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Il est rare de voir quelqu’un débarquer à Poudlard en sixième année. Pourtant c’est mon cas. Lorsque j’entrai dans la grande salle, tous les regards se braquèrent vers moi. Cela me fit sourire, et je traversai fièrement la salle silencieuse pour rejoindre Albus Dumbledore. Il fit un petit discours de bienvenue et amena le choixpeau magique. Celui-ci fut rapide : « Serpentard ! ». J’acquiesçai et allai m’asseoir à la table de ma maison. J’aperçus Drago Malefoy, perdu dans ses pensées. Il y avait eu de récents incidents impliquant son père, et même si je méprisais Lucius Malefoy, j’éprouvais une certaine pitié pour son fils. Après le dîner, je regagnai le dortoir, seule. J’en profitai pour visiter un peu les lieux, et je finis par croiser Harry Potter et ses deux acolytes. Ils me dévisagèrent en passant et je me retins de rire. J’ignorai que ma beauté était si captivante ! Arrivée chez les Serpentards, je pus admirer la décoration… Joyeuse et un peu trop sombre à mon goût… Je vis Drago assis sur un des divans. Non. Plutôt affalé sur le divan, les yeux rivés sur le plafond. Je posai mon livre sur la table et me plantai à côté de lui. Lentement son regard vira vers moi. - Je te trouve bien songeur. - De quoi je me mêle ? Dégage. Un sourire en coin se dessina sur mon visage et je me penchai au dessus de lui. - Ecoute moi bien, je ne suis pas ta bonniche donc tu me parles sur un autre ton. Je t’accorde que je m’incruste alors que tu m’as l’air on ne peut plus soucieux, mais je veux simplement être un tantinet amicale. Et crois moi, c’est rare de ma part, alors profite au lieu de m’envoyer sur les roses. Tu verras que m’avoir à tes côtés te sera plus utile que le contraire. Drago ouvrit de grands yeux, surement peu habitué à ce qu’on lui tienne tête. Lorsque je tournai les talons, j’entendis le canapé en cuir grincer, signe qu’il savait dû se redresser. Je m’arrêtai, et toujours en lui tournant le dos, déclarais : - J’ai appris pour ton père, et même si je le méprise, je compatis avec toi. Si tu as besoin de parler, je pourrai éventuellement te réconforter si mon humeur s’y prête. - Attend ! Il m’interpela alors que j’avais repris ma marche. Je me retournai et mon regard croisa le sien. Un instant je vis une lueur d’espoir le traverser, avant qu’il se remette sur la défensive. - Je… Je n’ai pas besoin qu’une petite sorcière de bas-étage vienne me remonter le moral alors… Garde tes bonnes paroles pour toi. - Très bien, rétorquai-je en haussant les sourcils, je comprends. J’ai moi-même trop d’orgueil pour aller pleurer sur mon triste sort, surtout vers quelqu’un que je ne connais pas. Il se raidit et après un soupir s’affala de nouveau sur le divan. Alors que je montais les escaliers en direction des dortoirs, une petite pimbêche m’attrapa par l’épaule et vint se planter devant moi. Je lui lançai un regard noir, qui la fit frémir un instant, avant qu’elle se reprenne et ne me parle d’un ton glacial. - Ne t’avise pas de tenter quoique se soit avec Drago ! Il est à moi.


- Lâche-moi. - Non. Je veux que ça rentre dans ta petite tête, tu ne le touches pas avec tes sales pattes. - Lâche… Moi. Elle retira rapidement sa main en voyant que ma baguette était pointée vers elle. - Que se soit bien clair espèce de petite gamine stupide : ne t’avise même pas de reposer un doigt sur moi, où quelques sorts malfaisants pourraient malencontreusement sortir de ma baguette. Je ne suis l’amie de personne, et encore moins la tienne, alors tu surveilles tes dires et actes quand tu es en face moi. Quant à Drago, je fais ce que je veux, ce n’est pas toi qui va me dicter ma conduite. Tu as compris ou je reformule ? Elle me regarda avec effroi avant de filer sans un mot. Je levai les yeux au ciel et allai dans le dortoir. Après m’être installée, je m’assis vers la fenêtre et regardai le somptueux paysage que formaient Poudlard et ses alentours. Alors j’entendis des pas qui approchaient et mon regard se déplaça lentement jusqu’à la source de bruit. Une grande blonde se tenait debout vers moi et s’arrêta quand elle vit que je la regardai. - Qu’est-ce que tu me veux ? - Rien. J’ai juste vu comment tu as renvoyé promener Pansy. C’était… Effrayant. Enfin, méfietoi, à être aussi glaciale et agressive tu risques de te faire pas mal d’ennemis. - Je me doute. Mais je viens là pour étudier, pas pour augmenter ma réputation. - Tu ressembles un peu à Malefoy je trouve. Vous devriez vous entendre. Elle eut un petit rire et s’éloigna. J’ignorai si sa comparaison était un compliment ou une insulte, mais je ne m’attardai pas dessus. Le soir tomba rapidement et j’allai me coucher assez tôt.

Les jours passèrent, et je fus rapidement connue et… crainte, dans tout Poudlard. Alors que je regagnai la salle commune, le Professeur Rogue, entourée de Pansy et quelques-unes de ses adorables amies, vinrent à ma rencontre. Je vis un de mes livres dans la main du professeur, et fusillant Pansy du regard, je sifflai entre mes dents : - Tu as fouillé dans mes affaires, petite garce… - Silence Mademoiselle Sylther, suivez-moi dans mon bureau. J’ouvris la bouche pour rétorquer quelque chose, mais je me ravisai, et obéis. Rogue m’emmena dans son bureau et ferma la porte derrière moi. Il posa mon livre sur son bureau, et sa voix rauque s’éleva alors. - Vous êtes ma meilleure élève, douée dans toutes les matières, même si je regrette vos petites lacunes en potions. Seulement, un livre comme ça pourrait vous faire renvoyer.


Je constatai alors qu’il s’agissait de mon grimoire de magie noire. Grimoire censé être rangé dans une malle fermée par un sort puissant. Je me souvins alors que je l’avais survolé la veille pour réviser un sort, et secouai la tête en me rappelant n’avoir pas eu le temps de le ranger dans son coffre. - Professeur, je… - Tu es envoyée par Voldemort ? Je relevai les yeux vers lui, choquée par cette question. - Non ! Bien sûr que non ! Et si vous vous demandez je ne suis pas non plus une Mangemort. Simplement j’aime apprendre des sorts divers, et la magie noire est très intéressante. Mais le fait que je l’étudie et que je la maîtrise ne signifie pas que je m’en sers à tous bouts de champ ! Rogue resta muet un moment, ses yeux noirs rivés sur moi. - Vous connaissez tous les sorts de ce livre ? - Oui. Il y en a encore quelques-uns que je ne maîtrise pas, mais je les connais. Il se redressa et posa ses mains sur mon grimoire. - Pourquoi les apprenez-vous s’ils vous sont inutiles ? - Parce que… Etant donné que Voldemort est de retour, je veux pouvoir me battre à armes égales si jamais il m’attaque. En connaissant ses sorts, je pourrai riposter si j’ai à lui faire face. Rogue resta silencieux, comme s’il analysait mes paroles avec attention. Il prit alors le livre, et marcha lentement vers moi. Il me le tendit. - Très bien. Seulement cachez le mieux que ça, ainsi que les autres du même style si vous en avez. Même si vous êtes assez intelligente pour les utiliser avec soin, je doute que tout le monde le soit. - Merci professeur. Je pris mon grimoire, fis un petit signe de tête en guise de remerciement, et retournai dans ma chambre, après avoir dissimulé le livre sous ma veste. Comme je m’y attendais, Pansy attendait, toute fière, que je revienne. Je lui aurai volontiers balancé une bonne gifle, mais je me retins et passai devant elle sans un mot. Je l’entendis pouffer avec ses copines, et soupirai d’exaspération. Arrivée dans le dortoir je plaçais mes grimoires à divers endroits sûrs et les protégeai par de puissants sortilèges. Je redescendis et allai me promener dans Poudlard. J’aperçus alors Drago entrer dans la salle sur demande. Cela attira mon attention, et j’attendis discrètement qu’il refasse surface. Lorsqu’il revint, je vis qu’il avait les yeux rougis. J’ouvris de grands yeux, surprise par cette vision. Je commençais à m’inquiéter pour lui.

Les jours, les mois passèrent. Hermione Granger commença à me détester plus que les autres élèves, écœurée par le fait que je la surpasse partout à part en botanique. Par ailleurs, le nombre de


points accordés à Serpentard augmentait à vue d’œil, alors que celui de Griffondor restait d’une stabilité effrayante. J’étais à la fois objet de haine et d’admiration. Et Drago se montrait de plus en plus réceptif. Jusqu’au jour où je finis par le suivre dans la salle sur demande. Il ne se rendit compte de rien et je le vis utiliser une grande armoire bizarre. Il mit un oiseau à l’intérieur et lorsqu’il ouvrit la porte de nouveau, l’animal avait disparu. Il ferma et ouvrit de nouveau. L’oiseau était revenu… mort. Drago s’écroula sur le sol, agité de tremblement et j’entendis qu’il pleurait. Je sortis de ma cachette et il se remit d’un bon sur pieds avant de brandir sa baguette vers moi. Lorsqu’il me reconnut, il ne bougea plus. - Qu’est-ce que tu fais là ?! Malgré sa voix furieuse, des larmes coulaient toujours le long de ses joues. - Je m’inquiétais. Et je vois que j’ai eu raison. Qu’est-ce que tu as ? - Ce n’est pas ton problème ! Va-t-en !! - Non. Il se raidit face à la violence de ma réponse. - Drago, à chaque fois que je te vois, tu sembles porter un terrible fardeau sur tes épaules, et prêt à craquer. Alors il est hors de question que je reste sans rien faire. Tu n’as rien besoin de me dire, laisse-moi juste t’aider. - Tu ne peux pas… Personne ne peut… - Je ne peux pas ressusciter ce pauvre oiseau c’est vrai. Mais je peux toujours faire ça… A mesure que je parlais, je m’étais rapprochée de lui, et arrivée en face de lui, je le pris dans mes bras. Il se raidit, hésitant, avant de se remettre à trembler, et de pleurer, blotti contre moi. J’ignorai le pourquoi du comment, et s’il ne voulait pas me le dire, c’était son problème. Seulement, si je pouvais ne serait-ce que lui remonter le moral ça m’allait. Après avoir sangloté quelques minutes, il se retira de mon étreinte et leva ses yeux vers moi. - Promets-moi de ne parler de ça à personne. - Je le jure. Il aurait pu remettre en doute ma parole, mais non, il hocha légèrement la tête et s’assit. - Retourne à tes occupations, je souffle un moment et je retourne à la salle commune. - Très bien. Je sortis de l’étrange pièce et après quelques pas, je croisai la bande d’Harry Potter. En passant à côté de moi, Hermione me bouscula d’un geste de l’épaule. Je m’arrêtai.


