DOSSIER
LâĂ©volution des technologies de lâinformation ainsi que la miniaturisation constante des composants Ă©lectroniques de ces derniĂšres dĂ©cennies ont permis de doter les objets de la vie de tous les jours de capacitĂ©s de calcul et de communication. Ces âobjets connectĂ©sâ sont dissĂ©minĂ©s dans lâenvironnement de lâutilisateur et offrent Ă celui-ci un ensemble de services visant Ă lâassister dĂšs que celui-ci en a besoin. LâIntelligence Ambiante (AmI) et lâInternet des Objets (IoT) sont deux domaines de recherche visant Ă rendre intelligent ce type dâenvironnement respectivement du point de vue applicatif et du point de vue infrastructurel. LâIntelligence Ambiante cherche Ă concevoir des applications intelligentes permettant de faciliter les interactions entre lâhomme et son environnement de maniĂšre transparente, non-intrusive et en prenant en compte le contexte utilisateur ; et lâInternet des Objets qui vise Ă fournir lâinfrastructure matĂ©rielle nĂ©cessaire Ă la rĂ©alisation de ces applications. Ces deux domaines sont en plein essor et certaines Ă©tudes rĂ©alisĂ©es par des organismes tels que Gartner, lâIDATE ou Cisco au dĂ©but des annĂ©es 2010 ont estimĂ© que le nombre dâobjets connectĂ©s prĂ©sent dans lâenvironnement allait passer de 4 Ă 50 milliards dâici 2020. Nous sommes actuellement en 2017 et bien que le nombre de ces objets ait fortement augmentĂ©, il nây a pas encore eu lâexplosion attendue ; en 2015 Gartner a revu ses estimations Ă la baisse avec un maximum de 25 milliards dâobjets connectĂ©s dâici 2020. Cela est dĂ» Ă un certain nombre de verrous technologiques qui empĂȘchent les applications proposĂ©es par lâIntelligence Ambiante dâutiliser efficacement lâinfrastructure matĂ©rielle mise en place par lâInternet des Objets. Pour bien saisir ces verrous, il faut dâabord identifier les caractĂ©ristiques des diffĂ©rents environnements ambiants. Ces environnements sont tout dâabord caractĂ©risĂ©s par une forte hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© du matĂ©riel puisquâils peuvent ĂȘtre composĂ©s de tout type dâentitĂ© matĂ©rielle, dâun simple ordinateur ou smartphone Ă des rĂ©seaux de capteurs complexes en passant par des tĂ©lĂ©visions, des box internet et tout autre type dâobjet connectĂ©. LâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© se retrouve aussi au niveau des protocoles de communication, puisque certaines entitĂ©s matĂ©rielles utilisent le WiFi, dâautre le Bluetooth, dâautre encore des protocoles plus rĂ©cents dĂ©diĂ©s aux objets connectĂ©s comme LoRa ou SigFox. Enfin, ces environnements sont aussi caractĂ©risĂ©s par une forte dynamicitĂ© puisque les objets connectĂ©s peuvent apparaitre, disparaitre ou changer de place Ă tout moment, les besoins des utilisateurs peuvent Ă©voluer dans le temps et chaque objet ou application possĂšde des besoins et des contraintes intrinsĂšques comme des contraintes de mobilitĂ©, dâautonomie ou dâĂ©nergie par exemple. Ce sont ces caractĂ©ristiques â lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© et la dynamicitĂ© â qui rend difficile la conception dâapplications gĂ©nĂ©riques pour ce genre dâenvironnements. Pour contourner ces problĂšmes et notamment celui de lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©, les objets connectĂ©s que lâon peut trouver dans le commerce adoptent une approche dite verticale. Ces objets ne peuvent pas directement interagir entre eux. Ils ne sont donc pas horizontalement connectĂ©s, mais plutĂŽt verticalement connectĂ©s : de lâobjet vers un serveur distant qui collecte et analyse les donnĂ©es. Ces serveurs distants sont bien souvent sous la responsabilitĂ© des entreprises qui commercialisent ces objets et celles-ci ne fournissent que trĂšs rarement un accĂšs aux donnĂ©es brutes elles-mĂȘmes, mais fournissent plutĂŽt des services spĂ©cifiques. Cette maniĂšre de faire soulĂšve inĂ©vitablement des questions concernant la confidentialitĂ© de nos informations puisque ces derniĂšres ne nous appartiennent plus, mais sont entre les mains de ces compagnies externes. Le fait dâĂȘtre capable de garantir la confidentialitĂ© des informations de lâutilisateur devient un rĂ©el enjeu sociĂ©tal puisque dâaprĂšs de rĂ©centes Ă©tudes, cette confidentialitĂ© doit ĂȘtre prise en compte si lâon souhaite que la sociĂ©tĂ© ait confiance et adhĂšrent Ă ces nouvelles technologies ubiquitaires.
