils sont très nombreux et reflètent vraiment l’état d’esprit de la ville par rapport à cette réflexion, la demande de pardon, mais aussi les blessures de la ville qui ont marqué profondément le paysage berlinois. Lorsque l’on regarde cet ensemble de bâtiments, et d’objets, nous pouvons


voir qu’il sont complètement intégrés au paysage, qu’ils en font la particularité de la ville, en deviennent des lieux de repères. Le souvenir fait parti du quotidien des berlinois.

écrit par : Charline S.

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LE PAVILLON DE L’ARSENAL

Lors d’un rassemblement des reportrices de Vis[LE] sur Paris, nous avons décidé d’aller visiter le “fameux” Pavillon de l’Arsenal. Nous avons initié cette sortie par une promenade dans les vieux quartiers le long de la Seine. Ça nous a permis de nous imprégner de l’ambiance de la capitale : un panel d’ architecture depuis le MoyenÂge jusqu’à l’époque d’Haussmann (1850 environ). Ce que nous ne savions pas, c’est que nous allions nous embarquer pour plus de 2h de visite. Le Pavillon de l’Arsenal est dédié à la ville de Paris. L’aménagement de la ville et les réalisations architecturales sont exposés pour être à la portée de tous. Outil pédagogique, il permet de créer un débat attractif et de considérer tous les usagers, tous les citoyens de Paris comme acteur du développement urbain. Lieu d’exposition, espace de documentation, maison d’édition, animateur de conférence, de débat et animation d’atelier pour petit et grand : ce sont tous les éléments qui font du pavillon un espace interactif et unique dont le but est de permettre à un large public d’appréhender l’espace à l’échelle de l’édifice, du quartier et de la ville. Cet espace est divisé en 4 parties : Une exposition permanente sur : - L’évolution urbaine de la ville - Les grands projets de renouvellement

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urbain Une exposition temporaire : - Une grande thématique : La présentation des chantiers 2009 - 2010 - Un sujet d’actualité : L’âge d’or de l’immeuble : les années 50 Cette notion de “démocratisation de l’espace urbain” pour faire de l’usager un citoyen, est repris dans le principe de muséographie et scénographie des différentes expositions. Nos sens sont mis en éveil chaque minute par des images, des sons, des formes, des matières... Maquettes, photos, frises chronologiques, vidéos, son audio, reproductions de documents, appuyés par des textes explicatifs sont les outils ludiques et pédagogiques mis en place pour y parvenir. Une réflexion a été faite également sur la place du visiteur : nous nous sommes senties animatrices de l’exposition; c’est à dire que la disposition des objets exposés et l’agencement des espaces ont eu des conséquences sur le mouvement et la perception de notre corps dans l’espace. La maquette centrale nous oblige à la contourner, à nous pencher, et à chercher pour comprendre. Nous avons pu nous asseoir et nous installer sur des poufs parsemés dans le pavillon pour regarder les projections mais aussi profiter du lieu. Ils permettent également des temps de pause, de choisir telle vidéo plutôt qu’une autre, ou tout simplement de regarder le circuit des autres visiteurs. Nous avons

marché sur des matériaux particuliers comme le zinc provoquant ainsi une ambiance spécifique.. Ces outils scénographiques permettent donc de rendre l’usager attentif et à l’écoute; de passer d’acteur à spectateur et vice-versa. Nous ne pouvons pas rester immobiles car nous nous retrouvons toujours dans une logique de marche où les éléments d’exposition sont fournis successivement. Au-delà de la scénographie, en tant qu’averties (3 architectes et 1 médiatrice en patrimoine architecturale), nous n’avons pas négligé de regarder le contenu. Nous sommes arrivées sans préjugés, et avec peu de connaissances sur Paris, venant toutes les quatre de la “province”. Verdict - Nous avons tout d’abord appris beaucoup de choses sur la construction de Paris depuis l’antiquité. Nous avons pu voir les projets “contemporains” qui modélisent le paysage parisien et qui vont dans l’avenir le transformer afin de renforcer cette image de métropole mondiale. En définitif, cet espace est une réelle découverte pour nous et nous invitons vivement les personnes non initiées à l’architecture à venir le découvrir, habitants comme personnes de passages.

écrit par : Charline S., Laure B., Marine C.

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DE BONNE éNERGIE © Lieu : Grenoble [France-Caserne de Bonne] Année : Livré en Février 2010 Architecte : Agence CREON

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LE MAUSOLĂŠE MOHAMMED V ET LA TOUR HASSAN Lieu : Rabat [Maroc]

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LES «WATERFRONT» DE BRATISLAVA Lieu : Bratislava [Slovaquie] Année : livré entre 2009/2010

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AYA SOFIA (Sainte Sophie) Lieu : Sulthanamet, Istanbul [Turquie] Dates : VI siècle, XV siècle, 1934

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RéHABILITATION D’USINES : USINES = PATRIMOINE ?

Les sites industriels ont-ils de la valeur ? Une vieille usine est sale, bruyante, et peu esthétique. Elle peut aussi être fascinante pour certains artistes, comme les photographes Bernt et Hilla Becher. Le point de vue change, les photos captent des formes expressives, racontent une histoire. Des destructions vont aussi permettre des prises de conscience : par exemple les halles de Paris, qui laisseront un grand vide pendant de nombreuses années. On voit aujourd’hui dans ces bâtiments, un potentiel de reconversion. Qu’est ce qui caractérise les édifices industriels ? Un bâtiment industriel est flexible, adaptable, grand et lumineux. A priori, il n’y a pas de recherche esthétique, seul la fonctionnalité compte. L’ère

