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programme

carmen opéra / bizet

ISABELLE KABATU / STEFANO GIULIANI

COPRODUCTION CIE DA TEMPESTA & POÈME 2


L’AVENTURE CARMEN AVEC LA CIE DA TEMPESTA

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Stefano Giuliani et moi avons créé une compagnie d’opéra dont l’objectif est de monter des productions lyriques avec des jeunes artistes. Je m’occupe de la musique et des voix, et Stefano qui est peintre et scénographe, s’occupe de l’aspect visuel

de l’opéra. De sorte que nous donnons une chance à de jeunes musiciens, mais aussi à de jeunes scénographes, décorateurs, vidéastes, costumiers, maquilleurs, perruquiers, éclairagistes et metteurs en scène de travailler sur un projet…; même les techniciens et régisseurs sont des professionnels en herbe. Quand nos jeunes sortent des conservatoires et des écoles d’art, ils ne trouvent pas facilement un rôle important et des responsabilités. Au sein de notre équipe, des artistes chevronnés encadrent des débutants tout en leur apportant une occasion de montrer leur talent et aussi d’expérimenter ce qu’ils ont appris. Depuis la création de la compagnie en 2000, nous avons monté et diffusé une dizaine d’opéras allant de Monteverdi à Offenbach, le plus souvent en coproduction avec des associations et des théâtres (Théâtre de Mons, le Palais des Beaux-Arts de Charleroi, Teatro Trinidad de Lisbonne, Théâtre de Namur, Idée Fixe, le Centre Culturel d’Uccle). Depuis 2011, le Théâtre Poème 2 à Bruxelles nous accueille en mai pour monter et réaliser nos spectacles. Don Giovanni de Mozart (2011) et La Vie parisienne d’Offenbach (2012) y ont vu le jour grâce à l’aide précieuse de son équipe et au soutien de sa directrice. Cette année, Dolorès Oscari nous invite à renouveler l’expérience. Nous sommes heureux de programmer en mai 2013, toujours fidèles à nos principes, une adaptation de Carmen d’après Georges BIZET. » Isabelle KABATU


LE POÈME 2 - CARMEN

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CARMEN UN OPÉRA DIRIGÉ PAR ISABELLE KABATU ET STEFANO GIULIANI

Ce projet a suscité beaucoup de candidatures. Comment expliquezvous ce succès auprès de la « nouvelle vague » de  jeunes chanteurs lyriques ? Stefano GIULIANI : Notre compagnie active depuis 2000, a réalisé une dizaine d’opéras, sans compter les nombreux concerts. Chaque événement s’est créé avec le même souci de proposer un cadre professionnel de qualité. Qui plus est, ces deux dernières années nous avons la chance d’être accueillis dans un théâtre dont la renommée encore timide dans le domaine de la musique, s’est pourtant vite fait connaître. Isabelle Kabatu, en tant que chanteuse de réputation internationale, par sa connaissance du répertoire d’opéra, est garante d’une préparation vocale et d’un niveau musical adaptés à l’exigence de l’opéra proposé. Pour les jeunes chanteurs, à l’affût d’opportunités de ce type, c’est la certitude de se montrer au public sous leur meilleur jour ; et l’occasion d’aller à la rencontre des professionnels du spectacle. D’où, à mon sens, l’engouement croissant que suscitent nos auditions.

En quoi Carmen est-elle une figure encore actuelle ? Isabelle KABATU : Carmen, en tant que femme, mais aussi en tant que bohémienne, (et donc marginalisée dès la naissance), est en quête d’un statut qui la mettrait sur un pied d’égalité avec le reste du monde. Avec des hommes auxquels elle n’aurait pas accès naturellement : les riches ou les puissants. Elle a misé sur la franchise, ce qui est loin d’être le chemin le plus facile. Je pense que ce combat est loin d’être fini aujourd’hui.  Carmen veut vibrer selon ses amours, ses passions et ses ambitions. C’est une âme à part entière qui reconnaît ses paradoxes, ses craintes, ses espoirs, ses forces et ses limites. Elle veut être sujet de la vie et non son objet. Carmen n’est pas féministe dans le sens où elle revendiquerait une liberté de femme  : elle est un être humain qui revendique sa place d’être humain. Son combat est celui de tous, homme comme femme. Cette volonté l’isole car elle appartient, comme nous appartenons encore aujourd’hui, à un monde où les êtres sans cesse sont classés, étiquetés, jugés selon leurs origines, leur pouvoir d’achat et/ou penchants de tous ordres. Nonobstant, Carmen est une femme

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Carmen est souvent l’ouvrage phare de la saison des maisons d’opéra. (...) S’il nous a paru tout à fait possible de monter cet ouvrage en opéra de poche, nous ne perdons pas de vue qu’il faudra nous mesurer aux yeux de la presse et du public averti ; avec ce qui s’est toujours montré en ce qui concerne la réalisation de cet opéra. » ISABELLE KABATU ET STEFANO GIULIANI

très pacifiste qui n’a rien de vénal. Elle ne ment ni ne trompe jamais personne. Son rapport à autrui est basé sur un contrat très clair qui a pour clause première la fidélité à ses sentiments. Quel est le défi de monter Carmen en version opéra de poche ? Isabelle KABATU : Un défi d’ordre « logistique »... Carmen est souvent l’ouvrage phare de la saison des maisons d’opéra. On y déploie habituellement une large machinerie, un orchestre symphonique, des solistes vedettes,   des gros effectifs de chœurs, une maîtrise d’enfant, de nombreux figurants, des ballets et des décors très coûteux. S’il nous a paru tout à fait possible de monter cet ouvrage en opéra de poche, nous ne perdons pas de vue qu’il faudra nous mesurer aux yeux de la presse et du public averti ; avec ce qui s’est toujours montré en ce qui concerne la réalisation de cet opéra. Nous pouvons relever ce défi car la musique et l’histoire de Carmen restent magnifiques. Notre ambition est d’apporter fougue, inventivité et fraîcheur. Ce sont les clés pour amener le public à goûter cet opéra même avec un effectif réduit.   Notre distribution est jeune. Nous misons sur l’idéal porté par les jeunes chanteurs et restons infiniment confiants quant à leur capacité de restituer cet ouvrage légendaire.