- Je sais que tu as un problème avec le fait que je suis plus forte que toi en cours, mais je ne t’ai jamais agressée, alors évite ce genre d’action puérile avec moi par pitié… - Je préfère être puérile qu’associable. Au cas où tu ne serais pas au courant, tout le monde te méprise ici ! - Hermione… murmura Ron Weasley. Je me retournai et m’avançai vers elle, d’un pas si assuré et avec un regard si froid qu’elle eut un léger mouvement de recul. - Tu es intelligente Hermione, alors ne me force pas à croire le contraire. Je suis douée, et alors ? Il faut que tu comprennes que tu n’es pas forcément la meilleure sorcière du monde, et que tu redescendes de ton piédestal. Tu me méprise ? Je m’en fiche royalement. Parce que je me fous de ce que peuvent penser les gens de moi. Je sais ce que je vaux, et je sais ce que je fais. - Peut-être, mais tes fréquentations ne vont pas nous inciter à être amis avec toi, répondit Ron. - Mes… Fréquentations ? Tu veux dire Drago je suppose ? Si c’est le cas, modère tes paroles à son sujet veux-tu. Je risquerai en effet d’être peu agréable. - C’est un mangemort et un petit con, c’est tout ce qu’il est. En une fraction de seconde, ma main se referma sur la gorge d’Harry et le plaquai contre le mur, ma baguette braquée sur ses deux amis pour éviter qu’ils jouent les renforts. - Toi, tu la fermes si tu ne veux pas que je te fasse connaitre des sortilèges atroces dépassant ton imagination. Si tu n’étais pas le soit disant élu capable de vaincre Voldemort, tu ne serais qu’un être totalement insignifiant, alors je te déconseille de venir cracher sur Drago. Tu le hais, et tes amis aussi, alors tu crois quoi, qu’il va se conduire en ange tombé du ciel avec toi ? A cause de toi son père est à Azkaban je te rappelle. - Et alors ? Il le méritait ! C’est un mangemort ! - JE SAIS ! Je n’ai jamais dit le contraire. Seulement, ne rejette pas la rancœur que tu as envers son père sur lui. Et ne t’avise plus de l’insulter en face de moi. Après avoir enfoncé mes ongles un peu plus profondément dans son cou, je finis par le lâcher et m’éloigner, furieuse. Arrivée dans la salle commune, j’eus la grande joie de croiser Pansy et ses copines. De quoi beaucoup m’aider à me calmer… Je fis rapidement demi-tour et allai prendre l’air dans le parc. Assise sur un des murets en pierre à l’extérieur, je finis par me détendre. Un courant d’air froid me fit frissonner. L’hiver se rapprochait. Trop vite à mon goût d’ailleurs. Je m’amusais à réaliser quelques sortilèges de base avant d’entendre du bruit derrière moi. Je tournai la tête d’un geste, et à ma grande surprise je vis Ron Weasley. Il s’arrêta net en croisant mon regard. - Qu’est ce que tu veux ?


- R…Rien. Juste discuter. Si tu es d’accord. J’haussai un sourcil avant de reporter mon regard sur l’horizon. Il s’avança et s’assit à côté de moi. Après quelques secondes de silence, il ouvrit enfin la bouche. - Tu sais… Même si tu es très agressive, je pense sincèrement que tu dois être quelqu’un de très bien au fond. Et même si Harry et Hermione te détestent, et que tu es une amie de Drago, je n’arrive pas à te haïr comme ils le font. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai envie de te connaître plus… Sa déclaration me fit ouvrir de grands yeux. Si je m’attendais à ça ! Je souris en soupirant. - Tu es un garçon étrange Ronald Weasley… Et je doute que me connaître plus soit une bonne idée. Cependant, ça me fait plaisir que tu n’ais pas les mêmes réactions stupides que tes amis, et que tu veuilles me connaître avant de me juger. D’ailleurs, j’ai toujours eu un bon apriori sur ta famille. Je suis allée plusieurs fois dans le magasin de tes frêres, et en plus d’être charmants, ils ont une classe certaine. Et les peu de fois où j’ai croisé ton père au ministère, il avait aussi l’air très aimable. Ron me sourit. - Je leur dirai, ils seront contents… Ou non. Justement. Ils risqueraient de prendre la grosse tête. J’éclatai de rire en voyant l’air blasé qu’il fit en disant ça. Nous discutâmes de longues minutes, avant d’être interrompus par la nuit tombante. Il me remercia d’avoir consenti à parler un peu avec lui, me sourit et regagna son dortoir. Je fis de même.

L’hiver se passa non sans quelques incidents étranges… Un collier ensorcelé par exemple… Ou encore Ron empoisonné par une bouteille anodine… J’essayais de croire que Drago n’était pas mêlé à ça mais… Son attitude si étrange me mettait vraiment la puce à l’oreille. Plus étrange encore, ce charmant Harry avait depuis le début d’année, un talent en potion dépassant tous les autres. Et ce, à la surprise générale. Son livre m’intriguait. Il était différent des autres…Abîmé, avec des griffonnages à l’intérieur. Cependant, je ne pouvais pas y jeter un œil pour le moment. Mon attention ne lâchait plus Drago. Ce dernier se vidait de toute expression à vue d’œil, et avait considérablement maigri en peu de temps… De plus, il n’était pas rare que je l’entende faire les cents pas dans la salle commune en plein milieu de la nuit. Plusieurs fois j’avais essayé d’aborder le sujet avec lui, mais chaque tentative se soldait par un échec. Les premiers mois de l’année de passèrent sans heurt. Serpentard perdit au quiddich, Drago demeura toujours aussi vide, Ron au contraire se montrait très sympathique et Slughorn organisa une petite fête à laquelle je fus conviée. Je ne lui fis pas l’honneur de ma présence, mais j’appris que Drago était allé fourrer son nez là-bas. Le pourquoi de la chose restait cependant inconnu à ma connaissance. Malgré mon retrait face à lui, je ne pouvais m’empêcher de guetter ses mouvements, essayant de trouver un indice sur ses activités secrètes… Mais il était doué, et je ne parvenais pas à obtenir une seule information. Je profitais du calme ambiant pour réviser mes sorts, éviter Pansy et compagnie, discuter avec Ron et me rapprocher de Drago. Ce dernier me faisait de plus en plus pitié,


arborant un air déprimé et flottant presque dans ses chemises. Les jours passèrent, sans gros soucis, jusqu'à ce jour…

Je bouquinais tranquillement dans la grande salle, quand soudain les gens haussèrent la voix et commencèrent à s’agiter. Katie Bell était revenue, après s’être faite attaquer par un collier enchanté. Les gens accoururent pour lui parler, notamment Harry, qui se prit un joli vent. Mon regard se porta alors à l’entrée de la salle où Drago, immobile, fixait avec effroi la revenante. Il décampa rapidement et je vis Harry se lancer à sa poursuite. Ni une ni deux, je mis mes livres dans mon sac, et traversai la pièce en courant. Je les avais perdus de vue. Je courus jusqu’à la salle commune de Serpentard, où je lançai rapidement mon sac vers une commode, avec de reprendre ma course à la recherche des deux garçons. J’entendis alors du bruit venant des toilettes de Mimi Geignarde. J’accélérai ma course, mais à quelques mètres de l’entrée, je n’entendis plus rien. Je ralentis et arrivée dans les toilettes je me figeai. - DRAGO !! Gisant dans une marre d’eau et de sang, il était agité de tremblements. Je me jetai à ses côtés, cherchant désespérément à identifier le sort qui l’avait blessé. Mais mes efforts furent vains. La silhouette d’Harry se dessina alors à quelques mètres. Il regardait Drago, sous le choc. Mes actions furent rapides. Je ramassai ma baguette, me levai, et avant qu’il ait eu le temps de réagir, je lui lançai le sort Endoloris. Il se tordit de douleur, et moi, toujours aveuglée par la haine, j’enchainai avec quelques sorts de torture de ma connaissance. Ma baguette sauta alors en l’air, et en me retournant je vis Rogue, qui s’avançait vers Drago. D’un geste assuré, il referma ses blessures et le souleva du sol. - Mademoiselle Sylther, ramassez votre baguette et suivez moi. Potter, on réglera ça après. Encore tremblante, je hochai la tête, ramassai ma baguette, et assénai un méchant coup de pied dans les côtes d’Harry qui commençait à se relever en le traitant d’un nom tout à fait charmant. Puis je rejoignis rapidement Rogue, et le suivis jusqu’à l’infirmerie. Il déposa Drago sur un lit et Mme Pommefraiche s’affaira un instant auprès de lui. Pendant ce temps, le professeur me prit à part. - Ecoutez, je comprends que vous soyez furieuse après Monsieur Potter pour ce qu’il a fait, mais ce genre de sort est prohibé ici, et vous pourriez être renvoyée pour ça… - Je sais… - Evitez ce genre d’actions inconsidérées à l’avenir. Je veille aussi sur Monsieur Malefoy ne vous inquiétez pas. Je hochais la tête silencieusement. Rogue était anormalement gentil avec moi et ça me surprenait à peu près autant que ça me réconfortait. Il sortit de l’infirmerie et je m’assis à côté du lit de Drago, ma main posée sur son ventre. Celui-ci se soulevait régulièrement, et avec calme, ce qui me rassura. Harry avait utilisé un sort que même moi je ne connaissais pas. Il aurait pu le tuer. Si Rogue n’était pas passé par là, il l’aurait tué. A l’instant précis où j’avais vu Harry et compris que c’était lui qui avait blessé Drago, un sentiment de colère m’avait emparé comme jamais auparavant. Mais je ne


regrettais pas mon geste. Mon sort était puissant, certes, mais il fallait que ce petit morveux comprenne qu’il n’avait pas le droit de jouer avec la vie des gens comme il l’avait fait. Après avoir fulminé intérieurement contre Harry, je commençai à me demander pourquoi Drago avait eu une telle réaction face à Katie. Et je compris que mes inquiétudes s’avéraient fondées. Il avait un lien avec les incidents du collier et du poison. J’en étais certaine. Je lui lançais alors un sort. Un sort d’empathie, qui me signalerait si quelque chose lui arrivait. Puis, après lui avoir fait apparaître une rose noire dans la main, je quittai l’infirmerie.

