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Les textes sont la propriété de leurs auteurs. Composition graphique et crédit photographique : ©Sandrine Borel borelsandrine@gmail.com


Photographies et textes associés 20 Artistes Plasticiens

Manifestation “ Point de vue ”, 2011. La ville de Quinsac a développé un festival des arts du “dehors”, où s’exposent les arts plastiques. Pour sa 5ème édition, “ Point de vue” , les oeuvres resteront en place pendant trois mois (d’avril à juin). Les paysages quinsacais ont ainsi revêtu tous leurs plus beaux atours pour recevoir et aménager la continuité dans la discontinuité de ces nouveaux projets artistiques. www.quinsac33.com

Ma démarche photographique : En immersion complète pendant une semaine, j’ai cherché à rendre compte au plus juste du travail des artistes. Naviguer d’une personne à une autre, comprendre les démarches de chacun, être présente sans déranger. Tous les jours, il y a eu une nouvelle rencontre, tous les jours des petits moments pour s’apprivoiser. Et ensuite ? synthétiser, résumer, et, témoigner. Ce travail photographique dit d’approche est à la fois, doux, exigeant, et, endurant. Et, lorsque les conditions s’y prêtent, au bout d’un petit temps d’adaptation ; “ je deviens transparente, au travers de ce troisième oeil, je finis par disparaître “. Sandrine Borel.


ARTISTES

EMA KAWANAGO e.kawanago@gmail.com ERIKA BOURNET DElBOSC erika.bournet@free.fr ANNE MANGEOT mangeot.anne@gmail.com http://anne.mangeot.free.fr LES MAINS DANS LES PIOCHES lesmaindanslespioches@gmail.com FRANCOIS FRECHET francois.frechet@wanadoo.fr http://pagesperso-orange.fr/francois.frechet VERA PICADO verapicado@gmail.com http://sculptureverapicado.wordpress.com MICKAEL MERINO m.merino@hotmail.fr MARC SERAZIN eulali@wanadoo.fr http://marcserazin.blogspot.com SOPHIE CANU sophie.canu@gmail.com LUC RICHARD lucrichard1@free.fr http://lucrichard.jimdo.com PHILIPPE ISSANDOU blandinedc@orange.fr STEPHANIE VENTURA-FORNOS rocaille-mosaique@live.fr http://calcis.fr ENSAP BX http://www.bordeaux.archi.fr JONATHAN LONGUET jonathanetzepo@hotmail.fr http://peinturevegetale.blogspot.com FRANCIS VIGUERA viguera.francis@aliceadsl.fr LYDIE PEARL sl.pearl@wanadoo.fr JONATHAN MACIAS nahtanojjj@yahoo.fr http://myspace.com/maciasjo BEATRICE HAZARD jfbh@neuf.fr EMMANUEL PENOUTY penouty.emmanuel@orange.fr http://emmanuelpenouty.blogspot.com OLIVIER LOULOUM o.louloum@wanadoo.fr http://sculpture.louloum.free.fr


EMA KAWANAGO

Randonnée postale En se promenant sur le site, les visiteurs cherchent une boîte aux lettres rouge type japonaise et postent une carte postale et une enveloppe séparément qui leur ont été fournies au point de départ. Quelques jours plus tard, ils reçoivent la lettre d’un autre participant chez eux. Je réside en France depuis 2005 après avoir vécu au japon, mon pays maternel. Au fil des années en France, je ressens de plus en plus « le métissage » dans mon esprit. Mes points de vue sur le mode de vie, les cultures, les comportements ou la famille, tout se mêle entre ces deux pays éloignés et différents. J’ai déjà réalisé quelques séries photographiques avec un montage d’images des deux pays, mais dans ce projet, je provoque un décalage en réel avec une installation in situ. De plus, je crois que ce projet permettra de découvrir de nouveaux sentiments. En effet, il va se créer entre les gens un échange poétique traduisant significativement l’acceptation de l’autre.


ERIKA BOURNET DELBOSC

Sérénade à trois Arbres à pales laineuses. Création très librement inspirée de « Blanche et Méline », nouvelle extraite du Panier Galant, d’André Berry.


