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MERCREDI 23 OCTOBRE

L’INFO DONT IL FAUT SE RAPPELER !

SYRIE : À QUAND LA PAIX ?

POLITIQUE - Marseille : Mennucci rassemble, Ghali s’isole ... p.4 SOCIÉTÉ - La Croix Rouge dans la tourmente économique ... p.24 CULTURE - Motörhead : Lemmy ou l’immortelle mécanique ... p.38


p.4 Marseille : Mennucci rassemble, Ghali s’isole p.6 Politique européenne d’intégration des Roms : un constat d’échec p.8 Emplois Fictifs : Marie José Roig quitte la politique

ECONOMIE

p.9 Coupes budgétaires, les maternités en première ligne p.12 TVA sur les transports : un nouveau coup dur pour le SNCF et ses usagers p.14 Et si GDF Suez n’était plus seul sur le marché du gaz

MONDE

p.15 Espionnage : Le gouvernement français n’apprécie pas les grandes oreilles des Etats Unis p.17 Syrie : vers une solution diplomatique p.18 Libye : un conflit sans fin p.20 «Tea party» : l’heure a sooné et ce n’est pas celle du thé ! p.22 La flamme nationaliste ravivée en Russie

SOCIÉTÉ

p.24 La croix rouge dans la tourmente économique p.26 Lingettes et laits de toilette pour bébé, attention danger ! p.27 Dourdan, une maternité sous le coup d’une fermeture administrative p.28 Marcher au radar… Pour ne pas être flashé ! Le feuilleton Tapis n’en finit pas

JUSTICE

p.30 Emile Louis se tait à jamais p.32 Taubira dans le viseur du Front National

ENVIRONNEMEN p.33 Fuku Shemale p.35 Greenpeace dans les pattes de l’ours russe CULTURE

p.37 L’Agenda p.38 Motörhead : Lemmy ou l’immortelle mécanique

MÉDIAS

p.40 Lagardère : les salariés en lutte p.41 Opération négociation pro Lagardère Active p.42 Bis Repetita à rance télévision

HIGH-TECH

p.43 Libertés individuelles et nouvelles technologies : une cohabitation impossible ?

SPORT

p.46 Evra est-il allé trop loin ? p.48 Un duel franco-suisse pour le master de Londres

SOMMAIRE

POLITIQUE

_Hebdo édité par : ISCPA Institut des Médias 12 rue Alexandre Parodi, 75010 Paris Tel. 01 44 84 30 65

Rédactrice en chef : Nina Bomptemps Terry Redacteurs Politique : Crystel Chatoux, Diane Burel-Keller, Adeline Ausuech. Monde : Myriam Adam, Roxane Clément, Arthur Beaufils, Cindy David, Adeline Auzuech, Esther Bosredon, Economie : Camille Coutant, Mathilde Cambour, Charlotte Chauvin Médias : Sarah Cohen, Cyriel Corantiec, Culture : Cyrielle Bouju, Vincent Bonhomme, Pauline Bussy Environnement : Raffaël Cabin Sport : Adrian Ako Jean-Marc Chabot Société : Sarah Bismuth, Johanna Boubekeur, Ruben Curiel HIGH-TECH : Jean-Marc Chabot Myriam Adam, Féliciane Barré. Justice : Céline Cousin, Manon Clair Secrétaires de rédaction : Joanna Bolognini - Lisa Bouchentouf Directrice artistique : Chloé Bruhat Iconographe : Vincent Bonhomme

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OURS

Directeur de la publication : Michel Baldi Directeur de la rédaction : Christophe Emmanuel Lucy


L’ÉDITO

PREMIER ENNEMI DU FRONT NATIONAL L’INDIGNATION CITOYENNE,

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ne candidate frontiste aux municipales de 2014 à Rethel, en comparant la garde des Sceaux à un singe, vient de franchir la ligne rouge. Ce à quoi la ministre n’a pas manqué de répondre, rétorquant qu’« on sait bien ce que pense le FN : c’est les Noirs dans les branches des arbres, les Arabes à la mer, les homosexuels dans la Seine, les Juifs au four et ainsi de suite ». Une marque d’exaspération à laquelle le Front répond… en portant plainte (plus de précisions dans un l’article page xx).   Les exemples qui suffiraient à invalider le caractère républicain du parti se multiplient. En septembre, un candidat aux municipales, François Chatelain, poste sur sa page Facebook la photo d’un drapeau israélien en feu, accompagné de la mention « Ici c’est la France ! ». Quelques jours plus tard c’est Françoise Coolzaet, candidate à Neuville-en-Ferrain, qui est accusée de publier sur son compte Facebook des messages ouvertement racistes et islamophobes, bien qu’elle nie les avoir écrits.   Ces multiples dérapages prouvent qu’entre la dédiabolisation souhaitée par les cadres du parti et le penchant réel des militants, il subsiste un hiatus. Ce dont témoigne même une ancienne responsable du FNJ, dans le Huffington Post, qui a quitté le parti car « il fallait faire attention quand on parlait des étrangers, du judaïsme politique et de l’avortement ». Des militants indomptables, en somme.   Face à de tels incidents, là où les personnalités politiques devraient s’indigner d’une seule et même voix, là dominent des réponses politiciennes, témoins des stratégies en vue des élections municipales de 2014. Certains, même, oublient vite ces dérapages. Reçu lundi sur France Inter, Jean-François Copé a affirmé que « le Front National copie les propositions de l’UMP », notamment sur les thèmes du droit du sol ou de l’aide médicale d’état (AME). Le tout sans aucune retenue, malgré les dernières sorties, inacceptables, d’une candidate du parti d’extrême droite. Pour siphonner les voix que le Front risque de lui arracher aux municipales, l’UMP en devient une pâle copie. La finesse de la communication en moins. Les contours de ce calcul politicien sont grossiers.   À stratégie de court terme, effet de court terme. Les contre-offensives sont si plates qu’elles peinent à convaincre les citoyens qui, encouragés par l’omniprésence médiatique du Front, se font de plus en plus à l’idée d’un vote Front national.   La garde des Sceaux ramène une once d’authenticité dans un paysage politique corrompu par les stratégies qui ne convainquent plus les électeurs. Ils sont de plus en plus sceptiques vis-à-vis du langage politique. L’emprise de la communication est devenue trop voyante.   Aujourd’hui, ce sont les mots de la colère qui touchent les citoyens. Voilà pourquoi la colère du Front National, bien que millimétrée, récolte une telle audience et fait oublier ses objectifs politiques réels. Et c’est aussi pour cela que Christiane Taubira est dans le collimateur de l’extrême droite, elle qui est réputée pour sa franchise. Le Front National l’a compris : le réel danger ne vient pas des calculs politiciens, mais de l’indignation citoyenne.    Pour le combattre, les partis politiques doivent se concentrer sur l’essence même du Front National. L’emprise de la colère sur la raison politique doit être brisée pour que le débat soit noble. Passion et politique ne font pas bon ménage.  Nina Terry

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POLITIQUE

MARSEILLE :

MENNUCCI RASSEMBLE, GHALI S’ISOLE Dimanche, Patrick Mennucci a remporté la primaire PS de Marseille. Avec 56,5 % des voix, il bat la sénatrice Samia Ghali (43,5%). Malgré un premier suffrage tendu, le second tour s’est déroulé dans de bonnes conditions.

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imanche soir, Patrick Mennucci a quitté la mairie dont il est élu, dans le 1er et 7e arrondissement, pour se rendre à la fédération PS des Bouches-du-Rhône. A deux pas du vieux port, il y a retrouvé son adversaire battue Samia Ghali. Dans le bâtiment aux couleurs du parti, des centaines d’électeurs de gauche s’étaient réunis. En tout, ils sont 23 440 à avoir voté ce dimanche, contre 20 734 une semaine plus tôt. « C’est un succès exceptionnel », a estimé le PS dans un communiqué. Face aux Marseillais, Patrick Mennucci a joué la carte de l’union. « Je n’ai battu personne ce soir. J’ai gagné pour battre Jean-Claude Gaudin (l’actuel maire UMP de Marseille) et le Front national. » De son côté, la sénatrice Samia Ghali est restée de glace, aux côtés du candidat vainqueur. Elle a nuancé la victoire de son opposant. « Même si les chiffres parlent d’eux-mêmes, nous n’avons pas perdu. Il faut reconnaître la victoire, mais pas d’un seul homme, de cinq candidats, plus le gouvernement. » « Un front anti Ghali » Le second tour s’est déroulé sans grandes polémiques à l’inverse du suffrage précédent, entaché par d’importantes querelles. Au premier tour, le 13

octobre, Patrick Mennucci est arrivé en seconde position, recueillant 20,65 % des voix contre 25,25 % pour Samia Ghali. Trois des quatre autres candidats s’étaient ralliés au député-maire, dont Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes âgées. Cette dernière, initialement favorite, a été éliminée à la surprise générale dès le premier tour, n’attirant que 19,5 % des voix. À l’annonce de sa défaite, Marie-Arlette Carlotti a accusé de « clientélisme » Samia Ghalli, arrivée en tête au premier tour. Cette dernière s’est vue reprocher le recours à des minibus pour conduire les électeurs aux bureaux de vote. En réaction, Matignon a dissuadé la ministre de déposer un recours devant la Haute autorité des primaires. La polémique divise le parti, dont les membres sont contraints de choisir. Les jours suivant le premier tour, Eugène Caselli, président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, et Henri Jibrayek, député de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, apportent leur soutien à Patrick Mennucci. Samia Ghali dénonce alors « un front anti Ghali », « des petits arrangements entre amis » qui visent juste « une distribution de postes ». Jean-Claude Gaudin, maire actuel de Marseille et candidat probable à sa succession, n’a pas manqué cette occasion de critiquer le parti adverse et s’est désolé du « triste spectacle que les deux candidats

socialistes ont imposé aux Marseillais entre les deux tours. » Pas de nouveau psychodrame Soucieux d’éteindre les braises et de ne pas attiser davantage la rancune des partisans de Samia Ghalli, Patrick Mennucci a fait un pas en direction de la perdante pendant son discours de victoire: « Je n’ai pas d’adversaire au PS […], que des amis ». Pas dupe, Samia Ghali ne s’est pas calmée pour autant. Bien au contraire, puisque pendant son discours, après l’annonce des résultats, la perdante a fortement critiqué la position de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault, s’estimant « déçue » par leur action, et incitant même ses partisans à les huer, pendant son allocution. Dans un communiqué, le député-président PS de la région Provence-AlpesCôte d’Azur s’est indigné, jugeant «  absolument scandaleux » les propos de la sénatrice. « On frémit à l’idée qu’une telle opposante au président socialiste de la République et au gouvernement socialiste aurait pu être candidate du Parti socialiste à Marseille. » Si les esprits semblent s’être apaisés après un premier tour mouvementé, ce n’est qu’en apparences : le Parti Socialiste en ressort finalement affaibli. Chrystel Chatoux

PATRICK MENNUCCI EN QUELQUES DATES 8 avril 1955 : naissance à Marseille 1969 : adhésion au PS 1983  : conseiller municipal aux côtés de Gaston Defferre 2006 : directeur adjoint de la campagne présidentielle de Ségolène Royal 16 mars 2008 : maire du 1er secteur de Marseille (1er et 7e arrondissement) 20 juin 2012 : député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône 20 octobre 2013 : tête de liste PS pour les municipales 2014 ©

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POLITIQUE EUROPÉENNE

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D’INTÉGRATION DES ROMS : UN CONSTAT D’ÉCHEC

Certains leaders politiques comme Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, ont jugé « le signal » lancé par François Hollande lors de son intervention télévisée samedi « d’incompréhensible » . Mais à l’échelle européenne, l’affaire Leonarda pointe les failles de la politique de Bruxelles au sujet des Roms.

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ercredi 9 octobre, Leonarda, jeune fille rom de 15 ans a été interpellée dans un car scolaire pour être ensuite expulsée vers le Kosovo avec sa famille. L’affaire a pris la tournure d’une véritable saga médiatique et a soulevé de nombreuses questions sur la politique d’intégration des familles Roms. Après avoir déclaré qu’aucun manquement à la loi n’a été observé lors de l’interpellation de la lycéenne et l’expulsion de sa famille, François Hollande a proposé à la jeune fille, et à elle seule, un accueil sur le territoire français pour la poursuite de ses études « si elle en fait la demande ». La proposition a été mal accueillie par sa famille. Le père de Leonarda a déjà déclaré aux médias français qu’ils reviendraient «tous ensemble» en France. Nicolas Dupont-Aignan, président du parti « Debout

la République » parti gaulliste interrogé sur France Info lundi, regrette que l’affaire Léonarda soit devenue « une affaire nationale  ». En Europe, les flux migratoires des populations roms font l’objet de peu de contrôle. Selon l’ONG Médecins du monde, la plupart des familles Roms expulsées et reconduites dans leur pays d’origines reviennent. Les populations Roms représentent moins de 1,4% de la population des Etats membres. Une politique européenne d’intégration inefficace Les Roms peuvent prétendre au statut de réfugiés économiques. Les partis politiques français demandent à ce que soit mise en place une nouvelle politique européenne pour les Roms. Chaque année, Bruxelles met en place 50 milliards d’euros pour l’intégration des Roms au sein de l’Union. Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice révèle que les sommes allouées ont été peu dépensées au bénéfice des populations roms. Deux députés, Karamanli membre du Parti socialiste et Quentin membre de l’UMP, auteurs d’un rapport sur ce sujet, expliquent que des lourdeurs administratives et les réticences de plusieurs municipalités sont en cause. Sur une somme allouée de 1,67 milliard d’euros, la France a dépensé 4

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millions d’euros pour l’insertion sociale. La même incompréhension règne concernant le budget utilisé en Roumanie, en Bulgarie et en Hongrie. Deux avancées doivent cependant être soulignées : les autorisations de travail sont de plus en plus délivrées et un tiers de leurs enfants sont scolarisés. Plusieurs leaders politiques de droite, comme le président de l’UMP Jean-François Copé prônent la responsabilité de chaque Etat et le manque de contrôle de certains pays au sein de l’espace Schengen. D’autres comme Nicolas Dupont-Aignan vont même plus loin en prônant la fermeture de l’espace Schengen. En parlant de la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’espace Schengen et de l’Union européenne, Nicolas Dupont-Aignan estime que l’Europe a mis en place « un système fou de libre circulation qui ne marche pas, une jungle » et même « une anarchie sans frontières ». Il pointe clairement les limites du non contrôle des flux migratoires : « Nous nous retrouvons à traiter de cas très douloureux humainement. » Le président du parti « Debout la République » propose comme d’autres le rétablissement des frontières nationales, alors que moins de 20 % de la population Rom est nomade.


L’Europe prône plus de contrôle La France et plusieurs de ses voisins membres de l’Union européenne veulent un meilleur suivi et une traçabilité concernant l’utilisation des subventions accordées par Bruxelles. Certains pays, comme la Roumanie ou la Bulgarie, sont peu enclins aux efforts en matière de politique d’insertion. Jeudi dernier, l’ancien Pre-

mier ministre français François Fillon a appelé la Commission européenne à proposer « une politique globale » concernant les populations Roms en insistant sur des « actions crédibles » d’intégration « dans les pays d’origine ». La Commission européenne devra sans doute mettre en place une politique globale, avec des mesures contrôlables, des échanges d’informations réels entre les Etats membres. La

France a une tradition de terre d’accueil. Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls veut raccourcir les délais d’attente pour les demandeurs d’asile. Le droit d’asile se révèle être à l’heure actuelle la solution de consensus face l’échec de la politique européenne d’intégration des Roms. La solution est encouragée par Bruxelles pour ses Etats membres. Diane Burel-Keller

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KHATCHIK VEUT REVENIR EN FRANCE L’histoire de Khatchik Kachartryan âgé de 19 ans et expulsé vers l’Arménie le 12 octobre a ému les étudiants et le député-maire PS du XVIIIe arrondissement de Paris, Daniel Vaillant, qui a rendu public mercredi un courrier adressé à Manuel Valls dans lequel il demande que le dossier de Khatchik soit réexaminé pour qu’il sache s’il peut envisager de revenir en France. Il était scolarisé dans un lycée professionnel du XVIIIe arrondissement et préparait un CAP. Khatchik est arrivé en France avec sa famille en 2011. Leurs demandes d’asile en France ont été rejetées. Arrêté le 19 septembre pour vol à la tire dans le centre commercial des Halles et sans-papiers, il est placé dans un centre de rétention administrative. Daniel Vaillant explique dans son courrier que le jeune homme « serait sous le coup d’une législation sévère avec les déserteurs dans son pays d’origine » et risque plusieurs années de prison. Khatchik se trouvait effectivement en France au moment de ses 18 ans et n’a donc pu effectuer son service militaire en Arménie. Le lycéen a été incarcéré à son arrivée en Arménie avant d’être relâché.

VAGUE DE COLÈRE AU SEIN DE LA GAUCHE Le président de la République et le ministre de l’Intérieur Manuel Valls se sont attiré les foudres de la Gauche après l’expulsion de Leonarda et de sa famille. La méthode d’interpellation de la jeune fille a fait polémique dans l’opinion. Lorsque Manuel Valls a réclamé la réalisation d’un rapport, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a expliqué que « s’il y a eu une faute, la famille de Leonarda reviendra. » En faisant référence aux méthodes d’interpellation de la jeune fille, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociale et de la santé, en a appelé « au droit et à la dignité ». Le porte-parole du PS, Laurent Rossignol a déclaré qu’au bureau national du parti, «tout le monde était d’accord pour dire qu’il y avait eu une bavure.»

