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#14

novembre 2009

Les grands entretiens de Maxi Vincent Collet & Jacques Monclar

14 Angers vs Angers 18 Jérémy Leloup 26 Nantes-Rezé 36 Alain Digbeu 44 Le premier Français drafté en NBA

Il cartonne à ValencIA !

À la rencontre

de Nando de Colo en Espagne

MAXI BASKETNEWS N°14 - NOVEMBRBRE 2009 DOM : 5,60 € - BEL : 5,40 € - Port.cont : 5,20 €

M 03247 - 14 - F: 5,00 E

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www.basketNews.net


ÉDITO • maxibasketnews 03

Moments d’intimité Par Pascal LEGENDRE

NOVEMBRE 09 SOMMAIRE 14

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N

ous vous proposons, ce mois-ci, une nouvelle Nous avons quelques idées en tête pour la suite de cette rubrique, «  les grands entretiens de Maxi  ». rubrique, donner la parole à des joueurs, des joueuses, Le principe est simple : nous réunissons deux des présidents, des arbitres, des journalistes, au gré de - peut-être un jour trois - personnalités du basket et nous nos envies mais aussi de leurs disponibilités. Car ce les laissons s’exprimer. Le journaliste aiguille forcément sont évidemment des face-à-face  ; on ne fera pas ces un peu l’entretien, mais s’efface au maximum afin que entretiens par le biais de Skype ! On peut aussi imaginer la conversation soit la plus intime possible. Ce type de réunir des gens qui ne sont pas spécialement proches d’interview, nous l’avons déjà expérimenté ici ou là. et même… qui ont un différend et qui acceptent de le Souvenez-vous de la rencontre entre régler publiquement. On verra. Vous Claude Bergeaud et Greg Beugnot dans d’ailleurs nous proposer “Vincent Collet pouvez BasketNews ou de Sandrine Gruda et des idées sur le site Internet de et Jacques Sandra Dijon dans MaxiBasketNews. BasketNews. Monclar sont On s’est dit que nos invités s’étaient Nous n’abandonnons pas pour autant des clients sentis à leur aise, qu’ils avaient les reportages plus classiques. partagé ainsi avec nous leur complicité, Florent est allé rendre visite à Nando tout à fait que c’était fructueux pour le lecteur, et exceptionnels.” De Colo à Valencia (il paraît que qu’il fallait donc institutionnaliser ce c’est mieux de l’écrire en espagnol rendez-vous, le rendre mensuel. pour ne pas le confondre avec la Pour inaugurer la rubrique, avouons que nous avons joué ville de la Drôme) pour bien mesurer l’impact immédiat la facilité. Vincent Collet et Jacques Monclar sont des de l’international en ACB. Ils étaient tous les deux en érudits, des passionnés de leur sport, au vocabulaire T-Shirts et - horreur ! - voilà la pluie qui soudain tombe riche et précis et à la mémoire vive. Bref, des clients tout drue sur la ville. La séance photos à l’extérieur de la à fait exceptionnels. En plus, ce sont des « amis de trente salle n’aura duré ainsi que dix petites minutes. C’est ans » qui ont partagé les mêmes maillots - Le Mans et vrai que l’on n’imagine pas qu’il pleuve dans ce coinl’ASVEL - ensemble ou à des époques différentes. Et ils là de l’Europe ! Le basketteur et le journaliste se sont se seraient bien vus en tandem en équipe de France cet réfugiés dans un restau… italien. Autre surprise, la été, l’un comme coach, l’autre comme manager général. conversation a longuement dévié sur le… RC Lens, le Jacques s’est contenté de commenter les matches de club fétiche du Ch’ti. C’est cet autre moment d’intimité Vincent sur Sport +. que nous vous faisons partager ce mois-ci. ■

journalistes 

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Vincent Collet & Jacques Monclar

12 Le baromètre 14 Angers & Angers 20

Jérémy Leloup

22 Échos 26 Nantes-Rezé 34 Pour ou contre 36

DU CÔTÉ DE CHEZ : Alain Digbeu

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Rétro : Jean-Claude Lefèbvre

52 Nando De Colo 62 Zone mixte PUBLICITÉ

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INTERVIEW • maxibasketnews 05

LES GRANDS ENTRETIENS DE MAXI

Vincent Collet Jacques Monclar

(coach de l'ASVEL et de l'équipe de France)

(consultant sur Sport +)

Pour le premier de notre série d'entretiens croisés, nous avons réuni, à Roanne, en marge du match Chorale-ASVEL, deux hommes qui se connaissent depuis trente ans et qui ont d'évidents points communs : des clubs (les deux ont joué à l'ASVEL et au Mans), des attachements (Collet a coaché ses huit premières saisons au Mans, Monclar ses huit premières à Antibes), deux titres de champions de France comme entraîneur, l'amour du maillot bleu (Collet coach, Monclar joueur, 200 sélections), la fascination des jeunes, un savoir encyclopédique et un talent médiatique certain. Et comme l'un et l'autre n'aiment pas taire ce qu'ils pensent, les pages qui suivent sont forcément savoureuses.… Propos recueillis par Fabien FRICONNET, à Roanne • Photographies par Hervé BELLENGER


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Votre première rencontre, vous vous rappelez ? (Jacques rit déjà) Vincent Collet  : Moi, je me rappelle. C'était à la salle Sibran, à Montivilliers. Jacques est né en 1957, donc ça devait être en 73 ou 74, un match de Coupe de France cadets, contre le Racing. Moi, je n'étais que spectateur mais Jacques avait joué. Jacques Monclar : Je ne m’en souviens pas. Pour moi, le premier contact avec Vincent, c'est huit ans après, quand j'arrive au Mans. On s'est détecté l'un et l'autre la passion du basket, outre celle de joueur. On restait à faire des shoots, des lancers. Je me souviens de séries à plus de 60 réussis. Vincent était minot et moi j'arrivais pour une saison douloureuse, puisqu'on avait perdu Bob Purkhiser (le coach), qui était décédé.

Vincent, pourquoi te souviens-tu de ce match cadets ? VC  : Je suivais déjà le basket et c'était le fils de Robert

Monclar  ! On attendait. Et puis, à Montivilliers, le fait de recevoir le Racing, qui représentait encore quelque chose à l'époque… JM  : Petite précision, on l'a gagnée la Coupe de France cette année-là ! (Rires) Aller à Montivilliers, ça représentait quelque chose car c'est un patelin de basket.

Votre premier match l'un contre l'autre ? JM : Ça, je me souviens très bien, par contre ! Ma dernière année avant d’aller au Mans, vous faites boîte sur moi avec Le Mans, et c'est le panier où je me casse la figure… (Il hésite) VC : Non, ça c'est après. C'est à la Maison des Sports, on mène d'un point et tu glisses sur la balle de match… JM : J'intercepte, on est à moins un. Je jaillis sur une passe latérale, je file au cercle, or il y a une flaque sur le dernier appui et je me retrouve les quatre fers en l’air, le ballon en touche. J'ai l'air très con. (Rires) Greg (Beugnot) et Vincent s'étaient relayés en boîte sur moi. Un des premiers gros matches de Stéphane Ostrowski.

Même si j’ai moins de potentiel, je formerai. Ce ne seront pas forcément des joueurs de Pro A mais je ne conçois pas de ne pas former.


INTERVIEW • maxibasketnews 07 VC : Là, on est en 83.

Premier coaching l'un contre l'autre ? VC : Je suis assistant en 1998, tu étais à Limoges. Après, comme coach, vraiment, c'est en 2000, quand je commence. Tu étais à Antibes ? JM  : Oui, ma petite équipe d'Antibes, avec Stevin Smith. Quand on a vu arriver Vincent, avec Alain (Weisz) d'abord, pas surpris ! Alain avait eu une bisbille avec les dirigeants et Vincent avait repris l'équipe et coaché un match, à Montpellier je crois… VC  : En fait, je n'ai pas du tout coaché cette année-là, simplement j'ai fait la semaine d'entraînement, avant de recevoir Nancy. On avait perdu à Montpellier et là Alain avait menacé de démissionner et j'avais dû gérer en attendant qu'il revienne, et il est revenu, à mon plus grand bonheur, car je n'avais pas du tout envie de basculer comme ça. JM : Quand Vincent est arrivé au coaching, ça a fait du bien aux arbitres car ils avaient enfin quelqu'un de bien élevé sur le bord du terrain.

VC : C’est vrai que je ne disais pas grand-chose. (Malicieux) À l'époque. Aujourd'hui, j'en dis plus. JM : Clairement ! Avec la jugulaire qui bat aux temps-morts.

Vincent, tu connaissais le coach Monclar. Jacques, tu connaissais le joueur Collet. Quand vous avez coaché l'un contre l'autre pour la première fois, comment l'avez-vous abordé ? VC  : Moi, j'avais vu ses équipes jouer donc j'ai les renseignements. Mais quand tu ne connais pas... L'année dernière, quand j'ai coaché contre J.D., pareil. Il y a des choses que je reconnaissais mais il a ses caractéristiques et, comme il débute, tu ne peux pas savoir ce qu'il va y avoir. JM : Tu t'amuses, entre guillemets. Tu poses des pièges et tu vois comment il va réagir. Maintenant, Vincent, tu sais qu’il est de l'école d'Alain au départ, donc tu sais qu'il va y avoir des influences, dans l'utilisation de la zone ou des deux petits. Et puis après, tu lâches quelques petites grenades pour voir comment il réagit.

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Dans tous les clubs où je suis passé, j’ai remis en route des centres de formation.


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Tous les deux, vous avez passé huit ans dans le même club, pour votre première expérience de coaching. Vincent au Mans, Jacques à Antibes. Comment durer ? VC : Déjà, il y a une question de fidélité. Se sentir bien dans un club. On a ces valeurs-là. Quand on regarde nos parcours, on voit qu'on est souvent revenus aux mêmes endroits. Après, ce sont les circonstances. Durer, tu ne peux pas le prévoir. Il faut que les gens soient contents donc ça dépend beaucoup des résultats. Tu peux espérer que tu vas durer mais tu ne le sais pas. JM  : Tu ne peux pas durer avec la même trame de joueurs donc il faut que les effectifs se renouvellent. À un moment, ou ce sont les joueurs ou c’est toi. Dans le cas de Jean-Denys Choulet, qui est à Roanne depuis dix saisons, c’est cette année le nettoyage. À Antibes, la transition, c'est 92-93. On a une forte équipe qui ne va pas au bout des choses donc on nettoie et on repart vers le titre 95, mais cet effectif non plus n'est pas allé au bout des choses puisque la Mairie l'a arrêté et c'est dommage parce que je pense qu'on pouvait viser le Top 8 européen et peut-être plus si affinités.

L’un et l’autre, vous avez senti, à un moment, qu'il était temps de partir ? JM : Attends, moi je ne pars pas d’Antibes mais on nous avait fait promettre de partir. Au dernier moment, on me demande de rester, et il y aurait eu de l'argent, mais j'avais donné ma parole à Pau. VC  : Moi, j'étais en fin de contrat  ! J'ai eu une proposition de renouvellement, j'aurais pu continuer, mais on avait eu deux années difficiles et j'avais peur de faire la saison de trop. Cela cumulé avec l'opportunité de venir à l'ASVEL. Il a fallu les deux. La dernière saison avec Le Mans, on s’est bien repris en championnat, puisqu’on a fini premier de la saison, mais l’Euroleague a été difficile à vivre. L'hiver a été dur. Je pensais qu'on pouvait faire mieux l'année d'après mais ça n'était pas sûr. Je ne voulais pas abîmer ce qu'on avait fait. JM : Moi, dans le choix, il y avait le fait qu’il y avait une vraie ambition d’Euroleague à Pau. Il y avait Antoine (Rigaudeau) que j’avais envie de coacher. C’est un choix.

route des centres de formation. Même à Paris ! À Dijon, c'était en perdition. C'est fondamental de mettre le nez là-dedans, y compris en donnant une base technique à l'association, sans y aller trop. Mettre tel gamin à tel poste, s'occuper de tel détail, etc. C'est notre devoir d'éducateur. (Il martèle chaque syllabe) VC : Ça, c'est vrai. Plus on le fera, mieux le basket français ira. Après, il faut avoir la chance d'avoir sous la main des joueurs à potentiel. Tu vas toujours améliorer des choses mais il faut du potentiel à la base. De la belle matière brute. Mais même si j'ai moins de potentiel, je formerai. Ce ne seront pas forcément des joueurs de Pro A mais je ne conçois pas de ne pas former. JM  : On a des grosses satisfactions. Moi, j'ai Stéphane Ostrowski qui se blesse à l’avant-veille d’un quart de finale et c'est Rémi Bousquet qui assure la transition. Pourquoi ? Parce qu'il est dans le mouvement du collectif, parce que David Rivers a confiance en lui, parce qu'il s'entraîne avec nous. Ça, ça veut dire quelque chose. Le gamin a bien répondu.

C'est jamais décourageant ? JM : Pas qu'avec les gamins ! (Rires) VC : C'est peu différent d’avec les autres. JM : Il y a des échecs. Comme je disais aux parents : c'est plus facile de vous dire que votre gamin ne va pas y arriver plutôt que dire qu’il va y arriver, car la marge d’erreur est moindre. VC  : Et puis il y a des paliers, surtout. Il peut y avoir du découragement car tu peux avoir l'impression que le gamin ne progresse pas beaucoup, pas vite et puis, tout d'un coup, tu ne sais pas pourquoi... On l'a vu avec Fofana avant la saison. On lui en avait tellement mis l'an dernier qu'à la fin de la saison, il a beau être une éponge, il n'en pouvait plus. Il a soufflé à l'intersaison et là, il a refranchi un palier. Et puis il va re-stagner puis refranchir un palier. S'il continue, il y arrivera. Ça n'est jamais linéaire la progression d'un jeune joueur. La seule chose, c'est qu'il faut bosser. Ceci dit, il faut le potentiel. Jacques a eu Laurent Foirest mais tu n'as pas des Foirest tous les jours. Il a commencé le basket à Marseille à cinq ou six ans et donc il avait déjà du ballon. JM : Il a été plus difficile de former Arsène (Ade-Mensah). VC : Exactement. Tu ne peux pas dire que tu formes Batum, car il est surdoué, donc ton devoir, c’est de l'accompagner. JM : C’est le bon mot, on les accompagne. VC  : Ce sont des pépites. En revanche, les joueurs moins doués, tu les formates. Mais la passion reste la même. JM : L'accompagnement et le formatage, ça n'est pas que les jeunes. Tu peux l'avoir sur les Ricains, sur des joueurs en échec, etc. VC  : Aujourd'hui, le basket français se débat pour exister au niveau européen, il ne faut pas se voiler la face, et donc les joueurs américains qu'on a, ils ne sont pas formatés aux

PEUR DE FAIRE LA SAISON DE TROP AU MANS

Vous avez formé des joueurs, les avez fait monter, en avez fait la base de vos équipes, tout en gardant l'exigence du haut niveau. Est-ce une envie personnelle ou le sentiment que votre métier ne serait pas complet sans ce statut d'éducateur ? JM : Les deux sont valables. C’est une envie et un devoir. Je vais plus loin : dans tous les clubs où je suis passé, j'ai remis en


INTERVIEW • maxibasketnews 09

exigences du plus haut niveau européen. Les autres, on ne peut pas les avoir, ils ne sont pas dans nos prix. Donc on doit repérer… Mais ce qui leur manque, souvent, ça n'est pas du talent, c'est la rigueur et l'exigence. JM : Et ça va plus loin que le basket. On peut parler de vie, de respect des autres, de vie en Europe, d'appréhender un basket différent. Ça va loin. Tiens, au risque de choquer, prends le cas Bobby Dixon, qui est un formidable potentiel… VC : (Il coupe) Je ne voulais pas en parler. (Rires) Si ça vient de toi, c'est mieux ! JM  : Excuse-moi  ! (Rires) C'est un garçon qui a tout pour réussir mais il doit apprendre des choses, dans le rythme d'un match, dans la prise de risque, dans l'appréhension des autres, dans les routines… VC : Dans la dureté défensive. JM : Il est typique. Il a tout pour… VC  : Je me rappelle de Terrell McIntyre à Gravelines il y a une dizaine d'années. Franchement, c'était pas le genre d'aujourd'hui, mais tu décelais déjà un talent particulier. Il jouait comme ça venait alors qu'aujourd'hui, c'est un général. C'est le fruit de son travail, des rencontres qu'il a faites. JM  : Sans faire injure aux gens qui l'ont eu avant, Ali Traoré, désormais, il a un an de recul et c'est un peu comme McIntyre. VC : L'exemple est excellent. Autant dans le secteur défensif, tu as des choses concrètes à lui apprendre, autant en attaque il a un talent remarquable et on ne perd pas notre temps à lui apprendre à mettre les paniers main droite ou main gauche parce qu'il sait déjà le faire.

La différence au plus haut niveau, c'est l'intensité…

Contre nous, ça tranche, alors qu'athlétiquement, on est l'équipe européenne qui a un avantage sur toutes les autres. Malgré tout, on a l'impression d'une supériorité athlétique des Espagnols. Pour eux, chaque possession défensive, c'est à la vie à la mort. Et en attaque, ils font tout à 200%. Les démarquages, tout ! JM : C'est pour ça que des Mumbru, des Reyes, qui sont des pions importants du Real Madrid, ils acceptent de jouer entre huit et quinze minutes. VC  : L'intensité, c'est indépendant du niveau du joueur. Garbajosa n’est pas un bon défenseur, il a un problème de vitesse latérale, mais il fait quand même tout à fond. JM : Et les arbitres sont sensibles à l'intensité défensive. VC : Surtout quand elle est collective, parce que ça masque les fautes. JM : Si toi tu es une équipe qui n'est pas en intensité, tu fais une ou deux rotations de joueurs, tes mecs qui rentrent veulent donner de l'intensité mais comme les arbitres voient une différence, ils sanctionnent. Une, deux, trois fautes… VC : Ils prennent pour les autres. JM  : Contre l'Espagne, ça arrive à Antoine (Diot) quand il rentre. VC : Il a fait un Euro très bien. Sa qualité numéro un, pour moi, c'est qu'il a ça : ce niveau d'intensité requis pour exister en Euroleague ou dans un Euro. Après, il doit apprendre la gestion du tempo, mais ça, ça s'apprend. Mon regret, c'est que quand on regarde le championnat de France, on ne voit pas ça, cette intensité. Si tous ensemble, tous les clubs, on allait dans cette directionlà, on progresserait. JM  : Et ça permettrait d'impliquer davantage...… VC : (Il coupe) Les jeunes ! C'est un moyen de faire jouer les jeunes. JM  : Un jeune joueur, que va lui demander le coach ? Bien défendre et ne pas perdre la balle. Axiome premier. Donc intensité défensive et application des systèmes et ce qui est demandé par le coach. Après, mettre deux ou trois paniers, une contre-attaque, des lancers, tout ça, ça viendra. L'intensité permettra d'avoir des rotations avec les jeunes. Tiens, je vais parler de mon gamin à Villeurbanne (ndlr : Benjamin Monclar, qui a participé à la victoire de la JDA à l'Astroballe)  : il ne shoote pas une fois en six minutes, il ne fait pas une connerie, Rando (Dessarzin) lui demande de défendre, il défend, il ferme sa gueule. Eh ben écoute,…à la fin, il est content, le môme. Il y en a d'autres, des gamins, qui peuvent le faire, ça. Je dirais aussi que ça part du meneur et que les grosses défenses viennent de la pointe, et les meneurs ont un devoir d'exemplarité à ce niveau-là. Pour moi, ça n'est pas Rubio qui a dominé Tony, Spanoulis et Teodosic, c'est la défense collective. Rubio n'est que la phase apparente de l'iceberg. Quand la pointe met la pression, instantanément les ailiers vont monter sur les lignes

AVEC LA LIGNE A 6,27 M, L’ADRESSE EXTÉRIEURE VA PRENDRE UNE BELLE CLAQUE

VC  : J'étais au Final Four à Berlin (ndlr : en 2009), je n’étais pas loin des bancs de touche et j'étais estomaqué de voir dans quel état les joueurs étaient quand ils sortaient. Même après un relais court. Ils donnent tout ! Tout ! On n'a pas encore cette culture chez nous. Chez nous, les mecs jouent les matches pour rester 37 ou 38 minutes sur le terrain. JM  : Erman Kunter, en fin de saison dernière, a dit, dans BasketNews je crois, que les joueurs, et leurs agents, voulaient trop de minutes. Alors que vingt-cinq minutes de moyenne sur une saison, c'est énorme ! À partir de 15-17, c'est conséquent. Je vais teaser Vincent : c'est la principale marge de progression de l'équipe de France. Si on a tous les potentiels réunis sous le maillot bleu, ça ne marchera que si les mecs demandent à sortir parce qu'ils se mettent dans le rouge. Pour jouer l'Espagne et les autres les yeux dans les yeux, c'est par ça que ça passe. VC : Oui. Sur le France-Espagne, que j'ai déjà revu plusieurs fois, et sur les autres matches de l'Espagne, leur niveau d'intensité est à chaque fois supérieur à celui de l'adversaire.

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de passe, il va y avoir une orientation, tout le monde va se situer. Que ce soit en homme à homme ou en zone.

L'Espagne vous paraît être l'une des meilleures équipes de l'histoire, à même de rivaliser avec les grandes Yougoslavie de la fin des années 89-91 puis à partir de 1995 ? VC : La plus belle Yougo, c’est 1989. L’URSS de 1984, celle du pré-olympique, mais qui ne va pas à Los Angeles à cause du boycott, met 27 points à l'Espagne au TPO, et derrière l'Espagne en prend 27 en finale des Jeux contre l'équipe de Michael Jordan. L'Espagne de cette année est dans cette lignée. Tu as l'impression d'une domination qui ne peut pas s'arrêter comme ça. Pendant quelques années, tu as le sentiment qu'ils vont être au-dessus. JM  : La Yougoslavie de 89 à Zagreb était imprenable. Injouable. VC  : Avec l'Espagne, ce qui est impressionnant, c'est le nombre de joueurs formatés dans ce moule-là. JM : C'est plus une équipe nationale, c'est un club. VC : Les 10-11-12e sont des mecs qui jouent 20 minutes en Euroleague. JM : Et puis ceux qui vont en NBA, ils jouent pour la gagne, pas pour pas finir dernier. C'est pas pareil de jouer aux Spurs ou aux Warriors. Ronny, il a progressé aux Warriors, de par le temps de jeu, mais il est certainement plus intéressant pour lui de s'entraîner aux Lakers qu'aux Warriors.