ANNE MANGEOT

Miniature Miniature est inspirée de miniatures persanes représentant des jardins. On y retrouve le chatoiement de détails (fleurs, feuilles, oiseaux…), et le graphisme de la calligraphie arabe dans la forme des branchages la formant. Elle sera envahie, petit à petit, par des plantes grimpantes, où insectes et oiseaux pourront se loger, faisant de l’œuvre un espace vivant. Anne Mangeot vit et travail à Lyon. Cette sculptrice intervient en milieu naturel, depuis une quinzaine d’années, en se servant généralement d’éléments tirés de la Nature, à travers l’Europe, et plus loin encore.


Collectif LES MAINS DANS LES PIOCHES

Un refuge Cheminer le long d’une exposition est un pèlerinage d’un genre nouveau : le spectateur arpente d’un pas curieux, à la recherche d’une rencontre, d’une surprise, d’une émotion. Nous lui proposons une escale, destinée à adoucir le parcours, comme un refuge de montagnards ou une auberge de pèlerins. Un arbre serait là, autour duquel s’agripperait une robe géante. Tout à son sommet, un personnage. Son immense vêtement serait une cabane ouverte au public, un refuge fait de bois et de ferraille. Dans la clairevoie de cette structure, des tissus coloreraient le paysage, en respirant avec le vent. Habillé de cette robe-voilure, l’arbre deviendrait un bateau ancré dans la campagne, ouvrant au spectateur la route d’horizons imaginaires. Les Mains Dans Les Pioches fabriquent des arts plastiques contemporains bienveillants et accessibles à tous. Notre démarche entend rendre l’art intelligible à ceux qui n’y sont pas habitués, à inviter le public à faire une expérience de spectateur actif, sortant les mains de ses poches.


FRANCOIS FRECHET

Vagues vimes Vagues vimes est une installation dans un fossé de drainage rectiligne. Le matériau utilisé, le vime (salix viminalis), fait référence à un vague souvenir que l’on pourrait avoir dans cette région, à savoir son utilisation pour attacher les lattes de la vigne, après la taille. Le moment est bien choisi, car ce travail doit être normalement terminé le 20 mars, jour du printemps. Un autre point de vue, est le souvenir de ce Saule, planté régulièrement dans les fossés proche des pièces de vignes. L’utilisation de cette essence particulière, venant de ma région, est un signe de partage et d’échange interrégional d’une spécificité commune. Dans ce vallon, le point de vue est partout, c’est le paysage lui-même, et il devient multiple. Le point que j’ai choisi est une ligne… qui est visuellement renforcée par l’implantation de ce matériau à la couleur contrastant avec la dominante verte. Mon point de vue, et mon parti pris dans cette installation, est de rappeler l’utilité et la nécessité de planter des végétaux le long des fossés et des talus. Grâce à l’enracinement, ils tiennent les berges et évitent les glissements de terrains. Au travers de leurs respirations, ils réduisent l’humidité. Dans leurs feuillages, vivent les oiseaux et les insectes pollinisateurs. Cette installation, veut montrer la vie (pas toujours bruyante), non seulement dans son concept ; mais dans sa propre évolution. Les brins plantés dans les berges vont se mettre à pousser… et de petites feuilles vertes vont apparaître. Les cocons tressés, régulièrement espacés, sont là comme les fantômes des saules qui étaient plantés sur cette berge… et symboliquement – comme avant le papillon – une renaissance de la sagesse.


VERA PICADO et MICKAEL MERINO

Boîte à concert Deux artistes, une œuvre commune ; la synergie de deux démarches plastiques... Dans le cadre du festival de Quinsac, nous souhaitons investir l’espace en nous servant d’une forme sphérique. Une boule sonore, née de nos deux pratiques, pour créer un parcours qui sort de l’ordinaire : initiatique ? Didactique ? Ludique ? L’installation de la sphère montrera une moitié visible, et cachera son autre moitié imaginée dans la terre. Cette boule sera le point de départ d’une exploration sonore de la sculpture, dont l’existence et l’évolution se verront enrichies grâce à la complicité du public. Le spectateur est invité à composer les accords / désaccords de l’œuvre, en jouant avec les éléments de percussion, de cordes, de vibration. Il créé et recrée des bruits en résonnance avec lui ; il devient acteur, plus que passeur. Instrument à sons / bruits, sculpture / installation, dont les matériaux font lien entre l’aérien et le souterrain, entre le lieu du concret et du visible, et l’endroit de l’imagination de chacun. Ainsi pourront se profiler de nouvelles possibilités propres à chaque individu.