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Des réactions de colère proviennent aussi des rangs des Ecologistes, du PCF et du Parti du Gauche. Son co-président, Jean-Luc Mélechon a d’ailleurs accusé le gouvernement de faire «le lit du FN» dans cette affaire. Après que le chef de l’Etat a proposé à Leonarda de revenir seule en France pour la poursuite de sa scolarité, Harlem Désir, premier secrétaire du Parti socialiste a salué une «décision d’humanité». L’école et le temps scolaire sera désormais sanctuarisé. L’affaire Leonarda a mis à l’épreuve la solidarité du gouvernement. Manuel Valls, sur l’antenne d’Europe 1 a déclaré : «Nous ne pouvons pas créer nousmême le désordre à partir de nos rangs, la situation est suffisamment difficile.»


EMPLOIS FICITFS :

MARIE-JOSÉ ROIG QUITTE LA POLITIQUE Marie-José Roig, maire UMP d’Avignon, a déclaré, hier, vouloir renoncer à sa participation aux municipales en mars prochain. Une décision prise à la suite des accusations d’emplois fictifs portées à son encontre.

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n énième scandale politique bouscule le paysage politiques depuis quelques jours. L’ancienne députée et maire actuelle d’Avignon, Marie-José Roig aurait salarié son fils, Jean-Christophe Roig, en lui attribuant les fonctions d’attaché parlementaire de novembre 2007 à juin 2012, pendant son mandat de députée du Vaucluse. Ceci, à l’instar de nombreux autres députés qui n’hésitent pas à employer des membres de leur famille, malgré que l’usage soit réglementé, au Palais Bourbon. En théorie, ce membre ne peut recevoir un salaire supérieur à 4 752 euros brut par mois. Or, selon le journal Avi City Local News, Marie-José Roig aurait rémunéré son fils à hauteur de 5 209 euros par mois. S’ajoutent à cela, des indemnités de congés payés s’élevant à 7 660,38 euros et des primes de 2 000 euros distribuées tous les six mois, ainsi qu’une prime de licenciement qui avoisinerait les 20 000 euros. Un beau pactole tout droit tiré des poches du contribuable. Un collaborateur fantôme Suprême aberration, son fils n’a en

PSA, ÇA PASSE OU ÇA CASSE Toujours dans la tourmente, les scénarios s’enchainent pour le constructeur automobile français PSA. La semaine en cours s’annonce décisive pour l’entreprise en difficulté. En effet, lors du conseil de surveillance de ce mardi 22 octobre 2013, les comptes trimestriels de la société seront validés mais plus important encore, les partenaires sociaux devront se positionner concernant un accord de compétitivité. Les syndicats seront amenés à se prononcer au sujet d’un contrat social qui devrait permettre à PSA d’économiser 100 millions d’eu-

réalité jamais mis les pieds au Palais Bourbon. Selon Fabien Strack, ancien directeur de cabinet de Marie-Josée Roig, « Jean-Christophe Roig n’a jamais travaillé à l’Assemblée Nationale ». Même son de cloche à la mairie d’Avignon où l’ex-députée assurait que son fils travaillait « dans l’évènementiel ». Tout laisse donc à penser qu’il s’agit d’un emploi fictif. Mais la mère de Jean-Christophe Roig réfute cette accusation. « Oui, j’ai aidé mon fils! Il faut se faire une raison: quand on est mère, on aime ses enfants. Je n’ai pas honte. Mon fils était sans travail, je l’ai aidé comme je l’aurais fait pour d’autres ! Avec tous les mandats que j’ai eus, j’aurais pu le caser ailleurs » En revanche, elle a martelé qu’il s’agissait d’un vrai emploi et qu’il assurait la relation parlementaire avec son attaché parisien.

au service des Avignonnais, dont presque 19 en tant que maire, je refuse que mon honneur et ma probité soient bafoués chaque jour, durant encore 5 mois, dans cette campagne indigne. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de ne plus figurer sur la liste UMP qui se présentera en mars prochain aux élections municipales », a déclaré Marie-Josée Roig. Une décision qui confirme la fin de sa carrière politique, selon son directeur de cabinet. Toutefois, Marie-José Roig, maire depuis 1995 et présidente de la communauté de communes d’Avignon ne devait pas se représenter aux municipales mais être inscrite sur la liste de Bernard Chaussegros, un candidat UMP. Adeline Auzuech ©

« Meurtrie, choquée et écoeurée » «Mon fils, Jean-ChristopheRoig, a exercé de novembre 2007 à juin 2012 la fonction de collaborateur parlementaire à mes côtés. (...) L’emploi de mon fils, qui répondait aux besoins que j’avais fixés en ma qualité d’employeur lors de la constitution de mon équipe, ne peut être qualifié d’emploi fictif », affirme-t-elle, sans apporter de précisions sur sa rémunération. Marie-Josée Roig, âgée de 75 ans et ancienne ministre de la Famille et de l’enfance, puis ministre déléguée à l’Intérieur sous la présidence de Jacques Chirac, se dit « profondément meurtrie, choquée et écoeurée » par ces accusations d’emplois fictif. « Aujourd’hui, après 30 années passées ros par an. Le texte prévoit un ensemble de mesures comme le gel des salaires pour l’année 2014 et demandera entre autre, un effort de la part des salariés concernant leurs congés. En échange de quoi, PSA s’engage à stopper la délocalisation de sa production. En crise depuis 2008, le groupe français, après avoir supprimé 11 000 postes sur le territoire, et fermé l’usine d’Aulnay-SousBois, envisage pour sauver sa situation financière critique, l’intervention d’un nouvel actionnaire. Une alliance avec le constructeur chinois Dongfeng est envisagée. D’après l’agence Reuters, l’investissement asiatique pourrait s’élever à 1,5 milliard d’euros. L’ouverture éventuelle du capital sera donc

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également à l’étude ce jour. Un accord entre le groupe asiatique et PSA Peugeot Citroën est attendu pour fin novembre. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, fortement investit dans le sauvetage du groupe, assure quant- à lui, dans une interview accordée au journal Le Parisien, que PSA « restera une entreprise française « et cela en dépit du rapprochement entre le constructeur français et son homonyme chinois. PSA resterait française si le gouvernement décidait d’investir pour conserver le contrôle de PSA, aux côtés du groupe chinois plébiscité, avec une participation collaborative de 20 à 30 %. Camille Coutant


ÉCONOMIE

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COUPES BUDGÉTAIRES,

LES MATERNITÉS EN PREMIÈRE LIGNE Hôpitaux de campagnes ou grands CHU parisiens, tous connaissent des coupes budgétaires drastiques. Rencontre et échange avec les plus grandes victimes : les maternités.

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la lueur de l’enquête récente publiée par la Fédération hospitalière de France(FHF), Frédéric Valletoux président de la FHF estime qu’en 2012, le résultat net comptable des hôpitaux inclus dans l’échantillon était excédentaire de 54 millions d’euros, après un déficit qui avait atteint 324 millions d’euros en 2011. En réalité, 315 établissements ont présenté un excédent l’an dernier et 263 un déficit (275 en 2011). Les établissements publics de santé sont financés majoritairement par l’assurance maladie qui leur rembourse une partie de leurs actes. Or, l’activité des hôpitaux a fortement augmenté en 2012, de 3% pour les séjours et de 5% pour les urgences et consultations sans hospitalisation. Les français, de plus en plus pauvres se tournent indéniablement vers les hôpitaux qui sont pourtant menacés de fermeture sur le territoire français. Les habitants sont souvent les premiers à se mobiliser contre les projets de fermetures. Des fermetures en suspens Parmi les derniers en date, ceux de Vire, dans le Calvados, dont la maternité est menacée. En septembre, une manifestation a rassemblée 1800 personnes dans les rues de la petite ville qui compte quelque 15 000 habitants. Les habitants militent pour la sauvegarde de cette maternité, scandant, panneau à la main que la région prend autant de risque si elle envoie les futures mamans sur les routes le jour de leur accouchement. En 2012, une étude réalisée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques sur «Les maternités en France» nuançait pourtant les inquiétudes de la population. Malgré la fermeture des petites maternités le temps d’accès moyen à une maternité en province est estimé à 19 minutes contre 25 minutes en Ile-de-France. Comble. Malgré le combat et les décrets obtenus en 2010, les hôpitaux qui réalisent moins d’un certain seuil d’interventions par an sont menacés de fermeture. Les services de gynécologie ne sont pas les seuls touchés, la chirurgie étant la plupart du temps le deuxième service le plus touché. De nombreux médecins ont par ailleurs témoignés en faveur de la fermeture de certains pôles dans les hôpitaux. Le Docteur Salsmann* déclare “ qu’il est pour une restructuration en province pour se préparer aux contraintes que vont nous exiger le futur, à savoir une population qui vieillit et qui va avoir besoin de plus en plus d’endroits où séjourner et se faire soigner, mais fermer des maternités ou des hôpitaux en plein centre de Paris, cela me parait aberrant. Vouloir créer un gros pôle

de compétences en soi c’est une bonne idée, mais sans argent, que faire ? ” . Survivre grâce à l’exception territoriale Pour pallier le manque de services de santé des habitants des zones isolées, certains prônent la mise en place d’une «bouclier rural», qui fixerait des limites de temps de trajet pour accéder à certains services. Un appel lancé par des maires de petites communes demande notamment de maintenir ou rétablir les services de maternité pour qu’ils restent accessibles en moins de 45 minutes. C’est le cas de Crest, petit village de Drôme provençal où il y a environ 150 accouchements par an et ceci depuis des années, mais la maternité à force de lutte continue à exister. Le comité de lutte pour la défense de cette maternité (et ce n’est pas un cas isolé) a réussi à la faire survivre grâce l’exception territoriale: l’éloignement à plus d’une heure d’une maternité pour les habitants et l’hiver des conditions de route difficiles. Toucher l’électeur au cœur Le second motif n’est pas aussi philanthropique, les politiques en ont fait un combat pour leur permettre d’exister, ils ont une cause noble à défendre ainsi ils fédèrent autour d’eux… ayant pour unique but la réélection. Mais au sein même de la maternité, les avis divergent, d’après Anne-Lise, sage-femme depuis 20 ans à Crest, les choses sont différentes : “Objectivement et pour vivre les choses de l’intérieur ceci n’est pas une bonne idée de garder la maternité ouverte en l’état. Pourquoi ? Parce que pour que la maternité reste ouverte depuis quelques années l’hôpital doit mettre en œuvre certaines mesures qui paraissent très difficile à réaliser. “ Quand on lui demande lesquelles, elle répond très rapidement, visiblement habituée à devoir argumenter. “ Il faudrait avoir un bloc opératoire ouvert 7 jours sur 7 et 365 jours par an, or il y a très peu d’opérations. Cela veut dire que l’on est obligé d’assurer une permanence des soins toute l’année et donc payer des anesthésistes, des chirurgiens des sages femmes, des aides-soignantes, entretenir du matériel de qualité … cela coûte une fortune à l’état et au domaine de la santé publique.” Une logique d’arbitrage Elle en profite pour parler du déficit global de l’hôpital et comment dans les petites villes de provinces comme Crest, d’autres services qui fonctionnent bien pâtissent du fait que la maternité soit absolument sauvée “ Il faut aussi payer un pédiatre à l’année, et c’est normal, les revenus ne sont pas

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élastiques…. pour s’en sortir… cela est fait au détriment des autres services de l’hôpital qui eux fonctionneraient .....la maternité ruine l’hôpital et je m’en rends compte quand je discute avec d’autres collègues. Les gens des autres services sont obligés de travailler plus pour assurer le bon fonctionnement de l’hôpital alors que nous sommes dans une société vieillissante. Il faut savoir si on veut rendre un réel plaisir à la population vieillissante ou favoriser 180 naissances. C’est terrible à dire mais l’hôpital avait proposé un compromis faire un centre périnatal, les femmes pourraient être prises en charge avant et après l’accouchement et aller juste accoucher à Valence et revenir ensuite. Tous les personnels de la maternité étaient pour et ce sont les politiques qui ont fait tout capoter ...toujours pour avoir une raison d’exister.” Elle conclut sobrement “ Les Médias passent leur temps à parler de l’atroce histoire de l’autoroute A20 (ndlr : un nourrisson était décédé suite à une naissance dans la voiture) mais c’est un cas isolé. D’ailleurs à Paris, tout le monde sait que certaines femmes peuvent mettre jusqu’à deux heures pour rejoindre un hôpital et accoucher.” Le risque zéro n’existe pas Pour Sofia, infirmière la conclusion est simple : “ Je veux sauver cette maternité, absolument. Mais il faudrait la fermer un temps pour la mettre aux normes! Le gynécologue n’est pas fou la moindre grossesse à risque, le moindre petit truc qui ne tourne pas rond et les femmes vont accoucher à une heure et demi d’ici! Donc et il s’agit de bon sens, ce sont les femmes qui auraient besoin d’une maternité proximité qui vont accoucher le plus loin donc l’argument de la distance ne tient pas. De plus, on rencontre de plus en plus de femmes qui veulent accoucher chez elles et qui vont militer pour la sauvegarde de la maternité, où est la cohérence? Et pour avoir le droit d’accoucher à domicile il faut une maternité à côté. Si la maternité fermait temporairement les femmes en cas d’urgence pourraient accoucher aux urgences et en cas d’incidents malheureux, le directeur de l’hôpital serait couvert car on agirait dans le cadre de l’urgence. En revanche, si la maternité reste ouverte et un bébé décède ( par manque de moyens ou autres), alors là c’est le directeur et les médecins qui sont responsables vous voyez toute la subtilité ? Ce qui me désole, c’est qu’on est plus au service des populations mais des intérêts des politiques. Je dois avouer qu’humainement, c’est merveilleux d’accoucher dans une petite maternité où on l’est bien traité, avec des gens motivés et qualifiés et pas seulement un numéro dans une liste. Charlotte Chauvin


TVA SUR LES TRANSPORTS : UN NOUVEAU COUP DUR POUR LA SNCF

ET SES USAGERS

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Le gouvernement vient d’annoncer une hausse de la TVA sur les transports publics. Passant de 7 à 10% en début d’année 2014, cette taxe s’impactera directement sur le prix des billets à destination des voyageurs.

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on sans craintes, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy l’avait déjà envisagé ; la TVA appliquée aux transports publics augmentera bien de 3% à compter du 1er

janvier 2014. Cette nouvelle hausse à venir n’est pas sans répercussion pour la société ferroviaire. À l’heure où 8 voyageurs sur 10 estiment le prix des billets trop élevés*, la SNCF va une nouvelle fois devoir informer ses usagers d’une hausse de ses tarifs. En effet, « Si la TVA augmente de 3%, les prix du billets augmentent de 3% » comme l’explique au micro de RTL, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, inquiet de cette augmentation qui profitera au budget de l’Etat aux dépends de la société dont il est à la tête. « Le transport collectif risque d’être décanté par

rapport aux autres modes de transport » a t-il confié lors d’une conférence de presse annuelle. Une appréhension légitime puisque le transporteur national doit faire face à un ralentissement de son activité, avec un trafic TGV en baisse entraînant une dépréciation de l’ensemble du parc, qui représente un manque à gagner de 800 millions d’euros pour l’entreprise.   Petits prix et économies pour relancer l’activité   Après avoir déjà  subi une hausse du prix des billets de 0,5%  appliquée en 2013 par la SNCF au lieu des 2,3% initialement prévus, « Le client va-t-il accepter « de voir encore une fois le billet augmenter ? C’est ce que se demande  Barbara Dalibard, directrice générale de SNCF  Voyages.  C’est pourquoi, face à des usagers qui sont 62% à trouver que les prix pratiqués par la SNCF manquent de clarté, le groupe met en place de nouveaux outils sur le web à destination de ses clients voyageurs pour plus de transparence mais aussi pour mieux les fidéliser à travers des offres adaptées à leurs déplacements. Dans un contexte économique où les fran-

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çais boudent les transports ferroviaires au profit de l’avion low-cost et du covoiturage, la SNCF tente tant bien que mal de contrer la baisse de trafic à laquelle elle est confrontée. Pour ce faire, le président de la SNCF s’engage auprès des utilisateurs : « nous n’allons pas augmenter nos prix l’année prochaine, mais nous continuerons à augmenter le nombre de petits prix, c’est-à-dire inférieurs à 30 euros pour le TGV ».  La SNCF compte également sur ses offres à bas coûts, dont l’offre TGV low-cost Ouigo lancée début 2013 pour attirer une nouvelle clientèle. Afin de développer son chiffre d’affaires,  la SNCF souhaite en parallèle, étendre ses activités à l’étranger avec ses filiales de transport et logistique, ainsi que son service de transports urbains Keolis. Enfin, la SNCF a bien compris que « pour vendre moins cher, il faut produire moins cher » comme l’a indiqué Guillaume Pepy. Par conséquent, la SNCF a lancé deux plans de réductions des coûts et mise sur le TGV du futur, un train à grande vitesse plus performant, pour redresser la barre.  Camille Coutant * Étude CLCV (Association Nationale de Défense des Consommateurs et Usagers)


ET SI GDF SUEZ N’ÉTAIT PLUS SEUL

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SUR LE MARCHÉ DU GAZ ...

