Le Ligueur et mon bébé

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P 601049  ISSN 2031-728X  041  PÉRIODIQUE  ÉDITÉ PAR LA LIGUE DES FAMILLES  109, AVENUE ÉMILE DE BECO, 1050 BRUXELLES

leligueur.be

ÉDITION 2019-2020

ELLE (IL) A 3 MOIS ET GAZOUILLE À 3 MOIS, BÉBÉ DÉCOUVRE QU’IL PEUT JOUER DE LA VOIX. Ce sont ses premiers gazouillis qui vous feront découvrir sa voix autrement que par les pleurs. 3 mois, c’est aussi l’âge pour certains de vivre leurs premiers jours à la crèche ou chez l’accueillante. Une première séparation… BIENTÔT, 4 MOIS. ENFIN, VOS PREMIÈRES NUITS COMPLÈTES ! L’enfant dort comme un ange (ou presque !) et, la journée, il regarde de ses grands yeux gourmands le monde qui l’entoure.


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ELLE (IL) A 3 MOIS ET GAZOUILLE

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VOUS NOUS DITES… Trouver une crèche, c’est galère ! Les repas : cadencés ? Les nuits, toujours fatigantes Les papas, plus vite débordés ? « Comment retrouver ma silhouette d’avant ? »

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15 conseils pour vous faciliter la vie… et celle de votre enfant

L’ENFANT PAS À PAS Les papas ne sont pas les mamans, et vice versa

L’OBJET DU MOIS Le doudou

LA CRÈCHE, DÉJÀ ? « Le temps passe. Elle pousse, tel un haricot. Heureusement, on en profite à chaque instant », savoure une jeune maman en pensant à sa petite. Votre bébé n’a jamais autant souri, il gazouille à profusion, il adore être pris dans les bras. Vous semblez atteindre votre rythme de croisière. Le temps passe, et la reprise du boulot côté maman se profile. Irrémédiablement. C’est trop tôt, la perspective de cette première grande séparation vous déchire le cœur ? Ou quinze semaines de congé (vous avez dit congé ?) de maternité, cela vous semblait bon au départ, mais plus maintenant ? Ou alors, cela vous suffit, et vous avez une envie folle mais confuse de retourner travailler ? Une maman n’est pas l’autre. Quoi qu’il en soit, quel gros changement ! Et dire qu’on vient de parler de rythme de croisière… Pour beaucoup d’entre vous, il est question de bricolage de solutions : x jours à la crèche (ou chez l’accueillante), un jour avec une grand-mère (qui a accepté de revoir son temps de travail à elle), un jour avec l’autre… Votre bébé, préparé en douceur, va découvrir de nouvelles choses, il va se construire de nouveaux repères. Faites-lui confiance ! Martine Gayda

SUIVEZ-NOUS SUR LE WEB Jour après jour, l’actualité parentale leligueur.be Chaque semaine, la rédaction répond à vos questions. Des infos pour une consommation parentale… responsable @LigueDfamilles Des propositions d’activités pour vos enfants @facebook.com/leligueur

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Trouver une crèche, c’est galère ! « C’est galère pour avoir une place dans une crèche, assure Lucie, la maman d’Émile. Finalement, tu imagines des combines parce qu’il te faut une place pour ton bébé, point barre. Tu bricoles des solutions d’attente ou des solutions qui n’étaient pas celles dont tu rêvais au départ, genre tu réserves quand même une place dans une crèche privée même si, pour toi, c’est hors de prix : tu as besoin de cette sécurité. Entre la crèche communale que tu veux et la crèche privée, les prix vont du simple au double. Alors, tu décides de ne mettre ton bébé que trois jours de la semaine sur cinq à la crèche et tu réquisitionnes les deux grands-mères pour les deux jours restants. Tu n’as pas vraiment le choix de faire autrement… » Ils sont très nombreux, les parents d’aujourd’hui qui, comme Lucie, bricolent des solutions…

En fin de congé de maternité, certaines mamans étouffent à la maison et sont impatientes de rouvrir leur horizon en retournant travailler. D’autres sont malades à l’idée de mettre leur tout-petit encore si petit à la crèche ou chez une accueillante et reportent le plus possible ce moment (tout en avouant parfois après coup qu’elles ont trop attendu, car la séparation devient alors trop dure). Pour Irina, par exemple, c’était à la fin de son congé de maternité que l’idée de le prolonger d’une manière ou d’une autre a germé « parce qu’il n’était pas pensable de me séparer si tôt de mon bébé ». Des mamans disent vouloir attendre que leur bébé puisse davantage s’exprimer par lui-même avant de le confier à d’autres. Les travailleuses indépendantes, elles, n’ont pas franchement le choix et ont repris le chemin du boulot depuis un moment déjà.


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Comme maman, vous voilà forcée de grappiller votre « capital » congés ? Idem pour le papa ? Et cela, pendant combien de temps ? Entrer à la crèche à 5 mois, c’est chouette pour le bébé ; autour de 8 mois, c’est plus difficile car, à ce moment de son évolution psychique, il devient inquiet deUNE SOLUTION SÉCURISANTE POUR VOUS vant les visages « inconnus », il risque alors de pleurer toute la journée à la crèche. Vous Quel stress, la recherche d’une crèche ! êtes dans l’obligation de faire appel aux Vous êtes nombreux, comme parents, à le grands-parents ? Ils s’occuperont de votre vivre, à le dire. Si, depuis la grossesse ou petit à leur façon : il faudra vous y faire ! Cela sera-t-il donnant-donnant ? peu de temps après la naisIl y a la pression Des points à discuter avant sance de votre bébé, vous avez la certitude qu’une sociale qui veut qu’on de se lancer dans l’aventure. crèche ou une accueillante mette son enfant à la Le système d’accueil que pourra l’accueillir, vous crèche parce que sa vous mettez en place pour voilà fameusement soulasocialisation passe votre enfant est sans doute gés. Mais, trop souvent, le un mélange de solutions. congé de maternité se terpar une structure êtes parfois obligés mine, la reprise du travail de garde. Mais il y Vous de trouver jusqu’à cinq forse profile côté maman, et a aussi la réalité, vous n’avez toujours pas mules différentes, et donc l’assurance d’une place cinq référents différents, à savoir le cruel pour votre enfant. Vous pour couvrir la semaine. Et manque de places devez alors fabriquer une cela, alors qu’« aujourd’hui, dans les milieux solution qui risque de ne on est plus que jamais pas vous apparaître satissensible à la continuité d’accueil. des figures d’attachement faisante, et donc sécurisante. Cela crée de l’inquiétude, voire de auprès des bébés », observe Reine Vander Linden, psychologue clinicienne. l’angoisse. Certainement, du stress. Au-delà de ces différences individuelles, il y a la pression sociale qui veut qu’on mette son enfant à la crèche parce que sa socialisation passe par une structure de garde. Mais il y a aussi la réalité, à savoir le cruel manque de places dans les milieux d’accueil.

Du temps pour soi « J’ai une terrible envie de reprendre le boulot. Après tous ces jours passés à être en permanence disponible pour mon bébé… J’ai besoin de renouer avec mon côté femme et mon côté indépendant. Je veux retrouver du temps pour moi. J’aime mon travail, il me nourrit. Mon retour au travail, c’est peut-être un retour à celle que j’étais avant. J’ai un fils facile, curieux, ça aide. Je pense qu’il aimera la crèche. En même temps, bizarrement, ça tiraille en moi, parce que quand je pense à la séparation et au premier jour où je le déposerai à la crèche, je suis malade. » Amandine, maman de William


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ZOOM

POURQUOI UNE PÉRIODE DE FAMILIARISATION ?

