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ROOM 42

Textes écrits par les élèves de la 2nde 9 du Lycée Blaise Cendrars (Sevran) Ateliers d’écriture animés par Simon Diard


1. C’EST UN HÔTEL – C’est un hôtel qui se trouve au milieu des maisons fantômes, à Barcelone. – C’est un motel au bord de la route 666. – En plein milieu d’une plage de Marrakech. – C’est un hôtel au milieu de la mer. Qui donne la peur au ventre. – Au Maroc, dans un hôtel, il y a une chambre. Dans cette chambre, il y a une femme. – C’est un hôtel qui se situe au sud de Brasilia. – Cette femme est assise dans un fauteuil. Cette femme pleure des larmes. – Dans une petite ville d’Espagne se trouve un vieil hôtel abandonné. – Cette femme a le regard froid. – C’est un motel au bord de la route 666. – Dans cette chambre, il y a un tapis. Sur ce tapis, il y a une énorme tâche rouge. – Au large de la côte du Brésil, à Rio, se trouve un impressionnant hôtel. – Un téléphone est posé sur une table basse. Le téléphone sonne. – Dans une petite ville d’Espagne se trouve un vieil hôtel abandonné. – La femme sursaute, mais ne répond pas. – C’est un hôtel qui se trouve au Texas. – Au milieu des maisons fantômes, à Barcelone. – Sur le tapis, il y a une énorme tâche rouge. La femme la regarde, et pleure. 2. EL PERRO Sur la côte du Brésil, à Rio, se trouve un impressionnant hôtel. Il se situe dans un bidonville en plein milieu de ces favelas meurtrières. El Perro, voici comment se prénomme ce mystérieux hôtel. Cette ville a une étrange ambiance. Il y a une atmosphère tendue. Toute personne que je rencontre sur mon chemin est aux aguets. Comme s’ils avaient peur de l’inconnu. Ça m’inspire pas trop confiance, ce climat tendu. Cette chaleur est insupportable. La peur m’envahit, m’inonde de stress. Comme si j’étais confronté à la mort. Ces gestes, ces regards, me mettent mal à l’aise. Les dealers sont à chaque coin de rue et me regardent avec des yeux de loups affamés. Les chiens se font de plus en plus nombreux. Je ferais mieux de trouver El Perro.

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Un homme surgit, couteau à la main, prêt à me découper en morceaux. Je ne bouge plus, figé devant cette lame brillante et aiguisée. Il s’approche de moi en me touchant avec cette lame qui me terrifie. Mon cœur palpite. Mon corps tremble sous l’intimidation de ce couteau. Des gouttes d’eau m’envahissent. L’homme me regarde avec des yeux de tueur. Les personnes autour de moi ne bougent pas un doigt. Comme si cette agression était banale dans ces favelas. 3. 666 – C’est un motel au bord de la route 666. – Autour, il y a une station essence avec une petite épicerie et un petit garage. – Autour du motel, il y a le désert, beaucoup de cactus et d’insectes. – Tout était calme. Et tout d’un coup j’entends du bruit. Au début j’ai cru que c’était un animal. Mais après, quand je me suis retourné et que j’ai regardé à l’horizon, je me suis rendu compte qu’il y avait une immense fumée et que, petit à petit, la fumée se rapprochait. Et j’ai aperçu une voiture de course rouge qui arrivait à toute allure. 4. LA SOIRÉE DE MES 19 ANS (I) 18h20 sur l’A1 direction Texas. MARCO – Putain, ça va être une bête de soirée, tes dix-neuf ans ! Qui aurait pensé ça ? Moi, Marco, à l’anniv’ de Jordan, d’la meuf, de l’alcool, de la bonne ambiance… Du haut de mes dix-sept ans, je touche le haut !! Moi l’as du calcul, la calculette de la bande, je touche le joker… JORDAN – Eh ouais mes dix-neuf ans, enfin ! DYLAN – J’espère que les keufs vont pas se ramener, j’suis déjà assez connu des services. KEVIN – Fermez-là ! Aidez-moi à trouver la bonne sortie. JORDAN – Oh toi, toujours tu te plains, conduis et ferme-la. MARCO – Vos gueules, bande de cons. KEVIN – Marco, toujours aussi vulgaire, tête de con. JORDAN – Oh mon pote, t’as raté la sortie, là ! MARCO – Mais qu’est-ce que tu fous, bordel ?! KEVIN – Merde !!! DYLAN – Vas-y, continue. On trouvera bien la salle qu’on a réservée. KEVIN – J’espère. Eh Jordan, ce sera inoubliable, ton anniv !! JORDAN – Ouais, bah ouais, vas-y, roule, roule, trouve une solution. 22h30 KEVIN – Merde, y’a plus d’essence. Faut descendre pousser.

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Marco et Dylan descendent pousser la Golf de Kevin. JORDAN – Quelle gourde, ta bagnole ! MARCO – Mais elle avance pas, essaye de démarrer. KEVIN – C’est mort, faut continuer à pied, elle est en réserve. JORDAN – Truc de dingue, en plus ils nous attendent tous, faut les prévenir au moins, mais y’a même pas de réseau, quelle galère, et dire que j’ai payé tellement cher… MARCO – Ah ouais, t’as mis toutes tes économies. DYLAN – Sans parler de l’argent de tes parents. KEVIN – C’est bon, avancez plus vite, on y sera !! 00h15 Kevin, Jordan, Dylan et Marco marchent toujours à la recherche de la salle réservée par les parents de Jordan pour ses 19 ans. JORDAN – C’est fini, là. Il est minuit passé. MARCO – Je suis épuisé, faut qu’on s’arrête ! DYLAN – C’est bon les gars, faut qu’on se repose. KEVIN – Oh ! de la lumière MARCO – Un motel DYLAN – Hamdoulilah, on est sauvé ! Ils s’en approchent et poussent la porte qui grince. Ils entrent et voient un monsieur. LE MONSIEUR – Vous voilà enfin, je vous attendais ! Suivez-moi, Kevin, chambre 42. Les autres, chambre 38 où se trouvent plusieurs lits. KEVIN – Eh les mecs, laissez-moi pas avec lui, j’sais même pas comment il connaît mon blaze ! MARCO – Bonne nuit, Kevin. LE MONSIEUR – Kevin, par ici ! Kevin s’exécute. Jordan, Marco, Dylan vont dans la chambre 38. Tous défoncés, ils marchent comme ils peuvent, en se tenant aux murs. Ils se jettent sur leur lit comme des SDF qui trouvent un abri. 5. ANDRÈS (I) NARRATEUR – Une femme de vingt-cinq ans qui s’appelle Stéphanie décide d’aller

