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#08

mai 2009

DU CÔTÉ DE CHEZ

MIRSAD TÜRKCAN

ÉMILIE GOMIS UNE SUPER NANA

26 LES ÉCHOS 32 POUR OU CONTRE 34 ANDREW ALBICY 42 LA RÉTRO : LES TIRS À TROIS-POINTS 60 LA ZONE MIXTE

MOI JE

JIMMY VEROVE, LE SURVIVANT

Champion de France

QUI ?

ASVEL CHALON GRAVELINES LE MANS NANCY ORLÉANS ROANNE STRASBOURG

L 19153 - 8 - F: 5,00  MAXI BASKETNEWS N°08 - MAI 2009 DOM avion : 5,60 € - BEL : 5,40 € - Port.cont : 5,20 €

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IDEEPOLE GROUPE BYGMALION


SOMMAIRE • maxibasketnews 3

PLAYOFFS À LA

FRANÇAISE

mai 2009 Par Pascal LEGENDRE

D

éjà, lorsqu’il adopta les playoffs, un an avant gagnants et à trois uniquement en 93, 95 et 96. Et encore la création de la LNB, le basket français le uniquement pour la finale, voire la demi-finale. Ce qui est fit avec retard, sans enthousiasme, et avec possible en Espagne, en Italie, en Grèce et jusqu’au fin fond anachronisme. Les demi-finales se jouèrent par matches de l’Amérique du Sud, ne le serait plus dans la douce France. aller-retour et le vainqueur était celui qui avait le meilleur Est-ce sérieux de dire ça  ? De plus, c’est l’enchaînement point average. L’édition de 1987 recèle même un véritable des rencontres qui donne du rythme, qui fait aussi l’attrait trésor totalement kitch : un « nul » entre Monaco et Limoges, des playoffs. Or, en France, on laisse parfois s’écouler une 96 partout ! Quelque chose clochait dès la mise à feu. En semaine pleine entre deux matches. fait, les instances nationales n’avaient retenu des playoffs Les playoffs français ressemblent à une loterie. C’est idéal pour créer de l’incertitude, plaire aux sans-grade et aux que la musique et pas l’esprit. Les playoffs, c’est une ingéniosité des Américains. Le concept bookmakers. C’est sportivement une hérésie, une injustice. existe dans leur basket professionnel depuis les années vingt, D’autant que ce phénomène a pris de l’ampleur depuis que et ne vaut que s’il est pris dans sa globalité. Il permet d’offrir la finale se dispute sur un seul match. Une décision louable aux fans ce qu’il y a de meilleur en fin de saison en opposant, à l’origine puisque le but était de créer un événement à Paris sur des matches couperets, les plus fortes équipes de la – la France étant un indécrottable pays jacobin –, mais qui a perdu un peu de son sens depuis que compétition. Le niveau s’élève et on n’y fait pas de quartiers. Mais, contrairement LES PLAYOFFS, C’EST France Télévisions a retiré ses caméras. à une idée reçue, les playoffs ne font UNE INGÉNIOSITÉ En plus, cette finale se confond dans pas table rase de la saison régulière. Et DES AMÉRICAINS l’esprit des gens avec celle de la Coupe de France, jouée un mois auparavant, au ceci pour une bonne raison : le nombre important de matches par série (il faut remporter quatre même endroit, à Bercy. Sans parler du fait que ce procédé manches en NBA pour passer un tour) limite la part du prive les publics locaux des « finales », sorte de cerises sur hasard. Surtout que la « belle » est chez le mieux classé. C’est le gâteau, comme le faisait remarquer l’an dernier Jean-Luc Monschau, coach des champions de France nancéiens. forcément au bout du compte le meilleur qui gagne. Le tableau dans notre dossier le rappelle : la LNB a changé C’est dans l’esprit français de ne pas vouloir faire comme de formule de playoffs quasiment tous les deux ans, faisant tout le monde… Il faudrait quand même se demander emprunter à ses équipes des chemins vicinaux, tarabiscotés, si la raison pour laquelle NOS playoffs attirent moins de pour aller jusqu’en finale. Un temps, on superposa le premier monde qu’à l’étranger, c’est peut-être justement parce tour des playoffs au Tournoi des As, histoire sans doute de bien qu’on cherche systématiquement à ne pas reproduire ce qui le cacher ! Surtout, on n’alla jamais jusqu’à quatre matches marche ailleurs. ■

SOM MAIRE

08

04

PLAYOFFS : AUCUNE CERTITUDE

10

PLAYOFFS : LES ÉQUIPES

26

LES ÉCHOS

32

POUR OU CONTRE

34 focus : ANDREW ALBICY 36

DU CÔTÉ DE CHEZ… MIRSAD

42

RÉTRO, LES PANIERS À TROIS-POINTS

46

PORTRAIT : ÉMILIE GOMIS

52 MOI JE : JIMMY VEROVE 62

ZONE MIXTE

journalistes 

RÉDACTION AUX USA

Jérémy BARBIER (Chicago), Frédéric GONELLA (San Francisco) et Pascal GIBERNÉ (New York).

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Ont collaboré À ce numero 

RÉGLAGE 

Pierre-Olivier MATIGOT (po.matigot@tomar-presse.com)

Thomas BERJOAN (06-45), Thomas FÉLIX (06-47), Fabien FRICONNET (06-48), Florent de LAMBERTERIE (06-46), Pierre-Olivier MATIGOT (06-49) , Laurent SALLARD (06-44) et Pascal LEGENDRE (02-43-39-16-26) Secrétaire de rédaction Cathy PELLERAY (02-43-39-07-33)

CORRESPONDANTS À L’ÉTRANGER 

Pascal LEGENDRE (p.legendre@tomar-presse.com)

RÉALISATiON GRAPHIQUE 

David BIALSKI (USA), Giedrius JANONIS (Lituanie), Kaan KURAL (Turquie), Pablo Malo de MOLINA (Espagne), Bogdan PETROVIC (Serbie), Yannis PSARAKIS (Grèce), Eran SELA (Israël) et Stephano VALENTI (Italie).

IMPRESSION ROTO PRESSE NUMERIS, 36-40 Boulevard Robert Schuman, 93190 Livry-Gargan. Commission paritaire : En cours. Issn : 1968-9055. Dépôt légal : à parution. Maxi-BasketNews est édité par : Tomar Presse SARL, 3 rue de l’Atlas, 75019 Paris. Tél : 01-73-73-06-40. Fax : 01-40-03-96-76. La reproduction des textes, dessins et photographies publiés dans ce numéro est la propriété exclusive de Maxi-BasketNews qui se réserve tous droits de reproduction et de traduction dans le monde entier.

Directeur de la publication  Directeur de la rédaction  Rédacteur en chef 

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RÉDACTION DE PARIS

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Thierry DESCHAMPS (t.deschamps@tomar-presse.com). Émilie CAILLAUD-HOUËL (idGraphik) Photographie de la couverture Pascal Allée / Hot Sports

Jean-Philippe CHOGNOT et Antoine LESSARD.

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Jean François Mollière


DOSSIER SPÉCIAL PLAYOFFS • maxibasketnews 05

LES LEÇONS DE L’HISTOIRE

AUCUNE CERTITUDE À la fin du mois commence la partie la plus excitante et importante de la saison. Les playoffs décernent le titre et la seule place garantie pour la saison régulière d’Euroleague 2009-10. Tout ce qu’il faut, c’est cinq victoires ! Mais il n’existe pas de recette miracle. Par Thomas BERJOAN


maxibasketnews

Pascal Allée / Hot Sports

06

2003, victoire de Pau-Orthez, la dernière fois que le premier de la saison régulière a également été champion.

Le sport est une activité où l’incertitude crée la valeur », avance l’économiste Frédéric Bolotny. Alors à ce moment-là, assurément, les playoffs de Pro A valent une fortune ! Chaque fin de saison accouche de sa propre vérité. Un examen approfondi des résultats et des statistiques depuis la création de la ligue nationale de basket en 1987 nous incite avant tout à la plus grande prudence. Pas évident de dégager des régularités ou des grands principes. Pas de loi d’airain, pas de règle d’or, pas de croyance en fer. Les playoffs dans le basket français constituent un beau chaos, un joyeux bordel. Déjà, avec 10 formules différentes en 22 saisons (voir par ailleurs), en comptant celle en cours, difficile d’y voir clair. On est loin du critère de reproductibilité sur lequel le philosophe Karl Popper fait reposer le critère scientifique d’une étude. En bref, il faut comparer ce qui est comparable. Malgré tout, des tendances se dessinent. Déjà, que penser du destin à venir du premier de la saison, du meilleur élève pendant toute l’année ? On peut faire dire un peu ce qu’on veut aux chiffres. Sur les 21 saisons, finir premier garantit pratiquement une chance sur deux de décrocher la timbale. Rassurant. Sauf que c’était surtout très vrai au début (8 titres pour le leader de la saison sur les 9 premiers playoffs). Et, par exemple, depuis 2000, malgré de nombreux changements de formule, il s’agit d’une véritable malédiction. En neuf saisons, seul Pau-Orthez en 2003 a assumé jusqu’au bout son statut de favori  ! Plus étonnant encore, Pau mis à part, le premier de la classe n’a participé que trois fois à la finale. Bref, on ne sait pas trop quoi souhaiter à l’ASVEL ou à celui de ses poursuivants qui s’emparera de la tête de série numéro 1 pour le début des phases finales. Plus globalement, les playoffs délivrent-ils de plus en plus

d’incertitude  ? Et pourquoi  ? Globalement, la réponse est oui. La période hautement prévisible est terminée. De 1987 à 1995, Limoges, Antibes et Pau boulottent le gâteau sans partager. Seul Cholet parvient à se glisser en finale, une fois. Ensuite, deuxième grande période, 1995-2004, c’est la décennie de la grande rivalité Pau-ASVEL, dont l’Élan sort largement vainqueur. Sur ces neuf finales, on compte six affrontements entre les deux clubs et pour les trois restantes, au moins un des deux gros est présent à chaque fois, face à Limoges qui parvient à se hisser deux fois à ce niveau, et Gravelines une fois.

2004-05, la révolution Depuis 2004-05, c’est le grand bouleversement. Strasbourg, Le Mans, Roanne et Nancy se sont succédé pour soulever le trophée de champion, chacun gagnant son premier titre de l’ère LNB. Pourquoi une telle révolution ? Plusieurs facteurs expliquent ce mouvement complexe. Tout d’abord, sans doute lassée de la domination paloise qui correspond aussi à une phase de stabilité importante dans la formule des playoffs, la LNB décide d’un virage important en revenant à une organisation de la compétition qui rappelle beaucoup les expérimentations baroques du début des années 90. Tour préliminaire, série en matches allers et retours, finale sur un match sec à Bercy. On ajoute donc une bonne dose d’anarchie dans un train de sénateurs. Et ça fonctionne ! Sur l’indice d’incertitude (voir par ailleurs), la saison 2005 accouche de la finale la plus surprenante de l’histoire, Strasbourg-Nancy. Mais ce soulèvement ne s’explique pas uniquement par la formule. Au même moment, de profondes mutations redessinent le paysage du basket d’élite français, et

DEPUIS 2000, SEUL PAU A RÉUSSI À ASSUMER JUSQU’AU BOUT SON STATUT DE NUMÉRO 1 DE LA SAISON RÉGULIÈRE

➔ ➔➔


DOSSIER SPÉCIAL PLAYOFFS • maxibasketnews 07

QUI GAGNE ? QUI VA EN FINALE ?

L'ASVEL, sept fois en finale en huit ans entre 1996 et 2003 pour une seule victoire en 2002 (ci-contre Delaney Rudd, qui a perdu toutes ses finales).

% de chances de perdre en finale

Pascal Allée / Hot Sports

% de chances d’être champion

En bas Marcus Brown pour le dernier titre de Limoges en 2000. Le CSP a remporté six titres depuis la création de la LNB, le record qu'il partage avec Pau-Orthez.

LES PLAYOFFS LNB

LE PALMARÈS

Pascal Allée / Hot Sports

Classement à l'issue de la saison régulière

Saison

Champion (*)

Finaliste (*)

Indice d’incertitude**

1987-88

Limoges (1)

Cholet (3)

4

1988-89

Limoges (1)

Orthez (3)

4

1989-90

Limoges (1)

Antibes (2)

3

1990-91

Antibes (1)

Limoges (3)

4

1991-92

Pau-Orthez (3)

Limoges (1)

4

1992-93

Limoges (1)

Pau-Orthez (3)

4

1993-94

Limoges (1)

Antibes (3)

4

1994-95

Antibes (1)

Pau-Orthez (3)

4

1995-96

Pau-Orthez (1)

ASVEL (3)

4

1996-97

PSG Racing (5)

ASVEL (3)

8

1997-98

Pau-Orthez (2)

Limoges (4)

6

1998-99

Pau-Orthez (1)

ASVEL (2)

3

1999-00

Limoges (2)

ASVEL (1)

3

2000-01

Pau-Orthez (2)

ASVEL (1)

3

2001-02

ASVEL (2)

Pau-Orthez (2)

4

2002-03

Pau-Orthez (1)

ASVEL (2)

3

2003-04

Pau-Orthez (2)

Gravelines (5)

7

2004-05

Strasbourg (3)

Nancy (8)

11

2005-06

Le Mans (5)

Nancy (2)

7

2006-07

Roanne (2)

Nancy (1)

3

2007-08

Nancy (2)

Roanne (4)

6

* Classement en saison régulière **Indice = classement en saison régulière du champion + classement en saison régulière du finaliste. Plus l’indice est bas (le minimum est 3), moins les playoffs ont accouché d’une finale incertaine. Plus l’indice est haut, plus les playoffs ont accouché d’une finale incertaine.


maxibasketnews

Hervé Bellenger / IS

08

QUELQUES ANECDOTES l Les deux premiers « upsets » (le petit qui bat le gros) de la LNB sont réalisés par Orthez, qui sort en 1988 Paris en quarts et en 1989 Cholet en demi-finale. l En 1991, le tour préliminaire voit les quatres équipes classées de 9 à 12 (Saint-Quentin, Paris, Montpellier et Reims) sortir les quatres équipes classées de 5 à 8 (Mulhouse, Dijon, Villeurbanne et Gravelines). l La formule de 1993, alambiquée au possible, accouche au total de 53 matches de playoffs. Record. l La série Villeurbanne-Sceaux en huitièmes de finale en 1994 sera la plus accrochée de l’histoire : Villeurbanne gagne ses deux matches à domicile en prolongation. l Paris en 1997, tout comme Le Mans en 2006, gagne le titre en renversant en quart, en demi et en finale une équipe mieux classée en saison régulière. l Sur les finales de 2000 (Limoges bat ASVEL 2-1) et 2001 (Pau bat ASVEL 2-1), les six matches ont accouché de victoires à l’extérieur. l Pau-Orthez a joué les 3 finales qui se sont déroulées au meilleur des cinq manches. L’Élan en a gagné une (3-2 contre l’ASVEL en 1996) après en avoir perdu deux (1-3 contre Limoges en 1993 et 1-3 contre Antibes en 1995).

Nancy (ici Max Zianveni en 2006), spécialiste de Bercy, quatre fois en finale.

➔ ➔➔

notamment la toute puissance des deux bastions historiques. Un an plus tôt, en 2003-04, l’ASVEL qui bénéficie d’un ticket garanti de trois ans en Euroleague, engage une transformation de grande ampleur. L’équipe dirigeante Moretton/Thiodet décide d’engager une grande partie de ses ressources pour développer la structure administrative et financière du club. En 2004, le club termine 11e de Pro A, ce qui marque la fin de la domination sportive du club. Même chose à Pau un an plus tard. Le club termine la phase régulière en sixième place en 2005, alors qu’il n’avait pas quitté le Top 4 depuis 1988-89. Bref, le changement de formule des playoffs coïncide avec le début de l’effondrement sportif des deux clubs jusque-là ultradominateurs. Dernier élément, qui explique à la fois la chute de Pau et de l’ASVEL mais aussi l’émergence de nouvelles places fortes, c’est le nivellement des écarts entre les clubs induit par l’ouverture du marché des joueurs. En 2004-05, la SIG gagne à Bercy avec une équipe qui exploite à fond le règlement autorisant six étrangers, avec notamment les Cotonou (dont les frères Greer et Sharif Fajardo) considérés comme des non-Américains. La saison suivante, c’est l’ouverture aux quatre Américains. Le marché des joueurs explose. Le budget joue toujours un rôle important mais il peut désormais être compensé par des coups. Un nombre élevé d’équipes nourrit des ambitions. Roanne en 2007 viendra prouver que ces aspirations sont légitimes.

Avant cela, en 2005-06, la LNB revient à des séries au meilleur des trois manches, puis abandonne en 2007 le tour préliminaire pour arriver à sa formule actuelle, mais cela ne suffit pas pour autant à réinstaller une forme de stabilité au sommet. Les changements structurels qui ont affecté la Pro A (fin des bastions et ouverture des frontières) sont les principaux facteurs explicatifs des résultats dans le basket d’élite. Pour autant, il ne s’agit pas non plus d’une loterie totale. Par exemple, le SLUC Nancy de Jean-Luc Monschau, qui a joué chacune des quatre finales à Bercy (pour un titre en 2008), prouve qu’il est possible de développer une constance dans ce chaos. Pour pousser dans le même sens, les deux dernières finales ont accouché de la même affiche opposant la Chorale de Jean-Denys Choulet à Nancy. Dernier constat d’une stabilité possible, l’indice d’incertitude pour la finale 2007 était au plus bas, opposant les deux meilleures équipes de la saison régulière (voir par ailleurs). Malgré tout, la hiérarchie existe toujours, mais plus floue, plus fragile. La saison en cours, avec les bonnes séries et les trous d’air qui ont touché toutes les équipes de tête, est un magnifique exemple de la période actuelle. Dans quelle direction la tendance va-t-elle repartir  ? À ce stade et au vu de la saison, c’est le sportif pur, sur le moment, qui dictera sa loi. Découvrez dans les pages suivantes les chances de chacun. Les jeux sont faits ! ■

À CE STADE, ET AU VU DE LA SAISON, C’EST LE SPORTIF PUR, SUR LE MOMENT, QUI DICTERA SA LOI


DOSSIER SPÉCIAL PLAYOFFS • maxibasketnews 09

QUELQUES STATISTIQUES

LA QUÊTE SANS FIN

10 FORMULES EN 22 SAISONS ❶

De 1987-88 à 1990-91

l Un tour préliminaire, pour les équipes classées entre 5 et 12 en saison régulière, joué en deux manches aller et retour l Quarts de finale entre les équipes classées de 1 à 4 en saison régulière et les qualifiés du tour préliminaire, Demis et finale, le tout au meilleur des 3 manches

1995-96

Pascal Allée / Hot Sports

l Quarts de finale et demis au meilleur des 3 manches l Finale au meilleur des 5 manches

❷ 1991-92

1992-93

l Tour préliminaire entre les équipes classées entre 5 et 10 ainsi que pour les équipes classées 1 et 2 de Nationale 1B qui prennent les places de 11e et 12e qualifiés, joué au meilleur des 3 manches l Quarts de finale entre les équipes classées de 1 à 4 en saison régulière et les qualifiés du tour préliminaire, Demis et finale, le tout au meilleur des 3 manches

l Tour préliminaire à 16 équipes entre les équipes classées de 9 à 14 de N1A (il y avait 14 équipes alors en N1A) et les 10 premiers de NA2, joué au meilleur des 3 manches l Des huitièmes de finale entre les 8 qualifiés du tour préliminaire et les 8 premiers de NA1, au meilleur des 3 manches l Quarts de finale, au meilleur des 3 manches l Demis et finale au meilleur des 5 manches

De 1996-97 à 2003-04

l Quarts de finale, demis et finale au meilleur des 3 manches

2004-05

l Un tour préliminaire pour les équipes classées entre 5 et 12 en saison régulière, en deux manches aller et retour l Quarts de finale entre les équipes classées de 1 à 4 en saison régulière et les qualifiés du tour préliminaire, en deux manches aller et retour l Demi-finales en deux manches aller et retour l Finale en un match à Bercy

1993-94

l Un tour préliminaire pour les équipes classées entre 5 et 12 en saison régulière, joué au meilleur des 3 manches l Quarts de finale entre les équipes classées de 1 à 4 en saison régulière et les qualifiés du tour préliminaire, au meilleur des 3 manches l Demis et finale au meilleur des 3 manches

2005-06

l Un tour préliminaire pour les équipes classées entre 5 et 12 en saison régulière, au meilleur des trois manches l Quarts de finale entre les équipes classées de 1 à 4 en saison régulière et les qualifiés du tour préliminaire, au meilleur des trois manches l Demi-finales au meilleur des trois manches l Finale en un match à Bercy

Les playoffs LNB (depuis la saison 1987-88) Nombre de matches joués : 477 Victoires à domicile : 321

1994-95

l Un tour préliminaire pour les équipes classées entre 5 et 12 en saison régulière, au meilleur des 3 manches l Quarts de finale entre les équipes classées de 1 à 4 en saison régulière et les qualifiés du tour préliminaire, au meilleur des 3 manches l Demis au meilleur des 3 manches l Finale au meilleur des 5 manches

2006-07 à 2008-09

l Quarts et demifinales au meilleur des trois manches l Finale en un match à Bercy

Victoires à l’extérieur : 151 Match nul : 1 Matches sur terrain neutre (finales à Bercy) : 4 Matches en prolongations : 13 dont une double prolongation et une triple prolongation Nombre d’oppositions : 190 Oppositions remportées par le mieux classé en saison : 142 Oppositions remportées par le moins bien classé en saison : 48 Plus de points marqués sur un match : 127 par Limoges contre Villeurbanne en 1989 au 3e match en quart de finale. Moins de points marqués sur un match : 43 par Vichy contre Nancy en 2008 au 2e match en quart de finale.

