"Genève, fière de son histoire LGBTIQ+"

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Genève, fière de son histoire LGBTIQ+

© David Wagnières

Exposition rétrospective er 1 juillet au 11 août 2019 Parc des Bastions

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Genève, fière de son histoire LGBTIQ+ Genève a été, dès le début des années 1970, le théâtre d’engagements et de luttes pour les droits et la visibilité des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Trans*, Intersexes et Queers (LGBTIQ). Les actions de l’époque, émanant de mouvements tels que le Groupe Homosexuel de Genève, le Mouvement de Libération des Femmes, Vanille-Fraise ou encore le Centre Femmes, comme celles déployées aujourd’hui encore par les associations et collectifs genevois, ont profondément marqué l’histoire de notre ville et contribué à ce qu’elle est. Partout dans notre commune, les mobilisations LGBTIQ+ ont en effet laissé une empreinte, que ce soit dans l’espace public, festif, associatif, politique ou humanitaire. Elles ont aussi durablement modifié les institutions municipales et cantonales, comme la Genève internationale, en tissant très tôt des liens avec des mouvements hors des frontières suisses. Elles ont © Niels Ackermann – Lundi13

contribué enfin à faire de Genève une ville pionnière dans la lutte contre les discriminations et pour le respect et la promotion des droits humains. Sandrine Salerno, Maire de Genève

Au moment d’accueillir pour la quatrième fois la Pride romande, qui est née ici, en 1997, la Ville de Genève a souhaité, par cette exposition, contribuer à rappeler la riche histoire LGBTIQ+ locale. A travers les photos et documents d’archive qu’elle a pu rassembler, elle rend ainsi hommage aux militantes et aux militants, aux pionnières et aux pionniers, aux personnalités comme aux anonymes qui, individuellement ou collectivement, se sont battu-e-s pour une société plus ouverte, plus juste, et, de fait, plus durable. Cette exposition s’inscrit dans le large programme événe­ mentiel mis en place par la Ville de Genève tout au long de l’année 2019. Baptisée «  Mémoires LGBTIQ+  », cette campagne vise à rappeler aux Genevoises et aux Genevois ce qu’elles et ils doivent aux luttes LGBTIQ+ et combien il est de notre responsabilité collective de contribuer à la préservation de leur mémoire. A insister aussi sur le fait que l’histoire LGBTIQ+ fait partie de notre histoire commune  ; et qu’elle fait la fierté de Genève.

Genève, fière de son histoire LGBTIQ

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1972 © DR – Lestime

Au sein du Mouvement de Libération des Femmes de Genève (MLF) s’engagent de nombreuses lesbiennes dont les sections

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porteront plusieurs noms  : Groupe Lesbien

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Genevois, Sappho s’en fout, Sappho

Les Bals des chattes sauvages, fêtes organisées par les lesbien­ nes genevoises, donneront leur nom au documentaire de Véronika Minder sur cent ans de culture lesbienne. 1

l’faire... En juin 1972, elles publient un tract sur l’homosexualité intitulé Hétéros, on est navrées de vous gêner. Les lesbiennes considèrent en effet qu’elles ne sont pas

Le collectif Sappho s’en fout, des lesbiennes genevoises qui réclament plus de visibilité au sein du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) dès 1972, s’exprime dans la publication collective réalisée par des femmes genevoises L’Echapée belle (1979). 2

suffisamment prises en considération au sein du MLF et dénoncent un manque de solidarité. En 1977 est créé le Centre Femmes Natalie Barney, en hommage à la militante et écrivaine américaine. L’espace du Boulevard Saint-Georges est investi par les féministes lesbiennes, dont le collectif politique Vanille© DR – Lestime

Fraise, et sera le haut lieu des fameux Bals des Chattes Sauvages. Après plusieurs déménagements qui écorneront cette

En 1979, des femmes de Genève réalisent un manuel pratique à l’intention des femmes, hétéro- ou homo­ sexuelles. Des conseils face à la police, aux juges, aux agresseurs… 3

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Christiane Parth, une militante graphiste, réalise le logo du Centre Femmes Natalie Barney. 4

fantastique dynamique, le Centre Femmes deviendra, en 2002, Lestime, installée aux Grottes. Carole Roussopoulos réalise un film sur l’association en 2003, intitulé

Le Centre Femmes Natalie Barney publie une brochure d’information. Ici la couverture d’un exemplaire de 1999. 5

Qui a peur des amazones  ?. Elle célébre ainsi plusieurs décénnies d’engagement pour les droits des lesbiennes, leur repré­

© DR – Lestime

sentativité et leur visibilité, tant au sein des mouvements féminins et féministes,

© DR – Lestime

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© Christiane Parth – Lestime

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© DR – Lestime

que des communautés LGBTIQ+.

Le Centre Femmes Natalie Barney fête ses 10 ans dans ses locaux au Boulevard Saint-Georges, avant de déménager à Champel, avenue Peschier, pour terminer son histoire en périphérie genevoise, au Lignon. 6


© GHOG – DR

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1973 Au début de l’année 1973 est fondé à Genève un Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR), en référence au groupement parisien. D’abord mixte, réunissant des militant-e-s

Groupe Libertaire Homosexuel de Genève (GLHOG), exclusivement masculin. Mais c’est véritablement à partir de 1978 qu’un groupe saura donner une grande visibilité

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à la cause homosexuelle masculine  : le Groupe homosexuel de Genève (GHOG).

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La pétition du GHOG (Groupe homosexuel de Genève) contre le certificat de «  bonne vie et mœurs  », déposée en décembre 1979, a recueilli 4  000 signatures. Elle sera toufefois classée sans suite par le Grand Conseil genevois. 1

Cette association s’engage notamment, avec d’autres, contre le certificat de «  bonne vie et mœurs  » exigé pour exercer certaines professions, à commencer par celles de la fonction publique, et qui s’avère

Affiche du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR) et du Groupe Libertaire Homo­ sexuel de Genève (GLHOG), dénonçant le sexisme empreint d’homophobie d’une «  humeur  » parue dans le journal La Suisse en 1975. 2

un outil législatif de discrimination envers les personnes homosexuelles, alors qu’il n’y est fait aucune mention explicite de l’homosexualité. Le GHOG lance en juin 1979 une pétition demandant l’abrogation de cette

Affiche contre le certificat de «  bonne vie et mœur  s» en 1978. 3

disposition cantonale qui reccueille près de 4  000 signatures. Malgré ce succès, la pétition

Article paru dans le Journal de Genève, le 3 juin 1980. 4

© DR – Archives Le Temps

sera classée sans suite par le Grand Conseil

© Claude Ruet – Dialogai

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Le manuel pratique L’Echappée belle, écrit et réalisé par des femmes de Genève, revient sur le certificat de «  bonne vie et mœurs  », en 1979. 5

© DR – Lestime

genevois.

