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Lundi 25 février 2013

M’zouazia, le dialogue pour éviter un deuxième Hamouro

Affaire Roukia : «à Mayotte, on veut vous museler !»

Mayotte et l’outremer au 50ème Salon de l'agriculture

Hakuna masika yasiyokuwa na mbu Il n'y a pas de saison des pluies sans moustiques

Haruna: le bilan s'alourdit à 13 morts


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MAYOTTE Société / Immigration

M’zouazia, le dialogue pour éviter un deuxième Hamouro

Anne Lafond

D’un côté des habitants qui vivent dans l’insécurité. De l’autre, des étrangers en situation irrégulière venus à Mayotte pour son accès aux soins et la scolarisation des enfants. Le point de jonction étant que les uns hébergent et font travailler les autres. Au milieu, l’Etat qui se voit reprocher son laxisme dans les expulsions. Jean-Pierre Frédéric entre un notable et le maire Mohamed Youssouf

C

’est une case comme une autre à Mayotte… un peu plus pauvre, plus rustique sans doute, mais pas forcément moins bien tenue... Celle d’Abdou par exemple est très propre, des tentures vertes sans tache, sans poussière. Des comme celle-là, Jean-Pierre Frédéric, directeur de cabinet du préfet, en a vues tout un tas. Toutes bâties et abritant des étrangers en situation irrégulière. Des quartiers entiers, une mosquée même, tous sis à Majiméoni sur la commune de Bouéni et à M’zouazia. Et c’est à M’zouazia justement que tout a commencé lorsqu’un jeune s’est fait agresser la semaine dernière par six autres, dont les parents seraient en situation irrégulière. Un des coupables a été retrouvé, mais non jugé et aurait été expulsé, « trois agressions classées sans suite » indique une banderole.

« L’Etat français nous ment, ce ne sont pas 20.000 expulsions par an mais un étranger expulsé 20.000 fois ! » ont écrit les bouénis sur une banderole qu’elles brandissent en accueillant le sous-préfet. C’est lui qui depuis deux jours est en première ligne, « le préfet n’ayant pas encore commencé la tournée des communes » nous indique-t-on à la Préfecture. Il est vrai qu’en sa qualité de commissaire, Jean-Pierre Frédéric a pris le problème à la hauteur de ce qu’exige la loi française, condamnant donc fortement les actions des habitants. Ils avaient cassé le verrou de l’école maternelle où sont scolarisés « en proportion anormalement élevée par rapport à la moyenne des autres école » dixit le vice recteur, des enfants d’étrangers en situation irrégulière, pour les faire sortir, parfois assez violemment selon des témoins sur place, malgré leurs cris et leurs pleurs,

et alors que les gendarmes ne seraient pas intervenus. Les habitants avaient fait fermer l’école une journée.

L’école maternelle d’où ont été sortis de force les enfants

«Quand les habitants reprennent pour eux le droit à l’expulsion» Le directeur de cabinet avait alors été violemment critiqué par Mansour Kamardine « vous ne respectez pas les Lundi 25 février 2013 - #624 - page 2


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5ème puissance mondiale, se retrouve affaiblie par quelques clandestins… c’est la honte ! ». Les « étrangers » (avec des guillemets, car souvent tantes ou cousins de Mahorais) eux, tous en provenance de l’île d’Anjouan voisine et visible depuis Mayotte, ne sont plus dans le village. Ils ont fui avec leurs enfants, ou ont été interpellés par des actions renforcées de gendarmerie. Ce qui devrait reporter le problème sur un village voisin. Pas à Bouéni où « ils ont déjà réglé le problème de l’immigration clandestine » glisse un acteur bien connu du monde culturel Mahorais.

La population derrière une banderole critiquant l’impunité et l’échec de la politique migratoire de l’Etat

Mahorais ! », celui même qui, en tant qu’ancien député, avait amené le droit français sur ce sol. Les habitants prennent le relai : « l’Etat français nous a enlevé la prérogative de l’expulsion, mais il le bafoue en laissant les étrangers aller et venir dans ce village sans les inquiéter » indique un notable, pompier de son état, qui rappelait les incidents qui ont découlé des relations entre les îles ces dernières années : « le village d’Hamouro en 2004 (le maire de la commune avait fait brûler un village entier d’« étrangers », ndlr), le président des Comores qui refusait il y a un an les reconduites vers Anjouan, ou bien encore en 2008 l’insurrection des Anjouanais contre l’asile de leur président Mohamed Bacar à Mayotte. Et maintenant, le petit village calme et tolérant de M’zouazia où la France,