Quelles sont les contraintes ou les libertés liées à ce type de production ? Stefano GIULIANI : Les libertés que l’on peut prendre en pareil cas, étant donné que nous travaillons dans un esprit de compagnie et de création, sont de moderniser complètement les dialogues afin de les rendre plus actuels et davantage en symbiose avec un public non averti qui voudrait que lui soit racontée une histoire sans détour ni effet de style. De même, nous avons fait des coupures qui ont réduit l’œuvre à une heure trente au lieu des trois heures originales. La proximité avec le public, nous amène à une plus grande complicité entre les chanteurs et lui . Nous travaillons sur un jeu spontané, tantôt proche de la farce…ou du cinéma. Est-ce du théâtre chanté ou bien une approche nouvelle de l’opéra ? Stefano GIULIANI : Ce sont les deux à la fois. Voyons cela comme un art total où se mêle musique, plastique, danse, théâtre, mime et stylisme. C’est du théâtre en ce sens que l’histoire racontée, celle de Carmen, se situe au premier plan de ce que nous voulons montrer. Bien plus que d’éblouir les


LE POÈME 2 - CARMEN

SYNOPSIS Carmen est un opéra-comique en quatre actes composé par Georges Bizet (1838-1875) sur un livret de Henry Meilhac et Ludovic Halévy, d’après la nouvelle éponyme de Prosper Mérimée. Cet opéra a été créé le 3 mars 1875 à l’Opéra-Comique à Paris.

Carmen est l’un des opéras les plus joués dans le monde.

spectateurs avec des effets, des machineries, des gros orchestres ou des noms connus. C’est aussi une nouvelle approche de l’opéra, en ce sens que nous misons tout sur la qualité de préparation et d’exécution de l’ouvrage tout en faisant appel à des techniques de clown, de farce, d’art contemporain... être un couple à la scène et à la ville, est-ce une force dans ce projet artistique commun ? Isabelle KABATU : Il y a déjà cette facilité de communication et le fait que nous n’avons pas à prendre rendez-vous pour nous parler. De plus notre collaboration n’est pas le fruit d’une concertation casuelle mais celui d’une complicité et d’échanges permanents. Notre vie commune, nos péripéties nous ont appris à nous connaître, à nous mettre d’accord, même sur nos désaccords. Mais la force principale dans ce projet-ci réside surtout dans l’esprit de famille, que nous insufflons, avec tout ce que cela comporte de valeurs : égalité, solidarité, complicité, bienveillance et esprit de groupe. Nous considérons ces jeunes artistes issus des grandes écoles avec une pleine confiance et nous leur sommes très reconnaissants de celle qu’ils nous donnent à leur tour. Nous les respectons et les aidons de notre mieux. Nous les jugeons pour que ce qu’ils sont : de merveilleux artistes en devenir...

Carmen, jeune bohémienne et grande séductrice, n’en est pas moins une femme rebelle qui déclenche une bagarre dans la manufacture de tabac où elle travaille. Le brigadier Don José, chargé de la mener en prison, tombe sous le charme et la laisse s’échapper. Pour l’amour de Carmen, il va abandonner sa fiancée Micaëla, déserter et rejoindre les contrebandiers. Mais il est dévoré par la jalousie, et Carmen va se lasser de lui et se laisser séduire par le célèbre torero Escamillo… Pris de passion, Don José finira par la tuer.

distribution Avec Juliette Allen, Joanne Déom, Jeysson Estrella Diaz, Bertrand Lhote, Thierry Marchant, Bruno Resende, Aurore Rinchon et Sarah Verhoeven Direction musicale : Isabelle Kabatu Mise en scène, adaptation des dialogues et peintures : Stefano Giuliani Chorégraphie : Susana Vazquez Piano : Zhaneta Katsarova MasterClass : Thierry Migliorini Stylisme : Fabian Didier Maquillage : Martine Fontaine Assistante maquillage : Séverine Gilmont Coiffure : Fatima Belbacha Conception lumière : Christian Léonard Vidéos : Marie Kasemierczak Assistant vidéos : Sébastien Destrait Photos : Simon Turco Réalisation des décors : Marc Guillaume et Benoît Francart Régie : Sébastien Destrait et Simon Turco

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CARMEN, LES

PERSONNAGEs CARMEN Est-ce par sa beauté, son caractère bien trempé, sa légendaire indépendance ou encore une fascination dont l’ampleur la dépasse elle-même, que cette jeune gitane suscite tant de passions ? D’où vient-elle, où demeure-t-elle, où va-t-elle ? Nul ne le sait. Cela explique peut-être pourquoi tous s’évertuent à vouloir la suivre.

DON JOSÉ Brave soldat fraîchement embrigadé dans un régiment de Séville, promis à une vie bien tranquille comme brigadier dans un petit village, à l’ombre d’une mère pieuse et d’un platane centenaire, sa vie sera chamboulée au premier regard que lui lancera Carmen.… Une passion qui finira dans le sang.

MICAËLA Personne ne connaît mieux le sens du devoir que cette douce et jeune fiancée promise à Don José. Parfaitement éduquée pour remplir cette fonction, elle apparaît comme l’archétype de la bonne épouse, de la parfaite mère. Elle n’en reste pas moins attachante par sa volonté et son courage.

ESCAMILLO À l’opposé de Don José, Escamillo est l’homme de tous les dangers, de toutes les aventures. Il faut dire que sa vaillance, sa fougue, sa renommée de toréador et sa fortune lui donnent bien des prérogatives. Carmen va y voir son double et abandonnera Don José pour le retrouver.

FRASQUITA Amie, ou plutôt « groupie » de Carmen, Frasquita symbolise la joie, le rêve, la fantaisie. Toujours en quête du plaisir du moment, elle apporte au drame une touche de bonheur et une fulgurante lumière.

MERCEDÈS Bien que plus sombre que Frasquita, comme cette dernière partenaire de jeu, de virées nocturnes, des « mauvais coups » de Carmen, Mercedès se caractérise par un sens inné de la dérision et une perception de la vie d’une sombre lucidité.

ZUNIGA Officier, supérieur de Don José au régiment de Séville, Zuniga n’est pas sans rappeler ces bourreaux franquistes, imbus de leur pouvoir, sensuels et dénués de tout scrupule.

MORALÈS Autre officier du régiment, d’une moralité tout aussi douteuse que celle de son comparse, Zuniga. Moralès se caractérise par un appétit de vie plus vorace et un instinct plus violent.

LE DANCAÏRE Chef des contrebandiers, impénitent joueur, buveur, passablement autoritaire et agressif, il entraîne ses comparses dans les aventures les plus hasardeuses. Son nom est un dérivé de « Don Caïd ».