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© DR – Fonds Halosis/Bibliothèque de Genève

des collectifs séparés tels que, en 1975, le

© DR – Fonds Halosis/Bibliothèque de Genève

gays et lesbiennes, il laissera la place à

Une fête du Groupe homo­ sexuel de Genève (GHOG) en juin 1980. 6


© DR – Jean-Pierre Sigrist

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1978

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Première intervention marquante et commune, réunissant notamment le Groupe homosexuel de Genève (GHOG) et le Groupe des © Corbis – Festival Everybody’s Perfect

lesbiennes de Genève (GLG), le festival de films Cinéma et homosexualité s’est tenu du 31 octobre au 19 novembre 1978 au Centre d’Animation Cinématographique de Voltaire (C.A.C. Voltaire), avec l’appui de son directeur, Rui Nogueira. La question de l’homosexualité

Le tract d’annonce du festival de 1978 à la sauce du Groupe homosexuel de Genève (GHOG): piquante et impertinente. 1

Affiche de la première édition du festival Everybody’s Perfect en 2010. 2

Annonce dans le Journal de Genève du festival Cinéma et homosexualité, parue le 30 octobre 1978, avec un extrait de la programmation. 3

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est portée sur la place publique genevoise à travers de nombreux films, souvent inédits,

En 2003, Dialogai organise un Festival du film Gai et Lesbien de Genève, également au C.A.C Voltaire qui avait accueili le festival de 1978. 4

qui abordent les homosexualités masculine et féminine et mettent en évidence leurs enjeux. En 2003, Dialogai propose à son tour © GHOG – Jean-Pierre Sigrist

un Festival du film Gai et Lesbien de Genève, toujours au C.A.C. Voltaire. Quarante ans plus tard, le festival Everybody’s Perfect est créé en hommage au festival de 1978, toujours

© DR – Archives Le Temps

en 2010, il est devenu au fil des années un rendez-vous incontournable dans le paysage

© Dialogai

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© DR – Archives Le Temps

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Cinémas du Grütli. Depuis cette renaissance

Genève, fière de son histoire LGBTIQ

Le festival Cinéma et homosexualité n’a pas plu à certain-e-s député-e-s du Grand Conseil. Article paru dans le Journal de Genève le 20 décembre 1978. 6

avec l’équipe du C.A.C. Voltaire, rebaptisé les

culturel genevois.

L’affiche du festival Cinéma et homosexualité de 1978, projet proposé par des groupes gays et lesbiens de Genève et Lausanne. 5


© DR

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1979

Sur ce montage de 1989, réalisé en hommage à une militante décédée, on reconnaît plusieurs actions et manifesta­ tions des lesbiennes genevoises dans les années 1970 et 1980. 1

Le n°3 de Clit007 (mai 1982) annonce la météo pour la Goudou-Manif. Le journal Clit007 n°4 de septembre 1982 fait sa revue de presse de la Goudou-Manif. 3

© Clit007 – www.clit007.ch

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Autocollant de la GoudouManif de 1982. 4

Appel à la Goudou-Manif par le collectif Vanille-Fraise, publié dans Clit007 (n°3, mai 1982). 5

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Le Journal de Genève du 24 mai 1982 revient sur la Goudou-Manif, organisée par Vanille-Fraise.

à partir de la fin des années 1970 à Genève.

négation en n’osant participer qu’aux

Le Groupe homosexuel de Genève (GHOG)

manifestations féministes ou homosexuelles

s’affiche déjà en 1979 dans le cortège du

mixtes  », affirme Vanille-Fraise, le groupe des

1 mai, première manifestation publique

lesbiennes de Genève, dans le n°  3 de leur

d’homosexuels à Genève, avec un slogan

magazine Clit007. Le jour J, elles seront plus

qui marque les esprits  : «  40  h d’amour par

d’une centaine à défiler, venues de toute la

semaine  : un minimum  !  ». Suite à l’homo-

Suisse mais aussi de France et d’Allemagne,

manif du 4 juillet 1981 à Lausanne, l’idée naît

avec ce slogan en ouverture de cortège,

d’une manifestation ne rassemblant que

que l’on retrouve aussi sur le logo du Centre

des femmes lesbiennes: la Goudou-Manif.

Femmes Natalie Barney  : «  Hors de la nuit

Elle aura lieu le 22 mai 1982, à 14  h  30 au

des normes, hors de l’énorme ennui  !  »

départ de la Place des Alpes à Genève.

© Clit007 – www.clit007.ch

D’autres manifestations de femmes lesbiennes vont suivre celle de 1982, comme celle de mars 1986 en soutien au droit d’asile pour les lesbiennes de tous les pays (Clit007, n°21, décembre 1986).

«  Nous ne voulons plus renforcer notre

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La lutte prend de plus en plus d’ampleur

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© Clit007 – www.clit007.ch

© Clit007 – www.clit007.ch

Inscrit dans un activisme révolutionnaire, le Groupe homosexuel de Genève (GHOG) participe au défilé du 1er mai 1979 avec un slogan bien à lui. 8

-Manif – Sophie u o d Me ou yer G ©

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© Archives Le Temps

© La Suisse

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© DR

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1980 5

Très vite, les communautés gay et lesbienne se sont saisies des moyens de communication le Groupe homosexuel de Genève (GHOG) lance son manifeste dans l’émission «  L’Antenne est à vous  » de la Télévision suisse 4

romande. Ce film-tract dénonce, de manière

© GHOG – Dialogai

© Clit007 – www.clit007.ch

© Clit007 – www.clit007.ch

et d’expression libres. Ainsi, en février 1980,

à la fois provocante, inventive et poétique, les discriminations dont les homosexuel-le-s font l’objet. Le 8 avril 1981, la première

