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TROISIÈME NATURE OU FACE À LA VILLE, UNE PLACE ÉVÉNEMENTIELLE OU PAR LE CAMPUS, UN CENTRE DE CONFÉRENCES OU AUTOUR DE L’EAU, UNE PISCINE ÉCOLOGIQUE

Elsa Guirkinger Raphaël Buchcik Pierre Nectoux-Kraft Lundi 18 et Mardi 19 Juin 2012 Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble Master Architecture et Cultures Sensibles de l’Environnement

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Projet de Fin d’Étude soutenu les 18 et 19 juin 2012 Jury : Christian Drevet, architecte, enseignant ENSA de Saint Etienne Jacques Schmitt, Direction du Développement et de l’Aménagement Université de Grenoble Nicolas Dubus, architecte, enseignant ENSA de Grenoble Eric Seguin, architecte, enseignant ENSA de Grenoble Catherine Pierre, rédactrice en chef adjointe de la revue AMC Grégoire Chelkoff, architecte, enseignant ENSA de Grenoble (directeur d’études) Yann Blanchi, architecte, enseignante ENSA de Grenoble (représentant de l’UE) Jacques Scrittori, architecte d’intérieur, enseignant associé ENSA de Grenoble Magali Paris, ingénieure paysagiste, enseignante associée ENSA de Grenoble Encadrement du master ACSE : Grégoire Chelkoff, responsable du Master ACSE, architecte, professeur Yann Blanchi, architecte, maître-assistante associée Jacques Scrittori, architecte d’intérieur, maître-assistant associé Magali Paris, ingénieure paysage, maître-assistante associée Avec les participations de : Nicolas Tixier, architecte, maître-assistant Walter Simone, architecte, vacataire

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Merci à toute l’équipe enseignante du Master « Architectures et Cultures Sensibles de l’Environnement » pour leur pédagogie et pour nous avoir permis l’élaboration un tel projet. Merci à nos parents pour nous avoir permis de faire ces études Un merci spécial à Catherine, Pauline et Didier qui nous ont soutenu et aidé dans l’amélioration et la correction de notre mémoire Merci à Martine Halotier qui nous a soutenu dans la recherche de documents impossibles à se procurer Merci à Frédéric Nougier qui nous a laissé profiter des meilleures conditions de travail au sein de l’école Merci à l’association Transfert qui nous a donné son soutient éternel Merci à Pizza Felix qui a su nous régaler chaque midi de ses recettes originales Merci à la pharmacie Tourdjman qui nous a largement fourni en vitamines C et somnifères de qualité.

REMERCIEMENTS

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SOMMAIRE LE TERRITOIRE GRENOBLOIS LE CAMPUS, UNE URBANITÉ DES PLACES, DES ARCHITECTURES, DES CORPS CONCLUSION 6


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remerciements

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Préface: La relation entre nature, hommes et ville

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Introduction: De la Première à la Troisième Nature, définitions

p. 20

I Le territoire grenoblois: une relation étroite à la nature

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I.1 Constats à l’échelle territoriale : une ville proche de la nature I.2 Principes d’action et mise en œuvre : lier par une Trame Verte & Bleue I.3 Applications du principe à l’échelle urbaine : une Trame Verte & Bleue à Grenoble II Un campus à recoudre: places et temporalités

p. 12 p. 12 p. 40 p. 42 p. 48

II.1 Constats à l’échelle urbaine : des potentialités inexploitées, un campus à recoudre II.2 Principes d’action et mise en œuvre : le vide comme plein fonctionnel, une Trame Paysagère

p. 58

III Des places, des architectures et des corps

p. 60

III.1 Face à la ville, une place événementielle III.2 Par le campus, un centre de conférences III.3 Autour de l’eau, une piscine écologique

p. 72 p. 82

p. 94

conslusion : Une Troisième Nature pour demain

p. 96

annexes #1: Lexique

p. 98

annexes #2: Bibliographie

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Quand on parle de la ville, on l’oppose à la campagne, donc par extension, à la nature. Cependant il a toujours existé un lien étroit entre ces deux entités. Cette relation a été et est encore à notre époque, une histoire marquée successivement par des changements et des évolutions. Elle dépend fortement des sociétés à l’origine de la construction des villes, leurs modes de vie ainsi que leurs mouvements économiques, politiques ou encore philosophiques en vigueur. La forme d’une ville est celle perçue par ceux qui la vivent 1. Cette forme de la ville dont parle Julien Gracq, évolue avec l’environnement architectural et urbain, avec la traduction dans l’espace des besoin de sa population. Qu’il s’agisse des besoins biologiques, fonctionnels, spatiaux ou encore culturels, elle est directement liée au rapport qu’elle entretient avec la nature. Chaque époque a vécu ce rapport d’une manière différente. Pour les premières hautes civilisations, la ville est surtout une représentation d’une nature sacrée, d’un ordre global et cosmique. Elle est quasiment la reproduction de la vision que la société en question se fait de cette nature, avec laquelle il faut vivre en harmonie, dans une relation de respect. Il s’agit alors d’une vision de la nature comme celle d’un culte. Ce rapport commence à basculer avec l’apparition des premières sociétés politiques et économiques. La caractéristique sacrée de la nature est certes présente dans l’organisation des villes, mais la ville, citons la Rome antique, commence est l’une des premières à représenter de manière plus

PRÉFACE LA RELATION ENTRE NATURE, HOMMES ET VILLE 8


importante le pouvoir politico-économique de sa société. C’est à cette époque-là, que la ville commence à « s’opposer » à la nature. Ville et nature deviennent deux entités antithétiques. D’un coté on trouve la nature sauvage, représentant une menace, le danger, alors que de l’autre coté, se trouve le lieu de la civilisation où règne l’ordre sur le chaos. A cette époque l’homme commence également à modifier le paysage, à utiliser la nature à son profit. Il canalise l’eau dans des aqueducs pour la ramener dans les villes ou encore intensifie l’agriculture pour répondre aux besoins de sa population. En même temps que ces sociétés se transforment, la ville évolue en adéquation et prend de l’importance. Les villes deviennent des centres territoriaux, attirant de plus en plus de populations. Au fur et à mesure, la reproduction d’une logique naturelle, en tant que représentation de l’ordre sacré du monde, disparaît pour laisser s’installer la vision de la nature en tant que pourvoyeuse de biens et de ressources innombrables. Avec la croissance démographique, les avancées techniques qui entament une «proto-industrialisation»2, et les besoins de place, de nourriture et de matériaux, les hommes s’emparent de la nature et commence à l’utiliser de manière intensive. Cependant, l’aspect menaçant de la nature à l’extérieur des remparts persiste. Pendant que la ville moyenâgeuse est le lieu de protection, de la citoyenneté avec ses droit et devoirs, la campagne, ou nature, reste le lieu d’incertitude, d’insécurité, de non-loi. Vers la fin du Moyen-Age se développe un courant de sacralisation ou plutôt d’idéalisation de la nature, mais en termes d’esthétique. Il s’oppose clairement à la réalité des villes, dans lesquelles la population s’entasse, dans un environnement gris, étouffant et insalubre. Ce courant arrive à son paroxysme pendant la Renaissance et notamment le Romantisme, idéalisant la nature en tant que lieu du rêve, d’aspiration, et du désir. A cette vision s’ajoute, vers la fin du XVIIIe siècle, notamment avec la destruction des remparts à la Renaissance, peu à peu une «mise en scène» de la nature, dorénavant «urbaine», car instrumentalisée par les pouvoirs politiques. Les parcs urbains, les allées et boulevards verdoyants accompagnent la réorganisation des villes.

1 • Champigny, Danielle. Le regard de l’historien. dans « La ville et la nature, un accord difficile, un désaccord impossible » 2 • Époque avant la révolution industrielle ; même si, dans ce contexte, il s’agit plutôt de l’artisanat, on utilise le terme d’industrialisation pour marquer le changements en termes d’importance de la production par rapport au époques antérieures

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Avec la première Révolution Industrielle et l’apparition des grands pouvoirs industriels, la nature se voit pour la première fois dans l’histoire exploitée de manière excessive, et cela au niveau global 3. Face à l’expansion extrême des villes et l’augmentation explosive des besoins en matière brute des grandes nations, une seule et unique fonction est conférée à la nature, celle de la mise à disposition des ressources, une vision instaurée dans ses traits premiers au cours des époques antérieures. En revanche, la ville à son tour devient « dangereuse  » : saturée d’hommes, elle devient le lieu d’entassement de la masse populaire. C’est à cette époque-là que des nombreux projets et utopies urbains voient le jour, proposant un contrepoids au rythme de vie épuisant et aux nuisances de la ville. Le Familistère de Guise de Jean-Baptiste André Godin ou les «  cités-jardins  » de Sir Ebenezer Howard en sont des exemples. Ce dernier propose par ailleurs le concept d’une ceinture verte entourant la ville de Londres, précurseur des nombreux projets de coulées vertes et de trames paysagère qui voient le jour aujourd’hui. C’est au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, que la société occidentale prend réellement conscience de la gravité de son comportement dévastateur face à la nature. Des catastrophes naturelles, des problématiques environnementales et écologiques se multiplient, et les hommes prennent conscience que « [ce] n’est plus l’homme qui se confie à la nature mais la nature qui lui est confiée » 4. Cette époque voit naître de nouveaux concepts écologiques basés sur des éthiques éco-responsables, visant non seulement la préservation de la nature mais aussi sa coexistence harmonieuse avec la société actuelle, et plus encore future. Le développement durable, nouvel enjeu de l’architecture, de l’urbanisme, et du développement économique et social en est une forme. A l’heure actuelle, les nouveaux projets urbains sont de plus en plus liés à notre relation future avec la nature. Les réinvestissements de friches et délaissés en parc urbains, la création d’écoquartiers, les rénovations écologiques du corps bâti visent une adaptation du cadre de vie de l’homme en adéquation avec une vision éco-responsable. En vue de cette tendance, les enjeux à la fois de l’urbanisme que de l’architecture se voient tourner vers des nouvelles façons d’aménager les territoires, les villes et les bâtiments.

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3 • L’importance de l’exploitation et de destruction de la nature n’a jusque là jamais été si dramatique, même si les effets d’une exploitation des ressources naturelles peut être constaté à différentes époques historiques dans différentes parties du monde. On peut citer l’exemple de la Grèce antique dont la partie continentale avait été quasiment entièrement déboisé afin de construire la flotte utilisé pour la guerre navale contre l’état de Carthage. 4 • Champigny, Danielle. Le regard de l’historien. dans « La ville et la nature, un accord difficile, un désaccord impossible », en citant Jean Marc Besse


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Au terme de ce résumé historique de la relation entre l’homme et la nature et par conséquence entre la ville et la nature, se pose alors la question de l’avenir des villes. Lorsqu’on étudie l’environnement, où l’ensemble des éléments et la complexité de leurs relations constituent le cadre et les conditions de vie pour l’homme, ce dernier occupe une position centrale. Hors, à l’heure actuelle cette vision qui place l’homme au centre du monde ne correspond plus à la compréhension des écosystèmes que l’homme acquiert pendant ces derniers 50 ans. La société actuelle se revendique de plus en plus écologique, à la fois dans son cadre environnemental comme dans son comportement. Désormais, l’homme s’investit de plus en plus dans un mode de vie qui soit en harmonie (même relative) avec la nature. En analysant historiquement la relation ville/nature, on constate que les rapports qu’entretiennent les hommes avec l’environnement se laissent résumer en trois approches, trois « éthiques » écologiques différentes liées directement avec la vision que l’homme se fait d’elle. Cette différentiation de différents types de nature n’est pas nouvelle. Les deux historiens de l’art, John Dixon Hunt et Jean-Pierre Le Dantec constatent que « [d]epuis que la nature est offerte aux regards des hommes, elle a pris trois formes possibles... » 5. Cette théorie des trois natures se réfère dans un premier temps à Ciceron, qui dans son ouvrage De natura deorum distingue une première nature, indépendante de l’homme, à l’altera natura, investie par l’homme. La troisième nature, emprunté à la terza natura des auteurs italiens de la renaissance Jacopo Bonfadio et Bartolomeo Taegio, désigne selon Hunt le jardin d’agrément fait pour le plaisir des sens 6. Cependant, cette définition reste purement paysagère et esthétique. Dans la suite de ce travail nous élaborerons la base théorique de ce projet de fin d’études. Nous nous appuierons sur cette notion des trois natures en l’adaptant au contexte actuel dans lequel vivent

INTRODUCTION DE LA PREMIÈRE À LA TROISIÈME NATURE, DÉFINITIONS 12


les hommes et en s’intéressant d’avantage à la notion de troisième nature. L’éthique biocentrée place la nature au premier plan. Elle propose une perspective où toute vie sur terre a même valeur. Cette éthique qui attribue une valeur intrinsèque à chaque être vivant, en dépit de son utilité pour la civilisation humaine, renvoie directement au mouvement écologique de la Deep Ecology, courant de l’écologie établie par le philosophe norvégien Arne Næss 7. Elle renverse la position d’écologie anthropocentrée, situant l’homme au sommet de la hiérarchie des êtres vivants qui protège l’écologie uniquement dans le but de garantir sa survie. Nous allons définir cette approche plus loin. Directement liée à cette éthique, plaçant l’ensemble du vivant au coeur de la réflexion, est la notion de Première Nature. Nous la définissons en tant que milieu où l’Homme n’est pas ou très peu présent, ou réservé de la faune et la flore, réservoir de biodiversité. Les espaces naturels auxquels nous faisons allusion, relèvent de deux types différents. D’un coté la première nature pourrait être représentée par la nature sauvage. Cependant, il ne s’agit pas réellement du concept de nature sauvage, car dans le contexte actuel, ce type de nature reste uniquement préservé dans quelques coins reculés du monde et relève plus du domaine de l’imaginaire que d’une réalité tangible. Gilles Clément, paysagiste français, propose une autre approche, en ce qui concerne une première nature évoquée dans ce travail. Il constate : « Si l’on cesse de regarder le paysage comme l’objet d’une industrie on découvre subitement – est–ce un oubli du cartographe, une négligence du politique ? - une quantité d’espaces indécis, dépourvus de fonction sur lesquels il est difficile de porter un nom. Cet ensemble n’appartient ni au territoire de l’ombre ni à celui de la lumière. Il se situe aux marges. En lisière des bois, le long des routes et des rivières, dans les recoins oubliés de la culture, là où les machines ne passent pas. Il couvre des surfaces de dimensions modestes, dispersées comme les angles perdus d’un champ ; unitaires et vastes comme les tourbières, les landes et certaines friches issues d’une déprise récente.