EL REMENDADO Naturellement amène, infiniment sympathique et joyeux suiveur, le Remendado accompagne la contrebande en toutes circonstances. Son nom vient du castillan : « remendare » qui signifie : rapiécé. Tout comme Arlequin, son accoutrement, à l’instar de sa vie, est fait de bric et de broc.


DANS L’ODRE :

CARMEN (AURORE RINCHON), DON JOSÉ (BERTRAND LHOTE), MICAËLA (SARAH VERHOEVEN), ESCAMILLO (BRUNO RESENDE), FRASQUITA (JULIETTE ALLEN), MERCEDÈS (JOANNE DÉOM), LE DANCAÏRE (THIERRY MARCHANT), EL REMENDADO (JEYSSON ESTRELLA DIAZ), ZHANETA KATSAROVA (PIANO), SUSANA VAZQUEZ (CHORÉGRAPHIE)

photos (sauf Susana Vazquez) : simon turco


CARMEN,

DE PROSPER MÉRIMÉE À BIZET DU ROMAN AU LIVRET

L’ŒUVRE ET SA RÉCEPTION

« Le livret de Carmen présente une physionomie originale qu’il doit à la personnalité de ses auteurs et particulièrement à leur souci de faire accepter du public un sujet fort différent de ceux qu’on lui proposait d’ordinaire. Tâche délicate à coup sûr, et même une gageure ! La nouvelle de Mérimée est, en effet, une sorte de tragédie passionnelle brève et intense où les situations et les sentiments sont souvent d’un naturalisme violent. Une adaptation fidèle en était impensable dans une maison vouée à des spectacles habituellement sentimentaux, aimables et gracieux. Meilhac et Halévy ont donc mis tout leur soin à adoucir le caractère des deux héros pour éviter qu’on ne crie l’indécence - ce qui s’est cependant produit. Ils ont effectué par ailleurs d’autres transformations sur lesquelles nous reviendrons, tant pour rallier les suffrages que pour imprimer au livret leur marque propre, spirituelle et légère. Mais tout ceci les a entraînés, fatalement, loin de Mérimée. » 1

Au regard de la popularité mondiale de Carmen aujourd’hui, il est bien difficile d’imaginer que, lors de sa création à l’Opéra-Comique de Paris, le 3 mars 1875, l’opéra connut un échec retentissant. Le livret et le rôle-titre de Carmen transgressaient toutes les éthiques du moment. Le spectateur de la salle Favart, qui venait en famille, habitué des opéras-comiques à fin heureuse, apprécia les deux premiers actes, avec le chœur des gamins (« Avec la garde montante »), l’entrée des cigarières («  La cloche a sonné »), les couplets d’Escamillo (« Votre toast… ») ou le quintette des contrebandiers (« Nous avons en tête une affaire ») mais fut choqué et scandalisé par l’héroïne aux mœurs légères et aux passions « réalistes » qui, par-dessus le marché, est assassinée sur la scène, à la fin de l’ouvrage.2

1 : L’Avant-Scène Opéra

2 : Extrait du dossier pédagogique réalisé par l’Opéra de Reims

photo : simon turco


LE POÈME 2 - CARMEN

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CARMEN,

l’amour à mort !

QUELQUES MOMENTS-CLÉS DU LIVRET annonciateurs DU DRAME QU’ONT-ILS DIT, QU’ONT-ILS FAIT... Seuls les mots du livret sont pris en compte. Il appartient dès lors au lecteur de se forger une opinion en âme et conscience et de la justifier selon ce qu’il a découvert pour tenter de dessiner la responsabilité de chacun dans une histoire qui finit par tourner au drame. Sur base du texte, CARMEN est-elle une femme victime de ses passions inconstantes, une perverse sûre de sa séduction ou tout simplement une femme libre dont les amours successives sont une manière de vivre ? José est-il une malheureuse victime d’une femme froide et calculatrice et d’une manipulatrice perverse ? Ou tout simplement un homme qui se perd dans une histoire d’amour qu’il a dessinée lui-même avec la certitude que la vérité et la profondeur de ses sentiments doivent nécessairement être partagés par la femme qu’il désire ? Est-il coupable d’un crime prémédité par l’aveuglement de son amour ou la victime d’une passion ? Tout reste à dire. Les lignes qui suivent ne sont aucunement une interprétation du texte, mais des moments-clés qui conduisent l’action. Ce que Carmen a dit...

ACTE 1 L’ENVOÛTEMENT AMOUREUX PERSONNAGE DE DON JOSÉ

José vient de prendre sa garde non loin de la fabrique de cigares ; son officier l’interroge sur les jeunes femmes qui y travaillent et qui traînent derrière elles une sulfureuse réputation. À la différence de ses collègues dragons, il n’a rien d’un coureur de jupons ; il n’est pas attiré par ces « jolies » et bruyantes cigarières qui les aguichent ; eux, les courtisent suppliants : À la question de son lieutenant qui l’interroge sur leur beauté, il répond « Je ne les ai jamais beaucoup regardées... Que voulez-vous, ces Andalouses me font peur... Je ne suis pas fait à leurs manières... Toujours à railler, jamais un mot de raison. » Peut-être, ses pensées vont-elles ailleurs ?... Micaëla, une petite orpheline de dix-sept ans que sa mère a recueilli et qui est venue lui apporter un message de sa mère restée en Navarre.

Ce que José a entendu ou cru entendre et comprendre...

Il reste indifférent aux roucoulades de Carmen quand au début de l’acte, aguicheuse parmi toutes, elle se met à chanter de façon provocante

C’est toute la richesse et l’ambiguïté du drame.

« l’amour est enfant de bohème...