Strasbourg en 2005, premier vainqueur de la formule avec finale sur un match à Bercy.


10

maxibasketnews

1er / NANCY

SURDIMENSIONNÉS Le SLUC a eu besoin de temps pour digérer sa campagne ratée en Euroleague. Mais l’effectif surdimensionné de Jean-Luc Monschau arrive lancé au meilleur moment. Une cinquième finale d’affilée est dans ses cordes. On pourrait assister au premier doublé depuis Pau-Orthez en 2004. Par Antoine LESSARD Le SLUC de Ricardo Greer et Victor Samnick (page de droite) a les moyens d’aller au bout.

L’équipe est plus forte que celle de l’an dernier donc je suis persuadé qu’on peut remporter le titre ». Non, Ricardo Greer n’a pas tenu ce discours à quelques jours de l’ouverture des playoffs. La petite phrase du leader du SLUC date en fait de la mi-mars. Son équipe pointait alors à la septième place, avec déjà neuf défaites au compteur. C’est-à-dire autant que sur les deux exercices précédents. À ce moment de la saison, les Couguars affichaient une fragilité inédite depuis leur première finale à Bercy en 2005. Mais pas si surprenante après leur long chemin de croix sur le front européen. Recrutement raté, meneurs défaillants, défense laxiste, attaque brouillonne et stéréotypée, mental friable. Ce SLUC version 2008-09 avait cristallisé énormément de critiques depuis sa mise en route. Dès le 29 octobre et la claque magistrale reçue à Sopot en Euroleague (62-91), de nombreuses failles avaient été pointées du doigt. En l’absence d’un meneur gestionnaire et d’un gros défenseur au poste de pivot, le champion de France était simplement mal taillé, mal calibré pour l’Euroleague. Sans surprise, les mauvais résultats sur le front européen – malgré le

BILAN HISTORIQUE

EN PLAYOFFS

V D 19 20 Depuis 2004-05* 13 8 Face aux autres équipes de playoffs  Contre Orléans Contre Le Mans  2 6 Contre Strasbourg  2 2 Contre Roanne 1 1 Contre ASVEL  4 1 Contre Chalon  2 0 Contre Gravelines  3 2 (*) Nouvelle formule, avec finale sur match sec.

Hervé Bellenger / IS

Depuis la création de la LNB 


LE GRAND DOSSIER • maxibasketnews 11

LES CLÉS ➤ Pour gagner

1 2 3

Défendre dur et courir. Le SLUC prend toute sa dimension lorsqu’il peut développer du jeu rapide. Compensant ainsi son manque de rigueur et de précision sur jeu placé. L’impact de la paire Samnick-Akingbala, si Cyril Julian ne revient pas à 100%. Ce sont les deux seuls vrais intérieurs, Wilson et Brun jouant énormément en périphérie. Miser sur l’expérience des frères Greer, champions de France en 2005 et 2008. Jeff n’a pas réalisé une bonne saison mais il est l’homme des grands rendez-vous et s’était montré indispensable lors des playoffs 2008 (32 minutes en moyenne).

➤ Pour les battre 

1 2

Pierre Mangin / IS

3

S’inspirer des défenses d’Euroleague pour piéger Ricardo Greer, l’homme à tout faire du SLUC. Importance cruciale du placement des intérieurs pour venir aider sur les drives du Dominicain. Ralentir le rythme pour forcer les Couguars à jouer sur demi-terrain, où l’équipe est le moins à l’aise, et tenir le choc au rebond face à la meilleure équipe du championnat dans ce secteur. Trouver un intérieur dominant. À chaque fois que le SLUC a été battu cette saison – la défaite à Rouen est la seule exception – l’adversaire s’est appuyé sur un gros scoreur intérieur.

spectre d’une qualification miraculeuse pour le Top 16 – ont rejailli sur le parcours des Nancéiens en Pro A. On sait que l’Euroleague est une compétition exigeante. Elle use les organismes et le mental lorsque les défaites s’y enchaînent.

LE BULLETIN DE NOTE MAXI-BN

De la défense et Akingbala Or, depuis la 22e journée, le SLUC a opéré un virage à 180 degrés et retrouvé de sa superbe, au point d’ambitionner au final une place dans le Top 2. Que s’estil passé depuis la mi-mars  ? L’équipe a nettement haussé le ton en défense. Aussi talentueux soient-ils – individuellement – en attaque, les Nancéiens ont pris conscience que leur réussite finale serait conditionnée par leur intensité défensive. Que ce groupe d’attaquants, formaté a priori pour marquer plus de points que l’adversaire, prenait toute sa dimension lorsqu’il s’attelait à stopper son adversaire et à développer du jeu rapide. En outre, le renfort d’Akin Akingbala a changé le visage du SLUC des deux côtés du terrain. Le pivot nigérian a apporté une puissance et une verticalité qui faisaient défaut dans la peinture. Sa nette montée en régime – 11,0 pts, 8,0 rbds et 2,0 contres entre la 20e et la 27e journée – a été directement liée à celle de l’équipe. Ce qui frappe également à quelques jours de l’ouverture des playoffs, c’est que le SLUC a terminé en boulet de canon malgré l’absence de Cyril Julian. Quelle autre équipe du championnat aurait réussi à se passer d’un intérieur de la trempe du Warrior ? À Nancy, Jean-Luc Monschau peut pianoter à loisir dans un effectif composé de treize professionnels. Un luxe ultime dans le contexte de la Pro A. Est-il vraiment besoin d’évoquer la célèbre maxime de Ruddy Tomjanovich ? Il est évident que personne ne va sous-estimer le cœur de ces redoutables Nancéiens. Que l’équipe que l’on voit évoluer depuis la mi-mars, avec sa puissance de feu en attaque, sa défense resserrée, est une candidate avérée à sa propre succession. Surtout si elle parvient à décrocher une place dans le Top 2, synonyme d’avantage du terrain jusqu’en finale. En effet, le SLUC a remporté ses dix derniers matches de playoffs à Gentilly. Quelque chose nous fait croire enfin que, s’ils parviennent à Bercy, les Nancéiens sauront gérer la pression. Le signe indien a été rompu l’an dernier et, après avoir traversé tant de galères, Jean-Luc Monschau et ses hommes aborderont la finale beaucoup plus libérés que lors des précédentes éditions.  l

M oyenne

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maxibasketnews

2e / LE MANS

BANCO SUR

TOUTE LA LIGNE ?

On ne donnait pas très cher du MSB lorsqu’il enchaînait les défaites en Euroleague et en Pro A et que la direction réfléchissait à une modification d’effectif. Mais depuis, sous la houlette du meneur prodige Bobby Dixon, tout le monde a accepté son rôle et la machine mancelle est aujourd’hui en mesure, après les As, de soulever le second trophée de ligue de la saison. Par Fabien FRICONNET

BILAN HISTORIQUE

EN PLAYOFFS

V D Depuis la création de la LNB  27 27 Depuis 2004-05* 12 6 Face aux autres équipes de playoffs  Contre Orléans Contre ASVEL  4 6 Contre Strasbourg  Contre Roanne 1 2 Contre Nancy  6 2 Contre Chalon  Contre Gravelines  1 2 (*) Nouvelle formule, avec finale sur match sec.

Hervé Bellenger / IS

Avec Bobby Dixon et Dee Spencer (page de droite), le MSB possède deux atouts qui pourraient bien s’avérer décisifs.

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t s’ils raflaient tout ? Inconcevable au cœur de l’hiver, le triplé ChampionnatAs-Coupe est, dans l’absolu, envisageable. C’est dire à quel point cette équipe mancelle s’est trouvée. Pour ce qui est de la Coupe, nos délais de bouclage nous ont empêchés de connaître le résultat de la demi-finale qui opposait, le 29 avril, le MSB à Strasbourg, à Antarès. Pour les As, c’est déjà fait, et avec brio. Quant aux playoffs… Au moment d’écrire ces lignes, le MSB était cinquième, c’est-à-dire qu’il était parti pour n’avoir pas l’avantage du terrain, y compris en quart de finale. Sans cela, il n’aurait pas fallu nous pousser beaucoup pour faire de la formation de J.D. Jackson notre favorite, au moins pour l’accession à la finale – le titre se jouant ensuite, malheureusement, un peu à pile ou face. Car, sur le papier, on ne voit pas bien quelle équipe peut prétendre être plus forte que Le Mans. Déjà, au poste de meneur, Bobby Dixon n’a pas d’égal. On peut toujours estimer que la paire orléanaise a du répondant, notamment car Laurent Sciarra et Aldo Curti sont complémentaires et, bon an mal an, à peu près du même niveau de rentabilité, chacun dans son style. On peut arguer que Tony Skinn est capable, dans un bon jour, de tout exploser. On peut constater que lorsque J.R. Reynolds et Aymeric Jeanneau jouent au top, l’ASVEL est très dure à battre. Ou que Zack Wright est un phénomène. Mais, au bout du bout, Dixon est le meilleur meneur de


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Éviter les sautes de niveau et de concentration, parfois provoquées par l’environnement et la pression physique imposée par l’adversaire. Les défaites à Nancy et l’ASVEL sont, de ce point de vue-là, éloquentes. Trouver de la rentabilité sur le banc. Avec un apport solide d’Antoine Diot, Pape Badiane et Jérémy Leloup, en plus de David Bluthenthal, le MSB devient très dur à manœuvrer. David Bluthenthal. L’homme des « gros shoots » sera mis à contribution et son rendement dans les moments-clés, notamment au quatrième quart-temps, sera capital.

➤ Pour les battre 

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Jean-François Mollière

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Impérativement couper l’axe meneur-pivot. À son arrivée, Bobby Dixon a immédiatement fait flamber ses big men, Alain Koffi et J.P. Batista. Contrôler Dee Spencer. Faire baisser ses pourcentages mais, surtout, l’empêcher de prendre feu, ou rapidement s’adapter en défense. Courir. En contre-attaque directe ou en transition. La défense demi-terrain du MSB – la meilleure de Pro A – est difficile à circonvenir, il convient donc d’essayer de capitaliser sur des paniers « faciles ».

Pro A. On a presque envie de dire : et de loin ! S’il évolue, en playoffs, au niveau qui est le sien depuis son arrivée, et qu’Antoine Diot assure des passages de qualité, alors le MSB tournera à plein régime.

Trois « go-to-guys » Deuxième énorme point fort : deux joueurs décisifs et expérimentés, en plus de Bobby Dixon. Dee Spencer et David Bluthenthal ont des défauts, notamment le second, parfois transparent lors de certains passages, mais ces deux-là sont des artificiers de premier ordre. Spencer peut prendre feu à tout moment et, surtout, peser sur l’adversaire sur la longueur d’un match et d’une série. Désormais bien cadré, l’arrière américain, couronné avec Roanne il y a deux ans, n’a pas d’équivalent à son poste en France. Quant à Bluthenthal, il peut, dans les moments chauds, sortir des paniers de folie, chose qu’il a faite avec régularité pendant des années, avec le Maccabi et les autres équipes qu’il a connues. Un vrai poison dans les quatrièmes quart-temps. Troisième atout : une paire d’intérieurs de haute volée. Ces deux-là ne flambent pas, à proprement parler (environ 20 points et 12 rebonds à deux, quand même), mais leur alliage d’impact athlétique (Alain Koffi) et de jeu au sol (J.P. Batista) fait passer de mauvaises soirées aux grands d’en face. Ils ne sont pas pour rien dans la qualité de la défense mancelle, la meilleure de Pro A, incontestablement. Bref, une situation idéale ? Pas tout à fait. D’abord, le MSB va devoir s’imposer chez un gros en demi-finale et, peut-être, en quart de finale. Or, depuis l’arrivée de Dixon, les Manceaux ne comptent qu’une seule victoire de référence à l’extérieur en saison régulière. C’était à Orléans, au moment où l’équipe du Loiret sombrait. Depuis, les Sarthois ont perdu à l’ASVEL et à Nancy (s’imposant certes à l’Astroballe en Coupe), sur le même scénario : ils ont dominé puis ils ont craqué. Ensuite, il y a la question du supporting cast, comme on dit aux États-Unis. Antoine Diot, Pape Badiane et Maleye N’Doye ont d’incontestables qualités mais leur impact est parfois limité, au même titre que celui de Jérémy Leloup. On est loin des treize joueurs du SLUC… l

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3e / ASVEL

AU MENTAL

L’ASVEL a développé tout au long de la saison le basket le plus abouti du championnat. Elle a aussi calé lors des matches à fort enjeu. Jamais la Maison Verte n’a été aussi bien placée pour décrocher le titre depuis 2002. Mais une bonne partie de sa réussite se jouera dans la tête.

Hervé Bellenger / IS

Par Antoine LESSARD

L’ASVEL, qui ambitionne d’aller jusqu’au bout, aura besoin d’un Amara Sy et d’un Ben Dewar au top.

BILAN HISTORIQUE

EN PLAYOFFS

V D 50 38 Depuis 2004-05* 7 7 (1 nul) Face aux autres équipes de playoffs  Contre Orléans Contre Le Mans  6 4 Contre Strasbourg  7 1 Contre Roanne Contre Nancy  1 4 Contre Chalon  2 0 Contre Gravelines  Depuis la création de la LNB 

(*) Nouvelle formule, avec finale sur match sec.

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e titre et rien d’autre. Tel était l’objectif affiché par Vincent Collet et ses dirigeants avant même le coup d’envoi de la saison. Ambitieux pour un club qui démarrait un nouveau cycle et n’avait plus atteint la finale depuis 2003. Pour arriver à ses fins, l’ex-Manceau souhaitait installer une identité de jeu éminemment collective au sein de la maison verte. En ce sens, le recrutement mené l’été dernier est une vraie réussite. Anciens et nouveaux se sont fondus dans le même moule collectif. Aucune autre équipe de Pro A ne développe des séquences de jeu collectif aussi abouties que l’équipe de Vincent Collet. Lorsque l’ASVEL récite son basket, elle devient une équipe de classe européenne. La victoire référence face à Lietuvos rytas, futur vainqueur de l’EuroCup, en témoigne. À Lyon-Villeurbanne, les meneurs


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Limiter les pertes de balle. L’ASVEL est avant-dernière de Pro A avec 16 balles perdues en moyenne. La stat fait tâche pour un leader de saison régulière. L’adresse et les points de Ben Dewar. L’Américain shoote à 45% à 3-pts dans les victoires asvéliennes et à 25% dans les défaites. Lorsque Dewar a marqué plus de 13 points, l’Asvel l’a systématiquement emporté (8v-0d) Le rayonnement d’Amara Sy. Dans les moments difficiles, notamment en fin de possession, l’Amiral est pratiquement le seul joueur à pouvoir sortir du schéma collectif. Sa polyvalence extérieur-intérieur est primordiale.

➤ Pour les battre 

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Répondre à l’intensité physique du trio Campbell-TraoréTroutman. Provoquer des fautes à ce trio de big men et tenir le choc le rebond. Hausser le rythme face à la meilleure équipe de Pro A sur jeu placé.

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Dominer sur les postes arrières.

Hervé Bellenger / IS

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sont altruistes. Aymeric Jeanneau n’a jamais été intéressé par ses statistiques. On a pu reprocher à J.R. Reynolds son manque de percussion et de prise de décision. En aucun cas d’être un bouffeur de ballons (à peine sept tirs tentés par match). Le jeune combo américain est largement monté en régime lors de la phase retour. Au point de devenir un titulaire indiscutable, parfois associé à Jeanneau. À l’aile, Lolo Foirest, Ben Dewar et Nebojsa Bogavac, trois joueurs à fort QI basket, n’hésitent jamais à faire la passe supplémentaire. Amara Sy a franchi un palier au niveau de sa compréhension, de sa lecture du jeu. Eric Campbell s’est toujours sacrifié pour le collectif. Même Ali Traoré et Chevon Troutman, deux finisseurs à la base, ont adhéré à la philosophie et aux préceptes de Collet. Ce n’est donc pas une surprise de retrouver l’ASVEL numéro un de Pro A aux passes décisives, ainsi qu’à la réussite aux tirs. Sa force collective s’exprime également au rebond. Grâce au travail de ses ailiers – près de treize prises pour Sy-Dewar-Foirest – et bien sûr à l’abattage de son trident intérieur, l’ASVEL est de loin la formation qui abandonne le moins de rebonds à l’adversaire. Celle aussi qui présente la plus forte marge dans ce secteur (+5,2 rebonds).

Trois gros rendez-vous manqués Elle compte dans ses rangs quelques-uns des plus fins artilleurs du circuit (près de 40% à 3-pts pour Reynolds, Dewar et Foirest), un des joueurs les plus polyvalents – attaque/défense – du championnat, Amara Sy. L’ASVEL fait aussi partie des quatre meilleures défenses du championnat. Cette équipe regorge de qualités. Son classement en témoigne. Son bilan face aux équipes du Top 8 tout autant (8v-5d avant de recevoir le SLUC lors de l’ultime journée). Qu’est-ce qui peut empêcher cette belle mécanique de décrocher le titre ? Cette fâcheuse tendance à se rater dans les grands rendez-vous. D’abord en EuroCup. Une défaite à l’Astroballe face à Gran Canaria alors que les Verts s’étaient imposés sur le fil en Espagne. Deuxième acte lors de la Semaine des As. L’ASVEL a cédé en demi-finale face à Orléans après avoir dominé une bonne partie du match. Troisième acte en Coupe de France, lorsque le tenant du titre a été vaincu à l’Astroballe par le MSB. Cette tendance à perdre de sa superbe, à s’effriter mentalement dans les matches à forte pression est inquiétante. Le talent, le collectif ne suffisent pas en playoffs. Il est nécessaire de prendre le dessus mentalement sur son adversaire. Vincent Collet a souvent insisté sur le point suivant. Son équipe ne possède de marge sur aucun adversaire lorsqu’elle ne fait pas preuve de dureté physique et mentale pendant 40 minutes. Les défaites à la maison face à Rouen et Strasbourg sont venues le confirmer. Enfin, l’ASVEL a déjà assuré sa place en Euroleague – via une wild-card qualificative pour le tour préliminaire. Aura-t-elle autant les crocs que ses concurrents ? l

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4e / ORLÉANS

NOVICE MAIS COSTAUD

L’Entente Orléanaise va disputer les premiers playoffs de sa courte histoire en Pro A. Pour autant, elle a beaucoup d’arguments à faire valoir, notamment en terme d’expérience. Par Laurent SALLARD L’Entente de Tony Dobbins (page de droite) aura bien besoin de l’expérience de Laurent Sciarra pour sa première participation aux playoffs.

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rois ans seulement après son accession en Pro A, Orléans va découvrir les playoffs en position de force. Mais si le club n’a jamais été présent à ce stade de la compétition, il s’est en revanche déjà rendu deux fois à Bercy, y perdant en 2006 la finale de la Coupe de France avant d’être sacré champion de Pro B, déjà sous les ordres de Philippe Hervé. Mais c’est surtout au sein de l’effectif orléanais qu’on trouve le plus de références. Laurent Sciarra a en effet été champion en 1997 avec Paris, a de nouveau disputé la finale en 2001 avec l’ASVEL, et a remporté trois finales de Coupe de France à Bercy. Il a également montré en décembre dernier qu’il savait trouver la mire dans la grande enceinte parisienne ayant marqué 25 points lors du All-Star Game. Bien qu’il n’ait pas beaucoup joué, Adrien Moerman a lui aussi remporté le titre de champion de France en 2007 avec la Chorale, vainqueur en finale du SLUC Nancy où évoluait alors Cedrick Banks. Brian Greene avait pour sa part atteint cette même saison le stade des demi-finales avec l’ASVEL. Mais pour bénéficier

BILAN HISTORIQUE

EN PLAYOFFS

(*) Nouvelle formule, avec finale sur match sec.

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Jean-François Mollière

V Depuis 2004-05* Face aux autres équipes de playoffs  Contre Le Mans Contre ASVEL  Contre Strasbourg  Contre Roanne Contre Nancy  Contre Chalon  Contre Gravelines  Depuis la création de la LNB 


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LES CLÉS ➤ Pour gagner

2

Imposer sa défense collective et durcir le match, sans toutefois prendre trop de fautes. Maintenir l’adversaire sous la barre des 70 points. Lorsque c’est le cas, Orléans est à 11 v – 1 d.

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Parvenir à économiser Laurent Sciarra au maximum.

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➤ Pour les battre 

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Jean-François Mollière

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au mieux de l’expérience de Sciarra et Greene, Orléans devra pouvoir s’appuyer sur Aldo Curti et Adrien Moerman pour laisser souffler ses vétérans en cas de parcours prolongé en playoffs. Un parcours qui aurait sans doute été facilité si le club avait – comme il l’avait envisagé en début de saison – disputé ses matches de phase finale au Zénith, bénéficiant du soutien de 5.000 spectateurs dans une enceinte qui lui a toujours bien réussi. Mais l’Entente évoluera finalement au Palais des Sports où elle ne devra pas réitérer les faux-pas réalisés en saison régulière face à GravelinesDunkerque, Chalon et Le Mans, possibles adversaires en playoffs.