Sur l'Euro, avez-vous vu des grandes tendances, dans l'essence même du jeu ou sur des points technico-tactiques particuliers ? VC : Une grosse tendance, la défense des pick-and-rolls. Il y a quelques années, il y a beaucoup d'équipes qui sortaient...… JM : Comme des fous ! VC  : C'est ça, comme des fous. Or là, la majorité sont en protection ou en inversion sur les pick-and-rolls de côté.

Ouh là ! Ça veut dire quoi ? VC : Avant, comme les meneurs sont très forts, on décidait d'arrêter dans l'œuf l'action de pick-and-roll. C’est-à-dire que le défenseur de celui qui fait l'écran sortait sur le porteur de balle. Or, maintenant, le défenseur de celui qui fait l'écran est souvent deux ou trois mètres derrière. Ça vient de la taille des pivots. Comme ils sont grands, difficile de les faire sortir sur le shooteur. Les Espagnols font ça avec Gasol, les Russes avec Mozgov. Tout le monde peut sortir sur le pick-and-roll mais le plus difficile, ensuite, c'est de rentrer. Le gars qui fait 2,15 m a du mal à reculer. JM  : Si tu réussis à sortir le grand loin du cercle, non seulement il aura du mal à revenir car il est grand mais, en plus, il ne sera pas opérationnel au contre et au rebond défensif. D'où le choix de demander à ton grand, en défense, de reculer. Sinon, autre chose : de l'autre côté du terrain, ça joue avec deux, voire trois arrières. Ça couvait depuis un moment : les Spurs, le Panathinaikos.… Cite-moi le poste 3 du Pana quand ils jouent avec Jasikevicius, Spanoulis et Diamantidis ! La seule limite, c'est de pouvoir défendre avec trois arrières. Mais quand tu peux... Le basket à trois arrières, ou alors deux arrières ou deux meneurs quasi systématiquement, ça marche. Je trouve, personnellement, que c'est une bonne nouvelle pour la qualité des transmissions, la qualité de jeu. Et avec la ligne à 6,75 m, ça me paraît intéressant. Ça va remettre en route des trucs. J'en parlais avec un de mes anciens joueurs récemment et je lui disais : ne va pas aussi profond dans tes pénétrations, bloque-toi à deux-points. L'intervalle à deux points est abandonné actuellement. Au championnat d'Europe, c'était caricatural : trois-points ou sous le cercle. Moi ça me frustre ce basket-là. Avec la ligne à 6,75 m, il va falloir s'y remettre à l'intervalle à deux-points.

VC  : Tout à fait. Mais ça dépend des joueurs. Il n'y a pas beaucoup de joueurs qui ont cette qualité-là. JM : Nico Batum. Tony. VC : Nando peut mettre des paniers à deux points. C'est très précieux car ce sont des zones qui sont abandonnées par les défenses. Tu ne peux pas tout couvrir, donc tu te concentres sur la ligne et la raquette. JM : L'année prochaine, le pourcentage à trois-points va se réduire. VC : Il va prendre une claque, c'est sûr ! JM : Une belle, en plus ! Et puis, on va arrêter de voir tout le monde tirer à trois-points. VC : Les faux shooteurs vont être obligés de...… Je me rappelle quand la ligne à trois-points est arrivée (ndlr : 1984), ça a fait du bien car le jeu se comprimait. JM  : Ça va faire respirer le jeu. Mais ça va enquiquiner les services municipaux parce qu'il va falloir repeindre les terrains ! (Rires)

Une question que vous aviez envie de vous poser, l'un l'autre ? JM : J'en ai une. On a mangé ensemble récemment donc on s'en est dit des choses. (Rires) J'ai ma petite idée. Plus facile d'enchaîner club puis équipe de France ou équipe de France puis club ? VC : Club puis équipe de France. Ça répond à ta petite idée ?

C'est dur, en ce début de saison, Vincent ? VC : Il y a la dimension physique, déjà. J'ai attaqué le mardi matin en rentrant le lundi soir, quand même. Avec le tournoi d'Angers enchaîné. Je suis rentré à Lyon le dimanche suivant, j'étais explosé ! Là, je commence à récupérer (ndlr : entretien réalisé le jour de la deuxième journée du championnat). L’Euroleague va aussi m'aider à réenclencher car le challenge est excitant. L'Euro, c'est une machine à laver, comme le dit Jacky Commères, donc le contrecoup est obligatoire. Quand je parle de fatigue, à Angers, par exemple, j'étais plus énervé que d'habitude. JM : Alors, que dans l'autre sens, ça glisse. En plus, toi, tu sortais d'être champion. VC : Oui, et puis j'ai quand même pu m'arrêter un peu, huit à dix jours, donc ça permet de se mettre au ralenti.

Bon, Vincent, ta question pour Jacques ? VC : Je n'y ai pas du tout réfléchi. Allez : est-ce que, parfois, David (Cozette), sur certains de ses commentaires, ne t'agace pas un petit peu ? JM : Agacer, ce n’est pas le mot. Un journaliste fonctionne parfois par excès, mais il n'y a jamais de méchanceté dans ce que dit David. VC : Ça n'est pas du tout ce que je voulais dire. JM  : Quand on est journaliste, on peut s'emporter et avoir une vision unidimensionnelle d'un joueur alors que toi, en tant que consultant, tu as déjà vu le revers de la médaille. Tiens, je te donne un exemple, et ce n'était pas moi qui était à côté de David. Antoine Mendy (de Pau) a fait un bon match contre Limoges, mais je ne l'aurais pas mis MVP. J'aurais mis Teddy Gipson, qui, pour moi, avait régné sur le match. VC : Agacer était un mot trop fort. Je voulais dire que...… Quand je vous écoute, je perçois des commentaires où il donne un avis de technicien, même s'il ne le fait pas trop, et toi je sens que tu es sur la réserve mais que tu lui dis : non, David, c'est pas ça. C'était dans ce sens-là que je posais la question. Mais vous êtes très complémentaires. JM  : Le truc, avec David, c’est qu’il provoque. Quand il veut me faire dire quelque chose, il va dire l’inverse. Il est malin, le bougre. J’ai plus de passes d’armes avec certains journalistes… À la mi-temps des matches, j’entends des analyses, des fois (il lève les yeux au ciel), je ne peux pas me retenir ! (Rires) ■


INTERVIEW • maxibasketnews 11

COULISSES Le lieu  hôtel Ibis de Roanne, petit salon dans le lobby Le jour  vendredi 9 octobre 2009 L'heure  de 14h45 à 16h Le décor  deux fauteuils et une table basse


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Le baromètre du mois : QUI PEUT STOPPER OBASOHAN ? Par Florent de LAMBERTERIE

Entre le Derrick de Strasbourg et celui du HTV, c’est le jour et la nuit. Premier au scoring et à l’évaluation en Pro A, Obasohan sur-domine ce premier mois de compétition.

1

Derrick Obasohan (Hyères-Toulon)

2

John Linehan (Cholet)

Le virus est de retour ! Le meilleur défenseur de Pro A ? Assurément. Le meilleur meneur de Pro A ? Difficile de le contester pour l’instant.

3

Ricardo Greer (Nancy)

Toujours le même refrain pour le Dominicain. Complet à souhait, il noircit match après match toutes les colonnes de stats. 2e évaluation de Pro A après quatre semaines.

4

Angel Daniel Vassallo (Paris Levallois)

Il est Dominicain, joue au poste trois, marque des brouettes de points et prend plus de sept rebonds par match mais... ce n’est pas Ricardo Greer.

5

J.J. Miller (Le Havre)

6

Dee Spencer (Le Mans)

Salyers a du mal à retrouver ses chiffres de l’époque roannaise, pas Spencer. Dauphin d’Obasohan aux points, on attend avec impatience le prochain Le Mans-HTV.

7

Sean Marshall (Dijon)

Des shoots sortis de nulle part, une langue bien pendue et un match énorme en ouverture sur le parquet de Villeurbanne. L’ASVEL doit encore en faire des cauchemars.

8

Pierre Pierce (Hyères-Toulon)

L’an dernier, on se disait bien qu’il avait du talent. 19 points par match et pas bien loin du triple double de moyenne en octobre. En effet, il y a du talent.

9

Nick Fazekas (Dijon)

12 points, 60% aux shoots, 9 rebonds, près de 19 d’évaluation, de la défense… Peut-être pas le plus flashy mais sans doute le pivot le plus complet jusqu’à présent.

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J.K. Edwards (Gravelines-Dunkerque)

Le bulldozer est de retour ! Revenu au top de sa forme physique, notre barbu préféré détruit tout sur son passage et culmine à plus de 20 d’éval.

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Mouhamed Saer Sene (Hyères-Toulon)

12

Zack Wright (Le Mans)

Remplacer Bobby Dixon au Mans n’est pas un challenge facile mais l’ancien Chalonnais fait un tel chantier qu’il va bientôt le faire oublier. Pas de bandeau pour Zack mais plus de 18 d’éval par match.

13

Kammron Taylor (Le Havre)

Une adresse à trois-points invraisemblable couplée à un mental de tueur. 10e scoreur après quatre journées et le shoot de la gagne à Strasbourg.

14

Rasheed Wright (Poitiers)

Pro B ou Pro A, pas de problème. Plus de 20 points par match, une pointe à 38 contre le HTV. Ne reste plus qu’à gagner à la maison et tout sera parfait.

15

Cedrick Banks (Orléans)

Le shooteur patenté joue moins que l’année dernière mais il marque plus (18 pts en octobre) ! S’il y en a bien un qui se dégage du collectif orléanais, c’est lui.

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Lamont Hamilton (Paris Levallois)

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Ramel Bradley (Dijon)

D’accord, il est encore irrégulier et passe au travers un match sur deux. Mais quand il est en forme, 30 points, c’est le tarif.

18

Uche Nsonwu-Amadi (Roanne)

Toujours aussi solide, toujours aussi massif, toujours aussi injouable. 14 points, 8,5 rebonds, 16,5 d’éval sur les quatre premiers matches, Choulet ne s’en séparera jamais.

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Dounia Issa (Vichy)

10 points, 19 rebonds, 7 contres et 31 d’évaluation contre Rouen. Rien que pour ça, il mérite d’y être.

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Ali Traoré (ASVEL)

Des stats affolantes, du leadership sur le terrain et un STB promis aux oubliettes qui cartonne en ce début d’année. J.J. ça veut dire Jouer Juste ?

Un physique digne de Goldorak, des évals démesurées, des contres en pagaille et même quelques paniers. Gobe les rebonds comme d’autres les M&M’S.

Avant que la grippe A ne l’abatte, il a tout abattu sur son passage. D’une régularité rare, la pierre angulaire de ce surprenant promu.

L’ASVEL ne marche pas bien fort, mais difficile de lui rejeter la faute. 2e Français à l’éval après quatre matches.


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Ci-dessus, les hommes forts de l'Angers Basket Club, Patrick Gautier (55 ans) le président et l'entraîneur Mickaël Hay (35 ans). À droite, le duo gagnant de l'Étoile d'Or SaintLéonard, Alexandre Pietrini (35 ans) le président et Jacky Périgois (39 ans) le coach.


Nationale 1 • maxibasketnews 15

ANGERS vs ANGERS

L’UNION FERA LA FORCE

Deux clubs dans la même division, pour Angers c'est trop. Et même si l'aventure est belle cette année pour l'association de l'Étoile d'Or Saint-Léonard, l'union avec son ancien « rival », l'Angers Basket Club 49, paraît la seule issue pour mettre les pieds dans un vrai professionnalisme. À terme, une seule équipe devrait voir le jour avec pour ambition de retrouver la ligue professionnelle, pour l'heure l'Angers BC prêtera sa salle pour que l'Étoile d'Or puisse les recevoir pour un chaud derby début 2010. Par Thomas FÉLIX • Reportage photos par Jean-François Mollière


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“LE BASKET À ANGERS NE SERA ATTRACTIF QUE S’IL ÉVOLUE EN PRO B.” PATRICK Gautier

S

i on vous dit Maine-et-Loire, et si on rajoute le mot basket, c’est bien sûr à Cholet que l’on pense immédiatement. La petite commune des Mauges est une institution dans le basket français, la salle de la Meilleraie son église, et on vient de loin pour se recueillir devant les leaders actuels de la Pro A. Pourtant, à un saut de puce de là, une petite soixantaine de kilomètre tout au plus, le basket s’agite au sein de la préfecture angevine. La raison  ? Une incongruité. En effet, si Cholet - avec ses 55 000 habitants - évolue dans les hautes sphères de l’élite, Angers, qui compte près du triple de population, joue en troisième division, en Nationale 1, et fait rarissime, possède deux équipes à ce niveau ! Une situation ubuesque qui s’explique par plus de 1.300 licenciés intra muros dans la cité angevine et la présence de clubs aux bases amateurs très structurées. Le plus ancien, près de 70 ans d’existence tout de même, l’Étoile d’Or Saint-Léonard d’Angers découvre la Nationale 1 avec son équipe fanion après un beau parcours en playoffs de Nationale  2 et une montée acquise sur le terrain. Le plus jeune, créé en 1982, l’Angers Basket Club 49, évolue à ce niveau depuis 2007 après avoir connu les hauteurs de la Pro B dans les années 90. Et pour la

mairie et Michel Houdbine, l’adjoint aux sports, si la situation est gratifiante, elle pose problème. « Sportivement, il n’y a rien à dire », acquiesce-t-il. « Cela veut dire qu’il se passe pas mal de belles choses à Angers et que le basket est d’un bon niveau. En revanche, très clairement ce n’est pas tenable d’avoir deux clubs à ce niveau. Financièrement tout d’abord et aussi au niveau des équipements municipaux. Alors cette année, c’est comme ça. Il y a deux clubs en N1 parce que c’est la première fois, que l’EOSL méritait sa place et donc d’y jouer, mais l’idée d’une union est vite devenue la seule issue. C’est en cours et cela se travaille. »

Les collectivités ne paieront pas pour les deux Dans la cité angevine, on n’a donc qu’une seule idée en tête, l'union. Car si la perspective d’un derby Angers contre Angers amuse tout le monde, unifier les équipes premières résoudrait tout un tas de problèmes. Le premier, c’est l’aspect financier. L’ABC, club le plus structuré pour le monde pro, bénéficie du soutien le plus fort de la mairie depuis longtemps. Une enveloppe de 505.000 euros sur un budget global de 840.000 qui n’a pas été réévalué à la baisse avec l’arrivée du voisin. « La ville a tenu


Nationale 1 • maxibasketnews 17 ses engagements vis-à-vis de nous », rappelle Patrick Gautier, président de l’ABC. «  C’est vrai que nous touchons plus que Saint-Léonard, mais nous avons quasi les structures d’un club de Pro B et c’est aussi pour ça que la mairie nous soutient. » La montée de l’EOSL en N1 s’est donc faite sans un sou. « La mairie nous a donné 15.000 euros de prime exceptionnelle pour la montée », nous dit Alexandre Pietrini, le jeune président de l’EOSL. « Mais nous n’avons pas vu notre subvention, à hauteur de 146.000 euros, augmenter. Cela a donné des éclats de voix mais c’est un choix politique et on ne va pas ressasser ça toute l’année. » « Nous ne pouvions pas faire mieux », répond désolé Michel Houdbine. «  Mais il faut les féliciter car ils se sont battus pour trouver des partenaires, être présents au début de championnat et même si cela va être dur pour eux, ils vont la faire leur année. » Financièrement, l’alliance est donc la seule solution pour éliminer le délicat problème d’une répartition des subventions et pour permettre au haut niveau de mieux exister. Autre souci, avoir deux clubs au même niveau dilue le pouvoir attractif du basket dans l’agglomération. « L’analyse globale », détaille Patrick Gautier, «  c’est que l’on est dans une ville multisports, mais on n’est pas à Lens ou à Marseille. Dans ces

villes du bord de Loire comme la nôtre, la folie sportive n’est pas tout à fait là autour des différents sports. La deuxième donnée c’est que l’on est la 17e ville de France. On n’est pas à Saint-Vallier par exemple, des petites villes qui fédèrent autour d’un seul sport. Ici, il y a le hockey sur glace et le tennis de table en première division, le foot et le handball en deuxième. Alors, notre difficulté c’est que pour fédérer notre cible, il faut être en haut de tableau de Pro B, on n’est attractif que dans ce cas-là. »

Main dans la main Aussi bonnes les raisons soient-elles, il n’est jamais facile d’envisager de s’unir. Le mariage entre les deux clubs angevins demande une grande préparation et les concertations sont nombreuses. « On pourrait refuser cette union », laisse entendre Patrick Gautier. « On peut viser plus haut sans eux. Mais la question n'est pas là. Je crois que l’on doit être animé par la volonté d’essayer de porter Angers et le basket. On a cette opportunité là, alors d’accord ce n’est pas fondamental pour l’ABC mais ramener tout le monde à penser, les spectateurs, les sponsors, que l’on peut avoir un vrai élan basket dans la ville,

“ON A TOUs LES DEUX QUELQUE CHOSE À GAGNER DANS CETTE UNION, MAIS LA VILLE DOIT ENVOYER UN SIGNE FORT.” ALEXANDRE PIETRINI >>>


maxibasketnews

c’est motivant. » Pour Alexandre Pietrini, le son de cloche est identique même si l’urgence se fait plus sentir. « Nous sommes un gros club amateur », avoue-t-il. « 33 équipes du mini basket à la N1. Le truc, c’est que l’on a grandi trop vite sportivement. On n’a pas les structures, les moyens, et si on veut exister au plus haut niveau, il faut rentrer dans une logique de partenariat. Notre réussite sportive peut nous tuer car la réalité de la N1 c’est que c’est le premier niveau professionnel quoi qu’on en dise. Il faut que l’on soit capable de dire vraiment pourquoi on veut travailler ensemble. Nous, on est fort dans la formation, le bénévolat, l’ABC dans les structures de haut niveau. Si on arrive à faire en sorte que nos deux cultures se rejoignent, alors on va pouvoir envisager de faire quelque chose de bien. » De réunions en concertations, le projet avance donc, porté par les deux présidents. Le plan prévoit la constitution d’une troisième entité qui reposerait sur les deux premières. La création d’une équipe de haut niveau sénior, et de trois autres équipes. Une autre sénior et des minimes et cadets France. Le tout pour un bail de trois ans renouvelable comme le prévoit le cadre légal. Le but étant d’arriver sans encombre à la Pro B avec un réservoir dans les autres formations. « Le projet est lancé, mais la première des choses est de savoir ce que veulent vraiment les collectivités locales », prévient Patrick Gautier. « La question n’est pas de faire une union pour éviter d’avoir deux clubs sur Angers. Il faut donner un nouvel élan à cette future équipe. » « Et c’est bien là que réside le problème », poursuit Alexandre Pietrini. « On a voulu nous faire faire cette union trop rapidement. Là, on prend notre temps car on veut qu'elle crée quelque chose de fort. Patrick et moi y croyons, mais à un moment donné il va falloir un geste fort de la mairie. Il va falloir manifester une envie de nous aider. Moi pour l’instant, je n’ai rien entendu, Patrick non plus et donc nos adhérents non plus. Nous, on pense que le basket dans la région angevine est important et on veut croire qu’il peut devenir une véritable vitrine pour Angers. »

De grands rendez-vous pour une belle année Dans l’attente du mariage, l’année a commencé sportivement. Sur la même ligne de départ l’ABC a pris un meilleur démarrage

que l’EOSL. Avec un effectif renouvelé à près de 60%, les joueurs de Mickaël Hay, coach depuis plus de trois saisons, caracole en tête avec six victoires pour une seule défaite jusqu’à présent, contre le surprenant leader du Puy-enVelay de Jean-Michel Sénégal. L’arrivée de joueurs de Pro B expérimentés comme Zach Gourde ou encore Michel Ipouck, du vieux guerrier Deron Hayes, a sublimé un groupe capable de viser les premières places et de batailler en playoffs. Pour l’EOSL, la N1 c’est la vraie découverte. « On a dû garder la quasi-totalité de nos joueurs de N2 pour des raisons financières évidentes », rigole Alexandre Pietrini. « Notre équipe, c’est un instituteur, un gérant de magasin. Notre seul vrai pro, c’est notre Américain Tommy Swanson. » Autre arrivée de choix tout de même, le technicien maugeois Jacky Périgois. Débarqué de Quimper l’année dernière, le coach qui a trouvé refuge à l’Étoile d’Or, a déjà engrangé trois victoires en huit matches et se prépare pour la première soirée de fête que va être la réception de Pau-Lacq-Orthez en Coupe de France le 10 novembre prochain. « On va recevoir dans la salle de l’ABC », détaille Alexandre Pietrini. « Cela aurait était bête de notre part de se tasser dans notre salle de 650 places alors que l’on peut faire une belle fête dans la salle Jean Bouin (3.000 places, ndlr) qui est quand même à 500 mètres à vol d’oiseaux de chez nous. » Une grande répétition avant le point d’orgue de la saison le 9 janvier prochain où l’Étoile d’Or va recevoir l’Angers BC, un match dans toutes les têtes. « C’est bien volontiers que l’on prête notre salle à nos voisins », confirme Patrick Gautier. « C’est original d’être reçu chez soi, mais on ne va pas empêcher des gens de pouvoir s’asseoir. » À entendre les deux présidents, il n’existe plus de grandes appréhensions pour envisager l’union du haut niveau à Angers. « Ce qui motive », conclut Patrick Gautier, « c’est que cette situation est stupide et trouver une solution sportive est intéressante. De plus, je pense qu’Alexandre, comme moi, nous sommes des gens qui aimons le basket pour ce qu’il peut offrir aux autres et pas à nous. » Les faire-part sont lancés, le mariage est pour 2010. ■

Johan Rathieuville (Étoile d’Or Saint-Léonard d’Angers)

« ON ATTEND AVEC IMPATIENCE DE S’UNIR » Plus angevin tu meurs ! Meilleur espoir de Pro B en 2005, Johan Rathieuville (1,78 m, 24 ans), meneur de l'Étoile d'Or Saint-Léonard et actuel deuxième meilleur passeur de N1 (5,7), est né à Angers et a porté les couleurs des deux clubs. Il témoigne. « J’ai joué pendant quatre années à l’ABC, mais j’ai commencé tout gamin en benjamin jusqu’en Nationale 1. J’ai fait un séjour en espoir à Cholet, puis je suis revenu pour jouer à l’ABC en Pro B en 2003. Puis après un court passage d’un an à Charleville-Mézières, je suis revenu à Angers mais cette fois à l’Étoile d’Or. Cela fait trois ans que je suis dans l’équipe, deux ans en Nationale 2 et cette année en N1. Entre joueurs, on a jamais eu de grosse rivalité entre les deux clubs, c’était plus entre les dirigeants qu’elle existait. Patrick Gautier, l’actuel président de l’ABC, et Louis

Blanvillain, l’ancien président de l’Étoile d’Or, ne s’entendaient pas trop, mais c’était plus une question d’hommes, je pense. Ce sont les deux plus gros clubs d’Angers, donc il y a toujours eu des petites tensions, mais on a jamais été vraiment rivaux, surtout qu’on n’évoluait pas dans la même division. Lorsque nous sommes montés en N1, ils ont applaudi des deux mains, je n’ai eu que de bons échos des gens de l’ABC, de Mickaël Hay, le coach, ou des autres. Je crois qu’ils ont apprécié le travail qui a été fourni. Pour l’anecdote, on a joué le même jour qu’eux, l’année dernière, le dernier match de la saison. Pour l’ABC, leur match ne valait rien. Pour nous, ils n’avaient rien à perdre ou à gagner. Pour nous c’était la victoire et la montée en N1 que l’on jouait et les joueurs de l’ABC ont hésité à boycotter leur match pour venir nous soutenir. Etant donné que nos salles ne sont distantes que de 500 mètres, ils ont vraiment failli le faire. Maintenant, je suis bien conscient que deux clubs à ce niveau, c’est impossible à gérer, donc on attend avec impatience de s’unir. »

Jean-François Mollière

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Nationale 1 • maxibasketnews 19

Deron Hayes (Angers Basket Club)

PAPY FRINGUANT En fouillant dans l’effectif de l’Angers BC, on peut dénicher une pépite. Le toujours alerte Deron Hayes a en effet trouvé refuge en Anjou et découvre la Nationale 1 depuis le début de l'année. À 39 ans, l'ailier francoaméricain se sent toujours d'attaque et espère voir un jour la Pro B à Angers. Comment se fait-il que l’on te retrouve à Angers en N1 ? J’habite à Cholet en fait. Angers était tout près et lorsque l’on m’a proposé de venir, j’ai tout de suite accepté puisque Mickaël Hay m’avait déjà contacté l’année auparavant. J’avais envie de jouer encore à un haut niveau et ici c’est le bon endroit pour moi. L’équipe est bonne, le club est bien donc je suis content.