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LE POÈME 2 - CARMEN il n’a jamais connu de loi si tu ne m’aimes pas, je t’aime et si je t’aime, prends garde à toi... » C’est le moment où elle va lui lancer à la figure la fleur de cassie qu’elle porte au corsage. Que veut-elle lui signifier ? Comment reçoit-il ce « cadeau » ? En tout cas, il s’en étonne et demeure intrigué. « qu’est-ce que cela veut dire ces façons-là ? » Toutefois, ce geste le touche assez pour respirer la fleur qui lui a été lancée entre les yeux. « Comme c’est fort !... Certainement s’il y a des sorcières, cette fille en est une. » Jusqu’ici, José ne semble pas encore sous l’emprise de Carmen ; la seule évocation du souvenir de sa mère lui fait prendre conscience du danger que peut constituer une relation avec Carmen. Il fait mine de jeter la fleur offerte mais son attention est détournée par des cris. C’est l’altercation à l’intérieur de la fabrique. Carmen a balafré une des ses collègues d’un coup de couteau. Une fois le calme revenu, l’officier décide de placer Carmen en détention et c’est lui, José, qui est chargé de la conduire en prison. Elle lui propose un stratagème pour permettre son évasion pendant le transfert. Il refuse. Carmen ensorceleuse évoque les joyeuses soirées qu’ils pourraient faire ensemble dans l’auberge mal famée de Lilas Pastia. Et plus encore « Je pense à un certain officier je pense à un certain officier qui m’aime et qu’à mon tour, oui qu’à mon tour je pourrais bien aimer Mon officier n’est pas un capitaine pas même un lieutenant, il n’est que brigadier mais c’est assez pour une bohémienne et je daigne m’en contenter... » Cette déclaration pour le moins inattendue le fait basculer ! Elle lui propose l’amour ! « Carmen je suis comme un homme ivre si je cède, si je me livre, ta promesse tu la tiendras ah ! si je t’aime, Carmen, tu m’aimeras ! » Tout est joué... Il la laissera s’enfuir... Il faillira à sa mission... Pour sa faute, il sera dégradé et emprisonné.

ACTE 2 FEMME FRIVOLE ET AMANT ÉPERDU On s’est déplacé dans le temps et l’action se déroule dans le « boui-boui » de Lilas Pastia. Carmen s’y trouve avec d’autres bohémiennes et des officiers du régiment de Don José ; chants, rires, danse... Carmen apprend que Don José a été dégradé et puni d’une peine de prison d’un mois... Et qu’il vient d’être libéré. José fait irruption. « On m’a jeté en prison, on m’a ôté mon grade, mais ça m’est égal... Oui, parce que je t’aime, parce que je t’adore... » Et juste après cet aveu d’amour, elle évoque sa soirée qu’elle vient de passer à l’auberge avec son supérieur. Irritation de José qui s’étonne qu’elle ait accepté ses avances et ses compliments. Carmen : « est-ce que tu serais jaloux par hasard » ? Don José : « … Mais certainement, je suis jaloux... » Pour dissiper ses craintes, elle se met à danser pour lui et pendant cette suite de gestes lascifs, on entend le clairon rappelant les militaires. Carmen s’en moque et continue à danser.

ACTE 3 JE L’AI TUÉE... OH... CARMEN ADORÉE Dans la montagne avec les contrebandiers... José retente une approche de Carmen et reconnaît qu’il lui a parlé trop durement au moment de sa désertion ; il lui demande un pardon qu’elle refuse parce que, dit-elle, elle l’aime désormais moins qu’avant et lui dit d’aller retrouver sa mère… Il se fait menaçant : « ... Si tu me parles encore de nous séparer et si tu ne te conduis pas avec moi comme je veux que tu te conduises... » L’idée de meurtre est ainsi induite sans être directement exprimée. Nouvelle menace de José à Carmen.


LE POÈME 2 - CARMEN

ACTE 3 La scène se passe à proximité des arènes ; on assiste au cortège triomphal qui entoure Escamillo. Il est acclamé avant de pénétrer sur le lieu du combat. José, caché dans la foule, assiste à la scène et surtout entend de loin l’aveu renouvelé d’Escamillo à Carmen et la réponse qu’il reçoit... « Si tu m’aimes, Carmen, tu pourras tout à l’heure être fière de moi... » La réponse de Carmen ne laisse plus planer aucun doute : « Ah je t’aime Escamillo, je t’aime et que je meure si j’ai aimé jamais quelqu’un autant que toi ! » Alors que le cortège a pénétré dans l’arène, José s’approche de Carmen pour un nouvel appel à son amour malgré ce qu’il vient d’entendre : « Je ne menace pas, j’implore... je supplie notre passé Carmen, je l’oublie oui nous allons tous deux commencer une autre vie, loin d’ici sous d’autres cieux ! » La réponse est claire : « Entre nous, c’est fini... » Les intentions de José sont claires ; faute de récupérer son amoureuse, il va commettre un geste fatal. Réitérant son amour, à plusieurs reprises : « Mais moi Carmen, je t’aime encore Carmen, hélas, moi je t’adore ! » Les refus de Carmen sont de plus en plus nets et elle dit : « À quoi bon tout cela que de mots superflus... » Devant cette attitude, il renouvelle des engagements extrêmes, à l’opposé de sa nature et de sa conception de la vie : « Carmen, je t’aime, je t’adore ! Et bien ! S’il le faut pour te plaire, je resterai bandit... Tout, tu m’entends... Tout ! mais ne me quitte pas ô ma Carmen ! ah ! souviens-toi du passé nous nous aimions naguère... Ah ! ne me quitte pas, Carmen, ah ! ne me quitte pas » La réponse est cinglante : « Jamais Carmen ne cédera

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Libre elle est née, libre, elle mourra ! » Alors que l’on entend au loin les hourras de la foule qui acclame Escamillo, José se fait plus insistant encore : « Cet homme qu’on acclame, c’est ton nouvel amant... » ..... « Sur mon âme, Tu ne passeras pas, Carmen, c’est moi que tu suivras ! » Carmen s’écarte de lui en lui confirmant qu’elle ne le suivra pas. Nouvelle question de José qui refuse de voir la réalité : « Tu vas le retrouver, dis... tu l’aimes donc ? » Elle confirme : « Je l’aime ! Je l’aime et devant la mort même, je répéterais que je l’aime ! » Le propos de Carmen est définitif. José dresse le bilan : « Ainsi, le salut de mon âme, je l’aurai perdu pour que toi pour que tu t’en ailles, infâme, entre ses bras rire de moi ! Non, par le sang, tu n’iras pas Carmen, c’est moi que tu suivras ! » Nouveau refus par deux fois et elle lui jette la bague qu’il lui avait offerte en gage d’amour. C’est alors qu’il la poignarde à mort... La foule arrive... À genoux devant le corps sans vie, il hurle : « Vous pouvez m’arrêter... C’est moi qui l’ai tuée ! Ah ! Carmen ! ma Carmen adorée... »

LE PERSONNAGE DE CARMEN

ACTE 1 L’APPARITION DE CARMEN Carmen, belle et envoûtante bohémienne est ouvrière à la manufacture de cigares. Les jeunes

