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Aller chercher les patrons sur l’innovation
by VDN
RECHERCHE & DÉVELOPPEMENT Aller chercher les patrons sur l’innovation
À cause de son passé, notre région innove peu en défi nitive. Mais elle ne s’y résout pas et accomplit de réels efforts pour tenter de rattraper un retard encore considérable.
Il n’y a plus le feu dans la maison comme l’année dernière. Les esprits s’apaisent, la crise économique et sociale n’a pas eu lieu. En 2021, les acteurs régionaux de la R & D (recherche & développement espèrent seulement tirer profi t de l’appel d’air du
« quoi qu’il en coûte », cet argent public, pour lancer des projets et offrir aux
Hauts-de-France ce qu’ils n’ont jamais pu obtenir : un rang digne de la troisième économie du pays. Partir de sa douleur pour mieux la soigner : il manque 3 milliards d’euros pour satisfaire le ratio de 3 % de demande intérieure en R & D (DIRD) par rapport au PIB, la richesse produite. La DIRD est l’indicateur le plus pertinent pour mesurer le niveau de recherche dans une région. Ici, elle est de près de 2 milliards d’euros alors qu’elle devrait avoisiner les 5 milliards. En clair, il faudrait l’augmenter de 150 %, soit quelque 3 milliards.
Ces spécialisations doivent permettre de placer les Hauts-de-France sur la carte au moins de l’Europe. Elles se nourrissent des formidables usines à projets que sont les sept pôles de compétitivité, 1 800 entreprises partenaires, plus d’un milliard d’euros engagés entre les acteurs publics et privés pour les marchés de demain. Elles sont également irriguées par Rev3, la feuille de route régionale qui, depuis huit ans, fl èche 1.500 projets-actions vers une économie sans carbone. Encore de la recherche, encore de l’innovation.
Mais tout ceci prend du temps. La plupart des grandes entreprises n’ont pas leur centre de décisions dans la région : comment les convaincre d’innover davantage en direct ? Pour les plus petites, un nouveau portail est en place, il permet à chaque dirigeant, même très modeste, d’identifi er l’ensemble des ressources en R & D mis à sa disposition. « C’est crucial, souligne Daniel Leca, il faut développer un réfl exe d’innovation, surtout dans les PME. Nous pouvons accompagner, monter les dossiers, aider à fi nancer. »
Le label I-SITE, « un petit moment de vérité »
Les fonds européens seront réengagés en 2022, plus de 1,6 milliard d’euros jusqu’en 2027. L’autre grand rendez-vous aura lieu en début d’année avec l’espoir du label I-Site par un jury international. I-Site défi nit un vaste écosystème de recherche et d’innovation entre l’Université de Lille et les grandes écoles. Cette fédération d’acteurs doit permettre à l’ensemble d’atteindre cette taille critique trop souvent nécessaire à nos projets pour aboutir face à une concurrence interrégionale européenne parfois mieux organisée. C’est aussi un enjeu d’image pour attirer les meilleurs chercheurs. Pour Stéphane Leleu, délégué régional académique à la recherche et à l’Innovation, l’I-Site sera « un petit moment de vérité ». Au moment où le gouvernement met en place une stratégie d’accélération de la recherche avec de nombreux appels à projets dès l’an prochain. Au moment où il prend enfi n conscience du sous-fi nancement de la recherche en France. Et dans certaines régions en particulier. Suivez mon regard…
React-Eu,270 millions d’euros
La Région Hauts-de-France pilote les fonds européens, bienvenus pour stimuler la recherche & développement. Bien des espoirs sont ainsi permis par le programme React-Eu dont les fonds à 270 millions d’euros auront de l’impact pour nos chercheurs dans les cinq ans. D’autant mieux que ces fonds s’adressent en priorité aux secteurs les plus touchés par la crise sanitaire dans la santé, le numérique, les services aux entreprises. Et c’est concret. À titre d’exemple, voici les projets POSTCOVID-Rehab et ElastoCOVID (200.400 €) sur l’impact de la Covid-19 sur le système musculosquelettique et sur le développement de protocole d’imagerie pour la quantifi cation des fi broses pulmonaires post-Covid. Ou les projets Dyna GR et Désinf (225.000 €) sur l’échappement aux défenses des hématies et le développement d’un dispositif de désinfection autonome et intelligent. Ou encore le CoPneumoCov (123.875 €) qui doit évaluer le devenir des patients post-Covid.