Tu as découvert le niveau de la N1, alors c’est comment ?

Jean-François Mollière

(Il rigole) Dur, ça défend beaucoup ! C’est bien, mais au début c’était un peu dur pour moi. Les joueurs sont plus petits, en fait les joueurs qui sont comme moi (1,98 m) jouent souvent poste 5 et c’est surprenant, je dois

encore m’y habituer. Je trouve que le niveau est assez élevé quand même, en tout ca cela me convient bien, je m’amuse.

Avec ton palmarès, tu dois être un peu attendu sur tous les parquets ? Clairement oui. Tout le monde me connaît comme le shooteur, alors on me met beaucoup de pression défensive. Les fenêtres de tirs sont moins simples à trouver puisque je suis plus ciblé. Je dois donc me concentrer sur d’autres secteurs comme la passe, le rebond, la défense, faire le travail de l’ombre. Je n’avais pas fait ça depuis longtemps et je redécouvre mon basket (il rit). Mais je trouve ça sympa d’être attendu de partout, c’est un nouveau challenge pour Palmarès moi et j’aime bien. • Coupe de France 99 • Semaine des As 05, 08 Combien d’années vas-tu • 3 fois Vice-Champion encore jouer ? de France 05, 06, 07 Je ne sais pas, ça va dépendre de • 3 participations à la beaucoup de chose (il rigole). Si je coupe ULEB 02, 03, 06 n’ai pas de grosses blessures, je • 1 participation à l’Eurocup peux encore jouer longtemps. Tant en 2005 qu’un projet me tiendra à cœur, je • Finaliste de la coupe peux continuer. Ici, le projet c’est de France en 2008 de monter en Pro B, j’ai envie d’en faire partie.


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Jérémy Leloup

À FORCE DE TRAVAIL Prêté par Le Mans, Jérémy Leloup (1,97 m, 22 ans) est parti s’aguerrir cette saison du côté de Vichy pour continuer à progresser. Un nouveau cap à passer pour ce gros bosseur qui n’hésite pas à prendre des risques pour parvenir à ses fins. Par Laurent SALLARD

Pascal ALLEE/HOT SPORTS

J

érémy Leloup n’était pas programmé pour devenir un jour basketteur pro. À l’âge où les meilleurs jeunes talents français évoluent en championnat de France cadet, lui jouait encore en championnat régional dans le club familial de Coulaines, près du Mans. «  J’ai fait toutes mes gammes là-bas jusqu’à ma première année cadet », se souvient-il. « Puis j’ai fait des tests pour Le Mans et j’ai intégré le centre de formation pour ma deuxième année.  » Le jeune Sarthois partait alors de loin, mais l’adaptation a été plus rapide que prévue. «  J’avais des lacunes  », reconnaît l’intéressé. « Il a fallu bosser. Mais j’ai eu la chance d’arriver une année où ils étaient en sous-effectif au niveau des espoirs. Donc le coach a très vite fait jouer des joueurs comme Nicolas Batum, Lamine Kanté et moi, qui ne devions à la base évoluer qu’en cadet. Donc pendant deux ans, on a joué le samedi et le dimanche, ce qui nous a aidés à aller plus vite. » Jérémy Leloup n’a pas le talent naturel d’un Nicolas Batum, mais compense par le travail. Et pour mettre toutes les chances de son côté, il prend le risque en 2006 d’arrêter ses études pour se consacrer à plein temps au basket. «  J’ai beaucoup travaillé cette année-là avec Vincent Collet et le groupe pro  », raconte-t-il. « Ça m’a permis d’exploser en espoir, de passer la barre des 15 points par match et finir meilleur marqueur de l’équipe. C’est à ce momentlà que Vincent Collet a décidé de me faire signer un contrat de trois ans. » Il prend alors un deuxième risque. Sélectionné à l’été 2007 par Michel Gomez au sein de l’équipe de France des 20 ans et moins, en compagnie notamment de Nando De Colo, il se rend au stage à contrecœur et finit par décliner l’invitation. «  Dans ma tête, j’avais signé mon contrat pro et je voulais beaucoup bosser durant l’été pour préparer ma saison  », se justifie-t-il. « C’est une décision que j’ai prise, c’est un choix. » Un choix dangereux, refuser le maillot bleu étant souvent très mal vu. Mais Jérémy Leloup a finalement réalisé son rêve, à savoir devenir pro chez lui, au Mans. «  Je me doutais que c’était un bon joueur, mais je suis assez surpris de le retrouver à si haut niveau », avoue à l’époque Philippe Desnos, directeur du centre de formation du MSB et qui avait, à ce titre, découvert le joueur à Coulaines. « C’est vrai que ce gamin, qui

était à quelques kilomètres de chez nous, j’aurais très bien pu ne pas le voir, comme quoi on va parfois chercher loin ce qu’on a près de chez nous. »

Un mort de faim

En trois ans passés avec le groupe pro manceau, Jérémy Leloup a certes peu joué, mais a profité de l’expérience de ses coéquipiers. «  En s’entraînant à longueur de journée avec des joueurs tels que Sandro Nicevic ou David Bluthenthal, tu ne peux qu’apprendre », confirme-t-il. « Ça aide à comprendre plein de choses, à être plus malin et plus rapide. » Mais pour mettre en œuvre tout ce qu’il a appris et prouver qu’à 22 ans il a sa place en Pro A, Jérémy Leloup a décidé cet été de prendre le large quelques temps. «  Je devais rester au Mans  », explique-t-il. « Ça devait être ma dernière année de contrat, mais je me doutais que je garderais un rôle similaire dans l’équipe. Ce n’était pas vraiment ce que je voulais donc j’en ai discuté avec le coach, le président et ma famille. J’ai re-signé pour une année supplémentaire et le club a accepté de me prêter pour un an, pour que je revienne plus fort. Parce que mon objectif est de jouer au Mans, devant le public sarthois et mes amis. Je sais que le président ne voulait pas me laisser partir. Mais je pense que si j’étais resté un an de plus, la motivation aurait peut-être été moins forte. » Le jeune Manceau a donc mis le cap sur Vichy. «  Jean-Louis Borg m’a dit qu’il voulait un joueur qui avait envie de rester sur le terrain de longues minutes, de progresser, de bouffer du ballon. Un mort de faim, quoi ! » Et Jérémy Leloup a rapidement montré qu’il était effectivement affamé en marquant 28 points à 8/11 à trois-points à Dijon, en match de préparation. Une grosse performance qu’il n’avait pas encore réussi à transposer en Pro A après quatre journées, en panne d’adresse derrière l’arc. « Ce n’est pas une surprise », tempère son coach, Jean-Louis Borg. « Tous les joueurs de son âge ont eu besoin d’un temps d’adaptation pour changer de statut. On y travaille et on espère que ça va revenir rapidement.  » Ce que promet l’intéressé. « Je pense que j’ai eu aussi un peu le contrecoup de la préparation, un petit coup de fatigue. Mais maintenant ça y est, je suis reparti, je vais enfin lancer ma saison.  » C’est tout le mal qu’on lui souhaite. l


FOCUS • maxibasketnews 21

« MON OBJECTIF EST DE JOUER AU MANS »


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RENFORTS EUROPÉENS DE LUXE

MILIC, PAS LE PREMIER l En s’attachant les services de Marko Milic, en cours de route, l’Entente Orléanaise a non seulement musclé son effectif mais lui a aussi donné une belle couche de lustre. L’ailier slovène n’a en effet pas moins de onze saisons d’Euroleague et cinq EuroBasket derrière lui. Et pas comme porteur d’eau  : 12,0 points et 4,8 rebonds de moyenne en 160 matches d’Euroleague. Il a même joué

Pascal Allée/Hot Sports

LES ÉCHOS

en NBA, bien que cela ait surtout consisté à s’échauffer. Bref, ce vétéran (32 ans) est un « nom », qui a même été une drôle d’attraction dans ses jeunes années (panier cassé sur un dunk au Final Four 1997, dunk par-dessus une voiture lors d’un All-Star Game). Pourtant, il n’est pas le plus gros poisson péché par les clubs de Pro A en cours de saison. Spécialement, pour vous, notre Top 10.

LE TOP 10 AU PRESTIGE 1- Zarko PASPALJ

3- Mirsad TÜRKÇAN

Stats Pro A : 12,1 pts à 49,4% et 4,7 rbds (9 matches)

Stats Pro A : 15,9 pts à 50,7% et 8,4 rbds (12 matches)

Serbe – Ailier-fort – PSG Racing 1996-97 LA star. Champion du monde et trois fois champion d’Europe avec la grande Yougoslavie puis la SerbieMonténégro (+ deux médailles olympiques !). Des cartons de folie pendant plus de dix ans au plus haut niveau. Un passage manqué en NBA. Un salaire de nabab. Un «  respect  » énorme des arbitres. Sans aucun doute le plus beau CV jamais passé en France.  À trente ans passés, quand il débarque à Paris, il n’est plus le joueur ultra dominant du passé et les paquets de cigarettes commencent à peser. En fait, Zarko préfère organiser des fêtes entre amis à Paris plutôt que d’aller à l’entraînement. Il est viré.

2- Nikola VUJCIC

Croate – Pivot – ASVEL 2001-02

Stats Pro A : 13,8 pts à 46,2% et 7,1 rbds (27 matches)

Photos Pascal Allée/Hot Sports

Oui, le premier trophée de Vujcic a été récolté en France ! Considéré comme le pivot du futur, il est acheté par le Maccabi à Split, à l’été 2001, mais le club israélien se retrouve avec pléthore de centres et ne peut, légalement, pas tous les aligner. Le Maccabi prête donc le très technique Croate à l’ASVEL de Boscia Tanjevic. S’il ne parvient pas à stabiliser le jeu d’une équipe rhodanienne composite, il affiche tout de même une sacrée classe. Et, en playoffs, il frappe. Panier de la gagne lors de la finale de Pro A, victorieuse, contre Pau-Orthez, et titre de champion pour l’ASVEL.

Turc – Ailier-fort – PBR 2000-01

Quand il signe à Paris, où évolue Tony Parker, «  Mirsad le fou » n’a pas encore bâti la solide carrière européenne qu’on lui connaît mais il a déjà démontré, avec Efes Pilsen, qu’il est un des meilleurs rebondeurs du continent, sinon le meilleur, et un joueur qui possède un grand avenir. Mais il sort d’un échec en NBA et son passage dans la capitale lui sert à se refaire avant de signer au CSKA Moscou. Un cador, dont on se demande comment il a pu faire escale au PBR après son expérience NBA.

4- Jurij ZDOVC

Slovène – Meneur – PSG Racing 1996-97 Stats Pro A : 9,8 pts à 56,3% et 3,4 pds (5 matches)

Il n’est pas encore «  carbo  » ce bon Jurij, lorsqu’il vient au chevet du PSG, mais on sent que le physique, déjà, ne suit plus, et il sera d’ailleurs contraint de jeter l’éponge. Néanmoins, sa classe, son sang-froid et son expertise apportent un peu de stabilité à l’équipe parisienne. Et puis, sur le papier, Zdovc, c’est le standing au-dessus. Champion d’Europe et du monde avec la Yougoslavie (et dans le cinq majeur, s’il vous plaît), vainqueur de l’Euroleague 1993 avec Limoges… Un cador.

5- Gidza MURESAN

Roumain – Pivot – Pau-Orthez 1995-96

Stats Pro A : 17,5 pts à 73,3%, 9,8 rbds et 3,0 blks (4 matches) Plus fort que lors de son premier passage en Béarn (199293), lorsqu’il sortait juste de sa Roumanie, et plus fort aussi

que lors de son troisième séjour à Pau (2000-01), Gidza déchire tout lors de cette courte pige avec l’Élan en 1995-96. Lock-out NBA oblige, l’attachant Roumain revient aider son club de cœur à passer le tour préliminaire de l’Euroleague (contre Ljubljana) et, pour la bonne bouche, écrase les raquettes françaises pendant un mois. Gigantesque.

6- Dusko IVANOVIC

Monténégrin – Arrière – Limoges 1992-93 Stats Pro A : 16,2 pts à 59,7% et 4,3 pds (6 matches)

Pas le plus connu des joueurs de la Jugoplastika Split qui domina l’Europe à la fin des années 80 et au début des années 90, mais pas le moins important. Car c’est lui, Dusko, qui était souvent le meilleur marqueur de l’équipe de Toni Kukoc, Dino Radja et Velimir Perasovic. Un shooteur de feu (trois fois top scoreur de la ligue yougoslave), un défenseur de fer, deux fois vainqueur de l’Euroleague. Arrivé à Limoges pour suppléer Jurij Zdovc, blessé, il s’adapte en trois minutes et douze secondes, mène le jeu, met des points et demeure invaincu – en aidant le CSP à passer le tour préliminaire de l’Euroleague, que les Limougeauds gagneront cette année-là. LE pigiste.

7- Arturas KARNISHOVAS Lituanien – Ailier – Cholet 1994-95

Stats Pro A : 21,1 pts à 55,3% et 6,4 rbds (18 matches) Lorsqu’il signe en cours de saison à Cholet, après un cursus NCAA correct mais frustrant à Seton Hall, cet ailier extrêmement doué, capable de jouer à toutes les distances, n’est pas encore la star européenne qu’il


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Par Fabien FRICONNET

LE SAVIEZ-VOUS ?

EN PRO A, ÇA SHOOTE !

Poss/match

Italie

Espagne

France

Grèce

Adriatic League

Russie

Poss/match

Turquie

Croate – Pivot – Le Mans 2001-02

LES LIGUES OÙ ça RÉFLÉCHIT AVANT

LES LIGUES OÙ ÇA SHOOTE Pologne

8- Sandro NICEVIC

Quelques remarques en vrac. 1- En Turquie, ça shoote plus qu’en Espagne, et la France est quasiment au même niveau que l’ACB, ce qui est quand même classieux. 2- En Grèce, il est difficile de tirer, mais ça n’est pas reluisant non plus chez les artistes adriatiques et les talentueux Russes, donc on en déduit que la nostalgie n’est plus ce qu’elle était. 3- Il est impératif de rappeler à Polpharma qu’il n’est pas utile de balancer la gonfle tout le temps, sauf si on veut devenir une équipe NBA car nos amis de Gdansk ont plus artillé qu’une équipe américaine moyenne ! Le Havre, Besançon et Dijon se classent dans le Top 22, ça en jette, mais les résultats n’ont pas suivi (respectivement 14e, 15e et 12e du classement en 2009). 4- Impression confirmée qu’il vaut mieux – même si ça n’est pas obligatoire – compter ses cartouches car le CSKA domine le classement de la sécheresse et que l’ASVEL, avec 71,3, a été l’équipe française la plus chiche en shoots mais a gagné le championnat.

Israël

va devenir à Barcelone, Olympiakos et à la Fortitudo Bologne, mais on est loin du jeune homme timide qui prenait des photos des joueurs de la Dream Team, depuis le banc de la Lituanie, lors des Jeux de Barcelone. Aujourd’hui, ce genre de joueur serait pratiquement intouchable pour un club français, y compris à sa sortie de fac. Avec CB, il a cartonné et lancé sa carrière.

l Il existe des gens, sur Terre, s’ils n’existaient pas, il faudrait les inventer. Mais il faudrait aussi les inviter à sortir un peu car, s’ils restent trop longtemps enfermés, ils font des choses étranges. Le créateur du site Internet www.in-the-game.org fait partie de cette catégorie de population. Entres autres trucs de « geek », que l’on vous laisse découvrir, ce monsieur s’est piqué de déterminer, parmi la quinzaine de ligues européennes majeures (incluses deux compétitions européennes, à savoir l’Euroleague et l’Eurocup), quelle était l’équipe la plus « lente », à savoir celle qui joue ses matches sur le plus petit nombre de possessions. Bref, l’équipe qui shoote le moins. Et, inversement, celle qui dégaine le plus. Et tant qu’il y était, il a appliqué cela aux ligues elles-mêmes. Pour ce faire, il a tout bêtement comptabilisé les possessions de chaque équipe de chaque ligue lors de la saison 2008-09 – en soustrayant les rebonds offensifs, car selon lui ces possessions sont artificielles – et il a comparé.

75,3

74,9

74,8

74,8

73,6

73,5

71,0

71,5

71,6

Stats Pro A : 11,6 pts à 56,7% et 4,8 rbds (19 matches) Pas le plus rapide ni le plus explosif des pivots mais certainement l’un des plus techniques et cérébraux (trop ?) qu’on ait vus sur le territoire. Il n’a pas changé la face de la Pro A mais il s’est installé sans mal au Mans et a accompagné la montée en puissance du club sarthois (premier de la saison et vainqueur de la coupe de France en 2004) avant de partir vers des cieux plus rémunérateurs puis de faire un retour moyen en 2006-07.

9- John AMAECHI

77,8

77,8

76,2

En France après Le Havre (13e) viennent Besançon et Dijon (22e avec 75,6)

Nevezis Kedainiai

78,1

Siauliai

78,8

Aris Salonique

79,4

Poss/match

AEK Athènes

De gauche à droite : Vujcic (avec l’ASVEL en 2002), Turkçan (Paris en 2001), Muresan (Pau en 1996), Karnishovas (Cholet en 1995 et Nicevic (Le Mans en 2002).

LES équipeS qui gèrent

64,7 67,2

67,9

68,1

68,2

CSKA Moscou

Allez, un coup de cœur  ! Cet ailier aux jambes de feu et au sacré bras de shooteur (sorte de Carlos Delfino avant l’heure), déjà vu à Strasbourg en 1997-98, n’aurait, en théorie, jamais dû se retrouver à Paris. Imaginez-vous que, la saison d’avant, il jouait la finale de l’Euroleague avec le Tau Vitoria, dans le cinq majeur, réussissant, pour l’anecdote, un dunk sur la tête de la défense qui reste, à notre goût personnel, l’un des plus impressionnants jamais vus en Europe depuis… toujours. Après son séjour parisien, il jouera au Zalgiris puis à Valencia, jusqu’en 2008.

Le Havre

Stats Pro A : 10,8 pts à 43,8% et 4,8 rbds (13 matches)

Poss/match

Znicz Pruszkow

Lituanien – Ailier – PBR 2001-02

LES équipeS qui allument Pesaro

10- Mindaugas TIMINSKAS

La NBA est à 79,1, sur un temps de jeu ramené à 40 minutes

Antalya

Si Cholet avait pu le toucher en 1995-96 (40 points et 22 rebonds en deux matches) avant qu’il file en NBA (Cleveland), c’est parce que cet intérieur britannique raffiné (et francophone) sortait tout juste de la fac. Mais quand le CSP le recrute en 1998-99, ce gourmet offensif a déjà tâté du Panathinaikos et de la Kinder Bologna. Amaechi avait un talent d’attaque indéniable et pouvait réussir des cartons, mais ce CSP était tellement dans le doute que son séjour est passé inaperçu. Pourtant, derrière, il retournera se faire un nom en NBA (Orlando et Utah).

Kiryat Ata

Stats Pro A : 12,7 pts à 50,4% et 4,8 rbds (11 matches)

Polpharma Gdansk

Anglais – Intérieur – Limoges 1998-99


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LES ÉCHOS

ÇA DOIT ÊTRE UN RECORD !

1-3

Pascal Allée/Hot Sports

Le bilan de l’ASVEL (1 victoire pour 3 défaites) après quatre journées. Évidemment faible, surtout lorsqu’on est le champion en titre. Dijon (à l’Astroballe), Roanne et Orléans ont déjà eu la peau de la bête. Une fiche indigne, qu’aucun champion n’a jamais affiché, n’est-ce pas ? Eh bien détrompez-vous ! Rien que depuis le début du siècle, deux autres champions ont déjà connu pareilles difficultés après quatre journées. Il s’agissait du Mans en 2006-07, avec déjà Vincent Collet à la barre, et de Pau-Orthez en 2004-05. En revanche, les Pau-Orthez 2003-04 (8-0) et 2001-02 (7-0) ont la palme du départ en trombe.

2000 : L’ASVEL de Greg beugnot atteint les quarts de finale de l’Euroleague.

IL Y A 10 ANS

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C’ÉTAIT MIEUX AVANT ?

l On ne va pas se mentir, les clubs français étaient plus compétitifs il y a une décennie. D’ailleurs, en 1999-2000, l’ASVEL, première de sa poule au premier tour (8-2, devant Olympiakos et le Maccabi, si si), est allée jusqu’à la belle des quarts de finale (contre Efes Pilsen Istanbul). Et pourtant, si l’on regarde les résultats de tout début novembre, il y a tout juste dix ans, ça n’était pas plus reluisant que ça. L’ASVEL bat Ülker Istanbul d’un point (60-59) avec 19 points de Marlon Maxey, mais Pau-Orthez et Cholet s’inclinent sans gloire (et compileront finalement 7 succès pour 25 défaites). Les Palois craquent au Palais devant le Buducnost Podgorica (68-72) de Dejan Tomasevic (21 points, 8 rebonds, 4 passes et 2 interceptions) et Cholet prend le bouillon à la Benetton (57-73), qui s’appuie sur Tyus Edney (19 points et 5 interceptions). Comme quoi…

C’EST DOMMAGE

POITIERS POUSSE LES MURS

La salle de Poitiers (ici, Pierre-Yves Guillard) est trop petite pour la Pro A.