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industrielle correspond à l’époque des ingénieurs, des calculs pour obtenir des structures performantes, et économiser de la matière. L’évolution des matériaux caractérise aussi cette époque, avec l’apparition du fer, l’utilisation du béton et du verre. Les matériaux sont issus des manufactures, et apportent la transparence, la légèreté, la lisibilité de la structure et la fonctionnalité. Cependant, on ne reconnaît pas une noblesse et un esthétique à ces matériaux, ils ne sont que techniques, ils soutiendront les édifices, la façade viendra les cacher. L’ingénieur calcule des structures, l’architecte en dessine les façades. La façade représente un statut social : « richesses » des modénatures néo-classiques contre la « pauvreté » : esthétique d’une façade en béton. L’héritage industriel reste associé à une histoire industrielle. Une délocalisation ou un arrêt de la production marque la ville et ses habitants. Quand une usine meurt, les activités qui fonctionnaient avec s’éteignent. La friche se déconnecte du contexte. Pour comprendre le processus de patrimonialisation, la question de temporalité est importante, on note alors 4 phases : -le temps productif -le temps du déclin -le temps du retrait, de l’abandon -le temps de la renaissance C’est sur ce dernier temps que naît

un intérêt nouveau, un regard positif, permettant une possible intervention. Les choses ne changent pas, ce sont nos regards qui changent. Après cette présentation théorique sur le sujet, une petite visite s’impose, pour cela bienvenue chez les ch’tis, à Lille, Roubaix et Tourcoing, et sous le soleil s’il vous plait! Commençons par une balade dans Roubaix et mes premières impressions : de la brique, de la brique et encore de la brique, et un site industriel dans chaque rue (ou presque). Il y a l’embarras du choix, ce qui rend difficile la considération de ces sites comme patrimoine, puisqu’ils ne sont pas exceptionnels. Comment, dans ce contexte, choisir ce qui doit être rénové, ce qui doit être détruit ? Heureusement, en 2004 Lille est capitale européenne de la culture, et des projets vont pouvoir se concrétiser. Par exemples, les maisons folies : sortes d’intermédiaire entre une maison de quartier et un centre culturel, elles aménagent et réhabilitent des usines désaffectées. Elles offrent un programme pluridisciplinaire : espace d’exposition, théâtre, bibliothèque, ateliers divers, cafétéria, … 12 maisons folies ont été réalisées, avec pour toutes, le but d’ouvrir la culture à tous en « désacralisant » le musée et l’accès à la culture. Nous en avons visité deux : celle de Wazemmes, de Moulins, correspondant aux noms de

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quartiers lillois, et la Condition Publique à Roubaix. Pour plus de détails et de photos sur ces projets, rendez-vous dans la base de donnée de Vis[LE]. D’autre part, n’hésitez pas à poser des questions. Les maisons folies sont des projets architecturaux plutôt réussis : respectueux du patrimoine, fonctionnels pour les artistes et les usagers, remarquables dans le paysage. Cependant, nous avons visité d’autre cas moins réussit, comme la MJC La Fabrique. Le bâtiment vu de l’extérieur a conservé son esthétique d’usine, sauf une grande ouverture qui émerge au dernier niveau. A l’intérieur, plus de trace de l’usine, des circulations difficiles à comprendre, un escalier principal qui ressemble à un escalier de secours, mais surtout une belle salle voûtée au dernier étage idéale pour des expositions…inutilisable : les évacuations en cas d’incendies sont insuffisantes et il y fait trop chaud en été, trop froid en hiver. En dernier exemples, je voulais vous parler d’une réhabilitation hors du commun : une piscine transformée en musée. Le bassin est toujours là, éléments central de la pièce principale. En y rentrant, on est éblouit par la beauté et la magie du lieu. Le seul souci, c’est qu’on est plus fasciné par le lieu, que par l’exposition… La leçon de tout ça, pour une reconversion réussie : la difficulté de l’intervention est d’adapter l’ancien aux normes actuelles, aux futures évolutions, tout en conservant

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l’identité du lieu. Le but est de donner une seconde vie en profitant des atouts d’une forme et d’espaces donnés. L’architecte intervient sur le passé, dans le présent, et pour le futur.

écrit par : Aurore B.


LA FLEXIBILITé DE L’ARCHITECTURE SELON REM KOOLHAAS

Introduction à la flexibilité Les humains sont des créatures flexibles. Nous bougeons à notre gré, manipulons les objets et agissons dans des environnements très variés. Il était un temps _ en terme d’évolution cela ne fait pas très longtemps _ où notre existence dépendait de notre capacité de mouvement et d’adaptabilité. En fait, c’est à cela que nous devons la survie de notre espèce. Aujourd’hui, dans la plupart des cultures, on mène une vie plutôt sédentaire, mais il se pourrait que la flexibilité soit à nouveau une priorité dans le développement humain et que les changements techniques, sociaux et économiques nous obligent, ou tout du moins nous encouragent, à une nouvelle forme d’existence nomade. La modernisation, les nouveaux moyens de communications aussi bien que les préoccupations environnementales remettent en question la notion de bâtiments inamovibles et pérennes. Dans un monde en mutation, l’architecte doit épouser son temps. D’où une recherche de flexibilité et d’adaptation aux nouveaux modes d’habiter comme aux nouveaux usages. Par leur fonction, leur fonctionnement ou leur emplacement les bâtiments flexibles visent à réagir à des changements de situation. C’est une architecture qui s’adapte au lieu de stagner, transforme plutôt qu’elle ne limite, est motrice plutôt

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que statique, interagit avec ces utilisateurs plutôt que de les restreindre à une utilisation prédéfinie. Analyser comment elle est conçue, dessinée, faite et utilisée nous permet de comprendre sa capacité à résoudre les problèmes actuels et futurs, liés aux évolutions techniques, sociales et économique. Nous nous intéresseront donc à la démarche d’un architecte en particulier : Rem Koolhaas. A travers deux de ces projets, nous allons étudier la façon dont il se sert du plan libre et de la circulation continue pour créer une certaine flexibilité. Rem Koolhass Rem Koolhaas est né le 17 novembre 1944 à Rotterdam au Pays bas. Après des débuts dans le journalisme, il étudia à l’ « Architectural association » de Londres. Il s’est fait connaître pour son ouvrage « Delirious New York » sur la création à postériori de Manhattan. Il créa ensuite sa propre agence OMA (Office for Metropolitan Architecture) en 1975 puis le bureau de recherche AMO. Il publia aussi le très célèbre S,M,L,XL. Les deux projets présentés ici sont : Le Kunsthal de Rotterdam au pays bas réalisé en 1992. Les deux bibliothèques pour l’université de Jussieu. Projet élaboré en 1992, mais non réalisé. Avant de commencer la présentation et l’analyse de ces projets il semble intéressant de rappeler ce qu’est un plan libre pour Rem Koolhaas. Plan libre Le plan libre est une des innovations des bâtiments de bureaux américains conçus à Chicago puis à New York, dans le dernier quart du 19ème siècle. Ses éléments constitutifs sont : structure (poteau/poutres/dalle), noyau et façade. La principale qualité d’un plan libre est de procurer la plus grande flexibilité et de permettre des recompositions multiples.

