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15.03.2004
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actualité ENTREPRISES
BCE à la conquête de l'Europe en haute définition Plus de 100 heures de post-production auront été nécessaires à Broadcasting Center Europe pour réaliser le dernier spot de La Luxembourgeoise. DEPUIS UNE SEMAINE, les cinéphiles fréquentant les salles luxembourgeoises et les téléspectateurs de RTL Télé Lëtzebuerg ont pu découvrir, avec surprise, le nouveau spot publicitaire de l'assureur La Luxembourgeoise. Elaboré comme les précédents par BCE, Broadcasting Center Europe, ce nouveau spot a été réalisé avec des techniques de production innovatrices et encore jamais utilisées au Luxembourg: la haute définition (HD).
Après Indiana Jones, Ben Hur, Danse avec les loups ou encore Lara Croft, c'est au tour du célèbre magicien Harry Potter d'être pastiché. "L'intérêt du spot c'est, comme pour les précédents, de réaliser une parodie d'un thème cinématographique célèbre. Mais grâce à cette technologie, on s'approche encore plus du projet que l'on imite", explique Didier Wery, Directeur de Production. C'est le résultat sur grand écran qui a poussé BCE à changer de technologie. "Vis-
à-vis des concurrents, quand on voyait le résultat au cinéma d'une publicité Rosport par exemple – tourné en film par une société belge – par rapport à notre spot pour La Luxembourgeoise, tourné en digibéta, (correspondant à la résolution du format télé), on voyait nettement la différence de qualité d'image", explique le producteur. Restait à convaincre le client dans la mesure où la qualité a un prix: une production en HD coûte environ 1,7 fois plus cher qu'en qualité digibéta.
Photo: Michael Morris
Il aura fallu 21 personnes pour réaliser ce spot, dont les célèbres acteurs luxembourgeois Fernand Fox (Harry Pätter) et Marc Olinger (Severus Snape).
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"On voulait adapter une définition, une qualité, une technique de cinéma et surtout les maintenir d’un bout à l’autre de la chaîne de production. Pour cela, il fallait travailler avec des moyens supplémentaires", explique M. Wery. "L'avenir de la vidéo, c'est la haute définition et pas seulement pour les spots publicitaires", insiste-t-il. Cependant, la production du spot n'a pas été réalisée de A à Z en HD. Le tournage a été réalisé en caméra 35 mm, au château de Hollenfels et en studio, sur "blue box", ce qui permet d'y incruster des décors. Le film a ensuite été scanné et numérisé, grâce à une machine appelée télécinéma Spirit; de manière à en faire des fichiers informatiques en 2K (2.000 lignes). Les images, une fois numérisées, ont été stockées sur un disque dur, branché directement à un "discreet flame" permettant de réaliser le montage, les retouches d'images (corrections colorimétriques) et les effets spéciaux. Le fichier data final fut alors transféré directement sur pellicule à l’aide d’un équipement appelé Solitaire 3. La partie audio, à savoir la musique, mais aussi les bruitages, fut quant à elle traitée séparément. Le mixage final ainsi que le développement du film ont été réalisés à Bruxelles. Cette avancée technologique et qualitative représente un investissement non
négligeable mais néanmoins indispensable pour une société de production à vocation européenne. Il faut compter 300.000 euros minimum pour un Flame et 1,5 millions d'euros pour un Spirit. BCE compte bien mettre à profit ce matériel performant pour d'autres réalisations que les productions internes. "Comme notre nom l'indique, nous sommes prestataire international", souligne Xavier Thillen, responsable du département Production. "Nous réalisons de nombreuses postproductions pour les chaînes de RTL Group, c'est ce qui nous permet d'acquérir un tel matériel, mais nous entendons bien élargir notre portefeuille de clientèle. Ceci dit, il n'y a pas non plus 200 clients dans le pays qui soient prêts à débourser 100.000 euros pour un spot publicitaire". "Une telle plate-forme de post-production HD représente un point fort pour développer nos services de traitement de masters de films venant de grands distributeurs internationaux, et notamment américains", précise pour sa part Eric Anselin, responsable sales & marketing. Il aura fallu plus de 100 heures de travail de post-production à l'équipe de BCE pour peaufiner sa version de Harry Pätter – réalisée par Andy Bausch – laquelle lui servira désormais de carte de visite auprès de clients internationaux potentiels. ■ Florence Reinson.