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LE POÈME 2 - CARMEN femmes qui y travaillent attirent la convoitise des hommes de la ville et répondent à leurs assiduités avec beaucoup de détachement. Carmen apparaît... Entourée, adulée plus que toutes, elle minaude, elle caquette... Ils la questionnent : « Carmen, sur tes pas nous nous pressons tous Carmen, sois gentille, réponds-nous Carmen dis-nous quel jour tu nous aimeras... » La réponse reste évasive et malgré tout engageante : « Quand je vous aimerai ? Ma foi, je ne sais pas... Peut-être jamais !...peut-être demain !... Mais pas aujourd’hui... c’est certain. » Ensuite, un constat qui révèle à la fois sa désinvolture et son côté volage. « L’oiseau que tu croyais surprendre battit de l’aile et s’envola ; l’amour est loi, tu peux l’attendre, tu ne l’attends plus, il est là. Tout autour de toi, vite, vite, il vient s’en va et puis il revient ; tu crois le tenir, il t’évite, tu crois l’éviter, il te tient. » De plus en plus entourée par des prétendants impatients, elle s’adresse à un jeune soldat qui jusque là était resté indifférent aux belles et à leurs propos. Elle lui demande ce qu’il fait à l’écart. Réponse évasive du jeune homme ... Provocante, elle lui lance une fleur de cassie qu’elle a arrachée de son corsage. Les choses en restent là... Les ouvrières rentrent dans l’usine et bien vite une rixe éclate entre deux femmes. L’une d’elles est blessée d’un coup de couteau au visage. Carmen est désignée comme la responsable. Ceinturée par les militaires, questionnée par l’officier, Carmen révèle son tempérament : « Tra la, la, la, la, la, la, la coupe-moi, brûle-moi je ne te dirai rien ! je brave tout, le feu, le fer et le ciel même ! » C’est alors que José reçoit la mission de la conduire en prison. Elle lui propose de la laisser s’enfuir en lui faisant miroiter une promesse qui ne la concerne pas directement . Devant le refus de José, elle va employer une autre tactique : user d’une prétendue origine commune, la Navarre « je travaillais à la manufacture pour gagner de quoi retourner en Navarre, près de ma pauvre mère qui n’a que moi pour soutien... On m’a insultée parce que je ne suis pas de ce pays de filous, de marchands

d’oranges pourries, et ces coquines se sont mises toutes contre moi parce que je leur ai dit que tous leurs Jacques de Séville avec leurs couteaux ne feraient pas peur à un gars de chez nous avec son béret bleu et son maquila. » Camarade, mon ami, ne ferez-vous rien pour une payse ? Pressentant que José va céder parce qu’il s’est rapproché d’elle : « Mon officier n’est pas un capitaine, pas même un lieutenant, il n’est que brigadier (LUI...) mais c’est assez pour une bohémienne... » Son projet d’aller s’amuser est désormais précisé ; s’il le veut, ce sera avec lui : « Nous danserons la séguédille en buvant du manzanilla... » Elle lui propose alors le stratagème de l’évasion sur le chemin de la prison : « Je te pousserai aussi fort que je le pourrai ; laisse-toi renverser... le reste me regarde » Et toujours, comme une menace : « L’amour est enfant de Bohème, il n’a jamais, jamais connu de loi ; si tu ne m’aimes pas je t’aime ; si je t’aime, prends garde à toi ! »

ACTE 2 LA BOHÉMIENNE CHEZ LES CONTREBANDIERS On se trouve à l’auberge de Lilas Pastia... Le lieu de rendez-vous des contrebandiers. C’est la fin d’un repas qui a réuni des bohémiennes dont Carmen et des officiers de la garde dont le lieutenant, le supérieur de José. Arrive le chef des contrebandiers, le « Remendado » qui lui explique qu’il va avoir besoin d’elle et ses amies pour transférer de Gibraltar vers l’Espagne divers produits de contrebande. Carmen ne s’offusque pas de la proposition mais décline : « La raison, c’est qu’en ce moment... je suis amoureuse ! ..... amoureuse à perdre l’esprit ! ..... Mes amis je serais fort aise de partir avec vous ce soir ;


LE POÈME 2 - CARMEN mais cette fois, ne vous déplaise, il faudra que l’amour passe avant le devoir ! ..... partez sans moi... J’irai vous rejoindre demain... mais pour ce soir, je reste... »

À José qui la questionne en lui demandant si elle ne croit pas en son amour, elle répond :

Alors que José se jette sur les victuailles, elle lui explique qu’elle vient de danser pour son lieutenant. Étonnement de José ; elle n’en a cure ; elle n’arrête pas son propos provocateur et lui dit :

C’est alors que sortant de sa veste la fleur offerte lors de leur première rencontre, José entame l’aveu suprême

« Et quand j’ai eu dansé, ton lieutenant s’est permis de me dire qu’il m’adorait... » Indignation de José... Elle lui lance : « Qu’est-ce que tu as ?... Est-ce que tu serais jaloux, par hasard ? ..... Pourquoi es-tu jaloux... Allons ne te fâche pas... pourquoi es-tu jaloux ? Parce que j’ai dansé tout à l’heure pour ces officiers... Eh bien, si tu le veux, je danserai pour toi maintenant, pour toi seul. ..... Je vais danser en votre honneur, et vous verrez seigneur comment je fais claquer mes morceaux de faïence ! Mettez-vous là Don José ; je commence ! » Sa danse lascive à peine entamée, le clairon sonne le rappel ; José lui explique qu’il doit regagner le quartier. L’appel du devoir pour cet homme discipliné. Elle s’en moque : « Ah ! j’étais vraiment trop bête ! je me mettais en quatre et je faisais des frais ! oui, je faisais des frais pour amuser Monsieur ! je chantais ! je dansais ! JE CROIS, DIEU ME PARDONNE, qu’un peu plus, je l’aimais ! » furieuse, elle lui envoie à la volée les effets militaires dont il s’était débarrassé : « Tiens ! prends ton shako, ton sabre, ta giberne et va-t’en, va-t’en, retourne à ta caserne ! »

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« Mais non ! Je ne veux rien entendre ! »