faire un tour en Amérique latine. Elle choisit le Brésil. Rio de Janeiro. Elle choisit cette ville car dans le monde entier, elle est réputée pour ces favelas. Stéphanie décide donc de connaître ça. Elle fait un long voyage de douze heures environ. Arrivée à l’aéroport, elle se trouve très fatiguée de ce long voyage. Le seul truc que Stéphanie veut, c’est se reposer parce qu’elle n’a pas l’habitude de faire de longs voyages. Devant l’aéroport, elle se met à chercher la feuille de réservation de sa chambre d’hôtel. Elle cherche… Elle cherche… Mais elle ne trouve pas. Stéphanie était en panique et stressée car la seule chose qu’elle voulait, c’était dormir.

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Tout à coup, un petit garçon apparaît, un petit garçon qui paraît bizarre. Stéphanie a le courage d’aller lui demander où se trouve l’hôtel qu’elle cherche. Mais elle ne se rappelait pas très bien du nom de cet hôtel. STÉPHANIE – Bonjour, petit garçon. ANDRÈS – Ola, señora. STÉPHANIE – Désolé, je ne comprends pas le portugais. ANDRÈS – Ah… Bah justement, je peux vous aider, moi aussi je parle français. STÉPHANIE – Ah bah ça tombe bien ! Merci, petit garçon. Je cherche un hôtel pas très loin de l’aéroport, j’ai fait ma réservation mais le problème, c’est que je ne me rappelle pas bien le nom de cet hôtel… Euh, attendez, si je me souviens bien, c’est… El Sssss… Le petit garçon ne laisse pas parler la femme. ANDRÈS – Ah oui, je vois vous chercher quoi, madame, moi je peux vous aider… Venez avec moi. Je vais vous montrer c’est où. NARRATEUR – Stéphanie était heureuse car elle avait trouvé quelqu’un qui parlait français et qui avait l’air sympa, car ce petit garçon avait décidé de l’accompagner à l’hôtel. STÉPHANIE – Ah, c’est gentil. Merci… Merci beaucoup, petit garçon. Pendant qu’ils marchent, Stéphanie et le petit garçon décident de faire connaissance. ANDRÈS – En fait, madame, vous venez faire quoi ici ? C’est rare que je voie quelqu’un qui parle français. STÉPHANIE – Ben… écoutez… depuis que je suis petite, j’entends parler de ce pays… Maintenant que j’ai les moyens, j’ai décidé de venir au Brésil, aussi parce qu’on entend beaucoup parler des favelas, donc j’ai voulu faire un petit tour ici. ANDRÈS – Ah cool… c’est très bien… vous êtes pas la première touriste à venir pour les favelas… STÉPHANIE – Ah bon… Ahahah ANDRÈS avec un sourire – Oui. STÉPHANIE – C’est quoi, votre prénom ? ANDRÈS – Je m’appelle Andrès, et vous ? STÉPHANIE – Ah, joli prénom. Moi, c’est Stéphanie. ANDRÈS – « Brigado » (merci). Vous aussi, c’est un joli prénom. STÉPHANIE – Merci. Avec un grand sourire. Et tu as quel âge ? ANDRÈS – Hmmm, j’ai huit ans, je pense que vous êtes plus grande que moi. STÉPHANIE – Ah ah, oui, largement. ANDRÈS – Ah c’est bien ce que je me disais. Andrès rigole. STÉPHANIE – Ahahah Pendant qu’ils marchent, une grosse pluie arrive. ANDRÈS – Vous m’avez l’air très fatiguée, madame. Vous voulez que je vous aide avec vos valises ? STÉPHANIE – Ah oui je suis très fatiguée, je veux juste me reposer… Oui, je veux bien, c’est gentil.

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ANDRÈS – Vous êtes fatiguée parce que c’est la première fois que vous faites un long

voyage ? STÉPHANIE – Oui, mais pas forcément car avant de venir j’ai travaillé, et arrivée à

l’aéroport, il y avait un problème, je suis restée dix heures à attendre. ANDRÈS – Je vous comprends, madame. Je suis vraiment désolé. NARRATEUR – Stéphanie ne répond plus tellement elle est fatiguée, elle ne pense qu’à dormir, c’est justement pour ça qu’elle a oublié le nom de l’hôtel, mais elle s’est confiée au petit garçon, car il avait l’air sympa. 6. LUDIVINE N°1 Au Japon. Dans le bar d’un hôtel. Une femme du nom de Ludivine et un jeune homme, Dimitri. Dimitri essaye de la draguer, mais Ludivine ne lui répond pas. DIMITRI – Bonjour. LUDIVINE – … DIMITRI – Mademoiselle, répondez-moi. S’il vous plaît. LUDIVINE – … Toujours pas de réponse. Dimitri commande un verre d’alcool, commence à boire et à boire. DIMITRI – J’ai jamais de chance avec les femmes, moi. LUDIVINE – Et moi, j’ai toujours des déceptions. DIMITRI – Maintenant, tu parles ? LUDIVINE – Oui, je parle. Je ne suis pas encore muette. Ludivine reçoit un appel. LUDIVINE – Oui, allô ? AGENCE – Bonjour, c’est l’agence, mademoiselle, je me permets de vous déranger pour vous apprendre une mauvaise nouvelle. LUDIVINE – Ouuhlalah ! Allez, je vous écoute ! AGENCE – Votre location ne pourra pas être possible pour ce soir car il y a plusieurs problèmes… Votre voiture ne sera prête que dans trois jours. LUDIVINE – Eh merde, toujours un problème avec les agences… OK, rappelez-moi s’il y a du nouveau. AGENCE – Bonne journée, et excusez notre agence. LUDIVINE – Oui, c’est ça, ouais. Dimitri a entendu toute la conversation. Ludivine enchaîne verre sur verre. DIMITRI – Pourquoi vous buvez tous ces verres, sans indiscrétion ? LUDIVINE – Des problèmes. DIMITRI – Plus de détails. 