«  Sappho revient  », le titre d’une émission radio pirate assurée par les lesbiennes genevoises sur Radio Pleine Lune. 1

émission de radio pirate du collectif lesbien Vanille-Fraise, «  Sappho revient  », est diffusée © Clit007 – www.clit007.ch

Couverture du numéro zéro du journal Clit007  : Concentré Lesbien Irrésistiblement Toxique, paru en juillet 1981. 2

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par la radio féministe Radio Pleine Lune. En juillet de la même année, le collectif lance le numéro zéro de son périodique lesbien, politique et féministe, intitulé Clit007  :

L’édito du n°13 de Clit007 (décembre 1984) annonce la reprise du secrétariat tournant de l’International lesbian information service (ILIS) par le collectif lesbien genevois Vanille-Fraise. 4

En 1980, le GHOG distribue un flyer invitant à regarder son film-tract à la Télévision Suisse romande. 5

Tous les mercredis, de 1981 à 1984 environ, des femmes lesbiennes prennent le contrôle de la radio pirate Radio Pleine Lune. 6

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Concentré lesbien irrésistiblement toxique. Premier journal lesbien francophone, il se focalise sur le vécu des lesbiennes avec une touche résolument politique et humoristique, tout en étant tourné vers l’international. 21 numéros seront édités jusqu’en 1986.

© DR

La couverture du n°9 de Clit007 (décembre 1983) illustre la perspective internationale du journal et des mouvements lesbiens. 3


© Dialogai

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1982 2

Suite à la diffusion du film-tract du Groupe homosexuel de Genève

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(GHOG) en 1980 sur la Télévision suisse romande, le collectif reçoit de nombreux courriers d’homosexuels en détresse. Ces lettres seront à l’origine de la création de Dialogai, en 1982. Initialement investie dans la visibilité et le soutien des hommes gays, l’association sera très © Dialogai – Fonds Bibliothèque de Genève

vite rattrapée par l’épidémie du VIH/sida et deviendra la première antenne homosexuelle de l’Aide Suisse contre le Sida (ASS), qu’elle aura contribué à fonder en 1985. La même année, Dialogai reçoit sa première subvention pour son travail de prévention sida. Véritable spécialiste de la santé globale des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), Dialogai lance en 2005 le premier Checkpoint de

En 2012, Dialogai Genève fête ses 30 ans et affiche son engagement aux Bains des Pâquis. 1

Suisse. C’est également de Genève que le Professeur Bernard Hirschel, pionnier de la lutte contre l’épidémie et proche de Dialogai, initie le 1 décembre 2007, la «  Déclaration suisse  », première communication er

La campagne d’affiches de Dialogai de 2004 place l’amour homosexuel au cœur de la cité, non sans provoquer de vives réactions. 2

sont plus infectieuses (Indétectable = Intransmissible). © Dialogai – Jean-Pierre Sigrist

Le calendrier élaboré à l’occasion des 25 ans de Dialogai rend hommage à ses fondateurs. 3

officielle indiquant que les personnes séropositives sous traitement ne

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En 1996, Dialogai s’installe dans de nouveaux locaux mieux adaptés à ses nombreux engagements. 4

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Le 1er décembre 1991 à Genève, a lieu la première marche pour la Journée mon­ diale contre le sida. Dialogai dénonce les discriminations des personnes séropositives, notamment face aux compa­ gnies d’assurance.

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© Dialogai

© Philippe Christin – Dialogai

Couverture du DialogaiInfos de septembre 1985. 7

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© Dialogai

Dialogai est en première ligne dans la lutte contre le sida et obtient des fonds pour la prévention dès 1985. 6

© Philippe Christin – Dialogai

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© Chez Brigitte

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© Chez Brigitte

© Chez Brigitte

© Chez Brigitte

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1994 © Le Barbie

En 1994, un groupe d’amis investit un bâtiment inoccupé de la rue Prévost-Martin  : Chez Brigitte, le premier et seul squat queer © Chez Brigitte

© Tribune de Genève

de Suisse voit le jour. Cet espace naît d’une farouche volonté de mélanger les genres à une époque où les lieux publics et le tissu associatif étaient encore très

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cloisonnés. Ce squat et ses soirées auront marqué durablement la vie festive, culturelle et militante de Genève et sa région, aux côtés d’autres lieux emblématiques comme La Bretelle, Le Barbie, Le 2e Bureau, La Terrasse

La façade du squat Chez Brigitte, au 12 rue Prévost-Martin. 1

La robe était incontournable chez Brigitte, même pour la vaisselle. 2

La fête bat son plein devant le squat Chez Brigitte. 3

La Tribune de Genève annonce le premier squat «  gay  » de Suisse  ! 4

d’été, L’Usine et ses thés dansants ou encore Artamis. Chez Brigitte fermera ses portes

Quelques membres du squat Chez Brigitte. 5

en septembre 2002 pour des raisons de salubrité. Ses occupant-e-s avaient déjà dû renoncer depuis quelques années à accueillir

Greta Gratos (au milieu), figure des milieux alternatifs genevois, fréquentait Chez Brigitte. 6

le public, les soirées étant la cible de violences

© Archives Le Temps

homophobes régulières.

Un article du Nouveau Quotidien (18 novembre 1997) insiste sur la dimension culte des fêtes de Chez Brigitte. 7

Le Barbie, bar myhique pour les personnes LGBTIQ+ dans les années 1990 à Genève. rigitte © Chez B

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© Didier Ruef

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1997 © Isabelle Meister

La première Pride romande se déroule à Genève le 5 juillet 1997, héritière des premières manifestations de visibilité gay et lesbienne qui avaient eu lieu à Lausanne et Genève dès les années 1980. Née dans la cuisine © Chez Brigitte

du premier et seul squat queer de Suisse, Chez Brigitte, l’idée de cette Marche des fiertés se concrétisera en un rassemblement

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La première Marche des fiertés, à Genève, en 1997, une touche d’humour dans les slogans. 1

Le squat Chez Brigitte est à l’initiative de cette première pride romande à Genève en 1997. 2

militant et festif de 1  000 à 2  000 personnes. Héritages de cette folle aventure, l’Association 360, ainsi que les fêtes et le magazine du

La première Pride romande à Genève en 1997, un «  heureux événement  » pour beaucoup. 3

même nom, sont créées l’année suivante. © Ester Paredes

L’Association 360 instaure dès ses débuts un groupe de parole et de soutien pour les

Le premier numéro du magazine 360° se plonge dans les préparatifs de la deuxième Marche des fiertés romande, qui eut lieu à Lausanne en 1998. 4

personnes trans*. S’ensuivront le groupe

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Homoparents (2001), le groupe des gays seniors Tamalou et le service juridique (2003), le groupe Bi (2005) et le groupe des femmes

Le groupe Trans de l’Asso­ ciation 360 défile lors de la Pride romande de 2011 à Genève. 5

aînées Babayagas (2018).