(LA FLEUR QUE TU M’AVAIS JETÉE...) et il termine par « Je t’aime » La réponse est cinglante et en plus, elle va lui dire qu’elle conditionne la foi en son amour à une nouvelle épreuve. N’a-t-elle pas promis de rejoindre les contrebandiers. « Non ! tu ne m’aimes pas car si tu m’aimais, Oui ! là-bas, là-bas, dans la montagne tu me suivrais ! Là-bas tu me suivrais Tu n’y dépendrais de personne ! point d’officier à qui tu doives obéir ! point de retraite qui sonne pour dire à l’amoureux qu’il est temps de partir ! Le ciel ouvert, la vie errante, pour pays tout l’univers et pour loi ta volonté ! Et surtout, la chose enivrante : la liberté ! la liberté ! ..... Là-bas, là-bas tu me suivras tu m’aimes et tu me suivras ! Là-bas, là-bas, emporte-moi ! » Le spectre de la désertion ! José ne peut l’accepter au nom de ses valeurs. Carmen, devenue subitement très dure : « Eh bien! Pars ! Non je ne t’aime plus ! Va, je te hais Adieu et pour jamais... »

Moqueuse, elle parodie les aveux de José : « C’est mal à toi Carmen de te moquer de moi ! je souffre de partir car, jamais femme, jamais femme avant toi, non, non, jamais, aussi profondément n’avait troublé mon âme ! Ta ra ta ta... mon dieu ! c’est la retraite ! Ta ra ta ta... je vais être en retard. Ô mon dieu, ô mon dieu ! c’est la retraite Je vais être en retard ! il perd la tête ! il court ! Et voilà son amour ! »

ACTE 3 CARMEN, LA FIGURE DU DIABLE ? Dans la montagne... José a accompagné les contrebandiers.

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LE POÈME 2 - CARMEN « - tu ne m’aimes plus, alors ? - Ce qui est sûr, c’est que je t’aime beaucoup moins qu’autrefois... et que si tu continues à t’y prendre de cette façon-là, je finirai par ne plus t’aimer du tout... Je ne veux pas être ni tourmentée ni surtout condamnée... Ce que je veux, c’est être libre et faire ce qui me plaît. -Tu es le diable, Carmen ? - Oui. Qu’est-ce que tu regardes là ? À quoi penses-tu ? - Je me dis que là-bas... À sept ou huit lieues d’ici tout au plus, il y a un village et dans ce village une bonne vieille femme qui croit que je suis encore un honnête homme... - Une bonne vieille femme ? - Oui ; ma mère. - Ta mère... Eh bien là, vrai que tu ne ferais pas mal d’aller la retrouver, car décidément tu n’es pas fait pour vivre avec nous ... CHIEN ET LOUP NE FONT PAS LONGTEMPS BON MÉNAGE. - Carmen ! - Sans compter que le métier n’est pas sans péril pour ceux, qui comme toi, refusent de se cacher quand ils entendent des coups de fusil... Plusieurs des nôtres y ont laissé leur peau, ton tour viendra ! - Et le tien aussi... si tu me parles encore de nous séparer et si tu ne te conduis pas avec moi comme je veux que tu te conduises... - Tu me tuerais peut-être ? - À la bonne heure... J’ai vu plusieurs fois dans les cartes que nous devions finir ensemble ! - Bah ! arrive qui plante ! - Tu es le diable, Carmen ? - Mais oui, je te l’ai déjà dit. »

Elle : « Tu demandes l’impossible ! Carmen, jamais n’a menti ! son âme reste inflexible ; entre elle et toi... c’est fini ! jamais je n’ai menti, entre nous, c’est fini ! » Lui : « ô ma Carmen, laisse-moi te sauver et me sauver avec toi ! » Elle : « Non ! Je sais bien que c’est l’heure je sais bien que tu me tueras ; mais que je vive ou que je meure, non, non, non, je ne te céderai pas ! » Il insiste ; elle lui dit : « Jamais Carmen ne cédera ! Libre elle est née et libre elle mourra » Il veut la retenir et lui reproche lorsqu’elle se dégage de ses bras d’aller retrouver son nouvel amant. Elle : « Je l’aime ! Je l’aime... Et devant la mort même je répèterais que je l’aime ! » Lui : « Pour la dernière fois veux-tu me suivre ? » Elle :

DEVANT LES ARÈNES DE SÉVILLE La foule des « afficionados » fait un triomphe au cortège qui conduit Escamillo sur le lieu de ses exploits tauromachiques. Carmen : « Ah ! je t’aime Escamillo, je t’aime et que je meure si j’ai jamais aimé quelqu’un autant que toi ! » Prévenue de la présence de José dans la foule, elle dit ne rien craindre « Je ne suis pas femme à trembler devant lui... Je l’attends, je vais lui parler... » La foule est rentrée dans l’arène ; Carmen et José se retrouvent seuls sur la place. Elle le défie

« Non ! » Il veut la retenir ; c’est alors qu’elle arrache de son doigt une bague qu’il lui avait jadis offerte et la jette par terre... C’est à ce moment qu’il la poignarde à mort.


LE POÈME 2 - CARMEN

BIOGRAPHIES Les artistes qui encadrent : ISABELLE KABATU DIRECTION MUSICALE

ZHANETA KATSAROVA ACCOMPAGNEMENT PIANO

STEFANO GIULIANI MISE EN SCÈNE, ADAPTATION, RÉALISATION ET ENCADREMENT DES ARTISTES, SCÉNOGRAPHIE

SUSANA VAZQUEZ CHORÉGRAPHIE ET DANSE

La chanteuse belge d’origine africaine se produit dans les théâtres les plus prestigieux : La Scala de Milan, l’Opéra Bastille de Paris, les opéras de New York, San Francisco, Rome, Vienne, Tokyo… Elle y chante les rôles de son répertoire (entre autres : Aïda, Tosca, Madame Butterfly…) sous la direction de chefs tels que Ricardo Chailly, Daniel Barenboim,

Michel Plasson, Franz Welzer Möst, et de metteurs en scène tels que Franco Zeffirelli, Pier Luigi Pizzi, Terry Gilliam, aux côtés d’artistes tels que Placido Domingo, José Van Dam, Agnès Baltsa… Elle a enregistré plusieurs CD et DVD dont Tannhäuser de Wagner pour EMI, « Porgy and Bess » pour le label Sony sous la direction de Nikolaus Harnoncourt.