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LUDIVINE – L’agence de location m’a fait faux bon. DIMITRI – Donc, c’est pour ça que vous vous bourrez la gueule ? LUDIVINE – En quelque sorte.

Barman, mettez-moi deux vodka sec, s’il vous plait. DIMITRI – Ce n’est pas une raison pour vous bourrer la gueule, sans me mêler de votre vie. LUDIVINE – Vous pensez ? Hey, bah laisse-moi tranquille ! DIMITRI – Si vous le prenez comme ça, je vous laisse. Ludivine, ayant bu les deux verres cul sec, était un peu bourrée. J’ai entendu que vous alliez rester plusieurs jours sans voiture, c’est ça ? LUDIVINE – Oui, trois jours. DIMITRI – Je comprends mieux votre inquiétude. Comment vous allez faire pour vous déplacer ? LUDIVINE – Je ne sais pas. C’est-à-dire, pendant trois jours, je vais rester à l’hôtel ou prendre des taxis. DIMITRI – Ah oui, je vois. Soit vous êtes bloquée ici, soit vous allez dépenser votre argent dans les taxis. LUDIVINE – Vous avez une meilleure idée ? Dimitri réfléchit. DIMITRI – Oui, vous déposer où vous deviez aller et revenir vous chercher ! LUDIVINE – Ah… Mais vous n’avez rien à faire de vos journées ? DIMITRI – Non, je travaille de nuit. Alors, ça vous dit ? Ludivine se dit : pourquoi veut-il faire ça pour moi ? Pourquoi moi ? Il est bizarre. Mais si cela peut m’aider, pourquoi pas ? LUDIVINE – Je ne vous connais pas. D’abord, faisons connaissance. DIMITRI – Alors moi c’est Dimitri. Et vous, mademoiselle ? LUDIVINE – Moi c’est Ludivine. Enchantée, Dimitri. DIMITRI – Que faites-vous ici ? Pour quelle raison vous êtes là ? LUDIVINE – Tu peux me tutoyer. Je suis en voyage d’affaire pour mon entreprise. Ludivine, un peu bourrée, se redresse, se dit qu’elle ne peut pas continuer à boire pour une petite histoire de voiture. Elle préfère remonter dans sa chambre. LUDIVINE – Bon, moi, je vais dans ma chambre… DIMITRI – On se reverra demain ? Ludivine entre dans l’ascenseur. DIMITRI – Luuuudivine, attends ! Il met son pied pour ne pas que l’ascenseur se ferme. LUDIVINE – Oui ???

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DIMITRI – Vous seriez libre demain pour aller manger un morceau ? LUDIVINE – Bah… oui.

Pourquoi pas. Ce serait à quelle heure ? DIMITRI – A vingt heures tapantes. LUDIVINE – D’accord, Dimitri. Ludivine est dans sa chambre. Pendant ce temps, Dimitri se demande s’il a bien fait de lui donner ce rendez-vous. 7. LA SOIRÉE DE MES 19 ANS (II) Kevin, toujours soucieux, s’allonge sur son lit et s’endort. TOC, TOC, TOC !! – Ouvrez ! KEVIN à peine réveillé – Qui est-ce ? – Ouvre, je t’ai dit ! KEVIN – Jordan, c’est toi ? La clé tourne, la porte s’ouvre ! KEVIN – Eh !!! Un homme rentre (une silhouette habillée de noir avec une capuche noire). Le public ne voit pas son visage. … – Je m’attendais à vous voir plus heureux. KEVIN – Mais qui êtes-vous ? … – C’est une longue histoire… KEVIN – Laissez-moi dormir, fermez la porte, là ! Déjà, comment vous l’avez ouverte ? … – Laissez-moi le temps de vous montrer d’où vous venez. KEVIN – Mais je sais d’où je viens, laissez-moi tranquille, j’ai une famille, moi, j’ai pas votre temps. … – Ce n’est pas votre famille !! Ce sont des imposteurs, des bambelas, ils vous ont kidnapper afin de vous cacher la vérité, vous faites partie de nous. KEVIN rit – Qu’est-ce que c’est ces histoires à la Harry Potter ? Je suis venu avec mes potes pour une soirée, arrête le shit, vieux !! … – Vous faites partie de nous, les Sakeras, les sorciers du futur, ceux qui détiennent les secrets de la vie. Cela fait vingt-cinq ans que je t’attends mon enfant. KEVIN – Mais tu blagues mon frère, tu as cru que tu vivais pour moi ou quoi ? … – J’ai passé ma vie à t’attendre, Kevin. Te retrouver est ma mission. Je suis à deux doigts de l’accomplir. KEVIN – Fais tourner, c’est de la bonne ta came je trouve, mais sur toi, ça te fait de mauvais effets. … – Main dans la main, on avancera loin des bambelas, on avancera. Les Sakenas à jamais nous serons. L’homme a sorti un bâton et le dirige vers Kevin. KEVIN – Ohh, je suis où là ? … – Dans le royaume des Sakenas. 