Cedrick Banks, le baromètre Pour cela, les Orléanais devront élever encore d’un cran leur niveau défensif. Et notamment imposer leur rythme à la rencontre et durcir le match sans pour autant se mettre en difficulté par rapport aux fautes. Ainsi, en maintenant leur adversaire sous la barre des 70 points, Orléans s’est imposé onze fois sur douze en saison régulière. De l’autre côté du parquet, la clé s’appelle Cedrick Banks. Quand l’arrière américain atteint les 20 d’évaluation, l’Entente est tout simplement invaincue. En revanche, lorsqu’il ne trouve pas la mire et passe à côté de son match, récoltant moins de 10 d’évaluation, c’est toute l’équipe qui plonge, pointant à six défaites pour seulement trois victoires. Un phénomène notamment observé suite à la défaite en finale de la Semaine des As, l’équipe ayant concédé quatre revers consécutifs avec un Cedrick Banks tournant à 7,8 points et 4,8 d’évaluation. Le genre de trou d’air que les Orléanais ne pourront plus se permettre en playoffs. Et si Banks fait office de baromètre de l’équipe, Tony Dobbins en est pour sa part le facteur X. Défenseur hors pair, Orléans devient injouable lorsque l’ancien Choletais contribue également de façon consistance de l’autre côté du parquet. Ainsi lorsqu’il dépasse les 11 d’évaluation, Orléans est invaincu. Si l’Entente retrouve la confiance qui l’animait avant la Semaine des As, cette équipe complète sur tous les postes pourrait s’avérer difficile à arrêter. l

S’imposer d’entrée à Orléans pour mettre l’Entente sous pression. Cadenasser Cedrick Banks. Quand l’Américain est sous les 10 d’évaluation, les Orléanais sont à 3 v – 6 v. En revanche, quand il atteint les 20 d’éval, ils sont invaincus (9 v – 0 d). Ne pas laisser Tony Dobbins prendre confiance. Lorsque l’Italo-américain dépasse les 11 d’évaluation, Orléans est invaincu (7 v – 0 d).

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5e / ROANNE

DU TALENT

ET DES ARGUMENTS Avec l’arrivée du printemps, la Chorale s’est remis la tête à l’endroit. Et, comme par enchantement, les résultats ont suivi. Le talent est incontestable, à chaque poste. Pour peu que Marco Pellin monte en régime, il faudra être costaud pour priver cette équipe d’une troisième finale consécutive à Bercy. Par Antoine LESSARD La Chorale a réussi un gros coup en signant Uche Nsonwu en février. Associé à des pistoleros comme Chris Monroe (à droite), ça peut faire mal.

Pascal Allée / Hot Sports

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BILAN HISTORIQUE

EN PLAYOFFS

V D 15 12 Depuis 2004-05* 10 6 Face aux autres équipes de playoffs  Contre Orléans Contre Le Mans  2 1 Contre Strasbourg  2 1 Contre ASVEL Contre Nancy  1 1 Contre Chalon  2 1 Contre Gravelines  Depuis la création de la LNB 

(*) Nouvelle formule, avec finale sur match sec.

ean-Denys Choulet a longtemps stigmatisé le manque d’envie de son groupe, l’absence de plaisir que prenaient ses joueurs à évoluer ensemble. L’entraîneur de la Chorale a avoué son ras-le-bol de voir certains joueurs « tirer la tronche » sur et en dehors du terrain. Au point d’être pressé que cette saison galère en finisse. Son discours a visiblement été entendu. Les Choraliens, à commencer la paire Monroe-Harper, ont affiché un visage plus positif et conquérant pour boucler la saison régulière. À trois journées de la fin, ils visaient une place dans le dernier carré. Si cette nouvelle alchimie collective perdure au mois de juin, la Chorale ne sera assurément pas bonne à prendre en playoffs. Parce qu’au niveau de ses individualités, de son talent pur, l’équipe n’a rien à envier aux ténors. Chris Monroe et Aaron Harper peuvent scorer face à n’importe qui. L’ancienne gâchette du circuit italien n’a pas toujours justifié les 200.000 euros investis cette saison, c’est un euphémisme. Mais Monroe est un formidable basketteur aux fondamentaux d’école, capable de débloquer bien des situations. Harper a souffert du même syndrome – up and down – que son compatriote. Lui qui, la saison du titre, n’était jamais descendu sous la barre des dix points, a fait preuve d’un lunatisme effrayant qui a rejailli sur les résultats de l’équipe. Quand l’assassin silencieux enquille quinze points ou plus, Roanne pointe à 86% de victoires (13 sur 15). Cependant, quel visage affichera-t-il en playoffs  ? Autre talent, le tonique Curtis Sumpter, formidable couteau-suisse au poste 4, qui a réussi à faire oublier Marcellus Sommerville. Son adresse extérieure est déterminante dans les succès roannais.

Un Uche, ça vous change la vie Et puis il y a Uche. Le point de fixation dont rêvent toutes les équipes de Pro A. Avec lui, la Chorale avait remporté neuf de ses onze matches de saison régulière à l’heure d’écrire ces lignes. Le pivot nigérian a transformé le jeu roannais depuis son arrivée début février. La Chorale produit un basket beaucoup plus varié et complet, plus efficace sur demi-terrain, qu’avec son prédécesseur, Taj Gray. L’équipe est beaucoup moins dépendante de sa réussite à trois-points. Désormais – comme ce fut le cas à Hyères, à Nancy ou contre Gravelines – elle peut gagner des matches même lorsque la réussite la fuit. La marque des grandes équipes. Voilà pour le carré majeur, sur qui Jean-Denys Choulet tire énormément, quand bien même son banc est plutôt fourni. Mais pour viser plus haut qu’une place en demi-finale, d’autres joueurs devront sortir de leur boîte. La Chorale aura


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LES CLÉS ➤ Pour gagner

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Conserver l’état d’esprit affiché lors des deux derniers mois de saison régulière. Que l’assassin silencieux ne descende pas sous les 15 points (voir par ailleurs). Que Marco Pellin retrouve son niveau de 2008 – celui qui en avait fait le deuxième meilleur passeur de l’Euroleague – et apporte quelques paniers extérieurs.

➤ Pour les battre 

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Ne pas hésiter à envoyer les Choraliens aux lancersfrancs. Roanne est l’équipe numéro un aux fautes provoquées mais lâche énormément de points sur la ligne : 179 lors des 27 premières journées. Le deuxième total de Pro A derrière Nancy (183). Demander leur recette à l’ASVEL et Strasbourg, les deux seules équipes à avoir réussi à stopper Uche. Conserver son sang-froid et sa lucidité à la Halle Vacheresse. La salle la plus bruyante de Pro A.

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Pascal Allée / Hot Sports

14,2/20

besoin d’un joker à la manière d’un Laurent Cazalon, qui avait fait basculer la série des demi-finales face au Mans, grâce à ses 17 points lors du match 2 à la Halle Vacheresse. L’étincelle peut venir de Samba Dia ou de Karim Souchu, qui ont produit quelques flashs intéressants. Abordons, enfin, le sujet qui fâche. Un retour aux affaires de Marco Pellin ferait le plus grand bien dans le sprint décisif. Jusqu’à présent, le meneur n’a pas confirmé sa belle saison 2007-08. Son jeu est plus brouillon (2,5 balles perdues en moins de 25 minutes), Pellin chipe beaucoup moins de ballons que ces deux dernières saisons, enfin il a clairement marqué le pas au niveau de l’adresse (de 53 à 43%). Le duo qu’il forme avec Pierric Poupet est satisfaisant en défense, pas suffisamment en attaque. Même épisodique, une menace au poste 1 permettrait à Roanne de franchir un nouveau palier. Jusqu’à une troisième finale consécutive. Qui parierait aujourd’hui que cette équipe n’en a pas les moyens ? l


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6e / GRAVELINES-DUNKERQUE

PLEIN GAZ 

Le BCM n’aura pas d’autre choix que de lancer les chevaux s’il veut créer la surprise. L’équipe de Christian Monschau n’a en effet pas toutes les armes pour rivaliser avec le Top 4. Prise de risque maximum garantie !

Pascal Allée / Hot Sports

Par Antoine LESSARD

Tony Stanley (ci-dessus) et Tony Skinn (à droite) : ils peuvent faire la différence.

BILAN HISTORIQUE

EN PLAYOFFS

V D 24 31 Depuis 2004-05* 5 5 Face aux autres équipes de playoffs  Contre Orléans Contre Le Mans  2 1 Contre Strasbourg  1 2 Contre Roanne Contre Nancy  2 3 Contre Chalon  1 2 Contre ASVEL  Depuis la création de la LNB 

(*) Nouvelle formule, avec finale sur match sec.

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hristian Monschau a superbement redressé la barre du navire gravelinois. Quatorzième en 2008, le BCM pouvait prétendre, avant la dernière journée, à une place dans le Top 6. Son meilleur classement depuis la finale de 2004. Le premier carré aurait même été envisageable sans les différents pépins qui ont touché quelques-uns des cadres. La blessure de Tony Skinn, en particulier, a initié une série de quatre défaites entre la 15e et la 18e journée. Elle aura aussi permis de mesurer l’énorme impact du meneur au passeport nigérian sur le jeu nordiste. Grâce à sa force de percussion, ses coups de sang à trois-points, Skinn apporte de la folie dans le jeu du BCM. Parfois, l’enthousiasme effréné du combo nuit à l’équipe – 3 bps par match – mais le petit numéro 13 a démontré qu’il était réellement incontournable dans la bonne marche de sa formation (18,6 d’évaluation et 50% à 3-pts lors des victoires contre seulement 5,5 d’éval et 26% à 3-pts lors des défaites). Le comportement des Gravelinois sera étroitement lié aux performances de leur meneur. À l’image de Skinn, le BCM est beaucoup plus performant à Sportica qu’à l’extérieur. Ce qui inquiète avant de jouer deux tours de playoffs sans l’avantage du terrain. Défensivement, la différence est notoire : 68 points encaissés à domicile, 80 loin de ses bases. Cette inconstance défensive n’a pas permis jusqu’à présent au BCM de bien voyager face aux grosses cylindrées (2v-5d face au Top 8). L’équipe s’en est sortie à Orléans (3e journée) et à Chalon (26e) mais ses cinq autres adversaires ont allègrement profité d’une faille dans la cuirasse nordiste. En fait, le BCM


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LES CLÉS ➤ Pour gagner

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Pousser la balle, emballer le jeu. Le BCM est une équipe beaucoup plus dangereuse sur contre-attaque ou transition que sur attaque placée. Le backcourt SkinnBokolo, ainsi que Tony Stanley, n’est jamais aussi bon que dans un basket up tempo. Ne pas renier sa nature à trois-points. Gravelines est une équipe gourmande mais prolifique à longue-distance. Lorsque ses deux Tony sont chauds – 13 tentatives par match à 37% pour le duo – elle change de dimension. Que Russell Carter, seul véritable ailier du lot, soit plus constant qu’en saison régulière.

➤ Pour les battre 

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Pascal Allée / Hot Sports

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Ralentir le jeu. Les forcer à jouer sur demi-terrain, en limitant le nombre de possessions. Cibler les impasses de la défense gravelinoise. Trouver les shooteurs ouverts grâce à la passe supplémentaire. Travailler spécifiquement la défense sur les pick-and-roll, grande force de Skinn et Bokolo, largement utilisée dans les attaques nordistes.

verrouille bien sa raquette pour interdire les paniers faciles, au détriment de sa défense à 6,25 m. Les shooteurs de Nancy, Strasbourg, Le Mans, Villeurbanne et Roanne se sont goinfrés face à cette défense poreuse (46% à trois-points). Avant de recevoir le MSB lors de la journée de clôture, Gravelines a perdu sept de ses neuf matches face à ces cinq concurrents.

Sans adresse, point de salut Par obligation, le BCM prend aussi des risques de l’autre côté du terrain. Le tir primé est une composante essentielle de son attaque et de sa compétitivité. Ce qui n’est pas une surprise pour ceux qui ont vu évoluer Le Havre sous les ordres de Christian Monschau. Pourvu qu’ils défendent, l’entraîneur accorde énormément de libertés, de prises d’initiative, à ses shooteurs. C’est en faisant parler sa puissance de feu à trois-points que le BCM a pu rivaliser avec les meilleurs : 43% de réussite lors des six victoires face au Top 8. C’est aussi en lançant les chevaux, à partir de sa propulsion arrière Skinn-Bokolo, en pratiquant un basket up-tempo, que le BCM devient une équipe réellement dangereuse. Faute d’un gros point d’ancrage intérieur et de meneurs gestionnaires dans l’âme, elle semble vouée à l’échec sur demi-terrain face aux grosses cylindrées. Le carré intérieur, sous son opulence apparente, n’offre pas toutes les garanties en terme de dureté, d’impact physique et d’efficacité. Cyril Akpomedah joue plus au large que jamais depuis sa blessure à la cheville, Rashaun Freeman est avant tout un superbe opportuniste, J.K. Edwards manque de centimètres. Quant à l’utilisation de Dan McClintock, elle reste une énigme absolue. Voilà bien le seul titulaire de Pro A qui passe deux fois plus de temps sur le banc que sur le terrain. Le BCM affiche quelques faiblesses parfaitement ciblées par ses adversaires, et sera contraint à une prise de risque maximale pour espérer forcer son destin en playoffs. L’équipe possédera cependant un avantage face aux concurrents plus huppés. Celui de jouer sans aucune pression, puisque son exercice 2008-09 est déjà une réussite. Gare alors à ses shooteurs, à même de faire sauter n’importe quelle défense de Pro A. l

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7e / CHALOn-SUR-SaÔne

BODDICKER, LA CLÉ

Sans son intérieur américain, Chalon a marqué le pas en fin de saison régulière. Il devra être en pleine possession de ses moyens pour que l’Élan ait une chance, sans l’avantage du terrain, de rallier les demi-finales.

Jean-François Mollière

Par Laurent SALLARD

Avec Zack Wright, révélation de la saison, et un Brian Boddicker en forme (page de droite), Chalon n’a rien à perdre.

BILAN HISTORIQUE

EN PLAYOFFS

V D 13 21 Depuis 2004-05* 6 9 Face aux autres équipes de playoffs  Contre ASVEL 0 2 Contre Orléans Contre Le Mans  2 1 Contre Strasbourg  Contre Roanne 1 2 Contre Nancy  0 2 Contre Gravelines  2 1 Depuis la création de la LNB 

(*) Nouvelle formule, avec finale sur match sec.

H

abitués des playoffs depuis le début des années 2000, les Chalonnais ont même disputé quatre demi-finales consécutives entre 2004 et 2007. Après un an d’absence, ils vont retrouver fin mai la post-saison, mais leur marge de manœuvre s’annonce réduite. Victime d’une grosse entorse de la cheville lors de la 21e journée, Brian Boddicker ne devait en effet faire son retour sur les parquets que pour le – ou les – tout dernier(s) matche(s) de la saison régulière. Son absence a déséquilibré l’édifice chalonnais, son remplaçant Eric Sandrin n’étant pas aussi complet que le grand blond. Boddicker est en effet l’une des clés du dispositif mis en place par Greg Beugnot, assurant le lien entre jeu intérieur et extérieur, capable de s’écarter, fixer, créer et même poster par séquences. À trois journées de la fin, l’Élan pointait


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LES CLÉS ➤ Pour gagner

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Pouvoir compter sur Brian Boddicker. Sans son intérieur américain, Chalon est à 0 v – 2 d face aux équipes du top 8. Maintenir l’adversaire sous la barre des 75 points. Lorsque c’est le cas, les Chalonnais sont à 11 v – 1 d. Pouvoir compter sur un bon Philippe Braud. Quand le jeune arrière est à 10 d’évaluation ou plus, l’Élan pointe à 9 v – 2 d.

➤ Pour les battre 

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Jean-François Mollière

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Durcir le jeu. L’équipe chalonnaise peut à l’occasion se montrer trop gentille, notamment à l’intérieur où elle manque d’un véritable point de fixation. Être solide à domicile. Chalon n’aura pas l’avantage du parquet en playoffs et ne s’est imposé qu’une seule fois chez une équipe du top 8, à Orléans. Couper Zack Wright de ses coéquipiers. Lorsqu’il distribue au moins 8 passes décisives, Chalon est à 6 v – 1 d.

à trois victoires pour trois défaites en son absence, mais avait perdu ses deux confrontations face à des équipes du Top 8 (-20 à Roanne et -9 à domicile contre Gravelines-Dunkerque). Inquiétant. Ne disposant pas d’un solide point de fixation comme peuvent l’être le Roannais Uche Nsonwu-Amadi ou le Gravelinois Dan McClintock, le secteur intérieur chalonnais souffre d’autant plus de l’absence de Boddicker, le trio français formé de Thierry Rupert, Jérôme Schmitt et Moussa Badiane se faisant régulièrement secouer dans la raquette. De manière générale, c’est même toute l’équipe chalonnaise qui se montre parfois trop gentille, ce qui pardonne rarement en playoffs. Pour corriger cela, Greg Beugnot, rompu aux joutes des playoffs, s’appuiera probablement sur ses vieux briscards Stéphane Risacher et Thierry Rupert, qui ont chacun conquis un titre de champion de France, respectivement avec Paris en 1997 et Limoges en 2000. Le reste de l’effectif, et notamment les Américains, a en revanche très peu de vécu en playoffs. Sauront-ils élever leur niveau de jeu ?

Wright comme Everett ? Déjà passé sans problème de la deuxième division allemande à l’élite française, où il se révèle être l’un des tous meilleurs meneurs, Zack Wright pourrait bien encore franchir un palier, à l’image de ce qu’avait pu faire Terrell Everett il y a deux ans, déjà avec Chalon. Et l’Élan pourrait en profiter, pointant à sept victoires pour seulement deux défaites lorsque son meneur atteint les 20 d’évaluation. Philippe Braud pourrait également enfiler le costume du facteur X, puisque lorsqu’il réalise une évaluation à deux chiffres, les Chalonnais présentent un bilan de neuf victoires pour deux défaites. Attention aussi à DeWayne Jefferson, qui tarde à trouver le rythme après avoir manqué les deux tiers de la saison suite à une rupture du tendon d’Achille, mais pourrait sortir ses griffes à la fin du mois de mai. Assuré de ne pas disposer de l’avantage du parquet en quart de finale, l’Élan est condamné à s’imposer à l’extérieur. Or, Chalon ne s’est imposé que chez un seul des huit premiers, en l’occurrence Orléans. En revanche, l’ASVEL, Roanne, Le Mans, et de nouveau Orléans, sont tous tombés au Colisée, où les Chalonnais savent se transcender contre les grosses écuries. Les voilà prévenues. l

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8e / STRASBOURG

TROP BONS TROP TÔT ?

La SIG a perdu la belle dynamique qu’elle affichait il y a quelques semaines. Son attaque est en perte de vitesse, sa défense toujours aussi inconstante. Une victime trop facile en quart de finale ? Par Antoine LESSARD Brion Rush, l’homme sur qui tout repose, ou presque, à la SIG.

L

es équipes qui réussissent en playoffs atteignent généralement leur pic de forme à ce moment-clé de la saison. La SIG a atteint le sien avec près de trois mois d’avance. Quand, coup sur coup, elle était allée s’imposer au Mans, à Cholet et à Villeurbanne, entre la 17e et la 21e journée. On faisait alors de l’équipe alsacienne un candidat au Top 3. On soulignait sa sérénité, sa belle constance et sa force mentale depuis la double victoire pleine de panache au Colisée de Chalon. L’équipe de Frédéric Sarre surfait sur une série de sept victoires en neuf matches – As compris – et s’annonçait comme un grand animateur de la fin du championnat. Et puis patatra. Quatre défaites en cinq matches sont venues ternir le tableau et mettre au jour les faiblesses de cette équipe. Certaines peuvent s’avérer rédhibitoires en playoffs. À l’image de son leader, Brion Rush, la SIG est une équipe clairement portée vers l’offensive. Elle possède aussi la défense la plus perméable – aux points encaissés – parmi les équipes du Top 8. Ses sautes d’humeur peuvent être impressionnantes dans ce secteur. 95 points encaissés à Rouen, avec un carnage du trio Low-Dorsey-Thioune. 103 points abandonnés à Dijon au Rhénus. Alors que la raquette est plutôt bien gardée par le trio Giffa-Lewin-Simon, la défense

BILAN HISTORIQUE

EN PLAYOFFS

V D 5 10 Depuis 2004-05* 6 7 Face aux autres équipes de playoffs  Contre Orléans Contre Le Mans  Contre ASVEL 1 5 Contre Roanne 1 2 Contre Nancy  2 2 Contre Chalon  Contre Gravelines  2 1

Pierre Mangin / IS

Depuis la création de la LNB 

(*) Nouvelle formule, avec finale sur match sec.


LE GRAND DOSSIER • maxibasketnews 25 Derrick Obasohan, le scoreur de complément quand Rush déraille.

LES CLÉS ➤ Pour gagner

3

Que Brion Rush trouve à l’extérieur (28% à trois-points) la même adresse qu’à domicile (40%). Que le public du Rhénus, bien froid cette saison, monte en température. Que Derrick Obasohan marque 14 points… et que Rob Lewin joue au moins 26 minutes (voir texte).

1

Cibler les shooteurs, Rush et Obasohan, pour éviter qu’ils prennent confiance.

2

Interdire les courses à cette équipe.

3

Provoquer les fautes du trio intérieur Giffa-Lewin-Simon. La SIG ne possède qu’un seul ailier-fort de métier.

1 2

Pierre Mangin / IS

➤ Pour les battre 

alsacienne manque de chiens de garde extérieurs et laisse fréquemment des boulevards aux ailiers adverses (36,4% à 3-points pour les adversaires). À corriger d’urgence en playoffs.