LE JOUR J ET LES SUIVANTS Une fois le souci de trouver un milieu d’accueil évacué, comment se prépare-t-on à la séparation côté maman et côté bébé ? Vous allez apprendre à faire confiance dans les professionnelles à qui vous allez confier votre trésor. Un T-shirt ou un foulard avec votre odeur va l’accompagner et le rassurer. Comme cela, le lien sera fait entre la maison et le milieu d’accueil. La période de familiarisation vécue à la crèche va, elle aussi, lui être bénéfique.

plement dire : "Il a bien dormi, il a fait caca, il a eu 37  °C de température", c’est aussi pouvoir parler de ses états émotionnels. "Oh, j’ai passé un bon moment avec votre petit" ou "Aujourd’hui, c’était dur, il a beaucoup pleuré", du côté de la puéricultrice. Et du côté de la maman : "Au boulot, j’ai tout le temps mon bébé en tête, je ne parviens pas à travailler, il faudra bien que je m’y habitue", par exemple. Et la puéricultrice peut répondre : "Je comprends. Si vous voulez, téléphonez." » Martine Gayda

« Et le jour d’entrée à la crèche, qu’est-ce qui vous tranquillisera le plus ? demande Reine Vander Linden. De confier votre bébé à une puéricultrice qui vous dira : "Mais, madame, ne vous inquiétez pas, on a l’habitude, on est des professionnelles, cela va bien se passer" ou de le laisser à une puéricultrice qui aura ces mots : "Oh, je vous vois ébranlée de déposer votre petit pour la première fois à la crèche, c’est vrai que c’est difficile, on va faire ce qu’on peut" ? C’est le second accueil qui, sans doute, vous rassurera le mieux, car si la puéricultrice a de l’attention pour vous, la maman, elle saura aussi bien s’occuper de votre bébé. » Pouvoir parler de ses émotions à ce moment si bousculant est précieux. Si votre intention est de poursuivre l’allaitement, abordez tout de suite ce point avec l’équipe de la crèche. Les jours suivants, comment voyez-vous la transmission d’infos entre les puéricultrices et vous ? « Communiquer, ce n’est pas sim-

EN BREF

PENSEZ-Y… … cela peut aider votre bébé (bientôt) accueilli en crèche et cela peut vous tranquilliser aussi. ff La période de familiarisation l’aide à diminuer le stress lié à ce nouvel environnement. ff Laissez-lui un T-shirt ou un foulard avec votre odeur. ff Poursuivre l’allaitement est possible, parlez-en avec l’équipe qui a en charge votre petit. ff De même, n’hésitez surtout pas à parler de toutes les émotions que cette nouvelle réalité fait naître en vous.

Selon le code de qualité de l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance) qui supervise les crèches, il est nécessaire, avant l’entrée des bébés, d’y organiser une période de familiarisation. À quoi sert-elle ? Et à qui ? Réponses de la psychologue en périnatalité Reine Vander Linden. « Le sens de cette démarche n’est pas toujours compris. Elle n’est pas destinée aux parents (même si, bien sûr, ils sont plus à l’aise de confier leur bébé à des personnes qu’ils ont déjà rencontrées), elle concerne d’abord l’enfant. Il s’agit de permettre au bébé – qui a eu les mêmes repères pendant ses premiers mois de vie : même environnement, même ambiance, même entourage… – de se construire de nouveaux repères dans la structure crèche qui lui est inconnue (autre ambiance de vie, nouveaux visages, nouveaux bruits et odeurs…) et où il va devoir désormais passer ses journées. Demander à un bébé de s’habituer à une nouvelle ambiance, à de nouvelles personnes est terriblement énergivore. Quand on le change d’environnement, on le met en situation étrange. C’est pour diminuer le stress lié à ce changement et aux adaptations qu’il a à faire qu’on propose la familiarisation. Des parents qui ont un deuxième ou un troisième enfant disent que la période de familiarisation leur est inutile car "on connaît la crèche". Mais ce n’est pas pour eux, la familiarisation, c’est pour l’enfant : la maman connaît le lieu d’accueil, pas le bébé ! » Les procédures de familiarisation varient d’une crèche à l’autre. Y en a-t-il une qui est meilleure ? « En tant que psychologue, je trouve qu’une familiarisation concentrée sur une semaine avec la maman qui vient tous les jours avec son bébé pour y rester une petite heure a plus de sens qu’une familiarisation sur quinze jours avec la maman et le bébé présents de façon irrégulière, répond Reine Vander Linden. Par exemple, le premier jour, la maman tient son bébé contre elle ; le deuxième jour, elle le dépose sur le tapis et, le troisième, dans le relax au milieu des autres petits ; le quatrième jour, la puéricultrice prend le bébé ; le cinquième jour, si c’est l’heure de la panade, la puéricultrice la lui donne. Chaque jour, la maman est un peu plus à distance… »


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Une vraie petite vorace « Ma fille Octavie a 3 mois et je l’allaite. Je prends du plaisir à la nourrir moi-même, à fabriquer toute seule tout ce dont elle a besoin. La nuit, c’est hyper-pratique, je l’attrape, hop, je la mets au sein, et quand elle a fini, je la fais glisser dans son lit à côté du nôtre. Elle tète toutes les troisquatre heures pour l’instant, c’est gérable. Mais, depuis hier, elle est hyper-demandeuse, une vraie petite vorace. En plus, elle pleure beaucoup et semble ne jamais avoir assez bu. Je commence à m’inquiéter. J’ai peur de ne pas suivre la cadence. Je ne sais pas si c’est différent avec du lait en poudre, si ça nourrit plus. Dans mon entourage, les avis sont nuancés. Certains me disent de m’accrocher, que je donne le meilleur à Octavie et que son grand appétit n’est que passager. D’autres me disent qu’allaiter trois mois, c’est bien assez… alors qu’à la maternité, tous me regardaient avec tendresse parce que j’allaitais, un peu maladroitement, ma fille. » Ludivine, maman d’Octavie Tester différents biberons « Transition sein-biberon en cours chez nous pour l’instant. On a un peu galéré pour faire accepter le biberon à notre petit Gaston. On en a testé plusieurs avant d’en trouver un qui semble convenir. On prépare doucement le retour au boulot de ma femme. On sait bien que Gaston ne se laissera pas mourir de faim à la crèche, mais on a préféré anticiper. Et puis, c’est un peu ma mission de papa : lui donner son premier biberon. Pour le moment, il boit du bout des lèvres, mais ça va venir. La question que ma femme se pose, c’est : biberon de lait maternel ou biberon de lait artificiel pour la crèche ? Tout dépendra des stocks qu’elle arrivera à faire. Pour moi, j’avoue, c’est kif-kif. » Pierre, papa de Gaston

Repas : peur de ne plus suivre la cadence ? Un bébé gourmand du jour au lendemain alors qu’il était assez régulier au niveau de ses repas, cela arrive vers 3 mois : c’est souvent un pic de croissance. Moment assez crevant, il faut bien l’avouer, pour la maman qui allaite et qui peut, dès lors, avoir peur de ne pas suivre la cadence. C’est heureusement passager. En 48 à 72 heures, le pic de croissance est terminé et le bébé retrouve son rythme des tétées. « L’avantage des pics de croissance, c’est qu’on peut les prévoir : à 3 semaines, à 3 mois et à 6 mois. Ce sont des poussées de croissance, l’enfant grandit d’un coup », explique Stéphanie Jacob, infirmière pédiatrique dans le Namurois.

Mais comment faire face à un soudain appétit de vorace ? « La maman ne doit surtout pas stresser par rapport à cette augmentation de la demande. C’est une période brève de quelques jours. La solution est de répondre à la demande de l’enfant, de


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ai-je assez de lait pour mon petit ? « Les mamans sont rarement au courant qu’à un moment, leur poitrine reprend sa taille habituelle. Elles ne gardent pas pendant toute la période de l’allaitement leur poitrine gonflée et tendue comme lors de la montée de lait à la maAU MENU : ternité. Souvent, je dois À 3 mois, un bébé a rassurer des mamans. Le TOUJOURS DU LAIT besoin au minimum sein n’est pas un réservoir à lait. Le lait est produit Et pour les bébés biberonde cinq repas en au moment où le bébé va nés, même principe : s’ils 24 heures. Et si, au sein et commence à ont faim et réclament fort, on leur propose plus de par chance, il dort la téter », explique la consullait que d’habitude. Même nuit, on ne le réveille tante en lactation Stéphasi ça paraît énorme. Les nie Jacob. Un bébé mis au plus pour le nourrir. sein lorsqu’il a faim aura bébés estiment à merdonc toujours assez de lait veille les quantités dont ils ont besoin. Il suffit de leur faire confiance. à boire. Sauf si la maman sature et qu’elle Sans jamais forcer pour qu’ils terminent a envie de passer le relais. Dans ce cas, elle leur bibi. Pas besoin non plus de compléter peut sevrer partiellement ou totalement avec des farines, céréales ou panades de son bébé. Comment ? En supprimant une légumes. Les bébés goûteront des légumes tétée à la fois pendant quelques jours au entre 4 et 6 mois, pas avant. Lors du pic de profit d’un biberon. Ainsi, sa production de croissance des 3 mois, ils boivent plus de lait diminuera progressivement, sans subir lait, c’est tout. Et quand le pic est passé, ils d’engorgement ou de mastite. retrouvent leur rythme de croisière. Estelle Watterman Mais quel est le rythme d’un bébé de 3 mois ? Tout dépend de l’enfant. Avec une constante, cependant : à cet âge-là, un bébé a besoin au minimum de cinq repas en 24 heures. Et si, par chance, il dort la nuit, on ne le réveille plus pour le nourrir. « Si le bébé est allaité à la demande, vers 3 mois, il ne devrait plus réclamer toutes les heures. Il peut tenir trois à quatre heures d’affilée. On apprend aux mamans une technique de compression du sein qui leur permet de donner un max en une fois et de vider complètement leurs seins », détaille Stéphanie Jacob. le mettre au sein le plus souvent possible. C’est le principe de l’offre et de la demande. Il faut augmenter les quantités et stimuler, stimuler, stimuler. Les pics de croissance sont assez éprouvants mais ne durent pas », précise cette consultante en lactation.