’hiver approche à grands pas et avec lui l’angoisse des prochaines factures d’énergie. Alors que bon nombre de Français appréhendent déjà les hausses d’impôts annoncées par le gouvernement, il est de bon ton de s’intéresser de plus près à ces fournisseurs et notamment au gaz. Car malgré l’ouverture du marché à la concurrence le 1 juillet 2007, les fournisseurs alternatifs tels qu’Alterna, Antargaz, Direct Énergie, Eni, Lampiris et même EDF ne sont toujours pas parvenus à se faire une place face au fournisseur historique GDF Suez. Et pour cause, le fournisseur italien a lancé sa dernière campagne de communication dans les allées du métro parisien via un dépliant remis aux usagers avec leur quotidien gratuit. Cela peut paraître surprenant de la part d’un fournisseur de gaz et pourtant la méthode est relativement efficace puisque la plupart des Français ne font confiance qu’à GDF Suez. En effet, près de 81% des onze millions de foyers Français sont fidèles à l’ex-Gaz de France. Pour Nicolas Mouchnino, chargé de mission énergie/environnement pour l’association de défense des consommateurs UFC – Que Choisir, l’explication est simple : « les Français sont frileux car beaucoup ne connaissent pas le marché de l’énergie. En fait, de nombreux consommateurs ont vécu les couacs liés à l’explosion des offres sur le marché de la téléphonie mobile et s’inquiètent de la

difficulté des démarches. Aussi, la législation a changé quant au changement de fournisseur. Avant, notre association ellemême déconseillait aux consommateurs de quitter le tarif réglementé pratiqué par GDF Suez. Aujourd’hui, au contraire, nous encourageons cette concurrence car la loi s’est assouplit. Désormais, en dessous de 30 000kwh, il est possible au client qui a quitté le tarif réglementé pour un fournisseur alternatif de revenir sur sa décision. Une situation qui concerne donc la plupart des Français sauf grandes entreprises, logements collectifs et grandes demeures par exemple.» Une législation que l’association UFC Que Choisir compte bien faire connaître. En juillet dernier, elle s’est en effet inspirée d’ « enchères inversées » similaires menées au Royaume-Uni et en Belgique pour créer son opération « Gaz moins cher ensemble ». Le prix de l’énergie ayant augmenté de près de 80% depuis 2005, il devenait pour l’association essentiel de dynamiter le marché en demandant aux fournisseurs alternatifs de se rendre plus attractifs. L’objectif est de gagner au minimum 13% sur le prix réglementé au kilowattheure (kWh) en octobre, mais aussi d’aller plus loin avec ce qu’Alain Bazot, président de l’UFC – Que Choisir, a appelé un « cahier des charges scrupuleux » sur la protection juridique et enfin un traitement des réclamations cogéré par l’association. De quoi rassurer les futurs abonnés. A cette opération lancée en juillet, seul l’un des sept fournisseurs alternatifs a répondu. Le belge Lampiris, présent en France depuis 2010, qui propose déjà

des tarifs jusqu’à 12% inférieurs au tarif réglementé. Avec cette offre, pour les participants à la campagne - inscrits gratuitement sur le site de l’opération HYPERLINK «http://www.gazmoinscherensemble.fr» www.gazmoinscherensemble.fr - l’offre est garantie pendant un an par Lampiris. Et 13% en moins sur le tarif réglementé, cela représente, pour une consommation moyenne de 17.000 kilowattheures, une économie comprise entre 124 et 132 euros selon la zone tarifaire. Un gain que l’association conseille de ne pas sous-estimer en période de crise, tout en rappelant que cette opération n’est en aucun cas une publicité pour le fournisseur Lampiris, mais une simple mise en lumière des tarifs auxquels les consommateurs pourraient prétendre. Le fournisseur pourrait même, d’après Nicolas Mouchnino, revoir son offre à 14% en fonction du nombre de consommateurs inscrits sachant que le site HYPERLINK «http:// www.gazmoinscherensemble.fr» www. gazmoinscherensemble.fr propose cent mille souscriptions. Et si l’offre finale sera dévoilée le 26 novembre prochain, l’association UFC-Que Choisir se veut optimiste puisqu’elle rappelle, dans un communiqué de presse, qu’en Belgique et au Royaume-Uni les actions menées ont provoqué respectivement 47 000 et 38 000 changements de fournisseurs ces deux dernières années. Mathilde Cambour

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ESPIONNAGE : LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS N’APPRÉCIE PAS LES GRANDES OREILLES DES ETATS-UNIS Washington n’espionne pas seulement les entreprises et citoyens américains. Les ambassades françaises, les grandes entreprises nationales et les particuliers sont également concernés.

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’ex consultant de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine, Edward Snowden avait déjà dévoilé des documents expliquant pourquoi et comment les Etats-Unis espionnait le monde entier. Mais depuis mardi, le gouvernement français est inquiet. Washington espionne les intérêts diplomatiques français à l’ONU. Des notes internes du journal Le Monde révèlent que les Etats-Unis usent sans aucune limitation de mouchards électroniques. Classée TOP SECRET, la note de deux pages est destinée aux opérateurs de la NSA. Elle permet d’aider les techniciens à ne pas se perdre dans les méandres de chiffres, de codes et de sigles utilisés. Mais la note renseigne également sur GENIE un programme très connu au sein de la NSA. Ce programme sert à poser des implants espions à distance dans des ordinateurs du monde entier. A la lecture des deux pages, les techniques employées se précisent. « Highlands » pour le piratage des ordinateurs grâce aux mouchards. « Vagrant » pour le captage d’informations à partir des écrans. Quant à la technique PBX, elle revient à s’inviter directement aux conversations des diplomates français comme lors d’une conférence téléphonique, une technique déjà évoquée par le quotidien allemand Spiegel. Certaines de ces techniques sont connues des principaux services secrets étrangers.

ET LA FRANCE DANS TOUT ÇA ?

Mais la NSA a aussi crée ses propres outils, uniques au monde. L’espionnage est un outil diplomatique 652 millions de dollars, soit 447 millions d’euros, c’est ce que représente la part du budget consacré à la seule pose d’implants (le budget total est de 75 milliards de dollars par an). Selon le Washington Post, 85 000 implants devraient être installés dans les ordinateurs du monde entier d’ici fin 2013. Juin 2010, l’ONU devait choisir s’il acceptait, ou non, la résolution des Américains consistant à infliger de nouvelles sanctions à l’Iran pour non-respect de ses obligations concernant l’arme nucléaire. Washington craignait alors un refus de la part des pays émergents. La France étant à l’époque en pleine négociation commerciale avec le Brésil. L’écoute américaine avait révélé que ce rapprochement franco-brésilien était lié à la vente d’avions de chasse Rafale. Un document daté d’août 2010 prouve que cette information a fortement aidé à obtenir le vote de la France. Plus que de lutter contre le terrorisme c’est à avoir un train d’avance dans les négociations de n’importe quelle nature grâce à des informations économiques que sert l’espionnage. Depuis mardi, Laurent Fabius et Jean-Marc Ayrault ne cessent de demander des explications au secrétaire d’Etat américain, John Kerry. Mais le gouvernement Obama n’a pas l’intention de répondre aux politiques français.

La presse américaine n’a pas manqué de tourner en dérision, les réactions du gouvernement français. Véritable secret de polichinelle, l’espionnage entre les EtatsUnis et la France est connu depuis toujours par les politiques et les patrons des grandes entreprises, françaises et américaines. La France est également un des bastions de l’espionnage dans le monde. Avant d’évoquer la NSA et ses dérives, le journal Le Monde avait publié une enquête sur la DGSE, les services de renseignements français. Les techniques et outils utilisés sont pratiquement les mêmes. La grande différence c’est que la technologie américaine est beaucoup plus sophistiquée. Hormis la différence de budget (10 milliards d’euros pour la France), la France fait exactement la même chose que les Etats-Unis qu’elle fustige. Elle est aussi régulièrement citée par les hauts responsables américains pour espionner les Etats-Unis. Mais il ne s’agit pas d’excuser le pays de l’Oncle Sam. L’administration Obama justifie son mode opératoire par l’argument « tout le monde le fait ».

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Alcatel-Lucent : une fusion stratégique En 2013, la NSA s’est principalement intéressée à Wanadoo.fr et Alcatel-lucent. com. Ancienne filiale de France Télécom, Wanadoo à vu ses activités être intégrées sous la marque Orange en 2006. La même année, le groupe français Alcatel fusionne avec l’américain Lucent. Technologies. Or Alcatel-Lucent possède des câbles sous-marins Par lesquels transite l’essentiel des flux de communications mondiaux. En janvier 2013, Fleur Pellerin, la ministre en charge des PME, de l’innovation et de l’économie numérique, évoque le possible investissement du Fonds stratégique d’investissement (FSI), détenu par la Caisse des dépôts de l’Etat français dans la filiale de câbles optiques sous-marins Alcatel-Lucent. La ministre justifie cette idée par un intérêt stratégique comme la cyber surveillance et la sécurité du territoire. Sollicitée par nos confrères pour répondre à des questions portant aussi bien sur l’espionnage électronique américain à l’encontre d’un groupe industriel de droit français que sur les problématiques de la sécurité de communication, la ministre a refusé de s’exprimer. Cependant le ministère de la défense a indiqué qu’il considérait les propos de Mme Pellerin, reconnaissant publiquement les câbles sous-marins comme nids d’espionnage, relevaient d’une grave « maladresse ». Quant à Alcatel-Lucent, l’entreprise refuse de commenter ces informations. Esther Bosredon

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SYRIE :

VERS UNE SOLUTION DIPLOMATIQUE ?

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ardi, « les amis de la Syrie » - Allemagne, Arabie Saoudite, Egypte, Emirats Arabe Unis, Etats Unis, France, Grande Bretagne, Italie, Jordanie, Qatar, Turquie - se sont réunis à Londres pour convaincre les opposants syriens de participer à la prochaine conférence Genève 2, pour trouver une issue pacifique au conflit syrien. Cependant, la Syrie diverge sur son éventuelle participation. La place de l’actuel président syrien dans une éventuelle transition reste donc un sujet de discorde laissant l’espoir d’une paix diplomatique amoindri. Une conférence pour la paix Les Etats-Unis et la Russie se sont mis d’accord sur une nouvelle conférence : « Genève 2 » qui devrait se tenir le 23 novembre prochain. La réunion de l’an dernier n’avait pas abouti. Repoussée à plusieurs reprises, la conférence de Genève a pour but de réunir les responsables du régime syrien et de l’opposition afin de former un gouvernement provisoire et mettre fin à la guerre de deux ans et demi qui a déjà fait plus de 115 000 victimes. Les « Onze de Londres » privilégient une solution politique qui sous-entend l’éviction de Bachar al-Assad. Rappelons que ces derniers ont renoncé aux frappes militaires contre le régime de Bachar al-Assad et voté une résolution à l’ONU fin septembre sur la suppression des armes chimiques en Syrie proposées par

Moscou.

du président Assad ».

L’opposition divisée Cependant, un accord de paix semble déjà compromis car le Conseil National Syrien(CNS)- membre le plus actif de la Coalition de l’opposition syrienne - a d’ores et déjà annoncé qu’il ne participerait pas à la conférence et menace de se séparer de cette coalition si cette dernière y assiste. Selon Georges Sabra, chef du CNS, il ne peut pas y avoir de solution démocratique tant que les civils seront otages de ce conflit. Une non participation de l’ensemble des opposants reviendrait pour les syriens a devoir choisir entre Assad et les extrémistes selon le chef de la diplomatie britannique qui s’est exprimée au micro de la BBC. Et d’ajouter : « Plus le conflit dure, plus il devient communautaire et plus les extrémistes prennent le dessus ». Pour Ahmad Jarba, à la tête de la Coalition Nationale des forces de l’opposition, «  l’opposition syrienne risque de perdre toute crédibilité si elle se plie aux pressions internationales et va à Genève si l’objectif n’est pas le départ du pouvoir du président Assad ». BBC. Et d’ajouter : « Plus le conflit dure, plus il devient communautaire et plus les extrémistes prennent le dessus ». Pour Ahmad Jarba, à la tête de la Coalition Nationale des forces de l’opposition, «  l’opposition syrienne risque de perdre toute crédibilité si elle se plie aux pressions internationales et va à Genève si l’objectif n’est pas le départ du pouvoir

Un régime syrien sceptique Du côté du régime syrien, lundi soir, le président Bachar al-Assad a émis des doutes sur l’efficacité de la conférence Genève 2 ; estimant que « les conditions n’étaient pas encore réunies ». Et d’ajouter, dans une interview accordée à Al-Mayadine vouloir se présenter à la «  prochaine élection présidentielle de 2014 ». A la suite de cette annonce, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry a affirmé «  s’il pense régler les problèmes en étant candidat à sa réélection je peux lui dire ceci : je crois qu’il est certain que cette guerre n’en finira pas tant qu’il est là où il est ».

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Au pays de Candide L’espoir des amis de la Syrie » de trouver une solution diplomatique s’amenuise à mesure que la discorde sur la place de Bachar al-ASSAD dans le gouvernement provisoire, grandit. Aussi, les différents protagonistes politiques ne cessent de s’exprimer sur le sujet faisant ainsi planer l’incertitude la plus totale quant à la participation de la Syrie à Genève 2. Mardi, Laurent Fabius a martelé que Bachar al-Assad « ne peut jouer aucun rôle » dans le processus de transition politique en Syrie. La semaine prochaine à Istanbul, l’opposition décidera de sa participation à Genève 2. Johanna Boubekeur


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LIBYE :

UN CONFLIT SANS FIN Entre insécurité, gangs armés djihadistes et un semblant d’Etat, le chaos généralisé s’est installé en Libye tandis que le pays sombre un peu plus chaque jour dans l’indifférence médiatique et le désintérêt de la communauté internationale.

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l y a deux ans, la Libye était l’un des pays les plus dynamique d’Afrique, le revenu moyen par habitant était le plus élevé du continent, les hôpitaux étaient équipés avec la meilleure technologie occidentale, le taux d’alphabétisation des femmes était plus élevé qu’aux Etats-Unis. On se souvient encore des libyens fuyant les combats dans des pick-up japonais sur des autoroutes flambant neuves … Il y a deux ans, le 20 octobre 2011, la mort de Mouammar Kadhafi était célébrée comme un tournant historique et humaniste pour un pays qui était censé avoir les clés d’un avenir démocratique axé sur un modèle atlantiste. Aujourd’hui, la réalité est toute autre. Le pays est en voie de « somalisation », autrement dit en phase de désintégration totale. Depuis la fin du « conflit » en 2011, c’est une guerre tribale sans nom qui ravage le pays. Dès mai 2012, des ex-rebelles avaient pris d’assaut le siège du gouvernement à Tripoli pour réclamer des primes. Selon les agences de renseignement américaines, plus de 500 milices occupent le pays. Cela représente une force – incontrôlable - de 30 000 hommes dotée d’un incroyable armement qui provient aussi bien des hangars du Guide spirituel que de généreux dons de la France, des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou encore du Qatar et de l’Arabie Saoudite. Loi du plus fort Le pays n’a jamais été autant divisé. Il faut rappeler que le conflit libyen qui a fait 30 000 morts en huit mois selon l’ONU n’est absolument pas une conséquence du « Printemps de Jasmin », qui n’a pas eu lieu en Libye. Le pays a vécu une guerre tribale qui a vu la région de la Cyrénaïque (Benghazi), avec l’aide du Fezzan et ses chefs de guerres locaux, se soulever contre Tripoli, région d’origine de Kadhafi et qui l’a soutenu jusqu’à la fin. Le pays est aujourd’hui divisé en cinq

DATES CLÉS

zones (Misrata, Barqa, Djebel Nefusa et Zouwara, Zentan, la Zone du Sud avec les Toubous) avec des luttes d’intérêts autour de la principale richesse du pays : le pétrole. Qui dirige la Libye ? C’est une question sans réponse alors qu’un Etat central fort peine à s’établir. Au Parlement, l’Alliance des forces nationales est en lutte avec l’aile politique des Frères musulmans sur l’avenir du pays, qui prend le chemin d’un régime islamique basé sur l’application de la Charia. Le ministère de la Défense est sous l’influence d’une alliance tribale laïque tandis que le ministère de l’Intérieur est contrôlé par la milice du Bouclier de la Libye, une milice radicalement islamiste… Depuis la chute de l’ex-régime, les autorités de transition ne parviennent pas à former une police et une armée régulières. Avec l’enlèvement rocambolesque du Premier ministre, Ali Zeidan, par des ex-rebelles le 10 octobre dernier, puis l’assassinat à Benghazi une semaine plus tard du chef de la police militaire, l’insécurité s’affirme comme un mode de gouvernance. Rappelons que c’est une milice rivale qui a permis la libération du chef du gouvernement libyen… Les bandes armées font la loi et leurs rivalités pour acquérir encore plus de pouvoir illustrent bien la fragilité du gouvernement central. Entre kidnappings, assassinats et attentats, la réconciliation nationale semble impossible. Selon Human Right Watch, « les détentions arbitraires, les actes de torture et les meurtres sont généralisés, systématiques et suffisamment organisés pour constituer des crimes contre l’humanité ». L’ONG dénonce un tournant dans l’escalade de la violence cet été, avec le premier meurtre en juillet d’un activiste politique. Selon Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord, « ce qui a commencé comme des assassinats de membres de la police, de l’appareil de sécurité intérieure