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Ils se sont téléportés. Une personne arrive : une jeune femme vêtue d’une casquette. LA FILLE – Yoo Kev’, moi c’est Camélia. Bienvenue ici. KEVIN – Comment ça, où on est là ? Camélia est déjà partie. … – Tu te sentiras bien ici, ne t’inquiètes pas, suis-moi, je t’accompagne à ta chambre. Ils marchent et s’arrêtent devant une porte. Nous y voilà, tiens : la clé. Room 42. KEVIN – Mais je suis revenu dans ma chambre. Monsieur, où êtes-vous ? Déserte, la chambre ne contient que Kevin. 8. LUDIVINE N°2 NARRATEUR – Ludivine, étant crevée de son boulot, décide de prendre des vacances au

Brésil. Plus précisément, à Rio de Janeiro. Elle arrive dans une favela. Perdue, elle demande à un vieux monsieur s’il y a un hôtel dans le coin. Elle arrive dans un hôtel se nommant El Perro. Elle demande au réceptionniste s���il y a des chambres de libres. Par chance, il lui reste une chambre : la Room 42. Mais le réceptionniste dit à Ludivine de faire très attention à cette chambre : des choses étranges s’y passent. Elle ne comprend rien, elle prend ça à la rigolade et monte dans sa chambre. Crevée de son voyage, elle décide de prendre un bon bain. Ayant son MP3 sur les oreilles, elle s’endort dans son bain. Tout d’un coup : un tremblement dans sa chambre. Prise de panique, elle sort du bain en bondissant. Elle descend dans la hall pour voir ce qu’il se passe mais rien, aucun bruit, aucun tremblement. Elle se dit qu’elle a fait un mauvais rêve peut-être. Alors elle remonte dans sa chambre et s’endort, devant sa télé, dans un sommeil pas très profond. 9. SEUL UNE FOIS DE PLUS NARRATEUR – L’hôtel Room 42 se trouve au milieu d’une ville fantôme, en Espagne.

Dans cet hôtel, au premier étage, il y a une grande chambre. Dans cette chambre, il y a quatre personnes : Charles, Zacharie, Paul, Sandrine. PAUL – Eh Zach’, pousse-toi, je vais me poser sur le tapis. SANDRINE – Mais Paul, tu vois pas qu’il est plein de poussière ? CHARLES – Pendant qu’on y est, tu peux songer à le nettoyer, ma pauvre Sandrine. SANDRINE – Ouais, c’est ça. ZACHARIE – Fermez-la tous ; au lieu de penser à autre chose, vous passez votre temps à vous prendre la tête. CHARLES – T’aimerais qu’on pense à quoi ? ZACHARIE – A comment faire pour trouver de la drogue. Il y en a presque plus. PAUL – Ah ouais, on fera comment pour en trouver alors ? ZACHARIE – Fallait y penser avant ! SANDRINE – Xd ! 


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PAUL – Qu’est-ce que t’en penses, Charles ? CHARLES – Rien pour l’instant ! PAUL – Et toi, Sandrine, t’en penses quoi ? SANDRINE – Bah j’sais pas, mais je crois qu’il y a une personne qui peut nous aider,

parce que moi j’ai plus aucun sou. PAUL – Moi non plus. ZACHARIE – Qui est cette personne ? SANDRINE – Une amie qui est à Madrid. ZACHARIE – Tu penses qu’elle peut nous aider ? SANDRINE – Ouais ! PAUL – Alors ? SANDRINE – Il faut juste que je l’appelle. ZACHARIE – T’as son numéro ? SANDRINE – Ouais ! mais il me faut un téléphone. ZACHARIE – Le téléphone est à deux kilomètres d’ici. CHARLES – Oh ! la galère. SANDRINE – Toi, la ferme ! PAUL – Cet hôtel n’a pas de téléphone ? ZACHARIE – Si, mais la ligne, elle marche plus. Trois heures plus tard, Sandrine revient. ZACHARIE – Alors ? SANDRINE – J’ai pu l’avoir, mais elle est trop occupée. PAUL – Donc ? SANDRINE – Je suis obligée d’aller à Madrid. CHARLES – Je viens avec toi. PAUL – Okay, mais comment penses-tu t’y rendre ? ZACHARIE – Je vais lui prêter un peu d’argent. SANDRINE – T’en as assez ? ZACHARIE – Oui, assez pour vous deux. Quelques semaines plus tard. PAUL – Ça fait un bout de temps qu’ils sont partis et toujours rien. ZACHARIE – Ouais, t’as raison, et ça commence à me rendre nerveux. PAUL – Et s’ils ne reviennent pas, on fera comment ? Il nous faut de la drogue. ZACHARIE – S’ils ne reviennent pas, on est mal barré. PAUL – Alors on fait comment ? ZACHARIE – Attendons encore ! PAUL – Je suis fatigué d’attendre, je commence à en avoir marre. ZACHARIE – Bah ! Casse-toi si tu veux. Je suis pas en mesure de t’aider. NARRATEUR – Quelques jours plus tard, la chambre était redevenue vide. Il n’y avait

plus personne. Charles et Sandrine ne sont jamais revenus. Paul avait fini par se trouver 