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D’un point de vue architectural, il produit un espace amorphe et indéterminé qui se caractérise par sa neutralité. Pour Rem Koolhaas sa neutralité enregistre les performances, événements mouvements, changements, accumulations, soustractions, disparitions, mutations, fluctuations, oscillations, déformations. En soi le plan libre n’a pas de programme, il est le lieu potentiel des programmes. C’est donc un plan qui se définit par les qualités qu’il n’a pas ; par ce qu’il permet et non par ce qu’il est ; sa qualité est d’être sans qualité, générique, sans parcours, sans articulations, ni séquences spatiales. La flexibilité dans le concept du plan libre est ce qui permet de ne plus considérer la nécessité de décider avec précision de chaque placement. Le Kunsthal Le site est situé au nord du parc du musée Boymans, à Rotterdam au Pays-Bas. Le programme était de créer l’entrée principale par le parc. Ensuite un cheminement devait couper le bâtiment en deux pour rejoindre le parc à la digue de la voie rapide (6m plus haut). Tout cela, ajouté à la nécessité de créer une contrevoie pour le service, rendait difficile la connections des deux parties principales. Ce bâtiment devait contenir des espaces


d’expositions pouvant être séparés les uns des autres créant ainsi soit une seule exposition sur toute la surface soit 5 expositions différentes. La difficulté résidait donc dans cette dualité : la continuité muséale (que réclamait un tel programme d’exposition) et la rupture imposée par l’environnement urbain. Tout c’est résolu quand Rem Koolhaas a imaginé que l’ensemble accueil et auditorium pouvait basculer en sens inverse de la rampe du cheminement public. L’accès s’opérant à mi pente, à l’endroit ou les rampes s’intersectent. On pouvait ainsi enrouler autour de l’axe central une spirale de circulation continue interne qui le franchirait soit par-dessus soit par-dessous. Créant ainsi cette continuité souhaitée par un circuit enroulé sur lui-même au sein d’un bâtiment qui ne l’autorise apparemment pas : un cube éclaté en 4 parties inégales par deux routes qui se croisent. Les trois halls d’exposition sont de construction simple (poteaux dalles) ce qui en fait des espaces élaborés est en fait la lumière auquels ils s’exposent. Une lumière changeante tantôt crue tantôt diffuse qui en fait des espaces intérieurs polymorphes. On voit ici deux aspects d’une flexibilité. Dans un premier temps on peut constater

que le programme imposait une grande flexibilité. La difficulté était de relier toutes les exigences de ce programme. Rem Koolhaas a opté pour un système basé sur la circulation. Il a en effet créé à l’intérieur même de l’espace du bâtiment deux systèmes de circulation (l’un public et extérieur, l’autre interne au bâtiment). Par le moyen de plateaux, de rampes et de plans inclinés ces deux systèmes se croisent et s’interpénètrent créant ainsi différentes possibilités d’usage de ce bâtiment. En effet on peut simplement le traverser sans jamais le pénétrer pour arriver sur la digue. On peut entrer, au niveau du parc, dans le café, puis passer au niveau de la voie rapide, en entrant dans le premier hall d’exposition qui est relié au reste du bâtiment par le système interne de circulation. Il est aussi possible en empruntant la rampe qui mène à la digue d’arriver au second niveau et donc d’accéder à l’entrée principale du bâtiment. Il y a encore de multiple façons d’entrer, de traverser, de visiter ce bâtiment. Rem Koolhaas a donc trouvé ici, à travers cette grande pluralité de parcours, le moyen de répondre à une nécessité de flexibilité. Dans un deuxième temps, on peut voir que Rem Koolhaas utilise le système de plan libre dans ces espaces d’expositions (poteau/dalles). Cela lui permet de donner une grande flexibilité à ces espaces. En effet leur totale absence de murs, de cloisons permet à la scénographie de

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s’adapter à tout type d’exposition. Il se sert ici du plan libre dans sa plus simple expression puisqu’il laisse le soin au musée de s’approprier ces espaces, de les modifier, de les métamorphoser. On pourrait alors croire que les espaces sont encore totalement à créer, sans qualité. Cependant Rem Koolhaas intègre la lumière à ces espaces, et tout d’un coup ils prennent tout leur sens. Certaines fois attirante d’autre fois plus inquiétante ou reposante, la lumière fait vivre ces halls d’exposition. Elle interagie avec ce bâtiment, le rendant lui-même flexible à son environnement extérieur. Jussieu Rem Koolhaas a présenté dans ce projet une manipulation d’une structure spatiale statique et un mouvement dynamique (rampe) pour créer un flux continu et une vue en constante évolution sur le chemin de circulation à l’intérieur du bâtiment. La rampe qui contient le flux de circulation dans tout le bâtiment devient un «boulevard intérieur plié» qui se superpose avec les places, café et boutiques. Ces espaces du programme, les plateformes, sont ensuite définies par découpage de la surface pliée, et leur dépliage ; on empile les plateformes, créant ainsi des volumes. Le bâtiment est donc conçu comme un grand boulevard urbain intérieur. L’espace public extérieur s’infiltre et devient espace

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d’accueil, il se développe ensuite sur la hauteur du volume. Les espaces du programme se placent le long de cette rue intérieure comme des bâtiments dans un tissu urbain. Ce boulevard plié ne sert plus seulement à circuler, mais aussi à exposer, entreposer et relier les programmes entre eux. Le système de structure est une forêt de poteaux. La surface découpée se déplie le long de ces colonnes. Ce projet est particulièrement intéressant par la démarche dialectique de la structure statique (plan libre) et la dynamique du mouvement (circulation). C’est-à-dire par deux formes de flexibilité qui se complètent. Rem Koolhas utilise une nouvelle fois la circulation comme élément flexible, la faisant traverser tout son bâtiment de manière continue. De plus il n’existe pas à proprement parler de séparation entre les différents éléments du programme et la circulation. L’interconnexion de la circulation et des différents espaces de la bibliothèque permet de circuler très librement d’un endroit à l’autre. C’est cette liberté de circulation qui, tout comme dans le Kunsthal permet une grande flexibilité des usages. En définitive la sensation que la circulation se déploie, se déforme, se transforme, et devient elle-même des éléments du programme, permet de se rapprocher de l’utilisation très varié auquel doit faire fasse une bibliothèque.