Un couple de femmes lesbiennes, à la première Marche des fiertés, Genève 1997.

© 360°

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Le premier flyer du groupe Homoparents de l’Association 360, en 2001.

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© Didier Ruef

© Association 360

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© Law Clinic

2001

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Au début des années 2000, des avancées législatives pour les personnes LGBTIQ+ sont lentement mises en place en Suisse et à Genève. Pionnier, le Grand Conseil du

© Julien Gregorio – Ville de Genève

le partenariat cantonal qui permet une union civile pour tous les couples, sur le modèle © Éric J. Aldag

français. Quatre ans après, 215 partenariats ont été signés par des couples de même sexe. En 2005, la loi fédérale sur le partenariat est adoptée par le peuple suisse, réservée cette

© Centre Femmes Natalie Barney – Lestime

Canton de Genève adopte, le 15 février 2001,

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fois aux couples de même sexe. En 2012, la nouvelle Constitution genevoise, acceptée

La brochure Droits des personnes LGBT éditée par la Law Clinic, une formation de l’Université de Genève qui aborde les droits humains dans une perspective pratique et veut informer des populations spécifiques sur leurs droits. 1

à plus de 54 %, remplace celle de 1847 et précise, pour la première fois en Suisse, que « Nul ne doit subir de discrimination du fait notamment [...] de son orientation sexuelle ». Les associations, entre autres, se seront

Les deux premiers couples de même sexe genevois reconnus par la Chancellerie d’Etat du Canton de Genève en 2001. 2

battues en vain pour que figure également l’identité de genre. En 2017, l’élargissement de la loi sur l’adoption au niveau national © www.votations.ch

permet aux personnes partenariées ou en concubinage d’adopter l’enfant de leur partenaire, au même titre que les personnes mariées. Face à ces progrès, mais aussi

Le Centre Femmes Natalie Barney soutient le projet de loi sur le partenariat genevois et offre ses conseils aux député-e-s qui s’apprêtent à voter le texte. 4

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aux manques persistants et aux difficultés rencontrées par les personnes concernées, la Law Clinic de l’Université de Genève

En 2005, la population suisse accepte à 58 % la loi fédérale sur le partenariat enregistré entre personnes de même sexe. Genève l’accepte à 61,7 %. 5

édite en 2018 une brochure pratique sur les Droits des personnes LGBT. Aujourd’hui,

l’instauration du mariage et de la filiation égalitaires, afin de garantir les mêmes droits pour tous les couples et toutes les familles.

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© Pink Cross – Dialogai

la mobilisation continue, tant à l’échelle locale que nationale, notamment pour

Marguerite Contat-Hickel, co-présidente de l’Assemblée constituante genevoise, prend la parole lors de la Pride romande 2011. 3

Le « PACS » genevois, premier du genre en Suisse, au cœur de la revue de presse GayLesbienne de l’association nationale Pink Cross. 6


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© Lestime

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© Bart van Poll – CC BY-SA 2.0

2005

Catherine Gaillard, ancienne présidente de l’association, lors de l’anniversaire des 15 ans de Lestime en 2017. 1

La cour de l’Hôtel de Ville de Genève. La représentation politique des personnes LGBTIQ+ permet notamment de fournir des rôles-modèles aux jeunes générations. 2

Catherine Gaillard, ici aux côtés de Didier Bonny, s’exprime en ouverture de la Pride romande 2011 à Genève en tant que co-présidente de la Fédération genevoise des associations LGBT.

En 2005, la militante lesbienne et présidente

‘ Il me semblait que la terre n’aurait pas été

de Lestime, Catherine Gaillard, accède à

habitable si je n’avais eu personne à admirer ’.

la plus haute et prestigieuse fonction du

[…] C’est pour cela qu’il m’a semblé important

Conseil municipal de la Ville de Genève,

de rappeler qui j’étais aujourd’hui, non pas

la présidence. Elle avait été élue conseillère

par provocation, mais simplement pour dire

municipale deux ans auparavant, aux

aux femmes et aux hommes homosexuel-le-s

côtés de sa compagne Gisèle Thiévent et

que nous avons un devoir de visibilité vis-à-vis

d’autres militant-e-s LGBTIQ+. Elle dénonce

des plus jeunes ou des plus désespéré-e-s.

le sexisme et l’homophobie dans un discours

[…] » La même année, Catherine Gaillard est

d’investiture très engagé : « Parce qu’il y a

candidate au Grand Conseil genevois, sur

peu ou pas de modèles d’identification,

une « liste rose » fortement soutenue par

de ces images que la société nous renvoie

le milieu associatif. Elle deviendra, en 2008,

et qui sont indispensables à la construction

la première co-présidente de la Fédération

de notre identité. Simone de Beauvoir, dans

genevoise des associations LGBT aux côtés

Les mémoires d’une jeune fille rangée, écrit :

de Philippe Scandolera.

3

3

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La Tribune de Genève annonce l’accession de Catherine Gaillard à la présidence du Conseil Municipal de la Ville de Genève. 4

En 2005, les associations LGBTIQ+ soutiennent une « liste rose » lors des élections au Grand Conseil genevois.