23 octobre 2011: Le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, proclame la «libération» du pays, trois jours après la mort de Mouammar Kadhafi 7 juillet 2012: Les Libyens se rendent aux urnes pour la première fois pour élire une Assemblée nationale, le Congrès général national (CGN). 11 septembre 2012 : Attaque contre le consulat américain à Benghazi: quatre

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et du renseignement militaire, s’est vu aggravé encore davantage avec le meurtre de juges et d’un activiste politique. Le fait que personne n’ait pu en être tenu responsable met en lumière l’échec du gouvernement à construire un système judiciaire efficace. ». Une poudrière aux portes de l’UE Kadhafi avait été le premier à lancer en 1995 un mandat d’arrêt international contre le leader d’Al-Qaïda, Ben Laden, propulsant son pays comme un acteur de la lutte anti-terroriste mondiale. En 2013, le pays est devenu un bastion, un refuge, une « Terre » du Djihad, selon la majorité des experts en terrorisme. La prolifération d’armes a transformé la région en un marché à ciel ouvert très lucratif où tous les trafics sont permis. Des factions armées islamistes, très aguerries, contrôlent désormais une région aussi étendue que le territoire français et ce, à quelques miles marins des frontières de l’Union Européenne. Des représentations diplomatiques et des intérêts occidentaux ont été visés par de nombreux attentats ces deux dernières années. L’ambassadeur américain a été tué l’année dernière lors de l’assaut de son consulat. L’ambassade de France a subi une attaque à l’explosif en avril 2013. Celle de Suède la semaine dernière… Ces pays occidentaux avaient été parmi les principaux soutiens de la « nouvelle Libye ». Conséquence rétroactive d’un soutien précoce à des entités islamiques méconnues, un scénario qui se répète dans le conflit syrien. Si le « Printemps arabe » est devenu un hiver islamique, ce dernier semble sans fin pour la Libye qui est plongée dans le chaos depuis plus de deux ans et l’insécurité augmente chaque jour. Si des milices décident de s’allier pour conquérir le pays, une sanglante guerre civile risque d’éclater… Arthur Beaufils

Américains tués, dont l’ambassadeur Chris Stevens. 10 octobre 2013 : Le premier ministre, Ali Zeidan, est enlevé par un groupe d’ex-rebelles affirmant agir sur ordre judiciaire. 18 octobre 2013 : Le chef de la police militaire est tué par balles à Benghazi, théâtre quotidien d’attaques et d’assassinats contre l’armée et la police.


« TEA PARTY » :

L’HEURE A SONNÉ ET CE N’EST PAS CELLE DU THÉ !

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e Tea party n’est pas si candide qu’il n’y parait. Durant seize jours les partisans de ce mouvement radical ont fait pression sur le gouvernement américain pour faire obstacle à la réforme du système d’assurance maladie initiée par Barack Obama. Les motivations restent incongrues. Les militants sont automatiquement contre toutes les nouveautés. Mais cette fois le gouvernement n’a pas flanché. L’occasion de revenir sur le perpétuel bras de fer qui oppose l’Etat américain à ce mouvement libertaire. Qu’est ce que le Tea Party? Non ce n’est pas le nom d’une association de propriétaires de salons de thé britannique. C’est le plus gros mouvement ultra-conservateur des Etats-Unis. Fondé au début de la crise financière, en 2008, la date de sa création coïncide avec les premiers soubresauts du mandat Obama. Un excellent prétexte pour promouvoir une idéologie contestataire et populiste. Le pouvoir local du Tea Party est tellement bien ancré qu’aux prochaines élections de mi-mandat, chaque républicain aura un candidat soutenu par le parti. Son influence pourrait laisser croire qu’il est

représentatif d’une majorité, pourtant, il rassemble seulement 20% d’opinions positives, à en croire les sondages. En somme des «retraités blancs et fortunés qui n’ont rien d’autre à faire que de fantasmer sur une Amérique utopique», avec un retour aux origines, à savoir la conservation de l’esprit fondateur. Ils sont bien entendu anti-étatique, libertaires et conspirationnistes. Le Tea Party boit la tasse? Le Tea Party est actuellement dans la tourmente. Allègement des taxes, suppression des impôts et retour à l’esprit fondateur du pays ne font pas l’unanimité. Contrairement aux idées reçues, le Tea Party n’est pas directement affilié au Parti Républicain, bien que ses plus éminents représentants en soient des membres importants (Ron Paul, Sarah Pallin). Hétéroclite au possible, il rassemble aussi bien les conservateurs que des libertariens et tend à lutter contre l’implantation de l’idéologie socialiste sur le territoire américain, Pro-life, donc contre l’avortement, ils sont dans le même temps partisans de la peine de mort... Et bien évidemment absolument contre la « Loi sur la protection des patients et des soins abordables » - surnommée ObamaCare, visant à instau-

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rer un système de couverture sociale pour que les foyers les plus pauvres puissent accéder aux soins. Et c’est là que prend racine le dix-huitième shutdown de l’histoire des Etats-Unis, c’est-à-dire l’arrêt complet de tous les services administratifs du pays. Toujours le même goût de thé... Depuis le 1er Octobre, les Etats-Unis, pays bicamériste, ont « fêté » leur nouvel an fiscal. A cette occasion, le Sénat majoritairement démocrate et la Chambre des représentants, dominée par les Républicains, sont censés voter le projet de budget de l’exercice à venir. Or, influencé et radicalisé par le Tea Party, les Républicains ont refusé de s’entendre avec les Démocrates et par là même avec l’administration Obama. Principal point de discorde, le budget alloué justement à la protection sociale et à l’accès au système de santé, à échelle fédérale. Pour l’heure, la victoire de l’Obama Care n’est qu’une bataille aux yeux du parti qui espère, à terme, remporter une guerre illusoire contre le gouvernement. Roxane Clément


AILLEURS

L’AUSTRALIE BRÛLE L’Australie est en proie à de violents incendies depuis quelques jours. En effet, un des départs de feu s’est produit sur un terrain appartenant à l’armée. Le jour même où elle était en exercice avec des explosifs. Aujourd’hui plus de 30 000 hectares sont partis en fumée, et les incendies ne sont toujours pas contrôlés. Marc, jeune français expatrié à Sydney témoigne : « Il y a 9 incendies autour de Sydney . Le plus important est au Blue Montane. Plus de 200 maisons ont brûlé, un homme est mort d’une crise cardiaque en tentant d’éteindre un feu. Aujourd’hui, lundi, ils luttent toujours contre les incendies mais le vent et la chaleur ne les aident pas. Vendredi, le nuage était hallucinant au dessus de Sydney, le vent a maintenant tout dissipé. »  témoigne Vincent Marc, jeune français expatrié à Sydney. M.A

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UNE VIE CONTRE UNE CLOPE Des snipers s’amuseraient à parier sur les blessures de leurs prochaines victimes à en croire le témoignage d’un chirurgien anglais revenu de Syrie. David Nott, à son retour d’un séjour de 5 semaines en Syrie a affirmé samedi 19 octobre à la BBC et au Times que des snipers, sans donner d’informations précises concernant leur camp, visaient délibérément les femmes enceintes. Mais ce n’est pas tout: le médecin s’est rendu compte que chaque jour, les victimes montraient des blessures identiques. « «Un jour, nous avions des patients qui avaient tous des blessures à l’aine. Un autre jour, c’était uniquement des blessures à la poitrine ou uniquement à l’abdomen. Et puis, ça a été des femmes enceintes proches du terme qui sont arrivées après avoir été blessées» a-t-il rapporté. Dans tous les cas, les fœtus n’ont pas survécus et l’horreur de cette guerre ne s’arrête pas là. La population visée s’apparente plus à des pions qu’à de réelles personnes. « C’était un jeu. Nous avons entendu que les snipers gagnaient des paquets de cigarettes quand ils touchaient le bon nombre de cibles.» Pendant ce temps, le conflit syrien s’enlise peu à peu, laissant la population livrée à elle-même face à tant d’atrocités.

LA FLAMME NATIONALISTE RAVIVÉE EN RUSSIE

Le meurtre d’Igor Chtcherbakov par un « non-slave  » a rallumé la flamme patriotique des Russes qui ciblent publiquement les immigrés.

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es premières semaines d’octobre ont été l’occasion pour les nationalistes russes d’effectuer un premier test avant la grande marche du 4 novembre. Cet événement qui allie la fierté d’être Russe aux injures raciales des groupes extrémistes et nationalistes, fait suite au meurtre d’Igor Chtcherbakov à Biriouliovo, la banlieue sud de Moscou. Ce russe de 25 ans aurait été poignardé par un ressortissant du Caucase. Dès lors, du 12 au 14 octobre, les Russes sont descendus dans la rue. Un esprit nationaliste s’est emparé de la population. Les dévastations, les violences et les arrestations, plus d’un millier durant les trois jours, ont été

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continues. Ce nouvel élan de ferveur patriotique a provoqué de nombreuses manifestations et la pression politique du gouvernement s’est fait sentir. Si les premiers éclats ont été canalisés, les évènements du 13 octobre ont cristallisés les tensions, quand trois milles personnes ont pillé, jeté des pierres et menacé les trois cents travailleurs étrangers du marché de Biriouliovo. La place du manège à Moscou, devant le Kremlin, a été fermée au public le 14 octobre pour éviter tout débordement. Si la capitale semble épargnée, bien que des rassemblements aient eu lieu, les régions limitrophes récupèrent les groupes et les violences. Pour Alexis Prokopiev, président de l’association Russie Liberté, il ne s’agit pas nécessairement « d’une récupération nationaliste ». « La première manifestation qui suit le meurtre, était celle des habitants locaux pour la justice.

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Vu le niveau de corruption en Russie, les gens ne croient plus en une justice indépendante, ils manifestent pour un Etat de droit ». Selon lui, c’est ensuite que la mort d’Igor Chtcherbakov a été reprise par les nationalistes « contre les locaux ». « Le régime en a profité pour souffler une nouvelle fois sur les braises : émissions xénophobes, accusations… ». Arkadi Momontov, journaliste de Rossia 24, chaîne publique russe, a précisé que « en fait de fruits et légumes, on y vend des armes et de la drogue ». Azbèkes, Tadjiks, Kirguises et Azerbaïdjanais sont des cibles à visages découverts à abattre. Si on semble découvrir la violence du nationalisme russe, elle n’est pourtant pas récente. La population a depuis toujours eu ce sentiment de haine envers l’immigré. La politique russe est d’ailleurs fondée sur ce principe. Les quatre grands courants du pays (communistes, nationalistes, libéraux et pro-Poutine) ont la xénophobie pour socle commun. Sur le gigantesque  territoire russe, chaque étranger est un immigré. Les groupes extrémistes ont également défilé contre Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev car ils estiment que trop de place était laissée aux immigrés. Si Lev Goudkov, sociologue indépen-

dant, parle de « mécontentement social », il se pose en instigateur d’un problème caché. « La Russie aux Russes » est une Russie qui est surtout en construction. La chute de l’URSS, en décembre 1991, laisse la population seule et faible sur un gigantesque territoire. « C’est alors que l’on a le retour du nationalisme », précise Polina Myakinchenko, journaliste. « Le nationalisme est une idée générale et traditionaliste  de base en Russie : ce n’est pas notre ami, c’est notre ennemi ». La journaliste, originaire de Moscou, insiste sur la politique du gouvernement en matière d’immigration, ainsi que sur le rôle des personnalités de la vie politique russe comme l’opposant Alexey Navalny. « Il n’a jamais caché son nationalisme modéré », précise Alexis Prokopiev. Candidat aux dernières élections municipales de Moscou, début septembre, Navalny a insisté sur « la criminalité ethnique » subie en Russie. Ces rapports à la nationalité des criminels rappellent les événements qui ont touché le pays comme la prise d’otages du théâtre de Moscou en 2002, par des tchétchènes russes, ou l’attaque d’un bus à Volograd le 21 octobre dernier, par un kamikaze, dont la nationalité est encore inconnue. L’attentat a fait six morts. Cindy David ©

L’ANGE MYSTÈRIEUX Interpol s’est saisi de l’affaire dite de « l’Ange Blond » et recherche les parents de la fillette de 4 ans, dont l’identité reste un mystère. Cette petite fille inconnue, blonde aux yeux verts, a été découverte le 16 octobre dans un camp rom à Farsala en Grèce. En raison de son physique, qui ne correspond en aucun point à celui de ses supposés parents, elle a été surnommée « l’ange blond » par tous les médias. La fillette a été rapidement hospitalisée. Le couple de Roms chez qui elle a été découverte a été placé en garde à vue. Confus dans leurs déclarations, ils refusent cependant d’admettre un acte de kidnapping, préférant la version d’une adoption illégale. Pour l’heure, Interpol s’est saisi de l’affaire et recherche les parents de la petite par le biais d’analyses ADN. Raffaël Cabin

CENTRAFRIQUE : LA CEEAC ENVISAGE UNE SOLUTION MILITAIRE Réunis en sommet extraordinaire à N’Djamena, au Tchad, les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale ont ordonné le désarmement des ex-rebelles centrafricains de la Séléka. Cette faction a déposé l’ex-président François Bozizé le 24 mars dernier. Depuis, les autorités de transition n’arrivent pas rétablir l’ordre. La CEEAC menace d’utiliser la force contre « tous les éléments armés étrangers qui martyrisent une population livrée aux crimes de bandes armées ».

UN RESPONSABLE DE LA MAISON BLANCHE LIMOGÉ POUR SES TWEETS. Jofi Joseph vient d’être licencié de la Maison Blanche. Ses torts? Avoir écrit une multitude de tweets à l’encontre des figures de l’administration Obama et du Congrès. Cet homme chargé des questions de non-prolifération nucléaire au sein du Conseil de sécurité national (NSC) tenait depuis deux ans le compte Twitter «@ natsecwonk» qui signifie « mordu de sécurité nationale «. Sous cet acronyme, Jofi Joseph critiquait violemment la politique extérieure et les plus proches collaborateurs du président américain. Ses principales cibles étaient le secrétaire d’Etat John Kerry, Ben Rhodes, le rédacteur des discours de politique étrangère d’Obama ou encore la proche amie et conseillère du président, Valérie Jarrett.

MANIFESTATION CONTRE LA RÉÉLECTION DU PREMIER MINISTRE CAMBODGIEN. Quelques 5.000 partisans de l’opposition ont manifesté, mercredi, dans les rues de la capitale Phnom Penh contre la reconduction, en juillet, au terme de l’élection législative, du premier ministre Hun Sen, en poste depuis vingt-huit ans. Les manifestants réclament une enquête indépendante sur les fraudes électorales jugées massives. Le mouvement devrait durer trois jours. Alors qu’une personne avait été tuée par balle en septembre en marge d’un précédent rassemblement de 20.000 partisans de l’opposition, des milliers de policiers étaient déployés dans la capitale, selon le porte-parole de la police militaire.

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SOCIÉTÉ

LA CROIX ROUGE DANS

LA TOURMENTE ÉCONOMIQUE Le Comité international de la Croix-Rouge, a célébré son 150ème anniversaire. Entre problèmes économiques et manque de personnel, la Croix-Rouge tire la sonnette d’alarme.