C’est en fait le système structurel en plan libre qui permet à Rem Koolhaas de donner autant de liberté à l’utilisateur. En effet aucun éléments programmatiques n’a de place prédéfinis par la structure. Les espaces sont seulement définis par leurs usages et leurs interactions souhaitées avec les autres. Ici Rem Koolhaas utilise le système de plan libre sur l’ensemble du bâtiment. Il en fait en fait un atout pour la conception. Sans cette condition de départ la circulation n’aurait pas pu être aussi libre et donc permettre autant de possibilité. En outre le plan libre donne aussi la possibilité de modifier la disposition des espaces, mais aussi leurs usages si le besoins se fait sentir. Conclusion Rem Koolhaas à essayer de créer deux bâtiments flexibles. Il utilise pour cela deux systèmes qui se complètent. Dans ces deux aperçus, la flexibilité revêt deux aspects. Dans un premier temps on a remarqué que le soin apporté à la conception de la circulation autant pour le Kunsthal que pour les bibliothèques de Jussieu permet une liberté de mouvement pour les usagers. Dans un deuxième temps le plan libre est utilisé dans les deux projets. Cependant dans le Kunsthal il est seulement utilisé dans la conception des halls d’expositions alors que dans les bibliothèques c’est tout le bâtiment qui est

conçu en plan libre. Même si Rem Koolhaas utilise les deux même procédés pour ces deux projets, ils ne prennent pas la même importance. Pour le Kunsthal c’est la diversité de cheminement possible qui est à la base de la flexibilité du bâtiment. Pour les bibliothèques c’est au contraire le plan libre qui permet cette liberté de circulation et la flexibilité des espaces. A travers ce travail on a pu voir à quel point la flexibilité permet au bâtiment de s’adapter pour répondre à un programme ou à de nouveaux usages. Cependant, il existe encore certaines constructions qui sont expressément conçues pour éviter la flexibilité et fixent un schéma d’usage précis. Les bâtiments religieux, administratifs, les tribunaux en sont des exemples types. C’est ainsi que la permanence de l’institution et du rituel peut prendre le pas sur l’ouverture. La flexibilité peut-elle être un élément de toutes les architectures. Ce type de bâtiment peut-il s’orienter vers un système beaucoup plus souple ? Le doit-il effectivement ?

écrit par : Marine C.

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CONSTRUIRE EN DéCHET

« Ma maison est en carton, pirouette cacahouète, ma maison est en carton, mes escaliers sont en papier » Et pourquoi pas en déchets tant qu’on y est ? Décryptage d’une utopie architecturale… Se pose tout d’abord la question qu’estce qu’un déchet ? Est-il une fatalité ? Un accident de parcours ? Le déchet se rattache au mot déchoir, à la chute : cadere (tomber), soit la décadence, la séparation et l’éloignement. L’objet devient déchet à partir du moment où l’on s’en débarrasse. On l’abandonne, il n’est plus notre propriété. Est en effet considéré comme déchet « tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien que son détenteur destine à l’abandon ». Autrement dit, tout élément qui est abandonné est un déchet. Ce n’est pas pour autant que cet élément est inutilisable : le déchet de l’un n’est pas nécessairement le déchet de l’autre. Le déchet est logiquement la fin du processus de vie d’un objet. Un objet a des propriétés qui sont définies par l’ensemble de sa chaîne de production. Il est conçu et produit dans le but d’un usage futur particulier. Une fois le temps de consommation terminé, l’objet devient un reste non désiré. Son fonctionnement se

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fait en cycle ouvert, source de gaspillage et de pollution. On sait aujourd’hui que les ressources de notre planète ne sont pas inépuisables, il devient nécessaire de penser à la pérennité ou non des objets produits, ainsi qu’à leurs fins de vie. Peut-il resservir ? Est-il recyclable ? Peut-on le démonter pour se resservir de certaines parties ? Le secteur du bâtiment consomme et gaspille beaucoup : 343 millions de tonnes de rebus par an en France. Un exemple médiatique : la Villa Déchet de Nantes Du 20 au 28 novembre 2010 avait lieu la semaine Européenne de la Réduction des Déchets, l’occasion d’une expérience hors du commun : la réalisation de la première villa française construite en déchets. C’est à Nantes que c’est déroulé ce projet fou, mené par deux architectes nantais Frédéric Tabary et Yann Falquerho, à travers l’association « Tabakero ». Inspirée de la « Scraphouse » de San Francisco (2005), des équipes de ramasseurs bénévoles collecteront les déchets : cartons, palettes, emballages variés, etc, futurs matériaux de construction. La structure est en ossature bois : les murs porteurs seront réalisés à partir de palettes recyclées, le papier récupéré permet de fabriquer des briques de papier mâché, et

le mobilier est lui aussi bien sûr issu du recyclage : lustres en gobelets récupérés, meubles en cartons,… Le résultat est une maison habitable de 100 m2, accessible aux personnes à mobilité réduite. Les nuitées se sont vendues aux enchères. On note la mobilisation et la sensibilisation de tous pour redonner de la valeur aux objets et au recyclage. Plus de 7000 bénévoles ont participé à cette expérience de 35 semaines. La Villa sera démontée pour être réinstallée dans l’éco-quartier de la Bottière à Nantes, et mise à disposition d’une association œuvrant dans le développement durable et solidaire. Pour des photos et plus d’info, vous pouvez consultez le site : http://www.villa-dechets.org/ Le concept ne s’arrête pas là, d’autres Villa Déchets sont prévues : Paris 2011, Bruxelles 2012 et Marseille 2013. A suivre…

écrit par : Aurore B.

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LA CITé INTERNATIONALE DE LYON : Regard Critique

Localisation : Ce projet se situe au Nord de l’agglomération, en bordure du Rhône, dans l’arc des fleuves évoqués dans le schéma directeur « Lyon 2010 ». Identité : Ce projet est devenu un symbole pour Lyon, aussi bien au niveau régional qu’international. La brique de terre cuite rouge utilisée pour le traitement de toutes les façades donne une unité à l’ensemble et est très caractéristique de ce projet. De plus les silhouettes terminées par une demi voute, visibles depuis l’entrée Nord de Lyon sont facilement reconnaissables.