Comme prévu, le jour suivant, tout le monde fut au courant de l’incident. Les gens me regardaient tous avec effroi, comme si j’étais un monstre sans nom, mais bizarrement je n’eus aucun souci avec les professeurs. Je me doutais que Rogue avait dû leur parler. Seulement, je dus faire face à tous les amis de Harry. Hermione ne fit pas grand-chose à part me foudroyer du regard, Ron prit ses distances, les gens de Griffondor devinrent encore plus désagréables qu’avant, mais le pire ce fut Ginny. Alors que je regagnais la salle des Serpentards, elle me bloqua le passage. - Oui ? C’est pourquoi ? Des insultes ? Vas-y lâche toi, mais fais vite je suis pressée. - Tu te crois drôle ? J’ignore pourquoi tu es toujours ici après ce que tu as fait, mais je trouve ça ignoble. Tu n’as pas ta place ici, et tu ne l’as jamais eu. Ton comportement a toujours été exécrable, mais là… Ce que tu as fait à Harry… On ne peut tolérer une chose pareille. - Ah non ? Et que cette enflure ait manqué de tuer Drago c’est normal et acceptable c’est ça ?! Si Rogue n’était pas intervenu, il serait mort à l’heure qu’il est ! Mais ça c’est pas grave, parce qu’après tout, le grand Harry Potter n’a jamais tort !! Vous n’êtes que des petits chiens suivant aveuglément leur maître sans rien comprendre. Quoiqu’il fasse c’est bien. Sauf que tu vois, aux dernières nouvelles, s’en prendre à la vie de quelqu’un c’est mal. Hors, moi je n’ai jamais voulu le tuer ou quoique se soit. Mais comme je ne suis pas l’élue, et que je ne suis pas vénérée par le monde magique pour avoir survécu à une attaque de Voldemort, quand je m’en prends à lui, j’ai tout le monde à dos. Alors que lui, il peut harceler, espionner et manquer de tuer Drago, personne ne lui saute dessus. Je me fous de vos avis, et de vos convictions le concernant. Il a fait quelque chose de mal et je n’ai fait que lui rendre la monnaie de sa pièce. Point. Je voulus la contourner mais elle m’empêcha de passer. - Drago n’est pas quelqu’un de bien. Et je suis, comme Harry, convaincue qu’il a un lien avec Voldemort. Alors l’attaquer pour découvrir ce qu’il cache n’est pas une mauvaise chose. Si on soutient Harry, c’est parce qu’on croit en lui et en ses actions ! - Bah vous avez bien tort… - Et qu’est-ce qui te permet de dire ça ?! Tu es la voix de la sagesse ?! - Non, mais moi je sais encore faire la différence entre bien et mal, quelques soient les personnes impliquées ! C’est pas parce que tu t’appelles Harry que tout ce que tu fais est bien, et c’est pas parce que tu t’appelles Drago que c’est l’inverse ! Ouvrez les yeux bon sang !


- Tu es vraiment stupide … - Tant mieux ! J’en suis ravie ! Allez, dégage et fous moi la paix. Je passai à côté d’elle et rejoignis la salle commune des Serpentards en vitesse express. Elle m’avait pris la tête. Ils me prenaient tous la tête, à suivre aveuglement cet imbécile à lunettes. Lorsque j’entrai dans la salle, je vis Drago, assis sur le sofa, jouant avec ma rose en la faisant tourner entre ses doigts. Je souris et le rejoignis. Il me regarda sans un mot. - Tu vas mieux ? - Oui, oui. Merci. Pour la rose, et pour m’avoir ‘vengé’. - Pas besoin de me remercier. C’est normal. - Non, utiliser le sortilège d’Endoloris ce n’est pas normal. C’est même très dangereux. C’est pour ça que ça me touche que tu l’ais fait pour moi. - Hum… Mais ça ne change en rien mon inquiétude. Pourquoi tu as réagi comme ça en voyant Katie ? Et pourquoi tu es si vide depuis quelques mois ? - Je ne peux rien te dire. Ca nous mettrait tous les deux en danger… - C’est gentil de t’inquiéter pour moi, mais il en faut plus pour m’effrayer. - Pouvoir être impliquée dans un truc grave, et avoir un lien avec le Seigneur des Ténèbres ça ne t’angoisserait pas ?! Sa voix se brisa à la fin de sa phrase. Il tremblait. Il devait être perdu, et affreusement seul pour réagir comme ça. Et surtout, la mission qu’il avait le tétanisait… Il posa lentement sa tête sur mon épaule, et après l’avoir regardé avec surprise, je pris sa main d’un geste réconfortant. Pour mon grand bonheur, Pansy passa pile à ce moment là, et échappa un hoquet de surprise en nous voyant, avant de faire demi-tour en courant. Une expression sadique se dessina sur mon visage, avant de laisser place à quelque chose de plus mélancolique. Après quelques minutes de silence, il se redressa et soupira. - Tu es quelqu’un d’étrange Sacha. Tu as ce je ne sais quoi qui fait que les gens se sentent obligés de suivre tes pensées… Jamais je n’ai pu baisser ma garde devant quelqu’un, à part toi. Et ça m’énerve beaucoup. - Je sais comment obtenir ce que je veux, c’est tout, répondis-je avec un sourire. Concernant tes secrets, si tu ne veux pas me les dire, il n’y a aucun problème, je comprends tout à fait. Il resta silencieux, fixant le sol d’un air absent. - J’aimerai pouvoir tout te dire… Mais tu serais en danger, et je ne veux pas t’impliquer dans quelque chose qui pourrait mettre ta vie en péril. - Tu te soucies trop de moi Drago. C’est très gentil, mais ça prouve que tu me connais mal. Je sais garder les secrets, endosser des responsabilités et surtout, me défendre.


- Je n’en ai jamais douté une seule seconde, murmura-t-il, mais pour l’instant je suis toujours convaincu que tout te dire est une mauvaise idée. Il se leva, m’adressa un vague sourire, en totale opposition avec l’air morose et éteint de ses yeux, et prit la direction des dortoirs. Je restai un moment assise seule sur le sofa de la salle commune. Il y avait peu d’activité ce soir là, et tant mieux, un peu de calme et de sérénité me faisait du bien. Il fallait que je découvre son secret. Pour une raison inexpliquée, une partie de moi me poussait à tout découvrir pour pouvoir l’aider.

Le printemps arriva, et avec lui le beau temps et la bonne humeur. Ou presque. Drago semblait de meilleure humeur depuis plusieurs jours mais je savais bien qu’au fond, quelque chose le taraudait. Seulement, à mesure que les jours passaient, je remarquai qu’il rendait régulièrement visite au professeur Rogue. Simple coïncidence ? Ca m’étonnait beaucoup… Je décidai donc daller rendre une petite visite à mon professeur de potion. Je tapai à la porte, et sa voix rauque m’autorisa à entrer. Je pris bien soin de fermer la porte derrière moi, et avançai jusqu’à son burau. - Un problème Mademoiselle Sylther ? - Problème, je ne sais pas, interrogation oui. Il haussa un sourcil et m’indiqua de continuer. - Professeur, je suis intimement convaincue que vous savez ce que Drago manigance cette année, et étant donné qu’il ne veut pas se résoudre à tout me dire, je voulais en parler avec vous. Il posa son livre sur son bureau avec un air sérieux et se leva, avant de vérifier si la porte était bien fermée. Puis, il se tourna vers moi de nouveau. - Vous êtes vraiment très intelligente, et surtout assez curieuse. Mais vous ignorez dans quoi vous mettez votre nez. - Peut-être, mais je m’en fiche. Tout ce qui m’importe c’est de protéger Drago. - Mr Malefoy ? L’amour que vous lui portez est si fort que vous ne vous souciez de rien pour lui venir en aide ? Mes joues s’empourprèrent face à cette remarque. Non, ce n’était pas de l’amour… Juste de l’amitié. Oui, c’était ça, de l’amitié pure et simple, mais forte. Rogue reprit son discours. - Cependant, je sais que vous êtes digne de confiance, et surtout que vous pourrez être d’une grande aide, ne serait-ce que psychologique pour Monsieur Malefoy. Mais je dois être sûre que vous êtes prête à tout entendre, et surtout, que vous ne répèterez ce que je vais vous dire à personne. Est-ce clair ? - Bien sûr. A qui irai-je raconter ça après tout ? - Vous comprendrez assez vite…


Il me fit signe de m’asseoir et prit place derrière son bureau. Plongeant son regard d’un noir profond dans le mien, il commença son récit. - Vous êtes au courant de l’arrestation de Lucius Malefoy je présume ? Bien. Après ce petit incident, le Seigneur des Ténèbres a décidé de trouver de nouvelles recrues, et a fait de Drago Malefoy, un mangemort… Mon cœur manqua un battement. Non. Ce n’était pas possible ?! Comment Drago avait-il pu faire une chose pareille… - Et en plus de cette nomination, il a confié une mission à Drago. Une mission très importante, et qui, j’en suis pratiquement persuadé, sera vouée à l’échec. Pour cela, et ça, même lui l’ignore, j’ai passé un pacte avec Narcissa Malefoy, afin de finir la tâche de son fils si jamais celui-ci échoue. Je hochai la tête en silence, redoutant l’annonce de cette fameuse mission. - Et pour répondre à la grande question que vous vous posez, ce que Drago doit accomplir… C’est le meurtre d’Albus Dumbledore. J’ouvris de grands yeux, et me mis à rire nerveusement. - C’est une blague ? - Malheureusement non. Et le jeune Malefoy est obligé de tout faire pour mener sa mission à bien, car s’il échoue le Seigneur des Ténèbres le tuera. Mais il n’a pas l’âme d’un assassin, et encore moins d’un mangemort, c’est pour cela que je dois lui apporter mon aide, et que vous devrez faire de même. - Je vois… Mais le problème c’est que je ne compte pas aider à tuer Albus Dumbledore ! - Moi non plus… Mais gardez tout ce que je viens de vous dire pour vous, et aidez seulement Drago comme vous le pouvez. Je me charge de tout, comme je le fais depuis le début. J’acquiesçai, silencieusement, encore sous le choc de tant d’affreuses nouvelles. Je venais de m’embarquer dans quelque chose de gros… De très gros… Et malgré ma préparation mentale à des annonces importantes, j’étais loin de m’attendre à quelque chose de semblable… Je me levai et soupirai. - Merci pour votre honnêteté professeur. Ce me touche que vous m’accordiez autant de confiance. - Vous êtes une sorcière très puissante, mais surtout très raisonnable, qui sait quoi faire quand il le faut. Je suis convaincu que vous serez d’une aide précieuse. Je souris, à la fois flattée et gênée par tant de compliments. Je mis la main sur la poignée et marquai un temps d’arrêt. - Au fait professeur… Le sort dont c’est servi Harry sur Drago il y a quelques mois, qu’est-ce que c’était ?