Pianiste concertiste bulgare, Zhaneta Dimitriva Katsarova est lauréate des Concours Internationaux de Moscou et d’Arezzo, Toscane. Outre de nombreux concerts et récitals qu’elle donne régulièrement en Europe, la pianiste est depuis 1996 professeur de piano à l’Université Preslavski

à Schumen (Bulgarie). La pianiste, passionnée de chant dirige la chorale Bodra Pessen à Schumen et a reçu depuis peu le titre d’Ambassadeur de la Culture européenne. Madame Katsarova accompagne au piano les productions de Da Tempesta depuis 2009.

Ancien élève de l’Académie des Beaux-Arts de Rome ainsi que du Conservatoire National de Paris, Stefano Giuliani expose régulièrement ses travaux ; il a signé de nombreuses mises en scène et décors de théâtre, opéra, comédies musicales. Il a également réalisé des

courts métrages et documentaires pour diverses maisons de productions. Stefano Giuliani a dirigé également des ateliers de théâtre et de cinéma à l’Université Libre de Bruxelles ainsi que dans diverses universités.

Surnommée « La Faraona », la danseuse espagnole Susana VAZQUEZ, après une formation classique, s’est spécialisée dans la danse traditionnelle du flamenco à Madrid et à Jerez auprès de grands maîtres espagnols. Elle a participé à de nombreux spectacles

dont « La Vida Breve » au Théâtre royal de la Monnaie ainsi qu’à de nombreux festivals de danse en Europe. Elle fait partie de la troupe : « Fiesta Flamenca de Andalucia ». Chorégraphe professionnelle, pédagogue renommée, elle enseigne la danse à l’École Kheer.

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LE POÈME 2 - CARMEN

FABIAN DIDIER STYLISME

MARTINE FONTAINE PERRUQUES, COIFFURES ET MAQUILLAGE

MARIE KASEMIERCZAK RÉALISATION DES VIDÉOS

CHRISTIAN LÉONARD CONCEPTEUR LUMIÈRE

MARC GUILLAUME CONSTRUCTION DES DÉCORS

BENOÎT FRANCART ASSISTANT À LA CONSTRUCTION DES DÉCORS

Jeune styliste, créateur de la Maison Nathan à Bruxelles, Fabian Didier a déjà signé des costumes de nombreux spectacles à Bruxelles. Après Don Giovanni de Mozart et La Vie parisienne, il participe pour

la troisième fois aux productions de Da Tempesta créés au théâtre Poème 2. Pédagogue déjà recherché, il est professeur de stylisme à l’École Saint-Luc de Tournai.

Fondatrice d’une école de maquillage à Bruxelles, collaboratrice de Da Tempesta depuis 2009, Martine Fontaine travaille en collaboration avec Fatima Belbacha (coiffures) et Séverine Gilmont (maquilleuse). Elle

est, par ailleurs, responsable du maquillage pour les productions de Franco Dragone en Chine et à Macao.

Après une formation universitaire en Arts et Communication à Lille, elle part à Bruxelles pour y faire des études de cinéma (INRACI) où elle se spécialise en image. Après cette formation, elle aura l’occasion de s’exercer à différents postes (image, montage, production et régie…)

aussi bien sur des courts et longs métrages que sur des documentaires ainsi qu’en télévision. Après la collaboration avec Stefano Giuliani, pour Don Giovanni, La Vie parisienne, elle renouvellera l’expérience avec Carmen (Mai 2013) et L’Opéra de Quat’sous (Mai 2014).

Outre ses nombreuses et remarquées participations comme auteur, comédien, metteur en scène, décorateur et ingénieur son, Christian Léonard a signé un nombre hallucinant de conceptions lumière pour des spectacles, expositions et concerts les plus divers. Son talent, reconnu par tous les professionnels du théâtre, l’a porté illuminer les scènes de Belgique et d’Europe, qu’il

s’agisse des prestigieux Théâtre National, Théâtre de Poche, des Festivals d’Avignon, de Salamanque, d’Houlgate, de Perpignan, de Spa, de Montpellier, ou encore de jeunes compagnies et de troupes des conservatoires. La compagnie Da Tempesta lui est infiniment reconnaissante de la soutenir pour cette réalisation de l’opéra de Bizet.

Décorateur, ensemblier pour de nombreux films et pour la chaîne de télévision RTL, décorateur principal d’Idée Fixe, (Cédric Monnoye), décorateur pour diverses productions de music-hall et d’opéra,

Marc Guillaume a supervisé dans ses propres ateliers les décors de Da Tempesta depuis 2009 et dirige des équipes de jeunes décorateurs.

Benoît Francart a suivi une formation en ébénisterie. À la suite de celle-ci, il décide de poursuivre sa formation à l’EFPME où il apprendra le métier de régisseur. Durant ces trois années, il effectuera un stage au Poème 2

où il se verra confier les spectacles destinés aux écoles, au théâtre et en tournée. Depuis 2011, il est employé au Poème 2 et continue à participer activement à ses créations.


LE POÈME 2 - CARMEN

SIMON TURCO PHOTOS ET RÉGIE

SÉBASTIEN DESTRAIT VIDÉO ET RÉGIE

Simon Turco sort d’humanités artistiques en photographie et en arts plastiques. Il se dirige ensuite vers une formation en régie de spectacle à l’EFPME. Dans ce cadre, il effectue pour la 3ème année

consécutive son stage en régie au Poème 2. Il participe le plus souvent aux créations lumière et aux prises de photos de plateau.

Après des humanités en informatique, il se dirige vers des études de cinéma puis vers le monde du spectacle en commençant une formation en régie à l’EFPME.

C’est dans ce cadre qu’il effectue son stage au Poème 2, où il opère notamment sur les captations des représentations.

Les Chanteurs : (Par ordre alphabétique)

JULIETTE ALLEN

Née en 1989, élève du Conservatoire royal de Liège dans la classe de Greta DE REYGHERE, puis dans la classe d’Hélène BERNARDY, la soprano participe à divers concerts et productions d’opéra dans le cadre du Conservatoire (La Flûte

Enchantée de Mozart, Cendrillon de Massenet et Hansel et Gretel (rôle : Gretel). Elle participe à des concerts principalement en Belgique. Elle est finaliste et lauréate du Concours International de Verviers (Prix Jacques DÔME)

MERCEDÈS

Née en 1984, élève de Marcel VANAUD au Conservatoire de Bruxelles, la soprano a participé en tant que soliste à de nombreux concerts et productions d’opéra : « Les Bavards » de Jacques OFFENBACH, Neuilly-sur-Seine,

« Hair Spray », production BOZAR, « La Belle Hélène » d’OFFENBACH, Centre Culturel d’ Auderghem et « Annie », production Idée Fixe. Férue de musique contemporaine, elle participe au Festival « Ars Musica » en mars 2013.

