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Janvier 2011 | économie & finance

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Ernst Wilhelm Contzen www.paperjam.lu

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© 2010 KPMG S.à r.l., a Luxembourg private limited company, is a subsidiary of KPMG Europe LLP and a member of the KPMG network of independent member firms affiliated with KPMG International Cooperative (“KPMG International”), a Swiss entity. All rights reserved. KPMG and the KPMG logo are registered trademarks of KPMG International. Printed in Luxembourg.

It’s not about doing different things …

... it’s about doing things differently


3 édito

Photo: Maison Moderne Design

Le vent les portera…

Jean-Michel Gaudron, rédacteur en chef paperJam

Il y a ceux qui y sont et qui n’ont pas demandé à y être. Il y a ceux qui n’y sont pas et qui auraient bien voulu y être. Il y a ceux qui y sont, mais pas à la place qu’ils imaginaient. Il y a ceux qui sont agréablement surpris d’y être et qui se demandent encore pourquoi… Bref, il y en a pour tous les goûts à l’occasion de la publication du troisième Top 100 des décideurs économiques les plus influents du Luxembourg. Après Romain Bausch en 2006 et Michel Wurth en 2008 – dont la reconnaissance à la place de numéro un rappelait à qui aurait pu en douter que l’industrie a encore son mot à dire dans l’économie luxembourgeoise –, la présence au sommet, cette année, d’Ernst Wilhelm Contzen replace, en quelque sorte, le secteur financier aux premières loges. Sa récente élection à la tête de l’ABBL a propulsé cet Allemand de 62 ans sous le feu des projecteurs, bien plus que ne l’ont fait douze années passées à la tête de Deutsche Bank au Luxembourg. L’un des autres enseignements intéressants à tirer du choix du jury présidé par Norbert Becker est la présence, parmi les dix premiers du classement, d’un certain nombre d’entrepreneurs (Lakshmi Mittal, Claude Kremer, Marc Hoffmann, Marc Giorgetti…), des hommes qui ont su prendre, quand il

le fallait, le risque de se lancer eux-mêmes dans la création de leur entreprise. Beaucoup d’autres figurent dans le classement des 100 décideurs que nous publions dans ce numéro exceptionnel. Depuis sa création, paperJam a toujours promu et accompagné l’esprit entrepreneurial dont il est lui-même, d’ailleurs, issu. Et il entend bien continuer à le faire aussi longtemps qu’il existera, quel que soit le côté de la frontière où l’on se trouve. D’ailleurs, dans son édition à paraître fin mars, nous consacrerons une large place aux entrepreneurs lorrains, en mettant en lumière 50 d’entre eux dans une galerie de portraits qui se veut la plus éclectique possible, mélangeant des réussites établies à des succès en devenir, des grosses structures et des PME. D’ailleurs, si vous connaissez, dans le Sillon mosellan ou dans le Pays-Haut, des entrepreneurs dont vous estimez qu’ils méritent de figurer dans cette édition spéciale, n’hésitez pas à nous en faire part en nous envoyant un mail à press@paperjam. lu. Au final, il y aura ceux qui y sont et qui n’ont pas demandé à y être et ceux qui n’y seront pas et qui auraient bien voulu y être. Mais le plus important est que tous continuent, demain et après-demain, à laisser le souffle de l’esprit d’entreprise gonfler les voiles de leur enthousiasme créateur.

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Carré géant en twill lavé. 13, rue Philippe II. Luxembourg. Tél. (352) 220 981. Hermes.com

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Introducing Maison Moderne  This issue of paperJam marks the beginning of a new adventure for us as the partners that bring you paperJam are coming together to create a new organisation, Maison Moderne.

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Our story began almost 16 years ago with the launch of Mike Koedinger Editions. As new partners emerged we soon became Luxembourg’s biggest independent publishing group. Do you remember being 16? It’s an exciting time. Anything is possible. The pleasures of the world are just revealing themselves to you – and so are the challenges. As our birthday approached we shared a vision of an organisation that would achieve great things ; expanding our services for clients and continuing to improve still further the content that we create for our audiences. We decided to work more closely together to adapt ourselves to be the change in our changing world. We decided to launch Maison Moderne. Not everything changes. We will continue to celebrate the values and the attitudes that we share ; creativity, independence, quality. This is how we define who we are. We love what we do and want to do more of it. We want to do it better. The result is that  Mike Koedinger Editions becomes Maison Moderne Publishing Tempo becomes Maison Moderne Media Sales INgrid becomes Maison Moderne Design Founder Mike Koedinger and his partners Aurelio Angius, Francis Gasparotto and Guido Kröger are joined by new partners in management roles ; Jean-Michel Gaudron, (editor-in-chief of paperJam), Rudy Lafontaine (Chief Operating Officer), Thierry van Ingelgom (Human Resources) and we are very pleased to welcome Marc Gerges (Editorial and communications manager). Together, we are Maison Moderne. As a reader of paperJam you have played a part in our story so far and we hope you will read on as we open the next chapter in our story www.maisonmoderne.lu

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11 sommaire

sommaire paperjam |  Janvier 2011  |  économie & finance

16

Alex Bodry (LSAP)

26

Nigel Fielding (HSBC)

37

Jean Dermine (Insead)

Actualité 16 Alex Bodry

«Le temps du consensus est révolu» Le rapporteur du budget 2011, qui avait déjà occupé cette fonction en 1987, remet le couvert, cette fois dans un contexte de tensions politiques et sociales autrement plus difficile. A l’heure de finaliser son rapport, il fait le point sur la situation.

20 Budget 2011

Une transparence à améliorer

Autant que la situation économique et financière du pays, la manière de présenter les chiffres fait débat. Le gouvernement est montré du doigt pour son manque de clarté et de précision dans la communication de certaines données de base. 26 Global Giant

New HSBC head has big plans Nigel Fielding, the bank’s new chief in Luxembourg believes HSBC has been underperforming in the Grand Duchy. What changes does he have in store?

30 Global China Business Meeting

Le Grand-Duché du milieu

Tapis rouge pour les dirigeants économiques chinois présents à Luxembourg lors du cycle de conférences organisé par Horasis.

32 Entrepreneuriat – Woman Business Manager

of the Year 2010

Carré de dames Pour la cinquième édition de ce trophée décerné par Dexia BIL en vue de promouvoir le rôle de la femme dans l’économie luxembourgeoise, ce ne sont pas trois, comme les années précédentes, mais quatre finalistes que le jury aura à départager. Verdict en janvier 2011. 34 Place financière

Le Bâle peu populaire Le nouvel ensemble de mesures prudentielles sur les banques, dit Bâle III, vient d’être approuvé par le G20. Ses multiples implications pernicieuses suscitent le débat sur la Place. D’autres règles devront compléter l’édifice réglementaire.

37 Jean Dermine

«Instinct à la titrisation» Explication des principales mesures proposées par le Comité de Bâle. Certaines conséquences seraient indésirables.

40 Banking Day

Le premier contribuable ménagé

Lors de la conférence annuelle organisée début décembre par PwC Luxembourg, le ministre des Finances Luc Frieden a rappelé que le gouvernement devait préserver la compétitivité d’un secteur financier qui lui rapporte un tiers de ses recettes. 22

54

Sur le fil

Retrouvez, au fil du temps et de leur publication sur www.paperjam.lu, les principales informations économiques et financières du Luxembourg

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48 Jean-Christophe Montant (Assya Asset Management)

60

Sudhir Kumar Kohli (IBCL)

Actualité 41 Microfinance

Harbu, des racines et des ailes

L’institution éthiopienne, baptisée du nom d’un arbre, a reçu le 3e Prix européen de la Micro­ finance, décerné fin novembre à Luxembourg. De quoi encourager davantage encore son développement. 48 Gestion de fortune

Allier indépendance et stabilité MZ Finance devient Assya Asset Management. Le gestionnaire de fortune pilotera le pôle Asset management d’Assya Compagnie Financière depuis le Luxembourg.

62

Thibaut Britz (Trendiction)

Séries 60 Diversification

56 Maritime Cluster

Anchors aweigh

Despite being landlocked, Luxembourg has a thriving ocean shipping niche. Is this the Grand Duchy’s secret to capturing Chinese investment?

58 Amcham

Thanksgiving Dinner

Le traditionnel dîner organisé par l’Amcham a réuni une centaine de personnes, le 17 novembre, à la Chambre de Commerce.

Inde

Demain n’est pas si tard En attendant une ouverture et une stabilisation du secteur financier indien, le Luxembourg se contente de faire quelques affaires avec le sous-continent. 62 Start-up

Trendiction

Little Brother Présentation d’une start-up dont le cœur de métier est l’agrégation de données et la veille sur le web social.

49 Innovation

Cocktail Téléphonie

Présentation, en avant-première sur le marché luxembourgeois, du nouveau terminal téléphonique My IC Phone d’Alcatel-Lucent.

Economist club

64 Par Jean-Pierre Vernier,

membre de l’Economist Club Luxembourg

Pour la promotion du pavillon maritime

53 Vernissage «Outer worlds» chez Deloitte

Treize artistes contemporains ont présenté, le 30 novembre, leurs œuvres dans le cadre d’un cycle de trois expositions réalisées en collaboration avec la Contemporary Art Society de Londres.

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Articles les plus lus sur www.paperjam.lu du 11/11 au 01/12:

1. Krecké : «Je devrais

démissionner»

Article vu 2.462 fois

2. KBL supprimerait 120 postes Article vu 1.775 fois

3. KBL supprime 10% de son

68

Ernst Wilhelm Contzen (Deutsche Bank / ABBL)

126

personnel au Luxembourg

Article vu 1.506 fois

Mark Tungate

4. Claude Schettgen

coverstory TOP 100

68 Top 100 des décideurs économiques

les plus influents

Un verdict conséquent Pour la troisième fois depuis 2006, un jury d’experts indépendants a établi le classement des 100 personnalités du pays ayant le plus d’influence en matière économique. Un jugement qui, par la force des choses, suscitera des discussions et controverses. 74 Norbert Becker (président du jury)

«Ce n’est pas une science exacte»

a quitté HSBC

Article vu 1.486 fois

5. PwC : «La nouvelle loi

92 Didier Mouget (N°8)

comptable peut être une révolution»

Article vu 1.222 fois

«Il faut que le pays évolue»

94 Marc Giorgetti (N°9)

«Un excès de confiance pourrait

être dangereux» 96 Yves Mersch (N°10)

L’infatigable trublion

98 La suite du classement

De 11 à 100...

76 Ernst Wilhelm Contzen (N°1)

«Certaines choses établies n’ont

plus lieu d’être» 80 Michel Wurth (N°2)

«Il faut être les meilleurs»

82 Lakshmi Mittal (N°3)

«Merci Luxembourg!»

Business club

paperJam janvier Management

120 Agenda 84 Romain Bausch (N°4)

«Nous ne sommes pas encore

sortis de l’ornière»

Décembre 2010-Janvier 2011

122 Conférence

La gestion de projet

86 Marc Hoffmann (N°5)

«Je me sens plus conservateur

qu’avant»

124 Table ronde

Immobilier, et maintenant?

88 Claude Kremer (N°6)

126 Conférence

90 Laurent Schonckert (N°7)

127 Keynote speaker

«Le réel plaisir du travail accompli»

«Être plus conscients

Mark Tungate

Jean-Marc Fandel

et responsables»

Dans le cahier «Management» de cette édition, retrouvez des sujets de réflexion dans les domaines du management, du business administration, des ressources humaines, de l'IT et du marketing-communication. En dossier central: Management & Stratégie

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16 actualité

Alex Bodry

«Le temps du consensus est révolu» Le rapporteur du budget 2011, qui avait déjà occupé cette fonction en 1987,  remet le couvert, cette fois dans un contexte de tensions politiques et sociales autrement plus difficile. A l’heure de finaliser son rapport, il fait le point sur la situation. Laurent Moyse (interview), Julien Becker (photo)

Monsieur Bodry, la désignation du président du LSAP (parti socialiste) comme rapporteur du projet de budget est-elle une indication que le chef lui-même doit montrer la voie, en accord avec le partenaire de coalition et le ministre des Finances? «Non, cette désignation n’a rien à voir avec ma qualité de président du parti, mais avec le fait que je suis, depuis de longues années, membre de la commission des Finances et du Budget, que j’ai déjà été rapporteur et que la matière m’est fami­ lière. Il ne faut pas chercher d’autre signification politique que l’intérêt personnel pour cette matière. La préparation du projet de budget s’est déroulée dans un climat de tension qui n’a pas épargné la coalition. Quelle est votre analyse? «Ce qui ressort avant tout, c’est le paquet de mesures qui a été déterminé pour la consolidation des finances publiques. Ce volet, qui est un élément important du projet de budget de 2011, fut âpre­ ment discuté ces derniers mois et se distingue des deux budgets précédents, auxquels on a collé une étiquette de relance de la conjoncture en recou­ rant à une politique anticyclique. Le projet de budget de 2011 signale un change­ ment de paradigme: une première phase consistant en une sortie progressive de la spirale de l’endet­ tement et une deuxième visant à retrouver l’équili­ bre des finances publiques en 2014. Grâce à une reprise plus solide que celle envisagée il y a quel­ ques mois et grâce au paquet de mesures que le gouvernement a fixé, nous nous sommes rappro­ chés de cet objectif, puisqu’en un an, nous avons déjà parcouru la moitié du chemin. L’objectif de revenir à l’équilibre budgétaire en 2014 amène le gouvernement à prendre des mesures qui ne suscitent guère l’enthousiasme. Comment y parvenir sans mettre en danger la cohésion sociale? «La discussion politique viru­ lente a révélé que le fossé entre le patronat et les syndicats s’est creusé. Ces derniers mois, on a recouru à un choix de mots qu’on n’avait plus

employés depuis un certain temps et qu’on retrouve en partie dans les avis des chambres profession­ nelles, notamment celui de la Chambre des fonc­ tionnaires et employés publics, qui s’est lancée dans une grande diatribe contre le patronat. Le temps du consensus est révolu. Les intérêts conflictuels classiques, qui ne sont pas anormaux lorsqu’il est question de répartir le budget, sont revenus à la surface lors de la présentation du projet de budget de 2011. Ils divergent sur l’évaluation de la situation actuelle, la gravité de la crise et ses effets durables sur l’économie. Or, si l’on n’est pas d’ac­ cord sur l’évaluation de la situation, les divergences s’accentuent quand il est question de réagir. Les uns ne voient pas la nécessité de faire des économies et d’augmenter les impôts, les autres trouvent qu’on ne va pas assez loin et qu’il faudrait faire davantage d’économies. Mais tout le monde estime que le paquet de mesures n’est pas équilibré. La situation est complexe et je dois dire que je ne partage pas nécessairement l’approche que le gou­ vernement a adoptée pour ficeler ce paquet de mesures. En tant que président du LSAP, je suis favorable à ce qu’on tente de rétablir l’équilibre par des recettes supplémentaires plutôt que par des mesures d’économie. Il ressort, en effet, qu’il est plus difficile de faire des économies au niveau des frais de fonctionnement, du fait qu’une grande part, environ 80%, couvre les salaires dans la fonc­ tion publique. Là où le gouvernement est à la peine, c’est au niveau des chiffres, qui ont beaucoup changé en cours d’année. Sur ce plan, la méfiance est grande, surtout du côté des syndicats, car au cours des années 2005 et 2006, un accord a été conclu en Tripartite, sur base d’un scénario négatif qui ne s’est pas confirmé ensuite. Les syndicats ont eu l’impression de s’être fait duper, et cette méfiance prévaut dans la discussion actuelle, alors que les chiffres sont nettement plus mauvais qu’à l’époque et que l’effet de la crise se fait davantage sentir dans les finances publiques. Et, bien que l’économie redémarre, toutes les projections indiquent que nous ne connaîtrons plus les taux de croissance très élevés des 20 der­ nières années. Contrairement à la Chambre des

Salariés, je ne crois pas que le Luxembourg retrou­ vera de manière automatique, par les seuls faits de son dynamisme et de la structure de son économie, des taux de progression deux fois plus élevés que les autres pays d’Europe. Le projet de budget prévoit une hausse des recettes de 13,7% par rapport à 2010. Est-ce réaliste? «Il faut calculer sur une période de deux ans, c’est-à-dire comparer les prévisions de 2011 avec les comptes de 2009. Il ne sert pas à grand-chose de les comparer avec le budget voté de 2010, pour

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17 actualité

«A long terme, le Luxembourg se dirige vers de gros problèmes»

dre par rapport aux bonnes années, mais elle reste malgré tout un phénomène atypique au Luxembourg. Au final, je pense que le déficit public s’établira autour de 2%, le gouvernement tablant sur un déficit de 2,2%.

la simple raison que les données sont fausses et les rentrées fiscales plus élevées. Calculée sur deux ans, la progression des recettes se situe aux alentours de 14%, ce qui n’est pas une hausse anormale. Les chiffres récents font apparaître que deux catégories de rentrées fiscales, qui dépendent directement de la conjoncture économique, pro­ gressent plus vite que ce qu’on estimait: la taxe d’abonnement, signe que l’industrie des fonds a repris de plus belle, et les impôts sur les revenus de capitaux. Cette hausse est en partie contreba­

lancée par la TVA, qui n’augmente plus aussi vite qu’au premier semestre. De même, l’impôt sur les sociétés progresse moins vite depuis deux ou trois mois, mais se situera encore nettement au-dessus des prévi­ sions du budget voté de 2010. J’estime que les prévisions, que le gouvernement a présentées pour 2010 lors du dépôt du budget de 2011, seront atteintes et qu’on se situera peut-être même un peu au-dessus du fait que, contrairement aux attentes, l’emploi a évolué plus fortement cette année. Cette progression est certes moitié moin­

La hausse des dépenses dans le projet de budget est estimée à 5,3%, alors que le ministre des Finances insiste sur la nécessité de faire des économies. Comment concilier cet apparent paradoxe? «Tout dépend là aussi de la base com­ parative. Si l’on s’en tient à la présentation classi­ que, on arrive à un taux de progression qui semble élevé. Le ministre a toutefois précisé, à juste titre, lors de la présentation du projet de budget, qu’il y avait une autre manière de voir les choses, à savoir de ne pas partir du budget voté de 2010, mais du budget prévisionnel de 2010, tel qu’il se dessine au bout de neuf à dix mois. Vu sous cet angle, la reprise économique n’a pas seulement des répercussions positives sur les recettes, mais génère aussi des dépenses automatiques résultant de nos dispositions léga­ les. Ce qui explique qu’à côté des recettes plus élevées, les dépenses sont aussi plus importan­ tes. Si l’on compare alors le budget prévisionnel de 2010 avec le projet de budget de 2011, on n’est plus à 5,3% de progression mais à près de 3%. Luc Frieden a indiqué que les réductions des dépenses représentaient deux tiers et les hausses d’impôts un tiers de l’effort consenti. La BCL estime que la réduction des dépenses représente 40% et les hausses d’impôts 60%. Qui croire? «De part et d’autre, on essaie de jon­ gler avec les chiffres. Selon qu’on utilise tels chiffres,­ telle période comparative ou telles statistiques }  18

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Jeannot Krecké (ministre de l’Economie et du Commerce extérieur)

«L’influence de la politique luxembourgeoise sur les grandes tendances du développement économique est limitée et l’a toujours été» Alex Bodry

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 { internationales sur la compétitivité, on trouve des

résultats différents. Compte tenu des incertitudes qui demeurent, mon rôle, en tant que rapporteur, n’est pas de donner raison à un camp ou à l’autre, mais de remettre certaines choses en place. Dans mon rapport, j’essaie d’être sincère en dis­ tinguant le court terme, le moyen terme et le long terme. A court terme, je donne raison à ceux qui ont prétendu que la situation n’était pas si dramatique. En effet, les recettes fiscales ne se sont pas effon­ drées, même si je n’exclus pas un effet tardif pour l’impôt commercial et l’impôt sur les sociétés. Quant à la dette publique, là non plus, la situation n’est pas aussi dramatique que ce qu’on croyait. A moyen terme, c’est-à-dire au-delà de 2011, l’ave­ nir est incertain et il est difficile de dire qui a raison. Si l’on considère la trajectoire du Pacte de stabilité, nous avons bien avancé. J’estime cependant que nous ne pourrons passer à côté d’une deuxième étape, car je ne crois pas que les automatismes suf­ firont à boucher le trou. Si l’on consulte les chiffres d’avant la crise, certains éléments forts tendent à démontrer que le déficit de l’Etat a commencé à pré­ senter un caractère structurel. A long terme, et c’est mon intime conviction, le Luxembourg se dirige vers de gros problèmes. On

peut être d’un avis différent quant à la vitesse à laquelle il faut réagir, mais on ne peut se soustraire à la logique arithmétique, en particulier dans le domaine des pensions. Nous ne pourrons tenir la cadence pour faire venir toujours plus de maind’œuvre, afin de maintenir les niveaux de crois­ sance du passé. Voilà pourquoi je soutiens la volonté de ce gouvernement de s’attaquer aux réformes structurelles dans le domaine des pensions. D’un côté, la marge de manœuvre budgétaire est toujours plus réduite. De l’autre, le ministre de l’Economie, Jeannot Krecké, a regretté, lors d’une table ronde organisée par paperJam, son impuissance à faire bouger les choses. La politique est-elle en train de perdre de l’influence au point que ses responsables en soient réduits à faire de la figuration? «Je dois dire sincèrement que l’influence de la politique luxembourgeoise, en particulier celle de la politi­ que budgétaire, sur les grandes tendances du développement économique est limitée et l’a tou­ jours été. Notre marché intérieur est très faible et notre économie a bâti sa richesse en s’ouvrant sur le marché mondial. Notre apport se limite à une action coordonnée sur le plan européen ou

international pour infléchir l’évolution dans un sens ou l’autre. Ce qui me préoccupe, c’est que toutes les voix qui se sont élevées après la crise financière pour affirmer que l’heure de la politique était venue se sont tues. S’il est vrai que des choses ont bougé sur le plan européen, notamment en matière de super­ vision et de régulation financières visant à limiter certains excès, sur le plan international, on reste sur sa faim. Les discours moralisateurs en vogue il y a un ou deux ans ont disparu et l’implacable ‘realpolitik’ a repris le dessus. Une autre préoccupation est la marge réduite dont disposent les Etats nationaux pour définir dans leurs grandes orientations la politique budgétaire. Il est à craindre que les parlements nationaux se voient cantonnés dans un rôle mineur s’ils ne réa­ gissent pas. Dans mon rapport, je propose que les changements de procédure budgétaire définis au niveau européen soient l’occasion pour notre Parle­ ment d’être impliqué plus tôt dans la procédure budgétaire, au moment où sont fixées les grandes orientations, plutôt que de se limiter à commenter les décisions du gouvernement. Cela favoriserait, au Luxembourg, le débat public sur l’orientation à moyen terme des finances publiques.»

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Budget 2011

Une transparence à améliorer Autant que la situation économique et financière du pays, la manière de présenter les chiffres fait débat. Le gouvernement  est montré du doigt pour son manque de clarté et de précision dans la communication de certaines données de base. Jean-Michel Gaudron

Comme chaque année, les débats autour du projet de loi de budget ont permis aux chambres professionnelles et aux organismes paraétatiques, de prendre position, dans le cadre de leurs avis, sur la situation économique et financière du pays, tout en critiquant ouvertement un certain nombre de mesures et d’approches prises par le gouvernement. Car, bien souvent, au-delà des mesures envisagées pour redresser les comptes de l’Etat et, notamment, parvenir à un retour à l’équilibre des comptes publics pour 2014, c’est bien souvent la «matière première» utilisée qui fait débat. Et à ce titre, la Commission des Finances et du Budget (Cofibu) de la Chambre des députés ne manque pas, une nouvelle fois, de relever «le foisonnement de données statistiques de tout genre, laissant une large place à l’interprétation» et de juger «primordial d’améliorer nos structures et procédés de suivi et d’évaluation de la situation des finances publiques, notamment par un renforcement et une systématisation de la collaboration entre les principaux acteurs dans ce domaine». C’est pourquoi la Commission «invite le Gouvernement à prendre, sans faute, les mesures nécessaires pour améliorer le flux des informations économiques et financières entre les instances compétentes (IGF, STATEC, BCL) et optimiser les analyses et les projections macroéconomiques et budgétaires». Elle souhaite notamment que soient améliorés les instruments d’évaluation des recettes fiscales et se rallie, par là même, aux critiques régulièrement émises par la Cour des Comptes. Prévisions de recettes «imprécises»

Cette dernière s’estime handicapée dans le bon exercice de sa mission de contrôle de la légalité et de la régularité des recettes et des dépenses, mais aussi de la bonne gestion financière des deniers publics. «La Commission parlementaire avait déjà dénoncé cet état des choses dans son rapport sur le projet de budget 2008 en constatant que ‘le dépôt du projet de loi […] semble être pour le gouvernement un simple acte formel’. Or, la Cofibu souhaiterait, à cette occasion, rappeler au gouvernement que la notion de ‘rendre des comptes’ va bien plus loin qu’un simple exercice comptable, sur quelques pages dactylographiées.» Certes, le ministre des Finances avance l’argument que les effectifs limités de l’Inspection générale des Finances et de la Direction du Trésor ne

La Commission des Finances et du Budget rappelle au gouvernement que «la notion de ‘rendre des comptes’ va bien plus loin qu’un simple exercice comptable, sur quelques pages dactylographiées».

permettent pas de produire une documentation plus complète et détaillée. Mais la Commission des Finances et du Budget n’en insiste pas moins auprès du ministère pour obtenir à l’avenir – pour elle, mais aussi pour la Cour des comptes – «toutes les informations nécessaires au bon accomplissement de leurs missions». Et de rappeler que la Cour des comptes constate, depuis des années, des variations importantes entre des prévisions de recettes perpétuellement «imprécises» et les recettes effectivement encaissées, appelant les administrations fiscales à repenser leurs approches actuelles pour établir les prévisions budgétaires. Une position que la Cofibu avoue «partager», tout en reconnaissant qu’au cours des dernières années, les documents qui lui sont remis par les administrations fiscales «ont gagné en contenu et ont ainsi contribué à augmenter la transparence en matière d’évaluation des recettes fiscales».

Autre obstacle à la clarté des débats mis en avant par la Commission parlementaire, présidée par le député CSV Michel Wolter (ancien ministre de l’Intérieur et ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative): les modes de calcul qui diffèrent entre la comptabilité nationale, selon laquelle est analysé le budget de l’Etat, et les règles du Système européen des comptes nationaux et régionaux (SEC 95), qui servent à l’établissement du budget de l’Administration centrale. Sont notamment dans le collimateur une «partie non négligeable des recettes et des dépenses» qui sont «débudgétisées» du budget classique (c’est le cas, par exemple, des dépenses des fonds spéciaux), alors qu’elles sont reprises dans les budgets et les comptes de l’Administration centrale. «Il en va de même des recettes propres et des dépenses des services de l’Etat à gestion séparée (SEGS) et

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Loi du 2 décembre

Photo: Luc Deflorenne (archives)

Paquet fiscal allégé En marge des discussions relatives au projet de loi sur le budget, la Chambre des députés a adopté, le 2 décembre, la loi n° 6166 portant introduction des mesures fiscales relatives à la crise financière et économique. Par rapport à sa version «théorique» adoptée en conseil de gouvernement en juillet dernier, ce paquet de mesures a été quelque peu allégé au fil des semaines, notamment suite aux accords bipartites établis en septembre dernier avec les partenaires sociaux. Ainsi, la réduction de moitié du forfait kilométrique pour frais de déplacement a-t-elle été supprimée, amputant de quelque 50 millions d’euros le montant présumé des recettes fiscales. De même, le mécanisme permettant d’économiser jusqu’à 20.000 euros sur les droits d’enregistrement et de transcription lors de l’achat d’un logement (Bëllegen Akt) est finalement maintenu en l’état, et non plus soumis à des plafonnements liés aux revenus, ce qui aurait rapporté environ 70 millions d’euros supplémentaires dans

des établissements publics», constate la Cofibu, qui demande au gouvernement «d’étudier toutes les possibilités pour apporter plus de convergence dans les deux méthodes de présentation du budget, notamment en réduisant la débudgétisation à un strict minimum, ce qui pourrait d’ailleurs constituer un premier pas vers la restauration du principe de l’unité budgétaire qui a été vidé de son sens au cours des dernières années». Sur ce point, la Commission rejoint également l’avis de la Chambre de Commerce qui estime que «la débudgétisation accrue de certaines opérations budgétaires doit aller de pair avec une transparence irréprochable». «Une pirouette difficile à suivre»

Le Conseil d’Etat, lui aussi, ne manque pas de rappeler le gouvernement à son devoir de documentation et lui demande, par exemple, de quantifier ses

les caisses de l’Etat. En outre, la contribution de crise, à charge des personnes physiques, et dont le taux a été fixé à 0,8% des revenus, ne sera, dans un premier temps, prélevée que pour la seule année 2011, alors qu’il était initialement prévu qu’il en soit automatiquement de même pour 2012. L’ensemble des mesures votées début décembre aura tout de même une incidence totale de quelque 650 millions d’euros sur le solde de l’administration centrale. Parmi les dispositions définitivement adoptées, on trouve l’augmentation d’un point de pourcentage (à 39%) du taux d’imposition marginal maximal sur le revenu des personnes physiques, la hausse de l’impôt de solidarité, de 2,5 à 4%, et du taux de la contribution au Fonds pour l’emploi (à 6%) au-delà d’un certain revenu imposable (150.000 euros en classes 1 et 1a ou 300.000 euros en classe 2). Enfin, l’âge d’attribution du forfait d’éduction a été relevé de 60 à 65 ans. Pour les entreprises, la note sera également un

objectifs relatifs à la politique budgétaire de l’Etat central pour les exercices 2011-2014, à documenter son déficit prévisible et à ébaucher un paquet de mesures permettant de se rapprocher des objectifs préalablement quantifiés pour les prochaines années. «Le Conseil d’Etat estime qu’en l’absence d’une telle documentation, il est difficile de se prononcer en connaissance de cause sur la pertinence du plan d’assainissement proposé.» De son côté, la Banque Centrale du Luxembourg, qui regrette l’absence, dans le pays, d’un comité indépendant d’experts chargé de suivre l’évolution budgétaire, plaide pour la mise en place d’un «tableau de bord recensant les paramètres essentiels concernant les recettes et les dépenses courantes et mis à jour à cadence régulière [qui] faciliterait l’exercice de projection budgétaire». La BCL explique être confrontée à un manque de transparence en ce qui concerne l’accès aux

peu plus salée, avec une augmentation de 60 à 80% du taux maximal de l’amortissement spécial pour des investissements réalisés dans l’intérêt de la protection de l’environnement et de la réalisation d’économies d’énergie, l’augmentation de 4 à 5% de l’impôt de solidarité (contribution au Fonds pour l’emploi) à charge des collectivités ou encore l’introduction d’une imposition minimale de 1.500 euros pour les organismes à caractère collectif pour lesquels la somme des immobilisations financières, valeurs mobilières et autres avoirs en banque dépasse 90% du total du bilan. A côté de ce durcissement de certains impôts, quelques mesures «positives» ont été également été approuvées, comme l’augmentation d’un point de pourcent du taux de la bonification d’impôt pour investissement global, ainsi que de la bonification d’impôt pour investissement complémentaire, «dans le but de renforcer la compétitivité des entreprises», explique l’exposé des motifs de la loi. J.-M. G.

données mensuelles ou trimestrielles de finances publiques. «Un accès effectif, régulier et automatique à ces données permettrait de détecter à temps les inflexions de la situation des finances publiques», estime-t-elle, plaidant pour une transmission automatique et régulière d’indicateurs tels que l’évolution intra-annuelle (mensuelle ou trimestrielle) des recettes de différents impôts. On comprend mieux, dès lors, que la Commission des Finances et du Budget évoque «une pirouette difficile à suivre» pour ce qui est de l’analyse financière du budget. Autant d’acrobaties et de grands écarts qui n’empêcheront évidemment pas le budget d’être voté en ce début décembre. Il faudra ensuite attendre un an pour savoir si toutes ces revendications auront été entendues et dans quelle mesure le gouvernement aura enfin daigné clarifier la copie budgétaire qu’il présentera à l’automne 2011.

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Retrouvez, au fil du temps et de leur publication sur www.paperjam.lu, les principales informations économiques et financières du Luxembourg.

Luxembourg School for Commerce

Entre le 12.11.2010 & le 02.12.2010

Publié le 12.11.2010

Ernst & Young

Nouvelle récompense en private equity Publié le 12.11.2010

Le cabinet Ernst & Young a été récompensé en tant que «cabinet de conseil de l’année en private equity au Luxembourg», à l’occasion des Global Awards 2010 décernés par le magazine InterContinental Finance. Il avait déjà reçu une récompense similaire en juin dernier, de la part du maga­ zine spécialisé Corporate International. Dans ce dernier cas, c’est un panel d’experts indépendants qui a procédé au vote, alors que pour l’InterContinental Finance Award, il s’agit d’un vote décerné par un public de professionnels, qui ont évalué les sociétés au service des acteurs du private equity au Luxembourg.

Formation en management d’entreprise La Luxembourg School for Commerce et l’Institut Universitaire International Luxembourg, en étroite coo­ pération avec HEC Ecole de Gestion de l’Université de Liège, lanceront à partir du 20 janvier 2011, et pour la cinquième fois, la formation «Management d’entreprise pour cadres et dirigeants»: un programme de perfectionne­ ment à la gestion et d’appui au développement des entreprises, ciblant plus particulièrement les acteurs qui sont décisionnaires ultimes de leur entreprise. Cette formation s’adresse à des diri­ geants de PME/PMI ou d’unités qui ont une expérience signifi­ cative dans la gestion de leur entreprise, à des cadres ou futurs cadres qui justifient d’une expérience professionnelle de trois ans minimum, des respon­ sables de filiales ou d’unités autonomes au sein d’un grand groupe et des responsables bancaires travaillant en relation étroite avec des dirigeants de PME/PMI. www.lsc.lu

Mario Hirsch

«Tout le monde peut se proclamer journaliste» Publié le 15.11.2010

Co-organisateur des European Media Days (avec le Centre National de l’Audiovisuel) qui se tiennent les 18 et 19 novembre à Dudelange, Mario Hirsch, le directeur de l’Institut Pierre Werner, explique que c’est le succès d’une première manifestation analogue, organisée en 2008 à Paris, qui a poussé à réé­ diter l’expérience. «En outre, la communication et les tech-

nologies de l’information sont un des créneaux où le Luxembourg est très actif, préciset-il. Il faut donc se donner la peine de réfléchir à la régulation, à la gouvernance d’Internet, aux modèles économiques qui vont prévaloir.» Si, à ses yeux, le média Internet ne fera pas, demain, disparaître le média papier, la remise en cause du travail journalistique en lui-même reste un défi majeur. «Beaucoup de gens traitent leur présence sur Internet comme une espèce de sous-produit ou de produit dérivé de ce qu’ils font sur le papier, à la radio ou à la télé. Or, ce n’est pas suffisant.

Photo: Luc Deflorenne (archives)

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Photo: Ernst & Young

actualité

Mario Hirsch

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Trois questions à Xavier Buck

«Une meilleure visibilité à l’international»

Photo: Luc Deflorenne (archives)

Photo: Gerry Stegmeier

Interview par Jean-Michel Gaudron, publiée le 16.11.2010

Xavier Buck (Datacenter Luxembourg)

Photo: Michel Brumat/Université du Luxembourg

Datacenter Luxembourg, qui vient d’acquérir 40% de la société d’hébergement Internet Root, élargit sa palette de services vers le segment des serveurs dédiés low cost. Explications avec son co-fondateur et chairman Xavier Buck.

Rolf Tarrach, recteur de l’Université du Luxembourg, et son homologue de l’Université de Bamako, Amadou Diallo

Il faut que se développe un journalisme d’un genre nouveau. Les contraintes sont différentes. Cela dit, tout le monde peut se proclamer journaliste. Regardez les très nombreuses réactions rédigées par les internautes sur les sites d’informations. Ce n’est certes pas du journalisme, mais c’est une façon de s’exprimer, qui va bien au-delà ce que permettait la presse écrite.» A l’occasion des Media Days, le sujet des réseaux sociaux est évidem­ ment abordé. «Tout cela n’est pas très rassurant pour les journalistes, qui perdent un peu de leur superbe. Mais il faut vivre avec, car ce n’est pas forcément négatif. Cela peut créer une nouvelle dynamique pour mieux associer les utilisateurs avec les moyens de commu­ nication.»

Luxaviation

Un nouvel avion Publié le 15.11.2010

La société luxembourgeoise d’aviation d’affaires Luxaviation a agrandi sa flotte, avec l’acqui­ sition d’un avion Challenger 300, de la société canadienne Bombardier. C’est le deuxième appareil opéré par Luxaviation qui ne disposait jusqu’alors que d’un seul Cessna Citation XLS. «L’ajout de cet avion est crucial pour le développement de la société. Ceci nous permet d’offrir un choix unique aux clients luxembourgeois et de pouvoir les servir dorénavant aussi pour les déplacements plus lointains et d’être plus flexible quant au nombre de passagers, mais aussi

aux prix», explique Patrick Hansen, le CEO. Ce Challenger 300, qui dispose d’une capacité de neuf passagers, peut ainsi amener les clients en direct vers Dubaï, Montréal et même les îles Maldives.

Université du Luxembourg

Echanges avec l’Afrique de l’Ouest Publié le 15.11.2010

L’Université du Luxembourg a conclu un partenariat avec l’Université de Bamako (Mali). Après celui signé avec l’univer­ sité capverdienne, l’institution luxembourgeoise confirme sa

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Monsieur Buck, quelle est la genèse de cette prise de participation? «Cela fait deux ou trois ans que cha­ cun regarde ce que fait l’autre et comment chacun évo­ lue. Nous avons donc assisté à la forte croissance de la société Root, qui a développé une offre de serveurs dédiés bon marché qui est aujourd’hui payante, car la société dispose d’une vraie taille critique, avec plus de 2.000 serveurs dédiés. Ils visent notamment des socié­ tés actives dans le commerce électronique, qui ont des grands besoins en serveurs, mais à bas coût. Très peu ont réussi à le faire depuis le Luxembourg. En même temps, et personne ne le sait vraiment, Root a développé le backbone Internet le plus puissant du Luxembourg, qui assure à lui seul le transit de presque 30 Gbits de bande passante vers l’étranger. Même l’Entreprise des P&T n’a pas autant de bande passante. Au fil des discussions, nous avons réussi à les convaincre que, tous les deux, nous grandirions plus vite. Quel est l’investissement? «Nous procédons à une augmentation de 40% du capital de la société Root (au 31 mars dernier, le capital de Root était de 240.000 euros, ndlr.), mais nous n’en communiquons pas le montant. Ce que je peux vous dire, c’est que tous les investisseurs actuels de Datacenter Luxem­ bourg ont confiance en notre stratégie. Quelles synergies envisagez-vous avec cette opération?«Nos business models sont très complé­ mentaires. Eux travaillent plutôt sur une approche low cost, avec un centre d’hébergement qui est classifié Tier I ou Tier II (les deux premiers niveaux de classifi­ cation sur une échelle de quatre, ndlr.). Pour notre part, tous les centres d’hébergement auprès de qui nous sommes actifs sont classifiés Tier IV. Autrement dit, à nous deux, nous couvrons toute la palette possible de services d’hébergement et Datacenter pourra désor­ mais confier à Root des offres qui ne pouvaient pas, jusqu’à présent, être honorées, car nous ne disposions pas de cette gamme de services. Désormais, nous allons faire jouer cette complémenta­ rité le plus possible, en ayant une politique de commer­ cialisation plus agressive, notamment à l’international, grâce à une palette de services plus large et une meilleure visibilité. Nous avons pas mal de choses en sommeil, comme le nom de domaine hosting.lu, que nous allons désormais pouvoir réveiller.»

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CRISE IRLANDAISE

Le Luxembourg pourrait en profiter

Photo: Mfin

Photo: Lombard International Assurance

Par Nicolas Raulot, publié le 16.11.2010

Luc Frieden, ministre des Finances et Felipe Larrain, son homologue chilien

Les fonds de pension chiliens menacent de retirer leurs avoirs de Dublin, principal concurrent du Grand-Duché, après la dégradation de la dette souveraine de l’Irlande. Le Luxembourg va-t-il profiter de la crise irlandaise et de la perte de confiance des investisseurs envers Dublin, son grand rival dans l’industrie des fonds? Un tel scénario semble s’amorcer à partir du Chili. Depuis le mois dernier, en effet, le régulateur des fonds de pension de ce pays a placé l’Irlande sous surveillance. Motif: l’agence de notation Fitch a dégradé la note de la dette souveraine irlandaise de AA- à A+. Or, les textes locaux interdisent aux fonds de retraite d’investir dans des pays dont le rating est inférieur à AA-. Composée de sept membres, la Comision Califocadora de Riesgo (CCR) doit se réunir le 30 novembre pour statuer. Des responsables irlandais font actuellement des pieds et des mains auprès des autorités chiliennes pour éviter une telle décision.Avec environ 6 milliards de dollars, les som­ mes en jeu sont minimes au regard des 1.800 milliards d’euros (2.400 milliards de dollars) de l’industrie irlandaise des fonds. Un précédent

Mais un tel retrait créerait un précédent et sèmerait le doute dans l’esprit des investisseurs internationaux et des professionnels. L’épisode intervient par ailleurs à un moment critique, alors que le Parlement européen vient de voter la directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers) sur les fonds alternatifs, un domaine où l’Irlande détient le leadership en Europe. Le Luxem­ bourg, première terre d’accueil des fonds internationaux et challenger de Dublin sur les hedge funds, peut donc espérer tirer parti des difficultés irlandaises. On comprend, dans ces conditions, que Luc Frieden et les représentants de la Place aient accordé le plus grand soin au voyage de promotion du secteur financier effectué à la fin du mois dernier en Amérique du Sud. La première étape du périple était justement Santiago du Chili. Le ministre des Finances y a rencontré son homologue chilien, Felipe Larrain, le 25 octobre. Il ne fait pas de doute qu’il lui a rappelé la note triple A attri­ buée par les trois agences de notation au Grand-Duché de Luxembourg. «Les fonds de pension chiliens investissent d’ores et déjà une importante partie de leurs avoirs dans des fonds d’investissement luxembourgeois, grandement estimés pour leur qualité, leurs objectifs interna­ tionaux et leur caractère inhérent de protection des investisseurs», a rappelé le gouvernement à l’occasion de ce voyage.

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collaboration à l’aide apportée par le Luxembourg à certains pays en voie de développement. Cet accord devrait permettre l’échange d’étudiants et de doctorants, mais aussi l’éta­ blissement de projets de recherche communs. Deux chercheurs (Arnaud Bourgain, assistant-professeur en éco­ nomie, et David Hiez, profes­ seur en droit) ont d’ailleurs déjà, lors d’un déplacement à Bamako, préparé le terrain pour un travail commun dans les domaines du droit et de l’économie. L’Université du Luxembourg compte y envoyer deux pro­ fesseurs pour y enseigner des matières telles que l’intégration de l’économie régionale, l’éco­ nomie de l’environnement et du développement durable ainsi que l’économie du développe­ ment. En contrepartie, un pro­ fesseur de Bamako viendra donner des cours à l’université luxembourgeoise. Un échange d’enseignants est, de ce fait, prévu dans des secteurs juridiques, à savoir, le droit des sociétés et le droit des obligations.