MON BÉBÉ MANGE-T-IL ASSEZ ? Souvent, les bébés se calquent sur le rythme de vie des parents. Mais on ne va pas vous faire rêver, certains petits bouts restent de très petits mangeurs à 3 mois. Espacer les tétées alors qu’ils hurlent de faim ne sera pas forcément la solution. « Pourquoi les faire patienter quand ils ont faim ? demande Harmony Garcie, sagefemme bruxelloise. Si un bébé fait plusieurs pipis et au moins un caca par jour, qu’il n’a pas de température et qu’il ne devient pas jaune, c’est qu’il va bien et qu’il est bien nourri, à une cadence qui lui convient. Les parents peuvent être rassurés. » Ouf ! Parce que c’est une question qui revient très souvent chez les jeunes parents : est-ce que notre bébé mange assez ? Avec la variante pour les mamans allaitantes :

BON À SAVOIR

REPRISE DU TRAVAIL : À PLANIFIER, ET PUIS ÇA ROULE Rappel des droits de la maman qui reprend le travail et des possibilités qui s’offrent à elle, avec Stéphanie Jacob, infirmière pédiatrique et consultante en lactation dans le Namurois. « Si la maman allaite, elle a droit légalement à un certain temps pour tirer son lait pendant sa journée de travail : deux pauses d’une demiheure pour une journée de travail de 7h30. Dans un local isolé, avec une hygiène correcte et un frigo à proximité pour conserver le lait. La reprise du travail ne signifie donc pas l’arrêt de l’allaitement. En gardant la tétée du matin, en tirant son lait deux fois en journée et en allaitant son bébé au retour de la crèche et le soir, l’allaitement peut se poursuivre. Une autre possibilité, c’est de sevrer partiellement son bébé avant la reprise du travail. Il existe plein de façons d’allaiter. Des consultantes en lactation peuvent venir à domicile pour guider les mamans. Car la reprise du travail, c’est une organisation à planifier, et après, ça roule. C’est alors tellement magique de continuer l’allaitement. Surtout que les premiers mois de crèche sont souvent pleins de microbes. Avec l’allaitement, le petit loulou a les anticorps de sa maman qui l’aident à se battre et qui le protègent. Mais chaque maman doit sentir ses limites. Je ne suis pas pour des mamans allaitantes au bout du rouleau. C’est important pour le bébé d’avoir une maman calme, aimante et disponible. »

EN PRATIQUE

QUEL TIRE-LAIT CHOISIR ? Pour celles qui veulent combiner allaitement et boulot, l’utilisation d’un tire-lait est souvent nécessaire avec un bébé qui se nourrit exclusivement de lait. Entre les modèles manuels et électriques, avec simple ou double pompage, en achat ou en location, via votre mutuelle ou votre pharmacie… il y a le choix ! Les tire-lait manuels sont moins chers et discrets, mais ils fatiguent le pouce ! Ils sont parfaits pour des récoltes occasionnelles. Les tire-lait électriques permettent un pompage régulier, plus proche du rythme de succion d’un bébé. Certaines mamans passeront plutôt à un allaitement mixte : lait maternel/lait artificiel. À moins qu’elles ne puissent venir allaiter leur petit chez la gardienne ou à la crèche en journée. Mais cela reste rare chez nous.


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Quelle nuit, au secours…

Résister, tenir bon ! « Jade fait ses nuits depuis un bout de temps déjà. N’empêche, il y a toujours des nuits plus fatigantes que d’autres… Le pédiatre de l’ONE me conseille de la mettre au lit éveillée pour qu’elle puisse s’endormir seule. En plus, cela lui permet de se rendre compte qu’elle n’est pas abandonnée. S’il lui arrive de se mettre à pleurer au cours de la nuit, je dois la laisser pleurer et ne pas intervenir. J’essaie. Je ne vais pas dans la chambre, même si ses pleurs m’arrachent le cœur. "Résiste", me dit le papa. "Tiens bon", me conseille la grand-mère. Elle se rendort en général seule au bout de dix minutes, un quart d’heure. Au-delà d’un quart d’heure, j’interviens. Bien sûr, les pleurs de panique, c’est autre chose : là, j’accours. » Camille, maman de Jade

À partir de 6 semaines, la plupart des bébés sont capables de dormir six heures d’affilée la nuit. Une heureuse évolution, diront leurs parents ravis ! Et cette tendance continue à se renforcer pour atteindre neuf heures de sommeil vers 3 mois, lesquelles peuvent être interrompues par un rapide repas. « La plupart des bébés », écrit-on. Et les autres ? Leurs pauvres parents sont-ils voués à des insomnies à répétition ? Rien n’est définitivement joué ! Quelques pistes avec Micheline Cleeremans, sage-femme au CHIREC (Bruxelles), pour sortir de soirées trop marquées par l’énervement ou l’inquiétude. LE ROOMING-IN, TOUJOURS D’ACTUALITÉ Le bébé, à 3 mois, dort dans la chambre des parents, séparé d’eux, mais tout proche aussi. Le rooming-in, ou chambre partagée, est recommandé jusqu’aux 6 mois de l’enfant environ. C’est, rappelons-le, une des mesures de prévention de la mort subite du nourrisson (on recourt à ce terme pour parler du décès inopiné de bébés apparemment en bonne santé et âgés de moins de 1 an). À partir du moment où le bébé commence à passer ses nuits, pas mal de parents

pensent néanmoins qu’il est temps de le mettre dans sa chambre. Une suggestion ? Entre 3 et 6 mois, vous pouvez progressivement éloigner le petit lit de votre enfant pendant la nuit. Alors que, juste après la naissance, le berceau était collé à votre lit pour permettre à votre bébé de percevoir votre présence et pour que, sans que vous vous leviez, vous puissiez répondre au mieux à ses besoins, voilà que petit à petit ce même berceau va par exemple migrer vers un coin de la chambre parentale. Des mamans qui appréhendent un tel éloignement (leur cœur et leur cerveau ne sont pas encore prêts pour cela) usent d’astuces. Même si elles procèdent par étapes… Certaines occultent d’abord les espaces entre les barreaux du petit lit, « comme ça, mon bébé ne me voit plus ». D’autres préfèrent installer, dans un premier temps, un paravent entre le lit de l’enfant et celui des pa-