Deux facteurs X Brion Rush a les clés de l’attaque alsacienne. Un choix délibéré et assumé de Fred Sarre qui expliquait n’avoir jamais laissé autant de libertés à un joueur. L’option était risquée mais le deuxième meilleur marqueur du championnat a démontré qu’il avait l’étoffe d’un franchise player. Bien sûr que l’ex-Roannais est gourmand – 17 tirs par match à 42% – mais il a justifié ce statut par sa régularité. À trois journées de la fin, Rush n’était passé au travers qu’à cinq reprises. La SIG a perdu quatre matches sur cinq. En outre, sa capacité de création, aux côtés de meneurs sobres et disciplinés, peut réellement apporter à l’équipe. Pour gagner en playoffs, Strasbourg aura nécessairement besoin d’un Rush performant. Une condition nécessaire mais pas suffisante. Elle sera dépendante des prestations de ses deux facteurs X, Derrick Obasohan et Rob Lewin. On savait l’ailier nigérian très précieux à trois-points. Le voilà carrément en tête de la catégorie, avec 49% sur la saison. Son adresse et son impact offensif global sont des facteurs primordiaux dans les résultats de la SIG. Lorsque Obasohan a inscrit au moins 14 points, l’équipe a remporté 9 de ses 11 matches. Deuxième stat tout aussi parlante : lors des victoires strasbourgeoises, son pourcentage derrière la ligne des 6,25 m grimpe à 63% ! Le club a bien fait de conserver Rob Lewin à l’intersaison. Le Jamaïcain est un formidable energizer, un monstre athlétique, qui sort du banc pour combler les brèches dans la raquette. Pour démontrer son utilité, il y a surtout cette statistique. Quand Lewin joue au moins 26 minutes, la SIG est pratiquement imbattable : 8 victoires en 9 matches. Forcément, il y a un bémol. L’apport de ces deux joueurs est irrégulier. Lewin n’a par exemple jamais rendu deux copies consécutives à plus de 15 d’évaluation. Leur régularité sera primordiale pour que la SIG voyage loin. Enfin, Frédéric Sarre devra croiser les doigts pour que ses intérieurs ne soient pas touchés par les fautes, le péché mignon de Sacha Giffa qui est souvent pénalisé pour sa dureté défensive. Avec une rotation limitée à trois intérieurs, la SIG ne possède aucune marge à ce niveau et a beaucoup moins de fautes à distribuer que ses concurrents. Fred Sarre voulait quatre intérieurs en début de saison. On risque de mesurer l’absence d’un big man supplémentaire lors des matches au couteau qui s’annoncent. l

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LES ÉCHOS

TOPS

Par Jean-Philippe CHOGNOT

Kinder Bologne

Montepaschi Sienne

MASINGUE / ZIANVENI (HYÈRES-TOULON)

Finis les blessures, méformes et autres pépins… La raquette made in SLUC du HTV a enfin pris toute sa dimension. La doublette, vainqueur de la Semaine des As 2005 et de la Korac 2002, a tourné en avril à 31,3 points, 14,0 rebonds, 5,5 passes et 3,3 interceptions pour 42,3 d’évaluation moyenne. Dans leur sillage, les Varois ont remporté trois victoires pour une défaite à l’Astroballe.

EB via Getty Images

Depuis son retour de blessure le 14 février dernier, le meneur nordiste n’était plus que l’ombre de lui-même. Sur les quatre dernières rencontres, le Nigérian est redevenu le joueur flamboyant du début de saison (23,5 pts, 5,5 pds pour 23,5 d’éval). Résultat : quatre succès pour le BCM.

JONATHAN McCLARK (ROUEN)

Il est sans doute l’un des Américains les plus méconnus de Pro A. La grave blessure du capitaine rouennais Darnell Williams, le 4 avril dernier contre Le Havre, lui a permis de sortir de l’ombre. Auteur de 6,1 points, 5,4 rebonds pour 7,4 d’éval de moyenne avant, il a tourné en avril à 11,8 points, 11,0 rebonds pour 21,3 d’éval.

FLOPS

ERIC SANDRIN (CHALON)

Dur, dur de faire oublier Brian Boddicker. Arrivé sur les bords de Saône début avril pour suppléer la star blessée, l’Américano-coréen déçoit match après match. Ses 2,8 d’éval sont à des annéeslumière des 15,3 de son prédécesseur. Les Bourguignons attendent avec impatience le retour de leur leader, espéré dans les prochains jours.

EB via Getty Images

TONY SKINN (GRAVELINES)

LE COLLECTIONNEUR

«  Quand j’étais un jeune enfant, je n’aurais jamais imaginé que je quitterais mon Australie natale pour réaliser un tel exploit en Europe », confiait récemment David Andersen sur le site de l’Euroleague. Le week-end dernier, l’Australo-danois a participé au Final Four de la compétition avec un quatrième club différent : le FC Barcelone. Une première dans l’histoire de la reine des coupes d’Europe. L’intérieur avait déjà atteint le dernier carré avec le Kinder Bologne en 2002, avec le Montepaschi Sienne en 2004 et avec le CSKA Moscou en 2005, 2007 et 2008. Du 1er au 3 mai dernier, hors de nos délais de bouclage, l’intérieur a eu l’occasion d’entrer une deuxième fois dans l’histoire en remportant l’Euroleague avec une troisième équipe. Il l’a en effet déjà gagnée sous le maillot bolonais en 2001 – il n’y avait pas encore de Final Four – et sous la tunique moscovite en 2006 – sans jouer à cause d’une blessure – et en 2008. CSKA Moscou

FC Barcelone

BINGO MERRIEX (LE HAVRE)

Alors que la lutte pour le maintien bat son plein entre les Havrais et les Bisontins, le STB doit faire face à la méforme de son intérieur américain. Celui-ci a tourné à 6,5 points, 4,8 rebonds pour 6,0 d’éval en avril. Heureusement pour les Normands, son compère dans la raquette, Marcus Slaughter, est toujours aussi magistral, comme en témoignent ses 41 d’éval contre Dijon.

Jusqu’au mois de février, l’ex-Toulonnais faisait étalage d’une régularité admirable au plus haut niveau. Depuis 11 matches, il enchaîne avec la même régularité les contre-performances. Excepté un sursaut contre l’ASVEL en mars, l’ailier nigérian ne tourne qu’à 7,1 points et 5,0 d’éval moyenne.

EB via Getty Images

DERRICK OBASOHAN (STRASBOURG)

Rodolfo Molina/EB via Getty Images

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LES ÉCHOS

Par Jean-Philippe CHOGNOT

SCIARRA DÉGAINE DANS LIBÉ En France, le basketball est très rarement à l’honneur dans la presse quotidienne nationale. Il ne fallait donc pas manquer l’interview de Laurent Sciarra dans Libération le 13 avril dernier. Un entretien d’une page recueilli par notre confrère Alexis Danjon. Le meneur d’Orléans a profité de la tribune qui lui était offerte pour donner sa vision du basket français.

Morceaux choisis : « L’équipe de France ? Il manque un coach. Vincent Collet (…) vient d’être nommé… (Il coupe) C’est ce que je viens de dire : il manque un coach. Un mec avec un projet précis. (…) Tony Parker ? Super joueur. Le plus fort que j’aie côtoyé dans ma carrière après Yann Bonato. Mais quoi ? Il choisit le sélectionneur, il choisit les joueurs, il décide comment on joue…C’est tout juste s’il ne négocie pas les droits télés avec Canal+. C’est beaucoup quand même. ©Libération

Pourquoi les basketteurs ont-ils des carrières aussi longues ? Pour niquer les jeunes. » Les intéressés apprécieront.

LE NIGÉRIA PÈSE SUR LA PRO A

Uche Nsonwu

Tony Skinn (Gravelines) et Derrick Obasohan (Strasbourg) font figure de vilains petits canards au sein du contingent nigérian de Pro  A. Leur physique fluet est une exception parmi les nombreux mastodontes nigérians qui ont défilé dans le championnat ces dernières années. Depuis le pionnier Julius Nwosu jusqu’au nouveau-venu Akin Akingbala, en passant par le sculptural Aloysius Anagonye, le colossal Uche Nsonwu, l’éphémère Tunji Awojobi (Châlons ’00), le musculeux Jeff Varem, l’élancé Deji Akindele (Pau ’08) et l’athlétique Koko Archibong (Pau ’04). Voici notre Top 5 des titans nigérians les plus impressionnants passés par nos contrées.

Joueur

Poids

Taille

Équipe

Julius Nwosu

120

2,07

Pau ’01, Pau ’05

Uche Nsonwu

118

2,08

Antibes ’04, Gravelines ’07, ASVEL ’08, Roanne ’09

3

Aloysius Anagonye

116

2,03

Orléans ’08

4

Akin Akingbala

115

2,08

Nancy ’09

5

Jeff Varem

111

1,98

Pau ’06, ASVEL ’08

GARE AUX COURANTS D’AIR !

Un état de grâce, un état second, une transe, une montée de fièvre, une réussite maximale… ou une claque, une torpeur, une syncope, un trou d’air… Selon le camp dans lequel on se situe, les termes divergent pour qualifier une telle séquence pendant laquelle une équipe se sent intouchable alors que son adversaire perd tous ses moyens. Cette saison, les salles de Pro A ont été les témoins de trente et une séries supérieures ou égales à 15-0. Nancy est l’équipe qui a infligé le plus de claques – cinq 16-0 et un 15-0 – tandis que Le Havre est celle qui en a subies le plus – un 20-0, un 19-0, un 18-0, deux 17-0, deux 16-0 et un 15-0 (ouf !). Dans le Top 10 des plus grosses séries (ci-dessous), le STB apparaît d’ailleurs à cinq reprises en tant que victime. De son côté, Chalon est l’auteur de trois des cinq plus grosses gifles. Enfin, le record de la saison est détenu par Strasbourg qui a passé un 24-0 contre Besançon lors de la 20e journée.

Hervé Bellenger/IS

1 2

LES PLUS GROSSES CLAQUES Bourreau

Journée Victime

Série

1 Strasbourg

20

Besançon

24-0

2 Chalon

3e

Dijon

20-0

-

Chalon

8e

@ Pau

20-0

-

Gravelines

e

21

@ Le Havre

20-0

5 Orléans

12e

@ Besançon

19-0

-

Chalon

e

23

@ Le Havre

19-0

7 Vichy

13e

Roanne

18-0

-

Le Mans

e

26

Le Havre

18-0

9 Besançon

2e

Le Havre

17-0

-

25

@ Le Havre

17-0

Vichy

e

e


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LES ÉCHOS

Par Jean-Philippe CHOGNOT

Matteo Marchi Images

Kevin Braswell monte au lay-up.

À HUIS CLOS ? Petite devinette  : cette photo a-t-elle été prise lors d’un match de présaison, lors d’une rencontre amicale ou lors d’une demi-finale de coupe d’Europe  ? Vu l’affluence dérisoire, on peut tout de suite éliminer la troisième réponse… Eh bien non, ce cliché a bel et bien été pris lors de la victoire de Cholet face au Triumph Lyubertsy en

demi-finale de l’EuroChallenge. L’affiche n’a visiblement pas attiré les foules au Futurshow Station de Bologne. Contactée par nos soins, la FIBA Europe nous a pourtant annoncé une affluence officielle de 3.885 spectateurs ! En réalité, il n’y en avait que 300 tout au plus pendant la majeure partie du match.


JEUX CONCOURS

TONY PARKER CAMP

Jouez et gagnez votre place au TP Camp (à Fécamp, du 5 au 19 juillet) !

Pour jouer, c’est simple ! Répondez aux trois questions ci-dessous en cochant la bonne réponse. Remplissez correctement le bulletin (ou sa photocopie) et envoyez-le avant le jeudi 7 juin à : Maxi-BasketNews – TP Camp 3, rue de l’Atlas 75019 Paris.

❶ En quelle année Tony Parker a-t-il été drafté en NBA ? Lot n°1 1 inscription stagiaire pour le TP Camp, session du 12 au 19 juillet à Fécamp (Haute Normandie). Réservée aux jeunes de 11 à 17 ans licenciés FFBB et de tous niveaux. Info TP Camp : www.tonyparkercamp.com

❑ 2000

❑ 2001

❑ 2002

❷ Quelle équipe a remporté le titre NBA en 2005 ?

❑ Chicago Bulls

❑ Lakers

❑ Spurs

❸ Quel joueur NBA a été élu MVP des finales Playoffs 2008 ?

❑ Tim Duncan

❑ Kobe Bryant

❑ Paul Pierce

Lot n°2 2 invitations pour 2 personnes. Visite du TP Camp, rencontre de Tony Parker, Gregg Popovich et autres invités, séances photos et dédicaces, repas avec Tony et les stagiaires.

Nom. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Lot n°3 1 maillot SPURS dédicacé

Adresse.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Lot n°4 1 jeu vidéo NBA Live 2009

Code postal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Ville.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Lot n°5 1 double DVD : « 9, UN CHIFFRE, UN HOMME » biographie de Tony Parker

Téléphone.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Date de naissance.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Lot n°6 1 T-shirt et 1 casquette du TP Camp dédicacés

E-mail.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

L'HEBDO DU BASKET

Extrait du règlement : Jeu gratuit sans obligation d’achat. Pour jouer et gagner, il faut répondre en cochant la bonne réponse aux trois questions. Les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses. Ces réponses doivent nous parvenir avant le jeudi 7 juin 2009 à : Maxi-BasketNews – TP Camp 3, rue de l’Atlas 75019 Paris.


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LES ÉCHOS

Par Jean-Philippe CHOGNOT

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Le 29 avril, les demi-finales de la Coupe de France ont vu s’affronter les quatre derniers champions de France : Nancy, Roanne, Le Mans et Strasbourg. Un carré d’as inédit.

7

Le nombre de Français parmi les huit meilleurs pourcentages à trois-points en Pro B. Il s’agit de Régis Boissié (2e), Nicolas Gayon (3e), Olivier Bardet (4e), Pierre-Yves Guillard (5e), Gary Staelens (6e), Frédéric Minet (7e) et Vincent Mouillard (8e). L’ailier américain de Boulazac, William Knight, est le maître de la catégorie en convertissant 49,0% de ses tentatives derrière l’arc.

1 2

8

3

14

Le nombre de joueurs, ayant évolué cette année en D-League, qui ont déjà porté le maillot d’un club de Pro A. Parmi eux, on peut citer Terrell Everett (ex-Chalon), Derrick Byars (ex-Roanne), Michael Gelabale (ex-Cholet) ou encore le bloggeur Rod Benson (ex-Nancy). Les Los Angeles D-Fenders sont l’équipe la plus « francisée » puisqu’ils comptent quatre anciens pensionnaires de Pro A.

40

Le nombre de lancers-francs qu’a convertis Nando De Colo en EuroChallenge cette saison sur… 40 tentatives. Dommage que le Choletais n’ait tiré que deux free-throws par rencontre.

57,1

Le nombre moyen de tirs tentés par les Villeurbannais sur un match. Les hommes de Vincent Collet sont ainsi les moins gourmands en Pro A. Cela ne les empêche pas d’afficher la meilleure réussite aux tirs de la division (49,6%). Belle sélection ! Au contraire, Vichy est l’équipe qui tente le plus sa chance (64,9 fois) mais avec la plus petite réussite (40,6%).

photos : Rafa Rivas/EB via Getty Images

Le nombre de victoires décrochées par Séville sur les douze dernières journées de Liga ACB. Un rythme de prétendant au titre ? Pourtant le club andalou ne se classe que 12e dans l’élite espagnole et ne participera pas aux playoffs, la faute à un début de saison cataclysmique. Les Sévillans n’avaient remporté que deux rencontres sur les… dix-huit premières journées.

QUEL CINÉMA !

Les talents d’acteur de Jaka Lakovic sont au moins aussi développés que ses qualités de basketteur. La preuve en images. Si l’on se fie aux photos prises lors du match 4 de la série entre Vitoria et Barcelone en quarts de l’Euroleague, le meneur catalan aurait pu jouer le jeune danseur Billy Elliott dans le film du même nom (photo 1), Néo dans Matrix (photo 2) ou encore la mort du sergent Elias dans Platoon (photo 3).

MASCOTTE EN GRÈVE La crise économique n’épargne personne… pas même la mascotte du Boulazac Basket Dordogne. Stéphane Yonnet, le bénévole qui lui donne vie les soirs de match, a en effet entamé une grève illimitée le 11 avril dernier lors de la réception de Saint-Quentin. Actuellement au chômage, le Périgourdin n’enfilera plus son déguisement tant que le club «  ne bouge pas pour (l’)aider à trouver un job ». Jacques Auzou, maire de la ville et président du BBD, a répondu par une fin de non-recevoir dans les colonnes de Sud Ouest : « J’ai 420 chômeurs à Boulazac, je fais ce que je peux, mais c’est difficile de trouver un job à tout le monde. » En attendant que le conflit se règle, Nounours, la mascotte plantigrade, est personnifié par un cadet du club.

Nounours, la mascotte de Boulazac.

Boulazac Basket Dordogne

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Sports Association Vacances

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POUR OU CONTRE ?

LA LIGNE À TROIS-POINTS À 6,75 M D’ICI UN AN ET DEMI, LA LIGNE DES TIRS À TROIS-POINTS SERA SITUÉE, DANS LE BASKET FIBA, À 6,75 M, CONTRE 6,25 M DEPUIS 25 ANS. UN CHANGEMENT VRAIMENT NÉCESSAIRE ?

POUR Par Pascal LEGENDRE

O

ctobre 87. La révolution du basket planétaire. Pour la première fois, deux équipes FIBA (l’URSS et le Tracer Milan) et une équipe NBA (les Milwaukee Bucks) s’affrontaient lors du McDonald’s Basketball Open, à Milwaukee. On imagine les palabres nécessaires pour mettre d’accord les deux entités, notamment en matière de règles du jeu, puisque celles du basket ont la particularité de ne pas être universelles. Prenez la ligne à trois-points. La FIBA la situe à 6,25 m et la NBA à 7,23 m. Européens et Américains trouvèrent un compromis intelligent pour ce tournoi « ouvert » : 6,75 m. C’est ce qui s’appelle couper la poire en deux. Quelques mois plus tard, Borislav Stankovic, alors secrétairegénéral de la Fédération Internationale, nous disait : «  les experts de la NBA, les entraîneurs aussi, sont prêts à avancer cette ligne pour qu’elle fasse partie du jeu. Je pense qu’à partir de 1990, la ligne à troispoints de la FIBA et de la NBA sera celle de Milwaukee à 6,75 m. » Angélisme. Vingt-deux ans plus tard, rien n’a bougé. Enfin, si. La FIBA a décidé d’opter pour cette distance à partir d’octobre 2010. C’est une sorte de main tendue. L’administration Obama a décidé de s’ouvrir au Monde ; il serait bon que celle de David Stern suive l’exemple. Réduire de 50 cm ne changera pas la face de la Grande Ligue et permettrait à chaque joueur, à chaque fan, de s’y retrouver plus facilement. Il serait alors temps d’essayer de convaincre la NCAA qui, comme d’habitude, ne fait rien comme tout le monde. Depuis deux ans, la ligne est peinte à 6,32 m. Ou plutôt à 20 feet, 9 inches. Tout ça, c’est finalement bien dans la tradition anglo-saxonne. Depuis plus d’un siècle, ces incurables Anglais roulent toujours à gauche…

Q

uestion  : quand ça marche, pourquoi changer ? Trois possibilités : 1- Changer pour changer, 2-  Unifier les règles, 3-  Modifier le jeu (sous-entendu  : l’aérer). Dans le cas 1, c’est évidemment stupide. Dans le cas 2, d’une part cela devient pénible que ce soit toujours les mêmes qui s’adaptent, et d’autre part « l’adaptation » faite par la FIBA est irrationnelle : pourquoi 6,75 m et pas carrément 7,23 m ? Reste la volonté de modifier le jeu, comme cela avait été le cas de manière drastique, et avec un certain bonheur, en 2000 (passage aux 24 secondes et aux quatre quart-temps). Une démarche est compréhensible… mais, là aussi, je dis : pourquoi ? On dit : aujourd’hui, tout le monde tire à trois-points, même les pivots. Ok. Et donc ? Où est le souci ? La polyvalence des joueurs FIBA, la richesse de leur arsenal offensif « au sol » et de leur lecture du jeu font leur grande force. Leur identité. Et puis avec seulement 50 cm de plus, on ne tardera pas à voir les grands s’adapter et allumer derrière le nouvel arc. On dit  : le jeu FIBA (sous-entendu  : le jeu Euroleague) est engorgé, il faut faire de l’espace. Outre que cela est un jugement de valeur que l’on a le droit de discuter (d’autant qu’il est paradoxal avec l’idée qui veut que les grands s’écartent trop), l’engorgement supposé est surtout dû, me semble-t-il, à deux facteurs  : 1- La culture (tactique) européenne, qui s’adapte aux caractéristiques (physiques et techniques) des joueurs européens, 2- Et surtout à la défense de zone et, en particulier la défense de zone intérieure statique, quasiment bannie, dans les faits, du jeu NBA, ce qui fait une énorme différence. Vous voulez vraiment créer des espaces  ? 1-  Reculez la ligne à 7,23  m, pas à 6,75. 2- Bannissez la zone (ce que je ne souhaite pas, à titre personnel). Sinon, plus accessoire : Agrandissez le terrain, qui est légèrement plus vaste en NBA qu’en Europe Par Fabien FRICONNET

CONTRE


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FOCUS • maxibasketnews 34

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ANDREW ALBICY

EN ATTENDANT

LA PRO A

Leader d’une génération née en 90 en manque de joueurs dominants, Andrew Albicy (1,78 m) découvre cette année la rigueur du monde professionnel. Passé du statut de vedette en espoirs à celui de joueur d’appoint, le dragster du PARISLEVALLOIS ne devrait cependant pas rester longtemps dans l’ombre de ses aînés. Par Florent de LAMBERTERIE