© Tribune de Genève

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© Dialogai – Lestime – Pink Cross – LOS

© Julien Gregorio – Ville de Genève

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© Bettina Jacot-Descombes – Fédération genevoise des associations LGBT

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2008

© Ester Paredes – Fédération genevoise des associations LGBT

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En réponse aux affiches insultantes de l’UDC

aux Assises contre l’homophobie de 2009

Genève apparues durant la campagne

et 2011, en mettant en place un programme

genevoise pour l’égalité de traitement entre

de sensibilisation dans les écoles genevoises,

couples mariés et partenariés en 2007

avec le soutien du Département de

(finalement acceptée à 83  %), les associations

l’instruction publique (DIP). Dix ans plus

LGBTIQ+ genevoises se constituent en

tard, en 2018, la Fédération romande des

fédération en mars 2008. Cette nouvelle

associations LGBT voit le jour dans la

organisation s’engage notamment auprès

perspective de mieux soutenir le processus

des jeunes, en reprenant et développant le

d’ouverture du mariage aux couples de

groupe Totem de Dialogai et, suite

même sexe.

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4

Didier Bonny et Lorena Parini, co-président-e-s de la Fédération genevoise des associations LGBT, sont réélu-e-s pour un 4e mandat en 2018. 1

En 2011, Catherine Gaillard et Philippe Scandolera, coprésident-e-s de la Fédération genevoise des associations LGBT, ouvrent la journée de suivi des premières Assises contre l’homophobie. 2

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Totem, le groupe jeunes de la Fédération, fête ses 10 ans en 2018. © Didier Bonny – Fédération romande des associations LGBT

3

L’idée d’une Fédération genevoise des associations LGBT, née lors de la préparation de la Pride romande à Genève en 2004, se concrétise en 2008. 4

La toute nouvelle équipe de la Fédération romande des associations LGBT, fondée le 1er septembre 2018 à Lausanne, avec notamment ses co-prési­ dent-e-s Didier Bonny (au centre) et Maya Burkhalter (à sa droite). 5

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© DR

Les affiches diffamatoires contre les couples partenariés apparues en 2007 confortent les associations LGBT de Genève dans le projet de s’unir pour pouvoir réagir plus rapidement et plus efficacement à de telles agressions. 6

© Bettina Jacot-Descombes – Totem/Fédération genevoise des associations LGBT

5


© Ester Paredes – Fédération genevoise des associations LGBT

2009

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© Ester Paredes – Fédération genevoise des associations LGBT

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Les premières Assises contre l’homophobie à Genève ont lieu en 2009, à l’appel de la Fédération genevoise des associations LGBT. Pendant deux jours, expert-e-s, professionnel-le-s et militant-e-s de Genève © Irina Popa – Fédération genevoise des associations LGBT

et de l’étranger se réunissent à Uni Mail pour faire un état des lieux des discriminations envers les jeunes, notamment dans l’édu­ cation, et réfléchir aux moyens d’y faire face. Interpellées, les institutions publiques s’engagent à mettre en place des politiques

de Genève y annonce la création d’un poste dédié aux questions LGBTIQ+ au sein de son administration. Le Département de l’Instruction Publique (DIP) de l’Etat de Genève travaille à un plan d’action dans les écoles. En 2014, de nouvelles assises questionneront l’inclusion des personnes LGBTIQ+ dans les milieux professionnels.

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En 2014, de nouvelles Assises questionnent l’homophobie et la transphobie dans le monde du travail, coordonnées par Chatty Ecoffey (au centre) et Delphine Roux (à droite), avec la participation de Caroline Dayer, chercheuse, auteure et formatrice. 2

© Steeve Iuncker/Chatty Ecoffey – Fédération genevoise des associations LGBT

de suivi fait le point sur les avancées et la Ville

4 © Ester Paredes – Fédération genevoise des associations LGBT

spécifiques. Deux ans plus tard, une journée

Les Assises contre l’homo­ phobie de 2009 ont réuni plus de 600 personnes sur deux journées de conférences, table-rondes et ateliers. 1

Action J’interAgis de LGBT Youth Suisse lors de la journée de suivi des Assises, en 2011. 3

En 2011, a lieu une journée de suivi des Assises de 2009, afin de présenter et discuter les mesures mises en place dans l’intervalle. 4

L’affiche des premières Assises contre l’homophobie à Genève. 5


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© Patrick Lopreno – Ville de Genève

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© Patrick Lopreno – Ville de Genève

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4

En 2011, l’affiche du Prix Martin Ennals est présente dans les rues de Genève (ici le Palais Eynard) et sur les chars de la Pride romande. 1

2011 une personne LGBTIQ+, la militante lesbienne ougandaise Kasha Jacqueline Nabagesera.

© Robin Hammond – Panos for TIME

Prix Martin Ennals des droits humains honore

© Patrick Lopreno – Ville de Genève

Pour la première fois en 2011, le prestigieux

5

Kasha Jacqueline Nabagesera fait la couverture du Time Magazine en 2015 pour sa lutte contre les lois anti-LGBTIQ+ en Afrique.

salue la mémoire de son collègue David Kato, assassiné suite à la publication d’une «  liste d’homosexuels  » par un tabloïd ougandais

Kasha Jacqueline Nabagesera lors de la remise du prix, entourée par Kyung-Wha Kang, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Sandrine Salerno, Conseillère administrative de la Ville de Genève en charge de l’Egalité et de la Diversité et Hans Thoolen, secrétaire de la Fondation Martin Ennals. 5

appelant à leur pendaison, dans laquelle ellemême figure. Quelques mois plus tôt, la Pride romande, pour la troisième fois à Genève, s’associait au Prix Martin Ennals et dénonçait

Salvador, est sélectionnée parmi les finalistes du Prix Martin Ennals. Menacée de mort dans son pays suite à cette nomination, elle est contrainte de demander l’asile politique en Suisse.

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© Patrick Lopreno – Ville de Genève

les LGBTIQ+phobies dans le monde, tout En 2017, Karla Avelar, activiste transgenre du

Kasha Jacqueline Nabagesera, fondatrice de Freedom and Roam Uganda, reçoit le Prix Martin Ennals 2011. 3

4

Elle reçoit son prix à Genève et, très émue,

en réclamant les mêmes droits en Suisse.