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rents. Et puis, certains bébés dorment très cipe, il sait qu’après le « bonne nuit » ou la bien dans leur chambre, avec les portes berceuse, vient le dodo. Le sommeil est un grandes ouvertes ou avec un baby-phone phénomène neurologique : son évolution performant à leurs côtés. et sa régulation dépendent Il y a, en fait, des tas de de la maturité cérébrale… Le rooming-in façons de faire. et pas du remplissage de l’estomac ! N’instituez pas est recommandé Le principal, c’est d’avanle repas comme rituel jusqu’aux cer comme vous le sentez, d’endormissement. Trois : 6 mois de l’enfant de faire évoluer vos praéloignez-vous, sortez de la environ. C’est chambre et laissez votre tiques si vous êtes prêts bébé s’endormir seul, même pour cela. Il est sans doute une des mesures s’il pleure un peu et que plus difficile pour les made prévention de ses pleurs vous fendent le mans que pour les papas la mort subite du cœur. Faites-lui confiance, d’apprivoiser l’idée de ne il grandit. plus passer les nuits tout nourrisson. près de l’enfant. Surtout, « L’inquiétude est apparue expliquez calmement les changements en cours à votre bébé : il à partir du moment où Noé a bien dormi ! est capable de comprendre beaucoup de C’était le stress quand je ne l’entendais pas. choses. Et dites-lui qu’il restera en sécurité Était-ce normal ? J’avais besoin d’entendre en dormant un peu plus loin de vous et qu’il un bruit, pas un pleur, un bruit. Je devais peut toujours se manifester s’il y a un pro- me discipliner pour avoir confiance dans le baby-phone. J’étais dans un tel état que blème. j’allais tout le temps vérifier s’il fonctionnait bien, raconte Zabel. Avec le recul, je ris S’ENDORMIR ET SE RENDORMIR SEUL… de moi… » Vaincre vos propres peurs (en Que faire si, le soir venu, votre tout-petit ne n’anticipant pas les problèmes) et, dès lors, parvient pas à s’endormir seul, autrement faire confiance à votre bébé, c’est cela aussi dit s’il reste dépendant de vous pour trou- lui permettre de devenir autonome pour ver le sommeil ? Rien de tel qu’un coaching s’endormir seul et retrouver seul le sommeil serré, constate Micheline Cleeremans : s’il se réveille au milieu de la nuit. « Expliquer à la maman que son petit ne Martine Gayda va pas être mal loin d’elle, qu’il est normal qu’il s’endorme seul, qu’il est possible qu’il pleure cinq-dix minutes avant de s’endormir et, surtout, lui répéter que, malgré ses doutes, elle est une "bonne" mère, attentive aux besoins de son petit qui déjà grandit. » Il y a des conseils très pratiques aussi. Un : vers 2 mois déjà, votre bébé peut faire la différence entre le jour et la nuit, et ce, d’autant plus si vous l’installez dans une ambiance douce, apaisante et feutrée dès le début de la soirée. À éviter, dès lors : les jeux (comme un mobile au-dessus de la tête qui stimule plus qu’il ne calme), la musique excitante, la télé et les autres écrans, les conversations animées… Deux : dès que votre bébé, fatigué mais encore éveillé, fait mine de s’endormir, déposez-le dans son lit. Éventuellement avec un doudou chargé de l’odeur maternelle (mais tous les bébés n’en ont pas besoin !), en lui souhaitant une bonne nuit ou en lui chantant une berceuse. Dès la naissance, les habitudes ou rites d’endormissement ont du bon, ne fût-ce que parce qu’ils calment les parents, les mettent dans une ambiance apaisante de nuit, ce qui contamine positivement l’enfant. Mais, désormais, votre bébé les reconnaît et, du coup, il les apprécie. Il anti-

Une fois, mais pas deux ! « Avec notre premier enfant, Romane, les nuits ont été horribles. Nous étions incapables de l’entendre pleurer la nuit, elle est donc restée dans notre lit pendant des mois. Nous avons eu les pires difficultés du monde à lui faire passer une nuit complète dans sa chambre. Elle a maintenant 2 ans et demi et ce n’est toujours pas gagné : elle dort souvent une partie de la nuit avec nous. Il est exclu de revivre cette expérience avec notre deuxième ! On ne nous aura pas deux fois… Dès qu’Elsa a eu 6 semaines, nous avons débuté notre training : la déposer éveillée dans son lit, la laisser pleurer cinqdix minutes, et si, au bout de dix minutes, elle pleure toujours, venir la consoler sans la prendre dans les bras, mais surtout ne pas céder, ne pas craquer… » Stéphanie, maman de Romane et d’Elsa

VOTRE QUESTION Pouce vs tétine Micheline Cleeremans, sage-femme au CHIREC (Bruxelles) Le pouce et la tétine ne sont pas ma spécialité ! Mais quand les parents d’un bébé de 3 mois me posent la question « pouce ou tétine ? », il y a deux choses que je leur dis. 1. Si un bébé trouve son pouce et le prend, il n’y a, en fait, pas grand-chose à faire. Sauf attacher sa main dans le dos comme on faisait jadis, ai-je envie d’ajouter en rigolant, ou ne pas lui enfiler la manche de son pyjama, comme ça on garde le bras dans le pyjama, ou mettre un produit très amer sur le pouce. Quelles horreurs ! Le bébé a toujours son pouce sur lui : impossible de l’empêcher de le sucer ! 2. En ce qui concerne la tétine, si un enfant en a besoin dans son lit pour s’endormir, c’est très bien mais il doit absolument être autonome par rapport à cet objet. Donc, s’il se réveille la nuit parce qu’il a perdu sa tétine, il ne faut pas que ses parents se précipitent pour la lui redonner. Il doit se rendormir sans l’aide d’un adulte qui viendrait lui remettre cinq fois, dix fois la tétine en bouche. C’est essentiel. Autre point important : quand, le matin, le parent sort le bébé de son lit, il laisse la tétine dans le lit. Il n’est pas question que l’enfant se promène toute la journée avec sa tétine en bouche. Je conseille déjà cette attitude quand le bébé a 1 mois, histoire d’anticiper les choses. Tant que le bébé n’a pas différencié le jour de la nuit, cela n’a pas énormément d’importance. Mais, à 3 mois, c’est indispensable : si on loupe cette fenêtre d’opportunité comme on dit, on est parti pour la gloire ! Et là, il faut rester fort, ne pas lâcher, car les enfants « négocient » terriblement ! Ceci est un avis tout personnel mais je pense que beaucoup de personnes le partagent…


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LE LIGUEUR ET MON BÉBÉ 3 MOIS

15 conseils pour vous FACILITER 1. Votre bébé ne fait pas

4. Pas de biberon d’eau

quiétude, certains enfants se mettent à gazouiller un peu plus tard et se révèlent de véritables petits avocats dès l’âge de 18 mois ! D’ici quelques jours, quelques semaines, votre petit s’amusera à faire des « ah », une manière de tester ses performances vocales. Un grand plaisir pour lui et… pour vous. Si vous voulez épater les copains-copines, sachez que ces premiers gazouillis sont appelés la lallation ou le jasis.

3 mois, le bébé a souvent un pic de croissance qui se traduit par un appétit d’ogre. Lui donner de l’eau ne sert à rien, si ce n’est remplir inutilement son petit estomac sans les calories nécessaires. S’il a faim, la première chose à faire, c’est d’augmenter la fréquence des tétées ou de donner un biberon de lait.

encore « areuh » ? Pas d’in-

2. Décodez ses pleurs.

La faim : ces pleurs sont reconnaissables entre mille parce qu’ils deviennent très vite des cris de rage que seuls le sein ou le biberon peuvent calmer. La recherche du sommeil : grognements, agitation et pleurs spasmodiques. Les coliques : ces pleurs sont plus proches de la plainte, s’arrêtent et reprennent au rythme des crampes digestives.

3. Jouez avec lui à coucou. À 3 mois, votre bébé fait de vrais sourires lorsqu’il voit un visage, quel qu’il soit, et d’autant plus si c’est celui de ses parents. Cachez votre visage avec vos deux mains et ouvrez-les en disant coucou. Répétez le geste. Votre petit va mouliner avec ses jambes et ses bras, s’esclaffer et pousser des cris de contentement. Que du plaisir !

pour calmer sa faim. À

5. Donnez-lui son premier hochet. C’est au cours de

ce mois que votre bébé peut commencer à tenir volontairement un anneau ou un objet facile à agripper comme le hochet Oball (Oxybul) ou Sophie la girafe (Vulli) qui, en plus, fait… pouet pouet ! Ces deux jouets ont l’avantage d’être souples quand votre petit, encore un peu maladroit, s’agite de contentement et se les tape sur la tête.

6. Plus d’emmaillotage

dès 3 mois. Certains bébés aiment être enveloppés dans une couverture ou un tissu plus fin. Cette sensation d’enveloppement leur rappelle la vie dans le ventre de leur maman. Si c’est le cas de votre petit, mieux vaut troquer l’emmaillotage contre vos bras fermes et enveloppants qui peuvent tout aussi bien lui donner un sentiment de sécurité et apaiser ainsi ses pleurs. En effet, à 3 mois, il doit pouvoir bouger librement ses jambes, ses bras et même essayer de se tourner sur le ventre…

7. N’oubliez pas d’enlever la bavette avant la sieste.

Votre petit s’est enfin apaisé et s’endort dans vos bras. Si vous le posez dans son lit, n’oubliez pas d’enlever sa bavette ou toute autre cordelette autour de son cou. Même chose évidemment pour la nuit.


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LA VIE… et celle de votre enfant 8. Continuez à le mettre

sur le ventre. Bébé se muscle et

soulève de mieux en mieux sa tête et sa poitrine lorsqu’il est couché sur le ventre. Bientôt, il s’appuiera sur ses petits bras. Pour le stimuler, mettezvous également par terre sur le ventre en face de lui : il relèvera davantage la tête pour voir votre visage et il musclera ainsi son cou. À faire, quelques minutes, plusieurs fois par jour.

