![]()
VENDREDI
AUBE ACTU
6
3 MAI 2019
ASSISES
Le procès du syndrome du « bébé secoué » Hier, le procès d’un père de famille jugé pour avoir violenté son nourrisson au point de provoquer des lésions mortelles a tourné en querelle d’experts sur le syndrome dit du « bébé secoué ». que la science n’a pas encore identifiées ? « Longtemps, on a cru que la Terre était plate », a-t-il notamment lancé. En revanche, pour les différents experts entendus, les lésions constatées ne souffrent aucune contradiction. À commencer par le professeur Tracqui qui a réalisé l’autopsie du nourrisson. Pour lui, comme pour la Haute Autorité de santé, l’hématome sous-dural bilatéral important (entre le cerveau et l’enveloppe qui le protège) associé à une hémorragie méningée bilatérale ainsi qu’à une hémorragie rétinienne importante également, « c’est quasiment le cas d’école d’un bébé secoué ». Idem pour le professeur Raul, qui a rendu un rapport d’expertise sur pièces. Pour eux, aucun scénario d’une chute à faible hauteur, comme l’avait évoqué dans un premier temps l’accusé, n’est plausible. « Si chute accidentelle il y avait eu, on aurait un hématome sous-dural en regard du point d’impact, mais il serait donc focalisé et localisé et non étendu. »
L’ESSENTIEL ● Le 27 septembre 2014, Miguel Torrao, un nourrisson de 4 mois, décède pendant son transfert à l'hôpital Necker à Paris. Quelques heures plus tôt, son père, José Manuel Torrao, l'avait conduit aux urgences de l'hôpital de Romilly. L'enfant avait vomi et se trouvait en arrêt respiratoire. ● José Manuel Torrao a été renvoyé devant la cour d'assises par une ordonnance de mise en accusation du mois de mai 2017. ● Depuis hier, il est donc jugé par la cour d'assises de l'Aube pour violence sur un mineur de 15 ans ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il encourt vingt ans de réclusion criminelle. rès rapidement, hier, le procès de José Manuel Torrao s’est mué en celui du syndrome autrefois appelé du bébé secoué (SBS) et que la littérature scientifique a rebaptisé en traumatisme crânien non accidentel. Un détournement de la question opéré à dessein par la défense, incarnée notamment par Me Etrillard, des barreaux de Paris et New York. Tout l’enjeu tenait dans
T
Au premier jour des débats, experts et témoins se contredisent. Dessin Sasso la question : son client mérite-t-il d’être condamné pour un syndrome dont les lésions peuvent
être attribuées à d’autres pathologies ? Et pourquoi pas, à des pathologies
ÉDITION
RODOLPHE LAURENT Dans ce deuxième volet d’une saga naissante, le lecteur retrouve l’atmosphère propre à cet univers dystopique façon 1984 d’Or-
Le romancier baralbin Patrick Drouot poursuit dans la veine du polar d’anticipation.
ALBANE WURTZ
SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE L’AUBE well (ou, si vous préférez, Hunger Games), où le héros, sorte de Philip Marlowe des temps à venir, est parfois dépassé par la réalité. « Manipulé par le Directoire, Vlad Colson est pris dans une spirale », commente Patrick Drouot, qui a également imaginé le Guide breton, Machiavel de la Colonie. Notre romancier apprécie d’autant plus le genre policier qu’il lui laisse toute latitude pour aborder les sujets qui l’intéressent : société ultralibérale mondialisée, avancées scientifiques n’augurant rien de bon, obscurantisme… Vu certaines dérives actuelles (comme le transhumanisme), la montée du fanatisme et autres joyeusetés, il y a de quoi être réellement inquiet en reposant Le syndrome Vlad Colson sur sa table de nuit.
« DANS UNE SPIRALE »
Mais du côté de la défense, l’histoire n’était pas pliée pour autant.
L’ACTUALITÉ EN BREF
Le retour de Vlad Colson Comme Tanguy Guetz au cinéma, Vlad Colson est de retour sous la plume de Patrick Drouot. Les amateurs de polar futuriste ont pu découvrir ce personnage dans La vérité sur l’affaire Milena Youri, sorti en 2018 et sélectionné pour le prix Méditerranée Polar 2019. « Mon éditeur, Le Pythagore, à Chaumont, m’a demandé d’écrire une nouvelle aventure, Le syndrome Vlad Colson », confie l’auteur baralbin, qui s’est exécuté avec plaisir. Sur la Colonie, « fruit dévoyé d’un jeu télévisé et d’une économie libérale », Vlad Colson est mandaté pour retrouver une certaine Minette Sanders, la fille d’un des responsables du Directoire. Il se trouve alors entraîné dans le milieu étrange et dangereux des sectes et de la pègre, laquelle règne sur la Zone…
QUID DES MALADIES NON ENCORE DÉCOUVERTES ?
Bien au contraire. Deux de leurs témoins, les docteurs Eychenne et Sturtz, ont déposé en début de soirée, pour expliquer que le bébé secoué n’est pas forcément l’hypothèse à privilégier dans tous les cas. « On va trop vite en besogne », a estimé le professeur Sturtz. « Et je pense notamment à la maladie des os de verre qui, avant d’être découverte, faisait passer certains parents pour des bourreaux. » « Il n’est pas exclu que de maladies génétiques non encore découvertes résulte une fragilité vasculaire. » Des esprits qui s’échauffent, des conjectures cliniques qui se succèdent, des experts et des témoins qui se contredisent sous le velours apparent du respect : la présidente de la cour, Catherine Morin-Gonzales a dû s’y reprendre à plusieurs fois pour recentrer le débat. « On statue en l’état actuel de la science, mais surtout nous ne sommes pas là pour polémiquer sur un syndrome, mais bien pour instruire un dossier. » À l’heure où nous devions boucler notre édition, la cour n’avait pas encore statué sur la poursuite des débats ou sur un renvoi pour expertise » . COMPTE RENDU D’AUDIENCE
« Le syndrome Vlad Colson » de Patrick Drouot (Le Pythagore – 176 pages – 19 €). L’auteur sera en dédicaces dimanche 2 juin dans le cadre de Bar aux Livres, à Bar-sur-Aube.
Appel à candidatures pour les prix Arts et Belles-Lettres La Société Académique de l’Aube décerne tous les trois ans un prix Arts et Belles-Lettres d’un montant de 500 €. « Ce prix est destiné à récompenser une œuvre artistique ou littéraire, scientifique, archéologique, géographique, historique, ayant un rapport avec le département de l’Aube. L’œuvre peut être un livre, une étude ou un mémoire récent », explique-t-on à la Société Académique de l’Aube. Seule limite, un auteur déjà récompensé par la société ne peut prétendre à un second prix. Les candidats doivent adresser un dossier complet comprenant leur « curriculum vitæ », l’état de leurs travaux et publications et la motivation au président de la Société Académique. Les ouvrages (manuscrits ou édités) présentés par les candidats seront fournis en quatre exemplaires, dont trois seront à la disposition des auteurs après délibération du jury. La date limite de réception des candidatures est fixée au 30 juin. Le prix sera décerné à la fin de l’année 2019 et remis en janvier 2020, à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de la Société Académique. Prix Arts et Belles-Lettres 2019 de Société Académique de l’Aube Dossier complet à adresser avant le 30 juin à : M. le Président de la Société Académique de l’Aube 1, rue Chrestien-de-Troyes 10 000 Troyes.