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Espaces publics : Le principe même du projet implique une forte manifestation du lieu public : la rue intérieure. Elle est partiellement couverte et les bâtiments se répartissent de chaque coté. Elle se termine à l’Est par une grande place devant un bâtiment public (l’amphithéâtre) et à l’ouest par un jardin à l’échelle du quartier. Ce projet permet aussi de désenclaver le parc d’agglomération « La Tête d’Or » et les berges du Rhône afin de continuer une promenade verte. Accessibilité-perméabilité L’accès à ce projet se fait essentiellement par la route. Deux bus font le lien avec le réseau de transport public de l’agglomération. Il me semble que c’est le plus gros point faible de ce projet. Malgré l’ambition international de ce quartier, il est plutôt mal desservi et il est éloigné des accès majeurs de la ville (Gares, Aéroport, …), ce qui a obligé la ville à créer une nouvelle ligne de trolleybus (C1). Du point de vue des modes doux, le projet est une bonne transition entre les berges et le parc.

congres, Hilton hôtel, …) et à l’échelle de la ville (cinéma, musée, casino, …). Cependant, et malgré l’incorporation de logements, ce projet ne possède pas les qualités d’un quartier d’habitation. En effet la faiblesse des liens avec la ville et le manque de commerces et de services de proximité a entravé l’installation des Lyonnais dans ces bâtiments. Flexibilité : Le projet commencé en 1992, aura pu démontrer une capacité d’adaptation aux attentes nouvellement exprimées par le Scot. Par exemple, il s’intègre parfaitement dans la trame verte. Mais c’est aussi un des premiers projets à revaloriser les berges du Rhône. De plus la typologie de la rue permet une extension vers l’Ouest.

Mixité des fonctions : Ce projet essaye de mélanger équipements à vocations internationales (centre des

écrit par : Marine C..

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LA VILLENEUVE DE GRENOBLE (38)

Aujourd’hui quartier très populaire, la Villeneuve est souvent dénigrée et oubliée par la population de Grenoble centre et des architectes. Et pourtant, je pense que ce projet est encore d’actualité dans la thématique du développement durable. Petit bout de ma vie : j’ai toujours voulu faire découvrir ce quartier, sa richesse, son histoire… En écrivant cet article, je veux vous donner l’envie de vous y promener et de regarder en l’air. Cassons l’image négative du quartier, et regardons comment est organisée cette cité utopique de la fin des années 60. La Ville Neuve qui s’étend en partie sur Grenoble, en partie sur Echirolles, constitue, par son centre, le premier élément d’un nouvel aménagement de la ville. Ce centre, en liaison directe avec le reste de l’agglomération, regroupe tous les services pour les 200 000 habitants de la zone Sud. Le projet se voulait révolutionnaire. On parle de super structure : grand principe de la forme et réflexion sur la fonctionnalité des différents espaces de vie. Dirigé par le Cabinet LOISEAU et TRIBE : AUA (cabinet parisien fermé en 1984), le projet est lancé par une équipe composée d’architectes, de sociologues, d’urbanistes, de paysagistes et d’enseignants. Il regroupe 5 grands principes de construction : l’habitat, les espaces verts, la circulation piétonne, les services et la mixité sociale.

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L’Habitat Les immeubles sont élevés permettant une forte densification, mais n’ont pas la forme de barre (type Duchère sur Lyon). Ils prennent l’image de la chaîne de Belledonne en surplomb avec une configuration en crique, permettant pour le voisinage une proximité sans gêne. Des coursives desservent environ une trentaine d’appartements. Le plan des logements a la volonté de créer un espace de vie sur plusieurs niveaux, et malgré les nombreuses modifications du projet originel, cette envie a été respectée. Le plan reprend les appartements dominos de LE CORBUSIER : des boites s’imbriquant les unes dans les autres. Les Espaces verts Les immeubles sont en périphérie d’un parc de 11 hectares. L’idée de construction de butes est prise. Elles permettent de rompre l’horizontalité et de créer un paysage urbain. La terre qui les compose provient exclusivement de celle que l’on a enlevée pour réaliser les fondations des immeubles. Un bassin peu profond donne l’image d’un lac et fait le bonheur des petits et des grands pendant les grandes chaleurs de l’été. Le paysagiste Michel COURAJOUD a conceptualisé cet espace comme la reconstitution d’un espace rural, une image de la « nature »:

« Je voulais donc que le projet du parc transfère, d’une manière ou d’une autre, sur cet espace laissé libre de toute construction, certains signes et figures capables de témoigner de l’attachement que j’ai, bien que citadin de longue date, pour mon histoire paysanne. » Michel COURAJOUD La Circulation piétonne En dessous et au milieu des immeubles. Le principe était d’extérioriser la voiture afin de rendre l’espace aux habitants. Sur le même principe que le Village Olympique (résidence des sportifs lors des JO de 68), les voitures sont garées dans des parkings à l’extérieur de la cité. Sont privilégiés le cheminement piéton et les transports en commun. Des passerelles piétonnes desservent le centre commercial Grand Place, les arrêts de tramway et Alpexo. Des services De nombreux services aux habitants au pied des immeubles : équipements publics (écoles, collège, crèche, centres de santé, animations socioculturelles, sport, piscine, etc..), ainsi que magasins et marché dans la partie centrale. La coordination des équipements et des professionnels était assurée par l’AEPASC, éducateur, animateur, etc ; en lien aussi avec des

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associations d’habitants et parents. Ces services expriment une volonté de créer des espaces diversifiés et agréables, ouvrir les esprits, ouvrir à la culture pour tous… Un principe de Mixité Sociale A l’origine, le projet consistait à mettre dans un même immeuble des appartements de type HLM et des accessions à la propriété, mélange de population de niveau financier et culturel différents, ainsi que d’origines différentes. Aujourd’hui, la ghettoïsation des classes difficiles et l’image négative qu’elle provoque fait disparaitre cette mixité et accentue de plus en plus ce phénomène. La situation, depuis 68, a évolué. Le logement était moins cher. Mais surtout le climat social était à l’ouverture à l’autre et aux différences, aux nouvelles pédagogies ; alors qu’on assiste aujourd’hui au repli communautaire et au renfermement sur soi. Le sentiment d’insécurité est important, alors que les statistiques d’agressions sont inférieures à celles du centre ville. La paupérisation des habitants a fortement augmentée, l’entretien du bâti se relâche (école, piscine... par contre les espaces verts sont très bien soignés). L’effet de ghettoïsation s’accentue de plus en plus. Un projet de réaménagement est en cours par la municipalité de Grenoble. En

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guise de projet de réhabilitation, on ne peut accepter de démolir des logements, mettre des voitures dans le parc, ou éliminer les commerces ! Le quartiernature réservé aux piétons est en phase avec notre époque, et il faudrait plutôt recréer l’esprit d’accueil et d’ouverture. Mettre le concept de ce projet en valeur, permettrait à la population de s’approprier les lieux ; le communiquer donnerait une nouvelle dynamique d’évolution urbaine pour le quartier.