Une pétition circule pour demander la destruction des bangas construits illégalement. Elle est présentée à JeanPierre Frédéric qui refuse de la signer avant d’assurer les habitants du soutien de l’Etat, sous réserve d’arrêt des actions individuelles mais il soulignait surtout le paradoxe d’habitants qui veulent le départ de familles qui leur louent, souvent à prix d’or, des bangas sis sur leurs propres terrains : « saisissez les tribunaux si vous constatez qu’ils sont occupés illégalement ! » enjoignait-il. « La responsabilité est partagée » indiquait un adjoint au maire, et s’adressant aux habitants : « arrêtez de donner vos factures d’eau et d’électricité qui permettent les inscription sauvages d’enfants dans nos écoles ! ». Ce village était paisible nous répètent inlassablement tous les habitants. Il a suffi d’une agression que les habitants estiment restée impunie pour faire basculer la population dans une intolérance que Mayotte connaît à fleur de peau et qui risque de la faire exploser dans sa totalité. ■

Mayotte Société

Incident autour d’un cercueil Nouveau décalage entre droit commun et rites locaux alors qu’il s’agissait d’enterrer un jeune. ier dimanche, une famille souhaitait enterrer leur enfant de 20 ans, décédé en métropole, selon le rite musulman. Il fallait donc, après que le corps soit arrivé de métropole, le sortir du cercueil, ce qui se fait habituellement à Mayotte, bien que contraire au droit commun.

H

Le parquet ayant refusé l’autorisation, c’est donc la Police qui fut envoyé à M’gombani auprès de la famille pour tenter de les calmer alors que le ton commençait à monter. Le capitaine

Chamassi parvenait à raisonner la maman qui demandait alors à voir au moins le visage de son enfant. Ce qui lui fut impossible en l’absence de la clef qui permettait d’ouvrir la fenêtre adéquate. Une communication et des débats sur ce nouveau sujet d’application du droit commun dans un contexte de culture forte et dans un domaine ô combien douloureux semble indispensable et serait de la responsabilité des élus, prompts à se féliciter d’une départementalisation effective. ■ Lundi 25 février 2013 - #624 - page 3


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MAYOTTE

Affaire Roukia : «à Mayotte, on veut vous museler !»

Justice / Médias

Anne Lafond

C’est Patrick Millan, directeur de publication du groupe Kwezi FM, qui cite ainsi un confrère parisien alors qu’il vient de ressortir de près de 10 h de garde à vue pour violation du secret de l’instruction… Il n’a pas révélé ses sources. Patrick Millan traverse une zone de turbulences

M

is en examen en janvier, entendu en audition libre mercredi dernier pendant 4 heures puis placé en garde à vue 9h durant vendredi, Patrick Millan commence à connaître les méandres du justiciable. C’est toujours l’affaire du décès de la jeune Roukia qui crée des petits dossiers dans les grands, retardant ainsi les conclusions de l’enquête. Il était donc convoqué vendredi dernier à 14h30 par l’Inspection générale de la Police nationale pour une plainte à la suite d’une suspicion de violation du secret de l’instruction qui avait provoqué l’ouverture d’une enquête pour connaître l’origine des fuites d’un dossier instruit par le juge d’instruction Hakim Karki, soupçonné d’avoir divulgué à certains médias des éléments de l’enquête. Une plainte s’en

était suivie, et ses factures de téléphone (Fadettes) avaient fait l’objet de surveillance de son unique collègue, provoquant des remous, cette enquête dans l’enquête était d’ailleurs dépaysée à La Réunion. Prés de 10h de questions pour essayer de connaître ses sources : « je m’étais préparé comme pour un match de rugby » indique-t-il alors qu’il invoque lors de l’audition la loi de juillet 2010 de protection des sources. « Une garde à vue VIP » commentet-il, pas de geôle, pas de fouille, mais un fauteuil en cuir… Mais mercredi, c’est pour la publication de documents confidentiel défense étayant l’interview d’une indic du GIR (Groupement d’intervention régional) que l’animateur était convoqué, « je l’ai fait pour pouvoir me défendre après avoir été accusé de diffamation ».