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un autre endroit dans une autre ville. Ainsi que Zacharie. Le Room 42 s’était retrouvé seul une fois de plus, abandonné à lui-même. 10. ANDRÈS (II) Stéphanie et Andrès. Après une demi-heure de marche… STÉPHANIE – J’en peux plus, Andrès. Je suis vraiment fatiguée, on est loin de l’hôtel ? ANDRÈS – Non, vous inquiétez pas, c’est pas très loin, on arrive bientôt… STÉPHANIE – Oui bah il serait temps d’arriver parce que j’en peux plus… ANDRÈS – Non, c’est pas loin… C’est pas loin… STÉPHANIE – Oui mais en fait, je ne t’ai même pas dit le nom de l’hôtel que je cherche, tu ne m’as pas laissée finir de parler. ANDRÈS – L’hôtel où je vous emmène c’est un hôtel connu, c’est un endroit touristique et il y a beaucoup d’européens là-bas… Arrivée devant l’hôtel, Stéphanie tombe par terre. 11. LE CHOC NOUS FIT TOMBER TOUS LES TROIS Dans une petite ville d’Espagne se trouve un vieil hôtel abandonné. On raconte qu’un homme aurait tué sa femme, l’aurait découpée en morceaux, les aurait cachés dans cet hôtel avant de se jeter du dixième étage. Moi et des amis avions décidé d’aller vérifier cette légende. A l’entrée, il y avait un vieux portail rouillé digne d’un film d’horreur. La porte était à moitié cassée, un coup de pied suffit à la faire tomber. A l’accueil, il y avait une femme debout qui nous fixait, et là, le vieil ascenseur s’est écrasé, ce qui fit se lever toute la poussière. Le choc nous fit tomber tous les trois. Quand la poussière finit par s’estomper, nous nous sommes relevés et la femme n’était plus là, on a fouillé tout le hall : rien. 12. LA SOIRÉE DE MES 19 ANS (III) Déserte, la chambre ne contient que Kevin. Le royaume des Sakenas était en fait un monde parallèle à l’hôtel. DYLAN – Oh, Kev’. Depuis tout à l’heure j’essaye de te réveiller, j’ai cru que tu étais mort. KEVIN – Hein, quoi, je suis où, là ?! DYLAN – Oh, frère, qu’est-ce qui t’arrive là ? KEVIN – Putain, j’ai fait un rêve de ouf. DYLAN – Ouais bah moi depuis un bon moment j’essaye de te réveiller. KEVIN – Ouais, bon, sors, je vais m’habiller. Kevin se pose des questions sur ce qui vient de se passer. Il se demande si c’était un rêve ou la réalité. KEVIN – Pfiouu, ce ne devait être qu’un rêve, je ferais mieux de vite m’habiller, ils doivent m’attendre. Kevin, enfin prêt, fait ses lacets, ouvre la porte…

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FEMME – Hey Kevin, moi c’est Pétunia. KEVIN – Non, non ce n’est pas moi Kevin, vous vous trompez, madame.

Mes amis m’attendent, au revoir. Kevin part mais revient à la case départ. KEVIN – Mais qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qui se passe ? PETUNIA – Ecoute-moi, Kevin. Quand on rentre ici, on ne peut plus en sortir. Sauf si le Oudoru le veut. KEVIN – Je n’ai pas demandé à être ici et puis, qui est ce Oudoru ? PETUNIA – Oui, on ne demande pas à être là. Tu as été sélectionné et appelé. Oudoru est le chef, le paternel des Sakenas. KEVIN – Pourquoi, sélectionné ? Moi ? Mais pourquoi moi ? Il y a Marco ou Dylan. Prenez-les ces têtes de con, mais laissez-moi partir. PETUNIA – Non, Kevin ! Tu as été sélectionné, ceci est un honneur, Kevin. Il y a si longtemps qu’on t’attend, tu devrais te réjouir d’être ici… KEVIN – Me réjouir de quoi ? De voir un vieillard venir me raconter ma vie ? De voir des personnes inconnues venir me parler de ma vie ? Laissez-moi tranquille, c’est mieux. PETUNIA – J’étais comme toi le premier jour. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Toutes ces personnes qui venaient me rappeler mon passé. Et pourtant aujourd’hui, je suis faite pour faire partie des Sakenas, donc je m’assume. Le vieillard comme tu dis, c’est Ino le messager de Oudoru. KEVIN – Je suis perdu, je veux voir le Ouduro ou Ounouron ou je ne sais quoi. PETUNIA – Ahaha. C’est Oudoru. KEVIN – Oui, bref. PETUNIA – Bon, viens. Je vais te faire visiter le royaume. Kevin et Pétunia s’en vont à la visite du Royaume sacré. Ils arrivent devant un jardin si coloré que Kevin en a mal aux yeux ! PETUNIA – Voilà, Kevin, entre, je t’attends, mais surtout ne touche à rien. Kevin entre, il explore chacune des beautés créées par Dieu, il regarde et admire chaque fleur, il s’arrête sec comme s’il était guidé et que les commandes lâchaient. Il s’arrête à la vue de cette sublime rose dorée. On aurait dit qu’elle était lavée d’or, elle brillait de mille éclats, comme si des milliers de diamants et de perles se cachaient à l’intérieur. Kevin ne résiste pas à la tentation d’y toucher, il a même l’idée de la prendre et de l’offrir à sa maman, elle qui aime tant les roses. Celle-là est une merveille. Il tire sur la tige, qui s’arrache délicatement. 13. UNE SURPRISE NE VIENT JAMAIS SEULE C’est un hôtel qui se trouve au Texas. A première vue, il m’a l’air plutôt abandonné. Il est plutôt sombre et lugubre. Plus je marche et plus je m’éloigne. Des voix murmurent dans mon oreille. Et comme une surprise ne vient jamais seule : un brouillard intense, et 