9. Premières nuits dans

11. Observez votre bébé pour mieux le connaître.

Chaque enfant a son tempérament. Le vôtre se calme-t-il tout seul ? Estil plus ou moins sensible aux bruits, aux luminosités, aux mouvements ? Mieux vous connaissez votre enfant, mieux vous pouvez adapter son environnement. Un enfant calme qui s’endort malgré le bruit peut être amené dans un restaurant ; un petit nerveux, au contraire, risque de perturber votre repas car le tropplein de stimulations l’empêchera de trouver sa tranquillité. Autant savoir !

sa chambre. Il a beau être le plus mignon du monde, votre bébé fait beaucoup de bruit la nuit et vous empêche de fermer l’œil. Vous rêvez de le mettre dans sa chambre qui est fin prête, mais n’est-il pas trop petit ? Tout dépend si vous l’allaitez encore (avoir bébé à côté de soi est nettement plus pratique !) ou si vous passez doucement au biberon. Quoi qu’il en soit, ne négligez pas votre sommeil ni votre vie de couple et installez votre petit dans ses « appartements » si vous n’en pouvez plus. Avec l’aide du baby-phone pour vous rassurer.

passer de mieux en mieux ses nuits, mais il se réveille encore régulièrement. Vous êtes alors tenté(e) de lui donner un biberon bien tassé avec éventuellement adjonction de farine. Une mauvaise idée car le sommeil est un phénomène neurologique et non digestif. Les diététiciens conseillent d’ailleurs de manger léger le soir… même pour les bébés !

10. Deuxième séance de

13. Un peu d’odeur de ma-

très agréable à passer, mais de la plus grande importance puisque cette deuxième injection du vaccin hexavalent protège votre bébé contre des maladies mortelles ou très handicapantes telles que la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la méningite ou l’épiglottite à Haemophilus influenzae de type B et l’hépatite B. Sans oublier, comme vivement conseillé déjà à 2 mois, la deuxième dose du vaccin oral contre la gastro-entérite à rotavirus. Infos : www.vaccination-info.be.

Bientôt, votre petit va entrer en crèche. Un moment difficile, surtout pour vous peut-être. Pour vous rassurer et le rassurer, glissez-lui un de vos T-shirts ou foulards empreint de vos odeurs. De quoi chasser les coups de blues !

vaccination. Un moment pas

12. Le bon gros biberon

14. Ne changez de lait que sur les conseils d’un spécialiste. Vous devez bientôt

reprendre le travail et vous commencez à diminuer doucement le sein pour passer au biberon. Si votre petit présente diarrhée, constipation, régurgitations, coliques, ne pensez pas que changer de lait est la solution. Ces troubles peuvent être liés à des périodes d’immaturité des systèmes neurologique et digestif. Ils peuvent aussi être causés suite à des erreurs de préparation du biberon, des horaires inappropriés, des volumes et des fréquences de repas inadéquats. Il ne faut donc changer de lait que sur les conseils d’un spécialiste.

ne l’aidera pas à passer la nuit ! Votre petit commence à

man à amener en crèche.

15. Ne le lâchez jamais

des mains ! Que ce soit sur la table à langer ou sur un lit d’adulte, ne lâchez jamais votre petit, même s’il semble sage comme une image. Vers 3-4 mois, l’enfant peut, sans crier gare, trouver la force, le « coup de reins » pour se mettre sur le ventre… et risquer ainsi de tomber. Si cette mésaventure vous arrive, n’hésitez pas à courir aux urgences médicales les plus proches de chez vous pour faire examiner l’enfant et vous assurer qu’il n’a pas de commotion. MYRIAM KATZ

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LE LIGUEUR ET MON BÉBÉ 3 MOIS

« Les papas sont plus vite débordés » PENSEZ-Y

QUI S’OCCUPE DE QUOI ? Votre bébé a 3 mois. Déjà ! Vous n’imaginez plus la vie sans lui. Vous atteignez une vitesse de croisière, VOTRE vitesse de croisière. Mais la fatigue s’accumule aussi. Les habitudes s’installent de façon prégnante. Les unes agacent, les autres soulagent… La reprise du boulot côté maman ne serait-elle pas une chouette occasion de vous interroger en couple sur l’organisation de votre quotidien ? Quelles sont vos attentes, à l’un et à l’autre ? Comment voyez-vous le rôle de maman, le rôle de papa ? Comment les rêvez-vous ? Comment pouvez-vous faire pour ne pas vous laisser déborder par votre petit bout ? Qui s’occupe de quoi ?...

« Même quand les deux parents travaillent, c’est la maman qui se lève la nuit s’il y a un problème, parce que le papa n’entend pas le bébé pleurer ! Jérémie va chercher le sac pour la balade mais il ne pense pas à vérifier s’il y a tout ce qu’il faut dedans, comme un bavoir par exemple. Quand je le lui fais remarquer, il me dit : "Pour quoi faire, un bavoir ?" Même chose au retour de la balade, cela ne lui vient pas à l’idée de vider le sac et de regarder s’il y a des trucs sales à laver. Ou alors, il va chercher Sam à la crèche et ne s’aperçoit même pas qu’il est sans body parce qu’il a vomi dessus. Les hommes ont-ils la tête ailleurs ? Tout ce qui roule roule, d’accord. Mais, quand même, ils ont moins certains automatismes. Et ils sont plus vite débordés par les choses. J’hallucine pour les détails pratiques. C’est nous, les mères, qui les gérons, encore et toujours. » Alors, comme le soutient Leïla, la maman du petit Sam, les pères sontils vraiment plus vite débordés que les mères ?


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place que lui accorde la maman dans sa tête, observe Reine Vander Linden, psychologue clinicienne. Il y a des mères qui attendent tout du papa, d’autres qui n’en attendent rien, des mères qui sont persuadées que leur homme ne sait pas y faire avec un tout-petit et donc ne laissent pas Qu’en est-il chez vous, justement ? Les jours faire, des mères qui sont sur le terrain de passent et « tout suit son cours », note sim- la rivalité et veulent montrer qu’elles sont plement une jeune mère. De gros change- infiniment meilleures que leur compagnon, des mères qui acceptent la ments surviennent ou se profilent pourtant, comme passivité du père et d’autres « La question de la reprise du boulot côté qui se battent contre le l’organisation au maman. L’occasion pour manque d’anticipation de quotidien, et donc leur homme… La question le papa de réorganiser son quotidien ? « La question de l’organisation au quotides rôles de mère du partage des tâches, dien, et donc des rôles de et de père, est c’est tout le temps qu’elle mère et de père, est omniomniprésente dès se pose, dès le premier jour présente dès l’arrivée de de vie de l’enfant », assure l’arrivée de l’enfant. l’enfant. Mieux vaut qu’elle une autre maman. Une troiMieux vaut qu’elle soit parlée, discutée qu’imsième : « On devient parent plicite, avec son lot d’atet cela a un côté inné. Mon soit parlée, discutée tentes frustrées et de nonqu’implicite, compagnon me pose sans dits… Si la maman attend cesse des questions parce tout du papa mais ne le lui avec son lot que "toi, tu sais", dit-il. Mais dit pas parce que, quand d’attentes frustrées même, il devrait deviner si je n’ai pas toujours la soluet de non-dits… » c’était un bon père, ou si, tion, la bonne solution. » Reine Vander Linden, malgré un partage heureux et plaisant des rôles, DES VÉCUS ET psychologue le papa oublie de vider le DES ATTENTES À L’INFINI sac après la promenade et Dans l’organisation de la vie avec un tout- que ça énerve la maman, des petites épines petit, il y a une tellement grande variabilité vont venir "fatiguer" la relation père-mère de vécus… et d’attentes aussi. « La place autour du bébé. J’invite vraiment les papas que prend le papa dépend en partie de la à interroger leur femme sur le sujet : "Et toi, En ce XXIe siècle, on rêve d’une meilleure répartition des tâches parentales. Certes, elle s’observe par petites touches ici et là, peut-être chez vous, mais rien ne semble radicalement évoluer d’un point de vue sociologique.