Karla Avelar lors de la remise du Prix Martin Ennals 2017 à Genève. 2


En 2013, la Ville de Genève lance sa

les Genevoises contre les discriminations,

première campagne contre l’homophobie

tout en valorisant le travail des associations

et la transphobie. Ces campagnes marquent

locales et internationales. En 2013, la première

depuis, chaque année, la Journée internatio-

campagne met en avant le projet J’InterAgis

nale contre l’homophobie et la transphobie

de l’organisation LGBT Youth Suisse, qui

du 17 mai. Elles abordent à chaque édition

invite la population à afficher son engage-

une thématique différente à l’aide d’une

ment contre l’homophobie et la transphobie

campagne d’affiches et d’autres actions

et à ouvrir le dialogue.

© Mauranne Di Matteo – Ville de Genève

2013

1 4

visant à sensibiliser les Genevois et

2

3 © David Wagnières – Ville de genève

La campagne de 2018 met à l’honneur les témoignages et les parcours de vie des aîné-e-s LGBTIQ+. 1

La première campagne de 2013 invite les Genevois et Genevoises à afficher leur engagement contre l’homophobie et la transphobie. 2

5 17 MAI · JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L’HOMOPHOBIE ET LA TRANSPHOBIE

En 2014, la campagne Et si moi aussi  ? questionne la difficulté pour les personnes LGBTIQ+ à être elles-mêmes dans le cadre professionnel. 3

© LGBT Youth – Ville de Genève

lesbian gay bisexual transgender

lezbike gej biseksual·e transgjinor·e

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www.ville-geneve.ch/17mai

La campagne de 2015 (ré)agissons  ! encourage les Genevois et les Genevoises à réagir face aux insultes et aux discriminations qui touchent les personnes LGBTIQ+, notamment les jeunes.

© Magali Girardin et iStock – Chatty Ecoffey – Ville de Genève

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lésbica gay bissexual transgénero/a

© forchic/Virginie Fürst – Ville de Genève

Comment dit-on «  gay  » en portugais  ? Y a-t-il un mot pour désigner les lesbiennes en arabe  ? Que veut dire «  transgenre  » en français  ? La campagne 2016 rappelle les mots qui désignent, sans les stigmatiser, les personnes LGBT dans six des langues les plus parlées à Genève. 5

© Magali Girardin et iStock – Chatty Ecoffey – Ville de Genève

4

lesbiana gay bisexual transgénero/a

Graphisme : forchic | Virginie Fürst

La campagne 2017 met en lumière le projet de l’artiste londonien Paul Harfleet, qui propose aux victimes de violences homophobes ou transphobes de planter une pensée sur le lieu de leur agression.

lesbienne gay bisexuel·le transgenre


© Bettina Jacot-Descombes

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3

Le 17 mai 2019, Journée inter­ nationale contre l’homophobie et la transphobie, autorités et associations sont réunies en souvenir de Bartholomé Tecia et des victimes des LGBTIQ+pho­ bies dans le monde.

Extrait de la sentence qui condamne Bartholomé Tecia à la mort par noyade dans le Rhône, le 10 juin 1566. 3

© Magali Girardin – Ville de Genève

La plaque à la mémoire de Bartholomé Tecia est inaugurée le 10 juin 2013 à la place Bel-Air. 2

© Archives d’Etat du canton de Genève

1

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2013

Le 14 juin 2016, plus de 300 personnes rendent hommage aux victimes de la tuerie homophobe d’Orlando, en Floride. 4

Le 10 juin 2013, à l’initiative de l’association Network, les représentant-e-s de la Ville, de l’Etat et du Haut-Commissariat aux droits

Un QR Code apposé sur la plaque permet au public d’obtenir des informations en quatre langues. 5

de l’homme inaugurent un monument à la mémoire de Bartholomé Tecia, étudiant piémontais exécuté pour homosexualité à Genève au XVI siècle. De 1560 à 1569,

© Laurent Guiraud/Tribune de Genève

e

on compte quinze procédures pour homo­ sexualité, dont six exécutions et huit bannissements. La plaque dénonce également les discriminations actuelles dans le monde 5

et appelle à une décriminalisation universelle de l’homosexualité et de la transidentité. Elle est un lieu de rassemblements symboliques, comme en juin 2016, en mémoire des 49 victimes mortelles de la fusillade perpétrée dans la boite de nuit LGBTIQ+ Le Pulse, à Orlando, ou le 17 mai 2019 pour la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

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© Ville de Genève

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© Ville de Genève

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2013 Forte d’une politique contre les discrimi­ © Ville de Genève

nations engagée depuis de nombreuses années et de la création d’un poste spéci­­fi­quement dédié aux questions LGBTIQ+ 4

en 2012, la Ville de Genève rejoint le réseau international naissant des Rainbow Cities en 2013. En 2015, elle accueille la rencontre annuelle de ce réseau qui vise l’échange de bonnes pratiques entre les administrations publiques. Le Rainbow Cities Network regroupe aujourd’hui plus d’une quarantaine de villes et gouvernements locaux. A ce jour, Genève, Zurich et Berne sont les trois villes

© Julien Gregorio – Ville de Genève

suisses qui en sont membres.

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En 2015, le Palais Eynard, siège des autorités municipales, est pavoisé d’un drapeau arc-en-ciel alors que la Ville accueille la rencontre annuelle du Rainbow Cities Network. 1

Les représentantes et représentants du Rainbow Cities Network posent aux côtés des associations locales à l’issue de la rencontre au Palais Eynard. 2

La délégation 2015 du Rainbow Cities Network pose devant le jet d’eau de Genève, coloré pour l’occasion. 3

En 2015, la Ville de Genève accueille la troisième rencontre annuelle du Rainbow Cities Network et la 15e table-ronde des European Governmental LGBT Focal Points. Les deux réseaux se rejoignent pour une conférence commune ouverte par Flavia Pansieri, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme. 4


© Alex Efimoff – ILGA World archive

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Les participant-e-s de la Conférence 2019 de l’ILGA, à Wellington, Nouvelle-Zélande, qui marque les 40 ans de l’organisation. 1

4

Après avoir accueilli la 23 Conférence e

de l’ILGA, fédération internationale des © ILGA World archive

Le journal britannique Broadsheet annonce la naissance de l’ILGA en 1978, à la conférence de Coventry. 3

© Mauranne Di Matteo – ILGA World archive/Ville de Genève

L’équipe du Secrétariat de l’ILGA World pose sur les marches du Palais Eynard à l’occasion du premier Gala mondial en 2017. 2

2014

3

organisations LGBTIQ+, en 2006, Genève en devient le siège mondial en 2014. Le bureau directeur de l’ILGA se rapproche ainsi géographiquement et stratégiquement

4

du Conseil des Droits de l’homme des Nations

Un ancien logo de l’ILGA, plus vintage que le nouveau inauguré cette année. 4

Unies. Bénéficiaire d’un statut consultatif, l’ILGA participe activement à l’examen

Le logo de la 23e Conférence mondiale de l’ILGA, à Genève, en 2006. 5

périodique universel des gouvernements afin de dénoncer les manquements aux droits humains des personnes LGBTIQ+.