5

Les points, les rebonds, l’évaluation, l’adresse et les contres. Voilà les cinq catégories, et pas des moindres, qui sont dominées, cette saison, par des joueurs non-Américains ! Ok, on triche un peu car Derrick Obasohan (28,5 points et 24,0 d’éval.) est né à Houston mais il est bel et bien d’origine nigériane (et en a le passeport). Mais Saer Sene (12,0 rebonds) est bien sénégalais, Michel Jean-Baptiste Adolphe (80,0% aux tirs !) et Dounia Issa (3,0 contres) sont bien français. On ajoutera qu’Akin Akingbala (2,25 dunks, numéro 1) est nigérian, comme Obasohan, mais lui il est né à Lagos.

10/12

L’adresse à trois-points du power roannais, Dylan Page, fait peur à voir – peur à l’adversaire, s’entend.

Hervé Bellenger / IS

l Pour le premier match de son histoire en Pro A à domicile, contre le Paris Levallois, le PB 86 a refusé 300 personnes. Le club avait réservé quelques centaines de places vendues au guichet le soir du match. Ce fut insuffisant. Ce sold-out était prévisible puisqu’en Pro B, l’affluence moyenne à la salle Lawson Body était de 2.340 spectateurs et Poitiers avait rempli à plusieurs reprises cette enceinte de 3.000 places. Le club évolue désormais dans la salle Saint-Eloi, une salle neuve, à la capacité plus modeste (2.400)  ! Non seulement le club perd des spectateurs potentiels mais aussi des recettes supplémentaires. La recette globale par match à Saint-Eloi est de 13.000 euros. Un vrai manque à gagner. Une aberration évidemment mais, en l’absence d’autres solutions, le promu est bien obligé de s’en accommoder. La solution pour éviter de

C’est cocasse, et fort inhabituel. Poitiers, promu, a trouvé le moyen d’aller gagner à Nancy puis à Chalon lors de ses deux premiers déplacements, alors qu’en parallèle, les Pictaviens s’inclinaient à domicile contre Paris Levallois et HyèresToulon. Le monde à l’envers.

faire des mécontents à l’entrée ? « Vendre toute les places les jours précédents », proposait Alain Baudier dans la presse locale. Ce qui ne devrait pas poser de problèmes au PB 86. L’équipe a toutefois prévu de jouer six matches aux Arènes (4.000 places).

+16,9

L’augmentation de la moyenne offensive de Derrick Obasohan (Hyères-Toulon) entre la saison dernière et celle-ci. L’an passé, ce bon Derrick apportait, à Strasbourg, 11,6 points en 23 minutes, contre 28,5 points en 39 minutes en 2009-10. Son record de 200809 : 25 points, contre l’ASVEL et… HyèresToulon. Cette saison, ses fiches : 35, 33, 27 et 19 points. Ça ne durera pas à ce rythme, mais quand même, c’est impressionnant.


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Par Fabien FRICONNET

DÉFENSE ARCHITECTURALE

Pascal Allée/Hot Sports

l Comme le scandait le savoureux Patrick Timsit, dans le non moins savoureux film de (et avec) Richard Berry «  L’Art (délicat) de la séduction  » (avec aussi… soupir… Cécile de France), l’arc-boutant est la position idéale pour faire plein de choses formidables dans plein de domaines. Si l’on en croit le regard approbateur de l’arbitre, c’est également un bon moyen de défendre. Alors Georgi Joseph, de Pau-LacqOrthez, aurait tort de se priver, et Cédric Mélicie, de Brest, n’a qu’à pousser plus fort pour passer.

C’EST EN BAS QUE ÇA PASSE Hervé Bellenger / IS

l Comme le disait on ne sait plus qui, en se moquant de Stanley Roberts, pachydermique pivot et coéquipier de Shaquille O’Neal à la fac de Louisiana State University  : « la photo continue sur l’autre page ». Là, c’est en hauteur que la photo est un peu courte. Mais, que voulez-vous, bien obligé, pour pouvoir capter le ballet des petits Bobby Dixon et Marco Pellin. Car le costaud d’en haut, affairé à faire un écran en béton armé à son meneur, c’est Monsieur Uche Nsonwu, qui culmine à 2,08 m, soit à trente bons centimètres au-dessus des farfadets.

LA ALL-RASTA TEAM

Morris Finley

Julius Jenkins

Alex Barnett

Devonne Giles

Randal Falker

Pascal Allée / Hot Sports

Pascal Allée / Hot Sports

Pascal Allée / Hot Sports

Pascal Allée / Hot Sports

Pascal Allée / Hot Sports

Wojciech Figurski/EB via Getty Images

l Sacré Antoine Lessard, qui s’est offert une facétie capillaire en imaginant la « All-Rasta Team ». Et elle a plutôt belle allure. À l’arrière deux joueurs de niveau Euroleague : Morris Finley, de Milan, et Julius Jenkins, de Berlin. À l’avant, MM. Alex Barnett (Cholet), Devonne Giles (Nantes) et Randal Falker (Cholet encore). Le choix du coach relevait de l’évidence – même si Hugues Occansey aurait pu : Tommy Davis, de Bordeaux.

Tommy Davis


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Nantes-Rezé

Montée

en puissance

Double champion d’Europe avec Valenciennes, Laurent Buffard est arrivé à Nantes-Rezé après avoir vécu un an et demi dans le luxe de Ekaterinbourg. Si le train de vie n’est plus le même, l’ambition est de faire du NRB une puissance majeure du basket féminin. Par Pascal LEGENDRE, à Nantes

I

l y a un an, Laurent Buffard voyageait dans l’un des sept avions privés du président d’UMMC Ekaterinbourg, qui était même devenu propriétaire d’un aéroport. L’équipe se déplaçait à douze joueuses, avec un staff de dix personnes, et une demi-douzaine de membres d’équipage, parfois sur deux semaines entières, et descendait dans des palaces. Sur place, UMMC avait à disposition un centre d’entraînement à la hauteur de ceux de NBA et un secteur médical qui avait au moins… trente ans de retard sur les standards occidentaux. Heureusement, l’ancienne kiné de Valenciennes, Sabine Juras, est venue donner un sérieux coup de main aux blouses blanches locales. Il y a un an, Laurent Buffard pouvait pianoter sur un effectif parmi les plus riches du monde, de l’Australienne Penny Taylor à la Russe Maria Stepanova, en passant par la Française Sandrine Gruda. Il lui fallait juste, règlement oblige, maintenir deux Russes en permanence sur le terrain. Un terrible casse-tête puni d’une amende de 25.000 euros en cas d’oubli malheureux. « C’est arrivé au Spartak », révèle Buffard. Seulement, courant décembre, alors que le coach et son fidèle adjoint Jacky Moreau - qui était déjà en sa compagnie à Valenciennes - passaient quelques jours de vacances en France, le manager général l’a prévenu qu’ils étaient virés et qu’ils n’avaient même pas à revenir en Russie. Leurs effets personnels leur seront envoyés par avion. Ekaterinbourg venait de perdre au CSKA Moscou, mais Laurent Buffard voit davantage dans la sanction le désir de « russification » de la SuperLeague. Financièrement, le Français n’a pas été perdant puisqu’il a réussi à se faire payer la totalité de son contrat. Sportivement, Buffard peut se prévaloir

d’une expérience qu’une toute petite poignée de Français (Robert Busnel au Real Madrid, Michel Gomez au PAOK Salonique, Greg Beugnot à Varèse) ont vécu avec des sorties pas plus glorieuses. Un Final Four européen, une finale du Championnat du monde des clubs, une 3e place dans la ligue russe derrière le Spartak et le CSKA, ce n’est pas si mal. « Si je n’avais pas gagné deux fois l’EuroLeague avec Valenciennes, avec des budgets inférieurs aux Russes, je ne serais jamais allé en Russie. C’est un passeport pour la vie. Tout le monde croit que tu peux faire des miracles. Seulement, avant que j’arrive, le Spartak avait déjà pris toutes les meilleures joueuses et tu ne pouvais pas lutter », commente-t-il avec le recul. Laurent Buffard a ensuite profité de son temps libre pour assister à des matches, surtout de garçons, visiter le centre fédéral, participer à des clinics, donner des conférences pour l’université de Valenciennes et commenter en juin l’Euro féminin pour Sport +. Il a même refusé les avances des Turcs de Galatasaray, qui allaient remporter l’EuroCup féminine. «  Ils ne me proposaient qu’un an de contrat, et j’aime travailler sur la durée. Et puis, je venais de me faire échauder et je n’avais pas envie de repartir de suite. Ça m’a permis de faire le vide dans ma tête, de savoir si je voulais continuer dans le basket ou rebondir ailleurs. » Plus tard, il a répondu par la négative à une « belle offre » du Wisla Cracovie. Le projet de sa venue à Nantes-Rezé était déjà dans les tuyaux. Son premier contact avec Thierry Frère date d’un match de Coupe de France contre Bourges. Le président nantais a fini par le convaincre. Un retour aux sources pour Laurent Buffard, né à Chemillé et qui a fait ses premières armes à Cholet. L’envie d’être proche de ses


Jean-François Mollière

Doriane Tahane, l'une des grandes espoirs du basket féminin français, symbole d'un Nantes-Rezé ambitieux.


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parents, de sa famille, de ses amis. La consistance du projet du NRB surtout. « Thierry Frère voulait absolument que je vienne. J’ai signé pour trois ans, j’ai un bon contrat. »

12 échecs d’affilée Thierry Frère est gérant de C3, une société en pleine expansion, qui fait de la stratégie pour les ressources humaines. C’est sa sixième année à la tête du Nantes Rezé

“La longue attente ! C’était dur car on ne savait pas si on était repêché. Et si on était repêché, on ne savait pas si on était gardé.“ Leslie Ardon

Photos : Jean-François Mollière

Basket, club qui fut la résultante de la fusion de plusieurs clubs rezéens avec l’Harrouys de Nantes. Gamin, il a connu l’ASPO Tours à sa glorieuse époque - finaliste de la Coupe des Coupes en 1976 -, avant de jouer en N4 et de se marier à une basketteuse. «  J’avais 12, 14 ans, il y avait 4.000

spectateurs dans la salle, et je me dis qu’il y avait des mecs un peu fous qui avaient permis à des gosses comme moi de vivre ces moments-là. Le seul plaisir que j’ai, c’est lorsque la salle est pleine et que les gens en sortent avec la banane après leur avoir apporté des petits moments de bonheur. » Aux mauvaises langues qui disent que Thierry Frère n’a pas les pieds sur terre, Laurent Buffard répond qu’il a plein d’idées et qu’il a rarement vu un président aussi optimiste que lui. Dans un univers très figé, Thierry Frère sort des convenances. Seul l’avenir dira s’il est présomptueux ou visionnaire. Buffard, lui, croit dans le destin d’un club qui peut prospérer au milieu d’une ère urbaine de 800.000 personnes et dans un département riche de 9.986 licenciées. Un record national. Même si les atouts nantais ont aussi leurs revers. Depuis l’ABC et le NBC, le basket est en mal de clubs de haut niveau, la salle de Beaulieu date d’il y a 35 ans et si, à Bourges, on est bien contents d’avoir les Tangos pour s’occuper en semaine et le samedi soir, à Nantes, il y a de la concurrence sportive, culturelle, et la mer est toute proche. « Une enquête a démontré que c’est la ville avec Toulouse où il fait bon vivre. Je ne sais pas si c’est porteur pour le haut niveau. Dans les grandes villes, il faut des stars ! » lâche Buffard. Ce qui est certain, c’est que tous les beaux plans de Thierry Frère ont failli être emportés par les vagues de l’Atlantique dès la saison dernière.


Reportage • maxibasketnews 29 Rappelez-vous. On a cru un moment que le NRB allait prendre place dans le Livre des Records pour ne pas avoir gagné un seul match dans une saison. Douze échecs de rang. Dans ces moments-là, le surnom, les Déferlantes, est bien lourd à porter. « On avait un groupe qui s’entendait bien en dehors et sur le terrain, on croyait en nous, mais on n’arrivait pas à concrétiser et ça nous a beaucoup frustrées. On ne se disait pas qu’on allait perdre le suivant, mais on le perdait ! », témoigne Leslie Ardon. Sur Internet, une vidéo issue de la chaîne locale Nantes 7 montre le coach Simon Guillou totalement désemparé à l’issue d’un énième échec. Yuliva Andreyeva, qui est arrivée en France, à Châteauroux, il y a dix ans, après avoir terminé l’école sportive à 16 ans dans son pays, l’Ukraine, a vécu elle aussi cette expérience douloureuse. «  Peut-être qu’on n’était pas prêtes pour ce niveau-là. Il nous a sans doute manqué de l’expérience. Beaucoup de joueuses abordaient ce niveau pour la première fois. » Un avis qui va dans le sens de celui du président qui avait voulu rester fidèle à celles qui avaient permis l’accession. Le premier succès se produira le 6 décembre à Clermont, bien mal en point lui aussi. Un second, plus tard, aux dépens de l’Union Hainaut, en prolongations. Et c’est tout. « On est contents, on a gagné la moitié des matches de l’année dernière », pourra plaisanter Laurent Buffard

après le succès sur Aix à l’Open 2009 à Coubertin, lieu de la 1ère journée de championnat. Nantes-Rezé aurait dû retomber illico presto en NF1. Sauf que plusieurs clubs (Clermont, l’Union Hainaut, Villeneuve, Calais et Reims) étaient des paniers percés. Le budget d’un million d’euros du NRB était, lui, équilibré. « Je dis que si on avait enlevé les points marqués par les joueuses qui ont créé des déficits, on n’aurait jamais été 14e. La fédération et le contrôle de gestion ont fait leur boulot et pour moi, on n’a pas été repêché sur tapis vert mais sur des règles d’équité sportive  », estime Thierry Frère qui, en cas de descente, aurait jeté l’éponge. Yuliya Andreyeva est en instance de naturalisation et son dossier a été déposé à Nantes, ce qui fait qu’elle serait demeurée au NRB dans tous les cas de figure. À l’inverse, Leslie Ardon ne savait pas de quoi demain serait fait. D’avril à début juillet, elle a été suspendue au verdict. « La longue attente ! C’était dur car on ne savait pas si on était repêché. Et si on était repêché, on ne savait pas si on était gardé. J’avais un contrat de 1+1. Il y avait des rumeurs, je savais que Laurent venait ici, un grand coach, avec son gros palmarès, mais je ne savais pas si lui allait vouloir de moi. Et il faut voir que la situation générale n’est pas facile ; beaucoup de filles se sont retrouvées sans club en début de saison. Je me plais à Nantes. Ma première option était de rester. Mais on était toutes dans le doute. »

Leslie Ardon, Natalia Bogdanova et Kathleen Mac Leod en mode glamour.


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Le réseau de Buffard En attendant l’annonce officielle du repêchage, le recrutement du Nantes-Rezé s’est fait en sous-main. Il était prévu de longue date que Simon Guillou - qui fut l’adjoint de Buffard à Cholet - abandonne le coaching pour enfiler le costume de manager général. «  Laurent,

Le NRB est un peu dans la position du Bourges de 2003 qui était reparti en chasse avec une génération biberon.

Lindsay Taylor, une géante de 2,03 m, loin d'être gauche.

c’est notre meilleure recrue », sourit le président. « On ne pouvait pas repartir avec un groupe de losers », commente le nouveau coach. Six joueuses ont été remerciées dont quatre qui étaient encore sous contrat. Il a fallu négocier. Leslie Ardon a sauvé sa tête. «  Je sais qu’il attend des choses de moi et j’ai envie de lui montrer, et aussi à l’équipe et à moi-même, que Laurent a eu raison de me garder. » La future Française Yuliya Andreyeva et les deux jeunettes, Doriane Tahane et Camille Aubert, médaillées avec différentes équipes nationales, sont les autres rescapées. «  Mon idée dans le recrutement, c’est la colonne

vertébrale, la n°1 et la n°5  », confie Buffard. Le NRB a fait fort en enrôlant Kathleen MacLeod, qui appartient au groupe élargi de l’équipe nationale d’Australie et qui était la meneuse de Sopron, bourreau de Bourges en quarts de finale de l’EuroLeague. Sûr que le réseau de Buffard a fonctionné quand on sait que Kathleen a eu comme entraîneur le père de Kristi Harrower qu’il a coachée à Valenciennes et Ekaterinbourg. Le pivot est désormais Lindsay Taylor, une Américaine de 2,03 m, taille tout à fait exceptionnelle dans le basket féminin. « C’est comme si tu fais 2,25 m chez les garçons, avec la lenteur qui va avec. Mais elle a de bonnes mains et elle est intelligente  », juge Buffard. « J’ai déjà joué avec une Lettone de 2 m à Châteauroux. Comme Lindsay est plus grande que tout le monde, c’est normal qu’on pense d’abord à la servir. Pour une joueuse de cette taille, elle est assez rapide et on ne l’attend jamais pour commencer à attaquer  », se félicite Yuliya Andreyeva. L’autre « steal », c’est d’avoir convaincu Mélanie Plust de l’inutilité de re-jouer en Nationale 1 et ainsi de quitter l’Union Hainaut. Le transfert s’est fait dans la douleur puisque le nouveau président de l’UHB, Jean-Pierre Boulanger, a menacé la joueuse de porter l’affaire aux Prud’hommes (voir interview). « C’est une joueuse qui a du talent, mais qui doit encore progresser. Le championnat d’Europe des moins de 20 ans, à part l’Espagne, c’est du niveau de la N1. Rien à voir avec le physique de la ligue. Chaque équipe à trois-quatre joueuses à plus de 1,90 m et ça tape ! Elle va avoir du temps de jeu. Il faut qu’elle arrive à défendre, attaquer, alterner le 3-points et le drive  », analyse Laurent Buffard, qui se félicite de posséder un trio de jeunes joueuses (Plust, Aubert et la bien carénée Tahane) qui met le club un peu dans la position du Bourges de 2003 qui était reparti en chasse avec une génération biberon… «  S’il y a du potentiel sur le marché, on va en reprendre une ou deux l’année prochaine, plus quatre bonnes étrangères », prévient déjà Laurent Buffard. Lequel évoque aussi la future naissance d’un centre de formation, confié à l’expertise de Jacky Moreau. «  J’imagine une Académie Teresa Edwards ou Ann Wauters. Et si on veut exister médiatiquement, ne faut-il pas appeler Eva Longoria pour lui demander de faire partie de l’aventure ? », lance-t-il. En attendant, le recrutement a connu un sérieux accro. Tout était parti sur un quiproquo. Le coach avait appelé Lucienne Berthieu, une ancienne de VO, pour avoir les coordonnées du coach de Limoges. Retirée du haut niveau depuis quatre ans, l’ex-MVP française lui a fait alors part de son souhait de réintégrer la ligue. L’affaire fut conclue et Lucienne mise en tenue. « Au fur et à mesure des entraînements, elle a eu des problèmes physiques liés à son genou et elle ne pouvait plus s’entraîner deux fois par jour.  » Lucienne demanda des dispenses que le coach, dans un souci d’équité, ne pouvait accorder. Come back avorté. Coup de chance  : la Sénégalaise Mame Marie Sy, longtemps stationnée à Arras et depuis 2006 à Reims, venait d’obtenir le passeport français. «  Elle va nous apporter du leadership, de la dureté, de la vitesse  », disait Buffard alors qu’il suivait attentivement son parcours à la CAN  à Madagascar; Le Sénégal y est devenu champion d’Afrique. Mame Marie est venue renforcée le NRB à la fin octobre.