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ans leur centre décrépit, les huit bénévoles de la Croix-Rouge de Colombes (Hauts-deSeine) préparent leur mission du jour. La Délégation Locale CroixRouge de Colombes va donner une formation de secourisme dans un collège voisin. Sébastien, trente-huit ans et seul salarié de l’équipe, insiste sur l’importance de ces premiers apprentissages : «L’accent est mis sur la dimension de l’humain, notamment celle des étudiants, considérés avec toutes leurs capacités d’engagement, de créativité et d’ouverture au monde et aux autres. » Et d’ajouter : « Ces formations, nous les maitrisons parfaitement. Mais comme le témoigne notre matériel et l’état de notre établissement, nous sommes aussi touché par la crise. » Et c’est là où le bât blesse. Première Institution privée du secteur médico-social et sanitaire, la CroixRouge Française gère près de 600 établissements et doit faire face à des problèmes économiques majeurs : « Les délégations régionales, départementales et surtout locales, doivent faire preuve d’inventivité pour trouver les financements nécessaires à leurs actions de proximité. Et dans cette période de crise économique, ces-mêmes actions (journées nationales, vente de

muguet, fundrainsing…) sont moins efficaces. » déplore Christine, 22 ans et bénévole à la Croix-Rouge de Colombes depuis sa majorité. Si l’institution Croix-Rouge n’est pas en danger, certains centres le sont. Cette situation, Sébastien l’a déjà vécu en 2005. La Croix-Rouge avait fermé trois centres situés en Seine-Saint-Denis (Blanc-Mesnil, Drancy et Épinay-sur-Seine), pour des raisons budgétaires (l’association dénonçait l’absence de subvention de la part des collectivités territoriales, mais celles-ci ont démenti avoir reçu des demandes de subvention). Sébastien travaillait dans le centre de Drancy à cette époque-ci : « J’ai ressenti cette fermeture comme le premier stigmate d’une crise qui nous touchait. Même si le centre a rouvert au début de l’année 2006 sous la pression du ministère de la Santé ». Dans son rapport, l’état-major de la Croix-Rouge veut minimiser ces problèmes économiques. Ainsi, on peut voir que la Croix-Rouge comptait en 2012, quatre-cents salariés de plus qu’en 2011. Le nombre de bénévoles augmentent lui aussi très légèrement. Devant ces chiffres officiels, Sébastien sourcille : « La situation sur le terrain est préoccupante. Ces

chiffres sont plus officieux que révélateurs de la réalité. Les petits centres comme le notre n’ont quasiment plus d’indépendance. Pour la course des 20 kilomètres de Paris, nous avons du nous associer avec deux autres centres pour avoir assez de matériel pour pouvoir intervenir. » Au fait de cette difficile situation financière, un secrétaire départemental de la CroixRouge qui a tenu à rester anonyme, se dit « préoccupé par l’inefficacité des mesures mises en places par la Croix-Rouge.  » « Certaines mesures comme l’obtention de subventions du fonds de restructuration de l’aide à domicile, l’analyse des charges sociales par un cabinet spécialisé ou une négociation au niveau national des contrats d’intérim devaient avoir un impact financier positif direct à court terme. Cela n’est pas le cas à l’orée de 2014. » ajoute-t-il. Présente sur tout le territoire national et auxiliaire des pouvoirs publics, la Croix-Rouge dispose encore de moyens humains et matériels qui lui permettent d’être un acteur de premier plan dans le domaine de l’urgence et du secourisme en France. Cependant, les réductions d’effectifs et les dons de moins en moins importants mettent en péril les petits centres de la Croix-Rouge. Ruben Curiel

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DES MESURES INNEFICACES Le Plan de redressement financier (PRF) défini en 2007contient 23 mesures : 4 sur la trésorerie, 4 sur la dette à long terme et 15 sur le résultat d’exploitation, impliquant des plans de retour à l’équilibre ciblés sur certaines structures. Concernant la trésorerie, le PRF a permis d’apurer de nombreux découverts. Malgré cela, les objectifs ambitieux d’origine n’ont pu être atteints, compte tenu d’un contexte général difficile et de complexités institutionnelles liées à la nature même du vaste réseau CroixRouge française.

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A L’ÉTRANGER AUSSI, LA CROIX ROUGE EST EN

DIFFICULTÉ.

C’est tout un symbole de la dégradation de la situation sociale en Grande-Bretagne, depuis le début de la crise financière de 2008 : la Croix-Rouge va, pour la première fois depuis 1945, aider à distribuer de la nourriture aux plus démunis. C’est l’augmentation de 170 % du recours aux banques alimentaires qui a poussé la Croix-Rouge à par-

ticiper. « C’est une première étape, qui peut déboucher sur un engagement plus actif dans le soutien des populations les plus démunies », souligne, dans un communiqué de presse, Juliet Mountford, l’une des responsables de la Croix-Rouge britannique. R.C

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LINGETTES ET LAITS DE TOILETTE POUR BÉBÉ,

ATTENTION DANGER !

UFC Que-Choisir tire la sonnette d’alarme. Publiés mardi, des tests en laboratoire révèlent que la majorité des lingettes et laits de toilette pour bébé contiennent des molécules toxiques susceptibles d’endommager le système endocrinien.

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ur 27 lingettes testées, les conclusions n’ont été positives que pour une seule d’entre elles (« Natural caresse » de « Bébé Cadum »). Même constat pour les laits de toilette, seul « Natessance » est exempt des substances toxiques recherchées : propyl, butylparaben, phenoxyethanol, methylisothiazolinone et methylchloroisothiazolinone ainsi que 26 molécules allergènes. 94% des produits testés sont potentiellement dangereux. 12 lingettes et 2 laits de toi-

lette contiennent des allergènes. La palme d’or revient à la marque « Eco Naty ». Ses lingettes en contiennent 700 fois plus que les concurrents les moins chargés. 14 lingettes (« Mixa », « Pampers », « Carrefour Baby »…) et 3 laits de toilette (Mixa Bébé) présentent des traces de phénoxyéthanol, un conservateur aux effets nocifs pour le foie, le système reproducteur et le développement. Enfin, 6 lingettes (« Carrefour Baby », « Top Budget-Intermarché »…) contiennent des parabens à longue chaîne, des conservateurs suspectés de perturber le système endocrinien en interférant sur le système hormonal. Cocktail toxique et réglementation L’association de consommateurs signale également « une utilisation induisant une surexposition aux risques ». En effet, les lingettes et laits de toilette destinés à l’hygiène des bébés cumulent des

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facteurs de risques. Appliqués plusieurs fois par jour sur une peau sensible et souvent irritée, sans rinçage pour les lingettes, ces produits mettent plus de temps à pénétrer l’épiderme. Fabienne Maleysson et Gaëlle Landry, les deux journalistes en charge du test comparatif à l’UFC-Que Choisir précisent qu’à long terme, l’utilisation de ces lingettes et laits de toilette pour bébés pourraient agir et perturber le développement de l’enfant. « Nous avons demandé aux autorités européennes de revoir et de renforcer au plus vite la réglementation. Nous attendons aussi que les fabricants retirent enfin les substances dangereuses que nous avons trouvé dans leurs produits ». Actuellement, la dose maximale du phénoxyéthanol est fixée à 1%, tous usages confondus. « C’est là une preuve du laxisme de la réglementation européenne qui ignore les avis d’experts » rétorque Gaëlle Landry.


Des étiquetages peu fiables Les parents ne doivent pas se fier aux étiquettes et aux accroches. Ces dernières, faussement « rassurantes » ont beau s’orner des mentions « hypoallergénique » ou « Testé sous contrôle dermatologique » ne sont que de simples outils marketing. De plus, les marques

qui usent de ces mentions sont celles dont les produits sont les plus toxiques, à l’image de « Pampers » ou « Leclerc ». Nous avons contacté ces deux marques ainsi que « Mixa ». Aucune n’a voulu répondre à nos questions. Seul « Klorane » a décidé de remplacer ses lingettes par un produit sans phénoxyéthanol. Produit qui devrait être commercialisé sous peu

selon le fabricant. En attendant, l’UFC Que choisir conseille aux parents de se tourner vers une solution peut-être moins pratique mais qui a fait ses preuves : l’eau et le savon rincé. Esther Bosredon

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DOURDAN, UNE MATERNITÉ SOUS LE COUP D’UNE FERMETURE ADMINISTRATIVE

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epuis lundi 8 heures, la maternité de l’hôpital de Dourdan a cessé ses activités. La fermeture du service fait suite à une inspection diligentée par l’Agence régionale de santé (ARS) suite au décès d’un nouveau-né intervenu le 30 juin 2013. L’ARS estime que « les conditions n’étaient pas réunies pour assurer la qualité et la sécurité de la prise en charge des futures mères et des nouveau-nés». Une décision qui survient trois mois après la mort du nourrisson et trois semaines seulement après la déclaration du décès de la part de l’hôpital.

L’inspection du 15 octobre dernier a révélé que «certaines dispositions réglementaires n’étaient pas respectées au moment du décès d’un nouveau-né et ne l’étaient pas lors de l’inspection». Selon les inspecteurs, l’organisation du personnel et des locaux ne seraient pas adaptés. Le jour du décès du nouveau-né, une seule sage-femme était présente alors que le protocole en exige deux et la salle d’accouchement n’était pas aux normes. Le président du centre hospitalier Sud-Essonne et député-maire d’Etampes, Franck Marlin, explique «que le nourrisson décédé souffrait d’une pathologie lourde et extrêmement grave».

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Pour les parents, la prise en charge est le principal défaut de l’hôpital. La mère a affirmé qu’elle souhaitait «une césarienne car [son] fils se présentait en siège complet par les pieds, mais que le personnel le lui a refusé jusqu’à ce que l’accouchement se passe mal». Franck Marlin rapporte que la fermeture du centre hospitalier sera «d’au moins un mois», afin de pallier le manque d’organisation et assurer la prise en charge efficace des patientes lors de l’accouchement. Pendant ce temps, les futures mères sont redirigées vers les trois hôpitaux alentours. Johanna Boubekeur


MARCHER AU RADAR... POUR NE PAS ÊTRE FLACHÉ ! ©

Depuis Lundi, vingt voitures banalisées équipées des nouveaux radars mobiles embarqués sillonnent les routes de vingt départements. Flasher dans les deux sens est désormais possible avec les nouveaux radars mobiles de nouvelle génération (RMNG). Le nouveau système automatisé de « conduite en approche » photographie, sans flash, les véhicules roulant trop vite, ceux qui dépassent par la gauche, et en stationnement au bord de la route, sur une, deux ou trois voies. Seul un terre-plein, une barrière ou un muret peut empêcher un contrôle. « Ce dispositif est simplement un nouvel outil de l’arsenal répressif des excès de vitesse, ce qui a permis de diminuer la mortalité sur les routes, qui a baissé de presque 10% par rapport à octobre 2012 », note Céline Kastner, responsable juridique de l’Automobiliste club association. « Cette nouvelle mesure de répression de la vitesse ne met cependant pas en lumière les autres préoccupations importantes à prendre en compte, pour limi-

ter les accidents sur la route. Notamment une plus grande sensibilisation des jeunes conducteurs ou une meilleure prévention concernant les dangers de l’alcool, responsable de 30% des accidents. Donnée qui ne diminue pas ». 4.100 radars sur le territoire L’Etat a engrangé près de huit cents millions d’euros en 2013 grâce au dispositif de radars, avec une moyenne de quinze flashs par jour pour les détecteurs statiques, et de trente-six avec les radars embarqués. Pour l’instant, dix-neuf départements seront sillonnés par les Mégane Renault, et, au chapitre des nouveautés, des Peugeot 208 de différents coloris. Avec le nouveau dispositif, sont dénombrés 4.100 radars constituant le parc des radars de la police et de la gendarmerie, dont 2.200 radars fixes, 890 mobiles et 66 radars mobiles de nouvelle génération (RMNG) d’ici la fin de l’année. Sarah Bismuth

LE FEUILLETON TAPIE N’EN FINIT PAS Mardi, le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête judiciaire contre l’homme d’affaires.

ou non il s’agissait bien d’une manœuvre bancaire classique ou d’une tentative d’évasion fiscale.

ernard Tapie fait l’objet d’une enquête judiciaire pour avoir effectué un transfert de 900 000 euros vers un de ses comptes belges. Le prévenu reconnait les faits mais se défend de toutes accusations l’impliquant dans un quelconque réseau de blanchiment d’argent. Les faits remontent au 23 juillet dernier. Dès août, l’organe belge de lutte contre le blanchiment d’argent (CTIF) sonne l’alerte auprès de la cellule de renseignement française contre les circuits financiers clandestins (TRACFIN). Celui-ci révèle que Bernard Tapie aurait transféré cette somme de sa propre société française «Demain l’événement» vers son compte ING situé en Belgique. Entendu par la justice belge, l’ancien patron d’Adidas a justifié son geste, qualifiant l’opération de transfert des 900 000 euros de «simple virement pour le compte de son fils», également entrepreneur. Une enquête est ouverte et déterminera si oui

La Grande Evasion ?

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De plus en plus de fortunes françaises s’exilent en Belgique, entre, notamment, la résidence secondaire de Nicolas Sarkozy ou la polémique qui a fait suite à la naturalisation de Bernard Arnault. Le cas de Bernard Tapie ne fait pas vraiment figure d’exception, d’autant plus que lui aussi s’est installé dans le pays à Uccle, un quartier huppé de Bruxelles. L’étau semble toutefois se resserrer autour de l’homme d’affaires. A la demande du TRACFIN, l’administration belge a déjà saisi 2,6 millions d’euros sur la fortune personnelle de l’ancien président de l’Olympique de Marseille, en réponse à un litige portant sur une créance fiscale de 15 millions d’euros sur la période située 1989 et 1991. Une chose semble acquise, c’est que l’affaire Tapie pourrait, si l’enquête se révèle accablante pour l’entrepreneur, ouvrir la boîte de Pandore et faire jurisprudence quant à l’exil fiscal des grandes fortunes. Roxane Clément

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JUSTICE

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ÉMILE LOUIS SE TAIT À JAMAIS Emile Louis, le tueur en série, a été retrouvé mort dimanche dernier, dans sa chambre-cellule de l’Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) à Nancy. C’est en novembre 2004, qu’il avait finalement été condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité, une peine assortie une période de sécurité de 18 ans.

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mile Louis, le tueur en série, a été retrouvé mort dimanche dernier, dans sa chambre-cellule de l’Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) à Nancy. C’est en novembre 2004, qu’il avait finalement été condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité, une peine assortie une période de sécurité de 18 ans. Le chauffeur de bus meurtrier C’est au volant de son autobus de ramassage scolaire pour la société « Les Rapides  de Bourgogne » qu’Emile Louis a rencontré ses sept jeunes futures s victimes, toutes atteintes de déficience mentale légère, suivies par les services sociaux et âgées de 16 à 22 ans entre 1975 et 1979. L’affaire est d’autant plus lugubre, que l’une d’entre elles avait été sa maîtresse et qu’une autre avait été placée dans sa famille. Le chauffeur n’avait été interpellé qu’en 2000 dans le cadre de ces disparitions en série alors qu’en 1984, la justice avait entre les mains le rapport d’un gendarme, Christian Jambert, qui désignait Emile Louis comme le responsable de ces disparitions. L’enquête de Jambert prend trois directions. Des attouchements sur mineurs pour lesquels Louis est condamné le 17 mars 1983 à cinq ans de prison par le tribunal d’Auxerre pour atteinte à la pudeur (sa peine sera réduite à 4 ans), le meurtre de Sylviane Lesage, qui se solde par un non-lieu en février 1984. Ce non-lieu entraîne le classement sans suite d’une troisième enquête des gendarmes sur la disparition de six jeunes filles avec lesquelles Louis avait été en relation. En décembre 2000, Emile Louis est arrêté à Draguignan. C’est finalement au cours de sa garde à vue que le retraité avait finalement avoué ses meurtres, fournissant par la même occasion quelques indications permettant de retrouver certaines de ses victimes. Ceux de Jacqueline Weiss

disparue le 4 avril 1977 et de Madeleine Dejuste disparue trois mois plus tard – enterrés à proximité d’une rivière. Depuis lors, il était écroué à Ensisheim, dans le Haut-Rhin mais avait été admis à l’Hôpital à Nancy, dans une unité de haute sécurité, suite à une dégradation importante de son état de santé. Une enfance perturbée Si les troubles de l’enfance ne justifient pas les actes sanguinaires d’Emile Louis, il n’en reste pas moins que son parcours de vie était semé de drames. Né en 1934 à Pontigny, il a été abandonné par sa mère, puis accueilli en famille d’accueil. Adolescent, alors qu’il séjournait en centre de délinquance en Saône et Loire, il sera violé, ce qui le perturbera tout au long de sa vie. A l’âge de 20 ans il épouse Chantal Delagneau avec qui il aura quatre enfants. Son épouse, appelée à témoigner lors des différents procès (voir encadré) dira de lui « C’était un homme gentil, mais avec une double personnalité : il pouvait être méchant et cruel par moment ». Un témoignage qui éclaire l’état de perturbation mental avancé qui poussait Emile Louis à commettre des meurtres. Une mort qui ne laisse pas indifférent Selon l’avocate des victimes d’Emile Louis, Corinne Herrmann, « La mort d’Emile Louis n’attriste personne, mais ne peut laisser les familles des victimes indifférentes ». En effet, malgré plus de dix années d’incarcération, le tueur en série n’a jamais communiqué l’endroit où les corps de cinq de ses sept victimes étaient enterrés. Corinne Herrmann a ajouté lundi 21 octobre sur RTL, « Emile Louis aimait jouer avec ses victimes, et avec la justice ». Finalement, regrette un porte-parole de l’association des victimes d’Emile Louis, » Cet homme, même après sa mort, fait souffrir des dizaines de personne ». Céline Cousin

CONDAMNATIONS CLÉS 1981 : Condamné pour attentats à la pudeur sur des mineures de la DDASS confiées à sa compagne. Aussi, est inculpé et mis en examen pour le meurtre de Sylvianne Lesage, 23 ans, élevée par la concubine d’Émile Louis. Il est condamné à 4 ans de prison puis bénéficie d’un non-lieu et est libéré de prison en février 1984. 17 mars 1983 : Emile Louis est condamné à 4 ans de prison par le tribunal correctionnel d’Auxerre pour attentat à la pudeur sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité. 23 novembre 1989 : condamné par le tribunal correctionnel de Draguignan à 5 ans de prison dont 1 an de sursis et 3 ans de mises à l’épreuve, pour attentat à la pudeur commis avec violence. Il est libéré le 18 avril 1992. 25 novembre 2004 : condamné en première instance par

la cour d’assises de l’Yonne à la réclusion criminelle à perpétuité avec peine de sûreté de 18 ans, dans l’affaire des disparues de l’Yonne. 14 octobre 2005 : il est condamné par la cour d’appel des Bouches-du-Rhône à une peine de 30 ans de réclusion, soit 10 ans de plus qu’en première instance, assortie d’une période de sûreté des deux tiers, pour viols avec actes de torture et de barbarie sur sa seconde épouse et de viols sur sa belle-fille. Juin 2006 : Réclusion criminelle à perpétuité avec peine de sûreté de 18 ans et dédommagement des familles de victimes. 13 septembre 2007 : La Cour de cassation confirme cette condamnation. Il purge sa peine à la prison d’Ensisheim.