MARC SERAZIN

Chevaux de frise Type de barrière utilisé dès la protohistoire, devenue symbole de l’occupation, ligne de défense, enjeu touristique, dispositif anti-émeute... Objet emporté en tout sens selon divers lignes de sens. Maintenant, sculpture, rajout ornemental ou marqueur tangible du lieu qui empêche l’objet déterminé de se terminer, de se clore sur lui-même. Un nouveau barrage dont les premières pièces de Quinsac ne constituent qu’une partie d’un ensemble qui s’étend de manière discontinue sur une zone géographique plus vaste. Un alignement de chevaux de frise contre un ennemi fictif, un autre récit ou une parodie historique en écho à notre surréalité moderne.


SOPHIE CANU

Hybridation Le thème : un travail de land art, autour de l’idée d’hybridation. J’invite ici les enfants à faire se rencontrer deux mondes : le monde industriel et le monde végétal. Imaginer un espace où les matériaux issus de ces deux univers peuvent se rejoindre, dans un objet créé par eux et prenant vie au milieu du parcours « sentiers remarquables et cheminements doux ». Pratiques autour de branchages qui deviendront mikados géants, lances et autre javelots après avoir subit différentes modifications, customisations, transformations, mutations. Nous nous emploieront à percer, visser, clouer, colorer, écorcer, entortiller, ficeler, scarifier… Avec les enfants de : - Structures socio-éducatives de la Communauté de Communes des Portes de l’Entre-deux-mers (CLSH, APS Quinsac, Espace Jeunesse). - Foyer socio-éducatif du Collège Camille Claudel de Latresne.


LUC RICHARD

La pinède bleue Imaginer, au hasard d’une promenade, un espace nous délivrant de nos sensations quotidiennes. Être ébloui par un tapis bleu d’aiguilles de pins. Écouter les crissements du métal sous ses pieds. Palper le fer entre ses doigts. Bienvenue dans le monde de la pinède bleue. Luc Richard, sculpteur, conçoit ses créations comme une ouverture vers un ailleurs. Il cherche à provoquer l’imaginaire du spectateur afin qu’il accède à un monde personnel.


PHILIPPE ISSANDOU

Le voyage immobile - De l’autre côté de la fenêtre Création d’une fenêtre ouvrant sur un paysage, un sentier qui sera jaloné de totems polychromes symbolisant des promeneurs imaginaires. Cette fenêtre fonctionne comme une vraie fenêtre munie de volets intérieurs : sur ces volets est peint un paysage imaginaire, un paysage rêvé ; les volets ouverts, nous découvrons le paysage réel. Le spectacteur dispose de sièges. Il peut alors en regardant la fenêtre comme une toile, soit découvrir tout ou partie du paysage réel, soit passer de l’autre côté de la fenêtre et emprunter le sentier totémique. Que ce soit un voyage immobile ou un passage de l’autre côté de la fenêtre, celle-ci reste l’acteur principal puisqu’elle nous invite à la rêverie voyageuse, à la création de notre propre paysage, au voyage imaginaire.


STEPHANIE VENTURA-FORNOS ECOLE GABRIEL MASSIAS DE QUINSAC

Bestioles et nonettes voilées La grande majorité des « bestioles » entreprend des métamorphoses. La dernière de ces métamorphoses offre un plus ample costume à celles-ci. Elle est nommée mue imaginale. Cette mue cristallise notre intervention. Nous avons donc réalisé trois bestioles en rocaille et mosaïque avec les classes de maternelle de l’école Gabriel Massias de Quinsac. Tagada la coccinelle, Barnabé le scarabée, Coquelicot l’escargot. Ils s’invitent ou jouent aux pique-assiettes dans une jeune pinède où poussent les nonettes voilées. Une jolie destinée… les acteurs de cette saynète : Marie-Noëlle Cazeneuve, Angeline Debenne et les enfants de petite section / moyenne section. Isabelle Sautereau, Marie-Laure Palin et les enfants de petite section / moyenne section. Pascale Chamont, Sylvie Lafranque et les enfants de grande section. Les anciens du club des aînés Rosa Bonheur. mise en scène technique : Stéphanie Ventura-fornos – Rocailleur(e)-Mosaïste. Association Calcis.


