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Paperjam1 Janvier 2015

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C O V E R S T O R Y

« ON A PEUT-ÊTRE TROP DONNÉ PAR LE PASSÉ » 9 À la tête de Cactus et à la vice-présidence de la CLC, Laurent Schonckert a une position privilégiée pour observer l’évolution de la société luxembourgeoise. Il en appelle à une réelle volonté des uns et des autres pour sortir le pays de l’ornière. TEXTE : JEAN-MICHEL GAUDRON PHOTO : MIKE ZENARI

LAURENT SCHONCKERT

56 ans Administrateur-directeur du groupe Cactus Vice-président de la Confédération luxembourgeoise du commerce Membre de l’assemblée de la Chambre de commerce et de sa commission économie Vice-président Unicef Luxembourg guide.paperjam.lu /laurent-schonckert ●

Laurent Schonckert, 56 ans, est un habitué des places d’honneur dans ce Top 100. Par deux fois, il a même figuré dans le Top 10 (8e en 2008, 7e en 2010) et en était encore tout proche (16e) en 2012. En tant qu’administrateur-directeur du groupe de distribution Cactus – le 3e plus gros employeur national privé, avec près de 4.000 salariés – et vice-président de la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC), cela a évidemment du sens. « Mes fonctions me donnent peut-être plus de crédibilité aux yeux de certains. Mais de toute façon, si on veut faire bouger les choses, il faut pouvoir le faire de l’intérieur », estime-t-il, rappelant, par exemple, qu’il a travaillé pendant 10 ans sur le dossier des heures d’ouverture des magasins, au sein de la CLC. « Ce sont souvent des petits pas qui en font faire de plus grands. Il est en tout état de cause important que des gens qui représentent des sociétés plus grandes s’impliquent tous les jours pour essayer de comprendre et de voir ce qui est possible de faire, ou ne pas faire. » Apprendre aussi à relativiser la portée de certaines décisions, comme celle concernant la hausse de la TVA, qui ne représente pas, aux yeux de M. Schonckert, le cataclysme décrit par certains. « Les deux tiers des produits dans la grande distribution sont au taux de 3 % qui reste inchangé. Au sein de la CLC, nous nous sommes beaucoup penchés sur la thématique, et les comparatifs qui ont été menés par rapport aux pays voisins montrent bien que nous aurons toujours les taux les plus intéressants. Même si les syndicats et l’Union des consommateurs disent que cette hausse constitue une ponction sur le pouvoir d’achat, il faut bien savoir que la hausse sera en grande partie absorbée par les commerçants… On ne peut évidemment pas se permettre d’être en dehors des prix. » Les différentes pistes abordées par le gouvernement pour redresser l’économie et gonfler les recettes suscitent également

LAURENT SCHONCKERT

un certain nombre de réflexions. L’impôt de solidarité de 0,5 % créé pour financer l’éducation et la jeunesse, par exemple, le replonge un peu plus d’une trentaine d’années en arrière lorsqu’il y avait eu un autre impôt de « solidarité » levé pour sauver Arbed.

« QU’EST-CE QUI EST JUSTE ET ÉQUITABLE ? » « Même si à l’époque certains se sont demandé pourquoi c’était aux citoyens de cotiser pour faire survivre une entreprise, il y avait une évidence compte tenu du poids économique qu’elle représentait alors. Là, on ne parle pas d’entreprise, mais de question d’avenir pour le pays. Mais qu’est-ce qui est juste et équitable ? Je n’ai pas la réponse et c’est pour cela que je ne suis jamais devenu politicien… Nous sommes entrés dans un débat où l’on se demande si on n’a pas trop donné par le passé. Mais je trouve dommage qu’après avoir attendu un nouveau gouvernement et un nouvel élan, on critique systématiquement les décisions qui sont prises. Je trouve cela un peu illogique. » Cela ne l’empêche pas de regretter le côté « bâclé » de l’élaboration prématurée des plans sectoriels et le « manque d’ambition » d’un fonds souverain ne prévoyant « que » 50 millions d’euros par an, ou bien encore de rester sur sa faim devant le colossal projet de tram dont « la cohérence globale » lui échappe, alors que le problème de la mobilité ne sera pas pour autant résolu pour ceux devant accéder à la capitale. Laurent Schonckert espère, dans le même temps, que les « jeunes » générations prennent le parti de davantage chercher à s’intégrer dans la société, pourquoi pas via un rapprochement entre le système éducatif et l’entreprise. « Ce n’est pas uniquement une question d’éducation, mais plutôt de volonté. Mais peut-être notre société actuelle est-elle trop riche ou trop paresseuse… » ◄

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