KBL

Jacques Peters adoubé

de faire valider l’opération par les régulateurs des dix pays où l’établissement est présent.

Publié le 15.11.2010

C’est effectif et officiel à compter de ce lundi 15 novembre. Jacques Peters, 53 ans, devient CEO de KBL European Private Bankers, en remplace­ ment d’Etienne Verwilghen. La désignation, déjà annoncée en mai, a été approuvée le 20 octobre par le conseil d’administration de la banque du boulevard Royal. «Cette succession, longuement préparée au sein du groupe, s’inscrit dans la continuité de la stratégie de KBL European Private Bankers et a reçu le soutien unanime des actionnaires, tant du groupe KBC que du groupe familial Hinduja, qui s’est récemment porté acquéreur de KBL European Private Bankers», explique le commu­ niqué. Etienne Verwilghen, pour sa part, reste au conseil d’administration. Il reste que l’acquisition de 1,35 milliard d’euros par le groupe indien n’est toujours pas finalisée à ce jour. Six mois se sont écoulés depuis l’annonce du 21 mai. Le bouclage était initialement prévu pour fin septembre­-début octobre, avant d’être reporté à fin octobre­-début novembre. Mais c’est toujours l’attente. La banque explique toujours ce retard par la lenteur admi­ nistrative et par la nécessité

Lombard International Assurance

Accord avec Norkom Communiqué le 16.11.2010

Lombard International ­Assurance, la première compa­ gnie d’assurance-vie paneuro­ péenne du Luxembourg, a choisi les solutions logicielles de lutte contre la criminalité financière et de conformité de Norkom Technologies pour renforcer son cadre de protec­ tion et prendre en charge sa mise en conformité continue avec les réglementations natio­ nales et internationales, dont la 3e directive de l’UE sur le blan­ chiment des capitaux applica­ ble au secteur de l’assurance. Les solutions Anti-Money Laundering et Customer Due Diligence de Norkom, notamment, permettent à Lombard d’amélio­ rer sa capacité à surveiller et à analyser ses transactions de police, ainsi que d’effectuer un profilage des risques clients sur toute la durée de vie des polices, en mettant à jour les cotes de risque selon l’activité du client.

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26 actualité

“The question is how do we grow our market share” Nigel Fielding (HSBC)

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“ I thought we’d stay three years” Fielding arrived in Luxembourg from the UK – via Boston then Hong Kong – in 1999, when he joined the Bank of Bermuda, which was acquired by HSBC in 2004. “When I arrived, I thought we’d stay three years. I’m still here 11 years later!” He adds: “I [recently] started my 33rd year in banking, and I still love it,” says Fielding. “I wake-up loving it. This is my passion. If it wasn’t my passion, I wouldn’t do it.”

Global Giant

New HSBC head has big plans Nigel Fielding, the bank’s new chief in Luxembourg believes HSBC has  been underperforming in the Grand Duchy. What changes does he have in store? Aaron Grunwald (text), Julien Becker (photo)

Nigel H. Fielding took the reins of HSBC in Luxem­bourg in October 2010, when he was named to the newly created position of Country Chief Executive Officer. He is a man with big plans for the big international bank, which he says has been under-represented in the Grand Duchy. “For the businesses we’re in today, I’d like to see them multiplied by two or three in the coming years,” he says. Fielding explains that at the beginning of 2010, the structure of HSBC’s global management changed, which included the creation of a new Continental Europe CEO position because the region “wasn’t getting the attention it deserves.” The revamped management team then looked at its Luxembourg operations, which owing to a string of acquisitions consist of three banks, three asset management firms and a fund services company. Yet -- unusually for HSBC, Fielding says – there had never been a country chief executive. He’s optimistic about the current state of the Luxembourg market, happily noting “the construction cranes are back again. That’s a good sign.” Fielding will direct all HSBC businesses and activities in Luxembourg, however each HSBC business will remain a separate operation. Field-

ing says the bank in a strong position today. While “2009 was a very difficult year -- and we’re still not out of the woods yet -- we were slightly counter-cyclical” to the financial crisis. “We have been hiring,” Fielding enthuses. He states the bank’s headcount has increased ten percent in Luxembourg the last 12 to 18 months, with 660 total staff today. To move higher up the top 10

While no major changes are imminent, Fielding is currently assessing how to boost his current operating units. “We’re in three good businesses that are very attractive internationally,” Fielding reckons. “The question is how do we grow our market share” which “is a bit small given HSBC’s size.” In the Grand Duchy’s two trillion US dollar fund business, Fielding states the bank has market share “in the 20’s” and there “certainly is scope for growth given the market and our proposition.” Fielding would also like to move HSBC “higher up the top 10” in the 300 billion US dollar Luxembourg private banking sector. The Country CEO is also undertaking a strategic review of what new businesses to launch. “There’s a great opportunity to building on what we have, to bring new products that we have in other markets to Luxembourg.” For example, he is

taking a serious look at commercial banking, considering the number of highly international corporations based or with operations here. “The light comes on in the room when we think about our international network.” Fielding is also examining the personal financial services space, again to take advantage of the bank’s strong international network and Luxembourg’s highly international population. Insurance is potentially “very interesting, perhaps more linked to wealth solutions,” he says. Fielding states it will take at least six months to complete his analysis and formulate HSBC’s new strategy, adding: “The great news, it’s all about growth.” Depending on how the bank’s expansion plans evolve, there is a good chance HSBC will be adding jobs in Luxembourg. “This is a people business. To increase your business, you need more people. Yes, we have the strength of an international network. But you can’t offer a local service without local know-how and local sources.” Additionally Fielding says the company’s “profile has been too low” in the Grand Duchy. HSBC moved into a high profile building on boulevard d’Avranches in Luxembourg City just a few months ago. “People now see the name, but there’s still more to do to raise our profile,” Fielding believes.

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28 actualité

TROIS QUESTIONS À JEREMY COXET

«30% de notre chiffre d’affaires est réalisé offline»

Photo: Vanksen

Interview par Nicolas Raulot publiée le 16.11.2010

Vanksen vient de décrocher la partie web du budget Orange Luxembourg. Présente au Grand-Duché, à Genève, Paris et New York, l’agence entend renforcer sa présence dans la communication offline, c’est-à-dire hors Internet (presse écrite, affichage, cinéma, radio, télévision). Monsieur Coxet, comment expliquez-vous que votre agence ait été retenue pour la partie web d’Orange Luxembourg? «Il faut d’abord rappeler qu’il s’agissait d’un appel d’offres global. Nous ne sommes pas une agence purement positionnée sur Internet. 30% de notre chiffre d’affaires est réalisé offline, par exemple, avec Arendt & Medernach ou BGL BNP Paribas, pour laquelle nous avons lancé la campagne Startin’, le nouveau programme jeune de la banque. En ce qui concerne Orange Luxembourg et le cas qui nous a été soumis lors de l’appel d’offres, celui des cartes prépayées, nous avons créé un dispositif global orienté sur une cible jeune et centré sur Internet. Je pense que cette stratégie leur a vraiment plu. Nos quatre agences nous ont permis de faire de la veille sur les prises de parole d’Orange au niveau international. Nous avions déjà travaillé avec eux sur le marché français. A votre avis, pourquoi Orange Luxembourg a-t-elle choisi Mikado et pas Vanksen pour la partie offline? «Je pense qu’ils ont voulu valoriser une complémentarité entre deux agences et trouver un mix intelligent entre deux sources créatives. Très clairement, ce n’est ni le offline, ni le online qui prend l’ascendant créatif sur l’autre. En fonction des problématiques de la cible et de l’objectif, l’un ou l’autre prendra le lead. Aucune répartition budgétaire n’a encore été annoncée. On comprend que vous être une agence web et que vous voulez vous diversifier dans le offline… «Nous ne sommes pas une web agency qui construit des sites Internet. Nous sommes une agence de communication et cela fait plusieurs années que nous nous diversifions. Nous faisons le chemin inverse de la plupart des agences. En fait, c’est le marché qui a évolué. Il y a trois ou quatre ans, les annonceurs cloisonnaient leur prise de parole. Aujourd’hui, ils perçoivent l’intérêt de cumuler le online et le offline. De plus, nous étions déjà rentables avant cette inflexion. Pour financer notre croissance, nous avons levé 4 millions d’euros en mai dernier, par le biais du fonds d’investissement Quilvest. Je pense qu’il s’agit de la plus grosse levée de fonds sur le marché de la communication en période de crise. C’est une grosse somme d’argent à l’échelle du Luxembourg, mais aussi à Paris.»

Photo: David Laurent/Wide (archives)

Jeremy Coxet (Vanksen)

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L’accord signé avec Lombard fait de Norkom le premier fournisseur de solutions de conformité financière au secteur européen de l’assurance. Le prestataire informatique fournit déjà des solutions de ce type à de nombreux acteurs tels que AXA, Bâloise Group, CNP Assurance, Generali, Co-operative Insurance ou encore Delta Llloyd.

BNP Paribas

Un poids lourd au Luxembourg Publié le 17.11.2010

Entamé à l’automne 2008 avec la faillite de Fortis, le processus d’intégration de BNP Paribas Luxembourg dans la nouvelle entité BGL BNP Paribas est désormais achevé. La fusion juridique a été réalisée le 1er octo­ bre dernier et la bascule opérationnelle a été réussie lors du week-end du 30 octobre. Le personnel des différents

métiers de l’entité fusionnée a été regroupé au siège du 50 avenue Kennedy au Kirchberg. Les locaux de Howald de l’exBNP Paribas Luxembourg sont réservés à l’activité des fonds d’investissement. BNP Paribas affirme sa position de leader, et même de poids lourd au GrandDuché, en devenant le premier employeur bancaire du pays (plus de 4.200 employés) et le deuxième, toutes sociétés confondues, derrière ArcelorMittal. L’établissement peut compter sur un actionnariat solide et stable (BNP Paribas à 66%, Etat luxembourgeois à 34%) pour poursuivre son développement au sein d’un groupe international qui emploie plus de 202.000 collaborateurs dans le monde. La banque continue à recruter, alors qu’une centaine de collaborateurs ont profité ces derniers mois d’un package de départ en retraite anticipée. Cette importante opération a donc été réalisée sans casse sociale. La présentation à la presse de l’ensemble des activités et services de la banque, sans aucune annonce particulière, a donné l’impression d’un rouleau compresseur et d’une mécanique bien huilée, mais manquant aussi un peu de relief et d’aspérités.

HSBC Private Bank

Claude Schettgen est parti Publié le 17.11.2010

Claude Schettgen ne travaille plus chez HSBC Private Bank, l’entité de gestion de fortune de l’établissement sino-britan­­ nique. La banque parle d’une séparation par «consentement mutuel». Son départ remonte à quelques semaines. Le Luxembourgeois avait été recruté au début de l’année dernière en tant que responsable de l’équipe Central and Eastern Europe. Le site Internet de la banque indique que György Sass lui succède. C’est Pierre Françon qui chapeaute l’activité private banking de HSBC au GrandDuché. Intervenant de la «chronique financière», interview vidéo diffusée chaque semaine sur paperjam.lu à propos de l’actualité économique et financière internationale, il anime également des chroniques radio. Claude Schettgen avait quitté la Dexia BIL, son précédent employeur, à la fin de 2008.

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«Faire l’effort de comprendre la plus importante des économies émergentes»  Jean-Claude Juncker (Premier ministre)

Global China Business Meeting

Le Grand-Duché du milieu D’éminents représentants luxembourgeois accueillent les quelque 350 leaders économiques  chinois présents à Luxembourg à l’occasion du forum organisé par Horasis. Objectif:  capter les investissements en direction de l’Europe émanant de la politique de «go out» chinoise. Pierre Sorlut (texte), Julien Becker (photo)

Considérer le Luxembourg comme la «porte d’entrée des investissements chinois en Europe». Voici ce que le Grand-Duc héritier Guillaume et le comité d’accueil VIP souhaitent faire entendre aux représentants des entreprises chinoises se découvrant une vocation internationale. Et toutes les occasions sont bonnes pour le leur répéter, à commencer par le Global China Business Meeting organisé fin novembre à Luxembourg, à l’initiative du think tank suisse Horasis et avec les autorités luxembourgeoises à la baguette. Arrivés la veille des conférences, les dirigeants économiques chinois ont été «réceptionnés» au château de Septfontaines par le Grand-duc héritier et le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké. Au cours de la soirée, échanges de cartes et discours se sont enchaînés. Le premier a insisté sur la capacité du Luxembourg à distribuer les exportations chinoises en Europe, du fait de sa position centrale. Entre les lignes, le second a rappelé que le gouvernement saurait prêter une oreille attentive aux attentes des acteurs asiatiques. Le dossier «Chine» est certainement celui qui cristallise le plus d’attention au sein de son ministère. Car, comme le souligne Liang Xinjun, CEO du groupe Fosun qui a récemment racheté 7,1% du

capital du groupe français Club Med et qui travaille avec Carlyle dans le domaine du capital-investissement, «les investissements chinois ont augmenté de plus de 50% par an depuis le début des années 2000», pour représenter un montant de 43,3 milliards de dollars (ou 32 milliards d’euros) en 2009. Celui dont la carte de visite figure parmi celles les plus demandées se propose «d’aider l’industrie des services financiers et des produits de consommation  à entrer sur le marché chinois. Nous partagerons le risque», dit-il. Toujours selon l’intéressé, «les fonds chinois doivent avoir accès au marché européen». Il invite donc à «bâtir une plate-forme», pour les accueillir. Cet appel est-il entendu? On n’en doute pas vraiment à voir les prétendants tomber sur lui à la fin du panel auquel il a participé. Au rythme du renminbi

Le ministère de l’Economie en est conscient. Du fait de la convertibilité limitée du renminbi, la devise locale, les investissements des entreprises chinoises suivront les banques nationales. Or, deux d’entre elles ont déjà pignon sur Place, Bank of China et ICBC. Cette dernière, dotée d’une capitalisation boursière de 224 milliards d’euros qui fait d’elle la plus grande banque du monde, vient de promouvoir sa branche au Luxembourg au rang de siège européen. Le Grand-Duché se positionnerait donc idéalement pour capter la potentielle

manne de capitaux entrants. D’autant que, comme le prétend Anthony Chan, président de la Chambre Internationale de Commerce à Hong Kong, «il est clair que les sociétés chinoises vont cesser de grandir verticalement pour se développer horizontalement». Parmi les stratégies privilégiées, les investissements via du headquartering semblent tenir la corde, à l’instar du premier producteur mondial de routeurs installé au Grand-Duché, Huawei Technologies. Des partenariats avec des sociétés européennes sont également envisagés. Le très écouté Liang Xinjung regrette que «les Chinois ne connaissent pas très bien le marché européen» et les invite «à y prendre racine via des sociétés disposant d’une image de marque solide». Un bémol cependant. Selon un micro-sondage réalisé en direct lors d’une table ronde modérée par Didier Mouget, managing partner de PwC, les investisseurs chinois ne privilégieraient pas des investissements en Europe, mais plutôt en Afrique ou au Moyen-Orient. Les entreprises chinoises reprochent à l’UE des barrières non tarifaires obstruant l’accès au marché unique, «notamment en termes de brevets», selon M. Chan. Alors que l’ère Meiji chinoise débute donc à peine, l’Europe et le Luxembourg souhaiteraient en tirer parti. Jean-Claude Juncker se constitue porte-parole de l’UE pour un jour, «le protectionnisme est à bannir».

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Carré de d Entrepreneuriat – Woman Business Manager of the Year 2010

Pour la cinquième édition de ce trophée décerné par Dexia BIL en vue de promouvoir le rôle de la femme dans l’économie luxembourgeoise, ce ne sont pas trois, comme les années précédentes, mais quatre finalistes que le jury aura à départager. Verdict en janvier 2011. Jean-Michel Gaudron (textes), Andrés Lejona (photos)

Amal Choury

Dans les nuages

Fabiana Caruso

Une quasi-vocation C’est en étant directement et personnellement confrontée à l’absence d’activités pour les jeunes mamans étrangères et les enfants en bas âge que Fabiana Caruso a entamé, en 2004, une réflexion qui a abouti à la création de Kids’Ville. Derrière ce nom, qu’on imagine tout droit sorti d’une aventure de Lucky Luke, se cache une crèche-centre de jour, qui peut accueillir des enfants de l’âge de six mois jusqu’à 12 ans, avec une très grande variété dans les infrastructures et les services. «Ce projet s’apparente à une quasi-­ vocation», explique cette Italienne de 39 ans, se rappelant du temps où elle était encore étudiante en économie internationale, à Naples, et qu’elle avait organisé un baby club sur la plage avant, un peu plus tard, d’ouvrir dans la même ville, «par jeu» un centre de loisirs pour enfants. Même si son parcours professionnel l’a, ensuite, éloignée de l’Italie, cette «vocation» ne s’est pas éteinte. Au cours de

son deuxième congé parental, en 2007, les idées qui ont germé depuis trois ans prennent corps et Mme Caruso couche sur le papier un business plan, exploitant au maximum ses connaissances en gestion acquises lors d’un MBA obtenu en 2003 auprès de la Sacred Heart University. Avec l’aide de son mari et d’un couple d’amis, ce projet devient finalement réalité en juillet 2008, avec l’inauguration de Kids’Ville. «Notre succès réside dans la stratégie de positionnement, explique-t-elle. Nous avons identifié une niche de marché et nous livrons des services intégrés, avec des activités à la fois ludiques, éducatives, tout en proposant un lieu convivial pour les parents qui souhaitent accompagner les enfants.» Fabiana Caruso a des ambitions inter­ nationales et aimerait bien implanter le concept Kids’Ville à l’Est de l’Europe. Le premier prix de ce Woman Business Manager of the year Award pourrait grandement l’aider.

Tout comme Domenica Fortunato dans le domaine du BTP, Amal Choury a percé dans un secteur d’activité majoritairement masculin: celui de l’informatique. Cette Française d’origine marocaine, âgée de 44 ans, qui avait commencé sa carrière en tant que consultante SAP en France, est devenue, en 2003, responsable IT du groupe Ciments Luxembourgeois, puis chief information officer du même groupe devenu Eurobéton. C’est à partir de cette position qu’elle a créé, en 2008, la société e-Kenz, en tant que spin-off du service informatique du groupe. La société se positionne comme le premier prestataire de services «SaaS pour SAP» au Luxembourg et dans la Grande Région, visant notamment des PME intéressées par les solutions SAP, mais ne disposant pas d’une organisation IT appropriée. e-Kenz a, en moins de deux ans, signé de nombreux contrats de services d’une durée de cinq ans (St Gobain Distribution, Luxconnect, Accumalux…) et a, dès son commencement, été profitable. «Nous avons eu la chance, au départ, de recruter l’équipe informatique expérimentée d’Eurobéton, puis nous avons connu une croissance importante avec des effectifs qui reflètent une parfaite parité avec quatre femmes et cinq hommes», explique Mme Choury, actionnaire à 40% de la société, aux côtés d’Eurobéton et de la société Delaware (30% chacun). C’est également elle qui a fondé, en 2009, le chapitre luxembourgeois de la communauté EuroCloud, active dans le domaine des technologies de virtualisation. Elle s’est, du reste, engagée pour organiser le premier congrès d’EuroCloud Europe au Grand-Duché. Et si elle gagne? «Le prix de 10.000 euros sera dédié à moitié à mon équipe. Je trouve important de la remercier pour la confiance et la motivation de tous. L’autre moitié sera consacrée à un projet social parrainé par le Rotary Club Luxembourg Schuman.»

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e dames Eva FERRANTI

Taille patron

Domenica Orofino-Fortunato

Vouloir, c’est pouvoir Les métiers du BTP sont, ultra majoritairement, des métiers d’homme. Voir une femme y exceller attire donc forcément l’attention. Et si Domenica Orofino-­ Fortunato, 46 ans, est, aujourd’hui, associée et gérante technique de l’Entreprise de plafonnage Jean Fortunato, ce n’est pas uniquement parce qu’elle est la fille de son fondateur. Lorsqu’à 29 ans, enceinte de ses deux filles, elle se lance dans des cours du soir de comptabilité, elle a déjà en tête un vrai projet entrepreneurial. «Je voulais démontrer que j’étais capable, même en tant que femme, de prendre la succession de l’entreprise familiale, explique-t-elle. Mais je ne voulais pas que les autres employés puissent penser que j’y parviendrais uniquement parce que je suis la fille du patron.» Pour apprendre le métier de maître-plafonneur, elle demande directement à… son père et travaille rapidement sur les chantiers, comme les autres employés de la société. «C’est ce que je voulais: être traitée comme tout le monde et pouvoir prouver qu’il n’y avait pas de favoritisme. Ce que j’étais en train d’obtenir,

c’était parce que je le méritais.» En décembre 2002, elle obtient le brevet de maîtrise plafonneur-façadier, avec un premier prix, délivré par la Commission de la Promotion du Travail. «Pour le moment, je suis la seule femme au Luxembourg à exercer ce métier», précise-t-elle. Portée par une philosophie de vie simplissime («Vouloir, c’est pouvoir»), elle espère que son exemple contribuera à faire en sorte que les femmes soient encouragées autant que les hommes à entreprendre une activité propre, si là est leur envie. «Je veux que tout être humain parie sur lui-même afin de montrer aux autres qu’ils peuvent le faire aussi.» Cette nomination dans le cadre de cette édition 2010 du Woman Business Manager of the Year Award couronne une année déjà bien riche pour elle, puisqu’elle a également été retenue parmi les onze femmes ambassadrices du Luxembourg pour le programme européen Fame (Femmes ambassadrices de l’entrepreneuriat, voir paperJam septembre-octobre 2010, page 44).

Avec son nom aux parfums d’Italie, on ne s’étonne pas qu’Eva Ferranti se soit spécialisée dans le domaine de la confection de costumes sur mesure. Pourtant, elle est bel et bien Luxembourgeoise – née dans la capitale – et c’est, du reste, la seule des quatre finalistes de l’édition 2010 Woman Business Manager of the Year Award. Agée de 38 ans, elle est, depuis 2000, gérante administrative et technique de la boutique de vêtements Adamo & Eva, alors établie dans le Grund. Son ambition à cette époque? Produire des costumes de très haute qualité à des prix concurrentiels et, pour cela, créer un centre de production qui puisse à la fois servir cette boutique, mais aussi d’autres partenaires dans le domaine de la distribution. Il fallait aussi, à moyen terme, mettre en place un réseau de distribution exclusif pour promouvoir la marque Eva Ferranti. «Il s’agissait en somme d’une intégration vers l’amont de l’activité existante, dans le but de s’assurer une production de qualité suffisante et de faire connaître la marque Eva Ferranti à un public plus large», explique-t-elle. La crise a cependant contrarié les projets initiaux, qui prévoyaient l’ouverture de plusieurs points, y compris à l’étranger (notamment à Genève). Luxembourg est donc resté le point de concentration d’une activité alors élargie avec, notamment, la création d’une ligne féminine. Désormais installée dans de plus vastes locaux au centre-ville, permettant un accroissement de la notoriété auprès d’une clientèle de passage plus importante, Eva Ferranti n’a pas abandonné l’idée de jouer à saute-frontières et d’ouvrir à l’étranger ses propres points de vente. «Il s’est avéré très difficile de travailler avec des revendeurs tiers, explique-t-elle, dans la mesure où la force du groupe se base avant tout sur le conseil professionnel et un service sans faille. Actuellement, nous avons une personne en stage qui est destinée à ouvrir la première boutique à l’étranger.»

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Place financière

Le Bâle peu populaire Le nouvel ensemble de mesures prudentielles sur les banques, dit Bâle III, vient d’être approuvé par le G20. Ses multiples implications pernicieuses suscitent le débat sur la Place. D’autres règles devront compléter l’édifice réglementaire. Pierre Sorlut (texte), Olivier Minaire et Luc Deflorenne (photos)

Avant la fin de l’année, le Comité de Bâle publiera l’ensemble des dispositions approuvées par le G20 pour répondre à la crise financière, puis les soumettra aux législateurs nationaux afin de les mettre en œuvre progressivement et au cas par cas. Ces règles, connues sous l’idiome «Bâle III» seront harmonisées dans l’Union européenne via la future directive fonds propres (CRD pour capital requirements en anglais) IV. L’objectif consiste à permettre aux banques d’encaisser les chocs, sans nécessiter l’intervention publique et sans affecter l’économie réelle. Le secteur bancaire luxembourgeois milite, en coulisse, pour que ces bouleversements n’aliènent pas sa compétitivité. Le professeur Jean Dermine analyse les impacts potentiels de telles mesures, par les critères qu’elles imposeront, ou par ceux qu’elles omettent (voir aussi son interview en page 37). «If a bank is too big to fail, then it is too big.» Le professeur de l’Insead aime à paraphraser le gouverneur de la banque d’Angleterre, Mervyn King, pour pointer du doigt des conséquences imprévues — mais prévisibles — des mesures préconisées par le Comité de Bâle. Au Luxembourg comme à l’Insead, on pressent que ces propositions iront, à terme, à l’encontre des objectifs poursuivis par le Comité, à savoir éviter les risques systémiques en cas de défaillance d’une banque. Pour Doris Engel, chef du département Comptabilité et titres de la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat, «se conformer aux ratios de solvabilité et de liquidité, ainsi que dérouler un projet administratif, n’est pas sans représenter un coût. Or, de ce fait, on augmente toujours la barre à l’entrée et les petites banques disparaîtront faute d’atteindre la masse critique.» La superposition de coûts créerait ainsi un terreau fertile pour la concentration bancaire et favoriserait les risques systémiques. Mais en spéculant sur les éventuels effets des propositions des gouverneurs des banques centrales et des représentants des autorités prudentielles participant au Comité de Bâle, Jean Dermine n’irrite pas tant les hauts fonctionnaires que les représentants de la place luxembourgeoise. Selon le professeur de l’Insead, l’augmentation du coût de l’intermédiation financière, «c’est-à-dire d’emprunter puis de garder les actifs au bilan, engendrerait un instinct majeur à la titrisation. Sur un plan pratique, cela veut dire que le Luxembourg, qui est toujours très rapide pour modi-

fier sa régulation bancaire, pourrait voir dans quelle mesure une nouvelle législation faciliterait la titrisation (transformation d’une créance peu liquide en titre de valeur mobilière cédé à un tiers, ndlr.)». Il envisage donc une forte expansion pour ce marché, mais semble briser, en le disant, un certain tabou, auquel Doris Engel veut bien réagir. «Comme le nucléaire»

L’intéressée, bien que soulignant «la connotation très négative de la titrisation», pense «que cette pratique va revenir». Fernand Hoffman, chef de la division Analyse financière de la BCEE, complète à l’aide d’une métaphore pour le moins explicite. «Cette technique n’est, en soi, pas mauvaise. C’est comme le nucléaire. Il n’est pas dangereux en luimême, mais il faut l’utiliser de manière intelligente. Si on titrise des actifs fiables, il n’y a pas de problème.» Serge De Cillia, membre du comité de direction de l’Association des Banques et Banquiers, Luxembourg (ABBL), s’en émeut également. «J’ai l’impression que le professeur Dermine considère que, à côté du private banking et des fonds, le Luxembourg est une Place qui ne fait que de la titrisation. Il faut nuancer.» Rappelant au préalable que les directives CRD II et III, en voie de transposition, imposent une retenue de 5% des actifs dans le portefeuille, il passe la patate chaude à ses voisins: «L’aspect titrisation pour compte tiers relève du domaine des cabinets d’avocats et cela nous ramène à ce par quoi la misère est arrivée, les banques d’affaires qui titrisent tout, y compris le futur sourire de la Joconde.» A charge donc des banques luxembourgeoises de veiller à la qualité des actifs titrisés. Jean Dermine regrette simplement que Bâle III ne s’attarde pas sur le sujet, car la titrisation résulte indirectement de l’imposition des coûteux ratios de solvabilité et de liquidité (voir encadrés). Un autre ratio de Bâle III inquiète les institutions bancaires luxembourgeoises. Il fait figure de pierre d’achoppement entre l’Europe d’un côté, et les Etats-Unis et la Suisse de l’autre, où il est déjà implémenté. Il s’agit du ratio de levier. «Ce ratio, explique Jean Dermine, correspond aux fonds propres sur l’actif total du bilan sans pondération des risques, et devrait être supérieur à 3% de l’actif total du bilan.» Pour M. De Cillia, «son calcul, bien trop simpliste, pénalise les banques qui remplissent dûment leurs obligations. Une banque qui aurait un portefeuille de crédits bien pondérés et bien diversifiés serait handicapée».

Dans un contexte où les banques passent du statut de poule aux œufs d’or à celui de vilain petit canard, la complainte du banquier reprend de plus belle. Serge de Cillia joue d’abord sur le «pathos». «Profitabilité du secteur financier et coût du crédit seront impactés. La question sera de savoir si une banque pourra faire un crédit au particulier pour qu’il s’achète un appartement ou si le boulanger pourra financer l’acquisition d’un équipement.» Idem à la BCEE où l’idée d’augmenter la tarification traverse déjà les esprits, en fonction bien sûr «de ce que fera le concurrent». Jean Dermine reconnaît là une supplique bien connue. «Cela a toujours été l’argument historique des banques que de parler des risques sur l’accès

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«Les textes qui sortent du Comité de Bâle sont le fruit de compromis» Serge De Cillia (ABBL)

Ratio de liquidité

Niveau de difficulté moyen

au crédit. Si vous augmentez le ratio de fonds propres, cela va augmenter le coût des prêts et avoir un effet négatif sur l’investissement.» Mais il précise sa pensée. «Pour moi, demander des fonds propres importants sur des prêts risqués me paraît normal. Charger des fonds propres sur des actifs portant peu de risque est davantage problématique. Cela augmente de manière inutile la marge et a des conséquences négatives sur l’économie.» Pour une autorité prudentielle indépendante

Alors Jean Dermine soumet quelques idées afin de compléter le dispositif et commence par s’en prendre aux autorités de contrôle, supposément

de mèche avec le politique. «Je suis étonné. Cette discussion n’a pas lieu dans les différents pays.» Allié à d’autres universitaires, et s’opposant de facto au rapport de la Rosière, il souhaiterait une indépendance totale des autorités prudentielles, au même titre que la Banque Centrale Européenne dispose d’une totale indépendance avec un mandat clair pour lutter contre l’inflation. Le professeur de finance prend en exemple les stress tests de juillet 2010 et la vacuité des hypothèses retenues. Pourquoi? «Tout simplement parce qu’ils ne sont pas indépendants. Les ministères des Finances y sont mêlés et soutenus par le lobby des banques. Une réelle autonomie des autorités prudentielles protégerait bien plus efficace- }  36

Le nouveau cadre réglementaire international du secteur bancaire se base sur deux ratios qui ne paraissent pas forcément légitimes aux yeux des banquiers luxembourgeois. Serge De Cillia fait valoir que «hormis deux institutions nécessitant un renforcement au niveau de la maison mère, toutes les autres se trouvaient dans une situation de liquidité confortable». La Place, grâce à ses deux grands métiers qui ramènent beaucoup de liquidité, la banque privée et les banques dépositaires, bénéficie de dépôts injectés sur le moyen-long terme. Il concède néanmoins. «Nous risquons peut-être d’avoir l’un ou l’autre souci, car l’impact sur le bilan des banques, sur les portefeuilles et sur les marchés financiers risque d’être extrêmement important. Mais nous avons plusieurs années devant nous.» Doris Engel, BCEE, le rejoint tout de go. «Nous avons le temps de nous y conformer, avant qu’ils ne deviennent obligatoires, et de revoir les paramètres bilantaires pour restructurer nos positions.» En effet, le ratio de liquidité à court terme est prévu pour implémentation en 2015, celui à long terme, en 2018. P. S.

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L’indépendance de la CSSF est remise en cause par le professeur Dermine.

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 { ment d’un risque systémique qu’une augmentation

des fonds propres.» Doris Engel acquiesce. «Après le G20 de Toronto, les Américains ont convaincu les Européens de mettre en place des stress tests pour calmer les marchés financiers. Leur origine était donc politique et reposait sur des hypothèses faibles. Les observateurs avertis avaient d’ailleurs remarqué leur manque de pertinence.» Mais la CFO de la Spuerkees ne jette pas pour autant le bébé avec l’eau du bain. Au contraire. Elle ne met pas en cause la CSSF. De même pour Serge De Cillia qui se félicite de la situation sur la Place. «Notre système fonctionne très bien avec, d’une part, la banque centrale responsable et indépendante, d’autre part, une institution de surveillance compétente qui surveille au niveau microéconomique les institutions financières.» Le représentant de l’ABBL verse même dans le prosélytisme lorsqu’il maintient que son association «a toujours soutenu la CSSF pour qu’elle ait les moyens de faire son travail et soutient son engagement dans un maximum de collèges de supervision européenne». Car la suite des négociations sur l’harmonisation du système bancaire européen se déroule maintenant entre Bruxelles, siège de la Commission européenne, Londres, siège du CEBS (Comité européen des superviseurs bancaires) et future EBA (Autorité bancaire européenne), et Bâle, où travaille la Banque des règlements internationaux qui héberge le comité de réflexion. Serge De Cillia partage même ostensiblement l’unité qui lie les

représentants du secteur bancaire luxembourgeois. «Lorsque nous communiquons directement auprès de [ces institutions], la CSSF et le ministère des Finances sont toujours en copie. Ils connaissent notre position et essaient de défendre les intérêts luxembourgeois. Mais tous les textes qui sortent du Comité de Bâle sont le fruit de compromis.» Ces instances supranationales travaillent donc main dans la main avec les Etats concernés et abordent, dans ces arènes, nombre de sujets qui ne rentrent pas sous la coupe du Comité de Bâle. C’est notamment le cas d’un sujet auquel Jean Dermine tient, celui du droit des faillites bancaires. Pour le professeur, «il faudrait créer un système où il serait beaucoup plus facile de mettre une banque en faillite, au moyen de règles juridiques spécifiques claires. Si une banque peut être mise en faillite, les créditeurs s’inquiéteront des risques pris.» Ses prières sont entendues. La Commission européenne lance, en décembre, un cycle de consultations afin de créer un cadre européen de gestion des crises dans le secteur financier. Le droit des faillites y est abordé. Un avocat du cabinet luxembourgeois Elvinger, Hoss & Prussen, Franz Fayot, travaille dans le groupe y afférent. Il sera bientôt possible pour l’autorité européenne «de prendre le contrôle des filiales bancaires en situation de préfaillite». Bâle III cristallise donc pour l’instant les attentions. Le développement de la directive sur la gestion des crises financières en méritera certainement tout autant, mais ne concernera que l’UE.

Ratio de fonds propres

Niveau de difficulté faible Le ratio de fonds propres constitue le deuxième socle de l’édifice réglementaire. Il ne semble néanmoins pas inquiéter les banques luxembourgeoises outre mesure. Si elles étaient auparavant gérées avec 2,5% de fonds propres, elles doivent l’être aujourd’hui avec 7%. L’augmentation est substantielle, mais Jean Dermine constate que déjà «beaucoup de banques remplissent ces obligations, non pas par choix, mais forcées par les agences de notation à augmenter les fonds propres». Cela ne bousculera donc pas les banques nationales. Confirmation auprès de Mme Engel: «Nos ratings comptent parmi les meilleurs mondiaux et c’est en partie grâce à notre solvabilité.» Le membre du comité de direction de l’ABBL cite un rapport de la CSSF et évoque un solvency ratio moyen 2009 de 17,5% pour la Place. «Dont 85% de common equity», précise-t-il. P. S.

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CV

Visiting Professor à Luxembourg

Photo: D. R.

Docteur ès sciences économiques de l’Université Catholique de Louvain et récipiendaire d’un MBA de l’Université Cornell, Jean Dermine est aujourd’hui professeur de banque et de finance à l’Insead. Il dispense également tous les ans un enseignement à la Luxembourg School of Finance. Il a publié de nombreux ouvrages et son dernier opus, Bank Valuation and Value-based Management (chez McGraw-Hill) lui a valu de nombreuses sollicitations, notamment par les instances de régulation. P. S.

Jean Dermine

« Instinct à la titrisation» Les principales mesures proposées par le comité de Bâle sont détaillées. Le professeur de finance à l’Insead craint une tendance naturelle des banques à placer un nombre important d’actifs hors bilan, en réponse au coût trop élevé de la liquidité. Pierre Sorlut (interview)

Monsieur Dermine, quelle est la logique sousjacente aux ratios de solvabilité et de liquidité préconisés par le Comité de Bâle? «Tout d’abord, la crise bancaire est à mon avis davantage due à un problème de liquidité plus qu’à un problème d’insolvabilité. Elle a débuté quand le monde s’est rendu compte que les banques avaient financé des actifs à long terme par des dettes à court terme. Le secteur financier s’est alors demandé où les banques trouveraient la liquidité et les fonds propres nécessaires au refinancement de ses actifs titrisés. Bâle III prévoit donc pour 2015, le liquidity cover­age ratio. Pour tous les emprunts bancaires à court terme, les banques devront détenir des actifs liquides qui leur permettent de faire face à des retraits bancaires sur un mois. Pour financer les portefeuilles d’actifs liquides à court terme, elles vont devoir émettre des titres à long terme. Le Grand-Duché a été moins affecté par la crise bancaire. Pourquoi ses banques devraient obéir à des règles de liquidité aussi strictes? «Sur un plan académique, la question est tout à fait valide parce qu’un des rôles fondamentaux de la banque est la transformation de maturité, à

savoir emprunter à court terme et financer les actifs à long terme. Or quand les autorités la contraignent à détenir des actifs liquides pour couvrir des dépôts à court terme, cela réduit très fortement ce rôle de transformation. Personnellement, je trouve que la règle de Bâle III, selon laquelle les banques doivent avoir des liquidités sur une période d’un mois, me paraît tout à fait exagérée et coûteuse. Car si une banque fait face à une crise de liquidité à court terme lors d’une panique bancaire, mais qu’elle reste solvable, dans ce cas, il est tout à fait normal que la banque centrale prête les liquidités nécessaires, conformément à son rôle historique de prêteur en dernier ressort. D’un autre côté, si une banque n’est pas solvable et que les pertes sont telles que ses fonds propres sont totalement épuisés, que des liquidités soient imposées sur 15 jours ou un mois ne va rien changer. La banque sera en faillite. Et le ratio de solvabilité donc… «Vu la crise, les banques centrales veulent forcer les banques à détenir plus de fonds propres. D’où la proposition de Bâle III, dans l’avenir, – et là cela devient un petit peu compliqué – de garder un minimum réglementaire de 8%. Dans ces 8%, il faudra que 4,5% soient de vrais fonds propres (des actions

ordinaires, ndlr.). En plus de ces 8%, 2,5% de volant de conservation sont ajoutés. De ces 10,5%, il faudra que 7% soient des fonds propres purs. Enfin, une proposition stipule que, en plus de ces 10,5%, un coussin supplémentaire de 1,5% soit alimenté quand le cycle économique va bien. Pour atteindre un ratio de 12%. En revanche, dans des temps de récession, les ratios applicables seraient plus proches de 10,5%. Ce sont les fonds propres dynamiques. Très concrètement et sur une base réglementaire, les banques qui étaient gérées avec 2,5% de fonds propres doivent l’être aujourd’hui avec 7%. Il s’agit donc d’une augmentation très forte. Qu’en est-il du risque de titrisation? «Si les banques détiennent des actifs, elles vont avoir besoin de fonds propres plus élevés. Cela sera plus coûteux de faire de l’intermédiation financière classique, c’est-à-dire d’emprunter puis de garder les actifs au bilan. Cela va donc créer un instinct majeur à la titrisation. C’est le grand problème non résolu par Bâle III et celui-là même qui a causé la crise. Cette titrisation avec des titres à long terme financés par des titres à court terme. Bâle III ne touche pas du tout à cette question. Si elle réglemente les banques, elle ne se focalise pas du tout sur ce qui se passe en dehors et ce shadow banking.»

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Photo: British Airways

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Private banking

La CBP prend pied à Singapour

région à forte croissance et d’une place financière très dynamique. Les clients internationaux apprécient aussi de pouvoir déposer leurs fonds sous différentes juridictions.

Publié le 19.11.2010

A Londres via Heathrow Publié le 19.11.2010

A compter du 27 mars 2011, les vols Luxembourg-Londres de British Airways, opérant actuellement vers l’aéroport de Londres Gatwick, relieront le Terminal 5 de Londres Heathrow. Une décision prise «afin de répondre à la demande croissante au départ du Luxembourg». Cette nouvelle route sera opérée deux fois par jour, par des Airbus A320. «Grâce à cette nouvelle offre, nos passagers au départ du Luxembourg pourront désormais accéder à la quasi-totalité de notre réseau mondial, rapprochant ainsi Luxembourg de nombreuses destinations en Amérique, en Afrique et en Asie, par exemple», a indiqué Patrick Malval, directeur général commercial Europe de l’Ouest de la com­pagnie.

Université du Luxembourg

Photo: Andrés Lejona (archives)

British Airways

Trois ans et demi après sa création par Marc Hoffmann et Norbert Becker, la Compagnie de Banque Privée (CBP) ouvre un bureau à Singapour. La licence a été obtenue il y a une dizaine de jours auprès des autorités locales. Une équipe de six personnes est déjà opérationnelle sur place, mais l’inauguration officielle n’est pas prévue avant le premier trimestre 2011. La jeune banque privée de Strassen prend donc pied en Asie, à un moment où le centre financier luxembourgeois est confronté à la remise en cause du secret bancaire et aux pressions des autres Etats membres de l’Union européenne en matière d’échanges d’informations fiscales. Détenue par des capitaux luxembourgeois dont la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat (à 19%), la CBP réfléchissait à cette diversification géographique depuis longtemps. Il s’agit, pour elle, de tirer parti d’une

Coopération avec les CFL Publié le 19.11.2010

L’Université du Luxembourg et les CFL ont signé un accord de coopération pour approfondir leurs relations. Un partenariat qui se répartit, à parts égales entre sciences appliquées, recherche et développement et enseignement. Il est notamment prévu des travaux d’étude conjointement encadrés ou des projets de recherche et de développement, notamment au niveau de la construction d’ouvrages en acier ou en béton.

paperJam Business Club

«Quand ça va reprendre…» Publié le 19.11.2010

Les participants à la table ronde «Immobilier» organisée par le paperJam Business Club (voir reportage photo page 124) sont

restés prudents sur les perspectives 2011 au Luxembourg. Ils estiment néanmoins que la situation reste enviable au regard des autres pays et soulignent le dynamisme du segment résidentiel. A plusieurs reprises, les cinq intervenants de cette manifestation ont employé l’expression «quand ça va reprendre», certains qu’un rebond de l’activité finira bien par intervenir. Ils ont toutefois reconnu que la situation actuelle était compliquée, avec un taux de vacance de bureaux proche de 7,5% (contre 2% avant la crise) et un grand nombre de projets gelés ou retardés, mais ont aussi relativisé la gravité de la situation,

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Trois questions à Luc Trivaudey

« Une révolution»

Photo: Luc Deflorenne (archives)

Photo: PwC

Interview par Nicolas Raulot, publiée le 18.11.2010

SES Astra

Sixx HD en Allemagne Publié le 19.11.2010

L’opérateur de satellites SES Astra annonce le lancement, pour le 1er décembre, de la chaîne sixx HD (un programme du groupe ProSiebenSat.1 ciblant un public féminin) en haute définition sur HD+, la plate-forme technique développée en Allemagne par la société pour la transmission et la réception des programmes TV en qualité HD via satellite. C’est la huitième chaîne privée en clair diffusée en HD et la quatrième chaîne du groupe ProSiebenSat.1 qui rejoint la plate-forme HD+. Lancée il y a un an, cette plate-forme a déjà généré la vente de 400.000 décodeurs.