Le paradoxe selon lui est que le plaignant est aussi celui qui enquête : « la plainte qui émane du directeur général de la gendarmerie, a été transmise au procureur Faisandier qui a saisi les services des enquêteurs de la gendarmerie. Or, c’est un service extérieur comme la Section de Recherche d’Information qui traite toujours les dossiers de confidentiel défense ». La révélation d’éléments correspondant à une enquête en cours est monnaie courante selon lui en métropole, « et les directeurs de publication ne partent pas en garde à vue ni en examen pour autant ! Il y a vraiment deux poids et deux mesures ici à Mayotte ! ». Et la famille ne sait toujours pas comment la jeune Roukia de 18 ans est décédée il y a deux ans… ■ Lundi 25 février 2013 - #624 - page 4


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MADAGASCAR Catastrophes naturelles

Haruna : le bilan s'alourdit à 13 morts

Eric Trannois

Reclassé tempête tropicale, Haruna s'éloigne de Madagascar après avoir dévasté le sud de l'île. Le dernier bilan s'établit à 13 morts et plus de 17.000 sinistrés alors que les aides commencent à arriver.

L

e bilan général provisoire établi dimanche 24 février à 18h00, fait état de 13 morts, 47 blessés et 17.092 sinistrés dans la zone impactée par le cyclone au sud de Madagascar. Le BNRGC a en outre dénombré 6.153 sans abris, 220 cases totalement détruites, 691 cases « décoiffées », 1.042 cases inondées. Les bâtiment administratifs ont également été touchés puisque 69 bureaux administratifs ont perdu leur toiture et 26 écoles sont endommagées. 1.500 ha de rizières sont sous les eaux et la rupture de la digue de Fiherenana a provoqué l'inondation de 10 villages dans le district de Tuléar. Le réseau du distribution d'électricité est fortement endommagé, 125 poteaux ont été arrachés. Le bureau des gestion des catastrophes pense que leur réhabilitation ne sera pas aisée en raison du nombre important de câbles qui sont à terre, voire dans l'eau. Le réseau télécom quant à lui n'a guère

Haruna vu de l’espace le 22 février (Nasa)

souffert et les communications n'ont été interrompues que dans le district de Bekily. Onze sites d’hébergement d’urgences ont été identifiés par le BNRGC qui a relevé que l’aéroport de Tuléar I est à nouveau opérationnel. La RN7 est de nouveau praticable et permet l'accès à Toliara par voie routière, en revanche, Morombe n'est accessible que par voie aérienne. « Une liaison maritime sera testée prochainement par le groupe sectoriel logistique

afin

d'évaluer

possibilité » annonce le BNRGC.

cette

Déjouant les prévisions météorologiques initiales, le cyclone tropical "HARUNA" a finalement atterri sur la côte Sud-Ouest de Madagascar, dans le district de Morombe, au niveau de cap SaintVincent vendredi matin vers 6h00 (heure locale, 3h TU). A son arrivée sur terre, les vents moyens soufflaient à 150 km/h pouvant atteindre par rafales les 200 km/h accompagnés par des pluies intenses et une forte houle, selon les services météorologiques malgaches. On a observé des vagues de 6 m sur les plages. Dimanche, ce système, redevenu Forte Tempête Tropicale poursuit son Lundi 25 février 2013 - #624 - page 5


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déplacement vers le Sud-Est, en longeant la côte. La dépression tropicale Haruna se trouve dimanche à environ 550 km au sud-est de Taolagnaro. Elle s'affaiblit progressivement et poursuit son déplacement vers le SudEst, s'éloignant des côtes Est malgaches. En liaison avec la Sécurité Civile française, la charte satellitaire internationale a été activée depuis samedi. « Les premières images sont attendues dés le début de la semaine ». Une première évaluation aérienne par hélicoptère, financé par CARE, a été faite dimanche dans le district de Morombe et ses alentours.Une deuxième évaluation aérienne devrait se faire demain 25 février dans les districts touchés avec l'appui du CARE et les Nations Unies. Ce sera l'occasion d'utiliser pour la première fois à Madagascar une nouvelle application Ipod dans le cadre des actions humanitaires.