JEYSSON ESTRELLA DIAZ

Né en 1980, élève de Marcel VANAUD au Conservatoire de Bruxelles, le jeune ténor a grandi au Mexique. Il a participé à diverses productions dont « La Belle Hélène » et « Les Bavards »

de Jacques OFFENBACH. Jeysson a reçu également une formation de trompettiste professionnel (IMEP).

FRASQUITA

JOANNE DÉOM

LE REMENDADO

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LE POÈME 2 - CARMEN

BERTRAND LHOTE DON JOSÉ

THIERRY MARCHANT LE DANCAÏRE

BRUNO RESENDE ESCAMILLO

AURORE RINCHON CARMEN

SARAH VERHOEVEN MICAËLA

Fils du ténor renommé Edmond LHOTE, le ténor a suivi sa formation d’abord avec son père, puis au Conservatoire de Mons dans la classe de Thierry MIGLIORINI ainsi qu’à la Chapelle Musicale Reine Élisabeth avec José VAN DAM. Il a déjà participé à de nombreuses productions

d’opéra dont le Cendrillon de MASSENET au Théâtre de La Monnaie (rôle principal). Il a participé en tant que soliste à : Aïda de VERDI, Carmen de BIZET, La Chauve-Souris de STRAUSS, le Barbier de Séville de ROSSINI.

Élève de Jules BASTIN, il a intégré le Studio Théâtre de la Monnaie pour y participer à divers productions dont « La Flûte Enchantée » de MOZART et « Death en Venice » de BRITTEN, « Hygiène de l’Assassin » de Daniel

SCHELLE. Il participe à de nombreux concerts et récitals, tant en Belgique qu’en Europe. Depuis Don Giovanni et la Vie parisienne, le voici à sa troisième collaboration avec Da Tempesta.

Né au Brésil en 1984, il intègre en 2006 l’opéra studio de l’Université de Brasilia. Il est actuellement élève au Conservatoire royal de Bruxelles dans la classe de Marcel VANAUD. Il a participé à de nombreuses productions d’opéra. À Bruxelles, on a

pu l’applaudir récemment dans « Le Nozze di Figaro » (Le Comte Almaviva) de Mozart au Théâtre royal du Parc, sous la direction de Philippe GÉRARD et dans « L’Enfant et les sortilèges » (Le chat) de RAVEL à l’Opéra royal de Wallonie.

Née en 1987 à Charleroi, Aurore est élève de Marcel VANAUD au Conservatoire royal de Bruxelles. Désireuse d’élargir ses horizons musicaux, elle tient des rôles très variés, tant dans l’oratorio, l’opérette que l’opéra, de la musique baroque à la musique contemporaine. Elle a participé au Show de Franco DRAGONE à Pékin, au « Roi David »

d’HOONEGGER avec l’Orchestre « Les Symphonistes Européens, « La Belle Hélène », à Tournai et « Le Nozze di Figaro » (la Comtesse), sous la direction de Philippe GÉRARD au Théâtre royal du Parc, « L’Enfant et les Sortilèges » de Ravel (rôle : la Chatte, la Pâtre et la Libellule) à l’Opéra royal de Wallonie.

Élève des Conservatoires de Liège, Bruxelles et Mons, auprès de Greta De REYGERE, Béatrijs DEVOS et Thierry MIGLIORINI, la jeune soprano a participé a de nombreuses Masterclass et se perfectionne auprès d’Eunice ARIAS et Margarita NATIVIDADE. Elle est

invitée à participer à de nombreux oratorios et opéras. Elle a entre autre interprété le rôle de Rowanda dans l’opéra de Britten : Le Petit Ramoneur au Festival de Wallonie en 2009 et son prochain projet sera Le Pierrot Lunaire d’Arnold Schönberg.


carmen opéra / bizet

ISABELLE KABATU / STEFANO GIULIANI

CRÉATION DU 4 AU 26 MAI 2013 SAMEDI À 20H DIMANCHE À 18H

TEMPS-COURTS L’AMOUR À MORT ! LES 3, 10, 17 ET 24 MAI 2013 VENDREDI À 20H

INFOS ET RÉSERVATIONS 3 FORMULES VENDREDI TEMPS-COURT ET BUFFET : 25 EUROS TEMPS-COURT UNIQUEMENT : 20 EUROS BUFFET UNIQUEMENT : 15 EUROS

SAMEDI DÎNER-OPÉRA : 30 EUROS DIMANCHE BUFFET-OPÉRA : 25 EUROS

TÉLÉPHONE : 02 538 63 58 - E-MAIL : RESERVATION@THEATREPOEME.BE Tarifs étudiants, demandeurs d’emploi, article 27 : 10 euros le vendredi seulement, sans le buffet.

PRESSE ET DIFFUSION

DEPUIS TROIS ANS, L’OPÉRA DE POCHE A FAIT SON ENTRÉE AU POÈME 2. Outil de rayonnement de voix nouvelles, d’artistes lyriques jeunes qui abordent leur carrière avec fraîcheur. Sortis des grandes écoles d’art, encadrés par des professionnels, ils font flamboyer le Poème 2 durant tout le mois de mai !

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Direction générale de la Culture, Service général des Arts de la Scène, et de la Commune de Saint-Gilles.

LE THÉÂTRE-POÈME ET LES JEUNESSES POÉTIQUES A.S.B.L. Direction : Dolorès Oscari 30, rue d'Écosse, 1060 Bruxelles (Saint-Gilles) Tél.: +32-(0)2-538.63.58 - Fax: +32-(0)2-534.58.58 www.theatrepoeme.be - info@theatrepoeme.be

ÉDITEUR RESPONSABLE : DOLORÈS OSCARI, 89 BD. SAINCTELETTE, 7000 MONS - GRAPHISME : WWW.PASCALLIENARD.COM

OLIVIA YERNAUX : 0475 76 30 14 - OLIVIA.YERNAUX@THEATREPOEME.BE


COPRODUCTION CIE DA TEMPESTA & POÈME 2

Carmen : livret d'opéra - Poème 2  

La passion, qui détourne l’homme de ses devoirs, de ses compromis, mais qui lui donne aussi la pleine mesure de l’existence est-elle un marc...