14
mai 2017
Nos travaux de recherche au laboratoire lâIntelligence Ambiante de lâISEN Lille cherchent Ă rĂ©pondre au problĂšme du dĂ©ploiement dâapplications distribuĂ©es dans des environnements ambiants de type maison ou bĂątiment tout en considĂ©rant les problĂ©matiques dâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© et de dynamicitĂ© Ă©voquĂ©es ci-dessus et en introduisant la notion de confidentialitĂ© des informations et des donnĂ©es des utilisateurs. Notre objectif est dâutiliser et de dĂ©velopper des techniques dâIntelligence Artificielle afin de faciliter les interactions horizontales entre les objets connectĂ©s. Le premier axe de recherche porte sur la reprĂ©sentation des connaissances. Afin dâĂȘtre capable de prendre en compte lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© du matĂ©riel et des protocoles, il faut pouvoir modĂ©liser lâenvironnement et fournir une description des propriĂ©tĂ©s des entitĂ©s matĂ©rielles disponibles, de leurs interactions ainsi que des besoins des applications. Nous nous basons en particulier sur les mĂ©thodes et des formalismes de reprĂ©sentation des connaissances dĂ©veloppĂ©s Ă la base pour le web sĂ©mantique avec des technologies comme RDF que nous utilisons pour dĂ©crire lâenvironnement sous la forme de graphes, ou comme OWL qui est utilisĂ© pour crĂ©er une ontologie permettant de dĂ©crire de maniĂšre formelle ce qui est modĂ©lisable dans notre environnement. Le second axe de notre recherche porte sur les mĂ©canismes distribuĂ©s permettant dâisoler les entitĂ©s de lâinfrastructure matĂ©rielle qui peuvent servir de support Ă lâexĂ©cution dâune application en utilisant nos descriptions prĂ©cĂ©demment Ă©tablies sous la forme de graphes RDF. Ce problĂšme se formalise mathĂ©matiquement comme un problĂšme de recherche de projections (morphismes) entre deux graphes et se rĂ©sout en utilisant un algorithme de graph-matching dont les versions centralisĂ©es sont largement traitĂ©es dans la littĂ©rature depuis les annĂ©es 1970. Lâaxe diffĂ©renciateur de notre Ă©quipe a Ă©tĂ© de distribuer le graphe de lâinfrastructure et de proposer une version distribuĂ©e dâun tel algorithme tout en permettant une rĂ©solution sans partager les informations contenues dans nos diffĂ©rents sous-graphes. Cette derniĂšre caractĂ©ristique permet dâintĂ©grer Ă notre travail nos questionnements sur la confidentialitĂ© des informations contenues dans ces graphes. Enfin, le dernier axe porte sur la conception de systĂšmes distribuĂ©s sous la forme de systĂšmes multi-agents (SMA). Lâobjectif est dâencapsuler les mĂ©canismes prĂ©cĂ©demment prĂ©sentĂ©s au sein dâun systĂšme distribuĂ©, permettant le passage Ă lâĂ©chelle, tolĂ©rant aux pannes, rĂ©silient et auto adaptable face aux changements. Pour cela, nous avons choisi dâutiliser le paradigme agent fournissant des propriĂ©tĂ©s intĂ©ressantes Ă exploiter comme lâautonomie ou lâindĂ©pendance des agents. Cela rĂ©sulte en un systĂšme distribuĂ© permettant de choisir les objets connectĂ©s Ă utiliser en fonction dâune part des contraintes des applications Ă dĂ©ployer et dâautre part des contraintes de confidentialitĂ© des informations qui transitent sur les canaux de communication. Par ailleurs, nous avons imaginĂ© un certain nombre de scĂ©narios permettant dâillustrer les possibilitĂ©s dâun tel systĂšme de dĂ©ploiement automatique. Par exemple, un