Tourisme

Bilan mitigé Publié le 19.11.2010

La ministre des Classes moyennes et du Tourisme Françoise Hetto-Gaasch a présenté une analyse de la saison touristique 2010. «D’une manière générale, on peut dire que le secteur du tourisme s’est redressé pendant l’année 2010. La situation s’est stabilisée, mais à un niveau très bas. Au moins la tendance négative a pu être arrêtée», a-t-elle commenté. La moyenne nationale des nuitées dans l’hôtellerie a, ainsi, légèrement augmenté de 1% par rapport à 2009, mais cette année de référence avait été marquée par une

baisse historique de 8%, de sorte que les niveaux de 2008 sont loin d’être atteints. Le tourisme d’affaires et de congrès (qui représente 44% des nuitées au niveau national et plus de 60% dans la capitale), lui, affiche un résultat positif en 2010, après deux années très difficiles. En revanche, le secteur du camping a stagné et les auberges de jeunesse ont subi une diminution des nuitées au niveau national de 4,4%. Se tournant vers l’avenir, la ministre a estimé que le Luxembourg doit prendre des mesures pour stimuler le tourisme d’affaires et de congrès et a apprécié, parallèlement, les efforts entrepris par la Commission européenne

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La Chambre des députés vote ce jeudi le projet de loi relatif à l’introduction des normes comptables internationales, dont le fameux principe de «juste valeur» des actifs. Analyse de Luc Trivaudey, associé Tax chez PwC Luxembourg. Monsieur Trivaudey, quel est le point essentiel de l’introduction des normes comptables internationales dans le droit luxembourgeois? «Ce qui est important, c’est que beaucoup d’options sont laissées au choix des entreprises dans l’évaluation de leurs actifs. En matière de ‘juste valeur’, la loi n’impose rien, sauf pour les entreprises qui sont cotées en Bourse. En revanche, le changement sera majeur pour les entreprises qui choisiront ce principe comptable. Elles seront alors amenées à revoir de fond en comble leur mode d’évaluation. Ce sera une vraie révolution. La loi présente donc de nombreuses opportunités. Le Luxembourg n’accuse-t-il pas un retard important sur ses voisins dans l’application de ces normes internationales et dans la transposition de la directive européenne? «Le Luxembourg a été sommé de réagir rapidement. Ce qui avait été fait, c’est que quelques règlements grand-ducaux avaient permis une transposition de minimis en 2006 pour ne pas trop se faire taper sur les doigts. Mais on parle là tout de même de directives de 2001 et 2003. Cela dit, on ne peut pas soupçonner le Luxembourg d’avoir traîné les pieds. Le Luxembourg est flexible, mais le pays ne dispose peut-être pas du même nombre de fonctionnaires que l’Allemagne ou la France pour pouvoir transposer les directives aussi vite.

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Photo: Etienne Delorme (archives)

comparant le marché luxembourgeois à celui des capitales de grands pays voisins, notamment Bruxelles et Londres. Les professionnels ont par ailleurs relevé le dynamisme de l’immobilier résidentiel et souligné la nécessité de transformer des espaces de bureaux en lieux d’habitation pour ajuster le marché à la demande et rendre le logement plus abordable.

Luc Trivaudey (PwC Luxembourg)

La crise financière n’a-t-elle pas remis en cause ce principe de ‘juste valeur’ qu’on a accusé d’aggraver la situation des entreprises et des marchés financiers? «C’est une question très sensible. Je ne suis pas convaincu que le principe de la ‘juste valeur’ ait amplifié la crise. Le problème qu’on peut relever, ce sont des variations importantes dans la présentation des comptes des entreprises en fonction de l’évolution des marchés. La loi actuelle manque d’ailleurs de précision dans deux domaines: la fiscalité et la distribution des bénéfices. Car, quand vous évaluez vos actifs à la ‘juste valeur’ et que vous augmentez vos profits avec des ajustements positifs, il se pose la question des résultats distribuables dont certains ne sont, par définition, pas réalisés.»

Françoise Hetto-Gaasch (ministre des Classes moyennes et du Toursime)

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«Vous devez travailler dur, encore plus dur que par le passé» Luc Frieden (ministre des Finances)

Banking Day

Le premier contribuable ménagé Lors de la conférence annuelle organisée début décembre par PwC Luxembourg, le ministre des Finances Luc Frieden  a rappelé que le gouvernement devait préserver la compétitivité d’un secteur financier qui lui rapporte un tiers de ses recettes. Nicolas Raulot (texte), Luc Deflorenne (photo)

Le hasard du calendrier fait parfois bien les choses. C’est le jour où la Chambre des députés discutait réduction des dépenses et équilibre budgétaire que Luc Frieden avait rendez-vous, dans la matinée, avec le principal contribuable du pays: la place financière. En ouverture du onzième Banking Day, l’événement très suivi organisé par PwC, le ministre des Finances a prononcé un long discours sans note, mais non sans enthousiasme, insistant sur l’importance du secteur financier dans l’économie du pays. Il a répété la nécessité de le dorloter pour continuer à assurer d’importants revenus financiers: «En dépit des efforts de diversification, il sera difficile de remplacer le secteur des services financiers, qui représente environ un tiers de nos recettes fiscales. Nous devons continuer à le développer.» Plutôt que d’éprouver davantage les banques avec un relèvement de l’impôt sur les sociétés ou une taxe spécifique, Luc Frieden préfère réduire les dépenses et relever la tranche marginale de l’impôt sur le revenu de 38% à 39%. Il y va, selon lui, de la compétitivité du secteur des services financiers luxembourgeois, dans un environnement international de plus en plus concurrentiel. «Les gens attendent de nous que nous augmentions

l’impôt sur les sociétés. Si nous accédions à ces demandes, nous bénéficierions sans doute d’un fort soutien populaire, mais ça ne serait pas une bonne solution à long terme.» Le ministre des Finances redoute la concurrence de places financières «mieux-disantes» fiscalement et socialement. Plusieurs grands établissements de la Place, comme Clearstream ou RBC Dexia, ont déjà décidé de délocaliser certaines de leurs activités vers la République tchèque ou la Malaisie, où la main-d’œuvre est moins chère qu’au Luxembourg. Pionniers pour Ucits IV

Une étude récente de KPMG présentait déjà la fiscalité luxembourgeoise actuelle comme un handicap relatif. «Avec un taux d’imposition des sociétés de 28,59% pour une société établie à Luxembourg-Ville (impôt sur le revenu des collectivités, contribution au fonds pour l’emploi et impôt commercial communal combinés, ndlr.), le GrandDuché se situe sensiblement au-dessus de la moyenne européenne et mondiale, indiquait le cabinet. Si l’on ajoute à ceci le fait que le Luxembourg est l’un des derniers Etats du monde à avoir conservé une imposition sur la fortune applicable uniquement aux collectivités, la marge de manœuvre pour augmenter la fiscalité aux entreprises semble pratiquement inexistante sans perte de compétitivité.»

Luc Frieden a aussi rappelé que cette compétition obligeait les acteurs financiers à améliorer encore leur qualité de service. «Vous devez travailler dur, plus dur que par le passé, et offrir de nouveaux produits. Je regarde ce qui se passe à l’étranger. Je peux vous dire que beaucoup de nos voisins sont jaloux de ce qui se passe chez nous.» Avec une hausse régulière des encours, le Luxembourg occupe une position dominante en Europe dans l’industrie des fonds d’investissement. Luc Frieden a d’ailleurs confirmé, à l’occasion de ce discours, que le pays serait le tout premier en Europe à transposer la directive Ucits IV, qui vise à faciliter la distribution transfrontalière à l’intérieur de l’Union européenne. «Nous sommes numéro deux dans le monde pour les fonds d’investissement, mon ambition est que nous devenions numéro un.» Mais, avec la remise en cause progressive du secret bancaire, les banques privées doivent également revoir leur modèle économique et se restructurer. Le 29 novembre, KBL European Private Bankers a annoncé la suppression d’environ 10% de ses effectifs au Luxembourg. A ce propos, Luc Frieden a rappelé que le Luxembourg exigeait certaines conditions avant de se plier à l’échange automatique d’informations fiscales que tous les autres Etats membres de l’Union européenne (sauf l’Autriche) appellent de leurs vœux.

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Tefaye Befekadu (Harbu Microfinance Institution) reçoit son prix des mains de la Grande-Duchesse Maria Teresa et de Roshaneh Zafar (Kashf Foundation au Pakistan).

Photo: Lux-Development

G C R T

Microfinance

Harbu, des racines et des ailes L’institution éthiopienne, baptisée du nom d’un arbre, a reçu le 3e Prix européen de la Microfinance, décerné fin novembre à Luxembourg. De quoi encourager davantage encore son développement. Sébastien Lambotte

Initié en 2005 par la Direction de la coopération au développement du ministère luxembourgeois des Affaires étrangères, le Prix européen de la Microfinance, le troisième du genre, a été décerné à l’institution de microfinance (IMF) éthiopienne Harbu pour la «qualité exceptionnelle et innovante de son programme de financement de la chaîne de valeur». Cette institution de microfinance a été créée en 2004, baptisée du nom d’un arbre local connu pour ses vertus protectrices. Il empêcherait le beurre de fondre au soleil et le sel de fondre sous la pluie… L’IMF opère dans deux des plus grandes régions d’Ethiopie, celles de l’Oromo et de l’Amhara. A l’occasion de la cérémonie de remise des prix, le 30 novembre au siège de la Banque Européenne d’Investissement, devant plus de 300 personnes, la Grande-Duchesse Maria Teresa, très engagée dans ce segment de la microfinance, n’a pu que savourer l’importance croissante prise par cet instrument de lutte contre la pauvreté à travers le monde. «Cet événement prouve une fois encore la pertinence des outils de microfinance qui permettent d’ouvrir l’accès au crédit aux plus démunis, a-t-elle expliqué. Il démontre surtout qu’on peut faire confiance aux plus pauvres,

qu’ils ne sont pas moins créatifs, intelligents, travailleurs et courageux, qu’ils sont un véritable atout pour l’économie mondiale, alors que leur seul défaut est de ne pas être nés dans les mêmes circonstances que nous et de ne pas avoir eu la même chance.» La «banque des pauvres»

Doté d’une bourse de 100.000 euros, ce Prix européen de la Microfinance avait récompensé, lors de ses deux premières éditions, la Fondation Zakura, au Maroc (en 2006), puis l’IMF éthiopienne Buusaa Gonofa (en 2008). Pour l’édition 2010, sur les 32 dossiers de candidatures reçus, dix ont franchi la première étape de présélection début octobre. «Nous voulions mettre en évidence le travail de structures innovantes, capables de venir en aide aux agriculteurs, en zone rurale», a détaillé Christophe Pausch, secrétaire exécutif de la Plate-forme européenne de la microfinance. Après délibération, le comité de sélection avait choisi trois finalistes: l’institution bolivienne Idepro, qui a travaillé sur la chaîne de valeur du quinoa (une céréale riche en protéines, cultivée sur les plateaux andins), Partner Microcredit Foundation, active en Bosnie-Herzégovine, qui a soutenu les petits producteurs de fruits fragiles et Harbu Microfinance Institution.

Cette dernière, finalement désignée lauréate, agit en tant que «banque des pauvres», à la fois en zones rurales et urbaines, à travers toute l’Ethiopie. «Notre mission est de participer activement à la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, a confié Tefaye Befekadu, son représentant. Pour ce faire, nous soutenons l’économie locale en proposant des services financiers qui stimulent les initiatives individuelles, l’autonomie et le développement économique équitable.» Le jury, présidé par Roshaneh Zafar, directrice de Kashf Foundation au Pakistan, a été séduit par le travail mené par Harbu. «La particularité de cette institution est de s’être intéressée à la production du lait de soja. Alors qu’une pénurie de lait touchait le centre de l’Ethiopie, Harbu a soutenu quelque 240 paysans, essentiellement des femmes , afin de créer une véritable filière de production de lait de soja», a-t-elle souligné. Harbu Microfinance Institution a notamment contribué à la mise place d’une petite unité de transformation adaptée et l’a cédée sous forme de crédit-leasing au groupe de femmes qui aura la charge de la gestion de cette petite usine. L’institution a, en outre, octroyé des crédits à des producteurs et des groupes de femmes pour l’achat de sacs de grains nécessaires à la fabrication du lait. Cette remise de prix ouvrait la Semaine européenne de la microfinance, semaine destinée aux débats, échanges et partages d’expériences relatives à la microfinance dans les pays en développement pour qu’un jour, comme l’a appelé de tous ses vœux Roshaneh Zafar, «la pauvreté entre définitivement au musée».

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L’Ins euro quoi


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Récompense

Qualité, le maître mot

Photo: Maison Moderne Design

Photo: Etienne Delorme

Par Sébastien Lambotte, publié le 22.11.2010

Jeannot Krecké (ministre de l’Economie et du Commerce extérieur)

Vectis PSF, le service de rééducation gériatrique stationnaire de la ZithaKlinik et CBL ont reçu le Prix Luxembourgeois de la Qualité 2010. Six entreprises ont été récompensées dans le cadre de l’édition 2010 des Prix Luxembourgeois de la Qualité, organisés depuis 2004 par le Mouvement Luxembourgeois de la Qualité (MLQ). Trois d’entre elles ont reçu le premier prix: Vectis PSF, société de conseil qui accompagne les PME du secteur financier dans les domaines de la gestion, de l’organisation de leur métier et du support (catégorie «très petite entreprise»); le service de rééducation gériatrique stationnaire de la ZithaKlinik pour la qualité de ses services autour du patient en vue de lui redonner son autonomie (dans la catégorie «petit organisme d’utilité publique») et l’entreprise de construction générale CBL (catégorie «grande entreprise») pour la qualité de son travail, son souci pour l’environnement et la sécurité de ses employés. Les trois autres entreprises reconnues se sont vu décerner la mention «Sur la Voie de l’Excellence»: les très petites entreprises Phoenix Contact et Atelier Goeres Horlogerie, ainsi que la grande entreprise Paul Wagner & Fils. Un investissement et non un coût

«Les entreprises luxembourgeoises ont compris que la qualité était un investissement rentable, qu’elle était synonyme d’innovation et de progrès au service de la clientèle», a précisé Jean-Marie Reiff, président du conseil d’administration du MLQ, rappelant que, au-delà de l’obtention des normes, il était important que les entreprises «se lancent à la découverte de nouveaux territoires organisationnels». Il a précisé que pour être en ligne avec leurs besoins réels, les entreprises devaient aller plus loin que les normes et certifications actuelles et des simples recommandations des auditeurs et qu’il fallait qu’elles optent pour des démarches personnelles d’amélioration de la qualité. «Qualité et innovation sont deux maîtres mots pour le développement économique en Europe de l’Ouest. Elles doivent nous permettre de compenser la différence qu’il y a avec d’autres pays autrement compétitifs. Et cela n’est possible qu’en donnant des exemples d’amélioration de la qualité, en remettant constamment en question ses processus et procédures», a commenté Jeannot Krecké. Le ministre de l’Economie a encore précisé qu’il fallait voir les démarches d’amélioration d’une organisation et les procédures d’obtention de normes comme des investissements et non des coûts. Elles doivent en effet permettre aux entreprises d’être plus efficientes et contribuer à une amélioration du PIB national.

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bués via le Luxembourg, porte d’entrée de l’Europe». (voir aussi l’article page 30)

Econ Awards dans la mise en œuvre d’une série d’actions destinées à renforcer le tourisme européen et sa compétitivité.

LuxairCargo

Bienvenue à Silk Way Airlines Publié le 22.11.2010

Global China Business Meeting

Les Chinois à l’offensive Publié le 22.11.2010

Ce dimanche 21 novembre, le château de Septfontaines accueillait la réception inaugurale du Global China Business Meeting (GBCM), cycle de conférences organisé annuellement par Horasis, depuis 2005, pour mettre en relations hommes d’affaires chinois et européens. La symbolique était forte. L’amphitryon, en la personne du Grand-Duc héritier Guillaume, coupait le ruban rouge en augurant de nouvelles et fructueuses relations économiques entre le Grand-Duché et la Chine, à la propriété de Villeroy et Boch, représentant traditionnel de l’économie locale qui sous-traite déjà la production de certains de ses produits dans l’Empire du Milieu. Les axes sur lesquels le Luxembourg compte pour bâtir de nouveaux échanges économiques avec la Chine sont énumérés. La logistique y tient une place toute parti­ culière, le Grand-Duc héritier Guillaume souhaitant que «les produits chinois soient distri-

Silk Way Airlines, société établie à Bakou (Azerbaïdjan) et qui est le 5e opérateur de fret en Europe, arrive au Luxembourg en tant que nouveau client de la plate-forme aéroportuaire LuxairCargo. Depuis le 10 novembre, elle assure une rotation hebdomadaire entre Shanghai et le Grand-Duché, mais le rythme devrait passer à trois rotations courant 2011.

Cactus

Convention collective renouvelée Publié le 22.11.2010

En date du 19 novembre 2010, le renouvellement de la convention collective pour les salariés du groupe Cactus a été signé avec les syndicats OGBL et LCGB, pour une période de 30 mois. Outre l’octroi de primes et la mise en œuvre d’un échelon d’avancement au 1er janvier 2012, le système des primes d’ancienneté a été revu à la hausse, avec des augmentations allant de 20 euros (pour une ancienneté supérieure à 10 ans) à 140 euros (plus de 25 ans).

City Mag primé! Publié le 22.11.2010

Le magazine de la Ville de Luxembourg City Mag, édité par Mike Koedinger Editions a reçu le Silver Award lors des Econ Awards décernés le 18 novembre à Berlin. Ce prix, organisé par l’éditeur allemand Econ Verlag, et le quotidien économique Handelsblatt, récompense des «best pratices» en matière de communication d’entreprise dans les catégories magazines, mais aussi films d’image, publications d’image, rapports d’activités, rapports RSE, sites Internet, communication stratégique des entreprises et social media. «Même s’il ne s’agit pas de communication d’entreprise classique, le magazine est exemplaire pour la communi­cation exercée par des entreprises. Dans ce cas de figure, les forces d’une ville sont mises en avant. Grâce à la bonne sélection du contenu, au design moderne et de haute qualité, des idées sympathiques et un format original, le City Mag donne encore plus d’éclat à la ville de Luxembourg», a expliqué le jury. Le Gold Award de la catégorie magazine a été attribué à Y, le magazine de l’armée allemande. McDonald’s a obtenu le bronze pour son rapSuite en page

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Secteur spatial

Prêt à redécoller

En visite au Luxembourg la semaine dernière, le recteur de l’Université spatiale internationale de Strasbourg s’est félicité de la position du Luxembourg en la matière. L’industrie spatiale au Luxembourg est bien placée pour connaître une croissance substantielle. Ce constat est fait par le Pr Walter Peeters, recteur de l’Université spatiale internationale (ISU) à Strasbourg, en visite la semaine dernière au Luxembourg dans le cadre d’un master organisé en partenariat avec SES. Il y a fait l’éloge des fortes racines commerciales qui y sont déjà présentes, mais estime que c’est par le biais d’une coopération accrue au niveau européen que l’industrie a le plus de chances d’être stimulée. L’adhésion du pays à l’Agence spatiale européenne (ESA) en 2005 «a ouvert les portes pour l’industrie spatiale du Luxembourg, afin de pouvoir être impliqué dans d’autres domaines», explique-t-il. Mais dans le même temps, le Pr Peeters estime que le secteur spatial luxembourgeois n’a pas, à l’étranger, la reconnaissance qu’il devrait. «Beaucoup découvrent bien plus de capa­ cités d’ingénierie qu’ils ne l’imaginent.» Et de suggérer que le Grand-Duché crée un portail en ligne dédié à l’espace, pour permettre aux clients potentiels internationaux d’entrer plus facilement en contact avec les firmes locales. Car, selon lui, si une entreprise spécialisée dans le domaine spatial est à la recherche de fournisseurs, elle va forcément se tourner vers «quelque chose de très ciblé. Elle n’utilisera pas les pages jaunes pour cela.» Nouvelle formation en avril

L’ISU offre actuellement un programme de master en un an, un executive MBA et un programme estival intensif de neuf semaines. Mais le Pr Peeters a présenté une nouvelle formation qui débutera le 1er avril 2011, avec le CRP Henri Tudor. «Tout comme les professions juridiques ou médicales, les gens vont utiliser un certain langage spécialisé. Tout le monde, dans l’industrie spatiale, l’utilise, mais si vous n’êtes pas directement concerné, cela peut vous paraître très bizarre. Cette formation a pour but de présenter à des gens des autres secteurs d’activité les méthodologies et les terminologies utilisées dans le cadre des technologies spatiales.» Le cours est conçu à la fois pour des personnes actives chez les fournisseur potentiels, mais aussi pour des per­ sonnes travaillant directement dans le secteur spatial, dans d’autres services non techniques, comme les services juridique ou financier. «Ce cours va vraiment ouvrir la porte sur le monde de l’espace», estime le Pr Peeters.

Photo: Etienne Delorme (archives)

Photo: Martine May

Par Aaron Grunwald, publié le 24.11.2010

Jean-Jacques Picard (Luxembourg for Finance)

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port annuel 2009. Le Silver Econ Award est la troisième distinction reçue par City Mag. Fin août, le magazine avait reçu le prix «red dot: best of the best» pour la meilleure performance en design. Un Silver Award lui avait aussi été décerné en mai à Rotterdam, dans le cadre des European Design Awards.

protectionnisme, soulignant que le Luxembourg est un partisan convaincu de la libre circulation des personnes, des marchan­ dises et des capitaux, telle que stipulée dans les traités de Rome, et qu’il s’opposerait vigoureusement à toutes initiatives protectionnistes d’Etats membres de l’UE visant à empê­ cher des concurrents à accéder à leurs marchés nationaux.

Propriété intellectuelle

ment, mais également aux spécialistes du marketing et aux responsables informatiques. Il entend décrypter et analyser les différents droits et présenter les bonnes pratiques à mettre en place par les entreprises ou les administrations afin de pouvoir les intégrer dans le processus décisionnel et dans la gestion de projets. Les aspects fiscaux sont, aussi, évidemment abordés, en particulier dans le cadre de l’exonération de 80% des revenus nets en découlant.

Un vademecum Publié le 22.11.2010

Luxembourg for Finance

Grand succès à Milan Publié le 22.11.2010

Avec 300 participants locaux, le roadshow organisé le 22 novembre 2010 à Milan par Luxembourg for Finance a rencontré un intérêt qualifié de «hors du commun» par l’agence. Une délégation forte de plus d’une centaine de représentants de la place financière luxembourgeoise, présidée par le ministre des Finances Luc Frieden, a illustré combien les liens entre les places financières luxembourgeoise et milanaise sont déjà étroits et combien l’intérêt à les développer encore davantage est grand. Le ministre s’est notamment exprimé sur la question du

La société Office Freylinger et le cabinet d’experts Deloitte ont co-écrit un vademecum concernant la propriété intellectuelle. L’ouvrage, dont la préface est rédigée par le ministre Jeannot Krecké et qui sera présenté officiellement au public le 15 décembre, a pour but de présenter de façon pratique la législation luxembourgeoise concernant la propriété intellectuelle: les innovations techniques, protégées au moyen des brevets, les noms et autres logos ou signes distinctifs, pro­tégés par les marques, l’apparence des produits, les des­sins ou modèles, les logiciels informatiques, la comptabilité et la fiscalité liée à ces droits). Le texte s’adresse à la fois aux juristes et aux responsables de recherche et développe-

José-Benjamin Longrée

Direction Citi Publié le 23.11.2010

Depuis son départ de Caceis le mois dernier, José-Benjamin Longrée se fait très discret sur sa destination et son futur employeur. Selon nos sources, l’ancien directeur général adjoint du groupe français de services financiers aurait choisi de relever un nouveau défi chez Citi Luxembourg. Contactée, la banque américaine a refusé de confirmer l’information sans la démentir. A 42 ans, José-Benjamin Longrée endosserait la res­ ponsabilité de l’activité fonds d’investissement de l’établis­ sement. Il devrait prendre ses fonctions dès le début de l’année prochaine. Citi Luxembourg, qui emploie environ 300 personnes, vient

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les secteurs les plus affectés par la crise (les services financiers et les services aux entreprises) font encore preuve de peu de dynamisme, l’accélération provenant de la construction, de l’emploi intérimaire ou d’autres branches de services, surtout non marchands. Comme l’activité économique ne devrait pas s’accélérer en 2011, le Statec s’attend à une nouvelle décélération de l’emploi intérieur, dont la hausse devrait avoisiner 1,5% en 2011.»

Ces informations ne sont pas de nature à remonter le moral des troupes, alors que le bouclage de l’opération se fait toujours attendre, plus de six mois après son annonce en mai dernier. Les régulateurs des dix pays où la banque est présente doivent valider l’opération. Initialement prévu pour fin septembre/début octobre, puis pour fin octobre/début novembre, le closing n’est plus attendu avant février 2011.

Luxembourg Air Rescue

Toujours plus haut Par Sébastien Lambotte, publié le 24.11.2010

Photo: David Laurent/Wide

de fêter ses 40 ans de présence au Grand-Duché. Elle avait démarré en 1970 dans le private banking. La banque est dirigée par le Luxembourgeois Charles Denotte. En poste par intérim depuis septembre 2008, il avait été confirmé dans ses fonctions de Citi country officer en mars 2009, au moment où elle traversait une passe difficile en pleine crise financière.

Statistiques Banque privée Statistiques

La croissance s’accélère au Luxembourg Publié le 23.11.2010

Malgré le trou d’air du deuxième trimestre, la reprise est bel et bien au rendez-vous au Luxembourg. Le Statec revoit même sa prévision de croissance à la hausse. Selon l’office statistique, le PIB luxembourgeois devrait progresser de 3,2% en 2010, contre 3% prévus précédemment. La croissance prévue pour 2011 est de 3%. «Cette révision provient pour partie d’un meilleur environnement international et pour partie d’une révision à la hausse des comptes nationaux trimestriels», commente l’office statistique, qui note aussi une amélioration sur le front de l’emploi, tout en restant très prudent pour 2011. «L’emploi intérieur s’est très bien repris sur l’ensemble de l’année. Il devrait augmenter de 1,8% en 2010, après une hausse de 1% en 2009. Les entreprises embauchent à nouveau mais

KBL supprimerait 120 postes

Forte hausse du chômage en octobre

Publié le 24.11.2010

Publié le 24.11.2010

Une mauvaise nouvelle de plus sur le front social. Selon le Tageblatt, KBL European Private Bankers s’apprêterait à supprimer 120 postes. Selon le quotidien, le syndicat bancaire Aleba aurait alerté le personnel de cette menace. Aux dernières nouvelles, la banque privée du boulevard Royal employait environ 1.050 personnes au GrandDuché et plus de 2.600 au total avec l’ensemble des bureaux à l’étranger. Contactée, Marie-Paule Gillen, secrétaire générale de la banque, n’a pas souhaité commenter ces informations qu’elle a qualifiées de «rumeurs». Elle n’a pas démenti non plus. Marie-Paule Gillen refuse de dire si les suppressions de postes sont liées à l’acquisition de la banque par le groupe indien Hinduja pour 1,35 milliard d’euros. Une communication officielle est prévue pour le «tout début» de la semaine prochaine, vraisemblablement lundi.

Les derniers chiffres, annoncés ce mercredi par le Comité de conjoncture, font état de 14.703 demandeurs d’emploi et d’un taux de chômage de 6,1% en octobre 2010, contre 5,9% un an plus tôt. Le tableau est encore plus sombre si l’on tient compte des personnes profitant d’une mesure d’aide à l’emploi, avec un taux à 7,7% de la population active. Pour le seul mois d’octobre, ce sont 564 personnes supplémentaires qui se retrouvent sans travail. Le nombre de demandeurs d’emploi au sens large, enregistré en octobre 2010, a augmenté de 1.235 personnes par rapport au mois d’octobre de l’année passée. Selon le Statec, le chômage au sens large devrait atteindre 8,5% de la population active en 2011, en moyenne annuelle, contre 6,5% pour le chômage au sens strict.

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LAR est la seule organisation de ce genre au monde disposant d’une certification ISO 9001 pour toutes ses activités.

L’association de sauvetage aérien poursuit sa croissance et a franchi le cap des 180.000 membres. Depuis le début de l’année, plus de 9.000 personnes ont décidé de devenir membres de Luxembourg Air Rescue (LAR), portant à plus de 180.000 le nombre de membres de cette asbl de droit luxembourgeois spécialisée dans le sauvetage aérien. «LAR ne peut exister sans le soutien de nos membres. Ils sont la raison d’être de notre association. Sans cette grande communauté solidaire et les cotisations versées, le secours aérien tel que nous l’envisageons ne pourrait pas être garanti», a expliqué le président René Closter. Plus de la moitié des membres (58%) sont de nationalité luxembourgeoise, les autres étant des personnes d’origine étrangère résidentes ou des frontaliers. Mais les activités du LAR vont bien au-delà de l’apport de premiers secours héliportés sur le Luxembourg et la Grande Région. Avec un staff de 85 équivalents temps plein, renforcé par des spécialistes extérieurs, avec cinq hélicoptères de secours et cinq jets dont quatre «ambulances», le LAR effectue des missions de rapatriement pour des sociétés d’assurances à travers le monde. L’asbl a aussi, entre autres, développé un service de transport pour les dons d’organe. «En 20 ans, nous avons mené à bien plus de 18.000 missions aériennes. Depuis le début de cette année, LAR a effectué plus de 1.600 missions avec les hélicoptères de sauvetage et plus de 900 transports avec les avions sanitaires», poursuit René Closter, fier que sa société soit la seule organisation au monde exploitant des hélicoptères et des avions sanitaires ayant reçu pour toutes ses activités le label de qualité ISO 9001. Un avion en Afrique

Photo: ONT

Cette flotte va encore s’élargir, puisque LAR va acquérir, en 2011, deux nouveaux LearJet 45XR, plus sophistiqués, plus rapides, plus grands et plus confortables, qui permettront d’améliorer le service de rapatriement. Par ailleurs, l’asbl veut positionner un de ses appareils sur le continent africain, via la structure European Air Ambulance que LAR détient à 50% en partenariat avec son homologue allemand. «Nous testerons ce nouveau positionnement à partir de janvier. Par ce biais, nous comptons nous déployer sur un nouveau marché en développant, notamment, des missions sur le sud du continent africain», a indiqué Laurent Saeul, COO de Luxembourg Air Rescue. Dans le même temps, l’asbl devrait débuter l’année prochaine le grand chantier d’un nouveau site où elle regroupera toutes ses activités.

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Photo: David Laurent/Wide (archives)

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Marty Dobbins (State Street Luxembourg)

Un intérêt grandissant Publié le 25.11.2010

A l’occasion de la conférence European Alternative Invest­ ment Funds qui s’achève ce jeudi à Luxembourg Congrès, Marty Dobbins, le managing director de State Street Bank Luxembourg commente la directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers), tout juste votée au Parlement européen. «L’intérêt pour les fonds alternatifs croît considé­ rablement. C’est notamment le cas des segments ‘real estate’ et ‘private equity’. En ce qui nous concerne et avec l’acquisition de Mourant (société d’administration de fonds alternatifs, domiciliée à Jersey et acquise en décembre 2009, ndlr.), il s’agit d’un impor­ tant vecteur de croissance et d’amélioration du service que nous rendons à nos clients.» Selon lui, le Luxembourg peut tirer parti de cette directive AIFM. «Pour les fonds alternatifs, le Luxembourg peut s’appu­yer sur les compétences déjà acquises avec Ucits, dans les

Deloitte Luxembourg

Agrément «Actions Positives» Publié le 25.11.2010

Deloitte Luxembourg vient de se voir décerner, par le ministère de l’Egalité des Chances, l’accréditation «Actions Positives», relative aux mesures destinées à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les aspects et à tous les niveaux de la vie professionnelle. La firme participe à ce projet depuis septembre 2009, avec une équipe dédiée de 15 personnes sous la respon­sa­bilité de Sophie Mitchell, audit partner. Trois axes de travail ont été suivis: l’égalité de traitement (recrutement, formations et qualifications, salaires, maintien en poste, etc.), l’égalité dans la prise de décisions (carrière, participation, etc.) et celle dans la conciliation entre vie profes-

sionnelle et vie privée (organisation des congés de maternité et des congés parentaux, amélioration des conditions de travail, etc.). Ce programme «Actions Positives», qui a découlé d’une étude réalisée en décembre 2009, avait été présenté au ministère de l’Egalité des Chances en mai dernier.

Photo: Julien Becker (archives)

Fonds alternatifs

cabinets d’avocats, les cabinets d’audit, les dépositaires et tou­ tes les connaissances qui gravi­ tent autour de ces métiers.»

Félix Giorgetti

Acquisition de Julien Cajot Publié le 25.11.2010

La société Félix Giorgetti a élargi son portefeuille de participations en intégrant l’entreprise Julien Cajot, spécialisée dans la production et la mise en œuvre de revêtements asphaltiques, et qui emploie 75 personnes. C’est à l’initiative de son dirigeant et créateur (en 1967), Julien Cajot, que cette cession a été menée, pour un montant qui n’a pas été communiqué. «La mise en œuvre de ce parte­ nariat consolide le positionne­ ment du groupe sur le marché luxembourgeois et de la Grande Région», explique le communiqué diffusé par Félix Giorgetti. Marc et Paul Giorgetti, les deux gérants du groupe, ont confirmé

que l’entreprise Julien Cajot continuerait de fonctionner sous sa dénomination actuelle et poursuivrait ses activités en tant qu’entreprise indépendante.

Etude

Le logement, une charge de plus en plus lourde Publié le 25.11.2010

Selon une étude du Statec, le poids du logement est une question de plus en plus centrale pour les finances des ménages résidant au Luxembourg. En 2009, ce coût était jugé préoccupant par 80%

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Prix Fedil 2010 de l’innovation

DuPont Teijin Films primée

Photo: Olivier Minaire (archives)

Photo: Etienne Delorme

Par Marc Vandermeir, publié le 25.11.2010

d’entre eux. 33% considéraient que cette charge financière était «lourde», 47% qu’elle était «plutôt lourde». «Avec 33% des ménages qui ressentent comme lourde la charge financière de leur logement, le Luxembourg se situe dans la moyenne supé­ rieure des pays européens», note Guillaume Osier, l’auteur de l’étude. Ce taux avoisine les 60% en Italie, dépasse les 50% en Espagne, mais est inférieur à 7% en Norvège. Au Luxembourg, seulement 20% des ménages la considèrent donc comme «faible», contre 25,5% en 2003 et 26,9% en 2005. Selon l’office statistique, les coûts comprennent notamment le remboursement des intérêts d’emprunt ou le montant du loyer, mais aussi les assurances obligatoires, les charges diverses (enlèvement des ordures ménagères, assainissement des eaux usées, adduc­tion d’eau…), les factures pour l’eau, l’électricité, le gaz, le chauffage ainsi que les taxes.

Nouvelles technologies

Les risques informatiques négligés? Publié le 26.11.2010

Les nouvelles technologies et la mobilité accrue des collabora-

teurs ont fait évoluer l’échange d’informations au sein de l’entreprise. Pourtant, les mentalités n’auraient pas changé et seule une entreprise sur dix considérerait aujourd’hui ces nouvelles tendances du point de vue de la sécurité. C’est ce que la 13e enquête (réalisée de juin à août 2010 auprès de 1.600 entreprises dans 56 pays) consacrée à la sécurité informatique Global information security survey du cabinet Ernst & Young met en avant. On y apprend aussi que moins d’un tiers des entreprises dans le monde disposerait d’un plan de gestion des risques informati­ ques. «L’augmentation des effectifs nomades s’accom­pagne d’un accroissement du risque autour de la sécurité des don­ nées, explique Jean-Claude Venin, executive director en charge du département IT Risk and Assurance chez Ernst & Young au Luxembourg. Parallè­ lement à la mise en œuvre de solutions basées sur les nouvel­ les technologies et une réflexion sur les flux d’information, les entreprises doivent s’atteler à tenir leurs collaborateurs infor­ més des risques encourus», poursuit-il. 85% des entreprises interrogées répondent aussi favorablement à une certification externe pour les fournisseurs de services de cloud computing afin de continuer à travailler en toute confiance.

Ventos

Légère hausse d’actifs Publié le 26.11.2010

Le groupe d’investissement luxembourgeois Ventos, coté en Bourse, affiche un résultat global intermédiaire, au 30 septembre 2010, de 10,1 millions d’euros, en recul de près de 11% sur un an. Le bénéfice net s’élève à 6,2 millions d’euros (+45%), en raison, principalement, d’une variation positive de l’écart de conversion de 6,2 millions. La valeur estimée de l’action au 30 septembre à 111,48 euros est en hausse de 6,53% depuis le début de l’année. Les actifs du groupe sont évalués à leur juste valeur pour un montant de 206,75 millions d’euros, en hausse de 3% depuis le début de l’année, répartis entre les immeubles de placement (105,01 millions d’euros), les investissements en parti­ cipations (74,61 millions) et les avoirs en banque (27,13 millions). Le groupe a en projet la construction d’un immeuble d’habitation à Luxembourg pour un investissement de l’ordre de quelque 6 millions d’euros. «L’évolution des marchés boursiers aura un impact certain sur la juste valeur

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L’équipe de recherche de DuPont Teijin Films Luxembourg autour du président de la Fedil

Le président de la Fédération des industriels luxembourgeois (Fedil), Robert Dennewald, l’a souligné, ce mercredi en fin de journée à la Chambre de Commerce, lors de la remise du Prix de l’innovation décerné par son institution: l’immobilisme est l’ennemi de l’entreprise et de toute l’économie. Du mouvement, donc, chez DuPont Teijin Films Luxembourg, récompensée par le premier prix. Les équipes de recherche, emmenées par Lucien Schosseler, ont été primées pour une innovation qui devrait devenir incontournable dans bon nombre de technologies d’avenir, entre autres les voitures électriques ou hybrides. Il s’agit en effet d’un nouveau diélectrique pour condensateurs film dans les convertisseurs électriques, à haute température et densité d’énergie élevée. A savoir un film ultra-mince qui, recouvrant les composants, leur donne une meilleure stabilité technique et, par là, une fiabilité plus grande, tout en permettant d’éliminer des systèmes de protection ou de refroidissement.A l’occasion de cette cérémonie, le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, a répété combien il déplorait la lenteur des procédures administratives au Luxembourg et l’immobilisme, aussi, dans ce domaine. A ses yeux, le meilleur moyen pour les entreprises de lutter contre cet état des choses est de «penser créatif, innovation». Parce qu’innovation, créativité et recherche et développement permettent aux entreprises de se positionner avec ambition sur le marché. Et tirent aussi toute l’économie nationale vers le haut. Cinq prix

D’où l’importance de ce Prix de l’innovation, qui en était à sa 19e édition et qui a vu le jury devoir trancher parmi 19 dossiers de candidature. La Fedil a d’ailleurs innové, elle aussi, puisque, outre le premier prix (doté de 2.500 euros), elle a décidé de remettre cinq prix spéciaux (chacun doté de 1.000 euros), dans cinq catégories: start-up (décerné à Onformonics pour son projet «Compliance management Solutions»), PME (pour un repose-pied/pédale pour moto développé par Gilles Tooling), design produit (attribué à Accumalux pour son bac de batterie en matières thermoplastiques), business development (pour IEE et son capteur antifraude Tailgate Detector TDflex&trade) et dével­ oppement industriel (décerné au service Procédés d’ArcelorMittal Recherche pour une nouvelle gamme de palplanches HZ par laminage et fraisage).

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«Un des challenges de ce nouveau groupe est de fédérer les capacités entrepreneuriales» Jean-Christophe Montant (Assya Asset Management)

Gestion de fortune

Allier indépendance et stabilité MZ Finance devient Assya Asset Management. Le gestionnaire de fortune pilotera  le pôle Asset management d’Assya Compagnie Financière depuis le Luxembourg. Sébastien Lambotte (texte), Luc Deflorenne (photo)

Fondée en 2006 par Jean-Christophe Montant et Fabien Zuili, auteurs d’un management buy out sur CFD Luxembourg, la société de gestion de fortune MZ Finance franchit un nouveau cap, avec son intégration au sein d’une nouvelle entité internationale baptisée Assya Compagnie Financière, créée suite au rapprochement des institutions françaises Assya Capital et Global Equities. Cette nouvelle structure a pour ambition de devenir un acteur important et indépendant dans le secteur des services, présent sur l’ensemble de la chaîne de valeur des services financiers. Dans ce contexte, MZ Finance jouera un rôle non négligeable. «Les deux structures ont commencé à discuter fin juin en vue d’organiser ce rapprochement, explique Jean-Christophe Montant, président de MZ Finance. Peu de temps après, nous avons été contactés par Thierry Leyne, fondateur d’Assya Capital, en vue de créer la branche gestion d’actifs de ce nouveau groupe.» MZ Finance a vu dans cette proposition l’opportunité de se développer à l’international. JeanChristophe Montant prendra la tête du pôle Asset management du nouveau groupe, depuis le Luxembourg. «Il s’agit, pour nous, d’une véritable opportunité de croître de manière stable dans un environnement qui change en permanence, assure Fabien Zuili, associé de MZ Finance. Notre struc-

ture va donc s’inscrire dans une entité cotée en Bourse, tout en préservant les relations privilégiées que nous entretenons avec nos clients.» Le «Z» de MZ Finance, dans ce contexte, va prendre un peu de recul, tout en restant un partenaire privilégié dans la nouvelle structure. Il devrait se repositionner au sein du groupe en vue de développer de nouvelles activités, notamment au niveau de la structuration du patrimoine. Des filiales à travers le monde

Assya Compagnie Financière se veut un acteur totalement indépendant, contrôlé majoritairement par ses dirigeants actifs en Europe et dans le monde. La maison mère sera une société de droit français, avec une capitalisation boursière de l’ordre de 100 millions d’euros, 130 collaborateurs sur l’ensemble de la structure et environ 70 millions d’euros de fonds propres. C’est donc depuis le Luxembourg que le pôle Gestion d’actifs d’Assya se déploiera. Et les projets sont nombreux. «Au 1er janvier 2011, sous réserve de l’approbation de la CSSF, avec qui nous collaborons étroitement, Assya Asset Management verra le jour ici. Nous aurons des filiales détenues à 100% en France, Belgique et une autre, en cours de constitution, à Tel-Aviv. Enfin, nous avons des projets assez avancés de création de filiales à Singapour, Hong Kong et Londres», explique Jean-Christophe Montant.