5 • Arne Næss était également le premier à définir le terme d’écosophie. 6 • L’écologie est ici à comprendre dans une logique d’action-réaction. Citons l’exemple de l’écologie environnementale pour illustrer ce propos: chaque action que l’Homme entreprend dans un écosystème a une conséquence directe sur ce dernier, que ce soit au niveau de la biocénose ou du biotope. 7 • Med. C. Massassi. Introduction aux trois écologies de Félix Guattari. Source : http://www. bolobolo.net/?q=Introduction+aux+Trois+ecologies+de+Felix+Guattari (consulté le 1 mai 2012)

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Entre ces fragments de paysage aucune similitude de forme. Un seul point commun : tous constituent un territoire de refuge à la diversité. Partout ailleurs celle – ci est chassée. » 8 D’après ce constat, Clément rappelle que ces espaces peuvent être, soit des espaces délaissés par l’homme, résultant d’un abandon d’un terrain anciennement exploité, soit des réserves, dont l’existence tient à une exploitation impossible ou difficile ou à l’hasard 9. L’éthique anthropocentrée est opposée à cette éthique biocentrée et le concept dérivé de Première Nature. Historiquement parlant, il s’agit de l’approche écologique qui a le plus marqué la relation de l’Homme à son environnement. Comme vu précédemment, l’homme s’empare de la nature et l’utilise à ses fins. Dans son extrême, cette éthique ne prend pas en compte les effets négatifs liés à l’exploitation et la destruction des milieux écologiques et place l’existence de l’Homme au-dessus de celle des autres êtres vivants. Dérivée de cette éthique écologique, on peut donc définir la Deuxième Nature en tant que nature aménagée par l’Homme de manière intensive, voire excessive, dans l’objectif de satisfaire ses besoins, à la fois spatiaux, fonctionnels, etc. L’expansion des villes, la transformation des milieux naturels et des espaces agricoles, l’exploitation des ressources naturelles, telles que le pétrole et les minerais, en sont des exemples. La troisième éthique écologique, peut être désignée par le terme de «  systémique  », car il s’agit d’une approche considérant le monde sous la forme d’un écosystème. En conséquence, l’Homme fait partie de cet écosystème et ses actions ont des effets directs, positifs ou négatifs, sur ce dernier. Il s’agit d’un principe d’action-réaction. On peut fonder cette forme d’écologie, sur le concept de l’écosophie, à la fois prenant en compte la définition du terme d’Arne Næss terme qu’il a inventé dans les années 1960 - mais aussi celle du philosophe et psychanalyste Félix Guattari. Ce dernier part du constat que la (sur)vie sur terre est menacée par l’ensemble des transformations technico-scientifiques qui se manifestent dans des phénomènes de déséquilibres écologiques. En paire avec cela, les modèles de structures sociales se détériorent. Guattari constate que les instances politiques ne sont pas en mesure de répondre aux problématiques écologiques dans l’ensemble de ses implications. 8 • Med. C. Massassi. Introduction aux trois écologies de Félix Guattari. Source : http://www. bolobolo.net/?q=Introduction+aux+Trois+ecologies+de+Felix+Guattari (consulté le 1 mai 2012) 9 • Michel Péna, architecte et paysagiste à Paris, ancien président de la Fédération Française du paysage dont il fait actuellement partie du Conseil d’Administration. Source : http://www.f-f-p.org/fr/ffp/organisation/ (consulté le 28 mai 2012)

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Les sociétés qui petit à petit prennent conscience de ce fait, mettent en place des mesures qui s’attaquent seulement à des parties du problème, comme par exemple les pollutions, mais ne sont pas aptes à résoudre la totalité des problèmes. Seule l’adaptation d’une écosophie, c’est-à-dire, d’une philosophie écologique, serait capable de remédier à ces problèmes. Nous avons vu auparavant, que les réflexions de Næss ont contribué directement à la création de la deep ecology. Mais pendant que la définition de Næss reste purement écologique, le principe d’écosophie de Guattari constitue une articulation éthico-politique entre trois registres écologiques : celui de l’environnement, des rapport sociaux et celui de la subjectivité. Pour expliciter cela, il définit trois types d’écologie 10 : l’écologie environnementale, sociale et mentale. Il affirme que « [pour] régler la question écologique, on ne peut pas séparer l’action sur l’environnement, sur le ‘socius’ et sur la psyché » 11. Cette première est celle que nous connaissons tous, celle de la préservation de notre environnement et de la biodiversité, voir même plus: il s’agit presque d’un processus actif de reconstitution de la nature. La deuxième et troisième méritent plus d’explications. L’écologie sociale renvoie au constat de détérioration des réseaux familiaux, parentaux et de groupe. Pour remédier à ces problèmes, il faut redéfinir les modes de vie en collectif. En ce qui concerne le registre mental, Guattari fait référence à l’ambiguïté, voire la contradiction, qui s’installe dans la mentalité de la population face au progrès technique. Au lieu d’avoir des conséquences positives, l’avancée technique résulte assez souvent dans un sentiment d’angoisse, de solitude et d’oppression 12. Le concept de l’écosophie guattarienne implique alors à la fois les dimensions environnementales, sociales et psychiques. Pour le reconstituer dans les rapports homme/nature et ville/nature sur lesquels nous travaillons, il faut expliquer que Guattari considère ces trois composantes comme des besoins humains. Nous avons vu que la relation ville nature a depuis toujours été définie par les différents besoins de l’homme, qu’il s’agisse d’un besoin en terme d’espace, nourriture ou de lieu de retrait, etc. Guattari à son tour, prend également en compte les besoins sociaux et psychiques de l’Homme, indispensables pour un bon fonctionnement de la société. Il s’agit d’une approche extrêmement complexe, car difficile à mettre en place. Afin qu’elle soit efficace, cette approche supposerait une prise de conscience de l’ensemble d’une société et dans l’absolu, de la population mondiale. 10 • Michel Péna IN LELOUP, Michèle. « La ville donne rendez-vous à la nature – et vice versa ». Archistorm, 2011, nº 47, p.77 11 • http://www.lametro.fr/90-communaute-agglomeration-territoire.htm (consulté le 24 avril 2012) 12 • http://de.wikipedia.org/wiki/Grenoble (consulté le 30 avril 2012)

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Nous adaptons ici l’idée d’une « Troisième Nature  » qui serait dérivée à la fois de cette notion d’écosophie et d’un terme évoqué par Michel Péna 13. Sur un plan purement écologique, Péna constate que « [chacun] se réclame de la biodiversité mais, en réalité, chacun la déteste. On aimerait une nature qui apparaisse sauvage mais qui serait, en fin de compte très artificialisée et sécurisée [...] le temps est venu de repenser une troisième nature compatible avec la société qui y vit » 14. Afin de réussir à mettre en cohérence cette nature dont parle Péna et la société, il nous paraît important de la mettre en corrélation avec la notion d’écosophie, dans la pensée de Guattari. Dans cette logique, on peut définir la Troisième Nature de la manière suivante: il s’agit d’une approche unifiant sous un seul et unique concept, une nature qui serait le compromis entre la Première et la Deuxième Nature, mais adapté à la manière de vivre des hommes. Plus important encore, qui prendrait en compte les registres sociaux et mentaux de l’écosophie guattarienne. La Troisième Nature fonctionne donc selon une logique systémique. L’environnement de chaque individu et tout ce qui le compose font partie d’un schéma global. Le monde se comprend selon ce schéma. La Troisième Nature vise donc la réconciliation du milieu urbain avec celui de la nature. La ville de Grenoble avec son agglomération se prête parfaitement comme terrain d’expérimentation et d’application de ce concept de Troisième Nature, car elle confronte à proximité immédiate une forte densité urbaine et la présence de milieux naturels importants. Comme nous verrons plus loin, l’agglomération grenobloise est la deuxième aire urbaine de la Région Rhône-Alpes 15. En même temps, son expansion est contrainte par la situation géographique en fond de vallée qui fait que la ville de Grenoble est plus dense que les autres villes françaises 16, mais aussi qu’elle se trouve dans une relation privilégiée avec la nature. Des milieux naturels remarquables, comme les Parc Naturels Régionaux et les massifs montagneux, entourent la ville de toutes les cotés, lui conférant son caractère unique.

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13 • Michel Péna, architecte et paysagiste à Paris, ancien président de la Fédération Française du paysage dont il fait actuellement partie du Conseil d’Administration. Source : http://www.f-f-p.org/fr/ffp/organisation/ (consulté le 28 mai 2012) 14 • Michel Péna IN LELOUP, Michèle. « La ville donne rendez-vous à la nature – et vice versa ». Archistorm, 2011, nº 47, p.77 15 • http://www.lametro.fr/90-communaute-agglomeration-territoire.htm (consulté le 24 avril 2012) 16 • http://de.wikipedia.org/wiki/Grenoble (consulté le 30 avril 2012)


Ces milieux naturels prennent une place importante dans l’identité de la ville et constituent un réseau de continuités écologiques à l’échelle territoriale. Dans l’écologie du paysage, des continuités paysagères sont désignées sous le terme de trame verte et bleue (TVB). En constatant ces nombreux milieux naturels autour de Grenoble, on peut considérer une telle TVB existante. Le Campus de Grenoble Universités se situe sur les communes de l’agglomération de Saint-Martin-d’Hères et de Gières. Il se trouve dans une situation entre ville et nature. Au nord, on retrouve un milieu naturel, constitué notamment par le parc de l’Ile d’Amour et les berges de l’Isère. Au sud, il borde des zones d’activités susceptibles d’être densifiées dans les années à venir, la ZAC des Glairons ainsi que la future ZAC Neyrpic. De par cette situation en bordure de milieux naturels faisant partie d’une TVB à l’échelle grenobloise, le Campus de Grenoble Universités est un terrain qui se prête à l’étude d’une application du concept de la « Troisième Nature ». La volonté de travailler sur le Campus de Grenoble Universités n’est pas anodin, car il est déjà à l’heure actuelle, le sujet d’un grand projet de réaménagement. Son réorganisation suscite des interrogations formelles en tant qu’expression urbaine et architecturale du rapport nature/société. Le présent travail propose une approche du projet urbain et architectural par le biais de cette Troisième Nature, évoquée plus haut. Nous concevons ainsi le Campus de Grenoble Universités en tant qu’interface capable de se métamorphoser et de permettre la couture des ces deux milieux, urbain et naturel. Prenant en considération les trois échelles du projet – territorial, urbain et finalement architectural – le présent mémoire s’organise en trois parties principales. Chaque partie est organisée selon une logique «  constat – principe d’action – application  ». Nous allons dans un premier temps aborder chaque échelle par une analyse du site en question. Nous allons relever ses potentialités, ses atouts, mais également les éléments manquants et les points négatifs. Ces constats nous permettront de nous positionner par rapport au contexte donné, auquel nous réagirons dans un deuxième temps par une proposition d’un principe d’action. Ces principes d’action sont des propositions visant soit la mise en valeur des potentialités du site, soit à combler ses faiblesses. Finalement nous finirons par des réponses à ces principes d’actions par l’exemple de leurs applications.

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Dans un premier temps nous approchons le sujet par l’échelle territoriale de l’agglomération grenobloise. Se basant sur la situation remarquable de la ville de Grenoble, aire urbaine très dense, mais en proximité immédiate des espaces et milieux verts, nous proposons la création d’une trame verte et bleue, reliant ces espaces verts entre eux. Dans un deuxième temps, nous allons nous concentrer sur l’échelle urbaine, en travaillant sur le Campus de Grenoble Universités. Le considérant en tant qu’interface évoquée auparavant, capable de relier la ville à la TVB. Nous transposons ce concept de la TVB à l’urbanisme et proposons un parcours reliant Saint-Martind’Hères au parc de l’Ile d’Amour, rythmé par une succession de places urbaines. Pour finir, nous nous concentrerons sur trois places importantes et élaborerons une programmatique et la proposition architecturale pour les places en question.

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LE TERRITOIRE GRENOBLOIS, UNE RELATION ÉTROITE À LA NATURE

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I.1 Constats à l’échelle territoriale une ville proche de la nature I.2 Principes d’action et mise en œuvre lier par une Trame Verte & Bleue I.3 Applications du principe à l’échelle urbaine une Trame Verte & Bleue à Grenoble 21


L’agglomération grenobloise est la deuxième aire urbaine de la Région Rhône-Alpes après celle de Lyon1. Il s’agit de la plus grande ville à proximité immédiate de hautes montagnes à l’échelle européenne 2. Située dans la vallée du Grésivaudan elle s’étend sur une superficie de 15.000 ha et accueille 404 176 habitants répartis sur 26 communes. Limitée par son emplacement en fond de vallée, Grenoble est deux fois plus dense que ses homologues françaises (8300 habitants/km2) 3. L’extension urbaine est contrainte par trois massifs montagneux que sont, la Chartreuse, au Nord, le Vercors, à l’Ouest, et la chaînette de Belledonne, au SudEst. Grenoble entretient une relation privilégiée avec la nature. En effet, la ville est très vite au contact même de milieux naturels remarquables conférant à celle-ci son caractère unique. Les parcs naturels régionaux du Vercors, de la Chartreuse et le parc national des Ecrins s’arrêtent aux portes de l’agglomération. Les Grenoblois profitent largement de cette proximité en été pour se ressourcer et échapper aux grosses chaleurs dues à la morphologie de la ville dite de «cuvette» ou la chaleur se condense et l’air ne circule pas. De même les stations alpines situées aux alentours de l’agglomération témoignent de l’intérêt de la population pour ces espaces et de son attrait touristique. Ainsi la présence de la nature prend une place importante dans la vie de ses habitants et plus encore, dans l’identité de la ville. Elle est très présente dans l’espace urbain : de part son relief, ce paysage reste visible en tous points de la ville et reste facilement accessible, parfois même depuis les terminus de tram. Accessibilités douces : un mode de flux a valoriser Les modes doux, non motorisés, donc non polluants (marche à pied, vélo), nécessitent, pour un même nombre de voyageurs, une emprise au sol inférieure à celle des voitures, ce qui favorise la fluidité de la circulation. Le Plan des Déplacements Urbains (PDU) de l’agglomération grenobloise s’est fixé comme objectifs de diminuer de 54% à 48% la part modale du trafic automobile et de 10% l’espace utilisé par la voiture. En outre, le PDU

I.1 CONSTATS À L’ÉCHELLE TERRITORIALE UNE VILLE PROCHE DE LA NATURE 22


prévoit 1200 à 2000 places de stationnement en surface en moins au cœur de l’agglomération. Il prévoit également de développer les transports en commun, la voirie accessible aux personnes handicapées, la marche à pied et le vélo et d’exploiter au mieux le réseau routier existant. En 2009, Grenoble a été déclarée lauréate du palmarès mobilité dans la catégorie «accessibilité» : 100% du réseau tramway accessible (fig.1), 80% des arrêts de bus3. Grenoble, ville compacte et de proximité, jouit d’une topographie exceptionnelle favorable aux déplacements de tous les usagers, notamment les plus fragiles. L’usage du vélo et des autres modes doux y est facilité. Les berges de l’Isère et du Drac ainsi que le tracé de l’ancienne voie ferrée sont largement utilisés par les grenoblois qui profitent des pistes cyclables pour courir et faire du vélo. 1 • http://www.lametro.fr/90-communaute-agglomeration-territoire.htm (consulté le 24 avril 2012) 2 • http://de.wikipedia.org/wiki/Grenoble (consulté le 30 avril 2012) 3 • http://infos.grenoble.fr/hqe/abcQE_Grenoble2010_partieA.pdf (consulté le 29 avril 2012)

fig. 1 •«carte densitram» nous avons mis en rapport la desserte du tram (par rayons de 400m autours des arrêts, la limite du piéton en terme de marche urbaine) face à la densité du batît autour des arrêt.