Jean-François Mollière

Le sens de l’Histoire Il y a un an, disions-nous, Laurent Buffard n’avait que des têtes d’affiche sur le terrain et sur le banc. « J’ai beaucoup appris de Penny Taylor ou de Agnieszka Bibrzycka, je leur ai demandé comment elles en étaient arrivées à ce niveau. J’ai pris beaucoup de notes. Et aujourd’hui, pour faire passer des messages, c’est plus facile. Je suis très exigeant avec mes joueuses à Nantes, mais je suis plus


Reportage • maxibasketnews 31

“Lamentable ! “ Jamais coach français n’aura amassé autant de trophées que Laurent Buffard avec Valenciennes. En résumé, deux titres de champion d’Europe, sept Final Four, six titres de champion de France, cinq Coupes de France, et quatre feus Tournois de la Fédération. Donc, forcément, la gabegie engendrée de la fusion entre l’USVO et Saint-Amand, lui reste en travers de la gorge. Surtout après… le cadeau que lui ont offert, ainsi qu’à son adjoint Jacky Moraud, une poignée d’anciens supporters de VO qui sont venus les saluer l’autre soir à Villeneuve-d’Ascq. Ils leur ont rapporté les deux répliques des trophées d’EuroLeague, celle de Liévin pour l’assistant, et celle de Pecs pour Buffard. Les trophées avaient été jetés dans les poubelles ! « On avait encadré les maillots de Dydek, Fija, Sauret, Wauters, d’autres anciennes joueuses. Tout a été enlevé de la salle, comme les trophées. Pareil pour les vidéos et les CD de nos différentes saisons. C’est le gardien de la salle, un amoureux de basket, qui a récupéré ça. L’association USVO existe toujours mais elle a été dégagée du Hainaut. Lamentable ! » Laurent Buffard raconte qu’après avoir été pris en photo - c’est le document ci-joint -, les supporters se sont mis à chialer. Les « politiques » du coin qui se sont transformés en croque-morts de l’USVO méritent tout le mépris de ceux qui aiment le basket. ■

DR

tolérant qu’avant. On ne peut pas demander à une 2CV de rouler aussi vite qu’une Ferrari. » « Il sait qu’il n’a plus les meilleures joueuses du monde, que l’on n’est pas Sue Bird ou Diana Taurasi, mais il a choisi des filles qui ont un certain potentiel avec qui il pourra travailler. Je ne le sens pas frustré ou alors il ne le montre pas  », juge Leslie Ardon, qui poursuit  : «  Le capitaine du bateau sait où il va, comment diriger ses joueuses, les systèmes sont adaptés, tout est cohérent. On a de l’ambition, c’est dur avec Laurent, mais il dégage une espèce de sérénité et je n’ai pas la pression. » Le plan est clair : cette année, le NRB veut s’installer dans les meubles de la LFB. Dès la saison suivante, avec un effectif plus solide, il visera l’EuroCup. Et dans trois-quatre ans, il se veut en EuroLeague. Le président évoque à terme un budget de 3 millions d’euros. Le partenariat de 100.000 euros pendant trois ans avec Suez Environnement est déjà un indice prometteur. « Nous sommes dans une grande ville et la pire des divisions, c’est la NF1. Alors que dans une petite, il y a de l’engouement et une espèce d’adéquation qui se fait entre la taille de la ville et le club. C’est Basket Landes. À l’inverse, pour aller encore plus haut, l’avantage devient inconvénient. C’est pour cela que Denain, Berck, Bagnolet ne sont plus dans la ligue masculine », détaille Thierry Frère qui connaît ses classiques. « Et, à mon avis, le sens de l’Histoire dans le basket féminin est le même. Les Serènes de Lunac et leur foie gras, c’était une aventure humaine fantastique, mais les choses ont évolué depuis. Il faut que l’on devienne la grande ville du basket féminin en France, tout en conservant les valeurs du sport. Quand on connaît la population nantaise, le nombre de basketteurs dans le département, on ne peut exister en occupant la 12e ou 13e place. Il faut jouer à terme le haut niveau et la Coupe d’Europe. » Le discours de Thierry Frère a conquis Laurent Buffard. Le double champion d’Europe sait qu’il ne connaîtra sans doute plus jamais le luxe de Ekaterinbourg, ni peut-être même la réussite de Valenciennes. Ce n’est pas pour ça qu’il a renoncé aux émotions fortes. ■

Beaulieu et ses 5.000 places

La plus grande salle de LFB Depuis la deuxième partie de la saison dernière, les filles du NRB évoluent majoritairement (11 matches) au Palais des Sports de Beaulieu. Une drôle de salle, biscornue, peu fonctionnelle, dépassée, froide ; les architectes ont certainement dû se faire plaisir en dessinant ses contours. Mais elle est grande, immense même pour les standards du basket féminin : 5.000 places environ. On y joua une finale de Coupe des Champions, un championnat d’Europe et un mémorable Nantes BC-Cholet Basket. Le NRB se la partage avec l’Hermine de Nantes, qui joue le vendredi, si bien que sur le parquet - fait unique cohabitent les logos de la LNB et de la LFB. En attendant celui de la FIBA Europe ? Laurent Buffard n’en est pas fanatique. Normal, c’est le coach. « Il n’y a pas de repères et je pense qu’elle va nous desservir ». Il faut savoir que si l’équipe s’y entraîne trois fois dans la semaine, le reste du temps, notamment tous les matins, elle a rendez-vous à la salle Dugast, à Rezé. Thierry Frère, lui, apprécie la dimension de l’édifice car Beaulieu lui permet ainsi de pratiquer la politique de bas prix qui lui est chère. « On avait déjà institué la place à un euro en NF1. Et cette année, les abonnements au match reviennent à entre 3,80 et

4,20 euros. J’y tiens. Notre mission essentielle est de remplir les salles et pour ça, il faut les prix qui vont avec. Je préfère avoir 5.000 personnes à 2 euros que les mêmes recettes avec le billet à 10 euros. En NF1 à Dugast, on avait 1.300 spectateurs en moyenne dans une salle de 600 places assises. On avait fait une étude qui démontrait qu’un tiers du public venait de Nantes, un peu plus d’un tiers de Loire-Atlantique et le reste des autres départements. Beaulieu nous permet de capter un public plus large. L’année dernière, on a fait de 1.200 à 2.500 spectateurs en moyenne à Beaulieu alors qu’on était derniers » rappelle Thierry Frère. Encourageant. Sauf que le démarrage cette saison, avec une équipe autrement plus compétitive, est poussif. Le président espérait deux milliers de spectateurs pour la venue de Tarbes, la grosse cylindrée de la compétition et ils ne furent que 800. Et pas plus pour la réception de Calais. Thierry Frère s’avoue « déçu » mais reste « confiant ». Mobiliser toutes les forces vives de Loire-Atlantique n’est pas une sinécure. Le département est réputé pour ses querelles de clochers qui ont empêché l’émergence d’un club de haut niveau pérenne. « Lorsque je suis arrivé à la présidence, j’ai annoncé la couleur, disant que je voulais monter en ligue. On

a dit que c’était de la prétention, j’ai dit non, c’est de l’ambition. L’un de nos boulots a été de rétablir la pyramide. On a souffert, c’est vrai, de la multitude de clubs de Nationale, où chacun voulait être roi de son quartier, de son clocher. Je crois que c’est fini. C’est aussi au club de ligue de montrer qu’il n’est pas là que pour lui, mais pour l’ensemble de la famille. C’est un long travail. Avec les petits clubs et les moyens, on n’a jamais eu de problèmes. Avec quelques gros, ça n’a pas été facile tous les jours. On s’est beaucoup fait attaquer pendant deux ou trois ans. On n’a pas fini le chemin. » Durant l’Euro, Laurent Buffard a régalé la poignée de journalistes présents en Lettonie avec ses histoires, ses anecdotes et aussi son projet nantais. Il nous avait annoncé que Thierry Frère ambitionnait de construire sa propre salle avec des fonds privés. Buffard a confirmé dans la presse locale, « une salle privée de 7 à 8.000 spectateurs, à l’horizon 2012-2013. » Le président a été surpris par l’annonce. Il atteste que c’était un projet sérieux mais que, pour l’instant, rien n’est concret. Il faut dire que la municipalité envisage de son côté - est-ce bien raisonnable ? - de rénover Beaulieu. Il faut ménager les susceptibilités. ■


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Mélanie Plust, championne d’Europe des U20

“On n’en revient toujours pas d’avoir fait ça contre l’Espagne“

Jean-François Mollière

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Reportage • maxibasketnews 33

Meilleure marqueuse de l’équipe à l’Euro (12,9pts), Mélanie Plust était l’un des poumons des Bleues championnes d’Europe U20, cet été à Gdynia. Une recrue majeure de Nantes-Rezé. Son départ impromptu s’est fait dans la grimace à l’Union Hainaut, rétrogradée en Nationale 1. Tu es née à Condé-sur-L’Escaut, à 15 kilomètres de Saint-Amand, tu étais prédestinée pour le basket ? C’est surtout que mes parents ont joué tous les deux au basket, dans les environs de Saint-Amand en N2, N3, je crois. Je suis pratiquement née avec le ballon dans les mains puisque, lorsque j’étais petite, j’allais sur les terrains.

Tu as été victime d’une grave blessure au genou. Ça t’a fait douter du bien- fondé de faire une carrière de basketteuse ? Je me suis fait une rupture des ligaments croisés du genou il y a un an et demi, à l’entraînement, en un contre un. J’étais à l’arrêt pour au minimum six mois. C’est évident que l’on se pose des questions sur sa carrière car c’est une blessure grave. Mais je savais que je voulais faire du basket, donc…

Comment as-tu vécu la fusion avec Valenciennes ? Il y avait des joueuses qui étaient encore sous contrat avec Valenciennes, aussi je ne savais donc pas si j’allais être conservée. On était toutes étonnées de cette fusion. Avec du recul, je me dis que c’était quelque chose de positif de réunir deux clubs distants de moins de dix kilomètres. C’était un projet super intéressant mais la gestion n’a pas été à la hauteur. On alternait entre la salle de Saint-Amand et celle de Valenciennes. J’habitais à Saint-Amand, d’autres avaient un appartement à Valenciennes, c’était un peu compliqué. Il y avait une bonne ambiance dans le groupe, mais c’est plutôt sur le terrain qu’on n’arrivait pas à s’entendre.

Tu as quand même appris ton métier en jouant notamment une poignée de minutes en EuroLeague ? Oui, jouer l���EuroLeague à 20 ans, c’est fantastique. On apprend beaucoup.

Tu es entrée en conflit avec l’Union Hainaut pour ne pas jouer là-bas en Nationale 1 ? Comme il me restait un an de contrat, ils n’ont pas voulu me lâcher, ils voulaient que je reste en N1. J’avais déjà joué deux ans en N1 à l’INSEP et ça ne m’intéressait pas, je voulais rester en ligue. Laurent (Buffard) m’a appelée et, forcément, le projet m’a intéressée, je n’ai pas hésité. Laurent a coaché de grandes joueuses, de grandes équipes, il a la culture de la gagne. Je savais qu’avec lui j’allais bosser, progresser. Et de fait, on est à 200%. Ça ne doit pas être facile de passer des stars de Ekaterinbourg à des joueuses normales du championnat de France. Il pousse parfois des petites gueulantes mais juste quand il faut. Je savais aussi que j’allais retrouver Camille (Aubert) et Doriane (Tahane) qui sont deux bonnes copines. Le contexte était favorable. Ça s’est décidé durant le championnat d’Europe (des 20 ans et moins). J’ai signé en juillet-août.

ça donne les boules d’être emmenée aux Prud’hommes à 20 ans ? (Elle sourit) Ils ne m’y ont pas encore emmenée ! Ce sont juste des menaces. On m’a dit qu’il n’y avait pas de soucis, que

j’avais toutes les chances de gagner. J’ai eu l’autorisation de la ligue, de la fédération. Il faut savoir ce que l’on veut !

Vous avez été championne d’Europe des 20 ans et moins, avec 9 victoires en 9 matches, une victoire de 22 points (74-52) contre l’Espagne en finale. Vous aviez bu de la potion magique ? (Elle rigole) Après le premier quart-temps, il y avait 23 à 10 pour les Espagnoles. On était mal barrées. Après, on a pris le dessus pendant pratiquement tout le match. On avait une super défense. Pour laisser l’Espagne à 50 points, il fallait ça. On avait une super cohésion dans le groupe. Alain Jardel, c’est un grand coach, on apprend énormément avec lui. C’est dommage qu’il ne reprenne pas d’équipe.

À l’Euro, tu as mis 65% de tes tirs à deux points et 38% à trois points, tout rentrait ? C’est le contexte : on est dans un championnat d’Europe, il y a une médaille d’or au bout, on a confiance, on est super motivé.

Tu as été élue dans le 5 idéal du tournoi. Ils sont où tes médailles et trophées ? J’ai accroché la médaille dans ma chambre !

Avec Doriane Tahane, vous reparlez encore de ces moments-là ? Oui, on n’en revient toujours pas d’avoir fait ça contre l’Espagne qui avait trois joueuses qui faisaient partie de l’équipe nationale (médaillée de bronze à l’Euro à Riga)... Je suis d’accord pour dire que le niveau en ligue est bien plus fort, plus physique. Les filles sont plus âgées, il y a des Américaines, tout ça.

Tu as signé pour combien de temps à NantesRezé ? Un an. Je m’y plais, l’ambiance, la ville, super sympa.

L’ambition, c’est une qualification à l’EuroCup ? Pourquoi pas. C’est déjà de viser le milieu de tableau.

Tes points forts ? L’adresse ? Oui. La vitesse. Je peux apporter quelque chose en défense. C’est à moi de prendre plus d’initiatives dans le jeu, notamment dans les drives.

À quel niveau as-tu arrêté tes études ? Après le bac, j’ai fait STAPS, mais il fallait faire dix semaines de stage dans l’année et ce n’était pas trop possible. J’essaye de voir quelque chose qui m’intéresse dans le milieu médical et sans stage. Je nage un peu…

Surtout que l’an prochain, avec un Mondial très tardif, en octobre, le championnat de France sera très concentré avec deux matches par semaine plus les Coupes d’Europe ? Oh ! Carrément ? Je n’étais pas au courant. C’est chaud ! ■


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POUR OU CONTRE ?

LE CANNABIS SUR LA LISTE DES PRODUITS DOPANTS

Joakim Noah ou Josh Howard en NBA, Mo Koné en Pro A il y a deux ans, la consommation de cannabis chez les basketteurs est un sujet qui revient régulièrement. Au même titre que l’EPO ou les hormones de croissance, il entre dans la catégorie des produits dopants. Sur cette question, deux écoles s’affrontent.

POUR Par Antoine LESSARD

C

ecil Rucker et Robert Carman. Vous souvenez-vous de ces deux Américains naturalisés qui œuvraient, respectivement à Antibes et Châlons-en-Champagne, au début des années 90  ? À quelques semaines d’intervalle, les deux yankees s’étaient fait choper pour avoir fumé des joints. De mémoire, Rucker avait écopé de quelques matches de suspension. Carman avait été licencié. Avaientils pour ambition d’améliorer leurs performances ? Voulaient-ils tricher  ? Difficile à croire. Le jeune Rucker et le vieux Carman recherchaient plus certainement les effets «  récréatifs  » de ces substances. Méritaient-ils alors, comme d’autres joueurs plus récemment, d’être sanctionnés  ? Au risque de passer pour un vieux réac’, oui. Le minimum qu’on peut exiger d’un joueur professionnel est de connaître et respecter les règles en vigueur dans son championnat. Et accessoirement la loi de son pays de résidence. Or, l’usage du cannabis est proscrit en France. Cette substance fait partie de la liste des produits dopants. Qu’en est-il réellement ? Faute d’avoir testé la chose en condition de match, je me réfère aux résultats de quelques études. Elles soutiennent que sa consommation régulière nuirait aux performances sportives. En revanche, sa consommation exceptionnelle – et à dose restreinte – aurait des effets positifs sur la performance. Diminution du stress, euphorie, excitation, action antalgique, augmentation de l’activité. L’effet dopant est caractérisé. Dernier argument, le devoir d’exemplarité des joueurs professionnels vis-à-vis des plus jeunes. Un peu old school, mais assumé.

Substances destinées à accroître artificiellement et passagèrement ses possibilités physiques  ». Voici la définition d’un produit dopant. Ce n’est pas moi qui le dis mais la loi française en vigueur sur le dopage. Peut-on inclure le cannabis dans cette catégorie ? Soyons sérieux. Parmi les effets constatés après consommation - là encore, ce n’est pas moi qui le dis mais le Rapport sur la dangerosité des produits du professeur Bernard Roques, adressé au Secrétaire d’État à la santé en 1998, Bernard Kouchner  citons-en quelques uns : sensation de sommeil, troubles de la perception du temps, altération de la concentration et de la mémoire immédiate. Plus simplement, qui d’entre nous n’a pas essayé, une fois dans sa vie, de « fumer un petit joint » comme on dit ? Vous souvenez-vous l’avoir fumé pour courir plus vite ou sauter plus haut ? Vous sentiezvous d’attaque pour aller jouer au basket après ? Pas d’aller faire quelques shoots sur le playground d’à côté, mais d’aller suer 40 minutes en configuration de haut niveau. Personnellement, j’en doute. Il n’est pas question ici de discuter du bienfondé de l’interdiction de fumer du cannabis. Ceci est un autre débat qui ne nous concerne pas. Consommer du cannabis est interdit par la loi française et constitue un délit, point. Au même titre qu’un excès de vitesse par exemple. Tant qu’on y est, suspendons aussi les joueurs qui auraient conduit sans ceinture, ou un téléphone portable à la main. C’est la même logique. L’usage du cannabis est un acte répréhensible, certes, mais qui n’a rien à voir avec une quelconque amélioration des capacités physiques. Par Florent de LAMBERTERIE

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Du côté de chez…

ALAIN DIGBEU

Il est le seul joueur français à avoir porté les tuniques du Barça ET du Real. Des playgrounds de Parilly, en périphérie lyonnaise, jusqu’à Strasbourg, Digbeu retrace les grands moments de sa belle carrière. Elle n’est pas terminée. À 33 ans, l’ex international n’est plus tout à fait « Air France ». Il est encore le meilleur scoreur français de Pro A. On l’attendait un peu déçu après quelques rendez-vous ratés chez les Bleus. Au contraire, l’homme est philosophe et serein. Drôle aussi. Une belle rencontre. Propos recueillis par Antoine LESSARD


Jean-François Mollière

Jean-François Mollière

DU CÔTÉ DE CHEZ • maxibasketnews 37


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CÔTÉ COUR

Le playground de Parilly Un souvenir impérissable, parce que ce sont les débuts, les escapades avec mes frères, Christian, Mickael, et mes amis, pour aller jouer au basket par tous les temps. Et surtout le grand rendez-vous du dimanche après-midi. Il y a 12-15 ans, c’était un un moment immanquable pour tous les mordus du basket de la région, de petit, moyen voire haut-niveau. Il y avait toute une culture, on était tous dans le même trip. C’était comme un rendez-vous de motards ou de skateurs. C’est quelque chose que j’aime me rémémorer de temps en temps. J’y allais avec mon pote Pascal Perrier-David, qui a été pro à la grande époque de Jet Lyon, et qui joue à Boulogne-sur-Mer (N1) cette année. Il y avait aussi mon pote Sylvain D’Amico qui jouait en espoir avec moi. Même des futurs footballeurs qui jouaient à l’OL nous rejoignaient. C’était vraiment particulier comme ambiance.

Débuts à l’ASVEL Il y a des entraîneurs qui sont super importants dans l’évolution de ma carrière, Duane Grooms et Patrick Maucouvert, qui étaient mes entraîneurs espoirs. Sans eux, je n’aurais pas pu faire ce que j’ai fait par la suite. Et bien évidemment Greg Beugnot, qui m’a donné ma chance chez les pros. Villeurbanne, pour moi c’est la Maison des Sports. Cette ambiance populaire à outrance, cette ambiance du samedi soir que je ne retrouvais pas dans les autres salles. On se bousculait pour venir voir un extra-terrestre qui s’appelait Delaney Rudd, et son lieutenant Ron Curry (19931995). Ce sont des années magiques. On sentait vraiment un engouement très spécial à Villeurbanne. On était très

jamais avoir accroché un titre de champion de France mais c’étaient des finales tellement particulières. Cela jouait dur. On parle quand même des grandes années du championnat de France, avec des adversaires tels que le PSG, Limoges et Pau. C’était du grand basket. Il y a un sentiment d’inachevé mais ce sont de beaux souvenirs. En 1999, je suis parti d’un championnat de France qui était assez relevé avec des équipes qui faisaient partie du gratin européen. On a perdu un peu cette habitude de rivaliser avec les grands d’Europe. Des efforts ont été faits, depuis quelques années, pour relancer le championnat mais il y a encore du travail.

La draft 1997 Pour l’anecdote, j’étais pendu au téléphone avec mon agent en direct de la draft. Et j’étais beaucoup plus préoccupé par le sort d’un certain Olivier Saint-Jean (alias Tariq AbdulWahad) à l’époque que par le mien. J’attendais avec impatience de savoir à quel numéro il allait sortir. Parce que c’était un joueur que j’admirais beaucoup. Il a ouvert la voie à pas mal de jeunes pour se rendre aux États-Unis. C’était la mode de la NCAA. Les jeunes étaient beaucoup plus « modestes » qu’aujourd’hui. On rêvait d’abord de NCAA avant de parler de NBA. Donc voilà, Olivier Saint-Jean rentre dans l’histoire (11e choix par les Sacramento Kings). Moi, je suis derrière (49e choix par les Atlanta Hawks). J’étais très content même si je savais ce qu’un deuxième tour de draft voulait dire. J’étais très fier d’être le deuxième Français drafté. Enfin, techniquement le troisième, avec Jean-Claude Lefèbvre (64e choix en 1960).

MVP de Pro A en 1998

“Un petit brun et une panthère rose, vraiment Quick et Flupke” forts à la maison, pas très performants à l’extérieur mais, en tout cas, on assurait le spectacle et il y avait vraiment une ambiance bon enfant, une super connexion entre les joueurs et le public. Tout cela grâce à Greg Beugnot et à son recrutement judicieux. Ma rencontre avec Delaney s’est faite par hasard. En sortant d’un restaurant, Greg Beugnot m’a chopé par le col et m’a dit « voilà, je vais te présenter le futur meneur de l’équipe ». Moi, je ne savais pas qui c’était. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre qui il était.

L’un ou l’autre • Blonde ou brune ? Brune • Sucré ou salé ? Sucré • France ou Espagne ? Espagne • Facebook ou Twitter ? Facebook • Champion d’Europe ou vainqueur de l’Euroleague ? Champion d’Europe Défense ou attaque ? Défense Dunk ou 3-points ? Dunk NBA ou Euroleague ? Euroleague Barça ou Real ? Barça Beugnot ou Sarre ? (Rires) Beugnot, parce que je le lui dois, il faut l’écrire.

3 Avril 1997, Istanbul Grand souvenir. Parce qu’en tant qu’équipe française, on a accompli quelque chose de grand là-bas (NDLR, l’ASVEL s’était qualifiée pour le Final Four en allant battre Efes Pilsen en Turquie). Malheureusement, on ne l’a pas fêté très longtemps parce que Jim s’est blessé (Bilba s’était sectionné un tendon contre une porte vitrée). On a passé la nuit à prier pour que ça ne soit pas très grave. On est rentré dans l’histoire du basket français, en tant que deuxième équipe à se qualifier pour un Final Four dans une ambiance turque, tout simplement, avec des pièces qui volaient, des chaises qui volaient, à Abdi Ipkeci. On n’a pas pu savourer la qualification pour le Final Four sur le moment. Mais on l’a savouré une fois sur place à Rome. C’était exceptionnel.

Trois finales perdues en 1996, 97 et 99 Quand je le dis, on a du mal à me croire, mais ce sont de très bons souvenirs. Le compétiteur qui est en moi est déçu de ne

Une grosse fierté. L’été d’avant, j’avais compris que ce n’était pas encore le moment pour moi de jouer en NBA parce que je n’en avais pas encore les épaules, pas encore le bagage technique nécessaire pour affronter les monstres sacrés. J’avais promis aux dirigeants des Hawks que je serais MVP l’année d’après et qu’à partir de là, on pourrait en discuter. J’ai tout fait pour l’être, j’ai fait une bonne saison (13,7 pts, 14,6 d’éval), j’étais plutôt satisfait de moi. J’ai tenu ma promesse. Je ne suis pas allé à Atlanta mais j’ai pu continuer ma progression. Cela a pu m’emmener vers Barcelone.

Le Barça Un changement énorme. Changement de repères, de cultures, à tous les niveaux. J’ai recommencé à zéro. Comme ils disent en Espagne, le Barça est plus qu’un club. Il faut se mettre au niveau, tout reprendre. L’entraîneur (Aïto) est un monstre, un des meilleurs à l’époque avec Zeljko Obradovic. Je suis arrivé avec mes gros sabots. On m’a vite remis à ma place. On m’a fait comprendre que tous les joueurs devaient gagner leur place lors des entraînements. Pour la première fois, j’étais dans une équipe avec un effectif de 12 joueurs, donc avec des rotations pendant les entraînements. Il fallait vraiment tout donner à chaque fois pour pouvoir espérer jouer quelques minutes. Je n’échangerais cette expérience pour rien au monde.