Par ailleurs, la «nouvelle» société dit être à la recherche de nouveaux partenaires, en Europe et dans le monde. «Un des challenges de ce nouveau groupe dans lequel nous nous inscrivons est de fédérer les capacités entrepreneuriales, explique M. Montant. A côté des grosses institutions, nous voulons réunir des petits acteurs. Assya Compagnie Financière se positionne entre les deux. Nous avons les bases solides d’un grand groupe, nous sommes régulés dans cinq pays différents et nous avons adopté un mode de gouvernance performant. Mais nous défendons le pari de l’indépendance.» En d’autres termes, Assya Asset Management veut préserver une relation privilégiée avec sa clientèle dans chacune de ses filiales. «Le groupe et les acteurs qui le constituent se sont donné les moyens d’avancer, et de le faire intelligemment, ajoute Fabien Zuili. Au cœur de cette structure, nous pourrons apporter des garanties supplémentaires à nos clients. En s’inscrivant dans ce groupe, chaque acteur bénéficiera d’une plus grande stabilité et de meilleures bases. D’autre part, les gens qui se sont fédérés dans ce projet veulent continuer à travailler en ligne directe avec leurs clients, de manière indépendante. Nous pourrons proposer la même qualité de services et désormais apporter à nos clients une vision macroéconomique, en nous appuyant sur des équipes variées. Ils pourront ainsi être servis sur n’importe quelle Place où nous serons présents.»

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Rémi Thomas (Alcatel Lucent)

Steve Jung (Téléphonie) et Nicolas Rod(Banque de Luxembourg)

Nelly Anastasia (Orange), Stéphane Jasmin (Téléphonie) et Christophe Nicolas (Orange)

Nicolas Schmit (ministre du Travail et de l’Emploi)

Daniel Magitteri (Téléphonie)

Innovation

Cocktail Téléphonie

Marcel Hoffmann et Bernard Simon (Bourse de Luxembourg) et Roland Funk (Téléphonie)

C’est au Tramsschapp qu’a été présenté, le 18 novembre,  en avant-première sur le marché luxembourgeois, le nouveau  terminal téléphonique My IC Phone d’Alcatel-Lucent. Charles Caratini (photos)

Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu

Paul Helminger (bourgmestre de Luxembourg), Daniel Magitteri (Téléphonie) et Lydia Mutsch (bourgmestre d’Esch)

Luc Defieuw (Alcatel Lucent)

Patrice Day (Caceis) et Damien Sandras (BEIP)

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Entrepreneuriat

La force du Business Mentoring

Photo: Sintonia

Photo: Charles Caratini

Par Sébastien Yernaux, publié le 29.11.2010

Rachel Gaessler (Chambre de Commerce)

A deux, on est toujours plus fort et on va toujours plus loin. Partant de ce principe, le programme Business Mentoring lancé par la Chambre de Commerce, permet à des entrepreneurs de développer leurs activités via des conseils de chefs d’entreprise chevronnés. Neuf mois après son lancement, le succès est au rendez-vous. «Cette collaboration repose sur des principes d’éthique fondamentaux comme la transparence, le désintéresse­ ment financier, l’absence de conflit d’intérêts et la confi­ dentialité», explique Rachel Gaessler, coordinatrice de l’opération. Actuellement, 25 mentors sont sur le terrain. «Ils ont une envie énorme de transmettre à des entrepreneurs qui en veulent. Les mentors se réunissent une fois par mois afin de faire un bilan et de partager leurs expériences.»

Convention collective Suite de la page

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des actifs cotés et les perspec­ tives de résultat lié à la gestion des participations», indique le communiqué du groupe.

Venu du Canada

Sintonia

Et la semaine dernière, huit «mentorés» de la promotion «Liz May» (en hommage à la triathlète luxembourgeoise, invitée de marque) étaient présents à la Chambre de Commerce pour expliquer leurs motivations à participer à l’opération. Parmi eux, Sylvain Boucherat (LuxBalloon), dont le témoignage résume l’impression très positive ressentie par chacun. «Je suis un technicien et non un gestionnaire, explique-t-il. Mon mentor m’aide donc à améliorer la gestion de mon entreprise et son dévelop­ pement. Je ne regrette vraiment pas d’avoir adhéré au programme et je recommande à tous ceux qui ont envie de booster leur business de faire de même.» Si cette opération a débuté il y a neuf mois au Luxembourg, elle existe déjà depuis de nombreuses années au Canada. «75% des sociétés qui ont opté pour le mentoring passent le cap des cinq ans alors que l’on sait que c’est la phase la plus délicate, explique Alain Aubut, vice-président du réseau francophone du mentorat d’affaires. Aujourd’hui, 1.200 mentors sont actifs au Québec et cela tourne vraiment bien.» Et Jeannot Krecké, ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, de conclure: «Cette réussite n’est pas une surprise pour moi. C’est le résultat de nombreux efforts de la part des deux parties. Nous devons motiver les entrepreneurs luxembourgeois à être plus innovants, et non uniquement les investisseurs étrangers. Il faut se donner les moyens d’avoir un certain succès.» www.businessmentoring.lu

Acquisition d’Atlantia Publié le 26.11.2010

La société luxembourgeoise Sintonia a procédé à une augmentation de capital d’un montant de 307 millions d’euros. Elmbridge Investment Pte. (filiale de GIC, Government of Singapore Investment Corpo­ ration) a participé à cette opération à hauteur de 283 millions d’euros, le reste ayant été souscrit par la banque d’affaires italienne Mediobanca. Cette augmentation de capital est destinée à financer l’acquisition de 3,22% supplémentaires du capital d’Atlantia, portant ainsi sa participation à 42,25%. Une autre augmen­ tation de capital d’un montant de 566,8 millions d’euros est prévue, encore souscrite par Elmbridge Investment, qui deviendra alors actionnaire de Sintonia à 17,68%. La majorité du capital sera toujours entre les mains d’Edizione (66,40%).

Dialogue de sourds Publié le 26.11.2010

Les négociations pour le renouvellement de la convention collective des banques se passent mal. Syndicats et patronat sont à des «années-lumière» de parvenir à un accord, pour reprendre les mots de Jean-Jacques Rommes, directeur de l’ABBL (Association des Banques et Banquiers, Luxembourg). Après une première rencontre très difficile fin octobre, la deuxième réunion s’est déroulée ce matin dans un climat houleux. Dans la foulée, les syndicats Aleba, OGBL/SBA et LCGB-SESF ont publié un communiqué conjoint pour dénoncer la «rupture du dialogue». «La condition sine qua non des syndicats était de négocier sur base de la convention actuelle (qui expire à la fin de l’année, ndlr.) et de ne pas toucher aux acquis. Cette approche n’est pas par­ tagée par l’ABBL qui, fidèle à l’image actuelle des organisa­ tions patronales, a décidé de quitter la table des négocia­ tions», indique le texte. Le directeur de l’ABBL dénonce, au contraire, des revendications sans rapport avec la réalité économique du pays. Jean-Jacques Rommes: «Nous ne voulons pas toucher aux acquis, nous proposons au contraire d’en rester au statu quo. La position syndicale, réitérée ce matin, est de deman­

der une augmentation supérieure à 8% sur les trois prochaines années, à raison de 2,8% par an. Avec des congés supplé­ mentaires, etc. C’est absolu­ ment impos­sible, je suis désolé. Ce n’est pas sérieux.» L’objectif initial des deux parties était de parvenir à une nouvelle convention collective sur trois ans. Aucune autre réunion n’est prévue pour l’instant.

Communication

Vous relance la viande de porc Publié le 29.11.2010

Suite à un appel d’offres public lancé par le ministère de l’Agriculture et la Commission de la Marque nationale, dont l’adjudication a eu lieu le 17 février 2010, c’est l’agence Vous qui à été chargée d’éla­ borer la stratégie et le plan de communication 2010-2012. La Marque nationale de la viande de porc et du jambon fumé a pour objectif de fidéliser, conquérir et développer de nouveaux marchés via de nouveaux produits. L’agence s’est attachée à relooker le label, réaliser le nouveau site Internet, la nouvelle corporate identity pour les différentes applications du label, ainsi que la conception de la campagne de communication d’affichage qui s’appuiera sur un plan établi sur

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aMBITIONS DE CROISSANCE

Photo: Andbanc

Par Nicolas Raulot, publié le 30.11.2010

Luc Frieden, ministre des Finances, entouré de Philippe Esser, Jordi Comas, Manel Cerqueda et Ricard Tubau

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trois ans et mis en oeuvre à l’occasion de l’édition 2010 d’Expogast. «Au-delà des aspects rationnels de sécurité, d’hygiène, de qualité nutritionnelle, de traçabilité… la campagne exprime un caractère plus émotionnel lié au plaisir, afin de corriger les préjugés et rassurer le consommateur en lui proposant un produit sympathique et proche de lui», explique le communiqué diffusé par Vous.

KBL

10% des effectifs supprimés Publié le 29.11.2010

La très profitable banque d’Andorre vient d’ouvrir un bureau au Grand-Duché, dont elle veut faire le pivot de ses activités internationales. L’établissement entend aussi acquérir une banque au Luxembourg. C’est en présence de Luc Frieden, ministre des Finances, qu’Andbanc Luxembourg a fêté son inauguration ce lundi soir à l’hôtel Le Royal. Toute la place financière était au rendez-vous pour célébrer un événement devenu rare en cette période difficile: l’ouverture d’une banque. L’établissement de la principauté d’Andorre est déjà opérationnel avec une équipe d’une vingtaine de collaborateurs expérimentés. Deux sociétés juridiquement distinctes ont été constituées: une banque, qui doit représenter environ 80% des activités, et une société de gestion. Mais Andbanc voit grand et entend faire du Grand-Duché un hub pour le développement de ses activités internationales. Né en 1930, l’établissement est déjà présent en Suisse, à Hong Kong, mais surtout en Amérique latine (Chili, Mexique, Panama, Uruguay), où elle a développé l’essentiel de sa clientèle. Capital familial

«Nous voulons capitaliser sur l’image de plate-forme internationale du Grand-Duché. Nous sommes en train de poser les bases pour aller de l’avant dès le début de l’année prochaine», a indiqué Philippe Esser, administrateur délégué de Andbanc Luxembourg. Cette société, au capital familial, souhaite également opérer par croissance externe pour se développer au Grand-Duché. «Si nous avons la possibilité d’acheter quelque chose à un prix raisonnable, nous le ferons. Nous pensons que la période actuelle offre une réelle opportunité pour trouver des actifs à des prix intéressants. Le groupe n’est pas coté, nous pouvons nous permettre d’avoir une vision à long terme, explique Philippe Esser. Nous avons les fonds propres néces­ saires, une trésorerie de 400 millions d’euros (qui sera également gérée depuis le Grand-Duché) et pas de dette», poursuit-il. Selon nos sources, l’établissement a déjà présenté des offres fermes d’achat, alors que plusieurs institutions cherchent un repreneur pour leurs activités de private banking au Grand-Duché. La banque a généré un résultat net de 44 millions d’euros en 2009. Elle emploie environ 400 personnes dans le monde.

KBL European Private Bankers confirme les informations qu’elle avait qualifiées de «rumeurs» la semaine dernière. «Le comité de direction de KBL a pris avec regret la décision de procéder à des licenciements pour raisons économiques. Les suppressions de postes concernent 115 emplois (soit 95 temps plein) au sein de KBL et de sa filiale KTL (société de gestion, ndlr.)», indique le communiqué. Ces mesures concernent donc environ 10% du personnel de la banque, composé d’environ 1.080 postes en équivalent temps plein. Selon Marie-Paule Gillen, secrétaire générale de KBL, ces mesures ne sont pas liées au changement d’actionnaires, alors que le groupe indien Hinduja a annoncé l’acquisition de la banque en mai dernier. Il s’agirait plutôt d’une conséquence de la mise en place de la nouvelle direction. «La nouvelle équipe a fait sa propre analyse de la situation», commente-telle. La direction, comme les syndicats, assurent toutefois que tout sera fait pour en limiter le nombre. Les négociations commencent le 1er décembre.

Prix Créateur d’entreprise dans l’artisanat 2010

Josiane Jacob récompensée Publié le 29.11.2010

La Chambre des Métiers a rendu son verdict pour le Prix Créateur d’entreprise dans l’artisanat 2010 (voir notre

Photo: David Laurent / Wide

ANDBANC luxembourg

Jean-Marc Fandel (Cetrel)

précédente édition, cahier «Eco­nomie & Finance», page 40). Le premier prix (5.000 euros) a été attribué à Josiane Jacob (Jacob et Weis, société de conception et d’installation de charpentes), qui a devancé Ulrich Kraft (myGarden) et Francis Mohr (Hydroconcept).Selon le jury, la lauréate a su développer le succès financier et commercial de son entreprise, a proposé un concept innovateur et original de management et a créé des emplois. «La reprise d’une entreprise n’est jamais chose facile, mais la jeune femme, avec ses deux associés, a relevé le défi en mettant l’accent sur un service de qualité, notamment via des formations régulières des collaborateurs et une prise en charge des clients par les associés eux-mêmes; elle a su via ces mesures redynamiser et diversifier l’entreprise», a commenté le jury. .

OPC

Innovation

Gestion des coûts

Un RFID award pour Airfield

«Un effort de tous les jours»

Publié le 30.11.2010

Publié le 01.12.2010

A l’occasion du salon Traçabilité-RFID 2010, qui a eu lieu les 24 et 25 novembre derniers à Paris, porte de Versailles, la société luxembourgeoise Airfield a été récompensée par un RFID Award, le premier du genre remis sur le marché européen. Spécialisée dans la conception des systèmes basés sur cette technologie Radio Frequency Identification, afin d’optimiser les processus et les flux logistiques dans l’industrie, Airfield a été récompensée du prix de l’optimisation de process.

La gestion stratégique des coûts dans des environnements complexes et dynamiques constituait le sujet de la conférence donnée par Jean-Marc Fandel (Cetrel) ce mardi, à l’auditorium de BGL BNP Paribas, dans le cadre du paperJam Business Club. Une réflexion illustrée par l’exemple concret de la mise en place d’un système de gestion intégré de la performance. La société s’attache à considérer le sujet non pas sous son aspect purement

Encours toujours en hausse Publié le 01.12.2010

«Au 31 octobre 2010, le patrimoine global des organismes de placement collectif (OPC) et des fonds d’investissement spécialisés (FIS) s’est élevé à 2.107,575 milliards d’euros, contre 2.083,740 milliards au 30 septembre 2010, soit une augmentation de 1,14% sur un mois», note la CSSF. L’autorité de surveillance ajoute que «cette augmentation résulte de la combinaison de l’impact des marchés financiers à con­ currence de 8,378 milliards d’euros (+0,40%) et d’émissions nettes positives à concurrence de 15,547 milliards d’euros (+0,74%)».

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Francis Laporta (Art of Insurance)

Thierry Hoeltgen (Deloitte)

Vernissage

«Outer worlds» chez Deloitte

Nicolas Graas (Hermès Luxembourg)

Treize artistes contemporains ont présenté, le 30 novembre,  leurs œuvres dans le cadre d’un cycle de trois expositions réalisées en collaboration avec la Contemporary Art Society de Londres. Etienne Delorme (photos) Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu Christine Heidemann et Tobias Collier (artiste exposant)

Jean-Marie Biwer (artiste invitée) et Helen Nisbet (London Contemporary Art Society)

Roland Schauls (artiste invité)

Geneviève Biwer (artiste invitée)

Adriano Picinati De Torcello (Deloitte) et Marita Ruiter (Galerie Clairefontaine) Thomas Liebsch (Nordea Bank) et Xavier Zaegel (Deloitte)

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«Un besoin de substance» Photo: David Laurent/Wide (archives)

Interview par Nicolas Raulot, publiée le 30.11.2010

Marc Faber va devenir administrateur indépendant.

Après huit ans tout juste à la tête de BIP Investment Partners, un fonds de private equity fondé en 2000, Marc Faber tire sa révérence pour s’établir à son compte en tant qu’administrateur indépendant. Il explique que la gouvernance d’entreprise est dans l’air du temps au Luxembourg, alors que pas moins de 30.000 sociétés y sont domiciliées. Monsieur Faber, dans quelles conditions a lieu votre départ de BIP Investment Partners? «Je suis encore en poste jusqu’au 1er janvier 2011. Une transition s’opère depuis un certain temps avec mon équipe, même si je ne pense pas qu’un successeur ait été désigné à ce stade. Mon départ se passe dans de bonnes conditions. Je quitte la société sur une belle année, à laquelle j’ai bien contribué. Il s’agit de la conclusion d’un parcours et d’un choix de carrière, celui de devenir administrateur indépendant, après avoir fait le tour de la question des fonctions opérationnelles. Vous voulez vous servir de votre expérience opérationnelle pour intégrer des conseils d’administration… «Tout à fait. Chez BIP et dans d’autres fonctions pré­cédentes, j’ai souvent exercé des responsabilités d’administrateur. J’ai été président de conseils à divers moments de ma carrière, dans des sociétés cotées en Bourse ou non. J’ai vu toutes les facettes de ce métier. Car il s’agit vraiment d’un métier. Peu de gens réalisent que la fonction d’administrateur, cela s’apprend sur le tas, jamais à l’école. Voilà pourquoi, fort de mon expérience, je tente le coup de me mettre à mon compte. La gouvernance d’entreprise est un sujet d’actualité. Il y a 30.000 sociétés au Luxembourg. Un grand nombre d’entre elles ont besoin de substance. Dans ce contexte, il y a souvent des demandes pour des administrateurs locaux et compétents dans divers secteurs. Disposez-vous déjà de mandats d’administrateur? «Je siège déjà au conseil d’administration de sociétés dont BIP est actionnaire. J’ai exercé une quinzaine de mandats, ces dernières années. Je dois aujourd’hui reconstituer mon portefeuille.»

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arithmétique, mais bien davantage sous le volet «gestion d’entreprise». Cette approche a notamment nécessité une adaptation de l’ensemble des structures et des processus, avec la création de nouvelles fonctions au sein de l’organigramme de Cetrel. Dans le même temps, en bout de chaîne, la société a mis en place un élément de mesure adéquat: un système de comptabilité de gestion, qui permet de rendre compte des modifications faites et des progrès réalisés. Au final, la mise en place de ce projet a davantage tourné autour de l’exécution de la stratégie plutôt que de la stratégie en elle-même, en se rappelant bien que ce n’est pas un comité de direction qui exécute la stratégie d’une société, mais bel et bien l’ensemble des employés. «Il faut donc une communication adaptée et diffusée dans toute l’entreprise et, surtout, un effort de tous les jours pour pousser l’entreprise dans la bonne direction. Gentiment», a conclu M. Fandel.

Villeroy & Boch

Rollingergrund: une nouvelle vie Publié le 01.12.2010

Après cessation des activités de production, les responsables de Villeroy & Boch sont fermement décidés à continuer de développer et à investir dans le site luxembourgeois du Rollingergrund, riche en traditions avec son magnifique château. Ainsi, le centre de magasins d’usine, créé en 1974 et qui proposait une surface de vente de 270 m2, s’est-il agrandi pour offrir, désormais, un espace de découverte de quelque 700 m2. A partir du 1er décembre, ce «paradis du shopping» complètement modernisé, où il est toujours possible de trouver des pièces de céramique, des couverts, des verres et des objets de décoration à bas prix, se dote d’un espace d’animation où les visiteurs et les clients

Photo: Villeroy & Boch

Trois questions à Marc faber

auront tout le loisir d’assister aux processus de production. Dès 2011, les fours à céramique, les fours de coulée, les machines à émailler et celles pour la fabrication du verre perpétueront l’art séculaire de la fabrication sur le site. Des cours grand public et des classes sont proposés. En outre, un nouveau restaurant, La Barbotine, a vu le jour: un restaurant de type brasserie, dont le nom rappelle à la fois une pâte utilisée dans la fabrication des pièces en céramique, mais aussi une friandise.

explosion des coûts à 775 millions d’euros, rien que pour la partie belge. Du coup, la Commission a sanctionné les deux pays en ramenant les aides prévues de 27 à 23,5 millions pour le Luxembourg et de 30 à 21 mil­ lions pour la Belgique. A noter que ces aides et les travaux sont liés à la modernisation générale de la ligne et pas spécifiquement à la mise en service du train pendulaire, à propos duquel aucune décision n’a encore été prise, sa rentabilité, qui est loin d’être prouvée, étant encore à l’étude.

Luxembourg-Bruxelles

Luxviande

Du retard sur la ligne ferroviaire

Plan social: on négocie

Publié le 01.12.2010

Publié le 01.12.2010

C’est une gifle que la Commission européenne vient d’infliger au Luxembourg et à la Belgique, dans le cadre des travaux de modernisation de la ligne ferroviaire Luxembourg-NamurBruxelles, censés faire circuler à terme des trains dits «pendulaires», dont la caisse s’incline dans les virages avec, à la clé, un gain de vitesse pouvant atteindre jusqu’à 160 km/h. Bruxelles a en effet décidé de réduire considérablement ses aides aux deux pays, suite au retard pris dans les travaux, dont la fin était initialement prévue pour décembre 2013, mais qui pourrait ne pas intervenir avant 2015, au mieux. Le coût total des travaux était estimé à 604 millions d’euros en Belgique et 432 millions au Luxembourg. Le dépassement des délais provoque, selon l’Agence exécutive du réseau de transport transeuropéen, une

Aux prises avec de graves difficultés financières depuis plusieurs années, l’entreprise de production de viande Luxviande doit mettre la clé sous la porte. Faute de repreneur, les 56 salariés restants perdent donc leur emploi. Les derniers travaux d’emballage ont été réalisés cette semaine. Romain Daubenfeld, en charge du plan social au syndicat OGBL, se dit «très pessimiste» sur l’issue des réunions, alors que la direction indique qu’aucune trésorerie n’est disponible. Contacté à plusieurs reprises, le management de l’entreprise de Mersch n’a pas répondu à nos appels. Sans doute surdimensionnée pour le Luxembourg, Luxviande employait encore 400 collabo­ rateurs en 2005. Ses produits étaient commercialisés sous les marques Luxviande, Vida et Maria Marquet.

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“The maritime cluster is a real door opener”

Photo: Jan De Nul Group

Henri Prijot (Deloitte)

Maritime Cluster

Anchors aweigh Despite being landlocked, Luxembourg has a thriving ocean shipping niche.  Is this the Grand Duchy’s secret to capturing Chinese investment? Aaron Grunwald

For a landlocked country, Luxembourg is emerging as a dynamic ocean shipping centre, conclude two recently published Deloitte whitepapers. Increased trade and investment between China and European Union is fuelling the growth, as is the Grand Duchy’s favourable tax and business climate. According to Henri Prijot, Tax Partner at Deloitte Luxembourg, in nearly all other countries in the world, shipping companies pay “tonnage tax” for each vessel they operate. That is a lump sum based on the net registered tonnage of a ship, and companies are not taxed on the vessel’s actual revenue. However, Prijot observes that does little to help companies whose ships carry little or nothing, such Jan De Nul Group’s dredging vessels. In contrast, “the tax system in Luxembourg is untypical,” says Prijot, because instead of paying a tonnage tax, maritime firms can take advantage of the normal capital investment tax credit available to any Luxembourg company. That means firms have ten years to carry over the purchase of a new vessel,

and likewise sale proceeds can be invested in either another capital expenditure or in any type of financial asset. Prijot says Luxembourg’s approach does not aim to attract huge numbers of vessel registration: “It’s a quality business.” Indeed, there are only about 150 merchant vessels flying the Luxembourg flag today, up from approximately 120 last year and just a hand-full 20 years ago. However, Prijot explains the approach encourages firms to continually reinvest in their vessels. With an average age of less than ten years, he believes Luxembourg has one of the greenest fleets in the world. At the same time, shipping companies are increasingly taking advantage of Luxembourg’s business environment to base operational and financial activities here. For example, Jan De Nul moved its headquarters from Belgium, with Luxembourg gaining 400 jobs. Chinese Interest

Until recently, it was mostly Belgian and French firms utilizing the Grand Duchy’s maritime regime. Yet about three years ago – as outbound invest-

ment from China began soar – Dirk Dewitte, Head of Cross Border Tax and European Chinese Services Group Leader at Deloitte Luxembourg, noticed a shift. He now argues that favourable shipping industry conditions are one of the major reasons why the Grand Duchy is becoming “a gateway for Chinese corporations looking to invest in Europe though Luxembourg.” He adds: “Chinese companies are not coming to Luxembourg just to stay. They’re not going ‘to,’ they’re going ‘through.’” Dewitte points to Statec figures that show 40% of all goods sent from China to the European Union pass through Luxembourg. In fact, the government’s wider goal of making Luxembourg a logistics hub “is working,” believes Robert Goebbels, Member of the European Parliament for the Luxembourg Socialist Workers’ Party. He served as the Commissioner General of the Luxembourg Pavilion at the 2010 Shanghai World Expo. Goebbels points to the success of Luxembourg’s maritime industry events at the World Expo as evidence the Grand Duchy is “growing its services side” in the logistics field. “The number of ships flying the Luxembourg flag is increasing. But it’s also the financial and insurance services that are increasingly being organized out of Luxembourg.” For example, Minister of Economy and Foreign Trade Jeannot Krecké named the “OOCL Luxembourg” last April in Hong Kong, a massive ship “which was financed by Luxembourg banks,” Goebbels explains. Finally, “the maritime cluster is a real door opener” when meeting international executives, Deloitte’s Prijot says. “The typical reaction is, ‘What? But you’re a landlocked country!’” However, he believes it gives Luxembourg service providers a distinct opportunity to talk about the Grand Duchy with Chinese business leaders. The whitepapers are already available on the Deloitte website, but will be formally launched in China – at events organized with Luxembourg’s Board of Economic Development – on December 17th in Shanghai and December 18th in Beijing.

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Heather Duxbury (St. George’s School)

Philippe Guex (ambassadeur de Suisse)

Amcham

Thanksgiving Dinner

Cynthia Stroum (ambassadrice des Etats-Unis)

Le traditionnel dîner organisé par l’Amcham a réuni une centaine de personnes, le 17 novembre, à la Chambre de Commerce. Etienne Delorme (photos) Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu Paul Schonenberg (Amcham) et Viviane Harnois (POG)

Olivier Dauvister (Brinks)

Zeng Xianqi (ambassadeur de Chine)

Micaël Weber (Entreprise des P&T)

Louise Bang Jespersen (ambassadrice du Danemark)

John Frank (Tower Training)

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sér

(10) n o i t a c i f i ie divers

Jam analyse r e p a p , is o m financière. e c la Chaque p la e d iversif ication les axes de d Inde Ce mois-ci: l’

Inde

Demain n’est pas si tard Si le secteur financier indien paraît trop «vert» pour une exploitation à court terme, capturer une partie des avoirs sortants constituerait une stratégie de repli pertinente, en attendant mieux. Pierre Sorlut (texte), Julien Becker (photos)

Les institutions financières luxembourgeoises croient au potentiel de l’Inde, mais à moyen terme seulement. Se classant au 119e rang de l’indicateur de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement, comptant 37% de sa population – de 1,3 milliard d’habitants – sous le seuil de pauvreté et 54% de taux de bancarisation, mais avec une croissance moyenne de plus de 8% sur les cinq dernières années, l’Inde représente l’archétype même de l’économie émergente à fort potentiel. Ce statut se matérialise d’abord par les avantages comparatifs qui bénéficient à l’outsourcing sur le sous-continent où le salaire moyen d’un développeur informatique se chiffre à environ 7.000 euros par an. Selon Sudhir Kumar Kohli, président de l’Indian Business Chamber of Luxembourg (ICBL), «la sous-traitance joue un rôle significatif dans le secteur financier, car les sociétés indiennes font figure de pionnières en la matière et offrent des solutions au moyen de technologies dernier cri». Bon nombre de banques luxembourgeoises soustraitent d’ailleurs la partie développement de leurs programmes informatiques à des sociétés indiennes, et ce, malgré certains échecs comme celui de State Street qui a fini par rapatrier les services qu’elle avait auparavant délocalisés.

La greffe n’arrive parfois pas à prendre du fait de barrières culturelles indéniables et particulièrement visibles dans la bureaucratie. Cette dernière a d’ailleurs mauvaise presse sur la Place. Lors de la conférence «Accéder au marché indien» organisée par l’ICBL le 30 novembre, les intervenants raillaient quelque peu les différences d’interprétation de certaines régulations. Mais M. Kohli désamorce la mini-bombe, «le gouvernement a réduit les démarches administratives pour accueillir les investisseurs, car il est vrai que la bureaucratie nuisait trop à l’économie». Le Luxembourg peut ainsi se placer pour tirer parti de l’énorme potentiel indien, d’autant que le Grand-Duché bénéficie d’une certaine légitimité avec la fusion d’Arcelor et Mittal Steel –ainsi que la récente acquisition de KBL European Private Bankers par le groupe Hinduja. Valérie Mantot, avocate du cabinet Loyens & Loeff, le confirme, «l’Inde est un pays très convoité par d’autres juridictions et le fait d’avoir tissé des liens constitue d’ores et déjà un avantage compétitif». Un regard vers l’extérieur

Au tour de la place financière luxembourgeoise de récolter le fruit des investissements indiens sortants, à commencer par les fameux HNWI. Selon le Capgemini world wealth report, le nombre de personnes fortunées dotées d’un minimum de 1 million de dollars d’actifs a augmenté de 50%

entre 2008 à 2009. Le Luxembourg, et plus particulièrement la KBL, pourrait profiter de l’arrivée du groupe Hinduja pour vendre ses prestations sur le marché indien via le groupe et bâtir en Inde «une plate-forme bancaire de style luxembourgeois», selon les termes de Sudhir Kohli pour qui l’arrivée du groupe indien «créerait un pont entre l’Inde et l’Europe». Car le régulateur indien des marchés, la SEBI, ne rend pas la tâche facile à ses compatriotes désireux d’investir à l’étranger. Il leur est en effet nécessaire de passer par une banque indienne dans «une limite de capital investi fixée à 200.000 dollars par personne et par an», ainsi que le précise Rudy Hoylaerts, conseiller juridique à la KBL. Harshendu Bindal, président de Franklin Templeton Investments Inde précise pour la partie fonds retail. «Normalement, les distributeurs indiens n’ont pas le droit de vendre des produits étrangers en Inde. Ils devraient passer par un fonds local qui alimenterait alors le fonds luxembourgeois. Par conséquent, cette limite n’a pas vraiment de valeur.» Ici, la frontière entre le kafkaïen et la sophistication devient ténue. Alors que Sanjiv Sawhney, managing director, global head of funds chez Citi, constate qu’un «nombre croissant de gestionnaires indiens regardent à l’étranger pour créer des fonds afin de les distribuer dans le reste du monde», Valérie Mantot fait état d’une «demande indienne croissante vers des produits régulés issus de juridictions

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Stéphane Ries (KBL)

reconnues qui accordent une certaine sécurité aux investisseurs». Selon la spécialiste du marché en termes de fonds d’investissement, il s’agit d’une «opportunité à saisir, car le succès de la Place est reconnu». Les demandes d’information affluent sur le bureau de l’avocate pour bénéficier des avantages légaux luxembourgeois, notamment sur la convention de non-double imposition entre les deux pays. Une pénétration étrangère limitée

Or, cette dernière, rédigée selon le «modèle OCDE standard» interdit à toute structure soumise à un régime fiscal assimilé holding de profiter de l’exemption d’impôt. La structuration de l’investissement se fait donc via l’île Maurice, signataire d’une convention fiscale avec l’Inde. Stéphane Ries, head of business development à la KBL, précise néanmoins qu’il n’est pas là question de tax treaty shopping. «Les autorités indiennes connaissent cette pratique et la tolèrent.» Il n’empêche. Une loi fiscale indienne d’application en 2012 contraindra ces fonds qui «seront beaucoup plus contrôlés», selon les précisions apportées par M. Hoylaerts. Si Harshendu Bindal prétend «le marché indien ouvert aux investisseurs étrangers, via la Bourse

Sudhir Kumar Kohli (IBCL)

notamment», il conseille néanmoins aux fonds dédiés luxembourgeois de profiter d’une expertise sur place. Mais Valérie Mantot nuance. «Dans le sens Luxembourg-Inde, la SEBI impose au fonds étranger de s’enregistrer en Inde. De même, il y a des restrictions sur le type d’investissement que peut faire le fonds.» Les nouveaux secteurs visés par les investisseurs sont maintenant le private equity ou l’infrastructure. Ces fonds orientés investisseurs institutionnels travaillent en partenariat avec des gestionnaires locaux, par exemple ICICI Venture. Les organismes de placement luxembourgeois investissent également dans des instituts de microfinance locaux. Mais la pénétration étrangère reste, d’une manière générale, relativement faible du fait d’une volonté affichée du gouvernement indien de protéger ces investisseurs particuliers. Ce qui a incidemment permis au marché indien d’afficher une certaine résilience à la crise. Cependant, ce qui caractérise ce marché, c’est sa jeunesse. Stéphane Ries, rappelle que l’Inde ne compte que «70 milliards d’euros équivalents d’avoirs totaux dans ses fonds». Le Luxembourg reste donc dans l’expectative et sera prêt à réagir le cas échéant quand le souscontinent assumera son statut de prochaine Chine.

Sudhir Kohli le confirme, «les relations financières entre les deux pays ont un gros potentiel de croissance». L’intéressé place d’ailleurs beaucoup d’espoirs dans le secteur indien de l’assurance qui s’ouvre un peu plus aux participations étrangères. Mais l’industrie des fonds, les banques dépositaires et, dans une moindre mesure, les banques privées se placeraient encore un peu plus facilement. Pour l’instant, les classes moyennes émergent à peine et, selon M. Ries, «le secteur financier indien est avant tout tourné vers l’intérieur et non vers l’extérieur». Pour l’instant, le taux d’épargne et d’investissement, quoique relativement élevé pour un marché émergent, s’élève seulement à 35%. Avant que le marché indien n’atteigne sa maturité, Sanjiv Sawhney espère que «les représentants des fonds luxembourgeois auront rendu la distribution de leurs fonds possible en Inde, afin qu’ils bénéficient du même succès que sur les autres marchés émergents». Pour cela, le président de l’ICBL préconise que «le Luxembourg se fasse connaître en Inde par des campagnes publicitaires». Mais le ministre Frieden et la caravane du Luxembourg for Finance ont encore le temps pour préparer leurs valises.

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p (4) u t r a t s e séri m propose

, paperJa geoise Chaque mois r une start-up luxembour . su ie de demain n m la o p n o s c o é r l’ g e n d u ron t-être un fleu u e p a r e s i u q rendiction T i: -c is o m e C

Trendiction

Little Brother Veillant sur le web social depuis le Technoport d’Esch-sur-Alzette, la start-up fournit aux agences de communication les données nécessaires au décryptage des tendances des marchés. Pierre Sorlut (texte), Olivier Minaire (photo)

Trendiction relève tout ce qu’on dit de vous sur le web social. Cette start-up, spécialisée dans l’agrégation de données et les technologies de recherche sur l’Internet, met à disposition des agences de media monitoring, d’analyse de marché ou de conseil en communication, ses serveurs informatiques capa­bles de brosser la toile 2.0 en une fraction de seconde. Robert Glaesener place l’entreprise qu’il dirige depuis quatre mois en leader du segment. Pour lui, «pas deux sociétés en Europe ne disposent d’une technologie aussi avancée pour collecter des données du web social, avec une couverture aussi large et un taux d’indexation si réduit». Le CEO vante fièrement l’entreprise, mais il n’est pas celui qui lui a donné naissance. Celui-là, c’est Thibaut Britz. L’ingénieur diplômé de l’Institut technologique de Zürich (ETH) s’associe en juillet 2008 à Christophe Folschette, informaticien titulaire d’un diplôme de l’Université technique de Munich (TUM). Ensemble, ils s’installent au Technoport, finalisent le plan d’affaires – bénéficiant des structures de l’incubateur du Centre de Recherche Public Henri Tudor et de l’encadrement ad hoc de Luxinnovation –, enregistrent la société en mars 2009, puis signent leur premier client la même année. Depuis 2008, c’est-à-dire avant même d’enregistrer la société au Mémorial, les graines d’entre­ preneur (voir encadré) développent leur propre code informatique pour «crawler» le web social

via leur base de données et sans jamais utiliser les informations fournies par Google. En décembre 2010, ils livrent la deuxième version du programme. Robert Glaesener annonce ses priorités: pour l’instant, mettre le paquet sur la recherche et le développement. «Nous investissons beaucoup en R&D pour garder notre avantage compétitif dans les domaines de la couverture réseau, de la qualité des données et du temps d’indexation.» Viendra ensuite le temps de diversifier l’offre. Se protéger du web participatif?

La recherche effectuée par Trendiction fournit des données détaillées sur les adresses réticulaires (vocable officiel désignant une URL). Thibaut Britz explique: «Une multitude de serveurs parcourent l’Internet interactif, extraient les articles, messages, posts ou commentaires, en les datant, puis en les classant.» Autrement dit, la société fournit un listing de liens afin d’évaluer le buzz autour d’un sujet particulier. Son CEO détaille le circuit et «les agences de communication qui se tournent vers [eux] pour savoir comment on parle d’une marque». Mais Trendiction n’analyse pas les informations recueillies. Ce rôle est celui de ces instituts spécialisés qui pourront, si besoin, faire office de hedge du web participatif. Il est, par exemple, possible d’imaginer que des commentaires négatifs sur une marque puissent être relevés, via les services de la start-up luxembourgeoise, puis corrigés par de nouveaux commentaires mélioratifs.

Mais cette vocation dépasse celle que se donne le créateur de la société. «Nous avons essayé plusieurs stratégies, comme le press clipping, mais nous nous focalisons dorénavant sur la collection des données brutes» et exclusivement sur le web allemand. Pourquoi? Simplement parce que les ingénieurs se donnent le temps de maîtriser au mieux un marché avant de se disperser sur d’autres cibles. Ils y pensent néanmoins, car la société se renforce. Ils sont aujourd’hui cinq. Ils seront huit fin décembre pour commencer à travailler sur d’autres langues comme le néerlandais, l’italien ou l’espagnol. Le français ou l’anglais ne semblent pas d’actualité. Les entrepreneurs, par le truchement du CEO et porte-parole, dévoilent progressivement et humblement leurs ambitions. «Nous souhaitons plus que doubler notre chiffre d’affaires et bénéficier d’un effectif de 15 personnes fin 2011.» Pour ainsi faire, ils gardent un œil attentif sur l’offre d’ingénieurs, notamment dans la Grande Région qui constitue grâce à ses universités, selon M. Glaesener, «un pool de ressources» intéressant. Il insiste sur la nécessité de débusquer des informaticiens de qualité dont le travail servira de substrat au développement futur des activités de Trendiction. «Nous sommes un people’s business dont le développement dépend principalement du travail de notre équipe.» Le back-end, mais aussi le front-end, devraient connaître de nombreuses d’améliorations dans les prochains mois. Il est vrai que l’interface

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«Nous investissons beaucoup en R & D» Thibaut Britz (Trendiction)

Une cure de jouvence

Des Zuckerberg en herbe

www.trendiction.de détonne aujourd’hui par son austérité. Si l’on en croit ses exploitants, le tir va être corrigé. «Nous allons certainement additionner toute une couche de visualisation afin d’avoir un produit front-to-back, et notamment des modules d’analyse et de sémantique.» «Des choses intéressantes à faire»

Thibaut Britz a conscience qu’il y a «des choses intéressantes à faire» pour sa start-up déjà lauréate du Prix spécial remis par Luxinnovation au Grand Prix paperJam ICT. Mais l’enfant de la «génération Y» limite ses ambitions au marché européen pour éviter de se frotter à l’ogre Google, même si le segment sur lequel se place Trendiction est «peut-être trop petit» pour le géant américain. Sur le marché européen donc, la société fait valoir une longueur d’avance technologique et une expérience déjà concluante, malgré son jeune âge. Elle évolue sur un marché en pleine expansion. A l’équipe dirigeante d’effectuer les choix stratégiques pertinents pour capter les bénéfices de son évolution, notamment en ordonnançant adéquatement ses positionnements géographiques et sectoriels. Elle devra néanmoins agir avec des moyens relativement limités, car toujours financée par les capitaux personnellement engagés par les associés. Ceux-ci ne se sont versé leurs premiers salaires que récemment. Les intéressés regrettent par ailleurs leur éloignement des sièges des réseaux sociaux, pour la plupart basés aux Etats-

Thibaut Britz, 27 ans, et Christophe Folschette, 28 ans, forment le duo de jeunes ingénieurs associés dans la création de la start-up Trendiction. L’un est directeur technique, l’autre directeur commercial. Chaperonnés par Robert Glaesener, diplômé de HEC et de Harvard, ancien managing director d’Internaxx, banque d’investissement en ligne, ils offrent un vent de jeunesse à l’économie luxembourgeoise. Déjà créateur du premier moteur de recherche made in Luxembourg, blue.lu, Thibaut Britz est revenu de ses études à Zürich avec l’intention de créer sa propre entreprise. Christophe Folschette l’a rejoint en juillet 2008. Ensemble, ils peuvent se forger un destin à la Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook. C’est certainement ce qu’espère M. Glaesener, qui a peut-être déniché la success-story.

Unis. Si le Luxembourg niche au cœur de l’Europe et d’un marché Internet mature, les entrepreneurs devront faire preuve de mobilité pour aller se présenter aux personnes clés afin d’utiliser leurs réseaux. Son statut de «first mover» confère néanmoins à Trendiction une crédibilité indéniable qui servira – la direction l’espère en tout cas – à attirer de jeunes talents. Robert Glaesener devra donc composer l’équipe afin de favoriser une émulation collective tout en canalisant l’abondance d’idées affluant de ces jeunes cerveaux. Pour lui, il est moins question de savoir «ce que nous voulons faire, que ce que nous pouvons faire».

My SWOT FORCES

Faiblesses

Opportunités

Menaces

avance technologique

entreprise jeune

marché en expansion

compétiteur américain

expérience

éloignement des réseaux sociaux

recherche en médias sociaux

dispersion des ressources à disposition

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economist club Association sans but lucratif, l’Economist Club Luxembourg se veut un forum d’échanges, un espace de débat entre économistes. Il est également appelé à prendre position et à faire connaître l’avis de ses membres sur des thèmes économiques d’actualité, en suscitant la discussion, tout en maintenant une certaine rigueur dans la démarche proposée.

Par Jean-Pierre Vernier, membre de l’Economist Club Luxembourg

Pour la promotion du pavillon maritime Quelque 207 navires marchands et yachts sont enregistrés à Luxembourg. Cette activité a su non seulement attirer les armateurs, mais aussi participer activement à la promotion de notre place financière.