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Les berges : un potentiel à exploiter Les rivières de l’Isère et du Drac contribuent fortement au caractère naturel de la ville. Leurs berges ainsi que les quais à l’intérieur de la ville de Grenoble sont fortement investis l’été par la population grenobloise. Il s’agit de lieux naturellement propices à la détente et au loisir grâce leur cadre naturel, nombreux cafés et restaurants en témoignent. Cependant, il faut constater que les berges grenobloises ne sont pas toujours valorisées comme elles pourraient l’être. En se promenant on peut constater que malgré leur potentiel, l’espace est assez pauvre en ce qui concerne l’aménagement paysager. Très rares sont les endroits invitant l’usager à s’attarder et profiter de ce cadre naturel pourtant situé à proximité de nombreuses zones résidentielles. Les berges de l’Isère font actuellement l’objet d’un projet de réaménagement, avec la réalisation du premier tronçon au cœur de la ville de Grenoble prévu en 2014. Ce projet d’embellissement fait la part belle aux circulations douces, à la déambulation et aux espaces de loisirs. De part leur continuité physique, sans obstacles majeurs, les rives de l’Isère et du Drac sont idéales pour les mobilités animales mais aussi humaines, elles représentent de véritables « corridors ». À l’heure actuelle, suite au Grenelle II de l’Environnement, la ville de Grenoble prévoit d’inscrire ces deux berges en zones ZNIEFF4, des zones naturelles d’intérêts écologiques, faunistiques et floristiques (fig. 2). Ce réseau de zones naturelles protégées regroupe à la fois des espaces aquatiques mais aussi naturels terrestres tels les parcs nationaux ou régionaux. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la réalisation «  d’un diagnostic environnemental en vue de la constitution d’une trame verte et bleue »5. Issue des pratiques paysagères, la trame verte et bleue6 est un outil d’aménagement du territoire visant à identifier, préserver et mettre en réseaux les éléments naturels et semi-naturels dans une logique de préservation et de restauration des continuités écologiques. C’est « une démarche qui vise à maintenir et à reconstituer un réseau d’échanges sur le territoire national pour que les espèces animales et végétales puissent, comme l’homme, communiquer, circuler, s’alimenter, se reproduire, se reposer. En d’autres termes assurer leur survie »7. 4 • ZNIEFF : Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et floristique ; on distingue deux types : Les ZNIEFF de type I, de superficie réduite, sont des espaces homogènes d’un point de vue écologique et qui abritent au moins une espèce et/ou un habitat rares ou menacés, d’intérêt aussi bien local que régional, national ou communautaire ; ou ce sont des espaces d’un grand intérêt fonctionnel pour le fonctionnement écologique local. Les ZNIEFF de type II sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes. Elles peuvent inclure des zones de type I et possèdent un rôle fonctionnel ainsi qu’une cohérence écologique et paysagère. Source http://www.trameverteetbleue.fr/sites/default/files/juillet2010_guide1_tvb_avec_auteurs.pdf (consulté le 02 avril 2012) 5 • Source : http://www.grenoble.fr/492-la-trame-verte-et-bleue.htm (consulté le 24 avril 2012) 6 • La Trame verte et bleue est une mesure phare du Grenelle Environnement qui porte l’ambition d’enrayer le déclin de la biodiversité au travers de la préservation et de la restauration des continuités écologiques. 7 • Définition issue du site : http://www.legrenelle-environnement.fr/-Trame-verte-et-bleue-. html (consulté le 02 avril 2012)

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Inventaire du patrimoine naturel ZNIEFF II* N°3816

fig. 2 • cartes ZNIEFF - zones I & II Carte réalisée à partir des bases de données de l’INPN, Inventaire Nationale du Patrimoine Naturel http://inpn. mnhn.fr/carto/ metropole/znieff# et de Cartorera Cartographie des réseaux écologiques Rhône Alpes http:// cartorera.rhonealpes. fr/ (consulté le 05 avril).

3818 3818

2604 2604

3817 3817

3816 3816 2602 2602

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3823 3823 2607 2607 Légende * Inventaire des Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique 2e édition 2007 Il constitue un outil d'alerte et ne peut être interprété à une échelle plus fine sans investigation complémentaire Edition : InfoSIG Cartographie - www.infosig.net - Annecy

Inventaire du patrimoine naturel ! ZNIEFF II* N°3824

Périmètre de la ZNIEFF type 2 Autres ZNIEFF type 2

ZNIEFF type 1

fonds IGN Scan 100 (C)

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Légende * Inventaire des Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique 2e édition 2007 Il constitue un outil d'alerte et ne peut être interprété à une échelle plus fine sans investigation complémentaire Edition : InfoSIG Cartographie - www.infosig.net - Annecy

Inventaire du patrimoine naturel ! ZNIEFF II* N°3818

Périmètre de la ZNIEFF type 2 Autres ZNIEFF type 2

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fonds IGN Scan 100 (C)

ZNIEFF type 1

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Légende * Inventaire des Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique 2e édition 2007 Il constitue un outil d'alerte et ne peut être interprété à une échelle plus fine sans investigation complémentaire Edition : InfoSIG Cartographie - www.infosig.net - Annecy

Périmètre de la ZNIEFF type 2 Autres ZNIEFF type 2

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La Trame Vert et Bleue (TVB) à l’échelle de Grenoble Elle se base sur la présence des deux rivières, leur confluence et la proximité d’autres milieux naturels voisins. Cependant il s’agit uniquement d’un projet visant la préservation de milieux écologiques remarquables, notamment des ZNIEFF : les espaces verts à l’intérieur de l’agglomération ne sont pas pris en compte pour l’instant. Mise à part leur fonction primordiale écologique (possibilité de migration pour les espèces, préservation de la biodiversité, l’infiltration de l’eau des pluies, etc.), les espaces verts dans l’environnement immédiat d’une ville remplissent d’autres fonctions variées, une des plus importantes étant leur fonction sociale. De plus mis en réseaux ils pourraient représenter de véritables «  corridors  urbains  » pour les mobilités douces. En Considérant non seulement les espaces naturels aux alentours de Grenoble mais également les espaces semi-naturels à l’intérieur de l’aire urbaine (parcs, jardins, friches…) on peut constater la présence d’une trame verte et bleue à l’échelle urbaine déjà existante à grenobloise. En conséquence, le projet de « TROISIEME NATURE », présenté à travers ce travail, envisage le territoire grenoblois comme le théâtre de la mise en place d’une telle trame verte et bleue à l’échelle urbaine (jusqu’ici envisagée à l’échelle territoriale des alentours de Grenoble dans un schéma régionale). Il s’agit de mettre en valeur une certaine portion de la TVB existante en rapport au contexte urbain pour qu’elle desserve tant l’animal que l’homme. Avant de rentrer plus en détail dans le cas concret de l’application du concept de TVB à l’échelle grenobloise il faut d’abord expliquer quel est ce concept.

I.2 PRINCIPES D’ACTION ET MISE EN ŒUVRE LIER PAR UNE TRAME VERTE ET BLEUE 26


Concept et théorie de la Trame Verte et Bleue Qu’est ce qu’une TVB ? Quels éléments implique-t-elle ? Quels sont les enjeux de la mise en place d’une TVB ? Le développement des villes entraîne une altération considérable de notre cadre de vie. Ainsi, le paysage naturel cède graduellement sa place au paysage urbain. Suite à cette urbanisation croissante, les milieux naturels sont soumis à une fragmentation importante ayant des effets néfastes sur la biodiversité et les écosystèmes. Le concept de la trame verte et bleue est originairement un terme issu de l’écologie du paysage. Il vise à diminuer les conséquences de la fragmentation et de la destruction des milieux naturels. «  La Trame verte et bleue a pour objectif premier de contribuer à enrayer la perte de biodiversité, en participant à la préservation, à la gestion et à la réhabilitation des milieux nécessaires aux continuités écologiques. Elle doit permettre d’inscrire les décisions d’aménagement du territoire (projets, documents de planification, …) dans une logique de cohérence écologique, intégrant à la fois les espaces et milieux importants pour la préservation de la biodiversité, qualifiés de réservoirs de biodiversité, les corridors écologiques fonctionnels reliant ces réservoirs, ainsi que les cours d’eau et leur dynamique fluviale.»7 Afin de comprendre quel intérêt représente le concept de la TVB pour la préservation de la biodiversité et des écosystèmes il faut d’abord expliciter quelques notions de base d’écologie. La biodiversité désigne la diversité du vivant et on peut en distinguer trois types : celle de type génétique, la spécifique et celle écosystémique. Elle englobe tout les processus naturels assurant la perpétuation de la vie sous toutes ses formes. En 2005, l’ONU publie un rapport intitulé «  L’évaluation des écosystèmes pour le millénaire  », dans lequel sont identifiés 5 pressions majeures mettant en danger la biodiversité : • l’exploitation non-durable des espèces sauvages • la pollution domestique, industrielle et agricole • l’introduction des espèces exotiques envahissantes • le changement climatique • la fragmentation des milieux et la destruction des milieux naturels Par la suite nous allons nous intéresser plus précisément au cinquième point, car le concept de la TVB vise à en diminuer les effets. La fragmentation de milieux est un processus pendant laquelle un milieu naturel continu est divisé en divers fragments de tailles variables. Les conséquences sont directement ressenties sur la population animale d’un certain milieu. D’une part, elle réduit la taille de l’habitat de l’espèce et de l’autre, elle augmente le nombre des fragments. Souvent cette multiplication et diminution de l’habitat est accompagnée par un isolement spatial des fragments par des coupures physiques crées par l’homme (par exemple des autoroutes) rendant difficile la (re)colonisation ou/et la migration des espèces. 8 • D’après le site http://www.geoportail.fr/visu2D.do?ter=metropole (consulté le 29 avril 2012)

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Après avoir vu de quelle manière l’urbanisation affecte la biodiversité et les écosystèmes nous verrons comment cette TVB contribue à diminuer l’impact de la fragmentation des milieux. Les composantes d’une TVB Précédemment nous avons vu dans quel contexte il faut situer le concept de la TVB. Une TVB constitue finalement un système de connectivités écologiques assurant ainsi la possibilité de circulation des espèces d’une zone d’habitat à une autre. Une TVB est composée de divers éléments ayant des fonctions différentes. Les éléments séparant un fragment d’un autre sont désignés sous le terme de matrice. On pourrait également dire que la matrice est un fond, un milieu inadapté à l’animal ou végétal. Sur ce fond, viennent s’ajouter les deux éléments qui constituent la véritable TVB. D’une part on distingue les réservoirs de biodiversité, c’est-à-dire les espaces ou zones favorisant la reproduction, le repos, la nourriture des espèces animales et végétales. D’autre part, les corridors écologiques assurent leurs déplacements et relient les réservoirs les uns aux autres. Néanmoins il faut toujours prendre en compte l’espèce en question. Un oiseau par exemple n’est pas concerné par les mêmes obstacles qu’une grenouille. On peut faire la différence entre trois types de corridors écologiques : • Les structures linéaires sont constituées d’éléments continus garantissant un déplacement sans interruption, comme par exemple une suite de haies, des chemins et leurs bords, ainsi que les cours d’eau et leurs rives. • Les structures en pas japonais sont des éléments discontinus, ils viennent ponctuer un milieu que l’espèce doit traverser afin de se rendre d’un élément à l’autre et qui lui est plus ou moins hostile. Parmi les structures en pas japonais on peut compter par exemple des mares ou des bosquets. • Le corridor paysager est plus diversifié que les deux précédant. Il s’agit d’un espace regroupant plusieurs zones différentes, comme des zones de repos, de nourrissage ou d’abri. Plus ils sont larges et continus, plus ils sont efficaces pour une large variété d’espèces. Cependant, il faut ajouter que beaucoup d’espèces peuvent se déplacer sur une matrice qui leur est hostile. (fig. 3)

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fig. 3 • schémas réinterprété de fonctionnement des corridors écologiques

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Nous avons expliqué que la fragmentation des milieux naturels rend difficile la migration des espèces et les différentes spatialités génériques qu’apporte la TVB pour y remédier. Même si la TVB est originairement issue de l’écologie du paysage, le concept trouve très vite sa place dans le discours des sciences politiques, sociales, mais aussi des urbanistes et architectes. Pourquoi une TVB dans Grenoble ? Accorder une plus grande place à la nature dans les paysages urbains est devenue une préoccupation largement partagée. De nombreuses collectivités (agglomérations, communautés de communes, communes..) ont pris des initiatives (infrastructures vertes et bleues, coulées ou ceintures vertes, schémas de trames vertes et bleues) visant à identifier, préserver et relier les espaces et éléments naturels de leurs territoires. La destination première de ces structures est à dominante naturelle  : valoriser des habitats et des environnements favorables à la faune et à la flore sauvages. Cependant lorsqu’une gestion différenciée est appliquée, ces structures contribuent à satisfaire les besoins de nature des urbains. C’est pourquoi la Trame verte et bleue doit s’inscrire dans et à travers les espaces urbains. En fin de compte, c’est au niveau communal ou intercommunal, au plus proche du terrain, que peuvent s’effectuer les choix les plus pertinents. Ce cadre doit permettre l’expression de l’ensemble des acteurs locaux et des populations, reposant sur une réflexion qui est à même d’identifier localement les alternatives possibles pour atteindre les objectifs. Le choix du mode de gouvernance du projet de trame verte et bleue, dans sa conception, sa mise en œuvre et son évaluation est un facteur essentiel de sa réussite, à chacune des échelles spatiales concernées. C’est pourquoi il nous a semblé pertinent de transposer le concept de trame verte et bleue à une échelle urbaine, en vue de créer une continuité