A l’occasion du premier Gala mondial ILGA en 2017, la Ville de Genève rejoint l’organisation en tant que membre associée. 6

Soutien actif depuis de nombreuses années,

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© ILGA World archive

la Ville de Genève rejoint l’organisation en 2017 en tant que membre associée.

© Mauranne Di Matteo – ILGA World archive/Ville de Genève

© Collezione Luca Locati Luciani – ILGA World Coventry

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© Le Refuge Genève – Dialogai

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2015 En mars 2015, l’association Dialogai lance le Refuge Genève. Inspiré du modèle © Le Refuge Genève – Dialogai

français, cette structure unique en Suisse accueille des jeunes de moins de 25 ans dont l’orientation sexuelle, l’identité et/ou l’expression de genre créent des difficultés à l’école, dans la société, dans Le Refuge Genève est créé en 2015 dans les locaux de Dialogai. C’est la première structure de ce genre en Suisse. 1

© Le Refuge Genève – Dialogai

la communauté religieuse, au sein de la famille. Selon les cas, il propose hébergement d’urgence, accompagnement social et/ou médiation familiale, avec pour objectifs Une équipe pluridisciplinaire accueille les jeunes LGBTIQ+ au Refuge, qui est également ouvert à l’entourage et aux professionnel-le-s en lien avec la jeunesse. 2

l’autonomisation et l’affirmation de soi. Le Refuge Genève travaille au sein d’un

4

important réseau de professionnel-le-s en lien avec les jeunes, notamment Totem et le groupe Trans de l’Association 360. Ses équipes reçoivent également des jeunes condamné-e-s pour violences homophobes

L’équipe du Refuge reçoit le Prix Jeunesse genevois en 2017. 4

et transphobes, pour des sensibilisations et des travaux d’intérêt général. En 2017, le Refuge reçoit le Prix Jeunesse genevois en récompense de son engagement. L’année suivante, Dialogai Genève initie un réseau des Refuges européens regrou­ pant la Suisse, la France, l’Italie, l’Espagne et la Belgique.

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© Le Refuge Genève – Dialogai

Les représentant-e-s des Refuges européens réuni-e-s en octobre 2018 à l’invitation du Refuge Genève. 3


© Asile LGBT

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2016 En 2016, le passage à tabac d’un jeune réfugié gay dans un foyer d’hébergement collectif met en lumière à la fois l’extrême © Asile LGBT

vulnérabilité des réfugié-e-s LGBTIQ+ et leur invisibilité, ainsi que les difficultés des institutions à saisir les besoins spécifiques de ce groupe et à y donner des réponses adaptées. Face à cela, la Coordination asile.ge met en place le projet Asile LGBT Genève sous la forme d’une rechercheaction visant à la fois la production de connaissances et le développement de © Asile LGBT

ressources. En 2019, face à la persistance des besoins en Suisse romande, le 4

projet Asile LGBT Genève se constitue en association. Elle a pour but d’outiller les professionnel-le-s de l’asile, de former les associations LGBTIQ+ à l’accueil des réfugié-e-s, mais aussi d’autonomiser les requérant-e-s d’asile LGBTIQ+, dont

© Asile LGBT

plusieurs intègrent son comité.

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Des membres d’Asile LGBT à la Pride de Lugano en 2018, aux côtés de UN Globe, l’association des employé-e-s LGBTI de l’ONU. 1

Le message « Qui que tu sois et qui que tu aimes, tu es bienvenu-e ici ! », dans les 6 langues les plus parlées parmi les réfugié-e-s à Genève, est affiché dans les structures sensibilisées, notamment celles de l’Hospice Général. 2

Le projet Asile LGBT est également représenté à la Pride de Fribourg en 2016. 3

Asile LGBT a notamment pour objectif de créer du lien et de la solidarité entre des personnes ayant une expérience partagée à la fois de la migration et de la diversité d’orientation sexuelle ou de genre. 4


© David Wagnières – Ville de Genève

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2017 Pour la première fois en 2017, les autorités municipales décident de pavoiser le Pont du Mont-Blanc et le Palais Eynard aux couleurs LGBTIQ+, pour marquer la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai. A la demande de la Ville, les Services industriels de Genève (SIG) relèvent le défi technique d’une mise en couleurs arc-en-ciel du célèbre Jet d’eau.

2

La Ville de Genève affiche symboliquement son engage­ ment chaque 17 mai lors de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie. 1

Le pavoisement du Pont du Mont-Blanc, ici en 2017, fait alterner les drapeaux genevois, suisses et LGBTIQ+. 2

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© David Wagnières – Ville de Genève

En juillet 2019, le pavoisement est étendu au Parc des Bastions et le Mur des Réformateurs est éclairé pour l’accueil de la Pride romande.


Un groupe de femmes seniors voit le jour en 2018, au sein de l’Association 360. Elles se nomment les Babayagas, en hommage à 1

la maison pour femmes âgées fondée par Thérèse Clerc à Montreuil,

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en région parisienne. Les Babayagas rejoignent ainsi les gays aînés des Tamalou, un groupe de loisir et d’entraide qui existe depuis plus de 15 ans. Fruit de son long engagement auprès de ses aîné-e-s, l’Association 360 intègre en 2016 la Plateforme des associations d’aînés de Genève. L’année suivante, elle lance le projet Aîné-e-s LGBT, une Jean-Pierre Sigrist, membre des Tamalou, pose devant son affiche de la campagne 2018 Pouvoir être soi à tout âge de la Ville de Genève. 1

recherche-action qui vise à mieux connaître les besoins de cette population et à améliorer leur prise en charge, notamment en formant les professionnel-le-s de la vieillesse. Le projet Aîné-e-s LGBT fait partie du Plan d’action Vieillesse de la Ville de Genève.