écrit par : Laure B.


IMPOSSIBLE DE SE PERDRE AU QUARTIER DES MUSĂŠES Lieu : Vienne [Autriche]

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LA BIOSPHèRE DE MONTRéAL Lieu : Montreal - QC [Canada] - Parc Jean Drapeau sur l’île Ste Hélène Année : créer pour l’exposition de 1967 (donc durant cette période) Architecte : Buckminster Fuller (américain)

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LA NOUVELLE FIERA DI MILANO Lieu : Milan [Italie] Année : Achevé en 2009 Architecte : Massimiliano Fuksas

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LE MAUSOLEE MOHAMMED V ET LA TOUR HASSAN Lieu : Rabat [Maroc]

COURS CADET : UN JARDIN NOMADE Lieu : Cours Cadet - Paris [ France ] Année : 2010

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SCHéMA DE COHéRENCE TERRITORIALE : SCOT

Suite à l’article de Marine, «Lyon : ses politiques pour une évolution urbaine», il nous a semblé intéressant de s’attarder sur une définition et une explication de l’outil d’aménagement urbain : le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT). Définition Un territoire est composé de contrastes : démographique, économique, dans les déplacements, les services, les zones naturelles et agricoles mais aussi par son sol, son histoire… Le SCOT est un document d’urbanisme à l’échelle d’un territoire pour permettre une vue d’ensemble et générer un équilibre à l’intérieur d’un périmètre défini. Le but est de prospecter et d’anticiper le développement dans le futur pour les 30 prochaines années. On parle donc de développement durable. Pourquoi un Schéma de Cohérence ? Depuis une trentaine d’années, on observe dans nos paysages une forte croissance démographique produisant des mutations économiques et des déplacements de plus en plus longs. Cette croissance engendre une non-homogénéité des territoires avec une centralisation de l’espace urbain et des services en périphérie des grandes villes mais aussi une évolution de la pollution et

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de la dégradation des espaces ruraux. En 2000, la loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain du 13 décembre, incite à la création de cet outil pour rééquilibrer les espaces attractifs (espace urbain, économique et de loisir) avec les espaces sensibles (espace agricole, forestier, naturel…).

les modalités de développement prescrit par le SCOT. Elle doit traduire les grands axes à travers son Plan Local d’Urbanisme (anciennement Plan d’Occupation des Sols, il permet de délimiter les différentes zones d’occupations à l’échelle d’une commune : zone constructible, zone protégée, zone agricole…).

Déroulement

Lien : Pour en savoir plus Outil d’aménagement Loi du 13 décembre 2000 relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain : la loi SRU Quelques exemples : Urbanisme et développement durable : Huit territoires témoignent Article de Marine : Lyon : ses politiques pour une évolution urbaine Les SCOT en Rhône Alpes SCOT du Syndicat Mixte de la Boucle du Rhône en Dauphiné

Les domaines d’interventions du SCOT sont assez larges : urbanisme, habitat, développement économique, loisir, déplacement, implantation des services et des zones commerciales… Il est élaboré à l’initiative des communes et de leurs groupements par un établissement public (ex : METRO pour l’agglomération grenobloise, GRAND LYON pour l’agglomération lyonnaise) ou par un syndicat mixte exclusivement composé de communes compétentes et comprises dans le périmètre du SCOT (ex : Syndicat Mixte de La Boucle du Rhône en Dauphiné). Le traitement du SCOT est assez libre pour que chaque SCOT s’adapte à son territoire. Il doit cependant répondre à une méthodologie précise. Les étapes de sa mise en place : Pour mettre en place le SCOT plusieurs étapes sont nécessaires. - Le diagnostic : bien comprendre le passé et identifier les grandes questions auxquelles le projet devra apporter des réponses. - Le projet d’aménagement et de développement durable : la définition des axes d’orientation à prendre au niveau politique. C’est la pièce centrale du SCOT. - Le document d’orientations générales: Ce document développe les modalités du développement urbain et des axes d’orientation. Chaque commune comprise dans le territoire du SCOT doit respecter et appliquer

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écrit par : Laure B.


UNE VILLE ACCESSIBLE : UNE VILLE DISPONIBLE

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de l’accessibilité pour tous. Même si nous en parlons de plus en plus, ce sujet n’est pas encore très bien traité dans nos villes. Cet article aura donc pour but de vous initiez et de vous sensibiliser à la question. A chaque moment dans notre vie, nous pouvons avoir des difficultés pour nous déplacer et le quotidien n’est pas toujours facilité quand les aménagements urbains et architecturaux ne sont pas adaptés. Il suffit d’une marche trop haute, d’une rambarde mal placée… Lorsque nous parlons d’accessibilité, la première idée que nous avons «ça, c’est pour les personnes handicapées». Notion

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à revoir, car nous pouvons tous être en situation de handicap. Cela ne s’arrête pas non plus aux problèmes physiques perceptibles grâce à un fauteuil ou une canne blanche. Il existe de nombreux handicaps peu visibles voir invisibles : mutisme, surdité, différents déficits mentaux... Il ne faut pas oublier les problèmes qui peuvent se poser durant la vieillesse, mais aussi quand une femme est enceinte, ou utilisant un landeau. Nous pouvons même avoir des difficultés lorsque nous sommes dans un pays étranger : lire les panneaux d’indications, se repérer dans la ville, tout ceci n’est jamais facile. Pendant longtemps, les architectes et les urbanistes ont tout réalisé, selon un modèle standard de l’homme, jusqu’au années 1960 environ. C’est à cette période que l’on a pu voir apparaître les premières réflexions sur l’accessibilité, notamment dans les pays nordiques. Nous sommes passés alors du concept de l’homme modèle, au dessin adapté, pour devenir le dessin accessible dans les années 1970 (idée de construire sans barrière). Pour finir, les travaux se font aujourd’hui autour de l’idée du dessin universel, né dans les années 1980 en Europe. Qu’est-ce que le dessin universel ? Une doctrine se développant autour de 7 éléments clés :