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au travers de ce brouillard : une lampe divague comme un bateau devant mes yeux. Je suis terrifié, alors je cours sans m’arrêter jusqu’à l’hôtel. Lorsque je pousse la porte et me cache derrière le comptoir, la porte s’ouvre et j’entends des pas qui viennent vers moi. Lorsque je me suis levé pour voir qui c’était, j’ai vu un vieil homme avec un visage assez froid. 14. L’HISTOIRE ÉTONNANTE DE MONSIEUR MOUTARDEUX L’histoire commence avec un étrange vieux. Qui a un drôle de nom : monsieur Moutardeux. On pourrait dire qu’il a un caractère plutôt grincheux et tétu. Il vit actuellement en Espagne. Dans une ville totalement étrange, où les habitants ne sortent pratiquement jamais. Il passe ses journées sur son canapé à regarder la télé, laissant passer le temps. Ce pauvre monsieur Moutardeux, il n’a jamais vécu d’amour et de charité. C’est pourquoi il est parti dans ce pays très étrange où le temps est plutôt affreux. Car il n’a sûrement pas envie de vivre comme ça, sans personne avec qui il pourrait vivre sa vie. Monsieur Moutardeux a tendance à se refermer trop. Un jour, il a rencontré un homme très dangereux, qui cachait bien son jeu. Il s’appelait monsieur Charcat. Ils se sont croisés dans l’hôtel 608. Chambre 42. Car monsieur Moutardeux avait des problèmes d’argent. A l’époque, quand il était jeune, il avait gagné au Loto et avait tout perdu. C’est pour cela qu’il avait fait un marché avec monsieur Charcat : il allait voler des bijoux chez des gens très riches. Mais comme l’homme était malhonnête et sans cœur, il prit tous les bijoux et ne lui laissa alors aucune pièce d’argent. C’est pourquoi Monsieur Moutardeux avait envie de se venger de Monsieur Charcat. 


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Il était tellement après lui et enragé, avec le sentiment d’être mené en bateau par un homme malsain et monstrueux. Alors, il eut une idée étonnante pour le coincer pour de bon. Il alla acheter une corde en ville. Il l’appela et lui donna rendez-vous en le faisant marcher sur le fait qu’il avait plein de bijoux précieux. Comme Monsieur Charcat était accro aux bijoux, il ne refusa pas l’offre. Alors, il entra chez le vieux, car monsieur Moutardeux était très malin et avait fait exprès de laisser la porte ouverte. Il cria : est-ce qu’il y a quelqu’un ? Et le vieux ne répondait toujours pas. Il aperçut une lumière allumée en haut de l’escalier, il monta pour voir si le Monsieur Moutardeux était bien là. Il marcha sans regarder par terre, alors qu’il y avait des trucs glissants par terre et Paf ! il glissa et se releva pendant que le vieux se cachait derrière lui pour l’étrangler avec la corde. Monsieur Charcat s’étouffa et mourut enfin. Monsieur Moutardeux était débarrassé. Il brûla le corps pour que personne ne sache qu’il avait été tué, il enterra les cendres au fond de la terre, il rentra chez lui, en harmonie. Quelques semaines plus tard, monsieur Moutardeux se retrouva dans la rue, dehors, par terre, dans le froid, habillé légèrement, il était gelé et bourré de fièvre. Il rencontra dans la rue un homme très brave et généreux qui s’appelait monsieur Simon. En le voyant, cela lui fit de la peine et de la tristesse de le voir comme ça. Il voulut se montrer généreux et compréhensif. Monsieur Simon lui proposa de vivre chez lui pour toujours. 


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Monsieur Moutardeux était très surpris de vivre dans une grande maison, immense. Alors monsieur Moutardeux ne refusa pas l’offre il était content à l’idée d’habiter chez monsieur Simon. Il avait au moins trouver quelqu’un de bon et d’honnête. Ensuite, il mourut de vieillesse, monsieur Moutardeux. Qu’il repose en paix et espérons que ses péchés lui seront pardonnés… 15. DEL RIO Alex vient d’un village très loin de Brasilia. Un jour, dans un café à côté de l’hôtel Del Rio. ALEX – Oh, David, c’est toi ? DAVID – Mais t’es qui, toi ? ALEX – C’est Alex. DAVID – Alex, de notre village ? ALEX – Oui. DAVID – La famille va bien ? ALEX – Tout le village va bien. DAVID – Tu es à Brasilia en ce moment. ALEX – Je suis venu travailler. DAVID – Tu es dans quel hôtel ? ALEX – Del Rio. DAVID – Del Rio ! mais c’est magnifique, moi aussi je suis à l’hôtel Del Rio. T’es venu quand ici ? ALEX – A peu près une semaine. DAVID – Oh, Alex, ça fait longtemps qu’on s’est pas vu. ALEX – Depuis qu’on était petit. Tu te rappelles quand on jouait au foot ? DAVID – Oui, ça fait longtemps. Du coup, tu es venu travailler ? ALEX – Oui. DAVID – Tu travailles dans quel projet ? ALEX – J’ai pas d’idées pour l’instant. Et toi ? DAVID – Je fais de la couture. ALEX – On pourrait bosser ensemble. Quand j’étais au village, j’ai un peu bossé avec ma mère. DAVID – Pourquoi pas. Il faut trouver un endroit. 


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ALEX – On pourrait travailler discrètement dans l’hôtel. DAVID – Quel hôtel ? ALEX – Del Rio. DAVID – L’hôtel Del Rio, tu te fous de moi ? ALEX – Non, non. Il se tient la tête. DAVID – D’ailleurs, je n’ai pas de machine pour l’instant. ALEX – C’est pas un problème, je peux gérer l’affaire. DAVID – Comment ça, c’est pas un problème ? ALEX – Il faut trouver l’endroit d’abord. DAVID – J’ai vu un endroit où on pourrait travailler. ALEX – C’est où ? DAVID – A côté Del Rio. ALEX – Cet endroit est ancien ? DAVID – A mon avis.

