DOSSIER
Schéma : SoftIn
Pour aller plus loin, elle a mis au point un indicateur permettant de calculer le potentiel de réalisation de nouvelles productions, à base de produits recyclés. Et, dans le domaine des achats durables et responsables, la SDK est également à l’origine de l’initiative Clever Akafen, soit l’identification de fournitures écologiques et durables (piles, ampoules, fournitures bureaux, papier hygiénique…) étiquetées « Produits recommandés par la SuperDrecksKëscht ». La SDK commercialise un liant issu du traitement final des isolations d’appareils frigorifiques et teste actuellement, dans ses propres installations de chauffage, un biocarburant obtenu à partir de graisses alimentaires usagées. Pour d’autres achats, le site oekotopten.lu répertorie des marchandises respectueuses de l’environnement et ayant une consommation énergétique raisonnable. Il s’adresse plutôt au grand public, mais il comporte néanmoins deux rubriques destinées aux professionnels : « Bureau » et « Appareils professionnels ».
ENCORE DE NOMBREUSES QUESTIONS À SOULEVER
09. Cycle de vie circulaire de la chaussure ector, fabriquée par Soft’in. La fibre qui compose l’empeigne des chaussures est issue du recyclage de textiles et bouteilles plastique. La semelle est composée de caoutchouc recyclé. En fin de vie du produit, les deux parties de la chaussure sont aisément séparables pour pouvoir chacune repartir dans un nouveau cycle de production.
Ne jetez pas votre poster Merkur, recyclez-le !
56 MERKUR Mai | Juin 2018
bons partenaires en fonction de la nature du projet. Pour les entreprises qui veulent aller plus loin dans l’étude d’un nouveau business model, nous avons mis au point, avec le ministère de l’Économie, le programme Fit4Circularity pour les aider à monter leur propre concept de circularité. » Il s’agit d’un parcours en quatre étapes, qui va de l’analyse des processus internes de l’entreprise à l’implémentation de principes circulaires, en passant par la détection de potentiel (utilisation optimisée des matières premières, durée de vie des produits, nouveau modèle commercial…) et la définition d’une feuille de route. Le programme fait intervenir des conseillers expérimentés accrédités par Luxinnovation. Ce consulting est facturé entre 10.000 et 20.000 euros, dont 50 % sont pris en charge par l’agence publique, qui accompagne les entreprises tout au long du parcours. À l’issue de la démarche, l’entreprise peut également solliciter une aide du ministère de l’Économie pour le financement d’un programme de R & D. Il est à noter que des fonds européens peuvent aussi être débloqués pour de telles actions. Le cluster EcoInnovation peut renseigner les entreprises intéressées. Sans nécessairement vouloir revoir complètement son business model, avoir recours aux conseils et services de la SuperDrecksKëscht peut être une bonne idée pour, dans un premier temps, plus et mieux trier et traiter les déchets produits par l’entreprise. Avec plusieurs milliers d’entreprises adhérentes, l’association possède une expérience inégalable en termes de gestion des déchets et résidus de production (tri, valorisation, réutilisation…), mais délivre également des conseils en matière de prévention des déchets.
La montée en puissance des modèles circulaires s’accompagne de nombreuses interrogations d’ordre juridique, économique, éducationnel… voire philosophique : comment mieux identifier les composants d’un produit, tout en respectant la propriété intellectuelle et les secrets de fabrication ? Où et comment stocker les matières secondes issues de la déconstruction de bâtiments ou du démontage de produits ? Comment tracer ces matériaux ? Quels sont les métiers qui vont apparaître à la faveur du développement de ces nouveaux modèles et comment y former les actifs ? Peut-on imaginer un indicateur pour mesurer l’efficacité de l’utilisation des ressources ? Doit-on réglementer davantage, par exemple pour introduire plus de critères environnementaux dans la passation des marchés publics ? Ou, au contraire, supprimer certaines normes trop contraignantes, par exemple dans la construction ? Comment mutualiser davantage de services entre entreprises, tout en garantissant la sécurité des données et leur confidentialité ? Comment passer d’une culture de la possession à une culture de l’usage ? Comment rédiger les contrats pour ces nouvelles transactions ? Ces questions montrent à quel point tous les acteurs de la société sont concernés et que chacun (administrations, entreprises, société civile, monde associatif…) a un rôle à jouer pour la construction d’un nouveau modèle sociétal qui mette progressivement fin au gaspillage des ressources. ● (1)
Les entreprises intéressées par les best practices des zones d’activités pratiquant déjà l’économie circulaire peuvent consulter le rapport d’étude de la zone EselbornLentzweiler, téléchargeable sur http://ecocirc-zae.lu.