donc renforcer la coopération entre les différents échelons de gouvernement de façon à favoriser la cohérence politique et garantir l’efficacité des politiques alignées sur les ODD. Cependant, le gouvernement métropolitain fournit au moins le cadre institutionnel nécessaire pour légitimer l’élaboration des agendas urbains. Séoul, la capitale de la République de Corée et l’une des huit collectivités locales de haut niveau du pays, classée comme « Ville spéciale », illustre clairement cette dynamique. Les réformes démocratiques menées en République de Corée dans les années 1990 ont conduit à la première élection municipale de Séoul en 1995. La ville mène des initiatives clés basées sur des processus participatifs de planification urbaine et de gouvernance pour atteindre un développement durable. C’est la seule aire métropolitaine de la région AsiePacifique qui tente d’atteindre les 17 ODD, mais pas toutes les cibles (voir le chapitre de GOLD V sur l’Asie-Pacifique, encadré 4). En réalité, le gouvernement métropolitain de Séoul ne couvre pas toute l’aire métropolitaine fonctionnelle. En revanche, le deuxième modèle de gouvernance métropolitaine, basé sur des agences métropolitaines sectorielles (et des services publics) qui gèrent ou planifient un seul service ou ont une seule mission (transports publics, environnement, police, etc.), peut être utile pour la mise en œuvre de l’un des Objectifs (par exemple la mobilité, l’eau et l’assainissement, etc.), mais sa principale faiblesse est qu’il ne propose pas de vision intégrée. La coordination avec d’autres agences et niveaux de gouvernement est essentielle pour compenser le travail sur un sujet unique, comme cela est pratiqué à Melbourne. Le Grand Melbourne est composé de trente et une municipalités hétérogènes en termes de superficie et de budget. Des initiatives ont été lancées aux niveaux des municipalités et de l’État pour localiser les ODD32. Dans le troisième modèle, basé sur la coordination verticale, les politiques métropolitaines ne sont pas menées par un organisme métropolitain mais par d’autres niveaux de gouvernement qui existent déjà (région, province, comté, etc.). La mise en œuvre des ODD dépend principalement des compétences et du financement de cet échelon de gouvernement (et de sa coordination avec les autres niveaux). La métropole de Lagos, située dans l’État de Lagos, dans le sud-ouest du Nigeria, en est un exemple. Elle comprend seize collectivités locales qui, avec quatre autres, forment l’État de Lagos. Le gouvernement de l’État a repris une grande part des responsabilités, et a mis en place onze agences pour assumer ces fonctions sur le territoire, contribuant à augmenter la fragmentation institutionnelle. Un projet de loi prévoit de créer une autorité de développement de la mégapole de Lagos afin de dépasser ces divisions sectorielles, mais cette intention ne s’est pas encore concrétisée33. Berlin fonctionne également selon un modèle de coordination verticale, qui s’est cependant avéré plus efficace. Avec 3,5 millions d’habitants, il s’agit à la fois d’un Land de la République fédérale d’Allemagne et d’une ville. Cela signifie que la Chancellerie du Sénat de
RAPPORT THÉMATIQUE GOLD V —— AIRES MÉTROPOLITAINES
Cette publication examine les différents types de gouvernance métropolitaine sous l’angle de la mise en œuvre des ODD.
l’État fédéral de Berlin est située dans l’hôtel de ville de Berlin et est le siège officiel du bourgmestre-gouverneur de la ville, qui a le même rang qu’un ministre-président. La ville-État de Berlin a plus de pouvoirs que les villes allemandes ordinaires. L’aire métropolitaine dépasse toutefois les limites administratives de la ville-État et comprend les municipalités environnantes de ce que l’on appelle la région métropolitaine de Berlin-Brandebourg, qui n’a aucune reconnaissance institutionnelle. C’est donc Berlin qui dirige le développement d’une vision métropolitaine34. Enfin, le quatrième modèle, moins institutionnalisé, est basé sur la coopération volontaire des municipalités, par le biais d’associations de municipalités ou d’une planification stratégique. Il s’agit d’une forme de gouvernance souple, où les acteurs peuvent participer à la mise en œuvre des ODD. Ce modèle est souvent utilisé pour rassembler tous les acteurs lorsque le niveau de fragmentation institutionnelle est élevé. Il est donc très ouvert aux autres acteurs publics et privés et aux autres parties prenantes. La ville de New York en est un exemple remarquable. Elle a été la première ville au monde à présenter à l’ONU un rapport sur ses efforts pour atteindre les objectifs mondiaux de lutte contre la pauvreté, les inégalités et les changements climatiques à l’horizon 2030. Les résultats que New York a obtenus en matière de développement durable depuis 2015 s’inscrivent dans le cadre du Plan stratégique OneNYC (voir le chapitre de GOLD V sur l’Amérique du Nord, encadré 1). Bien qu’il n’existe pas de solution universelle, des mécanismes de gouvernance métropolitaine adéquats peuvent contribuer à une vision intégrée du développement urbain durable, nécessaire à la mise en œuvre des ODD. Parallèlement, le paysage de plus en plus complexe des aires métropolitaines – mégapoles, régions urbaines et corridors urbains –, les défis posés par les ODD et les agendas mondiaux connexes, exigent de repenser les systèmes de gouvernance métropolitaine afin de mieux prendre en compte l’ensemble de la zone fonctionnelle urbaine et de surmonter la fragmentation institutionnelle, sociale et spatiale. Une gouvernance métropolitaine faible empêche les aires métropolitaines de remplir leur rôle de piliers du développement durable national.
21