- Ca mademoiselle, je vous l’expliquerai au moment venu. Je le regardai d’un air surpris, et il m’adressa un léger sourire en coin. Rogue ? Sourire ? Wow. Pas normal. Je sortis, l’esprit embrouillé par toutes ces informations et événements bizarres. Il fallait que je sois seule un moment pour tout digérer. J’allais donc m’installer à l’extérieur du château, dans les gradins du terrain de quidditch. Il était vide à cette heure-ci, c’était parfait. Je m’allongeai sur un des bancs, et fixait le ciel. Il était tout bleu, sans un nuage à l’horizon. Il faisait très beau. Seulement, les problèmes commençaient à partir de maintenant. Je devais garder le secret de Drago, impérativement, sous peine de mettre sa vie en danger, mais d’un autre côté, garder ça pour moi signifiait le mort imminente d’Albus Dumbledore. - Pourquoi tu t’intéresses toujours aux gens qu’il ne faut pas Sacha, bon sang… soupirai-je en m’adressant à moi-même. Des problèmes. Oui, ça il me faudrait m’y habituer, à avoir des problèmes. Confortablement installée sur mon banc, je restai immobile, le soleil caressant ma peau, mon esprit remettant en ordre toutes les informations reçues. Je ne pouvais me résoudre à aider Drago dans son meurtre, seulement, je pouvais toujours lui apporter du réconfort. C’était à mon avis ce dont il avait le plus besoin : de l’aide morale. Car loin d’être stupide, il avait montré, malgré ses échecs, sa capacité à trouver des idées inventives pour parvenir à ses fins. Après quelques minutes songeuses, j’entendis du bruit derrière moi. Basculant légèrement la tête en arrière, j’aperçus Ron. Je me redressai lentement, et il vint s’asseoir à côté de moi, sans un mot. Je le regardai, haussant un sourcil. - Je suis désolé de ne pas être venu te voir plus tôt, finit t’il par déclarer, c’est que Ginny me menaçait si je retournais te parler. Je levai les yeux au ciel, à peine surprise. - Tu es pardonné ne t’en fais pas, répondis-je avec douceur. Il parut rassuré par ma réaction. Je soupirai, me levai, descendis une marche, et m’allongeai sur le banc inférieur, afin de pouvoir continuer à parler avec Ron tout en l’ayant à portée de vue. - Il se passe des choses graves ce derniers temps, et ça m’inquiète assez. J’ai un mauvais pressentiment… - Certes Ron, mais avec Voldemort de retour, on ne peut que s’attendre à des évènements graves malheureusement. - Dis moi… - Moi. - Non ça c’était nul… - Pardon, c’est sorti tout seul.


- Je disais donc, je me demandais… Tu es très proche de Drago, mais… S’il était du côté de Voldemort, tu le suivrais ? Je restais silencieuse un instant. A vrai dire, cette question m’avait turlupinée plus d’une fois, mais je m’obstinais à penser que je n’aurais pas à faire ce choix… Or, après les informations que je venais de recevoir, je ne pouvais que me résoudre à admettre que je devrais probablement avoir à suivre Drago dans le camp des Ténèbres. - Je pense. Mais je le suivrais simplement pour le protéger. Il est hors de question que j’aide un assassin tel que Voldemort, et que je gâche mes talents en magie pour suivre ses idéaux stupides en massacrant des gens. Ron parut une nouvelle fois soulagé. Je le comprenais : après tout, j’étais une des meilleurs en magie parmi les élèves de Poudlard, et qui plus est, je maitrisais toutes sortes de magies non enseignées, telle que la magie noire. Depuis mon arrivée au château, les gens me regardaient tous comme si un extrême suprême et étrange. - J’ai d’autres questions… - Je t’en prie. - Tu ne parles jamais de toi… Tu as de la famille sorcière ? Des frères et sœurs ? Mon visage s’assombrit, et je détournai le regard. Mes proches… Quels souvenirs désagréables… - Non, je suis fille unique. Quant à mes parents… Mon père était un sorcier tout à fait charmant, qui tenait une petite boutique à Préaulard, mais ma mère… Elle était Mangemort… Mon père s’est fait tué par sa faute, et elle est en ce moment enfermée à Azkaban, après avoir eu la bêtise de ce faire attraper pendant une attaque. Mais par contre, ne dis ça à personne, sinon… Je me mettrai très en colère, d’accord ? Ron acquiesça, silencieux, visiblement assez surpris par ma réponse. Il était vrai que je vouais une haine sans fin aux Mangemorts à cause de ma mère, mais au fond, jusqu’à la mort de mon père, j’avais vécu une enfance plutôt heureuse et sans soucis. Seulement, depuis deux ans, toutes les relations avec ma mère s’étaient évaporées, et son emprisonnement à Azkaban m’avait rendu infiniment heureuse. Jamais je ne lui pardonnerai d’avoir causé la mort de mon père… Ron resta à mes côtés de longues minutes, et ce fut très agréable de parler avec quelqu’un de joyeux, sympathique, sans avoir à se préoccuper de ce que peut bien lui triturer l’esprit. Même si mes relations avec Harry Potter et compagnie étaient des plus mauvaises, garder un contact avec Ron me rendait très heureuse. Lui et sa famille – hormis Ginny et Percy – avaient pour grande qualité d’être des personnes chaleureuses et très aimables. Les fois où j’avais rendu visite à ses deux frères jumeaux se comptaient par dizaines. Peut-être enviais-je un peu leur petit côté famille nombreuse unie comme les doigts de la main ? Ou peut-être qu’en les voyant je pouvais repenser à tous mes souvenirs de famille heureux ? Je souris, et me redressai. - Il commence à se faire tard, je vais rentrer au château. Encore merci de ta compagnie, je suis ravie d’arriver à rester amie avec toi malgré les conflits.


- C’est réciproque, répondit-il, moi je vais passer voir Hagrid, alors je t’abandonne pour aujourd’hui. A plus tard ! J’hochai la tête et lui fis un petit signe de la main pour lui dire au revoir. Il faisait presque nuit à présent, et les couloirs menant à la salle commune de Serpentard étaient d’un vide… Je dus croiser en tout et pour tout, deux filles de Serdaigle en train de discuter, et un garçon de Griffondor, se dirigeant vers le bureau de Mc Gonagall. La fin de l’année approchait, et beaucoup d’élèves rentraient tôt dans leurs dortoirs pour réviser. Pour ma part, j’avais d’autres chats à fouetter. En entrant dans la salle commune, je vis Drago, en conversation avec Crabe et Goyle. Ses deux acolytes me regardèrent avec une sorte de dédain qui me donna envie de gifler leurs faces d’abrutis. Mon cher blondinet leva simplement les yeux vers moi, sembla rassuré par ma présence, et continua dans sa discussion. Je me dirigeai donc vers les dortoirs. Arrivée vers les portes, j’entendis des voix et de l’agitation. Pansy et ses copines faisaient des bêtises… En m’approchant de la porte, je vis qu’elles fouillaient mes affaires. - Expéliarmus, murmurai-je en pointant ma baguette vers la peste principale. Elle voltigea à travers la pièce en poussant un cri suraiguë. Ses copines se tournèrent vers moi avec effroi, et se regroupèrent, ne sachant pas quoi faire. - On ne vous a jamais dit que c’était mal de mettre le nez dans les affaires des autres ? -… - Que vous soyez bêtes, mesquines, désagréables et autres je m’en fiche, mais je ne vous ai JAMAIS permis de toucher à MES affaires ! La prochaine fois, je vous suspends toute à la tour d’astronomie, c’est clair ?! Elles hochèrent frénétiquement la tête, et filèrent sans demander leur reste. Pansy, elle, se releva avec peine, la main posée sur sa nuque. Mais à peine eut-elle le temps de se relever, que ma main attrapait sa gorge, la plaquant contre le mur, ma baguette plantée au milieu de se front. - Quant à toi, j’ai bien compris que tu as décidé de me pourrir la vie, mais là, je commence à en avoir plus que marre. Alors je vais être claire : si tu continues à me harceler et à me casser les pieds comme tu le fais, tu garderas des séquelles à vie de notre prochaine rencontre… Elle avait pâli à une vitesse record, et ne réagis même pas, tétanisée. Je finis par la lâcher. Elle me regarda un instant, immobile, avant de décamper à toute allure. Je soupirai et m’assis sur mon lit. - Petite gamine idiote, pestai-je dans mon coin. D’un coup de baguette, je remis mes affaires à leur place, et allai m’asseoir à côté de la fenêtre. Le coucher de soleil qui resplendissait à l’extérieur était magnifique. Le orange, le rose et le bleu nuit se fondaient en couche harmonieuses, et le ciel se constella rapidement d’étoiles. Je restai un instant paisible, à admirer le paysage nocturne, avant de me relevai et d’aller dormir.


Des Mangemorts. Des Mangemorts avaient réussi à pénétrer dans le château. La bataille faisait rage depuis plusieurs longues minutes, et les sorts fusaient à droite et à gauche. Je courrai à travers les couloirs, mettant plusieurs Mangemorts hors service, mais gardant toujours le même objectif en tête : trouver Drago. Il m’avait semblé plus angoissé que d’habitude ces derniers jours, et je pressentais une bêtise. Il avait brillamment réussi à réparer l’armoire de la salle sur demande, et s’en était servi intelligemment. Enfin… Intelligemment… Tout est subjectif. Toujours est-il que depuis plusieurs minutes, les serviteurs de Voldemort affluaient dans les couloirs. Drago était toujours introuvable, et je dus me servir de mon sort d’empathie pour le localiser. Une tour ? Je ne pris pas la peine de réfléchir plus longuement à ce qu’il faisait là-bas, et me contentai de courir dans sa direction. Je grimpai les escaliers le plus vite que je pus, et m’arrêtai net en voyant Drago, la baguette pointée en direction de Dumbledore. Il sursauta en entendant mes pas, mais parut infiniment soulagé de me voir. Il tremblait. Beaucoup. Je ne pouvais rien faire. Je ne devais rien faire. Cette situation ne me concernait pas. Je restai donc immobile, observant la scène en silence. Le directeur essayait d’apaiser Drago avec des mots rassurants, et ce dernier perdait rapidement de son assurance. Lorsque j’aperçus le tatouage sur son avant-bras je frémis. Pas de peur, mais bien de colère. Il ne le ferait jamais. Je le savais. Drago ne pourrait jamais tuer Dumbledore, et c’est pour cette raison que j’attendais l’arrivée de Rogue avec impatience. Lui saurait comment réagir. Cependant, ce ne fut pas le professeur de potion qui fit son apparition, mais quatre Mangemorts, aux apparences aussi charmantes les unes que les autres. Je serrai les dents, faisant un effort immense pour ne pas lever ma baguette. Ils me regardèrent avec surprise, se demandant de quel côté je pouvais bien être, mais en voyant Drago face à Dumbledore, ils comprirent que je ne m’opposerais pas à eux. La situation empira rapidement, car les quatre arrivants commencèrent à mettre la pression à Drago. Dans ma tête, je souhaitais qu’il résiste à ça, et qu’il reste muet. C’est ce qu’il fit. Jusqu’à l’arrivée de Rogue. Je fus infiniment rassurée de voir le professeur, même si ce dernier semblait sous tension. Il balaya la scène du regard. - Severus… Murmura Dumbledore. J’ouvris de grands yeux en entendant la voix suppliante du Directeur. Rogue s’avança, et écarta Malefoy du chemin d’un geste brutal, avant de se planter devant le vieil homme. Des mots à moitié étouffés s’élevèrent, puis un seul, net, mortel. Je ne pus retenir un hoquet de surprise lorsque le professeur, MON professeur de potion, fit passer Dumbledore dans le vide d’un coup de baguette. Je restai immobile, incapable de réagir, figée par cette action soudaine et meurtrière. Rogue se retourna brusquement, et fit signe aux Mangemorts de décamper, avant d’attraper Drago et de le pousser dans les escaliers. Ses yeux noirs se posèrent sur moi. - Choisissez votre voie Mademoiselle Sylthern. Mais sachez que j’espère sincèrement vous voir à nos côtés… J’aimerai vraiment pouvoir avoir votre aide. Sa voix était calme, presque triste, et je sus au fond de moi qu’il n’avait jamais voulu tuer Dumbledore lui non plus… Je le regardais s’éloigner avec les autres, ne sachant toujours pas quoi faire. Je souhaitais les suivre, car ni Rogue, ni Drago n’agissait par plaisir, et je savais que je pourrais les aider en les accompagnant. Mais… Etre aux côtés de Voldemort et de ses sujets me répugnait.