Prévisions de trajectoire d’Haruna pour les jours à venir

Samedi le Premier Ministre, Omer Beriziky a lancé un appel à la solidarité nationale en faveur des sinistrés des zones impactées. Un compte bancaire a été ouvert pour les dons au nom du BNGRC : BFV SG Antaninarenina n°21020281222 50.

mondial) chargés de vivres et différents matériels sont

L'aide matérielle commence à arriver dans la région sinistrée. Deux convois du PAM (Programme alimentaire

potable, deux unités de traitement de l’eau et 200 filtres à

Mozambique

arrivés à Tuléar. La distribution des vivres du PAM a débuté dans la journéede dimanche. 250 tonnes de vivres ainsi que 2000 kits cuisine sont déjà disponibles ainsi que de l'eau eau.

Madagascar Economie

Economie

Nouvelle découverte de fer pour Baobab dans la province de Tete

Opération de contrôle des redevances et ristournes pour Ambatovy

Avec la mise à jour de 60 millions de tonnes nouvelles, les réserves du gisement de fer, aux mains de la société Baobab Ressources dans la province de Tete au Mozambique, s’élèvent désormais à 725 millions de tonnes, a annoncé jeudi la société minière sur son site.

Les doubles des factures définitives des ventes du quatrième trimestre 2012 de la compagnie Ambatovy, le leader du nickel et du cobalt malgaches, sont depuis quelques jours observés à la loupe de la commission des Grands Investissements Miniers (CGIM) dans le souci, pour le ministère des Mines, d’ «optimiser les retombées économiques» du secteur minier et de « protéger l'intérêt de l'État malgache », selon L’Express de Madagascar.

«La société est très heureuse d'annoncer l'augmentation à 725 millions de tonnes de l’ensemble des ressources», a annoncé Baobab Ressources en pleine prospection du minerai de fer dans la province. La société minière précise que les prospections dans les blocs de Tenge et Ruoni, sur environ 2,5 km2 regorgent, à présent, de plus d’un demi-milliard de tonnes de minerai à une teneur de fer de 36,4%. (Agence Ecofin)

La CGIM a procédé à un examen minutieux des dossiers sur les redevances et ristournes de la compagnie, jouissant d’un régime de redevance au taux de 0,3% du chiffre d'affaires et de 1,4 % pour les ristournes minières, qui disposera de quinze jours pour apporter des explications claires sur diverses préoccupations relevées devant lui être notifiées. Le ministère des Mines, qui défend l’initiative, fait état, dans un communiqué, du «souci d'optimiser les retombées éco-

nomiques positives attendues (…) cette initiative prise conformément aux dispositions légales et réglementaires permet de protéger l'intérêt de l'État malgache à travers la définition exacte et précise de l'assiette, base de calcul de recouvrement des redevances et des ristournes minières». Avec un méga-investissement de près de 5,5 milliards de dollars dans le projet minier de grande production de nickel et de cobalt, démarré début 2012, Ambatovy est devenu depuis le plus important investisseur étranger au Madagascar. Elle devra payer annuellement environ 100 milliards ariary (34 millions €) au titre des redevances, impôts et taxes diverses pendant les dix premières années de son exercice. «Ces paiements directs s'accroîtront de plus en plus avec les années et au cours des 29 années d'exploitation», a rapporté L’Express de Madagascar qui ajoute que les contributions totales de la Compagnie, en plus de la création de valeur ajoutée avec le raffinage du nickel et du cobalt sur place, sont estimées à 7000 milliards d'Ariary soit 2,4 milliards €. ■

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7 Mayotte

Outremer

Agriculture

Agriculture

Salon de l'agriculture :

L’Odeadom met l'accent sur la formation Pour la 16ème année consécutive, l’Odeadom occupera une place privilégiée au Salon International de l’Agriculture, au centre de l’espace dédié à l’outre-mer et consacré à la présentation de l’agriculture de ces départements et collectivités, de ses acteurs et de ses perspectives.

C

ette année, le stand de l’Odeadom au SIA, en partenariat avec la direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, mettra en avant la formation et l’installation des jeunes d’outre-mer en agriculture, notamment grâce à une table interactive qui permettra aux visiteurs d’approfondir le thème retenu. L’Office ira à la rencontre du public en invitant les visiteurs à participer à un jeu de type quiz consacré notamment aux produits agricoles ultramarins et à la formation et l’installation des jeunes d’outre-mer en agriculture. Le public se verra également proposer chaque jour, par une spécialiste dans la création de parfums et de produits de beauté biologiques, un atelier original de cosmétique bio. Les visiteurs pourront aussi découvrir le jeu des magnets. Le public pourra assister chaque jour à une présentation des produits agricoles et agroalimentaires ultramarins par des agriculteurs ou des transformateurs.