En novembre 1990, le Grand-Duché de Luxembourg se dote d’une loi ayant pour objet la création d’un registre maritime public. Cette dernière permet de donner un cadre juridique, fiscal, financier et technique aux activités maritimes effectuées sur les eaux intérieures, principalement en Belgique et en Allemagne, et répond aussi à la demande des armateurs belges à la recherche d’un pavillon plus attractif et offrant tous les critères d’un pavillon national. La loi, modifiée et complétée en juin 1994, apporte alors une autre dimension au registre maritime permettant l’enregistrement de yachts sur ce même registre maritime de marine marchande. De ce fait, tous les navires inscrits ont l’obligation de battre le pavillon maritime luxembourgeois. Pratiquement, il s’agit des couleurs nationales portées à la poupe. Dans l’abstrait, il s’agit d’un lien de droit, analogue à la nationalité pour les personnes, reliant l’Etat à un navire, par le biais d’un certificat d’immatriculation. Ce dernier permet de définir le droit applicable sur l’objet qu’est le navire situé dans un espace, la haute mer, échappant à la souveraineté territoriale des Etats. Le pavillon constitue également un moyen de contrôle étatique, car l’Etat du pavillon est investi d’une mission de surveillance des navires.

Sur le plan économique, il va de soi que l’attribution du pavillon et l’inscription des navires sur le registre ont une incidence sur la cohérence de toute la filière économique, financière et juridique du secteur. Le Commissariat aux Affaires Maritimes (CAM), véritable autorité maritime du Luxembourg, a mis en place une organisation permettant de gérer les navires placés sous sa responsabilité et sous celle de l’ensemble des législations nationales, européennes et internationales relatives au domaine maritime. Dans le contexte économique difficile du secteur de la marine marchande, qu’en est-il des yachts ou «navires de commerce de croisière»? D’après les sources du SuperYacht Market Intelligence, le nombre de navires vendus à travers le monde, au début des années 2000, s’élevait à 500 yachts répartis entre 100 constructions neuves et 400 ventes d’occasion réalisées par les courtiers. Au début de l’année 2007, le marché avait doublé, soit 1.000 ventes réparties en 300 constructions neuves et 700 occasions. Quand en octobre 2007 la crise des subprimes heurte le secteur, on assiste à une dramatique voie d’eau du côté des ventes, qui atteignent le chiffre de 300 par an. Seulement 45 commandes sont enregistrées en 2009 et 53 depuis le début 2010!

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Yachts: ventes et valeurs à l’échelon mondial 2009

2010

154

162

Source: SuperYachts Market Intelligence, octobre 2010

Nombre de yachts vendus

1,51

Nombre de yachts vendus

+5% Variation

1,93 +28%

Valeur globale (en milliards d'euros)

Liquidations, fusions et acquisitions sont légion dans le secteur et le paysage de la construction navale va ainsi changer radicalement. Nous ne pourrons probablement plus jamais compter sur un marché engloutissant 1.000 ventes par an, mais seulement 300 à 400. Dix ans seront nécessaires pour redresser le marché de l’occasion. Aujourd’hui, le Luxembourg est bien armé face à ses concurrents européens et, sur le registre maritime, viennent s’inscrire non seulement les navires de marine marchande mais aussi les yachts dotés du même statut. Le CAM annonçait 286 sociétés maritimes agréées en 2005, contre 319 en 2009. Parallèlement, le nombre de navires enregistrés croissait de 131 en 2005 à 207 en 2009, le nombre de yachts représentant environ 40% du registre global. Le pays a ratifié la Convention «Montego Bay» relative à la nationalité des navires, et est membre à part entière des organisations internationales, comme l’Organisation Maritime Internationale (OMI) et l’Organisation Internationale du Travail (ILO). Ainsi le registre maritime luxembourgeois figure sur la liste blanche du Memorandum of Paris (Paris MOU). En conséquence, le Grand-Duché de Luxembourg, comme Etat du pavillon, est parfaitement en mesure

Valeur globale (en milliards d'euros)

Variation

d´exercer ses droits de souveraineté sur les navires enregistrés sur le registre marine marchande. Pour accueillir les yachts sur ce registre, le CAM a édité des règles techniques spécifiques aux moins de 24 mètres et à ceux de plus de 24 mètres. Cela permet aux armateurs, à la recherche d’un véritable statut «marine marchande», de pouvoir immatriculer. Notons cependant que la certification anglaise MCA, référence en matière de grande plaisance commerciale, ne s’applique pas aux navires de marine marchande, lesquels sont inscrits sur un registre qui leur est propre. Le CAM a également prévu, en accord avec les règles OMI/ILO, une qualification des marins selon la convention STCW 95 et un règlement de l’équipage minimum. Pour les officiers et membres d’équipage, ressortissants de l’UE, la convention IMO/ILO impose une entrée dans le régime social de l’Etat du pavillon. Le système de protection sociale coûte 24% du revenu imposable du membre d’équipage qui, après dix ans de cotisation et/ou 65 ans, perçoit une retraite. Pour les non-résidents de l’UE, l’armateur doit être en mesure de prouver l’adhésion à une assurance sociale privée. Tout yacht sous pavillon luxembourgeois est soumis à la réglementation européenne CE 3577/92/

EEC du 7 décembre 1992, «Cabotage Act» concernant les armateurs communautaires. La déno­ mination technique «navire de commerce de croisière» lui confère le statut de navire marchand et il perd ainsi ses qualificatifs d’objet luxueux… Les conséquences sont fondamentales, que ce soit pour le droit maritime, la TVA et la fiscalité directe. Le régime de TVA applicable aux navires marchands est régie par: – Les articles 15.4. 15.5. - 6e directive CE, articles 148 a) et c) du règlement CE 2006/12/112 prévoyant l’exonération fiscale pour les navires marchands (exploitation et entretien). Ces réglementations de l’UE sont pleinement applicables aux navires marchands appartenant à une compagnie maritime basée au Luxembourg (article 43 I de la loi nationale sur la TVA). – Le décret gouvernemental du 22 décembre 2006 qui étend et confirme cette exonération de TVA aux «navires commerciaux de croisière». Au vu de toutes ces dispositions légales, financières et techniques, notre pavillon maritime se prévaut d’un cadre opérationnel clair, lui permettant de rivaliser avec les meilleurs pavillons européens. D’autre part, il apporte sa contribution au dynamisme de la place financière. Les armateurs de marine marchande ont rapidement su apprécier le bien-fondé du registre, même si son ouverture a pu présenter quelques imperfections de mise en place. Aujourd’hui, un tel cadre législatif ne peut que fédérer les professionnels engagés dans la promotion du pavillon luxembourgeois, afin qu’ils véhiculent son sérieux, sa qualité et sa fiabilité. Le Grand-Duché est donc désormais à considérer comme un acteur majeur dans le domaine maritime international.

Chaque mois, retrouvez dans nos colonnes, «Le Billet de l’Economist Club», sous la plume d’un des membres de l’Economist Club. www.ecl.lu

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Top 100 des décideurs économiques les plus influents

Un verdict conséquent Carlo Schneider (texte), David Laurent/Wide (photos)

La place bancaire est morte – vive la place bancaire! Qui aurait cru, il y a deux ans, qu’un banquier (de surcroît dirigeant d’une banque étrangère) non-Luxembourgeois, pourrait se retrouver à la tête du classement des 100 décideurs économiques les plus influents établi par un jury indépendant? Mais c’est aussi parce que deux ans peuvent représenter une éternité et parce que ce classement a été conçu pour évaluer l’influence du moment, et non pas les mérites passés, les noms de famille ou les cartes de membre, que le résultat de ce Top 100 dans son entièreté – et à plus forte raison pour les premiers classés – pourrait bien en surprendre plus d’un parmi les initiés de la place financière et autres observateurs du monde économique luxembourgeois. Après un cru 2008, marqué par l’austérité conjoncturelle, mais aussi par des craintes structurelles – en particulier autour de la place financière – voici donc le cru 2010, mélange d’évidences et de surprises, mais qui est avant tout le résultat

de longs débats et discussions – très animés – au sein d’un jury dont la qualité et l’engagement dans ce projet sont au-delà de tout soupçon. Car, tout comme pour les deux éditions précédentes, paperJam a su réunir un jury de quatre personnes de renom et aux compétences multiples, représentant les nombreuses facettes de la vie économique du pays. Quatre décideurs dans le vent

Outre la volonté évidente d’opter pour un jury efficient et réduit en nombre, il s’agissait de trouver des personnalités qui ne sont pas que de simples observateurs; connaisseurs, networkers certes, mais surtout actifs et faisant partie intégrante de la vie économique du pays, et ce à différents niveaux. Seul un jury qui connaît les acteurs (institutionnels et individuels) et les spécificités locales est en mesure d’évaluer et d’apprécier l’importance des autres acteurs susceptibles de se retrouver dans ce classement. C’est Norbert Becker qui s’est vu confier la présidence de ce jury. Homme d’affaires, entrepreneur

(fondateur d’Arthur Andersen Luxembourg il y a plus de 30 ans) et président, aujourd’hui, de multiples sociétés (Atoz, CBP ou Mangrove Capital Partners, pour n’en citer que quelques-unes). Une personnalité reconnue à l’échelle nationale et internationale et un des protagonistes les plus remarquables de ce que représente l’économie depuis les années 80, avec un dynamisme de croissance, au cours des 30 dernières années, digne d’un pays émergent asiatique. Dire que Norbert Becker se sente particulièrement bien à l’aise dans tel ou tel secteur économique serait tout simplement réduire ses connaissances et compétences… A ses côtés a siégé Karin Riehl, managing ­partner chez KPMG. Un très bon exemple de carrière qui l’a emmenée, en tant que femme et nonLuxembourgeoise (elle est Allemande), jusqu’à la tête d’un des principaux cabinets d’audit et de conseil de la Place. Karin Riehl est une dirigeante d’entreprise, mais aussi connaisseuse intime du secteur financier. Intervenant dans de nombreux groupes de travail du secteur, elle sait juger l’influence réelle des acteurs derrière les coulisses.

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Le jury au complet: Fernand Ernster, Gilles Dusemon, Norbert Becker et Karin Riehl.

Troisième membre du jury, Fernand Ernster, entrepreneur et propriétaire des Librairies ­Ernster, mais aussi homme très engagé dans des cercles de décision et de discussion les plus différents. Il est vice-président de la Chambre de Commerce et de la Confédération Luxembourgeoise du Commerce. Last but not least: Gilles Dusemon, le «benjamin» du jury (40 ans), mais qui affiche déjà une carrière fulgurante comme avocat; carrière qui l’a emmené aujourd’hui aux fonctions d’associé chez Arendt&Medernach. Il est un des spécialistes les plus reconnus de la Place en matière de structuration de véhicules d’investissement, mais il est aussi très actif dans le domaine social, notamment en tant que membre du conseil de la fondation Hëllef Doheem. Ce jury était assisté, tout comme lors des éditions précédentes, par les représentants de paperJam qui ont animé et synthétisé les travaux sans pourtant disposer de droit de vote. (*) Ce jury peut se prévaloir non seulement de compétences et de connaissances complémentaires, mais aussi d’une indépendance avant tout

intellectuelle et morale. Celle-ci s’est manifestée et traduite par une série de choix et de décisions de principe, qui ne se sont, d’ailleurs, pas nécessairement inscrits dans la logique de ceux retenus par les deux jurys précédents. Pas de hauts fonctionnaires… ou presque

La première de ces décisions fut de ne retenir aucune femme ni homme politique, pas plus que des fonctionnaires travaillant sous la tutelle directe ou indirecte d’un ministre. Cette règle générale a néanmoins connu quelques rares exceptions, concernant quelques très rares hauts fonctionnaires finalement retenus pour ce classement: ceux qui interviennent directement dans l’économie, non pas ou uniquement comme représentants de l’Etat actionnaire régulateur, mais qui participent activement et directement à des décisions managériales et stratégiques dans des entreprises de droit privé. A ceux-là s’ajoute une série d’autres fonctionnaires qui méritent largement d’être cités et que nous avons mention} 70 nés dans l’encadré page 70. paperjam  |  J anvier 2011 | économie & finance

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Il aurait alors évidemment été facile d’imaginer que les premières places de ce classement soient occupées par le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, le ministre des Finances, Luc Frieden ou encore le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, voire, qui sait, Paul Helminger, le bourgmestre de la Ville de Luxembourg, qui est, en quelque sorte, le «patron» d’une des plus grandes administrations du pays. Le jury a passé beaucoup de temps sur la problématique de la présence de ces hauts fonctionnaires dans le classement et les événements récents, avec la nomination du Premier conseiller de gouvernement, Frank Reimen, comme nouveau CEO de Cargolux (à partir du 1er janvier 2011, c’est pourquoi il ne figure pas dans ce classement), montrent à quel point les réalités peuvent rapidement changer.

de leurs dirigeants, généralement le managing partner. Cette règle a été appliquée aux Big Four et autres grands cabinets d’audit et de conseil, aux principaux cabinets d’avocats et aux plus grandes sociétés de domiciliation. Si certaines structures sont représentées au classement final par plusieurs personnalités, le critère retenu a été celui de fonctions supplémentaires (à titre d’exemple, l’avocat Paul Mousel, associé et co-fondateur d’Arendt&Medernach, occupe aussi, parmi d’autres fonctions, celle de président de la commission administrative du Centre Hospitalier CHL). Le classement final reflète de manière remarquable les différentes tendances, connaissances } 72

Processus de sélection du Top 100 Juin-juillet 2010

Sur base d’une liste de ± 5.000 personnes, présélection d’une première liste d’un millier de noms par la rédaction de paperJam. La liste a été publiée dans l’édition juillet-août 2010 du magazine.

De longues discussions

La même question s’est posée en ce qui concerne les représentants d’associations et de fédérations professionnelles ou syndicales. Ici, le jury a décidé une interprétation très restrictive de leur fonction de lobbyiste-salarié. Néanmoins, à l’instar du cas des hauts fonctionnaires, le jury a voulu en mentionner quelques-uns, particulièrement méritants pour le développement de tel ou tel secteur économique au Luxembourg. Enfin, dans une économie largement orientée vers les services, nombreux sont les prestataires spécialisés (les Big Four emploient à eux seuls presque 5.000 personnes). Après de longues ­discussions (et de changements de classement successifs), il a été finalement décidé de limiter leur présence dans le classement à celle d’un seul

Septembre 2010 Sur base de ce millier de décideurs, présélection d’une liste de quelque 200 noms par chacun des membres du jury, individuellement. La compilation de ces noms a permis d’établir une nouvelle liste d’environ 350 noms.

Septembre-octobre 2010 Le jury s’est réuni à trois reprises en session plénière, afin d’établir une première composition provisoire du classement du Top 100, sur base de résultats «mathématiques».

Octobre 2010 Travail individuel des membres du jury: appréciation de ce classement provisoire et remarques/suggestions pour chacune des personnalités retenues.

Novembre 2010 Quatrième et dernier workshop du jury: appréciation des résultats «mathématiques» et des remarques individuelles et reclassement sur base de discussions et votes. Etablissement du classement définitif.

Choix

Ils n’ont pas été oubliés Le jury a pris, d’emblée, quelques décisions concernant les critères relatifs à certains secteurs et catégories socioprofessionnelles, mais aussi à certaines personnalités finalement non retenues dans le classement. Explications. Tout comme pour les éditions antérieures, le jury a décidé de ne pas prendre en considération, dans son vote, certains acteurs et représentants de l’économie luxembourgeoise. Comme expliqué précédemment, ont été exclus d’emblée les femmes et hommes politiques (ministres, députés, bourgmestres) et les hauts fonctionnaires. Avec quelques exceptions toutefois, concernant ceux qui jouent un rôle managérial ou économique au-delà de leur fonction de représentant de l’Etat. Ont également été écartés de la sélection finale les lobbyistesemployés ou encore certaines professions libérales (notaires, ingénieurs-conseils et architectes).

En ce qui concerne les fonctionnaires et lobbyistes, promoteurs de secteurs économiques porteurs, le jury n’en a pas moins relevé le rôle actif que peuvent jouer des personnalités telles que Jean Guill, directeur général de la Commission de Surveillance du Secteur Financier, Patrizia Luschetta, directrice auprès du ministère de l’Economie et du Commerce extérieur, Jean-Paul Zens, directeur du Service des Médias et des Communications auprès du ministère d’Etat ou encore Thierry Nothum, directeur de la Confédération Luxembourgeoise du Commerce. A tous ceux-là s’ajoutent plusieurs autres personnalités, lobbyistes ou employés de fédérations, mais qui se démarquent néanmoins par leur influence en tant qu’«opinion makers». Il s’agit notamment de Fernand Grulms, directeur de Luxembourg for Finance, Carlo Thelen, chef économiste de la Chambre de Commerce, Isabelle Goubin, chairman et managing director de l’Agence de Transfert de

Technologie Financière, Jean-­Jacques Rommes, le directeur général de l’ABBL, Corinne Cahen, présidente de l’UCVL, Charles Muller, directeur général adjoint de l’Alfi ou encore Jean-Claude Reding, président de la Chambre des Salariés et président du syndicat OGBL. Pour d’autres catégories professionnelles, des critères stricts ont été retenus: en principe un seul associé des plus grandes études d’avocats d’affaires. Il en est allé de même en ce qui concerne les principaux bureaux d’audit et de conseil fiscal (surtout les Big Four) ou encore les prestataires de la place financière (les domiciliataires, par exemple). Enfin, certaines personnalités n’ont pas été retenues car leurs fonctions actuelles ne retracent pas leurs mérites et l’influence qu’ils ont pu avoir, dans un passé plus ou moins récent, dans l’économie luxembourgeoise. Il s’agit, à titre d’exemple, de Jacques Santer, Edmond Israel, Joseph Kinsch, Marcel Mart, Raymond Kirsch, Guy de Muyser… C. S.

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 { et opinions des membres du jury. Le vote, pon-

déré, a pris en considération un large éventail de secteurs de l’économie luxembourgeoise, en commençant par la place financière (ses banques, ainsi que tous les prestataires de services qui se sont développés autour de la Place), mais aussi l’industrie manufacturière et sidérurgique, le secteur de la construction, ou encore le commerce et les transports et, enfin, l’artisanat. Ensuite, et c’est une tendance qui s’est déjà manifestée il y a deux ans, le classement final retient de nombreux entrepreneurs. Ces personnes disposent généralement d’un grand pouvoir décisionnel dans leur entreprise et du mérite d’être créateur de richesse, par leurs propres actions. Ainsi, pour le jury, être dirigeant est une condition nécessaire, mais certainement pas suffisante pour figurer dans ce Top 100. Rappelons enfin que le jury a pu baser son travail sur une méthodologie éprouvée et confirmée (voir encadré ci-contre), ce qui ne l’a pas dispensé d’un travail laborieux et intensif. Au total, pas moins de quatre workshops et plusieurs sessions de travail individuelles ont été nécessaires pour faire le tri de quelque 1.000 noms présentés au jury en début de sélection et de vote. L’engagement et le travail du jury ont été exemplaires et il convient de le relever expressément. Etant loin d’être une science exacte, comme l’explique plus loin le président du jury Norbert Becker (voir page 74), ce travail est le résultat de votes qui ont souvent été très serrés. Plus d’une fois, ce sont des petits détails qui ont fait la différence et qui ne relèvent pas nécessairement du mérite direct des personnalités retenues. Il s’agit, par exemple, du souci d’une bonne pondération des différents secteurs économiques, ou encore de la taille des entreprises dans lesquelles ces personnalités travaillent ou exercent des mandats. Il est évident que le présent classement invite, tout comme les précédents établis à la fin des années 2006 et 2008, à la discussion et aux commentaires. De quoi animer les réflexions jusqu’à la prochaine édition de 2012… (*) L’auteur de cet article, consultant externe, et Mike Koedinger, l’éditeur de paperJam.

Le jury s’est réuni six fois en session plénière, accompagné par Carlo Schneider (en haut à gauche) et Mike Koedinger (en bas à gauche, à côté de Fernand Ernster).

Jury

Méthodologie de travail Le vote final est le résultat d’une démarche qui se base sur deux piliers: une méthodologie désormais bien rodée et proposant notamment toute une série de critères objectifs, développée pour les besoins du présent classement, et les délibérations du jury qui se sont déroulées dans le cadre de quatre workshops en session plénière et d’un certain nombre de sessions de travail individuelles. Les critères de base répondent à l’ambition de cerner les différentes facettes du vote et donc de chaque personnalité retenue en choisissant un large éventail de critères complémentaires. Trois grandes catégories de critères ont été retenues: 1. Critères économiques: situation professionnelle et para-professionnelle, entreprise/organisation Eléments analysés: • Emploi/occupation principal(e): importance de l’entreprise/organisation (taille, caractère international, position sur le marché…) • Indépendance managériale (par rapport au conseil d’administration, shareholders et stakeholders…) • Evolution de la carrière professionnelle • Diversité des postes occupés • Expérience professionnelle nationale et internationale • Taille/poids économique de l’entre­prise/ l’organisation • Stratégie et positionnement de l’entre­prise/­l’organisation • Indépendance économique et financière de l’entreprise/l’organisation • Parts de marché et taille du marché occupé de l’entreprise/l’organisation

• Capacité d’innovation de l’entreprise/l’organisation • Participations dans d’autres entreprises • Clients/partenaires commerciaux de l’entreprise/l’organisation • Mandats actuels au sein de conseils d’administration et d’autres institutions que l’entreprise/l’organisation employeur 2. Critères personnels Eléments analysés: • Contexte familial: influence économique, sociale et politique de la famille proche, postes occupés par d’autres membres de la famille • Connaissances personnelles, amitiés • Distinctions personnelles • Mandats actuels au sein de fédérations, associations professionnelles • Mandats publics, Tripartite, CES… • Autres réseaux personnels • Clubs d’influence • Autres clubs à caractère philanthropique • Contacts internationaux 3. Critères politiques: opinion making power et capacité visionnaire Eléments analysés: • Influence politique personnelle et de l’entreprise/l’organisation • Pouvoir médiatique • Intérêts personnels et professionnels dans les médias • Reconnaissance comme opinion maker • Vision d’entreprise/capacité visionnaire de l’entrepreneur • Projets d’entreprise • Projets personnels et privés • Travaux et recherches publiés (ouvrages, articles, R&D…)

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Norbert Becker

«Ce n’est pas une science exacte»

Le président du jury raconte son expérience et lève le voile sur quelques-uns des secrets des délibérations, en ayant conscience qu’établir un tel classement comporte toujours une part de subjectivité.

Jean-Michel Gaudron (interview), David Laurent/Wide (photo)

Monsieur Becker, comment le jury que vous avez présidé est-il arrivé à ce classement? «Nous avons eu six réunions tous ensemble, mais nous nous sommes également assigné des tâches à domicile afin de revoir des classements ou des commentaires. Depuis le début de nos travaux, en juin, nous avons eu un échange d’opinions permanent. Dès la première réunion, nous nous sommes fixé quelques règles de fonctionnement, l’idée maîtresse étant d’éviter des conflits d’intérêts. Personne ne s’est, évidemment, prononcé au sujet d’une personnalité à laquelle il pouvait être lié par des relations d’affaires, sociales ou autres. Ensuite, la deuxième règle que nous nous sommes fixée a été de se rappeler à chaque instant notre véritable mission: identifier les décideurs économiques les plus influents. Il a donc fallu commencer par définir ce que nous entendions par décideur économique. Le concept est très large, mais nous avons opté pour une approche plus restrictive, en ce sens que pour figurer sur la liste, il fallait que le décideur fasse partie intégrante d’un opérateur économique. Il y a, en effet, des gens très influents dans le secteur économique luxembourgeois, mais qui le sont parce qu’ils sont payés pour, sans faire nécessairement partie intégrante d’une entreprise ou d’un opérateur économique. Cette distinction a-t-elle toujours été évidente? «Beaucoup de noms sont revenus plusieurs fois et nous nous sommes à chaque fois posé la question: est-ce un lobbyiste ou bien est-il vraiment un opérateur économique qui a décidé, chaque jour, de la destinée de son entreprise et de sa gestion au quotidien? Dans ce lot, nous avons identifié un nombre limité de fonctionnaires d’Etat qui, à travers les sièges qu’ils occupent dans différents conseils d’administration, prennent part à la vie de ces entreprises et jouent un rôle important de co-décideurs. Nous les avons donc inclus dans notre liste. Avez-vous le sentiment que la liste finalement retenue est la plus pertinente? «Il faut toujours avoir en tête que cet exercice n’a rien d’une

science exacte. Il s’agit du travail d’un jury et même si nous nous sommes réunis six fois, nous n’avons pas la prétention d’avoir la science infuse. Nos jugements ont forcément été influencés par des perceptions personnelles. Personne ne doit être offensé s’il est à la place X ou Y. Nous avons un palmarès, certes, mais non scientifique et qui reste forcément contestable. C’est comme ça… Arriver à cerner ce qu’il faut entendre par ‘décideur’ a-t-il constitué la difficulté majeure de votre travail? «Ce fut en tous cas la première! Il a ensuite fallu s’entendre sur le terme ‘influent’. Là aussi, nous avons eu de nombreuses discussions et nous avons finalement retenu le fait d’exercer, audelà de son entreprise, une influence dans l’environnement économique luxembourgeois, dans une association professionnelle; le fait de prendre souvent la parole, d’être un opinion leader dans son secteur ou d’être reconnu comme le représentant ou le spécialiste d’un secteur donné, même sans être implicitement président d’une association.

peu? «Je pense que pour les 30 premiers, la résonnance des noms est telle que ce fut relativement facile. Ensuite, parmi les autres, il y a évidemment des personnes actives dans des secteurs que certains membres du jury ne connaissaient que partiellement. Dans ce cas, les autres membres du jury lui en faisaient une description la plus précise possible. A mes yeux, je ne suis pas persuadé que le classement, en tant que tel, ait une réelle importance, que l’on soit 50e ou 70e. Il s’agit évidemment, pour la période donnée, de faire une sorte de photo instantanée. Dans deux ans, ce sera tout autre chose, tout comme cela avait été très différent il y a deux ans. Le meilleur exemple est constitué par Ernst Wilhelm Contzen, qui était 48e il y a deux ans et est numéro un cette année.

Comment s’est ensuite dessiné le classement à proprement parler? «Il a d’abord fallu réfléchir sur ceux qui devaient figurer clairement dans les 30 premiers, sans idée de classement dans un premier temps. Puis, parmi ces 30, ceux qui devaient être dans les 10. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous avons vraiment commencé à réfléchir sur le classement des 10 premiers. Ensuite, nous avons procédé par strates, en remontant dans le classement, par paquet de 10 ou de 20.

Quels ont été justement les arguments qui ont amené le jury à le désigner comme le décideur économique le plus influent au Luxembourg pour 2010? «Il s’est présenté à l’élection pour la présidence de l’ABBL et il a été élu. Je crois que dans la communauté d’affaires, il est apparu qu’il y avait un changement de style radical dans la façon de vivre cette présidence. Un président de l’ABBL doit avoir des visions et des revendications et s’investir lui-même en tant que porte-parole des banques dans des dossiers délicats et politiques. Un secteur aussi important profite beaucoup si le président de son association représentative joue pleinement son rôle. Le fait qu’il soit un banquier ‘luxembourgeois’, mais venant d’une filiale d’un grand groupe étranger, ajoute aussi un autre volet à sa crédibilité: Deutsche Bank est présente au Luxembourg depuis des dizaines d’années et M. Contzen connaît bien le secteur financier luxembourgeois. Il n’est donc pas dans l’état d’esprit d’un dirigeant de banque qui ne serait que de passage. Il apporte clairement une perspective de la Place qui est très enrichissante et qui ne peut faire que le plus grand bien, à l’ABBL ainsi qu’à tout le secteur en général.

Les 30 premiers noms se sont-ils dégagés naturellement ou bien a-t-il fallu ‘piocher’ un

A la deuxième place se trouve Michel Wurth, qui était numéro un il y a deux ans. Une

Il a ensuite fallu arriver à cette liste finale de 100… «Cela est devenu un peu plus facile à partir du moment où nous pouvions nous baser sur une méthode sous-jacente. Parfois, nous avons différé la décision d’intégrer tel ou tel décideur dans la liste des 100 avant de revenir dessus. Mais il n’y a jamais eu de décision arbitraire, car il y a toujours eu un argument pour plaider pour ou contre l’inclusion d’un nom sur cette liste.

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«Participer à un tel exercice a été très enrichissant pour moi»

continuité logique? «Michel Wurth fait preuve d’une capacité de travail et d’analyse remarquable, dans toutes les fonctions qu’il exerce à l’intérieur du groupe ArcelorMittal, mais aussi dans son engagement pour l’Union des Entreprises Luxembourgeoises. Il est toujours monté en première ligne, s’agissant des négociations bipartites ou tripartites, ou encore quand il a fallu expliquer la vision des employeurs et mettre le doigt sur des dossiers complexes, comme peut l’être celui de la compétitivité. Sous sa présidence, l’UEL a entrepris un énorme effort pédagogique, avec la publication d’une série de fascicules accessibles à tout un chacun et expliquant pourquoi les thèses défendues par les employeurs sont importantes et comment elles engagent le futur du pays. Un autre industriel figure au troisième rang, et un autre non-Luxembourgeois: Lakshmi Mittal… «En tant que principal actionnaire du plus grand groupe sidérurgique mondial ayant son

siège au Luxembourg, comment ne pourrait-il pas figurer sur une telle liste? ArcelorMittal est toujours le plus grand employeur privé du pays et, au-delà de cela, il est clair que tout ce qui touche à un tel groupe au Luxembourg représente des enjeux colossaux pour l’ensemble de l’économie. Nous devons absolument faire tout ce qui est en nos moyens pour préserver, au Luxembourg, une activité industrielle. Le pays ne doit pas se contenter d’être une place économique de banquiers, d’avocats et de conseillers financiers et fiscaux. Il faut que nous ayons une activité industrielle forte et il est clair qu’il est plus facile de plaider notre cas à l’étranger autour d’un grand groupe, si l’on peut dire que nous sommes la terre choisie par Mittal pour y loger le siège d’ArcelorMittal et le conserver. Cela contribue largement à la crédibilité du ‘site’ luxembourgeois. Au final, quel bilan personnel tirez-vous de cette expérience, en tant que président du

jury? «Ce qui m’a interpellé, c’est le fait de découvrir, grâce aux autres membres du jury, des personnalités que je ne connaissais pas et qui ont pourtant réalisé, dans leur vie professionnelle, des choses formidables. Cela montre qu’il y a beaucoup de choses qui se font dans ce pays et qui ne sont pas forcément à la Une des médias. Cela m’a plu. Je pense, par exemple, à tous ces projets que l’on voit dans l’économie sociale, avec des réseaux comme Hëllef Doheem qui, non seulement, remplissent une mission essentielle sur le terrain, mais qui, au-delà, ont permis la création de plusieurs centaines d’emplois. Or, il est très rare de lire dans la presse des articles sur eux. Ce sont des gens modestes qui ne veulent pas forcément communiquer sur leurs actions. C’est quelque part dommage, car je trouve qu’il s’agit là d’accomplissements fabuleux qui mériteraient aussi d’être connus. Participer à un tel exercice a été, sur ce plan, très enrichissant pour moi.»

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1 Ernst Wilhelm Contzen

«Certaines choses établies n’ont plus lieu d’être»

Elu à la présidence de l’ABBL au printemps dernier, le dynamisme nouveau qu’il a apporté à la tête de l’association représentative du secteur bancaire, a motivé le jury pour le désigner en tant que décideur économique le plus influent de l’année 2010. Le délicat renouvellement de la convention collective du secteur bancaire sera son premier gros défi.

Jean-Michel Gaudron (interview), David Laurent/Wide (photos)

Monsieur Contzen, vous êtes passé en quelques mois de l’ombre à la lumière, en même temps que vous avez accédé à la présidence de l’ABBL. Comment avez-vous été amené à briguer cette fonction? «J’avoue qu’au départ, je n’avais jamais réfléchi à cette opportunité. Il y avait toujours une règle implicite de partage de cette présidence entre la BGL, Dexia et KBL. Mais j’ai été sollicité à la fois par quelques politiciens, des dirigeants d’autres banques et des amis, qui m’ont fait part de leur souhait de voir à la tête de l’ABBL quelqu’un ayant une solide réputation et, surtout, appartenant à une banque n’ayant reçu aucune aide d’Etat pendant la crise. C’était le cas pour la Deutsche Bank et je dois avouer que nous en sommes assez fiers. Beaucoup estimaient que le temps du changement était venu et qu’il fallait aussi montrer une dimension internationale plus forte du centre financier de Luxembourg. Quelque part, je suis le reflet de ce caractère international, puisque 98% des banques de la Place sont étrangères. Je me suis donc présenté à un moment où, de toute façon, aucun candidat ne s’était vraiment déclaré. Par la suite, Carlo Thill (co-président du comité de direction de BGL BNP Paribas) s’est lui aussi présenté. Il est, aujourd’hui, mon vice-président. Quel type de président souhaitez-vous être? «Je suis le président d’un groupe très diversifié, puisque l’ABBL ne compte pas que des banques parmi ses membres. Il y a aussi des assureurs, des PSF,

des avocats, des auditeurs… Depuis mon élection, j’ai enchaîné une centaine de rendez-vous, afin de m’entretenir avec tous les stakeholders de la place financière, à commencer par les membres du gouvernement et notamment les ministres Frieden (ministre des Finances, ndlr.), Krecké (ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, ndlr.), Schmit (ministre du Travail et de l’Emploi, ndlr.) ou encore Gaston Reinesch (administrateur général du ministère des Finances et président du conseil d’administration de BGL BNP Paribas, ndlr.) et toutes les autres personnes importantes pour le secteur financier. J’ai aussi rencontré les différents représentants syndicaux. J’ai parlé, évidemment, mais j’ai aussi beaucoup écouté pour savoir ce qui était important pour l’ensemble des membres, et pas uniquement les grandes banques. Le président de l’ABBL doit être la voix du centre financier et il est important de trouver une nouvelle forme de communication. Car, au Luxembourg, si nous sondons l’homme de la rue, en lui demandant quel est le secteur clé de l’économie luxembourgeoise, je ne suis pas sûr qu’il réponde spontanément ‘le secteur financier’. Il faut aussi faire passer le message auprès de certains politiciens. N’y a-t-il pas aussi un nouveau message à transmettre aux clients? «Il est vrai qu’il faut regagner leur confiance et se battre chaque jour pour trouver de nouvelles idées. L’ABBL et l’ensemble de ses membres doivent, aujourd’hui, développer des produits qui soient à la fois transparents et bien expliqués aux clients. C’est essentiel. Par le

passé, nous avons aussi mis sur le marché des produits que personne ne comprenait. C’est toujours mauvais. Comment jugez-vous la situation économique du secteur bancaire et la façon dont il a vécu la crise? «Je fais toujours le distinguo entre avant et après la faillite de Lehman Brothers (en septembre 2008, ndlr.). Avant, le bénéfice cumulé des banques était de presque 4,6 milliards d’euros. Un an après, il n’était plus que de 218 millions. Fin 2009, on est, à peine, au niveau de 2005 et au 30 juin dernier, il y avait encore un recul de 30% par rapport au 30 juin 2009. Et la crise n’est pas encore terminée. Payer les salaires annoncés à une époque où les Bourses étaient en hausse, c’était très simple. Aujourd’hui, les caisses sont vides et la situation est clairement très mauvaise pour les banques du pays. L’inflation est trop haute par rapport aux voisins et nous sommes en train de perdre en compétitivité. En dix ans, par exemple, le salaire d’un fonctionnaire a augmenté, ici, de 51%, alors que dans le secteur privé, la hausse a été de 41%. Dans les autres pays européens, elle a été de 31% en moyenne. Mais en Allemagne, cette hausse n’a été que de 19%. Et, au-delà du secteur financier, on sait aussi que, pour les entrepreneurs et les PME, la concurrence la plus forte vient aussi de l’Allemagne. Pour en revenir au secteur financier, je trouve que le Luxembourg est trop cher dans le domaine du processing. C’est évidemment quelque chose d’important, mais on peut aussi le faire faire dans d’autres xx pays, à l’Est par exemple, avec des personnels } 78

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Ernst Wilhelm Contzen Né le 28 novembre 1948 CEO Deutsche Bank Luxembourg Président de l’Association des Banques et Banquiers, Luxembourg Membre du conseil d’administration de Luxempart

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«Nous sommes fiers de n’avoir reçu aucune aide d’Etat pendant la crise» Ernst Wilhelm Contzen

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très bien formés. C’est le rôle de chaque ­responsable, dans une entreprise, de faire une allocation de ressources là où elles ont le meilleur environnement et les meilleures conditions de travail, avec un coût minimal. Ici, ça coûte le triple en comparaison avec ces autres pays. L’avenir est davantage dans l’attraction d’un business qui est bien plus sophistiqué. Mais clairement, le Luxembourg est trop cher pour ‘les petites mains’. C’est une position qui ne doit pas tellement rencontrer l’adhésion des syndicats… «Evidemment, les syndicats disent que ce n’est pas vrai. Mais les faits sont là et émanent de données du Statec, de l’OCDE, de la Banque Centrale, mais aussi d’institutions indépendantes. Lors des dernières réunions du conseil Ecofin, l’indexation automatique des salaires a également été évoquée. Le Luxembourg doit, lui aussi, se serrer la ceinture. On a trop dépensé. Il faut clairement un nouveau paradigme. Je pense que les leaders des syndicats le comprennent, mais qu’ils ne veulent pas forcément le dire. Il y a des intérêts différents. Mais il ne faut pas non plus raconter des bêtises et on doit savoir dire ‘ça suffit!’. Avez-vous le sentiment d’un dialogue de sourds avec les syndicats, au moment où commencent les négociations pour le renouvel­lement de la convention collective du secteur bancaire? «A la base, j’ai la volonté très claire de travailler avec les syndicats. Mais il y a un certain nombre de choses qui ont été établies il y a 20 ou 30 ans et qui n’ont plus lieu d’être aujourd’hui. Nous avons connu, en 2010, une augmentation des salaires de 2,5% avec une tranche indiciaire, mais aussi de 0,85% dans le cadre de l’assurance accident, 0,80% pour le contrat collectif, 0,1% pour la Caisse Nationale de Santé. Ça fait une hausse combinée de 4,25%. Comment peut-on encore en demander plus aujourd’hui? Il est nécessaire de changer les bases du contrat collectif. Aujourd’hui, on dispose de 36 jours de congé pour une ancienneté de 20 ans, alors qu’en Suisse, par exemple, au même niveau d’ancienneté, il n’y a que 20 jours. On ne peut plus continuer comme ça! Malheureusement, les syndicats brandissent toujours la menace de la confrontation. Ce n’est pas la voie à suivre. Tout le monde devrait être heureux d’avoir un emploi et de gagner, en net, 20% de plus qu’ailleurs.

La franchise constitue-t-elle votre ‘marque de fabrique’, l’élément moteur de votre style de management? «Je suis avant tout attentif au climat global au sein de mon entreprise. Pour les 40 ans de la banque, cette année, nous avons fait une journée de fête qui a réuni 700 personnes, employés et familles. C’est révélateur. Si le climat était mauvais, nous n’aurions pas eu autant de monde. Ensuite, je pars du principe que chacun doit savoir prendre ses responsabilités à un moment. Je ne veux pas tout savoir, ni mettre ma signature dans les ‘petites choses’. J’ai confiance en mes collaborateurs. Mon rôle est, évidemment, de prendre la responsabilité de l’exécution d’une décision. Mais je suis ouvert à la discussion et j’attends des autres, en retour, qu’ils soient loyaux envers moi. Il m’arrive évidemment de me sentir parfois très seul dans mon bureau. Prendre la décision de fermer la moitié d’un département, par exemple, est une décision douloureuse. Mais même dans ce cas-là, on essaie toujours de trouver de nouvelles opportunités pour faire quelque chose de différent. Avez-vous l’impression de vivre une belle histoire d’amour avec le Luxembourg? «J’ai toujours voulu travailler au Luxembourg et je me suis battu, à Francfort, pour devenir successeur d’Ekkehard Storck (lire encadré). Mais l’image que j’avais du pays était limitée à celle d’un centre de compétences pour le private banking. Or c’est bien plus que ça et j’ai découvert une Place vraiment plus vaste avec une multitude de facettes. Aujourd’hui, j’habite dans le quartier de Cents, avec une belle vue sur la vieille ville. Mon épouse et moi, nous nous sommes fait beaucoup d’amis et nous prévoyons de rester ici après ma retraite. Je ne veux pas me sauver, je veux vraiment rester ici.»

Parcours

Deutsche Bank, et rien d’autre Né à Cologne il y a tout juste 62 ans, Ernst Wilhelm Contzen a eu la chance de voir passer à la Boarding School de Bonn (alors capitale de la République Fédérale d’Allemagne), où il a fait ses études, un certain nombre de chefs d’Etat prestigieux tels que Kennedy, Eisenhower ou encore de Gaulle. C’est à la Deutsche Bank qu’il connaîtra sa première expérience professionnelle et aussi, au final, son seul et unique employeur… D’abord responsable à Münster, entre 1978 et 1981, d’un programme de for­ ma­tion pour les jeunes universitaires diplômés, il part à Paris en tant qu’account officer. Il y reste jusqu’en 1985 et revient une première fois en Allemagne, à Göttingen (la ville qui a vu passer 42 futurs prix Nobel dans ses universités), où il prend en charge le département Credit & customer. En 1988, il franchit de nouveau la Moselle, direction Bruxelles, où il est managing director de Deutsche Bank, Belgium jusqu’en 1993. Il revient alors une nouvelle fois dans son pays natal, en tant que managing director de la filiale de Brême. Il occupe, parallèlement, les fonctions de global head of client focus initiative au siège de Francfort («On parlerait aujourd’hui de quality management», explique-t-il) C’est le 1er janvier 1998 qu’il débarque au Luxembourg, en tant que membre du management board de la banque. Il accompagne pendant six mois la fin de «règne» d’Ekkehard Storck, à la tête de la banque depuis 28 ans, dont il prend officiellement la succession le 1er juillet. 

J.-M. G.

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2 Michel Wurth

«Il faut être les meilleurs» Le président de l’Union des Entreprises Luxembourgeoises et de la Chambre de Commerce a été en première ligne tout au long de l’année. Il s’est battu pour défendre les intérêts du patronat dans les joutes politico-sociales, lors des discussions menées avec le gouvernement et les syndicats.