Je fus rapidement sortie de mes pensées par l’apparition de Harry. D’où sortait-il celui là ?! Toujours est-il qu’il se tourna vers moi, et lança avec froideur : - Je mettrai les choses au point avec toi quand j’en aurai fini avec Rogue et Malefoy ! Il s’élança à toute vitesse dans les escaliers. Je le regardai un instant et pris une grande inspiration. La confiance que j’accordais à Rogue était telle que je m’obstinais à croire qu’il avait une justification plausible à m’apporter concernant son geste. Et Drago… Je ne pouvais pas le laisser seul. Pas maintenant. Je courus, comme jamais je n’avais couru, filant comme une flèche à travers le château, pour rejoindre ceux qui avaient besoin de mon aide. Car Rogue me l’avait dit. Il souhaitait mon soutient, et s’il réussissait à me convaincre qu’il n’était pas du côté des Mangemorts, je lui apporterais. Arrivée à l’extérieur du château, je vis avec effroi la cabane d’Hagrid en train de brûler. J’espérai de tout mon cœur que ce dernier n’avait rien, et je vis alors Harry, aux prises avec Rogue. J’entendis leur conversation, et ouvris de grands yeux en entendant la remarque du professeur : le sort que cet imbécile à lunette avait utilisé avait été créé par ses soins ? Alors qu’ils combattaient, la voix de Rogue brisa violemment l’air. La réflexion qu’Harry venait de lui faire venait de l’atteindre profondément. Lâche. Comment Potter osait-il le traiter de lâche ?! Je voulus intervenir, mais Rogue me précéda, et envoya son interlocuteur au tapis. J’en profitais pour le rejoindre. Il fut surpris par mon apparition, mais je vis un éclat de reconnaissance dans son regard. Soulagé par ma preuve de confiance probablement. Toujours est-il qu’il me fit signe de le suivre et que je courus avec lui et Drago loin de Poudlard. Je lançai un dernier regard au château, avant de sentir la main de Drago attraper la mienne. Ses yeux brillaient. Il semblait prêt à craquer, partager entre la peur, la tristesse, et la joie de me voir près de lui. Il resserra son étreinte, comme pour être sûre que je ne m’envolerai pas, que je n’étais pas juste une image irréelle, et me souris, une larme roulant sur sa joue. Je fus touchée par sa réaction, et cela finit de me convaincre que j’avais choisi la bonne voie. Mais où cela allait-il me conduire ? Je l’ignorais… A mesure que j’avançais à leurs côtés, l’angoisse des évènements futurs montait en moi…

Alors c’était lui, le Seigneur des Ténèbres. Il était effrayant, c’était indéniable, autant physiquement, que dans ses gestes et pensées. Je me trouvais dans le manoir des Malefoys, venant d’arriver en compagnie de Rogue, Drago, et toute la clique qui avait attaqué Poudlard. Je me sentais comment dire… Mal à l’aise. Entourée de gens méprisables, sans morale, et d’assassins en tout genre, je commençais à me demander ce que je fichais ici. Puis sentant Drago se coller à moi, je me souvins. Voldemort, qui trônait au milieu de la pièce, se leva et s’avança vers nous. - Alors ? Cette mission ? - Un succés Maître, grogna le loup-garou massif à côté de Rogue. - Parfait. Et… Qui est cette jeune fille ? Je me raidis lorsque son regard se tourna vers moi. J’eus un mouvement de recul alors qu’il se penchait vers moi, ne souhaitant pas une trop grande proximité. Rogue prit la parole. - C’est une de mes meilleures élèves. Elle nous a suivi jusqu’ici de son plein gré, et pourra être utile.


Utile ? Il ne fallait pas non plus trop compter là-dessus. Ma baguette ne viserait aucun moldu, aucun aurore et aucun élève de Poudlard – quoique là par contre… - Je vois, susurra Voldemort, et bien, je te fais confiance Severus. En espérant, que ta nouvelle recrue soit aussi satisfaisante que tu le dis. Je ne pus retenir un regard mauvais. Il osait mettre mes talents en doute sans même m’avoir vu combattre ou autre. Je retins de justesse une réplique cinglante, n’oubliant pas non plus que l’homme en face de moi utilisait l’Avadakedavra avec une facilité inhumaine. Il finit par s’en retourner à ses affaires loin du manoir, après un petit rapport de la soirée. Les mangemorts se retirèrent, et alors que Rogue s’apprêtait à partir, je le retins. - Professeur ! Ne partez pas si vite. Il s’arrêta et se tourna vers moi. - J’ai besoin d’explications. Je veux savoir ce que je fais là ! Quel est mon but ! - Protégez-vous, et protégez Malefoy. - Et ? - Le reste, je vous en parlerai plus tard, dans un lieu plus sûr qu’ici. - Une dernière chose. Dans la tour, pour le Professeur Dumbledore… - Je savais ce que je faisais. Je vous raconterai ça aussi plus tard. Dans sa voix, dans son attitude, je sus qu’il regrettait son geste. Ce que je voulais à présent savoir c’était le pourquoi de la chose. Pourquoi avait-il passé un pacte avec la mère de Drago ? Pour le protéger ? Dans quel but ? Il y avait tellement de choses que je voulais savoir. De plus, il me laissait à présent seule avec les Malefoys, sans que je sache réellement ce que je faisais ici. Drago me rejoignit et me prit par la main. - Tu vas rester chez nous, ça sera plus sûr, d’accord ? J’acquiesçai silencieusement, et il me guida jusqu’à une chambre d’ami. J’aperçus vaguement sa mère, mais il marchait trop vite pour que je m’y attarde. Arrivé dans la pièce vide, il ferma porte, et s’y adossa, et se laissa glisser jusqu’au sol. Je m’accroupis à ses côtés. - C’est ma faute… Tout est ma faute… murmura-t-il. - Drago… - Dumbledore est mort à cause de moi ! Poudlard a été attaqué à cause moi ! Je ne voulais pas… Je le pris dans mes bras et il resta blotti contre moi plusieurs minutes, ne pouvant retenir ses larmes plus longtemps. J’imaginai le stress, l’angoisse, et la peur qu’il avait du accumuler en si peu de temps, et je faisais ce que je pouvais pour lui apporter réconfort et tendresse. Tout comme Rogue, il avait été entrainé dans un complot contre son gré, sans rien pouvoir faire, et avait été rapidement


submergé. Moi-même je ne cessai de me demander ce qui allait se passer dans les mois futurs. Quel serait mon objectif et mon rôle dans cette guerre qui commençait ? Car la fonction d’agent double n’était pas sans risque… Drago finit par s’écarter et se releva lentement. - Je suis content que tu sois à mes côtés. C’est tellement rassurant d’avoir une sorcière comme toi… Sans me regarder, il rougit légèrement, et quitta la pièce. Je me dirigeai vers les deux portes vitrées de la chambres, les ouvris, et allai vers le petit balcon. M’accoudant sur le rebord, j’observai l’extérieur, pensive. Vivement que tout soit fini.

Deux jours après mon arrivée au manoir, Lucius Malefoy avait regagné sa demeure… Pour mon plus grand bonheur… Cet homme m’insupportait énormément. Je commençai à me dire que je prendrai sûrement un logement ailleurs sous peu. Et le lendemain de son retour, je fus conviée à une réunion organisée par le Seigneur des Ténèbres. Les Mangemorts se placèrent autour de la grande table en bois qui trônait dans une des immenses pièces du manoir. Rogue me fit signe de me placer entre lui et Drago. Voldemort commença à donner ses ordres pour les jours avenir, et après un moment de silence, il me fit signe de me lever. J’haussai un sourcil. Que me voulait-il donc ? Sans un mot, je m’exécutai, et il s’approcha. - Sacha Sylther, n’est-ce pas ? Je hochai la tête en simple réponse. - J’ai confiance en Severus, c’est sûr, cependant… Je veux être sûr que tu n’es pas une espionne. Je sentis Rogue se crisper à côté de moi, et Drago ne me quittait pas des yeux. Quant à moi, je restai stoïque, ne voulant pas me traïr en montrant mon appréhension. - Je n’ai rien à cacher. - Nous allons voir ça. Un sort de lecture mentale. Je m’en doutais. Et bien que l’occlumancie n’ait jamais été mon plus grand fort, je réussis tant bien que mal à cacher tout ce qui aurait pu me compromettre. Voldemort semblait quelques peus contrarié de ne rien trouver. Il cessa sa recherche, mais pas son insistance. - Bon, soit tu es honnête, soit tu es assez douée. On va confirmer ça. Endoloris ! Son sort n’eut pas le temps de m’atteindre que je l’avais bloqué. Il me regarda avec stupéfaction. Je ne sus pas si c’était parce que j’avais osé résister, ou si c’était parce que j’avais réussi à contrer un de ses sorts. - Je ne suis pas venue là pour me faire torturer, et il est hors de question que je me laisse faire.