Gasol et Navarro Quand j’arrive au Barça en 1999, je sors du championnat d’Europe en France et j’arrive quelques semaines après le début de la préparation physique. On me dit qu’il manque deux joueurs, un certain Juan Carlos Navarro et Pau Gasol, qu’ils sont champions du monde junior. Un peu plus tard, je vois arriver un petit brun qui ne paie pas de mine et une espèce de panthère rose, qui se balade à côté. Vraiment Quick et Flupke, inséparables, toujours en train de rigoler. Je me suis lié d’amitié avec eux, avec Francisco Elson, Efthimios Rentzias, Milan Gurovic aussi, on était un peu les jeunes de l’équipe. Voir aujourd’hui le niveau qu’ils ont atteint, c’est extraordinaire.


Jean-François Mollière

DU CÔTÉ DE CHEZ • maxibasketnews 39


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CÔTÉ COUR L’ASVEL, le club de sa ville, le club qui l’a lancé.

Champion d’Espagne en 2001 La première année, on arrive en finale contre le Real Madrid, on fait le travail à Madrid pour rapporter le trophée et puis on perd le cinquième match à la maison. Je me suis dit « ça y est Alain, tu es maudit ». C’est dur à avaler, surtout contre l’éternel rival. Je n’en ai pas dormi pendant des semaines. Finalement, en 2001, on se rattrape contre le même adversaire, il y a aussi la Coupe du Roi la même année. Là, c’est l’explosion.

Mais c’était spécial oui. Je me sentais comme sur une île. (…) Au Real, cela s’est mal passé. L’équipe était bonne sur le papier, on avait tout pour réussir mais l’ambiance était assez compliquée. Il y a eu quelques tensions entre l’entraîneur, Javier Imbroda et Alberto Herreros. On n’a pas fait une bonne saison en ACB (10e), on s’est fait sortir par Villeurbanne en 16e de finale de l’Euroleague, en quarts de finale de la Coupe du Roi par Valence. Un club de cette envergure ne pouvait pas se le permettre.

Retour à Barcelona avec le maillot du Real

La Joventut Badalona

J’ai reçu un accueil très « chaleureux » (rires). Ils n’ont pas mis le paquet parce que j’étais quand même très apprécié des «  Sang Culé  », les fans de Barcelone. Ils m’en ont voulu mais ils ne se sont pas donnés à fond sur ce coup-là.

J’étais très content de retrouver Aïto, un entraîneur qui a beaucoup compté dans ma carrière. Le plus gros souvenir que je garde, c’est la finale de la Coupe du Roi, qu’on perd malheureusement contre Tau Vitoria (81-77), qui avait encore une grosse équipe. Calderon, Nocioni, Scola (!). Personne ne nous attendait en finale de la Coupe. On était comme des enfants. C’était l’occasion pour Rudy Fernandez, MVP de la finale malgré la défaite, de se faire connaître un petit peu. Et on connaît la suite.

“Boucler la boucle à Villeurbanne, ce serait super“

Les échecs collectifs en Italie À Varèse, j’ai vécu des derbys très chauds, contre Milan, contre Cantu, mais la saison n’était pas géniale au niveau de l’équipe. On s’est sauvé in extremis de la rélégation sur un dernier shoot, je crois que c’était moi d’ailleurs (rires). On avait fait une bonne première partie de championnat avec Ruben Magnano, l’entraîneur champion olympique avec l’Argentine. Il y a eu des blessures, pas mal de changements d’Américains, on a dégringolé. À Bologne, l’équipe était excellente sur le papier mais ils avaient connu un départ assez difficile avec des changements de joueurs, deux changements d’entraîneur. À mon arrivée en novembre (2006), Ergin Ataman prend les rênes, mais il y a une espèce de dysfonctionnement qui se produit dans l’équipe. Pourtant, on avait des joueurs de qualité, Tyus Edney, Marco Belinelli, Stefano Mancinelli, James Thomas qui, pour moi, est le Dennis Rodman européen, un phénomène de la nature, Dan Gay qui jouait encore à 42 ans. Mais la mayonnaise n’a jamais pris. (…) Bologne, c’est aussi le derby contre la Virtus. Vraiment le style de match que rêve de jouer tout basketteur. C’est comme un Barça-Real, un Pana-Olympiakos, personne ne veut le rater. Il y a vraiment une grosse rivalité entre la Fortitudo et la Virtus. Cela se ressent au quotidien et fait partie du charme de la ville.

Pascal Allée / Hot Sports

Alicante À un moment critique de ma première saison, lors d’une réunion d’équipe, j’avais dit haut et fort ce que les autres pensaient tout bas. Je trouvais que l’équipe ne s’investissait pas, qu’on était trop gentil entre nous à l’entraînement. C’est ce que Nacho Rodriguez a fait aussi. L’entraîneur n’a pas accepté la critique, il n’a pas été objectif. En fin de saison, il m’explique qu’il ne compte pas sur moi pour la saison suivante. Peut-être que je ne parlais pas un espagnol aussi bon que celui de Nacho (…) Je reste deux mois et demi à Alicante sans jouer et, dans la foulée, je suis prêté à Bologne. Là-bas, je suivais les résultats de l’équipe. En plus, il y avait Mous (Sonko) qui y jouait. J’ai suivi leur dernière journée en direct sur Internet. Un dernier match aux Canaries, perdu, ce qui les a condamnés à descendre en deuxième division. Il me restait un an de contrat, j’ai tout fait pour m’en débarrasser parce que je n’avais aucun intérêt de jouer en deuxième division, les dirigeants de Bologne me faisaient les yeux doux. Mais Alicante n’a pas été coopératif, ils m’ont obligé à jouer en LEB. Notre équipe était censée remporter le championnat. On s’est malheureusement arrêté en demi-finale (-1 contre Tenerife). On n’a pas atteint l’objectif qui était de remonter en ACB.


DU CÔTÉ DE CHEZ • maxibasketnews 41 Pau-Lacq-Orthez C’était difficile dans l’absolu parce que ce n’est pas plaisant d’être dernier et de jouer sa tête tous les jours. Mais personnellement, j’ai pris du plaisir à jouer à Pau. C’était une situation improbable, quelque chose que je n’avais jamais connue auparavant. Ce n’est pas un hasard si je me suis retrouvé à Pau. J’ai accepté le challenge parce que, d’une part, j’étais inactif et il fallait que je me remette sur le marché et, d’autre part, je voulais voir si j’avais la carrure pour hausser le niveau de l’équipe en terme d’engagement et d’intensité. (…) Claude Bergeaud m’a expliqué qu’ils étaient intéressés pour me garder (en Pro B). Moi, j’avais des petits soucis personnels à côté, j’avais besoin de prendre un peu de recul et ce n’était pas dans ma logique de jouer en deuxième division en France. En tous cas, je leur souhaite bonne chance.

Strasbourg Je n’avais pas prévu de revenir en France. J’avais des contacts en Grèce mais je n’étais pas chaud pour y retourner (voir page 42), une équipe italienne, il fallait attendre la confirmation de Xacobeo Obradeiro, promu en ACB. Frédéric Sarre m’a contacté très tôt. Je n’ai pas eu besoin de réfléchir très longtemps. J’avais beaucoup aimé le style de Strasbourg lors de leur passage au Palais des Sports de Pau et j’ai toujours eu un grand respect pour coach Sarre. Je me souviens bien de lui à l’époque de Pau et nos coudes à coudes avec Villeurbanne.

c’est quelque chose d’extraordinaire. Quand je pense d’où je viens, du playground, d’un petit club à Vénissieux, un petit jeune de la cité qui débarque à l’ASVEL et ne sait que sauter, mettre des contres et dunker, je me dis que c’est pas mal quand même.

“Quand je pense d’où je viens, c’est pas mal quand même” Un match avec les Bleus ? Je me souviens d’un match perdu, au buzzer il me semble, à Novi Sad, dans une ambiance impressionnante. Il y a avait plus de 10 000 spectateurs. La Serbie avait sorti la grosse équipe. Il y avait Djordjevic, Danilovic, Zoran Savic. Le match était vraiment de haute qualité, avec un mano a mano entre Danilovic et Antoine Rigaudeau. Je crois qu’ils étaient alors coéquipiers au Kinder Bologne. On perd au buzzer sur un shoot de Danilovic. Je découvrais les grosses rencontres du basket international, dans les ambiances des pays de l’Est, avec des fous dans les tribunes. Ce match m’a marqué. De 1999 à 2002, trois saisons au sein du prestigieux FC Barcelona.

Le serpent de mer d’un retour à l’ASVEL Je n’ai pas eu de contacts francs et directs. Il y a eu des rumeurs. C’est sûr que ça ne m’aurait pas déplu mais ça ne s’est pas produit. Pour l’instant, je suis joueur de la SIG, la saison prochaine aussi. Après, pourquoi pas. C’est quelque chose qui me tient à cœur, boucler la boucle à Villeurbanne, ce serait super. C’est chez moi, j’ai encore ma famille là-bas et pas mal d’amis. Pour moi, Villeurbanne, c’est une histoire d’amour (…) Leur évolution  ? Elle est logique. En 2009, tous les clubs tendent vers le professionnalisme optimal. Villeurbanne est bien parti pour être l’un des clubs les mieux organisés en Europe, j’ai entendu parler du projet de nouvelle salle. Depuis l’arrivée de Gilles Moretton, ils ont ajouté une dimension « VIP », ils ont fait un boulot monstre au niveau de l’organisation, de l’événementiel, de la logistique. Certes, ça n’a rien à voir avec ce que j’ai connu. J’ai connu un club, à mes débuts, qui était en dépôt de bilan, ressuscité par JeanPaul Rebatet puis Greg Beugnot. Tout l’aspect populaire que pouvait dégager le club n’a rien à voir avec ce qu’on connaît aujourd’hui. Mais c’est une évolution logique.

Les Bleus

Si tu étais  • Un sportif : Michael Jordan • Une femme : La première dame • Un personnage de fiction : Iron Man Hervé Bellenger / IS

Je ne garde que des bons souvenirs. Je me rappellerai toujours d’un moment magique  : le jour où j’ai reçu ma première convocation. J’étais espoir à Villeurbanne. Greg Beugnot pourra le confirmer, j’ai reçu ma première convocation en équipe de France, le fameux papier jaune avec le tampon FFBB. Je me suis empressé d’aller dans le bureau de Greg et de lui montrer ce papier qui me convoquait avec les moins de 20 ans. Faire partie de l’équipe de France, j’en rêvais tous les jours. Quand j’étais à l’école, je m’amusais à faire ma sélection. Numéro 4, Jérôme Florenson, numéro 5 Pascal Perrier-David, numéro 10, forcément moi-même. Ça a été un moment magique de recevoir ce courrier. Le travail commençait à payer. Je suis extrêmement fier de mes 91 sélections. Il y a eu des hauts et des bas certes, mais je n’ai aucune rancune. Un petit regret, seulement, de ne pas avoir fait les J.O. (NDLR, en 2000, alors qu’Alain a participé aux Euros 1999 et 2001). C’est la vie. Il y a des moments difficiles parfois, des désaccords. Aujourd’hui, je regarde ça de la bonne manière. Tout mon passage en équipe de France,

• Un jour de la semaine : Le samedi • Un animal : Une panthère


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CÔTÉ JARDIN

Alicante, la vie en Espagne Cela fait quatre ans et demi que je vis à Alicante. Mon fils va à l’école là-bas, je vis là-bas, je passe mes vacances là-bas et j’y suis bien. En Espagne, c’est très easy going. J’adore la France, j’adore mon pays. Je suis originaire de Lyon, où j’aime retourner de temps en temps, mais quand vous habitez dans une ville où vous avez du soleil pratiquement toute l’année avec des hivers très doux, ce n’est pas la même chose. On est beaucoup plus détendu. Les Espagnols sont très chaleureux, la porte du voisin est toujours ouverte. Le rythme de vie est beaucoup plus rallongé. Les magasins ferment à 21h30-22h. On va dire que les Espagnols prennent vraiment le temps de vivre, plus que les Français. Moi, ça me plaît. ça fait tellement longtemps que je côtoie les Espagnols que je suis bien adapté à leur culture.

Jean-François Mollière

Kavala, la Grèce

Repères • Né le 13 novembre 1975 à Mâcon • Taille : 1,95 m • Poste : Arrière-Ailier • Clubs : ASVEL’ 93-99, FC Barcelona’00-02, Real Madrid’03, Joventut Badalona’04, Metis Varese’05, Alicante’06, Fortitudo Bologna’07, Alicante’07 (LEB), Kavala’09 (Grèce), Pau-Lacq-Orthez’09, Strasbourg’10. • Équipe de France  International entre 1996 et 2004 (91 sélections) 3 participations à l’Euro (1999, 2001 et 2003) • Palmarès : MVP français de Pro A en 1997-98 All-Star Pro A en 1997, 98 et 99. Champion d’Espagne en 2001 Vainqueur de la Coupe du Roi en 2001 Stats 2009-10  (après 4 journées) : 14,8 pts à 56%, 2,5 rbds, 2,3 pds, 14,3 d’éval en 31 min.

Si tu veux des histoires cultes, on n’est pas couché. Une petite. Je voulais absolument les chaînes françaises à Kavala. J’ai demandé à la secrétaire de m’envoyer quelqu’un pour me les installer. Cet homme, qui avait l’air de maîtriser son sujet, passait à mon goût un peu trop de temps sur le toit, alors que ça devait être un travail assez rapide et facile. Il descend et me dit qu’il ne peut pas et qu’il va revenir le lendemain parce qu’il pleut. Je regarde dehors et je lui fais remarquer que le soleil est rayonnant au possible. Et le gars insiste, en me disant qu’il pleut, qu’il ne peut pas travailler dans ces conditions  ! C’est là que j’ai compris que j’étais en Grèce et qu’ils avaient l’art de vous tourner en bourrique (rires). Ça a été ça dans l’esprit pendant quatre mois. C’est dommage parce que Kavala est une petite ville portuaire très agréable. Les conditions de travail n’étaient pas optimales puisque ce club venait de monter en première division, toute la logistique n’était pas en place, les infrastructures faisaient peine à voir. On n’avait pas de tribunes dans la salle  ! Ils ont été obligés d’en construire pendant les entraînements pour pouvoir accueillir notre premier adversaire. En Grèce, cela recèle de petites surprises comme cela. Quand on prend du recul, on en rigole. Mais sur le coup, quand on a connu des choses différentes, on est un peu surpris quand même.

Le basket féminin Je vais être franc. Je ne connais pas le basket féminin. Je n’ai vu ma sœur* jouer qu’une seule fois depuis qu’elle est pro. C’est honteux mais voilà, le problème c’est qu’on ne fait que se croiser. Je n’ai jamais le temps comme elle, d’ailleurs, ne peut pas avoir le temps de venir me voir jouer. Je ne suis pas le basket féminin, je ne connais personne à part ma s��ur, Sandrine Gruda et Edwige Lawson. Ce sont des noms qui me viennent à l’esprit. J’en suis désolé.

La matière que tu aimais à l’école Curieusement, c’était l’Espagnol (rires)

Ta plus grosse bêtise à l’école Il faut demander à Pascal Perrier-David. C’était au lycée. C’est une grosse grosse bêtise. On ne peut pas l’écrire dans une interview (rires). C’est vraiment trop.

24 heures dans la peau de quelqu’un d’autre Barack Obama

plu, L’élégance du hérisson. Un livre qui m’a marqué mais pas forcément culte, c’est Madame Bovary.

Un film culte J’adore JFK (réalisé par Oliver Stone en 1991).

Ton plat préféré  Un plat que je fais moi-même. Des spaghettis avec une sauce tomate et des crevettes grillées.

Ce qui te fait rire  J’aime bien regarder tous ces humoristes, Elie Semoun et compagnie, Dubosc, Dany Boon. J’aime ce côté fou-fou que je peux avoir moi-même de temps en temps. J’aime bien l’humour décalé de ce style.

Un super pouvoir  Être « Flash », tu sais ce super héros avec une espèce de spandex rouge avec un éclair jaune sur la poitrine. Il va super vite (rires).

Ton plus gros défaut  (Il réfléchit longuement) Tu me poses une colle. J’en avais un et puis j’ai changé. Avant, je n’avais jamais tort. Ça a évolué. Tu es obligé avec l’âge.

Ta plus belle réussite  Mon fils.

Trois personnes avec qui dîner  Laurent Ruquier, j’aime beaucoup son émission et j’aime bien ce qu’il dit, Eva Mendes et puis encore Barack Obama.

Le pays dans lequel tu ne joueras (plus) jamais (Rires) Le championnat albanais par exemple. Non, je ne sais pas, le championnat hongrois, même si je n’ai rien contre les Hongrois (rires).

Une réforme  Les impôts. C’est la grosse différence entre la France et pas mal d’autres pays.

Une folie  Là maintenant ? Je partirais à New York, tiens. C’est MA ville. Je suis amoureux fou de New York. J’y suis allé cet été avec deux potes à moi, Daniele Cavaliero, qui joue à Montegranaro et Andrea Pecile, qui vient juste de signer à Kavala. Je connaissais déjà, mais ces vacances ont été très spéciales. C’est comme si la ville avait changé. Tout était magique. Cette énergie que New York dégage, cette sensation que la ville ne dort jamais, que tu peux trouver ce que tu cherches à n’importe quelle heure de la journée. Quelque part ce regard indifférent que les gens portent sur toi. Tu peux te balader avec une casquette rose et un T-shirt turquoise. Cela fait partie du décor. Ce sont des ambiances qui m’attirent. Se fondre dans la masse, être un de plus. Ce melting  pot, ce brouhaha continu, c’est passionnant.

Ce que tu refuserais de faire même pour 10 millions d’euros. Trahir les personnes que j’aime.

Ta qualité préférée chez les autres  La courtoisie.

Un livre culte Je ne sais pas s’il est culte pour tout le monde. J’ai lu récemment un livre de Muriel Barbery qui m’a beaucoup

Toi dans 10 ans  J’espère être en bonne santé, pas loin de mon fils, que lui aussi soit en bonne santé. Et puis au soleil si possible. ■ *Jennifer Digbeu, la petite sœur d’Alain, joue à Mondeville, en LFB.


DU CÔTÉ DE CHEZ • maxibasketnews 43 Le meilleur joueur que tu as joué  Michael Young, sans hésiter. Une classe que je n’ai jamais revue nulle part. Il était comme une danseuse de ballet. Il avait une élégance, il courait sur la pointe des pieds, il sortait des écrans à une vitesse (admiratif). Il ne disait jamais un mot. C’était un exemple. La classe tout simplement.

Le pire défenseur  J’hésite entre Claudio Coldebella (ancien international italien) ou Makan Dioumassi. L’un était connu pour ses qualités défensives, l’autre était connu pour être la doublure de Wolverine de X-Men (rires).

Ton équipe préférée  La dynastie des Chicago Bulls.

Ton cinq de potes  Mous (Sonko) en meneur, moi en 2, Tariq (Abdul-Wahad) en 3, Vasco Evtimov en 4 et Jérome Moïso en 5.

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“J’avais beaucoup aimé le style de Strasbourg lors de leur passage au Palais des Sports de Pau et j’ai toujours eu un grand respect pour coach Sarre.”

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Kent Smith/NBAE via Getty Images

1 - Carla Bruni-Sarkozy 2 -Michael Jordan 3 - Iron Man 4 - Une panthère


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Jean-Claude Lefèbvre, 64e choix des Lakers en 1960

Le premier Français

drafté en NBA Il y a bientôt 50 ans, Jean-Claude Lefèbvre - avec ses 2,18 m était entré dans l’Histoire en devenant le premier Français drafté par une franchise NBA, les Lakers. A l’époque, personne ne s’en est aperçu.

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Par Pascal LEGENDRE

Avant John Stockton et Ronny Turiaf, Jean-Claude fut deux ans étudiant à l’université de Gonzaga.