Hervé Bellenger/IS

« Il est déjà très fort ! » Quand on lui demande ce qu’il pense de son back-up de 19 ans, Jimmal Ball n’est pas loin d’être dithyrambique. « Il a tous les outils dans sa main. Il a plein de qualités et il apprend vite.  » Doué, Andrew Albicy l’est assurément. Nommé dans le meilleur cinq du championnat Espoir en 2008 (16,8 pts, 3,4 rbds, 6,5 pds et 4,6 ints), le meneur remplaçant du Paris-Levallois n’est pas tout à fait un inconnu. MVP du prestigieux tournoi de Douai en juin dernier, il a conduit dans la foulée l’équipe de France à une 4e place d’un Euro Junior où les Bleuets n’étaient pas vraiment attendus à pareille fête, terminant même meilleur passeur et intercepteur de la compétition. Un bon entraînement avant d’aborder le monde professionnel. « C’est exactement comme je m’y attendais  », commente-t-il aujourd’hui. «  Je savais que la Pro B allait être dure, qu’il faudrait gagner sa place. J’ai appris beaucoup de choses cette année mais, personnellement, j’aurais aimé jouer plus. » Avec huit minutes en moyenne, le jeune homme ne récolte que les miettes que veut bien lui laisser Jimmal Ball, meneur d’une équipe qui domine le championnat. « C’est mieux de gagner des matches que de les perdre, mais j’estime tout de même qu’on apprend plus en jouant qu’en restant sur le banc. » Une déception que son coach tient à relativiser. « Le niveau Pro B, il l’a. Sur l’équipe de France des moins de 19, il est celui qui a le plus de temps de jeu en pro  », fait remarquer Jean-Marc Dupraz. «  Pour les autres, on ne parle même pas de quatre ou cinq minutes, on parle de zéro. Dans une équipe de bas de tableau, il aurait peutêtre plus de temps de jeu mais est-ce que c’est mieux que d’apprendre à jouer la gagne ? Apprendre à gagner, c’est primordial. Et là, il est dans une équipe qui gagne. » À tel point que, sauf coup de théâtre, le PL devrait retrouver la Pro A l’année prochaine. Une opportunité pour Andrew, aux dires de son coach. « Je pense qu’il sera plus à l’aise qu’en Pro B, qui est un jeu plus brouillon, avec des défenses plus compactes, des aides plus proches  », détaille le technicien. «  Il est très rapide balle en main, avec un dribble très bas, difficile à aller chercher et il arrive à trouver des angles de passes en pleine vitesse. Sur des sorties de pick’n’roll, il est capable de donner des passes décisives à des grands qui coupent. Là-dessus, il a une bonne qualité, une assez bonne vision du jeu et une bonne compréhension. Pour lui qui aime bien prendre les intervalles et se faufiler sous le panier, je pense que la Pro  A sera mieux.  » En attendant l’année prochaine, Andrew pourra se défouler cet été en Nouvelle-Zélande, où il disputera le championnat du monde des moins de 19 avec les Bleuets. «  J’ai très, très hâte  », dit-il. «  Je veux montrer à tout le monde que j’ai le niveau parce que je pense que, cette année, on m’a un peu perdu de vue. » ■


Rodolfo Molina/EB via Getty Images

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Mirsad

Türkcan Rkcan Du côté de chez…

Mirsad

“Il y a 70 millions de gens qui me regardent dans tout le pays. Et je suis sur la ligne des lancers-francs“

Il arrive en chantant. Il accueille, le sourire au visage. À 32 ans, Mirsad Türkcan, toujours hyperactif malgré lui, s’amuse avant tout. Et se raconte avec plaisir, flatté d’être interviewé. Istanbul, la NBA, Paris, l’Euroleague, la Yougoslavie, tout y passe. Propos recueillis par Raphaël LEPELLETIER, à Istanbul


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CÔTÉ COUR

Le basket en Yougoslavie En fait, j’ai vraiment commencé le basket structuré quand je suis arrivé en Turquie. J’ai joué au basket à partir de l’adolescence. Avant, j’ai toujours fait beaucoup de sport. Tous les sports. J’ai toujours adoré ça. Et en fait, au collège, j’étais super bon au volley. J’étais vraiment très fort. Et puis comme c’est un sport où il faut être grand et il faut sauter, je me suis naturellement aussi mis au basket, pour essayer. J’ai petit à petit lâché le volley pour le basket. Comme ça, je ne sais pas pourquoi. Je me souviens de mes premières compétitions de basket au collège. En particulier du jour où j’ai gagné la finale. J’avais marqué quelque chose comme 43 points. J’étais le héros de mon quartier. Je voulais toujours être le meilleur. C’était mon rêve. Je pensais à ça tout le temps. Même dans les autres sports, au volley, au hand, je jouais, et je voulais être le meilleur. C’est l’histoire de ma vie !

Efes Pilsen J’arrive en Turquie à l’époque où, je pense, le basket turc commence à grandir (en 1992). Ergin Ataman (l’actuel entraîneur d’Efes Pilsen) est mon coach en équipe de jeunes et c’est lui qui m’a lancé. À l’époque, j’étais vraiment ce qu’on appelle un bon prospect, parce que j’étais grand pour mon âge et rapide pour ma taille. Mais surtout, quand je suis arrivé à Efes Pilsen, j’ai vraiment commencé à bosser dur mon jeu. En plus, les gens du club m’ont beaucoup poussé, beaucoup aidé. Les gens de la fédération aussi, entre autres aussi pour que je puisse devenir citoyen turc. Et que je puisse ainsi jouer pour la sélection nationale… Alors forcément, quand tu as des gens qui s’investissent pour toi, qui croient en toi, tu bosses dur, tu t’investis. J’ai vraiment travaillé comme un fou à l’entraînement à l’époque. J’étais vraiment «  fanatique  ». Si tu demandes aujourd’hui aux gens de la fédération de l’époque, ils se souviennent combien j’ai travaillé. Avec l’équipe espoir, je joue vite bien, je score beaucoup à chaque match. 30, 40 points ! Rapidement, alors que je n’avais que 16 ans, le coach de l’équipe pro m’intègre aux entraînements et à la rotation. Et après seulement trois ou quatre mois, je signe mon premier contrat professionnel, à 17 ans (en 1993). Et ma carrière décolle assez vite je dois dire. Je reste cinq ans à Efes, avec trois titres de champion de Turquie (94, 95, 96) et la coupe Korac en 1996. Je suis aussi MVP des finales et meilleur rebondeur du championnat plusieurs fois…

La NBA 1 / Turquie en 1997 2 / Paris en 2001 3 / Sienne en 2002

Photos : Hervé Bellenger/IS, Pascal Allé/Hot Sports & Kristell Baillard

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J’ai commencé à penser à la NBA vers l’âge de 19 ans. Je me suis rendu compte que ça pouvait devenir un objectif vraiment réalisable. Quand j’en ai parlé pour la première fois, 2

on se moquait de moi en Turquie. Mais j’ai réussi. J’ai été drafté par les Rockets au premier tour en 18e position. Mais je crois pouvoir dire que je n’ai pas eu la chance d’être dans la bonne équipe au bon moment. C’était l’année du lockout en 1998-99. Je ne voulais pas rater ma chance. Alors j’ai attendu, attendu, attendu… et puis je suis revenu à Efes, et finalement je me suis enfin retrouvé en NBA après une série d’échanges (ndlr  : les droits de Mirsad ont été successivement transférés aux Sixers puis aux Knicks). Je joue une dizaine de matches en « début » de saison à New York (sept exactement), puis je suis transféré à Milwaukee. Encore une fois, je suis persuadé que je n’ai pas eu de bol, je n’ai vraiment pas été le bon mec au bon endroit au bon moment. Je n’ai pas eu ma chance. Quand tu es européen et que tu arrives en NBA à l’époque, il faut vraiment que tu aies des conditions idéales pour réussir. Quand j’arrive aux Knicks, c’est Jeff Van Gundy le coach, et je suis quasiment le premier Européen qu’il ait jamais eu dans son effectif. Après, le GM de Milwaukee, Ernie Grunfeld, me veut. Il m’aimait beaucoup. Et je fais un ou deux bons premiers matches, quelque chose comme 9-10 points (entre 4 et 6 points, une pointe à 6 rebonds, pour un temps de jeu moyen inférieur à 10 minutes). Et après une dizaine de rencontres, forcément, je me blesse. Et comme je ne veux pas risquer de compromettre ma carrière pour les années à venir, je décide de me soigner. (Fataliste) Et ma carrière NBA est finie…

La Pro A (12 matches à Paris en 2000) Après un saison en NBA sans jouer ou presque, je me suis dit que ce qu’il me fallait avant tout, c’était un contexte où j’aurais forcément des minutes. Avant de partir en NBA, pendant le lock-out (au début de la saison 99-00), le Kinder Bologne m’avait fait un pont d’or par exemple. Mais je me suis dit qu’un club comme Paris et que le championnat de France seraient formidables pour retrouver mon jeu. Bien sûr qu’au niveau du salaire, c’était inférieur à ce qu’on pouvait me proposer autre part. Mais je voulais juste jouer.

L’Euroleague J’ai beaucoup appris, beaucoup progressé en jouant cette compétition. J’ai joué trois Final Four (avec Moscou et Sienne en 2001-02, 2002-03 et 2003-04), j’ai été meilleur rebondeur (en 2001-2002, avec le CSKA Moscou), MVP de la saison régulière (en 2001-2002 avec le CSKA Moscou et aussi du Top 16 en 2002-2003 avec Sienne), j’y ai fait beaucoup de choses mais le plus important, ça reste quand même le titre. Et c’est pour ça que je suis à Fenerbahçe, 3


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La fin de carrière Parfois, je me demande combien de saisons il me reste. Et puis je regarde les stats et, pour le moment, je vois que je suis toujours premier rebondeur de mon équipe, deuxième rebondeur de l’Euroleague (et 6e à l’évaluation, 5e marqueur)… Je me dis que ça serait bête de tout arrêter maintenant, et que pour le moment, tant que ça va, ça ne sert à rien d’y penser. Bon, je me donne au moins deux ans, on va dire. Je suis en fin de contrat avec Fenerbahçe, et je ne sais pas comment ça va se passer après. Ce qui est sûr, c’est que je veux rester jouer en Turquie dans la mesure du possible et, pourquoi pas, à Istanbul.

La sélection nationale turque J’ai été retenu en sélection de jeunes pour la première fois en 1993. Et j’y suis resté longtemps, sans jamais manquer à l’appel. J’ai joué contre la France plusieurs fois, la génération des Rigaudeau, Sciarra, je m’en souviens. On a gagné l’Euro Junior en Israël en 1994 (Mirsad est d’ailleurs élu MVP), et les mecs qui étaient avec moi à l’époque sont pratiquement tous coaches ! Je suis l’un des seuls à être encore joueur. Donc, j’ai fait un peu le tour en ce qui concerne la sélection nationale.

Ton meilleur souvenir en sélection nationale Ah ! (Il sourit) Ça reste forcément le championnat d’Europe à domicile en 2001. C’était dans cette salle (ndlr : l’interview est réalisée à Istanbul, à l’Abdi Ipkeçi), on va en finale, médaille d’argent… Un souvenir fantastique.

Le championnat du monde en Turquie en 2010 Je n’y pense pas en tant que joueur. Il y a une très bonne génération qui arrive à maturité, je n’ai aucun regret à ce niveau-là. Ce n’est plus ma place, ces gars rendront plus service que moi. J’ai dit au revoir à la sélection il y a trois ans, ça serait assez égoïste de ma part de revenir maintenant. Mais je serai le premier supporter en 2010 !

L’après basket C’est sûr que je vais rester dans le monde du sport. Je ne sais rien faire d’autre que dans ce milieu-là. On parle déjà avec des amis basketteurs d’ouvrir des écoles de basket, à Istanbul entre autres, mais aussi en Yougoslavie. Il y a beaucoup d’enfants qui ont très envie de jouer au basket. Et je crois que j’aimerais beaucoup travailler avec les enfants, c’est la prochaine étape de ma carrière.

Ton meilleur souvenir C’est difficile de dire… (Il réfléchit) Mais je crois que si je devais en retirer un, maintenant, ça serait tout de même le quart de finale contre la Croatie en 2001, dans cette salle. Si on gagne ce match, en plus d’aller en demi-finale et de jouer une médaille, on sait qu’on va au championnat du monde, la première fois pour la Turquie. En plus, on est à domicile, on a tout un pays qui est derrière nous. Je ne sais plus combien il y avait de spectateurs, mais peut-être 20, 25  000  (ndlr  : l’Abdi Ipkeçi Arena ne contient que 11.500

places assises, Mirsad  !). On est à -20 à la pause. Mais on revient au score en deuxième mi-temps. Je fais un gros match, beaucoup de points, beaucoup de rebonds, je ne me souviens plus exactement (20 points, 14 rebonds et 4 contres). Et à trois secondes de la fin, on perd encore d’un point. Sur la dernière action, Türkoglu prend le shoot. Moi, je suis au rebond. Il y a Nikola Prkacin en face. Il pense que le tir va toucher l’arceau et il monte au rebond. Mais moi, je vois tout de suite que ça va être un airball. J’attrape la balle et je me cogne contre les mains de Prkacin. Et l’arbitre siffle une faute. Il n’y a plus de temps à jouer. J’ai deux lancersfrancs. Il y a 70 millions de gens qui me regardent dans tout le pays. Et je vais aux lancers-francs. Je shoote le premier beaucoup trop vite, je m’en souviens, et je le manque. Et j’entends ce grand soupir de déception dans toute la salle. Terrible (il lève les yeux au ciel, comme s’il y était). Je mets le second, et on va en prolongation. Et on gagne. Mais ce moment du lancer-franc, je m’en souviendrai toute ma vie, tant la pression était énorme. Il y a aussi des moments comme la finale de la Korac contre Milan en 1996 (ndlr : la finale se disputait en aller-retour ; Efes Pilsen avait gagné 76-68 à l’aller et perdu 70-77 au retour). Au match retour à Milan, sur la dernière action, Gentile tire deux fois, je le contre deux fois, il parvient à prendre un dernier shoot, il rate, je me jette sur le rebond, c’est la fin du match, et on gagne. Je ne me souviens pas de tout, mais il y a plein d’histoires comme ça qui sont des grands moments dans une carrière.

Ton plus mauvais souvenir Pour moi, ce sont les blessures en général. En particulier quand je me suis blessé en NBA. Quand j’étais à Milwaukee, j’ai senti que je pouvais faire quelque chose là. Et je fais un match à 11 points et 7 rebonds, quelque chose comme ça (ndlr  : 4 points et 6 rebonds), et le coach George Karl me dit  :  «  Continue comme ça, tu joues bien  », et je me blesse quelques rencontres plus tard. Ça, c’est un des pires souvenirs de ma carrière.

Ton meilleur coach J’ai connu beaucoup de grands coaches dans ma carrière. Mais, si je devais en retenir un, pour moi, ça serait George Karl, pour la chance qu’il m’a donnée à Milwaukee. Mais tous les autres avec qui j’ai travaillé, à commencer par Boscia Tanjevic ou encore Ergin Attaman, tous sont des grands coaches.

Le meilleur joueur avec qui tu aies joué (Sans hésiter) Petar Naumoski. Le plus doué, le plus talentueux, tout ce que tu veux. Un très grand joueur, un très grand shooteur. Le meilleur joueur avec qui j’ai joué, c’est sûr.

Le rebond (Avec un sourire) Tout le monde me demande d’en parler… Il y a même des coaches qui viennent me voir et qui me demandent d’apprendre à leur jeunes joueurs comment prendre des rebonds. Et ce que je leurs réponds à chaque fois, c’est qu’il n’y a rien à apprendre. Il faut juste avoir envie d’attraper cette balle. Et surtout, se placer. Se mettre à la bonne place à l’avance pour prendre le rebond. Je connais des tas de joueurs qui ont un mètre de détente sèche, qui dunkent de la ligne à trois-points, mais qui sont incapables de prendre trois rebonds. Les gens ne comprennent pas que ce n’est pas une question de qualités physiques, de détente, de taille… C’est avant tout une question d’envie et de placement. À 32 ans, je pense encore à ça quand je joue  : «  je vais choper ce rebond  !  » Quel que soit le match et quel que soit l’adversaire, je me bats pour avoir le rebond. C’est ce qui fait de moi Mirsad Turkcan.

D.R.

parce que je crois vraiment qu’on peut faire un truc avec cette équipe, c’est pour ça que je suis venu ici. Je veux toujours gagner  ! Et je veux toujours être au plus haut niveau. Tant que je serai en état de jouer, je me battrai pour gagner ce titre. Mais je suis réaliste, et je ne veux pas non plus me tuer ! J’ai déjà eu une carrière bien remplie, avec beaucoup de titres. J’ai une famille, je pense de manière plus professionnelle, pas que sportive. Plus du tout comme quand j’étais jeune où le seul objectif était de gagner à tout prix ! Non, si je ne gagne pas l’Euroleague un jour, ça ne sera pas la fin du monde.

Repères • Né le 7 juin 1976 à Novi Pazar (ex-Yougoslavie) • Taille : 2,06 m • Poste : Ailier-fort • Clubs : Efes Pilsen (94-98), New-York Knicks (99-00), Milwaukee Bucks (00), Paris Basket Racing (00-01), CSKA Moscou (00-01), Sienne (02-03), CSKA Moscou (03-04), Dynamo Moscou (04-05), Ülker Istanbul (05-06), Fenerbahçe-Ülker Istanbul (06-09) • Palmarès : Vice-champion d’Europe (01), meilleur rebondeur de l’Euro (97), champion d’Europe espoir (94), champion de Turquie (96, 97, 06, 07, 08), meilleur espoir turc (94, 95), coupe Korac (96), MVP de la saison régulière et meilleur rebondeur de l’Euroleague (02), meilleur rebondeur du championnat du monde (02), MVP du Top 16 et meilleur rebondeur de l’Euroleague (03).


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CÔTÉ JARDIN

Ton enfance en Yougoslavie C’était des jours heureux, avant cette guerre. Tout le monde jouait avec tout le monde, on ne se posait pas de question. Comme je disais, à l’époque, je faisais plein de sports en même temps, je ne faisais que ça, tout le temps. Mes parents avaient tous les deux une bonne situation, un bon métier. Mon père était cardiologue, ma mère pédiatre. (Il marque un temps) Tout allait bien. Et le sport passait avant tout, comme pour, je dirais, environ 95% des enfants en Yougoslavie.

le nom de Türkcan (prononcer « turkjan » ndlr), qui veut dire littéralement «  cœur turc  ». Ces deux noms font partie de mon identité. Je me sens turc ET yougoslave.

Ton livre préféré Foreigner, de C.J. Cherryh (de la science-fiction)… et aussi The Sea, de John Banville

Ton film préféré (Sans hésitation) Braveheart, avec Mel Gibson !

Le genre d’enfant que tu étais J’étais hyperactif, je pense. Je crois que je le suis encore aujourd’hui. (Il se marre) Bon, maintenant, j’ai une famille, des enfants, c’est un peu différent. Mais ma personnalité n’a pas changé  ! (Il en profite pour chambrer un de ses partenaires qui fait une séance de shooting) Oui, plus jeune, j’étais hyperactif, j’avais beaucoup d’énergie à revendre.

Le genre d’élève que tu étais J’étais un élève moyen. Ni bon, ni mauvais. Le plus important, c’était que mes parents soient contents de moi. Et j’arrivais toujours à faire en sorte qu’ils ne soient pas mécontents en tous cas.

La guerre en Yougoslavie La ville où j’ai grandi (Novi Pazar, en Serbie) n’a jamais été directement concernée par la guerre. Mais les différents peuples de l’ex-Yougoslavie ont tous été bouleversés. C’était une guerre qui ne concernait pas les populations, c’était purement politique, une histoire de divisions. Mes parents ont tout de suite voulu faire attention et sauver leurs enfants au cas où cela tournerait mal. C’est pour ça qu’on nous a envoyés, moi et ma sœur aînée, en Turquie. On avait plus de la moitié de notre famille déjà là-bas, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Et je n’ai rien vu de la guerre puisque je suis parti dès 1991 en Turquie, via la Slovénie. Mes parents sont venus nous voir régulièrement pendant la guerre, une fois par mois. Eux sont restés, pour ne pas perdre leur travail. De toute façon, à Novi Pazar, il n’y a pas eu de combats. La guerre était surtout en Bosnie et en Croatie.

• Turquie ou Yougoslavie ? Turquie • Euroleague ou NBA ? Euroleague • MVP ou champion ? Champion • Point ou rebond ? Rebond • Vin ou bière ? Ni l’un ni l’autre, je suis musulman (il s’esclaffe) ! • Montagne ou plage ? Montagne • Neige ou soleil ? Soleil • Turque ou Yougoslave ? Les deux

Je n’en ai aucun mauvais souvenir, au contraire. L’accueil des gens était extraordinaire. Je parlais très peu turc, juste quelques mots par mes grands-parents qui vivaient là-bas. Mais la langue n’a jamais été un souci. En six mois, je dialoguais sans problème. J’ai appris en jouant au basket, parce que je me suis tout de suite mis à jouer. Et après, en allant à l’école, je parlais couramment. Mais passer de Novi Pazar, 50.000 habitants, à Istanbul et ses 15 millions, ça a été un choc. Tout était plus grand. Immense !

Mirsad Jahovic C’est mon nom yougoslave. En arrivant en Turquie, quand on a fait des demandes de nationalité turque, on nous a donné

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Une personne que tu souhaiterais rencontrer (Il réfléchit) J’ai des rêves, c’est sûr, mais j’ai aussi eu l’occasion de rencontrer beaucoup de personnes intéressantes dans ma vie, alors… peut-être revoir mon papa. Son décès m’a beaucoup chamboulé. J’avais 15 ans. Ça m’a fait considérer la vie de manière différente. Ce qui est sûr, c’est ce qui fait ce que je suis aujourd’hui. Alors, j’aimerais bien qu’il puisse voir ce que je suis devenu, combien je me suis battu grâce à lui, et ce que j’ai réussi à faire dans ma vie.

Un rêve Je rêve qu’un jour Novi Pazar ait une grande équipe de basket. Les gens là-bas adorent le basket, mais il y a peu de moyens. J’ai en projet d’y construire une belle salle de 3.000 places. Il y a tellement de jeunes à Novi Pazar qui ont du talent, mais pas de salle adéquate pour s’entraîner. Je veux apporter des choses pour qu’ils puissent bien jouer.