Le silence de mort qui régnait dans la piéce était assez étouffant. Aucune des personnes présente dans la pièce n’osait parler, et faisait tout pour ne pas attirer l’attention. Voldemort restait immobile, une expression neutre sur le visage. Ce fut Rogue qui se décida à rompre ce silence. Il se leva et me fit signe de me rasseoir. - C’est une jeune pleine de talents maître, mais elle n’est pas du genre à se laisser faire. Ne lui en tenez pas rigueur, je suis tout à fait sûr qu’elle est honnête. Le Seigneur des Ténèbres resta silencieux et impassible un instant, avant de hocher la tête d’une façon brève et de faire signe à Rogue de se rasseoir. - Je testerai ses compétences une autre fois, répondit-il simplement d’une voix glaciale. Je le regardai s’asseoir en bout de table, et il reprit ses instructions. L’atmosphère se détendit un peu, et après une petite demi-heure, il conclut la réunion. Rogue en profita alors pour me dire de le suivre, et nous quittâmes le manoir. Après avoir transplané dans une petite ruelle, Rogue me guida jusqu’à une petite auberge. Elle était pratiquement vide, et surtout, assez mal famée. Il monta un premier étage, ou il n’y avait pas âme qui vive, et s’installa à une des tables. - Ici nous pourrons parler en toute tranquillité. Tu connais des sortilèges de protection ? - Quelle question… Avec quelques coups de baguette, je rendis la pièce totalement sécurisée. Il aurait apparemment était problématique qu’un Mangemort nous espionne. Rogue restait quelqu’un de froid et de peu avenant, et il n’y avait qu’en ma présence qu’il semblait un peu plus détendu. Après avoir fouillé dans une de ses poches, il en sortit une petite fiole dans laquelle se trouvaient des filaments bleu pâle. Il me la tendit. - Je suppose que vous savez de quoi il s’agit ? - Un extrait de mémoire ? - Exact. Vous comprendrez mes faits et gestes grâce à ça. Je vous demanderai simplement de la détruire une fois que vous l’aurez utilisée. - Oui, bien sûr. - Ensuite, il va falloir que je vous donne quelques indications. A vrai dire, si je vous ai demandé de me suivre, ce n’est pas uniquement pour protéger Malefoy. Je connais vos opinions sur le Seigneur des Ténèbres et ses disciples, et ne compte pas vous demandez de devenir une Mangemort. Seulement, ne soyez pas trop rigide face à lui, ce n’est pas un simple sorcier, et il pourrait vous tuer si jamais il trouve que votre réaction est un affront. - Je me doute bien, mais… - Laissez-moi finir. Malgré ça, j’ai cru comprendre qu’il portait un intérêt certain à vos pouvoirs, et si vous faites vos preuves vous serez certainement en bonne position ensuite. Par


contre, gardez des sorts en réserve, car vous serez désavantagée s’il connait tous vos points forts et points faibles. Je voulais ensuite vous dire que beaucoup de Mangemorts n’apprécient pas votre présence, et qu’ils risquent de s’en prendre à vous. Et pour finir… J’aimerai que vous vous serviez de votre présence parmi l’armée du Seigneur des Ténèbres comme un gros atout : servez-vous de votre intelligence et de votre malice pour recueillir des informations importantes, voir même vitales, pour nous aider à le vaincre. Cherchez ses failles, ses secrets, ainsi que ceux de ses sbires, et gardez les en mémoire. - En gros, je suis une gentille, qui me fait passer pour une méchante, afin de traïr les méchants au dernier moment pour aider les gentils, c’est ça ? - Exact. Et votre autre mission, c’est d’empêcher Drago Malefoy de devenir un assassin. Dissuadez-le de tuer, sans le mettre en danger par rapport à sa position, faites en sorte qu’il achève ses missions sans meurtres. - Oui, ça ne sera pas très difficile. Mais pourquoi me demander ça à moi ? - Depuis mes longues années de carrière à Poudlard, je n’ai jamais eu aucun élève à Serpentard aussi doué que vous. En plus de maîtriser la magie mieux que certains mages très puissants, vous savez rester raisonnable et vous en servir avec sérieux. Et puis, vous avez bonnes convictions. - Merci professeur, répondis-je, flattée par tant de compliments. - Je vous demande juste une chose : ne vous attaquez JAMAIS à Voldemort, peu importe ce qu’il fait, d’accord ? J’acquiesçai et il se leva. Je fis de même, et nous sortîmes de la petite auberge. Rogue me salua et me donna un bout de papier sur lequel se trouvait une adresse. Il m’expliqua que je pourrai loger là-bas en attendant de trouver quelque chose par moi-même. Je le remerciai et transplanai à l’endroit décrit. La rue était affreusement vide, mais surtout, les numéros ne correspondaient pas. - 12 Square Grimaud, lus-je à haute voix en fixant le papier. A cet instant, les maisons commencèrent à bouger et je fis un bond en arrière. Un mur, des fenêtres, une porte, et un petit jardin apparurent devant moi. Je lus « 12 » sur la boîte aux lettres, et restai un moment bouche-bée face à cette apparition. Je finis par marcher lentement jusqu’à la porte et entrer. L’endroit était… Lugubre. De plus, j’ignorai totalement ou j’étais. Par mesure de précaution, je fis un bref tour du rez-de-chaussée, afin de désactiver tous les pièges magiques qui auraient pu s’y trouver. Puis je fis disparaître la poussière et les toiles d’araignées qui encombraient l’endroit. Etre seule ici ne me rassurait guère, mais j’aurai au moins la paix. Je montai à l’étage et fis un tour des pièces. Je tombai alors sur une chambre étrange : sur un des murs était peint un immense arbre généalogique. Je compris alors où je me trouvais. Rogue m’avait fait venir dans la maison de la famille Black. Pourquoi ? Je l’ignorai encore… Je m’assis sur un lit, dans la chambre en face de celle de l’arbre, et sortit la fiole de ma poche. Je la contemplai un instant, silencieuse et immobile. Je soupirai, et après avoir sorti la mèche de souvenirs, j’incantai un sortilège me permettant de les lire. Je vis alors un bon nombre de chose : le séjour de Rogue à Poudlard et ses mauvaises relations avec James Potter, ensuite son séjour chez les Mangemorts, puis quelques-unes des ses discussions avec


Dumbledore. Je compris le double jeu qu’il menait, et la force qu’il lui avait fallu pour être mal vu par bon nombre de personne, alors que son unique but était d’aider les forces luttant contre Voldemort. Je vis alors les membres de l’Organisation nommée « Ordre du Phoenix » et j’eus l’explication du conseil sur ce lieu. Et pour finir, je vis sa dernière conversation avec Dumbledore. Il n’avait donc jamais eu la volonté de tuer le directeur, bien au contraire, mais celui-ci, aux portes de la mort, lui avait demandé de se charger de la mission de Drago, afin de l’empêcher de devenir un meurtrier. Je sortis de ces souvenirs, un peu sonnée, et après avoir fait disparaître la fiole, je m’allongeai sur le lit. Le vie de Rogue n’avait jamais été facile : martyrisé étant jeune par le père de cet idiot à lunette et ses amis, puis obligé d’être méprisé par beaucoup de monde à cause de son double jeu devant resté secret, il avait dû rester seul, sans réel allié sur qui compter hormis Dumbledore. Pire encore, il avait été obligé de tuer la seule personne lui accordant son entière confiance, afin de lui éviter une fin plus cruelle, mais tout cela en passant pour le méchant de l’histoire aux yeux de tous. Ca me rendait assez triste de savoir ça. Après tout, il avait toujours été charmant avec moi, et jamais je n’avais pensé qu’il puisse être un traître ou un lâche. Après un soupir, je me levai, et j’entendis du bruit en bas. Je dégainai ma baguette, et me glissai hors de la chambre sans un bruit. Quelqu’un s’agitait en maugréant au rez-de-chaussée. J’aperçus alors un elfe, à l’air fort peu aimable. Je rangeai ma baguette et descendis. Il sursauta en me voyant et commença à m’incendier. - Qui êtes vous ?! Et que faites-vous ici sale petite sorcière ?!! - Change de ton avec moi si tu ne veux pas que je te cloue le bec d’un coup de baguette. Mais pour te répondre en toute franchise, c’est Severus Rogue qui m’a fait venir ici. - Rogue… murmura l’elfe, puis il releva les yeux vers moi, avec toujours ce petit regard agressif, vous êtes de sang pur, alors Kreatur va vous laisser rester ici, mais ne touchez pas les objets de la maison !! - Ne t’en fais pas, je n’ai pas que ça à faire. Je remontai au premier, un peu soulagée de ne pas être seule dans cette maison quelques peus lugubre. Même si la présence de cet elfe était dérisoire, c’était toujours mieux que rien. Lorsque mon regard s’attarda sur la corbeille à l’entrée de la chambre, je vis qu’un vieil exemplaire de la Gazette du Sorcier était dedans. Je le pris, et reconnus Sirius Black sur la couverture. J’en savais très peu sur cet homme, mais il avait l’air d’être un homme bien. Dommage que la folle furieuse qui servait de tante à Drago l’ait tué. Je m’allongeai de nouveau sur le lit. Il se faisait tard. Mes yeux se fermèrent tous seuls…

Les jours, les semaines passèrent si vite qu’avant que je ne m’en rende compte l’été était déjà bien entamé. Un jour que je bouquinai tranquillement au premier, j’entendis la porte s’ouvrir et des voix s’élever dans le couloir. Je reconnus rapidement les intrus, et fut on ne peut plus surprise par leur présence. Je réfléchis rapidement à une cachette, et allai me planquer dans l’armoire vide. Leur séjour fut bruyant mais rapide. Visiblement Harry et ses amis cherchaient quelque chose qui ne se trouvait pas ici. Rien de spécialement intéressant s’échappa de leurs bouches, mais un mot m’interpela : « Horcruxe ». Jamais ce terme n’était parvenu à mes oreilles et ça m’intriguait. Quand ils furent partis, je sortis de ma cachette, contente de savoir Ron en bonne santé, et avec un nouvel