ENSAP BX, ETUDIANTS DE DEUXIEME ANNEE et ETUDITANTS DU MASTER 2, PRATIQUES ARTISTIQUES ET ACTION SOCIALE DE BORDEAUX III B6-2. Atelier espace et matière Enseignants : Jean-François Rodriguez – Architecte DPLG. Jacques Franceschini – Plasticien. La commune de Quinsac est implantée sur le coteau, à quinze kilomètres au sud de Bordeaux, sur la rive droite de la Garonne. Dans le cadre de son programme culturel, elle organise un événement artistique, Le temps d’un printemps, dont le thème de cette cinquième édition est « Points de vue – Jardins extraordinaires, sentiers remarquables et cheminements doux ». L’exercice consiste à intervenir sur certaines parties de ces chemins, ou de ces jardins, en posant dans l’espace des objets «sculpturaux» qui révèlent et mettent en valeur la nature des espaces, et proposent aux promeneurs de nouvelles possibilités de lecture des paysages. Cette réflexion, qui se situe dans le domaine du «faire» et des savoirs qui lui sont propres, se base sur un travail sur la (les) matière(s), à partir d’un matériau de base qu’est le béton, un matériau qui à priori semble incongru dans un paysage à dominante naturelle et à forte valeur environnementale. Dans ce contexte, des matériaux et des objets divers, généralement issus des lieux, pourront être incorporés et incrustés dans le béton, pour lequel différentes textures pourront être envisagées. Les étudiants devront faire preuve d’imagination, d’inventivité et développer leur créativité pour définir eux-mêmes leur mode d’action, en l’inscrivant dans une réflexion globale tenant compte des objets qu’ils créent, des lieux et de leurs relations. Cette réflexion sera menée simultanément à l’action de la réalisation, l’une se nourrissant de l’autre. Cet atelier vise aussi à placer les étudiants dans une situation professionnalisante, pour exécuter un EnSAP BXaménagement dans le cadre d’une commande et des attentes réelles de celle-ci.

Atelier d’expression plastique – Territoires et paysages imaginaires : « les coteaux de Quinsac, parcours sensible et poétique » Responsable : Bernard Brunet. Enseignants : Bernard Brunet – Paysagiste, urbaniste DESS, plasticien DNSEP. Jean-François Rodriguez – Architecte DPLG. Jacques Franceschini – Plasticien. Inscrit dans la progression des enseignements de la représentation et des arts plastiques, cet enseignement a pour objectif d’amener l’étudiant à développer sa créativité et à élaborer une écriture plastique personnelle par l’exercice de l’interprétation graphique et par l’expérience de la matière. À partir de l’expérience d’un lieu, l’étudiant engage un cheminement plastique qui l’amène à une création en volume (type bas relief) d’un territoire et d’un paysage imaginaires.objectifs : - Stimuler la créativité, le passage du réel à l’imaginaire - Approfondir l’expérience sensible et poétique du lieu, du dessin, de la matière. - Approfondir la question du sens dans la production d’une création plastique.


JONATHAN LONGUET

Peinture végétale J’ai mis au point une peinture végétale vivante, qui, comme une plante, réagit en fonction de l’attention qu’on lui porte. J’utilise des algues vivantes (protococus) comme médium, que je récolte aux pieds des immeubles bordelais et cultive. J’applique ensuite ces algues sur la toile et je les arrose. Je travaille sur ce projet depuis 2005.Ces algues vivant sur les pierres font partie des espèces colonisatrices très résistantes : ce sont bien souvent les premières à s’installer sur un milieu vierge, et elles possèdent des facultés d’adaptation impressionnantes (forte tolérance aux phénomènes climatiques et thermiques), notamment celle de pouvoir entrer en symbiose avec du mycelium – un champignon – et donner ainsi un lichen. L’idée est de proposer au public une nouvelle forme d’expression : la peinture végétale vivante, mélange entre un tableau et une plante ; ces objets vivants devant être arrosés régulièrement. Je représente dans mes tableaux des groupes d’individus : en quelque sorte, je m’immisce dans l’évolution en proposant aux végétaux d’acquérir une autre forme, humaine par exemple. Par cette action, je souhaite créer un dialogue entre différentes matières organiques, afin de peut-être mieux appréhender une cohabitation trop souvent hostile à la pérennité de l’une des deux espèces – en l’occurrence, le monde végétal.