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LA MÈRE DE FIONA DEVANT LES JUGES D’INSTRUCTION

La mère de Fiona, Cécile Bourgeon, est arrivée mardi à la mi-journée au palais de justice de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Elle va devoir répondre devant les juges d’instruction aux  accusations de violence sur sa fille Fiona dont le corps reste introuvable. La jeune femme de 25 ans, en détention provisoire à Lyon-Corbas, pourrait voir sa mise en examen requalifiée en «coups mortels aggravés». La possibilité d’un jugement devant la cour d’assise pèse ainsi sur Cécile Bourgeon. Son compagnon - et père de Fiona - Berkane Makhlouf, reste également poursuivi pour «coups mortels aggravés» dans ce dossier. Le couple avait reconnu, le 24 septembre dernier, lors de son interpellation, avoir enterré l’enfant dans une forêt près de Clermont-Ferrand.

NOUVEL ÉLÉMENT DANS L’AFFAIRE CAROLINE CORVALAN

Quatre personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, mardi matin, dans le cadre de la mort de la journaliste Caroline Corvalan. Le corps de la trentenaire avait été retrouvé sans tête sous un trottoir parisien dans le XVIII arrondissement de Paris, le 24 septembre dernier. Après avoir identifié la victime, les enquêteurs s’attachent depuis à comprendre les étranges circonstances de sa mort. La journaliste qui avait travaillé pour France 3 et Corse Matin faisait l’objet d’une plainte pour menace de mort déposée au parquet de Nanterre. Pour l’instant, les enquêteurs restent prudents sur ces interpellations, effectuées par les policiers de la brigade criminelle en charge de l’affaire.

MÉDECINS AGRESSÉS, UN HOMME INTERPELLÉ

Un homme soupçonné de quatre agressions au préjudice de médecins à Paris a été interpellé à Fleury-Mérogis (Essonne). Le suspect, âgé de 55 ans, s’en serait pris à quatre médecins, entre le 2 septembre et le 8 octobre, dans leurs cabinets situés notamment dans le XIe arrondissement de la capitale. Pour chacune des victimes, l’agresseur présumé a utilisé une arme de poing afin de leur soustraire leur argent. Le quinquagénaire a été placé en garde à vue dans les locaux du deuxième district de police judiciaire (DPJ).  

DÉCOUVERTE D’UN ARSENAL CHEZ UN TRAFIQUANT PRÉSUMÉ

Les policiers de la sécurité publique du Nord ont découvert un important stock d’armes au cours d’une perquisition au domicile d’un trafiquant de drogue présumé. Une arme de poing, sept fusils, une grenade à plâtre, une mine d’exercice, un masque à gaz, quatre obus, près de 2 000 cartouches de tous calibres, une vingtaine d’armes blanches et un pistolet à impulsion électrique ont été saisis. Le jeune suspect, âgé de 24 ans, domicilié dans la commune de Jeumont a aussitôt été placé en garde à vue. Par ailleurs, des articles de presse relatant la mort d’un jeune djihadiste français, originaire de Roubaix, tué lors de combat en Syrie ont également été retrouvés chez lui. Entendu, le suspect a finalement été remis en liberté et devrait être prochainement convoqué par un magistrat en vue de sa mise en examen. M.C


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TAUBIRA DANS LE VISEUR DU FRONT NATIONAL Racisme, polémique, transgression des valeurs républicaines… Depuis dimanche, la confrontation entre la Garde des Sceaux et le Front national est montée d’un cran. Accusant d’une procédure judiciaire, Christiane Taubira n’est plus que jamais sur un siège éjectable. Retour sur les temps forts de ce dossier.

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la limite, je préfère la voir dans un arbre après les branches que la voir au gouvernement comme ça ». Cette attaque raciale à l’encontre de Christiane Taubira vient d’Anne-Sophie Leclere, candidate d’extrême droite aux prochaines élections municipales, tête de liste de la commune de Rethel (Ardennes), prononcée lors del’émission Envoyé Spécial diffusée sur France 2. Pour justifier un photomontage posté il y a quelques temps sur son compte Facebook comparant la Garde des Sceaux à un bébé singe, la jeune militante n’a pas hésité à comparer la ministre de la Justice à une « sauvage, arrivant à la télé avec un sourire de diable ». Suspendue le lendemain par son parti, elle a avoué avoir été « maladroite » sans oublier de préciser qu’elle

avait reçu de « nombreux messages de soutien ». Si le Front national parle d’une simple « erreur de casting », le Parti Socialiste, quant à lui, se penche sur la véritable intention de ce dernier. « Le FN se garde bien d’une condamnation sur le fond », soulève le parti d’Harlem Désir qui se demande si « les responsables ont voulu sanctionner » les propos de Anne-Sophie Leclere ou plutôt le fait qu’elle «ait étalé publiquement ce que beaucoup au Front national ont le droit de penser tout bas ». Le PS ainsi que le Premier Ministre, JeanMarc Ayrault, « expriment leur totale solidarité avec Christiane Taubira. Au même moment, Le Défenseur des droits, Dominique Baudis (UMP), a écrit au procureur de la République de Paris pour dénoncer une provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence. Taubira dénonce « la pensée mortifère et meurtrière du FN », propos déclarés dans la Drôme et rapportés par la radio France Bleu. Emportée par sa colère et son indignation, la Garde des Sceaux réagit de façon vive à ses agressions. Et accuse non pas Anne-Sophie Leclere mais l’ensemble de la formation Marine Le Pen, responsable, selon elle, de la propagation des idées incitant à la haine raciale et antisémite. Le « contenu de cette pensée mortifère et meurtrière », selon

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elle, «c’est les Noirs dans les branches des arbres, les Arabes à la mer, les homosexuels dans la Seine, les Juifs au four et ainsi de suite». Une riposte sous le feu de la révolte qui va lui être préjudiciable. « Rien ne justifie l’expression d’une telle haine à l’encontre d’un parti tout entier et de ses millions d’électeurs », réplique le parti d’extrême droite. Dans un communiqué diffusé par le directeur du service de presse, Alain Vizier, le FN déclare engager une procédure judiciaire contre Christiane Taubira, «pour faire respecter les règles du débat démocratique et républicain ainsi que l’honneur des millions de Français qui votent pour lui». Et ne s’arrête pas là. Il va jusqu’à « s’interroger sur ses qualités à rester ministre de la Justice de tous les Français au regard de cette transgression inquiétante des règles républicaines ». Un retournement de situation habilement opéré par le parti frontiste qui s’octroie, dans un premier temps, l’étiquette de « victime» et détourne l’attentiongrâce aux paroles malheureuses d’une ministre blessée. Une aubaine qui permet, mine de rien, d’étouffer ledérapage télévisé et ainsi de se recentrer sur la campagne de «dédiabolisation» déjà bien entamée.    Manon Clair


ENVIRONNEMENT

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FUKU SHEMALE Deux ans après le passage du tsunami qui a ravagé la centrale nucléaire de fukushima, le taux de radioactivité mesuré à proximité du site n’a jamais été aussi élevé. risque majeur pour l’humanité ou simple fuite d’eau contaminée ?

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entrale thermique au destin solaire, édifice bétonné au cœur nucléaire brisé, Fukushima n’en peut plus de pleurer des milliers de litres d’eau radioactive dans l’océan Pacifique. Depuis la catastrophe, aucune compagnie, aucun expert, n’a été en mesure d’endiguer cet écoulement ô combien nocif pour l’environnement. Tokyo Electric (Tepco) se bat certes, jours et nuits pour que la situation s’améliore, mais rien à faire, les piscines creusées à la va-vite débordent d’eaux assez chargées en césium pour faire chanter un compteur Becquerel sur un rythme discoïde. En état de mort cérébrale depuis le passage de la vague, la centrale vit pourtant toujours, en témoigne les panaches de vapeurs causés par les quantités d’eau astronomiques qui sont déversées chaque jour pour refroidir des cœurs (réacteurs) toujours trop actifs,  au bord selon certains de la fission. Le pire est à venir La semaine dernière, le typhon Wi-

pha traversait le Japon, inondant pour l’occasion une nouvelle fois le site de Fukushima. Le résultat est sans appel : « Par endroits, l’eau de pluie a affiché une teneur en strontium 90 de 710 becquerels par litre et est peut-être en partie descendue vers l’océan. Ailleurs, l’eau de pluie qui est restée à l’intérieur des zones des réservoirs a affiché un niveau de strontium 90 de 12 000 becquerels par litre. Au total, de l’eau a débordé en douze emplacements, » selon le Monde. Et puis, que penser de l’état des eaux souterraines à proximité de la centrale ? « Tepco a indiqué que les prélèvements effectués jeudi à partir d’un puits contenaient 400 000 becquerels par litre de substances émettant des rayons bêta, le niveau le plus haut relevé depuis l’accident nucléaire provoqué par le tsunami de mars 2011 », indiquait récemment la RTBF. Le plus gros problème n’est pourtant pas l’eau : des piscines conçues par le groupe américain General Electric abritent désormais près de 400 tonnes de déchets hautement radioactifs et dont personne ne sait quoi faire ! Parmi ces détritus « new wave », il y aurait dans la pataugeoire principale environ 1 300 barres de combustibles, incluant à l’occasion des parties de l’ex cœur du réacteur numéro 4.

Située à trente mètres au-dessus du sol, cette piscine pourrait donc s’effondrer à la première bourrasque venue. Plus drôle encore : si jamais ces dîtes barres étaient exposées à l’air libre, elles libéreraient  15 000 fois plus de radiations que la bombe d’Hiroshima. En parlant de bombe, il est également utile de rappeler que le zirconium utilisé pour le revêtement de ces matériaux s’enflamme au contact de l’atmosphère. En attendant, les bâtonnets radioactifs se désagrègent petit à petit au fond de ces cuves de stockage, jusqu’à ce qu’un jour peut être, ces résidus hautement caloriques entre en fusion. Tepco n’a pas les moyens pour faire face à cette crise. Le reste du monde non plus, mais dans le doute, il serait quand même préférable de mobiliser d’urgence tous les meilleurs spécialistes nucléaire du globe, histoire d’éviter le cancer généralisé de l’humanité, ou peut-être, la banalisation des malformations physiques, allant du gosse à trois têtes et cinq mains, aux poissons « shemale », dits hermaphrodites… « Fuku Shemale », centrale décidément punk jusqu’au bout. No future… Raffaël Cabin

UN ANORMAL PIC DE POLLUTION AU NORD-EST DE LA CHINE A Harbin (Nord-Est de la Chine), la pollution a atteint un pic de pollution anormalement élevé, au point que les écoles et aéroports doivent être fermées. Le brouillard, tellement épais, empêche les habitants d’Harbin de voir au-delà de 5 mètres, dans la rue, causant de nombreux accidents de la route. Ce pic de pollution est entre autre dû à l’hiver et à l’utilisation du chauffage domestique. Ces scènes dignes d’un film d’apocalypse sont devenues banales aux yeux des chinois qui consomment presque 3,5 milliards de tonnes de houille par an. L’OMS a mis en garde les populations locales, indiquant que le taux de particules toxiques dans l’air était 100 fois plus élevé que la normale. La pollution excessive est la cause de 300 000 décès par an en plus de la baisse constante du tourisme. Jugé trop désagréable à visiter, la ville de Pékin a connu une chute de 10% de son tourisme cette année. LES CONFLITS D’INTÉRÊTS SÉVISSENT À L’EFSA Un rapport du Corporate Europe Observatory (« Observatoire de l’Europe industrielle », CEO), paru le 23 octobre, met en doute l’indépendance de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) vis-à-vis du secteur industriel. Selon leurs données, 59% des membres de l’EFSA entretiendraient des liens privilégiés avec certaines sociétés. L’EFSA est une agence européenne chargée d’expertiser les risques des contenus des produits. En 2012 déjà, la gestion « inappropriée » des relations entre les employés et l’industrie a été critiquée par le Parlement Européen et la Cour des comptes européenne.

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PIRATERIE : GREENPEACE DANS LES PATTES DE L’OURS RUSSE

Le 18 septembre dernier, 30 militants écologistes étaient arrêtés en mer de Barents par l’armée russe. Inculpés pour piraterie, leur procès se tiendra le 24 novembre. Depuis plus d’un mois, vingt-neuf « écolo-warriors » et un photographe sont emprisonnés dans les geôles russes, certains étant même contraints à l’isolement, en attendant de comparaitre devant le tribunal qui pourra, au regard de la législation locale, les maintenir en détention pour une durée maximale de quinze années. Partis à l’assaut (pacifiste) d’une plateforme de forage située au large des côtes de « l’Empire soviet », les membres d’équipage de l’Artic Sunrine avaient pour unique intention (redondant) de dénoncer les mécanismes néfastes de l’ex-

ploitation pétrolière dans cette région du globe. Echec. Le Kremlin et le géant énergétique Gazprom considèrent la zone arctique comme stratégique.  «Le groupe gazier a de nombreux projets dans la région, et Moscou veut faire comprendre que le travail se poursuivra et qu’il ne faut pas venir les embêter», expliquait il y a peu au Figaro Vitali Krioukov, analyste chez IFD Kapital, spécialisé dans l’énergie.    Vladimir Poutine a déclaré que ce raid écologiste ne pouvait être assimilé à un acte du piraterie pur ; les juges de Mourmansk en ont décidé autrement : les soldats de l’environnement risquent gros et sauf surprise, ils devraient passer l’hiver au frais, jusqu’à ce que « l’ours russe » décide de relâcher son étreinte… Raffaël Cabin


CULTURE


40 ANS DE FIAC ! La Foire Internationale d’Art Contemporain (FIAC) souffle cette année sa quarantième bougie. « La FIAC rayonne sur Paris, et au-delà de nos frontières. » Jennifer Flay, est à la tête de cet événement depuis 2003. Pour cette nouvelle édition, la jeune femme s’est donnée les moyens et n’a pas hésité à voir grand et coloré. Les quelques 9 000 m2 du Grand Palais vont ainsi accueillir pas moins de 184 exposants. Dans cette foule internationale, cinquante-cinq Français se sont glissés et tâcheront de séduire acheteurs et critiques. Cette année, la FIAC se penche sur son propre passé avec un thème osé et un brin provocateur… L’évolution de l’Art du XXème siècle jusqu’à nos jours n’est, il faut bien l’avouer, pas à la portée de tous les artistes. Outre l’exposition classique, les quelques 500 000 visiteurs attendus pourront découvrir le programme Hors les Murs qui présente des œuvres grandeur nature et en plein air. Du Jardin des Tuileries à la Place Vendôme, Paris se pare des créations du japonais Tadashi Kawamata et de celles de la Société Réaliste (collectifs d’artistes). Autres invités, les mécènes et leurs nombreuses collections privées. Dans les rangs de ces généreux donateurs, Bernard Arnault représente fièrement la notion de Culture à la française. Le PDG de LVMH ne manquera pas d’avoir le sourire en parcourant les allées de la FIAC. Au-delà de la réduction de la TVA à 5,5 %, ce fin connaisseur saura sans aucun doute apprécier toute la beauté des lieux. Date exposition : du 23 au 28 octobre 2013 Lieu : Grand Palais Horaires : de 10h à 19h Tarifs : E-ticket plein tarif 35 euros E-ticket tarif réduit moins de 26 ans 20 euros E-ticket entrée + catalogue 60 euros

LES ENFANTS S’INVITENT À LA PORTE DE VERSAILLES Kids Expo fait découvrir à toute la famille jouets et gadgets innovants.20 000 m2 du parc des expositions,porte de versailles sont entièrelent dédiés au plaisir des 4 - 14 ans . Les familles découvrent les futurs stars de noël. Incontournable cette année, la peluche interactive Furby qui signe son grand retour. Que les garçons se rassurent, ils trouveront leur bonheur avec les Power-Rangers Megaforce.

L’AGENDA Jeudi 24 : MUSICOEUR Comment séduire ? Peut-on trouver l’être parfait ou aimer plusieurs fois ? Quatre comédiens-chanteurs tentent de répondre à ces questions difficiles. Cette comédie musicale retrace le parcours du couple, de 17 à 97 ans. Je t’aime, tu es parfait... Change ! Jusqu’au 24 novembre au Vingtième Théâtre. Tarif : À partir de 25€

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Vendredi 25 : ARTISTIX La Bibliothèque Nationale de France propose depuis quelques jours une exposition consacrée à l’univers d’Astérix et Obélix. Entre croquis et planches, les visiteurs pourront même découvrir le secret de la fameuse potion magique. Du 16 octobre au 19 janvier Tarif plein : 7€ - Tarif réduit : 5€

Samedi 26 : AU BONHEUR DES DAMES Depuis le 24 septembre dernier, le Musée d’Orsay présente une exposition hors du commun. À travers tableaux et sculptures, les visiteurs explorent l’univers de la nudité masculine du XIXème siècle à nos jours.

cela un prestigieux prix. Sans rien dire à sa famille, il part, seul, chercher sa récompense. Embarqué sur un train de marchandises, il entame une longue traversée des États-Unis. Qui pourrait bien imaginer que l’heureux lauréat n’a que dix ans et porte un lourd secret? Un film riche en aventures et émouvant, à ne manquer sous aucun prétexte. L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet, de JeanPierre Jeunet.