objectif en tête : découvrir l’identité de ce mot inconnu. Je pris mon sac, mes affaires, et transplanai à Poudlard. Oui, c’était normalement impossible. Normalement. Sauf qu’il restait une faille : le bureau du directeur. Rogue fit un bon sur son siège en me voyant apparaître de nulle part, et soupira. - Prévenez avant de faire ce genre de chose, histoire que je ne manque pas l’arrêt cardiaque à chaque fois, ça sera gentil. - Navrée professeur, je serai un peu plus discrète à l’avenir, répondis-je avec un sourire. Il leva les yeux au ciel et me fit signe de prendre la porte. C’était triste que je ne sois plus scolarisée à Poudlard alors que Rogue en avait la charge à présent. Cependant, lorsque je vis les Mangemorts qui erraient dans les couloirs, je changeai vite d’avis. Traversant le château, je finis par atteindre la bibliothèque. Bien sûr, jamais je n’aurai trouvé ce que je cherchais dans les rayons normaux, c’était certain, mais en quelques coups de baguettes je finis dans la réserve. Je crus pendant de longues minutes ne pas trouver ce que je voulais, quand soudain, j’aperçus un livre noir, tout fin, caché entre deux gros pavés sur la magie noir et les dragons. Sur la bordure, on pouvait voir « Fonctionnement des Horcruxes » écrit en tout petit. J’ouvris le livre, et le feuilletai rapidement. Je n’en crus pas mes yeux lorsque je compris ce que signifiait ce mot. Découper son âme ? En tuant des gens ? Procédé sinistre, mais ne m’étonnant même pas de la part de Voldemort. Alors Potter & co’ cherchaient ces fameux horcruxes afin de les détruire. En y réfléchissant, ils n’avaient un peu que ça à faire, et ce n’est pas moi qui irais m’occuper de leurs petites affaires. Je sentis alors un frisson glacé me parcourir le dos. Je ne supportai pas cette sensation, mais refusant catégoriquement de porter la marque des Ténèbres, c’était le moyen convenu avec Voldemort pour me contacter. Après avoir rangé le livre dans mon sac, je transplanai chez les Malefoys. Arrivée là-bas, je me fis sauter dessus par la mère de Drago. Son air affolé et les larmes embuant ses yeux m’angoissèrent. - Sacha ! Je t’en prie, fais quelque chose, le Seigneur des Ténèbres est en train de faire du mal à Drago ! J’ouvris de grands yeux, et sans lui répondre, je filai, le cœur battant, à l’intérieur du manoir. Des cris déchirants brisèrent le silence de la maison et mon sang se glaça. Je suivis la voix de Drago, et arrivée dans la pièce de réunion, je vis Voldemort, la baguette pointée vers le sol, où le jeune homme aux cheveux blonds se tordait de douleur. Les Mangemorts assis à la table, y compris Lucius Malefoy, regardaient la scène sans réagir. - Endolo… - EXPELIARMUS ! La baguette de Voldemort valdingua à l’autre bout de la pièce, et tous les regards, y compris le sien, se tournèrent vers moi. - Ca ne sert à rien de me fusiller du regard, je n’ai pas peur de vous ! Et quoiqu’il arrive je ne vous laisserai pas torturer Drago sans rien faire ! Je me tournai ensuite vers la table, et plantai mon regard dans celui de Lucius Malefoy. Mon attitude n’avait jamais était aussi sombre, et ma voix aussi froide.


- Quant à vous… Votre fils souffre sous vos yeux, et vous n’avez même pas le courage de réagir ?! Vous n’êtes qu’un homme lâche et pathétique, et le mépris que j’ai pour vous a atteint son sommet à cet instant même ! J’allai ensuite vers Drago, tandis que Voldemort allait récupérer sa baguette sans un mot. Arrivée à la hauteur de la victime du jour, je pris sa main, et il ouvrit les yeux. En me reconnaissant, il se jeta dans mes bras en disant mon nom. Il ne me lâcha plus pendant quelques minutes, le temps pour moi de mettre la situation au clair. - Pourquoi lui avez-vous fait ça au juste ? Le Seigneur des Ténèbres s’approcha, et Drago se figea, tremblant. - Il a une nouvelle fois échoué lors d’une de ses missions, et je ne supporte pas les gens faibles. S’il veut faire honneur à son rang, il doit apprendre à faire les choses correctement. Par ailleurs, je ne t’ôte pas la vie car je sais à quel point tu es une puissante sorcière, mais si tu continues à me tenir tête, je risque de sévir… De façon radicale. Il se tourna alors vers ses serviteurs. - Vous par contre, le premier qui ose me défier, je lui ferai subir les pires tortures qui existent dans le monde magique. Je lui lançai un dernier regard mauvais, avant d’aider Drago à regagner sa chambre. Allongé sur lit, il grimaça. - J’aimerai tellement avoir ton courage Sacha… Je suis faible, et incapable de quoique se soit ! J’en ai assez de cette situation… - Redis ça, et je te décoche la plus belle baffe de ta vie. Pigé ? Il tourna la tête vers moi, les yeux grands ouverts de surprise. - Drago, tu es loin d’être inutile. Certes tu n’es pas le plus puissant, ou le plus courageux des sorciers, mais tu es intelligent et contraint de faire des choses que tu ne souhaites pas. Et puis soit un peu positif, regarde, tu aurais pu être Harry Potter ! Imagine l’angoisse… Il sourit, à moitié amusé, à moitié flatté. Il se redressa et se planta alors vers moi. - Tu as raison. Tu promets de toujours rester à mes côtés, quoiqu’il arrive ? - Bien sûr ! Pourquoi une telle question ? Drago ne répondit pas. Il resta immobile un instant, puis il s’approcha d’un geste assuré, et posa ses lèvres sur les miennes. J’ouvris de grands yeux, on ne peut plus surprise par cette réaction, mais je ne bougeai pas, le laissant gérer les choses. Lorsqu’il recula, ses joues avaient viré au rouge pivoine, et il paraissait très gêné. Je restai silencieuse et finis par quitter la pièce afin de fuir ce silence pesant. Le geste de Drago s’avérait un peu prévisible, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’y repenser à mesure que mes pas me guidaient hors du manoir.


Plusieurs jours avaient passé sans que je retourne au manoir des Malefoy, et pendant ce temps d’absence j’en avais profité pour réfléchir aux Horcruxes. Certes Harry et sa bande pouvaient aisément les trouver avec un peu de jugeote, je n’en doutais pas, mais je préférais assurer leurs arrière en me renseignant moi-même. Après quelques recherches et quelques réflexions, j’élaborai une liste des objets envisageables. Puis, un peu lassée par cette activité ennuyeuse, je finis par me motiver à retourner chez Drago. Arrivée devant l’immense portail en fer, je vis un groupe de Mangemorts entrer dans le manoir. Je composais rapidement le code d’accès et pris rapidement la diretion de la porte d’entrée. Arrivée là, quelle ne fut pas ma surprise en voyant Ron, Hermione, et… Un truc difforme ressemblant vaguement à Harry. Lorsque je m’avançai, les deux garçons furent conduits dans les cachots. Ron me lança un regard implorant, et je lui adressai un léger mouvement de tête pour lui indiquer que tout irait bien. Lorsque Bellatrix commença à emmener Hermione, je la pris de vitesse. - Sans vouloir t’offenser, il me semble que je suis plus calée que toi en sorts de torture. Tu poses les questions et j’agis, ça te convient ? - Je peux m’en charger moi-même, répliqua t’elle séchement, cependant… Pourquoi pas. Elle jeta Hermione par terre avec violence, et je me retins de réagir. La jeune sorcière me regarda avec un mélange de peur et de haine. Je m’accroupis alors vers elle, et murmurai, d’une voix tout juste audible : - Je ne compte pas te faire de mal. Alors j’espère que tu as de bon talents d’actrice. Il faut que ça paraisse assez crédible pour ne pas que Bellatrix se doute de quoique se soit, ni qu’elle reprenne le relai. Hermione ouvrit de grands yeux et je me relevais. - Bellatrix, vas-y. La sorcière commença alors l’interrogatoire et je fis semblant de torturer Hermione. Pour rendre la séance un peu plus véridique, je lui lançais quelques sorts lui déclanchant de très légères douleurs, ainsi qu’un sort déclanchant des larmes. Le petit manège dura environs un quart d’heure, jusqu’à ce que Ron et Harry fassent une arrivée plutôt violente dans le salon. En voyant Hermione à terre, tous les deux braquèrent leur baguette sur moi et Bellatrix. Je plongeai mon regard dans celui de Ron, et après quelques secondes il abaissa sa baguette. Des éclairs fusèrent alors dans la pièce, et alors que Dobby, sorti de nulle part, se téléportait pour aider le trio de choc à se téléporter, je vis la dague de Bellatrix fuser vers eux. Je n’eus pas le temps de le dévier et j’espérai qu’il ne blesserait personne gravement. La sorcière aux cheveux noirs devint hystérique, et se tournant vers Drago, elle lui décocha une baffe. - TU ES INUTILE DRAGO ! COMMENT PEUX-TU ETRE INCAPABLE DE RECONNAITRE HARRY POTTER, HEIN ?!


Je m’interposai rapidement et lançai un regard mauvais à la tante de Drago. Cette dernière fulmina un moment en silence et disparut. Je me tournai alors vers le jeune homme. - Tu as très bien agi. Je suis fière de toi. Je lui adressai un sourire, et il s’empourpra légèrement. J’hésitai un instant, puis m’approchai et l’embrassai. Je fis ensuite un pas en arrière et transplanai jusqu’à Poudlard. Le château était lugubre depuis quelques temps. Seul le bureau du directeur ne me faisait pas froid dans le dos. D’ailleurs je ne pus pas croiser ce dernier à mon arrivée. Je soupirai et allai me ballader un peu dans les couloirs. Tout était si sombre, et les mangemorts erraient eux aussi. Ceux me connaissant me lançaient des regards mauvais, et les autres m’ignoraient. Rogue me donnait un accès général au château et je pouvais faire ce que bon me semblait. Après un rapide tour des lieux, je me rendis compte à quel point tout était si vide… Aucun élève ne se balladait dans les couloirs… C’était si… Glauque… Je finis par regagner le bureau du directeur. Rogue était revenu et il me salua. Sans un mot, je vins me planter en face de lui. - Pourquoi Poudlard est devenu comme ça ? On dirait plus une prison qu’une école ! - Je sais. Mais d’après vous comment réagirait le seigneur des ténèbres en voyant un endroit festif, ou tout le monde à le sourire ? Il n’avait pas tort. Après tout, une école remplie de détraqueurs ne pouvait pas être agréable. Voyant mon air agacé, il soupira. - Que voulez-vous que je vous dise ? Ca ne m’enchante guère, cependant, je suis obligé d’agir ainsi. - Oui, je comprends tout ça, mais ça n’empêche pas que ça ne me plait pas. Enfin… Je suis simplement venue vous avertir que Harry et ses copains sont passés par le manoir. Ils se sont enfuis et j’ai évité qu’il y ait des dégâts. - Il faudrait vraiment qu’ils se méfient plus que ça… Mais si tout est arrangé alors il n’y a pas besoin de s’inquiéter. Je hochai la tête et restai muette un instant. - Professeur… Vous ne m’avez toujours pas expliquer ce qu’il s’était passé avec Dumbledore. - C’est une longue histoire. Je vous ferai part de mes souvenirs quand l’occasion se présentera, ne vous en faites pas. Je soupirai, peu satisfaite de cette réponse. - Doutez-vous de moi ? demanda t’il alors. - Non, bien sur que non ! Seulement j’aime bien comprendre, et être tenue au courant. - Il y a des choses qui sont faites pour rester secrètes pendant un certain temps. - Hum…


Je pris un grande inspiration, et finis par transplaner à l’extérieur de l’école. Pour l’instant je me sentais assez inutile… Cependant, la fin de l’année scolaire approchait, et je commançais à pressentir un avenir tumultueux. Je finis par activer un sort d’empathie sur Rogue, et réactiver celui sur Drago. Ainsi je saurais si quelque chose leur arrivait. Je regagnais mon appartement, et retournais potasser mes livres de magie noire..