Ce que tu ne ferais pas pour un milliard de dollars Je n’ai jamais pensé à ça… Ce qui est sûr, c’est que je resterais moi-même quoi qu’il arrive, Mirsad Türkcan, que je garderais les mêmes amis, je ne changerais rien.

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(Sans hésitation, il désigne le terrain avec un grand sourire) Je prends un ballon, un panier et un terrain !

Si tu n’avais pas joué au basket Dans ma famille, il y a beaucoup de professions médicales, j’aurais bien aimé être docteur aussi. Mais je pense que je n’aurais pas été assez bon à l’école pour ça ! J’aurais fait un métier pour être au service des autres.

Une chose à changer dans ta vie Rien de rien. Vraiment. Allez… peut-être ma nervosité. Je suis trop nerveux, ça m’a souvent joué des tours. Mais je suis plus calme maintenant, je peux dormir la nuit. Et je prends moins de fautes techniques ! ■

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1 à 4 D.R, 5 & 6 EB/Getty Images, 7 Pascal Allée/Hot Sports & 8 Matthew Stockman/Getty Images

L’un ou l’autre

En Yougoslavie, mes amis m’appellent Mickey, pour Mirsad. Mais aux États-Unis, on m’appelait « Turk ». Et en Russie, et aussi quand j’étais à Paris, on m’appelait Le Turc.

Trois choses à emporter sur une île déserte

Ton arrivée en Turquie 1/ Sa ville natale, Novi Pazar, Serbie 2/ Foreigner, de C.J. Cherryh 3/ The Sea, de John Banville 4/ Braveheart, le film 5/ Son ancien coach, Ergin Ataman 6/ Boscia Tanjevic, actuel coach de la Turquie 7/ Laurent Sciarra 8/ Jeff Van Gundy

Ton surnom


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DU CÔTÉ DE CHEZ • maxibasketnews 41


1967-2009 : UNE LIGNE À TROIS-POINTS EN MOUVEMENT

GENÈSE D’UNE RÉVOLUTION En 1984, le tir à trois-points faisait son apparition dans le basket FIBA. Située à 6,25  m du cercle, la ligne des tirs primés va être reculée de 50  cm à compter de 2010. Le changement risque bien de chambouler grandement le jeu et la mesure fait débat. Pourtant, modifier la ligne des « triples » n’est pas un fait nouveau, l’histoire est là pour nous le rappeler. Quant à savoir la date exacte de son apparition, là-aussi, le débat est lancé.

Jonathan Daniel/Getty Images

Par Florent de LAMBERTERIE


Bill Baptist/NBAE via Getty Images

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Le légendaire Larry Bird (Boston Celtics) : le shooteur par excellence.


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LE JEU S’AÈRE, LES DÉFENSES S’ÉCARTENT ET LES PREMIERS SPÉCIALISTES LONGUE DISTANCE FONT LEUR APPARITION 

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Peja Stojakovic (New Orleans), un des meilleurs spécialistes du genre, toujours en activité.

epuis sa création à la fin du 19e siècle par ce bon pasteur Naismith, le basket a toujours été un sport vivant. Tout au long de son histoire, ce sport a su évoluer, s’adapter aux changements nécessaires induits par les modifications tactiques ou physiques de ses pratiquants. Multitudes de règles ont vu le jour à travers les siècles mais deux d’entre elles ont profondément révolutionné le jeu. L’introduction de l’horloge, qu’elle soit de 24, 30 ou même 45 secondes, a accéléré le rythme des matches. La création du tir à trois-points est l’autre grande révolution opérée par notre sport au siècle dernier. Comme toujours en la matière, l’idée est venue des ÉtatsUnis. En 1961, l’éphémère American Basketball League voit le jour de l’autre côté de l’Atlantique. Regroupant des

équipes fameuses telles les Los Angeles Jets, les Kansas City Steers ou encore les Cleveland Pipers, la défunte ABL n’aura pas fait long feu puisqu’elle disparaît totalement en 1963, en plein milieu de sa 2e saison. Si elle n’aura pas marqué les esprits, l’ABL innova en instaurant sur le parquet une ligne située à 7,23 m du centre du panier, soit 23 pieds et 9 pouces selon les normes américaines. Un panier inscrit derrière cette ligne vaut désormais trois points au lieu de deux. Une révolution  ? Pas vraiment. La confidentialité de l’ABL est telle que l’innovation passera presque inaperçue aux yeux de la planète basket. Nous sommes alors au début des années soixante, une autre époque. Pas d’Internet, peu de télé, rien à voir avec la médiatisation actuelle. Mais une si bonne idée ne pouvait pas disparaître ainsi.

Popularisée en ABA En 1967, une nouvelle ligue est créée afin de concurrencer la puissante NBA. L’American Basketball Association, plus connue sous le cigle ABA, veut se démarquer de sa grande sœur, par tous les moyens possibles. La NBA se veut sérieuse ? L’ABA jouera la carte du spectacle. Avec à sa tête le légendaire pivot des Minneapolis Lakers, George Mikan, dans le rôle du commissionnaire, l’ABA ne peut se vanter du professionnalisme de sa rivale. Mais les idées ne manquent pas. Le fameux ballon bleu, blanc, rouge est institué et la ligne des trois-points, enfin, récupérée. Absents en NBA, les tirs à trois-points – de même que le dunk popularisé par Julius « Doctor J » Erving – deviennent rapidement la marque de fabrique de l’ABA, un outil tant marketing que sportif. Le tir primé devient une composante du jeu à part entière, l’arme absolue contre les défenses resserrées et le camping dans la raquette. Le jeu s’aère, les défenses s’écartent et les premiers spécialistes longue distance font leur apparition. L’ABA gagne en spectacle, mais la ligue ne décolle toujours pas, économiquement et médiatiquement parlant. Du moins, elle ne parviendra jamais à voler la vedette à la puissante NBA. Aussi, en 1976, l’heure est venue de mettre un terme à la plaisanterie. L’ABA ferme boutique et quatre de ses équipes viennent grossir les rangs de la NBA. Finis les pitreries et l’amateurisme, et retour au jeu. Néanmoins, la NBA a beau être sourde au vacarme de l’ABA, elle n’est pas aveugle pour autant. Le tir à trois-points a fait ses preuves et une telle avancée ne pouvait que s’imposer. Trois ans après la disparition de l’ABA, en 1979, la NBA adopte le tir à troispoints. La distance est toujours de 7,23 m par rapport au panier, et le 12 octobre de la même année, le joueur (et futur coach) des Celtics, Chris Ford, entre dans l’Histoire en devenant le premier joueur de la NBA à inscrire un tir primé. C’est le début d’une ère nouvelle pour la Grande Ligue, faite de records, de renversements de situations improbables et de buzzer beaters mémorables.

Ronald Martinez/Getty Images

Réticence et confusion en NCAA Un an après son introduction en NBA, la très conservatrice NCAA en fait de même. Pas tout à fait en vérité, puisque seule la Southern Conference instaure le tir à trois-points, avec une ligne placée à 6,70 m (22 pieds), plus proche du panier qu’en NBA. À l’époque, de nombreuses voix du basket universitaire s’élèvent contre cette nouveauté qui risque de dénaturer le jeu et de provoquer la fin des big men d’impact. Malgré tout, contre vents et marées, l’idée fait son chemin, et les autres conférences imitent la Southern, dans l’intention uniquement. Car, en effet, les années 80 vont être une véritable pagaille pour le basket NCAA, chaque conférence choisissant une distance et des particularités règlementaires qui lui sont propres. D’une région à une autre, la ligne des trois-points est donc plus ou moins éloignée du cercle. Devant cette anarchie, la NCAA tranche et adopte, à l’orée de la saison 1986-87, une ligne unique


Pascal Allée / Hot Sports

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placée à 6,02 m du panier. La distance est surprenante, la pratique l’est moins. De même que pour la règle de l’horloge (35 secondes en NCAA, 45 par le passé), le basket universitaire s’est souvent amusé à élaborer ses propres règles sans tenir compte de ce qui se fait ailleurs, en NBA et a fortiori dans le basket FIBA. Quoi qu’il en soit, l’introduction du tir à trois-points va là aussi changer le jeu. Lors de la finale du Final Four de 1987, Indiana l’emporte sur Syracuse de justesse 74 à 73, grâce notamment à Alvin Ford, qui planta ce soir-là sept flèches décochées derrière l’arc. Hasard ou pas, les Hoosiers étaient, cette année-là, avec 50,8% de réussite dans l’exercice, l’équipe la plus adroite à trois-points de toute la NCAA. La FIBA s’adapte. Devant le succès de la nouveauté américaine, la tête pensante du basket mondial décide de s’adapter à son tour. À l’été 1984, lors du Congrès de Munich, la FIBA adopte la ligne à trois-points dans son règlement. Mais une petite particularité s’est glissée dans l’affaire. La ligne FIBA sera placée sur le parquet à 6,25 m du panier, c’est-à-dire plus loin qu’en NCAA mais pratiquement un mètre plus près qu’en NBA. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Contacté à l’époque par Maxi-Basket, un certain Yvan Mainini déclarera alors : « Le tir à trois-points, c’est bien, mais 6,25 m, ça me paraît un peu juste. » Sans le savoir, le futur président de la FFBB était visionnaire, il y a 25 ans déjà…

Elle bouge, elle bouge la ligne ! Si l’on shoote à trois-points plus ou moins loin du cercle selon les championnats, on le fait aussi en fonction de l’époque. Car, outre la géographie, le temps va sérieusement mettre à mal l’arc de cercle. Inamovible en règlement FIBA jusqu’à maintenant, la ligne a connu de sérieux chamboulements au pays de l’Oncle Sam. Aux débuts des années 90, l’impact grandissant des qualités physiques et athlétiques des joueurs pro commence à se faire sentir. Les défenses deviennent plus dures, l’adresse décroît et entraîne les scores dans sa chute. Consciente du danger, la NBA prend une mesure drastique. La saison 1994-95 démarre avec une nouveauté, une ligne à trois-points rapprochée à 6,70  m. Les joueurs dégainent donc plus près du panier et les taux de réussite sont censés remonter, en même temps que le spectacle. Denis Scott, shooteur du Orlando Magic à l’époque, en profite pour battre le record de paniers primés inscrits sur une saison, avec 267, lors de l’exercice 199596. Ce qui n’empêchera pas la NBA de revenir, trois ans

plus tard, à la distance originelle (7,23 m), ni même Ray Allen d’établir un nouveau record en 2005-06 avec 269 tirs enquillés et réussis derrière l’arc. En NCAA, c’est le chemin inverse qui est pris. En 2007, l’institution décide de reculer la ligne jusqu’à 6,32 m et la mesure a été mise en place au début de l’exercice actuel. Reste le dernier cas de figure, la rencontre entre équipes jouant chacune avec ses propres règles. C’est le cas à partir du premier Mc Donald’s Open de Milwaukee, en 1987, ou les clubs européens, donc sous égide FIBA, viennent affronter les équipes NBA. Alors 7,23 m ou 6,25 ? Pour l’occasion, on coupe la poire en deux, et lors des confrontations suivantes, les matches entre équipes FIBA et NBA se jouent avec une ligne à 6,75 m, soit la distance adoptée cette année par la FIBA et que l’on retrouvera sur tous les parquets de la planète dès 2012, exception faite des États-Unis, bien entendu.

L'immense Sasha Djordjevic (à gauche), le snipper, expert en trois-points assassins. Puis Hervé Dubuisson (au centre et à droite), le plus grand artilleur qu'est connu le championnat de France.

Une paternité disputée Comme toute grande révolution, l’invention de la ligne à trois-points recèle son lot de légendes. Et à ce petit jeu, des doutes subsistent sur sa paternité. Pour prouver la filiation, pas de test ADN, seules les rumeurs font foi. Ainsi, un certain Herman Sayger, coach en high school à Tiffin dans l’Ohio, aurait mis au point un système hybride en 1933. Deux arcs de cercle, l’un situé près du panier, l’autre à 25 pieds, soit environ 7,62 m tout de même. Trois zones sur le terrain, une à un point, l’autre à deux, la dernière à trois. Mais le projet restera lettre morte et ne sera finalement jamais mis en pratique. Douze ans plus tard, le 7 février 1945, un match universitaire entre Columbia et Fordham a lieu avec une ligne supplémentaire dessinée pour l’occasion. Les tirs pris derrière celle-ci comptent alors trois points au lieu de deux. L’instigateur de la tentative n’est autre qu’Howard Hobson, futur inventeur de l’horloge des 24 secondes. Mais l’essai sera classé sans suite par la NCAA. Plus surprenante encore, la thèse d’Eddie Rios Mellado, professeur de sport à Porto Rico. L’homme aurait créé, en 1962, une ligne située à treize pieds (3,96 m) du cercle, derrière laquelle un shoot converti vaudrait trois points. Un membre de la fédération portoricaine a même cherché par tous les diables à établir la preuve que l’invention serait bien d’origine portoricaine. Mais, manque de chance, l’ABL l’avait devancé en 1961, à son grand désarroi. Le mystère reste entier, mais une certitude demeure. Les shoots pris derrière la ligne valent trois-points. ■

“6,25 M, ÇA ME PARAÎT UN PEU JUSTE” YVAN MAININI, EN 1984


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ÉMILIE GOMIS

CHANGEMENT

D’ÂME

Perturbée par une blessure, non désirée dans son club, puis évincée de l’équipe de France l’été dernier, Émilie Gomis a choisi l’exil pour panser ses plaies et s’émanciper. De retour chez elle, la belle panthère se dévoile et se sent prête à tout croquer, dès cet été avec les Bleues. Puis, la saison prochaine, avec Villeneuve-d’Ascq. Par Thomas FÉLIX


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“J’AI PLEURÉ EN 2001 LORSQU’ELLES SONT DEVENUES CHAMPIONNEs D’EUROPE”

L

orsque l’on prend contact avec elle pour la rencontrer, on comprend rapidement qu’Émilie Gomis n’est pas… de l’après-midi. La déranger en pleine sieste n’est donc pas une chose à conseiller, on peut se faire rabrouer. Émilie est comme ça, le sommeil est une chose sacrée. «  Je suis absolument désolée  », se confond-elle quelques minutes plus tard après le premier coup de fil. « Je dormais profondément et j’ai décroché dans un semi-coma.  » Parce qu’elle est aussi comme ça Émilie, si adorable réveillée que l’on est bien incapable de lui en vouloir. Cette anecdote a au moins le mérite de poser le personnage. Caractère bien trempé, voir « carrément mauvais », avoue-t-elle dans un grand éclat de rire, Émilie Gomis a su mettre de l’eau dans son vin au fil des années. On est bien loin d’Évreux, des débuts sur les playgrounds de la cité et de son environnement si masculin où « Miss Go », un de ses surnoms, s’est forgée son tempérament. « Il fallait bien », se souvient-elle. « Mais j’étais un vrai garçon manqué. Le jogging bien large, c’était ma tenue. Le contact avec les gars, c’était plus mon truc qu’avec les filles. Et pour le basket, c’était clair que c’était plus intéressant de jouer avec eux car ils ne me faisaient pas de cadeaux et j’aimais bien ça. »

« Une grosse envie de rien foutre »

Repères • Née le 18 avril 1983 à Ziguinchor (Sénégal) • Taille : 1,80 m • Poste : Arrière, ailière • Clubs : Évreux (92-97) en N2, Rouen (97-98), Centre Fédéral (98-01) en N1, Tarbes (01-03) en LFB, Villeneuve-d’Ascq (03-06), New-York Liberty (06) en WNBA, Valenciennes (06-08), Fenerbahçe Istanbul (08-09) en Turquie, Naples (08-09) en Italie

Débarquée du Sénégal en 1986, la famille Gomis pose ses valises à Évreux, en Normandie. Le père, professeur de karaté et ceinture noire, y voit une bonne opportunité pour les siens. Émilie a trois ans. Enfance sans encombre, au milieu de quatre frères et quatre sœurs, la jeune Émilie est nonchalante avec, de son propre aveu, «  une grosse envie de rien foutre après l’école  ». Chose qui ne plaît pas trop dans cette famille ultra sportive. Alors, vers les neuf ans, Émilie commence le sport, comme tous les Gomis. «  On m’a mise à l’athlétisme parce que, physiquement, j’étais déjà fine et musclée », raconte-t-elle. «  J’aimais beaucoup ça mais c’est un sport individuel et c’était à l’extérieur. Et moi le froid, la pluie, ça n’était pas possible. Le basket, j’en faisais déjà avec les mecs et c’était en salle alors c’était quand même mieux. Mais j’ai continué l’athlétisme jusqu’à mon entrée au pôle espoir de Rouen où, là, j’ai dû choisir. »

“LE MAILLOT FRANCE, C’EST LE TOP, TU L’AIMES, TU ES TROP FIÈRE”

• Équipe de France : 1ère sélection le 10 août 2002, 98 sélections • Palmarès : cinquième au championnat du monde Sénior (06), bronze au Mondial des -20 ans (03), bronze au championnat d’Europe des -18 ans (02), bronze au championnat d’Europe Cadettes (99), finaliste de la coupe Ronchetti (02), vice-championne de France (03), championne de France (07)

Rouen, ce sont les débuts du cursus sans faute de la petite Émilie. Une année en pôle espoir, puis, repérée, elle part dès ses 15 ans rejoindre l’INSEP et le Centre Fédéral. «  Je ne connaissais pas les structures car le basket était pour moi un jeu », explique Émilie. « Je ne m’y intéressais pas plus que d’être avec mes copines et de me dépenser. Mais je passais par toutes les sélections régionales et puis j’ai été prise en sélection cadette nationale. Ma famille ne me poussait pas plus que ça, même en entrant à l’INSEP, faire du basket mon métier ce n’était pas à l’ordre du jour. » Pourtant, lorsqu’elle découvre le lieu, Émilie comprend que « c’est du sérieux ». Fine, musclée, rapide, son physique détonne et lui permet d’être retenue dans toutes les sélections sans forcer son talent. L’INSEP – les meilleures années, comme pour beaucoup de ceux qui y sont passés – va structurer Émilie. « Et il y avait du boulot », s’esclaffe-t-elle. « Le basket était un loisir pour moi et j’étais une vraie sauvage, un peu racaille. Là tu apprends la discipline. Manger à telle heure, dormir à telle heure, on te gueule dessus… horrible. Moi, je suis entrée en rébellion, le temps de m’assagir, de comprendre que le basket c’était du sérieux. Mais il y a les copines, tu côtoies Tony Parker, Boris Diaw, les autres sportifs et les garçons, car à l’INSEP tu n’es pas qu’avec les filles et ça… (Malicieuse) Tu es considérée comme l’une des meilleures joueuses du pays, tu es fière comme pas possible. Et puis le basket change, la musculation, la nutrition, les ateliers, tu comprends que tu vas peut-être devenir basketteuse professionnelle. » Pour entrer dans le monde pro, encore faut-il qu’un club se propose de l’accueillir. Un peu cigale, Émilie n’a rien prévu et déchante rapidement. Personne ne vient la chercher à sa sortie de l’INSEP et il lui faut de l’aide pour que Tarbes se penche sur son cas et se décide à l’accueillir. «  J’ai signé tard », souffle-t-elle. « J’en ai pleuré parce que je croyais que personne ne voulait de moi. Je pensais que l’on allait venir me trouver. » À Tarbes, Émilie rejoint sa copine Céline Dumerc et son idole Laure Savasta, championne d’Europe en 2001 avec l’équipe de France et capitaine de la sélection tricolore. « Elle, je l’admirais ! Une grande gueule comme je les aime que je regardais, toute en observation. Je n’osais pas trop lui parler. » Une première année pour voir, avec une finale de coupe d’Europe à la clé, puis une seconde où Émilie joue un vrai rôle, en championnat comme sur la scène européenne. « J’étais dans les six-sept filles qui comptent. Je commençais à m’éclater vraiment, à avoir du temps de jeu. Et puis j’entends mon nom circuler pour l’équipe de France, le rêve ! » Alain Jardel, alors entraîneur national des filles, auréolé d’un titre de champion d’Europe avec ses filles, appelle en sélection des jeunes, dont Émilie fait partie. « Les sélections je connais  », s’emporte-t-elle. «  Mais là  ! C’est la grande. Celle championne d’Europe ! J’étais dans les tribunes quand elles ont gagné et moi, le garçon manqué, j’ai pleuré en les voyant. Et un an après, je me retrouve avec elles ! »

Le maillot France pour amant

Hervé Bellenger/IS/FFBB

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L’équipe nationale, c’est le fil rouge de la carrière d’Émilie Gomis, comme pour beaucoup de joueuses. Habituée dès son plus jeune âge à en faire partie, en 2002 Émilie poursuit son aventure chez les grandes en glanant une première sélection en amical. « Contre le Japon », se délecte-t-elle. « Je suis sur le banc et puis Alain m’appelle. Je ne l’entends même pas, on doit me pousser pour rentrer. Et puis plus rien ! Je ne me souviens de rien jusqu’à ce que je marque mon premier point. Là, le stress s’envole et je suis dans le match. Le truc avec l’équipe de France, c’est justement que c’est le truc. Tu représentes la France, tu es dans les meilleures. Le maillot c’est le top, tu l’aimes, tu es trop fière. Après, pour une fille, l’équipe nationale te donne une aura, on sait qui tu es. » Un amour si fort qu’Émilie a bien failli tromper, une fois, elle qui vivait un autre rêve, celui de la WNBA à New York en 2006. Arrivée par la petite porte au Liberty, elle gagne sa place