Allons-voir. Le local à côté de Del Rio. Alex et David, plus le gardien, sont allés voir l’endroit. LE GARDIEN – C’est un peu à refaire. Bah, je vous donne les clés. ALEX ET DAVID – Merci. DAVID – Enfin, on vient de trouver un endroit, on a eu de la chance. ALEX – C’est l’endroit qu’il nous fallait. DAVID – On pourrait mettre la machine ICI. ALEX – Bonne idée. DAVID – Mais on n’a pas encore la machine. ALEX – Ah, je ne t’ai pas dit, un ami a une machine et pourrait nous la vendre. DAVID – On n’a pas d’argent. ALEX – T’inquiète pas, je me suis arrangé avec lui. David n’avait pas le sourire, mais là, il l’a, le sourire. DAVID – Oh mais c’est… ALEX – On le remboursera avec nos bénéfices. DAVID – Pas de problème. ALEX – Ah, tu vois comment ça s’arrange. DAVID – La machine arrive quand ? ALEX – Je vais aller la chercher, la machine. DAVID – D’accord. Bah, on n’a plus qu’à décorer l’atelier. 16. ANDRÈS (III) NARRATEUR – 00h45. Stéphanie et Andrès se trouvent devant la chambre n°42. Sté-

phanie est très fatiguée, elle ne cherche pas à comprendre ce qui se passe autour d’elle, elle veut dormir. Andrès rassure Stéphanie.

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07h00 du matin. Stéphanie se réveille toute heureuse, prend sa douche, se met devant la fenêtre pour fumer. Et elle voit le beau paysage des favelas. Stéphanie était très surprise car le jour de son arrivée à l’hôtel, elle trouvait ça vraiment moche. Elle décide de sortir de l’hôtel. D’aller se balader dans les favelas. Une heure après, Andrès monte voir Stéphanie. Mais elle n’est pas dans sa chambre. Andrès est très inquiet car il a peur qu’elle soit partie de l’hôtel. Andrès pleure, est très triste. Il reste devant la porte de la chambre de Stéphanie. Elle arrive à l’hôtel, voit Andrès par terre en train de pleurer. STÉPHANIE – Mais… Andrès… Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu es dans cet état-là ? NARRATEUR – Andrès n’arrive pas à parler. STÉPHANIE – Andrès, Andrès, Andrès, qu’est-ce qu’il y a ? NARRATEUR – Andrès lève la tête et dit : ANDRÈS – Esteu mat nao puedo falar com voçe. STÉPHANIE – Comment ? ANDRÈS – Je ne peux pas parler, je suis nul. STÉPHANIE – Mais dis-moi quelque chose. ANDRÈS – J’avais peur que vous étiez parti, je ne voulais pas que vous partiez comme ça, sans que vous me dites au revoir, je sais, vous avez une mauvaise image de moi parce que je vous ai ramenée dans un hôtel pas très beau, mais vous me faites rappeler ma mère, qui n’est plus sur terre. NARRATEUR – Stéphanie a les larmes aux yeux. STÉPHANIE – T’inquiète pas Andrès c’est pas un problème que l’hôtel soit moche. La chambre me fait un peu peur mais je trouve belle la vue de l’hôtel. La vue est magnifique, j’aime vraiment. ANDRÈS – Esteu contento (je suis content) que vous soyez contente d’être ici, ça me fait plaisir… NARRATEUR – Avec un sourire et lui fait un bisou. 17. LA SOIRÉE DE MES 19 ANS (IV) Dylan, Marco et Jordan sont devant la porte de la chambre, à attendre Kevin, la porte s’ouvre. DYLAN – Bah alors, tu t’es endormi en t’habillant ? KEVIN – Où est-elle ? DYLAN – De quoi tu parles ? Regarde-toi, tu as mis cinq ans à t’habiller, on dirait une fille. JORDAN – Il a oublié le maquillage. Haha. Kevin lâche la poignée et cherche dans son sac. « Putain, où est-elle ?! ». Il cherche ensuite dans la commode, puis en dessous du lit. Il finit par s’asseoir au bord de son lit, la tête dans les mains. Ces copains ne comprennent rien, ils le regardent sans rien comprendre. Kevin est-il devenu fou ? Ou sa famille lui manque ou alors Janisse, sa petite amie, lui manque ? 


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DYLAN – Oh fréro, quesketa ? KEVIN – Elle était si belle.

Ma maman en aurait pleuré de joie. JORDAN – Bon Kev’, tiens, fume ça, ça va te détendre. KEVIN – Sortez, les mecs. J’ai besoin de voir Pétunia. MARCO – C’est qui elle encore ? Waaa, la beuh fait effet à ce que je vois. Les garçons sortent et laissent Kevin seul. PETUNIA – Je t’avais dit de ne toucher à rien. KEVIN – Je voulais l’offrir à ma mère, elle qui aime tant les roses. Pétunia attrape Kevin par la main et le tire vers elle. 18. CE PETIT ENDROIT AU MILIEU DE NULLE PART Marc et Mickaël faisaient le tour du monde depuis deux longues années déjà. A la recherche de nouvelles rencontres, d’abolir la routine, et surtout en quête de sensations fortes. Le Brésil étant leur dernier pays avant de rentrer chez eux, ils voulaient faire quelque chose de vraiment exceptionnel. Ne voulant pas faire comme ces touristes stupides se dirigeant vers les grandes villes du Brésil. Ils voulaient connaître la vraie population, les coutumes brésiliennes. Dans chaque pays, les garçons louaient une voiture. Pour rouler, jusqu’à trouver ce qu’ils recherchaient. Même si eux ne le savaient pas. Ils s’éloignaient de plus en plus de la capitale. Les garçons roulaient depuis déjà plus de cinq heures. Mickaël et Marc perdaient espoir, pensant même qu’ils étaient un peu perdus. Ils décidèrent de s’arrêter. Et là : une petite maison assez vieille, une maison étrange. Même s’ils n’étaient pas du tout soulagés par ce petit endroit au milieu de nulle part, ils partirent vers cette petite maison. Où étaient-ils ? Etait-ce un endroit dangereux pour des étrangers ? Marc et Mickaël le savaient, le Brésil n’était pas un pays où les étrangers peuvent s’enfoncer. Mais les garçons n’avaient pas froid aux yeux. Ils n’étaient déjà plus qu’à seulement trois mètres de la petite maison. Et là, ils remarquèrent que plus ils étaient près de la maison, plus elle leur semblait petite. En fait, celle-ci était comme un abri pour les bergers dans les montagnes. En entrant dans cet abri, les garçons remarquèrent que personne ne semblait s’y abriter. Ils décidèrent de s’y installer pour la nuit. Dès que le soleil se lèverait, ils repartiraient sur la route. 19. LA SOIRÉE DE MES 19 ANS (V) Pétunia emmène Kevin en haut d’une tour de dix-neuf étages. PETUNIA – Bon, Kevin, écoute-moi. Je ne fais pas partie de ce clan pourri. Tu as atterri dans la Room 42, la chambre des malheurs. Le sort t’est tombé dessus. En vérité, ta mère est née dans cette chambre, mais la personne qu’il nous faut est de sexe masculin. Donc on t’a attendu, un peu trop à mon goût même. Regarde le soleil se couche, regarde comme c’est beau ! Regarde, Kevin, à cause de toi j’ai perdu ma place.

