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paperJam juin 2005

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13.05.2005

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télécoms dossier

time que tous ces opérateurs se portent relativement bien et brassent de grosses sommes d’argent. Je ne pense pas, cependant, que ces joutes oratoires ont une quelconque influence sur le bon fonctionnement du marché. Tous ces gens se connaissent bien et se retrouvent souvent ensemble. Et lorsqu’ils sont dans des réunions avec nous, ils ne parlent pas de la même façon entre eux... Qu’en est-il de la difficulté récurrente à établir les tarifs d’interconnexion avec l’Entreprise des P&T. Les tarifs RIO (Reference Interconnect Offer, NDLR) 2004 n’ont été approuvés que début avril 2005 et ceux de l’année en cours ne sont pas encore sur le point de l’être. On n’a pas l’impression que les choses aient vraiment évolué depuis quelques années... N’avez-vous donc aucun moyen de contrainte auprès des P&T? «Nous avons subi, dès le commencement, un retard sur l’établissement du RIO, qui n’a été que partiellement rattrapé au fil des années, même si cela n’est pas forcément bien perçu de l’extérieur. Nous travaillons actuellement sur la RIO 2005 et je peux vous dire que nous aurons rattrapé tout le retard pour la RIO 2006. Pour bien comprendre les choses, il faut garder à l’esprit que nous exigeons de l'EPT, pour l’établissement de cette RIO, une comptabilité ultra-complexe, qui implique un vrai chantier informatique et organisationnel. Il y a, aujourd’hui, du progrès, par rapport à la situation d’il y a quelques années: nous

sommes sur la bonne voie. Mais il ne nous est pas possible d’exiger que cette mise en place se fasse du jour au lendemain. L’Entreprise des P&T a trois métiers et dépend de deux régulateurs. Même en tapant du poing sur la table, cela ne changerait en rien la complexité et le travail énorme à fournir… Je peux vous assurer que l’EPT fait un bon travail, et que c’est cet opérateur qui doit, de surcroît, fournir le plus d’informations pour l’analyse de marché qui est en cours et à la mise en place de laquelle elle participe de manière très constructive. Quel est votre sentiment devant le retard pris par l’implémentation de l’UMTS? «Il est clair que nous ne pouvons que regretter ce retard. Il est impossible de dire, aujourd’hui, quelles en sont les conséquences néfastes, mais la pratique nous a malheureusement montré que de tels retards, accumulés dans une certaine période, pouvaient encore avoir des conséquences plus tard. Il est donc à craindre que dans quelques années, d’une façon ou d’une autre, nous subissions encore les effets de ce retard. Ceci étant dit, le plan sectoriel est en bonne voie: le conseil d’Etat a récemment donné son feu vert et le dossier se trouve sur le bureau du ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire. Nous misons donc désormais sur une mise en œuvre la plus rapide possible. Mais là encore, il s’agit d’une évolution dont nous ne sommes absolument pas maîtres. Le dossier a été rendu très complexe par les

multiples acteurs qui s’y sont immiscés, pour des questions d’esthétique, de santé, etc. Tout ce retard pris, en tous les cas, ne facilite pas notre tâche! Et quelle est votre position concernant le développement à venir de la téléphonie sur IP? «Nous sommes effectivement en plein dedans, et de nombreux groupes de travail européens planchent sur la question. Le mouvement est en marche et il ne s’arrêtera pas. Mais la question est de savoir comment réguler cette nouvelle technologie? Il s’agit là d’un dossier extrêmement complexe et nous sommes en train de trouver des solutions en commun avec les autres régulateurs européens. Nous suivrons évidemment le principe de neutralité de la technologie, mais il faut aussi voir quelle sera l’utilité d’un tel système. On peut supposer que cela sera surtout intéressant pour les entreprises et sans doute moins pour les particuliers. Tout sera aussi lié à la qualité des services. Les innovations technologiques, il y en aura toujours et le problème du législateur restera toujours de suivre au plus près ces évolutions. Là, encore, je pense que le nouveau cadre réglementaire qui est en train de se mettre en place constitue un bon instrument pour permettre de réguler ce genre de nouveautés… Il permet de faire face plus facilement aux réalités du terrain, aux développements technologiques et aux besoins du marché».■ Propos recueillis par Jean-Michel Gaudron

Photo: Eric Chenal (Blitz)

«Tout le retard pris dans l’UMTS ne facilite pas notre tâche».

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