de la Forêt et du ministère des OutreMer. Enfin, comme chaque année, le stand de l’Odeadom, accueillera la remise des médailles d’or du Concours général agricole des produits d’outre-mer. Le ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt et le ministre des Outre-Mer honoreront cet événement de leur présence, reconnaissance du professionnalisme des producteurs et transformateurs ultramarins. L'Odeadom, créé historiquement en 1984, est chargé d'œuvrer depuis le 1er avril 2009 au développement durable de l'économie agricole des cinq départements d'outre-mer : Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et La Réunion, et de trois collectivités d'outre-mer : SaintBarthélemy, Saint-Martin et SaintPierre-et-Miquelon. ■

Mayotte au 50ème Salon de l'agriculture Le 50ème salon de l'agriculture a ouvert ses portes samedi 23 février à Paris. Mayotte y est présente.

«D

epuis 2007, la Chambre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Aquaculture de Mayotte (CAPAM) participe à chaque édition du Salon International de l’Agriculture de Paris (SIA). Cette année, le salon fête son cinquantième anniversaire, faisant de la manifestation un évènement d’envergure exceptionnelle. Le Conseil Général de Mayotte finance activement la participation de l’île au lagon à cette manifestation, et s’est fortement impliqué dans l’organisation. C’est la raison pour laquelle le Conseil général et la CAPAM partagent le même stand, afin de donner plus de visibilité et d’attractivité à Mayotte, à l’instar des autres DOM. On constate aujourd’hui une certaine méconnaissance des produits agricoles Mahorais au niveau local et national. Ceci pénalise la valorisation et la promotion des produits locaux. La CAPAM soutient activement le projet de création d’une Marque Territoriale, qui vise à assurer la promotion d’une qualité mahoraise différenciée, qui sera un outil de développement endogène et permettra de lutter contre la concurrence des produits d’importation.» ■

La formation et l’installation des jeunes d’outre mer en agriculture thème 2013 Le stand de l’Odeadom qui est aussi celui des professionnels d’outre-mer, mettra à leur disposition un espace privilégié pour rencontrer les décideurs publics et les représentants du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et Lundi 25 février 2013 - #624 - page 7


8 Madagascar

Seychelles Culture / Francophonie

Aide internationale

6,2 milliards d’Ariary de l’Union européenne pour la sortie de crise

Lancement du nouveau projet d’Espace du livre francophone Les Seychelles abritent le premier Espace du livre francophone (ELFE), un nouveau projet de l’OIF pour favoriser la lecture publique. La mise en place de cet espace aux Seychelles s’inscrit dans le cadre du Pacte linguistique signé entre ce pays et l’OIF lors du XIIIe Sommet de la Francophonie.

L'Union Européenne vient de débloquer 2,1 millions d'euros pour accompagner le processus de sortie de crise

Dans le cadre de son engagement à accompagner le processus de sortie de crise à Madagascar, à travers l’organisation d’élections crédibles, transparentes et pacifiques, l’Union européenne a mobilisé plus de 6,2 milliards d’ariary (2.100.000 euros) du Fonds européen de Développement (FED) pour un Projet d’appui à la crédibilité et à la transparence des élections ou PACTE.

L’espace du livre francophone dans la bibliothèque de Victoria (OIF)

L

’Administrateur de l’OIF, Clément Duhaime, a été reçu par James Michel, Président de la République des Seychelles, pour évoquer l’intégration de l’Espace du livre francophone au sein de la Bibliothèque nationale de Victoria, la capitale du pays. A cette occasion, Clément Duhaime a remis, au nom du Secrétaire général de la Francophonie, une aide d’urgence d’un montant de 50 000€ en signe de solidarité après les inondations qui ont touché les Seychelles lors du passage du cyclone Felleng en janvier dernier. Ce premier ELFE, doté de 3000 titres en français et en créole, a été inauguré par Alain St Ange, ministre du Tourisme et de la Culture et l’Administrateur de l’OIF le 21 févier

2013, en présence notamment des ministres des Affaires étrangères et de l’Éducation. Destinés à répondre aux demandes de pays membres de la Francophonie qui ne bénéficient pas d’un réseau de Centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC), les Espaces du livre francophone (ELFE) sont mis en place dans

des

bibliothèques

Tout

en

renforçant

existantes.

les

réseaux

nationaux de lecture publique, ce nouveau

concept

permet

aux

bibliothèques d’offrir à leur public un large

éventail

francophones.

