elles participent déjà activement. Toutefois, comme l’a souligné le GIEC, arrêter les changements climatiques nécessite un effort collectif beaucoup plus important à tous les niveaux. Pour relever les défis évoqués ci-dessus, il est essentiel de tirer parti de l’innovation et des solutions proposées par les aires métropolitaines en partageant les connaissances et expériences qui contribuent à améliorer les politiques publiques. Toutefois, les modèles de gouvernance actuels réduisent la capacité des aires métropolitaines à apporter des solutions efficaces aux problèmes qu’elles rencontrent. Le potentiel de transformation de l’Agenda 2030 devrait permettre d’améliorer le processus d’élaboration des politiques au niveau métropolitain. Les recommandations suivantes sont fondées sur l’analyse des pages précédentes, sur la Déclaration de Montréal sur les aires métropolitaines pour Habitat III (octobre 2015) et sur les messages clés du rapport GOLD IV : Les systèmes de gouvernance métropolitaine sont, de fait, de plus en plus réformés et adaptés dans le monde entier. De nouveaux modèles de gouvernance plus inclusifs sont indispensables pour faire face à la complexité croissante des aires métropolitaines. Comme souligné dans les pages précédentes, bien qu’il n’existe pas de solution universelle, certains principes de base sont propices à une gouvernance métropolitaine collaborative et efficace : la démocratie locale comme base de la légitimité des institutions métropolitaines, des gouvernements locaux forts (décentralisation effective), une coopération multiniveaux basée sur le respect des principes de subsidiarité, des mécanismes participatifs solides et sensibles à la question du genre, ainsi que des ressources et instruments de financement adéquats. La perspective du genre doit également être intégrée à la conception, à l’exécution et à l’évaluation des politiques publiques. Un système de gouvernance métropolitaine équitable devrait encourager un développement polycentrique et équilibré afin de garantir l’inclusion de l’ensemble de la région métropolitaine, c’est-à -dire des villes centrales et périphériques. Les espaces métropolitains devraient en outre tenir compte de l’impact qu’ils peuvent avoir non seulement sur les villes périphériques, mais aussi sur les territoires environnants, sur leur arrière-pays ou sur les démarches territoriales au niveau national. Pour mettre en œuvre l’Agenda 2030 et le Nouvel Agenda urbain, il est essentiel de redéfinir ces relations et cette interdépendance dans le cadre d’une approche territoriale et urbaine systémique. Les démarches de financement traditionnelles doivent être repensées en profondeur afin de donner plus de pouvoir aux autorités métropolitaines pour qu’elles puissent faire face à la financiarisation et la marchandisation généralisées des biens publics urbains et des marchés immobiliers. Les métropoles doivent être en mesure de mobiliser les ressources locales, de recevoir des transferts suffisants et accéder à l’emprunt sur les marchés nationaux et internationaux afin d’investir dans les grandes infrastructures et les services, et de
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répondre aux défis de l’inclusion sociale et des changements climatiques. Cela leur donnerait les moyens de concilier les contraintes financières et l’impératif de développement durable à long terme, et de compenser les inégalités de richesse croissantes, tant entre les villes qu’en leur sein. Pour mieux répondre à l’Agenda 2030, à l’Accord de Paris et aux autres agendas mondiaux de développement, les aires métropolitaines devraient renforcer leur capacité à élaborer des plans stratégiques intégrés et participatifs alignés sur les cibles des ODD, et leur capacité à couvrir les différentes dimensions du développement urbain durable afin de construire des villes plus inclusives, résilientes et sûres. Les gouvernements des métropoles devraient passer d’un processus décisionnel sectoriel fragmenté à une démarche de planification stratégique pour l’ensemble de l’aire métropolitaine, qui tienne compte des tensions systémiques entre l’inclusion, les politiques environnementales, le développement économique et la résilience. Ils devraient renforcer la collaboration au sein des aires métropolitaines, ainsi qu’avec leurs zones périurbaines et leurs arrière-pays, afin de favoriser les synergies, de soulager les pressions de l’urbanisation et de réduire les impacts sur l’environnement. Comme le demande le Nouvel Agenda urbain, une planification urbaine inclusive devrait viser l’accès universel aux services de base et à un logement convenable, des quartiers compacts, multifonctionnels et socialement mixtes avec une bonne qualité de vie, des distances de déplacement réduites et des transports publics améliorés, des espaces publics accessibles et plus sûrs, un accès plus équitable aux services et infrastructures de base et des équipements culturels pour tous. Dans les pays en développement, les établissements informels doivent être reconnus et intégrés au tissu urbain, avec des politiques adéquates de reconnaissance du régime foncier et de réhabilitation des bidonvilles. Les politiques culturelles (notamment la protection du patrimoine, de la diversité et de la créativité) sont également un levier pour l’épanouissement des aires métropolitaines. La réalisation des agendas mondiaux nécessite des partenariats plus solides pour la coproduction de la ville. Afin de renforcer et d’autonomiser la participation des citoyens, les dirigeants métropolitains devraient soutenir une société civile organisée et mettre en place des espaces autonomes et des mécanismes diversifiés de participation à la prise de décision locale, tout en tenant compte de la protection des droits humains définis par l’ONU – le droit d’accéder aux services de base, l’égalité des genres, le droit à un logement convenable et la sécurité de l’usage du sol, une protection sociale adéquate, le respect des personnes migrantes, réfugiées et des minorités, des communautés sans violence, et la défense des droits numériques – et placer ainsi les principes du « Droit à la ville » au cœur de l’agenda urbain. Pour renforcer la capacité de coproduction à travers des pratiques participatives de planification, de présentation de rapports et de suivi, les gouver-
RAPPORT THÉMATIQUE GOLD V