Lundi 28 : HAPPY REAL FRIENDS Dans sa garçonnière de séducteur, Gérard attend de pied ferme Nina avec laquelle il a décidé de rompre. Problème, ce n’est pas la belle qui se présente mais son mari… Avec qui, contre toute attente, il se lie d’amitié. Une comédie drôle et émouvante. Nina, au théâtre Edouard VII / Tarif : À partir de 20€

Mardi 29 : GUNS & FUN Fred Blake, alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus… Une histoire drôle et un casting de choc : tout pour séduire, même les plus sceptiques. Malavita de Luc Besson

Masculin/Masculin Tarif : À partir de 12€

Mercredi, jeudi, samedi et dimanche de 9h30 à 18h00

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Dimanche 27 : CINÉ-VOYAGE T.S. Spivet, petit garçon surdoué et passionné de sciences, a inventé la machine à mouvement perpétuel. Et reçoit pour

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Mercredi 30 : FAMILLE MAUDITE La galerie Joseph Marais accueille une exposition sur les grands moments de la famille Kennedy. Au programme : photos inédites, films personnels et objets d’époque. Un superbe hommage à la plus iconique des familles américaines. JFK 1963-2013 Tous les jours de 10h00 à 19h00

Tarif : À partir de 8€


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MOTÖRHEAD : LEMMY OU

L’IMMORTELLE MÉCANIQUE 21 albums, 38 ans de carrière et des problèmes cardiaques, Lemmy Kilmister est immortel. La preuve: le leader de Motörhead vient de dévoiler Aftershock, le dernier album du groupe, malgré ses troubles du palpitant.

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A presque 70 ans, les membres du trio se sont retrouvés en studios pour l’enregistrement d’un nouvel opus. Les premiers extraits de cet album baptisé Aftershock sont déjà disponibles sur la toile. Il y a quelques mois pourtant, le groupe avait décidé de repousser la sortie de ce 21ème disque en raison de l’état de santé du leader, Lemmy Kilmister, ou plutôt Ian Fraser de son vrai nom. Mais voilà. L’album est quand même sorti –presque- dans les temps. Il est d’ailleurs, plutôt varié. Si Motörhead a conservé la recette originelle de leur succès, c’est à dire le côté Punk et Rock’n’Roll, il nous livre quand même quelques surprises comme de bonnes vieilles balades «bluesy» avec des morceaux tels que Dust and Glass ou encore Lost Woman Blues.

frontière canadienne avec une cargaison de came. Il passera cinq jours en prison avant d’être libéré, sans suite. Seul, Lemmy décide alors de fonder un nouveau groupe, qu’il baptisera The Bastards (ndlr : «enfoirés» en anglais). Bien entendu, le nom ne passe pas. Question d’éthique. Il le changera par la suite, lors de sa rencontre avec «Fast» Eddie Clarke, guitariste, et Phil «Philthy Animal» Taylor, batteur. Motörhead est né. La formation hard-rock connait un franc-succès au début des années 80 et devient l’un des groupes les plus influents dans ce domaine. En marge du trio, Lemmy collabore cependant avec d’autres monstres du rock. On pense à Iggy Pop, Ozzy Osbourne ou encore Dave Grohl des Foo Fighters..

Iron «First» Qu’on aime ou non le hard-rock, Lemmy est une légende vivante. Plus que parolier et chanteur de Motörhead, c’est une voix éraillée par les excès, un physique imposant (ndlr : 1,93 m) et un charisme horsnorme. Plus qu’un être-humain, il est une attitude. Fils de prêtre de la Royal Air Force, Ian est né à Burslem, en Angleterre. Vers 16 ans, il découvre les Beatles et commence à s’intéresser au rock, seul moyen qu’il trouve pour fuir une famille -recomposée- qu’il ne supporte plus. Déjà à cette époque, la future star sombre dans une forte dépendance aux jeux d’argent, ce qui lui vaut le nom de pique-assiette. Lemmy est, en effet, un raccourci de «prête-moi un bifton» en anglais. Après avoir été «roadie» des Jimi Hendrix Experience, Ian Fraser intègre le groupe de rock anglais Hawkwind en 1971. L’aventure s’arrête quatre ans plus tard, lorsque ce dernier tente de passer la

Autour du mythe Si Lemmy est devenu une icône pour une génération, c’est en partie grâce au personnage qu’il incarne. Toujours accroché à une bouteille de Jack Daniel’s, arborant le même chapeau et la même paire de «Santiags», Lemmy a un style bien à lui. Hormis son penchant pour la provocation, il n’est pas une rock star comme les autres. Le documentaire qui lui a été consacré en 2010 en est la preuve : loin des villas sur la côte d’azur et des jet-privés. En dehors des tournées, l’homme apprécie la solitude. Il passe le plus clair de son temps à écouter des classiques de Chuck Berry et de Little Richard,  tranquillement assis dans son canapé. D’ailleurs, d’après le co-réalisateur du documentaire, Greg Olivier, «si tu as le malheur de l’ouvrir pendant qu’il passe un CD, il te dira gentiment de fermer ta gueule et d’écouter jusqu’à la fin».   YES SIR, l’homme est très à cheval sur les bonnes manières. Et puis, Lemmy a aussi ses lubies. Chez

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lui, il accumule machines à sous et reliques de la seconde guerre mondiale. Du mauvais goût ? Lemmy aime simplement le côté malsain que dégagent ces objets… S’il aime les bibelots, il aime encore plus les femmes. Dans une interview pour «Paris Match», il confie avoir eu environ un millier de partenaires, précisant qu’il en partagées certaines avec son fils, et ce de «la manière la plus naturelle du monde»... La tête dans le guidon Lemmy ne boit jamais d’eau, car selon lui «les poissons baisent dedans» (Renaud). À 16 ans déjà, l’adolescent descendait une bouteille de «Old n°7» par jour. Si on ajoute à ça les trois paquets de clopes au quotidien, un amour pour les drogues dures et un régime alimentaire douteux, on se demande comment l’homme peut encore tenir debout du haut de ses 68 ans : « Un médecin m’a dit un jour : “M. Lemmy, ne donnez jamais votre sang à quelqu’un, ça le tuerait certainement !” » Il en est plutôt fier... Mais une légende, reste une légende. Et la réalité risque bien de le rattraper. L’été dernier déjà, Motörhead avait annoncé l’annulation de toute la tournée européenne en raison de l’état de santé du bonhomme. Quelque temps auparavant, le «frontman» s’était effondré sur scène à cause de problèmes cardiaques. Aux dernières nouvelles, l’état de santé du loup solitaire se serait légèrement amélioré. Reste à voir s’il sera en condition pour assurer la tournée du groupe prévue pour cet hiver... Vincent Bonhomme Motorhead, «Aftershock». Sortie le 21 octobre 2013 chez UDR GmbH


MÉDIAS

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LAGARDÈRE :

LES SALARIÉS EN LUTTE Plusieurs centaines de salariés du groupe média Lagardère active sont en grève. Ils protestent contre la cession de dix titres de presse remettant en question de nombreux emplois dans un secteur déjà en crise.

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près le choc, place au combat pour les salariés de Lagardère Active. Protestant contre la volonté du groupe de se séparer de 10 de ses 29 magazines, parmi des titres emblématiques comme Psychologies Magazine ou Première. Le personnel s’offusque et ne compte pas en rester là. Et pour cause ! A la tête du Pôle information du groupe Lagardère, Denis Oliviennes a annoncé ses plans pour l’avenir. Ce dernier a pris la décision d’organiser un plan de cession et de réorganisation qui mettrait en péril 350 postes. En effet, le président du directoire estime qu’il est important de se concentrer sur le développement des titres à fort potentiel numérique. Appel à mobilisation Dépités par cette annonce, les syndicats qui indiquent que le plan menacerait près de 570 emplois, ont appelé à la mobilisation. Des centaines de salariés ont répon-

du présents le lundi 21 octobre 2013. « On n’est pas des petits pois, tu nous vendras pas comme ça », scandaient-ils devant les grilles du Washington Plaza, siège du groupe. « Non à la liquidation », «  la presse magazine doit vivre », slogans accrocheurs et autocollants revendicateurs accompagnaient le mécontentement des salariés au sort incertain. Des représentants de groupes de presse concurrents, comme Prisma ou Mondadori ont également pris part à la manifestation. Un symbole d’unité rappelant que c’est bien l’avenir de toute une profession qui est remis en question. Aucune concession pour les salariés À l’issue d’un comité d’entreprise organisé dans un même temps, la direction s’est dite prête à faire des efforts. Cependant, les salariés désarçonnés n’ont rien voulu concéder. Un journaliste, qui a participé à l’assemblée générale hier raconte : “Alors qu’on pensait que la grève allait s’arrêter, qu’on allait céder, on a compris que l’on vivait un moment historique pour

le métier. On ne veut pas accepter un plan de cession sans stratégie, sans logique. Même si on part avec un gros chèque, on sait que la plupart d’entre nous devront changer de métier ou se renouveler, crise oblige. Un représentant de Mondadori nous a rappelé ça, il avait les larmes aux yeux, il y avait beaucoup d’émotion. On a voté à main levée, les trois-quarts des employés présents ont décidé de continuer le combat.” Une reconduction de la grève est prévue pour 24 heures au moins, comme l’a indiqué un représentant syndical à la presse : « la direction a refusé de revenir sur le périmètre de la cession et n’a pas détaillé les postes qui seront ouverts au plan de départ, c’est pour ça que la grève se poursuit ». Cette poursuite des revendications salariales devrait entrainer un retard des parutions pour les hebdomadaires Elle et Paris Match. Ce mouvement contestataire s’inscrit comme une grande première dans l’histoire du groupe Lagardère. Sarah Cohen

OPÉRATION NÉGOCIATION POUR LAGARDÈRE ACTIVE

Depuis la semaine dernière, Lagardère Active est dans la tourmente. Le groupe a annoncé la cession de dix magazines, provoquant la grève du personnel. Une grève qui a été levé, par les salariés, lors d’une assemblée générale mardi dernier. Des discussions informelles ont lieu entre syndicats et direction pour négocier un « accord de méthode ».

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agardère n’échappe pas aux difficultés qui affectent le secteur de la presse face à la montée d’Internet. Ainsi, dix de ses trente-neuf titres sont cédés. Des magazines « tous excellents, qui ont un avenir, mais dont la taille est insuffisante à l’échelle de Lagardère » selon les propos de Denis Olivennes, président du directoire de Lagardère Active. Parmi ses titres, on retrouve Pariscope, Auto Moto, Union, Première, Be, Psychologies Magazine et trois magazines autour de l’art de vivre dont Mon jardin & ma maison. En réalité, le groupe veut recentrer son activité sur des marques fortes et rentables, qui ont un avenir sur le numérique. Des titres leaders comme Télé 7 Jours, Europe

1, Elle ou Paris Match. L’organisation devrait être centrée autour de cinq univers thématiques : le féminin « haut de gamme », le familial, l’actualité, le grand public et le divertissement. Derrière cette organisation, Lagardère veut redorer son blason et se séparer de titres qui n’ont pas le prestige de grandes marques historiques comme Elle et Paris Match. Cette cession de titres et la réorganisation du groupe provoquerait des pertes d’emploi qui impliqueraient près de 570 postes selon les organisations syndicales. La volonté des dirigeants est que les titres cédés soient repris par d’autres groupes de presse. Lagardère veut respecter les règles d’un plan de sauvegarde d’emploi et se tient prêt à « mettre en oeuvre des moyens exceptionnels en faveur du reclassement des salariés pour ne laisser personne au bord du chemin. » En réalité, cela signifie le reclassement de ses salariés tout en allégeant le portefeuille du groupe. Renforcement du numérique Derrière ces cessions de magazines se cache une politique claire de la part de Lagardère Active de d’intensifier son offre numérique. Une stratégie clairement

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revendiquée par Denis Olivennes qui « souhaite développer de nouvelles activités pure player » comme avec Doctissimo ou le Guide.com. Le groupe veut se recentrer sur une dizaine de marques qui disposent de réserves de croissance, autrement dit un potentiel encore inexploité sur le numérique. Ainsi, ces marques doivent se retrouver aussi bien sur votre ordinateur que votre smartphone ou votre tablette et puissent disposer de multiples services, autres que celles pour lesquelles elles ont été créés. Par exemple, le site internet de « Première » propose une billeterie pour les spectacles, en partenariat avec la Fnac. C’est la formule « multi » citée par Denis Olivennes. «Multimédia, multisupport, multi plate-formes, multiservices. » De plus, Lagardère a connu une croissance de son activité numérique de 6,5% l’an dernier, en augmentation de 1,5 point par rapport à 2011. Des chiffres en hausse qui vont dans le sens du virage numérique prônée par Lagardère Active. But avoué : avoir moins de marques mais des marques plus puissantes, parfaitement numériques, totalement multimédias et plus rentables. Cyril Coantiec


BIS REPETITA À

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FRANCE TÉLÉVISION

Jeu de chaises musicales à France Télévisions. Á cause des mauvaises audiences de France 2, la direction des programmes et de l’antenne de la chaîne connaît un nouveau visage .

de Sophia Aram pour justifier la baisse d’audience du journal de 20h de France 2. Mais Thierry Thuillier a un argument de poids : il est à l’origine des bonnes audiences du 20h de France 2.

hierry Thuillier remplace Philippe Vilamitjana, resté près d’un an et demi à la direction de France 2. La direction de l’information du groupe est également confiée à Yannick Letranchant, également directeur de la coordination des rédactions nationales et régionales. L’émission « Jusqu’ici, tout va bien » ne trouve pas son public. Un programme que Philippe Vilamitjana défend comme son « bébé » puisqu’il l’a créée et porté pour qu’il soit diffusé en access primetime, un carrefour central pour les chaînes de télévision, situé entre 18h et 20h. Spécialement pour France Télévisions, qui peut engranger les dernières recettes publicitaires avant 20h. Mais le programme multiplie les résultats calamiteux, sous les 4% de parts d’audience. Alors, le président de France Télévisions, Rémy Pflimlin, a dû faire un choix. C’est finalement le « père » qui trinque. Philippe Vilamitjana est remercié. Alors qui pour le remplacer ? Pflimlin choisit Thierry Thuillier, directeur délégué de l’information de France Télévisions. Une décision surprenante quand on sait qu’il a mis en cause les faibles audiences de l’émission

Marche ou crève

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Depuis l’arrivée de Rémy Pflimlin à la présidence de France Télévisions en juillet 2010, Thierry Thuillier devient le cinquième dirigeant de France 2. En trois ans, ses prédécesseurs se sont succédés, en vain. A commencer par Claude-Yves Robin, qui est resté pendant plus d’un an. Bertrand Mosca n’a pas fait mieux avec un mandat de six mois à la tête de France 2. Place ensuite au duo. Sauf qu’en moins d’an an, Jean Réveillon a perdu sa place et Philippe Vilamitjana l’a remplacé jusqu’à cette date du 21 octobre 2013. Points communs de tous ces dirigeants : anciens de France Télévisions qui ont connu des succès avec les autres chaînes du groupe qu’ils ont dirigé mais ont été remerciés de la 2, faute d’audience. L’argument qui consiste à dire que « France 2 est une chaîne du service public et ne rentre pas dans la course à l’audience, à la différence des chaînes privés » est révolu. Depuis janvier 2009 et la fin de la publicité après 20h, la donne a changé. France Télévisions traverse une crise où « budget réduit » et « plan social » sont devenus légions. Des recettes publicitaires en moins qui obligent la deuxième chaîne à programmer des concepts forts pour rivaliser

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avec les autres chaînes. Mission pour le moment non accomplie. Mission redressement Pourtant, dans une interview publiée dans le quotidien « Le Monde » mardi dernier, Rémy Pflimlin assure que «  les difficultés indéniables de l’avant-soirée ne doivent pas effacer ce qui réussit à France 2 : la matinale, les soirées, la fiction, le documentaire. » Il ajoute qu’il n’y a « pas de conflit entre audience et qualité des programmes » et qu’il faut « être ambitieux et fédérateur. » Enfin, il admet que le groupe traverse «  de vraies difficultés économiques » mais que France Télévisions « connaît un moment de transformation inédit dans l’histoire du groupe.  » En dépit de l’optimisme affiché par le président, Thierry Thuillier a du pain sur la planche. Selon le communiqué de presse publié lundi par France Télévisions, sa mission est de «  réaffirmer le rang de France 2 comme première chaîne généraliste publique indispensable au paysage audiovisuel.» En résumé, remonter les audiences de la chaîne tout en conservant l’identité du service public. Une mission qui passe, comme a tenu à le rappeler Rémy Pflimlin, par une prise de position de la part de Thierry Thuillier concernant l’arrêt ou non de l’émission de Sophia Aram. Cyril Coantiec


HIGHTECH

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LIBERTÉS INDIVIDUELLES ET NOUVELLES TECHNOLOGIES :

UNE COHABITATION IMPOSSIBLE ? Avec l’expansion des nouvelles technologies et l’évolution d’Internet, la liberté individuelle est de plus en plus menacée. La protection de la vie privée est devenue presque impossible dans un monde où l’omniprésence technologique dévoile tout...