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1/ usage équitable 2/ flexibilité d’emploi 3/ simple et intuitif (facile à comprendre) 4/ information perceptible 5/ diminution des risques 6/ effort physique faible 7/ dimension et espace pour l’approche et l’usage En France, un autre concept apparaît également avec Régis Herbin, qui crée la démarche HQU (Haute Qualité d’Usage). Il reprend l’idée du concept HQE, en restant dans la continuité du dessin universel, et en replaçant l’homme au cœur des usages du projet. Pour rechercher cette qualité d’usage, il faut bien entendu respecter les normes mais pas que. En effet, il faut développer le confort d’usage sur 5 plans différents : -PHYSIQUE (la mobilité, l’aisance du déplacement, l’atteinte, la préhension) -SENSORIEL (le visuel, l’acoustique, le tactile, l’olfactif) -MENTAL (le repérage, l’orientation, la communication, le ressenti, la simplicité, la mémorisation, la temporalité) -PRÉVENANCE (la protection, la sécurité, le repos et la non fatigabilité, l’équilibre, l’énergétique et le sanitaire) -ADAPTABILITÉ (la durabilité et la pérennité, l’évolutivité, l’appropriabilité, la polyvalence d’usage)


Dans l’HABITAT, les normes sont strictes et doivent être respectées depuis la loi de 2005 sur l’accessibilité. Un constat s’est fait : la question du vieillissement de la population qui entraînera beaucoup d’entre nous à avoir des difficultés dans nos déplacements, dans la communication avec l’extérieur, dans notre quotidien en général... Aujourd’hui, le désir est d’avoir un logement adaptable, adapté et accessible. Un logement accessible a un accès aisé pour tous, y compris pour les personnes à mobilité réduite (PMR). Un logement adaptable tient en compte dès le départ du fait que nous sommes tous susceptibles de devenir PMR un jour. Un logement adapté doit correspondre et répondre aux problèmes que peut connaître la personne selon son type de handicap. Pour ce qui est de l’URBANISME, même si les normes existent, nous sommes beaucoup plus dans l’expérimentation selon le contexte. Il est souvent difficile aussi de répondre à TOUS les types de handicap. Très souvent, nous pouvons voir qu’il a toujours des aménagements adaptés à un handicap. Par exemple, même si les aménagements ne sont pas parfaits, la ville de Bratislava travaille beaucoup sur l’accessibilité pour les malvoyants. A Grenoble, les enjeux se sont beaucoup plus tournés sur les personnes en fauteuil jusqu’à mettre en place des trams et les bus adaptés. Cette année, j’ai eu l’occasion de travailler sur l’accessibilité du site de l’Université Pierre Mendès-France à Grenoble. A travers la réalisation de parcours sensibles, de jour comme de nuit, mais aussi en situation de handicap et non, cela a pu nous permettre, avec les membres de mon groupe de travail (c’est-à-dire les M2 du master « Urbanisme, Habitat et Coopération Internationale »), d’avoir un autre regard sur la ville. En effet, expérimenter tout ceci dans différents contextes, nous a montré la difficulté de répondre à tous

les problèmes. Mais aussi, des réflexions à différentes échelles qu’il faut produire sur la ville. En effet, nous devons travailler à l’ordre du Macro, afin d’établir de bons cheminements, d’un point A à un point B, mais aussi à l’échelle du Micro, car la réponse à certains problèmes se trouve dans le traitement de détails techniques. Pour compléter toutes ces informations, l’accessibilité en ville recoupe différents champs d’actions. Cela peut passer par le traitement des sols. Avec les sens, le bois, l’acier ou la pierre ne donnent pas les mêmes perceptions auditives, mais aussi visuelles. Ce sont aussi des obstacles qui peuvent donner la ville, verticaux comme horizontaux : poteaux, pilonnes, pierres, trous... C’est ainsi produire et fournir des mobiliers urbains adaptés. A cela vient s’ajouter tout le questionnement des franchissements et des noeuds d’articulation: de routes, mais aussi entre l’intérieur et l’extérieur d’un bâtiment. Pour finir, la question de la signalétique doit venir compléter tout ça. Une ville accessible est une ville lisible et doit permettre à tous de se retrouver. Pour conclure, rendre la ville accessible n’est pas seulement respecter les normes basiques. C’est avoir une réflexion plus poussée, en expérimentant et en cherchant à répondre à de nombreuses questions, tout en sachant que la ville parfaite n’existe pas et qu’il faut également faire des choix. C’est un travail de longue haleine, pouvant durer des années.

écrit par : Charline S.

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VERS UNE DéMARCHE DE CITOYENNETé ET DE DéVELOPPEMENT DURABLE PAR LA SENSIBILISATION

A l’issue de l’exposition «Pédagogie pour jeune public» à la Maison de l’Architecture de l’Isère à Grenoble (exposition ouverte jusqu’au 28 janvier 2011), il m’a semblé important de vous apporter mes motivations personnelles à la création de ce blog. Je vais essayer de vous expliquer la notion de médiation et de sensibilisation à l’environnement urbain. Qu’est-ce urbain?

que

l’environnement

Pour faire simple, l’environnement urbain est tout ce qui nous entoure dans notre vie quotidienne : espace public ou privé, patrimoine ancien ou moderne, plan de circulation et schéma de politique

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urbaine, gestion des déchets et vie de quartier, contrôle de la qualité de l’air ou de l’eau,... Il regroupe des thèmes et des lieux d’une incroyable richesse. Il rentre ainsi dans beaucoup de domaines comme : l’architecture, l’urbanisme, le patrimoine mais aussi la politique, l’ethnologie, la sociologie... Qu’est-ce qu’une action sensibilisation ou de médiation?