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L

e reportage est daté de février 1961. On voit le géant débonnaire déambuler dans Paris du côté de la place de la République. Les rues sont pavées et un flic avec un képi agite son bâton blanc pour faire la circulation. « Jean-Claude Lefèbvre, le géant du Racing, a recouvré la santé et continue de se promener dans la rue, comme vous et moi, en suscitant simplement un peu de curiosité de ci, de là », commente la voix off. Le Parisien entre dans une cabine téléphonique, forcément en se baissant. Il prend le combiné et appelle un interlocuteur imaginaire. «  Ici Jean-Claude Lefèbvre, 2,18  m, 125  kilos, pointure 55… Bien voilà, vous savez tout. » Ensuite, pendant cinq minutes, les téléspectateurs de l’ORTF eurent droit au même plan fixe : le basketteur et le journaliste assis à la table d’un restaurant. C’est incroyablement kitch. Jean-Claude répond avec un sourire imperturbable à quelques questions dont certaines, avec le recul, nous apparaissent bien sottes. On y apprend que son père fait 1,87 m et sa mère deux centimètres de moins, qu’un arrière-grand-père avait été mesuré

à 1,97 m, et aussi que Jean-Claude « n’ose pas remonter plus loin car j’ai peur de trouver des ascendants qui seraient plus grands que moi. À 10 ans, lorsque j’ai fait ma communion, je me rappelle que j’étais plus grand que le curé qui faisait déjà 1,75 m. » Jean-Claude Lefèbvre est le plus grand basketteur français de tous les temps, à égalité avec Frédéric Weisz et, pour situer son gigantisme, il faut savoir que la Nationale 1 de l’époque – la Pro A actuelle  – ne dénombrait que neuf double mètres. Jean-Paul Beugnot et Pierre Cordevant représentaient les cimes françaises avec leurs 2,04 m. Jean-Claude a tout d’abord pratiqué le lancer du poids au CA Montreuil. Victime d’une entorse du genou, il ira consulter à l’INS le docteur Andrivet, qui le mettra en relation avec Robert Busnel, alors entraîneur de l’équipe de France de basket. Busnel est persuadé avoir capturé l’oiseau rare avec ce jeune fils de paysan originaire d’Epiais-les-Louvres, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Paris. Lefèbvre laisse tomber les études et Busnel lui donne des cours accélérés de basket quatre heures par jour. Il a déjà 18 ans et ne sait rien faire avec un ballon et ses deux mains. « Pas de muscles, pas de vitesse, pas de détente mais une réelle volonté de réussite malgré les ampoules et les courbatures  », écrit Gérard Bosc dans Une Histoire du Basket Français… «  Le garçon souffre aussi de quelques difficultés hormonales et porte, comme Krouminch – un pivot soviétique qui a la même taille –, quelques stigmates de gigantisme. Retenu très rapidement en équipe de France –  première sélection en février 1957 – il ne fait pas l’unanimité bien que ses prestations ne soient pas mauvaises. À Roanne, où Busnel le place pour s’aguerrir, il n’arrive pas à s’exprimer et perd une année. » De fait, jusqu’à la fin de sa carrière, Jean-Claude va souffrir de l’incompréhension de ses équipiers, de ses adversaires, des autres et de leur « normalité »…

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L’université de Stockton et Turiaf Robert Busnel, lui, estime que le géant peut être l’arme fatale lors des Jeux Olympiques de Rome. Lorsque Jim McGregor le découvre lors d’un tournoi aux Pays-Bas et propose de l’envoyer en formation dans une université américaine, Busnel incite son protégé à tenter l’aventure. McGregor est un globe-trotter polyglotte, qui coachera quantité d’équipes à travers la planète et sera longtemps un agent de joueurs incontournable. « Jolly Jim » a notamment entraîné le Whitworth College à Spokane, dans l’État de Washington, entre Seattle et Portland. C’est là-bas qu’il va envoyer le Français, mais dans la fac concurrente, l’université de Gonzaga, une institution privée catholique. Son antre habituel est alors le Gonzaga gymnasium qui ne peut recevoir que 1 500 spectateurs, mais l’équipe peut éventuellement être abritée par le Spokane Coliseum, qui est doté d’une capacité de 7 500 places pour le basket-ball. Il faut bien comprendre que la NCAA est alors, vue d’Europe, un monde aussi inconnu que les galaxies de l’amas du Centaure. À notre connaissance, Lefèbvre est le premier Français à s’y rendre, du moins dans un major college. « C’était l’université où avait étudié le chanteur Bing Crosby et je me souviens qu’il avait fait un don pour construire une bibliothèque » nous avait commenté Jean-Claude. C’est bien plus tard que le dreamteamer John Stockton rendra la fac célèbre, puis que Ronny Turiaf et le Brésilien du Mans João Paulo Batista revêtiront le maillot des Bulldogs. C’est un pote du coach Thor Henry Anderson qui a payé les billets d’avion. Un reportage dans Sport Illustrated raconte que Lefèbvre est arrivé sur place muni de ses pyjamas, de serviettes de toilette, d’une garde-robe modeste mais bien taillée, et de « neuf mots d’anglais ». Et aussi d’une paire de baskets, taille 17, trop petite pour lui. Il lui faut du 19, mais pas un magasin n’en possède en ville. Un chausseur promet d’en fournir au plus vite une paire avec une semelle en éponge. Lefèbvre doit suivre des cours d’anglais – avec un professeur particulier –, de théâtre français depuis 1930, d’histoire de la littérature française, de tragédies de Racine et d’économie. « Comme je ne parlais


RÉTRO • maxibasketnews 47 pas anglais, j’ai dû obtenir une autorisation spéciale pour être accepté au college. La première année, j’ai passé les examens en français. La seconde, en anglais. Les études, le basket, c’était quelque chose de sérieux. Je me souviens que trois joueurs avaient été surpris un soir dans une taverne et ils avaient

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“Comme je ne parlais pas anglais, j’ai dû obtenir une autorisation spéciale pour être accepté au college.”

été virés aussitôt de l’équipe.  » Sports Illustrated précise que « Lefèbvre a rapidement acheté un dictionnaire français-anglais, quatre bouteilles de lotion de rasage, un appareil photo et un ordinateur portable (sic) pour étudier les schémas de jeu et le tableau noir d’Anderson. » Notre homme se fait également dix dollars d’argent de poche par semaine en effectuant quelques tâches sur le campus, notamment en installant des étagères en hauteur dans la bibliothèque !

50 points dans un match Le Spokane Chronicle salue l’arrivée du Français, dans sa langue natale, d’un « Golly, Quel Homme ! » A l’évidence, la présence du big man provoque une grosse effervescence dans la région. Le prestigieux magazine Life viendra également faire un reportage sur le phénomène. Anderson, qui fait à la fois fonction de coach et de promoteur, estime alors que le nombre d’abonnés va passer de 300 à plus d’un millier. « Il semble se déplacer parfaitement et je suis satisfait de son agilité. Son hook shot est vraiment bon >>>

Le géant et le môme : un cliché qui prête toujours à sourire.


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pour un big man, mais il a besoin d’expérience, notamment au rebond », commente-t-il. La suite des événements ? Elle s’est perdue dans le temps ou reste probablement enfouie dans la mémoire collective des vieux fans de Gonzaga. Les archives nous délivrent juste quelques pistes. Lefèbvre est équipier de Frank Burgess, qui sera trois fois le top-scoreur de l’équipe – 32,4 points de moyenne en senior, ce qui sera le meilleur score de toute la NCAA –, avant de jouer professionnel à Hawaï dans l’American Basketball League, puis de devenir avocat. Ça n’empêchera pas Jean-Claude, le 18 février 1958 – merci au media guide de Gonzaga  ! – de marquer

“Cette marque constitue la deuxième performance all-time de l’université de Gonzaga” 50 points – avec 20 paniers et 10 lancers – contre Witworth, dans ce que l’on peut appeler le derby de Spokane. Aujourd’hui encore, cette marque constitue la deuxième performance all-time de l’université de Gonzaga derrière les 52 points de Frank Burgess, accomplis trois ans plus tard. Lefèbvre nous dira avoir joué contre un certain Elgin Baylor de l’université de Seattle qui sera ensuite une star des Lakers et un piètre general manager aux Clippers. On n’en sait guère davantage, sinon qu’après le retour du Français au pays, Sport Illustrated notera «  qu’après avoir essayé sans succès de faire un basketteur du Français de 7 pieds et 3 pouces Jean-Claude Lefèbvre, Gonzaga continue l’expérience avec un grand Grec George Trontzos, 2,15 m, et un Suédois de 2,05 m, Hans Albertson. » «  Busnel m’avait envoyé aux États-Unis pour que je me perfectionne avec, comme objectif, les Jeux de Rome. Malheureusement, je suis tombé malade et je ne suis pas allé aux JO. Ma maladie s’est prolongée durant un an et je ne suis pas non plus retourné à Gonzaga. Je n’ai pas eu ainsi le loisir de passer mes diplômes », expliquera Jean-Claude.

Il n’ira jamais aux Lakers Sa draft  ? Cette saison-là – 1959-60 –, la National Basketball Association ne compte que HUIT équipes, réparties dans deux

Divisions, sachant qu’il n’y en a aucune dans toute la partie ouest du pays. C’est justement le moment que choisissent les Lakers pour partir de Minnesota et emménager à Los Angeles. Ils draftent au 1er tour un certain Jerry West de West Virginia, qui sera leur emblème – et celui de la NBA – pendant quatre décennies. Et puis, ce sont Jim Hagan, Wally Frank… Jean-Claude Lefèbvre est retenu au 9e tour, en 64e position Le premier Français et, probablement, le premier « véritable » Européen de l’Histoire. Quelle importance accorder à cette draft ? Très relative. Un 9e tour, c’est un gadget. C’est bien sûr son immense taille qui a fait de Jean-Claude Lefèbvre un pionnier. Et puis, les Lakers, en installant la franchise en Californie du Sud, ont cherché à recruter dans le Far West, avec notamment John Werhas de USC et Sterling Forbes de Pepperdine. « Je ne me rappelle plus très bien comment j’ai été averti. Par courrier, je crois. Ce dont je suis sûr, c’est que j’étais déjà revenu en France lorsque j’ai appris la nouvelle. Non, je ne suis pas allé faire le camp des Lakers. De toute façon, comme je le disais, j’étais tombé malade et je ne pouvais plus jouer au basket. » D’ailleurs, si Jan-Claude entretiendra toujours une correspondance avec ses anciens équipiers, plus jamais il ne remettra les pieds aux USA. Après avoir passé trois mois alité et un an sans jouer, JeanClaude Lefèbvre portera le maillot du Racing Paris en 2e division. On le verra ensuite à Antibes et Charleville. Entre 1956 et 1963, il aura porté 57 fois le maillot de l’équipe de France avec, à la clé, le Championnat du monde à Rio. Il marquera d’ailleurs à cette occasion 21 et 22 points contre l’URSS. « Jean-Claude était moins physique qu’un Krouminch, mais plus mobile. C’est pour cela, à mon avis, qu’il a intéressé les pros. Comme il avait commencé le basket très tard, il aurait été mûr vers trente ans  », nous commentera Jean-Paul Beugnot, considéré à l’époque comme l’un des meilleurs pivots européens. En fait, Jean-Claude Lefèbvre mettra un point final à sa brève carrière à 26 ans. Il avait entamé des études de kiné à Charleville, tout en étant aide-moniteur dans un centre de rééducation. Et puis, il retournera dans la ferme de ses parents, pour faire de l’élevage de poules, de la céréale, de la betterave. Un peu plus tard, il s’occupera d’une équipe féminine d’un village voisin. On verra plusieurs fois son imposante stature lors de matches à Coubertin, à Paris. Il décèdera en 1999. Sans trop savoir qu’il a marqué à jamais l’histoire du basket français. ■

Histoire d’un scoop

E

n 1960, il n’y avait pas Internet, peu de moyens de communication, le basket américain snobait totalement le reste du monde. Combien de basketteurs français s’étaient rendus aux États-Unis ? Une poignée non identifiable. « C’est lui qui m’a expliqué ce que voulait dire «  drafté  ». Je ne connaissais pas ce mot-là. Pour nous, ça ressemblait à une sélection régionale ou quelque chose comme ça… », nous dira Jean-Paul Beugnot. Trente ans plus tard, la NBA n’était toujours pas installée en Europe, et se rendre à un match NBA était encore une Aventure avec un grand A. La National Basketball Association ne nous abreuvait pas encore de communiqués et pour obtenir ses fameux media guides, et ses écritures sacrées, il fallait les commander en espérant que le club accepte de nous les envoyer en payant lui-même les frais postaux  ! Celui des Los Angeles Lakers, saison 88-89, est tombé entre les mains de l’auteur de cet article, qui s’est mis à le parcourir religieusement. Page 36, un chapitre intitulé « Laker story ». Et cette illumination : « Claude Lefevre (sic) » de Gonzaga au 9e tour de la draft de 1960… Personne à l’époque n’était au courant en France ! Vraiment. C’était une sorte de scoop à retardement. Nous étions remontés jusqu’à Jean-Claude Lefèbvre grâce aux indices donnés par Jean-Paul Beugnot. Il était donc cultivateur en banlieue parisienne. Les témoignages des deux géants du basket français des années 50 inclus dans cet article datent de cette époque. Jean-Paul a rejoint depuis Jean-Claude au paradis des basketteurs. ■

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RÉTRO • maxibasketnews 49

Lors du championnat d’Europe 1957 à Sofia, à ciel ouvert.


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Maxi Basket News 14 5


Liga ACB

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REPORTAGE • maxibasketnews 53

NANDO DE COLO CARTONNE EN ACB

EL CONQUISTADOR DE VALENCIA Au sein de la ligue la plus compétitive d’Europe, où les Français ont souvent du mal à s’acclimater, il s’est rapidement imposé en tant que maître à jouer de Valencia, comme il l’était déjà dans les Mauges. À seulement 22 ans, Nando De Colo est actuellement l’un des basketteurs les plus spectaculaires qui sévit en Espagne. Par Florent de LAMBERTERIE, à Valencia


Florent de Lamberterie / BasketNews

54 maxibasketnews


REPORTAGE • maxibasketnews 55

S

amedi 17 octobre, dans le Pabellon Fuente de San Luis vers dix-huit heures trente. Dans une heure, le Valencia Basket Club s’apprête à recevoir Valladolid, pour le compte de la troisième journée de Liga ACB. Sous le regard d’Arturas Karnishovas, ancien Choletais tout comme lui et désormais scout pour les Houston Rockets, Nando De Colo shoote nonchalamment ses premiers ballons, les yeux plus concentrés sur l’écran géant, que sur le panier. Les quelques spectateurs déjà présents suivent le match Unicaja-Real Madrid et comme eux, Nando n’en perd pas une miette. Au bout de quelques minutes, l’échauffement s’accélère quand l’équipe de Valladolid pénètre à son tour sur le parquet. Histoire de faire monter le cardiomètre, Nando enchaîne les un contre un rapides face à Rafa Martinez. Petit cross main droite pour commencer, step back la fois suivante, l’arrière espagnol se prend tout dans la tête. Il n’est pas plus gâté une fois les rôles inversés, quand Nando lui pique la balle des mains au moment où l’Espagnol s’apprête à la remonter pour enclencher son shoot. Alors que les joueurs continuent leurs mises en jambes, un grand éclat de rire monte des tribunes. Pam, la mascotte locale – sorte d’étrange hommepétard au costume visiblement contraignant – vient de faire voler en éclat une bannière publicitaire après avoir tenté de l’enjamber. Assis sur son banc, Neven Spahija sourit en voyant la mascotte se relever péniblement. Costume sombre et

« À BARCELONE, ON S’EST FAIT TAPER BIEN COMME IL FAUT » cravate orange, le technicien paraît plutôt détendu. Pourtant, trois jours plus tôt, l’équipe autrefois connue sous le nom du Pamesa ­– l’ancien sponsor local­– s’est fait sèchement corriger sur le parquet du Barça (87-62). Une lourde défaite qui fait tache, mais qui n’a pas encore provoqué la colère de l’entraîneur des Valencianos. D’ailleurs, après la défaite, il n’a pas sermonné ses joueurs plus que de raison, mais les a mis en garde. « La déculottée enregistrée à Barcelone n’est pas grave en soi du moment qu’elle ne se répète pas », a-t-il déclaré plus tôt. Un avertissement. En somme, il n’est pas interdit de s’incliner chez le champion d’Espagne, mais pas de cette manière-là. « Contre le Barça, on se prend un 14-1 en début de match », rappelait Nando De Colo. « On a peur de jouer, peur d’attaquer et derrière, on ne défend pas. On s’est fait taper bien comme il faut.  » L’apparente sérénité dégagée par Spahija ne dupe personne. Il ne le montre pas, mais il est en colère. Car contrairement à l’année dernière, où le Croate était arrivé en cours de saison, cette équipe de Valencia est entièrement le fruit de son imagination. Il l’a montée de toute pièce, pour lutter avec le haut de tableau de cette ACB dont il fut le champion deux ans plus tôt à la tête de Vitoria. Alors la rouste subie en Catalogne sonne comme un désaveu de ses choix et nul doute que les siens ont intérêt à gagner ce soir contre le promu de Castilla y Leon, s’ils ne veulent pas entendre un tout autre message de ➔ ➔➔


56

maxibasketnews

➔ ➔➔

l’ancien sélectionneur de Croatie. Et bien qu’il fut le seul, ou presque, à surnager trois jours plus tôt (16 pts, 4 rbds, 2 pds), Nando De Colo est tout autant concerné que les autres.

Recadré en meneur de jeu

Repères • Né le 23 juin 1987 à Sainte-Catherine-lès-Arras (Pas-de-Calais) • Taille : 1,95 m • Poste : Meneur-Arrière • Drafté par les Spurs en 2009 • Clubs : Cholet Basket 2006-09 Valencia Basket Club (ACB) 2009 • Palmarès : Semaine des As 2008 MVP de la Semaine des As 2008 MVP français de Pro A 2008 MVP du All-Star Game français 2008

Comme depuis le début de la saison, l’ancien Choletais est titulaire au coup d’envoi. Pas au poste deux, comme à Cholet ou avec l’équipe de France, mais à la mène. Une idée de Spahija approuvée par Nando. « Neven est venu à Cholet l’an dernier, il me suivait depuis un petit moment et me voyait en tant que meneur. C’est le poste sur lequel j’ai commencé et que j’ai quitté lors de ma dernière année espoir. C’est un poste où tout le monde m’attend maintenant et j’ai envie de continuer dans cette voie-là, avoir mon poste, plutôt que d’alterner en 1-2 et au final, ne pas vraiment savoir où me situer », confesse-t-il. « Ça me plaît, c’est un poste sur lequel j’aime bien évoluer. En tant que meneur, tu diriges l’équipe et tu prends les décisions. » Le match commence et on découvre alors un Nando moins percutant qu’à Cholet, appliqué à remonter la balle et à mettre en place les systèmes. Le premier quart-temps est difficile. Valencia est en tête mais n’arrive pas à décrocher Valladolid et Nando souffre dans ce début de match. Au bout de quelques minutes, il tente une première pénétration et se fait sèchement tamponner en l’air sur un lay-up. Heureusement pour lui, l’Ukrainien Serhiy Lishchuk passait par là et claque la balle dans le cercle. Alors que les siens ne sont menés que de deux points, Brian Chase, ancien meneur du Mans aujourd’hui à Valladolid, passe un « petit pont » sur De Colo en contre-attaque et part seul au cercle égaliser. 11-11. Spahija profite d’un coup de sifflet des arbitres pour recadrer son meneur français. Deux, trois conseils glissés dans son oreille et le voilà qui repart au combat. Visiblement mieux rentré dans son match, le meneur donne une première offrande à Matt Nielsen, qui conclut par un deux plus un. L’action suivante, il récidive pour Kosta Perovic sous le cercle, avec une superbe passe dans le dos qui fait lever les foules. Ça va déjà mieux mais le meneur est encore capot (0/2), jusqu’à cette ultime contre-attaque où Nando rentre son lay-up au buzzer malgré une vilaine poussette de Brian Chase que seuls les arbitres n’ont pas vue. « Il me pousse dans le dos alors que je suis en l’air et je m’écroule, mais si les arbitres ne sifflent pas, ça ne sert à rien de râler », dira-t-il calmement plus tard. «  Ici c’est simple, les arbitres ne sifflent rien à

moins d’être connu. La faute de Chase, sur Navarro elle est sifflée, de toute façon sur Navarro on siffle tout. Quand tu as un nom c’est avantageux. » Visiblement, celui de De Colo ne dit pas encore grand-chose aux arbitres espagnols. Le deuxième quart-temps repart sur les mêmes bases. Le match est disputé, pas franchement spectaculaire et Nando ne s’est pas encore vraiment signalé (4 pts, 2/6, 3 pds à la mi-temps). Mais l’essentiel est assuré  : De Colo a bien rempli son rôle d’organisateur et à la pause, Valencia est devant (36-30). « En première mi-temps, j’essaie de faire ce que le coach me demande, faire tourner l’équipe, que tout le monde touche le ballon », dit-il. « Si je fais jouer tout le monde, la défense s’écarte et après il y a plus d’espaces. Bon, ben je les prends. » Ce constat effectué, le festival peut commencer.

Grand pont et passes dans le dos De retour dans le cinq à la reprise, Nando part en dribble sur la droite, stoppe ses appuis et dégaine. Ficelle. Puis il enchaîne l’action suivante, à trois-points cette fois-ci. La défense de Valladolid s’ajuste et le sert de près. Sur une pénétration côté gauche, c’est Lamont Barnes qui monte au contre. Loin de se décourager, Nando vole la balle des mains de Chase quelques secondes plus tard, part en contre-attaque et provoque la faute de Dan Grunfeld sans oublier d’inscrire deux points supplémentaires. Le lancer converti, on en est à huit points de suite mais Nando ne s’en contente pas. Depuis la tête de raquette, il slashe toute la défense de Valladolid, monte au cercle et change de main une fois en l’air pour éviter le contre de Robert Battle. 10 points à la suite. Valladolid ne reviendra plus. « C’est ce qu’on m’avait demandé », dira-t-il plus tard. « Des fois il y a des troisièmes quart-temps qu’on aborde trop facilement et qui font vite revenir l’équipe adverse dans le match. Là, je prends un shoot qui rentre, derrière j’enchaîne avec un shoot ouvert à trois-points, je provoque une ou deux fautes et je monte vite à dix points. » Efficace et plaisant. Le public hurle de joie. Libéré par ce coup de chaud, Nando s’éclate et réalise des actions de très grande classe. Passe de quaterback pour Matt Nielsen à l’autre bout du terrain, puis il multiplie les passes dans le dos sur jeu rapide dans tous les sens. La salle est en feu. Le clou du spectacle, cette contre-attaque à deux minutes du terme où, après une interception dans sa moitié de terrain, Nando enchaîne

« SI JE FAIS JOUER TOUT LE MONDE, LA DÉFENSE S’ÉCARTE ET IL Y A PLUS D’ESPACES. BON, BEN JE LES PRENDS »

➔ ➔➔

SES MATCHES AVEC VALENCIA Liga ACB Adversaire Estudiantes Barcelona Valladolid Granada Moyenne

V/D V D V V 3-1

Min 26 29 33 23 28

Tirs 4-11 6-15 7-12 4-8 21-46

% 36,4 40,0 58,3 50,0 45,7

3pts 1-4 3-6 1-2 1-3 6-15

LF 1-1 6-7 7-8

Rb 3 4 3 4 3,5

Pd 3 2 4 4 3,3

In 1 2 3 1 1,8

Bp 3 3 2 5 3,3

Ct -

Pts 9 16 21 9 13,8

V/D D V 1-1

Min 38 38 38

Tirs 8-15 5-11 13-26

% 53,3 45,5 50,0

3pts 5-8 3-6 8-14

LF 2-4 2-4

Rb 7 4 5,5

Pd 4 2 3,0

In 2 1,0

Bp 9 5 7,0

Ct -

Pts 21 15 18,0

Liga ACB

Eurocup Adversaire Mons-Hainaut Mons-Hainaut Moyenne


REPORTAGE • maxibasketnews 57 3

1 2

LES FRANÇAIS D’ACB A

près un mois de compétition, Nando est clairement le leader de la cohorte de basketeurs français d’ACB. En plus du meneur valencian, ils sont six Français à évoluer en première division espagnole. Après une première expérience positive à Badalona, Jérôme Moïso s’est engagé cet été avec Bilbao, l’ancien club de Frédéric Weis. Titulaire trois fois sur les quatre premières rencontres du début de saison, le 11e choix de draft 2000 réalise pour le moment de bons matches mais le club basque a du mal à décoller, puisqu’après une première victoire face à Granada, Bilbao a successivement baissé pavillon contre Vitoria, Fuenlabrada et Manresa. À Séville, Tariq Kirksay découvre l’ACB pour la première fois depuis le début de sa carrière, au sein d’une équipe de Cajasol qui a terminé 14e la saison dernière, évitant de justesse la relégation. L’ailier naturalisé est toujours aussi polyvalent mais il peine à régler la mire en ce début de saison. L’ex Manceau Alain Koffi découvre lui aussi le championnat espagnol avec la Joventut où jouait Moïso l’an dernier. Remplaçant poste pour poste, il effectue pour le moment des débuts convaincants avec Badalona, qui vient tout de même de se faire pulvériser par Barcelone (92-59) où joue désormais Ricky Rubio, l’ex enfant prodige de la Joventut. Depuis six ans en ACB, Florent Piétrus entame sa deuxième saison avec Valencia aux côtés de De Colo. Plus utilisé par son coach que l’année dernière, Piétrus jaillit toujours du banc dans un rôle de défenseur et constitue actuellement la première rotation intérieure de l’équipe. Joseph Gomis, de son côté, n’a pas encore foulé les parquets

pour le moment, victime d’une rupture partielle du tendon d’Achille en septembre, le combo qui effectue sa 8e saison en Espagne ne devrait pas revenir au jeu avant fin janvier. Quant à Stéphane Dumas, le plus «  ancien  » du groupe (il a rejoint l’Espagne en 2000), il a retrouvé cet été l’élite du basket ibérique qu’il avait quittée en 2005. Toujours absent des feuilles de match pour le moment, son début de saison retardé serait dû à un problème de passeport, a-t-on pu entendre.

