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VENDREDI
LE FAIT DU JOUR
2
3 MAI 2019
ÉCONOMIE
LES PLUS ET LES MOINS DU TOURISME DANS L’AUBE Par Willy BILLIARD
Tout faire pour que les visiteurs soient attirés par « la promesse de l’Aube ». La stratégie du comité départemental du tourisme a fonctionné en 2018 et doit continuer à aller encore plus loin.
LES PLUS
LES MOINS
5 % DE NUITÉES EN PLUS DANS L’AUBE EN 2018
LE TOURISME VERT DOIT GAGNER EN COHÉRENCE
900 000 NUITÉES C’est le principal chiffre à retenir du bilan de l’année 2018 dans l’Aube. Les hôteliers ont enregistré près de 900 000 nuitées marchandes, soit une augmentation de 5 % par rapport à l’année précédente. Cela fait notamment suite à un été décevant sur le plan national, mais qui ne s’était pas vérifié dans le département. Au niveau national, l’année 2018 (pourtant marquée par les grèves de la SNCF et d’Air France ainsi que par le mouvement des Gilets jaunes) a finalement enregistré une fréquentation record avec 438,2 millions de nuitées, soit 9 millions de plus qu’en 2017.
59,50 % C’est le taux d’occupation moyen dans les hôtels aubois alors que la moyenne régionale du Grand Est est légèrement inférieure à 59,38 %. Dans la région ont été comptabilisées 14,4 millions de nuitées, soit une hausse de 0,9 %. Là encore, l’Aube fait mieux en proportion.
1,45 JOUR C’est la durée moyenne de séjour dans l’Aube pour les touristes, sachant que la moyenne en France est de 1,8 jour. La stratégie de se lancer sur les courts-séjours semble porter ses fruits. À noter qu’avec l’ouverture dominicale accordée au centre de marques McArthurGlen à compter du 30 juin prochain, cette fréquentation pourrait encore progresser.
UN RÉSULTAT FINANCIER POSITIF
LE TOP DES SITES EN 2018 ● MacArthurGlen : 3 500 000 visiteurs (chiffres MacArthurGlen) ● Nigloland : 655 000 visiteurs ● Cathédrale de Troyes : 236 130 visiteurs ● Caves de champagne labellisées : 48 309 visiteurs ● Musée Camille-Claudel : 33 393 visiteurs ● ArkéAube : 25 956 visiteurs ● Château de Vaux : 23 500 visiteurs ● Abbaye de Clairvaux : 19 038 ● Du Côté des Renoir : 12 555 ● Musée Napoléon : 10 700
Le comité départemental du tourisme (CDT) de l’Aube se porte bien financièrement. Sur un budget avoisinant les 1,2 million d’euros, un petit excédent de 4 249,84 € a pu être dégagé, « après un petit déséquilibre en 2017 », selon la trésorière Danièle Boeglin. Audité par le bureau KPMG, le bilan financier a été validé sans réserve.
LES NOUVEAUTÉS 2019 Outre l’année Renoir (lire notre édition du 30 avril) et les animations autour d’ArkéAube, plusieurs nouveautés sont attendues cette année dont la majeure est « La guinguette M Beach », le projet d’animation estival à Mesnil-Saint-Père sur les mois de juin, juillet et août porté par Clément Meunier du café-théâtre Le Troyes Fois Plus à Troyes. À côté se posera le Beaver Aqua Park (un parc aquatique éphémère), la présentation du trésor des églises à Dienville, l’ouverture du prieuré de Viverie à Viviers-sur-Artaut (nouveau lieu œnotouristique, voir notre édition du 25 avril), l’ouverture de l’hôtel-club de la Forêt d’Orient (voir page 9)…
TOURISME VERT… VRAIMENT ? Comme le rappelle le président Didier Leprince, le CDT a décidé de s’investir dans le « slow tourisme », promouvoir les déplacements doux (randonnée, vélo…), la nature, l’authenticité des hommes et du territoire. Mais quid de l’investissement dans ce tourisme « lent » par les collectivités ? La question est soulevée par Christian Aubertin qui gère le Domaine de la Forêt d’Orient, situé dans un écrin de verdure à Rouilly-Sacey. Le chef d’entreprise regrette que ses clients soient obligés de systématiquement prendre la voiture pour sortir de son Domaine, du fait de l’absence de liaisons douces balisées et entretenues jusqu’aux sites remarquables (lac, Dosches…) près de chez lui. Une remarque partagée par beaucoup… mais qui n’a pas encore trouvé de réponses pour gagner en cohérence sur le tourisme vert.
À QUAND UN PLAN MARSHALL DE LA RANDONNÉE ? De ce point découle un autre : le balisage et l’entretien des chemins de randonnée. « On aide à l’entretien et à la création », se défend le Conseil départemental, arguant qu’il ne peut être moteur d’une compétence dévolue à d’autres collectivités. Néanmoins, une vraie question se pose : n’y a-t-il pas moyen d’harmoniser tous ces chemins (entretenus la plupart du temps par des bénévoles), de valider une signalétique commune et fiable et, in fine, trouver les moyens de bien les promouvoir (application ? guide ?…). À ce sujet, une grande réunion est prévue le 15 mai sous l’égide de la directrice du CDT, Christelle Taillardat.
L’AUBE NOYÉE DANS LE GRAND EST La présidente de la nouvelle agence régionale du tourisme Grand Est, Laurence Prévot, rappelle que ce nouvel organisme créé début février est destiné à promouvoir les cinq destinations du Grand Est (Alsace – Ardenne – La Champagne – Lorraine – Vosges) et que, pour 1 € mis sur la table par les professionnels du tourisme, la Région en met autant. Une campagne de promotion La Champagne a été lancée et chaque acteur de la zone d’appellation est invité à vanter ce nouveau label « La Champagne – historique et viticole ». Petit souci soulevé par Lise Patelli, la présidente de Troyes Champagne Tourisme : « On n’a qu’un petit strapontin au sein de la grande agence ». Autrement dit : l’Aube ne pèse pas grand-chose. Un siège pourrait donc être proposé aux Aubois dans les prochains mois.
L’AMBITION TEMPLIÈRE L’Aube devrait accueillir les 5 et 6 septembre prochain le premier rassemblement des sites templiers de France à Troyes. Comme le rappelle Gérard Ancelin, vice-président du Conseil départemental, « l’Aube est traversée par différents itinéraires : Napoléon, l’impressionnisme, la civilisation juive, la via francigena, le circuit des Québécois… » Sur les Templiers, le Département a réussi à placer l’Aube sur l’itinéraire européen.