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Pétunia pousse Kevin, qui tombe de la fenêtre du dix-neuvième étage. Il se dit « l’important ce n’est pas la chute c’est l’atterrissage ». Il se le répète à chaque étage. Jusqu’à ce qu’il s’éclate par terre. AAAAAAAHHH !!!! – Kevin, mon chéri, enfin tu t’es réveillé. – Merci Dieu. KEVIN – Maman ?!? Papa ?!? DYLAN – Enfin, frère, tu t’es réveillé. On a eu peur quand même. JANISSE – Oh Kévin j’ai eu si peur, mon p’tit cœur. Fatima, viens vite, Kev’ s’est réveillé. FATIMA – YouYouYou Hamdoulah fréro, tu nous as foutu la trouille !! Alors Janisse, heureuse ? JANISSE – Bah un peu quand même, c’est mon copain, il m’a tellement manqué. Autour de son lit d’hôpital se trouvent sa mère, son père, ses amis, sa petite amie et beaucoup de connaissances. KEVIN – Mais qu’est-ce qui m’est arrivé ? MARCO – Mon pote, ça fait trois mois que tu es dans le coma après notre accident de moto. J’ai cru que tu allais caner, moi je m’en suis sorti qu’avec un plâtre. KEVIN – Tout ça n’était qu’un rêve. Oh merci Dieu. JORDAN – Enfin, mon p’tit Kev’. J’ai cru que tu n’allais pas assister à l’anniv’ de mes dix-neuf ans !! 20. LUDIVINE N°3 NARRATEUR – Ludivine, après son voyage au Japon et au Brésil, décide de repartir,

mais cette fois-ci au Texas. Arrivée à destination, elle appelle un taxi pour l’emmener à l’hôtel. Arrivée à l’hôtel, elle demande une chambre. LUDIVINE – Bonjour, je pourrais avoir une chambre, s’il vous plaît. LE RÉCEPTIONNISTE – Bonjour, oui, la room 42 est actuellement libre. LUDIVINE – Je la prends, merci. NARRATEUR – Ludivine prend la clef et monte dans sa chambre. Arrivée dans la chambre, choquée, elle remarque que c’est exactement la même que celle du Japon. Mais fatiguée par le voyage, elle décide de se reposer. Cette nuit-là, Ludivine, malgré la fatigue, ne réussit pas à trouver le sommeil. DANS LA TÊTE DE LUDIVINE – C’est bizarre que cette chambre soit pareille que celle du Japon. Comment cela se fait-il ? Pourquoi ? NARRATEUR – Ludivine se posait trop de questions pour pouvoir trouver le sommeil. Et d’un coup… BRUIT – Booouum !!! LUDIVINE – C’était quoi, ça ?! BRUIT – Booouum booouum !!! LUDIVINE – Il y a quelqu’un ?! 


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NARRATEUR – Ludivine, effrayée, se demande d’où ce bruit provient.

Elle trouve que ce bruit ressemble à des pas. LUDIVINE répète – Il y a quelqu’un ?! NARRATEUR – Ludivine attend quelques secondes… LUDIVINE – Les bruits se sont arrêtés. Je me demande qui pourrait me faire une blague aussi cruelle ? Ludivine, après toutes ces émotions, réussit enfin à s’endormir. 21. ELLE PLEURE DES LARMES NARRATEUR – Au Maroc, dans un hôtel, il y a une chambre.

Dans cette chambre, il y a une femme. Cette femme est assise dans un fauteuil. Cette femme pleure des larmes. Cette femme a le regard froid. Dans cette chambre, il y a un tapis. Sur ce tapis, il y a une énorme tâche rouge. Un téléphone est posé sur une table basse. Le téléphone sonne. La femme sursaute, mais ne répond pas. Sur le sol, il y a une étrange personne, allongée. La femme la regarde, et pleure. LA FEMME – Mais pourquoi ?

Pourquoi ai-je fait ça ? NARRATEUR – La femme pleure et le téléphone sonne.

Elle répond. LA FEMME – Allô ? LA VOIX – Oui, allô, c’est bien Madame - - ? LA FEMME – Oui, c’est moi.

Qui est-ce ? LA VOIX – C’est - -. Je tenais à vous dire que je suis désolée pour ma liaison avec votre mari. J’espère que ça s’arrangera avec lui. Et je ne reviendrai plus me mettre entre vous. LA FEMME – C’est trop tard, tout est fait. NARRATEUR – La femme pleure et le téléphone sonne.

Elle répond. UNE AUTRE VOIX – Allô ? LA FEMME – Oui, qui est-ce ?

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VOIX – Bonjour madame, Police.

Une voisine s’est plainte de bruits venant de chez vous. Notamment d’un coup de feu. S’est-il passé quelque chose ? LA FEMME – … VOIX – Madame ? LA FEMME – Oui, non, il ne s’est rien passé. Elle a dû se tromper. Au revoir. NARRATEUR – La femme raccroche et reste bouche bée.

Quelques minutes plus tard, elle se lève.

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Room 42