I.3 APPLICATION DU PRINCIPE À L’ÉCHELLE URBAINE UNE TRAME VERTE & BLEUE À GRENOBLE 30


sous-trame urbanisation

sous-trame urbanisation

(les limites du parcellaire)

fig. 4 • schéma prospective d’une T.V.B. cyblant et reliant des potentialités paysagères tout autours de Grenoble. Au détour de cette trame on trouve des regroupements de structures éducatives. Nous avons regroupés toutes les potentialités sur ce schéma

sous-trame milieux agricoles

sous-trame réseaux aquatiques

sous-trame zonage ZNIEFF I & ZNIEFF 2

sous-trame zones boisée hautes et basse - les milieux fermés

TVB addition des soustrames

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des espaces verts intra-muros (parcs, friches…) mais aussi de ceux en périphérie (berges, espaces agricoles). Elle est une interface entre la ville dense et tentaculaire et les milieux protégés situés en dehors de la ville. Objectif et rôles de la TVB à l’échelle urbaine Une trame verte et bleue a de multiples enjeux et fonctionnalités quand elle est transposée dans un milieu urbain. Il est nécessaire de la réinterpréter à des échelles plus fines autour d’une logique systémique dépassant une logique uniquement biocentrée et en intégrant l’éthique anthropocentrée : la Troisième Nature Certes il s’agit d’un concept développé afin «  ...[d’]enrayer la perte de biodiversité en participant à la préservation, à la gestion et à la remise en bon état des milieux nécessaires aux continuités écologiques... » 7. Mais comme nous l’avons déjà évoqué dans la partie I.1. «  Constats à l’échelle territoriale  » des espaces verts au sein d’une agglomération ont d’autres fonctions qu’uniquement écologiques. Malgré ces fonctions primaires, la TVB est principalement un réseau d’espaces verts reliés entre eux, mais remplit aussi des fonctions sociales importantes. La présence de végétation dans un milieu expressément urbain améliore d’une manière nettement le cadre de vie des habitants (à défaut d’avoir son propre jardin, s’approprier un part de la TVB, la parcourir, rencontrer ses voisins…). Une TVB peut servir de lieu de détente et de loisir, favorisant ainsi les activités de plein air, tant récréatifs, culturels que sportifs. Il suffit de regarder un parc urbain en été pour se rendre compte de l’importance d’un tel lieu  : en plein air et adapté à recevoir un grand nombre de personnes. Par la mise en place de sentiers écologiques elle peut avoir une fonction éducative importante, sensibilisant non seulement les enfants aux enjeux de la préservation des milieux naturels, mais également les adultes. Par exemples ces sentiers relierons la trame verte et bleu à l’échelle urbaine aux espaces protégés et sites remarquables, que ce soit par l’intermédiaire des sentiers du SIPAVAG (Syndicat Intercommunal pour la Protection et l’Aménagement des franches vertes de l’Agglomération Grenobloise) ou du GR9 de la Bastille. Un début de TVB, les 3 ceintures : une Troisième Nature pour Grenoble Cette nouvelle trame verte et bleue dans Grenoble et pour ses habitants prend en compte le compromis entre les intérêts de l’homme, notamment un besoin croissant d’espaces verts urbains et de mobilités douces, et ceux écologiques, comme le maintien et la restauration de la biodiversité dans des espaces qui, au cours des dernières décennies, ont vu leur fragmentation s’accélérer. Cette trame verte et bleue urbaine est avant tout un « corridor » de circulation à l’échelle de la ville. Tels de grands parcs linéaires, les trois couronnes concentriques de cette TVB urbaine sont une nouvelle armature pour la ville et son développement futur. Spatialement elle répond aussi bien aux deux objectifs, puisqu’elle constitue un milieu continu et relie diverses coupures naturelles et paysagères.

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fig. 6 • carte prospective d’une T.V.B. ciblant et reliant des potentialités paysagères tout autours de Grenoble. Au détour de cette trame on trouve des regroupements de structures éducatives. Cette carte à été conçue avec le parcellaire de Grenoble, ainsi qu’une vue aérienne satellite. Se dessinent trois boucles concentriques depuis le parc Mistral. carte 1(constat : potentialités/ mise en réseaux des espaces verts et bords de berges). Les discontinuités en rouge seront traitées (revégétalisation, parc, voie cyclable…) avec un certain nombre d’articulations (équipements culturels, sportifs, éducatifs…) telles des portes d’entrées. Dans cette carte : intervention : créer une continuité et éventuelles articulations

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C’est dans sa mise en œuvre qu’elle devra concilier l’un et l’autre, comme par exemple le choix des essences végétales, leurs dispositions, l’étude des déplacements de la faune en considérant les types espèces, mais aussi par les choix des matériaux, du type et de l’intensité des lumières du mobilier urbain accompagnant cette TVB Urbaine, des équipements présents, des zones résidentielles... Celle-ci n’a pas la prétention d’être définitive dans sa conception puisqu’elle nécessite une pluridisciplinarité de compétences (géographes, biologistes, sociologues, urbanistes…) et de nombreuses observations sur le site à une échelle fine et dans le long terme. Sa conception sera d’avantage basée sur les vides urbains disponibles, les espaces verts remarquables à proximité de la ville, les liens possibles avec la trame verte et bleue de la région Rhône-Alpes ou encore les principaux corridors de déplacements de la faune. L’optique d’un futur boulevard vert et bleu dans Grenoble permettra aussi de favoriser les circulations douces pour l’Homme. Pour constituer cette trame, nous partons de l’hypothèse d’une densification du tissu urbain grenoblois d’où la volonté de préserver des espaces aujourd’hui marginaux et en périphérie mais qui bientôt seront de véritables espaces de circulation partagés à l’image du boulevard où la voiture aurait disparue pour faire la part belle à la faune et la flore. La TVB Urbaine de Grenoble que nous avons élaborée est donc à titre prospectif, dans une logique de mise en réseaux des espaces verts protégés et d’autres, mieux aménagés et plus insérés au tissu urbain. Elle regrouperait les berges de l’Isère et du Drac, des espaces verts urbains résiduels comme l’ancienne voie ferrée entre rue Stalingrad et l’avenue Marcelin Berthelot, des parcs existants et parfois en bordures des espaces agricoles. On observe certaines discontinuités, représentées en rouge, ou à l’extrême la continuité s’apparente à un « filament écologique » comme une allée d’arbres. Dans le projet Cartilaginous (fig. 7), issu du concours Europan 11, propose lui aussi une ceinture verte articulée ponctuellement par des projets plus urbains, où parfois seul une allée d’arbre fait le lien. Pour assurer une meilleure continuité dans ces nouvelles allées verte de Grenoble nous restaurons ou récréons des pistes cyclables, revégétalisons au sol en bandes linéaires végétales voire de petits parcs quand cela est possible. Certains espaces peuvent être totalement réaménagés et requalifiés comme l’a fait la HighLine à New York et s’apparenter plus à un trame paysagére (cf. partie II). Pour la pluparts il sera seulement question d’équipements minimums et d’aménagements subtiles pour garder la poésie d’espaces plus ‘naturels’ colonisés d’herbes hautes comme l’ancienne voie ferrée de Grenoble. La ceinture verte à Paris fait aussi référence à cette reconquête végétale en termes d’espaces verts préservés et offerts à la population, et en regardant de plus prés on constate qu’il en existe plusieurs à différentes échelles (fig. 8). Enfin au cours du temps et selon les potentialités existantes et des besoins des usagers de micros aménagements en bordure de cette trame pourraient venir se greffer (pavillons, cafés, expositions itinérantes..).

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fig. 7 • référence «Cartilaginous» Mentionné Europan 11- NC019 Cartilaginous a Neuilly-Sur-Marne Andrea Bellodi, architecte ; Michele Pascucci, architecte ; Carlotta Mazzi, architecte et Marco Lomartire, étudiant en architecture. TVB « articulée » par des projets mixtes de logements et d’équipements publics. Le parti pris est de densifier verticalement l’espace urbain autour de quelques places limitant l’emprise au sol et augmentant celle du parc autour des méandres.

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fig. 8 • référence de la ceinture verte à Paris : Des ceintures vertes préservées. Le Grand Paris préserve plusieurs ceintures vertes qui renforcent la présence de la nature dans et autour de la métropole. source :http://www.ateliergrandparis.com/12clefs/ (consulté 27 avril)

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La Trame verte et bleue à l’échelle urbaine est donc avant tout une démarche d’une part itérative entre les différentes échelles et son déroulement dans le temps, d’autre part cumulative au fur et à mesure que les données s’enrichissent. Cette démarche requiert de la part des collectivités publiques d’orienter les politiques vers les mobilités douces, ce qui est déjà le cas à Grenoble, mais aussi le rachat d’une part foncière importante pour constituer cette TVB Urbaine. Les deux premières boucles intégrées au contexte urbain aurons un impact immédiat sur les grenoblois tandis que la dernière plus en périphérie ( principalement agricole) sera plus difficilement défendable aujourd’hui. Elle est a percevoir comme une réserve anticipant les phénomènes de densifications et d’étalements urbains. Une évaluation progressive devra intégrer ponctuellement des évaluations scientifiques de terrain, et la faire ainsi évoluer. La TVB Urbaine doit être confortée à toutes les échelles territoriales pertinentes pour permettre des espaces d’échange. C’est à l’échelle urbaine voire intercommunale que nous la développerons et auxquelles viendra se rattacher par des trames paysagères diverses portes d’entrées dont celle du campus.

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UN CAMPUS À RECOUDRE, PLACES ET TEMPORALITÉS 40


II.1 Constats à l’échelle urbain des potentialités inexploitées, un campus à recoudre II.2 Principes d’action et mise en œuvre le vide comme plein fonctionnel, une Trame Paysagère

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«Estimant qu’il pouvait servir d’espace vert aux grenoblois, le doyen Louis Weil refusa de l’enclore. Cet espace vert, enrichi d’un arborétum comportant des espèces provenant du monde entier, constitue tout à la fois un espace d’étude pour la formation et la recherche, et un espace ouvert au public. Le Domaine Universitaire, éloigné de la ville à sa création, sera, et il l’est déjà, un cœur de cité, comme les campus à l’américaine, plus de 100, voire 150 ans après leur création.» Alain Némoz1

fig. 9 • Photographie du domaine universitaire de Grenoble en 1950, vue depuis Gabriel Péri. source : http://echosciences-grenoble.fr/

II.1 CONSTATS À L’ÉCHELLE URBAINE: DES POTENTIALITÉS INEXPLOITÉES, UN CAMPUS À RECOUDRE 42


Face aux volontés définies par la mise en place d’une Trame Verte & Bleue (TVB) à l’échelle territoriale, il s’agit maintenant de définir l’intervention plus précisément en appliquant le principe à une échelle plus réduite et choisie : celle du campus. Le thème donné du campus nous a soumis à une quête de la connaissance de ce site, plutôt inconnu de tous les membres du trinôme. Par de successives analyses nous avons parcouru, observé et annoté la totalité du territoire du campus. Il en ressort plusieurs constats qui révèlent un campus armé d’atouts urbains et naturels très porteurs d’un développement prospectif alternatif, celui d’une Troisième Nature. Nous allons voir le contexte dans lequel le campus s’inscrit, les qualités de ses espaces en terme de ressources naturelles et paysagères, mais aussi la composition bâtie de ces espaces ou encore les flux qui les irriguent. Un vaste parc bordé de berges Il faut considérer de prime abord l’atout majeur du domaine universitaire. Conçu comme un parc urbain, à l’image des campus américains, le campus de Gières et Saint-Martin- d’Hères s’inscrit dans cette relation d’une nature proche de la ville. Il constitue ainsi une parenthèse dans la ville, telle un vaste tapis végétal sans clôture dans lequel vient se positionner presque aléatoirement le bâti. Rares sont les espaces publics qui rattachent les bâtiments à leur contexte (le parvis de la bibliothèque universitaire des Sciences est l’une de ces exceptions) d’où cette sensation d’un bâti flottant au milieu d’un gigantesque parc. L’étalement et l’éclatement du campus font que malgré une bonne desserte globale par le tramway (avec tout de même une lacune au nord-est) le campus parait interminable. Le manque de repères et de signalétique favorisent cette impression. Si le campus en lui-même répond à la typologie du parc urbain, en revanche la fragmentation des espaces qui l’entourent est majoritairement due à la qualité des espaces traversés, à savoir des zones résidentielles, des zones d’activités et des routes. La qualité de propriétés privées et/ou d’activités industrielles constitue le plus souvent la présence de nombreuses barrières physiques (grillages, murs et murets, portes, etc...) fractionnant de fait le continuum végétal et animal. Bien que bordé au Nord par l’Isère, le campus lui tourne le dos. Les berges de l’Isère ne font pas partie du paysage et fonctionnent plus comme une barrière autant physique que visuelle. Les accès sont réduits, peu visibles et peu aménagés. Seule la piste cyclable le long des berges est réellement investie par les étudiants et la population grenobloise principalement pour des promenades 1 • Article du 8 mars 2012 à propos du Cinquantenaire de la fondation du Domaine universitaire de Saint Martin d’Hères, publié sur http://echosciences-grenoble.fr/

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sportives. Trop rarement les berges invitent l’usager à s’arrêter pour profiter du cadre qu’elle propose. Les berges de l’Isère font actuellement l’objet d’un projet de confortement et d’embellissement (fig. 10) avec la réalisation des premiers tronçons dès cette année, puis au cœur de la ville de Grenoble prévu en 2014. Ce projet fait la part belle aux circulations douces, à la déambulation piétonne et aux espaces de loisirs. fig. 10 • schéma des trois manières de conforter les digues Le confortement des digues se fait techniquement de manières qui varient selon les besoins, le contexte et les moyens. Sources, Syndicat Mixte des Bassins Hydrauliques de l’Isère • www.symbhi.fr Le confortement mécanique drainant suppose un épaississement de la digue de façon à contenir une crue par la porosité de la masse mais aussi de façon à éviter protéger d’une érosion interne. On utilise des sablons et des graviers pour entreprendre ces travaux.

Le confortement par paroi étanche sous-entend une restructuration totale de la digue.