utilisateur est capable de prĂ©ciser que le flux dâimage produit par sa camĂ©ra ne doit quitter le rĂ©seau de son logement. Le dĂ©ploiement dâune application utilisant cette camĂ©ra se fait donc automatiquement en fonction de cette contrainte. De mĂȘme, si une application doit afficher une information sur un Ă©cran se trouvant Ă cĂŽtĂ© dâun utilisateur et que cet utilisateur change de place, les agents du systĂšme rendent inconsistante lâapplication et force son redĂ©ploiement afin de choisir un nouvel Ă©cran (et potentiellement de nouveaux canaux de communications). Ces scĂ©narios ont Ă©tĂ© mis en Ćuvre au sein dâune rĂ©plique dâappartement fonctionnel attachĂ© Ă notre laboratoire. Ferdinand Piette â Enseignant Chercheur â Equipe Intelligence Ambiante â DĂ©partement Informatique et MathĂ©matiques AppliquĂ©es â ISEN Lille
Dossier Dossier SHALL WE USE AI TO SAVE OUR OCEANS? What are the challenges? Our Oceans are becoming endangered! In 2017, 80% of the Great Barrier Reef has become a Graveyard, scientists are doing their best to try to save what is left. By 2050, there will be no-more fish to catch in the sea. Everywhere where the food chain has been altered, Invasive species are taking over, destroying entire ecosystems. Temperature rise is considerably reducing Marine habitats and the ice is shrinking. Marine animals eat micro-plastic particles and garbage islands have been formed in the middle of our Oceans. What can we do? What technology is available to us to be able to protect Marine life on our planet?
DOSSIER
Dossier La gestion dâenvironnements intelligents
Dossier
What is the state of the Art of AI? It is about collecting big data⊠With the advent of the Internet of Things (IoT) networks such as LoRa or Sigfox, chips have been massively embedded into physical things around us. We perform Machine to Machine (M2M) communication to better understand our environment. We use large Graphic Processing Units (GPU) as crunching power to analyse large collected data sets. We analyse these datasets using strong algorithms called âNeural Networksâ which mimic the process of learning of the human brain to identify patterns in data. Once you add multiple layers of NeuralNetwork, you get what we call deep-learning. Transforming data into actions⊠With Machine-Learning, Machines can learn without being explicitly programmed. More importantly they get a fair understanding of their overall environment. Machine can be task-driven (supervised), or data-driven (unsupervised). We also develop reinforcement learning algorithms to teach a machine how to react to its environment.
What applications in Marine Robotics? AI can perform complex tasks better than humans! In the water environment, Unmanned Platforms are deployed to detect anomalies and monitor changes in their environment. There are many advantages to use these platforms other than reducing the risks and the cost of the operation. For instance, a machine is capable of conducting uninterrupted tracking of the reef and take real-time action without fatigue (e.g. our Shark Detection drone developed in 2015). AI is also capable of dealing with the unexpected (e.g. failure of a motor). With self-awareness, machines can change goals according to situation and swarms of robots can handle more complex operations (multi-robot contingent planning). Ludovic Grosjean (Toulon 2012)
mai 2017
15