en augmentation, plus particulièrement en Asie du Sud et du Sud-Est. Comme le mentionne le chapitre de GOLD V sur la région Asie-Pacifique, c’est en Asie que se trouvent plus de la moitié des villes les plus vulnérables face aux catastrophes naturelles, comme la montée du niveau des océans, conséquence directe des changements climatiques5. L’Amérique latine et les Caraïbes comprennent soixante-quatorze villes de plus d’un million d’habitants (46 % de la population urbaine) et six mégapoles. La sécurité dans les aires métropolitaines figure comme l’une des principales préoccupations de la région. Le rapport annuel sur les cinquante villes les plus dangereuses6 observe que la majorité d’entre elles se trouvent en Amérique latine, tandis que trois se situent en Afrique du Sud et quatre aux États-Unis. Les inégalités, les problèmes environnementaux et l’impact des catastrophes naturelles sont également en hausse dans les régions urbaines. Le Nouvel Agenda urbain vise à assurer un logement convenable et la sécurité d’occupation, particulièrement aux personnes vivant dans des bidonvilles, à promouvoir un urbanisme plus inclusif afin de réduire les espaces urbains segmentés caractérisés par des quartiers gentrifiés (communautés fermées, complexes d’appartements en copropriété, etc.) et des établissements informels (bidonvilles, favelas, villas miseria, etc.), et à promouvoir le Droit à la ville pour tous7. On prévoit que la population de l’Afrique aura plus que doublé en 2050 pour atteindre 2,5 milliards de personnes (25 % de la population mondiale)8. Dans ce laps de temps, la population urbaine triplera et passera d’environ 587 millions de personnes à environ 1,5 milliard9. La région comprend soixantehuit villes de plus d’un million d’habitants (37 % de la population urbaine) et cinq mégapoles. Les systèmes d’urbanisme n’ont pas beaucoup changé depuis l’époque coloniale, et malgré quelques efforts de réforme, de nombreux plans directeurs sont obsolètes ou ne sont pas appliqués10. En outre, la croissance économique ne crée pas assez d’opportunités d’emploi dans le secteur formel urbain, c’est pourquoi les taux de chômage et d’activités informelles tendent à être élevés dans les régions urbaines, particulièrement pour les jeunes. On observe des difficultés à contrôler le rythme de la croissance de la population urbaine, qui a contribué à l’essor d’établissements informels où l’accès aux services de base est limité. La proportion de personnes vivant dans des établissements informels représente entre 40 % et 58 % de la population urbaine11. Les villes sont également confrontées à la dégradation et aux risques environnementaux dus aux inondations, ouragans, etc.12 Les pays du Nord (l’Europe, Russie comprise, et l’Amérique du Nord) comptent cent onze villes de plus d’un million d’habitants, dont quatre mégapoles. En Europe, comme énoncé dans l’Agenda urbain pour l’Union européenne adopté à Amsterdam en mai 2016, les questions d’inclusion sociale et de durabilité sont au centre des priorités dans les zones urbaines. Quatre sujets spécifiques considérés comme essentiels ont été mis en avant : a) l’envi-
RAPPORT THÉMATIQUE GOLD V —— AIRES MÉTROPOLITAINES
ronnement (atténuation du changement climatique et adaptation à ses effets, vieillissement et densification des infrastructures) ; b) compétitivité (emplois et nouvelles technologies, compétitivité territoriale innovante) ; c) transports et énergie (mobilité, réduction de la pollution et efficacité énergétique) ; d) cohésion sociale et territoriale (migrations et personnes réfugiées, participation sociale)13. La gentrification est également devenue un problème important dans les aires métropolitaines européennes, car elle influence le prix des logements à l’échelle métropolitaine. En Amérique du Nord, les aires métropolitaines sont confrontées à cinq grands défis en matière de développement durable : a) la fragmentation institutionnelle au sein des différentes régions et entre elles, qui empêche la coordination métropolitaine ; b) l’obsolescence technologique (les infrastructures d’énergie, de transport et d’approvisionnement en eau sont anciennes et doivent être renouvelées) ; c) la conception actuelle de l’utilisation des sols, des transports et du logement, axée sur la voiture ; d) l’absence d’un cadre national pour la mise en œuvre des Objectifs de développement durable et des stratégies de réduction du carbone, laissant aux niveaux de gouvernement inférieurs (États fédérés et municipalités) le soin de prendre l’initiative en matière de développement durable : e) l’inégalité des revenus et la précarité du logement dans les grandes aires métropolitaines (aux États-Unis, par exemple, bien qu’ils soient l’un des pays les plus riches de la planète, la pauvreté infantile est de 22 %)14. Enfin, l’une des autres problématiques importantes dans les grandes villes du monde entier est l’impact de la technologie. Premièrement, l’utilisation efficace de la technologie dans le cadre du paradigme des « villes intelligentes » : reconnaître que l’information et les données sont un bien commun, mais également respecter les droits des citoyens à la vie privée, à la liberté d’expression et à la démocratie, ce que de nombreuses villes font déjà 15. Deuxièmement, l’impact de l’économie partagée dans les villes, plus particulièrement dans les secteurs tels que le tourisme et l’e-commerce, est un défi qu’il sera important de surveiller16. L’un des principaux objectifs de cette publication est d’illustrer les effets de la gouvernance métropolitaine sur la mise en œuvre des ODD17. La deuxième partie passe en revue les principaux défis, comme la fragmentation institutionnelle et la nécessité d’une gouvernance multiniveaux coordonnée, tandis que la troisième partie examine comment les aires métropolitaines mettent en œuvre les ODD. Les deux parties présentent des exemples de réformes, d’expériences positives et moins positives observées dans le monde entier. Enfin, ce rapport thématique se conclut par des recommandations politiques.
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