Le confortement contre l’affouillement par l’enrochement de la digue protège la digue de l’érosion et des chocs. éxistantes.

Des zones d’influences auxquelles s’accrocher Des zones tampons séparent le campus de ce qui l’entoure. En effet il y a absence d’une continuité spatiale en direction de l’axe Gabriel Péri (au Sud) vers le parc de l’Île d’amour (au Nord) et en direction des hôpitaux (à l’Ouest). Au niveau de l’axe Gabriel Péri, un projet de halles commerciales, d’un pôle santé mais aussi d’hôtels, la ZAC Neyrpic, devrait voir le jour en 2015. Ce projet entreprend le renouveau de l’entrée du Domaine Universitaire par un accès historique, il s’inscrit dans une vaste dynamique de renouvellement urbain de l’un des secteurs les plus stratégiques de Saint-Martind’Hères. En effet, l’axe Gabriel Péri s’appuie sur un nœud du réseau de transport en commun de l’agglomération, où se croisent les lignes de tram C et D et les lignes de bus n° 21, 23, 26, 41. Ce nœud de l’axe est aussi hautement commercial et se veut à travers ce projet un pôle futur pour la ville de Saint-Martin-d’Hères. Il est à noter que les programmistes ont imaginé une « coulée verte » reliant l’axe urbain aux berges. Ce projet aux multiples aspects est en passe d’être réalisé, il fait désormais partie du futur. (fig. 11) 44


fig. 11 • ZAC Neyrpic (1) Zone hôtel ; (2) reserve foncière ; (3) pôle santé ; (4) Hypermarché Carrefour ; (5) Pôle de vie des Halles réhabilitation. sources, la ville de Saint-Martin-d’Hères

projet du parvis des Halles (face à l’arêt Belledone)

(5) Pôle de vie des Halles - réhabilitation

(3) pôle santé .

Si l’axe Gabriel Péri ou les Hôpitaux fonctionnent ont une activité permanente toute l’année le fonctionnement du campus se résume à l’année scolaire. Le fonctionnement estival, de week-end ou nocturne du Campus est quasiment nul. En cause, le domaine universitaire a pour cœur fonctionnel d’être un lieu d’apprentissage, peut-être trop exclusivement d’ailleurs. En conséquence, hors des horaires de cours, les étudiants, principaux usagers et acteurs du campus se retrouvent absents du lieu qui leur est dédié. Le constat n’est cependant pas sévère : le parvis de la bibliothèque universitaire des Sciences se révèle emblématique et central. Sa taille généreuse et son ouverture, son sol et ses pans de verdure, travail du paysagiste japonais J. Hatashita évoquant les sommets alpins, les plusieurs lieux remarquables qui l’entourent à savoir la 45


bibliothèque universitaire des Sciences, l’Amphi Weil, l’Espace de Vie Etudiante (EVE) , le restaurant universitaire Diderot, les kiosques commerciaux, le bâtiment administratif de l’Université Joseph Fournier (UJF) et l’ecole de management et de gestion (IAE), en font une centralité toute naturelle. L’espace et l’image constituant le parvis sont devenus un point de rendez-vous, un lieu de pause, un lieu d’amusement (y compris le week-end). Le campus est, nous l’avons vu, un lieu d’éducation premier qui nécessité de nombreuses infrastructures. En faisant l’inventaire du bâti sur le domaine universitaire nous avons pris connaissance de la présence et la diversité des fonctions in situ, ce qui nous a permis d’estimer l’obsolescence du parc bâti. Le campus, pour sa majorité, pensé et réalisé dans les années 1970 sur un modèle poteaux-plancher en béton armé, connaît un vieillissement global. De nouvelles attentes thermiques, fonctionnelles, ou encore esthétiques rendront à l’horizon 2050 une grande partie du parc bâti obsolète. Il faut alors envisager de rénover, réhabiliter, détruire, ou encore abandonner. A l’heure actuelle, pour l’horizon 2015, puis 2025, se pense un projet prospectif phare proposant une redynamisation et unune centralisation du campus. Le projet « Campus 2025 Grenoble-Alpes» (fig. 12) répond à une modification historique de l’organisation des universités de Grenoble actuellement en cours. Les principales universités Joseph Fournier, Stendhal, Pierre Mendès-France, l’institut national polytechnique de Grenoble, au total onze établissements, sont en train de fusionner pour créer une université unique, plus visible et plus attractive. Le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) propose un axe construit et dense articulant la place de la bibliothèque universitaire des sciences à une future maison de l’Université, futur centre névralgique de l’Université unique. Ici encore on retrouve une volonté de restructuration de l’espace urbain. Le campus est un lieu d’exception à protéger mais aussi à faire découvrir. Les constats effectués rapprochent des éléments du campus qui en font un lieu peu connecté à la ville, peu connecté relié à la nature, dans ses spatialités mais aussi dans ces interactions. Des projets en cours ou beaucoup plus prospectifs montrent bien l’attrait et l’intérêt portés à l’amélioration de ce site. Ces même projets restent trop ponctuels et connaissent des lacunes dans la relation à la nature. Nous pensons que ces projets peuvent être réinterprétés pour leur donner une cohérence entre eux, mais aussi pour créer une vraie relation au végétal et à l’urbain. Nous pensons aussi que l’espace du campus peut vivre à de multiples autres temporalités, inédites, et avec de nouveaux acteurs, tout autant inédits. 46


fig. 12 • Schéma d’aménagement Plan Campus 2025 Grenoble-Alpes

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Nous prônons par ce projet une diversité d’actions à mettre en place, selon un phasage ou pas, mais surtout selon la logique globale établie précédemment. Il s’agit ici d’entreprendre la transposition du principe de la T.V.B. Dans l’urbanisme du campus. A l’échelle urbaine et communale, le concept de Trame Paysagère prend finalement le relais de celui de TVB. Une Trame Paysagère reste mieux adaptée à l’échelle plus locale d’un site. La Trame paysagère doit intégrer les circulations douces, les points d’ancrage du grand paysage dans l’agglomération, et les points de franchissements des infrastructures qui fragmentent les espaces naturels afin de garantir une mise en réseau des espaces au bénéfice des habitants, de la faune et de la flore. C’est en quelque sorte « une articulation de moments » à la relation ville/nature, prenant le paysage comme analyseur2. Des relations sont à établir entre les pleins et les vides pour faire de l’ensemble un paysage urbain, avec ses densités, ses aérations, et ses pratiques sociales de proximité. Ce n’est pas seulement une dilution du bâti dans le non bâti, mais une claire organisation entre densité bâtie et densité de nature, à l’échelle de la perception sensible. C’est donc par le non-bâti que notre projet se vit et se perçoit. Intimement lié à l’espace, le vide est, selon la perspective phénoménologique de Bachelard, «l’être en puissance et la matière des possibilités d’être». La réflexion autour du vide vise ainsi à définir une alternative à la situation actuelle de l’architecture, de la ville et de la nature, marquée par la culture frénétique de l’occupation de l’espace, de l’excès de références et de l’absence de vides significatifs qui en résulte. Les espaces publics urbains, c’est à dire cette typologie de vides à caractère public que sont les places, les esplanades, les boulevards, les parcs, sont de plus en plus précieux dans la ville. Cette typologie est l’héritage des antiques agoras grecques, des forums romains ou de la cour médiévale.

II.2 PRINCIPES D’ACTION ET MISE EN ŒUVRE: LE VIDE COMME PLEIN FONCTIONNEL, UNE TRAME PAYSAGÈRE 48


Favoriser cette interaction active de l’homme avec son environnement à travers l’espace urbain, nous a semblé opportun pour ses qualités d’usages, d’expérimentation et d’échange. Ce vide se construit par la représentation mentale que l’on se fait de celui-ci une fois approprié. «L’étude en elle-même n’amène pas à la vraie connaissance du Vide, cette connaissance peut être atteinte uniquement par l’expérience» T. Yayama Ainsi cette typologie publique du vide devient un plein fonctionnel rythmée par les temporalités des individus mais aussi des événements qu’il accueille. Cette mise en ?uvreœuvre du vide ne peut se faire que finement à l’échelle de chacune des centralités, mais aussi selon la perception sensible. Il s’agit de relier en réseau les centralités multiples, qui articulent de façon perceptible l’espace bâti et le non bâti, et qui garantissent des usages réciproques de proximité entre l’un et l’autre. Le rôle et les enjeux de cette Trame Paysagère, et par là de cette conception par le vide, sont de ramener une organisation spatiale sur le campus en se densifiant autours de nœuds -qui prendront la forme de places dans notre projet- mais aussi de proposer des temporalités différentes. La volonté de lier la Ville à la Nature se traduit par un parcours entre les deux, au cœur du campus. Ponctuant et regroupant, six places viennent rythmer ce parcours. Autour mais aussi sur ces places se développe un programme amenant de nouvelles temporalités, inhérentes à la vie du campus, de la ville et de la nature. Afin de faire rentrer la ville dans le campus, la création de temporalités nocturnes, pour l’instant absentes, se traduit par la mise en place d’un lieu festif et culturel. Dans la même logique de faire rentrer la ville dans le campus, des temporalités de week-end et saisonnières (à savoir la période estivale, creuse sur le campus) se traduisent par la présence d’un marché hebdomadaire ou encore l’installation d’événements ponctuels rythmant l’année des loisirs. Mais aussi, afin de rythmer le campus dans l’année il faut animer un lieu propice à l’échange, un lieu au cœur du campus où prendra lieu le débat, celui de l’étudiant comme celui du sage. Dans l’idée cette fois-ci d’amener le public à profiter de la nature, des temporalités de week-end et saisonnières voient le jour. Elles sont guidées par l’idée de mettre le corps en relation avec l’eau, cachée par les berges, et de corréler Sport et Nature en amenant un public sur l’Ile d’Amour.

2 • Analyseur, définition du www.larouse.fr :Événement, objet dont l’action inconsciente, souvent imprévisible, produit un effet de sens et fait éclater des groupes ou des personnes précédemment unis sous les images du moi.

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Dans une prospective assez proche, la programmatique ainsi que la réorganisation spatiale du tissu bâti sur le campus sont appelés à évoluer. Ils deviennent la base de notre couture paysagère, architecturale et sensible. L’obsolescence programmée du parc bâti ainsi que les projets annoncés nous ont orientés sur un principe de couture à travers la sélection et/ou l’ajout du bâti par rapport à l’existant mais aussi en corrélation avec les programmatiques futures. En vue des plans d’aménagements de la ZAC Neyrpic et celui du Projet Campus 2025, nous choisissons leur ré interrogations. Ré interrogation de la typologie de l’axe principal densément bâti (proposé par le PRES) pour celle d’un espace vide, étiré et articulé le long d’un parcours. La programmatique envisagée se réorganise non plus autours d’une rue intérieure, mais plutôt autours de deux places. La mise en place de ce parcours liant de nouvelles polarités interconnectées pour générer une meilleure appropriation des espaces publics sur le campus afin de favoriser l’orientation, les déplacements, le ressenti, des usagers. Des Flux à tresser La politique des flux de Grenoble promeut une place du vélo et du tram aux premiers rangs avec des infrastructures en conséquence (fig. 13) : Une cinquième voie de tramway va voir le jour (la ligne E reliant Fontanil-Cornillon à Grenoble à l’horizon 2014) et la ville propose plus de 300 km de pistes cyclables. Si le campus profite pleinement de ces infrastructures, il est cependant face à un autre mode de déplacement très gourmand en espace et mal adapté à la qualité du territoire du campus : la voiture et ses parkings sont omniprésents sur le campus. Les voies de circulations fragmentent l’espace végétal et les circulations piétonnes et cyclistes. La volonté de la trame paysagère est de donner plus d’importance aux circulations douces et aux cheminements doux via des modes déplacements mixtes : piétons/roller/vélo/tramway.

fig. 13 • Carte des tracés tram et vélo. Carte réalisée et diffusée par la Métro.

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Nous proposons une évolution radicale en ce qui concerne la place de l’automobile sur le campus. Trois devenirs sont envisagées pour les surfaces bitumées : la conservation, l’abandon ou la suppression (fig. 14). Le campus conservera trois entrées (bien qu’un grand changement soit opéré pour l’entrée routière principale et historique, qui est détournée et minimisée au profit d’un corridor exclusivement réservé aux flux doux que sont le tramway, le vélo, et la marche). Une boucle unique sera conservée autours du campus. Au cœur de cette boucle, la voiture sera bannie. Quelle évolution alors pour les routes et les parkings à l’intérieur de cette boucle ? Nous proposons deux solutions selon le contexte. Une partie des voies restent en place pour des raisons évidentes d’accès des secours et des livraisons, en revanche elles seront abandonnées par l’absence d’entretien. Le reste des voies et parkings sont à dégoudronner pour être reconquis par le végétal dans l’intérêt de la mise en place de la Trame Paysagère. Cette intervention forte s’accompagne par la mise en place de stationnements en parkings-silos intégrés à proximité des nœuds boucle-automobile et parcours piéton. fig. 14 • carte de transformation des flux routiers trois différentes postures envisagées :

CONSERVATION COUTURE

ABANDON

SUPPRESSION

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A l’échelle du piéton, premier acteur de cette évolution du campus, notre volonté se concentre sur la création d’une dynamique et d’une promenade rythmée par différents aménagements accompagnants et fortifiants le même travail de Trame Paysagère, le but recherché étant l’implication phénoménologique, qui adresse tous les sens de l’homme de l’utilisateur. Les rythmes de marche et les temps de pause ; les qualités de sol et leurs duretés ; les variations d’ambiance dans le parcours ; la présence de mobiliers urbains aux multiples affordances, sont les enjeux des places, des parcours et des architectures à concevoir. Les trois places qui seront présentées dans la suite de ce travail en sont les applications.

nos volontés lier l’urbain au végétal : lier l’axe Gabriel Péri au parc de lÎle d’Amour

Campus 2025 GrenobleAlpes projet prospectif de création de l’univeristé unique. Premier axe de fonctions diverses liées à l’université ; Second Axe commercial non alimentaire en direction de l’axe Gabriel Péri.

Z.A.C. NEYRPIC projet prospectif de : réhabilitation des halles en commerces non alimentaires ; batiments de santé complétant l’hôpital ; hôtel et bureaux installés ; «coulée verte»

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pôles et densité déquipement lier l’urbain au végétal : lier l’axe Gabriel Péri au parc de lÎle d’Amour

SANTÉ

ARRÊTS TRAM

ASSOCIATIF

CENTRALITÉS

SPORTIF

ÉDUCATION

RESTAURATION

RECHERCHE

LOGEMENT

COMMERCIAL

Articulation du projet entre les grands type d’espaces à relier entre eux.