Nicolas Burnand, des Tamalou, et Miguel Limpo, responsable du projet Aîné-e-s LGBT de l’Association 360, échangent avec les résident-e-s de l’EMS de la Petite Boissière, dans le cadre de la campagne 2018 Pouvoir être soi à tout âge de la Ville de Genève.

© Ville de Genève

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André Lauper, des Tamalou, et Miguel Limpo, responsable du projet Aîné-e-s LGBT de l’Association 360, rencontrent les hôtes du foyer de jour pour personnes âgées l’Oasis, dans le cadre de la campagne 2018 Pouvoir être soi à tout âge de la Ville de Genève. Projection du documentaire Les Invisibles à l’EMS Fort Barreaux, dans le cadre de la campagne 2018 Pouvoir être soi à tout âge de la Ville de Genève.

© Ville de Genève

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© Ville de Genève

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Présentation du projet Aîné-e-s de l’Association 360 à Cité Seniors en 2018, dans le cadre de la campagne Pouvoir être soi à tout âge de la Ville de Genève.

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© Ville de Genève

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© Bettina Jacot-Descombes

2018


© Julien Gregorio – Ville de Genève

En 2011, la devise de la cité de Calvin « Post Tenebras Lux » est détournée en revendications : « Post Tenebras Love », « Post Tenebras Justice », « Post Tenebras Adoption » ou encore « Post Tenebras Transidentités ». 1

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2019

Après Lausanne, Fribourg, Berne, Sion, Neuchâtel et Delémont, la Pride romande revient à Genève en 2004 et accueille plus de 4 000 personnes. 2

Pour la quatrième fois et après 8 ans au 7 juillet 2019 la Pride romande itinérante, née dans la ville en 1997. Célébrant le 50e anniversaire des Emeutes de Stonewall à New York, considérées comme l’origine des Marches des fiertés modernes, la Geneva

© Julien Gregorio – Ville de Genève

© Muriel Dégerine (artefact) et Ariane Arlotti

d’absence, Genève accueille du 29 juin

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Pride 2019 revendique notamment la fin des mutilations sur les enfants intersexes,

La Marche des Fiertés 2004 à Genève, avec un petit char en mémoire de l’ex-squat queer Chez Brigitte. 4

En 2011, la Pride de Genève détourne la devise de la ville en « Post Tenebras Love » et réclame les mêmes droits pour tous et toutes.

personnes trans* ainsi que l’accès, plein et © Laurent Guiraud – Tribune de Genève

égalitaire, au mariage et à la filiation pour

Le slogan de la Geneva Pride 2019, #MakeHistory, rappelle les 50 ans des émeutes de Stonewall à New-York, événement constitu­ tif des mouvements pour les droits LGBTIQ+ dans le monde. 6

© frech-avec-un-c.com

les couples de même sexe en Suisse.

Une partie de l’équipe d’organisation de la Geneva Pride 2019. 7

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© Magali Girardin

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Près de 10  000 personnes défilent à Genève en 2011.

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le changement facilité d’état civil pour les

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Remerciements Cette exposition a été élaborée par le Service Agenda 21 – Ville durable de la Ville de Genève © Bettina Jacot-Descombes

(Guillaume Mandicourt et Stéphanie Monay), sur une idée originelle de Geneva Pride 2019 (Leona Godfrey). Le graphisme et la composition ont été réalisées par Chatty Ecoffey, l’impression par Moléson Impressions. Nous souhaitons remercier particulièrement pour leur genéreuse contribution en documents et leur aide précieuse dans la préparation de cette exposition  : Eric Aldag, Ariane Arlotti, Anne Arvy, Chris Barthélémy, Patrick Berguer, Chloé Berthet, Didier Bonny, Anne Bonvin-Bonfanti, Christian Bonzon, Pierandré Boo, Sylvie Burgnard, Sylvie Cachin, Djemila Carron, Christophe Catin, Philippe Christin, Florence Coupiac, Laurence Courtois, Muriel Dégerine, Yves de Matteis, Mauranne Di Matteo, Geneviève Donnet, Chatty Ecoffey, Alex Efimoff, Elodie Ernst, Virginie Fürst, Catherine Gaillard, Magali Girardin, Monique Graber Sangiorgio, Brigitte Grass, Julien Gregorio, Marie-Hélène Grinevald, Patrizia Gruosso, Laurent Guiraud, Michael Häusermann, Sébastien Houchidar, Irina A. Ionita, Steeve Iuncker, Bettina Jacot-Descombes, Frédéric Julliard, Pascale Kabis, André Lauper, Miguel Limpo, Patrick Lopreno, Alain Meichtry, Isabelle Meister, Pascal Messerli, Sophie Meyer, Ferdinando Miranda, Stéphanie Monay, Luca Nizzola, Nina Ognjanov, Daniele Paletta, Ester Paredes, Christiane Parth, Jorge Perez, Christophe Petit, Irina Popa, Dominique Rachex, Nathalie Roig, Héloïse Roman, Marie-Claire Roulin, Delphine Roux, Didier Ruef, Claude Ruet, Alexandra Ruiz, Olivier Salamin, Alexia Scappaticci, Laure Schwarz, Isabelle Sentis, Jean-Pierre Sigrist, Matthias Thomann, Nicolas Tournier, Camille Vallier, Eléonore Varone, David Wagnières, Françoise Weissen, Nesa Zimmermann. Archives d’Etat du canton de Genève, Archives Le Temps, Asile LGBT, Association 360, Bibliothèque de Genève, Chez Brigitte, Dialogai, Fédération genevoise des associations LGBT, Fédération romande des associations LGBT, Festival Everybody’s Perfect, Fonds Halosis, frech-avec-un-c.com, Geneva Pride 2019, ILGA World, Le Refuge Genève, Les Indociles, Lestime, LGBT Youth, LOS, Magazine 360°, Pink Cross, QueerCode, Totem, Tribune de Genève.

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Genève, fière d’accueillir la Pride romande

Photo : David Wagnières

29 juin au 7 juillet 2019 www.genevapride.ch

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