de

C’est une animation à destination d’un public adulte ou enfant qui a pour objectif d’interpeller la population. Elle peut prendre la forme de visite (guidée = comme son nom l’indique avec un guide, participative = un échange de réflexions et d’observations entre animateurs et visiteurs), d’atelier pédagogique (à partir d’un document = une carte d’explorateur des fiches pédagogiques, en élaborant un support = construction d’une maquette d’un objet d’un carnet de voyage d’un film...), d’exposition, de table ronde... Pourquoi sensibiliser à l’environnement urbain? Selon la personne qui animera ou le destinataire et le contexte de l’animation l’objectif ne sera pas le même.Pour certains se sera un objectif scolaire (l’apprentissage de la grammaire, de l’histoire, d’une culture

générale...) pour d’autre la raison sera la reconnaissance de leur métier ou de leur domaine, mais aussi, et je vais vous la développer, pour agir en citadin-citoyen. Milieu artificiel créé par l’Homme, la ville est souvent perçue uniquement sous des aspects et des représentations négatifs : production de pollution, de stress et de nuisances subis plutôt que vécus et habités. Regarder, appréhender, comprendre un territoire, c’est prendre conscience et reconnaitre sa complexité. L’éducation à l’environnement urbain, favorise une meilleure connaissance et une appropriation de son espace de vie : pour participer à la vie locale et être responsable de sa ville, de son quartier, de son immeuble comme de la planète pour mieux vivre ensemble dans le respect des différences et la pluralité des identités culturelles en développant les liens sociaux, pour permettre le développement durable de notre environnement. Historique La notion de médiation ou de sensibilisation à l’environnement urbain est arrivée bien plus tard que le tourisme. N’avez vous jamais pensés : «Je connais mieux telle ville plutôt que celle où j’habite où je suis né...»

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Quelques dates clés : 1879 : Création du Palais Chaillot et de la Cité de l’Architecture anciennement Monument à l’Art Français. 1984 : Première édition des Journées du Patrimoine organisé par le Ministre de la Culture, Création de la première Maison de l’Architecture en province : Maison de l’architecture de l’Isère à Grenoble 1985 : Création du label Ville d’Art transformé en Ville et Pays d’Art et d’Histoire en 2005 Début des années 2000 : Prise en compte du patrimoine industriel et du XXe siècle, Mise en réseau des Maison de l’Architecture (valoriser le travail des architectes contemporains), On observe depuis une dizaine d’années, la création de structures spécialisées dans la médiation 1999 : Création de Citéphile : le réseau national à l’éducation à l’environnement urbain 2008 : L’apprentissage obligatoire de l’Histoire de l’Art en milieu scolaire dont le domaine de l’Architecture 2009-2010 : Année de l’Architecture et l’Enfant comme grand dossier des Ordres des Architectes avec une des missions un architecte/une classe Comme on peut le voir, la notion de sensibilisation à l’environnement urbain date d’il y a à peine trente ans. Elle est encore très peu médiatisée et valorisée du fait que il y a peu de mise en réseau.

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Le café d’architecture de l’exposition citée en début d’article avait pour thème : «la valorisation des missions de sensibilisation «. Des bénévoles, des professionnels (enseignants, architectes ou médiateurs), élus se sont rassemblés pour travailler ensemble sur cette valeur. Créer un réseau, numériser et partager les méthodologies d’approches au public, créer ou poursuivre des formations, médiatiser des initiatives, tels ont été les éléments mis sur la table. Le blog est pour moi une première approche personnelle de cette valeur faire partager et découvrir de nouveaux espaces en écrivant mes articles. Alors n’hésitez pas faites nous parvenir vos références, vos idées, vos envies, vos coups de gueules afin que cet espace soit le plus ouvert possible.

écrit par : Laure B.


PORT VELL : RECONVERSION DU VIEUX PORT DE BARCELONE Lieu : Barcelone [Espagne] Année : Début des années 1990

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LE MAUSOLEE MOHAMMED V ET LA TOUR HASSAN Lieu : Rabat [Maroc]

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CAFé SUR LYON Lieu : Gare des Brotteaux (Lyon 69) Style : Art-Nouveau Période : Fin XIXe début du XXe siècle


LA MéDIATHèQUE DE KOUROU Lieu : Kourou [ Guyane - France ] Année : 2001 Architecte : Brochet Lajus Pueyo agence d’architecture

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LES BORIES DORDOGNAISES Lieu : Dordogne [ Sud-ouest / France]

DE BONNE ENERGIE © Lieu : Grenoble [France-Caserne de Bonne] Année : Livré en Février 2010 Architecte : Agence CREON

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P a rten a r i a t

ASSOCIATION CUTCH

Nous aimerions vous présenter, pour cette édition anniversaire, une association étudiante de l’Ecole Nationale Supérieurs d’Architecture de Grenoble, grâce à qui cette édition papier a pu voir le jour. CUTCH est une « junior entreprise » qui emploie deux personnes. Ils sont aujourd’hui 22 membres actifs qui viennent d’élire un nouveau bureau. La nouvelle équipe va continuer les objectifs de leurs prédécesseurs, tout en proposant de nouveaux projets. Elle a pour but principal de compléter et prolonger l’enseignement dispensé à l’Ensag, par l’application des connaissances acquises, lors des études, dans des missions réalisées par des étudiants pour le monde

professionnel. C’est en fait l’intermédiaire entre l’étudiant et le commanditaire, par le biais de conventions. Elle gère ainsi les transactions et le fonctionnement administratif, offrant un maximum de simplicité à chacun. Les étudiants souhaitant appliquer leurs acquis bien avant la fin de leurs études, et en dehors des stages obligatoires ont la possibilité de passer par l’association pour travailler dans des agences. L’un des grands projets de cette année est pour eux de revoir leurs statuts. Ils se sont aussi beaucoup investi dans la vie étudiante de l’Ensag, par le biais de concours pour l’organisation de voyages scolaires, puis en finançant les lauréats. Ils sont aussi présents le long de l’année pour l’organisation de festivités. Si vous souhaiter en savoir plus sur cette association contactez-les : site : http://www.cutch.fr email : asso_cutch@yahoo.fr tel : 04.76.69.84.54

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Vis[LE]

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Vis[LE] re-vue  

Première édition de la revue Vis[LE] Réfléxion sur la démocratisation de la ville : architecture, urbanisme, paysage, patrimoine, art urbain...

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