#1 Jérôme Moïso (Bilbao) V/D

Min

Tirs

%

3pts

%LF

Rb

Pd

1-3

24

22-29

75,9

-

66,7

6,0

0,3 0,3 1,3 0,8 13,0

In Bp Ct Pts

20,0

6

50,0

7,0

25,0

4,3

#2 Tariq Kirksay (Sevilla) 1-3

29

13-33

39,4

3-14

1,8 1,8 0,8

-

7,5

#3 Alain Koffi (Badalona) 3-1

24

7-14

50,0

-

-

1,8 1,8 1,0 5,3

#4 Florent Piétrus (Valencia) 3-1

22

8-13

61,5

0-2

#5 Stéphane Dumas (Valladolid) N’a pas joué

#6 Joseph Gomis (Malaga) N’a pas joué

0,3 1,3 1,8 0,5 4,3

Photos : Liga ACB

4

6

5


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maxibasketnews

➔ ➔➔

« petit pont » sur Grunfeld puis « grand pont » dans la foulée sur Federico Van Lacke pour filer tranquillement vers le cercle. Du très grand art. Victoire à l’arrivée pour Valencia (79-63) et jolie fiche pour Nando (21 pts à 7/12, 3 rbds, 4 pds, 5 fautes provoquées), meilleur marqueur du match. Sa meilleure prestation depuis ses débuts avec Valencia. « Ouais, sans doute, c’était très important de gagner, mais le plus important, c’était de mettre la manière, parce qu’au Barça, on a vraiment joué n’importe comment.  » L’épisode barcelonais est oublié. On se dit alors que coach Spahija doit être rassuré mais il n’en est rien. En conférence de presse, l’entraîneur croate se refuse à tout angélisme et appuie sur les points faibles, comme la méforme du géant serbe, Kosta Perovic. Parler de la bonne prestation de son meneur ne l’intéresse pas et quand on lui demande s’il est possible d’en discuter le lendemain après l’entraînement, la réponse est des plus claires. C’est niet, et pas question non plus d’assister à l’entraînement. Même pour un journaliste qui a fait le déplacement depuis la France. Heureusement, Nando se montre plus disponible. Enfin presque. Le match terminé, le MVP 2008 sort du vestiaire un jersey « France Basketball » sur les épaules et s’en va rejoindre sa sœur et son beau-frère qui l’attendent au milieu d’un groupe de gamins, en quête d’un autographe du héros de la soirée. « Ce soir, j’ai pas le temps à cause du match. On se voit plutôt demain  ?  » Le match, mais quel match ?

Des Espoirs à l’ACB en trois ans Le lendemain, dimanche 18 octobre, retour au Pabellon Fuente de San Luis, sur le coup de treize heures. Nando sort du bâtiment son maillot de match à la main. Le mystère peut enfin être éclairci. « Hier après le match, je suis parti tout de suite parce qu’il y avait Valence-Barcelone en foot, et on avait des places mon beau-frère et moi. Même si Thierry Henry n’était pas là, il y avait Eric Abidal au Barça, Jérémy Mathieu à Valence. On attendait le but de Valence parce que les supporters étaient tellement fous qu’on s’est dit que s’ils marquaient, ça allait être de la folie. Mais bon voilà, ça a fait 0-0. C’est pas grave, c’était sympa d’y être en plus ça faisait longtemps que je n’y étais pas allé, depuis que Lens fut champion de France, en 1998. » On découvre alors un De Colo passionné de football, supporter inconditionnel du Racing Club de Lens depuis ses plus jeunes années et qui évoque les noms de Guillaume Warmuz ou Tony Vairelles avec autant d’enthousiasme que d’autres récitent les rosters des Bulls de Michael Jordan. « Vairelles et Smicer, c’étaient les meilleurs à l’époque.  L’année du titre, j’ai eu toutes les places donc j’y allais tout le temps. Je n’ai raté qu’un seul match parce que je n’avais personne pour m’accompagner et ma mère ne voulait pas que j’aille au stade tout seul. Mais depuis, je n’ai plus jamais mis les pieds dans un stade de foot, avec les matches du samedi, je n’ai plus le temps. » Difficile en effet de concilier les deux, surtout depuis quelques années, quand tout s’est accéléré. Il y a encore trois ans, Nando De Colo était un parfait inconnu qui brillait déjà balle en main, certes, mais sur les parquets du championnat Espoirs avec la réserve de Cholet. « Au début de la saison 2006/07, c’était Ruddy Nelhomme le coach », se souvient-il. « Pendant les matches amicaux je jouais, je faisais des bons trucs et la saison a commencé. Il y avait plus de pression et moins de temps de jeu pour moi. Ensuite, quand Erman Kunter est arrivé, il a mis les choses au clair. Il ne connaissait pas l’équipe vu que ce n’était pas son recrutement et il a dit que c’était à l’entraînement que ça allait se jouer. J’ai continué à travailler comme il fallait

et il m’a lancé sur un match. » La suite est connue. L’Espoir anonyme se révèle immédiatement comme la trouvaille de l’année en Pro A, le début d’une grande carrière qui doit beaucoup à l’entraîneur turc. « Kunter a eu le courage de me lancer et je pense le lui avoir bien rendu derrière. » En effet. Pour sa première saison pleine, De Colo remporte la Semaine des As avec Cholet, qu’il conduit ensuite en finale de la Coupe de France. La même année, il remporte trois titres de MVP et effectue ses grands débuts en équipe de France. Et l’an dernier, il emmène Cholet en finale d’EuroChallenge avant de se faire drafter par les Spurs puis d’enchaîner directement avec l’équipe de France. Un marathon. « Depuis deux ans et demi, je n’ai pas vraiment eu le temps de penser à tout ça. C’est vrai que ça s’est bien passé pour moi et j’espère que ça va continuer. Mais quand je gagne un titre de MVP, je ne reste pas à contempler le trophée pendant une semaine en disant : c’est beau ! Je suis conscient que tout s’est enchaîné très vite mais j’ai aussi travaillé pour ça. » L’éclosion est fulgurante, à tel point qu’on se demande pourquoi, au moment de se choisir une nouvelle destination, il n’a pas tenté de rejoindre un club plus huppé que Valencia, 7e d’ACB l’an passé et qui a bien failli se faire éliminer de l’Eurocup par Mons-Hainaut dès le tour préliminaire. «  Ils sont venus me rencontrer à Cholet avec le président, ils m’ont expliqué leur point de vue mais, à ce moment-là, je n’étais pas encore dans l’optique de partir à Valencia », nous explique-t-il. « Deux mois après, le coach est venu me voir avec mon agent, pour m’expliquer son projet. Je me suis dit que ça respirait plus la confiance que de passer par des intermédiaires. Cette année j’ai du temps de jeu, je sors de deux années et demie où j’en avais également, je n’avais pas envie de rejoindre un club pour être troisième meneur juste parce que le club joue l’Euroleague.  J’ai donc signé avec Valencia avant même de partir pour la draft. » Le voilà donc à Valencia, dans un nouveau club et à ce nouveau poste de meneur vers lequel il se destine et où il pense avoir les qualités pour briller. « Déjà en tant que meneur, je suis plutôt grand, ce qui est une qualité et puis en attaque, je peux alterner entre mon shoot, mon drive et la passe, ce qui me permet de mieux exploiter mon jeu offensif. » À l’image de cette deuxième mi-temps contre Valladolid, où son sens de la passe et du spectacle a fait des merveilles. « Je ne m’en rends pas vraiment compte sur le moment, mais vu qu’on m’en parle tout le temps, peutêtre qu’effectivement, c’est ce que le public attend de moi », reconnaît-il. «  Mais ce n’est pas quelque chose que je fais pour le public, c’est quelque chose qui arrive spontanément en fonction des circonstances du match. Quand je fais une passe dans le dos, l’objectif est de passer la balle à mon intérieur qui se trouve derrière, pas de faire lever la salle. C’est dans le jeu que ça vient. Mais c’est vrai qu’après le match, ma sœur m’a dit que c’était spectaculaire, que les gens étaient fous. »

« APRÈS LE MATCH, MA SŒUR M’A DIT QUE LES GENS ÉTAIENT FOUS »

L’histoire d’un shoot Spectacle ou pas, ce repositionnement en meneur de jeu fonctionne à Valencia, mais la question se pose quant à l’équipe de France, où son profil de meneur scoreur, qui a besoin de toucher beaucoup de ballons, doublonne avec celui de Tony Parker. Un problème d’incompatibilité déjà observé à l’Euro dernier, où De Colo, mécontent de son temps de jeu, s’était exprimé à ce sujet. « J’ai simplement dit que je pensais arriver avec un autre statut », explique-t-il aujourd’hui. « En équipe de France, j’ai montré que j’étais capable de faire des choses. Maintenant ça s’est passé comme ça s’est passé mais, à aucun moment, je n’ai critiqué ce choix, j’ai respecté ce qui a ➔ ➔➔


Euroleague basketball

REPORTAGE • maxibasketnews 59

Jennifer Pottheiser/NBAE via Getty Images

SUR LES TRACES DE RIGAUDEAU

l « Il est venu une fois à l’entraînement. Flo et moi, on a discuté vite fait avec lui mais sans plus », nous confie Nando. « Lui », c’est Antoine Rigaudeau, le « Roi », qui réside toujours à Valencia depuis sa fin de carrière. Après avoir brillé en France puis en Italie avec Bologne, Rigaudeau s’engage avec le Pamesa Valencia en 2003 après son échec en NBA aux Dallas Mavericks. Initialement signataire d’un contrat de trois ans, Rigaudeau, après une bonne première saison au Pamesa, se blesse au tendon d’Achille, blessure qui lui vaudra six mois d’absence à l’orée de la saison 2004-05, durant laquelle il ne disputera finalement que dix matches. En juin 2005, juste après avoir effectué un dernier baroud d’honneur avec l’équipe de France à l’Euro, Rigaudeau annonce qu’il met un terme à sa carrière. Aujourd’hui, le Roi a peut-être trouvé en De Colo son successeur. Même poste sur le terrain, même profil de shooteur redoutable, les deux hommes ont également en commun d’avoir débuté à Cholet, avant de passer par Valencia. « Je l’avais déjà croisé quelques fois à Cholet », se souvient Nando. « Mais je ne le connais pas vraiment. On me dit souvent que je suis ses traces mais moi, je suis mon propre parcours. » Un parcours pour le moment meilleur que celui de son aîné lors de ses débuts à Valencia, puisqu’après quatre matches d’ACB en 2003, Rigaudeau tournait à 8,0 points (30,8%) et 1,5 passe en 22 minutes. Reste à voir si, comme le shooteur à la tête penchée, De Colo, qui n’a encore que 22 ans, connaîtra autant de succès dans la suite de sa carrière.


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Pascal Allée / Hot Sports

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➔ ➔ ➔ été demandé et j’ai pris le temps de jeu qui m’a été donné. »

Pas forcément bien utilisé d’après lui, sa seule véritable action décisive fut ce fameux tir de la gagne rentré au buzzer contre les Grecs, synonyme de quart de finale contre l’Espagne, avec les conséquences que l’on connaît. Un épisode qu’il nous raconte tel que lui l’a vécu de l’intérieur. « Si c’était un bon choix de gagner, je n’en sais rien ! », s’exclame-t-il. «  J’ai respecté ce qu’on m’a demandé de faire. À la mi-temps, on s’était réuni pour savoir ce qu’on devait faire, on était parti dans l’idée de perdre ce match pour pouvoir éviter l’Espagne même si on ne savait pas encore à quelle place elle allait terminer », résume-t-il. « Donc voilà le plan et puis juste avant le début de la deuxième mi-temps, Tony est venu nous voir et nous a dit : allez, on joue ce match comme ça, on n’aura pas de regrets derrière. Sur le dernier temps-

mort, Vincent dit à Nicolas Batum de prendre la balle, et de me faire la remise si je suis ouvert pour que je prenne le shoot. Derrière, Nico me donne la balle, je shoote et voilà. » En bon soldat discipliné, De Colo s’est exécuté et a propulsé malgré lui la France vers une Espagne future championne d’Europe que les Bleus n’auraient sans doute jamais battue de toutes façons. Mais les espoirs de médaille se sont envolés. « La consigne sur le dernier temps-mort, c’était de gagner. Après, moi j’écoute les cadres, eux sont passés par là avant. Est-ce que perdre un match pour gagner une médaille ce n’est pas mieux ? Ben si. Mais pour le moment, je suis encore un rookie dans l’équipe, donc j’écoute ce qu’on me dit. » Pas le temps de se lamenter sur l’issue de cet Euro pour Nando, et après tout, il n’y a pas non plus vraiment de quoi

« SUR LE DERNIER TEMPS-MORT CONTRE LA GRÈCE, LA CONSIGNE ÉTAIT DE GAGNER »


REPORTAGE • maxibasketnews 61

Liga ACB

Valencia l'équipe de Nando (debout, de gauche à droite derrière le staff technique) : Victor Claver, Serhiy Lishchuk, Kosta Perovic, Matt Nielsen, Florent Piétrus et Iván García. Assis (de gauche à droite) : Rafa Martínez, Rawle Marshall, José Simeón, Nando De Colo et Marko Marinovic

VALENCIA,

UN CLUB ENTRE DEUX EAUX

Héros paradoxal de la victoire face à la Grèce qui a fait couler beaucoup d’encre.

garder des regrets éternels. « Ce que je retiens surtout, c’est qu’on s’est qualifié pour le Championnat du monde qui était notre objectif, il faut se souvenir aussi d’où on partait. » En attendant de disputer ce Mondial en Turquie, il découvre donc ce championnat espagnol dans cette équipe de Valencia où il est déjà devenu un pion majeur. Après quatre matches en ACB, De Colo était déjà le meilleur marqueur de l’équipe avec 13,8 points par match en 27 minutes.  Ne reste plus qu’à maîtriser la langue et cette nouvelle ville qui, avec ses 800.000 habitants, recèle encore bien des secrets pour ce jeune homme qui débarque de Cholet. « Je ne connaissais pas du tout, je suis venu une journée et demie avant l’équipe de France pour faire les tests d’effort et chercher mon appart. J’ai visité vite fait la ville avec mon agent mais c’est tout. Même l’Espagne en général, je crois que c’est le seul pays européen où je n’avais jamais mis les pieds avant. Je n’ai même pas encore eu le temps de profiter de la ville, j’ai dû aller une fois à la plage, c’est tout. » Si son acclimatation dans cette nouvelle ville se déroule aussi bien que dans sa nouvelle équipe, les rues de Valencia n’auront bientôt plus de secret pour lui. l

l Difficile de situer le Valencia Basket Club dans cette Liga ACB. Généralement considéré comme l’un des « gros » du championnat espagnol, le club au maillot orange ne l’est cependant pas tout à fait. Gros budget (10 millions d’euros cette saison), grande salle, joueurs de renom mais, au final, bien peu de résultats et un écart qui perdure vis-à-vis des cadors d’ACB, Madrid, Barcelona, Vitoria ou Malaga. Fondé en 1986, le club est une réminiscence de la section basket du club de foot valencian. Après deux saisons dans l’antichambre, Valencia intègre l’ACB en 1988, niveau qu’il ne quittera plus, exception faite de la saison 1994-95 où le club, redescendu en deuxième division, remonte immédiatement à la fin de l’année. Après avoir oscillé entre la 16e et la 9e place de 1988 à 1997, le Pamesa, du nom du sponsor historique dont le partenariat s’est éteint cette saison, parvient à se hisser au 7e rang de l’ACB en 1998. C’est cette même année que Valencia remporte la Copa del Rey (la coupe du Roi), le premier trophée de son histoire. Les choses s’accélèrent enfin puisque l’année suivante, le Pamesa atteint la finale de la coupe Saporta, remportée par Trévise. Sous les ordres de Paco Olmos, le club réalise en 2003 ce qui constitue toujours aujourd’hui la meilleure saison de son histoire. Avec en son sein des joueurs du calibre de Fabricio Oberto, Dejan Tomasevic et Alejandro Montecchia, Valencia s’incline en finale ACB contre Barcelona (3 manches à 0) et remporte l’ULEB Cup, héritière de la Korac, contre les Slovènes du Krka Novo Mesto. On pense alors qu’il s’agit du début d’une grande épopée mais il n’en est rien. Malgré une accession au Top 16 pour sa première campagne d’Euroleague, Valencia, 3e de saison régulière en ACB, tombe au premier tour des playoffs face à Malaga. Malgré des signatures prestigieuses par la suite, telles qu’Antoine Rigaudeau, Igor Rakocevic, Dejan Milojevic ou encore Ruben Douglas, le club ne parvient pas à retrouver les sommets et ses résultats des dernières années (entre la 5e et la 6e place depuis 2004) s’avèrent décevants.


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Par Laurent SALLARD

PHOTOS

LA CHORALE S’AGRANDIT

Grand Roanne Agglomération a annoncé le 5 octobre dernier que la Halle André Vacheresse, l’antre de la Chorale de Roanne, allait s’agrandir, portant sa capacité à l’horizon mi-2011 de 3.200 à 5.000 places. Les vestiaires et la salle de musculation sont également concernés par la restructuration, et le bâtiment accueillera désormais les bureaux du club et une salle annexe de 700 m² permettant d’organiser les réceptions d’après match. Un bel outil de travail pour la Chorale qui sera désormais en conformité avec les normes de l’Euroleague. Le projet est cofinancé par l’agglo roannaise, le département de la Loire, la région Rhône-Alpes et l’État. La solution retenue consiste à créer de nouvelles tribunes derrière les panneaux, ce qui présente l’avantage de ne pas rendre la salle indisponible, les tribunes latérales étant conservées en l’état. Autre avantage, le nouvel édifice répondra aux normes du label HPE – Haute Performance Énergétique – respectueuses de l’environnement.

vidéOS http://tinyurl.com/yl2jor6

RETOUR sur L’EURO La demi-finale du dernier Championnat d’Europe ayant opposé la Serbie et la Slovénie est entrée dans la légende. Deux grandes équipes, du suspense, et un héros : le Serbe Milos Teodosic, auteur de 32 points. Grâce à cette vidéo, revivez tous les paniers du quatrième quart-temps

et de la prolongation. Plus de neuf minutes d’anthologie. Autre moment fort de l’Euro, le dunk surpuissant de Nicolas Batum – servi idéalement par son pote Antoine Diot – sur la tête du pauvre Sinan Güler, lors du match de classement remporté par les Bleus face aux Turcs.


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Par Laurent SALLARD

vidéos http://tinyurl.com/yggfb36

LE PL S’AFFICHE

De retour en Pro A cette saison, le Paris-Levallois fait beaucoup parler de lui. C’est tout d’abord L’Équipe.fr qui a souhaité suivre Jimmal Ball en vidéo tout au long de sa saison. Celui-ci vous fera ainsi découvrir les coulisses d’un joueur de Pro A charismatique avec un nouvel épisode chaque mois. Dans le premier opus proposé, Jimmal Ball parle de son poste de meneur de jeu et du rôle de mentor qu’il tient auprès de son jeune coéquipier Andrew Albicy. Autre initiative, émanant celle-ci du Paris Levallois lui-même. Le club consacre chaque semaine un magazine à sa vie interne. Un programme présenté par David Vengerder, qui assurait le commentaire des matches de Pro A sur TPS Star. Des interviewes et de l’inside pour les fans du PL.

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Par Laurent SALLARD

vidéos http://www.dailymotion.com/nicolasdevirieu

DE VIRIEU FAIT SON SHOW

Auteur notamment des documentaires Destination NBA, Novi Generation, Sonko, du playground au J.O., ou encore 12 filles en or, Nicolas De Virieu a décidé d’ouvrir le 15 novembre prochain une chaîne consacrée au basket français sur Dailymotion. Une belle initiative. Vous pouvez déjà y retrouvez les bandes annonces du Best Of de la Slam Nation et de Sonko, du playground aux J.O. Viendront s’y ajouter d’autres vidéos ainsi que les documentaires déjà réalisés par Nicolas De Virieu. Ce grand passionné recherche d’ailleurs un sponsor, donc avis aux intéressés !

vidéos http://jacquesmonclar.blog.canalplus.fr/

MONCLAR

EN VIDÉO SUR LA TOILE

Victime de son succès, le blog de Jacques Monclar, hébergé par Canalplus.fr, prend de l’ampleur. Vous pouvez désormais le retrouver deux fois par semaine sur la toile. L’autre nouveauté, c’est que le lundi, c’est en image que le consultant vedette de Sport+ revient sur les matches de Pro A du week-end. Puis dans le courant de la semaine, son billet est consacré à l’Euroleague et à la NBA.


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Par Laurent SALLARD

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SHOW DEVANT La saison commence fort en Europe, et le spectacle est au rendez-vous. En Pro A, Le Havre l’emporte d’un point à Strasbourg grâce à un shoot plein de sang froid de Kammron Taylor. Le hold-up parfait ! En Euroleague aussi, la première journée a livré son lot de suspense et d’actions spectaculaires. En voici le Top 10 avec notamment le panier à trois-points de Viktor Khryapa au buzzer qui donne la victoire au CSKA Moscou sur le parquet de Maroussi. Après ses tergiversations estivales, Ricky Rubio est revenu au jeu. Face à Badalone, le néo-Barcelonais avait manifestement à cœur de briller et a démonté son ancienne équipe à sa manière. En ne marquant que 6 points, mais en distribuant 10 passes décisives, toutes plus belles les unes que les autres. Son successeur à la barre de la Joventut, Kristaps Valters, en a encore le tournis. Gerald Fitch est la sensation de ce début de saison en Liga ACB. Désigné MVP des deuxième et quatrième journées, il tournait après quatre journées à la folle moyenne de 28,5 points par match. Le meneur de Fuenlabrada est un pistolero de première. À découvrir !


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