échec quasi historique de la Tripartite au printemps dernier, pour lequel chacun s’est rejeté la responsaIl s’en est sans doute fallu de peu pour que bilité. «C’est surtout un échec de la société luxembourMichel Wurth soit de nouveau désigné par le jury geoise dans sa capacité à bien appréhender les comme décideur économique le plus influent du problèmes et à y apporter les solutions adéquates, Luxembourg. Il faut dire qu’en cette année 2010, estime M. Wurth. C’est l’échec d’un mode de régulale membre de la direction générale d’Arcelor­Mittal tion, plutôt que la responsabilité spécifique d’un a été particulièrement en vue, principalement acteur ou de deux acteurs. Ce n’est pas en réglant sous ses deux autres casquettes principales que certaines choses avec des accords bipartites, que l’on sont ses fonctions de président de la Chambre­­­de peut qualifier de compromis, que l’on règle les vrais ­Commerce et, surtout, de l’Union des ­Entreprises­ problèmes de fond. La population sent bien le décaLuxembourgeoises. lage qu’il peut y avoir entre la position de certains et Car dans la grande agitation politico-sociale de la réalité du terrain.» ces derniers mois, c’est bel et bien Michel Wurth qui est monté au créneau, au nom des dirigeants d’en- «Pour un vrai débat de fond» La thématique de la baisse de compétitivité des treprise, bien plus qu’il ne l’avait jamais fait auparavant. «Toutes nos entreprises se retrouvant face à des entreprises et du pays a évidemment dominé les problématiques similaires, il était essentiel de se débats. Mais pour Michel Wurth, le terrain concurregrouper, explique-t-il. Mon action à l’UEL a donc rentiel pour les PME, c’est la Grande Région. «Le été d’améliorer notre cohésion, afin de parler d’une sujet n’est pas forcément de savoir si on va survivre, seule voix. Cela a été une grande réussite et je pense mais comment faire pour retrouver un niveau de vie que cela nous a donné une dynamique, avec de vraies qui soit supérieur à celui de Trèves, d’Arlon ou de propositions concrètes et pas seulement des effets de Thionville. Il faut être les meilleurs, nous n’avons manche.» Des propositions notamment consignées pas le choix. Et cela concerne tout aussi bien les prodans une publication baptisée Comment sortir ensem- blèmes d’infrastructures, de transports, d’autorisable de la crise? qui a permis aussi à l’UEL de toucher tions administratives que des problèmes de coûts. le grand public, afin de l’informer au mieux de tous Quand nous disons qu’augmenter le salaire social minimum est, socialement, une très bonne chose, les enjeux économiques du moment. Mais cet engagement n’a pas suffi à débloquer mais que cela contribue aussi à augmenter le chôune situation dramatiquement figée et à éviter un mage, on nous dit que nous sommes antisociaux. Ce Jean-Michel Gaudron (texte), David Laurent/Wide (photo)

n’est pas là le sens de notre approche. C’est un faux débat. Nous plaidons pour un vrai débat de fond, qui prenne en compte l’ensemble des conséquences des choix que nous devons prendre pour l’avenir.» A ses yeux, les accords bipartites établis cet automne ont surtout eu pour conséquence de repousser le problème. Reculer pour mieux sauter ensuite? Michel Wurth espère en tous cas que ce délai de réflexion, qui est proposé à tous, permettra une bonne fois pour toutes de trouver des pistes concrètes pour transformer la société bien au-delà du seul volet économique. Ces transformations, cette nouvelle donne économique qui se profile – avec un basculement du pouvoir économique de l’Occident vers l’Orient – Michel Wurth les vit aussi au quotidien chez ArcelorMittal, dont le rayonnement planétaire constitue, à lui seul, un défi économique permanent. «Nous avons orienté notre stratégie en mettant l’accent sur les pays émergents, mais aussi vers les matières premières, pour être plus intégrés et augmenter la chaîne de valeur de nos produits. Nous n’arriverons pas à nous battre seulement contre la compétitivité-coût, ou alors cela finira par être douloureux pour tout le monde. Il faut donc avoir de l’avance en matière d’innovation, avec de nouveaux produits et de nouvelles technologies qui induisent aussi des gains de productivité. Cette crise constitue une vraie épreuve et nous avons beaucoup appris. Nous avons changé notre manière de voir les choses et cela ne nous réussit pas mal.»

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Michel Wurth Né le 17 avril 1954 Membre de la direction générale d’ArcelorMittal, responsable Produits Plats Europe, Distribution Solutions, Développement de Produits et R&D, Clients globaux Président de la Chambre de Commerce Président de l’Union des Entreprises Luxembourgeoises

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où ie.

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3 Lakshmi Mittal

«Merci Luxembourg!»

Le grand patron d’ArcelorMittal ne tarit pas d’éloges sur le Grand-Duché, où il a maintenu le siège social de son groupe, leader mondial de la sidérurgie.

Jean-Michel Gaudron (texte), David Laurent/Wide (photo)

Avec une fortune estimée à 28,7 milliards de dollars par le magazine américain Forbes, Lakshmi Mittal est, actuellement, la 5e plus grosse fortune mondiale et première européenne en tenant compte du lieu de résidence. Certes, le magnat indien, fondateur de ce qui est, aujourd’hui, le leader mondial incontesté de l’industrie sidérurgique, est domicilié à Londres. Il est, du reste, le seul des dix premiers de ce Top 100 à ne pas résider au minimum dans la Grande Région. Mais son influence sur l’économie luxembourgeoise ne souffre évidemment d’aucune discussion. Car même si c’est à son fils, Aditya, que l’on doit la genèse du plus délirant feuilleton politicoéconomique jamais vécu par le Grand-Duché, et qui a vu, en 2006, la fusion par acquisition du groupe Arcelor par Mittal Steel, c’est bel et bien lui, Lakshmi, qui tient fermement les rênes du premier employeur privé du pays, fort de plus de 6.000 salariés. «Il est plus facile de plaider notre cas à l’étranger autour d’un grand groupe, si l’on peut dire que nous sommes la terre choisie par Mittal pour y loger le siège d’ArcelorMittal et le conserver. Cela contribue largement à la crédibilité du ‘site’ luxembourgeois», estime Norbert Becker, le président du jury de cette édition du Top 100. «Nous voulons qu’ArcelorMittal soit un groupe dont le Luxembourg peut être fier», avait déclaré

M. Mittal, lors de la réception de nouvel an de la Fedil, en janvier 2008. En dépit de quelques tourments «cycliques» qui ont été parfois socialement compliqués à gérer, le groupe semble néanmoins être parvenu à atteindre cet objectif et entend bien poursuivre sur sa lancée, crise économique ou pas. «Nous avons vécu la pire crise économique depuis 1918 et nous n’en sommes pas encore tout à fait sortis, nous explique-t-il. Nous sommes dans une période continue de grande volatilité des marchés financiers et de lente croissance de la demande. Mais l’expérience vécue a été très utile et a montré au monde que la consolidation dans l’industrie sidérurgique, qui a créé des leaders mondiaux comme ArcelorMittal, fonctionne. En fait, ce modèle a sauvé l’industrie d’une autre période prolongée de faillites.» Modèle gagnant

En matière de consolidation, ArcelorMittal a du répondant, et a toujours affiché une certaine boulimie dans l’élargissement de son périmètre d’action. Dernière opération en date: le rachat annoncé, début novembre, de la société minière canadienne Baffinland, pour un montant de quelque 308 millions d’euros. Plus tôt dans l’année, le groupe avait annoncé la signature d’un protocole d’accord avec son partenaire turc Dayen pour la construction d’une usine de production d’acier dans le nord de l’Irak. Mais Lakshmi Mittal reconnaît volontiers que la seule structure – certes solide – du groupe n’aurait

pas été suffisante, en tant que telle, pour passer au mieux cette tempête économique. «Les gouvernements du monde entier ont réagi rapidement et de manière appropriée à la crise économique, avec des plans de relance et bon nombre d’autres mesures, constate-t-il. J’espère qu’ils continueront à le faire. Le gouvernement du Luxembourg a joué un rôle important ici, et je tiens à le remercier aujourd’hui.» L’historique château de l’avenue de la Liberté n’abrite plus le siège administratif du groupe, désormais localisé dans un bâtiment ultra-­moderne du boulevard d’Avranches, d’où est pilotée la très grande majorité des fonctions administratives de l’ensemble du groupe. «Le Luxembourg s’est révélé être un véritable atout dans cette période difficile, estime Lakshmi Mittal. Nos employés y sont extrêmement passionnés par l’entreprise et s’engagent pour son succès. Leur patience et ce qu’ils ont réalisé tout au long de cette année en témoignent. Je tiens sincèrement à les remercier également pour leur soutien continu et leur souhaite une prospère année 2011.» Même si les dernières prévisions quant aux performances attendues pour le dernier trimestre de l’année restent prudentes, le groupe n’en affiche pas moins des performances financières remarquables, avec un résultat net pour le troisième trimestre 2010 de 960 millions d’euros, en forte hausse de 48% par rapport au troisième trimestre 2009 et des prévisions pour le dernier trimestre de l’année d’un Ebitda compris entre 1 et 1,4 milliard d’euros.

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Lakshmi N. Mittal Né le 15 juin 1950 Président et CEO, ArcelorMittal

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4 Romain Bausch

«Nous ne sommes pas encore sortis de l’ornière» Alors que la crise économique est loin d’avoir produit tous ses effets, le CEO de SES regrette que les discussions autour de la compétitivité cachent des problèmes structurels plus profonds qui tardent à être vraiment réglés.

Jean-Michel Gaudron (texte), David Laurent/Wide (photo)

A la tête depuis 15 ans du premier opérateur mondial de satellites, SES, Romain Bausch est l’un des rares (avec Lakshmi Mittal) à figurer, dans les trois éditions de notre Top 100 des décideurs économiques les plus influents du Luxembourg, parmi les dix premiers. Le «poids» d’un groupe d’envergure internationale, symbole d’une diversification économique de pointe du pays en dehors de sa place financière, y est évidemment pour beaucoup, mais la personnalité même de son leader y contribue forcément. Ancien haut fonctionnaire du ministère des Finances, dont il fut administrateur général, ancien président de la SNCI et du Conseil d’Etat, sa «double compétence» service public/économie privée lui donne une légitimité dont peu peuvent se prévaloir à ce niveau-là. Certes, il y a deux ans, Romain Bausch nous avouait qu’il ne se considérait pas comme un «manager type». Un sentiment qui n’a pas évolué avec le temps, bien au contraire. «Avec l’âge, je pense que je mise sur le travail en équipe, davantage que par le passé. Aujourd’hui, je suis entouré de personnes qui ont bien évolué et qui assument, aujourd’hui, des responsabilités dans lesquelles je me serais sans doute immiscé il y a deux ou trois ans.» Evidemment, il pourrait aussi «profiter» de son parcours et de son statut pour empiéter sur un rôle qui ne serait pas le sien, quand bien même cela le démangerait de pouvoir, à l’occasion, davantage

s’impliquer dans les réflexions économiques et sociales du pays. «Il faut faire des choix, expliquet-il. Celui que j’ai fait est de me consacrer à mes fonctions chez SES et à pleinement assumer mes responsabilités dans une entreprise à dimension globale, ce qui prend déjà 100% de mon temps. Il me serait difficile de combiner cela avec un autre rôle dans une quelconque structure socioprofessionnelle. Je ne suis donc pas du tout en première ligne, ce qui ne m’empêche évidemment pas de discuter, à l’occasion, de tel ou tel problème avec tel ou tel décideur politique.» L’urgence des réformes

C’est donc, de loin, que M. Bausch a assisté à l’échec de la Tripartite du printemps dernier et à la dégradation du «modèle luxembourgeois», qu’il ne considère toutefois que comme «un mauvais moment à passer», tout en regrettant que toute l’attention des débats ait été focalisée sur la thématique de l’indexation des salaires. «Le problème de la compétitivité du pays est beaucoup plus vaste et les véritables discussions devraient plutôt porter sur la mise en œuvre de vraies réformes structurelles et le développement d’un système éducatif approprié. Il faut que ces réformes soient entamées maintenant, dans une période où le pays peut encore profiter de certaines niches dont on sait qu’elles ne dureront pas, car si nous ratons le coup et attendons que cet environnement favorable ait disparu, le problème sera tout autre. Mais je me souviens

que ce discours était déjà celui que nous tenions dans les années 70-80. Le pays a globalement bien survécu à la crise économique, mais il ne faut pas croire que les problèmes appartiennent au passé. Il faut s’attendre encore à des évolutions négatives, notamment dans le secteur financier. Nous ne sommes pas encore sortis de l’ornière.» Dans ce contexte, SES jouit d’une position un peu particulière. Leader mondial de son secteur, le groupe n’a qu’un impact direct limité sur l’économie luxembourgeoise, compte tenu du caractère presque exclusivement international de son activité. Mais avec un effectif de 450 salariés, qui augmente légèrement chaque année, SES n’en reste pas moins une composante non négligeable du paysage économique national, qui ne se traduit pas uniquement en termes de dividendes que l’Etat, actionnaire à plus de 16% (en direct et via la BCEE et la SNCI), touche chaque année. «Nous essayons aussi d’apporter notre modeste contribution à la mise en place d’un environnement propice au développement économique du pays, mais aussi à la recherche et à l’innovation.» D’où, par exemple, la signature d’un partenariat avec l’Université du Luxembourg en mars dernier, portant sur un montant de quelque 2 millions d’euros pour la période 2010-2015. Une somme consacrée au développement d’un centre d’excellence en matière de technologies liées aux systèmes satellites et à la création d’une chaire universitaire dédiée à ce secteur d’activité.

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Romain Bausch Né le 3 juillet 1953 Président du comité exécutif de SES Président du conseil d’administration de SES Astra Président du conseil d’administration de SES World Skies

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5 Marc Hoffmann

«Je me sens plus conservateur qu’avant» La crise économique et financière a renforcé l’approche prudente caractérisant le fondateur de la CBP, qui a eu aussi fort à faire, en 2010, en tant que président des conseils d’administration de Luxair et de Cargolux.

Jean-Michel Gaudron (texte), David Laurent/Wide (photo)

Etre patron d’une banque privée, qui plus est une banque privée que l’on a soi-même créée, n’est pas nécessairement un exercice de tout repos dans la conjoncture actuelle. Marc Hoffmann, tout autant que ses proches collaborateurs à la Compagnie de Banque Privée (CBP), peut en témoigner, même si, au final, la banque s’en sort plutôt bien au cœur des remous. Il n’en reste pas moins évident que la crise laissera certaines traces indélébiles. «Nous avons tous surtout découvert que les éléments les plus improbables qui, dans des distributions statistiques théoriques, ont des probabilités d’occurrence quasi nulles, ont tout de même pu arriver dans la réalité, observet-il. La séquence des événements a été tout aussi incroyable, avec un effet de chaos qui se précipite et se propage et dont l’étendue nous a tous surpris.» De quoi, fatalement, amener à envisager les choses sous un regard un peu différent. Un peu, seulement, car Marc Hoffmann n’a jamais été du genre flambeur et a toujours suivi un certain conservatisme, qui ne lui a pas trop mal réussi jusqu’à présent. Et cette approche n’est sans doute pas prête d’être démentie, bien au contraire. «Je me sens aujourd’hui plus conservateur qu’avant, avec tous les improbables qui sont devenus réalités. Il est clair que cette approche prudente ne peut être que renforcée par rapport à ce que toute une génération a vécu jusqu’à pré-

sent. Nous ne verrons plus les choses de la même manière qu’auparavant.» L’observation qu’il fait de l’évolution de cette crise économique n’est, de surcroît, pas de nature à lui faire croire, comme beaucoup d’autres, que le pire est derrière. «Il y a eu une première phase provoquée par la faillite virtuelle d’environ 40% des banques au niveau mondial. On s’achemine aujourd’hui vers une autre crise, avec 10% des Etats qui sont, à leur tour, virtuellement en faillite. Or là, derrière, il n’y a plus personne pour y remédier. On espère que certaines leçons seront retenues pour très longtemps, mais l’une des caractéristiques de l’homme réside dans sa capacité à oublier et à s’emballer de nouveau pour les mêmes choses. Il est difficile de ne pas imaginer qu’il y aura encore des moments très durs à venir.» Cette crainte vaut, tout autant, pour la situation au Luxembourg, tant économique que politique, sur laquelle Marc Hoffmann jette un regard qui pourrait paraître un tant soit peu désabusé. «Nous ne pouvons que constater que le gouvernement est limité dans sa capacité d’avancer sur des réformes essentielles. Mais le jeu démocratique au Luxembourg a ses limites et les alternatives sont peu nombreuses. La profondeur du paysage politique, ici, est un peu inquiétante. Nous sommes en présence d’une coalition qui a dû se couper en quatre pour rester au pouvoir. Mais si elle a été réélue, c’est aussi parce qu’il n’y avait pas vraiment d’autres options viables. Et d’ici

aux prochaines élections, je ne vois pas trop comment les choses pourraient changer.» La récente déclaration d’impuissance du ministre de l’Economie et du Commerce extérieur Jeannot Krecké («Si je me prenais vraiment au sérieux et si j’étais honnête avec moi-même, je devrais démissionner», avait-il déclaré lors d’une table ronde paperJam Business Club, début novembre) ne l’a évidemment guère rassuré non plus. «On observe un durcissement des positions de chaque côté. On n’a pas l’impression d’aller vers un consensus et je vois ça avec inquiétude.» Comme si tout cela ne suffisait pas, Marc Hoff­mann a eu aussi à traiter l’encombrant dossier Cargolux, dont il préside le conseil d’administration depuis deux ans et demi. Amendes infligées par la justice américaine et la Commission européenne dans le cadre d’enquêtes «antitrust»; inculpation du CEO de la compagnie, Ulrich Ogiermann, par ces mêmes Américains; destitution de ses fonctions et remplacement, le 1er janvier 2011, par Frank Reimen: autant d’événements que l’on ne peut pas qualifier de récurrents dans la vie d’une société. «Nous étions déjà dans un moment de fortes turbulences lorsque j’ai repris la présidence de Cargolux. Nous sommes en train de passer à travers les bourrasques les plus difficiles et nous en vivons les derniers épisodes. Le nouveau management en place et l’arrivée de M. Reimen vont permettre de dégager une nouvelle dynamique.»

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Marc Hoffmann Né le 26 mai 1958 Fondateur, président du comité de direction et administrateur délégué de Compagnie de Banque Privée Président du conseil d’administration de Luxair Président du conseil d’administration de Cargolux Membre du conseil d’administration du groupe Saint-Paul

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6 Claude Kremer

«Le réel plaisir du travail accompli» Le président de l’Alfi, pour quelques mois encore, n’a pas ménagé ses efforts ces derniers temps. Mais il sait pourquoi.

Jean-Michel Gaudron (texte), David Laurent/Wide (photo)

En dépit des apparences, la vie des fonds d’investissement n’a pas toujours été le long fleuve tranquille qu’il semble paraître. Avec 2.083,7 milliards d’euros d’actifs sous gestion au dernier pointage (fin septembre), la Place est, certes, toujours largement numéro un en Europe. Mais au plus fort de la crise financière, ces avoirs avaient chuté jusque 1.530 milliards d’euros, avec des mois où les désinvestissements se sont élevés à plus de 120 millions d’euros. Le contexte aurait pu en faire paniquer plus d’un. Mais pas Claude Kremer, solidement à la barre en tant que président de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi), qui a toujours affiché une sérénité et un calme parfois désarmants. «Il est vrai qu’un mois comme octobre 2008 a été le plus désastreux dans l’histoire de l’industrie mondiale des fonds, rappelle-t-il. Les regards se sont forcément tournés vers le Luxembourg, en tant que leader européen et deuxième place mondiale. Il a donc fallu diffuser les bons messages, rassurer les investisseurs et se mettre davantage à leur écoute. Ce furent assurément des moments très intenses.» Des moments qu’il reconnaît avoir été d’autant plus capable de «bien» les vivre qu’il se sait entouré d’une équipe – conseil d’administration et direction générale – qui a, elle aussi, répondu pré-

sent «jour et nuit». Mais il ne cache pas aussi que la très forte solidarité et connectivité entre les acteurs de l’industrie, même concurrents, a aussi contribué à éviter une catastrophe. Il n’empêche qu’en sa qualité de président de l’Alfi, à laquelle s’est ajoutée, en juin 2009, la viceprésidence de l’Efama, l’Association européenne de la gestion financière, il est, par la force des choses, devenu incontournable dans cette industrie, jonglant au mieux avec son métier premier, celui d’associé du cabinet d’avocats Arendt & Medernach. «Il faut savoir ménager au mieux les priorités de part et d’autre. Parfois cela est très exigeant et pour l’essentiel, c’est le temps libre qui en pâtit. Mais il y a un réel plaisir du travail accompli et de la réussite des objectifs fixés.» 2011, année du changement

L’interaction avec le gouvernement est, par la force des choses, permanente, d’autant plus que l’actualité législative impose une vigilance de tous les instants à l’heure où se préparent les textes de loi issus des directives européennes. Ucits IV, dans l’immédiat, et AIFMD, très prochainement, constituent les deux exemples les plus marquants. «Il y a certains messages à faire passer pour faire en sorte que le Luxembourg tire de ces nouvelles lois un maximum d’opportunités pour ses clients. Nous avons évidemment un rôle de lobbying à jouer en la matière.»

L’avenir ne se présente donc pas trop mal pour le Luxembourg, qui vise, plus que jamais, à se positionner dans l’industrie des fonds comme un centre de commande et de contrôle opérationnel pour les fonds investis et distribués sur une base mondiale, «dans un fuseau horaire tout juste au milieu entre l’Est et l’Ouest», note le président de l’Alfi. Mais l’avenir de Claude Kremer, lui, s’annonce un peu différent du quotidien vécu ces dernières années. L’année 2011 ne sera en effet pas comme les autres, car à la fin du printemps, son mandat à la présidence de l’Alfi prendra fin et il ne pourra pas le renouveler. Un peu comme si une nouvelle vie se profilait, après quatre années vécues à très haut régime. Mais ce n’est pas pour autant que l’intéressé a déjà planifié ses occupations à ce moment-là. «Je suis encore en plein dans l’agenda 2010, avec un travail au quotidien qui me préoccupe davantage que l’avenir lointain. J’ai bien le temps de voir ce que l’année prochaine pourra m’apporter.» Sérénité et calme, comme toujours. Tout comme face aux perturbations politiques et sociales de cette drôle d’année 2010. «Le modèle luxembourgeois, tel que nous l’avons connu ces 30 dernières années, a fait ses preuves. Il n’a, cette année, malheureusement pas fonctionné comme il l’a fait par le passé, mais cela est temporaire et j’espère qu’il fonctionnera à nouveau très vite. C’est de toute façon essentiel pour assurer la stabilité politique et sociale du pays.»

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Claude Kremer Né le 27 juillet 1956 Associé-fondateur du cabinet d’avocats Arendt & Medernach Président de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement Membre du Haut comité pour la place financière Vice-président de l’Association européenne de la gestion financière (Efama)

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7 Laurent Schonckert

«être plus conscients et responsables»

Le grand patron du groupe de distribution Cactus, un rien dépité par certains comportements liés à la crise économique, en appelle à un certain retour à la raison.

Jean-Michel Gaudron (texte), David Laurent/Wide (photo)

A la tête, depuis 2002, du groupe Cactus, profondément ancré dans le paysage luxembourgeois et fort de quelque 4.000 employés, Laurent Schonckert n’est pas du genre à pratiquer la langue de bois. Ses avis sont toujours tranchés, ce qui rend le personnage attachant ou agaçant, c’est selon. Cela l’expose, parfois aussi, à des critiques qu’il juge injustifiées. «Ma vision du capitalisme est de vouloir créer une plus-value pour ensuite pouvoir investir et donc créer des emplois. On peut ne pas être d’accord avec ce système, mais ce n’est pas moi qui peut le changer.» Investir, Cactus le fait et n’a pas freiné ses projets en dépit du ralentissement économique global. Entre l’agrandissement du supermarché de Mersch, l’ouverture de deux autres à Windhof et à Redange et l’extension massive de la Belle Etoile, ce sont pas moins de 250 millions d’euros d’investissement qui sont programmés sur quatre années, avec des perspectives de plusieurs centaines d’embauches. «Nous restons proactifs et confiants, même si nous n’avons évidemment pas de boule de cristal», assure M. Schonckert. Pas question non plus, donc, de revenir sur la tradition annuelle du cadeau de fin d’année à chacun des salariés du groupe. «Il aurait été facile de couper dans ces coûts-là, mais nous ne l’avons pas fait. Nous demandons simplement à chacun d’être un peu plus conscients et responsables. Et même, nous

n’avons pas réduit ou limité nos budgets publicitaires. Nous avons agi en personnes averties et responsables par rapport à cette situation de crise.» Un état d’esprit «positif» qui ne cache pas, néanmoins, une certaine amertume au vu de la façon dont se sont déroulées les choses ces dernières années. «Je suis un capitaliste, au bon sens du terme, et certains l’ont été dans le mauvais sens. Il y a une certaine déception par rapport au comportement de certains en qui j’avais une grande confiance, comme beaucoup d’autres citoyens d’ailleurs. Il y a eu beaucoup de choses dites, mais les actions qui ont suivi n’ont pas été en rapport, comme si les leçons de la crise n’avaient pas été retenues. Je vise en particulier certains financiers, politiciens et analystes. Quand j’écoute ce qu’ils disent, je me demande comment ils peuvent encore se prendre au sérieux. L’économie n’est pas une science exacte. Certains modèles étaient plus ou moins à la mode selon les époques. Aujourd’hui, on observe un amalgame de tout. Les économistes devraient être plus humbles.» «Manque de flexibilité intellectuelle»

A l’échelle du Luxembourg aussi, la déception de Laurent Schonckert s’est montrée très vive. L’absence de consensus entre gouvernement, syndicats et patrons a du mal à passer pour le viceprésident de la Confédération Luxembourgeoise du Commerce. Mais pas question de remettre de l’huile sur le feu pour autant. «Je trouve juste qu’il

y a un manque de flexibilité intellectuelle de la part de certains qui voient les choses sous un certain angle, alors que la réalité est moins heureuse.» Les discussions autour des horaires d’ouverture des magasins et la décision prise de les prolonger jusqu’à 20 heures le samedi ont également occupé une partie de son temps, et le «poids» qu’il représente en tant que numéro deux de la CLC a certainement pesé dans la balance. «Ma légitimité a sans doute aidé dans ce dossier, peut-être aussi parce que je suis le plus visible. Mais je ne doute pas que les autres grandes enseignes avaient la même position que moi. Seul, on ne peut de toute façon rien faire dans ce genre de dossiers.» C’est aussi dans la prise de décision en commun que Laurent Schonckert avance chez Cactus, en étroite relation avec la famille Leesch, propriétaire de l’enseigne. «Il y a une grande complémentarité entre nous et une grande confiance. Nous nous voyons régulièrement pour faire le point et si nous sommes d’accord sur une décision, alors j’ai une très grande souplesse, mais pas infinie non plus, pour la mettre en œuvre. Parfois certaines idées diffèrent. La carte Cactus, par exemple, cela faisait dix ans que je l’avais dans le tiroir. Je l’ouvrais régulièrement, puis je le refermais. Mais quand nous avons tous les deux convenu que le système était au point, nous l’avons lancé avec un succès (190.000 adhérents, ndlr.) qui a dépassé nos espérances et qui a permis de sauver l’un ou l’autre pourcent de notre chiffre d’affaires.»

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Laurent Schonckert Né le 25 février 1958 Administrateur directeur du groupe de distribution Cactus Vice-président de la Confédération Luxembourgeoise du Commerce Membre de la Fédération des Jeunes Dirigeants Administrateur d’Unicef Luxembourg

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8 Didier Mouget

«Il faut que le pays évolue»

Le managing partner de PwC espère que le Luxembourg ne considérera pas l’explosion des marchés émergents comme une menace, mais davantage comme une source de croissance économique nouvelle.

Jean-Michel Gaudron (texte), David Laurent/Wide (photo)

qu’on ne se sent jamais vraiment seul à ce poste. Je ne ressens pas, en tous cas, la même pression que peut avoir le CEO d’une entreprise de 2.000 personnes qui n’est pas organisée sous cette forme de partnership. D’une certaine façon, nous sommes 95 à avoir des qualités de leadership et à être capables de prendre des décisions.» Auditeur de formation, Didier Mouget a toujours tenu à conserver la pratique de son métier, même dans le cadre de ses fonctions dirigeantes. Mais il est évidemment toujours présent sur des gros dossiers économiques, où son expérience du marché luxembourgeois et son «réseau» sont mis à contribution. «Il m’est possible d’activer tel ou tel levier, de déminer une situation conflictuelle potentielle ou d’aller voir telle ou telle personne. C’est une des valeurs ajoutées que je peux apporter, bien au-delà d’une contribution purement technique. Je ne fais alors que gérer des gens plus compétents que moi dans un domaine.»

Avec pratiquement 2.000 personnes employées, PwC Luxembourg est l’un des plus grands emplo­ yeurs privés du pays. A sa tête depuis janvier 2007, ce qui en fait, aujourd’hui, le plus «ancien» des Big Four à ce poste, Didier Mouget ne cherche pas à fuir les responsabilités qui sont les siennes, mais sans pour autant être en position d’en assumer l’intégralité. «C’est une position valorisante, porteuse de beaucoup de satisfactions et de sensations, que j’ai la chance d’exercer dans le cadre d’un partnership, avec 95 associés, qui sont tous des gens de très haut niveau, note-t-il. La gestion et le succès de la firme ne sont donc pas le résultat d’un seul homme, le défi étant d’avoir la meilleure personne par rapport au profil de son poste. Du reste, je considère que ma présence dans ce classement est davantage une reconnaissance vis-à-vis de la firme en général, plus que par rapport à ma propre personne. Le seul mérite que je m’attribue, c’est effectivement celui de parvenir à maintenir l’unité et la cohérence de la société et sa « Gérer une croissance de 20-25% est plus difficile» position de force sur le marché.» Au plus fort de la crise, PwC n’a pas voulu, Bien évidemment, en tant que numéro un de PwC, un certain nombre de décisions stratégi- quand elle en aurait légitimement eu la possibiques lui reviennent, de fait. Mais Didier Mouget lité, couper dans ses effectifs pour s’adapter à la reconnaît volontiers qu’il n’est amené que très nouvelle donne du marché, préférant miser sur la rarement à prendre une décision tout seul. «J’ai responsabilité de tous et les efforts de chacun au une manière de fonctionner très consultative, évi- plus fort de la tourmente. «Cela implique de garder demment liée à la culture de l’entreprise. Encore un maximum de flexibilité et de pouvoir changer de une fois, la richesse des talents qui m’entourent fait style de gestion très rapidement, explique Didier

Mouget. Le management et moi-même, nous n’avons pas ressenti une pression plus importante par rapport à la manière de diriger la firme. Gérer une croissance de 20-25% comme nous avons connu il y a quelques années est paradoxalement plus difficile, car il faut recruter des gens expérimentés, qui ne sont pas évidents à trouver lorsque tout va bien. Bouleverser un style de management n’est pas techniquement compliqué à faire, mais c’est vrai qu’il demeure toujours une certaine appréhension par rapport au lendemain.» Ces lendemains à venir, ils ne sont pas forcément très emballants, au vu du contexte actuel. Au Luxembourg, comme ailleurs. «Il faut que le pays évolue, tranche le managing partner de PwC. Nous nous trouvons, dans nos économies développées, confrontés à une tendance de fond qui est la désindustrialisation. Le Luxembourg devra donc réussir sa reconversion et sa transformation pour tenir compte de cette évolution, qui est inéluctable. En Asie, et dans d’autres régions émergentes, il y a énormément de gens qualifiés et volontaires, avides de se développer et à moindre coût par rapport à nos économies. C’est une réalité. L’ignorer aujourd’hui serait à long terme suicidaire. Mais il ne faut pas non plus voir ces marchés émergents négativement. Si l’Europe et le Luxembourg savent s’adapter, ils peuvent tirer profit de ces zones de croissance. A contrario, le statu quo et la lutte pied à pied pour garder des petits avantages acquis sont une stratégie suicidaire à plus ou moins court terme.»

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Didier Mouget NĂŠ le 29 janvier 1958 Managing partner, PwC Luxembourg Membre du global board, PwC International

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9 Marc Giorgetti

«Un excès de confiance pourrait être dangereux» Le gérant de l’entreprise de construction familiale met en garde contre ceux qui pourraient croire que le plus dur de la crise est passé…

Jean-Michel Gaudron (texte), David Laurent/Wide (photo)

Chez les Giorgetti, on est dans «l’ambiance» entrepreneuriale de père en fils. Marc Giorgetti et son frère Paul sont donc tombés dedans quand ils étaient petits. Ils sont, aujourd’hui, à la tête d’une entreprise dont les origines profondes remontent à la fin du 19e siècle, même si l’entreprise familiale, en elle-même, n’a été créée «que» en 1937. Au gré des successions, elle est devenue une entreprise personnelle de construction, Félix Giorgetti, en 1979, puis transformée en Félix Giorgetti sàrl en 1991. Marc et Paul, eux, ont rejoint l’entreprise alors dirigée par leur père en 1986 et ont créé deux ans plus tard la société Skyliners (location de grues à tour). Ce fut le premier pas vers une diversification qui n’a eu de cesse, depuis, bien au-delà du cœur de métier (travaux routiers, bâtiments et immobilier). Avec toutes les sociétés affiliées, l’ensemble du groupe emploie un millier de personnes. Une grosse machine, donc, mais très bien huilée et qui ne s’est pas enrayée avec la crise économique. «Avant de rentrer dans la crise, il faut avoir une entreprise déjà saine à la base et ne pas se risquer à des aventures qui mettent la société en péril dans les bons moments», explique Marc Giorgetti qui reconnaît qu’en période de bonne conjoncture, le plus dur a parfois été de dire… non. «Nous avons décliné beaucoup de propositions qui nous ont été faites. Nous devions garder la tête

froide et ne pas nous lancer dans des aventures où tout le monde y a finalement perdu.» Cette crise, Marc Giorgetti l’a vue venir, comme beaucoup, mais il concède volontiers que sa violence et son ampleur l’ont surpris. Mais ce n’est pas le changement d’environnement qui a modifié quoi que ce soit dans sa façon de mener les affaires et de gérer le quotidien, avec comme leitmotiv du simple «bon sens». «On se remet de toute façon toujours en cause, naturellement, et on n’a jamais attendu qu’il y ait une crise pour le faire. Les coûts, nous les contrôlions déjà en haute conjoncture. Nous avons naturellement continué à le faire ensuite de la même façon», indique-t-il, prêt, par ailleurs, à accepter les critiques constructives. Mais prêt, aussi, à saisir les opportunités que le revirement de conjoncture n’a pas manqué de provoquer. «Cela a été le cas dans les achats de terrains ou d’entreprises, par exemple, ou plus généralement des investissements immobiliers.» Manque de clarté

A partir du moment où le volume des ventes dans l’immobilier a commencé à plonger, la réaction du groupe a été instantanée, avec une participation accrue à des appels d’offres et une augmentation dans le volume des chantiers de travaux publics pris en charge, mais aussi dans les chantiers privés. Dans le même temps, Marc Giorgetti a été observateur, un tant soit peu consterné, de l’agitation socio-politique dans le pays, et de l’échec

de la Tripartite du printemps dernier. «J’ai essayé d’aller de l’avant, sans trop me préoccuper de cette situation déplorable. J’aurais, bien sûr, espéré qu’il y ait un accord, mais heureusement que Roland Kuhn (président de la Chambre des Métiers et vice-président de l’Union des Entreprises Luxembourgeoises, ndlr.) a bataillé dans ce domaine-là. Je ne sais pas si j’aurais été capable de gérer de telles situations avec le calme nécessaire.» Et de regretter très amèrement l’incapacité de la classe politique à prendre les problèmes par le bon bout. «Les décisions politiques actuelles ne m’incitent pas à être confiant dans l’avenir. On ne voit pas de ligne claire dans la stratégie actuelle du pays et cela m’inquiète un peu. On se demande si nos politiciens veulent vraiment voir la vérité en face… Il demeure des problèmes réels qui ne sont pas en voie d’être résolus. Et plutôt que d’avoir été traités à la racine, ils le seront plus tard, lorsque ce sera beaucoup plus douloureux pour tout le monde.» M. Giorgetti reste donc modéré quand il évoque l’avenir immédiat, fort de l’expérience vécue au travers de ses nombreux voyages à l’étranger. «Un excès de confiance, aujourd’hui, pourrait être dangereux. Le monde est en train de bouger comme jamais il ne l’a fait. Et on a l’impression qu’au Luxembourg, beaucoup se croient à l’abri de toutes ces choses-là. Ce qui n’est certainement pas le cas.»

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Marc Giorgetti Né le 19 août 1961 Gérant de l’entreprise de construction Félix Giorgetti Administrateur des sociétés du groupe (Kuhn Construction, Kuhn Immobilier, TDO Consulting, Skyliners, Giolog, Ferrac, Julien Cajot) Actionnaire et administrateur de BIP Investment Partners et de Compagnie de Banque Privée

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10 Yves Mersch

L’infatigable trublion

Le gouverneur de la Banque Centrale du Luxembourg n’a jamais cessé de se positionner comme l’«empêcheur de tourner en rond» de la politique économique du pays. Et il s’en est fallu de peu pour qu’il accède à la vice-présidence de la Banque Centrale européenne.

Jean-Michel Gaudron (texte), Hélène Dupont / Maison Moderne Design (illustration)

Nous aurions aimé interroger Yves Mersch, en cette fin d’année, sur la situation économique et financière du Luxembourg. Nous aurions aimé savoir comment il avait, à titre personnel, vécu cette année 2010 et sa non-nomination à la viceprésidence de la Banque Centrale européenne (BCE). Nous aurions aimé tant de choses… mais il faudra repasser. Estimant ne pas avoir sa place dans un classement qui, à ses yeux, concerne davantage des décideurs du secteur privé, M. Mersch nous a poliment fait savoir qu’il ne souhaitait pas répondre à nos questions. Une position que nous regrettons, évidemment, autant que nous la respectons. Sans doute faut-il y voir aussi une certaine «réserve» volontaire d’un homme qui aspire toujours à occuper de hautes fonctions au niveau de la BCE (dont il est déjà membre, de fait, du conseil des gouverneurs) et qui souhaite, au moins un certain temps, faire profil bas dans un contexte autre que celui de sa mission en tant que gouverneur de la ­Banque Centrale du Luxembourg (BCL). Au début de l’année, ils étaient trois sur les rangs, pour succéder au Grec Lucas Papademos, dont le mandat de vice-président de la BCE arrivait à échéance au 31 mai 2010. Yves Mersch était sur les rangs, aux côtés du Belge Peter Praet et du Portugais Vítor Manuel Ribeiro Constâncio. C’est

finalement ce dernier qui a eu les faveurs des ministres des Finances de la zone euro, au cœur d’un jeu d’échecs politico-géographique à 18 mois de la fin de la présidence de l’actuel numéro un de la BCE, Jean-Claude Trichet. Pour une nouvelle surveillance

Yves Mersch restera donc à la tête de la BCL, puisque le 28 mai dernier, le Conseil de gouvernement a décidé de renouveler son mandat à la tête de l’institution, en principe jusqu’en 2016, date à laquelle l’intéressé aura 67 ans. Réputé pour une certaine intransigeance dans les relations sociales au sein de la banque, surtout depuis le tollé provoqué par le licenciement, fin 2005, de Marcel Martens, le représentant du personnel de la banque, M. Mersch est également infatigable dès qu’il s’agit d’apporter une lecture circonstanciée des données économiques du pays. «Le principal apport de la BCL aura été d’instaurer une augmentation de la qualité de la discussion, déclarait-il en juin 2008 sur paperJam.TV. Auparavant, toutes les informations étaient détenues par le gouvernement et ses services. Il y a maintenant une analyse qui peut diverger de ce monopole de dissémination d’information. Cela constitue un enrichissement dans un débat, pas uniquement dans l’analyse, mais aussi au niveau de la présentation. Nous avons imprimé une nouvelle qualité et notre demande rigoureuse de présentation selon des normes internationalement admises au niveau des statistiques a fait que nous avons des

informations plus régulières, de meilleure qualité et plus objectives, ce qui ne peut que contribuer à la qualité de la prise de décision.» L’indexation automatique des salaires, qu’il souhaiterait voir modulée; les dispositions Bâle III, pour lesquelles il voit plus de danger qu’autre chose; le budget de l’Etat, pour lequel les efforts du gouvernement pour équilibrer les comptes publics à l’horizon 2014 sont jugés insuffisants… Yves Mersch appuie toujours là où ça fait mal. Mais son objectif suprême, au Luxembourg, reste sans aucun doute la mise en œuvre d’une réforme institutionnelle devant renforcer la coopération entre la Banque Centrale du Luxembourg et la Commission de Surveillance du Secteur Financier et l’instauration d’échanges d’informations formalisés entre l’autorité monétaire nationale et celle de supervision. «L’architecture de supervision, au Luxembourg, souffre surtout d’une absence d’unité doctrinale et d’unité de structures, alors que la majorité des pays européens ont entamé des transformations organiques compatibles avec les évolutions des systèmes financiers», expliquait-il, fin 2009, dans une interview à la Luxembourg for Finance. Dès 2006, Yves Mersch avait soumis au gouvernement un projet de loi visant à réformer ces structures. Il plaide, notamment, pour une surveillance plus proche des situations de liquidités des établissements financiers, renforcé dans ses convictions par le déroulement de la crise financière internationale.

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Yves Mersch Né le 1er octobre 1949 Gouverneur de la Banque Centrale du Luxembourg Membre du Conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne Président de l’asbl The Bridge Forum Dialogue Membre du conseil académique de l’Institut Universitaire International Luxembourg Membre du conseil d’administration de la Luxembourg School of Finance

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Top 5 des jeunes (Ils n’ont pas plus de 40 ans…) 1. Eva Kremer (SNCI, 44e du classement) 40 ans 2. Alain Kinsch (Ernst & Young, 47e) 39 ans 3. Gerard Lopez (Mangrove Capital Partners, 52e) 38 ans 4. Xavier Buck (DCL Group, 72e) 40 ans 5. Jérôme Grandidier (Luxembourg Telecom, 77e) 40 ans

Top 5 des anciens

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Nicolas Comes

Georges Lentz Jr

Pit Hentgen

CEO de la Carrosserie Comes, une des principales entreprises du secteur qui emploie une cinquantaine de personnes, il est aussi co-fondateur et président du conseil d’administration de la société de haute technologie Hitec, impliquée dans de nombreux projets industriels, y compris dans le domaine de l’aérospatiale (Galileo). Il est, du reste, un des prin­ cipaux actionnaires privés de SES. Agé de 62 ans, Nicolas Comes est, par ailleurs, administrateur indépendant auprès des fonds d’investissement du groupe Babcock&Brown et du General-PropertyTrust-Australie (GPT) au Luxembourg et a développé plusieurs entreprises au Grand-Duché et à l’étranger.

Depuis près de 25 ans, il est à la tête de la Brasserie Nationale (Bofferding), dont il a conduit le développement au point d’en faire le premier distributeur de boissons de la Grande Région. Le groupe basé à Bascharage, qui emploie près de 250 personnes, a affiché, en 2009, près de 72 millions d’euros de chiffre d’affaires. Agé de 61 ans, Georges Lentz est, en outre, un des piliers fondateurs du Cercle Munster, haut lieu d’influence dans le microcosme économique luxembourgeois.

Agé de 49 ans, le président-directeur général de la compagnie d’assurances La Luxembourgeoise, médiatiquement discret, n’en est pas moins très impliqué dans les principaux organes représentatifs de la Place. Il est vice-président de l’Association des Compagnies d’Assurances, membre du Haut comité de la place financière (ex-Codeplafi) et du conseil de la Banque Centrale du Luxembourg. Il siège également aux conseils d’administration du Groupe Saint-Paul, de BIP Investment Partners et de la Fondation de Luxembourg dont il est un des administrateurs-fondateurs.