d’ouvrages ■

Le projet vise à soutenir les actions de renforcement de capacité des parties prenantes au processus électoral, notamment les organisations de la société civile, les médias, les avocats, les partis politiques, les candidats aux élections et la Commission électorale nationale indépendante de la transition (CENIT). Ce renforcement contribuera à une observation plus professionnelle, méthodique et non partisane à toutes les phases du processus électoral. Le projet a une durée de 18 mois et il sera mis en œuvre par le Centre européen d’appui électoral (ECES), en partenariat avec plusieurs ONG : Electoral Institute for Sustainable democracy in Africa (EISA), Electoral Reform International Services (ERIS), Académie RFI-F24-MC, Osservatorio di Pavia et KMF-CNOE. Le projet PACTE appuie la participation inclusive et informée de la société civile dans la sensibilisation et l’éducation électorales. Il favorisera une gestion du contentieux électoral efficace de manière à réduire le potentiel de conflit électoral. Enfin, il contribuera à soutenir la réforme du cadre électoral dans la période post-électorale. Ce projet s’inscrit dans la contribution de 15 millions d’euros du FED approuvée par l’Union européenne fin 2012 pour appuyer le processus électoral à Madagascar. ■ Lundi 25 février 2013 - #624 - page 8


9 Maurice Technologie

Un forum international pour attirer l'investissement dans les TIC Un forum international sur l'investissement dans les technologies de l'informatique et de la communication (TIC) se tiendra en juin prochain à Maurice avec pour objectif d'attirer davantage d'investissements directs étrangers dans le secteur, a annoncé le ministre mauricien de la Technologie de l'Information et de la Communication. e forum sera organisé par le ministère de l'Information et de la Communication en collaboration avec le Board of Investment et le ministère des Affaires étrangères, de l'Intégration régionale et du Commerce international, a déclaré le ministre Pillay Chedumbrum, affirmant qu'il est nécessaire de chercher d'autres voies à l'île Maurice pour attirer les investisseurs potentiels.

L

Justice

11 personnes interpellées dans une affaire de trafic de bois de rose 11 personnes ont été interpellées dans l'affaire de trafic de bois de rose en flagrant délit dimanche dernier à Antalaha, dans le nord-est de Madagascar, a fait savoir jeudi le directeur de la Sécurité du Territoire (DST), le Commissaire Harison Olivier Samy. d'Ampohibe. Ont également été saisis 5 boutres, 3 voitures chargées de ce bois précieux et protégé ainsi que 224 rondins en attente d’embarquement.

nformés d'une tentative d'exportation illicite de bois de rose à Antalaha, les agents de la DST ont saisi dimanche des véhicules terrestres et maritimes déjà chargés de rondins de bois de rose dans le village d'Ambodiampana dans la commune

Le ministre, qui s'exprimé à l'ouverture d'un atelier de formation sur les TIC (ISDP), a également exprimé son inquiétude sur le manque de main-d'oeuvre qualifiée et l'inadéquation entre les qualifications et les exigences spécifiques de l'industrie. Il a assuré que son ministère prend ses responsabilités et a mis en place cet atelier avec l'intention principale de corriger cette disparité. Le ISDP, présenté l'année dernière à hauteur de 50 millions de dollars, vise à offrir une formation aux jeunes à Maurice et Rodrigues pour leur emploi éventuel dans le secteur des TIC / BPO. Le programme vise à pallier les pénuries de professionnels des TIC. ■ Madagascar

Madagascar

I

Le Forum, a déclaré le ministre mauricien, ciblera environ 35 entreprises mondiales des TIC à investir dans le secteur.

La direction régionale des eaux et forêts, responsable en matière de délits forestiers ont interpellé jusqu'à maintenant 11 personnes, toutes de nationalité malgache pour les besoins de l'enquête, a indiqué le commissaire Harison Olivier Samy. A Madagascar, le bois de rose fait l'objet d'une interdiction d’exploitation, de coupe, de transport, de commercialisation et d’exportation depuis mars 2010. ■