Projet des places, six en tout

Projet un rhizôme vient inerver tout le campus actuel et futur en terme de connexions piétonnes cyclistes

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Projet : de l’île d’Amour à St Martin-d’Hères en passant par le campus. Six places invervent et articulent le campus.

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DES PLACES, DES ARCHITECTURES ET DES CORPS 56


III.1 Face à la ville, une place événementielle III.2 Par le campus, un centre de conférence III.3 Autour de l’eau, une piscine écologique

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III DES PLACES, DES ARCHITECTURES ET DES CORPS 58


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La première place doit faire la couture entre la ville de St Martin d’Hères et son domaine universitaire. La couture à réaliser vient lier un univers urbain et commercial, directement, frontalement, avec un univers végétal et universitaire.

III.1 FACE À LA VILLE UNE PLACE ÉVÉNEMENTIELLE 60


La proposition considère une déformation de cet espace urbain pénétrant dans la pelouse du campus : une entrée, une place. Une place minérale dans un élément végétal donc, qui prendrait sa forme selon les flux qui l’irriguent. L’entrée, lieu de passage par définition se compose ici de ces différents modes : Le tramway est central, sa position n’a pas lieu d’évoluer, son parcours en revanche sera définit et dynamisé par l’élément végétal qui pour l’heure se résume à de grande étendue de pelouse. La voiture, qui n’a désormais qu’une place menue, se dévie dès qu’elle entre sur le domaine puis circule seulement par une boucle autour du campus. Ainsi elle n’a pas de relation directe à la place. Le vélo et le piéton, les modèles choisis, se désentrelacent pour avoir chacun leur espaces, de part et d’autre de la place. L’absence de l’automobile améliore encore la sécurité de ces modes de transports. Le piéton est central, il traverse la place et les espaces végétaux de part en part sans obstacle. Le cycliste lui circule en périphérie du territoire, il ne coupe aucun espace et n’est coupé par aucun espace. Extension de la ville et attraction vers le campus, la place accueille d’abord la polyvalence, elle accueille la capacité de la société à produire des événements de culture, d’amusements et d’expressions. Diurnes comme nocturnes, de toutes tailles, les événements doivent pouvoir se dérouler en ce lieu. Ainsi, une fête foraine, des cirques, des concerts, un marché hebdomadaire, des rendez-vous associatifs pourront prendre place à l’entrée du campus.

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Un jour de foire (événement annuel • de fin mars au fin avril • besoins : 16 000m2 à 21 000m2) La politique urbaine de Grenoble va bientôt mettre un terme à une tradition propre à la ville et vieille de 232 années. En effet, dès 2014 la fête foraine de la Foire des rameaux se retrouvera sans adresse. En cause le remplissage de l’Esplanade, le plus grand espace ouvert de Grenoble, par un projet immobilier gigantesque dirigé par C. Portzamparc. A ce jour, aucune solution viable n’a été proposée pour répondre à cette problématique. La surface et la position stratégique de notre site offre toutes les qualités pour accueillir la foire. Les forains vivent sur le site de la foire cinq jours avant et cinq jours après pour installer et démonter leurs métiers, mais aussi le temps de la foire, soit vingt jours au total. Il est donc primordial de leur offrir un cadre de vie de qualité le temps de l’événement. Ainsi le cœur de la place sera consacré à la foire et à son public, tandis que l’espace périphérique deviendra l’espace de vie des forains : la partie couverte deviendra le prolongement de l’espace privé des caravanes. La disposition des caravanes, des sanitaires, l’accès aux ressources électriques viendront entourer la foire. Un jour de cirque (2 à 3 événements annuels • 2 semaines • besoins : 10 000m2) Problématique collatérale à celle de la foire, L’Esplanade de Grenoble accueille aussi plusieurs fois par ans des cirques. Ces événements de culture rythment également la ville à différents moments de l’année. Il est donc opportun de proposer à une telle installation de prendre lieu à cet endroit précis de la ville. L’espace privé destiné aux artistes du cirque prendra position dans la place de la même façon que pour les forains.

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Une nuit de concert (plus de 10 événements annuels • 24 heures • besoins : 8 000m2) Autre expression de la culture la musique prend toute sa place sur le campus. En effet, divers lieux associatifs de la ville proposent des lieux où organiser des concerts (les pôles Berriat- Magasin ou Alpes-Expo), mais aucun n’est en rapport avec les Campus, lieu de jeunesse et de dynamisme. Quel lieu plus idéal que le campus pour l’organisation d’un festival musical ? Mais aussi, lors de la fête de la musique, rendez-vous très présent en France, quels lieux sur le campus -hors de la place de la bibliothèque universitaire des sciences- offrent les qualités d’un espace de concert en plein air? Nous proposons la mise en place une scène couverte, un bar et des sanitaires pérennes, qui puissent servir tout au long de l’année. L’espace du public doit être vierge de tout obstacle, mais il doit être contenu et délimité. Ces limites seront en partie composées par les fonctions annexes nécessaires à la gestion de tels événements (la scène, le Bar, les coulisses, les sanitaires, l’infirmerie) ces espaces viendront être protégés des intempéries afin d’être perennes.


Un jour de marché (événements hebdomadaire, le lundi • 10 heures, de 5h à 14h • besoins : 6 000m2) La position dans la place du marché évolue selon les conditions météorologiques. En temps normal le marché vient prendre place sur la place, avec une rue formée par des camions et des chapiteaux. Plus ponctuellement, lors d’un jour de pluie, la rue se déplace sous la halle, permettant au marché de subir les aléas du temps et ainsi de venir le cœur de la déambulation.

Un jour de manifestation (selon le contexte politico-social, plusieurs événements annuels • 5 heures • besoins : 10 000m2) Les étudiants sont engagés, ils sont la force et la dynamique de notre société. Beaucoup de mouvements d’expressions ont souvent pour cœur l’université. Cette entrée de campus leur offre un lieu où s’exprimer à la vue des autres, à la vue de la ville. Certains s’assiéront un instant sur les pavés de la place pour laisser un penseur crier ses visions. Plus tard d’autres s’offusqueront et protesteront en se tenant la main pour avancer en une ligne de corps unis.

Un jour comme un autre Lieu de flux, lieu de partage, lieu d’échange, une association à toute sa place à l’entrée du campus. « Un p’tit vélo dans la tête » possède actuellement une antenne sur le campus. Seulement sa position n’est ni centrale ni adaptée. Le plan Campus 2025 Grenoble-Alpes prévoit le réaménagement de l’espace sur lequel se trouve actuellement le local prêté à l’association sans en proposer une reformulation ailleurs. Voici une opportunité de donner une position privilégiée à l’association destinée aux usagers vélo. La place sera l’extension de l’atelier vélo, un atelier d’échange bien en vue des citadins et des étudiants. Tout au long de la semaine (par des permanences régulières), mais aussi lors de moments ponctuels (avec par exemple des Cyclocamps 4 ou Cyclofolies 4, pour fêter le vélo et ses possibilités) « le p’tit vélo dans la tête » se propose de rythmer le campus dans un esprit de partage et d’enseignement de la mécanique. Mais il existe d’autres usages, ils sont espérés et inattendus, ils sont la partie de surprise du projet et ne sont pas définissables mais sont partis intégrantes de l’aménagement de la place. Il peut s’agir d’une famille roller le dimanche, d’une sieste à l’ombre le midi, un concours de pétanque improvisé l’été, d’un passage protégé de la pluie sur le chemin de l’université rien n’est à exclure, tout est à intégrer. 4 • Un p’tit vélo dans la tête organise pour la quatrième fois les CycloFoliesCyclo Folies, renommé pour cette année en CycloCampCyclo Camp. Il s’agit d’animations spontanées qui se déroulent sur le campus du 13 au 17 juin 2012. sources : http:// www.ptitvelo.net/

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existant le site est nu, il est seulement le théâtre de passages piétons et cyclistes, il arbore une image d’entrée de campus au milieu de la nature.

évolution désentrelacement des circulations l’entrée routière se fait à droite.

ajout Notre projet de nouvelle esplannade associé à la venue des éléments de programme de la ZAC Neyrpic (pôle de santé, commerces et hôtel) vont densifier la zone en terme d’usages et de temporalités.

ajout confortement des limites de la place et l’infrastructure par une bordure végétale dense.

usage représentation du projet de nuit, avec ses blocs fonctionnels éclairants la place

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TEMPORALITÉS & ACTEURS

DÉJÀ PRESENTS

APPORT DE LA PRÉSENCE

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DÉCOMPOSITION DE L’ARCHITECTURE

3 • PROTÉCTION & DÉLIMITIATION UNE HALLE OUVERTE ET LINÉAIRE VARIANT EN LARGEUR (6 À 12 MÈTRE) ET EN HAUTEUR (4 À 11 MÈTRES) COUVRE LA DÉLIMITIATION DE LA PLACE ET PROTÈGE

2 • ARCHITECTURES & DISPOSITIFS DES BLOCS FONCTIONNELS LÉGERS (BOIS ET PROFILIT) ACCUEILLENT DES FONCTIONS VARRIANT SELON L’USAGE : WC, BAR, STOCKAGE, MAIS DES FONCTIONS PLUS PERENNES COMME L’ASSOCIATION «UN P’TIT VÉLO DANS LA TÊTE» DES BANCS VIENNENT COMPLÉTER LA FONCTION DES BLOCS, CHACUN EST ÉQUIPÉ DE PRISES ELECTRIQUES

1 • MINERALITÉ LIEU DE PASSAGE PIÉTON ET VÉLO, CETTE SURFACE EST CAPABLE DE SUPPORTER LES CAMIONS ET LES MÉTIERS DES FORRAINS. LA PLACE EST ÉTANCHES À 50% (15 CM DE BÉTON /OU/ 20 CM DE SABLE COMPACTÉ)

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Par la multiplicité des usages, les espaces publics, semi-publics et semi-privés se réinterrogent à chaque temporalités. Nombres de ces moments sont éphémères et donc supposent une surface qui se réinvente à l’infini, mais d’autres sont beaucoup plus pérennes et nécessitent une architecture adaptée. Nous proposons une place vierge, plus dure en certains endroits mais contenue par une infrastructure. Il s’agit d’une continuité construite qui sert plusieurs fonctions selon les événements ou le temps qu’il fait. L’ambition première et pérenne de cette infrastructure est de d’attribuer des limites physiques à cette large place de 16 000 m2, ce qui implique l’aspect filiforme de l’édifice. Plus précisément, il s’agit de protéger un espace permettant d’abriter événements ponctuels et récurrents, ce qui implique la capacité de l’édifice à être couvert et ouvert. Une halle totalement ouverte propose un espace en longueur simplement couvert sur une largeur variant de 4 à 8 mètres, et des hauteurs de 4 à 6 mètres avec une ponctuation à 10 mètres. La halle protège une série de blocs légers qui varient en taille selon leurs fonctions. L’association un p’tit vélo dans la tête hérite d’un espace indépendant de 200 m2 à l’entrée de la place, à l’autre extrémité de la place se situe le bar (exploité à l’événement, mais aussi par les associations universitaires). Puis viennent s’insérer autours de la scène (13 x 15 mètres) des espaces de stockages, des sanitaires et un espace supplémentaire, pouvant s’adapter aux usages (il s’agira par exemple d’une infirmerie lors des concerts)

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La place est une forte masse minérale qui est suffisante pour contenir une multitude d’événements. Si de telles limites ne sont envisagées les besoins gourmands d’espace de l’homme ne connaîtront que trop peu d’obstacle. Techniquement le coût de la minéralisation d’une telle surface est un enjeu de projet essentiel. Rappelons qu’à une autre échelle du projet nous avions considéré que tous les parkings ainsi que quelques routes au cœur du campus devaient être dégoudronnés. Ces surfaces à dégoudronner représente une masse énorme. Il est dur de transposer cette masse en chiffre, en revanche il est envisageable de considérer cette matière comme suffisante pour stabiliser notre place sur toute sa surface. Compte-tenu de la venue récurrente de semi-remorques sur la place, le sol doit être suffisamment compact et résistant aux charges pour assurer la stabilité et donc la sécurité des grosses machineries d’attractions foraines. Ainsi, 20 centimètres de gravats de bitumé couronnés par une variance de 10 centimètres de sol stabilisé/10 centimètres de pavés de grès jointoyés au sable prétendent répondre à de telles fonctions dans un coût mesuré et dans une logique de conservation de la perméabilité des sols urbanisés. Le sol de la place se compose dans un rapport de 9 100 m2 de stabilisé, 5 400 m2 de pavé et 2 700 m2 de plancher bois (sol de la halle filaire).

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III.2 PAR LE CAMPUS, UN CENTRE DE CONFÉRENCES

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CONTEXTE / EXISTANT Cette partie du projet constitue la suite de l’entrée sur le Campus de Grenoble Universités. La deuxième place du parcours remplit la fonction d’articuler les deux séquences directionnelles du parcours, à savoir celle qui descend vers la ville de Saint-Martin-d’Hères dans la sud, et celle qui continue à l’ouest et qui ouvre sur le campus. Mise à part cette articulation spatiale, il s’agit d’une manière plus importante d’une articulation entre deux milieux sensibles différents qui renvoient aux séquences spatiales : celui de l’urbain et celui de l’universitaire. Pendant que le premier est caractérisé par des fonctions ainsi que par une population urbaines, la campus renvoie au monde de l’Université, des étudiants, des chercheurs. Cette place représente d’une certaine mesure un seuil imaginaire. POSITIONNEMENT ET PROGRAMMATIQUE  : CREATION D’UN LIEU D’ECHANGES En conséquence, l’enjeux urbain et architectural principal pour cette deuxième place est de relier ces deux milieux, qui à présent dans la vie quotidienne ne sont compatibles que très rarement. La troisième nature trouve ici son application social. Il s’agit de créer des espaces pour les hommes, propices à se retrouver pour des échanges, à la fois formels qu’informels, à faire interagir les différentes types de population que l’on peut trouver en ville, mais aussi les acteurs de la vie quotidienne, à la fois urbaine qu’universitaire. Cette volonté de créer du lien, trouve son origine dans une réflexion sur

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l’importance de l’échange et des interactions pour le monde de l’éducation et de la recherche. Jonah Lehrer constate dans son ouvrage « Imagine : How creativity works », que la créativité nécessite un brassage de gens, de cultures et qu’elle vit de l’échange et la confrontation perpétuels des différents points de vue et d’opinions1. L’ARCHITECTURE FACE À UNE PLACE PUBLIQUE : Le projet répond à cette volonté, par la création d’un espace public, d’une place urbaine, qui dans un premier temps accueille le visiteur arrivant de la ville. S’appuyant sur le contexte et les zones d’influences de SaintMartin-d’Hères, de la Tronche et du Campus, cette place prend la forme d’un triangle dirigeant les usagers dans les différentes directions, la principale étant celle vers l’intérieur de campus. En descendant du tram, ils se retrouvent dans un espace, qui est bordé du coté est par un grand espace naturel. Sur la place qui s’ouvre au campus à l’ouest le périmètre bâti est coupé par une rangée de marronniers, qui sert comme «  accroche  » : c’est cette allée d’arbres imposants, qui devient un des éléments fondateurs de cette partie du projet et qui guide le visiteur en même temps que la disposition du bâti et qui l’amène à l’intérieur du campus, en lui proposant un parcours agréable et ombragé.