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(Ils ont plus de 70 ans…) 1. Paul-Henri Meyers (Hëllef Doheem, 30e du classement) 73 ans 2. Gaston Schwertzer (Luxempart, 36e) 78 ans 3. Mathias Schiltz (Evêché de Luxembourg, 39e) 77 ans 4. Charles Kieffer (CK, 86e du classement) 89 ans 5. Lucien Emringer (M. Immobilière, 98e) 75 ans

Gaston Reinesch

Carlo Thill

Pierre Ahlborn

Difficile de trouver un fonctionnaire plus omniprésent à des postes-clés dans l’économie luxembourgeoise. Ce professeur d’économie au département Droit et Economie de l’Université du Luxembourg est aussi et surtout administrateur général du ministère des Finances. Agé de 52 ans, il est ainsi présent dans pratiquement tous les conseils d’administration des sociétés dont l’Etat est actionnaire. Il préside notamment ceux de la SNCI* (* voir signification page 114), de l’Entreprise des P&T et de BGL BNP Paribas. Il siège également auprès de SES, de la Banque Européenne d’Investissement, d’Enovos ou encore de Cargolux.

Co-président du comité de direction de la BGL BNP Paribas, Carlo Thill a fait toute sa carrière à la BGL, où il est entré en 1978 et a parfaitement géré l’intégration de sa banque au sein du groupe français BNP. Bien introduit dans le tissu local (il siège aussi à la Chambre de Commerce), il symbolise en quelque sorte la culture bancaire luxembourgeoise au sein de la nouvelle entité. Agé de 57 ans, Carlo Thill est également vice-président de l’ABBL*.

Le très discret administrateur délégué de la Banque de Luxembourg, âgé de 48 ans, n’est pas uniquement un dirigeant de banque avisé et performant, vice-président du conseil d’adminis­ tration d’EFA* et administrateur de l’Entreprise des P&T et de la Bourse de Luxembourg. Il est également très impliqué dans la vie sociale et culturelle du pays, aussi bien en tant que trésorier de la Croix-Rouge Luxembourg que membre du conseil d’administration de la Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie. Pierre Ahlborn joue également un rôle-clé dans le développement des activités philan­thropiques de la Place.

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Bob Kneip

René Elvinger

Jos Sales

Agé de 48 ans, il est à la tête de Kneip, la société qu’il a lui-même créée en 1993. Il en a fait un acteur-clé international de la communication en matière de fonds d’investissement, actif pour près de 12.000 fonds gérés par plus de 360 socié­tés. Soutenue pendant trois années par le fonds de venture capital 3i, la société, redevenue autonome cet été, a multiplié les acquisitions depuis un an (La Cote Bleue, Patrimoine TV, Co-Link…) et a ouvert un bureau à Paris en novembre dernier après s’être déjà développée en Suisse et au Royaume-Uni.

Il est, depuis 25 ans, administrateur délégué de la société Elth, dont il a accompagné l’établissement au Luxembourg dès 1976. Spécialisée dans le développement et la production de différents types de thermostats, de sondes ou de capteurs destinés aux secteurs de l’industrie automobile et de l’électroménager, la société emploie 550 personnes. Agé de 59 ans, René Elvinger a pris successivement la direction des usines en Europe, Asie et Amérique latine, avant d’accéder au poste de directeur général du groupe. Il est également vice-président du conseil d’administration du CRP* Gabriel Lippmann.

Associé, avec son frère Marc, dans la société de transport de passagers Sales-Lentz, il contribue au dévelop­ pement du groupe qui revendique, aujourd’hui, le statut de plus grande entreprise familiale de voyage et de tourisme au Luxembourg, forte d’un parc de plus de 330 véhicules. Agé de 43 ans, il préside également la Fédération Luxembourgeoise des Exploitants d’Autobus et d’Autocars, affiliée à la CLC* dont il est un des vice-présidents.

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Top 10 des créateurs d’entreprise (Ils ont créé leur société…)

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Hubert Clasen

Marcel Gross

Frédéric Otto

A 57 ans, l’administrateur délégué des Caves Bernard-Massard est toujours bon pied bon œil. Membre du conseil d’administration de la Fedil et président du Groupement des producteurs de vins mousseux et crémants luxembourgeois, il siège également dans le conseil d’administration de la Brasserie Nationale (Bofferding). Mais il siège aussi au conseil du Cercle Munster et apporte sa grande connaissance des milieux économiques luxembourgeois auprès de la Banque ING dont il est également administrateur.

Entré aux P&T en 1972, il n’a plus jamais connu d’autre employeur et y a gravi tous les échelons jusqu’à la position ultime de président du comité de direction, qu’il occupe depuis le 1er janvier 2002. Il a donc eu à piloter le chantier de la libéralisation des télécommunications et a entamé, cette année, celui, tout aussi sensible, du secteur postal. Il a également en charge la mise en œuvre du développement de l’Internet à ultra haut débit voulu par le gouvernement. Agé de 63 ans, il a été reconduit dans ses fonctions en septembre dernier, mais a laissé entendre qu’il n’irait pas au terme de son mandat de six années. Il tient, en revanche, à achever les deux chantiers majeurs en cours (libéralisation des Postes et création d’une structure unique en téléphonie mobile).

Depuis mars 1998, il siège en tant qu’administrateur-directeur général de la Banque Privée Edmond de Rothschild Europe, qui est à la fois la plus vieille filiale de banque privée établie au Luxembourg (1969), mais aussi la plus grande banque suisse de la Place, employant près de 700 personnes. Agé de 51 ans, il a fait de son établissement le centre de compétences du groupe en matière de gestion de fortune, mais aussi le point de départ de l’expansion européenne vers la Belgique, le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Frédéric Otto siège, par ailleurs, à l’executive board du Private Banking Group de l’ABBL* en tant qu’observateur.

1. Lakshmi Mittal (ArcelorMittal, 3e du classement) 2. Marc Hoffmann (Compagnie de Banque Privée, 5e) 3. Marc Giorgetti (Félix Giorgetti, 9e) 4. Nicolas Comes (Carrosserie Comes, 11e) 5. Bob Kneip (Kneip, 17e) 6. Jos Sales (Sales Lentz, 19e) 7. Mark Tluszcz (Mangrove Capital Partners, 29e) 8. Gaston Schwertzer (Luxempart, 36e) 9. Claude Wagner (Bâti-C, 45e) 10. René Closter (Luxembourg Air Rescue, 49e)

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Pierre Gramegna Directeur de la Chambre de Commerce depuis 2003, il est un acteur central du monde économique luxembourgeois. Cumulant de nombreux mandats d’administrateur (Cargolux, BGL BNP Paribas, SNCI*, Bourse de Luxembourg, Luxexpo, où il est administrateur délégué) et membre du Conseil Economique et Social, Pierre Gramegna est aussi devenu en juillet l’un des vice-présidents de la Fédération des professionnels du secteur financier (Profil). Cet ancien ambassadeur de 52 ans continue à sillonner le monde pour faire entendre la voix du Grand-Duché dans un environnement toujours plus concurrentiel.

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José-Benjamin Longrée Il a occupé, jusqu’en juin dernier, les fonc­tions de managing director de Caceis Bank Luxembourg, contribuant à positionner la banque parmi les acteurs majeurs dans l’administration de fonds et la conservation de titres au GrandDuché. Agé de 42 ans, il avait été promu, cet été, directeur général adjoint du groupe en France, avant de quitter ses fonctions «pour raisons personnelles» en novembre. José-Benjamin Longrée siège dans les conseils de plusieurs fonds, mais aussi à la Bourse de Luxembourg et à l’Alfi.

Rolf Tarrach

Jeffrey Tessler

Recteur de l’Université du Luxembourg, il a pris en 2005 les rênes d’une institution encore toute jeune et à laquelle il tente d’imprimer sa marque. Ce Catalan de 62 ans d’origine allemande, docteur en physique, est très à l’aise lorsqu’il parle en public et a rapidement su gagner la confiance du sérail luxembourgeois, en étant très présent dans les cercles économiques majeurs du pays, même si sa façon de diriger l’institution ne fait pas toujours l’unanimité. Forte de plus de 5.000 étudiants, l’université a, ces dernières années, connu une croissance importante et une multiplication des coopé­rations avec des partenaires étrangers.

A la tête de Clearstream International depuis six années, cet Américain de 56 ans a poursuivi efficacement l’intégration de la société au sein de Deutsche Börse, entamée en 2002, et son ancrage au Luxembourg, où elle représente 40% des revenus du groupe. La société affichait, cet automne, au moment de fêter son 40e anniversaire, un montant de 11.000 milliards d’euros de capitaux sous conservation, ce qui en fait un des principaux acteurs mondiaux dans le domaine. Jeffrey Tessler est également membre du conseil d’administration de Swift et président de la Fondation Edmond Israel.

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François Tesch

Marty Dobbins

Mark Tluszcz

Paul-Henri Meyers

Son image est indissociable du groupe d’assurances Foyer (fondé par un de ses aïeuls et longtemps présidé par son oncle, Marc Lambert), où il est entré en 1983 en tant que secrétaire général avant d’accéder, deux ans plus tard, à la direction. Aujourd’hui administrateur délégué et CEO du groupe, il a pris un certain recul par rapport à la gestion journalière de la société, se consacrant davantage aux développements stratégiques d’un des acteurs majeurs de l’assurance au Luxembourg. Agé de 59 ans, il est également administrateur délégué et administrateur exécutif de la filiale d’investissement Luxempart et viceprésident du conseil d’administration de SES, où il est aussi membre du comité d’audit.

Agé de 49 ans, il a été nommé, au printemps 2007, au comité de direction de State Street Bank Luxembourg, en charge de la gestion quotidienne des opérations. Il a, depuis, poursuivi le développement d’un groupe qui emploie un peu plus de 820 collaborateurs et s’est positionné parmi un des principaux fournisseurs de solutions en matière de services d’investissement. State Street est même devenu le premier prestataire à offrir des services pour des classes d’actifs multi-devises et a été sélectionné pour servir les deux premiers fonds indiciels cotés domiciliés au Luxembourg. Marty Dobbins préside, en outre, l’Operational Techniques Committee de l’Alfi.

Cet ancien d’Andersen est l’un des co-fondateurs de la société de venture capital Mangrove Capital Partners, qui s’était notamment illustrée pour avoir financé la création et le développement de l’opérateur de téléphonie sur Internet Skype, puis obtenu le rachat par eBay, en 2007, pour un montant de plus de 4 milliards de dollars. Agé de 44 ans, Mark Tluszcz est plus particulièrement spécialisé dans les activités liées à l’Internet et parcourt régulièrement les quatre coins de l’Europe pour dénicher la perle rare.

Conseiller communal chrétien-social de la Ville de Luxembourg depuis 1982 et député depuis 1999, il est le président de la Fondation Hëllef Doheem, qui emploie plus de 1.600 personnes au Grand Duché – ce qui en fait le plus grand réseau d’aide et de soins à domicile au Luxembourg – et qui mène notamment des actions sociales auprès des personnes âgées et des handicapés. Agé de 73 ans, il est également membre effectif du Comité des Régions de l’Union européenne et membre du syndicat des villes et communes Syvicol.

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Top 10 des étrangers (Ils sont Allemand, Indien, Français, Espagnol, Américains, Suisse, Autrichien…) 1. Ernst Wilhelm Contzen (Deutsche Bank / ABBL, 1er du classement), Allemand 2. Lakshmi Mittal (ArcelorMittal, 3e), Indien 3. Frédéric Otto (Banque Privée Edmond de Rothschild, 22e), Français 4. José-Benjamin Longrée (Caceis, 24e), Français 5. Rolf Tarrach (Université du Luxembourg, 25e), Espagnol 6. Jeffrey Tessler (Clearstream International, 26e), Américain 7. Marty Dobbins (State Street, 28e), Américain 8. Mark Tluszcz (Mangrove Capital Partners, 29e), Américain 9. David Steinegger (Lombard International Assurances, 48e), Suisse 10. Gerhard Zeiler (RTL Group, 59e), Autrichien

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Alain Berwick

Edmond Muller

Paul Mousel

Le directeur général de RTL Luxembourg, qui a complètement dynamisé la chaîne de radio et de télévision depuis sa prise de fonctions en 2001, fait aujourd’hui de la convergence multi-supports l’arme absolue, porté par le succès du site www.rtl.lu, leader au Grand-Duché. Il a également soutenu le développement d’applications mobiles pour iPhone (téléchargées plus de 70.000 fois) et, tout récemment, pour iPad. Alain Berwick, âgé de 53 ans, qui est un des principaux créateurs d’opinion du pays, est également membre de l’operations management committee de la maison mère RTL Group, leader européen de télévision et de radiodiffusion, mais aussi premier producteur mondial d’émissions.

Administrateur délégué et président du conseil d’administration des Moulins de Kleinbettingen, il a contribué au développement et à la modernisation de cette entreprise spécialisée dans la fabrication de farines et de semoules de blé, en la maintenant en pointe des technologies. Elle fut, en 2007, la première en Europe à mettre en œuvre un moulin en inox. Le groupe, qui emploie une quarantaine de personnes et réalise un chiffre d’affaires de 23 millions d’euros, s’apprête, en 2011, à adhérer aux standards IFS (International Food Standards). Agé de 60 ans, Edmond Muller est également président de la Fédération des industries agro-alimentaires, membre de la Fedil et vice-président de l’asbl Valorlux.

Avocat, associé co-fondateur du cabinet Arendt & Medernach dont il préside le conseil d’administration, il est spécialisé dans les services financiers et dispose d’une très grande expertise qu’il fait partager à la place financière, notamment auprès du Banking Committee de la CSSF*. Agé de 57 ans, il est, par ailleurs, administrateur d’ING Luxembourg et pré­side la commission administrative du CHL.

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Jacques Lanners

Marc Solvi

Gaston Schwertzer

Fidèle à la même entreprise depuis 27 ans, le président du conseil d’administration de Ceratizit (fabrication de produits en carbure de tungstène) a été élu «Entrepreneur de l’année» par Ernst & Young il y a tout juste un an. Agé de 51 ans, il est à la tête d’un groupe qui n’a cessé de prendre de l’envergure à l’échelon mondial depuis la fusion entre Cerametal et Plansee-Tizit en 2002. Derniè­rement, le groupe a pris pied sur le marché asiatique via une alliance stratégique. Administrateur de la Fedil, Jacques Lanners est également viceprésident du conseil d’administration du Fonds National de la Recherche.

Directeur général de Paul Wurth, il est réputé pour ne pas avoir la langue dans sa poche. Très impliqué dans la défense de l’industrie luxembourgeoise, il est aussi monté au créneau quand il fut question d’installer une Fixerstuff à proximité du siège de la société. Agé de 58 ans, il est membre élu de l’assemblée plénière de la Chambre de Commerce et adminis­ trateur de la Fedil. Depuis avril dernier, Marc Solvi est aussi président de l’Association luxembourgeoise des ingénieurs, architectes et industriels (ALIAI).

Ce natif d’Ettelbruck, un des doyens de notre classement (il est âgé de 78 ans), est président et administrateur exécutif de la société d’investissement Luxempart dont il est aussi un des co-fondateurs. Homme d’affaires avisé, il a longtemps été présent dans bon nombre de conseils d’administration de sociétés, cotées ou non. Il n’a conservé, pour l’heure, que la vice-présidence du conseil de Dexia BIL, mais Gaston Schwertzer n’en demeure pas moins une personne de référence sur la Place.

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Top 10 Services financiers (Ils travaillent pour une banque, une compagnie d’assurances ou un cabinet d’avocats d’affaires…) 1. Ernst Wilhelm Contzen (Deutsche Bank / ABBL, 1er du classement) 2. Marc Hoffmann (Compagnie de Banque Privée, 5e) 3. Claude Kremer (Arendt&Medernach, 6e) 4. Yves Mersch (Banque Centrale du Luxembourg, 10e) 5. Pit Hentgen (La Luxembourgeoise, 13e) 6. Gaston Reinesch (Ministère des Finances, 14e) 7. Carlo Thill (BGL BNP Paribas, 15e) 8. Pierre Ahlborn (Banque de Luxembourg, 16e) 9. Frédéric Otto (Banque Privée Edmond de Rothschild, 22e ) 10. José-Benjamin Longrée (Caceis, 24e)

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Françoise Thoma

Jean-Claude Bintz

Mathias Schiltz

A 41 ans, elle affiche une carrière déjà brillante. Longtemps secrétaire générale de la BCEE*, elle est, depuis juin 2009, membre du comité de direction et est notamment impliquée dans les développements de la banque en matière de responsabilité sociale. C’est sous son élan que la Spuerkeess a reçu, en 2009, le «Prix Santé en Entreprise» du ministère de la Santé. Françoise Thoma est aussi, depuis dix ans, une des six femmes membres du Conseil d’Etat. Elle est également membre du conseil d’administration de la Compagnie de Banque Privée.

Entrepreneur né, il s’est lancé fin 2008, avec bonheur, dans l’aventure Lakehouse (société de conseil en communication, marketing et business development), après avoir assuré le développement et la pérennité de l’opérateur de téléphonie mobile Vox, devenu Orange Luxembourg depuis. Agé de 54 ans, il n’a pas, pour autant, coupé les ponts avec le secteur des télécoms, en étant nommé conseiller auprès de l’opérateur privé Luxembourg Telecom. Jean-Claude Bintz est également co-fondateur et administrateur de Sting, société de prise de participations qui concentre son activité sur l’entrepreneuriat luxembourgeois.

Le vicaire général de l’archevêché de Luxembourg est directement responsable de l’administration et des affaires économiques et financières d’une institution qui a toujours gardé une influence conséquente dans le pays. C’est notamment lui qui s’est affiché en première ligne, pour prendre position au nom de l’Eglise luxembourgeoise sur les scandales de pédophilie. Mathias Schiltz préside également le Groupe Saint-Paul, principal groupe de presse du pays (Luxemburger Wort, La Voix du Luxembourg, Telecran…) dont l’archevêché est le principal actionnaire. Agé de 77 ans, il préside aussi la Fondation Luxembourg Air Rescue.

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Charles-Louis Ackermann Agé de 59 ans, le président et admi­ nistrateur délégué de Poudrerie de Luxembourg et du groupe Accumalux a, depuis 30 ans, développé à l’international un groupe spécialisé dans l’injection thermoplastique et les mou­lages pour batteries et accessoires automobiles. Administrateur de la Fedil et du Cercle Munster, Charles-Louis Ackermann siège également au comité d’audit externe d’ING Luxembourg.

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Roland Kuhn

Jean-Marc Fandel

En plus d’être à la tête de Kuhn Construction, la plus ancienne entreprise du secteur au Luxembourg, mais aussi une des plus importantes depuis l’alliance faite en 2006 avec le groupe Felix Giorgetti, il est présent au plus haut dans les principales fédérations et organismes représentatifs des entreprises du pays en tant que président de la Chambre des Métiers et vice-président de l’Union des Entreprises Luxembourgeoises. A ces titres, il a directement participé aux réunions tripartites du printemps dernier. Agé de 57 ans, il est aussi vice-président de Luxexpo.

Depuis bientôt huit ans, il dirige l’excoopérative Cetrel (Centre de transferts électroniques, aujourd’hui société anonyme) qu’il a contribué à transformer profondément par une politique de diversification à la fois d’activités et géographique. Il a piloté le projet d’intégration de la société au sein de Six Group, acteur helvétique majeur dans le domaine des transactions financières, donnant définitivement à Cetrel une assise internationale dotée des moyens financiers adaptés à ses ambitions. Agé de 46 ans, JeanMarc Fandel est aussi membre du conseil d’administration de l’ABBL*.

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jean-claude schmitz

eVa Kremer

claude WaGner

Gérard hoffmann

Administrateur délégué et président du comité de direction de Rotarex (groupe créé par son grand-père et spécialisé dans la fabrication de robinetteries, vannes, détendeurs et raccords industriels haut de gamme pour gaz). Agé de 63 ans, il a mené le développement international d’un groupe qui emploie 1.500 personnes à travers le monde, dont plus des deux tiers à l’étranger, et qui s’affiche comme l’un des leaders mondiaux de son secteur.

Détachée du ministère de l’Economie et du Commerce extérieur, elle occupe la fonction de secrétaire général à la Société Nationale de Crédit et d’Investissement, en charge de la mise en œuvre des décisions de prise de participations, d’investissement et d’octroi de crédits, prises par le conseil d’administration de cette banque. Agée de 40 ans, Eva Kremer occupe également un siège aux conseils des sociétés CTI Systems et CD-PME, toutes deux filiales de la SNCI.

Cet ancien de BGL a, depuis 1992, repris et développé l’entreprise de matériaux de construction Batichimie, devenue Bati-C en 2007, mais aussi Hoffmann-Schwall (négociant en bois). Ce dynamique entrepreneur de 45 ans a, ces 15 dernières années, créé ou repris une vingtaine d’entreprises au Luxembourg et en France, générant plusieurs centaines d’emplois. Claude Wagner compte ainsi, dans son portefeuille, des sociétés aussi variées qu’Intersport et Citabel (magasins de sport) ou encore Sichel (pose de glissières de sécurité).

A la tête de Telindus (filiale de Belgacom), dont il est président et administrateur délégué, il a mis en œuvre le rapprochement commercial avec l’opérateur de téléphonie mobile Tango (dont il est également administrateur), autre entité de l’opérateur historique belge. Agé de 47 ans, Gérard Hoffmann est également administrateur de la Fedil et s’implique dans le développement des TIC au Luxembourg, en tant que président de la plate-forme de promotion Fedil ICT. Il siège en outre au sein du GLAE (Groupement luxembourgeois de l’Aéronautique et de l’Espace) dont il est le vice-président.

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alain Kinsch

daVid steineGGer

rené closter

serGe KrancenBlum

Entré en 1995 chez Ernst & Young, il a succédé, en début d’année, à Raymond Schadeck en tant que country managing partner de la firme qui emploie près de 900 personnes au Luxembourg. Il est le plus jeune (39 ans) à diriger un Big Four au Grand-Duché. Spécialisé dans le private equity, il est d’ailleurs en charge de cette activité pour la zone EMEIA (Europe, Moyen-Orient, Inde et Afrique) de la firme et siège également dans plusieurs commissions techniques de l’Alfi sur ce thème. A côté de cela, Alain Kinsch est aussi consul honoraire de la république des Philippines.

A 49 ans, il est à la tête de Lombard International Assurance, leader absolu en matière d’assurance vie internationale (avec plus de 3 milliards d’euros de primes) au Grand-Duché. Il est, en outre, depuis juin dernier, vice-président du conseil d’administration de l’Association des Compagnies d’Assurances et siège au comité technique «Vie» du Commissariat aux Assurances.

Président et fondateur de l’asbl Luxembourg Air Rescue, il a développé cette activité il y a plus de 20 ans pour en faire un des principaux opérateurs européens dans ce secteur. L’association compte à ce jour 180.000 membres et a opéré 17.000 missions. Selon des statistiques internationales, 10% de ces missions ont vraisemblablement sauvé une vie. Agé de 58 ans, René Closter est également président du conseil d’administration de la compagnie de taxi aérien Luxair Executive.

Agé de 49 ans, il est l’un des deux CEO (avec Carlo Schlesser) de la société de corporate services et de family office SGG, dont il est également associé suite à un MBO finalisé en avril 2010. Cet ancien associé d’Andersen a en outre participé à la création, cette année, de la Luxembourg Association for Family Office dont il est vice-président. Serge Krancenblum siège également au comité stratégique de Cofinance Group et au comité exécutif de Sydney & Paris Nord Lux, deux sociétés d’investissements immobiliers. Il est aussi un administrateur nommé lors de la fondation de Hinduja Luxembourg Holding.

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Le Top 10 Industrie (Ils travaillent dans la sidérurgie, les satellites, les métaux, la bière…) 1. Michel Wurth (ArcelorMittal, 2e du classement) 2. Lakshmi Mittal (ArcelorMittal, 3e) 3. Romain Bausch (SES, 4e) 4. Nicolas Comes (Carrosserie Comes, 11e) 5. Georges Lentz Jr (Brasserie Nationale, 12e) 6. René Elvinger (Elth, 18e) 7. Edmond Muller (Moulins de Kleinbettingen, 32e) 8. Jacques Lanners (Ceratizit, 34e) 9. Marc Solvi (Paul Wurth (35e) 10. Charles-Louis Ackermann (Accumalux, 40e)

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Lucien Thiel

Gerard Lopez

Romain Becker

Ancien journaliste puis directeur de l’ABBL*, il est devenu un fer de lance du CSV*, surtout lorsqu’il est question d’économie ou de finance (il a même présidé la commission spéciale «Crise économique et financière» en 2009). Agé de 67 ans, il a été élu député en 2004 et réélu en 2009. Il préside la com­ mission parlementaire de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, des Médias, des Communications et de l’Espace. Lucien Thiel est aussi membre du conseil communal de la Ville de Luxembourg depuis 2005 et préside, depuis fin 2007, le conseil d’administration de Foyer, le seul assureur luxembourgeois coté en Bourse.

Difficile de résumer le personnage en quelques lignes tant ce jeune (39 ans) «serial-entrepreneur» est sur bon nombre de fronts. Co-fondateur de Mangrove Capital Partners, fonds spécialisé dans les nouvelles technologies; président de Genii Capital (fondé par Eric Lux, un proche ami – voir n° 58), devenu fin 2009 propriétaire de l’écurie de Formule 1 Renault; président de l’équipe de football du Fola Esch (pour laquelle il est capable de faire un aller-retour depuis la Chine juste pour assister à un match), Gerard Lopez allie avec bonheur intérêts financiers et pas­ sion et court sans cesse le monde – il parle couramment huit langues… – à l’affût de nouvelles opportunités.

Il fut, pendant douze ans, directeur général de Cegedel et a été un des maîtres d’œuvre de la grande fusion avec Soteg et SaarFerngas qui a donné naissance, en 2009, au groupe Enovos. Il occupe, depuis, les fonctions de mem­ bre du comité exécutif d’Enovos Interna­ tional et de CEO de Creos (propriétaire et gestionnaire des réseaux électriques et de conduites de gaz naturel). Agé de 56 ans, cet ancien haut fonctionnaire, commissaire du gouvernement à l’éner­ gie, est également président du conseil d’administration de Luxenergie (construc­ tion de centrales de cogénération) et administrateur de la Fedil.

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Freddy Brausch

Yves Francis

Daniel Tesch

Promu, au printemps dernier, managing partner du cabinet d’avocats Linklaters au sein duquel il œuvre depuis 25 ans, réalisant avec succès plusieurs fusions internes, il dispose d’une grande expé­ rience largement reconnue dans le sec­ teur financier. Il préside ou siège ainsi dans de nombreux comités, aussi bien au sein de la CSSF* que de l’Alfi* (dont il est aussi membre du conseil d’admi­ nistration et du strategic advisory board). Agé de 55 ans, Freddy Brausch est éga­ lement administrateur de plusieurs fonds d’investissement établis sur la Place.

Agé de 43 ans, il a pris, en juin dernier, la tête de Deloitte Luxembourg, succé­ dant à Maurice Lam, arrivé en fin de man­ dat. Hormis une parenthèse de quatre ans en tant que managing director chez Fleming (devenu ensuite JP Morgan Asset Management), Yves Francis a effectué toute sa carrière chez Deloitte où il est entré en 1990. Il y a notamment structuré et développé les services pro­ fessionnels de la firme pour l’industrie des OPC*. Membre du Haut comité de la place financière, il préside également un des comités de travail «Accounting and reporting» à l’Alfi*.

Il dirige depuis 2004 l’Automobile Club du Luxembourg et a largement contribué à la modernisation et au développement de ce qui est, aujourd’hui, une des plus grosses associations du pays, forte de 165.000 membres. Daniel Tesch, 49 ans, est également, depuis cet été, consul honoraire du Brésil au Luxembourg.

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Christian Kremer

Eric Lux

Gerhard Zeiler

Robert Dennewald

Il est, depuis dix ans, managing partner du cabinet d’avocats Kremer Associés & Clifford Chance. Spécialisé en banque et finance, fonds d’investissement, fusions/acquisitions, droit commercial et droit des entreprises. Agé de 45 ans, Christian Kremer est membre du comité d’experts «Législa­ tion et réglementation» et «Titrisation» de la CSSF.

Comme il y a deux ans, il ne sera sans doute pas content de figurer dans ce classement. Mais à 43 ans, il est aussi incontournable en affaires que discret dans le public. A la tête de ses sociétés d’investissement Ikodomos, Ikogest (développements immobiliers et investis­ sements) et Genii Capital (nouveau pro­ priétaire de Renault F1), on le retrouve dans bon nombre de projets d’investisse­ ment, très souvent aux côtés de son ami Gerard Lopez (voir n° 52) ou du promo­ teur immobilier Flavio Becca (dans le pro­ jet d’Auchan à Gasperich, par exemple). (Photo: Jacques Letihon)

Il n’est certainement pas la figure la plus emblématique de RTL Group, mais il en est pourtant le CEO depuis mars 2003 (et son contrat a été prolongé, en août dernier, jusqu’en 2015). En l’espace de sept années, cet Autrichien de 55 ans a conforté la position du groupe en tant que leader européen de télévision et de radiodiffusion et premier producteur mondial d’émissions, avec un intensif développement à l’international. Gerhard Zeiler a, en outre, mené avec succès la politique de diversification du groupe ayant permis de réduire sa dépendance vis-à-vis du marché publicitaire. Le groupe a même enregistré, au 30 juin 2010, le plus fort Ebita semestriel de son histoire (537 millions d’euros).

Directeur général et actionnaire d’Eurobéton, le président de la Fedil est, en 2010, apparu plutôt en retrait par rapport à son homologue de l’UEL*, mais dans un climat social plutôt tendu, il n’a pas manqué de monter lui aussi au créneau pour déplorer la perte de compé­ titivité des entreprises luxembourgeoises, rappelant que l’industrie reste un moteur de croissance de l’économie. Agé de 57 ans, il est également vice-président de la Chambre de Commerce et président du fonds d’investissement transfrontalier Eurefi. Robert Dennewald est, en outre, très impliqué dans le développement de l’entrepreneuriat dans le pays, notamment en tant que président de l’asbl Business Initiative.

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Marc Niederkorn

Dominique Robyns

Yves Elsen

David Arendt

Engagé il y a 15 ans au sein du cabinet de conseil McKinsey&Company (société qui est, entre autres, à l’origine du con­ cept du parcours d’affaires 1,2,3 Go, en 2000), ce Luxembourgeois a d’abord travaillé à Bruxelles avant de revenir au pays pour y créer le bureau local de la firme, en 2004. Spécialisé dans le conseil stratégique en management, il y a développé l’activité du cabinet, la structure luxembourgeoise passant, en l’espace de six années, de deux à quinze consultants. Agé de 43 ans, Marc Niederkorn est également co-lea­ der du McKinsey’s Global Lean Banking Initiative.

Si la société Alter Domus est devenue, en l’espace de quelques années, un des acteurs majeurs dans le domaine des services financiers aux entreprises (employant aujourd’hui plus de 350 per­ sonnes), elle le doit en grande partie à son managing director et partner. Outre une diversification de l’activité vers les services aux fonds d’investissement, il a piloté l’expansion internationale de la société qui, depuis 2008, a ouvert des bureaux dans une demi-douzaine de pays. Agé de 52 ans, Dominique Robyns est également un philanthrope, créateur de la Fondation Abritée Education et Intégration Pour Tous, la première placée sous l’égide de la toute jeune Fondation de Luxembourg.

Difficile de ne pas croiser à un moment ou un autre le managing partner et CEO de Hitec Luxembourg (qui est aussi un des partenaires techniques du pro­ gramme européen de navigation par satellite Galileo). Récemment promu à la présidence du Fonds National de la Recherche dont il était déjà administra­ teur, Yves Elsen, 53 ans, administrateur de la Fedil, est aussi président-fondateur du Groupement Luxembourgeois de l’Aéronautique et de l’Espace. Il est éga­ lement à la tête de l’Association Luxem­ bourgeoise des Ingénieurs et de Jonk Entrepreneuren Lëtzebuerg et siège dans les conseils de l’Institut Universitaire International ou encore de CD-PME.

Depuis 1998, il est le numéro deux de la compagnie Cargolux, où il occupe la fonction d’executive vice president Finance & Administration. Il est même, actuellement, le numéro un par intérim, depuis l’éviction d’Ulrich Ogiermann et en attendant la prise de fonctions officielle, le 1er janvier, du nouveau CEO Frank Reimen. Agé de 57 ans, il est également administrateur dans la filiale luxembourgeoise de la société immo­ bilière belge Cofinimmo.

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Ferdinand Kayser

André Prüm

Paul Lenert

Thomas Seale

Depuis 2002, il est président et directeur général de l’opérateur de satellites SES Astra, contribuant à positionner la société en tant que premier système de diffusion directe par satellite en Europe (125 millions de foyers couverts par 15 satellites transmettant plus de 2.500 chaînes de télévision et stations de radio analogiques et numériques). Ce Luxembourgeois de 52 ans avait, auparavant, dirigé pendant quatre années la chaîne allemande Premiere, après avoir longtemps occupé plusieurs postes de direction au sein de la CLT¨*. Ferdinand Kayser est aussi membre du comité exécutif du groupe SES.

Réélu cet été, pour cinq années, en tant que doyen de la Faculté de Droit, d’Economie et de Finance de l’Université du Luxembourg, il en a en charge le développement au travers, notamment, de partenariats avec des instituts étrangers. Agé de 49 ans, il avait fondé, en 1996, le Laboratoire de Droit Economique au sein du CRP* Gabriel Lippmann dont les travaux ont abouti, au fil des ans, à la mise en œuvre d’un certain nombre de législations au Luxembourg, dans les domaines du droit des sociétés, du trust et des contrats fiduciaires, de la titrisation, de la concurrence ou encore du commerce électronique.

Agé de 45 ans, ce journaliste de for­ mation a mené, depuis 1984, toute sa carrière professionnelle au Luxemburger Wort où il a gravi tous les échelons jusqu’à succéder à Léon Zeches aux fonctions de directeur général du Groupe Saint-Paul (en juillet 2009) puis de directeur du Wort et directeur des publications en janvier 2010. Avec, sur son bureau, l’épineux dossier de la restructuration du groupe passant, notamment, par la cessation des activités d’imprimerie de magazines.

Il est le CEO historique d’European Fund Administration, depuis sa création en 1997, et en a fait un acteur majeur dans le domaine de l’administration, avec quelque 2.500 fonds sous gestion représentant plus de 80 milliards d’euros d’avoirs, pour le compte de 220 clients internationaux. Agé de 53 ans et de nationalité américaine, Thomas Seale est également vice-président de l’Alfi (après en avoir été président entre 2003 et 2007) et siège dans plusieurs groupes de travail de la CSSF*.

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John Li

Keith O’Donnell

Franck Wagener

Après avoir dirigé KPMG Luxembourg pendant huit ans, il a laissé les rennes de la firme à Karin Riehl en octobre 2008, devenant alors président du supervisory board nouvellement créé, avec un rôle de conseiller, mais aussi de développement de projets sur le plan européen. Il a notamment finalisé, avec sa successeur, l’intégration de l’entité luxembourgeoise au sein du réseau KPMG Europe. John Li, 50 ans, est toujours très actif dans le soutien et le développement de la place financière: il est notamment membre du conseil d’administration de l’Alfi.

En janvier 2009, il a succédé à Alex Sulkowski à la tête du cabinet fiscal Atoz, après avoir participé à sa création en 2004. Cet Irlandais de 42 ans a ensuite maintenu le cap, la société étant, chaque année, récompensée par International Tax Review en tant que firme de l’année. Egalement global real estate leader du réseau de fiscalistes indépendants Taxand, Keith O’Donnell siège à la commission «Tax» de l’Alfi, mais aussi du groupe con­sultatif de l’OCDE* dédié à la fiscalité des véhicules d’investissement collectifs et d’un groupe d’experts de la commission européenne sur les OEREF (Open Ended Real Estate Funds).

A la tête de Dexia BIL depuis 2006, il a su gérer la situation de crise vécue par sa banque et lui redonner un nouvel élan, confirmé par la volonté du groupe Dexia de faire de l’entité luxembourgeoise son bras armé en matière de banque privée. Agé de 58 ans, Frank Wagener cumule un certain nombre de mandats repré­sentatifs au cœur de l’économie: vice-président de la société d’investissem­ents Luxempart, président du conseil d’administration de la Fondation François-Elisabeth, administrateur de RBC Dexia, Luxair et du Groupe Saint-Paul.

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Xavier Buck

Eric Martin

Jean-Claude Finck

Alvin Sold

Récompensé en 2008 par le «Creative Young Entrepreneur Luxembourg 2008» (décerné par la JCI Luxembourg), il a poursuivi, depuis, le développement du groupe DCL qui couvre l’hébergement Internet (Datacenter), l’attribution (EuroDNS), la commercialisation (Domain­Invest) et la gestion (eBrand Services) des noms de domaine ou encore les applications Voix sur IP (VoIPGate). Dernière opération en date: une prise de participation de 40% dans l’hébergeur Root, ce qui a élargi un peu plus encore la gamme de services du groupe. Xavier Buck, 40 ans, est aussi président du chapitre luxembourgeois de l’Internet Service Provider Association.

Nommé l’an dernier coprésident du comité de direction de BGL BNP Paribas, à la suite de l’intégration de l’entité luxembourgeoise au sein du groupe français, il a fait toute sa carrière à la BNP qu’il avait rejointe en 1975. Agé de 57 ans, il poursuit le pilotage de l’intégration de la BGL, conformément aux attentes de la direction et les neuf premiers mois de l’année affichaient des résultats en nette progression par rapport 2009.

Le discret directeur général et président du comité de direction de la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat pilote, depuis mai 2001, le développement de la Spuer­keess, moins touchée par la crise financière que la grande majorité de ses con­sœurs. Sa position lui permet de siéger dans bon nombre d’entreprises-clés de l’économie luxembourgeoise dans lesquelles la BCEE est actionnaire (SES, Paul Wurth, Compagnie de Banque Privée, Cargolux, Luxair – dont il est vice-président – ou encore La Luxembourgeoise…). Agé de 54 ans, Jean-Claude Finck est, en outre, membre du conseil d’administration de la Bourse de Luxembourg et de la Chambre de Commerce.

Rédacteur en chef du Tageblatt, le deuxième quotidien national, depuis 1974, il est également directeur général du groupe Editpress (Le Quotidien, Le Jeudi, Revue, Luxpost, Correio et Bingo) et préside Edita (éditeur de L’essentiel), la joint-venture entre Editpress et le groupe suisse Tamedia. Agé de 67 ans, Alvin Sold, qui préside l’Association Luxembourgeoise des Editeurs de Journaux, est aussi membre du Bureau de l’Association Européenne des Editeurs de Journaux

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Nicolas Buck

Jérôme Grandidier

Jacques Linster

En même temps que Qatena (ex-Imprimerie Victor Buck) disparaissait corps et biens du Grand-Duché (tout en se développant en Slovaquie) au début de l’été 2009, il a poursuivi le développement de son autre «bébé», Victor Buck Services. Ce PSF actif dans la gestion et le traitement de données financières soumises aux obligations du secret bancaire, devenu filiale à 49% de l’Entreprise des P&T, a ouvert une filiale à Singapour et a signé des accords avec des prestataires à Hong Kong et en Australie. Agé de 42 ans, Nicolas Buck est, en outre, le président de l’association des PSF de support et siège au conseil d’administration de la Banque de Luxembourg.

Dynamique et anticonformiste, cet entrepreneur français de 40 ans, passionné, entre autres, de belles voitures, a transformé, en 2009, l’intégrateur IT SIT Group qu’il dirigeait en Luxembourg Telecom. Cet opérateur de télécommunications global, qui dispose du soutien de BIP Investment Partners, compte également parmi ses administrateurs Jean-Claude Bintz.

A la tête de la boulangerie industrielle Panelux depuis 20 ans, il a mis en œuvre, en 2008, un dépoussiérage de l’identité visuelle de la société qui emploie près d’un millier de personnes et dont 50% de la production est destinée à l’export. Il a également mis en place des méthodes modernes d’orga­nisation, récompensées en 2009 par le «Prix Santé en Entreprise» du ministère de la Santé. Agé de 55 ans, Jacques Linster est, en outre, membre du conseil d’administration de l’Union des Commerçants de la Ville de Luxembourg.

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Christian Thiry

Erny Gillen

Charles Hamer

Martine Reicherts

Multi-entrepreneur autodidacte, à la tête de l’entreprise familiale de construction et de travaux publics C. Karp-Kneip depuis 1983, il est très actif dans la défense des intérêts de son secteur d’activité et se fait entendre notamment comme président du Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics. Agé de 58 ans, Christian Thiry est également administrateur de la Chambre de Commerce et de la Fedil, où il est aussi vice-président du groupe de travail «Affaires industrielles».

Président de Caritas Luxembourg depuis 1996, il a été réélu en juin à la tête de Caritas Europe, qui regroupe 48 asso­ ciations caritatives catholiques provenant de 44 pays. Agé de 50 ans, cet abbé à la voix mesurée s’engage à fond sur le front social et n’hésite pas à secouer de temps à autre le monde politique pour défendre la voix des démunis ou rappeler la position de l’Eglise catholique sur des sujets aussi sensibles que l’avortement. Acteur incontournable du secteur social et caritatif luxembourgeois, Erny Gillen contribue à animer le travail social et cherche à promouvoir le travail social innovant.

La moustache toujours affûtée, il est, depuis 2002, administrateur délégué et directeur général de Crédit Agricole Luxembourg. Mais il est aussi et surtout président du Private Banking Group de l’ABBL, un des clusters de la place financière dédié à la promotion et au développement de cette activité en pleine mutation. Agé de 62 ans, Charles Hamer siège également au conseil d’administration de la Bourse de Luxembourg.

Cette Luxembourgeoise de 53 ans dirige, depuis août 2007, l’Office des publications officielles des Communautés européennes et ses quelque 650 salariés. Elle connaît plus que parfaitement tous les rouages des institutions européennes pour y être active depuis 1984. Ancienne porte-parole du président Jacques Santer (en 1998 et 1999), qui revendique volontiers une âme de leader, elle s’évertue à développer des méthodes de travail modernes et humaines. Martine Reicherts est également une très grande adepte de yoga et de spiritualité.

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Philippe Depoorter

Kik Schneider

Alex Schmitt

Charles Kieffer

Secrétaire général de la Banque de Luxembourg, un des fleurons de la banque privée du pays, il y est aussi à l’origine des actions visant à développer au Luxembourg la philanthropie, l’entrepreneuriat social et l’impact financing. Il a notamment mis sur pied un grand colloque international sur la philanthropie. Agé de 47 ans, Philippe Depoorter siège, entre autres, à l’advisory committee de la Fondation du Luxembourg, organisme dont la mission est de promouvoir l’engagement philanthropique privé dans le pays.

