coucou suisse Depuis un quart de siècle, le Zurichois Peter Rinderknecht enchante les enfants et leurs parents avec des spectacles qui sont autant de petits bijoux d’inventivité. Pour Portofino-Ballade, il crée un univers entier à l’intérieur de sa contrebasse.
Par Dorothée Lachmann Photo de Christian Altorfer
À Forbach, au Carreau, mardi 16 et mercredi 17 octobre 03 87 84 64 34 www.carreau-forbach.com À Sarrebruck, au Theater Überzwerg, vendredi 19 octobre +49 681 958 2830 www.ueberzwerg.de À Besançon, à la Scène nationale, du 8 au 11 janvier 2013 03 81 87 81 97 www.scenenationaledebesancon.fr
«I
l faut estimer les enfants. Je crois qu’ils savent tout, parce que comprendre, ça ne se passe pas seulement dans la tête », affirme celui qui, de toute évidence, ne s’est jamais résolu à devenir une grande personne. Peter Rinderknecht promène de par le monde son Théâtre en gros et en détail, soucieux de communiquer avec ses jeunes spectateurs par le biais de l’émotion. Mais pas seulement, puisqu’il compte à son répertoire cinq versions de PortofinoBallade dans différentes langues. En français, l’accent suisse allemand ajoute au charme de sa dégaine de savant fou en queue-de-pie. Comédien hors pair, il s’improvise musicien d’entrée de jeu, caressant le temps de quelques airs les cordes de sa contrebasse. Mais certains phénomènes étranges vont contrarier le concert à peine entamé. Une vie bouillonnante, cachée à l’intérieur de l’instrument, ne demande qu’à jaillir au grand jour. Et c’est précisément ce qui se produit lorsque des trappes, des portes, des tiroirs s’ouvrent dans cette caisse de résonance magique. Même les spectateurs de plus de sept ans n’en croient pas leurs yeux ! L’univers miniature qui se dévoile alors est un joyau d’ingéniosité : dans cet extraordinaire
appartement contenu dans le ventre de l’instrument, rien ne manque : ni la lampe microscopique qui s’allume vraiment, ni la machine à expresso. Ce petit monde est habité par deux coucous, père et fils, clin d’œil aux horloges suisses. Devenus personnages humains, ils révèlent leurs relations compliquées, le fils adolescent ne voulant à aucun prix suivre les traces de son père, qui nourrit pour lui de grandes ambitions et souhaite qu’il reprenne le flambeau familial en piaillant un “coucou” à chaque heure du jour. Puisque les deux protagonistes n’arrivent pas à dialoguer, ils vont donc se rejoindre sur le chemin des rêves. Comme par enchantement, les voici emportés dans un imaginaire où la vie est beaucoup plus simple. C’est vers l’Italie que le fils entraîne le père, pour des vacances en tête-à-tête à Portofino, au bord de la mer. Là-bas, « quand il fait jour, on a du temps ensemble, et quand il fait nuit, on peut dormir jusqu’à midi ». La relation s’apaise, le fils tente de prendre son envol : pas si évident, pour un coucou d’horloge ! Le père, impuissant à l’aider, va du moins lui donner l’élan : « Si j’étais un hélicoptère, je volerais, volerais, volerais et te transporterais dans le fond. Mais je ne suis pas un hélicoptère et je ne vole pas, alors je t’emmène dans mon cœur. » Poly 152 Octobre 12
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