Les déplacements sur la place sont déterminés par différentes types de zones: ainsi on retrouve des zones de déplacement, de SÉJOUR et de repos. Chaque type de zone est clairement différencié des autres soit par un traitement de sol différent soit par une différence de niveau. Ces dispositions et le traitement « affordent  »2 différentes utilisation des zones  : les zones planes permettent le déplacement aux cyclistes, pendant que les zones en sol stabilisé ou en triangulation sont réservées aux piéton, qui y trouve soit des zones de circulation soit des zones de repos.

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La proposition architecturale est en lien direct avec cette volonté de créer un lieu de passage, d’échanges. Les bâtiments dans l’espace publique façonnent d’une manière directe nos déplacements. Ils « affordent  » un certain comportement. Un bâtiment peut activement contribuer à la gestion de l’espace public et des flux de déplacement. En conséquence, les bâtiments que nous proposons, visent, mise à part leur fonction à proprement parler, à encadrer, à « tenir » l’espace public. Ils créent une intériorité que l’usager parcourt sur son chemin. Cette volonté se traduit par un placement conscient/stratégique des deux bâtiments en bordure de la place, contribuant ainsi à son organisation spatiale et à la gestion des flux. Cet emplacement adapte le dispositif du passage à faune, utilisé régulièrement dans la gestion des déplacements animales au sein des TVB, à l’échelle urbaine. Ce dispositif qui vise à proposer aux animaux des endroits praticables et sécurisés pour franchir des obstacles, telles des autoroutes, les amène de par sa forme d’entonnoir à un seul lieu de passage. Dans une logique d’application des enjeux de la Troisième Nature, nous transposons ici le dispositif du passage à faune à l’échelle de la trame paysagère pour la population urbaine. La place, elle même dans une forme de triangle, devient ici, par l’emplacement des bâtiments, le lieu de passage obligatoire pour les hommes.

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Une architecture en réponse à la philosophie de projet : un centre de conférence Dans la partie suivante nous allons plus précisément nous intéresser au deux bâtiments que nous allons proposer sur cette «  place des échanges » : au nord, le nouveau Centre de Conférences, au sud, le Restaurant Universitaire Barnave La volonté principale au niveau architectural était de créer des bâtiment qui s’intègrent dans le site, à la fois par leur langage formel en réponse à la place, mais aussi par leur bas relief. Ainsi les bâtiment montent à deux étages pour le Restaurant universitaire Barnave et trois pour le centre de conférences. Dans une logique du parcours linéaire que nous proposons pour l’aménagement du campus, les deux volumes sont eux-mêmes très étirés, afin de guider et d’accompagner l’utilisateur sur son chemin. Comme nous l’avons vu dans le paragraphe ci-dessus, les deux édifices se sitúent en périphérie de l’une place en forme de triangle. Afin de créer une intériorité relative au deux bâtiment respectifs, les volumes se déforment géométriquement et créent ainsi un parvis, une zone appartenant à la fois au bâtiment qu’à la place. le traitement de l’enveloppe des deux bâtiments permet non seulement de créer un lien visuel des différentes parties programmatiques pour le cas du Centre de Conférence, mais aussi entre les deux bâtiments.

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Le Centre de Conférence. Les propositions d’un nouveau Centre de Conférences et de la reconstruction du Restaurant Universitaire Barnave sont issus d’une réinterprétation et d’un requestionnement du futur plan d’aménagement pour le programme de développement du campus, Campus 2025 AlpesGrenoble. Comme nous l’avons déjà vu auparavant, ce projet prévoit à l’heure actuelle une densification importante du campus de Grenoble Université, notamment par un aménagement de l’Avenue centrale, à l’instar occupé par des places de stationnement. A la tête de ce futur axe est prévue la création d’une « Maison de l’Université » qui abritera à la fois les principales fonctions administratives, la présidence et la direction de Grenoble Université, ainsi que le collège doctoral de l’université. Vu l’emplacement stratégique de la « Place des échanges » nous avons décidé de réinterpréter ce programme  : au lieu de la Maison de l’Université, nous proposons ainsi un Centre de conférence. Il s’agit d’un éclatement du programme initial prévu pour la Maison de l’Université, pour mieux l’adapter aux enjeux du présent projet. Les fonction administratives, c’est-à-dire les bureaux des services de Grenoble Université, ainsi que la présidence et la direction seront déplacées sur la place de la Bibliothèque des Science sur la Place centrale. Dans cet emplacement ces fonctions là, trouveront leur juste contexte en proximité des facultés principales et des autres institutions universitaires avec lesquelles elles sont en relation directe. Suite à la logique de vouloir créer un lieu d’échanges et d’interactions, nous conservons les parties du programme adaptés : les espaces d’échanges et de rencontres, de présentation et d’exposition et des doctorants (cf. programme de la maison de l’Université,) Situé dans une position cardinale entre ville et campus, le Centre de Conférence sera capable de réunir dans un endroit non seulement les utilisateur réguliers du Campus, mais aussi des nombres de visiteurs extérieurs au domaine universitaire.

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RU barnave Le Restaurant Universitaire Barnave, fait lui aussi partie du programme pour le programme Campus 2025 Alpes-Grenoble. Cependant il ne s’agit pas d’une nouvelle construction mais d’un reconstruction, car l’état actuel du bâti met en péril son pérennité. Situé au sud de l’Avenue centrale, il est censé d’être déplacé sur l’axe principale du futur aménagement. En considérant que le présent projet de fin d’études n’approche pas le développement du campus de la même manière, à savoir par la création des places situées le long d’un parcours que par la densification d’un axe central, nous conservonsl’emplacement actuel du Restaurant Universitaire Barnave. Son emplacement est, en effet, très stratégique, car il le positionne en proximité de deux grands centres de résidences du CROUS (cf. schémas avec des points), dont les occupants sont les utilisateurs principaux. En conséquence, nous voulions préserver sa situation globale avec la seule différence de le mettre en lien direct avec la future place de notre proposition de projet, de la même manière que le Centre de Conférences. Ainsi le deux bâtiments bordent l’espace public des deux cotés. Il s’agit d’un bâtiment bas de deux étages La partie majeure du rez-de-chaussée qui abrite aussi la cuisine et l’espace pour les employés, est occupé par une grande salle à manger. Cette salle s’ouvre directement sur l’espace extérieur pour pouvoir proposer aux clients d’en profiter pour manger à l’extérieur, posés sous les arbres. Le deuxième niveau est quant à lui entièrement occupé par une deuxième salle à manger.

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Spacialité de l’accueil, au cœur du centre de conférence

Matérialité du projet

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III.3 AUTOUR DE L’EAU, UNE PISCINE ÉCOLOGIQUE

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Ce troisième élément du parcours que nous développons, la cinquième place, est directement en lien avec les éléments naturels qui l’entourent : les berges, l’Isère et le parc de l’île d’amour sur la rive nord. La place vient se rattacher à la trame verte et bleue évoquée précédemment, comme l’aboutissement de la trame paysagère à l’échelle du campus mais aussi en tant que franchissement. Située sur la limite des deux communes de Saint Martin d’Hères et de Gière, la place et son franchissement font le lien avec celle de Meylan en rive opposée. Ce projet propose le long d’un parcours la refonte des espaces verts en un grand parc, un nouveau franchissement piéton et cycliste et de part et d’autre de celui-ci une piscine écologique, un restaurant universitaire en rive sud et d’une guinguette en rive nord. Parti du constat d’un faible aménagement des berges et d’une fréquentation cependant importante par les étudiants mais aussi plus largement des grenoblois, nous avons voulu investir les berges qui représentent un potentiel paysager mais aussi social à l’image d’une Troisième Nature. En effet peut de lieu sur le campus croise étudiants et population grenobloise mis a part ceux culturels, et un seul véritablement remplie cette fonction, l’espace culturel d’Eve. Le site choisit profite d’une proximité avec la place centrale de la bibliothèque universitaire, autour de laquelle convergent un grand nombre d’étudiant aux heures de pauses, en fin d’après midi mais aussi le week-end. C’est aussi l’occasion de créer une nouvelle entrée de campus ouvrant sur cette place principale.

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fig.1 photopanoramas réalisé le 5 avril 2012

Intention La volonté est de croiser deux ambiances, le parc de l’île d’amour au nord et le cœur du campus au sud, autour des berges et de récréer du lien tant géographiquement que socialement. Aucun ‘parc’ n’existe réellement sur le campus alors que plus des deux tiers de sa superficie est végétale : ces espaces verts entourent le bâti et sont entrecoupés de voirie et de parkings brouillant l’espace. Le prolongement du parc de l’île d’amour en rive sud, côté campus, est l’occasion de fusionner trois tronçons verts en un grand parc à l’échelle du campus mais aussi de la ville. Cette nouvelle allée verte relie la place centrale innervant l’ensemble du domaine universitaire jusqu’aux berges et au delà par le nouveau franchissement de celles-ci. Le projet vient s’insérer autour de ce franchissement et proposer un programme tant pour la ville que le campus. Les berges de l’Isère en projet Sur le territoire de Grenoble, la digue de l’Isère connait de nombreux usages. En aval de la limite communale de Saint-Martin-d’Hères, elle est un espace de détente avec une voie verte en crête de digue et un chemin piétonnier en rive basse, côté rivière. Plus loin, entre le Pont des Sablons et celui de l’Ile Verte, la crête de digue est occupée par une voirie communale et une piste cyclable gérée par la Ville de Grenoble. L’Ad1, l’association s’occupant de la gestion des digues grenobloises, à déjà commencé une série de grands travaux depuis 2010 de réaménagement 1 • L’Association départementale Isère Drac Romanche est un établissement public s’occupant de l’entretien du système de protection contre le risque d’inondation. 2 • Le projet Isère amont : http://www.isere-drac-romanche.fr (consulté 3 avril)

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et confortement des digues. Depuis cette année le Symbhi, Syndicat Mixte des Bassins Hydrauliques de l’Isère, à lancé le projet d’aménagement entre Grenoble et Pontcharra visant à protéger le territoire mais aussi dans « la mise en valeur des milieux naturels et des paysages, et la prise en compte des loisirs et usages liés à la rivière »2. fig. 2 : Carte ADR-IDR : le projet Isère amont permettra de protéger toutes les zones urbanisées situées entre Pontcharra et Grenoble à hauteur de la crue bicentennale. Ces travaux sont aussi l’occasion de mettre en œuvre d’autres aménagements dans la vallée du Grésivaudan. D’apres http:// www.symbhi.fr/11232-phase-travaux-2012.htm (consultés 3 avril)

fig.2 Carte ADR-IDR : le projet Isère amont permettra de protéger toutes les zones urbanisées situées entre Pontcharra et Grenoble à hauteur de la crue bicentennale. Ces travaux sont aussi l’occasion de mettre en œuvre d’autres aménagements dans la vallée du Grésivaudan. D’apres http://www.symbhi.fr/11232-phasetravaux-2012.htm (consultés 3 avril)

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Intervention : élargir les berges autour d’un programme favorisant les rencontres Pour pouvoir mieux s’approprier les berges en profitant de cette proximité avec l’eau nous venons élargir les berges vers l’intérieur des terres. Suite à un entretien téléphonique avec Monsieur Argentier du service de l’AD, il existe trois principales actions pour le confortement d’une digue : avec des palplanches, des plaques d’acier, l’enrochement de pieds de talus, ou quand le foncier le permet l’élargissement de la digue. L’implantation du bâti prend en compte le contexte urbain est  : nous investirons le nord de la berge peu dense (une allée bordée de quelques habitations s’arrêtant à hauteur du parcours) par un petit programme et au sud sur le campus la partie la plus importante du programme. La rive sud s’étend en direction de la place centrale, offrant une large plate forme dans laquelle viendra se lover au niveau de la berge supérieure une piscine écologique et un nouveau restaurant universitaire (faisant défaut dans cette parti du campus). La piscine universitaire est actuellement l’objet de réflexion : les coûts importants d’entretien ainsi que l’optique d’en faire une piscine intercommunale sont les principales raisons connues. Nous la déplacerons sur la septième place en bordure du parc de l’île d’amour et à proximité de la commune de Meylan pour en faire un centre sportif intercommunal. L’espace dégagé est considérable, d’autant plus dans une optique de «  campus vert  » favorisant les déplacements doux, nous supprimons deux parkings latéraux. Les deux piscines se répondent de part et d’autre des berges venant tendre le parcours le long du parc de l’île d’amour. Le principe de fonctionnement d’une piscine naturelle est relativement simple et n’utilise aucun processus de traitement chimique. L’idée est de reconstituer un milieu “naturel” dans lequel un équilibre biologique va s’installer. A coté de la zone de baignade une zone de végétation va permettre d’entretenir la vie du bassin. La zone de végétation doit être d’une surface équivalente à celle de la zone de natation.

fig.3 schémas d’actions

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A savoir une piscine écologique, sans chlore ou la filtration est faite par les plantes, consomme en moyenne 1/4 d’énergie en moins et 1/3 d’eau en moins2 mais demande plus d’entretien durant la période estivale (une à deux personnes pour l’entretien des plantes). C’est aussi et surtout le plaisir de pouvoir se baigner dans une eau propre et limpide sans avoir les résonances sonores des piscines couvertes, avec le ciel comme toiture et le ruissellement de l’Isère en fond, le tout arborés d’un bord et plantés de l’autre. (cf. schéma de fonctionnement d’une piscine écologique, projet pilote de Combloux par les architectes urbanistes Green concept) Au nord l’élargissement des berges se fait sur une plus petite surface principalement à hauteur de la rive inférieure ouvrant la future guinguette sur une plage de sable. La guinguette est par essence l’établissement de loisir propre aux berges, proposant boisson et couvert autour de bal et différents jeux au bord de l’eau. On constate qu’il s’agit de plaisirs de la corporalité : boire et manger, danser, jouer, chanter. « Parmi les différentes ressources qui s’offrent au citadin pour ses loisirs, les guinguettes proposent une célébration cumulative de l’être-ensemble, un mélange de tous plaisirs corporels qui offrent une réappropriation de soi, de son temps. »w

3 • http://www.culture-guinguette.com (consulté 12 avril)

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Temporalités : En été durant la période creuse du campus, la piscine écologique fonctionnera avec la nouvelle butte du parc et dans l’optique de troisième nature offrira cet espace à tous un peu à la manière des plans d’eau. Elle ne serra pas clôturée pour ne pas obstruer le paysage, ni briser la nouvelle continuité du parc. N’entrant pas dans la législation des piscines traditionnelles (n’utilisant pas de produits chimiques) ni des lacs, elle serra à titre expérimentale comme l’est celle de Combloux ou la qualité de l’eau est régulièrement relevée. Si la fréquentation s’avère trop élevée pour la régénération de l’eau, une solution alternative est envisageable (semi clôturée avec un pass électronique les piscines écologiques largement développée chez nos voisins (Suisse, Allemagne...). Les gradins situés sur les bâtiments en rive sud, joue un rôle d’amphithéâtre tant pour les utilisateurs de la piscine que ceux du restaurant universitaire ou pour pour le campus (cours en plein air, petite conférence) et enfin lors de grandes festivités fonctionnant avec la guinguette en rive opposée (le pont faisant lien. Le restaurant universitaire pourra lui aussi être récupérer en été comme restaurant ou une grande cantine pour tous par un bailleur indépendant et fonctionner avec la piscine. La dislocation du programme en trois bâtiments permet ainsi d’optimiser les capacités et temporalités de chacun tout en laissant la plus grande liberté au visiteur et une insertion dans le paysage plus mesurée.