Entré en 1990 à la BGL, il y a gravi tous les échelons jusqu’à entrer, en mars dernier, au comité de direction de BGL BNP Paribas. Agé de 57 ans, il préside par ailleurs la Fondation Alphonse Weicker – qui soutient des projets de recherche et organise des conférences et séminaires au Luxembourg – et siège, depuis 2000, au Conseil d’Etat.

Il est le managing partner de Bonn Schmitt Steichen, une des plus grandes firmes d’avocats d’affaires au Luxembourg (affiliée au réseau mondial Lex Mundi), où il officie depuis 1982. Spécialisé dans le secteur financier, il apporte son expertise au sein de plusieurs commissions de la CSSF* (juridique, OPC*, titrisation). Agé de 57 ans, Alex Schmitt est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont La responsabilité du banquier en droit bancaire privé luxembourgeois.

Le doyen de notre classement (89 ans) dirige depuis… 1946 le groupe CK spécialisé dans l’équipement de bureau qu’il a fondé. Il l’a modernisé et en a fait un groupe de pointe dans les technologies d’impression et de gestion électronique des documents, qui emploie près de 150 personnes et a décroché, en 2009, un gros contrat pour la numérisation de l’archivage dans une grosse administration d’Etat. Ancien bourgmestre de la commune de Steinfort, Charles Kieffer a aussi diversifié, avec succès, les activités de son groupe dans le domaine du sport et du bien-être et a créé un business center qui affiche complet à Leudelange.

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Abréviations et acronymes ABBL: Association des Banques et Banquiers, Luxembourg Alfi: Association luxembourgeoise des fonds d’investissement BCEE: Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat BGL: Banque Générale du Luxembourg CHL: Centre Hospitalier de Luxembourg CLC: Confédération Luxembourgeoise du Commerce CLT: Compagnie Luxembourgeoise de Télédiffusion CRP: Centre de Recherche Public CSSF: Commission de Surveillance du Secteur Financier CSV: parti chrétien social EFA: European Fund Administration OCDE: Organisation de Coopération et de Développement Economiques OPC: Organismes de Placement Collectif SNCI: Société Nationale de Crédit et d’Investissement UEL: Union des Entreprises Luxembourgeoises

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François Pauly

Luc Theis

Ernest Cravatte

Même s’il a quitté, courant 2010, le poste de directeur de la branche luxembourgeoise de Sal. Oppenheim qu’il occupait depuis 2007, victime des mauvais résultats que la banque a enregistrés en Allemagne et de sa reprise par la Deutsche Bank, il n’en reste pas moins très impliqué dans l’économie luxembourgeoise. François Pauly, 46 ans, siège ainsi dans plusieurs conseils d’administration, parmi lesquels BIP Investment Partners (où il est vice-président), Cobepa, Elcoteq, La Luxembourgeoise et Management&Capitali.

Agé de 49 ans, ce Luxembourgeois a gravi, depuis 1992, les échelons au sein du fabricant de verre Guardian qui vient de fêter 30 années de présence au Grand-Duché. Il est aujourd’hui group vice president d’une structure qui emploie plus de 1.200 employés au Luxembourg, ce qui en fait un des principaux emplo­ yeurs du pays. Luc Theis est également consul honoraire du Grand-Duché de Luxembourg à Bilbao.

Depuis 2005, il préside le comité de direction de la Banque Raiffeisen après avoir passé plus de 25 ans au sein de la BGL. Il a repositionné cette banque 100% luxembourgeoise sur la base d’un modèle qui lui a permis de passer sans trop d’encom­bres la crise financière. Un récent sondage TNS Ilres indique, du reste, que les clients de la banque sont les plus satisfaits et les plus fidèles dans leur relation bancaire. Agé de 61 ans, Ernest Cravatte siège aussi au comité Banque de la CSSF, mais il n’oublie pas non plus de s’engager pour des causes humanitaires, comme avec l’association SOS Faim Luxembourg dont il est membre de l’assemblée générale.

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Johan Van Boxstael

Germain Birgen

Pit Oberweis

Le directeur financier du groupe Jan De Nul, âgé de 48 ans, est un peu la «figure de proue» de ce groupe maritime établi au Luxembourg, leader mondial dans les activités de dragage et qui réalise des chantiers pharaoniques aux quatre coins du monde (par exemple des îles artificielles à Dubaï, Singapour ou à Hong Kong, sur laquelle a ensuite été construit l’aéroport…). La société, qui affiche près de 2 milliards de chiffre d’affaires, est évidemment un des membres fondateurs du cluster maritime luxembourgeois.

Managing director de HSBC Securities Services (Luxembourg) et de HSBC, il occupe également la fonction de global head de HSBC Amanah, une division internationale du groupe centrée autour des services financiers islamiques au niveau mondial. Dans ce contexte, Germain Birgen, 49 ans, est notamment à l’origine et dirige la task force mise en place par Luxembourg for Finance autour de la promotion de la finance islamique au Luxembourg.

Le raffinement du chocolat a un nom au Luxembourg: Oberweis, fournisseur officiel de la Cour Grand-Ducale. Dans la famille, c’est le père, Pit, qui a créé la société en 1964, avec son épouse Monique. Leurs deux fils, Tom et Jeff, ont ensuite pris la relève, mais Pit n’a jamais lâché les fourneaux. Il a formé un certain nombre de grands chefs et a été membre des jurys de concours prestigieux tels que le «Meilleur Apprenti» ou le «Meilleur Ouvrier de France», ou encore le «Concours Charles Proust» qu’il présida en 2008. Qualifié de «Gaston Lenôtre du GrandDuché» par le critique gastronomique Gilles Puidlowski, Pit Oberweis a toujours porté haut les couleurs du Luxembourg bien au-delà de ses frontières. (Photo: Laurent Fau - Studio des fleurs)

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Ulrich Ogiermann

Henri Wagner

Frank Steffen

Ferdinand Hein

Il était, jusqu’au début du mois de novembre, le CEO de la compagnie aérienne Cargolux. Inculpé par la justice américaine dans le cadre d’une enquête sur des ententes illicites entre compagnies (qui a valu à Cargolux une amende de 119 millions de dollars, puis une autre, infligée par la Commission européenne, de 79,9 millions d’euros), cet Allemand de 51 ans a été prié de quitter ses fonctions qu’il occupait depuis 2002. Ulrich Ogiermann est désormais special advisor, une position dans laquelle il est censé pouvoir préparer sa défense plus efficacement.

Depuis 2008, il occupe la position de managing partner chez Allen & Overy Luxembourg, un des principaux cabinets d’avocats de la Place dont il est un des fondateurs. La firme est régulièrement récompensée sur un plan international, notamment en 2007 et 2009 par le «National Law Firm of the Year Award» décerné par l’International Financial Law Review’s. Agé de 45 ans, il siège dans plusieurs commissions de la CSSF* et de l’Alfi*, ainsi qu’au sein d’un groupe de travail consultatif «Corporate finance» auprès du Comité européen des régulateurs des marchés des valeurs mobilières (CESR).

Fondateur de la Maison Steffen en 1989, il a fait de cette société une des réfé­ rences au Luxembourg en matière de service traiteur. Ce maître-boucher de 48 ans a lancé début 2010, avec son fils Tom, une nouvelle gamme de produits, Luxembourg Food Collection, qui a valu à la société de recevoir le «Prix Bronze de l’innovation dans l’artisanat» en 2010, décerné par la Chambre des Métiers.

Administrateur délégué du groupe Hein, spécialisé dans la production de fours industriels pour boulangeries, il a mené cette entreprise familiale dans le Top 5 mondial du secteur, et leader sur le marché du Benelux. Le groupe, qui emploie plus de 220 personnes en Europe (et au Japon), exporte durablement, depuis 1995, sur les cinq continents. Agé de 42 ans, Ferdinand Hein prône l’innovation comme moteur essentiel du développement de la société basée à Strassen. Pas étonnant, dans ces conditions, que les Fours Hein aient reçu le «Premier Prix de l’innovation dans l’artisanat» 2010, décerné par la Chambre des Métiers.

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Jean-Luc Dourson

Lucien Emringer

Geert De Bruyne

Marcel Goeres

Pharmacien spécialisé en biologie clinique, finaliste malheureux du «Concours de l’entrepreneur de l’année 2009» d’Ernst & Young, le directeur du laboratoire Ketterthill (160 employés, 20 millions d’euros de chiffre d’affaires), un des trois laboratoires d’analyses privés encore actifs au Luxembourg, est un ardent opposant à l’avant-projet de loi de la réforme de l’assurance maladie. Tout juste âgé de 41 ans, il plaide la cause de son secteur en tant que dynamique président de la Fédération Luxembourgeoise des Laboratoires d’Analyses Médicales, dans la crainte de nouvelles dispositions tarifaires qui pourraient être fatales aux laboratoires privés.

L’ancien directeur général de l’Office des Publications officielles des Communautés européennes est aujourd’hui président du conseil d’administration de M. Immobilière, la société en charge du développement du gigantesque projet des Rives de Clausen. Mais il préside aussi le conseil d’administration du Centre Virtuel de la Connaissance sur l’Europe (CVCE) et siège au conseil du Cercle Munster. Agé de 75 ans, Lucien Emringer occupe également, depuis 2002, les fonctions de consul honoraire du Mexique au Luxembourg.

Si Banque Degroof Luxembourg affiche, depuis de nombreuses années, une très bonne santé, elle le doit en partie à Geert De Bruyne, administrateur délégué depuis octobre 2002 et qui a piloté la simplification des structures de la banque. Ce Belge de 45 ans est également vice-président de l’Association luxembourgeoise des gestionnaires & analystes (Algafi)

Il est à la tête du groupe Goeres, qui a développé et gère désormais cinq hôtels (à Luxembourg-Ville et à Schengen), proposant chacun une catégorie d’accueil différente (entre 3 et 4 étoiles), et huit restaurants qui emploient plus de 120 personnes. Agé de 73 ans, ce multi-entrepreneur est également membre du conseil d’administration de la Fédération Horesca.

Textes: Jean-Michel Gaudron et Laurent Moyse

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Afterwork Talks / Cycle Communication Marketing - Sales - Business Development

La vie numérique: les nouveaux usages d’Internet

Le groupe TNS a réalisé une étude mondiale, baptisée «Digital Life», dans 46 pays dont le Luxembourg. TNS-Ilres dévoilera les résultats de l’étude lors de cette table ronde... C’est 88% de la population en ligne du monde qui a été sondée, dont plus de 1.000 personnes au Luxembourg. L’étude révèle bon nombre de conclusions pertinentes, ainsi que des indications sur l’avenir du monde en ligne. Les membres du panel débattront sur les principales conclusions de l’étude, avec une mise en perspective des pratiques «du Luxembourg» et des pratiques «du reste du monde». Table ronde animée par Jean-Michel Gaudron, rédacteur en chef paperJam, et avec Thomas Crépon (photo), TNS-Ilres, entourés de différents spécialistes d’Internet.  Mardi 14 décembre 2010, de 18h30 à 20h30  BCEE, Place des Martyrs, 16 rue Zithe (Luxembourg)

Social Event

Cocktail Delano: Hello world!

Attention, soirée riche en magazines! Présentation exceptionnelle qui inclura la dernière édition de paperJam, la nouvelle version de Désirs, qui sera désormais mensuel, mais aussi Delano, le nouveau magazine anglophone.  Jeudi 27 janvier 2011, de 18h30 à 20h30

Afterwork Talks / Cycle Actualité économique et financière

Private banking: en mutation ou en crise?

Social Event

Avant-première cinéma: High/Low

A Hong Kong et à Macao, quatre joueurs nous emmènent découvrir leur monde. Leur quête croise des gagnants et des perdants, produits par une culture de la spéculation, de l’addiction et de l’endettement. Le jeu et les paris ont longtemps fait partie intégrante de la vie chinoise. Cependant, dans une société de plus en plus divisée entre riches et pauvres, l’obsession de l’argent facile s’est répandue. A travers les histoires personnelles de ces joueurs, le film High/Low révèle la recherche de croyance et d’identité dans une Chine moderne obnubilée par l’argent. Film documentaire de 53 minutes en chinois (soustitré français – anglais), suivi du court métrage Chunking Dream. Film produit par Samsa Film.  Mercredi 19 janvier 2011, à 19h  Utopolis

Entre remise en cause du secret bancaire et directive européenne sur l’épargne, le secteur de la banque privée a entamé, depuis quelques années, un grand chantier de mutation. Où en est-il aujourd’hui? Comment la crise économique et financière a-t-elle obligé certains à remettre en cause leurs business models? A quoi ressemblera le private banking de demain?  Jeudi 3 février 2011, de 18h30 à 20h30

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Agenda Décembre 2010-Janvier 2011 Evénements organisés à l’attention des membres du paperJam Business Club. Informations et inscriptions sur www.club.paperjam.lu

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8h30-13h

Expertise

Matinée de workshops Cycle Management – Leadership – Entrepreneurship

Matinée de workshops

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Cycle Management – Leadership – Entrepreneurship

Le coaching et la découverte de ses valeurs

Nombreuses sont les entreprises à afficher leur «Corporate Values». Comment faire pour les définir correctement? Quelle est la différence entre une démarche individuelle et une démarche collective de «découverte des valeurs»? Workshop animé par l’auteur québécois et coach professionnel Thierry Delperdange Cycle Business Administration – Finance – Legal

De Bâle II à Bâle III

Suite à la crise financière, les autorités réglementaires ont prévu de renforcer les règles prudentielles. L’objectif: améliorer la gestion du risque pour les entreprises du secteur financier et donc leur solidité. Comment se préparer dès aujourd’hui à ces nouvelles règles? Quels seront les défis à relever et les dangers à éviter? Workshop animé par Markus Geginat (Risk Partner) Cycle ICT & Innovation

Comment réussir son projet de virtualisation?

La virtualisation est un des nouveaux défis pour les services informatiques des entreprises. C’est le moyen d’augmenter l’efficacité des processus, de diminuer les coûts d’investissement et les coûts de fonctionnement, tout en améliorant son impact écologique. Derrière ces belles promesses, cette solution informatique reste très exigeante sur le plan informatique. Workshop animé par Amaury Fonteyn et Eric Preud’homme (Telindus Luxembourg) Cycle Communication – Marketing – Sales – Business Development

Améliorer la performance d’un site Internet par l’analyse de son trafic

Quels sont les outils pour mesurer l’audience et connaître les visiteurs de son site Internet? Quelles sont les principales difficultés auxquelles font face les entreprises pour évaluer l’efficacité de leurs sites? Workshop animé par Gérald Claessens (Knewledge) Cycle Human Resources

Le label RSE

L’INDR propose un label «Entreprise Socialement Responsable - ESR». Quel est ce label? Comment s’obtient-il? Quels sont ses avantages? Workshop animé par Eric Hiéronimus (INDR)

8h30-13h

Expertise

Légère Hôtel Munsbach

Stratégie et agilité

Une entreprise doit aujourd’hui être réactive: elle doit être capable de comprendre les modifications de son environnement concurrentiel et apporter les bonnes réponses aux défis sans cesse renouvelés. Les méthodes agiles ont été progressivement adoptées par tous les départements. Elles fournissent des réponses structurantes aux entreprises à la recherche d’une plus grande souplesse. Workshop animé par Erik Chapier-Maldague (coPROcess) Cycle Business Administration – Finance – Legal

XBRL au service des CFO

A la frontière entre l’informatique et la gestion financière, la norme XBRL permet aux entreprises de normaliser leurs échanges de données financières. L’adoption de cette norme est-elle un projet informatique ou un projet de gestion? Workshop animé par Marc Hemmerling, président de XBRL Europe Cycle ICT & Innovation

L’IT au service du pilotage de la stratégie d’entreprise

Comment assurer l’exécution des décisions stratégiques de la direction générale de l’entreprise et leur déclinaison dans sa gestion quotidienne? Workshop animé par Baudouin Vaes (SAS Institute) Cycle Communication – Marketing – Sales – Business Development

Communication verte ou Green Washing?

A la fois opportunité et risque, une telle approche doit être pensée correctement pour éviter l’accusation de manque de sincérité. Quels sont les risques du Green Washing? Comment gérer ses opérations de communication? Workshop animé par Pol Goetzinger (The Factory Group) Cycle Human Resources

Discrimination et harcèlement au travail: les nouveaux maux sur le lieu de travail

De plus en plus de litiges portent sur des cas de discrimination ou de harcèlement au travail. Quels sont les outils juridiques existants afin de prévenir de tels litiges? Sont-ils suffisants? Workshop animé par Me Guy Castegnaro

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Marc Lemmer (CRP Henri Tudor)

Conférence

La gestion de projet

Cinquième édition du Congrès annuel sur la Gestion de Projet, organisé  par le CRP Henri Tudor, le 18 novembre, à la Chambre de Commerce. Christophe Gence (PwC) et Nick Frank (Product Service Innovation)

Guy Grosber (P&T Luxembourg)

Luc Deflorenne et David Laurent/Wide (photos)

Mamadou Lakhoune (Parlement européen)

Luc Chefneux (ArcelorMittal)

Eric Chaudron (Bâloise Assurance) Martine Miny (Afitep) et John Park (PMI Luxembourg Chapter)

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Marc Baertz (Property Partners) et Laurent Cooreman (CB Richard Ellis)

Jean-Pierre Lequeux (DTZ)

Table ronde

Immobilier, et maintenant? Martin Heyse (BNP Paribas Real Estate) et Olivier Bastin ( Jones Lang LaSalle)

Michel Petit (architecte)

La Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie a accueilli les débats, le jeudi 18 novembre. David Laurent/Wide (photos)

Julien Lespagne (easySolutions)

Steve Glangé (Luxembourg Telecom)

Christophe Gammal (Halsey Group)

Michel Reinhard (Agence Op der Gänn)

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Mark Tungate

Cécile Lorenzini (Vanksen)

Conférence

Mark Tungate

Le 23 novembre, le journaliste écrivain britannique est intervenu  à l’auditorium de la Banque de Luxembourg sur le thème «Branded Male.  Marketing to Men», titre de son dernier ouvrage. David Laurent/Wide (photos)

Jean-Paul Meyer (La Luxembourgeoise) et Philip Van Woensel (Munhoven)

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Vania Henry (PwC)

Xavier Kieffer (G4S)

Danielle Dichter (Bizart)

Jacky Beck (Utopia) Serge Krancenblum (SGG)

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Jean-Marc Fandel (Cetrel)

Werner Loretz (Indépendant) et Antonella Di Biasio (Luxair)

Keynote speaker

Jean-Marc Fandel

Le président du comité de direction de Cetrel a exposé, le 30 novembre, sa vision de la gestion stratégique des coûts dans un environnement complexe. David Laurent/Wide (photos)

Valérie Brandt-Deprez (Sparinvest)

Bernard Wirtz (Wildgen, Partners in Law)

Brigitte Dethier (ING)

Erwan Loquet (Deloitte)

Christian Marquant (Comit SE) Frédéric Moioli (Siemens Enterprise Communications)

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128

Index entreprises 281 entreprises et organisations ont été citées sur les 132 pages de ce cahier «Economie & Finance».

a 

ABBL 50, 68, 76, 99, 104, 106, 112, 74 ACA 98 ACL 106 Accumalux 32, 47, 104, 106 Adamo & Eva 33 Afitep 122 Agence Op der Gänn 124 Agence spatiale européenne 44 Airfield 52 Alcatel Lucent 49 Aleba 50 Alfi 68, 88, 100, 106, 110, 116 Allen & Overy Luxembourg 116 Alter Domus 108 Ambassade de Chine 58 Ambassade de Suisse 58 Ambassade des Etats-Unis 58 Ambassade du Danemark 58 Amcham 58 Andbanc Luxembourg 52 Andersen 100 Arcelor 82 ArcelorMittal 60, 74, 80, 82, 106, 122 ArcelorMittal Recherche 47 Archevêché de Luxembourg 104 Architecte 124 Arendt & Medernach 28, 68, 88, 102 Armée allemande 42 Art of Insurance 53 Arthur Andersen Luxembourg 68 Association PSF de support 111 Association Européenne des Editeurs de Journaux 111 Association Luxembourgeoise des Editeurs de Journaux 111 Algafi 116 ALIAI 102 Assya Asset Management 48 Assya Capital 48 Assya Compagnie Financière 48 Atoz 68, 110 ATTF 68 Auchan 108 AXA 28

B 

Babcock & Brown 98 Baffinland 82 Bâloise Assurance 122 Bâloise Group 28 Bank of Bermuda 26 Bank of China 30 Banque Centrale Européenne 96 Banque de Luxembourg 49, 111, 112, 126 Banque Degroof Luxembourg 101, 116 Banque Privée Edmond de Rothschild 99, 107 Banque Raiffeisen 59, 114 Bati-C 105 Batichimie 105 BCEE 38, 104, 111 BCL 16, 20, 96, 98 BEI 41, 98 BEIP 49 Belgacom 105 BGL 76, 105, 111, 112, 114 BGL BNP Paribas 28, 52, 76, 98, 100, 111, 112 Bingo 111 BIP 54, 94, 98, 111, 114 Bizart 126 BMW 27 BNP 111 BNP Paribas 28 BNP Paribas Real Estate 124 Board of Econ. Development 56 Boarding School, Bonn 76 Bofferding 98, 99, 106

Bonn Schmitt Steichen 112 Bourse de Luxembourg 47, 49, 100, 111, 112 Brasserie Nationale 98, 99, 106 Brinks 58 British Airways 38 Business Initiative 108 Buusaa Gonofa 41

C 

C. Karp-Kneip 112 Caceis 49 Caceis Bank Lux. 44, 100 Cactus 42, 90 Capgemini 60 Cargolux 68, 86, 98, 100, 108, 111, 116 Caritas Europe 112 Caritas Luxembourg 112 Carlyle 30 Carrosserie Comes 98, 106 Caves Bernard Massard 19, 99 CB Richard Ellis 124 CBL 42 CBP 38, 68, 86, 94, 104, 111 CD-PME 105, 108 Cegedel 106 Cerametal 102 Ceratizit 102, 106 Cercle Munster 98, 99, 104, 116 CES 100 CESR 116 Cetrel 52, 104, 127 CFD Luxembourg 48 CFEP 16 CFL 38 Ch. de Commerce 20, 50, 58, 68, 80, 100, 111, 112 Ch. des députés 20 Ch. des Métiers 94, 104, 116 Ch. des Salariés 16, 68 Ch. internationale de Commerce à Hong Kong 30 CHL 68, 102 Ciments Luxembourgeois 32 Citabel 105 Citi 60 Citi Luxembourg 44 CK 98, 112 CLC 68, 90, 99 Clearstream 40, 100 CLT 110 Club Med 30 Cluster maritime lux. 114 CNA 22 CNP Assurance 28 Cobepa 114 Codeplafi 98 Cofibu 20 Cofinance Group 105 Cofinimmo 108 Co-Link 99 Comision Califocadora de Riesgo 24 Comit SE 127 Comité des Régions de l’UE 100 Comm. aux Affaires maritimes 64 Comm. aux Assurances 105 Commission de la marque nationale 50 Commission de la Promotion du Travail 33 Commission européenne 54, 116 Conseil d’Etat 20, 84, 104, 112 Co-operative Insurance 28 Correio 111 Cour des Comptes 20 Crédit Agricole Luxembourg 112 Creos 106 CRP Gabriel Lippmann 99, 110 CRP Henri Tudor 44, 122, 62 CSSF 48, 52, 68, 96 102, 106,108, 110, 112, 114, 116 CSV 106 CTI Systems 105 CVCE 116

D 

Datacenter 23, 111 Dayen 82 DCL 111 DCL Group 98 Delaware 32 Deloitte 53, 56, 127, 44, 46, 106 Delta Lloyd 28 Deutsche Bank 74, 76, 114 Deutsche Börse 100 Dexia 76 Dexia BIL 102, 110 Direction du Trésor 20 DomainInvest 111 DTZ 124 Dupont Teijin Films 47

E 

easySolutions 124 eBrand Services 111 Ecofin 76 Econ Verlag 42 Economist Club 64 Edita 111 Editpress 111 Edizione 50 EFA 110 Efama 88 e-Kenz 32 Elcoteq 114 Elmbridge Investment Pte 50 Elth 99, 106 Enovos 98, 106 Enovos International 106 Entreprise de plafonnage Jean Fortunato 33 Entreprise des P&T 23, 58, 98, 99, 111, 122 Ernst & Young 22, 47, 98, 102, 105, 116 Eurefi 108 Eurobéton 32, 108 EuroCloud Luxembourg 32 EuroDNS 111 Evêché du Luxembourg 98

F 

Fédération des industries agro-alimentaires 102 Fédération des professionnels du secteur financier 100 Fédération Horesca 116 Fedil 47, 99, 102, 104, 105, 106, 108, 112 Fedil ICT 105 Felix Giorgetti 46, 104 Ferrac 94 FJD 90 FLLAM 116 FLEAA 99 Fleming 106 FNR 102, 108 Fondation Alphonse Weicker 112 Fondation Charlie Chaplin 106 Fondation de Lux. 98, 108, 112 Fondation Edmond Israel 100 Fondation Education et Intégration Pour Tous 108 Fondation François-Elisabeth 110 Fondation Hëllef Doheem 100 Fondation LAR 104 Fondation Zakura 41 Forbes 82 Fosun 30 Foyer 100, 106 Franklin Templeton Invest. 60

G 

G4S 126 Galerie Clairefontaine 53 Generali 28 Genii Capital 106, 108 GIC 50 Gilles Tooling 47 GLAE 105, 108 Giolog 94 Global Equities 48 Global Sat 14 Goeres 4, 5 Google 62 GPTA 98 Groupe Goeres 116 Groupe Saint-Paul 98, 104, 110 Groupement des producteurs de vins mousseux et crémants luxembourgeois 99 Guardian 114

H 

Halsey Group 124 Handelsblatt 42 Harbu 41 Haut comité de la Place financière 98, 106 Hein 116 Hëllef Doheem 68, 74, 98 Hermes 6, 7 Hermès Luxembourg 53 Hinduja 24, 45 Hinduja group 60 Hinduja Luxembourg Holding 105 Hitec 98 Hitec Luxembourg 108 Hoffmann-Schwall 105 Horasis 30 HSBC 26, 114 HSBC Amanah 114 HSBC Private Bank 28 HSBC Securities Services 114 Huawei Technologies 30 Hydroconcept 52

I 

IBCL 60 ICBC 30 ICICI Venture 60 Idepro 41 IEE 47 IG Markets 55 IGF 20 Ikodomos 108 Ikogest 108 Imprimerie Mil Schlimé 51 Imprimerie Victor Buck 111 Indépendant 127 ING 127 ING Luxembourg 99, 102, 104 INgrid 8, 9 Insead 37 Institut Pierre Werner 22 Institut Technologique Zürich 62 Institut Univers. Internat. 22, 108 InterContinental Finance 22 International Financial Law Review 116 International Tax Review 110 Internaxx 62 Intersport 105 ISPA 111

J 

Jacob et Weis 52 Jan De Nul 56, 114 Jones Lang LaSalle 124 Jonk Entrepreneuren Lëtz. 108 JP Morgan Asset Manag. 106 Julien Cajot 46, 94

k 

Kashf Foundation 41 KBL 24, 40, 45, 52, 76, 60 Kids’Ville 32 Kneip 79, 99 Kone 103 KPMG 2, 40, 68 KPMG Europe 110 KPMG Luxembourg 110 Kremer Associés & Clifford Chance 108 KTL 52 Kuhn Construction 94 Kuhn Immobilier 94

l 

L’essentiel 111 La Cote Bleue 99 La Luxembourgeoise 98, 111, 114, 126 La Voix du Luxembourg 104 Laboratoire Ketterthill 116 LAFO 105 Lakehouse 104 LCGB 42 LCGB-SESF 50 Le Jeudi 111 Le Quotidien 111 Lehman Brothers 76 Lex Mundi 112 LFF 44, 68, 96, 114, 60 Librairies Ernster 68 Lilith Project 73 Linklaters 106 Lombard Int. Assurance 24, 105 London Contemporary Art Society 53 Loyens & Loeff 60 LSAP 16, 56 LSC 22 Luxair 86, 110, 111, 127 Luxair Executive 105 Luxair Tours 29 LuxairCargo 42 Luxaviation 23, 71 LuxBalloon 50 Luxconnect 32 Luxembourg Air Rescue 45, 105 Luxembourg Telecom 98, 104, 111, 124 Luxemburger Wort 104, 110 Luxempart 98, 100, 102, 110 Luxenergie 106 Luxexpo 100, 104, 111 LuxGSM 132 Luxinnovation 62 Luxpost 111 Luxviande 54

M 

M. Immobilière 98, 116 Maison Moderne 8, 9 Maison Steffen 116 Management&Capitali. 114 Mangrove Capital Partners 68, 98, 100, 106 Mazars 66, 67 Mc Donald’s 42 McKinsey&Company 108 Mediobanca 50 Messe Frankfurt 125 Mike Koedinger Editions 8, 9, 42 Ministère d’Etat 68 Ministère de l’Economie et du Commerce extérieur 68 Ministère de la Santé 111 Ministère de l’Agriculture 50 Min. de l’Egalité des chances 46 Min. des Affaires étrangères 41 Min. des Finances 20, 84, 98 Min. du Travail et de l’Emploi 49 Mittal Steel 82 MLQ 42

Monceau Fleurs Moulins de Kleinbettingen Mourant Munhoven myGarden MZ Finance

N 

Nordea Bank Norkom Technologies Nosbaum & Reding

117 102, 106 46 126 52 48

53 24 43

O 

Oberweis 114 OCDE 60, 76, 110 Office Freylinger 44 OGBL 42, 54, 68 OGBL/SBA 50 OIT 64 OMI 64 Onformonics 47 OOCL 56 OPOCE 112, 116 Orange 49 Orange Luxembourg 28, 104

P 

Panelux 111 paperJam Business Cllub 38 paperJam.TV 96 Parlement européen 122 Partner Microcredit Found. 41 Patrimoine TV 99 Paul Wurth 102, 106, 111 Plansee-Tizit 102 PMI Luxembourg Chapter 122 PNUD 60 POG 58 Point24 104 Poudrerie de Luxembourg 104 Premiere 110 Prisma 113 Private Banking Group 99, 112 Product Service Innovation 122 Profiler 109 Property Partners 124 ProSiebenSat. 1 39 PwC 30, 40, 122, 126 PwC Luxembourg 39, 92

Q 

Qatena

R 

RBC Dexia Renault F1 Sport Revue Rockhal Root Rotarex RTL Group RTL Luxembourg

111

40, 110 106, 108 111 10 23, 111 105 102, 108 102

S 

SaarFerngas 106 Sacred Heart University 32 Sal. Oppenheim 114 Sales-Lentz 99 SAP 32 SEBI 60 SES 44, 84, 98, 100, 106, 110, 111 SES Astra 39, 110 SGG 105, 126 Sichel 105 Siemens Ent. Comm. 127 Silk Airways Airlines 42 Sintonia 50 SIT Group 111

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Index décideurs 285 personnalités ont été citées dans les 132 pages de ce cahier «Economie & Finance». Six Group 104 Sixx HD 39 Skyliners 94 Skype 100 SMC 68 SNCI 84, 98, 100, 105 Sodexo 115 SOS Faim Luxembourg 114 Soteg 106 Sparinvest 127 St Gobain Distribution 32 St. George’s School 58 State Street Bank Lux. 46, 100 Statec 20, 45, 46, 56 Sting 104 SuperYacht Market Intell. 64 Swift 100 Sydney & Paris Nord Lux 105 Syvicol 100

T 

Tageblatt Tamedia Tango Taxand TDO Consulting Telecran Téléphonie Telindus Tempo TNS Ilres Tower Training Traiteur Steffen Trendiction

111 111 31, 105 110 94 104 49 57, 105 8, 9 114 58 131 62

U 

UCVL 68, 111 UEL 74, 80, 94, 104, 108 Unicef Luxembourg 90 Université de Bamako 23 Université de Liège 22 Université du Luxembourg 23, 38, 98, 100, 110 Université Tech. de Munich 62 USI 44 Utopia 125, 126

V 

Vanksen 28, 126 Vectis PSF 42 Ventos 47 Victor Buck Services 111 Ville d’Esch-sur-Alzette 49 Ville de Luxembourg 42, 49, 68, 100, 106 Villeroy & Boch 42, 54 VoIPGate 111 Vous 50 Voxmobile 104 Voyages Emile Weber 119

W 

Wildgen, Partners in Law

Z 

ZithaKlinik

127

42

A 

Ackermann Charles-Louis 104,106 Ahlborn Pierre 98, 104 Anastasia Nelly 49 Arendt David 108 Aubut Alain 50

B 

Baertz Marc 124 Bang Jespersen Louise 58 Bastin Olivier 124 Bausch Romain 84, 106 Beck Jacky 126 Becker Norbert 38, 68, 74 Becker Romain 106 Befekadu Tefaye 41 Berwick Alain 102 Bindal Harshendu 60 Bintz Jean-Claude 104, 111 Birgen Germain 114 Biwer Geneviève 53 Biwer Jean-Marie 53 Bodry Alex 16 Boucherat Sylvain 50 Bourgain Arnaud 24 Brandt-Deprez Valérie 127 Brausch Freddy 106 Britz Thibaut 62 Buck Nicolas 111 Buck Xavier 23, 98, 111

C 

Cahen Corinne 68 Cajot Julien 46 Carlo Thill 76 Caruso Fabiana 32 Cerqueda Manel 52 Chan Anthony 30 Chaudron Eric 122 Chefneux Luc 122 Choury Amal 32 Clasen Hubert 99 Closter René 45, 99, 105 Collier Tobias 53 Comas Jordi 52 Comes Nicolas 98, 99, 106 Contzen Ernst Wilhelm 74, 76, 102, 104 Cooreman Laurent 124 Coxet Jeremy 28 Cravatte Ernest 114

D 

Daubenfeld Romain 54 Dauvister Olivier 58 Day Patrice 49 De Bruyne Geert 116 de Muyser Guy 68 Defieuw Luc 49 Dennewald Robert 47, 108 Depoorter Philippe 112 Dermine Jean 37 Dethier Brigitte 127 Dewitte Dirk 56 Di Biasio Antonella 127 Dichter Danielle 126 Dobbins Marty 46, 100, 102 Dourson Jean-Luc 116 Dusemon Gilles 68 Duxbury Heather 58

E 

Ekkehard Storck 76 Elsen Yves 108 Elvinger René 99, 106 Emringer Lucien 98, 116 Ernst Wilhelm Contzen 76 Ernster Fernand 68 Essuer Philippe 52

J 

Jasmin Stéphane Jeannot Krecké Juncker Jean-Claude Jung Steve

49 76 30, 68 49

K 

Faber Marc 54 Fandel Jean-Marc 52, 104, 127 Ferranti Eva 33 Fielding Nigel 26 Finck Jean-Claude 111 Folschette Christophe 62 Francis Yves 106 Françon Pierre 28 Frank John 58 Frank Nick 122 Frieden Luc 24, 40, 44, 52, 60, 68, 76 Funk Roland 49

Kayser Ferdinand 110 Kieffer Charles 98, 112 Kieffer Xavier 126 Kinsch Alain 98, 105 Kinsch Joseph 68 Kirsch Raymond 68 Kneip Bob 99 Kraft Ulrich 52 Krancenblum Serge 105, 126 Krecké Jeannot 16, 30, 42, 50, 56, 68 Kremer Christian 108 Kremer Claude 88, 104 Kremer Eva 98, 105 Kuhn Roland 94, 104 Kumar Kohli Sudhir 60

G 

L 

F 

Gaessler Rachel 50 Gammal Christophe 124 Gaston Reinesch 76 Gence Christophe 122 Gillen Erny 112 Gillen Marie-Paule 45, 52 Giorgetti Félix 94 Giorgetti Marc 46, 94, 99 Giorgetti Paul 46, 94 Glaesener Robert 62 Glangé Steve 124 Goebbels Robert 56 Goeres Marcel 116 Goubin Isabelle 68 Graas Nicolas 53 Gramegna Pierre 100 Grandidier Jérôme 98, 111 Grosber Guy 122 Gross Marcel 99 Grulms Fernand 68 Guex Philippe 58 Guill Jean 68 Guillaume Grand-Duc héritier 30, 42

H 

Hamer Charles 112 Hansen Patrick 23 Harnois Viviane 58 Heidemann Christine 53 Hein Ferdinand 116 Helminger Paul 49, 68 Henry Vania 126 Hentgen Pit 98, 104 Hetto-Gaasch Françoise 39 Heyse Martin 124 Hiez David 24 Hirsch Mario 22 Hoeltgen Thierry 53 Hoffmann Gérard 105 Hoffmann Marc 38, 86, 99, 104 Hoffmann Marcel 49 Hoylaerts Rudy 60

I 

Israel Edmond

68

Lakhoune Mamadou 122 Lambert Marc 100 Lanners Jacques 102, 106 Laporta Francis 53 Lemmer Marc 122 Lenert Paul 110 Lentz Jr Georges 98, 106 Lequeux Jean-Pierre 124 Lespagne Julien 124 Leyne Thierry 48 Li John 110 Liebsch Thomas 53 Linster Jacques 111 Longrée José-Benjamin 44, 100, 102, 104 Lopez Gerard 98, 106 Loquet Erwan 127 Lorenzini Cécile 126 Loretz Werner 127 Luschetta Patrizia 68 Lux Eric 108

M 

Magitteri Daniel 49 Malval Patrick 38 Mantot Valérie 60 Manuel Ribeiro Constancio Vitor 96 Maria Teresa Grande-Duchesse 41 Marquant Christian 127 Mart Marcel 68 Martens Marcel 96 Martin Eric 111 May Liz 50 Mersch Yves 96, 104 Meyer Jean-Paul 126 Meyers Paul-Henri 98, 100 Miny Martine 122 Mitchell Sophie 46 Mittal Aditya 82 Mittal Lakshmi 74, 82, 84, 99, 102, 106 Mohr Francis 52 Moioli Frédéric 127 Montant Jean-Christophe 48 Mouget Didier 30, 92 Mousel Paul 68, 102 Muller Charles 68 Muller Edmond 102, 106 Mutsch Lydia 49

N 

Nicolas Christophe Nicolas Schmit Niederkorn Marc Nisbet Helen Nothum Thierry

49 76 108 53 68

O 

O’Donnell Keith 110 Oberweis Pit 114 Ogiermann Ulrich 86, 116 Osier Guillaume 47 Otto Frédéric 99, 102, 104

P 

Papademos Lucas 96 Park John 122 Pauly François 114 Pausch Christophe 41 Peeters Walter 44 Peters Jacques 24 Petit Michel 124 Picinati De Torcello Adriano 53 Praet Peter 96 Prijot Henri 56 Prüm André 110 Pudlowski Gilles 114

R 

Reding Jean-Claude 68 Reicherts Martine 112 Reiff Jean-Marie 42 Reimen Frank 68, 86 Reinesch Gaston 98, 104 Reinhard Michel 124 Riehl Karin 68, 110 Ries Stéphane 60 Robyns Dominique 108 Rod Nicolas 49 Rommes Jean-Jacques 50, 68 Ruiter Marita 53

S 

T 

Tarrach Rolf 100, 102 Tesch Daniel 106 Tesch François 100 Tessler Jeffrey 100, 102 Theis Luc 114 Thelen Carlo 68 Thiel Lucien 106 Thill Carlo 76, 98, 104 Thiry Christian 112 Thoma Françoise 104 Thomas Rémi 49 Tluszcz Mark 99, 100, 102 Trichet Jean-Claude 96 Trivaudey Luc 39 Tubau Raicard 52 Tungate Mark 126

V 

Van Boxstael Johan Van Woensel Philip Venin Jean-Claude Vernier Jean-Pierre

W 

Wagener Franck Wagner Claude Wagner Henri Weber Micaël Wirtz Bernard Wolter Michel Wurth Michel

X 

Xianqi Zeng Xinjun Liang

Z 

Zaegel Xavier Zafar Roshaneh Zeiler Gerhard Zens Jean-Paul Zuili Fabien

114 126 47 64

110 99, 105 116 58 127 20 74, 80, 106

58 30

53 41 102, 108 68 48

Saeul Laurent 45 Sales Jos 99 Sandras Damien 49 Santer Jacques 68, 112 Sass György 28 Sawhney Sanjiv 60 Schauls Roland 53 Schettgen Claude 28 Schiltz Mathias 98, 104 Schlesser Carlo 105 Schlosseler Lucien 47 Schmit Nicolas 49 Schmitt Alex 112 Schmitz Jean-Claude 105 Schneider Kik 112 Schonckert Laurent 90 Schonenberg Paul 58 Schwertzer Gaston 98, 99, 102 Seale Thomas 110 Simon Bernard 49 Sold Alvin 111 Solvi Marc 102, 106 Steffen Frank 116 Steffen Tom 116 Steinegger David 102, 105 Stroum Cynthia 58 Sulkowski Alex 110

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Directeur de la publication Mike Koedinger

Rédaction

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Rédacteur en chef Jean-Michel Gaudron (-48) jean-michel.gaudron@paperjam.lu Rédacteur en chef web Nicolas Raulot (-45) nicolas.raulot@paperjam.lu Secrétaire de rédaction Frédérique Moser (-47) frederique.moser@paperjam.lu Journaliste Pierre Sorlut (-49) pierre.sorlut@paperjam.lu Correction Cynthia Schreiber, Cathy Weber

Paru le 10 décembre 2010

Collaborations rédactionnelles Alain Ducat, Aaron Grunwald, Sébastien Lambotte, Michaël Peiffer, Vincent Ruck, Jean-Marc Streit, Marc Vandermeir, Sébastien Yernaux Photographie Julien Becker, Charles Caratini, Eric Chenal (Blitz), Luc Deflorenne, Etienne Delorme, David Laurent (Wide), Andrés Lejona, Olivier Minaire Illustrations et infographies Maison Moderne Design

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Sales Manager Francis Gasparotto Senior Key Account Aurelio Angius Chargés de clientèle François Altwies, Marilyn Baratto, Simon Beot, Stephanie Goetsch, Mélanie Juredieu, Frédéric Noel Assistante commerciale Céline Bayle Administration Isabelle Ney

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«Ildossier: faut avoIr la volonté de gagner Private et aImer ça»

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Conformément à l’article 66 de la loi de 08.06.2004 sur la liberté d’expression dans les médias, la présente mention est obligatoire «une fois par an, au premier numéro diffusé». Nous avons choisi de la publier chaque mois. La société éditrice de paperJam est détenue indirectement, par une participation excédant 25 pour cent, par Mike Koedinger, éditeur indépendant domicilié au Luxembourg. Le conseil d’administration est composé par Mike Koedinger (président), la société MM Media Sales SA ainsi que la société Paradiso s.à.r.l. La direction générale et la gestion journalière sont de la responsabilité de Mike Koedinger. Maison Moderne ™ is a trademark used under licence by MM Publishing SA, MM Design SA and MM Media Sales SA. © MM Publishing S.A. (Luxembourg) Tous droits réservés. Toute reproduction, ou traduction, intégrale ou partielle, est strictement interdite sans l’autorisation écrite délivrée au préalable par l’éditeur.

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