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PLAN-2024-01

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■■■ VOIR GRAND

Chaque matin, Véronique Gisondi, toujours suivie par son petit chien adopté au village, parcourait le chantier comme les autres membres du projet SUKU pour prendre le temps de s’informer de la santé de tout le monde. Un geste tout sauf anodin dans un contexte où il est primordial de compter sur les forces vives de l’équipe pour que les travaux se déroulent bien dans la journée. Rentrée au Québec, cette chargée de cours au Département des génies civil, géologique et des mines et associée de recherche à Polytechnique Montréal a conservé cette habitude.

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« Je m’informe fréquemment de mes collègues, car j’ai compris que rien n’est acquis et qu’il faut se mettre à l’écoute les uns des autres », confie cette ingénieure civile de formation. Cette empathie développée en montant les murs d’une salle de classe et d’une bibliothèque fait partie des leçons retenues de cette expérience, tout comme sa capacité à s’adapter à une réalité changeante et à lâcher prise. « Sur le chantier, il y avait fréquemment des retards dans la livraison de gravier ou de ciment, sans parler de l’accès limité au bois dans un pays où le gouvernement lutte contre la surcoupe d’arbres, raconte Véronique Gisondi. On faisait donc les coffrages les uns après les autres, ou encore on aidait le ferrailleur à plier les armatures en attendant la coulée de béton. » En améliorant avec ses collègues les locaux de l’école, la jeune chargée de cours a pu constater les répercussions d’une telle construction sur les élèves et les familles : les jeunes étudient maintenant dans de meilleures conditions. « Des inspecteurs du gouvernement sont venus sur le chantier et ont constaté

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L’équipe a aussi animé des ateliers sur le développement durable et l’entretien des bâtiments : sensibilisation à l’importance de regrouper les déchets en un point central et de bien réparer les gouttières dans une région où il faut économiser l’eau du puits. Très heureuse de son expérience unique,

Véronique Gisondi a le plaisir d’en faire part chaque année à ses étudiantes et étudiants au baccalauréat en génie civil à Polytechnique Montréal. Elle leur propose une étude de cas ayant pour cadre une situation se déroulant au Togo, sous un angle de développement durable et où il faut trouver des solutions pour accéder à des matériaux, respecter un budget, et surtout veiller à la sécurité au travail. Fréquemment, des étudiantes et des étudiants s’enthousiasment pour le projet et lui demandent comment s’y prendre pour faire partie d’équipes chapeautées par Ingénieurs Sans Frontières Québec. La relève semble donc assurée.

Arianne Provost-Savard : prendre le temps Avant même de se former au pliage d’armatures métalliques sur le chantier de l’école secondaire togolaise ou d’apprendre à faire des coffrages, Arianne Provost-Savard était déjà très investie dans le projet SUKU. Cette étudiante au doctorat en génie chimique à Polytechnique Montréal a en effet pris en charge une partie de la collecte de fonds au Québec avec ses quatre autres collègues, un an avant leur départ. « J’ai rempli beaucoup de formulaires pour avoir accès à des bourses, et nous avons organisé une soirée bénéfice virtuelle afin de recueillir de l’argent auprès des commanditaires, de la population et de nos proches », raconte-t-elle. Tenu pendant la pandémie, cet événement a nécessité une grande préparation puisqu’il a fallu trouver des prix pour une vente aux enchères, tourner une vidéo exposant les motivations des participantes et des participants, embaucher un humoriste pour présenter un court numéro. Tous ces efforts ont cependant porté leurs fruits, puisque l’équipe a réuni près de 75 000 $, soit une somme supérieure à l’objectif de départ. Une fois arrivés dans le village, les cinq jeunes se sont félicités de disposer d’un peu plus d’argent que prévu, parce que le coût de plusieurs matériaux et travaux ont dépassé

les estimations. « Le principal défi, c’était qu’il fallait tout faire à la main, ce qui a été un petit choc au départ », se souvient la jeune femme. Rapidement cependant, elle a constaté que les ouvriers et l’organisme Écho de la Jeunesse qui les supervisaient ont déployé beaucoup d’efforts pour que l’équipe se sente à l’aise et que le travail s’accomplisse dans les meilleures conditions. Les liens tissés accompagnent toujours Arianne Provost-Savard, elle qui aimerait participer à d’autres projets dans des pays en développement dans l’avenir ! « Cette expérience a changé ma vision des choses en me montrant qu’il existe d’autres façons de vivre que celles qu’adoptent la plupart des gens en Amérique du Nord, souligne-t-elle. Maintenant, je profite davantage de mon temps, et j’ai compris qu’en faisant les travaux plus lentement, on arrive souvent à de meilleurs résultats. » Spécialisée en analyse des impacts environnementaux des modes de gestion des matières résiduelles, cette chercheuse souhaite ne pas se concentrer uniquement sur les aspects techniques des projets. Forte des connaissances acquises au Togo, elle considère tout aussi important de prendre en compte les aspects sociaux et les retombées pour la population.

Photos : Ingénieurs Sans Frontières Québec

Véronique Gisondi, ing. : cultiver l’adaptation

que l’école répondait désormais aux critères pour devenir un établissement public, signale Véronique Gisondi. Les parents n’ont donc plus à payer de frais de scolarité. »


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