« Je n’ai pas le réflexe, mais… » « Une femme ne réfléchit pas pendant des heures, elle fait les choses qu’elle doit faire avec son bébé. Notre vocabulaire, à nous les hommes, ne comprend pas le mot "sacrifice", alors c’est vrai que les papas, même les papas modernes, sont d’une façon générale moins actifs, moins entreprenants. En même temps, je ne suis pas complètement en décalage… J’ai un esprit très pratique, j’aime bien ranger et je range, je ne prépare pas les repas mais je fais autant le ménage que ma compagne. Je lui répète souvent : "Si t’as besoin que je fasse quelque chose, je n’ai pas forcément le réflexe d’y penser mais dis-le-moi." Et elle ne se gêne pas pour me le dire, alors je m’exécute. » Julien, papa de Pauline


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LE LIGUEUR ET MON BÉBÉ 3 MOIS

L’AVIS DE… Parlez de vos émotions Reine Vander Linden, psychologue en périnatalité Parfois, trois mois plus tard, les mamans comme les papas ont encore du mal à digérer l’accouchement. À ce sujet, j’ai envie d’adresser d’abord un message aux pères. Vous avez peut-être protégé votre femme des émotions fortes que l’accouchement, la naissance ont amenées chez vous, en vous disant qu’elle aussi a vécu des secousses. Vos émotions, vous les avez gardées pour vous. C’est vrai que le rôle du père est de protéger sa femme, mais vous continuez peut-être aujourd’hui à être envahis par des pensées et des images compliquées en relation avec l’accouchement, la souffrance de votre femme, votre impuissance à la soulager… au point d’en avoir le sommeil perturbé ou d’éprouver des sautes d’humeur ou de l’agressivité. Cela fait du bien d’en prendre conscience, d’établir des liens entre le trash de l’accouchement et vos émotions actuelles, d’en parler avec votre femme. Et vous, les mamans, vous avez peutêtre vécu un accouchement difficile alors que vous pensiez qu’il allait bien se dérouler, comme subir une césarienne sous anesthésie générale ou dans un climat d’urgence, ou votre bébé a peut-être dû séjourner (même quarante-huit heures) dans un service néonatal. Trois mois plus tard, vous ressentez peut-être toujours de la tristesse et des regrets… même si tout va bien pour votre bébé. Ce vécu qui n’était pas votre rêve a laissé des traces en vous. N’hésitez pas à interpeller votre gynécologue s’il y a des aspects de votre accouchement que vous n’avez pas compris. Et n’hésitez pas à entraîner le papa dans ce rendez-vous de clarification. Parlez aussi à votre bébé des émotions difficiles qui vous habitent, dites-lui votre peine de n’avoir pas pu l’accueillir comme vous l’aviez rêvé. Même s’il ne comprend pas vos paroles, partager avec lui ces émotions cachées va permettre que celles-ci ne soient plus un obstacle entre lui et vous mais une occasion d’échanges, une manière de tisser le lien.

comment vois-tu mon rôle de père ?" » Et vice versa, bien sûr !

C’EST QUOI, UN PAPA « SUFFISAMMENT BON » ?

Des styles se révèlent. « Je ne m’attendais pas Si vous, la maman, reprenez le travail, le du tout à ce que mon compagnon soit doux papa va sans doute devoir réaménager avec notre bébé, lui qui est toujours tellement des éléments de sa propre vie. On parle hard. » Ou : « Je ne supporte pas que le papa de la maman qui a tout en elle pour être fasse tout le temps l’avion avec Gabriel ; c’est « suffisamment bonne », selon la formule fou, il ne voit pas que le petit crache et a plu- du psychanalyste Donald W. Winnicott. C’est quoi, à ce stade-ci, tôt besoin de calme. » Ces styles concordent parfois « Il y a toujours ce un papa « suffisamment « Un père qui a avec ce qu’on avait imaginé, principe de poupées bon » ? un chouette contact en ils sont parfois en totale gigognes qui joue : direct avec l’enfant mais contradiction avec ce qu’on pensait. Et donc, cela peut le papa prend soin qui est d’abord attentif à créer de la tension, du bonde la maman et l’aide sa femme qui a beaucoup à gérer, qui galère peutheur, du souci… à ce qu’à son tour être pendant toute la journée, répond Reine Vander QUELQUES HEURES elle prenne soin Linden. S’il peut reconSANS PENSER de son bébé. » À SON BÉBÉ ?! naître, soutenir et valoriser Reine Vander Linden, les mérites de sa femme, psychologue cela va faire directement « Oups, j’ai passé la matidu bien à l’enfant. Il y a née sans penser à mon bébé ! » Vous permettez-vous, comme ma- toujours ce principe de poupées gigognes man, d’être distraite de votre enfant parce qui joue : le papa prend soin de la maman que, par exemple, ayant repris le travail, une et l’aide à ce qu’à son tour elle prenne soin tâche passionnante vous absorbe ? Cer- de son bébé. » taines mères en sourient : « C’est chouette, je me détache de mon bébé… » D’autres, à Les femmes qui reprennent le chemin du l’inverse, sont prêtes à « se flageller » et se travail racontent souvent que, de retour à la culpabilisent parce qu’elles s’estiment être maison, elles débutent leur deuxième jourune mauvaise mère. Ici aussi, de grandes née avec le bébé. « Et puis, il y a monsieur différences existent d’une femme à l’autre. à satisfaire », blague une jeune mère. Alors que, rentrant à la maison après le travail, les Idem chez les hommes. Les papas se sur- hommes se donnent davantage le choix : si prennent à vivre cette réalité bien plus tôt certains mettent les pieds dans leurs panparfois (souvent ?). Une journée de sport toufles, d’autres, au contraire, mettent la avec les copains, on s’amuse, on rit et, le main à la pâte. soir, on s’avoue : « Zut, je n’ai pas pensé à Martine Gayda mon bébé et à ma femme… » Ceci frise la caricature, mais c’est tellement vrai aussi.


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LE LIGUEUR ET MON BÉBÉ 3 MOIS

« Je veux rentrer à nouveau dans mes slims ! » Vouloir retrouver sa ligne, son corps, c’est tout à fait normal après un accouchement. Vous avez porté la vie, attiré l’attention de tendres regards avec votre bidou tout rond, entendu mille compliments sur votre beauté de femme enceinte. Et maintenant que ce petit bébé trop mignon est sorti de son nid, vous récupérez votre corps pour vous toute seule et ne vous sentez pas toujours au top. Vous vous sentez « toute molle et très large », résume une maman, avec cette folle envie de rentrer à nouveau dans vos vêtements. Prendre un peu de temps pour soi et pour se reconnecter à son corps, c’est essentiel. Première étape : réinvestir son périnée et travailler en douceur ses abdominaux à coups d’exercices hypopressifs. Si ce n’est pas encore fait, direction les cours de kiné postnatale. Ils s’organisent en individuel pour un suivi sur mesure ou en collectif pour payer un peu moins cher et se retrouver entre mamans. « Moi, je conseille plutôt aux mamans d’aller voir une kiné uro-gynéco spécialisée en individuel pour la rééducation périnéale. Chaque femme est différente et mérite des exercices qui lui conviennent tout à fait. Des cours individuels, c’est un énorme cadeau qu’elles se font à elles-mêmes. La kiné postnatale est tellement importante pour l’estime de soi, pour la santé des mamans et pour une sexualité épanouie », partage Gina Scarito, professeure de yoga postnatal.

SI VOUS VOUS OFFRIEZ UN PEU DE BON TEMPS ? Au-delà des abdos hypopressifs et contractions périnéales, retrouver son corps, c’est aussi, simplement, se donner un peu de bon temps. Se faire belle chez le coiffeur, s’offrir un massage, une manucure, une épilation en institut, se permettre une papote chez une copine ou simplement prendre le temps de se faire couler un bon bain parfumé. Choisir de confier son bébé une heure ou deux à une personne aimante pour revenir près de lui plus sereine et plus détendue. Pour les mamans qui n’ont pas le temps de cuisiner : prévoir un resto en amoureux ou se faire livrer un bon petit plat, ça contribue aussi

au bien-être. Si un proche projette de venir vous rendre visite à l’heure du souper, pourquoi ne pas lui proposer d’amener sa marmite pleine de bonnes choses à partager ? Se sentir bien dans son corps, c’est aussi éviter de se faire mal. Prendre une bonne position lors de l’allaitement et éviter d’allaiter son bébé sur un coin de chaise toute tordue. C’est déjà de la prévention pour le dos, les bras et la nuque. Même si vous êtes en permanence en état d’alerte et que votre bébé pleure, vous devez essayer de prendre ces quelques secondes nécessaires pour vous installer correctement : le dos adossé et d’éventuels coussins sous les bras. Autre grand remède pour se sentir bien et belle : dormir quand la fatigue se fait sentir. Conseil impossible à suivre ? Pas forcément. Si vous avez la chance d’être encore en congé, vous pouvez vous reposer en même temps que votre bébé, même si une manne pleine de linge vous nargue dans un coin de la pièce. Si vous avez repris le boulot, une petite sieste en fin de journée est souvent la bienvenue. Et puis, heureusement, une

ZOOM

EXERCICE MILLÉNAIRE Les abdos hypopressifs qu’on apprend dans les cours de kiné postnatale seraient inspirés du yoga. Du « uddiyana bandha » plus précisément. Cet exercice se fait couchée sur le dos en deux temps. Un : la personne souffle doucement pour se vider de son air. Deux : en apnée, elle rentre son ventre le plus possible, aspire tous ses viscères et son périnée. Cet exercice existe depuis des millénaires en Inde. Aujourd’hui, il fait partie de notre kiné postnatale.