FRANCIS VIGUERA

Le Piège Cette pièce monumentale (2,40 m x 6,10 m x 1,50 m) apparaît à distance comme un bloc géomètrique, massif et opaque. À proximité se révèle un assemblage de cageots, une résille en bois de peuplier. C’est une cage à claire-voie, fragile, donc inutile. D’ailleurs elle est vide. En fait c’est un piège à regards. Le paysage vu à travers la multitude d’ouvertures est mis en abyme, se fragmente, et la structure, tel un kaléidoscope, produit d’infinies combinaisons d’images et d’impressions.


LYDIE PEARL

La clé des Songes Château d’O, sculpture phallique, mystère d’eau, d’O comme Origine – Origine des temps ou des Amours, songerie sempiternelle de la clé perdue.


JONATHAN MACIAS

Bios frigos Les objets abandonnés dans la nature, peu à peu se laissent coloniser. Vieilles carcasses de voiture, machines à laver, deviennent alors support à la matière végétale, puis nourriture, et enfin sont digérés. Les frigos sont conçus pour conserver les aliments dans leur état, ralentir l’action du temps. Que se passe-t-il si au contraire, ils deviennent incubateur de la transformation ? L’installation montre le processus, l’action du temps sur la rencontre entre matières : de leur confrontation, à la cohabitation, à une potentielle fusion, et matière nouvelle ? Pièce évolutive qui peu à peu se fond…


BEATRICE HAZARD

Chambre d’amour Ce projet consiste en la création d’une « chambre d’amour » (lit, chaise, table de nuit, lampadaire, vêtement, etc.) installée en plein air. L’intime se trouve donc à la vue des promeneurs ; cependant, une nouvelle forme de pudeur remplace ici celle de la chambre fermée : la nature recrée elle-même l’intimité, en tapissant d’une couche de mousse toute la chambre. On ne peut jamais vraiment tout dévoiler et malgré l’évolution des comportements, naturellement, le secret trouve encore de nouveaux modes de persistance. Cette chambre hors les murs peut aussi nous renvoyer aux premiers âges de l’homme, à sa nudité, sa vulnérabilité. Sans protection « contre » la nature, il meurt ; pourrait-il être en symbiose « avec » ? Oui, peut-être en sa dernière demeure, puisqu’il repose en la terre. Dante, lorsqu’il évoque son amour défunt dans un poème à Béatrice, émet le souhait de vivre proche d’elle physiquement, et pour cela de dormir à même le sol, près de sa tombe. Objet inaccessible que l’être disparu mais que, peut-être, on peut rejoindre par la poésie. « Que je passe ma vie à dormir sur les pierres et à paître les herbes, à seule fin de voir où sa robe fait ombre et l’ombre des rochers, si noire qu’elle soit, par cette jeune femme est éclairée de vert, comme pierre sous l’herbe. »


EMMANUEL PENOUTY

Le temps s’écroule Les nuages sont des corps en mouvement qui dissimule une chorégraphie ; nous nous abandonnons au spectacle, une minute, des heures... Ainsi nous faisons le vide en nous. Le dispositif de l’installation tente de se confronter à la dématérialisation du temps qui advient. Le corps du spectateur est un point de fuite de l’image, le temps doit regarder à l’intérieur de nous, nous emporter au compte-goutte... Ciel d’où j’ai su... Les monuments nous guident vers le ciel. Les pierres ont les murs joints, chaque pierre respire une liberté, un désir de se démettre de la gravité terrestre... Regarder en l’air est une manière de faire entrer dans le corps le regard. La lumière traverse nos entrailles ! Le ciel nous tombe dessus, un jour ou l’autre. Demain est un autre séjour... La clarté se fait en nous, avec notre approche ; je joins le silence au murmure...


OLIVIER LOULOUM

Renaissance d’un château Pour Quinsac je propose de créer une œuvre architecturale, à la fois brute, colorée, anarchique mais réfléchie. La recherche d’un équilibre par l’addition de volumes différents. Elle sera composée de tours, de donjons, de passerelles, de moulin : renaissance d’un château sur la vallée de la Garonne, et vieux rêves de gosses. La sculpture sera comme un témoignage du temps passé, réalisée par assemblage de branches et doses de pins allant jusqu’à cinq mètres de longueur. Je suis sculpteur, originaire des Landes. J’aborde la sculpture de différentes façons, la sculpture sur bois, installations cinétiques et les ateliers scolaires.


Regard d'artistes, Quinsac 2011, "Artland"  

Manifestation Artland, photographies de 20 artistes plasticiens une semaine en amont du festival.

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