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VOYAGE AU B R É S I L .

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souvent dans l'eau, cette fois c'était dans la boue ; plusieurs fois nos chevaux faillirent y rester, car ils en avaient jusqu'au ventre Plus nous avancions, plus les arbres, et la végétation en général, me paraissaient grandir; nous passions dans de certaines clairières où chaque arbre était couvert de fleurs. Je descendais souvent de cheval pour tirer quelques oiseaux. Nous couchâmes dans une baraque faite à peu près comme celles que font les cantonniers des grandes routes, et malgré les inconvénients ordinaires, je dormis parfaitement au bruit d'une cascade. Enfin le second soir nous arrivâmes dans une case où habitaient quelques Indiens cherchant du bois de palissandre ; ces bois, dont ils faisaient des madriers, étaient tirés par des bœufs jusqu'au bord d'une petite rivière. Autour de cette case on avait planté du capi pour les bœufs; ces animaux sont tellement nécessaires et ce mode de nourriture si imparfait que mon hôte préférait se priver de lait plutôt que d'avoir une vache qui eût mangé la part des bœufs. Comme j'allais quelquefois à pied pendant la route, j'avais confié mon cheval à un Indien; il était parti en avant et n'avait pas jugé à propos de revenir me le rendre; et comme j'ai dit que les chemins étaient détestables, j'arrivai couvert de boue de la tête aux pieds, et, de plus, très-fatigué; ce qui ne m'empêcha pas de préparer divers oiseaux tués en chemin. Je me couchai sur quelques planches; les Indiens ajoutèrent à la chaleur ordi-

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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