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e nos jours, qui n’a pas Internet chez lui ? Qui n’est pas doté d’un Smartphone ou d’un ordinateur ? 48 millions d’internautes en décembre 2012 ont été recensés en France. Un chiffre hallucinant qui concerne tous les âges. C’est, probablement, la plus grande évolution de notre siècle. Chaque ménage, entreprise et école est équipée de nouvelles technologies. Et pour cause, elles font partie de notre quotidien. Grâce à cette évolution, des emplois et des personnes se sont spécialisés uniquement dans ce domaine : une vraie mine d’or pour eux. Les géants de la téléphonie et de l’industrie technologique ont bien compris que la demande grimpait en flèche pour la population et inondent le marché avec leurs produits. Créées pour faciliter nos vies, les nouvelles technologies sont pourtant des armes à double tranchant. La prudence est de rigueur pour ne pas être dépourvu de sa vie privée. «Il faut se méfier et apprendre à se protéger pour ne pas perdre sa liberté individuelle» indique Jean-Marc Manach, journaliste d’investigation et spécialiste internet (Blog Big Brother) Une liberté menacée Si internet n’a pas été créé pour espionner la population, chaque action est enregistrée voire surveillée. Les autorités ont ainsi pu retrouver des terroristes pour la sécurité des Etats et des populations. A moindre échelle, la vie d’une personne

peut être menacée en fonction de ses agissements. «Comme dans tous les progrès technologiques, il y a une partie libre et une partie aliénante» affirme Denis Bulourde, formateur informatique et commercial à Windows. «Aujourd’hui, on peut savoir lorsque vous êtes disponible et où vous êtes». Pour un simple livreur, par exemple, son employeur peut placer une puce GPS dans son camion pour connaître chacun de ses faits et gestes. Le moindre de ses déplacements sera surveillé. «C’est comme un lion en cage, il n’a aucune possibilité de s’échapper» poursuit Denis Bulourde. Et ce n’est pas tout. Du Smartphone à l’ordinateur, tous les moyens sont bons pour vous géolocaliser. Pour exemple, un sportif amateur ou accompli cherchant à améliorer ses performances pourra se munir d’une application. Celleci demandera un accès à vos données personnelles et cherchera à vous localiser. Tel que les caméras dans les rues, la géolocalisation de votre gadget préféré ne l’empêchera pas de vous tracer, que vous soyez au fin fond du désert ou dans votre jardin. Outre les derniers bijoux technologiques, un simple compte Facebook, Twitter, Youtube ou même Linkedin peut entraver votre liberté... Facebook, ce journal intime public Nom, prénom, adresse mail, mot de passe et date de naissance, c’est tout ce dont vous avez besoin pour vous créer un compte Facebook. Quelques informations qui semblent anodines mais qui peuvent influer sur votre avenir et votre vie personnelle.

«Il y a un problème de comportement. Des parents qui mettent des photos de leur enfant sur Facebook, ne lui rendront pas service pour son futur» explique Denis Bulourde. Et oui, c’est terrifiant et peu connu du grand public : toutes les informations que vous mettez sur internet sont indélébiles. Photos, vidéos, commentaires, tout restera même si vous les supprimez. Les parents qui mettront la vie entière de leur nouveau-né sur l’un des nombreux réseaux sociaux, pourraient s’en mordre les doigts plus tard. Maintenant, les recruteurs des grandes écoles, des universités et même les employeurs vont vous googleliser pour connaitre votre vie, votre parcours et, pourquoi pas, trouver la bête noire ou le dérapage dans votre vie. Encore plus insidieux, les applications ou les sites internet vont s’appuyer sur la reconnaissance faciale pour vous retrouver et savoir qui vous êtes sans même vous avoir rencontré. En 2011, un groupe de hackers avait mis au point une application permettant de scanner un visage pour obtenir immédiatement le nom de la personne et les grandes lignes de sa biographie, directement sur votre téléphone. «On nous donne l’impression que c’est très sécurisé, que c’est un système fiable, et ça fonctionne, on fait de plus en plus confiance à Internet» affirme Denis Bulourde. Entre autre, tout ce que vous avez pu faire dans votre vie, dans votre enfance et adolescence peut être perçu par vos futurs employeurs... Enjoy !

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La protection avant tout Prudence est mère de sureté... Ce dicton s’applique aussi pour les nouvelles technologies ! Pour vous défendre de toute cette aliénation, c’est surtout votre comportement qui vous sauvera de cette oppression à la Big Brother. Faites attention à tous les contenus que vous mettrez sur internet en pensant toujours : Est-ce que cela aura un impact sur mon futur ? Détachez-vous de tous ses gadgets tech-

nologiques. Vérifier vos mots de passe. «Les gens doivent apprendre à contrôler leurs ordinateurs. Il n’y a pas de mode d’emploi pour se protéger. Il faut que les gens comprennent qu’avoir confiance en cette entité peut se révéler dangereux» affirme Jean Marc Manach. Soyez également prudent sur les sites où vous exercez des transactions payantes. Soyez sûr que ce soit bien sécurisé au risque de vous faire pirater votre carte

bleue... Mais avant tout, renseignez-vous. Il n’y a pas de mode d’emploi sur le fonctionnement d’Internet mais des personnes peuvent vous aider à connaitre les dangers et à vous protéger. Même si les nouvelles technologies nous envahissent, il n’appartient qu’à vous de préserver votre liberté individuelle.

LES GAMERS ONT RENDEZ-VOUS À PARIS

GTA5 DISPONIBLE EN LIGNE

APPLE LANCÉ SUR UNE NOUVELLE ÈRE.

Les accros des jeux vidéos sont attendus dès la semaine prochaine, Porte de Versailles pour la traditionnelle Paris Games Week. Durant quatre jours, l’industrie des jeux vidéos mettra en avant ses nouveautés sans oublier, le point d’orgue de la manifestation, la finale de la coupe du monde de jeux vidéos se tiendra sur place. 32 000 m2 bientôt prêts à accueillir les 250 000 visiteurs attendus, de quoi s’occuper durant les vacances scolaires !

Grand Theft Auto 5 est désormais disponible en téléchargement sur XBOX Live pour 69,99€. Un mois après sa sortie, le célèbre jeu de RockstarGames a déjà conquis plusieurs millions de personnes à travers le monde. Il est d’ailleurs le produit culturel le plus vendu du l’année 2013, dépassant les ventes du best seller « fifty shades of Grey ».

Tim Cook, le PDG d’Apple, a dévoilé mardi sa nouvelle collection d’Ipad, à San Francisco. La cinquième version, plus légère, se nomme Ipad Air, seulement 460 grammes contre 600 pour la version précédente. Son design rejoint celui de sa concurrente, la Galaxy Tab de Samsung. Une fois en service, l’iPad Air bénéficie de toutes les nouveautés du nouvel environnement iOS 7. Seulement quelques dizaines d’euros diffèrent entre les deux générations d’Ipad.

Paris Games Week – Porte de Versailles, halls 3/2.3/2.2. Du 30 octobre au 3 novembre. 14€ - 9€ gratuit pour les mois de 7 ans. 9h-19h sauf dimanche 9h – 18h.

Féliciane Barré & J-L Chabot

489 euros pour le nouveau contre 509 pour l’Ipad 4

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SPORT LA FRANCE CONNAÎT SON ADVERSAIRE POUR LES BARRAGES DU MONDIAL 2014

Le tirage au sort a eu lieu à Zurich (Suisse). Les Bleus affronteront l’Ukraine, un adversaire contre lequel ils n’ont jamais perdu en sept rencontres. Le match allé se disputera chez les Ukrainiens le 15 novembre tandis que l’équipe de France

recevra les joueurs de l’est à Paris le 19 novembre. L’enjeu est de taille car une victoire sur l’ensemble des deux matchs permettrait aux joueurs de Didier Deschamps d’obtenir un des derniers billets pour le Brésil.

EVRA EST-IL ALLÉ TROP LOIN ?

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Dimanche, dans l’émission « Téléfoot » (TF1), Patrice Evra a « réglé ses comptes » avec quelques consultants télé. Le défenseur de Manchester United, très contesté pour ses performances en équipe de France depuis des mois, a qualifié Luis Fernandez, Bixente Lizarazu, Rolland Courbis et Pierre Ménès de «clochards» et de «parasites». Il leur reproche de faire de lui le «mal-aimé» des Bleus depuis le désastre du Mondial 2010 en Afrique du Sud.

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Un petit détail lourd de conséquence C’est habillé de la tunique de l’équipe de France que le latéral gauche à tenu ses propos envers les quatre consultants. L’homme aux 52 sélections chez les Bleus a donc parlé en tant que joueur de l’équipe de France et a par la même occasion enfreint la Charte de bonne conduite mise en place en équipe de France suite aux évènements de la Coupe du Monde 2010. Une charte qui prévient ainsi les joueurs: « Vos comportements, vos attitudes et vos propos, façonnent votre image relayée auprès du grand public par les médias, compagnons de route incontournables et indispensables. Par eux passe cette image, que vous renvoyez au pays tout entier : avec eux aussi, soyez pros.» La sanction, elle à toujours existée Pour leur attitude durant l’Euro, Jérémy Ménez et Samir Nasri avaient respec-

INTERVIEW : Luc Sonor, Ancien footballeur français, est désormais consultant sur les chaînes du groupe Canal Plus. Il a accepté de donner son avis sur les propos qu’a pu tenir Patrice Evra à l’encontre de ses collègues consultants. Que pensez vous de la sortie médiatique de Patrice Evra ? Les propos qu’il a pu tenir n’engagent que lui. Il a le droit de penser ce qu’il a dit mais de la à aller le rapporter dans une interview avec la forme qu’il y a mise c’est plus que maladroit. C’est s’exposer à une sanction. Doit-il être sanctionné ? La décision de le sanctionner n’appartient qu’a la fédération française de football. Si vous me demandé si je condamne-

LE TOUR DE FRANCE MET LE CAP AU NORD Le tracé de la 101e édition du Tour de France a été dévoilé mercredi midi par le directeur du Tour, Christian Prudhomme. Sans surprise, le départ de la Grande Boucle sera donné depuis la ville de Leeds en Angleterre pour ce qui constitue

tivement écopé de un et trois matches de suspension chez les Bleus. Le défenseur s’expose à un sort identique à celui du Citizen, sanctionné pour «le caractère insultant de ses propos tenus en public». Dans un autre cas de figure, l’affaire Cantona. Après avoir assené son fameux coup de pied à un spectateur de Crystal Palace, qui lui a lancé des insultes xénophobes après une expulsion, le joueur est invité à se justifier lors d’une conférence de presse. Plutôt que de répondre aux multiples questions des journalistes, il prononce la phrase suivante en anglais : « Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est parce qu’elles pensent que des sardines seront jetées à la mer », avant de se lever et de laisser ses interlocuteurs mi-amusés mi-décontenancés. Il est condamné en mars 1995 à deux semaines de prison ferme avant que la peine soit commuée en 120 heures de travaux d’intérêt général en appel, et suspendu neuf mois par

la fédération anglaise (suspension étendue au niveau international par la FIFA). Ces heures de travaux d’intérêt général consistent à entraîner des jeunes joueurs anglais. Cette suspension l’éloigne de l’équipe de France et Aimé Jacquet qui en avait fait son capitaine ne le rappelle plus chez les Bleus. Le président de la Fédération française de football (FFF) Noël Le Graët et le sélectionneur de l’Equipe de France Didier Deschamps ont fait savoir par le biais d’un communiqué que Patrice Evra serait convoqué pour «s’expliquer». Mais si punition il y a, celle-ci pourrait intervenir après les barrages. Et si d’aventure les Bleus étaient qualifiés pour la Coupe du monde au Brésil, Evra aurait alors à faire une croix sur un ou plusieurs matches de préparation. Adrian Ako

LE SONOR D’UN CONSULTANT rai Patrice pour les propos qu’il à tenu, je vous dirais oui. Sinon, il n’y aurait aucune logique à avoir fait de même pour Jérémy Ménez et Samir Nasri lors du précédant Euro. En même tant Pat’ est un joueur important au sein de L’équipe de France et il serait dommage de se passer de lui si on se qualifie pour le mondial au Brésil. Vous est-il déjà arrivé de devoir régler vos comptes par presse interposée ? Non à mon époque, il y avait une pression médiatique beaucoup moins forte. Et pour ce qui était de faire des frasques dans la presse, il y avait déjà Cantonna (éclats de rires). Il faut dire aussi que je ne suis pas quelqu’un de nature à avoir ‘une grande gueule’ ou qui aime se faire remarquer c’est surement pour cela que je n’ai jamais été inquiété par les journalistes.

le départ le plus au nord de son histoire. Après trois épreuves en Grande-Bretagne, le Tour rejoindra l’Hexagone. Pour cette édition, les coureurs emprunteront les pavés et n’auront qu’un seul contre-lamontre à disputer. Le Tour s’attardera aussi dans les Vosges, traversera les Alpes et rendra son verdict dans les Pyrénées. Le Tour de France finira sa boucle sur les Champs-Elysées à Paris le 27 juillet, mais de jour cette fois-ci. J-M.C

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UN DUEL FRANCO-SUISSE POUR LE MASTERS DE LONDRES Si cinq joueurs sont assurés de disputer le Masters de Londres, les quatre dernières places sont loin d’être attribuées et opposeront la Suisse et la France. Ce n’est pas une surprise, il faudra attendre le Masters 1000 de Bercy pour connaître les neuf qualifiés au Masters de Londres, dernier tournoi de l’année réunissant les meilleurs joueurs de la saison. Pour l’heure, quatre joueurs ont d’ores et déjà validé leur ticket. Rafael Nadal, Novak Djokovic, David Ferrer et Juan-Martin Del Potro attendent donc leurs futurs adversaires. A noter que l’Écossais, Andy Murray ne disputera pas le tournoi londonien en raison d’une opération au dos. Qui peut prétendre participer au Masters ?  Le Tchèque Thomas Berdych est dans la meilleure position, 6e au classement de la Race. Ce classement prend en compte les résultats de l’année civile – il faut

s’y référer pour connaître les qualifiés au Masters de Londres - tandis que le classement ATP s’étale sur douze mois. La vraie lutte concernera les trois dernières places, la neuvième place permettant seulement d’être remplaçant. Cinq joueurs peuvent encore y accéder. Si les Suisses, Stanislas Wawrinka et Roger Federer occupent les 7 et 8e place, ils sont talonnés de près par les Français, Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga. De son côté, le Canadien Milos Raonic devra au minimum se retrouver en demi-finale du Masters de Bercy pour s’envoler à Londres. Une tâche loin d’être facile tant le tournoi parisien risque d’être fréquenté par le gratin du top 10 mondial. Mais une chose est sûre, deux d’entre eux resteront sur le quai, au moment de s’envoler pour le Masters de Londres qui se disputera du 4 au 11 novembre. Federer sur la sellette Ce serait une première depuis douze ans mais il n’est pas exclu que Roger

Classement ATP (12 mois) - Rafael Nadal - Novak Djokovic - David Ferrer - Andy Murray (forfait) - Juan-Martin Del Potro - Roger Federer - Thomas Berdych - Stanislas Wawrinka - Jo-Wilfried Tsonga - Richard Gasquet

Classement ATP Race (résultats de l’année civile)

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Rafael Nadal Novak Djokovic Andy Murray David Ferrer Juan-Martin Del Potro Thomas Berdych Stanislas Wawrinka Roger Federer Richard Gasquet Jo-Wilfried Tsonga

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Federer, vainqueur de 17 titres du Grand Chelem, ne puisse pas franchir les portes du Masters de Londres. Le Suisse éliminé par Gaël Monfils en huitièmes de finale du Masters de Shanghai ne devra pas se louper, chez lui, à Bâle cette semaine, puis à Bercy pour le dernier tournoi avant les fameux Masters. Il se présentera vraisemblablement seul à ces deux rendez-vous après s’être séparé de son entraîneur Paul Annacone avec qui il collaborait depuis trois ans. Jo-Wilfried Tsonga est dans la meme situation. La victoire de son compatriote, Richard Gasquet à Moscou dimanche le met au pied du mur. Et pour rendre la tâche plus difficile, le Français n’arrive pas à se défaire de sa blessure au genou. Le principal intéressé ne compte cependant pas rendre les armes facilement. Il a déclaré au journal L’Equipe « Quoi qu’il arrive je n’ai pas envie de vendre ma peau gratos ». Les tournois de Bâle et Bercy permettront de rendre le verdict pour ce match à distance entre les Français et les Suisses. Jean Marc Chabot ©

Memo mag octobre 2013  

L'hébdomadaire de l'école de journalisme ISCPA - Canal-iscpa.com

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