Faits divers

12 voleurs de zébus tués par les gendarmes Au cours de la semaine dernière, 12 dalaho ont été tués par les forces de l'ordre qui ont sorti les gros moyens en utilisant un hélicoptère d'après l'Express de Madagascar. Douze morts ont été enregistrés dans les rangs des dahalo à Amboasary-sud depuis lundi. Déposés par un hélicoptère au milieu de nulle part, des gendarmes leur tendent chaque jour des guets-apens meurtriers. En quatre interventions, douze bandits sont tombés sous leurs balles dans la zone d’Amboasary-Sud. Jeudi, des commandos héliportés sont intervenus à Mahazoarivo Bekily, petite localité de brousse, dans une zone limitrophe entre la région Anosy et Androy. Cinq individus ont été abattus. Ils feraient partie d’un groupe d’une vingtaine de dahalo, suivis à la trace après avoir volé environ quatre-vingt-dix zébus. L’hélicoptère a été utilisé pour repérer les malfaiteurs pendant leur fuite et ensuite déposer des commandos qui tendent des guetapens aux points névralgiques.

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10 Madagascar Technologie

Telma signe avec Sagemcom pour l’extension du Backbone national La semaine dernière, Telecom Malagasy (Telma) a signé un accord d’extension du Backbone national de fibre optique avec Sagemcom. L’échange de documents s’est fait à Paris entre Patrick Pisal Hamida, l’administrateur directeur général, et Patrick Sevia, le président de Sagemcom.

L

Berger, Antsohihy, Ambanja, Nosy-Be et Ambilobe.

Dès mai 2014, ce sera au tour de Mahajanga d'être connectée à Antsiranana, en passant par Marovoay, Ambondromamy, Mampikony, Port-

Sagecom a offert 20 millions de dollars à Telma pour cette opération dont l’objectif principal est l’amélioration de l’accès Internet haut débit pour les régions du Nord. L’opérateur espère qu’avec cette extension, les abonnés au backbone national atteindront plus de 5 millions. Entretemps, les travaux d’une durée de 18 mois génèreront quelques 1.500 emplois directs.

’extension est prévue sur une longueur de 2000 km à partir de Toamasina. Elle connectera SainteMarie, Maroantsetra, Antalaha, Sambava, Vohémar et Ambilobe pour aboutir à Antsiranana (Diego Suarez) à la pointe nord de la Grande Ile vers la fin de 2013.

En juillet 2012, Telma avait fait part de son désir d’installer un câble sousmarin entre Madagascar, les Comores et Mayotte. «Notre objectif est de réaliser une boucle entre Madagascar, les Comores et Mayotte pour créer une nouvelle route vers le Moyen-Orient et l’Europe», avait expliqué alors Hassanein Hiridjee, Président du conseil d'administration de Telma. A l’entendre, ce projet devrait offrir une nouvelle possibilité de sécurisation de la connexion nternet en cas de coupure de l’actuel câble optique qui relie Madagascar à l’Europe. Avec ce nouveau câble, l’opérateur malgache espère intéresser les opérateurs français tels que SFR et Orange France Telecom. Mais pour cela, il lui faudra trouver une somme de 20 millions d’euros, nécessaires à la réalisation de ce projet. ■ Avec Ecofin

Maurice Energie

Un Plan énergétique intégré pour la période 2013-2022 L'Île Maurice a présenté mardi son nouveau Plan énergétique intégré couvrant la période 2013-2022 comprenant ses différentes stratégies pour s'attaquer aux problèmes énergétiques de l'île.

L

e directeur général de Central Electricity Board (CEB), Shiam Thannoo, a expliqué que l'objectif principal du plan était de créer un portefeuille énergétique suffisamment large pour protéger l'île des problèmes de sécurité énergétique et d'instabilité des prix, tout en étant sensible aux impératifs environnementaux. « L'Île Maurice va investir 18 milliards de roupies, soit 610 millions de dollars, dans les dix années à venir pour produire de l'électricité à partir

de sources différentes dont les énergies renouvelables comme le solaire et le photo-volatïque »', a-t-il précisé. Selon M. Thannoo, d'ici à la fin de cette période de dix ans, le pic de la demande énergétique atteindra 574 MW dans le scénario de base et pourrait être de 702 MW dans l'hypothèse haute. Outre la mise en place présentement d'une centrale électrique de 100 MW,

deux nouvelles firmes dotées d'une capacité de production de 50 MW chacune seront nécessaires, a-t-il dit dans sa présentation. L'île

produit

actuellement

de

l'électricité essentiellement à partir de l'énergie

fossile,

un

mélange

de

charbon et de bagasse (un résidu du procédé de traitement de la canne à sucre), de l'énergie hydroélectrique et un peu de solaire.

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Malango N°624