Le siège contre Poudlard avait été organisé. J’avais transplané là-bas lorsque Rogue m’avait contacté pour m’annoncer le retour de Harry. Infiltrée discrètement dans les rangs de l’école j’avais pu assiter au retour triomphale du héros à lunette. Le nouveau directeur avait fini par être obligé de fuir le château suite à la riposte de Mc Gonagall, et les Serpentards avaient dû rejoindre les cachots, suite à la suite réaction de Pansy… Quant à moi, j’étais restée cachée, observant la scène de loin. L’Ordre du Phoenix, et tous les élèves et professeurs s’affairaient à présent pour protéger l’enceinte du château. Voldemort avait prévenu de son arrivée… Je sortis de ma cachette et courus rejoindre Ron. Harry et Hermione restèrent neutres, et mon ami rouquin m’adressa un grand sourire. - Sacha !! Quelle joie de te voir ! - De même. Vous avez un plan pour les actions à venir ? - Il faut qu’on trouve le diadème perdu de Serdaigle, répondit Hermione. - Très bien… Je vous laisse vous en charger, je vais faire quelques vérifications. Ils hochèrent la tête et s’éloignèrent. Quant à moi je fis le tour du château, cherchant une trace de la présence de Drago. Mais visiblement il n’était pas encore là… J’entendis alors des bruits d’explosions, et je vis la barrière entourant le château en train de se fissurer. Je grimaçais. Si les mangemorts entraient, ça deviendrait vite la panique. Je retournais dans le hall, et entendis des bruits de combat non loin. La bataille venait de commencer. Je courus à travers le château, cherchant un signe du trio, ou de Drago. Je finis par apercevoir Hermione et Ron se diriger vers la salle sur demande. Arrivée à leur hauteur, je vis Harry dans la pièce cachée et compris que le diadème devait s’y trouver. Nous fîmes un rapide tour des lieux avant de trouver l’objet en question. Je sursautai en sentant la présence de Drago et en levant les yeux je le vis encadré par Crabbe et Goyle. Il rougit lorsque je lui souris, mais la situation bascula lorsque Goyle lança un sort en visant Hermione. Cette dernière esquiva, et Ron se jeta à leur poursuite. Harry prit le diadème et je suivis les autres. Soudain un énorme serpent de feu jaillit de nulle part et commença à embraser toute la pièce. Ron fila à côté de moi, pris de panique, et je fis rapidement de même. - Il faut trouver la sortie de toute urgence ! s’exclama Hermione, on va y rester sinon ! - Là ! s’écria Harry, des balais ! Nous prîmes de quoi nous déplacer plus rapidement et nos balais s’envolèrent hors de portée des flammes. Je partis alors en quête de Drago, et à ma surprise, mes trois compagnons firent de même. - Franchement ! Si on meurt vous me le paierez ! pesta Ron.


Je vis alors Drago. Filant vers lui, je m’arrêtai à ses côtés et le laissai monter sur mon balai pendant que Harry récupérait l’autre. Après avoir repéré la porte, nous mîmes les bouchées doubles, et sortîmes en quatrième vitesse. L’atterrissage fut assez violent. Drago se releva avec difficulté, avant de s’apercevoir qu’il était vautré sur moi. Il bafoua des excuses et m’aida à me relever. Je lui souris et il fut encore plus mal à l’aise. Harry, Ron et Hermione nous abandonnèrent alors. - Drago, sois prudent. La bataille fait rage et je ne pourrai pas forcément te protéger. Alors fais attention à toi. Je m’approchai pour déposer un baiser sur ses lèvres, et il me prit dans ses bras. - Je ferais attention. Mais fais de même Sacha, tu es en danger aussi. - Je serais prudente. Je lui adressai un dernier sourire, avant de filer. Il fallait que je retrouve Rogue. Je sentis alors une impression étrange m’envahir. Mon cœur s’emballa et je dus m’asseoir. Une douleur foudroyante me traversa alors et je compris. Je transplanai suivi mon lien psychique. Mais je ne fus pas assez rapide. Lorsque j’arrivai, Rogue gisait dans une marre de sang, couvert de morsures de serpent. Tout s’arrêta d’un coup, et je me mis à trembler. - Non.. Non… NON !! m’écriai-je en me jetant aux côtés de mon professeur. Ce dernier, encore conscient, tourna la tête vers moi et eut un vague sourire. - Sa..cha… Je suis content… De te voir… Je voyais son visage de manière floue, car les larmes embuaient mes yeux et coulaient le long de mes joues. Je m’étais promis de protéger deux personnes dans cette bataille, et je venais d’en perdre une… - Prends… Mes souvenirs… Regarde les, et… montre les à Potter… - D’accord… - Et prends soin de toi… Sacha… - Severus… Rogue… Tu es un homme bien, et je ferai en sorte que plus personne n’en doute. Tout le monde saura qui tu étais réellement, je te le promets. - Merci… murmura-t-il dans un soupir. Je vis alors des larmes perler aux coins de ses yeux et je pris sa main. Il me sourit et ferma lentement les yeux avant de rendre son dernier souffle. Un cri déchirant brisa le silence. Ma voix. Les larmes. La douleur. Tout ça se mélangeait dans un tout absolument atroce. Le front posé sur la poitrine immobile de Rogue, je ne pouvais plus retenir mes larmes. J’entendis alors des bruits de pas. Et je reconnus les voix de Harry, Ron et Hermione. Les deux derniers vinrent me réconforter mais il me fallut plusieurs longues minutes pour me calmer. Je finis par tendre une des fioles contenant les souvenirs de Rogue à Harry. - Il m’a demandé de te donner ça… murmurai-je.


- Merci. - Sacha, ça va aller ? demanda Ron timidement. - Non… Mais je ne suis plus triste. Plus vraiment. Je suis très en colère par contre. Vraiment, très en colère. Je me relevai et saisis ma baguette. - Je vais aller voir ces souvenirs. Et après, je tuerai ce maudit serpent. Ainsi que son propriétaire. - Voldemort ? Mais… - Je sais Ron ! Seulement je n’en ai rien à faire ! Je vengerai Rogue, quoiqu’il en coûte. - Mais c’est de la folie si on a pas détruit tous les Horcruxes ! s’exclama Hermione. - Je n’en ai rien à faire, rétorquai-je froidement. Et je transplanai dans le bureau du directeur.

Il fallait que je retrouve Voldemort. Mais je ne savais pas par où chercher. Après tout, il était peu probable qu’il se ballade dans le château. Peu après mon arrivée, j’entendis sa voix. Il donnait rendez-vous à Harry dans la forêt. Je laisserai passer ça, et ensuite, dès qu’il pointerait le bout de son nez, j’attaquerai. Il fallait que j’agisse à la vue de tous, pour qu’il comprenne le message que je souhaitais faire passer. Pour le moment, je pris les souvenirs de mon défunt professeur et les versai dans la Pansine. Je revis alors les images de son passé, et je pus réaliser quel était le secret qu’il cachait au fond de lui. Cet amour inavoué pour Lily Potter… Ainsi que la raison pour laquelle il s’était acharné à protéger Harry et… Pourquoi il avait tué Dumbledore. Tout s’éclara en quelques minutes et ma gorge se serra d’autant plus… Il n’avait cessé de souffrir, et de s’acharner à faire le bien… Tout en passant pour un traître et un lâche aux yeux de tous. Je me mordis la lèvre pour retenir mes larmes et quittai son bureau. Je croisais Harry qui venait lui aussi voir ces souvenirs. Il resta muet, et je fis de même, étant de toute façon incapable de parler. Le château était redevenu calme, et j’allai m’asseoir dehors, sur le rebord d’un mur, dans un endroit où le chaos n’avait pas sévi. Il faisait doux, et seul un léger vent rompait le silence qui pesait à présent dans les environs. Seulement, il ne fallait pas se reposer pour autant, tout n’était pas fini. Loin de là. J’aperçus alors Harry se diriger vers la forêt. C’était son choix. Risqué, certes, mais je ne voulus pas intervenir. Je repartis dans les couloirs de l’école, perdue dans mes pensées. Je vis alors que tous les gens que je croisais se dirigeaient vers l’extérieur. Intriguée, je suivis le mouvement, et arrivée dehors, je vis Voldemort, en tête d’un cortège de Mangemorts, avec à ses côtés, Hagrid, portant le corps inerte de Harry. J’ouvris de grands yeux, stupéfaite par cette vision. Le Seigneur des Ténèbres fit un petit discours triomphant et invita ses spectateurs à le rejoindre. - Allez Drago, viens, lança Lucius Malefoy, bientôt soutenu par Voldemort. - Non Drago. Ne bouge pas.


Tous les regards se braquèrent sur moi alors que je sortais de la foule pour venir me planter à quelques mêtres du groupe de mages noirs. - Ni lui, ni quiconque ici présent ne vous rejoindra. - Sacha ? Tu n’étais pas censée… - Etre de votre côté ?! Ne vous leurrez pas, jamais je ne servirai un monstre tel que vous. Vous avez tué l’homme qui avait le plus de mérite à mes yeux, et je ne vous le pardonnerai jamais… - Ah ? Qui donc ? - Severus Rogue ! Et ne faites pas comme si vous étiez stupide ! Vous avez cru quoi ? Qu’il était de votre côté lui aussi ?! Eh bien non ! Il a toujours servi Dumbledore, il a toujours protégé Harry et il a toujours lutté pour vous vaincre ! C’était un homme courageux et je veux que tous ceux qui m’écoutent le comprenne. - C’est un joli discours tout cela, mais… ça te mène à quoi ? - A vous dire que vous avez commis un acte intolérable. Et que je vais vous le faire payer. Une flamme rouge vif fusa alors de ma baguette en direction du Seigneur des Ténèbres. Il la dévia au dernier moment, surpris, et plusieurs mangemorts dégainèrent leurs armes. Voldemort les stoppa d’un geste. - Je n’ai pas besoin de votre aide pour vaincre cette petite peste… cracha t’il. Un silence de mort tomba alors sur la foule nous entourant. Après quelques secondes je repris l’assaut. Nos sorts s’entrechoquèrent de nombreuses fois, et le résultat resta le même au début qu’à la fin, hormis quelques égratignures de chaque côté. Tout le monde était stupéfait par la manière avec laquelle je rispostais et attaquais Voldemort. Mais malgré mes efforts je ne réussissais pas à le blesser, et je commençais à épuiser mes ressources…


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