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maman est rarement seule. L’autre parent aussi peut se lever la nuit et changer un lange, vous amener le bébé affamé ou préparer l’éventuel biberon… et vous rappeler combien vous êtes belle ! LE TEMPS DE SE REMETTRE AU SPORT ? « Je suis une maman supersportive et rester avec mes jumeaux 24 heures sur 24, ça me rend dingue. J’ai l’impression de gagatiser. Tout le monde s’extasie devant mes bébés mais, pour les garder une journée, l’enthousiasme est moins grand. J’ai vraiment hâte de reprendre mon job pour voir autre chose que des couches sales, pour avoir une conversation normale avec des adultes et pour enfourcher mon vélo le matin », déclare Tania, maman de Paul et d’Émile. Ça tombe bien, trois mois après l’accouchement, si vous avez terminé votre rééducation périnéale, vous pouvez vous remettre au sport. Natation, pilates, zumba et même le jogging si vous faites partie des plus sportives. Et pour bouger en douceur avec votre bébé, il existe des cours de marche nordique ou de yoga organisés pour les mamans et leur bébé. De chouettes occasions de se remettre en mouvement en rencontrant d’autres jeunes mères. Il existe aussi des cours de zumba avec bébés portés. On est un peu plus sceptique quant aux bienfaits pour un tout-petit qui ne tient pas encore bien sa tête. Sinon, les longues balades en poussette en faisant des grands pas, c’est bien aussi. Et porter son bébé en écharpe en gainant, c’est un autre excellent entraînement.

Comme Barbamama « Travail du périnée : check. Abdos hypopressifs : toujours en cours. Silhouette de rêve… sans commentaire. Depuis mon accouchement, je ressemble à Barbamama : je me sens toute molle et très large. Tant que je suis en congé, je peux encore mettre mes pantalons de grossesse mais je veux rentrer à nouveau dans mes slims et mes jupes ! Je reprends le boulot dans quelques semaines, je ne me sens pas prête à y retourner. Et je ne trouve pas le temps de faire du shopping entre mon petit bébé et ma grande en demande de câlins. Je dois avouer que faire du shopping en taille L quand j’avais l’habitude de porter du S ou du M, ce n’est pas très motivant. Il n’y a que quand j’ai mon bébé contre moi que je me sens bien : je ne vois pas mon ventre flasque et mon bébé est paisible tout blotti contre moi. Je devrais me remettre au sport mais je suis vraiment trop fatiguée pour ça. Dur, dur de combiner la vie de maman et celle de femme active. » Candice, maman d’Anaïs et de Timéo Six mois de « vacances » pour le corps « Ma grand-mère m’a toujours dit qu’il faut six mois à une femme pour se remettre de son accouchement. Six mois de "vacances" pour le corps durant lesquels on ne peut pas lui faire subir de régime strict ni de sport intense, six mois pour se reposer et prendre soin de soi le plus possible. Notre corps mérite bien ça après un accouchement ! » Ikram, maman de Mayssa

L’AVIS DE… La détente fait s’envoler 50 % des maux Gina Scarito, professeure de yoga prénatal et postnatal (Bruxelles) C’est important pour les mamans de pouvoir discuter ensemble dans un espace sécure. Durant les mois qui suivent l’accouchement, elles ont souvent le corps en compote, elles se sentent disloquées, décentrées. Elles se plaignent de douleurs à la nuque, aux épaules et aux trapèzes parce qu’elles portent et qu’elles nourrissent. Les maux de dos sont fréquents. Au cours de yoga postnatal, on travaille de façon globale, dans la fluidité du mouvement. Les mamans se lâchent, se détendent pour sortir d’une séance réénergisées. Le cours se passe avec les bébés posés à côté d’elles. Elles prennent le temps de se reconnecter avec leur corps, simplement couchées sur le dos. Elles ont besoin de sentir leur corps. Elles sont en demande de détente et d’étirements. La détente permet de relâcher les tensions musculaires et fait s’envoler 50 % des maux. On oublie trop souvent ça. Au yoga, les mamans se créent une image positive par ce qu’elles ressentent de l’intérieur. On est dans les sensations. Dans la sexualité bien vécue, c’est pareil. On ne se regarde pas, on sent son corps de l’intérieur, ça fait toute la différence.

Estelle Watterman

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LE LIGUEUR ET MON BÉBÉ 3 MOIS

Des années après l’époque où mes enfants étaient nourrissons, il me revient encore des rêves envahissants et stressants : occupée par les multiples tâches et activités de la vie, j’oublie de m’occuper du bébé dont je suis responsable et le retrouve sec et sans vitalité parce qu’il n’a pas été nourri…

Ce rêve qui a maintes fois encombré mes nuits et même mes journées tant il me préoccupait semble être le lot de nombreuses autres mères. Timidement avoués et partagés, de tels songes sont les témoins de l’état de vigilance qui anime, jour et nuit, les

parents d’un tout-petit. Ils signent la plus grande responsabilité que la nature impose : celle de veiller à la vie d’un bébé. Le pédopsychiatre Daniel Stern ajoute : « Ce qui rend l’expérience maternelle si singulière, c’est qu’elle oblige une femme à se préoccuper

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LES PAPAS NE SONT PAS LES MAMANS, ET VICE VERSA

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de choses tout à fait nouvelles et à agir sous l’emprise d’impulsions qui lui sont inconnues. La réalité de la responsabilité frappe les femmes de plein fouet ! » Voilà aussi ce qui, chez la femme, rend son ouïe plus alerte, ses capacités d’anticiper plus affinées, ses exigences plus pointues… J’ai questionné quelques papas autour de moi. Aucun n’a fait ces étranges rêves. Sontils donc vraiment le lot exclusif des femmes ? Cela pourrait-il expliquer la vitesse de réactivité plus grande chez les femmes lorsqu’un petit fait appel à des bras consolateurs ? Cela pousse, certainement, à ne pas espérer que les manières de faire soient identiques chez celle qui a porté l’enfant et chez celui qui entoure la mère. Et tant mieux pour le bébé ! Même si sa couche n’est pas « serrée comme il le faudrait », même s’il est un peu secoué après une tétée, même si le pull choisi n’est pas de la bonne taille… ces petites variations d’expériences lui sont supportables et même bénéfiques, et elles lui indiquent qu’il rencontrera beaucoup de diversités d’être et de faire dans le futur. Ah, cet éternel débat – stérile – sur les façons de faire singulières des pères ou des mères ! Il occupe fréquemment le terrain d’échanges entre femmes et fait souvent – et objectivement – problème dans le couple parental… Peut-être qu’une façon de sortir de l’impasse qui consiste à exiger de l’autre de « faire du même » est de ne pas se poser en examinateur ni d’interférer dans ce qu’il fait. Mais de regarder avec du recul ce que cet autre fait et d’accepter que c’est différent, et que c’est bien aussi. Ou encore de s’intéresser de plus près à ses pratiques, ce qui permet des ouvertures à la nouveauté ou de bienveillants réajustements si nécessaire… De toute façon, il y a place pour deux autour d’un tout-petit. Et lorsqu’on peut fonctionner ensemble dans l’équipe parentale, tout le monde est gagnant.


Le rendez-vous des parents avec leurs tout-petits

Découvrez les bébésrencontres

Un moment pour souffler et sortir de chez soi Un espace de rencontre pour les parents et leurs enfants de 0 à 3 ans Un lieu d’échange d’expériences et de points de vue Vous avez envie de prendre un moment pour vous, de vous détendre dans un espace convivial, confortable et sécurisé avec votre bébé ? La Ligue des familles vous permet de rencontrer d’autres parents et de partager vos expériences avec eux lors des bébés-rencontres. C’est aussi l’endroit idéal pour refaire le monde pendant que bébé s’amuse avec de nouveaux copains !

Il y a un bébés-rencontre près de chez vous ! Découvrez-le sur :

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LE LIGUEUR ET MON BÉBÉ 3 MOIS

L’objet LE DOUDOU du mois © Egm

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Pourquoi en avoir un ?