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Les ambiances : Dans l’histoire de l’humanité, l’eau, source de vie, a toujours eu une importance primordiale. Dès qu’une population importante a commencé à se concentrer autour d’une rivière, d’un fleuve, d’un lac, ou d’une mer, ce fut prétexte à de nombreuses festivités. 3 Les berges proposent un cadre agréable propice à la rencontre et la détente : le bruit d’écoulement de l’eau, la lumière filtrée de la canopée, le bruissement des feuilles… «  Il suffit de fermer les yeux pour se rendre compte que l’espace est une suite de métamorphoses, un entrelacs d’images mouvantes en perpétuelle formation »4. Ces ambiances diffuses qui font écho au mouvement et à l’enveloppement sensoriel serrons reprise par une architecture accompagnant le parcours qui s’appuiera sur les berges et orientera le franchissement vers le parc de l’île d’amour. Tout le long du parcours les arbres accompagne le mouvement  : plus on avance sur cette nouvelle butte plus le corps se rapproche de la canopée. Les deux bâtiments de la nouvelle place au niveau des berges, s’ouvre en gradins et abritent en toiture deux belvédères. On peut ainsi grimper plus en hauteur vers cette canopée et profiter de la vue du nouveau parc côté campus et des berges au nord. Le creux des berges reflète bien de cette idée d’une pause dans le parcours, dans un rapport au corps qui tend vers l’horizontalité  : le temps de la relaxation, de l’observation mais aussi de l’échange, du rassemblement. Par sa force enveloppante et dans l’idée des thermes romains, lieux de discutions, de débats, l’eau symbolise une union des sens mais aussi dans ses usages que nous avons voulus développer.

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CONCLUSIONS & ANNEXES 92


conslusions : Une Troisième Nature pour demain annexes #1: Lexique annexes #2: Biblographie

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Notre volonté de mener un travail sur la relation ville nature nous a mené sur la piste d’un aménagement futur du territoire, des villes et de l’architecture qui nécessite une véritable réflexion sur les besoins des hommes en corrélation à des besoins à la fois naturels, urbains, mais aussi et surtout sociaux. L’approche du projet urbain et architectural a été envisagée selon le concept théorique de Troisième Nature. Nous avons tenté son application en parcourant les trois échelles, territoriale, urbaine et architecturale. Dans un premier temps, le territoire grenoblois : une Trame Verte et Bleue et des Trames Paysagères on été pensées respectivement autour et dans la ville. Les enjeux principaux sont notamment la préservation des milieux écologiques et la réinterrogation des aménagements de la ville afin de créer une continuité des milieux naturels. Mais cette notion de Troisième Nature nous a également guidée vers l’importance des interactions sociales entre ville et nature. Dans un second temps, nous avons traité l’échelle urbaine du campus : Nous avons développé une Trame Paysagère afin d’innerver et de reconnecter le campus à la ville. Ce parcours a été conçu comme un interface entre deux milieux différents : l’urbain des communes de Saint-Martin-d’Hères et de Gières, et le naturel via la Trame Verte et Bleue et le parc de l’Ile d’Amour. Le projet se compose d’un parcours articulé par des places urbaines répondant à différentes potentiels selon leur emplacement (telles des pas japonais au milieu de cette trame paysagère) valorisant son contexte ou proposant d’autres interfaces. Finalement, nous avons terminé sur l’échelle plus architecturale : trois places, au sein de ce parcours ont été précisées par leurs dessins, leurs temporalités et leurs relations à l’urbain et au végétal. La première place, événementielle, fonctionne comme entrée du campus en lien direct avec la ville. Ensuite, un pôle d’échanges fait office d’articulation entre milieu urbain et universitaire. Et finalement, la dernière place fait le franchissement des frontières naturelles du campus et rassemble en un grand parc les espaces verts autrefois parsemés autour du nouvel axe Nord-Sud.

CONCLUSIONS

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La Troisième Nature - un principe évolutif L’aboutissement du présent travail de PFE propose un aménagement de la ville et dans ce cas précis, du campus de Grenoble universités. Au cours de ce mémoire nous avons vu ce qu’une trame paysagère peut amener à la ville et au campus, notamment en terme d’usages partagés. En utilisant à la fois les potentialités spatiales, végétales et sociales du campus, cet aménagement propose un lieu pour l’ensemble de la population grenobloise. Nous avons essayé de démontrer comment un aménagement alternatif à la densification peut irriguer une territoire. La principe de la Troisième Nature, peut donc effectivement devenir un nouveau outil pour l’aménagement du territoire et des villes pour maîtriser le densification de l’espace urbain et périurbain. Il s’agit là, d’une approche d’amener une nouvelle réponse au désir de nature des citadins et d’ancrer et de fonder cette dernière à part entière dans le développement des villes. Le présent travail propose un exemple d’un aménagement possible sur le Campus de Grenoble Université. Nous nous sommes basés sur des projets et aménagements prospectifs, mais aussi sur le contexte spatial et végétal pour établir notre parcours. Dans une logique prospective, on pourrait s’imaginer l’irrigation d’un territoire entier par des trames paysagères selon le principe d’une Troisième Nature. Mis en réseau les un par rapport aux autres, il constitueront un rhizome d’espaces interconnectés, capables de changer et de modifier notre cadre de vie. Ces trames paysagères fonctionneront en tant que continuités écologiques, mais transposées à l’échelle humaine. Au lieu de relier des réserves de biodiversité en terme de l’écologie du paysage, ces nouveaux parcours établiront des liaisons entre différents quartiers ou communes, mais aussi des zones territoriales à une échelle plus grande.

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Bassin de vie

- Néologisme définissant la «plus petite maille territoriale» dont l’autonomie est plus ou moins marquée, où s’organise la vie quotidienne des habitants. C’est un «territoire présentant une cohérence géographique, sociale, culturelle et économique, exprimant des besoins homogènes en matière d’activités et de services». Sa délimitation se base sur le flux migratoire quotidien de la population ; en ce sens le bassin de vie peut être rapproché de l’aire urbaine. À la différence du bassin d’emploi, le bassin de vie prend en compte «la capacité d’attraction des équipements et services publics et privés (transport, enseignement, santé, action sociale)» de la ville principale. Un bassin de vie peut donc être considéré comme l’espace délimité par l’aire d’influence d’une ville. définition personnelle - Zone d’influence sociale. définition économique

Biodiversité, contraction de diversité biologique inventé par Edward Oswald Wilson en 1985, reprise par le discours public au somment de la Terre à Rio de Janeiro en 1992. désigne la diversité du vivant comprend la diversité génétique, spécifique, et écosystémique englobe tout les processus naturels assurant la perpétuation de la vie sous toutes ses formes. Biocénose, communauté de vivants. Biotope, définit l’environnement géologique, pédologique et atmosphérique. Ecosystème, ensemble regroupant la biocénose ainsi que le biotope. Un écosystème fonctionne selon un équilibre fragile, si une donnée varie, l’autre suit...

ANNEXE#1 LEXIQUE

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ZNIEFF est le sigle qui désigne en France une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique. ZNIEFF de type I, de superficie réduite, sont des espaces homogènes d’un point de vue écologique et qui abritent au moins une espèce et/ou un habitat rares ou menacés, d’intérêt aussi bien local que régional, national ou communautaire ; ou ce sont des espaces d’un grand intérêt fonctionnel pour le fonctionnement écologique local. ZNIEFF de type II sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes. Elles peuvent inclure des zones de type I et possèdent un rôle fonctionnel ainsi qu’une cohérence écologique et paysagère.

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OUVRAGES : • GUATTARI, Félix. «Trois écologies», Paris : Galilée, 1989, 72 p. • DONNADIEU, Pierre, «Les campagnes urbaines», Paris, Actes Sud, 1998, 224 p. ARTICLES : • LELOUP, Michèle. «La ville donne rendez-vous à la nature – et vice versa». Archistorm, 2011, nº 47, pp. 74-77 • CLÉMENT, Gilles. «Version courte du Tiers Paysage». 2006 • FLORIDA, Richard. How Creativity Works in Cities, source : http://

www.theatlanticcities.com/arts-and-lifestyle/2012/05/how-creativityworks/1881/ (consulté le 12 mai 2012) • BUCHCIK, Raphael. Les affordances en architecture.

Ambiances et architecture contemporaines, Séminaire Master 2, Architecture et Cultures Sensibles de l’Environnement. Grenoble : ENSAG, 2011, 9 p. SOURCES INTERNET : • Champigny, Danielle. Le regard de l’historien. dans « La ville et lanature, un accord difficile, un désaccord impossible ». Source : http://eduscol. education.fr/pid25225-cid46245/la-ville-et-la-nature-un-accord-difficile-undesaccord-impossible-le-regard-de-l-historien-le-regard-du-geographe. html, (consulté le 29 avril 2012) • Med. C. Massassi. Introduction aux trois écologies de Félix Guattari. Source : http://www.bolobolo.net/?q=Introduction+aux+Trois+ecologies+de+Fel ix+Guattari (consulté le 1 mai 2012) • http://fr.wikipedia.org/wiki/Bassin_de_vie (I.1.2 principe de la TVB ; p.7) • Population des 27 communes membres : http://www.lametro.fr/152-26communes.htm (consulté le 24 avril 2012) • http://www.grenoble.fr/492-la-trame-verte-et-bleue.htm (consulté le 24 avril 2012)

ANNEXE#2 BIBLIOGRAPHIE

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• http://www.grenoble.fr/491-entre-alpes-et-mediterranee-la-bastille.htm (consulté le 24 avril 2012) • http://www.ville-st-martin-dheres.fr/entree_domaine_universitaire_ neyrpic.html

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A l’heure actuelle, les nouveaux projets urbains sont de plus en plus liés à notre relation avec la nature et visent à une adaptation du cadre de vie de l’homme en adéquation avec une vision éco-responsable. Dans cette perspective, les enjeux de l’urbanisme et de l’architecture se tournent vers des nouvelles façons d’aménager les territoires, les villes et les bâtiments. En faisant l’hypothèse de la nécessité de réinterroger la relation hommesnature, et par extension ville-nature, comme l’aménagement urbain, nous proposons ainsi une approche réconciliant la fois la nature, la ville et les espaces de rencontre : l’approche d’une « Troisième Nature ». Le présent projet de fin d’études propose une démarche du projet urbain et architectural en adéquation avec ce concept d’une « Troisième Nature ». Dans un premier temps nous approcherons le concept de la « Trame Verte et Bleue  » à l’échelle territoriale grenobloise. Ensuite, en réponse  aux potentialités mais aussi aux limites de la trame verte et bleue nous transposerons le principe à l’échelle urbaine, pour créer des trames paysagères au sein de l’agglomération. Dans un deuxième temps, nous nous intéresserons plus précisément au Campus de Grenoble Universités. Nous le re-concevons en tant qu’interface capable de se métamorphoser et de permettre la couture du milieu urbain de la ville de Saint-Martin-d’Hères au milieu naturel de cette Trame Verte et Bleue autour de Grenoble.  Il s’agira donc de développer le campus comme une Trame Paysagère, un squelette végétal sur lequel viendra se greffer l’urbain à travers des aménagements ponctuels  : six places urbaines  au cœur desquelles l’élément naturel sera graduellement présent. Enfin nous aborderons l’échelle architecturale et celle du dispositif, en développant trois des six places qui articulent et orientent le parcours urbain. Ces trois places s’inscrivent dans la logique du lien ville-nature et viennent se raccrocher au contexte existant urbain ou végétal. Au niveau formel, ces places sont trois vides travaillés et équipés selon les opportunités qu’elles peuvent apporter, à la fois au campus mais plus largement à la ville. La première en lien direct avec la ville, l’axe Gabriel Péri, raccroche le campus à la ville par l’événementiel et le ponctuel. La seconde réinterroge la proue de l’axe est ouest du plan d’aménagement du Campus 2025 Grenoble-Alpes en créant un lieu d’échange. La dernière place s’organise autour du franchissement des berges de l’Isère ouvrant un nouvel axe nord-sud vers Meylan, de la place centrale au parc de l’Ile d’Amour, et propose ainsi une relation directe à la nature et à l’eau.

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mots clés : trame verte et bleue,  trame paysagère, campus, Saint-Martin-d’Hères , interface d’ échange, étirement des ambiances, lien ville & nature, triangulation, place urbaine, place événementielle, centre de conférence, piscine écologique, restaurant universitaire, franchissement.

Troisième Nature  

Mémoire de Projet de Fin d'Etudes (PFE), Master 2, au sein du Master "Architecture et cultures sensibles de l'environnement" à l'Ecole Natio...

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