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“J’EN AI MARRE D’ENTENDRE QUE LES BASKETTEUSES NE SONT PAS FÉMININES” refuser. New York n’a pas compris, mais ce n’est pas grave, moi je l’ai vécu la WNBA, deux mois. Et c’est humain de vouloir vivre un truc comme ça. C’est unique. » On comprend donc que son éviction de l’EdF, l’été dernier, est une cicatrice pour Émilie, elle qui n’avait manqué aucun rendez-vous. «  On s’est expliqué lors du dernier stage à Monaco avec Pierre Vincent (actuel coach des féminines, ndlr) et c’est de l’histoire ancienne. Mais oui, après huit ans

de présence, je pensais avoir ma place, pas qu’il y ait mon nom dessus mais parce que je bosse pour l’avoir. Je suis une guerrière, moi, et je compte bien le montrer dès cet été car je sens que l’on peut faire quelque chose au championnat d’Europe. »

La mode, la mode, la mode Un visage guerrier assumé sur le terrain, mais contre lequel lutte également l’ancien garçon manqué hors terrain. Dotée d’un physique plutôt avantageux, et nourrie par une passion immodérée pour le shopping, Mlle Gomis s’est trouvé un nouveau terrain de jeu, la photographie de mode. Au départ, juste quelques photos glamour, histoire de montrer que l’on peut être basketteuse et jolie. Puis, de plus en plus professionnelle, la joueuse entend lutter contre les stéréotypes et espère faire des émules. «  J’en ai marre d’entendre que les basketteuses ne sont pas féminines  », s’emporte la jeune femme. «  Evidemment, sur le terrain, on n’est pas glamour mais, en dehors, plein de filles sont magnifiques. Peu de photographes nous proposent de se lancer, moi j’ai décidé d’en profiter. En WNBA, tu es obligée de bien t’habiller pour voyager, le survet est interdit et, franchement, c’est pas plus mal. D’année en année, j’ai appris à me plaire et montrer une autre image, c’est important pour moi. » Vu le résultat, on aurait bien du mal à trouver à redire sur les photos glamour de la nouvelle miss du basket. Plus femme, plus mûre, mais toujours guerrière, Émilie Gomis est loin de ses années garçon manqué. À bientôt 26 ans, elle est même prête à être un pilier et se sent les épaules pour prendre les responsabilités qu’elle fuyait encore il y a peu. « C’est vrai que je ne veux plus être une simple joueuse  », acquiesce-t-elle. «  J’ai envie d’apporter autre chose, une dynamique, sur et hors du terrain. Je me sens prête. Je commence à avoir l’âme d’un chef de file. » ■

2008-09

UNE ANNÉE POUR GRANDIR L’adage est bien connu, les voyages forment la jeunesse. Et même si Émilie Gomis avait déjà tâté de la grande aventure américaine, en WNBA à New York, son périple, avec un passage en Turquie puis en Italie, lui a fait le plus grand bien. « Ce n’est vraiment pas une mauvaise expérience », avoue-t-elle dans un large sourire. « Je ne me dis pas : je n’aurais jamais dû partir. Mais plutôt : cela m’a enrichie encore plus. » Il est pourtant vrai qu’elle n’aurait jamais dû partir. Confortablement installée à Valenciennes la saison dernière, une blessure a refroidi l’ardeur de ses exdirigeants à l’heure de lui faire signer un nouveau contrat. Première, et amère, désillusion pour une joueuse peu habituée à ce genre de situations. Au cours de l’été, alors qu’elle vient à peine de se faire évincer pour la première fois de la sélection française, son agent la persuade d’aller voir hors des frontières, pour changer d’air. Direction la Turquie, Istanbul et son club phare, Fenerbahçe. « Les dirigeants turcs m’ont vraiment voulue », assure-t-elle. « J’appréhendais la découverte, et je n’ai pas été déçue. Je me suis retrouvée dans un grand club européen, qui jouait l’Euroleague, avec une pression populaire énorme. J’ai vite saisi car, dès ma descente d’avion, il y avait le manager avec la télé. Tu comprends que si les joueuses sont fortes, on recrute aussi au CV, pour l’image, pour les supporters. » Attitrée à un rôle de meneuse, Émilie Gomis apprend à gérer le tempo de son équipe et s’en sort plutôt bien. Avec 27 minutes par match, elle émarge à 8,4 points, 2,4 passes et 2,9 rebonds, largement honorable pour une première saison.

Oui, mais voilà, à Fenerbahçe, les supporters aiment le sang neuf et les dirigeants aiment leur en donner. « Cela ne se passait pas mal mais, à la fin des vacances de Noël, mon agent m’a fait comprendre que le club allait se séparer de moi », raconte-t-elle avec une pointe d’amertume. « Ils avaient l’opportunité de prendre une Américaine avec un meilleur CV et ils m’ont coupée. C’est l’apprentissage des grands clubs européens. Tu as un contrat, ça ne se passe pas trop mal, mais tu peux te retrouver à la porte, comme ça. » Déçue mais pas abattue, Émilie s’offre un deuxième challenge, en Italie, à Naples. « Un tout autre contexte. Ils cherchaient une fille dans mon profil pour apporter du dynamisme à une équipe qui voulait se relancer, mal en point en championnat et dans l’espoir d’accrocher les playoffs. » La Française arrive dans la botte dans un tout nouveau de costume de pompier de service qui ne lui sied pas tout à fait. « Je n’avais jamais vécu ce genre de situation. Arriver avec l’étiquette de sauveuse, se retrouver avec les filles qui viennent te voir en te disant de les aider, c’est gratifiant mais perturbant. J’ai essayé mais j’ai vite ressenti de la pression dans ce rôle. D’autant plus que le coach ne se mêlait plus de grand-chose. En gros, c’était : Émilie, fais tout ce que tu peux ! Résultat, tu fais ce que tu peux, tu forces et tu ne sais pas trop si c’est utile ou non. » Au final, Naples n’accroche pas les playoffs, mais l’expérience n’est pas un échec pour autant. « Cette année m’a beaucoup plu en fait », lance l’ailière française. « Je sais maintenant quel tournant donner à ma carrière. J’ai pu me regarder, sortir de mon cocon français et découvrir que oui, je veux, je peux prendre des responsabilités ! »

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dans l’équipe pour la saison. Et Émilie s’en souvient avec des étoiles dans les yeux. «  Je touchais du doigt un truc exceptionnel. Un délire, avec les larmes aux yeux quand tu es dans la limousine qui t’amène au stade. Le logement, le dress code, toujours en jupe ou en pantalon à pinces, la salle d’entraînement des Knicks où je croise Steve Francis (alors meneur des New York Knicks en 2006, ndlr). Et puis les salles, remplies pour du basket féminin, avec la télévision, énorme. Le truc c’est que j’ai eu envie de gagner ma place dans cette équipe car le jeu était pour moi, je pense. C’était assez physique, ça courait beaucoup, pas de jeu bridé. Après, tu ne joues que pour le show et la petite Française, elle allait faire du banc quand même. » Problème, Alain Jardel compte sur elle pour le championnat du Monde 2006, lui promet du temps de jeu. Entre donner les serviettes sur le banc du Liberty et prendre part à une telle compétition, Émilie hésite longtemps et finit par casser son contrat de trois ans pour pouvoir rejoindre ses copines sous le maillot bleu. « C’est vrai que j’ai hésité », admet l’intéressée. « Mais je ne pouvais pas


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JIMMY DIX MINUTES VEROVE D’OVATION”

JIMMY VEROVE

“À LIMOGES, J’AI EU DROIT À

À 22 ans, il fut champion d’Europe avec Limoges. À 38, il court toujours à Brest. Jimmy Verove a eu dix vies, cent blessures et a mille histoires à raconter. Propos recueillis par Pascal LEGENDRE, à Brest

Je sais que ma mère m’amenait aux matches de mon père à Berck, mais je ne m’en souviens pas. De Caen, oui, puisque j’ai été ramasseur de balles de 5 à 9 ans. J’y ai commencé le basket avant la catégorie poussins avec mon frère Franck et Frédéric Forte. On a été entraîné un an par Ansley Truitt. De 9 à 12 ans, je suis à Limoges, toujours ramasseur de balles, à la salle des Sœurs de la Rivière et puis à Beaublanc. Limoges gagne la Coupe Korac. Mon père est alors un peu le mentor de Richard Dacoury, ce que Richard sera avec moi lorsque je vais jouer à mon tour au CSP. Ensuite, j’ai fait de gros cartons à Berck chez les jeunes, mon père y était retourné comme entraîneur-joueur. On fracasse le Racing de Paris en finale juniors. On gagne 110 à 82. Je mets 54 points et Franck 32. D’ailleurs, on perd le match sur tapis vert car Franck avait joué un match avec les pro… André Buffière me voit jouer et me fait venir à Paris, où je signe un contrat de trois ans. J’y suis resté trois jours. Comme j’étais mineur, le contrat était caduc. Je suis contacté par Limoges par l’intermédiaire de Frédéric Sarre. J’y pars avec Pascal Julien qui avait joué deux ans à Berck avec mon père. Je me retrouve avec mon petit maillot jaune de Berck au milieu de Greg Beugnot, Jacques Monclar, Richard Dacoury, Clarence Kea, Stéphane Ostrowski, Don Collins, Michel Gomez… Je pars comme ça avec les espoirs et les pros… À Limoges, j’ai un accident de moto. Arrêt de quatre mois. Depuis, j’ai un doigt qui est mort. J’ai eu à cette époque une proposition de North Carolina. J’avais reçu un courrier de Dean Smith. Seulement, il ne fallait pas avoir gagné de l’argent, or j’avais déjà touché un chèque. Je ne parlais pas bien anglais. À part Rudy Bourgarel et Alain Forestier, pas grand monde était allé aux États-Unis.

On n’avait pas d’écho, ce n’était pas la mode. C’est Heinrich Rödl qui a pris ma place. J’avais signé un contrat de cinq ans mais, après deux ans, j’ai demandé à être prêté pour m’aguerrir. Limoges part alors dans une galère avec Gomelski, Sweek, Veyrat, Kelly Tripucka. C’est Dallas. Je suis à Villeurbanne, une année difficile avec beaucoup d’Américains. Le président Charvieux se tue en voiture. J’ai eu le père comme président, très gentil, mais totalement inexpérimenté, comme le coach, Dominique Richard. On me fait comprendre que je suis le gamin, qu’il faut que je patiente. Au niveau basket, ce n’est pas ce que j’attendais.

« Chaque soir, j’allais faire des shoots avec Kobe Bryant » Je pars au championnat d’Europe des moins de 21 ans. On fait une médaille de bronze et je suis élu dans le 5 idéal de la compétition. Le coach Jean Degros dit : « Jimmy Vérove ne doit pas se contenter du banc de touche, il faut qu’il joue ! » Je vais à Mulhouse avec Chris Singleton et Joe Bryant, le père de Kobe. Singleton me fait énormément bosser. J’explose dans un rôle très offensif. Kobe avait 11 ans, était évidemment inconnu et il est resté quatre mois à Mulhouse. J’avais 20 ans. J’étais très proche d’eux car on était dans le même hôtel, le Squash 3000. Kobe était avec ses parents et ses deux sœurs. Il venait tout le temps à la salle avec son père. Chaque fin de journée, il venait me voir : « Jim, viens ! On va shooter. » Il pouvait s’amuser pendant des heures. Son père, c’était un Magic Johnson mais, à 36 ans, tu voyais qu’il était fatigué. Il a été coupé. Je n’ai jamais revu Kobe. J’aurais aimé savoir s’il se souvient de ces moments-là… ➔➔➔


DU CÔTÉ DE CHEZ • maxibasketnews 53

Jean-François Mollière

E


Bozidar Maljkovic vient me voir au Novotel à Limoges, après un match avec Mulhouse. Il me demande de sortir sur le parking. Il me regarde droit dans les yeux. «  Tu mesures combien ? » « Je fais deux mètres. » « Il me dit, non, tu fais 1,98 m ». Il poursuit : « Jimmy, tu vis comme ça, comme ça… Tu manges ça, tu fréquentes tel endroit.  » Il savait que je mangeais des éclairs à la vanille. J’ai compris que quelqu’un de Limoges était venu sur Mulhouse pour me suivre. Jim Bilba m’a fait plus tard la même réflexion. Quand il faisait son recrutement, Maljkovic savait qui il prenait. Il savait

« Maljkovic me regarde droit dans les yeux. Tu mesures combien ? » que je n’étais pas un oiseau de nuit, que je ne mangeais pas n’importe quoi. Incroyable. Il me dit : « On part sur trois ans, tu peux marquer, défendre, créer…  » J’étais super impressionné. Mulhouse voulait racheter ma clause qui était de 100 plaques ! Je ne sais pas comment ils auraient fait. Durant l’été, je fais un championnat d’Europe, puis du monde militaire en Chine et… hôpital  ! En septembre 92, je fais une septicémie à staphylocoque doré. Un empoisonnement généralisé du sang. J’ai chopé ça en Chine. Mes pieds avaient chauffé, je n’avais pas de claquettes et apparemment le microbe a pénétré dans les douches par mon pied. Gonflement des articulations. Tu ne peux plus bouger, respirer. Quinze jours de coma. Je perds vingt kilos, mes cheveux, ma peau. Je prends huit kilos d’antibiotiques qui sont des tueurs de tendon. Le professeur me dit : « Huit kilos, c’est pour dix vies. Le sport de haut niveau, c’est fini ! » J’étais la coqueluche de Limoges. Dans ces moments-là, tu n’es plus rien. J’étais au 5e étage avec les cancéreux en phase terminale. Toutes sortes de rumeurs ont couru sur mon compte. Il ne faut pas oublier que l’on était à la période où Magic Johnson venait d’annoncer sa séropositivité. On disait : « Il a une maladie que l’on peut choper en entrant dans sa chambre. » J’ai mis six mois pour m’en sortir car j’étais jeune, sportif de haut niveau avec une bonne hygiène de vie. J’ai reçu des courriers de gens qui me proposaient de l’argent pour que je leur dise comment guérir leur enfant atteint de la même maladie. Je signe une décharge en décembre 92 et, quatre mois après, je suis dans le cinq majeur pour jouer la finale de la Coupe des Champions. Mais je pense que cette septicémie a été le tournant de ma carrière. Et à la place d’une carrière internationale, j’ai fait une carrière nationale. Le titre de champion d’Europe ? Je n’ai pas de trophées ni la K7 du match chez moi. J’ai juste ça qui m’a été offert (il montre une plaque de rue à son nom dans le couloir d’entrée de son appartement). On est champion d’Europe depuis cinq minutes, et la seule chose que je trouve à dire au journaliste d’Antenne 2, c’est « on joue Gravelines dans une semaine. » Je ne réalisais pas. Tu prends davantage conscience de l’exploit aujourd’hui quand tu vois le marasme dans lequel sont les clubs français en Euroleague. Là, je jouais contre Terry Teagle, Eddie Johnson, Toni Kukoc, Zarko Paspalj, Antonello Riva. À 18 ans, j’avais joué contre Bob McAdoo, Mike D’Antoni, Dino Meneghin. Je leur parlais dans le poste, « tu ne marqueras pas ! » À l’époque, Maljkovic se servait de moi pour pousser tout le monde à l’entraînement. Si je perdais un suicide, j’étais convoqué à son bureau et il me demandait pourquoi je n’étais pas premier. « Je vais te dire pourquoi. Tu es allé au cinéma la veille ! » Véridique. Ces coaches-là ont une dureté mais aussi, ils bossent. Michel Gomez, celui que j’ai connu durant ma première période à Limoges, aussi. Jean-Denys Choulet, avec les résultats qu’il a, je pense que c’est aussi un bosseur. Comme Philippe Hervé.

Je revenais de l’enfer après la septicémie. Pour mon deuxième match, on joue à Gravelines où je suis né. On gagne de 30 points, Maljkovic sait que mon père est dans les tribunes et il me fait jouer les 37 dernières secondes. Dans les vestiaires, Maljkovic me dit : « Je ne peux pas te faire jouer, tu ne t’entraînes pas assez dur  !  » Il dit ça à moi qui m’entraînais comme un fou… J’allais presque réagir… Richard Dacoury, Jim Bilba et Marc Mbahia me disent  :  «  T’inquiète. Tu as loupé le début. On y est passé aussi. Il va te démonter en deux et il va te reconstruire. » Il l’a fait dans un style créateur, passeur, et puis un défenseur à tuer les gens. Tu serres tellement ton gars que s’il va au vestiaire, tu le suis ! Et comme tu gagnes, tu dis bravo au coach. J’en ai discuté avec Lolo Foirest. Quand tu es jeune, c’est bien de faire deux-trois ans avec un coach yougo, ça blinde. Pas plus sinon, tu es mort. Durant l’été, j’ai une grosse tendinite rotulienne au genou gauche. La jambe d’appel. La veille du départ pour le championnat d’Europe en Allemagne, je vais voir un spécialiste à Limoges. Le club met son veto et c’est Stéphane Risacher qui prend ma place pour partir à l’Euro. Je me soigne. J’ai des douleurs, je dois me faire opérer, mais Georgi Adams se pète le genou. Maljkovic m’appelle et me dit qu’il aimerait que je ne me fasse pas opérer, que je joue. J’accepte. Je joue sur une jambe. En rentrant de l’entraînement, ça m’est arrivé de pleurer tout seul dans ma caisse tellement ça faisait mal. Je me fais opérer du genou en mai 94. Je le serai de nouveau en 96 (…) Je suis revenu à Limoges, il y a trois ans. Ça restera le grand moment de ma carrière. Fred Forte me fait appeler au milieu du terrain et j’ai droit à une remise officielle de maillot. Stéphane Ostrowski m’apporte cette porcelaine (il la montre. Il y est écrit « Jimmy Verove, champion d’Europe avec le Limoges CSP »). J’ai eu droit à dix minutes d’ovation, les gens debout. On me donne le micro au milieu du terrain. J’étais super à l’aise, j’étais chez moi. Il faut savoir qu’il y a un supporter qui possède ma médaille lorsqu’on a gagné la Coupe de France à Paris contre Strasbourg. Je la lui avais offerte. À chaque fois, il vient me la montrer. Il la porte durant le match. Il n’y a que là-bas où tu peux voir ça. Ils m’ont connu gamin, j’habitais le centre-ville, j’étais abordable. J’ai cette culture de Limoges. Ces dix minutes là-bas, c’est toute une reconnaissance. Les gens savent que j’ai joué pour le CSP avec des douleurs infernales, que je n’ai jamais triché.

« J’ai cru qu’on m’avait marabouté » J’avais Didier Rose comme agent.  À ce moment-là, les agents sont les maîtres du monde. Sans le savoir, j’ai bloqué le marché. Didier Rose me dit : « Maljkovic s’en va, Michael Young signe à Lyon, Jim Bilba veut partir là-bas. » Je n’entends pas parler de Lyon. J’apprends par voie de presse que Paris me veut, Levallois aussi. Un autre agent m’appelle en me disant : « Mes joueurs ailiers ne peuvent pas signer car les clubs attendent de connaître votre choix de club. » Le système des chaises musicales. J’ai appelé Paris en direct et on me répond : «  Oui monsieur Verove, on vous veut, mais on nous a dit que vous détestiez Paris.  » J’ai eu une discussion assez soutenue avec Didier Rose. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’on a arrêté de travailler ensemble. Lyon est entré en contact avec moi et m’a fait une proposition de trois ans avec des montants… (Il s’arrête) Je me suis demandé si ce n’était pas une blague. Ils m’ont envoyé un fax de confirmation chez mon père à Ajaccio. Énorme projet. Jet Services, Roger Caille, Éric Micoud qui rentre de Georgetown, Jim Bilba qui doit venir aussi. Génial. Seulement Jim a encore un an de contrat et va être bloqué à Limoges. Et Michael Young se pète le genou. Un jour, mon coach, Yannick Le Manac’h, me prend à part et me dit : « J’ai mon cancer qui se déclare de nouveau. » Je l’ai vu perdre 25 kilos en un mois. On enchaîne les Américains. Un était ➔➔➔


Pascal Allée / Hot Sports

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JIMMY LE SURVIVANT 1 Main gauche fracturée.

Rupture du tendon fléchisseur du petit doigt. Accident de moto. 1989. Limoges.

2 Septicémie à staphylocoque

doré. Coma + 8 kg d’antibiotiques. 1992. Chine et Limoges.

3 Luxation de l’épaule gauche. 1993. Limoges.

4 Tendinite rotulienne au

genou gauche. 1993. Limoges. Opération du genou gauche. 1994. Limoges + 1996. Dijon.

5 Hernie inguinale avec

désinsertion abdominale. Opération. 1996. Dijon.

6

Deux dents déracinées puis réimplantées. Coup de coude James Scott. 1999. Gravelines.

7

Lésion des cervicales. Charge de Gary Alexander. 1999. Gravelines.

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Arrachement osseux à l’articulation sacro-iliaque. Contact de Hubert Register. 1999. Gravelines.

9

Main gauche fracturée avec déplacement osseux et pose d’une plaque et sept vis. 1999. Gravelines.

10 Arrachement osseux à la cheville gauche, plâtrée. 2000. Besançon.

11 Deux ruptures du tendon d’Achille droit. Mai et décembre 2001. Brest.

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12 Fractures multiples : pommette gauche, nez, pied gauche + hémorragie interne avec décollement des poumons, rate et foie sur 10 cm, et rupture du ligament latéral interne du genou droit. Accident de moto. 2005. Brest.