Parce que c’est trop mignon ? Non, un doudou n’est pas juste trop mignon. Certains sont même franchement moches mais quand même investis de ce petit je-nesais-quoi mystérieux qui fait que l’enfant s’y attache très fort. Le doudou le sécurise et c’est là son superpouvoir. Il lui permet de garder un peu de l’environnement qu’il connaît quand ses parents ne sont pas près de lui. Il adoucit les transitions, les séparations et essuie les larmes aussi.

Lequel choisir ?

Vu le vaste choix de doudous disponibles sur le marché, la réponse n’est pas simple. Mais pour vous aider un peu quand même, on vous présente quelques-uns de nos coups de cœur. Le premier doudou reçu à la maternité, c’est souvent un Noukie’s : des poils courts et

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Souvent, c’est une peluche toute mignonne, mais parfois c’est un foulard tout doux de maman ou simplement un carré de tissu type tétra. Cet objet est chouchouté par certains bébés pour s’endormir, pour s’apaiser, pour se rassurer en cas de séparation ou pour se réchauffer le bout du nez. Au début, le doudou est souvent joli, on le veut sur toutes les photos. Mais, au bout de quelques mois, on le reconnaît vite à sa couleur légèrement grisâtre et à son odeur caractéristique. Car après quelques câlins et quelques pleurs, un doudou est plein d’odeurs, des odeurs qui sentent bon pour le petit, un peu magiques, qui le réconfortent.

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C’est quoi un doudou ?

vraiment doux, des teintes pastel, le classique des classiques inventé en Belgique (www.noukies.com). Autre valeur sûre au succès grandissant : les adorables doudous Moulin Roty (www.moulinroty.com). Créée par un Belge, la marque Egmont Toys propose des doudous à trou trop mimi : un poisson rouge dans son petit étang, un oiseau sortant de sa cabane… De chouettes premiers jeux si on ne perd pas le petit animal. À côté de cette collection, on adore le super-héros chat (www.egmonttoys.com). De mignons doudous aussi dans la marque belge Lilliputiens, comme Louise la licorne qui galope déjà dans de nombreuses chaumières (www.lilliputiens.be). Très tendres, les doudous Kaloo de la collection « Plume » ont la particularité d’avoir un corps en microfibre avec des plis faciles à agripper par des menottes (www.kaloo.com). Côté écolo, on retient la collection « Natural Love » de Sigikid en coton 100 % bio. Et on craque pour les doudous plats à nœuds avec une tête d’animal (www.sigikid.com). Pour ceux qui n’aiment pas les doudous trop lisses et trop sages, Les Déglingos proposent des animaux rigolos en gros velours côtelé, comme le lion Jélékros avec son œil crevé (www.deglingos.com).

Combien en donner ?

Pour commencer, un doudou, c’est bien. Mais on ne sait pas à l’avance quel sera le

doudou préféré et adopté par le bébé. Au final, c’est lui qui choisit son copain de tissu !

Et s’il n’en veut pas…

Certains enfants enfouissent leur nez dans leur doudou en s’endormant, d’autres en suçotent un bout… et d’autres encore n’y touchent pas du tout. Que faire alors des jolis doudous achetés, reçus ou confectionnés avec amour ? Vous pouvez les utiliser comme déco dans la chambre de votre bébé ou comme rembourrage dans une jolie taie d’oreiller zippée pour en faire un coussin confortable. Ne vous débarrassez pas trop vite des doudous superflus. Car votre bébé pourrait en avoir besoin vers ses 8 mois, durant cette période de l’angoisse de la séparation, comme disent les pros – Le Ligueur et mon bébé vous en reparlera.

À quoi faire attention ?

Si vous ne perdez pas le doudou, c’est déjà extra. Ne pas empiler une dizaine de doudous dans le lit de votre loulou vous permet d’écarter tout risque d’étouffement et, plus tard, tout risque d’évasion du lit par un bébé cascadeur qui grimperait sur ses copains en peluche. Enfin, veillez à la propreté de la chose : un doudou se lave après un rhume ou des vomissements… Estelle Watterman


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P 601049  ISSN 2031-728X  041  PÉRIODIQUE  ÉDITÉ PAR LA LIGUE DES FAMILLES  109, AVENUE ÉMILE DE BECO, 1050 BRUXELLES

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IL (ELLE) A 4 MOIS ET LA CUILLÈRE EST LÀ

Comité scientifique Sophie Alexander, gynécologue, épidémiologiste, Unité de recherche en épidémiologie périnatale et santé reproductive, École de Santé publique, Université Libre de Bruxelles • Oreste Battisti, pédiatre, néonatologue, professeur émérite, Centre hospitalier universitaire de Liège • Dominique Charlier, pédopsychiatre, professeur, Service de psychiatrie infantojuvénile des Cliniques universitaires UCL-Saint-Luc, Bruxelles • Boris Cyrulnik, neurologue, psychiatre, directeur d'enseignement pour le diplôme d’université « Attachement et systèmes familiaux » à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de Toulon • Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, Paris • Pierre Delion, pédopsychiatre consultant, psychanalyste au Centre hospitalier régional universitaire de Lille, professeur à la Faculté de Médecine de l’Université Lille 2 • Bernard Golse, pédopsychiatre, psychanalyste, chef du service de pédopsychiatrie de l’Hôpital Necker-Enfants malades à Paris, professeur à l’Université Paris Descartes (Paris V) • Didier Houzel, professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’Université de Caen • Philippe Lepage, pédiatre, professeur émérite à l’Université Libre de Bruxelles • Daniel Marcelli, professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à la Faculté de Médecine de Poitiers, ancien chef de service et responsable de pôle au Centre hospitalier universitaire de Poitiers • Catherine Marneffe, pédopsychiatre, Bruxelles • Monique Meyfroet, psychologue clinicienne, Bruxelles • Françoise Molénat, pédopsychiatre, Association de formation et de recherche sur l'enfant et son environnement, Montpellier • Marie Rose Moro, pédopsychiatre, psychanalyste, spécialiste de clinique transculturelle, chef de service de la Maison de Solenn - Maison des Adolescents, Hôpital Cochin (Paris), professeur à l’Université Paris Descartes (Paris V) • Pierre Rousseau, gynécologue-obstétricien, collaborateur scientifique, Service des Sciences de la famille, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation, Université de Mons • Marcel Rufo, pédopsychiatre, professeur émérite à l’Université d’Aix-Marseille • Marie Thirion, pédiatre, cofondatrice de l’institut de formation Conaître et du diplôme interuniversitaire « Lactation humaine et allaitement maternel », directrice scientifique du site santeallaitementmaternel.com, Grenoble • Serge Tisseron, psychiatre, membre de l’Académie des technologies, docteur en psychologie habilité à diriger des recherches, chercheur associé à l’Université Paris Diderot (Paris VII)

Le Ligueur et mon bébé est édité par la Ligue des familles a.s.b.l. 109, avenue Émile de Beco, 1050 Bruxelles, tél. 02 507 72 11, info@liguedesfamilles.be, www.liguedesfamilles.be

4 MOIS : SA PREMIÈRE PANADE, SA PREMIÈRE GRIMACE AUSSI. C’est que ce nouvel ustensile appelé cuillère est froid et dur, comparé au sein de maman. Quelques jours de galère (peut-être !) avant que votre petit ou petite ne se régale… À 5 MOIS, BÉBÉ JOUERA DES MAINS SANS FAIRE LE VILAIN ! Il ne faudra plus trop attendre avant que votre petit, petite agrippe des objets (c’est l’âge béni pour le hochet !) et fasse ses premières tentatives pour se retourner sur le ventre. Prêt, prête… à décoller !

Avec le soutien du Service de l'Éducation permanente, Direction générale de la Culture, de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Rédaction : tél. 02 507 72 76, monbebe@leligueur.be, www.leligueur.be Rédacteur en chef : Thierry Dupièreux • Responsable de la rédaction : Martine Gayda • Équipe rédactionnelle : Micheline Cleeremans, Catherine Ghion, Myriam Katz, Marguerite Landsberg, Reine Vander Linden, Estelle Watterman • Photos : Getty Images • Mise en page : Hic Sel Es, www.hicseles.be ; LN - Hélène Taquet, www.ln-graphics.be • Graphisme (couverture et illustrations) : LN - Hélène Taquet, www.ln-graphics.be • Prépresse : Hic Sel Es, www.hicseles.be Publicité : Publicarto, 18, Driehoekstraat, 9320 Aalst, tél. 053 82 60 80 • Imprimerie : IPM printing, 3, avenue de Rusatira, 1083 Bruxelles, tél. 02 218 68 00 Éditeur responsable : Christophe Cocu, 109, avenue Émile de Beco, 1050 Bruxelles Le Ligueur et mon bébé adhère au

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