13 Béquille avec déchirure musculaire, quadri de la cuisse gauche. 2008. Brest.

14 Coup de coude à la gorge de Didier Gadou. Langue avalée, perte de connaissance. 1994. Limoges.

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Jean-François Mollière

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Hervé Bellenger/IS

“Les gens savent que j’ai joué pour le CSP avec des douleurs infernales”

Repères • Né le 24 septembre 1970 à Gravelines • Taille : 1,98 m • Poste : Ailier • Clubs : Limoges (88-90), Villeurbanne (90-91), Mulhouse (91-92), Limoges (92-95), Lyon (95-96), Dijon (96-97), Brest (97-98), Gravelines (98-99), Besançon (99-00), Brest (00-02), blessé (03-04), Brest (04-09) • Palmarès : champion d’Europe (93), champion de France (89, 93, 94), champion de France Pro B (05), MVP français Pro B (98)

bourré, l’autre c’était un peintre… Jusqu’au moment où Elmer Bennett arrive avec James Bryson. On va gagner huit matches sur neuf. Je tourne à 18 points sur ces matches-là. Malheureusement, le projet fantastique tombe à l’eau. Roger Caille part à Pau. On se retrouve tous en procès avec des sommes astronomiques. Ça fusille ma carrière. Je pars à Dijon où je ne suis plus dans le même type de structure, même si ça tourne pour moi. À Antibes, je mets Micheal Richardson à 2 points. Seulement, au bout du 3e match, un coup de couteau dans le ventre ! J’ai une hernie inguinale qui se déclare avec une désinsertion des abdominaux. Je me fais opérer. Je me fais opérer aussi du genou à la fin de saison. C’était Yann Boisson le general manager et je sentais que quelque chose se tramait dans mon dos. Il m’a avoué finalement avoir signé Laurent Bernard, son meilleur ami. Je suis tombé de très haut. Comment trouver un club alors que je venais de me faire opérer ? Je me suis dit que j’allais commencer à penser à mon corps, que j’allais prendre le temps de me soigner. Tout l’été. J’ai fait une très grosse rééducation à Ajaccio avec le kiné de l’équipe de France de hand. Et je viens à Brest où mon père est coach. Je commence la saison avec eux. J’ai des cuisses super musclées. Toute ma détente est revenue. Je n’ai plus eu mal au genou depuis. J’enchaîne les matches. Mon père me dit : « Tu n’es pas là pour défendre comme un fou.  » Alors, j’attaque. 35, 40 points… Je suis le premier joueur à faire du «  temps partiel  ». Une partie chômage et une partie club, 11 000 F + les ASSEDIC. André Mulon de Besançon m’a appelé pour me demander comment je faisais. Au bout de deux mois, je reçois des propositions de Nancy, Paris et Besançon avec des bons contrats, genre cinq ou six fois mon salaire. Mais on est cinq à Brest et je me dis que si je pars à ce moment-là, je mets mon père, et le club qui m’a permis de revenir, dans la merde. J’ai de la reconnaissance pour ça. J’ai décidé de rester, pour tout péter. Pour la première fois de ma vie, je me suis mis dans un projet individuel. J’ai pris les trophées de meilleur joueur français, marqueur, rebondeur, évaluation et scoreur sur un match. À la fin de cette saison-là, j’ai un agent américain qui me contacte pour signer à Malaga qui était en train de devenir ce qu’il est aujourd’hui. Le salaire proposé était… ah ! Un salaire que j’avais connu à une autre époque. Malheureusement, je connais un drame familial (…) Je coupe court à tout ça. Je dois aller à Nancy, mais Jean-Denys Choulet m’appelle. Il me veut pour Gravelines. Je suis de Grand-Fort, j’y ai passé toutes mes vacances jusqu’à 15 ans, ma grand-mère est làbas. J’ai signé à Gravelines pour ce côté familial. Et quand j’arrive, j’ouvre la presse, «  Jerry McCullough en Turquie.  » Pour le remplacer, Elijah Allen, dont on n’a plus jamais ensuite entendu parler, et Gary Alexander qui est un fou. Il y avait eu un changement de mairie à Gravelines, elle n’était pas forcément basket. En gros, on disait à JeanDenys Choulet : « On ne te donne pas d’argent, fais-nous une équipe. » Cette année-là, j’ai cru que l’on m’avait marabouté. Il m’est arrivé des trucs… James Scott était défoncé à la bière. Il me donne un coup de coude dans la gueule. Deux dents cassées. Opération de huit heures. Après, c’est Gary Alexander qui me décroche un coup de coude majestueux dans le dos alors que, la veille, on avait mangé ensemble. Il n’a jamais su m’expliquer pourquoi. Cinq jours à l’hôpital. Ensuite, soi-disant que j’avais mis un coup de tête à un arbitre en Belgique. Je risquais un an de suspension. Un grand n’importe quoi. Heureusement, un juriste belge est venu témoigner en disant qu’il n’y avait jamais eu agression. Suite à un choc avec Hubert Register, j’ai un arrachement osseux. Je suis obligé de me faire infiltrer. Ensuite, je me casse la main. J’ai une plaque avec sept vis. Et j’ai les deux lancers-francs pour maintenir Gravelines en Pro A contre Toulouse, avec une main cassée, un plâtre, le tout strappé pour ne pas qu’on le

voit. Je mets les deux. Et après, je suis tellement traumatisé que je laisse ma deuxième année de contrat, je m’en vais. Pour la première fois de ma vie, j’avais peur de rentrer sur un terrain de basket. Je pars à Besançon. N’importe quoi. J’en ai ras-le-bol. Je veux retrouver une ambiance familiale, revenir à Brest.

« Je n’aurais pas pu filer 100 euros sous la table car on n’avait ni table ni liquide » Je reviens avec mon frère à Brest. On fait venir Jo Jo Garcia, Robert Conley. En mai 2001, à Sablé, en quart de finale de la Coupe de France, je me pète le tendon d’Achille droit. Je rejoue en décembre, un retour précipité car mon père n’a plus que cinq joueurs, et le tendon re-pète deux matches après. L’équipe doit tomber en Nationale 1. C’était la panique totale. J’ai proposé au président Éric Lemoine de recomposer l’équipe. Une pour la N1 et une autre pour la Pro B. On a été sauvé suite à l’arrêt de Montpellier. Ça n’aurait pas été possible ailleurs qu’à Brest et avec quelqu’un d’autre que mon père. Mon père ne parle pas anglais, n’avait pas Internet. Regarde, chez moi, il y a quatre ordis qui tournent. Je n’allais pas rester en accident de travail à buller. J’ai passé mon BE2. Je me suis mis à fond dans le recrutement pendant quatre mois. J’ai vu 45 matches en neuf jours à la summer league de Las Vegas. L’agent avec moi m’a dit : «  On n’a même pas eu le temps d’aller dans la piscine et en boîte de nuit ! » Avec le carnet d’adresses que je me suis fait, je pouvais avoir ensuite tous les joueurs que je voulais. J’ai continué avec le président Christian Lemasson. Il me donnait la masse salariale. Je prenais du Prozac… car on n’avait aucun moyen. Je n’aurais pas pu filer 100 euros sous la table car on n’avait ni table ni liquide ! On avait la cinquième masse salariale de Nationale 1 alors qu’on était en Pro B. On se déplaçait à Maurienne en bus et on mangeait à l’intérieur. Trente heures de bus. On n’allait pas tout le temps à l’hôtel pour faire une sieste. On revenait dans la nuit. J’ai fait confiance à Kelvin Gibbs. Il a vécu deux mois chez moi, il a bossé comme un taré, et il a perdu 15 kilos en trois semaines. Il m’a demandé de jouer avec mon maillot contre Beauvais. Ça te fait drôle. C’est une manière de dire « merci ». Il a fait 54 d’évaluation. Il est venu pour rien. 2.500 dollars (par mois) alors qu’il en gagne 300.000 (par saison) en Russie ou en Turquie. Tous les ans, il fallait se serrer la ceinture. À un moment, tu ne peux plus, il n’y a plus de crans. On ne pouvait pas garder Kelvin Gibbs, ni Sébastien Jasaron alors qu’ils voulaient rester. En 48 heures, j’ai fait une autre équipe. Je suis allé chercher Tyson Patterson à 1.700 euros par mois, Stephen Brun à 11.000 Francs par mois, Christopher Cologer et Adamou 9.000 F, Gary Chathuant 6-7.000 F, Cédric Gomez 4-5.000 F et moi j’étais en mi-temps thérapeutique, je coûtais 1.600 euros par mois. Le plus gros salaire, c’était Pero Vasiljevic, 3.500 dollars. Et comme le dollar se cassait la gueule… Stephen Brun, je l’avais vu jouer quelques minutes à Nantes avec Chevrier. J’avais compris qu’il avait du talent, simplement il fallait le gérer. Il est capable de péter un câble, mais au bout du compte, c’est l’un des mecs les plus drôles que j’ai croisés dans ma carrière. Une équipe de smicards du basket qui a battu tous les records et qui est montée. On avait 100 euros chacun de prime de match et, à un moment, les dirigeants ont été soulagés que l’on perde à Orléans ! Tout ça parce que 17 victoires de suite, ça faisait 1.700 euros. Depuis que Ron Stewart est arrivé, et maintenant que mon frère est GM, j’ai tout arrêté en matière de recrutement.

« 12 fractures » J’ai donc eu une rupture tendineuse et la seconde fois, une rupture tendon/os. Pendant 48 heures, je ne savais pas si j’allais remarcher. Je suis allé sur Bordeaux pour me faire soigner (il explique l’opération en détail). Quatre mois de


moi je • maxibasketnews 59 fauteuil roulant, six mois de béquilles. (…) Je prenais mon bateau et j’allais faire tous les jours une heure de palme pour remuscler mon mollet. J’ai repris la compétition, en décembre, avec cette fameuse équipe que j’avais constituée, avec mon père comme coach et Fabien Anthonioz comme assistant. Et le 30 mars, je sors de l’entraînement à moto. À un match de la montée, à Besançon, je me fais démonter sur la route par un mec qui a 2,8 grammes ! Je suis de nouveau plongé dans un truc de fous. Douze fractures. Genou, ligaments, pommettes, dents, nez, poumons décollés, foie, hémorragie interne, fracture du pied, j’en suis toujours à perdre mon ongle cinq ans après (il montre). Je vais en réanimation intensive. Ça dure huit mois. Je me suis quand même retrouvé en finale, à Bercy, sur le banc avec eux. Tu en as, ils ont un problème au tendon, ils arrêtent. Moi, j’avais une double rupture, je ne pensais qu’à une chose, revenir. C’est une question de tempérament. Après l’accident de moto, j’étais défiguré. J’avais fait pare-brise et vitre conducteur et je suis sorti sur la route. Le casque coupé en deux. Plus de moto. J’étais en baskets et en short, tu imagines. Là encore, je m’en suis sorti gr��ce à ma constitution, à l’hygiène de vie et à la volonté. Ils ont vu l’intérieur avec les radios. « C’est nickel, monsieur Verove. Il n’y a pas une goutte d’alcool là-dedans. » En 48 heures, l’organisme s’est remis. Au bout de quinze jours, je refaisais des pompes. Ils ont refait des examens six mois après, les chirurgiens n’en revenaient pas. Ils m’attendent encore pour me réopérer du visage ! J’aurais pu prendre 300.000 euros d’assurance et tout arrêter. J’ai préféré rejouer. Ce fut dur car je me suis rendu compte à Cap-Breton, sur mes premiers appuis,

que j’avais aussi une fracture du pied qui n’avait pas été décelée. J’avais construit l’équipe pour la Pro A et je rejoue en décembre à la suite de tout ça, huit mois après. Et il a fallu remonter une autre équipe car on m’a pillé mes joueurs. Maurice Bailey est parti à Nancy, Mike Jones à Gravelines, Anthony Glover à Évreux, plus des blessures. On avait le cinquième ou sixième budget de Pro B pour jouer en Pro A ! Et aucune structure d’encadrement. Tu as l’impression que tu travailles pour les autres. J’ai re-signé l’année dernière pour le public, la région, la salle. Brest, c’est neuf ans de ma vie. Je voulais jouer les playoffs. Ça ne sera pas le cas. Mais j’ai relevé individuellement les défis que je m’étais fixés. J’ai défendu contre les meilleurs d’en face. Je suis à la croisée des chemins. David Cozette m’a contacté pour éventuellement passer un casting pour commenter les matches sur Sport+. Ils constituent une deuxième équipe de commentateurs et ils ont une quinzaine de candidats. Je ne le ferai pas car il faut être totalement disponible, comme Jacques (Monclar). J’ai mon BE2, je peux entraîner. J’entraîne les poussins ici et je me suis déjà occupé du centre de formation pendant deux ans. Avec Marc Jaurand, on avait recruté Gary Chathuant et Cédric Gomez et fait jouer autour les gars du coin. On avait 50.000 F de budget ! À Roanne, ils avaient 1,5 million ! Donc, mon envie, c’est soit de refaire une année de Pro B, ou alors avoir un projet en Nationale 1 ou Nationale 2, jouer une montée. Avec un gros public car j’ai besoin de lui pour vivre. Un an ou deux. Je peux très bien me retrouver demain dans le Nord… (Il ajoute) Je pense que je m’arrêterai un jour sur une blessure. » ■

Jean-François Mollière

“Quinze jours de coma. Je perds vingt kilos, mes cheveux, ma peau”


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Par Laurent SALLARD

vidéos http://www.basketnews.net/asp.net/main.news/details.aspx?id=2767

FROM THE HOOP

photos : © www.fromthehoop.com

Et dire que ce film d’animation en 3D est un travail de fin d’études ! Conçu par Anthony Arnoux, Rémi Dessinges et Guillaume Fesquet, tous diplômés de l’école d’infographie Supinfocom d’Arles, ce film est inspiré de la vie d’Earl Manigault. Promis à une carrière NBA, cette légende des playgrounds new-yorkais a vu sa jeunesse gâchée par des problèmes de drogue. « The Goat », son surnom, est décédé en 1998 d’une attaque cardiaque. Si vous ne l’avez pas encore fait, nous vous encourageons à lire l’article que BAM lui a consacré, il y a quelques mois. Les trois infographistes ont reproduit dans leur film les rues de Harlem et le célèbre playground de Rucker Park, la Mecque du streetball. Ils n’ont pourtant pas fait le pèlerinage outre-Atlantique, mais ont travaillé à partir de clichés pris par Kevin Couliau, photographe pour le magazine Reverse. Un petit chef d’œuvre. Pour plus d’infos, vous pouvez visiter fromthehoop.com, où vous trouverez notamment le making of du film.


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Par Laurent SALLARD

JEUX VIDÉO http://www.wbmgame.com/index.html

DANS LA PEAU DU COACH

ager World Basket Man

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vidéos http://www.sigbasket.eu/videosfan

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Il y a maintenant deux mois – MaxiBasketNews #06 – nous vous présentions dans ses pages le panier du Suédois Jan Stalhandske, réussi des troisquarts du parquet, avec rebond au milieu de la raquette. Le mois dernier, le Strasbourgeois Gauthier Darrigand avait renouvelé l’exploit – MaxiBasketNews #07 – et lancé un défi à tous les fans de la SIG. Bravo à Loïc Vancampen et Mathieu Faucher, auteurs à leur tour d’une « Stalhandske ».


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maxibasketnews

Par Laurent SALLARD

EXPO PHOTOS http://www.ngtuan.fr

QUAND BLOIS S’EXPOSE

Photos : Tuan Nguyen

Tuan Nguyen est un passionné de photographie et de sport, mais surtout de basket. Et quand l’espace culturel PorteCoté de Blois lui a proposé d’exposer son travail, il a choisi de mettre en avant le club de l’ADA Blois (N1), qu’il couvre depuis cinq ans. Jusqu’au 16 mai, l’exposition Basket Heures présente donc cinquante clichés retraçant les cinq dernières saisons du club. Le mercredi 13 mai, toute l’équipe de l’ADA Blois sera présente sur place pour une séance de dédicaces. Le photographe inaugure également une nouvelle version de son site www.ngtuan.fr et cherche à cette occasion des sponsors.

vidéo http://acbtv.acb.com/video/1759

Champion du monde en 2006 avec l’Espagne, Pepu Hernandez est un homme atypique. Écarté l’année dernière de la sélection avant les Jeux Olympiques, on le retrouve ici sur la scène d’un théâtre madrilène, déclamant un monologue, déguisé en livreur de pizza. Décidément, un drôle de bonhomme ce Pepu.

http://acbtv.acb.com

CE CURIEUX MONSIEUR HERNANDEZ


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UN CONTRE UN Ben Gordon Il livre ses secrets

PORT FOLIO North Carolina Hommage aux Tar Heels, championS NCAA

PLAYOFFS LeBron intraitable ! L’Élu apparaît motivé comme jamais

PORTRAIT IVERSON Sans réponse Fin de carrière pour Allen Iverson ? S’il ne change pas, ce sera le cas.

Reportage Grand Écran Celtics-Bulls, le meilleur du 1er tour ! La folle série entre Chicago et Boston vécuE de l’intérieur. Exclusif

DÉCRYPTAGE Le tir de Nowitzki Une merveille de mécanique, une arme absolue.

INSIDE Les secrets des playoffs Toutes les petites histoires qui font le sel de la compétition.

TABLEAU NOIR Le Jazz à deux Vous saurez enfin tout sur le fameux pick’n’roll qui anime Utah depuis si longtemps.

REPORTAGE Les Sixers font vibrer Philly L’exigeant public de Philadelphia adhère enfin à son équipe.

NULLE PART AILLEURS Thurmond, star oubliée Il a marqué la NBA, aujourd’hui, il tient un resto miteux.

DOSSIER Garbage Time, triste NBA Quand la fin de saison sent les poubelles, BAM vous explique tout.

Et toutes nos rubriques, échos, style et plus encore…


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maxibasketnews

Par Laurent SALLARD

VIDÉOS

EN EUROPE AUSSI

C’EST SHOW !

http://www.basketnews.net/asp.net/main.news/details.aspx?id=2768

À cette époque de l’année, alors que les playoffs NBA font rage, la grande ligue américaine inonde nos écrans d’images spectaculaires et de clips percutants. Mais en Europe aussi, les différentes compétitions touchent à leur fin, les enjeux sont importants et le niveau de jeu s’élève. Le 16 avril, dans le sommet de la Lega

opposant à Bologne la Virtus à Sienne, Terrell McIntyre prend feu pour la Montepaschi et déclenche un orage de tirs à trois-points sur la tête de ses hôtes. Il termine à 25 points à 5/10 derrière l’arc et 6 passes décisives, et Sienne s’impose 89-86. En face, Earl Boykins pointe lui à 20 points, 7 rebonds et 5 passes pour la Virtus. Du très haut niveau.

http://www.basketnews.net/asp.net/main.news/details.aspx?id=2769

Lega Basket Tv

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D.R.

Puis le 25 avril, Chuck Eidson cumule 41 points à 16/20 aux tirs, 8 rebonds et 8 passes pour une rondelette évaluation de 52, permettant à Lietuvos rytas de remporter la ligue baltique en battant le Zalgiris Kaunas – qui d’autre ? – 97-74. Logiquement élu MVP du Final Four de la BBL, Chuck Eidson a écœuré la défense du Zalgiris.

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http://www.basketnews.net/asp.net/main.news/details.aspx?id=2770

Lega Basket Tv

http://www.basketnews.net/asp.net/main.news/details.aspx?id=2771

ACB TV

Le lendemain, dimanche 26 avril, c’est au tour de Ricky Rubio, toute tignasse dehors, de faire le show. Le jeune meneur de Badalone, qui fait déjà tourner les têtes outre-Atlantique, donne le vertige à la défense de Gran Canaria, pourtant peu souvent mise en défaut cette saison à domicile. S’il ne marque que 9 points à 3/7 aux tirs, il distribue en revanche onze passes décisives, dont quelques caviars dont il a le secret à destination de Jérôme Moïso, devenu un finisseur hors pair. Un régal pour les yeux.

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Quelques heures plus tard à Bologne, Cholet entame une remontée spectaculaire en finale de l’EuroChallenge face à la Virtus Bologne, et Nando De Colo, auteur de 24 points, se retrouve avec le trophée dans le viseur, avant de se heurter – au sens propre comme au figuré – à l’expérience italienne. Les Choletais s’inclinent 75-77.


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Vous disposez d’un droit de retour de 15 jours après réception de la marchandise. Il vous suffit pour cela de renvoyer la marchandise comme colis ou en posant une demande de reprise, dans le cas où un renvoi par colis n’est pas possible. Vous devez pour cela cependant veiller à respecter le délais de droit de retour mentionné plus haut et à indiquer l´adresse suivante: Kickz AG c/o Kickz France EURL, BP 42, 73250 St.Pierre-d’Albigny. Le renvoi et la reprise sont aux frais et à la responsabilité de Kickz. Si vous recourez à votre droit de retour, le contrat de vente se voit annulé. Exclus du droit de retour sont les articles que nous avons fabriqués spécialement pour vous, comme par exemple des maillots avec une impression de numéros individuelle ou des vidéos. Au cas où vous décideriez de renoncer à votre contrat de vente ou que vous exerceriez votre droit de retour dans le délai de 15 jours, nous nous réservons de faire valoir un remplacement conforme fondé sur la valeur des articles dans le cas où un usage de ceux-ci ou autre est à constater. Ceci est aussi valable lorsque vous avez traité les articles soigneusement. Il vous est possible de contourner la prestation de ce remplacement de valeur uniquement en évitant de porter les articles ou de les abîmer durant ce délai. Sous réserve de modifications de prix et d’erreurs dans nos prospectus. Ces conditions générales d‘expédition ne sont qu’une traduction des conditions générales d’expédition allemandes. Elles servent seulement à titre indicatif, seule la version originale allemande est valable.

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* tableau d’équivalence: pointures us - pointures européennes - centimètres. le tableau d’équivalence n’est qu’une orientation. suivant la marque, de petites divergences sont possible.

tableau d’équivalence* hommes US

6

EUR CM

6+

7

7+

38,5 39

40

24

25

24,5

8

8+

9

9+

10

10+

12+

13

40,5 41

42

42,5 43

44

44,5 45

11

11+

45,5 46

12

47

47,5 48

13+

25,5 26

26,5 27

27,5 28

28,5 29

29,5 30

30,5 31

31,5

14

14+

48,5 49 32

15

16

49,5 50,5

32,5 33

33,5


les convictions sont plus fortes que les doutes

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